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Full text of "Histoire generale de Languedoc, avec des notes et les pieces justificatives: composée sur les auteurs et les titres originaux, et enrichie de divers monumens. Par deux religieux benedictins de la congregation de S. Maur"

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GENERALE 

DE 


Avec  des  Notes  &  les  Pièces  juftificatives  : 

Compofée  fur  les  Auteurs  &  les  Titres  originaux,  2c  enrichie  3e 

de  divers  Monumens. 

Par  deux  Religieux  Benediftins  de  la  Congélation  de  *51  Maur* 

T  O  M  E  S  E  C  O  N  D 


» 

i- 


i 


A  PARIS, 


Chez  J  A  C  QU  ES  VINCENT,  Imprimeur  des  Etats  Generaux  de  la  Province 
de  Languedoc,  rue  &  vis-à-vis  l’Eglife  de  S.  Sevcrin ,  à  l’Ange, 


l 


« 


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M.  D  C  C,  X  X  X  III. 

AVEC  AP  PROBAT  ION  BT  PRIVILEGE  DV  ROr. 


«. ..  &  *  £-Sr$*2  WÏ? ^41^*^  **&*$., 

_ JE  cfe  cbcEcE  £b*éfc  ç£;  çf ’>  :fc  œcfccfec*-.  A  :  ~ïct  ;fo.*;  :fe:£  c*; 

&  jr-.^-'V-*- $Vv£*?:*  f" '■' .*■  ■  Tv. *•*  ^ .-. •••.'■'•*.>". -v..*-?^- •■ ,*$•. y-;:;. ;i;v3':" “•  *N' -;^ 


AVERTISSEMENT- 

E  volume  comprend  l’hifloire  de  près  de  crois  fiécles  :  il 
commenceaurégne  de  Louis  le  Begue ,  époque  principale 
de  l’hérédité  des  fiefs  de  dignité  dans  les  maifons  des  grands 
vaflaux,  qui  ufurperent  bien-tôc  après  les  droits  régaliens: 
il  finit  au  commencement  des  troubles  ,  que  l’héréfie  des 
Albigeois  caufa  dans  la  province ,  ou  à  la  condamnation  de  ces  héréti¬ 
ques  ,  dans  le  concile  tenu  en  116;.  à  Lombers  dans  le  diocèfe  d’Albi» 

Nous  n’entrerons  pas  dans  le  détail  des  faits  qui  font  la  matière  de 
chacun  des  huit  livres  dont  ce  volume  cft  compofé  :  on  peut  avoir  re¬ 
cours  à  l’ouvrage  même.  Nous  nous  contenterons  de  dire  en  general , 
que  dans  un  tems  auffi  obfcur  pour  notre  hilfoire  ,  &  pour  celle  de 
France,  que  les  X.  XI.  &  XII.  ficelés,  nous  avons  cru  ne  devoir  rien 
négliger.  C’tft  ce  qui  nous  a  portez  à  employer  certains  faits  qu’on 
regardera  peut-être  comme  peu  importuns ,  &  que  nous  aurions  obmis 
dans  d’autres  circonftances.  Nous  nous  iommes  attachez  principale¬ 
ment,  foit  dans  l’hiftoire  ,  foie  dans  les  notes,  à  faire  connoître  , 
autant  qu’il  nous  a  été  poflible,  l’origine  ,  la  fucceflion  ;  la  généalogie 
&  les  aéïions  des  comtes  ,  des  vicomtes  &  des  autres  grands  vaflaux  de 
la  province  ;  fur  tout  de  ceux  qui  ont  joui  des  droits  régaliens  :  ma¬ 
tière,  dont  la  plus  grande  partie  étoit  enveloppée  d’épaifles  tenebres, 
que  nous  avons  tâché  de  difliper  par  les  monumens  du  tems. 

La  méthode  que  nous  avons  fuivic  dans  cette  recherche ,  où  nous  n’a¬ 
vons  admis  que  ce  que  nous  avons  trouvé  appuyé  fur  les  titres ,  &t 
furies  auteurs  anciens,  nous  a  engagez  à  rapporter  la  plupart  des 
pièces  juftificatives  fur  lefquelles  nous  nous  fondons.  Nous  donnons 
aufli  plufieurs  autres  aétes  que  nous  avons  jugez  intereflans^  en  parti¬ 
culier  ceux  qui  peuvent  fervir  à  découvrir  l’origine  &  la  généalogie  de 
l’ancienne  noblcfle  du  pays;  ce  qui  a  gro(Ti  cette  partie  du  volume.  Nous 
fçavons  que  les  gens  de  lettres  eftiment  ce  s  fortes  de  recueils  qui  ont 
plufieurs  utilitez.  Ceux  qui  cherchent  à  s’inflruire  du  nobiliaire  de  Lan¬ 
guedoc  ne  nous  dc'faprouvefont  pas  -,  &  nous  pouvons  avancer,  qu’il  y  a 
peu  d’anciennes  maifons  originaires  du  pays  &  du  voifinage ,  qui  ne 
trouvent  dans  les  preuves  de  ce  volume  leurs  premiers  ancêtres.  Il  ne 
nous  a  pas  été  poflible  de  faire  mention  dans  le  corps  de  l’ouvrage  de 
l’origine  de  la  plupart  de  ces  maifons  ;  cela  nous  auroit  menez  trop  loin  % 
&  eut  été  d’une  difeuflion  trop  difficile  :  nos  tables  y  fuppléeront  en 
quelque  maniéré  ;  nous  y  avons  rangé  par  ordre  alphabétique  les  noms 
des  anciennes  familles ,  &  mis  à  côté  les  chiffres  des  pages ,  où  il  en  eft 
parlé. 

Nous  ayons  tâché  d’éclaircir  dans  ce  volume ,  comme  dans  le  pré- 


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AVERTISSEMENT. 
cèdent ,  les  faits  douteux  ou  obfcurs  ,  foit  dans  le  corps  de  l’ouvrage , 
Jorfque  l'examen  n’étoit  pas  trop  long,  foit  dans  les  notes ,  quand  le 
fujet  demandoit  de  plus  amples  réflexions.  Nous  nous  fommes  peut-être 
un  peu  trop  étendus  lut  la  première  croifade  :  mais  comme  Raymond 
de  S.  Gilles  comte  de  Touloufe  fut  un  des  principaux  chefs  de  cette 
célébré  expédition  ,  &  que  la  principale  noblelfe  de  la  province  y  prit 
beaucoup  de  part ,  nous  avons  cru  ne  devoir  rien  palier  de  ce  qui  re¬ 
garde  leurs  perfonnes  &  leurs  exploits-,  d'autant  plus  que  tous  nos  hifto- 
riens  modernes  en  ont  parlé  fort  luccinélement. 

On  nous  a  fait  remarquer  quelques  fautes  qui  nous  ont  échappé  dans 
le  premier  volume ,  &  nous  en  avons  obfervé  nous-mêmes  quelques 
autres.  On  en  trouvera  auflï  fans  doute  dans  celui-ci  &  dans  les  liiivansj 
çar  nous  n’avons  garde  de  prétendre  donner  un  ouvrage  parfait.  On 
fçait  allez  combien  il  efl:  ailé  de  fe  tromper  en  matière  de  faits  ,  &  les 
plus  grands  hiftoriens  ne  font  pas  exempts  de  ce  défaut.  Nous  corrige¬ 
rons  toutes  ces  fautes  dans  le  dernier  volume ,  où  nous  mettrons  des 
additions  &  des  corre&ions  pour  tout  l’ouvrage.  L’hiftoirc  critique  de 
la  Gaule  Narbonnoife  ,  que  M.  de  Mandajors  a  donnée  depuis  peu,  & 
qui  mérite  avec  juftice  l’éloge  des  fçavans ,  nous  donnera  aulîi  occafion 
de  réformer  quelques  articles  de  nos  deux  premiers  livres ,  ik  d’ajouter 
quelques  obfervations.  Nous  ne  cherchons  que  la  vérité  :  c’eft  dans 
cette  vue  que  nous  avons  relevé  avec  liberté  les  fautes  de  ceux  qui  nous 
ont  précédez,  fans  préjudice  de  l’eftime  qui  eft  due  à  leurs  ouvrages. 

Nous  devons  joindre  à  ceux  à  qui  nous  fommes  redevables  ,  M.  le 
tnarquis  de  Maillane-Porcelets,  feigneur  diftingué  par  la 
politelfe  &  fon  goût  pour  l’hiftoire  &:  les  belles  lettres.  Il  a  recueilli 
divers  mémoires  dans  les  archives  de  S.  Gilles ,  de  Beaucaire  &  des 
environs ,  qu'il  a  eu  la  bonté  de  nous  communiquer. 


SOMMAIRE 


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xy  xy 


S  O  M  M  A  I  R 

DES  NOTES- 


Note  I.  P'Ür  l‘u fur  pat  ion  du  royau - 
l)  me  de  Provence  par  B  ofon> 
fi  la  fouverainetè  de  nos  rois  fur  le 
Rhône ,  page  5  2 1 

II.  Sur  les  conciles  de  Port  &  d’Urgel , 

afemblesg  fous  S.  T beodard  archevêque 
de  Narbonne.  326 

III.  Sut  la  tranfiation  des  reliques  de  faint 

Antonin  de  Pamiers.  528 

IV.  Epoque  delà  paix  eritre  les  rois  Eudes 

fi  Charles  le  Simple.  ibid. 

V.  Sur  Louis  l’Aveugle ,  roi  de  Provence 

&  empereur.  ibid. 

VI.  Epoque  du  règne  de  Charles  le  Simple 

dans  la  Septimanie.  533 

VII.  Epoque  fi  eirconfances  de  l'union  du 

marquifat  de  Gothie  au  domaine  des 
comtes  de  Touloufe.  534 

VIII.  Suite  des  comtes  de  Touloufe  pen¬ 
dant  les  IX.  &  X.  fée  le  s.  53  6 

Genealogie  des  comtes  de  T oulotife.  338 

IX.  Epoque  de  1‘ èpifeopat  de  quelques  évê¬ 
ques  d' A  Ibi.  347 

X.  Sur  les  premiers  vicomtes  de  Polignac. 

348 

XI.  Sur  les  anciens  vicomtes  de  Narbonne. 

549 

Généalogie  des  premiers  vicomtes  de 
Narbonne.  530 

XII.  Sur  Hugues  roi  d' Italie ,  &  la  ccfiioii 

qu'il  fit  de  la  Provence  aux  roisde  Bour- 
gozne.  531 

XIII.  Sut  quelques  évêques  de  Carcaffon- 

ne.  3  3 1 

XIV.  Epoque  de  l'union  du  marquifat  de 
Provence  au  domaine  des  comtes  de  T  ou- 
loufe.  Etendue  de  ce  marquifat.  Suite  de  S 
comtes  héréditaires  de  Provence  jufqu'au 
commencement  du  XÎI.  fièclc.  3  3  3 
Généalogie  des  comtes  héréditaires  de 
Provence  de  la  première  race.  333 

XV.  Sur  le  partage  de  la  Provence  fait 

en  nts.  entre  A  Ifonfe-Jourdain  comte  de 
Touloufe ,  &  Raymond-  Ber enger  III. 
tomte  de  Barcelone.  36  3 

XVI.  Si  Raymond-Pons  fucced.t  à  Al  fred 
neveu  de  Guillaume  le  Pieux  ,  dans  le 
duché  d  Aquitaine  &  le  comté  d' Auver¬ 
gne ,  fi  fur  l époque  de  fa  mort.  363 

XVII.  Sur  les  comtes  de  Hélai  &  d'Au¬ 
vergne.  368 

Tome  II, 


XVIII.  Sur  quelques  évêques  de  Nif 
mes.  Epoque  du  commencement  du  régne 
de  quelques-uns  de  nos  rois  de  la  fécondé, 
race  dam  la  province  >,  de  la  mort  de 
Hugues  Cap  et ,  fi  du  commencement  du 
régne  de  Robert  fon  fils.  5  ^  i . 

XIX.  Suite  des  évêques  de  T ouloufe  depuis 

la  fin  du  IX.  fiécle ,  jufqu'au  commen¬ 
cement  du  XII.  374 

XX.  Sur  les  anciens  vicomtes  de  Béziers 
&  d'Agde  i  fi  l’époque  de  l'union  de  cei 
deux  vicomtez^dans  la  même  mai  fon.  377 

XXL  Sur  I origine  des  Trencavels,  vicom¬ 
tes  et  A  Ibi  ,  de  Ni  fines  }  (fie.  37S 
Leur  généalogie ■.  579 

XXII.  Suite  &  origine  des  comtes  hérédi¬ 
taires  de  Carcafionnc  (fi  de  R  a  fez. de  la 
fécondé  rate,  fi  des  comtes  héréditaires  dé 
Comminges,de  Conférant  fideEoix.  581 
Leur  généalogie.  383 

XXIII.  Sur  l'époque  fi  les  circonfiances  de 
la  fondation  des  abbayes  de  Lezat ,  fi 
de  faint  Pierre  de  lu  Court  ou  du  Mas- 
gamier.  390 

XXIV.  Quel  ctoit  le  fiege  êpifcopal  de 

Gcraud,  qui  donna  le  lieu  de  S.  Satur¬ 
nin  ,  aujourd'hui  le  Pont-faint-EJprit  , 
à  l’abbaye  de  Cluni.  591 

XXV.  Sur  les  comtes  fi  vicomtes  de  Lo- 

deve.  392 

XXVI.  Sur  les  anciens  comtes  fi  vicomtes 

de  Gevaudan.  394 

XXVII.  Sur  Oliba  Cabre  ta  comte  de  lie, 
fa  lu ,  de  Cerdagnc ,  de  F  cnouillcdes,  fie. 
fi  fes  fucccjcurs.  5  9  ? 

Généalogie  des  comtes  de  Befaltt  ,  de 
Cerdagne  fi  de  F cnouilledcs.  399 

XX VI II.  Sur  quelques  évêques  du  Puy. 

606 

XXIX.  Si  Confiance  femme  de  Robert  roi 

de  F  rance ,  étoit  fille  de  Guillaume  T  a  il  - 
lefer  comte  de  Touloufe  3  ou  de  Guillau¬ 
me  I.  comte  d’ Arles.  601 

XXX.  Epoque  du  rètabliffemcnt  de  la 

ville  fi  dti  fiege  êpifcopal  de  Magtic- 
lonne  ,  fi  de  la  dédicace  de  la  nouvelle 
cathédrale  de  ci t te  ville.  606 

XXXI.  Epoque  du  concile  de  Tulujcs ,  où 
on  établit  la  paix  fi  la  trêve  de  Dieu. 

6c  7 

XXXII.  Sur  Pons Conite  de  Touloufe  ■  fi lj 


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SOMMAIRE 

de  Gui  Baume  T  aille  fer ,  (fi  fur  Alrfiodis 
fa  femme.  608 

XXXIII.  Sur  les  vicomtes  de  T  ouloufe  fi 
de  Bruniquel.  6 1  o 

XXXIV.  Epoque  du  concile  de  faint Gilles 
tenu  au  milieu  du  JC I.  fiée  le,  &  de  quel¬ 
ques  autres  conciles  tenus  h  Narbonne 
vers  le  meme  tems.  6 1 1 

XXXV.  Epoque  de  la  plainte  de  Ber  en-* 
ger  vicomte  de  Narbonne ,  Contre  Gui- 
fred  archevêque  de  cette  ville.  611 
XXXVI.  Sur  les  comtes  héréditaires  de 
Subfiantion  ou  de  Melgueil.  6 1 3 

Leur  généalogie ;  6 1  y 

XXXVII.  Suite  des  feigneurs  de  Mont- 
peüier.  ibid. 

Leur  généalogie.  6 1 7 

XXXV  î  II.  Sur  l'origine  de  laviüe  de 
Beaucaire .  618 

XXXIX.  Si  Frotard  évêque  d’ Albi ,au 
JCI.  fiecle ,  fut  excommunié  fi  dépofé 
pour  caufe  de  fimonie .  6 1 9 

XL.  Sur  B  époque  de  la  mort  de  Guiüaume 
IV.  comte  de  T  ouloufe  ,  &  le  droit  que 
Raymond  de  S.  Gilles  fon  frere  avoit  d 
fa  fucceffion.  6 1 1 

XLI.  Si  Bertrand  fils  de  Raymond  de 
S.  Giües  étoit  bâtard  ou  légitimé  s  fi  fur 
les  differentes  femmes  de  ce  dernier .  61 3 
XLII.  En  quel  tems  les  comtes  de  T  ou¬ 
loufe  ont  aliéné  les  comtcxjie  Cahors  & 
de  Rode^  6 1  y 

XLIII.  Sur  quelques  circonflanccs  qui  re¬ 
gardent  l’expedition  de  Raymond  de 
S.  Giües  en  Orient.  618 

XLIV.  Sur  B  époque  &  le  lieu  de  la  naif- 
fance  de  Guiüaume  JC.  comte  de  Poitiers 


DES  NOTES. 

fi  duc  d' A quitaine.  6  3  g 

XLV.  Si  le  Languedoc  a  jamais  été  ap , 
peÜi  la  Province  de  S.  Giües.  ibid. 
XLVI.  Epoque  de  la  prifeffe  Carcaffonne 
par  Raymond-Berenger  III.  comte  de 
Barcelone furie  vicomte  Bemard-Aton  j 
&  de  la  reprife  de  cette  viüe  par  le  der¬ 
nier.  631 

XLVIL  Epoque  du  départ  de  Bertrand, 
comte  de  T  ouloufe  pour  la  T  erre-fainte , 
de  la  prife  de  T ripoli ,  fi  de  fies  autres 
expéditions  jufqu'k  fa  mort.  ibid. 
XLVI  II.  Sur  faint  Raymond  évêque  de 
Balbajlro.  633 

XLIX.  Suri' époque  duconcile  tenu  à  T  ou¬ 
loufe  par  le  pape  Caüixte  II.  £34 
L.  Sur  Alfonfe-Jourdain  comte  de  Tou¬ 
lon  fe.  635 

LI.  Sur  le  concile  tenu  k  Narbonne ,  fous 
Bépifopat  d' Arnaud  de  Levezon.  640 
LII.  Sur  les  anciens  feigneurs  d'Vfez^ibid. 
Leur  généalogie  fi  ceüe  des  feigneurs  de 
Pofquieres.  641 

LIII.  Epoque  du  voyage  du  roi  Louis  le 
Jeune  dans  la  province  y  k  fon  retour  de 
faint  Jacques  en  Galice.  641 

LI  V.  Sur  B  époque  du  fiege  de  T  ouloufe  par 
Henri  II.  roi  d'Angleterre  ,  (fi  fur 
quelques  ctrconfiances  de  fon  expédition. 

643 

Lv.  Sur  GaucelincBAzfüan  >  maître  des 
Hojpitalicrs  de  Jcrufalem ,  (fi  fur  quel¬ 
ques  autres  grands-maîtres  de  cet  ordre* 

6  44 

LVI.  Apologie  de  Raymond  II.  dernier 
comte  de  T  ripoli  de  la  maifon  de  T  ou¬ 
loufe.  646 


Explication  des  fujets  des  lettres  grifes  de  ce  'volume . 

LA  lettre  grife  du  XI.  Livre  ,  repréfente  la  prife  de  Bernard  II.  marquis  de 
Gothie. 

;  du  XII.  la  foûmiiHon  d’Ermengaud  fie  Raymond,  princes  de  Gothie ,  au  roi 
Raoul. 

Celle  du  XIII.  le  roi  Robert  qui  prie  dans  l’églife  de  S.  Sernin  deTouloufe  ,  où 
il  étoit  allé  en  pèlerinage. 

Celle  du  XIV.  Arnoul  abbé  d’Aurillac  ,  qui  reçoit  la  charte  de  fondation  de 
l’abbaye  de  S.  Pons  de  Tomieres,  des  mains  de  Raymond-Pons  comte  de 
Touloufe. 

Celle  du  XV.  les  ambadâdeurs  de  Raymond  de  S.  Gilles,  qui ,  dans  le  concile 
de  Clermont,  reçoivent  la  croix  au  nom  de  ce  prince,  des  mains  du  pape 
Urbain  IL 

Celle  du  XVI.  l’empereur  Alexis  Comnene  qui  donne  audience  à  Bertrand 
comte  de  Touloufe. 

Celle  du  XVII.  les  rois  de  Caftille  fie  de  Navarre  qui  font  la  paix  par  l’entre- 
rnife  d’Alfonlè  comte  de  Touloufe. 

Celle  du  X VIII. l’entrée  du  pape  Alexandre  III.  à  Montpellier. 

Celle  des  Preuves,  l’alTaffinat  commis  fur  la  perfonne  de  Raymond  I.  marquis 
de  Gothie  ôc  comte  de  Rouergue. 

HISTOIRE 


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Te  h.  :  * 

- - - J+4S---1--  ' 


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GENERALE 

I 

D  E 

LANGUEDOC 


LIVRE  ONZIÈME . 


Ouïs  le  Begue  apprît  en  Artois  la  mort  de  l’empe-  t 

reur  Charles  le  Chauve  Ton  pere,  qui  avant  fon  dé-  An.  877. 
part  pour  l’Italie ,  lui  avoir  laide  le  gouvernement  du  1. 

|  royaume.  Comme  la  conjuration  que  venoient  de 
former  quelques  -  uns  des  principaux  lêigneurs ,  en-  quitaine ,  fuc- 
tr’autres  Bernard  marquis  de  Gothie  ,  &.  Bernard 
comte  d’Auvergne ,  lui  faifoit  appréhender  de n’être  pcrc.^rcon- 
pas  generalement  reconnu  pour  Ion  fuccêdeur  ,&  qu’il  «vêts 
ivouloit  s’attacher  ceux  qui  étoient  demeurés  fideles , 
il  difpofa  en  leur  faveur  de  divers  fiefs  &  de  plu-  &  les  autres 
fieurs  dignités  vacantes.  Cette  conduite  fut  une  nouvelle  fource  de  mécon- 
tentement  pour  les  conjurez ,  qui  fe  plaignirent  hautement  de  cette  difpofition  un.t.  »$». 
faite  au  préjudice  des  heritiers  de  ceux  qui  les  avoient  occupées  auparavant. 

Ils  prétendirent  que  ce  prince  avoit  manifeftement  contrevenu  en  cela  aux  arti¬ 
cles  queCharles  leChauve  avoit  folemnellement  promis  d’obferver  dans  l’adem- 
hlée  de  Kierfî  peu  de  tems  avant  fon  départ  pour  l’Italie ,  &  ils  refuferent  fous 
ce  prétexte  de  reconnoîcre  le  roi  fon  fus ,  ôc  de  lui  obéir. 

T  me  //.  A 


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A  N.  877. 

a  K  Mab.  ad 
-4w1.878.rt.xo. 

b  Hincmar 
•aptr.  to  x.  />• 
17J>-  &fil- 
c  Ditcb.  to, 
2.  p.  475.  d* 

fil • 


d  F/W.  /.  j , 
r.  14. 


c  Annal.  Ber- 
tin  p.  xj  8. 


f  Annal  Juld. 
P •  Î7J. 


I  I. 

Bernard  II. 
marquis  de] 
Gothie  conti¬ 
nue  dans  (à  ré¬ 
volte,  &  s'em¬ 
pare  de  la  ville 
de  Bourges, 
g.  V.  to.  1. 
JV.  L  XXX  VIL 
T» -  1$. 

ih  ^rt«tf/.  Brr- 
/irt.p.  12^.  d* 

Aï- 

i  NOTE  ibid. 
n.  14. 

Je  Annal.  Ber- 
tin.  p.  150. 


1  Annal.  Ber - 
Jirt.’p.  143- 


1M.  141. 


i  HISTOIRE  GENERALE 

Louis  fut  informé  de  ce  refus  à  Compiegne  a  où  il  s’étoic  rendu  5  il  apprit 
en  mêmetems  que  l’imperatrice  Richilde  la  belle  mere,  &fceur  du  duc  Bo- 
zon,  étoic  d’intelligence  avec  les  conjurez  qui  s’étoient  avancés  jufqu’à  Ave- 
nai  en  Champagne ,  après  avoir  ravagé  diverfes  provinces  dans  leur  mar¬ 
che.  Dans  cette  extrémité ,  il  écrivit b  à  Hincmar ,  archevêque  de  Reims,  pour 
lui  demander  confeil.  Ce  prélat c  lui  répondit  par  une  longue  lettre ,  dans  la¬ 
quelle  il  lui  confeille  d’envoyer  inceflamment  des  députez  au  duc  Bozon,  à 
Bernard  comte  d’Auvergne ,  à  Bernard  marquis  de  Gothie  &  aux  autres 
conjurez ,  pour  leur  propofer  de  choifir  un  lieu  commode  pour  une  diete  gene¬ 
rale  ,  où  on  tâcherait  de  les  fatisfaire  lùr  leurs  griefs ,  8c  où  l’on  prendrait  des 
moyens  convenables  pour  pacifier  le  royaume ,  8c  faire  obferver  exactement 
les  articles  qui  avoient  été  arrêtez  dans  l’aflèmblée  de  Kierfi. 

Hincmar  écrivit  den  même  tems  à  l’abbé  Goflin  chancelier  de  France; 
l’un  des  chefs  de  la  révolte  &  oncle  de  Bernard  marquis  de  Gothie,  pour 
l’exhorter  à  fe  reconnoître,  8c  à  faire  rentrer  ce  feigneur  dans  fon  devoir, 
aufli-bien  que  Gosfrid  comte  du  Maine  fon  frere ,  qui  étoit  aufli  du  nombre 
des  conjurez:  mais  tous  Jes  foins  qu’il  fè  donna  auprès  de  Goflin  furent  e  inu¬ 
tiles.  Il  paraît  qu’il  fut  plus  heureux  à  l’égard  d’une  partie  des  rebelles  ,  qui 
s’étant  aflèmblez  en  un  lieu  appellé  Mont  deVitmar,  envoyèrent  faire  des 
propofitions  de  paix  à  Louis.  Ce  prince  les  écouta  volontiers ,  8c  après  quel¬ 
ques  négociations ,  la  plupart  prirent  le  parti  de  fe  rendre  à  Compiegne  avec 
l’imperatrice  Richilde ,  qui  remit  au  roi  les  ornemens  royaux  avec  l’ade  par 
lequel  l’empereur  Charles  le  Chauve  fon  pere  avoir  dilpofé  avant  fa  mort 
de  tous  fês  états  en  fa  faveur.  Louis  ayant  promis  enfuite  folemnellement  à 
tous  les  grands  du  royaume  tant  ecclefiaftîqucs  que  feculicrs ,  de  les  mainte¬ 
nir  dans  leurs  honneurs,  dignités,  &  privilèges,  fut  couronné  dans  le  même 
palais  de  Compiegne  le  8.  du  mois  de  Décembre  de  l’an  877.  par  Hincmar 
archevêque  de  Reims.  Ce  prince  devint  par-là  paifible  poflèflèur  de  tout  le 
royaume  ,  &  fit  en  même  tems  la  paix f  avec  Louis  roi  de  Germanie  fon  cou- 
fin  ,  auprès  duquel  il  tâcha  d’excufèr  la  conduite  que  l’empereur  Charles  le 
Chauve  avoir  tenue  à  fon  égard. 

Bernard  comte  d’Auvergne  fut  du  nombre  des  conjurez  qui  fe  réconciliè¬ 
rent  avec  le  roi  Louis  le  Begue  :  il  obtint  non.  leulement  le  pardon  de  ce 
prince,  mais  il  eut  encore  dans  la  fuite  beaucoup  de  part  dans  fa  faveur. 
Quant  à  Bernard  IL  marquis  de  Gothie  il  perfifta  dans  fa  révolte  avec  quelques 
autres  feigneurs ,  ce  qui  caufa  fa  ruine  :  il  s’empara  au  commencement  de 
l’année  fuivante  de  Bourges  ;  voici ,  à  ce  qu’il  nous  paraît ,  fous  quel  pretexte. 

On  a  obfervé  ailleurs  g  que  fous  l’empire  de  Louis  le  Débonnaire ,  la  ville 
8c  le  diocèfe  de  Bourges  étoient  gouvernez  par  un  comte  nommé  W'ifred , 
nom  qui  paroît  être  le  même  que  ceux  d’Egfrid  8c  d’Humfrid.  Ce  comté 
pafîâ  dans  la  fuite  fur  la  tête  d’un  feigneur  appellé  Gérard ,  *»  qui  en  étoit  pai¬ 
fible  poflêfîèur  »  en  867.  quand  Egfrid  abbé  Ieculier.de  faint  Hilaire  de  Poi¬ 
tiers,  qui  vraisemblablement  defeendoit  du  même  Wifred  dont  nous  venons 
de  parler ,  l’obtint  de  Charles  le  Chauve  à  force  de  prefens ,  fans  qu’il  paroiflè 
que  Gérard  eut  rien  fait  qui  méritât  d’en  être  depoflèdé.  L’année  fuivante  k 
Egfrid  voulant  prendre  poffeffion  de  ce  comté  ,  s’avança  dans  le  pays  :  mais 
Gérard  qui  n’étoit  pas  d’humeur  de  le  lui  ceder ,  fe  mit  en  campagne ,  l’obligea 
de  fe  renfermer  dans  un  château  où  il  J’affiegeaj  8c  dans  l’impoffibilité  de  le 
forcer  à  fe  rendre ,  il  prit  le  parti  de  mettre  le  feu  au  château ,  ce  qui  obli¬ 
gea  Egfrid  S  l’abandonner.  Les  gens  de  Gérard  s’étant  alors  faifis  de  fa  per¬ 
sonne  ,  lui  coupèrent  la  tête  qu’ils  jerterent  dans  le  feu  avec  le  tronc.  Charles 
le  Chauve  informé  de  cet  attentat ,  parut  vouloir  en  tirer  vengeance ,  8c  il 
alla  pour  cela  dans  le  Berri  5  mais  il  revint  bientôt  fans  avoir  puni  Gérard , 
qui  demeura  1  paifible  poflêfîèur  du  comté  de  Bourges  jufqu’à  l’an  871.  que 
ce  prince  en  difpofa  en  faveur  du  duc  Bozon  fon  beau-frere ,  foit  que  Gérard 
fut  déjà  décédé  ,  ou  que  plus  vraifêmblablement  il  foit  le  même  que  le  duc 
de  Provence  de  ce  nom ,  qui  l'année  précédente  avoit  été  dépouillé  des  di¬ 
gnités  dont  il  étoit  revêtu. 

Comme  les  comtez  étoient  alors  déjà  héréditaires ,  Bernard  marquis  de 


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DE  LANGUED  OC.  Liv.  XI.  3 

Gothicavoit  des  prétentions  fur  celui  de  Bourges  par  la  raifon  qu’il  étoit,  “à  ^“N  g  g  " 
ce  qu’il  parole ,  de  la  famille  d’Egfrid  que  les  gens  de  Gérard  avoient  fait  g  t‘ 
mourir.  Mais  fesliaifons  avec  Bozon  l’un  des  conjurés  contre  Charles  le  zxxxn* 
Chauve,  l’empêcherent  fans  doute  de  faire  valoir  fes  droits  fur  ce  comté, 
jufqu’à  ce  qu’enfin  ce  dernier  ayant  fait  fa  paix  avec  Louis  le  Begue,  il  ne 
carda  plus  de  ménagement  avec  lui.  Il  eft  certain  en  effet  que  Bernard  fe 
faille  de  Bourges  ,  peu  de  cems  après  la  paix  de  Bozon  8c  d’une  partie  des  re-  e  y  um  f 
belles,  &  que  pour  groflir  fon  parti  il  b  engagea  dans  fa  révolte  Emenon  fon  note  AU. ». 
frere,  Gosfrid  comte  du  Maine  fon  oncle  maternel,  c  8c  les  fils  de  ce  comte,  ss¬ 
ii  défendit11  l’entrée  de  la  ville  de  Bourges  àFrotaire,  qui  enétoic  alors  ar- 
chevêque ,  après  l’avoip  été e  fucceflivement  de  Bourdeaux ,  8c  évêque  de  Poi-  <$.'  ,l0.  t«.  i. 
tiers.  Il  ufurpa  les  biens  de  l’églife  de  Bourges,  exigea  de  fes  vafiaux  un  fer- 
ment  de  fidelité  contraire  à  celui  qu’il  devoir  lui- meme  à  fon  roi,  commit  *r 
divers  ravages  dans  le  Berri ,  8c  entraîna  enfin  dans  fà  révolte  la  Septimanie ,  e  v  mTK 
où  il  paroît  qu’on  c  ne  reconnoifToit  pas  encore  Louis  le  Begue  la  féconde  an-  xvui  ».  i. 
née  du  régné  de  ce  prince. 

Du  Berri,  Bernard  pafTa  g  en  Bourgogne  accompagné  de  l’abbé  Goflin  jByl^ni„ 
fon  oncle,  &  ils  arrivèrent  à  Saifli-les-Bois  dans  le  diocèfe  d’Auxerre,  f  Saint  reliques  de  S. 
Romule  abbé  de  S.  Baufile  de  Nifmes,  qui  gouvernoit  une  communauté  de  Baufiicà  Nif- 

«  ...  >'•  r*'i  i  .  °  .  *  r  «  •  •  mes.  Bertrand 

80.  religieux  setoit  rerugie  dans  cet  endroit  avec  une  partie  de  les  religieux ,  v;comte  ac 
au  commencement  du  VIII.  fiecle ,  ou  même  à  ce  qu’il  paroît  dans  un  «eue  ville, 
tems  beaucoup  plus  reculé,  pour  éviter  les  courfes  des  barbares  qui  rava-  (  pr.p.i.& 
geoient  la  Septimanie  ,  &il  y  avoit  fondé  un  monaftere.  Trutgaud  abbé  de/'?- 
Sailli  fon  fuccelîèur ,  venoit  d’en  faire  réparer  &  aggrandir  l’églife  ,  lorfque  B  v^lv£pXr' 
Bernard  prince  de  Gothie  8c  l’abbé  Goflin  y  arrivèrent.  Il  pria  inftamment  àu. 
avec  fes  religieux  le  premier ,  de  vouloir  leur  accorder  une  partie  des  re¬ 
liques  de  faint  Baufile  leur  patron,  qu’on  confervoit  à  Nifmes,  lieu  de  fon 
martyre.  Bernard  charmé  de  pouvoir  leur  fafce  ce  plaifir ,  qui  ne  lui  coûtoit 
pas  beaucoup ,  le  leur  promit  ■>  8c  étant  parti  peu  de  tems  après  pour  la 
Gothie ,  deux  religieux  députés  par  l’abbé  8c  la  communauté  de  Sailli  le 
fuivirent  dans  cette  province. 

Bernard  à  fon  arrivée  à  Narbonne ,  qui  en  étoit  la  capitale ,  préfenta  à  l’ar¬ 
chevêque  Sigebode  les  deux  religieux  de  Sailli ,  8c  lui  communiqua  le  fujet  de 
leur  voyage.  Ce  prélat  également  recommandable  par  fa  pieté ,  fon  zele ,  8c 
fon  autorité ,  les  accueillit  très  -  bien ,  8c  promit  de  les  favorilèr  en  tout. 

Il  refolut  dans  ce  deflein  d’aller  à  Nifmes  j  mais  une  maladie  qui  lui  furvint 
l’en  ayant  empêché,  il  y  envoya  à  fa  place  Theodard  fon  archidiacre  qui  fut 
enfuice  fon  fuccelîèur ,  &  qu’il  fit  accompagner  par  les  deux  religieux ,  après 
leur  avoir  donné  des  reliques  de  faint  Paul,  premier  évêque  de  Narbonne,  8c 
de  faint  Amand  évêque.  Bernard  y  envoya  de  fon  côté  6c  en  fon  nom ,  un 
feigneur  ou  prince  appellé  Urfus.  A  leur  arrivée ,  ils  trouvèrent  la  ville  de 
Nifmes  dans  le  trouble  8c  l’agitation:  le  bruit  quis’étoit  déjà  répandu  parmi 
les  habitans  du  diocèfe ,  qu’on  venoit  pour  enlever  le  corps  de  leur  faint  pa¬ 
tron,  les  avoit  obligés  à  s’armer,  réfolus  de  s’y  oppofer  de  toutes  leurs  forces. 

Cela  n’empêcha  pas  que  Gilbert  évêque  de  Nifmes ,  Wifred  évêque  d’U- 
fez,  plufieurs  autres  évêques  Ôc  un  grand  nombre  d’abbés  delà  province  qui 
s’étoient  alfemblez  dans  cette  ville  par  ordre  de  Sigebode ,  ne  filTent  fouiller 
pour  deterrer  ces  reliques.  On  les  trouva  enfin  renfermées  dans  un  cercueil 
de  plomb,  que  l’abbé  S.  Romule  avoit  fait  enfouir  dans  la  terre  ,  fous  une 
des  murailles  de  l’églife ,  lorfqu’il  avoit  été  obligé  d’abandonner  le  pays.  Les 
évêques  qui  étoient  préfens ,  charmés  d’avoir  trouvé  un  fi  précieux  tréfor 
qui  depuis  avoit  toujours  demeuré  caché  ,  entonnèrent  alors  le  Te  Deum ,  le¬ 
quel  fut  chanté  par  cinq  cent  ecclefiaftiques  qui  étoient  accourus  de  toutes 
parts.  C’eft  ainfi  que  les  precieufes  reliques  de  faint  Baufile  ,  martyr  de  N if- 
mes,  furent  découvertes  le  14.  d’ Avril  de  l’an  878.  Nous  tenons  cette  re¬ 
lation  d’un  auteur  contemporain ,  quij’avoit  apprife  des  ecclefiaftiques  mêmes 
qui  y  avoient  aflifté  :  aufli  n’y  trouve-t-on  rien  qui  ne  s’accorde  parfaitement 
avec  les  monumens  du  tems.  Cet  auteur  ajoûte ,  que  les  évêques  qui  fe  trou-’ 
vetent  alors  à  Nifmes ,  donnèrent  une  partie  confiderable  de  ces  reliques 
Terne  II.  A  ij 


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An.  878. 


a  VOTE 
OC  VIII.  n.  a. 


*  Ut  rcx  ibat. 


bjoh.in.  VIII, 
ep.  i}. 

c  Annal.Bsr- 
tin.  p.  154. 

V.  Cour  in  A:m. 
I.  j.  c.  3  6. 

1  v. 

M iron  comte 
de  Rouliiilon, 
6c  Lhicloin  vi- 
coimc  deNar- 
bonne  rava¬ 
gent  la  Septi- 
maaic. 

d  Job  an, 
VüL  ep.  loi. 


V. 

Louis  le  Bègue 
marche  contre 
Einenon  6c 
Gosfrid  connc 
du  MaincJ'un 
frère  &  l'autre 
oncle  du  mar- 
quisdcGoihic. 
e  Annal,  Ber« 
tin.  p.  1}  4. 

f  V.  tom.  1. 
K  Lxxxru. 
»•  y  7.  &to- 
VL 

Arrivée  du 
papeJcanVIlI. 
à  Arles-,  d  ci- 
fiond’undiltc- 

rend  qui  ctoit 
entre  levè- 
cjuc  deNifmcs 
&l‘abbc  de  S. 
Gilles. 

g  Mob.  ad 
ami.  878.  n.  1. 

Annal  Ber- 
lin.  ibid. 

Job. vi.  vrn. 
<p.  ui  f 


4  HISTOIRE  GENERALE 

aux  deux  religieux  de  Sailli  qui  avoienc  donné  occalîon  à  leur  invention. 

Le  prince  Urlus  nommé  par  le  marquis  de  Gothie  pour  affilier  en  Ton  nom 
à  cette  ceremonie,  étoit  peut-être  vicomte  de  NiTmes  :  li  cela  cil,  il  dévoie 
avoir  fuccedé  à  Bertrand  qui  *  polTedoie  cette  vicomté  depuis  neuf  mois,  U 
première  année  que  Charles  le  chauve  fut  reconnu  empereur,  c’cll-à-dire  en  876. 
ë:  qui  tint  alors  un  plaid  dans  le  château  des  Arenes  où  il  fut  affidé  de  deux 
vicaires  ou  viguiers,Gifalfred  &  Gautier ,  & de plulîeurs  autres  juges:  on  re¬ 
mit  dans  ce  plaid  Gilbert  évêque  de  Nifmes  en  pollëffion  du  lieu  de  Bifac 
dans  la  Vaunage  qu’on  avoir  ufurpé  furfon  églife. 

L’auteur  anonyme  de  l’hidoire  de  la  tranflation  des  reliques  de  S.  Baufile , 
Tcmarque  que  cette  découverte  fut  avantageufe  à  la  Gothie  alors  menacée 
de  très-grands  maux  -,  qu’outre  les  miracles  que  Dieu  opéra  au  tombeau 
du  faint  martyr,  on  recueillit  une  abondante  moillon  dans  la  province  j  que 
Les  peuples  furent  plus  dévots  &  plus  religieux  -,  &  qu’enfin  le  prince  Bernard  en 
u fa  à  leur  égard  avec  plus  de  clemcncc  &  de  modération  :  termes  qui  joints  à  un 
autre  endroit  où  il  dit  que  ce  marquis  marchait  comme  un  roi  *  dans  ion  gou¬ 
vernement  ,  font  allez  entendre  &  l’indépendance  qu’il  affecloit,  êe  la  révolte 
dans  laquelle  prefquc  toute  fa  famille  étoit  entrée.  En  effet  Emenon  fon  frere 
s’étant  joint b  à  Hugues  fils  naturel  du  feu  roi  Lothaire,  ils  coururent  enlèm- 
ble  le  pays  qu’on  appelloit  alors  le  royaume  de  Lothaire  ,  &  y  commirent  une 
infinité  d’excès.  Emenon  le  laifit c  quelque  tems  après  delà  ville  d’Evrcux 
dont  il  ravagea  les  environs ,  &  s’empara  des  biens  ecclclîalliqucs  en  diverfes 
provinces. 

La  Gothie  ouSeptimanie  dont  Bernard  étoit  gouverneur,  fut^expofée 
d’un  autre  côté  aux  brigandages  de  Miron  comte  de  Rouffillon  ,  ëcd’Hum- 
frid  fon  frere  qui  abandonna  le  cloître  où  il  avoit  embraffé  la  profeifion  mo- 
nallique  &  reçu  le  diaconat.  Ces  deux  feigneurs  s’emparèrent ,  foit  par  adrefle , 
foit  par  force,  de  toutes  les  pfcices  fortes:  ils  en  chailèrcnt  la  plupart  des 
minillres  des  autels,  leur  fubllituerent  des  perfonnes  indignes ,  Sc  dilpoferenc 
à  leur  gré  de  tous  les  bénéfices  ecclefiadiques.  Lindoin  vicomte  de  Narbonne 
quis’étoit  aflôcié  avec  eux,  ne  caufa  gueres  moins  de  maux  dans  le  diocèfe 
de  cette  ville:  il  bannit  les  curez  &  les  prêtres  de  leurs  églilès  ;  éc  u/ànt  d’un 
pouvoir  defpotique,  il  donna  leurs  bénéfices  aux  créatures  de  Miron.  Pour 
comble  de  malheur,  les  officiers  de  Bernard  marquis  de  Gothie,  fous  pré¬ 
texte  des’oppofer  aux  entreprifes  de  ce  comte  &:  de  fes  complices ,  achevercnc 
d’un  autre  coté  de  ruiner  le  pays  j  en  forte  que  la  province  fut  réduite  dans 
la  derniere  défolation. 

Tous  ces  maux  étoient  les  trilles  fuites  de  la  foiblcffe  du  gouvernement  8c 
del’ambition  des  grands  duroyaume,  qui  ne  cherchaient  qu’à  le  rendre  abfo- 
lus  dans  leurs  gouvernemens ,  &  qui  s’emparoient  fans  fcrupulc  des  biens  con- 
facrés  aux  autels  par  la  pieté  des  fidèles.  Le  roi  Louis  le  Begtie  e  naturellement 
pacifique,  le  trouvoit  d’ailleurs  peu  en  état  de  réprimer  ces  défordres  au  com¬ 
mencement  d’un  régné  agité  encore  des  divers  troubles  qui  avoient  précédé. 
Il  tâcha  cependant  d’y  apporter  quelque  remede,  fe  mit  en  campagne  auffi- 
tôt  après  Pâques,  &  paffa  la  Seine  tant  pour  s’oppofer  aux  nouvelles  cour- 
fes  des  Normands,  que  pour  arrêter  les  entreprises  d’Emcnon,  de  Gosfrid 
comte  du  Maine  &  des  fils  de  ce  dernier  ,  tous  f  proches  parens  &  prin¬ 
cipaux -affociés  de  Bernard  II.  marquis  de  Gothie.  Mais  il  tomba  malade  à 
fon  arrivée  à  Tours:  il  trouva  cependant  moyen  de  foûmcttre  Gosfrid  &: 
fes  fils ,  en  les  laiffimt  paifibles  poflèffeurs  des  biens  qu’ils  avoient  ufurpez  fur 
la  fucceffion  du  feu  comte  Odon. 

Louis  apprit  à  Tours  l’arrivée  du  pape  Jean  VIII.  en  France,  où  il  venoit 
chercher  un  azile  contre  la  fureur  de  plufieurs  tyrans,  qui  depuis  la  mort  de 
Charles  le  Chauve,  défoloicnt  l’Italie.  Ce  pontife  arriva  par  mer  à  Arles  le 
onzième  du  mois  de  May  de  l’an  878.  jour  de  la  Pentecôte  :  il  donna  avis  de 
fon  arrivée  à  Bozon  duc  de  Provenceiqui  commandoit  dans  lepavs.  Ce  duc 
l’alla  joindre  auffi-tôt  avec  la  duchellè  Ermcngarde  fon  époufe,  tk.  lui  fit  tous 
les  honneurs  dûs  d  fa  dignité  :  divers  prélats  des  provinces  voifines  allèrent 
auffi  joindre  le  pape  à  Arles  durant  le  fejour  qu’il  fit  dans  cette  ville ,  entr’autres 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XI. 


Leon  1  abbé  de  faine  Gilles.  Cec  abbé  lui  porta  fes  plaintes  contre  Gilbert  An.  878. 
évêque  de  Nifrnes,  qui  fans  aucun  égard  pour  les  privilèges  de  fon  mona-  al uiun.Mif- 
ftere  fournis  immédiatement  au  S.  fiege,  s’en  étoit  rendu  maître,  &  avoit 
furpris  des  lettres  du  roi  6c  du  pape  Nicolas  I.  pour  fe  maintenir  dans  fon  aj  cat»iog. 
ufurpation.  Leon  produilit  les  titres  qui  éxemtoient  l’abbaye  de  laine  po  tfp*rt.i. 
Gilles  delà  jurifdiction  des  évêques  de  Nifrnes, 6c  Jean  VIII.  pour  juger  cette  I4°‘ 
affaire  avec  maturité ,  aflèmbla  les  évêques  qui  étoient  à  fa  fuite  ôc  ceux  du 
voifmage  ,  entr’autres  I&erius  évêque  de  Viviers,  avec  les  jurifconfultes  du 
pays.  Cette  allèmblée  ayant  oui  les  défenfes  de  Gilbert ,  6c  examiné  fes  pré¬ 
tentions,  décida  que  lemonaftere  de  faint  Gilles  étoit  foûmis  au  pape,  qui 
y  envoya  Deufdet  du£  de  Ravenne  pour  en  prendre  poffefïïon  en  fon  nom. 

L’évêque  de  Nifrnes  parut  acquiefcer  à  cette  décifion  5  mais  le  pape  fut  i 
peine  iorti  de  France  ,  qu’il  envahit  de  nouveau  l’abbaye  de  Saint  Gilles, 
en  challà  les  moines.,  6c  fe  faifit  de  leurs  biens.  Jean  VIIL  averti  de  cette 
entreprife,  entémoigna  de  l’indignation ,  6cécrivitb  furcelaau  moisdejuin  b  ■jeban.vui. 
de  l’année  fuivante  à  Roftaing  archevêque  d’Arles ,  à  Sigebode  archevêque  **'  '  ' 
de  Narbonne,  8c  à  Robert  archevêque  d’Aix.  Il  leur  ordonna  d’aflèmbler 
un  concile  pour  obliger  Gilbert  à  remettre  les  choies  dans  leur  premier  état, 

&  à  laillèr  les  moines  de  S.  Gilles  dans  la  pailîble  polléllion  de  leur  rnona- 
(tere*  8c  en  cas  de  refus  de  fa  part,  de  le  dépofer  de  fon  fiege,  8c  même  de 
l’excommunier.  Nous  ignorons  les  fuites  de  cette  affaire:  ilparoît  cependant 
que  Gilbert  évêque  de  Nifrnes  reftitua  lesbiens  ufurpez,  &  qu’il  laiffa  jouir 
en  paix  l’abbaye  de  S.  Gilles  de  fes  anciens  privilèges.  Ce  prélat  avoit c  fuc-  c  kotexvw. 
cédé  à  Ifnard  qui  vivoit  fous  le  pontificat  de  Nicolas  I.  6c  qui  obtint  de  ce  u 
pape,  à  ce  qu’on  d  prétend ,  la  confirmation  de  la  charte  par  laquelle  Tenu  a  Pr.p.io. 
percur  Louis  le  *  Débonnaire  avoit  foûmis  l’abbaye  de  S.  Gilles, avec  celle  c  v.rr.to.i.p. 
deTornac,  à  l’églife  de  Nifrnes.  On  ( ajoute  que  le  roi  Carloman  donna  à  *3- 
Gilbert  celle  de  Pfalmodi.  .JdPr-  f- I0- 

Un  moderne  g  prétend  qu’Abbon,  évêque  de  Maguclonne,  alla  joindre  le  ’g  banei.fer . 
pape  Jean  VIII.  à  Arles,  &  le  pria  de  venir  à  Montpellier  pour  y  confacrer  l’é-  !rtf-  M*s- 1- 
glife  de  Notre-Dame  des  Tables  -,  mais  ce  fait  eft  avancé  fans  preuve,  8c  il  8?'  l' c  ' 
n’y  en  a  aucune  que  cette  ville,  8c  encore  moins  i’églife  de  Notre-Dame, 
fubfîftafTent  dans  ce  tems-ld. 

Ce  fut  fans  doute  durant  le  féjour  que  le  pape  Jean  VIII.  fit  d  Arles,  Lettre  dupa- 
qu’informé  des  violences  que  Miron  comte  de  Roufiîllon ,  Humfrid  fon  frere  pc  à  Miiou 
&  Lindoin  vicomte  de  Narbonne  excrqoient  dans  la  Scptimanie^  il  écrivit  R^Jniion  a 
une  lettre h  qui  nous  refte ,  dans  laquelle  il  menace  le  premier  de  l’excommunier  aHumùu  ion 
s’il  ne  répare  incefiamment  les  maux  qu’il  avoit  caufés ,  6c  lui  ordonne  de  fe  !“ 

rendre  à  Lyon  pour  fe  prefenter  enfuite  au  concile  general  qu’il  avoit  defïcin  avoient  exer- 
-de  tenir,  6c  y  rendre  compte  de  fa  conduite.  Quant  à  Humfrid,  il  lui  en-  ««dans  la 
joint  de  rentrer  au  plutôt  dans  fon  monaftere  pour  y  expier  par  la  pénitence  ^cpt™a™c- 
fes  fautes  paffées ,  à  moins  que  fur  de  fon  innocence  ,  il  ne  voulût  le  trouver  f^o T.  'ib,!!' 
au  concile  pour  s’y  purger  des  crimes  dont  il  étoit  accufé.  Il  lui  déclare  en¬ 
fin  qu’en  cas  de  délobéiilance,  il  ne  pouvoir  s’empêcher  de  l’excommunier. 

Le  pape  fe  rendit  quelque  temps  après  à  Lyon»  où.  il  écrivit  au  roi  Louis  viii. 
le  Bcgue  encore  malade  à  Tours,  pour  le  prier  de  luiafligner  une  ville  où 
ils  pulîcnt  conférer  enfemble.  Le  roi  le  fit  prier  de  fe  rendre  à  Troyes  où  il  ficurs  cvt^cs 
efperoit  l’aller  joindre  dans  peu.  Alors  Jean  VIII.  convoqua  dans  cette  ville ,  la  province 
pour  le  premier  d’Août ,  un  concile  national  de  tout  le  Royaume.  Il  y  in- 
vita  les  rois  de  Germanie  ,  dans  le  deffein  d’obtenir  leur  protection  avec  celle 
de  Louis  le  Begue  contre  les  factieux  d’Italie,  6c  déporter  ces  princes  à  con¬ 
clure  entre  eux  une  bonne  paix  qui  pût  les  mettre  en  état  de  remédier  à  un 
grand  nombre  d’autres  maux  qui  affligeoient  l’églife ,  6c  en  particulier  celle 
de  France. 

Dans  fa  route  depuis  Lyon  jufqu’à  Troyes ,  le  pape  invita  au  concile  les  VLV' 

divers  évêques  des  Gaules.  Les  lettres1'  qu’il  écrivit  fur  ce  fujet  à  Sigebode  mé-  4’  '  ... 

tropolitain  de  la  province  de  Narbonne,  font  dattées  de  Langres  du  2.  de  mai^pu^os' 
Juin.  Cet  archevêque  fe  rendit  à  Troyes  accompagné  de  quatre  évêques  de  MarU  > 

^  province,  Ravoir  deWalefrid  d’Ufez,  Alaric  *  de  Béziers,  Abbon  de  Mague-  duI>' 


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6  HISTOIRE  GENERALE 

A  n.  878.  lonne,  dans  la  Seprimanie,  Sc  Frodoin  de  Barcelonne  dans  la  Marche  d’Ef- 
i  x.  pagne.  Ce  dernier  obtint  durant  ce  concile  du  roi  Louis  le  Begue ,  un  diplo- 
rnard  ir.  me  »  qui  le  confirme  dans  la  poflèflion  des  biens  de  Ton  églife ,  entr’autres  de 
ms  de  ja  troiiiéme  partie  des  droits  domaniaux  du  comté  de  Barcelonne ,  dont  Ber- 
nard  II.  marquis  de  Çothie  lui  avoit  procuré  une  autre  confirmation  du  roi 
Charles  le  Chauve.  Louis  accorda  aufli  alors  b  à  Sigebode  archevêque  de  Nar¬ 
bonne  ,  l’union  de  quelques  bénéfices  à  fon  églife  réduite  à  une  extrême  pau¬ 
vreté  ,  fans  doute  par  les  vexations  du'  comte  Miron  8c  de  les  complices. 

Jean  VIII.  appella  aufli  au  concile  de  Troyes ,  par  une  lettre  c  du  1  o.  de 
^/•Juin,  Frotaire  archevêque  de  Bourges  &  les  évêques  de  fa  province  :  Frotaire 
b  Btluz.  dans  fa  réponfe ,  lui  porta  fes  plaintes  contre  les  violences  que  Bernard  mar¬ 
ri/.  sarb. *pp.  quis  de  Gothie  exerçoit  fur  Ion  églife,  Sc  de  ce  qull  l’empêchoit  d’entrer 
{■  dans  fa  ville  métropolitaine.  Le  pape  écrivit  une  fécondé  lettre  d  à  ce  pré- 

't?°99*n' Vm'  ^at  dans  ^a4ue^e  après  ^  avoir  témoigné  combien  il  défaprouvoit  la  conduite 
Atp.i 04.  du  marquis,  il  l’exhorte  à  fe  rendre  inceflamment  à  Troyes.  Il  écrivit  «en 
même  tems  une  lettre  paternelle  à  Bernard  pour  l’engager  à  réparer  les  maux 
qu’il  avoit  faits  à  Frotaire  8c  à  l’églife  de  Bourges ,  dont  il  déclare  qu’il  ne 
peut  fe  dilpenfer  de  prendre  là  défeniè. 

Ce  marquis  tâcha  d’exeufer  fa  conduite  ,  8c  répondit  f  au  pape  qu’il  ne 
s’étoit  emparé  de  la  ville  de  Bourges ,  que  pour  prévenir  le  deflein  qu’avoit 
Frotaire  de  la  livrer  aux  ennemis  du  roi:  mais  cen’étoit  qu’un  vain  prétexte 
Sc  le  pape  perfuadé  de  l’innocence  de  l’archevêque  qui  offrit  de  lejuftifier  là- 
deflus  ,  écrivit  une  féconde  fois  à  Bernard  ,  pour  le  fommer  de  fe  rendre  au 
concile  de  Troyes  avec  Gérard  fon  vicomte  Sc  fes  autres  complices,  Scyêtre 
jugé  tant  par  l’autorité  des  canons  Scdesloix  civiles,  que  par  celle  du  roi  qui 
devoit  s’y  rendre  inceflamment. 

La  maladie  g  de  ce  prince  l’empêcha  de  fe  trouver  à  Troyes  à  l’ouverture 
du  concile  qui  fe  fit  le  1  x .  du  mois  d’Aout  ;  il  n’y  arriva  h  que  le  premier  de 
Septembre  accompagné  de  Frotaire  archevêque  de  Bourges.  Après  fon  arri¬ 
vée  on  agita  ‘  l’aflàire  du  marquis  de  Gothie  ,  qui  refuiâ  de  comparoître , 
quoique  cité  deux  fois  par  le  pape ,  Sc  une  fois  par  le  roi.  k  On  prononça 1 


I  x. 

”  Bernard 
marquis 
'Gothiecitc  au 
cojurile  de 
Tro)cs  ,  ex¬ 
communie  Sc 
dépouillé  de 
les  dignités. 

a  Capital, 
app.  to. 

If  02 


c  if.  IOJ. 


f  tp.  Il yibid. 


g  Coneil.  ta. 
5.  f-  $°7- 
>i  Annal.  Ber» 
tin.  p.  2Ç4. 

;i  To.  1  .NOTE 
ZXXXVll.  n. 


k  j.h.  vm.  contre  lui  une  fentence  d’excommunication  ,  comme  atteint  Sc  convaincu  d’a- 
tfiji.  no.  vojr  ufurpé  les  biens  de  diverfes  églifes ,  Sc  en  particulier  de  celle  de  Bour- 
1  ibid.tf.  m.  gCS  ^  <pen  avoir  chafle  l’archevêque  Frotaire ,  Sc  d’être  rebelle  au  roi.  Son  frere 
m  tfifi.  iij.  Emenon , m  Sc  Hugues  fils  naturel  du  feu  roi  Lothaire  furent  menacés  du  même 
anathème ,  fl  dans  l’efpace  de  trente  jours  ils  ne  difeontinuoient  leurs  bri¬ 
gandages  ,  Sc  ne  fe  foûmettoient  au  roi. 

s  Il  y  a  lieu  de  croire  que  Miron  comte  de  Rouflïllon ,  Humfrid  fon  frere, 

JeMironcom-  &  Lindoin  vicomte  de  Narbonne ,  firent  des  réfléxions  falutaircs  fur  la  lettre 
te  de  Rouiiii-  qu’ils  avoient  reçue  du  pape ,  Sc  qu’ils  tinrent  une  conduite  plus  /âge  :  car  il 
doin ^vicomté  ne  Par°îc  pas  qu’ils  ayent  été  ni  excommuniez  ni  même  menacez  d’excom- 
de Narbonne,  munication  parle  concile.  Nous  voyons  au  contraire  que  Miron  confervan 
n  v.  Marc,  encore  long-tems  après  le  comté  de  Rouflillon ,  8c  qu’il  accorda  fa  protection 
aïo  l i*°&c  ^’ann^e  fldvante  aux  religieux  d’Exalade  dans  le  même  pays ,  qui  furent  obligés 
de  fe  transférer  à  Cuxa  où  ils  s’établirent ,  à  caufe  d’une  inondation  extraordi¬ 
naire  qui  avoit  renverfé  leur  monaftere.  Au  relie  Lindoin  efl:  le  plus  ancien 
xi.  vicomte  de  Narbonne  que  nous  connoiflions. 

Le  concile  de  C’eft  apparament  à  l’occafîon  des  ufurpations  des  biens  eeelefiaftiques  de 

au'code'des"  la  Septimanie ,  foitpar  ce  vicomte ,  foit  par  le  comte  Miron  Sc  fes  affociés ,  que 
îoix  des  vifi-  le  concile  de  Troyes  fit  un  décret  0  contre  ces  fortes  d’ufurpateurs ,  Sc  en 
fomreTcs  &!  particulier  contre  ceux  de  cette  province.  Comme  elle  étoit  alors  p  habitée 
aiJeges.  par  un  grand  nombre  de  Gots  naturels  }  que  dans  le  code  des  loix  de  cette 
nation  il  n’y  avoit  aucune  peine  ftatuée  contre  les  raviflèurs  des  biens  de 


o  Concil.  to. 

b  3®« 
vn- 


l’églife  5  &  qu’enfin  îl  écoic  défendu  aux  juges  par  une  loi  du  même  code,  de 
rien  décider  qui  ne  fut  autorifé  par  les  loix ,  il  arrivoit  que  les  facrileges  jouif. 
■F  '  -F-iU-  f0jenc  impunément  du  fruit  de  leur  crime.  Sigebode  archevêque  de  Nar¬ 
bonne  touché  des  fuites  funeftes  d’une  telle  impunité ,  s’adrefla  au  pape  avec 
les  évêques  delà  province  5  8c  ayant  prefenté  au  concile  le  code  des  loix  Vi- 
Jigothiques,  il  demanda  qu’on  décernât  quelque  peine  contre  les  ufurpateurs 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XI. 

des  biens  ecclefiaftiques ,  &:  que  le  decret  que  le  concile  feroit  LLdeflus  futin- 


- - 1 - -7 - 1”  * - A*.*  WW  *«-v*w**vw  *~v***~  .  O  Q 

feré  dans  le  même  code.  L’aflemblée  compofee ,  à  ce  qu’il  paroît  des  deux  A  ‘  ' 


xii. 

Diffcrcnd  de 


dcsVifigc 

en  vigueur.  Cette  loi  fut  prife  de  celle  du  droit  Romain  qui  condamne  les 
facriléges  à  cinq  livres  pelant  d’or  d’amende  :  mais  on  n’en  fuivit  pas  toute 
la  rigueur ,  &  on  la  modéra ,  conformément  à  une  conftitution  de  l’empereur 
Charlemagne ,  qui  réduit  cette  amende  à  trente  livres  pefant  d’argent  fin , 
vingt  fols  d’argent  faifant  une  livre  ,  en  forte  que  dix  fols  d’argent  pelbient 
alors  un  marc.  Le  concile  fit  ajouter  enmêmetems  au  code  des  loix  Vifigo- 
thiques  ce  décret,  qui  fut  adrelfé  par  le  pape  «  aux  évêques ,  aux  comtes ,  « 
aux  vicomtes,  aux  centeniers ,  ôc  à  tous  les  juges  des  deux  provinces  d’ E/pagne  « 

&  de  Gothie.  La  première  de  ces  deux  provinces  comprenoit  la  Marche  d’Ef- 
pagne  ou  Catalogne  au-delà  des  Pyrénées ,  6c  l’autre  la  Septimanie  ou  pro¬ 
vince  ecdefiaftique  de  Narbonne  en-deqa  de  ces  montagnes ,  ce  qui  prouve 
qu’elles  faifoient  alors  deux  gouvernemens  fcparcs ,  quoiqu’elles  fulfcnt  corr- 
priles  toutes  les  deux  en  general  dans  ce  qu’on  appclloit  le  royaume  d’Efpa- 
gne,  de  Septimanie  oudeGothie,  comme  nous  le  verrons  bientôt. 

Willafred  évêque  •  d’Ufez  porta  fes  plaintes  au  concile  deTroyes  contre 
Rotfrid  évêque  d’Avignon,  qui  prétendoit  étendre  fajurildi&ion  fur  quelques  wiüafiTd  é- 
lieux  de  fon  diocèfe  j  mais  l’abfence  du  dernier  fut  caufe  que  le  pape  renvoya  <*'V [ci 

le  jugement  de  cette  affaire  au  concile  des  deux  provinces  d’Arles  &  de  Nar-  *vOqjcd  Avi- 
bonne,  qu’il  ordonna  de  tenir  fur  cefujet.  Pour  abréger  le  travail  des  évê-  gnon, 
ques  de  ces  deux  provinces ,  il  leur  envoya  les  autorités  des  peres  6c  des  con-  a  job.  vus. 
ci  les  qui  dévoient  fervir  à  ladécifion  de  ce  différend.  '  “• 

Le  7 .  de  Septembre  Jean  VIII.  b  fit  la  ceremonie  de  couronner  à  Troyes  x  UI 
le  roi  Louis  le  Begue.  Trois  jours  apres,  c’eft-à-dire  le  jour  de  la  clôture  du  Bernard  com- 
concile;  le  roi  fut  vifiter  le  pape ,  6:1c  lendemain  ce  prince  célébra  chez  le  j'^deTucr- 
duc  Bozon  les  noces  de  Carloman  fon  fils  avec  la  fille  que  ce  duc  avoir  eue  nard  1 1.  dans 
d’un  premier  lit.  e  Alors  Louis  le  Begue  difpofa,  de  l’avis  des  principaux 
ieigneurs  de  fa  cour ,  des  charges  ÔC  dignités  que  Bernard  II.  marquis  de  Go-  • 
thie  excommunié  par  le  concile ,  lailfoit  vacantes  par  fa  rébellion.  Il  les  par- 
tagea  d  entre  Thierri  grand  chambellan  ,  Bernard  comte  d’Auvergne  ,  6:  c  v  NOXE 
quelques  autres  feigneurs  qui  lesavoient  briguées  fecretemcnt,  ôc  pour  lefquelles  z  «s- 

ils  lui  prêtèrent  ferment  de  fidelité.  d  Annal,  b^. 

Bernard  comte  d’Auvergne  eute  pour  fa  part  le  marquifat  de  Gothie,  6:  tin.ibid. 
fut  le  troifiéme  de  fon  nom  qui  le  poflèda.  Il  rentra  par  là  dans  le  patri- 
moine  de  fes  ancêtres  *  car  il  étoit  fils  du  fameux  Bernard  duc  de  Septima-  n.  si.&fin- 
nie,  que  le  roi  Charles  le  Chauve  fit  mourir  en  844.  Bernard  III.  étoitné  à 
Ufezàlafin  de  l’an  840.  ôcavoit  par  confequent  38.  anslorfqu’il  fut  pourvû  f 
du  marquifat  de  Gothie.  Il  le  garda  le  refte  de  fes  jours  avec  le  comté  d’Au¬ 
vergne,  &  les  tranfmit  à  Guillaume  le  Pieux  duc  d’Aquitaine  fon  fils.  Quant 
aux  autres  dignités  de  Bernard  1 1.  marquis  de  Gothie  ,  comme  nous  trou¬ 
vons  que  Thierri  grand  chambellan  f  poflèdoit  le  comté  d’Autun  l’année  f  Annal  Ba- 
fuivante,  cela  nous  donne  lieu  de  croire  qu’il  eut  cette  dignité  des  dépouilles  ***• 
de  Bernard  II.  car  nous  verrons  que  ce  dernier  qui  perfifta  dans  fa  révolté, 
avoit  quelque  autorité  fur  cette  ville  j  qu’il  fe  jetta  dedans,  &  tâcha  de  s’y 
maintenir  après  fa  profeription.  Il  paroît  d’ailleurs  que  Bernard  1 1.  &  Ber¬ 
nard  III.  marquis  de  Gothie  étoient  delà  meme  g  maifon  -,  que  ce  dernier  g  v.tom.  1. 
avoir  polfedé  autrefois  le  comté  d’Autun,  &  qu’il  s’en  étoit  démis  en  faveur 
de  l’autre  lorfqu’il  fut  promû  lui-mê me  vers  l’an  869.  au  comté  d’Auvergne,  n.  xoj. 

Ainfi  quoique  les  defeendans  en  ligne  direde  de  S.  Guillaume  de  Gellonne 
ayeul  de  Bernard  III.  eufTent  été  dépouillés  du  duché  de  Septimanie  ou 
marquifat  de  Gothie ,  ce  gouvernement  étoit  demeuré  cependant  dans  fa  fa¬ 
mille  en  la  perfonne  des  fucceflèurs  de  Bernard  I.  duc  de  Septimanie  fes  parens 
collateraux. 

Enfin  Bernard  II.  marquis  de  Gothie  fut  dépouillé  aufli  fans  doute  en  jh^dvn  N°T? 
même  tems  du  duché  d’Aquitaine  6c  du  comté  de  Poitiers  qu’il  poflèdoit  b  ,à  sj.  8l'°> 


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An.  878. 


XVI. 

Union  du 
comté  d'Albi- 
gcois  au  do¬ 
maine  des 
comrcs  de 
Touloufe. 


V.  B  a  lui. 
MvjêU,  p.6. 


■b  V.  NQTE 
VU1.  n.  16. 


cpr.  to.  i.p. 

*  5  y  &M- 


XV 

Accord  du  roi 
Louis  le  Qegue 
avec  le  roi  de 
Germanie:  le 
premier  de¬ 
meure  maître 
du  Vivarais, 
du  dioccfc 
d'Ufez ,  &  des 
deux  cotez  du 
Rhône, 
d  Aunul.  Ber- 
tin.  p.  15*.  <$. 


8  HISTOIRE  GENERALE 

ce  qu’il  paroît,  depuis  la  mort  de  Rainulfe  I.  Ton  coufin  arrivée  en  867. 
mais  nous  ignorons  en  faveur  de  qui  le  roi  Louis  le  Begue  en  difpofa.  Il  y  en 
a  qui  prétendent  que  Bozon  frere  de  Richilde  veuve  de  Charles  le  Chauve 
-fut  duc  d’Aquitaine.  Si  cela  étoit  bien  prouvé  ,  nous  croirions  volontiers  qu’il 
eut ,  des  dépouilles  de  Bernard  II.  marquis  de  Gothie,  cette  dignité  avec  le 
comté  de  Poitiers.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai,  c’eft  que  Rainulfe  II.  fils  de  ce  dernier  , 
&  tige  des  ducs  héréditaires  d’Aquitaine ,  poflèdoit  ce  duché  avec  le  comté  de 
Poitiers  en  887.  ce  qui  fait  voir  que  s’il  ne  fucceda  pas  immédiatement  dans 
l’un  &  dans  l’autre  à  Bernard  1 1.  marquis  de  Gothie  fon  pere ,  à  quoi  il  y  a 
Beaucoup  d’apparence,  il  les  obtint  peut-être  vers  l’an  880.  des  rois  Louis  & 
Carloman  fils  de  Louis  le  Begue,  après  que  le  duc  Bozon  qui  les  poflèdoit,. 
fe  fut  révolté  contre  ces  princes ,  &  eut  ufurpé  le  royaume  de  Provence. 

Au  reftç,  le  duché  d’Aquitaine  donc  les  comtes  de  Poitiers  furent  pour- 
vûs  ne  comprenoit  qu’une  partie  de  cette  ancienne  province  :  l’autre  dépen- 
doit  du  duché  de  Toukmfe ,  poflèdé  alors  par  Eudes  qui  augmenta  confide- 
rablement  fon  autorité  dans  le  pays,  en  unifiant  vers  le  même  tems  à  fon  do¬ 
maine  le  comté  particulier  d’Albigeois.  Nous  n’avons  pas  à  la  vérité  de  preuve 
certaine  &  de  l’époque ,  &  des  circonftances  de  cette  union  :  mais  nous  ne 
doutons  pas  que  Garfinde ,  femme  du  même  Eudes  comte  de  Toulouiè ,  ne  fuc 
fille  &  heritiere  d’Ermengaud  comte  d’Albi  quivivoit  en  864.  &  que  le  pre¬ 
mier  n’ait  acquis  l’Albigeois  par  ce  mariage ,  loit  à  caufe  des  droits  de  Gar- 
fînde  fa  femme ,  car  nous  voyons  que  les  filles  fuccedoient  »  déjà  à  leurs  peres 
dans  les  comtés  dès  la  fin  du  I X.  fiecle  -,  foit  plutôt  par  la  difpofition  de  nos 
rois ,  qui  faute  de  defcendans  mâles  d’Ermengaud  comte  d’Albi ,  auront  don¬ 
né  ce  comté  à  Eudes  ou  à  Raymond  fon  fils.  Voici  fur  quoi  nous  fondons 
nos  conjedures  là-defîus  :  1  Il  eft  certain  que  l’Albigeois  appartenoit  à  la 
maifon  des  comtes  de  Touloufe,  du  moins  dès  le  commencement  duX.  fiecle, 
&  qu’il  étoit  alors  poflèdé  par  Raymond  du  vivant  d’Eudes  comte  de  Tou- 
loule  fon  pere,  comme  nous  le  prouverons  ailleurs,  z*.  On  voit  en  878.  un 
Raymond  comte  d’Albi,  &  rien  ne  nous  oblige  de  le  diftinguer  du  fils  d’Eu- 
dçs,  puifque  felui-ci  pouvoir  avoir  alors  environ  18.  à  10.  ans,  &  être  en 
état  de  polîèdèr  un  comté  particulier.  30. Enfin  nous  b  voyons  qu’Eudes  comte 
de  Touloufe  eut  un  fils  appellé  Ermengaud  comme  le  comte  d’Albi  quivivoic 
en  864.  Ainfi  Garfinde  femme  d’Eudes  aura  été  fille  de  ce  dernier.  Quoi¬ 
qu'il  en  foit -nous  trouvons  un  Raymond  comte  d’Albi,  qui  tint  un  plaid  «au 
mois  d’Aout  de  l’an  878.  dans  cette  ville,  ôcyjujgea  un  différend  que  Carif- 
fime  abbeflè  de  S.  Saturnin  de  Rodez,  &une  de  les  religieufes  appellée  Fulc- 
rade,  avoient  au  fujet  d’une  fuccelfion  qu’elles  dévoient  recueillir  de  leurs 
parens  &:  dont  les  biens  étoient  fituez  dans  l’Albigeois ,  ce  qui  prouve  que  la 
profeflion  religieufe  ri’empêchoit  pas  alors  de  fucceder. 

Après  le  concile  deTroyes,  le  roi  Louis  le  Begue  fe  rendit  le  premier  de 
Novembre  à  Foron  d  près  de  Maftrick,  où  il  eut  une  conférence  avec  Louis 
roi  de  Germanie  fon  coufin.  Ces  deux  princes  convinrent  de  s’en  tenir  par 
rapport  au  royaume  de  Lothaire ,  au  partage  que  leurs  peres  en  avoient  déjà 
fait  j  en  forte  quefuivant  cet  accord,  les  deux  cotez  du  Rhône  depuis  Lyon 
jufqu’à  la  mer,  &  par  confisquent  le  Vivarais  &lediocèlè  d’Ufez,  demeurè¬ 
rent  au  premier:  mais  comme  la  partie  du  même  royaume  e  quiavoit  appar¬ 
tenu  à  Louis  II.  empereur  &  roi  d’Italie,  n’avoit  pas  été  partagée  entre 
Charles  le  Chauve  &  le  roi  de  Germanie  fon  frere ,  à  caufe  des  différends  qui 
étoient  furvenus  entre  eux ,  il  fut  conclu  entre  les  deux  rois  ,  que  chacun 
demeureroit  poflèflèur  de  ce  qu’il  tenoit  a&uellement  de  cette  portion  ,  jus¬ 
qu’au  fixiéme  du  mois  de  Février  fuivant ,  qu’ils  convinrent  de  s’aflèmbler 
avec  les  deux  autres  princes  de  Germanie ,  pour  convenir  tous  quatre  d’une 
paix  folide  &  durable,  &  procéder  au  partage  du  royaume  d’Italie,  qu’avoic 
poflèdé  le  même  empereur  Louis  II.  Les  deux  rois  de  France  èc  de  Ger¬ 
manie  fe  féparerent  enfuite ,  après  s’être  donnés  des  marques  d’une  amitié  très- 
étroite.  L’union  entre  les  deux  rois  fubfifta  après  leur  entrevue  5  ce  qui  paroît 
■entr’autres  par  la  lettre  que  le  roi  de  Germanie  écrivit  à  celui  de  France  ,  à 
qui  il  donne  le  titre  de  reides  Gaules,  d'aquitaine  &  d'E [pagne.  Ce  dernier 

royaume 


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DE  L  ANGUEDOC.  Liv.  XI.  9 

royaume  efi:  le  même  qu’on  nommoic  plus  communément  Royaume  de  Septima-  g_g~ 

nie ,  dont  on  a  déjà  parlé.  •  .  / 

Si  l’aflcmblée  projettée  entre  les  trois  princes  de  Germanie  6 c  le  roi  Louis  le  x  v  i. 

Begue  eut  pu  fe  tenir ,  ils  feroient  fans  doute  convenus  d’une  paix  folide  dont  le  Bcrnaid  n- 
royaume  avoir  alors  un  extreme  beloin  ,  lur  tout  pour  appailer  les  troubles  do-  «mS  de  Go- 
meftiques  qui  n’étoient  pas  encore  entièrement  afloupis.  Bernard  ‘  ancien  'h'=  Pe,rfifte 
marquis  de  Gothie ,  apres  avoir  e te  excommunie  &  prolcnt  a  Troyes ,  s  etoit  tc.MüVtauroi 
cantonné  dans  le  comté  d’Autun,  d’où  il  mettoit  tout  le  pays  à  contribution.  Louis  le  Bc- 
Louis  le  Bcgue  réfolu  de  le  réduire  ,  partit  du  palais  de  Pontion  au  com-  f 
menecment  du  mois  de  Février  de  l’an  879.  mais  fa  mauvaife  fanté  l’obligea  de  Gothictu- 
de  s’arrêter  à  Troyes.  Pour  ne  pas  lai  (Ter  cependant  la  révolte  de  Bernard  im-  j_c0u'jsdïnro1 
punie ,  il  fit  marcher  contre  lui  toute  fon  armée  fous  les  ordres  de  Louis  fon  xAmd  Bfr_ 
fils  aîné ,  de  Bernard  comte  d’Auvergne  8c  nouveau  marquis  de  Gothie ,  d’Hu-  tin.  f.  t5g.  & 
gués  l’abbé  duc  ou  marquis  d’Outre-Seine ,  de  Bozon  duc  de  Provence ,  fie  de  fin-* ^  ^ 
Thierri  grand  chambellan  à  qui  il  avoir  donné  le  comté  d’Autun.  Le  roi  don-  f 

na  dans  cette  occafion  une  marque  de  l’eftime  qu’il  faifoit  de  Bernard  comte  _ _ 

d’Auvergne  en  lui  confiant  le  gouvernement  fie  la  tutelle  de  Louis  fon  fils  aîné  y  *>79. 
il  prit  en  fuite  la  route  de  Compiegne ,  où  fon  mal  ayant  empiré  ,  fie  fe  voyant 
près  de  fa  fin ,  il  envoya  les  ornemens  royaux  à  ce  jeune  prince ,  avec  ordre 
aux  generaux  de  l’armée  de  Bourgogne  de  le  faire  couronner ,  dès  qu’ils  au¬ 
raient  appris  la  nouvelle  de  fa  mort,  qui  arriva  le  vendredî-faint  dixiéme  du  mois 


XVII. 
Bernard  II. 
ancien  mar- 


par  fon  ordre.  Il  le  maria  enfuite  à  Adelaide,  qui  dans  le  tems  de  fa  mort  étoit 
enceinte  d’un  prince  qui  fut  nommé  Charles  fie  furnommé  le  Simple. 

L’armée  de  Bourgogne  étoit  occupée  à  remettre  le  comté  d’Autun  fous 
l’obéiffance  du  roi  Louis  le  Be^ue,  lorfqu’on  apprit  la  nouvelle  de  fa  mort. 

Les  generaux  s  etoient  alors  déjà  rendus  maîtres,  a  ce  quil  paraît,  de  cette  ^dc  Gothie 
ville  ,  fie  en  avoient  chaffé  Bernard.  Il  s’éleva  auffi-tôt  b  au  fujet  de  ce  chaiîe  d  Au- 
comté,  un  différend  entre  le  duc  Bozon  fie  Thierri  grand  chambellan.  Leur  'nucnmen°de0n' 
querelle  fut  enfin  terminée  par  l’entremife  de  l’abbé  Hugues,  qui  adjugea  le  Louis  &  Car- 
comtc  d'Autun  à  Bozon  ,  lequel  en  échange  donna  à  Thierri  les  abbayes  du 
pays  dont  il  s’étoit  emparé.  Bcgue. 

Les  grands  du  royaume  qui  étoient  dans  l’armée  avec  le  jeune  Louis ,  in-  b^iW.Ber- 
diquerent  aufii-tôt  une  dicte  à  Meaux  pour  le  couronnement  de  ce  prince ,  6c  t,n' lb,d' 
Icprefferent  d’autant  plus  de  la  tenir,  que  l’abbé  Goûin  oncle  de  Bernard  II. 
ancien  marquis  de  Gothie,  fie  quelques  autres  mécontens  ou  rebelles,  exci- 
toient  de  nouveaux  troubles.  Ces  derniers,  après  avoir  tenu  une  autre  affem- 
blée  à  Creil ,  où  ils  offrirent  la  couronne  à  Louis  roi  de  Germanie  ,  appelè¬ 
rent  ce  prince  qui  pafTa  bicn-tôt  après  le  Khin ,  6c  entra  dans  le  royaume  à  la 
tête  d’une  puiflântc  armée.  Les  feigneurs  attachez  aux  fils  de  Louis  le  Begue  , 
dont  Bernard  III.  marquis  de  Gothie  fie  comte  d’Auvergne  étoit  le  princi¬ 
pal ,  fe  virent  alors  forcez,  pour  éloigner  ce  roi,  de  lui  faire  despropofitions 
de  paix  ,  6c  de  lui  ceder  la  partie  c  du  royaume  de  Lothaire  fituée  le  long  de 
l’Efcaut  fie  de  la  Meufe ,  qui  étoit  échue  à  Charles  le  Chauve  par  le  parta¬ 
ge  qu’il  avoit  fait  de  ce  royaume  avec  le  roi  de  Germanie  fon  frere.  A  ces  con¬ 
ditions  ,  le  jeune  roi  de  Germanie  repaffa  le  Khin  ,  laiffa  tout  le  refte  du  royau¬ 
me  aux  enfans  de  Louis  le  Bègue ,  fie  abandonna  les  fadieux.  Louis  fie  Carlo- 
man  fon  frere  s’étant  délivrez  par-là  d’un  ennemi  dangereux  à  des  conditions 
dcfavantageulês  à  la  vérité  ,  mais  néccffaires  ,  fe  firent  couronner  enfuite 
dans  l’abbaye  de  Ferrieres. 


C  V.  NOTE  I. 
n.  xo. 


x  vm. 

Le  ducBoion 
fc  fa\t  couron¬ 
ne!  ioxdeBio- 


Il  paraît  que  Bozon  duc  de  Provence  ,  fie  beau-pere  du  roi  Carloman  venceScxe^nc 


fe  trouva  à  cette  cérémonie.  Il  fe  montra  du  moins  fort  attaché  d  aux  inte- 
rets  de  ce  prince  fie  du  roi  Louis  fon  frere  ,  fie  il  fut  un  de  ceux  qui  contri- 
buerent  le  plus  à  engager  le  roi  de  Germanie  à  fortir  du  royaume  ,  fie  à  faire  à -AW.  B«r- 
fa  paix  avec  eux.  Mais  il  fe  laiffa  bien-tôt  féduire  par  Ermengarde  fa  femme  ,  ^gin.'thran. 
unique  de  l’empereur  Louis  II.  qu’il  avoit  enlevée  pour  l’époufer ,  aptes  «a«nn.  879. 
ir  fait  périr  c  par  le  poifon  la  première.  p.^7i?l,EwW' 

T  orne  II.  B 


fille 
avoir 


.  Digitized  by 


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An.  879. 

a  Annal.  Ber- 
im.ibul. 


b  Regin.  ibid. 

c  Annal .  Ber - 
ibid. 

Concil.  to.  9. 

{■W-& fol¬ 


io  HISTOIRE  GENERALE 

Cette  princcflè  egalement  fiere  &  ambitieufe,  fe  voyant  réduite  par  cé 
mariage  au  Ample  titre  deduchefl'e,  elle  quiétoitr  fille  d’un  empereur  d’Oc- 
cident,  8c  avoit  été  promife  autrefois  à  celui  d’Orient ,  *  réfolut  à  quelque 
prix  que  ce  fût  de  devenir  reine.  Dans  cette  vue  ,  elle  perfuada  à  Bozon  Ion 
époux  de  s’emparer  de  l’autorité  fouveraine ,  8c  de  fe  faire  reconnoître  roi  de 
Provence ,  pays  dont  il  tenoit  le  gouvernement  au  nom  des  deux  rois  Louis 
&  Carloman  :  Bozon  entra  d’autant  plus  volontiers  dans  ce  projet ,  qu’il  fe 
flatta  de  le  faire  réulfir  aifément.  Il  étoit  afluré  de  l’aflfedion  des  peuples  du 
pays,  qu’il  avoit  fçû  gagner  par  la  fagefle  de  fa  conduite ,  &  la  douceur  defon 
gouvernement.  Le  royaume  étoit  agité  au-dedans  de  divers  troubles  ,  caufez 
par  les  fadions  des  mécontens ,  8c  expofé  au  dehors  aux  courfes  des  Nor- 
mans.  La  jeunefle  des  deux  rois  Louis  8c  Carloman ,  mettoit  ces  princes  peu 
en  état  de  fe  faire  craindre.  Il  comptoit  fur  le  crédit  de  l’imperatrice  fa  belle 
mere  ,  veuve  de  l’empereur  Louis  II.  8c  fut  celui  de  l’imperatrice  fa  fœur  , 
veuve  de  l’empereur  Charles  le  Chauve  :  enfin  il  avoit  mis  le  pape  Jean  VIII. 
dans  fes  interets.  Bozon  animé  par  toutes  ces  circonftances  qui  lui  parurent 
extrêmement  favorables ,  réfolut  de  s’ériger  en  fouverain  b  dans  toute  la  partie 
méridionale  de  l’ancien  royaume  de  Lothaire.  Il  fit  d’abord  courir  des  bruits 
défavantageux  c  aux  deux  rois ,  8c  rendit  leur  naiflance  fufpede ,  fous  prétexte 
que  Louis  le  Begue  qui  avoit  époufé  leur  mere  contre  le  gré  de  Charles  le 
Chauve  fon  pere,  avoit  été  obligé  de  la  répudier.  Il  tâcha  enfuite  de  gagner 
foit  parcareflès,  foit  par  promeflês ,  les  évêques  &les  feigneurs  du  pays,  & 
intimida  par  des  menaces  ceux  quiétoient  en  état  de  lui  jéïifter.  S’étant  ainfi 
afluré  des  fufffages ,  il  convoqua  une  aflemblécà  Mantaillc ,  lieu  fitué  à  demi- 
lieue  du  bord  oriental  du  Rhône,  entre  Vienne  8c  Valence,  8c  s’y  fit  élire 
8c  couronner  roi  de  Provence  le  1  j.  du  mois  d’Odobre  de  l’an  879.  Les  évê¬ 
ques  prirent  pour  prétexte  de  cette  éledion,  qu’ils  n’avoient  perfonne  pour 
les  gouverner  ou  pour  défendre  le  pays ,  depuis  la  mort  de  Louis  le  Begue. 
Ils  étoient  au  nombre  de  13.  entre  lelquels  il  y  avoit  cinq  métropolitains. 
Ætherius  de  Viviers,  ScWalefrid  d’LJfez,  dont  les  diocèfes  faifoient  partie 
du  duché  de  Provence ,  8c  de  l’ancien  royaume  de  Lothaire ,  furent  de  ce  nom¬ 
bre.  Il  y  en  a  qui  prétendent  fur  l’autorité  des  fouferiptions  des  évêques  à 
Pacte  de  l’élection  de  Bozon,  que  Richard  évêque  d’Agde  le  trouva  à  cette 
aflemblée ,  ce  qui  prouverait  que  Bozon  étendit  fa  domination  bien  avant 
dans  le  Languedoc  :  mais  il  elt  évident d  que  c’cft  une  faute  de  copifte ,  8c  que 
Richard  étoit  évêque  d’Apt  en  Provence ,  8c  non  pas  d’Agde  en  Languedoc. 

Suivant  ces  fouferiptions ,  Bozon  fut  reconnu  pour  roi  dans  tous  les  pays  « 
fitués  entre  le  Rhône  8c  les  Alpes ,  depuis  Lyon  jufqu’à  la  mer  ,  c’eft-à-dire , 
dans  la  Provence  propre ,  le  Dauphiné ,  8c  la  Savoye  -,  8c  de  plus  dans  le  Lyon- 
nois  8c  la  Franche-Comté  qui  appartenoient  à  la  haute  Bourgogne  Cisjuranc, 
&c  dans  les  diocèfes  de  Mâcon  8c  de  Chàlons  fur  Saône  ,  qui  dépendoient  de 
la  baflèj  dans  quelques  diocèfes  delà  Bourgogne  Transjurane,  8c  enfin  dans 
toute  la  partie  orientale  du  Languedoc,  fçavoir  dans  les  diocèfes  de  Viviers 
8c  d’Ufcz,  &dans  la  partie  de  ceux  de  Vienne,  de  Valence  ,  d’Avignon  8c 
d’Arles,  qui  ellen-deça  du  Rhône. 

Ce  nouveau  roi  fut  à  peine  couronné ,  qu’il  fe  montra  dans  les  diverles 
provinces  qui  venoient  de  fe  foûmettre  à  Ion  empire,  8c  y  exerça  divers 
ades  de  fouveraincté.  Il f  accorda  diverfes  grâces  aux  églifes  de  fon  royau¬ 
me  ,  8c  confirma  entr’autres  e  en  faveur  de  Roftagn  archevêque  d’Arles  ,  les 
chartes  par  iefquelles  l’empereur  Lothaire ,  8c  le  roi  Lothaire  fon  fils  ,  fes 
frèdecefeurs  ,  avoient  fournis  à  fon  églife  l’abbaye  de  Cruas  ,  fituée  au- 
hcoiumb.r,-  près  du  Rhône ,  dans  le  comté  de  Viviers.  On  croit  h  que  les  religieux  de 
v*T-t-  201.  ce  monaftere ,  pour  fe  foûtenir  contre  les  entreprifes  des  évêques  du  pays , 
avoient  demandé  eux-mêmes  à  ces  princes  de  leur  donner  les  archevê¬ 
ques  d’Arles  pour  protedeurs.  Roftagn  ou  Roftaign  fut  promu  à  Par- 
î  caii.  ebr.  vêché  »  de  cette  ville  en  87 1 .  U  avoit  été  auparavant  religieux ,  8c  enfuite  abbé 
Tïv'&fi'  d’Aniane  au  diocèfe  de  Maguelonne.  Il  confèrva  néanmoins  long  -  rems 
tr.f.  4l.  après,  cette  abbaye  avec  le  prieuré  de  Goudargues  au  diocèfe  d’Ufez  qui 
en  dépendoit.  Le  pape  Jean  VIII.  l’établit  fon  vicaire  dans  les  Gaules , 


r.N OTEI. 

«XI. 

c  ibid. 


t  V.  Mab.ad 
snn.  8 79. n.zz. 

g  Fr.  MJ. 
&fo- 


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Google 


DE  LANGUEDOC.  Liv.  XI.  n 

2cle  chargea  de  diverfes  commiflions  importances:  il  mourut,  à  ce  qu’on  pre-  _ _ 

tend,  eu  913.  _  •  An.  879. 

Tous  les  princes  François  également  irritez  de  l’ufurpation  de  Bozon ,  ré-  x  1  x. 
folurent  d’un  commun  accord  de  lui  faire  la  guerre.  Les  deux  freres  Louis  6c 
Carloman  s’abouchèrent  »  d’abord  fur  la  fin  de  l’année  à  Orbe  dans  la  Bour-  g°c™"c 
gogne  Transjurane  avec  Charles  le  Gras  roi  d’Italie ,  qui  leur  céda  alors ,  à  ce  me.  Le  Lm- 
qu’il  paroît,  b  fes  droits  fur  le  royaume  de  Lothaire,  en  échange  despréten-  f^ddc°rcn“tho1' 
fions  qu’ils  avoienc  fur  la  Lombardie.  Louis  roi  de  Germanie ,  appellé  de  nou-  a  Jnnai  b«.- 
veau  par  les  mécontens  de  France,  s’avança  defon  côté  au  commencement  *<”•  «W* 
de  l’année  fuivante  jufqu’à  Kibemont  fur  la  riviere  d’Oyfe ,  dans  l’efperance  b  KNorE7‘ 
de  pouvoir  envahir  le  royaume  :  mais  défefperant  du  fuccès  de  fon  entre-  *  **' 
prile , il  fit  bientôt  après  fa  paix  avec  les  rois  de  France  fes  coufins ,  6c  convint  gg0t 
avec  eux  d’avoir  le  mois  de  Juin  fuivant  au  palais  de  Gondreville ,  une  en¬ 
trevue  où  Charles  le  Gras  le  trouveroit ,  tant  pour  traiter  plus  amplement 
des  articles  de  la  paix ,  que  pour  fe  liguer  contre  leurs  ennemis. 

Après  laconclufion  de  cette  paix,  Louis  ôc  Carloman  s’appliquèrent  à  re¬ 
médier  aux  défordres  du  royaume  ,  6c  à  réprimer  les  courles  des  Normans. 

Ils  fe  rendirent  à  Amiens e  au  mois  de  Mars ,  6c  là  ils  convinrent  du  partage  CAnn^i.Bt^ 
de  la  monarchie ,  par  l’avis  de  leurs  principaux  vafifaux.  Tout  ce  qui  dépen-  **». 
doit  de  l’ancien  royaume  d’Auftrafie  ou  de  France  en  deçà  de  la  Meufe  échût  à 
Louis,  avec  le  royaume  de  Neuftrie  ôc  fes  marches.  Carloman  eut  pour  fa  Duch.to.  j.p. 
part  les  royaumes  de  Bourgogne  6c  d’Aquitaine  ,  avec  les  marches  qui  dépen-  55î* 
doientde  ce  dernier  ,  fçavoir  le  marquifat  deTouloufe  ,  la  Septimanie  ôc  la 
Marche  d’Efpagne ,  6c  enfin  toute  la  partie  du  royaume  de  Lothaire  dont  le  duc 
Bozon  s’étoit  emparé ,  8c  dont  ils  ré  folurent  de  le  depofleder. 

Les  deux  rois  ayant  reçû  en  confequence  de  ce  partage  le  ferment  de  fide-  x  x. 
lité  des  feigneurs  qui  étoient  prefens ,  8c  qui  devenoient  par  là  leurs  vaflaux  Louis &car- 
fe  rendirent  à  Compiegne  ,  où  ils  celebrerent  la  fête  de  Pâques  -,  ils  prirent  en 
fuite  la  route  de  Reims  8c  de  Çhâlons  fur  Marne  ,  8c  fe  rendirent  à  Gondre-  à  Boyon -.b«- 
villepour  la  conférence  dont  ils  étoient  convenus  avec  le  roi  de  Germanie.  nard  u:a"cien 

r,  F  .  ,  r  ...  .  .  ,  marouis  de 

Ce  dernier  ne  pouvant  s  y  trouver,  y  envoya  les  plénipotentiaires  ,  qui  de  Gothie  fait 
concert  avec  Charles  le  Gras  qui  y  afiifta ,  convinrent  fans  doute  des  articles  F^nlcr  * 
d’une  paix  durable:  nous  en  ignorons  les  conditions.  Un  hiftorien  moderne  d  en  ^aiiui  hïp 
rapportequelques-unes.Mais  on  fçait  feulementqu’ils  réfolurent  Rejoindre  leurs  1  p!Vs.  * 
armes  contre  leurs  ennemis  communs ,  fçavoir  contre  Hugues  fils  naturel  du  c^miaLB^r- 
feu  roi  Lothaire  qui  vouloit  s’emparer  fur  le  roi  de  Germanie  de  la  partie  ,in- ih,i' 
fuperieure  du  royaume  de  Lothaire ,  8c  contre  Bozon  ,  qui  en  avoit  envahi 
l’inferieure  fur  Louis  8c  Carloman.  Charles  le  Gras  ayant  été  obligé  cependant 
de  partir  pour  l’Italie  ,  il  n’y  eut  que  ces  deux  derniers  princes  qui  le  mirent 
à  la  tête  de  l’armée  f  du  roi  de  Germanie  qui  étoit  prête  à  marcher  8c  [  jnnai,  Ber. 
avec  laquelle  ils  attaquèrent  8c  défirent  Hugues  le  Bâtard.  Ayant  enfuite  ,ht  P 
affemblé  leurs  propres  troupes ,  qu’ils  joignirent  à  celles  de  Germanie  ,  ils  fe  pf™£' F“U* 
rendirent  à  Troyes  au  mois  de  Juillet  ,  8c  y  attendirent  le  retour  de  Char¬ 
les  le  Gras  qui  avoit  promis  de  venir  les  trouver  pour  agir  tousenfemble  con¬ 
tre  Bozon. 

La  première  place  qu’ils  attaquèrent  fur  cet  ufurpateur  ,  fut  celle  de  M⬠
con  ,  défendue  par  un  feigneur  nommé  Bernard.  Il  par  oit  que  ce  detnier 
eft  le  même  que  Bernard  II.  marquis  de  Gothie  ,  qui  après  avoir  été  chaffé 
d’Autun  l’année  précédente  ,  fe  joignit  félon  toutes  les  apparences  avec 
Bozon  ,  favorifa  fa  révolte  ,  8c  obtint  de  lui  le  comté  de  Mâcon  dépen¬ 
dant  du  nouveau  royaume  de  Provence.  Louis  8c  Carloman  ayant  enfin 
forcé  cette  ville  à  fe  rendre  à  compofition ,  y  arrêtèrent  prilonnier  le  comte 
Bernard ,  8c  punirent  fans  doute  fa  révolte  parle  dernier  fupplice.  Un’ eft: plus 
parlé,  du  moins  depuis  ce  tems-là ,  de  Bernard II.  ancien  marquis  de  Gothie. 

Ce  prince  g  laiflà  plufieurs  fils ,  eutr’autres  Rainulfe  II.  qui  dans  la  fuite  fut  duc  zv-t0  1  no- 
d’Aquitaine  8c  comte  de  Poitiers.  Après  la  prife  de  Mâcon ,  les  deux  rois  dif- 
poferent  du  comté  de  cette  ville  en  faveur  d’un  autre  comte  nommé  Ber¬ 
nard  6c  fur  nommé  Plantevclue  ,  que  quelques  auteurs  confondent  mal-à-propos  J»  n-  6«- 
4  avec  Bernard  III.  marquis  de  Gothie  ôc  comte  d’Auvergne.  -  ■''** 

Tome  II.  B  ij 


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An.  8  8  o  . 

XXL 

Siège  de  Vien¬ 
ne. 

a  Aimai.  Ber- 
tin.  à*  Fuld. 
ibtd . 


b  Annal.Met . 


88 1. 


*  Ÿ.  Mab.  dd 
ann.  880.  n. 
3  ç.  ad  ann. 
«81.  n.  Î7- 

XXII. 
Diplômes  de 
Cailoman  en 
faveur  de  di- 
verfes  églifes 
de  la  province, 
tiuiflrimirc 
comte  de  Car- 
cartonne, 
d  Pr.  p.  17. 
c  SpiciL  to .  8. 
JP-  Jïf- 
f  Pr.  ibid* 


g  r.  Mab.  ad 
dnn.%%i.ibid. 


k  Pr.  />.  1 8. 
iMai.itid. 


U  HISTOIRE  GENERALE 

Charles  le  a  Gras ,  fidelle  à  fa  parole  ,  arriva  d’Italie  &  joignit  les  deux 
'  rois  fes  coufins  dans  le  tems  qu’ils  venoient  de  foûmettre  la  ville  de  Mâcon, 
Ils  marchèrent  enfuite  tous  trois  enfemble  contre  Bozon ,  qui  ayant  déjà 
pafle  le  Rhône  faifoic  mine  de  vouloir  leur  tenir  tête  }  mais  à  leur  appro¬ 
che  il  repafla  bien -tôt  ce  fleuve  ,  6c  alla  fe  jetter  dans  Vienne.  Ne  fê 
croyant  pas  encore  en  fureté  dans  cette  ville  ,  dont  les  princes  François  me. 
naçoient  de  faire  le  fiege ,  il  fe  retira  dans  les  montagnes  6c  abandonna  la  dé- 
fenfe  de  la  place  à  la  princefle  Ermengarde  fa  femme ,  avec  la  meilleure 
partie  de  fes  troupes.  Les  princes  François  s’étant  cependant  approchez  de 
Vienne  en  formèrent  auiîi  tôt  le  flege  ,  6c  le  continuèrent  allez  long- tems 
jufqu’à  ce  que  Charles  le  Gras  voyant  qu’il  traînoit  en  longueur ,  tant  par 
la  vigoureule  défenfe  des  alfiegés ,  que  parce  que  la  place  étoit  très-bien 

Sourvue  ,  il  en  laifla  la  continuation  aux  deux  freres ,  6c  repafla  en  Italie  où 
fe  fit  couronner  empereur  par  le  pape  Jean  VIII.  le  jour  de  Nocl  de  la 
même  année.  Avant  fon  départ  il  fit  un  traité  avec  Louis  êc  Carloman  dont 
nous  ignorons  les  circonftances.  On  a  lieu  cependant  de  conje&urer  qu’il 
leur  céda  de  nouveau  lès  prétentions  fur  le  royaume  de  Lothaire  pour  celles 
qu’ils  avoient  fur  celui  d’Italie  ■>  ce  qu’on  peut  appuyer  fur  ce  que  ce  prince 
demeura  depuis  paifible  pofleflèur  b  de  ce  dernier  royaume ,  du  confentement 
des  deux  rois  de  France  ;  6c  fur  la  promefle  qu’il  leur  fit  avec  ferment  de 
leur  rendre  ,  après  la  mort  du  roi  de  Germanie  fon  frere  ,  la  partie  fuperieure 
du  royaume  de  Lothaire  que  le  roi  Louis  le  Begue  avoit  été  obligé  de  lui 
ceder. 

Louis  6c  Carloman  pourfui virent  le  fiege  de  Vienne  après  le  départ  de 
Charles ,  pendant  le  refte  de  l’année ,  6c  travaillèrent  en  même  tems  à  fou- 
mettre  les  rebelles  de  Provence.  Louis  fut  obligé  de  le  quitter  au  commen, 
cernent  de  l’année  fuivante  pour  aller  repouflèr  les  Normans  qui  fjàifoient  de 
nouvelles  courfes  dans  fes  états.  Carloman  le  continua  pendant  quelque 
tems  5  mais  il  fut  obligé ,  à  ce  qu’il  paroît ,  d’en  laifler  le  foin  à  fes  generaux 
pour  aller  en  France  au  lècours  du  roi  fon  frere  contre  les  Normans.  On  voie 
en  effet  par  divers  diplômes' que  ce  prince  n’étoitplus  devant  Vienne  depuis 
le  mois  de  Mai  jufqu’à  celui  d’Août  de  la  III.  année  de  fon  régné  ,  ou  de 
l’an  881. 

Par  l’un  de  ces  diplômes ,  ce  prince  de  l’avis  de  fon  confeil ,  confirma  en 
faveur  d’Attale  abbé  de  faint  Polycarpe  dans  le  Razez  6c  le  diocéfè  de 
Narbonne  d  ,  les  privilèges  accordés  à  cette  abbaye  par  Charles  le  Chauve  , 
avec  toutes  les  donations  que  le  comte  Auftrimire  avoit  faites  à  ce  mona¬ 
ftere  ,  foit  dans  le  Roulîillon  ,  foit  dans  le  comté  de  Carcaffonne.  Ce  comte 
eft  fans  doute  le  même  que  celui  qu’un  autre  Charte  •  appelle  Guiftrimire  , 
ce  qui  nous  porte  à  croire  qu’il  avoit  été  comte  de  Carcaflonne  ou  de  Rouf- 
fillon  5  mais  nous  ignorons  en  quel  tems.  Carloman  ordonna  f  que  les  hom¬ 
mes  libres  qui  demeuroient  dans  les  limites  du  monaftere  de  S.  Polycarpe, 
fixées  auparavant  par  le  comte  Bernard  6c  un  autre  commiflàire  ,  6c  qui  y 
pofledoient  des  terres  que  le  fife  leur  avoit  données  à  défricher  ,  ne  fuflènt 
fujets  qu’aux  fervices  des  hommes  libres ,  de  crainte  ,  dit  la  charte  ,  que  leur  li¬ 
berté  ou  leur  noblejfe  ne  fut  avilie.  Il  voulut  de  plus  qu’il  leur  fût  permis  de 
difpofèr  librement  des  biens  qu’ils  tenoient  du  file  ,  foit  en  faveur  de  quel¬ 
qu’un  d’entr’eux  ,  foit  en  faveur  du  monaftere  de  S.  Polycarpe.  Ce  prince 
accorda  enfin  aux  religieux  de  cette  maifon  la  liberté  d’élire  leur  abbé  con¬ 
formément  à  la  réglé  de  S.  Benoît.  La  charte  eft  datée  de  Pierrefite ,  lieu  s 
dont  on  met  la  fituation  aux  environs  de  Paris,  le  1 8.  du  mois  de  Mai,  la  III. 
année  de  fon  régné. 

Carloman  étoit  le  4.  du  mois  de  Juin  fuivant  d  Pauliac  h  ,  qui  eft  peut- 
être  le  même  que  le  lieu  de  ‘  Pouillé  au  diocéfe  d’Auxerre ,  ou  celui  de  Pau¬ 
liac  dans  le  Berri  j  il  y  accorda  à  la  follicitation  de  l’abbé  Hugues  un  au¬ 
tre  diplôme  en  faveur  de  Sigebode  archevêque  de  Narbonne  &  d*  Rafez,  qui 
étoit  à  fa  fuite  ,  6c  confirma  à  cette  eglife  diverfes  grâces  qu’elle  avoit  obte¬ 
nues  de  Louis  le  Begue.  Elle  étoit  alors  réduite  à  une  extrême  indigence, 
foit  par  les  ravages  que  Miron  comte  de  Rouflillon  6c  Lindoin  vicomte  de 


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XXIII. 
Rainard  vi¬ 
comte  de  Be- 


DE  LANGUEDOC.  Liv.  XL  i$ 

Narbonne  avoient  caufés  dans  le  pays ,  foie  par  l’ofurpation  d’une  grande  par-  - — 

tie  de  fes  biens.  Sigebode  avoir  eu  recours  à  la  protection  du  roi  Louis  le  An.  88 i 
Begue ,  qui  pendant  le  concile  tenu  à  Troyes  l’an  878.  avoit  donné  quel¬ 
ques  bénéfices  ou  fiefs  dfonéglilé,  pour  la  relever.  Carloman  confirma  cette 
donation ,  8c  unit  aux  égliles  des  SS.  Juft  &.  Pafleur  ,  &  de  S.  Paul  de  Nar¬ 
bonne  également  foumiiès  à  l'archevêque  ,  l’abbaye  de  S.  Laurent  fituée 
fur  la  riviere  de  Nielle  ,  *  à  condition  que  les  archevêques  de  Narbonne  *Nigdia. 
y  entretiendroient  une  communauté  de  religieux  8c  pourvoiroient  à  leurs  be¬ 
soins  :  ainfi  ces  *  fortes  d’unions  üe  faifoient  alors  par  la  lêule  autorité  royale,  KBalufifi0^ 
8c  ne  donnoienc  proprement  aux  évêques  que  l’adminiflration  des  biens  tem-  * ^Zb.p.  10. 
porcls  des  abbayes  unies  à  leurs  égli/es ,  en  forte  que  la  communauté  gou-  H- 
vernée  par  un  abbé  fubfiftoit  toujours  dans  les  monafleres  unis.  Carloman 
donna  auifi  à  l’églife  de  Narbonne  ,  ou  plutôt  il  la  confirma  dans  la  poflef- 
fion  de  la  moitié  des  fillincs  ,  du  Telonce ,  des  naufrages ,  8c  autres  droits 
domaniaux  des  comtcz  de  Narbonne  8c  de  Raièz  ,  à  quoi  il  ajouta  plufieurs 
villages ,  entr’autres  celui  de  Limoux  qui  eft  devenu  depuis  la  capitale  du 
Razez  ,  8c  une  des  plus  confiderables  de  la  province.  Enfin  ce  prince  donna 
à  l’églife  de  Narbonne  tout  ce  que  le  fife  avoit  droit  d’exiger  des  Efpagnols 
réfugiez  qui  demeuroient  dans  les  lieux  de  la  dépendance  de  cette  égliie  , 

8c  confirma  à  celle  de  S.  Paul  les  biens  qu’elle  avoit  eus  autrefois  dans  le 
comté  de  Beziers  ,  8c  dont  le  comte  s’étoit  emparé. 

On  apprend  par  quelques  autres  diplômes  de  Carloman  qu’il  étoit  le  1  8.  du 
mois  de  Juillet  de  la  même  année  à  Choifi  ,  *  lieu  qu’on  b  dit  fitué  au  voi- 
finage  de  Compiegne  ,  8c  le  19.  du  mois  d’Oétobre  Suivant  dans  un  endroit  zlCrs. 
appelle  la  Colle.  Il  fit  expédier  une  charte  dans  ce  dernier  palais ,  c  à  la  ,>Cauciacum. 
recommandation  de  Wlfard  abbé  de  Flavigni  fon  chancelier ,  en  faveur  d’un  b  Mai.  ad 
de  les  valfaux  nommé  Raynard  qui  fervoit  alors  dans  fes  armées ,  8c  à  qui  *”"•  880- 
il  donna  en  propriété  les  villages  d’Afpiran  8c  d’Alignan  dans  le  diocéfe  de  e'pr.p.  i9. 
Beziers  ,  avec  plufieurs  autres  domaines ,  en  récompenfe  de  lès  lêrvices.  Ce  &M- 
Raynard  defeendoit  fans  doute  d’Ilderic  8c  de  ces  autres  E/pagnols  réfu¬ 
giez  dans  la  Septimanie  ,  à  qui  Charles  le  Chauve  d  avoit  confirmé  lapro-  d  v-t0-  i-Pr. 

f»rieté  des  mêmes  terres  que  Charlemagne  avoit  données  à  défricher  •  à  84‘ 
eurs  ancêtres.  Nous  trouvons  en  897.  un  vicomte  de  Beziers  appelle  Ray-  epr.p.ji. 
nard,  8c  nous  ne  doutons  pas  qu’il  ne  foit  le  même  que  celui  dont  il  elt  parlé 
dans  la  charte  de  Carloman. 

Le  lieu  de  la  Colle  d’où  elle  cil  datée  ell  peutêtre  un  village  de  ce  nom 
au  diocéfe  de  Vienne  ,  8c  en  deçà  du  Rhône  ,  ce  qui  pourroit  faire  croire 
que  le  roi  Carloman  ne  fit  pas  le  voyage  de  France ,  qu’il  ne  s’éloigna 
pas  beaucoup  de  cette  ville  ,  8c  qu’il  fe  contenta  de  parcourir  les  provinces 
voifines ,  foit  pour  foùmettre  les  pays  que  Bozon  avoit  ufurpez  ,  loit  pour 
régler  les  affaires  de  la  Septimanie  &  de  la  Marche  d’Elpagne.  Nous  trou¬ 
vons  en  effet  dans  ces  provinces  les  lieux  de  Pierrefire  ,  Cauffî  ,  Pauliac 
&c.  qui  font  peut-être  les  mêmes  d’où  il  a  daté  les  diplômes  dont  nous 
venons  de  parler. 

Quoi  qu’il  en  foit ,  il  ell  certain  que  ce  prince  avoit  déjà  repris  Je  fiege  xxrv. 
de  Vienne  dès  le  mois  d’Août  de  l’an  882.  &  qu’il  le  pouffoit  vivement  ncs^1 
lorfqu’il  reçut  la  nouvelle  de  la  mort  du  roi  Louis  III.  fon  frere ,  qui  après  carloman 
avoir  remporté  dans  le  Vimeu  une  infigne  victoire  fur  les  Normans  ,  &  ^ mi is^ii  1 u/01 
fignalé  fa  valeur  f  dans  cette  occafion ,  mourut  le  4.  d’Aoiit  de  la  même  f[Ue. 

année  d’une  rupture  caufée  par  les  efforts  extraordinaires  qu’il  avoit  faits  du-  — : - — 

rant  l’action.  Sa  mort  avoit  été  précédée  au  commencement  de  l’année,  de 
celle  de  Louis  roi  de  Germanie  fon  coufin  5  ce  qui  auroit  pu  lui  faciliter  >• 

la  conquête  de  toute  la  partie  du  royaume  de  Lothaire  qu’il  lui  avoit  ce-  ad 

dée  pour  un  tems ,  8c  comme  en  elpece  d’engagement ,  ^  s’il  avoit  voulu  l’en- 
treprendre  ,  car  les  peuples  du  pays  s’offroient  alors  de  le  reconnoître  pour  ‘ 

•  leur  fouverain.  Mais  comme  par  le  traité  que  lui  8c  Carloman  fon  frere  *  Ad  loct- 
avoient  conclu  devant  la  ville  devienne  avec  Charles  le  Gras ,  ce  dernier  riuni-  * 
s’étoit  folemnellement  engagé  de  leur  remettre  après  la  mort  du  roi  de 
Germanie  fon  frere ,  cette  partie  du  royaume  de  Lothaire  5  Louis  n’avoit 


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14  HISTOIRE  GENERALE 

'~r~  ~~  pas  cru  devoir  acauiefcer  à  la  demande  des  Lorrains  fans  la  participation  de 

-An.  «Sx.  Charles,  dans  l’elpe  rance  que  ce  prince  exécuteroit  fes  promefles.  Ainfi  il 
fe  contenta  de  donner  fa  protection  à  ces  peuples  contre  les  incurfions  des 
"Normans. 


xxv.  Carloman  n’eut  pas  plutôt  appris  la  mort a  du  roi  Louis  fon  frere  qu’il  partit 
Tiifc  dtVien-  devienne  pour  aller  recueillir  la  fucceflion  8c  fe  mettre  en  état  de  tenir  tête 
a  Aimai  Ber-  ^  ces  pirates  qui  continuoient  leurs  courfes.  Il  chargea  le  duc  Richard  frere 


*rm.  8 Si.  n. 


e  Annal.  Ber 
lin.  ibid , 


un.  ibid.  deBozondu  loin  de  continuer  le  fiege  s  8c  étant  arrivé  en  France  il  1e  fit 
b  v.  M»b.  couronner  b  de  nouveau  à  Kierfi  le  5.  de  Septembre.  Il  marcha  enfuite  con- 
m.  «si.  n.  tre  jes  ^  {\  £zo\t  a&uellement  occupé  à  les  repouflèr  lorfqu’il 

apprit  enfin  que  la  ville  de  Vienne  ,  après  une  dcfenlè  opiniâtre  de  près 
de  deux  ans ,  s’étoit  enfin  rendue  dans  le  meme  mois  de  Septembre  au 'Duc 
Richard.  Ce  dernier  emmena  prifonnieres  dans  fon  comté  d’Autun  ,  la 
princefle  Ermengarde  fa  belle  feeur  qui  avoit  défendu  la  place  avec  une  va¬ 
leur  au  deflus  de  fon  fexe  ,  8c  une  fille  qu’elle  avoit  eue  de  Bozon. 

Carloman  fut  obligé  d’interrompre  les  conquêtes  contre  cet  ufurpatcur, 
foitpar  la  guerre  qu’il  avoit  à  foutenir  contre  les  Normans  ,  foit  de  crainte 
tAnmi.sir.  que  l’empereur  e  Charles  le  Gras  ne  formât  quelque  entreprife  fur  les  états, 
«in.  ibid,  y  eut  en  effet  du  refroidilTement  entre  ces  deux  princes  ,  8c  le  dernier 

ayant  repafle  les  monts  pour  fe  mettre  en  polfelfion  de  la  fucceflion  du  roi  de 
Germanie  fon  frere,  tint  une  diete  à  Wormes  le  premier  de  Novembre ,  durant 
laquelle  Hugues  l’abbé  ,  fuivi  de  plufieurs  autres  feigneurs  ,  vint  le  fommer 
de  la  part  de  Carloman ,  de  lui  rendre ,  conformément  à  fes  promefles  ,  la 
partie  du  royaume  de  Lothaire  qui  avoit  été  cedée  au  feu  roi  de  Germa¬ 
nie  fon  frere.  Mais  Charles  qui  n’étoit  nullement  difpofé  à  faire  cette  ref- 
titution  ,  évita  de  donner  une  réponfe  pofitive  aux  ambaflàdeurs  François. 
11  paroit  même  qu’il  exerçoit  alors  quelque  autorité  dans  le  royaume  :  il 
eft  du  moins  certain  qu’en  ce  tems-là ,  on  y  datoit  quelquefois  les  actes 
i  v.  CjcjUkI  par  les  années  de  fon  régné ,  comme  nous  le  verrons  bien  tôt ,  ou  feulement J 
«».».?.  1515.  depuis  la  mort  de  Louis  le  Begue  ^  ce  qui  pourroit  donner  lieu  de  douter 
fi  Carloman  fut  généralement  reconnu.  Il  eft  cependant  plus  vraifemblable 
qu’on  ne  datoit  ainfi  en  France  les  chartes,  du  régné  de  l’empereur  Char¬ 
les  le  Gras,  qu’à  caufe  de  fa  qualité  de  premier  prince  de  la  famille  royale, 
t Hinem.epift.  8c  parce  qu’on  le  regardoit  comme  tuteur  e  ou  protedeur  du  jeune  roi  Car- 
loman.  Parmi  ces  chartes  on  en  voit  une  f  de  Bernard  comte  far  la  grâce  de 
f  p r.  f.  u.  Dieu  &  d’Ermengarde  fa  femme  *  datée  de  la  VII.  année  de  Charles  roi  des 
4  ftq.  François  &  des  Lombards  t  ainfi  elle  doit  être  de  l’an  883.  Bernard  8c  Er- 
■  TT  mengardc  donnent  par  cet  ade  à  l’abbaye  de  Conques ,  fituce  fur  les  fron- 
tieres  du  Rouergue  8c  de  l’Auvergne  ,  le  village  de  Bautonc  dépendant  de 
la  viguerie  de  Severac  en  Rouergue  ,  qu’il  tenoit  héréditairement  de  fes  an- 
xxvj  cêcres.  Ce  comte  eft  fans  doute  le  même  que  Bernard  III.  marquis  de  Go- 
ïiaid  tenu  »  tbie  êc  comte  d’Auvergne  qui  vivoit  alors  8c  dont  la  femme  s’appclloit  Er- 
Caicaffonne.  mengarde  -,  nous  fçavons  d’ailleurs  que  S.  Guillaume  fondateur  de  Gellone 
^que*&sic-  fonaYeul  >  &  Bernard  duc  de  Septimanie  fon  pere  ,  poflèdoicnt  diverfes  terres 
fted  »icomte  en  propriété  dans  l’Aquitaine  8c  la  Septimanie. 

4e  cette  ville.  Enfin  nous  avons  g  un  plaid  tenu  à  Carcaflonne  au  mois  de  Février  la 
x0‘  UI-  année  de  l'empire  de  Charles ,  c’eft-à-dire  en  883.  en  prefence  de  Wiile- 

- - -  ran  evêque  de  cette  ville  ,  du  comte  Acfred  ,  du  vicomte  Sicfred  ,  de 

883.  deux  abbez  8c  de  plufieurs  autres  juges.  On  y  caffa,  du  confentement  des 
h  v. x. n.  parties,  un  échange  qui  avoit  été  fait  quelque  tems  auparavant  entre  Ca- 
,5°'  ftellan  abbé  de  S.  Hilaire  8c  fes  religieux  d’un  côté ,  8c  un  feigneur  du  pays 
Acfted'Sen-  appelle  Ermenards  ,  de  l’autre  ;  Recamond  étoit  alors  abbé  de  S.  Hi- 
oon  comtes  laire.  On  doit  mettre  Sicfred  au  nombre  des  vicomtes  de  Carcaflonne  ;  8c 
te  &'dc  Ra'  il  devoit  avoir  fuccedé  dans  cette  vicomté  à  Fredarius  qui  la  poflèdoit  vers 
fci.  C  *  l’an  873.  h 

»  r.to.'.No-  Quant  à  Acfred  ,  nous  fçavons  qu’il  étoit  comte  de  Carcaflonne  8c  frere 
T£  uxxni.  (poïlba  II-  avec  lequel  il  poflèdoit  par  indivis  ‘  ce  comté  de  meme  que 
" 'k°v!  celui  de  Rafez ,  8cà  ce  qu’il  paroît  dès  l’an  873.  On  croit  k  qu’il  defeendoit 
Auv.  u.  1.  (r,  de  Wiüed  ou  Acfred  comte  de  Bourges  qui  vivoit  fous  l’empire  de  Louis  le 


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DE  LANGUEDOC.  Lrv.  XL  ip 

Débonnaire.  On  peut  »  auffi  conjecturer  qu’il  croit  de  la  meme  famille  que  v 
S.  Guillaume  duc  de  Touloufe  8c  fondateur  de  l’abbaye  de  Gellone,  8c  1  >  3* 
qu’il  écoit  par  conlcqucnt  parent  ,  quoique  dans  un  degré  éloigné  ,  de  a  r.  f>.  i. 
Bernard  III.  marquis  de  Gothie  8c  comte  d’Auvergne  dont  il  cp ou/à  une  Ao7£^' 
fille  nommee  Adetinde.  On  ajoute  qu’il  fut  comte  de  Bourges,  b  8c  quel-  ib:d  J/ 
ques  modernes  ont  cru  qu’il  fut  comte  d’Auvergne  8c  même  duc  d’Aqui-  f  j 
taine  :  mais  tout  cela  effc  avance  fans  aucun  fondement.  Il  croit  fans  doute  r* 

puîné  d’OIiba  fon  frere  ,  puilqu’il  n’eft  plus  fait  mention  de  ce  dernier 
apres  l’an  877.  &  que  nous  fçavons  qu’Acfred  vécût  jufques  vers  l’an  yod. 

Il  paroît  qu’Oliba  c  Jailli  deux  fils  dont  l’aîné  appellé  Bencion  lui  fucceda 
dans  fa  portion  des  comtés  de  Carcallonnc  8c  de  Râlez.  Nous  en  parlerons 
ailleurs,  de  même  que  des  enfans d’Acfred.  Comme  ces  deux  comtés  dé- 
pendoient  du  marquilat  de  Touloufe,  Acfred  devoit  être  fournis  à  la  fu- 
zerainetc  d’Eudes  ou  Odon alors  comte  de  Touloule.  xxvur. 

Il  cftfait  mention  de  ce  dernier  dans  une  donation  d  que  fit  à  l’abbaye  de  Va- 
bres  en  Rouergue ,  la  comteflé  Bercheou  Bertheiz  là  mere  veuve  deRaymond  <r  u*,  cxn- 
comte  de  Touloule  fondateur  de» ce  monaftere ,  au  mois  d’ Avril  de  L’an  885. 
la  première  année  de  la  monarchie  de  Carloman ,  qu’on  doit  compter  depuis  rai,!U}Cdc 
la  mort  du  roi  Louis  III.  Ion  frere.  Bertheiz  donne  à  l’abbaye  de  Vabres  V;i!>rcf.  oar- 
plufieurs  biens  fituez  dans  les  vicairies  de  Camarez  8c  de  Brufque  en  dctVcon'te. 
Rouergue  ,  8c  il  paroît  par-là  qu’elle  en  étoit  originaire.  Elle  fie  cette  do-  drr.to.i.p. 
nation  pour  le  repos  de  Remi  Ion  pere  8c  d’Arfinde  fa  mere  ,  deRaymond 
fon  epoux  &  de  Bernard  Ion  fils  qui  étoient  alors  décédé 8c  pour  diminuer  c  pr.to.i.p. 
les  pechez^d’Odon  &  de  Benoit  [es  autres  fils.  Elle  en  avoir  un  e  quatrième  nom-  ‘ 
me  Fulguald  ,  ôcc’cft  peut-être  le  même  que  Fulguald  qu’on  trouve  fonf- 
crit  au  bas  de  cette  charte  avec  plufieurs  perfonnes  de  conlicleration  ;  en- 
tr 'autres  Bcrnon  évêque  de  Touloufe  qui  ne  paroît  pas  different  de  Bernard 
eveque  de  la  même  ville  dont  nous  parlerons  bicn-tot.  Airbert  ou  Arbert 
qui  avait  été  nommé  Benoit ,  8c  dont  on  voit  au/fi  la  foufeription  ,  étoit  fils 
de  Raymond  8c  de  Bertheiz  j  il  avoir  pris  fans  doute  ce  dernier  nom  quand 
fon  pere  l’offrit  encore  fort  jeune  à  l’abbaye  de  Vabres  pour  y  être  religieux. 

Il  elt  encore  fait  mention  dumême  Arbert  dans  une  donation  queFroraircf  f  /t.r.Pr.p, 
archevêque  de  Bourges  fit  vers  l'an  huit  cens  foixante  8c  Ici ze  à  l’abbaye  de 
Beaulieu  dans  le  bas  Limoufin  du  lieu  d’Orbcfiac  dans  le  même  pays ,  qu’il  avoit 
acquis  du  comte  Odon  ou  Eudes.  Ce  prélat  fait  cette  donation  pour  l’ame  de 
Raymond  &  de  fes  fils  Bernard ,  Eudes  &  Airbcrt ,  dont  il  y  a  lieu  de  croire 
qu’il  étoit  parent  ,  8c  qui  ne  font  pas  g  differens  de  Raymond  comte  de  g  v.  10.  r; 
Touloufe,  &  de  lés  fils  Bernard  &  Eudes  le/quclspoflcdercnt  fucccllivcmcnc  KorJs  XC!X 
le  comté  de  Touloufe,  avec  celui  h  de  Qiicrci ,  8c  étendirent  par-là  leur  do-  h  NO  TE 
mination  jufques  dans  le  bas  Limoufin  où  l’abbaye  de  Beaulieu  efl  fituce.  Au  xcix.mu. 
reflc  le  même  Eudes  prend  le  titre  de  comte  par  la  grâce  de  Dieu  dans  l’ade 
de  vente  qu’il  ‘  avoir  faite  peu  de  tems  auparavant,  du  même  lieu  d’Or-  iPr.to.i.p. 
belîae  conjointement  avec  fa  femme  Garlîndc,  8c  avec  le  confentement  de  fon  119  ’  &  fi¬ 
fre  re  Aribert,  à  l’archevêque  Froraire.  L’acle  cil:  lou (crit  par  deux  comtes , 

Gardas  8c  Guillaume  qui  croient  peut  être  parens  de  cette  comrefîê. 

On  vient  de  dire  qu’Acfrcd  comte  de  Carcallbnnc  l’croit  k  au/fi  du  R  a-  xxix. 
fez  ,  c’eft  ce  qui  paroît  entr’autres  par  une  charte  du  roi  Carloman  datée  Conucdc Ra¬ 
de  Compiegnc  au  commencement  de  l’an  S  84.  1  fuivant  laquelle  ce  prince,  fezàccuide 
de  ?  avis  &  en  prefence  du  comte  Alfred,  donne  à  Sigcbode  archevêque  de  Nar-  cfcf!oiir>*- 
bonne  8c  à  fon  églife,  quelques  fiefs  du  comté  de  Ralèz  ,  en  particulier  le 

lieu  de  Trapes  que  le  roi  Charles  Je  Chauve  avoit  donné  autrefois  à  un  _ 

de  fes  valTaux  nommé  Hilderic  ,  fur  lequel  ils  avoient  été  confifqucz  dans  la  SS 4. 

fuite  &:  unis  au  domaine.  Charles  le  Chauve  avoit  difpofe  en  faveur  de  ce  J Pr.p.n.^c. 
dernier  en  843.  m  de  divers  domaines  du  Minervois.  Nous  ignorons  la  rai  fon  m  Pr.t.i.p.7g. 
pour  laquelle  il  en  fut  dépoflcdé,  à  moins  qu’il  n’ait  cté  enragé  dans  la  ré-  „  XXY-  .. 

1  ,  .  1  ,,  ,  Tr  r  -  ,  ’  ~  -  •  1  a  °  Carloman  fait 

volte  de  Bernard  II.  marquis  de  Gothie.  UI1  voyage  à 

Ce  fut  peut-être  pour  punir  ceux  qui  avoient  pris  part  à  cette  révolte  Narbonne. 

r  r  ,  -.r  .  1  .  1,  •  1  1  .  .  Mort  de  ce 

que  Larloman  ne  un  voyage  a  Narbonne  :  mais  J  ancienne  chronique  n  qui  p[ll)CC, 
fait  mention  de  cet  événement  n’en  dit  ni  l’époque  ni  les  circonftances.  nPr.p.,0. 


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ÀN.  884, 


TkV.Mab.ad 

*un.884.n.84. 


■T>  Capital.  to. 
1 5  3  *• 

XXXI. 

S.  Theodard 
fttchcvêcjacdc 
Narbonne. 
Eveques  de  la 
province. 


885. 

c  Vit.S.Tleod. 
Catsl.  meTn.p. 
750. 

Bollaad.  1. 
Mr.ïi.  p.  141. 

&  Mr 

Baluz..  Marc. 

Jer 

à  NO  TE  II. 

c  Bolland. 
ib:d.p.i6%.& 

/'?  , 

Bal uk..  ibid. 

BailUt.  1. 
Mai.  p.  19. 


f  V.  Bolland. 
ibid. 


^  HISTOIRE  GENERALE 

Tout  ce  que  nous  fçavons  ,  c’eft  que  les  continuelles  entreprîtes  des  Nor- 
nians  l’obligerent  de  pafter  les  dernieres  années  de  fon  régné  du  côté  de 
France  ,  &  qu’il  fut  enfin  contraint  d’acheter  la  paix  de  ces  pirates  à  prix 
•d’argent.  Sans  cet  obftacle  ce  prince,  qui  ne  manquoit  ni  de  capacité  ni  de 
talens ,  auroit  achevé  fans  doute  de  reprendre  le  royaume  de  Provence  fur 
Bozon  -,  mais  à  peine  eut-il  fait  la  paix  avec  les  Normans  qu’ayant  été  dan- 
gereufement  blefTé  à  la  chafle  en  pourfuivant  un  fanglier  ,  il  mourut  de  fa 
BlefTure  le  1  6.  du  mois  de  Décembre  de  l’an  884.  lans  laiflèr  aucune  po_ 
fterité.  Charles  fon  frere  né  du  fécond  lit ,  8c  qui  n’avoit  pas  encore  quatre 
ans  accomplis ,  devoir  naturellement  lui  fucceder.  Mais  le  befoin  extrême 
où  étoit  alors  le  royaume  d’un  prince  capable  de  s’oppoter  aux  entreprifes 
continuelles  des  Normans,  &  qui  peut  gouverner  par  lui-même,  le  fit  exclure  du 
thrônepour  un  tems.  Les  grands  jetterent  la  vue  fur  l’empereur  Charles  le  Gras , 
comme  étant  le  feul  de  la  maifon  royale  qui  fût  d’un  âge  avancé  5  &  ils  le 
prefterent  tant  de  venir  prendre  la  couronne  de  France  ,  qu’il  accepta  leurs 
offres,  6c  fut  reconnu  dans  toute  la  monarchie.  Par  là  fa"  domination  fe  trou¬ 
va  prefqu’auffi  étendue  que  l’avoit  été  cq^le  de  Charlemagne.  Il  paroît  ce¬ 
pendant  qu’il  ne  fut  pas  d’abord  reconnu  dans  la  Gothie  ,  6c  on  voit  une 
charte  de  l’abbaye  d’Arles  en  Rouflilion  ,  datée  de  la  maniéré  fuivante. 
Cette  vente  a  b  été  faite  le  22.  de  Mai ,  la  féconde  année  depuis  la  mort  du  roi 
Çarloman  ,  J.  C.  régnant ,  dans  l’attente  d’un  roi. 

L’éle&ion  de  ce  prince  n’çmpêcha  pas  les  Normans  d’entreprendre  de 
nouvelles  courfes  5  8c  les  Sarrafins  ,  qui  jufqu’alors  avoient  été  ,  à  ce  qu’il 
paroît ,  aftez  tranquilles  ,  réfolurent  d’attaquer  de  leur  côté  les  frontières 
du  royaume  du  côté  d’Efpagne.  Il  eft  fait  mention  du  defîèin  de  ces  infidelles 
dans  la  vie  de  S.  Theodard  archevêque  de  Narbonne,  élu  après  la  mort  de  Sige- 
bode  fon  prédecefleur ,  au  mois  d’Aoûtûel’an  8  8  j.  c  II  eft  vrai  que  l’auteur  de 
Ja  vie  paroît  allez  moderne  ,  d  6c  qu’il  a  inféré  dans  fà  narration  plufieurs 
faits  apocriphes  ou  du  moins  très-douteux  :  il  devoit  avoir  vû  cependant 
une  ancienne  vie  de  ce  prélat ,  car  il  rapporte  quelques  traits  conformes  aux 
monumens  du  tems ,  ainfi  nous  le  fuivrons ,  à  l’exemple  des  plus  habiles 
critiques  qui  ont  parlé  de  S.  Theodard,  en  tout  ce  quie  n’a  rien  de  con¬ 
traire  à  la  vérité. 

Theodard ,  qu’on  nomme  Audard  dans  le  langage  du  pays  ,  naquit  vers 
le  milieu  du  IX.  fiecle  dans  l’ancien  diocéfe  de  Touloufe,  qui  étoit  alors 
compris  dans  l’Aquitaine.  Ses  parens  diftinguez  par  leur  noblcfîè  ,  faifoient 
leur  demeure  dans  une  terre  fituée  vers  les  frontières  du  Querci  ,  dans 
l’endroit  où  l’on  a  bâti  depuis  la  ville  de  Montauban.  Il  répondit  par¬ 
faitement  par  la  pureté  de  fes  mœurs  au  foin  qu’ils  prirent  de  fon  édu¬ 
cation.  L’auteur  de  fa  vie  rapporte  que  les  Juifs  s’étant  prefentez  au  roi 
Çarloman  pour  le  fupplier  de  les  mettre  à  l’abri  de  quelques  avanies  que 
leur  faifoit  tous  les  ans  l’evêque  de  Touloufe  nomnté  Bernard  ,  avec  le 
clergé  6c  le  peuple  de  cette  ville  ,  ce  prince  ordonna  à  Sigebode  archevê¬ 
que  de  Narbonne  d’aflèmbler  fur  ce  fujet  un  concile  à  Touloufe,  pour 
y  écouter  leurs  plaintes  6c  leur  rendre  juftice.  Jl  ajoute  que  Theodard  s’étant 

{>refenté  à  l’aflemblée  juftifia  pleinement  les  Touloufains  ,  6c  confondit 
es  Juifs  fur  tous  leurs  prétendus  griefs.  Mais  cette  hiftoire  qui  eft  rap¬ 
portée  plus  au  long  par  le  même  auteur  ,  paroît  f  faite  à  plaifir  ,  elle  eft  du 
moins  fabuleufe  dans  la  plupart  des  circonftances.  L’auteur  ajoute  que 
Sigebode  retournant  dans  fon  diocéfe  après  le  concile  ,  amena  avec  lui 
Theodard  ,  qui  s’attira  l’amitié  du  prélat  6c  l’eftime  des  habitans  de  Nar¬ 
bonne  par  la  fainteté  de  fa  vie  6c  la  fageflè  de  fa  conduite  5  en  forte  qu’a- 
près  avoir  reçû  le  diaconat  8c  la  prêtrife  on  fongeoit  à  l’élever  fur  le  pre¬ 
mier  fiege  épifcopal  qui  viendroit  à  vaquer  dans  la  province  ,  lorfqu’il  fut  élû 
archevêque  de  Narbonne  de  la  maniéré  qui  fuit. 

Sigebode  étant  mort  ,  Willerand  éveque  de  Carcaflonne  8c  Agilbert 
évêque  de  Beziers  qui  faifoit  en  même  tems  les  fondions  de  commiflaire  du 
roi,  fe  rendirent  à  Narbonne  comme  les  plus  voifins,  foit  pour  prendre  foin 
de  cette  églife  vacance ,  foit  pour  préfidex  à  l’éleétion  du  nouvel  archevê¬ 
que. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XI.  17 

que.  Etant  arrivez  dans  la  cathédrale  pour  cette  ceremonie,  Theodard  lut 
aufli-tot  elù  par  le  fufffage  unanime  du  clergé  2c  du  peuple ,  qui  fe  réunirent 
à  lui  donner  cette  marque  de  leur  eflime.  Les  évêques  de  Carcaflbnne  & 
de  Beziers  confentirent  en  même  tems  à  ce  choix,  tant  en  leur  nom  qu’en 
celui  du  clergé  2c  du  peuple  de  leurs  diocéfès.  Ils  foufcrivirent  à  fade  qui 
en  fut  drellc*  2c  qui  fut  auffi  foufcrit  par  quatre  archidiacres  2c  cinq  abbez. 
Les  deux  évêques  écrivirent  enfuice  à  leurs  comprovinciaux  pour  leur  faire 
part  de  l’cleétion  de  »  Theodard ,  2c  les  inviter  à  la  ceremonie  de  fonfacre. 
Tous  les  évêques  de  la  province  applaudirent  au  choix  qu’on  venoit  de  fai¬ 
re  :  mais  il  n’y  eut  que  le  feul  Aulinde  d’Elne ,  qui  s’étant  rendu  à  Narbon¬ 
ne,  facra  le  nouvel  archevêque  avec  XtfTllerand  de  Carcaflbnne  2c  Agil- 
bert  de  Beziers  ,  ce  qui  fut  fait  un  Dimanche  is.  du  mois  d'Aoüt  de  l'an  88 s. 
eu  de  l'cre  92}.  indichon  III. 

Macaire  de  Lodeve  ,  Afaël  d’Ufez  ,  Ingobert  d’Urgel  2c  Theotarius  de 
Gironne ,  S%xcujcrent  de  fe  trouver  à  cette  ceremonie ,  parce  qu’ils  étoient 
actuellement  malades  y  'Frodoin  de  Barcelonne  ne  voulut  pas  abandonner 
fa  ville  epifcopale  à  caufe  que  les  Sarrafins  fe  difpofoient  alors  à  faire  une 
irruption  dans  le  pays  5  Bozon  d’Agde  ne  peut  d’un  autre  côté  le  rendre 
à  Narbonne  ,  parceque  divers  brigands  ou  mauvais  garnemens  cou- 
roient  fon  diocéiè  ,  2c  Bernard  de  Touloufe  étoit  abfent  de  fon  églife. 
Enfin  celle  de  Nifmes  vaquoit  alors  fi  nous  en  croyons  l’auteur  de  la  vie 
de  S.  Theodard }  mais  il  paroît  qu’il  fe  trompe,  car  nous b  voyons  que  Gilbert 
en  étoit  évêque  avant  2c  après  l’an  885.  à  moins  qu’il  n’y  ait  eu  deux 
évêques  de  Nifmes  de  ce  nom  à  la  fin  du  IX.  fiécle ,  de  quoi  il  n’y  a  au¬ 
cune  preuve.  Le  même  auteur  ne  dit  rien  de  l’évêque  de  Maguelonne ,  ce 
qui  fait  préfumer  à  quelques  critiques  «  que  cette  églife  étoit  alors  vacante  : 
mais  outre  qu’il  manque  quelque  chofe  dans  cet  endroit  de  la  vie  de  S.  Theo¬ 
dard,  nous  apprenons  d’ailleurs  d  qu’Abbon  évêque  de  Maguelonne  fiegeoit 
en  878.  &  en  *  887.  On  peut  voir  par  ce  que  nous  venons  de  rapporter  que 
la  province  eccléfiaftique  de  Narbonne  étoit  alors  compofée  de  douze  villes 
épilcopales  outré  la  métropole ,  2c  que  de  ce  nombre  ,il  y  en  avoir  trois  dans 
la  Marche  d’Efpagne ,  fqavoir  celles  de  Barcelonne  ,  de  Gironne  2c  d’Urgel, 
les  autres  appartenoient  à  la  Septimanie  ou  marquifat  de  Gothie. 

Il  y  avoit  un  quatrième  diocefe  dans  la  Marche  d’Efpagne ,  c’étoit  celui 
d’Aulonne,  qui  ayant  été  ravagé  par  les  Sarrafins  lorfqu’ils  s’emparèrent  de 
l’Efpagne  au  commencement  du  VIII.  fiécle,  f  étoit  demeuré  depuis  fans 
évêque  &  fournis  à  l’autorité  immédiate  des  archevêques  de  Narbonne.  Les 
Infidèles  ayant  été  chaflèz  de  la  Marche  d’Efpagne  par  les  armes  de  I^epin 
&  de  Charlemagne ,  on  fit  une  tentative  pour  rétablir  cet  évêché ,  vers  la 
fin  du  même  fiecle  -,  mais  les  circonftances  n’étant  pas  favorables,  2c  les 
Sarrafins  ayant  envahi  de  nouveau  le  diocéfe  d’Aufonne  dans  le  tems  de  la 
révolte  d’Aïzon  ,  ce  pays  demeura  toûjours  fans  évêque  2c  fous  la  domina¬ 
tion  des  Infidèles ,  jufqu’à  ce  que  Wifred  le  Velu  comte  de  Barcelonne  2c 
marquis  ou  gouverneur  general  de  la  Marche  d’Efpagne ,  2c  fes  freres  Miron 
comte  de  Roulfillon  2cRodulphe  ou  Raoul  comte  de  Confiant ,  les  en  chaf- 
ferent  entièrement.  Le  premier ,  de  qui  le  diocéfe  ou  comté  d’Aufonne  dé- 
pendoit  pour  le  temporel ,  le  repeupla  alors  de  Chrétiens  ,  2c  fongea  à  ré¬ 
tablir  le  fiége  épifcopal.  En  attendant  qu’il  pût  exécuter  ce  deflein  il  pria 
Sigebode,  archevêque  de  Narbonne,  de  continuer  de  gouverner  ce  diocéfe 
conjointement  avec  les  évêcflies  voifins.  Enfin  ce  comte  après  avoir  pour¬ 
vu  à  la  fureté  de  la  frontière ,  2c  mis  la  Marche  d’Efpagne  à  couvert  des 
entreprifes  des  Infidèles  qui  méditoient  d’y  faire  une  nouvelle  irruption  dans 
le  tems  de  l’éledion  de  l’archevêque  Theodard ,  s’adrefla  l’année  Fuivante 
i  ce  prélat  2c  le  pria,  du  confentement  du  clergé  2c  du  peuple  d’Aufonne, 
de  leur  donner  un  évêque.Ce  dernier  lui  accorda  volontiers  la  demandedl  lacra 
Godemar  pour  nouvel  évêque  d’Aufonne  ,  2c  le  chargea  cependant  2c  fes 
fuccefTeurs ,  pour  marque  de  l’ancienne  dépendance  de  fon  églife  de  celle 
,  de  Narbonne,  de  payer  tous  les  ans  à  celle-ci  une  livre  d’argent  de  rede- 
•  vaace. 

Tome  II.  C 


An.  88  j. 


a  Vit.  S  Tbctd, 
n .  24* 

Boll.p.  148. 


b  V.  NOTE 
XVIII .  n.  1.  <> 

Im-  - 


c  Boll.  ilid. 

d  V.ci-dejfut 
n.  viii. 

c  Baluz  con - 
cil.  Narb.p.  4. 
V.  NOTE  II. 


xxxir. 

Rctabliire- 

nicnt  de  Yà\ù- 
ch:;  d’Aufonne 
dans  la  Marche 
d’Efpagne. 

f  Marc  Hifp. 
570 

Baluz.  Mif- 
cell.to.  7.p.  51. 
à-f'jq. 


886. 


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_ i8  HISTOIRE  GENERALE 

An.  886.  Les  courtes  continuelles  des  Normans  ne  permirent  pas  à  l'empereur  Char- 
xxxiii.  les  le  Gras  de  marcher  en  perfonne  contre  Bozon  roi  de  Provence  pour 
Monde  Ber-  tacher  de  le  dépouiller  des  provinces  de  la  monarchie  qu'il  avoit  ufurpées: 
quif  dé Gotüie  ^  paroît  qu’il  donna  cette  commiffionà  Bernard  III.  marquis  deGothie 

&comte  d’Au-  8c  comte  d’Auvergne,  qui  mourut  en  effet  en  faifant  la  guerre  à  ce  prin- 
Ja'imideKeàx  cC  ’  au  nom  &  P**  !es  ordres  de  Charles.  C’eft  ce  que  nous  inférons  des  pa- 
fonfiisiui  lue- rôles  fuivances  d'une  charte  *  de  ce  dernier  datée  du  palais  d’Attigniie  i8.du 
mo*s  d’Aout  de  Pan  886.  Charles  dit  dans  cette  charte ,  que  faifant  attention 
Jipl.p.  SS4.&  a*x  marques  de  valeur  &  de  fidelité  que  feu  Bernard  comte  &  marquis  avoit  don- 
»n.8S6.n.y.  njes  )  fon  fervice  en  s'oppofant  aux  ennemis  de  l'état ,  &  en  particulier  a»  tyran  Bo- 
b»Ux..  auv.  zpn  &  à  fes  partifans ,  &  en  expofant  fa  vie  dans  un  combat  contre  ces  rebelles  , 
**■*■?■  4-  oà  il  avoit  été  tué ,  il  accorde  i  la  recommandation  de  Guillaume  comte  &  marquis 

fVtÿ6%-/eg!  fih  même  Bernard,  qui  étoit  alors  à  fa  cour ,  que  l’abbaye  de  Paint  Pierre 
d’Ifeurc  dans  le  comté  d’Autun  ,  8c  le  prieuré  de  faint  Keverien  dans  celui  de 
Nevers ,  fuflent  à  l’avenir  fous  la  dépendance  de  l’évêque  de  Nevers  &  de  fes 
fucceflèurs. 

On  voit  par  là  i°.  que  Charles  le  Gras  continua  la  guerre  que  Carloman 
\>  no  te  i.  avoit  entreprife  contre  Bozon,  &  on  a  lieu  de  croire  b  qu’il  reprit  fur  lui  une 
"c  partie  du  royaume  de  Provence  $  car  nous  voyons  «  qu’il  régna  à  Lyon',  8c 

tt.  i.  p.  i jo.  dansées  pays  lituez  le  long  du  Rhône ,  en  qualité  de  fuccefleur  du  roi  Louis  le 
Begue  au  royaume  deLothaire.  i“.  Que  Guillaume  furnommé  le  Pieux  fuc- 
ceda  immédiatement  à  Bernard  fon  pere  dans  le  comté  d’Auvergne  8c  le  mar- 
<1  v.  iom.  *.  quifat  de  Gothie  5  car  il  eft  qualifié  comte  &  marquis  d  comme  lui  dans  la  charte 
n.  lxxxvu.  Je  Charles  le  Gras,8c  il  eft  certain  qu’ils  poflèderent  l’un  8c  l’autre  ce  marquifat. 
n.  Enfin,  que  Bernard  III.  marquis  de  Gothie  étoit  déjà  mort  au  mois 

d’Août  de  l’an  8  86.  Il  paroît  qu’il  vivoit  encore  au  mois  de  Mai  de  l’année 
précédente ,  car  nous  ne  doutons  pas  qu’il  ne  foit  le  même  que  le  très-illu- 
<Baiux..Mi/c. fire marquis  Bernard ,  à  la  priere  duquel  Charles  le  Gras  confirma'  alors  les 
tb,d‘  privilèges  de  l'Eglife  de  Lyon  ,  8c  on  vient  de  voir  en  effet  qu’il  faifoit 
la  guerre  à  Bozon  du  côté  jlu  Rhône  vers  le  même  tems.  Bernard  III.  mar¬ 
quis  de  Gothie  mourut  donc  âgé  de  4 j.  ans,  étant  né  à  Ufez  vers  la  fin  de 
f bJui.am-  l’an  840.  comme  on  l’a  remarqué  ailleurs.  On  allure f  qu’il  avoit  époufé  Lieu- 
6%°''  Regarde  en  premières  nôces  ,  8c  qu’Ermengarde  ne  fut  que  fa  fécondé  fem- 
grW.t.NOTE  me  j  mais  g  on  le  confond  avec  un  autre  Bernard  comte  d’Auvergne ,  mari  de 
lxxxvu.  n.  ]a  première.  On  ajoûte  h  que  la  même  Ermengarde  étoit  fille  de  W'arin  ou 
h  B*iux..ibu.  Guarin  comte  d’Auvergne.  Il  paroît  *  plus  vrai-femblable  qu’elle  n’étoit  que 
î  note  au.  fa  léeur.  Il  eutplufieurs  fils  de  cette  comtelîe  qui  fonda  l’Abbaye  de  Bleue  k 
"kv-M^I-ad  en  Auvergne  ,  entre  autres  Warin  ou  Guarin  ,  qu’on  prétend  avoir  été  com* 
»nn.  tio.  n.  te  *  d’Auvergne ,  du  vivant  ou  après  la  mort  de  fon  pere  :  mais  il  eft  certain 
6[noTE  ibid.  qu’on  l’a  confondu  avec  le  comte  Warin  dont  on  vient  dç  parler, 
n.  64.  Bernard  III.  eut  à  la  vérité  un.  fils  dé  ce  nom  qui  mourut  fort  jeune 

iong-tems  avant  lui  ,  mais  qui  11e  pofîèda  jamais  le  comté  d’Auvergne.  Il  pa- 
m ibid.  roît  “  qu’il  eut  un  fécond  fils  appellé  Guillaume  qui  mourut  aufli  dans  fâ  jeu- 
nelîè  5  il  en  eut  enfin  un  troifiéme  ,  nommé  Guillaume  ,  8c  furnommé  le 
7o.&f'iq.  Pieux.  Ce  dernier  lui  fucceda  dans  le  marquifat  de  Gothie  8c  le  comté  d’Auver- 
ab  V'ss^ord  gnei  n1a*s  non  Pas  dans  ^es  comtez  de  Bourges  Je  de  Mâcon  ,  8c  le  marquifat 
s. Btn.  fie.  4!  de  Nevers ,  comme  on  l’a  avancé:  car  il  n'y  a»  aucune  preuve  que  ni  l’un 
ftrt.i.p.yi.  nj  l’autre  ayent  jamais  poflèdé  ces  dignités.  Enfin  Bernard  III.  marquis  de 
xxxiv.  Gothie  eut  deux  filles,  dont  l’une  nommée  Ave®  fut  abbeflè  après  avoir  été 
JuïeépTf-  mar»ée  ;  8c  c’eft  la  même  qui  donna  à  Guillaume  le  Pieux  fon  trere  le  lieu  de 
copai  de  veiay  Cluni,  où  il  fonda  dans  la  fuite  la  célébré  abbaye  de  ce  nom  :  l’autre  qui  s’ap- 
pr^OiHne  Pe^l°it  Adelinde ,  époufa  Acfred  comte  de  Carcaffonne. 
de»  vicomtes  On  donne  quelques  autres  frères  à  Guillaume  le  Pieux,  entr 'autres  Nor. 
dePoiigMc.  bert  évêque  de  Velay ,  qui  fut  élu,  dit-on  r  ,  vers  l’an  880.  mais  onn’ap. 
gai.  *clnji.  porte  aucune  preuve  de  l’extraclion  de  ce  prélat.  Il  paroît  du  moins  certain 
wv.  ti.  u.x.  qU’il  q  transfera  au  Puy  ou  à  Anis  ,  le  fiege  épifcopal  de  Velay  qui  avoifi 
qÿ,k  ta.  1.  été  jufqu’akws  dans  la  ville  de  S.  Pauthan ,  la  même  que  l’ancien  Ruejîum  ou 
no7î  lxxx.  Civitas  Vetula,  capitale  du  pays.  Voici  le  fujet  de  cette  cran flation.  Après  la 
Gaiïcfr.M.  m°rt  r  de  Gui  L  évêque  de  Velay  ,  le  clergé  de  cette  églife  fe  partagea-  fiuf 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XI. 


*9 


le  choix  de  fon  fuccellèur  }  une  partie  donna  fon  lùfïrageà  Norbert,  &  l’a u-  286, 
tre  à  Viral  abbé  &  frere  du  vicomte  de  Polignac*  chacun  des  contendans  fît 
valoir  Ton  droit  :  mais  comme  le  dernier  étoit  loûtenu  de  l'autorité  que  le  vi¬ 
comte  fon  frere  avoir  dans  le  pays ,  l’autre ,  quoique  mieux  fondé ,  prie  le 
parti  d’en  venir  à  un  accommodement.  Norbert  céda  donc  au  vicomte  la  ville 
épifcopale  appellée  alors  Vetula ,  &  depuis  faint  Paulhanj&  étant  parla  demeu¬ 
ré  paifible  podèflèur  de  l’évêché ,  il  transfera  là  réfidence  à  la  ville  d’Anis  ou 
duPuy,  ou  le  fiege  épilcopal  du  Velay  a  toujours  été  depuis  ,  bc  qui  devint 
ainfila  capitale  du  pays.  Norbert  y  transfera  auffi  les  reliques  de  faint  George 
premier  évêque  de  Velay  ,  &  celles  de  faint  Marcellin  fes  prédece/ïèurs.  Quant 
à  la  ville  de  laint  Paulhan ,  les  vicomtes  de  Polignac  l'unirent  dès-lors  à  leur 
domaine. 

Ce  que  nous  venons  de  rapporter  eft  fondé  fur  d'anciens  *  monumens:  flrvo7X»W. 
ainfi  il  ne  faut  pas  chercher  avant  le  neuvième  fiecle  la  fondation  de  l’égli/ê 
cathédrale  du  Puy ,  devenue  fi  célébré  dans  les  fiecles  fuivans.  Cela  prouve 
aufli  que  les  vicomtes  de  Velay  Ce  qualifïoient  dans  ce  tems-là  vicomtes  de 
Polignac,  à  caufè  que  ce  château  étoit  le  chef-lieu  de  leur  domaine ,  ÔC  qu’ils 
y  failoient  leur  réfidence  ordinaire.  On  voit b  cependant  que  les  fuccelïèurs  du  bjraix  x 
frere  de  Vital ,  ou  les  vicomtes  de  Velay,  ne  prirent  que  le  /impie  titre  de  vi¬ 
comtes,  comme  ceux  des  autres  provinces,  jufques  vers  la  fin  du  XL  fiecle, 
que  la  plupart  d’entr’eux  fixèrent  leur  dénomination  par  celle  du  chef-lieu  de 
leur  domaine. 

Au  relie  le  vicomte  de  Polignac  dont  nous  venons  de  parler,  6c  dont  nous 
ignorons  le  nom ,  paroît  être  le  même  qu'Armand  vicomte  dans  le  Velay ,  qui 
fuivant  une  ancienne  chronique  e  eut  un  fils  de  même  nom,  lequel  donna  dif-  cF aUo.chron, 
ferens  biens  vers  l’an  900.  à  l’abbaye  deTournus  en  Bourgogne,  entr’autres 
tèyjife  de  faint  Georges  de'Ja  cité  vieille  *  ,  ou  de  lâint  Paulhan  *  ce  qui  confirme  .  vCruiaccivi- 
la  ceflion  dont  nous  venons  de  parler  ,  laquelle  qui  donna  lieu  à  la  tranllarion  tatis. 
du  fiege  épifcopal  au  Puy.  Etienne  fuccelleur  des  deux  vicomtes  Armand  I.  & 

Armand  II.  &  Belefinde  la  femme,  confirmèrent cette  donation  vers  l’an 
9  jo.  Et  comme  les  vicomtes  de  Polignac,  qui  vivoient  dans  le  onzième  fie¬ 
cle,  portoient  les  nom  s  d’Armand  6c  d’Etienne ,  c’ell  une  preuve,  ce  femble,  de 
leur  defcendance  commune.  Cette  vicomté  fubfifte  encore  aujourd’hui  dansla 
province ,  &  c’elt  un  des  plus  anciens  fiefs  de  dignité  qui  s’y  foit  confervé.  Celui 
qui  en  eft  revêtu  tient  le  fécond  rang  parmi  les  barons  qui  affilient  aux  états  ge¬ 
neraux  de  la  province  de  Languedoc. 

Theodard  archevêque  de  Narbonne  c  étant  allé  à  Rome  peu  de  cems  après 
fon  facre  pour  y  recevoir  le  Pallium  des  mains  du  pape  Etienne  VI.  le  bruit  le 
répandit  pendant  fon  abfence ,  qu’Ingobert  évêque  d’Urgel  fon  lùfFragant ,  pa!  d’u/gXsi: 
qui  devoir  être  aulfi  abfent  du  pays  êc  qui  l’avoit  peut-être  accompagné ,  étoit  J’autoritc  mé- 
mort.  Ces circonftances  parurent  favorables  à  l’ambition  d’un  clerc  appellé  SkMarche 
Selva,  defcendantdecesEfpagnolsquifousle  régné  de  Charlemagne  s’étoient  d'Efpagne  fur 
établis  dans  la  SeptimanieSc  la  Marche  d’Efpagne.  Cet  ecclefialtique  foûtenu  j^Narbonnc 
du  crédit  &  de  l’autorité  de  Suniarius  comte  d’Urgel ,  forma  le  delléin  de  s’em-  c  mjs.Thto/. 
parer  de  ce  fiege ,  de  s’ériger  en  métropolitain  de  toute  la  Marche  d’Elpagne,  £o//l- 
qui  depuis  l’entrée  des  Sarrafins  dépendoit  de  la  métropole  de  Narbonne  ,  6c 
de  faire  revivre  en  fa  perfonne  les  anciens  droits  de  l’égli le  de  Tarra- 
gone  :  défefperant  toutesfois  de  trouver  dans  la  province  des  évêques 
qui  vouluflent  entrer  dans  fesveües,  il  partit  en  diligence  pour  la  Novem- 
populanie  ou  Gafcogne,  &s’y  fit  làcrer  évêque  d’Urgel  par  deux  évêques  de 
cette  province.  Il  apprit  peu  de  tems  après  qu’Ingobert  vivoit  encore * 
cette  nouvelle  le  furprit ,  mais  elle  ne  le  rebuta  pas ,  &  réfolu  de  foutenir  là 
démarche,  il  le  challa  de  fon  églife  avec'  le  fccours  du  comte Suniarius*  &après 
s’être  intrus  dans  fon  fiege  ,  il  prétendit  exercer  les  fondions  de  métropo¬ 
litain  de  la  Marche  d’Efpagne. 

La  mort f  de  Theotarius  évêque  de  Gironne  arrivée  f  après  le  premier  de 
Novembre  de  l’an  886.  &  vers  le  commencement  de  l’année  fuivante,  lui  en  fiq. 
fournit  l’occafion.  Le  clergé  &  le  peuple  ayant  élû  canoniquement  Servus  Dei, 
qui  fut  facré  par  Theodard  archevêque  de  Narbonne  &  métropolitain  d^  la.  note  u.  n' 

Tome  II.  C  ij 


d  FaIco.  ib'uU 
>•  *î- 


XXXV. 

Sel  va  ui  urpe 
le  fiege  épifeo- 


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1 


10 


HISTOIRE  GENERALE 


A  n.  887.  Marche  d’Efpagne, Selva  entreprit  de  fon  côté  de  donner  de  fa  propre  autorité 
un  autre  évêque  à  Gironne.  Il  trouva  moyen  de  gagner  Frodoin  évêque  de 
Barcelone  &  Godemar  nouvel  évêque  d’Aufonne  ou  de  Vie  ,  &  facra  avec  eux 
a  Marc.  m/p.  un  certain  *  Hermenmire.  Theodard  juftement  offenfé  d’une  pareille  enrreprife, 
?  en  porta  Tes  plaintes  au  pape  Etienne  ,  6c  le  fupplia  de  vouloir  l’aider  à  la  ré¬ 

primer. 

xxx vi.  Quoique  la  réponfe  que  nous  avons  de  ce  pape  b  foit  generalement  recon- 

*riïCZ  nue  pour  une  P>ece  fuppofée ,  il  paroît  cependant  qu’elle  a  été  fabriquée  fur 
dans  la'scpü-  une  lettre  véritable  5  6c  on  a  lieu  de  préfumer ,  par  ce  que  nous  fçavons  de  la 
*bS7W -uit  ^ce  cetce  a^re  >  qu’Etienne  manda  à  Theodard  d’aflèmbler  le  concile 
itù.p^T  des  évêques  de  fa  province,  &  des  autres  les  plus  voifines,  pour  dépolèr  les 
C'nài.  to.9.  deux  intrus,  &  punir  les  évêques  de  Barcelonne  6c  de  Gironne  qui  avoient  or-’ 
fTabi!bibill.  donné  Hermenmire.  Quoi  qu’il  en  foit  de  la  réponfe  du  pape,  il  paroît  du 
to.i.p.  101.&  moins  queTheodard  alTembla  un  concile  le  x  7-deN  ovembre  de  l’an  8  8  7.càPort, 
lieu  fitué  fur  les  frontieresdes  diocèfes  deMaguclonne  6c  deNifines.il  eft  vrai  que 
«13.0  les  actes  1 
/'??■  ment 

c  V.NOTE  U. 

d  rit.s.ibicd.  ment 

ibu.  p .  i4I.  noms  <je  cous  les  évêques  qui  affifterent  à  ce  Concile  de  Port  ,  &  qui  fie- 
geoient  véritablement  alors ,  ce  qu’il  n’auroit  pu  deviner.  Ces  prélats  étoienc 
P-)**  Theodard  archevêque  de  Narbonne,  6c  onze  évêques  de  fa^province.,  fç a: 


voir. 


Gilbert  de  Nifimes ,  Willeran  de  Carcaflonnc,  Amclius  d’Ulcz ,  Abbon 
de  Magudonne ,  Bozon  d’Agde ,  Agilbert  de  Beziers,  Riculphe  d’EIne,  Ber¬ 
nard  de  Touloufe&Macaire  de  Lodeve  dans  la  Septimanie  ;  Ingobert  d’Urgel 
dont  Selva  avoir  ufurpé  le  fiege,  6c  Servus-Dei  nouvel  évêque  de  Gironne 
dans  la  Marche  d’Efpagne.  Godemar  d’Aufonne  l’un  des  confecrateurs  d’Her- 
menmire  s’y  trouva  aufh ,  avec  plufieurs  autres  évêques  des  provinces  voifines, 
entr’autres  les  archevêques  d’Arles ,  d’Aix  ,  &  d’Embrun,  6c  Eloi  évêque 
d’Albi,  de  la  province  de  Bourges  ou  première  Aquitaine. 

Les  mêmes  actes  ajoutent  que  Selva,  Hermenmire  &  Frodoin  de  Barcelon¬ 
ne  furent  citez  au  concile ,  mais  qu’ils  refuferent  de  comparoître ,  6c  qu’après 
ce  refus  Ingobert  d’Urgel  &  Servus  Dei  de  Gironne  portèrent  leurs  plaintes 
contre  les  deux  premiers  pour  avoir  ufurpé  leurs  fieges  5  que  Godemar 
d’Aufonne  avoua  publiquement  la  faute  qu’il  avoit  faite  de  confiicrer  Elcr- 
menmire ,  qu’il  en  demanda  pardon  au  concile ,  6c  qu’il  s’exeufa  fur  ce  que 
Suniarius  comte  d’Urgel  l’avoit  forcé  de  la  commettre  ;  que  le  concile 
lui  pardonna  ,  à  condition  qu’il  ne  communiqueroit  plus  avec  les  intrus  $  6c 
qu’on  déclara  ceux-ci  excommuniez ,  s’ils  ne  rentroient  dans  leur  devoir 
,  avant  le  Carême  fui vant ,  6c  s’ils  ne  faifoient  avant  ce  tems-là  une  facisfaction 

convenable  à  l’archevêque  Theodard.  Enfin  il  eft  dit  dans  ces  aétes  ,  que  ce 
dernier,  par  ménagement  pour  le  comte  Suniarius ,  ne  voulut  pas  permettre 
qu’il  fut  compris  dans  la  fèntence  d’excommunication ,  comme  il  le  méri- 
toit }  6c  qu’on  fe  contenta  de  lui  envoyer  Godemar  évêque  d’Aufonne  ,  pour 
l’informer  des  égards  qu’avoit  eu  pour  lui  le  concile ,  dans  l’efperance  qu’il 
rentrerait  en  lui-même,  qu’il  réparerait  le  fcandale  qu’il  avoit  caufé,  6c qu’il 
reconnoîtroit  l’autorité  de  l’églife  métropolitaine  de  Narbonne. 

Suniarius  répondit  très-bien  à  la  condefcendance  êeaux  égards  que  le  con¬ 
cile  eut  pour  lui ,  &  ayant  confulté  les  feigneurs  6c  les  peuples  de  fon  comté, 
il  reconnut  fa  faute,  6c  demanda  une  conférence  à  Theodard.  Ce  prélat  ac¬ 
compagné  de  plufieurs  autres  évêques ,  fe  rendit  à  Urgel.  Au/Iî-tôt  après  leur 
arrivée,  le  comte  obligea  les  deux  intrus , Selva 6c Hermenmire,  6c  Frodoin 
de  Barcelonne  de  comparoître  devant  les  prélats ,  qui  s’étant  afièmblés  dans 
l’Eglife  de  Notre-Dame  d’Urgel,  firent  apporter ,  en  prefence  des  plus  nota¬ 
bles  du  pays .,  les  canons  &  les  decrets  des  conciles  qui  ordonnoient  la  dé- 
pofition  des  évêques  qui  recevoient  l’ordination  fans  le  confentement  de  leurs 
métropolitains:  on  en  fit  la  le£fcure,&  on  déchira  enfuite  les  habits  pontificaux 
dont  Selva 6c Hermenmire  étoient  revêtus  :  on  caflà  leurs  croflès  fur  leurs  tê- 
e  v  Marc Ies  ’  ^  on  *eur  arracfia  l’anneau  paftoral  des  doigts ,  conformément  à  l’ufage 
» /pm«7.<£  de J.’églifé Romaine  B,  6c enfin  on  les  priva  ignominieufement  de  la  clericature. 
/'??• 


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DE  L  A  N  G  ü  E  D  O  C.  Liv.  XI.  .zi 

Quant  à  Frodoin  de  Barcclonne,  il  demanda  pardon  de  fa  faute  à  genoux  ,  en  7  7~* 

chemife  fie  nuds  pieds,  ce  qui  fit  qu’on  le  lui  accorda.  N* 

Tels  furent  les  deux  conciles  de  Port  fie  d’Urgel ,  qui  durent  fe  tenir  à  peu 
de  diftance  *  l’un  de  l’autre,  fie  dont  les  aétes  parodient  à  la  vérité  fuppolez,  *v-kotbju 
mais  pris  cependant  fur  d’autres  plus  anciens ,  au  fentiment  d’un  habile  b  cri-  b  B*lut 
tique,  qui  en  rapporte  le  précis  a  peu  près  de  la  meme  manière  :  nous  avons  ^  "  . 

feulement  redreilè  quelques  faits,  tant  fur  des  monumens  plus  autentiques  fie 
plus  certains ,  que  fur  ce  qui  nous  a  parti  de  plus  vrai-lèmblable.  Au  refte  le  lieu 
de  Port  où  l’on  tint  le  premier  ,  étoit  alors,  à  ce  qu’on  prétend'  ,  une  ville  ccali.chrift. 
confiderable  du  diocèfe  de  Nifmes,  compofée  de  deux  parodies  dépendantes  t0-i-f-77^ 
de  l’abbaye  de  Pfalmodi,l’une  fous  l’invocation  de  la  Vierge, ôc  l’autre  fous  celle 
de  S.  Pierre.Cc  lieu  étoit  fitué  fur  la  côte  de  l’étang  de  Mauguio  ou  de  Melgueil, 
vers  l’embouchure  du  Yidourle  dans  cet  'étang ,  qui  communique  avec  la 
mer:  il  tiroit  Ion  nom  d’un  port  qu’on  y  avoir  pratiqué.  Il  n’en  refte  aujour¬ 
d’hui  d’autre  veftige  que  l’églifè  de  Notre-Dame  d'Nfpor,  lîtuée  dans  le  même 
endroit  fiir  les  frontières  des  diocèfes  de  Montpellier  fie  de  Nifmes ,  fie  à  deux 
milles  au  midi  de  Lunel  vers  la  mer,  fie  dans  le  tarritoire  de  cette  ville.  L’é- 
glifede  faint  Pierre  eft  comprifc  à  prefent  dans  le  territoire  de  Malîîllargues 
au  diocèfe  de  Nifmes. 


Si  l’on  en  croit  les  actes  de  la  tranflation  des  reliques  de  S.  Antonin  martyr ,  xxxvii. 
dans  une  nouvelle  églilé  de  l’abbaye  de  Fredelas  ou  Pamiers,Theodard  arche-  <j.^£flues 
vêque  de  Narbonne,  ôc  plufieurs  évêques  de  fa  province,  fe  trouvèrent  à  cette 
ceremonie,  quife  fit,  dit-on ,  au  mois  de  Juin  de  l’an  887.  mais  comme  ces 
actes  parodient d  entièrement  fabuleux  ,  nous  ne  nous  y  arrêterons  pas  davan-  d, noix  ra¬ 
tage.  Nous  nous  contenterons  de  remarquer  qu’on  met  au  nombre  des  évê¬ 
ques  qui  fe  trouvèrent  à  cette  tranflation  Folcrad  d’Albi ,  ce  qui  ne  peut  être,  e  M*biU-  ** 
puilqu  on  vient  de  voir  qu  Eloi  occupoit  cet  evcche  dans  le  meme  rems.  D  au-  o«u.  cbnft. 
tresc  mettent  alors  fur  ce  fiege  Adolcnus  ,  qui  fouferivit,  dit-on,  en  887.  à  nov-  ed-t0-1- 
une  charte {  de  Frotaire  archevêque  de  Bourges,  en  faveur  de  l’abbaye  de  y  £*«.1^.130. 
Beaulieu  en  Limoufin.  Cette  charte  g  eft  ^e  l’an  876.  d’où  il  s’enfuit  feule,  g  v-  “>■  *• 
mentqu’Adolenus  etoit  évêque  d’Albi  cette  dernière  année  }  on  doit  le  diftin-  CKOte 
gucrh  par  conféquent  d’un  autre  évêque  d’Albi  de  même  nom  qui  vivoiten  rx. 

891.  Ce  dernier  eut  pour  fucceilèur  Godolric ,  qui  reçût  *  en  9 10.  une  dona-  ^f0TE  ;X 
tion  confiderable  en  faveur  de  fà  cathédrale.  i  Pr.p,  ^  & 

Bozon  roi  de  Provence  profitant  cependant  des  troubles  que  les  Normans  -^xxvu 
caufoient  dans  le  royaume,  reprit  enfin  la  ville  de  Vienne,  fie  la  partie  de  fes  Mon  dcBo- 
états  que  Carloman  lui  avoir  enlevée.  Il  jouifloit  actuellement  de  tous  les  pays  r°i  de 
qu’il  avoir  ufurpés ,  lorfqu’il  mourut  au  commencement  de  l’an  k  887.  à  Vien-  ^£'“071  1. 
ne,  où  il  fut  inhumé.  Ermcngarde  là  femme  l’avoit  rejoint  alors ,  foit  qu’elle  ».  ij.  &fm- 
fe  hit  échappée  des  mains  de  Richard  duc  de  Bourgogne,  qui  l’avoit  emmené 
prifonniere  après  la  prife  de  Vienne ,  foit  que  ce  duc  l’eût  remife  de  lui-même 
à  Bozon  fon  frere.  Quelques  modernes 1  ont  avancé  fans  preuves,  que  Char-  1  note  nu. 
les  le  Gras  le  reconnut  de  fon  vivant  pour  roi  de  Provence,  fie  reçut  de  lui  n- 
l’hommage  de  ce  royaume  -,  mais  il  paroît  au  contraire  ,  par  le  témoignage 
d’un  biftorien  contemporain  m,  «  que  non-feulement  Louis  Se  Carloman  firent  «  mReginxhron. 
la  guerre  à  Bozon  pendant  toute  leur  vie,  fie  qu’ils  employèrent  contre  lui  «  .^5*. 

leurs  meilleurs  generaux  ,  entr’autres  l’abbé  Flugues  l’un  des  capitaines  de  « 
fon  fiecle  le  plus  expérimenté  5  mais  encore  que  leurs  fucccffcurs  fur  le  thrône  « 
de  France  le  regarderont  toujours  comme  un  ufurpateur,  fie  lè  pourfuivirent  « 
comme  tel  pendant  tout  le  tems  qu’il  vécut  :  »  ce  qui  doit  s’entendre  principa¬ 
lement  de  l’empereur  Charles  le  Gras.  D’ailleurs  f uivant  l’épitaphe  de  Bozon, 
qu’on  voit,  dit-on  n,  dans  l’églife  cathédrale  de  faint  Maurice  de  Vienne,  où  n  Cafirucci 
il  fut  inhumé  ,  il  fit  la  guerre  pendant  toute  fa  vie  contre  plufieurs  rois:  enfin 
.l’hiftorien  que  nous  venons  de  citer,  ajoûte  que  Bozon  étoit Ti  habile  fie  fi  u.l‘  ’  1 
rufé  ,  que  les  princes  fês  ennemis  tentèrent  toûjours  inuhlement ,  ou  de  fe  fai- 
-firde  fa  perfonne,  ou  de  le  faire  tomber  dans  quelque  piege  j  fie  que  les  fei- 
gneurs  qui  l’avoient  fuivi  dans  fa  révolte  lui  furent  toûjours  fi  conftamment  at. 
tachez ,  que.malgré  leur  profeription ,  fie  la  confifcation  de  leurs  biens  dont  ils 
Furent  punis,  ils  n  ’aban  d  01111e  rp  nt  jamais  fon  parti,  non  plus  que  fes  foldats. 


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An.  887. 

XXXIX. 
Louis  fils  de 
Bozon  obticfic 
le  duché  de 
Provence. 
Mort  de  Char¬ 
les  le  Gras. 

a  V.  MabUl. 
Ma.  SS.  Btntd. 

81. 

b  Baluz.Au- 
nwgJ9.up.it. 

c  Annal. Ber- 
Xin.p.116. 

d  V. Ange  hift . 
£cn.to.l.f.6o. 


tAmal.FuU. 

J-Î77. 

Herm.'Cohtr. 

<hron.  ad  Ann. 
887. 

f*  y.NOTE  1. 

n*  I9>&feq. 


g  Chifflet 
Tournas. p.i$  9 


h  Ibid.  p.CVl. 


i  ïlid.p.Cy. 

le  Annal. FuU. 
&Hcrm.  Cont. 
ibid. 


XL. 

Eudes  élû  roi 
far  une  partie 
des  François. 


888. 


i*  HISTOIRE  GENERALE 

Bozon  en  mourant  laifla  d’Ermengarde  fa  fécondé  femme  ,  fille  de  l’empereur 
Louis  II.  un  fils  nommé  Louis  ,  &  une  fille  appellée  Ingelberge  quiépoufa  » 
dans  lafuiteGuillaumefurnommélePieux,  duc  d’Aquitaine, marquis  de  Go. 
thie  &  comte  d’Auvergne.  Quelques  auteurs  b  prétendent  que  cette  princef- 
fe  eft  la  même  que  la  fille  de  Bozon  qui  fut  accordée  en  mariage  en  878. 
au  roi  Carloman  5  que  ce  mariage  n’eut  pas  fon  effet  à  caufe  delà  révolte  de 
Bozon  ,&  qu’elle  n’époufa  qu’après  l’an  8  86.  Guillaume  le  Pieux.  Ainfi  In- 

felbcrge  auroit  été  fille  de  la  première  femme  de  Bozon  ,  que  ce  prince 
t  mourir  pour  épôufer  Ermengarde  en  876.  mais  il  paroît  au  contraire, 
qu’elle  étoit  fille  ae  cette  derniere  -,  car  outre  qu’il  n’y  a  aucune  preuve 
qu’elle  foit  la  même  que  la  fille  de  Bozon  qui  ne  fut  pas  fimplement  promife  en 
mariage]à  Carloman  en  8  7  8. mais  qui  l’époulà 1  véritablement  alors  5  nous  fra¬ 
yons  que  la  mere  d’Ermengarde  s’appelloit  jlngelberge'1 ,  nom  qui  aura  pafTé 
à  fa  petite  fille,  femme  de  Guillaume  le  Pieux. 

Louis ,  qui  par  fa  mere  defeendoit  de  l’Empereur  Charlemagne ,  &  qui  par 
conféquent  étoit  parent  de  Charles  le  Gras ,  alla  après  la  mort  de  Bozon  foh 
pere  trouver  ce  dernier  prince  au  palais  de  Kircheim  fur  leRhin  en  Alface,  où  il 
étoit  alors  ,  dans  l’efperance  d’en  être  reçu  favorablement ,  &  d’obtenir  fa 
prote&ion.  Son  attente  ne  fut  pas  tout-à-fait  vaine ,  Charles c  lui  fit  un  ac¬ 
cueil  gracieux ,  &  alla  même  à  fa  rencontre  3  il  le  reconnut  enfuite  pour  fon 
fils  adoptif  &  four  fon  vajfal ,  c’eft-à-dire  qu’il  l’inveftit  fans  doute  1  du  du¬ 
ché  de  Provence ,  pour  le  tenir  fous  l’hommage  de  la  couronne  &  l’obéif- 
iance  légitimé ,  ainfi  que  Bozon  fon  pere  l’avoit  polfedé  avant  fon  ufurpa- 
rion,  Louis  ne  fut  en  effet  élu  roi  de  Provence  que  trois  ans  après,  &  Char¬ 
les  le  Gras  fe  regarda  tout  le  tems  de  fâ  vie  comme  le  véritable  fouverain 
de  ce  royaume,  dont  les  pays  d’Ulèz  &  de  Vivarais  faifoient  partie.  C’eft  ce 
qui  paroît  entr’autres  par  un  diplôme  de  ce  prince  daté  du  même  palais  de 
Kircheim,  &  donné  vers  le  même  tems  pour  l’union  du  monajlere  de Donzere  g 
défendant  de fon  domaine ,  &  fitué  fur  le  Rb’one  dans  le  royaume  de  Provence  & 
le  comté  de  faint  Paul-trois-Chàteau# ,  à  l’abbaye  de  T oumus  au  diocèfe  de  M⬠
con.  Depuis  ce  tems-là  h  le  monaftere  de  Donzere,  qui  avoir  été  uni  aupara¬ 
vant  à  l’églifè  de  Viviers  ,  devint  un  fimple  prieuré  fournis  à  l’abbaye  de  Tout- 
nus.  II  fubfifta  dans  cet  étatjufqu’en  1374.  qu’il  fut  réuni*  à  l’évêché  de  Vi¬ 
viers.  Au  refte  il  eft  faux  que  le  lieu  de  Donzere  ait  jamais  dépendu  pour  le 
fpirituel  de  ce  dernier  diocèfe  ,  comme  un  moderne  k  paroît  l’avoir  crû. 

La  plupart  des  feigneurs  &  des  peuples  de  Germanie  mécontens  du  gou¬ 
vernement  de  Charles  le  Gras,  &  de  fa  nonchalance  à  repouflèr  les  courfês 
des  Normans ,  cabalerent  fecretement  contre  lui.  Enfin  dans  le  tems  que  ce 
prince  tenoit  unediete  au  palais  de  Tribur  au-delà  du  Rhin,  le  jour  de  fâint 
Martin ,  onzième  de  Novembre  de  l’an  887.  Arnoul  fon  neveu ,  &  fils  naturel 
de  Carloman  roi  de  Bavière  ,r  fe  mit  à  la  tête  des  conjurez  ,  6c  agit  avec  tant 
de  bonheur,  qu’il  fè  fit  élire  roi  de  Germanie  à  fa  place.  Charles  le  Gras  fe  don¬ 
na  quelques  mouvemens  pour  fe  maintenir  fur  le  thrône  ,  mais  il  fe  vit  bientôt 
après  gencralement  abandonné  de  tous  fes  fujets ,  &  il  furvêcut  peu  de  tepis 
à  fon  malheur.  C’eft  ainfi  que  finit  le  regne  de  ce  prince  ,  qui  avoit  réuni  en 
fa  perfonne  toute  la  monarchie  Françoife.  Noshiftoriens  modernes  n’ont  pas 
daigné  le  compter  parmi  nos  rois  du  nom  de  Charles,  quoi-qu’il  ait  été  vé¬ 
ritablement  roi  de  France. 

Dans  le  tems  que  les  peuples  de  Germanie  mécontens  de  la  conduite  de 
Charles  le  Gras ,  élurent  un  nouveau  roi  à  fa  place  5  les  François  qui  ne  l’é- 
toient  pas  moins,  fongerent  à  s’en  donner  un  plus  capable  de  les  gouverner. 
Us  fe  confirmèrent  dans  cette  réfolution  lorfqu’ils  eyrent  appris  la  mort  de  ce 
prince,  qui  arriva  au  commencement  de  Janvier  de  l’année  fuivante.  Us 
auroient  dû  naturellement  jetter  les  yeux  fur  Charles ,  fils  pofthume  &  feul 
defeendant  de  Louis  le  Begue  3  mais  la  foiblefïe  de  fon  âge  d’un  côté ,  &  de 
l’autre  le  befoin  extrême  où  étoit  alors  la  France  d’un  capitaine  qui  fut  en  état 
de  la  défendre  contre  l’invafion  des  Normans  qui  y  faifoient  tous  les  jours 
de  nouveaux  progrez ,  déterminèrent  les  principaux  feigneurs  6c  les  peuples 
des  trois  royaumes  de  France  ou  d’Auftrafie  ,  de  Neuftrie ,  6c  de  Bourgogne 


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J 


An.  888. 


DE  LANGUEDOC,  Liv.XÎ.  v  *3 

i  prendre  an  étranger ,  &  leur  firent  oublier  en  cette  occâfion  • ce  qu’ils  de-  - - -  ' 

voient  au  fartg  de  Charlemagne.  Ils  s’aflèmblerent  donc*8c  ils  élurent  pour  An‘  888‘ 
leur  roi  à  l’exclulîoû  *  du  jeune  Charles ,  Eudes  comte  de  Paris  *  fils  du  fa-  *  v-*a&'  ai 
meux  Robert  le  Fort,  qui  avoit  fignalé  depuis  peu  fa  valeur  à  la  défehfede  J},®88'”’5' 
cette  ville  contre  les  Normans.  Quelques  Hiltoriens  ajoutent  que  ce  prince  b Hug.FUvm. 

.  i.  . miA  rVi'ilcrrv»  lui  lo  rnnmiinp  d «  Àr.  to.i.bibl.Ldbb 


archevêque  de  Sens.  _  ^  ^ Ahho  iMU 

Suivant  d’aucres  hiftoriens,  dont  les  plus  anciens  *  font  du  onzième  fie-  p„rij j,b.z.p\ 
cle,  Eudes  ne  fut  élu  pour  régner  en  France  qu’au  nom  du  jeune  Charles,  »»<>. 
i  qui ,  dic-qp  *  Louis  le  Begue  l’avoic  donné  pour  tuteur  5  mais  le  régné  de  amjK^p.  *4. 
Louis  &  de  Carloman  qui  fuccederent  immédiatement  du  même  Louis  le  Armai,  a ut.p. 
Begue  leur  pere,  8e  enfui  te  celui  de  Charles  le  Gras,  à  l’exclufion  de  Charles  F„w„ 
le  Simple  ,  eufift  le  iîlence  des  hiftorfens  contemporains  *  fur  une  circon-  p.  î7s. 
fiancé aufli remarquable,  prouvent  allez  qu’Eudes  fut  élu  pour  regner  par  lui.  Re*°f  *'*• 
même ,  &  non  d  comme  tuteur  de  ce  dernier  5  ce  que  la  fuite  confirme  d’une  a  r.p^uW- 
maniéré  à  ne  foufFrir  aucune  difficulté. 

Tous  lesFrançois  ne  réunirent  pas  cependant  leuts  fuffrages  en  Faveur  d’Eù-  xli. 
des  *  plufieurs  d’entr’eux  fe  déclarèrent  pour  d’autres  feigheurs  qui  ejevinrent 
fes  concurréns ,  &  fê  mirent  en  état  de  lui  diiputer  la  couronne. e  Un  des  prin-  ^n^ciù  roi 
cipaux*  fut  Gui.  duc  de  Spolete  ,  qui  defeendoit  par  femmes  de  l’empereur  d' Aquitaine. 
Charlemagne,  &  qui  fè  fit  couronner  roi  de  France  à  Rome  dès  qu’il  eut  ap- 
pris  la  mort  4e  Charles  le  Gras.  Ce  prince  avoit  un  puilEânt  parti  dans  le  ‘ uirm.  contr. 
royaume,  à  la  fête  duquel  étoit  Foulques  archevêque  de  Reims.  D’un  autre  tp.^cantf.ediu 
côté  Rodolphe  ou  Raoul ,  fils  de  Conrard  comte  de  Paris ,  s’empara  de  la,  '"i^chron. 
Bourgogne  Transjurane,  8c  s’en  fit  couronner  roi  par  quelques  évoques  qu’il 
aiTemblaà  fàint  Maurice  en  Wallais.  Enfin  Eudes  eut  un  troificme  compéti¬ 
teur  en  la  perfonne  de  Rainulfc  II.  comte  de  Poitiers,  ôc  duc  d’Aquitaine, 
qui  étoit,  à  ce  qu’il  paroît  f ,  de  la  race  de  Charlemagne  ;  fie  fils  de  Bernard  fv.ToqXKo* 
II.  marquis  de  Gothie.  Ce  Duc  s  voyant  qu’Eudes  n’avoit  été  elû  roi  que  par  ' 

les  peuples  d’-une  partie  de  la  monarchie  ,  8c  qu’il  n’étendoit  encore  fa  domina-  g  <w. 
tion  que  jufqu’à  la  Loire ,  réfolut  d’envahir  l’autre  partie  fituée  entre  ce  fieu-  ei,ntr-'l/,d- 
ve  8t  les  Pyrénées ,  c’eft-à-dire  toute  l’Aquitaine ,  la  Septimanie ,  fie  la  Marche 
d’Efpagne  j  fie  il  fè  fit  proclamer  en  effet  roi  d’Aquitaine. 

Eudes  n’en  fut  pas  plutôt  informé  qu’il  vint  dans  le  pays -,  fie  s’étant  affûté  xlii. 
de  la h  ville  de  Poitiers  .  il  en 'donna  le  comté  à  Robert  fon  frere.  Adhe-  •Eu<,«ia|t:* 


de  la h  ville  de  Poitiers  ,  il  en 'donna  le  comté  à  Robert  fon  frere.  Adhe-  ,Eu<t«iait;a 
mar  »  ou  Aymar  ,  fils  d’Emenon  autrefois  comte  de  Poitiers,  qui  en  nulle.  ... 
avoit  été  dépouillé  par  l’empereur  Louis  le  Débonnaire  ,  difputa  alors  h  Abbdtbeii. 

...  .AI. .fÀ  À  D  nklll—  l—l-  Ja.i.b  am'C.i^ba  l'utrivl.  i  Vj  1  >  ^  ^  b' 


ivcuiiuuc,  oc  iju  cimu*  iuu  pcic  i  «.voit  puucuc.  ivciuiu  uc  îuuic-  n.  86 -ô-feqq. 

nir  fes  droits ,  il  le  mit  en  campagne  5  8c  s’étant  approché  pendant  la  nuit  de  k  v.notk 
l’armée  d’Eude#,  il  l’attaqua  6c  la  mit  en  défordre  -,  mais  celui-ci  eut  le  Icn-  ,b,d-n9U 
demain  là  revanche.  Il  paroît  cependant  qu’Eudes  fut  obligé  de  lailTer  Ad- 
hemar  paifible  poflèfleur  1  du  comté  de  Poitiers ,  6c  qu’après  avoir  fournis  feu-  i  ,hii 
lement  une  partie  de  l’Aquitaind,  ilrepafla  bientôt  la  Loire  pour  retourner 
en  France,  où  fes  affaires  l’appelloient. 

,  Aux  approches  de  ce  prince,  Rainulfe  s’étoit  retiré  fans  doute  en  Auvet-  xliiï. 
gne, auprès  3e  Guillaume  le  Pieux  comte  de  ce  pays  fie  marquis  de  Gothie,  Ea 
ion  proche  parent ,  qui ,  à  ce  qu’il  paroît  ,  favonfafes  démarches  ambkieu-  a  r/pa;  »e  rc- 
fes.  Eudes  ne  fut  pas  en  effet  fitôt  reconnu  dans  cette  partie  de  l’Aquitaine,  furent' «te  re- 
non  plus  que  dans  la  Gothie  ou  Septimanie,  Scia  Marche  d’Efpagne.  C’eft  a«  po^roi*" 
ce  qui  paroît  à  l’égard  de  cette  derniere  province,  dans  -une  donation  *  que  mPr.,».  x'p. 
Wilfred  le  Velu ,  comte  ou  marquis  de  Barcelone,  ôc  les  comtes  Sunifred ,  w-à'f'i*  . 
Rodulfe,  &  Miron ,  firent  à  Sunifred  abbé  ,  fie  au  monaftere  de  la  Graffe  du 
lieu  de  Prades  dans  le  comté  de  Confiant ,  pour  Famé  de  leur  pere  Sunifred ,  & 
de  leur  mtre  EmeJ/tnde  au  mois  de  Idai.F année  de  la  mort  de  l’empereur  Charles ,dans 
f *  tinte  d'un  nouveau  roi.  *  Eudes  n’étoit  donc  pas  encore  reconnu  alors  dans  la  ftaucFcxpt 


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*4 


HISTOIRE  GENERALE 


An.  888.  Marche  d’Efpagne.  Au  refte  cette  charte  fert  beaucoup  »  à  éclaircir  l’origine 
a  vu». i. no-  des  comtes  hereditaires.de  Barcelonne  -,  car  elle  nous  apprend  que  Rodulfe 
LX^7eL  ou  ^aou^  &  Miron ,  l’un  comte  de  Confiant  8c  l’autre  de  Rouffillon ,  étoienc 
44.  /*?•  freres  \^ifred  le  Velu  comte  de  Barcelonne,  &  fils  ,tous  les  trois,  de  Suni- 

fred. 

On  pourroit,  cependant  rapporter  la  date  dont  on  vient  de  parler  au  mois 
de  Mai  de  l’an  878.  dans  le  tems  de  la  révolte  de  Bernard  II.  marquis  de 
T>  K  noi1  Gothie  5  car  outre  que  nous  apprenons  b  d’ailleurs  que  Louis  le  Begue  n’étoic 
xvw.&fa.  pas  encore  ajors  reconnu  dans  cette  province  ,  il  femble  que  Wifred  le  Velu 
comte  de  Barcelonne  étoit  déjà  fournis  à  l’autorité  d’Eudes  au  mois  d’Avril 
de  l’an  8  88.  puifque  l’ade  de  fondation  qu’il  fit  alors  de  concert  avec  Gu- 
dinilde  fa  femme ,  de  l’abbaye  de  fainte  Marie  de  Riupoll  dans  le  diocèfe 
f  M-j'n  *1^'  d’Aufonne  c,  eft  daté  de  la  première  année  du  régné  du  roi  Eudes. Quoi  qu’il  en  foit, 
nous  ne  pouvons  pas  douter  par  d’autres  monumens  ,  que  du  moins  une  partie 
des  feigneurs  8c  des  peuples  de  la  Marche  d’Efpagne  6c  d£  la  Septimanie , 
n’aycnt  d’abord  fait  difficulté  de  fe  foûmettre  à  ce  prince.  C’eft  ce  qu’on 
AU. 377. voit  entr’autres  dans  l’ade  de  vente  que  fit  Servus-Dei  évêque  de  Gironne, 
*10'  d’un  village  du  diocèfe  d’Agde ,  qu’il  tenoit  héréditairement  d’Agilbert  fon 

pere ,  6c  d’Adeltrude  fa  mere ,  à  Agilbert  évêque  de  Beziers  le  ij.  Décembre 
de  l'an  888.  fous  le  régné  de  C.  &  en  attendant  que  par  fa  grâce  il  donne  un  roi.  On 
■dttü.j.811.  peut  ajoutera  cela  i’ade  d  de  la  dédicace  de  l’églifè  du  monaftere  de  faint 
Etienne  de  Bagnols  dans  le  comté  de  Befalu  ,  dont  le  même  évêque  de 
Gironne  fit  la  ceremonie  ,  8c  qui  eft  daté  du  premier  de  Mars  de  la  fécondé 
année  après  la  mort  de  l'empereur  Charles,  notre  Seigneur  J.  C.  régnant,  en  at¬ 
tendant  un  roi  de  fa  main  liberale .  Il  paroît  donc  que  Guillaume  comte  d’Au¬ 
vergne  6 c  marquis  de  Gothie  ou  de  Septimanie  ,  refufa  d’abord  de  reconnoître 
-le  roi  Eudes  pour  roi,  8c  qu’il  s’attacha  au  parti  de  Rainulfe  II.  duc  d’Aqui- 
-taine  fon  parent,  &  compétiteur  de  ce  prince.  Nous  verrons  dans  la  fuite 
qu’Eudes  fut  obligé  quelque  tems  après  de  marcher  contre  Guillaume,  8c  de 
lui  faire  la  guerre. 

xLïv.  Nous  apprenons  toutefois  que  les  diocèfes  de  CarcafTonne6c  de  Narbonne 
Chanesduroi  étoient  déjà  fournis  à  Eudes  dès  le  mois  de  Juin  de  l’an  8  8  8. Car  1  “.ce  prince  e 
vcur'de "c  H-  ®Cant  dans  l’abbaye  de  fàint  Ma'ximin  ou  Mefmin  de  Micy  dans  l’Orleannois, 
fe  de Narbon-  au  commencement  de  ce  mois,  y  confirma  alors  les  privilèges  du  monaftere 
b'  ’  V'fdon  Montolieu  dans  le  diocèfe  de  CarcafTonnc  ,  en  faveur  d’Ugobert  qui  en 
ioiieu.C  étoit  alors  abbé.  2°.  Theodard  archevêque  de  Narbonne  étant  à  Orléans  le 
e  Append.c*-  de  Juin  de  la  même  année  à  la  cour  d’Eudes,  ce  prince  confirma 1  à  fa  prie- 
fi re^e  rétabliflèmcnt  de  l’évêché  d’Aufonne  ou  de  Vie  ,  dans  la  Marche  d’Ef- 
f  Marc.  Hifp.  pagne  foumife  à  fa  métropole ,  avec  la  donation  que  le  comte  du  pays  avoir 
faite  ^  cec  évêché  ,  des  droits  royaux  de  la  ville  de  Manrefè.  Eudes  fixa  en 
même  tems  les  limites  du  nouveau  diocèfe  d’Aufonne ,  8c  donna  à  Godcmar 
qui  en  étoit  évêque ,  8c  à  fes  fuccefleurs ,  la  troifiéme  pàrtie  des  droits  de  fon 
domaine  dans  l’étendue  de  cet  évêché  5  ce  qu’il  fit  fans  doute  à  l’exemple  de 
Pépin  8c  de  Charlemagne ,  qui  ayant  délivré  les  églifès  de  la  Septimanie  8c 
de  la  Marche  d’Efpagne  de  la  tyrannie  des  Sarafîns ,  leur  donnèrent,  pour  les 
rétablir,  le  tiers  des  droits  domaniaux  des  comtezoù  elles  étoient  fi  tuées ,  8c 
■  la  .moitié  à  la  métropolitaine  5  enfin  le  roi  Eudes  étoit  reconnu  dans  le  do¬ 
maine  d’Eudes  comte  de  Touloufè  ,  dès  le  mois  de  Mai  de  la  première  an- 
gprf.iî.é-  née  de  fon  régné  ,  comme  on  voit  par  une  donation  g  faite  alors  à  l’abbaye  de 
Jfi ■  Vabres  en  Rouergue. 

Nous  remarquerons  ici  par  occafion  que  les  de\ix  chartes  du  roi  Eudes  dont 
h  v.ApperU.  nous  venons  de  parler ,  8c  quelques  autres  fèmblables  b  ,  font  datées  de  la 
cpimi.n. ni.  fécondé  année  de  fon  régné  ,  quoi.qu’il  paroifTe  qu’elles  font  certainement 
^'an  888*  ce  qui  pourroit  donner  lieu  de  croire  qu’il  avoit  déjà  été  élû 
'  au  commencement  de  l’année  précédente ,  quelques  mois  après  que  Charles 
le  Gras  ayant  fait  un  traité  honteux  â  la  nation  avec  les  N  ormans ,  pour  les 
obliger  à  lever  le  fiege  de  Paris ,  s’en  alla  du  côté  du  Rhin  pour  ne  revenir 
plus  en  France.  Eudes  aura  daté  d’abord  les  chartes  de  cette  époque  ,  juf- 
qu’à  ce  qu’ayant  été  enfin  reconnu  par  Arnoul  roi  de  Germanie  ,  il  aura 

compté 


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de  LANGUEDOC.  Liv.  XI.  i; 

compte  les  années  de  Ton  régné  depuis  la  more  de  Charles  le  Gras.a  On  pour-  — — - — 
roit appuyer  cette  conjcdure  fur  l’autoricé  d’un  ancien  auteur,  qui  prétend 
ou’Eudes  fe  fit  reconnoître  pour  roi  en  Aquitaine  &  couronner  à  Limoges  *  f£im'  c“*‘ 
plus  d’un  an  avant  la  mort  de  Charles  le  Gras,  &  fon  éledion  par  les  François }  F' 
qu’il  fit  frapper  alors  dans  cette  ville  de  la  monnoye  à  fon  coin ,  après  avoir  fait 
effacer  l’empreinte  de  Charles,  &  que  dans  le  même  tems  il  partagea  le  LL 
moufin  en  plufieurs  vicomtcz.  Enfin  on  pourroit  ajouter  qu’Eudes  dut  être 
couronné  en  France  l’an  887.  car  il  eft  marqué  dans  un  chronique  b  du  tems  b”?h  u' 
aueWautier  archevêque  de  Sens  le  làcra  la  même  année  qu’il  fut  élu.  Orl’é-  spidUg.  te.  1. 
wimn  de  ce  prélat  tombe  au  mois  «=  d’Avril  de  l’an  887.  Il  eft  vrai  que  l’on 

icuiuii  r  _ • - 1  1 — /' — ^  00.  q w  »:  1  c  Mab.  ai 


on  ne feauroit  dire  que  la  charte  qu'hudes  donna  a  Urieans  le  14.  Juin,  loit 

de  l’an  889.  puifqu’il  eft  confiant6  qu’il  étoit  le  même  jour  de  cette  année  à  ^  £ 

Montfaucon  où  il  défit  les  Normans.  m°uv.  deBm. 

Quoi  qu’il  en  foit ,  Eudes  fut  obligé  d’interrompre  fon  expédition  en  Aqui-  ^LV 
taine  foit  pour  marcher  contre  ces  peuples  qui  taifoient  le  fiege  de  Meaux  Eudes  rccon- 
dont  ils  fe  rendirent  enfin  les  maîtres,  foit  pour  fe  mettre  en  état  de  réfifter  à  “JJ**? 
Gui  duc  f  de  Spolete ,  qui  ayant  palTé  les  Alpes  ,  s’avança  jufqu’àMetz  î  me.  Charte  de 
après  avoir  envahi  une  grande  partie  de  l’ancien  royaume  de  Lothaire.  Ce  fonce  «* 
duc  étoit  fur  le  point  d’entrer  dans  ce  qu’on  appelloit  alors  France  Romai- ^'“TfiSnc’ 
ne  dans  le  deffein  de  s’emparer  du  throne  >  mais  ayant  aliéné  les  cœurs  des  Poiycarpc. 
Fràncoispar  fa  mauvaife conduite ,  &  voyant  d’ailleurs  en  la  perfonne  d’Eudes  t**?*'- 
un  dangereux  concurrent ,  il  prit  le  parti  d’abandonner  les  Gaules  &  de  re-  g amm1.fhU. 
tourner  en  Italie ,  dont  il  difputa  la  couronne  à  Bcrengcr  duc  de  Frioul.  *£m  Contr 

Eudes  eut  un  adverfaire  plus  g  redoutable  en  la  pcrlonne  d  Arnoul  roi  de  ibu 
Germanie,  qui,  quoique  bâtard,  avoit  fur  lui  l’avantage  de  defeendre  par  ^  * 
mâles  de  Charlemagne.  Ce  prince  ayant  été  informe  du  choix  que  lesFran-  ^Duchgp%\ 
cois  avoient  fait  du  comte  Eudes  pour  leur  roi ,  partit  de  Ratifbonne ,  & 
s’avança  jufques  fur  la  frontière  du  royaume  ,  dans  la  réfolution  d  y  entrer 
&  de  le  foùmettre.  Il  s’arrêta  quelque  tems  à  formes  ,  où  il  tint  une 
diece,  à  laquelle  il  fit  citer  Eudes,  qui  s’y  rendit  en  effet,  &  qui  fit  tant  par 
fesfodmiffions,  que  ce  prince  confentit  enfin  à  le  laiffer  paifibie  poffelfeur  du 
royaume  de  France.  Arnoul  &  Eudes  s’étant  léparez  bons  amis ,  le  premier 
marcha  vers  l’Alface  contre  Rodolphe  roi  de  la  Bourgogne  Transjurane  qui 
fe  foûmit  &  le  reconnut  pour  fon  fouverain  à  l’exemple  d’Eudes  Cclui-a 
de  fon  côté  étant  de  retour  en  France ,  alla  fe  camper  pendant  l’automne 
fous  les  murs  de  Paris ,  pour  empêcher  les  Normans  de  tenter  de  nouveau 
le  fiege  de  cette  ville  comme  ils  menaçoient  de  le  faire. 

Eudes  fe  rendit  enfuite  dans  le  Chartrain  &  l’Orleanois  pour  les  mettre 
à  couvert  h  des  incurfions  de  ces  pirates.  Il  étoit  encore  dans  le  dernier  pays 


Annal.  Met. 

faint  &  Rfzin- 


comte  Soniarius  le  prièrent  i  de  prendre  fous  la  protection  îaoDaye  cie  laint  o>  - 

Polycarpe  dans',  le  Rafez ,  dont  Arnulphe  étoit  abbé.  Ce  prince  leur  accorda  ...  - 

Hur  demande  &  mit  fous  fa  fauvegarde  les  biens  qui  dependoient  de  ce  889. 
monaftere,  tant  dans  les  comtez  de  Rafez  ,  de  Carcaffonne  &  d’Elne  ,  &  le  ^  & 
pays  de Pierre-pertule  en  décades  Pyrcnees,  que  dans  le  comte  dEnipunas, 

«c  le  pays  de  Pierre-late  au-delà  de  ces  montagnes,  avec  les  domaines  que 
cette  abbaye  tenoit  delà  libéralité  du  comte  Gaftrimire.  L’évêque  Ermen- 
mire  8t  le  comte  Soniarius  qui  folliciterent  ce  diplôme  paroinent  les  memes, 
l’un  que  le  faux  évêque  qui  avoit  ufurpé  le  fiege  épifcopal  d’Aufonne  ou  de  «;Vi.  ^ 
Vie  &  l’autre  que  Soniarius  comte  d  Urgel  protecteur  de  Sel  va  ,  prétendu  les  Normans 
évêque  de  cette  dérniere  ville  ,  qui  avoit  ordonné  Ermenmire.  _  ZTtfZl* 

Les  Normans  malgré  toutes  les  précautions  d  Eudes^  entreprirent  de  nou-  kAbbof^zi. 
veau  le  fiege  de  Paris ,  ce  qui  engagea  ce  prince  à  raffembler  toutes  fes  for-  m». 

ces  pour  aller  les  combattre  ,  &les  obliger  à  fe  retirer.  Dans  ce  deffein  k,  Pchrtn.Norm, 
ayant  été  joint  par  les  milices  de  France,  de  Bourgogne  &  d’Aquitaine,  1U  1  .D*cb.t. 
attaqua  ces  brigans,  &les  défit  entièrement  à  Montfaucon  le  jour  de  faint 
Jean-Baptifte  de  l’an  889.1  Dix-neuf  mille  d’entr’eux  refterent  fur  la  place  4M. 

Tome  II.  D 


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HISTOIRE  GENERALE 

- — - - à  cctcc  journée ,  ce  qui  n’empêcha  pas  leurs  compatriotes  de  Te  répandre 

^  "9-  encore  dans  le  royaume.  11  parole  qu’ils  firent  vers  ce  tems-là  une  nouvelle 
a Adtmc.tb-  irruption  dans  l’Aquitaine,  ôc  qu’Eudcs  pour  fe  mettre  en  état  deleurréfi- 
p-iû?.  v.  t.*-  fter ,  appella  à  fon  fecours  Rodolfe  roi  de  la  Bourgogne  Transjurane,  qui, 
Vivant  un  ancien  a  hiflorien ,  les  battit  dans  le  Limoufin.  Malgré  tant  de 
bcÂrin.Kerw.  pertes,  les  Normans  s’établirent  b  alors  dans  une  partie  de  la  Neuftrie,  où 
o ^Adtm.cab.  jjs  fixcrcnc  icur  principale  demeure ,  ôc  qui  prit  enfuite  leur  nom. 
xlvii  Les  évêques  ôc  les  feigneursde  la  province  ne  fe  contentèrent  pas  de  fe  fou- 
Plaid  tenu  à  mettre  à  Eudes  :  plufieurs  d’entr’eux  s’empreflcrent  de  lui  aller  faire  leur 
monT'coime  cour  >  &  eurent  recours  à  fon  autorité  dans  leurs  affaires  particulières.  C’efl 
& Aiiiduitc vi-  ce  que  fit  entr’autres  Gilbert  évêque  c  de  Nifmcs ,  qui  alla  trouver  ce  prin- 
vil™tcdNou*  ce  tannée  fuivante  ,  lorfqu’il  étoità  lachaftèdans  la  forêt  deCuiflè,  ôcluî 
veaux  dinio-  porta  fes  plaintes  contre  unfeigneur  appellé  Genefius  ,qui  fans  aucune  forme 
crt'Vaveurdcs  Proccz  »  s’étoit  emparé  du  domaine  de  fon  églife.  Le  roi  écouta  le  pré- 
'giifa'de  la  lat ,  ôc  fe  tournant  vers  Raimond  comte  de  Nifmes  qui  étoit  prefent,  il  lui 
Scptimauie.  demanda  devant  plufieurs  évêques  ôc  feigneurs  ,  pourquoi  il  avoit  fouf- 
^P’.p.ié. e»  perc  cecce  ufurpation  „  Genefius  ma  remis  vos  ordres,  répondit  le  comte, 

— n - »  pour  lui  donner  l’inveftiture  de  cette  terre  mais  les  courtifans  firent  dif- 

'  '  ficulté  de  l’en  croire  ,  ce  qui  porta  le  roi  à  ordonner  par  un  diplôme  à  Rai¬ 
mond,  de  fe  rendre  incefiammcnt  à  Nifmes  pour  s’informer  de  la  vérité  du 
fait,  ôc  rendre  juftice  à  qui  il  appartiendroit.  Le  comte  obéit,  Ôcà  fon  arri¬ 
vée  dans  le  pays,  l’évêque  lui  ayant  remis  fes  titres  de  propriété,  il  fit  citer 
Genefius  devant  fon  tribunal  }  ôc  fur  le  refus  que  ce  dernier,  fous  divers 
prétextes,  fit  decomparoitre,  il  commanda  à  Allidulfc  fon  vicomte  defe  trans¬ 
porter  fur  les  lieux  ,  ôc  d’y  rendre  juftice  à  l’évêque,  conformement  aux  or¬ 
dres  du  roi.  Allidulfc  fè  rendit  aufli-tôt  dans  Lavaunage  ,  où  étoit  le  donui- 
>  ne  ufurpé  fur  l’églife  de  Nifmes  ;  Ôc  là  ayant  convoqué  les  principaux  du 
pays,  tant  ecclcliaftiqucs  que  féculicrs  au  nombre  de  plus  de  deux  cens,  il 
les  fomma  de  lui  dire  ce  qu’ils  fçavoient  fur  cette  affaire.  Les  flus  nobles 
furent  interrogez  les  premiers  ,ôc  enfuite  les  autres  ;  ôc  tous  portèrent  témoi¬ 
gnage  en  faveur  de  l’églife  de  Nifmes.  Quatorze  d’entr’eux  ayant  été  nom¬ 
mez  enfuite  pour  fe  rendre  dans  la  cathédrale  de  cette  ville,  y  furent  inter¬ 
rogez  de  nouveau  par  le  vicomte  ;  ôc  fur  leur  dépofition  uniforme,  qu’ils  con¬ 
firmèrent  par  ferment ,  il  remit  l’évêque  Gilbert  en  poflèffion  du  domaine 
qu’on  avoit  ufurpé  fur  fon  églifê.  L’acte  qui  enfutd.relfé  eft  daté  d’un  Jeudi 
du  mois  d’Avril  de  la  troifiéme  année  du  régné  du  roi  Eudes. 

Nous  fournies  entrez  d’autant  plus  volontiers  dans  le  détail  de  cet  acte , 
’VaiiisAna-  {lu>^  nous  apprend  quelle  étoit  alors  la  forme  de  procéder  ,ôc  avec  quelle  fim- 
giz.  plicité  on  agifloit  dans  les  affaires.  Au  refte  Lavaunage  *  dont  il  eft  fait  men¬ 
tion  dans  le  même  monument, compofe  un  petit  pays  du  diocèfc  de  Nifmes, 
ôc  comprend  une  allez  longue  vallée  arrofee  par  le  ruilfcau  de  Rhoni  qui  fe 
jette  dans  le  Viftre.  Quant  à  Raymond  comte  de  Nifmes,  nous  le  croyons 
le  meme  que  Raimond  IL  fils  d’Eudes  comte  de  Touloufè;  il  eft  vrai  qu’il 
ne  fuccedaque  long-tems  après  à  fon  pere  dans  ce  dernier  comté  ,  mais  rien 
n 'empêche  qu’il  n’ait  joui  de  celui  de  Nifmes  de  fon  vivant,  ôc  qu’il  ne  l’ait  ac# 
quis  ou  de  la  libéralité  du  roi  Eudes  ,  ou  par  fucccffion.  Nous  voyons  d’ailleurs 
«Uv.ffj.  dix-huit  ans d  après  un  Raymond  comte  de  Nifmes -,  ôcque  ce  comté  ctoit  dans 
la  maifon  des  comtes  de  Touloufe  avant  la  milieu  du  X.fiecle.  Enfin  Allidulfe 
vicomte  de  Nifmes ,  avoit  fuccedé  à  Bertrand  qui  occupoit  cette  vicom¬ 
té  en  876. 

Le  roi  Eudes  fit  expedier  la  même  année  trois  autres  diplômes  en  faveur 
éjiq* M  ^  ^CS  églifês  de  la  province;  il  accorde  par  le  premier  c du  30.  Janvier ,  à  Suni- 
( Pr p  17 fred  abbé  de  la  Grade,  la  confirmation  des  privilèges  de  Ion  abbaye  qu’il 
A?-  met  fous  faprote&ion  ;  par  le  fecondfdaté  d’Orléans  le  26.  de  Juin  fui- 

*  vant,il  confirme  à  la  follicitation  d’Askericus  évêque  deParis ,  iTheod.nd 
archevêque  de  la  première  Narbonnoife  &  de  l'éqlife  de  Rafez^,  qui  fe  trouvoic 
alors  à  fa  cour ,  une  charte  du  roi  Carloman  donnée  en  faveur  de  cette  égli¬ 
se  .*f-  fe ,  8c  en  particulier  le  droit  de  jouir  de  la  moitié  des  droits  domaniaux  dans 
£«4f.7ïï* ies  comtez  de  Narbonne,  ôc  de  Razcs  :  enfin  le  troifiéme  eft  date  s  de  Scnlis 
&h- 


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DE  L  A  N  G  U  E  D  O  G.  Liv.  XL 


^'7 


le  n.Nôvembre.  Eudes  maintient  par  ce  dernier  Andegarius  abbé  de  Jon-  An.  £90. 
cels,  audiocèfe  de  Beziers,  dans  la  jouifîance  des  privilèges  de  l'on  abbaye, 

&  confirme  les  religieux  dans  la  liberté  d’elire  leurs  abbez. 

Les  courfes  que  les  N  ormans  portoient  quelquefois  jufques  dans  les  extrêmi-  XLVm 
tczde  la  France,  fervirent  de  pretexte  aux  évêques  &  aux  leigneurs  du  royaume  Louis  hi#  de 
de  Provence  pour  fe  donner  un  nouveau  roi.  On  a  déjà  vu  qu’après  la  mort 
de  Bozon  roi  de  Provence ,  Louis  fon  fils  étoit  allé  trouvé  l’empereur  Char¬ 
les  le  Gras  qui  l’avoit  adopté  pour  fon  fils ,  &  reconnu  pour  fon  vaflàl ,  en 
lui  donnant,  à  ce  qu’il  paroît ,  l’inveftiture  du  duché  de  Provence.  a  La  reine  ac<m«J.  v*- 
Ermengarde,  mere  de  Louis  ,  qui  gouvernoit  fous  fon  nom  à  caufe  de  l^u,-9-  Con; 
fa  jeunefle  ,  peu  contente  de  cette  dignité  ,  réfolut  de  le  mettre  fur  \e  f,q  f' 
thrône  :  dans  ce  deflein  elle  envoya  Bernoin  archevêque  de  Vienne  à  Rome  ,  -Annal.  f*U. 

fiour  s’aflurer  de  la  protection  du  pape  Etienne ,  tandis  qu’au  mois  de  Mai  de 
’an  890.  elle  fit  un  voyage  à  la  Cour  d’Arnoul  roi  de  Germanie,  à  qui  elle  t«.  1  p.  111.& 
fit  des  prefens  magnifiques ,  pour  l’engager  à  confentir  à  l’execution  de  fes  ss  B,n 
projets.Ce  prince  n’y  fut  pas  infenfible  3  &  après  avoir  fait  un  très-bon  accueil  ju.v.p. 71. 
à  Ermengarde ,  il  fit  accompagner  cette  princeflè  à  fon  retour  par  un  évê¬ 
que  &  un  comte,  qu’il  nomma  lins  doute  pour  autorifer  en  fon  nom  l’élection 
de  Louis. 

Elle  fe  fit  peu  de  tems  après  dans  une  affemblée  qui  fut  Compofée  des 
évêques  &  des  principaux  leigneurs,  6c  qu’on  tint  à  Valence  finale  Rhô¬ 
ne,  en  890.  avant  b  le  mois  de  Juillet.  Aurelicn  archevêque  de  Lyon , 
qui  avoir  été  précepteur  c  du  jeune  prince,  y  prefida  3  &  les  métropolitains  cH/id.p. ïj». 
d’Arles ,  d’Embrun  &  de  Vienne  y  allîflcrent.  Ce  dernier  y  fit  le  rapport 
de  fon  ambaflade  à  Rome  :  il  dit  qu’il  avoir  reprefenté  au  pape  Etienne 
Jes  maux  que  fouffroit  la  Provence ,  qui  étoit  fans  roi  6c  lans  prince  depuis  la 
mort  de  Charles  le  Gras ,  &.  où  il  n’y  avoir  perfonne  en  état  d’appailbr  les 
divifions  &  les  troubles  qui  s’y  élevoient  tous  les  jours  ,  &  de  protéger  les 
peuples  contre  les  incurfions ,  loit  des  Normans  qui  menacoicnt  le  pays  d’une 
irruption  ,  foit  des  Sarrafins  qui  y  étoient  deja  entrez,  6c  qui  le  ravageoientj 
que  le  pontife  touché  de  la  trille  fituation  de  la  province  ,  avoit  écrit  à  tous 
les  évêques  pour  les  exhorter  à  élire  unanimement  pour  leur  roi  le  jeune 
Louis  ,  fils  de  Bozon ,  &  petit-fils  par  là  mere  de  l’empereur  Louis  II.  Après 
le  rapport  de  l’archevêque  de  Vienne,  les  prélats  de  l’allèmbléc,  gagnez  fans 
doute  par  les  intrigues  de  la  reine  Ermengarde,  confentirent  tous  à i’ele&ion 
de  Louis,  &  ne  firent  aucune  attention  à  la  jeunefTe  ,  qui  ne  permettoit pas 
d’attendre  de  lui  les  fcrviccs  dont  ils  fe  flattoient.  Ils  tâchèrent  de  s’exeufer 
fur  cet  article ,  en  déclarant  qu’ils  fe  déterminoient  à  l’élever  fur  le  thrô¬ 
ne,  tant  par  les  cfperanccs  que  fon  éducation  &c  fon  bon  naturel  leur  fai- 
foient  concevoir  de  fon  gouvernement ,  que  parce  qu’ils  comptoient  que  les 
principaux  feigneurs  du  pays  ,  mais  fur  tout  le  duc  Richard  fon  oncle  d  &  Av 
Ion  tuteur  ,  6c  la  reine  Ermengarde  fa  mere ,  l’aideroient  de  leurs  confeils.  JW.’  chron. 
C’eft  ainli  que  ce  jeune  prince  fut  élu  à  Valence,  ôc  couronné  roi  de  Pro- 
vence. 

Comme  nous  n’avons  plus  les  fouferiptions  des  évêques  qui  alfiflerent  i 
cette  alïèmblée ,  nous  ignorons  li  ceux  de  Viviers  êc  d’Ufcz ,  dont  les  dio- 
cèfes  faifoient  partie  du  royaume  de  Provence  dans  le  tems  que  Bozon  s’en 
empara,  fouferivirent  à  l’éleélion  de  Louis.  Il  paroît  au  moins  que  ce  prin¬ 
ce  regnoit  quelques  années  après  fur  les  pays  fituez  des  deux  cotez  e  du  ePr?!041 
Rhône  5  mais  il  n’efl  pas  bien  certain  fi  toute  la  partie  de  ce  royaume,  fi- 
tuée  à  la  droite  de  ce  fleuve  dans  le  Languedoc  ,  lui  fut  d’abord  entièrement  f  Pr.iiU-p.19. 
foumife  5  car  fuivant  une  donation  (  faite  deux  ans  après  à  Rollaign  évêque 
de  Viviers,  &  à  fon  églife ,  le  roi  Eudes  étoic  alors  reconnu  dans  ce  diocèle: 
ce  qu’on  peut  confirmer  par  d’autres  monumens  g ,  &  en  particulier  par  l’au- 
torité  de  Godefroi  de  Viterbe1»,  qui  rapporte  que  le  roi  Eudes  auffi-tôt  après  ku'fdtfr.n- 
fon  élection  déclara  la  guerre  à  Bozon,  qui  lui  céda  le  Vivarais&le  Lyon-  '°h 

nois.*  Il  efl  vrai  que  ce  dernier  prince  étoit  déjà  mort  avant  l’élection  de  l’au-  *  °rp  Ui' 
tre  :  mais  l’hiflorien  peut  s’être  trompé  ,  &c  avoir  pris  Bozon  ,  pour  Louis 
fon  fils.  On  pourroit  donc  croire  qu’Eudes  étendit  d’abord  fa  domination 
T ome  II »  D  ij 


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#92. 


i8  HISTOIRE  GENERALE 

An.  890"  fur  le  Vivarais,  &  les  autres  pays  du  royaume  de  Provence  fituez  à  la  droi¬ 
te  du  Rhône ,  &  que  Louis  les  fournit  depuis  à  fon  empire  à  la  faveur  des 
troubles  qui  s’élevèrent  après  le  couronnement  de  Charles  le  Simple.  Quoi 
a  v.Mjb.  ai  qu’il  en  foie ,  nous  fçavons  que  Louis ,  à  l’exemple  du  roi  Bozon  fon  pere  , 
TprJ.  jo4<£  établit  àaVienne  le  hege  de  fon  royaume  ,  &  qu’il  étoit  maître  b  du  Vivarais 
41.  &  du  diocèfe  d’Ufêz  lorfqu’ii  reçut  la  couronne  impériale  en  90  r . 

xlïx.  La  crainte  qu’avoienc  les' Provençaux  d’une  irruption  de  la  part  des 
Normàns $  fur  Normans ,  n’écoit  pas  tout-à-fait  .fans  fondement  $  car  on  allure  e  qu’ils 
les  côtes  de  k  étendirent  leurs  courfes  l’année  fuivante,  jufques  fur  les  côtes  de  la  Medi. 
Mcduerraucc.  terran^e  ^  &  remontèrent  le  long  du  Rhône,  ce  qui  expofa  la  Septimanieà 
891-  -  de  nouveaux  ravages  de  la  part  de  ces  pirates  :  ilsavoicnt  déjà  fait  une  autre 
*rruPt‘on  dans  cette  province  en  859.  durant  laquelle  ils  a  voient  pille  a  les 
‘73£l  vdles  d’Arles  &  de  Nifmes.  Eudes  touche  de  tous  ces  délbrdres  ,  également 
e  chron.  s.  préjudiciables  au  royaume  &  à  la  difeipline  ecclefiaftique,  ordonna  epour  le 
ïX'ïi™  réwblilîèment  de  la  derniere  la  tenue  d’un  concile  à.  Meun  fur  Loire ,  où  le 
KcoJi.IJ.t  trouvèrent  Theodard  archevêque  de  Narbonne,  avec  Agilbert  de  Beziers, 
&  Servus-Dei  deGironne  fes  comprovinciaux ,  &  Adolenus  évêque  d’Albi  de 
la  province  ecclefîafh'que  de  Bourges. 

Eudes  n’étoitpas  encore  alors  fîaficrmi  fur  le  thrône ,  qu’il  n’eût  beaucoup  i 
*  craindre  de  la  part  de  divers  lêigncurs,  ou  mccontens  de  fon  gouvernement,  ou 
attachez  à  la  race  deCharlemagne.  Il  fc  forma  entr’aucres  en  891.  une  conjura 
tion  qui  donna  occafion  au  jeune  Charles ,  fils  de  Louis  le  Begue  ,  de  recou¬ 
vrer  du  moins  une  portion  du  patrimoine  de  fes  ancêtres.  Comme  Guillau¬ 
me  Je  Pieux  ,  marquis  de  Gothie  ,eut  avec  fa  famille  beaucoup  de  part  à  cette 
révolution,  nous  entrerons  là-defliis  dans  quelque  détail, 
t.  Rainulfe  duc  d’Aquitaine  fe  voyant  dépouillé  du  comté  de  Poitiers  par  le 
JaEUgucrrc°”n  r0’  Eudes ,  qui  en  avoir  1  aille  la  pofîèflîon  à  Aymar  ou  Ademar  ,  réfolut  f  de 
Aquitaine  con-  s’en  emparer  par  la  force,  &  d’en  dépofîèder  ce  dernier.  Il  fe  ligua  pour  cela 
le  Pioifc "m'  avec  Guillaume  le  Pieux  ion  parent  &  fon  proredeur  ,  &  implora  le  fecours 
ce  d’Auvergne  des  Normans.  On  prétend  g  que  pour  l’obtenir  plus  fûrement  il  époufâ  une  fille 
Gothar<,u's  Ÿ  R°h°n  l’un  de  leurs  principaux  capitaines.  Ademar,  pour  fe  maintenir 
qu'es  'amicf"  dans  la  poûè/fion  du  comté  de  Poitiers  ,  s’unit  de  fon  côté  avec  les  comtes 
icigneurs.  d’Angoulême  ôc  dePerig ueux.  Il  avoir  un  frere  appelle  Adalelme  ,quis’étoit 
Cai  diflingué  h  avec  lui  à  la  defenfe  de  Paris  contre  les  Normans ,  &  qui  avoir  un 
ch, on. M.-Ait-  fils  nommé  Waltharius,  qualifié  alors  du  titre  de  comte.  Celui-ci,  foit  qu’il 
r°it.  e“c  ^  gag°é  par  Rainulfe  II.  i  foit  qu’il  fe  fut  lié  avec  plufieurs  prélats  ôc  fei- 
p.199.  gneurs,  quimécontens  du  gouvernement  du  roi  Eudes,  avoient  déjà  fccrete- 
TE^LXxxm.  ment  f°rir,é  un  parti  contre  ce  prince  en  faveur  du  jeune  Charles  ,  fe  revol- 
n.9i.  ’  ta  le  premier  au  mois  de  Juillet  de  l’an  892.  &  fe  faifit  de  la  ville  de  Laon. 

Eudes  n’en  fut  pas  plutôt  informé  ,  qu’il  marcha  vers  cette  ville ,  la  remit  fous 
nnnifi.t.fs!  f°n  obéiffànce,  &  fit  trancher  la  tête  à  Waltharius ,  qui  étoit  fon  petit  k  ne- 
k  note  veu ,  ou  du  moins  fon  proche  parent }  mais  la  révolte  avoir  déjapade  en  Aqui- 
i>,d‘  raine,  où  les  principaux  fêigneurs  s’étoient  mis  en  armes. 

Le  duc  Rainulfe,  Gauzbert  fon  frere,  &  l’abbé  Ebles  étoientà  la  tête  des 
inote  ibid.  rebelles  de  cette  province.  Le  dernier  étoit  J  à  ce  qu’il  paroîr ,  oncle  paternel 
des  deux  autres ,  &  s’etoit  fignalé  auffi  à  la  defenfe  de  Paris  contre  les  Nor¬ 
mans.  Comme  c’etoit  un  feig neur  également  recommandable  par  fa  naif- 
lance ,  £c  par  fon  propre  mérite ,  le  roi  Eudes  à  fon  avenement  à  la  couron¬ 
ne,  fit  tout  fon  poffible  pour  fè  l’attacher.  Il  le  maintint  dans  la  poflèffion  des 
abbayes  de  faine  Hilaire  de  Poitiers,  de  faint  Denys ,  ôc  de  faint  Germain 
des  Prez ,  Ôc  le  nom  ma  chancelier  de  France  :  mais  les  interets  de  fa  propre 
famille,  l’emportèrent  fans  doute  auprès  de  lui ,  fur  la  fidelité  qu’il  avoitpro- 
*."/%**&  *  ce  prince.  Abbon  m  auteur  contemporain  ,  met  encore  au  nombre  des 
/su.  '  feigneurs  Aquitains  ,  qui  dans  cette  occafion  fe  fouleverent  contre  Eudes  , 
Guillaume  comte  d’A  vergne ,  &  marquis  de  Gothie  qui  fut  fuivi  fans  doute 
de  plufieurs  autres  ,  puisque  félon  le  même  hiflorien  ,  il  paroît  queprefque 
toute  l’Aquitaine  fe  révolta  alors. 

Eudes  a  voit  déjà  repris  la  ville  de  Laon  fur  le  comte  Waltharîus  lorf- 
u  Mboibid.  qu’i  J  apprit  cette  révolution.  Il  partit  incontinent,  ôc  s’étant  avancé  B  vers 


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à  P.  f. /.NOTE 
LXXXVU.  r.. 
73- 

b  JÜrb.ibid* 


DE  LANGUE  D  O  C.  Liv.XI.  a9 

le  Poitou ,  il  fè  joignit  £  Ademar  comte  de  ce  pays ,  ôc  ennemi  de  Rainulfe.  Il  7 — r — ' 
fie  d’abord  le  dégât  dans  les  terres  des  rebelles  fans  vouloir  entreprendre  le  N> 
fiege  d’aucune  place  forte.  Il  paflà  de  là  dans  le  Limoufin  ,  ôc  enfuite  en  Au¬ 
vergne,  où  il  le  campa  auprès  des  conjurez,  à  la  tête  defquels  étoit  Guil¬ 
laume  comte  d’Auvergne  ôc  marquis  de  Gothie.  Les  deux  armées  qui  n’étoient 
féparées  que  par  une  riviere -,  demeurèrent  en  prefcnce ,  ôc  Eudes  n’ofa  tenter 
le  paüàge.  Il  fe  contenta  de  déclarer  criminel  de  leze-majefté  le  comte  Guil¬ 
laume  ,  &  de  le  dépouiller  de  fes  dignitez  ,  entr’autres  du  comté  d’Auver¬ 
gne,  dont  il  difpofâ  en  faveur  d’Hugues,  qui  avoit  été  auparavant  comte 
de  Bourges.  * 

Celui-ci  voulant  fe  mettre  en  poffefïïon  de  l’Auvergne ,  s'avança  dans  le 
pays  accompagné  de  deux  vaillans  capitaines ,  le  comte  Roger  ion  neveu , 
te  Eftienne.  Guillaume  de  fon  côté  connoilîànt  fon  deflein  marcha  à  fa  ren¬ 
contre  ,  ôc  leurs  troupes  en  vinrent  bien-tôt  aux  mains.  Le  combat  fut  d’a¬ 
bord  tres-vif  :  Roger  ôc  Etienne  jettoient  la  terreur  dans  le  camp  de  Guil¬ 
laume  qui  avoit  déjà  perdu  cent  de  fes  meilleurs  foldats ,  lorfque  ce  prince 
ayant  rencontré  Hugues ,  qui  avoit  fait  à  peu  près  une  égalé  perte  ,  ils  en 
vinrent  tous  les  deux  £  un  combat  fingulier.  Guillaume  porta  un  fi  rude  coup 
de  lance  £  l’autre  qu’il  le  défarçonna  &  le  fit  tomber  à  terre.  Hugues  le 
voyant  fans  relfourcc  eut  recours  à  la  clcmence  de  fon  vainqueur.  Guillaume 
fè  laiflànt  emporter  £  l’ardeur  du  combat ,  écouta  moins  alors  fon  inclina¬ 
tion  naturelle,  que  fon  reflèntiment  particulier.  Il  répondit  £  Hugues  que 
c’étoit  trop  tard  qu’il  demandoit  quartier ,  lui  enfonça  en  même  ceins  la 
lance  dans  la  poitrine  &  le  laiflà  mort  fur  la  place.  Cette  a&ion  fit  plier  auffi. 
tôt  le  refte  des  ennemis  de  Guillaume,  ôc  lui  aflura  la  vi&oire,  donc  le  prin¬ 
cipal  fruit  fut  la  paifible  poflèffion  de  les  dignitez.  Mais  revenu  depuis  £ 
lui-même,  ôc  honteux  d’avoir  porté  trop  loin  fon  reilèntiment  contre  Hugues, 
il  témoigna  du  regret  de  n’avoir  pas  accordé  la  vie  £  ce  feigneur ,  quoi-que 
fon  ennemi. 

Eudes  étoit  occupé  de  cette  guerre  ,  ÔC  faifoit  tous  lès  efforts  pour  re¬ 
mettre  e  l’Aquitaine  fous  fon  obeifiànce  ,  quand  il  apprit  la  conjuration  de  . 
plufieurs  feigneurs  François.  Foulques  archevêque  de  Reims,  qui  étoit  £  leur  nuroidefran- 
tête  d ,  entretenoit  desliaifons  très-étroites  avec  les  fils  de  Gosfred,  l’un  des  ce.Eudesquir- 
principaux  rebelles  Aquitains  5  ôc  avec  le  comte  Egfrid  ou  Acfred  ,  qui  &J*Xecon- 
paroîc  le  même  que  le  comte  de  Carcaflonne  de  ce  nom,  beau-frere  de  ueiui. 
Guillaume  le  Pieux.  Le  deffein  des  conjurez  étoit  de  détrôner  Eudes ,  ôc  de  c  Ahb  ü,'i- 
mettre  a  la  place  le  jeune  Charles,  qui  étant  alors  âge  d  environ  quatorze  Am.Mtt.j, 
ans ,  fè  trouvoit  en  état  de  gouverner  par  lui-même  avec  le  confèil  des  grands  y. 

du  royaume  ^  enforte  que  par  1£  comboic  entièrement  le  fpecieux  prétexte  dont  RemJA' 


LT. 

Charles  le 


X.X,  J. 


4-J. 


C  Mai.  ad 

n.  3  $. 
7S • 


Eudes  s’étoitfervipour  exclure  ce  prince  de  la  fucceflîon  i  la  couronne. 

Ces  mouvemens  donnèrent  de  l’inquietude  au  premier,  qui  s’allarma 
bien  plus  quand  il  fut  informé  que  l’archevêque  Foulques  avoit  couronné 
l’autre  £  Reims  fur  la  fin  de  Janvier  e  de  l’an  8  9  3. Eudes  réfolut  auffi-tôt  de  aZt sZZZi 
paffer  en  France,  ôc  fe  prefla  d’appaifèr  les  troubles  d’Aquitaine,  foitpar  la  &8^-n- 
voye  des  armes,  foit  par  celle  de  la  négociation.  Il  écrivit  en  même  tenis  à  ” 
Arnoul  roi  deGermanie ,  qu’il  avoit  eu  Ta  précaution  de  mettre  dans  fes  in- 
terêcs ,  pour  fe  plaindre  de  la  conduite  de  l’archevêque  de  Reims ,  ôc  des  au¬ 
tres  conjurez  de  France,  qui  à  fon  préjudice  venoient  d’élever  le  jeune  Charles 
fur  le  thrône.  Cette  lettre  eut  l'effet  qu’il  en  attendoit.  Arnoul  écrivit  auffi-tôt 
à  ce  prélat ,  pour  lui  témoigner  le  mécontentement  qu’il  avoir  de  fâ  démarche. 

Foulques  répondicfi  ce  prince,  ôcfitfbn  apologie.  Il  infifte  principalement 
fur  l’abus  qu’Eudcs  faifoit  de  fon  autorité  ,6c  fur  l’injuftice  qu’on  avoit  faite  à 
Charles  de  l’exclure  de  la  Couronne  de  France  dont  il  devoir  heriter  par  fa 
naiflânee  ,  comme  Arnoul  avoit  hérité  lui-même  par  un  droit  femblable  de 
celle  de  Germanie.  II  l’exhorte  enfuite  vivement  a  prendre  ladéfenfè  de  ce 
jeune  prince  fon  parent ,  s’il  vouloit  aflurer  la  fucceffion  de  fon  royaume  d  fes 
enfans,  ôc  ôter  à  des  étrangers  le  prétexte  de  l’envahir.  %Aiem  Cjh. 

Eudes  après  avoir  engagé  Arnoul  à  fè  déclarer  en  fa  faveur ,  fè  hâta  de  P-^j 
terminer  les  affaires  d’Aquitaine.  Il  fc  rendit  à  Poitiers  g,  où  il  fit ,  £  ce  uZe’l 


f  Tlod.  ib  ïd.  c . 


S- 


Chron.Mj- 
10. 


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_ _ f>  HISTOIRE  GENERALE 

An.  893.  PaT°ît,  un  traité  avec  Rainulfe  II.  l’abbé  Ebles,  &  le  comte  Guil-i 
laume.  On  voit  du  moins  par  la  fuite  que  Rainulfe  fut  rétabli  dans  le  comté 
de  Poitiers, Ebles  dans  fes  dignitez  ,6c  que  Guillaume  demeura  pailîble  pof* 
tRegin.  ciron.  feflèur  du  marquifat  de  Gothie  &  du  comté  d’Auvergne.  Eudes  * 

Uid’m*lMet'  du  comte  Robert  fon  frere  ,  prit  enfuite  la  route  de  France,  & 

Mo  ibid.  rencontre  du  roi  Charles,  qui  s’étoit  mis  en  armes  à  la  tête  de  fon  parti  ;  mais 
ce  jeune  prince  fe  voyant  trop  foible  pour  réfifter  à  fon  compétiteur,  fe  retira 
dans  la  Germanie  auprès  du  roi  Arnoul  fon  coufin ,  qu’il  alla  trouver  à  Wor- 
mes,  où  ce  dernier  tenoit  une  diete  au  mois  de  Juillet.  Charles  implora  fon 
fècours  6c  fa  prote&ion  contre  Eudes ,  &  il  fit  tant ,  foit  par  fes  prelèns ,  foie 
par  fa  foumiffion  ,  qu’enfin  Arnoul  lui  promit  l’un  &  l’autre,  &  ordonna  aux 
évêques  &  aux  comtes  des  pays  fituez  le  long  de  la  Meufe ,  de  fe  mettre  en 
armes ,  6c  de  s’aifembler  en  corps  d'armée.  Il  en  donna  le  commandement  à 
Zuentibold  fon  fils  naturel ,  avec  ordre  de  marcher  contre  Eudes.  Ces  trou¬ 
pes  le  mirent  auffi-tôt  en  mouvement,  6c  s’avancèrent  jufqu’à  la  riviere  d’Aif- 
ne  j  mais  fur  la  nouvelle  de  l’approche  d’Eudes  ,  elles  fe  débandèrent  ,  6c 
abandonnèrent  le  roi  Charles  à  la  merci  de  fon  concurrent  $  ce  qui  obligea 
ce  jeune  prince,  pour  ne  pas  tomber  entre  les  mains  de  fes  ennemis ,  à  cher¬ 
cher  fon  làlut  dans  la  fuite.  Il  fe  retira  en  Bourgogne  ,  èc  il  n’y  fut  long- 
tems  fans  reprendre  les  armes.  Il  rentra  en  France ,  &  fit  la  guerre  aux 
partifans  du  roi  Eudes ,  qui  fe  tenoit  du  côté  de  Paris  pour  mettre  cette  ville 
à  couvert  des  entreprifes  des  Normans.  Ainfi  le  royaume  étoit  alors  également 
défolé  &  par  les  courfes  de  ces  pirates ,  &par  la  guerre  civile. 
lit.  Il  paroît  que  cette  guerre  continuoit  toujours  dans  l’Aquitaine  ,&que  tous. 
tro^biesUn*  ^es  belles  du  pays  n’avoient  pas  encore  mis  les  armes  bas.  L’abbé  Ebles  qui 
Aquitaine,  nffiegeoit  entr’autres  un  château,  qu’on  prétend  b  être  celui  de  Brillacen  Poi- 
Soumiffion'Je  tou,  y  fut  tué  d’un  coup  de  pierre  c  le  10.  jour  d’Octobre  de  l’an  893. 
deU^Scptîma-  Nous  ignorons  fi  cet  abbé,  meilleur  foldat  ,que  bon ecclefiaftique,  avoit  en- 
nic  au  toi  trepris  ce  fiege  ou  pour  ou  contre  le  refte  des  rebelles  d’Aquitaine.  Il  paroît. 
Eb  cependant  allez  vrai-femblable  qu’il  avoit  pris  les  armes  pour  remettre  le  duc 

jtruAi.p. ) î6.  Rainulfe  II.  fon  neveu,  dans  la  polfeiîion  du  comté  de  Poitou  dans  lequel 
£udes  f avoit  rétabli ,  6c  que  le  comte  Ademar  faifoit  difficulté  de  lui  rcmet- 
jzs.  tre.  Quoi-qu’il  en  foit,  le  même  Rainulfe  ne  furvêcut  pas  long-tems  à  fon 
oncle.  Le  roi  Eudes  lorfqu’il  eut  fait  fa  paix  avec  lui  avant  fon  départ  d’Aqui¬ 
taine  ,  fe  doutant  apparemment  de  la  fincerité  de  fa  réconciliation  ,  6c  voulant 
s’alfurer  de  là  perfonne,  lui  perfuada  de  le  fuivre  ,  6c  le  fitempoifonner  quel- 
d  Aicm.cub.  que  tems  après.  d  Rainulfe  avant  que  d’expirer  fit  appeller  le  comte  Gérard 
f  l-clron.Mat-  Parent  &  fon  ami ,  qui  fe  trouvoit  alors  à  la  cour ,  6c  lui  recommanda  le 
Une.}. xoi.  jeune  Ebles  fon  fils  ,  qu’il  avoit  eu  d’une  concubine.  Sa  mort  arriva  en  c 
f  r°“'  893.  après  le  1  y.  du  mois  d’Oclobre. 

e  Krô.r.No-  Eudes  après  s’être  défait  de  ce  duc ,  fit  venir  Ademar  &Iui  donna  le  comté 
T£  lxxxvu.  de  Poitiers.  D’un  autre  côté  le  comte  Gérard  fidele  à  fa  promellè  ,  emmena 
”'S!'  fecretement  le  jeune  Ebles  en  Aquitaine ,  auprès  de  Guillaume  comte  d’Au¬ 
vergne,  6c  marquis  de  Gothie,  leur  parent  commun,  qui  prit  foin  de  fon 
éducation.  Il  paroît  qu’Eudes  difpofa  quelque  tems  après  en  faveur  du  même 
Guillaume  du  duché  d’Aquitaine,  dont  Rainulfe  avoit  été  revêtu  ,  foit  pour  le 
gagner  à  fon  parti, foit  pour  l’empêcher  de  tirer  vengeance  de  la  mort  de  ce  der¬ 
nier.  On  pourroit  croire  auffi  que  Guillaume  qui  etoit  de  la  même  race  que 
Rainulfe ,  s’empara  de  ce  duché  après  fa  mort  comme  d’un  bien  héréditai¬ 
re  ,  êt  qu’Eudes  n’ofant  blâmer  fon  entreprife  ,  lui  en  confirma  la  polîèffion  : 
car  i°.c’eft  feulement  depuis  cetems-làquc  Guillaume  le  Pieux  comte  d’Au¬ 
vergne  prit  le  titre  de  duc  d’Aquitaine,  i®.  Il  fut  depuis  en  bonne  intelli- 
f  y.  SmIuz..  gence  avec  le  roi  Eudes,  qu’il  appelle  {  fon  feigneur ,  long-tems  après  la  mort 
Auvirg.  to.i.  de  ce  prince,  6c  du  vivant  de  Charles  le  Simple.  3  °.  Enfin  nous  voyons  que  le 
?•  u  &fa.  roj  £U£jes  régna  toujours  depuis  paifiblement  fur  toute  l’Aquitaine ,  la  Septi- 
manie ,  6c  la  Marche  d’Efpagne ,  6c  que  ce  ne  fut  qu’après  fa  mort  que  Charles 
le  Simple  fut  reconnu  dans  ces  provinces.  Nous  inférons  de  tout  cela,  qu’Eu, 
Lm  des  confirma  le  comte  Guillaume  dans  la  poffelfion  de  fes  dignitez. 

Mor:  de  s.  Au  milieu  des  troubles  que  caufoit  dans  le  royaume  la  guerre  civile,  la  Sep» 


accompagné 
marcha  à  la 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XI.  ,  31 

t-imanie  eut  le  malheur  de  perdre  l’un  de  les  principaux  ornemens  en  la  per-  — - 

fonne  de  Théo  dard  archevêque  de  Narbonne.  L’amour  que  ce  faint  prélat  a  Thco(jafd9^‘ 
avoir  pour  l’églilè  &  pour  l'on  troupeau  ,  le  rendit  également  attentif  à  pro-  chev^ue  a*c" 
curer  l’avantage  de  l’un  ùt  de  l’autre.  Son  zele  pour  la  beauté  de  la  maifon  du  Narbonne. 
Seigneur ,  parut  fur-tout  par  le  foin  qu’il  prit  d’élever  dans  fa  cathédrale  f*bbaycndede 
un  autel  de  marbre  blanc  ,  foûtenu  de  colomnes  de  la  même  matière,  à  Monuurioi, 
la  place  d’un  autre  que  les  Sarafins  avoient  détruit  dans  le  tems  qu’ils  s’é- 
toient  rendus  maîtres  de  Narbonne.  Après  y  avoir  fait  travailler  depuis  fon  »  irn.s.  rfc.o- 
élévation  à  l’épifcopat,  il  en  fit  la  dédicace  le  }.du  mois  d’Octobre  de  l’an  Sço.  la  dffl'iiBp1' ^ j'0< 
cinquième  année  de  fon  è pif  copat,  d*  la  troifiéme  du  régné  d’Eudes  ,  indiïtion  VJ  II.  é-pl- 
Il  fit  élever  auprès  unthrône  épifcopal  de  marbre. 

Theodard  ne  fe  rendit  pas  moins  recommandable  par  fa  charité  ,  dont  il 
donna  des  marques  éclatantes  en  deux  occafions  5  la  première ,  lorfque  les 
Sarafins  d’Efpagne  qui  faifoient  de  fréquentes  incurfions  fur  les  côtes  de  la 
Septimanie ,  eurent  emmené  en  captivité  un  grand  nombre  de  les  diocefains  -, 

&  l’autre  dans  le  tems  que  le  pays  fouffroit  une  cruelle  famine  depuis  trois 
ans.  Après  avoir  employé  d’abord  tous  les  revenus  de  fon  évêché ,  &  les  biens 
de  fon  propre  patrimoine,  il  vendit  jufqu’aux  vafes  facrez  de  fon  églife,tant 
pour  racheter  les  captifs  ,  que  pour  foulager  une  infinité  de  miferables  qui 
mouroient  Je  faim.  Il  dédommagea  dans  la  fuite  fon  églife,  à  laquelle  il  fit 
divers  prefens ,  &.  qu’il  enrichit  de  précieux  reliquaires. 

Ce  faint  *>  prélat  fut  attaqué  au  milieu  de  fes  travaux  apoftoliques,  d’une  fié-  bibij.paji, 
vre  qui  le  mina  inlenfiblcment  pendant  les  trois  dernières  années  de  fa  vie,  &M- 
jufqu’à  ce  qu’enfin  voulant  éprouver  fi  l’air  natal  ne  pourroit  pas  contribuer  à 
rétablir  fa  ianté ,  il  fe  fittranfporter  à  Montauriol  ,  où  lès  ancêtres  avoient  fait 
bâtir  un  monaftere  fous  l’invocation  de  faint  Martin,  évêque  de  Tours. 

Il  fut  à  peine  arrivé  dans  ce  lieu,  firué  fur  les  frontières  du  Touloufain  &  du 
Querci ,  à  l’endroit  où  le  ruillèau  deTefcou  quifépare  ces  deux  pays  fe  jette 
dans  le  Tarn  ,  que  fentant  fon  mal  augmenter,  &  qu’il  approchoit  de  fon 
terme ,  il  fe  fit  adminiftrer  les  derniers  iacremens  par  l’abbé  éc  les  religieux  , 

&  mourut  enfin  au  milieu  d’eux  le  premier  de  Mai  de  l’an  893.  Il  fut  inhumé 
dans  le  même  lieu  ,  àc  le  concours  extraordinaire  de  peuple  qui  accourut  au 
bruit  de  fa  mort,  pourafiifter  à  les  funérailles,  fut  une  marque  bien  fenfible 
de  la  réputation  de  fainteté  qu’il  s’étoit  acquife.  Son  corps  lut  d’abord  dépofé 
dans  un  cercueil  de  pierre  près  de  l’autel,  d’où  il  fut  tiré  dans  la  hiitecpour 
être  mis  dans  une  challè  d’argent,  êeexpofé  à  la  vénération  des  fidèles.  Les 
miracles  continuels  que  Dieu  opéra  à  Ion  tombeau ,  ne  contribuèrent  pas  peu  à  fuiv- 
accélérer  fa  canonifation,  &  il  étoit  déjà  reconnu  pour  faint  au  milieu  d  du  &tr.p.u>9, 
dixiéme  fiecle.  Le  monaftere  de  faint  .Martin  où  il  étoit  inhumé  avoit  déjà 
pris  alors  fon  nom ,  ou  celui  de  faint  Audard ,  qui  cft  le  même.  Il  prit  dans  la 
fuite  celui  de Montauban,  après  qu’Alfonfe  Jourdain  comte  deTouloufe  eût 
fondé  cette  ville  en  1144.  auprès  de  laquelle  il  étoit  fi  tué.  Le  pape  Jean 
XXII.  l’erigea  en  cathédrale  au  commencement  du  XIV.  fiecle,  &:  il  fut  dé¬ 
truit  au  XVI.  par  les  Calviniftcs  qui  pillèrent  la  ch  aile  du  faint,  &:  difper- 
ferent  fes  ofiemens.  On  prétend  c  qu’un  pieux  ccclcfiaftique  trouva  moyen  eLeBret.au, 
d’en  recueillir  une  partie,  qu’on  conlerve  encore  dans  i’églile  de  Montauban. 

Celle  de  Narbonne  en  poflede  une  petite  portion. 

Au  refte,  l’hiftorien  de  l’églifc  (  de  Montauban  fe  trompe  vifiblement ,  lorf-  fieBret.au, 
qu’il  avance  que  l’abbaye  de  faint  Martin  ou  de  faint  Theodard  fut  fondée 
au  VIII.  fiecle  fous  le  régné  de  Pépin  le  Bref  ,  par  des  religieux  de  celle 
delà  Chaife-Dieu  en  Auvergne,  puifque  cette  derniere  ne  commença  que  vers 
la  fin  du  XI. Nous  n’avons  donc  rien  de  certain  touchant  l’origine  de  l’abbaye 
de  Montauban,  que  quelques  traditions  fabulcufes  rapportées  par  le  même 
auteur,  &  qui  ne  méritent  aucune  créance.  'Ce  qu’il  y  a  de  vrai  ,  c’eft 
que  cette  abbaye  fubfiftoit  déjà  à  la  fin  du  IX.  fiecle,  &  qu’elle  fut  foumifè 
dans  la  fuite  à  celle  de  la  Chaife-Dieu  qui  la  réforma.Cette  dépendance  a  duré 
jufqu’à  l’éreclion  en  cathédrale  du  monaftere  de  Montauban,  qui  fut  enfin  fé- 
cularifé  en  1  jïé.  trV 

On  aflùre  que  vers  la  fin  de  l’épifcopat  de  faint  Theodard  ,  &  fous  celui  Tranfiatioo 


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f‘1-  ,  _ 

V.  Mab.  atl. 

SS. Belle  dficul. 
4.  part.  1.  p . 
$90&feq- 
b  Pr.  ibid. 


c  Pr . 
U  5  8. 


8?j. 


3t  HISTOIRE  GENERALE 

*r - “ —  d’Agilberc  évêque  de  Beziers,  deux  religieux  de  l’abbaye  de  Villemagne  dans 

dcs^eli  u«dc  ce  dernier  diocèle ,  allèrent,  fous  prétexte  de  dévotion  a ,  dans  un  lieu  de  l’an- 
S.Majanài  ab-  cien  Touloufain,  fitué  près  de  la  ville  de  Lombez  ,  à  la  gauche  de  la  Garon- 
ba  c  de  ville-  ne  î  où  l’on  confervoit  les  reliques  de  fa-int  Majan  confèlleur  5  qu’après  avoir 
n'atrCf.  4.  &  fait  quelque  féjour  en  ce  lieu  ,  ils  enlevèrent  fecretement  ces  reliques , 

8c  les  tranfporterent  dans  leur  abbaye  ,  qui  à  ce  qu’ajoute  l’hiftorien  de  cette 
tranflation  b ,  changea  alors  fon  nom  de  Cogne  en  celui  de  Villemagne, 
qu’il  fait  dériver  de  Villa  Maiani  5  mais  cet  auteur  fe  trompe  en  cela , 
puifqu’il  eft  certain  que  ce  monaftere  fubfiftoit  déjà  fous  le  nom  de  ViL 
lemagne ,  dès  le  commencement  du  neuvième  llecle ,  comme  on  peut  voir  par 
le  catalogue  des  monafteres  dreffé  au  concile  d’Aix-la-Chapelle  l’an  817.  Il 
eft  vrai  cependant  que  l’abbaye  de  Villemagne  s’appelloitc  anciennement  Co¬ 
gne.  On  l’a  nomma  Villemagne  1  '  Arzentiere ,  parce  qu’il  y  avoit  autrefois  des 
a  v.  mines  d’argent  dans  les  montagnes  du  voifinage.  Saint  Majan  fut  fon  prin- 
iT.i ‘p.foït*  c^Pa^  patron  depuis  cette  d  tranflation. 

lv.  Charles  à  qui  la  pofterité  a  donné  le  furnom  de  Simple ,  à  caufe  de  fon  peu  de 
EudcsX&ch"rC  caPac*té  pour  le  gouvernement ,  continuoit  cependant  de  difputer  la  couron- 
les  le  simple,  ne  de  France  à  Eudes  *  mais  ne  fe  lèntant  pas  allez  fort  pour  l’emporter  fur 
Panagc  du^  ce  dangereux  concurrent ,  il  étoit  enfin  réfolu  d’appeller  les  Normans  à  fon 
tre ac« C  deux  fecours ,  8c  de  fe  liguer  avec  eux ,  quand  Foulques  archevêque  de  Reims,  fon 
piiuccs.  Sort  principal  partifan ,  averti  de  ce  delTein  e  ,  fit  tous  fes  efforts  pour  l’en  dé- 
t°urner.  Charles  étoit  réduit  à  cette  extrémité ,  parce  qu’il  ne  pouvoir  plus 
jumU.p.60».  compter  fur  Arnoul  roi  de  Germanie,  qu’Eudes  avoit  trouvé  moyen  de  re¬ 
mettre  dans  fes  intérêts.  Ce  dernier  ayant  été  obligé  d’aller  en  Aquitaine  pour 
achever  de  pacifier  le  pays ,  l’archevêque  de  Reims  négocia  fi  heureufement 
pendant  fon  abfence  ,  auprès  de  Zuentibold  roi  de  Lorraine ,  8c  fils  naturel 
d’Arnoul ,  qu'il  le  gagna  au  parti  de  Charles ,  fie  l’engagea  de  s’armer  en  fa¬ 
veur  de  ce  prince.  Zuentibold  entreprit  le  fiege  de  Laon.  Eudes  n’en  fut  pas 
plutôt  informé,  qu’ayant  repaffé  la  Loire  il  vint  au  fecours  de  la  place  ,  8c 
.  .  obligea  le  roi  de  Lorraine  à  le  retirer.  A  la  faveur  de  ces  troubles  les  Nor- 
mans  coururent  toute  f  1  Aquitaine  fie  la  mirent  au  pillage. 
i  ,hjd  II  n’y  avoit  que  la  paix  entre  les  deux  prétendans  au  thrône ,  qui  pût  faire 
i.+JTr  s'?s-  e*Perer  la  fin  de  ces  malheurs.  Charles  8c  Eudes  s’accordèrent  g  enfin  par  l’cn- 
&M-  tremife  de  l’archevêque  de  Reims ,  8c  firent  un  traité  ,  fuivant  lequel  ils  par- 
®"6ch'  u'  5‘  tagerent  entr’eux  la  monarchie.  Les  pays  fituez  entre  la  Seine ,  l’Océan  ,  les 
Pyrénées,  l’Efpagne  ,  Scia  Mediterranée,  écheurent  au  dernier ,  qui  en  étoit 
déjà  le  maître,  8c  qui  en  demeura  parla  paifible  pollèflèur,  à  condition  nean¬ 
moins  de  tenir  de  Charles  cette  portion  du  royaume ,  8c  de  le  reconnoître 
pour  fon  feiyicur.  Celui-ci  eut  pour  fa  part  les  pays  fituez  entre  la  Seine  8c  le 
Rhin  ,  ce  qui  fait  voir  qu’il  prétendoit  que  le  royaume  de  Lothaire  devoit  lui 
appartenir  ,  quoique  Zuentibold  l’occuppât  alors.  Cette  paix  entre  les 
h  xo te  iV'  deux  rois  fut  conclue  vers  le  milieu  de  l’an  h  896.  Eudes  continua  ainfi  de 
régner  fur  l’Aquitaine ,  la  Septimanie  ,  8c  la  Marche  d’Elpagne  jufqu’à  fa  mort. 
On  a  en  effet  une  médaillé  ‘  que  la  ville  de  Touloufe  ht  frapper  en  fon  hon¬ 
neur. 

Ce  prince  exécuta  fidellement  l’article  de  ce  traité  ,  fuivant  lequel  il  dévoie 
reconnoître  Charles  le  Simple  pour  fon  feigneur  ;  c’eft  ce  qui  paroît  entr’au- 
tres  par  un  de  fes  diplômes  k ,  fuivant  lequel  il  maintint  pour  le  bien  de  fort 
ame ,  &  au  nom  du  roi  Charles  fon  feigneur*  le  monaftere  de  Montredon  dans  la 
Septimanie,  dans  la  poflèlfionde  fes  biens  fituez  dans  les  pays  deGironne,  de 
Rafez ,  8c  de  Carcaflonne ,  8c  confirma  les  chartes  que  les  rois  fes  prédecef- 
lêurs  avoient  accordées  en  fa  faveur.  Ce  diplôme  qui  eft  fans  date ,  eft  donc 
pofterieur  à  la  paix  conclue  entre  les  deux  rois.  Teneric  étoit  alors  abbé  de 
Montredon ,  8c  il  avoit  fait  un  voyage  exprès  à  la  cour  ,  pour  reprefenter  à 
Eudes  la  pauvreté  8c  le  mauvais  état  de  ce  monaftere ,  dont  on  ignore  la  vé¬ 
ritable  fituation  *  il  étoit  vrai- fcmblablement  dans  le  diocèfe  de  Narbonne, 
où  l’on  voit  un  lieu  de  ce  nom. 

Durant  la  divifion  qui  régna  entre  Eudes  fie  Charles  le  Simple,  Louis  roi 
de  Provence  étendit  fa  domination  fur  la  partie  de  ce  royaume  fituée  à  la 

droite 


Mi 


t ■  374- 


896. 


i  V.Van.hifl. 
de  Fr.  p.  861. 


LVI. 

Abbaye  de 
Montredon 
dans  la  Scpti- 
nianic. 
k  Mabill.An- 
nal.to.i.p.^oi. 

n.69+. 

*  lnclcmofy- 
nam  domni  & 
fenioris  noftri 
Caroli. 


LVil. 

Diplôme  de 
Louis  roi  de 
Provence  en 
faveur  de  l’c- 
^lifcd’Ulci. 


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* 


a  Prf.) o.<$» 

fit- 


DE.  LANGUEDOC.  Liv.  XL  55 

droite  duRhône ,  fi  tant  eft  qu’il  ne  l’eut  déjà  fait  aufll-tôt  après  fon  couronne-  ^  N 
ment.  Il  eft  du  moins  certain  qu’il  étoit  maître  de  ce  pâys  à  la  fin  de  l’an  896.  '  y 

puifqu’Amelius  évêque  d’Ufez  le  regardoit  alors  comme  fon  fouverain.  Ce  pré¬ 
lat ‘fut  le  trouver  en  effet  à  Orange,  pour  le  prier  de  faire  reftituer  à  fon 
églife  plufieurs  biens  qu’on  avoir  ufurpez  ,  &  de  la  confirmer  dans  la  poffeflion 
de  ceux  donc  elle  jouilToit  a&uellement.  Louis  lui  accorda  toutes  fes  deman¬ 
des^  lui  donna  de  plus,  en  confideration  de  fa  fidelité  &  de  fes  feruices ,  de  mê¬ 
me  qu’à  fes  fucceflèurs ,  &  à  fa  cathédrale  de  faint  Theodorite  martyr,  l’églife 
de  faint  Baufile  fituée  au  voifinage  d’Ufez  vers  le  feptentrion ,  que  faint  Fir- 
min  évêque  de  cette  ville  avoit  fait  conftruire ,  &  dans  laquelle  il  avoir  été  , 
inhumé  5  celle  des  laints  Julien  martyr ,  André  apôtre ,  6c  Bafililfe  vierge , 
bâtie  au  milieu  de  la  ville  par  les  foins  du  même  prélat  ;  celle  des  apôtres 
faint  Pierre  &  faint  Paul,  que  S.  Ferreol  aulïï  évêque  d’Ufez  avoit  fait  édifier 
près  de  cette  ville  du  côté  du  feptentrion,  6c  dans  laquelle  il  avoit  fon  tombeau; 

&  quelques  autres  églifes  ou  domaines.  Il  paroît  par  un  diplôme  bdu  roi  Louis  bPr  gn.usd 
le  Jeune ,  que  ces  trois  églifes  appartenoient  à  autant  de  monafteres ,  ainfi  ce¬ 
lui  que  faint  Ferreol  avoit  fait  bâtir  à  Ufez  au  milieu  du  fixiéme  fiecle  ,  fub- 
fiftoit  encore  au  milieu  du  douzième. 

Arnufte  archevêque  de  Narbonne,  obtînt  de  fon  côté  en  898.  une  bulle  lviIL 
du  pape  Etienne,  lucceflèur  deFormofe,  pour  la  confirmation  des  privilèges  Arnufte  ^ar* 
de  Ion  églilè.  Ce  prélat  avoit  fuccedé  immédiatement,  à  ce  qu’il  paroîtc,  à  Narbonne.6 
lâint  Theodard ,  quoique  les  preuves  les  plus  anciennes,  que  nous  ayons  de  fon  Comté  ae  Mi- 
épifcôpat,  ne  foient  que  de  cette  année  5  car  il  eft  faux  d  qu’il  ait  tenu  un  con-  nctv0is' 
cile  à  Jonquieres  en  894.  dans  le  diocefe  de  Maguelonne  ,  comme  l’ont  cru  Note  xcii.‘ 
quelques  auteurs.  La  bulle  du  pape  Etienne  dont  on  vient  de  parler,  &:  qu’on  d  vBMiux.net. 
peut  voir  en  differentes  collections  « ,  eft  datée  de  Rome  le  20.  du  mois  à’ Août, 
indiftion  xiv.  la  première  année  après  le  couronnement  d' Arnoul  empereur ,  ce  qui  Ccatd.mtrrt. 
revient  à  l’an  896.  Le  pape  confirme  en  faveur  d’ Arnufte,  qu’il  qualifie  ar~  P-w-  c 
thevèque  du  premier  fieçe  de  la  fainte  églife  de  Narbonne ,  les  privilèges  de  cette  tom  r  p, 
églife,  de  celle  de  faint  Paul  de  la  même  ville  ,  6c  du  monaftere  de  faint  tMb.m  u>. 
Laurent  qui  dépendoit  de  la  première  ,  6c  leur  accode  la  poflèfliôn  des  biens  ^côleutom 
qu’elles  tenoient  de  la  libéralité  des  empereurs  6c  des  rois  dans  les  comtez  de  j.476  &/‘M. 
Narbonne, de  Rafez,  de  Minervois, d’Aufonne, de  Beziers,&  de  Nifmes.Le  pape 
ajoute  que  lorfque  le  fiege  de  Narbonne  viendroit  à  vacquer,  les  fucceflèurs 
d’ Arnufte  feroient  tirez  du  clergé  de  cette  églife ,  s’il  s’y  trouvoit  quelqu’un  di¬ 
gne  d’être  élûj  &  que  dans  la  vacance  des  autres  églifes  de  la  province ,  l’arche¬ 
vêque  de  Narbonne,  qui  préfideroit  à  l'élection  des  nouveaux  évêques,  pour- 
roit  propofer  quelqu’un  de  fon  clergé ,  en  cas  que  dans  celle  qui  vacqueroic 
il  ne  fe  trouvât  aucun  fujet  capable  de  remplir  le  fiege  épifcopal. 

Nous  trouvons  ici  le  titre  de  comté  donné  au  Minervois  ,pays  compris  alors 
dans  lediocèfe  de  Narbonne,  &  aujourd’hui  pour  la  plus  grande  partie  dans 
celui  de  S.  Pons.  On  pourroit  conclure  de  là  que  ce  même  pays  étoit  gou¬ 
verné  au  neuvième  fiecle  par  un  comte  particulier ,  &  qu’il  avoit  été  détaché 
de  l’ancien  comté  de  Narbonne  ,  en  même  tems  que  ceux  de  Rafez  6c  de  Fe- 
nouilledes,  quifaifoient  partie  du  diocèfe  de  cette  ville.  Nous  ne  connoif- 
fons  cependant  aucun  comte  de  Minervois  ,  mais  feulement  des  vicomtes 
de  ce  pays ,  dont  nous  parlerons  dans  la  fuite. 

L’année  fuivante,  le  1 9.  d’Avril ,  Arnufte  archevêque  de  Narbonne  çonvo-  Seconf’con- 
qua  un  concile  à  Port  f,  fur  les  frontières  des  diocèfes  de  Nifmesôc  de  Ma-  ciiedcPon. 

guelonne.  Sept  évêques  de  fa  province  y  aflifterent  ;  fçavoir,  Willeran  de  — 7. - * 

Carcaflonne,  Agilbert  de  Beziers,  Amelius  d’Ufez ,  Bozon  d’Agde  ,  Agelard 
deNifmes,  Servus-Dei  de  Gironne ,  6c  Abbon  de  Maguelonne  ,  avec  deux 
abbez,  Froïa  de  feint  Laurent  de  Vernozoubre,  &  Wittard  de  feint  Julien,  p‘.i.&  fi™  " 
&  l’envoyé  de  Durand  abbé  de  feinte  Marie.  Ce  dernier  monaftere  n’eft  pas  Cencil- t0f  -9> 
different*  de  l’abbaye  de  Notre-Dame  de  la  Gradé.  Le  premier,  qu’on  con- 
fond  *>  mal-à-propos  avec  celui  de  faint  Laurent  fur  la  nviere  de  Nielle  au  *nn*97-  » 
diocèfe  de  Narbonne  ,  étoit  fitué  au  voifinage  ‘  de  celui  de  faint  Chignan ,  M' 

avec  lequel  il  fut  uni  peu  de  tems  après  :  enfin  le  fecond  paroît  le  même  que  ^sàiux..u,u. 
celui  de  faint  Julien  d’Ufez  dont  on  a  déjà  parlé.  nïxau, 

Tome  JJ.  E 


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r».  XXIII. 


34  HISTOIRE  GENERALE 

g  ~  Outre  ces  prélats,  un  grand  nombre  d’ecclefiaftiques  du  fécond  ordre,  fie 
''  '  plusieurs  feigneurs  de  la  province  fe  trouvèrent  au  concile  de  Port  -y  enforte 
qu’onpeut  le  regarder  comme  une  aflèmblée  mixte  compofée  des  principaux 
membres  des  deux  ordres ,  pour  traiter  également  des  matières  ecclefiaftiques 
&  politiques.  Ce  concile  adjugea  à  un  prêtre  nommé  Adelbert ,  l’cglifë  de 
faint  Jean-Baptifte  de  Cocone  au  diocèfe  de  Maguelonne  ,  dont  Abbon  fon 
évêque  l’avoit  dépouillé.  Il  eft  fait  mention  dans  ce  jugement,  d’un  évêque 
nommé  Maldomar  qui  félon  toutes  les  apparences  étoit  leprédeceflèur  d’Ab- 
bon.  Celui-ci  foufcrivit  le  premier  à  cette  décifïon  ,  à  laquelle  il  confentit,  & 
apres  lui  Arnufte  de  Narbonne ,  Servus-Dei  de  Gironne,Truciarius  de  Beziers, 
«  v  not.Labb.  &c-  ^a  foufcription  de  ce  dernier  fait  naître  une  *  difficulté ,  fur  ce  que  fui- 
«mai.  to.ÿ.f.  vant  les  actes  du  concile,  Agilbert  évêque  de  Beziers  y  affifta  en  perfonne  - 
4B4^t  nou\  ma‘s  comme  il  eft  confiant  d’ailleurs  que  Trudarius  occupoit  déjà  le  fïege 
au.  épifcopal  de  cette  ville  dès  le  mois  dejuillet  de  la  même  année  ,  il  faut  qu’Agiî- 

bert  fon  prédeceffeur  foit  mort  8c  qu’il  lui  ait  fuccedé ,  ou  du  moins  qu’il 
ait  été  élû,  durant  la  tenue  du  concile. 

lx.  Trudarius ,  que  d’autres  appellent  Fruduarius,  évêque  de  Beziers ,  fit  en  effet 
Unioa  des  un  échange  *  avec  Rainard  ou  Reginald  ,  vicomte  du  comté  de  Beziers,  8c  Dide  fa. 
Bcîiïïs'&d'Aè-  ^efnme  >  le  [amedi  r6.  Juillet  de  Pan  897,  indittion  xv.  Ce  Rainard  n’eft  pas  dif- 
«le-  ferent  du  leigneur  de  ce  nom  qui  fervit  au  fiege  de  Vienne  l’an  8  8 1.  b  fous 

feq  le  roi  Carloman  ,&  à  qui  ce  prince  confirma  alors  la  poflèflion  des  terres  d’Af. 

b  vd-dtjfun  P*ran  &  d’Alignan  dans  le  diocefe  de  Beziers  ,  qu’il  tenoit  des  Efpagnols 

n.  xmii.  réfugiez  dans  la  Septimanie  ,  fes  ancêtres.  Comme  ces  terres  étoient  à. 

la  bienféance  de  l’eglife  de  Beziers ,  le  vicomte  Rainard  fie  Dide  la  femme 
les  donnèrent  en  échange  à  l’évêque  Trudarius  ,  à  l’exception  d’une  partie 
dont  ils  avoient  déjà  dilpofé  en  faveur  d’un  certain  Walcheron,  fie  qui  fut 
cVütl.chrifî.  nommée  pour  cela  la  terre  dcWalcheron.  On  prétend c  quec’eft  aujourd’hui  le 
Mw.i.f.4».  lieu  de  Ville-nouvelle.  L’évêque  de  Beziers  donna  à  Rainard  en  contr’échan- 
•  ge,  du  confentement  de  fes  chanoines ,  8c  au  nom  de  fon  églife,  le  village  de 
,  Tavcls  en  deçà  du  Rhône  avec  la  fomme  de  deux  cens  fols. 

Cet  acte  eft  fouferit  après  le  vicomte  8c  Dide  fon  époufe  ,  par  Arfinde 
fie  par  Bozon.  Ce  dernier  fe  qualifie  vicomte  de  Beziers  &  d‘  Jl^dc  dans  un’ titre 
d  rr.  f.  5i.  a  p0fter jeur  de  fix  mois ,  ce  qui  fait  voir  que  Rainard  décéda  dans  l’inter* 
v  Andoq.  valle  de  ces  deuxades.  Il  paroît  «qu’il  n’eut  qu’une  fille  nommée  Adélaïde, 
Bj1.if.45.  qui  hérita  de  lui  de  la  vicomté  de  Beziers  -,  qu’elle  époufa  le  même  Bozon 
c  v.  note  vicomte  d’Agde  ,  qui  unit  par  là  ces  deux  vicomtez à  fon  domaine,  fie  qu’en- 
Xf pr.au.  celui-ci  étoit  fils  d’ Arfinde  ,  qui  foufcrivit  avant  lui  à  l’échange  donc  on 

vient  de  parler.  L’ade  où  Bozon f  eft  qualifié  vicomte  de  Beziers  fie  d’Agde 
eft  une  enquête  qui  fut  faite  le  14.  Décembre  de  l’an  897.  au  fujet  d’un 
différend  que  l’évêque  Trudarius ,  fie  un  certain  Amalric  avoient  à  l’occafion 
^ArchivUe  de  cet  échange.  Bozon  poffedoit  «  la  vicomté  de  Beziers  les  années  X. 
**  Bf  X*'  8e  XXII.  du  régné  de  Charles  le  Simple  depuis  U  mort  d’ Eudes  -,  c’eft-à- 
dire  qu’il  en  jouit  du  moins  jufqu’en  910. Quant  à  Trudarius,  ilmourutfans 
h  Andoq  au.  doute  peu  de  tems  après  fon  échange  j  car  Matfred  h  lui  avoir  déjà  fuccedé  au 
M*-  mois  d’Odobre  de  l’année  fuivante.  11  eft  à  remarquer  que  cet  acte ,  quoi 
que  daté  du  16.  de  Juillet  de  l’an  897.  n’eft  cependant  que  de  la  IX.  année 
du  regne  du  roi  Eudes ,  ce  qui  confirme  ce  que  nous  avons  dit  ailleurs ,  que 
ce  prince  ne  fut  pas  generalement  reconnu  dans  la  Septimanie  aulfi-tôt  après 
fon  éledion  y  caron  auroit  dû  compter  alors  la  dixiéme  année  de  fon  regne , 
Mort  dû  toi  ^ut  ^a  derniere  de  fa  vie. 

tuAcs. Charles  Ce  prince  mourut  ‘  en  effet  au  commencement  du  mois  de  Janvier  de  l’an 
f'  ^  I’on  en  croit  un  auteur  k  qui  a  écrit  dans  le  commencement  du 

uncfouiondù  XI.  fiecle ,  il  laiffa  un  fils  nommé  Arnoul ,  qui  lui  fucccda  dans  la  partie 
royaume.  de  la  France  que  Charles  lui  avoir  cedée  ,  fit  qui  mourut  peu  de  tems  après. 
f.^9*1  U“  Cn  1  donne  aufliàEudes  une  fille  appellée  Oda,  laquelle  époufa  Zuentibold 
k  Abm.cA.  roi  de  Lorraine ,  &  dont  les  genealogiftes  de  la  maifon  de  France  ont  omis 
*  u  ^a're  metMaon-  A-ü  refte  un  célébré  critique  ^  fe  trompe ,  lorfqu’il  dit 
qu’Hugues  le  Grand,  perc  d’Hugues  Capet,  étoit  fils  du  roi  Eudes.  Hugues 
mp.tgi  ^  Qraûd  étoit  certainement  fils  de  Robert  frere  du  roi  Eudes. 

n.  l. 


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DE  LANGUEDOC.  LrV.  XI.  ys 

Après  la  more  de  ce  dernier,  les  principaux  Ièigneurs  du  royaume  s’étant  An.  898* 
aflèmblez  à  Reims  ,  reconnurent  de  nouveau  Charles  le  Simple  pour  leur 
roi,  &'Foulques  archevêque  de  certe  ville  l’y  couronna  pour  la  fécondé 
fois.  Cet  événement  qui  rendit  ce  prince  maître  de  près  des  deux  tiers  du 
royaume  ,  c’eft-à-dire  de  toutes  les  provinces  lîtuees  à  la  gauche  de  la  Loire, 
où  il  n’avoit  pas  encore  régné ,  fut  fi  mémorable  pour  lui ,  qu’il  en  data  la 
plupart  des  chartes  qu’il  donna  dans  la  fuite.  C’eltaulfi  à  la a  même  époque, 
ou  a  la  mort  d  Ludes  ,  quil  faut  rapporter  la  date  de  tous  les  actes  dei  Aqui-  note  xvui. 
taine  ,  delà  Septimanie,  &  de. la  Marche  d’Elpagne  dans  lelquels  le  regne 
de  Charles  le  Simple  eft  marqué." 

Ce  prince  ne  fut  pas  même  généralement  reconnu  dans  ces  provinces  d’a-  G^ikumc  le 

bord  après  la  mort  d’Eudes  j  car  nous  avons  un  titre  b  de  l’abbaye  de  Monto-  pieux  marquis 

lieu  ,  au  dioccfe  de  Carcaflonne,  daté  du  22.  de  Février ,  la  première  amiée  ^^oifchar- 

après  la.  mort  du  roi  Eudes  ,  7-  C.  régnant,  &  dans  l' attente  d’un  roi  idc  Guillau-  ic>  Je  simple. 

me  le  Pieux  ,  duc  d’Acquitaine  ,  marquis  de  Gothie  &  comte  d’Auvergne,  bpr.p.33. 

date6  une  de  fes  chartes,  du  mois  de  Mai  de  l’année  de  la  mort  d’Eudes  roi  des  Au- 

.  ,  ,  .  .  .  wrt.tomp.iO» 

François  &  des  Aquitains. 

Guillaume  prend  dans  cet  acte  les  titres  de  duc ,  de  comte  ,  &  de  marquis ,  ce 

2ui  prouve  qu’il  poiîêdoit  alors  le  Duché  d’Aquitaine,  dont  il  étoitpar  con- 
■quent  redevable  au  roi  Eudes,  qu’il  appelle  au/li  fonfe ignettr  dans  plu/ieurs 
autres  d  chartes  poftericures.  II  étoit  en  même  tems  abbé  leculier  de  lâint  iibüp.9.& 
Julien  de  Brioude,  comme  il  paroîtpar  divers  monumense  ;  abus  alors  allez  ^Iijd 
commun  qui  s’étoit  introduit  fous  le  regne  de  Charles  le  Chauve,  &  qui  con-  J.  1U 
tinuadans  le  lîecle fuivant,  où  les  abbayes  les  plus  confîdcrables  du  royau¬ 
me  furent  occupées  par  des  ièigneurs  iéculicrs  ,  ce  qui  aftbiblit  extrêmement 
la  difeipline  reguliere.  Nous  apprenons  cependantpar  une  charte  (  de  Guil-  ubu.p-.io. 
laume  le  Pieux,  datée  du  mois  d’ Août ,  la  première  année  du  règne  de  Charles 
roi  des  François  &  des  Aquitains ,  qu’il  reconnut  bientôt  après  ce  prin¬ 
ce,  &  nous  fçavons  d’ailleurs  que  s’etant  rendu  l’année  fuivante  à  là  cour,  Char¬ 
les  accorda  alors  à  fa  recommandation  g  un  diplôme  en  faveur  de  l’abbaye 
d’Aurillac. 

Si  Charles  ne  fut  pas  lî-tôc  reconnu  dans  une  partie  de  la  Septimanie,  le  A[)bLax^s> 
relie  le  fournit  du  moins  à  l on  autorité  dès  la  mort  du  roi  Eudes.  C’clt  ce  Mamnde  uz 
qui  paroît  entr’autres  par  une  donation  h  faite  au  mois  de  h^irs,  la  première 
annee  du  regne  du  premier ,  c’eft-à-dire  deux  mois  après  ia’mort  de  l’autre,  h Pr  ?  }J‘ 
au  monaftere  de  laint  Martin  dans  le  pays  de  Fenouilledes ,  &:  à  Ba file  fon 
abbé.  C’eft  le  plus  ancien  monument  que  nous  connoilîîons  de  cette  ab¬ 
baye,  qu’on  appelloit  faint  Martin  de  Lez^* ,  &  qui  fubliftoit  fans  doute  long-  *  DcLenfc. 
tems  auparavant  :  elle  étoit  fituée  ‘  dans  la  partie  de  l’ancien  diocè/è  de  Nar- 
bonne,  quicompofe  aujourd’hui  celui  d’Alet,  près  de  la  rivicre  d’Aude,  dans  f  ^ 
un  vallon  nommé  Valcarne ,  à  une  demie-lieue  deQiiillan.  Elle  fut  Horiilànte 
pendant  le  IX.  lîecle,  &  dans  les  fuivans;  mais  enfin  ,  les  Ièigneurs  féculiers 
ayant  envahi  fes  biens ,  elle  tomba  peu  à  peu  par  là  dans  le  relâche¬ 
ment.  Bernard  comte  de  Befalu  de  de  Fenouilledes  ,  la  donna  k  en  1070.  à  tpt.p.i(9. 
celle  de  faint  Pons  de  Tomieres  pour  la  réformer],  &  elle  n’eut  plus  depuis  que 
le  titre  de  prieuré  conventuel  :  on  y  voyoit  encore  des  religieux  au  XVI. 
lîecle  avant  les  guerres  des  Religionnaires ,  qui  la  ruinèrent  de  fond  en  com¬ 
ble.  Les  anciens 1  monumens  mettent  au  nombre  de  fes  abbez,  Arnaud  qui  l}ar^c/^‘v-  dt 
avoit  fuccedé  à  Baille  la  XXX.  année  du  regne  de  Charles  le  Simple  ;  Se^  ûZbmée. 
guier  qui  la  gouvernoit  la  IV.  du  roi  Lothairc ,  Ôc  Raoul  qui  vivoit  la  VIII. 
du  regne  de  ce  dernier  prince. 

Charles  le  Simple  après  fon  nouveau  couronnement  à  Reims  ,  réfolut  de  chLXIV-  d 
conquérir®  le  royaume  de  Lothaire,  dont  fes  deux  freres  Louis  &  Carloman  charie"6'^* 
avoient  été  injuftement  dépouillez.  Dans  ce  dcllèin  il  déclara  ,1a  guerre  à  simple  en  fâ- 
Zuentibold  qui  le  pofledoit ,  &  qui  fe  mit  en  état  de  défenlè.  Les  deux  ar-  r^dc'h pri¬ 
mées  étant  en  prelènce  ,  n’attendoient  plus  que  le  lignai  pour  en  venir  aux  vince. 
mains ,  quand  enfin  les  deux  rois  convinrent  d’un  traité  de  paix  dont  nous 
ignorons  les  articles.  p.  ))f. 

On  auroit  fujec  de  croire  que  Charles  tourna  enfuite  fes  armes  contre  Louis 
Tome  II.  E  ij 


g  V.  Mab.  MÀ 
Mnn. 


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6  tr.  'tüÂ. 


dM4 rc.  Hijp. 
p 


}s  HISTOIRE  GENERALE 

- - roi  de  Provence ,  s’il  étoit  confiant  que  deux  diplômes  *  qui  nous  relient  du 

An.  898  .  premjer  ^  &  qui  fonc  datez  de  Vienne  le  premier  de  Novembre  de  l’an  898. 
Man  ml  eu^*ent:  dté  donnez  à  Vienne  en  Dauphiné ,  plutôt  que  dans  quclcjue  palais 
r°yal  °u  mailon  de  campagne  de  meme  nom.  b  Par  l’un  de  ces  diplômes  «, 
bv.vaUf.Mt.  Charles  confirme  en  faveur  d’Arnufte ,  archevêque  de  Narbonne,  l’églifède 
£  08  cette  ville  dans  la  jouiflànce  de  fes  privilèges ,  ôc  des  domaines  qu’elle  avoit 

reçus  des  rois  fes  prédeccfîèurs  }  il  lui  donne  l’abbaye  de  Cubieres  dans  le 
comté  deRafez,  le  fief  de  Juvignac  dans  le  comté  de  Subjlantion ,  &un  village 
ficac  dans  le  territoire  du  château  de  Sauve  dans  le  comté  de  Nifmcs,pour 
en  employer  les  revenus  à  la  réparation  de  l’églife  cathédrale ,  8c  des  autres 
çgüfes  de  Narbonne  qui  tomboienc  en  ruine.  Cette  charte  nous  donne  lieu  de 
remarquer  i°.  que  le  comté  de  Maguelonne  avoit  pris  alors  le  nom  dcSub- 
ftancion,  lieu  où  les  évêques  8c  les  comtes  du  pays  avoient  établi  leur  de¬ 
meure  depuis  la  ruine  delà  ville  de  Maguelonne.  Les  premiers  confervercnt 
cependant  toujours  leur  ancien  titre  :  les  autres  Ce  qualifièrent  indifféremment 
comtes  de  Subftancion  ,  &  de  Melgueil  ou  Mauguio  :  ils  prirent  ce  dernier 
nom  d’un  château  qui  étoit  le  chef-lieu  de  leur  domaine.  i°.  Que  c’eft 
ici  le  plus  ancien  monument  de  notre  connoiflance ,  où  il  foitfait  mention 
de  la  petite  ville  de  Sauve  dans  les  Cevennes ,  autrefois  de  l’ancien  diocèfê 
de  Nifmes,  8c  aujourd’hui  de  celui  d’Alais.  Au  relie  il  paroît  qu’il  y  a  quel¬ 
que  chofe  à  corriger  dans  la  date  de  ce  diplôme,  qui  cft  du  premier  de  Novem¬ 
bre  indiHion  I.  la  VI.  année  du  régné  de  Charles, &  la  JJ.  depuis  qu’il  avoit  fucccdé  i 
Eudes  j  car  l’indiclion  8c  l’année  du  régné  prouvent  qu’il  appartient  à  l’an  898. 
Or  Charles  n’étoit  alors  que  dans  la  première  année  de  Ion  règne  depuis  la 
mort  d’Eudes. 

L’autre  charte  datée  de  Vienne,  regarde  d  l’églife  d’Elne  ou  de  Roufjillon ,  8c 
Riculfe  fon  évêque ,  à  qui  Charles  donna ,  à  la  priere  de  la  reine  Adélaïde 
famere,  pour  la  réparation  de  la  cathédrale  de  cette  ville,  &  des  autres 
églifes  du  diocèfê,  quelques  bénéfices  ecclclialtiques ,  ôcla  moitié  des  droits 
domaniaux  du  comté  de  Rouflillon.  Ces  deux  diplômes  font  datez  de 
l’indi&ion  première ,  ce  qui  prouve  que  nos  rois  n’employoicnt  pas  toujours 
l’indi&ion  Grecque  au  IX.  fiecle. 

Ces  aétes  prouvent  auflî  que  Charles  le  Simple  regnoit  alors  fur  la  Scpti- 
manie  6c  la  Marche  d’Efpagne }  ce  qu’on  voit  encore  par  une  donation  «  faite  à 
l’abbaye  de  Cuîta ,  dans  le  diocèfê  d’Elne ,  la  première  année  du  regne  de  ce 

firince ,  de  plusieurs  terres  6c  églifes  ficuées  dans  la  vallée  de  Confiant ,  par 
a  comteffe  Ermcflînde ,  les  comtes  Rodulfe  6c  Miron  ,  6c  la  comtefîè  Qui- 
fr.w.i  No-  xilo,  qui  y  fouferivirent  avec  le  comte  Wifred.  Ce  dernier  cft f  le mC‘me  que 
tb  l xxx vu.  \>7ifred  le  Velu ,  comte  de  Barcelonne  frere  de  Rodulfe  comte  de  Confiant, 
6c  de  Miron  comte  de  Rouflillon.  Ils  étoient  tous  trois  fils  d’Ermcflinde,  qui  efl 
peut-être  la  même  qui  fit  cette  donation.  Quant  à  la  comtefîè  Quixilo ,  elle 
étoit  femme  fans  doute  de  l’un  de  ces  deux  derniers. 
l_xv.  On  voit  enfin  que  le  roi  Charles  le  Simple  étoit  reconnu  dans  le  Langue- 
Difftrcnddu  doc  au  mois  de  Décembre  de  l’an  898.  par  un  plaid  g  qui  fut  tenu  alors  i 
veT 'l'abbaye  Alfonne  dans  le  diocefe  de  CarcafTonne ,  fur  les  frontières  de  l’ancien  Tou- 
loufain,  6c  qui  eft  daté  de  la  première  année  du  regne  de  ce  prince.  Rai- 
nulfe  abbé  du  château  de  Mallaft  ou  de  Montolieu  ,  fe  plaignit  devant  l’af- 
lèmbléc ,  de  ce  que  Aton  viguier  ou  vicomte  d’Eudes  comte  &  marquis  de 
T ouloufe ,  avoit  envahi  fur  fon  monaftere  les  terres  d’un  village  appelle  Ma- 
gnanac.  Aton  qui  prétendoit  que  ces  terres  dépendoient  d’un  lieu  voilïn 
nommé  Ramelinde ,  qui  étoit  de  fon  domaine  ,  oonvint  d’envoyer  Oliba 
fon  viguier  fur  les  lieux  ,  pour  faire  des  informations  -y  après  lefquelles 
l’abbe  ayant  prouvé  en  prelènce  de  plus  de  vingt  juges  aflemblez  fur  ce 
fujet ,  que  les  mêmes  terres  appartenoient  à  fon  monaftere ,  fuivant  les 
chartes  des  rois  Pépin 6c  Charles,  un  jugement  rendu  par  le  comte  Frede- 
lon,  &  une  enquête  faite  auparavant  devant  Rodegille  viguier ,  l’abbaye  de 
K  Mabil  ai  Montolieu  fut  maintenue  dans  la  pofleffion  de  ce  domaine*.  Un  célébré  h  auteur 
ann.  840.’  ».  qui  fait  mention  de  ce  jugement,  le  rapporte  aux  premières  années  de  Char¬ 
les  le  Chauve  j  mais  il  s’eft  trompé ,  car  il  eft  confiant  qu’Eudes  comte  de 


c  M*rc  ttifi 


vicomte 
tvcc  l’abbay 
de  Montolieu. 

gPr-?*3f- 


*6. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XI. 


57 


Touloufe  qui  vivoic  alors,  ne  pofleda  ce  comté  que  iong-tems  après  iecom-  A  n.  898. 

mencement  du  régné  de  ce  prince.  Il  paroîc  qu’Aton  'vicaire  du  comte 

Eudes ,  étoit  fils  d’un  autre  lèigneurde  meme  nom  a,  vicomte  dans  le  Toulou-  a  v ’■  hôtes 

fain  en  8675  que  ce  dernier,  outre  Aton  II.  dont  nous  venons  de  parler  ,  x£x#i.  ^ 

lequel  fut  probablement  la  tige  des  comtes  héréditaires  de  Touloufè,  de 

Milhaud  en  Rouexgue  ,  &  de  Gevaudan ,  eut  un  autre  fils  nommé  Bernard , 

qui  a  donné  l’origine  aux  vicomtes  d’Albi ,  de  Nifmes  ,  &  de  Laurrec. 

Charles  le  Simple  &.le  roi Zuentibold  confirmèrent  b  l’année  fuivante  Je  trai-  lxvi. 
té  qu’ils  avoient  déjà  conclu.  Charles  étoit  alors  aux  environs  de  Reims  dans  d;  ^evscaudc 
le  palais  de  Tumus  ou  T orn  ,  que  quelques-uns  ont  pris  pour  T urin  en  Piémont,  Charies/cSim- 
mais  dont  la  véritable  fituation  étoit  fur  la  riviere c  d’Aiine  ,à  l’endroit  qu’on 
appelle  aujourd’hui  la  Tour,  ou  du  moins  fiir  la  d  Sare.  Ce  prince  donna  dans  dcdîvcrs ’icî- 
ce  palais  divers  diplômes  en  faveur  des  egliies  8c  des  particuliers  de  la  Se-  gneurs  de Scp- 

ptimanie  &  de  la  Marche  d’Efpagne  ,  depuis  le  2  p.  de  Mai,  jufqu’au  14.  Juin,  ainanle' _ _ 

Indicé  ton  IJ.  la  VJ  J.  anncc  de  fon  régné  3  &  la  IJ.  depuis  fa  fuccejjion  aux  états  du  8  pp. 
roi  Eudes  *  ce  qui  convient  parfaitement  à  l’an  8pp.  b  ^ nnai  Met. 

Servus-Dei  évêque  deGironne*,  y  obtint  la  confirmation  des  privilèges  c 
de  fon  églife ,  8c  Durand  f  abbé  de  Notre-Dame  d’Orbieu  ou  de  la  Gra lie ,  qui 
fe  trouvoit  alors  à  la  cour,  cejlc  de  tous  les  domaines  que  fon  abbaye  poil  S9?M 
fedoit  dans  les  pays  de  Carcaflonne ,  Narbonne,  Confiant  &  Raièz  ,  &  dans  *.*7"*  ^ 
les  autres  provinces.  Il  cft  fait  mention,  entre  ces  domaines,  de  l’égliiè  deiaint  -e  Jb}J  p 
Pierre  8c  fàint  Paul  dans  Pille  de  Lac,  au  territoire  de  Narbonne,  que  le  le-w. 
comte  Wifred  avoit échangée  avec  Fredol  archevêque  de  cette  ville,  8c  de  r/Pr'p 
deux  autres  églifcs  fituées  dans  le  Rafcz  &;  le  pays  de  Pierrc-Pertuiê  ,  que  J‘q' 

U  comte  Ohba  de  Donne  mémoire ,  avoit  données  à  fa  même  abbaye. 

Arnufte  archevêque  de  Narbonne  &  de  Rafcz^,  qui  le  trouvoit  alors  à  la  cour 
de  Charles  le  Simple ,  obtint  de  ce  prince  deux  diplômes  g  datez  du  même  pa-  g  Pr ,7e$. 
lais  le  6.  de  Juin.  L’un  qui  eft  adrcllë  à  tous  les  marquis ,  comtes,  ducs,  vi-Aî- 
guiers,  juges,  &c.  regarde  les  immunitez  des  ecclefiaftiques  de  la  province 
de  Narbonne,  fur  lelquelsccs  officiers  failoicnt  diveriès  exactions,  8c  qu’ils 
contraignoient  de  férvir  de  caution,  de  comparaître  aux  tribunaux  feculicrs, 
d’affifter  aux  plaids ,  8cc.  Le  roi  défend  de  vexer  ces  ecclefialtiques ,  8c  or¬ 
donne  que  déformais  leurs  affaires  /croient  jugées  par  les  évêques  ,  con¬ 
formément  aux  canons.  L’autre  charteh  cft  particulière  à  l’égli/e  de  Narbon- 
ne,  que  Charles  lur  les  reprelentations  du  même  Arnufte,  8cà  la  prière  deyf  ' 
la  reine  Adélaïde  la  mere  ,  confirma  dans  fes  anciens  domaines,  8c  dans  ceux 
que  l’archevêque  Sigebode  avoit  obtenus  des  rois  Louis  Ion  pere,  &Cario- 
man  fon  frere  ,  fes  predcccllèurs.  Ces  derniers  domaines  confiftoient  entr’. 
autres  dans  l’abbaye  de  faine  Laurent  fur  la  riviere  de  Nielle  ,  que  Carlo- 
man  «avoit  unie  à  l’églife  de  Narbonne.  Charles  confirma  k  cette  union  ,  à  1  KPr’/’1®' 
la  charge  que  l’archevêque  entretiendroit  une  communauté  de  religieux  dans^Pr'^'}8  <^ 
ce  monaftere  ,  &  fournirait  i  leur  fûbfiftance.  Il  unir  aulfi  à  la  même  églife 
l’abbaye  de  Cubieres  dans  le  comté  de  Rafez ,  8c  celle  de  Bagnols  dans  ce¬ 
lui  de  Befalu ,  8c  lui  donna  «  toutes  les  terres ,  maifons  ,  vignes  ,  8c  autres  « 
biens  fonds  que -les  Juifs  pofledoient  dans  le  comte  de  Narbonne,  &  donr  on  « 
avoit  accoutumé  de  payer  la  dixmc  ,  de  quelque  maniéré  qu’ilsen  eufïènt  « 
fait  l’acquifition  :  »  ce  qui  noi^f  donne  lieu  de  remarquer  que  les  Juifs  de  la 
Septimanie  ne  jouiffoient  plus  alors  ,  comme  fous  le  règne  de  Louis  le  Dé¬ 
bonnaire  ,  du  privilège  de  pouvoir  poffèder  des  immeubles.  Au  refte  oh  voit 
par  ce  diplôme,  que  Péglife  de  Narbonne  étoit  toujours  réduite  à  une  gran¬ 
de  pauvreté  5  que  la  cathédrale  8c  les  autres  égli/es  de  la  ville  menaçoient 
une  prochaine  ruine  ,  8c  que  le  comte  de  Beziers  polîèdoit  les  biens  qu’il 
avoit  ufurpez  fur  Péglife  de  faint  Paul ,  de  même  que  fous  le  régné  de  Louis  le 
Begue  8c  de  Carloman  qui  en  avoient  ordonné  la  reftitution ,  &  uni  divers 
bénéfices  d  Péglife  de  Narbonne,  pour  la  réparation  de  la  cathédrale  &  des 
autres  eglifès  :  preuve  de  la  foiblefiè  du  gouvernement  }  &  que  nonobftant 
tous  les  bienfaits  que  les  églifes  recevoient  alors  de  nos  rois,  elles  n’en  étoient 
pas  plus  richesse  qui  provenoit  fans  doute ,  de  l’autorité  que  les  grands  vafiâux’ 
qui  avoient  ufurpe  les  biens  ecclefiaftiques ,  s'étoient  arrogée. 


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Aft.  899. 

a  Marc.HiJp . 

>•8  y.&feq. 

*  Rofllüonen- 

4a. 


b  Spicil.  torn. 
ÏJ.  p.  1  tff.  <$• 
/'?• 

V  Màb.adann. 
*97  *.i$. 


t  Marten. 
Anecd.  to #  i,/# 
5*. 


LXVtl. 
Guillaume  le 
Pieux  marquis 
tic  Gothie  fait 
un  voyage  à  la 
cour. 

d  Mob.  ad 
ann.  S99.  & 
*ci.SS.Ben.  to. 

f-M-  . 

e  V  to.  1  NO¬ 
TE  LXXXVII. 
n.yy&fcq. 

( S  Odo  vit.  S. 
Gerald  p.  67. 
&/“}■ 

g  Ibid.  lie. 

&feq.  V.  not, 
Cbefn , 


h  Ibid.l.  1.  p. 
200. 


i  Ibid. 

Adem.  Cab.p. 


38  HISTOIRE  GENERALE 

Charles  accorda  le  même  jour  un  troilléme  diplôme  à a  la  recommanda¬ 
tion  d’Arnufte  archevêque  de  Narbonne  ,  en  faveur  de  l’églife  de  RouffiL 
Ion  *  ,  dédiée  fous  l’invocation  de  fainte  Eulaiie.  Ce  prince  permet  à 
Riculfe  fon  évêque  de  faire  des  acquifitions  dans  tout  fon  royaume  de  Go -- 
■thie  ou  d‘  Efpagne ,  &  donne  la  moitié  des  droits  domaniaux  dans  toute  l’é¬ 
tendue  des  pays  de  Rouflillon  &  de  Confiant  qui  formoient  le  diocèfe  de  ce 
prélat,  Sc  enfin  tout  ce  que  le  fife  étoit  en  droit  d’exiger  des  Elpagnols  réfu¬ 
giez,  appeliez  Hoftolenfes ,  qui  habiroient  fur  les  terres  de  cette  églife.  On 
voit  par  là  que  la  Septimanie  ou  Gothie  portoit  encore  alors  le  titre  de  royau¬ 
me  ,  Sc  que  la  ville  d’Elne  s’appelloit  RouJJillon  comme  le  pays ,  dont  elle  étoit 
capitale.il  eftfait  mention  dans  cette  charte  des  terres  que  le  comte  Miron  avoit 
données  à  la  même  églife. 

Charles  en  donna  une  quatrième  le  6.  dejuin  b  dans  le  même  palais  deTom , 
pour  confirmer  dansfes  privilèges  l’abbaye  deS.Agnan  confeffcur,&:deS.Laurenc 
martyr,  fituéedans  le  lieu  d ’Olocian,  au  diocèlè  de  Narbonne,  &  dont  Bera 
étoit  abbé.  Cette  abbaye  n’eft  pas  differente  de  celle  de  faint  Chignan , 
qui  appartient  aujourd’hui  au  diocèfe  de  faint  Pons ,  Sc  à  laquelle  on  avoit 
uni  depuis  peu  çelle  de  faint  Laurent  de  Vernozoubre,  lîtuée  dans  le  voi- 
finage. 

Enfin  Charles  étoit  encore  au  palais  deTom  le  14.  dejuin.  Il  y  donna  alors 
un  diplôme  «par  l’entremife  de  la  reine  Adélaïde  fa  mere,  &  à  la  demande 
d’Arnufte  archevêque  de  Narbonne  ,  pour  confirmer  un  de  les  vaflaux  nom¬ 
mé  Etienne,  Sc  Anne  la  femme  ,  dans  la  pofleflion  d’un  grand  nombre  de 
terres,  Sc  de  plufieurs  églifes  fituées  dans  les  pays  &  comtez  de  Narbonne, 
■de  Rouflillon ,  d’Empurias  &  de  Minervois  ,  avec  le  privilège  de  les  pofleder 
héréditairement  en  alleu  Sc  en  toute  liberté.  Etienne  defeendoit  fans  doute  de 
quelqu’un  de  ces  Efpagnols  réfugiez  dans  la  Septimanie ,  en  faveur  defquels 
Charlemagne  &  Louis  le  Débonnaire  accordèrent  en  hérédité  diverfes  terres 
incultes  du  domaine  de  cette  province. 

Guillaume  le  Pieux  comte  d’Auvergne  ,  marquis  de  Gothie  ,  Sc  duc  d’A¬ 
quitaine  ,  follicita  d  en  même  tems  auprès  de  Charles  un  diplôme  en  faveur 
de  l’abbaye  d’Aurillac ,  fondée  quelques  années  auparavant  par  faint  Ge- 
raud ,  qui,  à  ce  qu’il  paroît  e  ,  étoit  fon  parent,  &  avec  lequel  il  avoit  du 
moins  des  liaifons  très-étroites.  Geraud  étoit  d’une  { naiffance  très-illuftre  ; 
Sc  avoit  été  élevé  dans  fajeunefle  fous  les  yeux  de  Bernard  comte  D’Auver¬ 
gne  ,  qui  dans  le  tems  de  fà  mort  lui  recommanda  le  même  Guillaume  fon 
fils  alors  encore  jeune.  Geraud  vécut  toujours  dans  une  grande  union  avec 
ce  dernier  ,  qu’il  regardoit  comme  fon  fils  ;  il  y  eut  cependant  une  occa- 
fion  où  ils  faillirent  à  fe  brouiller  :  la  voici. 

Suivant  l’ufage  établi  à  la  fin  du  IX.  fiecleg,  les  ducs  Sc  les  comtes,  qui 
à  la  faveur  des  troubles  du  royaume,  s’étoient  érigez  en  fouverains  des  pays 
dont  auparavant  ils  n’étoient  que  fimples  gouverneurs ,  tâchoient  par  toutes 
fortes  de  moyens  de  s’aflujettir  les  vaffaux  immédiats  du  roi ,  8c  les  obli- 
geoient  à  fe  foumettre  à  leur  propre  fuzeraineté.  Guillaume  fe  conformant 
à  cet  ufage ,  n’omit  rien  pour  engager  Geraud  qui  étoic  feigneur  ou  comte 
d’Aurillac  à  fe  déclarer  fon  vafTal  ;  mais  celui-ci ,  quelque  dévoué  qu’il  fût  à 
ce  duc ,  n’y  voulut  jamais  confèntir ,  ce  qui^aufa  quelque  refroid iftèment 
entr’eux.  Tout  ce  que  Guillaume  put  obtenir,  fut  que  Geraud  confêntit 
que  Rainald  fon  neveu ,  Sc  un  grand  nombre  de  gentilshommes  qui  rele- 
voient  de  lui,  reconnuflènt  ce  prince  pour  leur  feigneur.  Rainald  étoit  fils 
d’Avigernc  ,  fœur  de  Geraud  h ,  8c  frere  de  Benoît  vicomte  de  Touloufe  donc 
nous  parlerons  ailleurs. 

Saint  Geraud  8c  le  duc  Guillaume  vécurent  depuis  en  très-bonne  intelli¬ 
gence  ,  Sc  le  premier  fervit  fous  les  enfeignes  de  l’autre ,  qui  pour  marque  de 
la  confideration  qu’il  faifoit  de  fa  perfonne ,  lui  offrit  ‘  fa  fœur  en  mariage. 
Ermengarde,  mere  de  Guillaume,  iouhaitoit  extrêmement  cette  alliance; 
mais  l’amour  que  Geraud  avoit  pour  le  célibat  la  lui  fit  refufer ,  Sc  il 
s’adonna  entièrement  aux  œuvres  de  pieté.  L’attachement  qu’il  avoit  pour  les 
intérêts  de  Guillaume  le  Pieux,  Sc  du  jeune  Ebles  fils  de  Rainulfe  II.  comte 


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DE  LANGUEDOC.  Ltv.  XI. 


39 


de  Poitiers  l’obligea  cependant  de  prendre  les  armes  *  contre  Ademar,  à  An.  899. 
qui  le  roi  Eudes  avoit  donné  ce  comté  y  '  8c  qui  foutenu  d’Adalelme  fon  a  rn.s.Gtr*u- 
frere,  lui  déclara  la  guerre.  Geraud  la  foutint  avec  fuccès  par  une  prote-  fv^jtchèjn. 
cfion  toute  vifible  du  ciel  j  mais  il  fe  vit  à  peine  délivré  de  fes  ennemis,  j>. 
que  fou  unique  foin  fut  de  s’exercer  dans  la  pratique  des  vertus,  8c  d’affer¬ 
mir  la  fondation  du  monaflere  d’Aurillac  qu’il  avoit  bâti  dans  fon  pro¬ 
pre  fonds.  Il  y  naU  des  religieux  tirez  de  l’abbaye  de  Vabres  en  Rouergue, 

&  Guillaume  le  Pieux  obtint  en  &  faveur  du  roi  Charles  le  Simple ,  le 
diplôme  qui  a  donné  lieu  à  cette  digreffion. 

Ce  duc  alla  peut-être  à  la  cour  pour  folliciter  du  fècours  contre  les  Sara-  LXVInîje, 
fins,  qui  au  rapport  d’un  ancien  hiftorien  b  ,  firent  en  899.  une  irruption 
dans  les  Gaules,  &  qui  durent  par  conféquent  pénétrer  dans  la  Gothie  dont  roideProven- 
Guillaumc  poflèdoit  le  roarquifat ,  à  moins  que  cet  auteur  ait  voulu  parler  feu-  «ft 

lemcnc  de  quelques  çourfes  des  infidelles  qui  s’étoienC  cantonnez  dans  les  couronné  cm- 
montagnes  de  Provence ,  8c  qui  pendant  l’abfence  de^Louis  roi  de  e  Pro-  Pcreur- 
vence,  peuvent  avoir  fait  de  nouvelles  entreprifes  entre  le  Rhône  &  les  Al- 
pes.  Ce  prince  paflàen  effet  en  Italie  vers  le  printems  de  l’an  899.  après  mi.  lM.  f. 
la  mort  de  l’empereur  Lambert,  qui  difputoit  le  royaume  de  Lombardie  à  II*- 
Berengei.  11  y  fut  appelle  par  les  ennemis  du  dernier,  dont  le  principal  c  LuUpr.h- 
étoit  Adelbert  marquis  d’Y  vrée  fon  propre  gendre.  Louis  accepta  d’autant  'aZm.nZftn. 
plus  volontiers  l’offre  qu’on  lui  fit  de  la  couronne  de  Lombardie ,  qu’il  pré-  «-O?- 
tendoit  y  avoir  droit  par  fa  mere,  fille  de  l’empereur  Louis  II.  mais  il  eut  ^kqtzv.' 
à  peine palfé  les  Alpes,  que  Berenger  ayant  marché  à  là  rencontre  à  la  tête 
d’une  année  fuperieure  à  la  Tienne ,  il  n’olà  l’attaquer ,  6c  s’eftima  heureux 
d’obtenir,  par  un  traité  qu’ils  conclurent  enfemble,  la  liberté  de  retourner 
en  Provence,  après  s*ètre  engagé  par  ferment  à  ne  plus  remettre  le  pied  dans 
l’Italie,  &  avoir  renoncé  pour  toujours  au  thrône  de  Lombardie. 

Cet  événement  ne  rendit  pas  les  ennemis  de  Berenger  plus  fournis.  Ils  fonge- 
rent  alors  à  offrir  le  royaume  de  Lombardie  à  Arnoul  empereur  6c  roi  de 
Germanie }  mais  celui-ci  étant  mort  e  à  la  fin  de  l’an  899.  6c  Louis  fon  fils  c  Annal- Met- 
&  fon  fucceflèur  âgé  feulement  de  fept  ans  ,  fe  trouvant  hors  d’état  de  ;X/.r«w. 
les  foutenir,  ils  i  appelèrent  de  nouveau  Louis  roi  de  Provence.  Adelbert  P-f5*4.  , 

marquis  de  Tofcanc  ,  l’un  des  plus  puilîàns  princes  d’Italie  ,  étoit  alors  ReginMU.'  ^ 
mécontent  de  Berenger,  ce  qui  fit  qu’il  promit  à  Louis  de  l’aider  de  toutes 
fes  forces.  Sur  cette  promefîe,  ce  dernier  malgré  fon  ferment  ,  repaffà  les 
monts  au  printems  e  de  l’an  900.  fuivi  d’une  armée  bien  plus  nombreufe  que  8  K0TE  v- 
celle  qu’il  avoit  amenée  dans  fa  première  expédition.  Ses  armes  furent  aufïï 
plus  heureufes  :  d’abord  il  fe  rendit  maître  d’une  partie  de  la  Lombardie ,  6c 
rorqa  enfin  Berenger  à  abandonner  Pavie  qui  en  étoit  la  capitale.  Il  fit 
enfuite  un  voyage  à  Rome  ,  où  il  fut  couronné  empereur  au  mois  de  Février 
de  l’année  h  luivante  par  le  pape  Benoît  IV. 

Louis  apres  fon  couronnement  retourna  à  Pavie  ,  6c  continua  la  guerre 
contre  Berenger ,  qu’il  obligea  à  fe  retirer  en  Bavière  vers  la  fin  de  l’autom¬ 
ne  de  l’an  901.  L’année  fuivante  au  mois  de  Juillet,  ce  dernier  ayant  appris 
que  l’autre  étoit  alors  brouillé  avec  Adelbert  marquis  de  Tofcane,  repaffà 
les  Alpes,  s’avanqa  fecretemenc  à  la  faveur  de  la  nuit  vers  la  ville  de  Véro¬ 
ne  où  Louis  étoit  alors ,  6c  ayant  gagné  les  fentinelles ,  il  fe  faifit  de  fa  per- 
fonne.  Il  lui  accorda  cependant  la  vie  avec  la  liberté,  mais  il  lui  fit  crever 
les  yeux,  ôc  le  renvoya  enfuite  en  Provence.  Louis  ,  forcé  d’abandonner  la 
Lombardie ,  après  un  régné  de  trois  ans ,  ôc  d’en  laiffer  la  couronne  à  fon 
.concurrent ,  vint  établir  là  réfidence  à  Vienne  fur  le  Rhône.  Il  conferva  le 
titre  d’empereur  avec  le  royaume  de  Provence  lerefte  de  fa  vie ,  qui  fut  beau¬ 
coup  plus  longue  ‘  que  divers  modernes  ne  l’ont  cru.  Il  paroît  même  qu’il  i  au. 
fut  reconnu  empereur  dans  Rome  jufqu’en  9 16.  que  Berenger  trouva  moyen 
de  s’y  faire  donner  la  couronne  impériale  par  le  pape.  Louis  de  retour  de 
fes  états  en  deqa  des  Alpes ,  gouverna  par  les  miniftres  le  royaume  de  Pro¬ 
vence,  qui  comprenoit,  comme  on  l’a  déjà  remarqué ,  la  partie  orientale  du 
Languedoc,  c’eft-à-dire  les  diocèfes  de  Viviers  k  6c  d’Ufez,  avec  la  partie  de  k au. 
ceux  de  Vienne ,  de  Valence ,  d’Avignon  ôc  d’Arles,  fituée  en  deqa  du  Rhône. 


901. 

h  NOTE  itid- 


901. 


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An.  901, 


Lxm. 

Concile  dJA- 
fïllanaudiocd- 
ïc  de  Narbon¬ 
ne. 

a  Pr.f. 41. 


*  Examen  ju- 
dicii. 


y 


b  Marc.Hifp- 
V.  NOTE  J  V. 


LXX. 

Comtes  de 
Rouflillon. 
c  Marc.  Hifp. 
f-  835- 


c  Marc.  Hifp , 

MJ  9-&M- 


40  HISTOIRE  GENERALE 

Les  entreprifes  continuelles  des  Normans  dans  les  provinces  fituées  au 
nord  du  royaume,  ne  permirent  pas  fans  doute  à  Charles  le  Simple  de  faire 
valoir  fes  droits  fur  cette  ancienne  partie  de  la  monarchie ,  ni  d’inquieter 
Louis. 

Quoique  la  Provence  &  la  Septimânie  fufïènt  fous  la  domination  de  diffè- 
rens  princes,  ces  provinces  ne  laifloient  pas  neanmoins  de  communiquer  cn- 
tr’elles.  C’eft  ce  qu’on  voit  en  particulier  dans  le  concile  qui  fut  tenu  dans  * 
l’églifè  de  faint  Etienne  d’Attilian  au  diocèfe  de  Narbonne  le  15.  de  Juin 
de  l'an  902 .  la  jy.  année  du  régné  de  Charles  après  la  mort  d'Eudes ,  &  auquel 
R oftaign  archevêque  d’Arles ,  gelés  autres  évêques  de  Provence  aflifterent.  Le 
lieu  d’Attilian,  où  ce  concile  fut  tenu  ,  n’eft  pas  fans  doute  different  de  la 
petite  ville  d’Azille  ou  Azillan ,  fituée  fur  les  frontières  des  diocèfes  de 
Narbonne  &  de  faint  Pons.  Arnufte  archevêque  de  Narbonne  préfida  au 
concile  ,  auquel  les  évêques  de  Gothie  &  d'EJpagne  fes  comprovinciaux  Ce 
trouvèrent ,  ce  qui  confirme  ce  que  nous  avons  remarqué  ailleurs ,  fqavoir 
que  depuis  la  féparation  de  la  Septimânie  d’avec  la  Marche  d’Efpagne ,  le 
nom  de  Gothie, commun  à  ces  deux  provinces  lorfqu’elles  ne  fdrmoient 
qu’un  même  gouvernement ,  fut  reftraint  à  la  première. 

Le  concile  d’Attilian  jugea  un  différend  qui  étoit  entre  Tetbaldus  prêtre 
titré ,  c’eft-à-dire  curé  de  fainte  Marie  de  Vie  ,  autrement  de  Quarante  au 
diocèfe  de  Narbonne ,  &  un  diacre  appelle  Theodoric  qui  vouloir  afTujettir 
cette  églifè  pour  les  dixmes,  les  prémices  &  les  oblations  ,  à  celle  de  fainte 
Eulalie  de  Cruzi.  Tetbaldus  pour  prouver  l’indépendance  de  l’églifè  de  Qua¬ 
rante,  envoya  un  homme  à  la  cathédrale  de  Narbonne  pour' y  fubiren  fon 
nom,  ce  qu’on  appelloit  alors  C  examen  *  du  jugement  ,  qui  fe  faifoit  par  l’é¬ 
preuve  du  feu*ou  de  l’eau  froide.  Arnufte  archevêque  de  Narbonne,  à  qui, 
lùivant  les  aftes ,  appartenoit  l’infpeétion  fur  les  égliles  de  fon  diocèfe  ,  &  qui 
avoit  la  principale  autorité  dans  le  concile  pj  ayant  rendu  témoignage  qud  cet  hom¬ 
me  étoit  forti  fain  &  fauf  de  cette  épreuve ,  les  évêques  décidèrent  en  faveur 
de  Tetbaldus,  &  déclarèrent  l’églifè  de  Notre-Dame  de  Quarante  indépen¬ 
dante  de  celle  de  Cruzi.  Celle-ci  eft  aujourd’hui  du  diocefe  de  faint  Pons. 
L’autre  qui  appartient  à  celui  de  Narbonne,  fut  érigee  depuis  en  abbaye, 
&  habitée  par  des  chanoines  réguliers. 

De  tous  les  évêques  qui  aflifterent  au  concile  d’Attilian ,  nous  n’avons  que 
les  fouferiptions  d’Arnufte  archevêque  de  Narbonne,  &  de  quatre  évêques 
qui  ne  marquent  pas  leurs  fieges  j  fçavoir ,  Servus-Dei ,  Riculfe ,  Nantigife ,  & 
Agambertj  mais  excepté  l’éveché  de  ce  dernier,  les  trois  autres  nous  font  con¬ 
nus  d’ailleurs.  Nantigife  étoit  évêque  d’Urgel ,  Servus-Dei  de  Gironne,  &  Ri¬ 
culfe  d’Elne  ou  de  Roulfillon.  Ce  dernier  avoit  fait  un  voyage  à  Rome  b  au 
mois  d’Ocfobre  de  l’an  897.  ôc  avoit  obtenu  de  Romain ,  qui  flegeoit  alors  fur 
la  chaire  de  faint  Pierre  ,  la  confirmation  des  donations  faites  à  fon  églife , 
entr’autres  par  Miron  comte  de  Rouflillon. 

Ce  comte  vivoit  encore  au  mois  de  Juillet  de  la  IV.  année  de  Charles  le 
Simple,  ou  de  l’an  901.  &  rendit  c  alors  un  jugement  en  faveur  de  l’abbaye 
de  Cuxa.  Comme  il  n’eft  plus  parlé  de  lui  dans  la  fuite ,  il  y  a  lieu  de  croire 
qu’il  mourut  peu  de  tems  après.  Quoi-qu’il  paroifle  que  les  comtes  de  Rouf- 
fillon  fes  fucccfTeurs  fufïènt  de  fa  famille  ,  qui  étoit  la  même  que  celle  des 
comtes  de  Barcelonne  ,  nous  ne  connoiflons  pas  bien  cependant  leur  defeen- 
dance.  Nous  trouvons  d’abord  un  comte  nommé  Radulphe  ou  Raoul,  qui 
de  *  concert  avec  Ralinde  fon  époufe,  donna  la  VI.  année  du  régné  de 
Charles  le  Simple,  ou  l’an  904.  à  l’abbaye  de  la  Graflè,  le  lieu  de  Padil-'' 
landans  le  Rouflillon.  Nous  ne  doutons  pas  qu’il  ne  file  comte  de  ce  pays, 
&  peut-être  eft-il  le  même  que  Raoul  comte  de  Confiant  qui  aura  fuccedé 
à  fon  frere  Miron  ,  dans  le  comté  de  Rouflillon.  On  voit  par  la  même 
donation  du  comte  Raoul,  qu’il  avoit  alors  un  fils  nommé  Oliba.  Nous  igno¬ 
rons  fi  celui-ci  lui  fucceda  dans  fes  dignitez..  On  trouve  « enfuite  Bencion  & 
Gausfred,  freres  dAlmerade  évêque  d’Elne,  qui  poflèdoient  le  Rouflillon  par 
indivis  en  916.  Le  premier  mourut  vers  le  même  tems ,  &,  à  ce  qu’il  paroît, 
fans  pofterité }  car  Gausfred  fon  frere  ,  qui  lui  furvêcut  long-tems  ,  jouir 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XI. 


4* 


du  comté  de  Rouflillon  en  entier.  On*conje<fture  qu’ils  étoient  fils  du  comre  An.  902. 
Suniarius,  6c  d’£rmengarde  donc  le  même  Gaufbert  fait  mention  dans  une  g 

charte b  de  l’an  9  3  o.  On  peut  encore  conjecturer  qu’ils  écoient  proches  parens  *  '  5 

des  comtes  de  Carcaffonne  ôc  de  Rafez  qui  vivoient  alors ,  6c  parmi  lefquels  on 
trouve  les  noms  d’Oliba  8c  deBencion. 

L’alliance  que  Guillaume  le  Pieux  duc  d’Aquitaine ,  marquis  de  Gothie 
&  comte  d’Auvergne ,  avoir  contractée  avec  l’empereur  Louis  l’Aveugle  ,  donc 

il  avoir  époufé  la  foeur  nommée  Ingelberge  ,  contribua  fans  doute  beaucoup  Louis  l'Avcu- 

"  .  '  ‘  ’  "  '  ;Jc  avecGuil- 

umcIcPicux. 


b  P.  8 4<- 
c  V.  tcm.  x. 
N.  LXXXVU. 
n.  109. &feq • 
LX  XI. 
Alliance  de 
l'cmpcrcur 


d  Matil.  gd 


e  BaIuz.Auv. 


xo. 


h  Pr.p. 43. 
903. 


i  Pr.p.43. 


LXXIf. 
Royaume  de 


à  affermir  le  dernier  fur  le  thrône  de  Provence)  8c  à  maintenir  l’autre  dans 
l’autorité  qu’il  s’étoit  acquife  par  fes  dignitez,  fur  une  grande  partie  du  royau¬ 
me.  L’union  qui  écoi  tenir 'eux  parole  en  particulier  par  un  diplôme  que  Louis 
étant  d  à  Vienne  fur  le  Rhône  au  mois  de  Novembre  de  l’an  902.  peu  de  amJcZn.  îÿ 
tems  après  Ion  retour  d’Italie ,  accorda  à  la  priere  de  Guillaume  duc  &  mar~ 
qui  s ,  en  faveur  de  Bernard  6c  Teutberc  fes  valîaux,  à  qui  il  donna  l’abbaye 
d’Ambierle  dans  le  Forez ,  à  la  droite  du  Rhône.  Le  royaume  de  Provence 
s’étendoit  donc  alors  jufques  dans  ce  pays. Quant  à  l’époque  du  mariage  de  Guil 
laume  le  Pieux  avec  Ingelberge  foeur  de  Louis,  on  «  convient  qu’il  ne  fe  fît  tc.j.p.u. 
qu’après  l’an  8  8  6.  6c  fans  doute  même  plufieurs  années  après ,  puifqu’il  paroît 
certain f  que  cette  princefîè  étoit  fille  d’Ermengarde  fécondé  femme  de  Bozon  nf 
roi  de  Provence ,  que  ce  prince  n’époufa  qu’en  876.  Auffi  n’avons-nous  s  aucun 
monument  qui  prouve  que  Guillaume  le  Pieux  &  Ingelberge  ayentété  mariez  l- 
avant  l’an  898. 

Louis ,  frere  de  cette  princefle ,  fit  un  voyage  à  h  Lyon  au  mois  de  Septem¬ 
bre  de  l’an  903.  8c  y  donna,  à  la  recommandation  du  comte  Teutberc,  dont 
on  vient  déparier,  à Amelius évêque  d’LJfez [on  vafîaf  le  lieu  de  Fretus ,  6c 
J’églife  de  faint  Remi  dans  le  comté  d’Avignon:  nouvelle  preuve  que  Louis 
l’Aveugle  étendoit  fa  domination  à  la  droite  du  Rhône.  Il  paroît  d’ailleurs  » 
que  ce  prince  étoit  maître  du  Vivarais.  O11  voit  par  là  que  ce  pays,  8c  celui 
d’Ufez  étoient  alors  frontières  du  royaume  de  Septimanie. 

Il  eft  fait  mention  de  ce  dernier  royaume  dans  une  charte  du  roi  Charles  k  le 
Simple  du  23.  de  Juin  de  l’an  904.  par  laquelle  ce  prince ,  à  la  recommanda-  ; 
tion  de  Robert,  frere  du  roi  Eudes,  donne  en  propriété  à  un  de  fesvaffaux 
nommé  Theodofc,  tant  pour  lui  que  pour  fa  pofterité,  plufieurs  terres  qui  f 
appartenoient  au  fife  dans  le  pays  de  Narbonne ,  8c  dans  les  comtez  de  Rouf.  ^ 0 4. 

fillon  8c  de  Bezalu,avec  la  liberté  défaire  des acquifitions  dans  tout fon royau¬ 
me  de  Gothie  ou  de  Septimanie .,  fans  être  ajfujctti  à  aucun  fervice.  Charles  fou- 
mec  en  meme  tems  tous  ceux  qui  failoient  leur  demeure  dans  ces  terres  ,aux 
mêmes  corvées  8c  obligations  à  l’égard  deTheodofè  5c  de  fes  fucceflèurs ,  aux¬ 
quelles  les  Efpagnols  réfugiez, ou  autres  valîaux  ,  étoient affujettis  envers  les 
comtes  du  pays.  Un  privilège  fi  fingulier 1  prouve  que  ce  feigneur,  dont  on 
ne  connoîc  pas  l’origine ,  étoit  un  perfonnage  de  confideration. 

Cette  charte  prouve  auffi  que  le  royaume  de  Gothie ,  ou  de  Septimanie  dont 
il  eft  parlé  dans  divers  autres  monumens  m  du  X.  fiecle,  s’étendoit  en  deçà  6c  ïw*. 
en  delà  des  Pyrénées,  6c  qu’il  comprenoit  non-feulement  la  Septimanie  pro¬ 
pre,  ou  partie  du  Languedoc  avec  le  Rouffillon  ,  mais  encore  la  Marche  DBa/ut_ 
d’Efpagne  ou  Catalogne ,  contre  le  lèntimenc  d’un  moderne  n  qui  paroît  fou-  com.i  d Jd.’p, 
tenir  que  le  feul  diocèfe  d’Urgel ,  dans  la  Marche  d’Efpagne  ,  étoit  compris  6-&Mq- 
dans  ce  royaume.  Au  refte  la  charte  donjon  vient  de  parler  eft  datée  devien¬ 
ne,  ce  qui  pourroit  peut-être  faire  croire  que  Charles  le  Simple  s’étoit  avancé 
alors  du  côté  du  Rhône  pour  faire  la  guerre  à  Louis  roi  de  Provence.  Mais 
outre  que  nous  trouvons  en  Champagne  un°  palais  appellé  Vienne  où  Charles  lxxiii 
aura  été  plus  vrailèmblablement ,  les  entreprifes  continuelles  que  les  Normans  Rérabiifle- 
faifoient  en  ce  tems-là  dans  l’interieur  du  royaume  ,  ne  permettoient  gueres  à  bàyed^'orc^ 
ce  prince  de  s’engager  dans  une  pareille  expédition.  P  Mab.adann. 

On  croit  que  ces  pirates  detruifirent  vers  le  même  tems  le  monaftere  de  8*°'  ”•  & 

fainte  Marie  de  Soreze  dans  leTouloufain.  On  fçaitp  du  moins  que  l’églife  de  g aii.chafl. 
ce  monaftere  avant  été  confumée  par  le  feu,  Walefride  qui  en  étoit  abbé  ,  no,v ■  td-  •,  l- 
6c  les  religieux  ,  vendirent  pour  la  reparer,  la  cinquième  annee  du  régné  ^.mpr.p.i  70. 
de  Charles  le  Simple  en  Aquitaine,  ou  vers  l’an  903.  le  lieu  6c  prieuré  de  ©’M- 
T  ome  IJ.  F 


1  V.  Marc. 
Mft-Ï  377- 


o  V.  Valef%  not . 
Gall. 


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A  N.  905. 

*  CcIIa  Mc. 


LXXIV. 
Mort  d’Acfrcd 
comte  de  Car- 
calîonne  &  de 
Rafez.  Scsluc- 
cciîcurs  dans 
ces  comtez. 
*Pr.p. 43  & 

te- 


906. 


b  V.to.  1. NO¬ 
TE  L  XXX  VU. 
n.  108. 


c  Labbe  Mef- 
Ung.p.i  10. 

Baluz ..  4uv. 
tom.L.p.n. 


d  V.  to.  x  .NO¬ 
TE  LXXXVII. 
n.  IOf.  &fcq. 
cPr.p.i9. 

LXXY. 

Conciles  de 
Bareelonne  & 
cS.Tibcri. 

fPr-?-47-©> 

f'1- 

g  ÜU.p.  44. 

&  Mi- 


41  HISTOIRE  GENERALE 
Saramon  *  fur  la  Gimone  au  diocèfe  d’Auch  ,  avec  fes  dépendances ,  fituées 
tant  dansie  même  diocèfe,  que  dans  le  pays  de  Savez,  portion  de  l’ancien 
Touloufain.  Ils  aliénèrent  ce  prieuré,  qui  avoit  été  fournis  à  leur  abbaye  fous 
le  régné  de  l’empereur  Louis  le  Débonnaire,  pour  le  prix  de  mille  fols,  en  fa¬ 
veur  de  Garfias  comte  Sc  marquis  de  Gafcognc  ,  à  qui  ils  en  cederent  feule¬ 
ment  la  jouilfance  pendant  fa  vie ,  à  condition  qu’a'près  fa  mort  il  leur  revien- 
droic.  Ils  s’y  déterminèrent  .d’autant  plus  volontiers, qu’ils  étoient  troublez  dans 
la  poflêflion  de  ce  monaftere  Sc  de  fon  domaine  par  les  feigneursdu  voilinage  qui 
avoient  envahi  fes  biens  ,  Sc  qui  en  maltfaitoient  les  religieux.  Cet  ade  de 
vente  eft  fouferit  par  Armand  évêque  ,  le  même  fans  doute  que  l’évêque  de 
Touloufe  de  ce  nom  qui  vivoit  alors  ,  Sc  dansie  diocefe  duquel  étoit  fituée 
l’abbaye  de  Soreze. 

Les  fuccelîèurs  du  comte  Garcias  fe  mirent  peu  en  peine  de  reftituer  à  l’ab¬ 
baye  de  Soreze  le  lieu  de  Saramon ,  comme  ils  y  étoient  obligez  :  ils  le 
gardèrent  jufques  vers  le  commencement  du  neuvième  iiecle ,  qü’Odon  fils 
&  fuccefleur  d’Arnaud  comte  d’Aftarac ,  &  de  la  comteflè  Atalafe  ,  y  fonda 
un  monaftere  fous  l’invocation  de  faint  Pierre.  Raymond  abbé  de  Sore¬ 
ze  &  fes  religieux ,  renouvellerent  alors  leurs  plaintes  au  fujet  de  cette  ufur- 
pation,  ce  qui  engagea  enfin  Sanche  comte  d’Aftarac,  fa  femme.  Scieurs  fils 
Guillaume  &  Arnaud,  à  le  leur  reftituer.  Depuis  ce  tems.  là  le  monaftere  de  Sa¬ 
ramon  fut  fournis  à  celui  de  Soreze ,  dont  l’abbé  fut  tiré  indifféremment  de 
l’un  ou  de  l’autre. 

Acfred  I.  comte  de  Carcaffonne  Se  de  Rafez,  Se  beau-frere  de  Guillaume  le 
Pieux  comte  d’Auvergne,  marquis  de  Gothie  Se  duc  d’Aquitaine,  mourut  , 
vers  la  fin  de  l’an  905.  ou  au  commencement  de  l’année  fuivante.  C’eft  ce 
qui  paroît*  parla  délivrance  que  firent  le  19.  Février  de  l’an  906.  Adclinde 
fa  veuve,  Se  fœur  du  même  Guillaume,  Aldebrand  abbé,  Se  les  autres  exé¬ 
cuteurs  teftamentaircs  de  ce  comte  ,  à  Rainulfe  abbé  du  château  de  Mallaft  , 
ou  de  Montolieu  au  diocèfe  de  Carcaffonne ,  du  lieu  ôc  de  l’églife  de  faint  Mar¬ 
tin  ,  fttuez  près  de  la  montagne  de  Baflcra  dans  le  comté  de  Rafez  ,  Se  de  quel¬ 
ques  autres  domaines  qu’Acfred  avoit  leguez  à  ce  monaftere  par  fa  derniere 
difpofition. 

L’ade  eft  fouferit  par  Acfred  fils  de  ce  comte  ,  qui  avoit  deux  autres  fils 
d’Adclinde  fâ  femme,  Bernard Sc Guillaume.  Il  paroît  b  qu’aucun  d’eux  ne  lui 
fucceda  dans  les  comtez  de  Carcaffonne  Sc  de  Rafez,  qu’ils  les  abandonnèrent 
entièrement  aux  fils  d’Oliba  II.  leur  oncle  paternel ,  qui  avoit  polfedé  autrefois 
ces  deux  comtez  par  indivis  avec  Acfred  leur  pere ,  Sc  qu’ils  fe  retirèrent  au¬ 
près  de  Guillaume  le  Pieux  leur  oncle  maternel.  Guillaume  Sc  Acfred  fucce- 
derent  l’un  après  l’autre  dans  la  fuite  à  ce  dernier  5  d’où  l’on  doit  inferer  que 
Bernard  leur  frere,  qui  eft  d’ailleurs  nommé  le  premier  des  trois  dans  les  an¬ 
ciens  monumens  c  étoit  l’aîné  ,  Sc  qu’il  mourut  avant  Acfred  fon  pere  ,  ou  du 
moins  avant  Guillaume  le  Pieux  fon  oncle  5  car  fes  deux  freres  fuccederent 
immédiatement  l’un  après  l’autre  à  celui-ci ,  fans  qu’il  foit  fait  aucune  men¬ 
tion  de  lui.  Les  comtés  de  Carcaffonne  Sc  de  Rafez  demeurèrent  donc  entière¬ 
ment  après  la  mort  d’Acfred  I.  mari  d’Adclinde  ,  à  fes  neveux  Bencion  Sc  Ac¬ 
fred  ,  qui  avoient  déjà  fuccedé  d  dans  une  portion  de  ces  deux  comtez ,  à  Oliba 
ILleur  pere,  frere  du  même  Acfred  I.  Ce  dernier  laiflâ e  auffi  par  fon  teftament  à 
l’abbaye  de  la  GrafTedifferens  biens  Ætuez  dans  le  Rafez. 

Rainulfe  abbé  de  Montolieu  ,  ou  Bozonf  fon  fuccefleur  immédiat ,  fe  trou¬ 
vèrent  fans  doute  au  concile  delà  province  de  Narbonne  g  qui  fut  tenu  en 
906.  dans  l’églife  cathédrale  de  fainte  Croix  de  Bareelonne  5  puifque  fuivant 
les  a&es ,  les  abbez  de  la  province  affifterent  à  ce  concile  ,  auquel  Arnufte 
métropolitain  de  la  Septimanie  Sc  de  la  Marche  d’Efpagne  préfida.  Les  évê¬ 
ques  qui  s’y  trouvèrent  avec  lui  furent  Servus-Dei  de  Gironne  ,  Nantigifè 
d’Urgel,  Idalcharius  d’Aufonne ,  Sc  Theudericus  ou  Thierri  de  Bareelonne, 
dans  le  marquifat  d’Efpagne,  Raimond  de  Cavafllon  dans  la  Viennoifè  ,  Sc 
Aquin  dont  on  ignore  le  fiege.  Un  grand  nombre  d’ecclefiaftiques  du  fécond 
ordre  tant  féculiers  que  réguliers  s’y  rendirent ,  avec  les  laïques  les  plus  qua¬ 
lifiez  du  pays ,  entr’autres  Wifred  IL  comte  de  Bareelonne  ,  Sc  marquis 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XL  45  _ 

d’Efpagne ,  que  les  ades  qualifient  Prince  ,  St  qui  avoic  fuccedé  »  depuis  peu  à  a  n.  90  6. 
Witred  I.  ion  pere  dit  le  Velu.  iV.Tom  r  .NO- 

Ce  concile  fut  ^  tenu  principalement  pour  regler  la  discipline  ecclefiafti-  TE  LXXfffIL 
que.  Idalcharius  evêque  d'Aulonne ,  dont  l’évêché  avoir  été  rétabli  depuis  n‘ 45  ^îî- 
quelques  années  par  l’archevêque  Theodard ,  à  la  charge  de  payer  tous  les 
ans  une  livre  d’argent  à  l’églife  de  Narbonne ,  s’en  plaignit ,  prétendant  que 
cela  étoit  également  contraire  à  l’efprit  de  l’évangile  St  aux  faints  canons, 
qui  n’éxigent  des  évêques  à  l’égard  de  leur  métropolitain ,  qu’une  fimple  fou- 
mi/fion  ou  obéiflànce  canonique  ,  St  demanda  d’être  déchargé  de  cette  fu- 
jettion féodale.  Les  peres  du  concile  commençoient  à  délibérer  fur  la  demande 
de  ce  prélat ,  quand  Arnufte  fon  métropolitain  ayant  pris  la  parole  ,  con¬ 
vint  de  bonne  foi  qu’il  avoic  raifon  de  ie  plaindre  *  il  déclara  pour  fe  jufti- 
fier,  qu’il  n’avoit  fait  que  fuivre  ,  mais  imprudemment  ,  ce  que  fon  pré- 
décodeur  avoit  établi  5  il  demanda  cependant  qu’on  différât  la  décifion 
de  cette  affaire,  jufqu’au  prochain  concile  plenier  de  la  province  ,  où  il  y  eût  le 
nombre  parfait  de  douze  évêques ,  qui  ftatueroient  alors  Ik-deffus  ce  qui  feroit  le  plus 
convenable  fuivant  P infpiration  divine  :  on  lui  accorda  fa  demande. 

Il  ne  nous  relie  plus  rien  autre  chofe  de  ce  concile  ,  que  la  requête 
qu’Hemme  abbefle  de  S.  Jean-Baptifte  au  diocèfe  d’Aufonne  fieprefenter  aux 
évêques  par  fes  députez ,  pour  demander  la  confirmation  de  Ion  monaftere 
dans  la  poflèlfion  de  fes  biens.  Si  l’on  peut  ajouter  foi  à  l’épitaphe  b  de  Ser-  bMare.mjp. 
vus-Dei  évêque  de  Gironne,  ce  prélat  mourut  le  18.  d’Aout  de  l’an  906.  {  i7S‘ 
ainlice  concile  auquel  il  afiifta ,  dut  fe  tenir  quelques  mois  auparavant. 

En  conféquence  de  ce  qui  avoit e  été  arrêté  pour  la  décifion  de  l’affaire  c  pr.  au. 
d’Idalcharius  évêque  d’Aufonne,  tous  les  évêques  de  la  province  de  Narbon- 
ne, au  nombre  de  quatorze ,  s’affemblerent  l’année  fuivante  dans  l’églife  du  '  ' 

monaftere  de  faint  Tiberi  au  diocèfe  d’Agde.  Ils  déchargèrent  entièrement 
l’églife  d’Aufonne  de  la  redevance  dont  on  a  déjà  parlé.  Arnufte  leur  mé¬ 
tropolitain  qui  préfida  à  ce  nouveau  concile  ,  y  confencit ,  &.  renonça  publi¬ 
quement  ,  tant  pour  lui  que  pour  fes  fucceflcurs ,  à  fes  prétentions  fur  cette 
églife  ,  à  peine  d’encourir  l’anathême  qui  fut  prononcé  par  les  évêques. 

Comme  ce  concile  étoit  plus  nombreux  ôc  plus  folemnel  que  n’avoit  été  celui 
deBarcelonne,  Hemmeabbeffe  de  faint  Jean,  au  diocèfe  d’Aufonne,  y  fit  folli- 
citer  de  nouveau  la  confirmation  qu’elle  avoit  demandée  dans  le  précèdent: 
elle  l’obtint  par  un  aéte  autentique  qui  fut  fouferit  par  les  quatre  évêques 
de  la  Marche  d’Efpagne. 

Nous  apprenons  par  ces  ades  les  noms  de  tous  les  évêques  qui  compofoient  lxxvt. 
alors  la  province  ecclefiaftique  de  Narbonne.  Sept  d’entr’eux  avoient  leurs  pfovv^'sdc!a 
diocèfes  dans  l’étendue  du  marquifat  de  Gothie  ou  de  Septimanie  ,  fçavoir  ,  rovmcc- 
Arnufte  métropolitain  de  la  province ,  qualifié  dans  les  ades  ivèque  de  la  cité 
delà  première  Narbonnoife  -,  Aglard  ou  Agclard  de  Nifmes ,  qui  avoit  fuccedé  d  d  no  te 
dumoins  depuis  l’an  8 97. à  Gilbert  ,  Riculfe  d’Elne ,  Rainaldou  Reginald  de  XVJÜ-n‘i- 
Beziers,  Gontarius  de  Maguelonne ,  Autgarius  de  Lodeve ,  &  Gérard  d’Agde. 

11  y  en  avoit  un  huitième  qui  dépendoit  pour  le  temporel  du  royaume  de  Pro¬ 
vence  ,  c’étoit  Amelius  d’Ufez  alors  le  plus  ancien  de  la  province 5  &  deux  autres, 

Armand  de  Touloufe ,  &  Gimera  de  Carcaffonne  ,  dont  les  diocèfes  for- 
moient,  avec  le  comté  de  Rafez ,  le  marquifat  de  Touloufe  e.  Gimera  dont  un  c  !?01ïm 
auteur  moderne  a  fait  quatre  évêques  de  Carcaflonne  ,  avoit  fuccedé 
depuis  l’an  901.  à  Willeran  fon  prédeceffeur.  Enfin  Theudericus  de  Barcelon- 
»e,  Nantigife  d’Urgcl ,  Idalcharius  d’Aufonne  ,  &  Servus-Dei,  ou  bien  Gui- 
gucs  de  Gironne,  avoient  leurs  diocèfes  au-dela  des  Pyrénées  dans  la  Mar¬ 
che  d’Efpagne,  province  foumife  à  la  domination  Françoife. 

Guigues  évêque  de  Gironne,  dont  on  voit  la  foufeription  à  la  fin  des  aétes  de 
ce  concile,  ne  la  donna ,  à  ce  qu’il  paroît ,  que  quelque  tems  après  }  car  outre 
qu’il  eft  fait  mention  de  Servus-Dei  dans  les  ades  mêmes  ,  il  ne  fut  inthro- 
niféfque  le  10.  de  Novembre  de  l’an  908.  Arnufte  archevêque  de  Narbon-  fPr-p-fo.& 
ne  fon  métropolitain ,  afïïfté  des  évêques  de  Barcelonne  ôc  d’Urgel ,  fit  cette  ^L___ 
ceremonie  en  prefence  de  Wifred,  qui  eft  qualifié  très-grand  prince  dans  908. 
Pacte  de  l’éledion  de  ce  prélat ,  à  laquelle  il  eut  beaucoup  de  part  :  preuve  que 
Tome  II.  F  ij 


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4* 


HISTOIRE  GENERALE 


A n.  908. Nlf^ifred  jouifloit  alors  des  droits  régaliens.  Auffi  voit-on  qu’il  donna  trois 
w_  Hirl  ans  »  après  par  Ton  teftamentà  l’églife  d’Aufonne  la  troifiéme  partie  de  la  mon- 

_ _  j'  1 _ _ •  j _  1.1:1 _ 1:.  '  j.. _ : 


f*19- 

LXXVX-L 

Comtes  de 


noyé ,  qu’il  déclare  pourtant  tenir  de  la  libéralité  du  roi. 


*  In  valle 
Aquitaniæ. 


ni. 

LXXVIII. 
Concile  de 
Jonqucrcs. 

9°  9- 


ÎOtfJ 

f  Pr.p.  51.  d* 

ftqq. 


.  >  qu 

Il  eft  marqué  dans  le  même  a&e  que  les  évêques  de  la  Cothie  avoient  élu 
Carcaffonnesc  Guigues />^r  ordre  du  roi  Charles  le  Simple,  qui  continua  d’accorder  fa  pro- 
dcRafcz.  tedion  aux  églifes  de  la  province.  Ce  prince  donna  en  effet  une  charte  b  le 
b  pr,j..48.<j.  3.  de  Novembre  de  l’an  [908.  en  faveur  de  l’abbaye  de  la  Grade,  &  de 
Witiza  fon  abbé ,  qui  fe  trouvoit  alors  à  la  cour.  Charles  confirma  ce  mona- 
ftere  dans  toutes  fes  anciennes  poflèflions ,  &  dans  les  nouvelles  acquifirions 
faites  depuis  un  autre  diplôme  qu’il  avoir  donné  en  fa  faveur  neuf  ans  au¬ 
paravant.  Entre  ces  domaines  il  eft  fait  mention  de  l’églife  de  fâint  Etien¬ 
ne  dans  le  Val  deDagne* ,  au  pays  de  CarcafTonne ,  donnée  à  l’abbaye  delà 
Grade  par  le  comte  Bencion  de  bonne  mémoire  ,  pour  en  jouir  de  la  même  maniéré 
<iue  l'avoit  poffedèe  le  comte  Oliba  :  d’où  il  s’enfuit  i°.  que  Bencion  avoit  fucce- 
dé  dans  le  comté  de  Carcaflonne  à  Oliba  II.  dont  nous  fuppofons  ,  avec  beau- 
te  ixxxra  couP  vra^-^mblance ,  qu’il  étoit  fils  c,  êcàqui  le  roi  Charles  le  Chauve 
n.ios.&feq.  '  avoit  donné  d  en  870.  la  même  églife  de  fâint  Etienne.  i°.  Que  Bencion  étoic 
dv.tom.i.fr.  déjà  décédé  en  908.  Acfred  II.  qui  étoit  certainement  fils  d’Oliba  , 
fucceda  au  même  Bencion  dans  les  comtez  de  Carcaflonne  &  de  Rafez, 
comme  nous  le  verrons  ailleurs. 

La  plupart  des  évêques  de  la  province  fè  trouvèrent  le  3.  de  Mai  de  l'an¬ 
née  fuivante  à  un  nouveau  concile,  qu’Arnufte  archevêque  de  Narbonne, 
leur  métropolitain ,  aflembla  dans  l’églife  de  fâint  Vincent  de  Jonquieres  , 
fituée  dans  le  diocèfe  de  Maguelonne,  &  le  royaume  de  Septimanie  ;  &  c’eft  fans 
e GM.chr.  doute  le  même  concile  que  quelques  auteurs  e  prétendent, fans  fondement, 
”  I  ?  Î7,U  avoir  été  aflèmbléla  même  année  à  Beziers.  Huit  f  évêques  de  la  province 
s’y  trouvèrent  avec  leur  métropolitain ,  fçavoir  Amelius  d’Ufêz,  Gimera  de 
CarcafTonne,  Reginald  de  Beziers ,  Autgarius  de  Lodcve ,  Gérard  d’Agde , 
Gontarius  de  Maguelonne  ,  Cunibert  de  Nifmes,&  Nantigifè  d’Urgel.  Benoît 
de  Fréjus,  &  Reginald  de  Cavaillon  s’y  trouvèrent  aufli  ,  &  comme  nous 
voyons  qu’ils  affifterent  à  divers  autres  conciles  tenus  dans  la  Septimanie  , 
nous  inférons  de  là  qu’ils  étoient  originaires  de  cette  province.  Il  eft  aflèz 
vrai-femblable  que  le  dernier  étoit  parent  de  Reginald  ou  Raynald  vicomte 
de  Beziers ,  qui  poflèdoit  des  terres  du  côté  d’Avignon.  Quant  à  Cunibert 
deNifmes,  il  n’eftpas  différent  g  d’Hugbert  qui  fut  évêque  de  cette  ville  de¬ 
puis  l’an  909.jufqu’en  917. 

,  ,  Le  concile  de  Jonquieres  leva  l’excommunication  h  que  le  comte  Suniarius , 

j,  j.  les  autres  comtes  fes  fils  3  leurs  femmes  &  leurs  vaffaux  avoient  encourue.  Nous 

ignorons  également  le  fujet  de  cette  cenfure  ,  &  celui  de  cette  abfolution  ; 
il  paroît  feulement  que  Suniarius  &  fes  fils  avoient  été  excommuniez  depuis 
quelques  tems  par  les  évêques  de  la  province  de  Narbonne.  On  conje&u- 
îb aiuz.  net.  re 1  que  Suniarius  eft  le  comte  d’Urgel  de  ce  nom,  qui  plus  de  vingt  ans 
'l'r&'fin-'  auParavanc  avoir  favorifé  l’intrufîon  deSelva  dans  le  fiege  épifcopal  de  cette 
<n io.  ville;  mais  bien  loin  que  le  comte  d’Urgel  ait  été  alors  excommunié,  nous 
'i?  f  voYons  <lue  ^econc^e  de  Port  qui  fut  aflemblé  à  l’occafion  de  cette  intrufion, 
'  •  le  ménagea  extrêmement,  &  que  les  évêques  ne  voulant  pas  l’excommunier  , 
l’engagerent  par  des  voyes  de  douceur  à  abandonner  le  parti  de  l’intrus.  On 
k  BaiuL.not.  ajoute  k  que  le  comte  Suniarius  qui  fut  abfous  par  le  concile  de  Jonquieres, 
i,d^v  étoit  fils  de  Wifred  le  Velu  comte  de  Barcclonne  ,  &  qu’il  fut  le  premier 
comte  héréditaire  d’Urgel  ;  ce  qui  prouve  encore  qu’il  n’eft  pas  le  même 
qu’on  prétend  avoir  été  excommunié  au  concile  de  Port  tenu  vers  l’an  887. 
ivcAnMMc.  Puifque  Suniarius  fils  de 'Wifred  le  Velu ,  ne  fut 1  comte  d’Urgel  qu’après  la 
Hifif. 540.  mort  de  fon  pere  ,  arrivée  après  l’an  901.  Il  n’y  a  donc  aucune  preuve  que 

le  comte  Suniarius  dont  il  eft  parlé  dans  le  concile  de  Jonquieres ,  ait  étc 
tn  v.  Mure.  cornte  d’Urgel ,  &.  il  pourroit  bien  être  le  même  que  Suniarius  comre  de 
H#.p.  38). 6  Rouflillon  dont  on  a  déjà  parlé  ,  &  à  qui  fes  deux  m  fils  Bencion  &  Gatifbcrt 
’lxxix  avo*ent  déjà  fuccedé  dans  ce  comté  dès  Tan  9 1  5. 

Nouvelles  II  eft  fait  mention  d’un  comte  Raymond  dans  une  charte  que  le  roi 
«ourles Sa-  Charles  le  Simple  accorda  à  fâ  recommandation  le  j.  de  Juin  de  Tan  909. 


K  NOTE 
XI III.  n.  4. 


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DE  LANGUEDOC.  Lrv.  XI.  4; 

en  »  faveur  de  Ragembald  abbé  de  Pfalmodiau  diocèfe  de  Nifmes  ,&de  fon  ^ - 

monallere,  que  ce  prince  confirma  dans  fès  privilèges  ,  entr’autres  dans  la  9°9‘ 
polTeflion  de  l’abbaye  de  Joncels  au  diocèfe  de  Beziers  qui  en  dépendoit  alors.  ra  ms'  Dl 


rcns  entre 


Il  paroîc  par  ce  diplôme  que  les  Sarafins  avoient  fait  depuis  peu  une  def-  Raymond  fils 
cente  fur  les  cotes  de  la  province  ,  qu’ils  avoient  détruit  l’abbaye  de  Pfal-  ^To^lWi6. 
modi,  &  que  les  religieux  s’etant  réfugiez  au  lieu  de  Corneillan  ,  y  avoient  &  Benoît  vi-’ 
bâti  des  chapelles ,  &  quelques  cellules  que  ces  infidelles  avoient  ruinées  “™“incdc 
dans  une  féconde  defeente  ;  c’eft  là  ,  ce  fcmble  ,  le  véritable  fens  de  ce  a 
monument,  qu’un  célébré  auteur  b  a  interprété  différemment ,  fuppofant  que/*?, 
ce  fiic  le  monaftere  de  joncels  qui  avoit  été  détruit  par  les  Sarafins.  Quant 
au  comte  Raymond ,  a  la  recommandation  duquel  le  roi  Charles  le  Simple 
accorda  ce  diplôme,  nous  avons  obfèrvé  ailleurs  qu’il  paroît.le.même  que  le 
comte  Raymond  fils  d’Eudes  comte  de  T ouloufe  ,  dont  il  eft  parlé  dans  la  vie 
de  faint  Geraud  comte  d’ Aurillac  ,  fondateur  de  l’abbaye  de  ce  nom  j  voici  . 
à  quelle  occafion. 

Le  comte  Raymond  ayant  eu  quelque  différend  dont  on  ne  marque  pas  c'vu.s.GiraU . 
lefujet,  avec  Benoît c  vicomte  de  Touloufe  neveu  de  faint  Geraud  par  fa  me-  *8’  ^ 
rc  Avigerne,  il  le  furprit  par  artifice*  ,  s’affdra  de  fa  perfonne  ,  &Ie  retint  en  *  DoIo> 
prilon.  Reginald  ou  Rainald  frère  de  Benoît  voulant  le  retirer  des  mains 
de  ce  prince,  alla  s’offrir  à  lui  en  otage,  &:  obtint  enfin  au  prix  de  fa  pro¬ 
pre  liberté  celle  de  fon  frere.  Le  comte  Geraud  leur  oncle  ,  informé  de  la 
generofité  de  Reginald  fon  neveu ,  n’omit  rien  auprès  de  Raymond  pour 
obtenir  fâ  délivrance ,  &  il  lui  envoya  l’abbé  Rodulfe  pour  la  négocier  3  mais 
la  négociation  traînant  en  longueur  ,  &  Geraud  voyant  qu’après  fept  mois  de 
délai, le  comte  differoit  fous  divers  prétextes,  de  lui  accorder  fa  demande, & 
qu’il  s’efforçoit  même  defefaifir  de  nouveau  de  la  perfonne  de  Benoît  3  ennuyé 
enfin  de  l’inutilité  de  fes  démarchés  ,il  prit  le  parti ,  avec  Avigerne  fa  feeur ,  de 
recourir  à  Dieu  qui  écouta  leur  priere. Raymond  crut  une  nuit  le  voir  en  fonge, 
lui  annoncer  divers  malheurs  s’il  ne  délivroit  incefîamment  fon  neveu  3  &.  il 
fut  tellement  frappé  de  cette  vifion  ,  qu’il  envoya  incontinent  rappeller  l’abbé 
Rodulfe  qui  s’étoit  déjà  mis  en  chemin  pour  s’en  retourner,  lui  remit  le  pri- 
fonnier,  &  le  pria  de  lui  obtenir  le  pardon  èc  les  bonnes  grâces  de  Geraud. 

S.  Odonabbé  de  Cluni ,  qui  rapporte  toutes  ces  circonltances  dans  la  vie 
de  ce  dernier ,  ne  dit  pas  le  nom  du  comté  poffedé  par  Raymond  3  mais 
il  le  faitaflez  entendre  en  difant  que,  ce  comte  ètoit  fils  d’Eudes-,  car  celui-ci 
n’eft  pas  differenc  du  comte  de  Touloufe  de  ce  nom  qui  vivoic  alors..  Dail- 
leurs  lâint  Odon  marque expreflèment  que  Benoît,  que  le  comte  Raymond 
fit  prifonnier,  étoic  vicomte  de  la  même  ville  3  &;  il  ajoute11  enfin  que  faint  drW.ftoo; 
Geraud ,  apres  fa  réconciliation  avec  le  comte  Raymond ,  étant  convenu 
d’une  entrevue  avec  lui,  paffàdans  ce  dellcin  la  rivière d’Aveiron,  qui  fépare 
le Rouergue de  l’Albigeois.  Leur  conférence  fe  tint  donc  dans  ces  pays,  ou 
dans  quclqu’autre  du  domaine  d’Eudes  comte  de  Touloufe ,  &.  Raymond  dont 
nous  venons  de  parler  ,étoitfils  par  conféquentde  ce  dernier.  Cet  événement 
nous  donne  lieu  de  faire  encore  ici  quelques  autres  obfcrvations.  i°.  Le  diffé- 
rend  du  comte  Raymond  avec  Benoît  vicomte  de  Touloufe,  dont  faint  Odon 
ne  marque  pasl’epoque,  doit  être  pofterieur  à  l’an  894.  &  anterieur  à  l’an 
909.  par  la  rai  l’on  que  le  monaftere  d’ Aurillac  qui  fubfiftoit  alors,  ne  fut  fon¬ 
dé  qu’en  894.  &  que  faint  Geraud  décéda  le  1  j.  d’Octobre  de  l’an  909.  i°. 

Comme  il  eft  certain  qu’Eudes  comte  de  Touloufe  vivoit  encore  e  en  918.  cPr./-.^. 
Raymond  fon  fils  étant  qualifié  comte  avant  l’an  909.  devoit  par  conféquent 
être  pourvu  de  quelque  comté  particulier  long-tems  avant  fa  mort  3  ainfi  le 
même  Raymond  ,  qui  pouvoir  être  né  vers  l’an  860.  ne  doit  pas  être  différent 
de  Raymond  comte  d’AIbi  en  8  7 S.  &  de  Raymond  comte  de  Nifmes  en  890. 

&  909.  puifque  ces  deux  comtez  étoient  certainement  dans  fa  maifon  avant 
le  milieu  du  X.  fiecle.  3  Benoît  eft  le  premier  vicomte  de  Touloufe  dont  nous 
ayons  une  connoifiance  certaine.  Il  eft  vrai  qu’on  trouve  auparavant  quelques 
vicomtes  qui  paroiflènt  avoir  exercé  la  même  fonction  dans  le  comté  de  Tou. 
loufe,mais  nous  ne  voyons  pas  cependant  qu’ils  fe  foient  qualifiez  vicomtes 
de  cette  ville.  40.  Nous  ne  connoifTons  pas  bien  l’origine  &  la  pofterité  de 


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>4« 

Benoît 


HISTOIRE  GENERALE 

&  nous  n’avons  que  des  conjeûures a  à  donner  là-delTus.  Tout  ce 


An.  909 

a  v.  note:  <j«’on  fçait,  c’eft  qu’il  devôit  être  d’une  famille  diftinguée,  puifque  fa  merc 
Xxi.&  xxm.  etoit  fceur  de  faintGeraud,  dont  la  naifiànce  étoit  des  plus  illuftres.  Nous 
parlerons  en  Ion  lieu  des  autres  vicomtes  de  Touloufe  fes  fuccelîèurs.  j“.  En¬ 
fin  ce  vicomte  étoit  lâns  douce  décédé  en  909.  car  faint  Geraud  fon  oncle  n’ert 
t>  v.Duch/fni  fût  aucune  mention  dans  fon  teftament b  daté  du  mois  de  Septembre  laxvn. 
not.m  vit.  s.  année  de  l'empire  de  Charles ,  &  il  ne  parle  que  de  Rainald  Ion  autre  neveu , 
G/rMp.)4.$  pa;c  fon  Eeticier  conjointement  avec  le  monaftere  d’Aurillac. 

l xxx.  U  y  a  lieu  de  croire  qu’Eudes  comte  de  Touloufe ,  qui  vivoic  en  909.  eft 
Guillaume  le  Je  même  que  le  comte  de  ce  nom  qui  foufcrivit c  à  la  charte  de  fondation  de 
rabbïyfdc'  l’abbaye  de  Cluni  faite  par  Guillaume  le  Pieux  duc  d’Aquitaine  &  marquis 
ciuni.  de  Gothie  le  3.  de  Septembre  de  l’an  910.  Nous  prouverons  d  en  effet  dans 
la  fuite  qu’il  devoit  y  avoir  une  grande  liaifon  entre  ces  deux  princes. 

J  Buiui..  auv.  Le  duc  Guillaume  fonda  ce  célébré  monaftere ,  de  concert  avec  fa  femme 
tlAdtm^cab  Engel berge,  dans  une  terre  qu’il  avoir  acquifè  d'Ave  là  fceur.  Il  partit  pour 
Rome  peu  de  tems après,  le  mit  Jbus l’autorité  immédiate  du  laint  Siégé, 
Ordtr.  vital,  offrit  pour  ccl a  douze^écus  d’or  au  pape,  &  ordonna  que  l’abbaye  de  Cluni 
^  v.^note  payeroit  une  redevance  annuelle  de  la  même  fomme  à  l’églife  Romaine.  Il 
ni.  voulut  enfin  que  les  religieux  qui  dévoient  habiter  ce  monaftere  fullènt  fou- 

mis  à  la  difcipline  de  l’abbé  Bernon ,  qui  gouvernoit  alors  celui  de  Baume  au 
vliv  i  de  Be/ànçon  ,  &  qu’ils  fuiviftènt  la  réforme.  C’étoit  la  même  *  que 

n.  97.  V'  *  iàint  Benoît  d’Aniane  avoit  introduite  autrefois  dans  cette  derniere  abbaye  -, 
Mab.ad  am  ce  qui  prouve  que  celle  de  Cluni  fut  redevable  de  fon  obfêrvance  régulière  qui 
909.n.  ji.  aCqüjc  une  fi  gran(Je  réputation  ,  8c  qui  s’étendit  dans  toute  l’Europe,  à  ce 
faint  abbé  &  au  monaftere  d’Aniane.  Guillaume  fe  qualifie  dans  cet  aéte  de 
f  A8.ss.ibid.  fondation  comte  &  duc  par  la  grâce  de  Dieu ,  &  dans  d’autres,  comte  f ,  confulpa- 
latin  dr  marquis. 

Maicui*  ri-  On  prétend  que  B  Raculfe  comte  de  Mâcon,  contemporain  de  Guillaume 
comte  de  Nar-  le  Pieux  étoit  fon  frere  ;  mais  cela  n’eft  fondé  que  fur  une  fauftè  h  fuppofition  , 
fonWslmt  lçavoir  que  Bernard  Plante -Velue  comte  de  cette  ville,  eft  le  même  que  Ber- 
deMâcoD0miC  nard  comte  d’Auvergne  pere  de  Guillaume.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai ,  c’eft  que 
g  Balai. au-  Aaculfe  n’eut  qu’une  1  fille  nommée Ecolane  ou  Attalane,  qui  hérita  du  comté 
de  Mâcon,  ôc  qui  épou/à  Alberic  fils  de  Maieul  vicomte  de  Narbonne. 

1,  v.to.i.  no-  U  eft  fait  mention  de  ce  dernier  dans  une  donation  qu’Arnufte  archevêque  de 
nE6gXXXyU  Narbonne  fitk  le  x  y.dejuin  de  l’an  9 1 1.  à  l’églife  de  S.  Paul  fondée  dans  le  lieu 
î Baluz..  ibid.  appelle  Albolas  proche  de  la  ville  ,  &  au-delà  du  pont 3  de  deux  églifes  fituées  i 
4  ^ifan  ,  qu’il  avoit  acquifes  de  Walcharitts  &  du  vicomte  Alberic  [on  frere ,  fils 
k  Pr.pH,  du  vicomte  Maieul  &  de  Raymonde  fa  femme.  Nous  inférons  de  là  1  °.  que  Maieul 
vicomte  de  Narbonne  étoit  alors  déjà  décédé  :  il  avoir  fans  doute  fuccedé 
immédiatement  dans  cette  vicomté  à  Lindoin,  qui  vivoit  en  878.  20.  Qu’il 
eut  du  moins  deux  fils  de  fa  femme  Raymonde.  3°.  Que  Walcharius  étoit 
l’aîné:  il  paroît  que  c’eft  de  celui-ci  que  deicendent  les  vicomtes  de  Narbon¬ 
ne  dont  nous  parlerons  ailleurs.  40.  Qu’Alberic  partagea  alors  cette  vicomte 
avec  fon  frere  ,  mais  qu'il  renonça  à  fa  portion  après  fon  mariage  avec  la 
comteffè  de  Mâcon ,  puifqu’il  s’établit  alors  dans  cette  ville  ,  &  que  nous  ne 
voyons  pas  que  lui  ou  fa  pofterité  ayent  rien  pofledé  dans  la  fuite  dans  le 
Narbonnois.  f°.  Que  ce  mariage  eft  pofterieur  à  l’an  9x1.  qu’Alberic 
étoit  encore  à  Narbonne.  Il  dut  cependant  époulcr  Ecolane  bientôt  après  ; 
1  Balat,  u.i.  car  on  voit  dans  un  aéte 1  de  l’an  930.  où  il  fe  qualifie  comte  de  Maçon  ,  qu’il 
d>‘d.  .  avoit  alors  deux  fils,  Leotald  ôc  Humbert,  dont  le  premier  prenoit  aulfi  la 
qualité  de  comte.  6°.  Enfin  que  les  vicomtez  étoient  déjà  héréditaires  aucom- 
m  Balai. ibid.  mencement  du  IX.  fiecle.  Alberic  comte  de  Mâcon  vivoit  encore m en  937. 

Leotald  fon  fils  qui  lui  avoit  déjà  fuccedé  dans  ce  comté  dès  l’an  942.  avoit 
alors  époufé  Berthe  en  fécondes  noces  après  la  mort  d’Ermengarde  fa  pre¬ 
mière  femme,  ôcil  eut  un  fils  nommé  Alberic.  Celui-ci  prenoit  le  titre  de  vicom¬ 
te  en  9yx.  du  vivant  de  Leotald  fon  pere,  &  d’Humbert  Ion  oncle,  &  il 
mourut  fans  doute  avant  eux.  Nous  fçavons  du  moins  qu’après  la  mort  du 
premier  le  comté  de  Mâcon  paflà  dans  une  autre  famille.  C’eft:  ainfi  que  finit 
cette  branche  des  vicomtes  de  Narbonne. 


9x1. 


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D  E  L  A  N  G  U  E  D  O  C.  Liv.  XI.  47 _ 

Aù-réfte  la  charte  d’Arnufte,  archevêque  de  cette  ville ,  eft  datée  de  l'an çn.  An.  911. 
dr  de  la  XII-  annte  du  régné  de  Charles  le  Simple  ,  ce  qui  confirme  ce  que  nous 
avons*  déjà  dit,  que  ce  prince  ne  fut  pas  d’abord  generalement  reconnu  a  r.  ci-dtffus. 
dans  l’Aquitaine  êc  la  Septimanie  après  la  mort  du  roi  Eudes,  pui/qu’on  n’y  LXL 
comptoir  fouvent  les  années  de  fon  régné  que  depuis  l’an  900.  ce  qu’on  peut  VI 
prouver b  par  d’autres  exemples.  ,  p*g>  *<L  «nn. 


lieues  de  cette  derniere.  Huit  évêques  fes  fuffragans  s’y  trouvèrent ,  (ça voir, 
peux  d’Urgel ,  de  Carcaffonne,  de  Touloufe,  dé  Barcelonne  ,  de  Gironne  ; 
&d’Agde,  les  mêmes  qui  quatre  ans  auparavant  avoientafïifté  au  concile  de 
faintTiberi;  &C  de  plus  Theodoric  de  Lodeve  ,  qui  dans  l’intervalle  des  deux 
conciles  avoit  fuccedé  â  Autgariuj  ,-  &  Adulfe  ou  Agilulfe  de  Pailhas.  Benoît 
évêque  de  Fréjus  s’y  trouva  auflicavec  Aikard  envoyé  d’Idalcharius  évêque 
d’Aulonne  ou  de  Vie  ,  &  Savaric  abbé  de  faint  Paul  de  Narbonne.  Le  prin¬ 
cipal  fujet  de  cette  aflemblée  fut  un  différend  qui  s’étoit  élevé  encre  l’évêque 
d’Urgel  U  celui  de  Pailhas.  Ce  dernier  s’étoit  fait  ordonner  depuis  vingt-trois 
ans  evêque  pour  tout  le  comté  de  Pailhas,  dépendant  auparavant  du  dio- 
cèfe  d’Urgel.  Nantigife  évêque  de  cette  derniere  ville  demanda  au  concile 
de  rentrer  dans  la  pofleffion  de  cette  portion  de  fon  diocèfê,  &  l’affemblée 
lui  accorda  là  demande  ,  à  condition  cependant  que  cette  réunion  n’auroic 
lieu  qu’après  la  mort  ou  la  démiflion  volontaire  d’ Adulfe  ,à  qui  on  permit 
par  grâce  de  jouir  pendant  fa  vie  de  l’évêché  de  Pailhas. 

L’époque  de  l’épifcopat  de  ce  dernier  marquée  dans  les  actes  ,  nous  fait  con¬ 
jecturer  que  le  fïege  épifcopal  de  Pailhas  avoit  été  érigé  par  Selva  ce  faux 
évêque  d’Urgel ,  qui  fc  prétendant  métropolitain  de  la  Taragonoi/ê  vers 
l’an  886.  aura  entrepris  pour  multiplier  fc  s  fuffragans,  de  rétablir  les  anciens 
fieges  de  cette  province  qui  avoient  été  détruits  par  les  Sarafins,  ou  d’en  éri¬ 
ger  de  nouveaux ,  &  aura  ainfî  démembré  une  partie  de  fon  dioccfe.  Il  pa- 
roît  cependant  que  l’évêché  de  Pailhas  ne  fut  pas  fupprimé  après  la  mort 
d’Adulfè,  car  il  fubfiftoit  encore  au  milieu  du  X.  ficelé.  Savane  abbé  défaille 
Paul  de  Narbonne  fouferivit  au  concile  de  Fontcouverte  au  nom  d’Arman 
évêque  de  Touloufe  qui  étoit  preient,  ce  qui  donne  lieu  de  croire  d  que  ce  der-  d  Marea  mjp. 
nier  etoir  ou  aveugle,  ou  malade  dans  le  tems  de  la  dorure  du  concile.  On  y  ,iid‘ 
voit  auffi  la  foufeription  de  Bernard  évêque  de  Beziers  ,  mais  elle  doit  être 
polterieure. 

Arnufte, archevêque  de  Narbonne,  ayant  entrepris  quelque  tems  a prèsun  Lxxa^JaIcL 
voyage  au-delà  des  Pyrénées,  fut  cruellement  alîà/finé  en  chemin  }  ce  qui  d'Amuiic^ar- 
arriva  avant  le  mois  de  Juin  de  J’année  fûivante.  Nous  apprenons  les  cir-  fj]£V*<?uc  de 
confiances  de  cet  aflaffinat  par  une  lettre  que  les  évêques  de  la  province  de  Troublera u 
Narbonne  écrivirent  *  au  pape  Anaftafe  III.  tant  pour  lui  en  porter  leurs  fujet  de  l’c/c- 


plaintes,  quepour  lui  donner  avis  de  l’élcclion  du  fucceffeur  d’Arnufte.  Sui- 

vant  cette  lettre  ce  prélat  étoit  en  route  pour  fe  rendre  au  concile  de  fa  pro-  — - — - — * 

vince  qui  devoir  fe  tenir  dans  la  Marche  d’Efpagne,  &  apparemment  à  Bar-  P12- 

celonne,  quand  fes  ennemis  qui  le  guerroient,  l’ayant  rencontré,  fe  jette-  v.i'otevi. 

rent  fur  lui ,  lui  crevcrent  les  yeux,  lui  arrachèrent  la  langue  &  ce  que  la  fcuimem. 

pudeur  défend  dénommer,  &  l’aflômmerent  enfin  à  coups  de  bâton.  Régi-  A  77+. 

nald  évêque  de  Beziers,  &  Nantigife  d’Urgel  qui  palfcrcnt  enfuite  au  même 

endroit  pour  aller  au  concile ,  l’ayant  trouvé  dans  cette  trifte  fituation , 

tâchèrent  inutilement  de  lui  donner  du  fêcours:  Arnufle  mourut  entre  leurs 

mains. 

Le  clergé  &  le  peuple  de  Narbonne  avertis  de  la  mort  tragique  de  ce 
prélat,  s’alfemblerent  auffi-tôt  pour  pourfuivre  la  punition  des  coupables,  Sc 
procéder  à  l’élection  d’un  nouvel  archevêque.  Ils  y  invitèrent  par  une  let- 
tre  circulaire  les  évêques  de  la  province,  avec  Roftaign  archevêque  d’Arles, 

& fcs fuffragans,.  fuivant  un  ancien  ufage g  qu’une  étroite  liaifon  avoit  établi  g  v. 
enrre  les  évêques  des  deux  provinces,  lefquels  s’appelloient  mutuellement ,  a"uQ°rd  L 
&  fur  tout  les  métropolitains ,  dans  toutes  ies  affaires  importantes.  Roftaign 


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ÀN.'ÿl  I. 


914. 

*  fr-t-  5f. 


1)  Vr.ibid. 


c  *  Andoque 
Brziers,  p.49. 

d  Concil.  to.9. 
tM9- 


9*  5- 

c  Csitel.  comt. 

f  V  NOTE 
VU.  ».f. 


jp.  H  ISTOUE  GENERALE 

le  mit  en  chemin  pour  fe  rendre  à  Narbonne  -,  mais  étant  arrivé  à  Agde>  il 
s’y  arrêta  avec  Amelius  évêque  d’Ulez  ,  l’un  &  l’autre  fujets  de  Louis  l’Aveu¬ 
gle  roi  de  Provence  j  &  là  ces  deux  prélats,  fans  vouloir  palier  outre  ,  ni 
lè  joindre  aux  évêques  de  la  province  ,  nommèrent  de  leur  autorité 
Gérard  ,  neveu  du  dernier  ,  pour  archevêque  de  Narbonne.  Les  autres  évê¬ 
ques  vivement  offènfêz  d’un  entreprilè  fi  peu  conforme  aux  canons , 
s’alfemblerent  de  leur  côté  à  Narbonne  ,  8c  élurent  dans  toutes  les 
formes  canoniques  Agius  ou  Agio  abbé  de  Vabres  en  Rouergue  ,  re¬ 
ligieux  d’un  mérite  diftingué,  8c  d’une  probité  reconnue.  Gérard  n’omit  rien 
pour  foûtenir  fon  élection ,  quoique  nulle  de  plein  droit  -y  &  comme  il  avoit 
du  crédit,  il  fit  tous  fes  efforts  pour  s’emparer  du  fiege  de  Narbonne  8c  s’af- 
furer  du  temporel.  Les  évêques  de  la  province  s’oppoferent  avec  force  de 
leur  t ôté  à  fon  ufurpation ,  t  8c  eurent  recours  à  l’autorité  du  pape  Analtafe 
III.  Ils  le  prient  par  leur  lettre  de  caffer  i’éledion  de  l’intrus ,  8c  d’envoyer 
le  pallium  à  Agio  qui  avoit  été  canoniquement  élû,&  qui  ne  pouvoit  aller 
à  Rome  pour  le  recevoir  lui-même,  à  caufê  des  dangers  des  chemins,  8c  des 
courfes  ordinaires  des  Normans  &  des  Sarafins. 

C  es  prélats  envoyèrent  leur  lettre  par  des  députez  ,  qui  fur  l’avis  qu’ils  eu¬ 
rent  de  la  mort  d’Anaftafe  ,  arrivée  vers  la  mi-O&obre  de  l’an  913.  retour¬ 
nèrent  fur  leurs  pas  pour  attendre  l’éle&ion  d’un  nouveau  pape.  Jean  X.ayant  été 
élu  vers  la  fin  du  mois  d’Avril  de  l’an  9 1 4.  Gérard  a  dans  le  deflèin  de  le 
prévenir  en  la  faveur,  fe  rendit  à  Rome  au  commencement  de  fon  pontificat, 
lui  expolà,  comme  il  jugea  à  propos ,  les  circonftances  de  fon  éleâion  ,  8c 
lui  demanda  le  pallium.  Ce  pontife  n’eut  garde  de  le  lui  accorder  ,  quoi¬ 
qu’il  ignorât  fon  intrufion,  &  lui  dit  d’attendre  jufqu’à  ce  qu’il  fut  pleine¬ 
ment  inftruit  de  ce  qui  s’étoit  pafle.  Gérard  croyant  avec  raifon  que  cet 
examen  ne  lui  lèroit  pas  favorable,  prit  le  parti  de  retourner  dans  fa  pro¬ 
vince  ,  &  voulant  perlùader  le  public  que  fon  élection  avoit  été  confirmée  à 
'Rome ,  il  fabriqua  de  faillies  lettres  apoftoliques,  8e  s’empara  fous  ce  prétexte, 
à  main  armée ,  du  fiege  épifcopal  de  Narbonne.  Agio,  archevêque  légitimé, 
obligé  de  ceder  aux  violences  de  cet  intrus  ,  fe  mit  alors  en  chemin  pour 
aller  à  Rome  ,  8c  y  faire  connoître  au  pape  la  canonicité  de  fon  élection.  Gé¬ 
rard  n’en  fut  pas  plutôt  averti  qu’il  fit  courir  après  lui  ,  le  fit  arrêter,  8c  le 
renferma  dans  une  étroite  prifon. 

Les  évêques  de  la  province  indignez  d’un  tel  procédé  ,  en  portèrent  auffi- 
tôt  leurs  plaintes  à  Jean  X.  par  b  une  lettre  commune  écrite  au  nom  de  onze 
d’entr’eux ,  fçavoir  de  Reginald  de  Bcziers  ,  Armand  de  Touloufe  ,  Riculfe 
d’Elne,  Gimera  de  Carcaflonne,  Gérard  d’Agde ,  Teuderic  de  Lodeve  ,  8c 
Hubert  de  Nifmes  dans  la  Scptimanie  ;  de  Gui  de  Gironne ,  Teuderic  de  Bar- 
celonne,  George  d’Aufonne,  8c  Rodolfe.  d’Urgel  dans  la  Marche  d’Efpagne. 
Il  n’eft  fait  aucune  mention  dans  cette  lettre ,  ni  d’Amelius  d’Ufez  ,  ni  de 
Gontarius  de  Maguelonne  :  le  premier  avoit  pris  le  parti  de  Gérard ,  &  l’au¬ 
tre  s’étoit  peut-être  déclaré  auffi  en  fa  faveur  ,  ou  étoit  déjà  mort. 
Jean  X.  ayant  reçu  la  lettre  de  ces  prélats ,  leur  répondit  par  un  archevêque 
nommé  Eiminus  qui  leur  remit  en  même  tems  des  lettres  apoftoliques ,  par 
lefquelles  le  pape  reconnoît  Gérard  pour  un  fauflaire  &  un  intrus  ,  déclaré 
fon  élection  nulle ,  approuve  celle  d’Agio  ,  8c  accorde  à  ce  dernier  le  pal¬ 
lium  que  le  même  Eiminus  lui  apporta  de  fa  part.  Agio  demeura  ainfipaifible 
pofTefleur  de  l’archevêché  de  Narbonne  ,  8c  l’occupa  pendant  plufieurs  an¬ 
nées  ,  quoi-qu’en  dife  un  moderne e,  qui  fans  aucun  fondement ,  ne  le  fait  fieger 
que  trois  mois.  Il  afllfta  en  effet  en  91 5.  au  concile  ded  Châlons-fur-Saône, 
avec  Eiminus  archevêque  de  Befânçon  ,  qui  eft  fans  doute  le  même  que  le 
pape  Jean  X.  chargea  de  fa  réponfe  aux  onze  évêques  de  la  province.  Nous 
fçavons  «  d’ailleurs  qu’Agio  fut  archevêque  de  Narbonne  jufques  vers  l’an 
9 17.  qu’il  mourut  -,  du  refte  nous  apprenons  d’une  f  autre  lettre  que  Jean  X. 
écrivit  à  ce  prélat ,  à  Aufterius  archevêque  de  Lyon  ,  &  aux  évêques  leurs 


de  Narbonne. 

C’eft 


feffragans ,  de  la  Septimanie.de 
excommunia  Gérard ,  qui  malg 


l’Efpagne ,  &  de  la  Bourgogne ,  que  ce  jjape 
ré  i’anatheme  continua  de  fe  dire  archevêque 


1 


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DE  LANGUEDOC.  L  iv.  Xî. 


49 


C’eft  avec  rai  l'on  que  les  évêques  de  la  province  fe  plaignent  dans  leur  An.  91 5. 
lettre  au  pape  Analtafe  III.  des  incurfions  des  Saraiins  ôc  des  Nor-  LX>XIV 
mans ,  mais  lur-tout  des  premiers  *  qui  s’etoient  cantonnez  duns  les  monta-  Courtes  dès 
gnes  de  Provence,6c  qui  faifoient  tous  les  jours  de  grands  ravages  dans  les  pays  ?ara:!ns&  dcS 
voifins.  Les  autres  ayant  pris  de  nouvelles  rorces  depuis  la  mort  du  roi  Eudes  !es  frontières 
continuoicnc  de  porter  la  terreur  dans  prefque  tout  le  royaume  fous  la  con- 
duite  d’un  de  leurs  chefs  appelle  Rollon.  Ils  remontèrent  dans  le  même  tems  |es  )e  Sjmp!ê 
par  l’embouchure  des  principales  rivières,  6c  en  particulier  de  la  Seine  ,  de  la  avcc  i«  d“- 
Loirc,  de  la  Garonne ,  de  la  Dordogne  dont  ils  delolerent  les  environs.  Ceux  ^  ? 

qui  entrèrent  parla  Garonne  s’avancèrent  jufqu’à  Caflcncüil  ancien  palais  f-a6.à>  fa. 
de  nos  rois  fitué  fur  les  frontières  de  l’Agenois  ,  du  Querci  8c  du  Touloufain , 

6c  le  ruinèrent  entièrement.  Ils  pallcrent  enfuite  en  Auvergne  où  ils  pillèrent 
la  ville  de  Clermont.  Ils  étendirent  fans  doute  leurs  courfes  jufques  vers  la 
Septimanie  ôcla  Provence,  puilque  les  évêques  de  ces  provinces  n’ofoientpas 
fe  mettre  en  chemin  de  crainte  de  tomber  entre  leurs  mains.  Enfin  ces  pirates 
caulèrent  une  fi  grande  défolation  dans  toute  la  France,  que  le  roi  Charles 
le  Simple  fe  vit  obligé,  pour  faire  céder  leurs  incurfions,  de  ceder  en  fief 
en  911.  au  même  Rollon,  une  partie  de  la  Neuftrie  ,  qui  prit  depuis 
le  nom  de  Normandie,  de  celui  de  ces  peuples.  Rollon  ayant  embrade  l’an¬ 
née  fuivante  la  religion  chrétienne,  les  Normans  devinrent  depuis  plus  pai- 
fibles ,  6c  les  différentes  côtes  du  royaume  ne  furent  plus  fi  expofées  à  leurs 
excurfions  6c  à  leurs  ravages. 

Cette  paix  donna  à  Charles  le  tems  de  refpircr,  6c  de  le  inertre  en  état  de 
faire  valoir  les  droits  fur  l’ancien  royaume  de  Lothaire,  qui  lui  étoit  d’ail¬ 
leurs  dévolu  par  la  mort  du  jeune  Louis  roi  de  Germanie,  le  dernier  de  la 
race  de  Charlemagne  au-delà  du  Rhin ,  décédé  làns  poftericé  l’an  911.  Char¬ 
les  devoir  lui  fuccedcr  par  droit  de  lang  dans  tous  fes  états ,  mais  les  peuples 
de  Germanie  appellerent  un  étranger ,  6c  reconnurent  pour  leur  roi  Conrad 
duc  de  Franconie.  Les  Lorrains  plus  équitables  fe  fournirent  à  Charles,  ce 
qui  lui  donna  occafion  de  prendre  poflèllion  de  cette  ancienne  partie  de  la 
monarchie  Françoi/ê ,  6c  de  dater  fes  chartes  de  cet  événement. 

Le  royaume  de  Provence,  comme  membre  de  l’ancien  royaume  de  Lothaire,  txvxv. 
devoit  aulli  naturellement  appartenir  à  Charles,  6c  ce  prince  aurait  fans  doute  fou“iA,v.e“* 

fait  valoir  fes  druirs  fur  ce  - -  f  ------  ----- 

rent 

dans  i/ttmuiv.  £'\sj.iwiiiwji  uv.j  ucu,\  cote/,  uu  jviionc  ^  v/ii  juieju  a  £UCS  <lüC  de 

l’emboucnurc  de  ce  fleuve  dans  la  mer.  On  voit  en  effet  par  une  charte b  de  Pro-.ence.  u- 
ce  dernier  donnée  en  91Z.  en  fivcur  de  Fulchcrius  évêque  d’Avignon,  qu’il  £°"s  Ÿao%- 
regnoit  alors  fur  la  partie  du  diocèfc  de  cette  ville  qui  dépend  du  Langue-  nc.de  c™as& 
doc.  Louis  donna  cette  charte  à  la  prière  d’Hugues  dur  &  comte,  de  Bozon 
fon  frere,  &  de  Manalfcs  archevêque,  ce  qui  prouve  que  le  premier  exerçoit  0 
alors  l’autorité  ducale  dans  le  royaume  de  Provence,  c’eit-d-dirc,  qu’il  en 
avoir  le  gouvernement  general  lô us  Louis,  qui  le  qualifie  ailleurs  c fott parent,  m/ir.p  n$.‘ 

[on  duc ,  6c [on  marquis.  n  '  ,*°TS  K 

Hugues  étoit  fils  de  Thibaud  d  qu’on  prétend  avoir  été  comte  d’Arles,  nccliumt  vo¬ 
ix.  de  Bcrthe  fille  naturelle  du  roi  Lothaire  ;  ainfi  il  étoit  parent  de  Louis  ht 

l’Aveugle  petit  neveu  de  ce  dernier  par  fa  mere  Ermen garde.  Il  eut  toute  ^  vd[ °p ^ 
la  confiance  de  Louis,  qui  fe  repofa  entièrement  fur  lui  du  gouvernement  to.i p.n6 
de  Provence  ,  dont  on  prétend  «  qu’il  lui  dona  le  duché  lors  qu’il  pallaen  [[[[ th0f'f[[ 

Italie  ;  mais  ce  fait  eff  avancé  fans  preuve.  Louis  appelle  [on  parent  le  comte  frfa. 

Bozon  frere  d’Hugues  en  diverfes 1  chartes,  de  même  que  Manalfcs  arche-  e  Bouch"t,d- 
vêque  d’Arles,  qui  étoit  leur  neveu  ,  non  pas  par  un  frere,  comme  quelques-  f  K  Pagiaj 
uns  b  l’ont  crû  }  mais  par  une  four  h  nommée  Tcutbergeou  Tiberge ,  ainli  •n„.9oo  n.16. 
que  Luitprand  ‘  auteur  contemporain  le  fait  allez  entendre.  ManalTes  eut  au/ïï  "  6' 916 ' 
beaucoup  de  part  à  la  confiance  de  Louis  l’Aveugle,  qui  lui  donna  ou  con-  gGall.chrifl. 
firma k  le  port  6c  la  monnoye  d’Arles,  les  abbayes d’Aniane,  de  fainte  Marie 
de  Goudamies  6c  de  Cruas,  6c  divers  autres  domaines  que  le  roi  Bozon  i  iuà/r.  t.  4. 
fonpere  avoit  accordez  à  Roftaign  prédccelTeur  de  ce  prélat.  ManalTes  &  ‘[  GM  chf 
fes  lucceflèurs  jouirent  pendant  long-tems  des  deux  dernieres  abbayes  fituées  au. >njif.p.9[. 

Tome  II.  G 


'aloir  lès  droits  fur  ce  pays,  làns  les  nouvelles  brouilleries  qui  s’élève-  po/teiicur  du 
dans  le  royaume,  à  la  faveur  dcfquclles  Louis  l’Aveugle  le  maintint 
la  paifible  poflellion  des  deux  cotez  du  Rhône,  depuis  Lyon  jufqu’à  gllCs  duc  de 


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5o  HISTOIRE  GENERALE 

Ân.  91  j.  dans  les  dioccfes  de  Viviers  &  d’Ufez,  qui  dépendoient  alors  du  royaume 
de  Provence.  Il  n’en  fur  pas  de  meme  de  celle  d’Aniane  ,  qui  n’étoit  point 
a v. note  v.  foumile  à  la  domination  de  Louis ,  &.  dont  ce  prince  ne  difpofa  a  fans  doute 
n‘s%  en  faveur  de  l’églife  d’Arles  ,  que  parce  que  Roftaign  prédecefl'eur  de  Ma. 

nafl'es  l’avoit  poflèdée  auparavant  avec  fon  archevêché.  La  charte  eff:  datée  de 
Vienne  le  r.  de  Février  3  la  JF  JC.  année  de  Louis  empereur ,  ce  qui  peut  également 
le  rapporter  à  l’an  9 1  o.  &  à  l’an  910.  fuivant  la  differente  maniéré  de  compter 
le  commencement  du  régné  de  ce  prince,  ou  depuis  l’an  890.  qu’il  fut  élii 
roi 'de  Provence,  ou  de  l’an  901.  qu’il  fut  couronné  empereur  ;  car 
T  K0TE  Manafles  fegeoit  b  à  Arles  dans  ces  deux  années. 

’cv.GaU.chr,  On  cite  quelques c  monumens,  fuivant  lefquels  Florent  évêque  d’Avignon, 
nov.edu. to.i.  obtint  un  diplôme  du  roi  Charles  le  Simple  en  faveur  de  fon  églile  ,  &  eut 
r'  °6’  recours  en  921.  à  la  protection  de  ce  prince  contre  les  entreprîtes  du  comte 
d'Vfe qui  avoit  conftruit  une  forterelle ,  d’où  il  caufoit  des  dommages 
confiderables  au  temporel  de  la  même  églite  -,  ce  qui  prouveroit  que  Louis 
l’Aveugle  reconnoiffoit  Charles  pour  fon  luzerain  ,  &  que  ce  dernier  exerça 
fon  autorité  fur  le  royaume  de  Provence  *  mais  il  faut  avouer  que  ces  monu¬ 
mens  font  très-fufpeds  :  il  eft  faux  d’ailleurs  que  Florent d  ait  occupé  le  fiege 
}  Av-SOTE  v  epifcopal  d’Avignon  fous  le  régné  de  Charles  le  Simple. 

’,u‘  On  voit  l’union  qui  étoit  entre  Guillaume  le  Pieux  duc  d’Aquitaine  & 

lxxxvi.  marquis  de  Gothie  ,  &  Louis  l’Aveugle  fon  beau-frere  ,  dans  l’ade  e  de  fon- 
PÊTSÏ  dation  que  fit  le  premier  du  prieuré  de  Mainlac  en  Auvergne  au  mois  de  Mai 
divers  mona-  de  l’an  91  3 .pour  le  feu  roi  Eudes  fon  feigneur  ,  l’empereur  Louis  3  &  Engelberge 
‘^TUcia  ss  fon  *P0Ufe  fæur  de  ce  dernier  prince.  Guillaume  fonda  f  aufli  avec  Engelbcrge 
Bmed.  jtc.  4’  fa  femme  au  mois  de  Novembre  de  la  XIX.  année  du  régné  de  Charles  roi 
des  François  &  des  Aquitains ,  ou  de  l’an  916.  le  monaftere  de  Soucillanges  en 
Mnii.9u.n, 77.  Auvergne,  pour  le  repos  de  Bernard  fon  pere,  d’Ermengarde  fa  mere,  du 
(Dipi.n.m.  roi  Eudes  fon  feigneur,  de  fes  freres ,  d’Adclinde  fa  fæur  ,  &  des  enfans  de 
f  j  celle-ci ,  qui  font  /ans  doute  les  mêmes  que  Guillaume  &  Acfred  qui  fouferi- 
p .503.  virent  à  cette  fondation.  Guillaume  le  Pieux  dans  tous  ces  ades  prend  la  qua¬ 
lité  de  comte ,  de  prince ,  ou  de  marquis  par  la  grâce  de  Dieu. 

C’eft  de  lui  dont  il  eff:  fait  mention  dans  une  charte  g  par  laquelle  le  roi 
Charles  le  Simple  accorda  i,  vers  l’an  916.  à  la  recommandation  de  Roger 

- —  archevêque  de  Treves  &  de  Guillaume  fon  grand  marquis  ,  à  l’évêque  Erifons 

9I(>-  fon  vaflal  habitant  de  Narbonne,  &  à  quelques  ecclefiaftiques  qui  deffcr- 
fPrt-  is-&  voient  avec  lui  l’églife  de  faint  Quintin  de  cette  ville,  divers  domaines  qui 
u  note  nu.  auparavant  avoient  appartenu  aux  Juifs.  Erifons  dont  il  eff:  parlé  dans  cette 
».  »o.  charte  étoit  ‘  évêque  de  Vindafquc  ou  de  Carpentras  dans  la  Vicnnoite,  &  non 
p  pas  archevêque  de  Narbonne,  comme  quelques-uns  l’ont  crû.  On  ignore  le 

’  motif  qui  l’avoit  porté  à  quitter  fon  fiege  pour  s’établir  dans  cette  ville  ,  qui 

y  ij.  étoit  vrai-femblablement  la  patrie.  Il  étoit  encore  dans  le  pays  en  917.  &  il 
k  Marc  Hifp  alors  à  la  k  dédicace  de  l’églife  cathédrale  de  fainte  Eulalie  d’Elne , 

nid.  avec  les  évêques  Guimera  de  Carcaflonne ,  &;  Gui  de  Gironne. 

-o-vn-c  Almerade  Evêque  d’Elne  qui  avoit  invité  ces  prélats  à  cette  ceremonie,  avoir 
Rou/iiiion.  fuccedé  depuis  le  premier  Septembre  1  de  l’an  916.  à  Riculfe  fon  prédecef- 
*  b^J1'  ^ur  Tu*  ^on  teftament m  à  la  fin  du  mois  de  Décembre  de  l’an  915.  Alme- 
ptud.^Rcginf"  rade  étoit  frere  de  Bencion  &  de  Gaulbcrt  comtes  de  Rouffillon.  Le  pre- 
p.6u  6 >je,.  mier  fit  une  donation  à  l’églife  d’Elne  le  4.  du  mois  de  Mars  «>  de  l’an  9 1 7.  Sc 
/l+i avoit  époufé  Godlane.il  ne  furvêquit  pas  long-tems  à  cette  donation,  puifqu’il 
op.  340  m.  étoit  déjà  décédé  dans  le  tems  de  la  dédicace0  dont  on  vient  de  parler,  & 
vi  ilidl'°TE  c*onC  l’a&e  daté  du  premier  de  Septembre  la  JCVlIt.  année  du  regne  du  très- 
glorieux  Charles  roi  des  François  &  des  Gots.  Cette  date  p  ne  prend  le  com- 
lxxxviii.  mencement  du  regne  de  Charles  le  Simple  dans  la  Gothie  ou  Septimanie  que 
Plaid  tenu  depuis  l’an  900.  nouvelle  preuve  que  ce  prince  ne  fut  generalement  reconnu 
Diffcrcns'peu-  dans  la  province  que  depuis  cette  époque.  Gaufbert  recueillit  la  fuccelfion 
pies  de  lapro-  de  fon  frere  ,  &  tranfmit  le  comté  de  Rouffillon  à  fes  defeendans. 
dilFercnttr"  Nous  avons  déjà  dit  qu’Eudes  comte  de  Touloute  vivoit  encore  en  918. 
Loix.  c’eft  ce  qui  paroît  par  un  plaid  q  tenu  le  1 6.  de  Juin  de  cette  année  à  Alfon- 
<\  Pr.p.fc.6>  ne  dans  le  diocèfe  de  Carcaflonne ,  par  Armand  évêque  de  Touloufç ,  aflîfté 


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DE  LANGUED  OC.  LiviXI.  Si  _ 

de  vcnerable  homme  Bernard  envoyé  &  avocat  de  Raymond  comte  &  marquis  de  An.  918. 
U  ville  de  T ouloufe  ,  du  confentement  du  comte  Eudes  fon  perc,  8c  de  plufieurs 
abbez  ,  prêtres,  juges,  échevins  &  officiers",  tant  Gots  que  Romains  >  &  Sa-  *Rcgimbur- 
liens  ou  François.  Les  noms  de  cous  ces  juges  font  rapportez  dans  l’aéte  :  il  y  8°*- 
en  avoir  huit  Romains  ,  dont  trois  étoient  religieux  ,  quatre  Gots  ,  8c  huit 
Saliens  ou  François,  ce  qui  formoit  en  tout  le  nombre  de  vingt  aflèlleurs, 
outre  dix-fepc  autres  notables  appeliez  Bons-hommes  *,  qui  fe  trouvèrent  à  *  Bonihomi- 
l’aflèmblée  fuivant  l’ufage  ;  8c  enfin  un  Sajon ,  terme  ufité  chez  les  Vifigots,  ne», 
pour  lignifier  un  appariteur  ou  huiffier.  Tous  ces  juges  prirent  feance  un  Sa¬ 
medi  au  château  d’Allonne  pour  le  mall  public  ou  l’audience.  Bernard  vicaire 
du  comte  de  Touloufe  y  demanda  par  Ion  avocat, que  le  lieu  de  Villefedolè,^»- 
trement  dit  Alfau ,  ficué  dans  le  territoire  d’Alfonne ,  &  polledé  par  le  mona¬ 
ftere  du  château  de  Mallaft  ou  de  Montolieu  au  diocèfe  de  Carcaflonne,  fût 


déclaré  un  bénéfice  fujet  aux  fêrvices  que  les  Elpagnols  réfugiez  ,  &  établis 
dans  la  Sepci manie ,  étoient  tenus  de  rendre  pour  leurs  aprifions ,  8c  non  pas, 
ainfi  que  le  prétendoit  Alphonfè  abbé  de  ce  monaftere,  un  alleu  exempt  de 
toutes  charges.  Les  parties  ayant  été  ouies  ,  on  ordonna  que  l’abbé ,  qui , 
quoique  prefent ,  parloir  par  le  miniftere  de  fon  avocat ,  prouveroit  que  fon 
monaftere  pofledoit  cette  terre  en  toute  liberté ,  &  fans  être  alTujetti  à  aucun 
fervice,  ce  qu’il  fit  quelques  jours  après.  Il  produifit  l’ade  d’acquifition  avec 
le  jugement  rendu  en  conséquence  à  Carcaftonne  par  le  comte  Oliba ,  le 
vicomte  F redarius, 6c  divers  autres  juges  ;  deux  chartes  données  par  le  roi  Char¬ 
les  en  faveur*  des  abbés  Ugbert  8c  Arnoul  les  prédeceiièurs.  Sur  cespreu-  a  V.Otfitulor. 
ves ,  Bernard  viguier  &  député  de  Raymond  comte  de  Touloufe  fut  dé-  1,1517  ^ 
bouté  de  fa  demande  par  un  jugement  folemnel  ,  prononcé  par  Armand  J 
évêque  de  Touloufe  préfident  de  cette  allèmblée,  le  même  jour  16.  de 
Juin  la  JC JCI.  année  du  rcyie  de  Charles. 

Ce  monument  très-important  pour  notre  hiftoire,  prouve  i°.  Qu’Eudes 
comte  de  Touloufe  fè  démit  de  ce  comté  avant  fa  mort  en  faveur  de  Ray¬ 
mond  Ion  fils,  puifque  ce  dernier  eft  qualifié  de  fon  vivant  comte  de  Touloufe 
&  marquis.  2°.Que  les  ducs  Sc  les  comtes  non  contens  de  regarder  leurs  digni¬ 
tés  comme  un  bien  héréditaire  ,  avoient  extrêmement  étendu  leur  autorité 


fous  le  règne  de  Charles  le  Simple ,  jufqu’à  s’attribuer  le  domaine  du  prince; 
car  c’eft  au  nom  du  même  Raymond  comte  de  Touloufe  ,  que  Bernard  fon 
vicaire  prétendoit  que  le  lieu  d’Alfau  dépendoit  du  domaine  de  ce  comte, parce 
qu’il  avoit  été  un  bénéfice  royal.  3  °.Que  les  comtes  de  Touloufe  avoient  la  fu- 
zeraineté  fur  les  comtez  de  Carcaflonne  6c  de  Rafcz ,  comme  mouvans  du 
marquifat  de  Touloufe,  ainfi  que  nous  l’avons  remarqué  b ailleurs.  On  voit  Note'xcik 
ici  ,en  effet  un  évêque  de  Touloufe  ,  êe  le  vicaire  du  comte  de  cette  ville  n.  n. 
préfider  à  un  plaid  tenu  dans  le  diocèfe  de  Carcaflonne  par  l’autorité  du 
même  comte,  tandis  que  ce  diocèfe  étoit  gouverné  par  un  comte  particu¬ 
lier.  Raymond  II.  devoir  être  donc  fuzerain  de  ce  dernier  en  qualité  de 
marquis  de  Touloufe,  titre  qu’il  fe  donne  -,  car  il  n’herita  du  marquifat  de 
Gothie  que  par  la  mort  de  Guillaume  le  Pieux  qui  vivoit  encore  alors.  40. 

Que  fous  le  régné  de  Charles  le  Simple ,  la  province  étoit  encore  habitée 

f>ar  differens  peuples  diftinguez  entr’eux,  fçavoir  les  Romains,  les  Gots  8c 
es  François  -,  que  chacun  d’eux  avoit  confcrvé  les  loix  8c  fes  propres  juges; 

&  que  dans  les  aflemblées  generales  les  Romains  tenoient  le  premier  rang , 
fans  doute  parce  que  la  loi  Romaine  étoit  la  plus  noble  8c  la  plus  an¬ 
cienne  dans  le  pays ,  8c  à  caufe  des  anciens  habitans  qu’on  appelloit  Romains 
8c  qui  faifoientle  plus  grand  nombre.  5*.  Enfin  que  la  forme  des  plaids  8c  la 
maniéré  de  rendre  la  juftices,  établie  en  France  depuis  le  commencement  de  la 
fécondé  race  par  l’autorité  des  capitulaires, étoient  encore  régulièrement  obfer- 
vécs  dans  la  province  en  9 1  8.  malgré  les  troubles  du  royaume  ,  qui  y  avoient  Mond-E^dei 
occafionné  plufieurs  changemens.  cjmtedcTou- 

Eudes  comte  de  Touloufe  devoir  être  alors  fort  âgé  ,  puifqu’il  avoit  fuc-  &R^r‘. 
cédé  à  Bernard  fon  frere  dès  l’an  875.  6c  que  dès  ce  tems-là  il  étoit  marié  m«ngaud  l'es 
avec  la  comteflè  c  Garfinde.  Ce  fut  fans  doute  ce  qui  le  porta  à  fe  démettre  Iuccc' 
avant  fa  mort  du  comté  de  Touloufe  en  faveur  de  Raymond  II.  fon  fils,  cv.t».j.?r. 
Tome  II.  G  ij 


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HIST.  GENERALE  DE  LANGUEDOC. 


An.  893. 

a  V.  NOTE 
VUl.n.  14,  é» 

fil- 


premier 


b  V.  NOTE 
Vll.n  g. 


xc. 

Mort  de  Guil¬ 
laume  c  Pieux 
due  d* Aquitai¬ 
ne,  marquis  de 
Gothic  ^com¬ 
te  d'Auvergne, 
c  V  Mabii.  ad 
ann  pi 7 ,n.n 
dLabb.Mi/cell. 
P  fil 

eEiccmofînarii 
Ad  SS.  Bened. 

fit* -P-  81  • 

V.Mab.adann . 
9i8.n.i8. 
f  V.  NOTE  VU. 

n.7. 

g  V.  NOTES 
XVU.&XXVI. 

h  Ad.SS.ibid. 
f-  77-  %i-90. 
Labb.  ibid. 
513.  &  «- 
bliotb.ibid. 

i  V  Balut. 
Auver£,  to.  1. 

P  n&fj. 
k  ibid . 

J  Annal  Maf~ 
clac.  bibl.Lab . 
to.ip.71h 
m  K.  to./.iV. 
LXXXKi/. 
«.7j. 

n  K.  X<3.  SS. 

Labb.  mifcell. 

P •  5"- 
o  Af^i. 

p  ibid. 

t]  f'.  to.I.NOTE 
LXXXlIn.71. 
r  ^«3.  SS.  85. 
ibid.p  89. 

Capital,  Ap- 
fend.  p .  1511. 
M*7. 

XCI. 
Union  du 
marquifat  de 
Gothic  au  do¬ 
maine  des 
comtes  de 
Tou  oufe. 
s  NOTE  Vil , 


mais  nous  ignorons  b  s’ils  lui  fuccederent  immédiatement  dans  ce  marqui¬ 
fat,  &  s’il  n’échût  pas  auparavant  à  Eudes  leur  pere  ,  qui  peut  avoir  furvêcu 
à  ce  prince  ,  &  lui  avoir  fuccedé  par  conféquent  dans  cette  dignité. 

Guillaume  vivoit  encore  au  mois  de  Septembre  de  l’an  9 17.  comme  il  paroît 
par  «  fa  foufeription  à  la  fondation  de  l’abbaye  de  Bourg-Dieu  en  Berri ,  &  par 
une  donation»1  qu’il  fit  à  ce  monaftere.  Comme  Engelberge  fa  femme  Ibufcri- 
vit  aulîi  à  cette  donation ,  qui  eft  fans  date ,  il  faut  qu’elle  foit  anterieure  à 
l’a&e  de  fondation  de  l’abbaye  de  Bourg-Dieu  ,donconpourroitavoit  com¬ 
mencé  la  conftru&ion  quelque  tems  auparavant  ;  car  il  paroît  que  cette  prin- 
cefle  étoit  déjà  décedée  au  mois  de  Janvier  9 1 7.  fuivant  un  acte  par  lequel 
Guillaume  le  Pieux  fon  mari,  le  comte  Roger,  &  fes  autres  exécuteurs  tejlamen-. 
taires e  délivrèrent  alors  à  l’abbaye  de  Cluni  le  lieu  de  Romans  dans  le  Lyon- 
nois ,  qu’elle  avoit  donné  auparavant  à  ce  monaftere ,  pour  le  Jalut  du  comte  GuiL 
laume  fon  époux  ,  &de  l’empereur  Louis  fonfrere. 

Guillaume  le  Pieux  nefurvêcutpaslong-tems  à  Engelberge  fa  femme ,  &il 
mourut 1  Je  6.  de  Juillet  de  l’an  9 1 8.  ou  au  plus  tard  de  l’année  fuivante.  On 
lui  donne  un  fils  nommé  Bozon  décédé  avant  lui.  Il  eft  certain  du  moins  que 
Guillaume  mourut  fans  pofterité ,  &  que  fa  fucceflion  pafla  pour  la  plus  gran¬ 
de  partie  à  fes  deux  neveux,  Guillaume  &  Acfred,  fils  de  la  foeur  Adelinde 
&  d’Acfred  comte  de  Carcalfonne.  Le  premier  étoit ,  ce  lêmble  g  ,  alors  comte 
de  Vêlai,  &  l’autre  comte  deGevaudan.  Guillaume  fut  furnommé  le  Jeune  , 
pour  le  diftinguer  h  de  fon  oncle  ,  ce  qui  n’a  pas  empêché  plusieurs  modernes 
de  les  confondre.  Il  prenoit 1  la  qualité  de  comte  du  vivant  de  Guillaume  le 
Pieux  à  qui  il  fucceda  après  fa  mort  dans  le  duché  d’Aquitaine  &  le  comté 
d’Auvergne,  &  à  qui  il  avoit  fuccedé  k  auparavant  dans  la  dignité  d’abbé  fé- 
culier  deBrioude.  Il  s’empara  1  peu  de  tems  après  de  Bourges  j  ce  qui  a  fans 
douce  donné  lieu  à  quelques  auteurs  de  croire  qu’il  fucceda  aufli  à  Guil, 
laume  le  Pieux  dans  le  comté  particulier  de  cette  ville  j  mais  il  n’y  a  aucune 
preuve  m  certaine  que  ce  dernier  ait  jamais  été  comte  de  Bourges ,  &  qu’il  ait 
eu  dans  le  Berri  d’autre  autorité  que  celle  que  lui  donnoit  fa  dignité  de  duc 
d’une  partie  de  l’Aquitaine  ,  fuivant  laquelle  il  étoit  fupericur  à  tous  les 
comtes  du  pays  “, qui  le  regardoient  comme  leur feigneur. Guillaume  le 
Pieux  exerça  cette  même  autorité  fur  le  Limoufin  -,  car  il  eft  fans  dou¬ 
te  le  même  que  le  comte  Guillaume  ,  à  la  priere  duquel  le  roi  Charles  °  le 
Simple  donnaen  905.  à  l’abbaye  de  laine Denys  le  lieu  de  Patri,  fitué  non  pas 
dans  le  pays  de  Limoux  en  Languedoc ,  comme  le  prétend  un  hiftorien  p  mo¬ 
derne  ,  mais  dans  celui  de  Limoufin ,  ainfi  qu’il  eft  évident  par  la  charte  q  mê¬ 
me.  Au  refte  Guillaume  le  Pieux  fit  pendant  fa  vie  fon  lé  jour  çrdinaire  en 
Auvergne r  dont  il  étoit  comte  particulier ,  à  caufe  de  fa  fituation  au  milieu  du 
duché  d’Aquitaine  &.  du  marquifat  de  Gothie ,  provinces  qui  lui  étoient 
également  loumifes. 

Quant  à  ce  marqui/at  dont  Guillaume  avoit  hérité  de  Bernard  fon  pere,il  pallà 
apres  ‘  fa  mort  dans  la  maifon  des  comtes  de  Touloufe  ,  ainfi  qu’on  l’a  déjà  re¬ 
marqué  j  mais  nous  ignorons  fi  ce  fut  ou  par  droit  de  fang ,  car  il  eft  certain  que 
les  dignitez  étoient  alors  héréditaires,  i  ou  bien  par  la  difpofition  de  Charles 
le  Simple  -,  au  parti  duquel  ces  comtes  demeurèrent  toujours  inviolable- 
ment  attachez.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai,  c’eft  que  depuis  le  decez  de  Guillaume  le 
Pieux ,  le  marquifat  de  Gothie  appartint  à  la  maifon  des  comtes  de  Touloule, 
qui  parla  augmenta  confiderablement  fon  autorité  dans  la  province  -t  enforte 
qu’à  la  fin  du  régné  de  Charles  le  Simple  il  n’y  avoit  aucun  des  grands  vaflaux 
de  la  couronne  qui  ne  lui  cédât,  foit  pour  la  dignité,  foit  pour  l’étendue  du 
domaine. 


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GENERALE 

D  E 

LANGUEDOC 

«*SS«lSS«SS«««SS*SS*.,MS«H*«Sj„s,ssisSjS,4MSSSjÎSMJSSJJJJt#1MJsjs4jjjjjijijj^ 


LIVRE  D  O  V  Z  I  Ê  M  E. 


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E  marquiût  de  Gothie  comprenait ,  dans  le  tems  qu’il _ 

pafla  dans  la  maifon  des  comtes  de  Touloufe  la  plus  An.  9 1  8. 
grande  partie  du  diocèfe  de  Narbonne ,  ceux'd’Eme  1. 
deBeziers,  Agde  ,  Lodeve,  Maguelonne  &  Nifmes*  Etatdc,aPr°- 
La  partie  du  diocèfe  de  Narbonne  qui  en  dépendoit  m".™! 
renternoïc  deux  comrez  &  deux  vicomtez  fçavoir  le  X-  ficdc-  D°- 
comté  de  Narbonne  attache  au  marquifat  de  Gothie ,  “ 

&  celu  de  Fenouil ledespoflede  par  la  maifon  de  Barce  Touloufe. 
lonne  Les  deux  vicomtez  étoienteeux  de  Narbonne 
&  de  Minerbe.  Le  diocèfe  d’Elne  étoit  partagé  entre  les 


^  « _ ^  oioceie  a  Line  etoit  partaeé  entre  lec 

ctfrij5 de RoTHfîTlon,  de  Confiant ,  &  de  Valefpir ,  &  quelques  vicomtes  en 
r  autres  celui  de  Caftelnau.  Les  autres  cinq  diocèfes  de  la  Gothie  né  formaient 
acun  qu  un  feul  comte.  Celui  de  Maguelonne  avoir  fes  comtes  qui  fe  qUali 
noient  alors  comtes  de  Subftancion  ou  de  Melgueil.  Le  comté  de  NÎTmeû 
appartenoit  à  la  maifon  de  Touloufe  dès  le  commencement  du  X  fiecle  Noue 

:®re?'ifiks.dr,ifedeBeziers’  d'Asde  &  de 

comcesjU  paroit  leulement  que  Jes  comtez  de  ce  nom  furent  réunis  bientôt  après 


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.  9 1  8» 


54  HISTOIRE  GENERALE 

au  marquifat  de  Gothie:  chacun  des  crois  avoir  fes  vicomtes  particuliers. 

La  ville  de  Touloufe  avoir  titre  de  comté‘8c  de  marquifat  :  fes  comtes  en 
qualité  de  marquis ,  avoient  la  fuzeraineté  fur  les  comtez  de  Carcallonne  8c 
deRafcz,qui  appartenoient  alors  à  une  même  famille.  Le  premier  comprenoic 
tout  le  diocèle  de  Carcaflbnne,  8c  l’autre  une  partie  de  celui  de  Narbonne.  La 
ville  de  Touloufe  avoit  outre  cela  lès  vicomtes,  de  même  que  celle  de  Car- 
caflonne  8c  le  pays  de  Râlez.  Enfin  les  comtes  de  T ouloulè  pofïèdoient  en  Aqui¬ 
taine  les  comtez  d’ Albigeois ,  de  Rouergue  8c  de  Querci ,  qui  renfermoient  plu- 
fieurs  vicomtez.  L’Albigeois,  comprenoic  celles  d’Albi  8c  de  Lautrec. 

II  eft  aifé  de  conclure  par  ce  que  nous  venons  de  rapporter ,  que  la  maifon 
deTouloufe  dominoit  au  commencement  du  X.  fiecle,  ou  mediatement,  ou 


immédiatement  fur  tout  le  Languedoc ,  à  la  réferve  du  Vêlai,  du  Gevaudan, 
du  Vivarais ,  8c  du  diocèfe  d’Ufcz ,  pays  qu’elle  acquit  dans  la  fuite.  On  a  déjà 
dit  qu’il  paroît  que  le  comté  de  Vêlai  appartenoit  alors  à  Guillaume  II.  duc 
d’Aquitaine  2c  comte  d’Auvergne,  8c  celui  de  GeVaudan  à  Acfred  fon  frere.  Ces 
deux  diocèfes  avoient  chacun  fes  vicomtes.  Ceux  du  Vêlai  fe  qualifièrent  vi¬ 
comtes  de  Polignac  :  le  château  de  Grezes  étoit  le  chef-lieu  du  domaine  de  ceux 
de  Gevaudan.Quant  au  Vivarais  8c  à  l’Uzege, qui  faifoient  partie  du  royaume  de 
Provence,  ils  étoient  gouvernez ,  ce  femble,  par  des  comtes  particuliers  fub- 
ordonnez  à  Hugues  duc  ou  gouverneur  general  de  ce  royaume. 

Telle  étoit  la  grandeur  de  la  maifon  deTouloufe  ,  quand  après  la  mort  du 
comte  Eudes,  fes  deux  fils  Raymond  II.  comte  de  Touloufe,  8c  Ermengaud 
■comte  de  Rouergue,  fc  partagèrent  fon  domaine  ,  ou  plutôt  lepoflèderent 
parindivis^  fi  l’on  en  excepte  ces  deux  comtez.  Us  fe  qualifieront  en  effet  égale- 
a  v.  note  nient  l’un  8c  l’autre  princes  ou  marquis  de  Gothe ,  8c  leurs  defeendans  a  continue¬ 
rai.  rent  de  pofleder  ainfi  ce  marquifat ,  8c  la  plupart  des  autres  domaines  de  leur 

maifon  jufques  vers  la  fin  du  X.  fiecle  ,  que  les  deux  branches  convinrent,  à  ce 
qu’il  paroît ,  d’un  partage  limité. 

U.  L’éloignement  où  la  province  étoit  de  la  cour,  joint  à  la  foiblelTe  dugou. 
Les  Saiafms  vernement ,  8c  aux  divers  troubles  qui  s’élevèrent  en  France  fous  le  régné  de 
Uon^u'aux  Charles  le  Simple,  mit  Raymond  8c  Ermengaud  dans  une  indépendance  encore 
portes  de  Tou-  plus  grande,  que  ne  l’afFectoient  alors  les  grands  vaflaux  de  la  couronne ,  qui  ne 
loutc.  mettant  point  des  bornes  à  leur  ambition,  s’érigèrent  prefque  en  fouverains  , 
8c  s’arrogèrent  un  pouvoir  excefïïf  au  préjudice  de  l’autorité  royale.  Les  en- 
treprifes  de  ces  feigneurs  furent  la  principale  caufe  des  chagrins  que  Charles 
le  Simple  eut  à  eflùyer  vers  la  fin  de  fon  régné  j  8c  le  royaume  étant  ajnfi  livré 
à  la  tyrannie  des  particuliers  ,  continua  d’être  expofé  aux  courfes  des  Nor- 
mans  8c  des  Sarafins  d’Efpagne. 

Ces  derniers  ,  non  contens  de  s’être  fortifiez  dans  les  montagnes  de 
Provence,  d’où  ils  commettoient  une  infinité  de  défordres  ,  8c  interrom- 


b MtmNiv.  poient  le  commerce  avec  l’Italie,  entreprirent  b  en  910.  une  nouvelle  irru- 
v.p«si«d< m».  pdon  en  deçà  des  Pyrénées  fous  la  conduite  de  leur  roi  Abderame  IV.  Ce 
ÿio  n.  6.  ann.  prince  infidèle  après  avoir  défait  Ordonius  roi  de  Leon  ,  8c  Garcias  roi  de 
9l9,n  Navarre,  qui  avoient  voulu  s’oppofer  à  fes  courfes  ,  palfa  ces  montagnes, 

910.  ravagea  toute  la  Gafcogne  ,  8c  s’avança  jufqu’aux  portes  de  Touloufe  fans 
trouver  la  moindre  réfiftance. 


lu.  Charles  le  Simple  étoit  alors  occupé  à  difiper  une  puilfante  conjuration 
qu’ avoient  formée  à  la  droite  de  la  Loire, pluficurs  des  principaux  du  royaume 
pnneefie  Go-  pour  le  détrôner, fous  prétexte  c  de  la  trop  grande  confiance  qu’il  avoit  donnée 
à Haganon  fon  miniftre, qu’ils  haïlïbient  fouverânement.Ces  feigneurs  s’afièm- 
simP  c  pen-  blercnt  àSoi(fons,où  ils  réfolurent  de  refufer  dbbeïr  à  Charles ,  8c  même  de  le 
reconnoître  pour  leur  roi.  Hervé, archevêque  de  Reims, détourna  leur  conjura¬ 
nt.  don  -,  mais  ce  prélat  s’étant  laide  gagner  dans  la  fuite  par  Robert  duc  de 

conue  de  Ma-  France ,  frere  du  feu  roi  Eudes ,  qui  fe  fit  élire  roi  en  9 1 1.  par  les  factieux ,  il 
dT Mc\ÿtc\\U  le  couronna  enfin  à  Reims  le  30.  de  Juin  de  la  même  année.  Raymond  8c 
c  FroZcfcron.  Ermengaud  marquis  de  Gothie ,  8 c  la  plupart  des  autres  grands  vaflaux  des  pro- 
/<.  ,9£  inji  v!nces  méridionales  demeurèrent  attachez  au  roi  Charles ,  8c  ne  prirent  aucune 
icm.u.c.M.  part  ni  à  la  conjuration  formée  contre  ce  prince,  ni  à  l’élection  de  Robert. 
dc.itfi.mtm.  On  en  voit  la  preuve  entr’ autres  dans  une  donation  d  faite  à  Etienne  évêf 

î  967.  * 


DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII.  SS 

que  d’Agde  8c  à  fon  églife  le  rp.  du  mois  d’ yloiit ,  l’année  que  Robert  régna  frau- 
duleufcnent.  '  ’  ^ 2 

On  peut  rapporter  à  peu  près  au  même  teins  le  ceftamcnt  a  de  G  trille.  a  Pr*-6u 
mette  com  telle  de  Melgueil ,  daté  du  26.  Janvier  fous  le  régné  de  Charles.  Pat 
cet ade elle  ordonne  au  comte  Bernard  fon  fils,  de  diftribucr  pour  l’expiation 
de  fes  pechez  fes  biens  meubles  6c  immeubles  aux  églifès ,  aux  prêtres ,  8c 
aux  pauvres.  Elle  choifit  fa  fépulture  dans  l’eglife  de  S.  Pierre  de  MagueJonne 
à  laquelle  elle  fait  divers  legs  ,  8c  laillè  le  refte  de  les  domaines  au  même 
Bernard  fon  fils ,  qui  eft  le  premier  des  comtes  héréditaires  de  MagueJonne 
que  nous  connoilFons.  Ils  prirent  indifféremment  la  qualité  de  comtes  de 
Subftancion  ou  de  Melgueil ,  tant  à  caufe  de  la  tran/lation  du  fïege  épifcopal 
dans  le  premier  de  ces  deux  endroits,  depuis  la  deftruétion  de  l’ancienne  ville 
deMaguelonne,  que  parce  qu’ils  avoient  établi  leurréhdence  dans  l’autre.  On 
voit  par  ceteftament  que  la  cathédrale  de  Maguelonne  avoir  été  confervée,  8c 
quelle  fubfiftoit  au  X.  fiecle.  Et  en  effet ,  l’évéquc  8c  les  chanoines,  s’étant 
retirez  à  Subftancion  après  la  ruine  de  Maguelonne  b ,  Iaiflèrenc  quelques  eccle-  b  vtrdal.  àe 
fiaftiques  dans  cette  églife  pour  la  defîèrvir,  ce  qui  dura  jufques  au  rétabliflb- 
ment  de  la  ville  8c  du  hege  épifcopal  de  Maguelonne  au  XL  fiecle. 

Outre  les  feigneurs  des  royaumes  d’Aquitaine  8c  de  Sepdmanie,  qui  demeurè¬ 
rent  fidelles  à  Charles  ,  ce  prince  fut  encore  fbiîtcnu  parles  grands  du  royau-  j 
medeLothaire  qui  n’eurent  aucune  part  à  l'élection  de  Robert  ,  &  chez  lef- 
quelsilfe  retira  après  que  ce  compétiteur  l’eut  mis  enfuitc.  S’il  fauteependant 
ajouter  foi  à  un  auteur  c  du  XI.  fiecle ,  Charles  fc  rendit  en  Aquitaine  auiîi-tot  c  Adcm.cab. 
après  cette  élection ,  s’avança  jufqu’à  Limoges,  où  il  rafîembla  un  corps  con- 
fiderable  de  troupes ,  marcha  contre  Robert,  lui  livra  bataille,  8c  le  tua 
dans  l’action.  Mais  outre  que  ce  récit  eft  accompagné  de  diverfès  circonftan- 
ces  fabuleufes ,  il  eft  d’ailleurs  contraire  au  témoignage  de  Frodoardd  ,  au-  dFrcd./t/d, 
teur  contemporain,  qui  afture  que  ce  prince  demeura  toujours  dans  le  royau¬ 
me  de  Lothaire  depuis  l’élection  de  Robert, jufqu’à  ce  que  ayant  livré  bataii- 
â  ce  dernier,  il  le  défit  8c  le  tua.  Enfin  nousavons  plufîeurs  chartes  qui prou¬ 
vent  que  Charles  fit  fon  féjour  aux  environs  de  la  Sare  pendant  cet  inter¬ 
valle. 

Telle  eft  celle  c  qu’il  accorda  le  7.  Juin  de  l’an  922.  en  faveur  d’yligon  de 

ttrckevèque  de  Narbonne  &  de  Rafcg,  8c  de  fon  églife.  Ce  prélat  informé  du  cré-  char/es/c sim- 
dit  que  Guigues  évêque  de  Gironnc,  fon  fuffragant,  avoit  far  l’efprit  de  ce  P'f  ™  faveur 
roi,  à  la  cour  duquel  il  avoit  été  élevé  avant  fon  élévation  à  l’épi feopat , 8c  ^rhomw  & 
qu’il  avoir  été  joindre,  le  chargea  de  lui  demander  une  charte  pour  le  con-  dc  Gironnc. 
fïrmer  dans  la  pollèflion  des  biens  de  fon  églife.  Le  diplôme  que  Charles  don-  c  Pr'f6o‘ 
ne  en  conféqucncc  eft  conforme  à  un  autre  qu’il  avoit  donné  vingt-trois  ans 
auparavant  en  faveur  d’Arnufte  archevêque  de  Narbonne,  8c  il  eft  daté  d’un 
palaisappellé  f  Seticus ,  fitué  au  voilinage  de  Torn  8c  delà  rivière  de  Sare.  Ce  fv  Mar(a 
prince  par  deux  autres  diplômes  du  même  jour  donna  S  à  l’évêque  dc  Gironnc  Hnp.p.  S7S.  & 
difFerens  domaines  en  confideration  de  fa  grande  fidelité  ,  8c  confirma  fon 
églife  dans  la  pofîèlîîon  du  tiers  des  droits  domaniaux  des  pays  ou  comtez  jfi  41‘ 
deGironne,  deBefalu,  de  Pierre- Lace  8c  d’Ampurias,  qui  compofuient  fon 
diocèfe. 

Il  paraît  par  la  charte  qui  fut  expédiée  en  faveur  d’Agio  archevêque  de  f,n  Vdc RâV. 
Narbonne,  que  fon  églife  étoit  toujours  réduite  à  une  extrême  pauvreté,  mondu.comtc 
Cela  venoit  fans  doute  de  ce  que  les  feigneurs  féculicrs  lui  dérenoient  fes  biens.  f.ca^ljulc 
Nous  trouvons  en  effet  qu’un  feigneur  nommé  Raymond,  qui  eft  fans  doute  p0üs  ibn  fi's 
le  même  que  Raymond  II.  comte  de  Touloufc  8c  marquis  de  Gothic  ,  avoit ,UI  focale, 
envahi  vers  ce  tems-là  diverfes  terres  fur  les  eglifes  dc  la  province  de  Nar¬ 
bonne.  C’eft  ce  que  nous  apprend  une  lettre11  du  pape  Jean  X.  au  même  hCAtd.comt. 

Agio,  à  Aufterius  archevêque  de  Lyon  8c  à  leurs  fuffragans  qui  font P-8*- 
es  la Seftimanie ,  l’Efpagnc  &  la  Bourgogne ,  dans  laquelle  il  leur  marque,  que 
conformément  à  leurs  prières  décrit  à  Raymond  pour  l’engager  à  reftituer  à 
1  eglife  les  biens  dont  il  s’étoit  fâifi,  avec  menace  de  l’excommunier  &  tous 
fes  fem  b  labiés  en  cas  de  refus.  Cette  lettre,  qui  eft  fans  date,  doit  être  »  i  note  vu. 
poûericure  à  l’an  9 1  y  8c  anterieure  à  l’an  921.  ainf  ayant  écé  écrite  vers  l’a 9  "*• 


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56 


HISTOIRE  GENERALE 


9 1 3- 


A  N.  9  2  2.  910.  il  n’y  a  pas  lieu  de  douter  qu’elle  ne  regarde  Raymond  II.  comte  de 
Touloufe  ,  qui  poffedoit  alors  le  marquifat  deGothie  ,  6c  le  comté  particulier 
a  Fiod  chron  depuis  la  fin  du  IX.  fiecle. 

p. 591!'  ron'  Raymond  a  II.  fignala  fa  valeur  contre  lesNormans  ,  qui  non  contens  de  la 
v. cateicomt.  cefiion  que  Charles  le  Simple  leur  avoit  faite  d’une  grande  partie  de  la  Neu- 
au-v.  ^rie  ,  cherchoient  encore  à  s’étendre  dans  les  autres  provinces  du  royaume , 
*».i.  p.10.  à  la  faveur  de  divers  renforts  qu’ils  recevoient  fréquemment  de  leurs  com¬ 
patriotes  du  Nord.  Ils  firent  une  entreprife  fur  l’Aquitaine  en  923.  6c  après- 
avoir  ravagé  une  grande  partie  de  cette  province  ,  ils  pénétrèrent  jufqu’en 
Auvergne.  Guillaume  II.  duc  d’Aquitaine  ,  6c  comte  particulier  de  ce  pays  , 
ne  fe  croyant  pas  allez  fort  pour  leur  réfifter  ,  appella  alors  Raymond 
comte  de  Touloufe  à  fon  fecours.  Après  leur  jonétion  ils  attaquèrent  ces  peu¬ 
ples  ,  les  battirent  ,  6c  en  lailferent  douze  mille  fur  le  champ  de  bataille. 

Raymond  II.  mourut  peu  de  tems  après  cette  glorieufe  expédition,  ou  peut- 
être  dans  l’adion  même.  Il  eft  certain  du  moins  que  Raymond-Pons  fon  fils 
h  v.  note  lui  avoit  déjà  fuccedéb  dès  l’année  fuivante.  Raymond  II.  avoit  environ  63. 
\u.n.6.  ans  dans  ie  cems  Je  fa  mort.  Il  avoit  époufé  ,  ce  femble,  une  dame  nom¬ 
mée  Gudinilde  qui  lui  furvêcut. 

vi.  Raymond-Pons  fon  fils  lui  fucceda  dans  le  comté  de  Touloufe ,  mais  il  pof. 

p^nlm&ndÉr-  feda  c  comme  lui,  par  indivis,  le  marquifat  deGothie,  6c  la  plupart  des  autres 
mengaud  ie-  domaines  de  fa  maifon  avec  Ermengaud  comte  de  Rouergue  fon  oncle.  Il  eft 
îesàchatfes'e  Par^  de  ces  deux  princes  de  la  maifon  de  Touloufe  dans  une  lettre  a 
simple  «près  qu’Agio  archevêque  de  Narbonne  écrivit  à  deux  évêques  de  là  province, 
roÎRaoui du  nomrnez  Agambert  6c  Alfonfe  qui  dévoient  partir  pour  la  cour.  «Nous 
c  note  vu.  ”  avons  appris  ,  dit-il  dans  cette  lettre  ,  votre  prochain  départ ,  ce  qui 
”ld r^6  ”nous  rengagé  à  aller  trouver  nos  comtes  Ermengaud  &  Raymond. ,  pour  les 
Pr  ?'61,  «  prier  de  vous  charger  de  foiliciter  pour  nous  auprès  du  roi  un  diplôme  ,  à 
«quoi  nous  vous  fupplions  de  vous  employer.  «  Agio  ne  marque  pasleficge 
«NOTEitid.  de  ces  deux  prélats ,  mais  fa  lettre  qui  eft  pofterieure  c  à  l’an  9 1  8.  6c  ante¬ 
rieure  à  l’an  927.  prouve  manifeftement  qu’Ermengaud  comte  de  Rouergue, 
6c  Raymond  comte  de  Touloufe  fon  neveu,  polTederent  le  marquifat  de  G  o- 
'•  thie  en  commun.  Nous  en  avons  d’ailleurs  d’autres  preuves. 

Raymond-Pons  étoit  à  la  fleur  de  fon  âge  lorlqu’il  fucceda  à  Raymond 
fon  pere.  A  fon  exemple  il  demeura  toujours  très-attaché  au  roi  Charles  le 
Simple  qu’il  reconnut  pour  fon  fouverain  ,  même  après  que  ce  prince  eut  été 
détrôné  ,  ce  qui  arriva  de  la  maniéré  fuivante.  Charles  forcé  par  Robert  fon 
compétiteur  d’aller  chercher  un  azile  dans  le  royaume  deLothaire,y  raffembla 
un  corps  d’armée ,  8c  s’avança  le  1 5 .  de  Juin  de  l’an  923  .jufqu’à  Soilfons  ,  où  il 
rencontra  fon  ennemi.  Il  l’attaqua  aufli-tôt  avec  beaucoup  de  bravoure ,  fit 
main-baffe  fur  une  partie  de  fon  armée  -,  6c  l’ayant  joint,  il  lui  porta  un  coup 
de  lance  dont  il  l’abbattit ,  enforte  que  Robert  refta  mort  fur  la  place.  Cet 
avantage  dévoie,  ce  femble,  luiaffurer  la  victoire,  mais  il  en  arriva  tout  au¬ 
trement.  Hugues  fils  de  Robert,  foutenu  d’Herbert  comte  de  Vermandois , 
ranima  le  courage  des  foldats  à  la  vue  de  la  mort  de  fon  pere  jêc  refoludela 
venger  ,  il  pouffa  fi  vivement  le  roi  Charles ,  qu’il  l’obligea  enfin  à  prendre  la 
fuite  après  avoir  perdu  fept  mille  hommes.  La  perte  des  partifans  de  Robert 
fut  neanmoins  plus  confiderable  ,  6c  ils  eurent ‘  douze  mille  hommes  de  tuez 
dans  cette  bataille.  Us  délibérèrent  auffi-tôt  fur  le  choix  d’un  nouveau 
roi  ^  l’élection  tomba  fur  Raoul  ou  Rodolphe  duc  de  Bourgogne,  gendre  de 
Robert,  8c  fils  de  Richard, auffi  duc  de  Bourgogne.  La  ceremonie  de  fon 
couronnement  fe  fit  à  faint  Medard  de  Soiflons  le  13.  du  mois  de  Juillet 
fuivant. 

Charles  nonobftant  le  puiffant  parti  dont  ce  nouveau  compétiteur  étoit 
appuyé  auroit  fans  doute  rétabli  fes  affaires ,  tant  avec  le  fecours  des  fei- 
gneurs  des  provinces  méridionales  qui  lui  demeurèrent  fidelles ,  qu’avec  celui 
1  desNormans  qu’il  manda,  s’il  n’ avoit  eu  le  malheur  de  fe  fier  à  un  traître. 
Ce  fut  au  comte  de  Vermandois,  de  même  fimg  que  lui,  qui  au  lieu  de  le 
foùtenir  fur  le  thrônç ,  le  livra  lâchement  à  fon  concurrent ,  ou  qui  plutôt 
pour  fe  rendre  neceffaire  ,  le  retint  prifonnier  à  faint  (Quentin,  d’où  il  le  fit 

transférer 


î  Md  «un. 
3M-n.  SV 


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/ 


DE  LANGÜEDOCLiv.  XII.  57 

transférer  à  Peronne  malgré  la  foi  des  promeiTes  folemnelles  que  lès  ambafli- 
deurs  lui  avoient  faites  de  fa  part.  Cet  événement  eft  une  des  principales  épo-  y 
ques  du  pouvoir  fuprême  que  s’attribuèrent  nos  comtes  de  Touloufe ,  qui  ne 
voulurent *  jamais  reconnoître  Raoul  pour  roi  du  vivant  de  Charles  le  Simple ,  *  Pr.to.i.p.io. 
ni  même  long-tems  après  fa  mort.  Ainfl  ce  dernier  ayant  vécu  pluiîeurs  an¬ 
nées  après  la  bataille  de  SoilTons  ,  6c  ayant  été  prefque  toujours  renfermé 
dans  une  étroite  prifon ,  ces  comtes  durant  cet  intervalle  gouvernèrent  leur 
domaine  avec  une  autorité  fouveraine  *  ils  ne  furent  gueres  moins  ab/oius 
après  qu’ils  eurent  enfin  reconnu  Raoul ,  6c  fous  le  régné  de  les  fucceflèurs. 

Les  autres  provinces  fituées  à  la  gauche  de  la  Loire  refufêrent  également  vïr. 
de  fe  foumettre  à  Raoul  :  Guillaume  II.  duc  d’Aquitaine  &  comte  d’Au- 
vergne  fe  déclara  entr’autres  contre  lui.  Le  premier  b  réfolu  de  fe  faire  recon-  ne  (c  ioumec  a 
noître  dans  cette  partie  de  la  monarchie,s’avanqa  vers  la  Loire  au  commence- 
ment  de  l’année  üuivante.  Guillaume  averti  de  fon  dclîèin  ,  fe  prefenta  à  1* au-.  jTveia!!  ^ 
tre  bord  du  fleuve  vers  l’extrémité  du  diocèfe  d’Autun  pour  lui  en  di/puter  le  b  riod.chron. 

paflàge.  Raoul  voyant  la  difiïculté  qu’il  y  avoir  à  le  tenter ,  prit  alors  le  parti  _ 

de  la  négociation.  Il  envoya  des  amballadeurs  à  ce  duc  qui  écouta  lès  pro-  5)14. 
poiitions.  Enfin  après  avoir  employé  toute  la  journée  à  négocier,  ils  convin¬ 
rent  fur  le  foir  d’avoir  une  conférence.  Guillaume  pafla  la  Loire ,  entra  dans 
le  camp  de  Raoul  &defcendit  de  cheval  dès  qu’il  apperçut  ce  prince,  pour  le 
faluer.  Le  roi  qui  étoit  aulfi  à  cheval  l’embraflà  ,  mais  fans  defeend re  5  SC 
après  avoir  renvoyé  la  conclufion  de  leur  traité  au  lendemain,  ils  fe  fép  are- 
rent.  Le  duc  fe  rendit  au  camp  au  tems  marqué ,  6c  demanda  huit  jours  pour 
délibérer  fur  le  parti  qu’il  avoit  à  prendre  ,  ce  qui  lui  fut  accordé.  Le  délai 
étant  expiré  il  alla  rejoindre  le  nouveau  roi ,  6c  fe  fournit  à  -fon  obéi/ïince. 

Nous  ignorons  les  conditions  de  leur  traité  ,  nous  fçavons  feulement  que 
Raoul  rendit  à  Guillaume  le  comté  de  Berri  dont  il  s’étoit  emparé  fur  lui 
avant  fon  élévation  au  thrône.  R^oul  termina  à  la  founiiffion  de  ce  duc  l’expe- 
dition  qu’il  méditoit  de  faire  dans  l’Aquitaine  &  la  Septimanie,  pour  les  ré¬ 
duire  entièrement  à  fon  obéiflance.  Les  entreprifes  des  Normans  qui  avoient 
pris  les  armes  en  faveur  de  Charles  le  Simple ,  l 'obligèrent  à  décamper  bien¬ 
tôt  après  des  bords  de  la  Loir  e&cà  revenir  fur  les  pas  ;  enlôrte  qu’à  laréferve 
dei’Auvergne,  du  Berri,  du  Vêlai,  6c  de  quelques  autres  pays  qui  ccoienc  fous 
la  domination  de  Guillaume,  le  relie  de  la  partie  méridionale  de  la  monar- 
chierefufa  toujours  de  le  reconnoître. 

Il  paroît  cependant  que  la  Provence  fe  fournie  à  Raoul  ,  car  Hugues  de  MoJdJiouii 
Vienne e  qui  avoit  été  joindre  ce  prince  ,  6c  qui  l’avoir  déjà  reconnu  fans  douce  l'Aveugle  roi 
pour  fon  luzerain,  fe  trouva  à  la  conférence  dont  nous  venons  de  parler.  Or  „  ;p,ovcncc- 
Hugues  etoit  alors  martre  de  toute  cette  province ,  ce  qu  il  faut  reprendre  de  pare  de  fa 

plus  haut.  verne’  fouTlo 

Louis  IV.  dit  l’Aveugle ,  empereur  8c  roi  de'  Provence  ,  après  avoir  eu  le  titre  'de °duc.° 
malheur  de  perdre  les  yeux  avec  le  royaume  de  Lombardie  ,  s’étoic  reciré  &  eeconaoie 
dans  fes  états  en  deçà  des  Alpes  *  &  ne  pouvant  agir  par  lui -même  il  crldibii.  \ 
fe  déchargea  de  l’adminiftration  de  toutes  les  affaires  fur  Hugues ,  à 
qui  il  donna  toute  fa  confiance.  Ce  fêigneur  prit  les  rênes  du  gouverne¬ 
ment  de  Provence  fous  les  titres  de  duc  ,  de  marquis  Sc  de  coince  qu’il 
fe  donnoit  indifféremment ,  ou  féparément ,  ou  conjointement ,  comme  il  pa-  dv  Pai  ti 
roît  par  diverles  chartes11,  entr’autres  par  l’acfc  de  fondation  ou  rétabli f  *nn  >00.  n.\6. 
fanent  qu’il  fit  e  du  monaftere  de  lâint  Pierre  de  Vienne.  Avec  une  celle  911^.6.916. 
autorité  il  lui  fut  aifé  de  gagner  les  peuples ,  6c  de  former  un  puiffanc  parti  * jw*, pr*v. 
pour  les  deireins  ambitieux  qu’il  (e  propofoit  d’executer  après  la  more  de  t0-i-f-7)s. 

Louis. 

Nos  modernes  ne  f  font  pas  d’accord  fur  l’époque  de  cette  mort  :  mais'  t  v.notek 
il  eft  certain  que  Louis  vivoit  encore, en  923.  &  qu’ilmourut  ou  dans  la  "■‘i-b’/'fï- 
même  année ,  ou  au  plus  tard  au  commencement  de  la  fuiv ante.  Il  laillà  un 
fils  nommé  Charles- Conftantin,  qui  ne  lui  fucceda  pas  dans  le  royaume  de 
Provence,  Sc  qui  ne  pofîèda  que  long-tems  après  le  duché  ou  comté  de  Viem 
ne  qui  en  faifoit  parrie.  Hugues  au ffi-tôt  après  la  mort  de  Louis ,  s’empara 
de  toute  la  partie  de  ce  royaume  fituée  à  la  gauche  du  Rhône,  fur  laquelle 
Tome  II.  H 


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n.i. 


58  HISTOIRE  GENERALE 

\  -  - - il  régna  véritablement  fans  prendre  cependant  a  le  titre  de  roi.  II  fe  ligua  avec 

A  n.  9 14.  j^aouj  qU>jj  reconmit  b  p0Ur  iouverain  du  roiaume  de  Provence  ;  ce  qui  fie 
^ans  doute  qu’il  s’abftint  de  ce  titre.  Le  befoin  qu’avoient  ces  deux  ulurpa- 
cûf'p.  ft.  teurs  l’un  de  l’autre,  fut,  à  ce  qu’il  paroît,  le  principal  motif  de  leur  ligucj 

b note  xii.  car  j^aouj  étant  coufin  germain  de  Charles-Conftantin ,  fils  de  Louis  l’Aveu¬ 
gle,  il  dévoie  naturellement  le  préférer  à  Hugues,  ôc  le  favorifer  dans  les 
prétentions  à  la  couronne  de  Provence. 

Ermcnçaud  Hugues  n’étendit  fa  domination  qu’à  la  gauche  du  Rhône,  ainfi  qu’on  l’a 
&  Raimond-  déjà  remarqué.  Tout  ce  qui  dépendoit  du  royaume  de  Provence  à  la  droite  de 
ic°viva"a!s ce  fleuve ,  paflà.  en  d’autres c  mains  aulîi-tôt  après  la  more  de  Louis  l’Aveugle } 
de  rincée  i  6c  il  paroît  certain  qu’Ermengaud  ôc  Raymond-Pons  fon  neveu  ,  marquis  de 
,l"r  k°note  Gothie,  s’afiùrerent  alors  du  Vivarais  6c  du  diocèfe  d’Ufez,  c’eft-à- dire  de 
xjy.tt.ji.  la  partie  orientale  du  Languedoc  qui  dépendoit  de  ce  même  royaume  3  ce  qu’ils 

firent,  ou  au  nom  de  Charles  le  Simple  qu’ils  rcconnoilloient  toujours  pour 
feul  roi  légitimé  ,  ou  à  caufe  que  ces  pays  étant  à  leur  bicnféance  ,  ils  fe 
crurent  être  autant  en  droit  que  des  étrangers  de  fcles  approprier  &  de  les  unir 
à  leur  domaine.  C’cft  ainfi  que  l’Uzege  fut  réuni  au  marquait  de  Gothie, 
dont  il  avoit  toujours  fait  partie  avant  le  démembrement  qu’en  firent  les  fils 
de  Louis  le  Débonnaire  pour  l’unir  au  royaume  de  Lothaire ,  Sc  que  ces 
deux  pays  furent  féparez  après  la  mort  de  Louis  l’Aveugle  du  royaume  de 
Provence  dont  ils  ne  dépendirent  plus ,6c  dont  le  bord  oriental  du  Rhône 
fit  la  feparation  dans  la  fuite.  Il  eft  vrai  que  les  évêques  de  Viviers  recon- 
noiflbientau  XII.  fiecle  les  empereurs  d’Allemagne  pour  leurs  fuzerains, 
en  qualité  de  rois  de  Provence  6c  de  fuccefieurs  d’Hugues  ,  mais  ce  fut 
pour  des  raifôns  particulières  que  nous  expliquerons  ailleurs.  Quant  au  dio- 
cèfe  d’Ufez ,  il  fut  gouverné  par  des  comtes  particuliers  dont  nous  parle- 
d note üiJ.  rons  dans  la  fuite,  jufques  vers  le  milieu  du  X.  fiecle.  II  fut  réuni  d  bientôt 
après  au  domaine  de  la  maifon  de  Touloufê  ,  ce  qui  n’empêche  pas  que  les 
princes  de  cette  maifon  en  qualité  de  marquis  de  Gothie ,  n’ayent  dominé 
avant  la  mort  de  Louis  l’Aveugle  fur  ce  diocefe  ,  comme  ils  dominoient  fur  les 
autres  pays  de  cette  province  qui  avoient  des  comtes  particuliers. 

Raoul  6c  Guillaume  II.  duc  d’Aquitaine,  après  leur  entrevue  fe  rendirent  c 
Raoul  en  fa-  à  Autun  le  premier  de  Mars  de  l’an  914.  6c  de  là  à  Chàlons-fur-Saône  au 
d*”1 'l’uv  *  Mo»'  commenccment  d’Avril.  C’eft  ce  qui  paroît  par  diverfes  chartes  de  Raoul, 
no.c'dc  ccùe  qui  étant  dans  la  dernière  ville  donna  »  à  Adalard  (  évêque  d’Anis  ou  de 
vi«’4  lann  ”  Vêlai,  du  confentement  du  même  comte  Guillaume  fon  vallâl,  &  pour  le 
r^'i.67.  wfoulagcment  de  l’ame  de  Guillaume  oncle  de  ce  dernier  ,  ôc  de  tous  lès  pa- 
t  pr.p.6 1.(4  »  rens ,  le  bourg  contigu  à  l’églife  duPuy  ,  avec  tout  ce  qui  dans  cet  endroit 
fà'  «  appartenoit  au  domaine  du  comte  &  dépendoit  de  fon  pouvoir ,  Ravoir  les 

*  Tcioncum.  ”  droits  de  marché,  de  douane*,  de  monnoye,  de  redore ,  6cc.  Cette  charte 
dont  on  a  diverfes  copies  eft  datée  du  8.  d’Avril  de  l’an  915.  indiction  X. 
la  I.  année  du  régné  de  Raoul  ;  mais  il  y  a  faute  6c.  dans  l’indiction  6c 
s»  v.  lM.  dans  l’année  de  l’incarnation  ;  on  doit  lire  l’an  g  914.  indiclion  XII.  cor- 
M^Mab'ibid.  reêtion  qu’on  peut  juftifier  par  d’autres  h  chartes  de  Raoul  données  alors  à 
Châlons-fur-Saône ,  comme  celle  dont  nous  parlons. 

Cette  derniere  nous  donne  lieu  de  remarquer  1  9.  Que  Guillaume  II.  ou  III,. 
du  nom,  duc  d’Aquitaine,  6c  neveu  de  Guillaume  le  Pieux  ,  pofledoit  ]e 
comté  particulier  de  Vêlai,  6c  qu’il  avoit  le  domaine  de  la  ville  du  Puy, 
puifqu’il  confêntit  à  la  donation  de  Raoul.  i‘\  Que  c’cft  le  titre  primordial 
des  évêques  pour  leur  feigneurie  fur  cette  ville ,  6c  fur  le  païs  de  Vêlai.  30. 
Que  le  Puy, n’étoit  alors  qu’un  bourg-,  aulîî  le  fiege  épifcopal  n’y  avoit- il  été 
i  v.to.i.KO-  transféré  de  faint  Paulhan,  ancienne  capitale  du  pais,  qu’à  la  fin  du  fiecle  ‘ 
precedent.  4*.  Que  c’eft  le  plus  ancien  monument  où  il  foit  parlé  de  la  célébré 
eglife  de  Notre-Dame  du  Puy ,  qui  par  conféqucnt  étoit  déjà  bâtie  dans  ce 
tems-là.  y0.  Que  par  le  droit  de  monnoye  que  Raoul  accorda  à  Adalard  évê¬ 
que  de  Vêlai ,  il  lui  donna  fans  doute  celui  d’en  faire  battre  à  fon  profit  :  or 
comme  ce  prince  déclare  en  même  teins  que  ce  droit  appartenait  auparavant 
au  domaine  du  comte ,  (ÿ-  qu'il  étoit  en  fon  pouvoir  ,  c’cft  une  preuve  que  les 
comtes  étoient  alors  en  ufage  de  faire  battre  monnoye  3  privilège  qu’ils 


x. 

Diplôme  de 


TE  LXXX. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII. 


5  9 


avoient  ufurpé ,  ou  que  nos  rois  leur  avoient  accordé  depuis  la  mort  de  Char-  An.  914 
les  le  Chauve  :  car  encore  fur  la  fin  du  régné  de  ce  prince*  la  monnoyeétoic  a  Capj[uUit‘ 
un  droit  royal ,  6c  il  n’y  avoit  que  le  roi  fèul  qui  put  en  faire  fabriquer  dans 


j  i.r.i». 


b  V.  NOTt 
XVII. 

c  V.<gstt.Chr. 
nov.  edit.to.  i» 


tout  le  royaume.  On  appella  Podienfcs ,  les  fols  ou  la  monnoye  que  les  éve- 
quesdu  Puÿ  firent  battre  dans  la  fuite  ,  6c  dont  les  vicomtes  de  Polignac 
partagèrent  le  droit.  6°.  Enfin  que  Guillaume  II.  duc  d’Aquitaine  avoit  fuc- 
cedé  vrai-femblablement  à  Guillaume  le  Pieux  fon  oncle  dans  le  comté  par¬ 
ticulier  de  Vêlai  ,  puifque  la  donation  dont  nous  venons  de  parler  fut  faite 
pour  le  foulagement  de  l’ame  de  ce  dernier.  On  prétend  b  qu’Hector ,  petit- 
fils  de  Berlion  vicomte  d’Arles  s  fucceda  e  immédiatement  à  Adalard  évêque 
du  Puy. 

Il  s’enfuit  de  ce  que  nous  venons  de  l'apporter ,  que  Raoul  étoit  reconnu 
dans  le  Vêlai  en  924.  ce  qui  paroît  encore  par  une  autre  charte  de  ce  prince 
datée  de  Châlons-fur-Saône  le  9.  d’Avril  delà  même  année ,  pour  d  confirmer  d  cbiffltt 
l’abbaye  de  Tournus  dans  lapoffcffion  de  tous  fes  biens ,  entr’autres  du  prieuré  v^ub'tlmn. 
de  Godet  en  Vêlai.  Ce  fut  le  feul  des  pays  qui  compofent  aujourd’hui  le  91.4n.67. 
Languedoc  ,  qui  fe  fournit  alors  à  ce  nouveau  roi. 

Cette  province  fe  vit  inondée  vers  le  même  tems  d’une  multitude  de  jrruxti^I1  deg 
barbares  qui  y  portèrent  la  défolation.  Berenger  «  empereur  êc  roi  de  Hongroisdan* 
Lombardie  ayant  fait,  par  fa  mauvaife  conduite,  un  grand  nombre  de  mécon- 
tens ,  les  principaux  feigneurs  de  fes  états  réfolus  de  le  détrôner  ,  offrirent  parRaymoml- 
fa  couronne  à  Rodolphe  II.  roi  de  la  Bourgogne  Transjurane ,  qu’ils  appel-  Pons, 
lerent  à  leur  fecours.  Ce  prince  ayant  accepté  leurs  offres,  pafîa  les  Alpes 
en  923.  livra  bataille  à  Berenger,  le  défit  entièrement,  fe  fit  couronner  à  '  pod.  chron. 
Pavie,  8c  repaflà  les  monts  bientôt  après.  D’un  autre  côté  ce  dernier  pour  t-m.&M- 
fe  foûtenir  fur  le  thrône  fe  ligua  avec  les  Hongrois. 

Ces  peuples f  originaires  de  la  Scythie,  s’etoient  déjà  rendus  formidables  fLuittr.  i.t : 
dans  une  partie  de  l’Europe.  La  férocité  de  leurs  mœurs  ,  la  difformité  de  c%.i.x.  e.t.& 
leurs  vifages,  8c  leur  maniéré  de  combattre, infpiroicnt  également  la  tcrreur.Les  ^nna[  Mtu 
enfans  étoient  à  peine  forris  du  fein  de  leurs  meres  ,  qu’elles  leur  déchique-  f.)t 
toient  le  vifage  pour  les  accoutumer  de  bonne  heure  à  fouffrir ,  ce  qui  les 
rendoit  extrêmement  hideux,  8c  plus  terribles  d  leurs  ennemis.  Us  cou poient 
leurs  cheveux  jufqu’au  fommet  de  la  tête,  fe  nourriflôient  ordinairement  de 
chair  crue  6c  buvoient  le  fang  des  animaux*  ils  étoient  en  un  mot  cruels,  vains, 
perfides ,  fans  foi  6c  fins  religion.  Les  femmes ,  également  féroces ,  faifbient 
comme  leurs  maris  leur  principal  métier  de  la  guerre  6c  du  brigandage.  Ces 
barbares  étoient  moins  propres  d  former  desfîeges,  qu’à  courir  6c  d  ravager 
les  campagnes,  6c  cherchoient  plutôt  d  fe  battre  de  loin  que  de  près, parce 
qu’ils  n’étoient  pas  fi  adroits  d  manier  l’épée,  qu’à  décocher  des  dards  *  ce 
qu’ils  faifoient  avec  tant  de  juflcfîc ,  qu’ils  ne  manquoient  jamais  leur  coup  , 
même  en  fuyant  devant  leurs  ennemis.  Ils  combattoient  toujours  d  cheval, 
qu’ils  poufibient  avec  une  extrême  vîtefle  *  &  quand  au  premier  choc  ils 
trouvoient  de  la  réfiftance,  iis  feignoient  alors  de  prendre  la  fuite  ;  mais 
faifant  auffi-tôt  volte-face ,  ils  revenoientà  la  charge  avec  plus  de  fureur. 

Tel  eft  le  portrait  que  les  anciens  hiftoriens  nous  ontlaifie  de  ces  peuples, 
qui  fous  l’empire  de  Charles  le  Gras  s’emparèrent  de  la  Pannonie  d  laquelle 
ils  donnèrent  leur  nom  ,  après  en  avoir  chafïe  les  Huns  leurs  anciens  com¬ 
patriotes.  De  ld  ils  étendirent  leurs  courics  dans  les  provinces  voifines ,  6c 
apres  avoir  ravagé  la  Germanie ,  ils  paflerent  dans  l’Italie  en  900. 6c  y  établi¬ 
rent  leur  demeure.  Berenger  qui  regnoit  alors  dans  la  Lombardie ,  auroit  piî 
traverfer  leur  établifiement  dans  ce  royaume  ,  6c  les  chafler  de  fes  états  ; 
mais  dans  le  defîcin  g  de  s’en  férvir  ,  foit  contre  ceux  qui  lui  difputoient  la  gLmtpr.l  i.c. 
couronne ,  foit  contre  fes  fujets ,  dont  la  fitlelité  «lui  étoit  fufpeche ,  il  jugea 
à  propos  de  les  ménager  ,  6c  eut  recours  d  leur  proteâion  pour  fe  foûtenir 
fur  le  thrône.  Il  eut  cependant  le  malheur  de  tomber  enfin  dans  les  embû¬ 
ches  d’un  traître  qui  l’allalfina  vers  le  commencement  de  Mars  de  l’an  924. 
dans  le  tems  qu’il  alloit  le  matin  faire  fes  prières  à  l’églife. 

Les  Hongrois  qui  avoient  toujours  été  attachez  d  ce  prince ,  réfolurent  de 
venger  fa  mort.  Ils  prirent  les  armes  fous  la  conduite  de  Saler  leur  roi  ou 
Tome  II.  H  ij 


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6o 


HISTOIRE  GENERALE 


Ah. 


914. 


a  Flod.chron. 
ibid. 

Duc  b,  to.  3, 
/•Mo. 
tr.f.  io. 


P  5«0-  &M- 
77*&M- 


*  V.ti’.I.  NO¬ 
TE  XLU.  fi.  8. 


if  agi  ad  arm, 
931.11.4. 


leur  general ,  afïïegerent  Pavie ,  capitale  du  royaume  de  Lombardie  ;  &  s’en 
étant  rendus  maîtres ,  ils  livrèrent  cette  ville  au  feu  de  au  pillage.  Ils  coururent 
enfuitc  toute  l’Italie ,  &  tournant  du  côté  des  Alpes  »,  ils  paltèrent  ces  mon¬ 
tagnes  &  entrèrent  dans  les  Gaules,  dans  le  deflèin  fans  doute  d’attaquer  les 
états  de  Rodolphe  ,  ennemi  &  concurrent  de  Berenger.  Ce  prince  averti 
de  leur  marche ,  courut  en  diligence  au  devant  d’eux  pour  s’oppofer  à  leur 
palTage,  &  s’étant  joint  à  Hugues  comte  de  Vienne  ou  duc  de  Provence, 
auifi  interefle  que  lui  à  les  repoulîer ,  ils  les  obligèrent  enfin  de  s’en  retour¬ 
ner  fur  leurs  pas.  Ces  barbares  réfolus  cependant  de  pénétrer  dans  les  Gau¬ 
les  ,  cherchèrent  alors  un  autre  pallàge  ,  &  ayant  fait  un  détour  ils  defeen- 
dirent  enfin  dans  les  plaines  de  Provence  &  s’avancèrent  vers  le  Rhône.  Ro¬ 
dolphe  de  Hugues  en  ayant  été  informez  ,  le  mirent  aulîi-tôt  en  marche 
pour  leur  courir  fus ,  mais  ils  arrivèrent  trop  tard  :  les  barbares  avoient  déjà 
pafle  ce  fleuve  de  écoient  entrés  dans  la  Gothie  où  ces  princes  ne  jugèrent  pas 
à  propos  de  les  pourfuivre.  Ils  fe  contentèrent  de  faire  main-balîé  lur  ceux  de 
leur  arriere-garde  qui  étoient  demeurez  derrière. 

Les  Hongrois  eurent  à  peine  palTé  le  Rhône ,  qu’ils  s’étendirent  à  leur  gré 
dans  toute  la  Gothie,  y  portèrent  le  fer  de  le  feu  ,  de  s 'avancerai  t  jufqucs 
dans  le  Touloufain.  Leur  irruption  jetta  l’allarme  dans  tous  les  cfprits ,  de 
ceux  qui  furent  allez  heureux  pour  éviter  leur  glaive ,  prirent  le  parti  de  la 
fuite  ,  ce  qui  rendit  la  province  prefque  déferte.  Par  bonheur  une  maladie 
épidémique  fe  mit  quelque  tems  après  parmi  les  barbares  dont  elle  fit 
périr  un  grand  nombre.  Elle  confiftoit  dans  une  enflure  extraordinaire  de  la 
tête,  jointe  à  la  dyflënterie.  Raymond-Pons  comte  de  Toulou/èSe  marquis 
de  Gothie  profita  de  ce  moment  favorable  pour  achever  d’exterminer  le  relie 
des  Hongrois,  ou  du  moins  pour  les  expulfer  de  lès  états.  II  ramaUa  tout  ce  qu’il 
put  de  troupes  ;  de  s’étant  mis  à  leur  pourfuite ,  il  fit  palier  les  uns  par  le  fil 
de  l’épée  ,  &  obligea  les  autres  à  fortir  du  pais. 

Il  ell  fait  mention  de  ce  célébré  événement  dans  une  lettre  b  que  les  évê¬ 
ques  de  la  province  de  Narbonne  écrivirent  quelque  tems  après  au  pape 
Jean  X.  Ils  lui  marquent  que  le  pays  avoit  été  fi  cruellement  ravage  par  les 
Hongrois ,  que  quoique  très-fertile  de  très-abondant  par  lui-même ,  il  fe 
trouvoit  réduit  dans  la  derniere  mifere  ,  de  que  ces  barbares  avoient  fait  périr 
la  plupart  de  fes  habitans  jenforte  que  la  province  où  on  voioit  auparavant  un 
grand  nombre  d’illuftres  perfonnages ,  fur-tout  dans  l’ordre  eccleliaftiquc,en 
etoit  alors  entièrement  dépourvue.  Ils  ajoutent  qu’enfin  par  la  qrace  de  Dieu  & 
le  fcconrs  du  jeune  prince  le  marquis  Pons  ,  ces  barbares  avoient  etc  entière¬ 
ment  chalfcz  du  pays.  Il  ell  ailé  de  juger  par  cette  lettre  jufqu’à  quel  exccz 
les  Hongrois  portèrent  leur  fureur  de  leur  barbarie  dans  tout  le  Langue¬ 
doc.  Auifi  peut-on  dire  que  fi  leur  irruption  fut  la  derniere  que  cette  pro¬ 
vince  éprouva  en  differens  tems  de  la  part  de  divers  peuples  barbares ,  elle  fut 
peut-être  la  plus  funefte.  Ces  peuples  renouvellerent  leurs  courfes  en  deçà 
des  Alpes ,  êcdéfolerent  l’Aquitaine  les  années  fuivantes  ;  mais  il  paroît  qu’ils 
ne  mirent  plus  le  pied  dans  la  Gothie.  Ce  fut  e  durant  quelqu’une  de  ces 
irruptions  qu’ils  détruifirent  la  ville  de  Javoux  ,  ancienne  capitale  du  Gevau- 
dan,  dont  la  ruine  donna  occafionà  la  tranflation  du  fiege  epifcopal  dupais 
dans  la  ville  de  Mende. 

Suivant  un  critique  4  moderne ,  la  lettre  des  évêques  de  la  province  de 
Narbonne  au  pape  Jean  X.  dont  on  vient  de  parler,  de  qui  ell  fans  date ,  doit 
re  à  l’an  ou.  par  la  raifon  que  Pons  ne  fu 


être  pollerieure 


fut  pas  comte  de  Tou- 


loufe  de  marquis  de  Gothie  avant  cette  année.  Cet  auteur  fuppofe  donc  que 
cette  lettre  fut  écrite  au  pape  Jean  XI.  ce  qui  prouveroit  que  Raymond- 
Pons  nechalïales  Hongrois  de  la  Gothie  ou  Septimanie  qu’après  l’an  931. 
&  qu’ainfi  ces  barbares  qui  entrèrent  certainement  dans  la  province  en  9 14. 
y  firent  un  long  féjour.  Mais  outre  que  Flodoard, auteur  contemporain,  fait 
entendre  allez  clairement  que  les  Hongrois  périrent  ou  abandonnèrent  tout- 
à-fait  la  Gothie  en  914.  rien  ne  nous  oblige  à  renvoyer  cette  lettre  jufqu’en 
9  3  i.puifque  Raymond-Pons  étoit  véritablement  marquis  de  Gothie  des  l’an 
914. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII: 


61 


Nous  en  avons  la  preuve  dans  un  acte*  par  lequel  «  Odon  ou  Eudes  vi-  et  A  n.  914. 
comte  par  la  grâce  de  Dieu,  &  Richilde  fa  femme  ,  donnent  le  17.  de  De-  «  xn 
cembre  de  la  XXVII. .année  de  Charles  le  Simple  en  Aquitaine,  ou  l’an  «  Eudes  fucce^c 
914.  à  l’abbaye  de  Montolieu  ,  &  à  Alfonfe  qui  en  étoic  abbé,  un  alleu  «  àe^andc°"  <0[™ 
aux  environs  de  Salleles  dans  le  comté  de  Narbonne ,  du  contentement  «  vicomté  de  * 
d’Aigon  archevêque ,  &c  du  comte  Tons  fon feigneur ,  qui  dans  fa  foufeription  et  Narbonne, 
lé  qualifie  comte  &  marquis .  Le  vicomte  Eudes  déclare  qu’il  avoit  hérité  de  «  ^ 6%1 
cet  alleu  de  fon  pere  F rançon  ,  à  qui  Charles  le  Simple  l’avoit  donné  ,  &  « 
d’Erfindc  famere  qui  étoient  alors  dccedez.il  fait  cette  donation  tant  pour  « 
lui  ,  que  pour  le  foulagement  de  fes  freres.  Il  ajoute  enfin  que  fi  quel-  « 
qu’un- venoit  à  s’emparer  de  ce  domaine,  l’ufurpateur,  après  quels  vicomte  « 
de  Narbonne  en  auroit  été  averti  une  ou  deux  fois  ,  feroit  condamné,  « 
par  le  prince  de  Narbonne  qui  feroit  alors,  aune  amende  de  vingt  livres  d’or,  « 

&  à  la  reftitution  du  double.  »  L’acte  eft  daté  de  I’ére  Efpagnole,  &  fouf. 
crit  par  le  vicomte  ,  par  le  comte  Pons  ,  qui  conientit  à  la  donation  8c  la 
confirma,  par  Erifons  &  Aigon  évêques ,  Aimeric  archevêque  ,  Raynald  évê¬ 
que  ,  &c.  fur  quoi  on  peut  faire  les  refiexions  fuivantes. 

i®.  Le  prince  de  Narbonne,  dont  il  eft  parlé  dans  l’acte,  ne  peut  être  different 
de  Raymond-Pons  marquis  de  Gothie  qui  le  fouferivit.  Les  marquis  de  Go. 
thie  étoient  donc  alors  comtes  particuliers  de  Narbonne,  20.  Eudes  qui  fit 
cette  donation  étoic  b  certainement  vicomte  de  la  même  ville  ,  de  comme  b  v.  notb 
nous  fij-avons  d’ailleurs  que  F rançon  fon  pere  avoit  été  aulfi  vicomte,  de  que 
les  dignitez  étoient  alors  héréditaires  ,  ce  dernier  dévoie  avoir  pollèdé  cette 
vicomté.  Il  eft  vrai-femblable  que  Francon  de/cendoit  d’un  vidante  ou  vicomte 
de  Narbonne  de  ce  nom  qui  vivoit  en  8  y  1 .  de  qu’il  avoit  par  conféquent  une 
defcendance  commune  avec  Maicul  vicomte  de  cette  ville  au  commence¬ 
ment  du  X.  fiecle.  Richilde  femme  d’Eudes  vicomte  de  Narbonne ,  fe  dit  dans 
un  acte  «  de  l’an  93  6.  fille  du  comte  13orrcl  de  delà  comte/fe  Garfinde  :  nous  c  Marc,  afp: 
ne  doutons  pas  que  ce  Borrel  ne  foit  le  même  que  Borrcl  fils  de  Wifred  Je  Velu  £  ^ 

comte  de  Barcelonne,  qui  eut  fans  doute  en  partage  quelque  comté  de  la 
Marche  d’Efpagne.  3*.  Dans  la  donation  du  vicomte  Eudes,  l’évêque  Erifons 
fouferit  avant  Aigon  archevêque  de  Narbonne,  ce  qui  nous  donne  lieu  de 
conjecturer  qu’il  croit  parent  du  vicomte  Eudes  de  de  la  même  famille:  con¬ 
jecture  qu’on  peut  appuyer  fur  ce  qu'Erifons  après  s’être  démis  de  l’évêché 
de  Vindafque  ou  de  Carpentras  ,  s’étois  retiré  à  Narbonne  où  il  de/îèrvoir 
l’églifede  faint  Quentin  d ,  ce  qui  fèmble  fuppofêr  qu’il  étoit  natif  de  cette  d  vci-Jefus, 
ville.  40. La  foufeription  d’Aigon  eft  fuivie  de  celle  d’Aimeric  archevêque  de  lfa-n- 
Narbonne  fon  fuccellèur,  d’où  l’on  pourroit  conclure  que  celui-ci  avoit  dès- 
lors  été  clù  fon  coadjuteur  -,  mais  il  eft  plus  vrai/êmblable  qu ’ Aimeric  fig na 
cette  charte,  pour  la  confirmer,  quelque  rems  apres  fa  date,  8e  depuis  la  mort 
d’Aigon,  qui  décéda  vers  la  fin  de  l’année  916.  ou  au  commencement  delà  e  v.MabMpl. 
fuivante.  Onapluficurs  exemples*  de  pareilles  figna  tu  res.  Enfin  l’évêque  ite-  l.i.cio. 
ginald  ou  Raynald  qui  fouferivit  au/fi,  étoit  évêque  deBcziers.  9**g,n 

Le  vicomte  Wlverade  donna  l’année  fuivante  {  à  l’églifc  de  faint  Paul  de  mil 
Narbonn e,&aux  clercs  qui  la  dellèrvoienr ,  un  alleu  qu’il  po flèdoit  dans  le  Wheradcfret 
comte  de  cette  ville,  On  voit  la  loulcriprion  du  meme  vicomte  a  une  do-  comccdcNu- 
nation  b  faite  le  2  8.  Septembre  de  l’an  92  6.  de  plufeurs  terres  fi  tuées  i  Sejan  bo',ne 
dans  le  diocèle  de  Narbonne  en  faveur  de  la  cathédrale  de  cette  ville,  donc  — 

Agio  étoit  alors  archevêque  fuivant  le  même  acte.  Il  eft  donc  hors  de  doute  9 2 
que  Wlverade  étoit  vicomte  de  Narbonne  en  925.  8c  916.  mais  comme  il  ZIbU- 
eft  confiant  b  d’un  autre  côté  qu’Eudes  poffedoic  cette  vicomté  dans  le  même  h  v.note  xi, 
tems,  nous  conjecturons  qu’ils  étoient  freres ,  &  qu’ils  la  poffedoient  par  indivis  ,M' 
ou  en  commun.  On  peut  appuyer  cette  conjeâure  fur  ce  qu’il  paroic  ‘  que  i  v.  kotexi. 

Wlverade  eft  le  même  que  Wadalde  élu  évêque  d’Elne  ,  vers  l’an  p}0.  j^Prf67^ 
lequel  conjointement  avec  Gaufbert  comte  de  RoufEUon,  Ht  une  donation * 
en  9  3 1 .  à  la  cathédrale  «  tant  pour  le  repos  de  l’aine  du  comte  Soniarius ,  « 
de  fa  femme  Ermengarde ,  du  comte  Bencion  &  d’ Almerade  èvèqut ,  que  pour  « 
celui  de  Francon  vicomte ,  de  fon  époufe  Arfinde ,  &  du  vicomte  Eudes.  »  Or  com-  j  Mirc 
nie  il  eft  certain1  que  Gaufbert  comte  de  RoufEUon  étoit  frere  de  Bçnciw uy&fin- 


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Gi 


HISTOIRE  GENERALE 


An.  916  .  comte  du  même  pais ,  &  d’Almerade  évêque  d’EIne,  &  qu’il  eft  très-pro. 
aibid.p  w.  bable  a  qu’ils  croient  fils  du  comte  Suniarius  &  d’Ermengarde ,  quoique  cela 
br,.\oTE x/.  ne  (oit  pas  marqué  dans  l’ade,  on  peut  dire  b  qu’il  ne  l’eft  pas  moins  que 
n-  s-  V^adalde  évêque  d’Elne  étoit  fils  du  vicomte  Francon ,  6c  d’Arlînde  Ton  cpou- 
fc  ,  6c  par  conléquent  frere  d’Eudes  vicomte  de. Narbonne.  . 
xiv-  La  charte  de  l’an  916.  eft  foufcrite  aufli  par  la  comteflè  Gudinilde  6c  la 
archcvfque^dc  vicomtefle  Rïchilde.  Celle  ci  n’eft  pas  différente  de  la  femme  du  vicomte 
Narbonne. Ay-  Eudes  dont  on  a  déjà  parlé.  L’autre  étoit  peut-être  veuve  de  Raymond  IL 
mène  lui  lue-  comte  de  T ouloufe  6c  marquis  de  Gothie  6c  mere  de  Raymond-Pons  fon 
fucceffeur ,  à  moins  qu’elle  ne  (oit  la  même  que  Widinilde ,  veuve  de  Wifred 
c v.sote xi.  le  Velu  comte  de  Barcelonne,  6c  vraifemblablement  ayeule  de  *  Richilde 
vicomtefle  de  Narbonne.  Quoi  qu’il  en  foit  cette  charte  prouve  qu’Agio 
archevêque  de  cette  ville  vivoit  encore  au  mois  dejfSeptembre  de  l’an  91 6 , 
iGuli.chr.  &  que  le  prétendu  Anno  qu’on  d  place  fur  le  fiege  de  cette  métropole  en 
^',7Î'  914.  encre  cet  archevêque  6c  Aymeric,  n’eft  pas  diffèrent  du  premier  dont 

le  nom  a  été  altéré  par  les  copiftes. 

Agio  mourut  peu  de  tems  après  ;  ôc  en  effet ,  outre  qu’il  n’eft  plus  fait 
mention  de  lui  dans  aucun  ancien  monument, Aymeric  fon  fucceffeur  immédiat 
c  Ctttlmm.  écrivit e,  conjointement  avec  Hugues  de  Touloufe,  Reginald  de  Beziers,  & 
f.  s iso.  <*•/«?.  jes  autres  évêques  fes  comprovinciaux ,  au  pape  Jean  X.  qui  étoit  déjà  dé- 
comutp?, g8.  pofé  à  la  fin  f  de  Juin  de  l’an  918.  Ils  demandoient  par  leur  lettre  le  Pallium 
v.  note  vn.  en  faveur  du  même  Aymeric  élu  archevêque  de  Narbonne  après  la  mort 
n'f'y  Paiiai  d’Agio  ,  ôeexeufoient  ce  prélat  ,  de  ce  que  ,  fuivant  l’ancienne  coutume  ,  il 
*nn.  sni.n.  i.  n’avoit  pû  aller  le  recevoir  lui-même  à  Rome  ,  ni  y  envoyer  fes  députez  j 
foit  parce  que  ,  pour  fatisfaire  à  fon  devoir ,  il  n’avoit  pù  abandonner  le 
pays  que  les  Hongrois  avoient  entièrement  ravagé  les  années  précédentes  , 
foie  parce  que  les  chemins  de  Narbonne  en  Italie  n’étoient  pas  encore  libres, 
à  caufe  que  les  Sarafins  occupoient  toujours  les  paflages  des  Alpes,  6c  qu’en- 
fin  la  route  d’Allemagne  l’auroit  obligé  à  un  trop  grand  détour.  Le  pape 
dans  fa  réponfe,  après  avoir  témoigné  à  ces  prélats  la  parc  qu’il  prenoit 
aux  maux  qui  affligeoient  leur  province,  confent  qu’Aymcric  ufe  du  Pal¬ 
lium  en  certaines  Feftivitez  de  l’année  ,  telles  que  Pâques  ,  Noël,  (aine 
Jean.Baptifte,  l’Aflbmption  de  la  Vierge,  la  Dédicacé  de  fon  églife ,  &  à  la 
confecration  d’un  évêque.  Hugues  évêque  de  Touloufe  avoit  fuccedé  a 
Z  vm*m. *4  Armand  après  l’ang9*i. 

4,Ul  x  v"'1*'  ^  remar(ïuakle  que  tous  les  ades  de  la  province,  pendant  laprifonde 

Mou dcGuii-  Charles  le  Simple,  font  datez  des  années  du  régné  de  ce  prince  :  preuve 
îaume  n.  duc  certaine  que  les  peuples  de  Languedoc  lui  demeurèrent  fidelles  après  que 
d'Acfted^fon  Raoul  fe  fut  emparé  de  toute  l’autorité.  Les  Aquitains  étoient  également 
frcrc  &  fou  portez  en  fa  faveur  -,  &  fi  Guillaume  1 1.  leur  duc  &  comte  d’Auvergne 
(e  fournit  à  ce  dernier,  ce  fut  par  force  plutôt  que  par  inclination.  Audi 
ne  demeura-t-il  que  fort  peu  dans  le  parti  de  Raoul  ;  &  il  ne  le  vit  pas  plu¬ 
tôt  occupé  en  France,  tant  contre  lesNormans,  que  contre  les  Lorrains, 
qui  refuioient  également  de  le  reconnoître  pour  roi ,  qu’il  fecoua  le  joug  de 
ion  obéiflince  6c  fe  mit  en  liberté. 

Raoul  dans  le  deffein  de  punir  l’infidelité  h  de  ce  duc ,  affembla  une  puif- 
fante  armée  compofée  de  François  6c  de  Bourguignons ,  6c  s’avança  vers  la 
Loire.  Il  commença  par  le  fiege  de  Nevers,  où  le  trere  de  Guillaume  s’étoit 
jetté ,  6e  l’ayant  forcé  à  fe  rendre  6e  à  lui  donner  des  otages ,  il  pafla  en 
Aquitaine  6e  marcha  contre  ce  duc  ,  qui  n’ofant  lui  réfifter  prit  la  fuite. 
Heureufement  pour  Guillaume  les  Hongrois  ayant  fait  cette  même  année 
une  nouvelle  irruption  en  deçà  du  Rhin ,  obligèrent  Raoul  de  décamper 
pour  aller  s’oppoier  à  leurs  entreprifes.  Le  duc  d’Aquitaine  délivré  par  là  des 
armes  de  ce  prince  ,  continua  jufqu’à  fa  mort ,  qui  arriva  entre  les  mois 


fucceffeur. 


k  Flod,  chron. 
M97- 


.9*7-  .  .  .  . 

vM°uunn  Avril  ôc  d’O&obre  de  1  l'année  fuivante ,  de  foûtenir  le  parti  de  Charles 
si7.ij.84. ann  le  Simple.  Guillaume  II.  par  fon  teftament  k  donna  diverles  terres  à  l’ab- 
vjo.i.sotb  baye  de  faint  Julien  de  Brioude  dont  il  étoit  abbé  féculier.  Godefcalc  eve- 
que  du  Puy ,  qui  fut  fon  principal  exécuteur  teftamentaire  ,  s’étant  rendu 
k  b«Ihx..ahv.  quelque  tems  après  dans  le  château  de  Polignac  avec  fes  autres  collègues  , 


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An. 


9*7- 


DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII.  63 

ordonna  la  délivrance  des  legs  faits  par  ce  duc  à  la  nie  me  abbaye ,  par  un 
acte  daté  duregnc  de  R  joui,  ce  qui  prouve  que  ce  prince  croit  toujours  reconnu 
dans  le  Vêlai. 

Guillaume II.  ou  III.  du  nom,  duc  d’Aquitaine  mourut  fans  enfans.  Acfred 
fon  frere  lui  fucceda  dans  ce  duché  ,  6c  à  ce  qu’il  parole  dansfes  autres  digni- 
tez,  fçavoir  *  dans  les  corntez  d’Auvergne  6c  de  Vêlai.  Il  prenoit  la  qualité 
de  comte  avant  la  mort  de  fon  frere  ,  6c  nous  avons  lieu  de  croire  qu’il 
étoit  pourvu  des  corntez  de  Brioude  6c  de  Talandes,  qui  faifoient'  partie 
de  l’Auvergne  ,  6c  du  comté  deGevaudan  b.  Nous  gavons  du  moins  qu’il 
pofledoit e  de  grands  biens  dans  ce  dernier  pais.  Ce  fut  lui  fans  doute  qui 
défendit  Ncvers  contre  Raoul  *  6c  en  effet  il  ne  voulut  jamais  le  recon- 
noître  pour  roi ,  comme  il  paroît d  entr’autres  par  la  date  de  fon  teftament, 

6c  d’une  donation  qu’il  fit  à  l’abbaye  de  Souciilanges  en  Auvergne  ,  car  ces  ^ 

deux  actes  font  datez  du  JT  J.  à' Octobre ,  lu  cinquième  année  depuis  que  les  Iran-  *  '  ni' 
çois  avaient  dégradé  *  leur  roi  Charles ,  &  élu  contre  le  droit ,  Raoul  pour  leur  roi. 

Acfred  qui  dans  fes  chartes  fe  qualifie  duc  d’Aquitaine  par  la  grâce  de  Dieu , 
le  fert  des  mêmes  termes e  par  rapport  â  Raoul  ,  dans  la  date  d’une  autre 
charte  ,  qu’il  donna  lors  qu’il  n’etoit ,  que  comte.  On  n’a  aucune  preuve 
qu’il  fut  encore  en.  vie  après  l’an  917.  ainfi  il  furvccut  peu  de  tems  au  duc 
Guillaume  fon  frere.  Comme  il  mourut  fans  pofterité  ,  il  difpofa  par  fon 
teftament  f  de  la  plupart  de  fes  biens  en  faveur  des  églifes  ,6c  donna  entr’au¬ 
tres  l’alleu  de  Chamaîicres  en  Vêlai  à  celle  de  'Notre-Dame  d’Anis ,  ou  du  Puy. 

Quant  au  duché  d’Aquitaine  6c  aux  comtés  d’Auvergne  6c  de  Vêlai,  il  g  pa¬ 
roît  que  Charles  le  Simple  en  dilpola  apres  la  mort  d’Acfred  en  faveur 
d’Ebles  comte  de  Poitiers.  ' 

Herbert  comte  de  Vermandois,  picqué  du  refus  que  Raoul  lui  avoit  fait 
du  comté  de  Laon  pour  fon  fils  Eudes ,  avoit  alors  tiré  Charles  de  la  pri- 
fon  pour  le  remettre  fur  h  le  thronc  *  mais  ne  lui  ayant  rendu  ce  fervice  im¬ 
portant  que  dans  la  vue  de  fe  lervir  de  lui  pour  l’execution  de  fes  delleins , 

&  s’étant  racommodé  bien-tôt  après  avec  Raoul ,  il  s’affura  de  nouveau  de 
la  perfonne  de  ce  prince  ,  6c  le  fit  garder  à  vue  comme  auparavant. 

Raoul  6c  Herbert  après  leur  réconciliation  prirent  la  route  de  Bourgogne 
pour  aller  conférer  avec  Hugues  roi  d’Italie  qui  paffa  exprès  les  Alpes  pour 
cette  entrevue. 

Cet  Hugues  eft  le  même  que  le  duc  de  Provence  de  ce  nom  dont  on  a 
déjà  parle.  Les  Italiens  l’avoient  »  appelle  chez  eux  depuis  deux  ans  pour  le 
placer  fur  le  thronc,  après  en  avoir  fait  defeendre  Rodolphe  roi  de  la  Bour- 
gogneTransjurane  dont  ilsétoient  mécontcns.Hugucs  dont  les  anciens  auteurs 
parlent  avec  eloge  ,  flatté  de  l’dpoir  d’une  couronne ,  avoit  équipé  une  flotte, 
s’étoit  embarque  en  un  port  de  Provence, 6c  à  fon  arrivée  à  Pile  il  y  avoit  trouvé 
le  pape  Jean  X.  6c  la  principale  noblcffe  d’Italie  qui  l’avoient  conduit  à. 

Pavie  où  il  avoit  été  couronné.  La  crainte  d’un  concurrent  aufli  puiffant  que 
Rodolphe  l’engagea  fans  doute  avenir  en  France  conférer  avec  Raoul  pour 
s’affurcr  de  Ion  fecours  contre  fon  compétiteur.  Il  paroit  en  effet  qu’ils  for¬ 
mèrent  alors  enfemble  une  ligue  pour  fe  foutenir  mutuellement  fur  le  thrô- 
ne  j  ce  qu’on  peut  appuyer  i°.  Sur  le  témoignage  de  Luitprand  k ,  fuivant 
lequel  Hugues  n’eut  pas  plutôt  reçu  la  couronne  des  Lombards  ,  qu’il 
chercha  de  tous  cotez  à  fe  faire  des  alliez  ,  6c  à  mettre  les  rois  6c  les  prin¬ 
ces  dans  fes  intérêts.  i°.  Sur  ce  que1  dans  la  même  conférence  il  fe  démit  \?lod.ibï<i. 
du  comté  de  Vienne  en  faveur  d’Eudes  ,  fils  du  comte  de  Vermandois  qui 
avoit  toute  la  confiance  de  Raoul.  30.  Sur  ce  qu’il  donna  en  mariage  Berthe 
là  nièce  à  Bozon  qualifié  comte  m  d’Arles  :  ce  feigneur,  dont  l’origine  n’eft 
pas  bien  connue,  pourroit  bien  être  le  même  que  Bozon -frere  du  roi  Raoul, 
qui  mourut  en  9  3  5.  car  nous  fçavons  que  quelques  années  après  la  même 
Berthe  étoit  veuve*  ainfi  Hugues  pour  obtenir  l'alliance  6c  la  protection  de 
Raoul  6c  du  comte  de  Vermandois ,  leur  aura  cédé  la  Provence  qu’il  poffedoit 
auparavant  en  fief  de  la  couronne  ,  8c  ces  deux  princes  l’auront  partagée  , 
en  forte  que  la  partie  méridionale  fous  le  titre  de  comté  d’Arles  ,  fera  de¬ 
meurée  par  ce  traité  à  Bozon  frere  du  roi  Raoul ,  6c  la  feptentrionale  fous 


a  NOTES  m 


b  V.to.l  NOTE 
LXXXVIl.  ib. 
O-io.ll  NOTE 
XXVI.  n. 7. 
c  BalwL.Awv. 
to.  1  p.  10.  & 


P  503. 
d  Baluz.ibid. 

* Inhoncftave- 
runt. 
c  Ibid. 


f Ibid . 


g  note  xn9 

n  y&M- 


XVI. 

Hugucsducdo 
Provence  elû 
roi  dcLombar- 
dic.  il  le  ligue 
avec  le  10L 
Raoul. 

h  Tiod.  ibid . 
P-S97. 

Rem  L4rX.ii. 


918. 


i  LuitprJ. 3* 
c  3  &f<qq. 

Blod.  chron* 
ibid. 


k  Luitpr.  I.  ÿ 
M* 


m  Ï.Mitfr.l.5. 
C.14* 


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é4  HISTOIRE  GENERALE 

celui  de  comté  devienne  à  Eudes ,  fils  du  comte  »  de  Vermandois.  Nous 


nt  lii  i  *i  v°i°ns  enfin  que  le  roi  Raoul  avoit  deux  freres  du  nom  de  Bozon, 

IL  ‘r^.’n.î.  dont  l’un  vivoit  encore  en  939.  ainfi  Bozon  premier  du  nom  ,  comte  de 

Provence  ou  d’Arles,  aura  été  vraifemblablement  l’un  des  deux.  Au  refte 
la  conférence  donc  on  vient  de  parler  dut  fe  tenir  à  la  fin  de  l’an  918.  car 
ispuiiio.it.  Hugues  étoit b  à  Vienne  au  mois  de  Novembre  de  la  même  année  ,  &nous 
PcFiôd.  chrcn.  fçavons  d’ailleurs c  qu’il  repafla  en  Italie  aulfi-tôt  après  cette  entrevue.  Raoul 
P-wi-  fe  rendit  de  fon  côté  à  Reims ,  où  pour  s’affermir  fur  le  trône  ,  il  fit  enfin 

*iïid.  avec  Charles  le  Simple  un  traité  dont  nos  hiftoriens  *  ne  rapportent  que 

ce  qui  fuit  :  Raoul  fit  la  faix  avec  Charles  ,  lui  rendit  le  falais  d’ Attigni , 
&  lui  fit  divers  frefens.  Il  fut  aifé  au  premier ,  qui  étoit  maître  de  la  per- 
fonne  de  l’autre  de  lui  impofer  telles  conditions  qu’il  voulut  ,&  il  l’obligea 
fans  doute  à  lui  ccdcr  la  couronne. 

X 'de char  Charles  ne  furvêcut  pas  long-tems  à  ce  traité.  Il  mourut  le  7.  d’Octobre 
Us°'ie  simple'  de  l’année  fuivante  d,  dans  la  prifon  où  le  comte  de  Vermandois  l’avoir  détenu 
interrègne  jufqu’alors.  Il  laiffa  un  fils  nommé  Louis  âgé  de  neuf  ans ,  d’Odgive  fa  femme 
vince!*  pr°"  c]u’effe  avoit  emmené  en  Angleterre  auprès  du  roi  Aldeftan  fon  frere ,  où  elle 

- -  alla  chercher  un  azile ,  après  que  Charles  fon  mari  eut  été  détrôné.  Quoique 

919.  Raoul  parût  devoir  regner  fur  tout  le  royaume  par  la  mort  de  ce  roi  ôcl’ab- 
àcbron.s.pet.  fenCe  de  f0n  fils ,  les  provinces  méridionales  qui  jufqu’alors  lui  avoient  refufe 
l,v'  l’obéiflhnce ,  ne  lui  furent  pas  pour  cela  plus  foûmiles  -,  enforte  qu’elles  de¬ 

meurèrent  depuis  dans  une  efpece  d’anarchie ,  &  que  ‘s’obftinant  à  ne  vou- 
cv.Mtz.nti.  loir  pas  le  reconnaître  pour»  roi  ,  on  data  communément  les  chartes  e  en 
,n  capuui.to.i.  Aquitaine ,  dans  la  Gothie  &  la  Marche  d’Efpagne ,  de  fuis  la  monde  Charles 
*  M»rc.  afp.  dans  l’attente  d’un  roi. 

f-w-  Il  fcmble  cependant  par  un {  acte  pafle  en  Rouergue  le  n.  du  mois  d’Avril 

ÿii.n.io.ina‘  da  première  année  de  la  mort  du  roi  Charles  ,  lorfque  Raoul  commença  à  regner  , 
Pr.pao.6 g.  que  ce  dernier  étoit  reconnu  en  ce  pays  en  930.  mais  cela  marque  feulement 
i  Fr'f  67 •  qu’il  regnoit  en  France  depuis  la  mort  de  Charles.  Nous  verrons  en  effet 
930.  plus  bas  qu’Ermengaud  comte  de  Rouergue  &  marquis  de  Gothie  ne  fe  fournit 
S  u*h- à  ce  prince  que  deux  ans  après.  D’autres  monumens  g  du  diocèfe  de  Narbon¬ 
ne,  donnent  lieu  de  croire  qu’aufli-tôt  après  la  mort  de  Charles  le  Simple, 
on  y  reconnut  le  jeune  Louis  ion  fils,  quoiqu’il  fût  abfent  du  royaume.  En 
un  mot  ,  chaque  notaire  fepreferivit  fa  formule  de  dater  durant  cet  efpece 
d’interregne  ,  quoiqu’on  fe  lèrvît  plus  communément  de  la  fuivante  :  Régnant 
Notrc-Sc:gneur ,  &  en  attendant  un  roi  5  mais  toujours  fans  aucune  marque  de 
foumillîon  pour  Raoul. 

Ceprinceréfoludeibûmettre  cette  partie  de  la  monarchie  à  fa  domination, 
\irhd.chron.  s’avança  h  vcrs  1a  Loire  au  commencement  de  l’an  930.  fous  prétexte  d’aller 
t,vS'  combattre  les  Normans  qui ravageoient  l’Aquitaine  ,  &  qui  s’étoient  éten¬ 
dus  dans  leLimouiïn.  Il  les  rencontra  dans  ce  pais  &les  défit  entièrement. 
Ccrte  victoire  lui  acquit  beaucoup  de  gloire  6c  de  réputation ,  6c  difpofà  les 
Aquitains  à  fe  fbûmetere,  ce  qu’ils  firent  enfin.  Raoul  n’alla  pas  plus  loin  dans 
cette  province  :  les  nouveaux  différends  furvenus  entre  Hugues  le  Grand  , 
fils  du  feu  roi  Robert ,  &  le  comte  de  Vermandois ,  ôc  les  guerres  que  fe 
faifoient  entr’eux  divers  feigneurs,  le  rappellerent  bientôt  en  France  j  ainfi  la 
partie  méridionale  du  royaume  fe  maintint  toujours  dans  l’indépendance. 
xviii.  Hugues  roi  d’Italie  abandonna  alors  les  interets  de  Raoul  fon  allié, pour 
d'ha'IÜ^câJu  s’accommode r  avec  Rodolphe  fon  compétiteur ,  dont  le  parti  Vétoit  ranime 
Provence  à  en  Italie' ,  &  à  qui  il  céda,  par  un  traité ,  tout  ce  qu’il  poffêdoit  en  deçà  des 
!L°BourtoJr°e.  Alpes-  Rodolphe  céda  çlc  fon  côté  à  Hugues  toutes  fes  prétentions  fur  le 
iLuitfr.  1. 3.  royaume  de  Lombardie ,  dont  ce  dernier  demeura  par  là  paifible  poflefleur. 
C’cll  tout  ce  que  nous  fçavons  de  ce  traité ,  en  conféquence  ducfuel  Rodol¬ 
phe  Sc  les  rois  delà  Bourgogne  Transjurane  fes  fuccefleurs  étendirent  leu  r  do¬ 
mination  jufqu’â  la  mer  Mediterranée ,  Sc  unirent  à  leurs  états  le  royaume  de 
Provence  que  Bozon  avoit  ufùrpé  ,  à  l’exception  cependant  du  Vivarais  &c 
del’Ufege,  c’eft-à-dire  de  prelque  toute  la  partie  orientale  du  Languedoc 
qui  en  ' dependoit  auparavant,  ôc  qui  demeura  foûmifê  à  l’empire  François. 
k.  y.xoTx  1.  Comme  ce  traité  fut  conclu  au  préjudice  de  nos  rois  k  ,  légitimés  fouverains 

*  de 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  Xlî.  tj 

de  la  Provence ,  &  qu’Hugues  n’avoit  aucun  droit  de  transférer  le  royaume  An.  930* 
à  Rodolphe  }  on  doit  regarder  toutes  les  entrepri/ës  de  celui-ci  &c  de  fe$ 
fuccefleurs  comme  une  véritable  ufurpation;  Auffi  Raoul3, 6c  les  rois  deFran-  4  vnote  i 
ce  qui  regnerent  après  lui ,  exercerent-ils  leur  autorité  fouveraine  fur  la  Pro. 
vence  ,  ôc  firent  tout  ce  que  la  foibleflè  où  étoit  alors  le  gouvernement  leur 
permit ,  pour  réunir  à  la  couronne  cette  ancienne  partie  de  la  monarchie; 

Quelques  modernes  rapportent  diverfes  circonftances  de  ce  traité.  Ils  pré¬ 
tendait  entr’autres  qu’Hugues  fe  réferva  fa  vie  durant  le  comté  d’Arles  , 
qui  s’étendoit  depuis  l’Ifere  jufqu’à  la  mer  ,  mais  tout  cela  eft  avancé  fans 
preuvé ,  ôc  il  paroît  au  contraire  par b  divers  monumens  ,  que  Rodolphe  &  b  N02*  xa- 
Conrard  le  Pacifique  fon  fucceffeur  ,  regnerent  fur  toute  la  Provence  du 
vivant.  d’Hugues.  Ce  dernier  céda  par  conféquent  à  l'autre  l’autorité  qu’il 
avoir  fur  ce  royaume  :  il  le  réferva  feulement  quelques  terres  ou  alleus  dil 
pays ,  &  des  provinces  voifines ,  dont  il  difpola  dans  la  fuite  en  faveur  des 
églifes ,  ou  de  Berthe  fa  niece. 

Hugues  pour  affuret  à  fa  pofterité  le  royaume  d’Italie c,  s’aflocia  alors 
Lothaire  fon  fils ,  ÔC  àppella  de  Provence  plufieurs  de  fes  proches ,  qu’il  9ià .n.j. 
combla  de  biens  6c  d’honneurs.  L’un  des  principaux  fut  Manafles  archevê-  d  LKitfr  /  ^ 
que  d'Arles  fon  neveu  du  côté  de  fa  focur,  qui  abandonna  d  le  foin  de  fon  f.3. 
églife  pour  palier  en  Italie ,  ôc  ne  fit  pas  fcrupule  de  garder  cet  archevêché* 
avec  plufieurs  évêchez  du  royaume  de  Lombardie  dont  il  le  fit  pourvoir. 

Hilduin  autre  évêque,  après  avoir  été  chafle  de  fon  églife,  fut aulfi  trouver 
en  Italie  e  le  roi  Hugues  fon  allié,  êe  il  obtint  de  ce  prince  1  évêché  de 
Vérone  ,  6c  enfuite  l’archevêché  de  Milan.  Quelques  auteurs  1  prétendent  îpUnt*v.Loi. 
<}ue  ce  prélat,  lors  qu’il  pafla  en  îtalie  ,  avoit  ctê  expulfé  du  ficge  épifco- 
pal  de  Lodeve  ,  mais  ces  auteurs  fe  trompent  ,  ôc  ils  ont  pris*Lodeve  pour  p.67x. 
Liege.  Il  eft  certain  en  effet  qu’Hilduin,  qui  alla  joindre  le  roi  Hugues  fon  * 11 
allié,  n’eft  pas  différent  d’Hilduin ,  qui  après  avoir  envahi  l’évêché  de  Leôdillnjl0'11 
Liege  ou  de  Tongres  ,  fe  voiant  oblige  de  l’abandonner ,. amena  avec  lui  en  «tons  Luit-  . 
Italie  g  Ratherius  moine  de  Lobbes  qui  lui  fucceda  dans  l’évêché  de  Ve- 
ro'ne.  °&  *ubU. 

Hugues  après  avoir  cédé  la  Provence  à  Rodolphe  ,  établit  faréfidence  au- 
delà  des  Alpes  ,  Ôc  ne  fe  mêla  plus  des  affaires  de  France.  Comme  il  avoit 
Fait  cette  celfion  au  préjudice  de  Raoul  qu’il  avoit  reconnu  pour  fon  fouve- 
rain,  ôc  qui  en  qualité  de  roi  de  France  avoit  un  droit  légitimé  fiirla'Pro- 
vence  ,  ce  dernier  fe  mit  en  état  de  foumettre  ce  royaume  à  fon  obéiffahce, 

&  marcha  dans  ce  déflein  h  vers  le  Rhône  au  commencement  de  l’an  9  3 1  ; 

A  fon  arrivée  à  Vienne  Charles-Conftantin,  fils  de  Louis  l’Aveugle  ,  alors 
maître  de  cette  ville  ,  lui  en  donna  l’entrée  ,  ôc  lui  prêta  ferment  de  fidelité. 

Si  l’on  en  croit  les  hiftoriens  Provençaux,  Hugues  ayant  envahi  le  royau¬ 
me  de  Provence  auffi-tôt  après  la  mort  de  Louis  ,  donna  dans  le  même 
tems  le  comté  de  Vienne  à  Charles-Conftantin,  pour  le  dédommager  en 
quelque  maniéré  de  la  fuccelïion  de  fon  pere  .dont  il  le  privoit  -,  mais 
ce  fait  eft  démenti  par  Flodoard  auteur  contemporain ,  qui  donne  à  Hugues 
le  titre  de  comte  de  Vienne  en  9 14.  peu  de  tems  après  la  mort  de  Louis  V  A- 
Veugle.  Il  eft  d’ailleurs  confiant  qu’Hugues  céda  le  même  comté  en  9 1 8 .  à 
Eudes  fils  du  comte  de  Vermandois.  Charles-Conftantin  ne  le  poffedoit  donc 
pas  encore  alors  ,  Ôc  bien  loin  de  croire  qu’Hugues  le  lui  ait  cédé  ,  il  eft 
au  contraire  très  vrai-fcmblable  qu’il  le  dépouilla  de  toute  la  fucceflion  aux 
états  çte  Provence.  Il  paroît  que  Charles-Conftantin  profitant  de  l’abfence 
de  ce  prince  lorfqu”il  pafla  en  Italie  en  918.  où  peut-être  feulement  lorfqu’ii 
eut  traité  avec  Rodophe  en  9*3o.fe  feraemparé  du  comté  de  Vienne  -,  ôc  que 
pourfe  maintenir  dans  la  paifible  poffeffion  de  ce  pays ,  il  fe  fera  enfuite  fou¬ 
rnis  à  Raoul  roi  de  France  :  en  effet  ce  dernier  ,  depuis  la  mort  de  Charles  le 
Simple ,  ne  ménagea  plus  tant  le  comte  de  V ermahdois  ,  dont  le  fils  avoit 
reçu  d’Hugues  l’inveftiture  du  même  comté  ,  ôc  qui  fe  brouilla  même  vers  le 
meme  tems  avec  lui.  Ce  qu’il  y  a  de  certain ,  c’eft  que  Charles-Conftantin. 
poffeda  ce  comté  depui^  l’an  931.  fous  l’autorité  de  nos  rois.  Raeul  domina 
aufii  fur  le  refte  du  royaume  de  Provence  i  ou  le  comté  d’Arles  ,  s’il  eft  vrai, 

T ome  II .  I 


h  F loi,  chroii^ 
f-199. 

■  ■ 

931. 


-  * 


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U 


HÏSTOÏRfe  GENERALE 


n.  931.  comme  nous  conjecturons,  que  Bozon  comte  d’Arles  8e  mari  de  Berthe 
eft  le  même  que  Bozon  frere  de  ce  roi. 

4  rrip.6t.  On  peut  appuyer  cette  conjecture  fur  une  charte  de  1  de  l’an  932.  fuivanc 
laquelle  un  feigneur  nommé  Humbert,  donna  un  mardi  premier  jour  d’ Août, 
fous  le  régné  de  Raoul ,  au  monaftere  de  Notre-Dame  de  Cafeneuve  ou  de 
Goudargues  dans  le  diocèfe  d’Ufcz,  une  terre  qu’il  avoir  dans  celui  de  Die* 
d’où  il  s’enfuit  que  Raoul  étoit  alors  reconnu  dans  ces  deux  diocèfès.  Il  eft 
vrai  qu’on  peut  également  rapporter  cette  date  à  Rodolphe  ou  Raoul  *oi  de 
b  v.  note  Bourgogne  -,  mais  comme  nous  fqavons  d’ailleurs  b  que  Raoul  roi  de  France 
iüv.n.jr.  fut  reconnu  dans  l’Uzege ,  cela  prouve  que  c’eft  de  Ion  regne  qu’on  a  voulu 
dater  cette  charte,  8c  qu’ainft  il  fut  reconnu  aufîi  dans  la  Provence, 
xix.  Les  différens  troubles  qui  agitèrent  les  provinces  feptentrionales  duroyau- 
Sunente  dans  me  1  ^es  Premieres  années  du  regne' de  ce  prince  depuis  la  mort  de  Charles  le 
{"province*"5  Simple ,  ne  lui  permirent  pas  d’aller  foumettre  celles  du  midi  qui  con- 
Concile  de  tinuerent  toujours  à  lui  refuler  l’obéiflance.  C’eft  ce  que  prouvent  manifefte- 
bvÊqu«'de  menc  iu.  Une  donation  c  faite  paf  Wadalde  évêque,  8eGaufbert  comte  de 
CarcaiTonne.  Roufiillon ,  à  la  cathédrale  de  fainte  Eulalie  d’Elne,  le  10.  d' Avril  de  la  fe- 
c  Pr  j>.6*  é'  Conde  année  après  la  mort  de  Charles  ,  fils  du  roi  Louis  ,  J.  C.  régnant ,  (fi- en  atten- 
d  iiid  6  &  àantunroi.  18.  Une  autre  donation  d  qu’un  feigneur  nommé  Raymond  fit  à 
l’abbaye  de  faint  Hilaire  au  diocèfe  de  Carcafionne ,  de  divers  alleus  fituez 
dans  le  comté  de  Rafez ,  le  25.  de  Juillet  la  fécondé  année  depuis  la  mort  du 
roi  Charles  }fils  de  Louis.  Enfin  il  n’eft  fait  aucune  mention  du  regne  de  Raoul 
±ibid.p.6(.o>  dans  la  date  d’un  échange e  fait  en  931.  entre  Guimera  évêque  de  Carcafi. 

fonne,  du  confentement  des  clercs  de  fa  cathédrale  ,  8c  Al fonfe  abbé  8c  les  reli¬ 
gieux  du  château  de  Mallaft  ou  de  Montolieu  ,  de  diverfes  terres  fituées 
dans  le  royaume  de  Septimanie  &  l?  comté  de  Carcafionne. 

11  eft  marqué  à  la  fin  de  cet  acte  que  Guimera  le  fit  ratifier  dans  un  concile  </V- 
vèques ,  qui  fut  tenu ,  fans  doute  ,dans  la  province,  mais  dont  nous  p’avons  pas 
te*  d’autre  connoilfance.  Ce  prélat  avoir  fait  un  autre  échange  f  fix  ans  aupara¬ 

vant,  Ravoir  le  18.de  Juin  de  la  X XV 1 1 1 .  année  du  regne  de  Charles  ,  depuis 
la  mort  du  roi  Eudes  ,  avec  le  même  Alfonfe  abbé  de  Montolieu.  Il  avoir 
été  élu  vers  l’an  902.  8c  il  occupa  le  fiege  de  Carcafionne  jufques  vers  l’an 
932.  qu’Abbon  lui  fucceda.  On  a  faitg  de  Guimera  taois  évêques  de  Car- 
cafionne  de  ce  nom,  8c  deux  autres  de  Gifande  qui  fucceda  à  Abbon  entre 
le  12.  d’ Avril  8c  le  24.  de  Mai  de  l’an  934. 

Raoul  n’ étoit  donc  pas  encore  reconnu  dans  le  Languedoc  en  9  3 1 .  Il  vint 
trmenoaud  b  en  Aquitaine  à  la  fin  de  cette  année  pour  concilier  quelques  feigneurs  du 
&  Raymond-  pa_yS  qUj  fe  faifoient  la  guerre  •  mais  de  femblables  diilenfions  entre  les  fei- 
gneurs  de  France  l’ayant  obligé  de  repafTer  bientôt  la  Loire  -,  il  remit  à 
îoumettent  à  l’année  fuivante l’execution  du  projet  qu’il  avoir  formé,  de  réduire  fousfon 
dHpokcMcut  obéifTance  le  refte  des  provinces  méridionales  du  royaume  qui  refufoient  de 
Faveur  du  du-  la  lui  rendre.  Dans  ce  deffein  il  revint1  en  Aquitaine  en  932.  ÔC  s’étant 
nc^dcscom-  avancé  dans  le  pays ,  Raymond  fi-  Ermengaud  princes  de  Gothie  allèrent  â  fa 
tex  d'Auvet-  rencontre  ,fe  fournirent  enfin  à  fon  autorité  ,  8c  lui  prêtèrent  ferment  defide- 
fm&dcveU*  ^aou^  étendit  par  là  fa  domination  fur  toute  la  Septimanie ,  le  comté 
h Fred.tbron.  fie  marquifat  de  Touloufe,  8c  la  partie  de  l’Aquitaine  qui  dépendoit  du  do- 
ma'ne  de  ces  deux  princes  -,  car  on  a  déjà  remarqué  que  Raymond  poflèdoit 
cijron.  afud  le  comté  de  Touloufe,  8c  Ermengaud  fon  oncle  celui  de  Rouergue,  8c  qu’ils 
bûche/,  to.  v  jouiffoient  par  indivis  tant  du  marquifat  de  Gothie  ,  que  des  comtez 
d’ Albigeois  8c  de  Querci.  Loup-Aznar  comte  ou  duc  de  Gafcogne  fe  trouva  à 
la  même  entrevue  ,  8c  fe  fournit  auffi  à  Raoul.  Flodoard  remarque  à  cette 
occafion  que  ce  dernier  montoit  un  cheval  qu’on  prétendoit  avoir  plus  de 
cent  ans ,  8c  qui  neanmoins  étoit  encore  très-vigoureux. 

Cet  hiftorien  ne  nous  apprend  pas  le  lieu  de  cette  entrevûe  :  nous  verrons 
bientôt  qu’il  paroit  que  ce  fut  dans  la  Septimanie ,  ou  du  moins  fur  les  fron¬ 
tières  de  l’Aquitaine.  U  ne  marque  pas  non  plus  à  quelles  conditions  Ray¬ 
mond  fie  Ermengaud  fe  fournirent  enfin  .à  l’obéifTance  du  roi  Raoul  j 
kxoîEm  mais  d  n’y  a  pas  beu  de  douter  k  que  ce  roi,  à  qdi  il  importoit  extreme- 
ara.o-xxn.  ment  de  gagner  les  deux  princes  de  Gothie ,  n’ait  difpofé  alors  en  leur  faveur 


Bejfe  N«r b. 
p.446. 

g  NOTE  XIII. 


XX. 


p.5+0. 


932. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XI  î.  é7 _ _ 

«du  duché  d’Aquitaine  qu’ils  poflèderent  depuis  par  indivis,  &  qu’il  n’ait  pour-  An.  931. 
vu  Ermengaud  du  comté  de  Gevaudan ,  6c  Raymond  de  ceux  d’Auvergne 
&  de  Vêlai.  Il  paroît  à  la  vérité  que  Charles  le  Simple,  dans  le  tems  de  Ton 
élargiflèment,  avoit  déjà  dilpofé  de  ces  dignitez  ,  vacantes  par  la  mort  d’Ac- 
fred  duc  d’Aquitaine ,  en  laveur  d’Ebles  comte  de  Poitiers  ,  mais  Raoul  ^  y 
n’eut  a  aucun  égard  à  cette  difpofition.  .  ' 

Depuis  l’entrevue  donc  on  vient  de  parler ,  Raoul  fut  generalement  reconnu 
pour  roi  dans  tout  le  Languedoc  6c  la  Gafcogne ,  provinces  qui  avoient  tou¬ 
jours  été  fidèles  au  roi  Charles  le  Simple  jufqu’à  là  mort,  6c  même  long-tems 
après  ,  comme  on  vient  de  le  voir.  On  y  data  dans  la  fuite  les  actes  des 
années  du  régné  de  Raoul,  en  ne  les  comptant  b  cependant  que  depuis  la  bcP^T. exw! 
mort  de  Charles  le  Simple ,  6c  dans  quelques-uns c  que  depuis  la  foumilfion  d’Er-  ».  5. 
mengaud  6c  de  Raymond.  C’eftparlà  que  finit  cette  elpece  d’interregne  d  à*'-*-1?-10- 
qm  dura  neuf  ans  de  fuite  dans  la  province  ;  fçavoir  depuis  l’emprifonnement 
de  Charles.  Les  comtes  de  Touloufe  profitèrent  de  cette  conjoncture  pour 
augmenter  leur  autorité  6c  leur  indépendance.  Audi  prenoient-ils  alors  la 
qualité  de  Princes ,  comme  l’on  voit  dans  plufieurs  chartes  -,  6c  dans  les  hifto-  cPr.p. 71  & 
riens  f  du  tems,  qui  ne  font  pas  difficulté  de  la  leur  donner,  6c  même  celle ^FiU&Duth. 
de  Princes  très-puiffans.  Md. 

Il  ne  reftoic  plus  à  Raoul  que  la  Marche  d’Efpagne  à  fbumettre ,  pour 
être  generalement  reconnu  dans  toute  la  monarchie  j  mais  la  plupart  des 
comtes  de  cette  province  continuèrent  g  jufqu’à  là  mort  à  lui  refufer  l’obéif-  ^Jcapitulto.i: 
lance,  6c i  dater  les  actes  depuis  la  mort  de  Charles  le  Simple.  Lafituation 
de  ce  pays  à  l’extrémité  du  royaume  ,  6c  la  neceffité  où  le  trouva  Raoul  „ 
de  retourner  en  France,  ou  Ion  autorité  netoit  pas  encore  bien  affermie, 
ne  lui  permirent  pas  fans  doute  d’entreprendre  cette  expédition. 

Nous  avons  dit  qu’il  paroît  que  ce  prince  s’avança  jufques  dans  laGothie  Epoqucde!â 
pour  y  recevoir  les  foumiffions  de  Raymond  6c  d’Ermengaud.  C’efl  ce  que  foumiflion  du 
nous  inférons  de  la  date  d’une  de  fes  chartes *»  donnée  au  palais  d’Anfê  dans  le  ^""“'charte 
Lyonnois,le  20.  du  mois  de  Mai  de  l’an  932.  en  faveur  d’Alfonfc  abbé  du  deceprinceen 
château  de  Mallaft  ou  de  Montolieu  ,  qu’il  confirma  a  la  priere  de  Dalmace  feveurdetab- 
J, 'onvajfal *,  dans  la  pofleffion  de  différons  biens  qui  avoient  été  donnez  à  ce  ,oi!cu.C 
monaftere  dans  les  comtez  de  Carcaflonne,  de  Rafez  6c  de  Narbonne.  Raoul  h  Pr-f- ,6*- 
vint  donc  vers  le  midi  du  royaume  la  meme  année  qu’il  fut  reconftu  par 
les  deux  princes  de  Gothie  :  or  comme  leur  foumiffion  doit  être  anterieure  à 
cette  charte ,  puifque  les  comtes  de  Touloufe  avoient  la  fuzeraineté  fur  le 
comté  de  Carcaflonne,  où  l’abbaye  de  Montolieu  eft  fituée,  c’eft  une  preuve 
que  la  paix  entre  les  princes  Raymond  6c  Ermengaud ,  6c  le  roi  Raoul ,  fè  fit 
vers  le  commencement  de  l’an  932  ,  6c  que  ce  dernier ,  qui  à  fon  retour  prit 
la  route  de  Lyon  ,  s’étoit  approché  du  pays.  On  peut  fixer  encore  plus  pré- 
cifément  l’époque  de  cette  foumiffion,  par  une  autre  charte»,  fuivant  la-  i  Md.  {.et, 
quelle  Frotard  vicomte  de  Cahors ,  avec  fa  femme  Adalberge  ,  6c  du  confeil 
du  comte  Raymond  leur  feigneur  ,  donna  differentes  terres  dans  le  Querci  à 
l’abbaye  de  Beaulieu  fituée  fur  les  frontières  de  ce  pays ,  6c  du  bas  Limoufin, 
pour  l’ame  d’Odolric  fon  pere  6c  de  Beletrude  fà  mere ,  au  mois  de  Mars  de 
l'an  Ç32.  indiUion  V.fous  le  reçue  de  Raoul.  Il  eft  certain  que  le  comte  Raymond 
dont  il  eft  parlé  dans  cet  aéle ,  eft  le  même  que  Raymond-Pons  comte  de 
Touloufe  6c  marquis  de  Gothie  qui  dominoit  fur  le  Querci  ,  comme  nous 
l’apprenons  d’ailleurs  :  d’où  l’on  doit  conclure  que  ce  prince  étoit  déjà  fou¬ 
rnis  à  Raoul  dès  le  mois  de  Mars  de  l’an  932.  6c  que  leur  entrevue  fe  fit 
vers  le  commencement  de  la  même  année.  xxII 

Raoul  parcourut  la  Bourgogne  en  93  2.  il  s’avança  l’année  fuivante  jufqu’à  pr;fc devienne 
Vienne,  affiegea  cette  ville  6c  la  prit**,  ce  qui  nous  donne  lieu  de  croire  parRaouiÆvê- 
que  Rodolfe  roi  de  Bourgogne ,  pour  faire  valoir  la  ceffion  qu’Hugues  lui  Be^ers" 

avoir  faite  du  royaume  de  Provence  ,  s’étoit  emparé  de  la  même  ville  fur - - 

Charles- Conftantin  vaflàl  de  Raoul,  qui  rétablit  ainfi  fon  autorité  a  la  2 \  1'6qq. 
gauche  du  Rhône.  1 

Il  affermit  de  plus  en  plus  celle  qu’il  avoit  établie  l’année  précédente  à 
la  droite  de  ce  fleuve  ,  ce  qu’on  voit  en  particulier  par  un  •  a&e  pafle  au 
Tome  II.  I  ij 


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An.  933. 

a  Pr.p.70. 0» 
'*• 


b  V. NOTE  XX. 
n.l'é'X. 


c  Pr. 

aiSjB.  Cj;r. 
>3.1.;.  4i  i- 
c  V.Pr.p.77. 


t  Eftien.  antiq. 
Bfned.  Occit. 
*?•  x*;-ïo4.6 
Jeg. 

xxm. 

Plaid  tenu 
à  Narbonne. 
Raymond- 
Pons  comte 
Recette  ville. 

H 


tl  HISTOIRE  GENERALE 

nom1  des  exécuteurs  teftamentaires  de  Reginald  évêque  de  Beziers  le  19.de 
Mars,  la  IV.  année  du  régné  de  Raoul  depuis  la  mort  de  Charles.  Entre  ces  exé¬ 
cuteurs  ctoient  les  vicomtes  Teudon  &  Odon  :  le  dernier  eft  le  même  que  le 
vicomte  de  Narbonne  de  ce  nom  dont  on  a  déjà  parlé.,  8c  qui  félon  les  ap¬ 
parences,  étoit  parent  ou  allié  de  Reginald  évêque  de  Beziers.  Quant  à  Teu¬ 
don,  comme  il  étoit  certainement  vicomte  de  Beziers  8c  d’Agdc,  il  étoit 
fils,  félon  toutes  les  apparences,  de  Bozon  b  vicomte  de  ces  deux  villes, 
mort  vers  l’an  91*. 

Reginald  évêque  de  Beziers,  defçendoit  vraifemblablemcnt  de  Reginald 
ou  Raynald  vicomte  de  cette  ville  à  la  fin  du  fiecle  précèdent. Il  légua'-  dif_ 
ferens  biens  à  fa  cathédrale  ,  entr’autres  le  lieu  de  faint  Pierre  d’Appoull. 
On  prétend  d  qu’il  vécut  jufqu'en  937 .8c  qu’il  reçut  alors  une  donation  de 
Pons  comte  deTouloufe  *  mais  outre  que  la  charte'  qu’on  cite  là-deffus  ne 
fait  point  mention  de  lui ,  on  voit  par  l’execution  de  fon  teftament  faite 
en  933.  qu’il  étoit  alors  déjà  décédé.  Rodoalde  qui  lui  avoir  déjà  fuc- 
cédé  dès  l’an  937.  étoit f  auparavant  abbé  de  faint  Tiberi  dans  le  diocèfe 
d’Agde ,  8c  poflèdoit  cette  abbaye  la  XXVII.  année  du  régné  de  Charles 
le  Simple. 

Nous  avons  un  plaid  daté  g  auffi  du  mois  de  Mars  la  IV.  année  du  régné 
de  Raoul  depuis  la  mort  de  Charles.  Ce  plaid  fut  tenu  à  Narbonne  ,  8c 
Aymeri  archevêque  de  cette  ville ,  Pons  comte  &  marquis  y  préfiderent. 
Dix  huit  juges ,  tant  Goths ,  que  Romains  &  Salions  ,  ou  François,  y  aflïfterent 
avec  eux,  Içavoir  trois  juges  8c  un  Salon  ou  huilîier  de  la  nation  8c  de  la 
loi  des  Goths  ,  onze  de  celles  des  Romains ,  &  trois  de  la  nation  &  de  la 
loi  Saliquc  ou  Françoife.  Il  y  avoir  plus  de  juges  Romains  que  des  autres 
nations  ;  fans  doute  parce  que  les  anciens  peuples  de  la  province  qu’on  ap. 
pelloit  Romains,  faiioient  le  plus  grand  nombre  des  habitans,  &  que  la  loi 
Romaine  y  étoit  par  conféquent  la  plus  luivie.  Plufieurs  perfonnes  de  con- 
fideration ,  du  pais  défignez  dans  l’acte  fous  le  nom  general  de  Bons  hom¬ 
mes  ,  ou  à.' Auditeurs ,  fe  trouvèrent  auffi  à  cette  aflèmbléc.  On  y  jugea  un  diffé¬ 
rend  que  Donadeus  abbé  du  château  de  Mallaft  ou  de  Montolicu ,  8c  fon 
monafïerc  avoient  avec  le  comte  Pons  l’un  des  préfidens  de  l’aflèmblée , 
dont  les  gens  avoient  éxigé  certains  droits  fur  les  alleus  que  cette  abbaye 
poffedoit  dans  le  comté  de  Narbonne.  Le  procureur  du  monaftere  après  avoir 
formé  fa  plainte ,  reprefenta  les  titres  fur  lefqucls  il  fondoit  l’exemption  de 
ces  alleus.  Les  juges  &  les  auditeurs  demandèrent  alors  au  comte  quelle  étoit  fa  loi? 
Pons  pour  toute  réponfe  exeufa  fa  conduite ,  8c  ayant  avoué  franchement 
qu’il  avoit  ignoré  que  ces  fonds  fulTcnt  libres  ,  l’aflèinblée  lui  ordonna  d’en 
maintenir  la  liberté  à  l’avenir,  &  l’obligea  à  donner  caution  ,  fuivant  ce  qui 
efi  marqué  dans  la  loi  Salique  :  ce  qu’il  fit  volontiers. 

Ce  monument  très-intéreflant  pour  notre  hifloire,  nous  donne  occafion 
d’ajouter  ici  quelques  réfléxions.  Il  nous  apprend  i°.  Que  Raymond-Pons 
comte  de  Touloufe,  le  même  que  le  comte  Pons  qui  préfida  à  cette  affem- 
blée,  étoit  dans  ce  tems-là  non- feulement  marquis  de  Gothic,  mais  auffi  comte 
particulier  de  Narbonne  ,  puifque  fes  gens  levoient  certains  droits  fur  les 
terres  de  ce  comté.  i°.  Que  ce  prince,  qui  fut  jugé  fuivant  la  loi  Salique , 
étoit  par  conféquent  d’origine  Françoife  :  8c  en  effet ,  fuivant  cet  acte ,  8c 
quelques  autres  femblables  ,les  différens  juges  pris  d’entfe  les  trois  peuples  qui 
habitoient  le  païs  n’affiftoient  aux  plaids  qui  y  étoient  tenus, que  pour  juger  cha¬ 
que  partie  conformémentà  la  loi  de  fa  nation.  3  ".Que  ces  trois  peuples  n’etoient 
pas  encore  confondus  dans  la  province  vers  le  milieu  du  X.  fiecle.  40.  Que 
quoique  les  grands  vaffaux  du  royaume  euflènt  déjà  commencé  à  s’emparer 
alors  des  droits  régaliens,  8c  qu’on  voye  ici  que  le  comte  de  Narbonne  levoic 
certaines  redevances  fur  les  terres  que  nos  rois  avoient  exemptées  de  toutes 
charges,  ils  n’étoientpas  encore  parvenus  cependant  à  ce  point  d’autorité  &de 
pouvoir  arbitraire  donc  ils  uferent  dans  la  fuite  ,  puifqu’ils  défendoient 
leur  propre  caufe ,  comme  des  particuliers  dans  les  affemblées  provincia¬ 
les,  8c  fie  foumettoient  à  leurs  jugemens.  j°.  Enfin  on  trouve  ici  un  mo¬ 
nument  de  lar modération  8c  de  l’équité  de  Raymond-Pons  comte  de  Tou- 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII; 


*9 


loufe  :  nous  en  rapporterons  bientôt  de  fa  pieté  8c  de  fa  religion.  An.  9 3 3. 

Donadeus  abbé  de  Montolicu  défendit  non-fèulcment  les  anciens  droits  Xxiv 
de  fon  monaftere ,  il  en  augmenta  encore  les  domaines ,  8c  reçut 1  l’année  Acfrcd  1  r. 
fuivante  la  donation  que  fit  à  cette  abbaye  le  comte  Acfrcd  ,  ioit  de  plu- 
fleurs  alleus  fituez  dans  le  comté  de  Carcaflonne  ,  cjue  le  comte  Oliba  fon  Rafcz. 
fere  avoit  poflèdez  par  la  libéralité  de  nos  rois ,  foit  de  quelques  aurres  a  *r-p. 71- 
biens  qui  lui  appartenoient  en  propre.  Acfrcd  II.  étoit  donc  fils  8c  fucceffeur  934^ 
d’Oliba  II.  comte  de  Carcaflonne  *  mais  il  paroît  b  qu’il  ne  lui  fucceda  pas  bqio.i.Nora 
immédiatement ,  du  moins  dans  tout  ce  comté  -,  8c  que  l’ayant  pofledé  a’a- 
bord  par  indivis  ,  de  meme  que  celui  de  Râlez,  avec  Bencion  fon  frere  ,  il 
recueillit  enfin  la  fuccclflon  de  ce  dernier  vers  la  fin  du  IX.  fiecle.  C’eft  par 
ce  feul  monument  qu’Acfred  II.  nous  eft  connu.  Il  vivoit  en  934.  car  fa 
donation  à  l’abbaye  de  Montolicu  eft  datée  du  24.  de  Mai ,  la  V.  année  du 


déjà  vü.  Nous  n'avons  aucune  preuve  qu' 

8c  il  eft;  fort  vraifemblable  qu’il  fut  le  dernier  comte  de  Carcaflonne  de  fa 
race.  Arnaud,  qui  paroît c  d’une  famille  différente,  lui  avoit  fuccedé  dès  l’an  c  v.  mrt> 
944.  dans  ce  comté  ,  8c  dans  celui  de  Rafez  ,  8c  avoit  époufé  lacomteflè  feXlLn- 
Arfinde  ,  qui  étoit  peut-être  fille  8c  heriticre  du  même  Acfred. 

Ermengaud  comte  de  Roucrgue  8c  marquis  de  Gothic  demeura  jufqu’à  Mq^v\ 
fa  mort  fidelleà  Raoul.  Cela  paroît  par  divers  monumens,  entr’autres  par  Vé-  mengaudeo^'. 
changeJ  qu’il  fit  au  mois  de  Janvier  delà  V.  année  du  régné  de  ce  prince, ou  l’an  tc  &  Rouet- 
934.  conjointement  avec  Raymond  fon  fils,  &  Raymond  vicomte  &  vicaire  dans  le  dcGothic  rU'S 
Rouergue ,  de  plufieurs  biens  fituez  dans  ce  pais  ,  contre  Eredelon  abbé  de  mondi.f0nfiis 
Vabres.  Ermengaud  prend  dans  cet  aefte  la  qualité  de  comte ,  de  prince ,  8c  de 


vy  *  *  ^  4  ü  a 

■ prince  magnifique  :  fes  fils  Raymond  8c  Hugues  y  fouferivirent  après  lui.  j,q. 
L’année  fuivante  ce  comte ,  8c  la  comteflè  Adélaïde  fa  femme  ,  donnèrent  e 


à  la  même  abbaye  l’alleu  8c  l’eglife  de  Scgonzac  en  Rouergue  ,  dont  ils  fe 
referverent  l’ufufruit.  Ermengaud  parle  de  fes  fils ,  dont  il  ne  dit  pas  le  nom, 
dans  cette  donation,  fouferite  par  le  vicomte  Bernard ,  duquel  les  vicomtes f  v-  note vin. 
héréditaires  de  Milhau  8c  de  Gevaudan  tirent  leur  origine.  Ileftenfins  parlé  nfi°'v  mTB 
du  même  comte  dans  une  autre  donation  que  fit  à  l’abbaye  de  Vabres  une  xxi. 
religieufe  appellée  Idc,  tant  pour  le  falut  de  fon  ame ,  &  pour  le  comte  Ermen-  Z^atel.comt, 
gaud ,  Adélaïde  fa  femme ,  leurs  enfans  ,  que  pour  le  comte  Pons  -,  d’où  un  de 
nos  hiftoriens  h  infère  avec  raifon  que  les  comtes  Ermengaud  8cPons,dont  h lb,d ‘ 
il  eft  parlé  ici ,  étoient  proches  parens  8c  de  la  même  maifon  -,  8c  qu’ainft 
le  premier  était  prince  de  la  maifon  de  Touloufe.  Cet  acte  eft  daté  de  la  VII. 
année  du  régné  de  Raoul ,  qu’on  doit  compter  depuis  le  1 9.  d’Odobre  de  l’an 
919.  ou  depuis  la  mort  de  Charles  le  Simple  :  or  comme  d’un  autre  côté  il 
eft  anterieur  à  celle  de  Raoul  arrivée  le  18.de  Janvier  de  l’an  936.  il  doit 
appartenir  par  confequent  à  la  fin  de  l’année  précédente  :  ce  que  nous  avons 
crû  devoir  remarquer  pour  fixer  l’epoque  de  la  vie  du  comte  Ermengaud. 

Nous  ne  trouvons  plus  depuis  aucun  monument  où  il  foit  fait  mention  de 
ce  comte,  ce  qui  nous  fait  croire  qu’il  ne  vécut  pas  long-tems  après  l’an 
93  Il  eft  du  moins  certain  que  Raymond  fon  fils  aîné  lui-  avoit  déjà  fuc¬ 
cedé  dès  l’an  943.  Celui-ci  *  eut  en  partage  le  comté  de  Rouergue  ,  avec  ‘No^vra, 
une  partie  du  duché  ou  principauté  d  Aquitaine  ,  du  marquiiat  de  Gothie , 

8c  des  comtcz  particuliers  de  Nifmes ,  Lodeve ,  Albigeois,  Querci,  8c  des 

autres  domaines  delà  maifon  de  Touloyfe  qu’il  poffeda  par  indivis ,  comme 

fon  pere  ,  avec  Raymond-Pons  comte  de  Touloufe.  Hugues  fils  puîné  d’Er- 

mengaud  prit  la  qualité  de  comte  ,  mais  nous  ignorons  le  nom  du  comté  qui 

lui  échut  en  partage.  Il  paroît  k  feulement  qu’il  poffeda  une  partie  du  do-  kibidn.i}.& 

maine  du  Querci  ,  8c  que  fa  femme  s’appelloit  Gudinilde.  Il  en  eut  deux  '‘il- 

fils,  Raymond  8c  Hugues.  Le  premier  fe  qualifia  comte, 8c lui  fucceda  dans 

une  portion  du  Querci.  Nous  ne  connoiffons  pas  fa  pofterité.  Quant  à 

Hugues  ,  il  donna  vraifemblablement  l’origine  aux  vicomtes  de  Comborn 

dans  le  bas  Limoufin  8c  le  Querci.  Il  paroît  enfin  qu’Ermengaud  comte  de 

Rouergue  iaiffa  un  troifiéme  fils  nommé  Etienne  1 ,  qui  fut  comte  de  Ge-  inotexxvt. 

"h&Hi- 


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_ 76  HÏSÏOIII-E  GENERALE 

An.  93  j.  vaudah  ,  &  qui  eue  des  enfans ,  dont  nous  parlerons  ailleurs. 

xxvi.  Après  la  mort  du  roi  Raoul ,  qui  arriva,  ainfi  que  nous  venons  de  le  dire, 
■ft  neV«  Un-  *e  *4-  Janvier  de  *’an  93<>.  Y  eut  une  efpece  d’interregne  en  France  qui 
«ucdoc*11  après  dura  jufqu’à  ce  que  les  principaux  feigneurs  du  royaume  eurent  rappelle 
la  mou  durai  d’Angleterre  Louis  fils  de  Charles  le  Simple ,  à  qui  Ton  lëjour  dans  ce  païs, 
«l'Outremer U1S  °ù  d  s’étoit  réfugié  avec  la  reine  fa  mere  en  9  2  3 .  fit  donner  le  furnom  d’Ou- 
gencraicment  tremer.  Ce  prince  étant  arrivé  en  France,  fut  couronné  à  Laon  le  iq.  de 
“rot"!  Vn  de  la  même  année  936 

«e.  vicomtes  Pendant  cet  intervalle  on  data  les  actes  en  Languedoc  depuis  la  mort  de 
deNârbormc.  jiagu/_  On  en  a  la  preuve  dans  une  donation  1  faite  à  Gifande  ou  Wilande 
936.  évêque  de  CarcafTonne,  le  4.  de  Mars ,  la  première  année  de  la  mort  du  roi 
t  Fr.f.ji.  Raoul,  J.  C.  régnant,  &  dans  l'attente  d’un  roi.  Il  paroît  meme  que  Louis  ne 
fut  pas  reconnu  pour  roi  dans  la  province  aufli-tôt  après  fon  couronnement, 
b  Mxrc.Hifr.  par  un  acbe  de  vente  b  que  fit  Richilde  vicomtefle  de  Narbonne  le  rp.d’Oclo. 
Pmî-  ire ,  la  I.  année  de  la  mort  du  roi  Raoul,  J.  C.  régnant ,  fr  dans  P  attente  d’un 
^v.notexl  çet  a£e fouferit  immédiatement  après  Richilde  par  Matfred  &Fran- 
xv.NOTEitid.  con,  fils  de c  cette  vicomteflè,  &  d’Odon  ou  Eudes  vicomte  de  Narbonne 
fon  mari ,  qui  devoir  être  alors  décédé.  Le  premier  fucceda  à  la  meme  vicom¬ 
té  5  mais  comme  il  étoit  alors  fort  jeune ,  Richilde  fa  mere  en  conferva 
d  Marc.Mj}’.  long-temsaprès  la  principale  adminiftration.  Cette  dame  d  fe  dit  dans  le  même 
aâe ,  fille  du  comte  Borrel ,  &  delà  comte  fe  Garfinde ,  ÔC  les  biens  qu’elle  vendit 
*  NOTEibu.  écoient  fituez  dans  le  Roulfillon  ;  ce  qui  nous  fait  e  conje&urer  1®.  Que  le 
'  comte  Borrel ,  pere  de  Richilde,  n’eft  pas  différent  de  Borrel  fils  de  V^ifred 

le  Velu  comte  de  Barcelonne.  i°.  Que  Garfinde  femme  de  Raymond-Pons 
comte  deTouloufe,  étoit  fille  de  la  même  Richilde,  &  petite-fille  de  Gar¬ 
finde  femme  du  comte  Borrel ,  qui  lui  aura  donné  fon  nom. 
xxvtr.  Raymond-Pons  jouit  paifiblement  après  la  mort  du  roi  Raoul  du  duché 
jtymon-Pons  d’Aquitaine,  &  du  comté  particulier  d’Auvergne  dont  ce  prince  avoir  dif- 
ïourejouitpai-  pôle  en  la  faveur  en  932.  celt  ce  qui  paroît  par  lacté  de  *  fondation  du 
duché  dvi  11  n)onaftcre  ée  Chanteuge ,  daté  du  28.  d’Aoùt ,  la  J.  année  du  régné  de  Louis 

comté  d'Au-  Çe  monafiere  fut  fondé  en  Auvergne  fur  l’Ailier ,  vers  les  frontières  du 
72a/.  74.  Velay  -,  ce  qui  a  peut-être  fait  croire  g  à  un  auteur  célébré  ,  que  le  lieu  de 
g  y.  note  Chanteuse  dépendoit  alors  de  ce  dernier  païs  ,  Sc  qu’il  étoit  fournis  à  l’au- 
Ypniti'i  toricé  fpirituelle  des  évêques  du  Puy:  mais  il  s’eft  trompé  en  cela.  Un  fei- 
M»b.  *m*i.  gneur  nommé  Claude  h  avoir  légué  ce  lieu  d  Cunibert  fon  petit-fils  ,  prévôt 
fai*'707'**  de  l’abbaye  de  Brio  ude,  &  après  fon  décez ,  à  cette  abbaye.  Cunibert,  ÔC 
J  Baluz.  Auv.  les  Chanoines  de  Brioude  fès  confrères,  voulant  faire  un  faint  ufiigc  de  cette 
u  ip.zt.  donation ,  établirent  des  moines  d  Chanteuge  du  confentement  de  Raymond  prince 
des  Aquitains ,  du  vicomte  Dalmace  leur  abbé  ,  d’Arnaud  leur  évêque,  ouf 
l’écoic  par  con/è'quent  de  Clermont  en  Auvergne,  St  non  pas  du  Puy  }  St  des 
principaux  feigneurs  du  pays.  Ils  déclarent. qu’ils  font  cette  fondation  poûr 
leur  communauté ,  pour  le  roi  ,  pour  leurs  feigneurs _  ou  princes  déjà  nommez^, 
&  enfin  pour  l’ame  du  duc  Guillaume  ,  &  de  fes  deux  neveux  Guillaume  St 
Acfred.  L’aâe  fut  paffé  dans  l’eglife  de  faint  Julien  de  Brioude  devant  l’autel 
de  faint  Etienne ,  ôcfoufcrit  après  les  fondateurs  par  Raymond  prince  des  Aqui¬ 
tains ,  qui  par  la  grâce  de  Dieu ,  porte  aufit  le  nom  de  Pons  ,  &enfuirepar  Go- 
tefcalc  évêque  du  Puy ,  le  vicomte  Dalmace  ,  St  plufieurs  autres  feigneurs  du 
païs. 

Raymond-Pons  comte  de  Toulouse  étendoit  donc  alors  fa  domination  fur 
i  v.[mTE  l’Auvergne ,  &  devoir  avoir  j  fuccedé  par  conféquentà  Guillaume  le  Pieux, 
xvi.  ici  fes  deux  neveux,  tant  dans  le  comté  particulier  de  ce  païs,  que  dans 

le  duché  d’Aquitaine  :  auiïï  le  roi  Louis  d’Outremer  lui  donne-t-il  la  qua- 
k  Tr.p.sf.6  j;re-  prince  (yes  Aquitains ,  dans  la  charte  k  par  laquelle  il  confirma  cinq  ans 
ibaU.chrifi.  après  la  fondation  du  monaflere  de  Chanteuge ,  qui  n’eft  aujourd'hui*  qu’un 
nrvedit.  to  i.  prieuré  conventuel  du  diocèfe  de  Saint-Flour ,  dépendant  de  l’abbaye  de  la 
437&/ff •  Chaife-Dieu.  Enfin  on  ne  fçauroit  douter  que  Raymond-Pons  comte  deTou- 
v.note  loufe  ne  le  fut 


m 


aid.n.7.  vers  l’an  9  3  7. 


t  aufil  d’Auvergne ,  puifqu’Arnaud  évêque  de  Clermont  déclare  m 
.  qu’il  avoir  rétabli  l’abbaye  de  laine  Allire  dans  fa  ville  épifeo- 


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V 


ÎQCIX. 

Dcdicacc 


DE  LANGUEDOC.  Liv.XlI.  yt 

pale ,  à  la  prière  &  avec  le  fccours  du  comte  Raymond  ,  qui  n’eft  pas  different 
de  Raymond-Pons  comte  de  Touloufe.  9  3  6* 

Ce  prince  non  content  d’avoir  contribué  à  la  fondation  ou  au  rétablifle-  xxvili. 
ment  de  ces  deux  monafteres  fituez  dans  le  comté  d’Auvergne,  en  fonda  un  jabbaye  d"  s! 
autre  en  936.  dans  celui  de  Narbonne.  Il  choifitpour  cela  dans  fon  patrimoi-  p'onsde  Tho- 
ne  un  lieu  nommé  THomieres ,  fitué  dans  les  montagnes  de  l’ancien  diocèfe  miercs* 
de  cette  ville ,  vers  les  frontières  de  l’Albigeois.  Sa  dévotion  envers  faint 
Pons  martyr  de  Nice,  qui  l’avoit  engagé,  comme  il  le  déclare  a  lui-mê-  a  Pr.f.rs&! 
me,  à  ajouter  fon  nom  à  celui  de  Raymond  ,  le  porta  aufli  à  fonder  cette /'W* 
nouvelle  abbaye  fous  l’invocation  de  ce  faint.  II  la  fit  bâtir  dans  un  vallon 
arrofé  de  la  petite  riviere  de  Jaur,  8c  pria  Arnoul  abbé  de  faint  Geraud 
d’Aurillac  ,  monaftere  qui  étoit  alors  dans  une  grande  régularité ,  de  lui 
donner  de  les  religieux  pour  y  établir  la  réglé  de  faint  Benoît»  Cet  abbé 
voulant  féconder  les  pieufes  intentions  du  duc,  lui  accorda  fa  demande ,  &£. 
nomma  pour  premier  abbé  de  Saint-Pons  de  Thomieres,  undefes  difciples 
nommé  Oger ,  qui  fut  béni  par  plufieurs  évêques  de  la  province  affemblez 
à  cette  occafion.  Raymond  8c  Garfinde  fa  femme  dotèrent  alors  richement 
le  nouveau  monaftere.  Leur  charte  eft  b  datée  du  mois  de  Novembre  de  l’an  pjô.  la  b 
/.  année  du  roi  Louis.  Lecomte  déclare  qu’il  fait  cette  fondation  pour  le  falut 
de  Raymond  fonpcre>  de  fa  mere,  de  les  parens,  8c  de  fes  vaflaux  ,  8c  donne 
en  même  teins  à  l’abbaye  de  faint  Pons  plufieurs  terres  8c  églifes  dont  la 

f'iupart  étoient  fituées  dans  le  diocèfe  de  Narbonne ,  8c  quelques  autres  dans 
'Albigeois  aux  environs  de  Vieilmur. 

Après  que  l’églife  de  ce  monaftere  eut  été  achevée  ,  le  duc  pria  l’année  Xi*1 x- 
fuivante  Aymeric  archevêque  de  Narbonne  c ,  8c  les  évêques  Wifande  ou  régula”  s. 
Gifande  de  Carcaffonne  ,  Rodoalde  de  Beziers,  8c  Thierri  de  Lodeve  de  la  P°ns.  Concile 
dédier,  ce  qu’ils  firent  le  15.  du  mois  d  d’Août.  Ces  prélats  déclare,  fa^ro^ncede 
rent c  alors  excommuniez  tous  ceux  qui  oferoient  attenter  quelque  chofe  Narbonne, 
contre  le  monaftere  de  faint  'Pons  ,  que  Raymond-Pons  fournira  l’églil e  £^T-t-77.& 

Romaine  8c  au  pape  Leon  VIL  qui  la  gouvernoit  alors  ,  avec  promeffe  _ - , 

que  ce  monaftere  leur  payeroit  tous  les  cinq  ans  une  redevance  de  dix  9  37-  . 

lois  en  ligne  de  reconnoiliance.  Raymond  déclare' enfin  par  cet  a&e  l’ab-  tv 

baye  de  faint  Pons  libre  8c  exempte  -,  «  enforte  que  ni  le  roi ,  ni  aucun  prin-«  des.Pomp*  1.’ 
ce ,  ni  aucun  évêque ,  ni  aucun  de  fa  parenté ,  ne  puiffe  exercer  aucune  domi-  «  ePr-  ***• 
nation  tant  fur  elle,  que  fur  fes  dépendances.  cC  •  ' 

Les  quatre  évêques  qui  firent  la  dédicace  de  l’églife  de  faint  Pons 
tinrent  f  peu  de  tems  après  un  concile  à  Aufede  *  avec  quatre  de  leurs  fPr.ibid. 
comprovinciaux  ;  fqavoir,  Raynald,  Dagbert  ou  Dagobert ,  Pons  8c  Wa-  *Aur'dlncnfo 
dalde  dont  les  fieges  ne  font  pas  marquez.  Dans  ce  concile  dont  on  a  omis 
de  faire  mention  dans  les  differentes  collections  ,  ces  prélats  firent  un  decret 
par  lequel après  avoir  confirmé  la  fondation  de  l’abbaye  de  faint  Pons,  ils 
renouvel lerent  l’anathemc  contre  tous  ceux  qui  violeroient  fes  privilèges. 

On  croit  g  que  le  lieu  d’ Aufede  où  ce  concile  fut  aflèmblé,  n’eft  pas  diffé-  g  Chrm.iMi 
rent  d’un  hameau  du  même  nom  ,  fitué  aune  lieue  ou  environ  de  laintPons,  1‘ 
où  on  a  découvert  des  veftiges  d’un  ancien  château.  Raymond -Pons  fit 
drefler  un  acte  h  de  ce  decret ,  8c  l’accompagna  de  diverfes  imprécations  cott-  b  Pr.Uid,  ' 
tre  ceux  qui  ne  s’y  foumettroient  pas.  Il  y  fouferivit  le  premier  avec  la 
qualité  de  très-excellent.  On  voit  enfuite  les  fouferiptions  de  Garfinde  fa 
femme,  d’Aymeric  archevêque  de  Narbonne  , des  évêques  Rodoalde,  Dag¬ 
bert,  Hugues,  Pons,  Raynald,  Thierri,  WadaldeSc'Wifade,  8c  desabbez 
Dorbcrt  ou  Darbcrt ,  Eudes ,  Arnoul ,  Suniarius  ,  Robert  èc  Gui.  Il  eft  marqué 
en  general  dans  l’acte  ,  que  les  principaux  du  pays  le  confirmèrent ,  8c  on 
affure  ‘  que  les  vicomtes  y  fouferivirent ,  mais  on  ne  rapporte  pas  leurs  noms.  lCtiren-i 
Cela  prouve  du  moins  que  le  concile  d’ Aufede  fut  une  affèmblée  mixte.  t  %' 

On  prétend k  que  le  comte  Raymond-Pons  ,  peu  de  tems  après  la  fonda*  k 
tion  du  monaftere  de  Thomieres,  y  fit  apporter  de  Nice  en  Provence  une 
partie  confidcrablc  des  offèmens  de  faint  Pons  martyr  \  8c  eh  -effet ,  on  V 
célébré  tous  les  ans  cette  tranflation  le  15.  de  juin.  Ces  rélicpies  furent dif- 
fipées  avec  plufieurs  autres  qu’on  confcrvoit  dans  l’églife  de  famtPons  ,  lorf; 


h  Ptïbid t 


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7> 


Histoire  generale 


-An.  937.  qa’eti'i  -)6  j.  elle  fut  pillée  par  les  Calviniftes.  Telle  eft  l’origine  de  ce  célébré 
monaftere,  qui  fut  érigé  en  cathédrale  au  commencement  du  XIV.  fieclepar 
le  pape  Jean  XXII.  &  dont  le  chapitre  demeura  régulier  jufqu’au  commen¬ 
cement  du  XVII.  qu’il  fut  fécularilé. 

xxx.  De  neuf  évêques  qui  affifterenc  au  concile  d’Aufede ,  il  n’y  en  a  que  quatre) 
Jtr^uodel*  fçavoir  ,  Aymeric.  de. Narbonne  ,  Wifade  de  Carcaftonne,  Rodoalde  de 
province.  Beziers ,  &Thierri  de  Lodeve  dont  le  fiege  elt  marqué  dans  les  aétes.  Nous 
•rUnuv.ici.  avons  déjà  parlé  des  trois  premiers  :  on  loue  fort a  la  pieté  du  quatrième; 
f+y&fei-  Nous  connoifTons  d’ailleurs  le  fiege  des  cinq  autres.  Raynald b  étoit  évêque 
\>notexv, 1.  deNifmes,  &  avoit  fuccedé  à  Hugbert  depuis  l’an  919.  Le  pape  Jean  XI.  lui 
donna  l’églife  de c  Valfrancifque  dans  les  Cevenes.  Bernard  I.  lui  fucceda  <* 
c Ctii.  cbr.  vers  l’an  94x.&Begon  à  celui-ci  en  944.  Dagbert  ou  Dagobert  étoit  évê- 
ftj'  f  que  f  d’Agde  :  il  avoit  fuccedé  à  Etienne  qui  occupoit  ce  fiege  en  911.  Wa- 
d  note  Md.  balde  ou  Wadaldef  occupoit  celui  d’Elne  ,  &  c’eft  fans  fondement  qu’on 
prétend  g  qu’il  étoic  évêque  de  Maguelonne.  Ce  dernier  fiege  étoit  alors  rem- 
f  utrc.wp.  pli  par  Pons  qui  affifta  au  même  cpncile  d’Aufede  ,  &  dont  il  eft  fait  men- 
7.’// 8+ 8J  *  tl0n  h  ^ans  un  a*^e  ^'a11 947-  Enfin  Hugues  étoit  évêque  de  Touloufe  «  de- 

g Gm-.ftrfrtf.  puis  environ  l’an  917.  ou  à  la  fin  du  pontificat  du  pape  Jean  X.  Il  avoit  fuc- 
Mtg.  f  ji.  ».  cedé  immédiatement  à  Arnaud,  quoi  qu’en  difènt  quelques  auteurs ,  quimet- 
£  CsjtotiMti.  Çent  entre  eux  un  certain  Ifolus  ou  Iflo.  L’évêque  d’Ulez  fut  donc  le  feul 
i note xix.  des  évêques  de  la  partie  de  la  province  de  Narbonne  fituée  en  deçà  des  Pyre- 
y.  nées  qui  ne  fe  trouva  pas  au  concile  d’Aufede  t  le  fiege  épifcopal  de  cette 
ville  étoic  peut-être  vacant. 

kv.ifob.  u  Les  abbez  qui  affifterenc  à  ce  même  concile  furent  pacbert  k  de  Sôreze  , 
rtnjtj.n.îT1.  Arnoul  d’Aurillac,  Suniarius  delà  Grafîê,  &  Robert  de  Caunes.  On  ignore 
le  nom  des  abbayes  d’Eudes  Sc  de  Gui.  Il  parole  cependant  que  le  premier 
n’eft  pas  différent  de  faint  Eudes  abbé  de  Cluni  5  car  l’obfervance  de  l’ab- 
baye  d’Aurillac  qui  fut  introduite  à  faint  Pons,  étoit  la  meme  que  celle  de 
Cluni,  Sc  Arnoul  abbé  delà  première  ,  qui  fe  trouva  à  ce  concile,  &  qui 
1  v.M»b.4HH.  avoir  conduit  à  faint  Pons  une  colonie  de  les  religieux  *  agit 1  toujours  conjoin- 
tn .*57.».ï/.7  cernent  avec  faint  Eudes  pour  la  propagation  de  leur  réforme. 

La  province  ecclefiaftique  de  Narbonne  )  outre  les  dix  diocèfes  dont  elle 
çtoitcompofée  en  deçà  des  Pyrénées,  en  comprenoit  encore  quatre  autres  au 
deli  de  c  es  montagnes  dans  la  Marche  d’Efpagne  ,  fçavcir  ceux  de  Barce- 
ionne,  de  Gironne,  d’Urgel  de  d’Aufonne,  fans  compter  celui  dePailhas  ou 
de  Ribagorç a,  qui  dépendoit  en  quelque  maniéré  de  celui  d’Urgel.  Le  pre- 
tnif*rc.HUp.  mier  de  ces  quatre  fîeges  étoic  alors™  rempli  par  Willeran  ,  le  fécond  par 
kj oAMéinm  Godemar,  le  troifiéme  par  Vi^iiade  ,  6c  le  quatrième  par  Wadamir.  Le  pape 
ffg.n.ft.  Leon  VII.  écrivit  l’année  fuivante  à  ces  quatre  évêques ,  à  Aymeric  archevê¬ 
que  de  Narbonne  leur  métropolitain  ,à  l’évêque  d’Elne ,  &à  plufieurs  autres 
1 rélats  des  Gaules  ,  pour  les  exhorter  à  introduire,  dans  les  monafteres  de 
éurs  diocèfes  la  réforme  qui  s’obfervoit  dans  celui  de  Riupoll  au  diocèfe 
d’Aufonne ,  Sc  à  réprimer  les  vexations  des  feigneurs  qui  ufurpoient  impuné¬ 
ment  les  biens  des  églifes 4 

Les  autres  évêché z  de  la  province  éroient  alors  ceux  d’Albi ,  du  Puy ,  de 
Éviqaesd'Al-  Mende  Sc  de  Viviers  fournis  à  d’autres  métropoles.  Le  premier  étoit  occupé 
s'&MaTdc  Par  Angelvin  B  fucceffeur  de  Paterne ,  lequel  fîegeoit  en  921.  Nous  trouvons 
5.  ïugene de  fous  l’épifcopat  du  premier  un  Deodat  abbé  de  faint  Salvi,  à  qui  GaufberC 
Vn OUg»U  chr  avol*c  fuccedé  du  tems  de  Miron  évêque  d’Albi  ,  qui  fîegeoit;  la  VI.  année  dit 
tu*.edit.to.i\  régné  de  Louis  d’Outremer.  Ce  font  là  les  plus  anciens  monumens  que  nous 
A9&M-  ayons  de  l’abbaye  de  faint  Salvi  d’Albi,  qui  fut  peut-être  fondée  vers  la  fin  du 
/fîig'f'4  VI.  fiecle ,  après  que  fon  faint  patron  y  eût  été  inhumé.  Elle  étoit  deflervie 
’  au  milieu 
rernée 


£ 


XXXI. 


lilieu  du  X.  par  des  clercs  qui  vivoient  en  commun  ,  &  elle  fut  gou- 
fe  depuis  ce  tems-là  par  des  abbez  fous  l’ autorité  des  évêques  d’Albi* 


liers  dont  le  nombre  fut  réduit  i  quinze  en  1493.  &qi 
I  y  z}.  La  chafle  qui  renferme  les  reliques  de  faint  Salvi,  Sc  qu’on  confèrvè 
encore  aujourd’hui  avec  foin  dans  cette  églife  t  eft  un  monument  de  la  pieté 

d’UA 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII. 


73 


d’un  comte  de  Touloufe  nommé  Raymond  ,  mais  on  ignore  quel  eft  le  comte  An.  937. 
de  ce  nom  qui  fit  ce  prefent. 

L’ancien  monaftere  de  faint  Eugcne  de  Vioux,  audiocèfe  d’Albi ,  étoit  aufli 
habité  par  une  communauté  de  clercs  ou  de  chanoines  au  milieu  du  X. 
fiecle,  fous  l’autorité  d’un  abbé  nommé  Adalard ,  comme  il  paroît  1  par  un  »o»W.  chr. 
acte  daté  de  la  VI.  année  du  régné  de  Louis  d’Outremer.  Adalard  étoit  déjà  P 

abbé  de  Vioux  la  IL  année  du  roi  Raoul.  Cetteabbaye  ayant  étéréunieen 
986.  à  la  cathédrale  d'Albi ,  le  titre  abbatial  fut  fupprimé  depuis. 

On  voit  par  là  que  les  moines  dediverfes  abbayes  s’étoie  nt  transformez  en  é^bWaycVcS. 
chanoines  au  milieu  du  X.  fiecle.  Une  des  principales  caufes  de  cette  déca-  chaffre  eu  ve- 
dence  delà  difeipline  régulière,  fut  l’ufurpation  des  biens  des  monafteres  par  1^éfcuI^™'j 
les  feigneurs  féculiers.  L’abbaye  de  S.  Chaffre  dans  le  Vêlai  étoit  tombée  alors  ££ Mende, 
par  cette  raifon  dans  un  grand  relâchement.  Gotefcalc  b  évêcpie  du  Puy  ,  bPrf. 79. 
qui  avant  que  d’être  élevé  fur  le  fiege  épifcopal ,  avoit  été  religieux  de  ce 
monaftere ,  que  nos  rois  avoient  donné  en  bénéfice  à  fey  prédecefteurs ,  tou-  edi.chr.iuv. 
ché  de  fon  état,  réfolut  de  le  réformer.  Dans  cette  vue  il  pria  Arnoulabbé  Jt^*^**4* 
de  S.  Geraud  d’Aurillac  d’y  rétablir  l’obfervance  de  la  réglé  de  faint  Benoît, 
ce  que  celui-ci  fit  la  IL  année  du  règne  de  Louis  d’Outremer,  ou  l’an  937. 

&  il  y  mit  pour  abbé  Dalmace  Ion  difciple.  Gotefcalc  en  fit  dreffer  un 
a&e  autentique ,  dans  lequel  il  déclare  qu’il  avoit  établi  cette  réforme  du 
confentement  du  marquis  Geilin ,  &  de  plufieurs  évèques.Cc  Geilin  c  étoit  marquis 
ou  comte  de  Valentinois,  pays  qui  s’étend  en  deçà  du  Rhône  ,  iufques  fur 
les  frontières  du  Velay.  Il  avoit  pris  la  protc&ion  de  l’abbaye  de  iaint  Chaf¬ 
fre  à  laquelle  il  fit  beaucoup  de  bien ,  de  même  que  les  autres  comtes  de 
Valentinois  fes  fucceflèurs. 

Gotefcalc  ordonna  par  le  même  a&e  qu’à  l’avenir  le  monaftere  feroit  gou¬ 
verné  par  un  abbé  régulier  ,  dont  l’élection  fe  feroit  de  fon  confentement  -, 

&  pour  engager  par  Ion  exemple  les  ufurpateurs  à  rendre  les  biens  qu’ils 
avoient  envahis,  il  commença  lui-même  par  lui  reftituer  ceux  qu’il  poffedoit 
en  qualité  d’abbé  bénéficiaire.  L’abbaye  de  faint  Chaffre  rentra  par  là  entr’- 
autres  dans  la  poflèlfion  du  lieu  de  Chamalieres  dans  le  Velay,  ou  on  établit 
depuis  un  prieuré  conventuel  qui  fubfifte  encore  fous  fa  dépendance.  Geronce 
archevêque  de  Bourges,  métropolitain  de  la  province,  BegonêcGui,  fuccef- 
fivement  évêques  duPuy, confirmèrent  la  réforme  de  cette  abbaye,qui  devint  de¬ 
puis  très-floriffante  ,  &  à  laquelle  on  fit  diverfes  donations,  tant  aux  environs 
du  Rhône  dans  le  Valentinois  Se  le  Diois ,  que  dans  le  Vêlai.  On  lui  donna 
dans  ce  dernier  pays  le  lieu  de  Vaurey  *  près  de  la  Loire  ,  où  on  fonda  dans 
la  fuite  un  prieuré  pour  des  religieufes ,  qui  font  foumifes  aujourd’hui  à  l’ab- 
beffe  de  Chafes  ,  monaftere  fitué  dans  le  diocefe  de  faint  Flour,  fur  les 


cNOlî  xw. 


•Vallis  rcgïa« 


frontières  du  Velay  Se  du  Gcvaudan. 

Au  refte  Gotefcalc  qui  étoit  déjà  évêque  du  Puy  en  936.  fe  réferva  la 
principale  autorité  fur  l’abbaye  de  S.  Chaffre ,  Se  il  l’exerçoiç  encore  en  9  5  j. 
comme  il  paroît  par  une  donation  d  qui  fut  faite  alors  à  ce  monaftere  de 
divers  biens  fituez  dans  la  viguerie  d’Iffarles  en  Vivarais.  Il  entreprit  L  en  9  50.  ^f  '***™' 
un  pèlerinage  à  faint  Jacques  en  Galice ,  Se  paffant  à  fon  retour  par  un  mona-  Gdi.chr.HUy 
ftere  fitué  fur  les  frontières  de  la  Navarre,  il  y  trouva  le  traité  de  faint 5,4 ' 
Ildefonfe  fur  la  virginité  de  la  Mere  de  Dieu  -,  il  en  prit  une  copie  qu’il  apporta 
en  France ,  6c  dont  il  fit  prefent  à  fon  eglife. 

Nous  n’avons  aucun  monument  fur  les  évêques  de  Viviers  depuis  la  fin  du 
IX.  fiecle  jufqu’à  la  fin  du  fuivant.  Quant  à  ceux  de  Mende  ,  nous  trouvons 
un  Etienne  qui  occupoit  ce  fiege  fous  le  regne  de  Louis  d’Outremer.  Onf  fcdi.chr.nov. 
allure  qu’il  avoit  fuccedé  à  Guillaume  ,  qu’on  prétend  avoir  été  prefent  en  "xxxin. 
908.  à  la  fondation  du  monaftere  de  faint  Pierre  du  Puy  ^  mais  outre  que  Donation  de 
cette  fondation  eft  de  l’an  993.  on  ne  voit  pas  qu’aucun  évêque  de  Mende  y  fo^at-Tou- 
ait  fouferit.  On  doit  donc  rayer  ce  Guillaume  du  catalogue  de  ces  évêques,  loufe.cn faveur 
On  a  déjà  vu  que  Ravmond-Pons  comte  de  Touloufe  reconnut  Louis  dc  la  cathedra- 
vJutremer  pour  roi  avant  la  hn  de  1  an  936.  Nous  avons  cependant  une  vicomtes  de 
donation  g  de  ce  comte  à  la  cathédrale  de  Beziers  du  17.  Janvier,  la.  I.  année  & 
depuis  la  mort  du  roi  Raoul.  Or  comme  ce  roi  mourut  le  14.  du  meme  g ^,77. 

T  ome  II.  K 


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74 


H  ISTOIRE  GENERALE 


ijCVJU’ÜD. 

<1  l'.p. 


/•*>' 

Arifcnû- 


An.  937.  mo*s  1  de  l’an  936.il  n’eft  pas  vrai  icmblable  qu’on  aie  pû  apprendre  fa  mort 
»  v.  mai,  eU  cn  Cr0‘s  jours  en  Languedoc ,  d’où  l’on  pourroit  inferer  que  la  donation  dont 
•>‘»-wn.6f.  on  vient  de  parler  cft  de  l’an  9  3  7.6 c  que  par  conféquent  ou  Raymond-Pons  ne 
reconnoifToit  pas  encore  alors  le  roi  Louis  d’Outremer  ,  ou  du  moins  il 
avoit  celle  de  le  reconnoître.  Quoi  qu’il  en  foie  ,  Pons  qui  fe  qualifie  comte 
&  marquis  dans  cet  a&e ,  &  Garfinde  la  femme ,  donnèrent  les  lieux  de  Boujan 
6c  Tamponian  ,  dans  le  diocèfe  de  Beziers,  aux  chanoines  de  la  cathédrale 
de  cette  ville.  La  charte  elt  fouferite  par  deux  vicomtes  Jonus  ou  Jonas,  6c 
b  NOTExx.  Aton.  Le  premier  étoit b  vrailemblablement  vicomte  de, Beziers  6c  d’Agde, 
&  fils  ou  tfere  de  Teudo  qui  pofiedoit  ces  deux  vicomtez  en  91 6.  6c  933. 
c  note  xxi.  Nous  trouvons e  vers  le  même  tems  dans  la  province  deux  vicomtes  du  nom 
xote'xxui.  d’Aron  qui  paroiflènt  avoir  été  de  la  même  famille ,  l’un  etoit  vicomte  de 
Touloufe ,  ôc  l’autre  d’Albi ,  6c  c’eft  fans  doute  l’un  des  deux  qui  fouferivit  i 
la  donation  du  comte  Raymond-Pons. 

xx  xiv.  Il  paroît  encore  d  que  le  roi  Louis  d’Outremer  n’étoit  pas  reconnu  dans 
yi-orm de**  k  R-ouergue  >  pays  du  domaine  de  la  maifon  de  Touloufe,  à  la  fin  de  l’an 
Miîînu^&de  937.  par  un  échange'1  que  firent  le  vicomte  Bernard  6c  fes  fils  Berenger  ÔC 

^ . Bernard,  avec  Rainulfe  abbé  de  Vabres,  de  plufieurs  terres  lïtuées  dans  ce 

pays  ,  un  famedi  du  mois  de  Décembre ,  la  II.  année  après  la  mort  de  Raoul, 
Dieu  régnant,  &  dans  l’attente  d’un  roi.  On  peut  ajouter  à  cette  date  celle 
d’une  donation c  faite  à  l’abbaye  de  faint  Guillem  duDefert,  d’un  alleu  fitué 
dans  le  comté  de  N  if  me  s  ,  &  lu  viguer.e  d’ H  ter  le  *  ,  Dieu  régnant ,  &  le  roi 
louis. 

Ces  a&es  prouvent  que  Louis  d’Outremer  ne  fut  pas  d’abord  bien  affermi 
fur  lethrône  ,  8c  qu’on  eut  quelque  peine  à  fe-foumettre  à  fon  autorité  dans 
les  provinces  méridionales  du  royaume.  Au  refte  il  paroît  que  les  deux  fils 
f  v.  note  du  vicomte  ( Bernard  ,  dont  nous  venons  de  parler ,  lui  fuccederent }  le  premier 
xxyin.n.é’  dans  la  vicomté  de  Milhaud  ,  qui  comprcnoit  une  partie  du  Rouerguc,  ÔC 
J';[  l’autre  dans  celle  de  Gcvaudan;  6c  qu’ils  les  tranfmirent  à  leurs  defeendans. 

Louisd-oùtrc  Louis  d’Ourrcmer  fut  généralement  reconnu  dans  la  fuite  en  Languedoc, 
mer  confirme*  ôc  dans  les  provinces  voifines.  C’eft  ce  qu’on  voit  par  divers  diplômes  g  de  ce 
rJbb'/cde  f  Pnncc >  entr’autres  dans  deux  de  l’an  938.  l’un  en  faveur  de  l’abbaye  de  Cuxa 
Pons.J>C  C  en  Rou/fiJJon  ;  ôc  l’autre,  qui  cft  daté  d’auprès  de  Brifac  fur  le  Rhin,  pour 
g  u'rcaii[p.  ce]je  de  Riupoll  dans  le  diocèfe  d’Aufonne.  On  prétend  h  que  le  comte  Se- 
PMi.&jtjj.  nj0fredj  qui  envoya  fon  frere  Guifred  en  cour  pour  folliciter  la  première  de 
'  I  ces  deux  chartes ,  étoit  comte  de  Roufiillon  ,  mais  il  n’eft  pas  différent  de 
h  b?!„{  m»c  Scniofred  alors  comte  de  Barcelonne.Ce  dernier  avoit  un  '  frere  nommé  Vi^ifrcd 
Ui(p p.\\6.  ’  ou  Guifred  ,  6c  il  fit  des  biens  confidcrables  à  la  même  abbaye  de  Cuxa. 
kihti,h  ^  ^  ^onna  entr’autres  la  k  terre  d’Arian  dans  le  Roufiillon  d’où  on  fait 
j  itiu.p.ïiù  fa  famille  originaire.  Louis  d’Ourrcmer  dans  l’autre  1  diplôme  marque  les 
divers  comtez  où  l’abbaye  de  Riupoll  pofiedoit  des  terres ,  fqavoir  ceux  de 
Barcelonne ,  d’Ampurias,  de  Pierre-Late  ,  Gironne,  Bezalu  ,  Aufonrie, 
m  ihilp.  /»7.  Urgcl ,  Cerdagne ,  Berga ,  Roufiillon  6c  Confiant  -,  d’où  l’on  conclut  m  que  la 
Marche  d’Efpagne  étoit  alors  divifee  en  tous  ces  comtez  :  il  paroît  que 
cette  province  en  comprenoit  un  plus  grand  nombre  5  il  n’eft  rien  die  en 
effet  de  ceux  de  Manre/ë  6c  de  Pailhas. 

Le  roi  accorda  l’année  fuivanre  un  troifiéme  diplôme  n  pour  confirmer  la 
^dation  de  la  nouvelle  abbaye  de  S.  Pons  de  Thomieres,  ce  qu’il  fit  à  la 
f«j.  prière  du  comte  Raymond-Pons  qui  l’a  voit  fondée,  6c  qui  dans  ce  deflèin  lui 

envoya  des  ambafiàdeurs,  avec  quelques  religieux  du  monaftere.  Louis  accor¬ 
da  non-feulement  la  demande  du  comte  ,  6c  prit  l’abbaye  fous  fa  proteéiion  } 
mais  il  lui  donna  encore  en  la  perfonne  d’ Eudes  abbé ,  qui  en  avoit  le  gou¬ 
vernement  ,  une  terre  fituée  dans  le  comté  de  Beziers  :  preuve  que  les  ducs 
6c  les  comtes  n’avoient  pas  encore  entièrement  ufurpé  alors  le  domaine  de 
nos  rois  dans  les  provinces.  L’abbé  Eudes  dont  il  cft:  parlé  dans  ce  diplôme 
o  p.  si.  ^a’eft  pas  diffèrent  de  faint  Eudes  abbé  de  Cl  uni  qui  avoit  une  infpection 
f'î-  generale  fur  tous  les  monafteres  de  fa  réforme  établie  à  faint  Pons  :  ôc  nous 

abuldtT.pfns  f  °Yons  en  effet  qu’Augier  qui  en  fut  fait  abbé  particulier  en  936.  l’ctoit  en- 
p.i.d.&/eq.  cote  ven  940  ôc  942.  contre  le  fendaient  d’un  moderne  p  quiplace  fa  mort  cn 


959 

n  fr. 


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940. 


c  Ibid. 


DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII.  yS 

940.&  lui  donne  S.  Eudes  abbé  deCluni  pour  fuccellèur.Louis  d’Outremer  date  A  n.  9 1 7 
ce  diplôme  de  Lyon  le  2.  d' Août  y  la  JV.  année  de  fon  régné ,  ce  qui  prouveroit 
que  ce  prince  s’avança  vers  le  Rhône  en  939.  mais  on  prétend3  que  la  charte  « 
eft:  datée  de  Laon ,  de  non  pas  de  Lyon  dont  le  nom  latin  eft:  le  même,  & 
qu’il  faut  lire  Laudunum  ou  Lugdunum  Clavatum ,  au  lieu  de  Lugdunum. 

A  l’exemple  du  roi  &  du  comte  de  T  ouloufo ,  divers  prélats  &.  foigneurs  de  xx  x  y  r; 
la  province  s’empreflêrent  à  l’envi  de  faire  du  bien  à  l’abbaye  de  faint  Pons.  Provfnec  de  * 
Aymeric  archevêque  de  Narbonne,  de  concert  avec  fon  chapitre ,  lui  donna  b  Narbonne, 
plufieurs  églifes  &  chapelles  de  fon  diocèfe,  par  un  a&e  daté  du  mois  d’Aoùt  ^ 
de  tannée  dccccxl.  la  III.  du  régné  de  Louis ,  ce  qui  femble  füppofèr  qu'on  ne 
comptoit  en  Languedoc  le  commencement  du  régné  de  ce  prince  que  depuis 
l’an  937.  mais  il  paroît  qu’il  faut  rectifier  cette  date  par  celle  d’une  autre 
donation c  que  fit  avec  fon  chapitre  Rodoalde  évêque  de  Beziers  à  la  même 
abbaye,  au  mj:s  d' Août  de  l'an  dccccxl.  la  IV.  année  du  régné  de  Louis  *  car 
il  ne  faut  pas  douter  que  ces  deux  actes  n’ayent  été  faits  en  même  tems , 
puifqu’ils  (ont  d’ailleurs  fouferits  des  mêmes  témoins. 

De  ce  nombre  font  prefque  tous  les  évêques  de  la  province  avec  fix  abbez. 

Nous  inférons  de  là  qu’Aymçric  &  Rodoalde  firent  ces  donations  dans  un 
concile  provincial  tenu  en  940.  non  pas  à  Fontcouverte  ,  comme  le  prétend 
un  hiftorien  Elpagnol4*,  car  ce  dernier  concile  fut  afièmblé  long-tems  aupa-  diUrîMa,i.t^ 
ravant,  mais  dans  quelqu’autre  endroit  de  la  Septimanie.  Les  évêques  qui 
fouferivirent  à  ces  donations1-"  après  Aymcric  de  Narbonne,  &  Rodoalde  de  ctr-Hid. 
Beziers,  font  Gifade  de  Carcafionne  ,  Theodoric  ou  Thierri  de  Lodeve, 

Pons  de  Maguelonne  ,  Raynald  de  Nîmes,  Dacbcrt  d’Agde,  Hugues  de 
Touloufe,  VPadalde  d’Elnc,  &Wiiàde  d’Urgel.  Les  fieges  des  fix  derniers 
ne  font  pas  marquez  dans  les  fouferiptions  ,  mais  ils  nous  font  connus  d’ail¬ 
leurs.  Quant  aux  abbez,  ce  font  les  mêmes  qui  allifterent  au  concile  d’Au- 
fede,&  (  dont  on  a  déjà  parlé.  Les  fouferiptions  des  évêques  &.  des  abbez  font 
fuivics  de  celles  de  Pons  comte  de  Touloufe  &  duc  des  Aquitains  ,  de  Garfinde  fa 
femme  ,  du  comte  Hugues ,  des  vicomtes  Arnaud  &  Sicard  de  d’un  feigneur 
nommé  Aton  ,  qui  fe  trouvèrent  fans  doute  àcette  aftèmblée  ou  concile.  Ce 
comte  Hugues  paroît  être  le  même  que  le  fils  puîné  d’Ermengaud  comte  de 
Rouergue,  &  il  étoit  par  conféquent  f  coufin  germain  de  Raymond-Pons.  t'0TR 
Nous  conje&urons  qu’Arnaud  étoit  vicomte  de  Carcafionne  ,  &  Sicard  de 
Lautrec,  ou  delà  partie  méridionale  de  l’Albigeois,  &  que  ce  dernier  étoit  g  zv.  noté 
frere  d’Aton  I.  du*  nom  ,  vicomte  d’Albi  ou  d’Ambialct  dans  le  haut  Albi-  xxi-n-i- 
geo  is. 

Aton  vicomte  de  Touloufe  qui  avoit  fuccedé  alors  à  Benoît  fon  pere  dans  xxxyn. 

•  '  •  •  \  Ail  A  r  Ml  ,  A  1  •  fondation  des 

cette  vicomte  >  étoit  ace  qui!  paroît  de  la  meme  famille  quAton  vicomte  abbayes  de  Le* 
d’Albi.  On  lui  attribue  la  fondation  h  de  l’abbaye  de  Lezat,  &  à  Amelie 
fa  femme,  celle  du  Mas-Garnier,  fituées  l’une  &  l’autre  dans  l’ancien  diocèfe  Com°«deToii- 
de  Touloufe.  La  première  dépend  aujourd’hui  de  celui  «de  Rieux.  On  pré-  i°ufc. 
tend  »  que  Benoît  vicomte  de  Touloufe  ayant  entrepris  la  guerre  contre  fes  xxm°TE 
parens  &  fes  voifins  qu’il  vouloir  aflùjettir  à  fon  autorité ,  fut  tué  dans  un  fan-  i  mj. 
glant  combat  5  qu’Aton  fon  fils  de  fon  fuccefiëur  ayant  vaincu  fes  ennemis  avec 
le  fccours  du  comte  de  Touloufe,  devint  par  cette  victoire  paifible  poflêlfeur 
de  fon  domaine  y  que  ce  feigneur  &  fa  femme  Amelie  fe  voyant  fans  pofte- 
rité ,  fondèrent  les  deux  abbayes  dont  nous  venons  de  parler ,  &  qu’enfin 
Aton  céda  le  patronage  de  celle  de  Lezat  au  comte  de  Carcafionne  fon  on¬ 
cle.  On  ajoute  plufieurs  autres  circonftances  .k ,  qui  quoique  tirées  d’un  mo- 
nument  peu  autentique  par  lui -même  ,  paroiflent  pourtant  appuyées  pour  le 
fonds  fur  des  actes  certains.  Ainfi  Aton  vicomte  de  Touloufe  aura  rétabli  l’ab¬ 
baye  de  Lezat ,  car  il  paroît  qu’elle  avoit  été  déjà  fondée  un  fiecle  aupara¬ 
vant  par  Antoine  vicomte  de  Beziers  ,  ce  qui  a  fans  doute  donné  lieu  de 
confondre  ces  deux  feigneurs  &  ces  deux  époques.  Il  eft:  certain  qu’elle 
fubfiftoit  déjà  dès  la  V.  année  du  régné  de  Louis  d’Outremer ,  ou  l’an  940. 

Elle  fut  foumife  à  l’autorité  de  faint  Eudes  abbé  de  Cluni  qûi  y  établit  la 
réforme ,  &  en  donna  l’adminiftration  à  l’abbé  Adazius  Ion  collègue  dans  le 
gouvernement  des  monafteres  de  fa  congrégation.  L’abbaye  de  Lezat  avoit 

Tome  II.  K  ij 


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76 


HISTOIRE  GENERALE 


941. 

t  TrüJ.ibtd. 


J*- 


An.  940.  outre  cela  un  abbé  particulier  qui  la  gouvernoit  fous  la  dépendance  de  laint 
Eudes  &  d’Adazius.  Quant  à  celle  du  Mas-Garnier,  la  perte  de  fes  anciens 
titres ,  qui  furent  brûlez  ou  diiîipez  par  les  Calviniftes  lorlqu’ils  la  ruinerenc 
au  XVI. ficelé,  nous  met  hors  d’état  de  connoître  fa  véritable  origine,  & 
il  n’en  efl  fait  mention  dans  les  monumens  qui  nous  relient  qu’à  la  fin  du 
dixiéme.  Elle  a  été  rebâtie  dans  le  dernier  fur  une  élévation  à  la  gauche  de 
la  Garonne,  au  confluent  d’un  petit  ruiffèau  appelle  le  Lambon. 
xxxvri  Ees  ^une^es  divifions  qui  continuoient  de.  régner  en  France  armèrent  les 
Vojjgf  àe  principaux  vaflaux  du  roi  Louis  d’Outremer  contre  ce  prince  ,  qui  après 
Louis d’butre.  avoir  été  défait  auprès  de  Laon  en  941.  le  retira  en  Bourgogne  dont  les 
ttine.e°  A<Jm'  peuples  lui  demeurèrent  fidelles.  Il  le  rendit  à  Tournus  a  lur  la  Saône  au 

- -  mois  de  Novembre,  &  s’avança  enl'uire  jufqu’à  Vienne  b  où  il  fut  reçu  par 

94r*  Charles- Conftantin  fon  vaflal  ,  qui  en  poflèdoit  le  comté.  Les  principaux 

iftn’u*''”'  &>gneurs  Aquitains  s’y  rendirent,  ou  y  envoyèrent  leurs  députez,  tant  pour 
b  tiod'chron.  PaRurer  de  leur  fidelité,  que  pour  lui  offrir  leur  fecours.  Nous  ne  doutons 
Pas  que  Raymond-Pons  comte  de  Touloulc  ne  fût  du  nombre  j  car  Louis 
confirma c  alors  à  la  prière  d’Henri  évêque  de  Langrcs,  &de  Gotefcalc  évê- 
cïr.n.&jej'  que  d’unis  ou  du  Puy  la  fondation  du  monaltere  de  Chanteuge ,  faite  du 
confentement  de  Raymond  prince  des  Aquitains,  qui  ell  le  meme  que  Ray¬ 
mond-Pons  comte  de  Touloulc*. 

De  Vienne  le  roi  pafla  en  Aquitaine  &  le  rendit  à  Poitiers }  où  il  confir- 
,1  Brjiyftit.  ma  d  Je  du  mois  de  Janvier  de  l’année  fuivante,  l’abbaye  de  faint Hilaire 
fMi&j'i'  (je  cetce  vjjje  ^  ja  prjerc  de  Guillaume  comte  &  marquis ,  &  d’Ebles  fon  frere  , 
dans  la  poflèlfion  de  les  terres,  dont  quelques-unes  étoient  fituées  dans  le 
Touloufain  &Ie  Carcaflèz.  Louis  après  s’être  alTuréedela  fidelité  des  Aqui¬ 
tains  ,  reprit  la  route  de  France,  où  par  la  foumilfion  des  chefs  des  rebelles, 

,  on  vit  enfin  celïèr  les  troubles  qui  agitoient  depuis  long -teins  cette  partie' du 
royaume.  Guillaume  Tète-d’étoupes ,  comte  de  Poitiers,  dont  il  s’agit  dans  la 
charte  de  laine  Hilaire,  n’a  voit  donc  alors  que  la  fimple  qualité  de  comte 
(  kotexvi.  &  de  marquis  :  &  en  effet,  il  n’obtint f  celle  de  duc  d’Aquitaine  qu’après  la  mort 
de  Raymond-Pons  comte  de  Touloulc. 

xxxix  Ce  dernier  échangea  g  vers  le  même  teins  le  lieu  de  faint  Sauveur  de  Broulle 
yiconulid’Ai  ^ans  Ie  diocèfc  d’AIbi,  &  la  viguerie  de  Lautrec ,  contre  diflèrens  biens 
bi,  de  Ni  fuies"  que  le  vicomte  Aton  pollèdoit  dans  la  paroiffe  de  faint  Maurice  en  Rouergue, 
&  de  Launcc.  &  dans  la  viguerie  de  Camarez.  Aton  qui  dans  cet  aéle  prend  la  qualité  de 
g  ?rf,  S4.  c  viComte  par  ia  grâce  de  Dieu  ,  &  fe  dit  fils  de  Bernard  ,  donna  à  l’abbaye  de  laint 
Pons  de  Thomieres  le  même  lieu  de  Broulle  qu’il  avoit  reçu  par  cet  échange, 
&  un  alleu  qu’il  avoir  conlèrvé  dans  la  paroiffe  de  faint  Maurice  en  Rouergue. 
Sa  donation  ell  datée  du  mois  d' Avril  de  l'an  942.  la  VII.  année  du  régné  de  Louis , 
dont  on  ne  compte  ici  par  conféquent  le  commencement  du  régné  que  depuis 
la.  mort  de  Raoul.  On  voit  dans  cet  acte  les.foufcriptions  de  Irotuirc  évêque, 
&d’ Hugues  comte.  Çelui-ci ,  ainfi  qu’on  l’a  déjà  remarqué,  ctoit  coufin  ger- 
h  ko  te  xxi.  main  du  comte  de  Touloufe  :  l’autre  étoit h  vrailèmblablement  évêque  d’AIbi , 
0  ù  Sc  frere  d’Aton  vicomte  de  la  même  ville  qui  fit  la  donation  dont  on  vient  de 

parler,  &  qui  félon  les  apparences  avoit  luccedé  dans  cette  vicomté  à  Ber- 
;  ibiln.  1.  à-  nard  fôn  pere  ,  que  nous  ne  croions  pas  diffèrent  1  de  Bernard  vicaire  ou 
vicomte  d’Eudes  comte  de  Touloulèen  918. 

C’eff  de  ce  même  Aton  que  delccndent  les  vicomtes  héréditaires  d’AIbi  qui 
prenoient  au/fi  Ja  qualité  de  vicomtes  d’Ambialec,  château  lltué  furie  Tarn 
à  trois  lieues  au -deffùs  de  la  ville  ,  parce  que  c’étoit  le  chef-lieu  de  leur  do¬ 
maine.  11  y  avoit  donc  dans  l’Albigeois  au  milieu  du  X.  fiecle  deux  vicomtez  , 
/çavoir  celle  d’AIbi  ou  d’Ambialet ,  qui  s’étendoit  dans  la  partie  lèptentrionale 
dudiocèfe ,  &  celle  de  Lautrec  qui  comprenoit  la  méridionale:  ainli  Bernard 
vicomte  d’Albigeois  au  commencement  du  même  fiecle  «.  aura  eu  vraifem- 

vicomté  d’AIbi  ou 


H' 


tut. 


- - - — ***.  V.  J.  W  y  Ml 

Elément  deux  fils  ,  l’un  appelle  Aton  qui  eut  en  partage  la  vit 
d’Ambialec,  &  l’autre  Sicard  qui  fut  vicomte  de  Lautrec. 

Le  premier  époulâ  Diafronific  k  ,  qui  fonda  ,  ou  du  moins  fit  des  biens  con- 
fiderabics  à  J’églifè'ou  monaltere  de  Beaumont  en  Rouergue  -,  &  comme  nous 
/çavons  d’ailleurs  qu’Aton  fon  mari  pollèdoit  des  terres  dans  ce  pays  ,  que  le 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIL 


77 


perc  de  ce  vicomte  s’appelloit  Bernard ,  6c  que  fes  defcendansfîrentplufieurs  A  n.  941. 
donations  à  cette  églife ,  dont  ils  fo  regardoient  comme  les  fondateurs  i  nous 
conjecturons  de  là  qu’Aton  I.  vicomte  d’Albi  étoit  proche  parent  de  Bernafd, 
qui  fut  vers  le  même  tems  vicomte  de  la  partie  méridionale  du  Rouergue, 

&  de  qui  defeendent  les  vicomtes  héréditaires  de  Milhaud  6c  de  Gevaudan. 

Aton  I.  eut  deux  fils,  Bernard  &:  Frotaire  j  celui-ci  fut  évêque  de  Cahors, 
l’autre  fucceda  à  fon  pere  dans  la  vicomté  d’Albi ,  &  poflèda  celle  de  Nifmes 
qu’il  acquit  fans  doute  par  fon  mariage  avec  Gauze  ou  Gaufiane.  Il  tranfmic 
ces  deux  vicomtez  à  fos  defoendans ,  qui  prirent  long-tems  après  le  furnom 
de  Trincavel ,  &  devinrent  encore  plus  puifîans  vers  la  fin  du  XI.  fiecle, 
lorfqu’ils  eurent  fuccedé  i  tous  les  domaines  de  la  branche  aînée  des  com¬ 
tes  de  Carcaflonne  6c  de  Rafez  de  la  fécondé  race. 

Ceux-ci  tiroient»  ,  cefemble,  leur  origine  d’Afnarius  comte  de  Comin-  Arin*L^m(e 
ges  6c  deConferans  qui  vivoit  au  commencement  du  X. fiecle  ,6c  qui  eut  deux  carillonne 
fils,  Arnaud  6c  Roger,  dont  le  premier  lui  fucceda  dans  une  partie  du  Corn-  &  de  Rifcz. 
minges ,  6c  l’autre  dans  le  refte  de  ce  comté.  Arnaud  augmenta  confiderable-  aNoxc'xx//. 
ment  fon  domaine  par  les  comtez  de  Carcaflonne  6c  de  Rafez,  qu’il  poflèda 
certainement  ,  êc  qui  lui  échurent  à  ce  que  nous  croions ,  par  Ion  mariage 
avec  Arfinde ,  probablement  fille  6c  heritiere  d’Acfred  II.  comte  de  Car- 
caflonne  6c  de  Rafez  de  la  première  race,  lequel  vivoit  encore  en  934. 

Arnaud  poflèda  encore  de  grands  domaines  d^ns  le  Narbonnois  6c  le  Tou- 
loufain,  entr’autres  toute  la  partie  méridionale  de  ce  dernier  pays  vers  les  Py¬ 
rénées,  fous  l’autorité  des  comtes  de  Touloufe,  que  lui  &  lès  fucceflèurs 
reconnurent  pour  leurs  fuzerains. 

Arnaud  ,  Arfinde  fa  femme  ,  leurs  fils  &  leurs  filles  ,  donnèrent  b  au  mois  944. 
d’ Avril  de  l’an  944.  à  l’abbaye  de  Lezat ,  6c  à  l’abbé  Adafius ,  l’églife  6c  la  bPr.  p.  se. 
terre  de  faint  Ybar  dans  le  pays  de  Foix  ,  d’où  l’on  doit  conclure  qu’Ar- 
naud  étoit  alors ,  6c  même  quelques  années  auparavant ,  comte  de  Carcaf- 
fonne  6c  de  Rafez ,  puifque  le  pays  de  Foix  dépendoit  alors  de  ces  comtez. 

Unc  moderne  ajoute  qu’Arnaud  étoit  fils  d’un  prétendu  comte  de  Carcaflôn-  c  Df  v,cCt,. 
ne  appellé  Roger  -}  qu’en  941.  il  fit  un  voyage  en  Provence  ou  dans  le  royau-  m/T/m ;. 
me  d’Arles  pour  y  prêter  ferment  de  fidelité  au  roi  Louis  d’Outremer  con¬ 
jointement  avec  les  comtes  de  Touloufe  6c  de  Gafcogne  ,  &lcs  envoyez  du 
comte  d’Auvergne  y  mais  tout  cela  d  eft  avancé  lans  preuves  :  nous  ne  j  v  N0TB 
connoiflons  aucun  comte  de  Carcaflonne  avant  la  fin  duX.  fiecle  du  nom  de  xx.ii.ibn. 
Roger, 6c  il  eft  certain  que  Louis  d’Outremer  n’alla  point  en  Provence  en  941. 

Adafius  gouvernoit  encore  l’abbaye  de  Lezat  au  mois  de  Juillet  de  l’an  Mo*j,^ton 
948 .  comme  il  paroît  par  une  donation  e  faite  alors  à  ce  monafterc ,  de  l’églife  vicomte  de 
de  faint  Gcrmier  de  Muret  au  diocèfe  de  Touloufe ,  ce  qui  donna  lieu  à  la  Joutoufe- 
fondation  d’un  prieuré  conventuel  dans  cet  endroit,  fous  la  dépendance  de  la  fu'cce(ie,  ui 
même  abbaye.  Un  feigneur  nommé  Radveus  qui  donna  cette  églife,  l’avoit  *  rrp.9o.& 
acqdife  d’un  autre  appellé  Aton  ,  qui  paroît  le  même  que  le  vicomte  de  ,.T 

Touloufe  de  ce  nom  dont  on  a  déjà  parlé,  6c  qui  vraifemblablement  étoit  alors  s40.fi.13. 
déjà  décédé.  Ademar  f  lui  fucceda  dans  la  vicomté  de  Touloufe ,  6c  il  étoit  fans  f  Vr.p  no. 
doute  de  fès  parens  ,  puifque  les  dignitez  étoient  alors  héréditaires ,  mais 
non  pas  fon  fils ,  car  le  même  Aton  mourut  fans  enfans. 

L’abbé  Adafius  g  n’avoit  que  l’adminiftration  generale  de  l’abbaye  de  Lezat  z  v.  sots 
fous  l’autorité  de  faint  Eudes  abbé  de  Cluni  qui  l’a^oit  choifi  pour  fon  xxiu.n.}. 
coadjuteur  dans  le  gouvernement  des  monafteres  de  fa  réforme,  comme  on 
l’a  déjà  remarqué.  Nous  trouvons  en  effet  que  Daniel,  étoit  abbé  particu¬ 
lier  de  Lezat  la  IX.  année  du  régné  de  Louis  d’Outremer,  ou  l’an  945.  \ 

Une  dame  appellée  Garfinde  donna1»  alors  à  ce  monaftere  l’alleu  de  Fuftignac  hpr.^.s». 
dansleTouloufain,  6c  le  territoire  de  Bouconne,  &  aujourd’hui  dans  le  diocèfe 
de  Lombez ,  fur  les  frontières,  du  Comminges.  Cette  dame  eft  peut-être  la 
même  que  Garfinde  femme  de  Raymond-Pons  comte  de  Touloufe. 

Ce  dernier  alla  en  944.  à  la  rencontre  du  roi  Louis  d’Outremer  ,  qui  vint  m«a»ec  Ray- 
en  Aquitaine  avec  la  reine  Gerberge  fon  époufe  c’eft  ce  que  nous  apprend  mon<1 
un  hutonen  1  du  tems  qui  allure  que  Louis  eut  alors  une  conférence  avec  Ray-  ioufc. 
tnoni  prince  des  Gaths  ,  &  les  autres  feïyiturs  d'Aquitaine.  Nous  ignorons  le  ^ 


X  L II. 
Entrevue  de 
Louis  d’Outre- 


.  chron . 


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7*  •  HISTOIRE  GENERALE 

■*“  '  1 —  motif  8c  les  circonftances  de  cette  entrevue.  Un  hiftoricn  moderne  *  prétend 
io'an^Ui  °lue  Couis  entreprit  ce  voyage  pour  recevoir  l’hommage  de  ces  fcigneurs  • 
mais  il  convient  b  en  même  tems  qu’alors  les  hommages  des  vaflaux  de  la 
wj.  partie  méridionale  du  royaume  n’etoient  qu’une  pure  ceremonie  ,  à  caufe 

‘  *'***'  qu’ils s’étoient  mis  dans  l’indépendance,  dont  nos  rois  les  laifloienr  jouir  tran¬ 
quillement.  Louis  avoit  d’ailleurs  reçu  auparavant  l’hommage  du  comte  de 
Toulouic  ,8c  des  fcigneurs  Aquitains.  Il  faut  donc  quefon  voyage  ait  eu  quel- 
qu’autre  motif  plus  important  :  nous  croyons  que  les  entreprifes  continuelles 
d’Hugues  le  Grand,  8c  des  autres  principaux  vaflaux  de  France  ,  joint  à  un 
xtreliM.  commencement  de  brouilleriec  prêt  à  éclater  entre  lui  8c  Othon  roi  de  Ger¬ 
manie,  l’engagerent  à  paflèr  la  Loire,  tant  pour  s’aflùrcr  du  fecours  de  Ray¬ 
mond-Pons,  8c  des  autres  fcigneurs  du  pays  contre  les  rebelles  de  France, 
AiMf.ao.  que  pour  faire  diverfion  contre  le  roi  de  Germanie  ,  qui  avoit  des  liaifons 
très-étroites  avec  Conrad  le  Pacifique  roi  de  la  Bourgogne  Transjurane  8c 
de  Provence,  dont  les  états  confinoient  avec  la  Gothie.  Louis  après  cette 
conférence  retourna  en  Francê,  où  la  guerre  que  fes  vaflaux  continuèrent 
contre  lui ,  faillit  à  le  renverfer  du  throne.  Comme  Raymond  I.  comte  de 
Rouergue  partageoit  alors  le  marquifat  de  Gothie  avec  Raymond-Pons 
comte  deTouIoufe  fon  coufin,  nous  ignorons  lequel  des  deux  s’aboucha  avec 
ce  prince.  Il  paroît  cependant  que  ce  fut  le  dernier  ,  qui  outre  qu’il  étoic 
chef  de  fa  famille  ,  pofledoit  ie  duché  d’Aquitaine ,  avec  le  comté  particulier 
d’Auvergne. 

xl  iii.  Conrad  le  Pacifique  avoit  fuccedé  en  937.  étant  encore  fort  jeune,  au  roi 
cifiqûeVuccedê  Rodolphe  IL  fon  pere,  dans  les  royaumes  de  la  Bourgogne  Transjurane  & 
à  Rodolphe  h.  de  Provence.  Othon  le  Grand  roi  de  Germanie  fon  tuteur  ,  l’appella  alors 
royjume a-‘c'C  ®  ^  courj  °ù  il  le  retint  plufieurs  années ,  mais  non  pas  autant  que  quelques 
Provence.  ~  modernes  l’ont  prétendu.  Conrad  étoit e  en  effet  de  retour  en  Provence  en 
e  Bibi  Stbuf.  &  jj  tjnc  un  plaid  dans  le  Viennois  au  moisde  Juin  de  la  même  année, 
v.MÀb.td  »nn.  la  fixième  de  fon  rogne. 

st On  voit  par  là  que  ce  prince  étoit  alors  maître  du  Viennois ,  8c  par  d’au¬ 
tres  monumens,  qu’il  l’étoir  auifi  du  Valentinois  à  la  gauche  du  Rhône,  SC 
même  du  Lyonnois  5c  du  Forez  en  deçà  de  ce  fleuve  :  or  comme  Charles 
(Snd.tbrm.  Conftantin  comte  de  Vienne  avoit  reconnu  f  la  fouveraineté  de  Louis  d’Ou- 
r  °  '  trerner  ,  nous  ne  doutons  pas  que  le  principal  motif  du  voyage  que  ce  der¬ 
nier  entreprit  en  Aquitaine  en  944.  n’ait  été  auifi  pour  engager  Raymond- 
Pons  comte  deTouIoufe  ,  8c  le  comte  de  Rouergue  fon  coufin  ,  tous  les  deux 
marquis  de  Gothie,  8c  dont  les  états  confinoient  avec  le  roiaume  de  Pro¬ 
vence,  à  le  fecourir ,  pour  remettre  le  Viennois  8c  le  relie  de  ce  royaume 
finis  fon  obéiflànce.  Ce  fut  fans  doute  alors  que  les  marquis  de  Gothie  éten¬ 
dirent  leur  domaine  jufqu’au  Rhône,  8c  qu’ils  fournirent  à  leur  autorité  le 
Vivarais  8c  l’Ufcge  qui  faifoient  anciennement  partie  du  même  royaume  , 
s’ils  ne  Favoient  déjà  fait  aulïï-tôt  après  la  mort  de  l’empereur  Louis  l’A¬ 
veugle. 

Outre  le  royaume  de  Provence  fitué  à  la  gauche  du  Rhône  que  Conrad  pof- 
ÿrxoTETii.  feda  en  entier,  du  vivant  g  même  d’Hugues  roi  d’Italie  qui  le  lui  avoit  cédé, lui 
Si  fes  fucceflèurs  regnerent  fur  la  Bourgogne  Transjurane,  Sc  une  partie  de 
la  Souabe ,  ce  qui  fit  que  pour  marquer  l’étendue  de  leur  domination  ,  ils 
hvRuffijijf.  fequalifioienth  rois  tks  Allcmans  &  des  Provcnces  *  ,  ou  feulement  rois  des  Pro- 
fuj.  Vences.  Les  auteurs  contemporains  leur  donnent  auifi  le  titre  de  rois  de  la 
rum  fe»  Pio-  Gaule1  Cilalpine.  On  doit  remarquer  cependant  que  par  le  terme  <u\r  Pro - 
Jl°ii ^Tclnn  vences  dont  Conrad  fe  difoit  roi ,  il  ne  faut  pas  entendre  la  feule  Provence 
p-vo"  'C  rlH  proprement  dite  ,  comme  le  prétend  k  un  critique ,  qui  fuppofe  que  cette 
k ?*gi*d»nn.  province  étoit  alors  divifée  en  comté  de  Forcalquier  à  la  droite  de  la  Du- 
9i7,nu  rance,  8c  en  comté  de  Provence  depuis  cette  riviere  jufqu’à  la  mer  j  car  cette 
l y.NOTEXiv,  diVifion  eft  fort  pofterieure  1  au  X.  fiecle:  mais  plutôt  l’ancien  royaume  de 
Provence poffedé  d’abord  par  Bozon,  8c  enfuice  par  Louis  l’Aveugle  fon  fils, 
divifé  en  deux  duchez  ou  gouvernemens  generaux  5  l’un  du  Lyonnois  5c  du 
Viennois  au  nord  de  l’Ifere ,  8c  l’autre  de  Provence  entre  cette  derniere  riviere 
&  la  mer. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII.  79 

Le  Vivarais  6c  PUfege  ne  dépendoient  donc  plus  du  royaume  de  Provence  ^44. 
fous  le  régné  de  Conrad  le  Pacifique.  Nous  avons  en  effet  une  donation*  faite 

•  -  -  *  -  •  -  X  L 1 V. 


par  unprccre  nomme  Licerius,  U  XV 1.  année  du  régné  de  Louis  d’Outremer  Comtcsg<ti. 


c  V.  Vr.  *nn. 


milieu  du  X.  fiecle  le  dioccfe  d  LS fez  étoit  gouverné  par  un  comte  ôc  un  \Aa'':s'eTi’s‘ 
vicomte.  Nous  ne  trouvons  depuis  aucun  monument  qui  nous  ralie  connoitre  Jl0. 
leurs  luccellèurs  ,  mais  nous  ne  doutons  pas  qu’après  la  mort  de  Bermond 
comte  d’Ulez  ,  qui  vraifemblablement  étoit  fils  d’Amalric  ôc  d’Ermengarde, 

&  fucceflèur  immédiat  du  premier  ,  ce  comté  n’ait  etc  uni b  au  domaine  de  br.NoirxiK 
Raymond  I.  comte  de  Rouergue  6c  marquis  de  Gothie  qui  le  poffedoitàce  °}U 
qu’il  paroît  vers  l’an  961.  dans  le  tems  de  fa  mort ,  6c  qui  le  tranfmit  à  Ray¬ 
mond  de  Paint  Gilles  6c  aux  autres  comtes  de  Touloufe  les  fuccelfeurs  ,lefquels 
furent  certainement  e  comtes  particuliers  d’Ufez.  Le  même  Raymond  de  faint 
Gilles ,  ou  quelqu’un  de  fes  predecefleurs  inféoderont  fans  doute  le  domaine 
qu’ils  avoient  à  Ûfez  aux  anciens  feigneurs  de  cette  ville  dont  nous  parlerons 
dans  la  fuite,  ôc  dont  nous  ne  pouvons  faire  remonter  d  l’origine  que  vers  la  fin  av-notelii. 
du  XI.  fiecle. 

On  voit  encore  que  le  diocèfe  d’Ufez  compofoit  un  comté  particulier  au  e 
milieu  du  X.  fiecle,  dans  une  donation*  qu’un  archevêque  nommé  Geraud,  7 

dans  le  deffein  de  fe  retirer  à  Cluni  pour  y  vivre  fous  la  difeiplinc  de  Paint  v-  note 
Aymar  abbé,  fit  en  945.  à  cette  célébré  abbaye,  des  biens  qu’il  tenoit  de  ' 
fon  perc  ,  dans  le comté  d'JJfei^  &  la  viyicrie  de  Caijfon  *  ,  6c  dont  il  avoit  fait  945. 
un  échange  avec  fon  frere.  Geraud  donna  entr’autres  l’églife  de  faint  Satur-  «Caxiwcnfe. 
nin  fituée  à  la  droite  du  Rhône,  .où  Pacte  fut  paffe  -,  il  fc  qualifie  feule¬ 
ment  eveque  dans  fa  foufeription ,  de  même  que  Roftaign  qui  figna  apres 
lui ,  6c  ils  ne  marquent  ni  l’un  ni  l’autre  le  nom  de  leur  fiege  :  mais  il  paroît 
certain  f  que  le  premier  étoit  archevêque  d’Aix,  6c  l’autre  évêque  d’Ufez.  (noteîM. 

C’cft  donc  ce  Geraud  archevêque  d’Aix,  natif  de  la  ville  ou  du  dioccfe 
d’Ulez ,  qui  ayant  renoncé  à  fa  dignité  pour  cmbraflcr  la  vie  religieufe 
dans  le  monaftere  de  Cluni  ,  donna  lieu  par  cette  donation  à  la  fondation 
du  prieuré  de  faint  Saturnin  du  Port,  dont  la  ville  du  Pont-faint-Efprit, 
bâtie  depuis  au  même  endroit,  tire  fon  origine.  Il  cit  en  effet  hors  de  doute 
que  l’églife  de  faint  Saturnin  donnée  par  ce  prélat  à  l’abbaye  de  Cluni ,  cft 
la  même  que  celle  du  prieuré  du  faint-Efprit  qui  en  dépend  aujourd’hui ,  ÔC 
qui  cft  voifine  de  faint  Paulet  de  Caiffon  ,  de  la  vigueric  duquel  elle  dépen- 
doit  au  X.  fiecle.  On  fait  d’ailleurs  g  que  le  prieuré  ou  monaftere  de  faint  ^fJjsï,oryS' 
Saturnin  furie  Rhône  fubfiftoit  déjà  en  959.  Quant  au  nom  de  Saint-Efprit, 
ce  n’eft  que  depuis  la  fin  du  XIII.  fiecle  que  cette  ville  l’a  pris ,  du  célébré 
pont  qui  y  fût  bâti  alors  fur  le  Rhône. 

Manaflés  archevêque  d’Arles  dut  une  conduite  bien  oppofée  à  celle  de  xlv. 
Geraud  archevêque  d’Aix.  Il  ne  ccffa  de  feandalifer  l’églife  par  fon  ambi- 
tionôc  fa  fimonie.  Non  content  de  l’archevêché  d’Arles  qu’il  avoit  obtenu  né.  itfe  ligue 
par  le  crédit  d’Hugues  fon  oncle ,  alors  fimplc  duc  de  Provence ,  6c  depuis  jVCCt^"' X'1 
roi  d’Italie  f  il  le  fuivit  au-delà  des  Alpes ,  6c  envahit  fucceffivcmcnt  les  ROUCigue  & 
évêchez  de  Trente,  de  Verone  6c  de  Mantoue  qu’il  pofleda  conjointement  maquis  de 
avec  cet  archevêché.  Enfin  il  porta  fes  vues  fur  celui  de  Milan  ,  6c  pour  fc°'oD%i°Cui 
l’obtenir  il  fit  perdre  au  roi  Hugues  la  couronne  d’Italie  ,  malgré  tous  les  le  tiuûne. 
efforts  de  ce  prince  pour  fc  foutenir  fur  le  thrône  par  le  fêcours  de  Raymond 
comte  de  Rouergue  6c  prince  de  Gothie  *  ce  qui  nous  engage  à  parler  ici 
&  de  l’origine  6c  des  fuites  de  cette  révolution. 

Hugues  ,on  n’en  peut  difeonvenir,  avoit  de  grandes  qualitez  h, niais  il  avoit 
aufiî  de  grands  défauts:  dur  6c  impérieux  dans  le  gouvernement , 8c  déréglé 
dans  fes  rmcUrs,  il  fe  rendit  extrêmement  odieux  aux  principaux  feigneurs  de 
les  états.  Bercnger  marquis  d’Yvrée  ,  l’un  des  plus  confiderables ,  forma  d’a¬ 
bord  le  defleîn  de  le  détrôner-,  mais  fes  intrigués  furent  découvertes ,  ce  qui 
l’obligea  de  fe  réfugier  en  Allemagne.  Il  revint  ‘  en  Italie  peu  de  tems  après, 

6c  trouva  moyen  de  gagner  l’archevêque  Manaflés  fous  la  promeffe  de  lui 


j  lbid.c.\x-& 

M- 


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A n.  94j. 


c  hron. 

p.Sio. 

V Agi  ad  *nn, 

}41.»  i. 

b  mTLXU. 

c  Luitpr  ibid. 
r.14. 

àV.HOTEVllI. 


e  V  PhiUndr. 
inVuruv. 

*  Nos  omnes 
cacbinuo  affe- 
cic.  Luitprabtd, 


f  Frai  tJfovif. 
f*lO. 

946. 

g  £*0  Ojienf, 
l  4  *  *4. 

V  4g J  4t/  4/lfl. 
54J.4.U 


XL  VI. 
Mariage  de 
Raymond  I. 
coir.cc  Je  Rou- 
erguc  ,  avec 
Bcuhenicccdu 
loi  Hugues. 

h  LuuprJj. 
c.14. 

Pr  /UOI.I13. 

&M- 


80  HISTOIRE  GENERALE 

donner  l’archevêché  de  Milan.  Il  engagea  ainfi  ce  prélac  à  lui  livrer  une 
fortereffe  donc  il  étoic  le  maîcrc ,  8c  à  crahir  le  roi  Hugues  fon  parenc  8c  Ton 
bienfaiteur.  Manalîës  n’omic  rien  pour  grolfir  le  parci  du  marquis ,  8c  prit  11 
bien  fes  mefures  qu’il  fie  encrer  dans  la  révolte  la  plupart  des  villes  8c  des 
grands  de  la  Lombardie.  Dans  cette  extrémité  Hugues  lé  rendit  P  a  vie 
capitale  de  fes  états,  d’où  il  envoya  Lothaire  fon  fils  à  Berenger  8c  aux 
autres  conjurez  qui  étoienc  aflèmblez  à  Milan  ,  pour  les  fupplier  de  déférer 
la  couronne  à  ce  jeune  prince  ,  puifqu’ils  le  jugeoient  lui-même  indigne  de 
la  porter.  Après  cette  humiliante  démarche  Hugues  forcit  de  Pavie  avec 
tous  les  tréfors  qu’il  put  emporter ,  dans  le  delîcin  de  fe  retirer  auprès  de 
Conrad  roi  de  Bourgogne.  Il  n’cxecuta  pas  toutefois  fa  réfolution  ,fur  l’affu- 
rance  que  les  conjurez  lui  firent  donner,  qu’ayant  élû  8c  'couronné  à  Milan  le 
roi  Lothaire  fon  fils ,  il  pouvoic  relier  en  Italie  8c  continuer  même  à  y  regner 
avec  lui. 

Hugues  ne  fit  pas  beaucoup  de  fonds  fur  les  promellcs  des  faélieux  :  il  vit 
bien  que  la  crainte  qu’ils  avoient  qu’en  fe  retirant  d’Italie  avec  toutes  les 
richeffes  qu’il  avoit  ramalfées  ,  il  ne  s’en  fervît  pourfe  procurer- le  lecours 
des  Bourguignons ,  &  des  autres  peuples  des  Gaules,  &  qu’il  ne  vîntenfuice 
avec  eux  leur  faire  la  guerre,  les  avoit  uniquement  engagez  à  le  prier  de 
demeurer  en  Italie  ;  aulîi  réfolut-il  de  prendre  les  lùretés.  Il  feignit  cepen¬ 
dant  de  fe  rendre  à  leur  demande ,  8c  ayant  recommandé  à  Berenger  ,  fon 
fils  Lothaire  qu’il  laiilà  en  Italie ,  il  pafla  en  deçà  des  Alpes  vers  la  fin  3  de 
l’an  94  j.  8c  arriva  avec  fes  tréfors  en  Provence  où  b  il  avoit  encore  diverfes 
terres ,  mais  dont  il  n’étoit  alors  ni  duc ,  ni  fouverain,  quoi  qu’en  dilënc  quelques 
modernes. 

Raymond  I.  du  nom,  comte  de  Rouergue  8c  marquis  de  Gothie  ,  que  c 
Luitprand  qualifie  prince  des  Aquitains  ,  8c  que  divers  d  auteurs  confondent 
mal-à-propos  avec  Raymond-Pons  comte  de  Touloufe  fon  coufin  ,  eut  à 

Îieine  été  informé  de  l’arrivée  de  ce  prince  au  voifinage  du  Rhône ,  qu’il  fut 
e  trouver  pour  lui  offrir  de  le  conduire  en  Italie  à  .la  tête  d’une  armée  8c 
d’y  combattre  Berenger.  Le  roi  Hugues  accepta  volontiers  la  propor¬ 
tion  de  Raymond,  8c  fit  avec  lui  un  traité  que  ce  dernier  jura  d’obferver 
fidellement  moyennant  la  fomme  de  mille  mines  que  l’autre  lui  compta ,  8c 
qui  montoit  à  celle  de  1 5  60.  marcs  d’argent,  chaque  -  mine  pefant  une  livre 
Romaine  8c  quatre  drachmes. 

L’hiftorien  contemporain  qui  parle  de  ce  traité ,  fait  comprendre  qu’il  y  fut 

firefent.  Il  ajoute  que  les  promellcs  de  Raymond  apprêtèrent  à  rire* aux  Ita- 
iens  qui  étoient  à  la  fuite  du  roi  Hugues ,  à  caule  du  peu  de  cas  qu’ils  fai- 
foient  de  la  parole  des  Aquitains.  Il  convient  cependant  qu’ils  étoient  en 
état  de  fecourir  ce  prince, de  la  mort  duquel  il  parle  auiïï -tôt ,  fans  marquer 
s’il  rentra  en  Italie ,  ni  nous  inftruirc  des  fuites  du  traité  qu’il  avoit  conclu 
avec  Raymond  ^  mais  nous  apprenons  d’un  autre  auteur*  du  tems,  que  Hu¬ 
gues  repaffa  en  Italie  l’année  luivantc  ,  8c  qu’il  y  fut  de  nouveau  reconnu  pouf 
roi  j  d’où  nous  inférons  que  Raymond  paffa  les  monts  avec  lui,  8c  qu’il  l’aida 
à  remonter  fur  le  thrône.  Le  nouveau  régné  de  ce  prince  ne  fut  pas  long?,  il 
fut  obligé  bientôt  après  de  fe  retirer  encore  en  deçà  des  Alpes  ,  8c  il 
mourut  la  même  année  dans  le  monafterede  faint  Pierre  de  Vienne  fur  le  Rhô¬ 
ne,  qu’il  avoit  fondé  avant  fon  avenement  à  la  couronne  d’Italie,  6c  où 
il  prit  l’habit  monaftique  quelque  tems  avant  fa  mort.  On  y  voit  encore  fon 
épitaphe. 

Hugues  légua  par  faderniere  difpofition,  toutes  les  richelles  h  qu’il  avoit  ap¬ 
portées  avec  lui  d’Italie  ,  8c  plu fieurs terres  conlulerables  qui  lui  relloicnt  tant 
en  Provence,  que  dans  la  Gothie  ou  Septimanie,  à  Berthefa  nièce  ,princclïe 
d’une  rare  beauté, fille  de  Bozon  fon  frere  confanguin  marquis  de  T ofeane  ,8c  de 
Wille  la  femme. Elle  etoit  alors  veuve  de  Bozon  I. du  nom  comte  d’Arles,  8c  elle 
fe  remaria  peu  de  tems  avant  ou  après  la  mort  du  roi  Hugues  fon  oncle  , 
avec  Raymond  prince  des  Aquitains ,  dont  Luitprand  parle  avec  beaucoup  de 
mépris,  8c  avec  lequel  ce  roi  avoit  fait  le  traité  donc  on  a  deja  parlé.  Nouvelle 
preuve  que  Raymond  fuivic  ou  conduilit  Hugues  en  Italie  pour  le  rétablir 


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E>  E  I.  A  NCUP.BO  C.  Li  v.  XtL  *i  _ _ 

fwrle  thrône.  Ainfi  ce  dernier  lui  aura  donné  fa  nièce  en  mariage,  ou  par 
un  article  de  ce  traicé ,  ou  en  récompenfe  de  (es  fcrvices.  x  l  v  1 1 

Le  même  Raymond,  qui,,  comme  nous  l’avons  déjà  fait  remarquer  *  étoit  vl.  concile 
comte  deRouergue,  Sc  poffedoit  par  indivis  avec  Raymond-Pons  comte  de  dcNaibouue. 
Touloule  Ion  coufin  germain  le  marquifat  de  Gothie,  fut  fans  doute  un  des 

grands  de  la  province  qui  allifterent  au  concile  tenu  dans  l’églife  cathédrale  _ 

des  faints  Juft  fie  Palleur  de  Narbonne,  le  17.de  Mars  de  l’an  94}.  car  fui-  94.7. 
vaut  les  actes  1  qui  nous  relient  de  ce  concile  ,  les  principaux  feigneurs  du  pays  1Cap.1ut.11.»' 
y  délibéreront  avec  les  évêques  fur  les  moyens  de  rétablir  la  difeipline  ecclefiaftique 
dans  la  province.  Aymeric  archevêque  de  Narbonne  ^  &  les  évêques  Rodoalde  p.i90(^j,q. 
de  Beziers ,  Gifande  de  Carcalfonne,  Dacbert  d’Agde,  fie  Pons  de  Mag  u- 
lonne  le  trouvèrent  à  cette  atremblée  avec  un  abbé  nommé  Alexandre, fie.  confir¬ 
mèrent  l’eleélion  que  le  clergé  fie  le  peuple  d’Elne  venoient  de  faire  de  Ri- 
culfe  pour  leur  évêque,  à  la  place  de  Wadalde  mort  depuis  peu.  On  pré-  bConciiào'ï. 
tend  b  que  les  évêques  de  la  province  tinrent  un  concile  même  année  à  p'('cMa,c.H.ip 
Fontaines  dans  le  diocèlè  d’Elne,  mais  c’cft  un  fait  c  certainement  lup -  f.jss.éyV  * 
poié.  Le  dernier  éditeur  des  conciles  qui  a  adopté  les  fautes  de  les  pré-  , 
decclleurs ,  auroit  pu  s  en  appcrcevoir,  fie  faire  mention  de  celui  de  Narbonne  ctnc.n  &.fao». 
dont  il  ne  dit  pas  un  mot.  xlviii. 

Bozon  I.  comte  de  Provence  fie  premier  mari  de  Berthe,  laquelle  époufâ  en  c^°aaBI0Ijlo^cI' 
fécondés  noces  Raymond  I.  comte  de  Rouergue  ,  mourut  fans  doute  fans  po-  dans  le  cbmi 
Hérité.  Nous  fçavons  du  moins  qu’un  autre  leigneur  de  fon  nom,  qui  fe  dit  rfe  Province, 
fils e  de  Rotbold ,  lui  fucccda  dans  ce  comté  ,  fie  qu’il  en  étoit  déjà  poffef-  Xly- 

feur  au  mois  d' Octobre  de  la  H II.  année  de  Conrad  roi  des  Allemans  &  de  Pro-  . 

vence  ,  c’eft-i-dire  l’an  948,  comme  il  paroît  par  un  acte  f  d’échange  que  fit  948. 
alors  Manaffés  archevêque  d’Arles.  Quelques  auteurs  prétendent  que  Rot- 
bold  pere  de  Bozon  II.  fut  aulTi  comte  de  Provence  ,  mais  on  n’en  voit  gau-  ‘  ‘[i fiât, 1° A 
cune  preuve.  D’autres  veulent  que  ce  dernier  ait  pris  le  .titre  de  roi,  fie. qu’il  ».u. 
ait  régné  en  Provence  depuis  l’an  915.  ce  qu’ils  n’appuyent  que  lur  des  gNor£,4‘^ 
monumens  fuppofez ,  d’où  ils  tirent  auiiî  l’épifcooat  de  Rangefridus  évêque 
d’Avignon ,  qu’on  dit  avoir  été  auparavant  moine  fie  abbé  de  S.  Gilles 
au  diocèfè  de  Nilmcs.  Un  moderne  11  a  enfin  avancé  que  le  roi  Hugues  à  fon  1,  r /-.*i 
retour  d’Italie,  vers  la  fin  de  l’an  945.  donna  à  Bozon  II.  le  duché  ou  comté  à-Mï 
de  Provence  à  titre  bénéficiaire,  ou  comme  il  s’explique ,  vie  &  fous  l'hom¬ 
mage,  fie  que  ce  prince  étant  décédé,  Gonrad  le  Pacifique  confirma  le  même 
Bozon  dans  le  gouvernement  de  Provence  5  mais  cet  auteur  le  fonde  uni¬ 
quement  lur  la  fuppofition  que  le  roi  Hugues  dans  la  ccllion  qu’il  fit  du  royau¬ 
me  de  Provence  à  Rodolphe  II.  roi  de  Bourgogne,  feréferva  jufqu’à fa  mort 
la  louveraineté  fur  la  Provence  proprement  dite  ,  ou  comté  de  Provence  ,  ce 
qui  efl  abfolument  faux.  Tout  ce  qui  paroît  de  plus  vraiiemblable,  c’eft  qu’Hu- 
gues  après  avoir  été  duc  ou  comte  de  Provence  du  vivant  de  Louis  l’Aveu¬ 
gle,  6c  s’ccre  emparé  de  l’autorité  depuis  la  mort,  donna  à  fon  avenement 
à  la  couronne  d’Italie  en  916.  le  comté  ou  gouvernement  de  Provence  à 
Bozon  I.  qui  probablement  ctoit  le  même  que  Bozon  frere  de  Raoul  roi  de 
France  5  qu’il  lui  donna  enfuitc  Berthe  fa  niece  en  mariage  *  fie  qu’après  avoir 
cédé  en  930.  tout  le  royaume  de  Provence  à  Rodolphe  II.  roi  deBourgogne* 
ce  dernier  confirma  le  même  Bozon  dans  ce  comté  ou  gouvernement  -,  fie 
qu’enfin  celui-ci  ctanc  deccdé  fans  pollerité  ,  Conrad  le  Pacifique  fils  de 
Rodolphe  II.  donna  à  Bozon  II.  le  comté  de  Provence.  Du  relie  foit  que 
.Bozon  II.  tînt  cette  dignité  des  rois  de  Bourgogne  à  titre  bénéficiaire  ou  non  , 
il  eH  certain  que  le  comté  de  Provence  devint  héréditaire  dans  fa  famille, 6c 
que  fes  defeendans  ‘  en  jouirent  de  la  même  maniéré  que  les  grands  valfaux  îr.NOTEin'. 
du  royaume  poflèdoicnt  leurs  fiefs ,  c’eft-à-dire  avec  une  autorité  prefqu’ab- 
folue  j  en reconnoilfant  cependant  la  fuzeraincté  des  rois  de  Bourgogne,  fie 
enfuite  des  empereurs  d’Allemagne  leurs  fuccelîeurs.  En  effet  ,les  fils  de  Bozon 
II.  partagèrent  le  domaine  de  ce  comté  ,  qui  s’étendoit  entre  l’Ifere  ,  les 
Alpes,  la  Mer,  fie  le  Rhône,  fie  le  tranfmirent  à  leur  pofterité.  Comme  les 
comtes  deTouloufe  héritèrent  dans  la  fuite  de  la  moitié  du  même  comté  par 
le  mariage  de  Guillaume  Taillefer  avec  Emme  petite  fille  de  Bozon  II.  nous 
Tome  II.  L 


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7*  HISTOIRE  GENERALE 

An.  93j.  vaudah  ,  &  qui  eut  des  enfans  ,  dont  nous  parlerons  ailleurs. 

xxvi.  Après  la  mort  du  roi  Raoul,  qui  arriva,  ainfi  que  nous  venons  de  le  dire, 
•«  w’eliian"  *e  H-  De  Janvier  De  fan  936-  D  y  eut  une  efpece  d’interregne  en  France  qui 
«ucdoc<D apTès  dura  jufqu’à  ce  que  les  principaux  feigneurs  du  royaume  eurent  rappellé 
**  mort  du  roi  d’Angleterre  Louis  fils  de  Charles  le  Simple,  à  qui  fon  léjour  dans  ce  païs, 
»)'Outrcmc°tU'S  °ù  D  s’étoit  réfugié  avec  la  reine  fa  mere  en  91 3.  fit  donner  le  furnom  d’Ou- 
generaicment  tremer.  Ce  prince  étant  arrivé  en  France,  fut  couronné  à  Laon  le  10.  de 
“rot"-5  Juî"  De  la  même  année  936. 

«e.  vicomtes  Pendant  cet  intervalle  on  data  les  actes  en  Languedoc  depuis  la  mort  de 
de  Narbonne.  jiaauf  Qn  en  a  ja  preuve  dans  une  donation  a  faite  à  Gifande  ouWifànde 
936.  évêque  de  Carcaflonne,  le  4.  de  Mars,  la  première  année  de  la  mort  du  roi 
t  Pr./-74-  Raoul ,  J.  C.  régnant,  &  dans  l’attente  d’un  roi.  Il  paroît  même  que  Louis  ne 
fut  pas  reconnu  pour  roi  dans  la  province  aufli-tôt  après  fon  couronnement, 
b  Mtrc.mft.  par  un  acte  de  vente  b  que  fit  Richilde  vicomtclfe  de  Narbonne  le  rç.d'Ocio- 
^  Ire ,  la  I.  année  de  la  mort  du  roi  Raoul ,  J.  C.  régnant ,  (j?  dans  l attente  d'un 
nV6N0TE  '  roi.  Cet  aéte  eft  fouferit  immédiatement  après  Richilde  par  Matfred  &  Fran- 
t vnoteiM.  con,  fils  de c  cette  vicomteflè,  &  d’Odon  ou  Eudes  vicomte  de  Narbonne 
fon  mari,  qui  devoit  être  alors  décédé.  Le  premier  fucceda  à  la  même  vicom¬ 
té  j  mais  comme  il  étoit  alors  fort  jeune ,  Richilde  fa  mere  en  conferva 
d  Marcjfij}.  long- tems  après  la  principale  adminiftration.  Cette  dame  d  fe  dit  dans  le  même 
uu.  a  été ,  fille  du  comte  Borrel ,  &  delà  comteffe  Garfinde ,  &c  les  biens  qu’elle  vendit 

c  NQTEibid.  croient  fituez  dans  le  Roulfillon  ;  ce  qui  nous  fait e  conjecturer  x°.  Que  le 
N  comte  Borrel ,  pere  de  Richilde ,  n’eft  pas  différent  de  Borrel  fils  de  \5Pifred 

le  Velu  comte  de  Barcelonne.  i°.  Que  Garfinde  femme  de  Raymond-Pons 
comte  de  Touloufe,  étoit  fille  de  la  même  Richilde,  &  petite-fille  de  Gar¬ 
finde  femme  du  comte  Borrel ,  qui  lui  aura  donné  fon  nom. 
xx vir.  Raymond-Pons  jouit  paifiblement  après  la  mort  du  roi  Raoul  du  duché 
wmtedcTou-  d’Aquitaine,  &C  du  comté  particulier  d’Auvergne  dont  ce  prince  avoit  dif- 
loufe jouit pai-  pofé  en  fa  faveur  en  93 1.  c’eft  ce  qui  paroît  par  l’acte  de  {  fondation  du 
duché  AA  tî  n’lonaftcre  De  Chanteuge ,  daté  du  28.  d'Aoüt ,  la  J.  année  du  régné  de  Louis 
taineC&  du  d’Ourremer. 

comté  d  Au-  Ce  mon a/lere  fut  fondé  en  Auvergne  fur  l’Ailier ,  vers  les  frontières  du 
7^.74.  Velay  }  ce  qui  a  peut-être  fait  croire  B  à  un  auteur  célébré  ,  que  le  lieu  de 
g  V.NOTB 
XVI.n.ii. 

il  Pr.  ibid.  _  .  a  t  ^ 

M*b.  Mnmti.  gneur  nommé  Claude  h  avoit  légué  ce  lieu  4  Cunibert  fon  petit-fils  ,  prevôc 
fai*'707’**  de  l’abbaye  de  Brioude,  &  après  ion  décez ,  â  cette  abbaye.  Cunibert,  &c 
Bniux.  Auv.  les  Chanoines  de  Brioude  fes  confrères,  voulant  faire  un  faint  ufage  de  cette 
"  *t  :e-  donation ,  établirent  des  moines  à  Chanteuge  du  confentement  de  Raymond  prince 
des  Aquitains ,  du  vicomte  Dalinacc  leur  abbé  ,  d’Arnaud  leur  évêque,  qui 
i’éroit  par  conféquent  de  Clermont  en  Auvergne,  &  non  pas  du  Puy  }  &c  des 
principaux  feigneurs  du  pays.  Us  déclarent. qu’ils  font  cette  fondation  poûr 
leur  communauté ,  pour  le  roi  ,  pour  leurs  feigneurs _  ou  princes  déjà  nommer 
&  enfin  pour  Lame  du  duc  Guillaume  ,  &  de  les  deux  neveux  Guillaume  8c 
Acfred.  L’aâefut  paffé  dans  l’églife  de  faint  Julien  de  Brioude  devant  l’autel 
de  faint  Etienne ,  ôc  fouferit  après  les  fondateurs  par  Raymond  prince  des  Aqui¬ 
tains ,  qui  par  la  grâce  de  Dieu ,  porte  aujjî  le  nom  de  Pons  ,  &  enfuite  par  Go- 
tefcalc  évêque  du  Puy,  le  vicomte  Dalmace  ,  &  plufieurs  autres  feigneurs  du 
pais. 

Raymond-Pons  comte  de  Toulouse  étendoic  donc  alors  fa  domination  fur 
i  v.\note  l’Auvergne,  Sc  devoit  avoir»  fuccedé  par  confequent  à  Guillaume  le  Pieux, 
xvi.  Sci  fes  deux  neveux,  tant  dans  le  comté  particulier  de  ce  païs,  que  dans 

le  duché  d’Aquitaine  :  auffi  le  roi  Louis  d’Outremer  lui  donne-t-il  la  qua- 
k  er.p. %).&  licé  tfe  prince  des  Aquitains ,  dans  la  charte  k  par  laquelle  il  confirma  cinq  ans 
J ibaU.chrift.  après  la  fondation  du  monaftere  de  Chanteuge  ,  qui  n’eft  aujourd’hui1  qu’un 
nrv  edu.  «,i.  prieuré  conventuel  du  dioccfe  de  Saint-Flour ,  dépendant  de  l’abbaye  de  la 
f-W&ftl-  Chaife-Dieu.  Enfin  on  ne  fçauroit  douter  que  Raymond-Pons  comte  deTou- 
m  v.note  loufe  ne  le  fut  aufïï  d’Auvergne ,  puifqu’Arnaud  évêque  de  Clermont  déclare  m 
üid.n.7.  vers  l'an  937.  qu’il  a  voit  rétabli  l’abbaye  de  loin  c  Allire  dans  fa  ville  épifeo- 


J  VV  Ui  st  ItUl  U  D  A  UH  O.UIV.U1  1U1UU  y  V-j  UL  il  11V.U  V.LV» 

Chanteuge  dépendoit  alors  de  ce  dernier  païs  ,  &  qu’il  étoit  fournis  à  l’au¬ 
torité  fpirituelle  des  évêques  du  Puy:  mais  il  s’eft  trompé  en  cela.  Un  fèi- 


* 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII. 

pale ,  a  la  priere  &  avec  le  fccours  du  comte  Raymond  ,  qui  n’eft  pas  différent  — — —-** 
de  Raymond-Pons  comte  de  Touloufe.  9  3  6* 

Ce  prince  non  content  d’avoir  contribué  à  la  fondation  ou  au  rétablifTe-  xxvm. 
ment  de  ces  deux  monafteres  fituez  dans  le  comté  d’Auvergne ,  en  fonda  un  ^baye  ' d"  s. 
autre  en  936.  dans  celui  de  Narbonne.  II  choifîtpour  cela  dans  fon  patrimoi-  Ponsde  Tho- 
ne  un  lieu  nommé  Thomieres ,  fitué  dans  les  montagnes  de  l’ancien  diocèfe  h**"®* 
de  cette  ville ,  vers  les  frontières  de  l’Albigeois.  Sa  dévotion  envers  faint 
Pons  martyr  de  Nice,  qui  I’avoit  engagé,  comme  il  le  déclare  a  lui-mê-  arr.p.  71&! 
me,  à  ajouter  fon  nom  à  celui  de  Raymond  ,  le  porta  aulli  à  fonder  cette /'?*• 
nouvelle  abbaye  fous  l’invocation  de  ce  faint.  Il  la  fit  bâtir  dans  un  vallon 
arrofé  de  la  petite  riviere  de  Jaur ,  fie  pria  Arnoul  abbé  de  faint  Geraud 
d’Aurillac  ,  monaftere  qui  ctoic  alors  dans  une  grande  régularité ,  de  lui 
donner  de  fès  religieux  pour  y  établir  la  réglé  de  faint  Benoît.  Cet  abbé 
voulant  féconder  les  pieules  intentions  du  duc ,  lui  accorda  fa  demande  ,  fi£ 
nomma  pour  premier  abbé  de  Saint-Pons  de  Thomieres,  undefes  difciples 
nommé  Oger ,  qui  fut  béni  par  plufieurs  évêques  de  la  province  aflèmblez 
à  cette  occafion.  Raymond  6c  Garfinde  fa  femme  dotèrent  alors  richement 
le  nouveau  monaftere.  Leur  charte  eft  b  datée  du  mois  de  Novembre  de  l'an  $36.  la  bn.i tUi 
1.  année  du  roi  Louis.  Lecomte  déclare  qu’il  fait  cette  fondation  pour  le  falut 
de  Raymond  fon  pere ,  de  fa  mere ,  de  (es  parens ,  fie  de  les  vafîaux  ,  fie  donne 
en  même  tems  à  l'abbaye  de  faint  Pons  plufieurs  terres  fie  êglifes  dont  la 
plupart  étoient  fituées  dans  le  diocèfe  de  Narbonne  ,  fie  quelques  autres  dans 
l’Albigeois  aux  environs  de  Vieilmur. 

Après  que  l’églifè  de  ce  monaftere  eut  été  achevée  ,  le  duc  pria  l’année  Xj*1  X. 
fuivante  Aymeric  archevêque  de  Narbonne  c ,  6c  les  évêques  V/ifande  ou  î-éoufe^dc'  s* 
Gifande  de  Carcaftonne  ,  Rodoalde  de  Bcziers,  fie  Thierri  de  Lodeve  de  la  Pons.  Concile 
dédier,  ce  qu’ils  firent  le  1  j.  du  mois  d  d’Aoiît.  Ces  prélats  déclare-  f,A“ 

1 .  1  4  3  .  r  1  1  .  r  iaPr°v*ncede 

renc  c  alors  excommunier  tous  ceux  qui  oleroient  attenter  quelque  choie  Narbonne. 

contre  le  monaftere  de  faint  Tons  ,  que  Raymond-Pons  fournit  à  l’cglife  j^Pr't77‘  ^ 

Romaine  fie  au  pape  Leon  VII.  qui  la  gouvernoit  alors  ,  avec  promeffe  — 1 - . 

que  ce  monaftere  leur  payeroit  tous  les  cinq  ans  une  redevance  de  dix  9  37-  . 

fols  en  ligne  de  reconnoiflance.  Raymond  déclare 'enfin  par  cet  a<fte  l’ab-  d.e> 

baye  de  faint  Pons  libre  fie  exempte  ;  «  cnlorte  que  ni  le  roi ,  ni  aucun  pnn-  «  de 

ce ,  ni  aucun  évêque ,  ni  aucun  de  fa  parenté ,  ne  puifle  exercer  aucune  domi-  «  cPr-  ’*''*• 

nation  tant  fur  elle ,  que  fur  fes  dépendances,  te  •  '  ’ 

Les  quatre  évêques  qui  firent  la  dédicace  de  l’églife  de  faint  Pons 
tinrent  (  peu  de  tems  après  un  concile  à  Aufede  *  avec  quatre  de  leurs  f rrjbn. 
comprovinciaux  j  fçavoir,  Raynald ,  Dagbert  ou  Dagobert ,  Pons  fie  Wa-  *Aufuiincnfe< 
dalde  dont  les  fieges  ne  font  pas  marquez.  Dans  ce  concile  dont  on  a  omis 
de  faire  mention  dans  les  différentes  collections  ,  ces  prélats  firent  un  decret 
par  lequel ,.  après  avoir  confirmé  la  fondation  de  l’abbaye  de  faint  Pons ,  ils 
renouvel lerent  l’anathemc  contre  tous  ceux  qui  violeroient  fes  privilèges. 

On  croit  g  que  le  lieu  d’Aufede  où  ce  concile  fut  affemblé ,  n’eft  pas  diffé-  g  cbron.ib>ii 
rent  d’un  hameau  du  même  nom  ,  fitué  à  une  lîcueou  environ  de  faintPons,  1' 
où  on  a  découvert  des  veftiges  d’un  ancien  château.  Raymond -Pons  fit 
drefler  un  acte  h  de  ce  decret ,  fie  l’accompagna  dediverfes  imprécations  coli-  h  prjbid. 
tre  ceux  qui  ne  s’y  foumettroient  pas.  Il  y  fouferivit  le  premier  avec  la 
qualité  de  très-excellent.  On  voit  enfuite  les  fouferiptions  de  Garfinde  fa 
femme,  d’ Aymeric  archevêque  de  Narbonne  , des  évêques  Rodoalde,  Dag¬ 
bert,  Hugues,  Pons,  Raynald,  Thierri,  Wadaldefie Wifade ,  6c  des abbez 
Dorbcrt  ou  Darbert ,  Eudes ,  Arnoul ,  Suniarius ,  Robert  èt  Gui.  Il  eft  marqué 
en  general  dans  l’acte  ,  que  les  principaux  du  pays  le  confirmèrent ,  8c  on 
allure*  que  le  s  vicomtes  y  fouferivirent ,  maïs  on  ne  rapporte  pas  leurs  noms. 

Cela  prouve  du  moins  que  le  concile  d’Aufede  fut  une  affemblée  mixte. 

On  prétend  *  que  le  comte  Raymond-Pons  ,  peu  de  tems  après  la  fonda*  k  îbidj.m 
tion  du  monaftere  de  Thomieres,  y  fit  apporter  de  Nice  en  Provence  une 
partie  confidcrablc  des  offemens  de  faint  Pons  martyr  »  8c  eh  effet ,  on  y 
célébré  tous  les  ans  cette  tranflation  le  15.  de  Juin.  Ces  reliques  furent dii- 
fipées  avec  plufieurs  autres  qu’on  confervoit  dans  l’églife  de  faintPons  ,  lorf; 


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1%  .HISTOIRE  GENERALE 

.  '  motif  8c  les  circonftances  de  cette  entrevue.  Un  hiftorien  moderne  a  prétend 

iO*ntoM$  clue  Eouis  entreprit  ce  voyage  pour  recevoir  l'hommage  de  ces  feigneurs  j 
mais  il  convient  b  en  même  tems  qu’alors  les  hommages  des  vaflaux  de  la 
94i-  partie  méridionale  du  royaume  n’étoient  qu’une  pure  ceremonie  ,  à  caufe 

b  qu’jisj’étoienc  mis  dans  l’indépendance,  dont  nos  rois  les  laifloient  jouir  tran¬ 

quillement.  Louis  avoit  d’ailleurs  reçu  auparavant  l’hommage  du  comte  de 
Touloufe ,  8c  des  feigneurs  Aquitains.  Il  faut  donc  que  fon  voyage  ait  eu  quel- 
qu’autre  motif  plus  important  :  nous  croyons  que  les  entrepnfes  continuelles 
d’Hugues  le  Grand,  8c  des  autres  principaux  vaflaux  de  France  ,  joint  à  un 
xi frtUbid.  commencement  de  brouillerie  c  prêt  à  éclater  entre  lui  8c  Othon  roi  de  Ger¬ 
manie,  l’engagèrent  à  paflfer  la  Loire,  tant  pour  s’aflùrer  du  fecours  de  Ray¬ 
mond-Pons,  &  des  autres  feigneurs  du  pays  contre  les  rebelles  de  France  , 
iiMp.no.  que  pour  faire  diverfion  contre  le  roi  de  Germanie  ,  qui  avoit  des  liaifons  a 
très-étroites  avec  Conrad  le  Pacifique  roi  de  la  Bourgogne  Tçansjurane  & 
de  Provence,  dont  les  états  confinoient  avec  la  Gothie.  Louis  après  cette 
conférence  retourna  en  Francê ,  où  la  guerre  que  fes  vaflaux  continuèrent 
contre  lui ,  faillit  à  le  renverfer  du  thronc.  Comme  Raymond  I.  comte  de 
Rouergue  partageoit  alors  le  marquifat  de  Gothie  avec  Raymond-Pons 
comte  de  Touloufe  fon  coufln,  nous  ignorons  lequel  des  deux  s’aboucha  avec 
ce  prince.  Il  paraît  cependant  que  ce  fut  le  dernier  ,  qui  outre  qu’il  étoir 
chef  de  fa  famille ,  pofledoit  le  duché  d’Aquitaine ,  avec  le  comté  particulier 
d’Auvergne. 

xl  ni.  Conrad  le  Pacifique  avoit  fucccdé  en  9 37.  étant  encore  fort  jeune,  au  roi 
c^qu”fuccede  Rodolphe  II.  fon  pere,  dans  les  royaumes  de  la  Bourgogne  Transjurane  8C 
à  Rodolphe  1 1.  de  Provence.  Othon  le  Grand  roi  de  Germanie  fon  tuteur  ,  l’appclla  alors 
foQpercJiDsie  ^  pa  cour^  0ù  [[  [e  rctjnc  plufieurs  années ,  mais  non  pas  autant  que  quelques 

_  '  _ 1 _  i> -  _..J J-  o  _ 1  „ -  /T*_-  J  . _ _ 


Provence. 


'rovcnce  en 


modernes  l’ont  prétendu.  Conrad  étoit c  en  effet  de  retour  en 
cBibi.sttu/.  . .  ^  jj  t]-nc  un  piaj^  <jans  jc  viennois  au  mois  de  juin  de  la  même  année. 

A-J9.1  f9-  yyr  ■  1  j  r  *  J 

v.M‘l>.adann.  idjixier/if  ae  J  on  régné. 

On  voit  par  là  que  ce  prince  étoit  alors  maître  du  Viennois ,  8c  par  d’au¬ 
tres  monumens ,  qu’il  l’etoit  aufli  du  Valcntinois  à  la  gauche  du  Rhône,  8C 
même  du  Lyonnois  8c  du  Forez  en  deçà  de  ce  fleuve  :  or  comme  Charles 
(Srolchrm.  Conftantin  comte  de  Vienne  avoit  reconnu  f  la  fouveraineté  de  Louis  d’Ou- 
f'  0  '  tremer ,  nous  ne  doutons  pas  que  le  principal  motif  du  voyage  que  ce  der¬ 
nier  entreprit  en  Aquitaine  en  944.  n’ait  été  aufli  pour  engager  Raymond- 
Pons  comte  de  Touloufe  ,  8c  le  comte  de  Rouergue  fon  coufln  ,  tous  les  deux 
marquis  de  Gothie ,  8c  dont  les  états  confinoient  avec  le  roiaume  de  Pro¬ 
vence ,  à  le  fecourir,  pour  remettre  le  Viennois  8c  le  refte  de  ce  royaume 
fous  fon  obéiflance.  Ce  fut  fans  doute  alors  que  les  marquis  de  Gothie  éten¬ 
dirent  leur  domaine jufqu’au  Rhône,  8c  qu’ils  fournirent  à  leur  autorité  le 
Vivarais  8c  l’üfcge  qui  faifoient  anciennement  partie  du  même  royaume  , 
s’ils  ne  l’avoient  déjà  fait  aufli-tôt  après  la  mort  de  l’empereur  Louis  l’A¬ 
veugle. 

Outre  le  royaume  de  Provence  fitué  à  la  gauche  du  Rhône  que  Conrad  pof- 
gy  note  xi/,  fedaenenticr ,  du  vivant  g  même  d’Hugues  roi  d’Italie  qui  le  lui  avoit  cédé, lui 
8c  fes  fucceflèurs  regnerent  fur  la  Bourgogne  Transjurane,  8c  une  partie  de 
la  Souabe ,  ce  qui  lit  que  pour  marquer  l’étendue  de  leur  domination  ,  ils 
hvnu$jif  fe  qualifîoient h  rois  <ks  Allcmans  &  des  Provcnccs  *  ,  ou  feulement  rois  des  Pro- 
f.io.&fiq.  Vences.  Les  auteurs  contemporains  leur  donnent  aufli  le  titre  de  rois  de  la 

Alemanno»  .  .  r  .  .  _  .  .  1  .  . 

mm  feu  Pio-  Gaule1  Cilalpine.  On  doit  remarquer  cependant  que  par  le  termes  Pro - 
▼ipciarum.  vences  dont  Conrad  fe  difoit  roi ,  il  ne  faut  pas  entendre  la  feule  Provence 
proprement  dite  ,  comme  le  prétend  *  un  critique ,  qui  luppolc  que  cette 
k  f»%i ad »nn.  province  étoit  alors  divifée  en  comté  de  Forcalquier  à  la  droite  de  la  Du- 
rance,  8c  en  comté  de  Provence  depuis  cette  riviere  jufqu’à  la  mer  5  car  cette 
ly.NOTEXiv.  diVifion  eft  fort  pofterieure  1  au  X.  fiecle:  mais  plutôt  l’ancien  royaume  de 
Provence poflèdé  d’abord  par  Bozon,  8c  enfuite  par  Louis  l’Aveugle  fon  fils, 
divifé  en  deux  duchez  ou  gouvernemens  generaux  $  l’un  du  Lyonnois  8c  du 
Viennois  au  nord  de  i’Ifere ,  8c  l’autre  de  Provence  entre  cette  dernière  riviere 
&  la  mer. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII. 


79 


944. 


Le  V'ivarais  6c  l’Ulège  ne  dépendoient  donc  plus  du  royaume  de  Provence 
fous  le  régné  de  Conrad  le  Pacifique.  Nous  avons  en  effet  une  donation*  faite  ^ 

par  un  prêtre  nomme  Licerius,  la  V I.  année  du  reçue  de  Louis  d’Outremer  Comtts  &  T;. 

_ c _ _ j  „  r'i :  j..  ..:u- *  il _ _ ^  _ _  j-ur. 


milieu  du  X.  fiecle  le  diocèfe  d’Ufez  étoit  gouverné  par  un  comte  6c  un  Bn  ^c>v.T, 
vicomte.  Nous  ne  trouvons  depuis  aucun  monument  qui  nous  faiîe  connoîtrc  jl0\ 
leurs  lucceilèurs  ,  mais  nous  ne  doutons  pas  qu’après  la  mort  de  Bermond 
comte  d'Ufez  ,  qui  vraifemblablement  étoit  fils  d’Amalric  ôc  d’Ermengarde , 

&  fucceffeur  immédiat  du  premier  ,  ce  comté  n’ait  été  uni  b  au  domaine  de  by.uoTEXiy 
Raymond  I.  comte  de  Rouergue  6c  marquis  de  Gothie  qui  le  pofledoitàce  J1‘ 
qu’il  paroît  vers  l’an  96 1.  dans  le  tems  de  là  mort ,  6c  qui  le  tranfînit  à  Ray. 
mond  de  laine  Gilles  6c  aux  autres  comtes  de  Touloulê  les  fucceffeurs  ,lefquels 
furent  certainement  'comtes  particuliers  d’Ufez.  Le  même  Raymond  de  laine  I0C 
Gilles ,  ou  quelqu’un  de  fes  predccelîêurs  inféodèrent  fans  doute  le  domaine  IO?  '  7t* 

qu’ils  avoient  à  Ufez  aux  anciens  feigneurs  de  cette  ville  dont  nous  parlerons 
dans  la  fuite,  6c  dont  nous  ne  pouvons  faire  remonter  d  l’origine  que  vers  la  fin  Av.notelu. 
du  XI.  fiecle. 

On  voit  encore  que  le  diocèle  d’Ufez  compofoit  un  comté  particulier  au  ^  ^ 
milieu  du  X.  fiecle,  dans  une  donation*  qu’un  archevêque  nommé  Geraud,  fa.  *  7 
dans  le  delîein  de  le  retirer  à  Cluni  pour  y  vivre  fous  la  difciplinc  de  làint  v-  N0T£ 
Aymar  abbé,  fit  en  945.  à  cette  célébré  abbaye,  des  biens  qu’il  tenoit  de  ' 
fon  pere  ,  dans  le  comté  d' Vfei^  &  la  viyierie  de  Caifon  *  ,  6c  dont  il  avoit  fait  94. 
un  échange  avec  fon  frere.  Geraud  donna  entr’autres  l’églife  de  faint  Satur-  «caxwoeafe. 
nin  fituée  à  la  droite  du  Rhône,  où  l'acte  fut  paffé  -,  il  fe  qualifie  feule¬ 
ment  évêque  dans  fa  foufeription,  de  même  que  Roffaign  qui  ligna  après 
lui ,  6c  ils  ne  marquent  ni  l’un  ni  l’autre  le  nom  de  leur  fiege  :  mais  il  paroît 
certain  f  que  le  premier  étoit  archevêque  d’Aix,  6c  l’autre  évêque  d’Ulez.  f  note  Md, 

C’cft  donc  ce  Geraud  archevêque  d’Aix,  natif  de  la  ville  ou  du  diocèfe 
d’Uièz ,  qui  ayant  renoncé  à  fa  dignité  pour  embrafler  la  vie  religieufe 
dans  le  monaftere  de  Cluni  ,  donna  lieu  par  cette  donation  à  la  fondation 
du  prieuré  de  faint  Saturnin  du  Port ,  dont  la  ville  du  Pont-faint-Efprit, 
bâtie  depuis  au  même  endroit,  tire  fon  origine.  Il  eft  en  effet  hors  de  doute 
que  l’églife  de  faint  Saturnin  donnée  par  ce  prélat  à  l’abbaye  de  Cluni ,  eft 
la  même  que  celle  du  prieuré  du  faint-Efprit  qui  en  dépend  aujourd’hui ,  6c 
qui  eft  voifine  de  faint  Paulet  de  Caiffon ,  de  la  vigucric  duquel  elle  dépen- 
doit  au  X.  fiecle.  On  fait  d’ailleurs  g  que  le  prieuré  ou  monaftere  de  faint  ^^js^ryS' 
Saturnin  furie  Rhône  fubfiftoit  déjà  en  959.  Quant  au  nom  de  Saint-Elprit,  p.?6 4. 
cen’eft  que  depuis  la  fin  du  XIII.  fiecle  que  cette  ville  l’a  pris,  du  célébré 
pont  qui  y  fut  bâti  alors  fur  le  Rhône. 

Manalîés  archevêque  d’Arles  tiut  une  conduite  bien  oppofée  à  celle  de  xlv. 
Geraud  archevêque  d’Aix.  Il  ne  ccffa  de  feandalifer  l’églife  par  fon  ambi-  “.„ô! 
rionêc  fa  fimonie.  Non  content  de  l’archevêché  d’Arles  qu’il  avoit  obtenu  né.  11  fe  ligue 
par  le  crédit  d’Hugues  fon  oncle,  alors  fimple  duc  de  Provence,  ôc  depuis  *vec 


roi  d’Italie  *  il  le  fuivit  au-delà  des  Alpes ,  6c  envahit  fucceffivcmcnt  les  R0UC,gUe  & 
évêchez  de  Trente ,  de  Verone  6c  de  Mantoue  qu’il  pollcda  conjointement  «iarq.uls  de 
avec  cet  archevêché.  Enfin  il  porta  fes  vues  fur  celui  de  Milan  ,  6c  pour 
l’obtenir  il  fit  perdre  au  roi  Hugues  la  couronne  d’Italie  ,  malgré  tous  les  le  thtône. 
efforts  de  ce  prince  pour  fe  foutenir  fur  le  thrône  par  le  fecours  de  Raymond 
comte  de  Rouergue  6c  prince  de  Gothie  j  ce  qui  nous  engage  à  parler  ici 
6c  de  l’origine  6c  des  fuites  de  cette  révolution. 

Hugues ,  on  n’en  peut  difeonvenir,  avoit  de  grandes  qualitez  ^mais  il  avoit  h  Lmtpr.li. 
auflî  de  grands  défauts  :  dur  6c  impérieux  dans  le  gouvernement,  ôc  déréglé 
dans  fes  moeurs,  il  le  rendit  extrêmement  odieux  aux  principaux  lëigneursde 
fes  états.  Bcrcnger  marquis  d’Yvrée  ,  l’un  des  plus  confiderabks  ,  forma  d’a¬ 
bord  le  defiein  de  le  détrôner  5  mais  lès  intrigues  furent  découvertes ,  ce  qui 
l’obligea  de  lë  réfugier  en  Allemagne.  Il  revint  »  en  Italie  peu  de  tems  après,  > ibid.cM& 
6c  trouva  moyen  de  gagner  l’archevêque  Manaffés  fous  la  promefië  de  lui 


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An.  945. 


Troi.  chron . 
p.Sio. 

Vagi  ad  ann% 
1. 

bmttxiL 

c  Lttitpr  ibid. 

r.14. 

à  y.  NOTE  FUI. 


e  V.PhiUndr • 
in  Fitruv. 

*  Nos  omnes 
cackinoo  affe- 
cic.  Luitfrabid. 


f  Froi  chron . 
^.610. 

946. 

g  Léo  Ojhenf, 

l*t*  4. 

V  4£ I  4»». 


XL  VI. 

Maiijgc  de 
Raymond  I. 
comte  Je  Rou¬ 
er  guc  ,  avec 
Betthe  nièce  du 
loi  Hugues, 
h  Lmtpr.l, 5. 

*.14. 

Pr/U  Oi.UJ. 

&M- 


80  HISTOIRE  GENERALE 

donner  l'archevêché  de  Milan.  Il  engagea  ainfi  ce  prélat  à  lui  livrer  une 
fortereffe  dont  il  étoit  le  maître,  8c  à  trahir  le  roi  Hugues  Ton  parent  Scion 
bienfaiteur.  Manafles  n’omit  rien  pour  grolfir  le  parti  du  marquis ,  Sc  prit  li 
bien  les  mefures  qu’il  fit  entrer  dans  la  révolte  la  plupart  des  villes  &  des 
grands  de  la  Lombardie.  Dans  cette  extrémité  Hugues  lé  rendit  à/  P  a  vie 
capitale  de  fes  états,  d’où  il  envoya  Lothaire  fon  fils  à  Berenger  &  aux 
autres  conjurez  qui  étoient  aflemblez  à  Milan  ,  pour  les  fupplierde  déférer 
la  couronne  à  ce  jeune  prince  ,  puifqu’ils  le  jugeoient  lui-même  indigne  de 
la  porter.  Après  cette  humiliante  démarche  Hugues  fortit  de  Pavie  avec 
tous  les  tréfors  qu’il  put  emporter ,  dans  le  deflein  de  fe  retirer  auprès  de 
Conrad  roi  de  Bourgogne.  Il  n’cxecura  pas  toutefois  là  réfolution  ,  fur  l’aflîi- 
rance  que  les  conjurez  lui  firent  donner,  qii’ayant  élu  Sc 'couronné  à  Milan  le 
roi  Lothaire  fon  fils,  il  pouvoir  relier  en  Italie  Sc  continuer  même  à  y  regner 
avec  lui. 

Hugues  ne  fit  pas  beaucoup  de  fonds  fur  les  promeffes  des  fa&ieux  :  il  vie 
bien  que  la  crainte  qu’ils  avoient  qu’en  fe  retirant  d’Italie  avec  toutes  les 
richeffes  qu’il  avoit  ramaffées  ,  il  ne  s’en  fervît  pourfe  procurer' le  lecours 
des  Bourguignons,  Sc  des  autres  peuples  des  Gaules,  Sc  qu’il  ne  vîntenfuite 
avec  eux  leur  faire  la  guerre,  les  avoit  uniquement  engagez  à  le  prier  de 
demeurer  en  Italie  ;  aufiî  réfolut-il  de  prendre  fes  luretés.  Il  feignit  cepen¬ 
dant  de  fe  rendre  à  leur  demande ,  Sc  ayant  recommandé  à  Berenger  ,  fon 
fils  Lothaire  qu’il  lailfa  en  Italie ,  il  pafla  en  deçà  des  Alpes  vers  la  fin  3  de 
l’an  945.  Sc  arriva  avec  fes  tréfors  en  Provence  où b  il  avoit  encore  diverles 
terres  ,mais  dont  il  n’étoit  alors  ni  duc  ,nifouverain,  quoi  qu’en  difent  quelques 
modernes. 

Raymond  I.  du  nom ,  comte  de  Rouergue  Sc  marquis  de  Gothie  ,  que  c 
Luitprand  qualifie  prince  des  Aquitains  ,  Sc  que  divers  d  auteurs  confondent 
mal-à-propos  avec  Raymond-Pons  comte  de  Touloufe  fon  coufin  ,  eut  à 

Îieine  été  informé  de  l’arrivée  de  ce  prince  au  voifinage  du  Rhône,  qu’il  fut 
e  trouver  pour  lui  offrir  de  le  conduire  en  Italie  à  .la  tête  d’une  armée  8c 
d’y  combattre  Berenger.  Le  roi  Hugues  accepta  volontiers  la  propor¬ 
tion  de  Raymond,  ê c  fit  avec  lui  un  traité  que  ce  dernier  jura  d’obferver 
fidellement  moyennant  la  fomme  de  mille  mines  que  l’autre  lui  compta ,  Sc 
qui  montoit  à  celle  de  1 5  60.  marcs  d’argent,  chaque  -  mine  pefant  une  livre 
Romaine  Sc  quatre  drachmes. 

L’hiftoricn  contemporain  qui  parle  de  ce  traité ,  fait  comprendre  qu’il  y  fut 

firefent.  Il  ajoute  que  les  promeffes  de  Raymond  apprêtèrent  à  rire ‘aux  Ira- 
iens  qui  étoient  à  la  fuite  du  roi  Hugues ,  à  caule  du  peu  de  cas  qu’ils  fai- 
foient  de  la  parole  des  Aquitains.  Il  convient  cependant  qu’ils  étoient  en 
état  de  fecourir  ce  prince,  de  la  mort  duquel  il  parle  aufli-tot , fans  marquer 
s’il  rentra  en  Italie ,  ni  nous  inftruirc  des  fuites  du  traité  qu’il  avoit  conclu 
avec  Raymond;  mais  nous  apprenons  d’un  autre  auteur 1  du  rems,  que  Hu¬ 
gues  repaffa  en  Italie  l’année  mivantc  ,  Sc  qu’il  y  fut  de  nouveau  reconnu  pour 
roi  ;  d’où  nous  inférons  que  Raymond  palla  les  monts  avec  lui ,  8c  qu’il  l’aida 
à  remonter  fur  le  thrône.  Le  nouveau  régné  de  ce  prince  ne  fut  pas  long  ? ,  il 
fut  obligé  bientôt  après  de  fe  retirer  encore  en  deçà  des  Alpes  ,  Sc  il 
mourut  Ta  même  année  dans  le  monafterede  faint  Pierre  de  Vienne  fur  le  Rhô¬ 
ne,  qu’il  avoit  fondé  avant  fon  avenement  à  la  couronne  d’Italie,  8c  où 
il  prit  l’habit  monafti que  quelque  tems  avant  fa  mort.  On  y  voit  encore  fon 
épitaphe. 

Hugues  légua  par  fadernicre  difpofition,  toutes  les  richcffes  h  qu’il  avoit  ap¬ 
portées  avec  lui  d’Italie  ,  Sc  plu fieurs  terres  conliderables  qui  lui  reftoient  tant 
en  Provence ,  que  dans  la  Gothie  ou  Septimanie,  à  Berthefa  niece  ,princcfle 
d’une  rare  beauté, fille  de  Bozon  fon  frere  confanguin  marquis  de  T ofeane  ,8c  de 
Wille  (afemme.Elleetoitalors  veuve  de  Bozon  I.du  nom  comte  d’Arles,  8c  elle 
fe  remaria  peu  de  tems  avant  ou  après  la  more  du  roi  Hugues  fon  oncle  , 
avec  Raymond  prince  des  Aquitains ,  dont  Luitprand  parle  avec  beaucoup  de 
mépris,  Sc  avec  lequel  ce  roi  avoit  fait  le  traité  dont  on  a  déjà  parlé.  Nouvelle 
preuve  que  Raymond  fuivit  ou  conduifit  Hugues  en  Italie  pour  le  rétablir 


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Ï)E  UNtSÜEDOC;  Liv.  xit.  il 

furie  thrône.  Ain  fi  ce  dernier  lui  aura  donné  fa  nièce  en  mariage,  ou  par 
un  article  de  ce  traité ,  ou  en  rccompenfe  de  les  fcrvices* 

Le  même  Raymond,  qui,  comme  nous  l’avons  déjà  fait  remarquer  ,  étoit 
comte  de  Rouergue ,  &pofledoit  par  indivis  avec  Raymond-Pons  comte  de 
Touloufe  Ion  coufin  germain  le  marquifat  de  Gothie,  fut  fans  doute  un  des 
grands  de  la  province  qui  allifterent  au  concile  tenu  dans  l’cglilè  cathédrale 
des  faints  Juft  &  Pafleur  de  Narbonne,  le  17.de  Mars  de  l’an  94^.  car  fui- 
vant  les  actes  qui  nous  r citent  de  ce  concile  ,  les  principaux feiyieurs  du  pays 
y  délivrèrent  avec  les  évêques  fur  Iss  moyens  de  rétablir  la  difcipline  ecclejiafhquc 
dans  la  province.  Aymeric  archevêque  de  Narbonne,  &  les  évêques  Rodoalde 
de  Bcziers ,  Gifande  de  Carcalfonne,  Dacbert  d’Agde,  8c  Pons  de  Mag  u- 
lonne  le  trouvèrent  à  cette  allemblée  avec  un  abbé  nommé  Alexandre, &  confir¬ 
mèrent  l’élection  que  le  clergé  &le  peuple  d’Elne  venoient  de  faire  de  Ri- 
culfe  pour  leur  évêque,  à  la  place  de  Wadalde  mort  depuis  peu.  On  pré¬ 
tend  b  que  les  évêques  de  la  province  tinrent  un  concile  lü  même  aqnec  à 
Fontaines  dans  le  diocèlè  d’Elne,  mais  c’eft  un  fait  c  certainement  fup- 
polè.  Le  dernier  éditeur  il  des  conciles  qui  a  adopté  les  fautes  de  les  pré- 
decclleurs ,  auroit  pû  s’en  appercevoir ,  8c  faire  mention  de  celui  de  Narbonne 
dont  il  ne  dit  pas  un  mot. 

Bozon  I.  comte  de  Provence  &  premier  mari  de  Berthe,  laquelle  époufit  en 
fécondés  noces  Raymond  I.  comte  de  Rouergue  ,  mourut  fans  doute  fins  po- 
Iteritéi  Nous  fçavons  du  moins  qu’un  autre  ieigneur  de  fon  nom,  qui  fe  dit 
fils e  de  Rotbold ,  lui  fucceda  dans  ce  comté ,  8c  qu’il  en  étoit  déjà  polfef- 
feur  au  mois  d’Oîlobre  de  la  JC  1 1.  année  de  Conrad  roi  des  Allemans  &  de  Pro¬ 
vence  ,  c’elt-à-dire  l’an  948,  comme  il  paroît  par  un  acte  1  d’échange  que  fit 
alors  Manalîes  archevêque  d’Arles.  Quelques  auteurs  prétendent  que  Rot¬ 
bold  pere  de  Bozon  II.  fut  aulïï  comte  de  Provence,  mais  on  n’en  voit  g  au¬ 
cune  preuve.  D’autres  veulent  que  ce  dernier  ait  pris  le. titre  de  roi,  8c  qu’il 
ait  régné  en  Provence  depuis  l’an  917.  ce  qu’ils  n’appuyent  que  fur  des 
nionumens  fuppofez  ,  d’où  ils  tirent  auliî  l’épilcopat  de  Rangefridus  évêque 
d’Avignon ,  qu’on  dit  avoir  été  auparavant  moine  8c  abbé  de  S.  Gilles 
au  diocèfe  de  Nilmcs.  Un  moderne  ha  enfin  avancé  que  le  roi  Hugues  à  fon 
retour  d’Italie,  vers  la  fin  de  l’an  94  j.  donna  à  Bozon  II.  le  duché  ou  comté 
de  Provence  à  titre  bénéficiaire,  ou  comme  il  s’explique ,  <1  vie  &  fous  l’hom- 
maye ,  8c  que  ce  prince  étant  décédé,  Conrad  le  Pacifique  confirma  le  même 
Bozon  dans  le  gouvernement  de  Provence  ,  mais  cet  auteur  le  fonde  uni¬ 
quement  lur  la  fuppofition  que  le  roi  Hugues  dans  la  cclîion  qu’il  fit  du  royau¬ 
me  de  Provence  à  Rodolphe  II.  roi  de  Bourgogne,  fc rélerva  jufqu’à  fa  mort 
la  fouveraineté  fur  la  Provence  proprement  dite  ,  ou  comté  de  Provence  ,  ce 
qui  eft  abfolument  faux.  Tout  ce  qui  paroît  de  plus  vraiicmblable,  c’eft  qu’Hu- 
gues  après  avoir  été  duc  ou  comte  de  Provence  du  vivant  de  Louis  l’Aveu¬ 
gle,  8c  s’être  emparé  de  l’autorité  depuis  fa  mort,  donna  à  fon  avenemenc 
à  la  couronne  d’Italie  en  9 16.  le  comté  ou  gouvernement  de  Provence  à 
Bozon  I.  qui  probablement  etoit  le  même  que  Bozon  frere  de  Raoul  roi  de 
France,  qu’il  lui  donna  enfuite  Berthe  fa  niece  en  mariage ,  8c  qu’aprèsavoir 
cédé  en  930.  tout  le  royaume  de  Provence  à  Rodolphe  II.  roi  de  Bourgogne, 
ce  dernier  confirma  le  meme  Bozon  dans  ce  comté  ou  gouvernement  ,  8c 
qu’enfin  celui-ci  étant  décédé  fans  pofterité  ,  Conrad  le  Pacifique  fils  de 
Rodolphe  II.  donna  à  Bozon  II.  le  comté  de  Provence.  Du  relie  foit  que 
.Bozon  II.  tînt  cette  dignité  des  rois  de  Bourgogne  à  titre  bénéficiaire  ou  non, 
il  eft  certain  que  le  comté  de  Provence  devint  héréditaire  dans  fa  famille, 8c 
que  fes  defeendans  *  en  jouirent  de  la  même  maniéré  que  les  grands  vallaux 
du  royaume  poflèdoicnt  leurs  fiefs,  c’eft-à-dire  avec  une  autorité  prefqu’ab- 
folue  ,  en  reconnoiilant  cependant  la  fuzeraincré  des  rois  de  Bourgogne,  8c 
enfuite  des  empereurs  d’Allemagne  leurs  fuccefteurs.  En  effet,  les  fils  de  Bozon 
II.  partagèrent  le  domaine  de  ce  comté  ,  qui  s’étendoit  entre  l’Ifere ,  les 
Alpes,  la  Mer,  êelcRhône,  8c  le  tran finirent  à  leur  pofterité.  Comme  les 
comtes  de  Touloufe  heriterent  dans  la  fuite  de  la  moitié  du  même  comté  par 
le  mariage  de  Guillaume  Taillefer  avec  Emme  petite  fille  de  Bozon  II.  nous 
Tome  II.  L 


A  N.  946: 

XLVII 
VI.  Concile 
de  Naibouuc. 


947- 

a  Capitul.to.%  « 

V,M*rc.Hifrk 

P-190&M' 


b  ContU,  to 

c  Mgrc.HifP . 
P  i  *9- &<ecj. 

V.  HQTR  II. 
d  H at à,  cûiUcI. 
concjt.  6.p.6  0*. 
XLVII!. 
Bozon  H.Ifuo 
ccdeàBozon  I. 
dans  le  cbm:é 
de  Provence. 

e  NOTE  XlV. 
n.io.&feq. 

948. 

(GalL.Chr.noi), 

edit.to.î.pio}. 

V.  Mobill.  ait 
4Q.9  4*V||,  J  1. 

g  SOTE  tbid. 


h  R uffJipp.d 

&j‘n- 


i  r.NOTEi  ry. 


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I 


HISTOIRE  GENERALE 


*  V.  Mtb.  m4 


dlV^.ioS. 
L. 


A  n  94.8  avo'-15  cfu  <5u’il  n’étoit  pas  inutile  défaire  connoître  l’origine  de  ce  dernier  , 
'  "  &  de  fes  droits  fur  la  Provence. 

DôajtioB  ,  Nous  avons  remarqué  ailleurs  que  Raymond  !.  du  nom  ,  comte  de 
^'Arnaud  Rouergue  &  marquis  de  Gothie  avoit  un  frere  nommé  Hugues  quiprenoit  le 
«Xune'enfa-  ^Cre  comcc-  11  en  eft  fait  mention,  ce  femble,  dans  la  donation  »  qu’Ar. 
«ur  de  l'ab-  naud  comte  de  Carcaflonne  ,  Arfînde  fa  femme,  &  leurs  fils  Roger  8e  Odon 
ta>*  M°n-  firent  à  l’abbaye  deMontolieu,  fie  à  Trefmire  qui  en  étoit  abbe  ,  de  l’alleu 
vicomte m de* *  de  fainte  Eulalie  fitué  dans  le  diocèfe  de  Carcaflonne  8e  le  territoire  d’AL 
'Carcaflonne.  fonne,  par  un  acte  daté  du  mois  d’ Avril  la  JTIIJ.  année  du  régné  de  Louis 
■ar,.p.9i.crf‘ï  d’Outremer,  ou  du  Pan  94 9.8c  fouferit  par  Hugues  évêque  de  Touloufe. 
949.  Arnaud  déclare  que  Roger  Ion  frere  qui  avoit  acquis  cet  alleu  du  comte  Hu¬ 
gues  ,  le  lui  avoit  donné.  C’eft  de  ce  même  Roger  que  defeendoient  vraifem- 
hsoTExxn.  diablement  b  les  comtes  héréditaires  de  Comminges  qui  vivoient  au  XII. 
•■"■Mi-  ficelé. 

Trefmire  abbé^de  Montolieu  fit  bâtir  Péglife  de  ce  monaftere,  ou  du  moins 
la  chapelle  de  faint  Michel ,  fuivant  une  ancienne  infeription  gravée  fur  une 
pierre  d’autel,  8c  trouvée  eau  commencement  de  ce  ficelé  dans  une  chapelle. 
Le  nom  d'Amelius  vicomte  far  la  grâce  de  Dieu  y  eft  gravé  5  nous  conje¬ 
cturons  de  là  que  ce  feigneur  contribua  à  la  dépcnle  du  bâtiment.  Amelius 
étoit  donc  vicomte  de  Carcaflonne  au  milieu  du  X.fiecle,ce  qui  eft  confirmé  par 
un  autre  monument  d  du  même  fiecle. 

Le  diocèfe  ou  comté  de  Lodeve  avoit  aufli  alors,  lès  vicomtes e  ,  qui  eu- 
5.  Fulcrand  ^  renc  la  principale  part  à  l’élection  de  faint  Fulcrand  évêque  de  cette  ville. 
<réquc  ce  Lo-  Suivant  la  vie  de  ce  faint  prélat,  compofceau  XIV.  fiecle  par  f  bernard  Gui- 
e  note  xxv  ^onls  l’un  de  les  fucceflèurs ,  il  étoit  fils  d’un  leigneur  des  plus  qualifiez  du 
f  vu  s.  fuicr.  pays.  On  prétend  que  fa  mere,  à  qui  les  uns  donnent  le  nom  d’Euftorge,  fie 
les  autres  celui  de  Biligarde  ,  étoit  fille  d’un  comte  de  Subftancion  ou  de  Ma- 
fpuBiàvJe'hùn.  guelonne  :  dans  ce  cas  elle  devoir  être  fille  ou  fœur  du  comte  Bernard  I.  du  nom 
tptfc.  L»J.p. 4!.  dont  nous  avons  déjà  parlé.  Fulcrand  fait  mention  lui-même  dans  Ion  ?  tefta- 
ment  de  Pons  fie  d’Aranfred  fes  freres,  d’André  chanoine  de  Lodeve  fon 
neveu,  fied’Eme  fa  pioche  parente.  On  lui  donne  encore  deux  foeurs  qu’on 
allure  avoir  été  dames  de  Montpellier  ,  fie  avoir  donné  l’origine  à  cette 
ville.  Enfin  ce  Saint  difpofc  par  fon  teftament  d’une  partie  du  château  de 
Roqucfeuil ,  ce  qui  peut  faire  croire  qu’il  appartenoit  à  la  famille  des  fei- 
gneurs  de  ce  château ,  fitué  dans  la  partie  de  l’ancien  diocèfe  de  Nifmes  qui 
forme  aujourd’hui  celui  d’Alais,  Se  confine  avec  le  Gevaudan,  le  Rouergue, 
8e  le  diocèfe  de  Lodeve. 

La  mere  de  Fulcrand  prit  un  foin  particulier  de  fon  éducation ,  Se  le  mit 
d’abord  fous  la  dilcipline  de  Thierri  évêque  de  Lodeve  qui  vivoit  dans  une 
grande  réputation  de  fainteté.  Sous  un  fi  excellent  maître ,  on  le  vit  bientôt 
faire  un  égal  progrès  dans  la  vertu  &  dans  la  fcience.  II  s'appliqua  fur  tout  à 
l’étude  des  faintes  lettres  -,  fie  après  avoir  pafle  par  tous  les  degrez  ecclefia- 
ftiques ,  il  parvint  enfin  à  la  dignité  d’archidiacre  de  Maguelonne.  Il  en  exer- 
«joit  les  fonctions  avec  beaucoup  d’édification,  quand  l’évêché  de  Lodeve  vint 
à  vaquer  parle  décès  de  Thierri  le  y.Janvier  del’an  949.  le  clergé  fit  lepeuple 
s’étant  aflcmblcz  par  l’autorité'  d'Eudes  &  d'Heldin  f  rinces  du  peuple  ,  pour 
l’élection  d’un  nouvel  évêque ,  ils  ne  délibérèrent  pas  long-tems  fur  le  choix  } 
la  pureté  des  mœurs  de  Fulcrand,  fa  vie  penitente,  fa  douceur,  fa  naiflance 
fit  les  talens  lui  gagnèrent  bientôt  tous  les  fuffrages.  Il  fut  le  feul  qui  ne  vou¬ 
lut  pas  confentirà  fon  élection,  Se  le  miniftere  dans  lequel  on  vouloir  l’enga¬ 
ger,  lui  parut  fi  redoutable  ,  qu’il  prit  la  fuite  8t  alla  fe  cacher.  Ayant  été 
cependant  découvert,  il  fut  enfin  forcé  de  fe  rendre ,  6t  Aymeric  archevêque 
de  Narbonne,  fon  métropolitain,  fit  la  cérémonie  de  fon  facrele  4. Février 
de  la  même  année  dans  l’églife  de  faint  Paul  de  Narbonne. 

Un  des  principaux  foins  de  Fulcrand  après  fon  élévation  à  l’épifcopat,  fut 
de  faire  aggrandir  fie  exaucer  fa  cathédrale  dédiée  fous  l’invocation  de  laint 
Geniz  ou  Gcniez  martyr,  fie  d’y  faire  conftruire  un  clocher.  Heldin  vicomte 
de  Lodeve  qui  en  fut  informé  ,  croiant  que  fon  autorité  étoit  bleflee  dans  cette 
«ntreprife ,  fie  défendre  d’élever  le  bâtiment  au  delà  d’une  certaine  hait* 


&Jm- 

g  Bolljbid. 


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DE  LANGUEDOC.  Lrv.  Xll.  _ _ 

teùr.  L’évéque  de  fon  côte  jaloux  de  l'autorité  6c  de  la  jurifdidion  temporelle  Ani  94^ 
qu’il  prétendoit  avoir  dans  Lodevc ,  ne  fît  aucun  cas  de  la  défenfe  du  vicom¬ 
te  ,  6c  fit  bâtir  un  clocher  6c  plus  grand  6c  plus  haut  qu’il  ne  l’avoit  rcfolit. 

Hildin  en  fut  extrêmement  irrité  ,  6c  pour  le  venger  de  Fulcrand,  il  vint  en 
fureur  à  Lodeve,  6c  chargea  les  habitans  de  divers  impôts  exorbitans.  Le  laine 
évêque  le  pria  d’abord  avec  beaucoup  de  douceur  de  taire  ceffer  ces  vexations} 
mais  n’ayant  pu  rien  gagner  par  cette  conduite,  il  en  prit  une  toute  oppofée  : 
il  fit  arrêter  le  vicomte  6c  ,1e  retint  dans  une  étroite  prifon  jufqu’à  ce  qu’il 
eut  reftitué  ce  que  lui  6c  fes  prédccefîèurs  avoient  injuftement  ufurpé  fur  l’églifè 
de  Lodeve.  Enfin  il  élargit  Hildin  ,  après  lui  avoir  fait  promettre  de  ne 
plus  retomber  dans  de  pareils  excès  :  il  tâcha  cependant  de  le  gagner  dans 
la  fuite,  (oit  par  fes  maniérés ,  foit  par  fes  difeours. 

On  voit  par  ce  que  nous  venons  de  rapporter  de  la  vie  de  faint  Fulcrand,  .  Lt 
que  la  ville  6c  le  diocèfe  de  Lodeve  étoient  gouvernez  de  fon  tems  par  des  1 

vicomtes  héréditaires,  qui  abufant  de  leur  autorité,  exerqoient  les  droits 
régaliens.  Ils  le  pouvoient  faire  d’autant  plus  librement,  qu’il  n’y  avoit  alors 
aucun  comte  particulier  qui  rélïdàt  dans  le  pavs ,  dont  le  comté 1  étoit  réuni  a  v.  noté 
au  domaine  de  la  maifon  des  comtes  deTouloufe,  Du  moins  efl-il  certain  xxy- 
que  ces  derniers  polfedoient  le  comté  de  Lodeve  dans  le  XL  fiecle ,  6c  que 
les  vicomtes  de  cette  ville  étoient  leurs  vaffaux.  Quant  à  la  jurifdidion  ou 
autorité  temporelle  que  les  évêques  prétendoient  avoir ,  ils  la  dévoient  en 
tout  ou  en  partie  à  la  pieté  de  nos  rois ,  comme  l’infinuc  l’auteur  de  la  vie 
du  faint  prélat. 

Hildin  vicomte  de  Lodeve  qui  vivoit  alors ,  nous  eft  connu  pair  d’autres 
monumens.  Saint  Fulcrand  en  fait  mention  dans  fon  teftament b  à  l’occafion  bnoilibid. 
d’un  alleu  qu’il  avoit  acquis  de  lui ,  6c  dont  il  difpofa  en  faveur  de  l’abbaye 
dejoncels.  Ce  vicomte  vivoit  en  961.  comme  il  paraît  par  la  donation  qu’il 
fit  cette  c  année  à  l’abbaye  de  faint  Guillem  du  Déféré  dans  le  diocèfe  de  cPr.p.jot, 
Lodeve,  6c  à  Gausfred  qui  en  étoit  abbé  ,  de  plufieurs  biens  fituez  dans  le  ^f'3* 
comté  de  Subflancion  ,  de  concert  avec  Garibcrqe  df  A  don ,  ou  Odon  vicomte, 
tant  pour  leurs  âmes ,  que  pour  celle  d’ Au tyir  'i us  3  ce  qui  nous  fiait  conjecturer 
que  les  mêmes  Hildin 6c  Odon  vicomtes  de  Lodeve  en  949.  6c  961.  étoient 
fils  de  ce  dernier ,  6c  de  Garibcrgc ,  qu’ils  hcritcrent  de  lui  de  cette  vicomté, 
êc  qu’ils  la  poflederent  par  indivis. 

Hildin  ou  Heldin  vicomte  de  Lodeve  ,  n’efl  pas  différait  du  vicomte  Ildi- 
non,  dont  il  ell  fait  mention  dans  un  acte  d  de  l’abbaye  d’Aniane  de  l’an  968.  APr.p.m, 

6c  qui  conjointement  avec  Archimberte  fa  femme,  6c  leurs  filsErmengaud  , 

Adilulphe  6c  Odon,  fit  un  K  échange  en  981.  d’une  terre  qu’il  avoit  dans  le  ePrp.ise * 

comté  de  Maguclonne  6c  le  territoire  de  Subflancion  ,  contre  Quinabert  abbé 

de  faint  Guillem  du  Défert  ,  6c  fon  monaftere.  Nous  inférons  qu’il  devoit 

être  déjà  décédé  en  984.  de  ce  qu’il  n’cft  pas  nommé  dans  une  donation 

que  la  vicomteffe  Archimberte  fon  époufe,  fes  fils  Adilulphe  6c  Odon,  6c 

Trudgarde  veuve  de  fon  fils  Ermengaud ,  firent  alors  à  l’abbaye  d’Aniane , 

d’une  terre  fituée  dans  le  comté  de  Beziers.  Il  eft  du  moins  certain  qu’Hil- 

din  étoit  déjà  mort  en  986.  par  une  f  autre  donation  que  la  même  Archim-  f  ibUp.no- 

berte  fit  cette  année  à  Rainald  abbé  d’Aniane,  6c  à  les  religieux ,  de  divers 

biens  fituez  à  Cauncs  dans  le  diocèfe  de  Beziers  pour  fes  farers  qui  ctoicnt 

déjà  décède*^,  [avoir  fon  pere  ,  fa  mere ,  fon  fils  ,  fes  filles  ,  &  fon  mari  Ildinon. 

L’acle  eft  fouferit  par  Odon,  le  feul ,  à  ce  qu’il  paraît,  des  fils  d’Hildin  qui 
recueillit  fa  fuccclTion.  Cet  Odon  fut  en  effet  vicomte  de  Lodeve  ,  comme 
on  le  voit  dans  un  acle  fans  s  date  *  par  lequel  il  donne  à  l’abbaye  de  faine  g 
Guillem  du  Défert  ,  du  confentement  de  Chimberge  fa  femme,  un  alleu 
dans  le  comté  de  Lodeve  que  fon  pere  Hildin  6c  lui  avoient  acquis  d’un  nommé 
Ardemand. 

Telle  eft  la  fucceflîon  des  vicomtes  de  Lodeve  depuis  le  milieu  du  X.  fie¬ 
cle  jufqu’à  la-fin.  Nous  ne  connoiffons  pas  leurs  fuccefleurs  ;  mais  il  y  a  lieu  *»  de 
conjedurer  que  leur  famille  tomba  en  quenouille  }  que  Nobilie  ,  femme  de  h  v.Xon 
Gilbert  vicomte  de  Carlat  fur  les  frontières  de  l’Auvergne  qui  vivoit  vers  xxv" 
le  milieu  du  XI.  étoit  fille  unique  Ôc  heritiere  du  vicomte  Odon  dont  on 
Tome  II,  L  ij 


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«4 


HISTOIRE  GENERALE 


A  n.  94$)'  vient  de  parler,  &  de  Chimberge  fa  femme-,  &  qu’enfin  la  vicomté  de  Lo- 
deve  paflà  par  ce  moyen  avec  celle  de  Carlac  ,  dans  la  maifon  des  vicomtes 
de  Milhaud  ,  qui  poflederent  certainement  l’une  Se  l’autrev 
ni.  Les  differentes  donations  que  nous  venons  de  rapporter,  font  des  preuves 
Dooationsde  de  la  pieté  des  vicomtes  de  Lodeve.  Plufieurs  feigneurs  de  la  Marche  d’Ef- 
■ou”!gneufs€S  Pagne  fignalerent  la  -leur  envers  l’abbaye  de  la  Graffc  fous  le  gouvernement 
ic  n  Marche  de  Soniarius  a  qui  en  fut  abbé  depuis  l’an  915.  jufqu’en  952.  Maycul  vicomte 
donna  b  en  946-  un  aEcu  dans  le  comté  d’Urgel  te  pour  foname,  &  celles 
«Mile.  «de  Ranilonne  fa  femme,  Sc  d’Efther  qu’il  avoir  époufee  en  premières  nô- 
UGràn  m^' os*  ces>  ”  Ermengarde  abbeflè  de  Burgal  dans  le  comté  de  Pailhas  &  le  diocèfe 
bPr!p.toT  d’Urgel ,  fit  don  e  de  fon  moîiaftere  à  la  même  abbaye  la  XV.  année  du 
c  ib/u.  f.  91.  régné  de  Louis  d’Outremer,  ou  l’an  9  50.  cette  abbelfe  fait  mention  dans  l’atfte 
:<i'  du  comte  G  uillaume  f’on  frere.Elle  étoit  fille  d’Ifarn  comte  &  marquis  de  Pailhasi 

qui  avoit  d  fondé  le  monallere  de  Burgal,  dont  Aton  èvèque  fon  oncle  pa- 
àibid.f.i*.  ternel  l’avoit  mile  en  poflèfTion. 

&Je9-  Ce  dernier  étoit  certainement  évêque  de  Pailhas ,  d’où  l’on  doit  inférer 

ou  que  cet  évêché  ne  fut  pas  fupprimé ,  comme  il  avoit  été  ordonné  pat 
un  decret  du  concile  de  Foncouverte  de  l’an  91 1  ,  ou  du  moins  qu’il  fut 
rétabli  bientôt  après.  Quant  au  monaftere  de  Burgal,  nous  apprenons  qu’il 
n>y  avo;c  e  pius  de  religieufes  au  commencement  du  XI.  fîecle,  d’un  a&e  de 
l’an  1007.  par  lequel  «Soniarius  comte  de  Pailhas,  &.  fes  freres  les  comtes 
»  Raymond  &  Guillaume  confirment  la  donation  que  le  comte  Raymond 
«  leur  aycul,  Ifarn  ,  &  Aton  évêque  ,  leurs  oncles  paternels,  enavoient  faite  à 
«l’abbaye  de  la  Grafle.  «  Depuis  ce  tems-là  ce  monaftere  ne  fut  plus  deflervi 
f  Archivent*  que  par  des  religieux  dépendans  de  cette  abbaye.  Artaud  f  comte  de  Pailhas, 
Orwfr'  d‘  U  femme  Guillemetre  ,  y  donnèrent  differens  biens  en  1 170.  &  un  autre 
r  comte  de  ce  pays  nommé  Bernard  &  fa  femme  Guillcmette  en  1196.  Enfin 

la  convcntualite  y  a  ceffé  après  l’introdudion  des  commandes ,  &  il  n’eft  plus 
deflervi  que  par  trois  prêtres  féculiers  depuis  l’an  1458. 

Soniarius  abbé  de  la  Grade  fit  un  échange  g  en  9  j  1.  avec  Sunifred  comte 
de  Barcelonne,  qui  lui  donna  un  alleu  dans  le  comté  de  Carcaflônne,  en 
prefence  de  'VP'ifade  évêque  de  cette  ville.  Il  étoit  peut-être  parent  du  comte 
Soniarius  qui  fit  donation  h  en  9  5  3.  à  Witiza  fon  fucceflèur  de  plufieurs  cgli- 
fes  fituées  en  divers  comtcz  de  la  Marche  d’Efpagne  -,  entr’autres  de  celle 
de  Notre  Dame  de  Riodezar,  où  il  y  jeut  depuis  un  prieuré  dépendant  de 
l’abbaye  de  la  Grade,  lequel  eft  uni  aujourd’hui  à  celle  de  Campredon  dans 
le  diocèfe  deGironne. 

R'_biV  Ees  différentes  guerres  qui  avoient  agité  le  royaume  ,  mais  furtout  l’in- 
du'^moiuTuie  vafion  des  biens  ecclefiaftiques  par  les  féculiers,  caufcrcnt  la  ruine  ou  la  dé- 
de  îaintc  Eui  cadence  de  plufieurs  égliles  ou  monaftercs  au  milieu  du  X.  fiecle.  Celui  de 
Gcvaudau.k  ^nce  Enimie  dans  le  Gevaudan  entr’autres  fe  trouvoit  alors  ,  dans  une  ex- 
Comtcs  &  vi-  trême  »  défolation.  Etienne  évêque  de  Mende  réfolu  de  le  relever ,  «s’adreflà 
comtes  de  ce  „  ^  Dalmace  abbé  de  faint  Chaffre  en  Vêlai,  &  le  pria  du  confentemenc 
liPr.p.9).&  «de  fon  chapitre,  des  principaux  feigneurs  du  pays,  &  en  particulier  dte 
Aï-  «  vicomte  Bernard ,  de  prendre  ce  monaftere  fous  fa  conduite  ,  &  d’y  envoyer 

«  de  fes  religieux  pour  y  rétablir  l’obfcrvance  régulière.  Dalmace  s’exeufa 
«  d’abord ,  mais  il  y  confentit  enfin ,  à  condition  que  lui  &  fes  fucceffeurs 
«  y  auroient  une  pleine  autorité.  Etienne  prit  ià-deflus  l’avis  de  fon  clergé 
»  Sc  de  fon  peuple  ,  &  accepta  la  condition,  du  confcntcment  du  marquis  Ray- 
amondj  avec  lequel  peu  de  téms  après  il  fit  un  voyage  de  dévotion  à  Ro¬ 
sine,  fuivi  de  plufieurs  de  fes  ecclefiaftiques,  &  de  l’abbé  Dalmace.  Ils 
»  eurent  recours  enfemble  au  pape  Agapet,  qui  confirma  le  rétablifl’ement  du 
«monaftere  de  fainte  Enimie  en  prefence  du  fénateur  Alberic.  «Ce  dernier 
s’étoit  alors  emparé  de  toute  l’autoritc  dans  Rome.  Les  circonftances  de  ce 
rétabliflèment  clu  monaftere  de  fainte  Enimie  font  marquées  dans  un  aéte 
qui  fut  dreffé  en  9  5 1 .  &  qui  eft  fouferit  parGotcfcalc  évêque  du  Pui.  Il  y  eft 
dit  qu’on  appelloit  anciennement  ce  lieu  Burlatis ,  &  qu’on  y  confervoit  en¬ 
core  les  reliques  de  la  fainte.  Ce  monaftere  a  todjours  été  fournis  depuis  à 
l’abbaye  de  faint  Chaffre ,  &  a  donné  fon  nom  à  une  petite  ville  du  Ge-* 


g  Mâre.tilfr 

9  y1* 

hPrp.9S> 
V.Mab.Ad  Mun* 
9JOJI.3*. 


LUI. 


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ï>£  LANGÜEbÔC.  Liv.  XÜ.  _ 

vaudan,  fituée  fur  la  rive  droite  du  Tarn,  vers  les  frontières  du  diocèfe  An.  951-. 
d’Alais. 

Par  ce  que  nous  venons  de  dire  ,  nous  apprenons  qu’il  y  avoir  alors  un 
comte  Sc  un  vicomte  de  Gevaudan.  Le  dernier  paroît  être  le  même 2  que  aîî0*E  xxn. 
Bernard ,  fils  puîné  d’un  autre  Bernard  vicomte  de  Milhaud  en  Rouergue  en 
937-  Q“anc  au  comce  ou  marquis  Raymond  ,  nous  avons  b  lieu  de  croire 
qu’il  n’eft  pas  différent  de  Raymond  I.  du  nom  comte  de  Rouergue ,  Sc 
coufin  germain  de  Raimond-Pons  comte  deTouloufè.  Il  dominoit  dans  de 
Gevaudan  en  qualité  de  fuzerain  d’Etienne  comte  de  ce  pays,  qui  probable¬ 
ment  étoit  fon  frere  ^  Sc  fils  puîné  d’Ermengaud  comte  de  Rouergue  ,  Sc  mar¬ 
quis  de  Gothie.  Etienne avoit  époufé alors ,  ou  du  moins  il  époufa  bientôt  après 
Adélaïde  d’Anjou  dont  nous  parlerons  ailleurs. 

On  pourroit  croire  aufiî  qu’il  s’agit  dans  cette  charte  de  Raymond-Pons  LiV.  . 
comte  de  Touloufe,qui  en  qualité  de  duc  d’Aquitaine  étendoit  fon  auto-  J^poqs*  " 
rite  fur  le  Gevaudan  ,  s'il  ne  paroiffoit  que  ce  prince  étoit  déjà  dece-  comtedcTou- 
dé  en  9  5 1 .  En  effet ,  nous  ne  doutons  pas  que  fa  mort  n’ait  été  un  des  prin- 
cipaux  motifs  du  voyage  que  le  roi  Louis  d’Outremer  entreprit  cette  fon  fils  lui  lue- 
année  en  Aquitaine,  Sc  dont  un  hiftorien  £  du  tems  parle  en  ces  termes:  <c^fJ chrow_ 
Louis  s’étant  mis  à  la  tête  de  fes  troupes,  s’avança  vers  les  frontières  « p, cu.fr fa. 
de  cette  province  au  commencement  de  l’année.  Charles  Conftantin  prince  « 
de  Vienne,  &  Etienne  évêque  d’Auvergne  ou  de  Clermont  ,  informez  de  a 
fa  marche  furent  au  devant  de  lui ,  Sc  lui  prêterenc  ferment  de  fidelité,  a 
auquel  le  dernier  ajouta  des  prefens  confiderables.  Guillaume  comte  « 
de  Poitiers  fut  aufli  à  la  rencontre  de  ce  prince 3  qui  étant  fur  le  point  « 
d’entrer  en  Aquitaine  tomba  dangereufement  malade.  Leotald  comte  dans  a 
la  Bourgogne  ,  prit  un  foin  particulier  de  lui  pendant  fa  maladie }  Sc  Louis  « 
ayant  recouvré  fes  forces ,  reprit  le  chemin  de  France.  «  Nous  tirons  de  ce 
récit  les  conféquences  fuivantes. 


i°.  Louis  dut  prendre  la  route  de  Mâcon  pour  entrer  en  Aquitaine,  Sc 
tomber  nïalade  dans  cette  ville  ;  car  Leotald  ,  que  Flodoard  qualifie  comte  de 
JJoujgoone,  Sc  qui  afiîfta  ce  prince  dans  fa  maladie  ,  n’eft  pas  différent  de 
Leotald  comte  de  Mâcon  qui  vivoit  alors ,  Sc  qui  defeendoit  d  par  mâles  de  d  v-  Ulu*~ 
Mayeul  vicomte  de  Narbonne  dont  il  étoit  petit-fils.  i°.  La  marche  du  roi  frfa".'1’*'** 
vers  l’Aquitaine  à  la  tête  d’une  armée  ,  dt  une  preuve  que  les  peuples  de  M»>>. 
cette  province  s’étoient  révoltez  contre  lui,  Se  refufoient  de  lui  obéir.  H 
eft  marqué  en  effet  qu’Etienne  évêque  de  Clermont  alla  à  fa  rencontre ,  &  le 
reconnut  pour  fon  feigneur  3  d’où  il  paroît  que  l’Auvergne  étoit  alors  révolté. 

Voici  ce  qui  peut  avoir  donné  occafion  à  cette  révolte. 

Nous  avons  fait  voir  c  ailleurs  que  le  roi  Raoul  lorfqu’il  reçut  en  93 1 .  la  cknoie  xn; 
foumiffion  de  Raymond-Pons  comte  deTouloufe,  difpolâ  cri  faveur  de  ce  prin¬ 
ce  du  duché  d’Aquitaine  Sc  des  comtez  d’Auvergne  Sc  de  Vêlai.  On  a  prouvé 
âuffi  que  le  roi  Louis  d’Outremer  le  maintint  dans  fes  dignitez.  Nous  lavons 
enfin f  que  ce  roi  qui  mourut  en  954.  les  donna  à  Guillaume  Tête-d’Etoupes  iAdtm.c»b. 
comte  de  Poitiers.  Or  comme  on  n’a  aucune  preuve  que  ce  dernier  ait  pris 
la  qualité  de  duc  d’Aquitaine  avant  l’an  950.  Sc  du  vivant  de  Raymond- 
Pons,  nous  concluons  de  tout  cela  i®.  Que  celui-ci  mourut  vers  l’an  950; 
i°.  Qu’après  fa  mort  Louis  d’Outremer  difpofa  du  duché  d’Aquitaine  Sc  des 
comtez  d’Auvergne  Sc  de  Vêlai  en  faveur  de  Guillaume  Tête-d’Etoupes.  3°. 

Que  les  Aquitains  ,  Sc  furtout  les  Auvergnats,  attachez  à  la  mailon  de 
Touloufe,  refuférent  de  reconnoître  GuillaumeTête-d’Etoupes  pour  leur  duc 
ou  comte,  Sc  fe  déclarèrent  en  faveur  du  fils  de  Raymond-Pons,  que  le  roi 
avoit  dépouillé  de  fës  dignitez ,  Sc  qui  étant  en  bas  âge  étoit  hors  d’état  de 
faire  valoir  fes  droits.  4®.  Enfin  que  ce  fut  autant  pour  les  y  obliger,  que  pour 
remettre  fous  fon  obéiffance  le  comté  de  Vienne,  &  le  reftedu  royaume  de 
Provence,  fournis  alors  à  Conrad  le  Pacifique,  que  Louis  s’avança  en  951.  g  Aa.ss.tA. 
vers  ces  provinces  à  la  tête  d’une  armée.  s. Btntd.fie.fi. 

On  peut  confirmer  ce  que  .nous  venons  de  rapporter  par  lé  refus  confiant  y?B*iut.AMV. 


que  firent  g  les  principaux  feigneurs  d’Auvergne,  &  en  tr’ 
que  de  Clermont  qui  étoit  de  la  maifon  des  vicomtes  de 


autres  Etienne  évê- 
*  ...'II.,  .J-  c,  xotexvi. 


de  cette  ville,  de  fi?  4,4 


\ 


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86 


HISTOIRE  GENERALE 


Au\  951.  foumettre  à  Guillaume  comte  de  Poitiers  jufcju’à  la  première  année  du  régné 
de  Lothaire,  ou  à  l’an  955.  qu’ils  firent  un  accord  avec  ce  comte,  luivant 
lequel  ils  le  reconnurent  pour  leur -jeiytcur. 

Raymond-Pons  comte  de  Touloule  mourut  donc  vers  l’an  950.  aufii  n’a- 
•k'no TErtu.  vons-nous  *  aucune  preuve  qu’il  ait  vécu  au-delà  de  cette  année.  11  laitï'a  du 
b NOTEviu.moms  crois  fils  de  Garfinde  fa  femme  qui  lui  fiurvêcut.  Guillaume  b  l’aîné , 
**  qui  étoit  alors  fort  jeune,  lui  l'ucceda  dans  le  comté  de  Touloule  6c  la  plupart 

de  fes  autres  domaines  lous  la  tutelle  6c  le  gouvernement  de  Garfinde  la 
mere.-On  le  furnomma  T  aille  fer,  6c  il  fut  le  troiliéme  comte  de  Touîouic  de  fon 
nom.  Les  deux  autres  s'appelaient  Pons  6e  Raymond  -,  le  premier  eut 
dans  la  fuite  le  comté  d’Aibigeois  pour  Ion  partage.  Raymond-Pons  eut 
aulfi ,  à  ce  qu’il  paroît  ,  une  fille  appellée  Raymonde  ,  qui  époula  Aton 
cfr.p.iti.  vicomte  de  c  Soûle  en  Gafcogne.  On  devroit  enfin  mettre  Leogarde ,  fem¬ 
me  de  Borrel  comte  de  Barcelonnc  au  nombre  de  fes  enfans ,  fi  on  pou- 
tl  Baïuz-AUm.  vojc  s’appuyer  fur  l’autorité  d  d’un  moderne  qui  la  croit  originaire  d’Auver- 
Btjf.401.  gne,  8c  fille  de  Raymond  comte  de  ce  pays,  au  commencement  du  reyie  de  Lotbarc^ 
car  nous  ne  connoifions  d’autre  Raymond  comte  d’Auvergne  au  X.  ficelé, 
que  Raymond-Pons  comte  de  Touloule. 

Ce  dernier  polïèdoit  dans  le  tems  de  là  mort  le  comté  particulier  de  Tou- 
loufe  qui  étoit  très-étendu,  avec  le  marquilat  de  cette  ville  qui  lui  donnoit 
la  fuzeraineté  fur  les  coincez  de  CarcalTonne  6c  de  Ralèz.  Il  jouiflùit  de 
plus  en  commun  ,  avec  Raymond  premier  du  nom  comte  de  Rouergue  fon 
coufin  ,  du  marquilat  de  Gothie,  6c  des  comtez  de  Narbonne,  Nifmes,  Lo- 
deve,  Beziers  6c  Agde  dans  cette  province  -,  de  ceux  d’Aibigeois  6c  de  Querci 
en  Aquitaine,  6c  du  Vivarais  6c  de  i’Uzcge,  anciens  membres  du  royaume  de 
Provence  :  tous  ces  domaines  pallerent  à  les  luccefièurs.  Quant  au  du- 
e  v.  hôte  ché  d’Aquitaine  6c  aux  coincez  d’Auvergne  6c  de  Vêlai e,  dont  il  avoir  été 
pourvu  feulement  depuis  la  mort  des  neveux  de  Guillaume  le  Pieux  ,6c  dont 
le  roi  Louis  d’Outremcr  difpofa après  la  fienne  en  faveur  de  Guillaume  Tête- 
f  y.  hôtes  d’Etoupcs  comte  de  Poitiers  ,  il  paroît  que  Guillaume  Taillcfcr  f  ,  après 
xw.çrxvu.  jes  avoir  dilputez  à  ce  dernier  ,  ne  le  pouvant  maintenir  dans  leur  pollefiîon  , 
donna  dans  la  fuite  en  fief  ces  deux  comtez  à  la  famille  des  vicomtes  d’Au¬ 
vergne  ou  de  Clermont,  qui  prirent  depuis  le  titre  de  comtes  ,  6c  le  recon¬ 
nurent  ,  de  même  que  les  autres  comtes  de  Touloule  fes  luccefièurs,  pour  leurs 
fuzerains. 

C’eft  tout  ce  que  nous  avons  pù  recueillir  de  plus  certain  fur  le  tems  de 
la  mort  de  Raymond-Pons  comte  de  Touloule,  duc  d’Aquitaine  6c  marquis 
de  Gothie,  prince  également  recommandable  par  fa  pieté,  fia  valeur,  6c 
l’étendue  de  Ion  domaine,  dont  il  porta  les  bornes  depuis  la  Loire  jufqu’aux 
Pyrénées,  la  mer  Mediterranée  6c  le  Rhône.  Parmi  les  modernes  qui  ont 
parlé  de  fia  mort,  les  uns  l’ont  placée  en  955.  d’autres  vers  l’an  961.  6c 
gr.  hôtes  d’autres  enfin  beaucoup  plus  tard  :  mais  ils  fie  trompent  s  tous  également. 
T111.&XVI1.  Q,ja  vjent  de  ce  qu’ils  l’ont  confondu  ,  à  caufe  de  la  reflemblance  de  leurs 
noms,  avec  Raymond  1. 6c  IL  comtes  de  Rouergue  fes  coufins  -,  ce  qui  eft  d’au¬ 
tant  plus  aifé  ,  que  ces  deux  branches  de  la  maifon  de  Touloule  pofféde- 
rent  long-tems  par  indivis  la  plupart  de  leurs  domaines.  Au  refte  Raymond- 
hP'.f. 117  &  pons  fut  inhumé  h  dans  l’abbaye  de  S.  Pons  deThomieres  qu’il  avoit  fondée 
v.hoteviu.  6c  enrichie  par  fes  liberaiitez. 

Louis  après  fon  retour  en  France  fe  rendit  au  commencement  de  l’an 
ComJé&com-  9  51-  à  Reims,  où  il  confirma  *  l'abbaye  de  laine  Michel  de  Cuxa  en  Rouî¬ 
tes  de  Fenouil-  fillon  dans  la  poflèflion  des  biens  qu’elle  avoit  dans  les  pays  de  Ccrdagne, 

•fi**' _ de  Fenbuilledes ,  de  Berga  ,  de  Roulfillon  ,  6c  de  Valefpir.  Nous  concluons  de-là 

_95z-  que  le  Fenouilledes ,  portion  de  l’ancien  diocèfe  de  Narbonne,  6c  aujourd’hui 
fxe"C'H®'  de  celui  d’Alet,  formoit  alors,  comme  ces  autres  pays,  un  comté  particu- 
v.M*b.*da«n.  lier.  Il  eft  en  effet  qualifié  comté  dans  deux  Bulles  k  du  pape  Agapet ,  l’une 
1  mItc  Hî/b  l’an  95°-  &  l’autre  de  I’cliî  954.  6c  dans  divers  autres  monumens  du  X. 
‘  fiecle.  La  dernicre  de  ces  Bulles  confirme  Segarius  abbé  de  faint  Martin 
de  Lez  ,  dans  la  poflèflion  des  biens  que  fon  monaftere  avoit  dans  le 
comté  de  fenouilledes  6c  dans  ceux  de  Râlez  6c  de  Roulfillon  ,  à  la  charge 


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£>  E  L  A  N  G  Ù  È  ï>  b  ë.  "t.v,  Xii,  h 

de  payer  une  redevance  annuelle  àl'églifê  Romaine.  Le  comté  de  Fenouil-*  A  n*  9  jn 
iedes  appartenoic  alors  à  Sunifred  comce  de  Barcelonne  qui  le  tenait  de  fes 
ancêtres.  Voici,  à  ce  qu’il  nous  .paraît,  l’origine  de  ce  comté.  , 

Ileft  certain  que  le  païs  de  Capcir  *  ,,  fitué  au  Sud-Queft  de  celui  de  Fenouil-,  f  M'* 
ledes ,  failoit  partie  eu  S  ■7  3-,  du  comté  de  Rafez,  pofTedé  alors  en  commun*  ^  ■'  ’  . 

par  Wïfred  le  Velu  comte  de  Barcelonne,  &  Miron  comte  de  Rouifillon 
Ion  frere,  &  par  les  deux  frères  Oliba  II.  6c  Acfred  I.  comtes  de  Carcaf- 
fonne.  Celui  de  FenouiJledes  qui  çft  encre  le  Capcir  6c  le  Rafez  ,  dépendoic 
aufli  par  contèquent.ep  même  tems  de  ce  dernier  comté ,  êc  ne  formait  qu’ma 
même  domaine  *  quoiqu’il  compofàt  un  païs  diftingué  ou  «ne  viguerje  fé- 
parée  dès  l’an  b  84.1.  On  a  remarqué  ailleurs6  que  les  comtes  de  Barcelon-  b  lin.  Pr.f.ijr i 
ne,  &  ceux  de  CarcalTonne  de  la  I.  race  qui  vivoienr  à  la  fin  du  IX.fiecle,éroicnt 
de  la  même  famille ,  ce  qui  fit  fans  doute  que  les  uns  U  les  autres  jouirent  lxxxvu. 
alors  par  indivis  du  comce  deRafez.Sur  ces  principes  nous  croyons  i».  qu’il  y  ”■  ^i  c- }*& 
eut  un  partage  de  ce  comté  entre  les  deux  branches  après  l’an  87 $.  ,&  ayant 
le  commencement  du  Xi  fiecle  j  t'bqu’Oliba  II.  &  Acfred  I.  fon  frere  comte* 
de  CarcalTonne  demeurèrent  en  pofielfion  du  païs  qui  retint  je  nom  de  comté 
de  Raie?. ,  &  qui  compofe  ce  qu’on  appelle  aujourd’hui  l’officialité  de  Limousj 
&  que  Wifred  le  Velu  comte  de  ôarcelonne  &  les  frétés  eurent  pour  leur 
parc  le  païs  de  Fcnouilledes  ,  qui  depuis  ce  tems  eut  titre  de  comté ,  avec 
lespaïsddePierre.pertufe,de.Capcir,de  Saule,  &  dç  Donazan,  lefquel s dépen-  &  pr.p. 
doient  anciennement  du  comté  de  Ralêz  ,  &  faifoient  '  certainement  par- 
tie  du  domaine  des  defeertdans  deWifred  le  Velu  aux  X.  &  XI.  fiecles.  Il  >7 x-*c. 
paroi t  par  ce  que  nous  venons  de  dire  que  le  comté  de  FenouiJledes  après  la  £°^XXI'ir’ 


paroit  par  ce  que  nous  venons  dedire  que  le  comte  de  Fenomjledes  apres  la  ^ 
mort  de  ce  prince  arrivée  vers  i’an  901.  pafla  à  Wifred  II.  fon  fils  £c  fon 
fuccelïèué,  &  enfuice  à  Miron  fon  autre  fils  hericier  de  ce  dernier  ,&  que  le 
même  Miron  le  rr. infinie  à  Sunifred  comte  de  Barcelonne  fon  fils.  Le  païs 
de  Fcnouilledes  eut  auifi  des  vicomtes  dont  nous  parlerons  ailleurs. 

Nous  avons  la  preuve  que  Sunifred  comte  de  Barcelonne  dominait  fur  ce 
païs.  i°.  dans  un  jugement*  qu’il  rendit  fa  huitième  année  du  règne  de  Lo-  cAnhiyn'i 
thaire ,  ou  l’an  962.  en  faveur  de  Raoul  abbé  de  fâint  Martin  de  Lez ,  &c  de 
fou  monaliere  fitué  dans  le  Fcnouilledes.  i°.  dans  Ion  teftamcnt^del’an  9 6 y.  ft-urc.nn}: 
fuivant  lequel  il  dilpofa  du  domainede  ce  païs  en  faveur  d’Oüba  fon  frere  „ 
qui  après  la  mort  S  de  Miron  comte  de  Barcelonne  leur  pere  arrivée  en  928.  %v.  note 
avoir  eu  pour  fon  partage  les  comtez  de  Ccrdagne  &de  Berga  dans  le  dio-  x-xyn-‘b“L 
cèle  d’Urgel.  On  donna  à  Oliba  le  furnom  ou  fobriquet  de  Cabrcta ,  ou  Ca- 
brete,  parce  que  h  lorfqu’il  croit  en  cplere  il  grattoir  la  ferre  du  pie  connue  hMarc.Hj}. 
unechevre.  t-n'-o-j'ij. 

Ces  deux  princes  avoient  deux  autres  »  frères  ,  dont  l’un  nommé  Mircil  i 
eut  le  comté  de  Gironnepour  fon  partage,  &  fut  évêque  de  cette  ville ,  &c 
l’autre  appelle  Wifred,  fut  comte  de  Bdalu.  Les  comtez  de  Confiant  &  de 
Valefpir  k  fituezen  deçà  desPvrenées,  appar.tenoient  auifi  au  milieu  du  X;  k  N'orE 


&  liu  donna  des  biens  confiderables  avec  le  comte  Oliba  fôn  frere,  Ave 
leux  mere ,  &  Bernard  vicotnre  deCerdagrie. 

La  plupart  des  comtez  de  la  Marche  d’Efpagne,  &  quelques-uns  de  la 
Septâmanie  appartenoient  donc  en  ce  rems-là  à  Ja  maifon  de  Barcelonne. 

Celui  d'Ur^el  croit  auifi  alors  dans  cette  maifon,  &  Soniarius  oncle  paternel  du _ 

même  Sunifred,  qui  l’avoir  eu  pour  fon  parcage,  étant  déjà  mort  en  954.  .954. 

Richilde  fa  veuve  confirma  m  la  donation  qu’il  avoir  faite  à  i’abbay.e  de  la  Grade  mib,d.f.i9 si 
•de diverfes  terres  fituées  dans  les  comtez  deBezalu  &d’Aufonne.  Sooiariuseuc 
trois  fils  de  cette  comteflc,  Ermengaud  ,  Borrel  &  Miron.  Le/econd  lui  fucceda  -t-v-r. 
dans  le  comté  d’Urgel ,  &  dans  la  fuite  à  Sunifred  fon  couda  dans  .celui  de  W-wgf, 
Barcelonne ,  qu’il  .cran  finit  à  fes  defeendans.  comtc^c Nat- 

Matfred  vicomte  de  Narbonne  après  avoir  vécu  allez  long-teras  fous  la  bot,(^'c^°eth,j 
tutelle  ou  Tadmiftiflration  de  la  vicomtefiè Ricbd.d.e  h  mere,  a-y.oit  déjà  .pois  rojLou7sd'Ou* 
par  lui-même  le  gouvernement  de  fon  domaine  avant  la  mont  .de  Raimond-  mmer  fou 


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n  HÏSÏOtRË  GENERALE 

‘  ‘  "  “-*  Pons  comte  de  Touloufe  ,  comme  il  paroîc  par  un  échange  qu’il  fit  avec  cê 
An.  9  J4-  prince  ,  de  qui  il  reçut-  la  terre  de  Montlaurez^dans  la  Liyine  au  dioccfe  de 
xCMtLmm.  jsjarbonne.  Il  avoir  époufé  Adélaïde  lorlqu’il  acquit b  au  mois  de  Novembre 
f  de  la  XVII.  année  du  régné  de  Louis  d’Outremer,  ou  l’an  951.  le  lieu  de 

/'f-  Creiflc  ou  de  Creilîàn  dans  le  comté  de  Narbonne,  qu’il  vendit c  de  concert 

cPrf.ioo.  ayec  elie  iîxans  ans  après,  à  Aymeiic  archevêque  de  cette  ville. 

L’a&e  de  cette  vente  eft  daté  du  27.  Avril  de  l’an  çs»-  la  IV.  année  du  régné 
de  Lothaire  j  ce  qui  nous  fait  comprendre  que  la  Gothie  ou  Scptimanie  ne  fe 
fournit  pas  à  ce  prince  aufii-tôt  après  la  mort  du  roi  Louis  d’Outremer  fou 
f.s, Pere>  arrivée d  le  10.  de  Septembre  de  l’an  954.  Lothaire  ne  fut  en  effet 
v-Mù.adMH.  reconnu  &  couronné  en  France  que  le  11.  de  Novembre  fuivant,  malgré 
9H-1-70.  précaution  que  Louis  avoit  prile  de  l’affocicr  au  trône  de  fon  vivant.  La 
ceremonie  de  ce  couronnement  le  fit  à  faint  Rend  de  Reims,  où  Lothairé 
fut  falué  des  principaux  prélats  &feigneurs  François, Bourguignons  &  Aquitains. 

Ce  prince  fut  proprement  redevable  de  la  couronne  aux  foins  que  le  don¬ 
na  Hugues  le  Grand  de  lui  gagner  les  fuffrages  5  auifi  par  reconnoilîànce 
difpola-t-il  en  la  faveur  des  duchcz  de  Bourgogne  Sc  d’Aquitaine. 

Guillaume  Tête-d’Etoupes ,  comte  de  Poitiers ,  pourvu  de  ce  dernier  duché 
Cuerreaù  fuj.t  depuis  la  mort  de  Raymond-Pons  comte  dcTouloufe,n’étoic  nullement  dilpofé 
du  duché  d’A  à  lecederà  Hugues,  qui  de  fon  côté  réfolut  d’employer  la  force  pour  l’en  dépof. 

feder.  Celui-ci  en  attendant  accompagna  Lothaire  à  Laon  où  nos  rois  faifoient 
me  les  privile-  alors  leur  principale  réfidence  ,  &  qui  étoit  prefque  la  feule  ville  qui  leur  reliât 

fui\!c. 1  égli!e  de  Ieur  d°maine- 

u  Gotefcalc  évêque  du  Puy  s’y  rendit  au  commencement  de  l’année  Lavante* 

9  5  J-  &  s’étant  adreffé  à  Hedvige  femme  du  même  Hugues  duc  des  François ,  Sc 
irr-MS-&Itq-  tante  du  ro'  Lothaire,  il  obtint  par  fon  crédit  le  8.  de  Mars  un  diplôme* 
par  lequel  le  roi  confirme  la  donation  que  Raoul  Ion  prédcceflcur  avoit 
faite  autrefois  en  faveur  des  évêques  du  Puy ,  du  bourg  de  ce  nom  ,  &  de 
divers  droits  domaniaux.  Cette  charte  eft  la  derniere  de  celles  qui  nous 
relient,  Se  que  nos  rois  delà  féconde  race  accordèrent  en  faveur  des  églifes 
ou  des  particuliers  de  la  province.  Le  pouvoir  de  ces  princes  &L  des  premiers 
rois  de  la  troilicme  race  leurs  luccelTeurs ,  fut  depuis  fi  peu  confiderable  dans  le 
pais,  que  nous  ne  fçaurions  prouver  par  aucun  monument  qu’ils  y  ayent 
exercé  quelque  autorité  jufqu’au  régné  de  Louis  le  Jeune.  On  ne  trouve  dans 
cet  intervalle  d’autres  marques  de  leur  fouverainete  fur  la  province  ,  que  la 
date  de  leur  regne  marquée  dans  les  acles  ,  encore  eft  elle  omife  dans  un  très- 
grand  nombre.  On  peut  juger  par  là  jufqu’à  quel  point  les  grands  valliux 
portèrent  leur  indépendance  dans  cette  partie  du  royaume. 

Hugues  le  Grand  rélolu  d’obliger  Guillaume  Tête-d’Etoupes  à  lui  céder 
f rbiiiid.  le  duché  d’Aquitaine,  alTembla  {  des  troupes  *  &  pour  donner  à  fes  armes 
quelque  couleur  de  jullice,  il  engagea  le  roi  Lothaire  à  fe  mettre  à  la  tête 
de  fon  armée.  Le  roi  Se  le  duc  fe  joignirent  à  Paris  à  la  fête  de  Pâques ,  qui 
tomboit  cette  année  le  1 5. du  mois  d’Avril.  Ils  pafferent  enfuite  la  Loire-,  Se 
s’avancèrent  vers  la  ville  de  Poitiers  qu’ils  affiegerent ,  Se  que  Guillaume  avoit 
abandonnée  fur  le  bruit  de  leur  marche.  Ils  ne  purent  cependant  s’en  rendre 
maîtres,  Se  ils  furent  obligez  de  fe  retirer  après  deux  mois  de  fiege.  Guil¬ 
laume  fe  mit  alors  en  campagne  ,  Se  harcela  Lothaire  Se  Hugues  dans  leur 
retraite  :  mais  ceux-ci  s’étant  mis  en  bataille  ,  tombèrent  fi  rudement  fur  lui, 
qu’ils  le  défirent  entièrement  Se  taillèrent  preique  toute  fon  armée  en  pièces. 
Nonobftant  une  û  grande  perte  Guillaume  fe  maintint  dans  la  poffeilion  de 
g  tiiit.  Auv.  fon  duché,  Se  s’étant  rendu  en  Auvergne  au  mois  de  Juin  de  la  même  g  an- 
tf.ip.:.  nce,  il  s’accommoda  avec  les  principaux  dupais  qui  le  reconnurent  enfin 
hFW.  chnm.  p0ur  ieur  fi»|gneur  La  mort  d’Hugues  le  Grandh  fon  concurrent ,  qui  arriva 
..  l’année  fuivante ,  lui  fut  très-favorable.  Le  roi  Lothaire  donna  à  la  vérité 
9  alors  le  comté  de  Poitiers  à  Hugues  Capet  fils  de  ce  prince  *  mais  il  ne  paraît 
pas  que  ce  dernier  en  ait  jamais  joui ,  non  plus  que  du  duché  d’Aquitaine. 
Il  fit  peut-être  un  accord  là-dcfiùs  avec  Guillaume,  qui  étant  rentré  dans  les 
bonnes  grâces  du  roi ,  demeura  paiiible  poffelfeur  de  ces  digmtez  ,  Se  les  tranf- 
mit  à  fes  defeendans. 

On 


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DE  LA  K  G  ÜE  DD  0.  Liv.  X1L 

On  a  déjà  remarqué  que  ie  roi  Lothaire  fut  reconnu  plus  tard  datte  ia  pro*  An.  pf&î 
vince  que  dans  le  relie  du  royaume*  cc  qui  nous  donne  lieu  de  rapporter  lvui. 
au  commencement  de  ion  régné  un  aéte  pafl'é  dans  le  Touloufain ,  Ce  daté  a  *mi*dcCat- 
teyuint  notre  Seigneur  C.  Cet  acte  cft  un  deguerpiûemenc  fait  en  faveur  de  cartonne,  &c. 
Daniel  abbé  de  Lczat-,  en  preience  du  comte  sfrnamd ,  par  un  /ë/gneur  nom-  *  leS 
me  AmeliuSj  de  plufieurs  terres  qu’il  avoir  uiiirpées  fur  Ce  monaüere.  Ce  fc* e““c 
comte  n’eft  pas  different  d’Arnaud  comte  de  Carcaflbnne  dont  les  domaines  *  rrp.9*. 
s’etendoient  aux  environs  et  qui,  étoic  déjà  décédé  au  mois  de  Novem-. 
bre  de  l’an  9  57.  -  loi /que  la  femme  Arfinde ,  &  le  comte  Roger  ion  fils  ven-  ^notu 
dirent  d  Gilabert  refaire ,  un  alleu  qu’ils  avoient  à  Cheiram  Ce  lieu  étoic  x xn.tr.). 
fitué  dans  la  vigueric  de  Queille,  portion  du  TouJoulâin  ,  qui  comprenoit  tout 
ce  qui  compoie  aujourd’hui  la  partie  méridionale  du  diocè/ê  de  Mirepoix , 

6c  appartenoit  à  Ja  mailbn  des  comtes  de  CarcaÛbnne^  Le  château  de 

Quciiie  qui  donnoit  ion  nomi  la  viguerie  de  fon  nom,  fubûftoit  encore  au 

XI  V'.  iîecle  j  mais  il  n’en  relie  plus  aucun  velhige.  Quant  à  Giiabert,  il 

cil  ians  doute  le  même  qu’un  viraire  ou  c  viguier  de  Saifiàc  dans  le  diocèfe  c  pr.p.  1 00. 

de  Cuxcaflonne  de  ce  nom  ,  lequel  préfida  à  un  plaid  renü  du  mois  d‘ Avril 

de  l’an  9581  dans  l’églifè  de  laine  Martin  fi  tuée  au  voifinage. 

Arnaud  poflèda u  avec  le  comté  de  Carcaflonne,  ceux  de  Ralei,  de  Conu  isoisxxit 
minges  &  de  Con/êrans.  Il  laiilâ  entr’autres  trois  dis  d’Arlinde  fa  femme  y 
fçavoir  Roger ,  Eudes  ou  Odon  ,  &  Raymdnd.  Le  premier  lui  fuccedà 
dans  les  comrez  de  Carcafïbnne  &  de  Con/èrans ,  &  dans  une  partie  de  ceux 
de  Comminges  Si  de  Râlez  3  &  il  eut  outre  cela  en  partage  plufieurs  domai¬ 
nes  dans  le  Narbonnois  &  le  Toulousain.  Le  iëcorid  fut  comte  de  Ralêz,  6c 
lecroifiéme  de  Comminges.  Il  paroîr  par  divers  c  monumens  qufc  ces  Trois  e/ty  ph& 
comtes  demeurèrent  quelque  tems  depuis  la  mort  d’Arnaud  leur  pere,  iôus 
la  tutelle  &  le  gouvernement  d  Arfinde  leur  mere. 

Si  la  date  d’une  donation  •'  que  fitAymeric  archevêque  de  Narboritie  *  à  j)Je*'Dtet 
l’églife  Sc  aux  chanoines  de  laine  Paul ,  a*  mois  d’Oclobre  de  l’année  çsS.  la  époques™ ré- 
//,  du  régné  de  Zothaire ,  eit  exaéte  ,  c’clt  une  nouvelle  preuve  que  ce  prince  gacdcLochwe 
fut  reconnu  pour  roi  un  peu  tard  dans  les  provinces  méridionales  du  royau-  ^“uLCjc" 
me.  Mais  il  paroîc  d’un  autre  côté  que  lediocèlê  de  Narbonne  lui  étoic  fou -  Wcomrczd'AJ. 
mis  dès  l’an  955.  car  on  a  un  plaid  g  tenu  dans  cette  ville  par  le  même 
archevêque,  6c  la  vicomtefTe  Richilde au  mois  de  Mai  de  fan  d.cccclv.  la  g Pr.p.pj.& 
première  année  que  Lothaire  commença  à  regner.  Nous  aVons  enfin  divers  autres  A?* 
monumens  qui  ne  permettent  pas  de  douter  que  ce  prince  n’ait  été  reconnu 
peu  de  tems  après  fon  couronnement  dahs  une  grande  partie  du  Langue¬ 
doc.  Tel  elt  i9.  une  donation  h  faite  au  mois  de  Septembre  de  Ja  /èconde 
année  du  régné  de  Lothaire  à  l’abbave  de  la  Grade  ,  fondée  ,  dit-on  dahs  cet  9S'-nSl- 
aéte,  dans  le  territoire  de  Carcaffortne  &  le  Val  de  Dagne  *.  1  Un  échange  *  où  *Ia  ™UcAqbi- 
il  elt  marqué  qu’on  payeroit  cil  conféquence  un  certain  droite*  vicomte  Ber-  Trrp.yS.  & 
nard  &  a  la  vicomteffe  Gau  te.  leT 

Cette  dame  étoit  femme  k  du  même  Bernard  qui  de  fon  chef  étoit  vicomté  k  note  xxi. 
d’AIbi,  ôcavoit  fuccedé  alors  dans  cette  vicomté  à  Atort  I.  fon  pere.  Nous 
ne  doutons  pas  que  la  vicointelïe  Gauzeou  Gauciane  né  fdt  heritiere  de  celle 
de  Nifmcs.  Ainfi  fon  mari  qui  fut  le  fécond  vicomte  d’Albi  de  fon  nom, 
aura  uni  par  fon  mariage  ces  deux  vicomrez  à  fon  domaine.  IJ  eft  certain 
du  moins  qu’il  les  tranlmit  à  lès  defeendatts  qui  prirent  le  furnom  deTrinca- 
vel,  &  dont  le  pouvoir  3c  l’autorité  augmenteront  fi  conûderablement  dans 
la  fuite  ,  que  leur  mailbn  devint  la  plus  confiderable  de  toute  la  pro¬ 
vince  après  celle  des  comtes  de  Toulôulê.  Bernard  II.  vicomte  d’Albi  avoit 
alors  un  frere  appelle  Frotaire  qui  étoit  évêque  de  Cahots1,  &qui  poftèdoit  9Î7- 
encore  cet  évêché  en  9  6 1 .  Une  dame  nommée  Sertegoilde  donna  ®  en  alleu  à  Réra^ment 
ces  deux  frétés  l’an  9  y  7.  la  moitié  du  château  de  la  Tour  en  Rouergue,  de  l'érêdé  "e 
Le  roi  Lothaire  ne  fut  reconnu  dans  la  Marche  d’Elpagne  que  depuis  l’an  ^ksdansia 
95J.  fuivant  l’acte  d’érection  dé  l’évêché  de  Rota,  daté  n  du  premier  de  De-  fli'iamm™ 
timbre  de  l’an  çsj.  la  troifième  année  du  régné  de  ce  prince.  Voici  ce  qui  donna  lieu  p°,e  * 
d  cette  érection.  hTu»c.H4. 

Raymond  comte  de  Pailhas  •  &de  Ribagorça  ,  &  la  comce/Iè  Ermelïïnde 


».  « 


î  iiid.n.4. 

ni  Pr.p.çy, 


Tome  11. 


M 


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ka.  957, 


*  b  *7t. 

'e  JUlmz*  tbid. 


t  tr.p,  1 


f  M*rc.H'IP> 
p.AQU 


*  Roda* 


g  lbilp.tft- 


fa  >-4*7*  £ 


i  440.  & 
104  V. 

k^.477. 

LXl. 

koger  (.comte 
Carcaflbnne 
fbos  l'autorité 
iTArlindc  fa 
inere* 

J  Jv.ior. 

»  JW ; 


,6  Hlsî&tM  Î5ENÏHÀLË 

fa  femme ,  ayant  fait  bâtir -une  cgiilé  à  Rota,  réfolurent  d’établir  un  évê¬ 
ché  dans  cette  ville  qui  dépendoic  de  leur  domainc.Ils  eurent  pour  cela  recours 
-à  l’autorité  d’Aymeric  archevêque  de  Narbonne ,  métropolitain  de  la  Marche 
d’Efpagne  qui  féconda  leurs  delirs.  Ce  prélat  le  rendit  fur  les  lieux  avec  le* 
évêques  de  fa  province ,  &L  confacra  pour  évêque  de  Rota ,  en  prefènee  d’une 
foule  de  peuple  qui  étoit  accouru  à  cette  ceremonie  ,  Odillèndus  qu’on  dit 
fils  *  du  comte  fie  de  la  comtellè  de  Pailhas.  Il  dédia  en  même  tems  fous  l’invo¬ 
cation  de  fàint  Vincent  martyr  ,  la  nouvelle  cathédrale  que  Raymond  fie 
Ermeflînde  dotèrent  richement. 

Comme  il  eft  dit  dans  l’ade u  qui  fut  dreflc  là-deffus,  qu'il  y  avoit  tu  autre* 
fais  un  évêché  d  Rota ,  cela  fait .  croire  à  un  moderne  -  que  cet  évêché  eft  le  mê¬ 
me  que  celui  de  Pailhas ,  qui  étendoit  fa  jurifdi&ion  fur  le  comté  de  ce  nom, 
&  fur  celui  de  Ribagcrça-,  qu’il  étoit  établi  à  Rota  lorfque  le  concile  de  Fon- 
couverte  en  ordonna  la  fupprcllion  en  9 1 1 .  fie  qu’enfin  ayant  été  aboli  en 
conféqucnce  de  ce  decret,  il  fut  rétabli  dans  la  même  ville  en  957.  mais  il' 
y  a  lieu  de  douter  fi  le  decret  du  concile  de  Foncouvertc  pour  la  fûppreffion 
de  l’évêché  de  Pailhas  fut  exécuté,  puifqu’il  1  paroît  qu’Aton  frere  d’Ifàrn 
comte  de  Pailhas  le  poflcdoit  vers  l’an  945.  ainfi  que  nous  l’avons  remar¬ 
qué  ailleurs.  Nous  croyons  donc  que  l’évêché  de  Rota  eft  un  de  ces  anciens 
évêchez  d’Efpagne  qui  furent  fupprimez  après  l’invafion  des  Sarafîns  au  com¬ 
mencement  du  VIII.  fiecle  }  que  Selva  faux  évêque  d’Urgel,qui  avoit  ufurpé 
l’autorité  métropolitaine  à  la  fin  du  IX.  démembra  ,  du  confcntement  du 
comte  d’Urgel  fon  protedeur,  une  partie  de  fon  diocèfe.,  fçavoirles  comtez 
de  Pailhas  &  de  Ribagorça ,  pour  y  eriger  un  évêché  qui  prît  le  nom  de  Pail¬ 
has  j  que’cet  évêché  fubfifta  pendant  le  X.  fiecle  malgré  le  decret  du  con¬ 
cile  de  Foncouverte  qui  en  ordonnoit  la  fûppreffion  j  fie  qu’enfin  Raymond 
comte  de  Pailhas  fi e  de  Ribagorça  ayant  fait  rebâtir  la  ville  de  Rota  y  éta¬ 
blit  le  fiege  de  ce  même  évêché,  du  confcntement  d’Aymeric  archevêque  de 
Narbonne  ,  fie  des  évêques  de  la  province,  8c  en  fit  ordonner  évêque.  Odif. 
fendus  fon  fils,  après  la  mort  d’Aton  évêque  de  Pailhas. 

Il  paroît  que  ce  dernier  étoit  frere  d’Odillèndus  fie  fils  du  même  Ray¬ 
mond  comte  de  Pailhas.  C’eft  ce  que  nous  inférons  d’un  aétee  de  l’an  1007» 
par  lequel  Suniarius  comte  fie  marquis  confirme  la  donation  faite  par  .Raya 
mond  fon  ayeul,  &  Jfarn  &  s4ton  évêques  fes  oncles  paternels ,  du  monaftere 
de  Burgal  dans  le  comté  de  Pailhas  en  faveur  de  l’abbaye  de  la  G  rafle. 
Suniarius  étoit  donc  comte  de  Pailhas  fie  de  Rigaborça ,  fie  petit-fils  du  comte 
Raimond  ,  qui  en  957.  rétablit  l’évéché  de  Rota.  La  mort  de  ce  dernier  f 
arriva  en  970.  fie  Wifrcd  fon  fils ,  perc  fans  doute  de  Suniarius,  lui  fucceda 
dans  ces  deux  comtcz.  Au  refte  if  ne  faut  pas  confondre  la  ville  de  Rota  où  le 
fiege  épifcopal  de  Pailhas  fut  établi,  avec  celle  de  Rôles  *  dont  le  nom  latin  eft 
prelque  le  même ,  fie  qui  eft  fituée  vers  la  côte  de  la  Mediterranée  dans  le  dio- 
cèfe  de  Gironne,Ôe  le  comté  de  Pierre-late5il  y  avoit  dans  la  derniere  un  ancien 
monaftere  dédié  fous  l’invocation  de  la  fainte  Vierge  fie  de  faint  Pierre. La  ville 
épifcopale  de  Rota ,  étoit  fituée  dans  le  comté  de  Ribagorça  vers  les  fron¬ 
tières  d’Aragon.  Son  diocèfe  s’étendoit  entre  g  les  deux  rivières  de  Noguera 
Ribagorçana,  8 c  de  Noguera  Pailharefa,  fie  comprcnoit  les  comtez  de  Pail¬ 
has  fie  de  Ribagorça  h  ,  dont  les  évêques  prirent  indifféremment  le  titre 
dans  la  fuite.  Comme  ce  pays  avoit  fait  anciennement  partie  du  diocèfe 
d’Urgel,  les  évêques  de  cette  derniere  ville  fe  réferverent  une  efpece  d’au¬ 
torité  fur  ceux  de  Pailhas ,  fie  préfiderent  à  leur  éle&ion  le  fiege  vacant.  Les 
Surafins  s’étant  emparez  de  la  ville  de  Rota  dans  le  XI.  fiecle,  l’évêché  fut 
fupprimé  »  fie  réuni  à  celui  d’Urgel  en  1040.  il  fut  rétabli  vingt  ans  après, 
8c  le  pape  Pafchal  II.  le  transfera  à  Balbaftro  à  la  requifition  de  Pierre 
roi  d’Aragon ,  après  que  cê  prince  eut  pris  k  en  1 1  o  1  .cette  ville  fur  les  Maures. 

Nôus  avons  dit  qu’Arnaud  comte  de  Carcaflonne  laiflà  l’adminiftration  de 
fés  domaines  à  la  comtefTe  Arfinde  fa  femme.  C’eft  ce  qui  parole  i°.  par 
une  donation1  faite  en  9  5. 9  , en  faveur  de  l’abbaye  de  Montolieu,ficautorifée  par 
cette  comtellè,  fie  Roger  comte  de  Carcalfonnelôn  fils.  x°. Par  un  engagement m 
qu’elle  fit  à  des  Juifs  avec  fes  fils  les  comtes  Eudes  &  Raimond  pour  le  prix  de 


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XXII. 

Le  loi  îor  fuite 


&  E  L  Â  N  G  U  Ë  b  Ô  6.  btï.  xiï.  }ï _ 

mille  fols,  des  lieux  de  Magrian  Se  de  Cuxac  dans  le  Narbonnois  j  &  An.  9  $9. 

qu’un  particulier  racheta  depuis  du  conlèntement  de  ces  deux  comtes, 

qui  lui  donnèrent  la  baillic  ou  administration  de  cous  les  allcas  qu’ils  pol le- 

doient  dans  le  comté  de  Narbonne.  Le  même  Raymond ,  qui  eut  a  pour  a  xoYÈxx'ïf 

fon  partage  la  plus  grande  partie  du  comté  de  Comminges  *  donna  dans  la  &M- 

fuite  par  Ion  teftament  b  là  portion  deMagrian  &  de  Cuxa craquelle conjîfloit  dans  b  Prae;j. 

un  troifième ,  à  Ermengaud  archevêque  de  Narbonne  ,  Se  ce  prélat  en  difpofu. 

quelque  tems  après  en  faveur  de  Ion  églilê.  Nous  concluons  de  là  que  les 

comtes  Roger  &  Eudes  freres  de  Raymond,  poflcdoient  avec  lui  par  indivis 

les  deux  autres  tiers  de  ces  domaines.  Auflï  voyons-nous  que  les  delcendans  de 

Roger  I.  comte  de  Carcallonne  furent  Seigneurs c  d’une  partie  de  Magrian  dans  c  Prp.iid. 

le  diocèfe  de  Narbonne.  Enfin  cet  ade  peut  fervirà  fixer, à  peu  près  l’époque 

de  la  mort  de  Raymond  I.  comte  de  Comminges  ,  puifqu’Ermengaud ,  qui  lui 

Survécut,  fut  archevêque  de  Narbonne  depuis  l’an  pyy.juiques  vers  l’an  1013. 

Le  roi  Lothairq  s’affermit  peu  à  peu  fur  le  throne  ,  êeiî  étendit  fon  auto-  ^  I-XII. 
rite  fur  les  païs  fituez  en  deçà  du  Rhône  qui  étoient  anciennement  de  la  «'ônîiîidJiisW 
dépendance  du  royaume  de  Provence.  On  a  en  effet  deux  donations  !  datées  orientale 
du  régné  de  ce  prince  ,  en  faveur  de  l’abbaye  de  Saint  Chaffre  en  Velay  , 
l’une  de  l’églife  de  S.  Andeol  d’Efcolenc  dans  la  viguerie  de  Pradelles  en  Viva-  Chaffre.  Eve. 
rais,  &  l’aurre  qui  eft  de  l’an  96t.  de  l’églife  de  faint  Sauveur  de  Mâche- 
ville,  fituéedans  cette  partie  du  diocèfe  de  Valence  qui  eil  en  deçà  du  Rhô-  l0c.  r’f'l01‘ 
ne,  &  qui  dépend  du  Languedoc.  Geilin  comte  de  Valence  qui  fît  cette 
derniere  donation  avec  fa  femme  Raymote,  reconnoifîbit  par  confe quent 
alors  la  fouveraineté  de  Lothaire  i  du  moins  pour  la  partie  de  fon  comté 
Située  en  deçà  de  ce  fleuve;  Il  eft  marqué  dans  cet  acte  que  Machevilie  dépen¬ 
dit  auparavant  du  Lyonnois  ,  dn  qu'il  étoit  alors,  du  diocèfe  de  Valence ,  ce  qui 
femble  confirmer  que  toute  la  partie  de  l’ancien  royaume  de  Provence  qui 
eft  en  deçà  du  Rhône  4  étoit  foumifè  dans  ce  teins  -  là  à  l’empire  Fran- 
çois. 

\^lfald  abbé  de  faint  Chaffré  reçût  ces  donations.  lia  voit  déjà  Succédé 
i  Dalmace  dès  l’an  9  j  6.  fuivant  une  donation  e  faite  à  ce  monaftere  par  Achi-  e  M*b.  adanri. 
deus  évêque  de  Die,  la  XX.  année  du  régné  de  Conrad  le  Pacifique.  Ce 
prince  confirma  par  une  charte  f  l’.iobaye  de  fiint  Chaffre,  du  confèn rement  fiM. 
du  comte  Geilin  de  de  l’évêque  Aymon,  dans  la  pollèlîïon  des  terres  que  le  fr’ 
même  Achideus  évêque  de  Die,  Se  les  comtes  Odilon  Se  Geilin  lui  a  voient 
données,  tant  dans  le  païs  de  Die  ,  que  dans  celui  de  Valence.  Le  dernier  de  pi- 
ces  deux  comtes  l’étoit  du  Valcntinois  5  l’autre  l’étoit  probablement  de  Die. 

Quantà  Aymonil  étoitévêquede  Valence  Sc  chancelier  de  Conrad.\\^lfald  g,  %  G*u-  thr. 
étant  abbe  de  faint  Chaffre,  fit  conftruire  une  nouvelle  églifë  où  il  transféra  y^*'7**'  ^ 
le  corps  de  ce  faint ,  Se  celui  de  faint  Eudes  premiers  abbez  de  ce  mona¬ 
ftere.  11  parvint  àl’évêché  de  Die  vers  l’an  974.de  garda  neanmoins  fon  abbaye 
qu’il  fit  gouverner  par  des  doyens. 

C’cft  ainfi  que  Bernard  évêque  de  Beziers  poflèdoit  en  même  tems  l’abbaye  960. 
d’Aniane,  le  premier  de  Maih  delà  VI.  année  du  régné  de  Lothaire,  ou  de  *»  *rchiv.  i* 
l’an  960.ee  qui  prouve  que  l’union  de  ce  monaftere  à  l’archevêché  d'Arles, 
faite  par  l’autorité  des  rois  de  Provence ,  &  dont  on  a  parlé  ailleurs  ne  fub-  p  fi&M. 
fifta pas long-tems.  Ce  prélat' avoit  fucccdé  à  Rodoalde  dans  l’évêché  de 
Bczier s  dès  la  III.  année  du  régné  du  même  prince. 

Le  régné  de  Lothaire  eft  encore  marqué  dans  une  charte  qui  regarde  au- 
tant  la  Provence  que  le  Languedoc.  C’eft  une  donation  que  Berthe,  niece  de  Raymond* 
d’Hugues  roi  d’Italie,  &  femme  de  Raymond  I.  comte  de Rouergue&mar-  L  c0,*tc  de. 
quis  de  Gothie,  fit  le  26.  de  Février  delà  VI. k  année  du  régné  de  ce  prince ,  ou  de  jj^edetab- 
l’an  96o.àl’abbaye  de  Montmajour  auprès  d’Arles,qui  étoit  fondée  depuispeu  :  baye  de  Moue- 
elle  lui  donna  divers  alleus  fituez,  partie  dans  le  royaume  de  Gothie ,  Se  dans  le  ^erpioi  <j> 
comté  de  Subftancion,  partie  dans  le  royaume  de  Provence ,  Scies  comrezde  &[eq. 

Fréjus ,  de  Riez,  Gap,  Vaifon,  Apt,  Orange,  fâint  Paul  Trois-châteaux  Se 
Pie, dont  elle  avoit  hérité  fuivant  les  loix ,  du  roi  Hugues  fon  oncle.  Elle  Et  Ritf  difp.t 
cette  donation  pour  fon  ame  ,  pour  Raymond  fon  fcigncur ,  c’eft-à-dire  fon 
mari, &  pour  Raymond  fon  fils. 

Tome  II.  AI  ij 


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_ _ HISTOIRE  GENERALE 

An.  960.  Nous  apprenons  d’ailleurs  que  Raymond  comte  de  Rouerguc  mari  de 
l  x  1  v.  cette  princelfe,  vivoit  encore  en  960.,  car  il  n’eft  pas  a  différent  du  comte 
^'c^oci^par  Raymond  qui  le  13.  de  Juillet  de  cette  année  tint  un  plaid  dans  l’églife  de 
«c comte.  faint  Sernin  en  Querci,  pais  qu’il  poifedoit  par  indivis  avec  Guillaume  Tail- 
viu  »!  Nr)TE  ^cr  comte  de  Touloufe  ion  coufin.  Suivant  cet  aéfe  b  deux  feigneurs  ne  pou- 
bèrf.il 3.  vant  s’accorder  fur  la  polfeffion  d’une  églife,  &  de  quelques  autres  biens,  eu¬ 

rent  recours  au  tribunal  du  comte  Raymond  qui  tcnoit  alors  fes  afîifes ,  &c 
qui  leur  permit  de  vuider  leur  querelle  par  un  combat  fingulier  ,  afin  que 
JDieu  fift  connaître  de  quel  coté  ètoit  le  bon  droit.  Chacun  ayant  choifi  fbn  tenant , 
6c  les  deux  champions  étant  entrez  en  lice  d  la  deuxième  heure  du  jour ,  ils 
combattirent  jufqu’au  foleil  couché  ,  fans  que  l’un  ou  l’autre  eut  l’avan¬ 
tage.  Le  comte  du  confentement  des  parties  adjugea  alors  le  domaine  concerté 
à  l’abbaye  de  Beaulieu  dans  le  bas  Limoufin,  à  laquelle  il  avoir  appartenu 
auparavant. 

t  Note ilid.  eft  parlé  du  meme  comte  Raymond'  ,  6c  du  comte  Hugues,  qui  à  ce 
qu’il  paroît  étoit  fon  frere  ,  dans  l’aétc  de  fondation  d  faite  à  peu  près  vers 
fa.  ’  ce  tems-là  du  monaftere  de  Fons  en  Querci,  dont  ces  deux  comtes  pollc- 
doient  le  domaine ,  du  moins  en  partie ,  luivant  le  même  acte. 

LXV.  Enfin  c’eft  de  Raymond  1.  du  nom  comte  de  Rouergue ,  dont  il  s’agit  c  dans 
Tournent  teftament  f  que  fit  Hugues  évêque  de  Touloufe  vers  l’an  960.  8c  dans 

d'Hugues  eve-  .  ,  ®  ,  Ai  r  •  • 

que  de  Tou-  lequel  il  le  nomme  ,  avec  Hugues  fils  de  ce  prince  ,  pour  les  principaux  exe- 
îoufe.  cuteurs  teftamentaires.  Ce  prélat  qui  étoit  d’une  nailfance  très-diltinguée  , 
' £0TE  X,X'  poifedoit  des  biens  confiderables  dont  il  dilpofa  en  partie  en  faveur  de  fon 
fPr.p.104.61  èglife  cathédrale,  des  monaftercs  de  faint  Sernin,  de  la  Daurade  &  de  Lezat 
f‘,î'  dans  fondiocèfe,  6c  des  pauvres.  Il  donna  le  château  de  Sailfac  dans  celui  de 

Carcalfonne  à  Roger  comte  de  cette  ville ,  6c  à  Arfinde  fa  mere  ,  ôc  fit  d’au¬ 
tres  legs  au  premier.  Comme  la  plupart  de  fes  terres  étoient  fituées  dans  la 
partie  méridionale  du  diocèfe  de  Touloufe,  qui  dépendoit  alors  du  domaine 
des  comtes  de  Carcaflonne ,  cela  nous  donne  lieu  de  croire  qu’il  étoit  parent 
du  même  Roger.  11  donna  entr’autres  à  fa  cathédrale  le  lieu  de  faintesPuel- 
les  dans  le  Lauraguais  5  au  comte  Raymond  celui  de  Mazeres ,  aujourd’hui 
une  des  principales  villes  du  comté  de  Foix  -,  à  Bernard  évêque  ,  que  nous 
gGiii.chr.nov.  croyons  être  le  même  que  Bernard  évêque  de  Conferans  qui  vivoit  alors?, 
avec  lequel  il  étoit  fort  lié,  l’alleu  de  faint  Marcel  qu’il fubftitue  à l’églife 
de  fainte  Marie  F  abricata ,  ou  de  la  Daurade. 

Hugues  évêque  de  Touloufe  poifedoit  aulfi  les  lieux  de  fainte  Gabelle  8c  de 
Merenx,  qui  lont  aujourd’hui  deux  petites  villes,  dont  la  dernière  eft  chef 
d’une  châtellenie  du  comté  de  Foix  -,  8:  l’autre,  fituée  dans  lcdioccfe  de  Mire- 
poix  fur  la  riviere  d’Ariege  vers  les  frontières  du  même  comté,  dépend  du 
Lauragais,  6c  a  pris  fon  nom  d’une  fainte  dont  on  y  conferve  les  reliques, 
mais  lur  laquelle  on  n’a  rien  de  certain.  Il  eft  fait  mention  de  cette  lainte 
hc«ieLi mm.  dans  un  adch  fans  date,  par  lequel  le  même  Hugues  évêque  de  Touloufe 
7*  donne  à  un  de  fes  clercs  appellé  Loup  ,  l’églife  de  fainte  Marie ,  où  le  corps 
iiW.p.8 de  fainte  Gabelle  ètoit  inhumé  ,  avec  quelques  autres  égliles  voifines  fituées 
dm»  ^ans  leTouloufain ,  &  h  minifieri.it  ou  diftrid  de  fainte  Gabelle.  Loup  ne 
,7i*n*9*"  ’  devoit  jouir  de  ces  églifes  que  pendant  fa  vie,  6c  Hugues  les  fubfticua 
tr.p .  us.  apr'cs  fa  mort  à  la  cathédrale  de  Touloufe.  Ce  prélat  fit  bâtir  un  château 
le  note  xix.  ^  fajnte  Gabelle,  qUi  a  donné  l’origine  à  la  petite  ville  de  ce  nom  ;  quant 
LXVl.  à  Loup  ,  il  fut  d’abord  ‘archidiacre  ,  6e  enfuite  Primicier  ,  ou  prévôt  de  la 
cathédrale  de  Touloufe ,  6c  fit  des  biens  confidcrables  à  l’abbaye  de  faint 
1!  comte  de  Michel  de  Cuxa  dans  le  Roulfdlon.  Hugues  évêque  de  Touloufe  ,  avec 
l’agrément  duquel  il  fit  cette  donation  ,  occupa  k  fon  fiege  depuis  l’an  917. 
GoAie!  Eten-  juiqu’en  971.  8c  furvècut  à  Raymond  I.  comte  de  Rouergue  êc  marquis  de 
duc  de  Coodo.  Gothie, qu’il avoit  nommé  pour  l’un  de  fes  principaux  exécuteurs  teftamentaires. 
TV.  note  Nous  avons  un  teftament  ou  codicille  que  ce  prince  fit 1  vers  le  commen- 
vw.  n.\o.&  cernent  de  l’an  961.  6c  qui  eft  un  égal  monument  6c  de  fa  pieté  6c  de  les 
^  richeffes.  Selon  cet  afte  m ,  qui  donne  un  grand  jour  à  notre  hiftoire ,  très- 

9^ 1  •  obfcure  dans  ce  fiecle ,  il  n’y  eut  aucune  églife  un  peu  confidcrable  ,  foit  dans 
rn^rp.io7,cr  ^  çr0vince ,  foit  dans  les  pais  voifins,  à  laquelle  Raymond  n’ait  donné 


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DE  LANGUEDOC.  L  i  v.  X 1 1.  $5 

des  marques  de  fa  libéralité  ^  ou  pour  mieux  dire  de  fa  magnificence.  Il  légua  An.  961; 
entr’aucres  pluficurs  alleus  6c  châteaux  à  chacune  de  dix-huit  cathédrales , 
prefque  toutes  foumifes  à  fa  domination  médiate  ou  immédiate  ,  ou  à  celle 
de  fa  maifon ,  6c  dans  les  diocèlès  defquelles  il  poiledoit  un  grand  nom¬ 
bre  de  terres.  Il  nomme  celle  de  fainte  Marie  de  Rodez  la  première  * 

6c  lui  fait  de  plus  grands  dons,  parce  que  le  Rouergue  étoit  fon  principal 
domaine.  Il  fait  eni'uite  des  donations  à  celles  de  faint  Privât  de  Mende  * 
fainte  Marie  du  Puy,  faint  Etienne  d’Agen ,  lainte  Cecile  d’Albi,  6c  làint 
Etienne  de  Cahors  dans  l’Aquitaine  dont  il  le  difoit  prince  ;  à  celles  des 
faints  Juif  6c  Paltcur  de  Narbonne  ,  d’Ufez  ,  de  Viviers,  de  N  finies ,  de 
Lodeve ,  de  faint  Pierre  de  Maguelonne,  Agde,  Beziers  6c  Elne  dans  la  Septi- 
manie  ou  Gothie  dont  il  poiledoit  le  marquilàt  ou  principauté  avec  le  comte 
de  Touloufe  fon  coufin  ,  6c  enfin  à  celles  de  faint  Etienne  de  Touloule,de 
faint  Nazaire  de  CarcalTonnc,  6c  de  faint  Félix  de  Gironne. 

Raymond  légua  aulfi  divers  domaines  à  plus  de  cinquante  autres  eglifes  i 
mais  furtout  à  celles  de  Rouergue  6c  de  Querci  qu’il  nomme  les  premières} 
lavoir  aux  abbayes  ou  mon  altères  de  Conques,  faint  Amand  de  Rodez, 
faint  Sauveur  de  Vabres,  faint  Antonin  ,  N  ant ,  6c  làint  Saturnin  auprès  de 
Rodez  en  Rouergue  }  de  Figcac  ,  laine  Pierre  de  Marlillac ,  làint  Audard  , 
aujourd’hui  Montauban,  faint  Pierre  de  Moilïàc,  6c  fainte  Marie  de  Souillac 
dans  le  Qucrci  }  de  faint  Pierre  de  Beaulieu  dans  le  bas  Limoufin  5  de 
faint  Pierre  ôc  faint  Gcraud  d’Aurillac,  ôc  de  faint  Julien  de  Brioude  en  Au¬ 
vergne  •,  de  laint  Baufile ,  de  faint  Gilles  ,  6c  de  laint  Julien  de  Pfalmodi 
dans  Je  diocèfe  de  Nifmes  5  de  faint  Sauveur  d’Aniane  dans  celui  de  Mague¬ 
lonne}  de  faint  Tiberi  dans  celui  d’Agde  }  de  Joncelsau  diocèfe  de  Beziers  3 
de  faint  Chignan,  de  faint  Pons  de  Tomieres ,  laint  Pierre  de  Caunes ,  6c  de 
laint  Paul  dans  celui  de  Narbonne  }  de  faint  Pierre  de  Rofes  dans  celui  de 
Gironne,  de  fainte  Marie  de  la  Grade,  ôc  de  faint  Jean  de  Vallcguier , au¬ 
jourd’hui  Montolicu ,  dans  le  diocèfe  de  Carcallonne  }  de  faint  Benoît  ôc 
làint  Vincent  de  Callres  ,  de  faint  Michel  de  Gaillac  ,  faint  Eugcne  de  Vioux, 

6c  faint  Salvi  d’Albi  en  Albigeois  }  de  faint  Scrnin ,  de  làinte  Marie  Fabri- 
cata ,  aujourd’hui  la  Daurade  dans  la  ville  de  Touloufe  }  de  Notre-Dame 
de  Soreze,  faint  Voluficn  de  Foix,  faint  Antonin  de  Fredelas  aujourd’hui 
Pamiers ,  6c  de  faint  Pierre  de  Lezat  dans  le  Touloufain  }  de  faint  Pierre 
de  Condom  -,  d’Eiilès  6c  de  faint  Capraife  d’Agen  en  Agenois }  6c  enfin  de  faint 
Orens  d’Auch.  Il  fit  des  legs  outre  cela  à  divcrfcségliles,entr’autrcsà  celles  de 
Quarante  dans  le  diocélc  de  Narbonne  ,  de  fainte  Martiane  d’Albi  ,  de 
laint  Pierre  ôc  faint  Gcraud  de  Cairag  en  Qucrci ,  ôcc.  mais  nous  ignorons 
fi  ces  dernières  avoient  alors  titre  d’abbaye,  ou  fi  elles  étoient  des  monafteres 
comme  les  précédentes. 

Nous  avons  parlé  ailleurs  de  l’origine  de  la  plupart  de  ces  abbayes  qui  font  LXVII. 
fituées  dans  la  province  5  nous  remarquerons  ici  feulement  qu’il  paroît  que  i-^^de  s! 
celle  de  S.  Antonin  de  Fredelas,  aujourd’hui  Pamiers ,  étoit  alors  fondée  depuis  Antonio  de  * 
peu  ,  &  qu’elle  fut  redevable  de  la  fondation  ou  à  Arnaud,  ou  à  Roger  I.  pa‘j^ou<i* 
îbn  fils  comtes  de  Carcallonne,  dans  le  domaine  defquels  elle  étoit  fituée  :  mc 
c’eft  du  moins  le  plus  ancien  monument  que  nous  en  ayons.  Elle  a  donné  la 
nailTance  à  la  ville  de  Pamiers  ,  6c  fut  érigée  en  évêché  fur  la  fin  du 
XIII.  fiecle  par  le  pape  Boniface  VIII.  qui  démembra  ce  nouveau  diocèfe  de 
celui  deTouloulc. 

Raymond  exerça  aufîî  fa  libéralité  envers  fes  proches.  Il  légua  à  Ber-  Lxvtir. 
the3  la  femme  un  grand  nombre  de  châteaux,  6c  d' alleus  ou  de  fiefs  qu’il  fubfli-  Parcns  de 
tue  pour  la  plupart  après  la  mort  de  cette  princelfe  à  diverfes  églifes.  Il  lui  dornTfai** 
donne  entr’autres  les  alleus  qu’il  avoit  dans  le  diocèfe  de  Nifmes  ,  6c  qu’il  mention  dan» 
fubllitue  après  fon  décès  à  la  cathédrale  de  cette  ville ,  6c  aux  abbayes  de  r°n  tclla™cnc' 
faint  Baufile  6c  de  faint  Gilles  }  nous  ferons  bientôt  ufage  de  cette  remar-  vm.  ».  10.  & 
que.  Il  fait  mention  de  cette  princeflè  dans  fejpt  ï  huit  autres  endroits  de  /'??• 
mnteftament,  dans  lefquels  il  lui  donne  diverles  terres  ;  en  particulier  cel¬ 
les  deLoupian  6c  de  Balaruc  dans  le  Languedoc  ,  pour  en  jouir  ,  foit  elle 
feule,  foit  conjointement  avec  Raymond  leur  fils.  Il  donne  de  plus  d  ce  der» 


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_ _ <n  HISTOIRE  GENERALE 

A  n.  9-<5i  nier  Lcpc  châteaux ,  dû  nombre  *defquds  font  Graulhec  &  Moneftier  èh 
Albigeois ,  qu’il  fubftitue  à  lès  plus  proches  ,  en  cas  que  le  meme  Raymond 
fon  fils  tînt  à  déceder  ab  intefiat.  Il  donne  encore  à  ce  dernier ,  &  à  Hu^ 
gués  fon  autre  fils  -,  le  château  de  Braflàc  en  Albigeois  s  deux  autres  châteaux* 
&  plufieurs  alleus  dont  il  leur  lailTe  la  jouiflànce  en  commun  pendant  leur 
vie  *  il  légué  en  particulier  à  Hugues  deux  alleus  en  Querci ,  le  château  de 
Parifot  en  Albigeois  »  &  divers  autres  biens  *  pour  en  jouir  conjointement 
avec  Ton  frere  Ermengaud  5  ce  qui  prouve  que  Raymond  I.  comte  de  Rouer¬ 
gue  eut  trois  fils  de  la  princeffe  Berthe  là  femme  ,  Raymond ,  Hugues  & 
Ermengaud,  Il  fait  auffi  mention  en  general  de  quelques  fils  naturels  qu’il 
avoiteus  de  la  fille  d’Odoin  ;  illeur  légué  le  château  d’Albin  en  Rouerge,  avec 
cinq  alleus  dans  ce  pais,  qu’il  fubftitue  après  leur  mort  à  fa  fille  naturelle 
leur  fœur, 

Raymond  fait  mention  dans  fon  teflament  de  fàsfreres, d'Hugues  fim  neveu, 
à  qui  il  légué  yoo  fols  &  plufieurs  alleus  *  &  de  Raymond  frere  dece  dernier: 
ces  deux  neveux  du  comte  Raymond  étoient  fils, fans  doute ,  du  comte  Hugues 
fon  frere.  Il  dit  un  mot  par  occafion  du  comte  Guillaume  [on  coufin  ,  duquel 
il  avoit  acquis  divers  alleus  dans  le  Rouergue  ,  dont  il  difpofa  en  faveur 
de  la  cathédrale  de  Rodez  ,  &  des  monafteres  de  fàint  Amand  &  de  faint 


a  V.  NotE 

Püln.ii. 


LXIX. 
Suite  du  tc(U- 
hient  de  Ray- 
mond.  Ademar 
vicomte  de 
Youloufc  fon 
exécuteur  tc- 
(lamcntairc. 

b  NOTEibid. 

».U. 

c  Spicil.tOJ- 


Saturnin  de  la  même  ville.  On  prétend  -1  que  ce  comte  Guillaume  eft  le 
même  que  Guillaume  II.  duc  d’Aquitaine,  &  neveu  de  Guillaume  le  Pieux* 
mort  en  9  2  6.  mais  les  teins  ne  fijauroient  convenir.  Le  comte  Raymond 
mari  de  Berthe  qui  fit  le  teftament  dont  nous  parlons ,  étoit  encore  très^ 
jeune  en  926.  &c  il  ne  fucceda  que  dix  ans  après  à  Ermengaud  fon  pere; 
On  n’a  d’ailleurs  aucune  preuve  que  Guillaume  II.  duc  d’Aquitaine  ait  rien 
polîèdé  en  Rouergue.  C’eft  donc  de  Guillaume  Taillefer  comte  deTouloufè 
dont  il  s’agit  ici ,  &  ce  prince  étoit  en  effet  coufin  de  Raymond  I.  comte  de 
Rouergue.  Il  eft  vrai  qu’il  devoit  être  alors  allez  jeune  ,  mais  comme  il  avoit 
fuccedé  depuis  plus  de  dix  ans  aux  états  de  Raymond-Pons  fon  pere,  fous  l’ad- 
miniftration  de  Garfindc  ,  famere  ,  il  pouvoir  avoir  aliéné  quelques  terres  du 
Rouergue,  ancien  patrimoine  de  fa  famille. 

Le  comte  Raymond  fit  plufieurs  autres  legs ,  en  particulier  à  Deufdit  évêque 
de  Rodez  b,  à  Bernard  évêque  d’Albi,  &  à  Frotaire  évêque  de  Cahors  3  à 
Pons  abbé  de  faint  Amand  de  Rodez  ,  à  Gaulberc  abbé  de  Moilîàc,  &  à 
Ermengaud  abbé  de  Caftres ,  avec  fubftitution  après  leur  mort  en  faveur  de 
leurs  monafteres.  Le  dernier  abbé  avoit  fuccedé  à  Durand c  qui  vivoit  .en 
9  y  j. Celui-ci  avoit  réfuté  un  heretique  nommé  Wlfald,  qui  enièignoit  que 
l’ame  perifibit  avec  le  corps.  Quant  à  l’abbaye  de  fàint  Amand  de  Rodez , 
ce  n’eft  plus  aujourd’hui  qu’un  prieuré  conventuel  dépendant  de  fàint  Vi&or 
de  Marfeillc. 


*  Fidclcs.  Entre  les  vaffaux *  du  comte  Raymond  ,  &  divers  feigneurs  à  qui  il  fit 
des  legs,  on  peut  remarquer  Guillaume-Garcias ,  le  même,  à  ce  que  croit  un 
A  sut.  dipi.  habile  critique11,  que  le  comte  de  Fezenfac  de  ce  nom  qui  vivoit  dans  ce 
ficelé  3  conjecture  d’autant  plus  vraifemblablc  que  le  comte  Raymond  fub¬ 
ftitue  les  deux  alleus  qu’il  donne  à  Guillaume-Garcias ,  aux  monafteres  de 
faint  Pierre  de  Condoni,  &  de  faint  Orens  d’Auch.  Il  légué  auffi  quelques 
domaines  à  Roger  fils  d’Arnaud  comte  de  Carcaffonne,  &  non  pas  de  Foix  , 
tuifUbid.  comme  c  on  l’a  cru,  car  il  n’y  avoit  pas  encore  alors  de  comtes  de  Foix:  ce 

fiais  étoit  cependant  du  domaine  du  même  Roger,  à  qui  Raymond  donna 
'alleu  de  Carlat  * ,  aujourd’hui  petite  ville  du  diocèfc  de  Pamiers,  pour  en 
jouir  pendant  fa  vie ,  avec  fubftitution  après  fa  mort  ,  en  faveur  de  l’abbaye 
de  fàint  Antoninde  Fredelas. 


Raymond  fait  mention  de  trois  vicomtes,  fçavoir  de  Raynaud  vicomte  de 
Beziers  qui  teno.t  de  lui  un  allen  en  fief ;  d’ Arnelius  vicomte  de  Carcaffonne ,  qui, 
à  ce  qu’il  paroît,  étoit  alors  déjà  décédé,  &  dc«qui  il  déclare  avoir  acquis 
divers  alleus  dans  le  Narbonnois  &  le  Carcafl'ez  3  &  d' Ademar  vicomte  de 


Touloufe.  Il  donne  à  ce  dernier  quatre  alleus  avec  leurs  églifes ,  &  le  nom¬ 
me,  pour  être  l’un  de  fes  exécuteurs  teftamentaires.  De  ces  quatre  alleus  il 
en  fubftitue  un  au  premier  enfant  mâle  qu’auroit  ce  vicomte  ,  qui  par  con- 


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b  È  L  À  N  G  Ü  E  I)  0  fc.  Liv.  xik.  ^  -- — — 

féquent  n’en  avoir  alors  aucun  j  deux  au  monaftere  de  laine  Antonin  en  An.  961. 
Rouergue  ,  8c  non  pas  de  Pamiers ,  comme  l’a  crû  le  pere  Mabillon3*  8c  à  a  viftjHd- 
l’abbaye  de  laine  Audard  ,  qui  eft  aujourd’hui  la  cathédrale  de  Montauban  ; 
il  fubfticue  le  quatrième  à  l’eglilè  de  Cairag  en  Querci.  il  paroît  par 
là  que  ces  terres  étoient  fituées  dans  ce  pais ,  8c  par  conféquent  à  la  bien- 
féance  d’Ademar.  Aufli  ce  leigneur  ,  &  les  autres  vicomtes  de  Touloulè  Tes  , . . 
fucceflèurs ,  avoient-ils  leur  principal  domaine  b  dans  ce  pats  j  ce  qui  leur  fit 
(ans  doute  prendre  dans  la  fuite  le  titre  de  vicomtes  de  Bruniquel  8c  de  Mon., 
clar,  châteaux  du  Querci  fituez  vers  les  frontières  de  l’Albigeois  8c  du  Tou« 
louiàin.  On  a  déjà  remarqué  ailleurs  <|u’Ademar  ou  Aymar  avoir  fuccedé 
dans  la  vicomté  deTouloufe  à  Aton  qui  vivoit  en  940. 

C’cft  peut-être  de  ce  dernier  dont  le  comte  Raymond  veut  parler  dans 
l’endroit  de  Ion  teftament  %  où  il  legue  aux  égliles  de  Gironne  8c  d’Elne*  cPrp.ica. 
8c  à  l’abbaye  de  laine  Pierre  de  Rôles ,  C  alleu  de  Perpignan  qu'il  avoit  acquis 
d’ Aton  )  car  c’eft  fins  aucun  fondement  qu’on  prétend  "que  celui-ci  croit  d 
comte  de  Roufiillon  :  on  n’en  trouve  aucun  de  ce  nom  dans  le  X.  fiecle  ^  p.n%. 


leur  fuccellion  eft  d’ailleurs  allez  connue.  On  pourroit  croire  aulli  qu'il 
s’agit  dans  cet  endroit  d’Aton  vicomte  d’Albi8cde  Nifmes,  dont  on  a  déjà 
parle.  Quoiqu’il  en  foit ,  il  s’enfuit  de  li  que  la  ville  de  Perpignan  ,  aujour¬ 
d’hui  la  capitale  du  Roulfillon  ,  appartenoit  à  Raymond  ï.  comte  de  Rouer¬ 
gue  8c  marquis  de  Gothie.  C’eft  un  des  plus  anciens  monumens  où  il  foit 
parlé  de  cette  ville ,  -  connue  à  ce  que  l’on  croit e  du  tems  des  Romains ,  fous 
le  nom  d e  Flavius  Piufus ,  8c  fous  celui  de  Perpignan  feulement  depuis  le  X. 
fiecle. 


c  K  Mmtc.U Ifr. 
f .**. 


Nous  ne  pourrions  donner  que  des  conjectures  fort  incertaines  fur  les  au¬ 
tres  vaflaux  du  comte  Raymond ,  8c  divers  feigneurs  à  qui  il  fait  des  legs 
dans  fon  teftament.  Nous  nous  contenterons  d’obferver  qu’il  donne  la  part 
qu’il  avoit  au  château  de  Gourdon  dans  le  Gourdonnois  en  Querci,  à  Aymeric,à 
Ion  fils  Geraud,  8c  aux  fils  de  celui-ci ,  à  condition  que  le  dernier  lurvivanc 
d’entr’eux  donneroit  500  fols  à  Hugues  fon  neveu,  fi  Raymond  de  qui  ils 
dévoient  tenir  ce  domaine  en  fief,  8c  qui  eft  fans  doute  le  même  que  fon 
fils  aîné ,  venoit  à  déceder.  On  voit  ici  l’origine  des  anciens  feigneurs  de 
Gourdon  en  Querci ,  terre  confidcrable  qui  a  aujourd’hui  titre  de  marquait. 

Le  comte  Raymond  nomme  pour  lès  autres  exécuteurs  teftamentaires  Ber¬ 
nard  8c  Raymond  fils  d’Humbert,  avec  leur  mere,  8c  il  leur  donne  divers 
biens ,  ce  qui  femble  marquer  qu’ils  ctoient  fes  parens.  Le  premier  eft  fans 
doute  le  même  que  Bernard  mari  d’Adelaïde,  dont  le  comte  fait  plus  d’une 
fois  mention  dans  fon  teftament ,  à  qui  il  legue  ou  fubftitue  plufieurs  terres 
dans  l’Albigeois ,  le  Querci  8c  le  Rouergue,  8c  qui  n’avoit  pas  alors  d’enfans. 

Enfin  ce  comte  ordonne  à  fes  exécuteurs  teftamentaires  de  diftribuer  tous  fes 
biens  meubles  aux  pauvres  8c  aux  égliles.  Telles  furent  les  dernieres  difpofi. 
tions  de  Raymond  I.  du  nom  ,  comte  de  Rouergue,  prince  d’Aquitaine  8c 
hiarquis  de  Gothie ,  qu’on  a  jufqu’à  prefent  1  confondu  avec  Raymond-Pons  f  v.  Nois 
comte  deTouloufe  fon  coufin  )  faute  dans  laquelle  on  eft  tombé  d'autant  VÜL 
plus  aifément ,  qu’outre  que  les  monumens  de  ce  fiecle  font  également  rares 
8c  obfcurs,  ces  deux  princes  polfedoient  par  indivis  le  marquifat  de  Gothie, 

&  la  plupart  des  autres  domaines  de  leur  maifon.  Au  refte  quoique  nous 
ayons  donné  le  nom  de  teftament  à  l’acte  dont  nous  venons  de  faire  le  dé¬ 
taille  n’eft  toutefois  proprement  qu’un  codicile  j  car  le  comte  Raymond 
h’y  fait  gueres  que  des  legs  pieux ,  8c  ne  dit  rien  de  fes  comtcz  8c  de  fes  au¬ 
tres  biens  patrimoniaux  qu’il  tranfmic  certainement  à  fes  defeendans,  donc 
il  ne  parle  dans  cet  acte  qu’en  paftant  8c  par  occafion  :  ainfiil  aura  fait  fans  lxj. 
doute  un  teftament  anterieur  qui  nous  manque.  Mort  dc  Ra},; 

Ce  prince  étoit  déjà  décédé  le  7.  de  Septembre  de  l’an  961.  C’eft  ce  qui  pa-  dl Roucrg°™£ 
roît  par  Une  donations  que  la  comtejTe  Berthe  &  le  comte  Raymond  fon  fils  firent  l"arSu's  deGo- 
le  même  jour  à  l’églife  cathédrale  de  Nifmes,  des  lieux  d’Aymargues  8c  de  Raymin0?!!.1* 
Tillan  dans  le  comté  de  cette  ville  vers  la  côte  de  la  mer ,  dont  ellefe  réferva 
l’ufufruit:  or  on  a  déjà  remarqué  que  le  comte  Raymond  L  fon  mari  >  dif- 


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À'N.  96I. 


bï.NOTEVni 

Clbii. 

Lxxi. 

La  comieflc 
Bcrthc  &  le 
comte  Ray¬ 
mond  Ton  fils 
bienfaiteurs  de 
la  cathédrale 
de  Nifmes. 

*  Inclitus  co¬ 
rnes. 

dPr  .Ub& 

fil -«f;.  r 

**  Ad  iplam 
fotiflMiem  de 
Nemaufo. 

eVtüutânii 

tfif  , 

iïr.pAiy& 

H 


LXXII. 
Prifede  la  ville 
de  Vienne  par 
Conrad  le  Pa¬ 
cifique  fur  le 
roi  Lothairc. 


g  Trodubron . 
f.  tfxi. 


963. 

b  Mab.  sdurm. 


HISTOIRE  GENERALE 

pofa  en  fa  faveur,  8c  de  leur  fils  Raymond, des  alleus  du  diocèle  de  Nifmes, pour 
en  jouir  leur  vie  durant ,  avec  fubftitutionen  faveur  de  la  cathédrale  de  cetté 
ville.  La  donation  de  Berthe  eft  donc  une  execution  du  teftament  de  fon 
toiari ,  qui  par  conféquent  devoir  être  alors  déjà  décédé  ,  aufii  n’en  parle- 
t-elle  pas  dans  fa  donation.  Quant  aux  circonftances  de  la  mort ,  nous  ap* 
prenons  d’un  ancien  auteur  a ,  qu’il  fut  allàlïïné  fur  le  chemin  de  faint  Jac¬ 
ques  en  Galice  où  il  avoir  entrepris  un  pellerinage.  Le  peu  de  monumens 
qui  nous  relient  de  ce  prince  ,  ne  nous  permettent  pas  de  décider  ici ,  fi  là 
perfonne  6c  fes  mœurs  furent  aufiî  méprifables  que  Luitprand  le  veut  faire 
entendre.  Ce  qu’il  y  a  de  certain  c’eft  qu’il  donna  diverfes  marques  de  pieté 
&  de  religion  ,  foit  dans  fa  derniere  dilpofition  ,  foit  dans  les  voyages  >  de 
dévotion  qu’il  entreprit  à  Rome  6c  à  faint  Jacques  en  Galice.  Nous  avons 
déjà  parlé  de  fes  enfans  légitimés  6c  naturels. 

Raymond  Il.fonfiis  aîné, du  nombre  des  premiers, lui  fucceda  à  l’âge  d’enviroü 
douze  à  treize  ans,  fous  l’autorité  de  Berthe  la  mere,  dans  le  comté  de 
Rouergue,  6c  dans  une  moitié  du  marquilàt  de  Gothieôc  descomtez  d’Albi- 

Î;eois  6c  de  Querci  qu’il  pofleda  comme  ion  pere  ,  conjointement  avec  GuiL 
aume  Taillefer  comte  de  Touloulè  fon  coufin  j  enforte  qu’on  vit  alors  deux 
princellès  gouverner  au  nom  de  leurs  fils,  tous  les  états  de  la  maifon  de 
Touloufe ,  fçavoir  Garfinde  mere  de  ce  dernier  ,  8c  Berthe  mere  de  Ray¬ 
mond  II.  comte  de  Rouergue.  La  qualité  de  comte  que  prend  Hugues  frere 
de  ce  dernier ,  nous  fait  comprendre  >  qu’il  eut  quelque  comté  en  partage. 
On  ignore  fi  Ermcngaud  leur  frere  prit  aulïi  la  même  qualité  :  il  paroît 
que  ces  princes c  eurent  un  quatrième  frere  nomme  Pons. 

Berthe  furvêcut  long-tems  au  comte  fon  mari.  Elle  le  qualifie  en  divers 
aftes  ,  Berthe  d’un  nom  illujire  humble  comtejfe  par  la  grâce  de  Dieu  >  8c  fon 
fils  Raymond  comte  illujire  *  dans  la  donation  qu’ils  firent  le  7.  Septem¬ 
bre  la  y 1  II.  année  de  Lothaire ,  ou  l’an  961.  à  la  cathédrale  de  Nifmes.  Elle 
ordonne  par  cet  acte,  fuppofé  que  fes  proches  vinflent  à  dépouiller  l’cglilè 
de  Nifmes.  des  biens  qu’elle  lui  donne,  que  ces  domaines  appartiendront 
dès-lors  au  podejlat**  de  cette  ville.  Il  s’enfuit  ce  femble  de  ces  termes, 
que  Nifmes  jouilfoit  alors  de  fon  ancienne  liberté,  6c  que  cette  ville  étoit 
gouvernée  par  des  magiftrats  municipaux ,  car  le  mot  potejlas  lignifie  ici  ap- 
parement  la  même  choie  que  celui  de  podejlat  e  donc  on  s’eft  lervi  dans  la 
îuite  pour  défigner  les  principaux  magiftrats  municipaux  des  villes  de  Pro¬ 
vence,  d’Italie  6c de  Languedoc.  Quoiqu’il  en  foit,  Berthe  6c  Raymond  IL 
fon  fils  confirmèrent (  quatre  ans  après  cette  donation ,  par  un  acte  dans  le¬ 
quel  cette  princellè  ajoute  qu’après  la  mort ,  un  prêtre ,  qu’elle  nomme ,  auroic 
la  regie  des  biens  qu’elle  avoir  donnez  à  la  cathédrale  de  Nifmes,  fous  les 
ordres  6c  au  nom  du  chapitre  ,  à  qui  il  feroit  comptable  ;  6c  qu’enfin  fi  quel¬ 
qu’un  venoic  à  s’emparer  de  ces  mêmes  biens,  ils  reviendroient  à  Raymond 
fon  fils  ,  s’il  avoitdes  enfans  \  linon  ils  feroient  unis  au  domaine  du  vicomte 
de  Nifmes.  Raymond  II.  comte  de  Rouergue  n’étoit  donc  pas  marié ,  ou 
du  moins  il  n’avoit  pas  d’enfans  en  965.  aulfi  paroît-il  par  cette  donation 
qu’il  étoit  encore  alors  fous  la  tutelle  de  Berthe  fa  mere. 

Les  differentes  guerres  que  le  roi  Lothaire  eut  à  foutenir  du  côté  de  France 
ne  lui  permirent  pas  de  continuer  la  conquête  du  royaume  de  Provence  que 
fonpere  avoir  commencée,  6c  donnèrent  à  Conrad  le  Pacifique  roi  de  Bour¬ 
gogne,  le  tems  de  reprendre  fur  lui  les  places  qu’il  avoit  perdues  ,  6c  de 
s’en  affurer  la  pollèlïïon.  Ce  dernier  s’empara  entr’autres  de  la  ville  de  Vien. 
ne,  que  Char  les- Conftantin,  qui  en  poflèdoit  le  comté  ,  avoit  foumife  au 
roi  Louis  d’Outremer  en  951.  Peut-être  que  Lothaire  avoit  deflèin  de  la 
remettre  fous  fon  obéïlîànce  ,  lorfqu’il  fit  en  9  6 1 .  un  voyage  en  g  Bourgo¬ 
gne,  durant  lequel  les  principaux  prélats  6c  feigneurs  d’Aquitaine  allèrent 
a  là  rencontre.  Conrad  demeura  cependant  le  maître  de  Vienne,  6c  il  étoit 
dans  cette  ville  au  mois  de  Décembre  de  l’an  963.  fuivant  un  diplôme  par 
lequel  il  confirma  alors  l’abbaye  de  Montmajour  dans  la  pollclfion  des  biens 
que  Bozgn  comte  £  Arles  lui  avoit  reftituez. 

On 


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DE  LANGUEDOC.  Lrv.  XII.  97  _ _ 

On  a  déjà  remarqué  que  fuivant  le  tcftamentde  Sunifred  comte  de  Barce-  ^63, 
ïonne,  ce  prince  pofledoit  le  comte  de  Fenouilledes  en  deçà  des  Pyrénées.  LXX  ,L 
Ce  prince  par  cet  acte  a,qui  eftun  monument  de  fa  pieté  &  qui  eft  daté  dû  oliba  abt,t4 
premier  d’ Octobre  de  la  XII.  année  du  règne  de  Lothairc ,  ou  de  l’an  965. 
donna  divers  domaines  à  la  plupart  des  églifes  de  la  Marche  d’Efpagne  &  B^JomieVoa 
de  la  Septimanie,  entr’autres  aux  cathédrales  de  faint  Juft  de  Narbonne,  uerc  d.ms  le 
de  faint  Nazairc  de  CarcafTonne ,  &  de  fainte  Eulalie  d’Elne  *  aux  mona- 
fteres  de  fainte  Marie  d’Arles ,  de  faint  Germain  de  Cuxa,  6c  de  faint  André  abbaye  de  s, 
de  Sureda  dans  le  Roufîîllon  *  à  l’églife  6c  aux  chanoines  de  faint  Paul  de 
Narbonne  *  à  l’abbaye  de  Notre-Dame  d’Orbieu  ou  de  la  GrafTe  au  dio- 
cèfe  de  CarcafTonne ,  &  enfin  aux  monafteres  de  faint  Martin  de  Lez  6c  de  faint  p-** \ 

Paul  dans  le  comté  de  Fenouilledes.  g  , 

Cette  derniere  abbaye  dont  nous  ne  connoifïbns  pas  bien  l’origine ,  étoit 
fîtuée  dans  un  lieu  appcllé  b  anciennement  Momfdten,  au  confluant  des  deux  b 
ruilfcaux  l’Agly  êc  la  Bouffonne.  Elle  dépendoit  autrefois  de  celle  de  Cuxa 
dans  le  Rouilillon  ,  6c  fut  depuis  fécularifée  êc  érigée  en  collegiale  î  elle 
adonné  la  naiftance  à  une  petite  ville, qui  eft  l’une  des  principales  du  pais  de 
Pcnouilledes  compris  aujourd’hui  dans  le  diocèfe  d’Alct. 

Sunifred  comte  de  Barcelonne  difpofâ  par  Ton  teftament  du  comté  de 
fenouilledes  en  faveur  d’Oliba  Cabreta  comte  de  Cerdagne  fon  frere,  6c 
mourut  deux  ans  après1  fans  enfans.  Oliba  auroit  dû  lui  fucceder  auffi  dans  cmatc.Ki^z 
le  comté  de  Barcelonne  comme  fon  plus  proche  heritier  -,  mais  ce  dernier 
comté  pafïà  après  fâ  mort,  on  ne  fçait  comment,  fur  la  tète  de  Borrel 
comte  d’Urgcl  leur  coufin  germain  ,  qui  le  tranfmit  à  fes  defeendans 
avec  la  plupart  des  autres  domaines  de  la  rnaifon  de  Barcelonne.  Oliba 
hérita  d  cependant  de  Sunifred  fon  frere  des  comtez  de  Confiant  êc  »  f * 

de  Valefpir  dans  le  diocèfe  d’Elne  ,  6c  de  celui  de  Befalu  c  dont  ce  tiiid.p.pu 
dernier  avoir  hérité  lui-même  de  Wifred  leur  frere,  mort  fans  enfans 


vers  l’an  954.  Nous  aurons  encore  occafion  de  parler  ailleurs  d’Oliba  Ca¬ 
breta,  qui  étendit  par  là  fa  domination  fur  une  partie  de  la  province:  il  entre¬ 
prit  f  un  voyage  à  Rome  en  968.  pour  mettre  l’abbaye  d’Arles  dans  le  Va.  f  p.4oo.«j*j 
îefpir  fous  la  protection  du  faint  Siège.  '***' 

Matfred  vicomte  de  Narbonne  fit  auffi  le  voyage  oü  pcllerinage  de  Rome,  £ 

Il  fut  prefent  à  une  donation  g  que  Jean  êc  Ode  la  femme  firent  en  969.  à  <!e  N-uboune. 
l’archevêque  Aymcric  du  lieu  de  Fontjoncoufe  dans  le  comté  de  Narbonne ,  de 
trois  églifes  qui  en  dépendoient  *  êc  de  la  portion  qu’ils  avoient  à  Sigean  Jt<{' 
pour  en  jouir  après  leur  mort.  Ce  Jean  defeendoit  h  d’un  autre  feigneur  de  hrro.i.Pr* 
même  nom  ,  l’un  de  ces  Efpagnols  qui  fe  retirèrent  dans  la  Septimanie  fous  ££4'4** 8J* 
le  regne  de  Charlemagne  ,  êc  à  qui  ce  prince  donna  la  terre  de  Fontjon- 
coule  à  défricher  ,  ou  en  aprifion  ;  terme  dont  nous  avons  donné  ailleurs 
l’explication.  Il  paroît  que  Jean ,  qui  fit  cette  donation  à  l’archevêque  de 
Narbonne,  mourut  fans  pofterité. 

Le  vicomte  Matfred  6c  fa  femme  Adélaïde  ayant  réfolu  de  faire  par  dé. 
votion  le  voyage  de  Rome ,  firent  leur  teflament  le  jour  même  de  leur  *  i  Pr.p.ut.& 
départ ,  qui  fut  le  10.  du  mois  d’Aodt  de  la  XII.  année  du  regne  de  Lo-  ^ 
thaire  ,  ou  de  l’an  966.  Us  donnèrent  differens  biens,  dont  ils  fe  réferve-  9  66, 
rent  la  jouilTance  pendant  leur  vie ,  à  diverfes  églifes  ou  monafteres  ;  fç a. 
voir  à  la  cathédrale  de  fainte  Cccile ,  ôc  à  l’églife  de  faint  Salvi  d’Albi  5  au 
monaftere  de  fâint  Michel  de  Gaillac  dans  ce  dernier  diocèfe  ;  à  la  cathé¬ 
drale  de  Narbonne,'  êc  aux  chanoines  de  faint  Paul  de  la  même  ville  5  aux 
abbayes  de  faint  Pons  deTomicres  êc  de  Villemagne  :  ils  legucrent  enfin  à 
celle  de  la  Grade  un  alleu  pofledé  auparavant  par  la  vicomtefîe  Richilde, 
mere  de  Matfred ,  laquelle,  par  confequent  étoit  alors  décedée. 

Ce  vicomte  êc  fia  femme  difpoferent  enfuite  de  leurs  domaines  en  faveur 
d’Ermengaud  êc  de  Raymond  leurs  fils.  Us  donnèrent  au  premier ,  qui  avoit 
deja  em brade  la  clericature  ,  les  alleus  fituez  entre  les  rivières  de  Biaur  6c 
de  Seron,  dans  la  partie  feptentrionale  du  diocèfe  d’Albi ,  d’où  la  vicomteflè 
Adélaïde  étoit  vrailemblablement  originaire  :  car  nous  ne  doutons  pas  qu’elle 
n’ait  eu  ces  alleus  pour  fa  dot ,  ayec  diffcrens  autres  biens  qu’elle  6c  foa 
T  ome  II.  N 


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An.  966. 


lxxv. 

Gatfmdc  veuve 
de  Raymood- 

Pons  coiiue  de 

Toulon  le  gou¬ 
verne  les  états 
de  Guillaume 
Taillcfer  fou 
fils. 

a  Pr.  />.  118. 

&H' 


969. 


98  HISTOIRE  GENERALE 

mari  pofledoient  en  Albigeois, fuivant  leur  teflamcnt.Ainfi  on  peut  croire  avec 
fondement  qu’elle  étoit  tille  d’Aron  premier,  vicomte  d’Albi.  Ermengaud  eut 
encore  pour  la  part  les  alleus  de  Florenfac  8c  de  Ncbian  ,  à  condition  que  s’il 
venait  à  être  clevé  à  l’épifeopat ,  Raymond  fon  frere  lui  donnerait  deux  mille 
fols,  8c  poflederoit  la  derniere  de  ces  terres  fituée  à  une  lieue  8c  demie 
de  Narbonne  vers  le  couchant.  Quant  au  lieu  de  Florenfac  ,  il  elt  fur  la 
riviere  d’Eraut  8c  dans  le  diocèfè  d’Agde,  8c  c’efl  à  prefent  l’une  des  prin¬ 
cipales  baronies  de  la  province. 

Matfred  8c  Adélaïde  difpofêrent  en  faveur  de  Raymond  leur  fils  puîné  , 
de  tous  les  biens  qu’ils  avoient , [oit  en  Aquitaine,  [oit  dans  la  Sept! manie , 
8c  donnèrent  deux  alleus  à  Trudgarde  leur  tille.  Le  vicomte  laiffa  de  plus 
à  Adélaïde  la  femme  la  jouilîance  de  tous  fes  domaines  durant  fa  vie  ,  à 
condition  qu’elle  ne  fe  remarierait  pas.  Ils  fublHtuercnt  enfin  leurs  fis  l’un  à 
l’autre  5  enlorte  que  Raymond  devoit  fucceder  à  Ermengaud  ,  fi  ce  dernier 
venoit  à  décoder  fans  être  parvenu  d  l’épifeopat.  Il  paraît  par  là  que  le  vicomte 
Matfred  comptoir  que  fon  fils  deviendrait  évêque  ;  8c  il  eft  allez  vrailêmblable 
qu’il  avoir  déjà  pris  des  mefures,  fuivant  l’ufage  du  liecle,  pour  l’élever  à 
cette  fupréme  dignité  ,  quoiqu’il  fut  encore  fort  jeune.  Nous  fçavons  du 
moins  qu’Ermengaud  fucceda  quelques  années  après  à  Aymeric  dans  l’arche¬ 
vêché  de  Narbonne.  Le  vicomte  8c  la  vicomteïlè  nomment  ce  dernier  pour 
leur  exécuteur  teftamentaire ,  avec  Bernard  évêque,  8c  trois  leigneurs  lecu- 
liers.  L’un  de  ces  trois  nommé  Ermengaud ,  prenoit  le  furnom  de  Vatfadcllus,  8c 
un  autre  appelle  Matfred ,  celui  de  Scniorellus  ,  d’où  l’on  pourroit  inférer  que 
les  noms  de  famille  commençoient  d’être  alors  en  ufage  5  mais  il  paraît  que  ce 
ne  font  proprement  que  des  lobriquets  ou  noms  de  d  ig  n  i  t  é .  Va  fade  lin  s  ne  lignifie 
en  effet  autre  choie  qu’un  petit  vaflàl,  8c  Scniorellus  un  petit  feigneur.  Il  elt  vrai 
qu’on  employa  alTez  louvent  les  fobriquets  dans  le  X.  fieele  pour  diltinguer 
les  leigneurs  entr’eux ,  parce  qu’ils  ne  portoient  alors  que  le  fimple  nom  de 
baptême  :  mais  quoique  ces  fobriquets  ayent  contribué  d’abord  à  donner 
l’origine  aux  noms  des  familles  ,  c es  derniers  ne  furent  pas  cependant  fi-tôc 
communs. 

On  a  lieu  de  conjecturer  que  le  vicomte  Matfred  mourut  ou  durant  fon 
voyage  de  Rome,  ou  peu  de  tems  apres  fon  retour.  Il  elt  certain  du  moins 
que  la  femme  Adélaïde  étoit  déjà  veuve  trois  ans  après ,  8c  qu’elle  admini- 
Itroit  alors  la  vicomté  de  Narbonne  au  nom  de  Raymond  fon  fils ,  confor¬ 
mément  au  teftament  dont  on  vient  de  parler.  C’clf  ce  qui  paraît  par  un 
acte a  de  l’an  969.  fuivant  lequel  Gausfrcd  abbé  de  faint  Pons ,  s’étant  rendu 
à  un  fynode  qu’Aymcric  archevêque  de  Narbonne  avoir  convoqué  ,  fit  un 
accord  avec  ce  prélat  de  l’av  s  de  la  comteffe  Garfindc ,  de  la  vicomtejfe  Adé¬ 
laïde  ,  &  de  tous  les  fciqncurs  de  Narbonne.  Il  s’agilfoit  du  droit  de  fynode 
qu’Aymeric  éxigeoit  de  l’abbaye  de  fiint  Pons,  8c  pourlequcl  l’abbé  Gaus- 
fred  lui  céda,  8c  à  fes  chanoines  une  vigne  que  le  feu  comte  Pons  avoir  donnée  à 
ce  monalteredans  Pille  de  Lee,  avec  quelques  falines.  Moyennant  cette  cellion 
l’abbaye  de  faint  Pons  fut  déclarée  exempte  de  toute  autre  fujerion  8c  fervice, 
excepté  la  confécration  de  l’églife,  les  ordinations  ,8c  la  charge  d’ames  des 
paroifles  qui  dépendoient  du  monaltcre.  L’acte  eft  fouferit  par  l’abbé  de 
faint  Pons  8c  vingt-neuf  de  les  religieux  ,  8c  elt  daté  de  l’an  96$.  indiction  JTII. 
la  JPN.  année  du  reine  de  Lothaire. 

Cet  acte  prouve  évidemment  i°.  que  Raymond  Ponscomte  de  Touloufe, 
&  fondateur  de  l’abbaye  de  faine  Pons  de  Tomieres,  étoit  alors  déjà  dé¬ 
cédé.  i°.  Que  la  comteffe  Garfinde  fa  veuve  gouverna  après  fa  mort  ce  comté 
au  nom  de  fon  fils  Guillaume  Taillefer  ,  8c  qu’elle  avoir  encorê  ce  gouver¬ 
nement  en  969.  30.  Qu’elle  étendoit  fa  domination  fur  le  comté  de  Nar¬ 
bonne  ,  8c  par  confequent  fur  le  marquifat  de  Gothie  j  or  comme  Raymond 
II.  comte  de  Rouergue  exerçoit  en  même  tems  la  fienne  fur  ce  marquilac, 
fous  l’autorité  de  la  comtelîè  Berthe  fa  mere,  c’elt  une  preuve  que  ces  deux 
princes  le  polïèdoient  en  commun,  de  même  que  la  plupart  des  autres  domai¬ 
nes  de  la  maifon  de  Touloufe.  Nous'  en  apporterons  bientôt  de  nouvelles 
preuves. 


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t>E  LANGUEDOC  Liv.XIL  99 

L'cvêque  Bernard  que  Macfred  vicomte  de  Narbonne  nomme  par  /on te/la.  - — « 

inent  a  pour  être  l’un  de  fcs  aumôniers ,  c’eft-à-dire  de  /es  exécuteurs  re/la-  ^N'  9° 9* 
mentaires ,  eft  fins  doute  le  même  qu’un  évêque  de  Beziers  de  ce  nom  qui  Vjc^,'t«de 
vivoit  alors  ,  êc  qui  fut  aulîî  l’un  des  aumôniers  ou  exécuteurs  refta  mentaires  Bezien&d-Ag- 
de  b  Raynald  II.  du  nom  vicomte  de  Beziers  fie  d’Agdc.  Ce  dernier  quipof*  *'■  ^3/seie 
fedoit  ces  deux  vicomtez  en  p6i.c  droit  déjà  deccde  avant  le  20.  d’Oélobre  BwieScw»/ 
de  l’an  969.  que  fcs  exécuteurs  teftamentaires  délivrèrent  à  la  cathédrale  /tr,,,3l'on  de  J* 
de  faint  Nazaire  de  Beziers,  ôc  à  l’eglife  de/àint  Jacques  de  la  même  ville  «ue'v/ifc?  * 
où  il  avoit  été  inhumé,  les  legs  qu’il  leur  avoit  faits  ,  &  qui  confiftoient  en  i7. 
deux  villages  h  tuez  dans  le  Royaume  de  Septimante  &  le  comte  de  Beziers.  \ymizxx  ■ 

Raynard  nomma  aulîî  pour  éxecuter  lès  dernieres  volontcz  la  vicomreflè 
Garlînde  qui  lans  doute  étoit  là  femme.il  paroît  aulîî  que  le  vicomte  Guillaume 
qui  lui  fucceda  dans  les  vicomtez  de  Beziers  fie  d’A gde  fie  qui  donna 
Ion  confentement  à  cet  acte,  étoit  fon  fils,  mais  d’un  autre  lit.  Ce  der, 
nier  avoit  déjà  époufé  Ermentrude  le  24.  Août  de  la  XXIII.  année 
du  régné  deLothaire,  ou  de  l’an  977.  il  donna  4  alors  avec  elle  à  la  ca-  J  rr.p.  fjij 
thedralcde  faint  Nazaire  de  Beziers  le  lieu  de  Lignan  fïtué  dans  le  comté  de 
cette  ville,  qu’ils  avoient  acquis  de  l’ évêque  Bernard.  Ils  firent  cette  donation 
pour  aider  à  la  conflruétion  de  cette  cathédrale  ,  qui  fut  par  con/ëquent  bâtie 
dans  le  X.  liecle.  Il  paroît  que  Bernard  evêque  de  Beziers  étoit  alors  déjà 
décédé  5  un  moderne  prétend  cependant  qu’il  vivoit  encore  en  982.  mais  eXm/*j.è*x> 
il  n’en  donne  d’autre  preuve  que  la  donation  dont  nous  venons  de  parler  ,  fit  Pu- 
que  d’autres f rapportent ,  avec  aulîî  peu  de  fondement ,  à  l’an  979.  Matlred  f  Gatl-  cte 
îucceda  à  Bernard  dans  l’évêché  de  Beziers.  «.»/ -m. 


lucceda  à  Bernard  dans  l’évêché  de  Beziers. 

Quant  à  l’abbé  Bernard  ,  troilîéme  exécuteur  teftamentaire  de  Raynard  txxvir. 
II.  vicomte  de  Beziers  Ôc  d’Agde,  il  gouvernoit  làns  doutel’abbaye  de  S.Jacques  dc(  rtîiquêsda 
de  Beziers  où  ce  vicomte  tut  inhumé.  C’cft  le  plus  ancien  monument  que  s-  Hii-mct-vè. 
nous  connoilhons  de  cette  abbaye  dont  le  même  vicomte  fut  peut-être  le  ^ ounef^" 
fondateur.  Elle  fublîfte  encore  aujourd’hui ,  fit  eft  dclîervie  par  les  chanoines 
réguliers  de  la  congrégation  de  fàinte  Geneviève. 

L’acte  pour  l’execution  du  teftament  du  vicomte  Raynard ,  eft  fouferit  par 
un  fèigncur  nommé  Roger,  different  fans  doute  du  comte  de  Carcalfonne  de  ce 
nom  qui  vivoit  alors,  fit  qui  par  dévotion  envers  faint  Hilaire  évêque  de 
cette  ville ,  fit  deterrer  /es  reliques  pour  les  expofer  à  la  vénération  des 
fidcles. 


Le  corps  de  ce  faint  prélat  après  avoir  été  inhumé  dans  g  l’églife  de  l’ab- 
baye  de  laint  Saturnin  ,qui  avoitauffi  pris  fon  nom  ,  fit  qui  étoit  lîtuéeà  deux  l't' 
lieues  de  Carcalfonne  ,  étoit  demeure  jufqu’alors  fous  une  tombe  derrière 
l’autel  qu’il  avoit  confacré  lui-même  de  Ion  vivant  ,  affilié  des  évêques  fes 
comprovinciaux.  Le  comte  Roger  ayant  formé  le  defl’ein  de  transférer 
ces  reliques  pour  leur  Faire  rendre  un  culte  public ,  conféra  avec  Francon 
évêque  diocefain ,  fit  divers  évêques  fie  abbez  du  voilînage  qui  applaudirent  à 
fon  pieux  deflein.  Le  jour  marqué ,  le  comte ,  fa  femme  Adélaïde  ,  Francon 
évêque  de  CarcalTonne,  Warin  ou  Guarin  abbé  de  Cuxa  en  Rouffillon  ,  fie  ^-jQt  * 
plufieurs  autres  perfonnes  de  confideration  ,  tant  ecclefiaftiqucs  que  féculieres, 
le  rendirent  à  l’abbaye ,  gouvernée  alors  fous  l’autorité  de  ce  dernier  par 
l'abbe  Benoît  qui  ctoit  prefent. 

L’abbé  Warin  s’étoit  déjà  rendu  recommandable  par  la  fainteté  de  fa  vie  : 
après  avoir  établi  une  réforme  très- aufterc  dans  fon  monaftere ,  il  l’avoit  intro¬ 
duite  dans  celui  de  faint  Saturnin  ou  de  faint  Hilaire,  fie  dans  plufieurs  autres 
de  la  province ,  dont  les  abbez  particuliers  lui  étoient  fournis ,  fie  le  regar- 
doient  comme  leur  fuperieur  general  ,  ainfi  qu’il  fe  pratiquoit  alors  dans 
celle  de  Cluni.  Cet  abbé  prenant  donc  un  intérêt  particulier  à  tout  ce  qui 
regardoit  l’abbaye  de  faint  Hilaire  ,  amena  avec  lui  de  celle  de  Cuxa  un 
habile  maçon  ,  qui  après  bien  de  recherches ,  découvrit  enfin  le  corps  de  ce 
faint.  Francon  évêque  de  CarcalTonne  l’apporta  auffi-tôt  fur  le  grand  autel 
où  il  célébra  pontificalement  la  meflè  en  action  de  grâces  ,  en  prefence  d’un 
nombre  infini  de  peuple  qui  étoit  accouru  de  toutes  parts  ,  fie  qui  fut  témoin  de 
plufieurs  merveilles  que  Dieu  opéra  dans  cette  occafion  par  l’interceffion  de  faine 
Terne  II,  N  ij 


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to© 


HISTOIRE  GENERALE 


»  NOTE  XXU. 

»4. 

b  Pr.iM. 


970.  Hilaire  donc  on  enferma  enfuite  les  précieufes  reliques  dans  un  cercueil  de  pierre 
qu’on  expola  fur  un  petit  autel  drelte  derrière  le  grand,  Ôc  on  mit  des  deux  cotez 
celles  de  Benoît  8c  de  Celle  fes  difciples.  Cette  cérémonie  fe  fit  le  n.  *  de 
Février  de  l’an  970.  8c  non  le  premier  de  Mars  de  l’an  978.  comme  quelques 
modernes  l’ont  avancé. 

Le  comte  Roger  en  mémoire  b  de  cet  événement  accorda  plufieurs  privilèges  à 
l’abbaye  de  faint  Hilairek  II  promit  d’abord  folemncllement  devant  le  tom¬ 
beau  du  Saint,  de  ne  jamais  exiger  de  fonmonafterc  les  fubfides  aufquels  lui  8c 
fes  prédeceffeurs  l’avoient  affujetti  auparavant  y  &  quand  les  facrez  oflemens 
furent  expofez  fur  l’autel,  il  prit,  avec  Adélaïde  fa  femme,  la  réglé  de  faint 
Benoît  des  mains  de  l’évêque  6c  des  abbez ,  6c  dit  publiquement  :  ce  lieu  fera 
exempté  l' avenir  de  tout  cens  &  de  toute  forte  de  redevance  ,  &  après  la  mort  de 
P  abbé  ,  les  religieux  éliront  fon  fucceffeur  conformément  à  cette  réglé .  Il  promit  enfin 
de  faire  expecüer  une  charte  où  cette  exemption  feroit  énoncée ,  6c  de  fournir 
de  quoi  vêtir  tous  les  ans  douze  religieux.  On  drefTa  un  procez  verbal  de  tout  ce 
qui  venoit  de  fe  palfer ,  6c  on  l’enferma  dans  la  châfle  avec  les  reliques  de  faint 
Hilaire.  C’eft  de  cet  a£te  même  que  nous  avons  tiré  l’hiftoire  de  cette  tranf. 
lation, 

tx'xviïi.  Le  comte  Roger  fidele  à  fes  promefles  protégea  jufqu’à  la  fin  de  fes  jours  l’ab- 
dc°oica(ronnc  baye  de  faint  Hilaire ,  la  combla  de  biens ,  6c  eut  une  vénération  finguliere  en- 
bkofiiaeut  de  vers  ce  faint.  Il  implora  fon  fecours  dans  difïèrens  périls  où  il  fe  rencontra  ,  6c 
HiUu^" de  S  XemPorta  entr’ autres  par  fon  interceflion  une  victoire  fignalée  fur  le  comte  de 
Cerdaigne ,  comme  nous  le  verrons  en  fon  lieu. 

Au  refte  il  paroît  évidemment  que  ce  comte  étendoit  fa  domination  fur  le 
cPr.p,m>6>  pays  de  Foix,  car  lui  6c  Adélaïde  fa  femme  échangèrent  c  au  mois  d’ Avril  de 
to  la  même  année  970.  plufieurs  alleus  avec  leurs  églilès  qu’ils  poffedoient  dans  l'e 

miniperiat  de  Lordat  dans  leTouloufain,  contre  le  lieu  8c  l’églil’e  de  Saurat  t  or  le 
,  lieu  de  Lordat  fitué  vers  les  frontières  d’Efpagne ,  eft  chef  d’une  châtellenie  du 
comté deFoix,  ôcceluide  Saurat  eftauflidans  le  même  comté,  ôcdépend  de 
la  châtellenie  de  Quier.  Quant  à  Francon  évêque  de  Carcaflonne  dont  on  vient 
4jd*KXiiMï.  de  parlerai  poffedoit  cet  évêché  dès  1^965.  fuivantun  ade  d’acquifition 
♦.4 faite  alors  par  Segariusabbé  de  la  GrafTe. 

L  x  xix.  Nous  avons  remarqué5  ailleurs  que  les  archevêques  d’Arles  avoient  obtenu 

uédicïccdc  des  rois  de  Provence  l’abbaye  de  Cruas  dans  le  Vivarais ,  mais  ils  n’y  avoient 
ouMeuviva-  ProPrement  que  le  droit  de  vifite  6c  de  protedion  ,  8c  ce  monaftere  continua 
««  toujours  d’être  gouverné  f  fous  leur  autorité  par  des  abbez  particuliers.  C’c& 

ce  qu’on  voit 


ira. 
zV.to.  î.l.io, 
».S*. 


î  ibid.vr.?>  vêque  d'Arles 


it  en  particulier  par  i’a&e  s  de  vifite  qu’y  fit  en  970.  Icterius  arche- 
les ,  lequel  examina,  avec  Abraham  qui  en  ètoit  abbè  fi  l’obier  vance 


ÎOÎ 


y  etoit  en  vigueur 

J70.B.4*-  1 


Une  dame  du  pays  appellée  Gotolinde  qui  avoit  fait  rebâtir 
’églife  de  Cruas ,  vint  alors  prier  ce  prélat  de  vouloir  la  confacrcr  fous  l’invo¬ 
cation  de  faint  Michel,  lderius  confentit  à  fa  demande,  k  condition  qu elle  dote- 
roit  cette  èglife  fuivantles  canons.  Gotolinde  donna  enconléquence  plufieurs  biens 
•ïacxui;  fituez  dans  le  comté  de  Viviers  ,entr’autres  àBays  *,  6c  l’archevêque  fit  la  céré¬ 
monie  de  la  confécration.  L’ade  eft  daté  de  Cruas  le  27.de  Septembre, la  XXXI. 
année  du  régné  de  Conrad ,  ce  qui  pourroit  donner  lieu  de  croire  que  ce  prince 
étoit  alors  reconnu  en  deçà  du  Rhône ,  6c  dans  la  partie  orientale  du  Langue- 
bGiiii.cfcr.wv.  doc  qui  avoit  dépendu  anciennement  du  royaume  de  Provence  :  mais  cette 
«it.w.if. 150.  charte  n’eft  fans  doute  ainfi  datée ,  que  parce  que  l’archevêque  lderius,  au  nom 
lx  x  x,  <luqüe^  eHe  expédiée ,  ètoit  fujet  de  Conrad  :  6c  en  effet  nous  avons  prouvé 
imtepnfcs  ailleurs  que  le  roi  Lothaire  fut  reconnu  dans  le  V ivarais.  Ce  prélat  6c  fon  chapi- 
Wsèritfcsdei»  tre  poffederent b  diverfes  terres  dans  le  pays  6c  comté  d’Ufez ,  qu’ils  donnèrent 
Manche  d’Ef-  en  fief  la  XXV III.  année  du  régné  de  Conrad. 

liWiftion^cs  L’ufage  de  doter  les  églifes  à  la  cérémonie  de  leur  confécration  étoit  reli- 
«ctievêques  gieufement  obfervédans  ce  fiecle  :  on  trouve  la-deifus ,  entr’autres,  un  détail 
de  Narbonne  très-curieux  dans  plufieurs  chartes  *  du  Rouffillon  6c  de  la  Marche  d’Elpagne; 
fljt’bjtq.  monumens  mémorables  de  la  pieté  des  comtes  du  pays ,  6c  en  particulier  de 
*s«.  &  Mi-  Borrel  comte  de  Barcelonne.Comme  ce  prince, dont  le  domaine  étoit  très-eten- 
’DuxGothicJc.  1  &  qul  ft  qualifioit  duc  de  la  Gothique  * ,  porta  fon  autorité  beaucoup  plus 
iM.p.  loin.qu’ aucun  de  fes  prédeceffeurs  -,  il  fouffroit  avec  peine  l’alfujectillèment  des 

pqp.901.  ‘  1 


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DE  ï.  A  hï  fe  ÜHDÔfe  Llv.  Xlï. 


iot 


dt  BatuI.  1. 1, 


:  indépendant 

qu’il  paroît  par  l’évêque  d’Aufonne ,  &  déjà  porté  de  lui-même  à  établir  un  *  ^ 
archevêché  dans  fes  états ,  réfolut  de  ré tablirj’ancienne métropole  de  Tarra-  r.M*rc.u,fc 
gone  qui  avoir  été  détruite  par  les  Sarafîns.  Un  voyage  de  dévotion  qu’il  fit  i  t*0*^**' 
Rome  fur  la  fin  de  l’an  970.  lui  donna  lieu  depropofër  ce  deflêin  au  pape  Jean 
XIII.  à  qui  il  reprefenta  que  la  ville  de  Tarragone  étant  détruite  &  fans  évê- 

3ue,  6c  que  n’y  ayant  aucun  efperance  de  pouvoir  reprendre  le  pays  fur  les  infi- 
elles, il  conviendrait  d’en  unir  l’archevêché  à  l’évêché  d’Aufonne  ou  de  Vic.Le 
pape  fur  ce  feul  expofé,  ôefans  appeller  l’archevêque  de  Narbonne  qui  avoic 

un  très-grand  intérêt  dans  cette  affaire  ,  accorda  au  comte  de  Barcelônne  ce  —■ . — 

qu’il  demandoit.  Il  fit  expedier  une  bulle  au  mois  de  Janvier,  indiction  XIV.  9?1* 
c’eft-à-dire  l’an  971.  l’adreflà  aux  évêques  des  Gaules ,  &  ordonna  que  tous  les 
anciens  évêchez  qui  avoient  été  fournis  autrefois  à  la  métropole  de  Tarra- 
gone,  le  feroient  à  l’avenir  à  A  ton  évêque  d’Aufonne,  comme  à  leur  métro¬ 
politain.  Jean  XIII.  par  une  fécondé  bulle  commit  l’execution  de  la  première 
aux  évêques  Wifaded’Urgel,  Pierre  de  Barcelônne ,  êe  Suniarius  d’Elne.  Ce 
projet  denleilra  cependant  fans  execution  $  par  l’oppo/xtion  fans  doute  d’Ay- 
imeric  archevêque  de  Narbonne,  qui  dans  une  affaire  fi  importante  pour  les 
droits  de  fon  églife,  n’avoit  été  ni  appellé  ni  oui  .*  6c  en  effet  les  évêques  de  la 
Marche  d'Ef'pagne  continuèrent  de  reconnoître  fa  jurifdiétion  6c  celle  de  fës 
fuccefîèursjufqu’au  pontificat  d’Urbain  II.  qui  rétablit  l’ancien  archevêché  de 
Tarragone. 

Cefaire  abbé  de  fainte  Cecile  de  Morttferrat  ne  fut  pas  plus  heureux  dans  les 
démarches  qu’il  fit  vers  le  même  tems,  pour  s’ériger  auflien  métropolitain  de 
la  Tarragonoife. b  Cet  abbé  entreprit  en  971.  un  voyage  à  Compoftelle  où  il  fê  bMuz.Aitrà 
trouva  à  un  concile  tenu  par  les  évêques  de  la  Galice,qui  à  fa  demande  l’ordon-  .  . 

aerent  archevêque  de  Tarragone  ;  mais  à  fon  retour  dans  le  pays  tous  les  evê- 
ques  de  la  Marche  d’Efpagne  refuferent  de  le  reconnoître  pour  tel,ÔC  s’oppofe- 
rent  i  fes  prétentions  :  ces  prélats  étoient  Pierre  de  Barcelônne ,  Arnoul  de  9°°'n'  ' 
Gironne,  Aton  d’Aufonne  6c  'Wifade  d’Urgel.  Ils  furent  appuyez  d’Aymeric 
archevêque  de  Narbonne  qui  foudntfès  droits  avec  beaucoup  de  zele.  Cefaire 
fe  fondoit  principalement  fur  ce  qu’il  avoit  été  ordonné  devant  le  corps  de 
faint  Jacques  apôtre  de  l’Efpagne.  Ces  prélats  lui  nièrent  hautement  que’ le 
faintApbtre  eût  jamais  prêché  la  foy  dans  ce  royaume ,  &  qu'il  y  eût  paru  autrement 
au’uprèsfamort ,  c’eft-à-dire  qu’apres  qu’on  y  eut  apporté  fes  reliques  de  Jerufa- 
rcm.  C’étoit  en  effet  l’opinion  commune  en  Efpagne  dans  c  le  X.  fiecle.  Enfin  c  u*rc. m/p. 
cet  abbé  ne  pouvant  reuffir  à  fc  faire  reconnoître  pour  archevêque  de  Tarra-  Wl/i 

gone,  écrivit  au  pape,  lui  expofa  fes  prétentions,  6c  implora  fon  autorité;  cei.nîd.f.6.  1 ' 
mais  foit  qu’on  doive  regarder  cette  lettre  comme  d  fuppofée,ou  du  moins  inter-  j  M „c.afpi 
polée,  fuivant  les  uns ,  foit  qu’on  doive  la  tenir  pour  c  véritable  félon  les  M0*-, 
autres,  il  cft  certain  que  les chofes demeurèrent  fur  l’ancien  pied.  - 

Il  paroît  que  Raymond  IL  comte  de  Rouergue  6c  marquis  de  Gothie  gou-  lxxxi. 
vernoit  alors  lui-même  les  états  que  Raymond  I.  fon  pere  lui  avoit  lailfez.  N?^‘cds 
C’eft  ce  que  nous  avons  lieu  d’inferer  d’un  plaid  tenu f  à  Nifmes  le  Vendre dy  7 .de  qUfS  d'Agde  « 
Juillet  laXV III. année  du  régné  de  Zo/tairr, c’eft-à-dire  de  l’an  9  7 1  .par  Raymond 
comte  &  marquis ^  qui  ne  peut  être  different  de  notre  comte  de  Rouergue  mar-  y.  note  rat 
quis  de  Gothie.  Ce  prince  avoit  acquis  d’une  dame  nommée  Ermeogarde 
l’églife  de  faint  Martin  6c  plufieurs  villages  voifins  dans  le  comté  d'Agde.  Un 
éveque  nommé  Amelius  lui  en  difputoitla  pofleffion,6c  prétendoit  qu’ils  appar- 
tenoient  à  fon  églife.  Sur  cette  dilpute  le  comte  6c  l’évêque  allèrent  d’abord 
dans  la  cathédrale  de  Nifmes  pour  tâcher  de  s’accorder  ;  mais  n’ayant 
pû  convenir  y  ils  fe  rendirent  dans  la  facriftie  de  l’églife  de  faint  Bau- 
fde,  &  y  plaidèrent  leur  caufe  devant  Bernard  évêque  de  Nifmes,  Fulcrand 
évêque  de  Lodeve ,  le  vicomte  Seguin ,  Bernard  fon  frere  ,  &  plufieurs  autres 
feigneurs  qui  décidèrent  en  faveur  d’ Amelius.  Le  comte  Raymond  acquiefqa  à 
la  fentence  ,  avoua  qu’il  avoit  eu  tort ,  ôc  fit  en  faveur  d’Arrtelius  un  abandon 
des  biens  concertez  ,  dont'  il  l'invertit  par  un  fétu  de  vigne. 


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102, 


H  I  S  T-O  IRE  GENERALE 


i  fap, I»J. 

J‘1 •  ■ 
971- 


An.  971.  Amelius  dont  nous  venons  de  parler  étoit  certainement  évêque  d’Agde. 

a  Cm/j.  chr.  On  prétend  1  que  Salomon  occupnit  cet  évêché  La  JCVIII.  année  du 
/Mi ms.  régné  de  Lothaire ,  ainfi  il  fut  l'on  fuccellèur  oufonprédeceflèur  immédiat.  Quant 

b  v.  Non  à  Seguin,  il'»  étoit  vicomte  ,  ou  dans  une  partie  du  diocèle  de  Nifmes,  ou  du 
moins  dans  le  voilînage  -y  Bernard  fon  frere  eft  peut-être  le  même  que  Bernard 
qui  a  donné  l’origine  à  la  maifon  d’Andufe  :  dans  ce  cas  là  ils  peuvent  avoir 
été  neveux  de  Bernard  qui  fut  évêque  de  Nifmes  depuis  l’an  949.  &  qu’on 
c  v.  noie  dit  c  frere  d’un  fcigncur  d’Andufe. 

xw/r  n.6.  On  peut  encore  prouver  que  Raymond  II.  comte  de  Rouergue  &  marquis  de 
Dota^ion^cic  Gothiegouvernoit  alors  fes  états  par  lui-même,  par  l’acte  de  la  conlécration  <* 
Vabbaye  de  d’un  autel  que  fit  en  971.  dans  l’abbaye  de  faint  Michel  de  Gaillac  ,  Frotaire 
Gadiac.  ^  évêque  d’Albi. Ce  prélat  donna  àcetteoccafion  à  cette  abbaye,  en  prefenec 
de  Fulcrand  évêque  de  Lodeve  ,  du  comte  Raymond  fon  feiytcur  y&  de  la  comtejfe 
Garjînde  fa  dame  ,  plufieurs  terres  ou  villages  dans  l’Albigeois,  avec  leurs  égli- 
fes,  entr’autres  celles  deBerens,  Montans,  Falgairolles ,  Donazat,  S.  Pierre 
de  Gaillac,  &cc.  Le  comte  Raymond  confirma  cette  donation,  &  l’accom¬ 
pagna  de  divers  biensfaits  à  la  priere  du  même  Frotaire.  Il  déclara  déplus 
qu’il  vouloir  que  ce  monaftere  fût  habité  à  perpétuité  par  des  religieux  de 
faint  Benoît , aufquels  il  donna  ou  confirma  la  ville  de  Gaillac,  le  château  de 
Lorm  fituéfur  une  hauteur  voifine  qui  domine  le  Tarn  ,1e  domaine  fur  cette 
riviere  depuis  V illecourtez  jufques  à  Montans ,  &c  plufieurs  autres  droits  ou 
domaines. 

Il  eft  évident  que  le  comte  Raymond  qui  fit  cette  donation,dominoit  fur  le  païs 
d‘ Albigeois  -,  &  il  ne  l’eft  pas  moins  qu’il  s’agit  ici  de  Raymond  Il.du  nom  comte 
de  Rouergue ,  6c  non  pas  de  Raymond-Pons  comte  de  Touloufe ,  comme  plu- 
^icurs  auceurs  qui  ont  confondu  ces  deux  comtes  l’ont  cru  ,  car  le  dernier  étoic 
10  alors  décédé  depuis  long-tems.  On  a  cru  auffi  que  la  comtefîe  Garfinde 
qui  confentit  à  la  donation  de  l’évêque  Frotaire  ,  &  que  ce  prélat  appelle  fet 
dame ,  étoit  femme  du  même  comte  Raymond  ,  mais  on  fe  trompe  également f: 
fihd,  elle  étoit  alors  veuve  de  Raymond-Pons  comte  de  Touloufe  ,  6c  avoir  l’admi- 
niftration  de  fes  domaines  au  nom  de  Guillaume  Taillefer  fon  fils,  qui  polie- 
dôit  par  indivis  avec  Raymond  II.  comte  de  Rouergue  le  marquifat  de  Gothie, 
Scies  comtez  d’ Albigeois  Sc  de  Querci.  Quant  à  Frotaire  évêque  d’Albi,  il  étoit 
xlTn  r*  frere  5  d’Atonll.  vicomte  de  cette  ville  Scde  Nifmes. 

b  M*ii.adMnn.  On  prétend  h  que  Robert  étoit  abbé  de  Gaillac  dans  le  tems  de  cette  confécra»' 
9g»u  cl'  tlonA  qu’il  fut  prefent  quand  Raymond  comte  de  T ouloufe  accorda  des  lettres 

tùut.i.pîu  d’immunité  au  même  monaftere ,  la  XX I.  année  du  régné  de  Louis  roi  de  Frar/cey 
£cà  une  donation  que  ce  comte  fit  en  9  8  7.  à  l’abbaye  de  Vioux  5mais  iln’eft  fait 
aucune  mention  de  lui  dans  ces  deux  a&es.  D’ailleurs  le  premier  eft  cer¬ 
tainement  du  regne  de  Louis  le  Jeune ,  puifqu’il  eft  '  de  Raymond  comte  de  Tou - 
i Câtii.comt.  loufe  fils  d’ Alfonfe.  On  n’a  donc  aucune  preuve  qu’il  y  ait  eu  dans  le  X.  fiecle 
*101,  un  abbé  de  Gaillac  appellé  Robert  ,  6c  on  l’aura  fans  doute  confondu  avec 
un  autre  abbé  de  ce  nom  qui  vivoit  au  XII. 

g™*  Bernard  évêque  de  Conferans  fit  une  autre  dédicace  au  mois  k  de  Janvier  de 
Tcgiiic  au  la  même  année  à  la  priere  d’Hugues  évêque  de  Touloufe.  Ce  fut  celle  de 
Pnc(uti  lkT,cs  l’églife  de  fainte  Marie  de  Tremefaigues  *  ,  que  Loup  primicier  &  archidiacre 
?e\u<xèfc de  de  Touloufe  avoit  fondée  depuis,  8c  qu’il  avoit  donnée  à  Guarin  abbé  de 
Touiouù.Evê-  (2uxa  en  Rouflillon  qui  alïïfta  à  cette  cérémonie.  On  fonda  depuis  dans  ce  lieu 
tMc.  C  ”UC  ‘  vin  prieuré  conventuel  ou  monaftere  fous  la  dépendance  de  cette  abbaye. 
kMib.iipi.p.  fl  étoit  fvtué  dans  le  diocèfe  de  Touloufe  ,  entre  les  rivières  de  Lers  Sc 
d’Ariege ,  à  un  mille  de  fainte  Gabelle.  Il  fut  détruit  dans  la  fuite ,  &  l’ab- 
v.  note  baye  deBolbonne  de  l’ordre  de  Cîteaux,  fondée  anciennement  dans  fon  voi- 
Xlaà"  ss.  tri  fmage ,  après  avoir  été  ruinée  par  les  Calviniftes ,  y  fut  transférée  dansleder- 
s.Btntj.ftc.vi.  nier  fiecle. 

Hugues  évêque  de  Touloufe  mourut  cette  même  année,  puifqu’Aton  1  lui 
aquas.1  m'  *S  avoit  déjà  fuccedé  au  a  mois  de  Février  de  l’année  fuivante.  Celui-ci  confirma 
inotexix.  aiors  ^  ayec  Aton  fon  neveu  comte  de  Ribagorça,  6c  fils  de  Loup  Afinarius 
*'m  iu.  vicomte  de  Soûle,  les  donations  faites  parleurs  prédecelfeurs  en  faveur  de 

ÿÿfT  l’abbaye  d’Alaon  au  diocèfe  d’Urgel,  Ce  prélat  qui  fut  le  premier  évêque  de 


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a 


DE  LANGUEDOC.  Lrv.  XI 1.  io} 

Touloufe  defbn  nom,  ne  jouit  pas  long- rems  de  /a dignité.  I/ôIus  ou  I/lus*  n.  974. 
occupoic  cct  évêché  à  la  fin  du  mois  de  Septembre  de  l’an  974.  3c  il  a/fifta  2  sure.  h-j. 
alors  à  la  cérémonie  de  la  dédicace  delà  nouvelle cghïc  de  l’abbaye  de  Cuxa, 
avec  les  évêques  Suniarius  d’^Ine,  Frugia  ou  Froia  dvAuiônne ,  Wi&de  d’Ur- 
gel ,  Bernard  de  Confèrans ,  3c  F rançon  de  Carcalîbnnc.  t  xxxlY 

Fulçrand  évêque  de  Lodeve  après  avoir  Fait  rebâtir  ou  entièrement  reparer  dWkc  de 
/on  églifê cathédrale,  en  fit  aulîi  la  dédicace  b  avec  beaucoup  dcfiolemniré.  Il  l’tgiiicdc  Lo- 
fut  aîlifté  dans  cette  cérémonie  ,  qui  11*  fit  au  mois  d’Octobre  de  l’an  975.'  par  d\^v,,.s.F»icr. 
Aymeric  archevêque  de  Narbonne  Ton  métropolitain  ,  Ricuin  évêque  de  Ma.  bjü./o.i.  Fetr. 
guelonne  ,  3c  Deu/dcdir  évêque  de  Rodez  qu’il  y  avoit  invitez.  Il  donna  alors,  tZil—ÉL, 
Lion  l’ulage ,  à  cette  eglife,  divers  domaines  de  Fon  patrimoine  ,  &  régla  de-  975' 
puis  par  Fon  teftament  la  part  que  dévoient  avoir  à  cette  donarionles  chanoi¬ 
nes  &  les  prêtres  qui  dcllerviroient  les  autels  oui  Furent  confierez  en  cette 
occafion. 

Suivant  Arnaud  de  Verdale  évêque  de  Maguclonne ,  qui  a  écrie  au  milieu 
duXIV.fieclc  cl’hiftoire  de  fès  prcdcccflcurs,dcux  firurs  de  Fulçrand  eurent  en  ville  &  <10  hï- 
partage  les  lieuxde  Montpellier  3c  dcMontpelÜerct.qu’elles  donnèrent d  l’églifè  Snc"rs  ,,',c 
de  Maguclonne  en  Ja  perionne  de  Ricuin  qui  en  etoit  eveque.  Cet  auteur  ajoute  c  .mu-s  de 
que  peu  de  tems  après  Ricuin  donna  Montpellier  en  fief  à  un /cigneur  du  pays  SjWUncion  & 
appelle  Gui ,  qui  étoit  alors  en  guerre  avec  le  comte  de  Melgueil  ou  de  Mau-  cLafb'mU. 
guio  au  Fijct  de  Fcs  terres.  Quoique  cet  écrivain  ne  rapporte  ni  la  donation  des  7**- 
Fœurs  de  faint  Fulçrand ,  ni  l’inFeodation  Faite  par  Ricuin ,  il  paroît  cependant  ' 
u’il  en  avoit  vu  les  actes.  Nous  trouvons  donc  ici  l’origine  de  Montpellier  3£ 
es  F'igneurs  de  cette  ville  ,  aujourd’hui  la  féconde  delà  province  ,&  l’une  des 
plus  confiderables  du  royaume  5  3c  en  effet ,  nous  verrons  dans  la  Fuite  que  ces 
feigneors  latcnoicnten  fief  des  évêques  de  Maguclonne. 

Selon  le  même  hiltorien,  les  fœurs  de  Faint  Fulçrand  pofîed  oient  auparavant 
en  alleu  les  lieux  de  Montpellier  3c  de  Montpellicret  :  elles  les  avoienteus  Fans 
doute  delà  Fucceflion  de  leur  mere  ,  qu’on  prétend  être  fille  d’un  comte  de  Sub¬ 
ftancion  ou  de  Melgueil,  auquel  ppr  conféqucnt  ces  lieux avoient  appartenu 
originairement.  C’elt  ce  qui  paroît  d’ailleurs  par  un  acte d  de  l’an  985.  Fuivant  d  Tr.f.  tjy, 
lequel  Bernard  comte  de  Melgueil  ou  de  Subftancion  ,  3c  Scnegonde  la  femme, 
donnent  d  un  Icigneur  nomme  Guillaume  deux  habitations*  ou  métairies  de  leur  *  Manfos. 
propre  alleu  dans  le  dioccfe  de  Maguclonne,  3c  le  diftrict  du  château  de  Subftancion, 
l’un  dans  le  territoire  du  village  de  Candillargues  ,  3c  l’autre  dans  celui  de 
Montpellier  h  preuve  que  vers  la  fin  du  X.  ficclc  cette  ville  n’étoit  encore  qu’un 
village.  Cet  acte  eft  le  plus  ancien  monument  que  nous  ayons  où  il  en  foit  fait 
mention  ;  3c  ceux  qui  Font  remonter  plus  haut  Fon  origine  ,  n’en  apportent 
aucune  preuve  folide  j  au  refie  ce  village  s’accrut  bientôt  à  caufe  de  fon  heu- 
reufe  fituation  ,  enforte  qu’au  XII.  ficelé  ,  c’étoit  une  ville  des  plus  florif- 
lantes  de  l’Europe. 

Ce  lieu  eft  appelle  Monfpiflclltrius  dans  l’acte  dont  on  vient  de  parler,  de 
même  que  dans  les  fuivans,  jufques  vers  la  fin  du  XI.  fiecle  :  onl’appellâ  in¬ 
différemment  depuis  Monfpcffulanus  ou  M on'pcffnllus.  Ceci  fait  voir  combien 
Font  vaines  les  conjectures  de  quelques  modernes  qui  ont  voulu  donner  l’éty¬ 
mologie  du  nom  de  Montpellier ,  mais  furtout  de  ceux  qui  le  Font  dériver  du 
mot  Puclla,  comme  qui  diroit  Mons  Pucllarum  ,  par  allufion  aux  deux  Fœurs 
de  faint  Fulçrand ,  qu’un  de  ces  auteurs e  prétend  avoir  confacré  leur  virginité  e  CnrUl.ftr'. 
dans  l’abbaye  de  faint  Geniez  au  dioccfe  de  Maguelonne,  dont  il  fait  les  m»- 

comtes  de  Subftancion  ou  de  Melgueil  les  fondateurs.  Mais  tout  cela  eft  avancé  ©./j* [i.Jdii" 
fans  preuves ,  3c  l’abbaye  de  faint  Geniez  ne  fut  fondée  que  l’an  f  1019.  tems  f  ^ 
auquel  les  deux  fœurs  de  faint  Fulçrand  dévoient  être  ou  déjà  décédées,  ou  1‘ 

du  moins  dans  un  âge  extrêmement  avancé  ,  puifque  faint  Fulçrand  leur  frere 
fut  ordonné  évêque  de  Lodeve  en  949.  d’ailleurs  cette  abbaye  ne  doit  pas 
fa  fondation  aux  comtes  de  Subftancion. 

Quant  à  Gui  en  faveur  duquel  Ricuin  évêque  de  Maguelonne  inféoda  Mont¬ 
pellier,  il  paroît  g  qu’ Arnaud  de  Verdale  s’eft  trompé  fur  fon  nom  ,  3c  que  ce  %  v- 
feigneur  n’eft  pas  different  de  Guillaume  à  qui  Bernard  comte  de  Subftancion 
donna  en  9  8  y.  les  deux  métairies  dont  on  a  déjà  parlé.  Cela  eft  d’autant  plus 


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_ _ W4  HISTOIRE  GENERALE 

An.  97  j.  probable  que  tous  les  fuccefTeurs  de  ce  premier  feigneur  de  Montpellier  pri- 
»  k  note  rent  Ie  nom  1  de  Guillaume.  Si  donc  celui  qui  reçut  l’infeodation  de  Ricuin 
Xxxni,  étoit  alors  en  guerre  contre  le  comte  de  Subftancion  ,  il  fit  fans  doute  la  paix 
bientôt  après  avec  lui ,  puifqu’en  985.  le  comte  Bernard  fit  une  donation  à 
Guillaume  ,  à  caufe  des  fervices  qu'il  en  avait  reçus  ,  de  la  bienveillance  qu'il 
avoit  four  lui. 

Ce  comte  étoit  fils  de  Berenger  comte  de  Subftancion  ou  de  Melgueil  ,qui 
buUibi.iiij.  félon  le  môme  Vcrdale  b,  rendit  à  Ricuin  évêque  de  Maguelonne  ,  four  l’ame 
de  Guijle  [a  femme,  &  de  Bernard  fon  fils  ,  le  château  de  Gigean  que  ce  prélat 
lui  avoit  donné  auparavant.  Berenger  reconnut  en  même  tems  tenir  en  fief  de 
Ricuin  le  château  de  la  Verune  *  ce  qui  peut  fervir  à  fixera  peu  près  le  tems 
où  vivoit  ce  comtc*car  Bernard  fon  fils  lui  avoit  déjafuccedé  en  98  5.  Or  corn-, 
me  ce  dernier  mourut  quelques  années  après  dans  un  âge  avancé ,  il  faut  que 
Berenger  fon  pere  fut  comte  de  Subftancion  dès  le  milieu  du  X.  fiecle  -,  ainfi 
il  cft  fort  vraifemblablc  qu’il  étoit  fils  de  Bernard  I.  du  nom  comte  de  Ma- 
«  r.tr.p.d.  guelonne ,  de  Subftancion  ou  de  Melgueil ,  qui  vivoit e  fous  le  régné  de  Char¬ 
les  le  Simple. 

On  peut  encore  fixer  le  tems  où  Berenger  &  Bernard  fon  fils  étoient  comtes 
de  Subftancion ,  par  l’époque  de  l’épifeopat  de  Ricuin  ,à  qui  le  comte  Bernard 
1  donna, au  rapport  de  4  Verdale,  les  villages  de  P  runet  dans  le  diocèfe  de  Beziers, 

d’Arboras  dans  celui  de  Lodeve,  ôc  plufieurs  autres  terres ,  qu’il  reprit  en- 
fuite  en  fief  de  l’églife  de  Maguelonne.  Or  Ricuin  n’a  rempli  cet  évêché 
qu’après  l’an  947.  puifque  Pons  fon  prédccefleur  l’occupoit  alors  : 'Pierre  lui 
avoit  déjà  fuccedé  en  98  5.  comme  nous  le  verrons  ailleurs  -,  nous  n’avons 
enfin  aucune  preuve  qu’il  ait  été  évêque  de  Maguelonne  avant  l’an  955.  II 
s’enfuit  de  là  que  Berenger  aura  fuccedé  à  Bernard  I.  dans  le  comté  de  Sub¬ 
ftancion  vers  l’an  9  50.  6c  Bernard  II.  à  Berenger  fon  pere  vers  l’an  970.  Au 
refte  il  paroît  que  ces  comtes  étoient  François  d’origine ,  car  le  comte  Bernard 
II.  marque  exprelTément  dans  fa  donation  en  faveur  de  Guillaume ,  qu’il  la 
tPr.^.13».  faifoitc  conformement  à  la  loy  Sali  que  qui  ( toit  la  fienne.  Nous  verrons  cepen- 


«  Y.fr.p.St. 


tPr.p.ip. 


faifoit e  conformément  à  la  loy  Salique  qui  { toit  la  fit 
dant  ailleurs  que  les  comtes  de  Melgueil  ou  de  Subfl 


dant  ailleurs  que  les  comtes  de  Melgueil  ou  de  Subftancion  du  XII.  fiecle ,  def- 
cendans  du  même  Bernard  II.  prétendoient  venir  en  droite  ligne  du  pere  de 
faint  Benoît  d’Aniane  qui  fut  comte  de  Maguelonne  ou  de  Subftancion  au 
IX.  6c  qui  étoit  certainement  de  race  Gothique  ;  mais  peut-être  n’en  defeen- 
doicnt-ils  que  par  femmes. 

Telle  eftla  fuccclfion  des  comtes  de  Melgueil  ou  de  Subftancion  pendant  le 
{V:N0T s  X.  fiecle;  elle  cft  fondée  f  fur  divers  monumens  autentiques  ,  6c  bien  diffé- 
'  n  ‘'0‘  rente  de  ce  qu’en  rapporte  un  modernes  ,  qui  fans  preuves  nous  donnedurant 
gtsxrieiniitde  ce  tems-là  un  Adolphe,  un  Erneft&un  Evrard  pour  comtes  fucceffifs  de  Mel- 
gueil  ou  de  Subftancion.  Cet  auteur  ajoute  que  le  dernier  étoit  frere  de  Sene- 
gonde  ,  6c  qu’il  fut  pere  du  comte  Bernard,  qu’il  appelle  Bernard  I.  d’ Adé¬ 
laïde,  de  Confiance  6c  de  Guillemette.  Ileft  vrai  que  nous  trouvons  un  Ber- 
h  v.  note  nard  b  comte  de  Subftancion  6c  fes  trois  foeurs  de  même  nom  fur  la  fin  du 
xxxnihd.  x.  fiecle  6c  au  commencement  du  XI.  mais  outre  que  ce  Bernard  fut  le  III.  de 
fon  nom  ;  il  n’y  a  aucune  preuve  que  le  prétendu  Evrard  ait  été  fon  pere ,  8c 
nous  verrons  plus  bas  que  Senegonde  devoit  être  fon  ayeule  6c  non  pas  fa 
tante. 

Lxxxvr.  Pour  revenir  à  Saint  Fulcrand  évêque  de  Lodeve,  les  comtes  deTouIoufe 
licSFdcu"'1'  &  de  Rouergue  lui  donnèrent  occafion  l’un  ôc  l’autre  d’exercer  le  zele  épifeo- 
La  piovîncc '  Pa'  qui  l’animoit.  Le  premier* ,  dont  on  ne  marque  pas  le  nom  ,  mais  qui 
affligée  Jc  la  ne  peut  être  different  k  de  Guillaume  Taillefer  ,  avoit  quitté  fa  femme  legi- 
Ttf's.rwer.  t:>me  Pour  en  Prendre  une  autre  qui  étoit  aduellement  mariée.  Le  faint 
Mitt. a. Tebr.  prélat,  quoique  plein  derefped  pour  l’autorité  de  ce  prince  ,  l’ayant  rencon- 
Vr  note  tr^  un  j°ur  Su s’empreffoit  de  venir  l’embraffer  ,  refufa  non  feulement  fon 
vi lu. n.  falut,  mais  lui  reprocha  publiquement  fa  vie  ■  fcandaleufe  ;  aimant  mieux 

courir  le  rifque  de  fa  vie,  6c  s’attirer  fon  indignation ,  que  de  manquer  dans 
cette  occafion  à  fon  devoir. 

Fulcrand  ufa  d’une  égale  fermeté  envers  Raymond  comte  de  Rouergue , 
dans  le  tems  qu’une  cruelle  famine  défoloit  la  province ,  6c  en  particulier  le 

diocèfe 


Lxxxvr. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII.  iôj _ _ 

diocèfede  Lodeve.  La  charité  univcrfellement  reconnue  de  ce  faint  évêque  p7î* 
lui  attira  un  nombre  infini  de  pauvres,  qui  dans  l’efperance  d’en  reflentir 
les  effets  fe  retirèrent  dans  fa  ville  épifcopale.  Leur  attente  ne  fut  pas  vaine  i 
il  leur  diftribua  d’abord  toutes  les  provisions  fans  fe  rien  réferver ,  tant  il 
comptoit  fur  les  reflources  de  la  providence.  Il  vendit  enfuite  fes  meublesj 
leur  en  donna  le  prix,  &  voyant  que  tout  cela  ne  fuffifoit  pas ,  il  parcourut 
fon  diocèlè,  ralîembla  tout  le  bétail  qu’il  put  rencontrer,  SC  le  leur  par- 
tagea.  Ayant  appris  enfin  qu’il  pourroit  tirer  des  grains  du  Rouergue  ,  il  fit 
une  fomme  d’argent,  &  partit  pour  ce  païs  dans  le  deflein  d’en  acheter.  Ray¬ 
mond  comte  de  Rouergue  informé  de  fon  voyage  ,  conçût  aufli-tôt  le  détefla* 
ble  deflein  de  lui  drefler  des  embûches ,  6e  de  le  détrouflèr  à  fon  palTagc.  Fui- 
crand  en  fut  averti ,  ce  qui  ne  l’empêcha  pas  de  continuer  fa  marche  j  il  tomba 
peu  de  tems  apres  dans  l’cmbufcade,  mais  le  comte  Raymond  fut  fi  frappé  de  la 
prefence  ,  qu’il  dit  aufli-tôt  à  fes  gens  :  Retirons-nous ,  celui  que  nous  pourfuivons  eft 
un  [ervitcur  de  Dieu  des  plus  pacifiques.  Ce  prince  fe  retira  enfuite ,  &  il  ne 
fut  pas  plutôt  de  retour  chez  lui ,  que  l’horreur  qu’il  eut  de  Ion  crime  lui 
caula  la  fièvre.  Le  faint  prélat  continua  cependant. fa  route,  &  acheta fuffi- 
laminent  de  grains  pour  fubvenir  aux  befoins  des  pauvres  jufqu’à  la  récolte 
fuivante  qui  fut  très-abondante. 

On  voit  par  ce  récit  tiré  d’un  auteur,  qui  quoique  du  commencement  du  LXXXVlt. 
XlV.fiecle,  femble  l’avoir  pris  d’une  ancienne  vie  de  faint  Fulcrand,  que  Guillaume 

...  —  f  ^  ,  -  *  •  i âiiicrrr  coin* 

Guillaume  Tanlerer  comte  de  Touloule  etoit  déjà  marie  vers  l  an  975.  Ce  tedcTouioufe 
prince  devoit  avoir  époufé  en  effet  vers  ce  tems-là  Arfinde  en  premières  noces.  cupk’ 
Un  hiltorien J  du  tems  parle  de  cette  comteffe ,  à  l’occafîon  d’un  pèlerinage  Arhnde  d  An- 
qu’elle  fit  à  l’abbaye  de  Conques  en  Rouergue ,  où  on  confervoit  les  reli-  )°u  qui  |u» 
ques  de  fainte  Foy  martyre  ,  qui  étoit  en  grande  vénération  dans  tous 
les  païs  voifins.  Arfinde  ,  femme  de  Guillaume  comte  dcTouloufc  ,  dit  cet  auteur, «  »  fo,n*ri. 
n’ayant  point  d’enfans ,  réfolut  d’en  aller  demander  à  Dieu  par  l’intercelfion«  î'Jfsnu bîbî. 
de  lainteFoy.  A  fon  arrivée  à  Conques,  elle  lui  offritdes  brallelets  d’or  artifte-« 
ment  travaillés,  &  enrichis  de  pierreries,  dont  elle  avoir  coutume  defeparer.«  yjJ-  N°2/' 
Ses  prières  furent  exaucées  ,  &:  après  Ion  retour  elle  accoucha  fucce(five-«  fa.  <£'  nots 
ment  de  deux  fils ,  dont  l’un  fut  nommé  Raymond ,  &  l’autre  Henri.«  Au  relie  XXJX- 
nous  avons  lieu  de  croire  b  que  cette  princeflc  étoit  fille  de  Geoffroy  Gri-  b  note 


uentmece 


XXIX., b, j. 


fegonelle ,  Scfœurdc  Foulques  Nera  comtes  d’Anjou  ,  &par  conféq 
d’Adelaide  comtefle  de  Gevaudan ,  &c  de  Gui  qui  fut  c  éld  évêque  du  Puy  xxvui°T* 

vers  l’an  9  7  f.  #  Lxxxvm 

Cette  eglile  étoit  encore  gouvernée  en  961.  par  Gotefcalc  >  qui  permit  «*  EvcH.K-s  dù 
alors  à  Truan  doyen  de  fa  cathédrale  de  bâtir  une  chapelle  en  l’honneur  de  Puy-  *’°ns  & 
S.Michel  fur  la  cime  d’un  rocher  efearpé,  taillé  en  forme  de  pyramide, voifin  de  «Vd^Gevlu” 
la  ville  du  Puy,&  nommé  l’Aiguille,  qu’un  auteur e  du  XIII.  fiecle  amis  au  rang  ban¬ 
des  merveilles  du  monde.  On  donna  le  nom  de  Seguret  à  cette  chapelle  ,  qui  a  „fv GfJa  chr‘ 
fervi  autrefois  de  titre  à  une  des  dignitez  de  la  cathédrale.  Gotefcalc  étant 
mort  en  961.  Begon  lui  fucceda.  On  croit f  que  c’ell  fous  l’épifeopae  de  ce  J* 

dernier  que  faint  Maicul  abbé  de  Cluni  fit  à  l’eglife  de  Notre  Dame  du  Puy  y  son, bu. 
le  pèlerinage  dont  il  cil  parlé  dans  fa  vie  g.  Le  clergé  &  le  peuple  allèrent  e  Gw;.  tu- 
avec  empreflèment  au  devant  de  lui ,  &  furent  témoins  des  merveilles  que  Dieu  m"*M- 
opéra  par  fon  miniflcrc  ,  ce  qui  a  engagé  l’églife  du  Puy  à  le  mettre  au  nom-  f  zw.tyu» 
bre  de  fes  patrons. 

Après  la  mort  de  Begon  le  clergé  &:  le  peuple  de  Vêlai  élurent  pour  fon 
fuccelTeurGui,  fils  puîné  de  Foulques  le  Bon  comte  d’Anjou  ,  qui  h  avoit  pris  Z’-?06- 
dès  fa  jeuneffe  l’habit  monaftique  dans  l’abbaye  de  Cormeri  en  Tourraine  , 
dont  il  fut  élû  abbé.  Gui  avoit  aufii  obtenu  les  abbayes  de  faint  Aubin  d’An-  *»»  97).  ».,7. 


peu  réglée  }  &  il  avoit  déjà  acquis  une  grande  réputation  de  probité  lors 
qu’il  fut  élû  évêque  de  Vêlai.  Le  crédit  qu’avoit  dans  le  pays  Adélaïde  fa 
fœur ,  veuve  d’Etienne  comte  de  Gevaudan  ,  &  non  pas  de  »  Guillaume  comte 
de  Provence,  comme  l’ont  avancé  quelques  modernes,  ne  contribua  pas  peu 

Tome  II.  O 


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loi 


HISTOIRE  GENERALE 


An.  97 5.  à  lôn  éledion.  Guillaume Taillefer  comte  de  Touioufe  ,  qui,  comme  on  l’a, 
déjà  remarqué,  avoit  époufé  une  de  l'es  nièces,  &.  qui  étendoic  l'on  autorité 
fur  le  Vêlai,  la  favorila  aulfi  fans  doute.  Enfin  le  roi  Lothaire  l’approuva , 
&  obligea  Gui,  quifaifoit  difficulté  d’y  confentir,  à  fe  foumettre.  Ce  dernier  fe 
mit  donc  en  chemin  accompagné  de  quelques-uns  de  fes  confrères ,  &  des 
députez  de  l’églife  du  Puy  qui  étoient  venus  lui  annoncer  fon  élection.  Ses 
deux  neveux  Pons  &  Bertrand,  qu’un  ancien  monument  qualifie  confuls  dy Aqui¬ 
taine,  &  qui  avoient  fuccedé  d  Etienne  leurpere  dans  le  comté  deGevaudan, 
allèrent  au  devant  de  lui  avec  Adélaïde  leur  mere ,  Si  l’accompagnerent  le 
jour  qu’il  fit  fon  entrée  dans  fa  ville  épifcopale. 
ixxxix.  Gui  »  eut  à  peine  pris  polTelfion  de  Ion  fiege  ,  que  fon  premier  foin  fut 
ïa^iix'Tfo  dfi-reme£iïer  aux  maux  qui  troubloient  la  paix  du  Vêlai,  La  licence  des 
dbcckin*  ”  mœurs ,  &  l’abus  de  l’autorité  avoient  fait  alors  des  progrès  étonnans.Chaque 
a  Gtii.chrifi.  feigneur ,  &  même  chaque  particulier  qui  fe  trouvoit  un  peu  puilfent  ,  s’eri- 
geoit  en  tyran  j  &  fans  reconnoître  d’autre  loy  que  celle  du  plus  fort ,  enva- 
hifioit  impunément  les  biens  de  fes  voifins  ,  fans  épargner  ceux  des  églilès  & 
des  pauvres.  Le  nouvel  évêque  du  Puy  touché  de  ces  defordres ,  &.  rciolude 
les  abolir  ,  ordonnai  tous  les  nobles  êc  aux  perfonnes  les  plus  confidcrables 
du  pais  de  s’aflembler,  pour  convenir  enlemble  des  moyens  de  rétablir  la  paix 
&  la  tranquillité  publique  dans  le  pais.  Prévoyant  cependant  que  fes  défi 
feins  pourroient  être  traverfez,  il  pria  fes  neveux  les  comtes  Pons  Si  Bertrand 
de  vouloir  le  foutenir  de  leur  autorité ,  de  ralfemblcr  un  corps  de  troupes 
vers  Brioude  ,  &  de  marcher  à  fon  fecours  en  cas  de  befoin.  Cela  fait  il 
alfembla  les  principaux  de  fes  diocèfains  dans  la  plaine  de  laine  Germain 
à  une  lieue  du  Puy,  &  leur  propofa  de  reftituer  les  biens  qu’ils  avoient  ufur- 
pez,  de  réparer  les  dommages  qu’ils  avoient  caulèz  aux  pauvres,  &  de  pro¬ 
mettre  avec  ferment  de  garder  inviolablement  la  paix  entr’eux.  Cette  propo¬ 
rtion,  toute  raifonnable  qu’elle  étoit,  ne  fut  pas  du  goût  d’une  grande  partie 
de  ceux  qui  compofoient  l’affemblée.  Gui  avertit  alors  fes  neveux  ,  qui  mar¬ 
chèrent  pendant  toute  la  nuit ,  &  qui  étant  arrivez  le  lendemain  à  la  pointe 
du  jour,  firent  mine  de  vouloir  donner  fur  les  mutins ,  ce  qui  les  fit  rentrer  en 
eux-mêmes.  L’alîemblée  accepta  enfuitc  unanimement  les  articles  de  paix  qui 
avoient  été  propofez,  &  que  tous  ceux  qui  étoient  prefens  firent  lerment 
d’obferver  avec  fidelité,  après  avoir  donné  des  otages  pour  grge  de  leur 
parole.  Cette  paix  ne  fut  pourtant  pas  fi  folide  que  les  lucccUèurs  de  Gui , 
&  les  évêques  des  diocèfes  voifins  ,  n’ayent  eu  befoin  de  la  renouveiler  bientôt 
après ,  ainfi  que  nous  le  verrons  en  fon  lieu. 

Gui  après  avoir  pacifié  fon  diocèfe,  s’appliqua  à  le  bien  gouverner.  Il  a/figna 
une  partie  des  revenus  de  fon  églife  à  fon  chapitre  qui  devoir  en  jouir  en  com¬ 
mun,  &fe  réfervale  relie  ;  preuve  que  la  léparation  des  manfes  entre  les  évê¬ 
ques  &  leurs  chapitres  étoit  déjà  en  ufegedans  le  X.  ficelé.  Il  dédia  en  l’r.on- 
neur  de  feint  Michel  la  chapelle  queTruan  doyen  de  fa  cathédrale  avoir  faic 
conllruire  fur  le  haut  du  rocher  de  l’Aiguille, 
xc.  Il  eft  incertain  fi  Arfinde,  femme  de  Guillaume  Taillefer  comte  de  Tou- 
lefcrcômte^e  ^ou^e »  ce^c  (lu’^  abandonna,  fuivant  la  vie  de  feint  Fulcrand,  &  s’il 
Touioufe  gou-  n’en  avoit  pas  époufé  une  autre  auparavant ,  car  nous  avons  peu  de  mémoires 
«me  les  états  pur  vie  de  ce  prince  jüfques  vers  la  fin  du  X.  fiecle.  Il  paroît  cependant 
quil  gouvernoit  par  lui-meme  vers  lan  975.  les  états  dont  il  avoit  hente 
de  Raymond-Pons  fon  pere ,  &  que  la  comteflc  Garfinde  la  mere  qui  en 
avoit  eu  l’adminillration  pendant  fa  jeuneffe ,  étoit  alors  décedée.  La  mort 
bsovEvm.  de  cette  princeffe  arriva  b  en  effet  entre  l’an  971.  &  l’an  975.  ce  que  nous 
inférons  de  deux  ades  qu’on  doit  rapporter  aux  dernieres  années  de  fa  vie. 

Par  le  premier c,  Garfinde,  qui  fe  qualifie  veuve  de  Pons  comte  de  Touioufe , 
donne  à  l’abbaye  de  feint  Pons  de  Tomicres ,  pour  la  remilfion  de  fespechez, 
Si  le  repos  de  l’ame  du  comte  fon  mari,  le  château  de  Ccffenon  avec  plu. 
fieurs  églifes,  Si  differens  domaines  fituez  dans  les  diocèfes  de  Narbonne, 
de  Beziers ,  &.  d’Albi  ;  elle  réferve  en  même  tems  la  jouilfence  du  château 
de  Cellenon  &  de  les  dépendances  en  faveur  à' Adélaïde  &  <^e  fcs  ft5  Ermen- 
ytui  &  Raymond  i  qui  elle  la  donne  pendant  leur  vie.  Cette  Adélaïde  n’cll 


M- 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII.  107  _ _ 

pas  differente  de  la  vicomtefle  de  Narbonne  de  ce  nom  ,  qui  eut  l’admini-  An.  97  J. 
Il  ration  de  cette  vicomté  au  nom  de  fes  deux  fils  Ermengaud  &  Raymond  , 
après  le  décès  de  Matfred  fon  mari ,  ainfi  qu’on  l’a  remarqué  ailleurs.  Quant 
au  château  de  Ceflcnon  ,  c’eft  aujourd’hui  une  petite  ville  fituée  fur  la  riviere 
d’Orb  dans  le  diocèfe  de  faint  Pons  vers  les  frontières  de  celui  de  Beziers* 


avec  titre  de  comté.  La  donation  de  Garfinde  eft  datée  Amplement  du  mois 
de  Juillet  fous  le  régné  du  roi  Lothaire  ,  fie  fouferite  par  F  rot  aire  évêque  ,  qui 
eft  fans  doute  le  même  que  l’évêque  d’Albi  de  ce  nom  qui  vivoit  alors ,  par 
Hugues  abbé  6c  plufieurs  autres.  Ce  dernier  étoit  abbé  de  faint  Pons ,  & 
avoir  fuccedé  à  Arnoul  qui  pofledoit  encore  cette  abbaye  au  mois  de  Janvier 
de  l’an  971. 

Le  fécond  a<fte  de  la  comteflè  Garfinde  eft  un  teftament1,  ou  plutôt  un  ^ 

codicille  dans  lequel  elle  fait  plufieurs  legs  pieux ,  tant  pour  l’ame  de  Pons  Garfinde'com- 
fon  mari ,  que  pour  la  fienne  ,  ôc  de  tous  les  parens.  Elle  lailfe  divers  alleus  telle  de  Tou- 
aux  églilès  cathédrales  de  limite  Marie  de  Rodés ,  de  fainte  Cecile  d’Albi ,  6c  [«J-aXIS 
de  faint  Etienne  de  Cahors  en  Aquitaine ,  de  faint  Juft  de  Narbonne  ,  de  Lautrcc. 
faint  Nazaire  de  Beziers,  &  de  faint  Geniez  dcLodevedans  la  Septimanie  t 
aux  monafteres  de  faint  Amand  ,  fie  de  faint  Saturnin  de  Rodez  ,  de  faint 


Antonin  6c  de  Vabres  en  Rouergue  j  d’Aurillac  en  Auvergne ,  de  Figeac  en 
Querci ,  de  faint  Salvi  d’Albi ,  de  Caftres ,  de  Vioux ,  de  faint  Michel  de  Gail- 
lac ,  fie  de  fainte  Sigolenc  en  Albigeois  5  de  faint  Paul  de  Narbonne,  de  faint 
Pons  de  Tomieres ,  fie  de  faint  Aman  de  Vernofoubre  aujourd'hui  faint  Chi- 
gnan,dans'le  diocèfe  de  Narbonne,  de  faint  Aphrodife  6c  de  Villemagne 
dans  le  diocèfe  de  Beziers  $  fie  à  plufieurs  eglifes ,  en  particulier  à  celles  de 
faint  Afrique  en  Rouergue  ■>  de  faint  Pierre ,  de  fainte  Martiane,  fie  de  faint 
Afrique  d’Albi ,  de  faint  Pierre  de  Burlats ,  fie  de  faint  Benoît  des  Avallats 
dans  le  diocèfe  d’Albi.  Parmi  ces  difterens  legs ,  l’un  des  plus  remarquables 
eft  celui  que  fit  cette  comteflè  à  l’abbaye  de  faint  Pons  où  le  comte  fon  époux 
étoit  inhumé  fie  à  celle  de  faint  Vincent  de  Caftres,  auxquelles  elle  donna  l’eglife 
de  faint  Sauveur  de  Salai. 


Elle  fait  mention  de  plufieurs  de  les  parens,  entr’autres  du  comte  Hugues 
fon  neveu ,  qu’elle  nomme  ,  ce  femble  ,  fon  exécuteur  teftamentaire  ,  6c  à  qui 
elle  légué  l’eglife  de  faint  Symphorien  fie  l’alleu  de  Cabannes  pour  en  jouir 
pendant  fa*vie,fic  qu’elle  fubftitue  après  fa  mort  à  la  cathédrale  de  Rodez, fie  aux 
abbayes  de  faint  Amand  fie  de  faint  Saturnin  de  cette  ville.  Nous  conje&urons 
de  là  que  ces  biens  étoient  fituez  en  Rouergue  j  qu’Hugues  polfedoit  le  do¬ 
maine  d’une  partie  de  ee  pays ,  6c  qu’il  étoit  le  même b  qu’Hugues  fils  puîné  bv.îJOTEniu 
de  Raymond  I.  comte  de  Rouergue.  Garfinde  pouvoit  l’appeTlcryô»  neveu  , 
puifqu’il  l’étoit  de  Raymond-Pons  comte  deTouloufc  ,  Ion  mari  ,  à  la  mode 
de  Bretagne.  Elle  parle  aulfi  d’ Amelius  6c  de  Raymond  fes  neveux ,  fie  donne 
au  premier  le  village  de  Brutia  ,  qui  eft  ou  Brufques  en  Rouergue ,  fur  les 
frontières  de  l’Albigeois ,  ou  Broufles  dans  ce  dernier  pais  aujourd’hui  du  dio¬ 
cèfe  de  Caftres.  Cet  Amelius  neparoît  cpas  different  de  l’évêque  d’Albi  de  c  ihj, 
ce  nom  qui  vivoit  au  commencement  du  XI.  fiecle.  Quant  à  Raymond 
autre  neveu  de  Garfinde,  qu’elle  dit  fils  de  Gundinilde  ,  6c  à  qui  elle  donna 
deux  alleus,  lefquels  après  fa  mort  dévoient  être  partagez  entre  les  cathédrales 
de  Beziers  fie  de  Narbonne,  fie  l’eglife  de  faint  Paul  de  cette  derniere ville, 
il  y  a  lieu  de  croire  d  qu’il  eft  le  même  que  Raymond  neveu  de  Raymond  I.  d 
comte  de  Rouergue ,  lequel  avoit  un  frere  nommé  Hugues.  Garfinde  parle 
encore  du  comte  Raymond ,  de  qui  elle  avoit  acquis  un  alleu  qu’elle  donna  à  la 
cathédrale  de  Cahors ,  6c  à  l’abbaye  de  Figeac.  C’eft  fans  doute  du  même 
Raymond  I.  ou  de  Raymond  II.  fon  fils  ,  comtes  de  Rouergue  ,  dont  il 
s’agit  ici. 

Cette  princefTe  donne  enfuite  à  la  vicomteffe  Adélaïde  ù  fes  fils  Ermengaud 
&  Raymond  l’alleu  &  le  château  de  Ceffenon ,  avec  les  églifes  qui  en  dépendolent, 
qu’elle  légué  après  leur  mort  à  l’abbaye  de  faint  Pons  de  Tomieres,  avec 
l’églife  de  Geminian  :  preuve  évidente  que  Garfinde  qui  fit  ce  codicille  ,  eft 
la  même  que  la  comteflè  de  ce  nom  veuve  de  Pons  comte  de  T ouloufe  qui  fit  à 
l’abbaye  de  faint  Pons  la  donation  dont  on  vient  de  parler.  On  a  remarqué 
Tome  JJ.  O  ij 


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An. 


975 


108  HISTOIRE  GENERALE 

ailleurs  qu’elle  croie  vraifemblablement  fœur  de  Matfred  vicomte  de  Nar¬ 
bonne,  6c  c’eft  ce  qui  l’engagea  fans  douce  à  laiffer  à  Ermengaud  Ôc  à  Ray¬ 
mond  fils  de  ce  vicomte,  ôc  à  Adélaïde  leur  mere,  des  domaines  fi  confi- 
derables. 

Outre  ces  legs, elle  en  fit  d’autres  en  faveur  de  divers  feigneurs  du  païs,  de  lès 
vaflaux  ôc  de  les  domeftiques:  elle  donna  differens  alleus  à  Frotaire  évêque 
d’Albi,  à  Deufdet  évêque  de  Rodez,  à  Amblard  abbé,  à Gaulbcrt  prévôt 
»  v.  note  de  faint  Salvi  d’Albi ,  6c  aux  deux  vicomtes  Bernard  6c  Ifarn.  Le  premier a 
xxi.*io.  efl.  je  mgme  que  gernard  alors  vicomte  deNifmesôc  d’Albi,  6c  pere  de  Fro¬ 
taire  évêque  de  cette  dernière  ville.  L’aucre  étoit  vicomte  de  Lautrec.  Elle 
donne  à  celui-ci  l’églile  de  fainte  Marie  de  Bar ,  fituée  dans  La  partie  mé¬ 
ridionale  du  diocèfe  d’Albi  ,  6c  le  fief  qu’il  poflèdoit,  pour  en  jouir  pendant 
fa  vie,  avec  fubflitution  après  fa  mort  à  l’abbaye  de  faine  Pons.  Enfin  Gar- 
finde  donne  la  liberté  à  tous  fes  ferfs  par  le  dernier  article  de  fon  codicille. 
Nous  nommons  ainfi  cet  a&e  ,  foit  parce  qu’il  cfl  intitulé  de  même ,  foit 
parce  qu’il  ne  contient  que  des  legs ,  6c  que  la  comteflè  n’y  dit  rien  de  fon 
neritier,  qui  fut  fans  doute  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe  fon  fils. 
Du  refie  on  peut  juger  par  ce  monument  du  grand  nombre  de  terres  que 
pofledoit  cette  princefle  dans  les  differens  comtez  dépendans  de  la  maifon  de 
Touloufe  ,  furtout  dans  l’Albigeois,  où  le  comte  Pons  fon  époux  lui  avoir 
afligné  apparemment  fon  douaire. 

xcir.  Quand  Guillaume  Taillefer  prit  par  lui-même  le  gouvernement  de  fes 
Partage  domaines  ,  il  avoir  jufqu’alors  poffedé  par  indivis  ,  avec  Raymond  fécond 

maltoa^Tou-  nom  comte  de  Rouergue  fon  coufin ,  le  marquifat  de  Gothie  ,  6c  la 
louie  entre  le*  plupart  des  differens  comtez  qui  en  dépendoient  ,  de  même  que  ceux 
deux  branches  Querci  &  d’Albigeois  en  Aquitaine.  Ces  deux  princes  en  vinrent  b  alors 
fou.  a  un  partage  de  tous  ces  domaines,  luivant  lequel  les  comtez  de  Touloufe, 

d’Albigeois  6c  de  Querci  échurent  en  entier  à  Guillaume,  6c  le  marquifat  de 
Gothie,  avec  les  comtez  particuliers  de  Narbonne  ,  Beziers ,  Agde,  6c  peut- 
être  auili  ceux  d’Ufez  6c  de  Viviers  à  Raymond ,  outre  le  comté  de  Rouer¬ 
gue  qu’il  poffedoit  déjà.  Il  parole  qu’ils  partagèrent  en  même  tems  le  comté 
ou  diocèfe  deNifmes;  que  la  partie  fuperieure  échut  au  dernier  avec  la  capi¬ 
tale  fous  le  nom  de  comcé  de  Nifmes,  6c  la  partie  inferieure  avec  la  ville  de 
fàint  Gilles  i  l’aucre  ,  fous  le  titre  de  comté  de  faint  Gilles  ,  6c  que  ce  partage 
a  donné  l’origine  à  ce  dernier  comté ,  poffedé  par  les  comtes  de  Touloufe 
fiiccefleurs  de  Guillaume  Taillefer ,  qui  eut  auffi  vraifemblablement  le  comté 
deLodevepar  le  même  partage,  6c  qui  conferva  de  .plus  la  fuzeraineté  que 
fes  ancêtres  avoient  acquife  fur  les  comtez  de  Carcaflonne  6c  de  Rafez.  Outre 
c  notes  xvi  ce*a  Guillaume  en  qualité  d’heritier  c  de  Raymond-Pons  fon  pere,  avoir  des 
&xwi.  droits  fur  les  comtez  d’Auvergne  ôc  de  Velay  ;  mais  foit  que  les  comtes  de 
Poitiers  les  lui  difputaffent ,  foit  pour  d’autres  raifons  que  nous  ignorons ,  il 
les  donna  en  fief  vers  l’an  980.  à  Gui  qui  ne  prenoit  encore  que  le  titre  de 
A  ■in..ss.Btn.  vicomte  d  de  Clermont  la  XXVI.  année  de  Lothaire,  ou  l’an  979.  ôc  qui 
Vito te  avant  la  mort  de  ce  prince  fe  qualifioit  comte  d’Auvergne  5  comté  qu’il  tranfmic 
xvujt.j.  à  fes  defeendans. 

On  peut  confirmer  les  circonflances  8c  l’époque  de  ce  partage,  i°.  Sur  ce 
«v.  tr+ 1«3.  que  dans  les  aéles  e  qui  nous  relient  de  Guillaume  Taillefer  depuis  l’an  975. 

jufqu’àfa  mort,  il  fe  qualifie  feulement  comte  de  Toulouse  ,  d' Albigeois  &  de 
Querci.  20.  Sur  ce  que  nous  n’avons  aucune  preuve  que  les  comtes  de  Rouer¬ 
gue  ayent  eu  depuis  ce  tems-là  aucun  domaine  dans  ces  trois  comtez.  3®. 
Enfin  fur  ce  que  ces  derniers  princes  eurent  fêuls  la  principale  autorité  dans 
U',  note  vin.  ja  Qotgje  comté  particulier  de  Narbonne  à  la  fin  du  X.  fiecle,  ôcpen- 
xciii.  dant  une  grande  partie  dufuivant,  jufques  à  la  réunion  de  tous  leurs  domai- 
fm^oùla-  ncs  (*ans  la  branche  de  Touloufe.  Au  relie  après  ce  partage  Guillaume  Tail- 
ncmenc  &  les  lefer  donna  f  le  comté  d’Albigeoif  à  Pons  ion  frere  pour  fon  appanage,  ÔC 
mœurs  ,!cs  ]e  r^un{c  £  fon  domaine  après  lç  decez  de  ce  dernier  qui  mourut  fans 

peuples  la  r,  .  ,  A  * 

province  au  X.  pOltCritC. 

r.ccie.  Aiicus  ,  Quoique  nous  ayons  eu  foin  cTobferver  dans  les  occafions  les  differens  chan- 
gocurlaux! (C1  gemens  que  caufa  au  X.  fiecle  dans  le  gouvernement,  l’ufurpation  des  droits 


b  V  NOTE 
Vlll.n.  i6.j7. 

à'/n- 


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DELANGÜED  O  C.  Liv.  XII.  109 _ _ 

régaliens  par  les  grands  vaflàux  de  la  couronne  ,  nous  ne  croyons  pas  hors  de  ^  N  pjq, 
propos  d’ajourer  ici  quelques  reflexions  fur  cette  matière. 

Depuis  que  les  ducs  &  les  comtes  eurent  rendu  leurs  dignitez  héréditaires 
fous  le  régné  de  Charles  le  Chauve,  leur  principale  attention  fut  d’étendre 
leur  autorité  &  d’aggrandir  leur  domaine  :  ils  s’empreflèrent  furrour  de 
s’aflujettir  les  feigneurs  de  leur  voillnage ,  &  de  les  foumercre  à  leur  fuzerai- 
neté  ,  &  de  fe  faire  ainfl  divers  vaflàux.  Cet  ufage  étoit  déjà  établi  à  la  fin  » 
du  IX.  fiecle,  comme  le  remarque  l’auteur  de  la  vie  de  fàint  Geraud  ,  à 
l’occafion  de  Guillaume  le  Pieux  duc  d’Aquitaine  Sc  marquis  de  Gothie,  qui 
vouloit  engager  ce  faint  à  le  reconnoître  pour  fon  foigneur. 

Les  grands  vaflàux  étendirent  aufli  alors  beaucoup  leur  domaine ,  en  s’ap¬ 
propriant  les  terres  qu’ils  tenoient  auparavant  en  bénéfice ,  ou  à  vie ,  de  la 
libéralité  du  prince,  &  qu’ils  donnèrent  en  fief  à  certaines  conditions,  dont 
la  principale  fut  de  les  fuivre  à  &  guerre.  Par  là  nos  rois  fe  virent  peu  à  peu 
dépouillez  de  leur  domaine t  Sc  de  b  toutes  les  maifôns  royales  qu’ils  poiîè- b v.rt»i.chr»n* 
doient  auparavant  dans  les  diverfos  provinces  du  royaume  ,  il  ne  leur 
en  reftoit  prefque  plus  aucune  en  948.  fous  le  régné  du  roy  Louis 
d’Outremer.  Les  grands  feigneurs  pour  grollir  le  nombre  de  leurs  vaflàux, 
donnèrent  encore  en  fief  une  partie  de  leur  patrimoine ,  &  les  diflerens  droits 
ou  redevances  qu’ils  exigèrent ,  foit  dans  les  villes,  foit  dans  les  campagnes 
des  pals  qui  leur  croient  fournis,  &  jufqu’à  la  juftice  même.  Ils  engagèrent 
enfin  pluueurs  de  ceux  qui  tenoient  des  terres  en  franc-alleu  à  les  reconnoî¬ 
tre  pour  leurs  feigneurs.  De  là,  divers  domaines  qui jufqu’alors  voient  été 
libres,  changèrent  de  nature,  fàns  perdre  neanmoins  leur  ancienne  déno¬ 
mination  5  car  on  confondoit  au  X.  fiecle  les  fiefs  avec  les  véritables  alleus , 

&  on  employoit  dans  les  chartes  le  terme  d 'alleu  pris  en  general ,  pour  ligni¬ 
fier  toute  forte  de  poflefllon.  C’cft  ce  qu’on  voit  en  particulier  dans  le  tefta- 
ment  de  c  Raymond  I.  comte  de  Rouergue  &  marquis  de  Gothie  de  l’an  tVrp.iot. 

96 1.  où  il  eft  fait  mention  des  alleus  qui  ètoient  tenus  en  fief. 

On  voit  par  ce  teftament,  &  par  divers  autres  aiftes ,  que  le  terme  de  fief 
étoit '•  en  ufage  dans  la  province  au  milieu  du  X. 'fiecle,  de  même  que  diffé-  d  ibtJ.é- 
rentes  fortes  de  redevances  ou  droits  foigneuriaux  qui  en  font  une  fuite,  &  C*“L mtm' 
que  les  vaflàux  s’engagèrent  d’acquitter  envers  leurs  feigneurs  par  les  a  des  f‘  !  * 
primordiaux  d’infeodation.  Il  eft  fait  mention  de  ces  divers  droits  dans  la 
donation  que  fit  en  93  6.c  Raymond-Pons  comte  de  Touloufo  à  l’abbaye  de  trr.p.7(. 
faint  Pons  de  Tomieres  de  pluficurs  terres  ,  &  de  leur  domain: ,  avec  les  que  fies, 
allcmies ,  tailles ,  leudes ,  &c.  Ces  droits  font  encore  énoncez  dans  une  donation 
que  ht  en  942. f  le  vicomte  Aton  à  la  même  abbaye.  Nous  voyons  de  plus  f>  ïj. 
qu’en  956.  g  les  vicomtes  de  Nifmes  éxigeoient  des  droits  de  lors  fur  plufieurs  g  p.tf- 
terres  des  environs  de  cette  ville.  Il  eft  certain  enfin  que  le  droit  d'acapteh,8c 
tous  les  autres  droits  feigneuriaux  étoient  déjà  en  ufage  dans  la  province  long-  '  '  ' 
teins  avant  le  régné  de  Hugues  Capet.  Le  droit  féodal  y  commença  donc ,  de 
même  que  dans  la  plupart  des  autres  provinces  du  royaume,  vers  la  fin  du 
IX. fiecle,  &au  commencement  du  fuivant,  à  peu  près  veA  le  tems  que  les 
grands  vaflàux  s’emparèrent  des  droits  régaliens. 

Lesprincipaux  feigneurs  cherchèrent  auiii  às’aggrandir  aux  dépens  des  biens  ufUn«i!wde* 
de  l’eglife ,  qu’ils  envahirent  fous  prétexte  du  droit  de  patronat  qu’ils  préten  -  bicus  tics  ér.li- 
doient  fur  elles.  Plufieurs  s’érigèrent  ‘  en  abbez  laïques  de  divers  monafteres,  f”jsApj"0la*' 
où  l’on  voyoit  en  même  temsk  deux  fortes  d’abbez ,  l’un  foculier  ,&  l’autre  Xi"'*  é»ôchcz 
régulier.  D’ailleurs  il  n’étoit  prefque  pas  de  feigneur  au  X.  fiecle  qui  ne  pof-  &  les  abbayes, 
fedàt  plufieurs  églifes  ou  paroifles,  avec  les  dixmes,  les  prémices,  les  obla-  STTo*rfcr/. 
lions,  &  meme  le  droit  de  fépulture  dont  ils  difpofoient  comme  de  leur  «/>//*. « 7. 
patrimoine.  Plufieurs  de  ces  feigneurs  reftituerent  à  la  vérité,  en  differens  4^9'6A7U„\*d 
tems  aux  cathédrales  &  aux  abbayes  quelques-unes  de  ces  églifes  dont  ils  les 
avoient  dépouillées ,  mais  leurs  fucceflèurs  noncontens  de  conferver  les  autres 
reprirent  bientôt  après  les  premières,  fans  être  arrêtés  ni  parles  decrets 
des  conciles  ,  ni  par  les  anathèmes  des  papes  &  des  évêques  pour  les 
engagera  les  rendre.  Les  ducs,  les  comtes  &  les  vicomtes  s’ingercrent  de 
plus  de  l'élection  des  évêques  &  des  abbez  dans  l’étendue  de  leur  domaine, 


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HO 


HISTOIRE  GENERALE 


An.  975.  8c  firent  tomber  ordinairement  le  choix  fur  leurs  proches  ,  ou  vendirent 
ces  dignitez  au  plus  offrant.  Ils  s’attribuèrent  en  même  tems  la  dépouille 
des  évêques  lorlque  ceux-ci  venoient  à  déceder:  en  un  mot  ils  regardoient 
«  vs».  s.  Mi,  les  évêchez  comme  des  fiefs  1  mouvans  de  leur  domaine ,  ôc  ne  fe  faifoient 
B*ww.  'iu.  vi.  aucun  fcrupule  de  trafiquer  publiquement  les  dignitez  ecclefiaftiques  5  défor- 
dre  qui  dura  jufques  vers  la  fin  du  XI.  fiecle.  Le  relâchement  dans  la  difci- 
pline  ecclefiaflique  ôc  régulière.,  ôc  l’ignorance  du  clergé,  en  furent  une  fuite, 
xcv.  Les  grands  Vafl'aux  tranchoient  déjà  du  fouverain  dans  la  province  dès  le 
grand* vaflau”  commencement  du  X.  fiecle,  6c  ne  reconnoifloient  la  fuperiorité  de  nos  rois 
Seigneurs  ec-  que  pour  recevoir  d’eux  l’invefticure  de  leurs  fiefs  :  encore  ne  fe  fournirent^ 
eicfiaftjques.  ils  dans  la  fuite  à  l’autorité  de  quelques-uns  ,  que  quand  ils  le  jugeoient  con¬ 
venable  à  leurs  propres  interets.  Iis  fe  déclarèrent  depuis  la  guerre  les  uns 
contre  les  autres,  levèrent  des  troupes ,  formèrent  des  ligues,  6c  conclurent 
des  traitez  de  paix  fans  la  participation  du  fouverain,  6c  gouvernèrent  enfin  leur 
domaine  avec  un  pouvoir  abfolu. 

Quelques  évêques  6c  abbez,  foit  pour  le  fouftraire  à  la  tyrannie  des  ducs  ôc 
1 des  comces  »  Par  des  yûes  d’ambition ,  commencèrent  b  d’un  autre  côté  à 
s’ériger  en  feigneurs  temporels. ,  6c  à  s’arroger  les  droits  régaliens  après  le 
régné  de  Charles  le  Chauve  ,  furtout  dans  les  villes  où  les  grands  vafiàux  ne 
failoient  pas  leur  réfidence  ordinaire  :  d’autres  obtinrent  de  nos  rois  le 
domaine  de  leur  ville  épifcopale ,  6c  ces  princes  le  leur  accordèrent  d’autant 
plus  volontiers,  que  n’en  jouifiant  pas  eux -mêmes,  cette  libéralité  ne  leur 
étoit  point  à  charge.  C’eftainfi  que  l’évêque  du  Puy,  du  confcntemcnt  du  comte 
du pats ,  obtint c du  roi  Raoul,  6c  depuis  du  roi  Lothaire,  le  domaine  de  fa 
ville  épifcopale,  avec  les  droits  feigneuriaux  qui  auparavant  appartenoient 
•  au  meme  comte  ,  entr’autres  celui  de  faire  battre  monnoye.  Ces  prélats ,  à 
l’exemple  des  feigneurs  féculiers ,  cherchant  à  fe  faire  un  grand  nombre  de 
àv.cuei.mim.  vaflairx ,  inféodèrent  une  partie  des  terres  de  leurs  églifes ,  ôc  fournirent  même 
Mjj.  à  leur  valfelage  les  dixmes ,  les  bénéfices,  6c  les  dignitez  de  leurs  cathédrales. 
tGaïubr.u.i.  Nous  en  avons  un  exemple  dans  Matfrcd  évêque  de  Beziers ,  qui  à  la  fin  du  X, 


Bez. 


fiecle  donna  c#  fief  clérical c  l’archidiaconé  de  fonéglife. 


On  voit ,  par  ce  que  nous  venons  de  rapporter,  qu’avant  le  milieu  du  X.  fiecle 


f-4". 

'Andoq% 

ModuoT  ^CS  Srânds  va^aux  jouifibient  du  droit  régalien  de  faire  battre  monnoye.  Les 
%°cD"tsyc  “  comtes  de  la  Marche  d’Efpagneen  étoient  en  effet  f  en  pofleffion  dès  l’an  9  34. 

ôcWifred  II.  comte  de  Barcelonne  déclare  dans  fon  teflament  de  l'an  91 1. 
*4<‘  que  le  roi  lui  avoit  donne  la  monnoye  de  Vie  ou  d’Aufonne  :  on  voit  d’ailleurs  qu’en 
96  5.  il  y  avok  des  deniers  &  de  la  monnoye  de  cette  ville ,  6c  de  celles  de  Bar¬ 
celonne  6c  de  Gironnc.  C’efl  donc  au  régné  de  Charles  le  Simple  qu’on  doit 
■rapporter  l’origine  des  monnoyes  des  leigneurs  car  encore  fur  la  fin  de 
celui  de  Charles  le  Chauve  le  droit  de  faire  battre  monnoye  étoit  réfervé  au 
f°uvera*n-  E  vrai  qu’on  prétend  g  que  l’empereur  Charles  le  Gras 
hch.ffl,,  Tourn  l  accorda  à  l’abbefle  de  Zurich  ,  6c  fuivant  deux  diplômes b  qui  nous  relient, 
/.»7 o.bfcq.  Ie  foi  Eudes  donna  à  l’abbaye  deTournusle  privilège  d’avoir  une  monnoye, 
ce  que  le  roi  Cftarles  le  Simple  confirma  *  mais  fuivant  ces  concédions ,  les 
i  ilü.f. t7j.  e/peces  dévoient  être  frappées  ‘  au  coin  du  roi. 

La  monnoye  feigneuriale  qui  fut  plus  en  ufage  dans  la  province ,  fut  la  Mel- 
gorienne,  ainfi  appellée  des  comtes  de  Melgueil  ou  de  Mauguio  ,qui  la  fai- 
loient  battre  dans  un  château  de  ce  nom  où  ils  avoient  fixé  leur  principale 
demeure.  II  ell  fait  mention  des  fols  Melyoriens  dans  deuxaéles  du  X.  fiecle , 
f.u”d°q' Beu'  ^un  du  1 2- du  mois  de  Mai  la  XIII.  année  du  régné  de  Louis  d’Outremer,  ou 
1  m.oc.h\$.  de  l’an  949. 6c  l’autre  de  l’an  1  963.  Les  comtes  de  Melgueil  jouifibient  donc 
Mg,.  dès-lors  de  ce  droit.  Il  ell  fait  mention  aufli  fur  la  fin  du  même  fiecle  des  de - 
45.  niersm  Narbonnois.  Nous  parlerons  ailleurs  de  la  monnoye  des  comtes  de  Tou- 
loulè ,  ôc  des  autres  monnoyes  des  feigneurs  de  la  province. 

Quant  à  la  fucceflion  des  ducs  ôc  des  comtes  depuis  l’heredité  des  fiefs ,  il 
paroît  qu’on  fuivit  d’abord  l’ufàge  ordinaire  établi  dans  la  famille  royale  , 
fuivant  lequel  les  fils  de  nos  rois  partagèrent  entr’eux  le  royaume  jufques  vers 
la  fin  de  la  fécondé  race ,  6c  au  régné  de  Lothaire,  qui  fucceda  feul  au  roi  Louis 
d’Oucremer  à  l’exclufion  de  fes  freres.  Les  fils  des  ducs  6c  des  comtes  parta- 


xcvii. 
Succcflîoo  Sc 
partage  des 
comtcz  &  au¬ 
tres  diguiccz* 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XII.  ni 


gerent  auffi  le  domaine  tic  leurs  peres ,  ou  plutôt  ils  le  poflèderent  en/êmble 
par  indivis.  C'eftainfi  que  Raymond  II.  8c  Ermengaud  ion  frere ,  fils  d’Eudes 
comte  de  Touloufc  jouirent  en  commun  de  fa.  fucceiïion  après  fà  mort  arrivée 
vers  l’an  918.  8c  qu’au  milieu  de  ce  fiecle  les  deux  fils  de  Bozon  II.  comte 
de  Provence,  8c  ceux  d’Arnaud  comte  de  Carcaflonne  en  firent  de  même. 
Cet  ufàgc  fe  conferva  même  dans  quelques  familles  long-tems  après  que  la 
couronne  de  France  fut  dévolue  au  fils  aîné  de  nos  rois ,  ou  à  leur  plus 
proche  heritier  du  coté  de  mâles  j  mais  il  paroît  que  les  comtes  de  Tou- 
loule  fuivirent  l’exemple  de  la  famille  royale  avant  le  régné  de  Hugues 
Capct,  8c  que  les  cadets  n’eurent  qu’un  fimple  appanage  avec  cependant  le 
titre  de  comte.  Enfin  la  fucceiïion  héréditaire  étoit  fi  bien  établie  dans  les 


An.  975. 


grands  fiefs  dès  le  régné  de  Charles  le  Simple  ,  que  depuis  ce  tems-là  les 
filles  des  ducs,  des  comtes,  8c  des  vicomtes  iucccdcrcnt  à  leurs  proches  au 
défaut  de  mâles  ,  &  transférèrent  leur  domaine  dans  la  maiion  de  leurs  maris  j  . 
ce  qui  contribua  beaucoup  à  l’aggrandiilement  dediveriés  maifbns  qui  uni¬ 
rent  ainfi  pluiieurs  comtez  ou  vicomtez  à  leurs  domaines. 

Nos  comtes1  tinrent  differens  plaids  dans  la  province  au  X.  fiée  le  ,  &  ren-  xcvnr. 
dirent  par  conféquent  la  juftice  par  eux-mêmes.  Ils  fe  b  déchargèrent  auifi  ]uitioe,mids. 
quelquefois  de  ce  foin  fur  leurs  vicomtes  ou  lieutenans,  avant  que  ceux-ci  ^s&difièren- 
euflènt  ufurpé  les  droits  régaliens  dans  l’étendue  de  leur  vicomté.  Les  vicom-  tcsioix<ians  J* 
tes  rendirent  alors  la  juftice  de  leur  chef,  &  préfiderent  aux  plaids  dans  leur 
domaine.  Enfin  les  uns  &:  les  autres  confieront  l’exercice  de  leur  juftice  à  leurs  Romain. 
vicaires  ou  viguiers  ,  à  qui  ils  l’infeoderent ,  enfbrrc  que  la  plupart  de  ces  >l  rf •'<>>& 
vigucries  devinrent  par  là  héréditaires  8c  de  véritables  fiefs.  Les  évêques  c  b/«^.  s.&s6- 
rendirent  aufll  quelquefois  la  juftice  au  X.  ficelé ,  8c  tinrent  des  plaids  en  qua-  cPrf.^9.97. 
lité  de  feigneurs  temporels.  On  trouve  même  dans  ce  tems-là  <!  des  com reliés  Viv'.j».>7. ij». 
&  des  vicomtcfTcs  qui  préfidoient  aux  plaids  8c  tenoient  des  aïïîflés }  ce  qu’elles  M»t.  h$. 
faifoient  fur  tout  lorfqu’aprcs  la  mort  des  comtes  ou  des  vicomtes  leurs 
maris,  elles  avoient  l’adminiftration&  le  gouvernement  de  leur  domainepen- 
dant  la  minorité  de  leurs  en  fans ,  ou  même  après  leur  majorité  ;  car  il  arri- 
voit  ordinairement  que  les  comtes  8c  les  vicomtes  lailîbient  à  leurs  femmes 
cette  administration  pendant  toute  leur  vie,  8c  tant  qu’elles  demeuroient  veuves. 

La  province  étoit  encore  habitée  dans  ce  lieclcpar  difFércns  peuples  diftinguez 
entr’eux ,  fçavoir  les  Romains,  les  Gots,  8c  les  François,  8c  chacun  de  ces 
peuples  fui  voit  c  la  loi  qui  lui  croit  propre  ;  c’elt  ce  qu’on  voit  dans  divers  c  Pr.tae.g9. 
plaids  tenus  dans  le  pais  ou  aux  environs  en  9  r  8.93  y8c  968.  &  oùa/Iiftercnt  des  R" $  d‘dtrt- 
juges  de  la  loi  Romaine ,  de  la  Gothique ,  g!~  de  la  Salique  ou  Françoifè.  Ces  aétes  ,  F'"" 

&  quelques  autres  *  prouvent  que  la  loi  Romaine  fut  en  ufiige  dans  le  Langue-  f  v.  Pr.p.ss. 
doc  pendant  tout  ce  ficelé  ,  du  moins  pour  les  anciens  habitans  du  païs  qui 
fe  conformoient  au  code  Theodoficn  g  ,  comme  il  eft  marqué  exprcfîement  s.iujn'ur. 
dans  une  charte  11  de  Louis  l’Aveugle  roi  de  Provence  de  l’an  894.  Quanta 
la  loi  Gothique  ,  il  y  a  des  preuves  '  qu’elle  étoit  encore  en  vigueur  dans  la 
province  à  la  fin  du  X.  ficelé,  ou  au  commencement  du  fuivant.  Delà  vient  fno. 
fans  doute  qu’on  y  confcrvoit  encore  alors  l’ufige  de  dater  k  quelquefois 
les  chartes  fuivant  l’ére  efpagnole.  i r>-.p.u9. 

Les  Romains ,  les  Gots  8c  les  François  d’origine  qui  habitoient  la  province  ,  £ 
y  furent  donc  encore  diftinguez  entr’eux  pendant  la  féconde  race  de  nos  rois  ; 
mais  il  paroît  que  depuis  le  commencement  de  la  troifiéme  ces  trois  peuples 
fê  mêlèrent  8c  fe  confondirent  pour  n’en  faire  qu’un  feul ,  qui  ne  fui  vit  que 
la  feule  loi  romaine  ,  à  quelques  ufâges  particuliers 1  près ,  qui  s’introduifirent  1  v.vaur.iin 
dans  chaque  canton,  ou  qu’on  retint  des  loix  barbares.  Tel  fut,  par  exemple, 
celui  du  duel  permis m  alors  par  les  loix  aux  parties,  au  défaut  de  preuves. 

Les  ducs  8c  les  comtes  s’étant  arrogez  une  autorité  dcfpotique,  n’épargne-  'Txcix°i’ 
rent  guercs  les  privilèges  des  anciennes  villes  municipales  delà  province  qui  villes  mum'ei- 
leur  etoien:  foumifes.  Il  paroît  cependant  que  la  plupart  des  habitans  de  ces  pa,ut" 
villes  &  des  autres  du  païs  confèrvercnt  leur  liberté  5  au  lieu  que  les 
gens  de  la  campagne  étoient  alors  n  prefque  tous  ferfs  ou  efclaves  de  quel-  vrrf}l^ 
que  feigneur  ccclefiaftiquc  ou  féculier  :  ilfèmble  même  que  la  ville  dcNifmes  &/ 
avoit  des  magiftrats  municipaux  au  milieu  du  X.  fiecle,  comme  nous  l’avons 
remarqué  ailleurs. 


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t  77S- 


t  Adtm.  CmL 
f.171. 

C  L»bb.btbliot. 


n%  HIST.  GENERALE  DE  LANGUEDOC. 

A  n  07'ç  Quant  aux  études ,  à  la  politique  8t  au  commerce,  nous  avons  peu  de  mo- 
*c_  }  ’  numens  qui  puiflent  nous  en  inftruirc  en  particulier  :  on  fçait  feulement  en 
Etudes, aflcm.  general  que  la  province  fe  reflèntit ,  ainfi  que  toutes  les  autres  du  royaume, 
•biées.&c.  ia  barbarie  qui  régna  au  X.  fiecle ,  durant  lequel  on  négligea  prefque  entiè¬ 

rement  les  belles  lettres.  Durefteon  y  vit  quelques  évêques  édifier  l’églifè, 
foit  par  la  fainteté  de  leur  vie ,  foit  par  leur  zele  pour  l’obfervation  des  canons. 
•  GtpituUr.  Il  y  eut  même  des  feigneurs  *  féculiers  qui  s’intereflèrent  pour  procurer  la 
^tarme  des  a^,us  qui  s’étoient  gliflez  dans  le  clergé  *  8c  quoique  la  plupart 
'  “  ne  fe  fiflent  pas  fcrupule  de  pofleder  ou  d’envahir  les  biens  des  églilcs ,  ils 
leur  faifoient  quelquefois  des  liberalitez  fi  grandes ,  qu’elles  tenoient  de  la 
profufion.  Plufieurs  d’entr’eux  entreprirent  divers  pèlerinages  qui  étoient 
alors  fort  b  à  la  mode,  furtout^ceux  de  Jerufalem,  de  faint  Jacques  en 
Galice,  8c  de  faint  Pierre  de  Rome. On  appelloit  alors c  Romeus  ceux  qui  alloienc 
ainfi  par  dévotion  dans  cette  derniere  ville ,  8c  c’eft  de  làqu’eft  dérivé  le  mot 
Romieu ,  dont  on  fe  fert  encore  dans  le  païs  pouf  défigner  toute  forte  dé  pèle¬ 
rins.  Les  feigneurs  prenoient  fouvent  occafion  des  ceremonies  publiques  ,  com¬ 
me  de  la  dédicace  des  églifes  pour  s’aff-mbler  avec  les  évêques.  Ils  alfiflerent 
auflï  ordinairement  avec  les  prélats  aux  divers  conciles  qui  furent  tenus  dans  le 

Îiaïs ,  8c  dont  les  decrets  émanèrent  par  conféquent  de  l’autorité  des  deux  puif. 
ances.  Nous  voyons  enfin  dans  la  province  une  troifiéme  efpece  d’afiemblée 
au  X.  fiecle ,  dans  les  plaids  generaux  qu’on  y  tenoit  quelquefois ,  8c  aufquels 
fe  trouvèrent  les  évêques,  les  abbez ,  les  comtes,  les  vicomtes ,  8cc. 

A  la  fin  de  la  fécondé  race  de  nos  rois ,  8c  au  commencement  de  la  troifiéme, 
la  France ,  ou  cette  partie  de  la  monarchie  ,  qui  après  la  mort  de  Louis  le 
La  Septimanie  Débonnaire  échût  à  Charles  le  Chauve  &  à  les  fuccclîeurs,  8c  qui  en  compre- 
£5^“  noit  toute  la  partie  occidentale ,  étoit  •  partagée  en  trois  royaumes,  fçavoir  de 
me.  Langue  Neuftrie  ou  de  France,  de  Bourgogne  8c  d’Aquitaine.  La  Septimanie  ou  Gothie, 
romame.  la  Marche  d’Efpagne  8c  la  Galcogne,  étoient  cenféesfairc  partie  de  celui 
f»r.i.  i./Mto.  d  Aquitaine  ;  mais  on  donnoit  louvent  aulfi  le  titre  de  royaume  a  la  première 
à‘1‘1-  ^  ^  qui  renfermoit  la  Marche  d’Efpagne,  ainfi  qu’on  l’a  vu  ailleurs.  Le  refte  de  la 
»jlmn.  s54.W  monarchie  comprenoit  l’ancien  royaume  de  Lothaire  ou  d’Auftrafie  ,  8c  ceux 
de  la  Bourgogne  Transjurane  &  de  Provence,  que  des  princes  étrangers  enva- 
çàrm'/ijl'b*.  dirent  fur  nos  rois.  On  divifoit f  aulfi  à  la  fin  du  IX.  fiecle  la  monarchie  en  France 
f.tti^crjeq.  Latine  êc  France  Tudefque ,  par  rapport  aux  différentes  langues  qu’on  y  par- 
iuïAdann'  >  en^ort:e  qu’on  le  lervoit  de  la  Romaine  ou  d’un  latin  corrompu  dans  la 
g  ro'V.su.  première  qui  renfermoit  le  Languedoc*  8c  de  l’Allemande  dans  l’autre. Il  parole 
Noiîkiiê  li-  <îuenos  rois  partaient  encore  cette  derniere  au  g  milieu  du  X.  fiecle. 
buté.  Îcivim-  On  ne  diftinguoit  pas  encore  en  France  la  nobleffe  de  l’ingénuité  h  à  la  fin  du  X. 
df-  p  '  fiecle,  8c  au  commencement  du  fuivant.  En  effet  ,  Adalberon  *  évêque  de 
i  Aifibn'  Laon  dans  fon  poeme  adrelfè  au  roi  Robert ,  n’admet  que  deux  conditions 
en  France,  celle  des  nobles  ou  ingénus ,  parmi  lefquels  les  uns ,  dont  les  armes 
failoient  le  principal  exercice  ,  étoient  plus  qualifiez  que  les  autres  *  8C 
Jm  celle  desferfs  dans  laquelle  il  comprend  les  marchands  8clesartifans.Ce  prélac 
t  compcoitpar  U  trois  ordres  dans  le  royaume  avec  le  clergé. 

aÀ  ênn .  I04j* 


^  Pr.p. ii|. 


CT. 

Difilioode  la 
Monarchie* 


HISTOIRE 


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HISTOIRE 

GENERALE 

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LANGUEDOC 

♦++i^^+4^^^*4•++■f44^^•^•++++++♦+^♦+*++*++++++++++•+++++++** 

t 

LIVRE  TREIZIÈME. 

I  l’on  trouve  de  l’obfcurité  &  de  la  fécherelïè  dans  - - 

riiilboire  de  la  province  depuis  le  commencement  du  An.  ?7îJ 
X.  ficelé,  jufques  vers  la  fin  du  fiiivant,  on  n’en  trouve 
guercs  moins  dans  celle  du  relie  du  royaume  par 
le  défaut  d’hiltoriens  *  &  ce  n’efi:  prefque  que 
par  le  fecours  des  chartes  qu’on  peut  tirer  quelque 
connoifiânce  de  la  plupart  des  évenemens  arrivez 
en  France  durant  ce  long  intervalle.  A  cela  on  doit 
ajouter  que  plufieursde  ces  chartes  ne  font  pas  datées, 

&  que  les  noms  des  familles  n’étoient  pas  ou  en  ufage 
ou  bien  établis  pendant  ce  tems-Ià  :  ainfionne  doit  pas  être  furpris  fi  l’on  a  (i 
fouvent  recours  aux  conjectures.  Nous  avons  cru  cette  ob/êrvation  riecellàire 
avant  que  de  reprendre  la  fuite  des  faits  depuis  le  partage  que  les  deux  bran¬ 
ches  de  la  maifon  de  Touloufe  firent  vers  la  fin  de  l’an  975.  de  leur  domaine, 
qui  comprenoit  ou  mediatement  ou  immédiatement  prefque  tout  le  Langue¬ 
doc  ,  avec  plufieurs  pais  de  l’ Aquitaine* 

tome  II.  P 


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An.  977. 
1. 

ErmcngauJ 
fils  de  M.uti.  d 
vicomte  de 
Naiboonc.luc 
ccde  aAymeri: 
archcvéq  c  de 
Cette  v  ile, 
a?,*.»  30.6 

J‘b 


b  M*rc.HîJp 


114  HISTOIRE  GENERALE 

Le  comté  particulier  de  Narbonne  endépendoit,  comme  il  paroît  entr’au- 
trcs.par  le  teftament a  d’Aymeric  archevêque  de  cette  ville  qui  mourut  en 
977.  ôi.  qui  légua  quelques  domaines  aux  chanoines  de  la  cathédrale ,  tant 
pour  le  loulagenient  de  Ton  ame  ,  que  de  cilles  du  feu  comte  Pons,  de  Matfred 
vicomte  ,  dOdon  vicomte ,  &  de  Richildc  vicon-tefe  ,  à  condition  qu’ils  en  em- 
ployeroient  le  revenue  commun  pendant  l’avent  ôc  le  carême.  Adélaïde  vi- 
comtellede  Narbonne  ,  &  fes  deux  fils  Ermengaud  archevcque  fuccejjcur  d‘ Ay- 
?neric,èc  le  vicomte  Raymond,  qui  furent  les  exécuteurs  teftamentaires  de  ce 
prélat  avec  Udalgerius  prince  fon  firere  ,  Bernard  furnommé  Grummuticus ,  & 
Geiro  qualifié  prince  ,  fes  neveux ,  Waltherius  abbé  de  faintc  Marie  ,  (  qui  eft  - 
fans  doute  l’abbaye  de  Notre-Dame  de  la  Grallé,)  Ermengaud  furnom- 
mc  Vaffadellus ,  ôc  deux  autres  feigneurs  ,  délivreront  le  legs  qu’il  avoir 
fait  à  la  cathédrale  de  Narbonne  par  un  acte  daté  du  treizième  Juin  de 
la  même  année.  On  doit  conclure  de  ce  que  nous  venons  de  dire,  1 ‘•'.que  les 
chanoines  de  cette  cathédrale  vivoient  alors  eh  commun.  1“.  Que  l’ar¬ 
chevêque  Aymcric  mourut  avant  cette  délivrance.  3°.  Qu’il  étoit  d’une 
naiflance  diftinguée ,  puifquelbn  frereêc  fon  neveu  prenoient  la  qualité  de 
fr.nces.  40.  Enfin  qu’Ermengaud  de  Narbonne  lui  fucceda  immédiatement  ôc 
qu’ainfi  la  foufeription  de  Guifred  archevêque  de  cette  ville  qu’on  voit  b 
dans  deux  actes,  l’un  de  l’an  977.  ôc  l’autre  de  l’an  979.  cil  pollcrieure  de 
plufieurs  années.  Francon  évêque  de  Carcailonne  foukiivit  celui  des  exécu¬ 
teurs  relia  montai  rcs  de  l’archevêque  Aymcric.  Bernard  neveu  de  ce  dernier 
qualifié  ürammaticus  dans  le  corps  de  l’acte,  prend  dans  la  loufcription  la  qua. 
Eté  de  Filoqramus  ,  ce  qui  nous  fait  comprendre  qu’il  etoit  ecolatre  de  l’eglile 
Narbonne.  Au  relie  ,  comme  on  a  déjà  vù,  que  Matfed  vicomte  de  cette 
ville  dcllinoic  fon  fils  Ermengaud  à  l\pi (copat  dés  l’an  966  il  cil  allez  vrai- 
fcmblable  qu’il  avoic  pris  dés  lors  des  mefures  pour  lui  procurer  l’archevêché 
de  Narbonne  apres  la  mort  d’Aymeric.  Et  en  effet,  outre  que  les  grands 
vaflâux  s’etoient  déjà  emparez  dans  ce  fiecle  de  la  nomination  aux  évechez  , 
nous  verrons  ailleurs  que  les  vicomces  de  Narbonne  avoient  la  meilleure 
part  à  l’élection  des  archevêques  de  cette  ville  au  commencement  du  lui- 


vant. 


I».  Adélaïde  vicomrcfiè  de  Narbonne,  veuve  de  Matfred,  fit  un  tcllumcnc 
P'emicr  tcha-  c  Jc  a  Octobre  de  la  même  année.  Elle  nomme  fept  exécuteurs  tcllamen- 

tnnitü  Adclni-  .  .  -,  .  .  or»  ,  1 

de  viconmiic  taires.  cntr autres  Ermengaud  archevcque,  oc  Raymond  vicomte  de  cette 
de  Naii-onne^  villê  les  ifils.  j  clic  donne  au  premier  les  alleus  qu  elle  pojedoit  entre  les  rivières 
de  B iaur  &  dt  S eron  en  Albigeois,  ce  qui  cil  conforme  au  tcltament  qu’elle 
dV. 117.  Scie  vicomte  Matfred  fon  mari  avoient  fait  011966.  Elle  lui  lailîc  de  plus  fes 
coupes  d’or  avec  la  moitié  des  fruits  des  terres  de  Florcnfac  Ôc  de  Nebian  , 
êcc.  Elle  difpofe  en  faveur  de  l’autre  du  village  de  Colombier  dans  le  diocèle 
de  Béziers,  d’un  bailïn  2c  de  deux  chandeliers  d’argent  ,  de  la  moitié  des  reve¬ 
nus  de  Narbonne  ,  êcc.  Elle  rélerve  l’autre  moitié  ,  avec  plufieurs  domaines 
pour  la  dotation  d’un  monaftere  dont  elle  avoit  fait  commencer  le  bâtiment 
au  delTous  de  cette  ville ,  fous  le  nom  de  faint  Sauveur,  de  auquel  elle  de- 
ftinoit  pour  abbeflè  fa  fille  ,  dont  elle  ne  marque  pas  le  nom  -,  nous  appre- 
c Srf.117.  nons  d’ailleurs  qu’elle  s’appclloit  Trudgardc  c .  La  vicomrelle  Adélaïde 
recommande  enluice  à  les  lœurs  Arfindc  ,  Ermclïinde  ôc  Garfinde  ,6c  à  lacom- 
teffe  Arfindc  ,  d’achever  de  conllruire  le  monaftere  de  faint  Sauveur.  Elle 
donne  aux  trois  premières  les  terres  qu’elle  polledoit  à  Vcdillan,  Tolminn, 
ôc  Armifian  dans  le  Narbonnois,  pour  en  jouir  pendant  leur  vie,  avec  fubfti- 
tution  apres  leur  mort  en  faveur  du  même  monaftere  de  faint  Sauveur  fi  le 
bâtiment  étoit  achevé  *  finon  elle  fubftitue  ces  terres  à  divcrlcs  égliies. 

Il  y  a  lieu  de  croire  que  le  deflein  qu’avoit  la  vicomtelî'e  Adélaïde  de  fonder 
l’abbaye  de  faint  Sauveur  auprès  de  Narbonne  n’eut  pas  fon  execution  ;  car 
i®.  Elle  ne  dit  pas  un  mot  de  ce  monaftere  dans  un  autre  teftament  qu’elle 
(?r.  p.  M7.  £c  f  j  j _  ans  après.  i°.  Suivant  un  acle  s  daté  du  mois  d’Oclobre  de  la  1*1. 
fn-rhivJtU  année  du  régné  de  Hugues  Capct,  ou  de  l’an  989.»  Ermclfinde  furnommée 
cathMe  di  „ panne ,  donne  à  la  cathédrale  de  Narbonne  la  troificmc  partie  du  village 
»  de  Yedillan  dans  le  comté  de  Narbonne  ,  <ÿ*  la  troifeme  partie  de  l'é^Ufe  ,  des 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIÎT.  ixj _ 4 

dixmes ,  des  prémices  ^  &  de  tout  L'honneur  ecclejî.tfiique  ,  avec  defenfe  à  cout«  A  N.  377. 
évêque ,  vicomte  ,  &c.  de  s’en  emparer ,  &  permillion  dans  ce  cas  là  au  comte  « 

Roger  &  x  fes  deux  fils  de  les  revendiquer  moyennant  cent  iols  qu’ils  don-  u 
ncroient  aux  chanoines.  »  Or  comme  la  vicomcefle  Adélaïde  donne  à  la 
cathédrale  de  Narbonne  le  lieu  de  Vedillan  apres  la  mort  de  les  fœurs,  en 
cas  que  le  monaftere  de  faint  Sauveur  ne  fut  pas  achevé  ;  il  s’eniuit  qu’Ermelfin- 
defafœur  n’eft  pas  differente  de  celle  qui  donna  le  lieu  deVedillan  au  cha¬ 
pitre  de  Narbonne  en  989.  &  qu’ainfi  le  bâtiment  du  monaftere  de  faine  Sau¬ 
veur  demeura  imparfait. 

Adélaïde  fit  plufieurs  legs3  en  faveur  des  chanoines  de  la  cathédrale  de  i». 

faint  Juft,&  de  ceux  de  l’abbaye  de  faint  Paul  de  Narbonne  ,  &  de  differentes  &***• 
églifês  ou  monafteres  de  la  province  ,  fçavoir  des  abbayes  de  iaint  Pons ,  de 
faint  Anian  ou  faint  Chignan  ,  de  Caunes,de  faint  Laurent,  &  de  Notre- 
Dame  de  Quarante  dans  le  dioccfe  de  N arbonne ,  des  cathédrales  de  Car* 
caiTonne  &  de  Bcziers,  des  abbayes  de  la  Grade,  de  Joncels,de  faint Tiberi, 
d’Aniane&  de  Vabres.  Elle  légué  à  la  cathédrale  d’Albi ,  à  l’églife  de  laine 
Salvi ,  fie  à  l’abbaye  de  faint  Michel  de  Gaillac  les  fruits  ou  revenus  des  lieux 
de  Pouzols,  d’Ourban,  &  de  Corras  ,  trois  terres  fituées  dans  l’Albigeois. 

Elle  donne  enfin  la  liberté  à  quelques-uns  de  les  fèrfs  de  l’un  &  de  l’autre 
fexe  ,  &  fait  un  legs  à  Ermengaud  &  Raymond  iès  fils  &c  les  exécuteurs  tefta- 
mentaircs,  à  condition  qu’ils  donneroient  un  grand  fei tin. 

La  comteffe  Arfinde  à  qui  la  vicomteïlè  de  Narbonne  recommande  la  con- 
ftruch’on  du  monaftere  de  faint  Sauveur  ,  eft  fans  doute  la  même  qu’ Ar¬ 
finde  première  femme  de  Guillaume  Taillcfcr  comte  de  Toulouie  , 
laquelle  devoir  être  par  conféquent  en  vie  en  977.  Nous  avons  aulH 
dans  ce  fiecle  une  autre  comtefle  de  même  nom,  veuve  en  9  5 9.  d’Arnaud 
comte  de  CarcaiTonne ,  mais  il  n’y  a  aucune  preuve  qu’elle  ait  vécu  jufqu’en 
977.  &  il  n’en  eft  fait  aucune  mention  apres  l’an  960. 

On  trouve  encore  alors  une  troifiéme  comtefle  nommée  Arfinde  5  c’eft  la  III. 
première  femme  de  Guillaume  I.  comte  de  Provence ,  lequel  vers  l’an  9  6  8 .  fuc-  p 
céda  dans  ce  comté  avec  Ion  frère  Rotbold  ,  à  Bozon  II.  leur  pere.  hxoTXxiy. 
Guillaume  I.  &  Arfinde  fa  femme  firent  donation •  delà  ville  de Pertuisdans  H- 
le  diocèfe  d’Aix,  à  l’abbaye  de  Montmajour  au  mois  de  Juin  de  la  XLII.  c  l‘r'h  1  i *' 
année  du  régné  de  Conrad  le  Pacifique,  c’eft-à-dire  de  l’an  979.  Ce  comte  979. 
époufa  Adélaïde  en  fécondés  noces ,  dont  il  eut  Guillaume  II.  qui  confirma  d  KonML 
cette  donation,  &  y  fouferivit  dans  la  fuite  avec  fa mere. 

Un  moderne  *  paroît  confondre  cette  dernicre  avec  la  comtefle  Adélaïde ,  1  v-, 

que  Roger  I.  comte  de  CarcaiTonne  avoir  déjà  époufée  en  979.  comme  RoX^c^m^e 
nous  l’apprenons  d’une  donation f  qu’ils  firent  alors  avec  Raymond  leur  fils,  -'eCirc.iibone 
du  lieu  de  Corneillan  à  l’abbaye  de  faint  Hilaire  dans  le  diocèfe  de  Car- 
cafTonne,  dont  Benoît  étoit  abbé.  Parmi  les  fouferiptions  de  cet  a&e  on  o/d.gaeT  * 
trouve  celles  d’un  comte  Arnaud  fils  d’ Adélaïde ,  &.  de  Pierre  évêque  8c  comte,  Comtcs  Je 
qui  félon  les  apparences  étoient  parens  de  Roger,  &  de  la  même  maifon.  w 
Nous  croyons  g  que  le  premier  étoit  comte  de  Comminges  en  partie  ,  &  fils 
de  Roger  frere  d’Arnaud  comte  de  Carcaffonne*  que  c’eft  de  lui  que  def-  gloir'xxn 
cendent  les  comtes  héréditaires  de  Comminges  qui  vivoient  au  XII.  fiecle ,  Ls-c y;e?î.  ' 
&  que  Pierre  étoic'  fon  frere  &.  évêque  de  Conferans.  Le  refte  du  Commin¬ 
ges  ctoic  alors  pofledé  ,  partie  par  le  même  Roger  I.  comte  de  CarcaiTonne, 
partie  par  Raymond  fon  frere ,  donc  il  eft  fait  mention  en  ditferens h  actes  du  h  Vr.p  r54. 
païs.  Ce  dernier  eut  un  fils  nommé  Bernard  ,  lequel  lui  fucceda  dans  la  por-  v  Nor£'*'* 
tion  du  Comminges  qui  lui  étoit  tombée  en  partage. 

Roger  I.  comte  de  CarcafTonne  fit  deux  ans  après  une  nouvelle  donation  à  - — 

l’abbaye  de  faint  Hilaire,  en  reconnoifTance  du  fecours  qu’il  reçut  de  ce  faint  9&1- 
dans  un  extrême  péril  où  il  fe  trouva.  Oliba  Cabreta  fils  puîné  de  Miron 
&  petit-fils  de  V^ifred  le  Velu  comtes  de  Barcelonne, prince  naturellement 
inquiet  ôc  querelleux ,  &  maître  4  d’un  grand  domaine  qui  comprenoic  les  i  aefinmir. 
comcez  de  Befalu  ,  de  Berga  ,  &  de  Cerdaigne  au  delà  des  Pyrénées ,  & 
ceux  de  Fenouilledes ,  de  Confiant  &  de  Valefpirendeça  de  ces  montagnes,  p.  "‘ii. 
s’étoit  rendu  extrêmement  redoutable  à  fes  voiiins.  Il  eut  entr’autres  un  diffé-  yMJf-^s7> 
Tome  II.  P  ij 


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HISTOIRE  GENERALE 


ÀN»  5>8i-.  rend  avec  le  comte  Roger.  On  ignore  le  fujetde  leur  querelle,  maisilparoît 
que  ce  fut  à  l’occafion  du  comte  de  Rafez  que  leurs  prédecelTeurs  avoient 
a  v. e’-Mejjia  poflèdé a  anciennement  en  commun  6c  qu’ils  avoient  partagé  vers  la  fin  du 
4:xu.ms j.  IX.  fiecle.  Peut-être  qu’Oliba  qui  defcendoic  en  ligne  droite  des  anciens 
comtes  de  ce  pais ,  difputa  fa  portion  a  Roger  qui  étoit  d’une  famille  diffé- 
rence.  Qu0i  qu'j]  en  f0ic  ^  ie  premier  ayant  déclaré  b  la  guerre  à  l’autre  * 
jj  s’avança^aans  le  païs  à  la  tête  d’une  armée,  &  y  fit  le  dégât.  Roger  de  fon 

5®1,  côté  s’étant  mis  en  défenfe ,  marcha  à  la  rencontre  d’Oliba ,  qui  l’attaqua  le 
premier  avec  autant  de  fierté  que  de  valeur.  Lecomte  de  Carcaflonne  ne  pou¬ 
vant  foutenir  le  choc ,  6c  fe  voyant  fans  relTource,  eut  recours  alors  à  Dieu 
&  lui  demanda  la  victoire  par  l’intercellion  de  faint  Hilaire ,  en  qui  il  avoit 
une  très-grande  confiance.  Il  eut  à  peine  achevé  fa  priere  que  ranimant  fon 
courage ,  &  faifant  un  dernier  effort  pour  repouflcr  les  ennemis  ,  il  les  mit 
en  fuite,  ôcles  pourfuivit  vivement.  Il  ramena  enfuite  fes troupes  fur  le  champ 
de  bataille,  6c  vit  avec  étonnement  que  parmi  le  grand  nombre  de  morts 
&  de  bleflèz  qui  étoient  reftez  fur  la  place  *  il  n’y  en  avoit  aucun  des  fiensv 
On  lui  rapporta  en  même  tems  qu’on  avoit  apperçû  faint  Hilaire  marcher 
à  la  tête  de  fes  troupes  ,  &  combattre  en  fa  faveur  :  pénétré  d’une  vive  recom- 
ïioiflànce  envers  fon  faint  libérateur,  il  donna  bientôt  après  à  l'abbaye  de 
faint  Hilaire  plufieurs  alleus  fituez  dans  le  Carcalfez ,  conjointement  avec 
Adélaïde  fon  époufe ,  Ôc  Raymond  ôc  Bernard  leurs  fils  ,  dont  le  dernier 
n’étoit  pas  encore  baptifé,  ainfi  qu’il  eft  marqué  dans  l’a&e  daté  du  mois 
d’Aoùt  la  XXVII.  année  de  Lothaire.  Roger  y  expofe  le  motif  de  fa  dona¬ 
tion  de  la  maniéré  que  nous  venons  de  le  rapporter  *  ôc  anathematife  enfuite* 
fuivant  le  ftile  &  i’ufage  du  fiecle,  tous  ceux*  /oit  rois , [oit  comtes , (oit  évêques 
ou  abbez^t  &c.  qui  ufurperoient  les  biens  qu’il  donnoit  à  ce  monaftere.  Il  fit 
cPr.f.  Ui.  quelque  tems  après  un  voyage  de  dévotion  à  Rome c  avec  Adélaïde  fa  femme* 
&  à  ce  qu’il  paroît  ,  Raymond  fon  fils  *  &  s’étant  adreffé  au  pape  Benoît 
VII.  il  obtint  une  bulle  qui  confirme  cette  donation. 

V.  Nous  voïons  que  Roger  eut  auffi  quelque  démêlé  avec  Guillaume  Taillefer 
1-,  comt^de  “comte  de  Touloufe,  ôc  qu’il  le  vainquit  d  par  l’interceffion  de- faint  Hilaire  dans 
touioufe&de  une  guerre  qu’ils  eurent  enfemble  *  ce  qui  l’engagea  à  faire  de  nouvelles  libera- 
lirez  au  monaftere  de  ce  faint  évêque  -.  mais  nous  ignorons  l’époque  ôc 
les  circonftances  de  cet  événement.  Le  comte  de  Touloufe  s’etoit  peut-être 
ligué  avec  celui  de  Cerdàigne  contre  Roger ,  6c  celui-ci  les  aura  attaquez  &C 
vaincus  dans  la  même  occafiom 

Un  habile e  hiftorien  eft  perfuadé  que  Roger  ÔC  Oliba  firent  enfuite  la  paix* 
êcque  par  leur  traite  le  premier  céda  à  l’autre  le  Capcir  ,  qui  faifoit  alors 
partie  du  comté  de  Rafez*  ôc  qui  en  dépendoit  du  moins  à  la  fin  du  IX. 
fïeclé.  Il  ajoute,  ce  qui  eft  fondé  fur  les  anciens  monumens,  que  le  Capcir 
fut  depuis  uni  au  comté  de  Cerdagne  ,  ôc  poflèdé  par  Oliba  ôc  fes  fuccelïeurs. 
On  pourroit  dire  aufiî  que  Roger  céda  parie  même  traité  à  Oliba  les  païs  de 
Saut ,  de  Donazan  ôc  de  Pierre-Pertufe  ,  qui  anciennement  éroient  compris 
F  v  cMJJm  auffi  dans  le  comté  de  Rafez  *  s’il  ne  paroilfoit  1  plus  vraifcmblable  que  tous 
Lxu. >.».  ces  domaines  étoient  déjà  entrez  dans  la  maifon  de  Barcelonne  vers  la  fin  du 

IX.  fiecle  avec  le  comté  de  Fenouilledes  ■>  6c  que  cette  maifon ,  qui  poflè- 
doit  auparavant  par  indivis ,  avec  les  comtes  de  Carcaflonne,  l’ancien  comté 
de  Rafez  dont  ces  païs  dépendoient  alors,  le  partagea  avec  eux.  Ce  qu’il  y  a  de 
certain, c’eft  qu’Onba  qui  avoit  hérité  du  comté  de  Fenouilledes  des  comtes 
gMM’c.Hif/’.  de  Barcelonne  fes  parens,  tranfmit  %  avec  ce  comté,  le  Capcir,  leDonazan, 
f's°picii  a.  t.  ôc  les  païs  de  Saut  6c  de  Pierre-pertufe  à  fes  defeendans. 
f. 41*-  Au  refte  tous  ces  différons  païs  ont  toujours  fait  partie  du  diocèfe  deNar, 

fr-b  V*-  tonne  jufqu’au  commencement  du  XIV.  fiecle ,  que  le  comté  de  Fenouil¬ 
ledes  ,  le  Capcir ,  le  Saut  ôc  le  Donazan  en  furent  féparez  ,  pour  compofèr 
le  nouveau  diocèfe  d’Alet  dont  ils  dépendent  encore  aujourd’hui.  Le 
Capcir,  ôc  le  Donazan  font  fituez  fur  les  frontières  d’Efpagne ,  ou  du  diocèfe 
d’Urgcl  *  ôc  font  fournis  aujourd’hui  pour  le  temporel  à  l’intendance  de 
‘  Rouffillon.On  parle  le  langage  Catalan  dans  le  premier  qui  a  environ  quatre 
lieues  d’étendue  du  Midy  au  Norc,  ôc  autant  du  Levant  au  Couchant,  ôc 


'Carcaflonne. 
Le  dernier  fait 
fa  paix  avec 
Oliba  Cabrera. 
Atr.p.n  t. 

c  V.  Mûre,  hifco 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  SclU 


renferme  «ne  douzaine  de  Paroiffes.  Le  Donazaneft  au  Nord  du  Capcir,  ôc  -r- 
a  trois  lieues  d’étendue  de  chaque  côte  5  il  comprend  neuf  bourgs  ou  villa-  9  ° l* 
ges.  Le  pais  de  Pierre-pertufe  fituc  fur  les  frontières  de  celui  de  Fenouille- 
des ,  dépend  encore  aujourd’hui  du  diocèfe  de  Narbonne.  Quant  au  pais  de 
Saut  ,  il  eft  au  Couchant  de  celui  deFenouilledes,  &au  Nord  du  Capcir  Ôc  du 
Donazan  ;  il  a  fix  lieues  du  Couchant  au  Levant  ,&  deux  du  Midy  au  Nord, 

■&  comprend  i 8.  paroilîes.  II  fait  partie  du  Languedoc»,  de  même  que  celui  de 
Pierre-pertufe,  Sc a  eu  autrefois  des  vicomtes. 

Oliba  Cabreta  répara  quelques  années  après  d’une  maniéré  bien  édifiante  oliba  Cabré» 
•le  fcandale  qu’il  avoit  donné  tant  par  les  défordres  de  fa  vie,  que  par  l’abus  prend  rhabic 
de  fon  autorité.  L'abbaye-1  de  Cuxa  fituée  dans  le  comté  de  Confiant ,  por- 
tion  du  diocèfe  d’Elne  ,  qui  étoit  du  domaine  de  ce  prince  ,  avoit  acquis  Partage  defc* 
alors  une  fi  grande  réputation  de  régularité  fous  le  gouvernement  de  l’abbé  ^°'^‘acsai[X* 
Guarin,dont  on  a  déjà  parlé  ailleurs  ,  que  plufieurs  illuftres  perfonnages  \p,'tr.Dam. 

Létoient  venus  d’Italie  le  ranger  fous  fa  difeipline.  Les  principaux  furent  vit.  s.Komuti. 

célébré  faint  Romuald  ,  qui  fonda  dans  la  fuite  l’ordre  des  Camaldules ,  ‘x.^br.^loi. 
le  B.  Pierre  Urfeole  duc  deVcnife,  Marin  &  Jean  Gradcnigo,  lefquels  vécu-  &j‘i . 
rent  pendant  quelques  années  auprès  de  Guarin  ,  dans  la  retraite  &la  pra.  sltmfjkTr. 
tique  de  toutes  les  vertus  chrétiennes  Bc  religieufes.  Le  comte  Oliba  touché  ».  %7 fa. 
de  leur  exemple,  fut  un  jour  vifiter  faint  Romuald  dans  fa  cellule,  Bc  lui 
raconta  en  particulier,  &  comme  en  confeffion,  toute  les  actions  de  fa  vie. 

Le  faint  incapable  de  flatter  les  pécheurs  dans  leurs  crimes  ,  lui  dit  nette¬ 
ment,  qu’il  n’y  avoit  de  falut  à  efperer  pour  lui  qu’en  abandonnant  le 
monde,  &en  le  retirant  dans  un  cloître  pour  y  faire  penitence.  Lecomte 
furpris  d’une  décifion  qui  lui  parut  trop  fevére  ,  répliqua  que  jamais  fes  con- 
•fefleurs  ne  lui  avoient  parlé  de  cecte  manière  ;  Bc  ayant  fait  entrer  dans  la 
cellule  quelques  évêques  Bc  abbez  qui  l’avoient  accompagné ,  il  leur  propofa 
l'avis  que  faint  Romuald  venoit  de  lui  donner  5  ils  l’approuvèrent  tous  d'un 
•commun  accord,  5c  avouèrent  que  la  crainte  feule  les  avoit  empêchez  de 
luiparlcraveclamcmcliberté.  Oliba  après  les  avoir  Fait  retirer,  convint  avec 
le  faint  qu’il  iroit  au  Mont-Calfin  fous  prétexte  de  pèlerinage ,  5c  qu’il  s’y  con- 
lâcreroit  à  Dieu  par  la  profcflîon  monaftique. 

Saint  Romuald  ayant  été  obligé  bientôt  après  de  repaffer  en  Italie  pour 
ïoutenir  la  converfion  de  fon  pere,  qui  après  avoir  abandonné  le  ficelé  t 
étoit  prêt  à  s’y  rengager,  confia  la  conduite  du  comte  de  Cerdaigne  à  l’abbé 
'Guarin ,  à  Marin  -,  Bc  à  Jean  Gradenigo  qui  accompagnèrent  ce  prince  au  delà 
des  Alpes.  Pierre  Urfeole  étoit  alors  déjà  mort  à  Cuxa  en  odeur  de  fainteté. 

Oliba  ayant  mis  ordre  à  fes  affaires  ,  Bc  cédé  fes  biens  Bc  fes  dignitez  à  fes 
fils,  fe  mit  en  chemin  en  988.  b  fuivi  de  quinze  mulets  chargez  de  ce  qu’il 
avoit. de  plus  précieux.  A  fon  arrivée  au  Mont-Caffin  il  congédia  tous  fes 
gens  Bc  embrafla  l’état  monaftique  dans  ce  célébré  monaftere,  où  il  mourut 
en  c  990.  Il  laifla  quatre  fils  d’Ermengarde  fa  femme,  qui  après  fa  retraite 
eut  l’adminiftration  de  fes  domaines.  Berenger  4  qui  paroît  avoir  été  l’aîné, 
fucceda  vers  l’an  990.  à  Suniarius  dans  l’évêché  d’Elne  ,  Bc  mourut  au  corn-  &  '%oTB  ibid 
mencement  du  XI.  fiecic.  Bernard  «  le  fécond  fit  la  branche  des  comtes  de  <m- 
Befalu ,  Bc  eut  en  partage  le  comté  de  ce  nom  fitué  dans  le  diocèfe  de  Gi-  M 
Tonne,  celui  de  Valefpir  dans  le  diocèfe  d’Elne,  Bc  enfin  celui  deFenouille¬ 
des  avec  les  pais  de  Saut,  Bc  de  Pierre-pertufe  dans  le  diocèfe  de  Narbonne. 

Oliba  qui  étoit  le  troifiéme  prit  d’abord  la  qualité  de  comte  ,  Si  fi  nous  en 
croyons  un  moderne  f,  il  fucceda  à  fon  pere  dans  les  comtez  de  Termes  (Btije.c*rc»jf. 
Bc  deFenouilledes  *,  mais  outre  qu’il  eft  certain  que  ce  dernier  comté  fut  dù  t-ü'&M’ 
domaine  de  Bernard  fon  frere  ,  ort  n’a  aucune  preuve  que  le  Termenois  ait 
jamais  eu  titre  de  comté  ,  Bc  qu’il  ait  appartenu  à  Oliba  Cabreta ,  ou  à  fa 
pofterité.  D’ailleurs  tout  ce  que  cet  auteur  rapporte  eft  fi  embrouillé,  fi  rem¬ 
pli  de  fables,  d’anachronifmes  Bc  de  conjectures  hazardées,  qu’on  n*y  peut 
faire  aucun  fonds.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai,  c’cft  qu’Olibag,  fils  d’Oliba  Ca- 
bretta,  prit  l’habit  monaftique  dans  l’abbaye  de  Riupoll ,  Bc  qu’en  1009. 
il  fut  élû  abbé  de  ce  monaftere  qui  étoit  alors  fort  célébré.  On  y  pofledoit 
entr’autres  reliques  celles  de  S.  Audalde  martyr ,  qui  y  avoient  été  transferées  J 


b  NOTE 
xxvu. 


c  G  e fl.  c  omit. 


g  Mdre.  Hiff. 


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ïlS 


HISTOIRE  GENERALE 


An.  981.  dudiocéfè  de  Touloufe  fous  le  régné  du  roi  Lochaire.  Oliba  fut  auffiélûla 
* v.NQT&iiu.  même  année  abbé  de  Cuxa  ,  &  en  1019.  évêque*  d’Aulonnc  ou  de  Vie 
dans  la  Marche  d’Efpagne.  Il  conferva  cet  évêché  avec  ces  deux  abbayes 
donc  il  fut  véritablement  le  pere  ,  jul'qu’à  là  mort  arrivée  en  io47.Guifred 
b  Sfiicii.tt.g.  ou  v^ifred  le  dernier  des  fils  d’Oliba j  Cabreta,  a  donné  l’origine  aux  comtes 
Mi*-  /'?•  Cerdaigne  :  il  eut  en  partage  le  comté  de  ce  nom ,  dans  le  diocèfe 
d’Urgel,  avec  leCapcir  ôc  le  Donazan  en  deçà  des  Pyrénées.  Il  eut  outre 
cela  le  comté  de  Berga  ,  qui  dépendoit  du  diocèle  d’Aufonne  ,  &  le 
comté  de  Cônflant  dans  celui  d’Elne.  Ermengarde  mere  de  ces  princes ,  avoit 
encore  fans  doute  en  994.  l’adminiftration  de  tous  leurs  domaines  ;  car  elle 
eMért.Hifp.  préfida  alors  à  un  plaid  tenuc  dans  le  Valefpir ,  avec  Berengerêvêque  d’Elne 
fon  ■>  Tote  fa  bru  femme  de  Bernard  comte  de  Belalu  ,  le  vicomte 
9. Oliba,  &  les  autres  feigneurs  du  pa  is  fes  vajfaux.  Enfin  la  même  Ermengarde 
&  le  comte  Bernard  ion  fils,  firent  une  donation  la  VI. année  du  régné  du 
roy  Hugues  Capet  en  faveur  de  l’abbaye  de  faint  Martin  de  Lez  dans  le  païs 
de  Fenouillcdes.  Nous  avons  crû  devoir  entrer  dans  ce  détail  pour  faire 
connoître  les  defeendans  d’Oliba  Cabreta,  qui  outre  qu’ils  étendirent  leur 
domaine  dans  la  province ,  eurent  part  dans  la  fuite  à  divers  évenemens  de 
noftre  hiftoire. 

vlt.  Le  roi  Lothaire  fit  un  voyage  en  Auvergne  en  981.  ayec  la  reine  Emme 
le  roi  Lotfeai-  fa  femme,  comme  il  paroît  par  la  date  de  deux  diplômes  1  qu’il  accorda 
Auveièjne^  "  âl°rs  e0  faVeur  des  abbayes  de  faint  Pierre  de  Rofes  &  de  Riupoll  dans  la 
Troubles  de  ce  Marche  d’Efpagne.  Le  mariage  du  jeune  Louis  fon  fils  ,  qu’il  avoit  affocié 

PÜ1 _ au  thrône  trois  ans  auparavant  ,  &  qui  époufa  e  vers  ce  tems-là  Blanche 

98*.  fille  d’un  feigneur  ou  comte  d’Aquitaine,  fut  peut-être  le  motif  principal  de 
àMw-t+tp.  ce  voyage.  Lothaire  peut  aufli  y  avoir  été  engagé  par  quelques  troubles 
4>e  aVmxlî.  qui  s’eleverent  alors ,  à  ce  qu’il  paroît,  en  Auvergne.  Nous  apprenons  en  effet 
f.K,7.  d’une  f  lettre  du  fameux  Gerbert  écrite  vers  ce  tems-là  à  Gcraud  abbé  d’Au, 
i  GnLrupip.  rillac,  qu’un  feigneur  nommé  Hugues  Raymundt ,  ou  fils  de  Raymond ,  avoit 
5j.  1  fait  quelque  encreprife  fur  ce  pais. 

Cet  Hugues  pourroit  bien  n’ètre  pas  différent  d’Hugues  fils  de  Raymond 
comte  de  Rouergue  de  la  maifon  de  Touloufe  ,  qui  depuis  la  mort  de 
Raymond  Pons  avoit  été  dépouillée  du  comté  d’Auvergne.  Or  comme  ce 
xwi>. N0TE  comCc  entra  g  vers  ce  tems-là  dans  la  maifon  des  vicomtes  de  Clermont , 
il  paroît  aflez  vraifemblable  queles  Auvergnats  fecouerent  le  joug  des  comtes 
de  Poitiers,  aufquels  Louis  d’Outremer  les  avoit  aflujcttis,  &  qu’ils  recon¬ 
nurent  alors  de  nouveau  les  princes  de  la  maifon  de  Touloufe  pour  leurs  fei¬ 
gneurs,  jufqu’à  ce  qu’enfin  ceux-ci  donnèrent  en  fief  le  comté  d’Auvergne 
aux  vicomtes  de  Clermont,  du confentement  de  Lothaire ,  qui  fe  fera  rendu 
ainfi  dans  le  païs  pour  le  pacifier. 

Raymond  I.  comte  de  Rouergue  h  eut  un  fils ,  un  frere  &  un  neveu  nom- 
comte dc  Tou.  mez  Hugues.  Nous  conjecturons  que  les  vicomtes  de  Comborn  dans  le  Li¬ 
fo1*1''  s’empare  moufin  tirent  leur  origine  du  dernier ,  &  que  c’efl:  de  lui  qu’a  voulu  parler 
Bealbeu^oam  un  hiftorien  *  contemporain ,  quand  il  a  dit  qp’  Hugues ,  l'un  des  principaux 
le  Limonfin  &  feigneurs  d' Aquitaine  acquit  par  le  droit  de  la  guerre  L’abbaye  de  Beaulieu  dans 
ficf!°‘,De  CB  le  bas  Limoufin,  dont  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe  s’étoit  em- 
bf'.NOTE  vm  paré ,  fuivant  les  actes k  du  concile  de  Limoges  de  l’an  1031. 
w.+o.  -v  ffq.  On  a  déjà  remarqué  que  dans  le  X.  fiecle  les  grands  vaflàux,  fous  prétexte 
aibton.Ac7.ss.  de  patronat,  fe  rendirent  maîtres  delà  nomination  aux  evechez  &  aux  abbayes, 
*ri  s.  Ben.  [te  qu’ils  regard  oient  comme  des  fiefs  mouvans  de  leur  domaine  qu’ils  exer- 
VkcomiUt!s.  cerent  fur  les  monafteres  une  autorité  defpotique  en  qualité  d’abbez  laïques. 
M»s-  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe  ne  fut  pas  plus  religieux  en  cela  que 
les  autres  princes  de  fontenis  ;  &foit  qu’il  prétendît  quelque  droic  fur  l’ab¬ 
baye  de  Beaulieu  fituée  vers  les  frontières  duQuercidontil  poflèdoit  le  comté, 
&  à  laquelle  fes  ancêtres  avoient  fait  du  bien ,  loit  pour  quelqu’autre  raifon 
que  nous  ignorons,  il  s’en  faifit  à  main-armée,  &  la  donna  en  bénéfice  au 
comte  de  Périgord,  qui  la  donna  lui-même  à  Hugues  vicomte  de  Comborn; 
«nforte  que  ce  dernier  la  tint  en  arriere-fief  du  comte  de  Touloufe. 

1  Aim.ibid.  Ce  vicomte  eut  un  fils  1  appellé  Bernard  ,  qui  après  avoir  pris  l’habic 


vm. 

Guillaume 


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DE  LANGUEDOC.  Lrr.  XIII. 


119 


l 


a  V  Mab.  ad 
/vw  kS  >  .rj.j  (' 
y.  NOTE  i«id% 

IX. 

Evcqucs  de 
GarCJilùuûc. 


9S4. 

X. 

Raymond  II. 
coince  de 
Roucrgue  & 


monaftîque  dans  l’abbaye  de  Solignac  en  Limoufin  ,  alla  dans  celle  de  Fleuri  An.  981 
far  Loire  pour  y  étudier  les  belles  lettres  fous  la  difeipline  du  célébré  Abbon 
ui  en  fut  depuis  abbé.  Le  vicomte  Hugues  rappelia  quelque  teins  après 
on  fils  Bernard,  lui  procura  l’abbaye  de  Solignac,  Sc  enfin  vers  l’an  983. 
celle  de  Beaulieu  a  ,  qu’il  avoir  obtenue  du  comte  de  Périgord  }  ce  qui 
nous  donne  à  peu  près  l’époque  de  I’ufurpation  de  cette  derniere  par  Guil¬ 
laume  Taillefer. 

Roger  I.  comte  de  Carcafionne  traita  plus  favorablement  celle  de  /aine 
Hilaire,  à  laquelle  il  lailHi  une  entière  liberté  pour  l’élection  de  les  abbez, 

&  qu’il  combla  de  biens.  Il  lui  donna  entr’autres  le  lieu  de  Corneille,  où  il 
fit  bâtir  une  églilc  qu’Aymeric  évêque  de  Carcallonnc  confiera  à  fa  prière, 
de  fa  femme  Adélaïde,  Sc  de  les  fils  Raymond  &  Bernard,  le  premier  de  No¬ 
vembre  de  ü  l'an  ç S  4 .  la  fécondé  année  de  fon  ordination.  Ce  prélat  fuccedadonc  hf  ,Tt‘ 
au  plùtard  en  983.3  Francon  évêque  de  Carcalîbnne  fon  prédecelfcur.  ff'  — 

Il  paroît  que  le  même  Roger  ,  Sc  les  autres  fugueurs  de  la  province  mar¬ 
chèrent  vers  ce  tcms-là  au  lècours  de  Borrel  comte  de  Barcelonne,  occupé 
alors  à  fourenir  la  guerre  contre  les  Sarafins,  qui  le  défirent  dans  une  bataille 
rangée,  affiegerent  fa  capitale,  Sc  la  prirent  ■  en  985.  Nous  fçavons  a  du  marquis  Je 
moins  que  Raymond  IL  comte  de  Roucrgue  Sc  marquis  de  Gothie  porta  les  fettcB 
armes  contre  ces  inhdelles  ,  qu  il  les  battit  dans  une  occahon  ,  Sc  qu  en  trcjc>  salins, 
mémoire  de  fa  victoire  il  fit  prefent  des  riches  dépouilles  qu’il  remporta  Louis v.  fiicce- 
alors  fur  eux  ,  à  l’abbaye  de  Conques.  Cette  guerre  engagea  peut-  tiuficibnpere. 
être  le  roi  Lothaire  à  venir  la  même  année  en  Aquitaine,  Sc  à  s’avan-  d-urcaup. 
cerc  jufqu’à  Limoges  ;  car  il  cft  allez  vrailêmblable  que  Borrel  lui  demanda  M"  &'*i. 
du  fecours.  On  pourroit  croire  aulîi  que  Lothaire  paila  alors  la  Loire  dans  9^5. 
le  deflein  de  ramener  fon  fils  ’.  La  reine  Blanche,  femme  de  ce  jeune  prince,  <1  Prp.t. 
laquelle  ne  l’aimoit  pas,  lui  avoir  perluadé  d’aller  avec  elle  voir  fes  parens, 

Sc  elle  l’avoit  enfuite  abandonné  pour  le  retirer  chez  eux.  Quoi  qu’il  en  de  m.  s.  sur. 
foit ,  le  roi  Lothaire  peu  de  tems  après  fon  retour  en  France  mourut  le  “flfVf 
1.  de  Mars  de  l’an  9  S  6.  Ce  prince  digne  d’un  meilleur  ficelé  auroit  fait  hon-  — Lé  ’Jllf 
neur  au  throne,  fi  la  France  eue  été  moins  divilee  par  les  factions  Sc  l’am-  986. 

bition  des  grands.  Il  ne  tint  pas  à  lui  qu’il  ne  réunît  à  la  couronne  toutes 
les  differentes  parties  de  la  monarchie  qui  en  avoient  été  féparées  ,  Se  que  la 
foibleilè  du  gouvernement  avoit  laillé  ufurper  lous  les  régnes  précédons.  Il 
m’omit  rien  entr’autres  pour  remettre  fous  fon  obciffance  l’ancien  royaume 
de  Lothaire,  mais  g  il  lé  vit  obligé  de  le  céder  en  bénéfice  ,  ou  en  fief,  aux  g  Uucb.to.u 
rois  de  Germanie.  p.a*.&{ttj. 

Ce  prince  eut  pour  fiicceffeur  Louis  fon  fils ,  qu’il  avoit  affocié  authrône  .  xi- 
depuis  fept  ans ,  Sc  à  qui  quelques-uns  de  nos  hilloriens' ont  donné  le  fur-  f0*j" dr.\le  dé 

1  ^  •  r  •  .  _  rr*  i  _  t_ .  • _ _ i  i  ~  i'  _  \  ... . 


qu’on  lui  a  donné  un  fcmblable  furnom.  On  voit  d’ailleurs  qu’il  fe  mit  en  h  c',mu,mc  cn 
état  démarchera  la  tête  d’une  armée  au  lecours  de  Borrel  comte  de  Barce-  en  Un^u-doc. 
lonne  dans  la  guerre  que  ce  dernier  foutenoit  contre  les  Sarafins.  Ses  nouvelles 
brouilleries  avec  la  reine  Blanche  fon  époufe,  qu’il  reprit,  ne  contribueront  71‘ 
pas  peu  à  abréger  fes  jours,  &  on  prétend  »  qu’elle  l’empoilbnna.  Il  mourut  i  Ajcw,  Cab. 
fans  enfans  le  11.  de  May  de  l’an  987.  âgé  d’environ  vingt  ans.  p-u. 7. 

Sa  mort  caufa  une  grande  révolution  dans  le  royaume.  Charles  duc  de  la  - - é"""‘ 

balle  Lorraine  fon  oncle  paternel ,  qui  dévoie  naturellement  lui  luccedcr  ,  9b7* 

tâcha  de  s’alfurcr  la  couronne  :  mais  Hugues  Capet  duc  de  France,  Se  petit 
neveu  d’Eudes,  qui  un  fiecle  auparavant  avoit  été  élu  roi  de  France  ,  la  lui 
difputa,  Sc  fut  allez  heureux  pour  gagner  à  fonparti  la  plupart  des  feigneurs 
des  provinces  fituées  à  la  droite  de  la  Loire,  qui  l’élurent  roi  de  France  à 
Noyon  ,  Sc  le  firent  couronner  à  Reims  le  3.  de  Juillet  de  l’an  987.  Il  ne 
paroît  pas  qu’aucun  des  prélats  6c  des  grands  vallaux  des  provinces  méridio¬ 
nales  ait  concouru  à  fon  élection  -,  6c  c’eft  fans  fondement  qu’on  allure  k  k  Toeod.hijU* 
que  Gui  évêque  du  Puy  y  affifta.  Nous  voyons  au  contraire  que  tous  ces 
feigneurs  furent  d’abord  favorables  à  Charles  fon  compétiteur ,  ou  qu’ils  de¬ 
meurèrent  du  moins  dans  la  neutralité. 


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An.  988 


«  Ad/m.  Cri, 
*bid% 


b  V.TrocLchron. 
f.bi?. 

cVir.S.Genulph. 
Duch,  to%  3.. p» 
46S* 

d  Btjîy,  Voit.p. 
ttl.&W- 


cBxluz.  hifi. 
Tdtti.p.tfi. 


*  Spcraorc  Ca- 
rolo  rc^c. 


f  Dan.  hifi.  dt 
Jr.to.l.p.y?  ÿ. 


ftMri.xd  ann. 

947.tf.94. 


Xlf. 

Vous  comte 
d' Albigeois 
frère  dt  Guil¬ 
laume  Taille» 
fîr  comte  de 
Touloufe. 
h  NOTB  VllU 
nn. 
i  Yr.p.  141. 


S  Pr.p.uu 
V.SOTE  ibii. 


*  Vicorum 
K-.cojjin. 


1  Prp.  15?. 
m  LribMl. 
to.1.9  fit  j, 

*  Piiviguus. 

ntr.fMh 


,*>  HISTOIRE  GENERALE 

.  'Guillaume  IV.  comte  de  Poitiers  ôc  duc  d‘ Aquitaine,  furnommé  Fier  i 
bras ,  fut  un  des  principaux  qui  refuferent  de  fe  foumettre  à  Hugues  Capet. 
Un  ancien  hiftorien  a  prétend  que  le*  dernier  aüfli-tôt  après  fon  éle&ion , 
déclara  la  guerre  à  ce  duc ,  ôc  vint  alfieger  Poitiers  j  que  le  fiege  traînant 
en  longueur  il  le  leva  3  que  s’étant  mis  en  chemin  pour  retourner  en  France, 
Guillaume  fe  mit  à  fa  pourfuite  d  à.  la  tête  des  Aquitains  3  &  qu’enfin  les  deux 
armées  s’étant  rencontrées  vers  les  bords  de  la  Loire  ,  le  duc  fut  entièrement 
défait  ôc  obligé  de  demander  la  paix  à  Hugues  :  mais  il  a  confondu  cette 
expédition  avec  une  femblable  qu’Hugues  le  Grand ,  pere  de  Hugues  Capet, 
entreprit  ben  955.  contre  Guillaume  Tête-d’Etoupes  comte  de  Poitiers. 
Quoi  qu’il  en  foit ,  il  eft  certain  c  que  Guillaume  Fier  à  bras  ,  refufa  d’abord 
l’obéiilance  à  Hugues  Capet  5  que  celui-ci  entra  dans  le  Poitou  à  la  tête 
d’une  armée  pour  l’obliger  à  fe  foumettre,  6c  que  ce  duc  le  reconnut  enfin  d 
ôclui  étoit  déjà  fournis  en  989.  ou  990. 

La  date  de  quelques  chartes  du  Limoufin  dont  Guillaume  poflèdoit  le 
comté  particulier ,  pourroit  cependant  nous  faire  croire  qu’il  ne  fe  fournit 
pas  fitôt  à  Hugues.  L’une  de  ces  chartes  eft  datée  e  du  mois  de  Septembre 
régnant  le  roi  Hugues ,  &  dans  1‘ attente  de  Charles.  Une  autre  e[l  du  mois  de 
Mars  la  fécondé  année  de  Charles  ;  6c  une  troifiéme  du  mois  de  Janvier  la  V. 
année  qu'on  efperoit  d'avoir  Charles  four  roi  *  3  mais  comme  ces  actes  regar¬ 
dent  quelques  vaflàux  d’Archambaud  I.  du  nom  vicomte  de  Comborn  ,  ils 
prouvent  feulement  que  ce  feigneur  ne  reconnoifloit  pas  Hugues  :  ainfi  c’eft 
làns  le  moindre  fondement  qu’un  hiftorien  f  moderne  a  avancé ,  •  «  qu’on 
»ne  voit  pas  qu’après  la  foumiflion  de  Guillaume  Fiera  bras  à  Hugues  Capet 
aucun  feigneur  au  delà  de  la  Loire  ait  pris  le  parti  de  Charles.  «  Il  eft  d’aiL 
leurs  certain  g  qu’en  1009.  on  reconnoiftoit  encore  dans  le  Limoufin  les  fils 
de  ce  dernier  prince. 

Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe  &  Raymond  IL  comte  de  Rouer- 
gue  fon  coufin ,  qui  dominoient  prefque  fur  tout  le  Languedoc  ,  ne  fe  pref. 
lerent  pas  aufïï  de  fe  foumettre  à  Hugues  Capet  3  6c  il  paroît,  comme 
nous  le  verrons  plus  bas  ,  que  le  premier  fe  iéclara  en  faveur  de  Charles 
compétiteur  de  ce  prince. 

Pons  à  qui  le  même  Taillefer  fon  frere  puîné  avoit  h  cédé  le  comté  d’ Al¬ 
bigeois,  ne  reconnut  pas  non  plus  Hugues  Capet  les  premières  années  du 
régné  de  ce  prince  ,  comme  l’on  voit  par  une  ‘  lettre  de  franchife  ou  de  fau- 
vegarde  qu’il  accorda  à  l’évêque  ôc  au  chapitre  d’Albi ,  au  mois  de  Septem¬ 
bre  ,  le  T4.  jouf  de  la  Lune ,  le  roi  Lothaire  étant  mort ,  la  IJ.  année  que  Louis 
fen  fils  commença  de  régner  :  ce  qui  fait  voir  qu’au  mois  de  Septembre  de  l’an 
987.cn  continuoif  de  dater  en  Albigeois  par  les  années  du  régné  de  Louis 
V.  quoique  ce  prince  fut  mort  depuis  quatre  mois ,  ôc  que  Hugues  Capet 
eût  été  déjà  élu  en  fa  place. 

Pons  prend  la  k  qualité  de  comte  d’Albi  dans  une  autre  donation  qu’il  fit 
vers  le  commencement  de  la  même  année  en  faveur  d’Amelius  évêque  de 
cette  ville  6c  des  chanoines  de  fa  cathédrale  ,  du  village  6c  de  l’églife 
des  SS.  Amarand  6c  Eugène  de  Vioux.  Cette  églife  étoit  alors  deflèrvic  par 
un  abbé  nommé  Benoît ,  un  prévôt  ôc  des  chanoines ,  qui  étoient  fournis  à 
ce  même  évêque  ôc  à  fon  chapitre.  Le  comte  Pons  fit  donation  aux  derniers 
par  cet  acte  de  differentes  terres  3  6c  par  les  lettres  de  fauvegarde  dont  on 
a  déjà  parlé,  il  leur  donna  ,  de  l'avis  du  vicomte  Ifam  &  de  fes  autres  vaffdux*t 
la  juftice  du  même  lieu  de  Vioux  dont  il  avoir  fait  marquer  les  limites  par 
des  croix. 

Pons  frere  de  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe  ,  poffedoit  donc  le 
comté  d’Albigeois  en  987.  6c  il  devoir  l’occuper  depuis  quelques  années  3  car 
ce  pais  étoit  déjà  gouverné  par  1  un  comte  particulier  fous  le  régné  de  Lo- 
thaire.  Nous  apprenons  d’ailleurs  que  Pons  fut  marié111,  ôc  qu’Artaud  fon  * 
beau-fils ,  que  fa  femme  avoit  eu  d’un  premier  mariage ,  le  furprit  ôc  l’aflàflina. 
Ce  prince  mourut  apparemment  fans  pofterité ,  puiique  Guillaume  Taillefer 
fon  frere  fe  qualifioit  comte  d’Albi  au  “  commencement  du  XI.  fiecle.  Ainfi 
celui-ci  aura  réuni  l’Albigeois  à  fon  domaine  après  cet  événement  tragique. 

-  Quant 


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DE  L  A  N  G  U  E  D  O  C.  Liv.XIM.  *1 

Quant  au  vicomte  Ifarn  par  le  con/èil  duquel  le  comte  Pons  accorda  des ^  N  987. 
lettres  de  fàuvegarde au  lieu  de  Vioux  en  Albigeois,  nous  ne  doutons  pas  qu’il  Xl  1. 
ne  le  fut  de  Lautrec,  &  le  même  que  le  vicomte  de  ce  nom  dont  Garfinde  vicom'ts  fi 
comtellè  *  de  Touloufe  fait  mention  dans  le  tcftament  qu’elle  fît  vers  l’an 
974.  car  r°.  il  n’y  avoir  alors  dans  l’Albigeois  que  cette  vicomte ,  &  celle  icvèchc  j'Aibj 
d’Albi  ou  d’Ambialet  :  or  cette  derniere  appartenoit  dans  le  même  tems  à  ^Ul  de  Nu* 
*>AtonII.  Ifarn  dévoie  donc  occuper  l’autre.  1 9.  Nous  verrons  dans  la  fuite  4  tr.p.ns. 
le  nom  d’Ifarn  fe  perpétuer  fuivant  l’ufige  de  ces  fieclcs  dans  la  maifon  des^K  NoTi 
vicomtes  de  Lautrec.  j°.  Nous  avons  un  acte  c  fans  date  par  lequel  Frotaire  cprp.i)9.& 
évêque  ,  fils  d’Ermentrude,  fait  ferment  à  Ifarn  fils  de  Rancarde  ,  au  lujetA* 
du  château  de  Lautrec  qu’ils  poflèdoicnt  en  commun ,  avec  promefiè  de  n’y 
nommer  aucun  châtelain  fans  le  confentement  l’un  de  l’autre ,  preuve  qu’ils 
étoient  de  la  même  famille.  Auffi  avoient-ils  fait  un  accord,  fuivant  le  même 
acte,  de  fè  fucceder  en  cas  deprédecès,  taht  dans  le  château  de  la  Bruguiere, 

3ue  dans  divers  autres  domaines.  Ce  Frotaire  évêque  ne  paroîc d  pas  différent  i  v.  non 
c  l’évêque  de  Cahors  de  ce  nom  v  décédé  c  en  990.  Ce  prélat ,  &  le  vicomte  xf'f‘c7li 
Ifarn  étoient  fans  douce  fils  de  Sicard  vicomte  de  Lautrec  qui  vivoiten  940.  fAU. 
mais  de  différens  lits ,  à  moins  que  Frotaire  n’ait  été  neveu  d’Ifarn  ,  ce  qui 
efl  beaucoup  plus  probable.  Ce  dernier  fut  vraifemblablement  perc  du  vicomte 
Sicard ,  qui  ledit  fils  d’Avierne  ,  6c  qui  fit  un  pareil  ferment  au  même  Fro¬ 
taire  évêque  fils  d’Ermentrude  ,  pour  le  château  ou  vicomté  de  Lautrec, 
dont  chacun  poffêdoit  une  partie,  par  un  aéte  fqui  n’eft  pas  daté,  &  qui  m3-£ 
doit  être  anterieur  à  l’an  990.  dans  la  fuppofition  que  Frotaire  évêque  de;‘î' 

Cahors, eft  le  même  que  l’évèque  de  ce  nom  fils  d’Ermentrude  dont  on  vient  de 

évêque  d’Albi  avoir  fuccedéen  987.  à  un  autre  Frotaire  fils  de  Gau- 
ciane ,  après  que  ce  dernier  eut  été  transféré  g  à  l’cvêchc  deNifmes,  dont 
Bernard  II.  occupoit  encore  le  fiege  au  mois  de  Mars  de  l’an  986.  Frotaire  ;[î.  *'7’  ' 
étoit  déjà  évêque  de  cette  derniere  ville  au  mois  de  Mars  de  l’annee  fliivante, 
fuivanc  une  charte  datée  régnant  Notre  Seigneur  J.  C.  ou  de  la  première  an¬ 
née  du  régné  de  Hugues  Capet.  Il  fut  d’autant  plus  aifé  à  ce  prélat  de  fe 
procurer  l’évêché  de  Nifines,  qu’il  étoit  frere  d’Aton  II.  vicomte  de  cette 
ville ,  &  que  les  comtes  êc  les  vicomtes  avoient  alors  la  meilleure  part  dans 
l’élection  des  évêques.  Nous  conjecturons  qu’Amelius  fon  fuccefièur  dans 
l’évêché  d’Albi ,  eft  le  même  qu’Amelius  neveu  de  Garfinde  comtellè  de 
Touloufe  dont  on  a  parlé  ailleurs. 

Le  pais  d’ Albigeois  ne  fut  pas  le  feul  du  Languedoc  qui  fit  difficulté  de  recon-  x  1  v. 
noître  Hugues  Capet  après  fon  élection  ôc  fon  couronnement  :  les  autres  dio- 
cèfes  de  la  province  qui  étoient  fous  la  domination  de  différons  princes  de  la  f„ur  l  oixif- 
maifon  de  Touloufe  lui  refuferent  également  l’obeilfance.  L’auteur  b  d’üne  finctaH'Sucs 
chronique  abrégée  des  rois  de  France  écrite  dans  le  pais  au  XI.  fiecle,  s’ex-  h  Pr.'rf.i.fao. 
prime  en  ces  termes  au  fujet  de  ce  roi ,  ôc  de  Robert  fon  fils:  Louis  V.  étant 
mort ,  Hugues  Capet ,  qui  auparavant  avoit  été  duc ,  s'empara  du  gouvernement , 

(fi  régna  en  France  pendant  dix  ans.  A  près  fa  mort  Robert  fon  fils  régna  ,  (fi  fit 
mettre  en  prifon  Charles  (fi  [es  fils  qui  étoient  de  la  race  de  nos  rois.  Il  paroît  par¬ 
ia  que  ce  chronographe  regardoit  Hugues  Capet  comme  un  ufurpateur.  Mais 
pour  entrer  dans  un  plus  grand  détail  fur  ce  qui  fe  palfa  après  cette  gran¬ 
de  révolution  ,  tant  dans  les  pais  fournis  à  la  domination  de  la  maifon  des 
comtes  de  Touloufe  ,  que  dans  le  refte  de  la  province  ,  nous  commencerons 
par  le  l^ouergue  ,  que  Raymond  II.  occupoit  alors  avec  le  marquifat  de 
Gochie. 

Il  y  a  lieu  de  croire  qu’Hugues  Capet  n’étoit  pas  encore  reconnu  pour 
roi  dans  le  diocèfc  de  Rodez ,  ni  dans  celui  de  Lodeve  au  mois  de  Mai  de 

l’an  988.  par  la  date  de  deux  donations.  L’une  *  qui  elt  du  1 1 .  de  ce  mois  , _ __ 

Dieu  régnant  ,  dans  l’attente  d’un  roi ,  regarde  l’ abbaye  de  Vabres,  dans  le  .  9^* 
premier  diocèfe  ,  ôc  Bernard  fon  abbé  *  l’autre  qui  elt  du  u.  du  même  mois, 

Dieu  régnant ,  (fi  dans  l’efperance  d'un  roi ,  fut  faite  k  en  faveur  de  l’abbaye  de  faint  m*- 
Guillem  du  Défère  dans  le  dioccfe  de  Lodeve.  Un  feigneur  de  Roue r<mc  fit 
cette  derniere  donation  en  action  de  grâces  de  ce  qu  étant  allé  le  jour  des 
T ome  II. 


parler. 

Amclius 


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112. 


HISTOIRE  GENERALE 


An.  988.  Rameaux  dans  l’églife  de  faint  Guiilcm,  pour  demander  à  Dieu  la  grâce  de 
vaincre  fon  adverlaire  dans  un  combat  lingulier ,  il  avoir  été  exaucé.  Nous 
avons  encore  deux  autres  actes  qui  prouvent  qu’Hugues  n’étoit  pas  reconnu 
dans  le  diocèfe  de  Lodeve  entre  la  fin  de  l’an  987.  8c  le  commencement  de 
itr.f.iso.  l’année  fuivante.  Lepremier  quieftune  donation4  de  S.  Fulcrand  évêque  de 
Lodeve,  en  faveur  de  la  même  abbaye  de  faint  Guillem  ,  eft  daté  du  1  j. 
bBell.i».t.Tdr.  de  Novembre ,  Dieu  régnant ,  &  dans  l‘attcnte  d'un  roi  :  8c  l’autre  bell  le  tefta- 
f&»rŸh‘v'di  menc  de  ce  prélat  du  4.  Février  ,fous  le  gouvernement  de  J.  C.&  dans  l'attente 
ï igi.de  Loievt.  d'un  roi. 

xv.  Ce  dernier  a&e,  qui  eft  un  monument  de  la  pieté  de  Fulcrand ,  nous  apprend 
^Tcftamenrde  pufage  qu’il  fit  de  l'on  domaine  ,  8c  qu’il  le  conlacra  prelque  entièrement  à  de 
ivcqucdeTo.  bonnes  œuvres.  Il  legue  plufieurs  égliiês  8c  pluficurs  allcus  dans  le  comté 
dc»c.  de  Lodeve  à  l’abbaye  de  faint  Sauveur  qu’il  avoit  fondée  dans  cette  ville  , 

&  qu’il  mit  fous  la  protection  de  Matfred  évêque  de  Béziers ,  8c  des  cha¬ 
noines  de  la  cathédrale.  Il  veut  que  les  moines  jouillcnt  en  commun  de  tous 
ces  biens,  8c  défend  de  les  donner  en  fief  à  aucun  feigneur.  Il  legue  enfuite 
des  biens  confiderables  à  fa  cathédrale  de  faint  Geniez,  8c  à  fes  differens  au¬ 
tels  5  c’cft-à-dire  qu’il  y  fonda  autant  de  chapelles.  Il  laillè  entr’autres  à  cette 
églile  le  château  de  Gibrct  avec  tout  ce  qu’il  pofl'edoit  à  Vinadobre  dans 
la  viguerie  de  Gignac ,  8c  pluficurs  églil'es  dont  il  le  réferva  l’adminiftration 
pendant  fa  vie,  8c  qu’il  donna  enfuite  à  Matfred  evêque  8c  à  fon  cha¬ 
pitre.  Il  fait  des  legs  aux  archidiacres ,  à  divers  chanoines  8c  autres  cccle- 
fiaftiques de  fon  égïife  ,  à  condition  pour  quelques-uns,  de  donner  U  réfection 
aux  freres  chanoines ,  certaines  feftivitez  de  l’annee  ,  le  jour  de  Ion  lacre  8c  celui 
de  fa  mort,  8c%de  fournir  alors  le  luminaire.  11  dèfignc  à  cet  effet  plufieurs 
alleus,  de  l’adminiftration  delqucls  il  charge  l’evêquc  Matfred  8c  les  chanoi¬ 
nes,  avec  défenfe  à  ce  prélat,  ou  à  quelque  comte  ou  autre  puillance  que  ce 
foit,  de  donner  ces  biens  en  fief  ou  en  alleu ,  voulant  qu’après  la  mort  du  même 
Matfred,  tous  ces  allcus  reviennent  au  profit  commun  des  chanoines  ,  à 
condition  qu’ils  fatisferoient  aux  charitez  dont  il  les  charge. 

Saint  Fulcrand  donne  diverfes  terres  qu’il  poffedoit  dans  le  Rouergue  à 
l’abbaye  de  Joncels  dans  le  diocèfe  de  Béziers  ,  entr’autres  un  village  qu’il 
avoit  acquis  du  vicomte  Eledon  ouEldenon,8c  dont  il  laillè  l’ulufruit  à  l’abbé 
Etienne,  avec  défenfe  de  prêter  ferment  de  fidelité  à  perfonne  ,  c’eft-à- 
dire  de  le  prendre  en  fief  d’aucun  feigneur.  Il  charge  cet  abbé  de  célé¬ 
brer  tous  les  ans  fon  anniverlâire,  8c  de  faire  quelques  charitez.  Il  legue  en¬ 
fin  divers  autres  biens  qui  lui  appartenoient  dans  le  pais  de  Nilmes  ,  en¬ 
tr’autres  la  partie  du  château  de  Roquefeuil  dont  il  avoit  hérité  de  Bernard 
fon  coujîn ,  à  l’abbaye  de  faint  Pierre  de  Nant  fituée  fur  les  confins  du  Rouer¬ 
gue  8c  du  diocèfe  de  Lodeve.  Il  nomme  pour  les  exécuteurs  tcftamcntaircs 
l’evêque Matfred  ,  deux  archidiacres  de  Ion  églile,  deux  abbez  ,  l’un  nom¬ 
mé  Angclmar,  8c  l’autre  Etienne  ,  un  chanoine  &  tous  les  autres  freres  qui 
vivotent  fous  la  réglé  canoniale  dans  l'églife  de  Lodeve:  preuve  que  la  vie  com¬ 
mune  étoit  dès  lors  en  ufage  dans  cette  cathédrale.  Saint  Fulcrand  l’y  avoit 
fans  doute  introduite.  Ce  faint  prélat  donne  pouvoir  à  lès  exécuteurs  tefta- 
mentaires  de  diftribuer,  à  leur  gré,  aux  évêques,  aux  chanoines  ,  aux  moi¬ 
nes,  8cc.  fes  meubles,  fon  argenterie,  les  ornemens,  8c  tout  l’argent  mon- 
noyé  qu’on  trouveroit  chez  lui  le  jour  de  fon  décès.  Ce  teftament  fut  écrit 
par  l’abbé  Etienne ,  8c  fouferit  par  Angclmar  abbé ,  par  le  prévôt ,  un  archi¬ 
diacre  8c  onze  chanoines  de  la  cathédrale.  Le  premier  étoit  abbé/de  Jon¬ 
cels,  8c  l’autre  de  faint  Sauveur  de  Lodeve. 

xvi.  .  Quant  à  l’evêque  Matfred  dont  laint  Fulcrand  fait  mention  fi  fouvent 
q  uc  de  Bc  zi  ers*  dans  f°n  teftament  ,  cet  acte  nous  fait  comprendre  qu’il  avoit  été  dès 
oefigne  fucccf-  lors  élu  pour  fucceder  à  ce  faint  prélat  dans  l’évêché  de  Lodeve  ,  qu’il  poff 
ïuicund  k|Qt  cn  effct  depuis  ta  mort  de  ce  dernier,  arrivée  dix-huit  ans  après,  con¬ 
jointement  avec  l’évêché  de  Beziers  dont  il  étoit  pourvu  depuis  Iong-tems. 
Cela  nous  fait  conjecturer  qu’il  étoit  fils  de  quelque  comte  ou  vicomte  du 
pais,  lefquels  félon  l’ufage  du  fiecle,  fe  faifoient  peu  de  fcrupule  de  s’em¬ 
parer  des  évêchcz,  ÔC  d’en  faire  pourvoir  leurs  fils  ou  leurs  plus  proches , 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIII. 


peut-être  étoit-il  de  la  maifon  de  Narbonne  dans  laquelle  on  trouve  un  vîcomce  An.  9  8  8* 

de  ce  nom  au  milieu  du  X.  fiecle.  Il  fucceda  dans  l’évêché  de  Béziers  à  Bernard 

qui  vi voit  encore  en  981. là  ce  qu’on  prétend4,  mais c’eft  fur  l’autorité  d’un  a Ando^Bt». 

acte  b  dont  la  date  ne  peut  convenir  qu’à  l’an  977.  Matfred  pouvoir  donc  u 

remplir  le  fiege  épifcopal  de  Beziers  dès  l’an  980.  car  c’cft  fans  preuve 

qu’on  a  avancé0 qu’il  n’avoit  été  élu  qu’en  991.  &  nous  venons  de  voir  en  cAndoq.iM* 

effet  qu’il  devoit  l’être  en  988.  dans  le  tems  du  teftament  de  faint  Fulcrand, 

qui  témoigne  pour  lui  beaucoup  de  confédération ,  ce  qui  eft  a  fiez  furpre- 

nant-  à  moins  que  le  faint  prélat  ne  fut  perfuadé  qu’après  fa  mort  Matfred 

opteroit  l’un  des  deux  cvêchez ,  de  Beziers  ou  de  Lodeve ,  ce  qu’il  ne  fit 

pas.  Audi l’illuftre  prélat  d  qui  a  compofé  l’hiftoire  des  évêques  de  Lodeve,  àrUntav.u* 

fes  prcdeceflèurs ,  le  traite-  t-il  d’ufurpateur  8c  d’intrus.  '’7Î* 

On  doit  inferer  de  ce  teftament  que  l’abbaye  de  faint  Sauveur  de  Lodeve  XVIÏ*  , 

'j  a',11  .  ,  r .  Fondation  de 

ctoic  déjà  fondée  en  9  8  S.  on  prétend  c  meme  qu  elle  avoir  déjà  un  abbe  en  Abbaye  de  s. 
98o.  mais  on  n’en  donne  aucune  preuve.  L’auteur  f  de  la  vie  de  faint  Sauveur  de  Lo- 
Fulcrand  rapporte  que  ce  prélat  la  transfera  dans  une  églife  ,  qui  étoit 
voifine  de  la  cathédrale  ,  &  qui  fubfiftoit  depuis  long- tems  fous  le  titre  de  joneds. 
de  fainte  Croix  *  que  Thierri  évêque  de  Lodeve  ,  prédeceflèur  de  ce  ^lb,<L*if,nL 
faint  ,  avoir  confacré  cette  églife  en  l’honneur  de  faint  Sauveur  j  que  ituii.  u.  ». 
ce  dernier  après  l’avoir  réparée,  &  richement  dotée,  lui  donna  pour  abbé  M'-t-  7»J* 
Agclmar  homme  fage  &  éclairé,  qu’il  aimoit  beaucoup  ,  8c  qui  après  avoir 
été  chanoine  de  Lodeve  embralïà  l’état  monaftique  ,  8c  qu’enfîn  il  acheva 
la  conftrudion  du  monaftere  en  996.  Il  femble  donc  que  faint  Fulcrand  n’en 
fut  que  le  reftaurateur ,  puifqu’il  ne  fît  que  le  transférer  d’un  lieu  à  un  autre  ; 
mais  il  pourroit  l’avoir  d’abord  fondé  ailleurs.  Quoi  qu’il  en  foit ,  il  en  eft 
regardé  avec  raifon  comme  le  principal  fondateur  ,  par  les  biens  confide- 
rables  qu’il  lui  lailîa.  On  g  ajoute  que  le  faint  ordonna  que  cette  abbaye  ne  g PUnuv.îbU, 
feroit  foumife  à  l’avenir  à  d’autre  puifîàncequ’à  celle  des  évêques  de  Lodeve,  f'6x' 
qui  en  feroient  les  protecteurs  8c  les  avouez  ,  8c  auroient  feuls  l’autorité  fur 
l’abbé  &  fur  les  moines,  ce  qu’on  ne  trouve  marqué  ni  dans  la  vie,  ni  dans 
le  teftament  du  faint  prélat.  Il  eft  vrai  cependant  que  dans  une  difpute  qui 
s’éleva  en  1109.  entre  l’évêque  de  Lodeve  8c  les  religieux  de  faint  Sauveur  au 
fujet  de  l’élection  de  l’abbé,  il  fut  h  décidé  que  le  premier  étoit  patron  8c 
tuteur  de  cette  abbaye  ;  qu’en  conféquence  les  religieux  ne  pouvoient  procé¬ 
der  à  l’élection  fans  fon  confentement ,  8c  qu’enfîn  Pabbé  éld  devoit  prendre 
de  lui  fa  confirmation.  Cette  abbaye  fubfifte  encore  aujourd’hui  fous  la  réglé 
de  faint  Benoît. 

Celle  de  Joncels  fut  également  *  redevable  à  la  générofité  &  à  la  pieté 
de  Fulcrand.  Divers  feigneurs  du  voifinage  qui  en  avoient  envahi  les  biens , 
l’avoient  réduite  à  une  pauvreté  extrême  ,  lorfque  faint  Fulcrand  touché  de 
la  voir  dans  un  état  fi  déplorable ,  trouva  moyen  de  l'acquérir  de  leurs  mains, 
la  rétablit  ,  la  réforma  ,  la  combla  de  bienfaits ,  &  y  établit  pour  abbé 
Etienne  ,  homme  recommandable  par  fi  pieté  ,  en  qui  il  avoit  une  entière 
confiance. 

On  fit  d’abord  autant  de  difficulté  de  fe  foûmettre  au  roi  Hugues  Capet 
dans  les  diocèfes  de  Beziers  8c  de  Maguelonnc ,  que  dans  celui  de  Lodeve. 

C’cft  ce  que  nous  inférons  d’une  donation  t  faite  par  un  feigneur  nommé  UOe  partie  du 
Aida ,  &  furnommé  Baruncello ,  c’eft-à  dire  petit  baron  ,  le  9.  de  Janvier,  1  an","',w- 
régnant  Notre-SeigncurJ.  C.  d’un  alleu  fîtué  dans  le  comté  de  Beziers,  à  l’ab¬ 
baye  d’Aniane  dans  le  diocèfede  Maguelonnc.  Nous  avons  une  autredona- 
tion  de  ce  feigneur  à  la  même  abbaye  ,  le  rj.  de  Juin  ,  la  première  année  du 
regne  du  roi  Hugues ,  d’un  autre  alleu  fîtué  dans  le  même  comté  ;  ainfî  on 
voit  par  ces  deux  monumens ,  x°.  Qu’Hugues  ne  fucpas  reconnu  dans  cetre 
partie  de  la  province  avant  le  mois  de  Février  de  l’an  988.  2  Qu’il  i’étoic 
dans  ce  pais  au  mois  de  Juin  fuivant.  30.  Que  durant  cette  efpece  d’inter- 
regne  on  fe  fervit  de  la  formule  régnante  chriflo. 

Cette  derniere  remarque  peut  fervir  à  fixer  à  peu  près  l’époque  d’une 
donation1  de  Senegonde  comcellède  Subftancion  ou  de  Maguelonne,  darée  jeMdgueii.  _ 
en  general  du  10.de  Février  régnant  Notre-Seigneur  J.  C.  Elle  donne  par  cet  i  Pri-l+l-& 

T  orne  II.  ‘  Qjj 


h  f.  10  y  « 


i  Bûll-ibid4 


Xvni. 


Languedoc. 
Pr.p,i)o.(j» 

fit- 


XIX. 

Coin  f  cs  de 


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ÀN.  988. 
*  Ncpoccs. 


zTr.f.iii. 

é 

b  Mnb.dd  ann. 
97*.  n.?S *  ** 


c  V.  NOTE 
fXIk 


XX. 

Comtes  deCar- 
callbooe,  de 
Râlez  &  de 
Gommioges» 
d  Pr.p.i  4 1» 
c  />.  151., 


i  p.  u». 


1  M»7* 


h  Archiv.it 
t Mrch.de  Nar - 
bonne» 

XXI. 

fondation  de 
l'abbayc  de  S. 
Sauveur  de 
Nifmes. 
i  Pr.p>  151. 


IF.  NOTE 
XW//.U.8. 


1  Mm b. Md  arm. 

9>o.».Ç3, 

ir.p.  si. 


114  HISTOIRE  GENERALE 

aéle ,  avec  Pierre  évêque  fon  fils ,  le  comte  Bernard  ôc  Pierre  fes  petits-fils  *, 
Adélaïde,  Confiance  6c  Guillemette  fes  petites-filles ,  à  l’abbaye  deGellone 
pu  de  faint  Guillem  du  Défert ,  ôc  à  Ton  abbé  Gausfred  ,  l’églife  de  fainte 
Reparate ,  6c  plufieurs  terres  fituées  dans  le  pays  de  Maguelonne  ,  dans  la 
difritl  du  château  de  Subfiancion ,  êc  le  territoire  d’un  village  appellé  Sellatis. 
Senegonde  étoit  donc  veuve  dans  le  tems  de  cette  donation ,  dont  il  eltaifé 
de  fi$er  la  date  :  1  elle  doit  être  poflerieure  à  l’an  985.  car  Bernard 
comte  de  Subfiancion  ou  de  Melgueil  ,  mari  de  cette  comteflê  1  vivoit 
encore  alors.  i°.  Elle  doit  être  rapportée  aux  premières  années  du  rogne 
d’Hugues  Capet,  par  lesraifons  que  nous  avons  déjà  dites,  ÔC  non  à  l’an  978.011 
à  l’an  1045.  comme  l’a  fuppofe  un  hiflorien  moderne.  Nous  trouvons  en  effet 
fur  la  fin  du  X.  fiecle,  ôc  au  commencement  du  fuivant  un  Pierre  évêque 
de  Maguelonne  ,  qui  ne  peut  être  différent  de  l’évêque  Pierre ,  fils  de  la 
la  même  Senegonde  fainü  il  aura  fuccedé  dès  l’an  988.  à  Ricuin  évêque 
de  Maguelonne  fon  prédeceffeur.  Par  là  nous  connoilfons  «  la  généalogie 
des  comtes  de  Subfiancion  ou  de  Melgueil  à  la  fin  du  X.  fiecle.  Le 
comte  Bernard  II.  mort  après  l’an  985.  6c  avant  l’an  988.  aura  eu  au 
moins  deux  fils  de  Senegonde  fa  femme  5  l’un  dont  nous  ignorons  le  nom, 
qui  mourut  peut-être  avant  lui ,  6c  qui  fur  pere  de  Bernard  III.  lecjuel 
pofTedoit  le  comté  de  Subfiancion  vers  l’an  988.  fous  la  tutelle  ôcl’admini- 
flration  de  la  même  Senegonde  fon  ayeule  *  6c  Pierre  évêque  de  Ma¬ 
guelonne. 

Il  paroît  pat  une  donation  d  que  fit  Roger  I.  du  nom  comte  de  Carcaf- 
fonne  avec  Adélaïde  fa  femme,  en  faveur  de  l’abbaye  de  Lezat ,  au  mois 
de  Décembre  régnant  Notre-Scigneur  J.  C.  que  ce  comte  ne  reconnoilfoit  pas 
non  plus  Hugues  Capet  au  commencement  de  fon  régné.  On  pourroit  cepen¬ 
dant  inférer  de  deux  actes  datez  de  la  II.  6c  III.  années  du  régné  d’Hugues, 
que  Roger  étoit  fournis  à  ce  prince  - dès  l’an  988.  Le  premier  cil  une  vente 
en  faveur  de  Benoît  abbé  de  Montolieu  ;  ôc  l’autre  une  reflitution  faite  à 
l’abbaye  de  faint  Hilaire  dans  le  diocèfè  de  Carcafionne,d’un  alleu  fitué  dans  le 
comté  de  Rouffillon  par  Raymond  comte  de  Comminges  en  partie,  6c  fils 
d’Arnaud  comte  de  Carcaflonne.  Ce  qu’il  y  a  de  certain ,  c’efl  que  Roger  I. 
comte  de  cette  ville  reconnoilToit  Hugues  Capet  pour  roi  au  mois  de  No¬ 
vembre  de  la  VII.  année  du  régné  de  ce  prince,  ou  l’an  994.  fuivant  un 
aéte  d’échange  {  qu’Udalgarius  abbé  de  Caunes  fit  avec  lui  6c  la  com  telle 
Adélaïde  fa  femme,  d’un  alleu  que  cet  abbé  avoir  à  Aiguefvives  dans  la 
vicomté  de  Carcajjonne  ,  &  dont  il  avoit  hérité  de  fes  parens.  Udalgarius  étoit 
fans  doute  abbé  de  Caunes  en  983.  lors  qu’un  feigneur  du  pais  g  donna  aux 
SS.  martyrs  Alexandre,  Amand  ,  Luce  ôc  Audaldc  ,  donc  on  confervoit  les 
reliques  dans  ce  monaflere  ,  une  terre  dans  le  Minerbois.  Enfin  Eudes 
comte  de  Rafez ,  6c  frere  de  Roger  comte  de  Carcaifonne ,  étoit  fournis  à 
Hugues  Capet  dès  la  VII.  année  du  regne  de  ce  prince  ,  ou  l’an  99 y. fui¬ 
vant  une  donation  h  qu’il  fit  alors  avec  Altrude  là  femme  6c  Arnaud  leur 
fils  en  faveur  de  l’abbaye  de  faint  Martin  de  Lez  ,  au  diocèfè  de  Narbonne, 
ôcàTruélerand  fon  abbé. 

On  a  lieu  de  croire  qu’Aton  II.  vicomte  d’Albi  6c  de  Nifmes  refufoit  en¬ 
core  d’obéïr  à  Hugues  en  993.  d’une  donation  '  qu’il  fit  avec  Gerbergcfa 
femme,  Bernard  6c  Frotaire  leurs  fils,  de  deux  terres  ou  métairies  fituées 
dans  le  pais  d’Albi  à  l’abbaye  de  faint  Guillem  du  Defcrc  ,  un Jamedi  18.  de 
Mars ,  Dieu  régnant  &  dans  l’attente  d’un  roi  :  car  fuivant  la  lettre  domini¬ 
cale  ,  cet  aéle  qui  ne  peut  avoir  été  pafTé  que  fous  le  regne  de  ce  prince  , 
doit  être  de  l’an  993.  Il  efl  certain  k  d’ailleurs  qu’au  commencement  du  re¬ 
gne  d’Hugues  Capet  on  ne  datoit  les  chartes  du  diocèfè  de  Nifmes  que 
depuis  la  mort  de  Louis  ,  &  du  regne  de  J.  C.  Le  titre  le  plus  ancien  de  ce 
diocèfè  où  il  foit  fait  mention  d’Hugues  Capet  ,  efl  du  mois  de  Janvier 
la  IV.  année  de  fon  regne  *  c’efl-à-dire  de  l’an  991.  fous  l’épifeopat  de  Fro¬ 
taire. 

Ce  prélat  fonda  1  cette  même  année  l’abbaye  de  filles  de  faint  Sauveur, 
dite  de  la  Font  dans  fà  ville  épifcopaie  ,  près  de  l’ancien  temple  de  Diane. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIII.  uj _ 

Ce  monaftcre  fuc  fournis  jufques  vers  l’an  1 140.  à  celui  de  faint  Bâufîle  de  An. 9 8 
Nifmes  ,  fous  l’autoritc  de  l’abbé  de  la  Chaife-Dieu.  Il  fuc  entièrement  ruiné 
par  les  Calvirriftes  au  XVI.  fiecle ,  &  les  religieufès  qui  l’habitoient  fe  reti¬ 
rèrent  à  Beaucaire  ,  où  elles-  fe  lont  établies. 

Le  Velay  eft  un  des  pais  du  Languedoc  qui  différa  plus  long-tcmsà  recon-  xxn. 
noîcre  Hugues  Capec.  C’eft  ce  qu’on  voit  entr’autres  par  une  donation  faite 
en  faveur  de  faint  Mayeul  abbé  de  Cluni  &  de  fon  abbaye  par  un  chanoine  icVchy. 

*  du  Pui ,  au  mois  d’ Août  l’année  que  le  roi  Louis  mourut  dans  fon  adolef-  *-  f s‘  ®'W1 
tente.  On  a  de  plus  diverfes  donations  b  faites  à  l’abbaye  de  faint  Chaffre"'  *b fr.f.iu- 
dans  le  Vêlai  ,  &L  datées  du  tems  qu’il  n’y  avait  point  de  roi ,  fi  C.  régnant ,  ou 
bien,  J.C.  régnant ,  &  dans  l’abfence  d'un  roi  fur  la  terre  ,  &  enfin  l’an  ççr.  de 
P  incarnation  de  Notre-Seigneur ,  fi  C.  régnant  ,  &  Hugues  qui  avoit  uftrpè  le 
royaume  contre  le  droit ,  étant  roi  des  François.  Ce  prince  fut  enfin  cependant 
reconnu  avant  fa  mort  dans  le  Vêlai.  On  voie  même  quelques  chartes  du 
pais  c  datées  de  la  III.  année  de  fon  régné,  entr’autres  la  fondation  du  c IM. 
prieuré  conventuel  de  Cofolens  au  voifinage  de  la  Loire  dans  la  viguerie 
de  Bas ,  fous  l’autorité  de  l’abbé  de  faint  Chaffre.  Ce  lieu  quoique  du  dio-*. 
cèfe  du  Puy  dépend  aujourd’hui  de  la  province  d’Auvergne. 

Les  différens  monumens  dont  on  vient  de  parler  font  autant  de  preuve» 
qu’Hugues  Capet  ne  fut  pas  reconnu  dans  le  Languedoc  ,  du  moins  pen¬ 
dant  la  premîcre  année  de  fon  régné.  Audi  lorfque  ce  prince  afTocia  au 
trône  Robert  fon  fils ,  qu’il  fit  couronner  d  Orléans  le  premier  de  Jan¬ 
vier  de  l’an  988.  n’y  eut-il  ,  fuivant  les  hiftoriens  1  du  teins  ,  que  les  fèigneurs  j  <?/„*./., 
des  royaumes  de  France  6c  de  Bourgogne  qui  afîifterent  à  cette  ceremonie  }  r.v»intu.in 
&  ces  auteurs  ne  font  aucune  mention  de  ceux  d’Aquitaine,  de  des  autres 
provinces  méridionales  de  France. 

La  Marche  d’Efpagne  fuc  une  des  premières  entre  ces  provinces  qui  reconnut 
Hugues  Capet  ,  comme  le  prouvent  plufieurs  accès  -  ,  de  en  particulier  une  è  Marc. 
donation  faite  par  Borrcl  f  comte  de  Barcelonne ,  en  faveur  du  vicomte 
Guillaume,  de  de  Sancia  fa  femme,  de  plufieurs  ailcus  fituez  dans  Je  comté  *’ 

d’Urgel  de  la  vallée  de  Caftelbon  le  S.  d’Oclobre  de  la  III.  année  du  régné 
d’Hugues  legrand y  roi  ou  duc  des  François.  C’eft  de  ce  Guillaume  vicomte  de  99°' 
Caftelbon  que  defeendoit  Efclarmonde  heriticre  de  cette  vicomté  ,  qui  com- 
prenoit  une  partie  du  diocéfé  d’Urgel  :  elle  l’apporta  au  commencement 
du  XIII.  fiecle  dans  la  mai fon  de  Roger-Bernard  comte  de  Foix  fon  mari. 

Le  befoin  où  le  trou  voit  le  comte  de  Barcelonne  d’un  prompt  fecours  f 

contre  les  Sarafins,  l’engagea  fans  doute  à  fè  foùmerrre  des  premiers  i 
Hugues  ,  à  la  protection  duquel  il  eut  en  effet  rccourspour  fe  foutenir  con¬ 
tre  ces  infidclles,  fur  lefqucls  il  reprit  enfin  fa  capitale.  Il  nons  refte  une  g  gGtrkyi/h 
lettre  d’Hugues  à  Borrel ,  dans  laquelle  il  lui  promet  de  fe  mettre  bientôt  m* 
en  marche  pour  aller  à  fon  fecours.  Il  lui  mande  en  même  rems  de  venir 
au  devant  de  lui  dès  qu’il  auroit  appris  fon  arrivée  en  Aquitaine  à  la  tête 
de  fon  armée,  tant  pour  lui  donner  des  aïïùrances  de  fa  fidélité,  que  pour 
fervir  de  guide  à  lès  troupes  j  nous  ignorons  fi  le  roi  Hugues  entreprit 
cette  expédition. 

Ce  prince  étoit  aufli  reconnu  dans  le  diocèfè  de  Narbonne  la  III.  année 
de  fon  régné  ,  fuivant  la  date  du  fécond  h  ceftamcnt  que  fit  alors  Adélaïde  mcmTa<îcto 
viconitefle  de  cette  ville,  qui  nomme  pour  les  exécuteurs  teftamenraires  *  rkomidie 
Ermçngaud  archevêque  ,  de  Raymond  vicomte  de  Narbonne  fes  fils ,  avec  n^doc/* 
trois  feigneurs  lès  vaftaux.  La  cathédrale  de  Narbonne,  l'abbaye  de  faint  Otigioe 
Paul  delà  même  ville,  celles  de  faint  Pons ,  de  la  Grade  ,  de  faint  Chignan 
&  de  Villemagne  ,  eurent  part  à  fes  pieufes  liberalircz.  Elle  donna  entr’au- 
très  à  la  dermere  un  alleu  qu’elle  avoit  acheté  à  Salatian  de  ^archevêque  M’ 

Anoon,  qui  eft  le  même  qu’Annon  archevêque  d’Arles.  Cela  peut  faire 
conjedurer  que  ce  prélat  étoit  originaire  de  La  province,  car  le  lieu  de  Sala¬ 
tian  paroît  n’être  pas  different  deSalazac  dans  le  diocèfè  d’Ufc z,  &Ja  vigue- 
liede  Bagnols.-ce  qu’on  peut  confirmer  par  le  don  que  fie  •  le  même  archevêque  iGtllchr‘>tr» 
vers  l’an  985.  en  faveur  de  Bernard  évêque  de  N  Urnes,  d’un  alleu  fîtuc  dans 
le  comté  d’Ufez. 


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An.  990. 

a  krjbtd. 


b  •ftvf.toS. 


n«  HISTOIRE  GENERALE 

Adélaïde  donna  *  un  autre  alleu  qu’elle  avoit  acquis  à  Oveillan  de  l*évS; 
que  Arnaud ,  &  des  chanoines  de  faint  Félix  de  Gironne ,  à  l’églifc  de  fainte 
Marie  de  Quarante  ,  à  condition  que  les  chanoines  qui  la  deflèrvoient  en 
jouiroient  en  commun  fous  l’adminift ration  d’un  prêtre  nomme  Aigulfe.  Il  y 
avoit  donc  alors  des  chanoines  à  Quarante,  &  même  à  ce  qu’il  paroîtlong- 
tems  auparavant  j  car  il  eft  fait  mention  de  cette  églife  dans  le  teftament 
de  Raymond  I.  b  comte  de  Rouergue  de  l’an  9  6 1 .  &  dans  d’autres  aétes  du  X. 
fiecle.  Ces  chanoines  embraflerent  la  réglé  de  faint  Auguftin  au  onzième, 
&ils  étoient  gouvernez  par  un  abbé  en  1037.  fuivant  un  teftament  qui  eft 
aux  archives  de  cette  abbaye  ,  par  lequel  un  nommé  Guillaume  Aribert  s’y 
»  donne  pour  chanoine  entre  les  mains  de  Riquin  abbé  ,  fait  heritier  Pierre 
>»  Aribert  fon  fils ,  &  donne  dix  fols  de  Bezfers  à  Marie  fa  filleule.  Cette  ab¬ 
baye  qui  fubfifte  encore  aujourd’hui ,  eft  fituée  dans  le  diocèfe  de  Narbonne, 
à  trois  lieues  de  cette  ville  vers  le  nord ,  6c  elle  eft  deflèrvie  par  les  chanoines 
réguliers  de  la  congrégation  de  fainte  Geneviève. 

Adélaïde  vicomteftè  de  Narbonne  fit  plufieurs  autres  legs  pieux  pour  fon  pere 
,&fa  mere,  pour  Matfred  fon  mari  ,  fes  fils,  fes  fœurs,  fes  parens  &  fês-vaf- 
faux.  Elle  donne*#  vicomte  Raymond  fon  fils  la  vicomté  de  Narbonne  ou  de  Nar- 
tonnois  ,  avec  fes  dépendances  &Jes  fiefs  5  ôt  à  Ricarde  fa  belle-fille,  femme  du 
même  vicomte  fon  fils ,  plufieurs  alleus  qu’elle  fubftitue  à  leur  fils  Ermengaud: 
preuve  certaine  qu’il  arrivoit  du  moins  quelquefois  dans  la  province  que  les 
femmes  des  comtes  êt  des  vicomtes  confervoient  après  la  mort  de  leurs  maris 
l’adminiftration  des  comtez  ou  vicomtez  qu’ils  avoient  poiTedez ,  &  cela  long- 
tems  après  la  majorité  de  leurs  fils }  car  on  a  déjà  vu  que  Matfred  vicomte 
de  Narbonne,  &mari  d’Adelaïde,  mourut  vers  l’an  966.  ainfi  Raymond  fon 
fils  qui  lui  fucceda  ,  étoit  déjà  avancé  en  âge  en  990.  d’ailleurs  Érmengaud 
frere  de  ce  dernier  ,  futélii  archevêque  de  Narbonne  en  977.  On  a  lieu  de 
croire  que  la  vicomtcflë  Adélaïde  qui  devoir  être  déjà  fort  âgée  dans  le  tems 
de  ce  dernier  teftament,  n’y  furvêcur  pas  long-tems. 

L’archevêque  Ermengaud,  dont  nous  venons  de  parler,  tint  uil  concile  de  fil 
NaibonTe!' de  Pr°vince  vers  l’an  990.  Catel  c  qui  en  avoir  vu  les  a&es  ,  le  contente  d’en 
cC4 uiMtm.  donner  l’extrait  fuivant.  »  Ermengaud,  dit-il,  tint  un  concile  provincial  à 
K'cômiho  "Narbonne,  auquel  outre  les  prélats,  furent  prefens  Raymond  comte  de 
f.741.  7  »  Rouergue,  Roger  comte  de  Carcaflonne  &  fon  fils  Raymond  ,  Raymond 

«vicomte  de  Narbonne  frere  d’Ermengaud  archevêque,  Guillaume  vicomte 
»»  de  Beziers  ,  &  plufieurs  autres  perfonnes  nobles.  Ce  concile  avoit  été 
»  aflëmblé  principalement  contre  la  noblefle  qui  le  faififloit  non  feulement 
»  de  tous  les  biens  de  l’églile,  mais  encore  offenfoit  grièvement  les  cccle- 
»  fiaftiques.  «  L’alfiftance  de  tous  ces  feigneurs ,  fait  voir  que  ce  fut  une 
allèmblée  compofée  du  clergé  6c  de  la  noblefle  de  la  province.  Raymond  II. 
comte  de  Rouergue  eft  nommé  le  premier  entre  les  féculiers  ,  à  caufe  de 
l’autorité  principale  que  lui  donnoit  dans  le  païs  fa  dignité  de  marquis  de 
Gothie  j  honneur  qu’il  n’auroit  pû  prétendre  fans  cela ,  n’ayant  aucun  droit 
d’alfifter  à  ce  concile  comme  comte  de  Rouergue,  puifquece  dernier  païs  dé- 
pendoit  de  l’Aquitaine  6c  de  la  mécropole  de  Bourges, 
xxv.  Ce  fut  fansdouteen  execution  des  decrets  du  même  concile  que  Guillaume 
v*comce  de  Beziers  &  d’Agde  reftitua  d  à  l’abbaye  'de  faint  Tiberi  plufieurs 
li’cTs&d-Ag'e,  églifes  6c  autres  biens  qu’il  avoit  ufurpez  fur  elle.  Sa  reftitution  précéda  de 
fût  r°n  rcfta  peu  un  voyage  de  dévotion  qu’il  fit  à  Rome  avec  Arfinde  fa  féconde  femme, 
d'cmrcp^Hre  fuivant  l'afte  qu’il  fit  dreflèr  à  ce  fujet  en  prefence  de  Berenger  abbé ,  6c  des 
le  pderinage  religieux  de  ce  monaftere,  6c  qui  eft  daté  du  dernier  de  Février  indiétion  1 1  r. 

*Romc.  r>  -  j  i»  1 

d  pr. p.  144 &  &  Par  confequent  c  de  1  an  990. 

H-  Guillaume  avant  que  d’entreprendre  ce  voyage  fit  fon  teftament  f,  dont  il 

xx .m  N0TE  ne  nous  refte  fluun  fragment  g  confiderable.  Il  nomme  pour  fès  exécuteurs 
f  teftamentaires  les  éveques  Matfred  6c  Etienne  ,  la  vicomteflè  Arfinde 

ff  fâ  femme  ,  6c  trois  feigneurs.  Matfred  étoit  évêque  de  Beziers ,  8c  Etîen- 

ne  d’Agde.  Ce  dernier  avoit  fuccedé  après  l’an  982.3  Arnaud ,  qui  préfida 
a^ors  a  un  avec  le  même  vicomte  Guillaume.  Etienne  étoit  encore 

*001  oi.is.41"'  évêque  d’Agde  la  V. année  ‘du  régné  de  Robert,  ou  l’an  1001.  qu’il  vendit 


xxiv. 


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DE  LANGUED  O  C.Liv.  XIII.  n7 _ 

à  Raynald  abbé  d’Ailiane,  6c  à  Tes  religieux,  quelques  biens  qu’il  poflèdoic  AN.990; 
dans  le  pais  de  Beziers. 

Guillaume  dans  fonceftament a  fie  divers  legs  pieux  en  faveur  des  cathedra-  apr.<-.nj  £ 
les  de  Beziers  6c  d’Agde.  Il  donna  entr’autres  d  la  derniere  le  bourg  ou  village  /'??• 
de  laine  André  d’Agde  ,  où  il  y  avoir  eu  anciennement  un  célébré  monaftere, 
donc  l’églilè  lublifloic  encore.  Il  légua  un  alleu  d  cerce  derniere  ,  ôc  un  autre 
alleu  à  celle  de  laine  Pierre  de  la  même  ville.  Il  difpofa  de  pluiîeurs  églil'es 
ou  alleus  en  faveur  des  abbayes  de  laine  Tibcri,  de  l'aine  Aphrodifc  de  Be¬ 
ziers,  d’Anianeêcde  Gellonc  ou  de  laine  Guillem  duDelert,6claiilà  diverl'es 
autres  égliles  d  lès  heritiers.  Il  fait  mention  de  celle  de  faîne  Sauveur  iltuee 
dans  le  château  de  Bezfers  ,  où  il  fonda  une  chapelle  ,  ce  qui  marque  qu’il 
faifoic  fa  rélidencc  dans  ce  château.  Nous  pallôns  fous  lîlcnce  plu  (leurs  au¬ 
tres  legs  pieux  de  Guillaume  qui  donna  d  l’églilc  de  laine  Jacques  6c  de  faine 
Michel ,  la  même  fans  doute  que  l’abbaye  de  fainr  Jacques  de  Beziers ,  les 
vignes  qu’il  avoic  dans  le  territoire  de  Boïan  ,  6c  que  Pons  de  The  fin  tenait  en 
fief.  Les  leigneurs  commençoient  donc  d  prendre  le  nom  de  leurs  terres  ou  de 
leurs  fiefs  fur  la  fin  du  X.  fiecle. 

Guillaume  n’avoit  que  deux  filles,  Garfinde  6c  Senegonde ,  qu’il  avoic  eues, 
à  ce  qu’il  parole ,  d’Ermencrude  la  première  femme.  Il  donna  d  la  première 
la  ville  de  Beziers,  avec  fon  évêché  ,  c’efl-à-dire  ce  qu’il  poflèdoic  dans  le 
diocèfe,  &  peut-être  aulfi  le  droit  qu’il  pouvoir  avoir  ulurpé  comme  les  au¬ 
tres  grands  valîaux  ,  de  cirer  de  l’eleclion  des  évêques  un  certain  tribut  ou 
redevance.  Il  lui  donna  de  plus  les  villes  de  Pezcnas ,  de  Meze  ,  6cdcVairac 
dans  le  diocèfe  d’Agde ,  le  lieu  de  Mercoirol  dans  celui  de  Beziers, ôcc.  Il 
ne  légua  d  Senegonde  que  le  lieu  de  Pomeirols ,  avec  la  moitié  de  celui  de 
Palais  dans  le  diocèfe  d’Agde  ,  6c  celui  de  Treflàn  dans  le  diocèfe  de  Beziers. 

Il  lui  fubilicua  l’autre  moitié  de  Palais,  dont  il  difpofà  en  faveur d’Arfînde 
fa  féconde  femme.  Il  donna  aulfi  d  celle-ci,  pour  en  jouir  pendant  fa  vie, 
avec  fublditution  en  faveur  de  fa  fille  aînée  Garfinde  6c  de  fe.s  en  ta  ns  ,  la  vide 
d’Aude  &  fin  évêché ,  le  village  de  Florenfac  qu’il  paroît  fubflicuer  d  l’abbaye 
de  faine  Tiberi,  celui  de  faine  Pons  de  Maucfiiens  dans  le  diocèfe  d’Atrdc, 
l'honneur  du  won.iflere  de  faint  Tibcri ,  c’efKa-dire  fan  s  douce  le  pacronuc  ou 
avouerie  fur  cette  abbaye,  le  lieu  de  Paulian,  6cc. 

Il  fe  prefente  ici  une  difficulté  ,  car  fuivanc  le  ccflament  de  Matfred 
vicomte  de  Narbonne  de  l’an  966.  il  paroît  que  le  lieu  de  Florenfac  luiap- 
partenoic  :  mais  ce  vicomte  ne  fait  proprement  mention  que  des  alleus  b  qu’il  b  tr-p.uft 
poflèdoic  dans  le  territoire  de  Florenfac  :  d’ailleurs  Ermengaud  fon  fils ,  en 
faveur  duquel  il  difpofà  de  ces  alleus,  peut  les  avoir  donnez  dans  la  fuite  d 
Guillaume  vicomte  de  Beziers  ,  ou  les  avoir  échangez  avec  lui.  En  effet ,  Guil¬ 
laume  charge c  fa  fille  Garfinde  de  payer  trois  cens  fols  des  deniers  de  Narbonne  d  ç 
l'évêque  Ermenyiud  j  aulfi  nous  conjecturons  qu’Adel.ùde  vicomteflè  de  Nar¬ 
bonne,  6c  mere  de  ce  prélat ,  étoic  feeur  de  Guillaume  vicomte  de  Beziers  6c 
d’Agde. 

Un  échange  A  que  le  même  Guillaume  6c  Arfinde  fa  femme  firent  au  mois  XXVI- 
d’Aoûc  de  la  VII.  année  du  régné  du  roi  Hugues,  ou  de  l’an  993.  nous  faic 
connoîrre  que  ce  vicomte  furvêcut  quelques  années  à  fon  relia  mène }  6c  à  fon  Jcû/îi.'c&ibn 
voyage  de  Rome.  Il  n’cll  plus  fait  mention  ni  de  l’un  ni  de  l’autre  dans  aucun  i^rf,yfoeJd0'1' 
monument  pofterieur,  6c  ils  moururent  tous  les  deux  fans  doute  bientôt  après.  fiK.»ncdc/<o- 
Garlinde  fille  aînée,  6c  heritiere  de  Guillaume  ,  époufàcn  premières  noces  ^.re-ifonnc de 
Raymond  fils  aîné  de  Roger  I.comrîTfle  Carcaflonnc,6c  porta  dans  fa  maifon  les  d  tfp. 
deux  vicomtez  de  Beziers 6c  d’Agde.  Elle  fe  remaria  en  fécondés  noces  avec  elf  NorE 
Bernard  feigneur  d’Andufe.  Quanta  Senegonde  la  cadette,  elle  époufà  R  [. 
chard  I.  du  nom  vicomte  de  Milhaud  en  Rouergue.  Au  relie  quoiqu’il  paroilfe  .  - 
parle  teftament  du  vicomte  Guillaume,  qu’il  étoic  maître  de  prcfque  tout  lé 
domaine  des  dîocèfès  de  Beziers  6c  d’Agde  ,  il  e/l  certain  toutefois  que  les  xx'vu. 
comtes  de  Touloufe  y  confervcrent  la  principale  autorité ,  foit  en  qualité  de  con^(“'^u^u 
marquis  de  Gothie  ,  foie  comme  comtes  f  particuliers  de  ces  deux  villes.  Joule  ea Ire  en 

Comme  le  vicomte  Guillaume  poflèdoic  un  très-grand  nombre  d’eglifes,  f“'ll'frcp0!Jf 
c’efi  une  preuve  qu’il  augmenta  coniiderablemcnc  fon  domaine- aux  dépens  dcCiho^'  * 


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1 


Ah.  990. 

a  Mtrc.H'p. 

t 


bAim.vit.S. 
Abb.  a£1.  SS 
S.  Btn.fu  VI. 
ÏArit 

V.  NOTE 
VIII.  ».  40.6 
/'*?• 

c  V.N0TEXX1, 
•*17» 


u«  HISTOIRE  GENERALE 

des  biens  ecclefiaftiques  que  lui  ou  Tes  ancêtres  avoient  ufurpez.  Ce  défordre 
alors  fort  commun  dans  toute  la  France  , engagea  1  Salla  évêque  d’Urgel  , 
quelques  autres  prélats ,  8c  plufieurs  ecclefiaftiques  de  la  Marche  d’Efpagne 
quis’étoient  affemblez  pour  en  arrêter  le  cours,  à  excommunier  Ermengarde 
veuve  d’Oliba  Cabrera  comte  deCerdaigne,  &  les  comtes  fêsfils  qui  avoient 
envahi  les  biens  de  l’êglife  dans  les'évèchcz^  ou  cornez^  de  Cerdaigne  ôc  de 
Berga. 

Un  autre  abus  qui  regnoit  alors  dansl’églife,  c’étoit  l’ufage  où  les  comtes, 
&  les  autres  grands  feigneurs  s’étoient  mis  de  difpofer  non  feulement  des  evê- 
chezôt  des  abbayes  de  leur  domaine  ,  mais  même  de  les  trafiquer  publique¬ 
ment,  ôc  de  les  vendre  au  plus  offrant.  Guillaume  Taillefer  comte  de  Tou- 
loufe  fut  un  des  moins  fcrupuleux  fur  cet  article.  L’évêché  de  Cahors  étant 
venu  à  vaquer  b  en  990.  par  le  décès  de  Frotaire,  que  nous  croyons  de  la 
maifon  de  Lautrec,  il  l’offrit  en  qualité  de  comte  deQuerci,  conjointe¬ 
ment  avec  l’archevêque  de  Bourges  métropolitain  de  la  province,  moyen¬ 
nant  une  fomme  confiderable,  à  Bernard  abbé  deSolignac  &de  Beaulieu.  Cet 
abbé  étoit  fils  d’Hugues  vicomte  de  Comborn,& ,  à  ce  qu’il  paroît c,  parent  de 
Guillaume.Comme  il  avoit  été  élevé  dans  l’abbaye  de  Fleuri-fur-Loire  fous  la 
difeipline  de  S. Abbon ,  il  crut  devoir  confulter  ce  dernier  avant  que  d’accepter 
l’offre  du  comte.  Abbon  alors  abbé  de  ce  monaftere  n’eut  garde  d’approuver  une 
promotion  fi  contraire  aux  faints  canons  5  &c  ayant  fait  réponfe  à  Bernard , 
il  l’exhorte  à  Ce  rappeller  fa  profeflîon  ,  8c  à  n’ambitionner  d’autres  dignitez 
dans  l’églife  que  celles  qu’il  pouvoir  ie  procurer  fans  offenfer  Dieu.  Il  ajoute 
enfuite  ces  paroles  remarquables  au  fujet  de  ceux  qui  faifoient  un  indigne 
commerce  des  dons  du  faint  Efprit.  »  Ces  fortes  de  perfonnes ,  dit-il ,  cher- 
»  chent  à  exeufer  leur  conduite  fur  ce  qu’ils  n’achetent  pas  la  confécration , 
«mais  feulement  les  biens  temporels  des  églifes.  Mais  à  qui  les  biens  ecclefia- 
»>ftiques  appartiennent,  ils  qu’à  Dieu  feul ,  &  l’églife  reconnoît-elle  d’autre 
»  feigneur  que  lui  ?  «  Enfin  ce  faint  abbé  s’élève  avec  beaucoup  de  force  con¬ 
tre  la  fimonie  qui  faifoit  alors  de  grands  ravages  dans  l’églife,  8c  termine 
fa  lettre  à  Bernard  par  le  détourner  abfolument  d’accepter  l’évêché  de 
Cahors. 

Ce  dernier  s’en  tint  à  la  décifion  de  fon  ancien  maître,  8c  par  fon  confèil  il 
èntreprlt  divers  voyages  de  dévotion.  Sur  fon  refus  Gaufbert  homme  de 
condition  fut  élâ  à  cet  évêché;  L’acte  de  fon  élection  deft  daté  du  y.  de  Jan¬ 
vier  de  l’an  990.  régnant  le  roi  Charles.  Il  y  a  lieu  de  croire  que  Guillaume 
comte  de  Touloufe  ,  8c  Dagbert  archevêque  de  Bourges, ne  perdirent  rien 
dans  ce  choix.  Le  dernier  fitfacrer  Gaufbert  par  trois  évêques  de  fa  province, 
fijavoir  Begon  de  Clermont ,  Ingelbin  d’Albi ,  8c  Frotaire  de  Perigueux ,  dtt 
confentement  &  de  la  volonté  de  Guillaume  vicomte e  de  Cahors  ,  6c  de  fa  mere 
Acilicine.  Ce  vicomte  qui  après  le  comte  de  Touloufe  avoit  la  principale 
autorité  dans  la  ville  de  Cahors,  partageoit  donc  alors  avec  lui  le  droit  de  nom¬ 
mer  à  l’évêché  de  cette  ville.  Le  même  Bernard  en  fut  pourvu  enfin  vers  le 
commencement  du  XI.  fiecle  après  la  mort  de  Gaufbert,  8c  fa  promotion  Ce 
fit  fans  doute  alors  d’une  maniéré  canonique.  Nous  voions  cependant  qu’il 
retint  avec  cet  évêché  les  abbayes  de  Solignac  8c  de  Beaulieu  dont  il  étoit 
pourvu  depuis  long-tems. 

Il  paroît  par  la  date  dé  l’éle&ion  de  Gaufbert  évêque  de  Cahors ,  que  Char¬ 
les  duc  de  Lorraine  étoit  reconnu  en  990.  pour  roi  de  France  dans  le  Quercij 
ce  qui  peut  donner  lieu  de  croire  que  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe 
qui  dominoit  fur  ce  pais  s’étoit  déclaré  en  fa  faveur  contre  Hugues  Caper. 
Charles  ayant  eu  le  malheur  de  tomber  le  i.d’Avril  de  l’année  fuivante  avec 
Louis  &  Charles  fes  fils,  entre  les  mains  d’Hugues  qui  les  fit  renfermer  à 
Orléans  dans  une  étroite  prifon  ,  le  parti  qu’ils  avoient  en  France  diminua 
enfuite  extrêmement,  8c  Hugues  Capet  fut  enfin  generalement  reconnu  dans 
tout  le  royaume. 

Guillaume  Taillefer  étoit  alors  marié  en  fécondés  noces  avec  Emme  fille 
de  R.otbold  comte  d’une  partie  de  la  Provence,  8c  d’Ermengarde  fa  femme. 
ir.xoTExir,  Guillaume  depuis  ce  mariage,  qui  porta  { dans  fa  maifon  ce  qu’on  appella  dans 

la 


i  Sficil.tc.S. 
/•Ht* 


tV.  NO 71 

vnubu. 


xxvui. 

Guillaume 
eomicdc  Tou- 
lot  ifcépou le  en 
fécondes  noces 
Emme  de  Pro- 
vrne  . 

991. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XllL  tij 

la  fuite  le  marquifàc  de  Provence  *  établie  fon  principal  fejour  dans  cette  ~ 

province.  Il  croit  en  effet  à  Arles  en  *  991-  quand  Guillaume  I.  comte  de  25^ls 

Provence  ,  frere  aîné  de  Rotbold  reftitua  aux  religicu/ês  de  faint  Cefaire  1 
diffèrens  biens  que  leur  fàint  fondateur  leur  avoit  Jaiffèz.  L’acte  eft  foufcric 
après  le  meme  Guillaume  I.  Adélaïde  fa  femme*  6c  Guillaume  IL  leur  fils, 
par  le  comte  Rotbold,  le  comte  Guillaume  fbn  fils ,  Lucie  femme  de  ce  der¬ 
nier  ,  GuilLtume  comte  de  T ouloufe  *  &  E»<me  fon  èpoufe  *  ôcc. 

Guillaume  I.  comte  de  Provence  étant  tombé  dangereufêment  malade  la  ^ 

même  année  à  Avignon  ,  fit  prier  fàint  Maieul  b  abbé  de  Cluni,  en  qui  il  P[OVJdcc. 
avoit  beaucoup  de  confiance,  de  venir  le  confoler  dans  cette  extrémité.  Ce  b 
faint  fe  rendit  à  fa  priere  ,  l’exhorta  à  la  mort ,  &  le  revêtit  de  l’habit  mo-  'Jfi.fi. 
naftique  qu’il  avoit  demandé  avec  beaucoup  d’empreflèment.  Ce  prince  étant  />.  *o«. 
mort  peu  de  tems  après,  fon  corps  fut  porté  a  Sarrian  dans  le  p aïs  Venaifîïn,  où 
il  fut  inhumé  dans  un  prieuré  de  l’ordre  de  Cluni  qu’il  avoit  fondé. 

Saint  Maieul  étoit  fans  doute  dans  le  monaffere  de  fàint  Saturnin  du  Port , 
aujourd’hui  le  Pont-Saint-£fprit  ,  où  il  demeuroit  c  fouvent ,  lorfqu’iJ  fut 
appelle  par  le  comte  de  Provence.  Ce  monaffere  étoit  recommandable  dans 
ce  tems-là  par  le  féjour  du  bienheureux  Guillaume  d  qui  y  vécut  quelque  Asâ*b.,d*nm 
tems  fous  la  dil'cipline  de  ce  faint,  6c  qui  ayant  été  élû  depuis  abbé  de  faint 
Benigne  de  Dijon,  réforma  fur  la  fin  du  X.  fiecle,  &  au  commencement  du 
fuivant ,  la  plupart  des  monafteres  de  France. 

Les  auteurs  contemporains  qualifient  indifféremment  Guillaume  I.  comte 
de  Provence ,  prince  des  Provençaux*  ou  duc  d’Arles*:  un  autre  g  lui  donne  le  c  AS.ssMi. 
glorieux  titre  de  pere  de  la  patrie ,  6c  celui  de  prince  très-Chrétien  qu’il  mé-  ,  M- 
ritoit  véritablement  ,  de  même  que  les  éloges  que  font  de  lui  les  hiftoriens  g ,  a.  ,m. 
modernes  b.  Il  eut  entr’autres  la  gloire  de  chafiër  entièrement  les  Sara- 
fins  des  montagnes  de  Provence  où  ils  s’étoient  fortifiez  depuis  long-rems.  r..0  fij.fi' 

Ôn  prétend  »  que  le  roi  Conrad  le  Pacifique  lui  donna  ,  6c  à  Rotbold  fon  i 
frere  le  comté  de  Provence  à  titre  bénéficiaire ,  &  que  leurs  fucceficurs  en  de -  &Jcq' 
vinrent  infenfiblement  proprétaire  s  j  mais  la  qualité  de  princes  &  de  ducs 
que  les  auteurs  contemporains  donnent  à  ces  deux  freres,  fait  aff  z  compren¬ 
dre  qu’ils  poflèderent  héréditairement  la  Provence  ’  6c  qu’ils  y  exercèrent  la 
même  autorité ?  dont  jouiflbient  alors  les  grands  vafîaux  d’Allemagne  6c  de 
France:  aulïï  Guillaume  6c  Rotbold  avoient-ils  fuccede  k  à  Bozon  II.  leur  pere,  k  f.notb 
dans  ce  même  comté  qu’ils  tranfmirent  à  leurs  defeendans  ,  6c  même  à  leurs  x/y- 
filles.  Il  eft  vrai  qu’il  paroît  que  le  roi  Conrad  donna  à  ces  deux  comtes  la 
partie  de  la  Provence  qu’ils  délivrèrent  delà  tyrannie  des  Sarafins  ,6c  qu’ils 
donnèrent1  enfuite  eux-mêmes  en  fief  à  divers  fêigneurs5maisfi  Conrad  lesinvc-  iRuffiilU. 
ftit  de  cette  partie  du  pais,  ce  fut  fans  doute  pour  la  poflêdcr  héréditairement 
comme  l’autre,  6c  avec  le  même  pouvoir  :  ils  y  avoient  d’autant  plus  de  droit, 
que  fuivant  m  fàint  Odilon  abbe  de  Cluni,  Guillaume  I.  chafia  les  infidèles  m  ^  " 
de  la  Provence  par  fa  propre  valeur  ,  conquit  fur  eux  un  grand  terrain ,  6c  fV9' 
l’unit  à  fon  domaine.  Nous  avons  crû  ce  détail  neceflaire;  parce  que  Guil¬ 
laume  Taillefer  comte  de  Touloufe,  ou  plutôt  les  fils  qu’il  eut  d’Èmme  fa 
femme ,  fille  de  Rotbold ,  entrèrent  n  dans  tous  les  droits  de  ce  dernier  fur  n  kote.I/J. 
la  moicié  du  comté  ou  duché  de  Provence,  renfermé  alors  entre  l’ libre,  les 
Alpes,  le  Rhône  6c  la  mer  Mediterranée.  Guillaume  II.  fucceda  à  Guillau¬ 
me  I.  fon  pere  dans  l’autre  moicié  de  ce  comté,  fous  la  tutele  ou  l’admini- 
ftration  °  d’Adelaïde  fà  mere,&la  poflèdapar  indivis  comme  fon  pere, avec  onotewc 
le  comte  Rotbold  fon  oncle  qui  vécut  encore  long-tems  après.  r  xxx. 

Quelques  modernes  confondent  P  cette  derniere  avec  Adélaïde  d’Anjoil  monl«trc  '  de 
comtcfTedeGevaudan,  qui  vécut  toujours  dans  une  union  très-ètroite  avec  Gui  s  htuoM-ui. 
évêque  du  Puy  fon  frere.  Ce  prélat  fonda  en  effet  de  fon  avis  en  9  9  3  .le  monaffere 
de  S.  Pierre  dans  fa  ville  épifcopale,  »  pour  l’expiation  de  lès  pechcz,pour  les  c<  rcsdcPolignac. 
évêques  du  Puy  fes  prédecefleurs  6c  les  fucceficurs ,  6c  enfin  pour  Etienne  fbn  «  993! 

beau-frere  *,  Adélaïde  fa  fœur,  &  leurs  fils  Pons  6c  Bertrand  fes  neveux. «  PL*bMui.ti 
Gui  dédia  enfuite  l’églife  de  ce  monaffere,  auquel  il  donna  diverfès  ter  res , 
ou  de  fa  manfe  epifcopale ,  ou  qui  lui  appartenoient  en  propre  dans  le  Vi  s.mm.pc.  k 
varais,  le  Vêlai,  &  l’Auvergne  }  entr’autres  une  églife  que  les  mêmes  Pons  • 

Tome  II.  R 


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G°°glj£ 


i 


_  ,5o  HISTOIRE  GENERALE 

An.  993.  &  Bertrand  lui  avaient  donnée  en  fatisfaftion  de  ce  qu’ils  avoient  emmené  par  force 
d  Mende ,  Gui  prevbt  de  la  cathédrale  du  Pvy ,  apres  l’avoir  fait  pnfonnier  dans 
cette  églife.  Il  donna  de  plus  au  monaftere  de  laine  Pierre  le  dixiéme  des  obla¬ 
tions  qu’on  feroit  â  Ton  églife,  8c  une  des  quarante  prébendes  canoniales. 
Il  fit  cette  donation  avec  Ton  chapitre  ,  du  confentement  de  Gui  qui  en 
étoit  prévôt  ôc  évêque  de  Valence,  de  Truan  doyen  ,  de  Pierre  abbé  de 
faint  Pierre  &  évêque  de  Viviers,  8c  de  tous  les  autres  chanoines  qui  y  fou£ 
a  r.  nozx  crivirentavec  la  comtelTe  Adélaïde 1 ,  Pons  &  Bertrand  Tes  fils ,  Agnus  vicomte 
10.».*.  dePolignac,  8cc.  Le  monaftere  de  faint  Pierre  duPuy  fublîfte  encore  aujour¬ 
d’hui  fous  la  dépendance  de  l’abbaye  de  faint  Chaffre ,  8c  la  réforme  de 
l'ordre  de  Cluni;  8c  c’eft  la  principale  paroifle  de  la  ville. 

Il  paroît  parce  que  nous  venons  de  dire  que  Pons  8c  Bertrand  pofledoient 
encore  en  commun  en  993.  le  comté  de  Gevaudan  fous  l’autorité  de  leur 
mere  Adélaïde.  Quant  à  Agnus  ou  Annon ,  vicomte  de  Polignac ,  il  avoir  fuc- 
cec^  dans  cette  VJCOinc^  à  Heracle  qui  étoit  vraifemblablement  fon  pere,  8c 
Efi'iiH. Ântiq.  qui  en  9  8  y.  fit  une  donation  au  prieuré  de  Chamalieres  en  Velay.  Agnus 
ditt.  Amc.mjj.  v;vo£c  encore  vers  l'an  1 000  ,  fous  le  régné  du  roi  Robert ,  &  il  fit ü  alors  un 
r'li  '  accord  avec  Gui  abbé  de  faint  Chaffre  8c  évêque  de  Glandcve. 

x  XXI\  Celui-ci c  confèrva  cette  abbaye  après  fon  élévation  à  l’épi feopat ,  à  l’exem- 
Chjtfie.'com-  pie  de  Wlfald  fon  prédecefîèur  ,  qui  de  religieux  8c  d’abbé  de  faint  Chaffre 
tes  de  Vilemi-  parvint  à  l’évêché  de  Die.  On  voit  cependant  que  Gui  la  fît  gouverner  fous 
fon  autorité  par  un  religieux  ,  qui  prenoit d  aufli  la  qualité  d’abbé.  Il  la  pof- 
pq.  fedoit  encore  en  1001,  la  VIII.  année  du  règne  de  Rodolphe  J  IJ.  roi  de  B  ourgo- 

v-Md.Uum.  comme  ji  paroît  par  une  donation  c  qu’un  feigneur  nommé  Léotard  fît 

*  d v.GÔi.chr.  alors  à  ce  monaftere  de  quatre  métairies  fituées  à  Cornas ,  dans  la  viguerie  de 

l'  Soyon  5  preuve  que  Rodolphe  111.  qui  fucccda  en  99 3. à  Conrad  le  Pacifique 
f'7cîbid.  fon  pere  dans  le  royaume  de  Bourgogne  8c  de  Provence ,  fut  reconnu  dans 
la  partie  du  Valentinois  qui  eft  en  deçà  du  Rhône ,  8c  qui  dépend  aujourd’hui 
du  Vivarais. 

Ce  prince,  qui  fut  furnommé  le  Fainéant ,  régna  '  aufiî  fur  la  partie  du  Vien- 
fv.  M»h.»d  nois  fituée  en  deçà  de  ce  fleuve  ,  qui  fait  également  partie  du  Vivarais.  Il 
■nn.9 fic }  à  ce  qu’il  paroît ,  fâ  principale  réfidence  à  Vienne.  Il  étoit  du  moins  aux 
gsub.  «.4.  environs  de  cette  ville  la  XXIII.  année  de  fon  régné,  lorfqu’il  favorifa  g 
i>union  du  monaftere  deMoirans  fur  l’Ifere  dans  le  diocèfe  de  Grenoble,  à 
h G»iLchriji.  l’abbaye  de  Cruas  en  Vivarais,  en  faveur  de  Roftaing  qui  en  étoit  abbé. 
iMcoiumb  va-  Lambert  évêque  de  Valence,  fit  une  donation  coniiderable  h  l’an  101 1.  i 
l’abbaye  de  faint  Chaffre  du  confentement  d’Ademar  comte  de  Valentinois, 
ad  ann.  fuccelleur  de  Geilin.  Gui  II.  qui  avoit  été  moine  8c  apocrifiaire  ‘  de  ce  mona- 
’i  Diptp.ito.  ftete,  en  étoit  alors  abbé  ,  8c  avoit  fuccedéà  Gui  évêque  de  Glandéve.  Sous 
fon  gouvernement  cette  abbaye  eut  des  Avouez^  qui  ufurperent  ies  biens,  8c 

*  M*b.adann.  ja  vexèrent  jufqu’à  ce  que  Silvius  ,  fils  8c  fucccllèur  de  Rcdcmptus  dans 

'¥*'  l5‘  cette  fonftion ,  touché  de  repentir ,  répara  eu  1016.  les  maux  qu’ils  avoienc 

caufez. 

xxxii.  On  voioit  alors  dans  divers  autres  monafteres  de  France  deux  abbez  régu- 
^ers  »  dont  ^un  avo^  Ie  gouvernement  particulier  ,  8c  l’autre  étoit  comme 
nifttrcs  de  la  le  fuperieur  general  de  plufieurs  abbayes  qui  avoient  embrafle  la  même  réfor- 
piovwcc.  me  C’eft  ain(i  qU’i  la  fin  du  X.  fiecle  celles  de  faint  Pierre  de  Lezat,  8c  de 
faint  Pierre  du  Mas-Garnier  dans  le  dioccfe  deTouloufe,  de  faint  Hilaire 
dans  celui  de  Carcaflonne,  de  Notre-Dame  d’Alet  dans  le  Rafez ,  8c  de  faint 
Michel  de  Cuxa  dans  la  vallée  de  Confiant  en  Rouffillon ,  étoient  foumifes 
à  l’abbé  Guarin  dont  on  a  parlé  ailleurs.  Il  eft  fait  mention  de  cette  fou- 
1  Mare. Hiff.  mifflon  dans  une  bulle  du  pape  Jean  XV.  qui  en  993.  confirma  1  cet  abbé 
fV*soTE  dans  Ie  gouvernement  general  de  ces  cinq  monafteres ,  8c  les  abbez  Hugues 
xxvu.n.7.  dans  l’adminiftration  particulière  du  fécond,  Wdfred  du  dernier  ,  8c  Benoît 
des  trois  autres ,  du  confentement  du  même  abbé  Guarin.  Jean  XV.  en  parlant 
de  ces  cinq  abbayes  fe  fert  du  terme  de  nôtres  5  ce  qui  prouve  que  dans  le 
tems  de  leur  fondation  elles  avoient  été  mifes  fous  l’autorité  immédiate  du 
faint  Siégé  :  auffi  ce  pape  maintient-il  leurs  religieux  dans  la  pofleflion  de 
leurs  biens,  8c  dans  la  liberté  d’élire  leur?  abbez ,  qui  devoient  être  bénis 


v.  NOTE 
xxm.n.7. 


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tninfre*. 
a  Pr  p.i6f. 


DË  LANGUÈD  O  C.  Liv.  XI U  ïjt _ _ 

y^aj  r/V»  donner  j  avec  permiiïïon  aux  nouveaux  abbez  de  fe  faire  bénir  An.  993. 
par  le  pape  ,  en  cas  que  les  évêques  exigeai  lent  d’eux  quelque  choie.  Il 
défend  enfin  aux  derniers  d’exercer  aucune  autorité  fur  ces  cinq  monafte- 
res,  qu’il  déclare  être  uniquement  fournis  à  la  fienne  6c  à  celle  de  les  fuc- 
ceflêurs.  Il  paroît  que  fon  delîein  étoit  que  ces  abbayes  fufiênt  toujours  gou¬ 
vernées  par  un  abbé  general ,  mais  nous  ne  voïons  pas  que  cela  ait  eu  lieu  après 
la  mort  de  l’abbé  Guarin. 

Hugues  étoit  encore  abbé  du  Mas-Garnier  fous  le  régné  dit  roi  Robert  ,*  XXxu'i. 
fuivant  une  donation  que  le  vicomte  Forton-Guiliaume  fit  à  ce  mona/fere  *  • 

de  quelques  terres  fituees  aux  environs,  6c  bornées  par  leruiiièau  deL ambori  ner.  fonun 
&les  chemins  publics  qui  conduifènt  à  Grundfelve  6c  à  Dieupantale.  Nous  in-  ^ 
ferons  de  là  que  Forton-Guiliaume  étoit  vicomte  de  Gimoez ,  pais  qui  prend  moez.  Ainchut 
fon  nom  de  la  riviere  de  Gimone  qui  le  traverfe,  de  qui  eil  une  portion  ^^!cJ^oltx 
de  l’ancien  diocè/è  de  Touloufè  ,  aujourd’hui  de  celui  de  Montauban. 

Cecce  vicomté  s’étendûit  en  effet  jufqu’auprès  de  l’abbaye  du  Mas  Garnier.  » rrp.isf. 
Forton-Guiliaume  fera  donc  le  premier  vicomte  de  Gimoez  dont  nous  ayons 
connoiffance.  Sa  donation  eft  foulcrice  avant  les  témoins,  par  une  dame  nom¬ 
mée  Rixende ,  qui  étoit  vraisemblablement  fa  femme. 

Benoît  '  étoit  déjà  abbé  deLezat,  au  mois  de  Janvier  de  la  IV.  année  du  b  uab.aJsnn. 
régné  du  roi  Hugues,  ou  de  l’an  991.  Hugues,  qui  eft  peut-être  le  même 
que  l’abbé  du  Mas-Garnier  dont  nous  venons  déparier,  lui  avoir  faccedé 
lous  celui  du  roi  Robert,  comme  il  paroît  par  une  donation  1  faite  vers  l'an  c  Pr-pli~à‘ 

1001.  à  l’abbaye  de  Lezat  par  Roger  comte  de  Carcafionne,  &  Adélaïde  fa  "t' 
femme.  Cet  acte  eft  fouferit  par  Raymond,  Bernard, &  Pierre  leurs  fils,  qui 
fouferivirent  aufii  à  une  autre  donation  J  que  Roger  leur  pere  fit  quelque  tems 
après  à  la  même  abbaye  avec  leur  mere  Adélaïde,  d’un  alleu  fitué  dans  le  4. 
comté  de  Touloufè.  Sous  le  gouvernement  d’Hugues  abbé  de  Lezat  ‘,  &  le  ^  “ 

régné  de  Robert,  on  donnai  cette  abbaye  l’églifê  de  faint  Beat  fur  la  Ga¬ 
ronne,  avec  celle  de  fàint  Vincent  ficuée  de  l’autre  coté  de  ce  fleuve.  Il  y  eut 
depuis  dans  cette  églilè  un  prieuré  dépendant  de  l’abbaye  deLezat  ;  ce  que 
nous  remarquons  ,  parce  que  nous  trouvons  ici  l’origine  de  la  petite  ville 
de  faint  Beat,  fituee  dans  la  partie  du  Comminges  qui  eft  dans  l’étendue 
du  Languedoc.  Quanta  Guarin,  fa  nlort  arriva  vers  l’an  99  S.  puilqu’il  étoit 
déjatdécedé  l’an  1000.  6c  qu’il  vécut  jufqu’au  régné  de  Robert,  fuivant  (wv  N',TË 
une  donation  g  que  lui  fie,  6c  à  l’abbaye  de  Lezat  foumife  à  fon  autorité,  un  Xp  ‘p'.".7',,, 
feigneur  nommé  Amelius  Simplicius  6c  Guillaume  fon  fils ,  hommes  tri)  s -pu: [fins.  h  y-  xols 
Nous  conjecturons h  que  le  premier  étoit  un  des  fils  d’Arnaud  comtede  Carcaf-  XXUnî7- 
fonne  &  de  Comminges  i  il  pofîedoic  en  effet  une  partie  de  ce  dernier  comté 
avec  plufieurs  alleus  du  Touloufain.  Nous  parlerons  ailleurs  de  fa  po. 
fterité. 

On  prétend  'que  Gui  d’Anjou,  évêque  du  Puy,  profitant  du  crédit1  qu’il  x’cxiv. 
avoir  auprès  du  roi  Hugues  Capct,  fit  élire  de  fon  vivant  vers  l’an  994. 

Drogon  fon  frere  pour  remplir  fon  fiege  après  fà  mort.  Si  ce  fait  eft  vrai ,  q„eXp;1 
Drogon  mourut  bientôt  après:  car  il  eft  certain  1  que  Gui  quelque  tems  avant  cl,oilil  ,lc  '‘,Q 

C.  _ _ _  _  /•  * _ o I-  _ fl _  _  i  1  .  .  ,  ,  vivmr  Eticnue 


par  un  canon  mdu  concile  de  Rome  de  l’an  998.  qu’il  le  fit  facrer  de  fon  .0 ■n.fu.v, 
vivant  par  Dacbert  archevêque  de  Bourges  6c  Roclenus  évêque  de  Ncvcrs.  p^*6n aU "r"!‘ 
Un  autre  canon  du  même  concile  femble  dire  cependant  qu’Êdenne  ne  fut  k  note 
facré  qu’après  la  mort  de  Gui  fon  oncle.  Quoi  qu’il  en  foit ,  ce  dernier  mou- 
rut  avant  la  tenue  de  ce  concile.  Il  fut  inhumé  ,  à  ce  qu’on  allure,  dans  le  99$- 
monaftere  “  de  faint  Pierre  du  Puy  qu’il  avoir  fondé.  On  ajoilte  qu’il  obtint  f 
du  roi  en  991.  des  armoiries  pour  la  ville  du  Puy  *  mais  la  contradiction  qui  m  ib,i. 
fe  trouve  entre  les  deux  auteurs  qui  font  mention  de  cette  prétendue  con- 
ceffion,  dont  ils  n’ont  eu  garde  de  produire  l’acte  ,  fuffit  pour  en  démontrer  TwdMfU* 
la  fauffeté.  Selon  le  premier  0  ce  fut  Geofroy  Grifegonelle  comte  d’Anjou  , 
qui,  avec  Gui  fon  frere,  obtint  du  roi  Lothaireces  armoiries  qui  étoicnr,  °  J‘  ‘  ' 
dit-il ,  un  aigle  d’argent  armé  de  gueules  au  champ  d’azur  femé  de  fleurs  de 
Tome  II.  Rij 


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Goofflf 


An.  998. 

a  Tntod.  tbid . 


XXXV. 
Rol.cit  lucccJc 
au  roi  Hugues 
Capcc.il  epou* 
le  en  leçon  .tes 
noces  Conltan- 
cc  Hile  cieGuil- 
humcTaiHcfcr 
comte  de  Tou- 
louic. 

b  V.  Mâb.dd 
*nn.<))6.n.i4. 

c  V .  NOTE 
XylILn.y. 


c  C«ncihto.$. 

r 771- 


{  Y.  NOTE 
XXIX. 


g  GUI. lyç.u 


b  Aim.de  mi¬ 
rât.  5.  Ben.  i 3. 
r.3. 

iKOTZibiâ. 


x  Tr.p.xzo.fjr 

H- 

1  CUU+c.). 


m  lbid.c. 9. 
n  Ibid.e.x, 
o  r-uch.to .4. 
>.Sf. 

p  Glab.l.l.C'X. 


131  HISTOIRE  GENERALE 

lys  d’or.  L’autre  prétend  a  au  contraire  que  ce  fut  à  la  demande  de  Foul¬ 
ques  comte  d’Anjou,  ôc  neveu  de  Gui  évêque  du  Puy  ,  que  le  roi  Hugues 
Capet  donna  pour  armes  à  la  ville  du  Puy  un  aigle  éployé  d’argent  fur  l’écu 
plein  de  France  alors  femé  de  fleurs  de  lys  fans  nombre  *  mais  c’efl  trop 
s’arrêter  fur  des  fables.  Après  la  mort  de  Gui,  évêque  du  Puy,  l’elecbion 
d’Etienne  fon  neveu  fut  calTée  dans  le  concile  de  Rome ,  dont  on  a  déjà 
parlé. 

Le  mariage  du  roi  Robert  avec  Bcrthe  fut  déclaré  nul  dans  le  même  con¬ 
cile.  Ce  prince  avoir  fuccedé  alors  au  roi  Hugues  Capec  fon  pere  ,  fur  l’épo¬ 
que  de  la  mort  duquel  nos  hifloriens  ne  font  pas  d’accord.  Ils  conviennent 
tous  b  cependant  qu’il  décéda  le  13.  ou  le  14.  d’Octobre  ,  mais  ils  varient 
fur  l’année  ,  que  les  uns  mettent  en  996.  les  autres  en  997.  ou  enfin 
en  998.  Nous  avons divers  monumens  dans  la  province  qui  confirment  le 
fentiment  des  premiers ,  ôc  il  cfl  appuyé  fur  des  preuves  fi  folides ,  qu’il  doit 
palier,  ce  femble  ,  pour  indubitable. 

Robert  avoir  époufé  en  995.  Berthe  veuve  d’Eudes  comte  de  Blois,  ÔC 
fœur  de  Rodolphe  III.  roi  de  la  Bourgogne  Transjuranc.  Le  pape  Grégoire 
V.  défapprouva  fort  ce  mariage  à  caule  de  la  parenté  ôc  de  l’aflinicé  lpirü 
tuelle  qui  fe  trouvoit  entr’eux  ;  il  réfolut  de  le  diflbudre,8caflèmbla  dans  ce 
deflèin  un  concile  à  Rome  qui  fut  tenu  au  d  commencement  du  mois  de  Mai  de 
l’an  998.  Le  mariage  fut e  déclaré  nul  parle  premier  canon  ,enforte  que  Ro¬ 
bert  fut  obligé  enfin  de  fe  léparer  de  Berthe.  Ce  prince  cpoulà  la  même 
année  Confiance,  qui  fuivant  la  plupart  de  nos  modernes  étoit  fille  de  Guil¬ 
laume  I.  du  nom  comte  de  Provence  ,  ôc  d’Adelaïde  d’Anjou  fa  femme  :  mais 
fi  l’on  doit  s’en  rapporter  aux  anciens  f ,  dont  l’autorité  eft  fans  doute  préfé¬ 
rable  ,  elle  étoit  fille  de  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe  ,  ôc 
d’Arfinde  fa  première  femme,  que  nous  croyons  fille  de  Geofroy  Grifègo- 
nelle, comte  d’Anjou;  &  en  effet  Robert  avoit  déjà  époufé  Confiance  avant 
la  fin  de  l’an  998.  ôc  Confiance  fille  de  Guillaume  I.  comte  de  Provence  ,  ôc 
d’Adelaïde  fa  féconde  femme ,  n’etoit  pas  encore  mariée  trois  ans  après.  II 
efl  enfin  certain  que  Confiance  femme  du  roi  Robert  étoit  mece  g  de  Foul¬ 
ques  Nera  comte  d’Anjou  :  or  Adélaïde  femme  de  Guillaume  I.  comte  de 
Provence,  étoit  à  ce  qu’on  allure  ,  tante  du  même  Foulques,  ôc  feeur  de 
Geofroy  Grifegoncllc  pere  de  ce  comte  5  ainfi  elle  ne  peut  avoir  été  mere 
de  la  reine  Confiance. 

Robert  fit  de  grands h  préparatifs  pour  la  célébration  de  ce  mariage  -,  il  Ce 
mita  la  tête  de  les  troupes  v  s'avança  vers  l’Aquitaine,  pafla  la  Loire,  ÔC 
alla  au  devant  de  fa  nouvelle  époufé  qui  venoit  du  côté  d’Arles  Guillau¬ 
me  Taillefer  comte  de  Touloufe  ,  pere  de  cette  reine  ,  faifoit  alors 
fa  principale  réfidence  aux  environs  de  cette  ville,  tant  à  caufe  de  plufieurs 
terres  qu’il  avoit  en  Provence  ,  ôc  qu’Emme  fa  fécondé  femme  lui  avoit  ap- 

fjortees,  que  parce  qu’il  poflèdoit  le  comté  de  faint  Gilles,  qui  comprenoic 
a  parrie  du  diocèfe  de  Nifmes  fituée  auprès  du  Rhône  ôc  voifine  d’Arles. 

Un  hiflorien  contemporain  1  allure  que  le  mariage  du  roi  Robert  avec 
Confiance  contribua  beaucoup  à  corrompre  les  mœurs  des  peuples  de  France 
&  de  Bourgogne  ,  par  le  grand  nombre  d’Auvergnats  ÔC  d’Aquitains  qu’il 
attira  à  la  cour  de  ce  prince ,  8c  qu’il  reprefente  comme  des  gens  diflblus  , 
vains,  légers,  ôc  également  méprifables,  foit  par  leurs  maniérés,  foit  par 
leur  façon  de  s’habiller.  Ils  avoient,  dit-il ,  la  barbe  ôc  la  moitié  delà 
tête  rafes,  a  la  façon  des  baladins  ,  leurs  habits  étoient  courts,  ils  portoient 
une  efpece  de  bottines ,  êcc.  C’efl  donc  une  preuve  que  la  reine  Confiance 
amena  avec  elle  en  France  plufieurs  perfonnes  de  la  cour  du  comte  fon  pere, 
ôc  que  fon  élévation  y  en  attira  un  grand  nombre  d’autres.  Le  même  hiflo¬ 
rien  parle  m  très-avantageufement  de  cette  princeflè  0  ,  il  l’accufe  cependant 
dans  un  endroit  d’avarice  ôc  de  maîtrifer  le  roi  fon  époux.  D’autres  anciens® 
qui  lui  donnent  le  furnom  de  Blanche ,  louent  fon  habileté ,  fa  fermeté  ôc 
fon  courage.  Il  y  eut  d’abord  P  quelque  méfintelligence  entre  elle  ôc  le  roi, 
caufée  par  les  intrigues  d’un  feigneur  nommé  Hugues ,  qui  fit  tout  fon  pof- 
fible  pour  la  mettre  mal  dans  l’efpric  de  ce  prince.  Foulques  comte  d’Anjou 


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DE  L  A  N  G  U  £  D  O  C.  L  i  v.  X  1 1 1. 

oncle  de  la  reine ,  réfolu  de  la  venger  ,  envoya  alors  douze  foldats  décernai-  r - —7“ 

nez,  qui  ayant  recontré  Hugues  dans  le  tems  qu’il  étoit  à  la  chaflè  avec  Je  '  9?*' 

roi,  l’aflàlEnerent  à  Tes  pieds.  Robert  témoigna  d’abord  beaucoup  de  chagrin 

de  cet  attentat ,  mais  il  fc  réconcilia  enfin  avec  la  reine ,  vécut  depuis  avec 

elle  de  fort  bonne  intelligence ,  &  en  eut  quatre  fils  de  deux  Hiles.  Il  ell 

ai  fc  de  juger  par  ce  récit  tiré  d’un  auteur  du  tems  ,  fur  quel  fondement  un  ,  „ 

moderne  »  qui  traite  la  reine  Confiance  d  impcrieufc  jufiqu  à  ïtnfolcnce  ,  a  pu 

avancer  que  ce  fut  elle-même  qui  fie  aftà/Iîner  Hugues  fous  les  yeux  du  roi. 

Après  la  difîolution  du  mariage  de  Robert  avec  Berthe  ,  on  traita  dans 
le  concile  Romain  de  l’an  998.  une  affaire  qui  intcreffbit  l’autorité  métro- Nutonoc* 
politaine  des  archevêques  de  Narbonne  fur  la  Marche  d’Efpagne.  Un  cer-  maintenu  r.™» 
tain  Guadaldus  b,  homme  ambitieux ,  ayant  formé  le  dellèin  d’envahir  mciropotiuLa 
l’cvcché  d’Aufonne,  de  d’en  dépoflèder  Froia  qui  l’occupoit  légitimement,  fur  h  Marci.e 
fe  fit  ordonner  évêque  de  cette  ville  par  Odon  archevêque  de  la  province  des  d(f jw** 

Gaules  ,  métropolitain  étranger  ,  qu’on  croit  c  être  Eudes  alors  archevêque  jcf. 

d’Auch.  Froia  furpris  de  cette  entreprife  eut  recours  au  pape  Jean  XV.  qui  c  Marc-HiF' 
excommunia  l’intrus  dans  un  concile.  Celui-ci  pour  fc  maintenir  dans  la  e 
poflèffion  de  l’évêché  excita  une  fédition  à  Aufonne ,  durant  laquelle  il  fit 
alïàfïïncr  l’évêque.  Après  la  mort  de  ce  prélat,  Raymond  comte  de  Barce- 
lonne  de  Ermengaud  comte  d’CJrgel  fon  frere,  avec  lequel  il  par tageoit  le 
domaine  du  comté  d’Aufonne  ,  firent  élire  un  nouvel  évêque.  Lechoix  tomba 
fur  Arnoul  qui  fut  facré  par  l’archevêque  de  Narbonne  fon  métropolitain. 

Guadaldus  lui  difputa  neanmoins  l’évêché ,  de  ofa  porter  cette  affaire  à  Rome 
devant  le  pape  Grégoire  V.  qui  le  fit  dépoler  ignominieufement  par  le  con¬ 
cile  en  prefcnce  du  même  comte  Ermengaud  ,  que  Je  s  actes  appellent  fils  dt 
Jiorrcl  très-noble  marquis  des  Aquitains  &  des  Goihi ,  de  qui  s’y  etoit  rendu  par 
ordre  du  comte  Raymond  fon  frere.  Les  mêmes  actes  qualifient  ce  dernier 
marquis  de  cette  province.  Il  avoit  fuccedé  depuis  l’an  993.  dans  le  comte  de 
Barcclonne  à  Borrel  fon  pere ,  l’un  des  principaux  d  bienfaiteurs  de  Vab.  Av-M,re  Iii!p» 
baye  de  la  GrafTe.  _  *."£/£  ** 

Le  concile  de  Rome  r  fit  divers  canons  au  fujet  de  l’intrufion  d’Etienne  de  xxxvn. 

Gevaudan  qu’il  interdit  de  toute  fonction  fàcerdotale  »  pour  avoir  été  élu  « 
évêque  du  Puy  fans  le  confentcment  du  clergé  de  du  peuple,  du  vivant  de  et  du  Puj dépoté. 

Gui  fon  oncle,  de  pour  avoir  été  ordonné  après  fa  mort  par  deux  évêques  «  2r,Pwe,.  àe 
qui  netoienc  pas  de  la  province.  »  Dacbert  archevêque  de  Bourges  qui  etoit  ,’ccccte  érjîïc 
l’un  des  deux,  en  étoit  toutefois  le  métropolitain  ;  l’autre  étoit  Roclenus  a°rjimS'^- 4’ 
évêque  de  Ncvers.  Ils  furent  fufpendus  tous  les  deux  de  la  communion,  juf- 

2u’à  ce  qu’ils  fuffènt  venus  faire  fâtisfaclion  de  leur  faute  devant  le  fiege  apo- 
olique.  Le  concile  permit  en  même  tems  au  clergé  de  au  peuple  du  Vcîay 
d’élire  un  nouvel  évêque  qui  feroit  facré  par  le  pape.  Enfin  on  fit  un  decret  par 
lequel  on  pria  le  roi  Robert  de  ne  donner  aucune  protection  à  Etienne,  &  de 
favorifer  la  nouvelle  élection  qui  feroit  faite,  fauf  la  foumijfion  qui  lui  étoit 
dite. 

En  conféquenccle  clergé  le  peuple  du  Velay  ayant  élit  pour  leur  évê-  foify  h-p  tu 
que  Theotard  moine  d’Aurillac,  le  pape  Silveftre  IL  fuccefîèur  de  Grégoire  V.  f  r-lbl-& 
confirma  cette  élection  par  une  bulle  du14.de  Novembre  de  la  première  année  j‘g  11.ch.nov. 
de  fon  pontificat ,  ou  de  l’an  999.  Le  pape  déclare  dans  cette  bulle  qu’il  avoit 
ordonné  lui-même  ce  prélat,  de  défend  à  tout  autre  évêque  d’entreprendre 
de  l’excommunier  -,  précaution  qu’il  prit  fans  doute  pour  le  mettre  à  couvert 
des  entreprifes  de  Dacbert  archevêque  de  Bourges  qui  avoir  facré  fon  con¬ 
current.  Ce  fut  pour  la  même  raifon  que  le  concile  ordonna  que  le  nouvel 
évêque  du  Puy  feroit  facré  par  le  pape. 

C’eft  à  cette  intrufion  que  les  évêques  du  Puy  doivent  le  privilège  fingu-  gGifyhifUu 
lier  d’êtreexempts  de  la  jurifdiétion  des  archevêques  de  Bourges  leur  ancien  & 

métropolitain,  de  d’être  fournis  immédiatement  au  pape  ;  car  il  ne  faut  pas J  Theoj.i, 
chercher  ailleurs  l’origine  de  l’immediation  de  cet  évêché  au  iâint  fiege ,  ;V>/’  7-‘ 
laquelle  fubfifte  encore  de  nos  jours.  On  g  ne  doute  pas  que  cette  prérogative 
ne  fut  expreflèment  marquée  dans  la  bulle  du  pape  Silveftre  dont  il  11e  refte  w:>. 
qu’une  partie  qui  foit  lifible.  Leon  IX.  ajouta  h  au  milieu  du  XI.  fiecle ,  aupf'fiK*,rJ1'' 


Ulî. 


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  N.  998. 


XXX  VIII. 
fondation  du 
mouaikcrc  de 
Langogne. 
\Jmon  de  la 
vicomté  de  Gc- 
\aulan  avec 
celle  de  Mil* 
haud  cnRoucr- 
6',c* 

!'îî- 


999- 


b  NOTE  XX. 
W.VI1I. 

V.  NOTE 
XXVI.  n.  10.  & 

Hï- 


XXXIX. 
Origine  &rc- 
tablidl-mcncde 
l’abbaye  de  S. 
Au  ire  d’Avi¬ 
gnon.  Les  com¬ 
tes  dcTouloulc 
dominent  le 
longduRhône. 
c  Mab.âd  Ann. 
£99  »-9l- 
GAll.chr.  nov. 
td  to.i  p.% oj-& 
fe 

dPr. 

h* 


t  Tt.  p.  J14, 
&M-  471- 


*34  HISTOIRE  GENERALE 

privilège  accordé  par  Tes  prédecefTcurs  aux  évêques  du  Puy  ,  de  n’être ordon¬ 
nez  que  par  le  pontife  Romain,  qu’il  confirma,  celui  de  fe  fêrvir  du  Pallium 
les  fêtes  folemnelles ,  tant  pour  honorer,  dit-il,  la  fainte  Vierge  patrone  de 
■cette  églife  ,  que  pour  favorifer  la  dévotion  particulière  des  peuples  du  pais 
envers  la  mere  de  pieu.  Enfin  les  papes  Pafchal  II.ÔcEugene  III.  confirme, 
rent  i’immediation  des  évêques  du  Puy  à  leur  fiege. 

Il  paroît  par  l’a&e  de  la  fondation  du  prieuré  de  Langogne  que  l’éleétion 
de  Theotard  à  l’évêché  du  Puy  fe  fit  fous  le  pontificat  de  Gregoife  V.  quoi 
que  ce  prélat  n’ait  été  ïaeré  que  par  Silveftre  II.  Etienne 1  vicomte  de  Ge¬ 
vaudan,  6c  Angelmode  ou  Almodis  fa  femme,  perfûadez  que  Dieu  vouloit 
qu’ils  fiflent  bâtir  une  églife  en  l’honneur  des  faints  Gervais  6c  Protais ,  parti* 
rent  pour  Rome  le  fixiéme  de  Septembre,  6c  y  arrivèrent  vers  la  mi-Octobrc. 
Ils  furent  d’abord  faire  leur  priere  dans  la  bafilique  de  faint  Pierre,  où  ils  fe 
confirmèrent  dans  leur  réfolution ,  6c  s’adrefTerent  au  pape  qui  l’approuva  beau¬ 
coup.  A  leur  retour  en  France  ils  fondèrent  cette  églife  dans  le  lieu  de  Lan¬ 
gogne  fitué  furies  bords  de  l’Ailier,  qui  fepare  le  Gevaudan  du  Velay  ,  6c 
y  joignirent  un  monaftere  qu’ils  mirent  fous  là  dépendance  de  l’abbaye  de 
laint  Chaffré  ,  6c  qu’ils  fournirent  fpecialement  à  l’eglife  Romaine.  Ils  le  dotè¬ 
rent  de  diverfes  terres  fituées  dans  les  comtez  de  Gevaudan  8c  de  Vivarais, 
ce  qu’ils  firent  du  confeil  de  Matfred  évêque  de  Mende  6c  de  fon  clergé , 
de  Theotard évè que  du  Puy  ,  de  Pierre  évêque  de  Viviers,  de  Rigaud frere  du 
fondateur,  du  comte  Pons  8c  de  Bertrand  fon  frere,  de  leurs  propres  vafiaux, 
&  avec  la  confirmation  du  pape  Grégoire.  Le  vicomte  Etienne  8c  fa  femme 
firent  un  fécond  voyage  à  Rome  fous  le  pontificat  de  Silveftre  II.  pour  offrir 
fur  le  tombeau  de  faint  Pierre  la  fondation  qu’ils  venoient  de  faire.  Ce  pon¬ 
tife  leur  fit  prefent  de  quelques  reliques ,  6c  fit  expedier  une  bulle  par  laquelle 
il  mit  le  monaftere  de  Langogne  fous  fa  protc&ion  fpeciale.  Pierre  roi  d’Ara¬ 
gon  ,  fuccefieur  d’Etienne  dans  la  vicomté  de  Gevaudan,  confirma  cette  fon¬ 
dation  en  1 10  y. 

Etienne  étoit  vraifemblablement  fils  8c  fucceflèur  de  Bernard  vicomte  de 
Gevaudan  qui  vivoit  au  milieu  du  X.  fiecle.  Il  furvêcut  long-tems  à  cette  fon¬ 
dation,  8c  mourut  b  fans  pofterité.  Richard  II.  vicomte  de  Milhaud  lui  lucce- 
da  ,  8c  unit  à  fon  domaine  la  vicomté  de  Gevaudan,  ce  qui  nous  fait  conje¬ 
cturer  que  Rigaud  frere  d’Etienne  décéda  aulfi  fans  enfans  -,  car  il  paroît  que 
Richard  hérita  d’Etienne  par  droit  de  fang  ,  6c  qu’ils  defeendoient  l’un  8C 
l’autre  de  Bernard  vicomte  de  Rouergue  qui  vivoit  au  commencement  du  mê¬ 
me  fiecle.  Nous  avons  déjà  parlé  ailleurs  de  Pons  comte  de  Gevaudan  6c  de 
Bertrand  fon  frere.  Quant  au  monaftere  ou  prieuré  de  Langogne  ,  il  dépend 
encore  aujourd’hui  de  l’abbaye  de  faint  Chaffre  ,  6c  adonné  l’origine  à  une 
petite  ville  du  Gevaudan. 

L’abbaye  de  faint  André  d’Avignon  fut  rétablie  vers  le  même  tems.  Son 
origine  c  ne  nous  eft  pas  bien  connue  5  on  fçait  feulement  qu’elle  fubfiftoit 
dans  les  fiecles  précedens  fur  le  haut  d’une  montagne  appellée  Andaon , 
fltuée  vis-à-vis  d’Avignon  fur  la  rive  occidentale  du  Rhône  h  8c  qu’ayant  été 
détruite  parles  Sarafins,  elle  demeura  enfevelie  fousfes  ruines  jufqu’à  l’épif- 
copat  de  VTarnerius  évêque  d’Avignon  ,  fous  lequel  elle  fut  rebâtie  vers  l’an 
980.  On  y  voioit  alors  trois  églifes  d,  l’une  fous  l’invocation  de  faint  André, 
la  fécondé  de  faint  Michel ,  8c  la  troifiéme  de  faint  Martin.  Celle-ci ,  de  même 
que  la  première  ,  fubfiftent  encore  6c  n’en  forment  qu’une ,  ou  plutôt  deux 
nefs  parallèles  qui  communiquent  par  une  arcade.  Le  pape  Grégoire  V.  con¬ 
firma  au  mois  de  Janvier  de  l’an  99  9. Martin  abbé  de  faint  André ,  êc  fes  fuc- 
ceflêurs,  dans  la  poflcllton  de  ces  trois  églifes,  8c  du  domaine  delà  montagne 
d’Andaon  fur  laquelle  elles  étoient  fituées.  Comme  nous  feavons  d’ailleurs  que 
Raimond  de  S. Gilles  8c  Alfonfe 1  fon  fils  comtes  deT ouloufe  confirmèrent  à  cet¬ 
te  abbaye  la  pofTefïîon  de  cette  montagne, <7/77/  que  leurs  pré deceffcurs  l'avoientdon - 
»<f?,c’eft  une  preuve  que  les  comtes  deTouloufe  furent  les  reftaurateurs  de  l’ab- 
baïedeS.Andréjôcqu’ilsdominerentparconféquent  lelongduRhônedanslapar- 
tieorientaleduLanguedocquiavoitfaitpartieduroyaumedeProvence,Iong-tcms 
avant  qu’ils  ne  fufTent  en  poflèflîon  dumarquifat  de  ce  nom.il  eft  marqué  eu  effet 


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DE  LANGUEDOC  Liy.  XIII. 


dans  l’ancien  necrologe  de  ce  monaftere  que  les  comtes  de  Touloufe  en  font  An.  999 
les  fondateurs. 

L’abbaye  de  làint  André  devînt  bientôt  considérable  après  fon  rétabliffe- 
ment  par  les  diverfes  »  donations  qu’on  y  Ht.  Hildebert  évêque  d’Avignon, 
fes  chanoines ,  &  quelques  Seigneurs  du  pais  lui  donnèrent  b  entr’autres  l’an  g.iIi.cU.mv. 

1006.  l’églife  de  Paint  Pierre  de  Lirqn  Située  dans  la  partie  du  comté d’ Avignon  *'•*$•  *• 
qui  eft  en  deçà  du  Rhône.  La  charte  eft  foufcritepar  un  comte  nommé  Pons,  b  ifUii. <*.7, 

C’eft  le  même  fans  doute  que  Pons  fils  de  Guillaume  Taillefer  comte  de  Tou-  r  l9 vtofo- 
loufe,  ôcd’Emme  de  Provence  Sa  fécondé  femme,  qui  pouvoir  avoir  alors  huit 
à  dix  ansjmais  peut-être  ne  foufcrivit-il  à  cette  charte  quelong-tems  après  pour 
la  confirmer,  de  quoi  nous  avons  divers  exemples.  Il  avoit  droit  au  comté 
d’Avignon  au  nom  d'Emme  famere,  qui  poflèdac  des  biens  dans  cette  ville  J*' 

du  vivant  de  Rotbold  fon  pere  ôc  de  Guillaume  fon  frere  dont  elle  ou  fesfils  y- note  xir. 
heriterent  entièrement  après  leur  mort.  ",l8. 

Nos  rois  après  avoir  réuni  le  Languedoc  à  la  couronne  ^acquirent  une 
partie  du  domaine  de  la  montagne  d’Andaon,par  le  parcage  dont  les  abbez 
de  faint  André  convinrent  avec  eux.Ces  princes  ceignirent  alors  de  murs  le  haut 
de  la  montagne  ôc  y  construisirent  une  fortereSTe,  à  caufe  de  l’importance  de 
ce  pofte  Situé  fur  les  limites  de  leurs  états.  L’abbaye  a  donné  l’origine  à  la 
petite  ville  de  Villeneuve  qui  eft  au  bas  :  l’une  ôc  l’autre  quoique  du  dio- 
cèfe  d’Avignon  ,  ôc  en  quelque  maniéré  dans  les-  fauxbourgs  de  cette  ville, 
dépendent  cependant  du  Languedoc  ôc  du  diocèfe  d’Ufcz  pour  le  temporel , 
parce  qu’elles  font  en  deçà  du  Rhône  qui  fépare  les  deux  provinces.  x  L 

L’abbaye  de  faint  Paul  fituée  en  un  lieu  appelle  anciennement  Monifatem ,  Union  de  l'ab- 
dans  la  province  d  de  Gotbie ,  le  comté  de  Fenouilledes  &  le  diocèfe  de  Narbonne  ,  >«ycdcS.  P*ul 
étoit  alors  foumife  pour  le  temporel  à  Bernard  comte  de  Befalu  ôc  de  Fe-  à'ccîiedeCux” 
nouilledes ,  prince  qui  a  lailfé  divers  «  monumens  de  fa  pieté ,  Ôc  qui  touché  vicomtes  de 
de  voir  ce  monaftere  dans  le  relâchement ,  réfolut  de  le  réformer.  11  l’unit 
dans  ce  deSTein  à  l’abbaye  de  faint  Michel  de  Cuxa  dont  Guifred  étoit  abbé,  >.sj4 ,&jeq.  ' 
dans  l’efperance  qu’il  y  reroit  obfcrver  dans  toute  la  rigueur  la  réglé  de  faint  « 

Benoît,  fuivant  la  difeipline  que  Warin  de  venerable  mémoire  fon  prédeccjjeur ,  — f~ — 

avoit  établie.  Berenger  évêque  d’Elne  ,  ôc  les  comtes  Guifred  ôc  Olibâ,  freres  1  ~  . . 

du  comte  Bernard  furent  prefens  à  l’ade ,  qui  eft  daté  du  1 5.  de  Mars  de  l’an 
1000.  ôcfoufcrit  par  les  vicomtes  Pierre  ôc  Arnaud.  Le  premier  étoit  vrai- 
femblablement  le  même  que  Pierre  I.  vicomte  de  Fenouilledes  qui  vivoit f  en 
1017. 

L’autre  ne  paroît  pas  différent  d’Arnaud  alors  vicomte  de  Carcaffonne ,  qui 
avoir  fuccedé  depuis  peu  dans  cette  vicomté  à  Radulfe  fon  pere  ,  ôc  qui  étoit  Catcaffonne. 
fans  doute  petit-fils  d’Amclius  vicomte  de  la  même  ville  en  961.  Le  vicomte  ^om*«de«ue 
Arnaud  g  s’étant  laiffé  perfuader  par  j  quelques  flatteurs  que  les  biens  que  v.iu. 

Roger  I.  comte  de  Carcaffonne  avoit  donnez  à  l’abbaye  de  faint  Hilaire  en  & 

981.  en  adion  de  grâces  de  la  vidoire  qu’il  avoit  remportée  fur  le  comte 
Oliba  Cabrera ,  appartenaient  d  U  vicomté  de  Carcaffonne  ,  s’en  faifit  fans 
autre  formalité.  Gausfred  abbé  de  ce  monaftere  ôc  fes  religieux  en  portèrent 
leurs  plaintes  au  comte  de  qui  ils  les  avoient  reçûs ,  ôc  citèrent  le  vicomte  i 
fon  tribunal  au  mois  de  Septembre  de  la  VI.  année  du  roi  Robert  ,  c’eft-i-dire  de 
l’an  1 00 1.  Roger  qui  étoit  fur  fon  départ  pour  un  nouveau  voyage  de  Rome 
écouta  favorablement  leur  demande,  ôc  ordonna  qu’on  leur  rendit  juftice. 

En conféquence  Adalbert  évêque  de  Carcaffonne  ,  trois  de  fes  archidiacres, 
la  comteuè  Adélaïde  femme  du  même  Roger  ,  leur  fils  Raymond ,  une  dou¬ 
zaine  de  feizneurs  *  du  païs ,  ÔC  plufleurs  autres  perfonnes  de  diftindion  s’affem-  *  Semom. 
blerent  à  Carcaffonne  après  (on  départ ,  ôc  condamnèrent  Arnaud  à  reftituer 
les  biens  qu’il  avoit  ufurpez  conformément  à  la  loi  des  Viflgots  dont  on  rap¬ 
porte  le  texte.  Nous  inférons  delà  que  ce  vicomte,  qui  fe  fournit  debonne 
grâce  à  ce  jugement  ,  étoit  d’origine  Gothique.  C’eft  du  moins  une  preuve 
que  le  code  des  loix  des  Viflgots  n’ étoit  pas  encore  entièrement  abrogé  dans 


ÎCO9. 


XL1. 
IMaid  terni  à 


IOOI. 


la  province  au  commencement  du  Xl.ftecle.  Il  ne  paroît  pas  qu’  Arnaud  ait 
laiiïé  aucune  pofterité  ,  ôc  il  y  a  lieu  de  croire  qu’ après  fa  mort  Va  vicomté  de 
Carcaffonne  fut  unie  au  comté  de  cette  ville. 


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An.xoo  1. 

X  LU. 
Teftament  de 
Roçer  I.aJmtc 
«kCarcaflonnc. 
Ermcflinde  fa 
flic  comtcflc 
de  Barcelonne. 

a  V.  NOTE 
XXJi.».  7. 

Vr'MS9'& 

/'*• 


C  r.  NOTE 
xxiin.  18.6* 
>?• 

d  Di*g  etnd.dê 
thrcfl.l.i.c.lj' 

&Hi’ 

Marc*  Be/trn 
f.  701.^708. 

^4Tf.  if/^. 
f.IOlg* 

/r./J7C. 

eMarc.Hi#. 

ru  07. 

SOI).  SI07. 

If.UOi.&ftq. 

h  De  Vu  Cmt- 
H-p.it. 


Badliam. 


HISTOIRE  GENERALE 

Letomte  Roger  fit  fans  douce  avant  ce  fécond  voyage  à  Rome  le  tefta- 
ment  que  nous  avons  de  lui  }  car  la  date  que  quelques  auteurs  donnent  à 
cet  a&e  eft  »  abfolument  faufle.  Suivant  ce  teftament  b  Roger  partagea  (es  do. 
maines  aux  trois  fils  qu’il  aVoit  alors  d’Adelaïde  fa  femme ,  Raymond  ,  Ber¬ 
nards  Pierre,  Il  donna  au  premier  la  ville  &  le  comté  de  Carcallonne  ,  la 
part  qu’il  avoir  au  comté  &  château  de  Rafez ,  le  droit  qui  lui  écoic  acquis 
tant  (ur  le  refte  de  ce  dernier  comté  ,  que  fur  les  pais  de  Queirecourbe 
&  de  Queille ,  en  vertu  d’un  accord  qu’il  avoit  conclu  avec  Eudes  fon  frere, 
&  Arnaud  fils  de  ce  dernier  }  le  château  de  Seifiàc  avec  fa  châtellenie,  les  vi- 
gueries  &  les  alleus  qui  en  dépendoient4^tf  la  maniéré  qu  Arnaud  fon  pere  les  avoit 
pofièdez  ;  les  alleus  du  comté  de  Touloufe  qui  avoient  appartenu  à  Bernard 
le  Roux  ,  S  que  le  vicomte  Raymond  tenoit  de  lui  en  fief  -,  le  château  de  fainte 
Gabelle  avec  fes  dépendances  j  la  moitié  dupais  de  Volveftre  j  la  troifiéme 
partie  du  comté  de  Comminges  -y  la  part  qu’il  avoit  au  château  de  Minerbe 
&  à  fes  dépendances ,  que  le  vicomte  Raynard  lui  avoit  donnée  en  mourant } 
les  alleus  qu’il  pofledoit  dans  le  Narbonnois  y  S  enfin  les  abbayes  de  Caunes 
&  de  Vernafone.  Il  paroît  que  cette  derniere  eft  la  même  que  celle  de  Ver- 
nofoubre  ou  de  faint  Chignan. 

Roger  donna  â  la  comteile  Adélaïde  (a  femme  la  jouiflànce  de  lâ  viguerie 
de  Savartez  qu’il  fubftitua  à  Bernard  leur  fécond  fils  *  à  condition  que  celui- 
ci  la  laiflèroit  jouir  paifiblement  de  cette  viguerie.  Il  donna  de  plus  à  ce  der¬ 
nier  le  droit  qu’il  avoit  fur  le  même  pais  de  Savartez  S  fur  le  château  de 
Caftelpendent ,  conformément  à  l’accord  qu’il  avoit  fait  avec  Eudes  fort 
frere  ,  &  Arnaud  fils  de  ce  dernier,  pour  en  jouir  après  leur  mort  j  le  comté 
de  Conférant  avec  l’évêché  y  l’autre  moitié  du  pais  de  Volveftre  5  ceux  deDâl- 
mazan ,  de  Podagues^  &  d.’ Agamayie^  avec  la  moitié  du  bois  de  Bolbonne 
ftué  entre  les  rivières  de  Lers  &  d’Ancge  y  &  les  alleus  qu’il  avoit  dans  tous  ces 
pais ,  à  la  réferve  des  lieux  d’EfcoulIè  6c  d’Avefac  qu’il  donne  i  Adélaïde  fa 
femme,  à  laquelle  il  légué  ,  6c  à  Bernard  leur  fils  ,  le  château  &  la  terre  de 
Foix. 

Pierre  troifiéme  fils  du  comte  Roger  eut  pour  fon  partage  les  abbayes  du 
comté  de  Carcafionne,  la  part  que  le  même  Roger  avoit  à  celles  du  comté 
de  Rafez  ,  de  la  viguerie  de  Sailfac  ,  du  comté  de  Conferans ,  6c  du  pais  de 
Foix  ;  enforte  que  fuivant  cette  difpoficion  Pierre  ne  devoir  avoir  pour  fa  part 

Sue  des  biens  ecclefiaftiques  :  il  parole aulfi  qu’on  l'avoir  deftiné  à  l’églile,  6c 
parvint e  en  effet  en  1  o  1  o.  à  l’évêché  de  Gironne. 

Roger  avoit  une  fille  nommée  Ermellïnde  dont  il  ne  fait  aucune  mention 
dans  ce  teftament  ,  fans  doute  parce  qu’il  l’avoit  déjà  dotée.  Elle  avoit 
’  époufé4avant  l’an  1001,  Raymond  comte  de  Barcelonne,  qui  lui  aflïgna  « 
pour  fon  douaire  le  comté  &  l’évêché  d’Aufonne  ou  de  Vie ,  avec  le  comté  de 
,  Manrefe.  Nous  aurons  occafion  de  parler  dans  la  fuite  de  cette  princelîe , 
qui  fe  rendit  également  recommandable  par  (à  pieté  ,  (a  fageflè  &  fon  habi¬ 
leté  dans  le  gouvernement  ,  lorfqu’après  la  mort  du  comte  de  Barcelonne 
fon  mari ,  elle  eut  l’adminiftration  1  de  fes  états ,  qui  confiftoient  ë  dans  les 
comtez  &  évêchez  de  Barcelonne,  Gironne,  Aufonne  6c  Manrele.  Un  mo¬ 
derne  b  donne  à  Roger  I.  comte  de  Carcaflonne  une  fécondé  fille  appellée 
Etiennette  ,  qui  époufa  ,  dit-il ,  Garfias  roi  de  Navarre  ;  mais  il  fe  trompe  f 
cette  reine  étoit  petite-fille  6c  non  pas  fille  de  Roger ,  comme  nous  le  verrons 
ailleurs. 

•  Ce  comte  marque  dans  fon  teftament  qu’il  avoit  déjà  difpofé  en  faveur 
de  diverfes  églifes  de  plufieurs  alleus  fituez  dans  le  Râlez ,  le  Narbonnois  , 
6c  une  partie  du  Touloufain.  Il  confie  à  Adelaide  fa  femme  y  pour  tout  le  tems 
qu’elle  voudroity  l’adminiftration  6c  la  régie  v  de  tous  fes  domaines  ,  6c  veut  que 
celui  de  fes  fils  qui  furvivroit  aux  autres  fût  chargé  de  la  même  adminiftra- 
tion  durant  la  minorité  des  enfans  de  celui  qui  leroit  décédé  :  il  leur  défend 
de  vendre  ou  d’aliener,  finon  entr’eux ,  les  domaines  qu’il  leur  donne  en  par¬ 
tage)  enfin  il  fubftitue  au  dernier  fur  vivant  les  biens  de  celui  qui  mourroit 
(ans  enfans  légitimés  ,  6c  fe  réferve  la  liberté  de  changer  dans  ce  teftament  cd 
qu’il  jugeroit  à  propos. 

Quoi  qu’il 


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i)E  LANGUEDOC.  Ltv.  XIÎL  ïjf 

Quoiqu’il  paroiilè  que  Roger  aie  u  Cède  cecte  liberté,  &  qu’il  ait  fait  dans  An.iooj; 
ia  fuite  quelques  changcmens  au  partagé  de  lès  domaines,  on  ne  lailïè  pas  xliu. 
de  cirer  de  grandes  lumières  de  cet  a&e,  Toit, pour  la  genealogie  de  la  fa- 
mille,  foie  pour  l’hiftoire  de  la  province.  On  voie  d'abord  quelle  étoitréten-  dc!ar- 
due  de  la  domination,  ôc  qu’il  poiîèdoit  les  comtez  de  Carcalïonne  ôc  de  c?(?OQnc  »  * 
Conferarls  en  entier ,  une  partie  de  ceux  de  Râlez  Ôc  de  Comminges ,  le 
château  ôc  la  vigueric  de  Saiflàc  dans  le  Carcailèz ,  une  portion  du  Miner-  fore;  origine 
bois ,  avec  les  abbayes  de  Caunes  &  de  faine  Chignan  lîcuées  dans  le  même  poix!vfo>Crme* 

frais,  compris  dans  le  comté  de  Narbonne,  le  château  &  le  païs  de  Foix  j  de  Mmetbe  » 
es  pais  de  Volveftre,  de  Dalmazan,  de  Podaguez  ôc  d’Agarnaguez ,  avec  &c- 
une  partie  de  la  viguerie  de  Savartez,  dans  le  Touloufain  }  ôc  enfin  L’ évêché 
de  Confèrans,  &  les  abbayes  de  tous  ces  domaines  ,  avec  diverlès  églilêsj 
ce  qui  demande  quelques  éclaircilïèmens. 

i°.  Roger  avoir  hérité  d’Arnaud  fon  pere  des  comtez  de  CarcalTonne  & 
de  Conferarts ,  ôc  d’une  partie  de  celui  de  Comminges.  Nous  inférons  de 
là  qu’il  avoir  une  defcendancc  J  commune  avec  les  autres  comtes  de  Com-  a  v.  note 
minges  qui  vivoient  alors.  '  xxii> 

i°.  Il  avoir  auifi  hérité  du  même  Arnaud  fon  pere,  d’une  partie  du  comté 
de  Rafez  :  l’autre  étoic  au  pouvoir  d’Odon  ou  Eudes  fon  frere  ,  qui  avoit 
un  fils  appellé  Arnaud.  Roger  avoit  fait  un  accord  avec  eux  pour  leur 
fucceder,  lui  &  fa  pofterité,  s’ils  mouroient  fans  enfans,  tant  dans  cette 
portion  du  Rafez ,  que  dans  une  partie  de  la  viguerie  de  Savartez ,  ôc  les 
châteaux  ôc  pais  de  Quierecoiirbe  ou  Chercorb ,  ôc  de  Queille  dans  le  Toulou- 
fain.  On  voit  par  là  quel  avoir  été  le  partage  du  comte  Eudes  frere  de 
Roger. 

3W.  L’accord  entre  lés  deux  freres  dont  on  vient  de  parler  ,  étoit  une 
efpece  de  fubftitution  pour  fe  fucceder  l’un  à  l’autre  au  défaut  de  defeen- 
dans  mâles.  L’ufage  de  ces  conventions  réciproques  étoit  alors  commun  dans 
les  grandes  maifons,  afin  d’y  conferver  leurs  domaines.  C’eft  aulfi  lans  doute 
dans  cette  vue  que  Roger  défendit  h  dans  fon  teftament  à  fes  fils  d’ aliéner  leurs  btr.p.  uo. 
liens  en  faveur  des  étrangers.  Cette  remarque  eft  importante  pour  l’intelligence 
de  ce  que  nous  dirons  dans  la  fuite  au  fujet  de  l’acquifirion  que  firent  les 
comtes  de  Barcelone  d’une  partie  du  domaine  de  la  maifon  de  Carcaf* 
fonne. 

4°.  Le  païs  ou  viguerie  de  Savartez  qui  appartenoit  à  Roger  &  à  fon  frere, 
s’étendoit  dans  la  partie  de  l’ancien  Touloufain,  qui  confine  avec  le  diocèfe 
d’Urgel  ou  le  comté  de  Cerdagne  :  il  fuc  depuis  compris  dans  celui  de  Foix. 

Ceux  de  Quierecourbe  &  de  Queille  ou  Cueille  faifoient  aufîi  alors  partie  du 
Touloufain  ,  ôc  tiroient  leur  dénomination  de  deux  châteaux.  Ces  deux  païs 
formoient  chacun  une  viguerie  particulière.  Le  dernier  comprenoit  c  la  partie  c  vr.to. 
occidentale  &  la  plus  voifine  des  Pyrénées  du  diocéfe  moderne  de  Mirepoix  à  ,,é7*  * 

la  gauche  duLers ,  l’autre  étoit  compoféd  d’une  quinzaine  de  bourgs  ou  vil-  d  iH<U 
lages  dont  celui  de  Chalabre  étoit  un  des  plus  confiderables  }  il  s’étendoit 
dans  la  partie  orientale  du  même  diocèfe  de  Mirepoix  à  la  droite  du  Lers: 
ainfi  le  comte  Eudes  avoit  eu  dans  fon  partage  toute  la  partie  méridionale 
de  ce  diocèlè  compris  alors  dans  celui  de  Touloufe. 

y°.  On  voit  d’un  autre  côté  que  Roger  poiîèdoit  dans  le  Touloufain  les 
païs  ou  vigueries  de  Volveftre ,  de  Dalmazan,  d’Agarnaguez  ,  ôc  de  Podaguez, 
avec  le  château  ôc  le  païs  de  Foix,  Ôc  le  bois  de  Bolbonne.  Le  premier  de 
ces  païs  fîtué  à  la  droite  de  la  Garonne,  aujourd’hui  dans  le  diocèfe  de 
Rieux ,  tire  fon  nom  cîe  la  petite  riviere  de  Voip,  qui  le  fépare  du  Conle.» 
rans  :  il  s’étend  depuis  cette  civiere  jufqu’à  celle  de  l’Ariege ,  ôc  dépend  du 
Languedoc.  Le  Dalmazan,  ainfiappellé  d’un  château  de  ce  nom  ,  eft  arrofé 
par  Ta  Rife  au  midi  du  Volveftre,  ôc  renferme  la  châtellenie  de  Camarade 
dans  le  comté  de  Foix.  L’Agarnaguez  c  étoic  fitué  entre  le  Lers  ôc  l’Ariege,  ePr  t-  ns. 
&  le  Podaguez  £entre  cette  derniere  riviere  ôc  la  Leze.  Enfin  le  château  &  { p-m- 
la  terre  de  Foix ,  de  même  que  le  bois  de  Bolbonne  fontaflèz  connus.  Nous 
remarquerons  feulement  que  c’eft  ici  le  plus  ancien  monument  que  nous  aions 
ou  il’  doit  fait  mention  de  ce  château  ,  dont  le  territoire  particulier  comprenoit 
Tome  iit  S 


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b  NO  TE  XXII 
r.x*. 

cv.  NOTRiM. 


_  i*8  HISTOIRE  GÉNÉRALE 

ÀS.iooî.  fms  doute  âlot-s  ce  qui  à  formé  depuis  fa  châtellenie ,  compofée  d’une  ving¬ 
taine  de  bourgs  ou  villages. 

6  \  L’uniott  de  ces  divers  païs,  dont  Roger  I.  comte  de  Carcaflbnne  dif- 
pofa  en  faveilr  de  Bernard  fon  fils  puîné  ,  6c  qui  firent  le  principal  domaine 
de  ce  dernier,  donna  l’origine  au  comté  de  Foix  :  origine  qu’il  taut  prendre, 
non  pas  de  çe  que  ce  domaine  avoir  le  titre  de  comté  par  lui-meme,  ou 
de  ce  que  les  comtes  de  Touloufe  qui  en  avoient  la  fuzeraineté  l’érige- 
rent  en  comté  ,  comme  quelques  auteurs  fe  le  font  fauflement  perfùadez  ; 
mais  de  ce  que  le  château  de  Foi*  en  étoit  le  chef-lieu,  6c  de  ce  que  Bernard, 
Ou  fes  defcendans ,  qui  y  fixèrent  leur  principale  demeure  ,  &  qui  jouiflbicnt 
d’ailleurs  dé  la  dignité  comtale  ,  s’en  qualifièrent  comtes,  pour  fediftinguer  des 
comtes  dé  Garcalfohhe  leurs  aînez. 

»  UirctBean.  Un  célébré  hiftorien  »,  qui  a^traité  de  l’origine  du  comté  de  Poix,  l’explique 
/.* .eb.fi6.fij.  ùn  peu  différemment.  11  prétend  que  Bernard ,  fils  puîné  de  Roger  1.  comte 
de  Carcaflbnne ,  ayant  eu  le  comté  de  Conferans  en  partage,  a  ne  partie  de 
et  cointé  ,  entr  autres  fa  vtllt  capitale,  furent  évincées  de  fes  mains  par  fon  aine  le 
comte  de  Canajjonne ,  ôc  qu’ainfi  il  fe  qualifia  depuis  comte  de  Foix  ,  parce 
que  le  château ,  &  le  territoire  de  ce  nom ,  avec  les  autres  terres  qui  lui 
demeurèrent ,  faifoient  partie  du  comté  6c  du  diocèfe  de  Conferans.  Mais 
b  note  xxn  cét  auteur  fe  trompeben  cela  -,  la  ville  6c  prefque  tout  le  païs  de  Foix  n’ont 
*-t<-  ,  jamais  été  compris  dans  le  Conlèrans,ni  pour  le  c  temporel,  ni  pour  le  fpirituel, 

iV.H3TE.tbil  J.  ..  r.  .  ,  _  rr.  .  c  ’,.r  ,  ,,,  \  ,,  .  * 

&  us  ont  toujours  fait  partie  du  Touloulain  julqu  a  1  érection  de  1  eveche  de 
Pâmiers.  De  plus ,  on  n’a  aucune  preuve  bien  certaine  que  Bernard  ait  pris 
la  qualité  de  comte  de  Foix,  6c  il  paroît  que  Roger  fon  fils  qui  lui  fucceda 
versl’an  1036.  fut  le  premier  qui  fe  la  donna  *  ce  qui  n’cmpêchc  pas  qu’on 
fie  doive  regarder  Bernard  comme  le  premier  comte  de  Foix ,  parce  qu’il 
eft  en  effet  latige  des  comtes  de  cé  nom. 

d  Mve* nid.  Le  même  hiftorien  d  fe  trompe  aufiî  fur  deux  autres  faits  :  il  dit  i°.  »  Que 
t.io.a.i.  païs  je  Conferans  ,  qui  auparavant  étoit  comté,  fut  réduit  au  titre  de 

A  vicomté  ,  par  la  tranfaclion  qu’Ermengarde  de  Carcaflbnne  palfa  en  1068. 
»avec  Raymond-Bcrenger  comte  de  Barcelone  :  mais  il  n’cft  rien  dit  dans 
t  161.6-  Paéle  c  de  ce  changement.  Il  eft  vrai  que  cette  vicomtefiè  vendit  f  en 
171.  *070.  au  comte  de  Barcelone  les  droits  qù’ellc  avoit  furie  comté  de  Rafcz^ 

de  Conferans  ,  de  Comminves ,  de  Carcaffonne ,  &c.  mais  il  s’agit  ici  plutôt  du  comté 
que  de  la  vicomté  de  Conferans.  z°.  Cet  auteur  reprend  Catel  d’avoir  écrit 
que  le  comté  de  Foix  relcvoit  entièrement  des  comtes  de  Touloufe  depuis 
Raymond  de  faint  Gilles,ôc  prétend  au  contraire  que  la  partie  du  meme  comté 
fituée  au  défiais  du  Pas  de  la  Barre  ,  c’eft-  à-dire  le  haut  Foix  ,  qu’il  mec 
fans  fondement  dans  l’ancien  diocèfe  de  Conferans  ,  n’a  jamais  relevé  des 
gvtrcMibit.  comtes  de  Touloufe.  Il  fe  fonde  g  pour  cela  fur  quelques  hommages  rendus 
J'i'  à  ces  derniers  au  XIII.  fiecle  par  les  comtes  de  Foix,  dans  lefquels  ceux-ci  né 
reconnoifTent  tenir  des  comtes  de  Touloufe,  que  ce  qui  eft  en  deçà  du  Pas 
de  la  Barre  :  mais  cela  ne  décide  rien  pour  les  ficelés  précédons ,  6c  fans 
entrer  ici  dans  la  raifon  de  cette  diftin&ion  que  nous  développerons  ailleurs, 

h  k  note  j]  eft  certain  h  du  moins  quejufqucs  à  Pan  1068.  tout  ce  que  les  comtes  de 

xxii.9. i}.  Carcaflbnne  6c  de  Foix  pofTedoient  dans  le  Touloufain,  6c  par  confequcnt 

tout  le  païs  de  Foix  en  deçà  6c  en  delà  du  Pas  de  la  Barre ,  relcvoit  des 

comtes  de  Touloufe  à  qui  ils  en  faifoient  hommage.  Reprenons  la  fuite  de 
nos  obfervations  fur  le  teftament  de  Roger  I.  comte  de  CarcafiTonne. 

70.  Ce  comte  difpofa  par  cet  ade  de  la  châtellenie  6c  de  la  viguerie  de 
Saiflàc,  6c  des  alleus  que  poflTedoit  Arnaud  fon  pere  à  caufe  du  château  de  ce 
H37w;d’ûù  l’on  doit  inférer  qu’Arnaud  comte  de  Carcaffonne,  pere  de  Ro¬ 
ger  avoit  pofiedé  cette  viguerie.  Nous  voyons  cependant  qu’Hugues  évêque 
i  iv.p.'o'.  de  Touloufèdonna  vers  Pan  960.  par  fon  teftament*  le  château  de  Saifiac 
k  ibu.p.  100.  à  ce  dernier  6c  à  la  comtefle  Arfinde  fa  mere ,  8c  qu’en  k  9y8.il  y  avoit  un 
vicaire  ou  viguier  dans  ce  château  5  mais  celui-ci  tenoit  fans  doute  cette  vi¬ 
guerie  en  fier ,  ou  d’Arnaud,  oude  Roger  fon  fils.  A  l’égard  d’Hugues  évê¬ 
que  de  Touloufe,  cela  nous  donne  lieu  de  croire  qu’il  étoit  de  la  maifon  des 
Comtes  de  Carcaflbnne  :  il  ne  poffeda  d’ailleurs  qu’une  partie  du  château 


d  Mi rcAibïL 

C.lOJt.l, 


C  Fr.p.x  6l.fr 

t  ^r.^.171. 


gMtre*  ibiJ. 

m-j*;**. 


h  K  NOTE 
•XXU.9.X}. 


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DE  LANGUEDOC.  Ltv.  Xîîî.  1)9 _ ^ 

de  SaifTac,  qu’il  laiflà  à  Roger,  dont  il  étoic  vraifemblablement  oncle  pa^  Aî^iooi» 
ternel. 

8  e.  Ce  comte  difpofa  auffi  de  plufieurs  alleus  qu’il  tenoit  dans  le  Nar- 
bonnois  de  la  fucceffion  de  Ton  pere  ,  &  de  la  part  qu’il  avoit  au  château 
de  Minerbe ,  6c  dans  Tes  dépendances,  &  que  le  vicomte  Raynald  lui  avoit 
donnee.  Ce  dernier  étoit  donc  vicomte  du  Minerbois ,  pais  qui  s’étend  dans 
la  partie  feptentrionale  de  l’ancien  diocèfe  de  Narbonne  ,  6c  qui  com¬ 
prend  aujourd’hui  prefque  tout  celui  de  faint  Pons.  Raynald  eft  le  plus  an¬ 
cien  vicomte  de  Minerbe  dont  nous  ayons  quelque  connoifïance.  Il  paroît 
cependant  que  le  vicomte  Béraud  qui  préfida  à  un  plaid  tenu  *  dans  le  £££"£  * 
château  de  Minerbe  à  la  fin  du  régné  de  Charles  le  Chauve  -,  étoit  un  des  c»mus. 
prédcceflcurs  de  Raynald ,  qui  delcendoit  peut-  être  d’un  vicomte  de  Beziers 
de  .même  nom,  lequel  vivoit  au  milieu  du  X.  fiecle.  Quoiqu’il  en  foit,  il 
y  a  apparence  que  les  abbayes  de  Caunes  6c  de  Vernafone  ou  de  faint  Chignan 
dont  Roger  difpofa  en  faveur  de  Raymond  fon  fils,  venoient  du  même  vi¬ 
comte  de  Minerbois,  car  elles  font  fituées  dans  ce  pais*  Nous  conjecturons 
aulfi  de  cette  donation  ,  qu’Adelaïde  femme  de  Roger ,  étoit  ou  fœur  ,  ou 
fille  du  même  Raynald  5  n’etant  pas  naturel  que  celui-ci,  qui  laifla  des  fuc- 
eefïeurs  dans  fa  vicomté ,  eût  donne  à  Roger  une  portion  de  fon  domaine , 
s*il  n’eût  été  fon  allié  ou  fon  proche  parent.  Ce  dernier  fait  encore  mention 
d’un  vicomte  Raymond  qui  tenoit  de  lui  divers  alleus  dans  le  Touloufainj 
nous  ne  fçavons  pas  le  nom  de  la  vicomté  de  ce  dernier. 

•  9e,  Roger  lailTa  à  Adélaïde  fa  femme  la  baillie  ou  adminiftration  des 

biens  de  les  fils  pour  tout  le  tems  qu’elle  voudroit  j  preuve  qu’elle  pouvoir 

la  garder  jufqu’aprés  leur  majorité  :  6c  en  effet  ,  on  a  déjà  vu  dans  la  pro. 

vince  d’autres  exemples  d’une  pareille  adminiftration.  Il  s’enfuit  de  là  que 

Cette  claufe  ne  fi^auroit  fervir  à  fixer  l’époque  du  teftament  de  Roger ,  ni  à 

prouver  que  fes  fils  fulfent  alors  en  bas  âge,  comme  un  célébré  hiftorien  ba  bf.7os>m' 

voulu  Pinferer.Cet  auteur  conclut  aulfi, de  ce  que  ce  comte  déclaré  que  fi  fes  fils 

venoient  à  avoir  des  enfans  d’un  légitimé  mariage ,  ils  auroient  l’adminiftra* 

tion  de  leurs  biens  j  que  pas  un  d’eux  n’étoit  alors  marié  :  on  peut  feule*- 

ment  inferer  de  là  qu’ils  n’avoient  pas  encore  d’enfans.  Il  paroît  en  effet  que 

Raymond  qui  étoit  l’aîné  avoit  époufé  dès-lors, ou  qu’il  époufa  bientôt  après c, 

Garfinde  fille  aînée  6c  heriticre  de  Guillaume  vicomte  de  Beziers  ôc  d’Agde,  *’10" 
io°.  Enfin  on  ne  doit  pas  croire  que  Roger  en  difpofant  par  fon  tefta¬ 
ment  en  faveur  de  fes  fils  ,  des  évêchés  &  des  abbayes  de  fon  domaine,  ait 
prétendu  leur  donner  le  titre  épifcopal  ou  abbatial ,  mais  feulement  l’avouerie 
ou  le  patronat  laïque.  Nous  avons  en  effet  la  fuite  des  évêques  de  CarcafTonne 
6c  des  abbez  des  monafteres  dépendans  du  même  domaine ,  pendant  la  vie 
des  fils  de  Roger.  Cette  remarque  peut  fèrvir  également  pour  l’intelligence 
de  femblables  termes  qu’on  trouve  dans  divers  monumens  de  ce  fiecle  6< 
du  précédent. 

Roger  furvêcut  plufieurs  années  à  fon  teftament ,  6c  il  fut  peut-être  du 
nombre  des  feigneurs  de  la  province  qui  affifterent  à  une  célébré  alfemblée  pour  ic  rcW 
tenue  d  vers  l’an  1004.  par  les  foins  du  Gui  évêque  du  Puy.  Ce  prélat  que 
nos  modernes  ont  confondu c  avec  Gui  d’Anjou  fon  prédeceflèur ,  6c  qui  fut  P*o»ioce.Jm  * 
le  troifiéme  évêque  du  Puy  de  fon  nom ,  avoit  fuccedé  à  Theotard  depuis  en.  — 
viron  l’an  1001.  que  celui-ci  décéda ,  à  ce  qu’il f  paroît.  Gui  III.  touché  g  de  d  NoVh 
voir  la  licence  des  mœurs  regner  par  tout  impunément  ,  6c  les  défordres  xxmin.i  (y, 
affreux  qu’occafionnoient  de  fon  tems  la  tyrannie  des  feigneurs  feculiers,  6c  ^J'NOTE  ,h,d 
leurs  guerres  particulières,  réfolut  d’apporter  quelque  remede  à  ces  maux,  qui  f 
troubloient  la  paix  de  fon  diocèfe.  «ooi.».tf. 

Dans  ce  deffein,  il  engagea  plufieurs  évêques,  entr’autres  Pierre  de  Vi  - 
viers,  Guide  Valence,  Begon  de  Clermont,  Raymond  de  Touloufe  ,  Deuf-  Gau.chr.r,cv. 
det  de  Rodez  ,  Fredelon  d’Elne,  Fulcrand  de  Lodcve ,  6c  Gui  de  Glandeve, 
qui  étoit  en  même  tems  abbé  de  faint  Chaffre ,  à  s’aflembler  avec  plufieurs 
feigneurs  6c  notables  perfonnages  dont  on  ne  marque  pas  le  nom  ,  pour 
chercher  les  moyens  de  rétablir  la  paix  6c  la  fûreté  publique.  L’aflèmblée 
ccouta  favorablement  fa  propofition ,  6c  on  drefla  divers  reglemens  ,  par 
Tome  II .  S  ij 


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An.IOq^. 


XLV. 
Mauou  Je 
Narjomw. 
à  V.  NOIE 

b  Mire Hi J, 

l')  <»*• 


x  r.vr. 

Aflirrn  «lécte- 
nue  al’abbjyc 
Je  PUImo  ii. 
c  M*f>  *i*nn, 

100+./».jy. 


Jv.SlTEXlV. 


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frdgn  hiji.mff, 

ISOTE  VU. 
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XL  VII. 
Mv>rt  Hc  R  y- 
mo»M  I l.coin- 
te  c  Rouci^uc 
&  mirqthS  de 
Gotlrc.  «I- 
çu<  s  Ion  fils  lui 
fuccfdt*. 

g  NOTE  Vil!, 
n.  19. 

h  /V.^.  160. 

<K'f 

i  K  NOTE 
XX 


;  JV/.f. 


1  MJ. 


t4o  HISTOIRE  GENERALE 

lefquel*  on  défendit  encr’autres  aux  clercs  de  porteries  armes,  &  aux  laïques 
d’ufurper  les  droits  fie  les  biens  ecclefiaftiques ,  Ôc  de  troubler  les  gens  de  la 
campagne  dans  la  culture  des  terres.  On  défendit  aulîi  aux  prêtres  de 
rien  éxiger  pour  le  baptême ,  ôc  l’on  déclara  enfin  excommuniez  tous  ceux 
qui  violeroient  ces  decrets ,  que  Dacbert  archevêque  de  Bourges,  ôc  T ni- 
baut  archevêque  de  Vienne  approuvèrent  dans  la  fuite. 

Fredelon  évêque  d’Elne  qui  allifta  à  cette  aflèmblée ,  avoit  fuccedé  1  de¬ 
puis  peu  à  Berenger  I.  du  nom.  Ermengaud  archevêque  de  Narbonne,  frere 
de  Raymond  vicomte  de  cette  ville  ,  donna b  le  30.  à’ Octobre  de  la  y  II.  année 
du  requit  du  roi  Robert ,  ou  de  l’an  1 003.  à  l’abbaye  de  Cuxa  en  Roulfillon  l’alleu 
de  Cauchenne,  dépendant  de  celle  de  faine  Laurent  fur  la  Nielle,  du  confen- 
te nent  de  ce  prélat,  d’Adalberc évêque  de  Carcaflonne,  ôede  la  vicomtefls 
Ermeffinde  furnommée  Bonne ,  à  la  charge  d’y  faire  conftruire  une  maifon  dont 
la  moitié  appartiendroit  à  la  première ,  fie  l’autre  à  la  fécondé  de  ces  deux  ab- 
bayes,  avec  défenfe  de  l’aliener  qu’en  faveur  de  l’archevêque  de  Narbonne 
fie  de  l’abbé  de  faine  Laurent.  Nous  concluons  de  là,  1 que  quoique  cette 
derniere  abbaye  fût  unie  à  l’archevêché  de  Narbonne,  elle  écoit  cependant 
gouvernée  par  un  abbé.  i°  Qu 'Ermengaud  archevêque  de  cette  ville,  Frede- 
lon  évêque  d’Elne ,  Adalbert  de  Carcallbnne,  ôc  la  vicomceffc  Ermelfindequi 
çoncoururent  également  à  cette  donation ,  dévoient  être  parens  ou  alliez. 

Plufieurs  prélats  fie  feigneurs  d?  Languedoc  ôc  de  Provence  tinrent  en  1004, 
une  autre  c  aflemblee  à  Plâlmodi  dans  le  diocèfe  de  Nifmes  ,  à  l’occafion  du 
rétabliftèment  de  cette  abbaye ,  alors  prefqu’entierement  ruinée.  Ils  char¬ 
gèrent  de  ce  foin  Wamarius  qu’ils  y  nommèrent  pour  abbé.  L’acte,  dont  il 
ne  refte  qu’un  fragment,  eft  fouferit  par  cinq  évêques ,  deuxabbez  ,  6 c  pin* 
fieurs  comtes  ou  feigneurs  feculiers.  Les  premiers  étoient  Frotaire,  HeribaL 
dus,  Dolon,  Fulcrand  fie  Pierre  :  on  ne  marque  pas  leur  fiegej  mais  nous, 
fçavonspir  d’autres  monumens  que  le  premier  étoit  évêque  de  Nifmes  ,  le 
fécond  d’Ufez,le  quatrième  de  Lodeve ,  fie  le  cinquième  de  Maguelonne. 
Les  deux  abbez  étoient  Wamarius  dont  on  vient  de  parler,  ôc  Gérard  de 
faint  Gilles.  Entre  les  feigneurs  feculiers  Adélaïde  comteffedc  Provence,  mere 
ôc  tutrice  du  comre  Guillaume  II.  foulcrivit  la  première,  ôcaprcs  elle  Guil¬ 
laume  comte  deTouloufe,  le  comte  Pons  [on  fils  ,  un  feigneur  nommé  Iclerius, 
le  même  Guillaume  II.  le  comte  Rotbold  oncle  de  ce  dernier  fie  beau-pere 
de  Guillaume  comte  de  Touloufe  ,  le  comte  Hugues,  ôc  Pons  fon  frere. 
L’abbaye  de  Pfalmodi  reçut  diverfes  donations  depuis  fon  rétablillement. 
Guillaume  II.  comte  de  Provence ,  fa  femme  Adélaïde  ’,le  comte  Rotbold  fon 
oncle,  fie  Guillaume  fon  frere,  lui  donnèrent  encr’autres  le  lieu  de  Mudaifons 
dans  le  diocèfe  de  Maguelonne, ôc  celui  de  Bergen  dans  le  comté  d’Aix.  Guil¬ 
laume  comte  de  Touloufe,  ôcEmme  de  Provence  fa  femme  lui  avoienc  refti- 
tué  e  quelques  années  auparavant,  vers  l’an  997.  ôc  à  Wittardfon  abbé,  le 
prieuré  de  faint  Julien  de  Corneillan.  Nous  conjecturons (  que  le  comte  Hugues. 
q  ai  fe  trouva  à  cette  aflemblée,  n’eft  pas  different  d’Hugues  frere  puîné  de 
Raymond  II.  comte  de  Rouergue  ôc  marquis  de  Gochie. 

Ce  dernier  etoit  alors  déjà  deccdé,  ou  décéda  du  moins  peu  de  tems  après. 
II  eft  certain  .<en  effet  que  fa  mort  arriva  après  l’an  1000.  ôc  avant  l’an  1 010. 
Il  donna  b  peu  de  tems  auparavant  l’alleu  de  Palais  dans  le  diocèfe  d’Agde 
à  l’abbaye  de  S  Sauveur  de  Conque^  en  Rouergue  ,  pour  en  jouir  après 
fa  mort  ,  fie  lui  vendit  quelques  autres  domaines.  Suivant  la  charte 
cet  alleu  confinoit  avec  les  terres  de  Garnier  de  Loupian,  deMatfred  évê¬ 
que  de  Beziers,  &  de  Bernard  fis  d‘  ;4lmerade.  Celui-ci  pourroit  bien  être  le 
même  ‘  que  Bernard  feigneur  d’Andufe  donc  nous  aurons  lieu  de  parler  ail¬ 
leurs,  ce  qui  nous  donneroit  fa  filiation. 

Pour  revenir  à  Raymond  II.  comte  de  Rouergue  ,  un  auteur  contemporain 
rapporte  k  qu’il  entreprit  le  voyage  de  la  Terre-faintc  ou  de  Jerufàlem ,  ôc 
qu’il  mourut  en  chemin  :  ainfi  fon  fort  fut  à  peu  près  femblable  à  celui  de 
Raymond  l.fonpere,  qui  décéda  dans  le  cours  d’un  pèlerinage  qu’il  fit  à  S. J  ac¬ 
ques  en  Galice,  avec  cette  différence  cependant  que  ce  dernier  fut  aflaflné. 
Raymond  IL  donna 1  çncoxe  avant  fon,  départ,  à.  l’abbaye  de  Conques ,  les 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIII.  t4i  ^ _ 

filines  voifines  du  lieu  de  Palais  qui  s'écendoient  le  long  des  côtés  de  la  mer  }  An.  1004. 
il  fit  aulîi  pre/ènt  à  cette  abbaye  d’une  vingtaine  de  valès  de  vermeil  trèsi 
bien  travaillez, ,  &  d’une  lelle  magnifique  du  prix  de  cent  livres  ,dont  le  travail 
iurpalToit  de  beaucoup  la  matière ,  &  dont  il  avoir  coutume  de  fe  fervir  aux 
jours  de  ceremonie.  Il  l’avoit  remportée  avec  plufieurs  autres  dépouilles  luf 
les  Sarafins  dans  une  occafion  où  il  les  avoit  battus. 

Ce  priuce  avoit  époufé  vers  l’an1  985.  une  dame  nommée  Ricârde,  dont  * m^E  vm> 
le  nom  peut  donner  lieu  de  conjecturer  qu’elle  étoit  de  la  famille  de  Richard  '*  ‘ 
vicomte  de  Milhaud  en  Rouergue  qui  vivoit  alors.  Il  en  eut  un  fils  appellé 
Hugues  qui  lui  fucceda  bdans  le  marquifat  de  Gothie,  le  comté  de  Rouera  bIb,d-n-l4i- 
gue,  8c  fes  autres  domaines ,  fous  la  tutelle  ôc  l’adminiftration  de  la  même 
RicarJe  qui  étoit  encore  jeune  à  la  mort  du  comte  Raimond  il.fion  mari.  C’eft 
ce  que  nous  apprend  le  même  auteur  c  contemporain  qui  fait  mention  de  f‘  * 
cette  comtefle ,  8c  de  fa  dévotion  envers  fainte  Foy  dont  on  confervoit  leS 
reliques  dans  l’abbaye  de  Conques ,  à  laquelle  elle  fit  prefent  d’un  de  fes 
plus  précieux  bijoux. 

La  princefle  Berthe  furvêcut  aufli  à  Raymond  II.  comte  de  Rouergue  fori  xivir. 
fils.  Elle  vivoit  en  effet  encore  fous  l’épifeopat  d’Arnaud  évêque  de  Muu , dc  ' 


Xivir. 
Mmt  de  la 
couucik  Ber* 


Rodez,  qui  ne  lucceda  au  plutôt  quen  1005.  a  Deufdet,  6c  cjui  convoqua  ,he  mcrc  du 

à  un  fynode  auquel  elle  fe  trouva.  C’eft  fans  doute  de  la  même  Berthe  qu’un 

autre  auteur*  a  voulu  parler  fous  le  nom  de  lacomteffe  de  Narbonne ,  qui  vers  "TùU.  ui. 

la  fin  du  X.  fieclc ,  fit  prefent  d’un  calice  de  criftal  enrichi  de  pierres  pré- 

cieufes  i  l’abbaye  d’Aurillac  en  Auvergne  *  car  il  eft  certain  que  Rayirlond  I.  xxi-ii?™ 

6c  Raymond  Il.fon  fils ,  comtes  de  Rouergue  ,  pollêderent  le  comté  particu-  c 
lier  de  Narbonne  avec  le  marquilat  de  Gothie. 

Nous  avons  déjà  remarqué  que  Guillaume  Taillefer  comte  deTouloufe  ^ux. 
leur  coufin  fit  fon  fejour  ordinaire  en  Provence  depuis  Ion  mariage  avecEm.  COma  il  Tou¬ 
rne,  fille  de  Rotboldcomce  en  partie  de  cette  province.  Gela  parole  entr’au-  loufeuitùic- 
tres  par  unefcharte  de  Pons  évêque  de  Marfeille,  de  la  maifon  des  vicomtes  ta'iT'copî’o- 
decetre ville,  fuivant  laquelle  ce  prélat  confirma  en  1005.  les  donations  »«.n.c. 
que  lui  6c  fes  pareils  avoient  faites  en  faveur  de  l’abbaye  de  faint  Vi&or.  f  ^a£h'‘° *' 
L’acte  eft  fouferit  6c  autorifé  par  Rotbold ,  qui  fe  qualifie  comte  p  ar  la  ’zrace 
de  dieu y  par  la  comtefle  Adélaïde  6c  Guillaume  comte  de  Provence  fon  fils, 
par  Guillaume  comte  de  Touloufe  ,  8c  par  Ermengarde  femme  du  comte  Roc-  f  Z. — Z — 
bold.  On  y  voit  auflî  les  foulcriptions  de  divers  évêques ,  abbez ,  6c  feigneurs  1005. 
féculiers,  en  particulier  celle  de  Warnarius  abbé  de  Pfalmodi. 

Il  eft  encore  fait  mention  de  Guillaume  comte  deTouloufe  dans  le  tefta-  l. 
ment  que  fit  g  vers  le  même  tenus  Ermengaud  archevêque  de  Narbonne.  Ce  T'fu"en', 
prélat  nomme  dans  cet  acte  h  ,  qm  elt  lans  date,  pour  les  exécuteurs  tefta-  de  N»iVonne 
mentaires,  i°.  le  comte  Bernard,  le  même  fans  doute  que  le  comte  de  Befalu  6c  dc 

de  Fenouilledes  de  ce  nom, qui  vivoit  alors,  6c  qui  avoit  déjà  donné  ,  ou  donna  'V  k  Zotx 
du  moins  peu  de  tems  après  en  mariage  Garfinde  fa  fille,  à  Berengerfils  de  Ray-  xxvn  *.6. 
mond  vicomte  de  Narbonne  ,  neveu  d’Ermengaud  ^  z°.la  vicomtefle  Ricarde  ^  Pr-?-l6t  & 
fabelle-fœur ,  30.  Deufdet  abbé  de  faint  Paul  deNarbonne,  F  rançon  prévôt 
de  la  cathédrale ,  écc.  Il  légué  differentes  terres  tant  à  fon  églife  qu’à  celle 
de  faint  Paul,  6c  aux  chanoines  de  fainte  Marie  de  Quarante  ,  aufqucls  il 
laille  de  plus  deux  coupes  d’argent.  Il  légué  aufli  quelque  argenterie  aux 
abbayes  de  Villemagne,de  faint  Pons,  de  Caunes  6c  de  la  G  rafle  -,  il  donne 
deux  coupes  d’or  avec  une  felle  precieufe  à  Raymond  vicomte  de  Narbonne 
fonfrere,6cà  Bcrengerfon  neveu  fils  de  ce  dernier  ^  à  Guillaume  fon  autre 
neveu ,  l’alleu  qu’il  avoir  acquis  dans  le  Minerbois  -,  à  Raymond  comte  de 
Barcelonne  fa  mule  -y  à  Guillaume  comte  de  T ouloufc  fes  faucons  -,  à  Deufdet 
abbé  de  faint  Paul  deux  coupes  d’argent,  6c  les  taffes  qui  avoient  appartenu 
à  Aymeric  fon  prédecefleur ,  à  la  charge  de  les  remettre  à  celui  qui  après 
fon  dccez  feroit  archevêque  de  Narbonne  ,  pour  s’en  fervir  de  même  que  fes 
fiiccefleurs.  Il  laille  aufli  de  l’argenterie  à  Fredelon,  Etienne,  Matfred,  8c 
Adalbert  évêques,  dont  il  ne  dit  pas  le  fiege  :  nous  apprêtions  d’ailleurs  que 
le  premier  étoit  évêque  d’Elne  ,  le  fécond  de  Beziers  ,  le  troiftéme  d’Agde, 

&  le  quatrième  de  Carcadbnne.  Il  fit  enfin  divers-  autres  legs  à  plufieurs  per-* 


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An.  i  oo  j  « 


Lî. 

III.  Concile 
lîc  Touloufe. 
a  & 

/•i 

V.  CéUtl  mm. 
f.Ui. 


t>  C/Uel  comté 
t-m* 


t  CuteLmem, 
/'  S  fi.  &jeq. 

X6l. 

V.XOTkXlX. 
».  i  . 

tïL 

Mort  de  faint 
Fulcrand  évo¬ 
que  de  Lodevc. 

d  Vtt.S.Fulcr. 
Boll.to,i.  Te  Or. 


14L  HISTOIRE  GÉNÉRALE 

fonnes ,  à  quelques  ecclefiaftiques ,  &  à  fes  domeftiques ,  &  donna  à  chacuii 
de  fes  exécuteurs  teftamentaires  dix  fols,  une  jument  &.  une  vache,  &  à  la 
vicomtefle  Ricarde  fa  belle-foeur  cinq  jumens  avec  un  alleu  qu’il  fubfticua  à 
l’abbaye  de  la  G  rafle.  Nous  avons  crû  que  ce  détail  ne  feroit  pas  inutile  pouf 
faire  remarquer  les  ufages  du  fiecle.  Ce  prélat  furvêcut  encore  dix  à  onze  ans 
à  fon  teftament. 

Il  affifta  vers  l’an  1005.  â  un  concile  que  Raymond  évêque  de  Touloufe  , 
&  Guillaume  comte  de  cette  ville  y  convoquèrent  *.  Les  anciens  feigneurs  de 
Caramaing  ou  Garaman,  lieu  lltué  à  quatre  lieues  de  Touloufe  vers  le  fud-eft, 
avoient  obtenu  de  nos  rois  le  privilège  de  faire  tenir  un  marché  les  trois 
derniers  jours  de  la  fèmaine  en  tel  endroit  de  leur  domaine  qu’ils  jugeroient 
à  propos  ,  depuis  le  lieu  de  Stap,  jufqu’aux  murs  de  Touloufe  j  êë  d’y  faire 
lever  certains  droits.  Ces  feigneurs  abufant  de  leur  autorité  ,  étendirent  fi 
fort  ce  privilège  par  l’établiflêment  de  divers  péages ,  &c.  que  leurs  vexations 
interrompoient  entièrement  le  commerce.  Donat  l’un  de  leurs  defeendans  ré- 
folu  de  le  rétablir  ,  renonça  publiquement  à  ces  mauvais  ufages  entre  les 
mains  de  l’évêque  &  du  comte  d»  Touloufe,  &  déclara  qu’il  s’en  tenoit  aux 
droits  portez  par  les  chartes  de  nos  rois  *  mais  dans  la  crainte  que  fes  fuc- 
cefTeurs  ne  renouvellailènt  les  mêmes  vexations  ,  l’évêque  Raymond  &  le 
comte  Guillaume  convoquèrent  le  concile  de  Touloufe  dont  on  a  parlé.  L’ar¬ 
chevêque  de  Narbonne,  les  évêques  de  CarcafTonne,  de  Beziers  &  de  Mague- 
lonne  fes  fuffragans ,  l’archevêque  d’Auch ,  &  trois  évêques  de  fa  province 
dont  les  noms  ne  font  pas  marquez,  s’y  trouvèrent  avec  plufîeurs  abbez, 
&  y  dirent  anathème  à  tous  ceux  qui  rétabliroient  ces  mauvais  ufages.  L’aéte 
eft  fans  date,  mais  il  doit  être  du  commencement  du  XI.  fiecle.  Guillaume  y 
eft  qualifié  comte  des  peuples  de  l'Albigeois  ,  du  Qj/erci  &  du  T  ouloufain. 

Le  même  Donat  de  Caraman  fignala  fa  pieté  envers  l’églife  de  faint  Semin 
de  Touloufe  ,  par  une  donation  b  qu’il  lui  fît  avec  Rixende  fa  femme  ,  du 
marché  de  Bafiege  dans  le  Lauragais.  L’acte  eft  du  tems  du  comte  Guillaume 
&  de  Raymond  évêque  de  Touloufe.  Ce  dernier  obtint  en  1007.  du  pape 
Jean  XVIII.  une  bullec  qui  maintient  dans  la  poflèfTion  de  leurs  biens  la  cathé¬ 
drale  de  faint  Etienne,  &  les  monafteres  de  faint  Sernin  &  de  Notre-Dame 
de  la  Daurade  de  Touloufe,  avec  défenfe  à  tous  les  évêques  de  faire,  fans  la 
permiflîon  de  ce  prélat ,  aucune  ordination  dans  fon  diocéfè. 

Saint  Fulcrand  évêque,  de  Lodeve  étoiten  1005,  dans  un  âge  fort  avancé, 
mais  quoique  courbé  fous  le  poids  des  années d ,  on  ne  le  vit  jamais  fe  rel⬠
cher  en  rien  de  fa  première  ferveur  &  de  fa  vie  penitente.  Les  défordres  que 
caufoient  alors  dans  tout  le  royaume  la  licence  des  mœurs  ,  &  la  tyrannie  des 
feigneurs  féculiers ,  l’obligerent  d’ufer  quelquefois  de  rigueur  pour  rétablir 
la  paix  &  la  tranquillité.  Il  eut  entr’autres  recours  aux  armes  pour  re¬ 
prendre  le  château  de  Gibret  dans  le  domaine  de  fon  évêché  ,  dont  une 
troupe  de  brigands  s’étoient  emparez,  ôc  qu’il  fournit,  à  ce  qu'on  prétend  , 
par  miracle.  Il  pouflà  un  jour  fi  loin  fon  zele  pour  la  religion  ,  que  ne  pou* 
vant  entendre  fans  indignation  le  récit  de  l’apoftafie  d’un  évêque  du  voifî- 
nage ,  qui  avoit  abandonné  la  foy  pour  embraffer  le  judaifme,  il  s’échappa 
de  dire  publiquement  que  ce  prélat  méritoit  d’être  brûlé  vif  ,  ce  qui  arriva 
bientôt  après,  par  la  fureur  du  peuple  animé  contre  cet  apoftat.  La  crainte 
d’avoir  donné  heu  par  la  vehemence  de  fon  difeours  à  cette  violence  caufa 
un  grand  fcrupule  à  Fulcrand.  Il  en  fut  fî  couché  ,  que  foit  pour  expier 
la  faute  dont  il  fe  croyoit  coupable  ,  foit  pour  fatisfaire  à  celle  du  peu¬ 
ple  qui  avoit  fait  mourir  cet  évêque ,  il  entreprit  trois  divers  pèlerinages 
a  Rome  au  tombeau  des  faints  Apôtres ,  où  il  fît  une  penitence  publique. 
A  fon  premier  voyage  il  quitta  fes  habits  aux  approches  de  Rome,  fe  cou¬ 
vrit  d’épines  ,  &  fe  fit  conduire  publiquement ,  en  fe  faifant  fuftiger  ,  dans 
Féglife  de  faint  Pierre  où  il  demeura  long-tems  dans  les  veilles ,  la  priere  & 
le  jeûne,  avant  que  de  recevoir  fon  abfolucion.  Au  troifiéme  voyage  il  pafia 
tout  le  carême  dans  un  exercice  continuel  de  penitence  ,  &  défraya  tous  les 
cardinaux  jufqu’au  jour  de  Pâques.  A  fon  départ  de  Rome  le  pape  lui  fît 
prefenc  de  quelques  reliques  de  faint  Sebaftien  ,  &  Dieu ,  pour  marquer  qu’il 


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DE  LANGUEDOC.  Lir.  XII I.  i4j _ 

lui  avoit  pardonné  ,  continua  d'operer  depuis  divers  miracles  par  Ton  mi-  An. x 006. 
niftere. 

Ce  prélat  *  Te  voyant  à  la  fin  de  la  carrière,  fit  appeller  autour  de  Ton  lit  Ib'^ 

les  chanoines  de  fa  cathédrale ,  les  abbez  de  fou  diocèlê  ,  &  Matfred  évê- 
que  de  [,/]  Bcziers  qui  lui  étoic  très-cher  5  il  fc  fit  lire  en  leur  prèfence  le 
teftament  qu’il  avoit  déjà  fait  depuis  long-tems  ,  &  qu’il  confirma  dans  cous 
fes  points.  Il  fe  fit  tranfporter  enfuite  le  4.  de  Février  de  l’an  1006.  dans 
fa  cathédrale  ,  où  il  bénit  le  tombeau  qu’il  s’y  étoic  fait  préparer  par  avance, 
fe  fit  rapporter  fur  fon  grabat,  reçut  les  derniers  fa cremens  des  mains  de  l’évê¬ 
que  dcJIeziers,  8c  s’étant  fait  mettre  à  terre  fur  la  cendre  &  le  cilice,  il  y 
expira^  mercredi  ij.de  Février  de  la  même  année,  après  un  épi/copat  de 
57.  ans  &  quelques  jours.  Il  fut  honoré  d’un  culte  public  environ  cent  ans 
après.  On  leva  alors  fon  corps  de  terre  pour  l’enfermer  dans  une  chalïè  qui 
fut  placée  avec  les  autres  reliques  de  la  cathédrale  j  mais  ce  précieux  trélor 
fut  brûlé  ou  diflîpé  par  les  Calviniftes  ,  Ior/qu’ils  s’emparèrent  en  1373.  de 
la  ville  de  Lodeve  ,  8c  on  ne  pdt  fauver  qu’une  main ,  8c  quelques  autres  o/Ië- 
mens. 

On  prétend c  que  Raymond  comte  de  Touloufe  donna  A  faint  Fulcrand  8c  à  cPiw*w.u<L 
fon  églife  quelques  villages  du  comté  d’Agde  }  mais  comme  nous  ne  trou-  ?'7°' 
vons  aucun  Raymond  qui  ait  été  comte  de  Touiou/è  fous  fon  épi/copat,  on 
doit  attribuer  cette  donation  à  Raymond  I.ou  A  Raymond  II.  /on  fils, com¬ 
tes  de  Rouergue  &  marquis  deGothiede  la  maifon  de  Toulou/e.  On  croit J  UM+js- 
que  Matfred  évêque  de  Beziers,  qui  fucceda  à  ce  faint  prélat  dans  l’évêché 
de Lodeve,  &  qui  po/Teda  en  même  teins  c  ces  deux  évêchez  jufqu’à  fi  eIM- 
mort  ,  étoit  natif  du  dernier  :  peut-être  étoit-il  i/Tu  de  la  famille  des 
vicomtes  du  païs ,  ce  qui  lui  aura  donné  lieu  ,  fuivant  l’u/âge  de  ce  fiecie, 
d’envahir  l’évêché.  Il  paroît  du  moins  qu’il  étoic  parent  d’Ermengaud 
archevêque  de  Narbonne  ,  ainfi  que  nous  l’avonsdéja  remarqué. 

Ce  dernier  tint  f  un  plaid  dans  le  village  de  S.  George ,  autrement  dit  Ravi- 
jl  'un ,  dans  It  comté  de  Narbonne  ,  au  mois  de  Mars  de  l’année  1007.  la  ATI.  du  je  diocèti  Je 
régné  du  roi  Robert ,  avec  Raymond  vicomte  de  Narbonne  fon  frere,  Dcufdec  Njrbonne. 
aboé  de  faint  Paul  ,  Bernard  chevalier  *  ,  Aton  Valladelius  viguier,  &  plu- 

lîeurs  autres  perfonnes  tant  ecclefiaftiques  que  féculieres  .  il  cil  fait  mention  - 

dans  l'acte  des  fols  &  des  deniers  de  Narbonne.  Le  même  Deufdetgabbé  de  fiinc 
Paul  de  Narbonne,  &fes  chanoines,  reçurent  en  échange  le  ro.  du  mois  d' A -  gibu.' 
vnl  de  l'année  rooB.  la  JC.  du  régné  du  roi  Robert ,  un  alleu  ou  bénéfice  fitué  i  Bages 
dans  le  comté  de  Narbonne,  dont  la  vicomte/le  Adélaïde,  8c  fes  filsErmen- 
gaud  archevêque  de  cette  ville  ,  &  Raymond  vicomte,  avoient  fait  dona¬ 
tion  au  pere  de  celui  qui  le  donna  en  échange.  La  date  de  ces  actes  prouve 
d’une  maniéré  très-précife  l’époque  du  régné  du  roi  Robert ,  &  de  la  mort 
du  roi  Hugues  fon  pere. 

L’archevêque  Ermengaud  aflî/ta  le  18.  de  Novembre  de  l’an  1010.  à  une  liv. 
grande  aflemblée  tenue  à  Urgel  pour  l’établi/Ièment  de  la  vie  canoniale 
parmi  les  chanoines  de  la  h  cathédrale  de  cette  ville ,  fuivant  l'infitution  que  à  u,gd.  tico- 
l'empereur  Louis  le  Débonnaire  en  avoit  faite  à  Aix  la-Chapelle.  »  Raymond  « 
comte  &  marquis  de  Barcelone  ,  Ermelîïnde  fa  femme,  la  veuve  d’Ermen-  «  itique  de  Nu- 
gaud  comte  d’Urgel ,  fon  fils  Ermengaud  encore  enfant ,  Guifred  comte  «  bon‘iC- 
de  Cerdagne  &  la  femme  Guifle,  Soniarius  comte  de  Pailhas  8c  fes  fils,«  JoiQ 
Ermengaud  autre  comte  de  Pailhas,  Ermengaud  archevêque  de  Narbonne,  «  h  Mare,  h, p 
les  mitocefains  &  [ujfragans  de  ce  prélat ,  fçavoir  Adalbert  de  CarcalJonne ,  « 

Matfred  de  Beziers ,  Pierre  de  Maguelonne ,  Frotaire  de  Nifmes ,  Etienne  « 
d’Agde,  Eriballus  d’Ufcz,  &  Raymond  de  Touloufe  -,  &  enfin  fes  fuffragans  « 
îfpagnols ,  Pierre  de  Gironne  ,  Borrel  d’Aufonne,  Oliba  d’Elne  dont l’evè- « 
thé  eji  en  deçà  *  des  Pyrénées,  Deufdec  de  Barcelone  ,  &  Aymeric  de  a  •Gi. 

Ribagorce ,  »  le  trouvèrent  à  cette  aflemblée  ,  &  confirmèrent  la  dona¬ 
tion  qu’Ermengaud  évêque  d’Urgel  fie  dans  cette  occafion  A  fes  chanoines. 

f4]H  y  a  de  Rodtz  dans  l’édition  que  Bollandus  a  donnée  de  h  vie  de  S.  Fulcrand  ;  mais  il  finit  lire 
^  Revert,  avec  le  MÆ  de  S.Guillcm  duDéfcrr,  8c  l'edi don  de  Planuvit. 


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b  Mar  un. 
jinecd.  to.4. 
f.7*- 


I44.  HISTOIRE  GENERALE 

ÀN.t  010.  Gec  a&énous  donne  lieu  de  remarquer  1®.  Que  la  province  ecclefiaftique  de 
Narbonne  conlprenoit  alors  feize  diocèfes  ,  tant  en  deçà  qu’en  delà  des  Py¬ 
rénées,  avec  celui  de  la  métropole.  Il  n’eft  pas  fait  mention  de  l’évêque  de 
Lodeve ,  parce  que  Matfred  occupoit  alors  cet  évêché  conjointement  avec 
celui  de  Beziers.  z°.  Que  le  diocèfe  d’Elne  étoit  alors  compris  dans  l’Efpa- 
gne  ,  quoiqu’il  appartînt  naturellement  à  la  Gaule  &  à  la  Septimanie  j  par 
la  railon  qu’il  dépendoit  pour  le  temporel  de  divers  comtes  de  la  Mar¬ 
che  d’Efpagne ,  fournis  cependant  à  la  iouveraineté  de  nos  rois.  Ce  diocèfe 
renfermoit  en  effet  les  trois  comtez  de  Roulfillon  ,  de  Confiant ,  8c  de  Va- 
a  ùMrt.Mft,  lefpir  4  dont  le  pîemier  étoit  pofledé  *  par  Guillabert  qui  avoit  fuccedé  à 
M«*.  Wifred  ou  Guifred  fon  pere.  Celui-ci  eut  un  frere  appellé  GausfrA ,  au¬ 
quel  les  comtez  d’Empurias  &  de  Pierrelatte ,  portion  du  diocèfe  de  Gironne, 
cchûrent  en  partage ,  8c  à  qui  fon  fils  Hugues  avoit  fuccedé  alors.  Bernard 
comte  de  Bclalu  étoit  maître  du  comté  de  Valefpir  ,  8c  Guifred  fon  frere 
Comte  de  Cerdagne  de  celui  de  Confiant.  Au  refte  l’endrcit  de  cet  acte  où  il 
eft  marqué  que  le  diocèfe  d’Elne  eft  fitué  en  deçà  des  Pyrénées  par  rapport  à 
Urgel  eft  certainement  fautif,  6c  il  faut  lire  en  delà. 

On  a  parlé  ailleurs  de  la  plûpart  des  évêques  de  la  province  qui  affifterent 
à  l’aflèmblée  d’Urgel.  On  ajoutera  feulement  qu’Eriballus  étoit  déjab  évêque 
d’UfeZ  dès  l’an  994.  qu’il  fe  trouva  au  concile  d’Anfe  dans  le  Lyonnois  ;  8c 
que  fous  l’épifcopat  de  Pierre  évêque  de  Maguelortne,  Bernard  comte  de 
Subftancion  c  donna  en  1005.  à  l’abbaye  de  laint  Michel  de  la  Clufe  en 
f. /si.  Piémont,  l’èglife  de  fainte  Croix  auprès  de  Melgueil.  Ce  dernier  prélat  fit, 

à  ce  qu’il  paroît,  un  voyage  à  Rome  en  1013.  puifqu’il  fouferivit  alors  à  une 
H‘‘f  bulle  du  Pa£e  Benoît  Vlll.  en  faveur  de  l’églife  d’Urgel.  d 
lv.  Pierre  troificme  fils  3  de  Roger  comte  de  Carcaflonne,  étoit  donc  évêque  de 
oiTôüDc'yf"  Gironne  dès  le  mois  de  Novembre  de  l’an  10 10.  Il  avoit  füccedé  depuis  peu, 
évé^ue  ûc  Gi-  fans  doute  par  le  crédit  fie  l’autorité  d’Ermcffinde  cojntefie  de  Barcelone  fa 
ioqdc.  fofcur  ,  à  Otton  qubavoit  été  tué  durant  la  guerre  que  les  Sarafins  d’Ef. 

«  v.  note  pagne,foùtenus  des  Chrétiens  du  païs,fe  faifoient  alors.  Ces  infidelles  ‘  s’étoient 
X']m*c.'h,£.  partagez  entre  Almahade  ôcZuleiman,  deux  de  leurs  princes  qui  fe  difpu- 
d-i+i.  toient  la  couronne.  Le  dernier  eut  recours  à  la  proteéhon  de  Sanche  comte 
de  Caftille,  qui  le  plaça  en  quelque  maniéré  fur  le  trône,  après  avoir  gagné 
f  en  1008.  une  célébré  bataille  fur  Almahade.  Celui-ci  pour  fe  foutemr  im¬ 
plora  le  fecours  de  Raymond  comte  de  Barcelone  ,  qui  l’alla  joindre  avec 
divers  feigneurs  6c  prélats  de  la  Marche  d’Efpagne.  De  ce  nombre  furent 
Ermengaud  comte  d’Urgel  fon  frere  ,  les  évêques  Ætius  de  Barcelone, 
Otton  de  Gironne,  ôc  Arnaud  d’Aufonne  qui  furent  tuez  le  premier  de 
Septembre  de  l’an  1010.  dans  une  fécondé  bataille  qu’Almahadeeut  le  mal¬ 
heur  de  perdre  du  côté  de  Cordoue.  Ermengaud  comte  d’Urgel ,  qui  fut 
furnonimé  de  Cordoue  ,  à  caufe  qu’il  mourut  dans  cette  occafion ,  avoit  fait 
fon  teftament  deux  ans  auparavant,  le  2S.  de  Juillet  J  la  JP  J  I.  année  de  Robert. 
g  Murc.uiff.f.  11  avoit  légué  entr’autres  b  fon  épée  6c  fon  baudrier  garni  d’or  à  l’églife  de 
/'f-  fainte  Marie  du  Puy  ,  deux  taffes  d’argent  à  celle  de  faine  Vincent  de 
Caftres,  fes  échecs  à  l’abbaye  de  faint  Gilles,  ôcc. 

L  vi.  Ce  qu’un  auteur  h  contemporain  rapporte  des  avantures  ôc  des  exploits  de 
;  E mon?  Cci  Raymond  feigneur  du  Boufquet  dans  le  diocèfe  de  Touloufe  ,  nous  fait 
gawduBouf-  conje&urer  que  ce  dernier  fervoit  dans  l’armée  des  Sarafins  dans  le  tems  que 
quetaudioccfe  Sanche  comte  de  Caftille  remporta  en  1008.  fur  Almahade  la  victoire  dont 
hlnn'fchoujj.  on  vient  de  parler.  Ce  feigneur  également  confiderable  par  fa  naiffance  6c 
Ut  mir»c.s.TiJ.  par  fes  grands  biens ,  forma ,  fuivant  le  goût  de  fon  fiecle ,  le  défi ein  de  faire 
f.'u e  pèlerinage  de  Jerufalem.  Il  fe  mit  en  chemin,  6c  étant  arrivé  à  Lune  fur 
r  v.érp.6?  la  côte  de  Tofcane  s  il  s’embarqua.  Il  fut  à  peine  en  mer  qu’il  s’éleva  une 
tempête  fi  furieufe  que  le  vaifleau  fe  brifa  contre  des  écueils  5  enforteque  Ray¬ 
mond  fie  un  de  fes  domeftiques  furent  prefque  les  feuls  qui  échappèrent  du 
naufrage.  Ce  domeftique  s’étant  faifi  d’une  planche  fut  jetté  fur  les  côtes 
A  d’Italie  ,  6c  croyant  que  fon  maître  avoit  péri ,  il  retourna  au  Boufquet,  où  il 

annonça  le  malheur  qui  venoit  d’arriver.  La  femme  de  Raymond  perfuadée 
de  la  mort  de  fon  mari,  s’empara  aufiLtôt  du  château,  fe  remaria,  6c  mit 

tout 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIIÎ.  Uf.  ...... 

tout  eil  œuvre  pour  déshériter  fes  filles  du  premier  lit  i  mais  un  feigneur  A  N.  10:0*. 
duvoifinage  nommé  Hugues  Efcafred  ,  bon  ami  de  leur  pere ,  prie  foin  de  leurs 
interets ,  8c  les  donna  en  mariage  à  fes  fils. 

Cependant  Raymond  s’étant  fàifï  d’urte  planche  *  &  aïanr  imploré  le 
fecours  de  fainte  Foy  ,  fut  jetté  fur  les  côtes  d’Afrique  }  où  il  demeura 
pendant  trois  jours  errant  fur  la  plage.  Il  rencontra  enfin  une  troupe  de  pira¬ 
tes  qui  venoient  dupais  de  T urlande ,  qui  le  prirent  &  l’emmenerent  en  efcla- 
vage.  Il  cacha  d’abord  fa  condition }  mais  comme  on  l’obligea  de  travailler 
à  la  terre,  à  quoi  il  n’étoit  pas  accoutumé  ,  il  le  vit  malgré  lui  forcé  d’avouer 
qu’il  n’avoit  jamais  fait  d’autre  métier  que  celui  des  armes.  Ses  maîtres  char¬ 
mez  de  trouver  en  fa  perfonne  un  homme  de  guerre  ,  l’employerene  dans 
toutes  leurs  expéditions  c  il  ne  fut  pas  long-tems  fans  donner  des  preuves 
de  fa  capacité  &c  de  fa  valeur  qui  lui  meriterent  de  grands  éloges  ,  8c  un 
rang  diftingué  parmi  eux.  Ces  pirates  étoient  aéluellement  en  guerre  contre 
les  Barbarins ,  peuples  d’Afrique  ,  qui  leur  ayant  livré  bataille ,  les  défirent 
entièrement,  &  firent  Raymond prilonnier.  Ces  derniers  informez  de  ion 
expérience  dans  l’art  militaire  fe  fervirent  utilement  de  lui  dans  la  guerre 
qu’ils  faifoient  alors  aux  Sarafins  de  Cordoue  qui  le  firent  prilonnier 
à  leur  toûr  fur  les  Barbarins,  &  lui  donnèrent  de  l’employ  dans  leurs  armees. 

Le  feigneurdu  Boufqyec  après  s’étre  fignalé  parmi  eux  par  divers  exploits  4 
tomba  peu  de  tems  après  au  pouvoir  des  Alabites,  dans  une  bataille  que 
les*  mêmes  Sarafins,  leurs  ennemis,  gagnèrent  fur  eux.  Ses  nouveaux 
maîtres  l’amenerent  contre  Sanche  comte  de  Caâille  qui  ieur  faifoic  la 
guerre,  &  qui  les  ayant  défaits  dans  une  occafionfcdemeura  maître  de  la  per- 
fbnnede  Raymond,  &  d'une  infinité  de  Chrétiens  qui  avoient  combattu  pour 
ces infidelles.  Lecomte  inftruit  de  la  religion,  de  la  naiflance  8c  des  mal-* 
heurs  de  ce  feigneur  ,  lui  accorda  non-feulement  la  liberté  comme  a  tous 
les  autres  chrétiens  ,  mais  il  le  combla  de  bienfaits.  Raymond  fe  voyant 
libre  fe  retira  chez  lui,  après  fine  abfence  de  trois  ans ,  recouvra  le  château 
du  Boufquet  par  le  fecours  de  fes  amis,  8c  en  chaflâ  celui  que  fa  femme 
avoit  époufé.  Tel  elt  le  récit  en  abrégé  des  avantures  de  ce  feigneur  que 
nous  a  îaifle  plus  au  long  un  auteur  qui  écrivoit  versJ’an  xoxo.  c’efl-d-di re 
deux  ans  après  le  retour  de  Raymond  dans  fa  patrie.  Comme  nous  appre¬ 
nons  d’ailleurs  a  que  les  Barbarins  étoient  en  guerre  avec  les  Sarafins  de 
Cordoue  en  1007.  èc  que  Sanche  comte  de  Caltille  défit  l’année  iûivante  ceux  ]0 o/.&  fij. 
de  ces  infidelles  qui  avoient  pris  le  parti  d’Almahade,  dans  une  fameufe 
bataille  où  il  refta  trente-fix  mille  des  leurs  fur  la  place  5  c’eft  une  preuve  que 
Raymond  entreprit  vers  l’an  1005.  fon  voyage  de  Jeruiàlem.  Enfin  le  nié-  *Qi"’ 
me  hiftorien  témoigne  que  ce  feigneur  vivoit  encore  dans  le  tems  qu’il  écri.  BouLTm^a. 
voit  *.  Aurefte  nous  ne  doutons  pas  que  le  château  du  Boufquet  dont  il  avoit  «ici  vci«nr  in 
le  domaine,  ne  foit  le  meme  que  celui  de  ce  nom  fitué  auprès  de  Lantadans 
lediocèfe  deTouloule  ,  à  trois  lieues  de  cette  ville,  vers  lefud-eft.  ,b,u. 


Bernard  comte  de  Bezalu  8c  de  Fenouilledes  fut  fans  doute  de  l’expedicion  Fo^JJ‘  Ju 
de  Cordoue  avec  les  autres  feigneurs  de  la  Marche  d’Efpagne.  Nous  /ça*  ins,u  «e  de 
vons  du  moins  qu’il  fe  rendit  b  recommandable  par  les  exploits  ,  qui  lui  s-  p,lf:eJcfe* 
acquirent  le  furnom  de  Taillefer *¥.  Il  ne  fe  diftingua  pas  moins  par  fa  pieté}  “5 
&  outre  les  libéralités  c  qu’il  exerça  envers  les  anciens  monalteres  de  fon  •. 
domaine,  il  en  fonda  de  nouveaux.  De  ce  nombre  fut  celui  de  faine  Pierre 4 ,  fet**^c,nJenS 
qu’il  établit  dans  fon  comté  de  Fenouilledes  fuivant  f inftitution  canonique  ,  c/W./.y/i.é* 
c’eft-à-dire ,  qu’il  y  mit  des  chanoines,  aufquels  il  donna  Xi^adallus  pour  ^ 
abbé.  Le  pape  Serge  IV.  confirma  à  là  priere,  au  mois  de  Novembre  de  ' 
l’an  1 0 1 1 .  la  fondation  de  ce  monaflere  qui  ne  fu  b  fille  plus  aujourd’hui.  e  ,t, . s. 
Guifred  comte  de  Cerdagne  frere  de  ce  comte ,  obtint  une  pareille  bulle  &m- 
lamême  année  pour  le  monaftere  de  Canigou  qu’il  avoit  fondé  l’an  1001. 
dans  fon  comté  de  Confiant,  &  où  il  fit  (  transférer  du  Touloufain  quelques  l  vui. 
années  après  les  reliques  de  laint  Gauderic  confèïïèur.  poos  comu  de 

ms  comte  de  Gevaudan,qui  vivoit  encore  au  commencement  de  1  an  j  ou,  de  fo.cz.  Ami¬ 
donna  e  alors  â  l’abbaye  de  S.  Julien  de  Brioude  l’églifé  de  Langeac  en  Au-  foa  de  Mcr' 
vergne,  celle  de  Favairoles  dans  le  comté  de  Gevaudan,  avec  les  difmes,  CUgpfi.rge. 

Tome  II.  T 


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- - i4«  HISTOIRE  GENERALE 

An.  ioii.  les  oblations,  lesfépultures,&c.  &  un  village  de  la  viguerie  de  Brîoude ,  pour 
les  âmes  d'Etienne  J on  pere ,  d’ A  delai  de, fa  mere ,  de  T  beoiberyt  fa  femme  ,  de  fes 
;  fih  Etienne  fi  Pons ,  de  fes  freres  Bertrand  fi  Guillaume  ,  fi  d' Etienne ,  Bertrand , 
&  Guillaume  fes  neveux.  On  prétend-1  que  ces  derniers  étoient  fils  de  Philippe 
b  notzx/.a  fa  lœur ,  femme  de  Guillaume  V.  comte  d’Auvergne.  lUpouvoienc  être1» 
”*•  également  ou  fils  d’un  de  Tes  freres,  ou  fes  petits-fils.  Il  ne  dit  rien  d’Etien¬ 

ne  fon  frere  ,  élu  pour  fucceder  à  Gui  d’Anjou  évêque  du  Puy  leur  oncle 
maternel,  du  vivant  de  ce  dernier,  peut-être  àcauiequ’il  avoit  été  dépofé. 
L’acte  eft  daté  du  mois  de  Février  à  la  fin  de  l’an  m.  x.  indillon  ix.  preuve 
certaine  qu’on  comptoir  alors ,  du  moins  quelquefois  ,  le  commencement  de 
l’année  depuis  Pâques.  Pons  prend  dans  le  même  acte  la  qualité  de  comte  de 
cBtim.ibid.  Gevaudan  fi  de  Forez^  On  croie c  qu’il  avoit  acquis  ce  dernier  comté  par  fon 
y  no  i  i  mariage  avec  Theotbcrge  ou  Tiberge ,  qu’on  allure  avoir  été  fille  8c  heritiere 
xx w.B.4.  d’Artaud  II. comte  de  Lyonnois  8c  de  Forez,  8c  de  Thetberge  fa  femme. 

Enfin  cette  donation  eft  loufcrice  par  le  vicomte  Etienne ,  qui  y  donna  fon  con - 
fentement  fi  la  ratifia,  8c  qui  eft  fans  doute  le  même  que  le  vicomte  de  Gevau- 
A  v.  note  dan  d  de  ce  nom  qui  vivoit  alors  ;  par  le  vicomte  Robert  8c  fon  frere  Guil- 
ibtin.  10.  laume  ,  Béraud  prévôt  de  l’églilé  du  Puy  ,  &c. 

cv.b Ce  dernier  étoit  frere  e  de  laint  Odilonabbé  de  Cluni,  qu’on  fait  f  abbé 
ïaliLCnwov.  de  faint  Vofi  ,  dignité  de  la  mêmeéglile,  avant  qu’il  eùtembraflc  la  vie 
td.it- nionaftique.  Ils  t  etoient  fils  de  Béraud  feigneur  de  Mercueur  ou  Mercœur, 
g  ts»a,MbU.  cij^ceau  (ituc  en  Auvergne  vers  les  frontières  duGevaudan.  Saint  Odiloneut 
h  Aa.ss.od.  pour  fon  partage  quelques  maifons  h  au  Puy  qu’il  échangea  en  1004.  avec 
p'Jt'Vf'f*'. 1.  es  cfian°ines  de  cette  églife.  Il  eutplulieurs  freres,  &.  une fœur  ,entr’autres, 

[i  M*b.td.*nn.  qui  époufa  le  feigneur  de  Solignac  en  Vêlai ,  8c  qui  fut  mere  ‘  de  Guillaume 
ion.B.71.  élu  abbé  de  faint  ChafFrc  en  1036.  Entre  les  freres  de  laint  Odilon,  Guil- 
i  o  laume  fut  pere  d’Etienne ,  qui  fucceda  dans  la  prévôté  de  l’églife  du  Puy  à 
Béraud  k  Ion  oncle.  Ce  dernier  fut  inhumé  dans  le  monaftere  de  S.  Pierre 
du  Puy,  &  eut  un  autre  neveu  nommé  Hildegaire,  lequel  fut  chanoine  du 
lad  «BB.1015.  Puy,  8c  fonda.1  avec  fes  freres  le  monaftere  de  la  Voulte  fur  l’Ailier  en  Au. 
°'71‘  vergne.  Tel  étoit  vers  le  commencement  du  XI.  fiecle  l’état  de  l’ancienne 
u  Baïut.ibid.  mailôn  de  Mercueur,  l’une  des  plus  illuftres  d’Auvergne,  dont  on  fait® 
remonter  l’origine  jufqu’au  commencement  du  X.  Elle  appartient  cependant 
en  quelque  maniéré  à  la  province.  La  baronie  de  Mercueur  ,  érigée  depuis 
en  duché,  eft  comprifc  en  effet  parmi  celles  du  Gevaudan  qui  ont  droit  d’en¬ 
trer  par  tour  aux  Etats  de  Languedoc  ,  parce  qu’à  la  réferve  du  chef-lieu , 
la  plupart  de  fes  autres  domaines  font  fituez  en  Gevaudan. 

Pons  comte  de  ce  pais  8c  de  Forez  ,  qui  a  donné  lieu  à  cette  digreffion  , 
»jta.ss.itiJ.  eft  fans  doute  le  même  que  le  comte  Pons ,  qui  fit  une  donation  n  au  commen¬ 
cement  du  XI.  fiecle  à  l’abbaye  de  Cluni,  par  un  acte  daté  de  Thorene. 
Nous  trouvons  en  effet  un  château  de  ce  nom  dans  la  partie  du  diocèiè  de 
Vienne  qui  eft  en  deçà  du  Rhône  fur  les  confins  du  Forez  8c  du  Vêlai.  Quoi 
qu’il  enloit,  nous  n’avons  rien  de  certain  dans  la  fuite  de  Pons  comte  de 
o  note  Gevaudan,  auquel  Etienne  fon  fils  0  ,  ou  fon  petit-fils  fucceda  ,  à  ce  qu’il  pa- 
xx/..  ».  4.0-  j. oît ,  dans  ce  comté. 

Celui  de  CarcafTonne  pafla  vers  le  même  tems  aux  fils  du  comte  Roger  I. 
Monde Rogtr  qui  vivoit  encore  au  mois  d’ Avril  de  la  XV.  année  du  roi  Robert ,  ou  de  l’an 
1.  comte  de  ioii.êc  qui  donna  p  alors  avec  Adélaïde  fa  femme  à  l’abbaye  de  S.  Hilaire 
ddeommin-’  un  a^eu  fitué  au  voifinage  de  Limoux  dans  le  comté  de  Rafcz  ,  avec  la 
ges,  &c.  part  qu’y  avoit  eue  le  comte  Eudes  fon  frere.  Roger  fit  cette  donation  tant 
pour  lui  que  pour  la  même  Adélaïde  fa  femme ,  fon  frere  le  comte  Eudes ,  &  le  comte 
Raymond  fon  fils ,  afin  de  mériter  les  uns  (files  autres  d’avoir  part  au  royaume  de 
J.  C.  Bernard  8c  Pierre  fes  deux  autres  fils  fouferivirent  à  l’ade  avec  la  qua¬ 
lité  de  comte,  6c  y  donnèrent  leur  confentement.  Nous  inférons  de  là  i°.Que 
<\v.ci-dt{fn j,  Pierre  qui  étoit  évêque  de  Gironne  depuisl  la  fin  de  l’année  précédente, 
H-Ly-  outre  les  abbayes  que  fon  pere  lui  avoit  léguées  par  fon  teftament ,  dont  on 
a  parlé  ailleurs ,  eut  encore  en  partage  une  partie  de  fon  domaine  :  aufiî  ver¬ 
rons-nous  dans  la  fuite  qu’il  pofieda  la  moitié  du  comté  de  CarcafTonne.  i°. 
Que  Roger  I.  changea  par  conféqucnt  la  difpofition  de  fon  teftament  con- 


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Ï)É  LANGUEDOC.  Liv.XIII. 


forcément  à  la  liberté  qu’il  s’y  étoit  refervée.  3°,  Enfin  que  Raymond  fon  An.ioih 
fils  aîné  étoit  probablement  mort  dans  le  tems  de  cette  donation  ,  puifqu’oft 
n’y  voit  pas  là  foufcription  avec  celle  de  Tes  freres. 

On  allure a  que  Roger  I.  comte  de  Carcaflônnej  &  Adélaïde  fafémnle,  outré  a  Cxitlmmy 
la  donation  de  divers  villages  du  pais  de  Foix  qu’ils  a  voient  faite  en  988.  à  M19- 
l’abbaye  de  S.  Volufien  de  Foix,  lui  en  firent  une  nouvelle  en  ion.  du  lieu  de  1012. 
Berme  dans  le  même  païs  ;  ils  vécurent  donc  jufqu’à  cette  derniere  année. 

Comme  on  ne  trouve  plus  depuis  aucun  monument  où  il  foie  parlé  ni  de  l’un 
ni  de  l’autre ,  8c  que  Roger  étoit  déjà  grand  b  en  949.  c’eft  une  preuve  qu’il  b  Fr.f.n\ 
mourut  bientôt  après  cette  derniere  donation.  On  croit  qu’il  fut  inhumé 
avec  Adélaïde  fa  femme  dans  l’abbaye  de  faint  Hilaire ,  envers  lequel  il  avoit 
toujours  eu  une  dévotion  fingüliere ,  fondée  fur  la  protection  que  ce  faint  lui 
avoit  accordée  en  differentes  occafions  de  fa  vie.  •  : 

Eudes  comte  deRafcz,  furvêcut,  à  ce  qu’il  paroît ,  à  Roger  I.  comté  de 


LX. 

ComtcS 


dd 


CarcafTonne  fon  frere  aîné  ;  nous  voyons  en  effet  qu’il  vivoit.  encore  le  j.  de  Raf„. 

Mat  de  la  AT  JT  J.  année  du  régné  du  roi  Robert ,  ou  de  l’an  1017.  Il  donna  c  cPrt- 17°& 
alors  pour  la  rémifiion  de  fes  pechei ,  de  fon  fils  Arnaud  3  8c  de  tous  fes  pa-  ^ ' 
rens,  aux  chanoines  de  faint  Paul  de  Narbonne,  un  alleu  qu’il  avoit  à  Ve- 
deillan  dans  le  diocèfè  de  cette  ville,  avec  l’cglüe ,  les  dixmes,  lesprcmices^ 
lecmetiere ,  &  tout  P  honneur  ecclefiafiique ,  dont  il  fe  réferva  l’ufufruit.  Arnaud 
fon  fils  lui  fucceda  dans  le  comté  de  Rafei. 

Raymond  fils  aîné  du  Roger  I.  comte  de  CarcafTonne  avoit  déjà  eu  cé  Mo^J'Rly. 
comté  en  partage  $  mais  il  n’en  jouit  pas  long-tems,  puifqu’il  mourut  quel-  mondi. comte 
que  tems  avant  fon  pere,ou  du  moins  qu’il  lui  furvêcut  fort  peu  ,  ainfi  qu’on 
vient  de  le  dire.  Illaifla  d  deux  fils  en  bas  âge ,  Guillaume  8c  Pierre  *  dé  Gar- 
finde  fa  femme, vicomtefle  de  Bcziers  8c  d’AgdeJaquelle  fe  remaria  bientôt  après 
avec  Bernard  feigneur  d’Andufe ,  veuf  lui-même  d’Ermengarde.  Les  deux  fils 
de  Raymond  comte  de  CarcafTonne  demeurèrent  par  là,  ce  femble  ,  confor¬ 
mément  au  teftament  de  Roger  I.  leur  ayeul,  fous  la  tutelle  de  leurs  oncles, 

Je  comte  Bernard  8c  Pierre  évêque  de  Gironne. 

La  même  Garfinde  avoit  déjà  époufé  en  fécondés  nôces  Bernard  d’Andufe - — — * 

dès  l’an  1013.  Elle  difputoit alors  à  Senegonde  fa  feeur  puînée  le  village  de  ^ 

Palais  dans  le  diocèfe  d’Agde,  8c  s’en  étoit  même  empàrée  ,  fous  prétexte  ej.  ’  7" 
que  Guillaume  vicomte  de  Beziers  8c  d’Agde,  leur  pere*  le  lui  avoit  donné/ 

Nous  avons  vtï  cependant  que  ce  vicomte  en  avoit  difpofe  par  fon  teftament f 
en  faveur  de  Senegonde.  Aufiî  cette  dernière,  accompagnée  de  Richard  I.du 
nom  vicomte  de  Milhaud  fon  mari  *  fe  rendit-elle  à  Beziers  pour  y  foutenit 
fon  droit  dans  une  affemblée  qui  fe  tint  le  28.  de  Juillet  de  l'année  1013.  la 
XVIII.  du  régné  du  roi  Robert ,  dans  l’églife  cathédrale  de  cette  ville  3  8c  à 
laquelle  fe  trouvèrent,  outre  plufieurs  feigneurs  féculiers,  Etienne  8c  Gual- 
caron  abbez ,  dont  le  premier  étoit  fans  doute  abbé  de  fainte  Aphrodife ,  8c 
l’autre  de  faint  Jacques  de  Beziers.  Bernard  marquis  s’y  rendit  aufft  avec  la 
comteffe  Garfinde  fa  femme  ,  feeur  de  Senegonde.  Le  vicomte  Richard  demanda 
d’abord  au  nom  de  cette  derniere ,  d’être  rétabli  dans  la  poffeffion  du  village 
de  Palais.  Garfinde  produifit  de  fon  côté  des  témoins  qui  atteftoient  que 
le  vicomte  Guillaume  fon  perele  lui  avoit  donné.  Les  Juges  demandèrent  au 
vicomte  s’il  n’avoit  pas  quelque  charte  à  produire  pour  appuyer  fes  préten¬ 
tions  :  il  répondit  qu’il  n’en  avoit  d’autre  que  l’acte  de  partage  que  le  vi- 
comteGuiilaume  avoit  fait  eti  faveur  de  la  même  Senegonde  fa  femme  ,  dans 
le  tems  qu’il  entreprit  le  voyage  de  Rome.  Les  raifons  des  parties  étant  à  peu 
près  égales  ,  les  Juges  leur  propoferent  un  accommodement ,  qui  fut  ac¬ 
cepté  de  part  8c  d’autre.  Garfinde  compta  la  fomme  de  deux  cens  fols  à  Sene¬ 
gonde  fa  fœur,  ôc  demeura  ainfi  dans  la  paifible  pofTeflion  du  lieu  de  Palais. 

La  première ,  8c  Bernard  fon  mari  ,  ayant  fait  enfuite  rebâtir  l’églife  de  ce 
village,  la  firent  dédier  g  le  zi.d’Aoùt  de  l’an  1014.  par  Etienne  évêque  gpr-pv&. 
d’Asde.  Cette  églife  vint  depuis  au  pouvoir  de  labbaye  de  Conques  en 


Rouergue,  qui  poffedoit  déjà  quelques  domaines  à  Palais ,  par  la  donation  h 
que  Raymond  IL  comte  de  Rouergue  8c  marquis  de  Gothie  lui  en  avoit  faite. 


b  p,\6u 


Raymond 
T ome  II. 


T 


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M 


HISTOIRE  GENERALE 


An.ioi  3,  Le  même  Richard  I.  vicomte  de  Milhaud,  fut  auffi  un  des  bienfai&eurs  »  dé 
*ibid.  cette  abbaye-. 

Bernard  lecond  mari  de  Garfinde  de  Beziers  étoit  feigneur  d’Andufe  &  de 
Sauve ,  châteaux  H  tuez  dans  le  diocèfe  de  Ni  fines,  fur  les  frontières  ou  marches 
de  celui  de  Maguelonne,  ce  qui  fit  fans  doute  qu’il  prit  la  qualité  de  marquis* 
En  efîèt ,  outre  que  fes  defcendans  ne  furent  que  de  fimples  feigneurs ,  &  que 
l’un  d’eux  b  fe  qualifie  marquis  du  château  d’Andufe  ,  ce  qui  détermine  la  ligni¬ 
fication  du  titre  de  marquis  que  prenoit  Bernard  }  nous  ne  voyons  pas  que  ce 
dernier  ait  poffedé  aucun  comté  ou  vicomté  «  il  eft  vrai  qu’on  lui  donne  la 
qualité  de  prince  d’ Andufe  dans  un  ancien  monument  c,&  que  Pierre  dfon  petit* 
fils  prend  celle  de  Satrape  de  Sauve  *  mais  cela  prouve  tout  au  plus  qu'ils  ne 
reconnoifloient  d’autre  fuperieur  dans  leur  domaine,  que  le  roi.  Il  eft  vrai  aulli 
9ue  Garfinde  de  Beziers  le  qualifia  toujours  comteffe  depuis  fon  fécond  maria- 
*»'&*•  ge  avec  Bernard  d’Andufe ,  mais  ce  fut  parce  qu’elle  avoit  été  femme  d’un 
comte  en  premières  noces  ;  car  fuîvant  l’ulâge  de  ces  fiecles,une  dame  qui  fit 
remarioit  avec  un  feigneur  d’un  rang  inférieur  à  celui  de  fon  premier  époux, 
confervoit  fa  première  qualité  comme  la  plus  honorable.  C’eft  ainfi  que  les 
reines  veuves  ou  répudiées,  qui  époufoient  alors  en  fécondes  noces  des  com¬ 
tes  ou  de  fimples  feigneurs ,  gardèrent  le  titre  de  reines  après  leur  fécond 
mariage. 


b  frf*? S. 


x  rlU+. \7é. 


!  N07EXXI. 
1T43- 


%  Pr.p,  T  7  J. 

note  x. 

••xi» 


10’ 
XXI  . 


LXIf. 

ïfcjoli  Gc* 


10 16, 


vicomtes  • 

•  ■  - 1 - ;  ■  B  o"""  11 

qu’il  a  donné  l’origine  à  une  des  pli 

province.  Il  avoit  eu  trois  fils  d’Ermcngardc  la  première  femme  g  } 
fçavoir  Fredol ,  Gerald  ou  Geraud,  ôc  Almerade.  Il  en  eut  deux  autres  de 
Garfinde  de  Beziers,  Raymond  ôc  Bermond.  Almerade  le  troifiéme  du  pre¬ 
mier  lit  fe  maria,  ôc  eut  un  fils  qui  hérita  de  fon  domaine.  Raymond  l’aînc 
du  fécond  lit ,  mourut  fans  enfans,&  Bermond  Ion  frere  continua  lapofte- 
rité.  C’eft  de  celui-ci  que  la  maifon  d’Andufe  a  pris  le  furnom  de  Bermond. 
Quanta  Fredol  ôc  à  Geraud,  ils  furent  élus  évêques,  le  premier  du  Puy ,  ôc 
l’autre  de  Nifmes. 

Fredol  avoit  déjà  fuccedé  dès  l’an  101 6. à  Gui  évêque  dil  Puy.  Le  clergé 
^  PcuP^e  Vêlai,  l’élurent  par  un  luffrage  unanime  ,  ôc  eurent  moins 
ésXyitZ  d’égard  à  fon  illuftre  naillànce,  qu’à  fes  excellentes  qualitez.  A  peine  eut-il 
°h  ^ Nllmes*  P™  polfelfion  de  fon  églife, qu’il  la  combla  de  biens,  aulli- bien  que  le  monaftere 
v.  note  Pierre  du  Puy,  fondé  par  Gui  d’Anjou  l’un  de  fes  prédecelleurs.  Il  fie 
xxwn.  une  donation  en  faveur  de  ce  monaftere  l’an  1016.  elle  elt  fouferite  entr’au- 
très  par  le  comte  Pons ,  le  même  peut-être  que  le  comte  deGevaudan  de  ce 
nom  dont  on  a  déjà  parlé  5  à  moins  que  Guillaume  Taillcfer  comte  deTou- 
loufe  n’ait  donné  de  l'on  vivant  à  Pons  fon  fils  aîné ,  le  titre  de  comte  d’Au¬ 
vergne  ôc  de  Vêlai ,  à  raîfon  de  la  fuzeraincté  qu’il  s’étoit  réfervée,  à  ce  qu’il 
xvii  NorE  Par°îci  >  fur  ces  deux  pais.  Quoi  qu’il  en  foit ,  Fredol  *  étoit  encore  évêque 
k  er./>. i7J.  “u  Puy  en  ioio.  On  ignore  l’époque  de  fa  mort:  on  fçait  feulement  qu’il 
1  tbui.p.-).  décéda  le  i.du  mois*  d’Octobre.  Il  donna  ou  reftitua  quelques  terres  dansle 
100 uns*”*'  co,Tlc^  deSubftancion  à  l’abbaye  d’Aniane.  Salvatius  m  alors  abbé  de  ce  mo¬ 
naftere  ,  avoit  fuccedé  à  Raynald.  Ce  dernier  acquit ,  avec  fes  religieux,  d’E¬ 
tienne  évêque  d’Agde ,  deux  villages  du  diocqfe  de  Beziers,  la  V.  année  du  roi 
Robert,  ou  l’an  1001. 

n  k  no  ti  Quant  à  Geraud,  fécond  fils  de  Bernard  d’Andufe,  il  parvint  à  l’évêché  ■ 
xym.n. ,0.  Nifmes  prefque  dans  le  même  tems  que  Fredol  fon  frere  à  celui  du  Puy, 

ôc  il  le  polïedoic  déjà  en  iory.  Il  fucceda  à  Frotaire  frere  d’Aton  vicomte 
lx m.  d’Albi  ôc  deNifmes,  qui  occupoit  encore  *ce  fiege  en  1014.  ôc  qu’on  a  pré- 
Ardi^cqiies  tendu  fans  aucun  fondement"  ,  avoir  été  fils  aîné  du  même  Bernard  d’An- 

de  Nurbonoe.  i  r 

Evcqucs de  Be-  #  . 

ziers &  de Lo-  Matfred  évêque  de  Beziers  &  de  Lodeve  conferva  ces  deux  évéchez  jufl 

o'itd.n.v.  (îu^  mort-  Il  vivoic  encore  au  mois  d’Octobre  de  l’an  1010.  qu’il  fe  trouva 
p  Mare.  Hi'p.  P  avec  Ermengaud  archevêque  de  Narbonne,  à  l'élection  deBorrel  évêque 
p -&!“}■  d’Aufonne.  Urbain  fon  fucceffeur  dans  l’évêché  de  Beziers  ,  confacra  en  - 
1016,  par  ordre  du  même  archevêque,  la  chapelle  de  S.  Martin  dansl’églife 


V  NOTE  ibii. 
«?• 


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^•75*0'  >?• 

C  tbid\ 

a  V.  Aguîrr. 
Conc.  Htjp  tc.f. 


f  Pr.ibtd. 


g  V.  Xott 
XXXl'.n.U 


DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIII.  i4P 

ée  Quarante,  fuivant  les  mémoires  tirez  de  cette  abbaye.  On  prétend  »  cepen-  A.n.ïoi6. 
dant  qu’Etienne  étoit  évêque  de  Beziers  cette  même  année  c  mais  on  l’a  con-  » 
fondu  avec  un  évêque  de  ce  nom  qui  vivoit  beaucoup  plus  tard.  On  donne  t> 
pour  fucceflèur  à  Matfred  dans  l’évêché  de  Lodeve  un  certain  Olimbellus. 

Bernard  dont  on  a  «  fait  deux  évêques  ,  avoit  déjà  fuccedé  à  ce  dernier  dès 
l’an  1031.  Il  mourut  en  104  y. 

Ermengaud  étoit  donc  encore  atchevêqùede  Narbonne  *  en  ÏO16.  mais  il 
ne  furvêcutpas  long-tems.  Après  fa  mort  l’archevêché  de  cette  ville  qui  étoit 
alors  un  des  plus  riches  de  la  chrétienté, excita  la  cupidité6  de  divers  prétcndans.  ‘  c  ér.p.  i$t.& 
Adalger  abbé  de  Conques  en  Rouergue  fe  mit  lur  les  rangs ,  8c  non  content  Je£,iLchrM0V. 
d’avoir  acheté  cette  abbaye  à  beaux  deniers  comptans  avec  celle  deFigeac,  édita.  1^.141, 
il  en  vendit  les  biens  pour  marchander  l’archevêché  de  Narbonne.  Guiffred 
comte  de  Cerdagne  le  donna  de  fon  côté  f  de  grands  mouvemens  pour 
procurer  ce  bénéfice  à  Guiffred  fon  fils  puîné ,  qui  n’avoit  alors  que  dix 
ans.  Le  fuccez  de  fês  démarches  lui  parut  d’autant  plus  alluré ,  qu’outre  la 
grandeur  de  fa  naiflance  &  de  fes  domaines ,  il  étoit  allié  de  Raymond  vicomte 
de  Narbonne  ,  qui  fuivant  l’ufage  de  ce  fiecle,  devoit  difpofer  en  quelque  ma¬ 
niéré  de  l’archevêché  de  cette  ville.  Berenger  fils  aîné  de  ce  vicomte  avoit 
cpoufé.g  en  effet  dès-16rs  Garfinde  fille  de  Bernard  comte  de  Befalu  & 
niece  du  comte  de  Cerdagne  fon  frere.  Celui-ci h  comptant  fur  cet  appui ,  fe  reiv  h 
dit  d’abord  à  Narbonne  ,  8c  agit  avec  ardeur  auprès  du  vicomte  Raymond, 
de  Ricarde  fa  femme ,  8c  de  Berenger  leur  fils  fon  allié ,  pour  les  engager 
dans  fes  intérêts.  Il  promit  au  premier  cent  mille  fols  à  partager  entre  Luy  & 
le  comte  de  Rouergue ,  qui  en  qualité  de  marquis  de  Gothieôc  de  comte  parti¬ 
culier  de  Narbonne  avoit  aulfi  ,  part  à  l’élcclionde  l’archevêque.  Le  vicomte  8c 
fa  femme  firent  d’abord  difficulté  d’accepter  ces  offres  ;  mais  Berenger  leur 
fils,  moins  fcrupuleux  ,  foutint  avec  tant  de  fermeté  la  demande  du  comte, 
que  le  vicomte  fon  perc  pour  ne  pas  le  chagriner ,  y  confcntit  enfin.  Le  jeune 
Guifred  fut  donc  élu  après  que  le  comte  de  Cerdagne  fon  pere  eut  compté 
pour  l’ évêché  la.  fomme  promifè  ,  que  le  comte  de  Rouerque  ,  (ÿ-  le  vicomte  de  Nar¬ 
bonne  partagèrent.  Le  nouvel  archevêque  fit  ferment  en  même  tems  à  ce  der¬ 
nier ,  &  à  Berenger  fon  fils ,  de  ne  leur  porter  aucun  préjudice ,  8c  quoi  qu’il 
fut  encore  fort  jeune  ,  il  fut  facré  neanmoins  bientôt  après  ,  enforte  qu’il 
faifoit  les  fondions  >  épifcopales  à  l’àge  de  quinze  ou  dix-huit  ans  tout  au  i  Vr.p.^i 
plus.  Ce  défordre  doit  paroître  d’autant  moins  furprenant  ,  qu’il  étoit  alors  f*‘0Ar‘é 
prefque  general  dans  l’églife.  Celle  de  Rome  n’en  fut  pas  exempte  ,  8c  on  vit  „B’noi 
quelques  années  après  un  pape*  âgé  feulement  de  douze  ans. 

Bernard  comte  de  Befalu ,  8c  oncle  du  jeune  archevêque  de  Narbonne,  fie 
Un  voyage  à  Rome  avec  fes  fils  Guillaume  8c  Guifred ,  à  la  fin  de  l’an  1016. 
peut-être  pour  demander  au  pape  Benoît  VIII.  qui  occupoit  alors  le  fiege  l'évcciicdc  Bc- 
apoftolique,  la  confirmation  de  l'élection  de  fon  neveu.  Nous  fqavons  du 
moins  qu’il  y  follicita  k  ,  tant  en  fon  nom  qu’en  celui  de  Guifred  comte  de  dcNaibonuc. 
Cerdagne  fon  frere ,  l’ére&ion  d’un  fiege  épifcopal  pour  leur  domaine ,  qui  ^  MArcM‘‘f' 
dépendoit  pour  le  fpirituel  des  dioccfes  voifins,  8c  qui  comprenoit  les  coin» 
tez  de  Befalu,  de  Valefpir  8c  de  Fcnouilledcs  pofledez  par  le  premier,  8c  ceux 
de  Cerdagne  ,  de  Berga  8c  de  Confiant  avec  une  partie  du  Rafez  par  l’autre. 

Bernard  pour  obtenir  plus  facilement  du  pape  la  grâce  qu’il  demandoit ,  fit 
beaucoup  valoir  auprès  de  lui  les  dernieres  difpofitions  du  comte  Oliba  fon 
pere,  qui  en  mourant  l’avoit  laiifé  avec  fes  freres,  fous  la  protection ,  8c  en 
quelque  forte  fous  la  tutelle  du  faint  fiege.  Il  propofa  trois  monalteres ,  fqa- 
voir  Notre-Dame  de  Riupoll ,  faint  Paul  de  Fenouilledcs ,  8c  faint  Geniez  de 
Befalu  pour  y  placer  le  fiege  épifcopal  dont  il  demandoit  l’creétion,  8c  qu’il 
offrit  de  doter  de  fon  propre  fonds.  Enfin  il  pria  le  pape  de  vouloir  facrer 
mi-même  pour  ce  nouvel  évêché  Guifred  fon  fils  qu’il  avoit  amené  avec  lui. 

Benoit  écouta  favorablement  la  demande  du  comte ,  8c  fit  expedier  en  con¬ 
séquence  une  bulle  le  16.  de  Janvier ,  indiïtion  ry.  ou  l’an  1017.  par  laquelle 
il  lui  permet  d’établir  un  évêché  dans  l’un  des  trois  monafteres  qu’il  avoit 
defignez.  Il  fe  réferva  en  même  tems ,  &  à  fes  fuccefleurs ,  la  confécration 
des  évêques  ,  qui  feroient  tenus  de  payer  chacun  une  livre  d’or  à  l’églifè 


•  H,Jt' 

'  Benoit  IX. 

LXIV. 
Eicdion  & 

fupprcllion  de 


.100  7'Cje(lV 


IOI7. 


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ÏOiy. 


U  Marc.  Uip. 


b  lbid,p>  4»^. 


LXV. 

Sicgc  de  Nar¬ 
bonne  par  les 
Sarafins.  Leur 
défaite, 
c  V.  Ferrer.nnn. 
lo  i  7, 


àAdtm.Câb. 


e  ilid. 


i Cttll.Chr.nov . 

ti.tO.X.pA\6l. 
^  Ma  b.  ad  ttnn. 
lOlr.ff.6*. 

101  8. 

LXV/. 
Mort  de  Ray¬ 
mond  vicomte 
de  Narbonne. 
Bérenger  l'on 
fils  lui  iuccede. 
h 

H- 

i 


i5  b  HISTOIRE  GENERALE 

Romaine  ,  «on  ,  dit  le  pape ,  pour  cette  confécration  ,  mais  pour  màr* 
y ue  de  foumijfion  &  d'obeiffdnce.  Il  défend  à  ces  prélats  de  porter  les  armes 
•contre  les  chrétiens ,  &  à  toutes  fortes  de  perfonnes  de  les  y  contraindre. 

Le  comte  de  Befalu  fut  à  peine  de  retour  dans  fes  états,  qu’il  choifit  l’ab- 
<baye  de  faint  Geniet,  de  Belalu  pour  y  fixer  le  fiege  épifcopal.  Il  le  dota  de 
plufieurs  églifes  &  domaines  fituez  dans  les  fix  comtez  de  fon  domaine  &  de 
celui  de  fon  frere ,  dont  on  a  déjà  parlé,  fie  qui  devoiertt  former  le  nouveau 
diocèfe  de  Befalu.  11  défend  par  fa  charte  à  toutes  les  puiflànces,  au  pape 
même ,  &  au  concile  general ,  de  rien  changer  à  cette  difpofition  *  &  en  cas  que 
cela  arrivât,  il  ordonne  que  tous  les  biens  qu’il  donnoitpour  cela  ,  luirevien- 
droient ,  ou  à  la  pofterité.  L’ade  eft  daté  du  mois  de  Février  de  L’année  roi 7. 
La  JT  JT I.  du  régné  de  Robert -,  fie  fouferit  après  lui  par  la  comteflè  Tote  fa  fem¬ 
me  ,  Guillaume  fon  fils  ,  qui  voulut  contribuer  de  moitié  à  cette  fondation  ,  Dal- 
mace  vicomte  de  Befalu,  Guillaume  vicomte  de  Valefpir,  Pierre  vicomte  de 
Fenouilledes ,  Segarius  du  château  de  P ierrepertufe ,  fie  plufieurs  autres  teigneurs 
fes  vaflaux  ou  du  comte  de  Cerdagne  fon  frere. 

Bernard  légua  en  iozO.  par  fon  teftament  a  l’évêché  de  Befalu  à  Henri  fon 
fécond  fils,  à  condition  que  celui-ci  le  tiendront  en  fief  de  Guillaume  fon  frere 
aîné  ,  après  la  mort  de  Guifred  leur  autre  frere  qifi  en  avoit  été  pourvu  j 
mais  malgré  toutes  les  précautions  du  comte  pour  empêcher  la  fupprelfion  de 
cet  évêché  ,  Se  le  perpétuer  dans  fa  famille ,  il  fut  fupprimé  bientôt  après. 
L’archevêque  de  Narbonne  b ,  &  les  évêques  d’Elne  ,  de  Gironne  ,  d’Urgel  fie 
d’Aufonne,  s’oppoferent  fi  forcement  à  fon  éredion ,  faite  fans  leur  conlente- 
ment ,  Se  aux  dépens  d’une  partie  de  leur  diocèfe,  qu’ils  la  firent  échouer. 

Tandis  que  le  comte  de  Befalu  étoit  en  Italie,  les  Sarafins  de  Saragofie  éten¬ 
dirent  c  en  1017.  leurs  courfes  jufqu’à  Barcelone  ,  foüs  la  conduite  de  Mundic 
leur  gouverneur,  Il  y  a  lieu  de  croire  que  Raymond  comte  de  cette  derniere 
ville  voulant  s’oppofer  à  leurs  "entreprifes ,  fut  tué  dans  cette  occafion  :  car 
nous  fçavons  qu’il  mourut  la  même  année.  Après  fa  mort  les  infidelles  con¬ 
tinuèrent  la  guerre  contre  Ermeffinde  de  Carcaflbnne  fa  veuve  ,  tutrice  du 
jeune  comte  Berenger  leur  fils.  D’un  autre  côté  les  Sarafins  de  Cordoue  Se 
d’Andaloufie  s’étant  mis  d  en  mer  ,  allèrent  débarquer  de  nuit  fur  Tes  côtes  de 
la  Septimanie ,  dans  l’endroit  le  plus  voifin  de  Narbonne.  Ils  comptoient  de 
furprendre  cette  ville ,  fur  l’aflurance  que  leurs  devins  leur  avoient  donnée 
qu’ils  s’en  rendroient  facilement  les  maîtres  :  ils  l’inveftirenc  de  grand  ma¬ 
tin  5  mais  ils  furent  bien  trompez  dans  leur  attente.  Les  habitans  fe  voyant 
afliegez,  eurent  recours  à  la  priere,  fie  ayant  fait  une  communion  generale, 
fis  firent  une  fortie  fi  vigoureufe  fur  les  alfiegeans ,  qu’ils  paflèrent  les  uns  au 
fil  de  l’épée,  emmenerentles  autres prifonniers  ,fie  fe  làifirent  de  tout  leur  ba¬ 
gage.  Ayant  enfuite  partagé  le  butin  Se  les  prifonniers,  ils  expoferent  ces  der¬ 
niers  en  vente,  à  la  réferve  d’une  vingtaine  qui  étoient  d’une  taille  très-avan- 
tageulê,  &  dont  ils  firent  prêtent  à  Josfred  abbé  de  faint  Martial  de  Limo¬ 
ges  ,  lequel  en  retint  deux  à  fon  fervice ,  Se  donna  les  autres  à  plufieurs  prin¬ 
ces  étrangers  qui  fe  trouvoient  alors  en  cette  ville.  Nous  apprenons  toutes 
ces  circonftances  d’unhiftorien  contemporain e,  qui  remarque  que  ces  captifs 
ne  parloient  pas  la  langue  propre  des  Sarafins ,  mais  une  efpcce  de  Iparragouin, 
8c  qu’en  parlant  ils  jappoient  comme  de  petits  chiens.  Cet  auteur  fait  mention 
de  cet  événement ,  dont  il  ne  marque  pas  l’époque  précife,  après  avoir  parlé 
de  l’éleéHon  d’Ifambert  à  l’évêché  de  Poitiers.  Comme  ce  prélat  nefuccedaf 
à  Gifiabert  fon  prédeceflèur ,  qu 'après  le  mois  de  Mars  de  l’an  101  B.  Se  que 
Josfred  abbé  de  laine  Martial  de  Limoges  mourut  g  fur  la  fin  de  l’an  1019.il 
s’enfuit  de  là  que  les  Sarafins  firent  leur  tentative  fur  Narbonne  ou  vers  la  fin 
de  Pan  1 01  8.  ou  au  commencement  de  l’année  fui  vante. 

Raymond  vicomte  de  cette  ville  périt  peut-être  alors  -,  car  c’eft  à  peu  près 
l’époque  de  fa  mort.  Il  eft  du  moins  certain  qu’il  ne  furvêcut  pas  long-tcms  à 
l’archevêque  Ermengaud  fon  frere ,  fie  que  Berenger  fon  fils  lui  avoit  déjà 
fuccedé  h  en  1013.  Raymond  eut  deux  autres  fils  de  Ricarde  fa  femme, 
nommez  Ermengaud  8t  Guillaume.  II  eft  parlé  du  premier  dans  le  teftament 
de  la  vicomtelfe  Adélaïde  fon  ayeule  de  l’an  990.  >  fie  comme  il  étoit  l’aîné, 


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DE  LANGUED  OC.  Liv.  XI1Ï. 


15* 


àtequ’ilparoîc,  il  mourut  fans  doute  avant  Ton  pere.  Ennengaud  archevêque  AN.ioig, 
de  Narbonne  fait  mention  de  l’autre  dans  fon  teftament*  ,  liûvant  lequel  il  tPr.p.u Jt 


b  Ibid. 


CpW&f'î- 
V.Cattl  jutm. 


a  te 
de 

femble  qu’on  le  deftinoic  à  la  clericature.  Nous  ignorons  s’il  furvêcut  à  Ray¬ 
mond  fon  pere ,  qujeut  encore  une  fille  appellée  Ermengarde ,  laquelle  avoit 
déjaépoufé  en  1005.  b  Loup-Aton  fils  puîné  d’Aton  vicomte  de  Soûle. 

Berenger  après  avoir  fuccedé  à  la  vicomté  de  Narbonne  ,  reçut, avec  fa  fem¬ 
me  Garfinde ,  l’hommage  ou  ferment c  de  fidelité  de  fes  valïaux ,  entr’autres 
de  Guillaume  Hibrini  fils  d’ Adélaïde ,  pour  les  châteaux  de  Durban  &  de  faint  f^0, 
Martin;  de  Pierre  Amelius  de  Pierre-Pertufe  pour  la  ville  de  Narbonne  6c 
fes  dépendances ,  où  il  poflèdoit  fans  doute  quelques  fiefs  5  de  Pierre  fils  de 
Blimode,  &  de  Bcrmond  fils  de  Garfinde  pour  le  château  d ’Vgerno ,  aujour¬ 
d’hui  d  Beaucaire  fur  le  Rhône.  Ce  Pierre  promet e ,  après  la  mort  du  vicom-  d 
te,  la  même  fidelité  envers  fon  fils,  fuppofè  que  celui-ci,  ajoute-t-il,  me  frète  Pxxxtni° 
ferment  pour  ce  château  ,  ou  par  lui-meme ,  ou  par  quelqu'un  de  mes  pairs.  Enfin  cPmW. 
on  met f  au  rang  des  vaflaux  de  Berenger  vicomte  de  Narbonne, lu?  comte  Hugues  ;fs  cfu 
fis  de  Richarde ,  qui  lui  fit  hommage,  à  ce  qu’on  prétend,  pour  un  terroir  ap-  F  B<jje  u*rb.  p. 
pelle  de  Fonte  PeUgina  ;  mais  on  n’a  pas  fait  attention  que  c’eft  d’Hugues  comte  H1* 
de  Rouergue  &  de  Narbonne ,  &  marquis  de  Gothie ,  fuzerain  de  Berenger 
dont  il  s’agit  ici.  On  a  donc  pris  pour  un  hommage  le  ferment  que  les  feigneurs 
dominans  faifoient  fréquemment  dans  ce  fiecle  &  le  fuivant  à  leurs  valfaux  , 
ou  à  leurs  inferieurs ,  de  les  lailïèr  jouir  paifiblcment  de  leurs  fiefs  ou  de  leurs 
domaines.  Au  refte  Richarde  mere  de  Berenger  vicomte  de  Narbonne ,  vivoit 
encore  en  1031.  8c  elle  foufcrivit  -  alors  à  une  donation  que  le  même  vicomte 
fon  fils  fit  à  la  cathédrale  de  Narbonne  pour  fon  ame,  pour  celle  de  Raymond 
fon  pere,  &  de  l’archevêque  Ermengaud  fon  oncle.  Garfinde  femme  de  Be¬ 
renger  &  Raymond  leur  fils  y  foufcrivirent.  Il  eft  encore  fait  mention 
de  ce  vicomte  &  de  fa  femme  dans  un  aéle  h  de  l’an  103  y. 

L’hiftorien  qui  rapporte  l’entreprife  des  Sarafins  fur  la  ville  de  Narbonne  , 
fait  mention  quelques  lignes  auparavant  d’un  fait  fingulier  qui  arriva  vers  le 
même  tems  à  Touloufe.il  raconte"  »  qu’Aymeric  vicomte  de  Rochechouardu 
ayant  fait  un  voyage  dans  cette  ville,  accompagné  d’Hugues  fon  chapelain, « 
celui-ci  fut  chargé  de  faire  la  ceremonie  de  donner  un  foufflet  â  un  Juif  a  Un 
fete  de  Pâques ,  comme  il  avoit  toujours  été  d'ufage.  Il  ajoute  que  le  coup  fut  a 
fi  violent ,  qu’il  fit  tomber  par  terre  la  cervelle  &Ies  yeux  du  Juif,  quiexpira« 
fur  le  champ ,  &:  que  la  fynaytyte  de  T ouloufe  enleva  de  la  cathédrale  de  faint  « 

Etienne  pour  l’inhumer  dans  fon  cimetiere.  »>  Ce  fiit,  qui  prouve  qu’il  y  avoit 
alors  un  grand  nombre  de  Juifs  àTouIoufe,  femble  confirmer  celui  qui  eft  rap¬ 
porté  par  k  l’auteur  de  la  vie  de  S.  Theodard  archevêque  de  Narbonne,  fçavoir  Caui.mim . 

que  l’empereur  Charlemagne  avoit  condamné  de  fon  tems  les  Juifs  de  Tou- 
loufe  à  être  fouffletez  les  trois  principales  fèces  de  l’année  devant  la  porte 
de  la  cathédrale,  pour  avoir  autrefois  livré  la  ville  aux  Sarafins  ;  mais  outre 
que  cette  vie  eft  remplie  de  fables  &  d’anachronifines  1  ,  il  eft  faux  d’ailleurs 
que  les  Sarafins  fe  foient  jamais  rendus  maîtres  de  Touloufe.  L’ufage  établi 
dans  cette  ville  au  commencement  du  XI.  fiecle  de  donner  un  foufflet  tous 
lesans  à  un  Juif  le  jour  de  Pâques  ,  a  donc  quelqu’autre  origine  que  nous 
ignorons.  Cette  peine  étoit  déjà  commuée01  au  commencement  du  XII. .fie¬ 
cle  en  une  leu  de  ou  peage  que  les  Juifs  étoient  obligez  de  payer  dans  le  faux- 
bourg  de  Touloufe,  au  profit  des  chanoines  de  faint  Saturnin  ,  depuis  la  fête 
de  tous  les  Saints,  jufqu’à  celle  de  ce  faint  martyr,  qui  tombe  â  la  fin  de 
Novembre.  Les  Juifs  de  Touloufe  payoient  aufii  ,  fans  doute  parla  même 
raifon,fur  la  fin  de  ce  fiecle  ,  &  au  commencement  du  XIV.  une  redevance 


g  Pr.f.  i«; 


b  p.\$6. 

LX  Vif. 
Juifs  de  Tou 
loufe. 

i  Adem.  Cab 
H77- 


I  Ilid.fj.fiu 
&f<M. 


m  Ibidp.jio* 


lxv:îî. 

Pierre  éveque 

de  quarante-quatre  livres  de  cire  à  la  cathédrale  de  faint  Etienne,  qu’elle  de  Toulüulc 
employoit  pour  le  cierge  pafe  hal. 

La  comcellè  n  de  Barcelone  ,  pour  foutenir  la  guerre  contre  les  Sarafins , 
fit  alliance  avec  un  prince  Normand  nommé  Roger,  à  qui  elle  donna  fa  fille  s/” 
en  mariage.  Ce  prince ,  que  quelques  auteurs  0  confondent  mal-à-propos  avec  ^  kote 
Richard  alors  duc  de  Normandie,  ayant  équippé  auffi-tôt  une  flotte,  def- 
cenditfur  les  côtes  de  la  Marche  d’Efpagne,  fit  une  guerre  implacable  aiix  p^r  &  l>q- 


imcnEfpanne 
contre  les  $ j ra- 
lins. 

n  A  dem.  Cab. 


wfideles , 


en  tua  un  grand  nombre ,  leur  enleva  divers  châteaux ,  &  obligea 


V.  iagt.  ad 

40/7.(01*.  0.4. 


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Att.ioi  8. 


.  txix. 

Aflcmblcc  de 
Giroanc.  Nou* 
vellc  dédicace 
de  l’églifc  de 
formigacra 
dans  le  Capcir. 

‘a  Mdre.  Hifp. 
f.  ioi6.fr  j'ej. 

IOI9. 


b  kâphultû.  i. 

c  ann. 

101 


d  r.Pr*.j8$. 


c  VrfA71.fr 

fi* 


LXX.  ^ 

ïondaiion’de 

J’abbaye  de  S. 
Gêniez  dans  le 
riiocèfe  de  Ma- 
puelonnc. 
f  Pr.p. 17  h  fr 
fi,. 


jfX  HISTOIRE  GENERALE 

enfin  leur  roi  à  demander  la  paix  à  la  comtefle  qui  la  lui  accorda ,  à  condi¬ 
tion  qu’il  lui  payerok  un  tribut  annuel.  Pierre  évêque  deTouloufe  alla  join" 
drc-le,  prince  Normand  dans  cette  expédition  ,  ôc  prit  part  à  les  victoires- 
Après  que  la  paix  eut  été  conclue  avec  les  Sarafins  voifins  de  Barcelone , 
ce  prélat  s’embarqua  avec  Roger ,  ÔC  l’accompagna  jufqü’à  l’extrémité  de 
l’Elpagne.  Ils  y  firent  un  jour  une  defeente  à  la  tête  feulement  de  quarante 
hommes,  avec  lefquels  ils  attaquèrent  cinq  cens  Maures  qui  s’éteient  mis 
en  embufeade,  les  enfoncèrent  par  trois  fois,  en  tuerent  plus  de  cent ,  ôc 
remontèrent  enfuite  fur  leurs  vaifleaux.  C’eftainfi  que  Roger  qui  perdit  dans 
cette  occafion  un  frere  naturel  qui  l’avoit  fuivi,  retourna  victorieux  en  Nor¬ 
mandie. 

La  comtefle  de  Barcelone  délivrée  de  la  guerre  des  Sarafins  par  le  fecours 
;  de  ce  prince  ,  s’appilqua  enfuite  fansobllacle  au  gouvernement  de  fes  états, 

:  qu’elle  adminiftra  avec  beaucoup  de  fagefle.  Elle  ôc  Berenger  fon  fils ,  comte 
&  marquis ,  alfillerent  *  à  une  aflèmblee  nombreufe  que  Pierre  évêque  de 
.  Gironne  fon  frere  convoqua  dans  fa  ville  épifcopale  le  2.  de  Novembre  de 
'•l’an  1019.  pour  établir  la  vie  commune  parmi  les  chanoines  de  la  cathé¬ 
drale.  Les  évêques  Deufdet  de  Barcelone  ,  Ermengaud  d’Urgel  ,  Berenger 
d’Elne,  Adalbert  de  Carcaflonne,  ôc  Aton  de  Confêrans ,  fe  trouvèrent  à 
cette  aflèmblée,  avec  Bernard  abbé  delà  Grafle ,  ôc  plufieurs  autres  abbez 
ôc  ecclefiaftiques.  Le  pape  Benoît  VIII.  Amelius  d’Albi,  Hugues  d’LJfcz  , 
Etienned’Apt,  6c  divers  autres  évêques,  fouferivirent  quelque  tems  après  i 
l’acte  de  cet  établiflement.  Adalbert  évêque  de  Carcaflonne  avoir  affilié 
b  deux  ans  auparavant  avec  les  évêques  Ermengaud  d’Urgel  ,  Ôc  Pierre  de 
Comminges  à  l’élection  d’Aymeric  évêque  de  Rode  ou  de  Ribagorce,  qu’ils 
avoient  confacré.  Quant  à  Bernard  abbé  de  la  Graflè ,  il  avoit  fuccedc  à  Etien¬ 
ne,  qui  poflèdoit  c  encore  cette  abbaye  en  101  j.  ce  qui  montre  que  quoi 
qu’elle  fut  du  nombre  de  celles  dont  Roger  I.  comte  de  Carcaflonne  avoit 
aifpofé  par  fon  teflament  en  faveur  de  Pierre  fon  fils  alors  évêque  de  Gi¬ 
ronne  ,  6c  que  ce  prélat  en  ait  joui  jufqu’à  fa  mort d  *  il  lafaifoit  cependant 
gouverner  par  un  abbé  régulier ,  6c  n’en  avoit  proprement  que  le  patronat  ÔC 
i’avouerie. 

Guifred  archevêque  de  Narbonne  affilia  c  de  fon  côté  ,  le  6.  Octobre  de  la 
même  année  à  une  autre  aflemblce  qui  fut  tenue  à  Formiguera  dans  le*Ca- 
pcir,  où  il  confacra  la  nouvelle  églife  de  Notre-Dame ,  qu’Aribcrt  abbé  de 
laint  Jacques  de  jocoudans  le  Rafez  dont  elle  dépendoit ,  ôc  Salomon  qui  en 
étoit  prévôt  ou  prieur,  avoient  fait  réparer  ou  aggrandir  depuis  peu.  Guifred 
comte  de  Cerdagne,  pere  de  l’archevêque  de  Narbonne  donna  fon  confcn- 
tement  pour  la  dédicace  de  cette  églife ,  6c  la  dota  fuivant  l’ufage ,  avec 
Bernard  comte  de  Befalu  fon  frere.  Le  même  prclat  confacra  aufli  vers  le 
même  tems ,  à  la  priere  du  prévôt  de  Formigucra,l’cgli/c  de  S. Martin  de  Ricu- 
tortque  le  comte  Guifred  fon  pere  dota  auili  :  ce  qui  prouve  19.  Que  Gui¬ 
fred  archevêque  de  Narbonne  faifoit  les  fondions  épifcopales  à  l’àge  de  qua¬ 
torze  à  quinze  ans.  2  Que  le  Capcir,  qui  pour  lefpirituel  dependoit  dudiocèfe 
de  Narbonne,  faifoit  alors  partie  pour  le  temporel,  du  comté  de  Cerdagne.  * 

Il  fe  tint  encore  une  aflemblée  dans  la  Septimanie,  à  l’occafion  de  la 
fondation  d’une  abbaye  de  filles,  qu’un  feigneur  f  nommé  Godran,  6c  fes 
deux  fils,  Eleazar  ôc  Berenger,  firent  conflruire  dans  un  endroit  du  diocèlè 
de  Maguelonne  appellé  Marcanicus  ,  ou  autrement  Carus-locus  ,  fous  l’invo- 
,  cation  de  faint  Gêniez  martyr.  Godran  qui  auparavant  avoit  donné  en 
dot  ce  domaine  à  fa  fille  Judith ,  mit  ce  nouveau  monaflere  fous  l’autorité 
de  l’abbé  de  Pfalmodi  au  diocèfe  de  Nifmes,  par  un  acle  daté  du  18.  de 
Juillet  de  l’an  1019.6c  fouferit  par  Pierre  évêque  de  Maguelonne,  Bernard 
comte  de  Subflancion ,  Geraud  évêque  de  Nifmes,  Warnariusabbé  de  Pfal¬ 
modi  ,  6c  plufieurs  feigneurs  féculiers ,  entr’autres  Bernard.  &  fes  fils  ,  Gaucclin. 
é- [es  fils.  Le  premier  efl  fans  doute  le  même  que  Bernard  feigneur  d’Andufe 
dont  on  a  déjà  parlé.  L’autre  étoit  vrai-fcmblablemcnt  feigneur  de  Lunel 
au  diocèfe  de  Maguelonne  5  car  fon  nom  fut  comme  afFeété  aux  icigneurs 
de  cette  ville ,  qui  elt  un  ancien  titre  de  baronie. 

Les 


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toi.  & 


t  f.  is*. 


DE  LANGUEDOC.  Lïv.  XIIÎ. 

Les  feigneurs  ne  foulcrivirent  à  cet  acte  que  par  leur  (impie  nom  de  ^N  IOI  »' 
baptême }  mais  plufieurs  d’entr’eux  prennent  le  (urnom  de  leurs  terres  dans  1  ‘ 
la  foufcription  d’un  autre,  dreiîé  lix  ans  après*  pour  l’élection  d’une  abbelle  *  tr-pw* 
de  S.  Geniez,  qui  fe  fit  dans  une  nouvelle  aüemblée  tenue  à  ce  fujet,  Judith  fille 
du.fondateur  du  monaltere,y  fut  élue  abbelle  du  contentement  de  Warna- 
rius  abbé  de  Plalmodi ,  de  Pierre  évêque  de  Maguelonne ,  de  Bernard  comte 
de  Subftancion ,  du  clergé  6c  du  peuple,  6c  de  treize  reiigicufès  qui  coih- 
pofoient  la  communauté.  L’acte  elt  da té  du  20.  Novembre  de  L’an  1023.  de  L’ Ere 
Tfpnjnole  1063.  l.t  JC  AT  JT.  année  du  re^ne  du  roi  Robert.  Trois  abbez  du  voifina- 
ge,  içavoir  Gérard  de  faint  Gilles,  Salvat  d’Aniane,  &  Gaufred  deGellone, 
ou  de  faint  Guillem  du  Défère  y  foufèrivirent  avec  Pons  prévôt  delà  cathe- 
dralede  faint  Pierre  de  Maguelonne,  6c  divers  fèigncurs  iéculiers  du  voifi- 
nage.  Alimburge  fuccedaben  1042.  à  Judith  abbellè  de  S.  Gêniez  fa  parente.  &>• 

Ce  monaftere  fubfifte  encore,  6c  efl  ficué  à  crois  quarts  de  lieues  de  la  ba- 
ronie  de  Caftries  vers  le  nord,  &Ies  frontieresdu  diocèlè  de  Nilines  5  celui 
deGallargues  dans  le  voifinage,  fondé  en  <027, c  pour  des  religieufes  ,  par  Ro- 
ftaing  feigneur  de  ce  lieu  6c  les  fils,  lequel  elt  aujourd’hui  ruiné,  en  dependoic 
autrefois. 

Gérard  abbé  de  S.  Gilles  fouferivic  d  auflî  Le  Jeudi  20.  d'Ocfobre  de  l'an  lxxi. 

1020.  à  une  donation  que  Bernard  feigneur  d’Andulê,/és  fils  Fredol  évêque 
du  Puy  ,  Geraud  évêque  de  Nifmes  ,  Raimond  6c  Bermond ,  6c  la  com-  a  U.cz  &  de 
tefie  Garfinde  là  femme,  mere  des  deux  derniers,  firent  à  la  cathédrale  de  v'l'"c'<:'  -  - 
Nifmes,  de  quelques  terres  fituées  aux  environs  des  châteaux  d’Andufè  6c  I02°* 
de  Sauve  dans  le  comté  de  Nifmes ,  en  prefcnce  de  Siguin  abbé  de  Cendras.  d 
Cette  derniere  abbaye  fubfiitoit  par  conféquenc  alors ,  6c  c’clt  le  plus  ancien  xvu\.».u. 
monument  que  nous  connoillions  où  il  en  foirparlé.  Elle  elt  ficuée  fur  le  Gar¬ 
don,  à  une  lieue  ou  environ  d’Alais  vers  le  nord,  dans  le  nouveau  diocc/è 
de  ce  nom.  • 

Il  elt  fait  mention  du  même  Fredol  évêque  du  Puy  dans  une  lettre c  que  le  e Conciin.p. 
pape  Benoît  VIII.  adreflà  vers  le  même  tems,  f  en  faveur  de  l’abbaye  de 
Cluni,  à  plufieurs  évêques  de  Bourgogne ,  d’ Aquitaine  &  de  Provence.  Du  nom-  xxrut.n.f. 
bre  de  ces  prélats  font  Hermand  ou  Herimand  de  Viviers,  6c.  Heribald  dVfcz. 

Celui-ci  afiîila  au  concile  d’Anfè  g  tenu  l’an  iozy.ee  qui  prouve  queiafoufl 
cription  d’Hugues  fon  fuccelleur  ,  à  l’acte  de  l’établillèment  fuie  en*  1019.  fSS9‘ 
de  la  vie  commune  parmi  les  chanoines  de  l’églilc  de  Gironne ,  elt  polie- 
rieure  de  plufieurs  années.  Quant  d  Hermand,  on  prétend  qu’il  éroit  bévê-  h  cohmb.ii. 
que  de  Viviers  de*  l’an  101  y.  6c  qu’il  alfilta  aux  états  que  le-npercur  Conrad  cl'/  ‘\lnjt 
convoqua  en  1032.  kLyon.  Geraud  I.  lui  avoit  fuccedé  en  1 03 y.D’autres  «met-  /<>.:. put  1. 
tent  un  Gaucerand  evêque  à  Viviers  en  10 24. mais  ce  dernier  11’elt  pas  diffe-  « 
rent  k  de  Gaucerand  évêque  de  cette  ville  en  1124.  k  yxilfcbr. 

La  partie  delà  province  limitrophe  de  l’Elpagne,  fit  une  perte  confidera^  ”oveJ-  "•*•/’- 
ble  l’an  1020.  en  la  perfonne  de  Bernard  comte  de  Belalu ,  de  Fenouille-  ?Slxxîi. 
des  &de  Valefpir ,  à  qui  fes  excellentes  qualirez  méritèrent  le  glorieux  titre  Mort  de 
de  prince  &de  pere  de  la  patrie.  Il  avoit 1  entrepris  un  voyage  en  Provence  pour 
y  négocier  le  mariage  de  Guillaume  fon  fils ,  lors  qu’à  fon  retour,  ayant  Fenouil  ia*. 
voulu  tenter  le  26.de  Septembre  de  cette  année,  de  palier  le  Rhône  à  la  lcs 

nage  fur  fon  cheval  ,  il  lut  malheurculèment  entraîné  par  la  rapidité  des  Guiibumcroa 
flots  qui  le  fubmergerent.  On  le  retira  cependant  du  fleuve  ,  6c  on  tranf. 
porta  fon  corps  à  l’abbaye  de  Riupoll  en  Catalogne  ,  où  il  fut  inhumé.  rcz"  c  com* 

Quelques  jours  après  Oliba  évêque  d’Aufonne,  6c  GuifFred  comte  deCer-  1  H'iP' 
dagne  fes  freres,  la  comtcfle  Totc  furnommée  ra  Adélaïde  fa  veuve,  &  plufieurs 
des  principaux  du  pais,  tant  ecclefiafliques  que  féculiers  ,  firent  procéder  à  fai- 
l’ouverture  de  fon  tcllament,dans  lequel  il  avoit  difpofé  de  la  maniéré  fuivante  m  f,9Si' 
des  domaines  qu’il  polfedoit  en  deçà  6c  en  delà  des  Pyrénées.  Il  fait  d’abord  des 
legs  confiderables  à  la  plupart  des  églifes  de  la  Marche  d’E/pagne ,  à  l’ab¬ 
baye  de  faint  Martin  de  Lez  dans  Ion  comté  de  Fcnouilledes ,  6c  à  celle  de 
la  Grade.  Il  difpofe  enfuite  de  l’évêché  de  Befala  en  faveur  d’Henri  fon  fils 
pour  le  polfeder  après  la  mort  de  Guifred  fon  autre  fils  qui  l’occupoic  alors, 
à  condition  que  lorfque  le  premier  auroit  atteint  l’âge  de  2  y.  ans ,  6c  env 
Tome  II,  ,  V 


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An  «1020* 


•  V.Prf. 
1**Pr.f.7S. 


b  CAtil.mtm. 

t-  J 


C  Pr.f.  104. 

d  À/*rr.  Hifr, 
Hh- 


LXXIIÎ. 

S  Ytarnabbé 
de  S.Viâor  de 
Marleill.  natif 
duTouloufain. 
c  jf£.  SS.  #ri. 
S.Btruti.fâc.VI. 
fârt.  \.f.  60 7. 


,y4  HISTOIRE  GENERALE 

brade  la  clericature,  il  recevroic  cet  évêché  en  fief  de  Guillaume  Ton  frere 
aîné,  ainfi  qu’on  l’a  remarqué  ailleurs.  Il  donne  en  partage  à  fon  fils  Hu¬ 
gues  divers  alleus  8c  villages  du  meme  comté  de  Fenouilledes ,  8c  les  fubfti- 
tue  à  celui  de  Tes  fils  qui  feroit  comte  de  Befalu.  Il  ne  légué  auflî  que  quel¬ 
ques  alleus  pour  tout  héritage  à  un  autre  de  les  fils  nommé  Berenger  qui 
étoit  alors  en  bas  âge.  II  donne  un  autre  alleu  du  comté  de  Fenouillcdes, 
avec  Adélaïde  fa.  fille,  au  monaltere  de  faint  Paul  fitué  dans  la  vallée  d’An- 
foli,  &  quelques  autres  biens  à  Confiance  Ton  autre  fille, alors  fort  jeune. 
Il  laiflè  à  Tote  fa  femme  la  jouiflânee  du  comté  de  Valefpir ,  dont  il  difl 
pofe  après  la  mort  de  cette  comtefle  en  faveur <de  Guillaume  fon  fils  aîné, 
ou  de  celui  des  fils  de  ce  dernier  qui  feroit  comte  de  Befalu.  Il  donne  au 
même  Guillaume  ce  dernier  comté  ,  difFerens  domaines  de  la  Marche 
d’Efpagne  qui  en  dépendoient ,  6c  enfin  le  château  &  le  cosntè  de  Fenouille- 
des ,  avec  fes  dépendances  j  f^avoir ,  le  château  &  le  païs  de  Pierrc-pcrtufc  ,  l’ab¬ 
baye  de  fàinte  Marie  de  Cubieres  ,  le  château  de  Tantavcl ,  8c  plufieurs  au¬ 
tres  châteaux  ou  villages  qui  autrefois  avoient  fait  *  partie  du  comté  de  Ra- 
fezj  les  terres  qu’il  avoir  acquifes  de  l’évêque  Pierre  fur  les  frontières  du 
Narbonnois  6c  du  Rouflilion,  jufqu’au  Puy  d’Aguilar  }  celles  qu’il  polledoir 
dans  ce  dernier  païs  ,  entr’autres  l’abbaye  de  faint  Etienne  près  de  la 
riviere  de  Ter ,  ôcc.  Il  fubftitue  fes  autres  fils  Hugues ,  Berenger  8c  Henri ,  à 
Guillaume  leur  aîné,  6c  à  leur  défaut  il  appelle  a  fa  fubllitution  celui  de  fes 
neveux  qui  fè  trouveroit  comte  de  Cerdagne.  Il  laide  fa  femme  8c  fes  en- 
fans  en  la  garde  6c  fous  la  protection  de  fes  frères ,  6c  fes  fils  cadets  fous  la 
tutelle  de  Guillaume  leur  aîné.  Il  donne  de  plus  à  Tote  fa  femme  la  jouif. 
fance  de  tous  les  biens  qu’il  avoit  leguez  à  fes  fils  Hugues  6c  Berenger ,  ÔC 
toutes  les  femmes  de  condition  ferve  de  là  maifon  :  il  donne  la  liberté  aux 
hommes  de  la  même  condition  ,  ainfi  qu’à  plufieurs  autres  ferfs  qui  fer- 
voient  au  dehors,  entr’autres  à  yldalbert  de  Cafés ,  qu’il  charge  de  donner  en 
reconnoiflànce  à  l’abbaye  de  Cubieres ,  cinq  onces  d’or  pour  faire  une  croix. 
Bernard  ne  fait  aucune  mention  dans  ce  teflament  de  Garfinde  fa  fille  qu’il 
avoit  mariée  quelque  tems  auparavant  avec  Berenger  vicomte  de  Narbon¬ 
ne,  fans  doute  parce  qu’il  l’avoic  déjà  dotée.  Il  lui  avoit  donné  vraifem- 
blablement  le  domaine  utile  des  châteaux  de  Pierre-pertufc  6c  de  Qucribus  3 
car  fusant  un  ferment  b  de  fidelité  prêté  par  le  même  Berenger  à  Guil¬ 
laume  comte  de  Befalu  ,  fils  de  la  comtcffe  Tote  ,  pour  cés  deux  châteaux 
fituez  fur  la  frontière  de  Rouïïillon,  il  s’oblige  de  les  garder  exactement ,  8c 
d’en  faire  hommage  aux  fuccefieurs  de  ce  comte.  • 

Guillaume  fucceda  donc  le  mois  de  Septembre  de  l’an  1020.  dans  les  com- 
tez  de  Bezalu  6c  de  Fcnouilledes  à  Bernard  fon  pere  ,  qui  en  avoit  même 
difpofé,àce  qu’il  paroît,  en  fa  faveur  dès  l’an  1014.  puifqu’en  1038.  c  on 
comptoit  la  XXIV.  année  du  gouvernement  de  Guillaume  dans  le  comté 
de  Fenouillcdes.  Quoi  qu’il  en  foit ,  ce  dernier  fut  furnommé  d  le  Gras ,  6c  il 
époufa  Adélaïde  ,  que  fon  pere  ,  ainfi  qu’on  l’a  déjà  vu,  alla  chercher  en 
Provence  *  ce  qui  nous  donne  lieu  de  croire  qu’elle  étoit  fille  de  Guillaume  I. 
ou  de  Guillaume  II.  comtes  de  ce  païs  5  à  moins  qu’elle  ne  l’ait  été  de  Guil¬ 
laume  Taillefer  comte  de  Touloufe,qui  en  ce  tems-Ià  fai foit  fa  principale  ré- 
fidence  au  delà  du  Rhône.  1 

Cette  province  étoit  alors  illuflrée  par  S.  Yfarn  abbé  de  faint  ViCtor  de 
Marfeille,  natif  du  village  de  Fredelas  -,  aujourd’hui  Pamiers  dans  l’ancien 
Touloufain ,  où  il  y  avoir  une  abbaye  de  chanoines  qui  vivoient  en  com¬ 
mun.  Ceux-ci ,  fuivant  l’auteur  contemporain  de  la  vie  de  ce  faint ,  fe  char¬ 
gèrent  du  foin  de  fon  éducation  pendant  les  premières  années  de  fon  âge.  Il 
étoit  à  peine  forti  de  l’enfance ,  que  touché  des  difeours  d’un  pieux  abbé 
nommé  Gaucelin,  qui  pafîapar  hazard  à  Fredelas,  il  réfolut  de  le  fuivre. 
Il  fe  mit  fous  fa  conduite  6c  l’accompagna  jufqu’à  Agde ,  où  Etienne  évêque 
de  cette  ville  lui  donna  l’habic  monallique.  L’abbé  Gaucelin  étant  enfuite 
allé  voir  fes  parens  à  Marfeille,  Ylarn  l’y  luivit,  6c  pendant  Ion  féjour  dans 
cette  ville,  ilvifita  fouvent  l’abbaye  de  (aintVi&or  que  l’abbé  Guifred  venoit 
<ie  rétablir.  Il  fut  fi  charmé  de  la  régularité  de  cette  maifon ,  qu’il  demanda  d’y 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  Xllt. 


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être  aggregé ,  ce  qui  lui  fut  accordé.  Sa  vertu  le  fît  élever  bientôt  ,  malgré  Ak 
fon  humilité ,  à  la  dignité  de  prieur  du  monaftere  *  &  enfuite  à  celle  d’abbé 
après  la  mort  de  Guirred,  arrivée  au  mois  de  Décembre  de  l’an  ion:  Il 
fut  lié,  d’une  amitié  très- étroite  avec  faint  Odilon  abbé  de  Cluni ,  qui  fai- 
foit  un  cas  fîngulier  de  Ion  mérite  :  en  un  mot ,  il  acquit  une  fi  grande 
réputation  de  iàinteté  ,  qu’en  la  confîderation  les  lèigneurs  &  les  prélats  de 
Provence,  &  des  pais  voifîns  ,  comblèrent  de  biens  l’abbaye  de  làinc  Viétor, 

&  fondèrent  divers  monafteres  Ibus  là  dépendance. 

Yfjirn  étoit  encore  abbé  de  ce  monaltere  en  104-7.  tjnand  les  Sarafîlis 
d’Efpagne  ayant  fait  une  delcente  fur  les  côtes  de  Provence,  pillèrent  la 
célébré  abbaye  de  Lerins ,  &  emmenerent  captifs  plufieurs  religieux.  Ceux 
qui  échappèrent  à  la  fureur  de  ces  infidèles  ,  allèrent  auïïi-tôt  prier  le  la inc 
abbé  de  leur  donner  quelques-uns  des  liens  pour  aller  folJiciter  avec  eux 
en  Efpagne  le  rachapc  de  leurs  confrères ,  à  caule  que  l’abbaye  de  laine 
Victor  qui  avoit  plufieurs  dépendances  en  ce  royaume,  y  étoit  fort  en  crédit. 

Yfarn  quoique  d’un  âge  avancé,  &  d’une  fanté  très-languifîànte  j  ne  vou¬ 
lut  pas  ceder  cet  a&c  de  charité  à  un  autre ,  &  s’eri  étant  chargé  lui-mê¬ 
me,  il  fe  mit  en  chemin,  &  arriva  dans  un  monaftere  du  diocèfe  de  Bar¬ 
celone  loumis  à  fon  autorité ,  où  il  tomba  malade  de  fatigue  &  de  ialïïtude. 
Raymond-Berenger  comte  de  cette  ville,  &  là  femme  Elizabeth  l’y  vifite- 
rent ,  lui  accordèrent  leur  prote&ion,  &  envoyèrent  des  ambalîàdeur s  aux 
rois  Maures  de  Dénia  &c  de  Tortofe  qui  avoient  en  leur  pouvoir  les  reli¬ 
gieux  de  Lerins ,  pour  les  prier  de  les  rendre ,  avec  menace,  en  cas  de  refus ± 
de  leur  déclarer  la  guerre.  Ces  princes  infidèles  rendirent  aufiï-tôt  leurs 
prifonniers  aux  amballadeurs  du  comte  de  Barcelone,  qui  les  remit  enluite 
lui-même  à  Yfarn,  lequel  les  conduifit  à  Marleille  comme  en  triomphe.  Il 
mourut  dans  cette  ville  de  la  mort  desjuftes  le  24.  de  Septembre  de  l’an-: 
née  fuivante,  &  fut  inhumé  à  iàinc  Viéfor  dans  un  tombeau  de  marbre.  Les 
frequens  miracles  que  Dieu  y  opéra  engagèrent  dans  la  fuite  les  reli¬ 
gieux  de  cette  abbaye  de  lui  rendre  un  culte  public,  &  l’on  célébré  fa -fête 
dans  tour  Marfeille  le  jour  de  fa  mort.  Saint  Ylàrn  reçut  à  la  profe/ïïon  mo- 
naftique  pendant  fon  gouvernement,  plufieurs  perfonnages  illultres  qui  furent 
élevez  à  l’épifeopat,  entr’autres  Pons  archevêque  d’Afles  ,  &c  Haimbaud  fon 
fuccefieur. 

Saint  Etienne  évêque  d’Apt  , qui  vivoic  alors  en  Provence,  doit  au/fi  fa  lxxiv. 
nailfance  au  Languedoc  $  ce  qui  fait  fans  doute  qu’on  trouve  là  foufeription  S.Etkaaehf- 
dans  la  plupart  des  conciles  qui  furent  tenus  fous  fon  epUcopat  dans  la  pro- 
vince  eccleliaftique  de  bfarbonne.  Il  3  naquit  à  Agde  vers  l’an  975.  fut  clû.  AG*n.ch,.»ov. 
évêque  d’Apt  en  1020.  &  fit  depuis  deux  voïages  à  Jerulàlem.  Etant  tombé 
très-dangereufemént  malade  durant  le  dernier ,  il  fit  vœu  de  faire  rebâtir  là 
cathédrale  détruite  depuis  les  incurfions  des  barbares ,  ce  qu’il  executaaprès 
le  rétablilïèment  de  fa  fanté ,  St  fon  retour  dans  le  pais.  Il  mourut  le  6.  de 
Novembre  de  l’an  1046.  âge  de  71.  an,  &  fut  inhumé  dans  fon  églife 
dédiée  fous  l’invocation  de  la  /ainte  Vierge,  où  il  e/t  honoré  d’un  culte  pu¬ 
blic  :  c’eftMe  lecond  Languedocien  évêque  d’Apt  reconnu  pour  faint.  v». 

L’églifede  France  avoit  alors  peu  de  femblablespafteurs.  Livrée  i  la  fitno.  ^/x'xv 
nie  &  à  la  licence  des  mœurs,  elle  eut  encore  le  malheur  d’être  infedee  vers  Miukhcens 
le  même  tems  par  l’herefie  des  Manichéens ,  qu’une  c  femme  venue  d’Italie,  *Tou- 
porta  d’abord  à  Orléans ,  où  elle  féduifit  plufieurs  perfonnes,  tant  ecclefia-  cauh.ij.c.t. 
ftiques  que  léculieres.  Elle  répandit  enfuite  fon  venin  en  diverfes  provinces  $***/?•*•/• 
de  France,  fur-tout  en  Aquitaine  dedans  le Touloufain d ,  où  fes  diiciples  qui 
mêloient aux  erreurs  de Manez,  les  abominations  des  Gnoftiques ,  firent  un 
grand  nombre  de  profelytes.  Quelques  modernes  e  ajoutent  »  qu’on  vir«  Dnch.it.  + 
alors  aux  environs  de  Touloufe  un  païfan  qui  portoit  fur  foi  une  poudre  «  Marc.  bu,». 
faite  d’offemens  d’enfans  morts  au  berceau,  avec  quoi  il  faifoit  tomber»  Ms 9- 
dans  cette  herefie  tous  ceux  à  qui  il  trouvoit  moyen  d’en  faire  avaler.  « 

Ces  auteurs  fe  fondent  pour  cette  circonftance  fur  l’autorité  d’Aymar  de  ms- 
Chabannois  hiftorien  contemporain  }  mais  on  ne  trouve  rien  de  (emblable 
dans  fa  chronique  1  :  ce  qu’il  y  a  de  certain ,  c’efi:  que  le  roi  Robert  donna 
T ome  II.  V  ij 


;ioir: 


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ÀN.1021. 


tXXVI. 

Eotrcptifcsdc 
'Guillaume 
comte  de  Befa- 
lu  &dcFcnouil- 
lcdcs. 

a  Archiva  de 
l'arch.  de  Nar. 
tonne . 

b  Matc.  Htft. 
#■•>0  }*■&!•* 


1015. 


c  titre.  Üifc 

tmi.&fa 

d  ibidf.ioxt. 


rj«  HISTOIRE  GENERALE 

dans  cette  occafion  des  marques  de  Ton  zele  pour  la  pureté  8 C  le  foutien  de 
la  religion.  Il  fit  aflembler  en  1011.  un  concile  à  Orléans  ,  dans  lequel 
treize  de  ces  feclaires  ayant  été  convaincus  de  leurs  infâmes  erreurs ,  furent 
brûlez  vifs.  On  fit  foufrnr  la  même  peine  à  ceux  qui  étoient  paflez  dans  le 
Touloufain,  8c  les  autres  provinces.  Quelques  années  après  Guillaume  comte 
de  Poitiers  8c  duc  d’Aquitaine  aflémbîa  à  Charroux  lur  le  même  fujet  un 
concile ,  auquel  outre  les  évêques  8c  les  abbez  ,  fe  trouvèrent  tous  les  prin¬ 
ces  d’Aquitaine.  Cependant  malgré  l’extrême  lévérité  dont  on  ufa  envers 
ces  heretiques ,  8c  le  foin  qu’on  prit  de  les  exterminer ,  on  ne  pût  étquffer 
entièrement  en  France  les  femences  de  leurs  erreurs.  Elles  fe  renouvelèrent 
dans  le  fiecle  fuivant ,  8c  donnèrent  l’origine  à  l’herefie  des  Albigeois  qui 
caufa  tant  de  troubles  dans  la  province. 

Guillaume  comte  de  Bezalu  8c  de  Fenouilledes ,  moins  religieux  que  fon 
pere ,  ne  fe  contenta  pas  de  difpofer  d’une  maniéré  fimoniaque  des  abbayes  de 
Ion  domaine ,  entr’autres  de  celle  de  faint  Martin  de  Lez  ,  dans  le  dernier 
comté,  qu’il  donna  *  à  Wifred  évêque  de  Carcaflonne  y  il  ufurpa  auffi  les 
biens  ecclefiaftiques  ,  fans  fe  mettre  en  peine  de  l’excommunication  qu’il  en¬ 
courut  à  cette  occafion. 

L’abbaye  de  Rofes  b  dans  le  comté  d’Empurias  éroit  une  des  plus  vexées, 
foie  par  ce  comte  ,  6c  quelques  autres  du  pais ,  foit  par  leurs  vafïàux ,  qui 
avoient  envahi  prefque  tous  fes  domaines.  Pierre  qui  en  étoit  abbé  ,  8c  les 
religieux,  pour  faire  ceflèr  ces  entreprifes,  &  obtenir  la  reftitution  de  leurs 
biens,  implorèrent  la  protection  du  pape  Benoît  VIII.  qui  ordonna  aux  ufur- 
pateurs  de  les  rendre  fous  peine  d’excommunication.  Ceux-ci  ne  firent  aucun 
cas  des  menaces  du  pape ,  8c  déclarèrent  même  publiquement  qu’ils  ne  lui 
obéiroient  pas.  Les  évêques  de  la  province  ,  à  qui  Benoît  ordonna  en  même 
tems  de  tenir  un  concile ,  pour  obliger  ces  feigneurs  à  reftituer  à  l’abbaye 
de  Rofes  les  biens  qu’ils  lui  détenoient ,  n’executerent  gueres  mieux  fes  or¬ 
dres ,  8c  de  quatorze  qu’ils  -étoient ,  il  n’y  eut  que  Guifred  de  Narbonne 
qualifié  évêque  du  premier  fiege ,  Oliba  d’Aulonne  ,  Etienne  d’Agde ,  8c  Etienne 
d’Apt ,  évêque  étranger,  qui  s’étant  rendus  dans  ce  monaftere  au  mois  d’Octo- 
bre  de  la  même  année ,  pour  la  dédicace  de  I’églife  qui  fut  faite  par  le  pre¬ 
mier  au  nom  de  Pierfe  de  Gironne  évêque  diocéfain ,  déclarèrent  excom¬ 
muniez  les  ufurpateurs.  Il  eft  remarquable  que  les  comtes  Hugues  ,  Guifred 
&  Guillaume  ,  qui  étoient  les  principaux  ,  le  trouvèrent  à  cette  ceremo¬ 
nie,  8c  approuvèrent  avec  Ermelîinde  comtefle  de  Barcelone  ,  qui  y  affifta 
auffi ,  cette  fentence  d’excommunication  que  Deufdet  évêque  de  Barcelone 
ratifia  enfuite  :  mais  ces  comtes  continuèrent  toûjours  leur  ufurpation  j 
enforte  que  les  religieux  de  Rofes  le  voïant  réduits  à  la  derniere  indigence, 
la  plûpart  furent  obligez  de  fe  difperfer  pour  fubfifter.  L’année  fuivante  les 
autres  étoient  fur  le  point  d’abandonner  entièrement  le  monaftere ,  lorfqu’ils 
écrivirent  au  pape  une  lettre  dans  laquelle  ils  lui  font  tout  ce  détail  ,  8c 
le  prient  inftamment  d’engager  par  fon  autorité  le  comte  Guillaume,  fur- 
nommé  le  F  ou ,  à  rendre  les  biens  qu’il  avoir  ul'urpez,8c  qu’il  avoir  déclaré 
que  la  crainte  de  l’excommunication  ne  lui  feroit  pas  reftituer.  Ils  lui 
demandent  grâce  en  même  tems  pour  le  comte  Hugues ,  qui  avoir  déjà  don¬ 
né  des  marques  de  repentir ,  8c  ils  prient  le  pape  de  fe  contenter  de  l’ex¬ 
horter  à  continuer  de  bien  faire.  Enfin  ils  le  fupplient  d’ordonner  à  tous 
les  évêques  de  la  province  ,  fous  peine  d’excommunication  8c  de  fuf. 
penle  ,  de  chercher  dans  un  concile  les  moyens  de  remedier  à  de  fi  grands 
maux. 

Le  nom  des  comtez  d’Hugues ,  de  Guifred  8c  de  Guillaume  n’eft  pas  mar¬ 
qué  dans  cette  lettre  :  mais  on  fixait  d’ailleurs c  que  le  premier  de  ces  comtes 
l’étoit  d’Empurias,  le  fécond  de  Cerdagne  ,  8c  le  troifiéme  de  Bezalu  8c  de  Fc- 
nouilledes.  Ces  princes  ne  vécurent c  pas  toûjours  en  bonne  intelligence  j  8c 
s’étant  brouillez  dans  une  occafion ,  Oliba  évêque  d’Aufonne  leur  parent  fe 
rendit  arbitre  de  leur  querelle  qu’il  termina  par  un  accord ,  ainfi  qu’il  pa- 
roît  par  une  lettre  que  ce  prélat  écrivit  aux  religieux  de  Riupoll  donc  il 
ctoit  abbé. 


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DE  L  A  N  G  U  E  D  O  C.  Liv.  XIIÏ.  ts7 

Suivant  cette  lettre  Oliba  étoit  alors  à  Narbonne,  où  il  s’etoie  rendu  pour  An.ioxu 
accorder  l’archevêque  Guifred  Ton  neveu  ,  avec  le  vicomte  Berenger  mari  LXxvh. 

^  r  1  _  C-  * _  - ■  I .  _  .  '  _  <T*  _  J  r.  .  •  •  n.  » ^  ce  .  ’ 


marque  qu'il  n'attcncioit  plus  que  l'arrivée  <&■  La  comtejje  de  Rouerque pour 
miner  cette  affaire.  Cette  lettre  ,  qui  eft  fans  date  ,  fut  écrite  vers  l’an  ^b°D“ £  *£ 
10x3.  ce  qui  montre  clairement  qu’au  commencement  du  XI.  fiecleles  corn-  médutiou  de 
tes  de  Rouergue  dominoient  dans  Narbonne  5  8c  en  effet  il  paroït  d’ailleurs  |^,^uc  d  Att' 
qu’ils  poflèdoicnt  le  marquifat  de  Gothic ,  avec  le  comté  particulier  de  cette  °nD 
ville.  La  comteffe  de  Rouergue  dont  nous  venons  de  parler  étoit  donc  la  mê¬ 
me  que  Ricarde  veuve  de  Raymond  II.  comte  de  Rouergue  ,  laquelle  avoit 
encore  alors  l’adminiflration  des  états  d’Hugues  l'on  fils. 

C’eft  fans  doute  à  l’époque  de  cette  réconciliation  entre  l’archevêque  8c 
le  vicomte  de  Narbonne ,  qu’on  doit  rapporter  un  a&e  fans  date ,  dont  un  des 
hiftoriens  »  de  la  province  ,  qui  l’avoit  vù,  fait  mention  ,  en  ces  termes: 

»  Berenger  vicomte  de  Narbonne  ayant  fait  fa  paix  avec  l’archevêque  Gui-  »/’*  '  ’ 

fred ,  8c  avec  le  pere  8c  les  frères  de  ce  prélat ,  fit  ferment,  à  Raymond  frere« 
aîné  du  même  archevêque  ,  8c  fils  de  Guifred  comte  de  Ccrdagne,  d’être  « 
fon  fidele  ami,  8c  de  ne  rien  attenter  contre  fa  perfonne,  ni  contre  Ies« 
domaines  poflèdez  par  le  comte  fon  pere ,  excepté  pour  caufè  de  forfaitu-  « 
re,  8c  en  ce  cas  il  s’oblige  de  ne  pas  violer  fon  ferment,  à  moins  que« 
le  même  Raymond  ne  lui  fit  pas  fatisfa&ion  dans  l’efpacc  de  foixante  jours  « 
depuis  qu’il  l’en  auroit  averti  y  il  déclare  que  pour  lors  il  fe  regarderoit  <« 
comme  dégagé  de  fon  ferment.  Le  vicomte  fit  ferment  en  même  tems  « 
à  l’archevêque  de  lui  garder  la  paix ,  8c  de  faire  la  guerre  à  tous  ceux  qui  « 
la  rom  pr oient.  « 

Oliba  évêque  d’Aufonne  contribua  auffi  peut-être  à  l’accord  que  fiç  h  Er-  b  tim.tiiff. 
meffinde  comteffe  de  Barcelone,  avec  le  comte  Berenger  fon  fils  au  mois 
d’Oclobre  de  l’an  10x3.  Cette  pnncelle  voyant  que  l’udminiftration  qu’elle 
avoit  la  liberté  de  conférvcr  pendant  toute  fa  vie  ,  de  tous  les  domaines  de  la 
maifon  (de  Barcelone  gênoit  extrêmement  le  prince  fon  fils  ,  alors  déjà 
marié  avec  Sancia  ,  fille  de  Sanche  comte  de  Caftille  ,  lui  céda  à  certaines 
conditions,  trente  des  principales  places  de  fes  états,  avec  leurs  dépendan¬ 
ces,  entr’autres  la  ville  de  Barcelone.  O11  c  conjecture  qu’un  évêque  nom- 
mé  Pierre  ,  qui  fut  le  principal  médiateur  de  ce  traité,  eft  le  même  qu’un  évê¬ 
que  de  Touloufe  de  ce  nom  qui  vivoit  alors  :  mais  il  eft  bien  plus  vraifem- 
blable  que  c’étoit  Pierre  de  Garcalfonne  évêque  de  Gironnc ,  ôc  frere  de  la 
même  comteflê  de  Barcelone. 

L’archevêque  8c  le  vicomte  de  Narbonne  étoient  déjà  réconciliez  au  mois  lxxviu. 
de  Mars  de  l’an  10 1 3 . 8c  ils  tinrent  d  alors  enfemble  dans  cette  ville  un  plaid  N|’tlb^jlu‘'“u  * 
où  nous  trouvons  quelques  circonftances  remarquables  au  fujet  du  duel  qui  d  Pr.p.i7+& 
étoit  alors  en  ufage.  Auger  abbé  de  faint  Paul  de  Narbonne,  8c  fes  cha-f'*’ 
noines  avoient  un  différend  avec  un  feigneur  du  pais  pour  quelque  domaine} 
mais  ne  pouvant  convenir  des  faits ,  ils  réfolurent  de  terminer  leur  querel¬ 
le  par  le  duel,  8c  remirent,  pour  gage  de  bataille,  entre  les  mains  du  vi¬ 
comte  Berenger,  la  femme  de  cinq  cens  fols.  Le  jour  marqué  pour  le  combat 
étant  arrivé,  le  champion  de  l’abbaye  de  faint  Paul ,  après  avoir  reçu  la  com¬ 
munion  ,  étoit  prêt  d*entrer  en  lice,  quand  l’archevêque  Guifred ,  le  vicomte 
Berenger,  un  autre  vicomte  nommé  Richard  ,  Bernard  abbé  8c  tous  les  no¬ 
bles  du  pais  qui  tenoient  les  affifes ,  confeillcrent  aux  parties  de  s’accommo¬ 
der  par  le  partage  du  domaine  qui  faifoit  le  fujet  de  la  conteftation  :  elles 
y  confentirent d’abord  5  l’une  voulut  enfuite  en  venir  au  duel,  mais  enfin  les 
juges  les  engageront  à  accepter  l’accord  projette, ce  qui  termina  le  différend.  Le 
vicomte  Richard  qui  affilia  à  ce  plaid  eft  fans  doute  le  même  que  Richard 
I.  vicomte  de  Milhaud  ,  qui  avoit  quelque  alliance  avec  le  vicomte  de  Nar¬ 
bonne  par  Senegonde  de  Beziers  fa  femme.  Quant  à  l’abbé  Bernard, qui  y  affifta 
auffi ,  il  ne  paroît  pas  different  de  Bernard  alors  abbé  de  la  Graflè.  Auger  étoit 
encore  abbé  do  faint  Paul  huit  ans  après,  qu’il  fit  une  donation1  en  faveur  «  Ank.de  S, 
de  Pierre  foudiacre  8c  écolâtre  de  l’églifè  de  Narbonne.  ItüLf* 


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r5a  HISTOIRE  GENERALE 

An.i(  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe  faifoit  toujours  fa  principale  réfi- 
lxxix.  dence  en  provence,  ce  qui  paroît  par  la  donation  a  qu’il  fit  en  1024.  avec 
Bme  femme  Eme  fa  femme  *  d’une  terre  qu’ils  avoient  à  Manofque  dans  le  comté  de 
TiiMe^rcom'  Sifteron ,  à  l’abbaye  de  faint  Vi&or  de  Marfeille.  La  cômtefle  de  Touloufe 
tede Touloufe  donna  *>  la  même  année  ,  avec  fon  fils  Pons  ,  à  celle  de  faiht  André  du 
Mont-Andaon,  une  maifori  dans  Avignon,  à  l’occafion  de  la  ceremonie  qu’on 
Provence!  1  fit  alors  de  la  dédicace  de  l’églife  de  faint  Martin  dans  cette  abbaye.  Ber- 
* trand  fon  autre  fils  fouferivit  à  l’acte. 

**%  m.  Ces  monumens  font  autant  de  preuves  qu’Eme  hérita  c  d’une  partie  de  là 
c  v.  won  Provence  après  le  decez  du  comte  Rotbold  fon  pere  ,  dont  nous  ne  trou- 
xw.».  v- &  vofts  p^us  rjen  depuis  l’an  1008.  Nous  en  avons  une  nouvelle  preuve  dans  une 
a  Pr.p.  16t.  donation  <*  que  fit  la  même  comteflè  au  mois  d’ Avril  de  l’an  1015.  de  l’églifè 
de  faint  Pons  fituée  dans  le  territoire  du  château  de  Favars  àu  comté 
de  Fréjus  ,  qui  lui  étoit  échue  far  une  hérédité  légitimé  ,  en  faveur  du 
monaftere  de  Correns  en  Provence.  Comme  il  eft  certain  d’un  autre 
côté  que  Guillaume  III.  comte  de  ce  pais  vivoit  encore  après  l’an  1024. 
on  doit  inferer  de  là  qu’Eme  la  fœur  partagea  avec  lui  la  fuccefliort  du  comte 
Rotbold  leur  pere ,  laquelle  comprenoit  la  moitié  du  comté  dé  Provence 
fitué  entre  l’Ilcrc  ,  les  Alpes,  la  mer  ,  Scie  Rhône  i  à  moins  qu’une  por- 
t  note  ibii.  tionde  ece  pais  ne  lui  ait  été  donnée  pour  fa  dot  cjuahd  elle  époufa  le  comte 
de  Touloule.  Elle  acquit  encore  un  nouveau  droit  fur  cette  moitié  de  la 
Provence  par  la  mort  du  même  Guillaume  III.  fon  frere  qui  décéda  fans 
enfans,  8c  dont  elle  fut  heritiere.  Aurefte  ce  dernier  pofTeda  tout  ce  pais  par 
indivis  avec  Guillaume  II.  fon  coufinmorten  101  8.  &  enfuite  avec  Geofroy 
8c  Bertrand  fils  8c  fucceffeurs  de  celui-ci,  lcfquels  étant  alors  fort  jeu¬ 
nes  ,  furent  d’abord  fous  la  tutelle  de  Gerberge  leur  mere  ,  8c  d’Adelaïde 
f  leurayeule.  Cette  derniere  décéda  en  1026.  fuivant  une  chronique  *  du 

*w..©i4 »*•  tems,  écrite  par  Arnoul  religieux  de  l’abbaye  de  faint  André  d’Avignon  , 
»*•  auteur  de  plulieuts  ouvrages. 

lxxX.  Il  paroît  que  Guillaume  Taillefer  étoit  encore  abfent  de  fort  comté  de 
nue'à^Fuili*"  Touloufe  en  102 6.  &  il  n’eft  rien  dit  de  lui  dans  un  plaid  g  qui  fut  tenu 
enac  <ia  ns  le  dans  le  même  comté  au  mois  de  Mars  de  cette  anéée ,  la  JT AT  JT.  du  régné 
Coinces^1  de  de  Robert.  Aymeric  abbé  de  Lezat  dans  le  Touloufain,  avoir  un  différend 
ComiiMBges.  avec  Eudes  abbé  de  Simorre  dans  le  diocéfe  d’Auch ,  au  fujet  du  monaftere 
Lombcz  dc  PeYriflas  dans  Comminges ,  que  chacun  d’eux  prétendoit  devoir  dé- 
'i'o^7  pendre  de  fon  abbaye.  Ces  deux  abbez  s'étant  rendus  à  Touloufe  ,  convin- 
g  Mii.Amni.  renc  de  s’en  rapporter  au  jugement  de  divers  abbez  8c  religieux.  Les  abbeZ 
'<>*3^. 7««.  Etienne  de  la  Graflc,  Oliba  de  faint  Hilaire ,  Seniorellus  de  Soreze,  8c  Ri¬ 
chard  de  faint  Lizier  en  Bigorre,  fe  rendirent  pour  cela,  avec  plufieurs  de 
leurs  religieux,  8t  les  feigneurs  du  pais,  dans  le  village  de  Fuftignac ,  fitué 
dans  le  Tcjuloufain  vers  les  frontières  du  Comminges.  L’abbé  de  Lezat 
ayant  prouvé  devant  l’afïemblée ,  à  laquelle  préfidoit  le  comte  Roger ,  qu’un 
nommé  Afnariusavoit  donné  le  lieu  de  Peyriflas  à  fon  abbaye,  dont  celui-ci 
avoit  été  religieux  8c  enfuite  abbé,  il  fut  maintenu  dans  fâ  poiTeffion. 

Aymeric  abbé  deLezat  reçut  vers  le  même  tems  au  nom  de  fon  monaftere 
mm?uuu.  unc  donation  h  de  l’églife  S. Michel  fituée  au  lieu  de  Sanzan ,  dans  le  territoire  de 
v.Mib.*i*nn.  T ouloufe  &  le  minifleriat  de  Savez^  Aton  abbé  de  fainte  Marie  de  Lombez  y  fouf- 
100j.1s.44.  crivic,  ce  qui  prouve  que  cette  derniere  abbaye,  aujourd’hui  évêché,  fituée 
dans  le  même  pais  de  Savez  ,  fubfiftoit  dès-lors.  C’eft  un  des  plus  anciens 
monumens  où  il  en  foit  fait  mention. 

Quant  au  comte  Roger  qui  préfida  à  l’aflcmblée  de  Fuftignac,  c’eft  le 
iNoTExxn.  même*  que  Roger  II.  comte  en  partie  de  Comminges ,  lequel  étoit  vrai* 
femblablement  fils  d’Arnaud  II.  comte  de  ce  pais  en  979.  8c  de  la  race  d’Ar¬ 
naud  I.comce  de  CarcafTonne  &  de  Comminges.  Nous  voyons  en  effet  que  les 
defeendans  de  ce  dernier  poffederent  unepartie  du  même  comté  de  Commin¬ 
ges.  Roger  II.  époufa  Aldane ,  8c  il  pofledoit  déjà  en  1021.  une  portion  de 
ce  comté. 

On  peut  mettre  aufli  au  nombre  des  defeendans  d’Arnaud  I.  comte  de  Car- 
caflbnne  8c  de  Comminges  ,  Guillaume  qualifié-  marquis  t  qui  vivoit  fous  le 


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DE  LANGUEDOC.  L t v.  X I  I  I.  tj* _ _ 

régné  du  roi  Robert.  Il  avoir  hérité  a  d’Amelius  Simplicius  fon  pere  du  An.ioi6i 
château  cfe  Mirabel  dansleTouloufain  ,lorfqu‘il  reftitua  à  l’abbaye  de  Lezat  a  rr.pu* 
plufieurs  églifes  &  alleus  qu’il  avoit  ufurpez  fur  elle  dans  le  même  pais  ,  en-  ^om  an 
tr’autres  la  moitié  de  l’alleu  de  Blanfac ,  dont  il  réferva  la  jouiflànce  à  fes  „.X7. 
fils  Bernard  ôt  Raymond.  Ce  dernier1»  le  qualifia  marquis  comme  fon  pere»  bfr*.nj. 
qualité  qu’ils  le  donnèrent  (ans  doute ,  parce  qu’ils  poflèdoient  la  partie  du 
comté  de  Comminges  limitrophe  du  Touloufàin. 

Il  eft  fait  mention  du  même  Raymond-Guillaume  marquis  très -faisant  ,  dans 
un  a&e  c  fuivant  lequel  Aton  abbé  du  Mas  d’Afil  &:  de  Lezat,  &les  religieux 
de  ce  dernier  monaftere ,  voïant  que  les  feigneurs  féculiers  s’emparoient  im- 
punément  de  leurs  biens,  eurent  recours  à  fa  protection,  &  firent  un  traité 
avec  lui  par  lequel  ^  ils  lui  cederent  la  jouiflànce  de  la  moitié  de  toutes  les 
terres  qu’il  leur  fieroit  reftituer,  de  celles  qu’on  leur  donneroit ,  8c  des  biens 
qu’Aymeric  leur  abbé  leur  avoit  fait  donner.  Ce  même  marquis  prélîda 
quelques  années  après  d  8c  fous  le  régné  du  roi  Henri  ,  à  un  plaid  dans  le-  dfrfup 
quel  Bernard  évêque  de  Conferans,  8c  abbé  de  Lezat,  noyant  pas  des 
preuves  littérales  daine  donation  qui  avoit  été  faite  à  ce  monaftere  ,  de¬ 
manda  le  droit  jugement  &  la  manifejlation  de  Dieu  5  ainfi  on  ordonna  le  duel 


entre  deux  champions  qui  ri  eurent  jamais  combattu.  Ce  prélat  étoit  frere  e,  à  ce  fxK  NOrE 
qu’il  paroît  d’Arnaud  II.  8c  fils  de  Roger  II.  comtes  en  partie  de  Commin-  l  *  i*' 
ges.  Pierre  évêque  ,  probablement  de  ce  pais,  &  plufieurs  feigneurs  fécu¬ 
liers,  entr’autresGuillabcrt  de  Laurag,  afliflerent  â  ce  plaid.  Il  ne  paroît  pas  que 
le  marquis  Raymond-Guillaume  ait  laifle  de  pofterité  ;  &  fon  domaine,  qui 
s’étendoit  fur  les  frontières  des  comtez  de  Foix  &  de  Comminges,  fut  fans 
doute  réuni  à  celui  des  comtes  de  ces  païs  fes  parens. 

Pierre  évêque  de  Gironne,  qui  étoit  de  la  meme  maifon ,  pofledoit  déjà  n-LXX?r; 
en  1017.  la  moitié  du  comte  de  Carcaflonne  $  ceft  cequon  voit  par  divers  de  Gironoc  * 
monumens  ,  entr’autres  par  un  acte  de  la  fin  decetce  année,  fuivant  lequel  d* Car* 
ce  prélat,  pour  fttisfaire  1  aux  ordres  du  comte  Roger  fon  pere  ,  &  de  la  comtejfe  partie.  Ev£quc$ 
Adélaïde  fa  mere  ,  donna  à  l’abbaye  de  Mallaft  ou  de  Montolieu,  8c  àE tien-  d'Aibi. 
he  qui  en  étoit  abbé,  l'alleu  de  Ventenac  dans  le  comté  de  Carcaflonne,  1017. 
dont  il  fe  réferva  l’ufufruit.  Il  fe  chargea  en  même  tems  de  traiter  tous  les  (  l>r  p.i*o.& 
ans  la  communauté  le  jour  de  fàint  Jean-Baptifte  ,  patron  de  l’abbaye. 

L’année  fuivante  le  même  prélat  le  rendit  en  Aquitaine,  où  il  affifta  g  le  - -r — 

ij.  du  mois  de  Novembre  à  la  dédicace  de  l’églife  de  faint  Martial  de  Li-  101  ' 

moges ,  avec  dix  autres  évêques,  du  nombré  def  quels  étoient  Amelius  d’Al- 

bi ,  Foulques  de  Carcaflonne,  Arnaud  de  Rodez,  &  Deufdcdit  de  Cahors.  uib.p.xg}. 

Les  ducs  d’Aquitaine  8c  dcGafcogrie,  &  plufieurs  feigneurs  des  deux  pro¬ 
vinces  fe  trouvèrent  à  cette  ceremonie,  à  l’occafion  de  laquelle  on  leva  de  terre 
le  corps  de  faint  Martial  pour  l’expofer  d  la  vénération  des  fidcllés.  Amelius 
évêque  d’Albi  avoit  fuccedé  àAmblard  qui  occupoit  ce  fiege  hen  5)98.  il  e(l  hGai/.chn 
qualifié  prélat  refpeclablc  par  fes  mœurs  &  par  fon  âge  ,  dans  les  actes  >  du  con.  mv- ei-  »• 

«  1  »  d  r  jim/mxi/'  nn  ■  a  «  r  Tl  «  /-v  /T7l  U  »  »  »  r  /l*  A  •  n  .  n  ^  _ 


Jean  XIX.  de  racheter  à  fes  dépens  trente  captifs  des  mains  des  Sarafins ,  s’il  P 
vouloir  lui  donner  la  permiflîon  d’ufer  du  Pallium  douze  fêtes  de  l’année.  Ce  Hugues  comrfi 
pontife  qui  avoir  fort  à  cœur  la  délivrance  des  chrétiens  efclaves ,  lui  accorda  l£°rucurj’ujc 
volontiers  à  cette  condition  ce  privilège  perfonnel.  Co.hk'gou-'* 

Hugues  comte  de  Rouergue  &  marquis  de  Gothîe,  gouvernoit*  déjà  fès  ¥crDCPar|“*- 
ctats  par  lui- même  fous  i’épifeopat  d’Arnaud  évêque  de  Rodez,  &  du  tems  ZNaibUZaï? 
d’Qdalric  abbé  de  fàint  Martial  de  Limoges  *  c’eft-à-dire  après  l’an  1010. 


que  celui-ci  ®  fut  élû,  &  avant  l’an  1030.  que  l’autre  étoit  déjà  décédé  °.  Cet 
abbé  fonda  en  effet  °fous  l’épifcopat  du  même  Arnaud,  l’églife  de  Riou-/s.<s. 
peyroux  au  diocèfê  de  Rodez  ,  avec  un  monaftere  &  un  hôpital ,  en  pre- 
fence  d'Hugues  comte  de  Rouergue ,  de  l’abbé  de  faint  Amand  de  Rodez ,  8c  Remrf’i.  fe.gj 
des  nobles  du  païs.  Il  eft  auiïï  fait  mention  de  ce  même  comte  dans  une,p^7^J"‘ 
ancienne  chronique  P  ,  dont  l’auteur  rapporte  »  que  l’Europe  érant  défolée  «  ,»*  ‘  f% 


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An.ioiS. 


1 lliif.'lyfr 

Pu-  L  J 

V.Mâb.adann. 
1060.  ».74* 


bPrj.ilC.fr 

fit* 


cr.  NOTE 
VltLn.xi. 

àBilujL  Auv. 
te.  1.  ^.48»  6* 

/'f- 


LXXXIII. 
XJaiondu  com¬ 
te  deGevaud.in 
à  celui  de 
Kouergue. 

e  V.  NOTE 
XXVI.  n.yfr 

fin- 

Lxxxrv. 

Mort  de  Ber¬ 
nard  d’Andufe. 
Origine  dedi- 
verfes  tnaifons 
de  la  province. 

IOI^. 
f  Pr.  ^181  fr 

Pu-  . , 

*  De  ipfo 
callro. 


g  Prj-ioi, 


h  p,iî).  é* 


Xéo  HISTOIRE  GENERALE 

«en  1018.  par  une  cruelle  famine,  Richard  abbé  de  faint  Vanne^deVer- 
»dun  engagea  au  comte  de  Rouergue ,  pour  une  fomme  confiderable  qu’il  di~ 
«ftribua  aux  pauvres,  l’abbaye  de  faine  Amand  de  Rodez  qui  dépendoit  de 
«  fon  monaftere  ,  ce  qui  fervit  de  prétexte  à  ce  comte  pour  s’emparer  des 
»  biens  de  cette  abbaye  dont  il  jouit  -,  enforce  qu’étant  décédé  avant  que  de 
«  s’être  payé  fur  les  revenus  ,  de  la  fomme  qu’il  avoit  prêtée  ,  fes  fucceffeurs 
«continuèrent  d’en  jouir  après  lui.  «  Audi  voit-on  que  Robert*  comte  de 
Rouergue  &fuccefleur  d’Hugues,  polïèdoit  encore  en  1060.  l’abbaye  de  faint 
Amand  de  Rodez  ,  &  les  dépendances. 

Nous  avons  une  preuve  bien  claire  que  le  même  Hugues  comte  de  Rouer¬ 
gue  dominoit  fur  la  Septimanie  ou  Gothie  ,  &  le  comté  particulier  de  Nar¬ 
bonne,  dans  la  donation  b  qu’il  fit  le  13.  de  Mars  de  la  première  année  du 
régné  du  roi  Henri,  ou  de  l’an  1031.  à  la  communauté  des  chanoines  de 
faint  Paul  de  Narbonne,  d’un  fief  qu’il  avoit  au  deflus  du  bourgade  S.  Paul  de- 
cette  ville  ,  &  qui  étoit  de  fon  propre  droit  &  alleu  -,  car  ce  prince  qui  fe  qua¬ 
lifie  comte  par  la  grâce  de  Dieu ,  ordonne  que  fi  quelqu’un  venoit  à  ufurper 
ce  domaine,  le  comte  de  Narbonne  qui  feroit  alors ,  ait  foin  de  le  faire  refti- 
tuer.  L’acle  eft  fouferit  après  Bernard-Raymond  abbé  de  S.  Paul ,  &  divers 
feigneurs ,  par  la  comtefle  Ricarde  meredu  comte  Hugues ,  &  par  une  dame  ap- 

fiellée  Foy.  Cette  derniere  étoit  femme  de  ce  prince  ,  ainfi  que  nous 
'apprenons  d’ailleurs  c.  Il  y  a  lieu  de  conjecturer  A  qu’elle  étoit  fille  de  Gui- 
fred  comte  de  Cerdagne.  Au  refte  cet  acte  eft  une  preuve  que  l’abbaye  de 
S.  Paul  anciennement  fituée  hors  des  murs  de  Narbonne,  etoit  renfermée 
alors  dans  ce  qu’on  appelloit  le  bourg ,  qui  eft  contigu  à  la  cite  ou  ancienne 
ville  ,  dont  il  eft  feparé  par  l’Aude. 

Hugues  comte  de  Rouergue  &  marquis  de  Gothie  augmenta  confidera- 
blement  fon  domaine  dans  la  fuite  ;  car  il  hérita  c  d’Etienne  comte  de  Ge- 
vaudan  mort  fans  enfans  après  l’an  1033.  Ce  dernier  étoit  fils  ,  ou  petit-fils 
de  Pons  comte  du  même  païs,  dont  on  a  parlé  ailleurs.  Hugues  lui  fucceda 
fans  doute  par  droit  de  fa ng,  car  ils  avoient,  à  ce  qu’il  paroît,  une  deicen- 
dance  commune. 

Bernard  feigneur  d’Anduie  &  de  Sauve  au  diocèfe  de  Nifmes,  étoit  déjà 
décédé  à  la  fin  de  l’an  ioz^.  lorfque  Garfinde  fa  veuve  fonda'  le  monaftere 
de  faint  Pierre  de  Sauve,  avec  Bernard  fon  fils  ,  &  Almerade  frere  de  ce  der¬ 
nier  ,  pour  la  rcmiffion  des  pechezjle  Bernard  leur  pere.  Guillaume  comte  de  Tou- 
loufe ,  le  vicomte  Aton,  Berenger  de  Sauve  * ,  Eleazar  fon  frere,  Bermond 
de  Sommieres ,  Emenon  de  Sabran ,  Etienne  de  Gaian ,  Pierre  d’Andufe ,  Ber- 
nardabbé,  Pierre  de  Claret,  Framald  de  Leques,  êtplufieurs  autres  feigneurs 
ou  nobles  du  païs  furent  prclèns  à  cette  fondation  3  fur  quoi  nous  remarque¬ 
rons  i°.  qu’on  voit  ici  l’origine  de  plufieurs  anciennes  familles  de  la  provin¬ 
ce  ,  entr’autres  de  celle  de  Sabran ,  château  fitué  dans  le  diocèfe  d’Uièz. 
i°.  Que  quoique  Bernard  &  fes  fils  fuflênt  feigneurs  d’Andufe  ,  d’autres  pre- 
noient  cependant  le  même  furnom.  On  voit  g  en  effet  en  1037.  un  Bernard 
d’Andufe  dont  nous  ignorons  la  genealogie.  Tous  ces  differens  feigneurs  qui 
prenoient  le  furnom  d’Andufe  &  de  Sauve  ,  étoient  peut-être  de  la  même 
race  ,  &  partageoiententr’eux  le  domaine  de  ce  château  3  mais  il  eft  plus  vrai- 
femblable  qu’ils  n’y  poifedoient  que  quelques  fiefs ,  ce  qui  leur  aura  donné 
occafion  d’en  prendre  le  furnom.  C’eft  ainfi  que  plufieurs  familles  nobles  de 
la  province,  dans  ce  fiecle  &les  fuivans,  fe  furnommerent  de  Touloufe,de 
Narbonne ,  de  Beziers ,  de  Carcalîonne ,  &c.  parce  qu’elles  pofledoient  des 
fiefs  dans  ces  villes,  ce  qu’il  eft  neceffaire  d’obferver  pour  ne  pas  confondre 
ces  maifons ,  avec  celles  des  comtes  &  des  vicomtes  des  mêmes  villes ,  leurs  fu- 
zerains.  3  v.Que  les  furnoms  dont  l’ufage  avoit  déjà  commencé  dans  la  province 
à  la  fin  du  fiecle  précèdent ,  y  étoient  déjà  communs  au  commencement  du 
fuivant.  Il  eft  vrai  que  plufieurs  ieigneurs  continuèrent  encore  de  ne  pren¬ 
dre  que  leur  fimple  nom  de  baptême. 

Garfinde,Bernard  &  Almerade  mirent h  le  monaftere  de  faint  Pierre  de  Sauve 
fous  la  dépendance  de  l’abbaye  de  Gellone  ou  de  faint  Guillem  du  Dé- 
fert ,  &  de  Gauibertion  abbé  ,  à  condition  que  les  fils  des  nobles  ou  des  pauvres 

qui 


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DE  LANGUEDOC.  Lit.  XIIÎ.  ïèt 

qaifc  prefenteroient  pour  être  religieux  dans  le  premier ,  prendraient  F  habit  rfiona *■  Â^ToTâi 
{tique  dans  l’autre.  Le  monaftere  de  Sauve  fut  fondé  dans  le  château  de  ce  '  ” 

nom  :  il  fut  fournis  dans  la  fuite  à  l’abbaye  de  faine  Victor  de  Marfeille  dont  il 
dépend  encore.  Il  eft  à  prefent  du  diocèfe  d’Alais. 

La  maifon  d’Andufe  avoir  alors  l’avouerie  fit  le 5  patronage  fur  les  abbayes  4 
d’Anianefit  de  faine  Guillem  du  Défert ,  ce  qui  fit  fans  doute b  que  Pons  b  t-  l8«-# 
abbé  de  la  première,  ôc  Gausfred  abbé  de  l’autre  , étant  convenus  de  con-  Jt*' 
ftruire  un  pont  fur  l’Eraut  ,  qui  fubfifte  encore  aujourd’hui  à  une  égale 
diftance  des  deux  abbayes  ,  ajoutèrent  que  ce  feroit  du  confentement  de 
ï  évêque  Fredol ,  lequel  étoit  évêque  du  Puy  8c  fils  de  Bernard  d’Andufe. 

Au  refte  Siguin  de  Roquefeuil  donna  c  en  1031.  plufieurs  terres  qu’il  avoit  «iy*  tM* 
dans  lescomtez  de  Lodeve  &  de  Rouergue  à  l’abbaye  de  faint  Guillem, 
fie  Rigaud  d  de  Solage  en  Rouergue  ,  vajfal  du  comte  Hugues ,  &  du  vicomte  d  ^  ^ 
Richard ,  ayant  quitté  fa  femme  &  fes  enfans ,  y  prit  l’habit  monaftique  quel- , 
ques  années  après. 

La  pieté  dont  le  roi  Robert  faifoit  profeffion  ,  fie  quil’avoit  e  engagé  en  lxxxv. 
ioio.à  entreprendre  le  pèlerinage  de  Rome  ,  le  porta  auffi  quelques  an-  ir«*‘»R°bert 
nees  avant  fa  mort  avihter  les  lieux  de  dévotion  les  plus  célébrés  du  royaume.  dJDS  n  *>.0- 
Ce  prince,  qui  dans  cette  occalîon  parcourut  la  province  d’une  extrémité  à  «nfr.Samort. 
1  autre  le  rendit  a  Bourges*  au  commencement  du  careme  5  fie  apres  avoir  t0t  x_  Dlt(h, 
vifuc  la  cathédrale  de  cette  ville  ,  il  alla  à  Savignien  Auvergne,  lieu  fameux 
par  le  decez  de  faint  Maieul  abbé  de  Cluni ,  d’où  il  fut  à  faint  Julien  de 
Brioude ,  8c  à  ïéglifc  de  fainte  Marie  ,  qui  ne  paroît  pas  differente  de  la  io3i.n.?j. 
cathédrale  du  Puy.  S’étant  enfuite  approché  du  Rhône  ,  il  fc  rendit  à  l’ab¬ 
baye  de  faint  Gilles,  fie  vint  à  Touloufe  vifiter  l’eglife  de  faint  Saturnin:  à 
fon  retour  il  vifita  celles  de  faint  Vincent  de  Caftres  en  Albigeois,  de 
faint  Antonin ,  fie  de  fainte  Foy  de  Conques  en  Rouergue,  fie  de  faint  Geraud 
d’Aurillac  en  Auvergne.  Etant  enfin  retourné  à  Bourges ,  où  il  arriva  lé 
jour  des  Rameaux  ,  il  alla  enfuite  célébrer  la  fête  de  Pâques  à  Orléans,  après 
avoir  donné  partout  des  marques  de  fa  pieté  envers  Dieu  ,  fie  de  fa  libéralité 
envers  les  pauvres.  Ce  prince  dont  la  vie  fut  prefque  toûjours  occupée  de 
pareils  exercices ,  mourut  le  10.  de  Juillet  de  l’an  1031.  fie  laiffa  la  cou-  1031. 
ronne  à  Henri  fon  fils  ,  qu’il  avoit  déjà  allocié  au  thrône ,  Se  qui  étoit  de¬ 
venu  l’aîné  depuis  la  mort  d’Hugues  qu’il  avoit  auffi  afTocié ,  fie  qui  mourut 
le  17.  de  Septembre  de  l’an  1026.  Une  donation  g  faite  par  Berenger  vi-  gfr.f.  u7; 
comte  de  Narbonne ,  à  la  cathédrale  de  cette  ville  le  7.  de  Juin  de  l’an  to}2 . 
la  fécondé  année  du  roi  Henri ,  paroît  fuppofer  que  ce  prince  fut  reconnu  dans 
le  pais  quelque  tems  avant  la  mort  du  roi  fon  pere. 

S’il  en  faut  croire  un  h  auteur  du  XV.  fiecle  »  le  roi  Robert,  ou  le  roi  à 
Henri  (  car  il  ne  marque  pas  le  nom)  fit  tenir  un  parlement  à  Touloufe  en  «  Pr' 
1031.  où  affifterent  l’archevêque  de  Bourges,  le  comte  Eudes,  Amclius« 
évêque  d’Albi ,  Guifred  évêque  de  Carcalfonne,  deux  abbez  ,  deux  cheva-  « 
liers,  deuxjurifconfultes,8cun  fenbe  ou  greffier,  dont  il  rapporte  lesnoms5« 
lefquels  après  avoir  fait  ferment  fur  les  lâints  Evangiles ,  rendirent  divers  « 
arrêts,  fie  ftatuerent  entr’autres  ,  i°.  Que  quand  les  vicomtes  fie  les  « 
viguiers  ordonneraient  le  gage  du  duel.  Se  que  la  partie  condamnée  à  l’acce-  «c 
pter  en  appelleroir  au  comte,  elle  auroit  la  liberté  après  le  jugement  de  ce  « 
dernier,  d’en  appeller  au  roi  ou  à  fon  parlement,  â  raifon  de  l’hommage.  « 

2*.  Que  le  comte  de  Touloufe  qui  prétendoit  ladixmefur  celle  que  levoit  « 
l’évêque  de  cette  ville ,  fourniroit  des  preuves  de  fon  droit  au  prochain  « 
parlement.  30.  Que  les  officiaux  ecclefiaftiques  feroient  fournis  aux  ordon-t* 
nances  des  gens  du  parlement.  40.  Que  la  guerre  qu’avoient;  fait  naître  « 
les  différends  qui  étoient  entre  Berenger  vicomte  ,  fie  GuifFred  archevêque  de  te 
Narbonne,  feroit  fufpendue.  j°.  Qu’on  payeroit  les  anciens  péages ,  fie  que  « 
les  vicaires  ou  viguiers  fupprimeroient  les  nouveaux. 

Comme  tous  les  prélats  dont  il  eft  fait  mention  dans  l’aéte  de  ce  parle¬ 
ment  vivoient  en  1031.  fie  que  vers  le  même  tems  Berenger  vicomte  dé 
Narbonne  étoit  en  différend  avec  Guifred  archevêque  de  cette  ville  ,  cela 
pourrait  donner  quelque  poids  au  témoignage  de  cet  auteur ,  qui  déclare  à 
Tome  II.  X 


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l6t  HISTOIRE  GENERALE 

- - la  tête  de  Ton  ouvrage ,  qu’il  avoir  puifé  dans  les  anciens  monumens }  mais 

AN.i03r.  nous  ayons  des  raübns  qui  nous  perluadent  que  tout  ce  qu’il  dit  de  ce  pré- 
tendu  parlement  tenu  en  1031.  n’eft  qu’une  fable  :  &  en  effet,  le  ternie  de 
parlement  dont  il  fe  fêrt  pour  lignifier  une  cour  de  juftice,  celui  d'arrêt ,  & 
plufieurs  autres  qu’il  employé ,  n’étoient  point  encore  alors  enufage ,  &  ne  le 
turent  que  long-tems  après.  Il  fe  contredit  d’ailleurs:  car  ilfuppofeque  dans 
ce  parlement,  où.  affifta  Guifred  évêque  de  CarcalTonne,  qui  effedivemenc 
vïvoit  alors  on  y  agita  une  affaire  qu’avoit  Hilaire  évêque  de  cettt 

•  -  •  J  "  •/r  -  du  dio- 

cet  au¬ 
teur  ,  c  en  qu  eu  *  «  j  »  •  **•  — *  >  —  n - -  ------ — » - 1-  — 

res  à  Touloufe  pour  y  tenir  en  Ion  nom  les  affiles ,  &  y  rendre  la  juftice  j 
&  que  les  prélats  &  les  feigneurs,  dont  il  rapporte  les  noms ,  furent  chargez 
de  cette  commiffion. 

xxvi  Quoi  qu’il  enfoit,  Amelius  évêque  d’Albi  affifta  au  mois  de*  Novembre 
Coudic  de  Li-  de  la  même  année  à  deux  conciles  de  fa  province  ,  dont  l’un  fut  tenu  à 


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Aid. 

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g  rr.llîd. 


tcHoaiexcoin-  s’y  trouvèrent  tous.  De  ce  nomore  rurenc  ,  outre  cemi  a  au»,  etienne  n. 
muuié,  peut  du  nom  du  Velay  ou  du  Puy ,  &  Raymond  de  Mende.  On  prétend  b  que  ce 
ÆL“d?fi  dernier  transfera  en  1036.  de  Javoux  ancienne  capitale  du  pais ,  à  Mende, 
prcmiac  fem*  ies  reliques  de  faint  Privât.  A  l’égard  d’Etienne  eveque  du  Puy,  il  etoit  de 
T'W»,  la maifon  c  de  Mercœur  en  Auvergne,  &  avoit  fucccdé  depuis  peu  à  Fredol 
d’Andufe.  Il  obtint  en  1051.  du  pape  Leon  IX.  tant  pour  lui  que  pour  fes 
b  G»iuhr.n,v.  ^ucce(peurs  5  le  privilège  de  fe  fervir  du  pallium ,  &  *  donna  une  églife  de  fon 
"'c'note  patrimoine Vitue^e  près  du  château  de  la  Fare  dans  le  Vivarais ,  au  monaftere 
xxruin. 7.  pajnt  pierre  du  Puy.  Armand  f  III.  du  nom  ,  vicomte  de  Polignac  ,  fou£ 

aiSfiS  crivit  à  cette  donation ,  ainfi  qu’i  une  autre  que  fit  â  ce  monaftere  Helde. 

garius  prévôt  de  la  cathédrale  du  Puy ,  fous  i’épifeopat  du  même  prélat , 
qu’on  ne  doit  pas  confondre  avec  un  autre  Etienne  de  Mercœur,  qui  après 
avoir  été  prévôt  de  l’églife  du  Puy  ,  devint  évêque  de  Clermont  en  icji. 
Ils  étoient  fils  de  deux  freres  de  S.  Odilon  abbé  de  Cluni. 

La  queftion  de  l’apoftolat  de  faint  Martial  fut  agitée  avec  beaucoup  de 
.hcmi!.w.  chaleur  dans  le  concile  tenu  à  Limoges.  Elle  en  fit  le  fujet  principal, &In- 
?•  <*•/>*?•  gclric»  chanoine  du  Puy  y  difputa  vivement  entr’autres  en  faveur  de  ce  faine, 
i  f  çet  eccleliaftiquc  avoit  unfrere  nomméTheotard,qui  fut  auffi  chanoine  du  Puy, 
W  comme  il  paroît  par  le  traité  fur  cet  apoftolat,  qu’Ademar  de  Chabannois 

leur  avoit  dédié  ,  &  à  plufieurs  autres ,  trois  ans  auparavant  *.  Cet  auteur 
*.^71 7- O-  donne  à  Engelric  le  titre  de  grammairien ,  ce  qui  fignifie  homme  de  lettres 
/*w-  dans  le  langage  de  ce  fiecle. 

Le  fécond  jour  du  concile ,  les  religieux  de  l’abbaye  de  Beaulieu  ,  dans  le 
bas  Limoufin  ,  reprefenterent  par  leurs  députez  ,  que  le  comte  de  Touloufe 
s’étant  emparé  de  leur  monaftere ,  l’avoit  donné  en  bénéfice  au  comte  de  Péri¬ 
gord  ,  qui  l’avoit  enfuite  donné  lui-même  au  vicomte  de  Comborn  ;  &c  que 
ce  dernier  en  avoit  difpofé  en  faveur  d’un  fèculier  qu’il  y  avoit  établi  pour 
Ktionvm.  abbé  fous  prétexte  que  Bernard  fon  oncle  l ,  moine  de  Solignac  &  cn- 
ffiiee  évêque  de  Cahors',  l’avoit  été  auparavant.  Ils  demandèrent  en  confe- 
quence  qu’on  leur  donnât  un  abbé  régulier ,  &  qu’on  chaflat  le  féculicr  qui 
avoit  été  mis  malgré  eux.  Sur  cette  demande  les  pères  du  concile  firent  citer 
le  clerc  feculier  qui  poffedoit  l’abbaye  de  Beaulieu ,  &  qui  fuivant  les  ades , 
étoit  auffi  diftingué  par  fes  excellentes  qualitez ,  que  par  fa  naillance.  Cet 
abbé  qui  fenommoit  Hugues  de  Comborn  ,  étoit  fans  doute  frere  du  vicomte 
m  V  M-t.nd  dont  on  vient  de  parler  ,  puifqu’il  étoit  fils  «  d’un  frere  du  même  Bernard 

-  évêque  de  Cahors.  II  fe  prefenta  à  l’affembléc ,  &  s’étant  mis  à  genoux  , 

pour  être  jugé  fuivant  les  canons ,  il  s’avoua  coupable  ,  &  donna  volontiers  fa 
démiffion.  Le  concile  ordonna  qu’on  éliroit  à  fa  place  un  abbé  régulier , 
dont  lcsPeres,  &  Guillaume  duc  d’Aquitaine, renvoyèrent  labenedidion  i 
l’évêque  de  Limoges.  On  conferva  cependant  à  Hugues  la  charge  de  dé. 
fenfeur  ou  d’avoué  de  l’abbaye. 


ln 

JM* 


ênn.  io,  1  ». 
4/ 


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DE  LANGUEDOC,  L  i  v.  XII  f.  -iS?  . 

On -examina  enfuite  Ja  conduite  de  quelques  feigneurs  d’Aquitaine  à  qui  An.  1031-. 
■après  avoir  été  excommuniez  par  leurs  évêques  ,  avoient  été  à  Rome  pour 
fe  faire  abfoudre  par  le  pape.  Engelric  chanoine  du  Puy  expo/à entr’autres  ^ 

.Que  Pons  comte  d‘ Auvergne  ,  avoir  été  excommunié  quelques  années  aupara-ix. 
vant ,  par  Etienne  évêque  de  Clermont  ,  parce  qu’il  avoir  abandonne  là  « 
femme  légitimé  pour  en  prendre  une  autre  5  que  ce  prélat  ayant  refu/ë  de« 
lever  l’anathéme  ,  à  moins  que  Pons  ne  réparât  fa  faute,  ce  comte  avoir  « 
été  demandera  Rome  Ion  abfolurion  au  pape,  qui  lur  fon  féal  expofé  la« 
lui  avoit  accordée  }  que  l’évêque  s’en  étant  plaint  au  pape  ,  ce  dernier  « 
s’étoit  exeufé  fur  ce  que  ce  prélat  ne  lui  avoit  rien  mande  du  fiijet  de  l’ex-  a 
communication  du  comte  ,  &  avoit  déclaré  en  même  tems  que  cette  ab!o-« 
lution  étoit  nulle  &  fubreptice.  Sur  cet  expolë  le  concile  la  regarda  « 
de  même.  »  Nous  nous  fommes  arrêtez  fur  ces  circonftances  ,  parce  qu’il  nous 

Î>aroît  3  queceP«w  comte  d’ si uverghc  -,  n’cftr  pas  diffèrent  de  Pons  fils  de  Gu  il-  3  v-  mots 
aume  Taillefer  comte  de  Touloufe.  Il  pouvoit  prendre  alors  la  qualité  de  '  *’  6‘  *** 
comte  d’Auvergne  ,  pour  fe  diftinguer  de  fon  pere  qui  vivoit  encore  ,  Sc 
qui  s’étoit  réfervé  la  fuzeraineté  fur  les  comrez  d’Auvergne  Sc  de  Velay ,  dans 
le  tems  qu’il  les  avoit  cedez  aux  vicomtes  de  Clermont,  ain/i  que  nous  l’avons 
expliqué  ailleurs.  Nous  voyons  en  effet  que  Pons,  fils  du  même  Guillaume 
Taillefer ,  prenoit  déjà  la  qualité  de  comte  dès  le  commencement  du  XI. 
fiecle  j  Sc  comme  il  ctoit  ne  vers  l’an  990.  il  peut  fort  bien  s’être  marie  vers 
l’an  1010.  Sc  avoir  abandonné  quelque  tems  après  la  première  femme  pour 
en  prendre  une  autre  j  ce  qui  aura  donné  lieu  à  Ion  excommunication,  que*> 
l’évêque  de  Clermont  aura  lancée  vers  l’an  102  On  doit  ajouter  à  cela 
que  Pons  comte  de  Touloufe,  fils  de  Guillaume  Taillefer ,  ne  fut  pas  ferupu- 
leux  fur  l’article  du  mariage  :  nous  avons  du  moins  des  preuves  certaines 
qu’il  répudia  Almodis  de  la  Marche  fa  derniere  femme. 

On  drelfa  enfin  dans  le  concile  b  de  Limoges  divers  canonscontre  la  ü mo-  b CintiïMï. 
nie  Sc  le  concubinage  des  prêtres  ,  contre  les  feigneurs  qui  ufürpoient  les  ps°b&s n- 
biens  ecclefîaftiques  ,  tyrannifoient  les  peuples  ,  Sc  fe  faifoienc  entr’eux 
une  guerre  cruelle  *  on  rcfolut  de  mettre  tout  le  païs  en  interdit,  jufqu’à  ce 
que  la  paix  ,  la  juftice,  Sc  la  fureté  publique  y  euilènt  été  rétablies.  Les  évê¬ 
ques  c  des  autres  provinces  tâcheront  aullî  dans  divers  conciles  de remedier  à 
ce  delordre  qui  regnoit  egalement  par  tout ,  mais  le  mal  avoir  jette  de  fi  K  M„i,_  »d 
profondes  racines ,  que  tous  leurs  foins  furent  inutiles.  1  ou-n. 

Quelques  évêques  delà  province  s’aflemblerent  d  au  mois  de  Janvier  de  l’an  lxxxvii. 

103  2. pour  la  dédicacé  del’églife  de  Notre-Dame  de  Rinpoll ,  qu’OJiba  évêque  Entreprit  de 
d’Aufonne  ,  qui  en  étoit  abbé  ,  avoit  fait  bâtir  de  nouveau.  Les  évêques  ^uriTnula 
Wifred  ou  Guifred  de  Carcallônne  ,  Anielius  d’Albi ,  Bérenger  d’Elne  IL  jmiùiicfhon  de 
du  nom,Sc  Guadald  de  Barcelone,  affifterent  à  cette  ceremonie,  à  laquelle  ,tc,ul  dc.  NT 
trouvèrent  aufiî  pluiieurs  leigneurs  du  pais ,  entr  autres  Guifred  comte  Mar.-hc  d'tf- 
deCerdagne,  Sc  Guillaume  comte  deBcfalu.  L’acte  qui  en  fut  dre/Té  fut  l'ouC  p;g"f- 
crit  dans  la  fuite  par  divers  évêques  abfens ,  Sc  par  d’autres  qui-  ne  furent  A  0so'&j‘i-  ' 
élus  que  quelque  tems  après.  Guifred  de  Narbonne  ,  Bernard  de  Conférons, 

Sc  Pierre  de  Gironne  furent  du  nombre  des  premiers.  O11  voit  le  nom  d’Ar-  — — 
naud  évêque  de  Touloufe  parmi  les  autres.  j 

Guadald  avoit  été  elû,  à  ce  qu’on  prétend  ",  évêque  de  Barcelone  en  rojp.  du  e  hiftM 
confcntement  d’Oton  archevêque  d’ Auch  ;  mais  il  y  a  lieu  de  douter  ,  linon  des 
circonftances ,  du  moins  de  l’époque  de  cette  élection .-  car  Guadald  étoit  déjà  }}. 
évêque  de  Barcelone  en  1027.  qu’il  >  afiîfta  à  un  concile  tenu  à  Aufonne.  (MarC.tfj}i 
Ce  qu’il  y  a  de  vrai ,  c’cft  que  fl  ce  prélat  s’adrcflà  à  l’archevcque  d’Auch  p •  *}*■ 
pour  confirmer  fon  éledion  ,  il  falloit  qu’il  doutât  de  fa  canonicité,  ptiif. 
qu’il  declinoit  la  jurifdidion  de  l’archevêque  de  Narbonne  fon  métropoli¬ 
tain.  Auffi  remarque-t-on  s  que  que  quand  les  évêques  de  la  Marche  d’Éfpa-  g  p^iadatmi 
gne  étoient  elûs  contre  les  réglés,  ou  qu’ils  vouloient  s’arroger  une  autorité 
indépendante  de  l’archevêque  de  Narbonne ,  ils  avoient  recours  pour  fe  faire 
ordonner,  aux  archevêques  d’Auch  ,  métropolitains  de  la  Navarre  Sc  de 
l’Aragon  depuis  l’invafion  des  Sarafins.  On  en  a  déjà  vu  quelques  exem- 

■  ples* 

T  ome  IL  X  ij 


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_ _  i64  HISTOIRE  GENERALE 

An.  1032.  La  partie  orientale  delà  province  le  rell'entit  fans  doute  des  troubles  qui  agite- 
lx.Xmii  rcntiuProvcncé  après  la  mort  de  Rodolphe  le  Fainéant^  roi  de  Bourgogne,  Sc 
1  “  ;r;  de-  Provence,  qui  mourut  fans  enfansle  6.  de  Septembre  de  l’an  1  o  3  2.  Il  avoir 
dc  Kovu.cc  dilpole  auparavant  de  tous  les  états  en  laveur  de  1  empereur  Gonrad  le  S  alu 
paiic  ««  tu»  ihn  beau-frere  ,  ou  plutôt  d’Henri  fils  de  ce  prince  fon  neveu.  Depuis 
nu-nc.  coM>cccce  donation,  les  empereurs  d  Allemagne  prétendirent  la  iouvcrainete  lur 
noVs'  H  .'  i'  ^CS  P31s  ^cuez  entre  les  Alpes  6c  le  Rhône,  mais  leur  autorité  n’y  fut  jamais 
io.S>:c  fr.iiicc  bien  confi  Jerable,  6c  Conrad  eut  beaucoup  de  peine  à  s’y  faire  reconnoître.  Il 


fuite  de  lès  prétentions ,  Conrad  fie  couronner  roi  de  bourgogne  Henri  Ion 
fils  en  1038. 


b  Mal. *</ 4it». rite.  Nous  voyons  en  cher  que  1  acte  0  d  union  qui  tut  taire  alors  en  faveur 
«Je  Gautier  abbé  de  laint  Gilles,  du  monafterc  de  faint  Eufebe  d’Aptà  cette 
abbaye,  fituée  dans  le  comté  de  Ni  [ne  s  &  la  vallée  Flavicnne ,  eft  daté  du  mois 
e  ai  »nn.  de  Mars ,  Dieu  remuant ,  &  dans  /’ attente  d'un  roi.  Il  paroît  d’ailleurs  que  l’em- 
». 5-»-6.  pereur  Conrad  nsétoit  pas  encore  reconnu  dans  cette  province  en  1035. 

Il  l’étoic  déjà  en  1037.  dans  le  diocèfeôc  comté  de  Valence,  félon  la  date 
A  ai 4»B.!oj7.  d’une  donation  *  que  fit  alors  Ademar  comte  de  Valentinois  à  l’abbaye  de 
#  Cluni,  avec  fa  femme  Rotilde  8c  les  fils  Pons  évêque  de  Valence,  Hugues, 
'Lambert ,  ôcc.  pour  l’ame  du  comte  Lambert  fon  pere  j  mais  il  paroît  d’un 
ePr.^.toj.  autre  côte  6 ,  que  la  partie  du  Valentinois  qui  eft  en  deçà  du  Rhône,  étoit 
foumife  dans  cetcms-là  avec  le  Vivarais ,  à  Henri  I.  roi  de  France.  C’eft  ce 


re,  dans  le  territoire  de  Pradellcs,  à  l’abbaye  de  laint  Guillem  du  Dclcrt: 
par  l’autre  Gcilin  comte  de  Valentinois  6c  fuccellcur  d’Adcmar  ,  fes  fils  Odon 
evêque  ,  Arbert,  Roftaing,  Hugues,  6c  Conon  ,  6c  Ave  fa  femme  ,  donnent  à 
l’abbaye  de  laint  Chaftrc  l’cglile  de  laint  Barthelemi  fituée  dans  la  partie  du 
dioccfe  de  Valence  qui  elt  en  deçà  du  Rhône.  Il  eft  vrai  qu’on  peut  rapporter 
egalement  cette  date  au  règne  d’Henri  roi  de  Bourgogne^  mais  comme  ces  actes 
font  poltcricurs  à  l’an  1039.  f]ue  ce  .prince  fucceda  dans  l’empire  à  Conrad 
le  Salique  loti  pcrc  ,  on  n’auroit  pas  manqué  de  lui  donner  la  qualité  d’em¬ 
pereur. 

lxxxix.  Aton  II.  vicomte  d’Albi  8c  de  Nifmes  mourut  de  mort  violente  les  premie- 
rCS  annt-;cs  ro*  Henri.  Il  périt,  d  ce  qu’il  paroît,  B  par  les  mains  d’un  leigneur 
d  ai...  &  de  nomme  Geraud ,  de  fes  frères  ,  8c  de  leurs  fils  ,  qui ,  pour  reparution  de  fa 
Nl  j"h  V  mort  ’  ^onncrcnc  cn  alleu  la  portion  qu’ils  avoientaux  châteaux  de  Cahufac 
üi'iuiiuâcde.  terens  en  Albigeois ,  8c  divers  autres  domaines  à  Frotaire  évêque,  6c  à 
ç,prp.iji.y  lès  frères  Bernard  êcSegarius,  fils  de  ce  vicomte,  6c  leur  cn  firent  h  hom- 
Nort  mage«  Aton  II.  avoir  hérité  ,  ‘  comme  on  l’a  remarqué  ailleurs ,  de  Bernard 
xxii.’,.  ».  II.  ion  pere  8c  de  Gauciane  fa  mere  des  vicomtez  d’Albi  8c  de  Nifmes.  Il 
^v.noif.  P°ff-‘d°it  aufli  plufieurs  terres  8c  alleus  dans  le  Touloufain  ,  entr’autres  le 
ibii.  ».  ,i.& château  de  Dourgne  ,  aujourd’hui  du  diocèfe  de  Lavaur  ,  donc  les  feigneurs 
17.  Prom'renc  k  fidelité,  8c  à  Frotaire  fon  fils.  Il  acquit  1  en  1028.  une  fixié- 
1  p.  fa»,  ô  me  partie  du  château  d’Auriac  ,  qui  eft  un  ancien  titre  de  baronie  dans  le  Lau- 
/'?•  raguais.  Ce  vicomte  eft  fans  doute  le  même  qu’Aton  à  qui  Ermengaud  comte 

m  F  d’Urgcl donna™  un  alleu  la  XXXl.année  duregnedu  roi  Robert, ou  l’an  1027. 
en  échange  d’un  autre  qu’Aton  avoir  donné  à  Guillaume  viccmte  de.Ca- 
ftelbon. 

Aton  II.  vicomte  d’Albi,  8c  de  Nifmes  laiflfa  donc  trois  fils,  Frotaire,  Ber¬ 
nard  8c  Segarius ,  de  Gerberge  fa  femme.  Le  premier,  qui  à  ce  qu’il  paroît 
étoit  l’aîné  ,  fut  élu  de  fon  vivant  éveque  de  Nifmes,  ôc  il  avoir  déjà  fuc- 
n  f.  1S0.  cédé  n  dès  l’an  1027.  dans  cet  évêché  à  Geraud' d’Andufe.  Il  pofleda  par 
indivis  avec  le  vicomte  Bernard  III.  fon  frere,  les  vicomtez  d’Albi  8c  de 
N  ilmes ,  6c  les  autres  domaines  de  leur  maiion ,  8c  reçût  avec  lui  les  homma- 


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DE  LANGUEDOC  Liv.  XIII.  Uy _ . 

ges*pour  les  châteaux  de  Vintron  en  Albigeois,  deDourgne,  deViilemur ,  An.  103 z4 
de  Lavaur,  de  làint  Félix  dans  le  Toulouiain,  Scc.  Leur  pouvoir  commun  5 
fur  le  domaine  qui  avoir  appartenu  à  leur  pere  paroît  encore  par  un  acte  ° 
fuivant  lequel  Ameiius  évêque  d’Albi ,  le  meme  Frotuire  évcque  de  Nifmcs , 

Bernard  Aton  [on  frcre  proconjul  de  Nifmes  &  prince  d’Albi ,  firent  con/lruire 
un  pont  dans  cette  derniere  ville,  fur  la  riviere  de  Tarn,  de  l’avis  de  Ge-» 
raud  évêque  de  Rodez  ,  de  Bernard  évêque  de  Cahors  ,  des  feigncars  du 
pais  ,  &  des  citoyens  &  bourgeois  d’Albi.  Le  terrain  fur  lequel  ce  pont  fut 
bâti  appartenoit  à  Anfelme  abbé  de  faint  Salvi  &  à  fes  chanoines ,  à  qui 
ces  feigneurs  donnèrent  les  émolumens  du  nouveau  pont.  On  verra  encore 
ailleurs  d’autres  preuves  de  l’autorité  commune  de  ces  deux  freres  fur  les 
domaines  de  leur  maifon.  Frotaire  eut  de  plus  l’avouerie  des  abbayes  de 
Caftres ,  de  Soreze ,  de  faint  Salvi.  d’Albi,  &c. 

Arnaud  comte  de  Rafez  décéda  aulfi  les  premières  années  du  régné  du  roi  xc- 
Henri  j  car  Raymond  fon  lùcceflsur ,  qui  paroît  êtrefon  fils  ,  donna  le  28.  com^  deRa- 
d’Août,  la  IV.  année  du  régné  de  ce  prince,  un  alleu  de  ce  pais  à  l’abbaye  Mort  de 
de  faint  Hilaire ,  &  à  Oliba  Ion  abbé ,  pour  fon  ame ,  6c  celle  de  la  femme  Be-  tBecrjcudcoufe- 
liarde  -,  6c  en  rcconnoilfance  de  la  viétoire  qu’il  avoit  remportée  au  château  de  uns  &  d.toix. 
Rafez,  par  l’intercellion  de  ce  faint,  fur  un  feigneur  nommé  Arnaud-Gibert  ^"ufact 
qui  lui  faifoic  la  guerre  pour  venger  la  mort  de  ion  fils  ,  que  le  même  Ray-  tre  les  fils. 
mond  avoit  peut-être  tué.  1034 

On  doit  rapporter  é  à  peu  près  au  même  tems  la  mort  du  comte  Ber-  c  Pr.,.,s”g. 
nard,  fils  puîné  de  Roger  I.  comte  de  CarcalTonne,  qui  avoit  eu  pour  fon  v-  K0TE 
parcage c  le  comté  6cl‘èveché  de  Conferans,  avec  le  pais  deFoix,  8c  plufieurs 
autres  domaines  duTouloufain  ,  aufquels  il  avoit  ajouté  le  comté  de  Bigorre  xxu.n.,? 
par  fon  mariage  avec f  Garfinde ,  fille  ou  loeur  êcheritiere  de  Garfias- Arnaud  15 ’’ 

comte  de  ce  païs.  Bernard  eut  de  cette  dame  trois  fils  8c  deux  filles.  II  parta-  f  note  ,bii. 
gea  fes  domaines  à  ceux-là  ,  nommez  Bernard  ,  Roger,  &  Pierre.  Lepre-  n 
mier,  qui  paroît  avoir  été  l’aîné,  lui  fucceda  s  dans  le  comté  de  Bigorre  év?-* 
qu’il  tranfinit  à  les  defeendans.  Le  lècond  h  eut  en  partage  le  château  de  h  iv.iSy.eJ. 
Foix,  de  Caftelpendent ,  de  Roquemaure,  ,dc  Lordad  ,  &  plufieurs  autres  Pi- 
terres  dans  la  partie  méridionale  du  Touloufain  ,  enlorce  qu’il  hérita  du 
pais  de  Foix  ,  dont  il  fut  le  premier  comte  de  fon  nom.  Le  dernier  prit  {  Pr  f 
aulfi  le  titre  de  comte’,  &  le  fut  peut-être  de  Conferans  :  il  eft  du  moins  F 
certain  qu’il  eut  «pour  fa  part  plufieurs  domaines  dans  le  Touloufain  ,  encr’au-  K 
très  la  partie  méridionale  du  diocèfe  de  Mircpoix.  V  r‘P.  y*. 

Les  deux  filles  de  Bernard  comte  de  Conferans  8c  de  Foix  fe  nonimoient  v; hill- 
Garfinde,  &  Stéphanie  ou  Etiennctte.  La  première  *  qui  étoit  d’une  rare 
beauté  époufa  au  mois  d’Aoûc  de  l’an  1036.  Ramire  roi  d’Aragon  ,  qui  lui  Marc*Bmrn. 
alfigna  pour  fon  douaire  le  château  d’Athercz  :  l’autre  époufa  la  même  an-  ^o°rixx//. 
nee  à  Barcelone,  où  elle  demeuroit  alors  auprès d’Ermeilînde  fa  tance  coin.  «.  1  . 
telfe  douairière  de  cette  ville,  Garcias  roi  de  Navarre,  8c  frere  de  Ramire  ,ô ,;F<rrer•*',* 
roi  d’Aragon.  T  Elle  mourut  en  1058.  xct. 

Roger  I.  comte  deFoix,  après  la  mort  du  comte  Bernard  Ion  pere  ,  fit  un 
accord  m avec  Pierre  évêque  de  Gironne  fon  oncle  paternel,  pour  le  fucce-  To\xi™T?kt. 
der  l’un  à  l’autre  en  cas  de  prédccez:  ils  convinrent  que  les  enfans  que  Roger  £  évésucdc 
auroit  d’un  légitimé  mariage  ,  lui  fuccederoient ,  8c  que  Pierre,  qui  feroit  leur  eu.  0nck- ^1^!. 
teur,auroiti’adminiftracion  de  leurs  biens.  Ils  partagèrent  leurs  domaines  en  Eicn.iuc  de 
deux  lots  :  la  ville  8c  le  comté  de  CarcalTonne,  avec  les  alleus  du  comté ,  le  k,n  y°! 
château  8c  le  païs  de  Qucille  ,  plufieurs  autres  terres  ou  alleus  du  Toulou- /«?. 
fain  ,  la  moitié  du  bois  de  Bolbonne  ,  8c  le  château  de  Saifiàc  dans  le 
Carcalfez,  compoferent  le  premier,  dont  il  paroît  que  Pierre  étoit  déjà  en 
polfelfion.  Ce  prélat  excepta  de  ce  lot,  8c  fe  réferva  l’èvcchè  de  Carcajfonne , 

&  l’honneur  de  l’ipifeopat  5  les  abbayes  du  Carcalïêz  avec  leurs  honneurs  5  la 
maifon  ou  château  qu’il  avoir  dans  CarcalTonne  avec  fes  dépendances  ^  l’églife 
de  faint  Marcel ,  qui  fervoit ,  ce  femble ,  de  chapelle  au  même  château  -,  fes 
officiers  ,  fçavoir  fon  chambellan  ,  fon  intendant  *  ,  fon  fénéchal ,  8c  fon  *  Difpenraior. 
bouteider  ou  échanfon  ,  avec  leurs  biens ,  c’eft-à-dire  les  fiefs  attachez  à  leurs 
chargesj  l'abbaye  dcCamon  fituée  dans  le  païs  deQueille,8c  le  château  deDun  dans 


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An  .io3  4. 


*  Fr.  f.  190, 

éj'ii- 


t  Pr.p .  rfy* 
é>  /«?î- 


Ï65  HISTOIRE  GENERALE 

le  Touloufain*  8c  enfin  l’honneur  de  lé  évêché  de  Touloufe  ,  Se  celui  des  abbayes  de 
ce  pais.  Roger' devoir  lui  fucceder  dans  tour  le  relie,  en  cas  qu’il  lui  fur- 
vécut,  8c  le  poflèder  de  la  même  maniéré  que  Bernard  [on  pere  le  lui  avoit  donné 
tn  partage- 

On  mit  dans  le  fécond  lot  i°.  les  châteaux  dcFoix  ,  de  Caftelpendent ,  de 
Roquemaure  8c  de  Lordat ,  fituez  dans  la  partie  méridionale  du  T ouloufain 
vers  les  frontières  d’Efpagne  5 1*.  l’autre  moitié  du  bois  de  Bolbonneavec  les 
vigueries  &  les  honneurs  de  comte  que  Pierre  8c  Roger  pofl'edoient  dans  ce  pais, 
donc  on  preferit  les  limites  ;  fçavoir  depuis  la  montagne  appellée  Puy-Maurin, 
qui  fépare  la  Cerdagne  ou  l’Elpagne  ,  du  comté  de  Foix  8c  de  la  Gaule  ,  8c 
depuis  Saurad  fur  les  frontières  du  Conferans  d’un  côté  ^  jufques  à  Bolbon- 
ne  en  deçà  de  l’Ariege  de  l’autre.  Pierre fe  réferva  dans  ce  lot,  ainfi qu’il 
avoit  fait  dans  l’autre ,  les  abbayes  du  pais ,  entr’autres  celles  de  Foix ,  de  Fre- 
delas  ou  Pamiers ,  8c  du  Mas-d’Afd  avec  leurs  honneurs  8c  dépendances ,  8c 
quelques  terres  ôcalleus. 

Nous  avons  deux  aétes a  relatifs  à  ce  partage  :  par  l’un  «  le  comte  Roger 
33  prête  ferment  à  Pierre  évtque  [on  oncle ,  &  promet  de  lui  être  fidelle  comme 
y>un  vaffal  à  fon  feigneur  ,  pour  la  part  que  ce  prélat  avoit  à  la  ville  de  Carcaf. 
»fonne,  à  fes  forterefles  ,  8c  aux  châteaux  de  Foix  8c  de  Queille  5  avec  pro- 
>3  mefle  de  le  laifler  jouir  paifiblemenc  de  l’ évêché  de  Carcaflonne ,  8c  des 
3s  terres  qui  en  dépendoient ,  des  abbayes  de  [tint  Jean  de  Valjiger ,  ou  de 
3>  Moncolieu,  deVernafone,  ou  de  faint  Chignan,  de  faint  Etienne  de  Cabar- 
»3  dès ,  de  faint  Pierre  de  Caunes ,  de  fainte  Marie  de  la  G  rafle  ,  de  faint 
33  Hilaire,  de  faint  Antonin  de  Fredelas ,  8c  de  faint  Volufien  de  Foix  ,  de 
33 leurs  dépendances  ,  8c  enfin  de  toutes  les  villes,  terres  8c  châteaux  qu’il 
ispofledoit.  «  Par  l’autre  il  lui  prête  feulement  ferment  de  fidelité  pour  les 
châteaux  de  Foix,  Caftelpendent,  Dun  ,  Chercorb,  Bareilles ,  la  ville  de 
Carcaflonne ,  6c  fes  forterefles ,  le  château  de  Saiflac ,  8c  pour  le  relte  de  fon 
domaine.  Comme  ces  differens  actes  qui  font  crcs,intereflans  pour  notre 
hiftoire  n’ont  point  de  date ,  &  qu’ils  font  allez  obfcurs  par  eux-mêmes, 
nous  croyons  devoir  les  éclaircir  par  les  réflexions  fuivantes. 

i°.  On  a  vu  ailleurs b que  Roger  I.  comte  de  Carcaflonne  difpofa  par  fon 
teftament  de  tout  ce  comté  en  faveur  de  Raymond  fon  fils  aîné ,  qui  laifla 
des  enfans  :  nous  trouvons  cependant  ici  que  Pierre  fon  troilîémc  fils ,  au¬ 
quel  il  n’avoit  donné  que  les  abbayes  de  l'on  domaine ,  poflèda  outre  cela 
une  partie  du  même  comté  :  il  faut  donc  ou  que  Roger  I.  ait  fait  quelque  chan¬ 
gement  dans  ce  teftament ,  ou  que  par  ur.c  autre  difpolition  il  ait  lailfé  à  Ber¬ 
nard  &  à  Pierre  fes  fils  puînez, une  partie  du  comté  de  Carcaflonne  jà  moins  que 
ceux-ci  ne  s’en  foient  emparez  fur  leurs  neveux  dans  le  temsde  leur  minorité. 

z®.  Il  femble  que  la  portion  de  la  ville  8c  du  comté  de  Carcaflonne  qui 
fut  mife  dans  le  partage  dont  on  vient  de  parler ,  8c  qui  en  comprenoit  la 
moitié,  comme  nous  le  verrons  ailleurs,  étoit  d’abord  échue  à  Bernard, 
puifqu’il  eft  marqué  que  ce  comte  l’ avoit  leguée  pour  fa  part  à  Roger  fonfils-y 
ainfi  le  même  Bernard  aura  été  comte  en  partie  de  Carcaflonne.  Il  paroît 
cependant  que  Pierre  évêque  de  Gironne ,  fon  frere ,  pofledoit  de  fon  chef 
une  portion  du  même  comté  ,  outre  celle  dont  il  étoit  actuellement  en 
pofleflion  dans  le  tems  qu’il  fit  ce  partage  avec  le  comte  Roger  fon  ne¬ 
veu  ,  8c  dont  il  jouiflbit  à  caufe  fans  doute  que  ce  dernier  étoit  fous  fa 
tutelle. 

30.  On  peut  encore  prouver  que  Roger  I.  comte  de  Carcaflonne  changea 
la  difpoficion  de  fon  teftament ,  en  ce  qu’il  donna  par  cet  acle  à  Raymond 
Ion  fils  aîné  le  droit  qu’il  avoit  (ur  les  païs  de  Queille  8c  de  Chercorb  en 
vertu  de  l’accord  qu’il  avoit  fait  avec  Eudes  comte  de  Rafez  fon  frere  j  car 
l’évêque  Pierre  ,  8c  le  comte  Roger  fon  neveu  pofl'edoient  ces  deux  pais c , 
fuivant  le  même  acte  de  parcage ,  8c  les  fermens  que  ce  dernier  fit  en  con- 
fequence.  On  pourroitmême  conclure  delà qu’ Arnaud  fils  d’Eudes  comte  de 
Rafez  étoit  mort  fans  pofterité  dans  le  tems  de  ce  partage,  puifqu’une  par¬ 
tie  de  fes  domaines  étoient  occupez  alors  par  fes  confins  :  mais  peut-  être  y 
eut-il  quelque  nouvel  accord  entr’eux  ,  félon  lequel  Arnaud ,  ou  fon  fils 
Raymond,  cédèrent  ces  deux  pais  aux  autres. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIH.  167 _ _ 

4*.  Comme  Roger,  qui  prie»  le  titre  de  comte  de  Feix ,  furvêcut  à  Pierre  An.  1034* 
évêque  de  Gironne  fon  oncle,  c’eft  une  preuve  qu’il  lui  fucceda  dans  cous  a Prp.-.u 
les  domaines  énoncez  dans  leur  partage  ,  conformément  à  cet  a&e,  fie  ^°ril  xxu‘ 
par  conféquent  dans  une  partie  du  comté  de  Carcaflonne.  Quant,aux  au¬ 
tres  domaines  que  ce  prélat  Ce  réferva ,  &  qui  ne  furent  pas  compris  dans 

1  heriterent  fans  doute  après  fa  mort  avec  le 

1 

Pierre  étoit  évêque  de  Catcaffbnne  dafts  lé 
tems  de  ce  parcage,  de  ce  qu’il  s’y  réferve  F  évêché  de  cette  ville  avec  l'honneur 
de  Fépifcopat  -,  mais  outre  qu’il  eft  certain  que  ce  prélat b  occupa  le  lïege  épif  h  r.  non 
copal  de  Gironne  depuis  l’an  1010.  jufqu’en  1050.  qu’il  mourut  $  nous  avons  xxx»*>  j- 
d’ailleurs  la  fucceffion  des  évêques  de  Carcaflonne  pendant  cet  intervalle. 

L’on  doit  donc  entendre  par  F  évêché  de  Carcaflonne  ,  gf  F  honneur  de  F  épis¬ 
copat  que  Pierre  Ce  réferva ,  le  droit  de  patronat  fur  cette  églife,&de  fuzerai- 
neté  lur  les  domaines  qui  en  dépendoient.  C’eft  ainfi  que  le  comte  Roger  I.pere 
de  ce  prélat,  difpofàpar  fon  teftamenc  c  de  F  évêché  de  Conferans  en  faveur  c  fr.p.  no. 
d’Adelaïde  fa  femme,  &  que  le  même  Pierre  fe  réferva  F  honneur  de  Fève - 
,  ché  de  Touloufe ,  c’eft-à-dire  le  droit  d’avouerie  &  de  fuzeraineté  fur  les  ter¬ 
res  donc  l’églife  de  cette  ville  jouiflbic  dans  le  comté  deFoix,  &  fur  les  au¬ 
tres  domaines  de  la  maifon  de  Carcaflonne  fituez  dans  ce  diocèfe. 

On  doit  en  dire  de  même  des  diverfès  abbayes  que  Pierre  poflèdoit,  &que 
le  comte  fon  pere  lui  avoit  léguées  j  car  nous  avons  également  la  fuite  de 
leurs  abbez  pendant  fa  vie  :  on  a  déjà  vd  en  effet  qu’Etienne  étoit  abbé  de 
la  G  rafle ,  ôcOliba  de  faint  Hilaire  en  1026.  Il  cft  encore  fait  mention  de  ce 
dernier  dans  un  aéte  de  déguerpiflèment  donné  en  faveur  de  fon  monaftere 
dans  un  plaid  tenu  en  Roulfillon  le  mardi  16.  de  Mars  de  Fan  10)4.  (ou de  irr.f.xjy, 
l’an  1035.  fuivant  notre  maniéré  de  compter  le  commencement  de  l’année,) 
la  IV.  année  du  roi  Henri.  Etienne  étoit  encore  abbé  de  Montolieu  vers 
l’an  1036.  fuivant  un  aéle  de  reftitution  e  qui  fut  faite  alors  à  fon  mona-  «  Vr.p.\9%. 
ftere ,  dans  un  plaid  tenu  à  Touloufe  par  un  chevalier *  nommé  Bernard  Odal-  * M,les- 
rie  en  prejence  des  bons  hommes ,  tant  nobles  que  païfans  *  *.  **RuIheoiunu 

6°.  Aux  huit  abbayes  énoncées  dans  le  premier  hommage  rendu  par  Roger  xcir. 
à  l’évêque  Pierre  fon  oncle ,  on  doit  en  ajouter  deux  autres  que  ce  dernier  C^^,e^c‘je 
fe  réferva  expreflcmenc  par  le  partage  ,  fçavoir  celles  de  Camon  &  du  Mas-  s.*Eticnne  d« 
d’Afil.  La  première  fituée  au  voifinage  de  la  rivière  de  Lers ,  dans  la  partie 
meridionale  du  diocèfe  de  Mirepoix,  n’eft  plus  aujourd’hui  qu’un  prieuré 
Conventuel  fous  la  dépendance  de  l’abbaye  de  la  Graflè.  Parmi  les  autres  , 
nous  ne  connoiflons  que  par  ces  feuls  monumens  celle  de  faine  Etien¬ 
ne  de  Cabardez  }  elle  dévoie  appartenir  au  diocèfe  de  Carcaflonne  ,puifque 
le  pais  de  Cabardez ,  lîtué  vers  les  frontières  du  Touloufain ,  en  fait  partie. 

7®.  Enfin  il  n’eft  rien  dit  dans  l’acte  de  partage  entre  l’évêque  Pierre  &  le 
comte  Roger  fon  neveu  ,  du  comté  &  de  F  évêché  de  Conferans ,  que  Roger  I. 
comte  de  Carcaflonne  avoit  leguez  par  fon  teftament  f  à  Bernard  fon  fils ,  f  pr.p.  ij 
pere  de  Roger  comte  de  Foix.  Nous  conjeéturons  de  là  que  le  meme  Bernard  &  /*?• 
difpofa  du  comté  de  Conferans  en  faveur  de  Pierre  fon  autre  fils,  qui  , 
comme  nous  l’avons  remarqué,  prie  le  titre  de  comte,  s  II  eft  vrai  qu’il  u?!* 
paroît  que  les  defeendans  de  Raymond  comte  de  Carcaflonne  ,  frereaîné  de  ’  "'10' 
Bernard,  avoient  quelques  prétentions  en  1 070.  h  furie  pais  de  Conferans,  h  er4.i71.17n 
&  qu’ils  les  cederent  alors  à  Raymond  -  Berenger  comte  de  Barcelone, 
avec  les  autres  domaines  de  leur  maifon  }  ce  qui  a  donné  lieu  fa. ns  doute  à 
quelques  auteurs  ‘  d’avancer,  que  le  comté  de  Conferans  fut  été  par  Raymond  i 
comte  de  Carcaffonne  à  fon  frere  Bernard ,  &  qu'il  pajja  ainfî  aux  rois  d‘  Ara-  D*jCr,pt!hip.& 
%on  comtes  de  Barcelone.  Mais  i°.  les  droits  que  les  defeendans  de  Raymond  geler.*  i*Fr. 
comte  de  Carcaflonne,  cederent  au  comte  de  Barcelone  en  1070.  &  que  Ll-r-tou 
nous  expliquerons  ailleurs  plus  en  détail,  comprenoient  *  non-feulement  ce  ktr.iM. 
qui  avoit  appartenu  à  Raymond,  mais  encore  tout  ce  qui  avoit  été  du  par¬ 
tage  de  fes  freres,  c’eft-à-dire  tout  le  domaine  de  Roger  I.  comte  de  Car- 
caflonne  leur  pere ,  ce  qui  ne  prouve  nullement  que  Raymond  ait  ôté  le 
comté  de  Conferans  à  Bernard,  puifque  celui-ci,  ôc  fes  fucceflêurs ,  avoient 


le  partage ,  les  autres  neveux  e 
même  Roger  I.  comte  de  Foix. 
<°.  On  pourroit  inférer  que 


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•ÀN.  io.34* 


%  V.Mârc.H'ifp. 
T*  144-1.  frj*']- 


'fil- 


XC1II. 

Comtes  de 
Comminges. 
c  NOTL  XXII. 
»•  lt.fr  feq. 
d  Pr.  />.  1 9  6. 

*  NOTE  XIX. 

».  9. 


f  Pr.p. H7. 
V.  NOTE 
"XXI  I.n.)  4. 


g  NOTE 
Uti.  n .  ii.fr 

feT  . 

xciv. 

'  Partage  entre 
Guillaume  & 
Pierre  fils  de 
Raymond  I. 
eomre  de  Car- 
eallonne  aptes 
la  mort  de 
GarfinJc  leur 
mere. 

h  Pr.  p.l^S. 
feq. 

'  V.  NOIE 
ibid.n.  io. 


{NOTEibid . 


tK.fr.M47. 


i«*  HISTOIRE  GENERALE 

joui  du  comté  deFoix  ,  6c  des  autres  pais  du  Touloufain  compris  dans  la 
même  ceflion.  D’ailleurs  le  Conferans  pouvoir  avoir  appartenu  à  Raymond* 
foit  par  une  nouvelle  difpofition  de  Roger  I.  comte  de  Carcaflonne  Ion  pere, 
l'oit  par  quelque  accord  fait  entre  Tes  defcendans ,  &  ceux  de  Bernard  Ton 
•frere.  z*.  Nous  ne  voyons  pas-,  malgré  la  ceflion  faite  aux  comtes  de  Barce¬ 
lone  ,  que  ceux-ci  ayent  jamais  eu  des  prétentions  furie  Conferans ,  êc  il  n’eft 
rien  dit  de  ce  pais  dans  la  fameufe  tranfa&ion  a  paflee  en  1158.  entre  Jac¬ 
ques  I.  roi  d’Aragon  6c  le  roi  laint  Louis ,  par  laquelle  le  premier  cede  â 
■l'autre  tous  les  anciens  domaines  de  la  maifon  de  Carcaflonne  que  fes  pré- 
deceflèurs  avoient  acquis,  6c  dont  il  fait  une  longue  énumeration.Il  paroît u  au 
contraire  que  les  comtes  de  Foix  dominoient  en  1115.  furie  Conferans. 
Nous  croïons  donc  plus  vraifemblablement  que  Pierre  ,  frere  de  Roger  I. 
comte  de  Foix  ,  eut  le  comté  de  Conferans  en  partage ,  6c  que  Roger  II.  fon 
fils. 6c  fon  heritier,  qui  fucceda  à  Roger  I.  dans  le  comté  de  Foix  ,  com¬ 
prit  ces  deux  comtez  fous  le  titre  de  comte  de  Foix  qu’il  fe  donna  5  ce  qui 
fitdifparoître  celui  de  comte  de  Conferans.  Ce  qu’il  y  a  de  certain ,  c’eft  que 
les  comtes  deFoix  fuccefleurs  de  Roger  II.  poflederent  une  partie  du  Confe¬ 
rans  ,  6c  que  le  refte ,  qui  en  faifoit  la  plus  grande  partie  ,  fut  uni  au  do¬ 
maine  des  comtes  de  Comminges ,  lefquels  étoient  de  la  même  maifon ,  6c 
dont  une  branche  pofleda  le  Conferans  au  douzième  fiecle  fous  le  titre  de 
vicomté. 

Il  faut  diftinguer  c  Roger  I.  comte  de  Foix  ,  d’avec  ün  autre  comte  de  ce 
hom  qui  vivoit  vers  le  même  teins,  êcqui  étant  tombé  malade  d  au  château 
de  Cafelas  dans  le  Comminges,  fit  une  donation  à  l’abbaye  de faint  Pierre 
deLezat,  6c  à  l’abbé  Guiraud,  pour  fon  ame  6c  celle  d’Eudes  fon  frere.  La 
charte  ,qui  eft  fans  date,  eft  foulcritepar  Arnaud  fon  fils ,  6c  Bernard  évêque 
deTouloufe  qui  vivoit c  en  iojy.  Ce  Roger  pofledoit  une  partie  du  comté 
de  Comminges  avec  quelques  alleus  dans  le  Touloufain,  êcl’avouerie  ou  pa¬ 
tronat  fur  l’abbaye  de  Lezat.  Il  fut  le  fécond  comte  de  Comminges  de  Ion 
nom,  6c  outre  Arnaud  fon  f  fils  qui  lui  fucceda,  il  en  eut  un  autre  nommé 
Bernard  qui  étoit  déjà  évêque  de  Conferans  6 c  abbé  de  Lezat  en  1048.  Quant 
à  Eudes  fon  frere,  qui  paroît  avoir  été  fon  aîné  ;  il  pofleda  aufli  une  partie 
du  comté  de  Comminges ,  6c  le  tranfmit  à  fes  defcendans  g  qui  réunirent 
enfin  tout  ce  comté  à  leur  domaine  vers  le  commencement  du  XII.  fiecle. 

L’autre  partie  du  comté  de  Carcaflonne appartenoit  vers  l’an  1034.  à  Guil¬ 
laume  6c  à  Pierre ,  fils  de  Raymond  I.  comte  de  cette  ville  ,  6c  de  Garfinde  de 
Beziers ,  laquelle  fait  mention  de  l’un  6c  de  l’autre  dans  une  donation  h  qu’elle 
fit  à  l’abbaye  de  Conques  en  Rouerguc  au  mois  d’ Août  fous  le  régné  du  roi 
Henri .  Cette  comtefle  qui  ctoit  alors  veuve  en  fécondés  noces  de  Bernard 
d’Andufe  ,  donne  avec  fes  fils  Pierre  ,  Guillaume  &  Bermond ,  à  cette  abbaye, 
l’églife  6c  le  village  de  Vairac  dans  le  pais  d’Agde  ,  dont  elle  avoit hérité  de  fes 
parens  ,  tant  pour  fon  ame  ,  6c  pour  celles  de  fon  'pere  Guillaume ,  de  Bernard  fon 
yf/g«<rar,(c’eft-à-dire  fon  mari)  &  de  Raymond  fon  fils ,  que  pour  Guillaume ,  Pierre 
Bernard  fes  fils  i  fur  quoi  il  faut  remarquer  i9.  qu’elle  diftingue  ici  les  trois 
derniers  qui  vivoient  alors,  6 c  qui  fouferivirent  à  la  charte  dans  le  même 
ordre,  des  autres  qui  étoient  déjà  décédez.  Qu’elle  avoit  eu  Raymond 
6c  Bermond  1  de  Bernard  d’Andufe  fon  fécond  mari ,  ôc  Guillaume  6c  Pierre 
de  Raymond  I.  comte  de  Carcaflonne  qu’elle  avoit  époufé  en  premières  noces. 

Cette  princeflè  mourut  fans  doute  bientôt  après.  Nous  n’avons  plus  du 
moins  aucun  monument  qui  en  fafle  mention.  Après  fa  mort  fes  deux  fils  du 
premier  lit  partagèrent  entr’eux  fa  fucceffion  6c  celle  du  comte  Raymond  leur 
pere:ils  heriterent  entr’autres  des  vicomtez  de  Beziers  6c  d’Agde,  qui  leur 
avoient  été  fubftituées  k ,  à  ce  qu’il  paroît,  parle  teftament du  vicomte  Guil¬ 
laume  leur  ayeul  maternel  ,  6c  pere  de  Garfinde  leur  mere  j  enforte  que 
Bermond  leur  frere  utérin ,  fils  de  Bernard  d’Andufe  n’y  eut  aucune  part.  Ces 
deux  vicomtez  échurent  à  Pierre  qui  prit  la  qualité  de  comte ,  loic  parce 
qu’il  étoit  de  race  comtale  ,  foit  parce  qu’il  pofleda  une  partie  du  comte  de 
Carcaflonne.  Guillaume  fon  frere  eut  pour  fa  part  une  autre  portion  du 
comté  de  Carcaflonne,  6c  quelques  domaines  dans  les  pais  voifins. 

Les 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIIÎ.  «<?*  . 

Les  deuxfreres  convinrent  de  ce  partage  à  l’amiable,  comme  on  voit  par  AN.1034, 
le  ferment  a  que  Guillaume  fit  à  Pierre  fan  frere  ,  de  le  laiflèr  jouir  pailL 
blement ,  fait  avec  forfait ,  foie  fans  forfait ,  des  villes  8c  des  èvèchez^  de  Bcziers 
&  d’Agde  ,  de  leurs  droits  &  de  leurs  dépendances }  des  châteaux  de  Mer* 
coirol,  Roquebrune,  Pezenas,  Florenfac,  Mefe  &  Omelasj  du  château  8c 
de  l’abbaye  de  faint  Tiberi,  8cc.  Il  lui  promet  de  plus  de  le  fccourir  en  cas 
qu’il  vînt  à  être  attaqué,  ou  qu’on  lui  difputât  la  poflèflion  de  tous  ces  do¬ 
maines  ,  excepté  contre  fes  propres  feigneurs  &  fes  va  faux.  Guillaume  s’engage 
en  particulier  d’aider  Pierre ,  lorfqu’il  en  leroit  requis,  contre  Bernard  lelety 
fils  de  Blitgarde%  avec  lequel  ce  dernier  étoit  peut-être  en  guerre.  Nous  croyons 
trouver  ici  l’origine  de  l’illuftre  maifon  de  Pelet ,  l’une  des  plus  anciennes  de 
la  province,  que  quelques  auteurs  font  defeendre  des  vicomtes  de  Narbon¬ 
ne.  Le  même  comte  Pierre ,  reçût  aulli  vers  3  ce  tems-là  le  ferment  de  Pons 
fils  de  Frodille  pour  le  château  de  Paulhian  au  diocèfe  de  Beziers* 

Les  feigneurs  que  Guillaume  excepte  dans  fon  ferment,  étoient  fans  doute  SuK*fn^dcs 
les  comtes  de  Touloufe  8c  de  Rouergue,  qui  en  qualité  de  marquis  de  Go-  comtesde rou¬ 
tine,  ou  de  comtes  de  Touloufe  ,  avoient  la  fuzeraineté  fur  le  domaine  de  ^'tfued^ut 
la  maifon  des  comtes  de  CarcafTonne  5  ce  qui  paroît  entr’autres  par  le  fer-  ugocÜk  &ie 
ment  que  le  même  comte  Guillaume ,  fils  de  Garfinde  (&  non  pas  de  Ricar-  comté  de  car¬ 
de,  comme  un  auteur  c  l’a  fuppofé  par  méprife  )  fit  vers  le  même  tems  à  Be- 
renger  vicomte  de  Narbonne,  à  qui  il  promet  d  de  le  lailfer  pailîble  poflèfi  p • 
feur  de  cette  ville  8c  de  fes  dépendances,  des  châteaux  qu’il  occupoit,  8c 
de  ceux  qu’il  pourroit  acquérir  dans  la  fuite  avec  fon  confeil ,  pourvu  que  ce1"1' 
vicomte  ne  commit  aucun  forfait  contre  lui  $  8c  en  cas  que  cela  arrivât ,  il  s’engage 
de  ne  pas  l’inquieter  jufqu’à  ce  qu’il  eût  réparé  le  dommage  dans  l’elpace 
de  quarante  jours  après  l’en  avoir  requis.  Guillaume  promet  enfuite  à  Be- 
renger  de  l’aider  contre  tous  ,  excepté  contre  Hugues  comte  de  Rouergue ,  GuiU 
laume  comte  de  Touloufe  ,  Pierre-Roger  Pons ,  fils  du  comte  Guillaume ,  Bernard. 

Comte  de  Subfiantion  &  fes  propres  vajfaux.  Le  comte  Hugues  eft  nommé  le 
premier,  à  caufe  fans  doute  qu’il  avoit  la  principale  autorité  dans  la  Gothie 
ou  Septimanie,  où  il  poffedoit  d’ailleurs  le  comté  particulier  de  Narbonne  j 
puis  Guillaume  comte  de  Touloufe  8c  Pons  fon  fils  ,  parce  qu’ils  avoient, 
comme  marquis  de  Touloufe  ,  la  fuzeraineté  fur  le  comté  de  Carcalïonne, 
enfuite  Pierre- Roger (  c’efl-à-dire  fils  de  Roger)  qui  n’eft  pas  different  de 
Pierre  évêque  de  Gironne,  fils  de  Roger  I.  comte  de  Carcaffonne ,  8c  oncle 
paternel  du  comte  Guillaume.Ce  dernier  excepte  enfin  le  comte  de  Subfiantion, 
a  caufe  apparemment  de  quelques  fiefs  qu’il  poffedoit  dans  ce  comté.  Au  rcfle 
cet  ade  pourroit  faire  croire  que  le  vicomte  de  Narbonne  s’étoit  rendu  vafe 
fâl  du  comte  Guillaume ,  fi  l’on  ne  fçavoit  l’ufage  où  étoient  alors  les  fei- 
gneurs  de  fe  faire  l’un  l’autre  de  pareils  fermens  pour  fe  conferver  leurs 
domaines  ,  8c  s’entr’aider  contre  tous  ceux  qui  les  actaqueroient.  Ils  ex- 
ceptoient  ordinairement  dans  ces  a&es  ,  dont  nous  avons  divers  autres 
exemples,  leurs  feigneurs  fuzerains ,  leurs  parerts ,  leurs  alliez,  Scieurs  vaf- 
faux. 

Bermond,  frere  utérin  de  Guillaume  comte  de  Carcaïïbnne,  partagea  avec  xcvl. 
Almerade  fon  frere  du  premier  lit,  la  fucceïïion  de  Bernard  d’Andufe  leur  Seigneurs 
pere.  Il  prit  le  furnom  de  Sauve  ,  8c  Almerade  celui  d’Andufe,  ainfi  qu’on  le  sju"dUltlS<c,e 
voit  par  un  ade^  de  l’an  1041.  fuivant  lequel  ils  donnèrent  à  l’abbaye  de  ePrfioi.$ 
faint  Guillem  du  Dcfert,  laparoifle  de  faint  Pierre  de  Merveys,  fituée  dans  A?- 
l’ancien  diocèfe  de  Nifmes,  6c  aujourd’hui  dans  celui  d’Alais.  Almerade  fe 
dit  fils  d' Ermengarde ,  8c  Bermond  fils  de  Garfinde,  dans  cette  donation  qu’ils 
firent  pour  l’ame  de  leur  pert  Bernard,  &  de  leurs  meres.  Bermond  avoit  déjà 
donné  un  an  f  auparavant  la. même  églife  à  cette  abbaye  ,  du  confeil  d’ Aime-  f  Mi. 
rade  fon  frere ,  qui  époufa  une  dame  appellée  Enaurs  ,  donc  il  n’avoit  pas 
encore  d’enfans  en  1049.  il  en  eut  ddns  la  fuite  un  qui  fut  nommé 
Pierre.  Parmi  les  feigneurs  qui  furens  prefens  à  cette  donation  ,  on  voit  un 
Bermond  de  Sommieres ,  dont  la  mailon  fondit  dans  celle  de  Bermond  de 
Sauve. 

Tome  II.  Y 


{ ib,i. 


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_ _ 170  HISTOIRE  GENERALE 

An.  1034.  Ce  dernier  eut  quelque  différend, au  fujet  de  leur  domaine,  avec  Pierre  vi- 
x  c  v  11.  comte  de  Beziers  èc  d’Agde  fon  autre  frere  utérin, qui  ainfi  qu’on  l’a  remarqué. 
Accord  Preno'c  titre  de  comte.  Ils  terminèrent  leur  querelle  par  un  accord  »  qu’ils 
foie  entre  Pier*  firent 3  dans  une  affemblée  à  laquelle  Etienne  évêque  de  Beziers  préfida.  Di¬ 
te  comte  ou  vers  feigneurs  du  pais  s’y  trouvèrent  au  nombre  de  vingt- deux,  parmi  lef. 
tévd'ie',  &  Ber-  quels  les  uns  prennent  leur  furnom ,  de  leurs  châteaux  ou  de  leurs  fiefs  les 
moud  de  Sauve  autres  ne  fe  ront  connoître  que  par  leur  nom  de  baptême.  On  voit  entre 
rio!  UK  les  premiers  Gaucelin  du  château  de  Lunel  ,  Amblard  de  Villeneuve,  Pierre- 
*pr.p.i9s-&  Aton  de  Corneillan,  Eracle  de  Loupian ,  &c.  Bermond  s’engagea  par  lèr- 
Af*  ment  de  fe  déclarer  vaflal  du  comte  Pierre  fon  frere  ,  auquel  il  donna  cinq  fei¬ 

gneurs  pour  ètazes ,  entr’autres  Frotard  de  Combret ,  Raymond  de  Sauve , 
&  Pons-Bernard  de  Sommieres ,  qui  cautionnèrent  chacun  pour  la  fornme  de 
mille  fols.  En  conféquence  Bermond  céda  les  abbayes  d’Aniane  &  de  S.  Guil. 
lem  du  Défère  à  Pierre  fon  frere,  qui  les  lui  donna  enfuite  en  fief  en  feréfêrvant 
toutefois  l'élection  de  l’abbé  d’Aniane ,  &.  quelques  autres  domaines  qui  dé- 
pendoient  de  ce  monaltere  -,  ce  qui  nous  fait  comprendre  que  I’avouerie  ou 
patronat  fur  les  deux  abbayes  faifoient  le  fujet  de  leur  différend ,  &  que 
Pierre  prétendoit  que  Bermond ,  qui  vraifemblablement  en  avoir  hérité  de 
Bernard  d’Andufe  fon  pere ,  devoir  les  tenir  de  lui  comme  étant  fon  aîné. 
On  peut  voir  par  cet  exemple  la  trille  fkuation  où  étoient  alors  les  bénéfices 
&  autres  biens  ecclefiaftiques ,  que  les  feigneurs  féculiers  avoient  érigez  en 
fiefs  mouvans  de  leur  domaine ,  fans  autre  raifon  que  celle  du  plus  fort, 
xcviii.  On  prétend  b  qu’Etienne  évêque  de  Beziers  qui  préfida  à  raffcmblée  dont 
Coocilc  on  vient  de  parler,  poffedoit  encore  cet  évêché  en  1036.  mais  il  y  a  de  la 
fin'nn CD  °U  "  difficulté  }  car  on  trouve  un  Bernard  évêque  de  cette  ville  qui  fouferivit  -  le 
l0^ ,  “  13.  de  Juin  de  l’an  1035.au  concile  que  Guifred  archevêque  de  Narbonne 
b  Andoq.Bez.  tint  alors  dans  l’abbaye  de  Cuxa  en  Rouffillon ,  &  auquel  affifterent  les  évê- 
c  d~  *îues  Bernard  de  Touloufe  A  ,  Pierre  de  Gironne  ,  Arnaud  de  Comminges , 
Aun*i[  Arnaud  de  Maguelonne,  Oliba  d’Aufonne  ,  Bernard  de  Conferans,  Be_ 
to.4.f,.r,o.&  renger  d’Elne ,  &c  un  évêque  nommé  Bernard  ,  dont  le  nom  du  fiege  eft 
dans  les  actes.  On  croit e  que  ce  dernier  eft  le  même  que  Bernard 
r.  M^e.  wrp.  évêque  de  Beziers  dont  le  nom  paroît  dans  les  fouferiptions  y  mais  il  peut 
atoteaxx^*  av°ir  ffiuictit  dans  la  fuite  avec  plufieurs  autres  évêques  ou  qui  étoient  ab- 
»l  note  xix.  fens,  ou  qui  n’étoient  pas  encore  élus,  tels  que  Guillabert  de  Barcelone, 
" e  M„c  Hifi  ^C*enne  d’Agde ,  Amelius  d’Albi ,  &  Guillaume  de  Comminges ,  dont  on  voit 
au.  ,rc'  les  noms  dans  les  fouferiptions.  Quoi  qu’il  en  foit ,  les  évêques  qui  affifterent 
au  concile  de  Cuxa  confirmèrent  cette  abbaye  dans  la  pofTeffion  de  l’églife 
de  Notre-Dame  de  Tremefaigues ,  fituée  entre  le  Lers  &  l’Ariege  dans  le 
diocèfe  de  Touloufe,  qui  lui  avoit  été  donnée  auparavant.  Ils  en  preferi- 
virent  les  limites  &.  en  firent  un  lieu  d’immunité  êc  de  fauvegarde.  Au 
refle  il  eft  certain  que  Bernard  étoit  évêque  de  Beziers  en  1043.  f  :  il 
f  Marc. m/}.  faut  donc  reculer  g  l’épifeopat  de  Berenger  fon  fuccefleur  ,  qu’on  fait 
p’ g  "note  en  ce  cems_là  évêque  de  la  même  ville  ,  mais  qui  ne  l’étoit  certainement  qu’en 
xxx.  iojo. 

RétfbHiibmcnt  Arnaud  évêque  de  Maguelonne  avoit  fuccedé  depuis  quelques  années  à 
dciiviiie  &  du  Pierre  de  Melgueilou  de  Subftantion  fon  prédecefTeur  immédiat,  qui  étoit  déjà 
deSMaPueioDl  ^cedé  en  lo30'  H  fut  '  a  peine  èlû.  qu’il  forma  le  defTein  de  rebâtir  Pan¬ 
ne.  "guc  0B’  cienne  ville  de  Maguelonne,  laquelle  à  la  réferve  de  la  cathédrale  qui  s’y  étoit 

h  NOTE  /aftroa  ür  f/i  t  C\i  r  »•  «\  a  ••  nnûl  ^nnr  <-  h  a  ^<.1 .  J  •  _  1  '  - 


r  ri  TaLh  r  J  - D  »  1 - vvv  cwjjiva  v*  «■ 

fa.  Subftantion,  lieu  dont  il  ne  refte  aujourd’hui  què  les  veftiges ,  à  une  lieue  ou 

/-la  AA  Anfnol  lir*»*  t?n**c  1  r*  Ma  T  m  m  Lin  ~  A.  cl  'J.1  _  .  *.  I  .  1  _ 


grande  partie,  ne  tut  pas  capable  de  1  arrête*. /Il  ht  un  yoyage  à  Rome  x  ou 
ayant  expofé  fon  dcflein  &  fes  béfoins  au  pape  Jean  XIX.  il  obtint;  une 
bulle  par  laquelle  ce  pontife  exhorte  les -  fidelles  de  féconder  les  bonnes 
intentions  d’Arnaud ,  avec  ordre  à  tous  les  evêques  qui  en  feroient  priez  par 
ce  prélat,  de  confirmer  la  même  bulle  *  ce  qu’ils  firent  au  nombi’e  de  quatorze, 


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DEEVS  EQNES  TOLOSANVS 

l?/£  ^4  .  Torrzlt&xit  ^  . 

FILIlé  WJMI  EOMITIS  TOLOSCÊ 
EtEQESEATIH’AEE  AO  EH  J 


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DE  ÏÀN  GUE  DO  C;  Li  v.  Xlt  t.  _ , 

flitr’àutiW  Raymond  de  Mendè  Sc  Deodat  de  Cahors  :  ainfi  cettëbûllé  eft  ft.1i.SO3 
intérieure  à  i’aii  105  3.  que  Jeah  XIX.  décéda  ,  &  poftetieure  à  l’an  1028-. 
que  Deodat  commença  de  fieger  à  Cahors;  ’ 

Arnaud  de  retour  dans  Ton  dioéèfe,  &foutertU  du  fecours  de  plufieürs  péri 
fonnes  de  pieté ,  fit  conftruire  des  maifons  dans  l’ifle  de  Maguelonne,  les 
ceignit  de  murs  8c  de  tours ,  8C  fonda  une  nouVèlle  ville  qu’il  alla  habiter 
avec  fes  chanoines  trois  ans  après  la  défi  ru  et  ion  de  P  ancienne  ,  8c  par  coilfé- 
quent  en  1037.  Pour  mettre  l’ifle  d  couvert  des  iniültes  des  Sarallns  qui 
infeltoicnt  fouvent  la  côte  ,  il  fit  combler  un  petit  port,  à  la  faveur  duquel 
ilspouvôiént  y  aborder  *  &  il  en  fie  ouvrir  un  autre  du  côté  de  la  terre  ferme* 
où  il  fit  conftruire  un  pont  de  communication.  Il  tràvaillà  enfuite  à  réparef 
h  cathédrale ,  dont  il  fit  faire  la  dédicace  avec  beaucoup  de  folemnité 
quelques  années  après.  Ce  prélat  doit  dortc  êcre  regardé  comme  le  reftau- 
rateur,  ou  le  fécond  fondateur  de  la  ville  de  Maguelonne  ,  qui  fubfifta 
jufques  en  1 330.  que  l’évêché  ayant  été  transféré  à  Montpellier  *  elle  s’eft 
depuis  entièrement  détruite  ;  enforte  qu’il  n’ÿj-efte  plus  qu’une  ferme ,  avec 
l’ancienne  cathédrale  de  faint  Pierre  qui  eft  encore  enfon  entier,  8e  où  un  cha¬ 
pelain  va  celebrer  la  mefle  les  dimanches  &  les  fêtes* 

Un  moderne  prétend  »  qu’Arnaud  en  faifant  creufer  les  fondemens  pouf  le  a  64 ritliUl 
rétabliflement  de  cette  églife  ,  trouva  entr’autres  deux  inferiptions ,  l’une 
grecque  êd’autre  latine  qu’il  rapporte  }  mais  Arnaud  de  Verdale,  évêquede 
Maguelonne,  quia  écrit  dans  le XIV.  fiecle  l’hiftoire  de  fes  prédeceflèürs ,  ne 
dit  rien  de  cette  circonftartce  ;  &  il  n’eft  pas  difficile  de  s’appercevoir  que  ce» 
deux  inferiptions  ont  été  fabriquées  à  plaifir  ,  de  même  que  plufieurs  autres, 
dont  cet  auteur ,  amateur  des  fables ,  a  farci  fôn  ouvrage. 

-  Arnaud  évêque  de  Maguelonne  affifta  b  le  21.  de  Septembre  de  l’an  1038*  C. 
avecGuifred  archevêque  de  Narbonne,  Raimbaud  archevêque  d’Arles,  &  comté 
les  évêques  Oliba  d’Aufortne  ,  Heribald  d’Urgel ,  Bernard  de  Conferans*  dcu’arcdouc. 
Guillabert  de  Barcelone  ,  Berenger  d’Elne ,  &  Guifred  de  Carcaflbnne  ,  à  la  £ 

dédicace  de  l’églife  cathédrale  de  Gironne,  qu’Ermeffinde  de  Carcaflonne  d’Aulonnc. 
comteflè  de  Barcelone ,  le  comte  Raymond  ton  petit-fils,  8c  Pierre  évêque  b  U,TC,-H:!p- 
de  Gironne  fon  frere  avoient  fait  bâtir  de  nouveau  ,  qu'ils  doterenc  riche-* 
ment,  &  où  ils  établirent  la  vie  commune  parmi  les  Chanoines.  Cette  prin-4 
ceflè  avoit  repris  le  gouvernement  du  comcé  de  Barcelone  depuis  la  mort 
de  fon  fils  Berenger,  furnommé  le  Courbé ,  tué  c  en  103  y.  dans  un  combat 
donné  en  Cerd^gne ,  où  il  avoit  pevtt-être  entrepris  la  guerre  contre  Gui. 
fred  comte  de  ce  pais.  Berenger  laiflà  deux  fils  de  Sancia  fa  première  fem¬ 
me  ,  fçavoir  Raymond  qui  lui  fucceda  dans  le  comté  de  Barcelone  ,  8c 
fes  autres  domaines ,  fous  la  tutelle  d’Ermeffinde  fort  ayeule,  &  Sanche  moine 
de  faint  Pons  de  Tomiercs  dans  le  diocèfe  de  Narbonne.  Ce  dernier  devint 
enfuite  prieur  de  faint  Benoît  de  Bages,  monaftere  fitué  près  de  Manrefe  * 
lequel  ciépendoit  alors  de  cette  abbaye.  Berenger  comte  de  Barcelone ,  eut  en¬ 
core  de  Guifie  fa  fécondé  époufe,  un  autre  fils  nommé  Guillaume  qui  fut 
comte  de  Manrefe.  On  voit  par  ce  que  nous  venons  de  rapporter,  que  f’eglife 
de  Gironne  eft  redevable  de  fa  fondation  à  la  libéralité  de  la  maifon  de  Car- 
caffonne.  La  comteflè  Ermelfinde  y  donna  a  alors  entr’autres  trois  cens  onces  d’or  <1  îu.p.iod. 
four  conftrüire  une  table. 

Nous  remarquerons  ici  par  occafiort  qu’il  eft  marqué  dans  les  aâes  de 
cette  dédicacé ,  qui  fut  faite  par  Guifred  archevêque  de  Narbonne,  que  ce 
prélat  étoit  de  la  race  royale  5  termes  qu’un  auteur  «  moderne  applique  à  Oliba  e  b*i«x..îUJU 
évêque  d’Aufonne,  oncle  paternel  du  même  Guifred  *  ce  qui  revient  au  mê- 
me ,  &  confirme  ce  que  nous  avons  dit  ailleurs f  de  la  defcendance  commune  f  7*.  1.  noté 
des  comtes  de  Barcelone,  de  la  famille  defquels  etoientees  deux  prélats,  lxxxvii. 
avec  faint  Guillaume  duc  de  Touloufe ,  8c  fondateur  de  l’abbaye  de  Gello^ 
ne,  qui  étoit  certainement  de  la  race  de  Charlemagne.  Au  fefte  les  évêques 
qui  affifterent  à  la  dédicace  de  l’églife  de  Gironde,  s’étoient  trouvez  g  peu  g CcHciiM.î, 
de  tenus  auparavant  à  celle  de  l’églife  d’Aufonne  ,  qui  fe  fit  le  premier  de  *0)ii 
Septembre  de  la  même  année. 

T  me  JJ,  .  -  Y  i j 


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Irjié 


histoire  generale 


A  n. 103.6-.  .  La  mort  de  Berenger  comte  de  Barcelone,  tué  durant  la  guerre  qu’il  avoit 
Comcâ  de  ^aQS  comt®  de  Çerdagne  ,  fut  peui-être  un  des  moti ts  qui  engagèrent, 
Cetd°agoe.  Guifred comte  de  ce  dernier  pais  à  le  retirer  du  monde.  Nous  fçavons  du» 
moins  qu’il  embraüà  la  vie  monaftique  en  *03  6.  dans  le  monaftere  de  Cani- 
*uiu-u'fctî.  gou,  qu’il  avoit,  fondé  dans  la  vallee  ou  comte  de  Confiant  ».  Ce  prince; 
u.  t.f.  »oj.  (uiviceQ  cela  l’exemple  d’Oliba  Cabrera  fon  pere,  pofledoit  aufli  les  comtez. 

de  Confiant  $c  de  Berga ,  avec  divers  domaines  en  deçà  des  Pyrénées ,  qui 
b  k  Aure.  anciennement  avoient  fait  partie  du  comté  de  Rafez.  II  avoit  époufé  eu, 
sfr.  premjeres  nôces  Guiflç  dont  il  eut  plufieurs  b  enfans ,  8c  qui  mourut  vers  l’an 
c r  ioio.&  1018.  Guifred  fe  remaria  avec  Elifabeth,  qui  vivoit  £  encore  au  mois  de 
g.  Novembre  de  l’an  1033.  lorfqu’il  fit  fon  teftament.  Il  donna  par  cet  ade®. 
f.wd'/w  le  comté  de  Çerdagne,  avec  le  château  de  Son  &  la  terre  de  Rafe qui  en 
r.  u»rt.  wjf.  d^pendoient ,  &  qui  comprenoient  le  Donazan  8c  le  Capcir  dans  le  diocèfe 
*  4,,'  4e  Narbonne  -y  le  comté  de  Confiant ,  8c  ce  qu’il  poflèdoit  dans  le  RouffiL. 

Ioo ,  â  Raimond  fon  fils  aîné  du  premier  lit.  Il  dilpofa  en  faveur  de  Ber¬ 
nard  l’aîné  du  fécond,  du  comté  de  Berga,  de  fa  marche ,8e  des  châteaux  de  fou 
domaine  jufqu’à  la  Segre.  Il  lui  fubftitua  Berenger  fon  autre  fils  du  fécond  lit, 
&  à  tous  les  deux  Raymond  leur  aîné,  qu’il  leur  donna  pour  tuteur  pendant 
douze  ans ,  â  compter  depuis  la  derniere  fête  de  Pâques.  Il  légua  à  Guifred 
archevêque  de  Narbonne,  fon  autre  fils  du  premier  lit ,  un  alleu  dans  le  comté 
da  Confiant ,  avec  fon  églife ,  8c  une  autre  églife  dans  le  comté  de  Ccrdagne. 
ij  donne  feulement  quelques  châteaux,  églifes  ou  fiefs  à  Ardouin  &  Guillaume 
i es  fils  du  premier  lit ,  8c  légué  à  Foy  fa  fille  divers  domaines ,  outre  ceux 
qu’il  lui  avoit  donnez  pour  fon  héritage  -y  ce  qui  prouve  qu’elle  étoit  alors  ma¬ 
riée.  Il  eft  allez  vraifemblable  que  c’eft  la  même  que  Foy  alors  femme  d’Hu¬ 
gues  comte  de  Rouergue  ,  8c  marquis  de  Gothie.  Le  comte  de  Çerdagne  or¬ 
donne  de  plus  par  fon  teftament ,  que  Bernard  du  château  de  Son ,  &  après  lui 
le  fils  ou  le  neveu  de  ce  dernier ,  qui  auroient  ce  château ,  tiendroient  l’églifê 
dç  Molig  en  fief  de  Berenger  fon  fils,  auquel  il  donne  le  pais  des  montagnes, 
avec  les  villages  de  Crucem  &  de  Richi  fîtuez^lc  long  de  la  riviere  d’Aude  ,  8c  leurs 
dépendances  $  c’eft-à-dire  une  partie  du  pais  du  Donazan  où  eft  fitué  le  ch⬠
teau  de  Son ,  duquel  une  ancienne  mailon  a  tiré  Ion  nom.  Il  donne  enfin 
à  là  fécondé  femme ,  qu’il  établit  aulfi  tutrice  de  leurs  deux  fils  Bernard 
8c  Berenger ,  la  jouiflance  des  biens  qu’il  avoit  leguez  à  ce  dernier,  8c  le  do¬ 
maine  du  château  de  Livia,  à  condition  qu’elle  demeureroit  en  viduité. 


pratique 

lüii.p.W.  ifloi$  de  Juillet  de  l’an  10 jo.  8c  non  de  l’an  iozy.  comme  l’a  marqué  g  un 
auteur  du  XIII.  fiecle.  Après  fa  mort  les  religieux  du  monaftere  le  recom-- 
mandèrent  aux  prières  des  fidelles ,  par  une  lettre  circulaire  dans  laquelle  ils 
font  un  grand  éloge  de  faperfonne.  Ils  difententr’autresque  fon  mérite  étoit 
connu  en  Italie  ,  dans  la  Gaule,  8c en Efpagne  }  qu’il  s’ecoit  diftingué  dans 
la  milice,  8c  avoit  tenu  dans  le  monde  un  rang  très-confiderablc  j  8c  qu’en- 
fin  aïant  renoncé  à  fes  richeiïès  8c  à  fes  dignitez ,  il  avoit  abandonné  gene- 
reufement  fa  femme  8c  fes  enfans  pour  fe  confacrer  à  Dieu  dans  leur  abbaye, 
qu’il  avoit  fondée.  Ce  prince  meriteroit  encore  de  plus  grandes  louanges,  fi 
par  un  commerce  fimoniaque,  qui  pour  être  commun  dans  fon  fiecle,  n’é- 
toit  pas  moins  blâmable,  il  n’eut  acheté  à  beaux  deniers  comptans  l’arche- 


Mariage 
Pons  fils  de 


Pons  fils  aîné  de  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe  contraûa  un  nou- 
GuiiUume  veau  mariage  d  au  mois  de  Septembre  de  l’an  1037.  avec  Majore,  que  nous 
wdeToab^  croyons  de  la  maifon  des  comtes  de  CarcafTonne  ou  de  Foix.  Il  lui  affigna 
>vec  M'iorc.  pçyr  douaire  l’évêché  8c  la  ville  d’Albi  ,  avec  la  monnoye  8c  le  marché  j 
1 0  j  7*  plufieurs  églifes  8c  châteaux  du  pais ,  entr’autres  celui  de  Couffoulens  *  la  moi- 
i  ».  100.  &  tl-£  de  r évêché  de  Nifmes  *  le  droit  qu’il  avoit  fur  Milhau  dans  le  Rouergue  $ 
«oie  vrn.  la  moitié  de  l’abbaye  defaiat  Gilles,  le  château  de  Porte-Efpagne,  celui  de 


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1J3E  L  A  N  G  U  E  D  O  C.  Ci*.  XI If.  ty _ _ 

Tarafcon,  Se.  la  terre  d’Argence  fur  leRhône,  L’a&e eft  foufcrit  par  GuiL  An. 1037, 
laume  prrr  de  Pons  ,  par  Bertrand  ,  qui  ne  paroît  pas  different  de  Bertrand 
fils  puîné  du  même  Guillaume  ,  &  par  divers  feigneurs. 

Guillaume  Xaillefêr  comte  de  Touloufe  étoit  donc  encore  en  vie  au  mois  de  cnr. 

Septembre  de  l’an  1037.  il  mourut  bientôt  après  5  car  outre  que  nous  Mon  de Goil* 
n avons  plus  aucun  monument  ou  il  fbit  parle  du  lui,  il  devoir  ctre  a  alors  fc[  comtc  dc 
âgé  d’enviroa  90.  ans.  C*eft  tout  ce  que  nous  gavons  de  la  mort  decetmn-  Touioak.Dtf- 
ce,  qui  fut  inhumé  i  faint  Sernin  de -Touloufe,  où  étoit  alors  la  fépulrure  3?ombcL, 
des  comtes  decette  ville.  Son  tombeau,  qu’on  y  voit  encore, eft  placé  dans  une  qui  eft  ^ns 
efpece  de  chapelle  qu’on  a  pratiquée  a  l’extrémité  du  bras  droit  de  la  croifce 
de  l’églife,  6c  qui  eft  ado  lice  contre  le  mur  extérieur  entre  deux  piiliers  bou-  ioaic. 
tans.  Les  murailles  de  cette  chapelle  font  ornées  en  dedans  d’une  ancienne  »  note  rai. 
peinture  à  frefque.  On  voit  fur  le  mur  qui  eft  en  face,  l’image  de  la  Vierge  ”’3î‘  Je1,‘ 
avec  celle  de  faint  Jacques  à  la  droite ,  &  celle  de  faint  Sernin  premier  évê¬ 
que  de  Touloufe  à  la  gauche.  Au  deflbus  de  ces  deux  faints ,  on  voïoit  il  y  a  bcotticmt; 
cent  ans,  fuivant  le  témoignage  de  Catel  b,  deux  comtes  à  genoux  en  cottes ,  f.uo. 
hvec  ïècuffon  de  U  croix  pommette.  L’infcriptioii  fuivance  étoit  pofée  au  delTus 
des  images: 

HIC  REQUÏESCIT  GUILLELMÜS  TAILLAFER  ET 

P  ON  CI  US  CO  MES  T  OL  O  SAM  US. 

Cette infeription ,  de  même  que  les  figures  des  deux  comtes,  fbneàpre- 
fent  prefqu’enrierement  effacées ,  enforre  qu’il  n’en  refte  gueres  d’autre  vefti- 
gc,  que  celui  d’an  guidon  ou  bannière  aux  armes  de  Touloufe  que  chacun 
de  ces  comtes  tenoit  dans  fa  main ,  &,  dont  les  bouts  paroifTenc  encore  très- 
diftindement,  comme  l’on  peut  voir  dans  le  deflêin  que  nous  avons  fait  gra¬ 
ver  ,  &  que  nous  joignons  ici.  Sur  le  mur  intérieur  des  deux  cotez  de  la  cha¬ 
pelle,  font  repreicncez  deux  autres  faints.  On  croit  que  celui  delà  droite  eft 
faint  Exupere  évêque  de  Touloufe, &  l'autre ,  qui  eft  à  gauche ,  faint  Gilles 
abbé.  Les  raifons  qu’on  donne  par  rapport  à  ce  dernier ,  c’cft  r  •.  Parce  qu’il 
a  la  cuillè  gauche  percée  d’une  flèche,  conformément  à  fa  legende ,  fuivanc 
laquelle  il  fut  atteint  dans  le  même  endroit  par  un  dard  ,  qu’un  roi  avoit  dé¬ 
coché  contre  une  biche  qui  s’écoit  réfugiée  dans  fagrote.  z°.  Par  la  dévo¬ 
tion  particulière  des  comtes  de  Touloufe  ,  &  fur-tout  de  Raymond  furnommé 
de  faint  Gilles  envers  ce  faint  abbé.  On  voit  deux  comtes  à  genoux  devant 
chacun  de  ces  deux  faints ,  tenant  dans  la  main  une  pareille  bandcrolle.  Ces 
deux  demieres  figures  le  font  un  peu  mieux  confervées  que  celles  des  deux 
autres  comtes. 

Dans  le  fond  de  la  chapelle  s’élève  un  tombeau  de  marbre  blanc  marqué 
dans  le  defTein  paf  le  nç.  i.  Il  eft  appuyé  dans  fa  longueur  contre  le  mur, 

&  foutenu  au  dehors  fur  trois  piiliers  ou  colomnes  dont  les  chapiteaux  font 
chargez  d’un  écuffon  aux  armes  de  Touloufe.  On  a  fculpé  fur  le  devant  du 
tombeau ,  qui  eft  fans  infeription ,  deux  rangs  de  bas  reliefs  :  la  fculpture  en 
eft  aflèz  grofliere,  &  le  tems  en  a  effacé  ou  détruit  divers  endroits.  Audef. 
fous  de  ce  tombeau  il  en  paroît  un  autre  plus  petit  marqué  par  le  chiffre  4. 

Ce  dernier  a  quatre  pieds  &  dix  pouces  de  longueur  par  le  haut ,  &  quatre 
pieds  deux  pouces  feulement  parle  bas 5  d’où  il  eft  ai  fé  de  juger  à  peu  près  des 
dimenfions  des  trois  autres ,  qui  ont  environ  chacun  cinq  pieds  cinq  pouces 
de  longueur.  Selon  l’infcription  gravée  en  deux  lignes  fur  ce  quatrième 
tombeau  ,  Pons  &  fonfrert ,  fils  de  Guillaume  comte  de  Touloufe  ,  y  font  inhumez^ 

Le  fécond  &  le  troifiéme  tombeau  font  élevez  fur  deux  colomnes.  Le  fé¬ 
cond  qui  eft  à  la  droite  n’a  point  d’infeription  :  on  y  voit  feulement  une  efpece 
de  chiffre  fur  le  devant.  Son  couvercle  ,  ainfi  que  ceux  de  nos  plus  anciens 
tombeaux ,  eft  taillé  en  écailles.  On  lit  fur  le  couvercle  du  troifiéme  qui  eft  à  la 
gauche ,  une  infeription  fuivant  laquelle  Pons  comte  de  Touloufe  y  eft  enfermé. 

On  voit  enfin  fur  le  gros  mur  de  l’églife  au  dehors  de  la  chapelle, à  l’endroit  que 
nous  avons  marqué  par  la  lettre  A  ,  l’infcription  fuivance  gravée  fur  une  pierre 
qui  fert  à  ce  bâtiment ,  &  qui  a  deux  pieds  de  largeur ,  iur  un  pied  de  hau¬ 
teur  :  Hic  requiefeit  WMtlmus  cornes  T  0  lof  te  nomine  T  aliafer ,  atque  Raimundus 


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An.  1037-5 


2  V.  ta  Ta  ille 
annal-  de  Toul. 
to.  l.p-77- 
b  Pr.p.  117. 
NOIE  VUL 
n.  9. 

c  V.  NOTE 
îM.  ».$9* 
dGtf*/  w«/. 
V.110* 


c  ta  Taille  y 

ihd . 


a  F.  NOTE 
Fi//,  ibid.n. $7. 


*74  H  1  S . T:Q  |R  E;Ç  £.N  E:RtA1> £ 

Syrtrandi.  Cette, infçripcj$ntregarde  le  premier  &  le  Tecond.  tarhbèavi  qui  fan? 
dans  la  chapelle ,  comme  nous  l’expliquerons  bientôt*  ■  " 

Tel  eft  l’état  prefent  de  ces  anciens  monumçns ,  qui  font  certainement  de  nôâ 
comtes  de  Touloufe  ou  dp  leur  famille;  Ils  ont  été  fort  négligez  pour  en 
lever  le  plan,, il  a  fallu.  creufer&  ôter. les  décombres  qui  cachbient  prefquè 
ju /qu’aux  chapiteaux  des  çoJ.omnes  qui  les  foutiennent.  Nous  lommes  redeva¬ 
bles  à  M.  Mariotte ,  greffier  8£  fccretaire  des  états  generaux  de  la  province*  des 
foins  qu’il  s’eft  donnez  de  faire  déterrer  ces  tombeaux,  2c  de  nous'  eh  envoyer  le 
defïèin,  qu’il  a  accompagné  de  tous  les  oclaircilîèmerts  qui  peuvent  fervir  à  en 
donner  une  coftnoiflance  exaéte.  Lachapelle  où  ils  font  placez  a  cté  fermée  qn> 
1 64 8. par  l’ordre  des  capitouls  qui  étoienc  alors  en  charge,8e  dont  qû  voit  le  non* 
8c  les  armes,  avec  celles  de  la  ville  de  Touloufe,.  à  l’endroit  marqué  par  la.' 
lettre  C.  dans  le  plan  extérieur.  Ils  ont  fait  graver  au  deffùs  fur  une  pierre- 
marquée  par  {a  lettre  B.  cinq  vers  latins  *  pour  ccmfprver  la  mémoire  du  ré- 
tabjilfement  de  cette  chapelle.  Au  deffoiis  de.  ces  vers  ils  ont  fait  mettre  une 
infeription  latine  dans  laquelle  on  niarqu c  qfie  trois  comtes  de  Touloufe  ,  feavoir 
Pons  II.  fils  de  Raymond  III.  Guilldume  III.  Taillefer ,  fils  de  Pons  II.  P  on! 
III.  fils  de  Guillaume  III.  Le  frere  de  Pons  III.  dont  on  ignore  le  nom  ,  (fi  Ray¬ 
mond-Bertrand  de  la  famille  des  comtes  ,  repofent  dans  fette  chapelle.  G’eft  ce 
qu’il  s’agit  maintenant  d’examiner. 

Il  n’y  a  pas  lieu  d’abord  de  douter  que  le  ronibeau  qui  eft  marqué  par 
le  chiffre  3.  ne  renferme  *  le  corps  de  Pons  comte  de  Touloufe ,  puifque  i’inf- 
feription  gravée  fur  le  couvercle,  le  porte  expreffement.  Ce  Pons  ne  peut 
être  Raymond- Pons  comte  de  Touloufe,  puifque  celui-ci  fut  inhumé  b  dans 
l’abbaye  de  faintPons  de  Tomieres  qu’il  avoit  fondée:  il  faut  donc  que  ce 
foit  Pons  comte  de  Touloufe  décédé  en  1061.  lequel  étoit  fils  de  Guillaume 
Taillefer  j  car  nous  ne  connoiflons c  pas  d’autre  Pons  comte  de.  Touloufe.' 
Quant  aux  autres  trois  tombeaux  ,  Catel  d  prétend  que  Pons  fils  du  comte 
Guillaume  inhumé  dans  le  quatrième  avec  fon  frere,  n’eft  pas  diffèrent  de 
]Pons  comte  de  Touloufe  dont  nous  venons  de  parler  :  il  ajoute  que  Pons 
comte  de  cette  ville  qui  eft  dans  le  troifiéme  tombeau  ,eftle  prétendu  Pons 
II.  qu’il  dit  être  pere  de  Guillaume  Taillefer.  Cette  conjedure  ne  fatisfaic 
pas  la  Faille  c,  qui  avoue  qu'au  comte  Pons,  fils  de  Guillaume  Taillefer  près , 
il  efl  difficile  de  marquer  dèterminèment  quels  font  les  autres  dont  les  corps  repofent 
dans  ces  tombeaux-,  (fi  quaprès  s’ être  fort  tourmente  pour  trouver  l' éclairci ffement  de 
ce  que  Catel  (fi  Bouche  ont  écrit  fur  ce  fujet ,  il  y  a  rencontré  tant  de  difficulté ^ 
qu'il  ri  a  pu  les  furmonter.  En  effet,  nous  faifons  voir  ailleurs  a  que  Pons  II. 
que  Cacel  met  parmi  les  comtes  de  T ouloufe ,  n’a  jamais  exifté. 

Pour  découvrir  donc  qui  font  ce  Pons  8c  ion  frere  inhumei  dans  le  qua¬ 
trième  tombeau,  il  faut  remarquer  i°.  que  fi  ce  Pons  eut^été  véritablement 
comte  de  Touloufe,  on  lui  auroit  donné  cette  qualité  dans  l’infeription, 
comme  on  l’a  donnée  dans  les  autres,  à  Guillaume  Taillefer,  8c  à  l’autre 
Pons.  i°.  Que  dans  ces  inferiptions  on  joint  toujours  au  nom  du  comte 
Guillaume  ,  pere  du  comte  Pons ,  le  furnom  de  Taillefer  :  fi  donc  Pons  8c 
fon  frere  qui  font  cnfemble  dans  le  quatrième  tombeau  eullènt  été  fils  de  ce 
Guillaume,  on  auroit  dit  :  Hic  jacet  Pondus  filius  Guillelmi  Taillafcr ,  au 
lieu  qu’on  met  Amplement  filius  Guillelmi  comitisTolofa;.  30.  Il  paroît  certain, 
par  l’infeription  qu’on  lifoit  autrefois  fur  le  mur  de  face  de  la  chapelle ,  8c 
qui  elt  rapportée  par  Catel  ,  qu’il  n’y  avoit  dans  ces  tombeaux  que  deux 
comtes  de  Touloulè  d’inhumez  ,  fçavoir  Guillaume  Taillefer  8c  Pons }  ce  font 
en  effet  les  feulsqui  dans  les  autres  inferiptions  font  qualifiez  comtes .-  or  il  y 
a  certainement  un  Pons  comte  de  T  ouloufe  inhumé  dans  le  troifiéme  5  ainfi  Pons 
qui  eft  dans  le  quatrième  n’a  pas  été  comte  de  cette  ville.  40.  Enfin  le  qua¬ 
trième  tombeau  n’ayant  par  le  bas  que  quatre  pieds  deux  pouces ,  ne  peutren- 

*  Calcatos  comitum  cweres  convulfac/Hc  clauflra , 

-  '  '  ■  Et  cjH&  [onga  dies  tumulis  vtolarat  p.pcrtts , 

-  Ottovtrûm  tnjlaurat  ptetas  ,  mehuQjue  repomt  : 

Falices  operis,  cjnod  vulnera  vmdica  <tvi , 

Et  funttu  prohiba,  prohiba qnc  noçcre  fcpulcris. 


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DE  LAN  G  U  E  D  O  C.  L iv.  XIII. 


>75 


fermer  que  les  corps  de  deux  jeunes  princes  au  deflous  de  l’âge  viril ;  cous  les  au-  AN.1037. 
très  tombeaux  ayant  d’ailleurs  cinq  pieds  &c  cinq  pouces  de  longueur. De  toutes 
ces  remarques  il  réfulte  que  Pons  <y  fon  frere ,  fils  de  Guillaume  comte  de  T ouloufe , 
renfermez  dans  le  quatrième  tombeau,  n’ont  été  ni  comtes  de  cette  ville,  ni 
fils  de  Guillaume  Taillefer,  mais  de  Guillaume  IV.  fils  de  Pons.  Aulfi  avons- 
nous  des  preuves  certaines  que  le  même  Guillaume  IV.  eut  *  du  moins  un  fils  aP'- M'¬ 
appelle  Pons  ,  &  comme  il  ne  laiflà  qu’une  fille  lorfqu’il  mourut  vers  l’an 
1094.  il  faut  que  fes  fils  foienc  décedez  avant  lui,  &dans  un  âge  peu  avan¬ 
cé.  Il  ne  refte  donc  plus  aucune  difficulté  touchant  les  deux  freres  qui  font  in¬ 
humez  dans  le  quatrième  tombeau. 

Des  autres  deux  tombeaux,  l’un  doit  être  celui  de  Guillaume  Ill.dit  Taillefer 
comte  de  Touloufe  ,  fuivanc  l’infeription  qu’on  lifoic  autrefois  lur  le  mur  de 
face  de  la  chapelle ,  &  celle  qu’on  voit  encore  fur  la  muraille  du  dehors  à  l’en¬ 
droit  marqué  par  la  lettre  A.  c’eft  infailliblement  celui  qui  eft  foutenu 
fur  trois  colonnes,  &  marqué  parle  chiffre  r.  comme  le  plus  orné.  Enfin 
celui  qui  eft  marqué  par  le  chiffre  z.  doit  être  celui  de  Raymond-Ber¬ 
trand  de  la  maifon  des  comtes  de  Touloufe,  dont  il  eft  parlé  dans  la  même 
infeription  de  Guillaume  Taillefer.  Ce  Raymond- Bertrand  ,qui  étoit  à  ce  qu’il 
paroît ,  petit  fils  de  ce  dernier  par  Bertrand  fon  filspuîné  b  ,  &  dont  nous  par-  b  v.  kote 
lerons  ailleurs ,  étoit  déjà  mort  en  1  o  jo.  xir.n. 10, 

On  voit  par  ce  que  nous  venons  de  dire,  que  ces  quatre  tombeaux  furent 
élevez  dans  l’églife  de  faint  Sernin  avant  la  fin  du  XI.  fiecle.  Et  en  effet, 

Guillaume  IV.  transfera  vers  l’an  109  3.  avec  la  permiffion  du  pape  c  Urbain II.  c  tr-t-'M. 
la  fépulture  de  fa  famille  dans  le  cimetière  de  la  Daurade  :  nouvelle  preuve 
que  les  deux  fils  de  ce  comte  inhumez  dans  le  quatrième  tombeau,  moururenc 
jeunes ,  &  avant  lui.  Au  refte  il  y  a  lieu  de  croire  que  la  chapelle  où  font  au¬ 
jourd’hui  ces  tombeaux  ne  fut  pas  d’abord  deftineepour  les  renfermer  tous  j 
que  les  deux  fils  de  Guillaume  IV.  y  furent  d’abord  inhumez  vers  l’an  1090. 
éc  que  plufieurs  années  après  on  y  transferales  trois  autres  tombeaux.  Voici 
ce  qui  nous  le  perfuade. 

Il  eft  certain  que  l’églife  de  faint  Sernin  de  Touloufe  fut  rebâtie  vers  la  fin 
du  XI.  fiecle ,  &  que  le  nouveau  bâtiment  étant  déjà  fort  avancé  en  1 096.  le 
pape  Urbain  II.  la  dédia  alors  folemnellement.  Il  s’enfuit  de  là  que  Guillaume 
Taillefer,  le  comte  Pons  fon  fils ,  &  Raymond- Bertrand  y  avoient  été  déjà  in¬ 
humez  avant  la  Conftrudion  du  réduit  ou  chapelle  où  l’on  voit  aujourd’hui 
leurs  tombeaux.  Or  comme  le  bâtiment  de  l’cglife  devoir  être  avancé  vers 
l’an  1090.  dans  le  tems  du  decez  des  deux  fils  de  Guillaume  IV.  il  paroît 
allez  probable  que  ceux-ci  aïant  été  placez  dans  ce  réduit,  firue  à  l’extrémité 
du  bras  droit  de  la  croifée  de  l’eglife ,  cela  aura  donné  lieu  d’y  trans¬ 
férer  dans  la  fuite  les  trois  autres  tombeaux  i  qui  étoient  ou  difperfez  aupa¬ 
ravant  dans  le  cimetière ,  ou  placez  près  du  mur  extérieur  de  l’ancienne 
églife  :  car  on  a  remarqué  ailleurs  que  l’ufage  s’y  eft  toujours  confervé  de 
n’enterrer  perfonne  dans  fon  enceinte.  On  doit  cependant  obferver  que  les 
deux  tombeaux  de  Guillaume  Taillefer  fk  de  Raymond- Bertrand  durent  être 
placez  d’abord  dans  un  même  endroit ,  puifqu’il  n’y  a  qu’une  feule  infeription 
pour  tous  les  deux. 

Les  armes  de  Touloufe  qu’on  voit  gravées  fur  les  chapiteaux  des  colomnes  • 
qui  foutiennent  le  tombeau  de  GuillaumeTaillefer ,  confirment  ce  que  nous 
venons  de  dire  ;  car  tous  les  critiques  conviennent  que  l’ufage  des  armoiries 
étoit  inconnu  en  France  avant  la  première  croifade.  Nous  inférons  de  là  que 
ces  colomnes  furenc  élevées  dans  le  tems  qu’on  raflèmbla  c  es  quatre  tombeaux 
dans  le  même  endroit ,  long-tems  après  l’entiere  conftrudion  de  l’églife  5  car 
le  bâtiment  n’étoit  pas  encore  d  fini  en  11x9.  lorfque  le  pape  Caïixte  II.  y*  j  cauhme. 
confiera  un  autel  5  ainfi  la  peinture  à  frefque  qui  eft  fur  la  muraille  doit  être  M77- 
pofterieure. 

Les  quatre  comtes  de  Touloufe  qu’on  y  a  voulu  reprefenter  au  deffous  des 
quatre  faints,  font,  Guillaume  Taillefer  aux  pieds  de  faint  Saturnin,  &  Pons 
fon  fils  aux  pieds  de  faint  Jacques ,  que  ce  comte  avoit  choifi  peut-être  pour 
un  de  fes  patrons  ,  à  caufe  que  fuivant  la  dévotion  qui  étoit  alors  en  ufage ,  mê- 


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176  HIST.  GENERALEDE  LANGUEDOC.Liv.XIII. 


An. 1037.  me  parmi  les  plus  grands  princes,  il  avoir  entrepris b  un  pèlerinage  au  torrt- 
bc Miel  ibid.  beau  de  ce  laine  apôtre  ,  à  Compoftelle  en  Galice.  Les  deux  autres  comtes  donc 
f,,i‘  on  voïoit  l'image  aux  deux  cotez  delà  chapelle,  croient  vraifemblablement 
l’un  Guillaume  IV.  aux  pieds  de  faint  Exupere ,  l’un  des  plus  célébrés  évê¬ 
ques  de  Touloufe,  dont  on  conferve  les  reliques  dans  l’églife  de  faint  Ser- 
nin  j  ôc  l’autre  Raymond  de  faint  Gilles  auprès  de  ce  faint,  fon  patron. 

On  peut  ajouter  enfin,  pour  prouver  que  ces  quatre  tombeaux  ont  été  raf- 
femblez  dans  un  même  endroit  long-tems  après  l’an  1090.  i°.  Qu’on  ne 
voit  les  armes  de  Touloufe  gravées  fur  aucun,  ce  qui  prouve  que  les  co- 
lomnes  fur  lefquelles  ils  font  élevez  font  pofterieures.  z®.  Que  la  pierre  où 
eftl’infcriptionqui  fervoit  aux  tombeaux  de  Guillaume  Taillefer  ôc  de  Ray¬ 
mond-Bertrand  a  été  déplacée ,  puifqu’elle  eft  employée  au  bâtiment  de 
l’églife.  30.  Qu’il  y  a  deux  tombeaux  l’un  fur  l’autre. 

Pour  revenir  à  Guillaume  III.  comte  de  Touloufe ,  qui  a  donné  lieu  à 
cette  digreifion  ,  nous  ne  figurions  donner  ici  une  idee  bien  jufte  de  fes 
mœurs  ôc  de  fon  cara&ere  par  le  défaut  de  monumens  ;  tout  ce  qu’on  peut 
conjecturer  ,  c’eft  que  le  furnom  de  Taillefer  qu’on  lui  donna  ,  marque  qu’il 
avoit  du  courage  ôc  de  la  valeur.  Il  paroît  en  effet  qu’il  fut  attentif  à 
réprimer  les  vexations  de  fes  vaftaux  par  la  conduite  qu’il  tint  à  l’égard  de 
«C4 tiicoim.  Dc>nat  de  Caraman.  Il  donna  c  à  l’eglifè  de  faint  Sernin  de  Touloufe, 
l7S'  celle  de  faint  George  au  territoire  de  Villelongue  ,  &  on  a  encore  de  lui 

quelques  autres  donations  faites  aux  églifes  de  Provence  :  mais  on  fçait 
d’ailleurs  qu’il  faifoit  peu  de  fcrupule  d’ufurper  les  biens  ecclefiaftiques, 
&  d’exercer  un  commerce  fimoniaque.  On  a  vu  qu’il  envahit  l’abbaye  de 
Beaulieu  dans  le  bas  Limoufin  ,  ôc  qu’il  vendit  à  prix  d’argent  l’évêcné  de 
Çahors.  On  voit  auffi  par  le  contrat  de  mariage  de  Pons  fon  fils  avec  Ma¬ 
jore  ,  que  celui-ci  poflèdoi t  l’évêché  d’Albi,  ôc  une  partie  de  celui  de  Nif- 
d  Pr.p.144.  mes,  comme  des  fiefs  de  fon  domaine.  Enfin  nous  apprenons  n  d’un  ancien 
V  s*”'  m[oi  monument  que  Guillaume  Taillefer  vendit  pour  trente  mille  fols  le  droit 
f'  buIhi.  )»jï.  d'avouerie  ou  de  patronat  fur  l’abbaye  de  üyloiflàc  en  Querci ,  dont  les  com- 
tuul.p.  su  ces  de  Touloufe  fes  prédeceflcurs  avoient  joui  depuis  le  régné  de  Charlemagne^ 
à  un  feigneur  nommé  Gauibert ,  qui  prit  depuis  le  titre  d’abbé  laïque  ou 
féculier  de  ce  monaftere. 

On  pourroit  croire  que  Guillaume  Taillefer,  eft  le  même  que  le  comte 
Guillaume,  à  qui  «  le  pape  Jean  XIX.  écrivit  pour  l’engager  à  porter  Ber- 
nard-Odon  vicomte  de  Gafcogne  ,  c’eft-à-dire  de  Lomagne,  fon  vafial ,  à 
reftituer  à  l’abbaye  de  Moiflàc  les  égliles  de  Riols  ôc  de  Flamarens  qu’il 
détenoit  injuftement ,  fi  nous  ne  trouvions  en  même  tems  des  comtes  de 
Fezenfàc  ôc  d’Aftarac  du  nom  de  Guillaume  :  ainfi  la  lettre  de  ce  pape  regarde 
plus  vraifemblablement  quelqu’un  de  ceux-ci. 

On  a  déjà  remarqué  que  Guillaume  Taillefer  fut  marié  deux  fois,  &  qu’il 
eut  de  fa  première  femme  Arfinde  d’Anjou ,  deux  fils  Raymond  ôc  Henri  qui 
moururent  avant  lui  fans  pofterité  ,  ôc  deux  filles  j  Confiance  qui  époufa 
f  v.Bthi.Au-  Robert  roi  de  France,  ôc  Ermengarde  f  femme  de  Robert  I.  comte  d'Auver- 
vng.t.i.p. if.  gne  u  eut  deux  fils  d’Émmc  de  Provence  qu’il  époufa  en  fécondés  noces  vers 
l’an  990.  Ravoir  Pons  qui  lui  fucceda  dans  le  comté  de  Touloufe  ôc  fesan- 
vrn.n,  n.  fr  ciens  domaines,  ôc  Bertrand  qui  eut  en  partage  une  portion  de  la  Pro- 
~î'  vcnce  ,  ainfi  que  nous  le  verrons  ailleurs.  Guillaume  Taillefer  eut  une 

autre  fille  du  premier  ou  du  fécond  lit ,  qui  époufa  Aton-Raymond  feigneur 
de  rifle-Jourdain  dans  le  diocèfe  de  Touloufe,  ôc  non  en  Bifcaye ,  comme 
^>a  cr^  unm°derneg.  On  ignore  le  nom  de  cette  fille  de  Guillaume  Taille- 
nnnA .  1.  p.  ^  ce  n>e^  ^ue  par  conjec-^ure  qu’un  genealogille  h  lui  donne  celui  d’Emme  ; 

h  H  ft. gtntui.  ce  qui  prouveroit  qu’elle  étoit  du  fécond  lit.  D’autres  veulent  '  que  ce  prince 
a*c  époufé  Sancia  fille  de  Ramire  roi  d’Aragon  ,  fur  l’autorité  de  quelques 
7??  hiftoriens  Efpagnols  récens ,  qui  n’apportent  aucune  preuve  de  ce  mariage  $ 

p!io t&H*  &  en  e^ec  Ramire  étoit  à  peine  marié  dans  le  tems  de  la  mort  de  Guil- 
ubb.  tfbi.  laume  T  aillefer.  , 

ptntnl.p.  4)4. 


c  Pr.p.  i»j. 


H  I  S  T  O  I  RE 


\ 


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HISTOIRE 


GENERALE 

D  E 

LANGUEDOC 

W*****************************^************************* 


LIVRE  ÇJV  AT  O  R  Z  I  Ê  M  E. 

O  NS  avoir  environ  quârante^inq  ans  dans  le  teins 
de  la  mort  de  Guillaume  Taillefer  Ion  pere ,  qui 
à  caulè  de  fon  grand  âge ,  s’ctoit  peut-être  démis 
auparavant  en  la  faveur  du  .comté  de  Touloufe. 
Nous  fçavons  du  moins  que  Pons  fe  qualifioit  comte 
dès  l’an  \ 004.  »&ona  déjà  vû  qu’il  poflèdoic  par 
lui-même,  la  plus  grande  partie  du  domaine  de  la 
branche  du  vivant  de  Ion  pere  ,  puilque  dans  fort 
|  contrat  de  mariage  avec  Majore b,  il  lui  alîigne  en 
fon  nom  pour  douaire,  l’évêché  &  la  ville d’Albi ,  la 
moine 'aêTêvêcÏÏc  dë  Nifmes,  &c.  qui  dépendoient  certainement  de  l’ancien 
domaine  de  la  maifon  de  Touloufe.  A  l’égard  du  château  de  Tarafcon 
fitué  au-delà  du  Rhône  dans  le  diocèfe  d’Avignort ,  &  de  la  terre  d’Argence 
qui  comprend  la  partie  de  celui  d’Arles  qui  eft  en  deçà  de  ce  fleuve ,  il  pa- 
roît  que  Pons ,  qui  les  alflgna  aulii  pour  le  douaire  de  Majore  fa  femme  , 
les  tenoit  ou  d’Emme  la  mere,  ou  plutôt  de  Guillaume  III.  comte  de  Pro¬ 
vence  frere  de  cette  princellè,  dont  il  hérita  avec  Bertrand  fon  frere. 

Tome  II.  Z 


An. 1037. 
1. 

Uüion  du 
marquif.it  de 
Provence  au 
domaine  de  la 
maifon  de 
Touloufe. 
a  Mob.  ad  ann* 
1004.  tt.f*. 

b  Pr.  p.ioo  & 

H- 


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I78  histoire  generale 


An. 1037. 

a  i\OTE  A IV. 


Comme  nous  ne  trouvons  *  plus  aucun  monument  après  l’an  1014.  où  il 
foit  fait  mention  d’Emme  de  Provence  comtefle  de  Touloufe  ,  cela  nous 


"•  .1.  ©.y/j.  donne  lieu  de  croire  qu'elle  mourut  avant  Guillaume  III.  Ton  frere,  qui  vivoic 
no texu  encorc  en  1036.  Ce  dernier  qui  avoic  fuccedé  après  l’an  iootf.  à  Rotbold 
Ion  pere ,  polTeda  d’abord  par  indivis  le  comte  de  Provence  avec  Guillau¬ 
me  IL  fon  confin  germain,  ôc  enfuite  avec  Geoffroy  ôc  Bertrand  fils  de  ce 
comte.  Il  décéda  fans  enfans  j  &  s’il  eft  vrai ,  comme  il  le  paroît ,  que  Pons 
fon  neveu  ,  fils  de  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe ,  eût  hérité  de  lui 


du  château  de  Tarafcon  ôc  de  la  terre  d’Argence  dès  le  mois  de  Septembre 
de  l’an  1037.  c’eft  une  preuve  qu’il  étoit  alors  déjà  mort,  &  que  le  comte 
Guillaume  Taillefer  fon  beau-frere  lui  furvêcut.  Ce  qu’il  y  a  de  certain,  c’eft 
que  Pons  6c  Bertrand  fes  neveux  ,  fils  de  ce  prince ,  heriterent  de  lui ,  &  de  la 
comteflè  Emme  leur  mere  de  la  moitié  du  comté  de  Provence  qu’ils  tranfmi- 
rent  à  leurs  defeendans,  ôc  que  c’eft  de  là  que  les  comtes  de  Touloufe  tiroienc 
leur  droit  fur  cette  province.  Il  paroîc  également  certain  que  Pons  n’euc 
pour  fa  part  dececte  fucceffion  que  le  château  de  Tarafcon  6c  la  terre  d’Ar- 
gence ,  6c  que  Bertrand  fon  frere  fucceda  dans  tout  le  refte ,  foit  qu’il  le  lui 
ait  cédé  pour  fon  partage,  foit  qu’Emmeleur  mere  ,  ôcle  comte  Guillaume 
III.  leur  oncle,  ayent  inftitué  ce  dernier  leur  heritier. 

I ittid.  On  prétend1»  que  Bertrand  frere  de  Pons  comte  de  Touloufe  ,  fe  qualifia 

depuis  comte  de  Venaiffin  5  ce  fut  fans  doute  pour  fe  diftinguer  des  deux  frères 
les  comtes  Geoffroy  ôc  Bertrand  ,  qui  prirent  la  qualité  de  comtes  de  Provence * 
ôî  avec  lefquels  il  pofTeda  cette  province  par  indivis ,  ainfi  qu’avoienc  fuie 
leurs  ancêtres.  Il  eft  cependant  quelquefois  aflèz  difficile  de  diftinguer  ces 
deux  Bertrand ,  qui  dominoienc  en  même  tems  fur  le  même  pais  ,  parce 
qu’ils  ne  prennent  en  divers  actes  que  la  qualité  de  comtes ,  6c  qu’ils  exer- 
«joient  une  égale  autorité  tant  fur  la  haute,  que  fur  la  bafTe  Provence , où  ils 
poflèdoient  en  particulier  divers  'domaines.  Quelques  modernes  ont  avancé 
que  Bertrand  fils  de  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe» 6c  d’Emme  de 
Provence,  a  donné  l’origine  au  comté  de  Forcalquier  ,  ôc  que  c’eft  de  lui 
e  v.  note  que  defeendoient  les  anciens  comtes  de  cCpaïs  :  mais  ce  fentiment c  n’eft  fondé 
x  K».io.  fur  aucune  preuve  folide.  Nous  parlerons  ailleurs  de  lapofterité  de  ce  prin¬ 
ce  ,  6c  nous  expliquerons  de  quelle  maniéré  fà  portion  de  la  Provence,  à  la¬ 
quelle  on  donna  dans  la  fuite  le  titre  de  marquifat ,  fut  unie  au  domaine  des 
comtes  de  Touloufe  defeendus  du  comte  Pons  fon  frere. 


1 1  Ce  dernier  afligna  pour  le  douaire  de  Majore  fon  époufè,  le  droit  *  qu'il  avait 
Comtcdcfaiot  rur  Milbaud  en  Rouergue.  Nous  ignorons  quel  étoit  ce  droit  t  car  la  ville 

Gilles.  V  •  .1  ®  .  f1-  _ /TL . _  j- 


A  Vr.p.-.oo.  de  Milhaud  avoic  alors  fes  vicomtes,  qui  étoient  vaflàux*des  comtes  de 
cPr.f.iÿC.  Rouergue  :  peut-être  que  ceux-ci  avoient  appellé  les  comtes  de  Touloufe,  leurs 
proches  parens ,  à  leur  fucceffion ,  en  cas  que  leur  branche  vînt  à  manquer. 

Quant  à  la  moitié  de  tévcçhé  de  Nifrues  que  Pons  affigna  pour  le  douaire 
de  Majore,  ce  tcrmc^d’évêcbé  peut  s’entendre  ou  de  la  fuzeraineté  6c  du  do¬ 
maine  que  ce  prince  àvoit  fur  la  moitié  du  diocèfe  de  cette  ville ,  ou  du  droit 
de  nommer  à  l’évêché  ,  fuivant  l’ufage  donc  les  grands  vaffaux  étoient  alors 
en  poflêffion ,  ce  qui  fuppofe  également  l’un  êc  l’autre.  Ainfi  il  demeure  con¬ 
fiant  par  cet  afie ,  que  du  moins  la  moitié  du  comté  de  Nifmes  appartenoic 
alors  au  comte  de  Touloufe.  Il  eft  très-probable  qu’Hugucs  comte  de 
f  v.  vote  Rouergue  f  dominoit  fur  le  refte,  ôc  que  lorfque  le  comte  Raymond  II.  fon 
vit .  n.j.4.45-  perç,  6c  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe,  pere  de  Pons  ,  partage- 
"l'  rent  vers  l’an  975.  les  domaines  de  leur  maifon,  chacun  fe  réferva  la  moi- 
g Pr.f.  100.  g  du  comté  de  Nifmes  dont  leurs  defeendans  heriterent:  ce  qu’on  peut 
confirmer  en  ce  que  Pons  affigna  encore  à  Majore  pour  fon  douaire  ,  la 
moitié  de  l'abbaye  de  faint  Gilles  fituée  fur  le  Rhône  dans  la  partie  orientale  du 
diocèfe. 


Le  partage  du  comté  de  Nifmes  entre  ces  deux  branches  de  la  maifon 
de  Touloulc,  aura  donc  donné  l’origine  au  comté  de  faint  Gilles  pofledé 
par  Pons  &  fes  fucceflèurs  ,  qui  auront  défigné  fous  ce  titre  la  partie  du  dio¬ 
cèfe  de  Nifmes  qui  leur  étoit  échue,  candis  que  les  comtes  de  Rouergue  qui 
polfedoient  l’autre ,  fe  difoient  comtes  de  cette  ville.  Il  paroîc  même,  fuivant 


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de  Languedoc,  liv.  xiv. 


i'7  4 


A  Car  cl  tnt  ut » 
1 1  l* 


m. 

Origine  dntii 
tre  de  comic 


\è  témoignage  d’un  auteur  »  qu’on  pretend  avoir  écrit  dans  le  XII.  fiecle,  An.io}^ 
que  Pons  Ce  qualifia  comte  de  faint  Gilles,  foit  avant ,  foie  après  la  more 
du  comte  Guillaume  fon  pere  >  car  cet  auteuf  rapporte  que  Pons  comte  dcp' 
faint  Gilles,  accompagné  de  [on  frère ,  entreprit  avec  une  fuite  de  deux  cens 
perfonnes,  le  pèlerinage  de  faint  Jacques  en  Galice,  ce  qui  ne  peut  convenir 
qu’à  Pons  fils  de  Guillaume  Taiilefer  comte  de  Touloufe.  Nous  n’avons  ce¬ 
pendant  aucun  monument  qui  prouve  qu’il  ait  jamais  pris  cette  qualité ,  8c 
l’auteur,  dont  nous  venons  de  parler,  la  lui  aura  donnée  fins  doute  ,  parce 
que  les  comtes  de  Touloufe  la  prenoient  quelquefois  de  fon  tems.  Il  eft  du 
moins  certain  que  Raymond  fils  puîné  du  même  Pons,  eft  le  premier  que 
nous  trouvonaqui  le  foit  qualifie  comte  de  S.  Gilles  dans  les  actes ,  à  caufe  quil 
eut  d’abord  cette  portion  du  diocèfe  de  Nifmes  dans  ion  partage  j  8c  loic 
par  la  dévotion  qu’il  avoit  ènvers  ce  faint ,  foit  par  affection  pour  fon  pre¬ 
mier  patrimoine,  il  ne  prit  fouvent  que  ce  fimple  titre ,  après  même  qu’il 
eut  fuccedé  au  comté  de  Touloufe  ,  8c  à  tous  les  autres  domaines  de  là  mai- 
■fonj  ce  qui  lui  a  fait  donner  le  furnom  de  Raymond  de  faint  Gilles.  ' 

Pons ,  outre  les  comtez  de  Touloufe ,  d’Albigeois  8c  de  Querci ,  hérita  donc 
encore  de  Guillaume  Taiilefer  fon  pere,  du  comté  de  faint  Gilles  5  8c  d’Hm-  t 
me  fa  mere  d’une  portion  de  la  Provence.  Il  nous  refte  fort  peu  de  monumens  p7i«1n  'ijvc 
des  premières  années  de  fa  domination  dans  le  comté  de  Touloufe.  Le 
plus  ancien  que  nous  connoiffions  dont  la  date  foit  certaine  ,  c’eft  l’acte  par  T^ùioufe/ 
lequel  il  confirma  en  1045.  unc  donation  qui  avoir  été  faite  à  l’abbaye  dé 
MoilTac,  8c  où  b  il  eft  dit  à  la  fin  ,  que  ce  prince  ,  qui  y  eft  qualifié  très-  b  cfuL“,mr- 
noble  &  très-puijfant ,  four  marque  de  fa  conccjjion ,  cr  pour  fervir  de  mémoire  à 
la  pojlerité ,  fe  coupa  l’oncle  du  pouce  enforte  que  le  fitig  en  (ortit. 

Pons  fe  qualifie  comte  palatin  dans  quelques  actes  -  ,8c  nous  trouvons  que  cVf*"Jr  c°trn>' 
Guillaume  IV.  fon  fils,  &  fon  fucccllèur,  de  même  que  les  autres  comtes  J‘i3 
de  Touloufe  qui  vinrent  enfuite,  prirent  aufft  quelquefois  la  même  qualité.  Pr-P- 

TT  1  I  •  ,  1  1  \  •  1  #  1  1  1  .  f  >  .  .  d  C* Ul 

Un  de  nos  hiltoriens  d  apres  avoir  rapporte  quelques  autorité?:  lur  1  origine 
■8c  les  fonctions  des  anciens  comtes  palatins  ,  donne  fes  conjectures  fur  le 
droit  qu’avoient  les  comtes  de  Touloufe  de  s’attribuer  ce  titre.  Il  croit  qu’ils  le 
prenoient  ou  en  qualité  de  pairs  de  France ,  ce  qui  leur  donnoit  l’enrree  au  con- 
feil  du  roi,  ou  comme  valliux  immédiats  de  la  couronne  -y  mais  il  s’enfui- 
vroit  de  cette  derniere  raifon,que  tous  les  autres  comtes  8c  vafîaux  immé¬ 
diats  ,  auroient  pu  fe  qualifier  Palatins  ,  ce  qu’ils  n’ont  pourtant  pas  fait.  A 
l’egard  de  l’autre ,  il  eft  vrai  que  les  auteurs  poftcricurs  -  ont  donné  la  qualité  c  v  Dü 
de  comtes  palatins  ,  aux  comtes  qui  en  France  croient  du  nombre  de  fix  pairs  fhiftMSMuir. 
laïques,  tels  que  ceux  de  Champagne  8c  de  Flandres,  8c  aux  comtes  de  Poi¬ 
tiers  ducs  d’Aquitaine  :  mais  il  ne  parole  pas  que  les  deux  derniers  le  foient 

Jamais  donnez  eux-mêmes  ce  titre  dans  les  ades ,  comme  les  comtes  deTou- 
oufe  8c  de  Champagne.  D’ailleurs  cela  prouveroit  ou  que  le  nombre  des  pairs 
laïques  étoit  déjà  fixé  fous  le  régné  de  Henri  I.  8c  qu’ils  avoienr  feuls  le 
droit  de  fe  qualifier  comtes  palatins ,  ou  que  tous  les  comtes  du  royaume 
qui  étoient  pairs  en  dignité  ,  8c  qui  en  cette  qualité  avoient  droit  d’afiîfter  au 
confèil  du  roi  ,  prenoient  Je  titre  de  comte  palatin  :  ce  qui  parole  égale¬ 
ment  faux.’  Ce  n’cft  donc  que  par  un  privilège  fingulier  que  les  comtes  de 
Touloufe  8c  de  Champagne  le  font  qualifiez  comtes  palatins ,  entre  tous  les 
autres  comtes  du  royaume  ,  8c  il  ne  fera  pas  hors  de  propos  de  faire  ici 
quelque  recherche  fur  l’origine  de  ce  titre  ,  par  rapport  aux  premiers. 

La  charge  de  comte  du  palais  étoit  une  des  plus  confiderables  de  la  cou¬ 
ronne  f  fous  la  féconde  race  de  nos  rois.  La  principale  fondion  de  celui  qui  (  <’•  D" 
en  étoit  revêtu  confiftoit  à  rendre  la  juftice  :  il  jugeoit  fouverainement , ,b,d' 
foit  en  première  inftance ,  foie  par  appel ,  les  affaires  civiles  8c  criminelles  donc 
la  connoiflànce  lui  étoit  refervée,  8c  celles  qui  intcrelfoient  le  prince,  dont 
il  étoit  proprement  le  chef  du  confcil.  Nos  rois  envoy oient  aullî  quelquefois 
le  comte  palatin  dans  les  provinces  pour  y  adminiftrer  la  juftice  *  8c  ils  ho¬ 
norèrent  enfuite  de  cette  fonction  les  principaux  comccs  provinciaux  auxquels 
ils  accordèrent  le  pouvoir  de  juger  ditfinicivemenc  dans  l’etendue  de  leur 
domaine ,  8c  avec  la  même  autorité  que  le  comte  du  palais.  C’eft  ainfi  que? 

Tome  II.  Z  ij 


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An.  io3  y* 


\t  Att.SS  ord. 
S.  Ut  ntd. fie.  IV* 
fMrt.i.p.76. 


IV. 

-Marijgc  de 
ïons  coiiu.  de 
Touloufc  avec 
AlmoJisdc  la 
Marche, 
c  V.  NOIR 

xxxn. 
d  Cbrûn.iAil- 
l:ac.  p.iio.  /#> 
i.Uibl.Ub. 
Guill.Tjr.Lio* 
t.io- 

V  Mare.  Hifr. 

p  ■*)*■&/“! 

c  V.  NOTE 
JCXX1I. 


1Î0  HISTOIRE  GENERALE 

les  comtes  de  Champagne  parvinrent  à  la  dignité  de  comtes  palatins  dans  le 
royaume  de  France:  dignité  qu’ils  rendirent  héréditaire  dans  leur  maifon. 

Nous  ne  doutons  pas  que  les  comtes  de  Touloufe  ne  foient  parvenus 
de  leur  côté  à  la  charge  de  comtes  palatins  du  royaume  d’Aquitaine.  Outre 
qu’ils  étoient  des  plus  diftinguez  entre  tous  les  grands  vaflaux  de  ce  royaume, 
on  voit  d’ailleurs  que  les  rois  d’Aquitaine  de  la  race  de  Charlemagne  , 
qui  avoient  leur  palais  à  Touloufe,  eurent  leurs  comtes  du  palais,  St  que 
faint  Guillaume  comte  de  cette  ville  ,  eft  qualifie  comte  palatin  b,  tant  par 
l’auteur  de  fa  vie,  que  dans  l’ancien  martyrologe  de  l’abbaye  de  Gellone 
qu’il  fonda.  Les  comtes  de  Touloufe  fes  fuccefleurs  lui  auront  donc  fuccedé 
aulïï  dans  cette  dignité,  dont  ils  auront  exercé  d’abord  les  fondions  dans 
les  palais  des  rois  d’Aquitaine,  qui  avoient  choifl  cette  ville  pour  leur  capi¬ 
tale  :  ils  auront  rendu  ainfi  cette  dignité  héréditaire  dans  leur  maifon,  &elle 
aura  été  attachée  à  celle  de  comte  de  Touloufe.  Que  fi  on  ne  trouve  aucun 
de  ces  comtes  qui  fêfoit  qualifié  comte  palatin  depuis  faint  Guillaume  juf. 
ques  à  Pons ,  &  à  fês  fuccefleurs ,  c’eft  fans  doute  parce  qu’ils  prirent  le 
titre  de  duc,  fuperieur  à  celui  de  comte.  Aufîi  voyons-nous  que  Guillaume 
IV.  qui  reprit  la  qualité  de  duc ,  que  Pons  fon  pere,  St  Guillaume  III.  fon 
ayeul  parodient  avoir  difeontinué  de  fe  donner,  l’ayant  tranfmife  à  fes  fuc- 
ceflèurs  ,  ceux  .ci  fe  qualifièrent  plus  rarement  comtes  palatins. 

Il  paroît  ou  que  Majore  mourut  peu  de  tems  après  Ion  mariage  avec  Pons 
comte  de  Touloulè,  ou  que  ce  prince  la  répudia,  puilqu’il  fe  remaria  avec  Almo- 
dis  entre  c  l’an  1040.  St,  l’an  1045.  Cette  derniere  étoit  fille  à  de  Bernard 
comte  de  la  Marche  en  Limoufin ,  St  d’Amelie  fon  époufe.  Le  comte  Au- 
debert  fon  frere  l’avoit  donnée  d’abord  en  mariage  à  Hugues  le  Pieux ,  fbi- 
gneur  de Luzignan.  Celui-ci  en  eutunfils  de  fon  nom,  la  répudia  bientôt 
après  pour  caufe  de  parenté,  &  la  renvoya  au  comte  de  la  Marche  fon  frere. 
Quelques  hiftoriens  prétendent  qu’Almodis  avant  fon  mariage  avec  le  comte 
de  Touloufe  ,  avoitauffi  époufé  Guillaume  comte  d’Arles;  mais  ils  fe  trom¬ 
pent'  certainement.  Elle  avoir  deux  fœurs,  dont  l’une  nommée  Rangarde 
époufa  Pierre-Raymond  comte  en  partie  de  Carcaflbnne  ,  St  vicomte  de  Be- 
ziers  St  d’Agdé.  L’autre  appellée  Luce  fe  maria  avec  Artaud  comte  de  Pailhas 


dans  la  Marche  d’Efpagne.  Il  eft  vraifemblable  que  Pons  affignapour  le  douaire 
d’Almodis  fa  nouvelle  époufe  les  mêmes  domaines  qu’il  avoir  conftituez  pour 
celui  de  Majore,  entr’autres  l’évêché  d’Albi. 
v.  Nous  apprenons  le  droit  que  Pons  avoir  fur  cet  évêché  ,  d’une  con- 
vkonuedTObî  vent^on  fque  Bernard  vicomte  d’Albi,  St  Frotaire  fon  frere  évêque  de  Nif- 
&  de  Nifmes  mes ,  firent  vers  l’an  1 040.  avec  un  feigneur  nommé  Bernard-Aimard,  &.  Guil- 
Frouirclon  laume  f°n  fils*  Par  cet  a<fte  les  ^eux  premiers  promettent  de  donner,  ouplû- 
ftcrc  vendent  tôt  de  vendre  au  dernier  l’évêché  d’Albi,  après  la  mort  de  l'évêque  Ame- 
lévcchcdAibi.  lius ,  pour  le  pofTeder  pendant  fa  vie,  J oit  qu'il  fe  fit  facrer ,  ou  qu’il  fit  facrer 
1040.  un  autre  en  fa  place  ;  à  condition  que  le  même  Guillaume  recevroit  cet  évêché 
(Pr.p.iou  en  engagement  pour  la  moitié  du  domaine  qui  en  dépendoit,  à  la  réferve 
des  ordinations ,  des  meffes  ,  des  pénitences  ,  St  de  quelques  oblations  ,  redevances 
St  fiefs  que  ceux  qui  les  pofTedoient  dévoient  tenir  de  lui.  Le  vicomte  Ber- 
.  nard  St  l’évêque  Frotaire  fon  frere  firent  cet  engagement  en  faveur  de  Guil¬ 
laume  pour  le  prix  de  cinq  mille  fols  ,  St  d’une  pareille  fomme  pour  le  comte 
Pons ,  payables  en  difïèrens  termes  après  fon  Caere.  On  ajouta  qu’en 
cas  que  ce  futur  évêque  vînt  à  deceder  auparavant ,  fes  droits  feroient  refer- 
vez  à  Pierre  fon  frere. 

Cet  ade  ,  quoique  défedueux  St  obfcur  en  quelques  endroits ,  eft  une  preuve 
bien  manifefte  de  l’ufage  fimoniaque  où  on  étoit  alors  de  regarder  les  évê- 
chez  comme  des  fiefs ,  &  de  les  donner  au  plus  offrant  St  dernier  encherif- 
feur.  Il  nous  apprend  aulïï  que  quoique  Pons  eût  alïïgné  l’évêché  d’Albi  en 
entier  pour  le  douaire  de  Majore  fon  époufe,  le  vicomte  de  cette  ville  par- 
tageoit  cependant  avec  lui  le  droit  St  les  émolumens  de  l’éledion.  Cet 
accord  fcandaleux  eut  fon  execution ,  St  Guillaume  fucceda  en  effet  dans 
le  fiege  épifcopal  d’Albi  à  Amelius  qui  vivoit  encore  en  1040.  mais  qui  mou- 
g/>  tu.  &  rut  peu  de  tems  après.  C’eft  ce  qui  paroît  par  une  nouvelle  convention  s  que 


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DE  LANGUEDOC  tiv.  XIV. 


183 


Frotaire  évêque  de  Nifmes  fit  avec  le  même  Guillaume,  qui  étant  parvenu  An.  1040, 

à  l’évêché  d’Albi ,  promit  à  l’autre  de  ne  pas  le  dépoifeder  des  biens  de 

l’évêché  qu'il  avoit  pris  dt 1  lui  en  engagement,  6c  d’obferver  la  paix  &  l*  treve  du 

feigne ur  de  la  même  maniéré  que  /’ évêque  Amelius  l’ avoit  gardée.  Il  efl  fait  mem 

tion  dans  ceta&e  d’un  ferment  réciproque  que  Frotaire  6c  Guillaume  avoient 

fait  touchant  Févêché  d’Albi  6c  les  abbayes  du  diocèfè,  Le  premier  avoit 

donc  auiîï  fournis  ces  dernières  à  fa  domination, 

Frotaire  évêque  de  Nifmes  exerça  en  effet  fon  autorité  fur  celle  de  S.  Salvi 
d’Albi,  ce  qui  paroît  entr’autres  par  Fade  de  vente  a  qu’il  fit  avec  le  pro -  mcn/dcia  »TC 
conful  ou  vicomte  Bernard  fon  frere,  6c  Guillaume  évêque  d’Albi,  de /’ bon-  çommnucdans 
peur,  (c’efl-à-dire  des  biens  ,)dela  prévôté,  &de  divers  autres  domaines  de  sJé|vl‘lt'JtlJ'uc 
cette  églifè  dont  ils  s’étoient  emparez  ,  aux  chanoines  qui  la  defièrvoient ,  » GM.chr.nov. 
pour  en  jouir  en  commun.  Cet  acte  nous  apprend  que  les  chanoines  de 
laint  Salvi  poilèdoient  chacun  en  particulier  les  biens  de  leurs  prébendes , 
put  par  obédience ,  [oit  en  fief  ou  en  commende  -,  que  leur  nombre  étoit  fixé  à 
Vingt  ;  que  pas  un  n’étoic  admis  parmi  eux  fans  donner  quelques  biens  meu* 
blés  ou  immeubles  j  6c  qu 'enfin  l’évêque  Frotaire,  le  vicomte  fon  frere,  & 

Guillaume  évêque  d’Albi  rétablirent  alors  parmi  eux  la  vie  canoniale,  ou  du 
moins  la  poffelfion  commune  de  leurs  biens. 

On  voit  aulli  par  là  que  Frotaire  évêque  de  Nifmes,  6c  Bernard  vicomte  de 
cette  ville  6c  d’Albi ,  fon  frere, jouiifoient  en  commun  des  domaines  de  leur 
famille.  C’efl  ce  qui  paroît  b  encore  par  l’achat  qu’ils  firent  pour  le  prix  bPr.p.  to;. 
de  trois  cens  fols,  du  château  de  Montaigut  fitué  dans  le  diocèfè  d’AIbi,  à 
une  lieue  ou  environ  du  Tarn,  &à  la  droite  de  cette  riviere.  Ponscomtede 
Touloufe  ,  en  qualité  de  comte  d’Albigeois,  6c  de  feigneur  dominant  dupais, 
confentit  à  cette  acquifition ,  6c  promit  au  vicomte  de  Fen  laillcr  paifible 
pbfTeilcur.  Il  fe  dit  fils  d'Emme  dans  l’acle ,  6c  le  vicomte  Bernard  fils  de  Ger- 
berqe. 

On  a  déjà  remarqué  ailleurs  que  le  diocèfè  d’Albi  étoit  alors  partagé  en  .v,r- 
deux  vicointez,  fçavoir  d’Albi  ou  d’Ambialet,  6c  de  Lautrec.  La  première  LauHc™oîÎ! 
poflèdcepar  ces  deux  freres,  s’étendoit  dans  la  partie  feptentrionale  du  pais  gine  de  rat», 
a  la  droite  du  Tarn  :  l’autre  fituée  à  la  gauche  de  cette  riviere  vers  le  midi ,  ^ 
appartenoit  alors  à  deux  vicomtes ,  Ifarn  6c  Frotard ,  que  nous  conjecturons  g  cois, 
être  freres,  êcqui  fournirent  l’abbaye  de  Vieilmur  ,  fondée  par  leurs  ancê¬ 
tres,  avec  toutes  les  dépendances ,  à  l’églife  de  Notre-Dame  du  Puy.  L’ade 
efl  daté  c  en  gen.-ral  du  régné  du  roi  Henri,  &  fouferit  après  le  vicomte  cPr.p.u,i,& 
Ifarn  6c  Frotard,  parla  vicomtcfle  Guifle  ,  qui  étoit  fansdoute  la  femme  du 
premier,  par  Amelius  évêque  d’Albi ,  6c  Guifle  abbefTe  de  Vieilmur.  Cette 
derniere  etoit  fans  doute  de  la  maifon  de  ces  vicomtes ,  &  fille  d’Ifàrn  &  de 
Guiflcjcar  outre  qu’elle  portoitle  nom  de  cette  vicomtefle,  nous  voyons  que  les 
feigneurs  d  qui  dans  ces  fiecles  fondèrent  des  abbayes  de  filles  ,  s’y  réfèr-  dr.pr.p.i!}. 
verent  la  nomination  des  abbeflès  ,  qu’ils  prenoient  dans  leur  maifon  :  or  177. 
parmi  les  abbefîès  deVieilmur,la  plupart  furent  prifès  anciennement  de  la  mai-  tc»u.chr.nn< 
fon  de  Lautrec.  C’cfl-là  le  plus  ancien  monument  qui  nous  refte  de  ce  mo-  *£'*• 
naftere,  qui  fubfifte  encore  fous  la  règle  de  fàint  Benoît.  Il  efl  fitué  dans  le 
diocèfè  de  Caflres ,  à  deux  lieues  de  cette  ville,  vers  le  couchant,  &  à  la 
droite  de  la  riviere  d’Agout ,  qui  fepare  l’Albigeois ,  du  diocèfè  de  Lavaur 
pu  du  Touloufàin. 

Il  paroît  qu’l  farn  vicomte  de  Lautrec ,  dont  nous  venons  de  parler,  étoit 
fils  du  vicomte  Sicard  qui  vivoit  vers  la  fin  du  X.  fiecle }  6c  que  Frotard  fon 
frere  ou  fon  fils,  efl  le  même  que  Févêquc  d’Albi  de  ce  nom  qui  fiegeoit  vers 
l’an  1060.  Ifarn  fut  vraifèmblablement  per edes  vicomtes  Sicard (  &  Frotard ,  qui  hua  injir. 
en  1073.  fouferivirent  à  Fade  deréformarion  de  l’églifè  d’Albi}  car  r  ".ceux-ci 
étoient  vicomtes  dans  le  païs  d’Albigeois ,  &  par  conféquent  de  Lautrec. 
a*.On  vient  de  voir  que  le  pere  d’Ifarn  s’appelloit  Sicard  :  or  fuivant  Fufâge  du 
fiecle  le  nom  de  Fayeul  paffoit  ordinairement  au  petit-fils. 

La  dépendance  où  étoit  la  Marche  d’Efpagneau  XI.  fiecle  delà  métropole  1/^1* 
de  Narbonne ,  faifoit  que  les  prélats  6c  les  feigneurs  du  pais ,  6c  ceux  de  la  nue  à  Urgci, 
Septimanie  ou  Gothie,  entretenoient  entr’eux  une  étroite  liaifon,  6c  qu’ils  50rmc?  de 

*  1  7  A  COiUIDiOgCS. 


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d? 

V.  N 

».  i6 


_  1S1  HISTOIRE  GENERÂL  Ë 

Àï).io4o.  Te  trouvoient  également  aux  conciles  ôc aux  affemblées  tenues  dans  les  deux 
a  Marc.H'fp.  provinces.  C’eft  ainfi  que  Guifred  »  archevêque  da premier fiege  de  la  Narbon- 
t-\o69'&/ei.  noijg  ^  ^  jes  évêques  Heribal  d’Urgel  ,  Berenger  d’Elne,  Guifred  de  Car- 
caffonne  8c  Arrtoul  de  Rota  ,  fe  trouvèrent  le  premier  de  Novembre  de  l’art 
1040.  avec  les  princes  du  pais ,  à  la  dédicace  de  Péglife  dsUrgel ,  où  l’on  ré¬ 
tablit  alors  la  vie  commune  ou  canoniale  parmi  les  chanoines. 

Bernard  évêque  de  Conferans  fe  trouva  aufli  à  cette  afiemblée  :  il  étoit  en 
b  Pr.  p.ios.  même  tems  abbé  de  Lezat,  dont  il  fit  rebâtir  b  l’églife  ,  aveç  le  (ecours  de 
plufieurs  feigneurs  4  &  autres  perfonnes  de  pieté  du  voi finage.  Le  nom  dé 
>  wnTT.vyif,  Bemardus  Raymundi  qu’il  prend  dans  l’a&e ,  eft  une  preuve  c  que  fon  pere 
■»>  î4-  s’appelloit  Raymond  i  8c  nous  ne  doutons  pas  qu’il  ne  fût  de  la  maifon 
des  comtes  de  Comminges  8c  de  Carcaffonne ,  qui  étoit  ia  même  ,  8c  dans 
laquelle  les  noms  de  Bernard  8c  de  Raymond  furent  fort  commurts.  Il  eft 
d’ailleurs  certain  que  ces  comtes  avoient  Pavouerie  de  Pàbbaye  de  Lezat, 
Ce  Bernard  eft  donc  différent  d’un  autre  évêque  de  Conferans  de  ce  nom, 
qui  vivoit  vers  Pan  1060.  8c  qui  étoit  frere  d’Arnaud  lll,  du  nom  comte 
en  partie  de  Comminges  }  car  celui-ci  étoit  fils  de  Roger  IL  comte  du  même 
oreiM  Paï*.  Pepi° \  defeendant  de  Raymond  III. fils  de  Roger  I.  comte  de  Carcaf. 
.  &fcq.  fonne ,  poflêdoit  l’autre  partie  du  comté  de  Comminges ,  lorfqu’il  embraflà 
en  1039.  la  vie  monaftique  dans  Pabbaye  d’Alaon  au  diocèfe  d’Urgel.  Ge- 
lindefa  fille  avoit  époufé  alors  Afnarius  Aton  feigneur  de  Tene  dans  le  mê¬ 
me  diocèfe.  Bernard  fils  de  Pépin  lui  fucceda  ,  8c  mourut  à  ce  qu'il  paroîc 
fans  pofterité.  Nous  voyons  du  moins  que  fon  domaine  fut  réuni  depuis  à  celui 
de  l’autre  branche  des  comtes  de  Comminges  qui  defeendoient  de  Roger, 
oncle  de  Roger  L  comte  de  Carcaffonne. 

Les  évêques  Scies  grands  feigneurs  de  la  Scptimanie,  &c  de  la  Marche  d’Ef. 
Pagne  s'aflemblerent  à  Tulujes  en  Rouffillon ,  pour  remedier  au  défordreôé 
Tuiujes  en  à  la  confufion  qui  regnoient  alors  également  8c  dans  Péglife  8c  dans  Pétât* 
Eubh'l-mcnt  ma^  veno*c  principalement  de  la  tyrannie  des  feigneurs  qui  vexoient  im~ 
a l'u  p*ix&  punément  le  clergé  8c  le  peuple  -,8c  qui  s’étant  arrogez  le  droit  de  venger1 
u  t'iia  *  leurs  querelles  par  les  armes  ,  fe-  faifoient  une  guerre  implacable  5  enforte 
vie»  ans  a  q(j’on  ne  trouvoic  nulle  part  ni  fureté ,  ni  afyle  ,  que  le  commerce  étoit  ge-> 
neralement  interrompu  ,  Sc  qu’on  ne  parloir  dans  tout  le  royaume  que  de 
meurtres ,  d’incendies ,  de'  rapines,  ôede  pillages.  Plufieurs  évêques  touchez  de 
l’excez  de  ces  maux ,  tâchèrent  d’y  apporter  quelque  remede.  Le  concile  de 
Limoges  de  Pan  1031.  dreilà  e  entr’autres  des  canons  pour  rétablir  la  paix 
’f  &  ^a  tranquillité  publique ,  &  on  fit  de  nouveaux  efforts  (  en  divers  con- 

v.Pxpai  Mn.  tiles  tenus  en  1034.  Mais  comme  ces  prélats  n’a  voient  que  des  armes  fpiri- 
iojv  »•  àr  tuelies  à  oppofer  à  des  abus  fi  communs  8c  fi  autorifez  ,gc  qu’ils  n’étoient  pas 
appuyez  de  l’autorité  temporelle,  la  licence  des  mœurs  continua  toujours  à 
faire  de  nouveaux  progrez  ,  jufqu’à  ce  qu’enfin  quelques  feigneurs  plus  relL 
gieux ,  voulurent  bien  concourir  au  rétabliflementde  la  paix.  Ceux  de  la  pro¬ 
vince  ecclefiaftique  de  Narbonne ,  furent  des  premiers  à  donner  l’exemple ,  8c 
g  Pr.p.^o<^.é•  les  comtes  Us  vüomtes  du  pais  tinrent  pour  cela  une  affemblée  h  en  1 041  .avec 

i‘qvM»rc  con-  ^es  évêques  &  les  abbe^  dans  les  prairies  de  Tulujes ,  à  trois  milles  de  Per- 

corded.  1704.  pign3.fl. 

Nous  ignorons  en  particulier  les  noms  delà  plupart  de  ceux  qui  alfifte- 
xxxi.  rent  à  ce  concile.  Nousfçavons  feulement  que  Guitred  archevêque  de  Nar* 
bonne  y  préfida  ,  &.  qu’entre  les  feigneurs  fcculiers  Gausfred  comte  de  Rouf¬ 
fillon  ,  Guillaume  fon  fils,  Pons  comte  d’Empürias  ,  Guillaume  comte  de 
Bezalu  ,  Raymond  comte  de  Cerdagne ,  &  Gaufbert  vicomte  de  Caftelnau 
s’y  trouvèrent.  On  y  fit  divers  reglemcns  pour  interdire  ,  finon  pour  tou¬ 
jours,  du  moins  pour  certains  tems  de  l’année,  8c  certains  jours  de  la  fèmai- 
ne,les  guerres  particulières  ,6c  tout  aéte  d’hoftilité.  On  défendit  i°.  Deconi- 
^  mettre  aucune  violence  dans  leséglifes,  où  on  n’avoit  pas  élevé  des  châteaux 

ou  des  forteçelfes,  dans  les  cimetières  8c  les  autres  lieux  facrez,  &  à  trente 
pas  à  la  ronde,  à  peine  d’être  puni  comme  facrilege.  20.  D’attaquer  les 
clercs  qui  marchoient  fans  armes ,  les  religieux  ,  les  religion fes,  &  les  veuves. 

De  faifir  les  jumens ,  8c  les  poulains  qui  ctoient  au  deffous  de  fix  mois  * 


IX. 


province  de 
Naibonnc. 

IO4I. 

c  Concil.to ,9, 
p •  903 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIV. 


1h  vaches,  les  ânes,  &c. 4°,De  brûler  les  maifons  des  païfans  &  des  clercs  An.  1041. 
qui  porcoient  les  armes.  jw.  On  ordonna  que  celui  qui  dans  le  rernte  de 

_ Im.M»  Mil  i-an/l  ••afnfr  si  n  1  <-»  /-T  11  Z' 1»  11  k  /•r.MPr/ÎMirflrtilMP 


évêque  ou  du  comte  qui 
on  cubllc  U  trive  de  Dieu  ,  pour  être  dbfervée  par  tous  Us  Chrétiens , 
i°.  Depuis  le  coucher  du  fbieil  du  Mercredi,  jufqd’à  Ton  lever  du  Lundi  de 
chaque  femaine  de  l’année.  i°.  Depuis  le  premier  jour  de  l’Avent  jufqu’à 
l’o&ave  de  l’Epiphanie.  3  *.  Depuis  le  Lundi  avâht  le  Carême-prenant,  ju£ 
qu’au  Lundi  d’après  l’odtave  dé  la  Pentecôte  ,  &  enfin  pendant  certaines 
«tes  de  l’année  ,  les  Qaatre-Tefns ,  &c.  foos  peine  à  ceux  qui  violeroient  la 
trêve  de  réparer  aa  doable  le  dommage ,  ou  de  fe  juflifier  dans  la  cathé¬ 
drale  par  t épreuve  de  l’eau  froide .  Quant  à  celui  qui  tueroit  quelqu’un  pen¬ 
dant  la  trêve,  il  devoir  être  condamné  k  un  exil  perpétuel.  On  fit  vers  le 
meme  rems  de  pareils reglemens  *  dans  uneaffêmblée  tenue  en  Aquitaine,  ^  rî. 
fit  enfui  te  dans  divers  conciles  aflèmblez  dans  les  autres  provinces  èc  les  Hug.tUv.  chr. 
royaumes  voifins.  Telle  fat  l’origine  de  la  trive  do  Dieà ,  ainfi  appellée,  foit  “’/j  ^ 

parce  que  les  jours  de  la  femaine  marquez  pour  Pobferver ,  étoient  confa- 
crez  aux  myfteres  de  la  paffion  &  de  la  refurreétion  de  J.  C.  foie  parce  qu’on 
prétendit  que  Dieu  l’approuva  par  des  punitions  exemplaires  qu’il  exerça  fur 
ceux  qui  l’avoient  violée.  Comme  le  mot  do  trêve  b  dérive  de  l’Elpagnol  tregua ,  b  D"C*»Se 
cela  confirme  qu’on  eft  redevable  de  fort  premier  établiiïëment  au  concile  llfàgi  »d  »nn. 
de  Tulujes  tenu  fur  les  frontières  d’Efpagne.  u>\\.n.c. 

Les  évêques  0  &  tes  chapitres  furent  chargez  par  ce  concile  d’en  faire  ]^fe'en><tr4‘ 
obfervcrles  canons,  avec  pouvoir  déjuger  les  violateurs  delà  paix,  &de  la 
trêve  de  Dieu ,  &  de  les  excommunier  ;  mais  le  mal  avoit  jetté  de  fi  profon¬ 
des  racines ,  qu’on  trouva  beaucoup  de  difficulté  à  faire  exécuter  ce  decret, 
ce  qui  engagea  les  évêques  à  tenir  dans  la  fuite  des  aflèmblées  diocéfaines, 
foit  pour  confirmer  la  trêve ,  loit  pour  ajouter  aux  decrets  qui  l’établifToient.  De 
là  vient  la  différence  que  nous  trouvons  en  diverfes  copies  qui  nous  relient  d  d 
des  ades  de  l’affèmblée  ou  concile  de  Tukijes,  tirées  des  archives  des  églifes 
de  Narbonne,  d’Elne,  d’Aufonne  ôc  de  Gironne.  Il  paroît  même  qu’on  fut  106 ■& 
obligé  d’abreger  le  tems  de  la  treve ,  &;  de  la  réduire  par  femaine  dans  ‘ n ’ 
le  diocèfe  d’Elne,  depuis  le  Samedi  au  foir  jufqu’au  Lundi  matin  ,  fuivant  zComBrd 
les  actes  d’une  affemblée  tenue  cdans  ce  diocèfe  en  1047.  à  laquelle  Oliba  4j, 
évêque  d’Aufonne  prefida  à  ftl  place  de  Bérenger  évêque  d’Elne,  qui  étant  ^  note 
allé  en  pèlerinage  à  la  Terre- fainte ,  lui  avoit  confié  le  gouvernement  de  * 
fon  diocèfe  pendant  fon  abfence.  On  ftatua  f  de  nouvelles  peines  contre  les  conm 

infracteurs  dans  divers  conciles  generaux  ou  particuliers  qui  furent  tenus  ràgi  ad 
dans  ce  fiecle ,  ou  dans  les  fui  vans.  Toutes  les  peines  canoniques  n’étant  pas  Io3*-»>»-io4i. 
fuffifantes  pour  faire  obferver  la  paix  &  procurer  la  tranquillité  publique , 
on  fe  vit  enfin  obligé  dans  la  fuite  d’employer  la  voye  des  armes.  On  leva 
des  troupes,  &  on  établit  des  impofirions  pour  les  entretenir:  ce  qui  donna 
l’origine  à  l’érablilîèment  de  la*  Pelade  dans  nos  provinces ,  dont  nous  parle. 
ronsdans  lafiiite.  v.  ou  c*nj!' 

Les  decrets  du  concile  de  Tulujes  touchant  la  paix  &c  la  trêve  de  Dieu  iloÏÏ-  x 
furent  confirmez  dans  un  g  autre  tenu  h  à  faint  Gilles  le  4.  du  mois  de  Se>  CondicHeS. 
ptembre  de  l’année fuivante.  R.aimbaud  archevêque  d’Arles,  &  Leger arche-  Gilles.  e»ô- 
vêque  devienne  s’y  trouvèrent  enperfonne  ,  .&  Guifred  archevêque  de  la pre-  <fucs,leVl',|crt» 
niere  Narbonnoife ,  feulement  par  les  députez  qui  fiegerent  au  deffiis  de  tous  1041. 
les  évêques.  Ceux-ci  alfillerent  à  ce  concile  aartombre  de  1 9-entr’autres  Frotaire  g 
de  Nifmes,  Hugues  d’Ufez ,  &  Bernard  de  Lodeve  de  la  province  de  Nar. F'  h  No  r£ 
bonne,  Guillaume  d'Albi  de  celle  de  Bourges ,  Sc  Geraud  de  Viviers  de  celle  xxxir. 
de  Vienne.  Les  autres  étoient  des  provinces  d’Arles ,  d’Aix  êc  d’Embrun. 

Il  nous  refte^  trois  canons  dé  ce  concile  ,  dont  le  premier  défend  d’envahir 
les  biens  eccléfialliques  ,  le  fécond  d’attaquer  les  églifes  &  d’exercer  aucun 
aûe  d'hoftilité-  i-  trente  pa-s  à  la  ronde  ,  excepté  celles  où  on  avoit  élevé  des 
fortereûes ;  eff  qui1  étant  conforme  aux  defcrets  d'u  concile  de  Tulujes,  nous 
porte  à  croire  que  les-  évêques  de  la-  province  qui  n’y  avoienc  pas  affilié 


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_ _ 1^4  HISTOIRE  GENERALE 

An.  1041.  fe  trouvèrent  à  célui  de  faint  Gilles  avec  ceux  de  Provence  ,  pour  étâ.' 

blir  la  trêve  de  Dieu  dans  leurs  diocèfes,  Le  troifiéme  canon  défend  à  tous 
*  Militibus-  les  chevaliers  %  grands  ou  petits  ,  déporter  les  armes  jufqu’à  la  fête  fuivante 
de  faint  Jean- Baptifte. 

Gérard  évêque  de  Viviers  qui  fe  trouva  au  concile  de  faint  Gilles,  occupa 
n Cohiml.  Vi-  ce  fage  moins  depuis  *  l’an  1037.  jufqu’en  1055.  On  prétend  qu’il  mourut 
"  ïub.  l’année  fuivante.  Gebonard  lui  avoir  déjà  fuccedé  fous  le  pontificat  d’Ale- 
1  ojs-n-ss»-  xandre  IL 

xi.  Guifred  archevêque  de  Narbonne  après  avoir  préfidé  au  concile  de  Tu- 
luJes  1  futun  des  premiers 0  qui  en  viola  les  decrets  *  fie  il  ne  fit  aucun  feru- 
que  &  le  yi-  pule  d’avoir  recours  aux  armes,  fie  d’employer  la  force  durant  les  différends 
bonne dc  Nit"  eut  pendant  tout  fon  épifeopat  avec  Berenger  vicomte  de  Narbonne. 

bu.f.zH.  L’envie  de  dominer  fut  la  principale  fource  de  leur  querelle, 8c  fit  naître  entr’eux 
une  longue  guerre  qui  fut  très  funefte  au  pais.  Les  vicomtes  de  Narbonne  , 
à  l’exemple  des  autres  grands  vaflaux  du  royaume,  s’étant  arrogez  depuis 
long-tems  le  droit  de  nommer  à  l’archevêché,  prétendoient  exercer  la  prin¬ 
cipale  autorité  fur  cette  ville  après  les  comtes  de  Rouergue,  marquis  de  Go- 
thie,  qui  en  pofTedoïent  le  comté  particulier.  Pour  mieux  affermir  leurs  pré¬ 
tendons  ,  8c  n’être  pas  troublez  par  les  archevêques  qui  auroient  pû  les  leur 
difputer,  ils  avoient  foin,  quand  le  fiege  épifcopal  venoit  à  vaquer  ,  de  ne 
faire  tomber  l'élection  que  fur  quelqu’un  de  leur  maifon  ,  ou  du  moins  fur 
.  des  perfonnes  dont  ils  etoient  bien  allurez.  On  a  déjà  vu  que  lorfque  le 

vicomte  Raymond  ,  8c  Berenger  fon  fils ,  firent  élire  le  jeune  Guifred  leur 
t  tr.j,. allié,  ils  eurent c  la  précaution  d’éxiger  de  lui  un  ferment,  par  lequel  il  leur 
/*?•  promit  de  leur  confcrver  leur  droit:  mais  dès  que  ce  prélat  fut  parvenu  à  un 

a  im.  àge  plus  avancé  J  ,  foit  par  efprit  de  dominacion,  loit  par  zele  pour  les  in¬ 

térêts  8c  la  liberté  de  fon  édile ,  il  fe  mit  peu  en  peine  d’executer  fes  pro- 
mefîcs ,  8c  chercha  à  fe  foultraire  de  la  fujettion  où  les  vicomtes  avoient  ré¬ 
duit  fes  prédeceffeurs.  Berenger  de  fon  coté  réfolut  de  ne  pas  coder,  8c 
chacun  fe  mit  en  armes  pour  foutenir  fes  droits.  Guifred  leva  des  crou¬ 
pes  ,  aliéna  une  partie  des  terres  de  fon  églife  pour  les  foudoyer  ,  8c  en  donna 
une  autre  partie  à  divers  capitaines  qu’il  engagea  à  fon  fervice ,  8c  qui  les 
pofîêderent  dans  la  fuite  comme  leurs  propres  alleus.  Ce  ne  fut  pas  le  feul 
dommage  que  ce  prélat  caufa  à  fon  égîife.  Après  la  mort  d’Eribald  évêque 
tMve.iïrp.  d’Urgel ,  arrivée  avant  le  mois  d’Aoùt-  de  l’an  1041.  il  n’omit  rien  f  pour 
*'Vvr^Und’  ^re  P^ace  Guillaume  fon  frere  -,  8c  voyant  qu’il  ne  pouvoir  reufîir 

qu’à  force  d’argent,  il  promit  de  donner  cent  mille  fols.  Pour  faire  cette 
fomme,  il  remit  les  croix,  les  reliquaires  ,  les  vafes  facréz  8c  l’argenterie 
de  l’églife  de  Narbonne  à  des  orfèvres  Juifs ,  qui  allèrent  les  trafiquer  en 
Efpagne.  Il  vendit  enfuitc  les  livres  de  cette  églifè  ,  les  ornemens  des  autels, 
fie  réduifit  enfin  fes ecclefiaftiques  à  la  mendicité.  Non  content  de  ces  démar¬ 
ches  fimoniaques,  le  defir  de  réullîr  dans  fes  projets,  8c  de  s’attirer  la  pro¬ 
tection  delacomteffe  d’Urgel  qui  avoit  alors  l’adminiftration  de  ce  comté  pen- 
»  cominenda-  Jant  la  minorité  de  fon  fils,  le  porta  jufqu'à  fe  rendre  fon  vaflàl  *  tdémar- 
ad  comi'niiam  c^e  S11*  actlra  Ie  mépris  8c  la  haine  de  toute  la  noblefle.  Un  g  célébré 
Utgeiii .\M.  critique  qui  n’a  pas  bien  compris  les  termes  employez  dans  l’ancien  rnonu. 
g  vnyutwr,.  mcnc  0ù  on  rapporte  cette  circonftance  ,  prétend  que  Guifred  entretenoit 
un  mauvais  commerce  avec  cette  comtellc  :  mais  c  eft  fans  fondement, 
xn.  Quelque  tems  après  l’archevêque  Guifred  parut  fe  repentir  d’une  conduite 
Coü-Ucs Vdè fi  peu  épifcopale.  Il  convoqua  un  concile  à  Narbonne,  fie  là  en  prefènee 
Naiboune.  de  Raimbaud  archevêque  d’Arles ,  de  divers  prélats,  du  vicomte  de  Narbon¬ 
ne  ,  8c  de  plufieurs  feigneurs  du  pais,  il  quitta  l’habit  militaire  dont  il  s’étoit 
revêtu,  8c  déclara  anathème  tant  contre  lui-même  s’il  venoit  à  le  reprendre, 
que  contre  les  autres  évêques  de  la  province  qui  fuivroient  les  armes  : 
mais  peu  fidele  à  fa  promcfic ,  il  reprit  bientôt  après  le  métier  auquel  il  avoit 
renoncé,  fie  recommença  la  guerre  contre  le  vicomte.  Nous  tirons  tous  ces 
h  v.  note  faits  d’une  plainte  que  ce  dernier  porta  contre  lui  quelques  années  après  h  j  Sc 
xxxk  quoiqu’il  foit  afTez  vraiiemblable  que  l’animofité  qui  regnoit  entr’eux ,  ait  en¬ 
gagé  le  vicomte  à  les  exagerer ,  poux  rendre  odieux  Ion  adverfàire  ,  on  ne 

fçauroic 


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DE  LANGÜEDOC  Lit:  XIV. 


>8 


C  lbi(L 


fijàuroit  cependant  dilconvenir  que  l’archevêque  -ne  fut  coupable  fur  plu- An.  1043» 
heurs  chefs  a  ,  &  nous  verrons  dans  la  fuite  qu’il  fut  excommunié  comme  a  kb«/»x  »«/. 
fimoniaque  par  deux  papes  &  divers  conciles. 

Ce  prélat  tint  deux  conciles  à  Narbonne  en  1043.  l’un  ,  qui  fut  le  VII.  de  h9' 
cette  ville,  le  17.  du  mois  de  Mars  b  5&  l’autre,  qui  fut  le  VIII.  le  premier  J‘neci^Af‘elif 
d’Août.  Comme  Raimbaud  archevêque  d’Arles  alfifta  à  celui-ci,  &  non  pas 
à  l’autre,  c’eft  une  preuve  que  ce  fut  dans  le  VIII.  concile  de  Narbonne 
que  Guifred  dépofa  les  armes  ,  ainfi  que  nous  venons  de  le  rapporter.  Sept 
évêques  fes  comprovinciaux  ,  outre  Bernard  de  Conferans,  fe  trouvèrent 
avec  lui  au  VII.  Ravoir  Pierre  de  Gironne,  Oliba  d’Aufonne,  Guifred  de 
ÇarcalTonne ,  Berenger  d’Elne,  Guiflabert  de  Barcelone,  &  Guillaume  d’Ur- 
gel.  Ces  prélats  fur  les  plaintes  d’Oliba  évêque  d’Aufonne ,  &.  des  religieux 
de  Cuxa ,  dont  il  étoit  abbé ,  lancèrent  l’excommunication  contre  les  ufur- 
pateurs  des  biens  de  ce  monaftere  fituez  dans  les  comtez  de  Fenouilledes 
&.  de  Roufïillon.  Ils  exceptèrent  cependant  de  l’anathême  Guillaume  comte  de 
Bezalu  Ôcde  Fenouilledes,  Raymond  comte  de  Cerdagne, leurs  fils,  &  les  freres 
du  dernier,  quoiqu’ils  fuflènt  au/Ii  coupables  que  les  autres,  dans  la  vue  de 
les  engager  j>ar  ce  ménagement  à  fe  déclarer  les  protedeurs  de  l’abbaye.  Ils 
prient  en  meme  tems  leurs  confrères  abfèns  &  les  comtes  du  pays  ,  de  vouloir 
confirmer  les  actes  du  concile;  ce  qui  fit  qu’Arnaud  de  Maguelonne, Hugues  d’U^ 
fèz,  Frotard  de  Nifmes ,  Hugues  deTouloufe,  Bernard  de  Lodeve,  Etienne 
d’Apt,  Pierre  de  Cavaillon  ,  Raimbaud  d’Arles,  &  quatre  autres  évêques 
dontlefiege  n’eflpas  marqué,  Ravoir,  Pierre  ,  Bernard,  Arnaud, &  Guillaume, 
y  fouferivirent  peu  de  tems  après.Lc  dernier  eft  fans  doute  le  mêmequeGuil- 
laume  évêque  d’Agde  qui  allifta  au  VIII.  concile  de  Narbonne. 

Celui-ci  fut  c  compofé  de  dix-fept  évêques  ,  partie  de  la  province  dé 
Narbonne ,  &  partie  de  celle  d’Arles,  dont  la  plupart  avoient  aififté  au  pre¬ 
cedent.  Ils  prononcèrent  anathème  contre  tous  ceux  qui  ufurperoient  les  biens 
de  l’églife  d’Edre  dans  le  diocèfe  de  ÇarcalTonne ,  qu’un  leigneur  nommé 
Raymond  Hugonis  ,bc  Senegonde  fa  femme  avoient  fait  rebâtir  dans  le  defiein 
d’y  établir  des  chanoines  ou  des  moines ,  &  qu’ils  avoient  enfuite  fait  con- 
facrer  par  Pierre  évêque  de  Gironne,  Guifred  de  Carca donne,  ôc  Bernard 
de  Conferans. 

Pendant  la  paix  qui  avoir  été  conclue  au  VIII.  concile  de  Narbonne  en- 
tre  l’archevêque  ôc  le  vicomte  de  cette  ville,  Pierre  Raymond  comte  en  par-  ^ Cjrca/,oonc 
tie  de  Carcallonne ,  &c  vicomte  de  Bcziers&  d  Agde,  entreprit  Icpcierinage  „es. 

de  faint  Jacques  en  Galice ,  comme  il  paroîc  par  la  donation  d  qu’il  fit  Je  obt,cm  u 
29.  de  Septembre  de  l’an  1043.  peu  de  tems  avant  fon  départ,  à  la  cache-  Z  plu, c  dettes 
drale  de  Beziers,  d’un  domaine  fitué  auprès  des  murs  de  cette  ville,  qui  domaine*, 
avoit  etc  vendu  du  confcntement  de  la  comteffe  Garfinde  fa  mere.  Il  étoit  de  l°*' 
retour  dans  le  pais  au  mois  de  Mars  de  l’an  104 6.  »  lorfqu’une  dame  nom-  e  '  P'1  {' 
mée  Garfinde  le  défaifit  en  fa  faveur  de  tous  les  allcus  (files fiefs  qui  avoient  « 
appartenu  d  Guillaume  vicomte  de  Beziers  &  d’Agde,  &c  à  Garfinde  fa fille ,«  f 

tnere  de  ce  comte,  à  la  referve  du  château  de  Mefe,  de  la  rroifiéme  partie  de  « 
ceux  de  Florenfac,  de  Rovignac,  de  fâint  Pons  de  Mauchiens,  de  Vairac,« 

&  de  quelques  autres  lieux  du  diocèle  d’Agde.  «Nous  ne  connoilfons  pas  bien 
la  dame  qui  fit  ce  délaillèmcnt ,  à  moins  qu’elle  ne  foie  la  même  que  Garfinde  { 
femme  de  Raynald  II.  vicomte  de  Beziers  &  d’Agde,  qui  fera  par  con/equenc  ’  s' 
parvenue  à  une  extrême  vieilleflè,  puifqu’elle  étoit  déjà  R  veuve  en  9  69.  Elle  gpr.p.'uti 
peut  avoir  confervé  la  jouiflânee  de  ces  domaines  ,'  foit  pour  fon  douaire, 
loit  depuis  la  mort  de  Garfinde  petite  fille  de  Raynald  II.  êcmcre  du  comte 
Pierre  Raymond. 

On  a  déjà  remarqué  que  ce  dernier  avoit  un  frere  nommé  Guillaume  qui  xiv, 
avoit  partagé  avec  lui  une  partie  du  comté  de  Carcallonne,  Nous  ignorons  dCGu1n?umc9 
l’époque  de  la  mort  de  celui-ci  :  nous  fçavons  feulement  qu’il  lailîà  b  trois  fils ,  comte  de  Cu- 
Raymond ,  Pierre  Sc  Bernard  ,  lefquels  lui  fuccederent  dans  fa  portion  du 
même  comté.  Le  premier  donna  ‘  en  fief  au  comte  Pierre  fon  oncle  le  village  „.  u. 
de  Magrian dans  le  Rafez,  pour  en  jouir  pendant  (a  vie,  à  la  rélerve cepen-  x*r*' 
dant  delà  moitié  du  droit  que  le  comte  devoir  lever  lu  r  les  batailles  jurées.  Ce 
Tome  II.  À  a 


XI  il. 

Pierre  comte 


KlMf 


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1 


HISTOIRE  GENERALÊ 


An. 1043.  drcnt,  qui  eft  uns  marque  de  haut  domaine,  apparccnoic  en  effet  aux  grands 
vd»c»»f  vaffaux  dans  les  duels1  qui  fe  faifoient  fuivant  les  formes  prekrites  par  les 
'(T-  w».  loix.  Raymond  ftipula  dans  l’acte  qu’après  la  mort  de  Ion  oncle' 


M- 

DucUum ,  Ba¬ 
tailla. 

b  NOTRibii. 


le  village  de 
condition 


c  P r.  f.  164. 


Raymond  ftipula  dans  l'acte  qu'aprés 

Magnan  lui  reviendroic  ou  à  fes  enfant  il  paroît  b  que  cette  condition  n'eut 
pas  lieu,  8c.  qu’il  mourut  fans  poflerité.  Ses  deux  freres  Pierre  ôc  Bernard  qui 
vendirent  en  1068.  la  portion  qu’ils  av oient  fur  le  comté  de  Carca/Idnne, 
n’en  font  du  moins  aucune  mention  dans  cette  c  vente, 
xv.  Guifred  archevêque ,  Ôc  Berenger  vicomte  de  Narbonne,  s’appliquèrent, 
n«'r  dAn*  les  aPr^s  av°ir  fait  la  paix  ,  l’un  au  gouvernement  de  fon  domaine  ,  6c 
l'autre  à  celui  de  fon  diocèfe.  Le  dernier  d  fonda  au  mois  de  Mars  de  l’an 
1044.  avec  Garfinde  fa  femme, 6c  leurs  fils  Raymond  ,  Pierre  6c  Bernard  ^ 
le  prieuré  de  Montlaurez,  lituc  dans  le  terroir  de  la  Liyirie  aux  environs  de 


abbayes  de  Le* 
&  d’Arlc*. 


i°44. 


SSi. 

tMtrc.Wjf. 

1  °45  • 


£  Pr.ÿ«it  i*ÿ 

feq. 


fA  79,‘&n[l’n'  Narbonne,  fous  la  dépendance  de  l’abbaye  de  Clufe  en  Piémont.  Guifred  de 
««•  fon  côté  fit  un  voyage  dans  la  Marche  d’Efpagne e  au  mois  de  Juillet  de  l’an 

1045. 8c  fe  rcncÜc  à  faint  Michel  fur  la  riviere  de  Fluviadans  le  comté  d’Em- 
purias  8c  le  diocèfe  de  Gironne  ,  dont  il  confacra  l’églife  avec  Oliba  évêque 
d’Aufonne.  Ces  deux  prélats  accordèrent  alors  à  cette  églife  divers  privilè¬ 
ges,  que  les  évêques  Pierre  de  Gironne,  Arnaud  de  Maguelonne  ,  Frotaire 
deNilmes,  Gaufbert  comte  de  Roulîillon,  8cc.  6c  divers  autres  prélats  ôe 
feigneurs  confirmèrent. 

L’archevêque  de  Narbonne  pria  f  la  même  année  Guifred  évêque  de  Car- 
caffonne ,  de  confacrer  en  fon  nom  l’églife  du  monaftere  de  faint  Martin , 
dépendante  de  fon  diocèfe  ,  6c  fondée  au  comté  de  Fcnouillcdcs  dans  un  vallon 
nommé  anciennement  V alcarne ,  ou  autrement  Lezf^fur  la  riviere  d’Aude.  L’évêque 
de  Carcaffonne  fit  cette  ceremonie  en  prefence  d’un  grand  concours  de  peu¬ 
ple  ,  marqua  les  limites  de  l’abbaye ,  8c  y  établit  un  aille  -,  ce  qui  fut  con¬ 
firmé  par  Guifred  archevêque  du  premier  fiere  de  la  N  arbonnoife  ,  avec  ordre  aux 
autres  évêques  de  fa  province  de  le  confirmer  aufli.  Oliba  d’Aufonne ,  Ber¬ 
nard  de  Beziers ,  Pierre  de  Gironne ,  Arnaud  de  Touloufe  ,  6c  Berenger  d’Elne 
fouferivirent  en  conféquence  à  l’aéle  de  cette  confécration ,  avec  Bernard  de 
Conferans. 

L’année  fuivante g  au  mois  de  Novembre,  l’archevêque  de  Narbonne  fe 


Lcois. 


1046.  rendit  à  Arles  dans  le  Rouflillon  pour  la  dédicace  de  l’eglife  de  cette  abbaye, 
gUjn.H^.  i  l’occafion  de  laquelle  on  y  tint  une  afTemblée  ,  où  les  évêques  Berenger 
d’Elne  ,  Wifred  de  Carcaffonne  8c  Pierre  de  Gironne  fe  trouvèrent  avec 
plufieurs  abbez ,  Guillaume  comte  de  Bezalu  ,  Gaufbert  comte  de  Rouflillon, 
Raymond  comte  de  Cerdagne,  les  comtefles  leurs  femmes  ,6c  un  grand  nom, 
bre  de  feigneurs  du  pais. 

Raymond  comte  de  Cerdagne  affilia  en  104.7.  à  une  autre  aflèmblée, 
piaii  tenu  à  dont -.les  a&es  b  font  voir  manifeftement  que  le  comté  de  Touloufe  s’éten- 
Lmuccwiu  ^01C  al°rs  jufqu’aux  frontières  d’Efpagne  ,  8c  du  comté  de  Cerdagne. »Ce 
dcTü'i-  «  prince  s’etant  rendu  en  effet  au  château  de  Corneillan  affilié  de  fes  princi- 
:  du  C0li  »  paux  vaffaux  ,  entr’autres  de  Bernard  Oliba  du  château  de  Son  ;  ÔC  s’étant 
«plaint  devant  les  juges  de  ce  que  Bernard  vicomte  de  Cerdagne  vouloir  por- 
1047.  «ter  jufques  dans  ce  comté  les  limites  de  la  terre  de  Merenx  que  fes  pa- 


xr 


comte  < 
loufe 
d'iilpag-K. 


\\ibUf.109x.  „  rens  avoient  acquife  dans  le  comté  de  Touloufe ,  on  ordonna  que  ce  vicomte 
»  fe  renfermeroit  dans  les  bornes  de  cette  terre.  Bernard  abandonna  alors 


«tout  ce  qu’il  prétendoit  poffeder  en  Efpagne  au-delà  de  la  montagne  de 
«  Puimorent,  qui  féparoit  les  comtez  de  Touloufe  ôc  de  Cerdagne,  >5  ou  les  dio- 
cèfes  de  Touloufe  6c  d’Urgel.  Le  lieu  de  Merenx  ell  fitué  dans  le  pais  de 
Foix ,  vers  les  fources  de  la  riviere  d’Ariege  8c  les  frontières  d’Efpagne  ,  ce 
qui  prouve  clairement  que  tout  ce  qui  compofe  aujourd’hui  ce  pais ,  faifoic  an, 
»  v,  note  ciennement  partie  du  diocèfe  de  Touloufe  ,8c  que  les  comtes»  de  Foix  rele- 

ZXU.ii.it.  •  1  r  1  ,  1  , 

voient  de  ceux  de  cette  ville  pour  tout  leur  comte. 

xv  11.  L’archevêque  8c  le  vicomte  de  Narbonne  étoient  encore  alors  en  bonne  in- 

fkccord  tnue  telligence.  Nousavons  un  a&e  du  deuxième  d’ Avril  de  l’an  1048.  par  lequel 

\" viconwc  ce  Guifred,qui  fe  qualifie  archevêque  du  faint  &  premier  fieqede  Narbonne ,  Be- 

Natbonne.  renger  vicomte  de  cette  ville ,  Garfinde  femme  de  ce  dernier ,  8c  leurs  fils 

6*/^. f  114  Raymond  »  Pierre  2c  Berpard ,  donnent  k  conjointement  aux  chanoines  de  la 


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DE  LA  ÎSTGÜ  ED  OC.  Li  v.  XIV. 


1S7 


Cathédrale  6c  à  ceux  de  fâint  Paul,  pour  les  mettre  en  état  de  mieux  faire  le  An. 104 8* 
Service  divin,  la  dixme  du  poiffon  qu’on  prendroit  aux  .environs  de  Nar-> 
bonne,  avec  celle  du  Tel  de  certaines  làhnes,  à  la  rélêrve  de  celui  qu’on 
tiroit  de  t allen  des  '.Juifs  ,  &c.  "L’archevêque  donna  aulfi  à  fl  cathédrale  le 
dixiéme  de  ce  qu’il  retîroit  de  ceux  qu’il  nommoit  aux  abbayes  de  faint  Paul,  « 
de  Quarante,  &  de  laint  Laurent,  aux  archidiaconel,  &  à  la  facriffie  de  « 

Ton  eglilê  ,  &  enfin  lorfqu’il  dilpofoit  des  fiefs  que  pollcdoient  les  chanoi-« 
nés,  êcc.»  Guifred  pour  le  dédommager  des  Ibmmes  qu’il  avoir  données  pour 
l’archevêché  de  Narbonne,  mettoit  donc  à  prix  les  bénéfices  de  Ion  cgli/è; 

Il  paroît  par  ce  que  nous  venons  de  dire  que  l’abbaye  de  fâint  Laurent, 
unie  à  l’églile  de  Narbonne,  &  fituée  fur  la  petite  rivière  de  Nielle,  droit  gou¬ 
vernée  en  ce  tems-là  par  un  abbé.  Nous  apprenons  d’ailleurs  1  qu’en  1060.  a M»l.udK»n. 
elle  en  avoir  un  nommé  Raymond-Ebrinus ,  qui  donna  alors  en  fief  une  ^ar-  J060,K'7'* 
tie  du  domaine  que  Ton  monallere  poffedoit  à  Elpalais  dans  le  diocèfe  de 
Narbonne,  pour  une  once  d’or,  6c  un  cens  annuel  de  trente  trois  deniers  Mel- 
goriens.  Cette  abbaye  fut  unie  bientôt  après  à  celle  de  la  Griffe. 

,  Au  relie  Pierre  fils  de  Berenger  vicomte  de  Narbonne  prend  b  h  qualité  xvrrr. 
de  clerc  en  foulcrivant  à  la  donation  que  Ion  pere  ,  6c  l’archevêque  Gui-  ^f^iberi ^ 
fred  firent  en  1048.  à  la  cathédrale  de  cette  ville.  Il  fut  promu  bientôt  bj •/■p.nr. 
après  à  l’évêché  de  Rodez  ,  qu’il  pofièdoit  déjà  en  rojr.  &  qu’il  obtint  c  B‘  Auv‘ 
peut-être  par  le  créait  d’Hugues  comte  de  Rouergue  ,  qui  à  ce  qu’il  paroît ,  °G*fuh?.nov. 
étoit  fon  allié.  II  y  a  du  moins  lieu  de  croire  qu’il  fuc  élu  d’une  maniéré  peu 
canonique ,  puifqu’il  fut  dépofé  dans  la  fuite  comme  fimoniaque ,  ainfi  que  •/4?' 
nous  le  verrons  ailleurs.  On  prétend  qu’il  étoit  moine  de  l’abbaye  de  Con¬ 
ques  en  Rouergue  dans  le  teins 5 de  fon  élévation  à  l’epifcop  xt.  i 

Guifred  archevêque  de  Narbonne  prefida  à  un  nouveau  concile  dela  pro-  royo. 
vince ,  qui  fut  tenu  d  dans  l’abbaye  de  làint  Tiberi  au  diocèle  d’Agde  le  1 3 .  de  d  M»rten: 

Juillet  de  l’an  royo.  Les  évêques  Hugues  d’U/èz,  Arnaud  de  Maguelonne,  t. 4. 
Berenger  de  Beziers ,  Bernard  de  Lodeve ,  Gonthier  d’Agde  6c  Berenger  d’EL  P'Î77‘ 
ne  s’y  rendirent  en  perfonne.  Ses  autres  fufïragans  le  contentèrent  d’y 
envoyer  des  députez  y  en  particulier  Guiflaberc  de  Barcelone,  ôc  Wi- 
fred  de  Carcafionne ,  qui  y  fouferivirent  quelque  tems  après.  Les  abbez^de 
differens  ordres  de  la  Gothie  &  de  l’Efpagne  s’y  trouvèrent  au/fi  avec  plufieurs  per- 
fonnes  de  confideration  de  tun  &  de  l’autre  fexe  }  ce  qui  montre  i°.  Que  ce 
fut  proprement  une  aflèmblée  provinciale.  z°.  Qu’on  don  noie  encore  alors 
le  nom  de  Gothie  i  la  partie  de  la  province  ecclefialtique  de  Narbonne  qui  croit 
en  deçà  des  Pyrénées ,  6c  qui  comprenoit  la  Septimanie ,  6c  celui  d’Efpagne  à 
l’autre ,  c’eft-à-dire  à  la  Catalogne  ou  Marche  d’E/pagne  fituée  en  delà  f 

de  ces  montagnes.  Il  ne  nous  relie  de  ce  concile  que  l’anathême  que  les 
peres  prononcèrent ,  fur  les  plaintes  des  religieux  de  l’abbaye  d’Arles  en  fc^j^'omK 
Roulfillon,  contre  les  ufurpateurs  des  biens  ecclefia/liques.  <icfo‘x,  ï°«c- 

Il  n’ellfaic  aucune  mention  de  Pierre  de  Carcalfonne  évêque  de  Gironne  ^  dms  i",e 
dans  les  aclesdu  concile  deS.  Tiberi,  d’où  l’on  doit  inférer  que  ce  prélat  étoit  Circâ”: 
alors  décédé.  Nous  fçavons  en  effet  que  Berenger  lui  avoir  déjà  fuccedé  e  knne  »  Pierre 
dans  cet  évêché  la  même  année  5  ainfi  Roger  I.  du  nom ,  comte  deFoix,  fon  founéTono^'" 
neveu ,  recueillit  fa  fuccelfion  ,  fuivant  les  conventions  1  qu’ils  avoient  faites  de. 
enfemble  ,  6c  entra  dès-lors  en  poflèlïïon  d’une  partie  du  comté  de  Car-  f c^"c' 
caflonne.  Pierre  évêque  de  Gironne  fut  tué  peut-être  durant  la  guerre  que  ftr.p.i90. 
Raymond-Berenger  comte  de  Barcelone  avoir  entrepri/è  alors  contre  les  Sara-  xx. 
fins  fes  voilïns,  car  dans  ces  fiecles-lcs  évêques  fe  faifoient  un  devoir  de  fervi r  co^c“8"«- 
contre  les  infidelles.  bonne  marche 

Raymond-Berenger  comte  de  Barcelone,  qu’on  furnomme  le  Vieux .  pour  le  au  lcco“rs 
anbnguer  de  Ion  fils  de  meme  nommerait  un  prince  g  aulli  recommandable  par  la  «lonc  contre 
valeur,  que  par  fa’ probité.  Il  fut  fi  heureux  dans  cette  expédition  ,  qu’après  ^•■rj/ms,  te 
avoir  fait  diverfes  conquêtes  fur  douze  rois  Maures ,  il  les  obligea  enfin  à  £  ”om,/e(]Jul  , 
fe  rendre  fes  tributaires.  Il  leur  enleva  entr’autres,  avec  Berenger  vicomtéde  Tarragone. 

Narbonne ,  qu’il  avoit  appelle  à  fon  fccours ,  l’ancienne  b  ville  6c  le  comté  de 
Tarragone ,  que  lui ,  6c  fa  femme  Elifabeth  ,  après  en  avoir  preferit  les  limites,  h  Dugnui,, 
donnèrent  en  reconnoiffance  à  ce  vicomte  aux  conditions  fuivances.  i°.  Que  c°nifeB"“l- 
Tome  II.  A  a  ij 


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l&l 


HISTOIRE  GENERALE 


.1050,  ^ancien  fcge  archiepifcopa!  de  cette  ville  feroit  rétabli,  &  que  l’éleélîon  de 
’  l'archevêque  appartiendroit  conjointement  au  comte  de  Barcelone ,  8c  au  vi¬ 
comte  de  Narbonne.  i°.C^u’ils  partageroient  également  les  revenus  du  comté 
fqavoir  les  droits  qui  feroient  levez  tant  fur  mer  que  fur  terre ,  la  monnoye, 
le  marché ,  6cc.  6c  les  dixmes  même ,  jufqu’à  ce  qu’il  y  eût  un  évêque  à  qui 
elles  appartiendroient  alors  ,  avec  le  tiers  des  autres  droits.  30.  Que  le  vi¬ 
comte  feroit  hommage  du  comté  de  Tarragone  au  comte  de  Barcelone. 
40.  Que  le  premier  feroit  obligé  de  faire  une  guerre  continuelle  aux  Maures 
d’Efpagne,  fans  pouvoir  conciurre  la  paix  avec  eux  que  du  confentement  de 
l’autre.  50.  Que  le  vicomte  ou  fa  femme,  ou  du  moins  un  de  leurs  fils 
réfideroit  àTaragone  pendant  dix  ans  co  nie  cuti  fs ,  êc  à  leur  défaut  Richard 
vicomte  de  Milhaud ,  qui  fans  doute  avoit  eu  part  à  l’expedition.  Ce  traité 
qu’on  conferve  dans  les  archives  de  Barcelone  n’eft  point  daté ,  mais  il  eft 
aifé  de  juger  qu’il  eft  anterieur  à  l’an  1053.  puifijue  Raymond-Berenger 
-  époufa  alors  Almodis  en  fécondés  noces ,  6c  que  Richard  vicomte  de  Mil- 
haud  étoit  déjà  décédé  en  ioji.  c’eft  donc  avec  fondement  qu’on  en  rap- 
»iW.  porte  l’époque*  à  l’an  1050.  Il  eft  d’ailleurs  certain ^  que  Raymond-Be- 
1  Mtrt.Hifp.  renger  étoit  déjà  maître  de  Tarragone  en  1058. 

Ml,t*  On  prétend11  que  cette  donation  n’eut  pas  lieu.  On  fe  fonde  fur  ce  que  le 
b  ni  «g.a-w.  comte  de  Barcelone  donna  en  10  Go.lavicomtè  de  Tarragone  à  Bernard-Améde 
Norton.  Clermont  ;  mais  le  comté  8c  la  vicomté  de  cette  ville  font  deux  dignitez  dif- 
’  "  *  ferentes.  Il  paroît  cependant  que  Berenger,  ôc  les  vicomtes  de  Narbonne  fes 
fuccefleurs ,  ne  jouirent  pas  long-tems  du  comté  de  Tarragone  ,  puifqu’en 
11 17.  Raymond  comte  de  Barcelone  8c  de  Provence  donna  c  cette  ville  à 
Oldegarius  qui  en  ctoit  évêque  ,  6c  à  fes  fuccefleurs. 
xxï  D’autres 4  ,  on  ne  fqait  fur  quelle  autorité,  rapportent  la  donation  du 
vicomtés  de  comté  de  Tarragone  par  Raymond-Berenger  en  faveur  du  vicomte  Beren- 
MAtuud  ,  de  ger^  à  l’an  1049.  Ils  ajoutent  qüe  le  vicomte  Richard  fouferivit  à  cet  ade,  8c 
de Ludtvc.  *  sue  Rixinde  fa  femme  étoit  fille  de  ce  dernier  ,  8c  de  la  vicomtelTeGarlinde. 
AnV.  bift.  cela  eft  ainfi ,  c’eft  fans  doute  à  caufe  de  cette  alliance ,  que  par  le  traité 
».  pur,  dont  on  vient  de  parler  ,  Richard  devoit  réfider  à  Tarragone  en  l’ablèncedu 
1  ervuc.it.i.  vicomte  Narbonne  ion  bcau-pere.  Enfin  on  fait  ce  Richard  vicomte  de 
Rodez, ^  -,  mais  on  fe  trompe ,  il  ne  l’étoit  que  de  Milhaud  en  Rouergue  , 
vicomté  dont  il  hérita  de  Richard  I.  fon  pere  ,  8c  dont  il  fut  le  fécond 
«  v.  notes  vicomte  de  fon  nom.  Il  unit  à  fon  domaine  e  la  vicomté  de  Gevaudan, 8c  mourut 
avant  le  mols  de  Janvier  de  l>an  I°5I*  I1  laifla  plufieurs  fils  de  Rixinde  fa 
femme  ,  quivivoit f  encore  en  1070.8c  1079.  Berenger  II.  qui  étoit  l’aîné  lui 
g  v.  note  fucceda  dans  les  vicomtez  de  Milhaud  8c  de  Gevaudan  ,  8c  époufa  g  Adele, 
xxr.o.  j.  &  fille  8c  heritiere  de  Gilbert  II.  vicomte  de  Carlat,  8c  de  Nobilie.  Il  paroît 
**  certain  que  celle-ci  étoit  fille  d’Odon  ou  Eudes  vicomte  de  Lodeve  qui  vivoit 

vers  l’an  1000.  qu’elle  lui  fucceda  dans  cette  vicomté  ,  6c  qu’elle  la  tranfmic 
h  rr.f.us.  à  fa  fille  Adele.  Nous  avons  en  effet  d’un  côté  une  donation h  faite  en  1048. 
à  l’abbaye  de  faint  Guillem  du  Défert  dans  le  diocèfe  de  Lodeve ,  par  le  mê¬ 
me  vicomte  Gilbert ,  Nobilie  fa  femme ,  8c  Bernard  leur  fils  ;  8c  nous  voyons 
iNOTEi M.  i  de  l’autre  que  les  defeendans  de  Berenger  II.  vicomte  de  Milhaud  8c  d’A- 
dele  fqn  époufe ,  poffederent  la  vicomté  de  Lodeve.  Ce  dernier  réunit  donc 
•  en  fa  perfonne  ces  quatre  vicomtez ,  qui  paflerent  à  fa  pofterité. 

Les  autres  fils  de  Richard  II.  furent  Bernard  8c  Richard ,  qui  dans  la  fuite 
k  Tr.f.  jov  embrafferent  la  vie  religieufe  dans  l’abbaye  de  faint  Viftor  de  Marfeille,  donc 
V  xx a*  ils  furcnc  élus  fucceflivement  abbez  *  Hugues 8c  Raymond  qui  eurent  quelque 
Mo»  d'Ha-  portion  du  domaine  de  leur  pere  ,  8c  dont  le  premier  prit  k  la  qualité  de 
Kucscoratede  vicomte,  8c  vivoit  encore  vers  l’an B'  — c-  n — •  • 


f.  117. 

cMarc.Hift* 

f.U47* 


A 

V* ' 

dê 

b 


vers  l’an  1079.  8c  enfin  Roger  qui  fe  dit  fils  du 
donation  l  qu’il  fit  en  io f  8.  en  faveur  de  la  même 


j  8.  en  faveur  de  la  même 


Rucs< 

Koucrgue  &  ,  ,  . 

tom^uis  d«  vicomte  Richard ,  dans  une 

roc  «U  Robcit  Berenger  IL  vicomte  de  Milhaud  fut  prelent  le  23.  de  Février  de  Tan 
«Sïfuc'  une  donation  qu’Hugues  comte  de  Rouergue  8c  la  comcefTe  Ricarde 

«de. _ fe  rare  firent  ®  alors  à  l’abbaye  de  Conques  pour  le  falut  de  leurs  âmes , 

ioji.  &  de  celle  du  comte  Raymond  ,  mari  de  cette  princeffe.  Hugues  fait  men- 
rn  tion  de  fes  enfans  en  general  dans  cet  afte  ,  qui  eft  foufcric  p°ar  la  comcelfe 


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'•  rr±& 


DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIV.  18» 

Foy,  &  la  comrcflc  Berthe.  Cette  derniere  4  étoit  fille  2c  heritieré  pré-  An.ioj*! 

Ibmptive  de  ce  prince,  qui  n'avoic  pasd’enfans  mâles.  Elle  avoit  époulë  le  angora  w/i. 
comte  Robert  nls  de  Guillaume  V.  comte  d'Auvergne,  qui  foufcri vit  avant 
elle  au  même  a&e.  L’autre  étoit  mere  de  Berthe  ,  2c  femme  du  comte  toi. 

Hugues.  ^  f'*‘ 

Ce  prince  ,  qui  outre  le  comté  de  Rouergue ,  poflèda  aiiffi  celui  de  Ge-  - - 

vaudan  avec  le  marquifat  de  Gachie ,  le  comté  particulier  de  Narbonne ,  &c.  3' 

vivoit  b  encore  en  1053.  Nous  n’avons  plus  depuis  aucuh  monument  bPr./>.xi 4; 
où  il  Toit  fait  mention  de  lui.  Après  fa  mort  Berthe  fa  fille  lui  fuc- 
ceda  dans  tous  fes  domaines ,  ce  qui  ht  c  que  Robert  mari  de  cette  princeflè,  c  van^t. 
fe  qualifia  dans  la  fuite  comte  de  Rouergue  2c  de  Gevaudan.  On  prétend*  dWwJfcA 
qu’eile  étoit  fille  unique  j  mais  Outre  qu’on  vient  de  voir  que  le  comte  Hü- 
gucs  fon  pere  avoit  plufîeurs  enfans ,  c'cft-à-dire  plufieurs  filles  en  1051.8c 
qu’il  fuffit  qu’elle  ait  été  l’aînée  pour  recueillir  fa  fucceffion  ,  nous  avons 
d'ailleurs  quelque  fondement  de  croire  que  Foy  ,  femme  de  Bernard  fils  de 
Berertger  vicomte  de  Narbohne ,  étoit  fille  du  même  comte  Hugues ,  8c  de 
la  comteflè  Foy.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai ,  c'eft  que  cette  derniere ,  2c  la  com- 
tdfe  Ricarde  fa  belle-mere ,  furvêcurent  à  ce  prince,  2c  qu’elles  eurent  parc 
à  radminiftration  c  des  comtes  de  Rouergue  8c  de  Gevaudan ,  8c  des  autres  e  v. 
domaines  de  cette  branche  de  la  maifon  de  Touloufe.  Comme  Robert  fe 
qualifioit f comte  de  Rouergue  dès  l’an  1059,  2c  que  Guillaume  V.  comte  uw. 
d'Auvergne  8  fon  pere  2c  fon  prédeceflèur  dans  ce  dernier  comté,  ne  mourut  giind.u.U 
que  long-tems  après,  nous  inférons  de  là  Qu'Hugues comte  de  Rouer-  M‘* 
gue  Ion  beau-pere  étoit  certainement  décédé  en  10  5^  Que  Robert  fe 
qualifia  comte  de  Rouergue  depuis  la  mort  de  ce  dernier ,  julqu’à  celle  du 
comte  d'Auvergne  fon  pere ,  pour  fe  diftinguer  de  celui-ci. 

Pons  comte  de  Touloufe  dominoit  fur  le  Vêlai  du  vivant  d’Hugues  comte 
de  Rouergue  fon  coufin.  C’eft  ce  qui  paroît  par  ce  qui  fc  palfa  au  fujet  de  louiouîe  Go* 
l'élection  d’un  évêque  du  Puy  après  la  mort  d’Etienne  de  Mercueur.  iu«  le 

Ce  dernier  qui  fe  qualifiait  évêque  de  Vêlai  ,afiifta  le  4.  de  Janvier  de  l'an  ^'l“^vc^ue* 
1053. h  avec  Guillaûme  d’Albi,  Hildebert  de  Gevaudan  ,  Pierré  de  Rodez,  h 
&  les  autres  évêques  delà  province  de  Bourges  ,  à  l’election  d’iéterius  évê- 
que  de  Limoges,  à  laquelle  il  ne  furvêcut  pas  long  tems ,  car  nous  verrons  bien¬ 
tôt  qu’il  étoit  déjà  décédé  au  mois  de  Marsfuivant  *.  11  fut  inhumé  dans  i  note 
l’églife  dumonafterede  la  Voulte  fur  l’Ailier  en  Auvergne  qu’il  avoit  fondé  XVl  L 
aveefaint  Odilon  abbé  de  Cluni  fort  oncle  paternel. Sous  Ion  cpifcopatk  deux  * 
chanoines  de  fa  cathédrale,  Arbcrt  8cRoftaing  ccdcrcrtt  en  1043.  ledéfert  * 

de  la  Chaifc-Dieu  lîtuéen  Auvergne  ,  fur  les  frontières  du  Vêlai ,  à  S. Robert 
qui  y  jetta  les  fondemens  de  la  célébré  abbaye  de  ce  nom  ,  dans  lequel  le 
premier  prit  enfuite  l'habit  monaftique. 

Après  la  mort  ‘d’Etienne  ,  le  clergé  &c  le  peuple  du  Vêlai  jetterent  les  lPnMto-# 
yeux  fur  Pierre  de  Mcrcueur  fon  rieveu,  prévôt  de  la  cathédrale ,  homme  f‘î' 
refpcctable  par  fa  pieté ,  2c  ils  l’chirent  dans  les  formes  canoniques  pour  fon 
fuccelfeur.  Pons  comte  de  Touloufe,  à  l’infttgation  de  fa  femme,  s  oppofa  à 
cette  ele&ion  ,  2c  norrtma  de  fon  autorité  .pour  évêque  du  Puy ,  Bertrand 
archidiacre  de  Mende  de  qui  il  avoit  reqù  une  fomme  confiderable.  Les 
deux  contendans  s’étant  rendus  enfuite  à  la  cour  pour  avoir  l’agrément  du 
roi  Henri,  ce  prince,  gagné,  à  ce  qu’on  prétend  par  argent,  fe  déclara  en 
faveur  de  l’archidiacre  de  Mende.  Les  députez  du  clergé  êc  du  peuple  du 
Vêlai  qui  avoient  accompagné  Pierre  de  Mercueur  pour  faire  valoir  fes 
droits,  crurent  ne  devoir  pas  ceder  en  cette  occafion  à  l’autorité  temporelle. 

Ils confnlterent  Leger , archevêque  devienne,  qui  dans  fa  jeunefle  avoit  été 
élevé  parmi  le  clergé  de  l’eglife  du  Puy  ,  dont  il  étoit  chanoine  dans  le  tems 
de  fon  élévation  à  l’epifeopat  j  &  par  fon  avis  ils  eurent  recours  au  pape  Leon 
IX.  qu’ils  allèrent  trouver  à  Ravertne  où  ils*arriverent  le  13.  de  Mars  de 
l’an  10 y 3.  Ils  rencontrèrent  à  la  cour  du  pape,  Hugues  archevêque  de  Be- 
fanqon ,  Aymard  évêque  de  Sion,  2c  Arnaud  évêque  de  Grenoble,  qui  em. 

£loyerent  leurs  bons  offices  'en  faveur  de  Pierre  de  Mercueur  enforte  que 
eon  confirma  fon  éle&ion ,  le  fit  ordonner  prêtre  par  Humbert  cardinal 


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190 


HISTOIRE  GENERALE 


An.ioj3.  du  titre  de  fainte  Rufinc  ,  &  le  fiera,  enfuite  lui-même  évêque, 
xxiv.  Ce  prélat  demeura  paiiible  poffellèur  de  l’évêché  du  Puy.  Il  eut  cependant 
vicomtes^dc  des  démêlez  *  confiderables  tant  avec  les  habitans  de  cette  ville ,  qu’avec 
b&$eùia  Ies  lêigneursdu  voifinage,  furtout  avec  le  vicomte  de  Polignac  ,  cequicaufa 
Ckitfic.  entr’eux  une  longue  guerre.  Armand  III.  b  pollèdoit  alors  cette  vicomté. 
Gau'fhrMv.  U  a  voit  fuccedé  au  vicomte  Agnus  qui  étoit  vraiièmblablement  Ton  pere.  Il 
4dit.tt.if.699-  eut  plufieurs  fils  ,  fçavoir  Etienne  furnommé  Taillefèr  ,  Guillaume,  Pons& 
xn'4.°2t  Armand.  Le  premier  fut  éliî  évêque  de  Clermont  après  l’an  1051.  &  avant 
Tt.ibtd.  l’an  c  /o  j6.  &  conlérva  avec  cette  dignité  la  prévôté  de  l’églife  du  Puy 
c GM.tbr.ntv.  pofiédoit  auparavant  ;  Armand  embrallàversle  même  tems  l’état  mo. 

nainque  dans  J  abbaye  d  de  Tournus. 

jerjrj.  injir.  p.  Nous  ignorons  Jes  circonftances  de  la  guerre  que  Pierre  de  Mercueur  evê- 
*d KOTEiHd.  que  du  Puy  eut  à  /butenir  contre  le  vicomte  de  Polignac ,  8c  les  autres  lèi- 
ePr.p.s.ac.  gneurs  du  Vêlai.  Nous  apprenons  feulement  qu’il  vint c  4  bouc  de  fes  enne- 
i“>.f-69S-  n)fs  (  qU’q  entreprit  enfuite  Je  pèlerinage  de  Jerulalem,  &  qu’à  fon  retour 
il  mourut  à  Genes.  Son  corps  fut  apporté  au  Puy ,  &  depuis  au  monaftere 
de  la  Voulte  en  Auvergne,  où  il  fut  inhumé  avec  fes  ancêtres.  Ce  prélat 
étoit  coufingermain  de  Guillaume  élii  abbé  de  faine  Chaffre  vers  l’an  1036. 
(  M*b.  nd  lequel  f  croie  fils  du  feigneur  de  Solignac  en  Vêlai,  &  d’une  fœur  de  faint 
Mttn.ioit.it.  odilon  abbé  de  Cluni.  Lecomte  Humbert  &  fes  fils  Amedée  &  Odondon- 
7üa//.cbr.Md.  nerent  en  1041.  au  monaftere  de  lâint  Chaffre  ,  fous  le  gouvernement  du 
f-76S-&/‘i-  même  Guillaume,  l’églife  de  Notre-Dame  des  Echelles  dans  le  diocéfe  de 
Grenoble. 

xxv.  Le  fiege  deBeziers  vaqua  aulîî  en  1053.  comme  il  paroît  par  le  différend 
qui  s’dleva  alors  entre  les  chanoines  de  la  cathédrale  de  cettè  ville  d’un  côté, 
jens  plaids  te-  8c  un  lèigneur  du  diocéfe  nommé  Odon  Bernard,  &  fes  freres  ,  de  l’autre, 
diZcfc&Hws  au  fyec  de  l’églife  de  faine  André  de  Betignan  que  les  premiersprétendoient 
cchi  je  Nar-  le  ur  appartenir,  5c  dont  les  autres  s’étoient  emparez.  Cette  affaire  fut  g  agi- 
b°pUC  11&  dedans  deux  plaids,  durant  la  vie  8c  en  prelênee  de  Berenger  évêque  de 
feq.' f 111 &  Beziers.  Ermengaud  de  Cafouls,  Marfred  fon  fils  abbé  de  faint  Jacques  de 
*  Scoiores.  Beziers ,  8c  Matfred  de  Murviel,  qualifiez  feigneur  s  * ,  prefiderent  au  premier, 
Sc  ordonnèrent  au  défaut  de  preuves  la  bataille,  ou  le  duel,  qui  fe  feroit  avec 
le  bâton.  Berenger  vicomce  de  Narbonne  préfida  au  fécond  tenu  à  faint  Hi- 
polyte  auprès  de  cette  ville.  Il  n’y  eut  rien  de  décidé  ni  dans  J’un  ni  dans 
l’autre  ,  parce  que  les  juges  voyant  que  Berenger  évêque  de  Beziers  ,  gagné 
par  une  /ômme  d’argent  ,  foutenoit  faulîèment  que  les  feigneurs  qui  poffe- 
doient  l’eglife  de  Betignan  la  tenoient  de  lui  en  fief,  fufpendirent  le  juge¬ 
ment.  Ce  prélat  étant  venu  à  déceder  peu  de  tems  après,  &  Bernard,  fur- 
nommé  Arnaud,  qui  fut  élu  à  fa  place,  ayant  pris  les  interets  de  fon  chapitre 
dans  un  troifié me  plaid  tenu  à  Lignan  dans  le  diocéfe  de  Beziers,  les  parties 
s’accommodèrent  par  l’entremife  du  même  Berenger  vicomce  de  Narbonne. 
Les  polîèûèurs  de  l’églife  de  Betignan  l’abandonnèrent  aux  chanoines 
.  moyennant  300.  fols  ,  8c  leur  en  donnèrent  |J’inveftiture  avec  l’anneau  dont 

l'eveque  s’ étoit  fervi  le  jour  de  fon  facre.  L’acte  cft  •  daté  du  palais  epifeo- 
pal  de  Beziers  le  Vendredi  îo.  d’Août  de  l’an  1033. 

Il  y  a  lieu  de  croire  que  Bernard  évêque  de  Beziers  étoit  originaire '  du 
hrr.f’.uf.&  païs  je  Foix,  puifqu’il  y  avoir  fon  domaine.  Il  donna  b  en  effet  le  13.  de 
Juillet  de  l’an  1  o  54.  avec  fes  freres  Amelius  _  Raymond  ,  &  Guillaume  ,  un 
alleu  fitué  dans  le  comté  de  Touloufe ,  &  le  territoire  du  château  de  Foix  ,  à 
l’abbaye  de  Rôles  dans  la  Marche  d’Elpagne.  Il  eft  fait  mention  dans  cet 
aéte  du  comte  Roger  qui  pollèdoit  une  vigne  au  village  de  Loar ,  conjointe¬ 
ment  avec  le  même  Amelius-Raymond.  Ce  comte  eft  le  même  que  Roger  I. 
du  nom  ,  comte  de  Foix  dont  on  a  déjà  parlé, 
xxvi  Si  Pons  comte  de  Touloufe  fe  rendit  coupable  de  ftmonie  pour  avoir  dilpofé 

Tons  comte  Je  à  prix  d’argent  de  l’évêché  du  Puy,  il  tâcha  du  moins  de  réparer  cette  faute 
jouiouic.tua-  par  fa  libéralité  envers  les  églifes ,  &  fon  zele  pour  le  récabliffèment  de 
du  vigin^au  l’obfervance  régulière  dans  les  monafteres.  Il  donna  en  particulier  à  celui  de 
jioccfc  de  faint  Victor  de  Marfeille  ,  le  lieu  du  Vigan*  dans  l’ancien  dioccfe  deNifmes, 
ip™/>S.itc.&  avec  tout  ce  qu’il  y  pollèdoit,  ou  que  fçs  vaffaux  y  tenoient  de  lui.  C’eft  le 
/'/• 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIV.  191. _ 

plus  ancien  monument  que  nous  ayons -touchant  la  ville  du  Vigari,  fîtuee  An.iojj. 
auprès  de  la  montagne  de  Lclperour  dans  lesCevennes.  Il  y  eut  depuis  un 
prieuré  conventuel  dépendant  de  l’abbaye  de  laint  Victor  dans  cette  ville, 
qui  eh  chef  d’une  vi  guerie  royale,  &  Tune  de  celles  du  diocèlè  d’Alais  qui 
entrent  par  tour  à  l’aflèmblée  des  Etats  generaux  de  Languedoc. 

Nous  apprenons  par  cet  acte  que  Pons  étendoit  la  domination  fur  ledio- 
cèlc  de  Nifmes  ;  ce  qu’on  peut  confirmer  par  un  autre  ,  félon  lequel  un 
comte  dont  le  nom  n’eft  marqué  que  par  la  lettre a  initiale  P.  &  qui  ne  peut  »  Pr.  &'<*■ 
être  autre  que  notre  Pons  comte  de  Touloufe  ,  cede  à  la  même  abbaye  de 
faint  Victor  de  Marfeille ,  &  à  Pierre  fon  abbé  ,  la  putjjance ,  l’ élection  &  la 
domination  dont  il  avoit  joui  jufqu  alors  fur  le  monaftere  de  faint  Pierre  de  Pfal- 
modi.  Il  confirme  en  même  tems  l’abbaye  de  faint  Victor  dans  la  poflêlfion 
de  tous  les  biens  qu’elle  avoit  déjà  acquis ,  ou  qu’elle  pourroit  acquérir  à 
l'avenir  au  nom  de  ce  monaftere  ,  ioit  de  l’cvêque  de  Nifmes  ,  foit  du  comte 
de  faint  Gilles,  foit  enfin  des  autres  feigneurs  du  païs.  Cet  aéte  eft  fans  date, 
mais  il  doit  être  anterieur  à  l’an  1060.  par  la  raifon  que  Pierre  abbé  de 
faint  Viétor  de  Marfeille  depuis  l’an  1048.  étoit  alors  décédé  b  ;  il  prouve  b  cailch.mv. 
que  l’abbaye  de  Pfalmodi  étoit  encore  foumifc  dans  ce  tems-là  à  celle  de 
laint  Viétor,  &  que  Pons  en  qualité  de  comte  de  faint  Gilles ,  dominoitfur 
cette  partie  du  diocèfe  de  Nifmes. 

Ce  prince  concourut  d’un  autre  côté  à  la  réforme  de  l’abbaye  de  MôifTac.  xxvn. 
Lecomte  Guillaume  Taillefer  fon  pere  avoit  aliéné  l’avouerie  de  ce  mona- 
ftere  en  faveur  de  Gaufbert,  fur  laquelle  il  s’étoic  feulement  réfervé  la  hize-  Uc  a  l’ordic  de 
raineté.  Pierre  alors  abbé  de  Moillac,  &  fes  religieux  ,  firent  d’abord  quel-  CIuD1, 
que  difficulté  de  fe  foumettre  à  cet  avoué  ;  mais  enfin  ils  s’accommodèrent  c  v  N0TE 
avec  lui,  &  le  reconnurent  en  1041.  pour  leur  abbé  chevalier  ou  féculter.  Ils  XXbJux,” hit. 
lui  cederent  en  même  tems  un  droit  appellé  Captennium  ' ,  tant  fur  une  Ti  iti.p. -*•& 
partie  de  la  ville  de  Moillac,  que  furdiverles  dépendances  de  l’abbaye,  pour  J‘fvDuC„lt 
lequel  il  s’obligea  de  leur  faire  hommage ,  enforte  qu’il  étoit  vaflal  des  comtes 
de  Touloufe  pour  l’avouerie,  &  de  l’abbé  régulier  èc  des  religieux  de  Moif- 
fac,  pour  les  biens  qu’ils  lui  cederent  afin  d’obtenir  fa  protection.  II  la  leur 
accorda  dans  la  fuite,  &.  fe  démit  de  fon  avouerie  en  faveur  de  Pons  comte  e  Pr  p.  144. & 
de  Touloufe ,  &  de  Guillaume  fon  fils ,  fes  feigneurs ,  pour  en  jouir  après  fa  mort;  1*1- 
à  condition  qu’ils  ne  poufroient  jamais  la  vendre  ni  l’engager  à  aucun  clerc  ou 
laïque -,  qu’eux  &  leurs  fucceflèurs  auroient  toujours  la  protection  du  mo¬ 
naftere  ;  &:  qu’ils  le  feroient  gouverner  par  un  abbé  régulier  fous  l’autorité  de 
l’abbc  de  Cluni,  ce  que  Pons  &  fon  fils  promirent  folemnellement. 

Gaulbert  dans  le  tems  de  cette  cefiion  avoir  déjà  commencé  d’établir  la 
réforme  à  Moillac.  Saine  Odilonabbé  de  Cluni  ayant  fait  un  voyage  f  en  !  Aym.  i,  r,y. 
Qucrci  en  1047.  ce  feigneur  joint  à  l’évêque  de  Cahors ,  &  aux  principaux 
du  pais ,  le  prelTerent  extrêmement  de  fe  charger  du  foin  de  ce  monaftere 
où  il  ne  reftoit  prefque  plus  de  régularité.  Le  faint  abbé  leur  refufa 
d’abord  leur  demande  *  mais  il  fe  rendit  enfin  ,&  lailfeen  partant ,  à  Moilfec, 
quelques-uns  de  fes  religieux  ,  entr’autres  Durand  de  Dôme,  Auvergnat  de 
naiilance  qu’il  leur  donna  pour  fuperieur  ou  abbé,  avec  l’agrément  de  Pons 
comte  de  Touloufe ,  &  des  feigneurs  du  voifmâge. 

Pons  après  avoir  acquis ,  par  la  cefiion  de  Gaulbert ,  une  autorité  immé¬ 
diate  fur  cette  abbaye ,  voulut  exécuter  fes  promeiïes.  il  fe  rendit  donc  dans 
le  monaftere  ,  &là  du  confentement  d’ Almodis  fa  femme ,  &  des  princes  d’Aqui¬ 
taine  fs  fujets ,  entr’autres  de  Bernard  évêque  de  Cahors,  &  du  meme  Gauf- 
lertaèbé,  il  fitdrelTer  un  a&e  *  folemnel  ,  fuivant  lequel  il  déclare  qu’il  «  gPr.f.»u.<5* 
foumetà  l’abbaye  de  Cluni,  en  prefence  de  faint  Hugues  qui  en  étoit  abbé, 
le  monaftere  de  Moilfec  ,  que  lui  &  les  comtes  de  Touloufe  fes  prédecef-  « 
feurs,  avoient  tenu  en  fief  des  rois  de  France,  ou  fuivant  une  autre  leçon, « 
des  abbez  réguliers  quilegouvernoient.  Pons  défend  à  fesparens  &  à  fes  fuc-« 
cefleurs  de  rien  changer  à  cette  difpofition  ,  foit  après  fa  mort ,  foit  après  « 
celle  du  prince  Gausbert,  qui  après  lui  étoit  le  défenfeur  du  monaftere  de  M oiffac ,  « 
dm  il  était  appellé  abbé  j  &  en  cas  qu’on  y  apportât  quelque  changement ,  « 
il  veut  que  le  pape  8t  le  roi  de  France  chargez  aufli  de  la  défenfe  de  cette  « 


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1*92/ 


HISTOIRE  GENERALE 


^poulc  le  4com 
te  de  Barce¬ 
lone. 


À  n.  105  5.  „  abbaye  ,  en  prennent  connoiffance.  «  L’ade^eft  date  de  l’an  105  5.  le  Mardi 
a  v.  note  jour  *  de  la  lete  de  faint  Pierre  patron  des  deux  abbayes  de  Cluni  Se  de 
xxxu.  >1.4.  ^oiffac. 

xxviii.  Cettç  date  prouve  que  Pons,  comte  de  Touloufe,  vivoit  encore  alors  en 
ÏZiït  bonne  intelligence  avec  Almodis  fa  femme.  Ils  b  le  féparérent  bientôt 
femme  qui  après ,  &  elle  époufa  vers  la  fin  de  la  même  année  Raymond-Berenger  I. 

du  nom  ,  comte  de  Barcelone  ,  qui  étoit  déjà  veuf  d’Elifabeth.  Nous 
trouvons  l’époque  de  ce  nouveau  mariage  d’Almodis  ,  dans  l’acte  c  par  lequel 
b  oi*s.ctaJ.dt  ]e  comte  de  Barcelone  l'on  époux  lui  alligne  pour  douaire  le  4.  de  Novembre 
b  de  la  XXVI.  année  du  régné  du  roi  Henri,  ou  de  l’an  1056.  la  trot fié  me  année 

de  leur  mariage  ,  la  ville  &  l' évêché  de  Gironne,  avec  toutes  les  abbayes  qui 
fe,l.  uote  cn  dépendoient,  Se  tout  ce  que  la  comtefle  Ermefiinde  fon  ayeule  avoic  tenu 
xxx u.  dans  les  comtez  d’Aufonnc  Sc  de  Barcelone.  Raymond-Berenger  difpofe  en 
même  tems  de  tous  ces  domaines  en  faveur  des  fils  qu’il  auroit  d’Almodis ,  Se 
en  cas  qu’il  n’en  eût  qu’une  fille,  il  veut  que  fon  fils  du  premier  lit ,  ou  celui 
de  [es  proches  qui  feroit  comte  de  Barcelone  ,  donne  cinquante  mille  fols  ,  c’elt- 
à-dire  mille  onces  d’or,  à  cette  fille:  preuve  que  les  mâles  de  la  maifon  de 
Barcelone,  même  des  branches  collaterales, avoient  droit  de  fucceder  à  ce  com¬ 
té, à  l’exclufion  des  filles.Ce  prince  différa  tout  ce  tems  à  affigner  ce  douaire, tant 
d  ibiJ.p.iiou  à caufe  que  fuivant  d  les  loix  des  Vifigots,enufagedans  la  Catalogne,  les  maris 

que  la  com_ 
de  tous  fes 


ne  pouvoient  le  faire  qu’un  an  après  leur  mariage  ,  que  parce 
telfe  Ermeïïinde  fon  ayeule ,  avoit  auparavant  l’adminiftration 


g  HOTE  ibid. 


biens. 

Deux  anciens  hiftoriens  font  mention  de  ce  mariage  d’Almodis  ,  mais  ils 
«  (juin.  Mal-  ne  font  pas  tout-à-fait  d’accord  fur  les  circonftances.  L’un  c  des  deux  ,  qui 
la  dépeint  comme  une  femme  déréglée,  fait  entendre  qu’après  avoir  aban¬ 
donné  fon  premier  mari  pour  époufer  le  comte  de  Touloule,  elle  fe  fépara 
(chron.  Mai-  elle  -  même  de  ce  dernier  pour  fe  marier  au  comte  de  Barcelone.  L’autre  * 
u»c-p. ip.  dont  le  témoignage  paroît  plus  fur  ,  prétend  que  Pons  la  donna  lui-même 
à  celui-ci ,  ce  qui  marque  une  répudiation  de  fa  part.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai  g, 
c’eft  que  cette  princefle  époufa  non-feulement  le  comte  de  Barcelone  du 
vivant  de  Pons  comte  de  Touloufe  fon  fécond  mari  ,quoi  qu’en  difent  quel¬ 
ques  genealogiftcs  modernes,  qui  ont  avancé  le  contraire  j  mais  aufîi  du  vivant 
d’Hugues  feigneur  de  Luzignan  qu’elle  avoic  époufé  en  premières  noces.  Ce 
h  chron. Mail,  dernier  ne  mourut  h  en  effet  que  le  8.  Octobre  de  l’an  1060.  qu’il  fut 
tué  dans  fon  château  de  Luzignan  ,  où  Gosfred  duc  d’Aquitaine  l’avoit 
allïegé .  Son  fils ,  de  même  nom  ,  qu’il  avoit  eu  d’Almodis ,  lui  fucceda. 
Cette  dame  eut  des  enfans  du  comte  de  Touloufe,  qui ,  à  ce  qu’il  paroît, 
ne  prit  point  d’autre  femme  après  l’avoir  répudiée.  Elle  en  eut  aufîi  du  comte 
de  Barcelone  fon  troifiéme  mari. 

On  a  dit  ailleurs  que  cette  comteffe  avoit  deux  fccurs ,  Rangarde  &  Lucie,’ 
£sjcde  dont  la  première  époufa  Pierre-Raymond  comte  de  Carcaflbnne  ,  &  vi¬ 
cies.  comte  de  Beziers  S c  d’Asrde.  L’autre  le  maria  dans  la  Marche  d’Efpagne  peu  de 


ibid. 


XXIX. 

Comtes  «te 
Bcz.iKi  & 
Fcuouill 


tems  après  le  nouveau  mariage  de  fa  fœur  avec  le  comte  de  Barcelone.  On 
y, .ti.conJ.it  prétend  que  ce  comte  &  Almodis  fa  femme  engagèrent  ‘  Guillaume  IL 
'  l'c'  comte  de  Bezalu  à  promettre  de  l’époufer  j  mais  ce  mariage  n’eut  pas  lieu  , 
puifqu’il  eft  certain  d’un  côté  que  la  même  Lucie  fe  maria  quelque  tems 
après  avec  Artald  ou  Artaud  comte  de  Pailhas  5  &  que  de  l’autre  la  femme  de 
k  v.  h ote  Guillaume  Il.comtede  Bezalu  s’appelloitk  Stéphanie. 

Ce<lernier  étoit  fils  1  de  Guillaume  I.  furnommé  le  Gros  comte  de  Bezalu , 
de  Valefpir &de  Fenouilledes ,  lequel  eut  d’Adelaïde  fa  femme  un  autre  fils 
nommé  Bernard ,  &  fut  inhumé  dans  l’abbaye  de  Riupoll ,  dans  le  tombeau 
de  fes  ancêtres.  .Guillaume  II.  &  Bernard  fon  frere  avoient  déjà  fuccedé  dès 
l’an  105z.au  domaine  de  leur  pere  qu’ils  poflèdcrent  en  commun.  Le  pre¬ 
mier  fuc  furnommé  T runnus  ,  à  caufe  qu’il  avoit  un  nez  poftiche ,  èc  c’cft 
m  Pr.nj.é- fans  doute  le  même  que  le  comte  Guillaume  fils  £  Adélaïde  ,  qui  par  un  a&e  m 
fa-  folemnel  promit  à  Guifred  archevêque  de  Narbonne  de  l’aider  contre  tous 

ceux  qui  le  troubleroient  dans  la  poffeffion  du  domaine  de  fon  eglife ,  2c 
en  particulier  des  forterejfies  voiflnes  de  fa  cathédrale  >  ce  qui  prouve  que  ce 

prélat 


XXVlI.n.". 

1  Marc. lit  [fi 

U4, 

tfor£  ibid. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv-XlV.  ij>} 

prélat  s’aflùra  dufècoursde  ce  prince  ,  fon  proche  parent ,  contre  le  vicomte 
de  Narbonne. 

Guillaume  IL  comte  de  Bezalu  fe  rendit  extrêmement  odieux  à  fês  fujets 
par  fes  violences  6c  fes  emportemens  :  il  eut1  fur-tout  de  grands  démêlez  a  turc,  ttfa 
avec  Berenger  évêque  de  Gironne,  à  qui  il  pardonna  au  mois  d’Août  de^,lo*‘ 
l’an  1035.  tous  les  griefs’  qu’il  avoit  contre  lui ,  en  l’honneur  du  faint  fè- 
fulchre  de  Notre-Se&neur  J.  C.  qu'il  avoit  deffein  d’aller  vifitcr  5  nous  igno¬ 
rons  s’il  exécuta  ce  deffein.  Un  ancien  hiftorien  b  rapporte  qu’étant  devenu  bMJ.p.  J44. 
en  exécration  pour  fes  déportemens ,  &  s’étant  attiré  diverfès  affaires ,  il  fut 
aflàiliné  du  confentement  de  Bernard  fon  frere  puîné  ,  &  de  quelques-uns  de  fes 
vaflàux.  Il  décéda  avant  ■=  l’an  1070.  car  Bernard  II.  fon  frere  avoit  alors c  N0Tt^' 
lui  feul  l’adminiftration  de  tous  les  domaines  de  là  maifon.  Le  même  auteur 
parle  très-avantageufement  de  ce  dernier,  qui ,  ajoûte-t-il,  fit  le  bonheur 
de  fes  fujets ,  6c  étoit  aulïï  humain  6c  modéré  ,  que  fon  aîné  étoit  colere 
6c  emporté.  Guillaume  II.  laiflà  de  Stéphanie,  ou  Etiennette  fa  femme  ,  un 
fils  nommé  Bernard ,  qui  fut  le  troifiéme  comte  de  Bezalu  Sc  de  Fenouille- 
dcsdecenom  ,  êc  qui  vécut  d’abord  fous  la  tutelle  de  Bernard  II.  fon  oncle 
paternel.  Ces  deux  princes  jouirent  par  indivis  des  domaines  de  leur  maifon , 
qui  comprennent  les  trois  comtez  dont  on  a  déjà  parlé.  t 

Arnaud  évêque  de  Maguelonne,  après  avoir  fait  entièrement  réparer  là 
cathédrale,  rélolut1  de  la  dédier.  Pour  rendre  plus  folemnelle  cette  cérémo-  fégiiiê de  Ma- 
nie  qui  fe  fit e  au  commencement  de  l’an  1  o  34.  il  y  invita  un  grand  nom-  ^ 

bre  d’évêques  des  provinces  voifines.  Les  archevêques  G uifred  de  Narbon -  ,pi(c.M*gau>n. 
ne,  Leger  de  Vienne,  Raymbaud  d’Arles,  Gineminarius  d’Embrun,  ôc /•;  9 -•<$’/'?• 
Auftinde  d’Auch  s’y  trouvèrent  avec  dix  évêques,  fçavoir  Frotaire  de  N if. csotexxx. 
mes,  Bernard  de  Beziers,  Gonthier  d’Agde,  Roftaing  de  Lodeve ,  Hugues  “1054. 
d’Ufez,  Alphonle  ou  Elefant  d’Apt  ,Gillebert  de  Barcelone  ,  Arnaud  d’Elne, 

Pierre,  ou  plutôt  Wifred  de  Carcaffonne,  6c  Arnaud  de  Maguelortne.  Ce 
deifiier  travailla  enfuice  à  reformer  fon  clergé  6c  à  regler  les  mœurs  de  fes 
ecclefialtiques ,  dont  la  plupart  avoient  ou  des  femmes  ou  des  concubines.  Il 
commença  par  fon  chapitre  compofé  de  douze  chanoines  6c  de  douze  pré- 
bendiers ,  qu’il  voulut  engager  à  vivre  en  communauté ,  ôc  à  fuivre  la  réglé 
de  faint  Auguftin.  Il  leur  ailigna  pour  cela  certains  revenus ,  entr’autres 
l’étang  de  Maguelonne  qu’il  acheta  de  la  comtelle  de  Melgueil ,  6c  fur  le¬ 
quel  il  fe  réferva  la  dixme  êc  le  domaine  j  mais  il  trouva  tant  d’obftacles 
à  l’execution  de  ce  deffein  ,  qu’il  mourut  fans  l’avoir  accompli  -,  êc  ce  ne  fut 
que  fous  le  pontificat  d’Urbain  IL  f  6c  l’épifcopat  de  Godefroi  que  la  régu-  f venUUbu. 
laritc  fut  entièrement  établie  dans  l’églHe  de  Maguelonne  ,  où  elle  a  lubfiftc/»-  799. 0  *01. 
julques  vers  le  milieu  du  XVI.  fiecle.  L’évêque  Arnaud  entreprit  par  dévo¬ 
tion  quelque  tems  après  le  voyage  de  la  Terre-Sainte  ,  6c  du  faint  Sepulchre 
de  Jerulàlem ,  6c  mourut  vers  l’an  1 060.  à  fon  retour  dans  fon  diocèfe,  après  £  g».  fer. 
trente  ans  d’épifeopat.  Un  moderne  g  ajoute  qu’il  fçavoit  plufieurs  langues, p£fuf,[ 

&  fur-tout  l’Arabe ,  mais  cet  auteur  n’en  apporte  aucune  preuve.  ».«<. 

La  comtelle  de  Melgueil  ou  de  Subftantion,  de  qui  ce  prélat  acheta  l’étang  r„  <je 
de  Maguelonne,  s’appelloit  Adele  ,  comme  on  voit  par  la  donation  qu’elle  subibntionou 
fit  vers  l’an  10 y  y.  avec  Raymond  fon  fils,  6c  Beatrix  fa  bru  ,  femme  de  ce  jc 

dernier  ,  d’une  partie  du  même  étang  en  faveur  du  chapitre  de  Maguelonne.  MompcUicr.de 
Adele  étoit  alors  veuve  ‘  de  Bernard  III.  comte  de  Subftantion  ou  de  Mau- 
gio  quipoffedoit  ce  comté  en  1  o  î  y .  6c  qui  vécut  jufques  vers  l’an  1040.  Il  f  \ 
a  lieu  de  croire  qu’il  luy  avoit  laifle  par  fon  teftament  l’adminiftration  de  fon  j*q- 
domaine  pendant  tout  fon  veuvage.  xxxnn.™ 

Lacomtefle  Adele  excepta  de  cette  donation  le  fiefs  des  fils  deGaücelin.  Elle 
entend  parler  de  Raymond  6c  Pierre  feigneurs  de  Lunelau  diocèfe  de  Mague¬ 
lonne,  qui  avoient  fuccedé  à  Gaucelin  leur  pere,  Se  qui  étoient  mariez  dès 
l’an  1034.  comme  il  paroît  par  la  reftitution  de  certains  biens  qu’ils  firent  k  *?• 
alors  à  l’abbaye  de  Pfalmodi.  Pierre  fils  d’ Almerade  d’ Andufcx  parle  du  der¬ 
nier  dans  une  autre  refticution  qu’il  fit  vers  l’an  ic6o.  à  l’abbaye  de  Gel- 
lone  ou  de  faint  Guillem  du  Défcrt,  d’un  alleu  que  Guillaume  de  MontoeL 
lier ,  Pierre  fils  de  Gaucelin  de  Lunef  5c  un  troifiéme  feigneur  ,  tenoient  en  fief. 

Tome  II.  B  b 


us. 


1  P-  *J9- 


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*94 


HISTOIRE  GENERALE 


AN.1054.  Ce  Guillaume  fut  le  III.  feigneur  de  Montpellier  de  Ton  nom,  &  le  pre- 
a  v.  soif,  mier  que  nous  trouvons  avoir  pris  le  furnom  de  Montpellier.  Il  étoit  fils»  de 
xxxvu.  »-<■  Guillaume  IL  qui  vivoit  encore  en  101 5.  &c  de  Beliarde.  Il  reçut b  en  1059. 
|e  {,,rraent  fidelité  des  feigneurs  du  Pouget  &  de  faint  Pons. 

Nous  apprenons  de  divers  autres  monumens  l’état  où  étoit  alors  la  mai- 
fon  d’Andufe ,  &  l’étendue  de  fon  domaine.  Almerade  donc  on  vient  de  par¬ 
ez-  119.&  fa-  1er ,  difpofa  en  i  o  j  z.  par  un  aéte  c  qu’on  peut  regarder  comme  Ton  teftament, 
de  ce  qu’il  poflëdoit  aux  châteaux  d’Andufe ,  de  Peiremales  &  de  Barre ,  en 
faveur  de  Pierre  fon  fils ,  qu’il  établit  en  même  tems  défenfêur  du  mo¬ 
naftere  de  faint  Pierre  de  Sauve  dans  le  comté  de  Nifmes.  Il  lui  donna 
l’églife  de  faint  Pierre  de  Portes  dans  le  comté  d'Vfe 2^,  dont  il  avoit  hérité  de 
fes  parens.  Pierre  confirma  cette  donation  d’ Almerade  fon  pere  ,  en  faveur 
de  Pierre  abbé  du  monaftere  de  Gellone ,  duquel  celui  de  Sauve  dépen- 
doit  :  il  donna  4  de  plus  au  premier  la  parc  qu’il  avoit  à  l’églife  de  Merueys 
dans  le  comté  de  Nilmes. 

Bermond  de  Sauve  frere  d’Almerade  d’Andufe  mourut  vers  l’an  1054.  i 


4  p.  XJJ. 


*  p.  ïx4- 

fa- 


&  Rome, 


femme  Auftorc 


où  il  avoit  fait  un  voyage  de  dévotion.  Il  chargea  en  mourant  fa 
Luftorge  qui  l’avoit  accompagné  ,  de  donner,  conjointement  avec  leur 


fa- 


f  f.  i?».  ^ 


fils  Pierre,  au  monaftere  de  Sauve,  Ta  portion  qu’il  avoit  de  l’églife  &  du  vil¬ 
lage  de  Portes ,  dans  le  comté  &  l’ évêché  d’Vfe 2^  Pierre  de  Sauve  exécuta  la 
meme  année  la  volonté  de  fon  pere  de  l’avis  d’Auftorge  fa  mere ,  &  de  fes 
vaff aux  nobles  dont  les  noms  font  rapportez  dans  l'acte.  On  voit  par  ces 
divers  monumens  qu’ Almerade  ,  fils  aîné  de  Bernard  feigneur  d’Andufe  prit 
fon  furnom  de  ce  château  ,  &  que  Bermond  fon  frere  puîné  d’un  fécond  lit, 
prit  celui  de  Sauve,  château  dont  ils  poftederent  chacun  la  moitié,  de  mê¬ 
me  que  de  ceux  de  Barre  dans  les  Cevenes  ,  &  de  Peiremales  dans  le 
diocèfe  d’Ufez.  Quant  au  lieu  de  Portes  qu’ils  donnèrent  au  monaftere  de 
Sauve ,  c’eft  une  ancienne  baronie  du  diocèfe  d’Ufez  qui  a  aujourd’hui  titre 
de  marquifat.  • 

Pierre  d’Andufe ,  fils  aîné  d’Almerade,  vécut  jufqu’en  1077.  f& mourut, 
à  ce  qu’il  paroît ,  fans  pofterité.  Pierre  &  Bernard  de  Sauve  fes  coufins  par¬ 
tagèrent  en  effet  fa  fucceffion.  Comme  ces  deux  feigneurs  ajoutèrent  à  leur 
nom  celui  de  Bermond  leur  pere  ,  fuivanc  l’ufage  du  fiecle  ,  ce  nom  leur 
fervit  de  furnom  &  paffe  à  leur  pofterité.  Pierre-Bermond  forma  la  branche 
de  Sauve  ,  &  poffeda  outre  ce  château,  une  partie  de  celui  de  Merueys,  an¬ 
cienne  baronie  fîtuée  autrefois  dans  le  diocèfe  de  Nifmes  ,  &  aujourd’hui 
dans  celui  d’Alais.  Bernard-Bermond  fit  la  branche  d’Andufe  ,  ôefut  feigneur 
de  cette  ville,  de  même  que  des  châteaux  de  Barre  ,  de  Peiremales  ,  de  Por¬ 
tes  ,&  d’une  partie  de  Merueys ,  dont  il  fit  hommage  à  Pierre  fon  frere  aîné. 
Plufieurs  d’entre  les  évêques  quiavoient  affilié  à  la  dédicace  de  l’églifede 
iX.Coôdîcde  Maguelonne,  fe  trouvèrent  g  le  1 5.  du  mois  d’Aoùt  de  la  même  anneeà  un 
conc^e  S116  Guifred  archevêque  de  Narbonne  convoqua  dans  cette  ville  , 
&  qui  en  fut  le  IX.  Outre  ce  prélat  les  évêques  Bernard  de  Beziers,  Gon- 
thier  d’Agde,  Roftaing  de  todeve,  Arnaud  de  Maguelonne,  Frotaire  de 
Nifmes ,  Berenger  de  Gironne ,  Gillabert  de  Barcelone  ,  &  Guillaumed’Albi 
s’y  rendirent  en  perfonne.  Guillaume  d’Urgelêc  Hugues  d’Ufez  y  envoyèrent 
des  députez.  Pierre  Raymond  comte  en  partie  de  Carcaflonne ,  ôc  vicomte  de 
Beziers  &  d’Agde,  eut  beaucoup  de  part  à  la  convocation  de  ce  concile, & 
s’y  trouva  avec  Berenger  vicomte  de  Narbonne,  divers  abbez  &  un  grand 
nombre  de  clercs,  de  nobles,  &  autres  perfonnes  notables  du  pais. 

Le  principal  objet  de  cette  affemblce  fut  de  confirmer  la  paix  &  la  trêve 
de  Dieu ,  ôc  de  réparer  les  infractions  qui  v  avoient  été  faites  depuis  leur 
établiflèment.Ces  infractions  avoient  été  caulées  fans  doute  pour  la  plus  grande 
partie ,  par  les  différends  qui  regnoient  entre  l’archevêque  &  le  vicomte  de 
Narbonne,  lefquelsfe  réconcilièrent  alors,  à  ce  qu’il  paroît,  parla  médiation 
des  évêques  du  concile.  Nous  fçavons  en  effet  d’ailleurs  h  que  la  guerre 
pi-  «s’étant  renouvellée  entre  ce  prélat  &le  vicomte,  ils  en  vinrent  à  un  accom- 

»  modement  par  l’entremife  de  plufieurs  évêques,  qui  leur  firent  promettre 
»  d’obferver  hdelement  la  trêve  de  Dieu  ,  &  de  punir  féverement  les  infra- 


xxxii. 


y.  Mure.  Con¬ 
dor.  nov.  edit. 
MJ  X.&fa. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIV. 


a  Concth  & 
Mare .  rbtd. 


b  Tleuri  hifti 
eccL  l.6o,n*i6k 


c  Mare. 


ûeufs  j  &  qu’ils  convinrent  en  même  tems  départager  les  amendes  qui  pro-«  AN.ioj.ft 
viendroient  de  ces  infractions.  Le  vicomte  céda  alors  fa  moitié  au  profit  de« 
l’cglilè  de  Narbonne.  « 

Le  IX.  concile  de  cette  ville  drefla  vingt-neuf  canons  a  ,  dont  il  ordonna 
l’obfervation  dans  les  corntez  6c  les  diocclès  delà  province ,  fous  peine  d’ex¬ 
communication  ,  6c  de  quarante  fols  d’amende  en  faveur  du  fêigneur  du  pais 
où  l’infraétion  fèroic  faite.  On  condamna  à  une  double  amende  ceux  qui  dans 
le  terme  de  quarante  jours  ne  repareroient  pas  le  dommage  qu’ils  auroient 
caufé ,  6c  qui  ne  feroient  pas  une  entière  fatisfaétion.  Les  dix  premiers  canons 
regardent  la  trêve  de  Dieu  ,  6c  les  autres  la  paix.  Les  uns  6c  les  autres  font  à  peu 
près  les  mêmes  que  ceux  du  concile  de  Tulujes,  au/quels  on  ajouta  la  dc~ 
fenfe  de  couper  les  oliviers  par  lioftilitc  ,  6c  d’en  enlever  les  fruits ,  à 
caufè  que  l’eglife  s’en  fervoit  pour  la  compofirion  du  fâinc  Crème  ,  & 
pour  le  luminaire.  On  accorda  en  vertu  de  la  trêve  de  Dieu ,  une  entière 
fureté  pour  les  brebis  6c  leurs  paflcurs.  On  défendit  aux  feculiers  d’ufiirptr  les 
revenus  fynodaux  fans  le  confentement  des  évêques  6c  des  clercs,  ni  de  quel¬ 
que  manière  que  ce  fut  ,  les  prémices  ,  les  oblations,  le  droit  de  fepulture,  6c 
autres  droits  purement  ecclefiaftiques,non  plus  que  les  biens  deséglifês.  On  dé-, 
fendit  enfin  de  piller  les  marchands  8c  les  pèlerins.  Un  célébré  b  hiltoricn  de  nos 
jours  remarque  avec  railon  qu’on  joignit  dans  ces  canons  les  peines  tempo¬ 
relles  aux  fpirituelles  ,  parce  que  les  deux  putffances  y  concoururent  également  i 
enforte  que  ce  fut  proprement  une  aflemblce  des  notables  de  la  province, 
ainfi  que  plufieurs  autres  conciles  qui  furent  tenus  avant  6c  après.  Guifred 
archevêque  de  Narbonne  fouferivit  c  le  20.  de  Novembre  fuivant,  avec 
Raymbaud  archevêque  d’Arles ,  6c  quelques  évêques  de  la  Marche  d’Efpa-  p  lco}' 
gne,  au  privilège  que  Raymond  prince  des  Barcelonois ,  &  la  comtcflè  Almo- 
dis  la  femme  accordèrent  alors  aux  chanoines  de  la  cathédrale  de  cette 
ville. 

La  guerre  fe  ralluma  entre  Guifred  archevêque  ,  6c  Berenger  vicomte 
de  Narbonne  peu  de  tems  après  le  concile  dont  on  vient  de  parler.  Le 
premier  pour  fe  foutenir  'chercha  à  fe  faire  des  protecteurs  ,  6c  eut  re-  gverre  entre 
cours  entr’autres  à  Pierre-Raymond  comte  de  Carcaflônne  6c  vicomte  de  Be-  •’jf<-hcv£liuc 
ziers&  d  Agde,  qui!  engagea  a  prendre  les  interers  moyennant  d  une  loni-  kNarbonac. 
me  confiderabie  qu’il  lui  compta,  6c  divers  domaines  de  fon  églifê  qu’il  lui  dPr-f-  !7°- 
céda  en  fief,  &  qui  paflèrentaux  fuccellêurs  de  ce  comte.  Guifred  e  gagna  tibu.p.x 34. 
d’un  autre  côté  plufieurs  gentilshommes  qu’il  s’attacha  ,  en  leur  donnant 
plus  de  dix  mille  fols  de  rente ,  fiif  les  biens  qu’il  étoit  convenu  avec  le  vicomte 
d’abandonner  à  Ion  chapitre  ,  fournie  qui  montoit  f  à  celle  de  zoo.  onces  f Marc. rnjpi 
d’or.  Ce  prélat  viola  enfuite  %  la  trêve  de  Dieu  qu’il  venoit  de  faire  ferment 
d’obferver  j  &  fes  troupes  s’étant  mifesen  campagne,  attaquèrent  celles  du 
vicomte,  6c  tuèrent  un  de  les  foldats  l’un  des  jours  marquez  pour  l’obferva- 
tion  de  la  trêve.  Berenger  fe  plaignit  hautement  de  cette  infraction  :  mais 
l’archevcque  loin  d’en  faire  juftice,  prit  les  coupables  fous  fa  prorection.  Le 
comte  Pierre-Raymond  allié  de  ce  prélat  enfreignit  de  fon  côté  la-  trêve 
de  Dieu  vers  le  même  tems,  enleva  de  Péglifè  de  Notre  -  Dame  d’Alet 
deux  chevaliers  qui  n’avoient  commis  aucun  crime,  &  fit  pendre  l’un  d’entre 
eux,  qui  étoit  proche  parent  du  vicomte,  comme  s’il  eût  été  un  fee- 
lerat  ,  &  un  voleur  de  grand  chemin.  Guifred  fe  déclara  encore  le 
protecteur  de  cet  attentat ,  refufa  d’écouter  là-defîùs  les  plaintes  du  vicomte, 

&  fe  mocqua  des  promeflcs  qu’il  lui  avoir  faites  folemneilement  fur  le  fâinc 
autel. 

Nous  ne  trouvons  plus  rien  dans  la  fuite  du  comte  Pierre- Raymond,  xxxrv. 
qui  fans  doute  ne  furvêcut  pas  long-tcms,  &  qui  mourut  certainement  avant  MorrdcPkr- 
l’an  1  où  1 .  Il  vendit  au  mois  de  Mars  de  l’an  1 0  54.  avec  h  Rangarde  fa  fem-  ’ 

me,  Roger  leur  fils ,  6c  leurs  filles  Carfinde,  Ermengarde  &  Adélaïde ,  l’ab-  tic  de  Carcaf- 
baye  de  S.  Geniez  fituée  au  voifinage  de  la  mer ,  aux  chanoines  de  la  cathédrale  j°°fc2™°£K 
de  Beziers,  pour  la  fournie  de  fix  cens  fols  T ouloufuins ,  6c  aucan  t  pour  Deufdedic  d’Agde.  Roger 
qui  la  tenoit  en  fief.  Cette  abbaye  nous  eft  d’ailleurs  inconnue.  cacJde fîJs  ,u< 

,  Roger  fucceda  au  comte  Pierre-Raymond  fon  pere  dans  fa  portion  du 
Tome  JJ.  B  b  ij 


xxxnr. 

RcuouvcJie- 
de  la 


nunt 


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A  N.  ;  054. 


a  Pr.  p.  i)t4 


XXXV. 

Monde  Ray- 
moiuUl.com*. 
te  de  Rafez» 
Réunion  de  ce 
comté  à  celui 
deCa  rca  fibrine. 
bNQTEXXU. 
»>  X4* 


XXXVI. 

X.  Concile  de 
Naibonnc. 

~ 1 0  5  î~ 

<  Mure.  Hifp . 

Ms1  ■&/'?■ 


xxxvn. 

III.  Concile  de 
Toulou:e. 
Eveques  de 
cette  ville. 

10  j  6. 

d  Cône tl.ro  9. 
/>•  loS*.  &  je  j. 


e  KOTE 
MXX.  n.,. 


(  Mâr'tan.ltb. 

9.  CAf. (. 


i<*  HISTOIRE  GENERALE 

comté  de  Carcaffonne  dont  il  fut  le  troifîéme  comte  de  fon  nom  ,  &  dans  les 
vicomtez  de  Beziers  &  d’Agde.  Quant  à  Garfinde ,  Ermengarde  8c  Adélaïde 
filles  du  comte  Pierre-Raymond,  la  première  époufa  Raymond  fils  aîné  de 
Berenger  vicomte  de  Narbonne  *  la  fécondé  Raymond -Bernard  vicomte 
d’Albi  &  deNifmes >  8c  la  derniere  Guillaume  comte  de  Cerdaigne  ,  ainfi 
que  nous  le  ferons  voir  dans  la  fuite. 

Comme  Roger  III.  étoit  fort  jeune  dans  le  tems  de  la  mort  du  comte 
Pierre- Raymond  fon  pere ,  il  fut  d’abord  fous  la  tutelle  8c  Tadminiftration 
de  Rangarde  fa  mere  :  nous  en  avons  diverles  preuves  -,  entr’autres  une 4  pro- 
meflè  que  le  comte  Raymond  fils  de  Beliarde  fit  à  cette  comtefle ,  de  l'aider 
contre  tous  à  conferver  les  villes  &  les  évcches^  de  Beziers  ,  d’Agde ,  ôc  de 
CarcalTonne ,  le  château  de  Pezenas ,  8cc.  à  condition  que  de  fon  coté  elle 
lui  feroit  fidele  pour  ces  mêmes  villes  8c  châteaux. 

Cette  derniere  claufe  eft  une  preuve  qu’il  y  avoir  une  convention  entre  le 
comte  Raymond  d’un  côté ,  8c  la  comtefle  Rangarde ,  ou  plutôt  fon  mari 
&  fon  fils  de  l’autre  ,  pour  fefucceder  réciproquement  au  défaut  de  defeen- 
dans  mâles.  Il  paroît  d’ailleurs  que  ce  Raymond  dominoit  b  fur  le  Rafez, 
&  qu’il  defeendoit  de  Raymond  I.  &  d’Eudes  comtes  du  même  j>aïs  :  or 
comme  celui-ci  &  Roger  I.  comte  de  Carcaffonne  fon  frere  avoient  fait 
une  femblable  Convention,  8c  que  Roger  III.  comte  de  CarcalTonne  poflêdoit 
le  comté  de  Rafez  avant  fa  mort ,  il  eft  fort  vraifemblable  que  ce  dernier 
recueillit  en  vertu  de  cet  accord  la  fucceflion  du  même  Raymond  II.  comte 
de  Rafez  ,  qui  mourut  ainfi  fans  pofterité  mafeuline. 

Guifred  archevêque  de  Narbonne  tint  le  premier  d’Oétobre  de  l’an  1055. 
un  nouveau  c  concile  dans  cette  ville ,  auquel  il  ne  fe  trouva  avec  lui  que  fix 
évêques  de  fa  province  ,  fçavoir  Guillaume  d’Urgel ,  Guillaume  d’Auionne, 
Berenger  de  Gironne  ,  Bernard  de  Beziers,  Roftaing  de  Lodeve  8c  Gon- 
thier  d’Agde.  Ces  prélats  déclarèrent  excommuniez  les  ufurpateurs  des  biens 
de  l’églife  d’Aufonne. 

Ce  concile  fut  fuivi  d’un  autre  bien  plus  nombreux  à  tenu  àTouloufele  13. 
de  Septembre  de  l’an  1056.  par  ordre  du  pape  Viétor  II  .fous  le  venerable 
Pons  comte  de  Touloufe.  Raymbaud  archevêque  d’Arles ,  6c  Pons  archevêque 
d’Aix  y  préfiderent  en  qualité  de  vicaires  ou  légats  du  faint  fiege,  avec  Gui¬ 
fred  archevêque  de  Narbonne.  Parmi  les  évêques  qui  s’y  rendirent,  il  y 
en  eut  au  moins  fix  de  la  province  }  fçavoir,  Arnaud  de  Touloufe,  Bernard 
de  Beziers ,  Gonthier  d’Agde  ,  Arnaud  de  Maguelonne ,  Frotaire  de  Nifmes, 
£c  Roftaing  de  Lodeve.  On  prétend  qu’un  autre  évêque  nommé  Arnaud, 
qui  y  foulcrivit,  8c  dont  le  nom  du  fiege  eft  en  blanc,  étoit  évêque  de 
CarcalTonne  *  mais  il  eft  certain  *  que  c’étoit  Guifred  ou  Wifred  qui  occu- 
poit  encore  alors  cet  évêché.  Les  autres  prélats  qui  alfifterent  à  ce  concile 
étoient  des  provinces  voifines. 

On  y  drefla  1 3.  canons,  tant  pour  abolir  la  fimonie  qui  regnoitdans  toute 
Tcglife ,  que  pour  ordonner  le  célibat  aux  ecclefiaftiques  qui  le  mettoient 
alors  peu  en  peine  de  le  garder  5  pour  empêcher  l’ufur.pation  des  biens  des 
églifes ,  8c  remédier  à  divers  autres  abus.  On  y  défendit  aux  cpmtes ,  8c  à 
toute  forte  de  puiflànces  devendre  les  évêchez  6c  les  abbayes }  8c  il  fut  arrête 
que  les  évêques  6c  les  abbez  ne  pourroient  être  élus  qu’à  l’âge  de  30.  ans. 
On  ordonna  enfin  que  ces  canons  feroient  également  obfervez  dans  la  Gaule 
&  l'Efpagne.  On  doit  entendre  par  ce  dernier  terme  la  Marche  d’Efpagne  ou 
Catalogne  alors  foumife  à  nos  rois  pour  le  temporel ,  8c  aux  archevêques 
de  Narbonne  pour  le  fpirituel. 

C’eft  au  tems  de  ce  concile  de  Touloufe  ,  8c  fans  doute  dans  le  concile 
même ,  que  les  légats  du  pape  Victor  II.  auroient  jugé  le  différend  qui  étoit 
alors ,  à  ce  que  dilènt  Mariana  f ,  6c  quelques  autres  Efpagnols  modernes , 
entre  Ferdinand  roi  de  Caftille,  6c  l’empereur  Henri,  fi  Ton  pouvoir  s’en 
rapporter  au  témoignage  de  ces  auteurs.  Ils  ont  avancé  que  ce  dernier  prince 
prétendant  que  l’Efpagne  relevoit  de  l’Empire,  le  roi  Ferdinand  pour  fou- 
tenir  l’indépendance  de  fa  couronne ,  leva  une  armée  de  dix  mille  hommes, 
qui ,  fous  la  conduite  du  fameux  Cid  ,  s’avança  jufqu’à  Touloufe  où.  elle 


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DË  LANGUE  DOC.  L.v.XlV.  i*? _ 

s'arrêta  ;  que  Ferdinand  l’ayant  jointe  bientôt  après  dans  cette  ville  ,  en-  Atf.iojé» 
voya  prier  le  pape  Vi&orll.  de  fe  rendre  médiateur  entre  lui  5c  l’empe¬ 
reur  ;  que  Vidor  chargea  de  cette  commilfion  Robert  cardinal  de  fainte 
Sabine  qui  fe  rendit  à  Touloufe,  accompagné  des  ambaflàdeurs  del’empe- 
reur5  &  qu'enfin  ce  légat  y  termina  le  différend  des  deux  princes  à  la  fatisfadion 
du  roi  de  CalHlle.  Mais  le  filence  {profond  que  gardent  les  anciens  fur  toutes 
ces  circonftances ,  nous  donne  lieu  de  les  regarder  comme  entièrement  fabu- 
leufes. 

On  prétend  *  encore  que  Berenger  vicomte  de  Narbonne,  expofa  devant  Y 
les  peres  du  même  concile  de  T ouloufe ,  5c  les  légats  du  pape  qui  y  préfiderent, 
les  griefs  qù’il  avoit  contre  Guifred  fon  archevêque  j  mais  il  eft  certain 
que  ce  fut  dans  un  concile  pofterieur.  Du  refte  les  évêques  qui  affifterent  à 
celui  de  Touloufe  y  confirmèrent  b  l’union  de  l’abbaye  de  Moiffac  à  celle  de 
Cluni ,  8c  firent  un  decret  contre  les  ufurpateurs  de  fes  biens.  Suivant  la  f.  ,0. 
chronique  c  manufcrite  d’Aymeric  de  Peyrat  abbé  de  Moiffac,  qui  rap-  c  ujf.JiCcHeri 
porte  ce  decret,  il  fut  rendu  au  nom  de  1 8.  évêques  du  concile:  ces  prélats  **”• 
en  donnèrent d  un  femblable  en  faveur  des  religieux  de  l’abbaye  de  Riupoll  d  umtMfii 
qui  y  avoient  envoyé  leurs  députez.  ’  D’¬ 

Arnaud  évêque  de  Touloufe  mourut  fans  doute  bientôt  après  ce  concile. 

Pierre-  Roger  fon  füccefleur  immédiat  vivoit  en  effet  fous  le  régné  du  roi 
Henri  ,  fie  Durand  abbé  de  MoifTac  avoit  déjà  fuccedé  à  ce  dernier  •  dès  le  *  M‘b- 
mois  de  Juin  de  l’an  1059.  Pierre-Roger  n’occupa  donc  pas  le  fiege  épifeo- 
pal  de  Touloufe,  jufqu’au  mois  de  Septembre  de  l’an  1060.  comme  on  le 
prétend  {.  Dans  un  voyage  qu’il  fit  à  Cluni ,  il  fut  fi  édifie  de  la  g  régularité 
de  ce  monaftere  ,  qu’il  fonda  fous  fa  dépendance  un  prieure  à  laints  Co ss 
iombe,  alors  dans  le  diocèfc  de  Touloufe  ,  ôc  à  prefent  dans  celui  de  Mi- 
repoix.  P- &  r- 

11  pafoît  que  le  concile  de  Touloufe  prit  cotmoifTance  d'un  différend  qui 
s’étoit  élevé  alors  entre  Ermeflinde  de  Carcaffonne ,  comteffe  douairière  de  f,mie  de  c«- 
Barcelone,  fie  le  comte  Raymond-Berenger  fon  petit-fils.  Pour  l'intelligence  cllfonQ' com» 
de  ce  fait ,  il  faut  fe  rappeller  que  le  comte  Raymond-  Borrel ,  mari  de  cette  ic!'/ Guifred 
princelïe,  lui  ayant  laide  par  fon  teftament  l’adminiftration  de  tous  fes  do-  archevêque  de 
maines  pendant  tout  le  tems  qu’elle  vivroit  en  viduité ,  elle  en  jouit fa  depuis  ^'muniê.'*" 

•la  mort  de  ce  comte  arrivée  en  1017.  jufqu’en  1013.  qu’elle  les  céda  à  Be-  hMvc.Hîfr 
tenger  fon  fils  fous  certaines  conditions.  Celui-ci  étant  décédé  en  103  5.  elle  M°*7* 
reprit  l’adminiftration  du  comté  de  Barcelone ,  5c  des  domaines  qui  en  dé- 
pendoient ,  qu’elle  garda  toujours ,  ce  qui  chagrina  beaucoup  Raymond  fon 
petic-fils ,  fie  Almodis  femme  de  ce  prince ,  qui  n’ayant  prefque  que  le  vain 
titre  de  comte  de  Barcelone  ,  n’oublia  rien  pour  engager  fon  ayeule  à  lui 
ceder  cette  adminiftration.  Le  refus  qu’elle  en  fit  irrita  extrêmement  Ray¬ 
mond  ,  fie  ce  prince  porta  fi  loin  fon  reffentiment ,  qu’il  la  maltraita  ,  peut- 
être  à  l'inftigation  d’ Almodis  fa  femme.  Ermeflinde  indignée  du  procédé  de 
fon  petit-fils  à  fon  égard,  s'en  plaignit  au  pape  Victor  11.  ôt  implora  fa  pro¬ 
tection  \  Ce  pape  la  lui  accorda  volontiers  ,  5c  commit  en  conféquence  *  ®**i-«*M* 
Raymbaud  archevêque  d’Arles,  fie  Guifred  archevêque  de  Narbonne  pour 
examiner  cette  affaire  dans  le  concile  de  Touloufe  ,  avec  ordre  d'excommu¬ 
nier  le  comte  de  Barcelone  5c  Almodis  fa  femme  ,  ce  qui  fut  exécuté.  Viétor 
confirma  la  fêntence,  5c  frappa  du  même  anathème  Guifred  archevêque  de 
Narbonne,  qui,  à  ce  qu’il  paraît,  avoit  embraffé  les  intérêts  du  comte  de 
Barcelone.  Ermeffmde  s’accommoda  cependant  enfin  avec  ce  prince  fon 
petit-fils,  5c  Almodis  fa  femme  ,  &  leur  ceda^  tous  fes  droits  fur  lescomtex^&  *  MMrt.mfp: 
les  évèihé 2^ de  Gîronne,  de  Barcelone,  Aufonneou  Vie  Sc  Manrefe,  moyen-  p‘ llo<‘ 
fiant  la  fomme  de  mille  onces  d*or  qu’ils  lui  payèrent.  L’a&e  eft  daté  du  4. 
de  Juin,  la  JtJCVI.  année  du  régné  de  Henri ,  Ôcpar  conféquent  de  Van  1057. 

&  non  pas  de  l’an  1056.  ainfi1  que  l‘a  avancé  un  hiftorien  1  Catalan.  Il  eft  \ dû»j  ily. 
d’ailleurs  certain  par  ce  que  nous  venons  de  rapporter  ,  que  cet  accord  eft 
pofterieur  au  concile  de  Touloufe.  Ermeffmde  fe  dit  fille  d’ Adélaïde  dans 
l’acte  qui  eft  fouferit  par  Guillaume  Miron,  Ôc  Roger  P,ons  de  Narbonne. 

La  comteflè  douairière  de  Barcelone  ,  après  cette  ceftion  ,  prêta  ferment 


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An.iojj 


a  Diag.ibid. 


b  Pr.p. iif.& 

i*q- 


c  F.  NOTE 
XXXV. 
d  Concilié,  y. 
^1087. 


xxxix. 

AHcmblÉcs  ou 
conciles  tenus 
à ‘Barcelone  & 
Elue.  Comtes 
de  Rouflîllon 
&  d’fimpurias. 

c  Marc.HiJp. 
f.UU&J'l' 

ioy  8. 

£  ibi.i-p.lU7 . 


£  Mtrc.Nifl» 

l'.All.&lOÏf. 

h  f>.  4*4. 
ro^o.cJ*  1053. 


i  Vr.p.lW- 
&j‘i- 


K  Marc.HiJp. 

f •  il*y- 
1  £.  458. 

•  m  p.1164. 

.n^.  1 17  r .  C^- 
/*?• 


.198  HISTOIRE  GENERALE 

de  fidelité  à  Ton  petit-fils ,  6c  à  Almodis  femme  de  ce  prince,  6c  s’engagea,  au¬ 
tant  qu’il  feroit  en  elle  ,  de  faire  lever  l’excommunication  que  le  concile 
de  Touloulè  6c  le  pape  Viclor  avoient  lancée  contre  eux,  6c  celle  dont  le  meme 
pape  av oit  frappé  Guifrcd  archevêque  de  Narbonne.  Elle  fe  retira  *  enl'uite  dans 
le  château  de  faint  Quirice  dans  le  comté  d’Aufonne  ,  où  elle  forma  bien, 
tôt  après  le  deflein  d’aller  en  pèlerinage  à  faint  Jacques  en  Galice  6c  à 
faint  Pierre  de  Rome.  Pour  s’y  difpofcr  elle  fit  fon  tellament  le  2  y.  de  Se¬ 
ptembre,  de  laXXVlI.  année  du  régné  du  roi  Henri,  ou  de  l’an  105 S.  6c 
elle  le  confirma  par  un  codicille  du  26.  de  Février  fuivant  4  ce  qui  prouve 
qu’elle  n’executa  pas  ce  deflein ,  puifqu’elle  mourut  le  premier  de  Mars  de 
l’an  10J9.  dans  le  même  château. 

Nous  apprenons  d’ailleurs b  que  le  pape  Victor  II.  excommunia  Guifrcd 
archevêque  de  Narbonne  pour  crime  de  fimonie  dans  un  concile  de  1  20. 
évêques.  Comme  on  vient  de  voir  que  ce  prélat  étoit  déjà  excommunié  au 
mois  de  Juin  de  l’an  1057.  c’eft  une  preuve  c  que  le  pape  Viclor  le  frappa 
d’anathême  dans  le  concile  qu’il  tint  à  Rome  d  dans  la  bafilique  de  Con- 
ftantin  le  18.  d’Avril  delà  même  année.  Viclor  leva  fans  doute  fon  excom, 
munication  quelque  tems  après }  nous  fçavons  du  moins  que  Guifrcd  exer- 
çoic  les  fondions  de  fon  minilbere  fur  la  fin  du  pontificat  de  ce  pape. 

Cet  archevêque  fit  en  effet  le  18.  de  Novembre  de  l’an  1058.  la  confé- 
cration  e  de  l’églife  cathédrale  de  Barcelone.  Raymond  prince  de  cette  ville  , 
comte  de  Gironne  ,  &  marquis  d’Aufonne  ,  qui  avoit  fait  réédifier  cette  églife  , 
pria  Guifred ,  du  confentement d' Almodis  fa  femme ,  de  faire  cette  ceremonie. 
Il  y  invita  aufli  Raymbaud  archevêque  d’Arles  ,  6c  les  évêques  de  la 
Marche  d’Efpagne  qui  s’y  trouvèrent  tous,  entr’autres  Paterne  de  Tortofe,  ville 
que  Raymond-Berenger  avoit  par  conféquent  enlevée  dcs-lors  aux  Sarafins  , 
&  où  on  avoit  rétabli  le  fiege  épifcopal. 

L’archevêque  G uifred  préfidaHe  10.  de  Décembre  de  la  même  année  à 
une  autre aflèmblée  ou  concile  qui  fut  tenuàElne,  6c  auquel  fe  trouvèrent, avec 
les  notables  de  fon  diocèfe,  les  évêques  Bercnger  d’Elne,  Bercnger  de  Gi¬ 
ronne  6c  Guifred  de  Carcaflonne  $  Gausfred  comte  de  Rouflîllon  ,  Raymond 
comte  de  Cerdagne ,  8c  plufieurs  abbez  6c  feigneurs.  Enfin  l’archevêque  de 
Narbonne  fouferivit  le  2  6.  de  Décembre  fuivant  avec  Raymbaud  archevê¬ 
que  d’Arles,  Arnaud  évêque  de  Maguelonnc,  Frotaire  de  Nifmes, 6c  Guil¬ 
laume  d’CJrgel ,  à  un  a&e  par  lequel  Hali  duc  Mahometan  ou  Sarafin  de 
Dénia  6 c  des  iflcs  Baléares ,  fournit  à  l’églife  de  Barcelone  toutes  les  egliies 
de  fes  états. 

Gausfred  comte  de  Rouflîllon  dont  on  vient  de  parler ,  avoit  tenu  un 
plaid  g  en  1044.  avec  Pons  comte  d’Empurias.  Il  efl  marqué  dans  l’acle 
qu’un  autre  Gausfred  comte  de  Rouflîllon  ,  lequel  vivoitben  102  y.  étoit  leur 
ayeul,  6c  que  celui-ci  étoit  fils  de  Gaufbert.  Ils  avoient  donc  une  defeen- 
dance  commune  :  aulli  eux  6c  leurs  fucceflèurs  poflederent-ils  par  indivis  leur 
domaine ,  qui  comprenoit  les  trois  comtcz  de  Rouflîllon  ,  a’Empurias ,  8C 
de  Pierre-late.  Pons  comte  d’Empurias  avoit  fuccedé  au  comte  Hugues 
fon  pere,  qui  avec  fa  femme  Guifle,  6c  le  même  Pons  6c  Raymond  fes  fils, 
rellitua*  en  103 6. à  l’abbaye  de  la  Grafle  un  domaine  que  Suniarius  évêque 
d’Elne  avoit  acquis  de  Gausfred  comte  de  Rouflîllon  fon  pere ,  6c  d’Ave  fa 
mere,  6c  dont  il  avoit  difpofé  en  faveur  de  ce  monaftere,  moyennant  cinq 
onces  d’or  que  Rodolphe  qui  en  étoit  abbé  ,  6c  fes  religieux  lui  avoient 
données.  Guifle  veuve  d’Hugues  comte  d’Empurias  vivoit  encore  en  1060.  k 
qu’elle  donna  à  l’églife  de  Gironne,  un  alleu  quelle  tenoit  de  fes  parens  dans 
le  comté  de  Beziers ,  d’où  elle  étoit  fans  doute  originaire. 

Gausfred  II. comte  de  Rouflîllon  mourut  après  l’an  1  1069.  Il  eut  fins  doute 
d’ Adélaïde  fa  femme, Guillabert  qui  lui  avoit  fuccedé  m  en  107  y  .Hugues  comte 
d’Empurias,  promit  n  à  ce  dernier  en  108  y.  de  lui  conlerver  ce  comté  avec 
ceux  de  Rouflîllon  8c  de  Pierrelate  :  preuve  que  ces  deux  branches  pofledoient 
encore  alors  leur  domaine  en  commun.  Nous  aurons  occafion  de  parler  ail¬ 
leurs  de  Guillabert  comte  de  Rouflîllon,  qui  vécut  jufqu’au  commencement 
du  Xll.fiecle. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIV.  199 _ 

Les  différends  qu  s’etoient  élevez  entre  l’archevêque  Guifred  &  Berenger  An'.iojS. 
vicomte  de  Narbonne  continuoient  toujours.  Ils  furent  cependant  fur  le  Tr^'lrioB 
point  d’être  alToupis  à  l’occafion  fuivante.  Le  clergé  »  6c  le  peuple  de  cette  des  reliques 
ville  fouhaitoient  avec  ardeur  depuis  très-long- tems  d’enrichir  leur  cathe- 
drale  des  précieufes  reliques  des  faints  Juft ôc Pafteur  fes  patrons,  qui  avoient  *  Cithdraie 
foufFert  le  martyre  à  Complute  ou  Alcala  de  Henarés  en  Efpagne,  fous  les  de  Narbonne, 
empereurs  payens.  Ils  fçavoient  que  Charlemagne  ,  durant  fon  expédition  je^'emre'' 
au-delà  des  Pyrénées ,  avoit  heureufement  recouvré  ces  reliques ,  donc  il  l'archevêque  & 
avoit  dellèin  de  faire  prefent  à  l’églife  de  Narbonne,  S c  qu’à  fon  retour  il  de 

avoit  été  obligé  de  les  laiifer  en  Elpagne.  L’archevêque  Guifred  informé  du  a  rr.p. tu. 
lieu  où  ce  prince  les  avoit  laiflées ,  fe  donna  tant  de  foins  pour  procurer  à  r-  C*“L 
fon  églife  un  aufli  riche  tréfor  ,  qu’enfin  l’ayant  obtenu,  il  alla  au  devant^7*01 
pour  le  recevoir,  &  le  plaça  en  1058.  dans  fa  cathédrale.  Cette  a&ion  lui 
acquit  la  bienveillance  du  vicomte  -Berenger  ,  de  fa  famille ,  ôc  de  tous  les 
citoyens  de  Narbonne  ;  6c  il  paroiffoit  qu’elle  devoit  être  le  gage  de  la 
réconciliation  avec  le  premier  ,  lorfqu’elle  caufa  parmi  eux  de  nouvelles 
brouilleries.  Il  s’éleva  d’abord  quelque  difpute  au  iujet  des  offrandes  qu’on 
faifoit  pour  honorer  ces  reliques,  entre  Guifred  ÔC  fon  archidiacre  }  ce  qui  fit 
prendre  à  ce  prélat  la  réfolution  de  les  enlever  de  la  cathédrale  St  de  les  tranf- 
ferer  ailleurs.  Le  vicomte  6c  fa  femme  avertis  de  ce  delfein  ,  prièrent  Gui¬ 
fred  de  ne  pas  l’executer ,  ôc  lui  offrirent  pour  la  fureté  de  fes  prétentions , 
de  lui  donner  des  otages  qui  cautionneroient  jufqu’à  la  fomme  de  dix  mille 
fols.  L’archidiacre  offrit  de  fon  coté  de  s’en  rapporter  au  jugement  de  l’ar¬ 
chevêque  d’Arles  :  mais  Guifred  peu  touché  de  ces  offres ,  enleva  fecrete- 
ment  les  reliques  des  faints  Juft  5c  Pafteur ,  ôc  les  tranfporta  dans  une  fimple 
paroiffè  de  fon  diocèfe,  où  il  transfera  en  même  tems  fon  ficge  ôc  fon  cha¬ 
pitre,  avec  l’argenterie,  les  vafes  lacrez  ,  6c  les  ornemens  de  la  cathédrale , 
qu’il  priva  par  la  des  offrandes  que  les  nobles ,  le  peuple  ,  &  les  penitens ,  avoient 
coutume  d’y  faire  ,  6c  dont  il  difpofa  en  faveur  de  fes  foldats.  Le  vicomte 
très-mécontent  de  cette  conduite ,  s’en  plaignit  à  Guifred  ,  6c  le  follicita  fl 
vivement  de  retourner  à  Narbonne  avec  les  reliques,  que  ce  prélat  promit 
enfin  d’entrer  en  accommodement  là-deflus.  L’archevêque  retira  bientôt 
après  fa  parole  }  ce  qui  engagea  la  vicomtefTe  Garfinde  fa  coufine  germaine 
qui  en  fut  piquée  ,  à  l’aller  trouver  pour  le  fommer  de  la  tenir  ,  ôc  le  porter 
à  terminer  fes  différends  avec  fon  mari.  Guifred  ne  répondit  aux  inftances 
de  cette  dame  que  par  des  menaces  accompagnées  de  ferment ,  d’emporter 
les  reliques  des  faints  Juft  6c  Pafteur  dans  un  pais  étranger  d’où  elles  ne 


la  cathédrale.  Elle  rejoignit  enfuite  le  prélat,  6c  le  fupplia  à  genoux  de 
rendre  juftice  à  fon  mari  $  mais  elle  ne  put  rien  obtenir ,  ôc  Guifred  demeura 
toûjours  infléxible.  Le  vicomte  Berenger  efperant  encore  de  gagner  ce  pré¬ 
lat,  l’alla  trouver  ,  lui  propofa  la  médiation  du  concile  de  la  province  ,  6c 
de  l’archevêque  d’Arles  fur  leurs  différends,  avec  promeffe  de  donner  caution 
jufqu’à  la  fomme  de  dix  mille  fols  pour  gage  de  la  parole  qu’il  donnoit  de 
s’en  tenir  à  leur  décifion.  L’archevêque  rejetta  bien  loin  cette  propofttion. 

Le  vicomte  lui  offrit  enfuite  de  s’en  raporter  au  jugement  du  légat  du  faint 
fegCi&du  concile  c^u'il  devoit  tenir .  Guifred  refufa  également  cette  offre. 

Enfin  le  vicomte  lui  propofa  d’aller  à  Rome ,  pour  remettre  leurs  différends 
à  la  décifion  du  pape ,  ce  que  l’archevêque  refufa  encore  *  6c  pour  marquer  xl\. 
fon  refTentiment  contre  le  vicomte ,  il  l’excommunia  avec  toute  fa  famille  ,  ôc 
jetta  l’interdit  fur  tout  fon  domaine -,  enforte  qu’on  cefta  d’y  adminiftrer  les  comte  de  Nai- 
facremens ,  ôc  que  les  morts  furent  privez  de  la  fepulture  eccleftaftique.  \S«fca“c.C 

Berenger  ne  pouvant  engager  l’archevêque  Guifred  à  lui  rendre  juftice  ,  Ce  prélat  eft 
eut  recours  aux  légats  du  pape  ,  aux  évêques  ,  6c  aux  abbex  affemblez  à 
Arles  en  1059.  Il  leur  expola  fes  griefs  contre  ce  prélat  b  par  un  mémoire  Vîv^y-vcr 
dans  lequel  il  déclaré  »  que  fi  la  crainte  de  Dieu  ne  V avoit  retenu ,  il  n’au-  « 
roit  fait  aucun  cas  de  l’excommunication  que  Guifred  avoit  lancée  contre  «  xxxv. 


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_ _  z*o  HISTOIRE  GENERALE 

An. 1059.  «lui, parce  que  c’écoic  un  fcelerat  déjà  excommunié  comme  fimoniaque  par 
»  le  pape  Victor.  Il  a  vendu  ,  ajoûte-t-il ,  tous  les  ordres  5  8c  pour  ne  parler 
«  que  des  évêques  qu’il  a  facrez  fur  mes  terres ,  il  les  a  tous  rançonnez  juf- 
«  qu’au  dernier  fol.  Si  vous  doutez  de  la  vérité  de  ces  faits ,  continue  Be- 
»  renger  ,  vous  n’avez  qu’à  interroger  les  évêques  de  Lodeve  8c  d’Elne  qu’il 
«  a  ordonnez  ,  8c  qui  pourront  vous  en  rendre  témoignage.  Il  n’a  pas  voulu 
»  bénir  les  églifes  de  mon  domaine  qu’à  prix  d’argent ,  8c  en  dernier  lieu  il  a 
»  fait  arrêter  St  mettre  en  prifon  deux  de  mes  chevaliers  qui  revenoient  de 
»  la  fête  qu’on  célébré  à  l’abbaye  d’Aniane  le  jour  de  l’Epiphanie.  Le  vi¬ 
comte  de  Narbonne  déclare  enfin  que  fi  le  concile  ne  lui  rend  pas  juftice , 
H  s’embarraflera  peu  de  l’excommunication  de  fon  archevêque  ,  qu’il  ne 
gardera  aucune  trêve  dans  les  domaines, &  qu’il  n’aura  plus  recours  au  jugement 
du  faint  fiege.  Il  s’y  adrcfia  toutefois  bientôt  après  *  St  fur  le  refus  que  fit 
le  concile  de  recevoir  fa  plainte  il  l’envoya  au  pape ,  «  en  le  priant  inftam- 
»  ment  de  l’abfoudre  de  l’excommunication ,  St  de  lui  faire  juftice  contre  l’ar- 
»  chevêque.  Je  fuis  prêt,  dit-il,  d’aller  pourfuivre  mon  affaire  à  Rome, 
•»  au  lieu  que  ce  prélat  n’y  ira  jamais ,  à  moins  qu’on  ne  l’y  amené  garroté. 
C’eft  ainfi  que  finit  le  mémoire  de  Berenger  vicomte  de  Narbonne,  contre 
Guifred  archevêque  de  cette  ville.  Ona  lieu  de  croire  que  le  pape  y  répondit 
txoTEibtJ.  favorablement  j  car  il  paroît  1  certain  que  Nicolas  II.  qui  occupoic  alors  le 
faint  fiege ,  excommunia  de  nouveau  ce  prélat. 
xlii.  Durant  ces  différends  qui  cauferent  tant  de  troubles  St  de  fcandale  dans 
couronne-  ja  province ,  le  roi  Henri  aflocia  fon  fils  Philippe  au  thrône  ,  St  le  fit  cou- 
ri'üi'rpc!'& ion  Tonner  à  Reims  le  jour  de  la  Pentecôte  de  l’an  1059.  dans  une  nombreufe 
aiib  iuion  au  affemblée  des  principaux  prélats  St  feigneurs  du  royaume.  Leurs  b  noms 
thione  par  le  onc  pa{fé  jufqu'à  nous  :  mais  on  n’y  trouve  ni  le  comte  de  Touloufê,  ni  au¬ 
pere  cun  eveque  ou  leigneur  de  Languedoc.  Il  paroît  cependant  que  Philippe 

b  Du'h.  to.^.  püt  reconnu  fans  aucune  difficulté  dans  cette  province  après  la  mort  du  roi 
—  |-Qn  pere,  arrivée,  fuivant  l’opinion  commune,  le  4.  d’Août  de  l’année  fui- 
1060.  vante,  ou  peut-être  un  peu  plys  tard  }  car  félon  diverfes  chartes  Philippe 
ne  comptoit  le  commencement  de  fon  régné  que  depuis  l’an  1061. 
xl in.  Quelques  actes  du  Gevaudan  des  années  1060.Sc  1061.  datez  fimplement, 
moMikrc  dè  rognant  Notre-Seigneur  C .  pourroient  faire  croire  que  le  roi  Philippe  I. 

h  Cunourgue.  ne  fut  pas  d’abord  reconnu  dans  ce  pais.  Telle  eft  l’union  c  que  fit  Alde- 
biciie  'du  Ce  kert  !•  nom  >  évêque  de  Mende  ,  de  l’églife  de  faint  Martin  de  la  Canour- 
v au Jan.  Origh  gue ,  à  l’abbaye  de  faint  Victor  de  Marfeille.  Cette  églife  fituée  dans  la  vi- 
d' Mmr  oùls"  Suer*e  BanafTac  ,  avoit  été  autrefois  fort  célébré  -y  mais  les  défordresque 
ccSm  h1  fimonie  caufoit  alors  dans  toute  la  chrétienté  ,  l’avoient  réduite  dans  un 
idu.t.  1. injir.  état  déplorable:  fès  biens  étoient  ou  aliénez  ou  livrez  à  l’avidité  des  fécu- 
t  jj£rs  ^  pes  tjtres  égarez  5  8c  quoiqu’il  fût  confiant  qu’il  y  avoit  eu  anciennement 

une  communauté,  on  ignorait  fi  elle  avoit  cté  ou  de  moines ,  ou  de  chanoines. 
Nous  n’avons  en  effet  aucun  monument  certain  de  l’origine  de  cette  églife. 
d  louvreixii  On  prétend  que  les  évêques  du  Gevaudan  y  avoient  transféré  leur  fiege 
1»  "ville  'dè‘r  après  la  ruine  de  l’ancienne  ville  de  Javoux  ;  qu’ils  y  réfiderent  jufqu’au  régné 
Mende  p.  jy.  de  Louis  le  Débonnaire ,  8c  qu’ils  s’établirent  alors  à  Mende.  On  fe  fonde 
&  H-  i°.  Sur  ce  que  l’églife  de  faint  Martin  de  la  Canourgue  poffedoit  ancienne¬ 
ment  les  reliques  des  faints  Firrnin  St  Fredold  ,  évêques  du  païs.  i°.  Sur  le 
•Cauonica.  nom  delà  *  Canourgue  ,  qui  marque,  dit- on,  que  les  chanoines  de  la  cathé¬ 
drale  y  avoient  réfidé  avec  leur  évêque  :  mais  ces  raifons  paroiflènt  peu  foli- 
des.  i°.  Quelques-uns  des  premiers  évêques  du  Gevaudan  peuvent  avoir 
été  inhumez  à  la  Canourgue  fans  pour  cela  y  avoir  établi  leur  fiege  :  il  fuffi- 
foit  qu’il  y  eût  alors  un  monaftere  pour  qu'ils  en  euffent  fait  le  lieu  de 
leur  fépulture,ou  qu’on  y  eût  transféré  leurs  reliques  dans  la  fuite.  i°.  Il 
c  v.ïo.i  NOTE  n’eft  pas  certain  que  l’ancienne  ville  de  Javoux  ne  fubfiftât  pas  e  encore 
au  jx.  fiecle  ,  ou  du  moins  après  la  mort  des  faints  Firrnin  8c  Fredold  j 
il  eft  d’ailleurs  fort  vraifemblable  que  le  fiege  épifcopal  fut  immédiatement 
transféré  de  cette  ville  à  celle  de  Mende.  Quant  au  nom  de  la  Canourgue , 
les  anciens  moines  de  ce  monaftere  peuvent  s’être  relâchez  8c  s’être  trans¬ 
formez  en  chanoines  dans  le  X.  fiecle ,  comme  plufieurs  autres  5  ou  bien  on  y 

établie 


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An.io6o. 

a  G  ali»  cbrtfi . 

ibid* 


DE  LANGUEDOCLiv.  XIV.  101 

y  établit  d’abord  des  chanoines  ,  ce  qui  lui  aura  fait  donner  fon  nom. 

Quoiqu’il  en  foit  a  la  fimonie  y  avoir  fait  des  progrez  li  étonnans  ,  que 
les  feigneurs  feculiers  du  voilinage  s’etoient  emparez  des  dignitez  &  des 
canonicats ,  &c  les  avoient  unis  à  leur  domaine.  Le  prévôt  &  le  doyen  en. 
tr’autres  étoient  deux  gentilshommes  mariez  qui  trafiquoient  publiquement 
les  droits  de  cette  églile.  Aldebert  de  Peyre  évêque  de  Mende ,  idu  d’une 
des  plus  anciennes  familles  du  pais  vivement  pénétré  de  ces  défordres , 
tâcha  d’y  remédier,  &  il  fut  heureufement  fécondé  par  Bercnger. Richard 
vicomte  de  Gevaudan.  Ils  firent  conlentir  Deuldet  doyen  de  faint  Martin 
de  la  Canourgue  ,  Aftrebald  qui  en  étoit  prévôt  ,  fies  fils  ,  &  les  autres 
chanoines  au  nombre  de  huit,  d’unir  cette  eglife  à  l’abbaye  de  faint  Victor 
de  Marfeiile  que  fa  régularité  rendoit  alors  très-celebre.  II  eft  marqué  dans 
l’aéte  d’union  ,  i°.  Que  l’abbé  de  faint  Victor  envoyeroit  de  fes  religieux 
avec  un  abbé  pour  deflervir  le  monaftere  delà  Canourgue  qui feroic à  l’avenir 
fous  la  dépendance  de  cette  abbaye.  z°.  Que  l’abbé  de  la  Canourgue  ne 
feroit  pas  natif  du  pais  fitué  entre  le  Tarn  &  l’Ailier ,  c’eft-à-dire  du  Ge¬ 
vaudan.  L’ade  eft  daté  du  4.  de  Juillet  de  l’an  1060.  Dieu  notre  Seigneur 
régnant  dans  le  ficelé  des  ficelés. 

On  voit  par  ce  que  nous  venons  de  rapporter  que  le  monaftere  de  la  Ca¬ 
nourgue  avoit  alors  titre  d’abbaye  :  il  n’a  depuis  long-tems  que  celui  de  prieuré  | 
conventuel  qui  fubfifte  encore  fous  la  dépendance  de  l’abbaye  de  faint  Viétor. 

Il  y  a  douze  places  monachales. 

Cette  union  fut  confirmée  en  même  temspar  trois  feigneurs  du  Gevaudan, 

Hugues,  Roger  &  Foulques,  qui  étoient  frères,  fie  qui  prenoient  le  furnom  de 
Bonnefoy.  Ils  avoient  donne  deux  'ans  auparavant  à  l’abbaye  de  faint  Vidor  bPr.;.  ns.rÇ 
deux  égiifes  &  quelques  biens  fituez  dans  la  vtguerie  de  Banajfac  &  le  comté  J‘3' 
de  Gevaudan ,  du  confentement  de  Belifende  &de  fes  fils  Deuiclet ,  Gaucclin, 

Pierre  St  Bernard  qui  tenoient  d’eux  ces  égiifes  en  fief.  Ces  derniers  pre¬ 
noient  le  furnom  de  Canillac c ,  fuivant  une  autre  donation  qu’ils  firent  de  c  lliJ» 
l’églife  de  fainte  Marie  de  la  Canourgue  à  la  même  abbaye,  avec  la  liberté 
aux  religieux  d’acquérir  les  fiefs  de  leurs  vaffaux.  Cetadeeft  date  d’Arles  régnant 
notre  Seigneur  J.  C. 

Divers  autres  feigneurs  du  Gevaudan  s’empreflèrent  de  faire  ,  vers  le  même 
tems,  de  pareilles  donations  à  l’abbaye  de  faint  Vidor  de  Marfeiile.  L’un 
d’entr’eux  lui  donna  une  partie  de  Maruejols,  monument  le  plus  ancien  que 
nous  connoiffions  de  cette  ville,  à  prefent  la  fécondé  du  Gevaudan.  Elle  eft 
fituec  fur  la  petice  rivière  de  Coulange  vers  les  frontières  du  Rouergue  £c 
de  l’Auvergne. 

Roger èc  Bernard  fon  frere,  fils  du  vicomte  Richard,  exercèrent  d  aufil  iAii- 
en  10 j  8.  leur  libéralité  envers  l’abbaye  de  faint  Victor  de  Marteille.  Le 
dernier,  qui  y  prit  l’habit  monaftique  en  1061.  &  qui  fe  dit  -  fils  de  feu  Ri- 
chard  vicomte  d-  Milhau i ,  £/•  de  la  vicomtejje  Rixinde ,  lui  donna  alors  40.  ^V^'anCo 
métairies*  qui  lui  étoient  échues  par  le  partage  qu’il  avoit  fait  avec  fes  frères 
Bercnger,  Hugues  ,  Raimond  &  Richard ,  lelquels  confondrait  à  ce  don.  Il 
donna  aulfi  à  l’abbaye  de  faint  Victor  60.  autres  métairies  qui  dévoient  lui 
revenir  en  cas  qu’Hugues  fon  frere  mourût  fans  pofterité  ,  êc  qu’il  lui  avoit 
cedées  à  cette  condition.  Tous  ces  biens  étoient  fituez  dans  le  Rouergue: 

Bernard  en  avoit  d’autres  dans  le  Gevaudan ,  dont  la  vicomté  étoit  dans 
fa  maiion.  L’acte  eft  fouferit  par  ces  cinq  freres  ôt  leur  mere  Rixinde. 

Richard  ,  à  l’exemple  de  fon  frere  Bernard  ,  embrafla  f  bientôt  après 
l’état  religieux  à  laint  Victor  de  Marfeiile  ,  dont  ils  furent  fuccefîivement 
abbés.  Nous  aurons  occafion  de  parler  encore  de  ces  deux  freres  qui  parvin¬ 
rent  dans  la  fuite  aux  plus  éminentes  dignitez  de  l’églife. 

Aldebert  évêque  de  Mende  témoigna  de  fon  côte  le  cas  qu’il  faifoit  de 
la  régularité  qui  floriffbit  alors  dans  l’abbaye  de  faint  Victor,  par  la  fon-  la  ville  &  .ta 
dation  8  qu’il  fit,  conjointement  avec  Auftorçe  de  Peyre  fon  frere,  du  mona- 
ftere  de  Chirac  en  Gevaudan  ,  dédié  fous  l’invocation  du  Sauveur  du  mon-  can 
de.  Il  le  mit  fous  la  dépendance  de  cette  abbaye,  à  condition  que  fi  le  mo-  c^" 
P  altéré  de  Chirac  devenoit  plus  confiderable  dans  la  fuite,  l’abbé  de  faint 
T ome  II.  C  c 


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, _ 101  HISTOIRE  GENERALE 

An.  1061.  Victor  le  feroit  gouverner  par  un  abbé.  Nous  ignorons  fi  le  cas  arriva.  ÎI 
parole  cependant  que  le  monaftere  de  Chirac  n’a  jamais  été  qu’un  prieuré 
conventuel.  Il  n’y  a  plus  de  religieux  depuis  Ton  union  au  college  des  Je- 
fuites  de  Rodez  qui  le  poflèdent  aujourd’hui.  Aldebert  fils  d’Auftorge  de 
Peyre,  Guillaume  fon  frere,  &  plufieurs  autres  de  leurs  parens  *  fouferivrent 
à  cette  fondation.  Le  premier  fucceda  dans  la  fuite  à  Aldebert  I.  fon  oncle, 
dans  l’évêché  de  Mende.  Au  refte  le  pape  Urbain  V.  de  la  maifon  de  Grifàc 
âvoit  embraflé  la  vie  monaftique  dans  ce  monaftere ,  qui  a  donné  l’origine 
à  une  petite  ville  du  Gevaudan  ,  fituée  fur  la  riviere  de  Coulange ,  à  une 
lieùe  au  deffousde  Maruejols  vers  les  frontières  du  Rouergue. 
xi v.  L’ancien  *  monaftere  de  Troclar  ,  ou  de  fainte  Sigoléne  en  Albigeois,  fut 

Vaurienne  ab-  un*  au®  vers  même  tems  à  la  congrégation  de  laint  Vitftor  de  Marfeille. 
baye  de  Tr».  Ses  domaines  étoient  alors  polTedez  par  un  feigneur  féculier  nommé  Geraud- 
taimesTotcnc  Araelius,  &c  par  Vidian-Ermengaud,archidiacre  de  la  cathédrale  d*Albi,qui  s’en 


«n  Albigcc 

v!ao?de*,nl  iltlcnt  prévôt.  11  elt  marqué  dans  l'acte  d'union  daté  de  l'an  1061.»  que  ces 
Marieilie.  »  deux  perfonnages  touchez  du  decret  du  concile  de  T ouloufe  ,  auquel  Hugues 
«légat  du  pape  Nicolas  avoit  prèfidè ,  &  qui  ordonnoit  aux  féculiers  dé  refti- 
•  »  tuer  les  biens  de  l’églife  qu’ils  polTedoient  injuftement ,  réfolurent  de  remettre 
ce  monaftere  dans  fon  ancien  état  ^  que  dans  ce  delTein  ils  firent  donation  à 
»  l’abbaye  de  S.  Victor  de  deux  églifes  fondées  dans  le  comté  d’Albi  en  un  lieu 
»  appelle  la  Grave  -,  que  dans  l’une  de  ces  églifes,  dediée  fousle  nom  de  fainte 


fcr.xv.iJ.vn.  ^vierges  :  amU  cet  acte  nous  donne  la  véritable  lituation  0  de  i  ancien  monaltere 
.*72*  de  Troclar  en  Albigeois,  ignorée  jufqu’à  nos  jours.  Il  paroît  qu’il  s’y  étoit 
confervé  une  efpece  de  régularité  -,  car  Geraud  êc  Vidian  déclarent  qu’ils 
font  cette  donation  à  l’abbaye  de  faint  Viûor  ,  du  confentement  des  clercs 
&  des  autres  religieux  qui  deflervoient  les  deux  églifes.  Pafchal  II.  confirma 
cette  union  dans  la  fuite.  Les  religieux  de  faint  Viétor  de  Marfeille  entretin¬ 
rent  depuis  une  communauté  de  religieux  à  Troclar,  ou  à  fainte  Sigoléne 
de  la  Grave,  laquelle  y  a  fubfifté  jufqu’au  temps  du  pape  Urbain  V.  qui 
unit  ce  prieuré  au  college  de  faint  Germain  de  Montpellier ,  qu’il  fonda  pouf 
des  religieux  de  l’abbaye  de  faint  Victor. 

xlvi.  On  vient  de  voir  que  fous  le  pontificat  de  Nicolas  II.  qui  fiegea  depuis  le 
\v.  Concile  commencement  de  l’an  x  o  5  9 .  jufqu’au  milieu  de  l’an  1061.  on  affembla  un 
«  tou  ou  t.  concqe  ^  q*  ouloufe  ,  dans  lequel  on  drefïa  des  canons  contre  les  ufurpateurs 
des  biens  ecclefiaftiques.  Ce  concile  qui  fut  tenu  vers  l’an  1060.  6c  qui  fuc 
le  quatrième  de  cette  ville  ,  ne  peut  donc  être  le  même,  comme  le  croit 
c  MviinCoU.  un  moderne c,  que  celui  qui  y  fut  afiemblé  en  1056.  puifque  ce  dernier  fut 
•mfi.jf.  1».  i.  teml  fous  papg  y;&or  il.  Au  refte  Hugues  qui  y  préfida  au  nom  ,  ôc  en 
45  ‘  qualité  de  légat  de  Nicolas  II.  ne  paroît  pas  different  du  faint  abbé  de  Cluni  de 
ce  nom ,  que  ce  pontife  nomma  en  effet  fon  légat  dans  une  partie  des  Gaules; 
à  y. p agi  d  &  qui  en  cette  qualité  préfida  en  1060.  à  un  autre  concile  affemblé  4 
m. io4o.  11.40.  Avignon. 

xTvii.  Pons  comte  de  Touloufe  vivoit  encore  dans  le  tems  de  la  tenue  du  IV; 
ïiu  de  pods  concile  de  cette  ville.  C’eft  ce  qui  paroît  entr’autres  par  un  acte  <=  daté  du 

C01TUC  de  Tou* _  »  •  nL  il:*—  n—  I.  —  * J n*  _ 


iou£  Sci*°U*  re^ne  du  Toi  Philippe  ^  Pons  étant  comte  palatin  des T ou  lou fa  ins.  Suivant  ceta&O 
cucuts  de  Lii-  quelques  chevaliers  qui  poffedoient  le  domaine  d’un  lieu  où  Ton  voyoit  les 
rulnes  l*égUfe  de  faint  Lizier  dans  le  pais  de  Save ^  portion  du  Toulotu. 
Commises,  fain  fitué  à  la  gauche  de  la  Garonne ,  donnent  cette  églife  ,  dans  ledeffein 
&ePr  rfV  rétablir ,  i  l’abbaye  du  Mas-Garnier. 

r,V  f  lî5  Aton-Raymond ,  ôc.  Guillaume -Bernard  de  la  llle ,  ou  de  Lille-Jourdain 

4 1  j _  v.  1  î  v.f.  i .  ...i _ _ _ r _ i  _ _ _ i _ •  _ r\-  . 


ç  v.  note  gneurs  de  Lille-Jourdain.  Celui-ci  eft  fans  doute  le  même  g  que  Raymond- 
’k'wr'iw  Aton  *  iec\uel  donna ,  quelque  tems 11  après  avec  fon  fils ,  à  l’abbaye  de  Lezat, 
.  r’  ôci  Bernard  évêque  fonabbé  ,1’églifede  S.  Paul  dans  le  territoire  de  fîoucone, 


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DE  LANGUEDO  C.  Liv.  XIV.  _ 

Ce  dernier  ade  eft  foufcrit  par  le  comte  Arnaud,  Roger  fon  fils,  Ber-  «  An.io6o* 
nard  évêque  êc  frere  du  comte  Arnaud  ,  le  comte  Bernard  Odon ,  « 

Raymond  comte  de  faint  Gilles  ,  6c  Durand  évêque  de  Touloufe.  »  Le* 
deux  comtes  Arnaud  a  6c  Bernard-Odon  étoient  de  la  même  maifon  ,  6e  a  no teîM* 
chacun  d’eux  poffedoit  une  partie  du  Comminges,  avec  diverfes  terres  fituées 
aux  environs  de  l’abbaye  de  Lezat.  Quanta  Bernard  évêque ,  ôc  frere  du  pre* 
mier,  il  étoit  abbé,  de  ce  monaftere  ,  6c  vraifemblablement  le  même  que 
l’évêque  de  Conferans  de  ce  nom  qui  vivoit  alors.  Ce  comte  Arnaud,  par  un 
autre  acte,  prit b  l’abbaye  de  Lezat  fous  fa  protection,  en  prefencede  Ber-  bPr./>.»?o.' 
nard  évêque  ,  6c  d’un  autre  Bernard  èifcque  fon  frere .  Comme  on  trouve 
dans  ce  tems-làun  Bernard  *  évêque  de  Comminges ,  c’eft  fans  doute  le  mê-  c  g*//,  chr. 
me  que  le  premier  des  deux  prélats  dont  on  vient  de  parler.  Enfin  il  eft  fait  <e  u 

mention  des  mêmes  comtes  Arnaud  &  Bernard-Odon ,  dans  une  dona¬ 
tion  d  que  Raymond- Aton  de  Spel  ou  d’Afpel  dans  le  Comminges,  fit  àPr.did. 
vers  le  meme  tems  à  l’abbaye  de  Lezat,  6c  à  Bernard  évêque  qui  en  étoit 
abbé. 

Bernard-Odon  comte  de  Cofnminges  voulant  e venger  la  mort  du  comte  t  Pr.f.  itt 
fon  pere,  que  le  comte  d’Aftarac  avoit  tué  ,  fit  bâtir  le  château  deBenque  fitué  &^’NOté 
vers  les  frontières  du  Touloufain.  Il  mourut  vers  l’an  1075.  6c  fut  inhumé  «*.9.31.6'/'?* 
dans  le  monaftere  de  Peyriflàs ,  fitué  au  voifinage  de  ce  château,  6c  dépen¬ 
dant  de  l’abbaye  de  Lezat.  11  laifîa  cinq  fils ,  Raymond  ,  Bernard ,  Guil¬ 
laume,  Fortanier  &  Roger.  Les  quatre  premiers  prirent  la  qualité  de  com¬ 
tes  ,  8c  pofTederent  fans  doute  par  indivis  la  portion  du  Comminges  qui  çtoic 
échue  à  leur  pere.  Bernard  ,  le  fécond  ,  eut  deux  fils  Raymond  8c  Bernard. 

Celui-ci  recueillit ,  à  ce  qu’il  paroît ,  la  fucceffion  du  comte  fon  pere  ,  de 
fes  oncles ,  8c  de  tous  les  autres  comtes  de  Comminges.  Il  eft  du  moins  cer¬ 
tain  que  c’eft  de  lui  que  defeendent  les  comtes  de  ce  pais  qui  vivoient  au 
milieu  du  XII.  fiecle.  Quant  à  Roger  cinquième  fils  du  comte  Bernard-Odon, 
il  étoit  encore  jeune  lorfque  fori  pere  l’offrit  pour  être  religieux  dans  le  mo¬ 
naftere  de  Peyriffas  dont  il  fut  enfuite  abbé. 

Durand  évêque  de  Touloufe,  dont  on  vient  de  parler ,  avoit  été  élû  f  en  f  GAii.chr.mv. 
‘10J9.  Il  étoit  auparavant  abbé  régulier  de  Moiflac,  abbaye  qu’il  conferva  “‘■“'■‘■P-1*1- 
avec  l’évêché  de  Touloufe  pendant  toute  fà  vie,  6c  à  laquelle  il  fit  des 
biens  confiderables..  Il  lui  fit  reftituer  g  entr’àutres,  peu  de  tems  après  fon  S  f'f-  ^?* 
élévation  à  l’épifcopat  ,  differens  biens  fituez  aux  environs  de  Bioule  en 
Querci  >  ce  qui  fut  fait  par  un  adepaffé  dans  le  veftibule  de  l’églile  de  faint 
Sernin  de  Touloufe,  en  prefence  de  Pons  .trcs-exctllent  comte ,  8c  d’Ademar 
vicomte  de  Touloufe  ,  8tc.  Il  eft  marqué  à  la  fin  de  cet  acte  que  quelques  vaf.  : 

faux  de  Raymond  vicomte  de  Cauffa de  en' Querci ,  donnèrent  vers  le  même 
tems  divers  domaines  à  l’abbaye  de  Moiflac. 

Il  eft  donc  certain  que  Pons  comte  de  Touloufe  vivoit  encore  au  com¬ 
mencement  du  régné  du  roi  Philippe  L  8c  comme  nous  fçavons  d’ailleurs  que  h  note 
fonfils  Guillaume  lui  avoit  déjaluccedé  en  1061.  nous  apprenons  par  là  à  xxx"- 
peu  près  l’époque  de  fâ  mort.  Ce  prince  qui  étoit  âgé  alors  d’environ  70.  1061. 

ans,  fut  inhumé  dans  l’églifë  de  faint  Sernin  de  Touloufe,  dansun  tombeau 
de  marbre  blanc,  placé  aujourd’hui  auprès  de  celui  de  Guillaume  Taillefer 
fon  pere,  ainfi  qu’on  l’a  dit  ailleurs k.  L’un  des  plus  grands  reproches  qu’011  k 
puifiè  faire  à  ce  prince,  c’eft  d’avoir  été  peu  fcrupuleux  fur  le  mariage  -  l- xu,n.- 1°4^ 
car  on  a  déjà  vù  qu’il  prit  6c  répudia  diverfes  femmes  avec  une  égale  faci¬ 
lité  :  mais  on  doit  attribuer  cette  conduite  aux  mœurs  corrompues  de  fon  <  .• 

fiecle,  où  les  répudiations  étoient  fort  en  ufage  parmi  les  princes  ,  8cfem- 
bloientmême  autorifées.'  Il  paroît  du  refte que  Pons  avoit  delà  religion  :  le 
concile  de  Touloufe  de  l’an  ioyé.  parle  de  lui  en  termes  honorables.  Un 
ancien  auteur  1  Anglois  qui  a  ignoré  fon  véritable  nom,  ^prétend  que  ce  fuc  1  Gu;n.suim.  \ 
un  prince  extrêmement  vif  6c  àgillant ,  qu’il  rendit  fa  patrie  recommandable  1‘ c~ x‘ 
par  fes  adions,  6c  qu’il  la  tira  de  l’obfcurité  où  la  parefie  de  fes  prédecef- 
feurs  l’avoient  laiflee  jufqu’alors.-  Nous  avons  parlé  ailleurs  de  l’étendue  de  -  r. 
fon  domaine.  1 

T  orne  TL  C  c  ij 


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ÀN.IOÔI. 
XL  VI  il. 
En  fans  de  Pons 
comte  de  Tou 
toute.  GtirlUu 
me  IV.  lue»  fils 
aine  lui  fuccc- 
6c  dans  ce 
comté.  Ray¬ 
mond  de  laine 
G'.  îles  le  puîné 
époulc  l’hcii* 
ticre  du  mar- 
quilat  de  Pro¬ 
vence. 

a  GtilL 
M*mK  ibiiL 
b  Dtjer  dt  U 

Tr.  part,  u 
C  Pr.p.iH- 

&fo 

d  Aft.  S.ord, 
$.  B  nid.  fât*V. 
f>*rt.  i.f>.  iff. 

C  Pr.p.\ 4f. 

f  NO  TE 

xxxn  n.  4. 

g  NOTE 
XX  il.  n.ÿ. 


b  ïr.p.  140.^» 

H- 

i  NOTE  XIV. 
MO.  NOTE 
XLl.  ».  6.  & 


k  Chrin.bd*l- 
it  Mcp.no. 


1  GâufritL  M  fi¬ 
lât  err.  hift.  Sic. 
l.f  c  il. 

*  l’iovincia- 

BUS. 

m  NOTEihid. 
V.  Lin.  XIU. 
».  104, 


XL  IX. 

Ray  mon  J- 
Bernnd  (uccc- 
dc  à  Bernard  - 
Aron  Iiï.  vi¬ 
comte  d'Albi 
&  de  Nifmcs 
fonpere,  & 
époufe  Ermen. 
garde  heriticre 
de  Carcatlon. 
De.  Origine  de 
la  ville  &  des 
feigneurs  de 
Mirepoix  Evê¬ 
ques  d'Albi  , 
&c. 

n  Pr.p.  140. 
o  V.  NOTE 
XXll.n*  o. 


io+  HISTOIRE  GENERALE 

Pons  laifla  en  mourant  trois  fils  ôc  une  fille  d’Almodis  de  la  Marche  Cz 
dernière  femme.  L’aîné  appelle  Guillaume ,  lui  fucceda  dans  le  comte  de 
Touloufe,  dont  il  fut  le  quatrième  comte  de  fon  nom ,  &  dans  ceux  d’Ai- 
bigeois  ôc  de  Querci.  L’ancien  auteur  que  nous  venons  de  citer ,  prétend 
que  ce  dernier  comte  échût  en  partage  à  Raymond  fécond  fils  de  Pons ,  8C 
quelques  modernes  ^  l’ont  avancé  après  lui  :  mais  il  eft  certain  que  Raymond 
ne  polTeda  le  Querci  qu’après  la  mort  de  Guillaume  IV.  comte  de  Touloufe 
fon  frere.  Il  paroîc  feulement  qu’il  eut  le  comté  de  faint  Gilles  en  partage  • 
car  outre  qu’il  en  prit  le  nom ,  nous  verrons  bientôt  qu’il  étendoit  Ion  auto¬ 
rité  de  ce  côté-là  en  io6j.  Cependant  comme  Pons  avoit  aflîgné  c  ,  à  cô 
qu’il  paroît ,  le  même  comté  de  faint  Gilles  pour  le  douaire  d’Almodis  là 
femme,  il  eft  fort  vrailemblable  que  Raymond  n’en  jouit  que  depuis  la  mort 
de  cette  princeflë  }  ce  qu’011  peut  appuyer  fur  le  témoignage  d’un  auteur  4 
du  XII.  fiecle ,  qui  allure  que  ce  prince  n’eut  d’abord  aucune  part  à  la  fuc- 
celfion  de  fon  pere. 

Le  troifiéme  fils  de  Pons  comte  de  Touloufe,  fut  nommé  Hugues.  Il  fur- 
vêcutà  fon  pere,  8c  vivoit  -  encore  en  1063.  Il  n’eft  plus  enfuite  fait  mention 
de  lui,  &  il  y  a  lieu  de  croire  qu’il  mourut  jeune  8c  fans  pofterité.  Quant  à  la 
fille  de  Pons,  elle  s’appelloit  Almodis  comme  fa  mere  ,  Scelle  époma  f  quel¬ 
ques  années  après  Pierre  comte  de  Melgueil  ou  de  Subftantion.  Plufieurs 
modernes  g  prétendent  que  Pons  eut  deux  autres  filles  ,  mais  ils  n’en  donnent 
aucune  preuve  ,  6c  il  eft  certain  qu’ils  fe  font  trompez. 

Guillaume  ôc  Raymond  fils  aînez  de  ce  prince  avoient  18.  à  10.  ans  dans 
le  tems  de  fa  mort.  Le  premier  fe  qualifie  comte  de  Touloufe  dans  une  dona¬ 
tion11  qu’il  fit  en  1061.  du  confeil  de  Foulques  évêque  de  Câhors  ,  à  l’ab¬ 
baye  de  Moiflfac ,  de  l’églile  de  Cos  en  Querci  fituée  fur  l’Aveiron  :  preuve 
qu’il  domina  fur  ce  pais  aulfi-tôt  après  la  mort  de  fon  pere.  L’autre  époula  1 
quelque  tems  après  fa  coufine  germaine ,  fille  6c  heritiere  de  Bertrand  comte 
de  Provence  fon  oncle  paternel ,  laquelle  lui  apporta  fes  droits  fur  la  moitié 
de  cette  province.  De  là  vient  fans  doute  que  les  anciens  hiftoriens  donnent 
à  Raymond  la  qualité  de  comte  de  Provence  du  vivant  du  comte  Guillaume  IV. 
fon  frere.  L’un  d’entr’eux  k  rapporte  »  que  les  deux  fils  de  Pons  comte  de’ 
»  Touloufe  furent  nommez ,  l’un  Raymond  de  faint  Gilles ,  6c  l’autre  Guillau- 
»  me  de  Touloufe  j  que  le  premier  fut  comte  de  cette  ville ,  6c  le  fécond  de  Pro- 
»  vence.  «  Un  autre  hiftorien  1  du  tems  donne  à  Raymond  la  qualité  de  comte 
de  Provence  *  en  1080.  long-tems  avant  la  mort  de  Guillaume  fon  frere. 
Nous  ignorons  l’époque  de  celle  de  Bertrand  oncle  paternel  de  Ray¬ 
mond  de  faint  Gilles ,  6c  pere  de  fa  première  femme.  Il  paroît  feule¬ 
ment®  qu’il  eut  un  fils  nommé  Raymond  ,  qui  mourut  avant  lui  fans  pofte¬ 
rité  ,  ou  du  moins  peu  de  tems  après,  6c  qui  fut  inhumé  dans  l’églile  de  faint 
Sernin  de  Touloufe  où  l’on  voit  encore  Ion  tombeau.  Au  refte  Guillaume 
comte  de  Touloufe  8c  Raymond  de  faint  Gilles  fon  frere  furent  en  bonne 
intelligence  avec  Almodis  comteffè  de  Barcelone  leur  mere  pendant  tout  le 
refte  de  la  vie  de  cette  princellè. 

On  a  déjà  remarqué  que  la  comtefle  Almodis  avoir  une  feeur  nommée 
Rangarde  ,  qui  avoit  époufé  Pierre-Raymond  comte  en  partie  de  Carcaflonne, 
6c  vicomte  de  Beziers  ôc  d’Agde.  Celle-ci  étoit  déjà  veuve  au  commence¬ 
ment  de  l’an  1061.  comme  il  paroît  par  une  donation  "  qu’elle  fit  alors, 
«  avec  Raymond  fon  gendre  6c  fes  deux  filles,  Ermengarde femme  de  ce  der- 
»  nier,  ôc  Adélaïde  ,‘à  l’abbaye  de  faint  Pons  de  Tomieres,  6c  à  Frotard  fon 
»abbé  j  de  l’alleu  de  Tonnens  fur  la  riviere  d’Orb  ,  auprès  de  Villeneuve, 
«  dans  le  pais  de  Beziers  ,  6c  de  tout  ce  qu’y  avoient  pofledé  juftement  ou 
«injuftement  Guillaume  vicomte  de  Beziers ,  Raymond- Roqerii  (  ou  fils  de 
»  Roger  I.  comte  de  Carcaflonne  )  la  vicomteffe  Garfinde  (fa  femme)  8c  fes  fils, 
«  Pierre  (  mari  de  la  même  Rangarde  )  6c  Guillaume.»  Erotaire  évêque  de 
Nifmcs ,  oncle  paternel  de  Raymond  gendre -de  Rangarde,  6c  Guillaume 
abbé  de  Caunes  furent  prefens  à  cette  donation ,  qui  confirme  ce  que  nous 
avons  rapporté  u  ailleurs  des  defeendans  de  Raymond  fils  de  Roger  I.  comte 


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DE  LA  NGUEDOC.  Liv.XIV.  105 _ 

de  Carciffonne ,  &  de  Ton  mariage  avec  Garfinde  fille  ôc  hericiere  de  Guillaume  An.  106 1 . 
vicomte  de  Beziers  &  d’Agde. 

La  comtellè  Rangarde  ne  fait  aucune  mention  dans  cet  aâe  du  comte  Ro¬ 
ger  fon  fils  ,  quoique  ce  comte  vécut  encore  alors.  Nous  avons  en  effet 
un  aâe  4  fuivant  lequel  Roger  &  Raymond-Bataille  fon  frere  ,  donnent  *  tr-f- 14r* 

en  allen  le  U-  de  Janvier  de  la  fécondé  année  du  régné  de  Philippe  ,  ou  de  l’an  _ 

io6z.  la  moitié  du  château  de  Prouille,  &  les  deux  tiers  de  celui  de  Mi-  io6z. 
repoix,  k  la  comtejfe  Rangarde  fille  d’Amclie,  &  au  comte  Roger  fon  fils ,  k  caufe 
du  mal  qu’ils  leur  avaient  fait.  Ces  deux  feigneurs  confentent  en  même  cems 
que  cette  comtellè  &  le  comte  fon  fils  ,  obligent  Pierre  Roger  leur  frere  à 
leur  ceder  le  refte  de  ces  deux  châteaux  dont  ils  lui  firent  hommage ,  & 
qu’ils  ne  tenoient  fans  doute  auparavant  de  perfonne.  Ces  deux  châteaux 
étoient  alors  fituez  dans  le  diocèfe  de  Touloufe  *  le  premier  dépend  aujour¬ 
d’hui  de  celui  de  faint  Papoul ,  &on  y  fonda  depuis  un  célébré  couvent  pour 
des  religieufes  de  l’ordre  de  faint  Dominique  *  l’autre  a  donné  l’origine  à  la 
ville  de  Mirepoix,  devenue  épifcopale  depuis  le  pontificat  de  Jean  XXII. 

C’eft  le  monument  le  plus  ancien  que  nous  ayons  &c  de  cette  ville ,  &  de  fes 
feigneurs. 

Raymond  qui  avoit  époufé  dès  l’an  1061.  Ermengarde  ,  fille  du  comte 
Pierre- Raymond ,  U  de  Rangarde  de  la  Marche  fa  femme  ,  avoit  iuccedé 
alors,  à  ce  qu’il paroît h , à  Bernard-Aton  III.  du  nom,  fon  pere,  dans  les  b  v.  note 
vicomcez  d’Aibi  &  de  Nifmes.  Il  eft  du  moins  certain  que  ce  dernier  étoit  xxl ■  ”•  *f- 
déjà  décédé  dans  le  mois  de  Novembre  de  l’an  ioéz.  comme  nous  le  prouve¬ 
rons  bientôt.  Cela  peut  fervir  à  fixer  l’époque  de  l’éle&ion  de  Frotard  évê¬ 
que  d’Aibi,  qui  obtint  cet  évêché  c  moyennant  quinze  chevaux  de  grand  prix  cMuz.Mif- 
qu’il  donna  à  Frotaire  évêque  de  Nifmes  ,  a  Bernard  fon  frere  ,  qui  avaient  c,u-,“-6P'-'iu 
coutume  de  recevoir  une  fomme  confederahle  pour  l' intronifation  des  évêques  d’Aibi  j 
en  for  te  que  ferfonne  ne  pouvoit  obtenir  cet  évêché  qu’en  le  recevant  de  leurs  mains. 

L’evêque  Frotaire  &:  le  vicomte  Bernard- Acon  fon  frere,  avoient  donc  érigé 
l’évêché  d’Aibi  en  fief  mouvant  de  leur  domaine  :  nous  en  avons  donné 
ailleurs  d’autres  preuves.  On  voit  par  là  que  Frotard  ,  que  nous  croyons  de 
la  niaifon  de  Lautrec ,  parvint  à  cet  évêché  avant  la  fin  de  l’an  1 06 1.  Il  fuc- 
ceda  à  Guillaume  qui  avoit  été  élû  par  une  voye  également  contraire  aux 
canons,  &  qui  fiegeoit  encore  en  1054.  Audi  Frotard  fut-il  traduit  dans  la 
fuite  comme  fimoniaque  devant  le  pape  Grégoire  VII.  &  dépofé  comme  tel , 
ainfique  nous  le  verrons  ailleurs. 

Le  vicomte  Bernard-Aton  III.  du  nom ,  ne  paroît  pas  différent  du  vicomte 
Bernard. Aton  qui  fouferivit  A  à  une  donation  de  Raymond  comte  de  Pailhas  Asurc.H,^ 
en  faveur  de  Valence  fa  femme.  Ce  vicomte  laiffa  de  Rangarde  fon  époufe  ?■ ,ooi- 
deux  fils  e ,  Raymond- Bernard  &  Frotaire.  Le  premier  prit  le  furnom  de  e  note,, tu. 
Trencavel,  qui  paroît  n’avoir  été  d’abord  qu’un  fobriquet,  mais  qui  paiîà 
cependant  à  la  pofterité ,  &  devint  un  nom  propre  en  la  perfonne  de  quel¬ 
ques-uns  de  fes  defeendans.  Il  fucceda  à  fon  pere  dans  les  vicomtez  d’Aibi 
&  de  Nifmes  qu’il  poffeda  comme  lui  en  commun  avec  Frotaire  évêque  de 
Nifmes  fon  oncle  paternel.  Il  augmenta  confiderablent  fon  domaine  par  fon 
mariage  avec  Ermengarde ,  qui  hérita  bientôt  après  d’une  partie  du  comté 
de  Carcaflbnne,  des  vicomtez  de  Beziers Sc  d’Agde, &  des  autres  biens  de  la 
branche  aînée  delà  maifon  de  Carcaffonne.  Nous  ignorons  quel  fut  le  par¬ 
tage  de  Frotaire  fils  puîné  de  Bernard-Aton  III.  Les  anciens  feigneurs  de  Ca- 
ftelvieil ,  château  fitué  joignant  les  murs  de  la  ville  d’Aibi ,  dont  il  forme 
comme  un  fauxbourg ,  defeendoient  peut-être  de  lui  ;  car  ils  prenoient  ordi¬ 
nairement  le  nom  de  Frotaire  au  Frotier  ,  qui  leur  fervoit  de  furnom. 

Frotaire  évêque  de  Nifmes,  &le  vicomte  Raymond  fon  neveu ,  jouiffoient 
déjà  par  indivis  au  mois  de  Novembre  de  l’an  io6z.  du  domaine  de  leur 
maifon  :  preuve  certaine  que  Bernard-Aton  pere  du  dernier  ,  étoit  alors 
décédé.  Nous  avons  en  effet  un  a&e  f  fuivant  lequel  »  les  deux  premiers  «  fPr./».r4t.o>. 
craignant  d’encourir  l’excommunication  dont  le  pape  Nicolas  II.  avoit  «f'2- 
frappé  les  fimoniaques ,  &c  fe  fentant  coupables  d’avoir  ou  vendu ,  ou  injufte-  « 
nient  poffedé  jufqu’alors  diverfes  abbayes  Sc  autres  biens  ecclefiaftiques ,  ils  « 


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x t>6 


H  l  S  T  O  ï  R  £  GENERALE 


An.io6z.  »  réîolurent  de  rétablir  la  régularité  dans  celle  de  Soreze  foumifè  à  leur 
»>  autorité.  Ils  la  donnèrent  dans  cette  vue  à  Durand  abbé  de  faint  Vi&or 
»  de  Marfeille  ,  &  à  fes  fucceffeurs,  à  condition  qu’il  y  envoyeroic  un  abbé 
»  digne  de  gouverner ,  &  formé  fur  l’inftitut  &  L'ordre  de  faint  Victor.  »  Deux 
feigneurs  du  pais  lefquels  occupoient  fans  doute  une  partie  des  biens  de  l'ab¬ 
baye  de  Soreze, ou  les  tenôient  en  fief  de  l’évêque  Frotaire  &  de  fon  neveu, 
confentirent  à  cette  donation,  8c  reftituerent  les  biens  ufurpez.  Frotaire  Ce 
réferva  cependant  une  efpecc  de  prééminence  fur  ce  monaftcre ,  car  il  auto. 
a»4 lui.Mif-  rifa  neuf  ans*  après  l’éle&ion  d’un  abbé.  Il  fie  paroîtpas  cependant  par  ce 
ixiLtt.i-f.i46,  dernier  ade  que  l’abbaye  de  Soreze  fut  alors  fous  la  dépendance  de  celle  de 
faint  Vidor,  ce  qui  nous  donne  lieu  de  croire  que  leur  union  ne  dura  pas 
long-tems  ;  fl  ne  nous  refte  là-deffus  en  effet  d’autre  monument  que  l’ade 
du  mois  de  Novembre  de  l’an  1062.  dont  on  vient  de  parler ,8c  qui  fans  doute 
n’eut  pas  fon  execution. 

Nous  avons  encore  d’autres  monumens  qui  prouvent  que  Frotaire  évêque 
de  N  vîmes  jouit  conjointement  avec  Raymond  fon  neveu  du  domaine  de  leur 
b  Pr*.»4j,  ér  maifon  :  tels  font  divers  hommages 0  rendus  à  l’un  8c  à  l’autre  pour  les  châ- 
teaux  de  Roquefort  fur  lariviere  de  Sor  dans  le  Touloufain,  de  Berens,  Ca- 
hufàc,  Montagut,  8c  Curvale  en  Albigeois,  &c.‘ Les  feigneurs  de  Cadalen 
leur  donnèrent  auflî  dans  le  dernier  pais  leur  château  en  alleu ,  &  fans  doute 
le  reprirent  enfuite  en  fief. 

L.  L’abbaye  de  MoifTac  en  Querci  étoit  alors  foumife,  comme  celle  de  Soreze, 

Auronrc  des  £  l’autorité  d’un  feigneur  féculier.  Gaufbertcqui  s’en  qualifioit  abbé  laïque , 
Touiouie  fut  conhrmaau  mois  de  Juin  de  lan  1063,  entre  les  mains  de  Guillaume  comte 
l'abbaye  fle  de  Touloufe,  fils  8c  fucceffeur  de  Pons  ,  l’union  qui  en  avoit  ccé  faite  à 
celle  de  Cluni.  »  Il  déclare  dans  l’acte  que  fi  ce  prince  venoit  à  déceder 
»fans  enfans  légitimés,  fes  freres  Raymond  &  Hugues  fils  de  Pons,  8c  les  fils 
»  que  ces  derniers  auroient  d’un  légitimé  mariage ,  lui  fuccederoient  l’un  après 
»  l’autre  dans  l’exercice  de  l’autorité  qu’il  leur  accordoit  fur  cette  abbaye  > 
»  pour  y  maintenir  l’obfèrvance  régulière  ;  8c  que  fi  la  pofterité  de  ces  comtes 
»  palatins  venoit  à  manquer,  leurs  fucceffeurs  dans  le  comté  de  Touloufe, 
»  jouiroient  du  même  pouvoir  ,  fans  préjudice  de  celui  des  abbez  de  Cluni. 
Gaufbert ,  fuppofoit ,  ce  femble ,  par  cette  claufe  ,  qu’il  y  avoit  une  fubftitu- 
tion  dans  la  maifon  de  Touloufe  en  faveur  des  mâles ,  àl’exclufion  des  filles. 
Nous  ferons  ailleurs  ufagedecette  remarque. 

Il  y  avoit  donc  alors  quatre  abbez  à  Moiflâc  ,  deux  réguliers ,  8c  deux  fécu. 
liers.  Les  deux  réguliers  étoient  Durand  évêque  de  Touloufe ,  qui  en  avoit  le 
gouvernement  immédiat,  8c  S.Hugues  abbé  de  Cluni  qui  en  étoit  comme  le 
luperieur  general:  les  deux  féculiers  étoient  Gaufbert  qui  prenoit  la  qualité 
d’abbé  laïque  de  ce  monaftere ,  8c  qui  eut  des  fucceffeurs  dans  cette  dignité  ; 
&  Guillaume  comte  de  Touloufe  qui  y  exerçoit  la  principale  autorité  en  qualité 


Moi  ffcc. 
cPr.,.144 


de  comte  de  Querci  8c  de  feigneur  fuzerain.  Ce  prince  fé  trouva  fans  doute  à  la 
icateimtm.  dédicace  de  l’eglife  de  cette  abbaye,  qui  fe  fit  fur  la  fin  a  de  la  même  an- 
clu.chr.nov.  née,  Par  Durand  évêque  de  Touloufe  fon  abbé,  qui  l’a  voit  fait  rebâtir  ,  8c 
tdiut.up.ir.  1.  qui  fut  aflifté  dans  cette  ceremonie  par  Auftinde  archevêque  d’Auch ,  8c  fix 
autres  évêques  d’Aquitaine  ou  deGafcogne. 
li.  Roger  I.  comte  de  Foix  exerçoit  fur  les  monafteres  de  fon  domaine  une 
UmtdeRo-  fcmblable  autorité  ;  mais  il  ne  s’en  fervit  que  pour  y  établir  la  réforme. 
dcFo’ix'iTa'int  II  écrivit  entr’autres ,  avec  la  comteflè  Arnica  fa  femme  ,  à  faint  Hugues  abbé 
«a-bbé  de  Cluni  une  lettre6  pleine  de  religion  pour  lui  donner,  du  confentement  vo- 
«  er.  f.  ij8.  lontaire  du  comte  de  Touloufe ,  le  lieu  de  faint  Antonin ,  appelle  communément  Fre- 
delas ,  afin  qu'il  y  établit  l’ordre  monafiique.  On  ne  voit  pas  que  les  pieux 
defîèins  de  ce  comte  ayent  été  exécutez  ,  8c  que  faint  Hugues  ait  mis 
la  réforme  dans  l’abbaye  de  Fredelas  aujourd’hui  Pamiers  :  fes  domaines 
f;W./.j7S.é>  étoient  encore  en  effet  au  commencement  du  fiecle  fuivant*  au  pouvoir  des 
fà'  comtes  de  Foix.  • 

Outre  le  comté  de  ce  nom,  Roger  I.  pofledoit  une  portion  de  celui  de  Car- 
g  v.  soie  ca/îbnne,  dont  g  il  fut  le  fécond  comte  de  fon  nom.  L’autre  partie  du  Car- 
xxu.p.it.  CSL([ez  appartenoit  à  Roger  III.  fon  neveu  à  la  mode  de  Bretagne,  8c  fils  du 


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<v 

DE  LÀ  NGÜED  Ôc.Liv.  XIV.  _ 

eomte  Pierre-Raymond.  Ceû  cç  qu’on,  voir  par  una&e,  fiiivant;  lequçUe  9  An.io6jv 

comte  Roger  ^  fils  d*  Rangarde  ,  pu  Roger  III.  promet  **  comte  Rogeru 

fis  de  la  comtefie  Garfinde ,  ou  à  Roger  II.  de  ne  pas  lui  ôter  la  ville  de«/*fî> 

CarcaRuüne  ÔC  fes  dépendances,  les  château*  de  Saiflàc,  de  Campçndud,« 

d’Ariens  >  dAlayraç,  Rufliques,  VillaJier,  64  Coufoulens,  ceux  du  Puy« 

de  Cabaret ,  &ç>  leveche  du  comté  de  Carcaffonn, t; ,  les  abbayes  fituées  dans  « 

fon  etendue  avec  leurs  honneurs  j  8c  enfin  les  autrçs  çvêche^ ,  abbayes,  vil-  « 

les ,  châteaux  ^allçus ,  nefs  8ç  droits  que  çe  dernier  ppûèdoit  ou,  qu’il  açquer-  « 

roit  dans  h  fuite  avec fin confeil  Roger  III,.  promet  4e  pLus  au  comte  Ro-  « 

ger  fils  de  Garfinde ,  de  le  laiRer  pailibje  poljèffeur  de  la  moitié  de  U  frfic*  « 

du  comte  de  Carcajjonne  •,  dé  Iç  fecoutir  envers  6c  contre  tous ,  exceptç  çontre  « 

Guillaume  comte  de  Touloufç  ,  Raymond  frere  de  ce  prince,  Pierre  Ber-u 

nard  onclf  du  meme  Roger  III.  Rangarde  l à  mere,  6c  lès  propres  vailàux  •  « 

de  ne  pas  attenter  ni  à  fa  vie ,  ni  à  fes  membres ,  6c  de  fe  declarçr  enfin  en-  « 

nenu  de  ceux  qui  rartaquçroient.„Cetade,  qui  eft  très-interelTant ,  prouve  la 

fuzerametç  des  comtçs  de  Touloufefur  le  comté  de  CarcaRonne  ôc  nous  fait 

comprendre  que  quoique  Roger  I.  comte  de  CarcaRonne  eût  difpofé  par  fon 

teftament''  de  tout  ce  comté  en  favçur  de  Raymond  fon  fils  aîné,  ayeul  de 

Roger  III.  il  changea  neanmoins  quelque  choie  à  cette  di'fpofition5  à  moins 

que  Bernard  fon  fils  puîné ,  6c  pere  de  Roger  I.  comte  de  Foi* ,  ne  fe  foie 

emparé  d’unç  partie  du  môme  comté  pendant  la  minorité  de  fes  neveux 

fils  du  comte  Raymond  Ion  frçre.  Quanç  à  Fép^que  de  cet  acte  qui  n’eftpas 

daté,  on  peut  la  fixer  à  peu  près  fur  ce  que  d’un  côté  il  eft  polterieur  à 1* 

mort  d?  Poris  comte  dç  Touloqfe  arrivée  en  1061.  6c  que  de  l’autre  Roger 

III.  étoit  déjà  déccdé  en  1067.  ainlï  çomme  ce  dernier  étoic  déjà  majeur 

dès  le  mois  d  Avril  de  1  an  1064.  6c  qu’il  gouvernoit  alors  lès  domaines  par  TofiâT* 

lui-même ,  il  fit  fans  doute  vers  çe  mçme  tçms  ce  traité  avec  Roger  I.  comte 

de  Foix  fon  parent.  ° 

Nous  avons  la  preuve  que  Roger  III.  comte  eu  partie  de  CarcaRonne,  8c 
Vicomte  dç  Beziers  6c  d’Agde  adminiftroit  lui-même  fes  états  au  mois  d’Avril 
de  l’aU  * 064.  dans  un  '  acte  ,  luivant  lequel  >»  Gonthier  évêque  d’Agde  6c  «  c 
Pons  abbé, furent  trouver  alors  ce  comte,  ôc  lui  reprélenterent  que  lemo-»^’ 
mfteré  de  faiqt  André  fitué  près  des  murs  de  cetre  ville  qu’il  leur  avoit  « 
donnée  étoit  prefqu’enticrement  défère  s  que  de  tous  les  anciens  biens  qu*il  « 
poffedoit  Autrefois  8c  qui  fuffifoient  pour  l’entretien  de  trois  cens  religieux  « 
il  rçftoit  a  ppine  dequoi  en  nourrir  un  feul  5  6c  que  dans  la  vue  d’y  réta’« 
blir  l’ordre  monaftiquç  >  ^  ils  avoient  engagé  Durand  abbé  de  S.  Vicdor  de  « 

Marfcille  &  fa  congrégation,*  s’en  chargeai  caufe  de  l’étroite  amitié  qui  étoit« 
çnrr’eu*,  Sur  cela  le  comte  Roger  permit  non  feulement  à  l’évêque  Gonthier 
&  i  l’abbe  Pons  de  faire  cette  union  *  mais  il  i’autorifa  de  la  manière  la  plus  « 
aurenrique,  du  confentemcnt  des  principaux  feigneurs  6c  du  peuple  du  païs  « 
de  Rangarde  fa  mere, 6c  de  Sibylle  fa  femme.  «  Roger  Ilï.comte  de  CarcaRonne 
étoit  donc  marié  en  ce  tems-là  »  ce  qui  prouve  encore  qu’il  avoit  pris  l’ad- 
miniftratioï)  de  fes  domaines, après  avoir  été  quelques  années  auparavant  fous  la 
tutelle  de  la  comteRe  Rangarde  fa  mere,  ainh  qu’on  l’a  déjà  vu.  Au  relie  l’abbé 
Pons  qui  foljiçita  l’union  de  l’abbaye  de  faine  André  d’Agde  à  celle  de  S.  Vider 
de  Marfeille  ,  étoit  fans  douteabbé  de  Ja  première,  que  le  comte  Roger  III, 
lui  avoit  donnée  vraisemblablement  en  fief  ° 

Il  y  a  lieu  de  croire  quç  ce  prince  hérita  ou  prétendit  heriter  quplquetems  tir 
apres  de  l’autre  moitié  du  comté  de  CarcaRonne  poRedée  par  Roger  I.  comte  Mort  <*c  ao- 
deFoix,  qui  mourut  fans  enfans  <*,  avant  l’an  1067.  Peut-être  étoient-ils  *",-c"mte<le 
convenus  par  quelque  traité  de  fe  fucceder  l’un  à  l’autre ,  au  défaut  de  def. 
cendans  miles,  dans  la  partie  dp  comté  de  CarcaRonne  que  chacun  d’eux  f“ccede en P“* 
occupoir  i  ce  qu’il  y  de  vrai  « ,  c’eft  que  d’un  côté  Roger  III.  6c  fes  heritiers  Tsotlsxit. 
prétendirent  qu’après  la  mort  de  Roger  I.  comte  de  Foix  *  tout  le  comté  *• 
dé  CarcaRonne  leur  appartenojt,  ôç  que  de  l’autre  Pierre  frere  de  ce  dernier  fi}!***** 
Ç»  du  moins  Rogçr  fon  neveu  ,1m  luccederent  dans  le  comté  de  Foix  le’  eô  ,  m 
Tt  ?aÛ"a  *  pofterité.  Ce  comte  Pierre ,  qui  prend  le  furnom  f  de  Bernard  *  H-  " 
teRi-dire  fil?  de  Bernard,  6c  qui  avoit  eu  ,  à  ce  qu’il  paroît ,  lç  de 


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An. 1064 


lui. 

Vccu  de  Ber¬ 
nard  corme  de 
Bigorre  à  No- 
ne  Dame  du 
Buy. 

a  MircuBtarn. 
p.  8 10. 
Gall.chr.  nov. 
tdto.  i.  tnjlr.p. 
zi6. 

b  V Marc.ibid. 

C  G:fley  bi/Uu 
Puy  i.ed.p 

40 

d  Murc.tbid. 
fiZo9. 

cPr-p.t9o. 


f  Btluz.Mi'c. 
to.6.p.*7%-  & 

H- 

V.  Mab.  Md  Ann . 
l06+n-61- 


g  Mart/t  Béarn* 
p.  8 o)-&M- 
V  NOTE 
XX  U.  n.  U. 

*  Pr.fi.i77- 

h  K  NOTE 
XXII.  n.ix.& 

i(îï' 


L1  V. 

Monde  Roger 
1  II.  comte  de 
Gircadonne. 
F.rmen  'aide  fa 
fosurlui  luccc- 
dedans  lapins 
grande  pat  rie 
de  les  domai¬ 
nes. 

j  Pr.p.  148. 

106  j. 

k  lbid.p.io 9. 

1  Pr.p.171. 


LV. 

Mort  de  Berthe 
comte  (le  de 
Rouergue  , 
nurquife  de 
Goth'c,  Sec. 

m  V,  Baluz. 
Jluv.  ro.i  pST. 

0  Ch  on.Hn/ 
fi*v  ton.  bibl. 
Ldb.p.x  93. 

Ibid. p*  183. 


108  HISTOIRE  GENERALE 

Confèrans  en  partage ,  eft  le  même  que  Pierre-Bernard  que  Roger  III.  ap¬ 
pelle  Ton  oncle  dans  un  acte  dont  on  a  déjà  parlé  :  il  l’etoic  en  effet  à  la 
mode  de  Bretagne. 

Bernard  comte  de  Bigorre ,  qui  étoit  frere ,  à  ce  qu’il  paroît,  de  Roger  I. 
comte  deFoix,  mourut  à  peu  près  vers  le  même  tems.  Il  entreprit  en  1062. 
avec  Clemence  fa  femme  a  ,  un  pèlerinage  à  l’églife  de  Notre-Dame  du  Puy, 
où  il  convoqua  à  fon  arrivée  l’évêque  6c  les  chanoines  ,  fc  recommanda  à 
leurs  prières,  &  par  un  efprit  de  piete  6c  de  religion,  fc  voua ,  avec  fon 
comté  à  cette  églife  ,  &  s’engagea  de  lui  payer  tous  les  ans,  pour  marque  de 
fon  dévouement,  tant  pour  lui  que  pour  fes  fucceflèurs,  la  fomme  de  foi- 
xantefols  Morlanois,  comme  une  efpece  de  cens.  C’cft  là  la  véritable  originel» 
de  la  prétendue  mouvance  du  comte  de  Bigorre  de  l’églilè  de  Notre-Dame 
du  Puy ,  fur  quoi  quelques  auteurs  c  ont  débité  bien  des  fables.  On  croit 
d  que  Bernard  Tumapaler  comte  d’Armagnac ,  fournit  vers  ce  tems-là  fon 
comté  à  la  même  églife ,  6c  qu’à  l’exemple  du  comte  de  Bigorre ,  il  s’enga. 

fea  envers  elle  à  lui  payer  une  redevance  annuelle.  Artaud  comte  de  PaiL 
as  edans  la  Marche  d’Efpagne,  6c  fes  fils  Artaud,  Guillaume  6c  Eudes, 
firent  auffi  quelques  années  après  ,  une  donation  à  l’églilè  du  Puy.  Tous  ces 
actes  prouvent  que  cette  églile  étoit  alors  fort  célébré ,  6c  qu’on  y  avoit  une 
grande  dévotion. 

Bernard  1  comte  de  Bigorre  unit  au  mois  de  Novembre  de  l’an  1064.  le 
monaftere  des  faines  Félix  6c  Lizier  à  l’abbaye  de  Cluni  ,  en  prelence  de 
Durand  évêque  de  Touloufe,  6c  de  plufieurs  autres  évêques.  On  ne  trouve 
plus  depuis  aucun  monument  de  ce  comte ,  qui  gouverna  fon  domaine  avec 
beaucoup  de  prudence  ôc  defageffe,  6c  qui  décéda  làns  doute  bientôt  après.  Il 
lailla  g  un  fils  nommé  Raymond, de  Clemence  fa  première  femme, 6c  une  fille  ap- 
pellée  Beatrix  d’Etiennete,  qu’il  époufa  en  1  *  noces  après  l’an  106  2.  Raymond 
fon  fils  lui  fucceda  dans  le  comté  de  Bigorre,  6c  mourut  fans  enfans.  Il  paroît  * 
qu’il  eut  quelque  différend  avec  Arnaud  III.  comte  de  Comminges ,  qu’il  rava. 
gea  fon  domaine ,  6c  qu’il  en  fit  enfuite  réparation.!  Suivant  cet  ade  le  même 
Arnaud  avoit  h  un  frere  nommé  Roger  alors  moine  de  Lezat.  Beatrix  fille  de 
Bernard  vicomte  de  Bigorre  époufa  en  1078.  Centulle  vicomte  deBearn,  6c 
hérita  de  ce  comté  apres  la  mort  de  fon  frere  arrivée  avant  le  mois  d’Avril  de 
l’an  1080.  C’eft  ainli  que  finit  cette  branche  de  la  mailonde  Carcaffonne. 

Roger  III.  qui  en  étoit  le  chef  en  qualité  de  defcendantde  Raymond  fils 
aîné  k  du  comte  Roger  I.  confirmaau  mois  dejuin  de  l’an  106  5. en  faveur  de  la 
cathédrale  de  Beziers,  la  donation  >  que  le  comte  Pierre-Raymond  fon  pere 
avoit  faite  à  cette  égliiè  en  1043.  Il  ne  furvêcut  pas  long-tems,  6c  nous  ver¬ 
rons  bientôt  qu’il  étoit  décédé  en  1067.  k  Comme  il  n’avoit  pas  d’enfansde 
Sibylle  fa  femme ,  il  fit  Ermengarde  là  focur  fa  principale  heritiere 1 ,  6c  elle 
lui  fucceda  en  effet  dans  la  plupart  de  fes  domaines,  qui  comprenoient  en. 
tr’autres  les  comtez  de  Carcallonne  6c  de  Rafez  ,  6c  les  vicomtez  de  Beziers 
6c  d’Agde  qu’elle  apporta  dans  la  maifon  de  Raymond-Bernard  fon  mari, 
vicomte  d’Albi  6c  de  Nifmes.  Cette  mailon  devint  ainli  la  plus  puilîànte  de 
la  province,  après  celle  des  comtes  de  Touloufe,  qui  vers  le  même  tems 
réunit  à  fon  domaine  les  biens  de  la  branche  de  Rouergue  ,  par  la  mort  de 
Berthe  comteffe  de  ce  pais  ,  6c  marquife  de  Gothie,  ce  qu’il  faut  reprendre 
déplus  haut. 

On  a  déjà  remarqué  que  cette  princeffe,  qui  avoit  époufé  dès  l’an  1051.R0-. 
bert  fils  aîné  de  Guillaume  V.  comte  d’Auvergne,  hérita  dès  l’an  1059.  de 
tous  les  domaines  qui  avoient  appartenus  au  comte  Hugues  fon  pere,  6c  que  le 
premier  fe  qualifioit  “alors  comte  de  Rouergue.  Nous  apprenons  de  plus  par 
une  lettre  que  le  pape  Nicolas  II.  écrivit  “  à  Robert ,  que  ce  comte  dominoit 
fur  le  Rouergue  au  nom  de  fa  femme,  à  la  fin  de  la  même  année,  ou  au 
commencement  de  la  fuivante.Ce  pape  l’exhorte  par  cette  lettre  à  reftituer  au 
monaftere  de  laint  Amand  de  Rodez  les  biens  que  Richard  abbé  de  faine 
Vannes  de  Verdun,  auquel  ce  monaftere  étoit  fournis,  avoit  engagés  0  en 
1028.au  comte  Hugues  pere  de  Berthe.  VTalleran  abbé  de  fai nt  Vannes, 
parent  de  Robert ,  qui  avoir  follicicé  cette  lettre ,  &  qui  s’en  étoit  chargé , 

mourut 


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DE  LANGUEDOC  L  i  v.  XI V.  109 

tfiourut  1  à  fon  retour  de  Rome,  avant  que  de  l’avoir  rendue ,  le  16.  de  Juin  An.  106J» 
de  l’an  1060.  Elle  nous  apprend  que  ce  comte  dans  un  voyage  qu’il  avoit  »M»t .»***■+> 
fait  peu  de  tems  auparavant  à  Rome  s’étoit  ouvert  au  pape  Nicolas  IL  ,<MO-*74‘ 
du  delTein  qu’il  avoit  formé  d’abandonner  le  lîecle  :  deffêin  qu’il  n’executa  pas, 

Robert  polîèda  donc  dès  l’an  1059,  au  nom  de  Berthe  fa  femme  ,  le 
marquifatde  Gothie  ,  les  comtez  de  Rouergue,  de  Narbonne,  de  Gevaudan, 

&  les  autres  domaines  qui  avoient  appartenu  à  Hugues  pere  de  cette  prin- 
celle,  qui  fut  fon  heritiere.  Nous  avons  en  effet  divers  nionumens  qui  nous 
apprennent  que  Robert  Se  Berthe  fa  femme  dominèrent  conjointement  fur  ces 
differens pais,  depuis  cette  année  jufqu’en  1065. 

Tel  eft  le  contentement  qu’ils  donnèrent  b  en  1060.  ou  io6z.  avec  Pierre  b •&**&, 
évêque  de  Rodez,  au  retabliffemcnt  du  monaftere  de  faint  Pierre  de '°  *“  'll>‘ 
Clairvaux  en  Rouergue  ,  litué  entre  les  châteaux  de  Panat  &  de  C  a  [fa  ignés. 

Nous  trouvons  encore  que  Deufdet ,  abbé  laïque  ou  féculicr  de  Vabres ,  unie c  c  ov/wlr 
cett?  abbaye  à  la  congrégation  de  faint  Victor  de  Marlêillc  ,  duconjcntcment  ed.to. i./.j?. 
de  fon  maître  &  de  fon  figneur  Robert  comte  de  Rouergue  &  d’ Auvergne  ,  de  fa  &  H- 
femme  Berthe  ,  &  de  la  comteffe  picarde  ayeule  de  celle-ci.  L’acte  elt  daté  du 
bourg  ou  village  de  faint  Gilles ,  un  Mardi  12.  de  Juin  de  l’an  1062.  JndictioH 
XIV.  E pacte  XXVI.  le  XIX.  de  la  lune.  L’indidion  ,  la  lettre  Domini¬ 
cale ,  l’épade  &;  le  jour  de  la  Lune  ,  qui  conviennent  parfaitement  cnfemble, 
font  voir  qu’il  y  a  faute  dans  l’année  de  l’Incarnation,  &.  qu’il  faut  lire 
io6i.au lieu  de  io6z. 

On  doit  dire  la  même  chofe  d’un  autre  monument  daté  du  mois  de  No-  àchnn./ym 
vembre  de  l’an  1061.  Indiction  XIV.  fuivant  lequel  le  meme  Deufdet 
s’étant  rendu  à  l’abbaye  de  faint  Martial  de  Limoges ,  où  faint  Hugues  «  t».  i.p.j»  ' 
abbé  de  Cluni  préfidoit  à  une  allemblée  capitulaire,  donna  à  cet  abbé,« 

&  à  fes  fuccefleurs  l’abbaye  de  V abres ,  avec  l’agrément  de  Robert  comte  d’ Au-  « 
vergne  ,  de  Picrre-Bcrcngcr  évêque  de  Rodez^,  S'  des  comtcffcs  Ricarde  &  Ber-  « 
the ,  pour  la  faire  gouverner  régulièrement  fous  fon  autorité  par  Durand  « 
moine  de  Cluni,  abbé  de  Moiliùc ,  &  évêque  deTouloufe  ,  fuivant  les« 
ulâges  de  Cluni.  »  Deufdet  déclare  qu’il  fait  cette  donation  tant  pour  la 
rémiflion  de  les  péchez ,  que  de  ceux  de  fes  parens ,  qui  par  des  traitergfmo- 
maques  avoient  auparavant  acheté  l'abbaye  de  Vabres ,  dont  ils  avoient  été  abbez^ 

L’union  de  ce  monaftere  à  la  congrégation  (je  Cluni  n’eut  pas  lieu ,  &  il  fut 
aggregé  à  celle  de  faint  Viclor  de  Marfeille,  fuivant  le  premier  projet.  C’eft 
•  ce  que  nous  apprenons  d’une  lettre  e  que  Durand  abbé  de  faint  Viclor  écrivit e  "d, 
étant  malade  ,  au  comte  Robert,  pour  l’informer  que  conformément  à  fa  *rn^'t01‘ 
demande,  il  envoyoit  quelques-uns  de  fes  religieux  à  Vabres  afin  de  procéder  à 
l'élection  d’un  abbé  ;  avec  promclTe ,  s’il  revenoit  en  fanté  ,  d’aller  ,  félon 
fes  ordres,  le  joindre  à  Narbonne  au  mois  de  Septembre  fuivant.  Durand 
abbé  de  faint  Victor  mourut  bientôt  après  au  mois  de  Novembre  de  l’an  1064. 

On  doit  inférer  de  là  1  Que  cette  union  fut  confommée  vers  le  milieu  de  la 
même  année.  z°.Que  Robert  dominoit  alors  à  Narbonne,  au  nom  de  Berthe 
marquife  de  Gothie  fa  femme.  Du  refte  l’union  de  l’abbaye  de  Vabres  à 
la  congrégation  de  faint  Victor  de  Marfeille  fubfifta  f  jufqu’au  commence- 
ment  du  XIV.  fieele  que  ce  monaftere  fut  érigé  en  évêché.  r.  *9 

Enfin  le  comte  Robert  &  Berthe  fa  femme  Z  ,  fille  d'Hugues  comte  de  Rouergue  & 
voulant  rétablir  l’obfcrvance  monaltique  dans  l’abbaye  de  faint  Amand  de 
Rodez  où  elle  étoit  entièrement  déchue,  fournirent  ce  monaftere  à  la  mê-, 
me  abbaye  de  faint  Victor  &  le  donnèrent  à  Bernard  qui  en  étoit  abbé, 

C’eft  ce  que  nous  apprenons  d’un  ancien  monument,  où  il  eft  marqué  que 

cette  union  ne  fut  executée  que  pluficurs  années  après,  à  caufe  des  guerres 

qui  s’élevèrent  dans  le  Rouergue.  Il  eft  aifé  de  conclure  de  là:que  Berthe 

vivoit  encore  en  1065.  puifque  Bernard  ne  fut  élu  habbé  de  faint  Victor  de  h c.*!Uhr,w*, 

Marfeille  qu’au  mois  de  May  de  cette  année  :  &  comme  il  eft  certain  que  1 t-6**' 

cette  comteilé  étoit  déjà  décedée  au  mois  de  Décembre  de  l’an  1066.  ainfi 

qu’on  le  verra  bientôt, cela  nous  donne  à  peu  près  l’époque  de  fa  mort.  Cette 

mort  arriva,  félon  les  apparences ,  apres  celle  de  la  comteflc^Ricarde  fon  ayeule, 

de  laquelle  nous  n’avons  plus  rien  après  l’an  1 06 1 . 

Tome  II.  D  d 


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HISTOIRE  GENERALE 


XXXV..*. 

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An. 1065.  Robert  comte  d’Auvergne  fe  remaria  bientôt  apres,  6c il avoit  déjà  époufé 
Robm  "11  en  ^econ(^es  noces 1  dès  l’an  1069.  Judith,  fille  u  de  Raymond  I.  comte  de 
rornte  d'Au*’  Subftantion  ou  de  Melgueil ,  &  de  Beatrix  ,  &  non  pas  de  Pierre  comte  de 
en  ëiccoQdcsfe  Melgucil  i  &  d’Almodis ,  comme  le  prétend  un  hiftorien  moderne  *.  Judith 
nôecsjuduh de  devint  veuve  en  1095.  du  comte  d’Auvergne,  auquel  elle  furvêcut  long- 
M.iduai.  11  tems  ,  comme  il  paroît  par  une  donation  c  qu’elle  fit  en  laveur  de  l’abbaye 
comîede Tou-  de  Cluni,  &  de  Pons  fon  neveu  qui  en  'était  abbé ,  6c  qui  ne  lut  élu  qu’après 
ioui'e&»iuy-  l’an  1109.  Elle d  pritenfuite  l’habit  religieux  dans  le  monaftere  de  faint  Pierre 
Gdiwion luit  Cornillon  au  diocèle  de  Grenoble  ,  où  l'on  croie  qu’elle  lut  inhumée, 
la  lucctflîoadc  6e  où  fon  anniverfairc  cil  marqué  au  dernier  jour  d’ Avril, 

Bcith'eminee*  ®ert^ie  comteffe  de  Roucrguc  6c  marquife  de  Gothie  décéda  fa  fis  pofterité, 
Th.iiuz.An'v.  Un  de  nos  genealogiftcs  e  prétend  que  iè  voyant  (ans  enfans  elle  donna  le 
u.i  p.  50.  (j.  comté  de  Rouergue  vers  l’an  1064.  à  Guillaume  IV. comte  deTouloulè  fon 
coufin,  ce  qui  fit ,  ajoute-t-il ,  que  Raymond  frere  de  ce  dernier  ,  prit  en- 
fuite  le  titre  de  comte  de  Rouergue  -,  mais  on  n’a  aucune  preuve  de*cette 
VtHsbrZv.  dilpofition  ,  6c  il  eft  plus  vrailèmblable  que  Berthe  mourut  ab  intejlat ,  6c  que 
'.«>.+  />•  iM.  ces  deux  lreres,qui  recueillirent  enfin  toute  fa  fucccllion  ,  fondèrent  leur 
droit  fur  la  proximité  du  fang,  6c  peut-être  encore  lur  quelque  lubllicution 
réciproque  faite  entre  leurs  ancêtres.  Berthe  defeendoit  en  effet  en  ligne 
droirc  d’Ermengaud  f  comte  de  Rouergue  6c  marquis  de  Gothie,  fils  puîné 
yntM^LÏ.'  d’Eudes  comte  de  Touloufe  *  ainli  elle  ctoit  parente  au  quatrième  degrc 
de  Guillaume  IV.  comte  de  cette  ville, 6c  de  Raymond  de  S. Gilles  fon  frere. 
Il  paroît  cependant  que  ces  deux  princes  ne  furent  pas  d’abord  paifibles 
pôflelîcurs  de  tous  les  domaines  qui  avoient  appartenu  à  Berthe  -,  que  Ro¬ 
bert  comte  d’Auvergne  mari  de  cette  princeffe  leur  difputa  fa  fucccllion ,  6c 
tâcha  de  fe  maintenir,  du  moins  dans  la  pollcffion  du  Rouergue  6c  du  Ge- 
vaudan  ;  6c  que  c’eft  ce  qui  caufa  les  guerres  qui  s’élevèrent  dans  le  pre¬ 
mier  de  ces  pais  auffi-tôt  après  la  mort  de  cette  princeffe  ,  &  qui  ne 
g  Pr.f.  5 o j.  finirent  b  que  vers  l’an  1079.  Il  eft  vrai  que  nous  ne  voyons  pas  depuis  cette 
mort  que  Robert  fe  foit  qualifié  comte  de  Rouergue  comme  auparavant  , 
6c  qu’il  ait  exercé  quelque  autorité  fur  ce  pais  j  mais  il  eft  certain  qu’il  prie 
depuis  le  titre  de  comte  de  Gevaudan  :  or  comme  ce  dernier  comté  ctoit  du 
domaine h  de  Berthe,  6c  que  Raymond  de  faint  Gilles  le  pollèda  dans  la 
fuite  en  qualité  d’heritier  de  cctse  princeffe  j  nous  ne  doutons  pas  que  le  comte 
d’Auvergne  ne  le  lui  ait  difputé  avec  les  autres  pais  qui  avoient  appar¬ 
tenu  à  la  femme,  6c  que  cela  n’ait  occafionné  une  guerre  entr’eux  ,  dont  le 
Rouergue  fut  le  principal  théâtre. 

Au  relie  il  y  a  lieu  de  croire  que  Raymond  de  faint  Gilles  foutint  feul 
cette  guerre  contre  le  comte  d’Auvergne.  Nous  voyons  du  moins  qu’il  re- 
fucccdc  aux  cueillit  prefque  toute  la  fucccllion  deberchc ,  que  Guillaume  IV.  comte  de 
Touloulè  fon  frere  lui  céda  fans  doute  par  quelque  traité  particulier. Raymond 
fe  qualifia  en  effet  depuis  l’an  1066.  comte  de  Rouergue,  de  Narbonne, 
de  Nifmes,  6cc.  comtcz  do*nt  cette  princeffe  avoit  hérité  de  fon  pere.  Ray¬ 
mond  de  S.  Gilles  fit  par  lâ  revivre  en  fa  perlonne  le  titre  de  comte  de  Rouer¬ 
gue  affecté  à  la  branche  cadette  de  fa  maifon ,  6c  il  le  prit  ordinairement 
dans  la  fuite  jufqu’à  fon  avenement  au  comté  de  Touloufe.  Ce  n’clfc  donc 
pas  par  ufurpation ,  comme  quelques  auteurs  ont  voulu  le  faire  entendre  , 
que  ce  prince  fe  rendit  maître  du  Rouergue  ,  6c  des  autres  domaines  qui 
avoient  appartenu  à  la  comteflè  Berthe,  mais  par  un  droit  légitime  qu’il  avqit 
à  fa  fucccllion. 

C’eft  peut-être  en  qualité  d’heritier  de  cette  princeffe  que  Raymond  étendoic 
i  Pr.f-nf.  au  mois  d’Août  de  l’an  1 06  y.  Ion  autorité  fur  l’Ulcge.  Ce  prince  étant  alors1, 
dans  le  monaftere  de  faint  Saturnin  fur  le  Rhône,  aujourd’hui  le  Pont-Saint- 
Efprit  ,  donna  à  faint  Hugues  abbé  de  Cluni  l’abbaye  de  Goudargues  fîtuée 
dans  ce  pais,  laquelle  avoit  été  foumiie  anciennement  â  celle  d’Aniane.  Ray¬ 
mond  fit  cette  donation  pour  le  bien  de  fon  ame ,  de  lès  prédecclïêurs ,  de 
fon  pere  6c  de  fa  mere  ,  de  fon  frere  &  de  fa  fœur,&c.  6 c  céda  en  même  tems  à 
l’abbaye  de  Cluni  toutes  Les  coutumes  juf  es  ou  tnjujles  dont  fes  prédecefjcurs  ,  ou  lui- 
même  ,  avoient  joui  jufqiï  alors  fur  le  monajiere  de  Goudargues. 


h  NO  TE 
XAn»  n.'ô , 


L  VII. 


doivuincs  de 
U  braockc  de 
PvOjcr^uc. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIV. 


zii 


1 


Raymond  de  feint  Gilles  avoir  déjà  fuccedé  dès  le  mois  de  Novembre  de  An.io 66. 
l’an  1066.  dans  la  plupart  des  domaines  qui  avoient  appartenu  à  la  com- 
telîè  Bertke  la  coufine  -,  preuve  que  cette  princeflè  étoit  alors  déjà  décedée. 

C’eft  ce  qui  paroît  par  un  *  acte  lui  vaut  lequel  Almodis  comtcfjc  par  la  grâce  « Pr.p.in-& 
de  Dieu ,  &  Raymond  [on fils  3  très -noble  comte  de  Roucrgue ,  de  Nifirnes  &  de  Nar-  Af* 
bonne  y  donnent  pour  le  [oulagement  du  comte  Pons  3  pour  la  rémi/fion  de  leurs 
pechez  ,&  le  falut  de  leurs  valTaux  ,  l’abbaye  de  fàint  Gilles  à  faine  Hugues 
abbé  de  Cluni  &  à  les  luccellèurs.  Almodis  6c  Ton  fils  Raymond  le  re/èr- 
vent  en  même  tems  les  ufàges  8c  les  coutumes  qu’ils  avoient  fur  le  domaine  de 
cetee  abbaye,  avec  promeflè  de  ne  plus  vexer  dans  la  fuite,  ni  l’abbé,  ni 
les  religieux  ,  dont  ils  laiilènt  la  conduite  6c  Je  gouvernement  aux  abbez  de 
Cluni,  qui,  ajoùtcnt-il»,  auront  autorité  fur  eux,  conformément  à  la  réglé 
de  faint  Benoît.  Ils  déclarent  enfin  que  l’abbaye  de  faint  Gilles  cfi  un  alleu 
de  faint  Pierre  qu'ils  tenoient  de  la  libéralité  du  pape  de  Rome ,  &  qu’ils  donnent 
à  l’abbé  Hugues,  faufila  fidelité  à  l’évlife  Romaine  &  au  pape ,  6c  à  condition 
de  payer  à  cette  églile  un  cens  annuel  de  dix  fols.  Cet  aèle  fut  palfc  dans 
l’églile  de  làint  Baufile  près  de  Nifines,  en  prelênee  de  Raymbaud  archevê¬ 
que  d’Arles  &  vicaire  de  l’églile  Romaine,  des  évêques  Durand  de  Toulou/è, 

Hugues  d’Ufez  ,  Roftaing  d’Avignon  ,  8c  Bertrand  de  Maguelonnc  -,  des 
abbez  Bernard  de  faint  Victor  de  Marfcille,  Frorard  de  faine  Pons  de  To- 
mieres,  &  Bernard  de  Vabres  j  de  Pons-Gerard  vicomte  de  Gironne  ,  de 
Guillaume  de  Sabran  ,  8c  d’Emenon  fon  frere  ,  de  Roftaing  de  Pofquieres, 
de  plufieurs  autres  feîgneurs  féculiers ,  6c  en  dernier  lieu  d' Adele  comteffie  de 
Subflantion  qui  y  donna  fon  approbation  &  fon  confentement  *.  On  voit  par  là  i°. 
que  l’union  de  l’abbaye  de  làint  Gilles  à  la  congrégation  ou  ordre  de  Cluni 
fut  faite  dans  une  alTcmblée  provinciale  tenue  dans  le  mon  altéré  de  faine 
Baufile  de  Nifmes.  2  e.  Que  Bertrand  évêque  de  Maguelonne  avoit  fuccedé 
dès-lors  à  Arnaud  Ion  predecellèur  immédiat,  èc  qu’ainfi  le  dernier  n’a  pas 
occupé  ce  fiege  jufqu’en  1078.  comme  on  le  prétend.  30.  Que  Raymond 
comte  de  Subflantion  ou  de  Mclgucil  étoit  alors  décédé ,  6c  que  Pierre  b  b  y.  kote 
fon  fils  &  de  Beatrix  fa  femme  ,  lui  avoit  fuccedé  fous  la  tutelle  ou  admi-  xx.xr/.*.}. 
niflration  de  la  comtclle  Adèle  là  mere.  4' 

Ce  dernier  époufa  c  vers  le  même  tems  Almodis  Hile  de  Pons  comte  de  lviii.j 
Touloufc,  &  d’Almodis  de  la  Marthe  fa  femme  ,  6c  fôeur  de  Guillaume  jfsl"n.wtk>a 
IV.  comte  de  cette  ville,  6c  de  Raymond  de  faint  Gilles.  Il  ell  fort  vrai-  epoufe -i.no- 
femblable  qu’Almodis  comtelfe  de  Barcelone  ,  mere  de  ccs  deux  princes,  ^i<k'To"lüU' 

«qui-  jouillbit  alors  ,  ainfi  qu’on  vient  de  le  voir,  du  domaine  de  faint  G  il-  c  itJ. 
les,  en  donna  une  partie  à  Almodis  fa  fille  en  la  mariant  au  jeune  comte  de 
Subftantiun,  &  quec’ell  pour  cette  raifon  qu’Adele  ayfule  de  ce  comte  con- 
fenrft  à  l’union  de  l’abbaye  de  faine  Gilles  à  l’ordre  de  Cluni  :  il  ne  paroît  pas 
d’ailleurs  que  cette  abbaye  ait  jamais  été  loumile  à  l’autorité  des  comtes  de  Sub- 
ftantion.  Du  relie  comme  Almodis  mere  de  Raymond  de  làint  Gilles  pof- 
fedoit  alors  conjointement  avec  lui  le  domaine  de  faint  Gilles ,  nonobltanc 
le  mariage  qu’elle  avoit  contracté  avec  le  comte  de  Barcelone,  du  vivant 
de  Pons  comte  de  Touloufe  fon  mari  ,  c’ell  une  preuve  que  ce  dernier  lui 
avoit  afîîgné  ce  même  domaine  pour  Ion  douaire. 

Le  mariage  d’Almodis  de  Touloulè avec  Pierre  comte  de  Subflantion,  fut 
fans  doute  un  des  principaux  motifs  qui  engagèrent  la  comrefîè  de  Barce-  tc/fc  de  lurcc- 
lone,  mere  de  cette  princellè  ,  à  faire  un  vovace  en  deçà  des  Pyrénées.  Elle  ,0"c  fait_ un 

,  r  ,  \  .  r  1  p  ..  >  r  ,  '  ~  voyage  aTou- 

rendit  peu  de  tems  apres  a  Touloulè  ,  ou  elle  confirma  d,  avec  GuiJ-  |OUic. Cniiiiu- 
laume  comre  de  cette  ville  fon  fils ,  l’abbaye  de  Moiflàc&  Durand  Ion  abbé, 
dans  la  poïïelïïon  du  lieu  ou  village  de  làint  Pierre  de  Cuilînes ,  que  le  comte  ou^tb'ide 
Pons  fon  mari  avoit  donné  auparavant  à  ce  monallere.  Onalfure  *  que  cette  en  premières 
confirmation  cil  de  l’an  1067.  elle  ell  donc  du  commencement  de  l’an, 
née,  puifqu’Almodis  avoit  rejoint  {  le  comte  de  Barcelone  fon  mari  dès  eCaàcomt. 
le  mois  de  Mars  de  la  même  année.  £ 

On  établit  depuis  un  prieuré  conventuel  ou  monallere  dépendant  de  l’ab-  f  pr.p.uo. 
bayedeMoillac  au  village  de  S.  Pierre  de  Cuilînes,  qui  le  trouvoit  firuégalors 
T  orne  JJ.  ,  D  d  ij 


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An.jo66. 


»  Pr.p. isj. 


11X  HISTOIRE  GENERALE 

hors  des  murs  de  Touloufs  ,  6c  qui  eft  renfermé  depuis  long-tems  dans 
fon  enceinte.  Les  comtes  de  Touloule  avoient  coutume  d’allembler  dans  l’églilê 
de  ce  prieuré ,  qui  eft  paroilfiale,  les  habitans  de  la  ville  quand  ils  avoienc 
quelque  affaire  à  leur  propofer.  Ce  prieuré  eft  uni  depuis  l’an  1607.  à  la 
Chartrcufe  de  Touloulc  qui  en  eft  voilinc. 

Guillaume  IV.  comte  de  Touloule  confirma3  de  nouveau  cette  donation 
en  faveur  d’Hun, tud  abbé  de  Meillac  ,  de  qui  il  reçut  pour  cela  foixante 
fols.  L’acte  ,  qui  fut  pallécn  prefence  de  Geraud  évêque  de  Cahors  ,  eft  fouf. 
cric  par  la  comtellè  Mathilde  femme  de  ce  prince.  L’on  conclut  de  là  b 


<i  y.  ir.p  179- 
c  Catclibid. 


LX. 

Accord  entre 


071 .  un  n'a  donc  pas  de  preuve  a  que 
thilde  avant  cette  derniere  année.  Il  eft  aulft  fait  mention  e  de  cette  com- 
telfe,  dont  on  ignore  la  mailon  ,  dans  une  donation  que  Guillaume  fon 
époux  fit  avec  elle  Se  Ifarn  évêque  de  Touloufe  en  faveur  de  l’hôpital  de 
faint  Raymond. 

On  voit  par  ce  que  nous  avons  dit,  que  Raymond  de  faint  Gilles  avoir 
R^ymon/d'r  Uéja  pris  polîèlïïon  du  comté  de  Narbonne  dès  la  fin  de  l’an  1066.  en  qua. 
ïamt  Gilles  &  lfté  d’heritier  de  Berthe  comcelle  de  Rouergue  facoufine.  Cela  parole  d’ail- 
île^Naii'oiine  leurs  Par  un  accord  f  qu>»l  fit  vers  le  même  tems  avec  Guifred  archevêque 
f  Pr.p.Lfi.  &  de  cette  ville,  fuivant  lequel  ce  prince,  qui  fè  qualifie  comte  de  Rouergue , 
A?-  »  promet  d’aider  ce  prélat  contre  les  évêques  de  la  province  qui  s’étoient 

»  fait  ,  ou  qui  fe  feroient  facrcr  dans  la  luire  fans  la  participation  3  de  lui 
»  rendre  les  murs,  les  tours  6c  les  forterefles  de  Narbonne  ,  depuis  la  tour 
»>  quarrée  près  la  porte  Royale  ,  jufqu’à  la  porte  Maurelque  3  d’obliger  Ray- 
»  mond-Berenger  6c  fes  fils ,  de  même  que  Garfinde  ,  Bernard  6c  l’évêque 
»>  Pierre  fes  fils,  à  les  lui  rendre,  6c  à  le  laiiler  jouir  de  la  moitié  des  péages, 
»  des  lods  8cc.  hors  de  la  ville ,  lefquels  appartenoient  à  l’archevêque  fuivant  les 
«diplômes  de  nos  rois  3  de  le  faire  jouir  paifiblement  tant  du  liege  archiepif- 
»  copal  des  lai  nts  Jult  8c  Pafteur  ,  fitué  dans  l’enceinte  de  Narbonne,  que  de 
«tout  ce  qui  appartenoit  à  l’archevêque  au  dehors  de  cette  ville  3  de  lui 
*Pet  Dtuda-  „  donner  en  fret  par  amitié  *,  la  3e  partie  de  cequ’il  acqucrroit  parles  plaids ** 
^'  pcrpiaci-  M  dans  l’etendue  du  comté  de  Narbonne  -,  8c  enfin  de  faire  ratifier  cet 
tum.  »  accord  par  la  comtejfe  fa  femme.  «  Par  un  autre  aéte  Raymond  promit  avec 

ferment  à  Guifred  ,  de  le  laiiler  paifible  polîellèur  de  tout  le  domaine  de  fon 
archevêché,  &  de  l’aider  contre  tous  ceux  qui  s’y  oppoferoient.  Il  paroît 
certain  que  le  traité  que  ce  prélat ,  8c  les  fils  de  Berenger  vicomte  de  Nar¬ 
bonne  conclurent  au  mois  d’Octobre  de  l’an  1066.  6c  dont  nous  parlerons 
bientôt  ,  fut  une  fifite  de  ces  actes  qui  ne  font  pas  datez  3  ce  qui  nous 
g  c»tti  tmt.  fait  connoître  à  peu  près  leur  époque.  On  a  encore  une  femblable  f?  pronielle 
?'17'  fans  date  de  Raymond  de  laint  Gilles  à  Guifred,  fuivant  laquelle  il  s’en¬ 
gage  d’obliger  le  vicomte  Berenger  3  Garfinde  fa  femme  &  fes  enfitns  ,  à  laiiler 
ce  prélat  paifible  polîellèur  du  domaine  de  l’archevêché  de  Narbonne. 

Il  y  a  lieu  d’inîèrcr’  de  ces  divers  monumens  que  Berenger  vicomte  de 
Narbonne  partageoit  alors  fon  autorité  avec  fes  fils  lur  cette  ville  :  il  paroît 
d’ailleurs  qu’il  fe  démit  avant  fa  mort  de  là  vicomté  en  leur  faveur  3  ce  qu’il 
faut  reprendre  de  plus  haut. 

Lxr.  Ce  vicomte  6c  fa  femme  Garfinde  furent  prefens,  lorfqu’au  mois  de  Mai  h  de 
«omccde'Nar"  ^an  10f°-  ^cs  exécuteurs  teftamenraires  d’un  nomme  Raymond  Udalgarii 
boune  diipofe  engagèrent  aux  chanoines  de  faint  Paul  de  Narbonne  pour  140.  fols  de  de- 
niers  de  Narbonne,  le  bourg  qu’il  avoit  pojjcdè  dans  le  bourg  de  cette  ville.  Le 
fes  c  même  vicomte  6c  Garfinde  là  femme  ,  donnèrent  «  quelques  domaines 
s’accotduiten.  en  1064.  &  1065.  au  monaftere  de  laint  Michel  de  Montlaurez  fitué  dans 
frcd^arclievêl  Ie  diocèfe  de  Narbonne  3  6c  au  mois  d’Avril  de  l’an  1066.  conjointement 
que  de  mie  avec  Raymond- Berenger  leur  fils ,  un  droit  de  pefche  aux  chanoines  de  faint 
hommagc.f°nt  Paul ,  en  prelcnce  de  Matfrcd  qui  en  etoit  abbe.  Berenger  ordonna  en  "’êmp 

h  /  r.p.zftf  lf*  rlnmu'r  nup  (i  nn^lnn’nn  vpnmr  pmMKîr  rc»  A *-/NÎr  /mp  IVr 

H- 


en  meme 

•  wii*iaiu£i,  /  1  _  ,  *  j  t  C*  '1*1 

hi'-p.isx&  tems  par  le  dernier  acte, que  fi  quelqu’un  venoit  à  envahir  ce  droit  furl’eglile  de 
>  Pr  i  o  &  ^a*nt  Eaul ,  un  de  fes  proches  ,  prince  de  Narbonne  ,  eut  à  le  reprendre ,  moyen- 
jlq nanc  douze  deniers  qu’il  donneroit  à  cette  églilc. 


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D  E  LANGUEDOC.  Liv.-XIV.  uj _ _ _ 

Comme  ce  vicomte,  qui  avoir  déjà  époulë  Garfinde  de  Bezalu  des  l’an  An. 1066. 
ioi6.éroit  fort  âge  au  mois  d’Avril  de  l’an  1066.  cela  le  détermina  fans 
doute  à  fe  démettre  bientôt  après  de  la  vicomté  en  faveur  de  fes  fils.  Il  efl 
certain  en  effet  d’un  coté  qu’il  vivoit  encore  au  mois  de  Février  de  l’an 
1067.  6c  que  de  l’autre  Bernard  Ion  fils  prenoit  la  qualité  de  vicomte  de  N ar~ 
bonne ,  êc  exerqoit  Ion  autorité  dans  cette  ville  au  mois  d’Ockobre  de  l’année 
précédent?.  Nous  avons  la  preuve  de  ce  dernier  fait  dans  l’accord  -  que  le  } 
même  Bernard  fit  alors  avec  Guifrcd  archevêque  de  cette  ville,  au  lujet  ycmeimm. 
de  leurs  différends  , par  l’entremile  de  Raymond  comte  de  faine  Gilles,  deM'*- 
Raymond  comte  de  Bczalu,  (ou  plutôt  de  Cerdagne  )  desevêques  Durand 
deTouloufc,  Raymond  d’Elnc,  6c  Berenger  de  Gironne,  6c  enfin  de  Ber¬ 
nard  de  Minerbe,  6c  de  quatre  autres  feigneurs.  L’archevêque  1e  plaignoic 
de  ce  que  le  vicomte  lui  detenoit  fon  fiege  archiepifcopal  avec  la  moitié  de 
la  ville  du  côté  du  nord,  ôc  les  autres  domaines  de  fonéglilè.  Les  arbitres 
adjugèrent  au  premier  cette  moitié  de  Narbonne  qui  s’étendoit  depuis  la 
porte  Royale,  jufqu’à  la  porte  Acaire*,  avec  les  murs  &  le  Capitole  litué  du  *A1u:lria- 
même  coté ,  où  on  permit  à  l’archevêque  de  faire  ccfnftruire  une  porte, 
qu’on  croit  0  être  celle  qu’on  nomma  depuis  La  porte  Bubale  ou  epiicopale.  b  cmIAU. 
Ils  accordèrent  de  plus  à  ce  prélat  la  moitié  de  la  leude  ou  péage  tant  parterre 
que  par  eau  ,  avec  pluficurs  autres  droits ,  moyennant  une  lomme  qu’il  paya 
au  vicomte  Bernard- Berenger ,  lequel  lui  prêta  en  conféquence  ferment  de 
fidelité  contre  tous,  excepté  nommément  contre  Raymond  comte  de  faint  Gilles 
fon  feigneur ,  6c  Ermengaud  de  Cafouls.  Ce  dernier  ,  comme  nous  l’apprenons 
d’ailleurs  ,étoit  feigneur  delà  Tour  Maurelquc  de  Narbonne.  cFr-  ijj. 

Un  auteur  d, qui  prétend  que  cet  accord  fut  fait  entre  Bocnger  vicomte  de  Nar-  dBtifrHarb. 
bonne,  &  Guitred  archevêque  de  cette  ville,  reprend  Catel  d’avoir  dit  que 
ce  fut  entre  le  vicomte  Bernard  6c  ce.  prélat  ^  mais  il  cft  certain  que  Catel 
qui  avoit  vu  l’acte,  n’a  rien  avance  que  de  conforme  à  la  vérité  :  or  coin-  e 
me  il  cft  confiant  ,  ainfi  que  le  premier  de  ces  deux  auteurs  en  con¬ 
vient,  que  le  vicomte  Berenger  vivoit  encore  après  la  date  de  cet  acte  5  il 
s’enfuit  qu’il  fe  démit  de  la  vicomté  de  Narbonne  en  faveur  de  fes  fils  Ray¬ 
mond  6c  Bernard  quelque  tems  avant  fa  mort.  On  a  d’ailleurs  f  un  pareil  {Calelccimt- 
accord  réglé  par  les  mêmes  arbitres ,  entre  Raymond-Berengcr  vicomte  de  Nar- 
bonne ,  6c  G  uifred  archevêque  de  cette  ville,  auquel  le  même  Raymond  prêta 
ferment  de  fidelité ,  avi^:  promelle  réciproque  de  fe  fecourir  contre  leurs 
ennemis ,  excepté  contre  Raymond  de  faint  Gilles  ,  &  Ermengaud  de  Cafouls. 

Cette  exception  ,  6c  la  part  que  Raymond  de  faint  Gilles  prit  aux  différends 
qui  éroient  entre  l’archevêque  6c  les  vicomtes  de  Narbonne  ,  ont  donné  lieu 
à  un  de  nos  hiltoricns  g  de  conjecturer  que  le  prélat  appella  le  comte  en  g  c»ttliUJ> 
pareage  pour  la  ville  de  Narbonne  :  conjecture  abfolument  frivole  ;  car  il 
eft  confiant  que  Raymond  de  faint  Gilles  tiroit  fon  droit  fur  le  comté  de 
cette  ville,  de  même  que  furie  marquilat  de  Gothie  ,  de  celui  qu’il  avoit 
à  la  fuccelîion  de  Berthe  comtclîe  de  Rouergue  fà  couiine ,  ce  que  cet  au¬ 
teur  a  ignoré.  Il  cft  vrai  toutesfois  que  Guitrcd  archevêque  de  Narbonne, 

6c Raymond  de  faint  Gilles  furent  toujours  très-unis,  6c  que  c’cft  propre¬ 
ment  à  la  protection  du  dernier,  que  l’autre  fut  redevable  de  ce  que  les  vi¬ 
comtes  de  Narbonne  reconnurent  enfin  fa  luzeraincté ,  pour  ce  qu’ils  poffè- 
doient  dans  cette  moitié  de  la  ville  de  Narbonne  dont  nos  rois  avoient 
donné  le  domaine  aux  prédeceffèurs  de  ce  prélat.  Au  refte  il  paroît  que  Berenger 
lui-même  fit  hommage  à  l’archevêque  Guifred  pour  cette  moitié  de  Narbonne, 
ainfi  que  fes  deux  fils  Raymond  6c  Bernard. 

On  a  en  effet  un  acte  h  ,  fuivant  lequel  Raymond  vicomte  ,  fils  de  Ricarde  ,  bP'-Mf  j. 
fait  hommage  à  Guifred  archevêque  de  Narbonne  comme  a  fon  feigneur  pour  la 
moitié  de  cette  ville,  depuis  la  porte  Royale,  jufqu’à  la  porte  Maurefque  , 
êcc.  Sur  quoi  il  cft  bon  de  remarquer  que  dans  cet  acte ,  qui  cft  fans  date,  les 
copiftes  ont  fait  vifiblement  une  faute  fur  le  nom  du  vicomte  de  Narbonne, 
car  on  n’en  trouve  aucun  du  nom  de  Raymond  ,  qui  ait.été  fils  de  R  carde. 

U  faut  donc  lire  ou  Berenger  fils  de  Ricarde ,  ou  Raymond  fils  de  Garfinde  ; 
feç  hommage  aura  donc  été  rendu  à  Guifred  archevêque  de  Narbonne,  en 


cpr.f.ifi. 


f  Catel  comt. 


b  Pc./',  tj  j. 


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As.\o66. 

a  Ibid. 


Lxn. 

WokC  JcBercn* 
gc t  vicomte  de 
Nii  bonne. 

Do  naine  tem¬ 
porel  des  ar¬ 
chevêques  de 
ccrte  ville. 

1067. 

b  Pr.  p.ii*. 
c  Caul  mtm. 

•  fSo. 

Voyt*.cy-aprh 
p- 1  lo. 


.*  *  De  porta 

xc;u. 


tV.fr.p'téu 


î  ConciUo.9. 
f.  U $4* 


g  Ibid. 

h  Jbid.p.îUt* 
V.  Pay  *d  ann . 
1061.  n.  il . 
io6y.».iy« 


i  BeffeNarb. 
p.iii  &  ;«îj. 
t4'-  &  H- 
1  W'&J'II- 


114  HISTOIRE  GENERALE 

conféquence  de  l’accord  de  l’an  ic66.  Nous  en  trouvons  a  un  fêmblable 
rendu  vers  le  même  cems  à  ce  prélat  par  Pierre  troifieme  fils  de  Berenger  & 
de  Garfinde ,  qui  aura  eu  par  conséquent  pour  fon  partage  une  portion  de  la 
vicomté  de  Narbonne  ,  &  qui  s’en  qualifia  en  effet  vicomte  dans  la  fuite. 
On  a  cru  devoir  entrer  dans  ce  détail  ,tant  pour  l’importance  de  la  matière, 
que  pour  la  tirer  de  l’obfcurité  où  elle  a  été  jufqu’ici. 

Nous  avons  dit  que  Berenger  vicomte  de  Narbonne  vivoit  encore  au  mois 
de  Février  de  l’an  1067.  c’eft  ce  qu’on  voit  par  un  aéteb ,  iùivant  lequel 
nie  vicomte  Berenger ,  (&non  pas  Bernard,  comme  le  fuppofè  un  auteur  c) 
n  &  fa  femme  Garfinde  ,  donnent  en  engagement  à  Raymond- B erenger  leur  fei- 
»  gneur  par  la  grâce  de  Dieu  comte  &  marquis  de  Barcelone  ,  &â  la  com telle  fa 
»  femme,  un  nef  appellé  Ozor  qu’ils  tenoient  de  lui,  avec  le  château  de 
»  Solterre,  pour  la  fo mme  de  cent  cinquante  onces  de  maneufes  *  d’or  de  Barce- 
n  loue  du  poids  de  Narbonne  ,  que  ce  comte  6c  cette  comteflè  leur  avoiene 
>3  prêtée,  n  Cet  acte  efl  date  du  lundi  /.  de  Février  la  VI II.  année  du  régné  du 
roi  Philippe  -,  ce  qui  convient  parfaitement ,  en  comptant  le  commencement 
du  régné  de  ce  prirtee  depuis  fon  allociation  au  tronc  en  1059.  il  eft  fouf 
»  crit  par  Raymond-Berenger,  Pierre- Berenger ,  &  Bernard-Berengcr  ,  fils 
33  du  vicomte  &  delà  vicomteilè,  Matfred  abbé  de  fàintPaul,  Guillaume  de 
33  Montpellier  ,  Pierre  Amelius  de  la  Porte-Royale  ** ,  &c.  33  Ce  dernier  a  voit 
pris  ce  lurnom  d’une  porte  de  Narbonne  ainfi  appclléc, fur  laquelle  il  y  avoit  une 
tour  ou  château  qu’il  tenoit  lins  doute  en  fief  de  l’archevêque  ou  du  vicomte 
de  cette  ville. 

Il  paroît  que  Berenger  vicomte  de  Narbonne  vivoit  encore  au  mois  de 
Mars  de  l’an  c  1067.  Il  n’cft  plus  enfuite  fait  mention  de  lui,  6c  il  mou¬ 
rut  fans  doute  bientôt  après  dans  un  âge  extrêmement  avancé  ,  après  avoir 
pollèdé  plus  de  cinquante  ans  cette  vicomté,  dont  il  avoit  hérité  de  Ray¬ 
mond  I.  fon  pere. 

Quelques  années  avant  fa  mort,  le  pape  Alexandre  II.  lui  écrivit  fune  lettre, 
dans  laquelle  il  le  loue  beaucoup  d’avoir  protégé  les  Juifs  qui  demeuroient 
fur  fes  terres ,  8c  d’avoir  empêché  qu’on  ne  leur  ôtat  la  vie.  Ce  pontife 
écrivit,  à  ce  qu’il  paroît  g,  dans  les  mêmes  termes  à  Guifred  archevêque  de 
Narbonne.  Ce  fut  à  l’occafion  h  d’une  croifadc  qui  fe  forma  en  France  vers  l’an 
106  5.  contre  les  Maures  d’Efpagne,  6c  durant  laquelle  les  croifez  firent  mourir 
fans  mifericorde  tous  les  Juifs  qu’ils  rencontrèrent  £ir  leur  route.  Alexandre 
qui  defapprouva  extrêmement  cette  conduite, marque  dans  fa  lettre  au  vicomte 
de  Narbonne  la  différence  qu’il  falloir  mettre  entre  les  Juifs  qui  vivoient  tran¬ 
quillement  difperfcz  en  diflferens  pais,  6c  les  Sarafins  ou  Mahometans  qui 
perfécutoient  les  Chrétiens.  Nous  apprenons  par  là  que  cette  armée  de  croi¬ 
fez  entra  en  Efpagne  du  côté  de  Narbonne. 

Comme  Berenger  vicomte  de  cette  ville  Ce  qualifioit  quelquefois  proconful. , 
cela  a  donné  lieu  à  un  moderne  ',  qui  n’a  pas  compris  que  ce  terme  lignifie 
vicomte  dans  les  chartes  des  XI.  6c  XII.  fiecles,  de  s’imaginer  que  Berenger 
avoit  exercé  l’autorité  proconfulaire  des  anciens  gouverneurs  de  la  Narbon- 
noife  du  tems  des  Romains  ;  qu’il  avoit  ufurpé  la  feigneurie  de  Narbonne, 
ou  l’autorité  comtale ,  8c  même  la  ducale  -,  6c  en  un  mot  qu’il  tranchait  du 
fouverain.  Cet  auteur  fe  contredit  cependant  jcar  il  convient  que  du  vivant 
du  même  vicomte ,  Hugues  comte  de  Roucrgue,  8c  après  lui  Raymond  de 
faint  Gilles  furent  comtes  particuliers  de  Narbonne.  Toute  la  preuve  qu’il 
donne  de  la  prétendue  ufurpation  de  l’autorité  fouveraine  par  le  vicomte  de 
Narbonne ,  fe  réduit  à  quelques  fermens  que  lui  firent  divers  comtes  6c 
vicomtes  de  la  province  ,  8c  des  pais  voifins  ,  6c  qu’il  qualifie  hommages  *  mais 
ces  fermens  alors  fort  en  ufage  entre  les  differens  feigneurs  ne  font  que  de 
fimples  promelfcs  de  s’entr’aider  en  cas  de  guerre,  ou  de  fe  confervcr  réci¬ 
proquement  leurs  domaines  j  ce  qui  n’emporte  aucun  vaflelage.  Nous  trou¬ 
vons  en  effet  de  pareils  fermens  faits  par  les  fuzerains  à  leurs  vaflàux.  Be¬ 
renger  n’eut  donç  dans  Narbonne  d’autre  autorité  que  celle  que  les  vi¬ 
comtes  fes  prcdeccfTeurs  y  avoient  exercée.  Ils  s’y  étoient  emparez  à  la 
vérité  d’une  partie  des  droits  régaliens ,  de  même  que  les  autres  principaux  fei- 


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DÈ  LANG  U  £  DO  C.  Liv.  XlV.  àtj 

grtcurs  du  royaume  -,  mais  ils  reconnurent  toujours  la  fuzeraineté  des  com-  ï'^’^gTv 
tes  de  Touloulè  ou  de  Rouergue  qui  pofiedoient  le  marquifat  de  Gothieêc  ‘  'l 
le  comté  particulier  de  Narbonne  *  &  nous  n’avons  aucune  preuve  que  les 
vicomtes  de  cette  ville  ayent  jamais  prétendu  ufèr  d’un  pouvoir  ablolu  ôc 
indépendant.  _ 

Il  peut  fe  faire  aulfi  que  Berenger  ait  empiété  fur  les  droits  de  l’archevê¬ 
que  Guifred, 6c  qu’il  ait  non  feulement  refufe  de  reconnoître  ceprélat  pour  fon 
luzerain,  pour  ce  qu’il  poffedoit  dans  le  domaine  de  l’églife  de  Narbonne, 
mais  qu’il  ait  encore  voulu  dominer  fur  lui  -,  6c  ce  fut  en  effet,  à  ce  qu’il 
paroît,  la  principale  fource  des  longs  différends  qu’ils  eurent  cnlèmblc:  mais 
enfin  le  vicomte  &  fes  fils  furent  obligez  de  fe  fo umettre  à  l’archevêque, 
de  lui  prêter  ferment  de  fidelité  ,  6c  de  le  reconnoître  pour  leur  feigneur. 

C’eft  ainfi  que  l’archevêque  Guifred  6c  Raymond  de  faint  Gilles  partagè¬ 
rent  la  fuzeraineté  fur  la  ville  6c  le  comte  de  Narbonne  donc  chacun  pof- 
fêda  une  partie  :  le  premier  en  vertu  de  la  donation  que  Pépin  le  Bref* 

&  les  rois  de  France  fes  fucceffeurs  avoient  faite  à  fon  églife  de  la  moitié 
des  droits  domaniaux  de  ce  comté  *  6c  l’autre  en  qualité  de  comte  particu¬ 
lier  de  Narbonne ,  6c  de  fucceflèur  des  anciens  ducs  de  Septimanie ,  ou  mar¬ 
quis  de  Gothie.  Il  faut  remarquer  cependant  que  quoique  Guifred  fondât 
fa  fuzeraineté  fur  cette  donation  de  nos  rois,  il  paroît  qu’il  hic  le  premier 
archevêque  qui  en  jouit  *  car  nous  ne  trouvons  pas  que  les  vicomtes  ayent 
jamais  rendu  aucun  hommage  à  fes  prédeceffeurs  :  mais  depuis  Berenger  la 
plupart  des  fucceffeurs  de  ce  vicomte  fe  reconnurent  vaffiux  des  archevêques 
pour  ce  qu’ils  tenoient  dans  le  domaine  de  l’eglilê  de  Narbonne  ,  nonob- 
ftant  les  nouveaux  différends  qui  s’élevèrent  entr  eux,  6c  dont  nous  parlerons 
dans  la  fuite. 

Berenger  laiffa  à  fa  mort,  de  Garfinde  de  Bezalu  fa  femme  ,  trois  fils,  ixrir. 
Raymond ,  Bernard ,  6c  Pierre.  Le  dernier  étoit  évêque  de  Rodez  depuis 
environ  l’an  ioyi.  Les  deux  autres  qui  étoient  mariez  depuis  long-tems,  6c  Bernard  fi:» de 
avoient  des  enfans ,  confirmèrent  le  partage  que  leur  pere  leuravoit  fait  de  “c 
fon  vivanc ,  ou  convinrent  du  moins  d’un  nouveau  après  fa  mort.  L’acte  1  bounc.  E«n- 
qui  en  futdrcfléeft  au  nom  de  Bernard *(  quoique  le  puîné,  )  lequel  céda»  duc.‘!e lcutri0‘ 
à  Raymond  fon  frere,  6c  à  Raymond  Pelet  fils  de  celui-ci,  iu.  la  moitié  «  T  cù,i.mtrm 
de  la  ville  de  Narbonne,  des  places,  châteaux  ,  tours 6c  murailles, a vec »  M*u 
les  ufjges ,  cenfivcs ,  6c  autres  droits  feigneuriaux  qui  en  dépendoient  *  la» 
moitié  des  Juifs  6c  du  bourg,  6c  en  un  mot  la  moitié  de  tout  ce  que  Ray-» 
mond  leuraycul,  6c  fi  femme  Ricarde,  Berenger  leur  pere,  6c  Garfinde  « 
leur  mere  avoient  polledé  à  Narbonne  ,  ou  d’autres  pour  eux.  2®.  La  moi-  » 
lié  de  tous  les  ufages ,  rentes  ,  6c  autres  droits  qui  avoient  appartenu  â  « 
leurs  ancêtres ,  tant  fur  la  mer ,  que  fur  les  étangs ,  entr’autres  le  droit  « 
de  naufrage.  30.  La  moitié  du  droit  qu’ils  avoient  dans  l’élection  des  arche-  « 
vêquesde  Narbonne.  4e.  La  moitié  de  tous  les  fiefs,  rentes,  6c  feigneu-» 
ries  que  leu  fs  prédeceffeurs  avoient  pofiedez  ou  par  eux-mêmes,  ou  par» 
d’autres  dans  le  comté  de  Narbonne,  à  la  referve  du  château-neuf,  6c « 
de  fes  appartenances.  y°.  La  moitié  de  tout  ce  qui  avoir  été  au  pouvoir» 
de  Raymond  leur  ayeul ,  de  fa  femme  Ricarde,  de  Berenger  leur  pere,« 
ôcdeleurmere  Garfinde,  dans  les  comrez  de  Bcziers,  Lodeve  ,  A 1  bi ,  6c» 

Nifmes  •,  dans  les  lieux  de  Beaucaire  &  d" Arycnce  ,  dans  les  comtez  de  « 

Rouffillon ,  de  Gironne,  6c  de  Rafez,  dans  la  châtellenie  de  Pierre- per tufè,  « 
dans  les  comtez  de  Carcaffonnc  6c  de  Gevaudan  &  en  1‘ évêché  du  pais ,  6c  » 
enfin  dans  le  comté  de  Rouergue.  A  la  fin  de  l’a  été  Bernard  déclare,» 
qu’en  cas  que  Bernard  Pelct  vînt  à  décéder  fans  enfans ,  il  difpofe  de  tout  » 
ce  qu’il  lui  avoit  donné  ,  en  faveur  de  Raymond  fon  frere  ,  ou  des  autres  « 
enfans  de  ce  dernier. 

Ce  partage  qui  nous  fait  connoître  l’étendue  du  domaine  de  Berenger  lxiv. 
vicomte  de"  Narbonne  ,  eft  le  plus  ancien  monument  que  nous  trou-  v°£ejnc ,k^ 
vons  où  il  foit  parlé  de  Beaucaire ,  ville  confiderable,  fituée  à  l’extrémité  de ^4.  * 
fa  province  fur  la  rive  occidentale  du  Rhône  dans  le  diocèfè  d’Arles ,  6c 
dépendante  pour  le  temporel  de  celui  de  Nifmes.  On  peut  aifément  prou- 


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A  N. 1067. 

a  NOTE 
XX'XVlll. 
b  Pr.f>.  174. 


«M4* 


dtr.f.  177- 


cF.  NOTE 
ibU.  n »  f. 

*  Pr.ibid. 


f  F.  NOTE 
XL!. 


S  K.  NOTE 
X  /  K  0.14.  & 

h' 


LX  V, 
Raymond  II» 
vicomte  de 
Narbonne  & 
Tes  en  fans, 
h  Pr.p.x6yfr 

M' 


ii«  HISTOIRE.  GENERALE.!'! 

ver  *  par  là  que  cette  ville  n’eft  pas  différente  de  l’ancien  château  d’Uger- 
num ,  que  le  même  Berenger  vicomte  de  Narbonne  pollèdoit  certainement.- 
11  eft  fort  vraifemblable  que  Pons  comte  deTouloufe,  après  avoir  afRgné  “ 
vers  l’an  1037.  pour  le  douaire  de  Majore  fon  époufe,  la  terre  d’Argence, 
qui  comprenoit  la  ville  de  Beaucaire,  6c  qui ,  à  ce  qu’il  paroît,  faifoit  partie  du 
comté  de  faint  Gilles ,  la  donna  enfuice  en  fief  à  Berenger  vicomte  de  Nar¬ 
bonne.  Les  c  fuccefTeurs  de  celui-ci  l’infeoderent  eux-mêmes  aux  feigneurs 
d’Andufe. 

Les  comtes  de  Touloufe  tenoient  ce  pais  des  archevêques  d’Arles, comme  l’on 
voit  par  divers  monumens,entr’autres  par  un  accord  d  que  Raymond  de  S. Gilles 
fit  vers  l’an  1070.  avec  l’archevêque  Aycard,  fuivant  lequel  il  reftitua  à  ce 
prélat  l’eglifê  de  faintc  Pafque  avec  fes  dépendances  ,  à  la  réferve  de  ce 
qu’il  avoir  donné  pour  réparer  l’enceinte  du  château  de  Beaucaire-.  Raymond 
reftitua  *  auffi  par  cet  a&e  à  la  cathédrale  d’Arles  toutes  les  terres  qu’elle 
avoit  à  Aryence ,  telles  que  Raymbaud  archevêque  de  cette  ville  les  avoit 
pofTedées  autrefois f  -,  la  troifiéme  partie  du  château  de  Fourques  ,  6c  la 
moitié  de  celui  d’Albaron,  quand  il  en  feroit  le  maître  ;  il  promit  enfin  de 
rendre  à  l’archevêque  Aycard  la  moitié  de  la  leude  ou  peage  qu’on  exigeoit 
fur  les  bateaux  qui  mont  oient  ou  defeendoient  le  Rhône  ,  s'il  venoit 
d  le  recouvrer  â  Arles  fur  Bertrand  comte  de  cette  ville  qui  en  jouiffoit.  Nous 
concluons  de  ces  dernieres  paroles  i°.  Que  Raymond  de  faint  Gilles  do- 
minoit ,  ou  prétendoit  dominer,  du  vivant  de  Guillaume  comte  de  Tou. 
loufe  fon  frere ,  fur  la  moitié  de  la  Provence,  qui  par  conféquent  lui  étoit 
échue  pour  fon  partage  ,  ou  pour  mieux  dire  qu’il  avoit  eue  par  fon  maria¬ 
ge  avec  fa  première  femme.  z°.  Qu’il  avoit  alors  quelque  démêlé  avec  le 
comte  Bertrand  ,  qui  fous  le  titre  de  comte  d’Arles  ,  pollèdoit  l’autre  moi¬ 
tié  de  cette  province ,  dont  il  avoit  hérité  5  de  Geoffroy  fonpere.  30.  Qu’cnfin 
que  Raymond  avoit  cies  droits  fur  la  balfe  Provence,  6c  qu’ainfi  tout  ce  pais 
étoit  encore  alors  poftèdé  par  indivis ,  tant  par  ce  prince ,  que  par  les  défi 
cendans  de  Guillaume  I.  comte  de  Provence. 

Pour  revenir  au  partage  que  firent  entr’eux  les  deux  fils  de  Berenger  vi¬ 
comte  de  Narbonne,  la  plupart  des  domaines  que  ce  dernier  avoit  pofTedez 
dans  les  differens  comtez  énoncez  dans  cet  acle  ,  provenoient  fans  doute  des 
dots  que  lui  6c  fes  ancêtres  avoient  reçûs  de  leurs  femmes.  Les  anciens 
vicomtes  de  Narbonne  fe  feront  alliez  par  conféquent  avec  les  comtes  de 
Rouergue,  de  Barcelone,  de  Gironne,  de]  Bezalu ,  6c  de  Carcalfonne,  les 
vicomtes  de  Beziers,  d’Albi  ,deGevaudan  ,de  Milliaud  ,  êcc. 

Raymond  fils  aîné  de  Berenger  vicomte  de  Narbonne  ,  avoir  trois  enfans 
dans  le  tenis  de  la  mort  de  fon  pere.Nous  avons  en  effet  un  acte  h  fuivant  lequel 
«Raymond-  Berenger  avec  fes  fils  Berenger  clerc ,  6e  Bernard  Pelet,  6c  fa  fille  Ri- 
«  carde, donne  à  Raymond-Bernard  vicomte  (d’Albi  ou  de  Nifmes,  )  à  fa  femme 
«Ermengarde  6c à  fes  enfans,  le  château  de  Mefe  avec  fes  dépendances,  ce  qu’il 
«avoit  à  Florenlac,  le  village  de Veirac,  le  château  de  S.  Pons  de  Mauchiens, 6c 
«enfin  toutes  les  autres  terres  qu’il  pollèdoit,  ou  qui  dévoient  lui  revenir  dans 
«  le  diocèfe  &  comté  d’Agde  ,  avec  la  liberté  d’en  difpofer  à  leur  gré ,  fup- 
«pofé  que  lui  ou  fes  defeendans  vinflènt  à  acquérir  une  portion  de  la  ville  de 
«Narbonne.  Il  ajoute  que  fi  lui  ou  fes  enfans  renomjoicnt  à  leur  droit  fur 
«cette  ville  en  faveur,  de  Bernard-Berenger  (fon  frere)  ou  de  fes  enfans,  il 
«donneroit  alors  au  vicomte  Raymond- Bernard  ,  à  fa  femme,  ou  d  fes  en- 
«  fans  deux  cens  onces  d’or  pur  ,  6c  reprendroit  les  biens  qu’il  leur  avoit 
«donnez  dans  le  comté  d’Agde:  il  s’oblige  en  même  tems  de  ne  pas  vendre 
»  ou  engager  ces  biens  qu’en  faveur  du  même  Raymond- Bernard  ou  de 
«  fes  proches  5  6c  qu’en  cas  que  lui  ou  fes  enfans  vinflènt  à  recouvrer  dans 
»  la  fuite  une  partie  de  Narbonne,  ils  reftitueroient  alors  les  mêmes  terres 
«  du  comté  d’Agde  â  Raymond-Bernard  ,  à  Ermengarde  fa  femme,  à  leurs 
«enfans ,  ou  à  leurs  plus  proches,  lefquels  lui  donneroient  ,  ou  à  fes  heri- 
»  tiers,  deux  cens  onces  d’or.  «  L’adc  eftfoufcrit  par  divers  feigneurs  du 
païs ,  6c  paroît  avoir  été  drefTé  à  Nifmes.  Il  eft  marqué  à  la  fin  «  que  fi  le 
w  vicomte  Raymond-Bernard  venoit  à  mourir,  celui  qui  épouferoit  Ermen- 


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DE  LANGUEDOC.Liv.XIV. 


117 


garde  la  veuve  ,  &  poffederoit  la  ville  de  Beziers,  feroit  obligé  de  donner  »>  An.  1067. 
du  lecours  à  Raymond- Berenger  8c  à  lès  enfans  ■>  8c  que  li  Raymond-  « 

Bernard  8c  Ermengarde  l'a  femme  décedoienc  làns  heritiers  ,  tous  ces  do-  « 
maines  retourneroient  aux  enfans  de  Raymond-Berenger.  « 

Ce  fut  fans  doute  par  une  iuite  de  cet  accord  »  que  le  même  Ray-  « 
jnond-Berengeryf/j  de  Garfinde ,  promit  a  par  lèrment  au  vicomte  Raymond  «  a  Pr.f.i6s.& 
fils  de  Rangarde  ,  &  à  la  vicomtellè  Ermengarde  là  femme,  de  les  lèrvir«;*î‘ 
contre  tous ,  excepté  contre  Raymond  comte  de  Rouergue ,  Guillaume  « 
fon  frere  comte  de  Touloulè,  l’archevêque  Guifred,  le  comte  de  Barce-« 
lone,  le  comte  de  Carcaffonne ,  Frotaire  evêque  deJNifmes,  Pierre  de  Mi-« 
nerve,  &fes  propres  vallàux  ,  avec  promelïe  de  leur  faire  juftice  de  ceux-ci.* 

Ces  deux  actes  font  làns  date ,  mais  il  paroît  qu’ils  furent  paflèz  peu  de 
tems  avant  ou  après  la  mort  de  Berenger  vicomte  de  Narbonne  pere  de 
Raymond.  Ils  nous  donnent  lieu  de  conje&urer  1°.  Que  ce  dernier  avoit 
époufé  Garfinde  b  lueur  aînée  d’Ermengarde  de  Carcalfonne  ,  8c  fille  du  b  F. 
comte  Pierre- Raymond  ,  8c  de  Rangarde  de  la  Marche  fa  femme  -,  8c  que 
la  même  Garfinde  étoit  alors  décedée ,  puifqu’il  n’eneft  rien  dit  dansl’a&e. 
lleft  certain  en  effet  que  les  châteaux  de  Meze,  de  Florenfac,  de  Vairac, 
de  laint  Pons  de  Maucliiens,  &c.  avoient  été  c  du  domaine  de  Pierre- Ray-  cAid+ut> 
mond  comte  de  Carcaffonne  8c  vicomte  de  Beziers  8c  d’Agde ,  pere  d’Er¬ 
mengarde  ;  ainlî  il  les  aura  donnez  à  Raymond-Berenger  de  Narbonne  pour  la 
dot  de  fa  femme,  i°.  Que  Berenger  vicomte  de  Narbonne  difpofa  de 
fon  vivant  de  cette  vicomté  eu  faveur  de  Bernard  fon  fils  puîné ,  à  l’exclu- 
lion  de  Raymond  fon  aîné  ,  ou  que  s’il  la  leur  partagea  également  durant  là 
vie,  comme  il  eft  plus  vraifèmblablc  ,  Bernard  s’en  empara  entièrement 
après  fa  mort.  Raymond  aura  pris  de  là  occalîon  d’avoir  recours  à  la  pro¬ 
tection  de  Raymond-Bernard  vicomte  d’Albi  8c  de  Nifincs  fon  beau-frere, 

&  d’Ermengarde  femme  de  ce  dernier ,  pour  rentrer  dans  la  pollellion  de  la 
moitié  de  cette  vicomté ,  que  Bernard  fon  frere  lui  aura  cedée  enfin  par  le 
traité  de  partage  dont  on  a  déjà  parlé.  Au  refte  on  voit  par  la  fuite  que  le 
vicomte  Raymond- Bernard  demeura  *  paifiblepollèllèur  du  château  de  Meze,  d  v. Sfirtitt*. 
&  des  autres  domaines  que  Raymond-Berenger  deNarbonne  lui  avoir  don-^1^,^^ 
nez,&  qu’il  les  tranfmit  à  fes  defeendans  :  preuve  que  ce  dernier  jouit  pai-/,?. 
liblemcnt  de  fon  côté  de  la  moitié  de  la  vicomté  deNarbonne.  c  v.  i‘rf.199. 

Le  comie  de  Carcaffonne  que  Raymond-Berenger  excepte  dans  la  promeffe  lxvi. 
qu’il  fit  au  vicomte  Raymond-Bernard  ,  n’efi:  pas  diffèrent  de  Raymond-  ,  Ermcnsarde 

■ü  r\  I  I  T»  T  »  r  _  1  n  de  Carcallonac 

Berenger,  nl^  de  Raymond-Berenger  I.  du  nom  comte  de  Barcelone  ,  &  VCQj  a  Ray. 
d’Almodis  là  féconde  femme.  Ceux-ci  avoient  acquis  alors  depuis  peu  ce  mood-Hereu- 
comté,  avec  celui  de  Ralèz,  &  la  plus  grande  partie  des  domaines  de  la  mai-  Barccionc'rcs' 
fon  de  Carcaffonne  :  acquifition  fur  laquelle  les  comtes  de  Barcelone  fon-  droits  tut  les 
derent  dans  la  fuite  leurs  prétentions  fur  une  partie  de  la  province.  affame'* de 

Pour  mieux  entendre  ce  fait  important  de  notre  hiftoire ,  que  divers  au-  tufez. 
teurs  tant  Efpagnols  que  François ,  ont  enveloppé  de  beaucoup  de  fa¬ 
bles,  faute  d’avoir  eu  connoillànce  des  actes  originaux,  il  faut  remarquer 
que  les  defeendans  de  Roger  I.  comte  de  Carcaffonne  étoient  partagez  *  en  *  v.  note 
trois  branches  en  1066.  Le  comte  Roger  III.  arriere-petit.fils  de  ce  prince  *Xl1- 
par  fon  pere  le  comte  Pierre- Raymond ,  étoit  chef  de  la  branche  aînée, 

&po(Iedoit  la  plus  grande  partie  du  comté  de  Carcaffonne ,  celui  de  Ralèz, 

&  les  vicomtez  de  Beziers  8c  d’Agde.  Pierre  8c  Bernard  les  coufins,  fils  de 
Guillaume  fon  oncle  paternel,  failoient  la  fécondé  branche,  8c  avoient  fuc- 
cedéà  leur  pere  dans  une  portion  du  même  comté  de  Carcaffonne.  Enfin 
la  troifiéme  branche  étoit  celle  des  comtes  de  Foix  ,  defeendans  de  Bernard 
fils  puîné  de  Roger  I.  Roger  III.  étant  décédé  fans  enfans  vers  la  fin  de  la 
même  année,  Ermengarde  là  fœur ,  femme  de  Raymond-Bernard  vicomte 
d’Albi  &  de  Nifincs ,  qu’il  avoit  faite  f  là  principale  heritiere,  Adélaïde  fon 
autre  fœur,  8c  R  angarde  de  la  Marche  fa  mere  prétendirent  recueillir  toute 
fa  fuccelîion.  Il  n’y  avoit  aucune  difficulté  pour  les  vicomtez  de  Beziers  8c 
d’Agde  dont  Roger  III.  avoit  hérité  de  Garfinde  de  Beziers  fon  aycule  mater¬ 
nelle  ;  mais  il  y  en  avoit  beaucoup  g  pour  les  comtcz  de  Carcalfonne  8c  de  s:1E 

T  orne  IJ.  E  e 


f  r’r  p  i9 1. 


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Goc  î 


_ _ n8  HISTOIRE  GENERALE 

An. 1067.  Rafez,  2c  les  autres  domaines  quiavoienc  appartenu  à  Roger  I.  Outre  que  ce 
dernier  paroiffoit  les  avoir  fubftituez  aux  mâles  de  là  mailon,  parla  defenfe 
•Pr.p.tgo.  qU’il  avoit  faite  »  àfes  filsdeneles  aliéner  qu’en  faveur  l’un  de  l’autre  ;  ceux* 
bM*9’&fen.  çi,  ou  leurs  defcendans  b  avoient  fait  diffèrens  accords  pour  fe  fucceder  les 
uns  aux  autres  au  défaut  d’hoirs  mâles  j  ainfi  il  étoit  fort  à  craindre  que  le 
comte  de  Foix  ne  difputât  à  Ermengarde  ces  deux  comtez  ,  fur  lefquels  il 
avoit  d’ailleurs c  de  grandes  prétentions ,  dont  nous  aurons  occafion  de  parler 
dans  la  fuite. 

Dans  ces  circonftances  Ermengarde  2c  Adélaïde  fa  fœur  prirent  la  réfolu- 
tion  d’aliener  ces  comtez  en  faveur  de  quelque  prince  aflez  puiffant  pour  les 
protéger  contre  les  entreprifes  de  leurs  coufins.  Elles  choifirent  pour  cela 
Raymond-Berenger  I.  du  nom ,  comte  de  Barcelone  ,  leur  parent  2c  leur 
allié.  Ce  prince  étoit  en  effet  petit-fils  d’Ermeffinde  de  Carcallonne ,  fœur 
du  comte  Raymond  ,  ayeul  paternel  d’Ermengarde  &d’Adclaïde  ,  2c  il  avoit 
époufé  Almodis  fœur  de  la  comtelTe  Rangarde  leur  mere.  Il  paroît  par  la 
fuite  qu’Almodis  ,  princefle  fort  ambitieufe  ,  voyant  que  le  comte  de 
Barcelone  fon  mari  avoit  un  fils  du  premier  lit  qui  devoir  lui  fucceder  dans 
ce  comté,  porta  ce  prince  à  faire  cette  acquifition  en  faveur  du  fils  aîné 
qu’elle  avoit  de  lui. 

Ermengarde  qui  fe  portoit  pour  principale  heritiere  de  Roger  III.  fon 
frere,  &  Raymond-Bernard  fon  mari  qui  l’appuya  dans  toutes  fes  démarches, 
eurent  une  entrevue  avec  le  comte  2c  lacomtellè  de  Barcelone,  2c  paflcrentun 
J ïrp.tfj.fr  accord  avec  eux  le  z.  de  Mars  del’an  1067.  *  Suivant  cet  acte  ils  leur  vcn~ 
i,q'  dirent  pour  la  fomme  de  onze  cens  onces  d’or  de  monnoye  de  Barcelone, 

*  Burgos.  la  ville  de  Carcaflonne  avec  fes  fauxbourgs  *,  les  droits  deleude,  de  mon¬ 
noye,  de  juftice,  de  marché,  de  dixmes  2c  de  prémices  -}  la  vicomté  de  cette 
ville  ,  l’évêché ,  la  cathédrale  2c  leurs  dépendances  ^  l’abbaye  de  fainte 
Marie  fituée  dans  un  des  fauxbourgs  ,  2c  toutes  celles  qui  étoient  dans  les 
autres  ;  le  château  de  Couffoulens ,  le  village  de  Cafillac ,  les  abbayes  de  la 
Grafle  êc  de  laint  Hilaire  *  tous  les  fiefs  que  le  comte  de  CarcaJJonnc  tenoit 
de  quelque  maniéré  que  ce  fut  du  comte  de  T ouloufe  dans  le  comté  de  Carcafi- 
fonne  ;  tous  ceux  que  le  comte  Pierre-Raymond  avoit  tenus  du  comte  de  T  ouloufe 
dans  le  C area  fie  zjfi  le  T ouloufain  J  &  enfin  tout  le  domaine  que  Roger  comte  de 
Foix  j  ou  fes  vafiaux ,  avoient  pofiedé  du  vivant  du  comte  Pierre-Raymond  &  de 
Roger  fon  fils.  Ce  qui  prouve  i0.Que  les  comtes  de  Touloufe  avoient  en¬ 
core  la  fuzeraineté  fur  le  comté  de  Carcaflonne,  2c  que  le  comte  de  Barce¬ 
lone  par  l’achat  qu’il  en  faifoit ,  devenoit  vaflal  de  ces  princes.  iv.  Qu’Er- 
mengarde  vendit  non-feulement  la  portion  du  même  comté  qu’avoit  pofle- 
dée  le  comte  Roger  III.  fon  frere,  mais  encore  celle  qui  avoit  appartenu 
à  Roger  I.  comte  de  Foix ,  lequel  avoit  laiffe  des  heritiers  légitimés  en  la 
perfonne  de  Pierre  fon  frere  2c  des  fils  de  ce  dernier. 

Le  même  jour  le  vicomte  Raymond-Bernard  2c  Ermengarde  fa  femme , 
eüid.p.  158.  vendirent  «  au  comte  &  à  la  comtefîe  de  Barcelone,  par  un  acte  different, 
»  le  comté  de  Rafez  avec  fes  dépéndances,  les  deux  châteaux  de  Rafez^,  tous 
»  les  autres  châteaux  de  ce  comté  ,  les  abbayes  qui  en  dépendoient ,  avec 
»  leurs  alleus ,  dixmes,  prémices  ,  oblations  des  fideles,  &c.  2c  enfin  tous 
«  les  droits  feigneuriaux  &le  domaine  du  comté  &  de  la  vicomté  de  Rafc^  bor- 
»  nez  fuivant  l’acte  par  le  comté  'de  Narbonne  au  levant  *  ceux  de  Rouf- 
«fillon,  de  Confiant  2c  de  Cerdagne  au  midi  5  celui  de  Touloufe  au  cou- 
»  chant  -,  2c  enfin  celui  de  Carcallonne  au  nord.  Raymond-Bernard  2c  Er¬ 
mengarde  fa  femme  vendirent  ce  comté  en  alleu  au  comte  &  à  la  comtefîe 
de  Barcelone ,  à  qui  ils  donnèrent  pouvoir  d’en  difpofer  à  leur  gré  ,  ce  qui 
femble  fuppofer  que  les  comtes  de  Touloufe  ne  jouiffbient  plus  alors  de  leur 
ancienne  fuzeraineté  fur  ce  païs.  Pour  la  fureté  de  cette  vente ,  le  vicomte  2c  la 
(iïiip.17 3.  vicomteffe  donnèrent  en  otage  deux  f  de  leurs  principaux  vaflaux  qui  fe 
rendirent  prifonniers  à  Gironne. 

lfr.p.if?.fr  Par  un  troifiéme  acte  g  le  comte  de  Barcelone  &  Almodis  fa  femme, 
H •  «donnèrent  le  même  jour  au  vicomte  Raymond-Bernard,  à  Ermengarde  fa 

«femme,  2c  à  leurs  enfans,  cous  les  domaines  que  le  comte  Pierre-Ray- 


1  V.ibid. 


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DE  LANGUEDOCLiv.  XIV,  119 _ _ 

mond ,  Ton  fils  Roger,  6c  leurs  vaïlàux  avoient  poflèdez  (fi  tenus  des  comtes  «  An.  1067. 

de  Touloufe  dans  les  comtez^de  Carcaffonne  (fi  de  T  ou  loti  fe ,  à  la  ré/èrve  de  la  a 

ville  de  Carcaffonne  ,  de  les  fauxbourgs  6c  de  les  égliles  ;  des  terres ,  qui  de,  « 

voient  à  ces  dernieres  des  dixmes  Sc  des  prémices *  6c  enfin  de  l'évêché  de« 

Carcallonne.  Ils  convinrent  cependant  que  l’évêque  de  cette  ville  feroitu 

vaffal  de  Raymond- Bernard  6c  lui  prêteroit  ferment  de  fidelité,  fins  préju- « 

dice  de  celui  qu’il  prêteroit  auffi  au  comte  &  à  la  comteffè  de  Barcelone, « 

(fi  d  Raymond  leurs  fils  :  »  ainfi  ce  prélat  devoir  tenir  à  l’avenir  Ion  évêché 
en  arriéré- fief  du  comte  de  Barcelone  6c  de  Raymond  fon  fils  *  6c  ce  der¬ 
nier  devoir  fucceder  par  conléquent  à  fon  perc  dans  le  comté  de  Carcaf 
fonne.  Il  eft  marqué  de  plus  dans  cet  acte  ,  «  que  fuppolé  que  le  nommé  « 
à  l'évêché  de  Carcallonne  donnât  une  fournie  pour  l’obtenir.  Je  vicomte  « 
Raymond-Bernard,  fa  femme  6c  fes  enfans  ne  pourroient  en  aucune  ma-tc 
niere  prétendre  la  moitié  de  cette  fomme  :  >1  preuve  fcnlible  du  progrez 
étonnant  qu’avoit  fait  alors  la  fimonie  ,  puifqu’on  ne  rougillbit  pas  d’inlerer 
de  pareilles  claulès  dans  les  actes  publics.  Le  comte  6c  la  comrellè  exce¬ 
ptent  encore  de  cette  donation  «  les  abbayes  delaGraffè&  de  iaint  Hilaire,  et 
&la  vicomté  de  Carcaflbnne.  Ils  ajoutent,  qu’en  cas  qu’eux ,  leur  fils  Ray-« 
mond ,  &  leurs  defeendans  ,  vaillent  à  établir  un  vicomte  dans  cette  ville,  « 
ce  dernier  deviendroit  alors  vaffâl  du  vicomte  Raymond  &  de  là  femme,  « 

6c  leur  prêteroit  ferment  de  fidelité  ,  outre  celui  qu’il  devoir  prêter  « 
au  comte  &  à  la  comtefie  ,  (£•  à  Raymond  leurs  fils  3  enlorte  que  le  vicomte  « 
de  Carcaffonne  tiendroit  l.t  moitié  de  cette  vicomté  du  vicomte  Raymond-  « 

Bernard ,  6c  d’Ermengarde  fa  femme,  ou  de  leurs  delcendans  ,  la  ns  y  corn.  « 
prendre  toutes-fois  la  ville  ni  les  lâuxbourgs  de  Carcaffonne,  que  le  comte  « 

&  la  comtefie  le  réferverent.  « 

Ces  derniers  6c  leur  fils  Raymond  u  codèrent  en  même  tems  au  vicomte  « 
Raymond-Bernard  ,  à  la  vicomtelle  fa  femme  ,  6c  à  leurs  delcendans  ,  « 
l’abbaye  de  fuint  Jean  de  V  alfcyacr ,  ou  de  Montolieu,  l’élection  de  l’abbé,  « 
les  fiefs  6c  les  dépendances  de  ce  monalterc,à  la  réferve  du  fcrvicc  auquel  « 
le  vicomte  6c  la  vicomtelle  croient  tenus  en  vers  eux  }  c’ell-à-dire  que  cette  « 
abbaye  leur  fut  donnée  en  fief.  Us  leur  donnèrent  auffi  la  moitié  de  lace 
juftice,  du  peage,  6c  des  autres  droits  qu’on  levoit  dans  le  comté  de  Car- « 
caffbnne,  excepté  dans  la  ville  &:  fes  lâuxbourgs,  6c  fur  les  habitans  qui« 
y  étoient  domiciliez  j  à  condition  cependant  que  la  juftice  feroit  rendue  au  « 
nom  du  comte  de  Carcaffonne.  Le  comte  5c  la  comtefie  de  Barcelone  promettent  « 
enfin  que  fi  eux  ,  ou  leur  fils  qui  dcvoit  hériter  du  comté  de  Carcaffonne ,  ve-  « 
noient  d  acheter  l'abbaye  de  Caunes  du  comte  de  Roucrytic  ,  ils  la  donneraient  « 
au  vicomte  Raymond-Bernard  j  à  la  femme,  6c  à  leur  pofteriré ,  de  même« 
que  l’élection  de  l’abbé  ,  6c  le  droit  d’albergue  ,  avec  claulb  exprclie  que  « 
le  vicomte  &  la  vicomtelle  n’empêchcroient  pas  le  comte  de  Rouergue« 
de  donner  cette  abbaye  au  comte  6c  à  la  comtefie  de  Barcelone  ,  ou  à« 
celui  de  leurs  fils  qui  l’eroit  comte  de  Carcaffonne.  »  Nous  verrons  bientôt 
que  Raymond  de  laine  Gilles,  qui  étoit  le  comte  de  Rouerqut ,  dont  il  cft 
fait  mention  dans  cet  acte  ,  vendit  ou  coda  peu  de  tems  après  l’abbaye  de  L ,LCo,ntdâ 
Caunes  au  comte  de  Barcelone ,  puifque  le  vicomte  Raymond-Bernard  &  K mgardc  j;c 
fa  femme  la  prirent  en  fief  en  1070.  de  ce  dernier.  Tels  font  les  premiers 
titres  de  l’acquifition  que  firent  des  comtez  de  Carcaffonne  6c  de  Ralêz  Ray-  »<.-«  d'Ad"ia*' 
mond-Bcren^er  I.  comee  de  Barcelone,  6c  Almodis  fa  femme  :  titres  qui  furent  deiafiiic,&  de 
luivis  de  plulieurs  autres.  comte  dcCcr- 

11  ne  paraît  pas  que  la  comtcffc  Rangarde  mere  d’Ermengarde,  ait  en  dague  fon  *-n- 
d’abord  aucune  part  à  cette  alienation  ;  il  femble  au  contraire  qu’elle  y  vcu.iem  càiuf- 
ctoic  oppofée ,  puifqu’onze  jours  après’ elle  donna  au  comte  Guillaume  fon  te  avec  leurs 
gendre ,  à  fa  fille  Adélaïde ,  femme  de  ce  dernier  ,  6c  à  leurs  enfans ,  le  comté  lc 

de  Rafez  avec  tous  les  châteaux  qui  en  dépendoient.  Rangarde  fe  réferva 

CarcaÜODnc 

en  même  tems  l’ufufruit  de  ce  comté  pendant  fa  vie  avec  le  droit  de  réver-  au  comte  de 
fion ,  en  cas  que  Guillaume  n’eùt  point  d’enfans  d’Adclaïde.  L’aâre  fut  paffé  coim^de 
au  village  d’Avejan  dans  leTermenois  6c  le  diocèfe  de  Narbonne  ,  le  13.  de  Ccrdap,c. 

Mars  de  l’an  1067.  en  prefencc  deGuifrcd  archevêque  de  cette  ville  ,  oncle  l60' 

T  orne  IJ.  E  e  ij 


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Àn>io67- 


b  V.  Disg.t*nÀ 
Ue  BârctL  L  x. 
€.  S*. 


c  Marc.Hifp. 
M4  U 


ilMp.C  187. 
*  P-  471-477- 


LXVIII. 

Nouvel  ac¬ 
cord  entre  le 
comte  de  Bar¬ 
celone  &  la  vi- 
comeefle  Er- 
meogardc  fur 
le  domaine  de 
la  mailon  de 
Carcalîonnc. 

fPr.  p.i6i. 

&H- 

1068. 


H- 


zio  HISTOIRE  GENERALE 

du  meme  Guillaume -,  des  vicomtes  Udalgarius  6c  Berenger,  (le  premier 
étoit  fans  doute  vicomte  de  Fenouilledcs,  fie  l’autre  de  Narbonne  -,  )  d’Udal- 
garius  vicomte  de  Caftelnau  ,  d’Henri  fils  de  Raymond  comte  de  Cerdagne, 
6c  de  plufieurs  autres  feigneurs. 

Dans  le  même  ade,  Guillaume  promet  à  la  comtefle  Rangarde  fa.  belle- 
mere  de  ne  pas  aliéner  fans  fa  participation  le  comté  de  Râlez  ;  mais  c’eft  de 
quoi  il  paroît  qu’il  lé  mit  peu  en  peine:  il  n’eft  du  moins  rien  dit  du  con- 
lentement  de  Rangarde  dans  l’acte  de  vente  qu’il  fit  »  de  ce  comté  ,  6c  de 
lès  autres  droits  fur  le  domaine  de  la  maifon  de  Carcaflonne,  le  27.  de  Se¬ 
ptembre  fuivant,  à  Raymond-Berenger  comte  de  Barcelone ,  6c  à  la  comtefle 
Almodis  fa  femme.  Guillaume,  qui  fe  dit  fils  d' A  de  le  comtefle  de  Cerdagne , 
déclare  dans  cette  vente  »  qu’il  avoit  époufé  Adélaïde  fille  de  Pierre-Raymond 
«  comte  de  Bergers  ,  &  de  la  comteffe  Rangarde  ,  laquelle  ,  en  confideration  de 
»ce  mariage,  lui  avoit  cédé  tous  fes  droits  fur  la  ville,  le  comté  6c  l’évê- 
>»  ché  de  Carcaflonne ,  6c  fur  tout  le  comté  de  Rafez  ,  avec  ceux  que  la  mê- 
«me  Adélaïde  avoit  fur  ces  comtez  c f  èvèchex, ^  6c  fur  les  abbayes  qui  en 
»  dépendoient.  Il  vendit  tous  ces  droits  de  concert  avec  cette  derniere ,  au 
comte  6c  à  la  comtefle  de  Barcelone  ,  pour  quatre  mille  maneufes  de  Barce¬ 
lone  ,  efpece  de  monnoye  d’or  dont  les  fept b  pefoient  une  once  j  de  force  que 
le  comte  Guillaume  6c  fa  femme  Adélaïde  ,  vendirent  leurs  droits  fur  le 
domaine  de  la  maifon  de  Carcaflonne  pour  environ  571.  onces  d’or. 

Il  paroît  par  ce  que  nous  venons  de  dire,  que  Guillaume  ar’cpoufà  Adé¬ 
laïde  de  Carcaflonne  qu’en  1067.  Il  avoit  fuccedé  dès-lors  à  Raymond 
comte  de  Cerdagne  fon  pere  ,  puifqu’il  prend  la  qualité  de  comte  dans  la  cef- 
fion  que  la  comtefle  jRangarde  la  belle-mere  lui  fit  du  comté  de  Rafez. 
On  prétend  c  cependant  que  Raymond  comte  de  Cerdagne  11e  mourut  qu’en 
1068.  mais  il  pouvoit  avoir  cédé  quelque  tems  auparavant  à  fon  fils  Guillaume 
ce  comté,  qui  comprenoic  le  Capcir  6c  leDonazanen  deçà  des  Pyrénées.. 
Raymond  eut J  d’Adele  fa  femme  un  autre  fils  nommé  Henri ,  qui  prit  ela 
qualité  de  vicomte  de  Cerdagne,  6c  fe  rendit  également  recommandable  par 
fa  probité  6c  par  fa  valeur.  Il  eut  deux  filles  dont  on  ignore  le  nom  : 
L’aînée  époufa  le  comte  de  Pailhas ,  6c  l’autre  le  vicomte  de  Londres. 

Le  comte  ôc  la  comtefle  de  Barcelone  firent  un  nouvel  accord  le  premier 
de  Mars  de  l’an  1068.  avec  le  vicomte  Raymond-Bernard  6c  Ermengarde 
fa  femme  ,  touchant  les  domaines  de  la  maifon  de  Carcaflonne.  Suivant 
cet  a&e  les  premiers  cederent  aux  autres  6c  à  leurs  enfans  ,»tous  f  les  villa- 
»  ges ,  châteaux  ôcalleus  que  le  comte  Pierre- Raymond  ,  Roger  fon  fils,  8c 
«leurs  vaflaux  avoient  poflèdez  dans  les  comtez  de  Carcaflonne  6c  de  Rafez, 
»  dans  ceux  de  Toulouie  6c  de  Narbonne  ,  ôc  dans  le  Minervois.  «  Pierre, 
Raymond  6c  Berenger  fils  du  comte  de  Barcelone  fouferivirent  à  cet  a&e  ÔC 
le  confirmèrent.  Les  deux  derniers  étoient  fils  d’Almodis  féconde  femme  de 
ce  comte,  qui  avoir  eu  l’autre  d’un  premier  lit.  Guifred  archevêque  de  Nar¬ 
bonne,  les  évêques  Frotaire  de  Nifmes,  Durand  de  Touloufe ,  ôc  Eléphant 
d’Apt, Guillaume  feigneur  de  Montpellier,  Matfred  abbé  de  fiint  Paul  de  Nar¬ 
bonne,  6c  quelques  autres  feigneurs  furent  aufli  prefens  à  cette  nouvelle  cef- 
fion,  en  vertu  de  laquelle ,  6c  de  la  précédente,  Ermengarde,  ôc  le  vicomte 
Raymond- Bernard  fon  mari,  rentrèrent  dans  la  poflèmon  de  tout  le  domai¬ 
ne  utile  de  la  maifon  de  Carcaflonne  qu’ils  avoient  aliéné  en  faveur  du  comte 
de  Barcelone  :  ainfi  il  ne  refta  proprement  à  ce  dernier  que  la  Ample  fuze- 
raineté  fur  ce  domaine. 

Le  comte  ,1a  comtefle  de  Barcelone  6c  leurs  enfans  convinrent  par  un  autre 
a&e  g  ,  avec  le  vicomte  Raymond-Bernard  ,  la  vicomteflè  Ermengarde  fâ 
femme,  ôc  leurs  enfans  ,  i°.  Que  fi  ces  derniers  venoient  à  déceder  fans 
pofterité ,  les  domaines  du  Rafez, 0  du  Carcajfe du  Narbonois  ,  du  Minervois 
(b"  du  Touloufain  qui  avoient  appartenu  au  comte  Pierre-Raymond  ,  &  a  fon  fils 
Roger ,  leur  reviendroient ,  6 c  à  leurs  defeendans  i°.  Que  fi  au  contraire  le 
comte  de  Barcelone  ou  fes  enfans  mouraient  fans  pofterité  légitimé ,  ces  mê¬ 
mes  domaines  reviendroient  alors  en  entier  au  vicomte  ôc  à  la  vicomteflè,  ôcà 
leurs  defeendans.  30.  Ils  convinrent  enfin  de  ne  rien  vendre  ni  engager  de  part 


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An.IO<>8 


LXtX. 
Concile  C?c 
la  province  <t 
Narbonne  rc. 
ouaGiroune» 
a  Concil.to.Xl 

edit,  Hard.p , 
1671.0*/*^ 


DE  LANGUEDOC.  L  1  v.  XlV.  ut 

&  d'autre  de  ces  biens,  St  de  ne  pas  racheter  ce  qui  avoir  été  déjà  aliéné  en 
faveur  de  leurs  vallàux.  Guifred  archevêque  de  Narbonne,  Matfred  abbé  de 
faint  Paul,  Guillaume  de  Montpellier,  Berenger-Miron  évêque,  Bertrand- 
Roftaing  de  Pofquieres  ,  Pierre  -  Guillaume  de  Montpellier  ,  St  plufieurs 
autres  lêigneurs  , ,  foufcrivirent  à  cet  accord ,  qui  n’elt  point  daté  j  mais 
comme  la  plupart  d’entr’eux  furent  prefens  à  la  nouvelle  ceffion  que  fit  le 
comte  de  Barcelone  à  Ermengarde ,  c’eft  une  preuve  que  ces  deux  a&es  font  i 
peu  près  du  même  tems. 

L’évêquc  Berenger-Miron  dont  on  vient  de  parler ,  n’eft  peut-être  pas 
différent  de  Berenger  évêque  cUAgde ,  qui  fe  trouva  au  concile  a  que  le 
cardinal  Hugues  le  Blanc  légat  du  pape  Alexandre  IL  tint  à  Gironne  la 
même  année  1068.  êc  dont  Raymond-Berenger  comte  de  Barcelone,  & 

Almodis  fa  femme  furent  les  principaux  promoteurs.  Les  archevêques  Gui¬ 
fred  de  Narbonne  St  Guillaume  d’Auch  ,  les  évêques  Berenger  de  Giron¬ 
ne,  Guillaume  d’Urgel ,  Guillaume  d’Aufonne,  Berenger  d’Agde,  Salomon 
de  Rode  St  Guillaume  de  Comminges  y  affifterent  en  perfonne ,  avec  Se¬ 
guin  moine  St  prêtre,  député  de  Durand  évêque  de  Touloufè  ,  Guibert 
clerc,  envoyé  par  l’évêque  d’Ufez ,  St  fept  abbez ,  du  nombre  defquels 
étoient  Frotard  de  faint  Pons  de  Tomieres ,  Dalmace  delà  Graflè ,  St  Taffio 
de  faint  Laurent  au  diocèfe  de  Narbonne.  On  d relia  quatorze  canons  dans 
ce  concile  contre  ceux  qui  avoient  répudié  leurs  femmes  pour  en  époufer 
d’autres,  défordre  alors  fort  commun*  contre  la  ûmonie  ,  les  mariages  in- 
ceftueux ,  le  concubinage  ou  mariage  des  ecclefiaftîques  *  contre  les  clercs 
qui  portoient  les  armes  ,  qui  exerqoient  l’ufure ,  ou  qui  ne  s’occupoient  que 
de  la  chaffe  *  St  enfin  contre  les  ulurpateurs  des  biens  des  églilès. 

La  légation  qu’exerçoit  le  cardinal  Hugues  le  Blanc  s’etendoit  fur  les 
provinces  méridionales  du  royaume.  Ce  cardinal  tint  en  effet  la  même  année 
deux  autres  conciles  en  qualité  de  légat ,  l’un  à  Touloufè  ,  St  l’autre  à 
Auch.  On  croit  b  que  le  premier  fur  allemblé  au  commencement  de  l’an¬ 
née:  mais  il  eft  certain  que  le  fécond  le  précéda,  puifqu’il  fut  tenu  c  fous 
l’épifcopat  de  faine  Auftinde  archevêque  d’Auch ,  St  que  Guillaume  fuccef. 
feur  de  ce  prélat  alîifta  à  ceux  de  Touloufè  St  de  Gironne.  Or  comme  faint 
Auftinde  ane  mourut  que  le  35.de  Septembre  de  l’an  1068.  il  s’enfuit  que 
les  conciles  de  Touloulè  St  de  Gironne  furent  tenus  vers  la  fin  de  cette 
année. 

Durand  évêque  de  Touloufè  fut  le  feul  de  la  province  qui  fe  trouva  au 
concile  de  cette  ville.  Les  archevêques  Guillaume  d’Auch  ,  St  Aimoin 
de  Bourges  y  affifterent  avec  huit  évêques  d’Aquitaine  ou  de  Gafcogne, 

&  plufieurs  abbez  *  entr’autres  laint  Hugues  de  Cluni ,  Bernard  de  laine 
Gilles,  Bernard  de  faint  Vidor  de  Marfèille,  Raymond  de  faint  Papoul,  St 
Frotard  de  S.  Pons.  Il  ne  nous  refte  de  ce  concile  que  le  decret  qu’on  y  dreffa  7 
pour  le  rétabliflèment  de  l’églife  de  Laitoure  qui  étoit  détruite  depuis  long- 
tems.  Il  paroît  par  cet  ade  qu’on  y  fit  divers  canons  qui  nous  manquent , 

&  qui  fans  doute  furent  lèmblables  à  ceux  du  concile  de  Gironne  contre  la 
fimonie  ,  le  concubinage  des  prêtres  St  des  clercs,  Stc. 

Le  concile  de  Gironne  de  l’an  1068.  eft  le  plus  ancien  monument  que  nous  Ro^,Xi*ComM 
ayons  où  il  foit  fait  mention  de  Dalmace  abbé  de  la  Grade  ,  qui  dans  la  de  foi*  fucce- 
fuite  parvint  à  l’archevêché  de  Narbonne.  Cette  époque  péutfervir  à  fixer  à  dc  *  IJle“e  fo" 
peu  près  celle  d’un  ade  fans  date ,  fuivanc  lequel f  »  le  comte  Pierre- Bernard,  «1  ?(yr.p.  1 
du confentement  du  comte  Roger  fon  fils,  abandonne  à  Dalmace  abbé  de« 
la  Graffe ,  St  à  la  prévôté  de  Canton  foumife  à  ce  monaftere  ,  différens  « 
droits  qu’il  éxigeoit  dans  le  village  de  Calfan,  moyennant  une  mule&dix  « 
fols monnoye de  Touloufè  ,  qu’Arnaud  prévôt  de  Camon  St  fes  religieux  lui»* 
donnèrent.^ 

Le  prieuré  de  Camon  eft  fitué  dans  la  partie  méridionale  du  diocèfe  de 
Mirepoix,  St  le  lieu  de  Calfan  dans  celui  dePamiers:  ainfi  ils  dépendoientg  gVr.p.is9\ 
l’un  St  l’autre  du  domaine  des  anciens  comtes  de  Foix*  &le  comte  Pierre- 
Bernard  qui  fit  ce  délaiffement  doit  entrer  dans  la  genealogie  h  de  ces  comtes,  h  v.  nots 

~  -  .  f.  XXU.H.IQ& 

le  /'?■ 


LXX. 

VsCoucilc  dé 
Touloufc. 

b  M*b.  Md 
*nn .  iotf8.0. 
19. 

çConcil.tê .9* 
p.iivf. 
dGnll.Cbr.nov, 
9  dit,  t,  1  .f.joSé 


:  Cêttcil.  ibidt 


Or  comme  nous  apprenons  d’ailleurs  que  Roger  I L  fils  de  Pierre 


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An. ioô8. 

a  Pr.p»i?9. 
b  V.  NOTE 
ébid. 


cPr.f.378. 


<\Pr.p.))7.  & 
/'?• 

tf.lt  f’&fij’ 


f  NOTE  ilid. 
ZPr.f.uÿ.ô. 

H- 


LXXil. 

Nouvelles  ac- 
cjuifitious  «u 
comie  de  Bar¬ 
celone  en  deçà 
des  Pyrcnccs. 

h  /  r.p. i8ÿ.(y 
Jecj. 

Ml¬ 


le.  Pr.}.i67,& 

J'j* _ 

IO69. 


IO7O. 

1  Martin,  eoll. 

&JW- 


xn 


Ibid. 


ut  HISTOIRE  GENERALE 

qualifioit*  comte  de  Voix  en  1071.  c’eft  une  preuve  que  le  dernier  mourut 
encre  l’an  1068.  8c  cetce  année.  On  a  remarqué  ailleurs b  que  ce  comte  Pierre 
étoit  fils  puîné  de  Bernard  comte  de  Conferans  8c  de  Foix,  8c  en  partie  de 
Carcaflonne  5  que  le  comté  de  Conferans  lui  étoit  échû  vrailèmblablemenc 
en  partage  j  8c  qu’après  la  mort  de  Roger  I.  comte  de  Foix  fon  frere,  dé¬ 
cédé  fans  enfans ,  il  lui  fucceda  dans  le  dernier  comté.  Il  époufa  une  dame 
nommée  Ledgarde  dont  il  eut  Roger  II.  qui  de  fon  vivant  prenoit  la  qualité  de 
comte,  comme  on  vient  de  le  voir  :  d’où  l’on  pourroit  peut-être  inférer  que 
Roger  I.  comte  de  Foix,  8c  comte  en  partie  de  Carcaflonne ,  avoir  fait  ce  dernier 
heritipr  de  fes  domaines.  Il  paroîtcen  effet  que  Roger  II.  fucceda  immédia¬ 
tement  dans  le  comté  de  Foix  à  Roger  I.  fon  oncle  paternel.  Quoi  qu’il  en 
foit  Roger  II.  époufa  une  dame  nommée  Sicarde,  8c  fucceda  auflî,  ce  fem_ 
ble ,  au  comté  de  Conléransd.  Nous  voyons  du  moins  qu’il  poffeda  divers 
comtez  ;  car  fuivant  une  donation  e  qu’il  fit  vers  l’an  1074.  avec  Ledgarde 
fa  mere  ,  à  l’abbaye  de  faint  Pons  de  Tomieres,  il  accorde  aux  religieux 
de  ce  monaftere  la  liberté  d’acquérir  des  biens  fonds ,  8c  même  les  fiefs  qui 
dépendoient  de  fa  mouvance ,  8c  de  les  poffeder  en  alleu  ,  dans  les  éveebe 
les  comtes  &  les  terres  qu’il  pofledoit  actuellement ,  ou  qu’il  acquerroit  dans  la 
fuite. 

Au  refteilparoît  f  que  le  comte  Pierre  qui  en  1084.  donnas  à  l’abbaye  de 
Clufe  en  Piémont,  un  alleu  fitué  dans  le  Touloufain ,  conjointement  avec 
fes  deux  fils  Roger  8c  Raymond,  étoit  frere  puîné  de  Roger  II.  comte 
de  Foix. 

Nous  ignorons  fi  ce  dernier,  ou  le  comte  fon  pere  s'oppoferent à  l’alie¬ 
nation  qu’Ermengarde  leur  coufine  fit  à  leur  préjudice  des  comtez  de  Car- 
caffonne  8c  de  Rafez  en  faveur  du  comte  de  Barcelone  5  8c  s’ils  fe  mirent  en 
état  de  faire  valoir  leurs  droits  contre  ce  prince  :  on  fçait  feulement  que 
Roger  II.  heritier  de  Roger  I.  comte  de  Foix,  fon  oncle  paternel,  qui  avoir 
poiîèdé  la  moitié  h  du  comté  de  Carcaflonne ,  prétendit  que  ce  comté  lui 
appartenoit  5  qu’il  intenta  là-deflùs  une  action  contre  Ermengarde  fa  cou - 
fine  5  8c  qu’il  céda  *  enfin  en  1095.3  cette  dcrnicre  tous  lès  droits  par  une  tran- 
faction  dont  nous  parlerons  ailleurs. 

Le  comte  de  Barcelone  n’omit  rien  de  fon  côté  pour  s’aflùrer  la  poflef- 
fion  des  comtez  de  Carcaflonne  8c  de  Rafez  -,  8c  c’eft  fans  doute  dans  cette 
vue  qu’il  acquit  en  1068.  avec  fa  femme  Almodis  les  droits  qu’avoient  Pierre 
8c  Bernard  coufins  d’Ermcngarde  fur  les  mêmes  comtez  ,  en  qualité  de  fils 
du  comte  Guillaume  oncle  paternel  de  cette  vicomteffe.  Ces  deux  freres 
vendirent  alors  au  comte  8c  à  la  comteflè  de  Barcelone  la  part  qu  ils 
avoient ,  &  qui  devoit  leur  revenir  par  droit  héréditaire  ,  dans  les  comtez  de 
Carcaflonne  8c  de  Rafez,  8c  dans  le  Narbonnois,  pour  cinq  cens  maneufes, 
monnoye  de  Barcelone ,  tant  en  or  qu'en  arzent ,  ce  qui  ne  faifoit  qu’environ 
7 1 .  onces  d’or.  L’on  peut  juger  par  là  quelle  étoit  la  part  qu’ils  avoient  dans 
ces  domaines. 

Le  comte  8c  la  comteflc  de  Barcelone  acquirent  k  encore  au  mois  de  Se¬ 
ptembre  de  la  X.  année  du  régné  du  roi  Philippe  le  château  du  Boume  dans 
le  comte  de  Rafe pour  le  prix  de  cinq  cens  maneufes  d’or  fin  ,  monnoye 
de  Barcelone ,  8c  cent  fols  de  deniers  de  Carcaffonne ,  ce  qui  faic  voir  le  deffein 
qu’ils  avoient  de  s’aggrandir  en  deçà  des  Pyrénées ,  8c  d’y  former  un  domaine 
confiderable  en  faveur  de  Raymond-Berenger  leur  fils. 

Le  comte  de  Barcelone  étoit  déjà  en  pollèflion  en  1070.  du  comté  de  Car¬ 
caffonne  ,  comme  il  paroît  par  une  lettre  1  que  Bernard  comte  de  Bezalu  écri¬ 
vit  à  Bernard  abbé  de  faint  Viffor  de  Marfèille,  pour  le  prier  de  prendre  fous 
fon  gouvernement  l’abbaye  de  fàinte  Marie  de  Riupoll  fituée  dans  fon  comté 
de  Bezalu,  laquelle  étoit  alors  en  proye  à  l’avidité  des  fimoniaques.  Il  y  eft  mar¬ 
qué  en  effet  que  le  comte  de  Barcelone  avoit  fournis  depuis  peu  l’abbaye  de 
la  Graffe  dans  le  diocéfe  de  Carcaffonne,  à  celle  de  faint  Victor.  Cette  lettre 
eft  fans  date,  mais  011  peut  en  fixer  l’époque  par  celle  de  l’union  m  de 
l’abbaye  de  Riupoll  à  la  congrégation  de  faint  Victor,  qui  eft  du  2S.  de  Dé¬ 
cembre  de  l’année  1070.  la  X.  année  du  rczrie  du  roi  Philippe.  Nous  apprenons 


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DE  LANGUEDOC.  I^iv.  XIV.  i» 

de  cecce  même  lettre  que  Guifred  archevêque  de  Narbonne,  &  les  évêques  An. 1070, 
de  Gironne  6c  d’Aufonne  les  freres  aidèrent  le  comte  de  Bezalu  à  chaflèr 
l’abbé  fimoniaque  qui  s’étoit  emparé  du  monaftere  de  Riupoll.  Du  refte  il 
ne  paroît  pas  que  l’union  de  l’abbaye  de  la  Grafïè  à  celle  de  faint  Vidor  ait 
duré  long-tems.  Deux  religieux  a  entr’autres  fe  rendirent  célébrés  vers  lemê-  a  aij.M7r 
me  temsdansla  derniere  }  l’un  nommé  Jean  de  Touloufe  qui  y  mourut  en 
odeur  de  fainteté ,  6c  l’autre  Berenger  de  Minerve  ,  qui  etoit  fans  doute 
de  la  maifon  des  vicomtes  de  ce  nom  dans  le  diocèfe  de  Narbonne. 

Le  comte  de  Barcelone  dominoit  donc  en  1070.  fur  le  comté  de  Car-  Lxxtn. 
caflonne  b,  dont  il  ne  fit  proprement  l’acquifition  que  cette  année  5  ce  qui  d^°c“^1t(Jzchj] 
peut  donner  lieu  de  croire  qu’il  doutoit  de  la  validité  des  actes  précédons,  carcaüonne  & 
Le  vicomte  Raymond-Bernard ,  furnommè  Trencavel ,  ôc  la  vicomteflè  Ermen- 
garde  fa  femme,  vendirent  le  vingt-fixiéme  de  Juin  delà  même  annee,  cdonc. 
à  ce  comte,  à  Almodis  fa  femme,  ôc  à  leur  fils  Raymond  Berenger,  pour  « 
le  prix  de  deux  mille  onces  d’or  cuit  *  de  Barcelone,  tous  les  droits  qu’eux  «  Coflum. 
Ôc  leur  valïàux  pouvoienc  prétendre  fur  le  comté  de  Rafèz ,  le  Confèrans ,  « 
le  Comminges  ,  le  Carcaflèz  ,  le  Narbonnois  Ôc  le  Touloufain,  de  la« 
même  manière  qu’avoient  pollèdé  ces  domaines  Roger  le  vieux  comte  de  « 
CarcafTonne,  Eudes  fon  frere  comte  de  Rafez  *  Bernard-Roger  ,  Raymond- « 

Roger,  ÔC  Pierre  Roger  évêque  ,  fils  tous  les  trois  de  Roger  le  Vieux  ,  « 
le  comte  Pierre-Raymond,  Roger  fon  fils,  la  comtefîe  Rangarde  6c  leurs  « 
vafTaux  5  foit  villes,  comtcz ,  évèchez  ,  vicomtez  &  autres  dignité^  foit  châ-« 
teaux ,  forterefTes ,  églilès,  paroilles,  villages,  maifons,  cens,  rentes ,  mar-c» 
chez,  ôcc.  à  l’exception  cependant  des  deux  abbayes  de  faint  Jean  de  Val-  « 
feguier,(ou  de  Montolieu)  6c  de  faint  Pierre  de  Caunes  que  les  vendeurs  « 
fe  réferverent  pour  les  tenir  en  fief  du  comte  &  delà  comtefTede  Barcelone  a 
&  de  leur  fils.  »  Le  vicomte  Raymond-Bernard  déclare  dans  l’ade  «  que« 
tous  ces  biens  lui  étoient  échus  par  fa  femme  Ermengarde;  6c  celle-ci  allure  a 
de  fon  côté,  qu’ils  lui  appartenoient,  tant  par  la  fuccelfion  de  fes  parens  ,  « 
que  par  le  don  que  lui  en  avoit  fait  Roger  fon  frere.  «  L’un  6c  l’autre  rati¬ 
fient  en  même  tems  en  faveur  du  comte  &  de  la  comtefîe  de  Barcelone  la 
vente  qu’ils  leur  avoient  faite  auparavant  de  ces  mêmes  droits  ,  6c  ajoutent 
qu’ils  comprenoient  dans  cette  vente  le  château  d’Ornefons  dans  le  diocèfe 
de  Narbonne,  6c  celui  de  Peyriac  dans  le  Minervois,  avec  leurs  dépendan¬ 
ces.  Ils  fe  refervent  enfin  les  alleus  que  Guillaume  vicomte  de  Be^iers,  ayeul  de 
Pierre-Raymond  pere  d’Ermengardc ,  poflèdoic  dans  le  comté  de  Narbonne 
6c  le  Minervois  ,  avec  les  fiefs  que  le  même  Pierre-Raymond  tenoit  dans  ces 
païs,  de  l’archevêque  de  Narbonne.  Cet  ade  eft  fouferit  après  le  vicomte 
Raymond-Bernard,  6cla  vicomteffe  Ermengarde  fa  femme  ,  par  Guillemete 
leur  fille  qui  le  confirma,  par  Guifred  archevêque  de  Narbonne,  Guillaume 
évêque  de  Gironne,  la  comtefîe  Rangarde  6c  Adélaïde  fa  fille. 

Le  lendemain  ij.  de  Juin  le  vicomte  Raymond-Bernard  6c  fa  femme  s’en¬ 
gagèrent  par  un  ade c  particulier  de  ne  vendre  ni  aliéner  en  faveur  de  qui  que  c  rr.^.i7 t. 
ce  tut ,  les  deux  abbayes  de  Montolieu  ôc  de  Caunes ,  qu’ils  tenoient  en  fief  du  ^-fa- 
comte  6c  de  la  comtefîe  de  Barcelone  6c  de  leur  fils  5  excepté  neanmoins  en 
faveur  du  même  comte  6c  de  fa  femme  ,  de  leurs  fils  6c  de  leurs  filles,  ou  du 
religieux  quon  envoycroit  dans  ces  monafieres  pour  y  faire  le  fervice  divin.  Ilscon- 
firment  en  même  tems  les  aliénations  qui  avoient  été  déjà  faites  des  dépen¬ 
dances  de  ces  abbayes  dans  le  tems  que  Raymond-Etienne  de  Servian  6c  Ar¬ 
naud-Guillaume  de  Sauvian  s’étoient  rendus  à  Gironne  pour  fervir  d’otages 
au  comte  6c  d  la  comtefîe.  Il  eft  marqué  de  plus  dans  cet  ade  que  fi  le 
vicomte  6c  fa  femme  venoient  à  décéder  fans  enfans  mâles ,  ces  deux  abbayes 
reviendroient  au  pouvoir  du  comte  6c  de  la  comtefTe ,  ôc  de  leurs  enfans  -,  à 
la  réferve  du  fief  qui  avoit  appartenu  à  Aton  le  Vieux  vicomte  d.'  Ambialet  ou 
d’Albi d.  Le  vicomte  6c  la  vicomteflè  ratifient  enfuite  la  vente  qu’ils  avoient  j  v 
faite  le  jour  précédent  de  leurs  droits  fur  le  Rafez,  le  Carcaflèz  ,  êcc.  en*xi. 
faveur  du  comte  6c  de  la  comtefîe  de  Barcelone  ,  aufquels  ils  donnent  en 
otage  fept  de  leurs  vafTaux  qui  dévoient  s’aller  remettre  à  CarcafTonne ,  à 
Saiflac ,  à  Laurac ,  à  Rafez  ,  ou  dans  tel  autre  château  que  le  comte  ,  la  com- 
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a  Pr.p.i7+.fr 
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b  Pr.  p.i7S.fr 

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*  Dccimum. 
T'-  Ai.liT.  litjp. 

P  * 

**i\z  luâuo- 
fam  hxic.iita- 
tcir.. 

*  *  Rcccaimcn- 
tum. 


LXXIV. 
ftc.icxions  fur 
ccccc  acquifi- 
cioa. 


c  V.  NOTE 
XX//. 

d  KOTF.ibiJ. 
n.  ly.Cr  *tq. 


e  P'f.U  7» 

*>•171.174. 

*7*. 


«4  HISTOIRE  GENERALE 

teflè  &  leurs  fils  leur  indiqueraient }  avec  ordre  à  ces  otages ,  »  en  cas  que 
«  le  comte  6c  la  comtefle  euffent  quelque  grief  au  fujet  de  cette  vente ,  6c 
ï>  que  le  vicomte  £c  la  vicomtefle  ne  voulurent  pas  y  fatisfaire  ,  d’ordonner 
»le  duel  dans  le  comté  de  Carcaflonne,  6c  de  fournir  pour  cela  un  cham. 
«  pion  à  cheval  qui  n’eût  jamais  combattu  dans  une  pareille  occafion ,  &  qui 
«fè  battroit  armé  d’un  bouclier  6c  d’un  bâton,  en  prefence  de  quatre  juges 
>*  qu’on  choifiroit  de  part  ôc  d’autre. 

Le  z.  du  mois  d’Août  fuivant  Adélaïde  fœur  d’Ermengarde  fit  de  fon  côté 
une  donation  a  entre- vifs  au  comte  6c  à  la  comtefle  de  Barcelone ,  &  a  leur 
fils  Raymond-Berenger  ,  de  tous  les  droits  qu’elle  avoir  fur  le  comté  de  Rafez, 
le  Conferans,  ôc  les  autres  pais  marquez  dans  l’a&e  du  16.  de  Juin  précé¬ 
dent  j  »  droits ,  dit-elle  dans  l’ade  ,  qui  me  font  échus  par  la  fucceflion 
»  du  comte  Pierre- Raymond  mon  pere  ,  de  Roger  mon  frere ,  6c  de  lacom- 
»  teflè  Rangarde  ma  mere. 

Enfin  la  même  Rangarde  par  un  ade  b  dans  lequel  elle  fe  dit  fille  de  U 
comtejfic  Amélie ,  vendit  le  iz.d’Avril  de  l’année  fuivante  ,  «pour  le  prix  de 
«400.  onces  d’or  pur,  à  Raymond  comte  de  Barcelone,  à  la  comtefle  Al- 
«  modis  fa  fœur ,  femme  de  ce  comte  ,  ôc  à  Raymond-Berenger  leur  fils , 
»  tous  les  droits  qu’elle  avoir  ou  devoir  avoir  fur  le  comté  de  Rafez ,  le  Con- 
«fèrans,  ôc  les  autres  païs  dont  il  eft  parlé  dans  les  adcs  précédens  ,  ôc  qui 
«  lui  étoient  échus ,  foitparacquifltion,  foit  par  donation,  loit  par  le  tefta- 
»  ment  du  comte  Pierre  Raymond  fon  mari,  loit  pour  fon  dixiéme*(o\i  douaire) 
« foit  far  la  fucccfjion  du  comte  Roger  fon  fils  *  ,  loit  enfin  de  quelqu’autre 
«maniéré  que  ce  fut.  «  La  comtefle  Rangarde  déclare  en  même  tems  qu’elle 
comprend  dans  cette  vente  les  châteaux  deCoufFoulens ,  de  Rafez,  Venta- 
gion  ,  Campendut  ,  Peyriac  6c  Auriac  avec  leurs  domaines  ,  monnoyes, 
juftices,  6c  le  droit  de  reprife**  ,  ou  autres  qu’elle  y  avoir  :  ce  qui  nous  fait 
comprendre  que  ces  fept  châteaux  lui  avoient  été  aflîgnez  pour  fon  douaire. 
Le  dernier  étoit  fitué  dans  le  Touloufain  ,  celui  de  Peyriac  dans  le  Miner- 
vois  6c  le  diocèfe  de  Narbonne,  6c  les  autres  dans  les  comtez  de  Carcaf- 
fonne  Ôc  de  Rafez. 

C’eft  le  dernier  acte  de  l’acquilîtion  que  fit  le  comte  de  Barcelone  de  ces 
deux  comtez  ,  6c  du  refte  du  domaine  de  la  branche  aînée  de  la  maifon  de 
Carcaflonne  -,  fur  quoi  il  eft  à  propos  d’ajouter  ici  quelques  reflexions,  tant  pour 
l’intelligence  de  ces  divers  aétes ,  que  pour  celle  de  plufieurs  faits  importans 
de  notre  hiftoire  dont  nous  aurons  occafion  de  parler  dans  la  fuite. 

i°.  Ermengarde  6c  Adélaïde  fa  fœur,  qui  n’avoient  vendu  en  1067.au 
comte  de  Barcelone  que  leurs  droits  fur  les  deux  comtez  de  Carcaflonne  6c 
de  Rafez,  6c  fur  ce  que  leur  pere  6c  leur  frere  avoient  poffedé  dans  le  Tou¬ 
loufain  ,  lui  vendirent  ou  donnèrent  de  nouveau  en  1070.  non-feulement 
ces  mêmes  domaines ,  mais  encore  tous  ceux  qu’avoit  pofl'edé  autrefois  Ro¬ 
ger  I.  comte  de  Carcaflonne  leur  bilayeul c  ,  furnommé  le  Vieux ,  6c  qu’il 
avoit  partagez  à  fes  trois  fils.  Or  comme  Roger  I.  d  comte  de  Foix», 
petit-fils  de  ce  comte  par  Bernard  fon  pere ,  laillà  un  frere  6c  un  neveu 
qui  lui  fuccederent,  6c  qui  par  conféquent  avoient  droit  fur  une  portion  de 
l’heredité  du  même  Roger  I .comte  de  Carcaflonne,  entr’autres  fur  le  comté  de 
Conferans  ;  c’eft  une  preuve  qu’Ermengarde,  Adélaïde  fa  fœur,  Ôc  la  comtefle 
Rangarde  leur  mere ,  difpoferent  par  cette  vente  de  ce  qui  ne  leur  appar- 
tenoit  pas.  Il  eft  marqué  en  effet  dans  l’ade  de  l’an  1067.  qu’elles  vendent 
au  comte  de  Barcelone  tous  les  domaines  c  que  Roger  comte  de  Foix  avoit 
poffedeg^du  vivant  du  comte  Pierre-Raymond  de  Roger  fon  fils  ;  6c  dans  celle 
de  l’an  1070.  qu’elles  lui  cedent (  tous  ceux  qui  avoient  appartenu  à  Raymond ,  à 
Bernard  &  à  Pierre  fils  de  Roger  /-  comte  de  Carcafjonne.  On  peut  confirmer 
par  là  ce  que  nous  avons  déjà  infinué  ,  fçavoir  que  la  fucceflion  de  Roger  III. 
comte  de  Carcaflonne,  décédé  fans  enfans,  devoit  appartenir,  à  l’exclufion 
de  fes  fœurs,  aux  mâles  de  la  branche  de  Foix  ,  foit  en  vertu  d’une  fubftitu- 
tion  de  la  part  de  Roger  I.  comte  de  Carcaflonne  ,  foit  en  conféquence  de 
quelqu’autre  convention  }  qu’Ermengarde  ôc  Adélaïde  fa  fœur  ne  s’empref- 
lérent  d’aliener  les  biens  que  le  même  Roger  III.  leur  frere  avoit  eus  de 

la 


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DE  LANGUEDOC,  Liv*  XJ V,  %tf 

la  fucceFion  de  Roger  I.  comte  de  CarcaFonne,  que  dans  la  crainte  d'enôtre  An. 1070» 
dépoFedées  par  le  comte  de  Foix  ,  lequel  y  avoit  un  droit  légitimé  -,que  dans 
cette  vue  elles  en  firent  en  1067.  une  vente  fimulée  au  comte  de  Barcelo¬ 
ne  ;  8c  qu’enfin  défeiperant  de  pouvoir  fe  maintenir  dans  la  poffeFion  de  ces 
domaines  après  les  avoir  repris  en  fief  du  même  comte  ,  elles  les  lui  vendi¬ 
rent  en  1070. 

i°,  Il  ne  paroît  pas  d’ailleurs  que  la  comteFe  Rangarde  foît  intervenue 
dans  la  vente  de  l’an  1067.  ou  qu’elle  l’ait  autoriféé  dans  la  fuite.  On  voit 
au  contraire  par  celle  qu’elle  fit  trois  ans  après  au  comte  de  Barcelone  , 
qu’elle  avoit  joui  jufqii’alors  de  fes  droits  fur  les  comtez  de  CarcaFonne  8i 
de  Rafez,  8c  fur  divers  châteaux  que  fes  filles  avoient  déjà  vendus  à  ce 
prince.  Si  donc  celles-ci  ne  firent  pas  difficulté  de  faire  cette  vente  fans  la 

Îiarticipation,  &  au  préjudice  de  leur  mere ,  on  peut  croire  aifément  qu’el- 
es  ne  ménagèrent  pas  davantage  les  droits  qu’avoient  les  comtes  de  Foix 
fur  ces  domaines. 

3Ü.  Roger  III.  comte  de  Carcalïonne ,  avoir  poffedé  en  qualité  d’heritier  de 
Garfinde  de  Beziersfon  ayeule  ,  mere  du  comte  Pierre-Raymond  fon  pere, 
les  deuxvicomtez  de  Beîiers &d’Agde  ,  fur  lefquelles  les  comtes  de  Foix  ne 
pouvoient  fonder  aucune  prétention  :  or  Ermengarde  à  qui  ces  deux  vicom- 
tez  étoient  échues ,  en  qualité  de  principale  heritiere  du  même  Roger  III. 
excepta  »  nommément  dans  la  vente  qu’elle  fit  en  1070.  au  comte  de  Bar-  a  ÎV.M71* 
celone  des  domaines  de  la  maifon  de  Carcaffonne  ,  les  alleus  qui  avoient 
appartenu  dans  le  comté  de  Narbonne  &  k  Minervois  ,  à  Guillaume  vicomte  de 
Bergers ,  ayeul  de  Pierre* Raymond  :  preuve  certaine  qu’elle  ne  fe  réferva  ces 
alleus  avec  les  vicomtez  de  Beziers  &d’Agde,que  parce  qu’elle  ne  craignoit 

Îias  d’en  être  dépoFedée  ;  8c  qu’au  contraire  elle  8c  fa  fœur  n’alienerent  tous 
es  autres  domaines  dépendans  de  l’heredité  de  leur  frere  ,  que  dans  la 
crainte  de  n’en  pouvoir  jouir  paifiblement  à  caufe  des  prétentions  des  comtes 
de  Foix,  8c  dans  la  vue  defruftrer  ces  derniers  de  leurs  droits.  Nous  verrons 
en  effet  dans  la  fuite  que  Roger  II.  comte  de  ce  pais  intenta  un  procès  àErmen- 
garde  facoufine  fur  cela.  Il  cil  donc  certain  que  cette  derniere  ,8c  Adélaïde  fa 
lœur ,  par  l’alienation  qu’elles  firent  en  faveur  du  comte  de  Barcelone  des 
divers  domaines  de  la  maifon  de  Carcaffonne  ,  cederent  à  ce  prince  ce  qui 
ne  leur  appartenoir  pas  ,du  moins  pour  la  plus  grande  partie,  8c  qu’elles  alié¬ 
nèrent  ces  domaines  au  préjudice  des  comtes  dcFoix. 

4°.  Mais  quand  même  elles  auroient  eu  fur  tous  ces  domaines  un  droit 
inconteftable ,  il  s’en  faut  bien  que  la  vente  qu’elles  en  firent  aux  comtes 
de  Barcelone  ,  ait  pû  fervir  de  fondement  à  ceux-ci  ;  pour  appuyer 
leurs  prétentions  fur  les  differens  pais  du  royaume  ,  dont  il  eft  fait  men¬ 
tion  *  dans  la  tranfaclion  paFee  en  x  1  j  8 .  entre  le  roi  faint  Louis ,  8c  Jacques 
I.  roi  d’Aragon  ;  car  il  n’eft  parlé  dans  les  actes  de  cette  vente  que  des  droics 
qu’Ermengarde ,  Adélaïde  la  lœur ,  &  Rangarde  leur  mere,  avoient  fur  le  comté 
de  Rafale  Conférant ,  le  Commingcs  ,  le  Carca/fcf,  le  N  arbonnois  &  le  T  oulou- 
fain :  or  ces  droics  fe  réduifoienc  aux  feuls  •-  comtez  de  CarcaFonne  8c  de 
Rafez,  dont  elles  ne  pouvoient  même  prétendre  qu’une  partie;  8c  à  quel¬ 
ques  terres  ou  châteaux  du  Narbonnois  8c  du  Touloufain.  Quant  au  Confe- 
rans  8c  au  Comminges  ,  elles  ne  pouvoient  avoir  aucunes  prétentions  fur  le 
premier,  puifque  Roger  I.  comte  de  Carcaffonne  en  avoit  difpofe  en  faveur 
de  Bernard  fon  fils  puiné  ,  dont  il  relfcoit  encore  des  defeendans ,  8c  qu’il  ne 

{•aroît  pas  que  Roger  III.  comte  de  CarcaFmne,  de  qui  elles  tiroient  tout 
eur  droit ,  eut  jamais  rien  poffedé  dans  ce  païs ,  non  plus  que  dans  le  Com- 
minge ,  quoique  le  même  Roger  I.  eût  donné  la  troifiéme  partie  de  ce  dernier 
pais  à  Raymond  fon  fils  aîné  ,  pere  de  Pierre-Raymond  &2yeul  de  Roger  III, 
frere  d’Ermengarde. 

Il  réfulte  de  tout  ce  que  nous  venons  de  rapporter  ,  que  ce  fut  par  achat, 

&non  comme  l’ont  cru  jufqu’â  prefent  la  plupart  des  hiftoriens  Efpagnols  , 
par  fucccflîon  légitime  ,  que  les  comtes  de  Barcelone  acquirent  quelque  droit 
fur  les  comtez  de  Carcaffonne  8c  de  Rafez  ,  8c  fur  divers  villages  8c  ch⬠
teaux  du  Touloufain  8c  du  Narbonnois.  Mais  ce  ne  fut  proprement  qu’un 
Tome  II.  Ff 


b  Mare.  Hifp. 

t .  i-m-cW*?* 


c  K  B* lux., 
Marc.  Hifp. 
P-  4J9.  &i'l' 


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AN.ioÿi. 


LXXV. 
Guillaume  IV. 
comte  de  Tou - 
loule  donne  le 
Lauraguais  en 
fief  au  comte 
<le  Barcelone. 
Plaid  tenu  à 
Carcaflonne. 
a  Pr.p.i 79.& 

fil- 

b  V,  KO  TE 
XL,  n.  i. 


t  Y  NOTE 
Ibii, 


à  ïr.p.  îrj. 


c  NOTE  XXII , 
n.  u. 


f  Pr,p. iSi. 


LXXVÎ. 
Légation  du 
cardinal  Hu¬ 
gues  le  Blanc. 
Princes  &  ici- 
gneurs  de  Sa¬ 
vez  &  de  Ver¬ 
dun  dans  le 
Toulouûin. 
Evoques  de 
Touloufe. 

g  Bxluz..Mif“ 
cell.to,\.p-A^- 
*  Milites* 


ii.6  HISTOIRE  GENERALE 

droit  de  fuzeraineté  y  car  nous  verrons  dans  la  fuite  que  les  defeendans  d’Er- 
mengarde  jouirent  de  tout  le  domaine  utile  de  ces  deux  comtez ,  dont  ils  fe 
qualifièrent  vicomtes:  enforte  que  par  cette  vente  ils  devinrent  les  arriere- 
vaflaux  des  comtes  de  Touloufe,  8c  les  comtes  de  Barcelone  les  vaffaux 
immédiats  de  ceux-ci ,  par  rapport  à  ces  comtez  ,  villages  8c  châteaux. 
Ermengarde  8c  fa  foeur  ne  peuvent  avoir  aliéné  ces  domaines  au  préjudice  de 
ces  derniers  princes ,  qui  étoient  fuzerains  de  tous  ces  domaines  ,  foit  en 
qualité  de  comtes  êé  de  marquis  de  Touloufe,  foit  comme  ducs  d^  Narbonne 
8c  marquis  de  Gothie. 

Cette  mouvance  paroît  entr’autres  dans  un  accord»  que  fit  Guillaume  IV. 
comte  de  Touloufe,  avec  Raymond  comte  de  Barcelone  &  de  Carcajfonne ,  & 
Ray rtiondfon  fils ,  peu  de  tems0  après  les  derniers  actes  de  l’acquifition  que 
ceux-ci  aVoient  faite  ,du  domaine  de  la  maifon  de  Carcaflonne.  Le  comte 
de  Touloufe  demanda  aufli-tôt  à  ces  princes  l’hommage  ,  &  le  ’  ferment 
de  fidelité  pour  le  païs  de  Lauraguais  compris  dans  cette  acquifition.  Le 
comte  de  Barcelone  8c  fon  fils  firent  d’abord  quelque  difficulté ,  fous  pré¬ 
texte  qu’on  ne  trouvoit  alors  perfonne  qui  eût  vu  rendre  cet  hommage  au 
pere  ou  à  l’ayeul  du  comte  de  Touloufe  5  mais  ils  s’accordèrent  enfin  de 
Il  maniéré  fuivante  :  i°.  Guillaume  céda  à  Raymond  ,  à  fon  fils,  à  leur  po¬ 
fterité  ,  à  celui  qui  auroitle  comté  de  Carcajjonne ,  tout  ce  qu’il  poflèdoit  de 
fon  chef,  8c  tout  ce  qu’il  avoir  acquis  dans  le  château  de  Laurac  ,  &  dans 
fes  -dépendances ,  moyennant  la  fournie  c  de  dix  mille  maneufes ,  monnoye  de 
Barcelone  ,.qui  mon  toient  environ  à  1431.  onces  d’or,  autre  une  autre  fomme 
que  le  comte  de  Barcelone  donna  à  La  comte/le  de  Touloufe  femme  du  comte 
Guillaume.  i°.  Le  comte  de  Barcelone  s’engagea,  tant  pour  lui  que  pour  fa 
pofterité,  de  tenir  en  fief  le  château  de  Laurac  6c  fes  dépendances  du  comte  de 
Touloufe  8c  de  fes  defeendans.  L’acte  fut  pafTé  le  7.  de  Septembre  de  l’an 
1071.  6c  non  en  1090.  comme  il  elt  marqué  dans  une  copie  qui  en  a  déjà  paru, 
en  prefence  de  Raymond  comte  de  Rouergue ,  frere  du  comte  de  Touloufe,  de 
l’évêque  de  Cahors,  de  Roger  comte  de  F oix ,  Frotard  abbé  de  faint  Pons  , 
Pierre  vicomte  de  Minerve  ,  Humbert  élu  évêque  de  Barcelone ,  8c  de  plufieurs 
feigneurs  des  deux  cours  de  Touloufe  8c  de  Barcelone,  parmi  lefquels  il  yen 
a  qui  prennent  le  furnom  de  Beziers  8c  de  Carcaflonne. 

Cet  accord  eft  une  preuve  que  le  Lauraguais ,  dont  le  château  de  Laurac, 
qui  lui  a  donné  fon  nom  ,  étoit  alors  le  chef-lieu  ,  avoit  auparavant  appartenu 
à  la  maifon  des  comtes  de  Carcaflonne ,  &  que  ceux-ci  en  faifoient  hommage 
aux  comtes  de  Touloufe.  En  effet,  outre  que  le  comte  de  Barcelone  tenoic 
d  ce  château  des  heritiers  de  Roger  III.  comte  de  Carcaflonne,  Guillaume 
comte  de  Touloufe  déclare  dans  l’acte  dont  on  vient  de  parler,  qu’il  avoir 
acquis  une  partie  de  ce  païs  de  Raymond-Guillaume  ,  &  de  Bernard  fon  frere  : 
or  ceux-ci  ne  font  pas  c  différens  de  Raymond  &  de  Bernard  fils  de  Guil¬ 
laume  comte  en  partie  de  Carcaflonne ,  8c  oncle  paternel  de  Roger  III.  Ie6 
quels  moururent,  à  ce  qu’il  paroît,  fans  pofterité. 

Le  lieu  où  les  comtes  de  Touloufe  ôc  de  Barcelone  s’abouchèrent  pour  cette 
tranfaction  n’efl  pas  marqué,  mais  il  y  a  lieu  de  croire  que  ce  fut  à  Carcaflonne. 
Nous  voyons  du  moins  que  le  dernier  prince  fe  trouvoit (  dans  cette  ville 
en  1071.  8c  qu’il  y  aflifla  alors  avec  Aymeric  vicomte  de  Narbonne,  8C 
plufieurs  autres  feigneurs ,  à  un  plaid  qu’on  y  tint ,  8c  dans  lequel  Dalmace 
abbé  delà  Graffe  jugea  un  différend  qui  s’étoit  élevé  entre  quelques-uns  de 
fês  vaflaux  au  lu  jet  de  la  viguerie  de  Malvers. 

Le  cardinal  Hugues  le  Blanc  étoit  en  ce  tems-là  légat  du  pape  Alexan¬ 
dre  II.  dans  la  province.  C’efl  ce  qu’on  voit  par  un  acte  %  ,  fuivant  lequel 
»  les  religieux  de  l’abbaye  de  Soreze ,  qui  vaquoit  depuis  dix  ans  ,  ayant 
>•  obtenu  de  Frotaire  évêque  de  Nifmes  la  permiflïon  d’élire  un  abbé,  s’af- 
»femblerent  à  Touloufe  dans  l’églife  de  Notre-Dame  de  la  Daurade,  8c 
»  élurent  Raymond,  de  l’avis  du  pape  Alexandre  &  du  cardinal  Hugues  le 
»  Blanc  fon  légat,  8c  du  confcntement  de  Durand  évêque  de  Touloufe, 
»  qui  en  qualité  de  diocéfain  confirma  l’abbaye  dans  la  poflèflion  de  tous 
»  les  biens  que  les  chevaliers  *  8c  les  laïques  avoient  ufurpez  fur  elle  ,  avec 


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DE  LANGUED  OC.  Liv.XIV.  u; 

ordre  i  ceux-ci  de  les  rcftituer.  *>  L’a&e  eft  foufcric  par  Frotaire évêque  de 
Nifmes,  avoué  6c  protecteur  de  l’abbaye  de  Soreze  fituée  dans  le  domaine 
de  fa  famille ,  par  Raymond  abbé  de  faine  Papoul ,  6c  Ifarn  prévôt  de  faint 
Sernin. 

Ce  dernier  eft:  peut-être  le  même  qu’Ifarn  qui  avoit  déjà  fuccedé  à  Du¬ 
rand  dans  l’évêché  deTouloufe,  avant  le  6.  de  Décembre  de  l’an  1071. 
fuivant  une  donation  1  faite  alors  à  l’abbaye  du  Mas-Garnier  ,  par  un  Ici- 
gneur  nommé  Raymond  -  Arnaud  ,  êc  fon  fils  Arnaud ,  en  prefence  de 
Raymond  évêque  de  Laitoure,  6c  de  Guillaume-Bernard  prince  de  Saveg.  Cette 
donation  eft  datée  en  effet  Guillaume  étant  comte  de  T ouloufe ,  l’année  qu  Ifarn 
fut  élu  évêque  de  cette  ville. 

Arnaud  dont  on  vient  de  parler,  n’eft  pas  fans  doute  différent  d'Arnaud-Ray. 
mond prince  de  Verdun ,  qui  en  1089.  reftitua  b  au  même  monaftere  la  quatrième 
partie  de  la  feigneurie  de  cette  ville  ,  fituée  fiir  la  rive  gauche  de  la  Garon¬ 
ne,  dans  la  partie  du  diocèfc  de  Touloufè  qui  dépend  aujourd’hui  de  la 
Guyenne.  Quant  à  Guillaume-Bernard  prince  de  Savez ,  il  étoit  vraifem- 
blablement  vicomte  de  ce  pais  ,  qui  s’étend  dans  la  partie  occidentale  de 
l’ancien  diocèfe  deTouloufe,  le  long  de  la  riviere  de  Save,  dont  il  a  pris 
fon  nom. 

Ifarn  évêque  de  Touloufè  étoit  de  la  maifon  des  anciens  feigneurs-de  La- 
vaur ,  ville  aujourd’hui  épifcopale.  Nous  en  trouvons  la  preuve  dans  deux  actes 
de  ce  fiede.  Le  premier  eft  une  donation  c  de  l’églifè  de  faint  Chriftophle 
d’Afr  gnio  ou  de  Lavaur  dans  le  Touloufain  ,  faite  vers  l’an  1065.cn  faveur 
de  l’abbaye  de  Conques  en  Rouergue ,  par  Guillaume ,  Pierre  fon  frere ,  6c 
leurs  fils  Raymond,  Ifarn ,  Guillabert,  Bernard,  Pierre,  &  Hugues,  de 
l’avis  de  Guillaume  comte  de  Touloufè  ,  de  Durand  évêque  de  cette  ville, 
6c  de  leurs  propres  valliux  *.  Le  fécond  eft  une  autre  donation  d  faite  en 
1098.  à  l’abbaye  de  faint  Pons  de  Tomieres  ,  par  Ifarn  alors  évêque  de 
Touloufè,  fe  s  frere  s  Bernard- Guillaume  &  Pierre-GuiUaume  ,6c  fes  neveux,  de 
l’églife  de  faint  Elan  dans  le  Touloufain ,  fituée  auprès  de  la  riviere  d’ A  goût  & 
du  château  de  Lavaur.  Ifarn  évêque  de  Touloufè  6c  fes  freres  Bernard  6c  Pierre, 
étoient  donc  fils  de  Guillaume  confeigneur  du  château  de  Lavaur  en 
zo6j. 

On  voit  par  ces  deux  donations  qu’il  y  avoit  alors  à  Lavaur  deux  égli- 
fes  paroilliales  :  l’une  de  faint  Chriftophle  fîtuce  dans  le  château ,  6c  l’autre 
de  faint  Elan  ,  au  dehors ,  auprès  de  la  riviere  d’Agout  où  elle  fubfifte  en¬ 
core  aujourd’hui.  Les  feigneurs  de  Lavaur  promirent c  aux  religieux  de 
Conques  d’etablir  une  fiuvcgarde*  dans  la  première  5  6c  leurs  vaffaux  *  *  s’enga¬ 
gèrent  de  s’y  faire  enterrer,  eux  6c  leur  pofteritc.  La  dernicre  de  ces  deux  égli- 
fes  étoit  détruite  en  1098.  lorfque  l’évêque  Ifarn  6c  fes  parens  la  donnè¬ 
rent  f  aux  religieux  de  faint  Pons  ,  à  la  charge  de  la  faire  rebâtir  ,  6c 
d’y  conftruire  un  village  f  ,  ce  que  ceux-ci  exécuteront  j  ainfi  la  ville 
de  Lavaur  doit  en  quelque  forte  fon  origine  à  l’abbaye  de  faint  Pons  ,  qui 
y  établit  un  prieuré  conventuel  dans  l’égîifc  de  faint  Elan,  lequel  fut  érigé 
en  chapitre  féculier  6c  en  évêché  par  le  pape  Jean  XXII.  Ce  font  là  les 
plus  anciens  monumens  autentiques  que  nous  connoiiîions  touchant  la  ville 
de  Lavaur,  6c  fon  origine.  Elle  n’eft  pas  fort  confiderable ,  mais  elle  eft 
des  plus  agréables  6c  des  mieux  fituéesde  la  province.  L’églife  cathédrale  de 
S.  Elan  ou  Alan  fe  trouve  aujourd’hui  dans  l’enceinte  de  la  ville. 

On  prétend  g  que  Durand  abbé  de  Moiffac,  6c  prédeceflèur  d’ Ifarn  dans 
l’évêché  de  Touloufè,  appuyé  du  crédit  qu’il  avoit  auprès  de  Guillaume  IV. 
comte  de  cette  ville  ,  unit  à  l’ordre  ou  congrégation  de  Cluni ,  l’églife  de 
Notre-Dame  de  la  Daurade  ,  malgré  fon  chapitre,  à  qui  elle  étoit  alors 
fonmife  ;  ce  que  la  chronique  manuferite  d’Aymeric  de  Peyrat  abbé  de 
Moillac  femble  confirmer.  Mais  nous  verrons  bientôt  que  ce  fut  Ifarn  lui- 
même  qui  fit  cette  union  en  1076.  du  confcntcmcnt  de  fes  chanoines.  Ce  qu’il 
y  a  de  vrai ,  c’eft  que  Durand  fe  rendit  recommandable  par  fes  moeurs  6c 
par  fa  conduite  L’auteur  h  contemporain  de  la  vie  de  faint  Hugues  abbé  de 
Cluni,  lui  reproche  cependant  quelques  légers  defauts,  ce  qui  n’a  pas  em- 
T  orne  II.  F  f  ij 


AN.io7t, 


aPr.^.tSov  (Jk 

A* 

V.  NOTS 
XIX .  ».  io. 


b  IV. 


LXXVll. 
Origine  de  U 
ville  de  La- 
v.iur.  Aî’btz 
de  Moiflùc.&cï 
c 

&M- 


*  Militum. 
d  Caiel  mem% 

f-w-  à,J‘ï 


c  Vr.  ibid. 
*  Salvccatcir.4 
* *  Milites. 


f  Catelilid. 
t  Villa. 


g  Catel  wem* 

r-** 4* 


h  Mnb.ad  ann. 
1060.  /l.6*-çr 

fit* 


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An. 1071. 

a  Chron.  Sym. 
4*  i'tyritf  L 
t  î  6  vtrj,  mfj. 
Colb. 

b  CmicI  mem. 

MArcA  Béarn. 

Mab.aJ  nnn. 

lOyf.n.Xx  . 

GaU.  chrifi. 
nov .  ei.  to.  t . 
P* 1 *x.&.fq.  & 
•nftr.  f.  y,.  & 

J‘1- 


LXXV1II. 

Réforme  de 
l'cglifc  d’Albi, 
&  de  'divers 
monafteres  de 
la  province. 
<G*lLihr.nev. 
êd.  tê.  i .  injir. 

F •  »  ■&!•* 


IOJ1. 


é  V.  SOTE 
XXI.  n.  ij. 

e  fr.p.  181.3» 

ieV_ _ 

i°73- 


f  Mab.  Ai 

AH».  1071.». 


i>8  HISTOIRE  GENERALE 

pêche  les  religieux  de  Moiiîac  ,  dont  il  avoir  été  abbé  avant  &  pendant  fon 
épiicopat  ,  de  l’honorer  comme  faint.  Il  fournit 1  plufieurs  monafteres  du 
pais  ou  des  provinces  voifines  à  fon  abbaye ,  ou  à  la  réforme  de  Cluni. 

Après  fa  mort ,  les  religieux  de  Moiiîac  élûrent  en  1071.  pour  leur  abbé, 
Hunald  ou  Hunaud  fils  b  de  Roger  &  d’Adelaïde ,  8c  frere  de  Centulle  vi¬ 
comte  de  Bearn.  Hunaud  poilèdoit  la  vicomté  de  Brulhois ,  qu’il  avoit  eue 
pour  fon  partage.  Il  étoit  doué  de  toutes  les  qualitez  propres  à  fe  faire 
diftinguer  dans  le  monde ,  ôc  étoit  fur  tout  fort  confidere  pour  la  probité  , 
là  fagelTe ,  ÔC  fon  éloquence.  Il  facrifia  tous  ces  avantages  temporels  pour 
fe  conlàcrer  au  feigneur  dans  l’abbaye  de  Moiiîac  où  il  prit  l’habit  mo- 
naftique  en  1061.  Sous  fon  gouvernement  ce  monaftere  prit  une  nouvelle 
forme.  Non  content  de  l’avoir  enrichi  de  fes  propres  biens  ,  il  fit  reftituer 
une  grande  partie  de  ceux  que  les  feigneurs  du  voiiinage  avoient  envahis ,  fie 
étendit  la  réforme  de  Cluni  dans  pluiieurs  monafteres. 

La  plupart  de  ceux  du  royaume  étoient  alors  dans  une  extrême  défola- 
tion ,  de  même  que  les  cathédrales.  Les  chanoines  c  de  celle  d’ Albi  entr’au- 
très  vivoient  en  véritables  fécuüers ,  ÔC  s’oçcupoient  bien  moins  du  fervice 
divin ,  que  du  plailir  &  de  la  débauche.  Frotard  leur  évêque  ,  touché  de 
l’excez  de  ces  défordres,  convoqua  les  principaux  du  pais  ;  ôc  ayant  pris  leur 
avis ,  il  exhorta  fes  chanoines  à  iè  réformer.  Les  deux  facriftains ,  le  cabif- 
col ,  le  tréfôrier  Ôc  le  doyen  fe  rendirent  à  fes  remontrances,  ôc  reftitucrenc 
à  l’églife  d’Albi  les  biens  de  leurs  bénéfices  qu’ils  s’étoient  appropriez  ,  ou 
qu’ils  avoient  fait  palier  à  leurs  enfans.  L’évêque  Frotard  qui ,  à  l’exemple  de 
lès  prédeceflèurs ,  avoit  dilfipé  les  biens  de  fon  églifeen  faveur  des  fécuüers, 
rècha  de  fon  côté  de  réparer  le  mal  qu’il  avoit  fait.  Il  fe  défaifit  del’archi- 
diaconé  qui  s’étendoit  à  la  droite  du  Tarn,  &  l’unit  à  la  manfe  des  chanoi¬ 
nes  ,  à  condition  qu’ils  vivroient  déformais  en  communauté.  Il  fit  cette  re¬ 
forme  par  le  conleil  du  cardinal  Guiraud  évêque  d’Qftie  6c  légat  en  France , 
de  Richard  archevêque  de  Bourges  ,  de  Frotaire  évêque  de  Nifmes,  &  de 
l’évêque  de  Poitiers  :  ce  qui  peut  faire  croire  fort  vraifemblablement  que  ce 
légat  tint  alors  un  concile  à  Albi.  Le  vicomte  Raymond ,  &  les  vicomtes  Sicard 
&  Frotard  autoriferent  aulfi  cette  réforme.  Le  premier  étoit  vicomte  d’Albi 
6c  de  Nifmes,  6c  les  deux  autres  deLautrec.  On  a  remarqué  ailleurs  qu’il 
paroît  que  ces  deux  derniers  etoient  frères,  6c  que  Frotard  évêque  d’Albi 
étoit  de  leur  maifon.  L’acte  qui  eft  daté  de  la  XII.  année  du  pontificat  d’Ale¬ 
xandre  II.  6c  de  la  XIII.  du  regne  de  Philippe  I.  Guillaume  étant  comte  de 
Touloufe ,  doit  être  rapporté  ii  par  conféquent  à  l’an  1071. 

L’abbaye  de  Lezat  dans  le  diocèfe  de  Touloufc  étoit  alors  dans  un  état 
aulfi  déplorable  que  celui  de  l’églife  d’Albi. 0  Le  peu  de  religieux  qui  y  reftoient 
ayant  trouvé  moyen  de  fe  concilier  la  bienveillance  de  Roger  11.  comte  de 
Foix  ,  de  Raymond-Guillaume  6c  Berenger  d’Hauterive,  6c  de  Bernard  de  Mar. 
quefave  ,  qui  étoient  maîtres  de  l’élection  de  l’abbé  ,  ils  écrivirent  de  con¬ 
cert  à  faint  Hugues  abbé  de  Cluni ,  pour  le  prier  d’établir  fa  réforme  dans 
ce  monaftere.  Le  faint  fit  d’abord  difficulté  de  fe  rendre  à  leur  demande, 
6c  il  n’y  acquiefça  enfin  qu’à  condition  que  lui  6c  fes  luccelleurs  auroient  là 
nomination  de  l’abbe ,  de  crainte  que  fans  cela  fes  foins  pour  réformer  le 
monaftere  de  Lezat  ne  devinflènt  inutiles.  Le  comte  de  Foix  ôc  les  autres 
feigneurs  ayant  confenti  à  cette  nomination  ,  l’abbaye  de  Lezat  fut  foûmilê  à 
celle  de  Cluni  dont  elle  dépend  encore  aujourd’hui.  L’acte  d’union  auquel 
Guillaume  archevêque  d’Auch ,  6c  Hunaud  abbé  de  Moillàc  furent  prefens,  eft 
du  5.  de  Novembre  de  l’an  1073. 

Les  lieux  d’Hauterive  6c  de  Marquefave,  dont  les  feigneurs  contribuèrent 
à  cette  réforme ,  font  aujourd’hui  deux  petites  villes  lltuées  au  voifinage  de 
l’abbaye  de  Lezat.  La  première  en  eft  éloignée  de  deux  lieues  vers  le  levant, 
8c  dépend  encore  du  diocèfe  de  Touloule.  L’autre  qui  fait  partie  de  celui 
de  Rieux  eft  fituée  à  une  égale  diftance  de  Lezat  vers  le  couchant.  Bercn- 
t  ger-Raymond  f  d’Hauterive  ôc  Raymond-Guillaume  fon  neveu  ,  donnèrent 
vers  le  même  tems  à  l’abbaye  de  la  Graffe  l’églife  de  lainte  Marie  ôc  de 


s 


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DELANGUEDOCLiv.  XIV. 

feint  Paul  d’Hauterive  ,  où  il  y  eut  depuis  un  prieuré  conventuel. 


An. 1073. 

L’abbaye  de  faintt  Marie  de  la  vallée  de  Cubieres *  fituée  dans  le  diocèfe  de  »Pr.p.i 
Narbonne  vers  les  frontières  de  Rouflillon  ,  fut  unieauffien  1073.  à  l’ordre  ^ 
de  Cluni.  Il  ne  reftoit  prefque  plus  alors  aucune  trace  de  régularité  dans  ce 
monaftere,  qui  avoir  été  autrefois  très-floriflant.  Pierre  feigneur  de  Pierre- 
pertufe  ,  château  /itué  dans  le  voifinagc  ,  qui  le  pofïèdoit  far  droit  héré¬ 
ditaire  ,  touché  de  fon  état ,  entreprit  de  le  réformer  :  dans  ce  deflèin  il  le 
donna  de  concert  avec  Berenger  fonfrere,  leurs  femmes &.  leurs  fils,  à  Hunaud 
abbé  de  Moiflac  ,  &  à  faint  Hugues  abbé  de  Cluni  5  cette  union  fut  au- 
torifée  par  Bernard  comte  de  Bezalu  leur  feigneur ,  qui  dominoit  dans  le 
pais  en  qualité  de  comte  de  Fenouilledes  ,  &.  par  Guifred  archevêque  de 
Narbonne.  Pierre  reftitua  en  même  tems  à  l’abbaye  de  Cubieres  tous  les 
biens  qui  lui  avoient  appartenu  &  dont  il  étoit  en  poflèfîion.  Cette  abbaye 
ne  fubfifte  plus  depuis  long-tems. 

Bernard  comte  de  Bezalu  &  de  Fenouilledes  donna  des  marques  de  fa 
pieté  en  plufieurs  autres  occafions.  Il  rétablit  b  en  particulier  en  1 070.  la  b  Pr-t^(9-& 
régularité  dans  l’abbaye  de  faint  Martin  de  Lez  fituée  dans  le  dernier  comté. 

Pour  maintenir  la  réforme  dans  ce  monaftere ,  il  le  fournit  à  l’autorité  de 
Frocard  abbé  de  faint  Pons  ,  déclara  qu’il  n’y  fouffriroit  d’autre  abbé, 
que  celui  qui  y  feroit  envoyé  de  cette  dernière  abbaye  ,  &  défendit  à  fes 
fuccefl’eurs  d’y  exercer  aucune  domination.  Vdatger  de  Fenouilledes ,  qui  fe 
trouve  fouferit  à  cet  acte  etoit  fans  doute  vicomte  de  ce  païs.  Le  mona¬ 
ftere  de  laint  Martin  de  Lez  perdit  dans  la  fuite  le  titre  d’abbaye,  ôc  ne 
fut  plus  qu’un  prieuré  conventuel  dépendant  de  l’abbaye  de  faint  Pons.  Le 
comte  Bernard  reforma  c  aulfi  en  1071.  les  abbayes  de  faint  Pierre  de  Bezalu  cM*rc.nfp. 
&  de  faint  Etienne  de  Bagnols  fituées  dans  fon  domaine  ,  6c  les  unit  à  laf,460,^Il4}' 
congrégation  de  faint  Vidor  de  Marfêille.  Il  donna  l’année  fwvantc  four  l'âme 
de  Guillaume  fon  fere ,  &  de  Guillaume  fon  frere  ,  à  l’églifê  de  fiu’nre  Marie  de 
Bezalu,  la  dixme  de  la  monnoye  tant  d'or  que  d'argent  qu’on  fabriquent  à 
Bezalu. 

Un  des  plus  grands  biens  qu’Hunaud  abbé  de  Moiflac  fit  à  fon  abbaye 
fut  de  la  délivrer  de  la  tyrannie  des  abbez  féculicrs,  qui  malgré  la  démifî 
fion  que  Gaufbert  avoit  faite  de  cette  dignité  ,  s’y  étoient  perpétuez.  Nous 
trouvons11  en  effet,  qu’après  la  mort  de  ce  dernier,  Raymond  -fon  parent  àPr.p. ii}.& 
ayant  racheté  l’avouerie  de  la  meme  abbaye  de  Guillaume  IV.  comte  de^?t 
Touloufe,il  s’en  empara  à  force  ouverte,  pour  en  revêtir  Bertrand  fon 
frere ,  qui  prit  depuis  la  qualité  d'abbé  de  Moiffac ,  quoique  Guillaume  leur 
pere,  &.  Foulques  leur  oncle  euflcnt  folemnellement  renoncé  entre  les  mains 
de  Durand  évêque  deTouloufe  &  abbé  régulier  de  ce  monaftere  ,  aux  droits 
qu’ils  prétendoient  y  avoir.  Bertrand  eut  cependant  fcrupule  de  cette  ufur- 
pation  :  il  fit  une  nouvelle  démifîion  de  fes  droits  le  zo.  de  Décembre  de 
l’an  1073.  entre  les  mains  de  l’abbé  Hunaud  qu’il  qualifie  fon  feigneur,  8c 
confirma  en  même  tems  le  délaillèmcnt  qu’avoient  déjà  fait  de  cette  avoue¬ 
nt  Pons  comte  de  Toufoufe ,  Almodisfa  femme,  Guillaume  leur  fils  &  Ber¬ 
nard  évêque  de  Cahors. 

Entre  les  donations  que  reçût  l’abbaye  de  Moiflac  fous  le  gouvernement  vf**!*’  <je 
d’Hunaod  de  Bearn  fon  abbé  ,  l’une  des  plus  remarquables  eft  celle  -  que  Touiouic&de 
lui  firent  en  1074.  les  vicomtes  Artman  &  Ademar ,  &  Pons  leur  frere ,  de  Blunl<jucl- 
l’églife  de  feint  Saturnin  de  Suirac  en  Querci  fur  la  riviere  d’Aveiron  ,  qu'ils  1074. 
fojfedoient  far  droit  héréditaire.  L’aéte  eft  fouferit  par  Raymond-Ademar  frere  e 
des  donateurs ,  &  Guillaume  fils  du  vicomte  Ademar.  Comme  celui-ci  pre- 
noic  f  indifféremment  la  qualité  de  vicomte  deTouloufe,  &  de  Bruniquel, 
château  du  Querci,  fitué  vers  les  frontières  du  Touloufein&  de  l’Albigeois,  xxxut 
nous  nedoutons  pas  qu’il  ne  defeendît  d’un  autre  Ademar  vicomte  de  Tou- 
loufè,  lequel  g  vivoit  en  961.  Il  fut  donc  le  troifiéme  vicomte  de  cette  ville 
de  fon  nom ,  car  il  étoit  h  fils  d’un  autre  vicomte  appelle  Ademar  mort  vers 
l’an  lo 50.  Il  paroît  que  le  vicomte  Artman  fon  frere  croie  fon  aîné.  Ces 
deux  vicomtes  qui  podederent  leur  domaine  par  indivis  ,  fondèrent  *  con¬ 
jointement  en  X0S5.  un  prieuré  auprès  de  leur  château-  de  Bruniquel,  entre ^.pTs». 


KO  TE 


g  Vr.p.uo. 

h  KOTBiliJ. 

i  G*U.  chr. 
nov.  edtt.  to.i . 


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HISTOIRE  GENERALE 


a  lb  </./>.  '8i. 
V.  NOTE 
ibJ.n.  8. 


d  N'iTZib’U. 


e  NOTE  ibij. 


An.  1074.  les  rivières  de  Verc&  d'Avciron  fous  la  dépendance  de  l’abbaye  de  Moiflâc, 
&  permirent  en  même  tems  à  leurs  vailàux  de  difpofer  de  leurs  fiefs  en 
faveur  des  religieux  de  ce  prieuré. 

Le  vicomte  Ademar  III.  &:  fon  fils  Guillaume  fe  qualifient  *  princes  de 
la  province  de  Cahors  dans  la  fondation  qu’ils  firent  en  1090.  par  le  confeil 
de  Guillaume  comte  de  Touloufe ,  du  prieure  de  faint  Gilles  de  NegrepelilTe  en 
Querci,  uni  aujourd’hui  à  l’abbaye  de  faint  Marcel  fondée  par  les  defeen- 
dans  de  ce  vicomte.  Il  eut  plufieurs  fils  de  fa  femme  dont  on  ignore  le  nom.. 
Noiïiw*4'  kUe  vivoit  encore  en  1093.  lorfqu’il  s’accorda  b  avec  Anfquetil  abbé  de. 
„.4.  '  Moiflâc,  au  fujet  de  la  même  églilè  de  Siurac.  Ademar  III.  prend  la  qua- 
c Pr.f.ns.&  Jité  de  vicomte  de  Touloufe ,  dans  un  acte  c  par  lequel  il  fit  à  l'article  de  la 
l'vK  note  morc  une  reftitution  vers  l’an  1098.  à  l’abbaye  de  Moifiac. 

Guillaume  fon  fils  lui  fucceda  fans  doute  dans  la  vicomté  de  Touloufe 
quoiqu’il  ne  prît ,  ccfemble,  que  la  qualité  de  vicomte  de  Monclar,  châ-, 
teau  lîtué  fur  les  frontières  du  Querci  à  deux  lieues  de  Bruniquel  vers  le  midi. 
Il  eut  un  fils  de  fon  nom  qui  lui  lucccda  dans  la  vicomté  de  Monclar  ,  & 
prit  le  furnom  de  Touloule.  Celui-ci  fut  pere  de  Pons  de  Touloufe  , 
fur  lequel  Raymond  V.  comte  de  cette  ville  confifqua  la  vicomté  de  Mon¬ 
clar,  qu’il  donna  en  fief  à  Armand  de  Montpcfat  qui  avoicépoulé  une  feeur 
du  même  Pons. 

Pierre-Aton,  qui  epoufacen  1069.  Guillemete  fille  de  Raymond-Bernard 
vicomte  d’Albi  Ht  de  Nifmes ,  étoit ,  à  ce  qu’il  paroît ,  de  la  maifon  des 
vicomtes  de  Touloufe  Ht  de  Bruniquel.  Il  pofièda  en  effet  une  portion  de 
(Pr.p.i6s&  cetce  derniere  vicomté  qu’il  tranfmit  à  fes  defeendans.  Suivant  fon  contrat  f 
de  mariage ,  le  vicomte  Raymond- Bernard  Ht  Ermengarde  de  Carcaflônne  là 
femme  ,  donnèrent  en  dot  à  Guillemete  leur  fille  le  château  de  Brufques 
fitué  dans  le  comté  de  Rouergue  vers  les  frontières  de  l’Albigeois ,  pour  le 
pofleder  de  la  maniéré  que  le  poffedoient  ce  vicomte  &  /’ évêque  F ro taire  5  le 
château  de  Caflelnau  ,  celui  de  la  Liviniere  dans  le  Minervois,  la  moitié 
de  ceux  de  Julien,  de  Roquebrune  Ht  de  Couffoulens:avecclaufe  exprcllèque 
fi  le  vicomte  Raymond  Ht  fa  femme  venoient  à  recouvrer  le  domaine  de  Car- 
cajfonne  &  de  Minervois  qui  avoit  appartenu  d  Pierre-Raymond  ,  Guillelmete 
leur  fille, &  fon  mari  Pierre-Aton  jouiroient ,  alors  de  ce  qu’ils  lui  don- 
noient  dans  ces  pais  5  Ht  qu’en  cas  que  le  vicomte  Raymond  vînt  à  déceder 
fins  enfans  mâles  ,  Guillemete  Ht  fon  mari  auroient  pendant  leur  vie  la 
jouiflince  de  l’abbaye  de  Cadres  ,  de  fes  dépendances,  Ht  du  château  de 
Boifbeiïon. 

5  note  Guillemete  eut  g  de  Pierre-Aton  deux  fils  ,  Aton ,  ou  Pierre  Aton,  Ht 
”'7'  Frotard.  Le  premier  fucceda  à  Ion  pere  dans  la  vicomté  de  Bruniquel  qu’il 
pollcdoiten  1139.  L’autre  fut  vicomte  d’Eillène  en  Rouergue,  Ht  mourut , 
à  ce  qu’il  paroît,  fans  pofterité.  Quant  à  Pierre-Aton  mari  de  Guille- 
1»  l’r.p. iSj.  mctc,  il  étoit  déjà  décédé  des  l’an  1090.  puil'qu’cllc  s’étoit  h  remariée  alors 
avec  Hugues  de  la  Roque. 

t.x.\x.  L’abbaye  de  Cadres  que  le  vicomte  Raymond-Bernard  regardoit  comme 
moud'  Bcrnjid  partie  de  fon  domaine,  ctoit  alors  fort  déchue  de  fon  ancienne  fplen- 

vicomte à'Al-  deur.  La  régularité  s’y  foûtenoit  encore  vers  l’an  1030.  du  tems  de  l’éle- 
nîes&  soo^'is  <^ün  de  Tabbé  Arnaud  qui  mourut  1  en  odeur  de  fainteté  ;  mais  l’abfence 
Bernard  Aton  de  Gerebrard  fon  fuccefleur  qui  alla  en  pèlerinage  à  la  terre  fainte,  Ht 
rv.iiii (uccciie.  jes  entreprifes  des  (eigneurs  feculiers,  contribuèrent  bientôt  après  au  rela¬ 
ies!  dt  chement.  Le  même  vicomte  touché  de  fon  état  ,  réfoiut  d’y  rétablir  l’ob- 
i  spiàl.  to  7.  fervance ,  Ht  dans  ce  deficin  il  la  donnai  au  mois  de  Janvier  de  l’an  1073.. 
f  i(iaii.chriji.  ou  de  l’an  1074.  fuivant  notre  maniéré  de  compter  ,  à  Bernard  abbé  de 
nov.ed.to.i.  faint  Victor  de  Marfeille  ,  Ht  l’unit  à  là  congrégation.  Raymond-Bernard  fit 
tnfir.f. i f,  cccte  un;on  conjointement  avec  Frotaire  fon  oncle  évêque  de  Nifmes,  lequel 

jouifioit  encore  alors  par  indivis  avec  lui  des  domaines  de  leur  maifon,  ainfï 
qu’il  eft  marqué  dans  l’acte. 

Nous  ne  trouvons  plus  rien  dans  la  fuite  de  Raymond-Bernard  vicomte 
d’Albi  &  de  Nifmes,  Ht  vicomte  de  Beziers  Ht  d’Agdc  par  Ermengarde  de 
Carcaflônne  fa  femme  *  ce  qui  nous  donne  lieu  de  croire  qu’il  mourut  bientôt 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIV.  iji  _ 

âpres.  Il  paroît a  du  moins  qu’il  étoit  déjà  décédé  en  1078.  Outre  Guil-  An. 1074. 
lemete  ,  donc  nous  venons  de  parler,  il  eut  de  la  même  Ermengarde  un  fils  a  note 
nommé  Bernard- A  ton  qui  fut  le  quatrième  de  fon  nom,  6c  qui  lui  fucceda  XXI'  lf" 
dans  tous  fcs  domaines  fous  la  tutelle  ou  adminiftration  de  la  mere. 

On  précend  b  que  Bernard  évêque  d’Agde  au  commencement  du  XII.  ^^•ehrJ,'u 
fiecle  étoit  frere  de  Bernard  comte  de  Beziers  -,  ce  qui  fuppoferoit  qu’il  étoit 
frere  puîné  du  même  Bernard- Aton  :  mais  c’eft  de  quoi  nous  n’avons  aucune 
preuve.  On  marque  d’ailleurs  que  ce  prélat  étoit  fils  d’un  vicomte  nommé 
Bernard  :  or  il  eft  certain  que  Bernard-Aton  vicomte  de  Beziers  , d’Agde, 

&c.  qui  vivoitau  commencement  du  XII.  fiecle,  étoit  fils  de  Raymond, 

&  non  pas  de  Bernard. 

Ermengarde  de  CarcalTonne  furvêcut  long-tems  au  vicomte  Raymond- 
Bernard  Ion  mari  :  elle  eut  pendant  toute  fa  vie  l’adminiftration  des  vi- 
comtez de  Beziers ,  d’Agde,  6c  des  autres  dobtaines  qu’elle  lui  avoir  appor¬ 
tez  en  mariage  en  qualité  d’heritiere  des  maifons  de  CarcalTonne  6c  de  Be¬ 
ziers.  Quant  aux  vicomtez  d’Albi  êc  de  Nifmes,  il  paroît  que  le  jeune 
Bernard-Aton  les  pofleda  d’abord  fous  l’autorité  de  Frotaire  évêque  de 
Nifmes  fon  grand  oncle ,  6c  que  ce  prélat  continua  d’en  jouir  en  commun 
avec  lui  ,  comme  il  avoit  lait  avec  le  vicomte  Raymond-Bernard  fon 
neveu. 

Le  pape  Grégoire  VII. c  écrivit  le  11.  de  Mars  de  l’an  1074.  à  ce  prélat,  c  ang.viu.u 
pour  fe  plaindre  des  vexations  qu’il  exerqoit  envers  l’abbaye  de  faint  Gilles  ef-iS' 
fituéedans  fon  diocèfe,  qu’il  avoir  excommuniée ,  6c  fur  laquelle  il  préten- 
doit  avoir  jurifdi&ion ,  au  préjudice  des  privilèges  qui  la  loumettoient  im¬ 
médiatement  à  l’cglife  Romaine.  Ce  *pape  reproche  entr’autres  à  Frotaire 
d’avoir  fait  emprifonner  l’abbc  de  laint  Gilles  à  fon  retour  de  Rome,  où 
il  avoit  été  béni  par  le  pape  Alexandre  1 1.  fon  predeceflèur.  Frotaire 
évêque  de  Nifmes  étoit  alors  fort  âgé  :  il  fe  démit  d  vers  le  même  tems  d  y.  note 
de  fon  évêché  en  faveur  d’Elcfant,  ou  le  prit  pour  coadjuteur  ;  car  il  eft  *vu *■”■*$& 
qualifié  ancien  évêque  de  Nifmes  dans  une  donation  c  que  fit  la  vicom-  ’  Pr 
telle  Ermengarde  fa  niece  à  la  cathédrale  de  cette  ville,  6c  nous  avons  un 
autre  ade  1  daté,  Frotaire  &  E  le  faut  étant  évêques  de  Nifmes.  Frotaire  décéda  (noteîHJ.' 
vers  l’an  1077.  après  avoir  pofledé  cet  évêché  environ  yo.  ans.  Elefant  ne 
lui  furvêcut  pas  long-tems,  car  Pierre -Ermengaud étoit  déjà  évêque  deNiP 
mes  en  1080. 

Après  le  décès  de  Frotaire  la  vicomtefle  Ermengarde  adminiftra  égale¬ 
ment,  au  nom  du  jeune  Bernard-Aton  fon  fils,  les  vicomtez  d’Albi  6c  de 
Nifmes  qui  avoient  appartenu  à  Ion  mari  ,  6c  celles  de  Beziers  6c  d’Agde , 
avec  les  autres  domaines  qu’elle  poftedoit  de  fon  chef.  C’eft  ce  qui  paroît 
par  les  hommages  g  qui  lui  furent  rendus ,  i°.  Par  un  feigneur  nommé  Gau-  g  Pr.f.w. 
celin ,  fils  d’Ermentrude ,  qui  promit  de  ne  pas  lui  enlever  la  ville  de  Be- 
ziers,  ni  fes  fortereftes.  z°.  Par  un  autre  qui  s’engage  de  ne  pas  s’emparer 
du  château  de  Caiftargues  dans  le  diocèfe  de  Nifmes.  3  e1.  Par  deux  feir 
gneurs  qui  lui  prêtèrent  ferment  de  fidelité ,  6 c  à  Bernard  fon  fils  pour  le 
château  de  Roque-Cediere.  40.  Enfin  par  les  feigneurs  de  Mirepoix  ,  fçavoir, 

Udalger  fils  d’Ermeffinde ,  Roger  fils  de  Belilènde ,  6c  Raymond  fils  de 
Rangarde,  pour  le  château  de  ce  nom. 

On  a  déjà  remarqué  que  le  vicomte  Raymond-Bernard  prit  le  furnom 
oufobriquet  de  Trencavel  qui  pafla  à  fes  defeendans.  Il  en  eft  fait  mention  h  Pr  ^ 
dans  une  donation  h  que  la  vicomtefte  Ermengarde  fa  veuve,  ôc  fon  fils 
Bernard-Aton  firent  de  l’églife  de  la  Caune  en  Albigeois  à  Guillaume  évêque 
d’Albi ,  6c  à  fa  cathédrale.  ( 

Raymond  de  faint  Gilles  fit  un  voyage  à  Rome  fur  la  fin  du  pontificat  lxxxi. 
du  pape  Alexandre  II.  C’eft  ce  que  nous  apprenons  d’une  lettre  *  que  Gre-  Lc  p-’p  Gré¬ 
goire  VII.  fucceflèur  de  ce  pontife  écrivit  le  2.  de  Février  de  l’an  1074.  pdicRaymoud 
à  Guillaume  comte  de  Bourgogne,  dans  laquelle  il  prie  inftamment  ce  prince  de  ?c.la|n[  Gilles 
marcher  au  plutôt  à  la  tête  d’une  armée  au  fecours  de  l’églife  Romaine  op_  V<>#F°ui. 
priméeparles  Normans  établis  en  Italie.  Gregoirelomme  lecomte  de  Bourgo- 
gnedans  cette  lettre  d’executer  la  promefle  lolemnelle  qu’il  avoit  faite  devant 


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An.  i  07  4. 


aG  il l.c hr.nov. 
lUtt.  to.  urnjlr. 

b  Ai  tb.nd  Ann. 
I076.ff.it  $ . 

V.BmUjsJI. 
Tnt'!.?.  413. 


La  XX  U. 
Etienne  de 
PolignJC  eve- 
que  de  Ckr-- 
mont  s’empare 
de  1  évêché  du 
Ptiy.  Abî'iz  de 
Eliot  Cbalhé* 
cGn^VlLLu 
ef.  iS. 

d  ibiJ.ycp.S» 
H u %  FUv. 
ebron .  p.  i>7- 

&  10 1- 

Gail.chr.ibid. 

t0.hp.7OO. 


f  4»?*. 

Ga//  chr.il/id. 
f.7é6. 


f  Alab.ad  ann 
107-11.4. 
g  iéid. 


i}t  HISTOIRE  GENERALE 

les  corps  des  faints  Apôtres  fous  le  pontificat  d’Alexandre  II.  Ton  prédecef* 
leur,  de  fécourir  Téglilc  Romaine,  &.  de  prendre  la  défenfe  de  faint  Pierre 
toutes  les  fois  qu’il  en  feroit  requis.  .11  le  charge  en  même  tems  d’avertir 
le  comte  de  famt  Gilles,  &  quelques  autres  princes  qu’il  fiavoit  avoir  fait  un 
fcmblable  ferment  de  fidélité  à  famt  Pierre  en  levant  Ici  mains  au  ciel ,  de  mar¬ 
cher  aufli  à  fon  fecours.  Grégoire  ajoute  que  fon  defîèin,  en  faifànt  raflem- 
bler  un  fi  grand  nombre  de  troupes  ,  n’etoit  pas  de  répandre  le  fang  des 
Chrétiens,  mais  dejetter  la  terreur  parmi  les  Normans  fes  ennemis ,  pour  les 
obliger  par  là  à  faire  la  paix  5  &  qu’il  pourroit  peut-être  pafier  enfuiteà 
Conftantinople  au  fccours  des  Chrétiens  Grecs  contre  les  Saraiins.  Nous  ne 
voyons  pas  que  le  comte  de  Bourgogne  ,  Raymond  de  faint  Gilles  ,  &  les  au¬ 
tres  princes  dont  ce  pape  imploroit  l’affiftance  ,  ayent  pallé  les  Alpes  en 
1074.  à  la  tête  de  leurs  troupes  :  il  paroît  au  contraire  que  le  fécond  de¬ 
meura  toute  cette  année  en  deçà  des  monts ,  &.  nous  fçavons  qu’il  concou¬ 
rut  a  au  mois  d’Octobre  de  l’an  1074.  avec  Guillaume  comte  deTouloufè 
fon  frere ,  à  l’union  de  l’abbaye  de  Figêac  en  Querci  à  l’ordre  de  Cluni. 

Ce  dernier  prince  unit  b  deux  ans  après  au  même  ordre  celle  de  Beaulieu 
dans  le  basLimoufin,  fur  laquelle  il  avoit  la  principale  autorité.  Il  fit  cette 
union  de  concert  avec  Hugues  de  Caftelnau  abbé  féculier  de  Beaulieu  ,  qui 
tenoit  cette  abbaye  de  la  luccciTion  de  ’  fes  purens  -,  êc  du  çonfentement  de 
Gui  évêque  de  Limoges ,  des  vicomtes  Archambaud,  Ebles  8c.  Bozon,  &  de 
divers  autres  feigneurs  du  païs. 

Grégoire  VII.  écrivit  Clc  i^d’Avril  de  l’an  1074.  aux  habitans  du  Puy: 
voici  le  fujet  de  fa  lettre.  d  Pierre  de  Mercueur  evêque  de  cette  ville ,  étant 
décédé  le  13.  de  Juillet  précédent,  *cet  évêché  excita  la  cupidité  de  plu- 
fieurs  prétendans.  Etienne  de  Polignac  évêque  de  Clermont,  qui  poffedoit 
en]  même  tems  la  prévôté  de  l’églife  du  Puy,  8c  dont  la  famille  avoit  beau¬ 
coup  de  crédit  dans  le  pais ,  voyant  que  ce  bénéfice  étoit  meilleur  que  le 
fien ,  8c  plus  à  fa  bienfeance  ,  fe  mit  fur  les  rangs ,  8c  trouva  moyen  de  fe 
faire  elire.  Il  rencontra  toutes-fois  un  dangereux  concurrent  en  la  perfonne 
d’un  nommé  Etienne  ,  qui  ayant  gagné  à  force  d’argent  une  partie  des  éle¬ 
cteurs,  s’empara  du  fiege.  Etienne  de  Polignac  chafla  bientôt  après  cetintrusj 
&.  comme  il  n’ignoroit  pas  que  fon  élection  n’étoit  gucres  pluscanonique  ,  il 
prit  le  parti  d’aller  à  Rome  pour  la  faire  confirmer  par  le  pape  ,  qu’il  trouva 
extrêmement  prévenu  contre  lui.  Il  ne  négligea  rien  pour  juftifier  fa  con¬ 
duite  auprès  du  pontife  y  mais  Grégoire  ennemi  déclaré  des  fimoniaques , 
éxigea  qu’il  lift  un  ferment  folemnel  fur  le  corps  de  faint  Pierre  d’exccuter 
fidèlement  fes  ordres,  de  fe  démettre  de  l’évêché  du  Puy,  8c  de  ne  pas  s’op- 
pofer  à  l’élection  d’un  autre  évêque,  quand  fon  légat  le  jugeroit  à  propos. 
C’eft  ce  qui  donna  occafion  à  ce  pape  d’écrire  aux  habitans  du  Puy  la 
lettre  dont  on  vient  de  parler,  dans  laquelle  il  leur  donne  avis  qu’il  avoit 
rendu  fes  bonnes  grâces  à  Etienne  de  Polignac  ,  8c  qu’il  lui  avoit  remis 
le  gouvernement  du  diocèfe ,  à  condition  neanmoins  qu’il  n’excrceroit  aucune 
des  fonctions  épifcopales,  8c  qu’il  les  feroit  exercer  par  un  autre  évêque  en  fon 
nom  ,  jufqu’à  ce  qu’il  fût  retourné  à  Rome  ;  ce  qui  ne  devoit  pas,  ajoutc-t.il,  les 
empêcher  de  lui  rendre  l’honneur  8c  le  refpect  dûs  à  fon  caractère.  Il  les  exhorte 
enfin  de  travailler  efficacement  à  abolir  la  fimonie  qui  regnoit  dans  leur 
églife  ,  8c  de  mériter  par  là  que  Dieu  leur  accordât  un  digne  8c  légitimé 
pafteur. 

Etienne  de  Polignac  exécuta  d’abord  fidellemcnt  fa  promefiê.  8c  n’exerça 
aucune  fonction  épifcopale.  Nous  trouvons  en  effet  que  Gui  abbé  de  faint 
Chaffré%  s’étant  démis  de  cette  abbaye  €1^1074.  ce  fut  Hugues  évêque 
de  Die,  8c  légat  du  faint  fiege,  qui  fit  la  ceremonie  de  bénir  Guillaume  III. 
du  nom  qui  fut  élû  abbé  à  fa  place,  &  qui  étoit  auparavant  doyen  ou  prieur 
de  fainte  Ënimic.  Celui-ci  établit  la  réforme  dans  ce  monaftere  ,  fit  revenir  fes 
biens  ufurpez  ou  aliénez  .  8c  en  fit  rebâtir  l’églifè.  Sous  fon  gouvernement, 

.  Geilin  f  comte  de  Valcntinois ,  8c  non  pas  de  Vienne  ,  comme  un  auteur  l’a 
avancé  g ,  confirma  la  donation  que  fes  prédecellcurs  avoient  faite  à  l’abbaye 
de  faint  Chaffré  de  l’eglife  de  faint  Victor  de  Valence. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIV. 


*î$ 


Le  pape  Grégoire  VII.  dans  le  defTein  de  rétablir  entièrement  la  An. 1074. 
difcipline  ecclefiaftique  8c  régulière ,  8c  d’extirper  la  fimonie  ,  envoya  dès  le  L,^xu^‘?0 
commencement  de  Ion  pontificat  divers  légats  dans  tous  les  royaumes  de  la  îc^n^gat  de 
chrétienté.  Il  nomma  entr’autres  a  pour  remplir  cette  fon&ion  dans  la  Gaule  Grégoire  vu. 
Narbonnoife  ,  la  Gafcogne  8c  l’Efpagne  ,  Amé  évêque  d’Oleron,  qui  exerça  «usibbczV<!c' 
fa  légation  dans  ces  provinces  pendant  quelques  années ,  8c  confacra b  le  1 3 .  s.  Gm.icm  & 
d’Aoùt  de  l’an  1076.  l’autel  de  faint  Guillaume  conftffeur  dans  l’églife  de  Gel- 
lone  ou  de  faint  Guillem  du  Défert.  ic,  de  Sauve, 

Cette  abbaye  ,  à  la  faveur  de  la  fimonie ,  s’étoit  alors  fouftraitc  delà  jurif- 
didion  de  celle  d’Aniane  à  laquelle  elle  avoit  été  foûmife  dès  fon,  origine.  p.+iT.&'i'i- 
En  vain  Emenon  c  abbé  de  la  derniere  s’oppofa-t-il  de  toutes  les  forces  à  e^f,chr'nfv' 
l’éle&ion  que  les  religieux  de  faint  Guillem  avoient  faite  d’un  abbé  fans  fa  b/LZiîu»». 
participation-,  8c  les  papes  Nicolas  II.  8c  Alexandre  II.  à  qui  il  en  porta  fes  io7«.».i34- 
plaintes  déclarerent-ils  excommuniez  ,  tant  les  abbez  de  faint  Guillem  qui 
avoient  été  élus  de  cette  maniéré,  que  les  évêques  qui  avoient  confirmé  leur  •»».  1074.». 
élection,  jufqu’à  ce  que  l’abbaye  d’Aniane  fût  rentrée  dans  la  poflèffion  de  6S' 
fes  droits  fur  celle  de  faint  Guillem  :  tous  fes  efforts  furent  inutiles,  8c  le  mo- 
naftere  de  Gellone  fe  maintint  depuis  dans  l’indépendance. 

Pierre  en  étoit  abbé  d  en  1074.  lorfque  Pierre  fils  de  Bermond  de  Sauve  j 
&  £ AJlor^e  confirma  en  faveur  de  cette  abbaye  la  donation  du  monaftere 
de  faint  Pierre  de  Sauve.  Ce  feigneur ,  qui  fe  qualifie  fatrape  de  Sauve ,  & 
petit-fils  du  marquis  Bernard ,  fa  femme  Elifabech  ,  Bernard  marquis  du  ch⬠
teau  d’Andufe  fon  frere  ,  Adélaïde  femme  de  ce  dernier  ,  8c  Raymond  leur 
fils,  donnèrent  en  1077.4  la  même  abbaye  ,  8c  à  Berenger  qui  en  étoit 
abbé ,  leur  portion  de  l’églife  de  faint  Pierre  de  Merueys  dans  le  comté  de 
Nifmes.  L’a&e  eft  fouferit  par  Pierre- Almerade  leur  coufin ,  8c  plufieurs  fèi- 
gneurs  du  païs ,  dont  quelques-uns  prennent  le  furnom  de  Sauve.  Il  paroît 
que  Beliflcnde  «  qui  en  1081.  donna  avec  fes  fils,  à  l’abbaye  de  Gellone,  cp.197. 
l’églife  de  faint  Pierre  de  Meriieys ,  étoit  feeur  de  Pierre  de  Sauve  ,  8c  de 
Bernard  d’Andufe.  Adélaïde  que  ce  dernier  avoit  époufée  f  dès  l’an  1071.  f>i8o. 
croit  de  la  maifon  de  Mandagout,  fuivant  un  acte  g  par  lequel  Raymond 
fon  fils  confirma  à  l’abbaye  de  Gellone ,  8c  à  Berenger  fon  abbé ,  la  dona¬ 
tion  de  l’églifè  de  Merueys ,  en  prefence  &  de  la  volonté  de  Pierre-Bermond 
marquis ,  qui  étoit  ou  fon  oncle ,  ou  fon  coufin.  Plufieurs  autres  fêigneurs  , 
entr’autres  ceux  •»  de  R.oquefcuil  8c  de  Deux -vierges  firent  des  donations  .vers  f* 

le  même  tems  en  faveur  de  cette  abbaye. 

Celle  d’Aniane  acquit  en  1075.  différens  biens  en  Gevaudan  en  un  lieu  1075. 
appelle  Entraigues  « ,  fitué  au  confluent  de  la  petite  riviere  de  Jointe  &  du  i 
Tarn,  où  divers  feigneurs  du  païs  fondèrent  le  prieuré  de  Rofiers.  Il  eft  parlé  ^ 
dans  cette  fondation  de  Deufdet  de  Canillac  8c  de  fes  freres ,  de  Raymond 
de  Moftuejouls ,  de  Bernard  de  Pierreleve ,  8cc. 

D’un  autre  côté  Roger  II.  comte  de  Foix  fignala  fa  libéralité  envers  dif-  ^xxiv.^ 
ferens  monaftercs.  Il  donna  au  commencement  de  l’an  1075.  à  l’abbaye  Rogcrn.com! 
dcCluni,  àla  follicitation  8c  par  le  confeil  d’ifarn  évêque  de  Touloufê,  lechâ-  >c  >ie  Foix  en- 
teau  de  Lordad,  8c  divers  autres  domaines  du  voifinage  ,  fituez  dans  le  comté  b!yCS  dcCluni 
de  Touloufê  &  la  vallée  de  Savanes^.  L’année  fuivante  il  ht  donation  à  la  même  &dcS.pons. 
abbaye, en  prefence  d’ifarn  évêque  de  Touloufê  ,  8c  de  Raymond-Ebon  évê- 
que  de  Laitoure  ,  d’une  églifê  qu’il  avoit  fait  conftruire  dans  fon  domaine.  4*107 e.n.nf. 
Roger  donna  •  encore  vers  le  même  tems  à  l’abbaye  de  faint  Pons  deTo-  1076. 
mieres  la  paroiflè  de  laint  Pierre  d’Efcouflc,  dans  laquelle  le  B.Afnerius  iPr.p.i g5.^. 
abbé  étoit  inhumé.  Il  eft  marqué  dans  la  charte  »  que  cette  paroifle  étoit  fituée  /*?•  NQ 
dans  le  Touloufain ,  le  territoire  de  Foix  ,  8c  le  minifteriat  de  Podaguez,  «  Xxn. 

&  qu’il  y  avoit  eu  anciennement  une  abbaye  ,  dont  le  nom  lui  -étoit  de-  ce 
meuré ,  à  caufe  qu’on  y  trouvoit  des  corps  morts  revêtus  d’habits  monalti-  « 
ques.  Sicarde  femme  de  ce  comte  concourut  avec  lui  à  ces  diverfès  dona¬ 
tions,  dont  la  derniere  fut  faite  en  prefence  d’ifarn  évêque  de  Touloufê  , 
de  Bernard  évêque  de  Carcaflonne  ,  de  Guillaume  comte  de  Touloufê ,  8ç  de 
Raymond  comte  de  Rouergue  fon  frere. 

Tome  II.  •  G  g 


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HISTOIRE  G  EN  ER  ALE 


AN.1076.  Ce  dernier  fut  excommunié  dans  le  troifiéme  concile  Romain  a  tenu  fous 
Rayrronj^iie  Ie  pontificat  du  pape  Grégoire  VII.  duranc  le  carême  de  l’an  1075.  ou  de 
s  Gilles"»  &  l’an  1076.  fuivant  notre  maniéré  décompter.  Les  actes  qui  nous  relient  de  ce 
Ssde  n  cone^e  difent  en  deux  mots  que  ce  prince  fut  excommunié  k  caufe  de  fa  cou- 
vince  excora-  fine  *.  Ces  térmes  &ceux  qu’on  lit  dans  le  l'ommaire  du  cinquième  b  cha- 
muniez  par  pitre  du  cinquième  concile  Romain  ,  tenu  au  mois  de  Décembre  de  l’an 
iCôiaLo.  10.  Joy8.  fous  le  pontificat  du  même  pape,  où  il  cfl  ordonné  que  le  comte  de 
•  p.  ««.  faint  Gilles  feroit  excommulué  à  caufe  de  fa  femme ,  nous  donnent  lieu  de  com- 
prendre ,  i°.  Que  ce  prince  avoic  époufe  fa  coufînc  germaine,  fille  c  &  he- 
b/W.”rr.  ritiere  de  Bertrand  comte  de  Provence  fon  oncle  paternel.  i°.  Qu’il  ne 
i,ef  fit  aucun  cas  de  cette  excommunication ,  &  qu’il  refufa  de  fe  féparerde  cette 

XU,».  6.  O*  .  /T*  *  A 

juqq.  pnnceile. 

d  cwiUtAo.  Plufieurs  prélats  de  France  &  des  autres  royaumes  furent  aufli  anathema- 
f-H6-  eifez  dans  le  troifiéme  concile  Romain ,  entr’autres  Berenger  évêque  d’Agde, 
Etienne  évêque  du  Puy  ,  &  l’abbé  de  faint  Gilles  :  le  premier,  parce  qu’il 
avoit  communiqué  avec  Guifred  archevêque  de  Narbonne  déjà  excommu¬ 
nié  ,  &  qu’il  avoit  fait  pour  lui  les  fonctions  épifcopalcs.  Le  fécond  ,  pour 
caufe  d’homicide  &  de  fimonie ,  pour  avoir  refufé  d’obcïr  aux  légats  du 
pape  fuivant  fa  promeflè,  &  s’être  maintenu  fur  le  fiege  du  Puy  par  la  force 
&  par  la  violence.  Quant  à  l’abbé  de  faint  Gilles  ,  on  ne  marque  pas  fon 
crime. 

Lxxxvr.  Nous  ignorons  l’époque  de  la  more  d’Almodis  de  la  Marche,  mere  de 
nmnT'w'  Guillaume  comte  de  Touloufé  6c  de  Raymond  de  faint  Gilles.  Si  nous  en 
gcri.  comte  croyons  l’auteur c  qui  a  écrit  à  la  fin  du  XIII.  fiecle  les  geftes  des  comtes 
&  d^Cwnf  ®arce^one>  cecce  princcfTè  décéda  avant  le  comte  de  cette  ville  fon  troi- 
lonnc,  &  d‘%.  fiéme  mari ,  qui  mourut  (  le  17.  de  May  de  l’an  1076.  6c  fut  inhumé  dans 
mojis  fi  fem-  In  cathédrale  de  Barcelone.  Cet  auteur  ajoute  qu’Almodis  fut  aflàfîinée  par 
ks  domlfnci'  Pierre ,  fils  de  ce  prince ,  &  d’Ifàbcau  fa  première  femme,  lequel  mourut 
eurre  tes  fils,  fans  poflerité  en  Efpagne  dans  l’exercice  de  la  pénitence  en  expiation  de 
p.uî'.C' eec homicide.  Un  hiltorien  g  de  Catalogne  beaucoup  plus  récent ,  prétend 
hbtd.pAg  1.  au  contraire  que  cet  auteur  s’eff  trompe  5  qu’Almodis  fùrvêcutà  Raymond- 
Berenger  fon  mari  }  que  Pierre  fils  de  ce  comte  du  premier  lit  mourut  avant 
f.a.  '  ’**  elle,  &  qu’Almodis  le  fie  périr.  Les  raifôns  de  ce  dernier  paroiflènt  folides, 
quoiqu'il  ne  rapporte  d’autre  preuve  que  cette  princefieaic  furvêcuau  comte 
de  Barcelone  fon  mari,  que  le  tcflament  par  lequel  ce  dernier  peu  de  tems 
avant  fa  mort,  légua  quatre  mille  maneufes  k  la  comtcfje  fa  femme  qui 
vivait  alors  ,  fins  dire  fon  nom.  Nous  n’avons  d’ailleurs  aucun  acte  où 
il  foie  fait  mention  d’Almodis  après  l’an  1071.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai ,  c’eft 
qu’elle  décéda  avant  l’an  1079.  comirie  nous  le  prouverons  bientôt.  Il 
paraît  qu’elieétoitdéjamorte  au  commencement  de  l’an  107 8. car  Guillaume 
h  Pr.f.}oo.  comte  de  Touloufé  fon  fis  fie  une  donation  h  à  l’abbaye  de  Moillac  le  14. 
du  mois  de  Mars  de  l’an  1077.  ou  de  l’an  1078.  fuivant  notre  maniéré  de 
compter,  pour  l' anniver faire  de  fon  pere  dr  de  fa  mere.  Almodis  fut  inhumée 
dans  la  cathédrale  de  Barcelone  ,  à  côté  du  comte  Raymond-Berengcr  fon 
i  Citti  cemt.  mari ,  6c  on  y  voit  encore  leurs  épitaphes  rapportées  par  Catcl  ».  Il  s’efl  glifle- 
^•"7*  une  faute  dans  celle  du  comte,  où  on  doit  lirequ’il  mourut  en  1076.  &non' 
KV.Mort.mff-  en  1086.  On  trouve  une  erreur  à  peu  près  femblable  dans  un  k  manufcric 
f.osi.  cje  Colbert,  où  on  a  marqué  la  mort  de  ce  prince  à  l’an  1078.  au  lieu  de  l’an 
icj6. 

iDiog.itij.  On  fait1  un  grand  éloge  de  Raymond- Berenger  I.  comte  de  Barcelone. 
1  prince  fe  rendit  fur  -  tout  recommandable  par  fa  valeur.  Il  lailîà  deux  fils 

d’Almodis  fa  féconde  époufe,  Raymond- Berenger  II.  du  nom ,  furnommé 
Tète-d’étouppes  ,  6c  Berenger-Raymond  $  il  les  inflitua  fes  heritiers  par  fon 
m  Marc-li'd’- tcfbament.  Le  premier  avoic  ™  déjà  époufe  du  vivant  de  fon  pere,  Mahalde 
ou  Mathilde  Hile  de  Robert  Guifcard  prince  Normand,  duc  de  Pouille  6c 
n  Grr  ni  Calabre.  Ces  deux  freres  eurent  d’abord  “  quelque  démêlé  pour  la  fuc- 
•  ° epref«.  cefUon  de  leur  pere  -,  mais  ils  s’accordèrent  0  enfin  par  l’entremife  des  prin- 
oîag.ibiJ.  cipaux  fèignears  du  pais ,  6c  confirmèrent  leur  accord  au  mois  de  Décembre 
de  Tan  1080.  Suivant  cet  acte  ils  partagèrent  non-feulement  le  comté  de 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIV.  ijj 

Barcelone ,  donc  ils  prirent  également  le  titre  de  comte  ,  &  les  autres  do¬ 
maines  de  leur  maifon  lîcuez  au-delà  des  Pyrénées  ;  mais  encore  la  ville  8c 
le  comté  de  Carcaffonne ,  dont  il  paroic  que  leur  pere  avoit  difpofé  entiè¬ 
rement  en  faveur  de  l’aîné,  quoi  qu’un  hiftorien1  Cacalan  allure  le  contraire. 
Ce  fut  là  peut-être  la  principale  lource  de  leur  divilion. 

Nous  avons  en  effet  un  a&e  “par lequel  Guillaume  comte  de  Touloufe, 
fils  d’ Almodis  ,  fit  ferment  à  Raymond-Berenger  comte  de  Carcafjonne  fon  frere , 

.  fils  de  la  même  Almodis  ,  de  l’aider  contre  tous  ceux  qui  voudroient  le  trou¬ 
bler  dans  la  poflèifion  de  les  villes,  comcez,  évêchez,  8c  du  relie  de  fon  do¬ 
maine.  Le  premier  commence  là  promelle  en  ces  termes  :  Moy  Guillaume 
comte  de  Touloufe  qui  fui  s*  fils  d’ Almodis  j  d’où  l’on  doit  inférer  que  cecte 
princefle  vivoit  encore  alors,  8c  que  le  comte  de  Touloufe  fit  ce  ferment  à 
Raymond-Berenger  II.  peu  de  tems  après  la  mort  du  pere  de  ce  prince. 

Par  la  même  raifon  cette  comtellè  dévoie  être  décedée ,  lorfque  Raymond 
de  faint  Gilles  ,  frere  de  Guillaume ,  fit  une  nouvelle  promelle  c  à  Guifred 
archevêque  de  Narbonne  ,  en  ces  termes  :r  Moy  Raymond  comte  qui  ai  été 
fils**  d’ Almodis  &c.  Raymond  promit  alors  a  Guifred  »  de  ne  pas  lc« 
troubler  dans  la  poflèifion  de  fon  fiege  8c  de  fes  domaines,  8c  d’ooliger« 
Raymond-Berenger  8c  les  fils,  Garfinde,  Bernard  8c  Pierre  les  fils,  de  lui  « 
faire  hommage  pour  la  moitié  delà  ville  de  Narbonne  ,  8c  le  domaine  de  « 
fon  archevêché.  Le  comte  donne  en  même  tems  en  fief  à  l’archevêque ,« 
par  amitié  *** ,  la  troifiéme  parcie  de  toutes  les  acquificions  qu’il  feroit  dans  « 
le  comté  de  Narbonne.  »  Raymond-Berenger  vicomte  de  cette  ville  promet 
à  la  fin  de  l’acte  d’executcr  fidellement  l’engagement  que  le  comte  Raymond 
venoit  de  prendre  par  rapport  à  lui  ;  &  ce  fut  làns  doute  en  conféquence  que 
Pierre  d  évêque  de  Rodez  ,  frere  du  même  vicomte  ,  prêta  ferment  de 
fidelité  à  l’archevêque  Guifred  pour  1e  domaine  de  l’archevêché  de  Nar¬ 
bonne. 

Raymond  de  faint  Gilles  prit  aufïï  la  défenfe  de  Guillaume  V.  feigneur 
de  Montpellier,  qui  étoit  encore  jeune  ,  à  ce  qu’il  parole  c  ,  lorfqu’il 
perdit  Guillaume  III.  Ion  pere.  Ce  dernier  qui  vivoit  encore  en  1067.  8c  en 
1068.  avoir  époufé  Ermengarde  ,  laquelle  le  remaria  après  fa  mort  avec  Ray¬ 
mond  d’Andulè ,  fils  de  Bernard  8c  d’Adelaïde  de  Mandagout.  Ce  fut  là  ns 
doute  la  raifon  pour  laquelle  Beliarde  ayeule  de  Guillaume  V.  prit  fa  tucelle 
/  avec  trois  Ligueurs  qui  eurent  recours (  à  la  protection  de  Raymond  comte 
de  faint  Gilles ,  lequel  leur  promit  de  maintenir  Guillaume  de  Montpellier*- , 
&  fon  ayeule ,  dans  la  poflèifion  de  leurs  domaines,  8c  de  les  aider  toutes  les 
fois  qu’il  en  feroit  requis.  Ce  prince  nomma  en  même  tems  pour  la  fùrecé 
de  fa  promelle  cinq  de  fes  vaflàux  ,  qui  dévoient  fe  mettre  en  otage  ,  lorfqu’il 
feroit  neceflàire,  à  Montpellier,  à  Pezenas  ,  à  Servian,  ou  à  Beziers,  au 
choix  des  cuteurs  du  jeune  Guillaume  de  Montpellier. 

Nous  donnons  le  nom  de  Guillaume  V.  g  à  ce  leigneur ,  parce  qu’il  paroît 
différent  d’un  autre  Guillaume  qui  eut  h  de  grands  démêlez  avec  Pierre 
comte  de  Melgueil  ou  de  Subftantion.  Celui-ci  prétendoit  avoir  la  jultice 
fur  la  ville  de  Montpellier  ,  le  profit  fur  la  monnoye  d'or  qu’on  y  battoit ,  8c 
divers  autres  droits  feigneuriaux  -y  mais  il  céda  enfin  par  un  accord  «  à  Guil-« 
laume  ,  à  les  vaflàux  ,  entr’autres  à  Guillaume  Aimoin,  qui  paroît  avoir  « 
été  parent  de  ce  dernier  ,  8c  à  tous  les  habitans  de  Montpellier ,  leur  do-  et 
maine  &  leurs  droits,  comme  les  parens  du  même  Guillaume  lesavoient  pof-  « 
ledez.»  11  le  confirma  déplus  dans  la  poflèifion  du  château  deMauguio  ou 
de  Melgueil  ,  que  fon  pere  Bernard-Guillaume  avoit  acheté  ,  8c  lui  donna  enfin 
fa  fille  en  mariage.  Guillaume  de  Montpellier  ,  8c  Guillaume  Aimoin  don¬ 
nèrent  en  même  tems  au  comte  une  fournie  confiderable.  L’aéle  qui  ellfans 
date  futpafléen  prefcncedeMatfred  évêque  de  Beziers  ,  Frotard  abbé  de  faint 
Pons,  Pons  prévôt  de  Maguelonne,  &c.  ce  qui  prouve  qu’on  doit  le  rapporter* 
versl’an  10S0. Comme  cet  acte  ne  peut  regarder  k  Guillaume  V.  il  doit  s’enten¬ 
dre  d’un  de  les  coufins  que  nous  appelions  Guillaume  IV.  8c  qui  partagea  avec 
lui  la  feigneurie  de  Montpellier.  Nous  croyons  que  Bernard-Guillaume, pere 
de  ce  Guillaume  IV.  étoic frere  puîné  de  Guilaume  II.  ayeul  de  Guillaume  V. 

T  orne  IJ.  G  g  ij 


I 


AN.IO75. 


a  DiMg.  ibid0 


b  AiMrc.Hifp • 
p.  ilo*. 

V.  NOTE 

xxx  vi  11. 


*  Filins  qui 
Jum  Almodis. 


Lxxxvir# 

Raymond  de 
(aine  Gilles 
continue  de 
proroger  Gui- 
ired  archevê¬ 
que  de  Nar¬ 
bonne.  Sei¬ 
gneurs  de 
Montpellier, 
c  ïr.p.  198* 

&  A?;  # 

* 4  Filius  qui 
fui  Almodis. 
***Per  druda- 
riam. 

d  /’r.  p  19?. 

&M- 


c  Fr.  p .  i$6: 
&  164- 
V.  NO  TE 
XXXVIi.  a.u 
&J*q. 

f  Pr.p.  19  T. 

*  De  Monte* 
pille  lUr  10. 


£  NOTE  ibidm 
h  Pr.  p.)ll.& 

fit 


i  NOTEibid* 
K  Ibid. 


1 


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[077* 


MS  HISTOIRE  GENERALE 

2  T}  Du  refte  nous  conjecturons  que  Guillaume  IV.  époufa  en  fécondés  noces  la 
n.i°7  •  fijie  de  pierre  comte  de  Melgueil  ,  6c  d’Almodis  de  Touloufe*,  Sa  qu’il  avoir 
H*t'V’S0TE  eu  déjà  d’une  première  femme,  Raymond-Guillaume  qui  étoit  évêque  de 
Nifmes  en  1 1  o  3 .  &  Bernard-Guillaume  feigneur  en  partie  de  Montpellier ,  en 
qui  finit  cette  branche. 

ixxxvllî.  Guillaume  IV.  comte  de  Touloufe  fut  un  prince  pacifique  ,  qui  s’appliqua 
«ioiUaume  iv.  principalement  à  faire  fleurir  la  religion  dans  fes  états  ,  Sa  féconda  le  zele 
Sï  d’Ifarn  évêque  de  Touloulè  pour  la  réforme  des  églifes  de  fon  dioccfe, 
««U  religion  entr’autres  de  celle  de  Notre-Dame  de  la  Daurade.  Cette  églife  fituée  au 
b  GrJ.av.S.  milieu  de  Touloufe  ,  étoit  déjà  célébré  >>  dès  le  VI.  fiecle.  On  y  avoir  joint 
‘  un  monaftere  dès  «le  commencement  du  IX.  fous  les  régnés  de  Louis  le Dé- 
bonnaire  Sa  de  Charles  le  Chauve.  Mais  les  défordresd  caufez  par  la  fimonic 
dcétei  mm.  avoient  réduit  l’un  Sa  l’autre  dans  un  état  fi  déplorable  qu’à  peine  y  faifoit- 
t-m&ftq.  on  le  fervice  divin.  L’évêque  Ifarn  touché  de  la  décadence  de  cette  an¬ 
cienne  églife  ,  pour  la  remettre  dans  fon  ancien  lu  (Ire,  l’unit  en  1077.  ^ 
l’ordre  de  Cluni  ;  ce  qu’il  fit  entre  les  mains  de  faint  Hugues  abbé  de  ce  cé¬ 
lébré  monaftere,  &  du  confentement  de  Guillaume  comte  de  Touloulè  fort 
feigneur,  &  de  fes  chanoines.  Ce  prélat  fait  un  grand  éloge  de  Guillaume 
dans  cet  a&e,  où  il  déclare  que  ce  prince  avoir  délivré  ,  autant  qu'il  lui  avoit 
été  fo.Jihle ,  ï églife  de  Touloufe  des  mains  de  fes  ennemis  ,  c’eft-à-dire  des  fimo. 
niaques.  Ifarn  fit  cette  union  à  condition  que  l’églilè  de  la  Daurade 
feroit  toujours  deflèrvie  par  des  moines.  Après  fa  foufeription  on  voir  cel¬ 
les  de  Raymond  évêque  de  Laicoure  ,  &:  prévôt  de  la  cathédrale  de  Tou¬ 
loufe,  &des  principaux  chanoines  de  cette  églife.  Depuis  ce  tems-là  le  mo- 
naftere  de  la  Daurade  fut  fournis  à  la  congrégation  de  Cluni  fous  la  dépen¬ 
dance  de  1  abbaye  de  Moiffac,jufqu’à  ce  qu’il  a  été  uni  dans  le  dernier  fiecle  à 
celle  de  faint  Maur ,  qui  le  poflede  encore  aujourd’hui. 

Le  comte  de  Touloufe  concourut  vers  le  même  tems  avec  Ifarn  évêque 
de  cette  ville  pour  établir  la  régularité  dans  la  cathédrale  de  faint  Etienne. 
Les  bàtimens  «  de  cette  églife  menaçoient  ruine,  fes  biens  étoient  la  plu¬ 
part  aliénez ,  Sc  le  fervice  divin  y  étoit  entièrement  négligé.  Ifarn  qui  en 
rejettoit  la  faute  fur  fes  prcdccefleurs ,  appuyé  de  l’autorité  de  Guillaume  comte 
de  Touloufe,  de  Raymond  comte  de  Rouergue  fon  frere,  &:  du  confcil  de  faint 
Hugues  abbé  de  Cluni,  d’Hunaud  abbé  de  Moiflac  ,  Sa  des  principaux  vaf- 
faux  du  comté  de  Touloufe,  repara  non-feulement  cette  cathédrale  &  l’en, 
richit  de  divers  ornemens  dont  elle  étoit  entièrement  dépourvue  ,  mais  il  y 
rétablit  la  vie  commune  parmi  les  chanoines  ,  qui  embraflèrent  en  même 
tems  la  réglé  de  faint  Auguftin.  Il  eft  ordonne  dans  l’acte  de  cette  réforme, 
qui  fut  drefle  en  prefence  de  Guillaume  archevêque  d’Auch  ,  Sa  de  Raymond 
évêque  de  Laitoure  ,  que  tous  les  clercs  qui  à  l’avenir  feroient  aggregez  au 
corps  de  cette  églife  embraflèroient  la  vie  régulière  des  chanoines ,  & 
n'auroient  plus  rien  en  propre.  Pour  leur  ôcer  tout  prétexte  de  violer  la  réglé , 
Ifarn  leur  affigna  certains  revenus ,  entr’autres  ceux  que  poflèdoient  alors  en 
particulier  le  prévôt,  le  doyen,  les  archidiacres,  l’écolàtre  Sc  le  facriftain, 
dont  l’éle&ion  devoir  être  faite  à  l’avenir  par  le  chapitre.  Ce  prélat  permet 
en  même  tems  aux  chanoines  d’acquérir  librement  les  biens  que  les  clercs  & 
les  laïques  tenoient  en  fief  de  lui  ou  de  fes  prédecefleurs.  Il  leur  abondonne 
pour  leur  manfe  ,  i°.  les  émolumens  que  les  évêques  de  Touloufe  reti- 
roient  des  jugemens  où  on  ordonnoit  l'épreuve  de  l'eau  froide.  i°.  L’archidiaconé 
d’Agarnez  en  Agarnaguez,  qui  comprenoit  une  partie  du  comté  de  Foix, 
Sa  qui  étoit  pofledé  alors  par  Pierre  Amelii  prieur  de  la  cathédrale.  3°.Un 
autre  archidiaconé  qui  s’étendoit  depuis  la  porte  Narbonnoife  ,  jufqu’aux 
confins  du  diocèfe  de  CarcalTonne  ,  Sa  renfermoit  le  Lauraguais.  40.  Tous 
les  autres  archidiaconez  de  ceux  qui  voudroient  profefîer  la  vie  canoniale, 
enforte  qu’après  la  mort  des  archidiacres  l’évêque  éliroit  leur  fuccefleurdu 
confeil  de  fon  clergé.  j°.  Enfin  la  moitié  du  fel  qu’il  avoit  droit  de  retirer 
du  bourg  faint  Saturnin  :  preuve  que  ce  bourg ,  qui  n’eft  pas  different  de  ce 
qu’on  appella  dans  la  fuite  le  bourg  de  Touloufe,  &qui  fut  gouverné  par 
des  magiftrats  municipaux  particuliers  ,  fubfiftoit  alors.  Le  chapitre  de  la 


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DELANGUEDOC.  Liv.  XIV. 


l37 


cathédrale  de  Touloufe  fut  régulier  depuis  ce  rems-là,  jufqu’au  commence-  An. 1077. 
ment  du  XVI.  fiecle  qu’il  fut  fécularifé. 

Guillaume  comte  de  Touloufe,  pour  favorifer  le  nouvel  établiflèment  des 
chanoines  réguliers  dans  cette  cathédrale ,  renonça  folemnellement  en  leur 
faveur  au  droi x.  que  fes  prèdecejfenrs  avoient  ufurpè  de  nommer  à  l’cvêché,  &c 
s’engagea  d’agréer  dans  la  mite  celui  qui  feroit  élu  par  le  chapitre.  Il  fe 
conforma  en  cela  au  decret  du  concile  Romain  tenu  en  1075.  par  lequel  *  a  r.r*p*d 
il  fut  défendu  expreflement  aux  évêques  &  aux  abbez  de  recevoir  les  évê-  " 

chez  &  les  abbayes  des  mains  des  princes  fcculiers,  &  à  ceux-ci  d'en  donner 
l’inveftiture  comme  ils  avoient  fait  auparavant ,  par  un  abus  qui  s’étoit  tourné 
en  coutume. 


Lorfqu’Ifarn  réforma  fon  églife,  la  plupart  des  arcliidiaconez  étoient b  au  b  Caulmm. 
pouvoir  des  laïques.  Un  chevalier  nommé  Gaufbert  Ifarn  poflèdoit  entr’au.  t' S7t* 
très  celui  qu’on  appelloit  veteris  Morefïi ,  &.  l’avoit  reçu  de  ce  prélat  *  mais 
faifant  fcrupulc  de  le  garder,  il  le  lui  remit,  après  avoir  cependant  donné  en  fief 
à  un  autre  chevalier ,  appelle  Pierre-Bertrand ,  un  archiprêtré  qui  en  dé- 
pendoit. 

Les  deux  légats ,  Hugues  évêque  de  Die,  &  Amé  évéque  d’01eron,que  lxxxiX. 
le  pape  Grégoire  VII.  avoit  evoyez  en  France  pour  extirper  la  fimonie,  con- 
tribuerent  beaucoup  par  leurs  loins  au  rétabliifement  de  la  difcipline  eccle-  Poiignac£»«- 
fiaftique.  Ils  agifioient  féparément  en  diverfes  provinces,  &  le  premier  ^uedul>l'y' 
aflèmbla  un  concile  à  Clermont  en  Auvergne  à  la  fin  de  l’an  1076.  ou  au 
commencement  de  l’année  fui  vante,  dans  lequel  il  cita c  Etienne  de  Polignac  c  nùg.tUv, 
évêque  du  Puy  ,  qui,  comme  on  l’a  déjà  vu  ,  avoit  été  excommunié  pour  7& 

caule  de  fimonie ,  6c  qui  malgré  fon  excommunication  fe  maintenoit  tou-  1 
jours  dans  fon  fiege.  Ce  prélat  craignant  cependant  d’en  être  enfin  chafTé, 
drefia  d’abord  des  embûches  au  légat  pour  cacher  de  le  furprendre  j  mais 
n’ayant  pu  réuffir  ,  6c  voyant  qu’il  ne  pouvoic  éviter  le  jugement ,  il  convo¬ 
qua  un  jour  fes  chanoines  dans  la  cathédrale ,  &  promit  lolemneüement  de¬ 
vant  l’autel  de  la  Vierge,  de  quitter  fon  fiege,  Ôc  d’obéir  entièrement  au 
légat,  quinze  jours  après  que  celui-ci  l’en  auroit  requis.  Son  clergé  promit 
en  même  tems  d’abandonner  fe?  interets  s’il  n’cxecucoit  la  promelle.  Le  con¬ 
cile  de  Clermont  s’étant  tenu  enluite ,  Etienne  y  fut  dépofé  comme  fimo- 
niaque,  avec  Guillaume  auparavant  doyen  ou  prieur  de  Chamalieres,  qui  après 
la  promotion  d’Etienne  à  l’évcché  du  Puy  ,  s’etoic  emparé  de  l’évêché  de 
Clermont  fans  aucune  forme  canonique. 

Après  le  concile  le  légat  partie  pour  Lyon,  d’où  il  fe  rendit  au  Puy  avant 
que  les  quinze  jours  qu’il  avoit  donnez  à  Etienne  pour  quitter  fon  fiege,  ’ 
fuiîènc  expirez  -,  mais  il  trouva  que  ce  prélat  avoit  déjà  pris  la  fuite.  Le  \ 
légat  célébra  alors  la  méfié  pontificalemenc,  &  fe  tournant  du  côté  du  clergé 
&  du  peuple  après  l’évangile ,  leur  expofa  les  conventions  qu’il  avoit  faites 
avec  Etienne  ,  &  auxquelles  celui-ci  avoit  manque  }  leur  défendit  de  lui 
obéir  dans  la  fuite  5  &  le  déclara  excommunié  s’il  s’ingeroit  à  l’avenir  dans 
le  gouvernement  de  l’églife  du  Puy.  Grégoire  VII.  d  confirma  ce  jugement  ioreg.  vu. 
par  deux  lettres  datées  du  23.  de  Mars  de  i’indiction  15.  ou  de  l’an  1077. 

Par  Tune  adrcficc  aux  chanoines  du  Puy,  il  leur  défend  de  continuer  derecon- 
noître  Etienne  pour  leur  évêque  ,  leur  ordonne  de  le  fuir  comme  un  excom¬ 
munié  ,  &:  leur  enjoint,  après  s’être  fait  relever  par  l’évêque  de  Die  fon 
légat,  de  l’excommunication  qu’ils  avoient  encourue,  de  procéder  à  l’éle- 
ûion  d’un  autre  évêque.  Par  l’autre  lettre  adrcficc  à  tous  les  évêques  des 
Gaules ,  Grégoire  fe  plaint  de  ce  qu’Etienne  continuoit  de  s’immifeer  dans 
le  gouvernement  de  l’églife  du  Puy ,  malgré  l’excommunication  que  l’évê¬ 
que  de  Die  fon  légat  avoit  lancée  contre  lui  $  il  leur  défend  de  .lui  donner 
aucun  fecours ,  à  peine  d’anarhême ,  &c  à  tous  les  peuples  d’apporter  aucune 
offrande  à  l’églife  du  Puy,  jufqu’à  ce  qu’elle  fut  délivrée  de  l’oppreiïion  où 
Etienne  la  tenoit,  parce,  dit-il,  que  les  offrandes  ne  fervoient  qu’à  l’en¬ 
tretenir  dans  fa  défobéïfiànce.  Enfin  il  ordonne  à  ces  prélats  de  confir¬ 
mer  cette  excommunication  Sc  de  la  publier  dans  leurs  diocèfes. 

Cette  derniere  lettre  eft  une  preuve  qu’Etienne  continua  de  fe  maintenir 


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HISTOIRE  GENERALE 


b  NOTE 
XXVLU.n.'j. 


e  V.  NOTE 
ibtd.n.io. 
dGâit.chr.nov. 
td. ta.  u(.?Ql. 


xc. 

Vicomtes  de 
Polignac. 
e  NOTE  X. 
IM. 


Aw.1067.  dans  le  ficge  épifcopal  du  Puy,  malgré  fa  dépofition  au  concile  deCier, 
».  mont  5  &  en  effet  le  pape  par  une  autre  lettre3  datée  du  n.  de  May  fuivant, 
ordonne  entr’autresà  Hugues  évêque  de  Die  fon  légat,  de  terminer  l’affaire 
de  l’églife  du  Puy  conjointement  avec  faint  Hugues  abbé  de  Cluni.  Ilparoît 
d’ailleurs  par  une  donation  b  faite  à  i’églife  de  faint  Andeol  de  Polignac, 
par  Etienne  évêque  du  Puy  ,  après  la  mort  du  vicomte  Armand  fon  pere ,  que  ce 
prélat  occupa  le  ficge  épifcopal  de  cette  ville  jufqu’en  10*81.  ou  du  moins 
jufqu’en  1078.  enfin  nous  n’avons  rien  d’Ademar  ou  Aymar  fon  fucceflèur 
immédiat  avant  l’an  1087. 

On  prétend  e  que  ce  dernier  étoit  fils  d’un  comte  de  Valcntinois  :  ce  qu’il 
y  a  de  certain*1  c’eft  que  fon  frere  prenoit  lefurnom  de  Monteil ,  petite  ville 
firuée  fur  le  Rhône  dans  le  diocèfè  de  Valence,  &  qu’on  appelle  aujour¬ 
d’hui  Montelimar  par  corruption  de  Monteil- Adhemar  *  loit  que  notre 
Adhemar  de  Monteil  évêque  du  Puy  lui  ait  donné  fon  nom,  comme  on  le 
prétend,  foit  qu’elle  l’ait  ciré  plus  vraifcmblablement  de  quelqu’aucre  feigneur 
de  fa  maifon. 

Armand  pere  d’Etienne  évêque  du  Puy  fut c  le  troifiéme  vicomte  de  Po¬ 
lignac  de  fon  nom.  Suivant  l’acte  dont  nous  venons  de  parler  ,  il  avoit  fait 
une  donation  à  l’églife  ou  prieuré  de  faint  Andeol  de  Polignac ,  tant  pour 
lui,  que  pour  fa  femme  Adélaïde  ,  fes  fils,  5c  fes  filles.  Etienne  évêque  du 
iGiiicbrMd.  Puy  *  fon  fils  y  ajouta  diftérens  biens  ,  du  confentement  du  vicomte  Pons  fon 
infrrf. 119.  neVcu,  d’Heracle,  frere  de  ce  dernier,  5c  de  leur  mere.  Celle-ci  s’appelloit 

g  rr.f,  303.  Auxiliende,  comme  il  parole  par  une  donation  S  qu’elle  fit  vers  l’an  1080  avec 
le  vicomte  Pons ,  5c  Heracle  les  fils  ,  à  l’abbaye  de  faint  Chaffré  de  l’eglife 
Iv.mTitbid.  de  faint  Vincent  de  Solignac.  Nous  ignorons  b  fi  Pons  vicomte  de  Polignac, 
6c  He racle  fon  frere,  écoienc  fils  de  Guillaume  ou  de  Pons  freres  d’Etienne 
évêque  du  Puy,  5c  fi  le  même  Pons,  neveu  de  ce  prélat,  fucceda  immedia- 
cemcnta  Armand  III.  fon  aycul.  On  prétend*  qu'Heracle  frere  de  Pons 
finde.liw"  continua  la  pofterité,  5c  qu’il  fut  pere  d’un  autre  Pons  vicomte  de  Polignac 
<i.4. j.  6.  qui  vivoit  en  1105.  5c  qu’on  appelle  Pons  II.  mais  on  n’en  donne  aucune 
preuve.  Il  nous  parole  au  contraire  que  ce  dernier  n’eftpas  different  de  Pons 
frere  d’Heracle  ;  que  celui-ci  mourut  fans  pofterité  ,  5c  que  l’autre  la  continua, 
xc  r.  Tandis  qu’Hugucs  évêque  de  Die  exerçoit  fa  légation  en  diverfes  provinces 
d/s  Ponfié-  France>  Ame  évêque  d’Oleron  remplilfoit  les  fonctions  de  la  fienne  dans 
gitdaS.  (kçc.  la  Narbonnoife  I.la  Gafcognc  ôcl’Efpagne,  6c  tenoit  divers  conciles  dans  ces 
^'n'edcNit-  Prov'nces  contre  les  fimoniaques.  Grégoire  VII.  recommanda  k  ce  dernier 
boule  excom-  aux  rois  5c  aux  princes  d’Efpagnc,  par  une  lettre  datée  du  1  8.  de  Juin  de  l’an 
lt'U'îauconcüê  10 77-  &  ^fiocia  Frotard  abbé  de  faint  Pons  de  Tomieres  dont  il  fait  un 

S"  grand  éloge  ,  5c  qu’il  appelle  un  homme  vénérable,  également  recomman- 
xGrn.yn.L4.  dable  par  la  pureté  defafoy,  5c celle  de  fes  mœurs.  Améaïant  paffe  au  delà 
f f  Diag.eo»d.dt  ^es  Pyrences,  affembla 1  un  concile  à  Gironne,  où  pluficurs  évêques  5c  abbez 
îiarcei  i  i.c.jt,  fe  rendirent.  Guifred  archevêque  de  Narbonne  qui  s’y  rendit  au  fil ,  5c  qui 
^  l^ntoit  coupable  de  fimonie,  craignant  d’être  dépofe,  fit  beaucoup  de 
rJaL>.  1077?”  bruit,  5c  obligea  enfin  le  légat  de  fortir  delà  ville,  6c  de  fe  réfugier  dans  le 
château  de  Bezalu ,  où  Bernard,  qui  en  étoit  comte  ,  le  reçut  ,  6c  lui  donna 
toute  la  liberté  d’exercer  fa  légation.  Une  telle  conduite  attira  à  Bernard 
l’inimitié  de  la  plupart  des  évêques  ,  des  abbez  5c  des  comtes  qui  fe  plai¬ 
gnirent  du  procédé  du  légat ,  ce  qui  n’empêcha  pas  celui-ci  de  transférer 
dans  ce  château  le  concile,  qui  s’y  raflembla  le  6.  de  Décembre  de  l’an 
1077.  Il  n’y  eut  que  trois  évêques  qui  s’y  rendirent ,  fçavoir  Berenger  d’Agdc, 
Raymond  d’Elne,  5c  Pierre  de  Carcaffonne  -,  le  premier  étoit  par  confequent 
alors  relevé  de  l’excommunication  qui  avoit  été  lancée  contre  lui  au  concile 
Romain  de  l’année  précédente ,  5c  il  devoit  avoir  abandonné  les  intérêts  de 
fon  métropolitain.  Quant  à  Pierre  évêque  de  Carcaflônne,  auquel  on  "donne 
le  furnom  d '  Artaldus ,  il  avoit  fucccdé  à  Bernard  qui  occupoit  encore  ce  fiege 
1071.  Il  le  remplit  jufqu’en  1099.  5c  c’cfl  fans  aucun  fondementque  l’au- 
r  0  qui  a  écrit  l’hifloire  de  cette  églife  en  a  fait  deux  évêques  de  même 


nu 


n  De  Vie 
CarCajfp.60. 


O  lbid.p.6 i.fr 

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P  DiMg.ibid.  Pluficurs  p  abbez  alïiflerent  aufïï  au  concile  de  Bezalu.  Frotard  de  faint 


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DE  LANGUEDOC  Liv.  XI V. 


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Pons  collègue  de  l’évêque  d’Oleron  dans  la  légation  d'Efpagne ,  fut  fans  AN.1077. 
douce  du  nombre.  On  y  dreflà  divers  canons  contre  les  fimomaques  &  Gui* 
fred  archevêque  de  Narbonne  y  fut  excommunie  ,  pour  avoir  caule  du  trou¬ 
ble  dans  l’aflèmblée ,  &  apparemment  aufli  comme  fimonuque.  Quelques 
auteurs*  ont  crû  que  ce  prélat  avoir  embraffe  les  erreurs  de  Berenger  fur  ^ 
î’Euchariftie ,  &  qu?  ce  fût  là  le  fujet  de  fon  excommunication  :  mais  onn  a 
aucune  preuve  de  ce  fait ,  &  il  eft  certain  qu’il  n  etoit  coupable  que  de  fimo- 
nie  Ce  fut b  aufli  pour  ce  crime  qu’on  depofa  dans  le  meme  concile  les  abbez  . 
de  fix  monafteres  fituez  dans  les  états  de  Bernard  comte  de  Bezalu  ,  de 
Fenouilledes  &  de  Valefpir  ,  lequel  appuya  les  decrets  de  toute  fon  auto, 
rite  fe  rendit  vafTal  de  l’eglife  Romaine  ,  &  s  engagea  de  lui  payer  cous 
les  ans  ,  tant  en  fon  nom ,  qu’en  celui  de  Ion  fils  &  de  fes  fucccifcurs ,  une 

certaine* Comme  comme  une  clpece  de  redevance.  r  xcir* 

De  Bezalu  l’évêque  d’Oleron  fe  rendit  a  Urgcl ,  ou  Ermengaud  ,  fur-  Contilc  dt 
nommé  de  Gerp  ,  comte  de  cette  ville,  &  fa  femme  Lucie **  ^PTJlo 
bien  &  rengagèrent  de  travailler  à  la  reforme  des  monafteres  de  leur  -  àGuonnc. 

.  ’  rv  léair  rinr  c  Tannée  fuivante  un  nouveau  concile  a  Gironne,  ouiix  c  ccnai. ed> 
X.ïîîliTÆ-  fe  trouvèrent ,  Ravoir  Berenger  de 
Gironne,  Berenger  d'Aufonne,  Raymond  d'Elne ,  Raymond  de  Rota  ou  Ro-  r 
de  Pierre  de  CarcaiTonne,  6c  Humbert  de  Barcelone,  outre  Foulques  ar-  7 
chidiacre  d’üreel  au  nom  de  l'évêque  de  cette  vrIJe ,  6c  Guillaume  eveque 
de  Comminget.  S.  Bertrand  de  la  maifon  de  Lille-Jourdam  dans  le  Tou. 
loufain  ne  fucceda  donc  pas  à  ce  dernier  en  1073.  comme  on  le  prétend. 

On  lit  treize  canons  dans  ce  concile  contre  la  f.mome  &  le  concubinage  des 
clercs  contre  leurs  fils  ,  auxquels  on  interdit  l'exercice  des  armes ,  contre  les 
mariais  inceftueux,  6cc.  Le  ...  canon  ordonne  que  les  egl.lçs  qui  auro.ent 
été  confacrées  par  des  fimoniaques ,  ou  à  prix  d  argent ,  ferment  confacrees 
de  nouveau  ,  6c  que  les  clercs  qui  avoient  reçu  1  ordination  en  donnant  une 
fomme'  ou  des  mains  d'un  évêque  fimon.aque,  ferment  reordonnez  par  trn 
iviaue  catholique.  IP  ordination  nef  fatriitemfar  rapport  d  m  tiens ,  ajoute 
le  canon  ,  nu, s  la  confier. -Mon  ofi  demie  ,  pane  q«,  non  n  avott  précédé  qu, 
oit  être  approuvé.  Tel  étoic  alors  le  fenament  commun.  Enfin  il  elt  marque 
dans  le  dernier  canon  que  comme  on  ne  pouvoir  ocer  entièrement  les  cgl.- 
fes  aux  laïques il  ne  leur  étoit  pas  permis  du  moins  de  recevoir  les  obla¬ 
tions  des  meffes  6c  des  autels,  6c  les  prémices  ,  &  on  fait  defenfe  de  rien 
donner  pour  le  droit  de  lépulture  &  debateme.  .  — ,  .  .  .  r 

Le  comte  de  Bezalu  ne  fe  contenta  pas  d  avoir  chaflc  Jes  abbez  fimonia- 
ques  de  fês états,  &  d’en  avoir  fait  élire  de  légitimés  j  il  tr^va^  d«e 
réforme  de  leurs  monafteres.  Dans  cette  vue  il  donna  en  1078.  «J*  de 
Campredon  dans  le  diocèfe  de  Gironne ,  d’Arles  dans  le  Valefpir  & k 1  dio- 
cèfe  d’Elne  6c  de  faine  Pons  furnomme  V allô  fa  ,  dans  le  Fenouilledes,  6c 
le  diocèfe  de  Narbonne,  à  faint  Hugues  abbé  de  Clum  pour  les  Jggregrcr 
à  là  congrégation  h  ce  qu’il  fit  entre  les  mains  d  Hunaud  abbe  de  MoilTac  fon 
ouf, *  Le  comte  déclare  dans  Parte  qu’il  avoir  racheté  le  fécond l  de  ces 
monafteres  pour  deux  cens  onces  d’or ,  de  Guifred  archevêque ■  de 
ne,  &  d’un  ieigneur  féculier  qui  le  tenoient  de  lui  en  fief.  Il  a  voit  racheté 
aufli  le  dernier  Tour  cent  onces  d’or  des  mains  de  Pierre  vicomte  de  Fenouil, 
ledes  qui  l’avoir  acquis  en &  auquel  il  relâcha  un  village  des  dépendan¬ 
ces  de  ce  monaftere1  pour  en  jouir  pendant  fa  vie.  Il  fupprmia  en  meme  tems 
tous  les  mauvais  ufages  que  lui  ou  fes  prédeceffeurs  avoient  établis  date  ces 
trois  monafteres  II  rétablit  «  au  mois  de  Mars  de  a  meme  année  ,  de 
conceTt  avec  Ta  comtefTe  Ermengarde  fa  femme  ,  celui  de  faint  Etienne  de 

R  ,  *  'r  !r  Trné dans  fon  comté  de  Bezalu  au  dioccfe de  Gironne,  &  Div«sPiai* 

étoftprcfquè  abandonné.  L’acte  eft  fouferit  par  Amé  évêque  d’Oleron  légat  £ 

du  fxSgc  â  par  Frorard  abbé  de  faint  Pons  de  Tomieres  ,  fon  collègue 

dGeStiabbŸrepaffa  la  même  année  en  deçà  des  Pyrénées  fcfe  un 

Sq-poObdoit  dans  ce  diocèle  ui/lieù 


t  Ibid. 
XC1II. 


«a»i07  7.0.1  9, 
g  Pr.p.}  00. 


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» 


An;io78. 


i°79. 

a  Gall.chr.tû. 
xp.ii. 
bAndo^Bezi. 

M»- 

c  Ibid. 


i  Pr.f.io j. 


ç'BonM  kifl. 
mjf.des  comtes 
de  Rodez  Li  c. 
xo. 

V.Boll.to.6.  Mm 
?-7ih&f‘ï 


[  TrjUd. 


140  HISTOIRE  GENERALE 

nommé  Palais ,  fur  lequel  Bermond ,  fvrnommé  d’Aude  ,  feigneur  du  voifi. 
nage ,  éxigeoit  divers  droits  qu’il  avoit  ufurpez.  Etienne  abbe  de  Conques 
ayant  porté  fes  plaintes  de  cette  ufurpation  devant  Raymond  comte  de  Rouer, 
gue  ,  ÔC  Ermengarde  vicomtefTe  de  Beziers  ,  feigneurs  dominais  du  païs  ; 
ceux-ci  tinrent  differens  plaids  pour  terminer  cette  affaire  5  mais  les  parties 
n’ayant  pu  s’accorder  ,  elles  s’en  rapportèrent  à  la  décifion  de  Matfred 
évêque  de  Beziers,  de  Frotard  abbé  de  faint  Pons,  Ôc  de  plufîeurs  feigneurs 
du  païs  qui  rendirent  leur  jugement.  Sur  le  refus  que  fit  Bermond  de  l’executer, 
le  comte  Raymond, pour  l’y  obliger  ,  ravagea  les  domaines  ,  ruina  fes  mai- 
fons ,  ôc  le  dépouilla  des  biens  qu’il  pofTedoit  auprès  de  Palais ,  dont  il  donna 
la  pofTeflion  à  l’abbé  de  Conques  :  enfin  Bermond  étant  décédé  peu  de  tems 
après ,  Pierre  fon  fils  reconnoifTant  l’injuftice  de  fon  pere  ,  ôc  craignant  de 
perdre  tous  fes  domaines ,  s’accommoda  avec  l’abbaye  de  Conques ,  par  le 
confeil  du  comte  ôc  de  la  vicomteffe ,  ôc  abandonna  entièrement  à  ce  mona- 
ftere  tous  les  droits  que  fon  pere  avoit  exigez  injuftement  à  Palais  ôc  dans 
fes  dépendances,  moyennant  cinq  cens  Jols  de  Beziers,  que  l’abbé  lui  donna, 
avec  U  viguerie  du  même  lieu,  qu’il  reçut  en  fief ,  ôc  qui  confiftoit  dans  la 
moitié  des  droits  feigneuriaux  fur  certains  biens.  L’accord  fut  paffé  le  Jeudi 
27.  de  Juin,  ce  qui  prouve  que  ce  fut  en  1079. 

Matfred  évêque  de  Beziers  dont  il  eft  fait  mention  dans  cet  a&e ,  fut  le 
troifiéme  de  fon  nom.  Il  avoit  fuccedc  1  dès  le  mois  de  Janvier  de  l’an 
1077. à  Berenger ,  après b  avoir  été  auparavant  chanoine  delà  cathédrale  j  & 
enfuite  abbé  de  faint  Aphrodife.  Quant  à  Bermond  ou  à  Pierre  fon  fils,  il 
paroît  qu’ils  étoient  de  la  maifon  d’Andufe ,  mais  nous  ne  fçaurions  mar¬ 
quer  pi*écifément  leur  defcendance  :  peut-être  que  le  premier  étoit  fils  "'puî¬ 
né  d’Almerade ,  fils  aîné  de  Bernard  fèigneur  ou  marquis  d’Andufe  qui  vivoit 
au  commencement  du  XI.  ficelé. 

On  voit  par  ce  que  nous  venons  de  rapporter  que  Raymond  comte  de 
faint  Gilles  ôc  de  Rouergue  jouiffoit  en  1079.  en  qualité  de  marquis  de  Go- 
thie ,  de  la  fuzeraineté  fur  les  vicomtez  de  Beziers  ôc  d’Agde  -,  ôc  que  la 
vicomreflè  Ermengarde  veuve  de  Raymond-Bernard  vicomte  d’Albi  ôc  de 
Nifmes ,  les  poflêdoit  fous  fon  autorité.  Ce  prince  étoit  donc  alors  pai- 
fible  poflèflêur  des  domaines  qui  avoient  appartenu  à  Berthe  comtefle  de 
Rouergue  fa  coufine  ;  ôc  Robert  1 1.  comte  d’Auvergne  s’étoit  défifté  par 
conféquent  de  fes  prétentions  fur  la  fuccefïïon  de  cette  princefle  fâ  pre¬ 
mière  femme.  Nous  apprenons  en  effet  d’ailleurs  d  que  la  guerre  ôc  les 
troubles  qui  agitoient  le  Rouergue  depuis  la  mort  de  Berthe  etoient  entiè¬ 
rement  appaifez  en  1079.  lorfque  Pons  évêque  de  Rodez  unit  l’abbaye 
de  faint  Amand  de  cette  ville  à  la  congrégation  de  faint  Vidor  de  Mar- 
feille.  Il  eft  encore  fait  mention  e  de  ces  troubles  dans  la  vie  manu/crite 
de  faint  Gaufbert ,  qui  après  avoir  embraffé  la  vie  heremitique  dans  le 
Velay,  fonda  fous  le  pontificat  du  pape  Grégoire  VII.  pour  des  chanoines 
réguliers,  le  monaftere  de  Montfalvi  dont  il  fut  le  premier  abbé ,  Ôc  qui  n’eft 
aujourd’hui  qu’une  prévôté  fituée  dans  le  diocèfe  de  faint  Flour  fur  les  con¬ 
fins  du  l’Auvergne  ôc  du  Rouergue.  Il  eft  rapporté  dans  cette  vie  «  que  la 
« XX. année  du  régné  du  roi  Philippe,  ou  l’an  1079.  Robert  étant  comte 
»  d’Auvergne ,  ôc  Raymond  comte  de  Rouergue ,  une  grande  émeute  s’étant 
«élevée  à  Rodez,  faint  Gaufbert  fe  rendit  dans  cette  ville  pour  appaifer 
«  le  tumulte  -,  que  le  comte  Raymond  lui  donna  en  reconnoiflànce  l’abbaye 
«  de  faint  Amand  de  Rodez,  pour  y  établir  des  chanoines  réguliers  de  fon 
«  inftitut  :  mais  que  n’ayant  pû  réuflîr  ,  Hugues  évêque  de  Die  ôc  légat  du 
«  faint  fiege  ,  donna  cette  abbaye  aux  religieux  de  faint  Vidor  de  Mar  [cille. 
Ce  qui  convient  très- bien  avec  la  date  {  de  cette  derniere  donation  ,  qui 
fut  faite  à  la  fin  de  la  même  année. 

Guillaume  comte  de  Touloufe  ôc  Raymond  de  faint  Gilles  fon  frere  do¬ 
minèrent  paifiblement  depuis  fur  prefque  toute  la  province  :  époque  remar¬ 
quable  de  l’aggrandiflèment  de  leur  maifon.  Nous  finirons  ce  livre  par 
cette  époque,  après  avoir  ajouté  quelques  remarques  fur  les  moeurs  ôc  le 
gouvernement  des  peuples  du  païs  durant  le  XI.  fiecle. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIV. 


141 


Les  grands  vaiïaux  du  royaume  qui  étoicnr  dcja  parvenus  à  une  autorité  An.  1079. 
prefquc  fouveraine  à  la  fin  du  X.  ficelé»  lorlque  le  roi  Hugues  Capet  monta 
iur  le  thrône  ,  s’y  maintinrent  pendant  tout  le  fiecle  Suivant  ;  &  le  pou-  mcn°&niœuu 
voir  Suprême  qu’ils  s’arrogèrent  contribua  également  au  renverfèment  de  des  peuples  de 
la  discipline  ecclefiaftique ,  &  aux  défordres  de  l’état  :  ce  qui  caufa  un  ^Texw.fa- 
changement  total  dans  le  gouvernement.  La  plupart  d’entr’eux  s’érigèrent  en  de.  Autorité 
tyrans;  &:  ne  rcconnoilîànt  prefquc  d’autres  loix  que  celles  que  leur  ambi- 


tion  &  leur  avance  leur  dictaient ,  ils  n’épargnerent  ni  le  facre  ,  ni  le  pro-  ci«gé. 
phane.  L’églifè  Surtout  Souffrit  beaucoup  de  leurs  vexations;  Sous  prétexte 
de  patronat,  ils  Soumirent  a  les  évèchez,  les  abbayes ,  &  les  autres  benfc- 
fices  ecclefiaftiques  à  leur  domaine  ,  s’emparèrent  de  leurs  biens ,  &  s’étant  jtqq. 
rendu  maîtres  des  élections ,  ils  ne  promurent  aux  principales  dignitez  de  l’égli- 
Se  que  leurs  proches b,  ou  des  perfonnes  riches  dont  ils  exigeoient  des  fom-  t  \>v.  eut* 
mes  confiderables ,  Sans  Se  mettre  en  peine  fi  les  élus  avoient  la  capacité  Sc 
lcsqualitez  requiSes  par  les  canons.Delà  cette  Simonie  prefquc  univerfèlle  qui  n°-  1*4-  &<■ 
fit  tant  de  ravages  en  France  durant  ces  deux  fiecles ,  &  dont  on  rougiffoit 
fi  peu,' que  les  comtes  trafiquoient  publiquement  les  évèchez  &.  les  ab¬ 
bayes  de  leur  domaine  ,  &.  en  difpofoient  par  tcllament  comme  de  leur  patri¬ 
moine.  Ce  défordre  dura  dans  la  province  dedans  lercftedu  royaume  jufqu’au 
pontificat  de  Grégoire  VII.  qui  rétablit  enfin  la  plupart  des  églifes  dans 
leur  ancienne  liberté  en  procurant  celle  des  élections. 

Apres  de  fi  grands  abus,  on  ne  doit  pas  être  Surpris  fi  l’ignorance  &  la 
corruption  des  moeurs  rognèrent  alors  dans  l’un  &c  l’autre  clergé ,  &  fi  les 
ecclefialtiques  devenus  prcSque  entièrement  Séculiers ,  s’occupèrent  moins  à 
remplir  leurs  fondions  ,  qu’à  vivre  dans  le  plaiiîr  ,  le  luxe  Sc  la  débau¬ 
che.  La  régularité  le  confcrva  neanmoins  dans  quelques  monafteres  ,  qui 
étant  immédiatement  fournis  au  Saint  fiege  ,  furent  par  là  à  l’abri  des 
entreprises  des  puilîànces  Séculières  ,  &  Servirent  dans  la  Suite  à  réformer 
les  autres.  Tels  furent  ceux  de  Cluni,  de  Saint  Victor  de  MarSeille,  ôc  de 
Saint  Pons  de  Tomieres,  donc  les  congrégations  s’étendirent  dans  la  pro¬ 
vince  Sous  l’autorite  de  divers  Seigneurs,  qui  plus  religieux  que  les  autres, 
consentirent  à  cette  réforme  ,  Se  démirent  du  droit  de  nommer  les  abbez  , 

&  reftituerent  les  biens  ufurpez. 

D’un  autre  côté  la  plupart  des  chanoines  des  cathédrales,  &  de  plufieurs 
anciennes  abbayes  de  la  province  ,  qui  s’etoient  lecularilcz ,  Se  réformèrent 
vers  le  milieu  du  XI.  fiecle,  &  embraflèrcnt  la  vie  commune  ou  l’inftituc  des 
Chanoines  Réguliers ,  qui  commença  c  alors.  Ces  chanoines  ne  furent  d’abord  c  v-  PaZ‘ 
gouvernez  que  par  des  prévôts,  tant  dans  les  abbayes  ou  ils  furent  niera- 
duits ,  que  dans  les  cathédrales  ;  enforte  que  quand  le  pape  d  Urbain  II.  leur  div./gji. 
donna  en  1093.  l’abbaye  de  Saint  Paul  de  Narbonne,  auparavant  Séculière 
&  gouvernée  par  un  abbé  Séculier  ,  il  marque  exprcflément  dans  Sa  bulle 
que  l’abbé  leur  tiendrait  lieu  de  prévôt.  Ce  ne  fut  en  effet  qu’à  la  fin 
du  XI.  fiecle  c  qu’on  commença  à  voir  des  abbez  parmi  les  Chanoines  *r- Rui”4  vi'- 
Réguliers.  4  *  ^ 

Quelques-unes  de  ces  réformes  ne  durèrent  qu’autant  que  le  voulurent 
permettre  les  Seigneurs  qui  les  avoient  procurées ,  &  qui  après  avoir  rendu 
aux  églifes  leur  ancienne  liberté,  les  tyranniferent  de  nouveau  dans  la  Suite, 

&  s’emparèrent  des  biens  qu’ils  leur  avoient  reftituez.  De  là  vient  que  pour 
affurer  davantage  ces  reftitutions,  ou  les  donations  qu’on  faifoit  aux  égli¬ 
fes,  on  employoic  fi  fréquemment  alors  une  foule  d’imprécations  contre  les 
ufurpateurs.  Enfin  les  Seigneurs  ne  Se  firent  aucun  Scrupule  de  pofleder  les 
dîmes  ,  les  oblations,  ôc  jufqucs  aux  droits  purement  Spirituels  des -Amples 
églifes  ou  paroilîes,  de  les  tranSmectre  à  leurs  defeendans ,  &  de  les  donner 
en  fief  à  des  Séculiers.  Toute  la  dévotion  confilfoit  prefque  dans  ce  tems-  Do*^. 
là  à  entreprendre  des  pèlerinages  dans  les  pais  les  plus  éloignez  ;  les  rois,  gr.mds^vlf-  8 
les  princes ,  les  nobles ,  èc  le  commun  du  peuple,  s’en  faifoientun  devoir  de  ‘?ux-  ,Fkfs  & 

A  titres  de  -figoi- 

religion.  _  _  .  ~  Droits  Ici* 

Tout  le  domaine  direcl  ou  utile  de  la  province  fut  pofledé  durant  le  XI,  gieurwux. 
fiecle  par  les  grands  vaffaux  ou  leurs  feudataires  ;  2c  fi  le  régné  de  nos  rois  raai* 
T  orne  JI.  H  h 


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*4* 


HIS  ToIRE  GENERALE 


An.  1079.  n’étoit  pas  marqué  dans  la  date  des  chartes  ,  à  peine  fçauroic-on  qu'ils  con. 

ferverenr  toujours  leur  fouveraineté  fur  ce  païs.  On  peut  comprendre  de-là 
jufqu’à  quel  point  les  ducs ,  les  comtes ,  6c  les  vicomtes  portèrent  alors  leur 
autorité. 

Nous  mettons  ces  derniers  au  nombre  des  grands  vaflaux ,  qui  dans  ce  fiecle 
mfa.Jtsfitfi,  partagèrent  le  domaine  de  la  province,  malgré  le  fentimcnt  d’un  moderne  », 
qui  prétend  que  dans  le  royaume,  les  vicomtez  ne  furent  miles  au  rangées 
J'iï  fiefs  de  dignité  que  vers  le  milieu  du  XIV.  Il  eft  certain  en  effet  que  dès 
"  le  X.  les  vicomtes  dç  Narbonne,  d’Albi,  Nifmes,  Beziers,  Agde  ,  Poli- 
gnac ,  &c.  jouifloicnt  des  droits  régaliens  dans  leur  domaine ,  ainli  que  les 
comtes ,  quoiqu’ils  fuflent  fubordonnez  à  ces  derniers.  Audi  voyons-nous  que 
les  vicomtes  lont  nommez  immédiatement  apres  les  comtes  dans  plufieurs 
chartes  de  nos  rois ,  6c  dans  diverfes  bulles  des  papes  de  la  fin  duX.  fiecle  2c 
du  commencement  du  XI.  Scque  dans  un  grand  nombre  de  monumens  b  de 
£££.  la  province, -ou  des  pais  voifins,‘les  vicomtes  font  nommez,  ou  fouferivenc 
v.  Marc.Hifp.  d’abord  après  les  comtes  ,  6c  avant  tous  les  autres  feigneurs.  Au  refte  il 
Par°ît  que  la  plupart  des  vicomtes  de  la  province  s’arrogèrent  eux-mêmes 
io4é.<^.  Une  autorité  prefqu’abfolue  dans  leur  domaine  ;  que  les  comtes  ne  le  leur 
lofeoderent  pas  ;  &  que  ceux-ci  tachèrent  feulement  d’établir  leur  fuzerai- 
c v.vr'.p. i gf.  neté  fur  eux,  6c  de  les  rendre  leurs  vaflaux  c. 

Parm^  ies  feigneurs  ,  quelques-uns  fe  d  qualifioient  comtor  *  au  XI.  fiecle. 
pm .  i6oï  Ce  titre,  qui  fubfiftc  encore  aujourd’hui  à  l’égard  de  quelques  fiefs  du 
1096.1x64.  Rouergueôc  du  Gevaudan,  fignifioitun  vaflal  immédiat  du  comte  ,  inferieur 
Cjmitorcs.  au  vicomte  ,  mais  luperieur  a  tous  les  autres  lcigncurs *  eniorte  qu  on  doit 
mettre  le  comtoratau  rang  des  fiefs  de  dignité.  Pour  le  terme  de  baron  ,  on 
,r  ne  le  trouve  employé  dans  aucune  charte  de  la  province  durant  le  XI. 
p\o‘oï  HjF‘  On  le  voit  à  la  vérité  dans  un  titre  e  du  Rouflillon  de  l’an  iozj. 

mais  c’efl:  pour  fignifier  en  general  les  principaux  du  pais  qu’on  appelloit 
»  Boni homl-  aufli  Bons-hommes  *.  Quantaux  Amples  feigneurs ,  on  ne  trouve  pas  que  dans 
tout  ce  fiecle,  ni  dans  le  précédent ,  ils  le  foienr  donnez  dans  la  province 
la  qualité  de  dominus  pour  celle  dç  leigneur  :  on  fe  contentoit  de  les  quali- 
f  P.167.&C.  fier  en  general f  feniorcs ,  qui  lignifie  la  même  chofe  5  2c  ils  ne  prenoient  eux- 
mêmes  communément  que  le  limple  lurnom  du  château  ou  du  fief  dont  ils 
avoient  le  domaine.  Il  faut  en  excepter  les  feigneurs  d’Andufc  2c  de  Sauve 
frpr.^i9«.cÿ  qui  dans  ce  fiecle  fe  qualifioient  g  quelquefois  princes,  marquis,  fatrapes, 
f?ii  fr  p  iL9.  &c.  Les  feigneurs  de  Montpellier  furent  des  premiers  h  qui  prirent  la  qualité 
j«i.  de  dominus ,  ce  qu’ils  firent  à  la  fin  du  même  fiecle. 

On  ne  voit  pas  non  plus  que  les  évêques,  les  abbez  ,  6e  les  communautés 
ecclefiaftiques  ayent  pris  dans  ce  tems-là  le  titre  de  feigneurs  des  lieux  dont 
ils  avoient  le  domaine  j  on  peut  remarquer  feulement  que  les  prélats ,  après 
s’être  enfin  délivrez  fous  le  pontificat  de  Grégoire  VII.  de  l’oppreflion  où 
les  comtes  2c  les  vicomtes  les  tenoient ,  poflederent  depuis  leur  domaine  en 
alleu. 

Les  filles  fuccederent  non  feulement  aux  fiefs  ordinaires  durant  le  XI. 
fiecle  ,  2c  le  fuivant  ,  mais  encore  à  ceux  de  dignité  :  la  province  en  fournie 
divers  exemples ,  entr’autres  ceux  de  Berthe  comtefle  de  Rouergue  2c  maiv 
quife  de  Gochie,  de  Garfinde  de  Beziers,  2c  d’Ermengarde  de  Carcaflonne. 

Les  grands  vaflaux  ufant  alors  d’un  pouvoir  defpotique,  exigèrent  par  la 
force  divers  droits  fur  les  peuples.  Ils  le  maintinrent  dans  l’ufage  de  lever  des 
troupes ,  de  venger  leurs  querelles  par  les  armes ,  de  pourfuivre  leurs  enne¬ 
mis  ,  2c  de  porter  le  fer  2c  le  feu  dans  les  terres  de  leurs  voifins  de  qui  ils 
avoient  reçu  quelque  infulte.  Le  droic  que  s’attribuèrent  les  particuliers 
de  fe  faire  raifon  eux-mêmes  par  des  voyes  de  fait  ,6c  qu’on  appelloit  faide, 
occaûonnaune  infinité  de  guerres  particulières  qui  delolercnttout  le  païs.De- 
iy.Mare.con-  ^  ce  grand  nombre  de  châteaux  6c  dé  forterefles  que  les  feigneurs  conftrui- 
‘"vagjtjYnn.  firent  à  l’envi  dans  leurs  domaines  pour  fe  mettre  à  l’abri  des  entreprifes  les 
10(4.  ».  3.  uns  des  autres  ;  6c  les  fermens  réciproques  qu’ils  fe  firent  de  ne  pasattenter  ni 
iruu».«.é>  ^  jeurs  perfonnes  ^  ni  à  leurs  biens ,  mais  qu’ils  fe  mettoienc  peu  en  peine  d’en- 
c oncii.to.  9.  fraindre  à  la  première  occafion.  Enfin  ces  défordres 1  étoient  montez  à  un  tel 

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DE  LANGUEDOC.  Lxv.  XIV.  a4î 

cxcezun  peu  avant  le  milieu  du  XI. ficelé,  que  le  commerce  étoit  générale¬ 
ment  interrompu ,  &  qu’il  n’y  avoit  plus  de  fureté  pour  les  voyageurs.  La 
grandeur  du  mal  obligea  alors  les  deux  puiflànces  à  fe  réunir  pour  tacher 
d’y  remedier  par  l’éta bliffement  de  la  treve  de  Dieu  dont  on  a  parlé  ail¬ 
leurs,  &  qui  fut  très-mal  obfervée. 

Un  des  principaux  droits  dont  jouirent  les  grands  feigneursde  la  province 
dans  ce  ficelé ,  fut  celui  de  faire  battre  monnoye  5  droit  dont  la  plupart 
jouifloient  déjà  dès  le  précédent.  Pour  commencer  par  les  comtes  deTou- 
loufe  ,  il  eft  fait  mention  de  la  monnoye  de  cette  ville,  8c  des  fols  Touloufains 
en  divers  titres  *  ,  de  même  que  des  fols  de  faint  Gilles.  Le  plus  ancien 
monument  b  que  nous  ayons  où  il  foit  parlé  de  ces  derniers ,  eft  de  l’an  1095. 
ainfi  on  doit  fans  doute  en  rapporter  l'origine  j  au  fameux  Raymond  de  faint 
Gilles  qui  domina'  fur  cette  ville.  Un  célébré  d  critique  attribue  au  même 
Raymond  une  petite  monnoye  d’argent  d’un  pouce  de  diamètre  dont  il  a 
donné  l’empreinte,  fur  laquelle  on  voit  d’un  coté  la  croix  de  Touloufe  avec 
ces  mots  :  R.,  comes  palatii  ,  &  de  l’autre  un  croiflant  furmonté  d’une 
étoile  avec  les  motsfuivans:  dux  Maachio  rv. mais  il  nous  paroît  que  cette 
monnoye  n’eft  pas  de  Raymond  de  faint  Gilles.  Elle  doit  avoir  été  frappée  en 
effet  avant  le  départ  de  ce  prince  pour  la  Terre  fainte  ,  puifqu’il  fe  démit 
alors  de  fes  dignitez  en  faveur  de  Bertrand  fon  fils ,  &  qu’il  ne  revint  plus 
en  Europe  :  or  il  n’y  a  aucune  preuve  c  que  les  comtes  de  Touloufe  ayent 
eu  des  armoiries  8c  la  croix  pour  fymbole  avant  cette  époque.  Cette  monnoye 
eft  donc  vraifcmblablemcnt  de  Raymond  V.  comte  de  Touloufe,  8c  petit-fils 
de  Raymond  de  faint  Gilles. 

Les  comtes  de  Roucrgue,  marquis  de  Gothie,  puînez  des  comtes  de  Tou¬ 
loufe,  avoient (  aufiileur  monnoye  dans  le  XI.  fiecle  *  8c  c’cft  fans  doute  aux 
Raymond  8c  aux  Hugues  comtes  de  Roucrgue  qu’on  doit  attribuer  la  fabri¬ 
cation  des  fols  Raymondcns  &  Hugoncns,  qui  en  ce  fiecle,  8c  dans  le  fuivant, 
avoient  cours  dans  la  province,  8c  dont  il  eft  fait  mention  en  divers  actes  g. 
Comme  ces  princes,  8c  les  comtes  de  Touloufe  leurs  fuccefieurs  polfederent 
le  comté  particulier  de  N af bonne  ,  c’eft  à  eux  peut-être  qu’on  doit  rapporter 
les  fols  &  les  deniers  de  Narbonne  qu’on  voyoic  h  en  1 007.  en  1060.  &  1090. 
ou  bien  conjointement  aux  archevêques  Seaux  vicomtes  de  cette  ville,  qui  en 
partageoient  le  domaine  avec  ces  comtes.  Il  paroît  en  effet  par  divers  actes  •  du 
commencement  du  XII.  fiecle,  que  les  vicomtes  de  Narbonne  avoient  droit  de 
faire  battre  monnoye.  Nous  apprenons  à  peu  près  la  valeur  de  celle  de  Nar¬ 
bonne  d’un  a&e  de  la  fin  du  XI.  fuivant  lequel  k  dix  fols  Narbonnois  fai- 
foient  alors  le  prix  d’une  vache.  Il  eft  dit  de  plus  dans  un  acte1  d’engagement 
faitle9.de  Juin  del’an  1097.  par  Guillaume-Arnaud  de  Béziers,  aux  chanoi¬ 
nes  delà  cathédrale  de  cette  ville,  pour  la  femme  de  800.  fols  Melgoriens,  que 
fi  cette  monnoye  venoit  à  être  affoiblic  ,  les  chanoines  feroient  obligez  à  lui 
rendre  34  fols  par  livre  en  bonne  monnoye  de  Melgueil ,  ou  en  monnoye  de  Bergers  ou 
de  Narbonne  qui  feroit  oclenc  *  ,  ou  enfin  en  argent  fin. 

La  monnoye  de  Melgueil  dont  nous  venons  de  parler ,  étoit  celle  qui  avoit 
le  plus  de  cours  dans  la  province  8c  les  païs  voillns.  On  a  déjà  remarqué 
ailleurs  qu’elle  étoit  ainfi  nommée,  des  comtes  de  Mauguio  ou  de  Melgueil  , 
qui  la  faifoient  fabriquer.  Quant  i  celle  de  Beziers,  il  en  eft  fait  mention 
dans  divers  autres  actes m  du  même  fiecle.  Les  vicomtes  de  cette  ville  avoient 
fans  doute  le  droit  de  la  faire  battre  ,  de  même  que  les  comtes  ou  vicomtes  de 
Carcafionne,  celle  de  cette  dcrnicre  ville,  qui  avoit  cours  n  dès  l’an  1069. 
Enfin  les  évêques  du  Puy  fe  maintinrent  dans  le  même  droit  durant  le 
XI.  fiecle  ,  8c  il  eft  fait  mention  des  fols  du  Puy  dans  des  monumens0  de 
l’an  io76.&del’an  10S7. 

On  diftinguoit  p  en  Languedoc  les  nobles  de 'ceux  qui  ne  l’étoient  pas  dès  le 
commencement  du  XI.  fiecle.  Il  parole  que  par  le  titre  de  nobles  onentendoit 
alors  non-feulement  les  feigneurs  &  ceux  qui  polledoient  des  fiefs,  mais  en¬ 
core  les  gens  1  riches  8c  puifiàns ,  8c  les  principaux  citoyens  des  villes.  On  ap- 
pella  auffi  *  dès-lors  milites ,  ceux  qui  faifoient  profeflion  des  armes,  8c  les 
principaux  vaflaux  des  comtes  ôedes  vicomtes  obligez  par  leurs,  fiefs  au  fervice 
Tome  J I.  H  h  ij 


An. 1079. 


xcvii. 

Monnoye  des 
fcigncuis. 


2Pr.1i6.i69. 
jl  *.]&•&** 
b  p. 

c  Pr.p. $  + 

Aï- 

A  Du  Canpe 
differt.  14.  Jur 
t  in'LdiS.Umi 


c  VJiv.fiiivAnt 

n.  LX1. 


f  Pr.p.  118. 


g  Vr.ibid. 
p.  t9*.  $57* 

hp.i6f.ztf* 

Ba.  HZ.Coneil . 
AW 

i  Catel  mer». 
MX. 

K  BaluzMd. 
1  Car  t  hl .  de  U 
rat  ht  <lrale  de 
Beziers. 


*  Quæ  oflena 
Cflct,  «HU  pliU 
bon j  &  fina.ai 
computum 
libram  pcrfoli* 
dos  54. 


m  Pr.p. 101  » 
31  !•&*• 

d  Prp.167. 

Qp.î-&  9« 

XCVil. 
Noblellc. 
Cac  valcric. 
Ticrs-Hcat. 
Sots. 

p  \  r.  p.  18  J. 
198.  10.iKl» 
(J  Fr.p.  : 08. 
t  Catel  comt. 
p.  U6. 

Pr.p.  ijo. 


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*44 


HISTOIRE  GENERALE 


An.  1079.  militaire.  Il  eft  rare  cependant  de  voir  dans  ce  tems.là  les  feigncurs  du  païs 
fe  donner  eux-mêmes  la  qualité  de  miles  5  qualité  qui  dans  la  fuite  marqua  toû. 
a  kd ttCa«gt  ;ours  |a  noblelîe  ,  parce  que  les  nobles1  eurent  feuls  le  droit  de  faire  la  guerre 
achevai,  &de  s  armer  de  calques  ,  de  cuiralles ,  oc  de  cortes-d  armes  >  (c 
qu’on  ne  qualifioitwi/;Vw  que  ceux  qui  combattoient  à  cheval.  De.là  vient 
qu’on  appclla  toujours  chevaliers  en  langue  vulgaire  ,  ceux  qu’on  nommoic 
milites  en  latin,  fie  qu’à  la  fin  du  même  liecle  ,  pour  défigner  un  homme  de 
*  Ex  equeftri  race  noble,  on  difoic  qu’il  étoit  de  l'ordre  de  chevalerie  *.  On  diftinguoit  auffi 
a^ors  ^es  n°bles  qui  fervoient  dans  une  armée ,  d’avec  ceux  qui  ne  l’étoient 
pas,  en  nommant  b  les  premiers  limplement  milites  ,  6c  les  autres  petites  : 
ceux'c^  combattoient  à  pied  armez  de  Héches.  On  diftingue  enfin  dans  leçon. 
muj.iJ.i'o.  1.”  cile  de  Limogescde  l’an  1031.  les  principaux  feigneurs  ,  qu’on  appelle  les 
CMcti)'  fremiers  princes  ,  ou  les  puijfances  majeures ,  d’avec  les  chevaliers  particuliers ,  on 
S.9os-&jij.  princes  moins  confiderables.  On  entendoit  par  les  premiers,  les  comtes  Scies  au. 

très  grands  vaffaux  qui  pofiedoient  des  fiefs  de  dignité  ,  ou  jouiffoient  des. 
droits  régaliens.  On  trouve  cette  même  diftinefion  dans  les  aftes  du  concile 
übUpiosi.  de  faintGilles,  tenu  d  vers  l’an  1041.  dans  lequel  il  eft  parlé  des  grands  Sc  des 
v.  note  petits  chevaliers:  milites  majores  &  minores . 

Quelque  diftinétion  qu’il  y  eût  en  general  dans  le  XI.  fiecle  entre  les  nobles 
&  ceux  qui  ne  l’étoient  pas ,  on  a  cependant  de  la  peine  à  diftinguer  en  parti, 
culier  les  uns  des  autres  dans  les  ades  Se  les  foulcriptions  de  chartes  où  on 
trouve  leurs  noms  -,  parce  qu’à  la  réferve  des  comtes  ôc  des  vicomtes  ils  n’y 
prennent  ordinairement  aucune  qualité.  Ce  n’eft  donc  que  par  le  rang  qu’ils 
occupent ,  ou  par  quelque  autre  circonftance  qu’on  peut  juger  de  leur  no- 
blefle  :  d’ailleurs  les  noms  propres  dont  l’ufage  avoit  commencé  dans  la  pro¬ 
vince  depuis  quelque  tems ,  n’y  devinrent  un  peu  communs  que  vers  le  milieu 
de  ce  fiecle.  Il  eft  vrai  que  comme  les  gentilshommes  prirent  le  furnom  de 
leurs  terres,  &  de  leurschâteaux ,  il  femble  que  quand  on  trouve  diverfes per¬ 
sonnes  qui  ont  le  même  furnom ,  on  foit  afTùré  par  là  de  leur  defcendance 
commune  :  mais  outre  que  les  noms  propres  ne  furent  pas  d’abord  bien  fixes 
dans  les  familles ,  on  voit  que  les  roturiers  prirent  fouvent  leur  furnom  des 
villes  8c  des  châteaux  où  ils  avoient  pris  naiflànce. 

Onreconnoiffoit  trois  ordres  de  perfonnes  libres  en  Languedoc  dans  le  XI. 
fiecle^  fijavoir  les  ecclefiaftiques,lcs  nobles, fie  les  bourgeois  des  villes  ou  princi- 
e  fr.p.  30g.  paux  habitans  du  pais. Cette  -  diftin&ioneft  expreflement  marquée  dans  les  ades 
&fei-  d’une  affcmbléetenue  àNarbonne  en  1080.  Toutes  les  perfonnes  libres  étaient 
diftinguées  en  general  desfêrfs,  occupez  ordinairement  à  la  culture  des  terres 
ou  aux  fervices  domeftiques.  Lorfque  les  maîtres  donnoient  la  liberté  à  ceux. 
1086.  J  ci ,  c’étoit f  dans  les  églifes  en  prefènee  des  clercs  ou  des  religieux. 
xcviii.  Le  droit  féodal  qui  avoit  commencé  dès  le  X.  fiecle,  prit  de  nouveaux  ac» 
D'oral,  croiflemens  8c  fut  entièrement  établi  dans  le  XI.  Nous  n’entrerons  pas  ici  dans 
hcds  a  o-  jjvers  ufiiges  que  chaque  feigneur  établit  dans  les  terres  qu’il 

donna  en  fief:  nous  nous  contenterons  de  remarquer  que  le  principal  devoir 
de  la  part  des  vaffaux  étoit  la  fidelité  6c  le  fervice  militaire,  êctrés-fouvent 
l’obligation  de  loger  6c  de  défrayer  le  feigneur  fuzerain  avec  un  certain  nombre 
de  gens  de  fa  fuite  ,  ce  qu’on  appella  Alheryses.  Il  s’en  faut  bien  cependant 
que  tous  les  biens  de  la  province  ayent  jamais  étc  tenus  généralement  en  fief. 
Outre  les  feigneurs  qui  ne  reconnoifloient  pas  de  fuzerain  ,  6c  qui  poflèdoient 
leurs  terres  en  alleu, ou  d’autres  biens  allodiaux, nous  voyons  que  les  particuliers 
6c  les  bourgeois  des  villes  continuèrent  depofleder  leurs  domaines  en  alleu  j  ce 
qui  étoft  fondé  fur  le  droit  Romain  obfervé  dans  la  province ,  fuivant  lequel 
toutes  les  terres  font  cenfées  libres ,  à  moins  qu’on  ne  prouve  la  fervitude. 

On  a  diverfes  preuves  que  ce  droit  g  fut  fuivi  en  Languedoc  durant  le  XL 
[erv'ei’^  cn  fiecle,  6c  que  le  codeTheodofien  y  avoit  force  de  loi.  il  eft  fait  mention  de 
la  loi  Romaine  6c  de  la  Salique  dans  un  a<fte  b  qui  eft  du  commencement  du 
même  fiecle  5  ôc  de  ces  deux  loix  ôc  de  la  Gothique  dans  un  autre  >  qui  eft  envi¬ 
ron  de  l’an  1037.  Cette  derniere  étoit  k  donc  encore  alors  en  ufage  dans  le  pais. 
Nous  voyons  en  effet  qu’elle  étoit  cn  vigueur  dans  le  diocèfe  de  Carcaffonne 
l’an  iooz.  Rangardje,  veuve  de  Pierre- Raymond  comte  de  Carcaffonne,  dans 


Biens 

diaux. 


XCIX. 
Dioic  Ro¬ 
main  fcul  ob* 


Languedoc 
g  V.  Aittjer . 
Rer.A<jutt.U^ 

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DE  LANGUEDOC.  L  i  v.  XIV.  z4* 

uftade3  de  l’an  1071,  fait  mention^  fort  dixième ,  qui  étoit  un  droit  b  que  les 
loix  des  Viiigots  donnoienc  aux  veuves  iur  les  biens  de  leurs  maris.  On  ne 
trouve  plus  dans  la  province  aucun  veftige  de  la  loi  Gothique  après  cette  an¬ 
née  ;  8c  il  eft  certain  que  la  loi  Romaine,  qui  y  avoir  été  la  plus  commune,  y 
prévalut  avant  la  fin  du  XI.  fiecle.  C’eft  ainfique  Pierre  comte  de  Subftantion  , 
dans  la  donation  c  qu’il  fit  de  fon  comté  en  108  5.  à  l’églife  Romaine ,  voulut 
que  celui  qui  y  contre  vicndroit  ,  fut  fournis  à  l’amende  ordonnée  far  la  fainte 
loi  Romaine  publiée  far  les  empereurs  T heodofe ,  Arcade  &  Honorius  }  8c  que 
Bertrand  fils  de  Raymond  de  laine  Gilles ,  lorfqu’il  époufa  en  1095.  Helene 
de  Bourgogne ,  lui  fit  une  donation  conformément  À  la  loi  Romaine  qui  étoit  la 
penne.  Le  mélange  des  differens  peuples  qui  habitoient  la  province ,  &  qui 
après  avoir  été  dutinguez  jufques  vers  la  fin  du  X.  fiecle,  n’en  formèrent  plus 
enfin  qu’un  feul  dans  le  fuivant,  contribua  beaucoup  à  y  rendre  la  jurifpru- 
dence  uniforme ,  8c  à  y  faire  prévaloir  la  loi  Romaine  *  enforte  qu’à  la  ré-* 
ferve  des  Juifs ,  dont  le  nombre  étoit  allez  confiderable  dans  la  plupart  des 
villes  du  pais ,  le  relie  des  habitans  ne  forma  plus  qu’un  feul  peuple  8c  une 
même  nation. 

-D’un  autre  côté  comme  les  Vifigots  d’origine,  qui  fe  confondirent  avec  les 
anciens  peuples  d’Elpagne ,  failoient  le  plus  grand  nombre  dans  ce  royaume  , 
la  loi  Viligocique  y  prévalut  fur  la  Romaine.  C’ctoit  8  la  feule  qui  y  fut  en 
vigueur  en  1069.  lorfqu’Alfonfe  roi  de  Callille,  après  avoir  epoufé  Ma¬ 
thilde  fille  de  Guy  Geoffroy  duc  d’Aquitaine  ,  province  où  la  loi  Romaine 
étoit  obfervée  ,  fit  une  tentative  pour  fubllituer  celle-ci  à  l’autre  dans  lès 
états.  Nous  voyons  aulfi  que  Raymond- Berenger  comte  de  Barcelone, dans 
les  fors  ou  ufages  qu’il  établit  dans  fes  états  en  1068.  fuivit  f  la  difpofition 
delà  loi  Vifigo tique ,  à  caufe  que  la  plupart  de  fes  fujets  étoient  Vifigots 
d’origine. 

Les  comtes  &  les  vicomtes  de  la  province  rendirent  fouvent  la  juftice  g  par 
eux-mêmes  dans  ce  fiecle  :  on  vit  même  quelquefois  les  comtelles  8c  les 
vicomteffes  préfider  aux  plaids.  Les  évêques  &  les  abbez  y  affifterent  aulfi,  foit 
en  qualité  d’arbitres ,  foit  comme  feigneurs  temporels.  Les  grands  vaflaux 
commencèrent  cependant  alors  à  fe  repofer  de  l’adminiftration  de  la  jullice 
fur  leurs  officiers  ,  qu’on  appelloit  viguiers  ou  vicaires  ,  parce  qu’ils  ju- 
geoienten  leur  place.  On  trouve  dès  l’an  h  1071.  un  Raymond- Aton  viguier 
de  Touloufe , 8c des  viguiers  de  Bczicrs  8c  de  Carcalïbnne  en  1091.  8c  109a. 
A  la  fin  du  même  fiecle  les  comtes  de  Roulfillon  »  n’avoient  qu’un  feul  juge  pour 
tout  leur  domaine.  Les  comtes  8c  les  vicomtes ,  8c  les  autres  principaux  fei¬ 
gneurs  infeoderent  k  les  vigueries ,  ce  qui  les  rendit  héréditaires. 

La  jurifdidion  temporelle  des  feigneurs  ecclefiaftiques  commença  propre¬ 
ment  en  ce  fiecle.  Comme  les  évêques  avoient  été  en  quelque  maniéré  alfu- 
jettisaux  comtes  &aux  vicomtes ,  depuis  que  ceux-ci  avoient  ufurpé  les  droits 
régaliens  dans  les  diverfes  provinces  du  royaume,  jufques  au  pontificat  du 
pape  Grégoire  VII. ils  ne  fe  furent  pas  plutôt  tirés  de  cette  fujetion,  qu’ils  pré¬ 
tendirent  exercer  une  pleine  jurifdidion  fur  les  valfaux  de  leurs  églifes ,  comme 
ils  l’avoient  déjà  fur  tous  les  clercs  du  dioccfe  *.  Ils  ne  parvinrent  pas  d’a¬ 
bord  à  ce  degré  d’autorité  fans  contradiction  de  la  part  des  princes  8c  des 
feig  neurs  qui  les  avoient  voulu  afiujettir  auparavant  y  mais  ils  le  maintinrent 
enfin  dans  leur  jurifdidion  malgré  tous  lesobftacles  qu’ils  rencontrèrent.  C’eft 
ainfi  que  les  évêques  de  Maguelonne  obligèrent  en  1 090.1  les  feigneurs  deMont- 
pellier  à  les  laifïer  jouir  paifiblement  de  la  juftice  furies  clercs  &  de  leur  jurif. 
didion  temporelle, avec  la  liberté  de  la  faire  exercer  par  leurs  propres  officiers. 
Les  archevêques  de  Narbonne  ,  par  une  tranfadion  m  qu’ils  paflèrent  quel¬ 
ques  années  après  avec  les  vicomtes',  conferverent  de  même  la  juftice  fur  tous 
les  clercs  du  diocèfe ,  8c  fur  tous  les  laïques  qui  demeuroient  dans  l’étendue 
du  domaine  de  l’archevêché. 

Ondiftinguoit  au  XI.  fiecle  “  les  grands  d'avec  les  petits  plaids.  Les  pre¬ 
miers  étoient  fans  doute  ceux  qui  étoient  compofez  de  plufieurs  prélats  , 
comtes , -vicomtes ,  &  feigneurs,  8c  d’un  plus  grand  nombre  de  juges,  tels 
que  ceux  qui  furent  tenus  à  Narbonne  9  en  1033.  8c  en  1080.  enforte  qu’on 


An. 1079. 

a  Pr  M-i. 
b 

/>•  4M* 


c  Pr  p.  jtii 

&fci' 


df.  539. 


cChro»,M*L 

Utu.f.ilCk 


f  Marc.  H  if  pi 

C. 

Jufticc.Jurif^ 
diélioo  tempo** 
relie  des  évo¬ 
ques.  Plaids# 
Aflemblccs. 
Duel» 

gPr.p.ïl9ilU‘ 
xZi.&fa  345. 
&c. 

h  Pr.p.iff, 

i  Marc.  Hifp/ 
p.1119. 

K  Fr. 


*  ViPr.fi 37. 


mp.  384-é* 

lm- 


a  f.  ict. 


o  f. 

‘I  SO  ü.  &ftf. 


I 

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*4  6 


HISTOIRE  GENERALE 


bPr.f.ijf. 

»*M74* 


An.  1079.  Peuc  comparer  ces  derniers  aux  afTemblées  provinc%dcs  qu’on  tenoit  dans  la 
Narbonnoi/èdu  tems  desRomains.Les  principaux  du  pais  s’alTembloient  encore 
/ouvenc  à  l’occafion  désinflations  des  reliques ,  de  la  dédicace  des  églifes, 
&c.  Les  fêigneurs  lêculiers  fe  trouvèrent  aulfi  ordinairement  aux  conciles  de 
la^rovince ,  qui  dans  ce  lîecle  y  furent  allez  fréquens  5  &  ils  concoururent  avec 
les  cvêques  &  les  abbez  aux  divers  reglemens  de  difcipline  &  de  police  qui 
y  furent  d reliez. 

•  profit.  Les  grands  vaûâux,  &  les  autres  /èigneurs a  au  nom  defquels  on  rendoit 
mmc.  afi.  lajuftice,  en  retir  oient  les  profits  &  les  émolumens ,  de  même  que  ceux  des 
/ê/gneurs  ecclefialtiques  qui  avoient  droit  de  la  faire  exercer  dans  l’étendue 
de  leur  domaine.  Il  eft  inutile  que  nous  remarquions  ici  que  le  duel  ou  com¬ 
bat  lingulier  fut  encore  en  ufage  au  XL  lîecle  au  défaut  de  preuves,  &  qu’il 
étoit  autorifé  bpar  les  loix.  Nous  en  avons  rapporté  divers  exemples  pour  la 
province. 

Lingue  Ro-  On  Parloit  en  Languedoc ,  au  moins  depuis  la  fin  du  X.  lîecle  ,  le  même 
«naine  ou  Pro-  langage  qu’on  y  parie  aujourd’hui.  C’eft  ce  qui  paroît  par  divers  termes c  em- 
jySoS,  ployez  dans  les  hommages  &  lêrmens  de  fidelité  :Nous  en  avons  und  du  mi- 
compris'  tous  lieu  du  XI.  lîecle ,  entièrement  en  langage  du  pais.  On  a  de  femblables e  ailes 
je  nom  general  ^'prouvent  que  la  langue  des  peuples-  de  la  Catalogne,  6c  des  autres  pais 
Origine d’Elpagne  fournis  à  la  domination  Françoifc  étoit  la  même.  On  f  l’appel- 
pocuc  ptoi-cd-  J0it  langue  Romaine  vers  la  fin  du  même  lîecle ,  de  même  que  celle  qu’on 
^cPr-p. r,o.&  Parl°J't  5ans  les  autres  provinces  de  France,  pour  la  diftinguer  de  la  Latine 
ofj.  14)- &  donc  on  fe  fervoic  dans  les  actes  publics,  mais  qui  ctoit  fort  éloignée  de  fa 
Purec^-  G’eft  de  là  i-  que  vient  le  nom  de  Romans  qu’on  a  donné  aux  hifkoires 
cMan.  H'jpp-  rabuleufes,  foitenprofe,  loiten  vers  depuis  le  X.  lîecle,  parce  que  ces  ouvra- 
io-, 7  loif.mu  gCS  furcnc  écrits  en  langue  Romaine  ou  vulgaire.  Cette  langue  étoit  donc 
pj ?î“i0Cr  commune  à  tous  les  peuples  de  France  au  XI.  lîecle j  mais  il  eft  certain  qu’il 
fcuiicmt.  y  euc  de  la  différence  dans  le  luivant ,  entre  le  langage  vulgaire  qu’on  par. 
*  *Aluftr .Rer.  loitdans  les  provinces  méridionales  du  royaume,  &  qu’on  appella  langue  Pro- 
j/juii.  1. 10.  c.  ventile ,  &  celui  donc  on  fe  fervoic  dans  les  pais  fituezà  la  droite  de  la  Loire, 
liV tout  ni-  &9u’on  nomma  langue  Françoife.  »  Le  langage  Romain,  dit  un  célébré  au- 
gint  lin  Km.  >}  teur*  ,  fuc  appelle  la  langue  Provençale  ,  non-lèulement  parce  qu’il  reçut 
fdSi7^,n’  ” /no,ns  d’alceracion  dans  la  Provence  que  dans  les  autres  cantons  delà  Fran- 
htour iiij.  »ce,  mais  encore  parce  que  les  Provençaux  s’en  fervoient  ordinairement 
■  „dans  leurs  comportions  ,  ou  même  parce  que  la  Provence  étant  toujours 
»  regardée  comme  la  province  de  s  Romains,  on  ne  faifoic  point  de  diftinction 
»  entre  le  langage  Provençal ,  &  le  Romain. 

Nous  examinerons  bicncôc  fi  c’eft  la  Provence  proprement  dite  ,  qui  a 
donné  feule  fon  nom  à  ce  qu’on  appelloit  langue  Provençale  :  mais  il  paroît 
toujours  par  ce  témoignage,  &  par  divers  monumens  ,  que  la  langue  qu’on 
parloit  avant  le  XII.  lîecle  dans  le  Languedoc  Sx  la  Provence,  &  qu’on  appel- 
îoit  langue  Romaine ,  eft  la  même  que  celle  qu’on  parle  encore  aujourd’hui 
dans  ces  provinces  ,  &  qui  a  moins  reçu  d’alteration  que  dans  les  autres  cantons  de 
la  France  :  par  conféquenc  le  Provençal  eft  plus  ancien*  que  le  François,  & 
celui-ci  n’a  été  formé  qu’après  le  XI.  lîecle. 

Quant  au  nom  de  Provençale ,  qu’on  donna  à  la  langue  dont  on  fe  fer¬ 
voic  dans  les  provinces  méridionales  de  France,  apres  que  les  peuples  des  païs 
feptencrionaux  eurent  adopté  un  idiome  different  ,  il  eft  certain  qu’elle  ne 
fut  pas  ainfi  nommée  parce  qu’elle  fuc  d’abord  particulière  aux  peuples  de 
la  Provence  proprement  dite  ,  mais  à  caulè  qu’on  comprenoit  alors  fous  le 
nom  de  Provençaux  k,  tous  les  peuples  delà  partie  méridionale  de  la  Fran¬ 
ce.  Les  divers  auteurs  qui  ont  écrit  à  la  Un  du  XI.  lîecle  l’hiftoire  de  la  pre¬ 
mière  croifade  nous  en  fournilfent  des  preuves.  On  nommoit  Provençaux ,  dit  un 
de  ces  hifloriens1 ,  les  peuples  de  Bourgogne ,  d’ Auvergne  ,  de  G  af cogne  ,  de  Go- 
thie  dr  de  Provence  }  les  autres  s'appelaient  François ,  mais  les  ennemis  donnoient 
m  R‘t-  hp.  le  nom  de  Francs  aux  uns  dr  aux  autres.  Les  Aquitains  m  écoient  aulfi  compris 
/.  7. t-  fous  ]e  nom  je  Provençaux.  Suivant  le  témoignage  d’un  autre  auteur  n  du  tems, 
a  Gfft-  la  différence  qu’on  mettait  entre  les  peuples  qui  habitoient  le  nord  de  la 
France,  &  qu’on  appelloit  François  %  Sx  ceux  des  provinces  méridionales  qu’on 


iV.Cfifen.  erig. 
dts  jeux  fior . 
f  AO.  O' Je q.  & 
to.  1  Je  cette 
bt[l.p.  s ii.  & 
J*4- 


X  Ca  'en  ibid \ 
V.  Valef. 
notit .  G  ail,  p* 
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ÏReym.Uedgrl. 
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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XIV* 


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c  V.ibid  l.U 

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fioninioic  Provençaux ,  croit  fondée  liir  celle  de  leur  langage:  Enfin  une  preuve  An. 1079 
certaine  qu’on  defignoit  encore  au  XII.  fieele  ,  &dans  une  partie  du  Vivant, 
fous  le  nom  general  de  Provençaux  ,  cous  les  peuples  des  provinces  méri¬ 
dionales  du  royaume  ,  c’eft  le  titre  de  poëtes  Provençaux  qu’on  donnoit  alors 
à  tous  ceux  qui  le  mêloient  de  compolcr  des  chanlons  &  autres  poëmes  en 
langue  vulgaire  -,  car  ce  nom  fut  commun  non-Ièulemenc  aux  poëtes  natifs  ou 
habitans  de  la  Provence  proprement  dite  ,  mais  encore  du  Languedoc,  du 
Dauphiné  ,  de  l’Aquitaine  ,  &c.  11  elt  certain  enfin  que  dans  ces  fiecles  la 

poëfie  provençale  fut  plus  cultivée  a  dans  ces  provinces  ,  que  dans  la  Pro-  *v.c*nimtm. 
vence  propre,  comme  il  eft  aifé  de  s’en  convaincre  fur  l’autorite  de  deux  anciens  f'c^enJnf.des 
manulcrits  k  de  la  bibliothèque  du  Roi  qui  contiennent  la  vie  &  les  ouvrages  z'**  /*-•  /• 
de  ces  poëtes.  De  cenudix  d’entr’eux  ou  environ  ,  dont  il  eft  parlé  dans 
ce  recueil ,  à  peine  en  trouve-t-on  huit  à  dix  natifs  de  la  Provence  proprement  7«,*. 
dite,  tandis  qu’on  en  compte  deux  ou  trois  fois  autant  du  Languedoc. 

Le  plus  ancien  des  Poëtes  provençaux,  dont  il  foit  fait  mention  dans  ce 
recueil,  eft  Guillaume  IX.  comte  de  Poitiers  &  duc  d’Aquitaine  né  en  1071. 

&  mort  en  1116.  Il  y  eft  qualifié  Bon  Troubadour  ,8c  on  y  rapporte  de  lui  une 
chanfon  écrite  en  langage  Provençal.  On  trouve  encore  ailleurs  c  quelques 
autres  pièces  de  ce  prince  dans  la  même  langue  *  ce  qui  nous  fait  connoître  cAAlJ‘/e['*"'c 
fon  talent  pour  la  poëfie.  «Comme  il  étoit  fort  gai  &fort  jovial,  dit  un  «  Aqu"'  ta'e> 
ancien  hiftorien  d  ,  îlchanta après  fon  retour  de  la  Terre-fainte  les  malheurs  « 
qui  lui  étoient  arrivez  durant  ce  voyage, 8c  il  fit  des  vers  rimezjur  ce  fujet.Guil-« 
laume  revint  de  ce  pèlerinage  en  1102.  ainfi  c’cft  au  plus  tard  au  XI.  fieele* 
qu’on  doit  rapporter  l’origine  de  la  poëfie  Provençale,  ainfi  nommée,  non 
de  ce  qu’elle  a  cté  inventée  8c  mi  le  en  ufage  parles  leuls  Provençaux  propre¬ 
ment  dits  -,  mais  par  tous  ceux  qu’on  appclloit  alors  de  ce  nom ,  8c  qui  par¬ 
vient  la  même  langue  ,  c’cft-à-dire  par  les  peuples  de  Languedoc,  Auvergne  , 

Guienne ,  Gafcogne ,  &c. 

Un  illuftre  François  {  fait  remonter  l’origine  de  cette  poëfie  jufques  vers  la 
fin  du  X. fieele  ,  contre  le  fentiment  d’un  célébré  Italien  g,  qui  prétend  au 
contraire  que  Guillaume  IX.  duc  d’Aquitaine  eft  le  premier  vcrfificateur  W.de' u  vol- 
en  langue  Provençale  ,  8c  que  ce  prince  a  donné  l’origine  à  la  poëfie  vul-  \ 
gaire.  Il  faut  avouer  que  nous  n’en  connoilfons  pas  de  plus  ancien.  Quoi 
qu’il  en  foit,  ces  deux  fameux  auteurs  conviennent  *>  que  la  poëfie  Provcn-  £ 
çalea  donne  lanaifiance  à  laFrançoilè  8c  à  l’Italienne.  On  ne  fçauroit  donc  1  Crejcimbini 
gueres  faire  remonter  au  défiais  du  XII.  fieele  les  anciens  romans  que  nous  ib,i' 
avons  en  vers  François. 

Le  nom  de  Provençaux  donné  dès  la  fin  du  XI.  fieele  &  dans  le  XII.  aux 
peuples  des  provinces  méridionales  de  France,  de  même  que  leur  langage, 
tirent  leur  origine  ,  à  ce  qu’il  nousparoît,  du  fameux  Raymond  de  faint  Gil¬ 
les  qui  dominoit  fur  une  grande  partie  de  la  Provence,  de  même  que  fur  le 
Languedoc ,  &  fur  divers  pais  de  l’Aquitaine  5  car  comme  il  eft  certain  que 
les  auteurs  du  tems  ont  fouvent  voulu  défigner  l'étendue  de  fa  domination, 
en  la  qualifiant  fimplement  comte  Provincial  ou  Provençal ,  ou  bien  comte  de 
Provence 5  ils  ‘auront  voulu  aulli  défigner  tous  fes fujets  fous  le  nom  de  Pro-  i  v.  sofi 
vençaux.  Ce  n’eft  en  effet  que  depuis  ce  prince  qu’on  a  donné  ce  dernier  nom  XLfr- 
en  general  aux  peuples  du  voifinage  de  la  Provence  proprement  dite ,  8c  c’eft 
fans  doute  pour  la  même  raifon  qu’on  a  appellé  depuis  langue  Provençale  le 
langage  de  tous  ces  peuples. 

On  prétend  k  que  depuis  le  tems  du  même  prince,  laGothieou  Septimanie 
porta  communément  le  nom  de  province  de  faint  Gilles ,  8c  que  cette  déno¬ 
mination  dura  pendant  tout  le  XII.  fieele.  Il  eft  vrai  que  quelques  auteurs 
qui  ont  vécu  dans  ce  fieele  ont  donné  le  nom  de  province  de  faint  Gil¬ 
les  à  la  Narbonnoife  I.  mais  ce  font  des  étrangers  qui  ne  font  d’aucune  au¬ 
torité,  8c  qui  voyant  que  les  comtes  de  Touloufe  prenoient  aflez  fouvent  le 
titre  de  comte  de  faint  Gilles  tout  feul,  ont  crû  fauflement  que  cette  dernieré 
ville  étoit  la  capitale  de  leur  domaine ,  8C  qu’elle  donnoit  fon  nom  à  toute  la 
province  :  /nais  nous  n’avons  pas  un  feul  monument  domeftique  qui  prouve 
qu’on  ait  jamais  donné  à  la  Septimanie  ou  au  Languedoc  le  nom  de  province 
de  faint  Gilles. 


f  Huet  ibid.fi 
>5  9-&  104. 
g  Crefcimberr. 


k  lbidi 


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t4s  HIST.  GEN.  DE  L A NGUE DOC.  Li v.  XIV. 


c.  il. 


c  Pr.p.  Ijc.jîf, 
tK 


A y.io-jc).  Unancien  hiftoricn  , 3  qui  vers  la  fin  duXl.  ficelé  décrit  les  mœurs  des  Pro- 
,.cu\  vantaux  ,  c’eft-à.  dire  des  lujets  de  Raymond  de  faint  Gilles,  reprefente  ces 
d„l^  peuples  moins  belliqueux  que  les  François,  mais  plus  laborieux  &:  plus  œco- 
i'ous.mdiircs.  nomes.  Il  ajoute  qu’ils  négligeoient  l’ornement  extérieur  du  corps  5  &  pre. 
e:.uTuncrti  JJ0;enc  un  f0jn  particulier  de  leurs  chevaux  de  leurs  équipages. 

Lufiige  étoit  déjà  reçu  en  Languedoc  avant  la  fin  du  XI.  fieclede  ne  com¬ 
mencer  l’année  qu’à  Piques:  mais  cet  ufage  n’étoit  pas  fi  general  qu’on  ne 
trouve  plufieurs  exemples  du  contraire  ;  enforte  qu’on  compta  indifférem¬ 
ment  le  commencement  de  l’année  pendant  tout  ce  ficelé  &  le  fui  vaut,  ou 
depuis  la  nativité  de  J.  C,  &  le  premier  de  Janvier ,  ou  depuis  l’Incarnation  Sc 
le  jour  de  Piques.  On  fera  peut-être  furpris  de  la  diverfité  de  cet  ufage  du¬ 
rant  un  fi  long  intervalle  :  mais  outre  les  preuves  inconteftablcs  que  nous 
en  avons  dans  les  chartes  du  pais  ,  &  que  nous  ne  manquons  pas  de  faire 
oblêrver  dans  l’occafion  ,  on  voit  par  le  témoignage  d’un  hiftoricn  >>  qui 
vivoit  vers  la  fin  du  XII.  ficelé  ,  qu’il  y  avoit  alors  une  grande  variété  pour 
marquer  le  commencement  de  Z’ année  ,  qu'il  n’y  avoit  rien  de  JLiblc  là-dcffus , 
&  quun  chacun  le  comptait  comme  il  le  juyeoit  à  propos  ,  foit  depuis  la 
Nativité  t  foit  depuis  Pâques.  De  là  vient  que  les  Hiftoricns  ôc  les  Au¬ 
teurs  des  chroniques  ,  qui  ont  écrit  dans  ces  ficelés  ,  ne  (ont  pas  unifor¬ 
mes  pour  la  chronologie  j  que  les  uns  fuivent  la  première  maniéré  de  coml 
prer,  ôc  les  autres  la  leçon  de.  Il  faut  convenir  cependant  que  l’ufage  de  corn, 
menccr  l’année  à  l’Incarnation  ou  à  la  fête  de  Piques  devint  peu  à  peu  plus 
commun  5  &  qu’enfin  il  étoit  generalement  obfervé  dans  la  province  au  XIII. 
ficclc.  On  y  con  1er  voir  encore  dans  le  Xl.celui  de  dater  quelquefois  les  chartes 
de  l’ére  E/jiagnole. 

Les  diver/es  villes  de  la  province  avoient  c  différons  poids  &  differentes 
me/uresdans  ccfiecle&au  commencement  dufuivant  -,  on  peut  rapporter  l’ori¬ 
gine  de  cette  variété  aux  diverfes  dominations  qui  s’établirent  dans  le  royau. 
me  à  la  fin  de  la  leconderace. 


b  G:rvas. 
J)orol/ern. 
Coron,  al  an. 
1 170. 


HISTOIRE 


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HISTOIRE 


GENERALE 

D  E 

LANGUEDOC 

UitmstiüUtiiiMtitttittitittiStttititiitttmtttiMSmsttminitiittiiiitttttititmt 


LIVRE  QUINZIÈME. 


io79. 
I. 


«lu 


L  paroîc  que  Guillaume  IV.  comte  de  Touloufe ,  & 

Raymond  de  faint  Gilles  fon  frere,  partagèrent  en- 
tr’eux  les  domaines  de  leur  maifon  ,  après  être  enfin  Etendue 
parvenus  vers  Lan  1079.  à  la  jouiflànce  paifible  de  ^JiihumeiV. 
tous  les  pais  qui  avoient  appartenu  à  la  branche  de  comte  c'e  Tou* 
Rouergue.  Nous  voyons  en  efïct  par  diverfes  chartes1 
pofterieures  àcette  année  ,  que  le  premier  fe  qualifie  fjmGiV-Aoa 
comte  &  duc  du  T ouloufaïn ,  de  1‘ Albigeois  ,  dit  Qu erc /,  frcrc'  ,s 
du  Lodevois ,  du  Périgord  ,  du  Carcajfez^,  de  L' Aymois  ^  fa,  r'^'ÎC4' 

_  .  -  '  &  de  l’ A  fi  ara  c  ■,  8c  l’autre  b  comte  de  Rouerytc ,  de 

G  ev  a  u  dan  ,  de  Ni  fine  s  ,  d’Aude,  de  Beÿers ,  de  Narbonne  ,  &  d’un  feptiéme 
pais  dont  le  nom  effc  à  moitié  effacé  dans  la  charte ,  mais  qui  paroît  être 
celui  d’Ufez.  Ainfi  tous  les  domaines  qu’Eudes  comte  de  Touloufe  leur  qua¬ 
trième  ayeul  avoir  poffedez,  &.  dont  une  partie  avoir  été  donnée  en  par- 
tage  à  Ermengaud  comte  de  Rouergue  fon  fils  puîné  ,  furent  réunis  dans 
la  branche  de  ces  princes  ,  qui  defeendoient  de  Raymond  II.  frere  aîné  du 
même  Ermengaud. 

T  ome  II.  I  i 


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a  V 

XLl. 


_ 150  HISTOIRE  GENERALE, 

An. 1079  Outre  les  eomtez  dont  nous  venons  de  parler,  Raymond  poflèdoit  de  fbn 
chef  le  comte  ou  marquifat  de  Provence,  qui  lui  étoitéchû,  comme  il  y  a 
no  tu  lieu  a  de  le  croire,  par  l’on  mariage  avec  la  fille  unique  &  heritiere  du  comte 
Bertrand  fon  oncle  paternel.  Quant  au  comté  de  faine  Gilles  qu’il  avoir 
aulfi ,  gc  qu’il  ne  nomme  pas  dans  cet  ade  ,  il  le  comprenoit  fans  doute  dans  ce¬ 
lui  de  Nilrnes  dont  il  avoir  été  feparé  ,  6c  qu’il  avoit  réuni  à  fon  domaine.  C’eft 
ainfi  qu’il  renfermoit  la  qualité  de  marquis  de  Gothie  fous  celle  de  comte  de 
Roueryic , qu’il  prit  fort  fouvent  toute  feule  depuis  qu’il  eut  recueilli  la  fuccelfion 
de  la  comtefTe  Berthe  fa  coufine. 

Ce  détail  nous  fait  voir  que  la  plus  grande  partie  du  domaine  utile  du  mar¬ 
quifat  de  Gothie  étoit  échu  à  Raymond  de  S.Gilles ,  6c  que  de  tous  lescom. 
tez  particuliers  qui  le  compofoient  il  n’y  eut  que  celui  de  Lodeve  qui  fut 
fous  la  domination  immédiate  de  Guillaume  IV.  comte  de  Touloufe.  Ce  der¬ 
nier  prince  fe  réferva  cependant ,  à  ce  qu’il  paroît ,  l’autorité  médiate  6c 
fuzeraine  fur  la  Gothie  pour  en  jouir  par  indivis  avec  Raymond  fon  frere. 

Guillaume  n’a  voit  aulfi  qu’une  autorité  médiate  fur  quelques  pais  dont 
il  prenoit  le  titre  de  comte  *  6c  à  proprement  parler ,  il  ne  dominoit  immédia¬ 
tement  ,  que  fur  le  Touloufain ,  l’Albigeois,  le  Querci,  6c  le  diocèfe  de  Lodeve. 
Il  avoir  feulement  la  fuzeraineté  en  qualité  de  marquis  de  Touloufe  fur  le 
comté  de  CarcalTonne ,  poflèdé  alors  par  le  comte  de  Barcelone.  Quant  au 
Périgord  ,à  l’Agenois,  6c  à  l’Aflarac  dont  il  fe  qualifie  comte ,  il  faut  ou  que 
les  comtes  particuliers  de  ces  pais  i’eulTent  reconnu  pour  leur  fuzerain ,  ou  ,  ce 
qûi  paroît  plus  vraifcmbiable ,  qu’il  ait  prétendu  exercer  une  autorité  fupc- 
rieure  fur  ces  eomtez  en  qualité  du  fucceffeur  de  Raymond-Pons  comte  de 
Touloufe  6c  dwc  d’Aquitaine  fon  bifayeul.  Nous  voyons  en  effet  que  Guii- 
b  Pr.p.) 04.  laume ,  dans  plufieurs  actes  b,  prit  le  titre  de  duc  ,  non  pas  de  Narbonne, 
comme  un  moderne  c  l’a  avancé  ,  mais  du  Touloufain  ,  de  l’Albigeois,  du 
F.dtFr.to.i.  Querci,  6c  de  divers  autres  païs  qui  avoient  fait  partie  de  rAquitaane.il  efl  donc 
f  .6ï4.  allez  natUTei  Je  croire  qu’en  fe  donnant  la  qualité  de  duc  ,  Guillaume  aura 
voulu  faire  revivre  en  fa  perfonne ,  non-feulement  le  droit  des  anciens  comtes 
pr*  ^  de  Touloufe  fes  prédecefleurs ,  qui  d  avoient  pris  la  même  qualité  à  caufe 
&  note  qu’ils  avoient  une  autorité  fuzeraine  fur  une  grande  partie  de  l’Aquitaine, 
Lxxxm.  mais  encore  le  droit  particulier  qu’il  droit  de  Raymond-Pons  fon  bilàyeul. 

Celui-ci  en  avoir  pofledé  en  effet  le  duché,  dow  le  roi  Louis  d’Outremer  avoit 
difpofé  après  fa  mort ,  au  préjudice  de  fès  defeendans  „  -en  faveur  des  comtes 
de  Poitiers. 

Quoi  qu’il  en  foit,  on  voit  par  l’énumeration  despaïs  6c  des  diocèfêsdonc 
Guillaume  comte  de  Touloufe  6c  Raymond  de  faint  Gilles  fes  freres  fè  qua- 
lifioient  comtes ,  que  prefque  tout  le  Languedoc  étoit  fujet  à  leur  domination 
médiate  ou  immédiate  3  *enforte  que  le  premier  occupoit  la  partie  occidentale, 
6c  l’autre  la  partie  orientale  >de  cette  province ,  6c  qu’il  .ne  relie  que  les  eomtez 
d’Ufez,  Viviers ,  Maguelonne ,  Vêlai,  Rafez,  6c  Fenouilledes ,  quipuiflènt 
fouffrir  de  la  difficulté,  fur  quoi  nous  ferons  quelques  réflexions.  i“.  Ou¬ 
tre  qu’il  paroît  certain  que  l’Uzege  eft  le  fèptiéme  païs  dont  Raymond 
prend  le  titre  de  comte  dans  l’ade  dont  on  a  déjà  parlé,  on  ne  fçauroit 
■tTr.p.w-  douter  d’ailleurs  qu’il  ne  dominât  fur  ce  diocèfe  ‘-en  1005.6c  1096.  x°.Ileft 
3V’pr  p  33*  également  certain  qu’il  étoit  feigneur  du  Vivarais ,  puifque  Bertrand  f  fon  fils 
aifignaen  1 09  5.  la  ville,  le  comté  6c l’évêché  de  Viviers,  pour  le  douaire  d’E- 
g  v.  notes  lede  fon  époufe.  30.  On  a  remarqué  gailleurs  que  Guillaume  Taillefer comte 
xvi.&  xvji.  de  Touloufe  fe  réferva  la  fuzeraineté  fur  les  eomtez  d’Auvergne  6c  de  Vêlai, 
en  les  donnant  en  fief  aux  vicomtes  de  Clermont  3  on  ne  fçauroit  du  moins 
h  Pr.p.i4}-&  douter  que  Raymond  de  faint  Gilles  fon  petit-fils  n’ait  dominé1»  fur  le  Vêlai., 
^'note  ibu  4°- Le  même  Raymond  prit  ‘  la  protedion  de  Guillaume  V.  feigneur  de 
i  Montpellier  ,  qui,  à  ce  qu’il  paroît  k  ,  le  reconnut  pour  fon  fuzerain.  Il  do- 

%  p.i 3».  minoit  donc  médiatement  fur  le  comté  de  Maguelonne  ou  de  Subflantion,où 
iv.n.t.L.x.  la  feigneurie  de  Montpellier  étoit  fituée.  5°.  Le  Rafez  ctoit  certainement  1 
V-107-  une  ancienne  dépendance  du  marquifat  de  Touloufe  ,de  meme  que  le  Car- 
caflez  :  or  on  a  déjà  vu  que  Guillaume  IV.  comte  de  Touloufe  jouifloit  de  la 
fuzeraineté  fur  ce  dernier  pais, avec  lequel  le  Rafez  étoit  alors  uni.  H  avoit  donc 


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D  E  X  A  N  G  U  E  D  O  C.  Liv.  X  V.  .  ijt  _ 

également  droit  de  la  prétendre  fur  celui-ci,  8c  il  aura  compris  ces  deux  païs  An. 1079 
fous  le  feul  titre  de  comte  de  Carcaflonne.  6  Y.  Nous  n’avons  aucune  preuve 
particulière  que  les  comtes  de  Touloufè  ayent  eu  la  fuzeraineté  fur  le  païs 
ou  comté  de  FenouiiIed.es  Sc  fur  le  RoufîiÜon  ,  qui  faifoient  parcie  derancjen 
nurquifat  de  Gothie.  Comme  ces  comtez  appartenoient  alors  à  la  maifon  de 
Barcelone ,  &  que  cette  maifon  alloit  de  pair  pour  l’autorité  avec  celle  des 
comtes  de  Touloufè  ,  ce  fut  peut-être  la  raifon  pour  laquelle  Guillaume  ne 
fit  pas  valoir  fes  droits  de  lùzeraineté  fur  ces  deux  païs. 

Pour  achever  de  donner  ici  une  idée  du  gouvernement  de  la  province  en  Prjn. Vjije 
1079.  nous  ferons  une  énumération  des  principaux  fèigneurs  qui  après  le  gneurs  de  la 
comte  de  Touloufè,  Sc  Raymond  de  faint  Gilles fon  frere,  en partageoienc  I,roYlncc- 
alors  le  domaine.  Les  comtez  de  Carcalfonne  Sc  de  Rafèz  appartenoient  à 
Raymond  &  à  Berenger  comtes  de  Barcelone ,  leurs  freres  utérins  ,  qui  poflè- 
doient  aufli  le  Lauragais  ,  avec  divers  autres  domaines  qu’ils  avoient  ac¬ 
quis  de  la  branche  aînée  des  comtes  de  Carcalldnnc.  Bernard  comte  de  Bezalu 
pofledoit  le  comté  de  Fenouilledes  3  &  le  comte  de  Cerdagnc  fon  coqfîn  le 
Capcir,  le  Donazan,  Sc  une  partie  du  Rafez.  Le  comte  de  Subftantion  ou 
de  Maugio,  qui  étendoit  fon  autorité  fur  le  diocèfè  deMaguelonne,  s’appelloic 
Pierre ,  Sc  avoit  époufe  la  fœur  du  comte  de  Touloufè.  Le  comté  particulier 
du  Vêlai  étoit ,  à  ce  qu’il  paroît ,  dans  Iarfiaifon  des  comtes  d’Auvergne.  En¬ 
fin  Roger  II. comte  de  Foix  occupoit  une  partie  du  Touloulain  /bus  la  iüzerai- 
neté  des  comtes  de  Touloufè.  Nous  ne  parlons  pas  des  comtes  de  Vienne  & 
de  Valence  qui  écendoient  leur  domination  fur  cette  partie  du  Vi  va  rais  qui 
dépendencore  aujourd’hui  des  diocèfes  de  ces  deux  villes,  non  plus  que  des 
comtes  de  Comminges.  Après  ces  comtes  il  y  avoir  plufieurs  vicomtes  dans 
la  province,  parmi  lefquels  Bernard- Aton  étoit  celui  dont  le  domaine  étoit 
le  plus  étendu  :  il  pofledoit  en  effet  les  vicomtez  d’Albi,  deNifines,  Beziers, 

Agde,  Carcalfonne  8c  Rafez,  fous  i’adminiflration  d’Ermengarde  fà  niere. 

Berenger  II.  vicomte  de  Milhaud  8c  de  Carlad  ,  jouilloit  des  vicomtez  de 
Gevaudan  &deLodeve.  Venoient  enfuitc  les  vicomtes  de  Touloufè,  Nar¬ 
bonne,  Polignac,  Lautrec,  Fenouilledes,  Minervois,  Gimocz,  Sec.  Parmi 
les  fimples  feigneurs  les  plus  distinguez  étoient  ceux  de  Montpellier,  Ufe z, 

Andufe  ,  Sauve,  Lille-Jourdain,  Pierre-pertufc, Termes,  Sec.  Enfin  les  évê¬ 
ques  Seabbez,  Scies  autres  feigncursecclefiafliquesavoienc  chacun  un  domaine 
particulier  plus  ou  moins  étendu  :  quelques-uns,  entr’autres  l’archevêque  de 
Narbonne,  poflèdoient  en  tout  ou  en  partie  celui  de  leur  ville  cpifcopale. 

Peut-être  que  la  qualité  de  duc  que  prit  Guillaume  comte  de  Touloufè,  cuml'eau' 
occafionna  quelque  différend  entre  lui  Sc  Gui-Geoffroy,  dit  Guillaume  VIII.  Guillaume iv. 
comte  de  Poitiers  Sc  duc  d’Aquitaine,  Sc  que  la  guerre  qui  s’éleva  entr’euxen  fomtcdcTou. 
tut  une  fuite.  Nous  Iqavons  du  moins  quele  premier  1  porta  les  armes  jufqu  a  Geoffroy  dut 
Bourdeaux  ,  qu’il  attaqua  l’autre  Sc  lui  tua  cent  chevaliers  des  plus  diflinguez  d'Mulu'uc- 
de  fon  armée.  L’hiftorien  qui  rapporte  ce  fait  ajoute  que  le  comte  de  Touloufè  ptCJ  Toulon 
attaqua  celui  de  Poitiers  par  trahifon ,  Sc  que  ce  dernier  en  fut  fî  irrité,  qu’il  vint  te. 
jufqu’à  Touloufè  à  la  tête  de  tous  fes  vaflàux  pour  en  tirer  vengeance  ;  qu’il 
ravagea  les  environs  de  cette  ville  ;  qu’il  la  prit ,  Sc  qu’il  la  rendic  bientôt  ' 
après.  Cet  auteur  ne  marque  pas  l’époque  Sc  les  autres  circonflances  de  cet 
événement  dont  il  parle  fous  l’an  1059.  ce  qui  a  donné  lieu  fans  doute  à 
quelques  modernes  b  d’avancer  que  Gui-Geoffroy  netoit  encore  que  comte  b  */*!*»>• 

de  Bourdeaux  dans  le  tems  de  cette  expédition ,  Sc  qu’ainfî  elle  efl  ante-  jt, 

heure  à  l’ân  10  j8.  mais  ils  n’ont  pas  pris  garde  que  l’ancien  hiftoricn  fait  en-  fr.to.  1. 

tendre  qu’elle  arriva  long-tcms  après  l’an  1059.  puifquïl  donne  le  titre  de 
à  Gui-Geoffroy, 8c  celui  de  comte  de  Touloufè  à  Guillaume. Cet  événement  efl 
dônepofterieur  à  l’an  1 06 1.  que  celui-ci  fucceda  à  Pons  fonpere  dans  le  comté  1  v. 
de  Touloufè.  «.SStou- 

La  fuzeraineté  du  même  Guillaume  fur  le  Périgord  ,  l’Agenois  Sc  l’Afla -  toute  fait  un 
rac  eft  marquée  exprelTcment  dans  une  charte  qu'il  donna  c  en  faveur  de 
l’abbaye  de  faint  Pons  de  Tomieres ,  Sc  dans  laquelle  il  fè  qualifie  par  la  grâce  reiêdéLtiut' 
de  Dieu  duc  &  comte  de  Touloufè ,  Albi ,  Cahors ,  Lodeve  &  Carcaffonne.  Ce  prince  f'J[pbbve  de 
quirevenoit  alors  de  Rome  où  il  avoit  fait  un  voyage,  ayant  logé  en  pafünt  T/v.^jo*. 

Tome  II.  li  ij 


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,io7*. 


iSi  HISTOIRE  GENERALE 

dans  ce  monaftere  ,  fut  fi  édifié  de  la  régularité  des  religieux  qui  l’habi- 
toient,  qu’il  confirma  en  leur  faveur  la  donation  que  Roger  II.  comte  de 
Foix  leur  avoit  faite  quelque  tems  auparavant  de  l’églife  de  faint  Pierre 
d’Efcouffe.  Guillaume  permit  en  même  tems  aux  religieux  de  feint  Pons, 
monaftere  fondé  ,  dit-il,  anciennement  &  fournis  d  l’églife  Romaine  ,  par  Pons  duc 
&  comte  des  Aquitains ,  de  faire  des  acquifirions  dans  les  évêchez,  comtez 
8c  terres  de  fa  domination  ,  a  in  fi  que  dans  le  Périgord ,  l' Agenois  &  1‘ A ftaracy 
8c  promit  d’être  à  l’avenir  leur  défenfeur.  On  voit  par  là  qu’il  fe  regardoit 
flan-feulement  comme  fuzerain  de  ces  domaines ,  mais  encore  de  tout  le  comté 
de  Foix.  La  copie  que  nous  avons  de  ce  titre  n’eft  pas  datée ,  mais  il  eft  à  peu 

Çrès,  de  l’an  1079.  Ce  comte  fit  cette  promeflè  à  la  porte  de  l’églife  de  faint 
ons  en  prefence  d’Ermengarde  vicomtejfe  de  Bergers.  Il  s’offrit  enfuite  lui- 
même  devant  l’autel  dédié  en  l’honneur  du  Sauveur,  de  la  Vierge ,  de  faint 
Pons ,  ôtdes  autres  martyrs  ôc  confeiïeurs  dont  on  confervoit  les  reliques  dans 
ce  monaftere  ,  8c  recommanda  enfin  fon  fils  Pons  aux  prières  de  la  commu¬ 
nauté. 


Raymond  &  Berenger,  qui  prenoient  la  qualité  de  comtes  de  Barcelone  par  la 
race  de  Dieu ,  fignalerent a  aufïï  leur  pieté  envers  l’abbaye  de  S. Pons,  en  lui  don- 


v  1. 

Cjuifrcd  arche- 


V. 

Raymond  8c 

Bercn^cr  co ra-  g  race  i  ^ 

Wdfc  fécon-  nanl^e  concert  le  20.  de  'Juin  de  la  ATI  AT.  année  du  régné  du  roi  Philippe ,  ou  de 
ciiicnt  &  par-  l’an  1079.  la  moitié  du  château  de  Peyriac  dans  le  Minervois.  Nous  com- 
Carcaf'"  Prenons  Par  cette  donation  que  ces  deux  freres ,  qui  étoient  encore  brouillez 
founc. aIW  *u  commencement  de  la  même  année ,  à  l’occafion  du  partage  de  la  fuccef. 
iPr.f.pi.  fion  de  leur  pere ,  s’étoient  alors  réconciliez,  8c  qu’ils  étoient  convenus  de  ce 
partage  ,  fuivant  lequel  ils  eurent  chacun  la  moitié  du  comté  de  Carcaffonne, 
8c  des  autres  domaines  que  leur  pere  avoit  acquis  en  deçà  des  Pyrénées.  Leur 
b Grti.viiU.  querelle  b  n’étoit  pas  appaifée  en  effet  le  z.  de  Janvier  de  l’an  1079.  lorfque 
k  pape  Grégoire  VIL  écrivit  à  Berenger  évêque  de  Gironne  poyr  l’engager, 
conjointement  avec  les  abbez  de  faint  Pons  de  T omieres,  de  Riupoll  8c  de  laint 
Cucufat,  aies  mettre  d’accord  :  ainfi  il  eft  très-vraifemblable  que  les  deux 
comtes  firent  cette  donation  à  l’abbaye  de  faint  Pons  ,en  confideration  des 
foins  que  Frotard,  qui  enétoit  abbé,  s’étoit  donnez  pour  les  réconcilier. 

Le  pape  dans  la  même  lettre  exhorte  l’évêque  de  Gironne  à  s’employer 
VcUt|uc'dc*N»t-  avec  encore  plus  d’ardeur  qu’auparavant  à  ramener  dans  le  bon  chemin 
bonne  &  Ray-  l’archevêque  de  Narbonne  fon  frere  germain.  Il  le  charge  de  lui  reprefenter 
Gibet  excora-  que  fe  trouvant  déjà  dans  un  âge  fort  avancé ,  il  étoit  fur  le  point  de  paroître 
muniex  de  au  tribunal  dufouverainjuge,  8c  d’y  recevoir  la  punition  desexcezdefa  vie 
nouveau.  paffée  :  il  le  prie  enfin  de  ne  rien  négliger  pour  porter  ce  prélat  à  pré¬ 
venir  par  une  falutaire  penitence ,  un  châtiment  éternel.  Guifred  archevê¬ 
que  de  Narbonne  infenfible  à  l’anathême  dont  il  avoit  été  déjà  frappé 
diverfes  fois,  fe  mettoit  donc  peu  en  peine  de  le  faire  lever  ,  8c  il  fe  main- 
tenoit  toujours  dans  fon  fiege  malgré  l’excommunication  que  Grégoire  VII. 
avoit  renouvellée c  contre  lui ,  en  confirmant  celle  de  [es  prèdecefieurs  aucon- 
cile  affemblè  à  Rome  au  mois  de  Mars  de  l’an  1 078.  Ce  pape  qui  l’a'voit  dé- 
pofé  en  même  tems  de  l’épifeopat  fans  aucune  efperance  de  retour ,  confirma 
iibiif.W.  cette  fentence  dans  le  concile  fuivant  <•  tenu  au  mois  de  Novembre  de  la 
même  année.  Il  excommunia  aufii  de  nouveau  alors  le  comte  de  faint  Gilles  i 
caufe  de  fa  femme ,  ainfi  qu’on  l’a  remarqué  ailleurs. 

VIL  Guifred  archevêque  de  Narbonne  fut  encore  excommunié e  au  concile  Ro- 

ircà'dcCcidi-  mam  Cenu  au  mo's  ^V”er  l’an  I079-  avec  ^es clercs 8c  les  jaïques  qui 
çL  aicbïvfr  tenoient  fon  parti-, d’où  l’on  doit  conclure  que  Berenger  évêque  de  Gironne  fon 
que  de  Nm-  frere  ne  put  rien  gagner  fur  lui,  8c  qu’il  mourut  dans  fon  péché.  Sa  mort { arriva 
^Narbonne  fe  même  année.  Il  étoit  alors  âgé  d’environ  73.  ans,  8c  avoit  occupé  le  fiege 
évêque  de  Ro-  de  Narbonne  pendant  63.  puifqu’il  n’en  avoit  que  10.  vers  l’an  1016.  lorfque 
le  comte  de  Cerdagne  fon  pere  acheta  cet  archevêché  pour  lui  par  une  fom- 
e ifcîij. me  confiderable.  Pierre  évêque  de  Rodez,  fils  de  feu  Berenger  vicomte  de 
fc«r«i  mm.  îqarbonne,  n’eut  pas  plutôt  appris  la  mort  de  Guifred,  qu’ufant  du  crédit 
7  '*  qu’il  avoit  dans  cette  ville  ,  foit  par  lui-même,  foit  par  Raymond  de  faint  Gil¬ 
les  ,  qui,  à  ce  qu’il  paroît,  fe  déclara  fon  protecteur ,  il  s’en  fit  élire  archevêque , 
ou  plutôt  s’empara  du  fiege. 


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DELANGUEDOC.  Liv.  XV. 


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r.  SOTE 
XXXIX. 
b  Cattimtm. 

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c  Gr</.  m 
/•7.r/.!ÿ. 


Pons  lui  fucceda  dans  l’évêché  de  Rodez  8c  fut  fàcré  *<  la  même  année  AN.1079. 
dans  un  concile  tenu  à  Touloufe ,  auquel  Hugues  évêque  de  Die  légat  du  Concile 
faintfiege  préfida.  Il elt  parlé  de  ceconcile  i°. Dans  une  lettre15  dupapeGre-  de  Toulode. 
goire  VIL  qui  menace  le  vicomte  8c  les  liabitans  de  Narbonne  de  confirmer  J 
lafentence  d’excommnnication  que  fes  lézats  avaient  prononcée  au  concile  de  T ou-  pfi 
loufe  contre  ceux  qui  délobéiroienc  au  feint  fiege.  z*.  Dans  un  a&e*  de  l’an  * 

1081.  où  il  eft  dit  qu’on  y  ordonna  aux  féculiers  ,  fous  peine  d’anathême, 
de  reftitucr  les  biens  qu’ils  avoient  ufurpez  fur  l’églife.  C’eft  tout  ce  que  ^  ^ 
nous  avons  pu  recueillir  de  ce  concile  qui  fut  le  VI.  de  Touloufe,  8c  qui  fe  f  4,t 
tint  vers  la  fin  de  l’an  1079.  dans  la  fuppofition  ,  qui  paroît  allez  vraifem- 
blable,  que  Bertrand  évêqüe  de  Maguclonne  y  ait  été  dépofé  comme  lîmonia- 
que  :  il  paroît  du  moins  certain  *  *  que  Frotard  évêque  d’Albi  y  fuc  condamné  **  noibîM. 
à  cette  peine  pour  le  même  crime.  Le  pape  Grégoire  VII.  avoit  fans  doute 
en  vue  indirectement  ces  prélats,  8c  quelques  autres  des  provinces  voifines, 
dans  l’adrefte  d’une  lettre  c  qu’il  écrivit  au  commencement  de  Mars  de  l’an¬ 
née  fuivance  aux  évêques  des  provinces  de  Bourges,  de  Narbonne  8c  de 
Bourdeaux  ,  à  l’exception  de  ceux  qui  avoient  ètè  excommunie ç. 

Bertrand  évêque  de  Maguelonne  étoit  encore  paifible  polîèllèur  de  cet  Diin£';ts  de 
évêché  au  milieu  de  l’an  1079.  comme  il  paroît  par  deux  aétes  d  de  Pierre  pierre  comte 
comte  de  Subftantion  ou  de  Melgueil ,  fils  du  comte  Raymond  &  de  Beatrix ,  du 
z3.de  Juillec8cdu  9.d’Aoûc  de  cette  année.  Par  le  premier,  ce  comte,  8c  Al-  gucli  eDVfrs 
modis  là  femme,  engagent  pour  une  certaine  fomme  à  l’églile  de  Mague-  lc^nçCMa* 
lonne,8caux  chanoines  qui  la  delfervoicnt  La  part  qu'il  avoit  fur  les  vaiffieaux  edCj>°™ 
qui  navioeotent  fur  la  mer ,  &  qui  ètoient  dans  le  port ,  c’cll-à-dire ,  comme  la  /<■?• 
fuite  de  l’acte  le  fait  allez  comprendre  ,  le  droit  qu’il  avoit  fur  les  batimens  . 
qui  abordoient  tant  au  port  de  Maguelonne  ,  que  fur  la  côte  dans  l’éten¬ 
due  de  fon  comté.  Il  s’oblige  en  même  tems,  avec  fon fils  &  fes  filles ,  âne 
pas  aliéner  ce  droit,  qu’en  faveur  des  chanoines  de  Maguelonne,  auxquels 
ils  en  font  donation ,  luppofé  qu’ils  vinflent  à  décoder  fans  enfans  légitimés. 

Par  le  fécond  a&e  ce  comte,  8c  fa  femme  Almodis  ,  font  une  remilëablolue, 
en  faveur  de  l’églife  de  Maguelonne ,  du  droit  qu’ils  avoient  fur  les  navires 
qui  abordoient  auprès  de  l’i!le  de  ce  nom.  Bertrand  évêque  de  Maguelonne ,  le 
prévôt ,  divers  chanoines  de  la  cathédrale  ,  8c  plulîeurs  feigneurs  du  pais 
furent  prefens  à  ces  donations  e.  Le  même  Pierre  dans  un  acte  daté  du  ePr.f.ji}. 
mois  de  Janvier  de  l’an  1083.  fe  qualifie  comte  de  Subftantion  j  &  comte 
de  Melyteil,  dans  une  donation  f  qu’il  fie  au  mois  de  Février  fuivant  à 
l’abbaye  de  faint  Pons  de  Tomieres ,  de  l’églife  de  laine  Martin  de  Cafello 
qu  on  appelle  B alaruc.  Ce  lieu  fitué  dans  le  diocèlê  de  Montpellier  ,  fur  l’é¬ 
tang  qui  régné  le  long  de  la  côte ,  eft  célébré  par  fes  eaux  chaudes  8C  mine- 
raies.  Outre  ces  marques  de  pieté  ,  le  comte  Pierre  8c  fa  femme  Almodis  en 
donnèrent  g  de  leur  attention  au  bien  public ,  en  remettant  vers  le  même  tems  g  M4. 
en  faveur  du  peuple  une  leude  ou  péage,  que  le pere  &  ïayeule  de  ce  comte  avoient 
établi  dans  les  lieux  de  Caftelnau  8c  de  Subftantion. 

Bertrand  fut  donc  évêque  de  Maguelonne  depuis  environ  l’an  ro^r.  qu’il  x 
s’étoit  emparé  de  cet  évêché  jufqu’au  mois  d’Aoiît  de  l’an  1079.  Il  en  fat 
dépouillé  peu  de  tems  après  pour  caulède  fimonie,  8c  Godefroy  fut  élu  en  ionn e.’épôië 
fa  place  dans  les  formes  canoniques.  Ce  dernier  étoit  déjà  élu  en  b  10S0.  Il  ne 
fut  cependant  facré  que  long-tems  après,  puifque  ce  fut  «Dalmace  archevêque  jehat  viâot 
de  Narbonne ,  fon  métropolitain ,  élu  feulement  en  1081.  qui  fit  cette  cere. 
monie.  On  prétend  k  qu’il  fut  nommé  par  Raymond  comte  de  Subftantion  y  mais  ip_ 
on  ne  donne  aucune  preuve  de  ce  fait  :  d’ailleurs  c’étoit  Pierre,  8c  non  pas  &Pq- 
Raymond  qui  étoit  alors  comte  de  Subftantion.  mm ’ 

Pons  nouvel  évêque  de  Rodez  unit  *  à  la  fin  de  l’an  1079.  l’abbaye  de  lâint  *  G*r„is,r. 

Amand  de  Rodez  à  celle  de  faint  Victor  de  Marlêille ,  8c  la  donna  à  Richard 

abbé  de  cette  derniere ,  qui  avoit  fuccedé  alors  depuis  peu  à  Bernard  fon  frere.  ’i  pr  p.}o}. 

On  a  remarqué  ailleurs  que  ces  deux  abbez  écoient  fils  de  Richard  IL 
vicomte  de  Milhaud  8c  de  Gevaudan ,  8c  que  l’un  8c  l’autre  s’étoienr  con/âcrez 
à  Dieu  par  la  profelüon  monaftique  dans  l’abbaye  de  iàint  Victor.  Bernard 
qui  en  fut  élû  abbé  en  106;.  fe  rendit  recommandable  par  là  pieté,  fa 


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HISTOIRE  GENERALE 


1-7-^.7‘ü' *■ 


1080. 
bt.  9  '{■  6- 
V.  Mab.  ad 
a»n.  lOSO. 


An. 1079.  prudence  8c  fa  capacité  qui  lui  méritèrent  la  dignité  de  cardinal,  avec  di- 
verfes  légations  tant  en  Allemagne  8c  en  Efpagne ,  qu’en  France  :  il  s’en  ac- 
*Mabad*wh  quitta  avec  honneur  *  fous  le  pontificat  de  Grégoire  VII.  qui  enfaifoit  beau- 
joyç.a.jo.dr  COUp  cas  I5crnar(i  étant  mort  le  10.  de  Juin  de  l’an  1079.  ce  pontife 
a  Gre?.  vu.  écrivit 4  au  commencement  du  mois  de  Novembre  fuivant ,  une  lettre  aux 
religieux  de  faint  Victor,  dans  laquelle  il  approuve  le  choix  qu’ils  avoientfait 
de  lUchard,  frere  de  Bernard,  pour  lui  fucceder  dans  la  dignité  abbatiale. 
Richard,  quoique  jeune,  croit  deja  connu  par  fon  mérite  ,qui  avoit  engagé 
Grégoire  à  l’élever  au  cardinalat  ,  8c  à  l’envoyer  légat  en  Efpagne  où  il  etoit 
alors.  Le  pape  continua  de  l’employer  en  diverfes  affaires  importantes,  8c  le 
chargeable  i  8.  d’ Avril  de  l’an  1080.  de  travailler  à  la  réforme  des  abbayes 
de  Montmajour  8c  de  la  Gradé  ,  8c  de  faire  reftituer  leurs  biens  ufurpez. 
"  ,0  !U  At*iï.  Econfirrnai;  le  même  jour  en  fa  faveur  les  privilèges  de  fon  abbaye,  entr’au- 
M*”p!uu.«r  tri^s  la  polfeflion  d’une  églife  que  Pierre  évêque  de  Nifmes  lui  avoir  donnée 
fat-  dans  fon  diocefe  ,  enprefence  des  èveques  &  des  cardin.fi  x  de  l'cghfe  Romaine  : 

preuve  que  Pierre  Ermengaud  avoit  deja  fucccdé  des  lors  à  Frotaire  évêque 
Rivitn.  de  Nilmes,  lequel  avoit  été  peut-être  du  nombre  des  évêques  de  la  province 
qui  furent  excommuniez  ou  depofez  pour  caufe  de  fimonie. 
xt.  Dés  que  Grégoire  V II.  qui  faifoit  une  guerre  implacable  aux  prélats  accufez 
yierre  arebe-  oU  coupables  de  ce  crime,  eut  appris  que  Pierre  ci-devant  évêque  de  Rodez, 
s’étoit  fait  élire  archevêque  de  Narbonne  d’une  maniéré  peu  canonique ,  il  le 
ai  ïiourjcvc-  dépola  d  8c  l’excommunia  dans  le  concile  qu’il  tint  à  Rome  au  commencc. 
«mmunki'ac  mciît  de  Mars  de  l’an  1080.  Ce  pape  approuva  c  le  17.  de  Mars  fuivant  en 
<ic't'o-.cz.  faveur  de  Seguin  abbé  de  la  Chaiie-Dieu ,  l’union  qui  avoit  été  faite  à  cette 
d  cmcii. m.io.  aBBaye  l'année  precedente ,  des  monalleres  de  faint  Michel  de  Gaillac  8c  de 
càJùhr.nov.  faint  Martin  de  Montauban ,  dont  les  abbez  s’étoient  fournis  volontairement 
à  ceux  de  la  Chaife-Dieu  ,  du  confentement  de  Guillaume  évêque  d’Albi  & 
-  <ppticnne  évêque  de  Cahors  ,  leurs  diocèfains.  Le  pape  Pafchal  II.  confir- 
f  M»b.  »d  ma f  l’union  de  ces  deux  abbayes  à  la  congrégation  de  la  Chaife-Dieu. 
ann.  uoi.ii.  On  voic  par  là  que  Guillaume  avoit  fuccedé  à  Frotard  dans  l’évêché  d’Albi 
4  2  v.  noie  dés  l’an  1 079.  11  paroît  g  que  ce  dernier  avant  fa  depofition  avoit  fait  un  voya- 
^  v,v  gc  d  Rome  pour  tacher  de  lé  jutlificr  du  crime  de  fnnonie  auprès  de  Gre. 

foire  VII.  5c  que  n’ayant  pù  réulTir  ,  il  fe  maintint  dans  fon  évêché  malgré 
'anathème  j  qu’il  fe  déclara  en  faveur  de  l’antipape  Clcment  III.  élû  le  16. 
de  Juin  de  l’an  1 080.  8c  qu’il  mourut  vers  l’an  1084.  apres  avoir  enfin  reconnu 
fon  crime  ,  8c  s’être  demis  volontairement  de  l’cvêché.  Ce  prélat  unit  l’an¬ 
cien  monafterede  Vioux  dans  fon  diocèfe  à  l’abbaye  d’Aurillac  en  Auvergne. 
.  Grégoire  VII.  dans  la  lettre  qu’il  écrivit1»  le  n.d’ Avril  de  l’an  108c.  aux 
évêques  catholiques  des  provinces  de  Bourges,  de  Narbonne,  8c  de  Bour- 
deaux  confirma  cette  union ,  qui  avoit  été  laite ,  dit-il ,  de  l'autorité  des  princes 
du  pais ,  &  du  confentement  de  /’ év'cque  (f-  de  fon  clergé. 
xii.  Le  pape  fe  plaint  dans  cette  lettre  de  Berenger  vicomte  de  Carlad  en  Auver- 
GcvjudTn  sic  gne  >  qni  refufoit  de  rendre  l’hommage  qu’il  devoir  à  l’abbaye  d’Aurillac.  Ce 
LoVvc.  Lcgi-  leigneur,  qui  étoit  frere  de  Richard  abbé  de  faint  Vi&or  ,  8c  qui  polfedoit  aulli 
tion  du  «ldi-  ics  vicomtez  de  Milhaud ,  de  Gevaudan  ,  8c  de  Lodeve,  vivoit  donc  encore 
Mowfttic de"  au  mois  d’ Avril  de  l’an  1080.  Nous  apprenons  d’ailleurs  *  qu’il  contribua  en 
MoUiic.  1079.  à  l’union  de  l’abbaye  de  faint  Amand  de  Rodez  à  celle  de  faint  Victor 
&  fa. ?  4°7'  de  Marfeille.  On  alfure  k  qu’il  fonda  le  monaftere  de  Montfalvi  fur  les  fron- 
%  h ijt.yn.its  tieres  de  l’Auvergne  8c  du  Rouergue,  ou  du  moins  qu’il  en  confirma  la  fon- 
É0tF,,5lf’ dation  avant  l’an  1071.  avec  fes  trois  fils,  Richard,  Gilbert  8c  Raymond.  II 
les  avoit  eusd’Adele  fa  femme  hcritiere  des  vicomtez  de  Carlad  8c  de  Lo- 


XXXJX. 


\\Gre^U  l 


69C- 


\  v  N07F.S  deve.  Apres  fa  mort  1 ,  dont  on  ignore  l’époque  prccife ,  les  deux  premiers 
xxr.ijxx •  $  partagerent  fes  domaines.  Richard  qui  fut  le  III.  de  fon  nom  ,  eut  pour  fa 
part  la  vicomté  de  Lodeve,  8c  la  meilleure  partie  de  celle  de  Carlad,  8c  les 
tranfmit  à  fes  defeendans  avec  le  comté  de  Rodez  qu’il  acquit  dans  la  fuite. 
Gilbert  le  puîné  hérita  des  vicomtez  de  Milhaud  8c  de  Gevaudan  ,  8c  d’une 
partie  de  celle  deCarlad ,  entr’autres  du  château  de  ce  nom. 

U  paroît  que  le  cardinal  Framaldus  faifoit  en  1080.  les  fondions  de  légat 
dans  la  province.  Nous  apprenons  d’abord  d’un  ancien  monument  que  Ira- 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XiV.  %55 

tnaldus prêtre  du  fîege  apofiolique  ,  reçut  »  vers  ce  tcms-là  au  nom  du  faint  fiege ,  a~n  1080 
la  donation  qui  tut  faite  à  l’eglife  Romaine  de  celle  de  faint  Pierre  de  Vale-  a mhl.m,}. 
riis  lîtuée  dans  le  diocèfc  de  Beziers  ou  aux  environs.  Nous  voyons  b  enfuite 
qu’un  feigneur  nomme  Guillaumc-Alcherii ,  donna  en  1080.  en  prefcnce  de 
Jrramaldus  cardinal  de  l  églife  Romaine ,  l’églife  &.  l’alleu  de  fainte  Marie  dp 
Caflan  au  diocèle  de  Beziers ,  aux  chanoines  qui  la  deffervoient.  Les  termes  de 
l’acte  peuvent,  faire  croire  que  ce  cardinal  étoit  prévôt  de  la  cathédrale  de 
Beziers. 

C’eft  ici  le  plus  ancien  titre  que  nous  connoiflions  pour  le  monaftere  ou  prieuré 
de  Caflan ,  occupé  aujourd’hui  par  les  chanoines  réguliers  de  la  congrégation 
de/ainte  Geneviève.  Il  eft  fitué  dans  les  montagnes,  à  quatre  lieues  au  nord 
de  Beziers,  vers  la  fourcc  de  la  petite  riviere  de  T ongue.Ce  monaftere  qui  a  étp 
autrefois  fort  célébré  ,  étoit  gouverné  trois  ans  après  par  un  prieur c.  Les  yi-  c  jy.  ,4. 
comtes  de  Beziers,  qui  en  font  regardez  comme  les  principaux  fopdateqrs,  y  àrfa 
firent  de  grandes liberaljtez,&.plulieurs  d’entr’eux  y  choiflrent  leur  fépulture.  • 

Pierre  de  Narbonne,  quoique  dépofé  de  l’archevêché  de  cefte  vjlle,  fie  xm* 
excommunié  par  le  concile  Romain  ,  fe  maintint  cependant  toujours  dans  ce 
fiege.  Il  fe  qualifie  Pierre  élu  archevêque , patron  de  l’églife  de  Narbonne ,  &  bonne,  vicom- 
vicomte  de  cette  ville ,  dans  les  actes J  d’une  aflemblée  qui  fut  tenue  dans  la  cathe-  Je  cette 

drale  le  7.  de  May  de  l’an  1080.  ôc  à  laquelle  alfifterent  avec  lui  »  Matfred  «  jrrp.jos.ô- 
évêque  de  Beziers,  Berenger  évêque  d’Agdp,  un  grand  nombre  d’abbcz,«  &/> rj. 
de  chanoines  &  d’ecclefialtiques  -,  Ermengaud  comte  d’Urgcl  furnommé  ce 
deGerb,  Aymeri  neveu  de  l’archevêque  Pierre,  Raymond  Amelii , Alfa- « 
rius  de  faint  Nazaire  ôc  les  freres ,  Raymond  Tetmar  de  la  Redorte,  6c  « 

Raymond  Ion  frere ,  Guillaume  Pons  de  Courlan  avec  fes  freres,  Pierre- « 

Ferrand  deCafouls,  Berenger-Pierre  de  Pierre-Pcrtufe  ,  Adcmar  de  Dur-c< 
ban,  Bernard- Raymond  de  Sejan,  (fi  plufieurs  autres  centurions ,  hommes  illu.  « 

(très  &  nobles  h  ôc  enfin  tous  les  citoyens  de  Narbonne,  (fi  un  grand  nombre  « 
d'autres  citoyens  &  chevaliers  de  la  province ,  donc  on  rapporte  les  noms  des« 
principaux,  avec  un  nombre  infini  de  peuple.»  On  voit  par  là  que  cette 
aflemblée  fut  compofée  des  trois  ordres  ouétats,  diftinguezentr’eux ,  ôc  c’cft 
peut-être  le  plus  ancien  monument  où  on  trouve  cette  diftin&i on.«  L’arche-  « 
vêque  Pierre,  fie  fes  neveux  Aymeri,  Hugues,  fie  Berenger  donnèrent  « 
alors,  du  conlèntement  fie  à  l^pricre  des  feigneur  s  *  fi  des  citoyens  de  Nar-«  *  sCnioram. 
bonne,  fie  en  prefence  de  toute  l’aflemklée,  aux  chanoines  delà  ca-« 

.thedrale  de  cette  ville  qui  vivoient  en  commun ,  la  dîme  du  fel  de  tou-  « 
teslesfalines  qui  étoient  fur  la  côte  jufqu’à  Sigean  ôc  à  la  mer,  avec  celle  de  et 
tout  le  poilfon  qu’on  pêcheroit  dans  la  aner ,  les  étangs  ôc  l’Aude ,  de-  cc 
puis  Courfan  fie  Perignan  jufqu’à  Leucate  ;  excepté  .ce  qui  étoic  de  l’alleu  « 
de  l’eglife  de  faint  Paul.  »  L’acte  eft  fouferit  par  Pierre  fie  fes  .neveux,  par 
les  principaux  de  l’aflèmblée  ,  6e  de  plus  par  Pierre  Artallus  évêque  de  ,Car- 
calfonne. 


Le  3 1 .  du  même  mois  r ,  Pierre,  qui  prend  toujours  le  titre  A’ élu  du  premier  e 
fiege  de  Narbonne  ,  ÔC  Aymeri  ,  Hugues  6e  Berenger  freres ,  fes  neveux  ,  donne- 
aent  aux  chanoines  de  faint  Paul  la  dîme  du  lel  fie  du  poiffon  dans  . toutes  les 
terres  fie  alleus  de  cette  églife,  fituez  dans  le  cpmtc  de  Narbonne.  Ils  confirmè¬ 
rent  cette  donation  le  lendemain  jour  de  la  Pentecôte, durant  la  grapdlmeflè  de 
la  cathédrale  ,  du  confentement  6e  en  ptefence  de  Matfred  évêque, de  Beziers, 
de  Pierre  Artallus  évêque  de  Carcaffonne ,  des  chanoines  de  Ja  cathédrale  de 
.Narbonne  ,  fi  des  nobles  fi  non  nobles  de  la  ville  &  du  pais ,  dont  il  e  fi  fait  mentioip 
dans  la  charte  precedente  -,  preuve  que  l’alfcmblée  de  Narbonne  dura  du  moins 
depuis  le  7.  de  May  jufqu’à  la  fin  du  mois ,  ôc  que  les  év.êques  çie  Beziers, 
d’Agde  ôc  de  Carcaffonne  communiquoient  avec  l’archevêque  élu  de  Nar¬ 
bonne  ,  quoique  ce  dernier  fut  actuellement  excommunié.  Ce  prélat  pren<£ 
d  la  fin  de  l’acte  le  titre  d‘ archevêque  élu  de  Narbonne  ,  .fi d’abbé  de  l' églife  de 
faint  Paul,  depuis  .la  mort  de  Guifred  de  bonne  mémoire ,  ÔC  donne  aux  chanoines 
de  cette  églife  une  paire  de  bœufs  qu’on  entretiendroit  ôc  qu’on  çenpuvelleroic 
toujours  aux  dépens  du  revenu  de  cette  partie  de  l’autel  de  faint  Paul  que  l'abbé 
avoit  coutume  de  retenir  par  droit  héréditaire.  .  ■ 


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156  HISTOIRE  GENERALE 

An.ioSo.  Il  paroît  par  cesmonumens  que  Bernard  vicomte  de  Narbonne,  frère  dé 
l’archevêque  Pierre  étoit  décédé  dès  l’an  10B0.  6c  qu’il  avoit  laill'e  à  ce  pré. 
lac  la  tutelle  de  les  enfans,  ou  du  moins  l’adminiftration  de  leurs  biens.  On 
peut  inférer  d’ailleurs  que  Bernard  étoit  déjà  mort  en  1 077.6c  quelavicom- 
telTe  Foy  fa  veuve  fe  retira  après  fon  decez  en  Rouergue,  auprès  du  même  Pierre 
■  tr.  alors  évêque  de  Rodez  fon  beau-frere  ,  d’une  donation  a  que  Foy  vicomtcjfe 
de  Narbonne  fit  la  même  année  à  faint  Hugues  abbé  de  Cluni,  6c  à  Hunaud  abbé 
de  Moiiîac,  de  l’églilè  de  Sermur  fur  la  riviere  du  Biaur ,  8c  de  plufieurs  autres 
domaines  fituez  dans  le  diocèfe  de  Rodez ,  du  confentemcnt  (fi  de  la  volonté  de 
Pierre  évêque  de  cette  ville.  On  voit  par  là  que  cette  vicomtcfle  poiT'cdoit  diffé. 
rens  biens  dans  le  Rouergue,  cequijoint  à  fon  nom  ,  nous  donnelieu  de  con¬ 
jecturer  qu’elle  étoit  fille  puînée  d’Hugues  comte  de  ce  pais  6c  marquis  de 
Gothie,  8c  delà  comtellè  Foy  fa  femme.  Aux  trois  fils  Aymeri ,  Hugues 
ôc  Bercnger  ,  qu’elle  eut  de  Bernard  vicomte  de  Narbonne  fon  mari,  & 
dont  on  a  déjà  parlé,  on  peut  ajouter  vraifemblablement  une  fille  nommée 
b  Tr.p.  3«s>.  Foy ,  qui  avoit  époufé  b  Pierre-Aton  vicomte  de  Bruniquel  au  commencement 

y.  NOTE  j.  Vit/'  i  r 

xxxu/. n. 7,  du  XII.  liecle. 

Outre  l’adminiftration  que  l’archevêque  Pierre  eut  des  domaines  de  fes  ne¬ 
veux  ,  fils  de  fon  frere  Bernard  ,  pendant  leur  minorité  ,  il  pollèda  de  fon 
chef  une  portion  de  la  vicomté  de  Narbonne.  On  a  déjà  vu  en  effet  qu’il 
prenoit  le  titre  de  vicomte  de  cette  ville  ,  6c  il  étoit  regardé  comme  tel  iorf- 
<Pr.p. if(.  que  Raymond  de  faint  Gilles  fit  une  promeflè  folemnclle  à  Ermengarde  c  vi- 
comceilêde  Beziers  ôcd’Agde,  6c  à  fon  fils  Bernard- Aton  ,  de  les  aider  contre 
P ierre-Berenger ,  Aymeri  fon  neveu  ,  (fi  tous  les  vicomtes  de  Narbonne.  Raymond 
pour  l’aflurance  de  là  promeflè,  donna  à  cette  vicomcellfe  neuf  de  fes  principaux 
vaflâux  en  otage ,  parmi  lefquels  étoit  Guillaume  de  Sabran.  Nous  ignorons  le 
motif  qui  porta  ce  prince  à  prendre  un  pareil  engagement  :  peut-être  qu’Er- 
mengarde  avoit  pris  alors  les  intérêts  des  enfans  de  Raymond  II.  vicomte  de 
Narbonne,  fes  neveux,  contre  l’archevêque  Pierre  leur  oncle  ,  6c  les  fils  de 
Bernard  leurs  coufins  ;  6c  que  ceux-ci  leur  difputoient  la  fucceflion  de  leur 
perc  alors  déjà  décédé.  Ce  qu’il  y  a  de  certain ,  c’eft  qu’Aymcri  fils  de  Ber¬ 
nard  pollèda  lcul  dans  la  fuite  toute  la  vicomté  de  Narbonne,  8c  la  tranf- 
mit  à  lès  defeendans,  à  l’exclufion  de  fes  frères  6c  de  les  coufins. 

Nous  ignorons  également  fi  ces  derniers  lui  furvêcurent,  6c  s’ils  laiflerent 
ACuttimcm.  pofterité.  Un  de  nos  hiftoriens  d  prétend  à  la  vérité  que  Bernard  Pelet  fils 
t-iU'&H.  de  Raymond  II.  vicomte  en  partie  de  Narbonne  a  donné  l’origine  à  la  mai. 

fon  de  Pelet  qui  fublifte  encore  en  Languedoc  :  ce  qui  prouveroit  que 
l’archevêque  Pierre,  oncle  du  même  Bernard  Pelet  6c  Aymeri  I.  fon  cou. 
fin  germain  l’exclurent  de  la  portion  de  la  vicomté  de  Narbonne  qui  étoic 
échue  à  Raymond  II.  fon  pere.  Mais  on  n’apporte  aucune  preuve  de  cette 
defcendance ,  6c  ii  y  a  lieu  de  préfumer  qu’on  n’en  a  d’autre  que  le  furnom  de 
Pelet,  qui  au  XI.  fiecle  n’étoit  qu’un  fobriquet,  que  Bernard  petit-fils  de  Beren- 
ger  vicomte  de  Narbonne  aura  pris  fans  doute  pour  fe  diftinguer  de  Bernard 
Ion  oncle.  Nous  avons  vu  en  effet  que  Bernard  d’Andufeprit  c  le  furnom  ou 
fobriquet  de  Pelitus ,  ou  de  Pelet ,  au  commencement  de  ce  fiecle.  On  a  fait  men¬ 
tion  (  d’un  feigneur  nommé  Bernard  Pelet  fils  de  Blilgardc  qui  vivoit  vers  l’an 
1036.  On  trouve  enfin  un  feigneur  nommé  Bernard  Pclctc[m  prcfida&en  ro8o. 
à  un  plaid  tenu  au  diocèfe  de  Narbonne,  6c  dans  lequel  on  reftitua  à  l’abbaye 
deCaunes,  6c  à  Guillaume  fon  abbé,  un  alleu  qu’Udalgcrius  prcdcceflèur  de 
ce  dernier  avoit  aliéné.  Ce  Bernard  Pelet  pourroit  bien  être  le  même  que  le  fils 
de  Raymond  II.  vicomte  de  Narbonne  3  d’où  il  s’enluivroit  qu’il  vivoit  encore 
en  1680.  Quoi  qu’il  en -Toit  ,  6c  duquel  de  ces  Bernard  Pelet  que  defeende 
romtedcToa- l>anc*enne  ma^on  de  Pc'ec  1  cela  n’ote  rien  de  fon  ancienneté  6c  de  fon  luftre: 
loufe  envtts  nous  en  rapporterons  diverfes  preuves  dans  la  fuite  de  cette  hiftoire. 

PoT  ‘n  Guillaume  LV.  comte  de  Touloule  6c  Raymond  de  S.  Gilles  fon  frere  s’étant 
cpou°(cSen  fc-  rendus  à  l’abbaye  de  faint  Pons  de  Tomieres,  le  premier  y  fit  expedier  deux 
condts  DÔres  chartes  h  le  16.  de  Juin  de  l’an  1080.  Par  l’une,  ce  prince  ,  qui  s’y  qualifie 
mme  <.  or  ^  comte  ÿ.  duc  du  f  oulonfain ,  de  l' Albigeois  (fi  du  Qu^erci  3  du  Lodevois  ,  du  Pcri- 


tPr.p.  173. 

fp.  19  9. 
it-i  »• 


XIV. 

Nouvc.lux 
bienfaits  de 


taing. 


hPr.p  304.6  »  gord ,  du  Carcaffcz de  /’ Agenois  ,  &  <^e  /’  Aftarac  ,  confirme  avec  fa  femme 
fi*  Emtne, 


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kr  r- 


DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV.  x/7  _ 

Emme ,  la  fondation  de  ce  monaftere  faite  autrefois  par  fon  bifayeul  Pons  ,  duc«.  A  n.icSIo. 
&  grand  prince  d,'  Aquitaine ,  qui  l’avoit  fournis  à  faint  Pierre  ae  Rome  &  à  fes  « 
fucceflèurs.  II  donne  en  même  tcms  aux  religieux,  àFrotard  leur  abbé  ,  &« 
à  leurs  fucceflèurs  ,  tout  ce  qu’ils  avoient  acquis  ou  qu’ils  acquerroient  à  « 
l’avenir,  dans  les  évêchez,  les  comtez  ,  &  les  terres  qui  dépendoient  « 
a&uellement  de  fon  domaine,  ou  qui  y  foroient  unis  dans  la  fuite,  même  et 
les  fiefs  qu’ils  avoient  acquis  ou  qu’ils  acquerroient  de  fes  vaflàux ,  avec  pou.  « 
voir  de  les  polTeder  en  alleu.  Il  leur  donne  de  plus  le  bois  d’Orzual  firué  « 
dans  lé  comté  de  Touloufo  ,  &c  le  territoire  de  Venerque  ,  &  leur  promet  « 
que  lui ,  [es  fils ,  ou  la  pofterité  n 'aliéneront  jamais  rien  de  ce  territoirequ’en  « 
faveur  de  l’abbaye  de  faint  Pons,  &  qu’il  ne  le  donnera  àperfonne,  ex- « 
cepté  d  fon  fils  ou  à  fa  fille  :  enfin  lui  &.  fa  femme  le  déclarent  les  prote-« 
éteurs  &  les  défenfeurs  de  cette  abbaye.  «  L’acle  eft  fouforit  après  eux  par 
le  comte  Raymond  frere  de  ce  prince,  &  le  comte  Bertrand  fon  neveu  fils  de  ce 
dernier  qui  y  donnèrent  leur  confontement  ;  par  le  vicomte  Ademar ,  qui  eft 
fans  doute  le  meme  qu’Ademar  vicomte  de  Touloufe  dont  on  a  déjà  parié; 
par  divers  autres  feigneurs  ,  &en dernier  lieu  par  Gaucelin,  chapelain ,  c’eft- 
à-dire ,  apparemment  aumônier  du  comte  Guillaume. 

Ce  prince,  par  l’autre  aétea,  dans  lequel  il  ne  prend  que  le  titre  deGuillau- 
me  par  la  grâce  de  Dieu  comte  &  duc  du  T ouloufain ,  du  Carcajfez^&  de l’ Albigeois , 
donne  avec  Emme  fon  époufe,  à  l’abbaye  de  laint  Pons,  diverfos  paroiflês 
lituées  en  Albigeois ,  tant  pour  fon  ame  &  celle  de  fa  femme,  que  pour  cel¬ 
les  du  comte  Pons  fon  pere  &  d’Almodis  fa  mere.  Le  comte  Raymond- ,  frere 
du  fufdit  comte  Guillaume ,  le  comte  Bertrand  neveu  de  ce  dernier,  &  les  té¬ 
moins  qui  avoient  étéprelens  à  la  donation  precedente,  foulcrivirent  à  celle-ci. 

On  voit  évidemment  par  ces  actes  que  Guillaume  IV.  comte  de  Touloulê 
avoir  plufieursfils  &  une  fille  en  1080.  de  on  fçait  d’ailleurs  bque  l’aîné  de  les  t  p.  ,04. 
fils  s’appelloit  Pons.  Il  les  avoir  eus  de  Mahaud  ou  Mathilde  fa  première  cft°fdcMont' 
femme.  Emme  qu’il  avoit  époufé  dès-lors  en  fécondés  noces  ,  éroic  troi-  *nn' 

fiéme  fille c  de  Robert  comte  de  Mortaing  en  Normandie  ,  frere  utérin  de  v.Hp  pn.dts 
Guillaume  le  Conquérant ,  &  de  Mathilde  de  Montgommeri.  Un  de  nos  au-  1'%*'  *' 

teurs  prétend  faullèment  que  ce  comte  de  Mortaing  iubjugua  l’Angle-  dURiij ]u, 

terre:  il  a  voulu  parler  fans  doute  de  Guillaume  duc  de  Normandie  fon  frere  z<w. 

utenn.  F  7/9 

X  y 

Bertraad  fils  de  Raymond  de  faint  Gilles  qui  fouferivit  à  ces  aétes  ,  de-  Ra)-mond</c 
voit  être  alors  un  peu  âge,  puifqu’ii  y  eft  qualifié  comte.  Raymond  l’avoit  jerj 
eu  de  fa  première  femme,  facoufinee  germaine  ,  ou  du  moins  la  parente, 
qu’il  avoit  épouféef  en  premières  noces  dès  l’an  1066.  ainfi  Bertrand  avoit  po aieMuhiuê 
au  moin:  iz.ans  en  1080.  Comme  le  pape  Grégoire  VU.  excommunia  Ray-  d?s!c,Ic  CD*. 
mond  enro76.  &  1078.  pour  l’obliger  à  fe  féparer  de  cette  dame ,  ainfi  qu’on  e  cw./„.,0. 
l’a  déjà  vi ,  de  là  vient  que  quelques  anciens  fuivis  de  plufieurs  modernes,  Mf*-&  37 >■ 
ont  regadé  Bertrand  comme  bâtard  ou  fils  naturel:  mais  il  paroît  g  cer-  xu.N°7E' 
tain  h  qi’il  nâquit  fous  la  foi  du  mariage  ,  &  qu’on  le  tint  pour  légitimé  dans  r. 

Ùl  famille  On  doit  le  regarder  en  effet  comme  tel  à  n’examiner  que  l’ufàge  au-  f  Noizft^ 
torifé  dais  ce  fiecle  parmi  les  grands  &  les  princes ,  &:  même  parmi  les  fini.. 
pies  gentlshommes ,  d’époulèr  leurs  parentes,  fans  que  cela  ait  empêché  les 
enfans  rez  de  pareils  ‘  mariages  de  fucceder  au  domaine  de  leurs  per es ,  à  l’ex-  iüid. 
clufion  æ  ceux  qui  étoient  nez  d’un  mariage  polterieur  &  conforme  aux  canons. 

Cet  ufiçe  fubfifta  jufques  au  pontificat  de  Grégoire  Vil.  qui  fe  donna  tant 
de  foin*  pour  rétablir  l’ancienne  difeipline  au  fujec  de  ces  mariages  ince- 
ftueux  .qu’enfin  il  réulîit  à  les  abolir.  Au  refte  il  nous  paroît  hors  de  doute 
que  cete  première  femme  de  Raymond  de  S.  Gilles,  k  dont  on  ignore  le  nom,  r  iuj.  & 
étoit  fié  Scheritiere  de  Bertrand  comte  de  Provence  fon  oncle  paternel  ;  N0Th  XI1' 
qu’elle  ui  apporta  fes  droits  fur  la  moitié  de  cette  province  ;  &  que  c’eft  prin-  ,i# 
cipalenent  à  caufe  de  cette  fuccefiion  qu’il  refufa  de  s’en  féparer ,  &  fouffric 
plutôt  leux  fois  l’anathême. 

11  fat  cependant  que  Raymond  eut  enfin  quitté  cette  princefiè ,  fi  elle 
n  etoidéja  morte  ,  ce  qui  paroît  beaucoup  plus  vrailèmbiab le ,  lorfqu’il 
époufaen  fécondés  noces  en  1080.  Mathilde  fille  de  Roger  comte  de  Sicile 
Tome  II.  '  Kk 


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lî* 


HISTOIRE  GENERALE 


An.ioSo.  prince  Normand,  frere  du  fameux  Robert  Guifcard ,  6c  de  fa  première  fem¬ 
me  Eremberge  fille  de  Guillaume  comte  de  Mortain  ou  Morton.  Un  hifto- 
MaUurTLi'i-  rien1  contemporain,  qui  qualifie  Raymond  comte  de  Provence  très -célébré  ,  rap- 
sic.u.  Murat,  porte  les  circonftanccs  fuivantes  de  ce  mariage.  »  Ce  prince ,  dit  cet  hiftoricn, 
lKL+ï.f.  11‘  ”  inftruit  de  la  réputation  que  le  comte  Roger  s’étoit  acquife  par  fes  exploits, 
>3  lui  envoya  une  ambafl'ade  folemnelle  pour  lui  demander  en  mariage  Ma- 
»3thilde  fa  fille  ,  princeflè  d’une  rare  beauté.  Roger  acquiefça  volontiers  à  la 
33  demande  de  Raymond ,  dont  lesambafladeurs  apres  avoir  ligné  le  traité  & 
»3  pris  jour  pour  la  célébration  des  nôces,  s’en  retournèrent  chargez  de  prefens, 
»3  6c  lui  annoncèrent  le  fuccez  de  leur  négociation.  Le  comte  de  lâint  Gilles  fit 
>3  voile  peu  de  tems  après  pour  la  Sicile ,  où  le  comte  Roger  le  reçût  avec 
»  toute  forte  de  démonftrations  de  joie  6c  d’amitié.  On  rédigea  le  contrat 
33  de  mariage ,  dans  lequel  on  fixa  la  dot  de  Mathilde ,  6c  Raymond  l’époufa 
>3enfuite  en  prefence  des  évoques ,  6c  de  tous  les  ordres  du  païs.  Après  les 
3s  noces ,  qui  furent  célébrées  avec  beaucoup  de  pompe  ,  Roger  retint  quel- 
>3  que  tems  fon  beau-fils  dans  fon  ifle  ,  lui  permit  enfin  de  partir ,  6c  lui  fit 
>3  des  prefens  magnifiques.  Il  en  fit  de  fcmblables  à  cous  ceux  de  fa  fuite , 
’3  6c  renvoya  ce  prince  avec  fon  époufe  fur  une  -flotte  qu’il  avoit  fait  équiper 
»  exprès. 

xv  i._  Raymond  de  S.  Gilles  fe  réconcilia  fans  doute  alors  avec  Grégoire  VII. b  Ce 
chcvé^uc'cic'  PaPe  Écrivit  du  moins  à  la  fin  de  l’an  1081.  dans  des  termes  qui  fontaffez 
N.irbonnc  ex-  comprendre  qu’ils  étoient  parfaitement  unis.  Ce  fut  au  fuj et  de  Pierre ,  aupa- 
&  ravant  évêque  de  Rodez,  6c  alors  archevêque  clù  de  Narbonne  ,  quifemain- 
vciti.  Diimacc  tenoit  toujours  fur  ce  dernier  fiege  ,  malgré  les  divers  anathèmes  lancez  con- 

l  u  fucccdc.  cre  lui. 

h^7:y,U'S'  Ce  pape  non  content  de  l’avoir  excommunié  au  concile  Romain  tenu  au 
-  1081.  mois  de  Mars  de  l’an  ioSo.  confirma  c  dans  un  autre  concile  tenu  à  Rome  au 
e  Omcii.  rs.io.  commencement  de  l’année  fuivante  la [entence  de  dépofttion  &  d’excom?nunication 
?•  J?»*  que  [es  légats  av oient  publiée  contre  les  archevêques  d’Arles  &  de  Narbonne.  Com¬ 

me  il  eft  certain  J  que  l’archevêque  d’Arles,  nommé  Aycard,  fut  dépofe  6c  ex¬ 
communié  comme  ufurpateur  de  Ion  fiege  ,  dans  le  concile  qu’Hugues  évê- 
que  de  Die,  6c  légat  du  pape  tint  à  Avignon  en  ioSo.  c’eft  une  preuve  que 
Pierre  archevêque  de  Narbonne  y  fut  auili  dépofé  6c  excommunié  avec  lui. 
Toute  la  différence  qu’il  y  eut  dans  la  condamnation  de  ces  deux  archevê¬ 
ques  ,  c’eft  que  le  légat  en  fit  élire  un  autre  à  la  place  d’ Aycard ,  6c  qu’on  ne 
fit  pas  encore  d’election  à  Narbonne. 

Grégoire  voyant  que  tous  les  anathèmes  ne  pouvoient  obliger  Piereà  quit¬ 
ter  l’archevêché  de  Narbonne  ,  à  caufe  qu’il  avoit  toute  l’autoiité  dans 
cette  ville  ,  fit  enfin  procéder  à  une  nouvelle  élection.  Elle  fut  fate  en  la 
perfonne  de  Dalmaceabbé  régulier  de  la  Grallè  au  diocèfe  de  Cacaflonnc, 

■  ec*tii  mem.  qui  fut  élu  ou  nommé  au  commencement  de  Septembre  de  l’an  1 08  i .  d’auteur e 
F‘7um.  7%i.  qui  rapporte  des  preuves  certaines  de  l’époque  de  cette  élection ,  prétend  f 
cependant  que  Dalmace  fut  élu  incontinent  après  le  dcccz^  de  Guifredarrivè  en 
107g.  mais  il  fe  contredit,  6c  il  eft  certain  qu’il  y  eut  entre  la  mort  <e  l’un  6c 
l’élection  de  l’autre  près  de  deux  ans  d’intervalle,  pendant  lequel  Perre  évê¬ 
que  de  Rodez  jouit  de  l’archevêché  de  Narbonne.' 

..  Comme  ce  prélat  fe  maintenoit  par  fon  propre  crédit ,  6c  celui  d’zymeri  I. 
dunom  vicomte  de  cette  ville  fon  neveu,  la  difficulté  étoit  de  faie  intro- 
nifer  Dalmace  6c  de  le  faire  jouir  des  revenus  de  l’archevêché.  Grejnirc  qui 
l<S'tg.vn.i.%.  avoit  cette  affaire  à  cœur,  écrivit  g  là-delTus  le  13.  de  Décembre  fivant  i 
deux  comtes ,  dont  les  noms  ne  font  marquez  que  par  leur  lettre  initile  R.  & 
B.  On  convient  que  le  premier  eft  le  même  que  Raymond  de  faintGilles, 
qui  étant  comte  particulier  de  Narbonne,  avoit  beaucoup  d’autorié  dans 
h  Ciuhbid.  cette  ville  5  mais  on  prétend  h  que  l’autre  eft  Berengcr  vicomte  de  la  même 
ville,  ce  qui  a  donné  lieu  à  un  moderne*  de  croire  que  l’élection  dtPierre 
Conriî. n«X'”  à  l’archevêché  de  Narbonne  avoir  été  favori! tz  par  Bercn^er  fon  frere  picomte 
f.is.&feq.  de  cette  ville.  Mais  1».  Pierre  étoit  fils  6c  non  pas  frere  de  Berengcr.  l'-'Celuî- 
ci  étoit  déjà  décédé  depuis  long-tems  en  x  08 1 .  ôc  on  a  déjà  vu  que  la  vcomté 
Narbonne  étoit  poüedée  en  1080.  par  le  même  *  Pierre  6c  les  Eveux. 


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DEr  LANGUEDOC.  Liv.  X  V.  i,s 

3°.  Il  s’agit  dans  la  lettre  du  pape  d’un  comte  ,  &  non  pas  d’un  vicomte.  E^Ie 
ne  peut  donc  regarder  que  Bernard  comte  de  Bezalu ,  qui  en  qualité  de  comte 
de  Fenouilledes  étendoit  fon  domaine  fur  une  partie  du  diocèfe  de  Narbonne. 

Grégoire  VII.  à  qui  il  importoit  extrêmement  que  ces  deux  princes, qui  par- 
tageoient  entr’eux  la  principale  autorité  dans  ce  dioccfe ,  fulfent  favorables  à 
Dalmace ,  les  loue  beaucoup  fur  l’attachement  que  leur  maifo’n  avoir  tou- 
jours  eu  au  faint  fiege.  Il  leur  marque  que  cet  attachement  leur  avoit  mérité 
la  victoire  fur  leurs  ennemis ,  &  une  grâce  fingulierc.  »  C’eft  pourquoi ,  ajoute-» 
t.il ,  nous  vous  prions  &  nous  vous  ordonnons  de  la  part  de  faint  Pierre  de  « 
venir  au  fecours  de  l’églife  de  Narbonne,  qui  cil  depuis  long-temscn  proye» 
aux  membres  du  démon  ,  &  de  favorifer  de  tout  votre  pouvoir  notre  frerg« 
Dalmace,,  qui  a  été  enfin  élu  &  canoniquement  ordonné  archevêque.  Quant  « 
à  l’ufurpateur  qui  n’eft  pas  entré  par  la  porte  comme  un  pafteur,  mais  par« 
ailleurs  comme  un  larron  ,  qui  perd  &  facrifie  les  brebis  de  J.  C.  pour  les  don-» 
ner  au  démon  5  refiftez-lui  de  toutes  vos  forces  ,  II  vous  voulez  méricer  « 
d’obtenir  la  grâce  du  Dieu  tout-puidant  :  tâchez  de  vous  rendre  faint  « 
Pierre  propice  &  votre  débiteur  5  car  il  peut  vous  donner  &  vous  ôter  le  « 
falut ,  de  même  que  les  biens  de  la  vie  prefente  &:  de  la  future.  Il  ne  fçait  ce  « 
que  c’eft  que  d’abandonner  ceux  qui  lui  font  attachez.  Il  réfifte  aux  lupcr-  « 
bes  ôcéleve  les  humbles.» On  voit  par  là  que  le  pape ,  fuivant  les  faux  principes 
qu’on  s’étoit  faits  alors ,  menace  les  deux  comtes  de  les  dépouiller  de  leurs  do¬ 
maines  ,  s’ils  ne  lui  obéidbient. 

Dalmace  ,  félon  le  témoignage  a  des  papes  Grégoire  VII.  &  Urbain  II. 
étoit  également  recommandable  par  fa  pieté  ,  la  pureté  de  les  moeurs ,  & 
fon  talent  pour  la  prédication.  Il  avoit  déjà  luccedé  dès  l’an  1068.  à  Rai- 
nulfe  babbé  delà  Grade  comme  on  l’a  vu  ailleurs.  Il  conferva  cette  abbaye 
après  fon  élection  à  l’archevcché.  Un  célébré 'auteur  prétend c  qu’il  polfedoit 
aufli  celle  du  Mas  d’Afil  en  1075.  avec  l’archevêché  de  Narbonne,  mais 
il  a  été  trompé  par  la  faulle  date  d’un  acte J ,  fuivant  lequel»  Dalmace  arche -  « 
v è que  de  Narbonne  ,  &  Ifam  évêque  de  T ouloufe ,  s'étant  rendus  au  chapitre  de  « 
l'abbaye  du  Mas  d' A fil ,  le  premier  pria  l’autre  de  confirmer  ce  monafiere  dans  la  » 
poffcffion  des  églifes  qui  lui  appartenaient  dans  fon  dioccfe  ,  ce  qu’ilàrn  fit  en  pre-« 
lêncedu  même  archevêque  &  abbé ,  de  Pons  prieur,  &c.  Ainfi  cet  acte  ,  qui 
doit  être  de  l’an  1085.  &  non  de  l’an  ioyy.puifque  Dalmace  ne  fut  élu  arche¬ 
vêque  qu’en  108 1 .  prouve  feulement  que  ce  prélat  prenoit  alors  le  titre  d’ar¬ 
chevêque  &  d’abbé  :  mais  c’étoit  à  caufe  qu’il  conferva  l’abbaye  de  la  Grade 
après  fon  élection  5  d’ailleurs  le  monaftere  du  Mas  d’Afil  fut  gouverné  dans 
ce  même  tems  par  des  abbez  particuliers.  Pierre  l’ëtoit  en  c  1067  lorlque 
Bernard  de  Durban,  château  lltué  dans  le  comté  de  Foix,  fit  un  abandon 
des  mauvais  ufages  qu’il  avoit  établis  fur  cette  abbaye.  Au  mois  de  Mai  de  l’an 
1081.  peu  de  tems  avant  l’élection  de  Dalmace  à  l’archevêché  de  Narbonne, 
Pons  avoit  fuccedé  à  Pierre  dans  l’abbaye  du  Mas  d’Afil  ,  comme  il  paroît  par 
un  aéte ,  fuivant  lequel  Guillaume- Raymond  de  Marquefave ,  &  plufieursc/zr- 
valicrs  fes  valfaux  ,  craignant  l’excommunication  des  conciles  de  Rome  &  de  T  ou¬ 
loufe,  reftituerent  alors  à  ce  monaftere  l’églife  de  S.Chriftophle.Enfin  on  ne  voit 
pas  que  Dalmace  fùc  abbé  du  Mas  d’Afil,  lorfque  deux  ans  s  après  quelques  no¬ 
bles  du  voifinage  rendirent  à  cette  abbaye  l’églife  de  faint  Pierre  de  Thefac , 
moyennant  deux  cens  fols  de  bonne  monnoye  de  T  ouloufe-,  ce  qu’ils  firent,  »  à  caule  » 
que  le  pape  avoit  ordonné  fous  peine  d’anathême,  à  tous  les  féculiers,  de» 
rendre  les  églifes  qu’ils  avoient  ufurpées  fur  les.monafteres  j  &  parce  qu’ils  « 
croyoient  d’être  damnez  en  les  retenant.  « 

Dalmace  garda  l’abbaye  de  la  Gradé  depuis  fon  élection  jufqu’au  mois  de 
Mai  1 086.  que  Robert  lui  fucceda.  De  là  vient  qu’il  prend  dans  divers  aétes  *> 
de  ce  monaftere  ,  le  titre  d’abbé  &  d’archevêque.  Comme  Pierre  de  Nar¬ 
bonne  Ion  compétiteur  ,  fe  maintint  durant  cet  intervalle  malgré  fon  excom¬ 
munication  &:  la  dépofitîon ,  dans  le  temporel  de  l’archevêché  dont  il  s’étoit 
ûifi,  cela  engagea  fans  doute  Dalmace,  pour  avoir  de  quoi  fubfifter ,  à  gar¬ 
der  cette  abbaye ,  dont  il  fe  démit  enfin  dès  qu’il  fut  paifible  podeffeur  de 
Archevêché.  Il  ne  fut  en  effet  reconnu  archevêque  dans  Narbonne  que  long- 
Tome  II.  K  k  ij 


An.ioSo- 


a  CMtil  mm - 
P*  7 S*. 


b  Mab-adann. 
107i.fi.94> 
c  Ibid. ad  anru 
107S-B-1O6. 

d  Capitul .  to.  1. 

h  m*-&fa- 


c  Pr.f. i$c. 


f  p .  j  h.  6* 

M- 


fa- 


h  Ji 
C  ab.dtlaGraJJi» 


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i6o 


HISTOIRE  GENERALE 


Aymeri  K  vi 
comte  de  Nar¬ 
bonne. 

1082. 


An. 108 1.  tems  après  fon  élection  ,  comme  on  voie  entr’autres  par  une  lettre  que  Gre. 
a c»t'imcm.  goire  V II. 3  écrivit  au  vicomte  A ymeri ,  êc  à  tout  le  peuple  de  cette  ville,  8c 
f.781  dans  laquelle  il  leur  marque ,  «qu’il leur envoyeroit  volontiers  fa  benediétion 
” apoftolique ,  s’ils  n’avoient  pas  encouru  l’excommunication  5  mais  qu’il  la 
«  leur  envoyeroit  dès  qu’il  auroit  appris  leur  repentir  6c  leur  obéiflance  à  Dal- 
«  mace  leur  achevêque.  Il  ajoute  qu’il  leur  avoit  donné  ce  pafteur  légitimé 
«pour  gouverner  leur  églife  ,  qui  depuis  fi  long<tems  êtoità  la  merci  des 
«  fimoniaques  ;  6cque  Dalmace,  qu’il  avoit  confirmé,  6c  auquel  il  avoit  donné 
»  fa  benediétion  ,  pourroit  par  fon  exemple  8c  par  fes  bonnes  mœurs ,  réparer 
«  les  maux  que  les  palpeurs  mercenaires  avoient  caufé  parmi  eux.  Il  les  exhorte 
«rfmfin  à  reconnoître  celui  que  /’  èolrfe  Romaine  leur  avoit  donné ,  6c  à  lui  rendre 
«  l’obéilîance  qu’ils  lui  dévoient  :  linon  ,  il  les  menace  de  confirmer  la  lentence 
«d’excommunication  prononcée  par  fes  légats  dans  le  concile  de  Touloufe. 
On  peut  conclure  de  ce  que  nous  venons  de  rapporter,  i°.  Que  Pierre  s’étoit 
déjà  emparé  de  l’archevêché  de  Narbonne  avant  le  concile  de  Touloufe, 
tenu  en  1079.  19.  Qu’Hugues  évêque  de  Die  6c  légat  du  fàint  fiege,  qui 
y  préfida,  défendit  au  peuple  de  Narbonne  de  le  reconnoître  fous  peine  d’a- 
nathême.  3®.  Que  Pierre  fe  maintint  dans  l’archevêché  de  cette  ville  long- 
cems  après  fa  dépofition. 

xvir.  Cette  lettre,  qui  n’eft  pas  datée,  fut  écrite  vers  la  fin  de  l’an  1082.  ou 
MottdcRiy-  même  un  peu  plus  tard  5  car  Aymeri  ,  neveu  de  Pierre  ,  y  eft  qualifié 
gtr Dj î-  comte  vicomte  de  Narbonne  ,  6c  il  eft  fort  vraifemblable  qu’il  ne  prit  cette  qualité 
dcUarceione*  qu’après  fon  mariage  avec  Mahaud  ou  Mathilde  fille  de  Robert  Guifcard  duc 
nc.^thiidcfa  P°uffe  &  de  Calabre  :  or  ce  mariage  ne  fut  célébré  au  plutôt  qu’en 
veuve  époufe  1083.  ôcnonen  10 54. comme  un  auteur  b T’a  avancé. 

Cette  princelTe  avoit  épouféen  premières  noces  Raymond-Berenger  II.  du 
nom  ,  comte  de  Barcelone  ,  qui  mourutau  mois  de  Décembre  de  l’an  1082. 
L’ancien  auteur  c  des  geftes  des  comtes  de  Barcelone ,  a  laifTe  les  circonftan- 
b  c»uL  mem.  ces  fuivantes  de  fa  mort  :  «  Berenger,  dit  cet  hiftorien ,  jaloux  de  la  réputa- 
ligrc.Mff  »  «on  que  Raymond  fon  frere  s’etoit  acquife  par  fes  excellentes  qualitez,. 
M* i-& jtj.  «mais  fur  tout  de  ce  qu’étant  l’aîné,  leur  pere  ne  l’avoir  pas  avantagé  plus 
«que  fon  frere,  en  conçût  un  fi  vif  reffentiment ,  qu’un  jour  qu’ils  voya- 
«  geoient  enfemble ,  il  l’aflalTma  auprès  de  Gironne.  Tous  les  grands ,  ajoute- 
»  t-il ,  ôc  les  nobles  de  Catalogne ,  eurent  horreur  d’un  pareil  attentat ,  & 
«refuferent  non-feulement  de  reconnoître  ce  prince  ;  mais  ils  le  chaflerenc 
«du  pais  :  enforte  qu’étant  devenu  muet ,  6c  l’opprobre  du  genre  humain,  il 
«  mourut  à  Jerufalem  où  il  étoit  allé  en  pèlerinage  dans  un  elprit  de  peni- 
«  tence.  «  Quelques  hiftoriens  A  modernes  regardent  avec  raifon  la  plupart 
à  d tics  circonftances  de  ce  récit  comme  fabuleules.  Us  prouvent  que  Berenger , 
UiccruUeBar.  qUi  étoit  le  cadet,  &  non  pas  l’aîné  ,  prit  la  tutelle  de  fon  neveu  ,  fils  de  fon 
aU.i.c.67- &  frerCi  aufli-tôt  après  la  mort  de  celui-ci  j  qu’il  la  garda  pendant  onze  ans , 

'  6c  que  pendant  tout  cet  intervalle  il  continua  déporter,  comme  auparavant, 
le  titre  de  comte  de  Barcelone.  Il  eft  vrai  que  les  deux  freres  avoient  eu 
quelque  différend  au  fujet  du  partage  des  comtez  de  Barcelone  &  de  Carcaf- 
ionne ,  mais  ce  différend  étoit  appaifé  depuis  long-tems  lorfque  Raymond- 
Berenger  II.  mourut.  Tout  ce  qu’il  y  a  donc  de  certain  de  la  mort  de  ce 
prince  ,  c’eft  qu’il  fut  allallîné  *  par  une  troupe  de  feelerats  le  6.  de  Décembre 
de  l’an  1082.  entre  Gironne  6c  laint  Saloni.  On  fait  un  très -grand  éloge  de 
ce  comte  de  Barcelone  qu’on  furnomma  Tete-d’ètoupes ,  parce  qu’il  avoit  la 
chevelure  fort  épaiffe,  félon  quelques-uns  ,  ou  félon  les  autres,  parce  qu’il 
avoit  reçu  diverfes  blclTùres  à  la  tête.  Il  laifta  de  Mathilde  de  Sicile  fa  femme 
un  fils  unique  nommé  Raymond,  né  le  1 1.  de  Novembre,  2  5.  jours  avant  la 
mort.  Berenger  I.  prit  la  tutelle  de  cet  enfant ,  à  l’cxclufion  de  Mathilde  ,  6c 
adminiftra,  tant  en  fon  nom  qu’en  celui  de  fon  neveu,  tous  les  domaines  de 
f p.Diag.ibid.  la  maifon  de  Barcelone,  qui  comprenoient  entr’autres  en  deçà  des  Pyrénées 
t.7?.  les  comtez  de  Carcalîonne  6c  de  Rafez. 

g ctsiimtm.  Mathilde  ou Maliaut  fe  remaria f avec  Aymeri  vicomte  de  Narbonne,  qui 

/>.j 83-  après  l’avoir  époufée ,  lui  allîgna  en  1087.  g  pour  fon  douaire  la  ville  de 

Narbonne,  le  cens  des  Juifs,  divers  autres  droits  qui  dépendoient  du  domaire 


Marc.  Hifp . 
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e  Pr.  p.  ï  1. 
Marc.  Hijp. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV. 


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Troubles  dans 


decctce  ville  ,  tout  ce  qui  avait  appartenu  au  vicomte  Berenger fonayeul ,  &  enfin  An.  1081 
les  châteaux  de  Magaüs ,  Neyran,  Châteauneuf,  laine  Martin  &  Durban. 

Aymeri  fut  le  premier  vicomte  de  Narbonne  de  fôn  nom  j.car  on  a  deja 
fait  voir  ailleurs  -  que  c’efi:  lâns  aucun  fondement  que  quelques-uns  mettent 
le  prétendu  Aymeri  perc  de  faint  Guillaume  de  Geilone ,  à  la  tête  des  vicom-  i0. 
tes  de  cette  ville-  . 

Il  eftaifé  de  comprendre,  par  ce  que  nous  venons  de  rapporter,  qu’Ayme- 
ri  I.  polJ'eda  toute  la  vicomté  de  Narbonne  :  ce  qu’on  peut  confirmer  par  la 
promefiè que  Bernard  II I.  du  nom  ,  comte  de  Bez^ilu,  fils  de  feu  Stéphanie ,  fit  au  bJ*'fofE 
nom  de  Raymond  comte  de  Rouergue,  fils  de  la  feue  comte  fe  Almodis ,  d  Aymeri  xxvii ■  n.  9. 
vicomte  de  Narbonne ,  fils  de  fcüe  F oy ,  de  le  maintenir  dans  la  pofleffion  des  biens, 
dont  Berenger  vicomte  de  Narbonne  fon  ayeul  avoir  joui.  Nous  inférons  de 
ceta&e  que  Raymond  de  faint  Gilles  avoir  fait  quelque  traicé  avec  Aymeri, 

&  que  pour  la  fureté  de  fa  promefiè  il  lui  avoir  donné  le  comte  de  Bezalu, 

&  divers  autres  feigneurs  pour  lui  fervir  de  caution.  Enfin  nous  avons  un -fer¬ 
ment  de  fidelité  c  prêté  au  même  Aymeri  par  un  nommé  Roger ,  fils  de 
Guide ,  qui  lui  promit  de  l’aider  contre  tous  ,  excepté  contre  fès  propres 
vallaux,  lavicomteflè  de  Beziers  &;  fon  fils,  Bernard  Xadmar  delaRedorte, 

&  Pierre-Olivier  de  Termes.  Ce  dernier ,  l’un  des  principaux  feigneurs  du 
diocèfe  de  Narbonne,  dominoit  fur  un  petit  païs  appellé  le  Termenois,  qui 
cft  fitué  vers  les  frontières  du  comté  de  Fenouilledes ,  &  qui  a  pris  fon  nom 
du  château  de  Termes.  Nous  aurons  occafion  de  parler  dans  la  fuite  des 
fucceffeurs  de  Pierre-Olivier  dont  quelques-uns  fe  rendirent  célébrés. 

La  more  de  Berenger  II.  comte  de  Barcelone  fut  fuiviede  divers  troubles  qui 
s’élevèrent  dans  les  états  tant  en  deçà  qu’en  delà  des  Pyrénées  durant d  la  mi-  ic^^mt^dc 
norité  de  fon  fils.  Les  chevaliers ¥  des  environs  de  CarcafTonne  alfiegerent  en-:  Carcaifoone  & 
tr 'autres  cette  ville  dans  le  deflcin  de  s’en  emparer  ,  peu  de  tems  après  la  fccvfComtcB°et- 
mort  de  ce  prince.  Ils  incommodèrent  tellement  les  habitans  par  le  ravage  nard-.uoo fe 
qu’ils  firent  de  leurs  terres,  &:par  d’autres  lioftilitez ,  qu’enfin  ces  derniers  tend  lc 
étoient  fur  le  point  de  fe  rendre,  lorfque  le  vicomte  Bernard-Aton  ré-  '108  j.- 
folut  de  profiter  de  cette  occafion  pour  réunir  cette  ville  à  fon  domaine. 

Il  fit  dire  aux  aflîegez  que  s’ils  vouloient  le  recevoir  dans  leur  ville ,  il  s’en- 
gageoit  de  les  défendre  contre  tous  leurs  ennemis ,  avec  promefiè  folemnelle 
de  rendre  la  ville  &:  le  comté  de  Carcafionne  au  jeune  Raymond-Berenger  III. 
dès  qu’il  feroit  parvenu  à  Page  de  majorité,  &  auroït  été  fait  chevalier.  Ber¬ 
nard-Aton  ayant  été  introduit  dans  Carcafionne  à  ces  conditions,  fit  lever  le 
fiege ,  &  prit  enfuite  le  gouvernement  de  la  ville  comme  s’il  en  eût  été  le  feul 
&  véritable  maître. 

C’eft  ainfi  que  les  Catalans  rapportent  la  maniéré  dont  ce  vicomte  s’affiira 
la  pofleffion  dé  Carcafionne,  ce  qui  pourroit  donner  lieu  de  croire  que  les 
troupes  qui  en  commencèrent  le  fiege,  agifloienten  fon  nom ,  ôc  qu’il  ufa  de  ce 
ftratagême  pour  s’en  emparer.  Il  cft  du  moins  certain  que  Bernard-Aton,  &: 

Ermengarde  fa  mere  s’aflurerent  vers  le  même  rems  ,  non-feulement  de  cette 
ville  &  de  fon  comté ,  mais  encore  du  Rafez ,  du  Lauraguais ,  &c  des  autres 
domaines  que  cette  derniere  avoir  aliénez  enfaveur(de  Raymond-Berenger  I. 
comte  de  Barcelone  3  &c  qu’ils  reçurent  -  le  ferment  de  fidelité  des  principaux  cPr.f.}t9-& 
feigneurs  de  ces  pais,  comme  s’ils  en  euflent  été  les  fèuls  feigneurs,foit  qu’il  y  ait  hei- 
eu  quelque  nouvelle  convention  entr’eux  &  les  comtes  de  Barcelone ,  ou 
qu’ils  ayent  profité  des  troubles  qui  fui  virent  la  mort  de  Raymond-Be¬ 
renger  IL 

Nous  voyons  en  effet  qu’Ermengarde  &  Bernard-Aton  fon  fils  jouiffoient  xix. 
au  mois  de  May  de  l’an  108  5.  du  domaine  de  Carcafionne  &  de  fon  comté  ,  fé^ife^Tcar- 
par  la  donation  qu’ils  firent  f  alors  à  la  cathédrale ,  des  dîmes  qu’ils  pofiè-  cailbnnc.  Ab- 
doient  dans  le  domaine  de  cette  ville,  &  des  châteaux  de  Couffoulens ,  Prei-  Mmeae^Cai- 
xan,  Arfens,  Grezes,  Villalier  ,  Campendu  ,  Fontiez,Cafiïllac,  &c.  domaines  caflbouc. 
qu’elle  avoit  vendus  en  1067.  8  &  1070.  au  comte  de  Barcelone.  Ermen-  (  D‘  vic 
garde  fit  cette  donation  h  pour  l’ame  du  comte  Pierre- Raymond  fon  pere,  &:  gvl.p.  1^7. 
de  Rangarde  fa  mere,  à  condition  que  les  chanoines  réguliers  vivroient  riqulie-  .... 

rement  dans  le  cloître  de  cette  eglife ,  pavant  les  préceptes  de  jaintjerome  &  de  faint 


d  Pr.p.  ix. 
Y  Dt*g.  /.  & 
c.79. 

Milites# 


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HISTOIRE  GENERALE 


An. 1083.  yîuguflin  ,  8c  que  s’ils  venaient  à  quitter  l’ordre  canonique ,  les  dîmes  qu’elle 
leur  donnoit  reviendroient  au  domaine  des  vicomtes  de  Carcaffonne.  Ermengarde 
8c  Bernard  fon  fils  fe  regardoient  donc  alors  comme  vicomtes  de  cette  ville: 
*Pr.f,.}rt.  gc  en  effet  en  I0^0.  a  ce  dernier  prenoit  le  titre  de  vicomte  de  Carcaffonne  &dc 
Rafez^,  que  les  fucceffeurs  prirent  auffi ,  quoique  par  les  aétes  de  1067.  &• 
1070.  Ermengarde  eût  vendu  b  tes  vicomtez^sax  comte  de  Barcelone, 
v*  üv.  Pierre  évêque  de  CarcafTonne,  qui  fut  prefenc  à  cette  donation,  avoit  établi 
les  chanoines  réguliers  dans  la  cathédrale  de  cette  ville ,  8c'  dans  les  églifes 
de  fainte  Marie  &  de  faint  Etienne  fituées  dans  les  fauxbourgs.  Le  pape  Ur¬ 
bain  II. e  confirma  au  mois  de  Mai  de  l’an  1088.  à  la  demande  de  ce  prélat, 
Finftitution  des  chanoines  réguliers  dans  ces  trois  églifes,  dont  la  fécondé  por- 
toit  alors  le  furnom  de  abbatia ,  parce  que  c’étoit  d  une  ancienne  abbaye.  Elle 
*LT£‘,n/r*gm'  é«toit  gouvernée  en  1083.  par  un  abbé  nommé  Pons ,  fuivantune  donation* 
v  Rnin-vit.  ftue  vicomteiïè  Ermengarde  fit  alors  en  fa  faveur  ,  du  contentement  de 
Vrt.11.tt.1et.  l’évêque  Pierre ,  8c  du  vicomte  Bernard  fon  fils.  L’églife  de  fainte  Marie  de 
Garcaflonne  devint  enfuite  paroiffiale  ,  8c  fut  détruite  durant  la  guerre  des 
Albigeois.  Le  terrain  où  elle  étoic  bâtie  eft  aujourd’hui  occupé  parle  couvent 
des  Capucins.  Celle  de  faint  Etienne  eft  preientement  détruite  8c  unie  à  la 
cathédrale. 

Le  vicomte  Bernard-Aton  époufafen  1083.  Cecile  ,  fille  du  comte  Bertrand , 
qui  lui  donna  en  dot  cinq  mille  fols  ,  fçavoir  deux  mille  en  argent  com. 


CD  tVicibii. 


d  Pr.p. tj7. 


XX. 

Mariage  du 
vicomte  Ber- 

avec  Ccciîc  de  Ptant  ■>  en  bœufs  &  en  vaches  ,  &  deux  mille  en  chevaux  &  mulets ,  avec  fept 
Piovence.  de  fes  principaux  vaflàux  ,  pour  fervir  de  cautions ,  parmi  lefquels  étoic 
Guillaume  Pourcelet.  Bertrand  promit  d’en  donner  dix  autres  à  la  vicom. 


Comtes  de 
Provence. 
iPr.f.  n  6. 


cefTe  Ermengarde  mere  du  vicomte  le  jour  de  la  célébration  des  noces ,  pour 
l’aflurance  de  la  promeffe  qu’il  lui  fit  de  la  biffer  jouir  de  fes  domaines. 

Le  nom  des  feigneurs  qui  cautionnèrent  pour  le  comte  Bertrand  ,  ne  nous 
permet  pas  de  douter  qu’il  ne  fut  comte  de  Provence.  Il  y  avoit  alors  en 
x/£  n°7fa  e^ec  ^ans  ce  Pais  deux  comtes  de  ce  nom  ^  l’un,  «  appellé  Amplement  Ber* 
trand,  étoit  comte  d’Arles  ou  de  la  baffe  Provence,  8c  avoit  fùccedé  vers 
l’an  1060.  à  Geoffroy  I.  fon  pere.  Il  polTeda  d’abord  fon  domaine  par  indivis 
avec  fes  deux  coufins  germains ,  Bertrand ,  ou  Guillaume  Bertrand  II.  du 
nom, 8c  Geoffroy  IL  tous  les  deux  fils  de  Guillaume  Bertrand  I.  fon  oncle 
paternel  décédé  vers  l’an  10  34.  Bertrand  leur  céda  quelque  tems  après  pour 
leur  partage  cette  portion  de  la  haute  Provence  qu’on  appella  dans  la  fuite 
comté  de  Forcalquier ,  8c  que  Guillaume-Bertrand  II  8c  Geoffroy  IL  fon  frere 
poffederent  en  commun.  Il  paroît  cependant  que  ceux-ci  fe  diftinguerent  en- 
tr’eux  par  des  titres  différens,  8c  que  le  premier  prit  celui  de  comté  de  Nice. 
Geoffroy  IL  étant  décédé  fans  enfans  après  l’an  1094.  fa  portion  échut  aux 
heritiers  de  Guillaume-Bertrand  II.  fon  frere.  Celui-ci  eut  de  fa  femme  Adé¬ 
laïde  une  fille  qui  porta  le  nom  de  fa  mere,  8c  qu’Ermengaud  IV.  du  nom, 
furnommé  de  Gerb  comte  d’Urgel  mort  en  1092.  epoufa  en  fécondes  noces  $ 
h  note  ilil  ce  paffer  le  comté  de  Forcalquier  dans  la  maifon  h  de  ce  dernier.  D’un 

autre  côté  Bertrand  comte  d’Arles  ou  de  la  baffe  Provence ,  qui  fournit  »  en 
1081.  cous  fes  domaines  à  l’églife  Romaine ,  n’eut  point  d’enfans  de  Mathilde 
fon  êpoufe  j  enforte  que  Gerberge  fa  fccur ,  femme  de  Gilbert  vicomte  de 
Milhaud  8c  de  Gevaudan  ,  hérita  de  tous  fes  états. 

11  femble,par  ce  que  nous  venons  de  dire,  queCecile  ,  fille  du  comte  Ber¬ 
trand  ,  laquelle  époufa  en  1083.  Bernard-Aton  vicomte  d’Albi,  de  Nifmes, 
Beziers,  Agde  ,  CarcafTonne  ScRafez,  étoic  fille  de  Guillaume-Bertrand  II. 
comte  de  Provence,  8c  fccur  puînée  d’ Adélaïde  femme  d’Ermengaud  comte 
d’Urgel  :  mais  il  nous  paroît  plus  vraifemblable  qu’elle  étoic  fille  naturelle 
de  Bertrand  comte  d’Arles  ou  de  la  baffe  Provence  -,  ce  qu’on  peut  fonder.  i°. 
Sur  ce  que  ce  dernier  ne  mourut  que  vers  l’an  ‘  1090.  au  lieu  qu’il  n’eft  pas  cer¬ 
tain  que  Guillaume-Bertrand  IL  vécut  encore  en  1083.  2 Sur  ce  que  la 
Pr-  M5  4.  mere  de  Cecile  vicomteffe  de  Beziers  s’appelloit  Alemburge  h.  3°.  Enfin  fur  la 
modicité  de  la  doc  de  Cecile.  Au  refte  tous  ces  differens  comtes  de  Provence 
n’avoient  droit  que  fur  la  moitié  du  païs  en  qualité  de  defeendans  du  comte 
Guillaume  I.  du  nom  ,  qui  parcagea  cecte  province  avec  Rotbold  fon  frere, 


n.  19. 

i  Pr.f. J, J 


i  Rujf  dlJJ. 

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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV.  igj _ _ 

dont  Raymond  de  faint  Gilles  6c  Guillaume  IV.  comte  de  Touloufè  fort  frere,  An.io8  3» 
qui  a'voienc  droit  fiir  l’autre  moitié,  defcendoient  par  Emme  leur  ayeule. 

Le  zele  de  ce  dernier  prince  pour  la  réformation  de  l’églife  de  faint  Sernin  Guijfai^e 
deTouloufc  lui  lufcita  une  affaire  avec  le  pape  Grégoire  VII.  Les  clercs  ou  conucdeToif 
chanoines  après  avoir  pris  depuis  long-tems  la  place  des  moines  qui  delTer-  îouieicbiouii- 
voient  autrefois  cette  églife,  fituée  au  fauxbourg  de  la  ville,  voulant  fe  i“oaaiioa1ic 
réformer  ,  embrafTerent  fous  le  pontificat  du  meme  pape  la  vie  corn-  tégiiie  de  s. 
mune  ou  canoniale  ,  avec  la  réglé  tirée  de  faint  Auguftin  êc  des  autres  SciQ1Q- 
peres ,  telle  qu’elle  avoit  été  introduite  en  ce  fiecle  1  en  diverfes  cathédrales 
&  abbayes  du  royaume.  Nous  ignorons  l’année  précife  que  cette  réforme  fut  an„AOS}.n\u 
établie  à  faint  Sernin  :  nous  apprenons  feulement  que  cette  églife  étoit  deffer- 
vie  par  des  chanoines  réguliers  dès  l’an  1076.  par  la  donation0  que  leur  fit  b er.p.t9o.& 
alors  le  prévôt  de  lacathedrale  dePerigueux,  de  l’églife  de  faint  Cyprien  ,feî‘ 
four  y  vivre  rcgulicrement  félon  les  injhtutions  de  faint  Auquftin ,  de  faint  Grégoire , 
de  faint  Jerome  ,  &  des  autres  peres .  Cet  acte  qui  elt  daté  fimplemcnt  du 
Lundi  jour  de  /’  Affomption  //.  d' Août ,  fous  le  pontificat  du  pape  Grégoire  ,  &  le 
régné  du  roi  Philippe ,  fut  confirmé  le  Samedy ,  dernier  jour  de  Décembre  futvant , 
par  Guillaume  évêque  de  Perigueux  ;  ce  qui  prouve  manifeftement  qu’il  eftde 
l’an  1076.  Geraud  évêque  de  Cahorsc  donnaauffi  vers  le  même  tems» aux  ^  y 
clercs  de  faint  Sernin  de  Touloufè  l’églifê  du  Vigan  dans  fon  diocèfe , pour  «  cK<  *' 1  ‘ 
y  vivre  fuivant  les  decrets  des  peres,  fqavoir  de  laine  Auguftin ,  de  faint  « 

Jerome  6c  des  autres }  6c  les  clercs  du  Vigan  firent  alors  profe/fion  dans  leur« 
églife  devant  l’autel  de  Notre-Dame,  entre  les  mains  du  prévôt  de  faint  « 

Sernin  auquel  ils  promirent  obéifîance.  « 

Les  clercs  ou  les  chanoines  de  faint  Saturnin  après  leur  réformation  eurent 
quelques  démêlezdavec  Ifarn  évêque  de  Touloufè  6c  fon  chapitre,  qui  pré-  d  Câltimem 
tendoient  exercer  une  entière  jurifdi&ion  ,  6c  avoir  des  droits  particuliers  fur  p.  s«7. 
leur  églife.  Les  premiers  s’adreflèrent  alors  à  l’infçu  d’Ifarn  6c  de  fon  cha-  Grtg.vu.h9> 
pitre ,  au  pape  Grégoire  VII.  lequel  fur  les  reprefèntations  qu'ils  lui  firent 
que  leur  églife  étoit  foumife  immédiatement  au  faint  fiege ,  6c  fur  l’offre  de 
payer  cous  les  ans  dix  fols  de  redevance  d  l’églife  Romaine ,  les  mit  fous 
là  protection,  6c  leur  accorda  un  privilège  que  les  chanoines  de  la  cathédrale 
trouvèrent  moyen  de  leur  enlever.  Ceux  de  S.  Sernin  s’en  plaignirent  au  pape 
&  lui  portèrent  en  même  tems  leurs  plaintes  contre  les  religieux  de  Moiffac, 
qui  fous  l’autorité  de  Guillaume  comte  de  Touloufè  s’étoient  emparez  d’une 
eglife  qui  leur  étoit  foûmife,  6c  qu’Amc  évêque  d’Oleron  leur  avoit  adju¬ 
gée  en prefence  des  autres  évêques  ,  c’eft -à-dire,  fans  doute  dans  le  concile  de 
Touloufè  de  l’an  1079.  Sur  ces  plaintes  le  pape  écrivit  au  cardinal  Richard 
abbé  de  faint  Victor  de  Marfeille ,  6c  lui  manda  que  l’églife  de  faint  Sernin 
auprès  de  Touloufè  étant  foumife  à  fon  autorité  immédiate,  6c  les  chanoines  qui 
la  defTervoient ,  &  qui  avoient  embrajfê  nouvellement  la  vie  canoniale ,  vivant  ré¬ 
gulièrement,  il  obligeât  le  chapitre  de  la  cathédrale,  les  religieux  de  Moif¬ 
fac,  &  le  comte  de  Touloufè  à  leur  rendre  juftice ,  6c  l'évêque  à  ne  pas  les 
inquiéter  ,  mais  plutôt  à  protéger  leur  communauté.  *  *  Canonüm. 

Ifarn  voyant c  que  la  tentative  qu’il  avoir  faite  pour  foumettre  l’égiife  de  1  c  Ca,el  ihiu‘ 
faint  Sernin  à  fon  autorité  ne  lui  avoit  pas  réufïï ,  chercha  un  autre  expédient. 

Comme  il  fçavoit  que  faint  Hugues  abbé  de  Cluni  avoit  beaucoup  de  crédit 
fur  l’efprit  de  Grégoire  VII.  6c  que  ce  pape  qui  avoit  été  tiré  du  cloître 
étoit  très-affedionné  à  l’ordre  monaftique  ,  il  pafîa  un  concordat  avec  Hu- 
naud  abbé  de  Moiflac ,  par  lequel  il  céda  à  cet  abbé  ,  6c  à  celui  de  Cluni , 
l’églife  de  faint  Sernin  pour  y  établir  des  moines.  Il  fè  réferva  cependant  fur 
cette  églife,  tant  en  fon  nom  qu’en  celui  de  fon  chapitre,  la  quatrième  partie 
des  offrandes,  la  clef  du  fépulcre  du  faint  martyr,  celle  de  l’autel  de  faint 
Afcifcle,  le  domaine  fur  les  revenus  de  l’œuvre,  jufqu’à  ce  que  le  bâtiment 
de  l’églife  de  faine  Sernin  fût  achevé ,  la  liberté  d’inhumer  dans  le  cime¬ 
tière  de  la  cathédrale  tous  ceux  qui  y  choifiroient  leur  fépulture  ,  6c  plu- 
fieurs  autres  chefs.  L’abbé  Hunaud  confentit  à  toutes  ces  réferves,  6c  Guil¬ 
laume  comte  de  Touloufè,  qu’ Ifarn  avoit  eu  foin  de  mettre  dans  fes  intérêts  , 
autorifa  non- feulement  le  traicé,  mais  il  s’engagea  encore,  en  confideration 


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164  HISTOIRE  GENERALE  f 

de  ce  qu’Ifarn  avoit  donné  l’églife  de  faine  Scrnin  à  l’ordre  monaflique  qu’il 
affeélionnoit  beaucoup ,  de  ne  le  jamais  inquiéter  dans  la  pofTellion  des  do¬ 
maines  de  fon  églife,  quand  même  le  pape  ou  fon  légat  a [croient  d’ excommunia 
cation  pour  Vj  obliger.  Il  s’engagea  auffi  de  ne  pas  exercer  fa  jurifdi&ion  fur 
aucun  des  clercs  de  la  ville  6c  du  fauxbourg  ,  dès  qu’ils  auroient  reçu  la  cou¬ 
ronne  cléricale  ,  non  plus  que  fur  les  officiers  6c  les  fergens  de  l’évêque  qui 
demeuroient  dans  la  ville  6c  dans  le  fauxbourg  5  6c  pour  gage  de  fa  promelïe 
il  donna  un  baifer  aux  chanoines  de  la  cathédrale.  On  convint  enfin  qu’il  n’y  au. 
roit  jamais  d’abbé  à  faint  Sernin,  mais  que  la  communauté  feroit  gouvernée 
par  un  prévôt  fous  l’autorité  de  l’abbé  de  Cluni.  Arnaud  abbé  de  faint 
Audard  ,  aujourd’hui  Montauban  ,  fut  prefent  à  cet  acte,  quin’eft:  pas  daté , 
mais  qui  doit  être  rapporté  à  la  fin  de  l’an  1081.  ou  au  commencement  de 
l’année  fuivante ,  comme  nous  le  verrons  bientôt. 

Le  comte  deTouloufe  prit  fi  fort  à  cœur  l’introdu&ion  *  des  moines  de 
Cluni  dans  l’églife  de  faint  Sernin,  que  fur  le  refus  que  firent  les  chanoines 
de  ceder  la  place,  il  chalîales  autres  de  fa  propre  autorité,  6c  leur  fub- 
ftitua  ceux-ci.  Cette  affaire  fit  beaucoup  de  bruit ,  6c  le  pape  à  qui  les 
-chanoines  expulfez  fe  plaignirent  de  la  conduite  du  comte,  fit  là-deffus  à 
celui-ci  une  réprimande  trèji-vive.  Le  cardinal  Richard  6c  Hugues  archevê¬ 
que  de  Lyon,  légats  du  faintfiege,  Dalmace  archevêque  de  Narbonne,  & 
laine  Hugues  abbé  de  Cluni,  tous  quatre  moines  Bénédictins ,  de  même  que 
le  pape,  les  évêques  6c  les  principaux  du  pais  défapprouverent  également  le 
procédé  de  Guillaume,  qui  fe  vit  enfin  obligé  de  reftituer  l’églife  de  laint 
Sernin  aux  chanoines.  Il  fit  donc  dreffer  un  acte  par  lequel  il  témoigne  fon 
repentir  d’avoir  chaffé  de  cette  églife  les  chanoines  qui  vivoient  regulierementi 
6c  il  en  rejette  la  faute  fur  l’abbé  de  MoifTac  qui  le  lui  avoit  confeille.  Il  manda 
Geraud  évêque  de  Cahors  ;  6c  ce  prélat  ayant  ramené  les  chanoines  qui 
avoient  été  expulfez,  6c  qu’il  avoit  fans  doute  retirez  dans  fon  diocèfe,  ce 
comte  les  remit  dans  la  pollèffion  de  leur  églife,  en  prefence  6c  par  l’avis  du 
même  prélat,  de  Pierre  évêque  de  Carcaffonne  ,  6c  de  Frotard  abbé  de  faint 
Pons  de  Tomieres.  Il  s’engagea  par  ferment  de  laiffer  ces  chanoines  paifi- 
blcs  poffeHeurs  de  cette  églife  tant  qu'ils  vivroient  canoniquement ,  leur  afliira 
la  liberté  de  leur  cloître ,  6c  promit  que  ni  lui,  ni  fa  femme,  ni  aucun  de  [es 
fils ,  n’y  feroient  plus  à  l’avenir  aucune  entreprife.  Il  les  maintint  dans  la 
poffeffion  de  leurs  biens ,  6c  pardonna  à  tous  ceux  qui  lui  avoient  réfiflé  dans 
le  tems  de  leur  cxpulfion  ,  6c  dont  il  avoit  réfolu  de  tirer  vengeance.  Il  révo¬ 
qua  enfin  l’a&e  précédent  qu’il  avoit  paffé  avec  l’évêque  Ifarn  6c  l’abbé  Hil- 
naud ,  6c  le  déclara  faux.  Le  comte  de  Touloufe  fit  ce  retablilïèment  le  1 5.  de 
Juillet  de  l’an  1083.  fa  femme  Emrae  y  fouferivit  après  lui,  6c  enfuite  les 
évêques  de  Cahors  6c  de  Carcaffonne ,  l’abbé  de  faint  Pons ,  Jfarn  vicomte  de 
faint  A ntonin  ,F rotard  fon  frere,  Sanche  vicomte  de  la  Barthe  ,  Guillaume 
de  Biron ,  6c  pluficurs  autres  feigneurs. 

Nous  remarquerons  par  occafion  qu’on  trouve  ici  pour  la  première  fois  des 
vicomtes  de  faint  Antonin  ,  petite  ville  fituée  à  l’extrémité  du  Rouergue  fur 
la  riviere  d’Aveiron ,  6c  fur  les  frontières  du  Querci  6c  de  l’Albigeois.  Les  noms 
d’ifarn  êc  de  Frotard  attachez  à  leur  maifon,de  même  qu’à  celle  des  vicomtes 
de  Lautrec  en  Albigeois  ,  peuvent  donner  lieu  de  conjecturer  qu’ils  étoient 
de  la  même  race,  ou  du  moins  que  les  premiers  s’écoient  alliez  avec  les 
autres. 

Les  chanoines  réguliers  demeurèrent  depuis  paifibles  poffeffeurs  de  l’cglife 
de  faint  Sernin  ,  6c  continuèrent  d’être  gouvernez  par  Vin  prévôt  julques 
vers  l’an  ni  9.  qu’ils  avoient  un  abbé  b  régulier,  lequel  fut  fécularifé  avec 
eux  en  1 516.  Il  y  a  lieu  de  croire  que  le  titre  abbatial  de  cet  ancien  mona- 
ftere  n’a  voit  été  éteint  dans  le  XI.  fiecle  que  parce  que  les  comtes  de  Tou¬ 
loufe  s’en  étoient  emparez  ,  à  l’exemple  des  autres  grands  vaffaux  du  royaume 
qui  s’érigèrent  en  abbez  fcculiers  des  principaux  monafteres  de  leur  domaine. 
Quant  à  l’évêque  Ifarn,  on  allure c  qu’il  prit  une  nouvelle  voye  pour  faire  valoir 
les  droits  qu’il  prétendoit  fur  l’églife  de  faint  Sernin  5  qu’il  fit  un  voyage  à 
Rome  3  6c  que  fur  les  plaintes  qu’il  fit  au  pape  Grégoire  VII.  du  privilège. 


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DE  LANGUEDOC  Liv.  X  V. 


165 


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qu’il  avoit  accordé  aux  chanoines  de  cetteéglifeà  Ton  infçû  ôc  fans  fa  partici-  An.ioSj. 
pation  ,  ce  pontife  le  révoqua  en  prefence  de  Dalmace  archevêque  de  Nar¬ 
bonne  ,  de  l’archevêque  d’Auch ,  des  evêques  de  Porto  fie  d’Albano  ,  de  faint 
Hugues  abbé  de  Cluni ,  d’Hunaud  abbé  de  Moiflâc  ,  6c  de  plufieurs  autres  per- 
fonnages  de  la  cour  Romaine. 

Les  chanoines  de  faint  Sernin  vécurent  avec  édification  après  leur  réforme,  s  ^”oud 
fie  on  honore  à  Touloufe  d’un  culte  public  feint  Raymond  l’un  des  premiers  chanoine  de 
qui  l’em brada.  Nous  avons  *  fe  vie  écrite  par  un  auteur  pofterieur  ,  dont  la 
narration  eft  fi  peu  exacte ,  qu’il  ne  marque  ni  le  tems  de  la  nai dance ,  ni  celui  a  mi.  h.  r. 
delà  mort  du  feint.  Voici  ce  qu’il  rapporte  de  plus  interedant.  «  Raymond  «  9“l-  ?■ w-à- 
plus  recommandable  par  fes  vertus  que  par  fe  nailîance ,  naquit  à  T ouloufe,  « 
fie  fut  mis  parlés  parens  dans  l’églife  de  feint  Sernin,  où  il  fit  l’office  de« 
chantre  ou  de  chorifte.  Il  quitta  quelque  tems  après  l’état  ecclefiaftique  et 
pour  fe  marier  ;  ôc  ayant  perdu  fe  femme,  il  s’adonna  entièrement  aux  ceu-  « 
vres  de  charité  fie  de  mifericordc  qu’il  exerça  même  envers  les  Juifs.  Il  « 
fonda  entr’autres  un  hôpital  pour  l’entretien  de  trente  pauvres,  fit  conftruire  « 
un  pont  pour  la  commodité  publique  vers  l’embouchure  du  Lers  dans  la« 

Garonne  ,  fie  employa  la  meilleure  partie  de  fes  revenus  pendant  plufieurs  « 
années  à  la  conftruclion  de  l’églilè  de  feint  Sernin.  »  On  peut  connoître  par 
là  à  peu  près  le  tems  où  ce  feint  vivoit ,  puifqu’on  commença  le  bâtiment  de 
cette églile  vers  l’an  1060.  fie  qu’il  étoit  prefque  achevé  en  1096.  Le  légen¬ 
daire  remarque  que  Raymond  commença  d’y  contribuer  lorfque  le  chœur  de 
l’eglife  étoit  déjà  fini,  &  qu'il  conduift  le  rejle  du  bâtiment  depuis  les  fonde- 
mens,  jufqu’au  défiés  des  fenêtres.  Il  ajoute  que  faint  Raymond  touché 
du  defir  de  la  perfection  ,  fie  voulant  imiter  les  feints  pères ,  prit  l'habit  résulter 
dans  l’eglife  de  feint  Sernin ,  6c  qu’à  fon  exemple  plufieurs  autres  embrafle- 
rent  le  même  genre  de  vie  :  ainfile  relâchement ,  continue-t-il ,  cejfa  entièrement 
dans  cette  églife,  &  la  vie  canoniale  y  fut  établie.  Ces  termes  font  comprendre 
que  faint  Raymond  embrafià  la  réforme  des  clercs  de  feint  Sernin  lorf. 
qu’elley  fut  introduite  -,  ce  qui  arriva,  comme  on  l’a  déjà  vû ,  fous  le  pontificat 
de  Grégoire  VII.  entre  l’an  1073.6c  l’an  1076. 

Suivant  le  même  auteur,  Raymond  fe  voyant  dans  un  âge  avancé  6c près 
de  fa  fin,  demanda  d’être  inhumé  dans  la  mai  fan  collegiale  qu’il  avoit  fondée 
pour  des  pauvres  clercs ,  fie  où  il  avoit  fait  préparer  fon  fepulcre.  Leprieur 
de  faint  Sernin  exécuta  fa  volonté  après  fe  mort,  qui  arriva  le  3.  de  Juillet. 

Raymond  mourut ,  continue  l’auteur  de  fa  Vie,  fans  avoir  fait  teflament  en  fa¬ 
veur  de  fes  parens  ,  parce  qu’il  inftitua  J.  C.  fon  heritier-,  d’où  l’on  pourroit,  ce 
femble  conclure  que  lorfque  la  réforme  fut  établie  parmi  les  chanoines  de 
faint  Sernin  ,  la  défeppropriation  n’y  étoit  pas  encore  en  ufege  ;  mais  cela  p‘  nf' 
peut  fignifier  auffi  que  Raymond  ayant  difpofé  de  tous  fes  biens  en  faveur 
des  pauvres  avant  fe  profeifion  religieufe,  les  parens  n’eurent  aucune  parti 
fa  fuccefiton.  Quoi  qu’il  en  foit ,  comme  le  légendaire  appelle  maifon  collegiale 
l’hôpital  fondé  par  faint  Raymond  ,  ôc  qu’il  efi:  certain  que  cet  hôpital  fut 
changé  c  dans  la  fuite  en  un  college  pour  des  pauvres  clercs ,  il  s’enfuit  c  K  ****** 
que  cet  auteur  n’a  écrit  qu’après  le  milieu  du  XIII.  fiecle  ;  puifque  l’uni  ver-  f'6 74‘ 
fité  de  Touloufe,  dont  ce  college  étoit  membre  ,  fut  feulement  fondée  vers  ce 
tems- là.  Après  la  mort  de  Raymond  Dieu  fit  éclater  fa  feinteté  par  divers  mi¬ 
racles,  fie  on  lui  rendit  *  à  Touloufe  un  culte  public  dès  milieu  le  XII.  fiecle.  * y.  Bell  J  HJ, 
Ce  culte  diminua  beaucoup  dans  la  fuite,  jufqu’à  ce  que  les  Touloulains 
le  rétablirent  en  16  jz.  après  avoir  éprouvé  la  puifiante  intercefiion  du  faint 
durant  la  pefte  qui  défoloit  alors  le  païs;  ce  qui  donna  lieu  de  transférer  en 
même  tems  fes  reliques ,  du  college  de  fon  nom  où  elles  avoient  toujours  de¬ 
meuré  depuis  fa  mort,  dans  l’églife  de  feint  Sernin.  xxm. 

Dans  le  tems  que  Raymond  fe  fanctifioit  à  Touloufe  ,  Pons  abbé  du  mont  f ’ a n"ré 
Andaon,  ou  de  feint  André  d’Avignon  ,  s’élevoit  dà  une  éminente  feintete  Rto0  1  ** 

parla  pratique  de  toutes  les  vertus  religieufes.  Son  pere  dégoûté  du  monde,  f^-ss.erj. 
voulant  fe  confecrer  à  Dieu  l’avoit  amené  dans  cette  abbaye,  où  il  avoit  p»*' 

1  embrafle  l’état  monaftique  avec  lui ,  6c  un  autre  de  fes  fils.  Après  la  mort  Af* 
de  Roland  abbé  de  faint  André  arrivée  en  106  3 .  le  mérite  de  Pons  fie  qu’on 
T ome  II.  L  1 


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C  Ibid. 
d  ;.Î40. 
cp.  îfi. 


{  Spicil.to.io. 
V.Prf.)6S* 


XXV. 


_ »««  HISTOIRE  GENERALE 

An.  1083.  balança  pas  fur  le  choix  du  fuccefleur  de  cet  abbé.  Il  fut  mis  à  fa place, 
&  il  conferva  cette  abbaye  jufqu’au  z6.  de  Mars  de  l’an  1087.  qu’il  décéda. 
Les  merveilles  que  Dieu  opéra  par  fon  miniftere  durant  fa  vie  ôc  après  fa 
mort ,  firent  qu’on  lui  rendit  bientôt  après  un  culte  public.  Sa  vie  a  été 
écrite  par  Raymond  religieux  du  monaftere ,  auteur  contemporain. 

XXiv.  Nous  avons  lieu  de  croire  que  Raymond  vicomte  de  Minerve,  profita  des 
^crS  de  croubles  qui  agitèrent  les  états-  de  Raymond-Berenger  II.  comte  de  Barce¬ 
lone  après  la  mort  de  ce  prince,  ôc  qu’il  s’empara  fur  fes  fils  du  château  de 
apr.f.)t6.&  Peyriac.  C’eft  ce  que  nous  inférons  d’une  donation  »que  fit  ce  vicomte  au 

- -  mois  de  Février  de  l’an  1083.  ou  1084.  fuivant  notre  maniéré  de  compter, 

1084.  ^  l’abbaye  de  faint  Pons  de  Tomieres,  ôc  à  Frotard  fon  abbé,  de  l’alleu  que 

Pierre  Raymond  comte  de  Bergers  ,  &  les  comtes  de  Barcelone ,  Raymond-Berenger , 
b  y.  Pr.p.  17  9.  &  fes  fils  Raymond  dr  Bérenger ,  avoient  eu  au  château  de  b  Pcyriac  dans  le  Mi- 
nervois ,  &  qu’ils  avoient  donné  à  cette  abbaye.  Matfred  évêque  de  Beziers, 
les  abbez  Ifarn  deCaunes ,  Guillaume  de  Rofes ,  ôc  Pierre  de  Montolicu  ,  & 
plufieurs  feigneurs  du  pais  furent  prefens  à  cette  donation. 

Raymond  vicomte  de  Minerve  étoit  probablement  fils  de  Pierre  vicomte 
du  même  pais,  qui  vivoitc  en  1071.6c  pere  de  Pons  qui  pofièdoit ‘cette  vi¬ 
comté  au  mois  de  Mayd  de  l’an  1093.  fuivant  une  reftitution  qui  fut  faite  à 
l’églife  defainte  Marie  fondée  dans  le  château  de  Minerve.  Nous  «trouvons 
d’un  autre  côté  en  1066.  u \\  Bernard  de  Minerve  :  mais  nous  ne  fçavons  pas 
fi  c’eft  le  même  que  Bernard  vicomte  de  Minerve ,  lequel  offrit  f  au  mois 
d’Aout  de  l’an  1103.  fon  fils  Raymond  à  l’abbaye  de  fliint  Pons  de  To¬ 
mieres  pour  y  être  religieux.  Cette  oblation  eft  fouferite  par  Pierre  fon 
fils  qui  lui  fucceda.  Il  paroît  par-là  que  la  vicomté  de  Minerve  qui  s’éten- 
doit  dans  la  partie  fcptentrionale  du  dioccfé  de  Narbonne,  ôc  quieftcom- 
prife  aujourd’hui  dans  celui  de  faint  Pons ,  étoit  partagée  à  la  fin  du  XI. 
fiecle  entre  deux  branches  de  la  même  maifon. 

Matfred  évêque  de  Béziers  affranchit  en  1084.  fon  églife  d’une  fervitude 
Raymond  de  très-onereufe ,  à  laquelle  fes  prédeceflèurs  avoient  été  aflujettis  pendant  fort 
Su*dé*3t  l°ng-tems.Les  grands  vaffaux  non  contens  de  s’être  emparez  de  la  nomination 
le  des  évéqjcs  aux  évêchez  ôc  aux  abbayes  de  leur  domaine,  prétendoient  encore  que  toute  la 
ccdeT**1* d£  dépouille  des  évêques  décedez  leur  appartenoit.  Les  comtes  de  Rouergue 
s’etoient  arrogez  ce  droit  en  qualité  de  marquis  de  Gothie  dans  les  diocc- 
pPr.p. 317.  fes  de  la  Narbonnoife  I.  C’eft  ce  qu’on  voit  en  particulier  par  un  acte  g  fui- 
à'M'  vant  lequel  «  Raymond  comte  de  Rouergue  ou  de  faint  Gillcs,cede  en  faveur  de  la 
«  cathédrale  de  Beziers ,  de  Matfred  évêque  de  cette  ville ,  6c  des  fucceflèurs 
«de  ce  prélat,  le  droit  qu’il  poffedoit  juficment  ou  injufiement ,  d’unir  à  fon 
«  domaine  toute  la  fucceffion  des  évêques  décedez.  Ce  prince  étant  fur  les 
«dégrez  de  la  grande  porte  de  l’églife  ,  en  prefence  des  principaux  du  païs , 
v  jura  en  même  tems  folemnellcmcnt  fur  le  miflel ,  que  ni  lui  ,  ni  aucun  comte 
»  de  Rouergue  fon  fucceffcur  ,  ne  s’empareroient  plus  des  biens  des  évêques 
«après  leur  mort  *  avec  promeflè,  fi  ces  prélats  en  difpofoient  par  teftament, 
«que  leur  volonté  feroit  fidèlement  executée,  fînon  que  les  chanoines  de  la 
«  cathédrale  leur  fuccederoient  en  commun.  «  L’évêque  Matfred  en  recon- 
noiffance  d’un  tel  bienfait  donna  au  comte  un  cheval  du  prix  de  zoo.  fols 
h  Andcj.Bex..  Melgoriens.  L’hiftorien  >>  de  l’églifè  de  Beziers  prétend  que  Roger- B emardTrin- 
cavel  vicomte  de  Bezjers ,  fit  la  même  année  un  femblable  delaiflèment:  mais 
il  fe  trompe ,  c’étoit  Bernard-Aton  ,  ou  plûtôt  Ermengarde  fa  mere  qui  pof¬ 
fedoit  alors  cette  vicomté  5  ce  qui  n’empêche  pas  que  ce  dernier  n’ait  pu 
abandonner  de  fon  côté,  en  même  tems  que  Raymond  de  faint  Gilles,  la 

{«art  que  fes  prédeceflèurs ,  en  qualité  de  vicomtes ,  pouvoient  avoir  eue  avec 
es'comtes ,  à  la  dépouille  des  évêques  défunts ,  ôc  avoir  par-là  re*du  une  en¬ 
tière  liberté  à  l’églife  de  Beziers.  Matfred  en  profita  pour  rétablir  la  vie  com¬ 
mune  parmi  fes  chanoines  ,  qui  y  avoir  été  autrefois  obfervée  ;  ôcpourl’af- 
i  c»nu’.  tU  ferniir  d’une  maniéré  plus  folide,  il  unit  1  à  fon  chapitre  par  un  acte  du  Mardi 
BtJrn.  i o.  Février  de  l’an  1091.  la  prévôté  ôc  la  facriftie,  6c  fit  donation  aux  cha¬ 
noines  de  plufieurs  autres  domaines ,  en  prefence  de  Pierre  abbé  de  faint 
Aphrodife,  d’Arbert  abbé  de  Villemagne,  des  prieurs  de  faint  Jacques  de  Be¬ 
ziers  ôc  de  Caflàn ,  êcc. 


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DE  L  A  N  G  U  E  D  O  C.  Liv.  XIV.  z6r 

La  celfion  que  Raymond  de  faine  Gilles  fit  à  l’églife  de  Bezièrs  prouve  évi¬ 
demment  qu’il  pofledoit  le  comté  particulier  de  cette  ville,  6c  qu’il  le  tenoit 
des  comtes  de  Rouergue  fes  prédecelleurs.  Il  avoir  une  égalé  autorité 
fur  le  comté  de  Nifmes ,  comme  il  paroît  par  l’union  qu’il  fit  du  monaftere.- 
de' faine  Baufile  de  cette  ville  à  la  congrégation  de  laChaife-Dieu. 

Ce  monaftere  fitoé  autrefois  hors  la  ville  au  voifinage  de  la  Tour-jnagne, 
dans  une  vallée  environnée  de  collines  ,  avoir  été  -  donné  vers  l’an  860. 
par  le  pape  Nicolas  1.  à  l’églife  de  Nifmes,  8c  à  Ifnard  fon  évêque  -,  ce  que 
le  pape  Serge  III.  avoit  confirmé  vers  l’an  909.  en  faveur  d  Hubert  luccef- 
feur  d’ifnard.  Comme  il  avoit  beaucoup  perdu  de  fon  ancienne  fplendeur,  le 
comte  Raymond  8c  Ermengarde  vicomtefle  de  Nifmes  voulant  le  relever  , 
prièrent  de  concert  Pierre  Ermengaud  évêque  de  cette  ville  ,  8c  fes  chanoines, 
dans  une  aflèmblce  qui  y  fut  tenue  le  z8.  de  Décembre  de  l’an  1084.  de  le 
donner  à  Seguin  abbé  de  la  Chaife-Dieu ,  8c  à  fes  fuccelfeurs ,  pour  y  réta¬ 
blir  le  fervice  divin  ;  à  quoi  ce  prélat  6c  fon  chapitre  confentirent  volontiers. 
Bernard-Aton  vicomte  de  Nifmes  8c  fils  d’Ermengarde ,  qui  étoit  abfent , 
confirma  cette  donation  dans  la  fuite.  Depuis  ce  tems-là  l’ancienne  abbaye 
de  faint  Baufile  de  Nifmes  ne  fut  plus  qu’un  prieuré  conventuel  fournis  à 
celle  de  laChaife-Dieu  dont  il  dépend  encore  aujourd’hui.  Pierre  Roger  moi¬ 
ne  de  cette  abbaye  ,  qui  parvint  au  cardinalat ,  8c  enfin  à  la  papauté  lous 
le  nom  de  Clement  VI.  avoit  été  prieur  du  monaftere  de  faint  Baufile, 
lequel  ayant  été  entièrement  ruiné  durant  les  guerres  des  Calviniftes  ,  a 
été  transféré  dans  la  ville,  où  les  religieux  occupent  l’ancien  palais  épif. 
copal. 

Raymond  de  faint  Gilles  confirma  l’année  fui  vante  c,  en  faveur  de  l’ab¬ 
baye  de  faint  Pons  de  Tomiercs ,  »  toutes  le*  donations  qu’elle  avoit  reçues  « 
de  Pons  grand  duc  &  prince  d' Aquitaine  fon  bifiyeul ,  qui  î’avoit  fondée,  6c  « 
la  maintint  dans  toutes  les  acquifitions  que  les  religieux  avoient  faites. depuis, 
ou  qu’ils  feroient  dans  la  fuite  ,  dans  les  évêchez  8c  les  terres  qui  étoient  « 
de  fon  domaine  ,  ou  qui  en  dépendaient  à  l’avenir ,  avec  pouvoir  de  poflê-  « 
deren  alleu  les  fiefs  qu’ils  avoient  acquis.  «  Il  fe  déclaré  en  même  tems  le 
defenfeur  du  monaftere,  de  la  même  maniéré  que  le  comte  de  Touloufe  fon 
frerel’avoit  fait  cinq  ans  auparavant.  Dans  cet  a&e  Raymond  prend  le  titre 
de  comte  de  Rouergue  ,  Gevaudan,  Nifmes ,  Agde  ,  Beziers,  Narbonne  ,  6c 
d’un  feptiéme  comté  qui  paroît  être  celui  d’U fez.  ri  t 

Ce  prince  fut  porté  peut-être  à  faire  ces  actes  de  religion  à  la  follicitation 
du  pape  Grégoire  VII.  qui  fe  donnoit  toujours  beaucoup  de  foins  pour  réta¬ 
blir  les  églilês  dans  leur  ancienne  liberté.  Perfonne  n’ignore  le  zelede  ce  laint 
pape  fur  ce  fujet,  6c  aucun  pontificat  n’égaleroit  le  lien  s’il  ne  s’étoit  imaginé, 
fur  de  faux  principes,  qu’il  devoit  dominer  fur  toutes  les  puillànces  de  la 
terre  }  ce  qui  l’engagea  dans  des  démarches  également  prejudiciables  au 
repos  de  1 ’églifc  6c  de  l’état.  Il  prétendit  •*  entr’autres  que  chaque  maifon 
devoit  payer  en  France  un  denier  de  cens  à  l’églife  Romaine  ,  fondé  fur  ce 
que  Charlemagne  recueilloit  tous  les  ans  1  zoo.  livres  pour  le  fervice  de  cette 
églife  dans  celles  d’Aix-la-Chapelle,  du  Puy  en  Velay  ,  6c  de  faint  Gilles. 
Mais  onne  trouve  dans  toute  l’antiquité  c  aucun  veftige  d’un  pareil  droit  éta¬ 
bli  en  France.  Ce  fut  par  le  même  principe  que  Grégoire  tenta  par  toutes 
fortes  de  voyes  de  multiplier  les  vaflâux  de  l’églife  Romaine,  6c  de  lui  pro¬ 
curer  un  plus  grand  nombre  de  feudataires.  C’eft  ainfi  que  Pierre  comte 
de  Subljantion  ou  de  Melgueil ,  par  un  aéte  *  folemnel  du  27.  d’Avril  de 
l’an  108  y. étant  devant  l’autel  de  la  cathédrale  de  Maguelonne ,  »  fe  donna  lui- 
mème,  (  à  la  follicitation  de  ce  pontife)  fa  femme,  &  fon  fis,  à  l’églife  Romaine,  « 
au  pape  Grégoire  VII.  6c  à  fes  fuccellèurs  ,  avec  tous  fes  biens ,  fon  comté  « 
de  Subftantion  ,  l’évêché  de  Maguelonne  6c  fes  dépendances ,  pour  être  pof-  « 
fedez  à  l’avenir  en  alleu  par  l’églife  Romaine ,  de  laquelle  lui  8c  fes  fuccefleurs  « 
tiendroient  le  même  comté  en  fief  fous  la  redevance  annuelle  d’une  once  d’or.« 
Le  comte  Pierre  ajoute  par  rapport  à  l’évêché  de  Maguelonne  ,  que  les« 
papes  y  pourvoiroient  à  l’avenir,  conformement  aux  conflitutions  &  aux  de-« 
crets  des  faint  s  peres.  Il  défend  enfuite  à  fes  fuccefleurs  de  rien  changer  à  <« 
Tome  II.  L 1  i  j 


An. 1084. 


XXVI. 

A  Hem  bl  ce  ïc- 
n  c  à  Nilincs. 
Bieuraits  de  • 
Raymond  en¬ 
vers  l'abbaye 
de  S.  Pons, 
a  bjhenot.  an- 
tiifHit.  Btr.id. 
Occit .  fflff- 
b  Pr./.jl?. 


I085. 

c  Pr.p. 3  xi. O 


xxvir. 

Pierre  comre 
de  Subfhntion 
ou  rie  MJgucil 
loumct  Ion 
comté  à  Gré¬ 
goire  VII.  & 
a  l'cgl  i  le  Ro¬ 
maine.  Ray¬ 
mond  fou  dis 
lui  fucccilc. 
d  Grcg.Vil.l.%. 
ep.  i  y 

c  V.  Fleuri  hijl. 
ecelef.  I.  63.  n. 
II. 


f  Pr.p,  jii. 
&M- 


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irt 


HISTOIRE  GENERALE 


Atf.ioSj.  »  eetftf  dïfpolîcïcm  ,  à  peine  de  payer  [amende  portée  far  les  Uix  des  empereurs 
>»  Tbeodfffe  ,  Arcade  &  Honoré.  Il  donne  enfin  par  fon  anneau ,  au  nom  de  fiûnt 
Pierre  &c  dû  pape,  l’inveftiture  du  comté  &c  de  l’évêché  à  Pierre  évêque 
»d’Albano  légat  du  faint  fiege  ,  à  Godefroy  évêque  de  Maguelonne  à 
»  Frotard  abbé  de  faint  Pons  qui  étoient  prefens.  L’acte  eft  fouferit  par  la 
a  Vtrdaiftr.  eofrttefle  Alniodis  fa  femme ,  &.  le  comte  Kaymond  leur  fils.  Le  comte  a  Pierre 
i'.îoo  &Jtj.'  reçut  en  même  teins  le  comté  de  Subftantion  en  fief  de  l’églife  Romaine  >  fous 
la  redevance  marquée,  par  les  mains  du  légat  du  pape  êc  de  l’évêque  de  Ma, 
guelonne. 

On  voit  par  cet  aéte  que  le  comte  de  Subftantion  prétendoit  pofleder  fes 
domaines  en  alleu  ,-  c‘eft~à-dire  fans  les  tenir,  d’aucun  ieigneur  :  mais  fi  lui  ou 
lès  prédeceflèurs  s’étoient  dégagez  de  la  fuzeraineté  des  marquis  de  Gothie , 
qui  avoient  eu  autrefois  une  autorité  fuperieure  fur  toute  cette  province ,  dont 
le  diocéfe  deMagüelonne  faifoit  partie, on  né  fçauroit  difeonvenir  du  moins  que 
ce  comte  flefûtloumisàla  fouveraineté  de  nos  rois  -,  &  qu’ainfi  il  ne  pouvoit, 
fans  leur  contentement,  fe  fouftraircà  leur  fidelité  &.  à  leur  valtelage  pour  recon¬ 
naître  une  puiflance  étrangère.  Le  comte  Pierre  donna  donc  à  l’églife  Romai. 
lie  ce  qui  ne  lui  appartenoit  pas  •  aulli  verrons-nous  dans  la  fuite  que  fes  fuc- 
cefleurs  ne  firent  pas  beaucoup  de  cas  de  fa  donation. 

Comme  Grégoire  VIL  mourut  le  z^.de  May  fuivant ,  il  n’eut  pas  letems 
de  ratifier  cet  afte.  Il  laififa  ce  foinau  pape  Urbain  II. fon fuccefl'eur,  qui  par 
b  CMri,ifer.  une  bulle  b  datée  du  14.  de  Décembre  de  l’an  1088.  «  confirma  Godefroy 
pgf.M*gf.\xo.  „  évêque  deMagüelonne  dans  lapofl'eifion  de  fon  églife,  que  les  comtes  de  Sub- 
njlantion  avoient  réduite  auparavant  dans  la  fervitude.  Mais  ,  ajoûte-t-il,  1$ 
»  comte  Pierre  de  bonne  mémoire ,  a  rendu  cet  évêché  à  faint  Pierre  &  à  fes  vi. 
»  Caires ,  &  il  leur  a  laiflc  de  plus  par  fon  teftament  fon  comté  qui  était  de 
•Quifuijutiï  n  fon  droit*,  avec  promette  que  les  heritiers  feroient  vaflaux  du  pontife  Ro¬ 
umain  }  &que  fi  leur  pofteritc  venoit  à  manquer  ,  le  comté  feroit  alors  à  la 
u  difpofition  du  pape  fous  le  gouvernement  de  l’évêque  de  Maguelonne.  II 
uditenfuite,  adrelïant  la  parole  à  ce  prélat  :  Nous  recevons  donc  par  l’an- 
nneau,  des  mains  de  votre  fraternité,  l’inveftiture  de  l’évcchè  de  Maguelon. 
»  ne,  &du  comté  de  Subftancion,  au  nom  de  ce  comte  :  nous  confirmons  la 
«  donation  qu’il  en  a  faite  ,  &  nous  prenons  l’évêché  ôc  le  comté  fous  lapro- 
11  teebion  du  faint  fiege ,  fauf  l’autorité  de  l’ archevêque  de  Narbonne  ,  pourvû. 
»  qu’il  foit  ordonné  légitimement.  Il  commet  enfin  le  foin  du  comté  deSub. 
uftantion  à  l’évêque  Godefroy  &  à  fes  fuccefiëurs ,  avec  celui  de  retirer  tous 
»  les  ans  le  cens  d’une  once  d’or  -,  &en  reconnoiiTance  de  ce  privilège  qu’il  ac- 
»  corde  aux  évêques  de  Maguelonne,  il  les  aftujettit  à  payer  tous  les  ans 
crtrid.ïbiii.  »  eux-mêmes  un  pareil  cens  à  l’égliiè  Romaine.»  On  prétend  c  trouver  daus 
cette  bulle  que  le  pape  Urbain  céda  le  comté  de  Subftmcion  aux  évêques  de 
Maguelonne ,  ce  qui  ne  paroît  pas.  On  ajoute  que  ce  pape ,  par  la  même  bulle, 
preua  Godefroy  d’achever  d’établir  la  régularité  parmi  les  chanoines  de  la 
cathédrale ,  que  lôn  prédeceflcur  avoir  commencé  d’introduire }  mais  ce  fut  pat 
Une  autre  bulle  dont  on  parlera  ailleurs. 

On  doit  inferer ,  ce  femble,  des  termes  dont  Urbain  II.  fe  tert  dans  celle 
dont  nous  venons  de  parler ,  au  fujet  de  Pierre  comte  de  Subftantion  qu’il 
appelle  de  bonne  mémoire .  i8.  Que  ce  comte  confirma  par  fon  teftament  la  dona, 
tion  qu’il  avoit  faite  de  fon  comté  à  l’eglife  Romaine,  z®.  Qu’il  croit  alors  de, 
cédé  :  ainfi  il  mourut  vers  l’an  1086.  il  fut  inhumé  d  dans  la  cathédrale  de 
Maguelonne.  Son  fils  aîné  Raymond  ,  qui  éroit  alors  en  bas  e  âge  lui  fucceda 
dans  le  comté  de  Subftantion  ou  de  Mauguio,  fous  la  tutelle  d’Almodis  de 
Touloufe  fa  mere  ,  qui  furvêcut  fort  long-tems  au  comte  Pierre  fon  mari  5  car 


«rat. 


io8<>. 

d  tr.f.  35  t. 
e  Vr.p.  4)7. 

V.  N  OTE 

2 f^Nor/i  ^lle  vivoit encore  {  en  1 1 34.  Pierre  laiflà  de  cette  princelTe  un  autre  fils  ap- 
ilu  &  note  pellé  Ptfns,  qui  fut  d’abord  religieux  de  faint  Pons  de  Tomieres,  &  deux 
xxxvu.n.4.  fines  .  pune,  dont  on  ignore  le  nom  ,  époufavers  l’an  1080.  Guillaume IV. 


un 


feigneur  en  partie  de  Montpellier  :  l’autre  appellée  Adde  ,  fut  mariée  à 
feignéut  nommé  Pierre  du  Puy.  Quant  à  Godefroy  évêque  de  Maguelon- 
g  «e,  il  fit  un  voyage  8  en  Italie  la  même  année  io86^cafiiftaaumoisde  May  aux 

1086-8-j.  obfeques  de  faint  Anfelme  évêque  de  Luques. 


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DE  UNGUEDOC.  LivXV  , 

à  l’abbaye  de  làint  Victor  de  MarfeiMe  a,  d  £">*  ie  cette  année  xxvu. 

de  làinre  Ma*  de  Narbonne fo"/%*  *  «S"6  «2*SC 
lifts,  Sc  qui  était  lîtuéc  dans  un  fu.vhtC  "j ce  avec  fit  fiffragms  catht.  i*  PLksvJ- 

qualifie  Jw,*r  +  ft  ,“î  V  &  ^  Si. 

cette  donation  dans  le  deflèin  d’établir  defnT-  j  &  declare  quil  fait  rw  &. 
avoitéte  long. tenu  poffedéé  Jr  T, des  niomes  dans  cette  églife,  qui 

d’avoir  en  j/perfonne  des  religieux  q  uU’hfte/rXt  flS‘ 7’  &  **  23^ 

fouferit  pat  ^  ^  <* 

laurae  abbé  de  Pfabnodi  r,  j ZITa  '  4  “  "l|  3bbc  de  Cadres ,  Guil- 
raace  confirma»  cette  union  au  mois  Dai' 

tentent  du  clergé  de  là  cathédrale  en  mvi  "Are  de  an  I0,J8-  du  confen.  >  u,i.p.ii.& 
fonne,  &  de  Bertrand  ^le  dè  Bafcelonf  n  rie 

fainte  Marie,  qui  ed  la  tXémc  p3™t  de  NaTbTnne  71  dc 

une  communauté  de  moines  Tous  r;rr„  a»  -W  .nne  »  ^  E  deflervie  par 
qu'on  donna  à  cette  églife  le  LnÔm  de  ^onvenntel  ;  de  là  vienc 

Lov.irr  dans  le  langage  du  païs  c'èd  '  &  celui  de  1  ’ A- 

i  la  congrégation  de8  |im  MauV  ni f  ’  “  cfl  uni  d  Prefe>lc 

fida  b  au  mois  de  Septembre  de  lç£ T !-,de  Narfaoil"e  Fd- 
fc  tint  alors  à  l'abbaye  de  Paint  Epienne  de  Baon"  fT**  f*  affemblbt 
aalu  8e  le  diocèfe  de  Gironne  ,  pour  la  dédiewf  de  I ’éTf  a  de„Be-  &J"1' 

Les  évêques  Berertger  de  Gitmtne  Pierre  S  n“  mgbfe  de  cen'°”dlere. 
fonne.  dodefroy  d!  Magne  lonne  ’  &  B  rtrlnd  de  ’  B?“g“d'Au- 

à  cette  ceremonie,  avec  un  grand  Nombre  a» T • •  Blrcelo"e  fe  «ouverent 
comte  de  Bezalu  L’acte  ed  Ibufcrir  e  elgneuts»  entr  ancres  Bernard 

&  Gibellin  archevêque  d’ides  ^  ^  Matfred  *****  Beziers. 


ïS3âE£F*^MS=r: 

î:Sà:.«.£& 


laume  abbede  fakPaîTffi  1  °9^  T  C?nfeil  deGui1-' 

monaftere  de  l’AmourguL de  <0“  au  ’ 

?£irmeî^e^fio^?fo\fs 1  Dfi'  ’ qU>iI  tci'uk  *  de  ^nfacrer'  Armudévêqüê  <»  Mfp, 

gnoit  que  ce  ièrment  ne  nrot-prlîr  a„  i  ^ n S  °e  1oiî.  eëi“e’  &  (ÎU]1  crai-  V>Uij,.A. 
qu’ürbln  H.  eûtcS^te  tefeTr*^00^'- 

ïrSw^S-S 

«tierement  purgPé.  mformations  fur  les  fieux.  Arnaud  fe  L 

Vilfe^u  7  NarV°e  tompetiteur  de  Dalmace  dans  l’archevêché  de  cette 

tta'du  ?  Mars  r  lt‘!  'oI°7ire7“-  Nous  avons  du  moins  un  aâe a  »  r,,. 
à'hiave  1 7  f  d  j-  Îo89;  .dans  lecluel  P^rre  ne  prend  que  le  titre  & ^ 

aupXam  YfondI  e„“  efe  a,'  *  N~b‘™  ^ 

é?l t  pr^B^nger^ 

a  ,e>  11  ne  depuis  la  rcfidcnce  ordmaire  à  Narbonne  où  il  ivair^K^ 

de  cette  vifiae"; 


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HISTOIRE  GENERALE 

il  fonda  *  enrr’autres  dans  le  diocèfe  de  Rodez  , 


An.  1086.  de  la  pieté  :  il  fonda  *  cntr’autres  dans  le  diocèfe  de  Rodez  ,  qu‘il  gou. 
a  ùU.&wjtr.  verna  pendant  vingt-fixans,  lemonaftere  du  faint  Sepulchre  de  Villeneuve. 
,  ,C>xxix.  On  vient  de  voir  que  Raymond  de  laine  Gilles  étoic  à  Narbonne  au  mois 
itnymond  de  d’Avril  de  l’an  1086.  Il  partit  bientôt  après  de  cette  ville  pour  faint  Gil- 


S  Ciill  s  marie 


lœur  avec  le 
comte  cie  Cler¬ 
mont  eu  Au- 

b  G  4M  fri  J. 


Bmme  de  s  -  ^cs  >  ^  a^a  recevo*r  Emme  fa  belle-fœur  ,  fille  de  Roger  comte  de  Sicile, 

eik  ia  Le  le-  Un  auteur  b  dutems  rapporte  les  circonftances  fuivantes  du  voyage  de  cette 
princelle  :  »  Le  roi  Philippe  I.  dit  cet  auteur ,  ayant  formé  ledelfein  de  ré¬ 
pudier  la  reine  Berthe  la  femme  ,  envoya  des  ambaffadeurs  au  comte  de 
»  Sicile  pour  lui  demander  en  mariage  Emme  fa  fille  ,  qu’il  avoit  eue  de  fa 
Miuufc'.t.  ”  première  femme.  Le  comte  qui  ignoroit  les  vues  du  roi ,  équippa  une  flot- 
»  te  ,  fit  partir  fa  fille  avec  une  dot  6c  des  prefens  confiderables ,  6t  l’envoya 
»àlaint  Gilles  au  comte  Raymond  fon  gendre,  en  qui  il  avoit  une  entière 
«confiance,  6c  qu’il  chargea  de  remettre  cette  princefie  au  roi  ,  lequel 
»  devoit  Palier  recevoir  dans  ce  lieu.  Raymond  informé  que  le  véritable 
«  delfein  de  Philippe  ctoit  de  fe  faifir  des  tréfors  que  la  princelle  de  Sicile 
«apportoit  avec  elle  pour  fa  dot,  6e  non  pas  de  l’époufer,  fongea  à  fes  pro- 
»  près  interets.  Il  reçût  Emme  avec  honneur  j  mais  lous  prétexte  de  vou. 
»  loir  la  marier  avec  quelque  grand  feigneur  au  défaut  du  roi  ,  il  envoya 
«demander  aux  capitaines  des  vaiflèaux  de  la  part  de  la  princefie  ,  qu’on  lui 
»  remît  l’argent  qu’elle  avoit  apporté,  6e  dont  il  vouloit  s’emparer.  Les  gens 
»  que  le  comte  Roger  avoit  donnez  à  fa  fille  pour  l’accompagner,  fe  dou- 
»  tant  de  quelque  fupcrcherie  ,  levèrent  l’ancre  aulfi-tôt,  laillèrent  la  prin- 
»  celle  entre  les  mains  de  Raymond  ,  6e  arrivèrent  ainfi  en  Sicile  avec  tous 
«  lestrélors.  Raymond  ,  quoique  trompé  dans  fon  attente  ,  en  agit  cependant 


«  très-bien  à  l’egard 


de  fa  belle-fœur  ,  6e  la  maria  avec  le  comte  de  Cler- 


ubac. 


»  mont. 

Tel  eft  le  récit  que  nous  a  lailîe  de  cet  événement  Geoffroy  Malaterre  qui 
écrivant  vers  ce  tcms-là  en  Sicile  pouvoir  en  être  informé.  Quelques  moder- 
e  v.  b alux..  nes  c  y  trouvent  cependant  de  grandes  obfcuritez  ,  6e  des  dilficultez  qui  pa- 
4tmirg.nA.  roiirent  infurmontables  ;  ce  font  leurs  termes.  «  La  principale ,  di(ent-ils ,  eft 
t-H'&fii’  «l’ignorance  où  étoit,  fuivant -l’ancien  hillorien  ,  le  comte  de  Sicile  ,  lorfque 
»  le  roi  Philippe  lui  demanda  Ci  fille  en  mariage ,  que  ce  prince  eût  répudié  la 
«reine  Berthe, 6e epoufé  la  comtcife  d’Anjou  j  affaire  qui  fit  un  fi  grand  éclat 
«dans  le  monde,  6e  qui  n’arriva  d’ailleurs  que  plufieurs  années  après,  lous 
«le  pontificat  d’Urbain  II.  Enfin,  ajoùtent-ils ,  Philippe  étoit  fi  amoureux 
«  de  Bertrade  dans  les  commcncemens  de  fon  divorce  ,  qu’il  n’y  a  pas  lieu 
«de  préfumer  qu’il  ait  pù  en  ce  tcms-là  porter  fes  penfées  ailleurs.  Mais  Geof¬ 
froy  ne  dit  pas  que  Philippe  eut  répudie  Berthe  lorfqu’il  demanda  la  princelle 
d  d an.hiflj,  de  Sicile  en  mariage  ,  comme  ces  auteurs  d  ,  qui  rapportent  cet  événement 
Fr»»  ■. P 1077.  ^  pan  1092.  le  fuppofent  5  mais  feulement  quil  vouloit  *  la  répudier.  Et  en 
pelleté.*1.11  ten-  effec,  Geoffroy  parle  de  ce  voyage  d’Emme  de  Sicile  en  France  fous  l’an 
10S6.  Rien  n’émpêche  donc  que  le  roi  de  France  dégoûté  de  Berthe  ,  ait 
réfolu  en  1086.  de  la  répudier  ,  comme  il  fit  dans  la  fuite  ,  fous  prétexte  de 
parenté , 6c  que  le  comte  de  Sicile  comptant  fur  cette  répudiation,  lui  ait 
accordé  fa  fille.  D’un  autre  côté  Raymond  de  faint  Gilles  6c  les  Siciliens 
voyant  que  ce  prince  ne  rompoit  pas  fon  mariage  ,  6c  ne  venoit  pas  au  devant 
d’Emme,  comme  il  l’avoit  promis,  peuvent  l’avoir fupçonne  de  n’en  vouloir 
qu’à  fa  dot.  Tout  cela  n’a  rien  de  contraire  au  récit  de  Geoffroy,  6c  .n’im¬ 
plique  aucune  contradiction. 

Au  refte  nous  ne  doutons  pas  que  le  comte  de  Clermont ,  que  la  princefie  de 
Sicile  époufa  ,  ne  foit  le  même  que  le  comte  de  Clermont  en  Auvergne,  6c 
non  le  comte  de  Clermont  en  Sicile  ,  comme  le  fuppofe  un  auteur  moderne, 
fous  prétexte  que  Robert  II.  comte  d’Auvergne  etoit  alors  marié  avec  Judith 
de  Melgueil  qui  lui  furvêcut.  Mais  Emme  de  Sicile  peut  avoir  époufé  en 
1086.  ou  1087.  Guillaume  VI. fils  du  même  Robert  II.  âge  en  ce  tems-làde 
19.  à  20.  ans:  car,  1  ".  On  ne  connoît  pas  dans  quelle  mailon  le  même  Guil¬ 
laume  VI.  s’allia,  &  on  ignore  le  nom  de  fa  femme.  z°.  Il  eft  certain  ,  fuivant 
Geoffroy  Malaterre  ,  que  Raymond  de  faint  Gilles  maria  Emme  fa  belle- 
fœur  en  deçà  de  la  mer  6c  en  France ,  6c  non  en  Sicile.  D’ailleurs  cette  pria». 


:  B»Iuz.ilid. 


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1087. 

Pr.p.  $15. 
Mab.ad  anrtk 
1077.  n.  4.  ad 
ann.10%6  .n.7 . 


DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV.  *7i 

eefTe  n’avoit  aucun  befoin  de  ce  comte  pour  fe  marier  en  Sicile.  30.  Guillau-  An.io86~. 
me  VI.  qui  fuccedaenfuice  au  comté  d’Auvergne ,  fut  fort  lié  d’amitié  avec 
Raymond  de  faine  Gilles ,  qu’il  fuivic  »  à  la  guerre  fainte.  40.  Enfin  il  paroît  %m.f. 
certain  que  le  même  Guillaume  portoit  en  1 086.  le  titre  de  comte  de  Cler¬ 
mont  ,  pour  fe  diflinguer  du  comte  d’Auvergne  fon  pere  :  en  effet  il  eft  parlé  b  Aliène,  ebr . 
de  lui  tous  le  nom  de  comte  de  Clermont ,  en  1096.  b  lorfqu’il  partit  pour  la  ^ 

Croifade.  En  r  *03.  il  prcnoicc  la  qualité  de  comte  £  Auvergne  ;  d’où  l’on  doit  pV'ff*  ‘ 
conclure  que  Robert  II.  fon  pere  mourut  durant  cet  intervalle. 

Raymond  de  faint  Gilles  alfifta  fans  doute  aux  noces  du  comte  de  Cler-  G***en,re 
mont  &  d’Emme  fa  belle-focur.  Nousfqavonsdu  moins  qu’il  fit  un  voyage  du  Adcmar  m- 
côté  d’Auvergne  quelque  tems  après  l’arrivée  de  cette  princefïe,  èc  qu’il  étoit  8“c  ^mtc» 
au  Puy  d  le  premier  d’Avril  de  l’an  1087.  lorfqu’Ademar ,  ou  Aymar  évêque  de  police, 
de  cette  ville,  du  confentemcnt  de  fes  chanoines ,  donna  l’églife  d’Uflon  dans  laint 

fon  diocèfe,  à  l’abbaye  de  la  Chaife-Dieu.  Raymond  fut  le  premier  des  laï-  -  ' 
ques  qui  fouferivit  à  cette  donation  ,  dans  laquelle  il  fe  qualifie  comte  de  Rouer-  A 
yue.  L’évêque  Adcmar1-'  ctoit  alors  de  retour  d’un  pèlerinage  qu’il  avoitentre-  e 
pris  l’année  précédente  à  la  Terre  fainte. 

Durant  fon  abfence  Guillaume  III.  abbé  de  faint  Chaffre  étant  venu  à  dé¬ 
céder  ,  les  religieux  élurent  à  fa  place  Guillaume  IV.  que  faint  Hugues  évê¬ 
que  de  Grenoble,  avec  lequel  ce  nouvel  abbé  avoir  contracté  des  liaifons  très- 
étroites,  benitauPuy  en  1087.  Guillaume  IV.  étoit  fils  de  Geilin  comte  de 
Valentinois ,  bienfaiteur  de  l’abbaye  de  faint  Chaffre.  11  fit  lui-même  des  biens 
infinis  à  ce  monaflere ,  Sc  le  rétablit  prefque  entièrement.  Il  fit  tranferire 
toutes  les  chartes  dans  un  cartulaire  par  un  de  fes  religieux  ,  qui  y  inféra  en 
même  tems  la  chronique  du  monaflere.  Il  fonda  pour  des  filles  celui  de  faint 
Pierre  de  Fraiffinet ,  fitué  au  voifinage  de  faint  Chaffre,  dont  il  dépend  en¬ 
core  aujourd’hui.  Il  obtint  d’Ademar  évêque  de  Rodez  l’eglifè  de  S. Sauveur 
de  Scverac  ,  fituée  fur  les  frontières  du  Rouergue  &.  du  Gevaudan  ,&  y  éta¬ 
blit  une  communauté  de  fes  religieux  :  enfin  ayant  fait  un  voyage  à  Rome 
en  1090. 1  lepapeürbain  II.  lui  accorda  un  privilège  pour  fon  abbaye. 

Cet  abbé  eft  le  même  ,  quoiqu’on  ait  avancé  é  le  contraire,  que  Guillaume 
■auparavant  moine  ,  enfuite  abbé  de  S.  Chaffre ,  qui  vivoit  encore  en  1 1  34.  &  fv.  td.  10.  % 
dontle  B.Guigues  prieur  delà  grande  Chartreufc  fait  mention,  dans  la  vie  qu’il  l66‘ 
écrivit  alors  de  faint  Hugues  évêque  de  Grenoble.  En  effet,  fuivantle  témoi¬ 
gnage  du  même  auteur1',  cet  abbé  Guillaume ,  delà  pieté  duquel  il  fait  un 
sort  grand  éloge  ,  étoit  en  ce  tcms-là  extrêmement  âgé ,  &  avoir  été  difciple 
de  laintHugues ,  avec  lequel  il  avoir  vécu  plus  de  vingtans  dans  le  défert  de 
la  Chartreule,  lorfque  faint  Bruno,  leur  ami  commun,  jetta  les  fondemens 
de  ce  monaflere  vers  l’an  1  oS  3.  Guillaume  IV.  fut  donc  abbé  de  faint  Chaffre 
depuis  l’an  1087.  jufqu’cn  1  1  3  5.  qu’il  décéda. 

Ademar  évêque  du  Puy  après  fon  retour  de  la  Terre  fainte  fit  tout  fon 
poffible  pour  retirer  des  mains  des  laïques  les  biens  ecclcfiafliques  dont  ils 
s’étoient  emparez  dans  fon  diocèfe.  Les  deux  vicomtes1  de  Polignac ,  Pons  &  ipr.p.8, 
Heracle  ,  avoientufurpé  entr’autres  par  violence  la  troifiéme  partie  du  revenu 
-de  fon  églife.  Ce  prélat  pour  faire  ceflcr  leurs  vexations ,  &  défendre  les  droits 
de  fon  clergé  >  eut  recours  à  la  force  ,  leva  des  troupes ,  êc  déclara  la  guerre 
aux  deux  vicomtes  qui  croient  freres ,  &  qu’il  obligea  enfin ,  après  divers  com¬ 
bats,  de  venir  à  compofition.  Ils  fe  defiflerenr ,  moyennant  la  lbmmcde  vingt- 
cinq  mille  fols ,  monnoye  du  Puy ,  qu’Ademar  leur  compta ,  de  toutes  leurs 

Ê rétentions  fur  l’églife  de  cette  ville  ,  qui  recouvra  par-là  fon  ancienne  x  xj 
berté.  A  leur  exemple  les  autres  feigneurs  du  pais  abandonnèrent  la  dîme  Raymond  da 
•de  diverfes  éelifes ,  fur  lefqucllcs  ce  prélat  impofa  un  cens  pour  l’entretien  s-  Gilles  bien* 
de  fes  chanoines.  t  ba>c  de  i«»c 

Les  grands  domaines  que  Raymond  de  faint  Gilles  pofledoit  aux  environs  Andrc  d'Avi- 
du  Rhône,  l’engageoient  à  faire  fa  principale  réfidence  dans  ces  cantons.  Il  /ufc* 
étoit  en  108  8.  à  l’abbaye  de  faint  André  furie  bord  occidcntal-de  ce  fleuve  &  de  l’oiquic- 

à  j»a„: -  lorfqu’il  fit  deux  donations  k  confidérables  à  ce  mona-  — _ 

'  *  .  ‘  1088. 


f  Ruirt.  vit. 
Urb. II.  n.  71» 
g  G.iff.  chn 


h  Boll.  to.  i. 
‘dpril.pl6.49o 
6*4$. 


vis-a-vis  d’Avignon  , 


-ftere,  dont  Pierre  étoit  abbé.  Par  la  première  il  lui  donne  le  Puy  ou  montagne  IO°®. 
d’Andaon  où  il  ctoit  confirme  ,  avec  le  village  voifîn  ,  celui  d’Angles  ,  &c. 


Tome  II. 


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Àn.io88. 


a  K.  GalUhr. 
nov.  ed.  to.  i. 
/•  *ÎJ- 


b  NOTE  LU. 


XXXII. 
Guillaume  IV. 
difpofe  du 
comte  deTou- 
loufe  &  de  Tes 
autres  domai¬ 
nes  en  faveur 
de  Raymond 
fon  ftcrc. 


e  Pr.  p.  304. 

d  V.Liv.TLW. 
H.  IOJ. 

cPr.  p.  j*i. 
f  Gaufrid.  Vof. 
chron .  p.  304. 
F.  Ftrrtras 


g  NOTE  XL. 

»•  A'&Mï- 


XXXIII. 
Duché  de 
Kaibonnc. 


171  Histoire  generale 

ü'*  /rf  même  maniéré  que  fer  prèdeceffeurs  les  lui  avoient  donnez^,  avec  permiflîoil 
à  Tes  vaflaux  de  difpoièr  des  fiefs  qu’ils  pofledoient  dans  fon  comte ,  en  faveur  de 
cette  abbaye,  à  laquelle  il  donna  par  le  fécond  a&e  le  mont  T odon  dans  le  dio^ 
cèle  de  Cavaillon  »,  avec  divers  autres  domaines.  La  première  de  ces  deux  do¬ 
nations  eft  fouferite  parpluficurs  fcigncursdu  païs ,  entr’autres  par  Guillaume 
de  Sabran ,  Elzear  d’Ufcz  ,  Roftaing  de  Pofquicrcs ,  Gibcllin  de  Sabran,  & 
Ripert  de  Caderoullc  de  la  part  du  comte  ;  par  Albert  évêque  d’Avignon, 
Roftaing  prieur  de  faint  André  ,  2c  les  autres  religieux  de  ce  monaftere  de  la 
part  de  l’abbé. 

Elzear  eft  le  plus  ancien  feigneur  d’Ufcz  dont  nolis  ayons  Connoifiance.  Il 
vivoit  encore  b  en  1 1 1 3.  &  fut  pcrc,  à  ce  qu’il  paraît,  de  Raymond-Decan, 
&  de  Rainier  ou  Rainon  fon  frere ,  qui  partageront  la  fèigneurie  d’Ufcz ,  &  la 
tranfmirent  à  leurs  defeendans.  Le  premier,  qui  décéda  en  113S.  poflèda 
aulfi  la  feigneurie  de  Pofquicrcs  dans  le  dioccfc  de  Nifmes ,  2c  fc  qualifia  com¬ 
munément  Raymond-Decan,  ou  Dccan  de  Polquicres.  Nous  conjecturons 
de-là  que  Roftaing  de  Pofquicrcs,  dont  nous  venons  de  parler  ,  &  qui  vivoit 
dès  l’an  1065.  n’eut  qu’une  fille  qui  fut  fon  héritière,  &  qu’elle  porta  la  baronie 
de  Pofquicrcs  dans  la  maifon  d’Ufez ,  par  fon  mariage  avec  le  même  Raymond, 
Dccan.  Nous  parlerons  ailleurs  de  la  pofterité  de  ce  dernier  6e  de  celle  de 
Rainon  fon  frere. 

Raymond  de  faint  Gilles  fe  qualifie  comte  de  Touloufe,  duc  de  Narbonne  & 
marquis  de  Provence  dans  les  deux  donations  qu’il  fie  en  1  0S8.  à  l’abbaye  dè 
faint  André-,  ce  qui  prouve  i°.  Qu’il  prenoit  le  titre  de  comte  de  Touloufe 
du  vivant  de  Guillaume  IV.  comte  de  cette  ville  fon  frere  i  auquel  il  fuccedà 
quelques  années  après.  i°.  Qu’il  fèregardeit  par  conféquent  dès-lors  comme 
Ion  héritier  préfomptif ,  quoique  Guillaume  eut  une  fille  qui  lui  furvccut  ;  mais 
pour  mieux  développer  ce  point  important  de  notre  hiftoirc ,  il  faut  reprend 
dre  les  choies  de  plus  haut. 

On  a  déjà  vii  que  Guillaume  IV.  comte  de  Touloufe  fut  marié  deux  fois; 
i°.  Avec  Mahaut  qu’il  avoir  epoufee  avant  l’an  1067.  z°.  Avec  Emme  de 
Mortaing.  Il  eut  de  ces  deux  femmesau  moins  deux  fils,  auxquels  il  furvêcut. 
L’aîné  «nommé  Pons  vivoit  vers  l’an  1080.6:  mourut  fort  jeune.  Il  fut  inhume 
avec  fon  frere,  donc  011  ne  marque  pas  le  nom  ,  2c  qui  décéda  aulfi  dans  l’en¬ 
fance  ,  en  un  même  tombeau  qu’011  voit  encore  hors  de  l’cglife  de  S.  Sernin  de 
Touloufe ,  comme  nous  l’avons  marqué  d  ailleurs.  Guillaume  eut  une  fille  nom¬ 
mée  Philippe e,  d’Emme  de  Mortaing  fa  fécondé  femme.  U  la  maria (  vers  l’an 
1086.  à  Sanche  roi  d’Aragon  6e  de  Navarre  ,  qui  avoit  époufé  en  premiè¬ 
res  noces  Felicie ,  laquelle  mourut  le  14.  d’Avril  de  l’an  10S5.  Philippe  dè 
Touloufe  furvccut  au  comte  Guillaume  Ion  pere,  2c  fe  remaria  dans  la  fuite 
avec  Guillaume  IX.  comte  de  Poitiers  6:  duc  d’Aquitaine.  Elle  prenoit  quel¬ 
quefois  le  nom  de  Mahaud. 

Guillaume  IV.  comte  de  Touloufe  g,  quelque  tems  apres  avoir  perdu  fes 
deux  fils,  fc  voyant  fans  cfpérance  de  laifler  des  enfans  mâles  ,  appella  i 
fa  fuccelfion  Raymond  Ion  frere  ,  2c  lui  céda  ou  vendit  de  fon  vivant  le 
comté  de  Touloufe  2c  tous  fes  autres  domaines  ,  auxquels  il  paroît  d’ail¬ 
leurs  que  Raymond  ctoit  lubftitué.  Ce  dernier  fc  qualifia  comte  de  Tou¬ 
loufe  auffi-tôc  après  cette  ceffion  ou  cette  vente  ,  2c  on  vient  de  voir  qu’il 
prenoit  cette  qualité  en  1088. 

Quant  au  titre  de  duc  de  Narbonne  que  Raymond  fe  donnoi  t  en  meme  tems, 
2c  qu’il  tranfmit  à  fes  defeendans  ,  il  n’eft  pas  différent  de  celui  de  marquis  de 
Gothie  ou  de  Septimanie  5  dignité  qui  avoit  pafl'é  dans  fa  maifon  après  la 
mort  de  Guillaume  le  Pieux  duc  d’Aquitaine  ,  6:  qui  ayant  cté  poffedée  de¬ 
puis  pendant  long-tems  par  la  branche  de  Rouergue  ,  avoit  été  réunie  à  la 
fienne  en  fa  perfonne  2c  en  celle  de  fon  frere.  Par-là  Raymond  fit  revivre 
l’ancien  titre  de  duc  de  Septimanie  que  fes  prédecelîeurs  avoient  porté  autre¬ 
fois  ,  6c  il  ne  fit  que  changer  le  nom  de  Septimanie  ou  de  Gothie  en  celui  de 
Narbonne,  ville  métropolitaine  de  cette  province.  Il  en  poffèdoit  d’ailleurs  la 
plupart  descomtez  particuliers,  dont  lui  2c  fes  fucceffèurs  réunirent  la  déno¬ 
mination  fous  celle  de  duc  de  Narbonne,  comme  ils  comprirent  celle  de  comte 


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r 


DE  LANGUEDOC.Liv.XV.  *7J _ 

Querci,  de  Rouergue  &:  d’Albigeois ,  fous  le  titre  de  comte  de  Touloufe.  Au  An. 108  8. 
relie  comme  il  paroît  que  Guillaume  IV.  fe  qualifioit  duc  d’ailleurs  ,  &  qu’il 
partageoit  avec  Raymond  l'on  frere  l’autorité  lür  la  Gothie  ou  Septimanie, 

1  J  r  i  i*  tii  •  1  >  x  a  F.  hOJE 

ce  dernier  ne  prie  lans  douce  le  titre  a  de  duc  de  cette  province ,  qu  apres  nll 
s’être  alluré  la  polTelIion  entière  de  tout  le  pais ,  par  la  ceiüondont  on  vient 
de  parler. 

On  a  explique  ailleurs  les  droits  de  Raymond  de  faint  Gilles  fur  la  moitié  ^«quîtsirde 
deb  la  Provence,  dont  il  prit  fans  doute  le  titre  de  marquis ,  pour  fe  diftin-  pt0vcoce. 
guer  des  defcendansdeGuillaume  I.  partagez  en  deux  branches,  qui  s’en  di- 
loient  comtes,  &:  avoient  droit  à  l’autre  moitié.  Il  dominoit  avec  eux  par  in¬ 
divis  fur  toute  cette  province  qui  s’étendoit  depuis  l’Ifere  julqu’à  la  mer  ^de¬ 
puis  les  Alpes  jufqu’au  Rhône  :  ainfi  le  marquifat  de  Provence  n’avoit  pas 
encore  de  limites  réglées.  Il  eft  certain  en  effet  que  Raymond  de  faint  Gilles 
ctendit  également  fon  autorité  pendant  fa  vie  fur  la  haute  &  la  baffe  Provence. 

La  première  échut  dans  la  fuite  à  Alfonfe  fon  fils ,  &  compofa  le  marquifat 
de  Provence  l’autre,  qu’on  nomma  comté  d’Arles  ou  de  Provence,  au  comte 
de  Barcelone  ,  par  le  partage  de  cette  province  dont  ces  deux  princes  convin¬ 
rent  enfin  en  1 1 1  j.  _ . 

On  voit  manifeftement  que  Raymond  de  faint  Gilles  dominoit  en  1089.  fur  1089. 
la  baffe  Provence ,  par  le  récit  du  différend c  qui  s’éleva  alors  entre  Aldebert  c  G*n.ebr.r*v. 
abbé  de  Lerins,  &c  le  cardinal  Richard  abbé  de  S.  Viétor  de  Marfeille.  Ces  *  £rfej’ 
deux  abbez  s’en  étoient  d’abord  rapportez  à  la  décifion  de  certains  arbitres:  k 
mais  le  dernier  n’ayant  pas  voulu  fèloùmettre  à  la  fcntence  arbitrale  ,  eut  re-  l0i9'n ’ lx' 
cours  au  comte  Raymond  afin  qu’il  là  caffat  de fon  autorité.  Les  parties  convinrent 
cependant ,  du  confentemcnt  de  ce  comte  ,  de  nouveaux  arbitres ,  qui  rendirent 
leur  jugement ,  enptefence  &  avec  C  approbation  du  même  Raymond  comte  de  faint 

Giüeu  .  .  xxxv. 

Si  la  Gothie  ou  Narbonnoife  I.  reprit  fon  ancien  luftre  par  rapport  au  tem-  EmrCprifc  de 

porel  fous  l’autorité  de  ce  prince  ,  elle  en  perdit  une  partie  vers  le  même  Bcrc^ct  évi- 
tems  pour  le  fpirituel  ,  par  le  rétablillement  de  la  métropole  de  Tar-  ?u"c  u^uriîa!- 
ragone  ;  ce  qui  dépouilla  les  archevêques  de  Narbonne  de  la  jurifdidion  ftioo  métro, 
dont  ils  avoientjoui  paifiblement  depuis  le  VIII.  fiecle  jufqu’alors ,  fur  tou- 
te  la  Marche  d’Efpagne  ou  Catalogne.  Les  comtes  de  Barcelone, de  quelques  dcNaitoone. 
évêques  du  pais,  avoient  à  la  vérité  fait  quelques  tentatives  durant  cet  in¬ 
tervalle  d  pour  fouftraire  cette  province  à  l’autorité  métropolitaine  des  arche-  d  v-  liv’xi- 
vêques  de  Narbonne  5  mais  tous  leurs  efforts  avoient  été  inutiles.  En  dernier  ”‘}7' 
lieu  Raymond  comte  de  Barcelone  avoit  eu  deflèin  <•*  en  1017.  à  ce  qu’il  pa-  e  Mm.uîff. 
roît ,  lorl'que  la  mort  le  furprit ,  de  rétablir  l’archevêché  de  Tarragone  j  & 
Raymond-Berenger  I.  fon  lucceffeur  s’étant  emparé  des  ruines  de  cette  ville 
furies  Sarafins  en  1050.  projetta  de  la  réparer  fie  d’y  remettre  l’archevêché. 

Ces  projets  étant  demeurez  fans  execution ,  les  évêques  de  la  Marche 
d’Efpagne  continuèrent  de  reconnoître  la  métropole  de  Narbonne  jufqu’en 


vêché  de  cette  ville ,  &  il  y  réufiïc  enfin. 

Ce  prélat f  s’étant  rendu  à  Rome,fous  prétexte  d’aller  vifiter  les  tombeaux  f  JW.  f.nt*. 
des  faints  Apôtres,  s’adreffiau  pape  Urbain  II.  ôc  lui  ayant  fait  entendre  ce 
qu’il  voulut ,  il  l’engagea  à  écrire  le  premier  de  Juin  de  l’an  1 08 9. une  lettre 
commune  à  Berenger  comte  &  marquis  de  Barcelone ,  à  Ermengaud  comte  d’Ur- 
gel ,  &à  Bernard  comte  de  Bezalu  jà  tous  les  évêques  de  laprovincedc  Tarra¬ 
gone  &  de  Barcelone-,  aux  vicomtes,  &  enfin  aux  autres  feigneursecclefiaftiques 
&  laïques  du  pais.  Le  pape  leur  marque  que  Berenger  évêque  d’Aufonne,dont  il 
fait  un  grand  éloge,  lui  ayant  reprefenté  les  privilèges  que  fon  églile ,  qui 
étoit  celle  de  Tarragone ,  avoit  obtenus  autrefois  du  faint  fiege  ,  il  avoit  réfolu 
d’en  relever  la  dignité.  Dans  cette  vue  ,  il  les  exhorte  à  rebâtir  auparavant 
cette  ville  ,  pour  la  mettre  en  état  d’avoir  un  fiege  èpifcopal ,  &  les  charge  de  ce 
foin  en  compenfâtion  de  la  penitence  qu’ils  dévoient  faire  pour  la  rémif. 
fion  de  leurs  pechez.  Ilperfuade  enfuite  à  ceux  qui  voudroient  entreprendre 
T  orne  II.  M  m 


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V 


An.io8j>. 


i  Marc.  Hifp. 

m°j-  &fa- 


b  V.  ibid.  /». 
4*8- &  «70. 
Rmn.vif.  Urb. 
Jl  n.+9-*f-& 

fa- 


XXXVI. 

'  V  L  i .  Concile 
Je  Touloufc. 

c  Bertol.  ebron. 

ConciLto.  10. 
f*  479-&fa- 

Roder. lolet-l . 

6,c.i6- 

105)0. 


i  Balaz.  Mife . 
go. 

fa- 


c  Marte ». 
Anecd.  to.  4. 
uo. 


174  HISTOIRE  GENERALE 

le  pèlerinage  de  Jerufalem ,  ou  rout  autre,  d’employer  au  rétabliflèment  de  Pé* 
glife  de  Tarragone  les  dépenfes  qu’ils  feroient  obligez  de  faire  dans  cesvoya- 
ges,  afin,  dit-il,  que  cette  ville  puiflè  fèrvir  de  boulevard  contre  les  Sara* 
lins.  Il  leur  accorde  la  mime  indulgence  qu’ils  gagneroient  en  faifant  ces  divers 
pèlerinages  ,  6c  promet  de  rendre  après  ce  rétabliflèment  à  l’évêque  d’Au- 
fonne  ,  6c  à  l’églife  de  Tarragone  leur  ancienne  dignité.  »  Sauf  cependant , 
Majoûte-t-il ,  la  juftice  qui  elt  due  à  l’églife  de  Narbonne.  Mais  fi  l’arche- 
»  vêque  de  cette  ville  ne  peut  pas  prouver  que  la  province  de  Tarragone  eft 
»  foumife  à  fon  autorité  en  vertu  d’un  privilège  du  faint  fiege  ,  nous  remettrons 
m  alors  celle  de  Tarragone  dans  fes droits,  6c  nous  accorderons  le  Pallium  i 
3s  1’cvêque  Berenger.33  11  leur  enjoint  enfin  d’aider  ce  prélat  de  tout  leur  pou* 
Voir  pour  le  rétabliflèment  de  Téglife  de  Tarragone. 

On  voit  par  cette  lettre  i*.  Que  l’évêque  d’Aufonne  fit  entendre  i  Ur¬ 
bain  que  l’ancien  archevêché  de  Tarragone  avoit  été  uni  à  fon  églile.  Ea 
effet,  Aton  fon  prédeccflèur  avoit  obtenu  cette  union  en  971.  du  pape  Jean 
XIII.  mais  il  n’eut  garde  de  lui  faire  remarquer  que  la  bulle  n’avoitpas  =  eu 
fon  execution  ,  par  l’oppofition  de  l’archevêque  de  Narbonne ,  6c  des  évê* 
ques  de  la  Marche  d’Efpagne  qui  avoient  refufé  de  recevoir  6c  de  reconnoî- 
tre  ce  privilège  fübreptice.  20.  Que  le  defTein  du  pape  b  étoit  de  foumettre 
1’évcché  de  Tarragone  après  fon  rétabliflèment  à  î’autorité  des  archevêques 
de  Narbonne,  comme  à  celle  de  fon  métropolitain  naturel  :  mais  la  claufe 
qu’il  inféra  dans  la  lettre  ,  6c  que  l’évêque  d’Aufonne,  qui  avoit  fes  vues,  lui 
infpira  fans  doute,  en  empêcha  l’effet  ;  car  lorfque  les  églifes  de  la  Marche 
d’Efpagne  furent  incorporées  dans  la  province  de  Narbonne,  ce  n’étoit  point 
l’ufage  qu’on  s’adreffat  au  pape,  foit  pour  l’ére&ion  ou  tranflation  des  évêchez, 
foit  pour  leur  union  à  quelqu’autre  province.  L’autorité  des  conciles  natio¬ 
naux  ou  provinciaux  ,  6c  celle  des  princes  temporels  avec  le  confenrement 
des  peuples  fuffifoit  pour  cela.  Ainfi  l’archevêque  de  Narbonne  n’étoit  pas  en 
état  de  produire  le  privilège  du  faint  fiege  qu’on  lui  demandoit ,  pour  prou¬ 
ver  fon  autorité  fur  la  Marche  d’Efpagne.  Il  n’avoit  à  oppofer  qu’une  jouif, 
fance  non  interrompue  de  près  de  quatre  fiecles  :  Jouiflance  qui  fembloit  mé¬ 
riter  quelque  attention  j  la  demande  du  rétabliflèment  de  l’archevêché  de 
Tarragone  n’étant  faite  fur-tout ,  ni  par  le  roi  de  France fouverain  dupais, 
ni  par  les  évêques  de  la  province  ,  ni  parles  peuples. 

La  bulle  d’Urbain  n’eut  pas  été  plutôt  rendue  publique  en  deçà  des  Alpes, 
que  Dalmace  archevêque  de  Narbonne  réfolut  de  faire  un  voyage  à  Rome 
pour  en  obtenir  la  révocation  ,  &  y  foûtenir  les  droits  de  fon  égli/c.  Il  ailîfta 
auparavant  à  un  concile  qui  fut  tenu  à  Touloufèc  au  printems  de  l’an  1090. 
6c  auquel  fe  trouvèrent  avec  les  évêques  de  la  Gaule  Gothique  ,ceux  dédiver- 
fes  provinces.  Le  pape  avoit  ordonné  à  fes  légats  de  le  convoquer  pour  la 
correction  des  mœurs  &  pour  la  difeipline.  Ifarn  évêque  deTouloule  y  futaccu- 
fé  de  divers  crimes^mais  il  fe  juftifia  fi  bien, qu’il  fut  pleinement  abfous.  Bernard 
archevêque  de  Tolede  fe  trouva  à  ce  concile  :  il  revenoit  alors  de  Rome  où 
le  pape  lui  avoit  accordé  la  primatie  fur  l’Efpagne.  Alfonfe  VI.  roi  de  LeonSc 
de  Caftille  y  envoya  de  fon  côté  des  ambafladeurs  ,  &  demanda  des  légats 
apoftoliques  pour  rétablir  le  chriftianifme  dans  la  ville  de  Tolede  qu’il  avoit 
enlevée  depuis  peu  aux  Infidèles.  Raymond  de  faint  Gilles  s’y  trouva  auflt: 
car  nous  fçavons  qu’il  abandonna  à  l’abbaye  de  ce  nom  en  prefence  des  pré¬ 
lats  aflèmblez  dans  le  concile ,  la  part  des  offrandes  qu’on  faifoit  à  l’autel  de 
ce  faint ,  6c  dont  fes  prédeceflèurs  s’étoient  emparez.  C’efl:  tout  ce  que  nous 
fçavons  de  ce  concile  deTouloufe,qui  fut  le  VII.  de  cette  ville  dont  nous  ayons 
quelque  connoiflance. 

Nous  ne  doutons  pas  cependant  que  ce  ne  fut  aux  évêques  qui  le  com- 
jofoient  que  s’adreflèrent  c  les  chanoines  de  l’églife  de  Beziers  ,  pour  fe 
daindre  de  quelques  feigneurs  du  diocèfe  qui  s’étoient  emparez  de  leurs 
>iens.  En  effet  i’anathême  qui  fut  prononcé  en  conférence  de  cette 
plainte  contre  les  ufurpateurs,  elt  au  nom  de  Richard  6c  d’Amé  vicaires  de 
l’églife  Romaine ,  de  Dalmace  métropolitain  de  Narbonne,  6c  des  évêques 
Matfred  de  Beziers , Godefroy  de  Maguelonne ,  Pierre  de  Nifines,  Pierre 


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DELANGUEDOC.  L  i  v.  X  V.  47;  _ - 

de  Carcaflonne ,  Bernard  de  Lodeve,  Berenger  d’Agde,  6c  Guillaume d’Albi.  AN.1090. 
L’cpoque  de  leur  épifeopat  convient  très-bien  d’ailleurs  avec  la  date  de  ce 
concile.  Le  cardinal  Richard  abbé  de  faine  Viéfcor  de  Marfeille  6c  Amé  arche¬ 
vêque  de  Bourdeaux.  y  auront  d,onc  préfidé  en  qualité  de  légats  ,  6c  non 
pas  le  cardinal  Ray  nier  ,  comme  on  le  prétend»,  fans  aucune  preuve.  /«?•' 

L’églife  de  Maguelonne  n’étoit  pas  moins  vexée  alors  par  les  puiflances  xXXJii.^ 
féculieres  que  celle  deBcziers.  Guillaume  V.  feigneur  bdè  Montpellier  refufoic  ,.év£j°rc  cd°fe 
non-feulement  de  fe  reconnoître  vaflalde  l’évêque,  mais  il  avoit  encore -Migueioanc st 
ufurpé  l’églife  de  Notre-Dame  de  Montpellier  ,  5c  divers  fiefs  qui  étoient 
'du  domaine  de  l’évêché ,  entr’autres  celui  de  Montpeilleret.  Godefroy  évê-  Montpellier 
que  de  Maguelonne  foûtint  de  fon  côté  avec  tant  de,  vigueur  les  droits  de  ^mma^e.Ag- 
ion  églife,  qu'enfin  il  obligea  Guillaume  à  remettre  leur  différend  à  l’arbitrage  g:3naiiianenc 
de  Pierre  archevêque  d’Aix  ,  d’Hugues  évêque  de  Grenoble  ,  de  Didier  d5  ““y£et" 
évêque  de  Cavaillon,  ôc  de  quelques  autres  ectlefiaftiques  6c  féculiers,  qui  l'Cpr.p'ii7.& 
jugèrent  que  Guillaume  par  fes  uiurpations ,  6c  le  refus  qu’il  faifoit  de  recon-  ftqj. 
noître  l’évêque  pour  fon  feigneur  ,  devoit  perdre  fon  bénéfice ,  c’eft-à~dire  les 
domaines  qu’il  avoit  reçus  en  fief  de  l’églife  de  Maguelonne.  Ces  arbitres 
portèrent  en  même  tems  lps  parties  à  s’accommoder.  Suivant  l’accord  dont 
elles  convinrent,  ôc  qui  eft  daté  du  20.  de  Décembre  de  l’an c  1090.6c  non  de 
l’an  1093.  comme  l’a  avancé  un  moderne  d,  Guillaume  laifla  à  la  difpofi- 
tion  de  l’évêque  l’églife  de  Notre-Dame  de  Montpellier  avec  fes  clercs ,  ôc  à  G»ritijtr. 
la  troifiéme  partie  des  dîmes  5  les  autres  églifes ,  les  clercs ,  ÔC  la  juftice  des  pfrl/^MtJed. 
clercs,  pour  en  difpofer  félon  les  canons  3  ôc  enfin  les  deux  tiers  du  fief  que 
tenoic  Pierre  de  Liecas  :  il  acheta  de  ce  prélat  l’autre  tiers  de  ce  que  le  mê¬ 
me  Pierre  de  Liecas  avoit  dans  Montpellier  pour  la  fomme  de  1300.  fols 
Melgoriens ,  6c  promit  par  ferment  de  laiffer  jouir  paifiblement  le  même 
prélat  de  tous  les  domaines  de  fon  églifej,  Ôc  de  ceux  qu’il  acquerroit  dans 
la  fuite  avec  fon  confeil ,  ainfi  que  les  chanoines  de  faint  Pierre  de  ce  qu’ils 
tenoient  en  commun.  Il  chargea  fes  heritiers  qui  poffederoient  fon  domaine  de 
faire  un  femblable  ferment  aux  fuccefleurs  de  Godefroy,  ôcàla  communauté  *  *  Communia» 
de  chanoines.  Quant  au  lieu  de  Montpeilleret,  dont  Guillaume  s’étoit  em¬ 
paré,  l’évêque  en  retint  deux  tiers ,  dont  il  en  donna  un  en  fief  à  quelques 
lèigneursavec  le  confeil  de  Guillaume.  Celui-ci  garda  le  troifiéme  qu’il  reçût  en 
fiel  ,i  condition  qu’il  ne  s’oppoferoit  pas  à  l’aggrandiflèment  de  ce  lieu  :  enforte 
que  Godefroy  ne  retint  dans  fa  main  que  le  tiers  de  Montpeilleret ,  avec  le 
pouvoir  d’y  mettre  un  vicaire  ou  viguier. 

En  conféquence  de  cet  accord  Guillaume  prêta  ferment  de  fidelité  à  Go¬ 
defroy  &  à  fon  chapitre.  11  demanda  enfuite  à  ce  prélat  de  lui  donner  le  fief 
de  faint  Pierre  que  lui  &  fes  prédeceffeurs  avoient  tenu,  parce  qu’il  avoit  mérité  d’en 
être  dépouillé  par  fa  conduite,  fuivant  le  jugement  des  arbitres.  Godefroy  lui 
dit  alors ,  ne  reconnoijfez^vous  pas  que  vous  tenezjflùt’ot  ce  bénéfice  de  faint  Pierre 
&  de  moi ,  que  de  tout  autre  feigneur  * ,  &  qu'il  vous  eft  bien  plus  avantageux  d’être  *  Senior. 
mon  vajfal  &  de  faint  Pierre ,  que  d'un  autre  ?  Guillaume  répondit  qu’il  le  re- 
connoifloit.  L(évéque  ajouta,  »  N’abandonnez-vous  pas  à  Dieu ,  i  faint  Pierre  « 

&à  moi  ,  l’églife  de  Notre-Dame  de  Montpellier  ,  fes  cimetières,  fon« 
alleu ,  6c  fes  dépendances ,  la  troifiéme  partie  de  la  dîme  ,  tous  les  clercs  « 
de  la  ville,  6c  les  deux  tiers  du  fief  de  Pierre  de  Liecas  fituez  au  dehors  ?  « 

Guillaume  ayant  répondu  oui ,  Godefroy  lui  donna  tout  le  fief  que  les  pré- 
dece/Teurs  de  ce  feigneur  avoient  eu  de  faint  Pierre  ,  excepté  l’églife  de 
Notre-Dame-  de  Montpellier,  celle  de  Montpeilleret,  les  autres  églilès,  les 
dîmes ,  tous  les  clercs  à"  la  juftice  des  clercs.  Il  lui  donna  aulfi  le  tiers  du 
fief  que  Pierre  de  Liecas  pofledoit  hors  la  ville ,  entr’autres  à  Montpeilleret, 
avec  la  troifiéme  partie  des  édifices  qu’on  y  avoit  conftruits  ou  qu’on  y  con- 
ftruiroit  dans  la  fuite,  à  la  réferve  de  l’églife,  &  de  ce  que  l’évêque  Arnaud 
fon  prédecelîèur  avoit  polfedé  dans  le  domaine  de  ce  lieu  avant  qu’il  plai¬ 
dât  avec  le  même  Guillaume.  Enfin  Godefroy  pardonna  à  ce  dernier  tous  les 
griefs  qu’il  avoit  contre  lui ,  à  condition  qu’il  ne  lui  manquerait  plus  de  fidelité 
comme  il  avoit  déjà  fait  -,  qu’il  le  ferviroit,  ainfi  qu’il  y  étoit  obligé,  6c  que  luiôc 
fes  fuccelfeurs  feroient  fidelles  à  l’églife  de  Maguelonne.  Guillaume  exécuta 
T ome  II.  M  m  i j 


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An. 


109a. 


a  JV./.ijr. 


XXXVIII. 
Vains  e  fforts, 
de  Dalmacc 
archevêque 
de  N  '.rboune 
pour  empêcher 
le  rctublitfê- 
meuc  de  la  mé¬ 
tropole  JeTar- 
ragonc. 
bConcil.to.io. 

1840. 

V.Aitrc.Hfp. 

P- 4,70 

Ruin.vit.Urb. 

C  Conctl.  ibiU. 
t.+  it-è'jef' 


z7*  HISTOIRE  GENERALE 

de  bonne  foi  cet  accord,  8c  rendit  entièrement  à  l’évêque  le  14.  d’Avril  de 
l’an  1093.  toutes  les  églifès  6c  les  dîmes  qu’il  poffedoit  en  propre,  ou  que 
d’autres  tenoient  de  lui.  Il  prêta  un  nouveau  ferment  de  fidelité  vers  l’an 
1 1 10.  à  Gautier  fucceffeur  de  Godefroy  ,  8c  à  l’églife  de  Maguelonne  j  8t  fes 
fuccefleurs  ne  firent  pas  difficulté  d’en  faire  de  même  dans  la  mite. 

Nous  nous  fournies  un  peu  étendus  fur  cet  événement,  parce  qu’il  nous 
apprend  l’état  où  étbit  la  ville  de  Montpellier  à  la  fin  du  onzième  fîe- 
cle.  Nous  ajouterons  ici  quelques  remarques  à  ce  fujet.  i".  On  diftinguoit 
alors  la  ville  de  Montpellier  du  lieu  de  Montpellieret,  fitué  au  voifinage,. 
dans  lequel  on  élevoit  tous  les  jours  de  nouveaux  bâtimens.  C’eft  donc  là 
proprement  l’époque  de  l’aggrandiflement  de  Montpellier,  qui  devint  dans 
peu  une  ville  des  plus  confiderables  de  France.  Le  lieu  de  Montpellieret  qui  eft 
depuis  long-tems  dans  fon  enceinte ,  s’étendoit  depuis  la  porte  du  Pilé  faint 
Gilles,  jufqu’à  celle  de  Lates.  i®.  Il  paroît  que  Guillaume  V.  feigneur  de 
Montpellier  avoit  refufé  jufqu’alors  de  fe  reconnoître  vaffal  de  l’évêque  de 
Maguelonne  3  8c  comme  il  eft  marqué  dans  l’aéfce ,  qu’il  s’étoit  fournis  à 
d'autres  feigneurs ,  cela  peut  faire  croire  qu’il  avoit  fait  hommage  de  fon  do* 
maine  à  Raymond  de  faint  Gilles ,  qui  en  qualité  .de  .marquis  de  Gothie ,  ou 
de  duc  de  Narbonne,  étendoitfafuzeraineté  fur  toute  la  province.  On  peut 
appuyer  cette  conjedure  fur  ce  que  le  même  Guillaume  s’étoit  mis  »  dans  fa 
jeunefle  fous  la  prote&ion  de  ce  prince  ,  qui  s’étoit  engagé  de  lui  conferver 
fes  domaines,  6c  avec  lequel  il  fut  toûjours  lié  très-étroitement.  30.  C’eft  là 
le  plus  ancien  hommage  que  nous  ayons  des  feigneurs  de  Montpellier  aux 
évêques  de  Maguelonne  3  ainfi  il  eft  allez  vrailemblable  que  les  prédecef- 
feurs  de  Guillaume  V.s’étoient  tenus  dans  l’indépendance  de  ces  prélats  durant 
le  XI.  fiecle.  4®.  Nous  trouvons  ici  l’origine  des  differentes  juftices  de  Mont¬ 
pellier  ,  qu’on  diftinguoit  anciennement  en  trois ,  fqavoir  en  re&orie  ou  part 
antique  ,  en  feigneurie  ou  baillie ,  8c  en  baronie.  La  première  qui  apparte¬ 
nez  à  l’évêque  s’étendoit  fur  les  deux  parties  de  Montpellieret ,  que  l’évêque 
Godefroy  fe  réferva  par  l’accord  dont  nous  venons  de  parler,  8c  dans  lef- 
quelles  il  fit  adminiftrer  la  juftice  par  un  viguier ,  qui  dans  la  fuite  prit  le 
nom  de  recteur  j  ce  qui  fit  donner  à  cette  partie  le  nom  de  rettorie  :  elle  eut  celui 
te  part  antique  ,  parce  que  ce  fut  la  première  qui  fut  réunie  à  la  couronne.  La 
fécondé  donc  les  feigneurs  dé  Montpellier  étoient  les  maîtres ,  comprenoit 
toute  cette  ancienne  ville ,  8c  le  tiers  de  Montpellieret,  &  s’appelloit  la  hailliey 
à  caufe  que  le  chef  de  la  juftice  des  feigneurs  de  Montpellier  prenoit  le  titre 
de  bailli.  Enfin  la  juftice  de  la  bàronie  s’étendoic  fut  tout  le  refte  du  domaine 
de  ces  feigneurs  fitué  hors  la  ville.  Nous  expliquerons  ailleurs  de  quelle  ma¬ 
niéré  ces  differentes  portions  ont  été  enfin  réunies  au  domaine  de  nos  rois. 
Reprenons  l’affaire  de  la  métropole  deTarragone. 

Peu  de  tems  b  après  le  concile  de  Touloufe,  Dalmace  archevêque  de 
Narbonne  s’étant  rendu  à  Rome,  reprefenra  vivement  au  pape  Urbain  II. le 
tort  qu’il  feroit  à  fon églife  s’il  retiroic  les  évêques  delà  Tarragonoifè  defa 
jurifdi&ion  métropolitaine.  Il  fe  plaignit  auffi  de  la  primatie  qu’il  avoit  ac¬ 
cordée  fur  cette  province  à  l’archevêque  deTolede  au  préjudice  de  la  fienne. 
Mais  toutes  fes  remontrances  furent  affez  inutiles  :  les  inftances  du  roi  de 
Caftille  &  du  comte  de  Barcelone ,  avoient  entièrement  prévenu  le  pape  en 
faveur  de  l’archevêque  de  Tolede  8c  de  l’évêque  d’Aufonne.  Berenger  comte 
de  Barcelone,  pour  gagner  de  plus  en  plus  les  bonnes  grâces  d’Urbain , avoic 
fait  donation c  depuis  peu  à  l’églife  Romaine, entre  les  mains  du  légat  Raynier, 
de  tous  les  domaines  qu’il  avoit  heritez  de  fon  pere  y&  qu'il  avoit  partagezjivec 
Raymond-Berenger  fon  frere ,  8c  en  particulier  de  la  ville  de  Tarragone  5  avec 
promefle,  tant  pour  lui  que  pour  les  fuccefleurs  ,  de  tenir  le  tout  en  fief  du 
lâint  fiege,  fous  le  cens  annuel  de  1  j.  livres  d’argent.  Il  s’étoit  engagé  encore 
de  favorifer  de  tout  fon  pouvoir  le  promt  rétabliflement  de  Tarragone  ,  8c  de 

f>ermectre  à  tous  ceux:  qui  y  contribueroient,  de  poflèder  en  alleu  &  en  aprijion 
es  biens  q  j’ils  avoient  aux  environs.  L’aéte  eft  fouferit  par  Berenger  archevê¬ 
que  de  Tarragone ,  Berenger  évêque  de  Gironne  ,  8c  plufieurs  feigneurs  fécu- 
liers.  3  ce  qui  fait  voir  que  quoique  le  pape  n’eût  pas  encore  prononcé  défini- 


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DE  L  AN  G  Ü  E  D  O  G  Liv.  £  V.  177  _ _ 

tîvement ,  l’évêque  d’Aufonne,  fur  de  réuffir,  fe  regardoic  déjà  comme  An. 1090. 
archevêque  de  Tarragone. 

Quelque  favorable  que  fût  le  pontife  à  ce  prélat ,  il  n’ofa  cependant  con¬ 
damner  fi-tôt  l’archevêque  de  Narbonne  -,  ôc  pour  garder  au  dehors  quelque 
forme  de  juftice,  il  écrivit  a  au  cardinal  Raynier  fon  légat  en  Efpagne  &dans 
la  Gaule  Narbonnoife ,  &  le  chargea  «d’ordonner  aux  évêques  delaTarra-u  ‘ 


b  Ruin  ibid. 
*•&  66« 


la  Gaule  Narbonnoife,  6e  le  chargea» d’ordonner  aux  évêques  delaTarra-u 
gonoife  d’obéir  à  Dalmace  ,  comme  à  leur  métropolitain  ,  jufqu’à  ce  que  « 
réglife  de  Tarragone  fut  rétablie  ;  mais  qu’ils  eufîènt  en  même  tems  à  re-  « 
connoître  l’arche v  êque  de  T olede  pour  leur  primat ,  j  ufqu’à  ce  que  le  même  « 
archevêque  de  Narbonne  eût  fait  voir  par  des  titres  qu’il  avoit  laprimatie« 
fur  eux  :  car  ,  ajoûte-t-il ,  vous  fqavez  que  lorfquc  nous  avons  accordé  la  « 
primatie  à  l’archevêque  deToiede,  nous  l’avons  fait  fans  préjudice  des  pré-« 
vilegesdes  autres  métropolitains.  Enfin ,  continue-t-il ,  l’archevêque  de  Nar-« 
bonne  m’ayant  afluré  que  fon  églife  avoit  pour  cette  primatie  des  privilèges  « 
que  fon  predeceiîèur  avoit  égarez ,  mais  qu’il  efperoit  retrouver  ,  je  vous  « 
charge  d’examiner  cette  affaire  ,  &de  m’en  faire  votre  rapport  ,  pourpor-  « 
ter  enfuite  moi-même  un  jugement  définitif.  Que  fi  on  ne  peut  trouver  « 
ces  privilèges ,  vous  n’avez  qu’à  travailler  toujours  avec  les  principaux  du« 
pais  au  rétabliflcment  de  Tarragone,  dont  les  évêques  feront  tenus ,  en« 
attendant ,  d’obéïr  à  l’archevêque  de  Narbonne  comme  à  leur  métropolitain.ct 

Suivant  un  autre  article  de  cette  lettre ,  Dalmace  s’étoit  plaint  au  pape  xxxix. 
contre  Frotard  abbé  de  faint  Pons  de  Tomieres,  qui  appuyé  des  puiflances  ,Pclsal“^bsec2°“"e 
dufiecle,  envahilfoit  les  églifes  de  fon  diocèfe ,  admettoità  la  communion  s.Pons&dcU 
ceux  qu’il  avoit  excommuniez  ,  avant  que  d’avoir  reqû  leur  abfolution ,  &  Gtair',f 
avoit  fait  facrerun  évêque  à  Jacca  fans  fa  participation  ,  &c.  Urbain  renvoyé 
à  Raynier  fon  légat,  la  décifion  de  ces  différends,  Sclui  mande  d’ordonner 
à  l’abbé  de  faint  Pons,  homme,  ajoûte-t-il,  qui  eft  dans  une  grande  répu¬ 
tation  de  fainteté ,  de  faire  fatisfaclion  à  l’archevêque  ,  de  ne  plus  ufer  fans 
fa  permiflion  du  droit  épifcopal ,  en  un  mot  de  lerefpeéter  comme  fon  évê- 
qué,  8c  d’encretenir  la  paix  avec  lui.  On  croit  bque  cet  abbé  avoit  abufé  b  Ruj" iiid- 
d’un  privilège  qu’il  avoit  obtenu  du  pape  le  premier  de  Juillet  de  l’annee  pré-  66‘ 
cedente ,  8c  pour  lequel  il  avoit  fait  un  voyage  à  Rome.  Urbain  par  cette 
bulle  avoit  exempté  le  monaftere  de  faint  Pons  de  la  jurifdi&ion  épifcopale, 

&  lui  avoit  accordé  diverfes  autres  prérogatives. 

Bertrand  évêque  de  Barcelone  forma  aufli  quelques  plaintes c  contre  le  même  c conciliât. 
abbé  de  faint  Pons,  qu’il  accufa  d’avoir  'hafTé  de  l’abbaye  de  faint  Cucufat ,  P*s‘à'r,1- 
dépendante  "de  fon  églife  ,  un  abbé  qi  y  avoit  établi.  Le  pape  renvoya 
encore  la  difeuffion  de  cette  affaire  ,  que  Frotard  lui  avoit  expofée  tout  au¬ 
trement,  au  cardinal  Raynier,  auquel  il  ordonna  par  une  lettre  particu¬ 
lière,  déporter  là-deffus  un  jugement  équitable  ôc  définitif  ,  de  même  que 
fur  celle  de  l’églife  de  faint  Sylveftre  ,  que  les  religieux  de  Pfalmodi  avoient 
ufurpée,  difoit-on,  fur  ceux  de  faint  Ruf.  Il  écrivit  aufli  à  l’abbé  Frotard, 
pour  lui  faire  part  des  plaintes  que  l’archevêque  de  Narbonne,  &  l’évêque 
de  Barcelone  formoienc  contre  lui  :  il  lui  marque  qu’il  avoit  renvoyé  la  dé- 
cifion  de  ces  affaires  à  fon  légat,  auquel  il  lui  ordonne  d’obéïr  fans  appeller 
de  nouveau  au  faint  fiege.  Il  l’exhorte  à  la  fin  de  rendre  à  l’archevêque  de 
Narbonne  le  refpeéfc  qui  lui  étoit  dû  ,  ôcd’honorer  ce  prélat  comme  fon  évê-^ 
que  &  fon  pere  fpirituel. 

Dalmace  avoit  encore  avec  l’évêque  d’Elne  6c  les  religieux  de  la  Grafle , 
quelque  démêlé  d  dont  il  demanda  juftice  au  pape ,  qui  en  renvoya  la  décifion  41  v. 
fur  les  lieux  à  fon  légat.  Ce  pontife  pour  confoler  en  quelque  maniéré  DaL 
rtacede-ne  lui  avoir  pas  accordé  les  principaux  chefs  de  fes  demandes,  écrivit 
en  fa  faveur  cà  Raymond  comte  de  'Narbonne ,  au  vicomte  Aymeri ,  au  clergé  ,  tiiid.p.  4jj 
&  au  peuplé  dé  cette  ville ,  pour  les  exhorter  à  lui  obéir  ,  lui  rendre  le  ref- 
ped  8c  la  foumiffion  qui  lui  étoient  dûs  ,  lui  payer  les  dîmes ,  ôc  reftituer  à 
fon  églife  les  biens  ufurpez  fur  elle.  Peut-être  que  Pierre  de  Narbonne ,  an¬ 
cien  compétiteur  de  Dalmace  à  l’archevêché  de  cette  ville  vivoit  encore  alors, 

&  que  celui-ci  voulut  fe  prémunir  contre  fes  entreprifes  par  cette  lettre  ,  dans 
laquelle  le  pape  fait  unfort  grand  éloge  de  fa  perfonne. 


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_ *7*  HISTOIRE  GENERALE 

•An. 109-1.  L’archevêque  Dalmace  de  retour  de  fon  voyage  de  Rome  ,  préfidale  10. 

xk Concile  de  Mars  de  l’an  1091.  à  un  concile  de  fa  province  qui  fut  tenu  dans  fa 
de  Naii’oonc.  cathédrale  ,  6c  qui  fut  le  XI.de  Narbonne.  Les  aétes1  font  datez  à  la  vérité 
Gi'aîic.  "k  U  l’an  >°9°-  mais  on  Y  ^uic  l’ancienne  maniéré  de  compter  fuivant  laquelle 
on  ne  commençoit  l’année  qu’à  Pâques ,  à  quoi  les  éditeurs  b  des  conciles,  & 
fs’jt  **'*' f  (îuelques  autres  auteurs  n’ont  pas  fait  attention.  Il  eft  certain  en  effet  que 
mr.Uilf.  ij.  Dalmace  alfifta  au  concile  deTouloufe  tenu  furement  vers  la  Pentecôte  de 
^'an  I09°-&  11  n’eft  nullement  vraifemblable  qu’on  ait  aflemblé  deux  con- 
lm.io.  10.  edes  dans  la  même  province  dansl’efpace  de  deux  mois. 
c«»«/*;479-  Les  évêques  c  Ifarn  de  Touloufe ,  Pierre  de  Carcaffonne  ,  Artaud  d’Elne, 
Matfred  de  Beziers,  Godefroy  de  Maguelonne,  &  Bertrand  de  Barcelone, 
ctnciip.  i«9i.  affilièrent  à  ce  concile  de  Narbonne  avec  leur  métropolitain.  Raymondabbé 
de  Quarante  ,  quelques  autres  abbez ,  les  chanoines  de  l’églife  de  Narbon. 
’c  b»i«z..&  ne,  &  placeurs  d'entre  les  nobles  du  pais  s’y  trouvèrent  aulfi  :  preuve  qu’encore 
Ctntil.ibid.  dans  ce  focie  jes  concîies  Soient  des  affemblées  mixtes. 


Robert  abbé  de  la  Graffe  s’y  rendit  aulfi ,  avec  une  partie  de  fes  reli. 
gieux  ,  &  y  porta  des  plaintes  contre  l’archevêque  Dalmace  à  qui  il  avoit 
<sn!tî^i,U  l"ucce£l®  d  dans  cette  abbbaye  dès  le  5.  de  May  de  l’an  1086.  Il  fe  plaignit  i°. 
"*  •/■*'}■  ce  ^ue  ce  pr^jât  je  troubioic  dans  la  poffelfion  de  l’ancienne  abbaye  de 
faint  Laurent  lur  la  rivierede  Nielle,  alors  réduiteen  prieuré,  6c  unie  à  fon 
monaftere  à  la  charge  de  payer  à  l’églife  de  Narbonne,  à  rai  fon  du  fefnn  cens 
annuel,  ou  de  dix  fols  de  Narbonne  monnoye  de  cours ,  ou  d’une  vache.  iü.  De  ce 
que  Dalmace  avoit  mis  en  interdit ,  contre  les  privilèges  qu’il  avoit  du  faint 
fiege,  le  prieuré  de  faint  Martin  autrefois  abbaye,  les  églilês  paroifliales, 
les  prieurez,  les  chapelles,  les  clercs  ôc  les  dépendances  de  fon  monaftere, 
qui  ne  devoit  à  ce  prélat  pour  tous  droits  .épilcopaux  ou  diocélains  ,  qu’un 
*  Sîxtaiium.  fetier  *  d’huile  tous  les  ans.  30.  Enfin  il  prétendoit  que  l’abbaye  de  faint  Poly- 
carpe  dans  le  diocèfe  de  Narbonne  devoit  être  foûmife  à  l’abbaye  de  la  Gralle. 
L’affaire  ayant  été  agitée  dans  le  concile  ,  l’abbé  fe  reconnut  coupable  pour 
avoir  violé  l’interdit ,  &  il  en  fit  fatisfaélion  en  pleine  affemblée.  Il  recon¬ 
nut  en  même  teins  qu’il  n’avoit  pas  un  droit  bien  certain  fur  les  abbayes  de 
faint  Laurent  2c  de  faint  Polycarpe  ,  dont  la  première  appartenoit  à  l’églife 
de  Narbonne  par  la  donation  de  nos  rois  6c  de  l’églife  Romaine.  Il  les  remit 
i  l’archevêque,  qui  lui  rendit  enfuite  la  première  pour  la  rétablir  ôc  la  gou¬ 
verner  lui  2c  fes  fucceflèurs ,  fous  la  réferve  de  fon  propre  droit ,  ôc  du  cens 
dû  à  fon  églifb.  Dalmace  lui  donna  aulfi  la  fécondé  ,  avec  le  contentement 
de  fon  clergé,  pour  la  poffeder  à  perpétuité  -,  avec  claufe  expreffe,  que  lorfque 
le  teins  le  permeteroit,  on  éliroit  un  abbé  dans  chacune,  fous  l’autorité  de 
l’archevêque  de  Narbonne  ,  à  laquelle  les  prieurs  qui  les  adminftreroient 
feroient  fournis.  Nous  ne  fçavons  pas^fi  dans  la  fuite  on  élût  en  effet  un  abbé 
dans  le  monaftere  de  faint  Laurent  fur  le  Nielle  :  mais  il  eft  confiant  que  de¬ 
puis  très-long-tems  ce  n’eftplus  qu’un  fimple  prieuré.  Quant  à  l’abbaye  de 
tpr.p}i6.  fai’nt  Polycarpe,  qui  n’étoit  encore  gouvernée  en  1090.  ^  que  par  un  prieur, 
fous  l’autorité  de  l’abbé  de  la  Graffe,  elle  eut  bientôt  après  des  abbez,  2c 
elle  eft  aujourd’hui  indépendante.  Au  relie  comme  le  pape  Urbain  II.  avoit 
renvoyé  la  décifion  des  différends  qui  étoient  entre  l’abbaye  de  la  Graflè 
2c  l’archevêque  Dalmace,  au  cardinal  Raynier  fon  légat,  il  y  a  lieu  de  croire 
•que  celui-ci  fe  trouva  au  concile  de  Narbonne. 

L’abbaye  de  la  Graffe  augmenta  confiderablement  fon  domaine  ou  fes  dé - 
tpr.p. jrj.  pendances  fous  le  gouvernement  de  l’abbé  Robert.  Adalgarde  f  vicom  telle 
dans  la  Marche  d’Elpagne ,  avec  fes  fils  Pierre,  Guillaume,  Olivier  £c  Adal- 
bert  donnèrent  en  1086.  une  métairie  au  monaftere  de  Burgal  qui  dépendoit 
g  Archiv.  it  de  cette  abbaye.-  Guillaume  g  abbé  6c  vicomte  de  Caftelnau  dans  le  Roulfil- 
tMapt  it  u  jon  }  &  le  vicomte  Guillaume  fon  neveu,  renoncèrent  en  faveur  de  la  même 
G,*»e’  abbaye  à  tous  les  mauvais  ufages  qu’eux  ou  d’autres  avoient  établis  dans 
les  villages  de  Pedillan  6c  de  Corneillan5  ce  qu’ils  firent  en  prefence  de  Bernard- 
Guillaume  comte  de  Bezalu ,  par  un  acte  daté  du  mardi  p.  Janvier  de  l’an  10SS. 
h Pr.p.i}i-&  Enfin  l’abbé  Robert  obtinthcn  1093.  ^e Bertrand  fils  de  Foulques  feigneur 
//j.  du  château  de  Durfort  dans  le  diocèfe  de  Narbonne ,  la  reftitution  de  l’abbaye 


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DE'LANGÜEDOC.  Liv.  X  V.  _ _ _ 

tie  laine  Martin  duPuy,  dont  ce  feigneur  retint  cependant  une  partie  des  AnuojJîi 

biens  pour  en  jouir  pendant  là  vie.  Bertrand  de  Durrort  lit  cette  reftitution 

avec  les  freres  &  les  cou  fins  dont  les  noms  iont  marquez  dans  Pacte,  en  pre. 

fénee  de  Pierre  Olivier ,  feigneur*  du  château  qu’on  appelle  Termes.  L’abbaye  de  *  Scnioris» 

fâinc  Martin  du  Puy  étoit  lïtuée  au  voillnage  dit  château  de  Durfort.  Ce  n’elt 

plus  depuis  crès-iong-tems  qu’un  prieuré  iîmple  dépendant  de  la  Gradé. 

Le  pape  Urbain  II.  termina  enfin  l’affaire  de  l’archevêché  de  Tarragone  par  R^^^rtiCn» 
une  bulle  -  datée  du  premier  de  Juillet  de  l’an  1091.  On  a  déjadit  queDal-  dctarchevCché 
mace  archevêque  de  Narbonne,  pour  obtenir  du  moins  la  primatie  fur  la  de  Tarragone 
Tarragonoile,  avoir  avance  qui!  avoïc  un  privilège  du  licge  apoltolique ,  rjrchcvcquc 
mais  loit  qu’il  n’eût  pu  le  produire  ,  parce  qu’effectivement  il  n’en  avoit  de  Narbonne, 
aucun  ,  foit  qu’il  eût  produit,  ainfi  qu’on  le  prétend'1,  une  faillie  lettre  du  f.f 


lettre  du 


M  r-’.&to- 


pape  Etienne  ,  dans  laquelle  il  cd  dit  que  quand  même  l’archevêché  de  Tar-  bMarc.Hi/p, 
ragone  feroit  rétabli ,  il  feroit  cependant  fournis  à  la  métropole  de  Nar •p'tl°Ruin  vit. 
bonne}  il  eft  certain  que  le  pape  n’eut  aucun  égard  à  lés  droits,  ni  à  les  Urt.ti.u- .ÿ«. 
moyens  de  défenlé.  Urbain  IL  rétablie  donc  l’églile  de  Tarragone  dans  fon 
ancienne  autorité  métropolitaine,  &  en  commit  le  loin  à  Bcrengcr  évêque 
d’Aufonne ,  principal  promoteur  de  cette  affaire,  de  à  lés  fuccclîeurs  ,  lous  . 
prétexte  que  fon  églile  avoit  été  unie  autrefois  avec  celle  de  Tarragone,  juf- 
qu’à  ce  qu’on  pût  rétablir  entièrement  celle-ci.  Urbain  accorda  ce  privi¬ 
lège  c ,  avec  l’ufage  du  Pallium ,à  Bcrengcr,  à  condition  qu’il  travailJcroft  /ans  '  ^P-ulnAtd* 
relâche  à  la  récdification  de  la  ville  de  Tarragone.  Les  diocèlès  de  laTarago- 
noife  qui  jufqu’alors  avoient  été  fournis  à  la  métropole  de  Narbonne  ,  collè¬ 
rent  depuis  d’être  de  là  dépendance,  on  ne  voit  pas  que  Dalmace  ni  lés 
fuccelfeurs  ayent  fait  aucune  tentative  pour  recouvrer  leur  ancienne  auto¬ 
rité  fur  cette  partie  de  l’Efpagne,  qui  étoic  redevable  en  partie  dclaconlér- 
vation  de  la  foy  aux  prédecclleurs  de  ce  prélat.  On  croit d  lêulementque  Ber- 
trand  évêque  de  Barcelone  fit  d’abord  quelque  difficulté  de  fc  fo omettre  au  a url>.f.ti, 
nouvel  archevêque  de  Tarragone,  &  qu’il  continua  de  reconnoître  pour  fon 
métropolitain  celui  de  Narbonne.  Depuis  cette  bulle,  la  province ecclefialli- 
que  de  Narbonne,  la  plus  étendue  &  la  plus  nombrculè  en  évcchcz  qui  fût 
alors  dans  toute  la  monarchie  Françoile,  lut  réduire  à  les  anciennes  limites) 
enforte  queDahnacc  ôc  fes  fuccclîeurs  n’excrcercnt  plus  leur  jurifdiction  que  fur 
dix  dioccfes ,  y  compris  le  leur  j  fçavoir  EIne,  Touloufe,  Carcallonne,  Bé¬ 
ziers  ,  Agdc ,  Lodcve ,  Maguclonne,  Nifines  de  U fez.  Ceux  de  Barcelone,  Ga¬ 
ronne  ,  Urgel,  Aufonne  de  Rota  ou  Ribagorça,  qui  en  dépendaient  aupara¬ 
vant,  firent  déformais  partie  de  la  nouvelle  province  de  Tarragone. 

Le  pape  eut  plus  d’égard  aux  droits  de  Dalmace  dans  la  bulle  e  qu’il  donna  chromes  té 
le  19.  de  Mars  de  l’an  1093.  en  faveur  des  chanoines  réguliers  nouvellement  guiien  de  iï,„t 
établis  dans  l’églilé  de  fia  inc  Paul  lïtuée  auprès  des  murs  de  Narbonne  :  car  ^“nrdc  Njr' 

1 9.  il  confirma  cet  é  ta  b  1  illé  m  e  n  t  fauf  les  privilèges  &  le  droit  canonique  de  l’arche -  ihciou.u-  n  ' 
vcque.  i°.  Il  ordonna  que  l’élection  de  l’abbé,  qui  dévoie  être  pris  parmi  les  Culture  des 
chanoines  &  leur  tenir  lieu  de  prévôt ,  fc  feroit  avec  le  confeil  du  même  arche-  Totdouicdms 
vêque.  L’abbé  de  fiaint  Paul  s’appclloic  alors  Guillaume.  C’elt  ainli  que  cet  k  cimetière  de 
ancien  monaftere  apres  avoir  etc  occupé  par  des  chanoines  fcculiers  depuis  ldcD/ra!f!.e'  u 
environ  le  milieu  du  X.fiecle,  tomba  entre  les  mains  des  chanoines  réguliers,  &  rrn.  '  ’3,t> 
qui  dans  la  fiuite  fie  font  féculariléz  à  leur  tour,  ôc  qu iont  toujours  eu  depuis  iogj. 
pour  chef  un  abbé  électif. 

Urbain  II.  écrivic f  vers  le  même  tems  une  lettre  à  Guillaume  IV.  comte  de  (fffn  33 f 
Touloufe,  qu’il  loue  extrêmement  tant' pour  là  charité  &  fes  aumônes,  VtaiZu+f 
que  pour  fon  amour  pour  la  jult  ice,  qu’il  avoit  fait  éclater,  entr’autres,  en  ne 
fouffrant  pas  qu’on  chaffivt  injultemenr  les  abbez  de  Moiilacôcde  Lezacpour 
en  fubftituer  d’autres  en  leur  place.  Le  premier  de  ces  abbez  s’appelloic 
Anfcjuilin  :  il  avoit  déjà  fuccedcg  à  Hunaud  de  Bcarn  fon  prédecclfeur ,  mais  gGaU.cbr.aov. 
il  étoit  troublé  dans  lapolléllîon  de  fon  abbaye  par  un  autre  Hunaud,  qu'on  "‘'fff 1 6:' 
a  confondu  h,à  ce  qu’il  paroîc,avec  Je  même  Hunaud  de  Bcarn.  Urbain  •  ie/iM 
qui  avoir  béni  depuis  peu  l’abbé  Anfquilin ,  avoir  ordonné  en  même  tems  de 
challer  l’ufurpatcur ,  &  écrit  là-delîus  àl’évcqucde  Cahors.  Il  prie  le  comte  de 
Touloufe  de  favorifer  l’execution  de  ce  decret,  Se  lui  accorde  à  la  Un  de  là 


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1 

Google 


An.  1093. 


0  Corel  comt. 
p.lK.&feq. 


XLIII. 

Monde  Guil¬ 
laume  I  V. 
comte  deTou- 
loufc.  Ray¬ 
mond  de  laint 
Gilles  foo  fre- 
re  lui  fucccdc. 
b  Pr.p.  335- 

&M' 

r.  NOIE  XL» 
n.  1  &  (etf. 

<1  Goufnd.  Voj. 
opudLobi.Bibl. 
to.i.p.i  o*. 

c  G  mi  II.  M*l- 
mort.l  i-c.l. 


(  V.  Corel  comt. 

p.  ni. 


g  Ibid  p.lll» 
Aymtr.  de  Pey - 
rot  chron.  mjj. 
p.i67. 

h  Spicil  to.ç  • 
f.id  -&JW 


*.80 


HISTOIRE  GENERALE 


lettre  la  permiffion  de  faire  conftruire  un  cimetiere  à  Touloufe,  près  i’églife 
de  Notre-Dame  de  la  Daurade,  pour  lui  &  pour  fa  pofterité  -,  avec  ordre  à 
l’évêque  de  cette  ville  défaire  la  cérémonie  de  le  bénir.  Le  comte  qui  aimoit 
extrêmement  cette  églife  avoit  demandé  cette  permiffion ,  &  le  pape  pour 
condefcendre  à  fa  dévotion,  lui  accorda  une  indulgence  pleniere,  de  même  qu’à 
ceux  qui  comme  lui  le  feroient  inhumer  dans  cet  endroit.  Ce  cimetiere 
fitué  entre  les  murs  du  monaftere  &  la  Garonne,  fub fille  encore  aujourd’hui. 

La  fépulture  des  comtes  de  Touloufe  étoit  auparavant  à  faint  Sernin,  ainfi 
qu’on  l’a  déjà  vu  ,  &  qu’il  paroît  par  un  accord  a  paffé  en  1093.  entre  les  cha¬ 
noines  de  faint  Etienne  &  ceux  de  faint  Sernin,  par  la  médiation  d’Ifarn 
évêque  de  Touloufe,  de  Simon  évêque  d’Agen  ,  &  de  Pierre  évêque  de  Car. 
cartonne.  Ces  prélats  par  leur  jugement  maintinrent  les  chanoines  de  faint 
Sernin  dans  l’ufage  où  ils  étoient  d’enterrer  dans  le  cimetiere  de  leur 
églife  ,  l’évêque ,  le  comte ,  &  tous  les  nobles  de  la  ville  -}  ufage  fondé,  fans 
doute,  fur  la  pieté  des  peuples  envers  le  faint  fondateur  de  l’églife  de  Tou¬ 
loufe.  De  là  vient  que  le  cimetiere  de  faint  Sernin  s’appelle  encore  à  prefent 
le  cimetiere  des  nobles.  11  fut  feulement  permis  par  cet  accord  aux  chanoi¬ 
nes  de  la  cathédrale  d’inhumer  dans  le  leur  les  habitans  de  Touloufe  qui 
demeuroient  dans  la  paroirte  de  cette  églife  ,  avec  la  famille  d’un  feul  noble 
ou  chevalier  qui  y  avoit  fon  habitation  :  d’où  il  s’enfuit  que  la  permiffion  que 
donna  le  pape  à  Guillaume  comte  de  Touloufe  de  fe  faire  inhumer  avec  toute 
fa  pofterité,  dans  le  cimetiere  de  la  Daurade,  doit  être  pofterieure  à  cet 
accord  ,  &  que  ce  comte  vivoit  encore  par  conféquent  en  1093.  Au  refie 
les  comtes  de  Touloufe  fucceffeurs  de  Guillaume  uferent  de  cette  permiffion, 
&  depuis  la  bulle  d’Urbain  qui  fut  confirmée  en  1103.  par  Pafchal  II.  fon 
fucceflèur,  ils  établirent  leur  fépulture  dans  le  cimetiere  de  la  Daurade,  où 
tous  ceux  de  leur  famille  qui  décederent  à  Touloufe  furent  inhumez. 

Nous  avons  une  nouvelle  preuve  que  Guillaume  IV.  comte  de  Touloufe 
vivoit  encore  en  1093.  dans  une  reftitution  b  faite  la  même  année  à  Pierre 
abbé  de  Soreze&  à  fon  monaftere,  par  Geraud  de  Rochefort  &  Aymeric  fon 
frere,  des  dîmes  de  l’eglife  de  faint  Sernin  de  Druille.  Nous  n’avons  enfuite 
aucun  monument c  qui  prouve  que  Guillaume  ait  vécu  au-delà  de  cette  an¬ 
née  ,  &  nous  ne  doutons  pas  qu’il  ne  foit  décédé  bientôt  après.  Un  ancien 
auteur  d  nous  apprend  qu’il  mourut  à  Jerufalem  ,  où  il  étoit  allé  fans  doute 
en  pèlerinage  ;  dévotion  fort  à  la  mode  dans  fon  fiecle.  Il  paroît  certain  en 
effet  qu’il  mourut  hors  de  Touloufe,  car  on  n’y  trouve  aucun  vertige  de  fon 
tombeau. 

Si  nous  en  croyons  un  hiftorien  Anglois  e  prefque  contemporain ,  Guillau¬ 
me  IV.  comte  de  Touloufe  étoit  d’un  efpric  lent  &  tardif  *  &  ce  fut  pour 
cette  raifon  que  fon  perc  lui  laifla  le  comté  de  Touloufe  ,  comptant  que  les 
peuples  du  pais  accoutumez  depuis  long-tems  au  gouvernement  de  fes  ancê¬ 
tres  ,  n’entreprendroient  rien  contre  lui  5  mais  on  ne  peut  gueres  compter 
fur  le  témoignage  de  cet  auteur  étranger  ,  &  d’ailleurs  allez  peu  inftruit 
de  l’hiftoire  de  nos  comtes  de  Touloufe.  Il  donne  en  effet  le  nom  de  Guil¬ 
laume  au  pere  de  Guillaume  IV.  tandis  qu’il  eft  certain  que  ce  dernier  étoit 
fils  de  Pons.  Quoi  qu’il  en  foit ,  on  ne  fqauroit  difeonvenir  que  Guillaume  IV. 
n’eût  un  grand  fonds  de  pieté  &  de  juftice.  Ses  liberalitez  envers  les  églifes, 
les  pauvres ,  êc  les  hôpitaux  f ,  le  zele  qu’il  fit  paroître  dans  toutes  les  occa- 
fions  pour  la  réforme  du  clergé  de  fes  états ,  l’abandon  qu’il  fit  aux  églifes 
des  droits  que  fes  prcdeceflèurs  s’étoient  attribuez  fur  elles ,  entr’autres  la 
nomination  aux  évêchez ,  ôc  enfin  fes  autres  vertus  ,  mais  fur  tout  fa  pieté, 
lui  méritèrent  le  titre  de  trcs-chrctien ,  que  quelques  anciens  auteurs  lui  don¬ 
nent  g.  Aux  foins  qu’il  prit  de  rétablir  lefervice  divin  dans  les  églifes  de  Tou¬ 
loufe,  on  doit  ajouter  celui  qu’il  eut  de  favorifer  l’établiflement  des  cha¬ 
noines  réguliers  dans  la  cathédrale  de  Cahors  ville  capitale  de  fon  comté  de 
Querci,  comme  il  paroît  par  le  teftament h  de  Geraud  évêque  de  cette  ville, 
daté  du  14.  de  Mars  de  l’an  1 090.  &  auquel  ce  comte  fouferivit  avec  Ifarn 
de  Touloufe,  Guillaume  d’Albi,  &  plufieurs  autres  évêques.  Geraud  pour 
affermir  cet  établiffèment  aifigna  plufieurs  domaines  aux  chanoines  de  fa 

cathédrale, 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV.  i8‘ 

cathédrale  ,  du confentement  du  même  comte ,  entr’autres  la  dîme  des  profits  y&r  An. 109 1 
4*  monnoye  qu'il  faifoit  battre.  On  doit  conclure  de  là  que.  ce  prélat  domi- 
noit  alors  dans  fa  ville  épifcopale ,  donc  fes  fucceflèurs  prirent  le  titre  de 
comtes ,  &  dont  ils  pollêderent a  le  domaine  fous  l’autorité  &c  l’hommage  des  a  v.  note 
comtes  de  Touloufe  feigneurs  dominans  de  tout  leQuerci.  Ainfi  ileft  allez  *•  ^ 
vraifemblable  que  Guillaume  IV.  donnai  l’évêque  Geraud  la  ville  de  Ca- 
hors ,  dans  laquelle  il  fe  referva ,  avec  le  haut  domaine ,  tant  pour  lui ,  que 
pour  fes  fucceflèurs ,  les  tours,  les  murailles ,  les  foflèz  ,  &c. 

On  a  parlé  ailleurs  des  difïerens  mariages  de  ce  prince  ,  &  de  fes  enfans. 

Il  ne  lui  reftoit  plus  alors  qu’une  fille  nommée  Philippe  ,  mariée ,  comme  on 
l’a  déjà  dit ,  à  Sanche  roi  d’Aragon b  ;  mais  elle  ne  devoir  pas  lui  fucceder  dans  b  G*ufrU.v>f, 
fes  états,  &  toute  fa  fuccelîion  regardoit  Raymond  de  faint  Gilles  fon  frere  pour  ,iui • 
les  raifons  que  nous  avons  déduites  ailleurs  c.  Il  paroît  cependant  que  les  fj- NorE 
Touloufains  firent  d’abord  difficulté  de  reconnoître  ce  dernier  après  la  mort 
de  Guillaume,  foie  par  les  intrigues  ou  les  prétentions  de  Philippe  &du  roi 
d’Aragon  fon  mari ,  foit  pour  quelqu’autre  motif  que  nous  ignorons.  Un  au¬ 
teur  d  qui  a  écrit  au  milieu  du  XII.  fiecle  ,  rapporte  en  effet  que  »  Raymond,  «  d  Aa 
nommé  auparavant  comte  delàint  Gilles ,  le  voyant  privé  de  toute  hérédité  «  s.  b.-»  /*'•«• 
paternelle ,  le  rendic  accompagné  d’un  feul  domeftiquç  à  l’abbaye  de  la  Chaife-«  l 

Dieu  ,  pour  y  prier  au  tombeau  de  faint  Robert ,  dont  la  gloire  &Ia  fain-  « 
teté  éclatoient  de  toutes  parts.  Ce  comte  étant  entré  dans  l’églifê,  &  s’é-  « 
tant  mis  en  priere  devant  le  tombeau  du  faint,  ajoûte  cet  auteur,  il  lui  « 
expofa  fa  fituation ,  &  lui  parla  avec  la  même  confiance  qu’à  fon  prote&eur ,  « 

&  à  fon  puiflànt  avocat.  Ayant  enfui  te  fait  celebrer  une  mefle  de  grand  matin  ,  et 
il  fit  hommage  à  faint  Robert,  prit  fon  épée  de  deffus  l’autel,  ôc  protefta« 
qu’il  ne  tienaroit  lé  comté  de  Touloufe  que  de  ce  faint,  fi  Dieu  lui  faifoit  lace 
grâce  de  l’obtenir  par  fon  interceflîon.  Les  defirs  de  Raymond  eurent  bien-  et 
tôt  après  leur  accomplilîèment,  continue  l’hiftorien:  à  peine  fut-il  parti  de  « 
la  Chaife-Dieu,  &  arrivé  fur  les  confins  du  domaine  de  fon  pere ,  que  tous  les« 
feigneursdu  païs  lui  firent  hommage  fans  aucune  difficulté,  &  il  fut  reconnu  « 
unanimement  à  T ouloufe  ,  &  dans  toutes  IA  provinces  dont  il  devoit  heriter  en  et 
vertu  de  fon  droit  paternel  5  ce  qui  engagea  ce  comte  à  conferver  toujours  dans  et 
la  fuite  une  vénération  finguliere  envers  faint  Robert,  &  à  lui  en  témoigner  fa  « 
reconnoiflance.  « 

Ileft  évident  que  cet  événement eft  pofterieur  à  l’an  1060.  ou  1061.  épo¬ 
que  de  la  mort  de  Pons  pere  de  Raymond  de  faint  Gilles ,  puifque  faint  Ro¬ 
bert  abbé  de  la  Chaifè-Dieu  ne  décéda  qu’en  1067.  Nous  fçavons  d’ailleurs 
que  le  même  Raymond  vécut  toujours  en  bonne  intelligence  avec  le  comte 
de  Touloufe  fon  frere ,  &  qu’il  le  Jailli  pendant  fa  vie  paifible  poffeffeur  de 
tous  fes  domaines.  Il  faut  donc  qu’il  s’agilîe  dans  ce  récit ,  delà  iucceffion  au 
comté  de  Touloufe  que  Raymond  de  faint  Gilles  prétendit  lui  appartenir 
après  la  mort  de  Guillaume  IV.  fon  frere.  Or  cet  auteur  établit  le  droit  hérédi¬ 
taire  de  Raymond  à  cette  fucceifion ,  &  fait  allez  entendre  que  ce  prince  en 
étant  exclus  ,  il  ètoit  privé  de  toute  hérédité  paternelle.  En  effet ,  Pons  comte  de 
Touloufe  n’avoit  eu  d’autres  domaines  que  ceux  que  Guillaume  IV.  fon  fils 
polfedoit  à  fa  mort,  &  dont  Raymond  tenoit  fort  peu  de  chofe.  Ileft  vrai 
que  celui-ci  polledoit  alors  le  duché  de  Narbonne,  le  marquifat  de  Pro¬ 
vence  ,  le  comté  de  Rouergue,  &  plufieurs  autres  grands  patrimoines  ;  mais 
il  les  tenoit  de  fon  chef,  &  nullement  de  l’heredité  de  fon  pere,  ainfi  qu’on  l’a 
déjà  remarqué.  Si  l’on  ajoute  à  ce  témoignage  les  autres  droits  que  Ray¬ 
mond  pouvoir  avoir  fur  le  comté  de  Touloufe,  tant  par  la  vente  que  fon 
frere  lui  en  avoit  déjà  faite  ,  que  par  la  fubfti.tution  dont  on  a  parlé  ailleurs , 
il  paroît  inconteftable  que  cette  fucceifion  luiétoit  dévolue, à  l’exclufion  de 
Philippe  la  niece.  Cette  princefle  l’en  laiffa  en  effet  paifible  pofleffeur,  après  la 
mort  du  comte  Ion  pere  ;  fans  qu’il  paroifle  qu’elle  ait  fait  la  moindre  démar¬ 
che  pour  faire  valoir  fes  prétentions,  jufqu’à  ce  que  Raymond  étant  abfent, 

&  occupé  aux  guerres  d’Outremer ,  elle,  ou  le  comte  de  Poitiers  fon  fécond 
mari  ,  firent  une  tentative  fur  le  comté  de  Touloufe  dont  nous  parlerons 
dans  la  fuite. 

T ome  II.  N  n 


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An.  1093. 
xliv. 

Mort  de  Bé¬ 
renger  comte 
de  Bareeloueôc 
en  partie  de 
Catcaiïonne. 
Ramire  fils 
deSinche  roi 
d'Aragon  reli¬ 
gieux  de  faint 
Pons. 

zMarc  Hi'p. 

Diag.\eond.  de 
BdrteiJ.i.  t. 

*4- 


b  Ceutl  comt. 

b*ï-érl'W 

Mab.ad  ann. 
xo  9j.11.71. 


t*i  HISTOIRE  GENERALE 

Il  y  a  lieu  de  croire  que  Berenger  comte  de  Barcelone  entreprit  avec  Guil¬ 
laume  comte  de  Touloufe  Ton  frere  utérin  ,  le  pèlerinage  de  la  Terre- 
fainte  ,  car  nous  fçavons  qu’il  mourut*  à  Jerufalem  en  1093,  Berenger 
fe  rendit  recommandable  par  fes  conquêtes  fur  les  Maures  ou  Sarafins  les 
voifins  ,8c  décéda  fans  enfans.  Par  là  Raymond  fon  neveu  8c  fon  pupille  ,  âgé 
alors  de  onze  ans,  lui  fucceda  dans  fa  portion  du  comté  de  Barcelone,  Sc 
réunit  en  fa  perlonne  tous  les  domaines  de  fa  maifon  ,  tant  en  deçà  qu’en 
delà  des  Pyrénées  :  mais  il  ne  rentra  pas  fitôt  dans  la  poffelfion  des  premiers, 
qui  comprenoient  les  comtez  de  Carcaffonne  8c  de  Rafez ,  dont  le  vicomte 
Bcrnard-Aton  demeura  toujours  le  maître  pendant  fa  minorité. 


tV.Tr.p.  19  t. 

&c. 


XLV. 

S.  Berenger 
moine  de  iaint 
Papoul. 
d  Atl.Sî.ord.S* 
Ben.  J ac.  VI . 
pdrt.i 

Cri'* 

Boll.to.  6. Maii 

f- 447-  &fi» 
XLVi 

Thilippc  de 
Touloulc  é- 
poulc  en  fé¬ 
condes  nôces 
Guillaume  IX. 
duc  d’Aquitai¬ 
ne.  _ 

1094- 

c  terrer,  an. 
1094- 

f  Chron.Mal- 
leac.pt  tj. 

Gaufrid.Vof. 
p.  *04. 

g  R  b  Je  Mont, 
ehron.ad  ann. 
IIÏ9-P-778. 

h  V.hijhgen. 
desV.de  Fr./o • 
I./M09. 

i  Mab.  ad 
gnn.  10 $6.  n. 
4°* 

K  Yr.py 40. 
&J‘t 

XLVIÏ. 
Raymond  de 
S  Gilles  épou- 
fc  Fl  vire  de 
Caftillc  en 
troificmcs  uô- 
ces. 

1  ^.3^.* 

Pi- 


de  fa  femme  Philippe  fur  ce  comté ,  après  la  mort  du  comte  Guillaume  pere 
de  cette  reine.  Ce  qu’il  y  a  de  certain  b ,  c’eft  que  le  roi  d’Aragon  fe  ren¬ 
dit  alors  dans  cette  abbaye ,  tant  pour  rendre  grâces  à  Dieu  de  la  profperité 
de  fes  armes ,  8c  de  fes  frequentes  victoires  fur  les  Sarafins  ,  que  pour  lui  de¬ 
mander  la  continuation  de  fon  fecours  durant  la  guerre  qu’il  ne  celToir  de 
faire  à  ces  infidèles.  Il  offrit  en  même  tems  Ramire  fon  troifiéme  fils ,  8c 
de  Felicie  fa  première  femme ,  pour  être  moine  dans  ce  monaftere ,  fous  la 
conduite  de  l’abbé  Frotard ,  8c  donna  à  cette  occafion  à  la  même  abbaye 
des  domaines  très-confiderables ,  fuivant  l’ufage  pratiqué  dans  ce  tems-là , 
non- feulement  parmi  les  princes ,  mais  même  parmi  les  fimples  feigneurs c. 
C’eft  ce  même  Ramire  prince  d’Aragon,  qui  après  avoir  profelTé  à  faint  Pons 
pendant  plus  de  quarante  ans  la  vie  monaftique,  fortit  du  cloître,  fe  maria, 
8c  monta  fur  le  trône  de  fes  ancêtres  ,  comme  nous  le  verrons  ailleurs. 

La  pieté  floriffoit  auffi  également  alors  dans  l’abbaye  de  S.Papoul,  fituée  à  dix 
lieues  de  celle  de  faint  Pons.  Berenger  né  J  d’une  famille  noble  dansleTou- 
loufain,  s’y  fan&ifia  entr’autres  dans  ce  fiecle,  8c  mérita  après  fa  mort,  qui 
arriva  le  16.  de  May  de  l’an  1091.  d’être  honoré  d’un  culte  public.  On 
conferve  fes  précieules  reliques  dan#  l’églife  de  l’ancien  monaftere  de  faint  Pa¬ 
poul,  érigée  en  cathédrale  au  commencement  du  XIV.  fiecle. 

Sanche  roi  d’Aragon  ,  après  avoir  offert  fon  fils  Ramire  dans  l’abbaye  de 
faint  Pons  ,  ne  fut  pas  plutôt  de  retour  dans  fes  états  ,  qu’il  continua  la 
guerre  contre  les  Sarafins  j  mais  il  eut  le  malheur  d’être  taé  c  au  commence¬ 
ment  de  Juin  de  l’an  1094  au  fiege  de  Huefca  qu’il  avoit  entrepris.  Pierre 
fon  fils  aîné  du  premier  lit  lui  fucceda  :  il  ne  paroît  pas, qu’il  ait  laiffé  des 
enfans  de  Philippe  deTouloufe  fa  fécondé  femme.  Celle-ci  fe  remariala  même 
année  f ,  après  la  mort  de  Guillaume  g  comte  de  T ouloufe  fon  pere ,  avec  Guil¬ 
laume  IX.  comte  de  Poitiers  8c  duc  d’Aquitaine.  Ce  prince,  âgé  alors  de 
13.  ans,  étoit  h  fils  du  duc  Gui-Geoffroy  ,  ou  Guillaume  VIII.  auquel  il  avoic 
fuccedé  en  1086.  8c  d’Aldearde  fa  troifiéme  femme.  Il  avoit  déjà  époufé  en 
premières  nôces  Ermengarde  d’Anjou  qu’il  avoit  répudiée  depuis  quelques  an¬ 
nées.  On  a  remarqué  ailleurs  que  Philippe  de  Touloufe  prenoit  quelquefois 
le  nom  de  Mahaud  ou  Mathilde  à  caufe,  fans  doute,  de  fa  mere  ,  qui  por- 
toit  ce  nom.  Nous  en  avons  la  preuve  dans  deux  donations,  l’une  du  iy.de 
Mars  ,  8c  l’autre  du  11.  de  May  de  l’an  1096.  La  première  fut  «  faite  à 
l’abbaye  de  fainte  Croix  de  Bourdeaux  par  Guillaume  duc  d’Aquitaine,  en 
prefencc  des  principaux  de  la  province  affemblcz  pour  recevoir  dans  cette 
ville  le  pape  Urbain  IL  8c  on  y  voit  la  foufeription  de  Mathilde  femme  de  Guil¬ 
laume  duc  d‘  Aquitaine  &  comte  de  Gafcoyie.  L’autre  eft  k  en  faveur  de  l’églife  de 
S.  Hilaire  d’ Entre  -  églife  à  Poitiers  :  elle  eft  fouferite  après  le  même  Guillaume 
duc  d’Aquitaine ,  8c  la  comtefle  Aldearde  fa  mere ,  par  la  comteffe  Philippe  fa 
femme. 

Raymond  de  faint  Gilles  après  avoir  pris  poffeffion  du  comté  de  Touloufe, 
continua  cependant  de  faire  la  réfidence  ordinaire  vers  le  Rhône,  à  caufe  des 
grands  domaines  qu’il  pofledoit  de  ce  côté-là.  C’eft  ce  qui  paroît  par  divers 
monumens  ,  8c  en  particulier  par  une  exemption  1  qu’il  accorda  le  28.  de 
juillet  de  l’an  1094.  à  l’abbaye  de  faint  Viàor  de  Marfeille,  de  payer  les 


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D  E  LANGUEDOC.  Liv.  X  V. 


z3j 


ufâges  &  autres  droits  qu’on  levoit  fur  les  vaiflëaux  marchands  qui  navi;  An. 1094. 
geoientfurla  Durance  &  le  Rhône.  La  comtejfc  Elvire  fon  époufe  fouferivit^ 
cet  acte ,  &  le  confirma  ;  ainfi  Mahaud  fa  féconde  femme  étoit  dès-lors  décedée. 

Elvire  ou  Gelvire,  que  Raymond  époufa  en  troifiémes  noces',  étoit  fille»  r,ARod'  To!’ 
naturelle  d’Alfonfe  VI.  roi  de  Leon  8c  de  Caftille ,  Sc  d’une  de  fes  maîtrefTes 
appelle  Ximene  de  Mugnos,  dont  ce  prince  eut  une  autre  fille  nommée  The- 
rele,  laquelle  époufa  le  comte  Henri  de  Bourgogne.  On  prétend  b  que  ces  10. 

deux  princelfes  furent  élevées  dans  le  palais  du  roi  leur  pere,  comme  fi  elles 
avoient  été  légitimés  *  il  y  en  a  d’autres  qui  ajoutent c  qu’elles  naquirent  fous  cv.Ang.hifi. 
la  foi  du  mariage  d’Alfonfc  avec  Ximene,  lequel  fut  rompu  pour  caufe  de 
parenté.  Quelques  auteurs  modernes  °£fpagnols  fie  François  prétendent  en-  d  imem. 
core  qu’Alfonfe  donna  Elvire  fa  fille  en  mariage  à  Raymond,  en  rcconnoif. 
fance  des  fervices  qu’il  en  avoir  reçus  durant  fes  guerres. contre  les  Maures  :  Ann»u> -mi. 
niais  ils  font  partagez  fur  l’époque  de  ces  fervices  ,  Sc  par  conféquent  du  M^'SeViW 
mariage  de  Raymond  avec  la  princelfe  de  Caftille.  Les  uns  «  difent  que  ce  der-  t0  î.p.tîf. 
nier  aida  Alfonfe  à  la  conquête  qu’il  fît  de  Tolcde  fur  les  Maures  en  108  y.  « 

Mariana  f  veut  d’un  autre  côté  que  Raymond  de  S.  Gilles  ait  marché  au  fe-  (  turiJî.ho. 
cours  de  ce  roi ,  lorfque  les  comtes  Raymond  Sc  Henri  de  Bourgogne  lui  ame.  *• 
nerent  un  renfort  confiderable  de  France  pour  le  foùtenir  contre  les  Infidèles, 
qui  le  prefToient  vivement.  Cet  hiftorien  rapporte  cet  événement  à  l’an  1091. 
mais  d’autres  g  le  placent  plus  vraifemblablemenc  à  l’an  1087.  Il  ajoû-  gv-tirrirM- 
te,  que  le  comte  de  S.  Gilles  joignit  les  deux  princes  Bourguignons  lorfqu’ils  '°*7’ 
paflèrent  pour  aller  en  Efpagne  >  qu’ils  emmenerent  tous  trois  au-delà  des  Pyré¬ 
nées  un  nombre  confiderable  de  leurs  vaflaux  ,  Sc  des  troupes  d’élite  $  Sc  qu’en- 
fin  Alfonfe  pour  fe  rendre  plus  formidable  aux  Sarafins ,  Sc  s’afiürer  du  fccours 
de  ces  trois  princes  durant  fes  guerres ,  s’allia  alors  avec  eux ,  en  leur  don¬ 
nant  à  chacun  une  de  les  filles  en  mariage  :  ainfi  ce  feroit  à  cette  époque 
qu’il faudroit  rapporter  celui  de  Raymond  de  feint  Gilles  avec  Elvire.  Cet 
hiftorien  allure  enfin  que  Raymond  Sc  Henri  de  Bourgogne  ayant  reçu  pour 
la  dot  de  leurs  époufes ,  l’un  le  Portugal ,  Sc  l’autre  la  Galice,  le  comte  de 
S.  Gilles  qui  vouloir  retourner  dans  fes  états,  ne  voulut  prendre  pour  la  doc 
delà  fienne  que  de  l’argent  comptant,  des  bijoux  ,  des  meubles ,  des  habits 
fuperbes ,  Scc.  Le  filence  profond  que  les  anciens  hiftoriens  gardent  fur  toutes 
ces  circonftances  du  mariage  de  Raymond  avec  Elvire ,  rend  fort  fufpect  le 
témoignage  de  ces  auteurs  modernes ,  Sc  Mariana  auroit  dû,  fens doute,  citer 
fes  garands.  Il  eft  vrai  qu’un  auteur  h  qui  a  écrit  au  commencement  du  XII.  h  v.Vucb.  te  a, 
fiecle ,  fait  mention  de  trois  differentes  expéditions  entrepriies  en  Efpagne  par  M8-^  H- 
les  François  contre  les  Maures  vers  la  fin  du  XI.  fiecle  :  mais  il  ne  dit  pas  un 
mot  de  Raymond  de  S.  Gilles ,  quoique  ces  expéditions ,  dont  il  ne  marque 
pas  la  date  précife  ,  &donc  on  rapporte  la  première  à  l’an  106  y.  Sc  la  der¬ 
nière  à  l’an  1087.  fefoientpafTéesdu  vivant  de  ce  comte.  On  doit  encore  re- 
marquer  que  cet  ancien  auteur  nomme  les  autres  princes  François  qui  paflerent  • 
danscette  occafion  au-delà  des  Pyrénées.  Il  n’eft:  pas  cependant  hors  de 
vraifcmblançe  que  les  rois  d’Efpagne  ayent  appellé  Raymond  de  S.  Gilles  à 
leurs  fecours  dans  leurs  guerres  contre  les  Infidèles  j  ce  qu’on  peut  appuyer  1 
Sur  ce  qu’ils  eurent  fouvenc  recours  aux  François  durant  ces  guerres.  i°.  Sur 
ce  que  les  états  de  Raymond  étoient  limitrophes  de  l’Efpagne.  30.  Sur  la 
réputation  de  valeur  que  ce  prince  s’étoit  déjà  acquife  en  109  5.  mais  ce  n’eft 
après  tout  qu’une  conjecture ,  &il  faut  avouer  que  nous  n’avons  rien  de  cer¬ 
tain  là-deflus. 

Mariana  croit  que  le  roi  Alfonfe  donna  aufîi  à  Elvire  fa  fille  pour  fa  dot 
la  fouveraineté  qu’il  prétendoit  avoir  fur  Touloufe  en  qualité  de  fucceflèur 
des  anciens  rois  Gots ,  qui  avoient  été  autrefois  maîtres  de  cette  ville  -,  mais 
cette  donation  eft  auftî  chimérique  que  la  prétendue  fouveraineté  d’Alfonfe  fur 
Touloufe ,  ainfi  que  l’a  remarqué  le  traducteur  François  1  de  cet  hiftorien.  i  Charente 
Enfin  fuivant  un  ancien  auteur  Angloisfc,  Raymond  par  fon  alliance  avec  le 
roi  de  Caftille,  procura  la  paix  à  fes  provinces  frontières  de  l’Efpagne  5  ce  qui p.^'î^"’1' 
pourroit  faire  croire  que  le  premier  avoir  eu  auparavant  quelque  différend  ,  K 
ou  même  quelque  guerre  avec  les  rois  d’Efpagne  5  à  moins  qu’il  ne  veuille 
T  orne  II.  Nn  ij 


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An. iog4- 


XLVIII. 
Gilbert  vicom¬ 
te  de  Milbaud 
&  dcGevaudan 
<pou(c  l’b.ri- 
ticrc  de  P u>’ 
vence. 
a  Pr.p.  1 3î. 
&  M- 

b  KHuffiùlfcrt. 

e-ii.&te' 

c  RuffliiU. 


iP'-r-  Îf4. 
C  AUrc.Hip. 


XLTX. 

Coucdlion  de 
Raymond  de 
S -Gilles  cq  fa- 
veur  des  ab¬ 
bayes  de  Pûl- 
modi  &  de 
S.  Gilles. 


I09  5- 

iPr.p.  }}(. 


8p r-h  54°- 


r 


h  BmIuz.  Mifm 

tell  to.6.p.) 81. 

&Jeïî' 


*  Nummos. 

L. 

Réforme  de 
l’ég.dcMague- 
Joaoc ,&  de  di- 
v«rlès  abbayes 
delà  province. 

I  Gtr./er  -prâf, 
i5*  & 


t«4  HISTOIRE  GENERALE 

dire  que  ce  comte  par  fon  mariage  avec  El  vire  de  Caftille ,  fe  ménagea  le 
fècours  du  roi  fon  beau-pere,  8c  empêcha  le  roi  d’Aragon  de  remuer  ,  &  de 
faire  valoir  les  prétentions  de  Philippe  de  Touloufe  fa  femme  lur  le  comté  de 
cette  ville.  Le  même  hiftorien  fe  trompe  cependant ,  lorfqu’il  nous  repre- 
fente  Raymond  dans  un  âge  fort  avancé  quand  il  epoufa  Elvire  }  car  il  eft 
certain  que  ce  prince  avoir  alors  tout  au  plus  cinquante-cinq  ans  :  il  ne  fe 
trompe  pas  moins  quand  il  allure  qu’Elvire  étoit  fille  du  roi  de  la  Tarra- 
gonoife. 

Douce  comtefle  de  Provence  exempta  1 ,  conjointement  avec  Raymond 
de  S.  Gilles ,  l’abbaye  de  faint  Victor  de  Marfeille  ,  de  payer  les  differens 
droits  que  les  comtes  &  les  comte  fies  fes  prédecelTeurs  avoient  coûtume  de  lever 
fur  les  bateaux  qui  navigeoient  fur  la  Durance  8c  fur  le  Rhône.  Cette  corn- 
telle  ,  qui  eft  la  même  b  qu’Etiennette  ,  mere  de  Bertrand  comte  d’Arles  ou 
de  Provence,  gouvernoit  ce  comté  depuis  la  mort  du  même  prince  fon  fils, dé. 
cédé  fansenfans  peu  de  ceins  apres  l’an  1090.  8c  le  tranfmit  après  fa  mort 
à  Gilberge  fa  fille ,  femme  de  Gilbert  vicomte  de  Milhaud  8c  de  Gevaudan. 
Comme  on  ignore  fi  ce  dernier  furvêcuc  à  la  comtefle  Ecicnnecte  ou  Douce 
fa  belle-mere,  qui  vivoit  encorec  au  mois  de  Septembre  de  l’an  1095.  on  ne 
fçait  pas  s’il  jouit  jamais  du  comté  d’Arles  ou  de  Provence.  Ce  qu’il  y  a  de 
certain,  c’eft  qu’il  réfidoit  en  Rouergue  en  1100.  qu’il  ne  prenoit  encore 
alors  que  le  titre  de  vicomte  d  ,  8c  qu’il  eft  qualifié  comte  dans  des  titres e  po- 
ftericurs.  Le  comté  d’Arles  pafla  dans  la  fuice  ,  avec  les  propres  domaines  de 
Gilbert ,  à  Douce  fa  fille  aînée  8c  fon  heritiere ,  8c  de  Gilberge  fa  femme,  qui 
époufa  plufieurs  années  après  le  comte  de  Barcelone. 

Raymond  de  S.  Gilles  étoit  encore  aux  environs  du  Rhône  au  commence- 
ment  de  l’anic>9j.  Ce  prince  ,  la  comtefle  fôn  époufe,  8c  fon  fils  Bertrand, 
fè  rendirent  f  alors  dans  l'abbaye  de  Pfalmodi  au  diocèfe  de  Niftnes  j  &là 
étant  devant  le  principal  autel ,  dédié  à  faint  Pierre,  ils  promirent  à  l’abbé 
Arnaud ,  8c  à  fes  religieux  ,  de  ne  rien  éxiger  du  monaftere  comme  ils  fai- 
foient  auparavant.  Us  le  réfervererit  feulement  lajuftice  pour  les  crimes  d’adul. 
tere 8t  d’homicide  en  cas  que  l’abbé  refufat  de  la  rendre,  8c  une  albergueen 
foin  8cen  avoine  pour  cinquante  chevaliers.  Raymond  reçût  pour  cette  con. 
ce/lion ,  de  l’abbé  &  des  religieux  ,  la  fomme  de  deux  mille  fols  en  monnaye  de 
faint  Gilles.  L’acte  eft  fouferit  par  Raymond  Gaucelin  de  Lunel ,  8c  quelques 
autres  feigneurs  du  voifinage.  Il  eft  daté  du  mois  de  Mars  de  l’an  1094.  mais 
on  doit  le  rapporter  fans  doute  à  l’an  109^.  car  l’ufage  de  ne  compter  le 
commencement  de  l’année  qu’à  Pâques  étoit  alors  commun  dans  la  provin¬ 
ce  ,  comme  il  paroît  entre  plufieurs  exemples ,  par  un  accord  g  pâlie  à  Ma- 
guelonne  entre  Godefroy  évêque  de, cette  ville,  8c  Dalmace  feigneur  de  Ca- 
ftries  dans  le  même  diocèfe  ,  le  "jeudi  ro.  d' Avril  de  l’an  M.  JTCV.  de  l'In¬ 
carnation  ,  indiclion  IV  .concurrent  II.  epacle  JC  JC IV.  le  1 3.  jour  de  la  Lune ,  l’Ire 
1134.  ce  qui  convient  parfaitement  avec  le  Jeudi-Saint  de  l’an  1 096.  qui  tomba 
alors  le  1  o.  d’Avril. 

Les  exhortations  h  du  pape  Urbain  II.  8c  les  priyres  de  diverfes  perfonnes  de 
pieté  contribuèrent  beaucoup  à  porter  Raymond  de  faint  Gilles  à  rendre  aux 
églifes  les  domaines  qui  leur  appartenoient  8c  dont  il  étoit  en  pofïèffion.  Ce 
même  motif  l’engagea  à  reftituer  à  l’abbaye  de  S.  Gilles  la  part  qu’il  avoicaux 
offrandes  qu’on  failoit  à  l’autel  de  ce  faint  ,  8c  dont  fes  parens  s’étoient  em¬ 
parez  anciennement.  Il  fit  d’abord  cette  reftitution  dans  le  concile  tenu  à 
Touloufe  en  1090.  ainfi  qu’on  l’a  remarqué  ailleurs.  Il  larenouvella  à  S.  Gilles 
même  devant  l’autel  du  faint,  le  jour  de  fa  fête,  premier  de  Septembre  de 
l’an  1094.  avec  fa  femme  Elvire  8c  fon  fils  Bertrand  >  8C  pour  marque  de  l’a¬ 
bandon  qu’il  faifoit  de  tous  fes  droits ,  il  mit  fur  l’autel  deux  ’ecus  *  monnaye 
de  S.  Gilles.  Le  pape  Urbain  II.  confirma  ces  aéles  étant  à  Cremone,  le  1 8.  aé 
Février  de  l’an  1095.  8c  enfuite  dans  le  concile  de  Plaifance  tenu  à  lami-Ca- 
rême  de  la  même  année. 

Godefroy  évêque  de  Maguelonne ,  8c  Frotard  abbé  de  S.  Pons  affifterent 
à  ce  concile.  Le  premier  obtint  alors  une  bulle  le  u.  de  Mars  de  cette 
année  ,  par  laquelle  le  pape  confirma  i’établiflèment  des  chanoines  *  réguliers  de 


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DE  LANGUEDOC.  Liv,  XV. 


l8j 


S.  Aagujlin  dans  la  cathédrale  de  Maguelonne^  &  les  donations  que  ce  pré-  An.  109 5» 
lat  leuravoit  faites  pour  leur  manfe.  On  prétend  a  que  les  archevêques  de 
Narbonne  &  d’Arles,  &  l’évêque  de  Nifmes  affifterent  auffi  au  concile  de 
Plailance,  fur  ce  qu’Urbain  II.  leur  renvoya  ,  êcafévêque  de  Maguelonne, 
la  décifion  des  différends  qui  étoient  entre  l’abbaye  de  faine  Vidor  deMar- 
fcille  6c  celle  de  Pfalmodi  ,  ôc  que  ces  prélats  rendirent  là-deffus  une  lên- 
tence  en  1096.  Mais  nous  ferons  voir  que  ce  jugement  n’eft  au  plutôt  que 
de  la  fin  de  l’an  1097.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai,  c’ eft  que  Dalmace  archevêque 
de  Narbonne  fe  trouva  ben  1094.  au  concile  tenu  à  Brioude , auquel  Hu-  b  cmeit. ion<h 
gués  archevêque  de  Lyon  ,  &  légat  du  faint  fiege  préfida.  •  P-  +■'*• 

Urbain  confirma  c  auffi  à  Plailance  le  zi.d’Avril,  en  faveur  du  cardinal  cAnhJitM. 
Richard,  l’autorité  fuperieure  qu’il  avoit,  en  qualité  d’abbé  régulier  de  faint 
Vidor  de  Marfeille  ,  fur  une  douzaine  d’abbayes ,  &  divers  prieurez  convenu, 
tucls  dépendans  de  fon  monaftere.  Du  nombre  de  ces  abbayes  étoient  cel¬ 
les  de  Cadres,  Soreze,  la  Grade  &.  Pfalmodi,  fituées  dans  la  province.  Elles 
ne  dépendoient  plus  de  S.  Vi&or  en  1 114.  lorfque  le  pape  Pafchal  II.  con¬ 
firma^  cette  abbaye  dans  la  polfelfion  des  monaffcrcs  fournis  à  fon  autorité.  d'G*!i.ehnvov. 
Ce  pape  fait  mention  feulement  des  prieurez  de  Notre-Dame  de  l’Amour- 
guier  de  Narbonne,  de  faint  André  d’Agde ,  de  fainte  Sigolene  delà  Grave  au  f'lis 
diocéfe  d’Albi ,  de  la  Canourgue ,  de  Chirac  en  Gevaudan ,  &c. 

Raymond  de  S.  Gilles  maria  au  mois  de  Juin  de  l’an  1095.  Bertrand  fon  fils  l  i. 
aîné ,  qu’il  avoit  eu ,  ainfi  qu’on  l’a  déjà  remarqué ,  de  là  première  femme, 

Bertrand  ,  âgé  alors  d’environ  i  y.  à  30.  ans,  afligna  c  lui-même  pour  le  de  s.  Gilles 
douaire  d’Elede  fa  future  epoufê  ,  Us  villes  ,comteg^&  évèchcz^ de  Rodez  ,  Vi-  éPoufc  Hclcne 
viérs,  Avignon  &  Digne:  &  outre  cela,  fuivant  une  ancienne  copie  ducon-  Cn  fcoLdcf1' 
tratde  mariage,  la  ville,  comté  &  évêché  de  Cahors  ,  ce  qu’il  fit  conformé-  nôces. 
ment  i  la  loi  Romaine  qui  étoit  la  Jîenne.  Il  eft  marqué  enfuite  que  Bertrand  5c 
fon  époufe  jouiroient  pendant  leur  vie  de  ces  domaines ,  lefquels  après  leur 
mort  appartiendroient  à  leurs  enfans  ;  &  qu’au  défaut  de  ceux-ci,  Ele&e  pour- 
roit  en  difpofer  à  fon  gré.  Après  la  foulcription  de  Raymond  comte  de  Tou- 
loufe,  duc  de  Narbonne  &  marquis  de  Provence  ,  fere  du  même  Bertrand ,  on  voit 
celle  de  divers  feigneurs.  Eleéteou  Helene  étoit  fille  f  d’Eudes  I.  duc  de  Bour-  ^°Tlleric-viltl' 
gogne ,  &  de  Mathilde  fille  de  Guillaume  T cte-hardie ,  comte  palatin  de  Bour- 
gogne.  Nous  tirons  de  là  une  nouvelle  preuve  que  Bertrand  étoit  cenfé  légi¬ 
timé  ,  quoi  qu’en  dilent  quelques  modernes  g  qui  le  font  pafTer  pour  bâtard.  En  g  v-  n o  t  e 
effet,  eft  .il  vraifemblable  qu’il  eûtcontra&é  une  alliance  fi  illuftre,  &que  Ray-  XLL 
mond  fon  pere ,  marié  aduellellement  à  une  jeune  princefTe  qui  lui  donna 
divers  enfans ,  eût  difpofé  en  fa  faveur  de  tous  les  grands  domaines  qu’il 
alfigna  pour  le  douaire  d’Elede ,  s’il  n’eût  pas  été  légitimé  ? 

On  de  nos  genealogiftes  b  croit  que  Bertrand  avoit  été  déjà  marié  ou  feulement  hta bb.  tall. 
accordé  avec  Mahaud  niece  de  Marafe  ,  laquelle  étoit  née  en  Lombardie ,  lorfqu'il 
époufa  Eleîle.  Il  fe  fonde  fur  l’autorité  de  Guillaume  de  Malmefbury ,  hiftorien 
Anglois  prefque  contemporain ,  qui  dit  ‘  à  la  vérité  que  Raymond  de  faint  *  AUU 
Gilles  maria  fon  fils  Bertrand  À  une  niece  de  la  marquife  Mathilde  ,  mais  non  m  ' 
pas  à.  Mahaudniece  de  Marufe.  Cet  hiftorien  ajoute  que  Raymond  fit  cette 
alliance  dans  le  deffein  de  mettre  en  fureté  les  frontières  de  fes  états  5  ce 
qui  ne  permet  pas  de  douter  que  la  marquife  Mathilde,  dont  il  eft  parlé  ici, 
ne  foit  la  même  que  la  fameufe  comccflè  Mathilde  fi  célébré  dans  l’hiftoire 
d’Italie  du  XI.  fiecle,  &  dont  les  états  confinoient  du  côté  de  la  Lombardie 
&  des  Alpes,  avec  le  comté  ou  marquifat  de  Provence  pofledé  par  Raymond 
de  S.  Gilles.  Nous  ignorons  l’époque  de  ce  mariage  ^  6c  fuppofé  qu’il  foit  vrai,  il 
dut  être  anterieur  à  celui  de  Bertrand  avecElecle,  piufque  celle-ci,  que  ce 
prince  ne  répudia  jamais ,  lui  furvêcut k.  Bertrand  époufa  donc  vers  l’an  1088. 
la  niece  de  la  marquife  Mathilde  dont  il  ne  paroît  pas  qu’il  ait  eu  des  enfans, 

&  fe  remaria  après  fa  mort  en  1095.  en  fécondés  nôces  avec  Helene 
île  Bourgogne.  D’autres  prétendent  que  Bertrand  époufa  en  premières  nôces 
uriê  prétendue  Adélaïde  ,  fille  du  vicomte  Raymond-Bernard  Trencavel  &  1  v>  nom 
d’Ermengarde  de  CarcafTonne ,  mais  c’eft  fans  aucun1  fondement.  XU  n'  “• 


:  Ordtr.Vitnlt 


♦ 


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_ iZ6  HISTOIRE  GENERALE 

AN.109  5 •  Outre  les  grandes  alliances  que  fie  Raymond  de  faipt  Gilles ,  foit  par  Tes  di- 
Comtès  de  vers  mariages  ,  foit  par  ceux  de  Ton  fils ,  il  entretint  une  union  très-étroite 
ceigne ,  de  avec  Guillaume -Raymond  comte  de  Cerdagne  8c  de  Confiant,  qui  avoit 
ïenouîikdei.  Çpoufé  a  Adélaïde  de  Carcaflonne,  fa  cou  fine  germaine.  Cette  union  paroît 
i  noie  entr’autres  dans  le  teftament  b  que  ce  dernier ,  fiir  le  point  d’entreprendre  un  ' 
long  pèlerinage,  fit  le  7.  d’Ocfobre  de  la  XXXV.  année  du  roi  Philippe, 
ou  de  l’an  1094.  &  dans  lequel  il  nomme  pour  les  principaux  exécuteurs 
teftamentaires  Henri  Ton  frere  &  Artaud  évêque  d’Elne.  Ce  comte  laiflè  par 
cet  aéte  à  Guillaume-Jourdain  fon  fils  aîné,  les  comtez  de  Cerdagne  &  de 
Confiant ,  d’où  dépendoient  le  Capcir  ,  le  Donazan  8c  le  château  de  Son , 
portion  du  diocèfe  de  Narbonne  *  &  toutes  fes  comtez  8c  principautez  ,  qu’il 
(ùbftitue  à  Bernard  fon  fils  puîné.  Il  veut  que  fi  le  comte  de  T ouloufe  donne 
un  domaine  à  celui-ci ,  il  en  jouifTe  5  finon  il  lui  legue  le  comté  de  Berga, 
à  condition  de  le  tenir  en  fier  de  fon  frere  aîné.  11  laiflè  l’un  8c  l’autre  de 
fes  deux  fils  fous  la  tutelle  de  Bernard,  comte  de  Bezalu  fon  feigneur ,  8c  veut 
enfin  que  fon  frere  Henri  tienne  le  domaine  qu’il  pofTedoit ,  de  Guillaume- 
Jourdain  fon  fils,  de  la  même  maniéré  qu’il  l’avoit  tenu  de  lui.  Le  comte  de 
Cerdagne  fitplufieurs  legs  pieux  dans  ce  teftament ,  &  mourut 0  l’annce  fili¬ 
al  vante.  Il  donna  pendant  fa  vie  diverfes  marques  de  pieté,  8c  expia  d  entr’autres 
p.  u,  s en  IOy  j  par  unepenitence  canonique,  qu’il  demanda  à  Raymond  évêque  d’El¬ 
ne,  un  facrilége  commis  par  fès  gens  dans  l’abbaye  de  Cuxa  dont  il  étoit 
prince ,  en  la  perfonne  de  Guillabert  comte  de  Rouliillon  ,  qu’ils  avoient  fort 
maltraité  dans  i’églife,  8c  forcé  d’en  fortir. 

Ce  comte  dans  Ton  teftament  ne  fait  aucune  mention  d’Adelaïde  de  Car- 
tmTEihJ.  caflonne  fa  femme  qu’il  avoit  époufée  en  1067.  mais  il  eft  certain  e  qu’elle 
^NOTEiW  fürvëcut,Sc  qu’elle  vivoit  encore  en  G  101.  Elle  prenoit  g  quelquefois  le 
8  ‘  nom  de  Sancitt  ,  comme  l’on  voit  par  dilFerens  aétes.  Quant  à  Bernard  II, 

comte  de  Bezalu  St  de  Fenouilledes  que  le  comte  de  Cerdagne  appelle  fon  fei¬ 
gne  ur ,  8c  qui  étoit  fon  proche  parent,  il  mourut  fans  doute  peu  de  tems 
après  ce  prince ,  car  nous  n’avons  rien  de  lui  depuis-  le  mois  d’Aoûc  h  de  l’an 
p!u9T<  H^'  I0?5-  Bernard  III.  fon  neveu  qui  poflèdoic  avec  lui  par  indivis  tous  lesdo- 
i  v.  note  maines  deieurmaifon  ,  recueillit  fà  fucceffion*  ,St  domina  feul  depuis  furies 
xxt'ij.m  y.  trois  comtez  de  Bezalu,  de  Fenouilledes  &  de  Valefpir. 

Guillaume-Jourdain  après  avoir  fuccedé  à  Guillaume-Raymond  fon  pere 
dans  les  comtez  de  Cerdagne  8c  de  Confiant ,  fe  diftingua  par  fès  exploits 
durant  la  première  Croifade  dans  laTerre-fainte  ,  où  il  alla  joindre  le  comte 
Raymond  de  S.  Gilles  fon  oncle  à  la  mode  de  Bretagne:  expédition  mémora¬ 
ble  qui  acquit  à  l’un  8c  à  l’autre  une  gloire  immortelle  ;  mais  fur-tout  à  ce  der¬ 
nier,  qui  fut  en  quelque  maniéré  le  chef  de  cette  célébré  entreprifè,dont  ou 
forma  le  projet  en  109  j.  La  part  qu’y  prirent  Raymond  &  la  principale  no- 
blefle  delà  province,  nous  engage  à  entrer  dans  quelque  détail:  nous  nous 
bornerons  cependant ,  autant  qu’il  nous  fera  polîîble  ,  dans  un  fujet  fi  vafte, 
à  ce  qui  regarde  la  perfonne  de  ce  prince ,  8c  celle  des  divers  feigneurs  qui 
l’accompagnerent  8c  fervirent  fous  fes  enfeignes. 

Urb111 11  dévotion  d’aller  à  Jerufalem  8c  dans  laTerre-fainte,  pour  y  vifiter  le  faint 

•ricm  en  France  fépulcre  8c  les  autres  lieux  fanctifiez  par  la  vie ,  la  paillon  Sc  la  mort  de  J.  C. 
pour  y  publier  étoit  déjà  en  ufage  depuis  très-long. tems ,  lorfqu’un  hermite  nommé  Pierre, 
h  Ctoi£»de.  entreprit  ce  pèlerinage  vers  la  fin  du  XI.  fiecle ,  touché  de  voir  ces  faints 
lieux  au  pouvoir  des  Mahometans ,  8c  les  Chrétiens  du  païs  gémir  fous  la  ty¬ 
rannie  des  Infidèles,  réfolut  de  travailler  de  toutes  fes  forces  à  les  en  déli¬ 
vrer.  Dans  ce  deffein  il  alla  trouver  Simeon  patriarche  de  Jerufalem ,  8C  dans 
une  conférence  qu’ils  eurent  enfcmble ,  ils  projetterez  d’engager  les  Chré¬ 
tiens  d’Occident  dans  cette  entreprife.  Ce  patriarche  écrivit  fur  ce  fujet  au 
pape  8c  aux  princes  de  l’Europe  diverfes  lettres,  que  l’Hermite  rendit  à  fon 
retour.  Urbain  II.  reçût  en  1094.  celle  qui  lui  étoit  adreflee,  8c  il  fe  déter¬ 
mina  d’autant  plus  volontiers  à  folliciter  cette  expédition  ,  qu’Alexis  Com- 
nene  empereur  de  Conftantinople  le  preffoit  de  lui  procurer  du  fecours  contre 
les  Infidèles ,  qui  faifoient  tous  les  jours  de  nouveaux  progrez  dans  fon  empire. 


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DE  UNfiÜEDQ  C.  Liv.  XV.  <-8?  - 

Le  pape  réfolut  donc  devenir  en  France  6c  d’y  prendre  dans  nn  concile  de  An.  10951 
juftes  mefurespour  l’execution  de  ce  projet,  tandis  que  Pierre  l’Hermite  par¬ 
courait  differentes  cours,  ôc  tâchoit  d’engager  les  princes  à  prendre  les  armes, 

Un  ancien  hiftorien1  allure  que  l’évêque  de  Caliors  informe  du  deflcin  ^ 

d’Urbain ,  periûada  à  Raymond  de  S.  Gilles  comte  de  Touloufe,  qui  l’hono-  me  A'c  l" 
roit  de  là  confiance ,  de  confacrer  le  refte  de  fes  jours  à  une  fi  fàinte  entre- 
prife  5  que  le  comte  &  l’évêque  écrivirent  au  pape  pour  le  prier  avec  inftance 
de  venir  en  France  eenir  un  concile  à  Clermont,  6c.  y  confommer  cette 
grande  affaire*  6c  que  ce  fût  à  leur  follicitation  que  ce  pontife  fe  mit  en  che¬ 
min  pour  palier  les  Alpes.  Mais  cet  hiftoricn  rend  cette  circonftance  fort 
douteufe ,  en  ce  qu’il  ajoute  que  l’évêque  de  Cahors  dont  il  ne  dit  pas  le 
nom ,  étant  mort  avant  la  célébration  du  concile ,  Aymar  évêque  du  Puy  fol- 
licita  à  fa  place  l’expedition  de  la  Terre-fàinte.  Il  eft  certain  en  effet  que  bcj.jkws, 
Geraud  b  qui  étoit  déjà  évêque  de  Cahors  en  1083.  pofléda  cet  cvêché  juf- 
qu’en  irrz.  H  ne  peut  donc  être  décédé  en  1095.  Quoi  qu’il  en  foit,  il  eft  xxxtx.» 
du  moins  certain  qu’avanc  le  départ  d’Urbain  pour  venir  en  France,  plulieurs 
princes  ou  grands  feigneurs  ,  par  un  mouvement  de  pieté  ,  réfolurent  de 
s’engager  dans  l’expedicion  que  ce  pape  médirait.  Roger  II.  comte  de  Foix 
fut  de  ce  nombre  *  ce  qui  occafionna  fa  réconciliation  avec  la  vicomtclle 
Ermengarde  fa  coufine,  ' 

On  a  remarqué  ailleurs  que  l’un  êc  l’autre  ctoient  de  la  même  maifon  *  RoecrJf 
qu’Ermengarde  heritiere  de  la  branche  aînée  avoir  vendu  au  comte  de  Bar-  comicdc  k>ix 
celone ,  au  préjudice  de  celle  de  Foix  qui  étoit  la  puînée  ,  les  comte!  de  Car-  savee 
calfonne,  ôc  de  Rafez  ,  6c  divers  autres  domaines ,  dont  Raymond-Aton  fon  u  vicomtciic 
fils  s’étoic  remis  en  poilcllîon  depuis  la  mort  de  Berenger  II.  comte  de  Bar-  ^"1"'^'^; 
celone.  On  prétend  c  que  le  comte  de  Foix  réfolu  de  faire  valoir  fes  droits  engage  une 
forces  domaines,  leva  un  grand  nombre  de  troupes  d’infanterie  6c  de  ca-  Pit“edc(tS 
valerie  ,  &  qu’il  fe  faille  du  comté  de  Carcafî  on  ne  malgré  Ermengarde  6c  fon  a[|™àhPrer- 
fils,  qui  de  leur  cote  lui  oppoférent  une  armée.  Ce  qu’il  y  a  de  certain  ,  re-fabre. 
c’eft  que  Roger  II.  ayant  formé  le  deflcin  de  faire  le  voyage  de  la  Terre-  f^l“l  mtn% 
faince,  &  fe  voyant  d’ailleurs  fans  enfans  d,  prit  le  parti  de  s’accommoder  a  noté 
avec  Ermengarde  ôc  le  vicomte  Bernard-Aron  fon  fils.  Il  leur  remit  par  le  ,  tl* 
traité  c  qu’ils  firent  enfemble  le  z  1 .  d’Avril  de  l’an  109  j.  »  tous  les  griefs  «  eeï.p.  jys* 
qu’il  avoit  contr’eux ,  6c  leur  abandonna  entièrement  fes  droits  fur  la  ville  «  &  Mi¬ 
di.  le  comté  de  Carcaflbnne,  6c  leurs  dépendances,  à  la  réferve  des  lieux  &  vil-  « 
lages  d’Arfens,  Alayrac,  PreixanÔc  Foncian  ,  qu’il  leur  donna  en  engage- « 
ment  pour  la  fomme  de  cinq  mille  fols  Touloufains  ,  6c  huit  cent  folsHu-  « 
gonens.  Il  leur  céda  auffi  tous  fes  droits  fur  le  château  6c  le  comté  de  Rafez,  « 
de  même  que  fur  les  pais  de  Queille  6c  de  Chercorb ,  portion  de  l’ancien  « 

Touloufain  qui  compofe  aujourd'hui  la  partie  méridionale  du  diocèfe  de« 

Mirepoix  ,  ôc  fe  défifta  enfin  de  toutes  fes  prétentions  fur  tous  ces  païs.« 

Le  lendemain,  zz.  d’Avril,  Roger  s’obligea  de  ne  vendre,  donner  ni  en.  « 
gager  à  perfonne,  excepte  en  faveur  de  la  même  vicomteffe,  6c  de  fon« 
nls  Bernard- Aton,  aucun  des  domaines  qu’il  poffedoit  dans  les  cowtcz^de  Tou-  « 
loufe ,  de  Comminyts  de  Confcrans ,  c’eft- à- dire  fon  comté  de  Foix ,  ôedans  « 

la  portion  du  Carcaffcz  qu’il  leur  avoit  engagée  5  à  condition  neanmoins  que  « 
s’il  ven oit  à  avoir  des  enfans  légitimés,  ils  lui  fuccederoiertt  dans  tous  ces« 
domaines ,  avec  la  même  obligation  envers  Ermengarde  6c  fon  fils  -,  6c  que« 
s’il  décedoit  fans  pofteritc ,  cette  vicomteffe  ,  fon  fils ,  6c  fes  enfans  lui  fuc-  « 
céderaient,  ôc  jouiraient  paifîblement  des  lieux  ôc  châteaux  de  Foix,  Fre-« 
dtlas  (  aujourd’hui  Pamiers  )  ,  Lordad,  Caftclpendent ,  Dun  6c  Mire- « 
poix,  ôc  de  tous  les  autres  châteaux,  villages  Ôc  domaines  qu’il  avoit  dans  les  « 
mêmes  comtez.»On  connoîtparlà  quelles étoient alors  les  principales  places 
du  comté  de  Foix.  Enfin  Roger  déclare  le  deflcin  qu’il  avoit  formé  d’aller  à  la 
Terre- fainte,  dans  un  nouvel  engagement  qu’il  fit  le  même  jour  ,  z  1.  d’Avril, 
à  la  vicomteffe  Ermengarde  ôc  à  ion  fils  Bernard-Aton  ,  de  deux  villages  Ôc 
du  château  de  Dun  dans  le  Touloufain,  pour  la  fomme  de  deux  mille  fols 
Hugonens  -,  à  condition  que  s’il  ne  rachctoit  pas  ces  domaines  un  an 
après  fon  retour  de  Jeruf tient,  il  ne  pourroit  le  faire  que  de  martror  en  martror. 


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iU 


HISTOIRE  GENERALE 


&M- 


A  n.  109  5.  c’eft-à-dire  *  d’une  fête  de  Tous  les  Saints  à  une  autre.  Depuis  cet  accord  , 
zkduCaw  Roger  II.  8c  Tes  fuccelTeurs  vécurent  en  très-bonne  intelligence  avec  la  vicom- 
g  ofi.nov.éj.  te^e  £rinengar(je  ^  flernard-Aton  Ton  fils ,  fie  la  pofterité  de  ce  vicomte  5  fie 
les  defeendans  des  uns  fie  des  autres  renouvelleront  dans  la  fuite  la  promefle 
de  fe  fucceder  mutuellement  dans  leurs  domaines  au  défaut  d’entans  legi. 
times. 

Ce  fut  fans  doute  en  conféquence  de  cet  accord ,  qu’Ermengarde  8c  le 
bPr.f.jj,,-  vicomte  Ion  fils,  reçurent  le  ferment  de  fidelité  b  de  celui  qui  avoir  la  garde 
du  château  de  Foix  ,  lequel  promit  de  le  leur  remettre  après  la  mort  de  Roger, 
fi  ce  comte  dècedoit  fans  enfans.  Comme  Ermengarde  n’avoit  vendu  les  comtez  de 
CarcafTonne  8c  de  Rafez  au  comte  de  Barcelone,  que  dans  la  crainte  d’en  être 
dépofledèe  par  les  comtes  de  Foix,fie  qu’elle  n’avoit  plus  rien  à  appréhender  de 
leur  part,  elle  fie  fon  fils  tâchèrent  de  fe  maintenir  dans  la  pofTeflion  de  ces  deux 
comtez  dont  ils  s’étoient  aflùrez  la  pofTeflion  depuis  la  mort  de  Raymond- 
Berenger  II.  comte  de  Barcelone.  Il  eft  vrai  qu’eux  ôe  leurs  fucceflcurs  fe  con¬ 
tentèrent  de  s’en  qualifier  vicomtes  :  mais  ils  ne  jouirent  pas  moins  de  tout 
le  domaine  utile  *  ainfi  il  ne  refta  plus  aux  comtes  de  Barcelone  qu’une 
prétendue  fuzeraineté  fur  ces  pais.  On  voit  en  effet  qu’Ermengarde  y  dominoic 
vers  ce  tems.là  ,  par  un  ferment  c  qu’un  feigneur  fit  à  un  autre  ,  touchant 
l’cglife  d’Efperafa  dans  le  Rafez  ,  avec  promefle  de  l’aider  contre  Bernard 
d’Aniort  fie  tous  autres,  excepté  contre  la  vicomtelje  de  CarcaJJonne ,  Bernard-  Aton 
fin  fils ,  8c  Bernard-Berenger  de  Pierre- Pertule. 
l v.  Ürbain  II.  ayant  pafle  d  les  Alpes  au  mois  de  Juillet  de  l’an  109  y.  arriva 
bimT  djlns  au  commenccmcnc  du  mo‘s  d’Août  fuivant  à  Valence  fur  le  Rhône.  Il  fe 
h  provincf!"5  rendit  enfuite  au  Puy  en  Velay  où  il  célébra  la  fête  de  l’AfTomption  de  la 
Concile  de  Vierge.  Il  avoit  d’abord  réfolu  d’afTembler  le  concile  dans  cette  derniere 
mat"  évêque5, *  v‘^e  >  ma*s  ne  trouvant  pas  encore  les  chofes  difpofées ,  il  l’indiqua  à  Cler- 
du i’uy déclaré  mont  en  Auvergne  pour  le  18.  de  Novembre  de  la  même  année.  En  atten- 
fjdc.JclaCl01*  dant  parcourut  diverfes  provinces  de  France  ,  fie  alla  d’abord  à  l’abbaye 
>\  Ruin.  vit •  de  la  Chaife-Dieu  dont  il  dédia  l’cglife.  Il  prit  enfuite  fa  route  par  le  Gc- 
Urb.n.n.m.  vaudan  ,  8c  pafla  e  à  Chirac  ,  monaftere  fitué  vers  les  frontières  de  ce  pais 
efrp.'i M.fr  &  du  Rouergue.  Il  en  fit  confacrcr  l’églife  en  fa  prefence  par  les  archevê- 
^B-rutu b  u  <?lies  ^v^cIlies  croient  à  fa  fuite,  fie  du  nombre  defqucls  étoit  Aldebert 
•uxarch.  des.  évêque  de  Mende.  Il  accorda  alors  un  privilège  à  ce  monaftere  à  la  priere  du 
viüor  dtM»rf.  cardinal  Richard  abbé  de  S.  Victor  ,  à  l’autorité  duquel  il  étoit  fournis. 

f  R:iin. ibid.  Le  pape  f  arriva  à  Nifmes  à  la  fin  du  mois  d’Aoùt  ,  8c  célébra  le  premier 
»-i9+  àrhi-  de  Septembre  la  fête  de  faint Gilles  dans  l’abbaye  de  ce  nom, où  il  s’arrêta 
S  MtUtann.  du  moins  jufqu’au  7.  de  ce  mois.  Durant  fon  fejour  g  il  réconcilia  l’évêque 
!ojs.n.ii.  fle  Nifmes  avec  Odilon  abbé  de  ce  monaftere  fié  fes  religieux.  Il  pafla  en- 
hA urten.coi.  flûte  \q  Rhône,  8c  fe  rendit  àTarafcon,  où  il  con(acrah  l’églife  d’un  mona- 
tt  l'  flere  dépendant  de  l’abbaye  de  S.  Victor  de  Marfcille  ,  à  la  piicre  de  la  com- 
v. Ruin.iliJ.  tejfe  Stéphanie  furnommée  Douce  ,  qui  l’avoit  fondé  pour  l’ame  du  comte  Ber- 
”i Lk/W.  trand  fon  fils.  Urbain  *  continua  la  route  par  Avignon  ,  où  il  accordale  iz. 

de  Septembre  une  bulle  en  faveur  de  l’abbaye  de  S.  Gilles.  Il  remonta  le 
long  du  Rhône,  pafla  à  Cluni ,  parcourut  une  partie  de  la  Bourgogne,  SC 
s’étant  rendu  à  Clermont  le  14.  de  Novembre,  il  y  fit  l’ouverture  du  con¬ 
cile  au  jour  marqué.  Un  grand  nombre  d’évêques  fie  d’abbez  de  prefque 
toute  l’Europe  y  alfillerent,  8c  en  particulier  Dalmace  archevêque  de  Nar¬ 
bonne  ,  avec  Godefroy  de  Maguelonne  ,fic  Bertrand  de  Nifmes  fes  fuffragans, 
k  plant av. to J.  On  prétend  k  que  Bernard  de  Lodeve  fie  Matfred  de  Beziers  s’y  trouvèrent 
p  7 9.&jn-  aufli.  Entre  les  autres  évêques  de  la  province  Aymar  ou  Adcmar  du  Puy  y 
.nndopüeu.  brina  beaucoup.  Pierre  abbé  d’Aniane  y  eut  rang  parmi  les  abbez  :  il  étoit 
l  Rum.ibii.  de  la  maifôn  1  de  Sauve, 8e  avoic  fuccedé  àEmenon.  L’évêque  de  Maguelon- 
an»,  ne  fe  plaignit  contre  lui  au  concile  ,  de  ce  que  m,  fous  prétexte  des  privilèges 
Tslïlf.  de  fon  abbaye ,  il  ne  lui  rendoit  pas  l’obéilfance  qui  lui  ctoit  due.  Lesperes 
crH.to.--p.  7.  ordonnèrent  à  cet  abbé  de  faire  latisfadion  à  l’évêque,  8c  de  lui  promettre 
l’obéiflance  ,  fauf  les  privilèges  de  fon  monaftere,  qu’Urbain  II.  confirma  “  en 
n.iu.&fcqj.  fa  faveur  peu  dejours  avant  la  mort. 

oPr.p.y.ï&  Il  s’éleva  aufli  une  grande  difpute  0  dans  le  concile  de  Clermont,  entre 
/*«•  &  r  •  Seguin 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV. 


2.89 


Seguin  abbé  de  Lezatôc  Bertrand  abbé  de  S.  Pierre  delà  Court  ou  du  Mas-  An. 109  5, 
Garnier  dans  le  diocèfe  deTouloufe.  Le  premier  porta  fes  plaintes  au  pape 
6c  aux  évêques,  de  ce  que  l’autre,  contre  les  privilèges  de  Ton  monaftere,  refit- 
foitdefè  foùmettreà  fon  autorité.  Urbain  nomma  Bernard  archevêque  de  To¬ 
lède  fon  légat  pour  terminer  ce  différend  }  &  ceprclat  étoit  fur  le  point  de  con¬ 
damner  l’abbé  de  la  Cour t  fon  parent ,  lorfque  celui-ci  quitta  brufquement 
le  concile  pour  éviter  là  condamnation. 

On  drella  divers  canons  dans  le  concile  de  Clermont  ;  mais  ce  qui  s’y  pafia  de 
plus  remarquable  fut  la  publication  de  la  Croifide-  Vers  la  fin  du  concile ,  le 
pape  fe  rendit  dans  une  grande  place  $  6c  làenprefcnce  d’un  nombre  infini  de 
peuple,  qui  étoit  accouru  de  toutes  parcs,  il  parla  d’une  manière  fi  vive  & 
fi  touchante  fur  la  délivrance  du  fiiinc  Sépulchre,  &  des  autres  lieux  fiints 
de  la  Paleftine  occupez  par  les  Infidèles ,  que  tous  les  affifians  s’écrièrent 
comme  de  concert.  Dieu  le  veut ,  Dieu  le  veut.  Urbain  croyant  ces  paroles 
iufpirées  par  le  S.  Elprit,  les  alfigna  pour  le  cri  de  guerre  de  ceux  qui  dévoient 
avoir  parc  à  cette  entreprife  ,  6c  qui  fê  prefenterent  en  foule.  Ce  pontife  les 
prit  fous  la  protection  du  fàint  fiege ,  6c  leur  remit  en  échange  de  leur  engage¬ 
ment  ,  les  pénitences  canoniques  aufquellcs  ils  pouvoient  êcre  afiujettis  pour 
leurs  pechez.  Il  leur  ordonna  en  même  teins  de  porter  fur  leurs  habits  la  figure 
de  la  croix  }  ce  qu’ils  firent  en  coulant  fur  l’épaule  droice  deux  morceaux 
de  drap  rouge  l’un  fur  l’autre.  Cela  leur  fit  donner  le  nom  de  croiCe z  ,  6c  à 
leur  expédition  celui  de  croifade  }  nom  qu’on  donna  dans  la  fuite  à  routes 
les  entreprifes  femblables. 

Le  pape  allèmbla  le  lendemain  les  évêques  pour  donner  un  chef  à  ceux  qui 
avoienc  déjà  pris  la  croix  -,  6c  comme  il  n’y  avoir  encore  parmi  eux  aucun 
feigneur  de  diltinction ,  le  choix  tomba  fur  Aymar  de  Monteil  évêque  du  Puy, 
qui  pallbit  pour  un  homme  fige ,  fçavant  6c  expérimenté.  U  avoir  d’ailleurs 
porté  a  les  armes  avec  honneur  avant  que  d’embrafièr  l’état  ecclefiaffique,  ^ ^ f'S' ^ 

Sc  avoir  déjà  fait  le  voyage  de  Jerufiilem.  Ceprclat  fit  d’abord  quelque  di/fi-  ifu.chr.mv. 
culte  d’accepter  cette  commillion  :  mais  il  le  rcndic  enfin  aux  inltances  du 

}>apc,  qui  l’établit  fon  légat  ou  vicaire  ,  6c  lui  donna  la  bénédiction  apofto-  y*,;.}. jt!  * 
ique.  Pluficurs  autres  évêques  fe  croiferenr  à  fon  exemple  ,  encr’autres  GuiL 
laume  d’Orange,  que  le  pape  nomma  pourièrvir  de  collègue  à  Aymar  dans  fa  c,  Gilolt 
légation.  Omajoute  Bernard  1  eveque  de  Lodeve  ,  quia  ce  qu  on  prerend,  iui.f. 
mourut  à  la  Terre-fainte  trois  ans  après  fon  arrivée.  Ce  prélat  croit  de  la  mai-  M- 
fon  de  Prevenchiercs  en  Rouergue,  comme  il  paroît  par  une  donation  «qu’il 
fie  au  mois  d’Oclobre  de  l’an  1 09  y  avec  Aftorge  fon  frère  en  faveur  de  l’ab-  »/•»*• 
baye  de  faiut  Victor  de  Marfeille.  Il  édifia  fon  diocèfe  par  fa  conduite  Sc  la 
fagellède  fes  réglemens.  Il  défendit  entr’autres ,  fous  peine  d’excommunica¬ 
tion,  les  mariages  des  Chrétiens  avec  les  Juifs  qui  croient  en  grand  nombre 
dans  le  pais. 

Peu  de  jours  f  après  la  publication  de  la  Croifide,  les  ambafladears  de  R^‘nl(,e 
Raymond  de  S.  Gilles  comte  de  Touloufê  arrivèrent  au  concile,  pour  dé -  s.g/iL  pKa j 
clarer  au  nom  de  ce  prince,  que  lui  6c  un  grand  nombre  de  chevaliers  '!  l,çnx  3VCC 
îesvailaux  avoicnt  deja  pris  la  croix.  Il  ejl  prêt ,  ajourerenr.ils ,  de  faire  f« 
fart  de  fes  richcjfes  à  ceux  qui  n’ont  pas  de  bien  ,  &  il  ne  refufera  ni  fon  fecours  fff? IC,0C 
ni  fon  confcil  â  aucun  de  ceux  qui  voudront  s’engager  dans  cette  expédition.  Ces  Ce^voJn°s!°‘ 
ambafladeurs  furent  reçus  avec  joie  :  ainfi,  dit  un  témoin  oculaire  ë ,  les  f  b  Ur<c.  m/i. 

Chrétiens  qui  s’étoient  déjà  dévouez  à  la  délivrance  de  la  Terre-fainte,curent 
alors  deux  chefs ,  l’un  ecclefiafiiquc,  6c  l’autre  féculier,  Raymond  fur  en  effet  roa.Li.fu, 
le  premier  des  princes  qui  prit  la  croix ,  6c  fon  exemple  entraîna  bien  rot  apres  0rler- 
plufieurs  autres ,  avec  un  grand  nombre  de  Ibigneurs.  Si  nous  en  croyons  un  ff  ulil'.M. 
ancien  h  hiftorien ,  ce  fut  Aymar  évêque  du  Puy  qui  lui  perfuada  de  fe  con-  how/.,uw- 
facrer  à  cette  entreprife.  Il  elt  certain  du  moins  qu’il  s’y  engagea  ‘  par  un  '"f'afff 
efpric  de  religion  ;  6c  ce  qui  Je  diftingue  de  tous  les  autres  princes  qui  y  in.c.i. 
prirent  part ,  c’cft  le  vœu  qu’il  ht  de  ne  plus  retourner  dans  fa  patrie  ,  6c 
d’employer  le  relte  de  fes  jours  à  combattre  contre  les  infidèles  en  expia.  mcfb‘"  ' 
tionde  les  pechez:  vœu  qu’il  ob/èrva  trcs-rcligieu/èment. 

Les  anciens  auteurs  qui  ont  écrit  l'hifloire  des  croifades ,  font  mention 
Tome  II,  O  o 


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ZÇO 


HISTOIRE  GENERALE 


AN.109j.de  plufieurs  comtes  ôc  feigneurs  de  Languedoc  ,  ôc  des  provinces  voifines  qui 
fcmirent  fous  les  enfèignes  de  Raymond  de  faint  Gilles,  ôc  le  fuivirent  à 
la  Terre-fainte,  ôc  qui  par  conféqucnt  prirent  la  croix  dans  le  même  tems 
que  lui.  Nous  apprenons  aufli  de  divers  monumens  le  nom  de  plufieurs  gentils¬ 
hommes  de  la  province  qui  furent  de  cette  expédition. 

L’exemple  d’Aymar  évêque  du  Puy  entraîna  fans  doute  un  grand  nombre  de 
nobleffe  du  Velay.  Parmi  ceux  que  nous  connoifions ,  le  principal  fut  Heracle, 
frere  puîné  de  Pons,  avec  lequel  il polTedoit  par  indivis  la  vicomté  de  Poli. 
•  Fr.j-.j4 gnac.  Pierre  ôc  Pons  de  Fay  ou  de  Fayn  le  croifercnt  aufli  a,  ôc  vendirent 
/*?•  une  partie  de  leur  patrimoine  pour  fournir  aux  frais  du  voyage  5  mais  il  n’y 

eut  que  le  premier  qui  l’entreprit ,  l’autre  décéda  auparavant.  Ils  firent  cette 
vente  en  1097.  de  b’avis  de  Pons  vicomte  de  Pohgnac ,  de  fes  fils  ,  &  de  leurs 
femmes.  Ils  étoient  neveux  de  ce  vicomte,  car  Pons  leur  pere  avoir  époufe 
b  v.  note  une  fille  du  vicomte  Armand  III. b  pere  de  Pons. 
x.M-  Pons  de  Balazun, chevalier  du  diocèfe  de  Viviers  ,  fut  un  des  premiers  qui 

prirent  la  croix  ;  ôc  non  content  de  fè  dillinguer  dans  cette  expédition  par 
«  Rym.  Je  divers  faits  d’armes ,  il  écrivit  l’hiftoire c  du  voyage  de  Raymond  de  S.  Gilles, 
Agit.  f.iiycr  conjointement  avec  Raymond  d’Agiles  chapelain  de  ce  comte,  ôc  chanoine 
J'qÀ *r.p.}4t.  du  Puy  qui  fut  aufli  du  voyage.  Le  Vivarais  fournit  encore  d  Gerenton 
feigneur  de  Biage ,  vers  les  frontières  du  Velay  ,  lequel  vendit  fes  domaines 
pour  cette  entreprife  ,  au  mois  de  Juillet  de  l’an  \  o^G.  fous  le resne du  roi  Phi¬ 
lippe  j  fur  quoi  nous  remarquerons  en  palïànt ,  que  ce  roi  étoit  alors  par  con. 
féquent  reconnu  pour  fouverain  dans  le  Vivarais. 
e  Mm.  de  Si  l’on  ajoute  foi  à  un  ancien  acte  rapporté  cpar  un  moderne,  ôc  daté  du 
litnr.to.6.(»rt.  21.  Septembre  de  l'an  io$ç.  la  JP  J.  année  du  pontificat  d'Urbain  1 1 .  &  la  XV.  du 
regne  de  l’empereur  Henri  IV.  Lambert-  Adhcmar  de  Monteil  baron  des  baronies 
d' Aulps  ,  Roquemaure  ,  Pays  &  Privas  dans  le  diocèfe  de  Viviers  ,  fervit 
dans  la  première  croifade ,  ôc  fut  tué  au  fiege  de  Jerufalem  le  Vendredi- faint  de 
la  même  année.  Mais  cet  acte  efl  très-fufpcâ:  ;  car  outre  que  ce  terme ,  baron 
des  baronies  étoit  alors  inufité  ,  ôc  que  les  croifez  ne  commencèrent  le  fiege  dé 
Jerufalem  que  le  7.  de  Juin  de  l’an  1099.  la  date  ne  fqauroit  fc  foûtenir.  En 
effet  Urbain  II.  décéda  le  29.  de  Juillet  de  l’an  1099.  ôc  il  auroit  été  le  21. 
de  Septembre  de  cette  année  dans  la  XII.  ôc  non  dans  la  XI.  année  de  fon 
r  Raym.  de  pontificat.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai,  c’efl  que  Guillaume-Hugues  •  de  Monteil* , 
Agil.bijt.qnof.  prere  d’Aynur  évêque  du  Puv,  fut  du  nombre  des  croifez  qui  accompagnè¬ 
rent  Raymond  de  S.  Gilles  à  la  Terre-fainte. 

Guillaume  de  Sabran  fut  un  des  principaux  feigneurs  du  diocèfe  d’Ufêz, 
ôc  Decan  de  Pofquieres  de  celui  de  Nifmes,  qui  fuivirent  ce  comte.  L’hiftorien 
g  Gtr.ftr.frif  de  l’églife  de  Maguelonne  g  prétend  que  plufieurs  gentilshommes  de  ce  dio- 

MataLp*  118. 


3 


cèfe,  ôc  de  celui  d’Agde  accompagnèrent  Guillaume  V.  feigneur  de  Mont¬ 
pellier  dans  cette  même  expédition ,  ôc  prirent  la  croix  avec  lui  ;  entr’autres 
Guillaume-Raymond  ,  fils  de  Raymond-Gaucelin,  Pons  ôc  Bernard  de  Mont- 
laur  ,  Guillaume  de  Fabregues,  Éleazar  de  Montredon  ,  Pierre-Bernard  de 
Montagnac  ,  Guillaume  Arnaud  ,  Otlion  de  Cornon  ,  Guillaume- Bertrand, 
&  Eleazar  de  Caftries.  Cet  auteur  ajoute  que  Guillaume-Raymond  fe  mariai 
Antioche  5  mais  il  fê  contente  de  citer  en  general  les  archives  de  l’églife  de 
Maguelonne  :ainfi  on  ne  fçauroic  faire  beaucoup  de  fonds  fur  fon  témoignage. 
Tout  ce  que  l’on  fçait  de  certain  ,  c’eft  que  Guillaume  de  Montpellier  fe 
h  ibilf.no.  diftingua  beaucoup  dans  cette  guerre  ,  ôc  qu’avant  fon  départ h  il  fit  donation 
de  tous  fes  domaines  à  l’églife  de  Maguelonne,  en  cas  qu’il  vînt  à  déceder  fans 
heritiers  légitimes. 

Berenger-Pierre  de  Gignac ,  ville  du  diocèfe  de  Beziers ,  fituée  fur  les  fron- 
;  Tr.f.m.&  tieres  de  celui  de  Lodeve ,  fut  aufli  de  l’expedition  5  car  étant  «  vers  ce  tems-là 
h •  fur  fon  départ  pour  le  voyage  du  faint  Scpulchre ,  il  donna  la  part  qu’il  avoit  à 

l’églife  de  faint  Martin  d’Àddiflan  dans  le  diocèfe  de  Lodeve  ,  à  l’abbaye  de 
faint  Guillem  du  Défert.  Pierre-Raymond  de  Montpcyroux  donna  l’autre 
partie  en  1097.  Le  premier  étoit  vrailemblablement  proche  parent  de  Pierre  ÔC 
k ibid.  deGervais  de  Gignac  freres,  qui  fondèrent k  en  1096.  dans  l’églifede  S.  Sau¬ 
veur  de  cette  ville  ,  un  prieuré  conventuel  fous  la  dépendance  de  l’abbaye 


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DE  L  A  N  G  U  E  D  O  C.  Liv.XV.- 


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d’Aniane,  à  condition  qu’eux  ôc  leurs  defcendans  feraient  reçus ,  quand  ils  An. 109  y. 
voudraient ,  à  l’habit  monaftique.  Bernard-Raymond  fut  encore  un  des  che¬ 
valiers  du  diocèfe  de  Beziers  qui  eurent  part  à  la  première  croifade. 

Raymond  de  faint  Gilles  engagea  fans  doute  un  grand  nombre  de  fes  vaf- 
fmx  de  la  ville  &  du  comté  de  Touloufe  à  fuivre  Ion  exemple.  Nous  ne 
connoiffons  cependant  certainement  de  cette  partie  de  la  province ,  que  les 
feuls  Raymond- Bertrand  de  Lille ,  êc  Pierre-Raymond  de  Hautpoul  qui  ayent 
marché  à  fa  fuite.  Le  château  dont  ce  dernier  portoit  le  nom  lublîfte  encore  : 
il  eft  lîtué  dans  le  diocèlë  de  Lavaur ,  vers  les  frontières  de  ceux  de  Nar¬ 
bonne  &  de  Carcaflonne.  Nous  trouvons  alors  un  autre  Pierre-Raymond  de 
Hautpoul,  qui  avec  Bernard-Raymond  fon  frere,  reftitua»en  1098.  àl’ab-  uPr.îM. 
baye  de  Caunes  l’églife  de  faint  Amans  de  Valtoret  en  Albigeois ,  f  tuée  fur 
la  riviere  de  Tore  Scies  frontières  duTouloufain.  Quant  à  Raymond-Bertrand 
de  Lille ,  il  étoit  allié  de  Raymond  de  S.  Gilles St  leigneur  de  Lille-Jourdain, 
petite  ville  fituéefur  la  Save  ,  dans  cette  partie  du  diocèfe  de  Touloufe  qui 
s’étend  à  la  gauche  de  la  Garonne,  St  qui  dépend  aujourd’hui  delà  Guyenne. 

Nous  trouvons  aulîi  un  feigneur  nommé  Galon  de  Calmont  qui  prit  la  croix, 

&  fe  mit  à  la  fuite  de  Raymond  j  6c  comme  on  voit  une  baronie  de  ce 

nom  dans  le  Lauragais  &  le  diocèfe  de  Mirepoix ,  il  eft  allez  vraifemblable 

qu’il  en  étoit  feigneur.  Il  paraît  déplus  que  Roger  de  Mirepoix  fervit  durant 

cette  expédition  :  nous  fçavons  du  moins  qu’il  mourut b  à  Jerulàlem  au  com-  b  Pr.pyo. 

mencement  du  XII.  fîecle.  On  a  déjà  parlé  de  Roger  II.  comte  de  Foix  qui 

vendit  une  partie  de  fon  patrimoine  pour  s’engager  dans  cette  entreprife.  Les 

anciens  qui  nous  en  ont  faille  l’hiftoire  ne  dilènt  cependant  rien  de  lui ,  St 

c’eft  fans  aucun  garant  qu’un  moderne  c  eft  entré  dans  un  fort  grand  detail  hi'.ïi’&îxï 

des  exploits  de  ce  comte  dans  la  Terre-fainte  y  mais  cet  auteur  ne  rapporte 

que  des  fables.  1  _ 

Raymond  Pelet  fut  un  des  feigneurs  qui  fe  diftinguerent  le  plus  dans  la  mê¬ 
me  expédition.  On  ne  fçait  fur  quel  fondement  un  auteur  >■  étranger  le  fait 
patrice  de  la  ville  d’Aft  en  Lombardie  ,  n’y  ayant  aucun  lieu  de  douter  qu’il  ^  l'at./acr. 
ne  fût  natif  de  Languedoc:  il  paraît  qu’il  etoit  feigneur  d’Alais.  Nous  parle- 
rons  dans  la  fuite  de  quelques  autres  gentilshommes  de  la  province  qui  fer- 
virent  dans  cette  première  croifade  ,  ÔC  dont  nous  ne  connoiflons  pas  le  dio¬ 
cèfe  où  ils  avoient  pris  nailîance. 

Ifarn  comte  de  Die,  Raymbaud  comte  d’Orange,  Guillaume  comte  de 
Forez,  Guillaume  comte  de  Clermont ,  fils  de  Robert  comte  d’Auvergne , 

Guinart  ou  Gérard  fils  de  Guillabert  comte  de  Roulîillon ,  Gallon  vicomte  de 
Bearn  ôcCentullefon  fils ,  Guillaume  Amanjeu  d’Albret ,  Raymond  I.  vicomte 
de  Turenne ,  Ôc  Raymond  vicomte  de  Caftillon  furent  les  principaux  des  pro. 
vinces  voifines  qui  prirent  la  croix  ,  6c  qui  fe  rangèrent  fous  les  enlèignes  de 
Raymond  de  S.  Gilles.  Au  relie  ,  c’eft  mal-à-propos  qu’un  hiftorien  c  mo- 
derne  donne  le  furnom  de  Foix  à  Gallon  vicomte  de  Bearn.  Ces  deux  mai- 
fons  étoient  alors  très-difFerentes ,  êc  celle  de  Bearn  ne  fondit  dans  celle  de 
Foix  que  fort  long-tems  après. 

Urbain  II.  avant  la  clôture  du  concile  de  Clermont,  chargea  les  évêques 
de  prêcher  la  croifade  aux  peuples  à  leur  retour  dans  leurs  diocèfes ,  6c  le 
concile  mit  fous  fa  fauve-garde  les  biens  de  tous  ceux  qui  s’engageraient 
dans  cette  entreprife.  On  ne  fçauroit  comprendre  quel  fut  l’effet  lubit  de  la> 
publication  qui  en  fut  faite,. &  combien  fut  grand  le  nombre  de  ceux  qui  fa-i 
crilierent  leur  repos  ôc  leur  vie  pour  marcher  à  la  délivrance  des  lieux  laines. 
L’empreflement  fut  tel ,  que  plulîeurs  dames  voulurent  fuivre  leurs  maris  dans 
cette  expédition.  El  vire  comtefle  de  T  ouloufe  fut  de  ce  nombre  ôc  la  plus  diftin- 
guée  de  toutes.  Il  y  eut’  même  plulîeurs  religiculês  qui  par  une  dévotion  mal 
entendue  quittèrent  leurs  cloîtres ,  6c  s’expoferent  à  tous  les  dangers  d’un 
fi  long  voyage.  Telle  fut à  ce  qu’il  paraît ,  une  certaine  Emerieue  Al tejas,  fpr.f.w. 
qui  ayant  pris  la  croix  fur  /’ épaule  droite  pour  aller  À  Jerufalem ,  fut  recevoir 
la  benedidion  d’ Ifarn  évêque  de  Toulôufe.  Ce  prélat  qui  faifoit  alors  la 
vilite  de  fon  diocèfe  ,  6c  fe  trouvoit  à  la  paroiffè  de  S.  Jean,  loua  d’abord  la  dé-  \ 

votion  d’Emerie  ,  mais  il  lui  fit  comprendre  qu’elle  ferait  beaucoup  mieux  de 
T ome  II.  O  o  ij 


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HlSTOUE  GE  NEE  ALE 


An.i  »?  f .  court raite  une  maifon  pour  y  recevoir  Ici  pauvres  ,  8c  elle  fe  rendit  à  fCJ  rf, 
montrantes.  Quelques  l'cipneur*  du  voifinagc  lui  donnèrent  <je  p 

(Vcm  nui  rfni*  t  cHn  n ,4iKi  qiir\r..»  ....  _  °  v 


l —  '  i  » - - " - “b  ****  uwiiuviwui  ltjlllic  de  ioirr 

Orcns  qui  croit  abandonnée  t  clic  édifia  auprès  un  hôpital  avec  un  ir.oaalb 
T,ircn  '  X  l'lbblY'  dc  V-rilmor  en  Albigeois.  U^naW 


l  s.  ô™  fai.Gft.iic  iw,  ütoSSiïïÏÏr 

^  .k  dis “n“.  -  “«*  ^  qu-ù 


V  ,  1  w - - -  *  u  piroit  Qu’il  r 

•  n.j.hi.  croit  fuite  cnn*  le  ilunctc  de  Touloufe  Yen  les  frostkres  de cci ai  deCom 


nun?ei. 


w.\.  à  V'W"*  11  aln5'  lc  CWK‘lc  Jc  Cîem^nx  cci  £-Jt  le  •?.  de  Novembre 
t.  •  •  w  P -mu  de  cette  ville  au  commencemcnc  ca  r  xs  ri-rivaat,  ^  rendi[ .  , ■■  » 

\i\\  IJ'HU-,  moiuftctc  dépendant  de  ribui^e^.  fc  âpuLfc-gc  en  évêché 
«•  ■  >  >»  •■■>*  cn  conîaera  *  l  cjuie  ie  ■».  Dectr-ert  i-  i=  -  z^Lezn  eveoues  entr’au 

4f: ,rc'  a'Gu-1;pr't,i^  y--~ 

•i  ** \ .«  Coinc  i  À . v, c .  ^rt  v_e  ^  ^  £  tl vXT2  cn-Si cvcrfcsprovincw 

*  *  <*c  r  rance ,  8*.  ce 'rira  .1  ::u  ü  N  c  L  partir  pour  le  Poitou 

-  *  —  *«  c.rr--.r-r-c  «  .  l-  -V^mr  .  rriT-^  llzy.i  &  le  Maine,  & 
‘  ,to*  ?-r  1  ^  ~  ‘  r’b  -1  -':c^  par  Vendôme,  & 


1  . 


■  •.>.» 


a*v.«a  ::  c  rrc-.-  —  i  »  .  urs  eu  „  t~a  un  nouveau  concile. 

1  '.  rr:  Trr.i  r-  -  -  a  ?  •  :c~  a— i  — -i  :cce  uu  ?  i;  :î;  a  Suintes ,  paüà  i 
P  '•u'irrrr  .1  ÿr  1  >.»-!.  •».  aTi'ii-c.e.  L  Tc::::d<ja  arrive  le  7. 
i  :  V.:.-  ,  r  — ~  :  t  *  —  r-_r  r*--e  r:  .  u  airs ; ,  en  faveur  de  l’ab- 
r: - u  *.  i--.lL  i  l^rz  n;ne  deTc*ulc-cié,  &.  aux  évê- 

- 7-  r  u  r—  ~  r.  '  ±  Lixicrt.  Curtu  r-uule  ai  darce  ù  7.4e  Mit 

: •  -,  ’  “  ;  -  —  --  ;.x_rTu.-jir.  I..U  ictirrice:  cercr.danc  al’an  1096. 


^  r  .  -j  .  —  —  zz  .  .  i-ÂTfcA-  «r*i.  — a*.  -  a - w  — -  wvA.-v.Am  “*um  vyo. 

...  rur  .  u-r:  x.  »  n  ua.-x  erreur  dans  la 

-  --  ~  ue  i.  LuuxdL-r: ,  iJrlrent*  dansplu- 


—  ;_-r  —  -  1..U  ace  irrite:  cercruaiu 


.  _x  *  u:c  a  : 


:  rp:oir  le  commen¬ 
ter.  On  a  un  grand 


—  -  » 

rur  r  x.  r.xi  x.-uur^s  l  n’ont  pas 


'  _r-uv-T  nu  j  J  •  •"■■r  :>u  I  mûâ  quelques  jours. 

^  -  -  j,..t .  j.  L  l-uunuin  ‘ilycon-- 

**r  r„-.a-_.u;rt-:  raeiric  ,aâîilcdefeiie 

x-uu-r-u  :  ~  <ie  Tolède ,  &  de 
^r.cr.t  .’uJxl  rrneipal  en  l’hon- 
^  -a.  l_i  •  S-Gulesqui  fut 

r'  2c  ..exurr zr*z  le p^pe, l’églife 

_ _ _  ur  .j-.  ;  -.nri-qoe  au  droit 

-"Liu-Tic-ii.  SLs  comtes k  de 


!  ai 


DE  LANGÜEOOC.  Lrr.  X  Vj  i9y _ 

blez  pdur  fa  conftruclion,  déjà  commencée  depuis  long-tems.  Le  lendemain  An.  109 6. 
Vendredy  il  alla  célébré*  la  méfié  dans  l’abbaye  de  faince  Marie,  où  il  prê¬ 
cha  ,  fit  dont  il  bénie  le  cimetiere. 

De  Carcafiônne  Urbain  fè  rendit  à  Pa6baye  d’AIet ,  aujourd’hui  évêché,  où  il 
avoit  ajourné  les  ■*  chanoines  de  la  cathédrale  de  Touloufè.  Ceux-ci  s’écoient  ac*tei  mtm. 
plaints  devant  lui  de  ce  que  les  moines  de  l’abbaye  de  Clulé  en  Piémont  leur 
détenoient  l’églifede  firinre  Gabelle  qui  leur  avoit  été  donnée  auX.  fiecle  paxj 
Hugues  leur  evêque,  fit  Loup  leur  prevof.  Les  nobles  ou  chevaliers  de  ce  lieu 
apré’s  l’avoir  envahie  dans  la  luire,  l’avoienr  donnée  à  la  même  abbaye  au  pré¬ 
judice  de  ces  chanoines  qui  en  demandoient  la  reftitution.  Perlonne  n’ayanç 
comparu  à  Alet  de  la  part  des  religieux  de  Clulê ,  le  pape ,  de  l’avis  de  Berr 
nard  archevêque  de  Tolede  Ion  légat,  fit  en  prefence  d’Ilârn  évêque  de  Tou- 
loule,  les  condamna  à  payer  à  ce  dernier,  fit  à  Tes  chanoines,  un  cens  annuel 
de  vingt  fols  monnoye  cte  Toulou/è.  Après  le  dépare  du  pape  les  religieux 
refuferent  d’executer  la  fèncence  ,  ce  qui  caufà  beaucoup  de  trouble,  8c 
obligea  l’évêque  Ifarn  à  jetter  l’interdit  fur  Pégli/c  de  lâinre  Gabelle,  mais 
ils  ns  le  gardèrent  pas.  Les  chanoines  de  Toulouiè  eurent  alors  recours 
à  la  force,  fit  ayant  mis  quatre  mille  hommes  fur  pied,  ils  allèrent  ravager  le 
lieu  de  Crince  Gabelle  :  enfin  le  défcnlèur  ou  avoué  des  religieux  s’engagea 
en  leur  nom  de  payer  le  cens  annuel  auquel  ils  avoient  été  condamnez.  , 

Urbain  IL  continua  fa  route  dans u la  province,  fit  célébra  la  fête  de  faine  b ruù. ü,j. 
Jean-Baptifte  dans  l’églilè  de  S.  Pons  de  Tomieres,  où  il  donna  une  bulle  en 
faveur  de  l’églife  de  Pampelune  en  Efpagne ,  dont  Pierre  de  Rodez ,  aupa¬ 
ravant  religieux  de  la  même  abbaye  ecoit  alors  évêque.  Le  pape  le  rendit 
enfuitec  à  Maguelonneà  lapriere  de  Godefroy  qui  en  ctoit  évêque,  St  il  y  c  ibü.mst. 
arriva  le  28.  de  Juin.  Le  lendemain  Dimanche,  jour  de  lâint  Pierre  patron  de  Ve,ltal-  J'tr- ■ 

la  cathédrale  ,  il  y  prêcha  en  prelènce  de  tout  le  clergé  du  diocèlè ,  fit  d’un 
nombre  infini  de  peuple  qui  s’y  écoit  raflèmblé.  Il  bénit  enfuite  folemnel- 
lement  l’ille  de  Maguelonnc  ,  aflifté  des  archevêques  de  Pile  fit  de  T  arra- 
gone,  St  des  évêques  d’Albano,  Segni,  Nifines  fit  Maguelonnc.  Le  comte 
de  Subftantion  ,  Guillaume  lèigneur  de  Montpellier ,  fit  les  principaux  du 
pais  furent  prelèns  à  cette  ceremonie.  Il  accorda  en  même  tems  une  indul¬ 
gence  à  tous  ceux  qui  écoient  inhumez  dans  Pille ,  ou  qui  s’y  feroient  inhu¬ 
mer  dans  la  fuite,  St  divers  privilèges  à  la  cathédrale  :  mais  nous  ne  fçaurions 
croire  qu’il  aie  accordé  aux  evêques  de  Maguelonne  le  fécond  rang  après  lui  iVnda[  .y 
dans  toute  l’églilè,  comme  011  le  prétend13.  En  mémoire  d’un  événement  lï  aZ./n. fit-, 
célébré  ,  l’évêque  Godefroy  inftitua  une  proceiïïon  annuelle aucour  de  Pille.  Maz-p- 

Le  pape  apres  avoir  demeuré  cinq  jours  dans  Pille  de  Maguelonne ,  alla  lvjii. 
à  Montpellier*,  où  à  la  priere  de  Philippe  roi  de  France  ,  il  examina  Pèle-  Lcpapcncnt 
âion  de  Guillaume  à  Pévêchc  de  Paris,  fie  renvoya  k  jugement  définitif  de  N^mes^'idc- 
cette  affaire  à  Yves  évêque  de  Chartres  qui  éroit  venu  le  joindre.  Il  fe  die  lac«iic- 
rendit  enfuite  à  Ni  fines  où  il  arriva  le  y.  de  Juillet,&  y  afiembla  le  concile  ^*c  <Zv.KU* 
qu’il’  avoir  indique  ài  Arles.  Le  lendemain  il  dédia  la  cathédrale f  de  Nifines  <ie  BczicrsT** 
en  prefence  de  Raymond  de  S.  Gilles  qui  étoie  allé  dans  cette  ville  pour  c  Run-  •ilJ> 
l’y  recevoir,  comme  if  Pavoit  reçu  à  Touloufë,  St  qui  dota  alors  cette  cache. 
drale  après  l’avoir  èpoafce  :  cérémonie  dont  il  fit  drefler  un  aéle  autentique. 

On  croitg  que  le  concilede  Nifines  commença  le  mêmejouré.  de  JurlJec.  g Rnin.ua. 

Il  s'y  trouva  dix  archevêques ,  fit  86.  tant  évêques  qa’abbez  de  difFerens 
royaumes  on  provinces  ,  outre  cinq  cardinaux  qui  n’étoient  pas  évêques,.  If 
y  a  lieu  de  croire  que  la  plupart  des  évêques  de  la  province  y  afiifterenc:  ü 
eft  du  moins  certain  que  Godefroy  de  Maguelonne,  Bertrand'  de  Nifines, 

Arnaud  d’Elne,.  fit  Ifàrn  de  Touloufë  furent  de  cd  nombre.  Oh  précend  h  que  hAnJ^Betf. 

Matfred  de  Beziers  s’y  trouva  aulft  r  de  même  qu’à  un  prétendu  concile  de  n8&j'q. 

Montpellier  qu’on  fait  tenir  au  pape  Urbain  Ii.  vers  le  même  cems  fans  au¬ 
cun  fondement.  O  qufily  a  de  vrai,,  c’eft  que  Matfred'  évêque-  de  Beziers 
fiegeoit  encore  en  109  6.  fit  qu’il  eut  alors  un  différent  *  avec  Ennengarde  i  un, 
vicomceflè  de  cette  ville  ,  au  fiajet  des  droits  féodaux  du  bourg  de  S-.  Nazaire 
qu’il  prétendoit  lui  appartenir  ■>  fie  de  la  redevance  que  les  Juifs  payoient  à  l’évê¬ 
que  le  jour  de  N02L  A  rnaud  dé  Le vezorx  avoir  déjà  fuccedc  à  ce  prélat  dès  le  p.  u  * 
de  Juin  k  del’année  fui  vante.  StZZi!  ''  * 


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_ i9t  HISTOIRE  GENERALE 

An.  109  y.  conftruîre  une  maifon  pour  y  recevoir  les  pauvres ,  fie  elle  fe  rendit  à  Tes  re. 

montrances.  Quelques  feigneurs  du  voifinage  lui  donnèrent  l’églife  de  faint 

Orens  qui  étoit  abandonnée  :  elle  édifia  auprès  un  hôpital  avec  un  monaftere 

thr-  Qui  en  1 1 40. 1  furent  unis  à  l’abbaye  de  Vieilmur  en  Albigeois.  Le  monaftere 

,”2/  «e  S.  Orens  fubfiftoit  encore  en  1157.  fous  la  dépendance  de  cette  abbaye, 

comme  l’on  voit  par  un  a&e  b  de  cette  année  ,  fiuvant  lequel  il  paroît  qu’il 

»  Pr.w f.  étoit  ficué  dans  le  diocèfe  de  Touloufe  vers  les  frontières  de  celui  de  Com- 
» 


mingeî. 

VùiiJ'n  i  Urbain  II.  après  le  concile  de  Clermont  qui  finit  le  a 8.  de  Novembre, 
Tonioufc.  11  partit  de  cette  ville  au  commencement  du  mois  fuivant,  fie  fe  rendit  à  faint 
H°urj  monaftere  dépendant  de  l’abbaye  de Cluni,  fit  depuiscrigc  en  évêchc. 
fc  renj  cnfuicc  !1  en  confacra  c  l’églife  le  7.  Décembre  affifté  de  plufieurs  évêques  ,  entr’au. 
à  Nii mes.  rres  Guillaume  évêque  de  Mende  qui  avoit  fuccedc  depuis  lemoisd’Août 
h  précèdent  à  Aldebert  de  Peyre.  Le  pape  d  parcourut  enfuite  diverfes  provinces 

Vrkn.H.ifi.  de  France,  &  célébra  la  fête  de  Noël  à  Limoges.  Il  partit  pour  le  Poitou 
— -  au  commencement  de  l’année  fuivante  ,  traverfa  l’Anjou  fit  le  Maipe,  fie 
l0*6-  prêcha  par  tout  la  croifade.  Du  Maine  il  prit  fa  route  par  Vendôme,  fie 
arriva  au  commencement  de  Mars  à  Tours  où  il  tint  un  nouveau  concile. 


11  retourna  enfuite  à  Poitiers ,  alla  célébrer  la  fête  de  Pâques  à  Saintes ,  paflà  i 
Ôourdeaux  fur  la  fin  d’Avril,  fie  vint  à  Touloufe.  Il  y  étoit  déjà  arrivé  le  7. 
ttUur?" de  May  >  comme  on  voit  par  une  bulle  qu’il  donna  alors e ,  en  faveur  de  l’ab- 
&Mï.N9U  baye  deMoifiàc  ,  fi e  qu’il  adreflà  i  Ifarn  évêque  de  Touloufe,  fie  aux  evê- 
'GMuh'Mi.  qucS  d’Agen,  de  Cahors,  Se  de  Laitoure.  Cette  bulle  eft  datée  du  7.  de  Map 
’  km2Ttni.n.  Indiïlion  IV.  tan  1077.  de  t Incarnation.  Elle  appartient  cependant  à  l’an  1096. 

&fw-  fuivant  notre  maniéré  de  compter  ,  fans  qu’il  y  ait  aucune  erreur  dans  la 
lv. Ruia.it,, d.  date  i  carr  Urbain  II.  fie  quelques-uns  de  fes  fucceflèurs ,  fuivirentf  dansplu- 
rlgiadmn.  heurs  de  leurs  bulles  le  calcul  Pifan  ,  fuivant  lequel  on  comptoit  le  comrnen. 
1  o9i.n.4.&  cernent  de  l’année  depuis  Pâques  en  anticipant  d’une  année.  On  a  un  grand 
»°>«  *  *.*".  nombre  d’exemples  de  ce  calcul ,  que  quelques  modernes  g  n’ont  pas  com- 

g  Saluz.  Msrr.  pris. 

b,it-p  w-&t-  De  Touloufe  le  pape  alla  à  l’abbaye  de  Moiflàc  où  il  paflà  quelques  jours, 
h  Cstel  comt.  Il  étoit  de  retour  dans  cette  ville  le  1 3.  de  May  ,  fie  le  lendemain  b  il  y  con- 
fâcra  fôfemneliemént  l’églifê  de  S.  Sernin  nouvellement  rebâtie  ,  aflifté  defèize 
archevêques  ou  évêques  ,entr’autres  de  Bernard  archevêque  de  Tolede,êcde 
&m-  Gautier  évêque  d’Aloi.  Le  pape  confacra  lui-même  l’autel  principal  en  l’hon- 
neur  faint,  fie  y  mit  une  partie  de  fon  chef.  Raymond  de  S.  Gilles  qui  fut 
ihd.  J  prefènç  à  la  ceremonie ,  déclara  publiquement,  de  concert  avec  le  pape,  l’églife 
tt'iutiT  “e  fâ,nc  Sernin  entièrement  Libre  ,  fie  renonça  par  un  a&e  «  autentique  au  droit 
kcanictmt.  qu’il  avoit  fur  une  partie  de  la  cire  qu’on  y  offroit,  fie  dont  lui,  fie  les  comtes  k  de 
I’  'H-  Touloufe  fes  prédeceflêursavoienc  joui  jufqu 'alors. 

Dans  le  nouveau  bâtiment  de  cette  eglife  ron  laiflà  le  corps  de  faint  Ser- 
nin  dans  le  même  tombeau  de  marbre  où  faint  Exupcre  évêque  de  Touloufe 
l’avoit  inhumé  au  commencement  du  V.  ficelé ,  lorfqu’il  le  transféra  de  l’ora¬ 
toire  duTaur,  dans  l’ancienne  églifê  dédiée  fous  fon  invocation  qu’il  avoic 
I  c» ni etmt.  fait  achever.  Ce  corps  demeura  1  ainfi  fous  terre  dans  le  chevet  de  l’églife 
devant  le  chœur  des  chanoines,  avec  plufieurs  autres  corps  fiunts ,  jufqu’en. 
rzy8.  qu’on  le  transféra  avec  le  tombeau  où  il  étoit  renfermé  ,  dans  une 
chapelle  voârée  fie  ifolée  qu’on  avoir  fait  conftruire  en  forme  de  maufolée 
derrière  le  grand  autel  fur  un  plan  hexagone.  On  mit  ce  tombeau  au 
milieu  de  la  chapelle ,  fie  on  en  tira  en  1 2  84.  les  fàcrez  oflemens  du  fàinc. 
pour  les  enfermer  dans  une  chatte  d’argent  qu’on  plaça  audeflus  ,  ainfi  qu’ow 
peut  le  voir  dans  le  dettein  qu’on  Trouvera  ci-joint.  On  monte  à  ce  maufolée 
pat  deux  degrez  de  chaque  côté  des  collateraux  qui  font  autour  du  choeur: 
ws  Rx  cotez  font  fermez  en  dehors  par  une  grille  de  fer ,  fie  ils  ont  chacun. 
une  toife  de  longueur.  La  chafle  reprefènee  en  relief  l’exterieur  fie  le  clocher 
de  Tcglife  de  faint  Sernin. 

tn  Ruh  itin.  Urbain  en  partant  de  Touloufe  m  prit  la  route  de  Carcaübnne  où  il  arriva  le 
».x67.  '  Mercredy  rx.de  Juin,  fie  où  il  fejourna  dnq  jours.  Il  y  officia  pontificale- 

ment  le  1 2.  dans  la  cathédrale  >  fie  y  bénie  ies  matériaux  qu’on  avoit  raÆèm- 


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DE  LANGUEDOC.irr.XVi 


blez  pdur  fa  conftruction,  déjà  commencée  depuis  long-tems.  Le  lendemain  An.  1096. 
Vendredy  il  alla  célébré*  la  méfié  dans  l’abbaye  de  fâinte  Marie,  où  il  prê¬ 
cha  ,  &dont  il  bénie  le  cimetière. 

De  CarcaiÜônnc  Urbain  fe  rendit  à  l’abbaye  d’Alec ,  aujourd’hui  évêché,  où  il 
avoir  ajourné  les  •*  chanoines  de  la  cathédrale  de  Touloufè.  Ceux-ci  s’écoient  a cutei  mrm. 
plaints  devant  lui  de  ce  que  les  moines  de  l’abbaye  de  Clulè  en  Piémont  leur  p&s-à-fiî- 
détenoient  l’églifede  fainte  Gabelle  qui  leur  avoir  été  donnée  au  X.  fieclepaç 
Hugues  leur  evêque,  Se  Loup  leur  prévôt.  Les  nobles  ou  chevaliers  de  ce  lieu 
apres  l’a voir  envahie  dans  la  lüite,  l’avoicnc  donnée  à  la  même  abbaye  au  pré¬ 
judice  de  ces  chanoines  qui  en  demandoient  la  reftitution.  Perfonne  n’ayanç 
comparu  à  Alet  de  la  part  des  religieux  de  Clulè ,  le  pape ,  de  l’avis  de  Berr 
nard  archevêque  de  Tolede  Ion  légat*  &  en  prcfence  d’Uârn  évêque  de  Toy- 
loulè,  les  condamna  à  payer  à  ce  dernier,  Sc  à  Tes  chanoines ,  un  cens  annuel 
de  vingt  fols  monnoye  dte  Touloufe.  Après  le  départ  du  pape  les  religieux 
refuferent  d’executer  la  fèntence  ,  ce  qui  caufà  beaucoup ,  de  trouble ,  Sc 
obligea  l’évêque  Uàrn  à  jetter  l’interdit  fur  l’églilè  de  lâinte  Gabelle,  mais 
ils  ns  le  gardèrent  pas.  Les  chanoines  de  Touloufè  eurent  alors  recours  • 
à  la  force,  Sc  ayant  mis  quatre  mille  hommes  fur  pied,  ils  allèrent  ravager  le 
lieu  de  feinte  Gabelle  :  enfin  le  défenfèur  ou  avoué  des  religieux  s’engagea 
en  leur  nom  de  payer  le  cens  annuel  auquel  ils  avoient  été  condamnez.  1 

Urbain  II.  continua  la  route  dans  0 la  province,  Sc  célébra  la  fête  de  laine  bRum.mj. 
Jean-Baptifte  dans  l’églilè  de  S.  Pons  de  Tomieres ,  où  il  donna  une  bulle  en 
faveur  de  l’églifc  de  Pampelune  en  Efpagne ,  dont  Pierre  de  Rodez ,  aupa¬ 
ravant  religieux  de  la  même  abbaye  ecoic  alors  évêque.  Le  pape  fe  rendit 
enfuitec  à  Maguelonne  à  la  priere  de  Godefroy  qui  en  étoic  évêque,  Sc  il  y  c  HU.me %. 
arriva  le  28.  de  Juin.  Le  lendemain  Dimanche,  jour  de  lâint  Pierre  patron  de  jw* 
la  cathédrale  ,  il  y  prêcha  en  prelènce  de  tout  le  clergé  du  diocclè,  &  d’un 
nombre  infini  de  peuple  qui  s’y  étoic  raflèmblé.  Il  bénit  enfuite  folemnel- 
lement  l’ille  de  Maguelonne  ,  affilié  des  archevêques  de  Pile  &  de  T  arra- 
gone,  &  des  évêques  d’Albano,  Segni,  Nifmes  Sc  Maguelonne.  Le  comte 
de  Subftantron  ,  Guillaume  feigneur  de  Montpellier ,  Sc  les  principaux  du 
pais  furent  prelèns  à  cette  ceremonie.  Il  accorda  en  même  tems  une  indul¬ 
gence  à  cous  ceux  qui  écoient  inhumez  dans  l’ille  ,  ou  qui  s’y  feroient  inhu¬ 
mer  dans  la  lûite,  &  divers  privilèges  à  la  cathédrale  :  mais  nous  ne  fçaurions 
croire  qu’il  ait  accordé  aux  évêques  de  Maguelonne  le  lêcond  rang  après  lui  . 
dans  toute  1  eglile  ,  comme  on  le  prétend  d.  En  mémoire  d  un  evenement  fi  Gtr.fir.fr*;. 
célébré  ,  l’évêque  Godefroy  inftitua  une  proceffion  annuelle  autour  de  l’ille.  «t«.  ‘ 

Le  pape  apres  avoir  demeuré  cinq  jours  dans  l’ille  de  Maguelonne ,  alla  lvui. 
à  Montpellier»,  où  à  la  priere  de  Philippe  roi  d'e  France ,  il-  examina  l’éle-  Lepapct/enc 
âion  de  Guillaume  à  l’évêché  de  Paris,  &  renvoya  k  jugement  définitif  de  JvîimM.'udc- 
cette  affaire  à  Yves  évêque  de  Chartres  qui  étoic  venu  le  joindre.  Il  fe  die  h  catl.e- 
tendit  enfuite  à  Nifmes  où  il  arriva  k  y.  de  Juillet,  &  y  aïïembla  le  concile  ^  d*Je“* 
qu’il  avoic  indiqué  à  Arles.  Le  lendemain  il  dédia  la  cathédrale f  de  Nifmes  dé Brzicn.^* 
en  prefencc  de  Raymond  de  S.  Gilles  qui  étoic  allé  dans  cette  ville  pour  c  Run  ,b,J‘ 
l’y  recevoir ,  comme  if  Pavoit  reçu  à  Touloufè,  &  qui  dota  alors  cette  cache- 
drale  après  l’avoir  èpoafce  •. cérémonie  dont  il  fit  drefler  un  aéle  autentique. 

•  On  croit  g  que  le  concile  de  Nilmes  commença  le  même  jour  6.  de  Juillet,  g  Rnh.au. 

Il  s'y  trouva  dix  archevêques ,  Si  86-.  tant  évêques  qn’abbez  de  differens 
royaumes  ou  provinces  ,  outre  cinq  cardinaux  qui  n’étoientpas  évêques.  If 
J  a  lieu  de  croire  que  la-  plupart  des  évêques  de  la  province  y  affilièrent  :  il 
eft  dot  moins  certain  que  Godefroy  de  Maguelonne,  Bertrand  de  Nilmes, 

Arnaud  d’Elne,.  Sc  I-làrn  de  Touloufè  furent  de  cé  nombre.  Oh  prétend11  que  h  A»do3.B,xj. 

Matfred  de  Beziers  s’y  trouva  auffi  ,  dé  même  qu’à  un  prétendu  concile  de 
Montpellier  qu'on  fait  tenir  au  pape  Urbain  II.  vers  le  mêmecems  fans  au¬ 
cun  fondement.  Ce  qufily  a  de  vrai,,  c’eft  que  Matfred'  evêque'  de  Beziers 
fiegeoit  encore  en  109  <».  &  qu’il  eut  alors  un  différent  «avec  Ermengarde  \m. 
vicomtelîè  de  cette  ville  ,  au  fiajer  dEs  droits  féodaux  du  bourg  de  S-.  Nazaire 
qu’il  prétendoic  lui  appartenir  5  Sc  de  la  redevance  que  les  Juifs  payoient  à  l’évê¬ 
que  le  iour  de  Noël,  A  rnaud  de  Lcvezon.  avoir  déjà  fuecedc  à  ce  prélat  dès  le  g..  ,  *  cftul-  • 

t  :  v  j  #  r  •  y  l*  ctthtdu  < 

de  Juin  *  del  année  lui  vante. 


Bcrncn. 


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cc  'l.to. fi.p.  J  y  1 
<oi. 

*'•  iO</n. 

C*M  mcm. 

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b  ïUÛM&id. 


6.0. 


HISTOIRE  GENERALE 

An.  1096-  Le  8.  de  juillet  le  concile  •*  de  Nifmes  décida  le  différend  qui  étoit  entre 
4  Ifarn  évêque  de  Touloufe  ôc  les  chanoines  de  S.  Sernin  touchant  les  oblations 

faites  à  cette  églife  ,  dont  le  premier  prétendoit  la  quatrième  partie.  Cette 
affaire  fut  long-tems  agitée  8x  excita  de  grandes  altercations.  Ifarn  appuyé 
de  Guy  alors  archevêque  de  Vienne,  &  enfuite  pape  fous  le  nom  de  Calixte 
II.  8c  de  quelques  autres  prélats,  foûtint  fes  droits  avec  beaucoup  de  cha¬ 
leur  ,  enforte  que  le  pape  n’ofa  le  condamner  *  mais  après  la  féancc  l’ayant 
appelle  en  particulier  dans  fa  chambre  ,  il  l’obligea  ,  de  concert  avec  le  comte 
deTouloulc  qui  fe  trouva  prefent ,  à  le  defiftcr  de  fes  prétentions.  Le  concile 
décida  enluite  en  faveur  des  chanoines  de  S.  Sernin  ,  dont  Urbain  8c  le  comte 
Raymond  confirmèrent  en  pleine  allemblée  les  privilèges  8c  les  droits  qu’ils 
avoient  accordez  à  leur  éghfe  dans  le  temsde  fa  confecration  :  ce  qui  prouve 
que  Raymond  de  S.  Gilles  alfifta  aux  féances  du  concile. 

Le  lendemain  9.  juillet13  on  agita  le  différend  qui  étoit  entre  les  abbayes 
de  Figeac  8cde  Conques,  lefqueîles  n’étoient  gouvernées  que  par  un  feul  abbé. 
«  Il  fut  déclaré  que  chacune  auroit  lefien.  Le  1 1.  on  confirma  c  les  privilèges 

ctiLto. 7.f>.7i.  pabbaye  de  Riupoll  contre  les  entreprifes  de  Bcrengcr  évêque  d’Aufonne 

d Ri.ii». ibid.  &  archevêque  de  Tarragone.  Le  ii.  Raymond*1  de  S. Gilles  déclara  devant 
&  Ie  PaPe  à  tout  le  concile,  qu’il  cedoit  en  faveur  de  l’abbaye  de  S.  Gilles, 
tous  les  droits  8c  ufages  dont  lui  8t  fes  prédecelfeurs  avoient  joui  jufiement  0 0 
tnjufiement ,  tant  fur  la  vallée  Flavienne  où  cette  abbaye  étoit  fituée,  que  fur 
fes  autres  domaines.  L’aéte  eft  daté  du  concile  de  Nifmes  le  Samedy  12.  de 
\ juillet  de  tan  1096.  indillion  IV.  ce  qui  s’accorde  parfaitement  ;  Ôc  c’eft  mal- 
e  Cc/jan.  ta.  à-propos  qu’un  de  nos  critiques e  prétend  que  le  1  x. de  juillet  de  l'an  109  6. étoit 
10.  canal. f.  un  jeucb  &  non  un  Samedy.  Cinq  cardinaux  y  foufenvirent  avec  plufieurs ar¬ 
chevêques  8c  évêques  -,  8c  enfuite  Raymond  par  la  permijjïon  de  Dieu ,  dit  comte 
des  Touloufains  &  des  Roueryits ,  duc  de  Narbonne  &  marquis  de  Provence  , 
Pierre  Bermondi  ,  Guillaume  de  Montpellier,  8c  plufieurs  autres  feigneurs 
féculiersdu  pais  qui  fe  trouvèrent  au  concile  de  Nifmes,  ôc  qui  vrailembla- 
blement  avoient  pris  la  croix. 

On  décida  dans  cette  aflêmblée  plufieurs  autres  affaires  qui  ne  font  pas  de 
notre  fujet ,  8c  on  y  drefla  16.  canons,  dont  la  plupart  font  les  mêmesque 
ceux  qu’on  avoitdéja  drell'ez  au  concile  de  Clermont. Quelques  hiftoriens  ajou¬ 
ta  xn.hiflJa  tent {  que  le  pape  ayant  affemblé celui  de  Nifmes  à  la  follicitation  de  Phi- 
ir.NM.p.iosj.  bpppe  I.  roi  de  France ,  ce  prince  qui  avoir  donné  quelque  marque  de  repen. 

tir ,  s’y  rendit  en  perfonne  ,  promit  de  fe  feparer  de  Bertrade,  8c  y  fut  abfous 
gR.iin.iW.  defon  excommunication  :  mais  on  ne  convient  B  pas  qu’il  aie  fait  ce  voya¬ 
ge,  ni  qu’il  ait  recju  Ion  abfolution  au  concile  de  Nifmes  5  on  veut  au  con¬ 
traire,  8c  il  paroît  que  c’efi  avec  raifon  ,  que  Philippe  ne  fut  abfous  de  fon 
excommunication  qu’au  commencement  de  l’année  luivante. 
t/x.  On  croit  h  que  ce  concile  finit  le  quarorze  de  juillet  j  en  effet  le  pape 
fe  rendit  le  même  jour ,  ou  du  moins  le  lendemain  à  l’abbaye  de  S.  Gilles  où 
îi.dms la  pio-  il  demeura  jufqu’au  10.  8c  où  il  confacra  1  pendant  fon  féjour  l’autel  de  la 
'"'hiw  nouvelle  églife.  Il  alla  enfuite  à  l’abbaye  de  faint  André  fur  le  Rhône 
iPr.p.341.  vis-à-vis  d’Avignon ,  où  il  confirma  k  par  une  bulle  du  11.  de  Juillet  ce  qui 
avoit  été  arrêté  en  faveur  des  chanoines  de  S.  Sernin  de  Touloufe  au  concile 
«ii.ro!-;  p!y»i.  de  Nifmes.  11  accorda  en  même  tems  divers  privilèges  à  leur  églife ,  encon- 
fédération  de  ce  qu’il  t avoit  conficrée  de  fes  propres  mains  ,  avec  défenfe  de  chan¬ 
ger  l’état  régulier  des  chanoines ,  8c  à  ceux-ci  de  rien  poffeder  en  propre. 
\  Pr  îtij.  E  leur  accorda  entr’autres  la  liberté  d’élire  leur  prévôt  régulier.  Le 
Rvîn.  ms.  a.  même  jour  le  pape  confirma1  l’a&e  que  le  comte  Raymond  avoit  fait  en 
/ireh.  i,  ^aveur  c'e  l’ibbaye  de  S.  Gilles ,  dont  ce  prince  ,  lors  quil  étoit  fur  fon  départ 

talb.itS.An-  pour  l’expédition  de  Jcrufalcm  ,  avoit  juré  Hobfervation  entre  fes  mains  au  concile 
^ e  Nifmes.  Le  lendemain  13.  Juillet  il  confirma  m  par  une  bulle  les  privile- 


feq'  ges  de  l’abbaye  S.- André ,  8c  ayant  pafle  enfuite  le  Rhône  il  alla  à  Cavail- 
LX-  , ,  Ion n  ,  où  il  étoit  encore  le  30.  du  même  mois.  Il  partit  pour  l’Italie  bientôt 

ymonddc  ..  .  „  >  .  .  ....  •  >  r  ,  ^  ‘ 


».17Î 
LX 
Raymond 


S.Giùcs  ic  pré  après,  8c  il  étoit  déjà  arrivé  dans  le  Milanoi  s  le  14.  de  Septembre, 
pâte  à  fon  dé-  Cependant  tout  fe  préparoit  pour  le  départ  des  croilez,  fixé  par  Urbain  au 
15.  d’Août.  Une  troupe  conduite  par  un  chevalier  nommé  Gautier  Sans - 


part  pour  -ta 
Tusc-laimc. 


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dvoir ,  &  par  Pierre  l’Hermite, avoir  déjà  pris  les  devants.  Tous  les  autres  croi.  An. 1096. 
fez  de  France,,  au  nombre  de  trois  cens  milles,  fe  partagèrent  en  trois  corps 
fous  trois  divers  chefs.  Godefroy  de  Bouillon  duc  de  la  balle  Lorraine,  fuivi 
de  fon  frere  Baudouin  ,  fe  mit  à  la  tête  du  premier,  partit  le  1 5.d’Août,& 
fe  rendit  à  Conftantinople  par  l’Allemagne  fie  la  Hongrie.  Le  fécond  fous  la 
conduite  de  Robert  comte  de  Flandres  ,  d’Hugues  comte  de  Vermandois, 
frere  du  roi  Philippe  ,  6c  de  Robert  duc  de  Normandie  ,  prit  la  route  d’Italie 
(c  de  la  Calabre  au  mois  de  Septembre.  Enfin  le  troifiéme  fuivit  Raymond 
de  S.  Gilles ,  qui  accompagné  d’Aymar  de  Monteil  évêque  du  Puy  &  légat  3  KW0TB 
du  faint  liege ,  ne  fe  mit  en  marche  »  que  vers  la  fin  du  mois  d’ Octobre. 


XLIII.n.i.fr 

toi* 


Raymond J  étoit  le  plus  âgé  de  tous  les  princes  croifez  ,  6c  ne  cedoit  à  guH.  hifi. 
aucun  ni  en  valeur  ni  en  magnificence  *  enforte  que  fi  on  eût  eu  à  choifir 


un  generalifiime ,  il  n’eft  pas  douteux  qu’on  ne  lui  eût  déféré  cet  honneur. 

On  prétend  c  que  pour  fournir  à  la  grande  dépenfe  dans  laquelle  cette  en-  c  v.  noir 
treprife  l’engagea,  il  aliéna  peu  de  tems  avant  fon  départ  une  partie  de  fon  XLl1' 
domaine ,  entr’autres  les  comtez  de  Cahors  6c  de  Rodez ,  Se  qu’il  vendit  le 
premier  aux  évêques  de  Cahors  ,  6c  l’autre  à  Richard  vicomte  de  Carlad. 

Il  paroît  en  effet  ,  quelque  riche  que  fût  Raymond,  qu’il  lui  eût  été  dif¬ 
ficile  de  foûtenir  des  dépenfes  fi  confiderables  fans  aliéner  quelques  portions 
de  fes  domaines. Un  ancien  hiftorien  d  affilre  même  que  ce  prince, qui  étoit, ajoû-  <1  R»t.  hîft, 
te-t’il,  trés-puiflànt,  vendit  tous  fes  biens ,  Iorqu’il  fe  mit  en  marche  pour  la  deli- 
vrance  du  faint  fépulchre  5  mais  il  eft  certain  que  tous  les  principaux  domai¬ 
nes  qu’il  pofledoit  avant  la  croifade  pafTercnt  à  fes  fuccelleurs.  Quant  aux 
comtez  de  Cahors  &  de  Rodez  ,  nous  voyons'  i^.Que  les  évêques  de  Ca-  cnoie MJ. 
hors  jouifloient  auparavant  du  domaine  de  cette  ville  fous  l’autorité  des 
comtes  de  Touloufe  donc  ils  étoient  vaflaux ,  6c  qu’ils  continuèrent  d’en  jouir 
dans  la  fuite  :  mais  ils  ne  prirent  pas  le  citre  de  comte  de  Cahors  avant  le  XI  II. 
fiecle.  On  ne  fçauroit  donc  attribuer  à  Raymond  de  S.  Gilles  l’alienation 
de  ce  comté.  i°.  Ce  prince  ne  peut  pas  non  plus  avoir  aliéné  avant  fondé- 
part  pour  la  Terre-fainre  ,  le  comté  de  Rodez,  qui comprenoit  environ  le 
tiers  du  Rouergue,  puifque  Richard  vicomte  de  Carlad,  qui  en  fit  l’acquifi- 
tion,ne  fe  qualifioit*  encore  que  vicomte  au  commencement  de  l’an  i097.lorf. 
que  Raymond  de  S.  Gilles  étoit  déjà  parti.  Il  paroît  g  cependantque  le  dernier 
engagea  ce  comté  au  même  Richard  durant  le  cours  de  fon  expédition,  6c 
au’Alfonfe  Jourdain  fon  fils  6c  fon  fuccefieur,  l’aliéna  enfuite  entièrement  en 
faveur  de  ce  vicomte  6c  de  fon  fils  Hugues ,  à  la  charge  de  lui  en  faire  hom¬ 
mage. 

Raymond  de  S.  Gilles  fe  prépara  à  fon  voyage  par  divers  aétes  b  de  pieté  6c 


tPr.p.m; 
g  NOlEibid, 


h  y1Sl.SS.otdi 


de  religion.  Il  alla  peu  de  tems  avant  fon  départ  d  l’abbaye  de  la  Chaife- 

Dieu  en  Auvergne  pour  implorer  le  fècours  dç  S.  Robert  fon  proteéleur.  La  &[•!■ 

dévotion  finguliere  qu’il  avoit  envers  ce  faint,  le  porta  à  demander  lataflè 

dont  il  s’étoit  fèrvi  pendant  fa  vie  *  6c  après  l’avoir  obtenue,  il  la  porta  toû- 

jours  depuis  avec  lui,  ainfi  que  plufieurs  autres  reliques  qu’il  confervoit  dans 

fa  chapelle.  Il  perfuada'  enfin  d  un  religieux  de  ce  monafîerc  nommé  Arbert,  «  Aa.ss.Hi4 

prieur  dePrivazac  en  Rouergue  de  leluivre  à  la  Terre-fainte. 

Ce  fut  alors  peut-être  que  Raymond  donna  à  cette  abbaye  les  églifes  de 
S.  Pafque ,  de  la  Vierge  ,  &  de  S.  Nazaire  de  Beaucaire.  Nous  avons  du 
moins  un  ade  k  fans  date  ,  par  lequel  Raymond  fit  cette  donation  du  confeil 
de  Bertrand  fon  fils,  de  Guillaume  de  Sabran,  6c  de  quelques  autres  fei-  /'?• 
gneurs,  6c  y  ajoûta  divers  droits ,  tant  dans  le  lieu  même  que  dans  la  terre 
d’Argence,  pour  en  jouir  pendant  fa  vie  6c  celle  de  fa  femme,  de  fes  fils  & 
de  leurs  fœurs.  Gibelin  archevêque  d’Arles  confirma  1  la  donation  de  ces  égli-  l  Rtch.furi» 
fes  fituées  dans  fon  diocèfe  ,  6c  l’abbaye  de  la  Chaife-Dieu  établit  depuis 
un  prieuré  conventuel  à  Beaucaire ,  dont  les  religieux  furent  fécularifez,  6c  F  ? 
leur  églife  changée  en  collegiale  en  1597. 

Raymond  ™  alla  au  Puy  vers  le  même  tems,  &  s’étant  rendu  dans  la  mpr.M, 


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AN.1096. 


ir.NOTH 
XlV.n.  19. 


lxi. 

Départ  tic 
Raymond.  Son 
voyage  -ufqu'à 
Conltantiuo- 
plc.  Atmoiiics 
des  comtes  de 
Touloufe. 

b  Frf. 

H- 

c  V.  KOTE 
XUU.».). 
d  üeft.Fraft. 

•*m-  1er  }• 

Tulcb .  Carnot, 
hijltyrof.  /.  x. 
r.  1. 

Ütlol.t.&c. 

.  c  R«ym.  de 
Agiipny 
i  Cutl.Tyr . 
fetj. 

g  V  Marc* 
Béarn  l.j.c.6 • 


h  GuM.MaI • 
mtf.L+.ci. 


i9tf  HISTOIRE  GENERALE 

res  6c  Fabrejargues ,  à  condition  qu’on  celebreroic  cous  les  ans  la  fête  de  ce 
faine  ,  tant  dans  cette  eglife  ,  que  dans  toutes  les  autres  du  diocèfe  ;  qu’on 
feroit  brûler  continuellement  un  cierge  dans  la  cathédrale  du  Puy  devant 
l’image  delà  Vierge  y  qu’après  /à  mort  on  y  celebreroic  tous  les  ans  Ion  an- 
nivcrïàire,  de  même  que  dans  toutes  les  autres  églifes  qui  en  dépendoient; 
6c  qu’on  y  réciteroit  tous  les  jours  une  orailon  pour  lui  durant  fa  vie&  après 
fa  mort.  Le  comte  confirma  peu  de  tems  après  cette  fondation,  du  confen- 
t enent  de  Bertrand  fon  fils ,  &  de  fa  femme  fille  du  roi  Alfonfc  ,  ÔC  déclara  que  lî 
quelqu’un  y  donnoic  atteinte,  il  encourroic  l’anathême  lancé  dans  le  con¬ 
cile  de  Clermont  far  le  pape  Urbain  ,  les  évêques  &  les  abbez, 0  contre  quiconque 
s’oppoferoit  aux  donations  faites  par  ceux  qui  marchoient  h  la  délivrance  du  faint 
Sépulchre -y  ce  qui  nous  fait  comprendre  que  Raymond  fit  cette  donation,  qui 
11’cft  pas  datée,  peu  de  tems  avant  fon  départ  pour  la  Terre,  faintc.  Ce  prince 
délivra  enfuice  à  U fez,  en  prcfence  de  Raymond  évêque  de  cetce  ville,  les 
biens  qu’il  avoit  donnez  pour  cette  fondation,  le  lendemain  qu'il  eut pris  U  for- 
terejfc  de  S.  Maxim  in. 

Quelques  auteurs3  veulent  que  cette  forterelTe  ne  foit  pas  differente  de  la 
ville  de  faint  Maximin  en  Provence,  6c  prétendent  prouver  par  là  que  Ray¬ 
mond  envahit  cette  province  fans  aucun  titre  légitimé  :  mais  il  n’y  a  pas 
lieu  de  douter  que  la  forterelTe  de  faint  Maximin  dont  il  s’agit,  ne  foit  la 
même  que  le  château  de  ce  nom  fitué  à  demi-lieue  d’Ufez  vers  lefud-eft, 
dont  le  feigneur  etoit  peut-être  rebelle  à  ce  comte:  car  i°.  Raymond  do- 
minoit  fur  le  diocèfe  d’Ulèz.  i°.  Les  lieux  qu’il  donna  à'  l’eglife  du  Puy 
pour  la  fondation  dont  nous  venons  de  parler  ,  font  fituez  dans  le  même 
diocèfe  au  voifinage  du  château  de  S.  Maximin.  Au  refie  on  inféré  avec  fon¬ 
dement  de  cette  donation ,  que  ce  prince  dominoit  auffi  fur  le  Vclay. 

Ce  prince ,  que  les  divers  auteurs  contemporains  qui  ont  écrit  l’hilboire  de 
la  guerre  fainte  appellent  indifféremment  tantôt  comte  de  Touloufe,  6c  tan¬ 
tôt  comte  de  faint  Gilles  ou  de  Provence,  ayant  dilpofé  toutes  c  h  ofes  pour 
fon  départ,  fe  rendit  à  l’abbaye  de  faint  Gilles  6c.  là  il  confirma  dans  le 
chapitre,  en  prcfence  de  toute  la  communauté  ,  l’abandon  qu’il  avoit  déjà 
fait  plusieurs  fois  des  droits  qu’il  prétendoit  fur  la  ville  6c  fur  l’abbaye 
de  ce  nom.  Il  alla  enfuire  fe  mettre  à  la  tête  des  croifcz  qui  s’étoient 
rafîèniblez  au  nombre  d’environ  cent e  mille  hommes  ,  tant  de  fes  vafiàax 
Gothsd  ,  Provençaux  &  Aquitains ,  que  des  peuples  de  Gafcogne  6c  des  pro¬ 
vinces  voifincs.  Aymar  évêque  du  Puy  légat  du  faint  fiege  le  joignit  6c  ne 
le  quitta  jamais ,  non  plus  que  Guillaume  evêque  d’Orange  lieutenant  dece 
prélat  ,  ou  vice-lcgat.  L’évêque  d’Apt  fut  aulli  du  voyage.  Les  principaux 
des  feigneurs  feculiers  qui  partirent  avec  lui ,  furent,  félon  les  mêmes  hiflo- 
riens  f,Raymbaud  comte  d’prange ,  Gafton  vicomte  de  Bearn,  dont  la 
plupart  de  ces  auteurs  ont  défigure  g  le  nom  fous  celui  dcGafius  de  Behers  0 s 
de Bedcrs ,  Centulle  fils  de  ce  vicomte,  Girard  ou  Guinard  fils  deGuillabert 
comte  de  Rouflîllon ,  Guillaume  feigneur  de  Montpellier,  Guillaume  comte 
de  Forez,  Raymond  Peler  6c  Guillaume  Amanjeu d’Albret ,  outre  plufieurs 
autres  dont  on  a  déjà  fait  mention  ,  6c  dont  nous  aurons  occafion  de  parler 
dans  la  fuite.  Raymond  de  S.  Gilles  commanda  donc  tous  ceux  qui  avoient  pris 
la  croix  dans  les  provinces  méridionales  du  royaum  efiepuis  les  Pyrénées  jufquaux 
Alpes** ,  6c  que  quelques-uns  des  mêmes  hifloriens  fe  contentent  de  délî- 
gner  fous  le  nom  generale  Provençaux.  La  principale  force  de  cette  armée, 
de  même  que  des  autres  qui  partirent  pour  la  croifade,  confiftoit  en  cavalerie 
pefamment  armée  ,  6c  compofee  feulement  de  nobles  ou  gentilshommes , 
qui  ne  combattoicnt  alors  qu’à  cheval,  armez  de  cafques  ,  de  cuiraflès , 
d’épées ,  de  boucliers ,  6c  de  lances  :  le  relie  confilloit  en  infanterie  qui  fe  fer- 
voie  d’arcs  6c  de  flèches. 

Tous  les  meilleurs  critiques  rapportent  à  cette  expédition  l’origine  des 
armoiries.  Ils  prétendent  que  les  chevaliers  raflemblcz  de  prefque  toutcsles 
province  de  l’Europe,  ne  pouvant  fe  reconnoître  entr’eux  ,  parce  que  les 
cafques  cachoient  leur  vifage ,  ils  mirent  pour  fe  diflinguer  certains  lignes  ou 
figures  fur  leurs  cottes  d’armes ,  leurs  drapeaux ,  leurs  boucliers  ,  6c  fur 


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0  >n  Ue/uuuzsirit-. 


To.fi. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV. 


*97 


les  caparaçons  de  leurs  chevaux.  Un  auteur  a  contemporain  rapporte  en  effet  AN.1096T 
que  les  drapeaux  des  feigneurs  croifez  étoient  de  diverfes  couleurs ,  de  même  A  3utnrlbl'i^ 
que  leurs  boucliers  }  que  les  uns  étoient  couleur  d’or,  les  autres  verds ,  rou-  ye0jJ  c. 
ges,êcc.  Ilparoît  donc  qu’on  doit  rapporter  à  cetce  époque  l’origine  desarmoi-  a-&  Aî¬ 
nés  des  comtes  de  Touloufe ,  qui  étoient  une  croix  clechée  ,  vuidée  8c  po- 
metée  -,  6c  que  Raymond  de  faint  Gilles,  l’un  des  premiers  chefs  de  la  croilà- 
de,  prit  ce  fymbole  facré  comme  une  marque  de  la  part  qu’il  avoit  à  cette 
expédition.  Outre  que  nous  fçavons  que  ce  comte  avoit  b  alors  un  fceau,on 
peutfe  fonder  d’ailleurs  fur  le  témoignage  d’un  célébré  critique , c  qui  prouve  evucangt 
que  la  croix  que  les  comtes  de  Touloufe  portoient  dans  leurs  armes ,  « 
eft  femblable  à  celle  que  le  grand  Conftantin  eleva  dans  le  marché  de  Con-  «  uhhF.  15t. 
ftantinople ,  8c  à  celle  qu’il  avoir  vue  au  ciel ,  lorfqu’il  combattit  Maxence,  « 
qui  étoit  garnie  de  petites  pommes  aux  extrêmitez.  «  Raymond  de  S  Gilles 
qui  fut  le  principal  ae  tous  les  princes  qui  fe  croiferenc  en  1095.  Pour  a^er 
combattre  pour  les  interets  de  J.  C.  aura  donc  pris  pour  fes  armes  le  même 
fymbole  qui  rendit  cet  empereur  victorieux  des  ennemis  de  la  foy. 

Il  y  a  lieu  de  croire  que  les  feigneurs  de  Lille- Jourdain ,  8c  quelques  au¬ 
tres  <1  vaflaux  des  comtes  de  T ouloufe  qui  portoient  les  mêmes  armes  que  ces  à  v. 
derniers ,  les  prirent  dans  cette  occafion  ,  parce  qu’ils  marchoient  à  la  fuite, 

8c  fous  les  bannières  de  Raymond  de  S.  Gilles.  On  Içait  en  effet  que  Raymond- 
Bertrand  de  Lille-Jourdain  fut  de  cette  première  croilàde.  On  peut  former 
la  même  conjedure  fur  les  armes  des  anciens  comtes  de  Forcalquier ,  fembla- 
bles  à  celles  de  Touloufe  :  ainli  Guillaume  puîné  de  la  mailon  d’Urgel,  qui 
poiïedoit  alors  le  comté  de  Forcalquier,  ôc  qui  le  tranfmic  à  fes  delcendans, 
luivit  vraifemblablement  Raymond  de  S.  Gilles  dans  cette  expédition.  Il  eft 
vrai  qu’un  hiftorien  c  Provençal  prétend  que  les  comtes  de  Touloufe  ont  pris  c  Rufflhijl.u* 
leurs  armes  des  comtes  de  Provence,  ôc  qu’ils  les  ont  portées  depuis  le  ma- 
riage  de  Guillaume  comte  de  Touloufe  avec  Emme  fille  de  Rotbold  comte  ‘  '  *' 
de  Forcalquier  f  5  mais  il  feroit  à  fouhaiter  qu’il  eut  donné  quelque  preuve  f  r-  k°tb 
d’un  fait  fi  important.  X1K ”-10' 

Raymond  de  S.Gilles  g  avant  fon  départ,  lai  fia  à  Bertrand  fon  fils  du  pre-  g  Gui^  hi^ 
mier  lit,  l’adminiftracion  de  tous  fes  états,  ou  plutôt  il  s’en  démit  entière-  9iraJ-  •  ti¬ 
ntent  en  fa  faveur  :  car  outre  qu’il  fit  vœu  de  finir  lès  jours  à  la  Terre-feinte,  e  u- 
nous  voyons  par  divers  aétes  b  que  depuis  fon  départ,  ôc  avant  fa  mort,  h  pr.p.  is^. 
Bertrand  prit  le  titre  de  comte  de  Touloufe ,  deRoueryie  &  d’ Albigeois ,  &  qu’il  &  Af¬ 
fût  reconnu  pour  tel  par  les  peuples  de  ces  pais.  Elvire'  de  Caftille  femme  ;i  cuib.^Rod. 
de  Raymond  ,  qui,  comme  on  a  déjà  dit,  lejfuivic  dans  cette  expédition ,  6c  2ol-,b,d' 
voulut  partager  courageufement  avec  lui  les  périls  d’une  fi.  grande  entre- 
prife ,  emmena  avec  elle  un  fils  qu’elle  en  avoit  eu ,  ÔC  dont  on  ignore  le 
nom.  Ce  jeune  prince  mourut  fans  doute  durant  le  voyage ,  car  il  n’eft  plus 
parlé  de  lui.Enfin  Raymond  s’étant  mis  à  la  tête  des  croifez  partit  k  pour  Con-  K  note 
itantinople  vers  la  fin  d’O&obre  de  l’an  1096.  paflà  les  Alpes,  6c  entra  dans  XLW-  "•  *•& 
la  Lombardie.  ^ ‘ 

Ce  comte  après  avoir  traverfé  1  l’Italie,  prit  fa  route  du  côté  du  Frioul,  mvm. 
paflà  auprès  d’Aquilée,  entra  dans  l’Iftrie,  Ôt  arriva  fur  les  frontières  de  la  Dal-  ?«•«/• 
macie.  Cette  province , fituée  entre  la  mer  Adriatique  6c  la  Hongrie,  faifoit 
alors  partie  du  royaume  d’Efclavonie  ,  6c  étoit  habitée  par  des  peuples  à  *.>7- 
demi  barbares,  quoique  chrétiens,  lefquels  s’occupoient  bien  plus  volontiers  t  °'der-vit*’- 
du  vol,  6c  du  brigandage  ,  que  de  la  culture  des  terres.  Raymond  n’eut  pas  GejiaTMçudi, 
pliltôt  pénétré  dans  leur  pais ,  qu’il  rencontra  de  plus  grandes  difficultez  qu’il c-' 
n’avoit  crû,  tant  par  la  faifon  de  l'hyvcr  où  on  était  alors ,  6c  par  un  brouillard 
continuel  qui  dura  pendant  toute  fa  marche  dans  cette  province ,  que  par  la 
nature  du  pais  entrecoupé  de  montagnes,  de  forêts ,  6c  de  rivières ,  ôc  par  le 
défaut  de  vivres.  A  fon  approche  les  peuples  faifis  d’effroy  ,  avoient  abandon¬ 
né  leurs  habitations  pour  le  retirer  dans  les  montagnes  ou  en  des  lieux  inaccef- 
fibles  ,  8c  avoient  emmené  avec  eux  leurs  troupeaux  qui  faifoient  toutes 
leurs  richeflès  -,  enforte  que  les  troupes  fouffrirent  une  grande  difette  pendant 
quelques  jours.  Pour  comble  de  malheur  les  Dalmates  forçant  de  leurs  re¬ 
traites  ,  donnoient  fur  les  traîneurs  ,  6c  ne  faifoient  quartier  à  aucun ,  fans 
T ome  IJ.  P  p 


.  IL. 


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_ z9î  HISTOIRE  GENERALE 

As.io$6.  qu’il  fût  poffiblc  aux’croifcz  de  les  pourfuivre  dans  un  pais  dont  ils  ne  con.. 

noîfloient  pas  les  routes.  Toute  la  précaution  que  put  prendre  Raymond  fut 
de  marchera  l’arriere-gardc  ,  Ôc  de  camper  toujours  le  dernier  pour  couvrir 
l’armée.  Il  fut  attaqué  neanmoins  un  foir  dans  un  défilé  par  une  troupe  d’Ef. 
clavons  qui  l’enveloppcrent  -,  mais  il  lé  défendit  II  bien ,  qu’il  les  obligea  à 
prendre  la  fuite,  après  s’ètre  faill  de  fix  de  ces  brigands,  à  qui  il  fit  arracher  les 
yeux,  couper  les  pieds,  le  nez  ôc  les  mains  pour  jeteer  la  terreur  parmi  les  autres. 

'  Enfin  au  bout  de  quarante  jours  d’une  marche  très- pénible  ôc  très- fatiguante, 

1097-  l’armée  l'ortir  heureufement  de  la  Dalmatie,  ôc  arriva  à  Scutari ,  ville  alors 
capitale  du  royaume  d’Elclavonie,  ôc  aujourd’hui  de  l’Albanie,  fituce  vers 
les  frontières  de  la  Macedoine  d  vingt. cinq  milles  delà  mer.  Raymond  alla 
aulîî-tôt  trouver  Bodin  roi  du  pais,  qui  y  failoit  fa  rcfidcnce ,  ôc  obtint  de 
lui ,  à  force  de  prefens ,  la  liberté  d’acheter  les  proviiions  neceflaires  pour 
l’armée.  Il  fe  rendit  enfuice  d  Duras  fur  la  mer  Adriatique ,  ville  foumife  à 
Alexis  Comnene  empereur  de  Conilantinople; 

La  part  que  ce  prince  paroiilbit  prendre  à  la  croifade  qu’il  avoit  follicitée, 
fit  croire  à  Raymond  qu’il  ne  lui  relloit  plus  rien  à  craindre,  ôc  qu’étant  arri¬ 
vé  dans  les  provinces  de  l’empire  d’Oricnt ,  il  n’avoit  que  de  bons  traitemens  à 
efperer  }  mais  il  fut  trompé  dans  fon  attente.  Alexis  qui  etoit  un  prince  rufé 
&  défiant ,  voyant  que  l’armée  du  duc  Godefroy  ÔC  des  autres  croilez  qui 
croient  déjà  arrivez  auprès  de  fa  capitale  dès  la  fin  de  Décembre  ,  y  vivoient 
à  difcrécion  comme  dans  un  païs  ennemi ,  après  avoir  commis  mille  défordres 
dans  fes  provinces ,  appréhenda  qu’ils  n’en  voulullent  à  fa  couronne,  &  qu’ils 
ne  tournafTent  leurs  armes  contre  lui.  L’armèc  de  Raymond  augmenta  d’au¬ 
tant  plus  (es  allarmes ,  qu’il  fçavoit  que  c’ctoic  un  prince  fage  ôc  magnanime, 
adoré  de  l’armce  qu’il  conduiloit,  ôc  en  état  de  tout  entreprendre  avec  elle. 
Il  réfolut  donc  de  donner  au  dehors  à  ce  comte  toute  forte  de  marques  de  bien¬ 
veillance,  ôc  de  ne  rien  négliger  en  fecret  pour  faire  périr  fes  troupes.  Il  lui 
envoya  des  ambalfadeurs  pour  le  féliciter  fur  fon  arrivée  dans  l’empire ,  lui 
offrir  fes  lervices ,  ôc  lui  remettre  une  lettre  qu’il  lui  écrivoit  en  ces  termes  : 
«  Il  y  a  long-tems  ,  mon  très-cher  comte  ,  que  la  réputation  de  votre 
»  prudence  Ôc  de  votre  probité  efl  parvenue  jufqu’à  nous  j  ôc  votre  mérite  nous 
«  engage  à  vous  donner  des  marques  particulières  de  notre  amitié.  Nous 
«  vous  attendons  avec  impatience  dans  le  defir  où  nous  fommes  de  conférer 
«avec  vous  fur  les  affaires  de  notre  empire.  Nous  vous  exhortons  donc  de 
«venir  au  plutôt ,  Ôc  vous  devez  être  alluré  que  nous  vous  ferons  un  accueil 
«des  plus  favorables.  Nous  vous  prions  de  conduire  votre  armée  fur  nos 
«terres  fans  defordre  ôc  fans  tumulte.  Nous  avons  ordonné  à  ceux  qui  vous 
«remettront  cette  lettre  de  vous  faciliter  lepallage,  Ôc  de  vous  procurer  à 
«  bon  marché  tous  les  vivres  dont  vous  aurez  beloin. 

Raymond  ne  demeura  pas  long-tems  à  s’appercevoir  que  toutes  ces  demon- 
ftrations  d’amitié  de  la  part  d’Alexis  n’etoient  pas  finceres.  A  peine  fut-il 
entré  dans  les  provinces  de  l’empire ,  qu’il  le  vit  harcelé  de  toutes  parts  par 
les  gens  du  païs,  qui  tuoient  tous  ceux  qui  s’écartoient  de  fon  camp  ,  ou 
tâchoient  de  le  voler  pendant  la  nuit.  Pons-Rainard ,  un  des  chevaliers  des 
plus  diftinguez de  l’armée,  fut  tué  dans  une  de  ces  occafions,  ôc  Pierre  fon 
frere  blellé  à  mort.  Le  comte  ayant  neanmoins  continué  fa  route  ôc  traverfé 
l’Epire,  il  entra  dans  la  vallée  de  Pelagonie  en  Macedoine,  où  il  fe  vit  atta. 
que  de  nouveau  par  les  peuples  du  païs  qui  s’étoient  raflemblez.  Un  foir  en* 
tx’autres  l’évêque  du  Puy  s’étant  écarté  du  camp  pour  fe  loger  plus  commo¬ 
dément,  fut  arreté  par  une  rro.ipe  de  Bulgares  qui  l’obligerent  de  defeendre 
de  deffus  fa  mule ,  le  dépouillèrent  ôc  le  blelfercnt  dangereufement  à  la  tête.  II 
fut  cependant  heureufement  délivre  ;  car  tandis  que  ces  brigands  empêchoient 
qu’on  ne  le  tuât,  afin  de  l’obligera  leur  déclarer  où  il  avoit  mis  fon  or,  on 
apprit  fa  détention  au  camp  ,  ôcon  envoya  aufîl.tot  un  détachement  qui  le 
ramena. 

L’armée  étant  arrivée  à  un  château  appelle  Bucinat  ,  le  comte  de  Tou- 
loufe  apprit  que  les  montagnards  lui  avoient  dreffé  des  embûches  dans  le  dé¬ 
filé  d’une  montagne  par  où  il  devoit  palier.  Il  alla  à  leur  rencontre ,  les 


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DE  LANGUEDOC  Liv.  XV.  199  _ _ _ 

furprit ,  les  défit  entièrement ,  ôcrenditparlà  le  partage  libre.  A  fonarrivée  à  AN.1097. 
Theflalonique ,  l’évêque  du  Puy  y  tomba  malade ,  Ôc  tut  obligé  de  s’y  arrêter 
avec  une  elcorte.  L’armée  ayant  continué  fa  marche  s’avança  jufqu’à  Rorto, 
dont  les  habitans  la  reçurent  très-mal  5  ce  qui  fit  que  les  croiiez  fe  voyant 
tous  les  jours  expolez  à  de  nouvelles  infultes ,  le  déterminèrent  à  aflieger 
cette  ville.  Ils  la  prirent  de  force  ,  la  mirent  au  pillage  ,  &  y  arborèrent  les 
enfeignes  de  Raymond  de  S.  Gilles ,  en  criant  Toulou/e ,  qui  étoit  leur  cri  de 
guerre  :  ils  reprirent  enfuite  leur  route. 

L’armée  s’etant  avancée  jufqu’à  Rodofto ,  ville  fituée  lur  l’Hellefpont ,  à  LX11' 
quatre  journées  de  Conftantinople,  elle  y  rencontra  un  corps  de  troupes im- 
periales  qui  l’attaqua  lous  prétexte  ô’ufer  de  reprefailles.  Les  croifez  lbutin-  teconciliaiiôn 
rent  le  choc  avec  beaucoup  de  valeur  ,  repourterent  les  Impériaux ,  leur  tue- 
rent  beaucoup  de  monde,  &  firent  quelque  butin.  Les  ambafladeurs  que  le  Alexis/' CU 
comte  de  Touloufe  avoit  envoyez  à  l’empereur  le  rejoignirent  dans  cette 
ville ,  avec  les  nouveaux  que  ce  dernier  lui  envoyoit.  Ils  l’aflurerent  tous  de  la 
bienveillance  de  ce  prince  ,  ôc  le  prerterent ,  l'oit  de  la  part ,  foit  de  celle  des 
chefs  de  la  croifade  qui  l’a  voient  devancé ,  de  hâter  fa  marche ,  ôc  de  fe  rendre 
inceflamment  à  Conftantinople  pour  délibérer  enfemble  fur  les  préparatifs  de 
la  campagne }  ajoutant  que  l’empereur  ne  vouloit  rien  conclure  fans  la  parti¬ 
cipation.  Raymond  fur  leurs  inftances  laiffà  là  fon  armée ,  prit  les  devants , 
ôc  fe  rendit  avec  peu  de  fuite  &  fans  armes  dans  cette  capitale.  L’empereur 
le  reçût  avec  de  grands  témoignages  de  joie  ôc  d’amitié ,  &  lui  fit  des  hon¬ 
neurs  infinis  }  mais  il  demanda  bientôt  après  qu’il  lui  rendît  hommage ,  & 
qu’il  lui  prêtât  ferment*  de  fidelité ,  à  l’exemple  des  autres  princes  croiiez.  Le 
comte  répondit  »  qu’il  étoit  venu  pour  fervir,  &  reconnoître  uniquement  « 
pour  fon  leigneur  celui  pour  la  gloire  duquel  il  avoit  abandonné  la  patrie  « 
ôc  fes  états  -,  qu’au  refte  fi  l’empereur  vouloit  le  mettre  à  la  tête  des  croi-« 
fez ,  il  ferviroit  volontiers  fous  lès  enfeignes  avec  toutes  fes  troupes,  u 

Alexis  peu  content  de  cette  réponfe  ,  s’exeufa  de  fe  mettre  en  campagne  , 
fous  prétexte  qu’il  avoit  quelque  irruption  à  craindre  de  la  part  des  Allemans, 
des  Hongrois ,  ôc  des  autres  peuples  barbares  j  ôc  pour  mettre  le  comte  dans 
la  neceflité  de  faire  l’hommage  ôc  le  ferment  qu’il  demandoit ,  il  ordonna  fe- 
cretementà  fes  troupes  d’aller  attaquer  le  camp  de  ce  prince,:  bien  alluré 
qu’il  ne  pourroit  recevoir  aucun  fecours  des  autres  croifez ,  aufquels  il  avoit  eu 
loin  de  taire  palier  le  détroit  à  mefure  qu’ils  étoient  arrivez.  Les  Impériaux 
fur  les  ordres  de  leur  maître ,  s’approchèrent  du  camp  de  Rodofto ,  atta¬ 
quèrent  les  troupes  de  Raymond  ,  ôc  les  mirent  d’abord  en  défordre ,  parce 
qu’elles  ne  s’attendoient  pas  à  une  .femblable  perfidie ,  &  que  la  plupart  des 
foldats  étoient  endormis, ôc  avoient  négligé  de  pourvoir  à  leur  fureté.  Plufieurs 
d’entr’eux  furent  tuez ,  ôc  le?  autres  mis  en  fuite  *  mais  enfin  leurs  chefs  les 
ayant  ralliez  ,  ranimèrent  leur  courage ,  ôc  obligèrent  les  Grecs  à  fe  retirer  avec 
perte.  Toutes  ces  traverfes  découragèrent  beaucoup  les  croifez  qui  avoienE 
fuivi  le  comte  Raymond  ,  ôc  comme  ils  en  prévoyoient  de  nouvelles ,  plu¬ 
fieurs  étoient  réfolus  d’abandonner  le  camp  ôc  de  retourner  en  France  *  mais 
les  évêques  ôc  le  clergé  de  l’armée  les  empêchèrent  par  leurs  exhortations  de 
commettre  cette  lâcheté. 

Le  comte  de  fon  côté  ayant  appris  à  Conftantinople  ce  qui  venoit  de  fe 
paffer  dans  fon  camp  ,  en  fut  fi  irrité ,  que  rien  [n’eût  été  capable  de  l’empê¬ 
cher  d’en  tirer  vengeance  fur  le  champ  ,  s’il  en  avoit  eu  le  pouvoir  :  car ,  ajoûte 
un  ancien  hiftorien  * ,  il  paflbit  pour  un  prince  qui  abondoit  en  fon  fens  ,  qui  a  Quill  T 
pardonnoit  difficilement  les  injures,  ôc  qui  n’en  perdoit  jamais  le  fouvenir.  Il  fit  Md.  1 
d’abord  porter  fes  plaintes  par  quelques  feigneurs  de  fa  fuite  à  l’empereur ,  qui 
tâcha’de  s’exeufer  fur  les  ravages  que  l’armée  chrétienne  avoit  faits  dans  fes 
états.  Le  comte  de  Touloufe  peu  fatisfait  de  cette  exeufe,  dépêcha  auflï-tôtau 
duc  Godefroy  ,  au  comte  de  Flandres,  à  Boemond  ,  ôc  aux  autres  princes 
qui  étoient  campez  à  la  tête  de  leurs  troupes  de  l’autre  côté  du  détroit,  ôc 
les  pria  de  venir  incertamment  l’aider  à  fe  venger  de  la  trahi/on  de  l’empe¬ 
reur.  Boemond  étoit  un  prince  Normand ,  qui  après  avoir  reçû  Hugues  le 
Grand,  le  comte  de  Flandres  ôc  le  duc  de  Normandie  dans  la  Pouille  ôc  la 
Tome  II.  P  p  ij 


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ÀN.X0p7» 


a  Chron, 

Marte», 
collet},  ampliff, 
to .  69» 


b  Altxiêi. 
/.io.  f.  jo)  *6* 

M- 


300  HISTOIRE  GENERALE 

Calabre  où  il  dominoic ,  5c  où  ces  princes  avoient  pafle  I’hyver  ,  s'étoit  Croifé 
à  leur  exemple.  Après  avoir  raflemblé  un  corps  d'armée,  il  s’étoit  embarqué 
à  Brindes  fuivi  de  Tancrcde  Ion  neveu  ,  fils  de  fa  focur ,  6c  de  plufieurs  autres 
feigneurs  pour  fe  rendre  à  Coriftantinoplc  ,oùilétoit  arrivé,  de  mêmequ’Hu* 
gués  le  Grand  8c  le  comte  de  Flandres  ,  lefquels  avoienc  devancé  le  duc  de 
Normandie  qui  ne  partit  pas  fitôt  d’Italie. 

Alexis  voyant  que  le  comte  deTonloufe  .avoir  de  jufles  fujets  de  feplain. 
dre ,  tourna  cette  affaire  en  négociation  :  il  fit  appeller  à  là  cour  le  duc 
Godefroy, le  comte  de  Flandres  8c  Boemond  ,  2c  les  chargea  de  l'appaifer  2c  de 
faire  fa  paix  avec  lui. Ces  trois  princes  ne  négligèrent  rien  pour  réuflir  dans  leur 
commilTÏon,8c  dans  une  conférence  qu’ils  curent  avec  Raymond,  ils  commencè¬ 
rent  par  lui  déclarer  que  l’injure  qu’il  avoit  reçue  de  l’empereur  leur  étant 
commune,  ils  n’avoient  garde  de  l’approuver:  mais  ils  lui  firent  entendre 
qu’il  feroit  beaucoup  plus  fagement  de  la  dilîimuler  5  6c  que  s’il  s’obftinoit  à 
vouloir  en  tirer  vengeance,  il  falloic  abandonner  leur  principal  defTein.  Enfin 
ils  agirent  fi  adroitement  auprès  de  lui ,  qu’ils  le  firent  confentir  à  recevoir  la 
fatisfaclion  que  l’empereur  lui  offroit,  6c  dont  il  les  avoit  rendus  les  arbitres. 
Les  princes  ayant  fait  parta  Alexis  de  leur  négociation  ,  celui-ci  dit  publi¬ 
quement  au  comte  ,  devant  toute  fa  cour ,  qu’il  étoit  très-fâché  de  ce  qui 
s’étoit  pa/fë  ,  que  cela  s’eroit  fait  fans  fa  participation  ,  6c  qu’il  offroit  de  ré¬ 
parer  tout  le  dommage  quoiqu’il  ne  fût  pas  coupable.  Le  comte  ,  quoique 
perfuadé  de  fa  fourberie ,  de  même  que  tous  les  autres  generaux  ,  fe  contenta 
de  cette  réparation  ,  6c  le  réconcilia  avec  lui. 

Alexis  continuoit  cependant  de  demandera  Raymond  l’hommage 6c le  fer¬ 
ment  de  fidelité  ;  6c  pour  l’y  engager  il  lui  faifoit  les  offres  les  plus  flatteufes. 
Ne  pouvant  le  déterminer ,  il  eut  recours  à  Boemond,  qu’il  gagna  à  force  de 
prefens  6c de  careflcs,  6c  qui  lui  promit  de  porter  le  comte  à  faire  l’un  8c  l’autre, 
avec  parole  en  cas  de  refus  de  la  part  de  ce  dernier  ,  de  fe  tourner  contre  lui. 
Boemond  ,  qui  de  même  que  les  autres  princes,  avoit  été  forcé  comme 
malgré  lui  à  faire  cette  démarche  ,  jaloux  peut-être  de  la  fermeté  de  Ray¬ 
mond,  laquelle  étoit  un  reproche  tacite  de  fa  condcfcendance ,  féconda  par¬ 
faitement  les  intentions  d’Alexis,  6c  il  fit  tant  par  fes  menées  ,  qu’enfîn  le 
comte  deTouloufe  fit  ferment  à  ce  prince  de  lui  conferver  la  vie  &  ["honneur, 
&  de  ne  pas  fouffrir  que  perfonne  les  lui  btàt.  L’empereur  après  avoir  gagne  cet 
article  fit  encore  une  nouvelle  tentative  pour  emporter  le  fécond  ,  2c  engager 
Raymond  à  lui  rendre  hommage  *  mais  le  comte  "'répondit  fierement  qu'on  ne 
l'y  obligerait  jamais ,  &  qu'on  lui  coupcroit  plutôt  la  tete  :  ainfi  Alexis  fe  vit  obligé 
de  fe  contenter  du  ferment  de  Raymond,  dont  ce  comte  fut  toujours  depuis 
religieux  obfervateur  -,  au  lieu  que  les  autres  princes  qui  de  plus  lui  avoienc 
rendu  hommage,  fe  mirent  peu  en  peine  de  tous  leurs  engagemens. 

Après  cette  ceremonie  l’empereur  combla  Raymond  de  prefens  6c  de  ca¬ 
reflcs  ,  6c  eut  depuis  en  lui  une  entière  confiance  ,  fondée  fur  l’eftime  que  ce 
comte  s’étoit  acquife  par  fon  mérite  6c  par  fes  vertus.  Il  promit  enfuite  i 
tous  les  princes  de  les  favorifer  de  tout  fon  pouvoir  dans  leur  entreprife ,  fie 
ün  traité  avec  eux»  le  premier  de  May  5  6c pour  gage  de  fa  promefle,  il  leur 
donna  fon  neveu  6c  fon  gendre  en  otage.  Raymond  manda  alors  à  fon  armée 
de  s’approcher  de  Conftantinople  ,  6c  lui  fit  paflèr  le  détroit.  L’évêque  du 
Puy  après  avoir  rétabli  fa  fànté  à  Theflalonique,  l’avoit  déjà  rejointe,  de  mê¬ 
me  que  le  frere  de  ce  prélat ,  qui  étant  tombé  malade  à  Duras  avoit  été  obligé 
d’y  fèjourner.  Les  princes  repafTerent  au/Ti  le  détroit ,  6c  allèrent  fe  mettre  à  la 
tête  des  troupes  qu’ils  y  avoient  laiflées  ,  6c  marchèrent  vers  Nicée,  dans  le 
deflèin  d’aflieger  cette  capitale  delaBithynie,  célébré  par  le  concile  qui  y  fut 
tenu  efi  3 1  y. 

Raymond  demeura  cependant  encore  quelques  jours  à  Conflantinoplc,  tant 
pour  fes  propres  affaires ,  que  pour  celles  de  toute  l’armée.  Alexis  le  retint  feul 
à  fàcour,  dit  Anne  Comnene  b,  fille  de  cet  empereur,  qui  écoit  prefente , 
«  à  caufe  qu’il  l’aimoit  plus  que  tous  les  autres  princes ,  tant  pour  fa  rare  pru- 
.»  dence  6c  la  pureté  de  fes  mœurs ,  que  pour  fà  candeur  6c  fa  fincerité,  rien 
.«n’étant  capable  de  le  faire  ufêr  de  difîimulation  ou  de  menfonge.  Cesexcel- 


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DE  LANGUEDOC.  Liy.  XV, 


Sût 


lentes  qualitez  que  le  comte  de  S.  Gilles  pollèdoic  par  delîus  cous  les  au-«  AN.1097. 
très  princes,  &  qui,  Suivant  l’expreffion  du  meme  auteur,  le fat [oient  briller  « 
far  mi  eux  comme  le  foleil  parmi  les  étoiles  ,  lui  attirèrent  l’amitié  intime  d’Ale-  « 
xis  ,  qui  lui  confia  tous  les  fecrcts,  ôc  lui  ouvrit  Ton  cœur  dans  plulicursu 
conférences  familières  qu’il  eut  avec  lui.  Il  lui  fit  entr’autres  part  de  tout  « 
ce  qu’il  croyoic  devoir  arriver  aux  croilez,  ôc  lui  donna  de  très-bons  avis  :  il  « 
le  pria  fur  tout  de  veiller  fur  la  conduite  de  Boemond  dont  il  avoit  fujet  « 
de  le  défier.  Il  le  chargea  de  lui  en  donner  des  nouvelles,  ôede  l’empêcherti 
de  tout  lôn  pouvoir  de  rien  entreprendre  qui  put  être  prejudiciable  à  l’em-  « 
pire.  »  Le  comte  de  S.  Gilles  à  qui  la  duplicité  6c  l’ambition  du  prince  Nor¬ 
mand  croient  parfaitement  connues ,  promit  à  l’empereur  de  faire  ce  qui’l 
demandait  de  lui  :  il  le  fôllicita  en  même  tems  de  nouveau  de  venir  le  mettre 
à  la  tête  des  croifez  :  mais  Alexis  s’exeufa ,  ôc  Raymond  ne  put  rien  gagner  fur 
cet  article. 

Ce  comte  après 1  avoir  terminé  fa  négociation  ôc  pris  congé  d’Alexis ,  pafîà  Lxfin 
le  décroît  ôc  alla  joindre  une  partie  de  fes  troupes  qui  l’accendoit  de  l’autre 
côté.  Il  fc  mit  à  leur  tête  5  ôc  ayant  pris  la  route  de  Nicomedie,  il  s’achemina  iou  atmcc  au 
vers  Nicee.  L’autre  partie  avoit  déjà  pris  les  devants  fous  la  conduite  de  Guil- 
laume  comte  de  Forez,  Raymond  Pelet,  Gallon  de  Bearn,  Galon  de  Cal-  beaucoup  à  la 
mont ,  Guillaume  de  Montpellier ,  Gérard  de  Rouffillon  ,  &  Raymbaud  comte  ^ta,rc  „‘ics , 
d  Orange,  ôc  avoit  luivi  la  grande  armee  qui  arriva  devant  cette  ville  le  6.  priic  de  ca.-c 
de  May  de  l’an b  1097.  ôc  en  commença  le  lïege  le  14.  jour  del’Afcenfion.  ville-ii  d 

Chacun  des  princes  croifez  prit  fon  quartier  aux  environs  de  Nicée,  ville  ‘ 

des  plus  confiderables  ôc  des  plus  fortes  entre  celles  que  les  Turcs  a  voient  axxuu.i.x  r. 
enlevées  aux  empereurs  de  Conllantinople.  Le  fultan  Soliman  qui  cnétoit  le 
maître  ôc  des  provinces  voifines ,  n'avoic  rien  négligé  pour  la  mettre  en  état  de  /.  ».<■.  n.  & 
faire  une  longue  défenfe  ,  ôc  s’étoit  campé  à  dix  milles  dans  les  montagnes ,  ^alJrj[ ,  , 
avec  une  armée  formidable  pour  être  en  état  de  la  fecourir.  Ce  prince  infi-  Roi.hiji.  \enf 
dele,  réfolu  d’attaquer  les  croifez  ,  envoya  le  1  5.  deux  exprès  auxaflîcgezpout  1  *• 
les  avertir  qu’il  feroic  une  irruption  le  lendemain  dans  le  camp  des  Chré¬ 
tiens,  ôc  qu’ils  euflent  à  la  favorifer  par  une  fortie.  Ces  deux  envoyez  fu¬ 
rent.  pris,  ôc  l’armée  chrétienne  avertie  des  delïeins  de  Soliman  fe  tint  furies 
gardes.  Les  chefs  dépêcheront  aulîî-tot  au  comte  de  Touloulè  Se  à  l’évêque 
du  Puy  pour  les  prcllèr  de  le  rendre  incellàmment  au  camp  avec  leurs  trou¬ 
pes.  Le  comte  S c  le  prélat  firent  tant  de  diligence,  qu’après  avoir  marché 
toute  la  nuit ,  ils  arriveront  de  grand  matin  devant  Nicee  le  famedi  après 
TAfcenlion  1 6.  de  May ,  ôc  prirent  le  quartier  du  midy  qui  leur  avoit  été  de- 
{tiné.  Ils  avoient  à  peine  achevé  de  décharger  leur  bagage  &  placer  leurs  ten¬ 
tes,  que  Soliman  s’étant  misa  la  tête  de  cinquante  à  loixante  mille  hommes 
de  cavalerie  ,  l’élite  de  fon  armée  ,  s’avança  vers  la  porte  du  midy  ,  par  où 
il  croyoit  pouvoir  aifément  pénétrer  dans  le  camp.  Il  détacha  d’aboal  à 
neuf  heures  du  matin  fon  avantgarde  compolee  de  dix  mille  archers  pour  atta¬ 
quer  ce  polie ,  tandis  qu’il  envoya  un  autre  corps  donner  fur  le  quartier  ' 
de  Godefroy  où  il  prétendoic  faire  une  faulfe  attaque.  Les  croupes  du  comte 
deTouloufe  n’eurent  pas  plutôt  apperçd  les  lignes  militaires  des  Turcs,  que 
charmées  de  trouver  une  occalîon  de  combattre ,  elles  lè  mirent  en  bataille  ,  ôi 
s'avancèrent  hardiment  contre  les  infidclles.  Soliman  s’avança  de  fon  côté 
avec  le  relie  de  fon  armée  •  enforte  que  le  combat  s’engagea  bientôt  ôc  devint 
opiniâtre  ôc  fanglant  $  mais  Boemond  ôc  tous  les  autres  princes  étant  furve- 
nus  à  propos  au  fecours  de  Raymond,  les  Turcs  furent  obligez  de  plier  ôc 
de  prendre  la. fuite.  Les  croifez  les  pourfuivirent  jufqu’à  la  nuit,  ôcles  menè¬ 
rent  battant  julqu’au  pied  des  montagnes. 

Cet  échec  ne  déconcerta  pas  Soliman  qui  étendit  le  lendemain  fon  armée 
dans  la  plaine  ,  Ôc  s’avança  jufqu’aux  fauxbourgs  de  Nicée  :  mais  les  croi¬ 
fez  fe  battirent  contre  lui  avec  tant  de  force  ,  qu’ils  l’obligerent  de  nouveau  c\f< 
à  fe  retirer  avec  une  grande  perte ,  après  un  combat  qui  dura  tout  le  jour, 
ôcqui  leur  coûta  c  troismille  hommes.  Soliman  n’ofad rien  entreprendre  de-  e  a  note 
puis  ce  tems.Ji  ,  enforte  que  les  princes  continuèrent  le  ftege  ôc  battirent6 la  XL,!I‘n'J‘ 4t 
place  avec  toute  forte  de  machines.  Leurs  travaux  n’avançoient  pas  beau- 


TuÀelod.  /. 1. 
b  V  NOTS 
XU1U 


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H  I  S  T  O I R E  GENERALE 


AN.1097.  COUp  toucesfois  ,  tant  à  caufe  de  la  force  de  la  place ,  que  de  la  vigoureufe  dc- 
fenledes  affiegez  ,  qui  firent  périr  plufieurs  leigneurs  démarqué  ,  entr’autres 
Guillaume  comte  de  Forez  de  l’armée  du  comte  Raymond.  Le  fiege  de  Nicée 
étoit  dans  cet  état  lorfque  le  duc  de  Normandie ,  qui  s’ctoit  embarqué  en  Ca¬ 
labre  le  j.d’Avdl  avec  le  comte  de  Blois  Ôc  de  Chartres  &  plufieurs  autres 
\v*ich.c* mot.  feigneurs ,  fie  rendit  enfin  au  camp  au  commencement  de  Juin».  Toute  l’armée 
détienne  étant  alors  raffemblée,  fie  trouva  forte  de  cent  mille  hommes  de 
cavalerie,  ôede  fix  cens  mille  hommes  de  pied,  y  compris  les  femmes,  les 
prêtres,  les  religieux-,  les  enfans  ôcles  valets. 

Malgré  toutes  ces  troupes  le  fiege  duroit  depuis  plus  d’un  mois,  fans  que  Pat- 


-epais ,  Sc  apres  l'avoir  mile  nors  a  atteinte  ,  11  la  nt  avancer  pour 
tâcher  d’écarter  les  aflïegeans  par  le  moyen  de  deux  mangonneaux  qu’il  fit 
jouer  contre  une  des  plus  groflès  tours  de  la  ville,  qu’on  fappoit  enmêmetems 
par  les  fondement  Enfin  il  avança  fi  fort  le  travail ,  qu’il  vint  à  bout  d’abat¬ 
tre  cette  grofle  tour.  Il  fit  enfiuite  combler  le  folié  ;  ôc  rien  ne  l’empêchant  de 
monter  à  l’aflaut ,  les  alfiegez  qui  n’avoient  aucun  fecours  à  attendre  perdi¬ 
rent  courage,  demandèrent  à  capituler,  ôc  fie  rendirent  le  10.  de  Juin,  après 
J  note  Mi.  avoir  fôutenu  un  fiege  d  de  cinq  lemaines. 
lxiv.  La  ville  de  Nicée  le  rendit  à  l’empereur  Alexis',  qui  s’en  faifitôc  y  mitune 
*Z7Â?r  nombTeu^  garnifon.  Les  mêmes  raifons  de  politique  qui  avoient  engagé  «  ce 
rnood  &  des  prince  à  refufer  de  fe  mettre  à  la  tête  des  croilcz ,  l’avoient  obligé  après  le 
départ  des  princes  de  Conftantinople ,  de  s’embarquer  avec  fies  troupes ,  &  de 
c  AUxuûiMi.  venir  dans  uneille  voifine  de  Nicée  appellée  Pelecan ,  fous  prétexte  de  porter 
r.pift.stifh.  fecours  aux  alfiegeans,  pour  y  attendre  l'évenement  du  fiege,  ôc  en  pro- 
fiter  fuivant  l’occurrence.  Il  aida  en  effet  les  croifez  par  les  barques  qu’il  leur 
fournit ,  ôc  avec  lefquelles  ils  fermèrent  le  paffage  d’un  lac  par  lequel  les  alfie¬ 
gez  avoient  une  libre  communication  avec  le  Sultan. 

Après  la  prife  de  Nicée  tous  les  pinces  croifez,  à  la  réferve  des  comtes 
de  Touloufe  ôc  de  Blois  qui  demeurèrent  pour  la  garde  de  la  ville  &  du  camp, 
allèrent  trouver  l’empereur  pour  le  congratuler  fur  l’importante  conquête 

3u’ils  venoient  de  faire  en  fion  nom.  Alexis  les  reçût  avec  de  grandes 
émonftrations  d’amitié  ,  leur  fit  divers  prefens ,  ôc  fit  diftribuer  à  leurs  fol- 
dats  les  dépouilles  de  Nicée. 

Les  princes  après  leur  retour  dans  cette  ville,  en  décampèrent,  Ôc  fe  mirent 
fa »ym.  Je  en  marche  vers  la  Syrie  avec  toute  l’armée  le  19. f  de  Juin.  Raymond  de  faint 
Gilles  comme  le  plus  âgé  ,  le  plus  expérimenté  ,  ôc  le  plus  propre  pour  le  con- 
&cMd.  ?  feil ,  (  ce  font  les  termes  d’un  auteur  contemporain  8  J  marcha  à  l’arriere- 
nft.B'U.ftcr.  garde  avec  les  Provençaux.  Boemond  ôc  le  duc  de  Normandie  qui  étoient  à 
l’a^ant-garde  prirent  fur  la  gauche ,  ôc  s’étant  féparez  par  hazard  du  corps 
aUx.hu.  de  l’armée,  ils  furent  attaquez  le  1.  de  Juillet  dans  la  campagne  de  Dorylée 
g  umt.t.yc .}.  par  fu}tan  Soliman  ,  qui  vint  fondre  fur  eux  à  la  tête  d’une  armée  de  cent 

cinquante  mille  hommes  de  cavalerie.  Le  choc  fut  extrênfement  rude  ,  ôc  les 
deux  princes  Chrétiens  eurent  d’abord  deux  mille  hommes  taillez  en  piè¬ 
ces.  Le(refte  de  leurs  troupes  auroit  eu  infailliblement  le  même  fort ,  fi  les 
autres  chefs  qui  étoient  campez  à  deux  milles  ,  avertis  de  l’attaque ,  n’euf- 
fent  marché  promptement  au  fecours.  Leur  arrivée  obligea  Soliman-  de  fè 
retirer  fur  la  montagne.  Les  croifez  réfolus  de  l’attaquer  à  leur  tour  fie  ran¬ 
gèrent  en  bataille.  Boemond,  le  duc  de  Normandie  ôc  le  comte  de  Touloufe 
occupèrent  la  droite}  le  duc  Godefroy,  Hugues  le  Grand ,  ôc  le  comte  de 
Flandres  fe  mirent  à  la  gauche  5  l’évêque  du  Puy  eut  le  commandement 
d’un  corps  avec  lequel  il  devoit  faire  le  tour  de  la  montagne ,  ôc  prendre  les 
infidelles  en  queue.  Toutes  ces  troupes  s’étant  mifes  en  mouvement,  elles  fon¬ 
dirent  fur  les  ennemis ,  ôc  combattirent  avec  une  ardeur  incroyable  depuis 
hcefl.TMtuJ.  neuf  heures  du  matin  jufqu’à  midi.  Hugues  hcommençoit  cependant  à  plier 
*•**•  lorfque  le  comte  de  Touloufe  ayant  marché  en  diligence  à  fon  fecours  avec 
toutes  fies  forces,  fit  pencher  la  victoire  du  côté  des  Chrétiens ,  qui  redou¬ 
blant  leurs  efforts ,  mirent  les  Infidelles  en  fuite ,  ôc  s’emparèrent  de  leur  camp. 


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DE  t-  A  N  G  U  E  D  O  C.  :  hiv.  X  V-  PS  _ _ 

tes  croîfcz  rencontrèrent*  quelque  tems  après  ,une  armée  de  8ô.  millç  {0^yt 
Turcs  commandée  par  le  fukan  Taril'que,  campée  à  Hebraïcavers  Iconium  t  juxi+slf» 
ou  Cogni  :  ils  l’attaquerent,  6c  la  défirent  entièrement  malgré  la  réfillance  qui j*#- 
fut  très-opiniàtre.L’cvêque  du  Puyb  6c  les  autres  prélats  de  l’armée  qui  s’écoient 
avancez  dans  la, mêlée,  contribuèrent  beaucoup  à.ccrte nouvelle  vicloirepar  Agd.étMi. 
leurs  exhortations.  Gallon  de  Bearn  fut  un  de  ceux  qui  fe  diftinguerent  le  plus. 

Les  croiièz  rélblusdqne  plus  le  féparcr,  s’étant  mis  en  marche  vers  Antio¬ 
che  ,  rencontrèrent  encore  un  autre  corps  d’inlîdelles  à  Agruftopolis  c  6c  le  c  AUxiadMh 
taillèrent  en  pièces.  Depuis  ce  jour  perlonne  n’ofà  plus  paroître  devanc  eux. 

Leur  marche  fut  d  cependant  un  peu  retardée  par  une  maladie  qui  furvint  ap  d  *»ym.  </* 
comte  de  Touloufe  lorfqu’ils  eurent  çraverlc  la  Bithy nie  Scia  Pifidie.  Ceprincp  As“-&c-,i“i- 
fe  fît  porter  en  litiere  pendant  quelques  jours  :  mais  Ton  mal  augmenta  li  fort 
qu’on  le  crut  mort ,  6c  que  l’évêque  d’Onmge  récita  fur  lui  les  prières  des  .  , 
défunts.  Il  revint  peu  de  tems  après  à  lui-même,  6c  s’étant  rétabli,  il 
fut  en  état  de  continuer  fa  marche  avec  l’armée  ,  qui  dans  là  route  fournit 
quelques  places  ,  encr’autres  Coxan  pù  elle  s’arrêta  trois  jours.  On  vint  e  ctm.i. »; 
avertir  alors  Raymond  que  les  Turcs  avoient  abandonné  Antioche.  Ce  prince 
fur  cet  avis,  qu’il  crût  vrai ,  aflcmbla  fon  conlcil,  6c  détacha  Pierre  vicomte 
de  Callillon,  Guillaume  de  Montpellier,  Heracle  vicomte  de  Polignac,  Pierre 
de  Roafe,  &  Pierre-Raymond  de  Hautpoul ,  tous  chevaliers  de  réputation  ,' 
à  la  tête  de  cinq  cens  chevaux  ,  avec  ordre  de  prendre  pofleflion  en  ion  nom 
de  cette  ville  -f  mais  ce  détachement  étant  arrivé  dans  une  vallée  voifîne 
d’Antioche,  apprit  que  les  infidellcs  bien  loin  d’avoir  abandonné  cette  ville, 
fe  préparaient  au  contraire  à  une  vigoureufe  défenlè.  Pierre  de  Roafe  fe  fépara 
alors  de  la  troupe  dont  il  prit  un  détachement,  &  s’étant  coulé  le  long  des 
remparts  à  la  faveur  de  11  nuit ,  il  pénétra  dans  la  vallée  de  Rugia ,  où  il 
furprit  êc  tailla  en  pièces  un  grand  nombre  de  Turcs  6c  de  Sarafîns,  il  lit  outre 
cela  divers  prifonniers  à  qui  il  fit  couper  le  nez  6c  les  lèvres  qu’il  larda  dans 
un  javelot,  &  qu’il  envoya  au  comte  Raymond,  Il  s'avança  enfuite  ,  fournit 
divers  châteaux  ,  $c  jetta  la  terreur  dans  tout  le  pais.  L’armée  s’étant  avan¬ 
cée  cependant  vers  Antioche ,  trouva  à  deux  lieues  de  cette  ville  un  pont  ... 
fur  l’Oronte,  par  où  il  falloir  neceflài renient  palier ,  occupé  par  les  infidelles. 

Le  duc  de  Normandie  ayant  cté  détaché  pour  les  en  chaffer  ,  ce  prince 
fécondé  par  l’évêque  du  Puy,  obligea  les  Turcs  à  fe  retirer,  6c  à  laillèr  le 
paflàge  libre.  Les  croifez  arrivèrent  ainfî  heureufement  devant  cette  capitale 
de  la  Syrie  le. mercredi  11.  d’Octobre  de  l’an  1097.  Après  leur  arrivée  les 
generaux  aflèmblerent  le  confeil  de  guerre  pour  délibérer  s’ils  en  entrepren- 
droient  le  flege.  Les  avis  furent  partagez  :  la  plupart  voyant  les  approches 
de  l’hyver ,  6c  l’armée  réduite  à  300.  mille  hommes,  tant  par  les  déta- 
chemens  qu’il  avoit  fallu  faire  pour  les  garnifons  des  places  conquifes,  que 
parla  difette  &  les  chaleurs  exceffives  qu’on  avoit  foufFertes ,  vouloient  le 
différer  jufqu’au  printems,  dans  l’attente  du  fecours  que  l’empereur  leur  fai- 
foit  efperer,  &  de  celui  qui  devoir  leur  venir  d’Europe:  mais  les  autres,  dp 
nombre  defquels  étojt  le  comte  de  Touloufe  furent  du  fentiment  contraire, 
qui  l’emporta  ,  ainfî  on  commença  à  diltribuer  les  quartiers.  Celui  du  comte 
de  Touloufe  (  Sz  de  l’évêque  du  Puy  ,  avec  un  corps  d’armée  compofé  des  ^ 

Provençaux  ,  des  Gafcons  6c  des  Bourguignons ,  fut  aflîgnc  depuis  la  porte  4 
appellée  du  Chien ,  jufqu’à  la  porte  fuivante ,  qu’on  appella  depuis  la  porte  du 
Duc.  On  verra  la  part  qu’eut  ce  prince  à  ce  fameux  fiege  ,  après  que  nous  b.Tjr.i.Ai 
aurons  fait  mention  de  quelques  evenemens  arrivez  dans  fes  états  pendant  "-l3- 
fon  abfence. 

Dalmace  archevêque  de  Narbonne  mourut  g  à  Rieux  dans  fon  diocèfe  ,  à  LXV,. 
quatre  lieues  de  cette  ville  ,  le  17.  de  Janvier  de  l’art  1096.  ou  de  l’an  1097.  fui-  &^comtcTde 
vant  notre  manière  de  compter,  après  16.  ans  ,  3.  mois  &  16.  jours  d’épi  feopat.  Narbonne. 

La  vie  exemplaire  qu’il  avoir  menée  fie  qu’on  le  regarda  comme  faine  après 
fa  mort ,  6c  il  efl  qualifié  bienheureux  dans  un  martyrologe  de  fon  églife.  11  F  calichr. to.u 
avoit  ordonné  ,  fuivant  le  même  martyrologe ,  Jîx  évêques  catholiques ,  expref-  H? t •*•/*?; 
fion  dont  on  fe  1ère  pour  les  diftinguer  des  hmoniaques  ^  fçavoir  Godefroy  de  VrUi.n. joi,* 
Maguelonne ,  ceux  de  Pampclune ,  d’Orçnlè ,  6c  de  Barcelone  en  Efpagne ,  de 


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3°4 


HISTOIRE  GENE  R'ALE 


b  Mmtcm  dt 

prim*t.fr  dijf. 
tut  Mfptnd. 
Mm*.  ibid. 


An. 1097.  Bexiers  8c  d’Agde.  Le  cardinal  Richard  abbé  de  S.  Victor  deMarfeille,  les 
évêques  de  Beziers  ôc  de  Carcaffonne,  lesabbez  de  la  G  rafle,  Alet,  Bagnols, 
Caftres,  S.  Savin  &  Quarante ,  ôc  un  grand  nombre  d’ecclefiaftiques  Ôc  de  reli¬ 
gieux  ,  allèrent  prendre  fon  corps  le  i  z.de  Mars  fuivant  au  château  de  Rieux, 
où  il  étoit  refté  depuis  fa  mort  revêtu  de  fes  habits  pontificaux  à  la  garde  des 
habitans ,  ôc  l’accompagnèrent  dans  la  cathédrale  où  il  fut  inhumé.  Les  évê- 
*Prj.}99.&  Ques  de  la  province  »  s’étant  enfuite  aflemblez  dans  cette  églife  pour  élire 
Af*  ion  fuccefleur  ,  le  choix  tomba  fur  Bertrand  évêque  de  Nilmes  ,  qui  fut 

élu  du  confentement  du  clergé  &  du  peuple.  Le  pape  Urbain  II.  qui  l'avoit  con¬ 
sacré  depuis  peu  évêque  de  Nifines ,  approuva  fa  tranflation  à  Narbonne  d 
■caufe  de  l'urgente  necejjitè  :  mais  il  déclara  qu’il  n’en  permettroit  plus  de  pareille  à 
l’avenir.  Il  accorda  à  ce  prélat  6c  à  fon  églile ,  la  primatie  fur  la  métropole 
d’Aix,  parune  bullebdu  6.  de  Novembre  de  l’an  1097.  6c  confirma  cette 
primatie  par  deux  autres  ,  l’une  adreffée  à  l’archevêque  d’Aix ,  fie  l’autre  à 
Hugues  archevêque  de  Lyon  ,  fie  légat  du  faint  fiege. 

Après  la  mort  de  Dalmace  ,  Aimeri  I.  du  nom  vicomte  de  Narbonne,  & 
Mahaud  là  femme  fe  faifirent  non  feulement  des  dépouilles  de  ce  prélat, 
mais  encore  de  tout  le  domaine  de  l’archevêché  qu’ils  refuferent  de  rendre 
à  Bertrand.  C’eft  dequoi  fe  plaint  le  cardinal  Richard  archevêque  de  Nar¬ 
bonne  fon  fùcceffeur  immédiat ,  dans  un  mémoire  qu’il  drefla  c  contre  les 
entreprifes  des  vicomtes  de  cette  ville.  Richard  ajoute  que  le  droit  que  les 
vicomtes  s’étoient  arrogez,  &  qui  avait  été  établi  par  une  mauvaife  coutume  du 
fais,  ne  leur  appartenait  f as ,  mais  au  comte  :  termes  qui  nous  font  comprendre 
-qu’Aimeri  L  profitante  l’abfence  de  Raymond  de  S.  Gilles  comte  particu¬ 
lier  de  Narbonne  fie  marquis  de  Gothie,  s’empara  de  toute  l’autorité  dans 
cette  ville,  fie  qu’il  prétendit  y  dominer  feul  àl’exclufion  de  l’archevêque  qu’il 
avoit  dépouillé  de  fes  domaines.  On  voit  en  effet  que  ce  vicomte  affilié  des 
principaux  du païs ,  préfida  à  un  plaid  d  qui  y  fut  tenu  en  1097. 

Afl  mbiéeau  d’époque  certaine  de  la  mort  de  Dalmace  archevêque  de  Narbonne  ,  fie  de 
CayUr  dans  l’élection  de  Bertrand  fon  fuccefleur,  nous  donne  celle  d’un  accord  fait  entre 
le  dioccfede  Richard  abbé  de  S.  Victor  de  Marfeille,  6 c  Foulques  abbé  de  Pfalmodi  au 
17.  diocèle  de  Nifoies  :  accord e qui  ell  fauffement  daté  de  l’an  1094.  fit  qu’on 
Rmn.vit.  rapporte  f  mai-à-propos  àl’an  1006.  Foulques  abbé  de  Pfalmodi  ôc  fes  reli- 


«j  Pr-  ibid. 


d  Pr.p.) 4*. 
LXVI. 


-propos 


é-i'fplula  §‘eux>  ne  Pouvant  fouftrir  que  leur  monaftere  fut  fournis  à  l’abbaye  de  S. Victor, 
fr./yt.&fcqq  lous  prétexte  qu’il  étoit  immédiat  au  faint  fiege,  demandèrent  au  pape  Urbain 
iibd.  IL  d’être  rétablis  dans  leur  ancienne  liberté.  Le  cardinal  Richard  abbé  de  faint 
Victor offenfé  de  cette  démarche  ufa  de  voyes  défait,  ôc  chaffa  de  fon  autorité 
l’abbé  ôc  les  religieux  du  monaftere  de  Plalmodi  :  mais  Bertrand  archevêque  dt 
Narbonne ,  Gibelin  archevêque  d’Arles ,  Godefroy  évêque  de  Maguclonne,  & 
Raymond  évêque  de  Nifmes  que  le  pape  avoir  nommez  pour  arbitres  de  ce 
différend,  avec  ordre  de  le  juger  furies  lieux,  l’obligerent  à  le  leur  reftituer. 
Ces  quatre  prélats  s’aflèmblerent  enfuite  au  château  du  Caylar  dans  le  dio- 
cèfe  de  Nifmes,  6c  difeuterent  les  prétentions  des  abbez  ôedes  religieux  de 
ces  deux  abbayes  qui  étoient  prefens.  Ceux  de  Pfalmodi  le  fondoient  fur  les 
chartes  de  nos  rois  ôcles  bulles  des  papes  qui  établifldient  leur  liberté. Le  cardinal 
Richard  fe  défendoit  de  Ion  côté  fur  ce  que  Bernard  ion  frere  ôc  fon  prédecef- 
feur  dans  l’abbaye  de  S.  Victor ,  à  la  prière  du  comte  Raymond ,  &  du  confeildcs 
*  suorumyro-  vaffaux  de  ce  comte * ,  avoit  réformé  le  monaftere  de  Plalmodi  où  il  ne  reftoit 
.cctum-  alors  aucune  régularité.  Il  ajoutoit  que  Ion  frere  ôc  lui  avoient  toujours  en¬ 
voyé  depuis  des  abbez  ôc  des  prieurs  pour  le  gouverner.  Enfin  les  arbitres 
au  milieu  defquels  fiegeoit  le  cardinal  ôc  abbé  Richard  ,  d  caufe  de  fa  dignité 
•  de  légat ,  déclarèrent  l’abbaye  de  Pfalmodi  indépendante  de  celle  deS.Victor, 
ôc  Richard  fouferivit  avec  les  religieux  au  jugement ,  qui  fut  rendu  en  pre- 
fence  d’EbrardabbédeS.  Tiberi  ,ôc  de  plufieurs  feigneurs  du  païs  j  entr'autres 
de  Raymond-Decan ,  Ôc  Raynier  ou  Raynon  fon  frere,  de  Pons  Gaucelin, 
ôc  de  Gaucelin  fon  frere,  de  Pons-Bermond  de  Sommieres  fie  Bermond  fon 
frere.  Le  premier  de  ces  feigneurs  l’étoic  de  Pofquieres ,  ôc  le  troifiéme 
de  Lunel.  L’acte  eft  daté  du  1 6.  de  Septembre  -,  fie  ce  qui  fait  voir  qu’il  doit 
être  rapporté  à  l’an  109  7.  c’eft  que  l’épade  ôc  le  concurrent  qui  y  font  mar¬ 
quez 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV.  30;  _ _ 

quez  conviennent  très-bien  avec  cette  année.  Le  cardinal  Richard  le  ratifia  An. 1097. 
huit  jours  après  à  Montpellier  ,  enprefence  de  l’archevêque  d'e  Narbonne, 
de  l’evêque  deMaguelonne,  deGaucelin  de  Lunel ,  Ôcc.  Le  pape  Urbain  II. 
le  confirma  de  fon  coté  le  premier  de  May  de  l’an  1099. 

On  vient  de  voir  que  Raymond  évêque  de  Nifmesavoit  fuccedé  emo97.  à  Lxvir. 

Bertrand,  mais  il  nefutfacré  qu’en  1098.  Iletoit  de  Montpellier,  6c  à  ce  qu’il 
paroît b ,  d’une  branche  cadette  des  feigneurs  de  cette  ville,  il  s’accorda1  le  6.  Niiraes&nb- 
de  Janvier  de  l’an  x  1 00.  avec  Pons  abbe  de  la  Chaile-Dieu ,  au  fujet  du  mona- 
fteredeS.  Baufile  de  Nifmes  dépendant  de  cette  abbaye,  par  l’entremile  de  chant  le  mo- 
Godefroy  évêque  de  Maguelonne ,  d’Arbert  évêque  d’Avignon ,  Foulques 
abbé  de  Pfalmodi ,  6c  Letbert  abbé  de  S.  Ruf  qu’ils  avoient  choifis  pour  a  tr'p.u. 
arbitres.  Pons  céda  par  cet  ade  à  Raymond  6c  à  fon  clergé,  diverfès  égliies  ou  b  note 
chapelles  delà  ville  de  Nifmes,  entr’autres  celles  de  S.  Martin  &  de  S.  Pierre,  '”’7‘ 
dans  le  château  qu’on  appelle  des  Arènes., celle  de  S.Etienne fituée auprès  du  Capitole ,  « tr-T  J!1* 

&  celle  de  S.  V  incent  que  la  vicomtefle  Ermengarde  êc  le  vicomte  Bernard  fon 
fils  avoient  donnée  au  monaftere  de  S.  Baufile.  Moyennant  cette  ccllion ,  Ray¬ 
mond  &  fon  clergé  confirmèrent  l’abbaye  de  la  Chaife-Dieu  dans  la  poilèllion 
de  ce  monaftere,  de  celui  de  S.  Sauveur  fondé  pour  des  filles  fous  les  murailles 
de  Nifmes ,  &  de  leurs  dépendances.  L’evêque  6c  l’abbé  s’accordèrent 
aufli  touchant  la  fépulture  des  habitans  de  Nilmes  ,  à  qui  ils  permirent  de 
la  choifir  indifféremment  ou  dans  la  cathédrale  ,  ou  dans  l’eglilè  de  S.  Bau¬ 
file.  L’acte  fut  pâlie  en  prefence  de  Robert  abbé  de  la  Gralle  ,  6c  de  Bernard 
Pontii  chevalier  des  Arenes:  preuve  que  l’ancien  amphiteatre de  Nilmes  étoit 
alors  habicé  comme  il  l’eft  aujourd’hui.  Il  paroît  d'ailleurs  qu’il  lervoit  alors 
de  forterefTe,  par  un  ferment  que  plufieurs  perfonnesqui  paroillent  être  nobles 
ou  chevaliers ,  firent  ^  vers  le  même  tems  au  vicomte  Bernard-Aton  ,  6c  à  dr^.553. 

Cecile  fa  femme,  de  leur  confcrver  Le  château  des  Arenes  ,&lesforterelfcs  qui  y 
èteient ,  8c  à  celui  de  leurs  fils  en  faveur  duquel  ils  en  difpoleroient. 

Un  des  plus  mémorables  évenemens  qui  arriveront  dans  les  états  de  Ray-  lxvih. 
mond  de  S.  Gilles  pendant  fon  abfence ,  fut  l’invallon  que  fit  du  comté  de  Tou- 
loufe  Guillaume  comte  de  Poitiers  ôc  duc  d’Aquitaine ,  qui  fous  prétexte  des  um  &duc 
droits  de  Philippe  fa  femme,  s’empara  de  ce  comté  peu  de  tems  après  ledépart 
de  Raymond  pour  l’Orient.  Guillaume  étoit  en  poflèlîion  de  la  ville  de  Tou-  <om!i  deTou¬ 
loufe  au  mois  de  Juillet  de  l’an  1098.  comme  il  paroît  par  un  acte  ^  luivant 
lequel  »  ce  comte, 6c  fa  femme  Philippe  maintiennent  l’églilè  de  S.Sernin  fituée  «  0ud  de 
dans  lefauxbourg  deTouloufe,  dans  la  même  liberté  que  le  papcUrbain  ll.«  h-*1,1'1-'- 
lui  avoir  accordée  lorfqu’il  l’avoit  confacrée.  Et  parce  que  ,  ajoutent-ils  ,  des«  1098. 
médians  6c  des  perfécuteurs  l’ont  détruite  de  nos  jours,  nous  lui  donnons  «  cP"-.p.i+7 
de  nos  biens  pour  la  rétablir  5  (çavoir  le  village  de  S.  Pierre  de  Blagnac  fur  w  Ie1' 
la  Garonne  ,  fon  églife  6c  fes  dépendances,  avec  tout  ce  que  le  comte  *  Guil-  «  ‘Conful. 
laume  y  a  pofledé.  De  plus  nous  la  quittons  des  cierges  qu’elle  devoir  donner  « 
avant  nous  aux  comtes  f,  ainfi  que  le  comte  Raymond  notre  prèdcccjfeur  l’en  av oit  «  t  CoufuVibus. 
quittée  :  ôepour  punir  ceux  qui  fie  font  élevez  de  toute  la  province  pour  la  dé-  « 
truire,  nous  leur  ôtons  leurs  penfions,  6c  nous  les  donnons  aux  clercs  de» 
cette  églifè  *  enforte  qu’à  l’avenir  les  chanoines  de  S.  Sernin  auront  unepoi-u 
gnéc  fur  chaque  feptier  de  grain  que  les  habitans  de  la  ville  6c  des  fauxbourgs  « 
mettront  en  vente.  »  Enfin  le  comte  de  Poitiers  6c  lacomteffe  fa  femme  confir¬ 
ment  toutes  les  donations  que  leurs  prèdeccjfeurs  avoient  faites  à  cette  églife, 
moyennant  quatre  livres  6c  demie  d’or ,  6c  800.  folsTouloufains  que  les  chanoi¬ 
nes  leur  donnèrent  du  tréfor  de  S.  Sernin.  Guillaume  dans  fa  loulcription  prend 
la  qualité  de  comte  de  Poitiers  &  de  Touloufe  ,  6c  l’acte  eft  figné  après  lui  par 
Bernard  vicomte  de  Beziers  ,  6c  Ademar  vicomte  deTouloufe,  qui  par  con- 
fequent  s’étoient  déclarez  en  fa  faveur  contre  Bertrand  fils  6c  fuccefleur  de  Ray¬ 
mond  de  S.  Gilles.  Les  privilèges  que  le  comte  6c  la  comteflè  de  Poitiers 
accordèrent  en  cette  occafion  à  l’églife  de  S.  Sernin  ,  font  fpccifiez  dans  un 
acte  particulier  f  fouferit  par  Robert  d’ A r briffe l  fondateur  de  l’ordre  deEon-  fPrM 49* 
tevraud,  qui  étendit  par  conféquent  jufqu’à  Touloufe  la  millions  qu’il  av  oit  g  v-  Fie“ri 
reçue  du  pape  Urbain  II.  .U*. 

Nous  avons  encore  d’autres  aétes  qui  nous  font  connoltre  ce  qui  donna 
Tome  IJ.  Qjl 


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506 


HISTOIRE  GENERALE 


b  Câtêltomt . 
MO* 


C  Pr/.}47. 


d  Pr.  ibiJ. 


An. 1098.  occafion  au  duc  d’Aquitainede  s’emparer  de  Touloufe  fur  le  comte  Bertrand. 
*trhist'  Celui-ci  par  u'n  titre  -  pofterieur  promet  »  de  ne  jamais  violer  l’immunité  dei’é- 
»  glife  de  S.  Sernin,  de  ne  pas  détruire  fes  bâtimens ,  de  n’en  pas  chafler  les  cha- 
«  noines  pour  y  introduire  des  moines  à  leur  place,  ôc  de  n’y  plus  établir  à  l’ave- 
»nir  aucune  mauvaile  coutume.  Il  paroît b  d’ailleurs  que  ce  prince  ufurpa  pur 
tyrannie  &  par  violence  les  biens  de  cette  églije.  Tous  ces  divers  monumens  prou¬ 
vent  que  Bertrand,  peu  de  tems  après  le  départ  de  Raymond  de  S.  Gilles 
fonperepour  la  Terre-fainte ,  voulut  rentrer  dans  les  droits  dont  ce  dernier 
s’étoit  démis  en  faveur  de  l’églife  de  S.  Sernin  *  que  les  chanoines  s’y  oppoferentj 
que  pour  les  foûmettre  il  entreprit  de  les  ch  aller  à  force  ouverte,  fie  d’y  mettre 
des  moines  en  leur  place  5  qu’il  détruifit  une  partie  de  leurs  bâtimens ,  fie  qu’en- 
fin  les.  chanoines  6c  ceux  de  leur  parti  appellerent  à  leur  fecours  le  duc  d’A¬ 
quitaine,  qui  à  la  faveur  de  ces  divifions  s’empara  de  Touloufe  Sc  en  chaflà 
ce  prince. 

Il  eft  rapporté  dans  un  autre  titre c  que  le  comte  de  Poitiers  non  content  de 
s' être  fai  fi  par  violence  de  la  ville  de  T  ouloufc  fai  foit  auffi  tout  fon  pojjible  pour  fertile 
dre  maître  des  autres  domaines  du  comte  Raymond ,  occupé  alors  par  ordre  du  pape 
'Urbain  ,  &  d'un  grand  nombre  de  prélats ,  à  délivrer  la  ville  de  Jerufalem  &  le  faint 
fépulcre  des  mains  des  Inf  déliés  :  mais  les  efforts  de  Guillaume  n’eurent  pas  tout 
le  fuccez  qu’il  efperoit.Geraud  évêque  de  Cahors d  &  fon  clergé  demeurèrent 
entr’autres  fidelles  à  Raymond  de  S.  Gilles  j  6c  pour  s’aflurer  du  fecoursde 
divers  chevaliers  dont  ils  avoient  befoin  pour  empêcher  que  le  comte  de  Poi¬ 
tiers  ne  s’emparât  du  pais ,  ils  leur  cederent  une  partie  des  biens  de  leur  égiife. 
! ^uc  c  D’Aquitaine,  aPrès  s’être  alluré  de  la  ville  de  Touloufe,  alla  du* 
pq.  7  ^  rant  l’automne  de  l’an  1098.  joindre  le  roi  d’Angleterre  avec  lequel  il  rava¬ 
gea  la  Normandie.  Il  revint  bientôt  après  dans  cette  ville,  où  il  avoitlaiflc 
la  comtclTe  fon  époulè ,  comme  nous  le  verrons  ailleurs. 
lxix.  Il  s’éleva  la  même  année  un  grand  différend  entre  Frotard  abbé  de  S.  Pons, 
fie  l’évêque  de  Jacca, au  fujet  de  cette  ville ,  que  les  rois  d’Aragon,  aprèsl’avoir 
Pons  &  légat  '  enlevée ‘aux  Sarafms,  fie  y  avoir  rétabli  le  fiege  épifcopal ,  avoient  donnée  à 
ai£c cette  abba)e-  Pierre  ro‘  d’Aragon  ,  Pierre  évêque  d’Huefca  ,  l’archevêque 
«bb.^Liv.  deTarragone,  fie  quelques  autres  prélats  fe  mêlèrent  d’accommoder  l’évê- 
dts.pjm  />.*.  que  &  l’abbé ,  ôc  leur  firent  palier  un  accord  le  premier  de  Décembre  de  l’an 
1098.  fuivant  lequel  il  fut  convenu  que  le  premier  transfereroit  ailleurs  fon 
lîege  comme  il  le  fouhaitoit.  L’évêque  d’Huefca  donna  alors  dans  fa  ville 
épifcopale,  à  l’abbaye  de  S.  Pons, l’églife  de  S.  Pierre  le  Vieil  dans  laquelle 
Frotard  établit  une  communauté  de  les  religieux.  Cet  abbé  décéda  le  îo. 
d’Aout  de  l’année  fuivante  dans  une  grande  réputation  de  fainteté ,  après 
s’être  diftingué  par  fes  vertus  fie  fes  talens  qu’il  lit  paroître  ,  foit  dans  la  lé¬ 
gation  d’Efpagne  dont  le  pape  Grégoire  Vil.  l’avoit^ honoré  ,  foit  dans  divers 
conciles  où  il  alTifta  ,  fie  en  diverlès  négociations  où  il  fut  employé.  11  fut 
inhumé  dans  l’églife  de  fon  abbaye ,  où  on  lui  érigea  une  ftatue  fur  un  tom¬ 
beau  de  marbre  blanc ,  qu’on  voit  encore  à  côté  gauche  du  maître  autel  par¬ 
mi  les  ruines  du  grand  chœur  de  cette  égiife  ,  qui  fut  détruite  par  les  Calvi- 
g  Pr.f.j«4»  niftes  en  1 567.  Pierre  lui  avoit  déjà  fuccedé  dèsg  le  11.  d’Août  del’an  1 103. 
Revenons  à  Raymond  de  S.  Gilles  que  nous  avons  faille  au  fiege  d’Antioche. 

La  force  de  cette  place  h  ,  fie  la  nombreufe  garnilon  qui  la  défendoit  fous 
les  ordres  del’emir  Dacien  ou  Acxien  ,  arrêtèrent  les  croifez  plus  ifcng-tems 
qu’ils  ne  l’avoient  crû.  Le  comte  de  Touloufe  n’épargna  cependant  ni  loins  ni 
dépenlé  pour  avancer  les  travaux  du  fiege  -,  fie  pour  empêcher  les  frequentes 

ic  o  une  pjiuc  r»  1  ,  •  r  -r  •'  1  °  iA  •  r  <1» 

de  ccctc ville,  lorties  que  les  ennemis  raiioient  par  la  porte  du*  pont ,  ainli  nommée  d  un  pont 
aye-BocmoudS  P'errc  *ur  l’Oronte  qui  étoit  voifin  de  fon  quartier  ,  fie  dont  ils  étoient  les 
h  Raym.  Je  maîtres, il  fit  jetter  un  pont  de  bateaux  fur  ce  fleuve, fie  élever  des  retranchemens 
143. cr  autour  de  fon  camp.  U  rellerra  ainfi  la  garnifon  dont  il  foutint  diverfes  atta- 
^Gcji  Tamred  ques,  qu’il  repouiïa  toujours  avec  avantage.  Ses  troupes  prirent  alors  ‘  que- 
'<t-  relie  avec  celles  de  Boemond  ,  ce  qui  fut  la  fource  de  la  divifion  qui  régna 
XVnt*'  Depuis  entr’eux,  fie  qui  retarda  beaucoup  le  fuccès  de  leurs  entreprîtes.  Comme 
i  uiji.TAncrtd.  la  famine  commençoit  à  fe  mettre  dans  le  camp, ces  deux  princes  firent  chacun 
f" un  détachement  pour  aller  chercher  des  vivres.  Les  deux  troupes ,  quoique  de 


LXX. 

Sicgc  &:  prife 
d’ Antioche. 
Raymond  de 
S  Gilles  s’allu- 
ic  d’une  partie 


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D  E  LANGUEDOC.  L  i  v.  X  V.- 


differentes  nations ,  agirent  d'abord  de  concert  j  mais  elles  n’eurent  pas  oliitôt  An  mai 
trouve  des  provisions  qu’elles  difputerent  entr’elles  qui  les  enle  veroit  •  koSereUe 
s  échauffa  on  en  vint  aux  mains,  plufieurs  furent  tuez  ou  bleffez  départ  & 
d’autre  6c  ce  ne  fut  qu’à  la  pointe  de  l’epeeque  chacun  emporta ion 

?  T/  rCr  tjT  îfief-  -  f CS  dCUX  Princes  *vertis  de  <%««  de  leurs 
Soldats  loin  de  cherchera  les  pacifier ,  les  animèrent  encore  davantage  -  & 

contens  de  leur  défendre  de  rien  entreprendre  danslec#mp,ils  leur  ordonne 

rentde  e  venger  a  la  première  occafion  qu’ils  trouveroient  au  dehors  :  ainfî 

toutes  les  fois  que  les  Provençaux  &  les  Apuhens ,  fe  rencontrèrent  dans  la  Suite 

f“ CS:  MnJS parde  fe  battrCi  & les uns  * les  autres eurenc tantôt 
Ie,  r’fï  r  deffousA’  fuivanc  qu>lls  étoient  ou  plus  forts ,  ou  plus  foi. 
blés.  Cette  divifion  entraîna  celle  de  prefque  toute  l’armee ,  6c  chaque  nation 
fe  déclara  en  faveur  de  celle  dont  le  langage  approchoit  le  plus  du  fien  :  en- 
forte,  dit  1  ancien  hiftonen,  »  que  les  Narbonnois,  les  Auvergnats,  lesGaf-« 
c!ns:  desPtov.nces  vo, fines,  foûtenoient  les  ProvencLx  ,’que  tous« 

ceux  du  relie  des  Gaules,  furtout  les  Normans, prirent  le  parti  de  ceux  de  la« 

Pouille  )  ôc  que  les  Bretons,  les  Sueves ,  les  Huns  6c  les  Ruilès  furent  les  feuls  « 
qui  demeurèrent  neutres.  »  ;  *  “ 

Cette  querelle ,  &  la  «Situation  du  quartier  du  comte  deTouloufe  ,  plus  a  ^ 

ffK?  Ce  nrinre^  aUX  f°mCS  desraffie£ez  >lui  cauferenC  des  pertes  confiée- 
râbles.  Ce  prince  voyant  que  tous  fes  efforts  pour  abbattrele  pont  qui  abou-  ... 

entmVdePTour\pen  ‘“T  »*?«  v  &  conftruire  une  gLdeVhine  S&t4. 

^  ayanC  ,plaCee  Vls4'vis  du  Ponc .  n  empêcha  pendant 

quelques  temsles  forries:  mais  les  afliegez  trouvèrent  le  moyen  de  mettre  le  feu 

a  cette  mâchme  maigre  la  refiftance  de  ceux  qui  en  avoient  la  garde.  Le  comte 
tacha  d  y  remedier  par  une  grande  quantité  de  pierres*  &  de  poùtrcs  qu’il  tic 
entallèr  devant  la  porte  du  Chien  ,  &  dont  il  forma  comme  une  efpcce  de 
rempart  qui  bouchoit  le  paffage.  N  onobftant  ces  travaux  le  fiege  n’avancoic 
pas  beaucoup,  &  les croifez  s’affoibliffoient  tous  les  jours,  {‘oit  par  la  dilette 
ioit  par  la  defertion  5  tellement  que  trois  mois  après,  le  commencement  du  fiege* 
a  peine  reftoit-il  deux  mille  chevaux  dans  le  camp,  d’environ  foixante-üix 
mille  qui  y  etoient  d’abord. 

Boemond  Sc  ie  comte  de  Flandres  furent  détachez  vers  ce  tems-là  pour  aller 
chercher  des  vivres.Le  comte  deTouloufe  &  l’evêque  du  Puy  demeurèrent  feuls 
avec  le  relte  del  armee  à  la  garde  du  camp  iCar  le  duc  de  Normandie  etoit  ab. 
lent,  Ce  le  duc  Godefroy  etoit  fort  malade. Les  afliegez  profitant  de  cette  diver¬ 
sion, tirent  une  for  ne  Ôc  attaquèrent  le  quartier  du  comte  Ray  mond,qui  le  defen- 
ditavec  toute  la  valeur  poflîble  ,  6c  les  repouffajufques  dans  la  ville.  Durant  le 
combat  quelques  cavaliers  chrétiens  pouriuivirent  un  cheval  des  infidelles  pour 
s  en  /ai/îr,ce  qui  ayant  fait  croire  aux  croifez  que  toute  leur  cavalerie  prenoit  la 
tune,1  épouvanté  fe  mit  parmi  eux,6c  ils  fe  débandèrent.  Les  afliegez  à  la  faveur 
e  ce  delordre  ,  revinrent  à  la  charge  ,  ôc  donnèrent  (ur  les  fuyards ,  dont  ils 
tuerent  plufieurs  ,  entr’autres  le  porte -enfciyie  *  de  l’évêque  du  Puy  dont  on  .  VexUlife. 
e  marque  pas  le  nom ,  &  que  d’autres  b  appellent  (on  fènèchal.  Les  infidelles  v,w  us  ki 
ui  enlevèrent  fon  drapeau  où  on  voyoit  l'imaze  de  la  Vie  rie  .-  un  jeune  chevalier 
e  Beziers  nommé  Bernard-Raymond  perdit  aufli  la  vie  dans  cette  occafion. 

Boemond  &  le  comte  de  Flandres  de  retour  au  camp  le  ravitaillèrent  pour 
quelques  jours  :  mais  la  famine  recommença  bientôt  après  ,  ôc  elle  fut  luivie 
e  lapefte,  ce  qui  caufa  une  nouvelle  déflation.  Les  Provençaux  ^  nom  cGe/i.x 
us  lequel  on  comprenoit  ‘  alors  les  peuples  des  provinces  méridionales  du  f’6  • 
royaume  trouvèrent  une  efpece  de  reffource  à  ce  malheur  par  la  vie  frugale  à  ** 

«quelle  ils  ctoient  accoutumez  ;  6c  contents  de  manger  des  racines  qu’ils 
a  oient  chercher  dans  les  entrailles  de  la  terre  ,  ils  conferverent  leur  vie 
comme  ils  purent.  Le  fiege  d’Antioche  continua  cependant  avec  différons 
lucces  de  parc  fie  d’autre. 

.„I'e  7*  de  Février  <■  les  princes  ayant  eu  avis  que  trente  mille  infidelles  des 
villes  vmfines  s’etoient  rallèmblez  à  Harenc,  à  quatre  milles  d’Antioche  ,  pour 
...  ritier,au  fçcours  de  la  place,  réfolurent  de  les furprendre.  llslaiflcrent  - 

untantene  à^la  garde  du  camp,  &  allèrent  à  leur  rencontre  avec  toute  la 


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An.io«)8. 


a  Râym,  it 

AgtL  ïbti. 


b  Râym.  it 

Api.  é*  Guill 

Tfr.  tbid. 

Muf.  hâl.htjl. 
hell.jMcr.e 
t  TmUbotLibid .• 


âGt/l.TsncreJ. 


m  Histoire  generale 

cavalerie  ,  compofée  alors  de  700  chevaux.  Les  ennemis  qui  ne  s'attendoïent 
à  rien  moins  qu’à  fe  voir  attaquez  ,  furent  furpris  en  effet.  Le  comte  de 
Touloufe  ne  les  eût  pas  plutôt  apperçûs ,  qu’ayant  mis  fa  lance  en  arrêt, 
ÔC  ferré  fon  bouclier  lur  là  poitrine  ,  il  donna  fur  eux,  fuivi  du  chic  Godefroy, 
avec  tant  d’intrépidité,  qu’il  les  mit  en  fuite, après  leur  avoir  tué  deux  mille 
hommes.  L’évêque  du  Puy  qui  étoit  prefent  contribua  beaucoup  à  cette  dé¬ 
faite  par  fes  vives  exhtfr tâtions. 

Le  mois  de  Mars  fuivant,  une  flotte  Genoife  chargée  de  munitions  étant 
arrivée  au  port  de  S.  Simeon,  fltué  à  dix  milles  d’Antioche,  le  comte  de  Tou- 
Joule  8c  Boemond  fe  détachèrent  avec  une  partie  de  leurs  troupes  pour  aller 
efcorter  le  convoi  &  le  conduire  au  camp.  Le  premier  commandoit  l’avant- 
garde  ,  8c  l’autre  l’arriere-garde.  Ils  furent  attaquez  8c  battus  à  leur  retour 
par  quatre  mille  hommes  de  la  garnifon:  mais  ils  eurent  bientôt  leur  revan¬ 
che  j  car  Godefroy  ayant  marché  incontinent  à  leur  fecours  avec  les  autres 
princes  8c  toute  l’armée  ,  le  détachement  des  infidelles  fut  entièrement  dé¬ 
fait.  Jfnard  a  chevalier  de  Gaya ,  qui  commandoit  1  50.  hommes  de  pied,  fe 
diltingua  beaucoup  dans  cette  adion.  L’auteur  contemporain  l’appelle  an  très- 
noble  Provençal,  ce  qui  dans  le  langage  du  tems ,  lignifie  également  un  Langue¬ 
docien,  ainli  qu’on  l’a  déjà  remarqué.  Nous  trouvons  en  effet  trois  lieux  ap¬ 
peliez  Gaye  ou  Gaiac  dans  le  Languedoc  ,  f^avoir  dans  le  Rafez ,  le  Laura- 
guais  8c  le  diocéle  d’UfcZ. 

Le  comte  Raymond  b  fur  le  refus  de  tous  les  autres  princes ,  le  chargea 
quelque  tems  après  de  faire  garder  par  fes  troupes  une  elpece  de  fort  que  les 
croifez  avoient  fait  conftruire  à  la  tête  du  pont  de  pierre  par  lequel  les  affie- 
gez  faifoient  de  fréquentes  forties.  Un  hiftorien0  du  -tems  remarque  à  cette 
occafion  que  la  maladie  dont  ce  prince  avoit  été  affligé  depuis  l’été  précè¬ 
dent  jufqu’à  la  fin  de  l’hyver,  l’avoit  empêché  de  prendre  toute  la  part  qu’il 
auroit  voulu  aux  travaux  du  fiege  ;  mais  qu’en  fe  chargeant  de  la  garde  de 
cette  forterellè ,  il  rendit  de  plus  grands  fervices  qu’aucun  autre  prince  :  aulïï 
ajoute-t-il  que  Raymond  étoit  plus  en  état  que  tout  autre  de  fournir  à  la  dé- 
penfe,  qu’il  avoit  fous  fes  ordres  un  plus  grand  nombre  de  chevaliers, 8c  qu’il  ne 
s’épargna  en  rien.  Ce  prince  remit  la  fumme  de  500.  marcs  d’argent  fin  entre  les 
mains  de  l’évêque  du  Puy ,  8c  de  quelques  feigneurs ,  pour  fervir  à  remonter 
ceux  de  fes  chevaliers  qui  perdroient  leurs  chevaux  dans  le  combat  -,  ce  qui 
rendit  les  croifez  plus  hardis  à s’expofer ,  lui  acquit  une  grande  réputation, 
ôC  le  fit  regarder  comme  le  pere  &  le  confervateur  de  l'armée.  Il  choifit  joo. 
hommes  des  plus  vaillans  de  fes  troupes  8c  les  mit  à  la  garde  de  ce  fort  :  les 
principaux  furent  Pierre  vicomte  de  Caftillon ,  Raymond  vicomte  de  Turenne, 
Guillaume  de  Montpellier  ,  Geoffroy,  Pierre-Raymond  de  Hautpoul ,  Guil¬ 
laume  de  Sabran  ,  Geraud  de  Malefaide ,  8cGoufier  de  las  Tours.  Il  prit  plu- 
fieurs autres  chevaliers  à  fon  fervice ,  tant  pour  renforcer  fon  armée,  que  pour 
fervir  à  la  garde  du  fort ,  8c  les  foudoya  à  fes  dépens.  Il  donna  cent  marcs 
d’argent  à  Tancrede  pour  l’aider  à  la  conftruétion  d’un  autre  fort  au-delà  de 
la  rivière  dont  ce  prince  avoit  été  chargé ,  mais  qu’il  s’exeufoit  d’entrepren¬ 
dre  ,  fous  prétexte  qu’il  n’étoit  pas  aflez  riche.  Enfin  Raymond  paya  beaucoup 
de  fa  perfonne  durant  ce  fiege,  8c  il  fe  pafla  peu  de  jours  où  il, n’eût  à  com¬ 
battre.  Sept  mille  Sarafins  entr’autres  étant  fortis  de  la  place,  attaquèrent  le 
fort  dont  on  lui  avoir  confié  la  garde,  8c  qui  n’étoit  alors  défendu  que  par 
foixante  chevaliers.  Ceux-ci  malgré  les  efforts  des  infidelles  foûtinrent  l’atta¬ 
que,  jufqu’à  ce  qu’ayant  reçû  du  fecours  de  l’armée,  les  ennemis  furent  obli¬ 
gez  d’abandonner  l’entreprife  8c  de  fe  retirer.  Le  comte  perdic  dans  cette 
occafion  Bernard  de  Pardilio  8c  plufieurs  autres  de  fes  chevaliers. 

Les  croifez  après  environ  feptmois  de  fiege  n’étoientgueres  cependant  plus 
avancez  que  le  premier  jour  ,  lorfque  Boemond  ayant  ménagé  une  intelli¬ 
gence  fecrete  avec  un  des  principaux  de  la  ville,  qui  s’offrit  de  la  lui  livrer, 
réfoluttie  prendre  auparavant  fes  furetez  pour  s’en  approprier  le  domaine. 
Il  mit  d’abord  l’évêque  du  Puy  dans  fes  intérêts  8c  lui  confia  fon  fecret.d  Ce 
prélat  ayant  aflèmblé  tous  les  generaux  leur  fit  part  du  projet  de  Boemond, 
8c  leur  déclara  que  ce  prince  fe  chargeoitde  l’execution,  à  condition  qu’il 


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DE  L  A  N, G  U  E  D  O  C.  Liv.  XV.  _ 

dêmeureroit  feu I  maître  de  la  place.  Les  princes  conlêntirenc  enfin ,  quoi  Atf.topSv 
qu’avec  peine  ,  à  cet  article  .*  il  n’y  eut  que  le  comte  de  Touloufe  qui  déclara 
nettement  a  qu-’il  ne  cedoità  perfonne  la  part  qu’il  avoit  droit  de  prétendre  à  'a Gmtixtyi 
la  conquête  d’Antioche.  Cette  déclaration  retarda  l’executiort  du  projet  de 
Boemond  ,  jiifqu’à  ce  que  fur  la  nouvelle  qui  vint  au  camp ,  qu’une  armée  ; 
formidable  s’avançoit  ait  fccours  de  la  place  i  ce  prince  feprelîâ  de  profiter 
de  l’intelligence  qu’il  avoit  pratiquée  ,  laquelle  ayant  heureulèmeric  réu/fi ,  * 
les  chrétiens  entrèrent  enfin  dans  la  ville  le  Jeudy  3.  de  Juin  de  l’an  1098. 

Un  chevalier  b  trcs^noble  nommé  Guillaume,  compagnon  d'armes ,  &  compatriote  b  Al.Ajlt\ 

<k  comte  Raymond ,  fit  prifonniers  dans  cette  occafion  la  mere  &  les  fils  de  Da-  f-14, 
den  gouverneur  de  la  place  ,  après  les  avoir  furprisde  grand  matin  dans  leur 
lit:  ce  feigneür ,  que  nous  croyons  le  même  que  Guillaume  de  Sabran,  en' 
tira  "dans  la  fuite  une  rançon  de  trois  mille  belàns  d’or.  Le  comte  Ray¬ 
mond  s’afiura  de  fon  côté  du  palais  de  cet  émir ,  de  la  porte  du  ponc ,  &  des' 
tours  voifines  fituées  vers  le  porc  de  S.  Simeon,  &  y  inities  troupes  en  gar- 
nifon ,  avec  ordre  de  garder  ces  polies  en  fon  nom. 

La  prife  d’Antioche -  n’avança pas  beaucoup  les  affaires  de  la  croi/âde:  les  Lxxr: 

Turcs  demeurèrent  maîtres  du  château,  qui  croit  très-fort ,  8c  qui  était  lîtué 
au  Nord  delà  ville  ;  8c  il  arriva  d’ailleurs  trois  jours  après  devant  la'  place  une  Antioche,  in» 
armée  innombrable  de  Mahometans  commandée  parle  general  Corbaghan,  n.s* 
que  le  foudan  de  Perlé  envoyoit  au  fecours  des  habitans }  ainfi  les  chrétiens  que  le  comte 
le  virent  bientôt  eux-mêmes  affiegez  fans  efpcrance  d’aucun  fecours.  Pour  R^n“n^fa 
comble  de  malheur  ils  manquoient  de  vivres,  5c  la difette devint  fi  extrême,  "lupdîe. 
qu’on  fut  obligé  d’avoir  recours  aux  plus  vils  alimens,  ce  qui  fit  que  plufieursj  c  Jf 
même  des  principaux,  ayant  trouve  le  moyen  de  fortir  de  la  ville,  prirent 
lâchement  la  fuite.  Les  croifez  les  mieux  intentionnez  voyant  cette  défertion,  •smit.TyrM* 
chargèrent  Boemond  du  foin  de  l’empêcher ,  &  toute  l’armée  fit  ferment  de 
lui  obcïr  comme  à  fon  chef  jufqu’à  quinze  jours  après  leur  délivrance.  Il  fut 
choifipour  cette  fonction  préférablement  au  comte  de  Touloufe,  parce  que 
celui-ci  étoit  actuellement  malade,  de  même  que  l’évêque  du  Puy.  La  dcler- 
tion  continua  cependant  maigre  tous  les  foins  de  ce  prince  j  &  la  plupart  des 
croifez  réduits  au  défeipoir  ,  croient  déjà  refolus  d’abandonner  la  ville,  5c  de  i 

fe  retirer  où  ils  pourroicnt.,  fi  l’évêque  du  Puy  5c  le  duc  Godefroy  ne  fe 
fuflènt  oppofez  à  leur  deflein.  Dans  cette  extrémité  il  arriva  un  événement 
qui  ranima  le  courage  des  troupes  ,  5c  contribua  beaucoup  à  les  fauver. 

Comme  le  comte  de  Touloufe  y  eut  beaucoup  de  part ,  5c  que  fes  ennemis 
s’en  fervirent  pour  noircir  fa  réputation,  nous  croyons  devoir  le  rapporter  avec 
quelque  étendue. 

Un  prêtre  Provençal  nommé  Pierre  Barthclemi , d  homme  fimple  5c  groffier,  A  R d» 
domeftique  d’un  feigneür  nommé  Guillaume  Pétri ,  vint  trouver  le  comte 
Raymond,  l’évêque  du  Puy,  8e  Pierre-Raymond  de  Hautpoul ,  8c  les  affura^2’ 
qu’il  avoit  reçu  ordre  par  révélation  de  les  affembler  tous  trois,  5c  de  les 
Avertir  que  le  fer  de  la  lance  qui  avoit  percé  le  côté  de  Notre-Scigneur  étoit 
enfoui  dans  un  endroit  de  l’églife  de  fiaint  Pierre  d’Antioche,  qu’il  indiqua. 

L’evêque  du  Puy  fit  d’abord  difficulté  de  croire  cet  homme  fur  fa  parole  : 
mais  le  comte  ne  jugeant  pas  la  chofe  impoffible,  le  mit,  pour  l’examiner 
déplus  près,  fous  la  garde  de  Raymond  d’Agilcs  fon  chapelain,  qui  nous  a 
faille  un  détail  fort  circonftancié  de  cet  événement  5c  de  fes  fuites.  Le  len¬ 
demain  14.  de  Juin  un  autre  prêtre  Provençal  nommé  Etienne  ,aflurac  encore  tGuiiutjr. 
le  comte  8c  l’évêque  qu’il  avoit  eu  la  nuit  précédente  une  femblable  révéla- 
don.  Sur  le  bruit  que  cette  découverte  fit  parmi  les  croifez  ,  les  chefs  s’affem- 
blerent ,  8c  il  fut  réfolu  qu’on  feroit  fouiller  dans  l’endroit  marqué  :  on  mie 
aulfi-tôt  la  main  à  l’œuvre,  8c  on  choifit  pour  être  prelèns  douze  perfon- 
nes,  dunombre  defquelles  étoient  le  comte  de  Touloufe,  l’évcque  d’Oran- 
ge,  Raymond  d’Agiles  chapelain  du  premier  ,  Pons  de  Balazun  8c  Earalà  de 
Thoart  ouThouars.  On  travailla  depuis  le  matin  jufqu’au  foirfans  rien  trou¬ 
ver.  Le  comte  s’étant  retiré  alors  pour  fe  rendre  à  fon  pofte ,  Pierre  Barthe- 
lemi  entra  dans  la  folle ,  y  trouva  le  fer  de  la  lance  ,  8c  le  montra  aux  alïiftans-, 
qui  caufa  une  joïe  univcrfelle  parmi  les  croifez, lesquels  d’un  commun  accord 


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JIO 


HISTOIRE  GENERALE 


An.  109  8,  remirent  cette  relique  entre  les  mains  ducomtedeTouloufequi  la  plaça  dans  fa. 

chapelle.  On  lui  en  confia  la  garde  avec  le  foin  de  la  porter  dans  les  com- 
tAU xiUl.}.  bats,  préférablement  à  tous  les  autres  princes,  dit  un  auteur  1  contemporain, 
parce  qu’il  étoit  celui  d’entr’eux  qui  avoit  des  mœurs  plus  pures.  C’eft  aintt 
que  Raymond  d’Agiles  chapelain  du  comte  deTouloufe,  fit  témoin  oculaire, 
rapporte  l’hiftoïre  de  l’invention  de  cette  relique ,  &  cet  auteur  ne  néglige 
jrien  pour  en  attefter  la  vérité  dont  il  étoit  perluadé.  La  plupart  des  autres 
^iftoriens  b  du  tems  la  certifient  également  )  mais  quelques-uns  femblent  en 
a  >jt.T»mrnL  douter,  fit.  l’un  d’entr’eux  prétend  c  que  ce  ne  fut  qu’une  impofture  dans  la¬ 
quelle  ü  accufe  le  comte  de Touloufe d’avoir  trempe.  Il  eft  vrai,  fitlesloix 
de  l’hiftoire  ne  nous  permettent  pas  de  le  diflimuler,  qu’il  paroît  que  ce  ne 
fut  qu’une  fupercherie  de  la  part  de  ceux  qui  prétendoient  avoir  eu  les  ré¬ 
vélations  ,  fit  que  les  ennemis  du  comte  Raymond  s’en  prévalurent  pour  atta¬ 
quer  fa  réputation  ,  fous  prétexte  qu’il  en  avoit  été  l’auteur  5  mais  II  ce  prince 
fut  coupable  en  cela ,  ce  ne  fut  que  par  un  excès  de  crédulité.  Ce  qu’il  y  a  de 
certain,  c’eft  que  l’invention  de  cette  relique  vraye  ou  fauflè,futen  quelque  ma¬ 
niéré  le  falut  des  croifez  ,  qui  ranimez  dpar  un  événement  qu’ils  crurent  venir 
du  ciel ,  firent  tous  ferment  de  ne  pas  fe  l'éparer  qu’après  avoir  délivré  le  faint 
Sépulcre  des  mains  des  infidelles.  Une  nouvelle  révélation  que  l’inventeur  du 
fer  de  la  lance  afiura  avoir  eu  la  nuit  fiiivante,les  confirma  dans  cette  réfolution; 
cet  ecclefiaftique  débita  que  S. André  lui  étant  apparu  de  nouveau,  lui  avoit  dit 
ces paroles  :  Voici  que  Dieu  a  donné  au  comte  Ray  rond  ce  qu’il  n‘ a  voulu  encore 
‘Vexillifcrum.  accorder  k  aucun  autre ,  &  il  l'a  établi  LE  i*or.TE-ENSEIGNE  ’  de  l'armée  ifuppoje 
qu’il  perfévere  dans  fon  amour. 

lxxit.  LCs  croifez  fe  voyant  faqs  rcfiource  ,  réfolurent  de  faire  une  fortie  furies 
eroife*  üw  ici  infidelles ,  fit  de  périr  ou  de  vaincre.  Ils  fe  mirent  en  armes  le  1 8.  de  Juin  3  fie 
infidelles  «le-  après  avoir  tous  communié  ,  ils  fe  rangèrent  en  bataille,  fie  ne  laiflèrent  dans 
HeTide'vi"-''*  Antioche  que  100.  hommes  fous  le  commandement  du  comte  de  Touloufe 
comte  de  Poli-  qui  étoit  malade.  Les  troupes  fe  partagèrent  en  fix  corps ,  dont  chacun  fut 
*mor'ftWdK  *ubdivifécn  deux  autres ,  l’un  de  cavalerie,  fit  l’autre  d’infanterie  qui  la  fuivoic 
c v„d.  pour  la  foùtcnir  ,  ce  qui  formoit  fix  efeadrons  fit  autant  de  bataillons.Hugues- 

;  1  j.  frere  du  roi  Philippe  fe  mit  à  la  tête  du  premier.L’evêque  du  Puy  armé  d’une 

Rit.  hift. 
firtJoU.j.c.S). 


iRtjm.  il 
Agit.  ibtd.  if 
G  uill.  Tyr.  I.  6 . 


&ty 


hi^‘  cuiraffe  fie  d’un  calque  ,  fie  fuivi  de  Raymond  d’Agiles  chapelain  du  comte  de 


Touloufe  qui  portoit  en  fes  mains  le  fer  de  la  lance,  commandoit  le  quatrième 
compofé  des  Gafcons  Se  des  Provençaux ,  fie  d’une  partie  des  autres  troupes  du 
comte  de  Touloufe.  Raymbaud  comte  d’Orange ,  fie  Lambert  fils  du  comte  de 
Montaigu  étoient  à  la  tête  du  cinquième.  Gafton  de  Bearn  âvec  fes  gens  fie 
ceux  du  comte  de  Poitiers ,  fuivoit  Tancrede  qui  conduifoit  le  huitième,' 
Yfnard  comte  de  Die,  Raymond  Pelet ,  Ginard  ou  Gérard  de  Rouffillon, 
Guillaume  de  Montpellier ,  fie  Guillaume  Amanjeu  d’Abret,commandoicnt  le 
onzième.  Enfin  le  dernier,  fous  les  ordres  de  Boemond,  formoit  l’arricre-garde. 
Toutes  ces  troupes  étant  fortics  d’Antioche  à  fix  heures  du  matin  ,  l’évêque 
du  Puy  leur  fit  faire  alte,  fie  les  exhorta  au  combat.  Elles  fe  mirent  enfuite 
en  mouvement  fie  attaquèrent  l’armée  de  Corbaghan  avec  tant  de  furie ,  qu’a¬ 
près  en  avoir  fait  un  grand  carnage,  elles  obligèrent  les  infidelles  à  prendre 
f  R*jm.  4i  1 a  fuite ,  fie  s’emparèrent  de  leur  camp.  On  remarqua  durant  l’a&ion  (  que 
AgU.yiu-  quoique  les  troupes  commandées  par  l’évêque  du  Puy  euflent  plus  d’ennemis 
^ur  les  bras  que  les  autres,  pas  un  foldat  ne  fut  cependant  blefie  3  ce  que 
lign.i.T.c.1.  l’hiftorien  du  comte  de  Touloufe  qui  portoit  dans  fes  mains  le  fer  de  la  lance, 
SuueXd«dif-  attribue  à  la  vertu  de  cette  relique.  Il  ajoute  que  fi  le  vicomte  Heracle porte- 
fcrcndsdcBoe-  enfeigne  de  l’évêque  fut  blefie  ,  c’eft  qu’il  avoit  donné  fon  drapeau  à  un  au- 
R™i!ondVC  Le  cre  1  ^  ^ll  ^  ^toit  demeuré  derrière.  Ce  feigneur  fut  atteint  en  effet  d’une 
dernier  réfute,  flèche  au  vifage  dans  la  mêlée  où  il  s’engagea,  8 c  où  il  fit  des  prodiges  de  valeur. 
1-mm  u"ear-  ^  étoit  frere  puîné  de  Pons  vicomte  de  Polignac,  ainfi  qu’on  l’a  déjà  remar- 
tiVd  Antioclic  que  :  il  mourut  de  fa  bleflûre  le  9.  dejuilletfuivant,  félon  g  un  ancien  calen- 
dom  il  étoit  le  drier  de  fa  maifon. 

îvAymnrévê-"  Après  une  victoire  auffi  fignalée ,  les  croifez  rentrèrent  dans  Antioche  char* 
que  du  Puy.  gez  des  dépouilles  de  leurs  ennemis.  Le  gouverneur  du  château  voyant  alors 
^'^T*ncred'  qu’il  ne  pouvoit  plus  tenir ,  réfolut  de  fe  rendre.  11  avoit h  dans  fa  garnifon 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  X  V >  ju _ 

quelques  foldats  du  .comte  Raymond,  qui  pre/Iêz  par  la  famine  s’y  étoient  An. top  8^ 
réfugiez, fie  avoient  eu  le  malheur  d’embrailèr  le  Mahometifme.  Il  leur  deman¬ 
da,  avec  les  principaux  de  là  garni/on, quel  étoic  celui  d’entre  les  princes  croi/èz 
à  qui  ils  pouvoienc  le  plus  le  lier  :  ces  apoltats  répondirent  que  c’croic  fans  con¬ 
tredit  le  comte  Raymond  ,  le  plus  diftingué  de  tous  ,  tant  par  fa  probité ,  que 
par  le  nombre  de  les  troupes.  Sur  cette  reponfe  a  le  gouverneur  fît  demander 
Ion  drapeau  à  ce  prince  ,  lequel  Je  lui  ayant  envoyé  ,  il  le  fit  arborer  fur  '  ‘  ' 
le  donjon  de  la  forterelîè  :  mais  Boemond  jaloux  de  cet  honneur  l’obligea  de 
i’ôrer  pour  y  fubftituer  le  lien  ,  s’empara  de  force  des  principales  b  tours  du  b  Rym,  Jt 
château,  &  en  chaüà  les  troupes  du  comte  de  Touloule<0&;  celles  du  duc  Go. 
defroy  6c  du  comte  de  Flandres  qui  en  avoient  pris  pofleifion.  Il  prit  pour 
prétexte  le  ferment  qu’il  avoit  fait  au  Turc  qui  lui  avoir  livré  la  ville ,  de  n’en 
ceder  le  domaine  à  aucun  autre. Les  princes  dillîmulerent  ce  coup  d’autorité  de 
Boemond,  ce  qui  l’enhardit  à  demander  au  comte  de  Touloufe  ,  au  duc  Gode¬ 
froy,  &c  i  l’évêque  du  Puy  de  lui  remettre  les  tours  6c  les  portes  d'Antio¬ 
che  qu’ils  avoient  toujours  gardées  depuis  la  prife  de  cette  ville.  Les  deux 
derniers,  6c  les  autres  princes  lui  remirent  enfin  ces  polies  *  mais  le  comte  de 
Touloufe  quoique  fort  malade,  rcfula  abfoiumcnc  d’en  faire  autant.  Boe - 
mondeut  alors  recours  aux  prières  &  aux  promeflès,  &  même  aux  menaces 
pour  l’y  obliger:  Raymond  fut  inflexible,  6c  il  garda  toujours  la  porte  du 
pont,  avecles  tours  voifines  j  ce  qui  augmenta  de  plus  en  plus  la  divili on  qui 
regnoit  deja  entre  ces  deux  princes  ,  6c  influa  beaucoup  fur  raffbiblilfcment  de 
la  dilcipline  militaire  parmi  les  croilèz. 

Quelques  jours  apres  la  défaite  du  general  Corbaghan,  Boemond  fils  de  Robert, 

Raymond  comte  de  S.  Gilles ,  le  duc  Godefroy  6c  Hugues  le  Grand  écrivi¬ 
rent  c  une  lettre  à  tous  les  fidelles  d’Occidcnt,  pour  leur  apprendre  le  fuccez  cMatun.  coû. 
de  leur  expédition,  6c  leur  demander  le  fecours  de  leurs  prières -,  attendu  4r,:R- 1  ■  P- 
qu’ils  étoient  encore  menacez  d’être  attaquez  vers  la  Toullàints  par  le  fultan  J6S,iTlc^‘ 
de  Perfe  en  perfonne.  Ils  marquent  que  l’expedition  d’Antioche  leur  avoit 
coûté  dix  mille  hommes  J  mais  que  la  perte  des  infidelles  montoit  jufqu’à  69. 
mille  des  leurs.  Boemond,  Raymond, Godefroy,  Robert  duc  de  Normandie, 

Robert  comte  de  Flandres ,  6c  Euftache  comte  de  Bologne  écrivirent  auüi 
d’Antioche  le  r  1. de  Septembre  une  lettre  ^  commune  au  pape  Urbain  II.  pour  d  Cat. 
lui  faire  part  de  leur  victoire  ,  le  prier  de  venir  Ce  mettre  à  leur  tête  avec  un 
renfort,  &  l’informer  de  la  mort  d’Aymar  évêque  du  Puy  ,  que  la  pelle,  qui 
s’etoit  mife  dans  Antioche  ,  avoit  enlevé  le  premier  d’Aout. 

Ce  prélat e  fut  généralement  regretté  de  tous  les  croifez,  dont  il  étoic  e  u*ym.  <h 
égalynent  aimé  dcrefpeclé.  Sa  perte  leur  fut  d’autant  plus  lènfible^  qu’il  au-  cw/rr/.’7 
roir  pu  ,  tant  par  l’autoritc.  que  fa  vertu  lui  avoit  acquife  ,  que  par  la  Rd.ifi.jfi/, 
làgellè  de  lès  confeils,  concilier  les  chefs  qui  étoient  la  plupart  divilèz  en- 
tr’eux,&les  porter  à  profiter  de  leur  victoire.  Il  les  fit  aflèmbler  peu  de  tems 
avant  que  de  mourir,  6c  les  exhorta  à  l’union.  Il  recommanda  la  famille  au  ann"oi.f. 
comte  de  Touloufe  ,6c  à  Boemond, Bernard  fon  chapelain  ,  homme  de  lettres, 

Provençal1, natif  de  Valence  fur  le  Rbb  ne  &  G  oth  d’origine,  que  ce  prince  fit  élire  fà'M-Tyr.u. 
dans  la  fuite  patriarche  d’Antioche.  Toute  l’armée  allilta  à  fes  obfeques  qui  'order.vit.ibij. 
fe  firent  dans  la  cathédrale  de  S.  Pierre  où  il  fut  inhumé.  Tous  les  auteurs 
qui  ont  écrit  de  la  croilade  font  un  très-grand  éloge  d’Aymar  qu’on  fait  au¬ 
teur  g  de  l’antienne  Salve  regina .  On  prétend  h  que  pour  honorer  là  mémoire,  g niberit  chron 
les  évêques  du  Puy  lès  fucceffeurs  ont  mis  dans  leurs  armes  l’épée  d’un  coté 
&  le  bâton  paftoral  de  l’autrej&  que  les  chanoines  de  fa  cathedraleportent  dans 
le  tems  palchal  une  piece  de  fourrure  en  forme  de  cuirallè.  Pierre- Raymond  “ 

de  Hautpoul  *  mourut  aulfi  vers  le  même  tems  à  Antioche ,  6c  fut  inhumé  de-  Gx,i 
vant  la  porte  de  l’églifc  de  S.  Pierre:  outre  les  marques  de  valeur  qu’il  avoit 
données  durant  le  fiege  de  cette  ville,  il  avoit  arrêté  prifonnier  dans  une 
forcie  un  des  principaux  émirs  de  la  garnifon.  é  i«t- 

Peu  de  jours  k  après  la  défaite  du  general  Corbahgan  les  princes  s’allèmble-  fxx,v- 
renc  pour  délibérer  fur  la  fuite  de  leurs  operations.  Il  fut  reTolu  d’un  coin- 
mun  accord  qu’on  differeroit  de  marcher  vers  Jcrufalcm  jufqucs  au  premier  )cr- 
de  Novembre  fuivant,  en  quoi  ils  firent  une  faute  confidcrable  -,  car  leur 


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An.  1098. 


a  Tuiebod.L^. 
p.  90r. 

Guib.l  f.r.i  1. 
Gil.de  expert. 
Ijerofbl. 

Rob.hift.  fyrof. 
b  GkîbMd, 


LXXV. 

Expcdition  de 
Raymond  de 
S  -  Gilles  aux 
environs  d’An- 
tioche.Suite  de 
fes  différends 
avec  Boemond 
te  Tancrcdc. 

c  R  iym.  dt 
Agd.p.v, 7.  & 

fav 

Gui  II.  Tyr. 
1.7 -c+fr  faq. 
Grto .  I  S. 
liobert.ibid. 

Muf.lt  *1. ht  fl. 
bell.jMcr.l.  90. 

7  udeM.l.f, 


3U  HISTOIRE  GENERALE 

victoire  avoic  jeccé  une  fi  grande'  terreur  parmi  les  intidclles ,  qu’il  eût  été 
ailé  aux  croifez  de  fe  rendre  maîtres  fans  coup  férir  de  tout  le  pais-  jufqu’à 
Jerufalem.  On  convint J  cependant ,  pour  ne  pas  demeurer  tout  à-fait  dans 
i’ina&ion,  d’envoyer  des  partis  de  côté  &:  d’autre  tenter  diverfes  entreprifes. 

Raymond  furnommé  Pelet  ou  Pelitus ,  homme  vaillant  &  de  bonne  mine, 
propofa  entr’autresà  une  troupe  de  croifez  de  le  fuivre  ce  qu’ils  firent  d’au¬ 
tant  plus  volontiers  qu’ils  failoient  un  cas  fingulier  de  fa  perlonne  ,  tant  à 
caufe  de  fa  libéralité,  que  de  fon  expérience  dans  l’art  militaire }  »  car,ajoûte  un 
»  hiftorien  b  du  tems  ,  ce  feigneur  qui  étoit  de  race  de  chevaliers ,  s’étoit  rendu 
»  fort  célébré  par  lès  faits  d’armes  ,  êt  il  étoit  un  des  premiers  entre  ceux  qui 
»  s’étoient  mis  à  la  fuite  du  comte  defaint  Gilles.  Raymond  Pelet  ayant  donc 
compofe  une  petite  armée  de  plufieurs  volontaires ,  tant  cavaliers  que  fantaf- 
fins,  s’avança  à  leur  tête  .à  deux  journées  d’Antioche,  où  les  Syriens  lui 
remirent  le  château  de  Talamania  dont  ils  étoient  les  maîtres.  Raymond 
après  y  avoir  paflé  huit  jours  alla  attaquer  un  château  voifin  défendu  par 
une  nombreufe  gamilon  de  Sarafins  qu’il  força  à  fe  rendre.  Il  accorda  la  vie 
à  tous  ceux  qui  voulurent  recevoir  le  baptême ,  &  fit  palier  tous  les  autres 
parle  fil  de  l’épée.  11  revint  à  Talamania,  en  fortit  trois  jours  après,  & 
s’avança  vers  Marra.  Il  rencontra  aux  environs  de  cette  ville  un  corps  d’in- 
fidelles  qui  s’y  étoient  rafïèmblez,  &  avec  lefquels  il  fut  obligé  de  combattre. 
Il  les  mit  d’abord  en  fuite  malgré  l’inégalité  du  nombre  }  mais  les  ennemis 
après  s’être  ralliez ,  étant  revenus  à  la  charge^ivec  toutes  leurs  forces ,  il  fe 
battit  en  retraite  &  fe  défendit  jufqu’au  foir.  Sa  troupe  accablée  par  la  mul¬ 
titude,  par  la  foif  &  par  la  lailîtude,  prit  alors  le  parti  de  ceder,  &  gagna 
avec  lui,  après  une  perte  allez  confiderable  ,  le  château  de  Talamania,  d’où 
il  ne  celfa  cependant  de  faire  des  courfes  fur  les  terres  des  infidelles,  jufqu’au 
premier  d’Odobre  qu’il  rejoignit  l’armée  à  Antioche. 

Raymond  de  S.  Gilles  ayant  'enfin  recouvré  fa  fanté  ,  voulut  aufli  ne  pas 
demeurer  oïfif.  Il  alla  d’abord  joindre  le  duc  Godefroy  vers  le  commence¬ 
ment  du  mois  d’Août  avec  Boemond  ,  &  ayant  marché  tous  trois  à  la  tête  de 
trente  mille  hommes  au  fecours  du  feigneur  ou  gouverneur  du  château 
d’Hafart ,  affiegé  par  Rodoan  prince  d’Alep ,  ils  tombèrent  fur  un  corps  de 
lès  troupes  compofé  de  dix  mille  hommes,  le  défirent  entièrement  ,  &  obli¬ 
gèrent  ce  prince  à  lever  le  fiege.  Le  comte  deTouloulè  revint  enluite  à  An¬ 
tioche,  &  en  partit  bientôt  après  pour  une  autre  expédition  qu’il  entrcpric 
avec  fes  propres  troupes ,  tant  pour  les  occuper ,  que  pour  leur  procurer  de 
quoi  fubfifter  5  car  la  difètte  étoit  fort  grande  dans  la  ville.  Il  s’avança  à 
deux  journées  dans  la  province  d’Apamée  ,  prit  Rugia&  affiegea  Albara,  ville 
très-forte,  dont  il  fe  rendit  maître  par  efcalade.  Plufieurs  milliers  de  Sara¬ 
fins  y  furent  mallàcrez  ou  faits  prilonniers  5  le  comte  donna  la  liberté  à  ceux 
qui  s’étoient  rendus  volontairement  durant  le  fiege  ,  emmena  à  Antioche  une 
partie  des  prifonniers  qu’il  vendit ,  &  fit  mourir  tous  ceux  d’entre  les  autres  qui 
refulèrent  d’embrafler  le  chriftianifme.  Après  avoir  fournis  cette  ville,  &  tous 
les  environs ,  qu’il  unit  à  fon  domaine ,  il  afiembla  les  chapelains  &  les  prin¬ 
cipaux  de  fon  confeil ,  &  nomma  de  leur  avis  un  évêque  Latin  à  Albara.  Il 
choifit  pour  cela  un  ecclefiallique  de  fon  armée  nommé  Pierre  ,  natif  de  Nar¬ 
bonne,  qui  fe  fit  facrer  à  Antioche.  Raymond  lui  donna  la  moitié  du  do¬ 
maine  d’Albara  Sc  de  fon  territoire  :  le  patriarche  Latin  d’Antioche  érigea  dans 
la  fuite  cette  ville  en  archevêché.  Ce  Pierre  évêque  d’Albara  occupa  pendant 
quelque  tems  dans  l’armée  la  place  du  feu  évêque  du  Puy. 

Le  comte  laifla  enfuite  fes  troupes  à  Albara ,  &  fc  rendit  en  diligence  à  An¬ 
tioche,  pour  y  affifter  ,  avec  tous  les  autres  princes  qui  s’y  raflëmblerent ,  à 
un  confeil  qui  fut  tenu  le  1.  de  Novembre  dans  la  cathédrale  de  S. Pierre,  & 
dans  lequel  on  délibéra  fur  leur  prochain  départ  pour  Jerufalem  ,  car  c’etoit- 
là  le  terme  dont  ils  étoient  convenus.  Il  y  eut  là  deffus  de  grands  débats  dans 
l’aflemblée.  Boemond  demanda  avant  toutes  chofes  que  le  comte  deTouloufe 
lui  remît  la  partie  d’Antioche  dont  il  s’étoit  alluré  la  poflèlïïon.  Ce  der¬ 
nier  s’en  exeufa  fur  le  ferment  qu’il  avoit  prêté  à  l’empereur  Alexis , 
de  l’avis  même  de  Boemond,  &;  que  tous  les  autres  princes  lui  avoient  fait  égale¬ 
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DE  LANGUE  DOC.  Liv.  X  V.  jij 

ment  de  lui  remettre  toutes  les  places  qu’ils  prendroient  fur  les  infidelles , 
lefquelles  avoicnt  été  auparavant  du  domaine  de  l’empire  ,  &.  de  n’en  gar¬ 
der  aucune  fans  fon  confentement.  Il  ajouta  qu’Alcxis  leur  faifoit  efperer  de 
venir  bientôt  à  leur  fecours  &  de  fe  mettre  à  leur  tête,  &  qu’à  fon  arrivée 
il  s’en  tiendrait  à  fa  décifion.  La  difpute  s’échauffa  extrêmement  entre 
Boemond  8c  Raymond ,  ôc  ils  étoicnt  fur  le  point  de  décider  leur  querelle  par 
les  armes  ,  lorlque  les  autres  princes  s’entremirent  pour  les  mettre  d’ac¬ 
cord.  Le  comte  de  Touloufè  leur  fit  alors  la  propofition  fuivance  :  Si  Boe¬ 
mond  ,  leur  dit-il ,  veut  marcher  avec  nous  four  la  délivrance  du  faint  fépulcre  , 
j'offre  volontiers  ,  fauf la  fidelité  que  je  dois  à  l'empereur ,  de  me foumettre  à  F  ar¬ 
bitrage  de  nos  pairs  •ifçavoir  du  duc  Godefroy ,  du  comte  de  Flandres  y  &  du  duc 
de  Normandie ,  d  celui  des  évêques  &  des  autres  feigneurs.  Boemond  acquiefça, 
ou  fit  femblant  d’acquiefcer  à  la  propofition  y  ainfi  Raymond  8c  lui  jurè¬ 
rent  entre  les  mains  des  évêques  d’obferver  fidèlement  cette  convention,  8c 
de  ne  pas  abandonner  l’expédition  du  faint  fépulcre.  Boemond  pourvue  ce¬ 
pendant  à  la  défenfe  de  la  citadelle  d’Antioche ,  pour  fe  mettre  à  l’abri  de 
toute  furprife  de  la  part  de  Raymond,  &  celui-ci  munit  de  fon  côté  le  palais 
deDacien,  &  la  tour  du  pont  dont  il  étoit  le  maître. 

Les  croifez  confternez  de  cette  divifion,  &  voyant  avec  douleur  que  de¬ 
puis  un  an  qu’on  étoit  à  Antioche  ,  on  avoit  déjà  perdu  plus  de  deux  cens 
mille  hommes  à  cette  feule  expédition,  murmuraient  hautement  de  la  con¬ 
duite  des  princes  qui  ne  cherchoient  que  leurs  propres  intérêts  :  tantôt  ils 
étoient  relolus  de  {e  choifir  eux-mêmes  un  chef  pour  les  conduire  à  Jerufalem, 
&  tantôt  ils  vouloient  détruire  les  fortifications  d’Antioche  afind’ôter  tout 
prétexte  d’ambition  8c  de  difpute.  Le  comte  de  Touloufè  pour  éviter  leurs 
plaintes ,  8c  fe  fouftraire  à  la  vengeance  de  Boemond ,  partit  de  cette  ville  le 
i.  de  Novembre  b  8c  alla  à  Albara  rejoindre  fes  troupes.  Le  duc  de  Nor¬ 
mandie,  le  comte  de  Flandres,  le  duc  Godefroy  8c  Tancrede  le  fuivirent, 
&  ils  entreprirent  tous  enfcmble  le  fiege  de  Marra  ville  très-forte  &  bien 
munie,  fituée  à  huit  milles  d’Albara.  Ils  arrivèrent  devant  la  place  le  4.  de 
Novembre ,  8c  en  commencèrent  aufli-tôt  l’attaque. 

Si  nous  en  croyons  l’hiftorien  de  Tancrede  -  ,  il  s’éleva  un  différend  durant 
le  fiege  de  Marra  ,  entre  les  foldats  de  ce  prince ,  8c  ceux  du  comte  de,Toulou- 
fe,  ce  qui  mit  la  divifion  parmi  les  deux  chefs.»  Tancrede,  ajoute  cet  auteur, « 
étoit  fur  le  point  de  tourner  fes  armes  contre  les  Provençaux,  lorfqu’il  ré- « 
folutde  fe  vanger  d’une  autre  maniéré.  Il  part  de  Marra  8c  fe  rend  à  An~« 
tioche,  où  ayant  choifi  un  certain  nombre  de  foldats,  il  leur  fait  prendre  « 
des  capots  fous  lefquels  il  leur  ordonne  de  cacher  leurs  armes.  Il  fe  met  en-« 
fuite  à  leur  tète  &  s’approche  du  château  de  la  ville  qui  étoit  au  pouvoir  « 
du  comte  de  Touloufè.  Il  heurte  à  la  porte ,  8c  les  foldats  de  la  garnifon  « 
quinefe  doutoienc  de  rien  lui  ayant  ouvert,  lui  &  fes  troupes  jettent  leurs  « 
capots ,  mettent  l’épée  à  la  main ,  8c  les  chaflent  ignominieufement  de  ce  « 
polie.  Tancrede  livra  enfuite  cette  fortereffe  à  Boemond  qui  fouhaitoit  de-  « 
puis  long-tems  de  s’en  faifir  ,  8c  par  reconnoiffance  reconduifit  ce  prince  au  « 
liege  de  Marra,  pour  empêcher  le  comte  de  Touloufè  de  cirer  vengeance  « 
de  cette  trahifon.»  Mais  ce  récit  à  tout  l’air  d’une  fable  -t  car  comme  on  l’a 
déjà  vu,  le  château  d’Antioche  etoit  au  pouvoir  de  Boemond  long-tems  avant 
que  Raymond  entreprît  le  fiege  de  Marra  à  moins  que  ce  dernier  ne  s’en 
fûtemparé  fur  lui  depuis  la  conférence  du  premier  Novembre,  ce  qui  n’eft 
pas  marqué ,  8c  ne  paraît  nullement  vraifemblable.  Que  fi  par  ce  château  on 
veut  entendre  la  tour  du  pont  8c  les  autres  portes  que  Raymond  occupoit 
à  Antioche,  il  eft  certain  que  ce  comte  les  poffedoit  encore  après  d  la  prifè 
de  Marra.  Quoiqu’il  en  foit ,  Boemond  alla  joindre  lescroifez  occupez  au  fiege 
de  cette  place. 

La  nombreufe  garnifon  qui  la  défendoit  arrêta  plus  long-tems  qu’on  n 'avoir 
cru  l’armée  chrétienne ,  qui  fe  trouva  d’ailleurs  réduite  aux  dernieres  extré- 
mitez  par  la  famine  qui  fe  mit  dans  le  camp.  Le  comte  Raymond  n’omit  rien 
cependant  pour  fe  rendre  maître  de  Marra.  Il  fit  conftruire  dans  ce  deflcin 
une  grande  tour  de  charpente  à  trois  étages,  qui  dominoit  les  murailles  de 
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_ ji4  HISTOIRE  GENERALE 

A n.  105  8.  la  ville  &  y  mit  une  troupe  de  chevaliers  d’élite  fous  la  conduite  de  Guillaume 
de  Montpellier  qui  commandoit  au  premier  étage.  Cent  foldats  furent  em¬ 
ployez  pour  faire  approcher  cette  machine  des  murailles  à  la  faveur  de  qua¬ 
tre  roues  qui  la  foutenoient ,  tandis  qu’un  des  veneurs  du  comte  qui  etoic 
dedans ,  lonnoit  du  cor  pour  animer  les  troupes ,  8c  que  d’autres  qui  étoienc 
à  fes  cotez  faifoient  voltiger  les  drapeaux  de  ce  prince.  Dès  que  cette  tour 
fut  à  portée  des  murailles ,  Guillaume  de  Montpellier  fit  tirer  une  prodi- 
gieufe  quantité  de  pierres  pour  écarter  les  aflîegez  ,  6c  fe  comporta  avec  toute 
la  bravoure  ôc  l’intrépidité  poflïbles,  malgré  les  efforts  de  ces  derniers ,  qui 
de  leur  côté  firent  pleuvoir  une  grêle  de  pierres  6c  de  flèches ,  6c  jetterent  du 
feu  grégeois  peur  embrafer  la  tour  de  bois  :  ni  les  uns  ni  les  autres  ne  pu¬ 
rent  cependant  rien  avancer  de  tout  ce  jour-là.  Le  lendemain  les  afliegeans 
furent  plus  heureux  }  car  ayant  fait  encore  jouer  la  machine,  8c  Guillaume 
de  Montpellier  ayant  enfin  écarté  les  aflîegez  ,  on  trouva  moyen  de  planter 
une  échelle.  GoufHer  de  la  Tour,  ou  de  las  Tours,  d’une  ancienne  noblcfle  de 
Limoufin  ,  monta  le  premier  :  plufieurs  autres  le  fui  virent  j  mais  l’échelle 
ayant  rompu  fous  eux,  il  demeura  leul  fur  la  muraille  pendant  quelque  tems 
5c  fe  défendit  à  grands  coups  de  lance  contre  les  infidelles  qui  l’environnoient, 
jufqu’à  ce  que  les  croilez  ayant  attaché  une  autre  échelle  ,  vinrent  enfin  à  fon 
fecours.  Quelques-uns  ne  pouvant  foûtenir  les  efforts  des  alliegcz  fe  jetterent  du 
haut  de  la  muraille  en  bas  :  les  autres  firent  ferme  jêc  les  infidelles  voyant  que  les 
chrétiens  avoient  déjà  fappé  la  muraille  ,  abandonnèrent  ce  pofte  :  ainfi  la 
ville  fut  prife  d’aflaut  le  Samcdy  onzième  de  Décembre  vers  le  coucher  du 
foleil.  L’évêque  d’Orange  6c  l’cvcque  d’Apt  prirent  part  à  cette  expédition, 
6c  le  premier  y  perdit  la  vie. 

Après  la  prife  de  Marra  il  s’éleva  un  nouveau  différend  entre  le  comte  Ray¬ 
mond  6c  Boemond.  Le  premier  qui  avoir  fait  proprement  la  conquête  de  cette 
ville  vouloit  en  donner  le  domaine  à  Pierre  éveque  d’Albaca  -f  mais  l’autre 
s’y  oppofa,  6c  déclara  qu’il  garderoit  la  partie  de  Marra  dont  il  s’étoic  aflurév 
à  moins  que  Raymond  ne  lui  cédât  de  fon  côté  la  portion  d’Antioche  dont  il 
étoit  toujours  en  pofleflion.  Les  croifcz  fcandalilèz  de  ces  difputes  fè  plai- 
gnoient  hautement  de  ce  qu’elles  retardoient  de  plus  en  plus  leur  départ  pour 
Jcrufalem.  Ils  convenoient  »  cependant ,  quoi-qu’un  hifforicn  b  moderne  ait 
avancé  le  contraire,  que  la  juftice  étoit  entièrement  du  côté  du  comte  Ray¬ 
mond  ,  6c  que  l’ambirion  ou  la  pafiïon  n’avoient  aucune  part  à  fes  démar¬ 
ches.  Leurs  plaintes  n’empêchcrcnt  pas  Boemond  de  déclarer  publiquement, 
qu’il  falloir  différer  le  voyage  de  Jcrufalem  jufqu’après  Pâques.  Quelques-uns 
des  principaux  chevaliers,  luivis  d’une  foule  dépeuplé-,  allarmez  de  ce  retar¬ 
dement,  8c  ayant  l’évêque  d’Albara  à  leur  tête  ,  furent  trouver  alors  le  comte 
Raymond,  6c  s’étant  profternez  à  fes  pieds,  ils  le  fupplierent  avec  larmes  de 
les  conduire  à  cette  expédition.  Ce  prince  ne  demandoit  pas  mieux  ,  mais  la 
plupart  des  autres  chefs  étant  abfens ,  il  n’ofoit  entreprendre  de  fe  mettre  en 
chemin,  de  crainte  qu’ils  ne  vouluffent  pas  le  fuivre.  Enfin  touché  des  fuppli- 
cations  des  croifez  il  réfolut  de  partir  ,  6c  ordonna  qu’on  fe  tînt  prêt  à 
marcher  à  quinze  jours  de-là.  Boemond  pour  le  contrecarrer  fit  publier  de  fon 
côté  qu’on  partiroit  pour  Jcrufalem  dans  cinq  à  fix  jours ,  6c  s’en  retourna 
promptement  à  Antioche  dans  le  deiïèin  de  s’approprier  entièrement  cette 
ville, 6c  de  chaffér  les  troupes  du  comte  des  poftes  qu’elles  y  occupoient  en¬ 
core.  Quelques  auteurs d  afférent  qu’il  le  fit  fur  le  champ  ,  mais  nous  allons 
voir  que  ce  ne  fut  pas  fi-tôt. 

Raymond  après  le  départ  e  de  Boemond  difpofa  librement  du  domaine 
de  Marra  en  faveur  de  l’évêque  d’Albara  $  6c  pour  s’affurer  la  poflèflion  de 
cette  ville ,  il  la  fit  fortifier  6c  réfolut  d’y  laitier  une  nombreufe  garnifon. 
Cependant  comme  il  avoit  pris  jour  pour  le  voyage  de  Jerufalem  ,  il  voulut 
avant  fon  départ  faire  une  tentative  auprès  des  autres  princes ,  afin  de  les  en¬ 
gager  à  le  fuivre.  Il  les  fit  prier  de  fe  rendre  à  Roja  ou  Rugia  ,  ville  fituée 
a  moitié  chemin  entre  Marra  6c  Antioche,  pour  conférer  là-deffus.  L’aflèm- 
blée  fetint,  mais  les  avis  furent  partagez, 6c  la  plupart  des  princes  s’exeuferent 
de  fe  mettre  en  marche.  Raymond  pour  les  y  déterminer  offrit  dix  mille  fols 


ft  Rob,  hifl» 
yjrof.t.i.P'M. 
t.  7.f>.70.& 
f,q. 

b  M*imb.  hift. 
des  Croif.  /.  1. 
/  17J. 

c  R*ym.  de 

i.  p.  ico.fr 

l'IV 


d  Guill.  Tir. 
J.7-*.  Il- 

c  Rjym.  de 
ApL  ibid. 


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DE  LANGUEDOC.Liv.XV.  jij - 

au  duc  Godefroy ,  autant  au  duc  de  Normandie  ,  fix  mille  au  comte  de  Flan-  An. 109  8. 
dres ,  cinq  mille  à  Tancrede ,  6c  à  chacun  des  autres  à  proportion  -,  mais  Boë-  T  JeMl 
mond  a  s’oppoû  toujours  au  départ ,  jufqu’à  ce  que, le  comte  lui  eût  remis  le  jef‘ 

palais  de  Dacien ,  avec  la  porte  &  la  tour  du  pont  d’Antioche.  Raymond  mh(:  hai.bifi. 
refufâ  d'accepter  cette  condition ,  fous  prétexte  du  ferment  qu’il  avoir  fait  à  j* 

l’empereur,  &  envoya  un  détachement  fous  la  conduite  de  Guillaume  Ermen- 
gaucf  pour  renforcer  la  garnifon  de  ces  portes. 

Les  princes  s'étant  féparez  b  fans  rien  conclure,  Raymond  vint  rejoindre  fc 

fes  troupes  à  Marra.  En  arrivant  il  fut  extrêmement  furpris  de  voir  que  pcn-  met  à  la  t«e 
dant  fon  abfence  elles  en  avoient  abbatu  les  murailles ,  6c  détruit  les  forti- 
Ecations.  Les  croifez  avoient  pris  ce  parti,  malgré  l’oppofition  de  l’évêque  £i.m.  üoc- 
d’Albara,  6c  des  domeftiques  du  comte,  dans  la  crainte  que  ce  prince  ayant  m““fd1*jtdTpDae‘ 
fait  fortifier  cette  ville,  il  ne  voulût  s’y  arrêter,  &que  cela  ne  retardât  leur  '0^00  d'An- 
départ  pour  Jerufalem.  Raymond  témoigna  d’abord  beaucoup  de  chagrin  de  tioche.^  ^  ^ 
cette  entreprife  :  il  n’en  eut  pas  moins  d’apprendre  peu  de  tems  après  que  “ta.fr  p. 

Boemond  après  fon  retour  à  Antioche  ,  avoit  charte  fes  troupes  des  polfces  i7o. 
qu’elles  y  occupoient  ,  6c  s’étoit  entièrement  rendu  maître  de  cette  ville  }  ^^111%'. 
mais  .croyant  devoir  préférer  l’utilité  publique  à  fes  propres  intérêts ,  il  fe  ita.e.p^- 
rendit  enfin  aux  vœux  des  croifez  ,  6c  réfolut  de  partir  incertàmmcnt.  Dans 
ce  deflèin  il  fit  achever  de  rafer  les  murs  de  Marra }  6c  apres  avoir  attendu 
inutilement  pendant  quelques  jours  la  jonftion  des  autres  princes,  il  partagea 
fes  troupes  qui  foufFroient  extrêmement  par  le  défaut  de  vivres ,  s’avança 
dans  le  pais  pour  en  chercher  ,  à  la  tête  d’une  partie  de  fon  armée  ,  6c  lailta 
l’autre  à  Marra  à  la  garde  des  équipages.  Ce  partage  de  l’armée  fit  de  la 
peine  à  quelques-uns  de  fes  domertiques  qui  l’acculèrent  de  legereté.»  A  peine  a 
refte-t.il,  diloient-ils ,  trois  cens  chevaliers ,  6c  le  nombre  des  autres  combat-  « 
tansn’eft  pas  grand  ;  ceux  qui  demeureront  ici  dans  cette  ville  fans  défenfe,  « 
feront  doneexpofez  à  la  merci  des  ennemis?»  Dieu  bénit  cependant  les  (oins 
de  Raymond  :  il  s’empara  de  divers  châteaux  ,  fît  un  riche  butin  ,  6c  ravi¬ 
tailla  ion  armée  fans  autre  perte  que  celle  de  fix  à  fept  hommes. 

Ce  prince  après  avoir  lairte  tout  le  butin  à  Capharda  ,  château  rttué  à 
quatre  lieues  de  Marra  ,  rejoignit  le  rerte  de  fon  armée  dans  cette  ville  -,  6c 
après  y  avoir  fait  mettre  le  feu ,  il  quitta  fa  chauflure  6c  fe  mit  en  marche 

le  jour  marqué  1  3.  de  Janvier  de  l’an  1099.  fans  attendre  les  autfcs  princes.  - 

Il  fit  tout  le  chemin  de  Marra  jufqu’à  Capharda, pieds  nuds,  fuivi  del’évê-  I099* 
qued’Albara  6c  de  fes  clercs  ou  chapelains ,  qui  marchoient  enproccflîon  pour 
implorer  le  fecours  du  ciel  au  commencement  de  ce  voyage.  Comme  il  avoic 
peu  de  cavalerie,  il  avoit  prié  ce  prélat  de  le  fuivre,  avec  une  partie  de  la 
garnifon  de  fa  ville  épifcopale  ,  dont  il  confia  la  garde  à  un  chevalier  nommé 
Guillaumc-Z^m  de  Cumliac  ou  Ciniliac,  qui  avoic  fous  fes  ordres  fept  autres 
chevaliers  &  trente  fantalîins. 

Raymond  c ayant  raflemblé  toute  fon  armée  à  Capharda,  elle  fe  trouva  Lxxvrr. 
compofée  feulement  de  dix  mille  hommes ,  dont  il  n’y  en  avoic  que  la  moi-  dc& 

dé  qui  fuflènt  armez  ,  &  parmi  lefquels  on  ne  comptoir  que  3  50.  chevaliers.  Tancrede  fe 
Il  fut  joint  bientôt  après  par  le  duc  de  Normandie  6c  Tancrede  qui  lui  ame-  •j°i?DC'QCJ» 
nerent  40.  chevaliers  6c  un  corps  d’infanterie.  Les  croifez  ayant  continué  Gge  j'Ar- 
.  leur  marche  après  cette  jonction  ,  les  princes  &:  les  peuples  des  villes  qui  fe  cb“s- 
rencontrèrent  fur  leur  partage  leur  envoyèrent  des  prefens  6c  des  vivres,  re-  ^ffr^J^ 
cherchèrent  leur  amitié  ,  6c  fe  rendirent  volontairement  leurs  tributaires ,  juf.  »W. 
qu’à  Cefarée ,  dont  le  gouverneur  fit  avertir  les  peuples  des  environs  de  pren-  cufn^JfLx‘ 
dre  la  fuite  &  de  rertèrrer  leurs  troupeaux  :  mais  l’un  des  couriers  qu’il  avoit  *  ©'/«/.**’ 
envoyez,  ayant  été  prispar  Raymond  de  Lille  &  par  fa  troupe,  on  apprit  fa 
mauvaife  volonté  ,  qu’il  changea  enfuite  en  politelfes.  Il  vendit  entr’autres  '  ' 
aux  croifez  jufqu’à  mille  chevaux ,  donc  ils  fe  feryirent  pour  remonter  leur 
cavalerie.  L’armée  chrétienne  fe  trouvant  enfuite  harcelée  par  les  Arabes ,  le 
comte  Raymond  pour  la  couvrir  marcha  toujours  depuis  à  l’arriere-garde , 

&  battit  dans  une  occafion  ces  brigands  qui  lui  avoient  drefle  une  embufeade, 
ce  qui  fit  qu'ils  n’oferent  plus  reparoître. 

Les  croifez  furent  encore  retardez  dans  leur  marche  par  une  armée  de 
Tome  JJ.  R  r  ij 


Lxxvrr. 

Le  duc  de 


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_ *■*  *  HISTOIRE  GENERALE 

An.  1099.  Sarafins  qui  s’étoient  rafl'emblez  au  nombre  de  trente  mille  ,  auprès  d’un  ch⬠
teau  fitué  fur  la  pente  d’une  montagne  à  vingt  ftades  de  la  mer ,  entre Tortofe 
&  Tripoli.  Ces  infidelles  coururent  d’abora  fur  tous  ceux  qui  s’écartoient 
pour  chercher  des  vivres,  &  en  tuèrent  plufieurs.  Raymond  réfolu  de  punir  leur 
témérité  les  attaqua  avec  toutes  les  troupes  julques  fur  la  montagne  où 
ctoit  le  château  dont  on  a  parlé  &  les  obligea  de  s’y  retirer.  Tandis  qu’il  com. 
batroit  à  la  tête  de  quelques-uns  de  fes  chevaliers ,  les  foldats  s’étant  faifis  d’un 
grand  nombre  de  beftiaux  qu’ils  rencontrèrent  dans  cet  endroit ,  s’en  retour, 
nerent  avec  leur  butin  &  l’emmenerent  au  camp  fitué  à  dix  milles  de  là  en- 
forte  que  le  comte  fe  trouva  prefquefeul.  Les  infidelles  s’en  étant  apperçùs,fe 
rallient  aulfi-tôt ,  de  viennent  l’attaquer.  Ce  prince  étoit  alors  engagé  dans  le 
fentier  de  la  montagne,  où  il  ne  pouvoit  pafTer  qu’un  cavalier  l’un  après 
l’autre.  Il  fut  pourtant  aflèz  heureux  pour  fe  battre  en  retraite  de  fe  fauver 
avec  fa  troupe.  Il  avoua  qu’il  ne  s’étoit  jamais  trouvé  dans  un  fi  grand  péril. 
A  fon  arrivée  au  camp  il  fit  de  fanglans  reproches  à  fes  foldats  de  l’avoir  aban¬ 
donné.  Les  troupes  honteufes  de  leur  faute  ,  promirent  d’aller  alfieger  ce  ch⬠
teau  ,  &  de  ne  pas  le  quitter  qu’elles  ne  l’eufient  renverfé  de  fond  en  com¬ 
ble  5  mais  les  infidelles  ne  leur  en  donnèrent  pas  la  peine  :  la  crainte  s’em¬ 
para  de  leurs  efprits,  ils  l’abandonnèrent  pendant  la  nuit,  &.  fe  difperfèrent. 
Raymond  s’en  faifit  le  lendemain  ,  de  en  remporta  de  riches  dépouilles. 

La  prife  de  ce  château  qui  palToit  pour  imprenable ,  jetta  une  fi  grande 
terreur  dans  tous  les  environs,  que  les  peuples  &  les  princes,  entr’autres 
l’émir  ou  le  gouverneur  de  Tripoli  envoyèrent  à  l’envi  des  députez 'au 
comte  ,  pour  le  prier  de  mettre  leurs  villes  de  leurs  châteaux  fous  fa  protection, 
de  de  leur  envoyer  fes  fiyies  &  fes  fceaux  pour  leur  fureté.  Un  ancien  hiftorien  * 
ajoute  à  cette  occafion,  que  c’etoit  l’ufage  dans  l’armée  chrétienne,  qu’aucun 
4  croifé  n’ofoit  attaquer  une  place  dès  que  le  figne,ou  le  drapeau  de  quelqu’un  des 

François  y  ctoit  arboré  j  &  que  le  nom  du  comte  Raymond  étoit  d’ailleurs  fi  cé¬ 
lébré  qu’il  étoit  plus  relpe&é  qu’aucun  autre.  La  loumilfion  de  l’émir  de  Tri¬ 
poli  n’empêcha  pas  cependant  ce  comte  d’entreprendre  le  fiege  du  château 
d’Archos,  place  très  forte  &  bien  munie,  qu’on  pouvoit  comparer  à  une  ville 
confiderable.  Il  étoit  fitué  fur  une  élévation ,  dans  la  province  de  Phenicie  au 
pied  du  mont  Liban,  à  un  mille  de  la  mer,  de  à  huit  de  Tripoli ,  fous  le  gou-, 
vernemene  de  l’émir  de  cette  ville.  Voici  ce  qui  l’engagea  dans  cette  entre-» 
prifè. 

Il  y  avoir  dans  Tripoli  un  grand  nombre  d’cfclavcs  chrétiens  qui  avoient 
été  pris  par  les  Turcs  durant  le  fiege  d’Antioche  :  ces  captifs,  dans  l’efpe- 
rance  d’obtenir  leur  liberté  ,  firent  Içavoir  à  Raymond  que  s’il  vouloit  ailie- 
ger  le  château  d’Archos  ,  l’émir  de  Tripoli  luienvoyeroit  auffi  tôt  des  prefens 
confiderables  ôc  les  délivreroit  de  lelclavage  ,  pour  l’obliger  à  décamper. 
Raymond,  foit  par  compafiion  pour  ces  chrétiens,  foit  pour  donner  le  tems 
aux  princes  qui  ecoient  demeurez  à  Antioche  de  venir  le  joindre  avec  leurs 
troupes ,  entreprit  ce  fiege ,  qu’il  crut  pouvoir  finir  en  peu  de  jours ,  & 
le  commença  le  Lundi  1 1.  de  Février  5  mais  il  eut  lieu  de  s’en  repentir, 
tantpar  le  grand  nombre  de  braves  chevaliers  qu’il  y  perdit,  que  parlalon- 
gueur  de  cette  expédition  ,  à  laquelle  il  s’opiniâtra  mal-à-propos.  Pons  de 
Balazun  du  diocèfe  de  Viviers,  dont  on  a  parlé  ailleurs  ,  y  fut  tué  entr’au¬ 
tres  d’un  coup  de  pierre  La  difêtte  s’étant  mife  bientôt  après  dans  le  camp, 
Raymond  fit  divers  detachemens  pour  .aller  chercher  des  vivres  dans  le  pais, 
de  envoya  vers  Tripoli  Raymond  vicomte  de  Turenne ,  Pierre  vicomte  de  Ca. 
ftillon  ,  Amanjeu  d’Albret,  Sicard  &  Begon  de  la  Rivière,  Guillaume  Bonus 
a  Mfl.hll.  ou  deLoubens  b  ,  &  quelques  autres  chevaliers  au  nombre  de  14.  Cette  tréupe 

/ »cr.c.}6 .  s’étant  mife  en  marche  en  rencontra  une  autre  defoixante  Turcs  ou  Arabes 

qui  emmenoient  quelques-uns  de  nos  prifonniers  de  500.  pièces  de  bétail. 
Malgré  l'inégalité  du  nombre  }  les  chrétiens  attaquèrent  les  infidelles,  en 
tuèrent  fix,  prirent  autant  de  chevaux, &  leur  enlevèrent  leur  butin  qu’ils  ame¬ 
nèrent  au  camp.  Un  autre  jour  Raymond  Pelet  de  le  vicomte  de  Turenne 
ayant  été  détachez  avec  cent  cavaliers ,  &  deux  cens  hommes  de  pied ,  s’a¬ 
vancèrent  jufqu’à  Antarados  ou  Tortofe  ,  ville  fituée  fur  la  côte  de  la  Medi- 


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DE  LAN  G  UE  D  O  G.  L  iv.XV.  ,17 _ _ 

terranée  ,  à  vingt  milles  d’Archos  ,  &  l’affiegerent.  Les  habitansfe  défendirent  An. 1099* 
d’abord  avec  beaucoup  de  valeur  }  mais  la  craince  les  ayant  faifis  durant  la 
nuit,  ils  abandonnèrent  la  place  donc  Raymond  Pelet  s’empara  le  lende¬ 
main  :  il  y  trouva  beaucoup  de  vivres  qui  fervirent  à  ravitailler  l'armée. 

Cependant  le  duc  Godefroy  •»  ,  le  comte  de  Flandres ,  8c  les  autres  princes  ^Lkcs 
qui  écoient  demeurez  à  Antioche,  prellèz  par  les  croilèz  qui  étoient  avec  princes  ;ûi- 
eux,  fe  mirent  enfin  en  chemin  le  premier  de  Mars.  Boemond  lesaccom- 
pagnajufqu’à  Laodicée,  8c  s’exeufa  d’aller  plus  loin,  fous  prétexte  que  fà  pre-  d'Archos.  r.iù- 
ience  écoit  neceflàire  à  Antioche,  dont  la  conlèrvation  lui  tenoit  plus  à  cœur,  crc  C.tâ:hc  de 

que  la  prife  de  Jerufalem.  Les  princes  étant  partis  de  Laodicée  à  la  tète  de  c  j, 

25000.  mille  croifez  qui  s’y  étoient  rall’.mblez ,  s’arrêtèrent  devant  Giblet,  Avt.&GuMi 
ville  fttuée  fur  la  côce,  entre  Antioche  8c  Archos,  à  deux  journées  de  l’une 
8c  de  l’autre,  8c  entreprirent  le  fiege  de  cette  place.  Celui  qui  en  avoir  le  Aib.Aq.i-t> 
gouvernement  pour  le  (ou’dan  d’Egypte,  à  qui  elle  appartenoit ,  fit  offrir  fix 
mille  écus  d’or  à  Godefroy  s’il  vouloit  lever  le  fiege,  mais  ce  duc  refulage- 
nereulèment  cette  offre.  On  prétend  que  le  même  gouverneur  envoya  fecre-^ 
tement  alors  à  Raymond  pour  lui  en  taire  une  femblable,  s’il  vouloic  enga¬ 
ger  les  croifez  à  le  retirer.  On  ajoute  que  ce  comte  fè  laiflà  tenter  t  la  vue 
de  cette  fomme  *  qu’il  dépêcha  auffi. tôt  l’évêque  d’Albara  au  duc  de  Lor¬ 
raine  ,  8c  au  comte  de  Flandres  pour  les  prier  de  marcher  incefîàmment  à 
fon  fecours,  à  caufe  qu’il  étoit  menacé  d’une  armée  formidable  de  Perfans 
prêts  à  fondre  fur  lui  -,  8c  que  les  princes  ayant  donné  dans  ce  panneau, aban¬ 
donnèrent  le  fiege  de  Giblet  pour  l’aller  joindre.  Mais  on  ne  fonde  cette  , 
accufation  que  fur  un  bruit  incertain  *  *  voici  ce  qui  vraifemblablement  TyrA.7, 
peut  y  avoir  donné  occafion.,  '  <.17. 

Nous  apprenons  de  l’hiftorien c  de  Raymond,  témoin  oculaire ,  &  de  celui  du  * 

duc  Godefroy  d ,  qui  n’eft  pas  fufpecl ,  que  ce  comte  avoit  donné  cinq  mille  àAi'b.AqMd. 
fols  &  deux  chevaux  Arabes  à  Tancrede  ,  pour  l’engager  à  fon  lcrvice 
julqu’i  Jerufalem  •  que  ce  dernier ,  qui  étoit  neveu  de  Boemond  ennemi  juré 
de  Raymond,  8c  qui  avoit  eu  déjà  quelques  démêlez  avec  lui,  le  quitta  au 
fiege  d’Archos,  fous  prétexte  qu’il  ne  le  payoit  pas  allez  à  proportion  de  fes 
fervices,  8c  du  monde  qu’il  avoit  avec  lui  5  qu’il  alla  au  devant  du  duc  Go¬ 
defroy,  lui  promit  fidelité ,  le  prévint  contre  le  comte  de  Touloufe,  qu’il 
accufa  d’avoir  reçu  la  fomme  dont  on  a  parlé  du  gouverneur  de  Giblet,  afin 
d’engager  les  croilèz  à  lever  le  fiege*  &  quil  fit*  depuis  totale  mal  qu  il  put  à  ce  c 
frime  ,a  fes  domefiiques ,  k  fes  troupes ,  pour  fie  venger  de  lui.  Tancrede  que  le 
premier  hiftorien  traite  de  brouillon,  aura  donc  formé  de  lui-même  cette 
accufation  -,  8c  comme  les  princes  ne  virent  pas  paroître  l’armée  de  Perfe  donc 
Raymond  fe  difoit  menacé,  cela  aura  fuffi  pour  le  rendre  criminel  aux  yeux 
de  les  ennemis,  8c  de  quelques  hiftoriens  poftericurs  qui  n’ont  pas  allez  examiné 
cefait.  Nous  ne  voudrions  pas  nier  cependant  que  Raymond  voyant  la  lon¬ 
gueur  du  fiege  d’Archos ,  8c  fouhaitant  de  le  terminer  au  plutôt  pour  conti¬ 
nuer  enfuite  le  voyage  de  Jerufalem  ,  n’ait  fait  courir  le  bruit  .d’une  prochaine 
irruption  des  infidelles ,  dans  le  deffein  d’engager  par  là  les  autres  princes  à 
marcher  inceffamment  à  fon  fecours  :  ou  plutôt  on  doit  attribuer  ,  avec 
l’hiftorien  f  du  comte  de  Touloufe  ,  le  bruit  qui  courut  de  cette  prochaine  {pxym.  j, 
irruption  ,  à  la  garnifon  d’Archos ,  8c  aux  Sarafins  du  voifinage  qui  l’inven-  j. 

terent  exprès ,  pour  obliger  les  croifez  à  fe  retirer.  Il  eft  certain  d’ailleurs 
que  le  duc  Godefroy  8c  le  comte  de  Flandres  avant  que  de  fe  retirer  de  de¬ 
vant  Giblet ,  firent  un  traité  g  très-avantageux  avec  le  gouverneur  de  cette  otmi  . 
place,  qui  leur  donna  une  greffe  fomme  8c  leur  fit  divers  prefens  pour  les  obliger  />•  «og.  ’  ‘f‘ 
à  lever  le  fiege.  *  Rob.u.&c. 

Les  princes,  que  Tancrede  avoit  extrêmement  h  prévenus  contre  le  comte  bGum.iyr.é' 
de  Touloufe,  étant  arrivez  à  Archos,  refuferent  de  prendre  part  aux  travaux  du  Aib.Aq.ibu. 
fiege,  ne  voulurent  avoir  aucune  communication  avec  ce  comte,  &  camperont 
en  particulier  à  deux  milles  de  fon  camp.  Raymond  furpris  de  leur  con¬ 
duite,  employa  toute  forte  de  moyens  pour  les  ramener,  8c  fit  tant  par'fes 
difeours,  les  careffes  &  fes  prefens  ,  qu’enfin  il  leur  fit  entendre  raifon  ,  8c  fe 
réconcilia  avec  eux  ,  excepté  avec  Tancrede.  Ses  richcUès ,  8c  les  dépouilles 


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ân.1099- 

a  .  ojm.  Ut 
Agit.  tbiU, 


XXXIX. 
«Pierre  Barcke- 
mi  s’cxpol'c  à 
l’épreuve  du 
feu  pour  fouie- 
nir  la  vérité  de 
l'invention  de 
la  lance  dcN.S, 


bGeft.Tancrtd' 
•c.  ftq. 


t  Order.Vttal. 
Md  ann.  1099* 
d  Fuie  h. Cor¬ 
nât.  htft.fyroj. 
L 1.  c.  10. 

LXXX. 
Raymond  levé 
le  liege  d’Ar¬ 
chos  malgré 
lui,& part  avec 
les  autres  prin¬ 
ces  pour  Jeru* 
ialem. 

c  Raym.  de 
Agit.fu  i;o.  & 
feq. 

Guill.Tyr.l.y. 

e.ll.&Jeq. 

Ail 1.  .-tq  /.Ç. 
C.tf  &jeqq. 

Guib.  b/jt. 
fyrofoU.?, 


318  HISTOIRE  GENERALE 

que  lui  St  fes  croupes  avoienc  remportées  fur  les  infidelles  ,  leur  *  don¬ 
nèrent  cependant  quelque  jaloufie  ,  ôc  animez  par  Tancrede  ,  qui  ne  cef- 
foit  de  brouiller  &  de  femer  la  difeorde ,  ils  relblurenc  de  s’enrichir  à  leur 
tour.  Dans  ce  deflèin  ils  envoyèrent  des  lettres  dans  toutes  les  villes  voifines 
occupées  parles  infidelles,  ôc  chacun  fe  difant  maître  de  t armée  chrétienne , 
ils  extorquèrent  diverfes  contributions ,  ôc  menacèrent  le  gouverneur  de 
Giblec  d’aller  reprendre  le  fiege  de  cette  place  j  ce  qui  engagea  cet  émir  à  leur 
envoyer  encore  cinq  mille  écus  d’or  ÔC  diversprefens  ,  pour  les  détourner  de 
cette  entreprife. 

Il  s'éleva  quelque  tems  après  une  difpute  qui  caufa  une  nouvelle  divifion 
parmi  les  croifez.  Arnoul  chapelain  du  duc  de  Normandie,  homme  de  let¬ 
tres,  mais  de  mauvaifes  mœurs,  publioit  partout  que  la  lance  qu’on  préten- 
doit  avoir  trouvée  à  Antioche ,  n’étoic  rien  moins  que  celle  qui  avoit'percé 
le  coté  de  Notre-Seigneur  5  que  ce  n’étoit  qu’une  Supercherie  du  comte  de 
Touloufe,  qui  cherchoit  à  s’enrichir  par  les  offrandes  que  les  peuples  faifoient 
en  l’honneur  de  cette  relique.  Pierre  Barthélémy  qui  l’avoit  trouvée,  appuyé 
des  chapelains  du  comte ,  offrit  alors  pour  en  foutenir  la  vérité  ,  de  s’expofer 
à  l’éprauve  du  feu.  Il  jeûna  pendant  trois  jours  ,  ôc  les  é,vêques  ayant  béni  le 
Vendredy-Saint  8.d’Avrildel’an  lo^.un  grand  bûcher  qu’on  avoir  préparé  au 
milieu  du  camp  d’Archos ,  ils  y  mirent  le  feu.  Barthélémy  pafifa  enluite  au 
travers  des  brafiers,  n’ayant  que  la  chemife  furie  corps  ôc  la  lance  dans  fes 
mains,  en  prefence  de  toute  l’armée  attentive  i  ce  fpc&acle.  Au  fortir  de 
cette  épreuve  tout  le  peuple  fe  jetta  fur  lui  par  dévotion  ,  ôc  il  fallut  que 
Raymond  Pelet  fe  mît  à  la  tête  de  plufieurs  chevaliers  pour  écjrter  la  foule, 
ôc  empêcher  qu’on  ne  l’étouffât }  tant  on  avoit  d’empreffement  à  lui  témoi- 
gner  fà  vénération.  Comme  cetecclefiaflique  mourut  douze  jours  après,  les  uns 
attribuèrent  fa  mort  à  l’adion  du  feu  ,  ôc  les  autres  aux  diverfes  «neur- 
trifTures  que  lui  avoit  faites  la  grande  foule  du  peuple  qui  s’étoit  jetté  fur 
lui ,  après  fon  épreuve  :  ainfi  un  chacun  perfilla  dans  fon  fentiment  ,  ôc 
les  efprits  demeurèrent  toujours  partagez  fur  la  vérité  de  cette  relique.  Un 
auteur1»,  partifan  de  BoemondÔc  de  Tancrede,  ennemis  du  comte  de  Tou¬ 
loufe,  ajoute  que  celui-ci,  ôcles  Provençaux  ,  indignez  contre  le  prêtre  Ar¬ 
noul  ,  qui  par  les  difeours avoit  donné  occafion  à  cette  épreuve,  cherchèrent 
à  venger  fur  lui  la  mort  de  Pierre  Barthélémy,  ôc  qu’ils  le  pourfuivirent  juf- 
quedans  la  tente  du  duc  de  Normandie  qui  le  mit  àcouvert  de  leur  fureunmais 
cet  auteur  donne  alTez  à  entendre  que  le  véritable  motif  qui  engagea  Arnoul  â 
s’élever  contre  la  vérité  de  la  lance  ,  fut  la  jaloufie  qu’il  conçût,  de  ce  qu’elle 
procuroit  diverfes  offrandes  à  la  chapelle  du  comte  de  Touloufe  j  car  il  ajoute 
que  pour  les  détourner  en  fa  faveur ,  ce  prêtre  fit  fabriquer  une  image  d’or  de 
Notre-Seigneur  qu’il  expofa  à  la  dévotion  des  croifez.  Raymond  conferva 
précieufement  depuis  cette  lance  5  il  la  porta  toûjours  avec  lui ,  ôc  le  com¬ 
mun  des  croifez  ,  de  même^ue  l’empereur  Alexis  -  ,  eurent  toûjours  pour 
elle  un  très-grand  refpeét.  Au  refie  un  ancien  auteur  ■  impartial  attelle  que 
Raymond  employoit  en  aumônes  les  offrandes  qu’on  faifoit  par  dévotion  à 
cette  relique  ,  ôc  qu’il  la  perdit  enfin ,  on  ne  fçait  par  quel  accident. 

L’empereur  Alexis  envoya  vers  Pâques  desambafladeurs  aux  princes  occupez 
au  fiege  c  d’Archos ,  pour  fe  plaindre  de  ce  qu’à  fon  préjudice  ils  avoient  cédé 
la  ville  d’Antioche  à  Boemond  ,  contre  la  teneur  du  ferment  qu’ils  lui  avoient 
prêté ,  ôc  du  traité  qu’ils  avoient  conclu  avec  lui.  11  les  prioit  en  même  tems 
de  l’attendre  avant  que  de  marcher  vers  Jerufalem  ,  leur  promettant  de  les 
aller  joindre  à  la  faint  Jean.  Les  princes  s’étant  aflemblez  pour  délibérer  là- 
defTus ,  les  avis  furent  partagez.  La  plûpart  voyant  qu’on  fe  confumoit  inu¬ 
tilement  depuis  trois  mois  au  fiege  d’Archos,  déclarèrent  qu’il  falloir  le  lever, 
ôc  partir  incefTamment  pour  Jerufalem.  Le  comte  de  Touloufe,  foûtenu  de 
quelques  autres,  pour  s’épargner  la  honte  d’abandonner  cette  entreprife  qu’il 
étoit  de  fon  honneur  de  terminer,  vouloir  au  contraire  qu’on  attendît  l’empe¬ 
reur  ,  ôc  il  fit  tout  au  monde  pour  engager  les  autres  princes  à  continuer  le 
fiege.  Us  fe  rendirent  à  ’fa  demande  pour  quelque  tems  j  mais  enfin  le  duc 
Godefroy,  le  comte  deFlandres  ôc  Tancrede,  las  d’attendre, mirent  le  feu  à  leur 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV.  j.» _ 

camp  ,  &  partirent  fuivis  de  leurs  troupes,  d’une  partie  de  celles  de  Ray^  An.  109 9» 
jnond,  &  des  propres  domeftiques  de  ce  prince ,  ennuyez  de  la  longueur  du 
fiege.  Le  comte  le  voyant  par  là  hors  d’etat  de  le  pourfuivre  ,  fut  obligé  de 
décamper  lui-même,  &de  fe  joindre  au  relie  de  l’armée. 

Les  croifez  prirent  le  chemin  de  la  mer ,  8c  paflèrent  auprès  de  Tripoli. 

A  leur  arrivée  dans  le  voifinage  ,  Raymond  tâcha ,  foit  par  prefens ,  foie 
par  carefles,  de  porter  les  princes  à  entreprendre  le  fiege  de  cette  ville  j  mais 
pas  un  ne  voulut  l’écouter,  ce  qui  le  mit  de  fort  mauvaife  humeur  ,  8c  le 
rendit  incommode  à  tous  les  domeftiques.  Les  princes  aimèrent  mieux  com¬ 
poser  avec  le  gouverneur ,  qui  pour  les  engager  à  le  laiflèr  en  paix ,  leur  compta 
quinze  mille  belans  d'or ,  leur  fît  divers  prelens ,  accorda  la  liberté  à  trois 
cens  enclaves  chrétiens  qu’il  avoit  dans  là  ville  ,•  8c  pourvût  abondamment 
1  armée  de  vivres  durant  trois  jours  qu’elle  campa  devant  la  place. 

L’armée  chrétienne  a  arriva  devant  Jerufalem  le  7.  de  Juin  de  l’an  1099.  ixxxrx. 
Elle  étoit  compofce  d’environ  quarante  mille  perfonnes  tant  hommes  que  s..  jç  &  pnfe 
femmes,  parmi  lefquelsil  n’y  avoit  qu’environ  quinze  cens  chevaliers,  6c  vingt  'h" 
mille  fantalfins. Tout  le  relie  étoit  une  populace  lans  armes.  Lagarnilon  étoit  David  i"c  r<n.t 
pour  le  moins  aulfi  forte.  On  ne  put  faire  la  circonvallation  que  de  la  moitié  l.f'YiTprcui! 
des  murailles ,  dont  on  partagea  l’attaque.  Le  comte  Raymond  prit  d’abord  (>oiiLiiîon. 
fon  quartier  vers  le  couchant,  depuis  la  tour  angulaire,  jufqu’à  la  porte  oc-  7>r' 
cidentale  :  il  en  changea  bientôt  après,  6c  fe  polla  vers  le  midi '■lur  la  mon-  R,'m.  de  sgih 
tagne,  entre  la  ville  8c  l’églile  de  Sion.  Il  choifit  préférablement  ce  polie,/’  7/&M- 
tant  parce  <jue  l’attaque  du  coté  du  couchant  etoit  plus  difficile,  que  par  un 
efpritde  religion,  pour  mettre  cette  égliib  à  couvert  des  infultes  des  ennemis.  o«.4.  /.  7. 
Pluficurs  des  principaux  officiers  de  Ion  armée  qui  défapprouvoient  ce  chan- 
gement,  refulerent  de  le  fuivre  êc  demeurèrent  dans  le  premier  quartier  *  bmTtxuit, 
eniorte  qu  il  fut  obligé  de  prendre  quelques  troupes  à  fa  folde  pour  fortifier  ”•  4* 
fon  camp.  Raymond  Pelet ,  le  vicomte  de  Turenne,  6c  quelques  autres  chc- 
valiérs  quil  détacha  le  troifiéme  jour  du  fiege  pour  aller  battre  la  campa¬ 
gne  rencontrèrent  300.  Arabes  les  défirent ,  6c  leur  enlevèrent  30.  chevaux. 

Le  comte  de  Touloufe  vouloit  qu’on  brulquâtl’allaut  dès  le  commencement 
du  liege,  6c  il  engagea  les  autres  princes  à  l’entreprendre.  Dans  ce  defiein  on 
travailla  toute  la  nuit,  6c  le  lendemain  1 1.  de  Juin  ,  les  foldats  ayant  fait  la 
tortue  avec  leurs  boucliers,  on  tenta  l’efcalade.  On  avoit  déjà  gagné  l'avant- 
mur ,  6c  pluficurs  croient  déjà  montez  fur  la  muraille  intérieure  à  9.  heures 
du  matin,  malgré  la  détenfe  des  alliegez ,  lorfqu’on  manqua  d’échelles  5  ce 
qui  fit  abandonner  l’entreprifè,  6c  rélbudre  les  princes  à  faire  conftruire  des 
machines  pour  abattre  les  murailles.  Toute  l’armée  s’employa  avec  beaucoup 
d ardeur  à  ce  travail.  Comme  la  depenfe  en  étoit  fort  grande,  le  comte  dq 
Touloufe  qui  étoit  le  plus  riche  de  tous  les  croifez ,  y  employa  volontiers  fes 
tréfors;6c  au  lieu  que  les  autres  princes  faifoient  des  collectes  fur  le  peuple  pour 
payer  leurs  ouvriers ,  il  fournit  non  feulement  au  falaire  des  fiens  de  fon  propre 
fonds,  mais  il  foudoya  encore  un  grand  nombre  de  chevaliers  qui  etoient 
dans  1  indigence ,  6c  n’épargna  rien  pour  avancer  les  travaux. 

Neuf  vailfeaux  Génois  étant  arrivez  au  port  de  Joppe  pour  venir  au  fccours 
des  croifez ,  eurent  befoin  d’un  détachement  de  l’armée  pour  favorifer  leur 
débarquement.  Raymond  fit  partir  aufïï-tôt  ,  à  la  priere  desprinces ,  Gal- 
demar  Campinelle  avec  30.  cavaliers  6c  autant  de  fantalfins,  6c  le  fit  fuivre 
par  Raymond  Pelet ,  Guillaume  de  Sabran  ,  6c  Raymond  vicomte  de  Tu¬ 
renne,  à  la  tête  de  50.  autres  cavaliers.  Ces  derniers  s’étant  avancez ,  trouvè¬ 
rent  que  Galdemar  étoit  aux  prifes  avec  un  corps  de  6.  à  700.  infidelles  qui 
lavoient  attaqué  du  côté  de  Rama,  lui  avoient  déjà  tué  Richard  de  Mont- 
merle  jeune  chevalier  de  réputation  ,  trois  autres'  chevaliers,  6c  la  plus  grande 
partie  de  fon  infanterie.  Le  relie  fe  défendoit  cependant  encore  avec  beau¬ 
coup  de  bravoure  8c  vendoit  chèrement  fa  vie  ,  %lorfque  Raymond  Pelet  6c 
Guillaume  de  Sabran  donnèrent  fur  les  ennemis  avec  tant  de  fureur  qu’ils 
en lailîerent  deux  cens  fur  la  place,  pourfuivirent  les  autres  pendant  quatre 
milles,  Scieur  prirent  cent  chevaux  qu’ils  envoyèrent  au  camp.  Guillaume 
de  Treve  chevalier  ,  eut  auffi  le  malheur  de  périr  dans  cette  action,  Le 


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An.iojjj. 


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ifgif.m- 


■û 


jio  HISTOIRE  GENERALE 

détachement  joignit  enfuite  {ans  obltacle  les  Génois  au  port  de  Joppe. 

Ceux-ci  ayant  négligé  de  veiller  à  leur  fureté  ,  furent  attaquez  pendant  la 
nuit  par  une  flotte  d’Egypte  qui  s’étoit  cachée  au  port  d’Alcalon ,  ôc  obligez 
d’abandonner  leurs  vaiilêaux  :  ils  eurent  cependant  le  tems  d’en  retirer  les 
voiles ,  les  cordages ,  les  agrets  ,  ôc  divers  inftrumens  de  fer  dont  ils  avoient 
fait  provifion  pour  le  fiege.  Ils  apportèrent  le  tout  au  camp  -,  ce  qui  joint  à 
un  grand  nombre  d’ouvriers  ôc  de  charpentiers  qui  fe  trouvoit  parmi  eux  , 
fut  d’un  grand  fecours  pour  avancer  les  travaux  du  comte  de  Touloufc  ,  le¬ 
quel  prit  tous  les  Génois  à  (a  folde.  Gafton  de  Bearn ,  qu’un  hiftorien  con¬ 
temporain  1  qualifie  prince  très-noble  ,  fut  choilï  par  les  ducs  de  Lorraine  &  de 
Normandie  &  le  comte  de  Flandres  ,  pour  préhder  à  la  conftruction  des  ma¬ 
chines  de  leur  attaque ,  à  caufe  de  fon  habileté ,  de  fa  probité ,  ôc  de  la  lupe- 
riorité  de  fon  genie.  Le  comte  Raymond  donna  de  fon  côté  l’intendance 
des  fiennes  à  l’evêque  d’Albara  ôc  à  Guillaume  Richau  ,  qui  employèrent  di¬ 
vers  efclaves  Sarafins  au  tranfport  du  bois  neceflaire. 

Enfin  après  un  travail  de  près  d’un  mois  /  toutes  les  machines  étant  dif- 
pofes  on  prit  jour  pour  l’allàut.  Comme  il  regnoit  cependant  encore 
beaucoup  d’animofiré  entre  le  comte  de  Touloufc  ôc  Tancrede ,  ôc  entre  quel¬ 
ques  autres  des  principaux  ,  les  évêques,  les  princes,  Ôc  tout  le  peuple,  vou¬ 
lurent  auparavant  que  chacun  fe  reconciliât  avecfcs  ennemis.  Un  prêtre  alla 
trouver  alors  Guillaume-Hugues  de  Monteil ,  frere  du  feu  évêque  du  Puy, 
Ifnard  comte  de  Die  fon  feigncur^&c  quelques-uns  des  clercs,  pour  leur  annon¬ 
cer  que  ce  prélat  lui  étant  apparu,  ordonnoit  à  toute  l’armée  de  jeûner  ,Sc 
de  faire  en  proccflion,  nuds  pieds,  le  tour  de  Jerufalem  ,  avec  promefce  qu’on 
prendroit  la  ville  au  bout  de  neuf  jours.  Sur  cet  avis  les  princes  s’aflemblent  ÔC 
indiquent  une  proccflion  folemnelle  pour  le  Vendredy  fuivant.  Le  jour  ar¬ 
rivé  ,  les  troupes  quittent  leurs  chauflures ,  fe  mettent  en  prières ,  ôc  vont 
précédez  du  clergé  à  la  montagne  des  Oliviers ,  où  après  une  exhortation  dé 
Pierre  l’Hermire,  ÔC  d’Arnoul  chapelain  du  duc  de  Normandie  ,  tous  les 
princes  fe  réconcilièrent  Ôc  s’embraflerent.  La  proccflion,  qui  le  termina  à  leglife 
de  Sion,  finie,  tout  le  monde  fie  fcpara. 

Le  Jeudy  14.  de  juillet  les  princes  ayant  fait  approcher  les  machines  des 
murailles  de  Jerufalem ,  donnèrent  l’aflaut  en  trois  endroits  diffèrens.  Le 
comte  Raymond  qui  commandoit  l’attaque  du  midy  fit  agir  lafienne.  Il  avoir 
heureufement  fait  combler  en  trois  jours  ôc  deux  nuits  un  grand  folle  qui  fe 
trouvoit  entre  le  camp  ôc  la  ville  j  ôc  pour  accélérer  le  travail ,  il  avoir  donné 
un  denier  ,  fomme  alors  allez  confiderable  ,  à  tous  ceux  qui  chaque  fois  y  jec- 
toient  trois  pierres.  La  machine  que  ce  comte  avoit  fait  conftruire ,  conflit  oit, 
4ainfi  que  celles  des  autres  chefs  ,  en  une  grande  tour  quarrée  de  bois  ôc  de 
charpente ,  au  haut  de  laquelle  on  avoit  placé  un  pont  levis  qu’on  pouvoir 
abattre  aifément  fur  la  muraille.  L’attaque  ôc  la  defenfc  furent  également 
vives,  ôc  durèrent  depuis  le  matin  jufqu’à  la  nuit  qui  fcpara  les  combattans. 
Le  lendemain  Vendredy  1 5.  de  Juillet  l’aflaut  recommença  de  grand  matin, 
ôc  futpoufle  avec  une  égale  fureur  jufques  vers  une  heure  après  midi ,  que 
les  efforts  des  afliegeans  commencèrent  à  fe  ralentir.  Ils  étoient  rcfolus  de 
retirer  leurs  machines  déjà  entièrement  délabrées ,  lorfque  le  duc  Godefroy 
qui  commandoit  l’attaque  du  feptentrion  ranima  le  courage  des  fiens,  en  les 
aflurant  qu’il  avoit  vü  un  cavalier  armé  tout  refplendiflant  de  lumière  fur 
le  mont  Oliver  ,  lequel  lui  faifoit  figne  de  continuer  l’attaque.  Le  comte 
de  Touloufc  ayant  déclaré  dans  le  même  tems  à  fies  troupes  qu’il  avoit  vu  la 
mêmechofc,  les  croifez  reprennent  une  nouvelle  ardeur  ;  ôc  après  une  heure 
de  combat ,  Godefroy  ayant  franchi  le  foflé  ,  Ôc  abbatu  la  muraille  extérieure, 
applique  fa  machine  au  mur  intérieur  ,  ôc  fait  abbattre  le  pont-levis  -,  il 
écarte  les  ennemis ,  ôc  entre  dans  Jerufalem  à  trois  heures  après  midi ,  luivi 
du  comte  de  Flandres,  du  duc  de  Normandie,  de  Tancrede,  Gafton  de  Bearn, 
Gérard  de  Rouflillon  ,  Raymbaud  d’Orange  ,  ôcc.  Godefroy  dépêcha  aufli- 
tôt  trois  couriers  confécutifs  au  comte  de  Touloufc ,  pour  lui  apprendre  le 
fuctès  de  fon  entreprife.  Celui-ci  les  voyant  venir  à  bride  abbatue  par  le 
montOlivet ,  ôc  fe  doutant  d’ailleurs  de  ce  qui  fe  pafloit  dans  la  ville  par  les 


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DE  LANGUEDOC  Liv.  X  V.  3zi  _ _ 

cris  qu’il  en  tend  oit ,  dit  alors  à  fcs  foldats  :  Qu' attendons-nous ,  voilà,  déjà  An.jojj). 
les  François  dans  "jerufalem  /  A  ccs  paroles  les  troupes  ne  pouvant  fe  fervir  de 
leur  machine,  dont  la  partie  l'uperieure  avoit  été  brûlée  ou  briléepar  les  in- 
fidellcs ,  prennent  des  echelles  ,  5c  les  attachent  à  la  muraille  qu’ils  elcaladent 
l’épée  à  la  main.  Raymond  monte  des  premiers  ,  fuivi  d’Ylnard  comte  de 
Die,  de  Raymond  Pelet ,  de  Guillaume  de  Sabran  ,  de  l’évêque  d’Albara  ,  5c 


remplie  d’horreur  &  de  carnage,  ôc  mile  au  pillage. 

Le  tumulte  étant  ceiré,  les  princes  donnèrent  ordre  à  la  garde  de  la  ville, 

&  après  s’être  lavez  du  làng  dont  ils  étoient  couverts  ,  &  avoir  changé  d’ha¬ 
bits,  ils  allèrent  nuds  pieds,  fui  vis  de  toute  l’armée,  vifiter  le  faint  Sépulcre, 

Ôc  les  autres  lieux  faints  ,  où  ils  rendirent  grâces  à  Dieu  de  leur  victoire.  L’c- 
mirGuinimond  qui  commandoit  dans  la  tour  de  David,  où  fon  neveu  5c  les 
principaux  de  la  ville  s’étoient  réfugiez ,  fe  voyant  hors  d’étac  de  refifter,  de¬ 
manda  aulîî-tôc  à  capituler  ,  5c  remit  le  château  ,  qui  fêrvoit  de  citadelle 
à  la  ville,  au  comte  deTouloufe,  à  condition  que  ce  prince  feroit  conduire 
furemenc  tous  ceux  qui  étoient  dedans,  avec  tous  leurs  effets  jufqu’à  Afca- 
lon ,  ce  qu’il  exécuta  fidèlement.  L’hiltoricn  a  de  Godefroy  prétend  qtie  * 
Raymond  poulie  par  un  efpric  d’avarice  ,  reçût  pour  cela  une  grollè  fomme,  Ôc 
qu’il  s’appropria  les  dépouilles  du  château  :  mais  tous  les  autres  auteurs  du  rems 
qui  ont  écrit  l’hiftoire  lainte,  nedi/ènt  rien  de  cette  circonflance,  5c  font  en¬ 
tendre  le  contraire.  D’un  autre  cote  un  grand  nombre  d’infidelles  ,  tant 
hommes  que  femmes  5c  enfans,  s’étant  réfugiez  dans  le  temple  de  Salomon, 

Tancrede  ôc  Gafton  de  Béarn ,  leur  envoyèrent  leurs  drapeaux,  pour  marque 
qu’ils  les  mettoient  fous  leur  fàuvcgarde  ;  mais  Je  premier  les  fit  égorger  Je 
lendemain,  après  s’être  enrichi  des  dépouillés  du  temple,  dont  il  céda  cepen¬ 
dant  enfuitela  meilleure  partie  au  duc  Godefroy. 

Huit  jours L’ après,  les  princes  s’allèmblerent  pour  élire  un  d’entr’eux  roi  de  lxxxii. 
Jerufalem.  Les  fervices  importans  que  Raymond  comte  de  Touloufè  ôc  de  Rxymood.de 
S.  Gilles  avoit  déjà  rendus,  5c  les  grandes  dépenfes  qu’il  avoir  faites  durant  Je  s-  Gl,,cs u,lllc 
cours  de  1  expédition ,  firent  que  la  plupart  lui  offrirent  la  couronne  de  Jerula-  j«u< .,um.  n 
lem  avec  la  garde  du  faint  Sépulcre:  mais  il  déclara  qu’il  étoit  très-éloi</né  de  ett  ob,lP.É  fe 
prendre  le  titre  de  Roi  dam  cette  ville  ,  &  que  (1 quelqu  autre  vouloit  ly accepter ,  il  le  tout  de  David 
lui  cederoit  volontiers.  »  Il  rcfufa  genereufèment  cet  honneur ,  non  pas  tant,  et  aCoMroyqui 
ajoute  un  auteur  c  contemporain  ,  parce  qu’il  étoit  déjà  dans  l’âge,  5c  qu’il  «  1  i tuym'.d* 
avoitperdu  un  oeil,  que  par  modeftie;  car  il  étoit  très-capable  de  remplira 
les  fonctions  de  la  royauté  ,  s’étant  rendu  très-recommandable  par  fes  ex-  « 
ploies  ôc  pat  fes  vertus.  „  Les  princes  fur  fon  refus  ne  le  prellèrenr  pas  davaiu 
tage5  ce  qu’on  attribue  à  quelques  uns  de  fes  domcftfqucs  5c  de  les  vallàux 
qui  fouhaitant  de  revoir  leur  patrie,  5c  craignant  qu’il  ne  s’établît  pour  toû-  orlùr.vîu'. 
jours  en  Orient,  firent  courir  le  bruit,  contre  leur  propre  conlcicnce,  qu’il  l'*ulj7  / 
avoit  réfolu  de  repaflèr  la  mer  ,  5c  lui  fuppoferent  divers  défauts  pour  le  faire 
exclure  de  la  couronne  -,  mais  l’évenemcnt  fit  bien  voir,  ajoute  un  autre  ancien  c 
hiftorien*1,  qu’il  n’avoitpasle  dc/Tein  qu’on  lui  prêtoit  j  car  il  demeura  dans  A<MLTjr. 
la  Terre-fainte  jufqu’à  la  fin  de  fes  jours,  5c  préfera  une  vie  pauvre  5c  errance  ,b,d‘ 
dans  une  terre  étrangère ,  aux  commoditcz  5c  à  l’abondance  dont  il  auroir  pd 
jouir  dans  fes  états. 

Godefroy  duc  de  la  balle  Lorraine  fut  élu  roi  de  Jerufalem  au  refus  de 
Raymond  :  mais  par  un  lënriment  d’humilité  dont  fcs  fuccclîéurs  crurent  pou - 
voirfe  difpenfer,  il  s’abflint  c  d’en  prendre  le  titre.  Il  demanda  au/ïï-tot  à  er.Du'aup 
Raymond  qu’il  lui  remît  la  tour  de  David  ,  ce  que  celui-ci  rcfufa ,  fous  pré-  n>l-,afll.cx'f“L 
texte  qu’il  vouloic  demeurer  à  Jerufalem  jufq  u  'après  Pâques,  5c  qu’ilétoit  bien 
aife  d’y  être  d’une  maniéré  convenable  à  fon  rang  5c  à  les  fervices.  Gode¬ 
froy  répliqua  qu’il  renonceroit  plutôt  au  royaume  5c  s’en  retourneroit  en 
Occident,  que  de  le  lailTer  maître  de  ce  château.  Le  duc  de  Normandie  Scie 
comte  de  Flandres  fe  déclarèrent  ouvertement  en  faveûr  de  Godefroy,  ôc 
plufieurs  même  d’encre  les  officiers  de  l’armée  de  Raymond  qui  efpcroient  de 
Tome  II,  Sf 


'  HO-tTj'iq- 


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An.  1099. 

a  Raym.  dt 
Agi!.  ibU. 


Lxxxnr. 

Voyage  de 
Raymond  au 
Jourdain.  Scs 
exploits  à  la 
bataille  d’Af- 
calon. 


b  Alb.  Aq.  ibid . 
'•  4*. 


e  V.  Marttn. 

jinecd.  to.  1. 

b*** 


d  Order.Vital . 
ibid. 

c  M  Art  en.  ibid. 

LXXXIV. 
Godefroy  refu- 
{c'cie  céder  la 
ville  d’Alcaloo 
à  Riymond. 
Brouillcrie  en* 
tre  ces  deux 
princes  à  cette 
occafion  :  leur 
réconciliation. 
t  Raym.  dt 

Agit*  ibid. 


312.  HISTOIRE  GENERALE 

repaflèrla  mer  avec  lui  auffi-tôt  qu’il  auroic  remis  la  cour  de  David  5  enforte 
die  un  témoin  a  oculaire,  que  les  Provençaux  plus  touchez^de  leurs  propres  inte¬ 
rets  ,  que  de  la  gloire  de  leur  feigneur ,  fe  déclarèrent  en  cette  occafion  contre  lui. 
Raymond  Te  voyant  abandonné  de  fes  amis  6c  de  fes  vaflaux  ,  offrit  de  fè 
foumettre  à  un  jugement  folemnel.  En  attendant  il  mit  en  fequeftre  la  garde 
de  la  tour  qu’il  donna  à  l’évêque  d’Albara  j  mais  ce  prélat  fans  attendre  le 
jugement,  la  remit  auffi-tôt  à  Godefroy  ,  ce  qui  donna  lieu  de  le  foupçon, 
ner  de  trahifon  :  il  s’exeufa  fur  ce  qu’il  y  avoir  été  forcé  par  ce  dernier. 

Le  comte  de  Touloufe  indigné  de  ce  procédé  ,  s’en  plaignit  hautement, 
6c  accufa  d’ingratitude  &  fes  propres  vaflaux  &  les  princes,  qu’il  avoit  égale¬ 
ment  comblez  de  bienfaits.  Enfin  croyant  ne  pouvoir  plus  demeurer  avec 
honneur  à  Jerufalem  ,  il  prit  le  parti  d’aller  à  Jéricho ,  &  de  là  au  Jourdain , 
où  conformément  aune  prétendue  révélation  que  Pierre  Barthelemi  qui  avoit 
découvert  la  lance  de  Notre-Seigneur  ,  lui  avoit  autrefois  communiquée ,  il 
fe  mk  fur  un  radeau,  quitta  fes  habits,  6c  fe  plongea  dans  l’eau  ;  &  après 
que  fes  gens  eurent  exhorté  publiquement  tout  le  peuple  qui  étoit  prelenc, 
à  prier  pour  la  confervadon  de  fa  vie  ,  6c  de  celle  des  aurres  princes ,  il 
prit  une  chemife  6c  des  brayes  neuves.  11  revint  enfuite  à  Jerufalem  }  mais  ne 
pouvant  furmonter  le  chagrin  d’avoir  été  obligé  malgré  lui  de  rendre  la  tour 
de  David,  il  fè  difpofa  à  quitter  inceflâmment  cette  ville,  &  à  fe  retirer  avec 
toutes  fes  troupes. 

Sur  ces  entrefaites  on  vint  avertir  le  roi  que  le  foudan  d’Egypte  fur  qui 
les  croifez  avoient  pris  Jerufalem,  faifoit  marcher  une  armée  formidable, 
dans  le  deflèin  de  reprendre  cette  ville ,  6c  les  autres  conquêtes  des  chré¬ 
tiens,  &que  cette  armée  étoit  déjà  arrivée  à  Afcalonà  une  journée  &  demie 
de  Jerufalem.  Godefroy  fuivi  du  comte  de  Flandres  monta  auffi-tôt  à  che¬ 
val  6c  s’avança  jufqu’à  Rama,  où  s’étant  affuré  par  lui-même  de  la  vérité 
du  fait,  il  en  donna  avis  aux  princes  qui  étoiènt  reliez  à  Jerufalem,  &  les 
pria  de  venir  fans  tarder  à  fon  fecours.  Le  comte  de  Touloule  6c  le  duc  de 
Normandie  s’imaginant  que  c’étoit  une  feinte  de  la  part  de  ce  prince,  firent 
d’abord  difficulté  de  marcher  j  6c  fi  nous  en  croyons  l’hiftorien  b  de  Gode, 
froy ,  le  premier  ne  le  refufa  que  pour  fe  venger  :  mais  il  eft  certain  que 
Raymond  fe  mit  en  marche  avec  le  duc  de  Normandie  dès  qu’ils  furent 
certains  par  des  exprès  qu’ils  dcpccherent ,  que  les  infidelles  étoienten  effet 
à  Afcalon.  Tous  les  princes  ayant  donc  accouru  à  la  tête  de  leurs  troupes, 
joignirent  Godefroy  à  Ibelin ,  dans  la  plaine  des  Philillins.  On  nefaitmon- 
ter  communément  leur  armée  qu’à  1100.  chevaux,  6c  9000.  fantallins. 
D’autres  c  prétendent  qu’elleétoit  compolée  de  j 000.  hommes  de  cavalerie, 
6c  de  1  jooo.  d’infanterie.  Quoiqu’il  en  foit,  elle  fè  rangea  fur  trois  lignes, 
dont  chacune  étoit  fubdivifee  en  trois  corps.  Godefroy  commandoit  la  gau¬ 
che  ,  &  le  comte  de  Touloufe  la  droite  qui  s’étendoit  vers  la  mer  6c  les 
jardins  d’Afcalon.  Le  duc  de  Normandie  ,  le  comte  de  Flandres ,  Tancrede  & 
Gallon  de  Bearn  occupoient  le  centre  :  l’infanterie  foutenue  par  la  cavalerie 
marchoit  la  première.  L’armée  s’avança  en  cet  ordre  le  Vendredy  1  i.d’Août, 
jufqu’à  un  mille  d’Afcalon  où  les  ennemis  étoient  campez,  &  on  en  vint  auffi- 
tôt  aux  mains.  Les  chrétiens  firent  une  horrible  boucherie  des  infidelles ,  qui 
ne  pouvant  foutenir  le  choc  prirent  enfin  la  fuite.  Le  comte  de  Touloufe  fit 
fur  tout  des  d  prodiges  de  valeur  dans  cette  occafion  :  il  pouflà  les  ennemis 
jufqu’au  bord  de  la  mer  ,  où  plus  de  trois  mille  fe  précipitèrent  pour  éviter 
fa  fureur.  Il  mena  les  autres  jufqu’auprès  d’Afcalon,  dont  les  habitans  fer¬ 
mèrent  les  portes  pour  ne  pas  recevoir  chez  eux  en  même  tems  6c  leurs  amis  & 
leurs  ennemis.  Il  fe  mit  enfuite  à  la  pourfuitc  des  fuyards,  6c  fit  main-baflè 
fur  tous  ceux  qu’il  put  rencontrer.  Les  croifez  demeureront  ainfi  les  maî¬ 
tres  du  champ  de  bataille  6c  du  camp  des  infidelles ,  où  ils  firent  un  butin 
immenfe.  On  fait  monter  1  la  perte  de  ces  derniers  à  cent  mille  hommes. 

Après  une  fi  mémorable  vidoire,  Raymond  envoya  à  Afcalon (  un  Turc 
qui  s’étoit  fait  baptifer  fous  le  nom  de  Boemond ,  fous  prétexté  de  faire  des 
propofitions  d’amitié  au  general  des  infidelles,  mais  en  effet  pour  examiner  fa 
contenance ,  &  fçavoir  s’il  étoit  dans  le  deflein  d’en  venir  à  un  nouveau 


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DE  L  A  N  G  U  E  D  O  C.  Liv.  X  V.  3Ȕ* _ 

combat.  L’hiftorien  *  de  Godefroy  donne  un  autre  motif  à  cette  députa-  • 

tion.  Il  précend  quê  ce  roi  ayant  alficgé  Afcalon  aufli-tôt  après  la  défaite  des  ’ 

infidelles,  la  ville  étoit  déjà  fur  le  point  de  lé  rendre,  lorfque  le  comte'Ray- 

mondpar  un  efprit  de  jaloufie  2c  de  vengeance  ,  envoya  lecretement  la  nuit 

exhorcer  les  habitans  d  tenir  ferme  ,  2c  les  avertir  que  Godefroy  n’étoit  pas 

en  état  de  les  forcer ,  attendu  que  les  autres  princes  ayant  accompli  leur  vécu, 

dévoient  retourner  incellamment  dans  leur  patrie.  Il  ajoute  que  lur  cet 

avis  les  Afcalonices  le  défendirent  avec  beaucoup  de  vigueur ,  2c  que  les 

princes  s’etant  retirez  à  la  perfualîon  du  comte  de  Touloufe,  Godefroy 

hors  d’état  de  prendre  la  ville  avec  700.  chevaux  qui  lui  reftoient  ,  fut 

obligé  de  décamper  2c  de  lever  le  fiege.  Mais  cet  auteur  ne  rapporte  pas 

hdeilcmenc  toutes  les  circonftances  de  cette  affaire  :  les  voici  telles  que  nous 

les  apprend  un  hiftoricn  Normand,  grave,  dclinterelTé  &  contemporain. 

Les  Alcalonites,  dit  cet  auteur l’,  voyant  la  fureur  avec  laquelle  le  comte»  b OrAtr.vitai 
Raymond  combattoit  fous  les  murs  de  leur  ville  le  jour  de  la  bataille,  2c» 
craignant  de  fubir  le  fort  des  autres  villes  que  les  chrétiens  avoient  lini-u 
miles ,  lui  envoyèrent  demander  fon  étendarc  pour  l’arborer  lur  leurs  mu- « 
railles  ;  avec  promellè  de  lé  rendre  à  lui ,  tant  parce  qu’il  étoit  plus  à  portée  » 
que  les  autres  princes,  2c  qu’il  paroillbit  le  plus  formidable,  que  parce  » 
qu’ils  fçavoient  la  droiture  avec  laquelle  il  en  avoir  agi  envers  le  gouver-  » 
neur  de  la  garnifon  de  la  tour  de  David  qu’il  avoir  lauvé.  Sur  leur  de-  « 
mande  Raymond  leur  envoya  fon  porte-enleigne  -,  2c  après  avoir  tué  ou» 
mis  en  fuite  tous  ceux  qui  étoient  hors  d’Afcalon  ,  il  alfcmbla  fes  compairs*  «  ‘Compares, 
qui  étoient  de  retour  du  combat ,  &  leur  dit:  Voici ,  y  aces  à  Dieu  une  vi-  « 
cloirc  complecte ,  dr  les  Afcalonitcs  extrêmement  prcjfcz^dans  leur  ville ,  nous  en  » 
ouvrent  pour  ainfi  dire  les  portes  ils  ont  envoyé  demander  mon  drapeau ,  d"  « 
ils  fe  fourr.cttent  a  moi ,  fi  vous  voulcz^btcn y  confentir.  Godefroy  répondit,  à  » 

Dieu  ne  plaife  que  f  accorde  le  domaine  d' Afcalon  d  perfonne  5  mais  je  vais  » 
laffiegcr  mot-meme ,  &  le  foitmettre  à  ma  domination  :  il  cftvoifin  de  fcrufalem  ,  « 

Ct  il  convient  qu'il  dépende  de  celui  qui  commande  dans  cette  ville.  Le  duc  de  te 
Normandie,  le  comte  de  Flandres,  6c  les  autres  princes  dirent  alors  à  Go-  « 
defroy  :  Aucun  d’entre  nous  n'ignore  que  le  comte  de  S.  Gilles  a  abandonne  » 
volontairement  pour  l'amour  de  Dieu  de  très-grands  fy  très-riches  domaines,  » 

S’il  a  donc  réfolu  de  continuer  avec  pcrfeverance  l' expédition  qu’il  a  commencée ,  « 

&  de  défendre  la  fainte  cité  qu'il  a  attaquée  avec  tant  de  valeur  ,  pour  la  gagnera 
à  Dieu,  vous  dcvcz^lui  offrir  avec plaifir  une  ville  dont  vous  n’etes  pas  encore  le  « 
maître ,  (jy  qu’il  demande  :  car  comme  nous  allons  nous  retirer  ,  il  vous  fera  « 
fans  doute  d'un  y  and  fccours ,  [oit  par  fon  confetl ,  foit  par  la  force  de  fon  bras.  « 

En  prenant  poffcfiîon  de  cette  ville ,  il  a  ajez^  de  gencrofitc  pour  la* fuit  mettre  inmc-  « 
me  tems  à  votre  majcjlè  ,  (fy  il  vous  fera  infiniment  avantageux  d'en  recevoir  « 

‘l hommage  d’un  héros ,  qui  fera  toujours  prêt  à  combattre  pour  vous.  Cedilcours  ne  14 
fit  aucune  imprcllïon  fur  Godefroy  ;  2c  Raymond  voyant  fon  obftination  à  « 
refuler  la  demande  des  princes  ,  lè  retira  en  colcre,  2c  fit  dire  aux  Afcalo-» 
nites  de  fe  défendre.  Godefroy  afliegea  leur  ville  ,  mais  tous  les  generaux  « 
indignez  de  fon  procédé ,  2c  d’ailleurs  extrêmement  fatiguez  de  la  cam-  » 
pagne,  decamperent  ,  ce  qui  l’obligea  à  lever  le  fiege.  Mais,  ô  honte» 
éternelle  !  s’ecrie  cet  hiftoricn  ,  ni  Godefroy  ,  ni  fes  fucceffeurs  n’ont  pù  en-« 
core  fubjuguer  cette  métropole  des  Philiftins  3  2c  les  rois  de  Jerufalem  ont  c» 
perdu  plus  de  cent  mille  hommes  dans  cette  entrepriib,  fins  compter  une» 
infinité  d’autres  pertes.  C’eft  ainfi  qu’eft  recompenlée  une  ambition  in  fa-  « 
fiable:  Si  le  roi  Godefroy  eut  eu  une  véritable  charité  ,  2c  qu’il  eût  aimé» 
fon  prochain  comme  lui-même  ,  fuivant  la  loi  de  Dieu,  il  auroit  pu  obte-  » 
nircejour-là  même  fans  coup  férir  une  importante  place  qui  ouvroit  le» 
palTagc  aux  chrétiens  jufqu’à  Babylone.  Je  loue  beaucoup  ce  prince  ,  mais,« 
ainfi  que  le  dit  S.  Paul  aux  Corinthiens,  je  ne  le  loue  pas  en  cela.  »  Telle 
fut  la  véritable  ilfue  de  cette  affaire,  2c  la  contradiction  que  Raymond  eut 
à  effuyer  de  la  part  de  Godefroy.  Il  femble  que  tous  les  chefs  delà  croifade 
affectèrent  de  fufeiter  à  ce  comte ,  les  uns  apres  les  autres ,  des  fujets  de  que¬ 
relle  ou  de  mortification  3  mais  fa  vertu  luperieure  aux  évenemens  foûtinc 
Tome  II,  Sf  ij 


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_ “514  HISTOIRE  GENERALE 

AN.1099.  avec  fermeté  toutes  ces  traverfes ,  fans  fe  décourager  ni  perdre  de  vûel’en- 
treprife  i  laquelle  il  s’étoit  conlacré.Que  fi  on  l’accufe  d’ambition  8c  d’avoir 
fait  fes  efforts  pour  fe  faire  un  domaine  en  Orient,  on  peut  répondre  qu’il 
avoit  pour  le  moins  autant  de  droit  à  la  conquête  que  Boemond ,  Tancrede, 
Godefroy  Ôc  Baudouin,  qui  ne  négligèrent  aucune  occafion  ,  foit  d’établir 
leur  domination  dans  le  pais ,  foit  de  l’étendre  :  d’ailleurs  Raymond  s’étoic 
obligé  par  vœu  de  ne  plus  rcpaffer  en  Europe ,  ôc  d’employer  le  relie  de  fes 
jours  à  faire  la  guerre  aux  infidelles,  ce  que  les  autres  n’avoient  pas- fait  5  i 
quoi  fi  on  ajoute  les  droits  que  lui  donnoient  fa  nailî’ance ,  fon  âge  6c  l'es 
exploits,  les  foins  qu’il  s’étoit  donnez  pour  la  croilade  dans  laquelle  il  s’etoit 
engagé  le  premier  ,  8c  enfin  les  dépeniès  immenfes  qu’il  avoit  faites  pour  la 
réulfite  de  cette  entreprife,  on  conviendra  que  ce  n’étoit  pas  trop  pour  lui  que 
de  demander  pour  fa  fureté  le  domaine  d’une  fimple  ville  ,  après  avoir  aban, 
donné  pour  J.  C.des  provinces  entières. 

Un  autre  hiltorien  4  du  teins  raconte  un  peu  différemment  les  circonllan- 
ces  ^  l’affaire  d’Afcalon.»  Leshabitansde  cette  ville  ne  le  déterminèrent,  dit. 
«il,  à  fe  rendre  à  Raymond ,  préférablement  à  tous  les  autres  chefs ,  que  parce 
»  qu’ayant  eu  foin  de  s’informer  auparavant  des  marchands  de  Montpellier 
«  qui  trafiquoient  dans  leur  port ,  des  mœurs  8c  des  qualiccz  de  chacun  des 
«princes  qui  étoient  à  la  tête  des  croifez,  ces  négocians  avoient  élevé  juC 
«quesaux  cieux  le  mérite  ôc  la  bonne  foy  du  comte,  6c  fait  un  très-grand 
«  éloge  de  fa  perfonne.  Les  Afcaloniccs ,  continue-t-il ,  éxigerent  de  Ray- 
«  mond  un  ferment  par  lequel  il  s’engagea  de  ne  pas  livrer  cette  ville  aux 
«  chrétiens ,  fuppofé  qu’il  ne  voulût  ou  ne  pût  la  conferver.  Cette  condition 
«  fit  murmurer  les  chefs ,  qui  demandoient  qu’Afcalon  fut  uni  au  domaine 
«  du  roi  Godefroy  ,  parce  que  fans  cela  les  états  de  ce  prince  auroient  étc 
»  réduits  à  fort  peu  de  choie  ,  ôc  que  cette  ville  pouvoit  lui  nuire  ou  lui 
«  fervir  beaucoup  pourfe  maintenir  furie  trône.  Raymond  de  fon  côté  fou- 
«tint  fes  droits  avec  beaucoup  de  douceur  j  8c  comme  les  princes  infifloient 
«là-deffus  avec  feu  ,  il  détruific  aifément  leurs  railons,  6c  répondit  entr’autres 
»  que  tes  uns  alloicnt  retourner  dans  leurs  états  d’Occident  après  avoir  ac- 
«compli  leur  vœu,  6c  que  les  autres  avoient  déjà  acquis  des  domaines  con. 
»  fiderables  en  Orient  }  que  lui  lèul  après  avoir  renoncé  par  vœu  à  fa  patrie 
«  n’y  pouvoit  plus  retourner  j  qu’ayant  cédé  jufqu’alors  de  bonne  grâce  fes 
«prétentions  fur  les  conquêtes  qui  avoient  été  faites ,  il  croyoit  qu’on  pou- 
«  voit  bien  lui  biffer  la  ville  d’Afcalon  pour  la  tenir  fous  la  foy  du  faint  fépul- 
«cre  }  £cqu’enfin  il  avoit  promis  de  ne  pas  la  remettre  à  d’autres.  Lesprin- 
«  ces  ne  répliquèrent  au  comte  que  par  des  exclamations  :  ils  le  traitèrent 
«d’ambitieux  ôc’de  perfide,  6c  peu  s’en  fallut  qu’ils  n’en  vinffenc  aux  mains 
«avec  lui.  Raymond  fenfible  à  ces  reproches,  s’écarta  alors  des  réglés  de  la 
«jufticc  6c  de  l’équité,  6c  rendit  les  clefs  d’Afcalon  aux  habitans  ;  enfortef 
•  «  que  la  crainte  qu’il  eut  de  faire  un  parjure ,  a  été  caufe  de  l’effufion  du  fang 
«  des  chrétiens  dans  les  differens  fieges  qu’ils  ont  entrepris  depuis  pour  le 
«  rendre  maîtres  de  cette  ville  *  en  quoi  ils  n’ont  pu  encore  réulfir  malgré  tous 
«  leurs  efforts.  «  C’ell  ainfi  que  parle  un  ancien  hiltorien  Anglois.  Mais  outre 
qu’on  peut  attribuer  plus  légitimement  à  l’opiniâtreté  de  Godefroy  l’effufion 
du  fang  chrétien  qui  fut  répandu  depuis  devant  Afcalon ,  6c  que  la  religion 
du  ferment  exeufe  affez  le  comte  de  Touloufe,  il  paroît  d’ailleurs  qu’on  doit 
bien  mieux  s’en  rapporter  à l’hillorien Normand  dont  on  a  déjà  parlé,  6c qui 
avoit  appris  très-vraifemblablement  toutes  les  circonllances  de  cette  affaire 
du  duc  de  Normandie  ,  après  le  retour  de  ce  prince  dans  fes  états  :  ainfi  il 
n’y  a  pas  lieu  de  douter  que  ce  duc  6c  le  comte  de  Flandres  ne  fe  foient  dé¬ 
clarez  dans  cette  occafion  pour  Raymond  contre  Godefroy.  Il  eft  certain  en 
effet  que  ces  deux  princes  fe  retirèrent  aulfi-tôt  après  la  bataille  d’Afcalon, 
ôc  qu’ils  réfutèrent  de  donner  aucun  fecours  à  Godefroy  pour  le  fiege  de  cette 
b  Muf.hti.  ville.  Un  ancieo  auteur  b  anonyme  prétend  enfin  que  tous  les  princes  6c  Go- 

hifl.  firofol.  defroy  lui-même,  confentirent  de  laillèr  Afcalon  à  Raymond,  i  condition 
qu’il  en  feroit  hommage  à  ce  roi,  pour  ne  paslaiffer  établir  deux  fouverai- 
netez  fivoifines  l’une  de  l’autre.  Raymond  rejetta,  ajodte-t-il ,  cette  condi- 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV.  _ 

tîon,  6c  aima  mieux  rendre  la  ville  aux  Afcalonices  :  mais  cette  circonftanee  An.ioq*. 
eft  démentie  par  tous  les  autres  hiftoriens. 

Les  princes  1  après  avoir  laide  Godefroy  au  camp  d’Afcalon,  prirent  le  ^ 
long  de  la  côte,  &  arrivèrent  devant  Allur  ou  Antipatride  ,  ville  fituée  à 
quarante  milles  dejerufalem  vers  le  couchant.  Le  comte  de  Touloufècom-  *»«• 
ptant.que  les  habitans  de  cette  ville  effrayez  de  la  nouvelle  défaite  des  in- 
fîdelles  fe  rendroient  aifément ,  les  alliega  pendant  un  jour  8c  une  nuit,  Ôc 
employa  les  menaces  ôc  les  careffes  pour  les  engager  à  le  recevoir  &  à  le 
foumettre  à  lui  ;  mais  ayant  appris  que  Godefroy  après  avoir  levé  le  liege 
d’Afcalon,  venoit  du  même  coté  ,  il  iê  retira  ,  5c  exhorta  en  partant ,  à  ce 
qu’on  prétend,  les  habitans  d’Allur  de  fe  défendre  contre  ce  prince  ,  s’il  les 
afliegeoit,  8c  de  ne  pas  lui  livrer  leur  ville  5  n’ayant  aucun  fecours  à  efpcrer 
des  autres  princes  qui  étoient  rélolus  de  le  lai  refufer.  Il  hâta  enfuite  fa 
marche  &  alla  joindre  le  duc  de  Normandie  ,  le  comte  de  Flandres,  8c  les 
autres  chefs  campez  auprès  d’une  rivicre  entre  Ccfarée  8c  la  ville  de  Caïphe. 

Godefroy  arriva  peu  de  tems  après  devant  Allur  ,-8c  l’alliegca  pendant  un  jour 
&  une  nuit  $  mais  les  habitans  s’étant  défendus  avec  beaucoup  de  valeur  ,  il 
leva  le  liege.  Il  attribua  leur  réfiftance  aux  avis  que  le  comte  Raymond  leur 
avoir  donnez ,  6c  réfoluc  de  s’en  venger.  Dans  cette  vue  il  marcha  enlèigncs 
déployées,  8c  ayant  joint  le  camp  des  croilèz  ,  il  fe  difpofoit  à  attaquer  le 
comte  deTouloufe,  qui  de  fon  côté  averti  de  fes  delfeins  ,  s’étoit  mis  en 
état  de  défenfe,  lorfque  le  comte  de  Flandres  8c  les  autres  princes  s’étant 
mis  entre  les  deux  armées  les  empêchèrent  d’en  venir  aux  mains ,  6c  firent 
tant  auprès  de  ces  deux  princes  qu’ils  les  obligèrent  à  fe  reconcilier.  Après 
leur  réconciliation  qui  fe  fit  de  bonne  grâce  de  part  8c  d’autre,  le  comte  de 
Flandres,  le  duc  de  Normandie  &  le  comte  de  Touloule  déclarèrent  à  Go¬ 
defroy  qu’ils  étoient  réfolus  de  lè  retirer  ,  à  quoi  celui-ci  conlentit  enfin 
avec  peine.  Ils  retournèrent  avec  lui  à  Jerulalem  pour  y  prendre  le  refte  de 
leur  bagage  8c  les  malades  qu’ils  y  avoient  lai  liez.  Ils  prirent  bientôt  après 
congé  de  ce  prince  :  ils  l’embrallerent  ccndrement  ,  8c  lui  de  fon  côté  leur 
témoigna  beaucoup  d’amitie.  Ils  partirent  enfuite  avec  toutes  leurs  troupes 
au  nombre  d’environ  vingt  mille  hommes,  qui  portoient  des  palmes  dans  leurs 
mains  pour  marque  de  leur  victoire. 

Les  trois  princes  prirent  leur  route  par  les  mêmes  villes  où  ils  avoient  pafle 
en  allant  à  Jerulalem  ,  c’cft-i-dire  par  Pcolcmaïde,  Tyr,  Sidon  ôc  Tripoli,  monddè'jaû. 
Etant arrivez  devant  Giblct  où  ils  s’arrêtèrent  deux  jours,  ils  apprirent  que 
Boemond  prince  d’Antioche  par  un  motif  d’avarice  &.  d’ambition  ,  avoir  *fc  reconcdic 
alîîegé  Laodicée  fur  l’empereur  Alexis,  ôc  qu’il  la  prclToit  vivement.  Cette  3vecBocmonJ. 
ville  iicuéc  à  fix  milles  d’Antioche ,  étoit  venue  au  pouvoir  de  l’cmporcur  de  la  paVncdis'îoi- 
manière  fuivante.  Durant  9  le  liege  de  cette  dernière  ville  par  les  chrétiens ,  f«  eu  Ocd- 
une  flotte  de  pirates ,  auxquels  plufieurs  chrétiens  Flamansêc  Friions  s’étoient  b 
joints,  débarqua  dans  U  terre  de  S.  Gilles  ,  qui  étoit  du  domaine  du  comte 
Raymond ,  ôc  s’aiïocia  avec  un  grand  nombre  de  Provençaux  fujets  de  ce 
prince.  Ces  troupes  ayant  abordé  au  port  de  Laodicée  fous  la  conduite  d’un 
fameux  capitaine  nommé  Winemand  de  Bologne, attaquèrent  cette  ville,  s’en 
empirèrent ,  après  avoir  fait  parier  tous  les  infidcllcs  qui  étoient  dedans  au 
fil  de  l’épée,  ôc  la  remirent  au  même  Raymond  après  la  prife  d’Antioche: 
nuis  ce  prince ,  fidelle  obfervateur  du  ferment  qu’il  avoir  fait  à  l’empereur  , 
la  lui  céda  auflï-tôt ,  ôc  ce  dernier  l’avoic  toujours  confervce  depuis.  La  dé¬ 
marche  de  Boemond  étant  donc  également  injurieufe  à  l’un 5c  à  l’autre,  les 
princes  lui  envoyèrent  des  ambariadeurs  pour  le  fommer  de  lever  le  fiege  de 
Laodicée ,  ôc  de  laiflcr  en  paix  les  Grecs  maîtres  de  cette  ville.  Boemond 
reçut  très-mal  ces  envoyez:  il  leur  déclara  fièrement  qu’il  ne  décamperoit 
qu’après  la  prife  de  la  ville  -,  ce  qui  fit  refoudre  les  princes  à  employer  la 
force  pour  l’y  obliger.  Ils  n’eurent  pas  befoin  d’y  avoir  recours.  Dagbcrt 
archevêque  de  Pife  que  le  pape  Pafcal  II.  venoit  de  nommer  fon  légat  dans 
k  Terre- fainte  à  la  place  du  feu  évêque  duPuy ,  fe  trouvoit  alors  par  ha- 
zard  au  camp  de  Boemond  :  ce  prélat  avoir  débarqué  depuis  peu  au  port  de 
Laodicée  avec  une  flotte  de  Pifansôc  de  Génois  que  Boemond  avoir  engagez 


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An.IOJJJ). 


a  Alb.Aj.lf. 
r.  60. 

Hn1tl.Tyr.L9 • 
c.  -fril- 
Ordcr.  Vital. 

I  i  o. 

b  V<rtot,  hifl. 
de  SUlte  ./.u 

M- 

c  V.  M 4r*. 
2>V.</tî  /.j.r.5. 


d  V.Marc.ihd. 


c  Aib.dqd. 7. 
r.  1. 


f  Or  ier. Vital. 

I.  778. 

H- 


g  G  mil.  Malm- 
L  4-f.  t. 


b  Marte». 
Anrcd .  /a.  1. 

P^*7-&j‘î' 


HISTOIRE  GENERALE 

tous  un  faux  prétexte,  à  l’aider  dans  le  fiege  de  cette  place.  Le  légat  n’eut 
pas  plutôt  appris  l’arrivée  des  princes  auprès  de  üiblet ,  qu’il  -alla  en  dili. 
gence  à  leur  rencontre  pour  les  embraffer  5  6e  ceux-ci  lu»  ayant  fait  corn, 
prendre  l'injuflice  du  procédé  de  Boemond  ,  il  engagea  aulfi-tôt  les  Pifans 
6e  les  Génois  à  l’abandonner.  Ce  prince  fe  trouvant  par  là  trop  foible  pour 
continuer  le  fiege ,  fut  obligé  de  le  lever  maigre  lui,  6e  il  décampa  pendant 
la  nuit. 

Les  princes  qui  ignoroient  fa  démarche ,  s’avancèrent  cependant  vers  fon 
camp  en  ordre  de  bataille  ,  dans  le  dellein  de  le  combattre ,  6e  de  le  faire 
repentir  de  fon  refus.  Ils  apprirent  à  leur  arrivée  à  Laodicée  qu’il  s’étoit 
retiré  ,  6e  qu’il  étoitallé  camper  à  un  mille.  Ils  furent  reçus  avec  joie  parles 
habitans  qui  leur  ouvrirent  les  portes  de  la  ville  où  ils  prirent  leur  logement. 
Le  comte  deTouloufe  mit  aulîi-tôt  joo.  hommes  de  lès  troupes  à  la  garde 
de  la  fortereiïè  ,  6e  fit  arborer  fon  drapeau,  qui  et  oit  très-connu  ,  fur  le  plus 
haut  de  la  tour.  Il  diltribua  les  Gafcons  dans  les  autres  tours  de  la  ville,  6e 
le  relie  des  croifez  fut  logé  dans  l’cnteintc.  Les  princes  demeurèrent  quinze 
jours  à  Laodicée  pour  fe  délalïèr  de  leurs  fatigues.  Pendant  leur  fejour  ils 
envoyèrent  des  députez  à  Boemond  ,  tant  pour  lui  faire  des  plaintes  de  la 
conduite,  que  pour  lui  offrir  leur  amitié.  Ce  prince  touche  de  cette  am- 
balTade  partit  d’Antioche  ,  s’avança  vers  Laodicée  ,  8c  s’aboucha  avec  les 
autres  chefs  qui  l’allcrent  joindre.  Il  fe  réconcilia  avec  eux  ;  mais  fur-tout 
avec  le  comte  de  Touloufe  ,  à  qui  il  fit  beaucoup  de  careifes.  Enfin  après 
s’ètre  donnez  réciproquement  des  marque^  d’une  véritable  amitié  ,  6t  avoir 
paffé  troisjours  enfemble  ,  Boemond  retourna  à  Antioche. 

Robert  comte  deFlandres1,  Robert  duc  de  Normandie,  Gallon  de  Bearn, 
Conon  de  Montaigu  &  tous  les  autres  compairs ,  s’embarquèrent  quelques 
jours  après  ,  (c’etoitàla  fin  de  Septembre,)  au  port  de  Laodicée  ,  firent  voile 
vers  Conftantinople,  qù  l'empereur  leur  fit  un  accueil  très-gracieux,  6c  re¬ 
tournèrent  enfin  dans  leurs  états.  Un  célébré  auteur  b  qui  a  écrit  depuis  peu 
l’hiltoire  de  l’ordre  de  Malthe,  prétend  cependant,  on  ne  fçait  fur  quelle 
autorité  ,  que  Gallon  de  Bearn ,  (dont  le  nom  efl  corrompu  c  dans  les  manuf- 
crits  fous  celui  de  Gu/lus  de  Bcrdcis)  6c  Conon  de  Montaigu  s’arrêtèrent  à 
Jerufalem  après  la  prife  de  cette  ville  $  6c  qu’ayant  renoncé  pour  toujours  à 
leur  patrie  ,  ils  prirent  l’habit  d’Holpitaliers  dans  la  maifon  de  S.  Jean  ,  éc 
s’y  confacrcrcnt  au  fervice  des  pauvres  6c  des  pèlerins  :  mais  il  ell  certain , 
par  le  témoignage  des  hiiloriens  du  tems  ,  qu’ils  retournèrent  d  l’un  6c  l’autre 
en  Europe. 

Quant  au  comte  de  Touloufe,  comme  il  avoit  fait  vœu  de  ne  plus  reve¬ 
nir  dans  fa  patrie,  il  demeura  en  Orient  ,  6c  s’arrêta  à  Laodicée  avec  une' 
partie  de  fes  troupes  :  le  relie  ou  s’embarqua  alots  dans  le  même  endroit 
pour  rcpalfer  en  France  ,  ou  avoit  déjà  pris  parti  avec  Godefroy.  Guillaume 
de  Montpellier  fut -du  nombre  des  derniers  ,  6c  il  fervit  dans  les  diverfes 
expéditions  que  ce  roi  entreprit  tant  pour  affermir  fa  domination  ,  que 
pour  l’étendre.  Il  fe  trouva  entr’autres  au  fiege  d’Affur ,  que  Godefroy  fit  quel¬ 
que  tems  après  le  départ  des  princes ,  6c  nous  n’avons  pas  de  preuve  qu’il 
foit  revenu  en  France  avant  l’art  1103. 

Un  ancien  hiftorien  ‘  donne  à  entendre  que  le  comte  Raymond  s’embar¬ 
qua  avec  le  duc  de  Normandie  6c  le  comte  de  Flandres  ,  6c  alla  avec  eux 
à  Conftantinople.  Il  raconte  différemment  la  maniéré  dont  Laodicée  étoit 
tombée  au  pouvoir  de  l’empereur  Alexis  ,lorlque  les  princes  obligèrent  Boe¬ 
mond  à  lever  le  fiege  de  cette  ville,  6c  il  prétend  qu’elle  avoit  appartenu  aupa¬ 
ravant  au  duc  de  Normandie.  Quoi  qu’il  en  foit,  il  convient  que  Raymond 
s’en  alfura  à  fon  retour  de  Jerufalem  ,  6c  il  ell  certain  qu’il  y  fit  alors  un  allez 
long  féjour.  Il  y  reçût  g  au  mois  de  Novembre  de  la  même  année  Baudouin 
prince  d’EdeiTe  ,  qui  alloit  voir  à  Jerufalem  le  roi  Godefroy  fon  frère.  Ray¬ 
mond  l’accompagna  dans  cette  ville  ,  ou  du  moins  il  s’y  rendit  quelque  tems 
après  5  car  il  écrivit  alors  de  Jerufalem  une  lettre  h  ,  conjointement  avec 
Dagbert  archevêque  dcPife  ,  6c  légat  du  faint  fiege,  6c  le  roi  Godefroy,  au 
pape  Palcal  II.  pour  lui  apprendre  le  fuccès  de  la  croilàdc. 


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DE  L  A  N  G  U  E  D  O  C.  Liv.  XV. 


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Gérard  de  Rouffillon  repaflà  auffi  la  mer  ôc  revint  en  France  après  la  priiê  de  An.  109  9. 
Jerufalem.  Il  étoic  en  effet  de  retour  dans  le  pais  au  mois  de  Septembre  de  comtc^de 
l'an  xi  00.  que  Guillabert  comte  de  Rouffillon  fon  pere,  6c  lui  1  tr  an  fige-  Rou/filioa. 
rent  avec  Ermengaud  nouvellement  élu  évêque  d’Elne.  Le  comte  Guillabert  a& 
vivoit encore b  en  1 ioz.  maisilparoît  que  fon  fils  Guinard  ou  Gérard,  qu’il 
avoit  eu  d’Etiennette  fa  femme,  lui  fucceda  bientôt  après.  Ce  dernier  étoit  t-'w-b  l'i> 
alors c  marié  avec  Agnès.  Il  retourna  enfuite  dans  la  Terre-fainte,  comme  nous  biUJf.n6. 
le  verrons  ailleurs. c  .  cPr.p.n»7. 

Quelques-uns  d’entre  les  croifez  qui  fervoient  fous  le  comte  de  Touloufe, 
furent  affez  lâches  pour  quitter  l’armée  6c  abandonner  la  Terre-fainte  par 
unefprit  de  crainte.  Pour  excufer  leur  fuite,  ils  exagérèrent  à  leur  retour 
les  maux  qu’ils  avoient  eus  à  fouffrir.  C’dtce  qui  paroît  entr’autres  par  une 
lettre J  que  Raymond  d’Agiles  chanoine  du  Puy  ,  6c  chapelain  du  comte  de 
Touloule  adrelfa  en  1099.  àl’cvèque  de  Viviers,  avec  la  relation  qu’il  avoit 
écrice  de  ce  qui  s’étoit  pâlie  jufqu’après  la  prife  de  Jerufalem.  Cet  auteur  ne  e&w.w». 
dit  pas  le  nom  de  l’évèque  ,  mais  il  paroît  d’ailleurs  que  c’étoit  Leger  qui  redl°J'.f 
occupa  le  fiege  épifcopal  de  Viviers  depuis  l’an  1096.  c  jufau'en  1119.  6c  ' GÆcbr.nro. 
qui  fut  légat  du  faint  fiege.  Ce  prélat  donna f  vers  l’an  1  ioz.l’églifcde  laint  v- 4  jf* 

Andeol  furie  Rhône  dans  le  lieu  de  Burgias,  aujourd’hui  le  bourg  S.  An-  p 
deol,  aux  chanoines  réguliers  de  S.  Ruf ,  qui  y  établirent  depuis  un  prieuré 
conventuel  de  leur  congrégation. 

Le  bruit?  du  fuccès  de  la  croilade  fit  naître  en  France  une  noble  émulation  lxxxvil 

.1  .  n  ,  r  .  .  ,  ,  .  v  r  riuhupc  de 

parmi  les  princes  ôc  les  leigneurs  qui  ne  setoient  pas  trouvez  a  cette  ra-  Touiouictcm- 
meufe  expédition.  Plufieurs  d’entr’eux  réfolurent  défaire  le  voyage  d’Orient,  du  due 
foit  pour  aller  prendre  part  aux  exploits  des  autres ,  foit  pour  fatisfaire  leur  aaouche  de 
dévotion  envers  le  faint  Sépulcre.  Guillaume  IX.  comte  de  Poitiers  6c  duc  Jeux  fils  d. ms 
d’Aquitaine  fut  de.ee  nombre.  ^ 

Ce  prince  étoit  encore  alors  maître  de  Touloufe  5  car  c’eft  fans  aucun  fonde-  donne  à  Bcr- 
ment  qu’un  moderne  h  a  avancé  que  Bertrand  fils  de  Raymond  de  S.  Gilles 
avoit  déjà  repris  cette  ville,  6c  qu’il  en  étoit  paifible  polTeffeur  en  1098.  &  feaoifc. 
Guillaume  y  faifoiten  effet  fon  féjour  l’année-fuivante  avec  la  comtefTe  Phi-  S °rd,T-  v,ul‘ 
lippe  fa  femme  ,  6c  cette  princeflè  y  accoucha  »  fucccffivement  de  deux  fils.  hJngîl^tn. 
L’ainé  ,  qui  naquit  vers  le  commencement  de  l’an  1 099.  fut  appelle  Guillau- 
me  comme  fon  pere  6c  lui  fucceda  dans  la  fuite.  L’autre  nommé  Ray- 
mond  naquit  environ  dix  mois  après,  lis  rendirent  l’un  6c  l’autre  leur  nom  v.  note 
fort  célébré  ,  6c  nous  aurons  occafion  de  parler  dans  la  fuite  de  ces  deux  prin-  XLlv- 
ces,  Touloufains  de  naiffance.  1 100. 

Le  duc  d’Aquitaine  abandonna  cependant  Touloufe  vers  l’an  1100. Quel-  *  KobJt  Mont- 
ques anciens  *  prétendent  que  ce  prince  le  ht  volontairement  ,  Ôc  qu  êtant  ll59.p.7y# 
dans  la  réfolution  d’aller  dans  la  Terre-fainte,  il  engagea  le  comté  de  cette  Gwii.  n  tutng. 
ville  à  Raymond  de  S.  Gilles  pour  avoir  dequoi  fournir  aux  frais  du  voyage.  Duch  ?' 
Mais  il  paroît  que  ces  auteurs  ,  partifans  des  rois  d’Angleterre  ,  fuppolcnt 1  iV.  note 
ce  prétendu  engagement  pour  jultifier  la  guerre  que  ces  rois  firent  aux  def-  XL 
cendans  de  Raymond,  fous  prétexte  des  droits  qu’ils  avoient  au  comté  de 
Touloufe  en  qualicé  d’heritiers  de  Philippe  femme  du  même  duc  d’Aqui-  - 
taine  ;  droits  qui  n’avoient  aucun  fondement  légitimé  ,  ainfi  que  nous  l’avons 
déjà  fait  voir.  Nous  croyons  donc  que  lorfque  Guillaume  IX.  après  avoir 
envahi  6c  pofledé  le  comté  de  Touloufe  pendant  près  de  trois  ans,  l’aban¬ 
donna  vers  l’an  1100.  ce  fut  ou  parce  que  le  comte  Bertrand,  fur  lequel 
il  s’en  étoit  emparé ,  le  forqa  à  fe  retirer  ^  ou  parce  que  reconnoifTant  enfin 
l’injuftice  de  fes  prétentions  ,  il  fe  crut  obligé  en  confidence  Ae  remettre 
ce  comté  à  fon  ancien  maître  ,  avant  que  d’entreprendre  le  voyage  de 
la  Terre-fainte.  line  pouvoit  en  effet  en  le  gardant ,  quand  même  il  y  auroit 
eu  des  droits  .bien  fondez,  éviter  d’encourir  l’excommunication  lancée  par 
le  concile  de  Clermont  contre  ceux  qui  fe  faifiroient ,  fous  quelque  prétexte 
que  ce  fût  des  biens  des  croifez,,  que  le  pape  6c  le  concile  avoient  mis  fous 
leur  protection.  Nous  ne  voudrions  pas  cependant  nier  que  Guillaume,  an 
nom  de  Philippe  fa  femme  ,  n’ait  reqû  alors  quelque  Comme  de  Raymond  de 
faint  Gilles  ,>ou  plutôt  de  Bertrand  fon  fils  ,  pour  fes  prétentions  fur  le  comté 


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_ ji8  HISTOIRE  GENERALE 

An.i  ioo.  de  Touloufe  5  ce  qui  aura  fervi  de  fondement  à  certains  hiftoriens  pour  avan¬ 
cer  que  le  premier  le  donna  alors  en  engagement  au  comte  Raymond.  Ce 
qu’il  y  a  de  certain,  c’eftque  le  duc  d’Aquitaine  après  avoir  quitté  Touloufe 
P"c  cn  1  ioo.  croix  à  Limoges1  avec  un  grand  nombre  de  les  vaffaux, 
b  ôc  que  Bertrand  étoit  reconnu  pour  comte  au  mois  de  Juin  de  la  même  an- 

Jtj.  née  dans  le  Touloufainêc  dans u  leRouergue. 

Il  paroît  que  Guillaume-Jourdain  comte  de  Cerdagne  ,  contribua  beau¬ 
coup  au  rétablilTement  de  Bertrand  fon  coufin  dans  le  comté  de  Touloule. 
e*r+.jS4'&  C’elt  ce  que  nousavons  lieu  d’inferer  de  deux  chartes  c,  que  ce  dernier,  qui  lé 
f"*’  qualifie  comte  de  Touloufe  ,  de  Rouergue  &  d' Albigeois  dans  l’une,  ôc  fimplement 

comte  de  Touloufe  &  fils  de -Raymond  dans  l’autre  ,  donna  en  faveur  del’eglifede 
S. Sernin,  tant  pour  la  prendre  fous  fa  protection,  que  pour  confirmer  les 
donations  qu’elle  avoit  reçues  de  Philippe  fille  du  comte  Guillaume  ,  ôc  la  main¬ 
tenir  dans  la  même  liberté  que  le  pape  Urbain  ,  avec  fes  évêques,  &  le 
comte  Raymond  fon  pere  lui  avoient  accordée  dans  le  tems  de  fa  confé- 
cration.  Bertrand  promet  enfuite  folemnellement  dans  ces  actes  ,  i°,« De  ne 
«  jamais  violer  l’immunité  du  cloître  de  S.  Sernin  ,  ôc  d’obliger  ceux  qui  y 
»  donneroient  atteinte  de  réparer  le  dommage,  ainfl  qu’il  avoit  été  fait  par 
«le  paffé.  i'.Dc  rendre  cette  églife  à  l’évêque  ifarn,  à  Munion  prieur,  6c 
«à  Hugues  doyen,  entièrement  Tibre  &  ingenue ,  avec  toutes  fes  dépendan- 
«  ces.  3W.  De  n’en  plus  rien  détruire  à  l’avenir  ,  tant  que  les  mêmes  prieur  & 
«  doyen  la  ciendroient ,  fiuf  la  fidelité  à  l’ évêque  &  au  comte.  49.  De  ne  pas 
«prendre  la  defenfe  d’aucun  chanoine  régul.er  de  S.  Sernin,  ou  des  clercs  8c 
»  laïques  contre  la  volonté  de  l’évêque,  mais  de  les  obliger  à  faire  fatis- 
«  faction,  y9.  Ce  prince  s’engagea  enfin  de  ne  plus  chafTer  dans  la  fuite  les 
«chanoines  de  cette  églife,  6c  de  n’y  plus  introduire  les  moines }  d’être  le 
«  défenfeur  des  premiers,  6c  de  leurs  biens  ,  fur  lefquels  jl  promet  de  n’im- 
«  pofer  ni  retenir  aucune  mauvaife  coutume.  «  La  première  de  ces  deux  char¬ 
tes  que  le  comte  Bertrand  offrit  fur  l'autel  de  S.  Sernin  ,cfl  fouferitepar  Bertrand 
archevêque  de  Narbonne  ,  6c  par  Guillaume-Jourdain  comte  de  Cerdagne 
•ridejufTor.  qui  fouferivit  aulîî  à  la  féconde ,  6c  s’en  rendic  caution  *. 

On  voit  par  ces  chartes  que  Bertrand  archevêque  de  Narbonne,  6c  Guil¬ 
laume-Jourdain  comte  $le  Cerdagne  ,  favoriferent  le  parti  du  comte  Bertrand, 
contre  Guillaume  IX.  duc  d’Aquitaine,  6c  Philippe  fa  femme  5  que  le  comte 
Bertrand  pour  s’alTurer  la  poffelfion  deTouloufé,  changea  de  conduite  envers 
l’églife  de  S.  Sernin  6c  fes  chanoines  ;  6c  que  comme  la  violence  qu’il  avoic 
exercée  à  leur  égard  l’avoit  fait  chafTer  de  cette  ville,  ce  ne  fut  qu’en  répa¬ 
rant  le  dommage  qu’il  leur  avoit  caufé  qu’il  trouva  moyen  de  la  reprendre 
fur  le  duc  d’Aquitaine.  Cette  époque  fut  fi  célébré  qu’on  s’en  fervit  dans  la 
d  Carel.comt,  date  des  a&es  -,  ÔC  nous  en  avons  un  d  d'un  Jeudi  du  mois  de  Février  l'année  que 
f’lU’  le  comte  Bertrand  recouvra  Touloufe.  Quant  au  tems  précis  de  cet  événement, 
les  deux  chartes  du  comte  Bertrand  qui  pourroient  le  fixer,  font  datées 
feulement  du  mois  de  Décembre  :  mais  il  eft  certain  qu’elles  font  pofterieures 
à  la  donation  que  la  comtefle Philippe  fit  en  1098.  à  l’eglife  de  S.  Sernin,  6c 
M4T11M &  même  à  l’an  1099.  que  cette  princeilè  étoit  encore  maîtrelle  de  Touloufe, 
5c  anterieures  à  l’an  1  101.  que  Guillaume  e  comte  de  Cerdagne  partit  pour 
ex'  Terre-fainte  ,  d’où  il  ne  revint  plus  en  Europe.  Bertrand  reprit  donc 
pcdiiions  Je  la  ville  de  Touloufe  fur  le  duc  d’Aquitaine  à  la  fin  de  l’an  1099.  ou  au  com- 
Raymond  de  mencement  de  l’année  fuivante.  On  a  vû  du  moins  qu’il  étoit  déjà  maître  de 
n'syue.ii'fon-  cette  ville  au  mois  de  Juin  de  l’an  1 100. 

de  le  château  Raymond  de  S.  Gilles  occupé  à  fon  expédition  de  la  Terre-fainte  ,  conti-' 
nuoit f  de  faire  fon  fejour  à  Laodicée  ,  6c  il  y  reçût  au  commencement  de  l’an 
ville  de  Tri-  i  ioo.  Baudouin  prince  d’Edcffe  à  fon  retour  de  ?  Jerufalem.  Il  prit  vers  le 
TauxuiII  h  même  tems  deux  villes  voifines ,  Maraclée  6c  Valenia  ,  dont  la  première 
f.w&fai-  étoit  fituée  auprès  d’Antarados  ou  Tortofè  vers  le  nord,  6c  l’autre  entre 
KDuCMg'*£  cette  derniere  6c  Giblet.  Il  reçût  quelque  tems  après  une  lettre  de  l’empe- 
rcur  Alexis,  avec  lequel  il  vivoit  toujours  en  bonne  intelligence.  Ce 
g  Hi/l.ftrtfti.  prince  lui  marquoit  de  remettre  la  ville  de  Laodicée  à  un  de  fès  capitaines 
irL.f.'le"  nommé  Andronic  Tzintziluca  ,  êc  les  deux  autres  aux  troupes  d’Eumathe 

duc 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  X  V.  319 _ _ 

<foc  ou  gouverneur  de  rifle  de  Chypre  5  6c  le  prioic  avec  beaucoup  d’inftance  de  An.u  00. 
continuer  fes  conquêtes.  Raymond  qui  y  ecoit  déjà  affez  porté  de  lui-mê¬ 
me  >  Te  remit  aulîî-tôt  en  campagne  6c  s’approcha  d’Antarados  ou  Tortofe 
qu’il  fournit  fans  coup  férir.  Atapacas  gouverneur  de  Damas ,  informé  de  • 
la  pri/e  de  cette  ville  >  s’avança  peu  de  tems  après  à  la  tête  d’une  nombreuie 
armée,  dans  le  dellèin  de  la  reprendre.  Le  comte  qui  n’avoit  que  quatre 
cens  chevaliers»,  dont  la  plupart  même  n’étoient  pas  montez  ,  fe  voyant 
hors  d’état  de  lui  réfiller,  s’avifa  d’un  ftratagême.  Comme  les  habitans  de  £”1"' 
Tortofe  lui  témoignoient  beaucoup  d’amitié,  il  crut  pouvoir  fe  fier  deux.  Us 
convinrent  enfêmble  qu’il  fe  cacheroit  avec  fes  troupes  dans  un  endroit  du 
château,  &  qu’ils  diroient  au  general  des  infidelles,  que  la  crainte  l’avoit  obligé 
de  prendre  la  fuite.  Atapacas  étant  arrivé,  fur  l’aflurance  que  les  habitans  de 
Tortofe  lui  donnerenc  que  Raymond  s’étoit  retiré  ,  campa  aux  environs 
dans  un  lieu  commode ,  tant  pour  fe  dclaffer  des  fatigues  de  fa  marche , 
que  pour  fe  mettre  à  l’abri  de  la  chaleur  exceffive  du  jour.  Il  fit  en  même 
tems  débrider  les  chevaux  pour  leur  donner  la  liberté  de  paître  tout  à  l’en¬ 
tour.  Raymond  profitant  de  cette  conjon&ure ,  fort  du  château  fur  le  midi , 
dans  le  tems  que  le  foleil  dardoit  fes  rayons  perpendiculairement,  fe  met  à 
la  tête  de  fi  troupe  ,  6c  les  portes  de  la  ville  lui  ayant  été  ouvertes ,  il  fond 
fur  le  camp  des  Turcs.  Quelques-uns  de  ces  infidelles  fè  mirent  en  état  de 
défenfe  ;  mais  ils  furent  bientôt  défaits.  Tous  les  autres  prirent  la  fuite,  & 
fe  trouvant  dans  une  rafe  campagne  fans  pouvoir  trouver  aucune  retraite,  ils 
furent  pourfuivis  6c  taillez  en  pièces  ,  à  la  réferve  de  quelques-uns  que  le 
comte  emmena  en  efclavage. 

Après  cette  victoire  Raymond  s’approcha  de  Tripoli  dont  il  réfolut  d’en¬ 
treprendre  le  fîege.  Dans  ce  deifein  il  fe  retrancha  fur  une  hauteur  qui  fai- 
foit  partie  du  mont  Liban,  6c  qui  dominoit  fur  la  ville,  dont  elle  étoit  di- 
ftante  de  deux  milles.  Il  crut  qu’il  lui  importoit»d’autantplus  de  s’afl'urer  de 
ce  pofte  avantageux  ,  que  Tripoli  en  droit  toute  fon  eau  par  le  moyen  d’un 
aqueduc.  Le  comte  fit  part  aulîi-tôt  de  fon  projet  à  l’empereur  Alexis  ,  6c 
leprefla  de  lui  envoyer  un  renfort  pour  l’aider  à  conftruirc  une  fortereflè  en 
ce  lieu,  afin  de  fe  prémunir  contre  les  infidelles  duCorazan,  qui  faifbient 
mine  de  venir  bientôt  au  fecours  des  habitans  de  Tripoli.  Alexis  ordonna 
fur  le  champ  au  duc  de  Chypre  de  raflembler  tous  les  matériaux  6c  les 
ouvriers  neceflaires  pour  la  conftruclion  d’un  fort ,  de  les  embarquer  6c  les 
conduire  à  Raymond ,  6c  d’obeïr  en  tout  à  ce  prince  ,  à  qui  il  laiflà  la  dire- 
dion  de  tout  l’ouvrage.  C’efi:  ainfi  que  ce  comte  fonda  en  cet  endroit  un 
château  b ,  ou  pour  mieux  dire  une  ville /à  laquelle  il  donna  le  nom  de  b 
Montpelerin  ou  Mont  des  pèlerins ,  parce  qu’elle  fut  édifice  par  les  pèlerins  ,  ^p.Tamnd. 
6c  deftinée  à  leur  fervir  de  retraite.  Il  ne  ccfla  depuis  de  harceler  la  garnifon  Hid. 
de  Tripoli,  6c  n’omit  rien  pour  obliger  cette  ville  à  fe  foûmettre.  Comme  il 
comptoir  que  cela  arriveroit  bientôt,  il  y  *  nomma  dès-lors  pour  évêque  c au. ss.crd. 
Latin,  Arbert  moine  de  la  Chaife-Dieu  &  prieur  de  Privezac  en  Rouergue 
qu’il  avoir  amené  avec  lui ,  6c  qui  fiegea  en  attendant  au  Montpelerin  Gw!i.  Malm, 

Tandis  que  Raymond  J  étoit  occupé  à  cette  expédition  ,  Boemond  au 
défefpoir  de  ce  que  ce  comte  avoit  remis  Laodicée  aux  impériaux,  envoya  d  aux. Gain. 
un  corps  d’armée  fous  le  commandement  de  fon  neveu  Tancrede  pour  affieger 
cette  ville.  Raymond  indigné  de  ce  procédé  fe  rend  auffi-tôt  au  camp  de 
Tancrede ,  6c  fait  tous  fes  efforts  pour  lui  perfuader  d’abandonner  cette 
entreprifê,  6c  de  laiflèr  l’empereur  paifible  poflèlfeur  de  Laodicée.  Ne  pou¬ 
vant  rien  gagner  fur  fon  efprit,  il  le  met  en  état  de  l’y  obliger  par  la  force, 

&  l’attaque  enfin  avec  toutes  lès  troupes  ;  mais  comme  leur  nombre  étoit 

fort  inferieur  à  celles  du  prince  Normand,  il  fut  repoufTé  6c  contraint  de 

fe  retirer  avec  perte.  Raymond  revint  alors  au  Montpelerin , .  où  il  reprit 

l’attaque  de  Tripoli.  Tancrede  de  fon  côté  continua  le  fiege  de  Laodicée, 

que  le  ducTzintziluca,  qui  y  commandoit  au  nom  de  l’empereur,  foûtint  auffi  eGcjiT»ncud 

long-tems  qu’ilput-,  mais  cnfinn’ayant  plus  dequoi  fubfifter,il  fe  rendit  en  1 1 oi.  c.iTf.  ^  ’ 

après  un  an  6c  demi  de  fisse  L',  Sc  avoir  attendu  inutilement  du  fecours  de  l’ifle  K 

*  O  '  not.  in  Alt*, «J 


de  Chypre. 

Tome  II, 


not.  in  Alix: ad, 
H7S- 


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An.iioo. 

LXXX1X. 

Raymond  rc- 
fulc  de  cou 
•veau  la  coyron. 
ne  de  Jerufa- 
km,  &  paît 
pour  CoulUc* 
tinople. 

a  G* uill.  Tyr . 
l.ç.c.t  . 

Alb.  Aq.l.  7. 


b  Altxiad.ibid. 


c  S  uill. Tyr  l .7. 
c.i*. 

fulch.Carnot . 
I.  }.  c.  19. 

r.  NOTE 
XLW.n.  le 
düefl.Tancred . 

ibtd. 

t  Ibid.Alexiâd. 
(jpAib.Aq.ibtd, 

Cuill.  Tyr.  I.9. 

#,13. 

Ordtr.  Vit.  Ad 

ânn.  1099. 


f  Gwi/J.  7)»*. 
Aior.i. 


r  Alcxiad.ibid . 


xc. 

Ray  moud  fc 
met  à  U  tctc 
d’uuc  nouvelle 
armée  de  croi- 
ftz  qui  a  le 
hnlhuir  de 
périr. 

I  IOI. 
hAlb.Aq.l.$' 
i.i  &{*q. 
AltxitdMd . 
Cmi//.  7yr.  /.?. 


550  HISTOIRE  GENERALE 

Cependant  Raymond  harceloit  lagarnifon  de  Tripoli  *  ôcil  ne  fe  païToitpas 
de  jour  qu’il  ne  fût  aux  prifes  avec  elle.  Les  Tripolitains  pour  avoir  leur  re¬ 
vanche  attaquoient  fouvent  à  leur  tour  le  château  Pelerin  ,  &  ils  y  donnèrent 
divers  alTauts ,  mais  toujours  fans  fuccès.  Sur  ces  entrefaites  Godefroy  roi  de 
Jerufalem  étant  mort  le  i  8.*  du  mois  de  Juillet  de  l’an  1 100.  jl  fe  forma  un 
complot  entre  le  patriarche  de  cette  ville  ôc  Tancrede  pour  fa're  tomber  la 
couronne,  à  l’exclu  (ion  des  freres  de  Godefroy,  fur  la  tete  de  Boemond.  Ils 
lui  dépêchèrent  un  exprès  pour  le  preilèrdefe  rendre  incclfamment  à  Jeru¬ 
falem  ;  mais  le  comte  Raymond  ayant  arrêté  par  hazard  le  meflager ,  leur 
■deflèin  fut  découvert  •,  ôc  Boemond  ayant  été  fait  prifonnier  par  les  Turcs 
au  mois  d’Août  fuivant ,  le  trône  demeura  vacant. 

Les  principaux  b  des  croifez  qui  étoient  à  Jerufalem  jetterent  alors  les 
yeux  fur  Raymond  ôc.  l’envoyerent  prier  de  venir  dans  cette  ville,  où  on 
avoit  defTein  de  l’élire  pour  roi.  Le  comte  reçût  la  proportion  avec  afTez 
d’indifFerence ,  foit  par  éloignement  pour  une  couronne  qu’il  avoit  déjà  re- 
fufée,  foit  par  juftice,  8c  pour  n’en  pas  priver  les  heritiers  légitimés  de  Go¬ 
defroy  j  ôc  au  lieu  de  faire  le  voyage  de  Jerufalem,  il  s’embarqua  &  alla  ï 
Conftantinople  à  la  cour  de  l’empereur.  Quelques  anciens c  difent  qu’il  laifli 
à  fon  départ  la  comtefle  fa  femme  à  Laodicée  avec  une  partie  de  fa  famille  j 
ce  qui  prouveroit  que  cette  princeffe  fut  alTiegée  par  Tancrede  :  mais  1  hifto- 
rien  d  de  ce  dernier  prince  fait  entendre  que  Raymond  laifTa  en  partant  la 
comtefTefa  femme  au  Mont-Pelerin. 

Quoi  qu’il  en  foit ,  un  des  principaux  motifs  du  voyage  du  comte  à  la  cour 
de  l’empereur,  étoit  -  pour  lui  demander  du  fecours  afin  de  continuer  la  guerre 
contre  les  infidelles  $  car  les  différons  combats  qu’il  avoit  eus  à  foûtenir  contre 
la  garnifon  de  Tripoli  avoient  déjà  fort  affoibli  fa  petite  armée.  Alexis  com¬ 
bla  Raymond  de  careflès  8c  d’honneurs.  Iln’ignoroit  pas  que  ce  prince,  fidele 
obfervateur  de  fon  ferment ,  avoit  pris  fes  intérêts  avec  chaleur  dans  tou¬ 
tes  les  occafions,  8c  qu’il  s’étoit  fortement  oppofé  aux  entreprifes  de  Boe¬ 
mond  &  de  Tancrede  j  ce  qui  joint  à  fa  droiture  ,  6c  à  fes  autres  grandes  qua- 
litez  ,  augmenta  de  plus  en  plus  la  confiance  d’Alexis  pour  la  perfonne. 

Les  feigneurs  de  Jerufalem  las  cependant  de  ne  recevoir  de  la  part  de 
Raymond  aucune  reponfe  pofitive  ,  choifirent  enfin  pour  regner  fur  eux 
Baudouin  prince  d’Edeffe,  trois  mois1  après  la  mort  du  roi  Godefroy  fon  fre- 
re,  c’eft-à-dire  vers  le  18.  d’Octobre  de  l’an  iioo.  La  nouvelle  de  cette 
élection  fut  bientôt  apportée  à  Conftantinople,  &  l’empereur  voyant  par  lâ 
le  comte  dans  une  entière  liberté  ,  l’engagea  à  demeurer  à  fa  cour  g  ,  &  fe 
l’attacha  encore  plus  étroitement ,  en  lui  donnant  la  première  place  dans  fon 
confèil. 

Durant  le  féjour  de  Raymond  à  Conftantinople ,  8c  le  carême  de  l’an 
i  ioi.  on  vit  arriver  dans  cette  capitale  une  nouvelle  armée  de  croifez  au 
nombre  d’environ  trente  mille h,  fous  la  conduite  de  l’archevêque  de  Milan4 
ÔC  de  divers  feigneurs  Lombards  de  marque.  Cette  armée  qui  étoit  partie 
d’Italie  au  mois  de  Septembre  précédent ,  campa  le  long  de  la  côte  où  elle 
attendit  la  jonction  de  plufieurs  autres  croifez  qui  venoient  de  France  & 
d’Allemagne.  Elle  avoit  commis  de  grands  défordres  d  fon  paflâge  dans  la 
Hongrie  6c  dans  la  Bulgarie  5  6c  après  fon  arrivée  à  Conftantinople ,  elle 
n’oblerva  pas  une  difeipline  plus  exaéte  :  enfin  les  foldats  portèrent  fi  loin 
leurs  excez ,  que  l’empereur  irrité  de  leur  conduite  ,  défendit  à  fes  peuples 
de  leur  fournir  des  vivres.  Cette  défenfe  mit  les  nouveaux  croifez  en  fu¬ 
reur  ,  6c  pour  s’en  venger  ils  affiegerent  le  palais  impérial.  Leurs  chefs  mé¬ 
nagèrent  cependant  la  paix  avec  Alexis ,  ôc  le  comte  Raymond  qui  prit  avec 
chaleur  leurs  intérêts ,  y  contribua  beaucoup  par  le  crédit  qu’il  avoir  fur 
l’efprit  de  ce  prince.  Ces  troupes  pafferent  enfuite  le  détroit  après  Pâques,  & 
allèrent  camper  à  Nicomèdie  ,  où  elles  furent  jointes  quelque  tems  apres 
par  un  corps  d’Allemans,  commandé  par  Conrad  connétable  d’Henri  empe¬ 
reur  d’Occident ,  6c  vers  la  Pentecôce  par  une  partie  des  croifez  de  France  , 
conduits  par  les  comtes  de  Blois  6c  de  Bourgogne.  Le  premier  honteux  de 
fa  fuice  durant  le  fiege  d’Antioche  trois  ans  auparavant ,  retournoit  dansia 
Terre- feinte  pour  réparer  fon  honneur. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV.  w _ __ 

L’empereur  accueillit  fort  bien  tous  ces  princes,  St  leur  confeilla  d’aller  à  An.iioi. 
Jerufalem ,  en  prenant  du  côté  de  la  mer,  c’eft-à-dire  ,  par  la  même  route 
que  ceux  qui  les  avoient  précédez  avoient  tenue.  Mais  dans  le  deflein  de 
s’ouvrir  une  nouvelle  carrière  ,  ils  déclarèrent  à  ce  prince  qu’ils  étoienc 
réfolus  de  pouffer  leurs  conquêtes  vers  le  levant ,  de  pénétrer  dans  le  Co- 
razan  ,  d’en  affieger  la  capitale ,  St  de  délivrer  Boemond  qui  y  étoit  détenu 
prifennier.  On  prétend  a  qu’Alexis  fit  tout  au  monde  pour  les  détourner  de  a  AUxUUbid 
ce  projet  ,  parce  qu’il  étoit  extrêmement  périlleux ,  mais  qu’il  ne  put.  jamais 
vaincre  leur  obftination. 

-  Toutes  ces  troupes  raflèmblées  compofoient  une  armée  de  cinquante 
mille  chevaux ,  de  cent  mille  fantaffins  ,  St  d’ùn  nombre  prefque  aufîi  grand 
de  femmes  ;  d’enfans ,  de  ferviteurs ,  Sc  autres  gens  qui  n’étoient  pas  armez. 

Comme  les  generaux  ignoroient  abfolumentle  chemin  qu’ils  avoient  réfolude 
fuivre ,  ils  députèrent  à  l’empereur  pour  le  prier  de  leur  donner  un  chef  qui 
pût  les  conduire  ,  St  de  préférer  à  tout  autre  le  comte  Raymond  en  qui 
ils  avoient  une  entière  confiance ,  à  caufe  de  fa  fageflè  St  de  fon  expérience. 

Alexis  en  fit  la  propofitipn  à  ce  prince.  Celui-ci  s’excufa  d’abord  fur  fon 
âge  St  fur  fes  infirmiez  5  mais  il  fe  rendit  enfin  aux  inftances  réitérées  de 
l’empereur  St  des  croifez.  Il  prit  donc  congé  d’Alexis,  qui  lui  donna  de  nou¬ 
velles  marques  de  fa  bienveillance,  St  fe. rendit  enfuite  à  Nicomedie  ,  où  il 
fut  reçu  avec  une  joie  univerfelle  des  troupes ,  qui  le  regardèrent  comme 
leur  gcneralilfime.  L’empereur  lui  affociaun  de  fes  capitaines  nommé  Tzita, 
avec  cinq  cens  chevaux  d’elite. 

Raymond  s’étant  mis  en  marche  à  la  tête  de  cette  nombreufe  armée  ,  la 
conduifit  par  Nicée ,  où  il  aflèmbla  le  confeil  de  guerre ,  pour  tâcher  d’en¬ 
gager  les  chefs  à  changer  de  deflein ,  St  à  prendre  le  chemin  de  Jerufalem  que 
les  premiers  croifez  avoient  déjà  fuivi ,  comme  le  plus  alluré.  Eitienne  comte 
de  Blois  fê  joignit  à  lui,  mais  ils  ne  purent  rien  gagner,  St  tous  les  autres, 
fur-tout  les  Lombards  ,  perfifterent  à  vouloir  marcher  fur  la  gauche  vers 
la  Galatie,  St  entrer  enfuite  dans  le  Corazan  ,  ou  l’ancien  pais  des  Parthes. 

Raymond  fut  donc  obligé  de  les  conduire  malgré  lui  par  cette  route.  Les 

croifez  étant  arrivez  à  Ancyre  la  veille  de  S.  Jean-Baptifte,  ils  affiegerent  St 

prirent  d’affaut  cette  capitale  de  la  Galatie.  Ils  paflerent  enfuite  le  fleuve 

Halys ,  dans  le  deflein  de  s’emparer  auifi  de  Gangres ,  ville  fituée  fur  les 

bords  de  ce  fleuve ,  St  habitée  par  des  chrétiens  Grecs.  Ceux-ci  avertis  de 

leur  approche ,  allèrent  au  devant  d’eux  pour  les  recevoir,  précédez  de  leurs 

miniftres,  qui  portoient  l’évangile  St  la  croix  *  maison  affure  b  que  les  croifez  b  AUxUliUd; 

fejetterent  lur  eux  St  les  maffacrerent.  Cette  inhumanité  fut  caufe  que  le  refte 

des  habitans  fe  défendirent  comme  des  défefperez ,  St  on  ne  put  jamais  les 

forcer  à  fe  rendre. 

L’armée  chrétienne  depuis  environ  trois  femaines  qu’elle  étoit  partie  de 
Nicomedie,  avoit  trouvé  dequoi  fubfifter  commodément  :  mais  elle  n’eut 
pas  plûtôt  paffé  le  fleuve  Halys ,  St  pris  la  route  d’Amafée ,  qu’elle  com¬ 
mença  à  manquer  de  vivres.  Les  Turcs  qui  s’étoient  raflemblez  avoient  fait 
un  dégât  univerfel  dans  toute  la  campagne  ,  St  ils  ne  ccflerent  de  harceler 
les  croilèz  ,  dès  qu’ils  virent  qu’ils  s’étoient  engagez  dans  les  défilez  des  monta¬ 
gnes  de  la  Paphlagonie  St  de  la  Cappadoce  ;  enforte  qu’un  grand  nombre 
d’entr’eux  périrent ,  foit  par  le  fer ,  foit  par  la  famine.  Pour  empêcher  les 
foldats  de  tomber  dans  les  embûches  des  infidelles  ,  on  fit  marcher  700. 
cavaliers  François  à  la  tête  de  l’armée,  St  autant  de  Lombards  à  la  queue. 
Nonobftant  cette  précaution,  les  Turcs  attaquèrent  les  derniers  ;  St  après 
les  avoir  diffipez ,  ils  donnèrent  fur  le  refte  de  l’arriere  garde  dont  ils  tuerent 
mille  fantaffins.  Les  croifez  au  défefpoir  de  cette  perte  St  de  la  lâcheté  des 
Lombards  ,  réfolurent  alors  de  faire  foùtenir  l’arriere-garde  par  un  autre 
corps  j  mais  aucun  des  princes  ne  voulut  fe  charger  de  cette  commiffion.  Le 
comte  de  Bourgogne  l’accepta  cependant  à  la  fin ,  St  s’étant  mis  à  la  queue 
de  l’armée,  à  la  tête  de  500.  cavaliers  pefamment armez ,  ils  empêcha  ce 
jour-là  les  infidelles  de  rien  entreprendre.  Le  lendemain  le  comte  Raymond 
ayant  pris  la  place  de  ce  prince ,  fut  attaqué  fur  les  trois  heures  après  midi 
Tome  II.  T  t  i j 


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_ 35°  HISTOIRE  GENERALE 

An.uop.  Cependant  Raymond  harceloit  lagarnifon  de  Tripoli,  6c il  ne  Te  pafloitpa* 

LAÀA1A'  *  •  •  •'*  -  ■  —  —  ....  ■  • 


Raymond  ré-  jour  qu’il  ne  fut  aux  prifes  avec  elle.  Les  Tripolitains  pour  avoir  leur  ré¬ 
fute  de  nou  vanche  attaquoient  fouvent  à  leur  tour  le  château  Pelerin  ,  ôc  ils  y  donnèrent 
nc^c*  jerufa-  ^vers  affiuts ,  mais  toujours  fans  fuccès.  Sur  ces  entrefaites  Godefroy  roi  de 
km,  &  paît  Jerufalem  étant  mort  le  x  8.  *  du  mois  de  Juillet  de  l’an  1 1  oo.  il  fe  forma  un 
iiuopk°Ulbn  compl°c  entre  le  patriarche  de  cette  ville  6c  Tancrede  pour  faire  tomber  la 
a  üuiii.Tjr-  couronne,  à  l’exclufion  des  freres  de  Godefroy,  fur  la  tête  de  Boemond.  Ils 
t  lui  dépêchèrent  un  exprès  pour  le  prctlèrdefc  rendre  incdTamment  à  Jeru- 
. .  «*?.  •  7-  fa]em  .  majs  }e  coni|;e  Raymond  ayant  arrêté  par  hazard  le  meffager ,  leur 
delfein  fut  découvert  •,  fie  Boemond  ayant  été  fait  prifonnier  par  les  Turcs 
au  mois  d’Août  fuivant ,  le  trône  demeura  vacant. 

Les  principaux  b  des  croifez  qui  étoient  à  Jerufalem  jetteront  alors  les 
yeux  fur  Raymond  fie  l’envoycrent  prier  de  venir  dans  cette  ville,  où  on 
avoit  deflèin  de  l’élire  pour  roi.  Le  comte  reçût  la  proposition  avec  affez 
d’indifference ,  foit  par  éloignement  pour  une  couronne  qu’il  avoit  déjà  re- 
fufée,  foit  par  iuflice,  ôc  pour  n’en  pas  priver  les  heritiers  légitimés  de  Go- 


b  Altxiad.ibid. 


j.e.  i9.  cc  qui  prouveroit  que  cette  princefïè  fut  afliegée  par 
XLWn°™  r*en  d  ce  dernier  prince  tait  entendre  que  Raymond  laifla  en  partant  la 
àC'fi.T*ncrtd.  comteffe  fa  femme  au  Mont-Pelerin. 

•bd.  Quoi  qu'il  en  foit ,  un  des  principaux  motifs  du  voyage  du  comte  à  la  coût 

c nu.Al,xi*i.  de  l’empereur,  étoit-  pour  lui  demander  du  fecours  afin  de  continuer  la  guerre 
Gwîf  rr  contre  les  infidelles  *  car  les  différons  combats  qu’il  avoit  eus  à  foûtenir  contre 
'la  garnifonde  Tripoli  avoient  déjà  fort  affoibli  fa  petite  armée.  Alexis  com- 
O'der.  vit. »d  bla  Raymond  de  carefïès  6c  d’honneurs.  Il  n’ignoroit  pasque  ce  prince,  fidcle 
Mn.1099.  obfervateur  de  fon  ferment ,  avoit  pris  fes  intérêts  avec  chaleur  dans  tou¬ 
tes  les  occafions,  ôc  qu’il  s’étoit  fortement  oppofé  aux  entreprîtes  de  Boe¬ 
mond  6c  de  Tancrede  j  ce  qui  joint  à  fa  droiture  ,  ôc  à  fes  autres  grandes  qua- 
litez  ,  augmenta  de  plus  en  plus  la  confiance  d’Alexis  pour  fa  perfonne. 

Les  feigneurs  de  Jerufalem  las  cependant  de  ne  recevoir  de  la  part  de 
Raymond  aucune  reponfe  pofitive  ,  choifirent  enfin  pour  regner  fur  eux 
J— *  Baudouin  prince  d’Edeffc,  trois  mois*  apres  la  mort  du  roi  Godefroy  fon  fre- 
re,  c’eft-à-dirc  vers  le  18.  d’Oclobre  de  l’an  ixoo.  La  nouvelle  de  cette 
élection  fut  bientôt  apportée  à  Conflantinople ,  ôc  l’empereur  voyant  par  là 
g  .iiexUd.ibid.  Ie  comte  dans  une  entière  liberté  ,  l’engagea  à  demeurer  à  fa  cour  g  ,  ôc  fe 
l’attacha  encore  plus  étroitement ,  en  lui  donnant  la  première  place  dans  fon 
confèil. 

xc.  Durant  le  fejour  de  Raymond  à  Conflantinople,  fie  le  carême  de  l’an 
Raymond  fe  i  ioi.  on  vit  arriver  dans  cette  capitale  une  nouvelle  armée  de  croifez  au 
2-udAiouvcYic  nombre  d’environ  trente  mille h,  fous  la  conduite  de  l’archevêque  de  Milan, 
armeede  cioi-  gc  de  divers  feigneurs  Lombards  de  marque.  Cette  armée  qui  étoit  partie 
tnaiiKu/dè'  D’Italie  au  mois  de  Septembre  précédent ,  campa  le  long  de  la  côte  où  elle 
attendit  la  jonction  de  plufieurs  autres  croifez  qui  venoient  de  France  ôt 
d’Allemagne.  Elle  avoit  commis  de  grands  defordres  à  fon  paffage  dans  la 
Hongrie  ôc  dans  la  Bulgarie  5  ôc  après  fon  arrivée  à  Conflantinople  ,  elle 
n’obferva  pas  une  difeipline  plus  exaéte  :  enfin  les  foldats  portèrent  fi  loin 
leurs  excez ,  que  l’empereur  irrité  de  leur  conduite  ,  défendit  à  fes  peuples 
de  leur  fournir  des  vivres.  Cette  défenfe  mit  les  nouveaux  croifez  en  fu¬ 
reur  ,  ôc  pour  s’en  venger  ils  afliegercnt  le  palais  impérial.  Leurs  chefs  mé¬ 
nagèrent  cependant  la  paix  avec  Alexis,  ôc  le  comte  Raymond  qui  prit  avec 
chaleur  leurs  intérêts ,  y  contribua  beaucoup  par  le  crédit  qu’il  avoir  fur 
J’efprit  de  ce  prince.  Ces  troupes  pafferent  enfuite  le  détroit  après  Pâques,  ôc 
allèrent  camper  à  Nicomèdie  ,  où  elles  furent  jointes  quelque  tems  après 
par  un  corps  d’Allemans,  commande  par  Conrad  connétable  d’Henri  empe¬ 
reur  d’Occident ,  ôc  vers  la  Pentecôte  par  une  partie  des  croifez  de  France  , 
conduits  par  les  comtes  de  Blois  ôc  de  Bourgogne.  Le  premier  honteux  de 
fa  fuite  durant  le  fiege  d’Antioche  trois  ans  auparavant ,  retournait  dans  la 
Tcrre-fàinte  pour  réparer  fon  honneur. 


penr. 

I  IOI. 
h  Alb.  Aq.l.  $ , 
l.l&ftq. 
AltxiaJ.ibid. 
Guill.Tyr, 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  X  V.  _ __ 

L’empereur  accueillit  fort  bien  tous  ces  princes,  6c  leur  confeilla  d’aller  à  An.iioi. 
Jerulàlem,en  prenant  du  côté  de  la  mer,  c’eft-à-dire  ,  par  la  même  route 
que  ceux  qui  les  avoient  précédez  avoient  tenue.  Mais  dans  le  delleinde 
s’ouvrir  une  nouvelle  carrière  ,  ils  déclarèrent  à  ce  prince  qu’ils  étoient 
réfolus  de  poulîèr  leurs  conquêtes  vers  le  levant ,  de  pénétrer  dans  le  Co- 
razan  ,  d’en  alfieger  la  capitale,  6c de  délivrer  Boemond  qui  yétoit  détenu 
prifennier.  On  prétend  1  qu’Alexis  fit  tout  au  monde  pour  les  détourner  de  a  AlexialiUd 
ce  projet  ,  parce  qu’il  étoit  extrêmement  périlleux ,  mais  qu’il  ne  put  jamais 
vaincre  leur  obftination. 

Toutes  ces  troupes  rallèmblées  compofoient  une  armée  de  cinquante 
mille  chevaux,  de  cent  mille  fantaflins ,  6c  d’un  nombre  prcfque  aulli  grand 
de  femmes  ,•  d’enfans ,  de  ferviteurs ,  8c  autres  gens  qui  n’étoient  pas  armez. 

Comme  les  generaux  ignoroient  abfolumentle  chemin  qu’ils  avoienc  réfolude 
fuivre ,  ils  députèrent  à  l’empereur  pour  le  prier  de  leur  donner  un  chef  qui 
pût  les  conduire  ,  &  de  préférer  à  tout  autre  le  comte  Raymond  en  qui 
ils  avoient  une  entière  confiance ,  à  caufe  de  fa  fageflë  ôc  de  ton  expérience. 

Alexis  en  fit  la  propofition  à  ce  prince.  Celui-ci  s’exeufa  d’abord  fur  fon 
âge  6c  fur  lès  infirmitez  ;  mais  il  le  rendit  enfin  aux  inftances  réitérées  de 
l’empereur  8c  des  croilèz.  Il  prit  donc  congé  d’Alexis,  qui  lui  donna  denou- 
velles  marques  de  fa  bienveillance,  6c  fe. rendit  enluite  à  Nicomedie  ,  où  il 
fut  reçu  avec  une  joie  univerfelle  des  troupes ,  qui  le  regardèrent  comme 
leur  gcneralilîime.  L’empereur  lui  aflociaun  de  les  capitaines  nommé  Tzita, 
avec  cinq  cens  chevaux  d’elite. 

Raymond  s’étant  mis  en  marche  à  la  tête  de  cette  nombreufe  armée  ,  la 
conduifit  par  Nicée,où  il  aflèmbla  le  confeil  de  guerre,  pour  tâcher  d’en¬ 
gager  les  chefs  à  changer  de  delTein ,  8c  à  prendre  le  chemin  de  Jerufalem  que 
les  premiers  croifcz  avoient  déjà  fuivi ,  comme  le  plus  alluré.  Eltienne  comte 
de  Blois  fe  joignit  à  lui,  mais  ils  ne  purent  rien  gagner,  6c  tous  les  autres, 
fur-tout  les  Lombards ,  perfifterent  à  vouloir  marcher  fur  la  gauche  vers 
la  Galatic,  &  entrer  enfuite  dans  le  Corazan  ,  ou  l’ancien  pais  des  Parthes. 

Raymond  fut  donc  obligé  de  les  conduire  malgré  lui  par  cette  route.  Les 
croifez  étant  arrivez  à  Ancyre  la  veille  de  S.  Jean-Baptifte,  ils  afliegerent  6c 
prirent  d’aflàuc  cette  capitale  de  la  Galatie.  Ils  paflerent  enfuite  le  fleuve 
Halys ,  dans  le  deftein  de  s’emparer  aulli  de  Gangres ,  ville  fituée  fur  les 
bords  de  ce  fleuve,  8c  habitée  par  des  chrétiens  Grecs.  Ceux-ci  avertis  de 
leur  approche ,  allèrent  au  devant  d’eux  pour  les  recevoir ,  précédez  de  leurs 
miniftres,  qui portoient l’évangile 6c  la  croix;  maison  allure b  que  les  croilèz  bdkxùMUi 
fe  jetterent  fur  eux  6c  les  maflacrerent.  Cette  inhumanité  fut  caufe  que  le  refte 
des  habitans  fe  défendirent  comme  des  défelperez ,  6c  on  ne  put  jamais  les 
forcer  à  fe  rendre. 

L’armée  chrétienne  depuis  environ  trois  femaines  qu’elle  étoit  partie  de 
Nicomedie,  avoit  trouvé  dequoi  fubfifter  commodément  :  mais  elle  n’eut 
pas  plutôt  palfé  le  fleuve  Halys ,  6c  pris  la  route  d’Amafée ,  qu’elle  com¬ 
mença  à  manquer  de  vivres.  Les  Turcs  qui  s’étoient  raflemblez  avoient  fait 
un  dégât  univerlel  dans  toute  la  campagne  ,  6c  ils  ne  ccllerent  de  harceler 
les  croifez  ,  dès  qu’ils  virent  qu’ils  s’étoient  engagez  dans  les  défilez  des  monta¬ 
gnes  de  la  Paphlagonie  6c  de  la  Cappadoce  ;  enforte  qu’un  grand  nombre 
d’entr’eux  périrent ,  foit  par  le  fer ,  foit  par  la  famine.  Pour  empêcher  les 
foldats  de  tomber  dans  les  embûches  des  infidclles  ,  on  fit  marcher  700. 
cavaliers  François  à  la  tête  de  l’armée,  6c  autant  de  Lombards  à  la  queue. 
Nonobftant  cette  précaution,  les  Turcs  attaquèrent  les  derniers  ;  6c  après 
les  avoir  diflipez ,  ils  donnèrent  fur  le  refte  de  l’arriere  garde  donc  ils  tuerent 
mille  fantaflins.  Les  croifez  au  délefpoir  de  cette  perte  6c  de  la  lâcheté  des 
Lombards  ,  réfolurent  alors  de  faire  foùtenir  l’arriere-garde  par  un  autre 
corps  ;  mais  aucun  des  princes  ne  voulut  fe  charger  de  cette  commiffion.  Le 
comte  de  Bourgogne  l’accepta  cependant  à  la  fin  ,  6c  s’étant  mis  à  la  queue 
de  l’armée  ,  à  la  tête  de  y  00.  cavaliers  pefamment  armez ,  ils  empêcha  ce 
jour-là  les  infidelles  de  rien  entreprendre.  Le  lendemain  le  comte  Raymond 
ayant  pris  la  place  de  ce  prince,  fut  attaqué  fur  les  trois  heures  après  midi 
Tome  II.  T  c  ij 


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_ 33i  HISTOIRE  GENERALE 

An.i  ioi.  par  700.  Tares  qui  le  furprirent  dans  un  défilé.  Quoique  le  terrain  fiktrès- 
defavantageux ,  ôc  que  le  nombre  des  infidellcs  augmentât  à  chaque  mo¬ 
ment  ,  ce  comte  fe  défendit  cependant  avec  beaucoup  de  valeur  *  St  ayant 
dépêché  quelques  cavaliers  à  l’armée  qui  l’avoit  déjà  précédé  de  fept  milles, 
il  tint  ferme  jufqu’à  ce  qu’un  corps  de  dix  mille  hommes  ayant  marché  à 
fon  fecours ,  les  ennemis  furent  obligez  de  fe  retirer.  Dans  ce  combat  Ray¬ 
mond  n’eut  que  trois  hommes  de  tuez  St  quelques  blelfez.  Depuis  ce  jeur- 
là  l’armée  chrétienne  marcha  toujours  en  ordre  de  bataille  St  aucun  foldat  n’ofa 
plus  s’écarter. 

Les  croifez  fe  voyant  expofez  à  une  extrême  difette  ,  depuis  quinze 
jours  de  marche  par  des  délerts  St  des  montagnes  afFreules,  Raymond  en¬ 
voya  un  corps  de  fes  Provençaux  pour  battre  la  campagne  St  chercher  de  quoi 
vivre  :  mais  ce  détachement  fut  bientôt  attaqué  St  défait  par  les  infidellcs. 
Enfin  l’armée  après  avoir  pafle  les  montagnes  delà  Paphlagonie,  entra  dans 
une  plaine  .où  elle  fe  vit  aufiî  tôt  afiaillie  par  vingt  mille  Turcs.  Les  Chré¬ 
tiens  repoulîèrent  cependant  les  infidellcs ,  6c  les  obligèrent  à  fe  retirer,  après 
leur  avoir  tué  environ  700.  hommes.  Le  lendemain  les  croifez  fe  faifirenc 
d’un  château  qu’ils  rencontreront  fur  leur  route ,  St  entrèrent  enluite  dans  de 
nouveaux  défilez,  où  les  Turcs  qui  y  avoient  drefTe  une  embufeade  ,  furpri- 
rent  St  tuèrent  700.  hommes  de  l’armée  chrétienne, 
a  Alt  ■  iad.ilij.  Le  troifléme  jour  * ,  qui  étoit  un  Lundi  de  la  fin  de  Juillet  b  ,  ou  du 

jub.  a<]  c.i}.  commencement  d’Aout ,  -les  infidellcs  étant  campez  au  voilinage  des  chré. 
note  tiens ,  St  ceux-ci  ne  pouvant  éviter  le  combat,  l’archevêque  de  Milan  fie 
XLiu.n.g.  une  exhortation  aux  troupes,  6c  les  bénit  avec  une  relique  de  S.  Ambroife 
qu’il  apportoit  avec  lui,  ôc  la  lance  de  N.  S.  que  Raymond  confcrvoit  toujours 
très-precieufement.  L’armée  chrétienne  fe  mit  enluite  en  bataille  :  les  Lom¬ 
bards  furent  placez  au  centre  de  la  première  ligne  *  le  relie  des  troupes 
fut  partagé  en  quatre  corps  qui  furent  mis  fur  les  aîles.  Le  comte  de  Bour¬ 
gogne  6c  les  liens  formoient  le  premier  -,  le  comte  Raymond  à  la  tête  des 
Impériaux  6c  des  Provençaux  commandoit  l’autrejles  Allcmans  s’etoient  rangez 
dans  letroifiéme  fous  les  ordres  du  connétable  Conradjôcle  relie  des  François 
conduits  par  le  comte  de  Blois  6e  l’évêque  de  Laon  compoloient  le  qua¬ 
trième.  Les  croifez  s’étant  avancez,  les  Turcs  s’ebranlcrent  aufli-tôt  ,  & 


c  Gnill.lyr.  1. 

10  Ml. 

Or  ier.  Vtal.p 
791. 

à  /llO.Aq.ibid. 


l'action  s’engagea.  Les  Lombards  le  battirent  d’abord  avec  beaucoup  de  bra¬ 
voure  j  mais  ayant  enfin  été  pouffez  jufqucs  vers  leurs  tentes  ,  ils  fe  déban¬ 
dèrent.  Les  Allemans  fe  défendirent  comme  des  lions,  depuis  lix  heures 
du  matin  jufqu’à  midi  qu’ils  furent  obligez  de  plier.  Les  Bourguignons  dis¬ 
putèrent  plus  long-tems  le  terrain,  6c  le  firent  hacher  en  pièces.  Le  comte 
de  Blois  combattit  jufqu’au  foir  ,  6c  ne  pouvant  plus  rclîller  il  1e  retira  alors 
dans  le  camp.  Enfin  le  comte  de  Touloule  fe  rendit  avec  fes  troupes  dans 
tous  les  polies  qui  avoient  befoin  de  fecours,  6c  fit  périr  un  grand  nombre 
de  Turcs  mais  ayant  perdu  lui-même  beaucoup  de  monde  ,  6c  les  ennemis 
faifant  de  nouveaux  efforts ,  les  Impériaux  lâchèrent  le  pied  ,  6c  le  laillerenc 
avec  les  leuls  Provençaux ,  qui  demeurèrent  la  plupart  lur  le  champ  de  ba¬ 
taille.  Ce  prince  foùtint  toutefois  le  combat  julqu’à  ce  que  fe  voyant  extrê¬ 
mement  prelîc  par  les  infidellcs  ,  dont  il  étoit  environné,  il  trouva  moyen 
de  gagner  le  haut  d’un  rocher  efearpé ,  où  il  fe  défendit  vigoureufement, 
lui  onzième ,  contre  un  grand  nombre  de  Turcs  qui  l'avoient  pourluivi.  Ce¬ 
pendant  le  comte  de  Blois  s’étant  informé  dans  le  camp  du  fort  de  tous  les 
chefs  ,  apprit  que  Raymond  combattoit  encore  dans  cet  endroit,  6c  qu’il  étoic 
dans  un  péril  évident.  Il  rallia  audi-tot  deux  cens  cuiraiîiers ,  6c  le  connéta¬ 
ble  Conrad  s’étant  joint  à  lui,  ils  volèrent  au  fecours  du  comte,  écartè¬ 
rent  les  infidellcs  qui  étoient  aux  prifes  avec  lui ,  6c  le  délivrèrent  de  leurs 
mains.  On  fait  monter  la  perte  des  derniers  à  trois  mille  :  celle  des  chrétiens 
fut  infiniment  plus  grande  :  6c  ils  c  eurent  quarante  à  cinquante  mille  hommes 
de  tuez.  Les  auteurs  ne  marquent  pas  le  nom  du  lieu  où  le  donna  cette  fiu 
nefte  bataille. 

Les  deux  armées  s’étant  retirées 11  chacune  dans  fon  campa  la  diftancede 
deux  milles ,  une  terreur  panique  s’empara  durant  la  nuit  du  comte  deTou- 


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DELANGUEDOC.  Liv.  XV. 


3iï 


loufe,  qui  ordonna  aux  troupes  Impériales  2c  aux  Tiennes  de  feller  leurs  An. not. 
chevaux,  prit  aulîï-tot  la  Tuite  avec  elles,  ôc  abandonna ainfi l’armée  chré¬ 
tienne.  Ce  prince  après  avoir  erre  d’un  coté  2c  d  autre,  fc  réfugia  enfin  au 
château  de  Polveral  qui  appartenoit  à  l’empereur.  On  prétend  *  que  Ton  »  Ord.yii.itid. 
écuyer  pénétrant  Ton  dellein ,  2c  touché  de  compalfion  pour  les  croifez ,  ren- 
verlâ  Ta  tente,  afin  de  leur  donnera  connoître  qu’il  lé  retiroit.  Quoi  qu’il 
en  Toit,  cette  fuite  précipitée  a  donné  lieu  à  quelques  liiftoriens  d’accufer 
ce  comte  d’avoir ,  d’intelligence  avec  l’empereur  Alexis ,  conduit  exprès  l’ar* 
mee  chrétienne  par  les  deièrts  pour  la  faire  périr  ,  2c  d’avoir  voulu  par  là 
venger  ce  prince  des  divers  Tujets  de  mécontentement  qu’il  avoic  reçus  des 
croilèz,  dont  il  craignoit  d’ailleurs  lesentrepriles  fur  l’empire.  Mais  outre  que 
les  b  principaux  de  ces  auteurs  conviennent  que  le  fait  ejt  incertain^  leur  temoi-  bv.Otitr.Vit. 
gnage  doit  ceder  Tans  doute  à  celui  -  de  l’hiftorien  de  Godefroy  ,  que  nous 
n’avons  fait  que  copier  ,  2c  qui  eft  d'autant  moins  fufped ,  qu’il  eft  peu  favo¬ 
rable  à  Raymond  en  plufieurs  autres  occafions  :  or  cet  auteur  contemporain, 
juftifie  *  pleinement  ce  prince  là-dcfius.  «  Il  Te  répandit  un  bruit ,  dit-il ,  «  à  Md.  m e. 
parmi  le  peuple  catholique,  que  le  comte  Raymond  2c  les  Impériaux  agillant  « 
par  les  confeils  fècrets  2c  perfides  d’Alexis  ,  conduifirent  l’armée  dans  les  « 
déferts  de  la  Paphlagonie  pour  la  livrer  à  la  merci  des  Turcs  ,  lorf-« 
qu’elle  étoit  déjà  épuifée  par  la  faim  2c  par  la  fuit'  :  mais  comme  on  l’a  « 
appris  de  perfonnes  véridiques  2c  de  gens  nobles ,  c’eft  à  tort  qu’on  accufe« 
ce  comte  d’une  perfidie  II  noire  *  car  il  avertie  plufieurs  fois  l’armée  des  « 
dangers  où  elle  s’cxpolbit  en  prenant  cette  route,  2c  lui  fit  voir  qu’il  n’y« 
avoit  aucune  fureté  à  la  tenir.  «  Cet  hiitorien  reproche  cependant  au  comte  e  îlid.c.^ 
Raymond  d’avoir  reçu  de  l’argent  2c  des  vivres  de  quelques  gouverneurs  de 
place  pour  détourner  l’armée  de  pafler  dans  leur  voifinage  ;  mais  quand  ce 
reproche,  que  le  même  auteur  n’avance  que  fur  le  bruit  public  ,  2c  qu’il 
réfuté  dans  la  fuice,  fèroit  fondé,  il  prouveroit tout  au  plus  que  Raymond 
fè  rendit  en  cette  occafion  coupable  d’avarice  ,  2c  non  pas  de  trahifon.  En 
effet ,  quelque  amitié  qu’eût  ce  prince  pour  Alexis,  il  n’eft.  nullement  vrai- 
femblablc  qu’il  eût  voulu  s’expoièr  lui. meme  à  la  faim  2c  aux  plus  grands 
dangers  }  facrifier  toutes  fès  troupes  2c  les  meilleurs  amis,  2c  combattre 
jufqu’à  l’extrémité  au  péril  de  là  vie  ,  pour  faire  périr  les  ennemis  de  cet 
empereur.  Enfin  Guillaume  archevêque  de  Tyr  f ,  auteur  très -refpe&able,  fauiii.Tjr.i.i». 
ne  die  rien  qui  puilïe  faire  foupçonner  le  comte  de  Touloufe  d’une  fi  mauvaife  (•'}■ 
action  :  cet  hiftorien  attribue  uniquement  le  malheur  des  croilèz  dans  cette 
occafion,  à  la  mauvailèfoi  d’Alexis,  qui ,  après  leur  déport ,  fit  avertir  fecre- 
tement  les  Turcs  de  leur  marche }  à  leur  défunion  ,  2c  à  une  punition  du  ciel 
pour  la  vie  débordée  qu’ils  menoient.  On  ne  peut  difeonvenir  cependant  que 
Raymond  n’ait  fait  une  faute  d’abandonner  ainfi  les  Chrétiens  à  la  merci 
des  Turcs  5  mais  c’eft  une  une  de  ces  tâches  dont  la  vie  des  plus  grands  hom¬ 
mes  n’eft  pas  quelquefois  exempte.  Le  combat  qu’il  avoit  foutenu  avec  feu 
pendant  toute  la  journée,  2c  le  péril  extrême  où  il  s’éroit  trouvé  à  la  fin, 
firent  peut-être  une  fi  forte  imprcllton  fur  lui  pendant  le  fommeil ,  que  croyant 
fe  voir  talonné  par  les  Turcs,  il  fe  leva  2c  décampa  foudainement. 

.  Au  refte  quand  nous  cherchons  à  exeufer  la  fuite  noéhirne  2c  précipitée 

de  ce  prince  ,  nous  fuppofons  la  vérité  du  fait ,  dont  Aime!  Comnene  fille  çAkxUU.t  u 

de  l’empereur  Alexis,  qui  pouvoir  en  être  très-bien  informée  ,  ne  dit  rien  :  . 

elle  paroîtmêmeaflurer  le  contraire.  »  Après  la  langlante  bataille ,  dit  cette  « 

princeflè,  qui  fut  donnée  le  Lundi,  2c  dans  laquelle  les  chrétiens  furent  «  . 

défaits  par  les  Turcs,  les  uns  2c  les  autres  en  vinrent  encore  aux  mains  le  et 

lendemain.  Les  infidelles  tenant  les  croifez  renfermez  dans  leur  camp,  &  ci  .• 

leur  ayant  coupé  les  vivres,  ces  derniers  au  défefpoir  ,  2c  refolus  de  périr  ou  et 

de  vaincre  ,  attaquèrent  vivement  les  autres  le  Mercredi  fuivant.  Cenou-ct 

veau  combat  fut  vif  ôc  opiniâtre  $  mais  les  chrétiens  furent  battus  2c  obligez  et 

de  fe  retirer,  très,  mortifiez  de  n’avoir  pas  fuivi  le  confeil  d’Alexis  ,  quice 

avoit  fait  fon  pofiible  pour  les  détourner  de  prendre  la  route  qu’ils  avoient  « 

tenue.  Us  s’adreflerenr  alors  au  comte  de  faint  Gilles  2c  au  general  Tzitaù 

que  cec  empereur  leur  avoit  donnez  pour  les  conduire ,  2c  s’informèrent  « 


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A  N. 


MOI. 


a  Â lb,A<i*  ibld « 


354  HISTOIRE  GENERALE 

»>  s’il  n’y  avoir  pas  dans  le  voifinage  quelque  pais  fournis  à  l’empire  où  Us 
»  puflent  fe  réfugier.  Ceux  qui  avoient  des  chevaux  abandonnèrent  auffi-tot 
»»  leurs  tentes  ,  leurs  équipages ,  8c  toute  l’infanterie  ,  6c  s’enfuirent  avec 
Munevîtelfe  incroyable  vers  la  côte  de  l’ Arménie.  Les  Turcs  s’emparèrent 
»>  enfuite  aifément  du  camp  qu’ils  mirent  au  pillage ,  firent  main- balle  fur 
»  tous  ceux  qu’ils  y  trouvèrent,  à  la  rélerve  de  quelques-uns  qu’ils  emrne- 
»  nerenten  elclavage  dans  le  Corafan  ,  6c  pourfuivirent  vivement  les  fuyards. 
»  C’eft:  ainfi  que  fut  diflipée  cette  nom breufe  armée.  A  l’égard  du  comte  de 
*>  S.  Gilles  8c  du  general  Tzita,  ils  arrivèrent  quelque  tems  après  à  Con- 
ftantinople  avec  le  peu  de  chevaliers  qui  avoient  pii  échapper  ,  que  l’empereur 
traita  avec  toute  l’humanité  6c  la  politeffe  polfibles ,  6c  auxquels  il  fit 
>s  diftribuer  des  fommes  confiderables. 

L’hiftorien  a  Latin  ,  que  nous  avons  déjà  cité  ,  rapporte  à  peu  près  les 
mêmes  circonftances  de  l’ilfue  de  cette  bataille.  «  On  n’eut  pas  plutôt  appris, 
«  dit-il ,  dans  le  camp  la  fuite  du  comte  de  Touloufe  ,  que  la  crainte  ayant 
»  faili  tous  les  efprits ,ôc  chacun  croyant  voir  les  ennemis  à  fes  trouflès,  aban- 
y>  donne  femme ,  enfans,  tente  6c  bagage ,  prend  la  fuite ,  6c  cherche  à  gagner 
«  Sinope  ville  foûmife  à  l’empereur.  Les  Turcs  informez  de  cette  fuite  s'em. 
»  parent  du  camp  des  chrétiens ,  y  font  un  carnage  horrible ,  le  pillent ,  & 
»  emmenent  en  captivité  un  grand  nombre  de  femmes.  Ils  fe  mettent  en. 
«  fuite  à  la  pourluite  des  fuyards  ,  6c  font  une  infinité  de  prifonniers } 
»enforte  que  les  croifez  perdirent  cent  foixante  mille  hommes  ,  tant  dans 
«  cette  déroute,  que  dans  la  bataille  qui  la  précéda.  Ceux  qui  purent  fe  fauver  à 
»  Sinope  ,  ville  htuée  fur  le  Pont-Euxin ,  trouvèrent  que  le  comte  Raymond 
>j  qui  y  étoit  arrivé  avant  eux  ,  s’étoit  déjà  embarqué  pour  Conftantinople. 
33  Les  comtes  de  Blois  6c  de  Bourgogne,  l’archevêque  de  Milan ,  6c  les  autres 
31  principaux  chefs  le  fuivirent  bientôt  dans  cette  capitale  ,  où  ils  furent  tous 
«  également  bien  reçus  de  l’empereur.  Ce  prince  parut  cependant  fort  irrité  de 
»  ce  que  Raymond  les  avoit  abandonnez ,  6c  de  ce  qu’il  etoit  parti  de  Sinope 
«  fans  les  attendre.Le  comte  s’exeufa  fur  ce  qu’ayant  été  des  premiers  à  décam- 
«  ppravec  les  Impériaux  ,  il  avoit  appréhendé  que  les  generaux  ne  le  foupçon- 
>i  naffent  de  n’avoir  pas  agi  de  bonne  foi ,  8c  d’avoir  pris  la  fuite  par  fon  confeil ; 
»  ôc  qu’ils  ne  lui  jouaflent  un  mauvais  tour.  Alexis  reçut  les  exeufes  de.  ce 
»  prince ,  fit  de  grandes  carelfes  à  tous  les  croifez ,  les  retint  à  fa  cour  pen- 
ii  dant  le  relie  de  l’été  ,  de  mqme  que  pendant  l’automne  ôc  l’hyver  fui- 
«  vans ,  8c  tâcha  par  fes  bons  traitemens  de  leur  faire  oublier  entièrement 
«  leurs  difgr aces  palTées. 

xcl_  Huit  jours  après  la  défaite  de  l’armée  chrétienne  ,  Guillaume  comte  de 


vuuwuutt*  Nevers  éprouva  un  femblable  malheur.  Après  s’être  embarqué  à  Brindes  dans 
ï/^uiuinek  Calabre  à  la  tête  de  1 5000.  mille  hommes  ,  8c  avoir  abordé  à  Thcflalo- 
de  plulicuts  nique  ,  il  fe  rendit  à  Conftantinople  ,  où  l’empereur ,  qui  lui  fit  un  accueil 
très-gracieux ,  le  fit  palier  de  l’autre  côté  du  détroit  vers  la  S.  Jean-Baptifte. 
11  avoit  d’abord  réfolu  de  fuivre  les  autres  croifez  j  mais  s’etunt  détourné 
bp«ji ad*nn.  à  droite,  il  fut  attaqué  en  chemin  par  une  armee  de  Turcs  qui  le  défirent, 
"c  o"jtV v,t*i  ^  cont'nuant  de  fuivre  8c  de  harceler  le  débris  de  fes  troupes ,  les  ré- 
t.n duiûrent  à  700.  hommes ,  avec  lefquels  il  eut  toutes  les  peines  du  monde  à 
éfo  fe  fauver  prcfque  nud  à  Antioche. 

e^yr  '  lU  Guillaume  comte  de  Poitiers  6c  duc  d’Aquitaine  n’eut  pas  un  meilleur 
d (.iofr.J.  vind.  fort.  Ce  prince  après  avoir  affilié  au  concile  de  Poitiers  tenu  au  mois  de 
Lv^ti[ir'rer.  Novembre  de  l’an  1 100.  fe  prépara  à  partir  pour  la  Terre-fainte.  On  pré¬ 
cuit.  (.10.  tendc  que  pour  fournir  aux  frais  de  ce  voyage  il  engagea  fon  duché  d’Aqui- 
Aq  18.  tame  Pour  une  f°mme  confiderable  au  roi  d’Angleterre.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai, 
«•  n  &far  '  c’eft  qu’avant  fon  départ  il  confia  l’adminiftration  de  fes  érats  pendant  fon 
abfence  d  à  Philippe  de  Touloufe  fa  femme.  11  alla  enfuite  fe  mettre  à  la 
tête  de  Ion  armée  qui  l’attendoit  dans  le  Limoufin,  6c  qui  étoit  compofée  de 
;.7-c  1.  50000 .  combattans ,  tant  Aquitains  que  Galcons ,  fans  compter  le  peuple ,  8c 


un  nombre  de  femmes.  Hugues  de  Lufignan  frere  utérin  de  Raymond 
t.  4*.  de  S.  Gilles,  l’un  des  principaux  vaffaux  de  Guillaume  ,  fe  rangea  fous  les 


enleignes.  Ce  duc  prit  en  chemin  Hugues  comte  de  Yermandois,  frere  du 


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DH  LANGUEDOC.Liv.XV,  5); _ _ 

roi  Philippe  ,  palli  le  Rhin,  &  fe  joignit  en  Allemagne  avec  Welphe  duc  An.iïoi 
de  Bavière ,  6c  lde  niarquilè  d’Autriche  qui  s’otoient  croifez.  Après  cette  jon- 
dion  leur  armée  ,  où  on  comptoir  cent  foixante  mille  perfonnes  de  l’un  6c 
■&  de  l’autre  fexe,  traverfa  la  Hongrie  &  la  Bulgarie,  &  arriva  à  Conftanti. 
nople,  d’où  après  un  féjour  de  cinq  femaincs ,  l’empereur  ayant  reçu  le 
ferment  de  fidelité  de  tous  les  chefs  qui  la  commandoient ,  lui  fit  traverfer 
le  détroit  dans  le  tems  de  la  moilîbn.  Les  Turcs  pour  l’empécher  de  fubfiller 
mirent  le  feu  dans  les  champs ,  6c  bouchèrent  les  puits  6c  les  fontaines  par 
tout  où  elle  devoir  paflèr.  Parla  les  croifezn’allerent  pas  bien  loin  làns  fe 
voirexpofez  à  ce  que  la  faim  6c  la  foifont  de  plus  cruel  *  6c  après  avoir  paffé 
4  Nicomedie  ,  ils  furent  à  peine  arrivez  à  Stancona,  qu’ils  commencèrent  à 
manquer  des  choies  les  plus  necellaires  à  la  vie.  Ils  prirent  cependant  quel¬ 
ques  places  fur  les  infidelles  j  mais  ceux-ci  les  ayant  furpris  huit  jours 
après  la  défaite  du  comte  de  Nevers  ,  en  firent  un  carnage  horrible  5  enlbrte 
que  la  plupart  des  Allemans,  des  François  &  des  Gafcons  perdirent  la  vie, 

&  que  tout  le  relie  fut  dilperfé.  Le  prince  Hugues  y  reçut  une  blerture  dont 
il  mourut  peu  de  tems  après  à  Tharfeen  Cilicie.  Hugues  de  Lufîgnan  fe  réfu¬ 
gia  auffi  dans  cette  ville.  Le  duc  XS^elphe  6c  l’évêque  de  Clermont  furent  allez 
heureux  pour  trouver  leur  falut  dans  la  fuite  ;  mais  lamarquife  lde  fut  emme¬ 
née  prifonniere.  Quant  au  duc  Guillaume ,  il  perdit  tous  fes  gens  6c  tous  les 
équipages,  &  gagna  à  pied,  non  fans  beaucoup  de  difficulté ,  accompagné 
d’un  feul  écuyer  ,  d’autres  b  difent  de  fix  perfonnes  ,  le  château  de  Longi-  7f* 

nachprèsde  Tharfe,  où  un  chevalier  nommé  Bernard  l'Etranger ,  qui  ctoit 
gouverneur  de  cette  ville  pour  les  croifèz ,  le  reçût  avec  amitié.  Tancrede 
n’eut  pas  plutôt  appris  Ion  malheur  qu’il  l’envoya  prier  de  fe  rendre  à  Antio¬ 
che,  où  il  lui  fit  tout  l’accueil  poffiblc,&  où  il  l’arrêta  pendant  tout  l’hyver.  XCIJ 

Tous  ces  malheurs  n’empêcherent  pas  plufieurs  autres  feigneurs  François  u  vicom» 
d’entreprendre  le  voyage  delà  Terre -faintc.  De  ce  nombre  furent  Bernard-  BcrDirJ'A,on 
Aton  vicomte  d’Albi ,  deNifmes,  deBeziers,  Agde,  CarcaiTonne  6c  Râlez, 
ralfal  du  comte  Raymond,  6c  Guillaume-Jourdain  comte  de  Cerdagne  ,  ne-  «  icCer4ague 
veux  b  de  ce  prince  à  la  mode  de  Bretagne.  Le  premier  étant  fur  (on  départ  voùt  ‘jmuHrc 
four  le  faint Sépulcre  ,  donna  c  le  1 1.  de  Juin  de  l’an  uoi.  avec  Ermengarde  le  comte  de 
la  mere,  vuomtcfe  de  Bergers  &  de  Carcaffonnc  ,  à  l’abbaye  de  la  Grade  le  vil-  Oricii^Mou 
lage  de  Cafillac  dans  le  comté  de  Carcalfonne.  L’aclc  cil  fouferit  par  Gui/-  d’HrmcngjrJc 
laume  neveu  de  la  même  Ermengarde.  Celui. ci  n’cll  pas  different  du  comte  de  mcrcJ<:  cc  vi‘ 
Cerdagne  dont  on  vient  de  parler  ,  6c  dont  la  mere  nommée  Adélaïde ,  Kote 
fœur  puînée  de  la  viconuclïc  de  Carcalîonne,  confirma  •'  cette  donation  au  xxvn.». i0. 
commencement  de  l’an  1103.  Le  vicomte  Bernard- Aton  étant  en  chemin  pour  £  ifS' 
Jerufilem ,  prit  fa  route  par  l’abbaye  de  S.  Guillem  du  Délèrt  où  il  pafiaau  mois 
d’Août  de  l’an  1 1  o  1 .  il  donna  *  alors  à  cette  abbaye  l’églife  de  S.  Pons  dans  le  *p.  }(s. 
dioccfe  d’Agde  ,  ce  qu’il fit  devant  la  croix  de  J.  C.  &  le  corps  du  très-glorieux  con¬ 
fiseur  Guillaume. 

Nous  jnferons  de  ces  deux  donations,  i°.  Que  le  vicomte  Bernard- 
Aton  jouilToit  encore  alors,  fous  l’autorité  de  la  vicomtefle  Ermengarde 
fa  mere  &  fous  le  titre  de  vicomte ,  du  domaine  de  Carcalîonne ,  quoi¬ 
que  Raymond-Berenger  III.  du  nom  comte  de  Barcelone  ,  à  qui  il  avoir 
promis  de  le  rendre  à  là  majorité,  fût  majeur  depuis  quelques  années.  Auffi 
eft-ce  fans  aucune  preuve  que  quelques  auteurs  e  Efpagnols  ont  avancé  que  c  Di  te,,  amd.it 
ce  comte  ayant  allcmblé  une  armée  ,  affiegea  Carcalîonne  en  1097.  &  en 
chalîàle  vicomte.  i°.  Qu’Ermengarde  adminiftra  jufqu’àfa  mort  tant  fes  pro-  iû^J..  u' 
près  domaines ,  que  ceux  du  feu  vicomte  Raymond  fon  mari ,  après  même 
que  Bernard- Aton  leur  fils  eut  atteint  l’âge  competant  pour  les  gouverner  par 
lui-même.  C.’eft  rp  nui  naroît  d’ailleurs  oar  d’autres  monument  f  anterieur,; 


avoit  alors  environ  2  5.  ans  qu’elle  gouvernoit  les  domaines  de  fa  maifon  de¬ 
puis  la  mort  du  vicomte  fon  mari.  Elle  donna  durant  fa  vie  diverfes  g  mar-  grr.p.^g.^, 
ques  de  pieté.  Bernard-Aton  fon  fils  hérita  d’elle  des  vicomtez  de  Beziers  ,W- 
Agde,  CarcaiTonne  &Rafez',  &  les  unit  avec  les  vicomtez  d’Albi  6c  deNilmes'^ 


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An. ii02. 


a  Mère.  Hifp. 


b  ltidf.S4S* 

XCi  II. 
Retour  de 
Raymond  de 
Codilantîno- 


53  «  HISTOIRE  GENERALE 

qu’il  cenoic  de  la  fucceffion  de  Ton  pere.  Ce  vicomte  devint  par  là  leplus  grand 
Seigneur  de  la  .province  après  le  comte  de  Touloufe. 

Guillaume-Jourdain  comte  de  Cerdagne  Te  prépara  de  fon  côté  au  voyage  de 
la  Terre-faune,  parun  teftament 1  qu’il  fit  le  i  3.  d’ Avril  de  l’an  1 101.  Suivant 
cet  a&e  il  dilpofa  des  comtez  de  Cerdagne ,  de  Berga ,  ôede  Confiant ,  &  de  fes 
autres  domaines  en  faveur  de  Bernard-Guillaume  Ion  frere  ,  auquel  ilfubftitua 
fucceflivement  Henri  fon  oncle  ,  Bernard  comte  de  Bezalu  ,  ôc  Raymond-Be- 
renger  comte  de  Barcelone  fes  plus  proches.  Il  partit  peu  de  tems  après ,  de 
foûtint  très-bien  en  Orient  la  grande  réputation  de  valeur  qu’il  s’étoit  acqui- 
fe b  en  Occident. 

Cependant  l’empereur  Alexis  ayant  gardé  à  fa  cour  c  pendant  l’hyver  les 
comtes  de  Bourgogne  6c de  Blois ,  &  les  autres  princes  qui  après  leur  défaite 
par  les  Turcs,  s’étoient  réfugiez  auprès  de  lui,  leur  offrit  de  les  faire  con* 
T^uacdc ^u*re  Par  touC  voudroient.  Sur  ce  qu’ils  témoignèrent  fouhaïter  d’aller  à 

lête  pnion-  Jerufaiem ,  il  fit  équipper  une  flotte  qui  les  débarqua  au  port  d’Antioche  au 
"'"ctoiïcïob-  mo's  Mars  de  Lan  11 01*  Le  comte  Raymond  ayant  demandé  en  meme 
tknoTm'fidc-  tems  la  permiflîondc  retourner  en  Syrie,  Alexis  lui  donna  fes  galeres,  de  le 
liftaocc&prcu-  combla  avant  fon  départ  de  nouveaux  bienfaits  :  mais  il  ne  fut  pas  plutôt  en 
TMiofcîous  mer  ,  qu’une  furieufe  tempête  qui  s’éleva,  l’obligea  malgré  lui  de  relâcher  à 
fa  conduite,  il  Tharfe  en  Cilicie,  ville  qui  étoit  alors  au  pouvoir  de  Tancrede  fon  ennemi 
gede Tripoli!  capital.  Bernard  l' Etranger ,  dont  on  a  déjà  parlé,  6c  qui  en  avoitle^ouverne- 
cAhxuU.i.’i.  ment  au  nom  de  ce  prince  ,  lui  donna au(fi-tôt  avis  de  l’arrivée  du  comte, 
tiAibA  1  s  s’aflura  en  attendant  de  fa  perfonne ,  6c  fe  fai  fit  de  tous  les  effets.  Tancrede 
t.M.iritw.  qui  commandoit  à  Antioche  pendant  la  prifon  de  Boemond  fon  oncle ,  fc 
1.9  e  t- &(“]<?■  fit  amener  Raymond  dans  cette  ville,  où  après  s’être  emparé  de  tous  fes 
t xfûg.^'ru/.  tréfors ,  il  le  fit  enfermer  dans  une  étroite  prilon ,  fous  prétexte  que  ce  prince 
e. étoit  caufe  de  la  défaite  des  croifez.  Les  comtes  de  Blois  6c  de  Bourgogne , 
^es  ducs  d’Aquitaine  ôc  de  Bavière,  Conrad  connétable  de  l’empereur  Henri, 
iuich.carnot.  l’évêque  de  Barcelone  ,  6c  pluficurs  autres  princes  6c  prélats  qui  fe  trouvoienc 
^"g«(î  T4ncr»d  a^ors  a  Antioche  ,  indignez  du  procédé  de  Tancrede  lui  en  firent  des  plaintes.. 
f.iV.  ”  tres-vives ,  6c  l’engagerent  enfin  à  mettre  le  comte  Raymond  en  liberté } 
chron.Mjütac.  ce  qU»q  ne  neanmoins  qu’après  avoir  éxigé  de  lui  un  ferment ,  par  lequel 
?'117'  ce  dernier  promettoit  de  ne  pas  étendre  fes  conquêtes  du  côté  d’Acre  ou  de 


À  Tulch.  C MM- 
ibid. 


promettoit 
Ptolcmaïde. 

Raymond  apres  avoir  obtenu  fa  délivrance,  fe  mit  en  marche  à  la  tête  de  tous 
ces  princes,  qui  l’élùrent  pour  leur  chef,  6c  qui  allèrent  alfieger  fous  fes 
ordres  la  ville  d’Antarados  ou  Tortofe’,  fur  la  côte  de  la  mer ,  que  lesinfi- 
délies  avoient  reprife.  Les  princes  après  avoir  ioumis  cette  place  ,  en  parta¬ 
gèrent  les  dépouilles  Scia  cédèrent  à  Raymond  ,  comme  au  plus  expérimenté 
d’entre  eux ,  8c  le  plus  capable  de  la  défendre.  La  plupart  louhaitoient  qu’il 
les  conduisit  jufqu’à  Jerufaiem  ,  6c  ils  n’omirent  rien  pour  le  porter  à  leur 
donner  cette  fatisfa&ion  -,  mais  le  defir  qu’il  avoit  de  reprendre  inceflamment 
le  fiege  de  Tripoli ,  ne  lui  permit  pas  de  la  leur  accorder,  ce  qui  fit  d  que  quel¬ 
ques-uns  piquez  de  ce  refus  l’accuferent  de  trahifon.  Ils  fe  féparerent  cepen¬ 
dant  bons  amis.  Les  princes  continuèrent  leur  route ,  6c  Baudouin  roi  de  Je- 
xufalem  étant  venu  au  devant  d’eux,  les  introduifit  dans  cette  ville,  où 
ils  célébrèrent  enfemble  la  fête  de  Pâques.  Raymond  de  fon  côté  fit  for¬ 
tifier  Tortofe  ,  pourvut  à  la  fùreté  de  cette  place ,  6c  fe  rendit  au  Mont-Pele- 
rin ,  où  il  trouva  la  comteffe  fa  femme.  Il  harcela  enfuitc  tellement  la  gar- 
nifon  de  Tripoli,  qu’il  mit  enfin  cette  ville  6c  tous  les  environs  à  contri¬ 
bution. 

Après  la  fête  de  Pâques,  Guillaume  duc  d’Aquitaine,  6c  quelques-uns  des 
princes  qui  étoient  allez  à  jerufaiem ,  s’embarquèrent  à  Juppé  pour  retour¬ 
ner  en  Europe.  Les  autres  iuivirent  le  roi  Baudouin  dans  fes  expéditions ,  8c 
eurent  le  malheur  de  périr  la  plupart  dans  une  langlante  bataille  que  le  roi  de 
Babylone ,  qui  s’étoit  avancé  jufques  dans  la  plaine  de  Rama  ,  livra  à  ce  prince 
le  17.  de  May.  De  ce  nombre  furent  les  comtes  de  Blois,  de  Bourgogne  6c  de 
Vendôme,  Hugues  de  Lufignan  frere  utérin  du  comte  Raymond,  êeplufieurs 
autres.  Baudouin  heureufement  échappé  de  cette  défaite  implora  le  fecours 

de 


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DE  LA  NGUEDOC.  Liv.  XV.  «7. _ 

de  Raymond ,  de  Tancrede  ,  &  de  tous  les  autres  princes  qui  étoient  dans  la  An.i  iox. 
Terrc-làinte  ,  &  qui  le  difpofoient  à  l’aller  lecourir ,  lorlque  fans  attendre 
leur  arrivée  il  attaqua  les  infidelles  qui  avoient  alfiegé  Jaffa  ,  leur  tua  trois 
mille  hommes  ,  èc  les  diilipa  entièrement.  Sur  ces  entrefaites  le  duc  d’Aqui¬ 
taine  ayant  été  iùrpris  en  mer  d’une  violente  tempête,  fe  vit  force  de  fe  retirer  à 
Antioche,  d’où  il  revint  à  Jerulàlem  avec  Tancrede,  au  mois  de  Septembre 
fuivant,  pour  aider  Baudouin  à  faire  le  lîege  d’Afcalon,  que  ce  prince  en¬ 
treprit  ,  mais  qu’il  fut  obligé  de  lever.  Ce  duc  fe  rembarqua  alors  de  nou¬ 
veau  ,  8c  arriva  enfin  dans  fes  états. 


Le  vicomte  Bernard-Aton ,  &  tous  les  autres  leigneurs  de  la  province  ou  xcîv. 
des  environs  qui  s’etoient  nouvellement  croifez ,  avoient  déjà  joint  le  comce  s  cXTcoml- 
Raymond  au  Mont  -‘Pèlerin  dès  le  mois  de  Janvier  de  l’an  no3.C’eft  ce  nue htiege de 
qui  paroît  par  une  donation  *  que  fit  alors  ce  dernier  de  la  moitié  de  la  Tripoli.  Naif- 
ville  deGibiet,  fituée  entre  Tripoli  ScBcryte,  en  faveur  de  l’abbaye  de  làint  £“0,,^!,  “* 
Victor  de  Marfeille,  8c  du  cardinal  Richard  qui  en  étoît  abbé ,  &  dans  laquelle  ion  fils. 
il  fe  qualifie  Raymond  par  la  grâce  de  Dieu  ,  comte  de  S.  Gilles ,  marquis  de  Pro-  x  103. 
vence,  &  prince  de  la  milice  chrétienne  qui  efi  fur  le  chemin  dejerufalem.  Raymond 
déclare  qu’il  fait  cette  donation  tant  pour  la  rcmifjîon  de  fes  péchez^  que  de  la  ,  'i' 
petite  chrétienté  qui  étoit  avec  lui  3  &  qui  l' avait  élit  pour  chef  &  pour  prince  -,  en 
reconnoiflànce  des  fervicesque  ce  cardinal  ne  ce/Toit  de  lui  rendre,  &  par  lecon- 
fcil&le  confentement  de  Guillaume  comte  d’Auvergne,  de  Bernard  vicomte  de 
Beziers,  d’Aicard  de  Marfeille  ,  8c  de  Berenger  de  Narbonne,  compagnons 
d’armes* ,  qui  fouferivirent  après  lui  avec  Pierre  évêque  de  Glandeve ,  8c  plu-  *Commilifo- 
fieurs  autres  leigneurs.  L’acte  eft  daté  du  château  qu’on  appelle  le  Mont-Pcle~  num'  • 
rin ,  fitui  devant  la  porte  de  Tripoli.  Berenger  de  Narbonne  dont  on  vient  de 
parler,  étoit  frere  b  d’Aimeri  I.  vicomte  de  cette  ville.  Nous  ignorons  s’il  bPr.p.jio. 
accompagna  Raymond  dans  la  première  croifade  ,  ou  s’il  fut  feulement  join¬ 
dre  ce  prince  en  x  1  o  1 .  avec  le  vicomte  Bernard-Aton. 

On  apprend  par  cette  charte  que  Raymond  continuoit  le  fiege ,  ou  plutôt 
le  blocus  de  Tripoli  au  commencement  de  l’an  r  103.  avec  le  renfort  qui  lui 
étoit  venu  de  France.  La  même  année c  Elvire  de  Caftille  là  femme,  princeiîë  c  CMl 
aulü  diftinguée  par  fa  fageflè  que  par  là  pieté1,  accoucha  dans  lé  même  cha-  Ua.c  f^' 
teau  d’un  fils  qui  fut  nommé  Alfonfe }  du  nom  du  roi  de  Caftille fon  ayeul ,  Sc  fur-  R°d-  To!d-s- 
nommé  Jourdain ,  parce  quil  fut  baptifé  dans  le  fleuve  de  ce  nom  ,  où  il  avoit  r'V.  note 
été  apporté  quelque  tems  après  fa  naiflànce.  xmin.  lo 

Lorfque  Raymond  de  S.  Gilles  donna  la  moitié  de  Giblet  à  l’abbaye  de  xcv 
S.  Victor  de  Marfeille,  il  n’étoic  pas  encore  maître  de  cette  ville,  mais  lèu-  Raymond  <jc 
lement  dans  le  delTein  de  la  conquérir  à  la  première  occalion  favorable ,  ^efjl”cvS|1^0je 
qui  fe  prefenta  bientôt.  Une  flotte  d  de  70.  voiles  que  les  Pifans  8c  les  Ge-  Gibier.  Suite 6 
nois  envoyoient  au  fecours  de  la  Terrc-làinte,  ayant  abordé  vers  la  fin  de  *f««xi*di- 
l’année  fur  les  côtes  de  Laodicée,  où  elle  pallà  l’hyver ,  Raymond  perfuada  fJ'ii.  /. 
aifément  aux  capitaines  qui  la  commandoient  de  l’aider  dans  cette  entre-  C  l6- 
prife.  Ils  prirent  cnfemble  toutes  les  mefures  convenables .-  ce  prince  rafîèm- 
bla  toutes  fes  troupes  à  Tortofe  au  mois  de  Mars  de  l’an  1 104.  alfiegea  Gi-  '  1  lQ  — ' 
blet  par  terre,  tandis  que  la  flotte  Genoilè  l’attaqua  par  mer  ,  8c  poullà  le  * 
fiege  avec  tant  de  vigueur,  qu’enfin  il  obligea  la  place  à  fe  rendre.  Après 
l’avoir  unie  à  l’on  domaine,  il  reprit  le  fiege"  de  Tripoli,  &  fit  de  nouveaux  e/w.ft 
efforts  pour  foumettre  cette  ville  :  mais  comme  les  pertes  qu’il  avoit  déjà  j°- 
faites  avoient  beaucoup  diminué  fon  armée,  il  conclut  une  trêve  de  lëpt  ans  M*lm’ 
avec  les  habitans.  Il  la  rompit  bientôt  après,  ayant  furpris  dans  le  châ-  aUxi*d.l.iu 
teau  du  Monc-Pelerin  un  homme  de  Tripoli  qui  portoit  fous  lès  habits 
un  poignard  empoifonné  dans  la  réfolution  de  l’aflâffiner.  Il  recommença 
dès-lors  les  hoftilitez  contre  cette  ville  ;  8c  foûtenu  d’un  nouveau  renfort 
qu’il  reçut,  il  en  pourfuivic  l’attaque.  Toutes  ces  tentatives  devinrent  cepen¬ 
dant,  inutiles ,  parce  que  la  ville  avoit  une  communication  libre  avec  la  mer, 

&  qu’elle  recevoit  par  là  tous  les  fecours  dont  elle  avoit  befoin  pour  là  défenfe.  Mj^rjcas 
Les  fatigues  du  fiege ,  8c  les  travaux  que  Raymond  avoir  effùyez  dans  ,,rm«.  te  *«- 
tout  le  cours  de  la  guerre  fainte  ,  altérèrent  extrêmement  fa  lànté  ,  de  il DKICS  <,,|poû- 
tomba  dangereufement  malade  au  commencement  de  l’an  1105.  Se  voyant  éloge?" 

Tome  II.  V  u 


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An. 1 105. 
a  Aid. . 

GuilLTÿr.l.  1  !• 
<-t. 

Fulcb. Carnet, 
l.l.c.  19. 

Gf/h  Francor. 
txfug.  tyru;. 
M. 

b  G«i//.  Tÿr. 
A  lu  f.9. 
cft’-f-joj.é' 

H- 


538  HISTOIRE  GENERALE 

dans  ccc  état  il  donna  ordre  aux  affaires  de  fa  confciencc ,  de  fa  famille ,  & 
de  l’expedition  dans  laquelle  il  s’étoit  engagé.  11  fie  a  venir  Guillaume-Jour¬ 
dain  fon  neveu  à  la  mode  de  Bretagne  ,  le  déclara  general  de  toutes  les  trou¬ 
pes  qui  étoient  fous  fes  ordres,  lui  donna  le  gouvernement  ôc  l’adminiflra- 
tion  de  toutes  les  places  qu’il  avoir  conquifes,ouqu’ilavoitentrepris  delôu- 
mettre,  &  en  difpofa  en  là  faveur  comme  d’un  bien  héréditaire.  Ces  places 
étoient  au  nombre  b  de  quatre  ,  Ravoir  Archos,  Giblet ,  Tortofe  ôc  Tripoli, 
outre  le  Mont-Pelerin  qu’il  avoir  conftruit. 

Nous  avons  un  codicille  de  c  Raymond  daté  du  Mont-Pelerin  en  Syrie  le 
dernier  de  Janvier  de  l’an  i  xoy.  dans  lequel  il  ne  prend  que  la  qualité  de 
comte  de  S.  Gilles.  Il  déclare  qu’il  fait  cet  a&e  à  l’article  de  la  mort,  pour 
réparer  le  tort  que  lui’ôc  fes  predeceflèurs  avoient  fait  1  l’églife  d’Arles,  tou¬ 
chant  la  terre  ou  pais  d’Argcnce  fitué  le  long  du  Rhône  ,  dont  il  avoit  di/l 
fofl  en  faveur  de  fes  fils.  Il  ordonne  à  ceux-ci  dercftituercedomaineà  cette 
églife ,  à  laquelle  il  rendit  lui-même  le  village  de  Fourques  qui  en  dépen- 
doit.  Il  donne  de  plus  à  la  même  églife  ,  6c  à  Gibelin  qui  en  étoit  archevê¬ 
que,  le  quart  des  châteaux  d’Albaron  ôc  de  Fos  dans  le  diocèfc  d’Arles  ,  que 
fes  devanciers  avoient  pofledé  injuftfcment ,  avec  la  quatrième  partie  des  p⬠
turages  6c  de  la  leude  ou  peag ede  la  ville  d'Arles.  11  charge  Bertrand  &  fes 
fucccjfeurs ,  de  même  que  fes  vaflaux  6c  fes  amis,  d’executer  lur  cela  fa  volonté, 
en  mémoire  des  bienfaits  qu’ils  avoient  reçus  de  lui.  L’acte  eft  fouferit  par 
Aymar  évêque  de  Toulon,  Raymond  de  Baux  ,  Dccan  de  Pofquieres ,  Ber¬ 
trand  Porcelet,  6c  quelques  autres  feigneurs  Provençaux  ou  Languedociens* 
Ôc  en  dernier  lieu  par  la  comtcfle  Gervilc  ou  Elvire  fa  femme,  6c  Alfonfe 
leur  fils. 


i  as  ss  or  J.  Raymond  de  S.  Gilles  vécut  encore  un  mois.  Il  ordonna  d  avant  fa  morti 

pm.iJTû.  ‘  Arbert,  moine  de  la  Chaifè-Dieu,  qu’il  avoir  nommé  à  l’évêché  de  Tripoli,  de 
rapporter  dans  cette  abbaye,  à  laquelle  il  fit  desprefens  magnifiques,  la  tafle 
de  S.  Robert  qu’il  y  avoit  prife  à  fdn  départ  pour  la  Terre-fainte ,  6c  qu’il 
avoit  toujours  portée  avec  lui  par  dévotion  envers  ce  faint }  ce  que  ce 
prélat  exécuta  fidèlement  ,  quelques  années  après  ,  lorfqu’il  repaifà  la 
eü«;tf.2)r./.u.  mer.  Enfin  Raymond  dccedae  plein  de  jours  6c  de  mérites  le  dernier  de  Fé- 
^GiH.Tranror.  vrier  de  l’an  noy.  dans  le  château  du  Mont-Pelerin  où  il  fut  inhumé {.  Un 
moderne  g  prétend  que  fon  corps  fut  apporté  dans  la  fuite  en  France  par  Guil- 
*i  *Aib.Aq.i.9.  laume  de  Montpellier,  mais  il  n’y  a  nulle  preuve  de  ce  fait;  il  paroît  h  au 
c. 31.  contraire  que  le  corps  de  Raymond  demeura  toujours  inhumé  dans  ce  même 
château. 

7'  Tous  les  hiftoriens  '  du  tems  font  un  grand  éloge  de  ce  prince ,  ôc  rien  n’eft 
h AibAj,i.9.  pius  glorieux  pour  lui,  que  ce  qu’en  dit  Guillaume  de  Tyr,  l’un  des  plus 
Tr'caîb.!. i.e.  refpedables d’entr’eux.  «  L’an  i  iof.  le  dernier  de  Février,  dit  k  cet  hiftorien, 
n.&c.  «mourut  Raymond  comte  de  Touloufede  bonne  mémoire,  véritable  confcf- 
iiïd.  Qu,ll'Tjr'  «feur  de  J.  C.  dans  la  ville*  qu’il  avoit  fondée  devant  Tripoli ,  ôc  qu’on  ap- 
*  Oppidum,  «pelloit  Mont-Pelerin.  C’étoit  un  homme  religieux  ,  craignant  Dieu,  ôc 
«  recommandable  en  tout  5  dont  les  actions  admirables ,  6c  la  vie  remplie  de 
«vertus  demanderoient  un  traité  particulier.  Sa  confiance  mérite  fur-touc 
«  d’être  admirée  j  car  après  avoir  entrepris  le  faint  pèlerinage  pour  l’amour  de 
«J.  C.  il  ne  dédaigna  pas  de  le  continuer  avec  patience  juf  qu’à  fon  dernier, 
»  foupir.  Etant  très-illuftre  ôc  très-puilïànt ,  il  auroit  pu  vivre  dans  l’abon- 
»  dance  au  milieu  de  fa  patrie  :  mais  il  préfera  d’être  petit  au  fervice  du  Sci- 
«  gneur  ,  6c  de  vivre  éloigné  de  fon  pais  ôc  de  fa  famille.  Les  autres  princes 
«qui  s’étoient  engagez  dans  la  même  entreprife,  après  avoir  accompli  leur 
«  vœu  par  la  prife  de  Jerufalem  ,  s’en  retournèrent  chez  eux  :  dès  que  celui-ci 
«  eut  pris  une  fois  la  croix ,  il  ne  voulut  plus  la  quitter ,  ôc  il  réfifta  à  fes  amis  6c 
«  à  fes  domeftiques,  qui  le  preffoient,  après  cette  expédition,  de  retourner  dans 
«  fon  pais  où  il  étoit  extrêmement  déliré.  Il  aima  mieux  s’offrir  en  holocaufte 
«  au  Seigneur ,  que  de  reprendre  la  vie  du  fiecle  -,  ôc  imiter  en  cela  notre 
«  Maître,  qui  ayant  confômmé  fa  pafiîon ,  voulut  plutôt  être  ôté  de  la  croix 
«  par  des  mains  étrangères ,  que  d’en  defeendre  lui-même ,  ainfi  qu’on  le  pref- 
«fôit  de  le  faire,  pour  accomfdr  entièrement  l’ouvrage  de  notre  làlut.  «  Tel 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV. 


H* 


eft  l’éloge  que  fait  de  Raymond,  Guillaume  archevêque  de  Tyr,  (gavant &  AN.itoJk 
illuftre  prélat. 

On  peut  ajouter  ce  que  rapporte  de  ce  prince  à  l’occafion  du  fiege  de  Ni- 
cée,  l’hiftorien  deTancrede,  auteur  qui  n’eft  pas  certainement  lulpcct.» Ray¬ 
mond  de  S.  Gilles 3 ,  dit  cet  hiftorien,  arriva  le  dernier  au  lîege  :  je  dis  le  der-  «  iGtji.T.ncrU. 
nier  ,  par  rapport  au  tems  ,  mais  non  pas  eu  égard  aux  richeflès ,  à  la  puil-  «  c%  'J  H;/?  M[. 
fance,  à  la  capacité,  &  au  grand  nombre  de  troupes  dont  il  etoirfuivi  *  car  «/*».««/.  u*i. 
il  fut  des  premiers  en  toutes  choies,  6e  lorfque  les  autres  eurent  confuiné«  «•7  -f-nt- 
leurs  biens ,  il  répandit  les  liens  avec  profulion.  Cette  nation ,  continue-t-il,  « 
parlant  des  fujets  de  Raymond ,  mene  une  vie  frugale ,  6e  eft  plus  actentive  « 
à  épargner,  qu’à  vivre  avec  oftentation.  Elle  apprit  à  être  ménagère  par  « 
l’exempte  d’autrui  j  ainlî  ces  peuples  prévoyant  ce  qui  arriva  en  effet,  conièr-  « 
verent  leurs  biens  ,  tandis  que  les  François  prodiguèrent  les  leurs  :  ils  fe« 
trouvèrent  par  là  en  état  de  ne  pas  laiffer  dans  l’indigence  leur  comte,  prince  « 
amateur  de  l’équité ,  vengeur  de  l’injuftice  ,  agneau  avec  les  humbles ,  &.  lion  « 
avec  les  fuperbes.» 

Guillaume  b  de  Malmelbury, hiltorien  Anglois,qui  écrivoit  peu  de  tems  après b  Guüt.Mxim. 
la  mort  de  Raymond  de  S.  Gilles ,  lui  donne  auifi  beaucoup  de  louanges  j 
on  doit  s’appuyer  d’autant  plus  fur  le  témoignage  de  cet  auteur  ,  qu’on  lçait 
qu’il  panche  plutôt  vers  la  médifance  que  vers  la  flaterie.  Il  loue  ce  comte 
lur  fa  valeur ,  fa  pieté ,  fon  a&ivité ,  fa  vigilance ,  fon  courage  6e  là  fermeté  à 
refuferà  l’empereur  Alexis  l’hommage  que  ce  prince  éxigeoit  de  lui.  Il  exalte 
fa  patience  ôc  fes  travaux  durant  la  guerre  fainte  }  6c  ajoute  qu’il  fut  toujours  le 
premier  au  travail,  ôcle  dernier  au  repos:  il  loue  encore  fon  défintereiîèment 
&  la  bonne  foi ,  fur  ce  qu’ayant  occupé  le  premier  la  ville  d’Antioche ,  6e  la 
tour  deDavidàJerufaicm,  il  céda  la  première  à  Boemond,  &  l’autre  à  Go¬ 
defroy.  Il  prétend  cependant  que  Raymond  s’écarta  de  ce  definterellêment 
dans  l’affaire  d’Afcalon  ,  6c  il  l’accule  d’incontinence.  «L’amour  de  la  guère, « 
dit-il^  Lui  fit  négliger  de  prendre  une  femme  légitimé,  6c  il  n’eut  que.  des  «  . 
maîtreflès,  jufqu’à  ce  qu’il  époufa  fur  fes  vieux  ans  El  vire  de  Caftille,  «  On  a 
déjà  juftifie  Raymond  fur  le  premier  article  ,  qui  elt  l’affaire  d’Alcalon  -,6c  il 
eft  certain  que  cet  hiftorien  le  trompe  fur  le  fécond  :  car  outre  que  Raymond 
avoir  époufé  fuccelîivement  deux  femmes  c  légitimés  avant  que  de  lé  marier  cxotexü. 
avec  Elvire,  Anne°  Comnene,  qui  avoir  eu  occalion  de  connoîtreà  fond  ce  à  *kx:Aa.io. 
prince  durant  le  long  féjour  qu’il  lit  à  la  cour  de  l’empereur  Alexis  fon  pere, 
le  loue  beaucoup  fur  la  pureté  de  fes  mœurs,  6e  lur  l’amour  qu’il  avoir  pour  la 
chafletè  j  làns  parler  de  fa  candeur  ,  de  fa  lincerité,  de  là  prudence,  6c  de  fes 
autres  vertus  civiles  êe  militaires  dont  elle  fait  un  grand  éloge.  Mais  ce  qui 
mérite  une  attention  linguliere,  6e  dont  les  divers  auteurs  qui  ont  parlé  de  ce 
comte  n’ont  pas  fait  mention  ,  c’eft  qu’ayant  un  compétiteur  dangereux  au 
comté  deTouloufe  en  la  perfonne  du  duc  d’Aquitaine,  mari  de  Philippe  fa 
niece,il  s’expofa,  en  quittant  fes  états  pour  aller  à  laTerre- fainte, à  les  perdre  en¬ 
tièrement  ,  foit  pour  lui ,  foitpour  fapofferité  -,  car  ce  duc  les  envahit  pendant 
lonabfence,  ce  qu’il  n’eût  olé  entreprendre ,  fi  Raymond  eût  demeuré  dans 
le  païs,  &  s’il  n’eût  préféré  une  expédition  qui  l’engagea  dans  des  dépenfes  im- 
menfesêc  durant  laquelle  il  foutint  des  travaux  infinis,  à  tous  les  domaines  de  la 
terre ,  fans  aucune  elperance  de  récompcnfe  en  ce  monde.  Il  donna  fur-tout  des 
preuves  de  ce  détachement  par  le  refus  qu’il  fit  par  deux  fois  de  la  couronne 
dejerufalem. 

Nous  achèverons  l’éloge  de  Raymond  par  le  portrait  qu’a  fait  de  lui  un 
célébré  hiftorien  du  dernier  fiecle ,  lequel  a  raffemblc  fous  un  feul  point  de 
vue  ce  que  les  anciens  en  ont  dit  de  plus  avantageux ,  6c  n’a  pas  dilfimulé  fes 
défauts.»  C’étoit  un  prince  ,  dît  cet  auteur  %  d’une  grande  majefté,  êc  dans  et  e  hift. 
qui  fon  âge,  déjà  fort  avancé ,  qui  le  rendoit  plus  venerable  par  fes  cheveux  «  de[^’L i/u 
blancs,  éc  plus  éclairé  par  l’experience  que  la  vieilleflè  apporte,  avoita^*1*  J‘V 
augmenté  les  forces  de  l’efprit ,  fans  rien  diminuer  de  celles  du  corps  qu’il  « 
avoittrcs.robufte ,  êc  très  capable  des  fatigues  de  la  guerre.  Il  yavoit  acquis  « 
une  très-grande  réputation  ,  principalement  en  Efpagne,encombactanc  con-« 
tre  les  Maures ,  pour  Alfonfe  le  Grand  roi  de  Caftille ,  qui  lui  donna  fa  « 

Tome  II.  y  u  ij 


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An.i  105. 


a  GuibJ.  t.r.lg. 


b  Non 
XXXII  n.^ 


c  GniU.  Malm. 
I.4. c.t. 

*  In  quodam 
ducllo. 

J  Fr.  f.  34J. 


340  HIST.  GEN.  DE  LANGUEDOC.  Liv.  XV. 

»  fille  Elvire  en  mariage ,  pour  récojnpcnfer  fa  valeur,  donc  il  porta  de  glo- 
«rieufes  marques  fur  Ton  vifage ,  ayant  perdu  un  œil  d’un  coup  de  flèche  ,ce 
«  qui  rehaufloit  encore  l’éclat  de  fa  bonne  mine  devant  les  foldats ,  qui  l’a, 
»  voient  en  finguliere  vénération.  Il  polfedoit  au  refte  dans  le  fond  de  l’ame 
»>  toutes  les  bonnes  qualitez  qu’on  pouvoir  fouhaicer  pour  en  faire  un  grand 
«  prince  fie  un  honnête  homme,  aimant  fur  toutes  choies  l’honneur ,  la  ju_ 
»ftice  fie  la  bonne  foi,  gardant  inViolablement  la  parole  ,  vigilant ,  fage, 
»  prévoyant  à  tout ,  magnifique,  prudent  dans  lesconfeils,  ferme  fie  inébran- 
»  labié  dans  les  réfolutions  :  mais  il  faut  avouer  que  malgré  fon  âge  fie  toute  fa 
»>  prudence  ,  il  rctenoit  encore  beaucoup  du  genie  fie  du  feu  de  fon  climat  j 
»  qu’il  étoit  fort  opiniâtre,  fie  n’aimoit  point  du  tout  qu’on  l’ofFenfàc  impunc- 
»ment,niqu’ons’oppolatà  fes  fentimensfie  à  fes  volontez.  »  Il  n’y  a  que  deux 
remarques  à  faire  fur  ce  portrait.  1 9.On  nous  reprelènte  Raymond,  après  quel¬ 
ques  anciens  ,  comme  déjà  fort  vieux ,  lorfqu’il  partit  pour  la  Terre-fainte: 
mais  quoi  qu’il  fût  le  plus  âgé 3  de  tous  les  princes  qui  s’engagèrent  dans  cette 
entreprile,  il  n’étoit  alors  rien  moins  qu’un  vieillard  ,  fie  on  ne  fçauroic 
prouver  qu’il  fût  néavant  l’an  1041.  ou  1042.  En  effet  Almodis  fa  mereavoic 
été  déjà  mariée  fie  avoit  eu  des  enfans  avant  que  d’epoufer  en  fécondés  noces 
Pons  comte  de  Touloulê  fon  pere*  fie  cette  princelfe  ayant  paire1'  à  de  troiliémes 
avec  le  comte  de  Barcelone  en  1054.  elle  eutcncore  depuis  plufieurs  enfans  de 
ce  dernier.  Raymond  de  S.  Gilles  avoit  donc  tout  au  plus  jy.ans  lorfqu’il 
partit  pour  la  Terre-fainte,  fie  environ  64.  lorfqu’il  mourut.  Il  n’y  a  aucune 
preuve  que  ce  prince  eût  perdu  un  œil  en  combattant  contre  les  Maures  d’EL 
pagne  ,  comme  l’hiftorien  dont  nous  venons  de  parler  femble  le  faire  entendre. 
Un  ancien c  auteur  prétend  que  ce  fut  dans  un  combat  fmgulierj  *  il  ajoûte 
que  ce  prince  faifoit  gloire  de  cette  blelfurc. 

On  a  parlé  ailleurs  des  trois  femmes  que  Raymond  de  S.Gilles  époula  fuccelfi- 
vement,  fie  dont  il  eutd  plufieurs  fils  fi e  plufieurs  filles.  On  ignore  leur  nom, 
excepté  de  Bertrand  fils  aîné  du  premier  lit,  fie  d’Alfonfe  fils  de  la  troifiéme 
femmè  de  ce  prince ,  auquel  ils  furvêcurent  l’un  fie  l’autre.  Raymond  avant  Ion 
départpour  laTerre-lainte  avoit  difpofécn  faveur  du  premier  de  tous  les  états, 
qui  s’étendoient  depuis  la  Garonne  fie  les  Pyrénées ,  jufqu’aux  Alpes ,  fie  dont 
il  ne  pofledoit  prelque  rien  à  la  mort  du  comte  Pons  fon  pere.  Il  avoir  trouvé 
moyen  de  réunir  fuccefiîvement  tous  ces  grands  domaines  en  fa  perfonne  par 
droit  de  fucceflion ,  fie  il  éleva  par  làfamaifonauplushaut  degré  depuifiance 
où  elle  eût  jamais  été ,  fie  dans  lequel  elle  fe  maintint  dans  la  Tuite.  Quelques 
auteurs  ont  tfaité  à  la  vérité  Raymond  d’ufurpateur ,  fie  l’ont  accufe  d’avoir 
envahi  la  plûpart  des  pais  qui  compofoient  fon  domaine  :  mais  c’eft  pour 
n’avoir  pas  allez  compris  les  droits  légitimés  qu’il  y  avoit,  fie  que  nous  avons 
tâché  de  développer  ailleurs.  Bertrand  fucceda  donc  à  fon  pere  dans  le  comté 
de  Touloufe ,  le  duché  de  Narbonne  fie  le  marquifat  de  Provence  ,  fie  en  divers 
comtez  particuliers  de  l’Aquitaine  ,  du  Languedoc  fie  de  la  Provence  qui 
étoient  compris  fous  ces  titres ,  entr’autres  dans  les  comtez  de  Rouergue,  d’Al- 
bigeois  fie  de  Querci. 

Quant  à  Alfonfe-Jourdain ,  fils  puîné  de  Raymond  de  S.  Gilles  ,  nous 
ignorons  quel  fut  d’abord  le  partage  de  ce  prince,  qui  à  peine  avoit  alors 
atteint  l’âge  de  deux  ans.  Il  paroît  feulement  qu’il  demeura  encore  quelque  tems 
au  château  du  Mont-Pelerin  avec  Elvire  de  Caftille  fa  mere ,  fous  la  protection 
de  Guillaume-Jourdain  comte  de  Cerdagne  foncoufin  ,  à  qui  Raymond  avoit 
laiffé,  comme  on  l’a  déjà  dit,  fes  conquêtes  de  la  Terre-fainte,  comme  à  celui 
de  fes  proches  qui  fe  trouvant  fur  les  lieux  étoit  plus  en  état  de  les  défendre  fie 
de  les  continuer. 


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HISTOIRE 

GENERALE 

D  E 

LANGUEDOC 

LIVRE  SEIZIÈME. 

E  R.  t  r  a  n  d  fils  aîné  &  fucceflèur  de  Raymond  de  An.i  toj. 
S.  Gilles ,  après  avoir  recouvré  le  comté  de  T ouloule  fi[ 
que  Guillaume  IX.  duc  d’Aquitaine  avoir  envahi  lur 
lui,  jouit  depuis  tranquillement  de  ce  comté  &  de  Raymond  de 
tous  les  autres  domaines  que  le  comte  fon  pere  avoit  î^riwïan. 
poflèdez,&  que  ce  prince  lui  avoit  laiflèzen  partant  Upodcffionde 
pour  la  croifade.  Nous  voyons* en  effet  qu’ille  quali-  ^ 

fioit  vers  l’an  1 1  o  i .  comte  de  T ouloufe ,  de  Roucrgue  &  /«*. 
d' Albigeois ,  &  nous  apprenons  d’ailleurs  qu’il  domi- 
noit  l’année  fuivante  le  long  du  Rhône. 

C’eft  ce  qui  paroît  par  l’union  b  qui  fut  faite  le  19.  de  Mars  de  l’an  nor.de  b^.3j8. 
l’ancienne  abbaye  de  S.  Romain  d 'Aculcia,  fituée  fur  ce  fleuve  dans  le  voifinage 
de  Beaucaire,  à  celle  de  Pfalmodi ,  &  qu’il  autorifa.  Le  premier  de  ces 
deux  monafteres  ne  fut  plus  depuis  qu’un  prieuré  conventuel  ,  qui  fut  fécula. 
rifé  en  1538.  avec  l’autre,  dont  il  dépendoit.  Les  religieux  de  Pfalmodi 
devenus  chanoines ,  cederent  enfuite  le  prieuré  de  S.  Romain  à  un  leigneur 
féculier ,  dont  les  fuccefleurs  en  ont  fait  un  château. 


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_ 34*  HISTOIRE  GENERALE 

An.iioj.  Bertrand  comte  deTouloufeautorifaaufli  aen  1 104.  une  vente  en  faveur  de 
a  frf  j <!■,.  l’abbaye  de  Moiflàc  :  preuve  que  ce  prince  éccndoit  la  domination  lur  le  Querci. 
bp.j66.&/ej.  Enfin  nous  avons  une  donation  faite  en  1  ioj.  b  à  l’abbaye  de  Lezat  ,  Ber¬ 
trand  étant  comte  de  la  ville  de  T ouloufe ,  du  lieu  appelle  alors  la  Salvetac  de 
S.  Jacques ,  &  anciennement  Quincian  ,  par  Hugues  cardinal  chapelain  de 
ïéÿife  de  Compoftelle,  à  la  charge  que  la  même  abkaye  payeroit  tous  les  ans 
à  cette  églife  quinze  fols  monnoye  de  Tours.  Hugues  fit  cette  donation  en¬ 
tre  les  mains  d’Ifarn  évêque  de  T ouloufe  ,  fie  par  ordre  de  l’évêque  de  Coin- 
poftellc  nommé  Didace ,  prélat  fort  affectionné  à  l’ordre  de  Cluni  d’où  dé* 
pendoit  l’abbaye  de  Lezat  ,  lequel  quelque  tems  auparavant  avoit  pâlie  â 
c>.  Mab.ad  Toulon  le  en  allant  cà  Rome  pour  y  recevoir  le  pallium  des  mains  du  pape 
A"d  v°no7£  IL  Ifarn  évêque  de  Touloufe  n’étoit  donc  pas  décédé  d  en  1100. 

xix.  n.  11.  comme  quelques  auteurs  l’ont  avancé  j  fie  Amelius  ne  lui  lucceda  par  confé- 
quent  au  plutôt  qu’en  1105. 

n.  Le  vicomte  Bcrnard-Aton  revint  de  la  Terre-faintc  peu  de  tems  après  la 
Mathci'i'iTlîUc  niort  de  Raymond  de  faint  Gilles.  Il  maria  en  effet  le  19.  de  Décembre  de 
aiDcc  aii’vi.  l’an  1  ioj.  e  Matheline  fa  fille  aînée  ,  avec  un  des  principaux  fèigneurs  du 
=B—>-  diocèfè  de  Bcziers  nommé  Arnaud  ,  fils  de  Guillaume  Alfaric  fit  d’Engclrade, 
e rr.p.'i67.&  lcfqücis  lui  donnerenc  en  faveur  de  ce  mariage,  le  château  de  S.  Nazaire  dans 
fai-  le  comté  de  Narbonne,  celui  de  Sauvian  dans  le  comté  de  Beziers ,  &  outre 
cela  par  préciput  après  leur  mort,  celui  de  Porcian,  ce  qu’ils  poflèdoientaux 
environs  de  la  riviere  d’Eraut  vers  l’Orient,  le  château  de  Tcfan  ,  les  fiefs 
qu’ils  tenoient  du  vicomte  de  Beziers  &  le  village  de  S.  Marcel  dans  le 
comté  de  Narbonne.  L’aéte  eft  fouferit  par  Agnès  de  Sauvian,  mere  d’Engel- 
rade  ,  fie  par  divers  feigneurs  du  pais.  La  même  Agnes,  Engclrade  fa  fille,  ôc 
Guillaume  Alfaric  mari  de  la  dernicre,  avoient  vendu  le  17.  de  Novembre 
précèdent  au  vicomte  Bernard- Aton  ,  Se  à  fa  femme  Cecile  ,  le  fauxbourg  de 
Beziers  qui  avoit  appartenu  à  Gaucelin-Arnaud. 
frl.Pr,,  m  ^  Ce  dernier  f  avoit  eu  d’Engelrade  fa  femme  ,  Guillaume-Arnaud  de  Beziers, 
ctriulAn'abb.  mort  fans  pofterité  ",  Se  Agnès  donc  on  vient  de  parler.  Celle-ci  hérita  du 
d'Amane.  fauxbourg  vicomtal  de  Beziers,  fie  époufa  le  lèigneur  de  Sauvian  dans  ce  dio¬ 
cèfè.  Elle  eut  de  ce  mariage  un  fils  nommé  Guillaume  mort  fans  enfans, 
fie  Engclrade  de  Sauvian  ,  femme  de  Guillaume  Alfaric ,  laquelle  s’etoit  rema¬ 
riée  en.  fécondes  noces  en  1 1  n.fie  1 113 .avec Elcazar  de  Cajlnes  fils  dAujiheXjï 
même  Engclrade  eut  aufii  une  fille  nommée  Agnès  qui  epoufâ  Gaucelin  de 
Clarct. 

Il  paroît  que  Guillaume-Arnaud  ,  mari  de  Matheline  ,  fille  du  vicomte 
Bernard-Aron  étoit  déjà  mort  fans  entans  en  1 1 11.  Nous  trouvons  en  n  j8. 
un  Guillaume-Arnaud  de  Beziers ,  fie  en  1 1  90.  fie  1 109.  Eleazar  fie  Bernard  de 
Beziers ,  fils  d’Elcazar  fie  d’Adclaïdc  de  Cognas,  fie  Mathieu  de  Beziers  ,en  qua¬ 
lité  de  baile  de  Roltaing  de  Pofquieres ,  qui  font  hommage  du  château  de  Sau¬ 
vian  à  l’abbaye  d’Anianc. 

ni.  Aymcri  I.  du  nom  vicomte  de  Narbonne  mourut  dans  la  Terre-fâinte  peu 
Vopec  J'Ay-  tenls  avant  ou  apres  Raymond  de  S.  Gilles.  Nous  ignorons  l’époque  pré- 
«"c^rbon-'cilè  du  départ  de  ce  vicomte  pour  l’Orient.  Nous  apprenons  feulement  qu’il 
ne  à  n  Terre  étoit  encore  dans  la  province  en  1 103.  par  deux  ades  de  Bertrand  archevêque 
SonfiUA^mai  de  Narbonne.  Par  le  premier  g  ce  prélat  donna  au  mois  de  Janvier  de  cette 
ii.im fucccde.  année,  à  l’abbaye  de  faint  Pons  de  Tomieres,  »  plufieurs  églifes  de  fon 
gPr./>.) $6  &  «diocèfè  du  confentement  de  fes  chanoines,  à  la  priere  de  Berenger  moine 
Aî-  »  de  ce  monaftere ,  Se  pour  l’amour  d’Aymeri  vicomte  de  Narbonne  fon  pere, 

«de  Mahaud  femme  de  ce  dernier,  fie  de  leurs  fils  Aymeri ,  Guifcard  fie  Ber- 
«  nard.«  Par  l’autre  h  Bertrand  fie  fes  chanoines  voulant  rétablir  la  régularité 
dans  l’abbaye  de  S.  Chignan  ,  où  elle  étoit  fort  déchue  ,  l’unillènt  le  19.  de 
Mars  fuivantà  celle  de  S.  Pons,  en  prefence  des  évêques  Pierre  de  Carcalfon- 
ne,  Ifarn  de  Touloufè,  fie  Godefroy  de  Maguelonne  :  d’ Aymeri  vicomte  de 
i  j»«b.ad *nn.  Narbonne ,  de  Bernard  de  Narbonne  ,  Sec.  Ermengaud  ‘  moine  de  S.  Pons  fut 
1  loi.n.iâ.  élu  alors  abbé  de  S  Chignan. 

Il  paroît  par  ce  que  nous  venons  de  rapporter,  que  Berenger  fils  puîné 
d’Aymeri  I.  vicomte  de  Narbonne  étoit  déia  moine  de  S.  Pons  dès  le  mois 


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DE  LANGUEDOC.  Liv,  XVI.  34;  _ _ 

de  Janvier  de  l’an  1 103.  Son  pere  ne  l’offrie1  cependant  folemnellement  dans  An.i  105, 
ce  monaftereque  quelques  mois  apres.  Aymeri  donna  à  cette  occafion  le  19  aP>-r-s*yO' 
d’Avril  de  la  même  annee»  à  l’abbaye  de  S.Pons  fondée  par  Pons  comte  de  Tou-  «  3' 
loufe^yrand  duc  ou  primat  d’ Aquita. ne , tout  ce  que  les  religieux  pourroient  ac-« 
quérir  dans  fon  domaine ,  6c  les  fiefs  même  qui  relevoient  de  lui ,  pour  poflë-« 
derle  tout  en  alleu  -,  6c  enfin  la  paroille  de  S.  Saturnin  de  Bilan.  Il  fit  cette  « 
donation  avec  fa  femme  Mahaud,  6c  fes  fils  Aymeri,  Guifcard  &  Bernard-  « 

Raymond  ,  pour  la  rémilfion  de  fes  pechez ,  pour  les  ames  de  fon  pere  Ber-  « 
nard,  de  fon  ayeul  Berenger,  6c  de  Pierre- Berenger  fon  éncle,  6c  fpecia-« 
lementpour  l’amour  de  Berenger  fon  fils,  que  lui  6c  fa  femme  Mahaud  « 
offrent  dans  ce  monaftere  pour  y  être  religieux.  »  Bertrand  archevêque  de 
Marbonne  ,  Bernard  vicomte  de  Minerve  6c  Pierre  fon  fils  ,  Raymond- 
Etienne  de  Narbonne,  &  plufieurs  autres  des  principaux  du  diocèfe  fouferi- 
virent  à  cette  donation.  Bernard  vicomte  de  Minerve' offrit  u  aufîi  la  même 
annee  fon  fécond  fils  nommé  Raymond  à  l’abbaye  de  S.  Pons ,  en  prefence  f'  *6i'  2 

de  Pierre  fon  fils,  d’Engelbert  d’OIargues,  Bernard  de  Durban,  A  y  rie  de 
Minerve ,  ÔCc. 

Ces  differens aétes  font  voir  qu’Aymeri  I.  vicomte,  6c  Bertrand  archevê- 

3ue  de  Narbonne  vivoient  en  bonne  intelligence  en  1103.  6c  peuvent  nous 
onner  lieu  de  conjecturer  que  le  premier,  qui  s’étoit  faifi  du  domaine  de 
l’archevêché  après  la  mort  de  l’archevêque  Dalmacc ,  l’avoit  alors  reftitué 
à  Bertrand  fuccefleur  de  ce  prélat.  Il  parole  cependant  qu’Aymeri  étoit  tou¬ 
jours  maître  de  ce  domaine  lorfqu’il  partit  pour  la  Tcrre-fainte  ;  ainfi  qu’on 
peut  l’inferer  d’une  lettre  que  Pierre  c  évêque  d’Albara  ,  6c  clii  archevêque  c  cmti  mm, 
d'Alep,  écrivit  peu  de  tems  après  la  mort  de  ce  vicomte,  à  la  comteffe  Ma-f,l!i7* 
haud  fa  veuve  ,  6c  à  leur  fils  Aymeri.  »  Le  feigneurôc  Amiral  Aymeri ,  dit  c* 
ce  prélat ,  ayant  été  atteint  dans  cet  évêché  de  la  maladie  dont  il  efl  mort,  « 
nous  l’avons  été  trouver  pour  l’exhorter  à  fon  falut.  Il  nous  a  confeflé  les  « 
pechcz  j  6c  touché  de  componclion ,  il  a  remis  d  notre  dilcretion  d’ordon-  « 

11er  pour  la  décharge  de  la  confcience ,  la  répararion  des  torts  6c  domina-  « 
ges  qu’il  avoit  caulèz  depuis  long-tems  à  Bertrand  archevêque  de  Nar-  « 
bonne  qu’il  avoit  fort  maltraité  ,  6c  dont  il  a  témoigné  un  grand  repentir.  « 

Nous  vous  prions  donc  au  nom  de  Dieu,  &  pour  l’amour  que  vous  devez  « 

Importer, de  réparer  ces  dommages  -,  linon  lâchez  qu’il  en  fera  quitte,  &« 
que  vous  demeurerez  en  votre  propre  péché.  « 

Quoique  cette  lettre  ne  foit  pas  datee  ,  elle  peut  fervir  d  fixer  d  peu  près 
l’époque  de  la  mort  d’Aymcri,  puifqu’elle  efl  anterieure  d  la  dépofition  de 
Bertrand  archevêque  de  Narbonne  ,  arrivée  en  1 106.  comme  -nous  le  ver¬ 
rons  bientôt.  Il  paroît  d’ailleurs  que  ce  vicomte  n’étoit  plus  en  France  au 
mois  de  Juillet  de  l’an  1 1 04.  car  «  la  comteffe  Mahaud  ,  6c  Aymeri  de  Nar.  « 
bonne  fon  fils ,  donnèrent  d  alors  pour  le  prix  de  cent  fols,  d  Jean  de  la  «  àc*uiibid. 
Monnoye,  toute  la  monnoye  de  Narbonne ,  fans  l’aflujettir  à  aucun  autre  «  £  f  $7.  J'*‘ 
devoir  leigneurial ,  qu’à  celui  de  rcconnoître  leur  autorité  ,  avec  le  pouvoir  « 
de  fabriquer  une  livre  de  monnoye  d’argent  par  femaine  d  perpétuité ,  6c  » 
permiifion  d’aliener  ce  droit  de  leur  conlentement.  »  Cet  aéle  qui  eft  foulcrit 
par  Guillaume- Raymond  delà  Rcdorte,  Berenger-Raymond  de  Narbonne, 

&  Raymond  fils  de  ce  dernier ,  prouve  évidemment  que  Mahaud  eut  la 
tutelle  de  lès  enfans  pendant  l’abfence  ou  après  la  mort  d’Aymeri  I.  du  nom, 
vicomte  de  Narbonne  fon  mari  :  ce  qu’on  voit  'encore  par  la  confirmation  e  Tr.p. 509. 
qu’elle,  fon  fils  Aymeri ,  6c  tous  les  citoyens  de  Narbonne  firent  en  faveur 
de  la  cathédrale  de  cette  ville ,  de  la  donation  de  la  dixme  du  fel  6c  du  poif- 
fon.  Enfin  «  Aymeri  de  Narbonne  ,  &  la  comteffe  Mahaud  fa  mere ,  (  confir-«  iCauliiu, 
merent  au  mois  d’ Avril  de  l’an  un.  en  faveur  du  même  Jean  delà  Mon-u 
noye ,  d’Ermengarde  fa  femme  ,  6c  de  leurs  enfans ,  le  bail  de  la  mon-  « 
noyé  de  Narbonne  ,  aux  conditions  dont  on  a  déjà  parlé  ,  pour  le  prix  de  « 
fix  cens  fols  Melgoricns ,  6c  de  cent  fols  de  Narbonup. 

Ces  divers  monumens  nous  font  comprendre  i°.  Qu’Aymeri  I.  vicomte 
de  Narbonne,  qui  étoit  encore  dans  le  pais  P  au  mois  d’Avril  de  l’an  1103.  g  Prp.xt}, 
n’y  étoit  plus  au  mois  de  Juillet  de  l’an  1104.  qu’il  étoit  dès-lors  parti 


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54* 


HISTOIRE  GENERALE 


An.iio6.  çOUr  \x  ‘ferre-fainte,  8c  peut-être  même  déjà  décédé  ,  8c  qu’il  mourut  du 
moins  au  plus  tard  en  x  106.  z°.  Qu’ Aymé  ri  IL  lui  fucceda  feul  dans  la  vicomté 
de  Narbontxeàl’exclufion  de  fesfreres,  fous  la  tutelle  ou  adminiftration  de 
Mahaud  fa  mere.  30.  Que  cette  tutelle  ou  adminiftration  avoit  fini  en  1  r  1  r. 
puifque  dans  l’a&e  de  cette  année  Aymeri  1 1.  eft  nommé  avant  Mahaud  > 
au  lieu  que  dans  les  précedens  il  eft  nommé  apres  elle.  40.  Enfin  que  cette 
dame  qui  étoit  foeur  de  Boemond  prince  d’Antioche  ,  8c  veuve  en  premiè¬ 
res  noces  de  Raymond-Berenger  II.  comte  de  Barcelone,  ne  le  retira  pas 
en  Catalogne  ,  immédiatement  après  la  mort  du  vicomte  de  Narbonne  fou 
a mai.coni.i*  fécond  mari,  comme  quelques  auteurs1  l’ont  avancé.  Au  refteellc  fe  qua- 
comtejj-g  dans  tous  ces  ades,  parce  qu’elle  avoit  épouféun  comte  en  premiè¬ 
res  noces ,  dignité  dont  elle  conferva  le  titre  après  fon  fécond  mariage,  comme 
bc,«Kj  P^us  honorable  >  fuivant  l’ufage  du  fiecle.  Quant  à  celui  d’ Admirai  que 

l’cvêque  d’Albara  donne  à  Aymeri  I.  vicomte  de  Narbonne  ,  on  croit  ^  que 
le  roi  de  jerufalem  avoit  honoré  ce  dernier  de  cette  dignité  dans  fon  royau¬ 
me.  On  pourroit  croire  plus  vraifemblablcment  que  Boemond  prince  d’An¬ 
tioche  fon  bcau-frere  ,  la  lui  avoit  conférée  dans  l’étendue  de  fa  princi¬ 
pauté.  On  peut  conjecturer  auffi  que  l’évêque  d’Albara  n’a  voulu  lui  donner 
que  la  qualité  d ’cmir  ^  qui  étoit  en  ufage  en  Orient ,  8c  qui  fignifie  feigneur: 
mais  pour  mieux  juger  de  la  fignification  de  ce  terme  ,  il  faudroit  avoir  le 
texte  latin  de  la  lettre  de  ce  prélat ,  dont  il  ne  nous  refte  qu’une  tradu&ion 
françoife.  On  a  déjà  vû  qu’ Aymeri  1.  laiffa  quatre  fils  de  Mahaud  fa  fem¬ 
me ,  fçavoir  Aymeri  II.  qui  lui  fucceda,  Guifcard,  Bernard- Raymond  ,  & 
Bcrenger.  Celui-ci  après  avoir  pris  l’habit  monaftique  dans  l’abbaye  de 
S. Pons,  fut  élu  dans  la  fuite  abbé  de  la  Graffe  ,  8c  parvint  enfin  à  l’arche¬ 
vêché  de  Narbonne.  Quant  à  Guifcard  8c  à  Bernard-Raymond ,  nous  igno¬ 
rons  leur  fort. 

iv.  Mahaud  8c  Aymeri  II.  vicomte  de  Narbonne  fon  fils ,  n’eurent  aucun 

Bcruïn'(\°at-de  ^garé  a  la  lCCCre  de  l’évêque  d’Albarâ ,  fie  ils  continuèrent c  de  retenir  le 
chevéquc de  domaine  de  l’archevêché  de  Narbonne  jufqu’au  mois  de  Novembre  de  l’an 
«i^URiLe  ll0<**  ffue  l’archevêque  Bertrand  fut  dépofe  de  fon  fiege.  Nous  connoiffons 
tW  abbé  de  l’époque  précife  de  cette  dépofition  ,  par  celle  de  l’clection  du  cardinal 
MatHUe  lui  Richard  ahbé  ée  S.  Victor  de  Marfcille  Ion  fucceflèur  immédiat,  qui  étant 
fuccciic.  décédé  d  le  is.de  Février ,  après  avoir  pofjedè  l'archevêché  de  Narbonne  14.  ans , 
cPr.74oo.  3. mois  &  ïo.  jours  ,  doit  avoir  été  élu  par  conféquent  le  5.  de  Novembre. 
AfG^'.chrttU  Gr  comme  Richard  étoit  déjà  certainement  archevêque  de  cette  ville  au 
v.Mnb.tdum.  mois  de  juillet  c  de  l’an  1107.  il  fut  donc  élu  le  5.  de  Novembre  de  l’an 
i  x 06. 8c  non  en  1 107.  ou  1x08.  comme  on  l’a  prétendu. 

Nous  ignorons  le  motif  pour  lequel  Bertrand  fut  dépofé  -,  peut-être  Tac- 
eufa-t’on  de  fimonie,  8c  que  la  comteffe  Mahaud  fon  ennemie,  employa 
le  crédit  de  Boemond  prince  d’Antioche  fon  frère, afin  d’engager  le  pape  Pafcal 
II.  à  envoyer  un  légat  dans  la  province,  pour  taire  le  prucex  à  ce  prclat. 
iv.MMi.id  Nous  fçavonsf  en  effet  que  Boemond  alla  à  Rome  en  1  ic6,  qu’il  vint  la 
m^me  année  en  Prance  accompagné  du  cardinal  Brunon  évêque  de  Segni , 
no,. imo.  légat  du  faint  fiege ,  8c  que  ce  dernier  fe  rendit  vers  le  même  tems  à  Tou- 
Md  «»».  nos.  \oufeg  ^  où  il  exerça  fa  légation,  fie  décida  un  différend  qui  étoit  entre  les 
”  S  religieux  de  Moiffac  8c  ceux  du  Mas-Garnier. 

é'/'îî-  Richard ,  lorfqu’il  fut  élu  archevêque  de  Narbonne,  étoit  actuellement 

légat  en  Efpagne,  où  le  pape  Grégoire  Vil.  qui  l’ avoit  élevé  au  cardinalat, 
l’avoit  envoyé..  On  a  dit  ailleurs  qu’il  étoit  fils  de  Richard  II.  vicomte  de 
Milhaud  8c  de  Gevaudan,  8c  qu’il  avoit  fuccedé  en  1079.  à  Bernard  fon 
frere  dans' l’abbaye  de  S.  Victor  de  Marfeille  ,  où  ils  avoient  pris  l’un  Sc  l’au¬ 
tre  l’habit  monaftique.  Richard  rend  lui-même  témoignage11  que  le  papePaf 

IT  Axiv  irrpnv  rln  rlnrrrr»  R/  A  n  A  a  mn  1  ,r*  1  il  _ 


no^».69. 
cCone  l.tê.i  o. 

p.iJO.frftq. 


b^.  liO o. 
V. 


Le  pipePaC-  cal  II.  l’accorda  aux  vœux  du  clergé  8c  du  peuple  de  Narbonne,  qui  l’élû- 

iànV  u’pt”  rent  unanimement  pour  leur  archevêque ,  après  la  dépofition  de  Bertrand. 

mce&coofir-  Au  refte  il  eft  remarquable  que  ce  prclat  depuis  fa  promotion  à  cet  archevêché 

n'cV“PvTwe  ne  prit  plus  le  titre  de  cardinal,  comme  nous  le  prouverons  dans  la  fuite. 

Pafcal  II.  confirma  cette  élection  peu  de  tems  avant  fon  arrivée  en  France, 

où  il  vint  à  la  fin  de  l’an  1106.  Ce  pape  étoit  en  chemin  pour  s’y  rendre, 
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DE  LANÇ  ÜEDO  CLit.  XVI. 


545 


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lorfqu’il  confirma  *  à  Parme  le  1.  de  Novembre  de  la  mçme  année  Hugues  AN.iiod, 
abbede  S.  Gilles  dans  la  vallée  Flavienne,  dans  l’autorité  qu’il  avoir  lur  le  *Bak*-My- 
monaftere  de  S.  Gilles  de  Semichcn  en  Hongrie ,  fondé  four  des  François  vers  valait &nn. 
l’an  1078.  par  le  roi  Ladiilas  qui  y  avoir  été  inhumé.  Pafcal  approuva  en  io?s.".4s. 
même  teins  tous  les  privilèges  que  ce  prince  avoir  accordez  en  faveur  de  cette 
derniere  abbaye ,  qui  fuivoit  fans  doute  U  réforme  de  Cl  uni ,  puifque  celle 
de  S.  Gilles  fur  le  Rhône,  dont  elle  dépendoit,  l’avoir  embraflée b.  n’*7* 

Hugues c  abbé  de  S.  Gilles  vivoit  encore  en  iti6.  Pierre-Guillaume  qui  en  c  tub.ada™. 
croit  religieux  êc  bibliothécaire,  lui  dédia  alors  un  traité  qu’il  avoir  corn- 
pofé  fur  les  miracles  de  ce  fainr.  L’auteur  marque  dans  cet  ouvrage  qu’on 
jetta  la  même  année  les  fondemens  d’une  nouvelle  églilè ,  parce  que  l’an¬ 
cienne  n’étoir  pas  affez  grande  pour  contenir  l’affluence  des  pèlerins  qui  ve- 
noient  de  toutes  parts  à  ce  monaftere.  Outre  cette  églile  dédiée  fous  l’in¬ 
cation  de  S.  Gilles  ,  il  y  en  avoir  deux  autres,  fqavoir  celle  de  S.  Pierre  de- 
ftinée  pour  les  religieux,  donc  le  chœur  contenoi^So.  ftalles ,  &  celle  de  la 
Vierge.  Les  fondemens  de  la  nouvelle  églife  furent  jettez  le  lundi  dansl’oélave 
de  Pâques  de  l’an  1 1 1 6.  fuivant  une  inicription  qu’on  lit  encore  fur  la  mu¬ 
raille.  C’étoit  une  des  plus  belles  de  toute  l’Europe  j  mais  les  Calviniftes 
en  détruifirent  la  meilleure  partie  en  1  j  61.ÔC  r  6 1 1 .  Reprenons  le  voyage  de 
Paical  IL  en  France. 

Ce  pape  célébra  d  à  Clttni  la  fête  de  Noël  de  l’an  no6.&y  féjourna  juf. 
qu’au  mois  de  Février.  Il  parcourut  enfuice  diverfes  villes  de  Bourgogne  ,  & 
tint  au  mois  de  Mai  fuivant  un  concile  àTroyes ,  où  il  donna  une  bulle  le  ».t*. 

15.  de  Juin  en  faveur  de  l’abbaye  de  S.  Pons  de  Tomieres.  Il  partit  bientôt 
après  de  cette  ville  ,  traverfa  le  Bourbonnois  ,  paffa  à  Soucillanges  lur  les  f.  lo. 

confins  de  l’Auvergne ,  arriva  dans  le  Vêlai  lur  la  fin  decemois,&  ferendità  - 

Privas  dans  le  Vivarais.  Il  y  confirma  f  le  1 }.  de  Juillet  de  l’an  1107.  Ri-  iio7* 
chard  archevêque  de  Narbonne  ,  &  les  fucceflèurs  de  ce  prélat,  dans  la  f 
poflèlîion  des  biens  de  cette  églife  lituez  dans  les  comtez  de  Narbonne ,  de  ffî* 

Beziers,  Rafez,  Subftancion  &  Nilmes ,  entr’autres  de  l’eglife  de  S.  Paul, 
de  la  moitié  du  comté  de  Narbonne  ,  êc  des  droits  que  le  comte  y  éxigeoit.  Pafcal 
ordonna  en  même  teins  que  les  évèchez  de  Beziers ,  Carca(Ibnnê,Touloufe} 

Elne,  Agde,Lodeve,  Maguelonnc,  Nifmes  ôc  Ufez ,  feroient  toujours  fou- 
misà  la  métropole  de  Narbonne,  qu’il  confirma  dans  fa  primatic  fur  la  fécon¬ 
dé  Narbonnoije  ,  ou  métropole  d'yiix  ,  ainfi  qu'il  avoit  été  ordonné  par  Jes  fré- 
deceffeurs. 

Le  pape  ayant  pafie  le  Rhône  à  Valence  quelques  jours  après ,  termina  1 ',M*b*Unn. 
un  différend  g  qui  étoit  entre  les  abbez  de  la  Chaife-Dicu  &  d’Aniane  ,  au 
fujet  du  monaftere  de  Notre-Dame  de  Goudargues  au  diocèfe  d’Ufez,  que  in4  J.m.& 
chacun  prétendoit  devoir  lui  être  fournis.  Il  donna  gain  decaufe  à  la  der-  Mi¬ 

nière  de  ces  abbayes ,  fur  le  rapport  que  lui  firent  de  cette  affaire  le  car-,  **  J‘*  ’ 
dinal  Richard  évêque  d’Albano,  quatre  autres  évêques ,  parmi  lefquels  étoit 
Gautier  de  Maguelonne  ,  &  fix  cardinaux  ,  donc  trois  éeoient  prêtres ,  & 
trois  diacres,  auxquels  il  en  avoir  renvoyé  l’examen.  Il  fit  encore  quelque  fé- 
jour  aux  environs  du  Rhône  ,  &  fe  trouvoit  à  Aiguebelle  dans  le  diocèfe  de 
S.Pons-Trois-Châceaux  à  deux  lieues  de  Viviers  le  3 .  d’Août  3  mais  il  repaffa 
bientôt  après  les  Alpes ,  &  retourna  à  Rome. 

Gautier  évêque  de  Maguelonne  avoit  donc  fuccedé  à  Godefroy  fon  pré- 
deceffeur  dès  l’an  1107.  Sc  non  pas  feulement  en  1108.  ou  mo.  comme  de MÎguciol? 
quelques  auteurs  h  l’ont  avancé.  Nous  fq avons  d’ailleurs*  qu’il  étoit  le  o.de  £ant,ct 
Mai  de  l’an  nzy.  dans  la  XXII.  année  de  fon  épifeopat  3  il  fut  donc  élû  ccdcrnuT.^ 
au  plus  tard  au  commencement  de  Mai  de  l’an  1 104.  &  il  peut  être  parvenu  h,  verdat.fi,. 
à  cet  évêché  dès  l’an  1103.  ce  qui  rend  très-incertain  ce  qu’on  rapporte  du  %‘^'oû 
voyage  de  Godefroy  fon  prédecefleur  en  Syrie ,  où  on  prétend  qu’il  mourut  -  Ga,.jnt,ij. 
car  il  étoit  encore  dans  le  pais  k  en  1 103.  ’  f*// 

Godefroy  avoir  eu  quelques  années  auparavant  un  différend  confiderable 
avec  Raymond  comte  de  Subftancion  ou  de  Melgueil.  Celui-ci 1  fe  mettant  peu  p  9frr  rj 
en  peine  du  délaiffement  que  le  comte  Pierre  fon  pere  avoit  fait  en  faveur  y.vnlj.’au. 

Tome  JJ.  X  x  f- i0°- 


VI. 

Différend  en- 
tic-  Raj  mond 
conuc  de  Sab- 
ft.inrion  &Go- 
iioy  éveqm 
;  Maguclon- 
rc.  C.auticc 


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An.  1 1 07. 


a  Btrtold.  Md 

MfW.  OyJ. 

b  Pr.ibid . 


•  Verdâl.ibid, 

b  797' 


’Verfisvici- 

bus» 

A-jM-f-tor. 
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94- 

G/UUcbr.to.î. 


g  Mfde  U  btll. 

UuAot,  n. 416. 


h  Gmt  Md. , 

04* 

VII. 

)iffcrcmi  cn- 
-  l’iirchcvô* 
ic  &  le  vi- 
mtc‘lc  Njf- 
>onc.  XII. 
3ncilc  de 
etc  ville. 
Vrf.)99>& 

i  C  Art  mi.  de 
irch.de  Narb. 
Pr.  ib'td. 
i  Conciito.  10. 
670.&f*q. 
Chronol.  des 
\b  de  S.  PonSf 
10. 

n  Pr.ibid. 

*  Bajuli* 


HISTOIRE  GENERALE 

de  l’églife  de  Maguelonne,  de  divers  droits  dont  fes  prédecelîeurs  avoîent 
joui  lur  le  domaine  de  cette  églile ,  continuoit  de  les  lever.  L’évêque  pour 
obliger  le  comte  à  fe  défifter  de  Tes  prétentions,  l’excommunia,  6c  partit 
aulli-côt  pour  Rome  ,  où  il  affilia  a  la  troifiéme  femaine  d’après  Pâques 
de  l’an  1099.  à  un  concile  qui  s’y  tint  alors.  Raymond  fouffrant  impatiem¬ 
ment  de  fe  voir  excommunié ,  fuivit b  bientôt  après  Godefroy ,  accompagne 
de  la  principale  noblellè  du  pais.  A  fon  arrivée  à  Rome  il  le  prefenta  de¬ 
vant  le  pape  Urbain  11.  8c  lui  demanda  l’ablolution  de  fon  excommunica. 
tion.  L’evêque  de  fon  côté  plaida  la  caufe  ,  8c  le  comte  ayant  été  convaincu 
d’avoir  viole  le  ccftament  de  ion  pere ,  s’avoua  coupable ,  fit  hommage  au 
pape  de  fon  comté  en  prelènce  de  toute  la  cour  Romaine ,  promit  de  payer 
tous  les  ans  au  faint  fiege  une  once  d’or  de  redevance,  conformément  à  ce  te- 
ftament,8c  renonça  à  tous  les  droits  qu’il  avoir  exigez  jufqu’alors  fur  l’églilè 
de  Maguelonne.  Raymond  confirma  toutes  ces  choies  au  mois  de  Septembre 
de- la  même  année  aprè^fon  -retour  en  France  ,  8c  étant  peu  de  tems  après 
fur  fon  départ  pour  le  pèlerinage  de  S.  Jacques  en  Galice ,  il  renouvclla  fes 
promettes ,  choifit  là  fcpulture  dans  l’églife  de  Maguelonne,  à  l’exemple  de 
fort  pere ,  8c  abandonna  aux  chanoines  l’cglife  de  S.  Cofme  ,  au  fujec  de  la¬ 
quelle  ceux-ci  avoient  un  différend  avec  l’abbaye  d’Aniane. 

On  loue  beaucoup  Godefroy  évêque  de  Maguelonne  d’avoir  c  réformé 
fa  cathédrale,  où  il  établit  les  chanoines  réguliers,  8c  d’avoir  rendu  l’ancien¬ 
ne  liberté  à  fon  églifé  ,  fbit  en  ôtant  aux  feigneurs  féculiers  les  biens  dont 
ils  s’étoient  emparez  lùr  elle ,  foie  en  obligeant  les  comtes  de  Subftancion  i 
fc  foûmettre  k  leur  tour  *  aux  evéques  :  preuve  qu’avant  fon  épilcopat  les 
comtes  regardoient  cès  prélats  comme  leurs  feudataires. 

Gautier  fucceffeur  de  Godefroy  a  voit  été  auparavant1^#  èleve ,  c’eft-à-dire 
qu’il  avoit  été  fans  doute  chanoine  de  Maguelonne.  Il  étoir  né  e  à  Lille  en 
Flandres,  8c  il  n’ett  pas  diffèrent  de  Walterus ,  à  qui  on  attribue  une  colle- 
dion  fur  les  pfeaumes,  ôc  que  certains  auteurs  *  font  évêque  d’une  préten¬ 
due  ville  de  Maguelonne  dans  les  pais  bas ,  laquelle  n’a  jamais  fubfifté.  Gau¬ 
tier  n’eft  pas  l’auteur  de  cet  ouvrage  intitulé  les  fleurs  des  Pfeaumes  :  ce  fut 
Letbert  chanoine  de  Lille  ,  8c  enftiite  abbé  de  S.  Ruf  d’Avignon  qui  le 
compofa,  comme  il  eft  marqué  dans  une  préface  que  Gautier  lui-même  y  ajoû- 
ta,  8c  qu’il  adreffa  à  Robert  prévôt  du  chapitre  de  Lille  fon  parent:  ainfî 
c’eft  mal-à-propos  qu’on  le  lui  donne  dans  quelques  manuferits  g.  Gautier 
étoit  cependant  très-capable  d’un* tel  ouvrage  ,  car  il  joignoit  à  beaucoup  de 
piete  8c  d’érudition  ,  une  grande  application  à  l’étude  de  l’écriture  fainte , 
comme  il  paroît  par  la  lettre  que  lui  écrivit  b  le  cardinal  Brunon  évêque 
de  Segni  qu’il  avoit  connu  à  Rome ,  8c  avec  lequel  il  étoit  fort  lié  d’amitié. 

Le  temporel  de  l’églife  de  Narbonne  étoit  dans  un  très-grand  défordré, 
lorfque  Richard  de  Milhaud  fut  promu  à  l’archevêché  de  cette  ville.  Les 
vicomtes*  en  détenoient  toujours  la  plus  grande  partie  ,  8c  les  châtelains  8c 
les  viguiers  k  prépofez  à  l’adminiftration  des  châteaux  8c  des  villages  qui  en 
dépendoient ,  fe  les  étoient  appropriez.  Richard  n’eut  pas  été  plutôt  élû , 
qu’il  fe  mit 1  en  état  de  fe  faire  reftituer  tous  ces  domaines  ,  Sc  ayant  trouvé 
de  la  réfiftance  il  eut  recours  aux  armes  fpirituelles.  C’eft  ce  que  nous  avons 
lieu  d’inferer  de  la  plainte  m  qu’il  porta  en  r  107.  au  pape  Pafcal  II.  de  ce 
que  Pierre  abbé  de  S.  Pons  ,  8c  Raymond  abbé  d’Alet ,  communiquoient 
avec  ceux  qu’il  avoit  excommuniez  ou  interdits.  Le  pape  écrivit  là-deffus 
aux  deux  abbez  ,  8c  leur  ordonna  de  fe  conformer  aux  decrets  du  concile 
deTroyes  qu’il  venoit  de  tenir. 

Richard  n  s’accorda  dans  la  fuite  avec  le  vicomte  Aymeri  II.  qui  s’étant 
rendu  avec  la  comteffe  Mahaud  fa  mere,  fes  officiers*,  8c  plufieurs  barons  du 
pais ,  dans  un  concile  de  la  province  que  ce  prélat  avoit  affemblé  ,  lui  fit 
hommage  pour  les  biens  qu’il  tenoit  de  l’églife  de  Narbonne.  Richard  donna 
alors  à  Aymeri  les  mêmes  fiefs  que  Guifred  fon  prédeceffeur  avoit  donnez  à 
Berenger  bifayeul  de  ce  vicomte  5  mais  leur  réconciliatioh  ne  dura  pas  long- 
tems ,  8c  ils  le  brouillèrent  de  nouveau  à  l’occafion  du  dénombrement  de 
ces  fiefs. 


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DE  LANGUED  O  C.  Liv.  XVI. 


54  7 


Richard  eutau/ïï  un  dcmclé  a  au  commencement  de  fon  épifcopat  avec  Ber-  An.  s  jo  7. 
nard-Aton  vicomte  de  Beziers  6c  de  Carcafîbnne.Ce  fut  au  fujetde  i’homma-  Hommage 
ge  que  le  dernier  devoir  à  ce  prélat  pour  divers  domaines  dépendans  de  Pégliiè  de  Béraud- 
de  Narbonne',  qu’il  poilêdoic  en  qualité  d’heritier  du  comte  Pierre- Raymond  jY’LzieYi 
fon  ayeul  maternel,  à  qui  l’archevêque  Guifred  les  avoir  donnez  autrefois  pour  i-archevéque 
obtenir  fon  iêcours  contre  le  vicomte  Berenger.  Bernard-Aton  offfoit  de  rendre  d‘ 
cet  hommage  à  Richard,  mais  il  vouloir  y  comprendre  le  lieu  de  Capeftan ,  J  *' 
aujourd’hui  petite  ville  du  diocèfe  de  Narbonne ,  ce  que  l’archevêque  ne 
vouloit  pas  lui  permettre.  Ils  s’accordèrent  enfin  par  i’enrremi/e  d’Ame- 
lius  évêque  deTouloufe,  de  Raymond  évêque  de  Carcafionne,  &  de  quel¬ 
ques  autres  arbitres.  Le  vicomte  fe  défifta  de  iâ demande  *  &  l’archevêque, 
étoit  parent  &  fon  ancien  ami ,  lui  donna  une  plus  groiîè  Pomme  d’argent 
que  fes  prédeceftèurs  n’avoient  donnée  à  ceux  du  vicomte  &  i  fon  ayeul.  En 
conféquence  Bernard-Aton  fit  hommage  àRichard,&:  lui  prêta  lèr  ment  de  fide¬ 
lité  contre  tous  ,  excepté  contre  le  comte  de  T ouloufe  ,  contre  Alfonfe  fis  appelle 
de  Raymond  ,  Richard  &  Gilbert  &  fes  propres  vafjaux. 

Cette  claufe  peut  fêrvir  à  fixer  l’époque  de  l’aéte  qui  n ’eft  pas  daté  :  car  il  efl 
pofterieur  à  l’élection  de  Richard  à  l’archevêché  de  Narbonne ,  arrivée  à  la  fin 
de  l’an  1106.  6c  anterieur  à  l’an  1 1  x  z.  car  Gilbert,  qui  y  efl  excepté  avec  /on 
frere  Richard,  droit  alors  déjà  décédé.  Ces  deux  freres  étoient  neveux  de 
l’archevêque  Richard  ,  6c  c’elt  fans  doute  la  railbn  pour  laquelle  le  vicomte 
Bernard-Aton  ne  les  comprend  pas  dans  fon  ferment.  Quanta»  comte  de  Tou- 
loufe ,  dont  il  ne  dit  pas  le  nom  ,  &  qu’il  excepte,  avec  Alfonfe  fils  du  comte 
Raymond ,  à  caufe  qu’il  étoit  fournis  à  leur  fuzeraineté,  c’eft  une  preuve  que 
le  premier  eft  le  même  que  Bertrand  fils  de  Raymond  de  S.  Gilles ,  6c  que 
le  fécond  étoit  alors  venu  de  Syrie  en  France. 

Nous  apprenons  l’époque  de  cet  événement  d’un  ancien  hiftorien  b  ,  qui  iX. 
affure  »  que  Guillaume  de  Montpellier ,  gr-  les  autres  capitaines  de  Provence ,  «  de'** 

ayant  appris  la  mort  de  Raymond  de  S.  Gilles,  emmenerent  dans  fa  patrie  a  MonpJuia 
Alfonfe  fils  de  ce  prince,  âgé  alors  d’environ  quatre  ans.  »  Le  jeune  Alfonfe  am«c cnFran- 
qui  étoit  né  en  1103.  pafia  donc  en  Europe  vers  l’an  1107.  Cet  auteur  ajoure  ùiJcjcjcma 
que  cela  fe  fit  fans  la  participation  du  comte  Bertrand  qui  n’en  fut  pas  cepen-  AMônfc-jour. - 
dant  fâché,  dans  l’efperance  qu’Alfonlê  fon  frere  foutiendroit  la  gloire  de  fes  ^fjondde 
ancêtres.  •  s.  Gilles. 

Nous  comprenons  par  là  que  Guillaume  V.  feigneur  de  Montpellier  entre-  f>  Gu,u.M»im. 
prit  vers  l’an  noy.  un  nouveau  voyage  à  la  Terre-iâinte.  Il  eft  certain  en  L%ffOTEL, 
effet  que  ce  feigneur  étoit  de  retour  en  France  après  la  première  cro ifade  ,  ».  ,. 
dès  le  mois  de  Janvier  de  l’an  r  103.  puifqu’il  pafia  alors  à  Montpellier  un 
accord c  avec  Rayniond-Guillaumeévêque  de  Niftnes ,  &  Bernard-Guillaume  c  Bruflti  nf»g. 
frere  de  ce  prélat ,  ,  touchant  vigne  rie  &  la  baidie  de  Montpellier,  qu'il  leur  J“  fl  "y  ‘  * 

donna  en  fief,  &  aux  defeendans  du  dernier  à  certaines  conditions.  On  voit 
parles  a&es  qui  furent  dreflèz  à  cette  occafion ,  en  quoi  confdoient  les  droits  /<??• 
attachez  à  cette  viguerie ,  6c  que  le  viguier  avoic  la  principale  autorité  à 
Montpellier  après  le  feigneur,  dans  l’adminiftration  de  la  juftice.  Guillaume 
fe  réferva  en  même  tems  la  juftice  des  chevaliers  4 ,  6c  la  part  que  la  femme  *Milhum. 
avoit  aux  plaids  lorfque  la  fomme  dont  il  s’agi/Ibit  excedoit  celle  de  quinze 
fols.  Ce  feigneur  donna  outre  cela  en  fief  à  l’évêque  de  Nifmes ,  &  à  fon 
frere,  le  château  fitué  à  la  porte  de  S.  Nicolas  de  Montpellier ,  avec  plu - 
fleurs  maifons,  5c quelques  droits,  entr’autres  fur  les  fours  qui^avoient  été 
conftruirs  dans  cette  ville  durant  la  vie  de  Guillaume  fon  ayeul.  Godefroy  évê¬ 
que  de  Maguelonne  donna  d  de  fon  côté  en  fief  à  Bernard-Guillaume,  frere  de  d  Gtr.ftr.puJ. 
l’évêque  de  Nifmes ,  la  viguerie  de  Montpeilleret.  Ces  deux  freres  étoient ,  à  M‘i:  *°- 
ce  qu’il  paroît e,  de  la  race  des  feigneurs  de  Montpellier  ,  d’une  branche  puî-  Yk  note 
née ,  qui  avoic  reçûen  fief  de  l’aînée  la  viguerie  de  cette  ville  &  de  fes  dé.  xxxrn«.j. 
pendances. 

Guillaume  V.  feigneur  de  Montpellier  s’accorda  f  vers  le  même  tems  avec  f  Pr/.}C). 

Raymond  comte  de  Subftancion  ou  de  Melgueil ,  au  fujec  des  leudes  ou  péa¬ 
ges  que  ce  dernier  éxigeoit  fur  les  chemins  de  Montpellier.  Raymond  promit  de 
ne  plus  les  lever  ni  fur  les  Juifs ,  ni  fur  les  Chrétiens ,  6c  les  donna  en  fief  à  Guil- 
T orne  II.  X  x  ij 


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Gooole 


X. 

Le  comté  de 
Xouergue  é* 
choit  en  parta¬ 
ge  a  Alto  oie- 
Jourdain. 

a  Pr.f.  370. 
Crje^ 


XL 

La  v  ile  de 
Gircallbn  ie  fc 
loumcc  au 
comte  Je  Bar¬ 
celone.  Le  vi- 
ci>  nrcBcrnard- 
Aton  la  re- 
pren  L 

b  NO  7  r.  X  L  VI. 
çLiv.  X  ‘.n.ig. 

<1  Pr.p.  13. 


•  Pr.p.i7l. 


Î4S  HISTOIRE  GENERALE 

1  au  aie  ,  avec  promeiTe,  tant  envers  ce  feigneur,  qu’envers  Raymond-Guil¬ 
laume  eveque  deNifmes,  6c  Bernard-Guillaume  frere  de  ce  prélat,  d’ac¬ 
corder  une  entière  fureté  aux  habitans  de  Montpellier  qui  viendroient  à  Ion 
château  de  Melgueil. 

Aurcftc  nous  ignorons  fi  Guillaume  V.  alla  rejoindre  Raymond  de  S.  Gilles 
du  vivant  de  ce  prince,  ou  s’il  entreprit  feulefricnt  après  fa  mort  le  voyage 
de  la  Terre-lainte  pour  en  ramener  Alfonfc.  Ce  qu’il  y  a  de  certain ,  c’eft 
qu’il  donna  en  cela  un  témoignage  d’amitié  6c  d’attachement  à  la  mémoire 
du  pere  de  ce  jeune  prince ,  auquel  il  avoit  toujours  été  lié  très-etroite- 
ment.  Quant  à  Elvire  de  Caftille  veuve  de  Raymond ,  nous  ne  fçavons  pas 
fi  elle  ctoit  alors  déccdée ,  ou  fi  elle  repafla  en  Europe  :  car  il  n’elt  plus  taie 
mention  de  cette  princcfie  depuis  la  mort  du  comte  l'on  époux. 

11  paroît  qu’après  le  retour  d’Alfonfe-Jourdain  de  la  Terre-fainte ,  Bertrand 
comte  deTouloufe  fon  frere  lui  céda  le  comté  de  Rouergue,  fi  Raymond 
de  S.  Gilles  leur  pere  n’en  avoit  déjà  dilpolé  avant  la  mort,  en  faveur  de 
ce  jeune  prince.  C’eft  ce  que  nous  inférons  d’un  aéte  J  par  lequel  «  Aymeri  II. 
»  vicomte  de  Narbonne  promet  au  vicomte  Bernard-Aton  de  ne  pas  lui  ôter 
»  les  villes  de  Béziers,  de  Carcailbnne ,  Agde ,  Nifmes,  Rafez  6c  Albi,  & 
53  fes  autres  domaines  ;  6c  de  l’aider  contre  tous,  excepté  contre  i’archevê- 
»j  que  de  Narbonne,  le  comte  deTouloufe,  le  comte  de  Rodez, le  comte  de 
33  Bczalu  ,  6c  les  deux  frères  Gilbert  6c  Richard.  3>  Cet  acte  n’eft  pas  daté  :  mais 
il  cil  anterieur  à  la  mort  de  Bernard  dernier  comte  de  Bezalu  arrivée  en  nu. 
ainfi  il  eft  à  peu  près  de  l’an  1107.  Il  cft  évident  que  le  comte  de  Rodez, ou 
plutôt  de  Rouergue ,  dont  il  y  cft  fait  mention  ,  doit  être  different  du  vicomte 
Richard  qui  acquit  le  comté  de  cette  ville  des  comtes  de  Touloufe,  puifque 
celui-ci  y  eft  nommé  feparément.  Il  faut  donc  que  le  vicomte  de  Narbonne 
ait  voulu  defigner  par  ce  titre  le  jeune  Alfonfe- Jourdain,  à  qui  Je  comté  de 
Rouergue  fera  échu,  comme  au  puîné  ,  conformément  aux  partages  prece- 
dens  faits  entre  les  princes  de  la maifon  deTouloufe. 

Bertrand  comte  de  cette  ville  marcha  b  vers  le  meme  tems  au  fecours  du 
vicomte  Bernard-Aton  fon  vallul  ;  voici  à  quelle  occafion. 

Nous  avons  remarque  ailleurs  c  que  ce  vicomte  avoit  promis  avec  ferment 
à  Raymond- Berenger  III.  comte  de  Barcelone,  de  lui  reftituer  la  ville  &  le 
comté  de  Carcallonne,  lorfque  ce  prince  feroit  fait  chevalicr,c’cfc-à-dire  quand 
il  feroit  parvenu  à  fa  majorité.  Raymond-Bcrcoger  ayant  atteint  l’dge  de  14. 
ans  à  la  fin  de  l’an  1096.  demanda  d  alors  cette  reftitution  :  mais  le  vicomte 
ne  fit  aucun  cas  de  fa  demande.  Le  comte  qui  n’étoit  pas  en  état  de  fe  ven¬ 
ger  de  ce  refus,  dilîimula  pendant  quelques  années  :  il  pratiqua  enfin  une 
intelligence  dans  Carcallonne,  dont  la  plupart  des  hp.bitans  qui  lui  étoient 
entièrement  dévouez  ,  fe  fournirent  à  fon  obéillince  ,  6c  fecouerent  le 
joug  du  vicomte.  Ce  dernier  fe  voyant  chalîe  de  cette  ville  ,  rélolut  de  la 
reprendre  :  il  implora  la  protection  de  Bertrand  comte  de  Touloufe  fon  fuze- 
rain,  à  qui  il  renouvella  l’hommage  pour  le  comté  de  Carcaflcnne,  6c  qui 
l’aida  de  toutes  fes  forces.  Bernard-Aton  mit  auflî-tôt  le  liege  devant  la  place} 
6c  comme  les  aliiegez  n’avoient  aucun  fecours  à  attendre  du  comte  de  Bar¬ 
celone  ,  à  caufe  que  ce  prince  avoit  la  guerre  à  foutenir  contre  les  Sarafins , 
ils  capitulèrent  enfin  6c  fe  rendirent  au  vicomte  }  à  condition  qu’ils  ne  fouf- 
friroient  aucun  dommage,  ni  dans  leurs  pe.Vonnes,  ni  dans  leurs  biens  }  ce 
que  Bernard-Aton  leur  promit  par  ferment.  En  conféquence  les  chevaliers ,  lei 
bourgeois •-  ,  61  les  autres  habitans  de  Carcafiônnc ,  jurèrent  fidelité  à  ce  vicom¬ 
te,  a  fa  femme ,  &  à  fes  fils  }  mais  Roger  k  fon  fils  aîné  viola  bientôt  après  fes 
promefies.  Ce  feigneur  âgé  alors  d’environ  18.  à  20. ans,  n’eut  pas  plûtôc 
appris  que  la  ville  s’étoit  foûmifcà  fon  pere,  qu’il  y  accourut  ,  fit  enipri- 
fonner  de  fon  autorité  les  principaux  habitans  }  6c  après  leur  avoir  fait  arracher 
les  yeux  6c  le  nez,  6c  les  avoir  fait  eunuques ,  il  les  chaflà  honteufement  du 
païs.  Ces  malheureux  fe  réfugièrent  auprès  du  comte  de  Barcelone  ,  qui  t⬠
cha  de  les  confoler  dans  leurs  malheurs.  Ce  prince  extrêmement  irrité  de 
cet  attentat ,  rélolut  aufiî-tôt  d’en  tirer  vengeance  :  mais  il  fut  obligé  de  la 
différer ,  parce  que  les  Arabes  ou  Mahomctans  menaçoient  fes  états  d’une 


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xir. 

Retour  Je  R°m 
gn  J  /.  comte 

pour  le  </c  Foix  Je  U 
Terre  /.mue. 

*X  X  o  M . 
a  Pr.  />.  ?  <  g. 


DE  LANGUEDOC.  Ei v.  X  VJ.  _ 

prochaine  irruption  3  ainfî  Bernard  -  A  ton  demeura  paifïBle  poflefleur  des  An.iio?. 
comtez  de  Carca/Ionne  St  de  Rafez,  donciJ  ne  prie  cependant  toujours  que  Je 
titre  de  vicomte.  _  . 

Roger  II.  comte  de  Foix  revint  peut-être  de  là  Terre- fainte  avec  le  jeune 
Alfonfë-Jourdain.  Nous  n’avons  du  moins  aucune  preuve  qu’il  ait  été  en  Oc¬ 
cident  depuis  l’ail  1095.  qu’il  vendit  ■*  une  partie  de  fon  domaine 
voyage  de  Jerufalem  ,  jufqu’en  1108.  qu’il  rcflitua  uvec  fin  fils  Roger , 
moyennant  80.  fols  monnoye  de  Touloufe  ,  au  monartere  de  Notre-Dame 
d’Alet ,  les  droits  injuftes  qu’il  éxigeoic  dans  un  village  de  fon  domaine  qui  ixfjyyi.'&jlf 
avoit  été  donné  à  cette  abbaye  par  Roger  comte  de  Carcujonne.  On  voit  par  là 
que  Roger  II.  qui  en  109  y.  n’avoit  pas  d’enfans  b  de  Sicarde  fa  première  *>  y-  note 
femme,  avoit  en  1108.  un  fils  de  Stéphanie  ou  E  rien  net  te  qu’il  a  voit  époulée  XXIL  *’*' 
en  fécondés  noces.  L’aéle  de  cette  reiticuricm  cfirdatc  fimplement  de  tan  noS. 
fous  le  régné 'du  roi  Philippe  3  ce  qui  prouve  qu’il  cft  anterieur  au  3.  d’Août  delà 
la  même  année ,  jour  de  la  mort  de  ce  prince. 

Louis  VI.  du  nom  fon  fils,  lurnommé  leGros ,  qu’il  avoir  afiocié  à  là  royauté  xilh 
quelques  années  auparavant,  lui  fucceda  :  mais  il  fut  à  peine  fur  le  throne, 
que  la  plupart  des  grands  d  vallàux  du  royaume,  entr’autres  le  roi  d’ Angle-  ie  oHpolcà  loii 
terre  comme  duc  de  Normandie ,  8c  les  ducs  d’Aquitaine  8c  de  Bourgogne 
refuferent  de  lui  rendre  hommage.  Il  n’eft  point  dit  que  Bertrand  comte  de  k.  Raymond 
Touloufe  ait  été  de  ce  nombre.  Le  dc/îêin  qu’a  voit  ce  dernier  de  pafler  Cü"!f‘ 
bientôt  en  Orient  l’obligeant  à  lai  dé  r  fes  états  en  paix,  le  porta  fins  doit  ce  fî'JZ  piépiTi 
à  fe  foumettre  des  premiers.  Le  comte  de  Barcelone  envoya  de  fon  cote  des  ltfi»vrc- 
ambaflàdeurs  à  Louis  le  Gros  au  commencement  de  l’année  faivante,  tanr 
pour  reconnoître  fa  fouveraineté  ,  que  pour  implorer  (a  protection  contre  f 
une  nuée  d’infideles  qui  étoient  venus  d’Afrique  en  E/pagne,  s 'et  oient  anpro-  f  !'fj  "f 
chez  à  deux  ou  trois  journées  de  fa  capitale,  8c  défoloienr  Je  pais.  Quoique  F 
le  roi  fut  en  guerre  avec  divers  leigneurs  de  France,  il  promit  de  marcher 
au  fecours  de  ce  prince,  en  reconnoillàncc  de  fa  fidelité  5  ôc  pour  fe  difpofer 
à  cetre  expédition,  il  fit  la  paix  avec  quelques  uns  des  grands  va, faux  du 
royaume  qui  lui  étoient  rebelles,  &  qui  enfin  lui  rendirent  hommage.  Il  con¬ 
clut  une  trêve  avec  les  autres,  8c  leur  accorda  un  delai  pour  s’acquitter  de 
ce  devoir  :  il  ne  paroît  pas  cependant  qu’il  air  pafîc  au-delà  des  Pyrénées. 

Bertrand  comte  de  Touloufe ,  dans  le  defîèin  d’aller,  à  l’exemple  de  fon  pere, 
confacrer  le  refie  de  fès  jours  à  faire  la  guerre  aux  infidclles  dans  lfi  Terre- 
fainte  ,  difpofa  toutes  chofes  pour  fon  départ.  Afin  d’éviter  les  périls  que  ce 
dernier  avoit  courus  en  prenant  là  route  par  terre,  il  réfoluc  d  défaire  le 
voyage  par  mer,  8c  fit  équiper  une  Ilote  à  S.  Gilles  fur  le  Rhône,  où  il 
donna  rendez-vous  à  la  noblcflè  de  fes  états ,  qui  voulut  bien  le  luivre.  Nous 
ignorons  les  noms  des  feigneurs  de  la  province  8c  des  pais  voilins  qui  s’en¬ 
gagèrent  dans  cette  nouvelle  croifàde  :  mais  il  y  a  lieu  de  croire  que  Ray¬ 
mond  comte  de  Melgueil  ou  de  Subfiancion,  coufin  germain  de  ce  prince , 
fut  du  nombre.  Nous  avons  cen  effet  un  tefiament  qu’il  fit  vers  le  même  p.,f 
tems ,  étant  fur  le  point  de  partir  pour  Jerufalem.  Raymond  donne  par  cet  acte  à  '"'“'A 


uop. 


JAlb.  Aq.l.lu 
’•  3‘ 


c  S  fie  U.  to.y» 


l*.pnfê 
& 


l’églife  de  Maguelonne,  en  cas  qu’il  vînt  à  décéder  dans  le  voyage,  8c  que 
fon  fils  mourût  fans  enfans  légitimés ,  les  droits  qu’il  avoit  fur  les  lalines  8c  \o0.:,Utiunf 
fur  leport  le  long  de  la  mer.  11  laiflë  après  fa  mort  l’adminifiracion  des  biens  .  {  note 
de  fon  fils,  à  fà  femme,  à  condition  qu’elle  vivroit  en  viduité  ;  linon  il  lui  ,\iv.  ‘ 
donne  dix  mille  fols  Melgoricns  outre  fon  douaire  *.  Il  met  fon  fils  fous  la  tu-  Pons  ll>bé  <h 
telle  de  (a  mere ,  c’eft-à-dire  del  ’ayeule  de  ce  jeune  fè/gneur.  Enfin  il  fait  di- 
vers  legs  à  plufieurs  de  fes  vallàux,  fur  la  monnoye  de  Melgueil  qu’il  avoit  ^Md^ual. 
engagée  pour  la  fomme  de  treize  mille  fols.  Raymond  ne  marque  dans 
cet  acte  ni  le  nom  de  fà  mere,  ni  ceux  de  fà  femme  8c  de  fon  fils  ,  qiie/>.t,io.&/f 
nous  connoifTons  d’ailleurs.  La  première  appel lée  Almodis  éroit  fœur  f  de  L  v"f‘ 
Raymond  de  S.Gilles  5  la  fécondé  s’appelloit  Marie  :  mais  nous  ne  fçavons  pas  ' 

fon  extraction.  Quant  à  fon  fils ,  il  fe  nommoit  Bernard.  Enfin  Raymond  thri>n- 
fait  mention  dans  fon  tefiament  de  fa  fœur  Adcle  femme  de  Pierre  du  Ptty.  t».  "Ami! 

Pons  g ,  qui  fut  élu  abbé  de  Cluni, quelques  jours  après  la  mort  de  faine  su"- 
Hugues  fon  prédeceflèur  arrivée  le  zy.  d 'Avril  de  l’an  1109.  croie  freré c,  afffri4' uf" 


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An.i  109. 

a  V.  NOTE 

xxxvi.n.+. 

&J'i' 


b  CUufrid.Vef. 
•to.XybibL  Lab. 


t  O'der.  Vital . 
adano.in^ 
ibitL 


3  Bibl.  Clun. 
ibid 

V.Mab.ad  ann. 
1109  n-7  « .. 

Gail.chr.nov . 
tii.to  4/UI34 

&M- 

c  Bibl .  C/m». 
d?c.tbid. 
Concil.to.  10. 

# 

g  Arnica, 
r.  M?r£ 
ibid. 

h  V.  KOTTÎ 
ibid.  n.  j. 

iBibl .  C/m». 
f-578- 


kPf.MH- 
1  Bibl.Cluo. 
ibid* 


mCcncil  t. 10. 
f.6Ü6.&/eq. 


3fO  HISTOIRE  GENERALE 

du  même  comte  de  Melgueil.  On  lui  donna  au  baptême  le  nom  de  Pons,  qui 
étoit  celui  du  comte  deTouloufe  fon  ayeul  maternel  -  :  fes  parens  l’offrirent, 
étant  encore  enfant,  à  l’abbaye  de  S. Pons  de  Tomiercs,où  il  prit  l’habit  mona- 
ftique.  Il  avoit  atteint  à  peine  l’àge  d’adolefcence  qu’il  fut  élu  évêque  5  mais 
le  pape  Pafcal  II.  qui  étoit  (on  parain  ,  s’oppofa  à  fa  promotion  à  l’épifco- 
pat,  6c  le  mit  entre  les  mains  de  S.  Hugues  abbé  deCluni  ,  qui  le  fit  élever 
fous  fes  yeux  dans  ce  célébré  monaftere,  où  Pons  fit  une  nouvelle  profeffion. 
Ce  pape  appelle  auparavant  Raynicr  ,  l’avoit  tenu  fur  les  fonds,  lorfqu’é- 
tant  cardinal  ôc  légat  du  pape  Grégoire  VII.  en  Efpagne ,  8c  dans  la  Nar- 
bonnoife  ,  il  en  exerçoit  les  fondions  dans  cette  derniere  province.  On  pré. 
tendb  que  Pons  fut  prieur  de  l’abbaye  de  S.  Martial  de  Limoges,  dépendante 
alors  de  celle  de  Cluni.  Ce  qu’il  y  a  devrai,  c’eft  que  l’elperance  que  les 
religieux  de  la  derniere  conçurent  de  fon  bon  naturel ,  6c  de  fon  éducation, 
les  porta,  quoiqu’il  fut  encore  fort  jeune  ,  à  l’élire  pour  leur  abbé.  Le  por¬ 
trait  que  fait  de  lui  un  auteur  contemporain  c  effc  en  effet  des  plus  avan¬ 
tageux.  «  Pons  fils  du  comte  de  Melgueil,  dit  cet  auteur,  6c  filleul  du  pape 
»  Pafcal ,  par  l’ordre  duquel  il  avoit  été  élevé  à  Cluni ,  étoit  encore  jeune 
»  lorfqu’il  en  fut  élu  abbé.  Il  étoit  d’une  taille  médiocre  ,  d’un  naturel 
»  docile,  gai  6c  affable  ,  mais  formé  à  la  vertu.  Il  avoit  le  teint  blanc  6c 
»  un  très-beau  vifage ,  6c  il  n’étoit  pas  moins  recommandable  par  fa  naif- 
»  fance ,  que  par  fes  mœurs ,  car  il  appartenoit  par  le  fang  aux  rois  6c  aux 
»  empereurs  :  enfin  il  étoit  très- bien  inftruit  dans  la  pieté  6c  dans  les  lettres.  « 
Pons  nous  fait  connoître  lui-même  l’ancienneté  de  fa  noblcfle ,  quand  il  mar¬ 
que  dans  les  lettres  de  la  focieté  d  de  prières  qu’il  établit  entre  entre  fon  ab¬ 
baye  de  Cluni  ôc  celle  d’Aniane,  qu'il  étoit  parent  des  fondateurs  de  la  der¬ 
niere.  Il  étoit  donc  de  la  race  de  S.  Benoît  d’Aniane ,  fils  d’un  comte  de 
Maguelonne  ou  de  Melgueil  *  ce  qui  remonte  jufqu’au  régné  de  Pépin  le 
Bref,  ôc  au  tems  même  des  rois  Viiigots  qui  avoient  régné  dans  la  Septi- 
manie. 

Pons e  fut  béni  abbé  de  Cluni  le  9.  de  May  de  l’an  1 109.  par  Gui  arche¬ 
vêque  de  Vienne,  qui  fut  enfuitepape  fous  le  nom  deCallixtelI.  Il  reçut  la 
même  année  deux  donations  faites  à  fon  monaftere  ,  l’une  par  Judith  fa 
tante  g ,  veuve  de  Robert,  ôcmere  de  Guillaume  comtes  d’Auvergne,  la¬ 
quelle  lui  donna  entr’autres  une  fomme  pour  acheter  une  vigne  dont  on  put 
recueillir  de  bon  vin  pour  le  facrifice  de  la  meffe  5  ôc  l’autre  par  Hugues  de 
Lufignan ,  fon  coufîn  icrmain  h  ,  6c  fes  deux  fils  Hugues  6c  Roger.  Amelius 
évêque  de  Touloufe  donna1  de  fon  côté  en  1 1 10.  à  l’abbaye  de  Cluni ,  du 
conlentement  de  fon  chapitre,  l’églife  de  fainte  Colombe,  Jituèedans  leTou- 
loufun  &  Le  pais  deChercorb  auprès  de  La  riviere  de  Lers.  Pierre-Raymond  frere 
de  ce  prélat,  6c  fa  femme  Adele ,  fœur  du  même  Pons  abbé  de  Cluni,  ren¬ 
dirent  alors  à  cette  abbaye  tous  les  biens  de  l’églife  de  fainte  Colombe  donc 
ils  étoient  en  pofTelfion ,  6c  y  offrirent  leur  fils  Guillaume  ,  encore  enfant, 
pour  y  être  religieux.  L’acte  cft  daté  de  fainte  Eulalieprès  de  Carcaflonne, 
ôcfouferit  par  Raymond  archevêque  d’Auch,  Ifarn  prieur  de  Fredelas  ,êc  le 
vicomte  Bernard- Aton ,  qui  reftitua  en  même  tems  à  cette  églilè  tous  les 
biens  qu’il  avoit  ufurpez  fur  elle.  Nous  apprenons  par  laque  Pierre  du  Puy , 
mari  d’Adele  de  Melgueil,  avoit  fes  domaines  dans  la  partie  méridionale  du 
Touloufain  vers  le  comté  de  Foix.  Ainfi  il  eft  fort  vraifemblable  qu’Amelius 
évêque  de  Touloufe  fon  frere,  eft  le  même  qu’Amelius  auparavant  abbé  k  de 
Foix  ,  6c  prieur  de  Fredelas  ou  Pamiers.  Ce  prélat  confentic 1 ,  avec  fon  chapi¬ 
tre,  à  la  donation  que  Gérard  commandeur  de  l’hôpital  de  Notre-Dame  de 
la  Daurade  de  Touloufe ,  fit  à  l’abbaye  de  Cluni,  de  l’églife  de  Notre-Dame 
de  la  Dalbade  dans  la  même  ville. 

Pons  de  Melgueil  fe  comporta  avec  beaucoup  de  fagefîe  6c  de  modeftie 
durant  les  premières  années  de  fon  gouvernement ,  6c  le  diftingua  dans  dif¬ 
ferentes  négociations  importantes.  11  s’employa  entr’autres  pour  rétablir  la 
paix  entre  le  facerdoce  6c  l’empire  ,  6c  faire  celïer  les  difputesque  les  préten. 
tions  réciproques  des  papes  6c  des  empereurs  avoient  fait  naître.  Pafcal  IL 
lui  écrivit  œ  diverfesfois ,  6c  lui  donna  des  marques  d’une  amitié  finguliere. 


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DE  LANGÜÊDOCU.  XVI.  »5t 

L’empereur  Henri  V.  l’envoya  à  Rome  en  i  ;  16.  pour  y  être  ion  principal  ain-  An.  1 1  oÿ> 

baflàdeur  a  auprès  de  ce  pape:  Pons  qui  fe  difoic  parent  de  ce  dernier  aftîfta 

alors  au  concile  de  Latran.  Callixte  II.  l’honora  faen  nij.  ain/ï  quel’evêque  de  t.  v.cif'/.ctr* 

Chiions  fur  Marne,  d’un  pareil  employ  auprès  de  ce  prince,  durant  le  Mv  ed-  m  *■ 

concile  de  Reims  :  Pons  y  fitparoître  c  /on  éloquence,  &  dé  fendit  avec  fer-  fl'o^ùeT.v,ul 

meté  les  interets- de  fon  monaftere.  Ce  pape  qui  a  voit  étééliî  dans  l’abbaye 

de  Cluni ,  où  Gelaiê  II.  fon  pré  deceftèur  étoit  décédé  ,  accorda  en  xno.  à 

Pons,  &  aux  abbez  de  Cluni  fes  liiccellèurs,  le  privilège1^  de  faire  par  tout  la  dfyihcinn* 

fonction  de  cardinal  de  l’églilê  Romaine,  &  il  l’inveftit  en  particulier  de  cette  fIC 

dignité  par  l’anneau  :  enfin  cet  abbé  fut  en  relation  avec  les  perlonnages  les 

plus  célébrés  de  fon  fiecle  -,  en  particulier  avec  le  fameux  Yves  de  Chartres  Sc 

Geoffroy  de  Vendôme.  Hildcoert  évêque  du  Mans  lui  dédia  la  vie  de  faine 

Hugues  abbé  de  Cluni. 

Pons  ne  fçût  fè  contenir  long-tems  dans  les  bornes  de  Jamodeftie:  il  vécut 
en  grand  feigneur ,  &  eut  la  vanité  de  fe  qualifier  abbé  des  abbez. ,  &  d’afpirer ,  ’crj*.  vit. 
à  ce  qu’on  prétend  f,  à  la  papauté.  Ses  grandes  dépenfes  l’obligerent  à  en-  y'^f7^ 
detrer  confiderablement  fon  monaftere  ;  ce  qui  fit  murmurer  fes  religieux  , 
qui  s’en  plaignireht  au  pape  Calixte  II.  Sur  leurs  plaintes  Pons  fe  rendit  à  Rome  f  o*HfnU>  rtf. 
au  moisd’Avril  de  l’an  m  z.  &  déclara  au  pape  qu’il  étoit  ré folu  de  lé  demet-  ,M ’ 
tre  de  fon  abbaye.  Le  pontife  tâcha  de  le  détourner  de  ce  deffein  :  mais 
Pons  perfiftant  dans  fa  réfolution  ,  il  ordonna  aux  religieux  de  Cluni  d’elire 
un  autre  abbé.  Le  choix  tomba  fur  Hugues  II.  natif  de  Be/ànçon ,  ôc  aupa¬ 
ravant  religieux  de  S.  Pons  de  Tomieres.  Pons  partit  eafuite  pour  l’Orienc , 

&  arriva  en  1 1  2  3 .  à  Jerulàlem  g  où  il  Ht  vœu  de  finir  fes  jours.  Il  demeura  en  J 
effet  quelque  tems  dans  la  Terre-fiiin te ,  &  s’y  acquit  une  grande  réputation  <  } 
de  pieté.  On  prétend  qu’il  étoit  dans  l’armée  chrétienne,  &  qu’il  yportoit 
la  lance  *»  de  Nôtre-Seigneur  qui  avoir  été  trouvée  à  Antioche,  lorfque  les  b  ct!i' 
chrétiens  remportèrent  une  victoire  fignalée  fur  les  infidclles  la  18  .  année  t'.'ul-’ * 
après  la  prilê  de  Jerulàlem  :  mais  il  cft  certain  que  Pons  étoit  encore  alors 
en  Occident.  Cct«bbé  «  après  deux  ans  de  fejour  dans  la  Terre-  fainte  ,  chan- 

fea  de  réfolution,  revint  en  Italie,  s’arrêta  dans  le  diocèfe  de  Trevife  où 
bâtit  un  petit  monaftere.  Il  retourna  bientôt  après  à  Cluni  durant  l’abfence 
de  S.  Pierre  le  Venerable  qui  en  avoir  été  élu  abbé  après  la  mort  d’Hugues  II. 

&  qui  faifoitaékuellement  la  vifitc  des  monafteres  de  fa  congrégation  dans 
la  lecoüde  Aquitaine.  L’arrivée  de  Pons  partagea  les  religieux  du  monaftere, 
dont  les  uns  le  déclarèrent  en  là  faveur,  &  les  autres  refulcrenr  de  le  rece¬ 
voir.  La  noblelîe,  &  les  gens  dupais  dont  il  avoir  gagné  l’afïèéh’on,  prirent 
hautement  fon  parti ,  l’aiderent  à  s’emparer  de  l’abbaye ,  y  entrèrent  à  main 
armée,  la  mirent  au  pillage,  &  y  firent  un  grand  carnage.  Pons  demeura 
ainli  par  violence  poftèllèur  de  Cluni  depuis  Je  Carême ,  jufqu’au  premier 
d’Oftobre,  ce  qui  caula  un  grand  fchilme  dans  l’ordre.  Pierre  le  Venerable 
fe  rendit  aulfi-tôt  à  Rome  pour  implorer  la  proteélion  du  pape  Honoré  IL 
qui  liegeoit  alors,  &  qui  ordonna  au  cardinal  Pierre  fon  légat  à  latere  en 
France,  &  àHumbaud  archevêque  de  Lyon,  d’excommunier  Pons,  &  de  le 
cirer  à  Rome.  Ce  dernier  ayant  comparu  à  cette  citation  ,  le  pape  le  dé- 

{>ofa  de  toute  dignité ecclefiaftique,  comme  un  ufurpateur  &  un  lacrilége,& 

e  fît  enfermer  dans  une  étroite  prifon ,  où  il  mourut  de  chagrin  trois  mois 

après,  le  18.  de  Décembre  de  l’an  iriy.  Le  pape  le  fit  enterrer  cependant 

avec  honneur  dans  le  monaftere  de  faint  André  de  Rome,  d’où  on  tranfera 

fon  corps  dans  la  fuite  à  l’abbaye  de  Cluni.  On  y  voit  fon  tombeau,  où  il  eft 

reprefenté  les  pieds  liez  k,  i  caufe,  dir-on,  qu’il  étoit  décédé  excommunié. 

Un  auteur  contemporain  1  allure  neanmoins  que  les  miracles  qui  s’operoienc 

tous  les  jours  à  fon  tombeau  ,  étaient  une  preuve  évidente  de  fa  faintetc  ;  &  en 

-rr__  1  »  _  1  *  1  .  i  .  i.  r.*.-  »t..  i  ^  .  •  i  .  ,,  _ 


:  Jtibhçluih 


que  pour  avoir  voulu  corriger  les  défauts  de  quelques-uns  d’enrr’eux,  fl  Mont,  a, 
ajoute  que  Pons  mourut  dans  l’abbaye  de  Cave,  où  le pape  l’avoit  fans  doute  m7‘  . 
fait  enfermer. 


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_ HISTOIRE  GENERALE 

An  .1109.  On  remarque1  qu’Aldebcrt  de  Peyre  II.  du  nom  ,  évêque  de  Mende,  or. 

£y*v.  d  donna  dans  fon  églife  ,  de  même  que  Pons  dans  l’abbaye  deCluni,  qu’on 
Men,Je.UAbb«  employeroit  d  e  bon  vin  pour  le  facrifice  de  la  mefle.  Ce  prélat ,J  qui  avoic 
dc  UGraifc.  luccedé  après  l’an  1098.  à  Robert  ,  étoit  neveu  d’Aldebert  de  Peyre  I.  du 
ville 'de  PuyU  noni  »  predeceflèur  de  ce  dernier.  Il  fonda  au  mois  de  May  de  l’an  1109. 
LaurtDs.  dans  fa  cathédrale  un  anniverfaire  pour  Auflorge  fon  pere  ,  6c  fes  autres  pa- 
rens,  6c  fit  beaucoup  de  bien  au  monaftere  de  Chirac  lîtué  dans  Ion  diocèfe. 
bPr.p.  Il  mourut  bientôt  après,  puifque  Guillaume  III.  lui  avoit  déjà  fuccedé  la  mê- 
^üMchmtv  meann^e  1109.  Ce  dernier  engagea  en  1 113.  les  chanoines  de  fa  cathédrale 
à  embraflèr  la  vie  canoniale  avec  la  réglé  de  faint  Auguftin. 

J'?-  Guinard  ou  Gérard  comte  de  Roulîillon  retourna  à  la  Terre-fainte  ,  où  il 

accompagna ,  à  ce  qu’il  paroît,  Bertrand  comte  de  Touloufe.  Nousfçavons 
c Mau.Hifp.  en  effet L  qu’il  étoit  déjà  parti  le  27.  de  Septembre  de  l’an  1109.  lorfque  la 
*,WJ4‘  comtelTe  Agnès  fa  femme  unit  l’abbaye  de  S.  André  de  Sureda ,  à  celle  de  la 
"Grafïè ,  avec  claufe  expreffe  que  fi  Gérard,  fon  mari  revenou  du  fiant  Sépulcre ,  il 
confirmerait  cette  union.  Leon  étoit  alors  abbé  de  la  GrafTe,  6c  avoit  fuccedé 
à  Robert  depuis  l’année  précédente.  Il  étoit  fils  de  Pierre- Bernard  feigneur 
àv.Mdb.ui  d’Hauterive  d  dans  le  .diocéfe  deTouloufe.  Il  reçut  durant  fon  gouvernement 
pju(jeurs  enfans  de  qualité  de  la  province,  à  la  profeffion  monaftique,  en- 
cr’autres  Roger  d’Aurignac  ,  6c  Arnaud  de  Pui-Laurens.  C’eft  le  plus  ancien 
monument  que  nous  connoiffions,  où  il  foit  parlé  de  ce  dernier  lieu, qui cft 
aujourd’hui  la  principale  ville  du  diocèfe  de  Lavaur  après  la  capitale. 

Phd  ténu  à  Nous  avons  lieu  de  conjecturer  que  Pierre-Berenger  de  Fougères ,  dans  le 
Montpellier,  diocéfe  de  Beziers,  fe  mit  fous  les  enfeignes  de  Bertrand  comte  de  Touloufe, 
ePr;.4ia{j-  &  qu’il  paffa  la  mer  avec  lui  ;  car  nous  apprenons  e  qu’etant  dans  le  deflein 
/»îî-  vers  ie  même  tems  de  faire  le  voyage  de  Jerufalem ,  où  il  alla  effective¬ 
ment  ,6c  où  il  mourut  ,  il  fit  une  donation  en  faveur  de  l’abbaye  de  faine 
Guillcm  du  Défert.  Bernard-Raymond  de  Caftelnau  fon  parent  fit  quelque  tems 
après  le  même  voyage.  La  donation  du  premier  donnât  occafion  à  divers 
plaids ,  dont  le  dernier ,  auquel  Bertrand  d’Andufe  préfixa ,  fut  tenu  à  Mont¬ 
pellier  en  1119. 

xvll  Bertrand  comte  de  Touloufe  f  après  avoir  difpofé  toutes  chofès  pour 
PcpattdcBcr.  fon  'départ,  fe  rendit  à  faint  Gilles  ,  où  il  fe  mit  à  la  tête  de  fon  armée  com- 
-tZîc  P°&e  de  quatre  mille  chevaliers  pefamment  armez.  II  laifla  fans  doute  en 
pour  1»  Tctrc- partant  le  gouvernement  de  fes  états  au  jeune  Alfonfe  fon  frere,  ouplùtôtà 
(2Ta  1 1  un  con^-‘il  qu’il  établit  pour  les  adminiftrer  au  nom  de  ce  jeune  prince  ■,  car 
c- }■&/•%■  '  il  paroît  qu’il  lui  céda  tous  fes  domaines  d’Occidcnt,  6c  qu’à  l’exemple  de 
Raymond  de  S.  Gilles ,  fon  pere  ,  il  prit  la  réfolution  de  s’établir  en  Orient, 
6c  d’employer  le  relie  de  fes  jours  à  combattre  contre  les  infidelles.  Il  emmena 
en  effet  avec  lui  Pons  fon  fils  unique  âgé  de  dix  à  douze  ans ,  ôc  fans  doute 
Helene  de  Bourgogne  fa  femme.  Bertrand  fit  embarquer  fes  troupes  fur  40. 
galeres  ou  vailleaux  qu’il  avoit  fait  équiper  ,6c  mit  cent  chevaliers  armez  dans 
chacun  ,  fans  compter  les  mariniers.  Il  fit  voile  enfuite  vers  le  commence¬ 
ment  g  de  Mars  de  l’an  1 109.  6c  fe  rendit  à  Pife  fur  les  côtes  d’Italie  ,  où 
une  flote  de  Génois  6c  de  Pifans  compofée  de  70.  grands  vaifTcaux  ou  gale¬ 
res  ,  6c  de  2 o.  autres  moindres ,  l’attendoit  pour  le  même  deflein.  Cette  flote 
^ h  Ch'il  TJr-  étoit  commandée  par  deux  nobles  Génois h ,  Anfaldus  6c  Hugues -Ebrinus  ,  qui 
9  fè  mirent  volontiers  fous  la  conduite  de  Bertrand  ,  après  lui  avoir  donné  des 
alfurances  de  leur  fidelité  ,  6c  en  avoir  reçu  de  fa  protection.  L’armée  navale 
i  AW.Aq.ihd.  partjt  enfuite1,  6c  débarqua  à  Amiroth ,  ville  deGrece,  fituée  dans  les  états 
XVIII  d’Alexis  empereur  de  Conflantinople,  6c  peu  éloignée  de  cette  capitale. 

11  va  a  Coq-  Les  habitans  du  païs  refuferent  d’abord  de  fournir  des  vivres  au  comte 
(hnnoopic,  de  Touloufe  êc  à  fes  troupes  :  ce  qui  obligea  ce  prince  d’avoir  recours  à  la 
«Efforcé  pour  s’en  faire  donner.  L’empereur  informé  de  fon  arrivée,  l’envoya 
xis ,  atnvc  au  auflî-tôt  prier ,  par  une  ambaflàde  folemnelle,  de  fe  rendre  à  fa  cour  pour  y 
conférer  enfemble,  avec  promefie  de  le  traiter  favorablement,  d’avoir  pour 
le  ivccTao-  lui  les  mêmes  égards  qu’il  avoit  eus  pour  le  comte  Raymond  fon  pere  ,  6c  de 
c,cdc-  lui  donner  le  pallage  libre  fur  fes  terres.  Bertrand  fe  rendit  aifément  à  la  de¬ 
mande 


R  NOTE 
Xi.yil..n.  I. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVI. 


3/J 


mande  d’Alexis  }  &  étant  dcfcendu  le  long  du  détroit  de  Conftantinople ,  ou  An.i  109. 
du  bras  S.  Georges,  avec  quelques  perfonnes  choifies  de  la  fuite,  il  fe  rendit 
au  palais  de  ce  prince ,  qui  lui  fit  un  accueil  très-gracieux  ,  lui  donna  des 
marques  fingulieres  de  fon  amitié  $'&  après  avoir  reçu  de  fa  part  le  ferment  de 
fidelité ,  lui  fie  ,en  le  renvoyant,  desprelens  magnifiques. 

Bertrand  rejoignit  enfuite  la  flote  ,  fit  voile  vers  Antioche  ,  où  Tancrede 
commandoieenl’abfencedeBoemond,  &  aborda  au  port  dcS.Simeon  éloigné 
de  deux  milles  de  cette  ville.  Il  fut  à  peine  débarqué  qu’ilenvoya  quelques-uns 
des  principaux  de  fon  conlèil  au  premier ,  pour  lui  donner  avis  de  Ion  arri¬ 
vée  ,  le  laluer  de  fa  part  ,  &  le  prier  de  lui  marquer  une  heure  pour  fe 
voir.  Tancrede  reçût  très-bien  les  envoyez  de  Bertrand  5  mais  craignant 
quelque  furprilë  de  fa  part ,  il  fe  fit  accompagner  de  toutes  lês'troupes  &  fe 
rendit  aulfi  tôt  au  porc  de  S.  Simeon.  Son  entrevue  avec  le  comte  de  Tou* 
loufe  le  palfa  d’abord  avec  beaucoup  de  politefiè  départ  &  d’autre  :ilss’em- 
bralîèrent  tendrement,  demeurèrent  toute  la  nuit  enfemble  ,  &  fe  donnèrent 
réciproquement  des  marques  d’une  amitié  fîneere.  Le  lendemain  Tancrede 
ayant  demandé  à  Bertrand  le  fujet  de  fon  voyage,  celui-ci  le  lui  expolaavec 
francliife,  fie  le  pria  en  meme  tems  de  lui  remettre  cette  portion  d’Antioche 
dont  fon  pere  s’étoit  artîiré  le  premier ,  lorfque  cette  ville  avoit  été  prilç  par  les 
croifez.  Tancrede  acquiefça ,  ou  fit  fcmblant  d’acquiefcer  à  la  demande  de  ' 

Bertrand  }  mais  il  éxigea  de  lui  qu’il  l’aidât  auparavant  de  toutes  fes  forces 
à  reprendre  la  ville  de  Mamiftra  en  Cilicie ,  que  les  Arméniens  avoient  livrée 
depuis  peu  à  l’empereur  Alexis.  Le  comte  s’exeufa  fur  le  ferment  qu’il  venoic 
de  faire  à  ce  prince  -,  il  offrit  cependant  d’aller  artieger  Giblct  fur  les  Sara- 
fins.  Tancrede  peu  content  de  cette  offre ,  perfifta  à  demander  à  Bertrand  fon 
fècours  pour  le  fiege  de  Mamiftra ,  &  celui-ci  à  le  lui  refufer  pour  cette  entre- 
prilè  ;  ce  qui  irrita  tellement  le  premier,  qu’il  ordonna  à  l’autre  avec  menaces 
de  le  retirer  au  plutôt  de  les  terres ,  6c  défendit  qu’on  lui  fournie  des  vivres. 

Bertrand  obligé  de  fe  remettre  en  mer  ,  fit  voile  avec  toute  fa  flotte  vers 
Tortofe ,  ville  dont  Raymond  de  S.  Gilles  fon  pere  s’étoit  autrefois  rendu  maî¬ 
tre,  ficquiétoit  alors  au  pouvoir  de  Guillaume-Jourdain  comte  de  Cerdagne. 

Celui-ci  faifoit  fa  principale  rélîdence  1  au  château  du  Mont-Pelerin  :  il  avoit  XI-X. 
continué  depuis  la  mort  de  Raymond  de  S.Gilles  Ion  oncle,  &  conformément 
aux  dernieres  volontez  de  ce  prince,  le  fiege  ou  blocus  de  Tripoli }  ce  qui  ne  Guiiiaumc- 
l’empêchoit  pas  d’entreprendre  quelquefois  d’autres  expéditions  aux  environs  * 
foit  pour  conferver  les  places  dont  le  même  Raymond  lui  avoit  confié  la  garde  lut  u  fuctci- 
en  mourant,  fie  qu’on  appelloit  le  païs  de  CamolLa  ou  Camolta  ,  foit  pour  ^ j 
étendre  fes  conquêtes.  Il  avoit  fignalé  fa  valeur  entr’autres  depuis  peu  con-  ouïes  cn  o- 
tre  Hèrtoldin  roi  ou  gouverneur  de  Damas  pour  les  infidèles ,  qui  l’etoit  venu  & 

harceler  aux  environs  du  Mont-Pelerin.  Guillaume  ayant  fait  une  fortie  avec  «TdVrrîpoh' 
mille  chevaliers  pefamment  armez  ,  qui  compofoient  toute  fon  armée  ,  avoit  p«  ic premier, 
entièrement  défait  ce  prince  infidelle  ,  fie  remporté  fur  lui  de  riches  dépouil-  t 

les.  Ce  comte  avoit  été  enfuite  mettre  le  fiege  devant  Archos  ,  que  Raymond  &  /*?. 
de faint  Gjlles  fie  Godefroy  de  Bouillon  n’avoient  pii  prendre  dans  la  pre-  **lC''c"20t' 
miere  croifade  }  fie  comme  il  avoit  coutume  tous  les  ans  de  faire  le  dégât  ’ g^.bÎmw*. 
aux  environs  de  cette  place  ,  la  conquête  lui  en  fut  plus  aifée  :  car  la  gar- 
nifon  manquant  de  vivres ,  6 c  fe  voyant  d’ailleurs  extrêmement  preflée ,  avoit  ‘cuiu.Tjr.Lii. 
pris  la  fuite  ,  après  avoir  foutenu  le  fiege  pendant  trois  femaines.  Le  comte  «•  w-  6'/*??. 
deCerdagne  s’étoit  faifi  enfuite  de  cette  ville,  qui  paffoitpour  imprenable,  6c 
avoit  étendu  de  là  fes  courfcs  jufqu’à  Damas ,  fie  porté  la  délolation  dans 
tout  le  païs. 

La  ville  de  Tortofe  ouvrit  fes  portes  au  comte  Bertrand,  qui  y  trouva 
tous  les  rafraîchirt'emens  dont  fon  armée  avoit  befoin.  Le  lendemain  il  en¬ 
voya  au  Mont-Pelerin  fommer  le  comte  de  Cerdagne  de  lui  remettre  le  païs 
de  Camolta  ,  que  fon  pere ,  dont  il  ctoit  légitimé  fuccejjeur  &  heritier ,  avoit  con¬ 
quis  avant  fon  voyage  de  Jerufalem  ,  éc.  dont  il  avoit  difpofé  en  fa  faveur. 
Guillaume-Jourdain  répondue  aux  envoyez  de  Bertrand,  que  c’étoit  mal-à-pro¬ 
pos  qu’il  ]ui  demandoit  la  reftitution  de  ce  païs  ^  que  Raymond  de  S.  Gilles  fon 
oncle  le  lui  avoit  donné  avant  fa  mort  5  6c  qu’il  n’avoit  celle  depuis  de  le 
Tome  II,  Y  y 


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_  354  HISTOIRE  GENERALE 

AN.1109,  défendre  fendant  quatre  ans  au  péril  de  fa  vie,  ce  qui  l’avoir  engagé  dans  de 
grandes  dépenfes.  Prévoyant  cependant  que  cette  réponfe  ne  plairoit  pas  à 
Bertrand,  il  aflembla  fon  confèil ,  8c  de  l’avis  de  ceux  qui  le  compofoient, 
il  envoya  demander  du  fecours  à  Tancrede  y  avec  promeflè  de  le  rendre 
fonvaflàl,  8c  de  tenir  de  lui  tous  fes  domaines.  Tancrede  qui  craignoît  lui- 
même  que  Bertrand  ne  fît  quelque  entreprife  fur  fes  états ,  écouta  fa  vorable¬ 
ment  les  propofitions  de  Guillaume,  &ils  convinrent  d’aller  à  Tortofeavec 
•  toutes  leurs  forces  pour  en  châtier  ce  prince.  Celui-ci  informé  de  leur  delfein 

*  fe  rembarqua ,  8c  arriva  le  troifiéme  jour  devant  T ripoli ,  dont  il  forma  le  fiege 
par  mer  8c  par  terre.  Il  envoya  en  même  tems  desambafladeursà  Baudouin  I. 
roi  de  Jerulalem  pour  lui  offrir  fes  fervices ,  8c  le  prier  de  lui  accorder  la  prote¬ 
ction  contre  Tancrede  &  le  comte  de  Cerdagne ,  lefquels  après  avoir  refufé 
de  lui  rendre  le  domaine  de  fon  pere  qu’ils  avoient  envahi,  s’étoient  liguez 
contre  lui ,  8c  avoient  réfolu  de  lui  faire  la  guerre.  Baudouin  reçût  fort  bien 
Pambâflade  de  Bertrand,  prit  fes  intérêts  avec  chaleur,  &  promit  de  l’aller 
joindre  incelTamment.  En  attendant  il  envoya  faire  la  déclaration  fuivante  à 
Tancrede  &  à  Guillaume-Jourdain  :  >3 Bertrand  mon  confrère ,  &  chrétien  comme 
>3  moi ,  fils  du  comte  Raymond  ,  m’ayant  demandé  du  fecours  pour  tirer  raifon 
33  du  refus  que  vous  faites  de  lui  rendre  les  pais  8c  les  villes  qui  avoient  appar- 
33  tenu  à  fon  pere  ;  je  vais  le  joindre  à  Tripoli,  de  l’avis  de  toute  l’églife  de  Je- 
3s  rufalem.  Hâtez-vous  donc  de  lui  reftituer  au  plûtôt ,  de  même  qu’à  Baù. 
ssdouin  du  Bourg  prince  d’Edefle ,  êtàGaucelin  de  Turbayfèl,  les  places  que 
33  vous  leur  détenez  injuftement ,  8c  prenez  jour  pour  vous  accorder  avec  eux, 
33  afin  d’établir  entre  vous  une  paix  durable ,  fans  quoi  vous  ne  fçauriez  vous 
33  foûtenir  contre  les  infidelles. 

a  Guiü.Tjr.  1.  Bertrand  en  attendant  »  le  fecours  du  roi  de  Jerulalem  ,  fans  lequel  il  ne 

tl'e’h  pouvoit  efperer  de  forcer  la  ville  de  Tripoli  à  fe  rendre  ,  allaafîieger  Giblet, 
ville  maritime  de  la  Phenicie ,  qui  avoir  ,cté  autrefois  au  pouvoir  du  comte 
Raymond  fon  pere,  &  que  les  infidelles  avoient  reprife.  Il  fe  mira  latêtede 
fes  propres  troupes ,8c  attaqua  cette  place  par  terre,  tandis  que  les  Génois 
8c  les  Pifans  avec  leur  flotte  l’afïïegeoient  par  mer.  Les  habitans  fe  trouvant 
hors  d’état  de  réfifter ,  demandèrent  bientôt  à  capituler  -,  8c  après  avoirobtenu 
la  permiffion  de  fe  retirer  où  ils  voudroient  avec  leurs  femmes  8c  leurs  en- 
fans,  ils  livrèrent  la  place  aux  Génois,  ou  plûtôt  à  Bertrand  ,  qui  la  céda  à 
ces  peuples,  comme  nous  le  verrons  plus  bas. 

Ce  prince  revint  enfuite  reprendre  le  fiege  de  Tripoli.  Il  prefToit  vivement 
l’attaque  de  cette  ville  depuis  trois  femaines ,  lorfque  le  roi  de  Jerufalem  l’alla 
bsih.Aj.i. joindre  à  la  tête  de  500.  chevaux,  &  d’un  pareil  nombre  de  fantaffins. b  Ces 
e-ll-&j‘i1 •  deux  princes  fê  donnèrent  réciproquement  de  grandes  marques  d’amitié,  &le 
comte ,  conformément  à  fa  promelie,  prêta  ferment  de  fidelité  au  roi,  &  fe  dé¬ 
clara  fon  vaflal.  Tancrede  &  le  comte  de  Cerdagne  informez  de  leur  jon&ion, 
prirent  alors  le  parti  d’obcïr  aux  ordres  du  dernier ,  8c  fè  rendirent  bientôt 
après  au  camp  devant  Tripoli ,  de  même  que  Baudouin  du  Bourg  8c  Turbay- 
fel.  Tous  ces  princes  fe  réconcilièrent  enfemble  par  l’entremife  du  roi  Baudouin. 
Tancrede  refticua  à  Baudouin  du  Bourg  les  places  qu’il  luidétenoit,  &  les 
comtes  de  Touloufe  8c  de  Cerdagne  convinrent  de  l’accommodement  fui- 
.  tAib.Jq.è"  vantc.  La  fortereffe  d’Archos  que  celui-ci  avoir  prife  lui  demeura,  avec  la 
timiuiyrabiÀ.  yfljg  -portofe  ^  ieurs  dépendances ,  8c  toutes  lesautres  conquêtes  qu’il  avoit 
faites:  le  château  du  Mont-Pelerin  ,  les  villes  de  Tripoli  &  de  Giblet,  &  leurs 
•dépendances,  &  en  un  mot  tous  les  pais  qui  avoient  été  fournis  par  Raymond 
de  S.  Gilles ,  furent  adjugez  à  Bertrand ,  avec  claufeexpreiïe  que  fi  l’un  d’en¬ 
tre  eux  venoit  à  mourir  fans  enfans  ,  l’autre  lui  fuccederoit.  Bertrand 
prit  enfuite  du  roi  de  Jerufalem  l’inveftiture  de  tous  les  domaines  qui  lui 
•croient  échus  bar  jee  partage  ,  8c  en  fit  hommage  à  ce  prince.  Le  comte  de 
■Cerdagne  dé  fon  côté  fe  reconnut  vaflàl  de  Tancrede  pour  les  fiens. 

Là  bonne  intelligence  ayant  été  ainfi  rétablie  parmi  tous  les  princes,  ils 
■joignirent  leurs  armes  contre  la  ville  de  Tripoli ,  qui  fe  rendit  enfin  au  roi 
4  note  Baudouin  8c  au  comte  Bertrand  le  10.de  Juin  d  de  l’an  1109.  Suivant  lacapi- 
tulation,  les  habitans  obtinrent  la  liberté  de  fe  retirer  ,&  d’emporter  une 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVI. 


515 


c  Pr.ibU* 
XX!. 
Mortducomw 


partie  de  leurs  effets.  Quelques-uns  aimèrent  mieux  refter  dans  la  ville  en  An.iio?. 
payant  un  cens  annuel  au  comte.  C’eft  ainfi  que  cette  forte  place  ,  après 
feptans  de  fiege ,  ou  de  blocus  ,  à  compter  depuis  qu’elle  avoit  été  invertie  par 
Raymond  de  S.Gilles,  tomba  enfin  au  pouvoir  de  Ion  fils  Bertrand.  Celui-ci  en 
fit  hommage  1  lige  au  roi  de  Jerufalem, &  prit  depuis  le  titre  de  comte  de  Tripoli  iFuUh.c*wt. 
qu’il  tranlmit  à  fes  defcendans.  ’ 

Ce  prince  par  reconnoiffance  pouf  les  Génois  qui  l’avoient  aidé  à  faire  une  Bcrtr^'donnt 
fi  importante  conquête  ,  donna  b  le  1 6.  du  même  mois,  à  la  cathédrale  de  dcsmarqucsde 
S.  Laurent  de  Genes ,  en  la  perfonne  de  Guillaume  Embriac,  &  des  autres  prin- 
cipaux  commandansde  la  flotte  ,  la  ville  deGiblet,  &  la  troifiéme  partie  de  [^Génois- 
Tripoli,  en  prelence  du  roi  de  Jerufalem.  Il  accorda  outre  cela  à  ces  peuples  b  Pr/\j 74* 
divqrs  privilèges,  en  particulier  une  exemption  de  toute  forte  de  tributs  dans 
fes  terres  depuis  Nice  jufqu’au  port  de  Venus  ,  de  même  qu’aux  Lombards  qui  fe- 
roient  aflbciez  avec  eux  :  concefiion  qui  occafionna  dans  la  fuite  l’établiflè^ 
ment  d’un  grand  nombre  de  commcrçans  de  ces  deux  nations  dans  la  province.  * 

Du  refte  nous  avons  ici  une  preuve  que  Bertrand  dominoit  fur  toute  la  côte 
de  Provence,  de  Languedoc  St  de  Rouflillon  5  St  quoi  qu’à  l’exemple  de  fon 
pere,  il  ne  prenne  dans  cette  donation  que  le  fimple  titre  de  comte  de  S.  Gilles , 
nous  fçavons  d’ailleurs  qu’il  fut  toujours  reconnu  pour  comte  dcTouloufe  après 
fon  départ,  comme  il  paroît  entr’autres ,  par  un  acte  du  mois  de  Juillet  de 
l’an  *  1109. 

Guillaume-Jourdain  comte  de  Cerdagne  décéda  peu  de  jours  après  la  prife  de 
Tripoli.  On  raconte  diverfement  les  circonftances  de  fa  mort.  Un  auteur  con-  drêcda'gnë! 
temporain  d  allure  qu’ayant  pris  querelle  ,pour  un  vil  intérêt,  avec  fon  écuyer,  Bertrand  lui 
il  le  maltraita  ;  St  que  celui-ci  pour  fe  venger  lui  tendit  des  embûches,  ôc  lui  f^p'uëct'qu’il 
décocha  une  flèche  dont  il  lui  perça  le  cœur.  Un  autre  hiftorien  e  très-celebre,  occupoit  en 
mais  pofterieur ,  prétend  d’un  autre  côté ,  qu’il  s’éleva  un  grand  différend  pour  L  Ir, 

un  fujet  très-leger ,  entre  les  écuyers  de  ce  prince ,  St  ceux  du  comte  Ber-  ou. 
trand  }  St  que  le  premier  étant  monté  à  cheval  pour  aller  les  mettre  d’ac-  eGwii.Tyr.l.u. 
cord ,  il  fut  atteint  d’un  coup  de  flèche  dont  il  mourut.  Cet  auteur  ajoute  y‘ 
que  quelques-uns  fbupçonnerent  le  comte  Bertrand  de  l’avoir  fait  périr  j  mais 
quejufqu’à  fon  tems  on  n’avoit  pû  encore  éclaircir  la  vérité  de  ce  foupçon, 
ni  découvrir  l’auteur  de  la  mort  du  comte  de  Cerdagne.  Ce  qu’il  y  a  de 
certain  ,  c’eft  que  ce  prince  étant  décédé  fans  pofterité ,  Bertrand  lui  fuc- 
ceda  dans  tous  les  domaines  qu’il  poflèdoit  en  Orient,  conformément  à  l’ac¬ 
cord  dont  on  a  déjà  parlé.  Son  frere  Bernard-Guillaume  lui  lucceda  d’un 
autre  côté  dans  ceux  d’Occident ,  qui  comprenoient  les  comtez  de  Cerdagne, 
de  Confiant  ,St  deBerga  au-delà  des  Pyrénées ,  St  le  Capcir  avec  une  partie  du 
Rafez  en  deçà  de  ces  montagnes, luivanr  le  teftamentfque  Guillaume-Jour-  f  .vf<w. 
dain  avoit  fait  en  1 101.  avant  fon  départ  pour  laTerre-lainte. 

La  flotte  Genoifc  e  paffa  l’hyver  dans  lès  ports  d’Orient,  St  aida  le  roi  xxu. 
Baudouin  à  faire  le  fiege  de  Beryte,  ville  importante  de  la  Phenicie,  fituée  ^"^coms 
fur  la  mer  entre  Giblet  St  Sidon.  Ce  prince  l’alfiegea  par  terre  avec  toutes  fes  du  toi  de  jetu- 
forces,  tandis  que  le  comte  Bertrand,  qui  lui  avoit  confeillé  cette  entreprife, 
l’attaqua  par  mer  avec  la  flotte.  Ce  fiege  qui  commença  au  mois  de  Février  de  fcs  expedi-  ‘ 
l’an  11 10.  dura  environ  deux  mois  ôc  demi,  &  la  place  le  "rendit  enfin  au  roi  de  tm”s£A  t  r 
Jerufalem  vers  le  1  5.  de  Mai  de  la  même  année.  On  accorda  aux  habitans  ?. 
la  liberté  de  fe  retirer  où  ils  voudroient  :  plufieurs  d’entr’eux  en  profite-  FuUh.c»mct. 
rent  ;  mais  on  prétend  que  le  comte  Bertrand,  Se  les  Pifans  égorgèrent  G»,7u>r.i.u. 
tous  les  autres  au  nombre  de  vingt-un  mille,  contre  la  foi  de  la  capitula-  ?• 

tion.  Le  roi  Baudouin  partit  bientôt  après  pour  Jerufalem ,  où  il  alla  celebrer 
la  fête  de  la  Pentecôte,  Se  où  le  comte  le  fuivit  à  la  tête  de  fes  troupes.  Ces 
deux  princes  reçurent  alors  un  Courier  de  Baudouin  du  Bourg ,  qu’une  armée 
de  Turcs  avoit  afliegé  dans  Edeflè  ,  à  la  follicitation  de  Tancrede  fon  ennemi, 

&  qui  demandoit  un  prompt  fecours.  Le  roi  propofa  cette  expédition  à  Ber¬ 
trand  qui  y  confcntit  avec  joie  ,  donna  fes  ordres  pour  la  fureté  de  fes  places, 

&  partit  de  Jerufalem  avec  lui  au  commencement  de  Juin.  Ils  employèrent 
un  mois  entier  dans  leur  marche.  8t  raffemblerent  en  chemin  plufieurs  Fran¬ 
çois  St  Arméniens  -,  ce  qui  renforça  leur  armée  ,  laquelle  à  fon  arrivée  aux 
Tome  II.  Y  y  ij 


nio. 


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An.i  i  10. 


5CXIII. 
VIII.  Concile 
deTouloufe. 

ïChron.S.Pet, 
viv.p.761. 
V-Conctl .  to.  10. 

f-  766. 
b  ltiUf*c.nov% 
td.to  i.j.ifi. 
c  Pr.p.fiù.fr 

fit- 


d  V.  Mob.  al 
ann .  k  10  4.  ». 
8v 

c  Cj/#/  mtm» 
*•*7» 


XXIV. 

Le  vicomte 
Bernard  Aton 
marie  fa  fille 
avec  le  fils  du 
comte  dcRoul- 
fiilon.  Comtes 
de  ce  pais. 

f  SpuiL  /#.?. 
H37- 


gMarcMi/p. 
h  f.  48s. 

J>.  45S. 


j5<î  HISTOIRE  GENERALE 

bords  de  l’Euphrate ,  fe  trouva  forte  de  quinze  mille  hommes.  Le  bruit  de  fa 
marche  jetta  une  fi  grande  terreur  parmi  les  Turcs,  que  fans  attendre  les  . 
Chrétiens ,  ils  levèrent  auffi-tôt  le  fiege  d’Edefle. 

Le  roi  Baudouin  &  Bertrand  ayant  repris  la  route  de  Jerufalem ,  apprirent 
au  mois  d’Août ,  qu’un  corps  d’infidelles  a  voit  ailiege  la  ville  de  Ptolemaïdc. 
Ils  hâtèrent  leur  marche ,  fie  le  roi  détacha  une  partie  de  fon  armée  pour 
marcher  au  fecours  de  cette  place ,  tandis  qu’il  alla  avec  le  relie  au  devant 
de  Magnus ,  frere  du  roi  de  Norwege,  qui  avoit  débarqué  à  Jaffa  à  la  tête  de 
dix  mille  combattans.  Il  conduifità  Jerufalem  ce  prince  du  Nord  ,  qui  après 
y  avoir  fait  fes  dévotions ,  lui  offrit  les  fervices.  Baudouin  les  accepta ,  fie 
s’étant  rendu  devant  Sidon,  ils  formèrent  enfemble  le  fiege  de  cette  place  que 
Magnus  attaqua  par  mer  fie  Te  roi ,  avec  Bertrand  par  terre ,  fie  qu’ils  objige- 
rent  de  fe  rendre  au  mois  de  Décembre  après  fix  femaines  de  fiege.  Le  roi 
retourna  enfuite  à  Jerufalem  ,  où  il  arriva  le  z  1.  du  même  mois  ,  fie  le  comte 
Bertrand  alla  faire  fa  réfidence  à  Tripoli. 

Durant  le  cours  de  ces  expéditions ,  le  cardinal  Richard  évêque  d’Albano, 
légat  du  faint  fiege,  tint  a  un  concile  à  Touloufepeu  de  tems  après  la  Pente¬ 
côte  de  l’an  1110.  Ce  prélat ,  que  quelques  auteurs b  confondent  mal-à-propos 
avec  le  cardinal  Richard  abbé  de  S.  Viclor  de  Marfeille,  fie  enfuite  arche¬ 
vêque  de  Narbonne,  prit  connoillânce  entr’autres c  dans  ce  concile ,  des  nou¬ 
veaux  différends  qui  étoient  furvenus  entre  l’abbaye  de  Moillac  6c  celle  du  Mas- 
Garnier  dans  le  diocèfè  de  Touloufê.  L’abbé  de  la  derniere  fut  cité  pour  s’être 
fouflrait  à  l’obéïflànce  de  l’autre,  fie  condamné  à  s’y  foumettre.  Sur  le  refus 
qu’il  fit  d’obéir ,  le  légat  écrivit  après  le  concile  à  Amelius  évêque  de  Tou- 
loufe  qui  y  avoit  affilié,  pour  lui  ordonner  de  mettre  l'abbaye  du  Mas-Gar¬ 
nier  en  interdit,  jufqu’à  ce  que  l’abbé  6c  les  religieux  eufiènt  donné  des  mar¬ 
ques  de  leur  foumiffion .  Ceux-ci  foûtenus  par  l’abbé  de  la  Clufe  en  Piémont, 
dont  ils  fè  prêtendoient  dépendans  ,  appelèrent  de  l’interdit  au  pape  Paf- 
cal  IL  L’abbé  de  Cluni  prit  alors  la  defenfe  de  l’abbé  ôc  des  religieux  de 
Moilîâc  qui  lui  étoient  fournis,  6c envoya  un  mémoire  à  ce  pape  pour  foùtenir 
les  droits  de  cette  abbaye  ,  à  laquelle  Pafcal  donna d  enfin  gain  de  caufe. 

Uefl  encore  fait  mention  de  ce  concile  de  Touloufê,  dans  une  lettre  efàns 
date  que  le  cardinal  Richard  évêque  d’Albano,  qui  y  avoir  préfidé ,  écrivit 
au  même  évêque  deTouloufe  ,  6 c  dans  laquelle  il  lui  marque  que  le  concile 
ayant  adopté  les  decrets  que  le  pape  Pafcal  II.  avoit  fait  drefler  dans  celui  de 
Troyes  touchant  les  dixmes,  les  oblations ,  fie  les  autres  biens  ecclefiafliques 
pofiedez  parles  laïques,  pour  les  obligera  ies  reflitucr  à  peine  d’excommu¬ 
nication,  il  eût  à  faire  exécuter  ces  canons  à  la  rigueur  dans  fon  diocèfè, 
contre  les  ufurpateurs  des  biens  de  la  cathédrale.  C’eil  tout  ce  que  nous  avons 
pu  recueillir  de  ce  concile,  qui  fut  le  VIII.  deTouloufe. 

Le  vicomte  Bernard- Aton ,  ficCecile  fa  femme  ,  marièrent f  leur  fille  Er- 
mengarde  au  mois  de  Mai  de  l’an  mo.  avec  Gausfred  ou  Gaufbert,  fils  de 
Guinard  ou  Gérard  comte  de  Rouflîllon  occupé  alors  à  l’expedition  delà 
Tcrre-fainte,  fie  lui  donnèrent  en  dot  divers  fiefs,  outre  le  château  d’Abcil- 
lan  dans  le  diocèfè  de  Beziers  ,  fie  celui  de  Mcze  dans  le  diocèfè  d’Agde, 
dont  elle  devoir  jouir  après  leur  mort.  Le  vicomte  déclare  outre  cela  que  s’il 
venoit  à  déceder  fans  enfans  mâles,  Gausfred  fie  Ermengardc,  outelleaurre 
de  fes  filles  que  celui-ci  épouferoit ,  au  défaut  d’Ermcngarde ,  lui  fuccederoic 
dans  tout  ce  qu’il  pofledoit  dans  les  diocèfesde  Beziers  fie  d’Agde ,  c’cft-à-dire 
dans  les  deux  vicomtcz  de  ce  nom ,  fie  dans  tous  fes  autres  biens.  Cette  claufè 
fait  voir  que  ce  n’écoic  qu’une  (impie  promeflè  de  mariage  }  fie  on  verra  par 
ce  que  nous  dirons  dans  la  fuite,  que  Gausfred  ficErmcngarde  étoient  alors 
encore  jeunes ,  fie  que  leur  mariage  ne  s’accomplit  que  dans  la  fuite. 

Gausfred  fuccedaen  1x13.  à  Guinard  fon  pere,  qui  fut  tue' g  cette  année 
à  fon  retour  de  la  Terre-fatnte.  Nous  trouvons  cependant  en  1116.  h  un  Ar- 
naud-Gausfred  comte  de  Rouffillon  ;  mais  ce  dernier  étoit,  à  ce  qu’il  paroît, 
fils  de  Gausfred  comte  du  même  «  pais  qui  vivoit  en  1069.  fie  par  conféquent 
oncle  paternel  de  l’autre  Gausfred  qui  fut  le  III.  comte  de  Rouffillon 
de  fon  nom ,  fie  dont  Arnaud  fut  apparemment  le  tuteur  pendant  (à  minorité. 


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DH  LANGUEDOC.  Liv.  XVI. 


317 


Aa  refte  Ermengarde  prie  ordinairement  le  nom  de  TrencaveiJe  depuis  fon  An.xxio. 
mariage  avec  Gausfred. 

Le  vicomte  Bernard-Aton  a  acquit  ver/  l’anriio.  différons  domaines  dans  xxdV'.[0„ 
l’Albigeois ,  entr’autres  le  château  de  Penne ,  finie'  fiir  les  frontières  du  Querci, 
qu’Adelgarius  evêque  d’Albi ,  fon  frere  Raymond,  &  quelques  autres  fei-  doawines.  n 
gneurs  lui  donnèrent  en  a  lieu  ,  &  qu’ils  reprirent  cnfiiice  de  lui  en  fief.  Nous  f“a{^n™|*e 
apprenons  par  là  qu’Aldegarius  évêque  d’Albi  au  commencement  du  XII.  Cuik  pour 
fiecle  ,  étoit  de  la  famille  des  lêigneurs  de  Penne.  Ce  prélat,  dont  on 
fait  mal-à-prdpos  deux  évêques  d’Albi  de  même  nom1',  avoit  fiiccedé  fous  le  bi. 
régné  de  Philippe  I.  c’eft-à-dire  au  moins  depuis  l’an  1x08.  à  Arnaud  qui  }‘ 

étoit  de  la  mailon  c  des  lêigneurs  de  Ceilênon  au  diocèlè  de  Narbonne,  £c  b  v.kotzix. 
qui  avoit  été  auparavant  chanoine  de  Béziers.  Le  pape  l’avoit  nommé  à  ”’4' 
l’évêché  d’Albi.  Aldegarius  fon  liiccefieur  donna  à  l’abbaye  de  S.  Pons  de 
Tomieres  l’cglifê  de  S.  Remi  de  Lautrec ,  où  on  érigea  depuis  un  prieuré  yt?. 
conventuel  qui  a  été  féculariféêc  changé  en  collegiale. 

Le  vicomte  Bernard-Aton  reçût  d  vers  le  même  tems  les  hommages  ou  fer-  dPr.p.}t7.& 
mens  de  fidelité  des  feigneurs  des  châteaux  de  Caiflargues  dans  le  diocèlê  A?- 
de  Nifines  ,  d’Arifat  dans  l’Albigeois,  de  Villcmur  6c  de  Mircpoix  ,  dans  le 
Touloufain,  d’Aniort  dans  le  diocèfe  de  Narbonne,  aujourd’hui  d’Alet,  6cc. 

Ce  vicomte  poffêdoit  outre  cela  divers  fiefs  dans  le  domaine  de  l’abbaye  de 
la  Grade.  C’eft  ce  qui  paroît  en  premier  lieu  par  un  engagement  «  qu’il  fit  en 
1108.  à  Robert  abbé  de  ce  monaftere  6c  à  fes  religieux,  de  l’albcrgue  qu’il  Jra^‘  ‘  4 
exigeoit  fur  divers  villages  de  leur  dépendance ,  moyennant  trente  livres  d' ar¬ 
gent  pur  du  poids  de  Carcnffonne  j  êc  en  iecond  lieu  par  l’hommage  1  qu’il  ren-  fPr.p.^p.fy- 
dit c  à  l’abbé  Leon,  fucccflêurdc  Robert,  à  la  fête  de  l’Alfomption  de  l’an  !eii- 
1 1 1 o.  qu’il  avoit  été  célébrer  dans  cette  abbaye  ,  avec  les  deux  fils  Roger  ôc 
Trencavel,fuivi  de  plusieurs  nobles. Il  prend  le  titre  de  vicomte  dcCarcaffonne  dans 
ce  dernier  acte  ,  6c  reconnoît  en  cette  qualité  tenir  de  l’abbaye  de  la  Grade 
divers  châteaux ,  villages  &  fiefs  du  Carcafiêz,  du  Narbonnois,  du  Minervois, 

&duRafez.  Il  ajoute  que  lui  6c  les  vicomtes  de  Carcalïonne  les  fuccefléurs , 
croient  obligez  de  le  trouver  à  la  GralTê  pour  y  rendre  le  même  hommage  à 
chaque  nouvel  abbé  ,  auquel  ils  dévoient  tenir  l’étrier  lorlqu’il  montoit  à 
cheval  pour  faire  fa  première  entrée  dans  Carcalïonne ,  6c  le  défrayer  alors, 
avec  deux  cens  chevaliers  de  fa  fuite,  dans  le  fauxbourg  de  laint  Michel  de 
cette  ville.  Le  meme  vicomte  fe  trouva  avec  plufiettrs  autres  barons ,  6c  divers 
prélats,  entr’autres  Richard  archevêque  de  Narbonne,  Amclius  évêque  de 
Touloufe, 5c  Raymond  évêque  de  Carcalïonne,  à  une  alïémblée  *  ou  plaid  tenu 
le  dernier  de  Mars  de  l’an  ii  îo.  dans  lequel  on  condamna  les  deuxfreres, 

Bernard  6c  Remi  de  Canet ,  à  reconnoître  l’archevêque  de  Narbonne  pour 
leur  feigneur. 

Bernard-Aton  avoit  eu  vers  ce  tems-là  quelque  différend  *  avec  Roger  II. 
comte  de  Foix.  Ce  comte  lui  donna  un  certain  nombre  de  les  vaffaux  pour  otages 
de  la  paix  qu’il  conclut  enfuite  avec  lui.  Depuis  ce  tems-là  Roger  6c  Bernard- 
Aton  vécurent  en  bonne  intelligence.  Le  dernier  6c  fes  fils  ,  par  un  acte  h  du  BT 

mois  de  Mars  de  l’an  un.  appcücrent  l’autre  6c  fes  enfans,  en  cas  qu’ils  mou-  "aù.ncmeiu6' 
ruflènt  fans  pofterité ,  à  la  fuccefiïon  de  tout  ce  qu’ils  poffedoient  dans  le  dc  r.»t>bayC  de 
Raie z. ,  le  Carcaflèz  ,  6c  le  Touloufain  •  c’eff-à-dire  des  domaines  qu’ils 
tenoient  de  l’heredité  des  anciens  comtes  de  Carcaflonne.  relises  de  ce 

Roger  II.  comte  de  Foix  *  poffêdoit  encore  alors  une  grande  partie  des  — _  '  . _ 

biens ecclefiaftiques  de  fon  domaine  ,  dont  Roger  fon  oncle  6c  lui  s’etoient  1 1 1  *• 


mi 


XKVT» 
Roger  U.com* 
te  de  Foix  ,  np- 
peilc  a  la  fuc- 


emparez,  malgrc  l'excommunication  que  les  papes  Urbain  IL  6c  Pafcal  IL  £  £  * 
&le  cardinal  Gautier  évêque  d’Albano ,  légat  du  faint  fiege  ,  avoientlancée  h  vr. 
contre  lui  pour  l’obliger  à  lesreftituer.  Nous  comprenons  par  là  que  ce  comte  &f‘r 
vécut  excommunié  pendant  plus  de  feize  ans,  puifque  le  cardinal  Gautier 

exerçoit  fa  légation  1  en  France  en  1095.  Roger  ,  touché  de  repentir  d’une  1  . . 

conduite  fi  peu  chrétienne ,  reftitua  en  1 1 08.  à  l’abbaye  d’Alet  une  partie  de  *"»•  'oSJ.ii.u 
fes  domaines  ,  ainfi  qu’on  l’a  déjà  vu  ,  6c  rétablit  trois  ans  après  celle  de  6'/'î' 
faint  Volufien  de  Foix  dans  la  polïênïon  de  les  biens. 

Cette  dernière ,  qui  dépendoit  m  au IX.  fiecle  de  celle  de  faint Tiberi  au 


•57  J. 

CrJ'q- 

Pr.p.  j7 ?. 

V.Mab.  Md 


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A  N. mi. 


a  Tr-f.iêç. 


c  p*  m. 
ÙVitdeS.Yoluf. 
in  i  x.Vmogti 
l;n. 

x  Ib  id. 


Medc'.Voluf. 

ihdf>H$* 


XXViL 

Le  comte  cîc 

Foix  rdtiiue  à 
l’abbaye  de 
Fredelas  Tes 
biens  uturpez. 
Origine  de  la 
Tè'.lc  de  Pa¬ 
miers. 

g  Pr.  p.  j;8. 
&J*W 


h  V.to.1  NOTE 
XXXI  J. 


558  HISTOIRE  GENERALE 

diocèfe  d’Agde,  avoit  été  bâtie  à  Poccafion  des  reliques,  qu’on  y  confervoît,  de 
S.  Volufien  évêque  de  Tours ,  niartyrilé  dans  le  pais  par  les  Vifigots- Ariens 
fous  le  régné  d’Alaric  II.  Elle  portoit  anciennement  le  nom  de  S.  Nazaire,  de 
celui  de  I’eglife  où  S.  Volufien  avoit  été  inhumé  -,  mais  on  l’appella  plus 
communément  du  nom  de  ce  dernier  Paint.  Elle  reçût  au  X.fiecle  divers  »  bien¬ 
faits  tant  de  la  part  des  comtes  deTouloufe,  qui  polTcdoient  le  haut  domaine 
du  pais ,  que  de  ceux  de  Carcaflonne  qui  en  avoient  le  dired  $  mais  les  comtes 
de  Foix  defeendans  de  ces  derniers ,  s’étant  emparez  dans  la  fuite  de  la  plu¬ 
part  de  fes  biens ,  le  relâchement  s’y  introduifit ,  6c  les  moines  fe  tranf. 
formèrent  en  chanoines  au  XI.  fiecle.  Il  paroît  qu’Amelius  du  Puy  qui  en 
étoit  abbé  b  vers  Pan  1101.  conferva  cette  dignité  apres  fon  éledionà  l’évêché 
deTouloufe  j  car  en  1108.  elle  n’étoit  gouvernée  c  que  par  un  prieur.  Il ert: 
du  moins  certain  qu’elle  ne  fut  pas  fondée  en  un.  comme  quelques d  auteurs 
le  prétendent, mais  c’eft  à  cette  année  qu’il  faut  rapporter  l'on  rétabliflement  par 
Roger  II.  comte  de  Foix. 

Suivant  un  mémoire  c  drelfé  en  1458.  ce  comte  voyant  que  Péglife  de 
faint  Nazaire,  où  on  confervoit  les  reliques  de  S.  Volufien,  menaçoit ruine, 
refolut  d’en  faire  conftruire  une  nouvelle.  Dans  ce  deflein  il  convoqua  plu- 
/leurs  évêques ,  entr’autres  Amelius deTouloufe  diocefain  ,  &  Raymond  de 
Balbaftro  ,  outre  un  grand  nombre  defeigneurs  féculiers  du  païs  6c  du  voifi- 
nage ,  6c  transfera  les  reliques  du  faint  martyr  le  Mercredi  18.de  Janvier  de 
l’an  mi.  dans  la  chapelle  de  Notre-Dame  de  Montgauzi  auprès  de  Foix, 
où  on  les  laïlla  en  dépôt  jufqu’à  ce  que  la  nouvelle  églife  ayant  été  conftrui- 
te ,  on  les  y  rapporta  *  nous  ignorons  l’époque  de  cette  derniere  tranfla- 
tion.  Elle  étoit  déjà  faite  en  112  car  on  a  une  donation  f  de  cette  année 
en  laveur  de  ïcqltfe  &  du  monafiere  de  S.  Nazaire,  où  ctoit  le  corps  de  S.  Volu¬ 
fien.  Les  chanoines  qui  Phabitoicnt  avoient  embraflè  dès-lors,  ou  du  moins  ils 
embraflèrent  peu  de  tems  après  la  réglé  de  S.  A  uguftin,  laquelle  y  a  toujours  été 
depuis  obfervée  ,  fur  tout  depuis  le  milieu  du  dernier  fiecle,  que  cette  at>baye  a 
paîré  aux  chanoines  réguliers  de  fainte  Geneviève  qui  la  polledent  encore  de 
nos  jours.  Roger  II.  comte  de  Foix,  6c  fes  fucce/Teurs  l’enrichirent  par  leurs 
liberalicez. 

Ce  comte  non  content  d’expier  fes  fautes  paflees  par  ce  rétabliflement  , 
tâcha  encore  au  mois  de  Juin  de  Pan  mi.  de  réparer  g  le  mal  qu’il  avoit  faità 
l’abbaye  de  faint  Antonin  de  Fredelas,dont  il  avoit  jufqu’alors  détenu  injufte- 
ment  les  domaines  ,  que  le  comte  Roger  fon  oncle  paternel ,  &  lui ,  avoient  ufur" 
pez^,  &  que  les  comtes  de  Foix  &  de  Carcaffonne ,  leurs  prèdcceficurs  ri avoient  jamais 
pojfedc U  rendit  donc  à  ce  monaftere ,  à  fes  abbczjuturs ,  à  Ifarn  qui  en  étoit 
prieur  ,  6c  aux  chanoines  qui  l’habitoient ,  le  village  de  Fredelas ,  le  château  de 
Pamiers ,  &  l’abbaye  de  S.  Antonin,  6c  fedéfifta  de  tous  les  u figes  injuftes  qu’il 
exigeoit  dans  ces  lieux. Il  fait  le  dénombrement  des  droits  qui  avoient  appartenu 
anciennement  à  l’abbé  de  Fredelas,  6c  s’engage  de  faire  une  redevance  an¬ 
nuelle  en  pain,  vin,  ôcc.  à  cette  abbaye,  le  jour  de  la  fête  de  faint  Antonin. 
Le  prieur  Ifarn ,  &  fes  clercs ,  du  confentement  d’Amelius  évêque  de  Touloufe , 
ôc  de  Raymond  evêque  de  Balbaftro ,  fils  de  l’cgltfe  de  S.  Antonin  ,  donnèrent  en 
même  tems  au  comte  par  reconnoillànce ,  la. garde  du  châceau  de  Pamiers, 
avec  l’avouerie  de  l’abbaye,  6c  lui  accordèrent  pour  cela  la  moitié  de  la  ju- 
ftice  ,  excepté  celle  des  clercs,  6c  divers  autres  droits.  Roger  jura  fur  le  corps 
de  S.  Antonin,  d’obferver  tous  ces  articles,  en  prefence  des  mêmes  prélats,  6c 
de  plufieurs  de  fes  principaux  vaflaux. 

C’eft  là  le  plus  ancien  monument  que  nous  ayons  où  il  foit  parlé  de  Pa¬ 
miers  ,  qui  ne  fut  d’abord  qu’un  fimple  château  fitué  auprès  de  l’abbaye  de 
Fredelas.  Nous  croyons  b  que  Roger  II.  l’avoir  fait  bâtir  dans  le  fonds  de  ce 
monaftere  depuis  fon  retour  de  Ta  Terre-feinte  ,  8c  qu’il  lui  donna  le  nom 
d’Apamea  ou  Apamia,  en  mémoire  de  la  ville  d’Apamée  en  Syrie  ,  d’où  il 
apporta  des  reliques,  6e  peut-être  celles  de  S.  Antonin ,  martyr  de  cette  ville  j 
ce  qui  aura  fait  confondre  ce  feint  avec  S.  Antonin  martyr  en  Aquitaine, 6c 
ancien  patron  de  l’abbaye  de  Fredelas.  Quoi  qu’il  en  foit ,  il  paroît  du  moins 
par  cet  acte  qu’on  confervoit  en  un.  dans  l’abbaye  de  ce  nom  le  corps  d’un 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.XVL 


W 


HOTE 


S.Antonin  martyr  ,  /oie  que  ce  fût  celui  d’Apamée  en  Syrie  ,  ou  celui  des  An.hu. 
Gaules.  L’abbaye  de  Fredelas  prit  depuis  le  nom  de  Pamiers ,  du  château 
fitué  au  voifinage  j  8c  c’eft  aujourd’hui  une  ville  con/Iderable  dont  les  fuc- 
cellèurs  de  Roger  II.  pollederent  la  moitié  du  domaine  en  pareage  avec  les 
abbez,  8c  enfùite  avec  les  évêques  leurs  fucccilèurs ,  après  l’eredion  de  cette 
abbaye  en  évêché  à  la  fin  du  XIII.  fiecle. 

Raymond  évêque  J  de  Balbaftro  dont  on  vient  de  parler,  étoit  né  au  château  xxviiî. 
de  Durban  ,baronie  du  comte  de  Foix  ,  fîtuée  fur  les  confins  des  diocèd-s  de 
Touloufè  8c  de  Confèrans.  Suivant  l’auteur  contemporain  de  là  vie,  il  étoit  b^on/tif du 
d’une  naillance  illuftre  ,  8c  appartenoit  par  le  lang  aux  rois  &  aux  comtes.  To^^‘n- 
D’où  nous  inférons  qu’il  defeendoit  des  anciens  comtes  de  Carcaflbnne,  de  7,/.  hi.,& 
Foix  8c  de  Comminges.  Ses  parens  l’cleyerent  d’abord  pour  les  armes  :  mais  fin- 
ils  l’offrirent  bientôt  après  dans  l’abbaye  de  S.  Antonin  de  Fredelas ,  où  il  XLn* 
apprit  les  lettres  humaines  ,  8c  embrafla  la  vie  canoniale.  Ses  vertus  8c  fes 
talens,  8c  fur  tout  le  don  de  la  parole,  lui  acquirent  dans  peu  une  fi  grande 
réputation  ,  que  les  chanoines  réguliers  de  S.  Scrnin  de  Touloufè  l’elùrenc 
unanimement  pour  leur  prieur  ou  prévôt  vers  l’an  1101.  L’evcché  de  Bal- 
baftro,  ville  que  Pierre  roi  d’Aragon  enleva  b  aux  Sarafins  la  même  année,  bv.Mare* 
étant  venu  à  vaquer  ,  les  chanoines  de  l’églife  de  Rota  ,  unie  avec  celle  de 
Bilbaftro ,  jetterent  les  yeux  fur  lui,  ôcl’élûrent  à  fon  infçû  pour  leur  evêque, 
à  la  fin  de  l’an  1104.  daus  le  tems  que  des  affaires  particulières  l’avoient  en¬ 
gagé  à  faire  un  voyage  au  royaume  d’Aragon.  Il  fit  beaucoup  de  difficulté 
deconfentiràfonélediort  j  mais  le  clergé,  le  peuple,  8c  Alfonfe  I.  roi  d’Ar- 
ragon ,  qui  venoit  de  fuccedcr  depuis  peu  à  Pierre  fon  frere  ,  le  prellérent  fi 
fort ,  qu’enfin  il  fe  rendit  à  leurs  inftances ,  8c  fut  facré  par  Bernard  arche¬ 
vêque  de  Tolede  8c  fèscomprovinciaux.  Il  gouverna  depuis  fon  diocèfe  avec 
une  fageffe  8c  une  pieté  peu  communes,  8:  livra  fon  corps  à  une auftere péni¬ 
tence.  Il  établit  fa  principale  refidence  à  Balbaftro  ;  mais  Etienne  évêque 
d’Urgel  prétendant  que  cette  ville  dependoit  de  fon  diocèfe,  la  lui  difputaj 
8c  foutenu  du  crédit  du  prince ,  qu’il  trouva  moyen  de  mettre  dans  les  inté¬ 
rêts,  il  ufade  voyes  de  fait,  8c  l’en  chafTa  à  main  armée.  Raymond  obligé 
de  coder  à  la  force  ,  fortit  de  Balbaftro  nuds  pieds.  Etant  arrivé  à  une  cer¬ 
taine  diftance  de  la  ville,  il  s’arrêta,  8c  excommunia  publiquement  l’ufurpa- 
teur  de  fon  fiege,  en  prefence  d’une  partie  de  fon  peuple  qui  l’avoit  fuivi,8c 
qui  le  regardoit  comme  fon  pcrc.  Il  appella  en  même  tems  au  pape  Paf- 
cal  II.  qui  avoit  uni  les  deux  evêchez  de  Rota  8c  de  Balbaftro,  8c  transfera 
fa  refidence  dans  la  première  de  ces  deux  villes/  Pafcai  II.  prit  la  defenfe  de 
Raymond,  8c  écrivit  très-fortement  à  l’évêque  d’Urgel  au  füjct  de  fon  ufur- 
pation  :  mais  il  ne  pût  rien  gagner  fur  ce  prélat ,  qui  étoit  appuyé  du  crédit 
du  roi  d’Aragon ,  irrité  de  ce  que  Raymond  refufoic  de  le  fuivre ,  comme  les 
autres  évêques  de  fes  états,  dans  lés  guerres  contre  les  chrétiens.  On  pré¬ 
tend  que  ce  prélat  depuis  fa  fortie  de  Balbaftro ,  prit  le  titre  d’évêque  de 
Ribagorqa,  pais  qui  comprcnoit  cette  ville  8c  celle  de  Rota  :  mais  nous  avons  NorE 
divers  monumens  L-  pofterieurs  qui  prouvent  qu’il  continua  de  fe  qualifier 
évêque  de  Balbaftro  jufqu’à  fa  mort.  Il  fit  plulicurs  voyages  en  deqa  des 
Pyrénées ,  8c  affifta  i  divers  conciles  de  France  ,entr’autres  à  celui  de  Tou- 
loule  de  l’an  1119.  Il  étoit  fans  doute  réconcilié  en  iii6.  avec  le  roi  d’Ara¬ 
gon  ,  puifqu’il  fervoit f  alors  dans  une  expédition  que  ce  prince  entreprit  contre  f 
les  Maures.  La  mortalité  s’étant  mile  dans  l’armée ,  il  eut  occafion  d’exercer 
fa  charité  envers  les  malades.  Il  fut  attaqué  lui-même  du  mal  contagieux 
dans  la  ville  de  Malaga ,  après  une  fignalée  vidoire  que  ce  roi  remporta  fur  XX1X 
les  infidelles  auprès  de  cette  ville  ,  ce  qui  engagea  ce  fàint  prélat  à  retourner  Suue  des  ex- 
dans  fon  diocèfe.  11  mourut  en  chemin  à  Huefca  le  11.  de  Juin  de  la  même  c^cm 

année,  au  milieu  des  chanoines  de  fa  cathédrale  de  Rota  ,  qui  étoient  venus  tcdcTouioufâ 
au  devant  de  lui ,  8c  qui  transférèrent  fon  corps  dans  leuréglife.  Lesfréquens 
miracles  qui  s’opérèrent  à  fon  tombeau  lui  attirèrent  bientôt  après  un  culte  ij“f« 
public.  On  prétend  que  le  pape  Honoré  II.  le  mit  au  catalogue  des  faints.  'jg»®  »vcc 
Bertrand  comte  de  Touloufè  8c  de  Tripoli ,  après  avoir  conquis  cette  der-  \ri"x«'contr« 
mere  ville  fur  les  infidelies ,  8c  y  avoir  fixé  fa  demeure ,  fe  brouilla  de  nouveau  Tanaedc. 


c  BtU.ibid* 


d  B olliilid. 
N  OTE  ibtJ> 


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j6o  HISTOIRE  GENERALE 


An.ii  i  i. 


A  D*  Cdnge 

not.w  AkxisJ. 
Ho  6. 

¥*li  dd  ann. 
xm.iï.8. 


b  TtdcW.  Cdrn. 
i.  i.  c.  45. 

Alb.  Aq  /.  1 1. 
*•  40. 

Gi4tll.Tyr.lii . 

I*. 


C  Alexiad.  /.14. 

f^ii.&]tq. 


III  Z. 


<1  Alù.Aq.l.  12. 
4-dr  7* 


c  Altxiad.tbid. 


avec  Tancrede,  qui  avoir  acquis  alors  une  nouvelle  autorité  dans  Antioche 
par  la  mort  de  Boemond  fon  oncle  ,  prince  de  cette  ville.  Ce  dernier,  qui  dans 
Ton  voyage  de  France  avoit  époulé  Confiance  fille  du  roi  Philippe  I.  étoitprêc 
à  s’embarquer  dans  la  Pouille  pour  aller  reprendre  le  gouvernement  de  fa 
principauté,  lorfque  la  mort  l’enleva  au  mois  de  Février*  de  l’an  mi.  nelaif. 
fant  qu’un  fils  unique  en  bas  âge  de  même  nom  que  lui.  Tancrede  fe  perpé¬ 
tua  par  là  dans  l’adminiftration  de  la  principauté  d’Antioche ,  au  nom  de  ce 
jeune  prince  :  il  médita  aulfi-tôt  de  nouvelles  conquêtes ,  &  au  lieu  de  tourner 
fes armes  contre  les infidelles ,  il  alfiegea  b  Tortolè  fur  le  comte  Bertrand, 
prit  cette  ville,  8c  en  donna  le  gouvernement  à  Guillaume  fils  naturel  du  duc 
de  Normandie.  Cette  conduite  devoir  naturellement  rendre  Bertrand  fon 
ennemi  irréconciliable.  Celui-ci  en  ufa  cependant  bien  chrétiennement  envers 
lui.  Une  armée  de  cent  mille  Turcs  s’étant  avancée  jufqu’à  Cefarée  de  Phi. 
lippe,  à  une  journée  d’Antioche  ,  menaçoit  de  faire  le  fiege  de  cette  derniere 
ville.  Tancrede  fe  voyant  hors  d’état  de  réfifter ,  implora  le  fecours  des  prin¬ 
ces  chrétiens.  Baudouin  roi  de  Jerufalem  ,  le  comte  Bertrand  ,  l’évêque  d’Al- 
bara ,  8c  plufieurs  autres  le  mirent  aulfi-tôt  en  marche ,  le  joignirent,  &  atta¬ 
quèrent  avec  16000.  hommes ,  qui  compofoient  toute  leur  armée  ,  celle  des 
infidelles  qu’ils  mirent  en  fuite ,  le  19.  de  Septembre  de  l’an  1111.  ce  qui  délivra 
Tancrede  d’un  grand  péril. 

Bertrand  ne  peut  refufer  quelque  tems  après  de  fe  liguer  contre  ce  prince, 
avec  l’empereur  Alexis,  qui  avoit  toujours  en  vue  de  remettre  Antioche  fous 
fon  obéiflance.  Ce  dernier6  voyant  que  la  mort  de  Boemond,  8c  les  fujets  que  le 
comte  Bertrand  fon  allié  avoit  de  fe  plaindre  de  Tancrede  ,  lui  en  fourni f- 
foienc  une  occafion  favorable ,  envoya  fommer  celui-ci  de  lui  rendre  cette 
ville,  en  vertu  du  ferment  qu’il  lui  avoit  fait.  Tancrede  ne  jugea  pas  à  pro¬ 
pos  de  répondre  à  cette  fommation  -,  ce  qui  fit  réfoudre  Alexis  de  mar. 
cher  en  perfonne  contre  ce  prince  avec  toutes  fes  forces.  L’empereur,  avanc 
que  de  s’engager  dans  cette  expédition ,  chercha  à  mettre  dans  fes  intérêts 
Baudouin  roi  de  Jerufalem ,  8c  les  autres  princes  François  qui  occupoient  di- 
verfes  places  aux  environs  d’Antioche.  Il  leur  envoya  des  ambafladeurs ,  donc 
Emanucl  Butimite  étoit  le  principal ,  avec  ordre  de  débarquer  d’abord  à  Tri¬ 
poli  pour  conférer  avec  le  comte  Bertrand.  Ces  envoyez  à  leur  arrivée  dans 
cette  ville,  ne  manquèrent  pas  de  rappeller  au  comte  le  fouvenir  de  la  con¬ 
fiante  fidelité  que  Raymond  de  S.  Gilles  fon  pere  avoit  confervée  jufqu’à  fa 
mort,  pour  l’empereur  leur  maître  ,  8c  lui  remirent  une  lettre  de  ce  prince. 
Celui-ci  marquoit  à  Bertrand  «  qu’il  s’attendoit  qu’il  marcheroit  fur  les  traces 
»  de  fon  pere ,  8c  qu’aulfi  fidolle  envers  lui ,  il  tâcheroit  d’égaler  fa  réputation  -, 
»  qu’ayant  réfolu  de  tirer  vengeance  des  injures  qu’il  avoit  reçues  de  Tancrede, 
»  il  le  fupplioit  non  feulement  de  ne  pas  fecourir  ce  parjure  8c  ce  rebelle  5 
«mais  d’engager,  autant  qu’il  pourroit,  les  autres  princes  à  ne  pas  prendre 
»  fa  défenle ,  Se  à  demeurer  dans  L’alliance  8c  la  fidelité  qu’ils  dévoient  à 
55  l’empire. 

Les  amballadeurs  d’Alexis  trouvèrent  le  comte  de  Tripoli  très-difpofé  à 
faire  tout  ce  que  leur  maître  fouhaitoit  de  lui.  Ce  comte  les  aflura  en  effet 
qu'il  étoit  prêt  à  expofer  fa  vie  pour  l’empereur  quand  il  feroit  neccffaire  ; 
8c  que  dès  qu’il  apprendroit  que  ce  prince  fe  feroit  mis  en  marche  vers  An¬ 
tioche,  il  iroit  au  devant  pour  lui  prefenter  fes  refpccls,  8c  lui  donner  des 
preuves  de  fa  fidelité.  Les  envoyez  perfuadez  delà  fincerité  despromeffes  du 
comte,  en  qui  ils  avoient  une  entière  confiance,  lui  laiflerent  en  dépôt  à 
leur  départ ,  fuivant  l’ordre  qu’ils  en  avoient  reçu  ,une  fomme  confiderable, 
qu’ils  avoient  prife  en  paffant  à  Tille  de  Chypre,  dans  le  deffein  de  ladiftribuer 
aux  divers  princes  qu’ils  pourroient  engager  à  fe  liguer  avec  leur  maîcrc.  Ils 
fe  rendirent  enfuite  au  commencement  du  Carême  auprès  du  roi  de  Jerufa- 
1cm,  occupé  alors  au  fi-.  ge  de  Tyr ,  qu’il  avoit  commencé  dès  la  fin  de  No¬ 
vembre  d  de  l’année  précédente.  Ce  prince  leur  fit  un  très-bon  accueil ,  & 
les  retint  dans  fon  camp  jufqu’au  Dimanche  de  la  Palfion ,  qu’il  fut  obligé 
de  lever  le  fiege  II  les  amena  alors  à  Jerufalem  ^  mais  n’ayant  pu  rien  conclure 
avec  eux  ,  il  c  les  congédia,  8c  les  ambafladeurs  reprirent  la  route  de  Tripoli 


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de  LANGUEDOC.  Liv.  XVI.  361 _ _ 

après  la  fête  de  Pâques.  Ils  apprirent  à  leur  retour  dans  cette  ville  la  mort  An.ii  i  i > 
du  comte  Bertrand,  laquelle  arriva  a  par  conféqucnt  vers  la  même  fête  ,  ar.Duc*»i* 
qui  tomboit  cette  année  ma.  le  zi.  d’Avril.  w/.i»  .*/«.?. 

Ce  font  là  toutes  les  circonftances  que  nous  avons  pii  recueillir  de  la  mort  xxx. 
de  Bertrand,  qui  à  l’exemple  de  Raymond  de  S.  Gillesfon  pere,  tacrifia  fon 
repos  &  lès  états  pour  aller  finir  fes  jours  au  fèrvice  de  la  religion  contre  les  fecccdc  daas  k 
infidèles.  Ce  prince  mourut  âgé  d’environ 46. ans, &  ne  tailla b  qu’un  fils  uni-  Cli¬ 

que  nommé  Pons,  de  fa  féconde  femme  Hclenc  de  Bourgogne  ,  qu’il  avoir  n“iÛC  cdo. 
épouféeen  1095.  &  qui  lui  furvêcut.  Cette princeflé fe  remaria  quelque  teins  rient.  &  ai. 
après  avec  Guillaume,  dicTalavas ,  comte  d’Alençon  êcdePonthicu,  dont  a^fon "frère 
elle  eut  des  enfans.  Un  ancien  auteur  c  donne  cependant  à  entendre  que  Pons  dans  le  comté 
naquit  du  mariage  de  Bertrand  avec  ta  niecc  de  1a  princeflé  Mathilde  qu’il  jjf 
avoic  epoufee  en  premières  noces  5  mais  il  parole  qu’il  fe  trompe.  Quoiqu’il  en  d’Occidcnt. 
foie ,  le  jeune  Pons  ne  fucceda  à  Bertrand  Ion  pere  que  dans  lés  états  d’Orient,  b  0r*r- Vu!’ 
où  il  l’avoit  fuivi,  c’eft-à  dire  dans  le  comté  deTripoli  qui  étoit  l’une  des  '''JiVjq'i.n. 
quatre  principautez  établies  en  ce  pais  par  les  princes  chrétiens  :  fil  y  fixa  fon  c-  '»■ 
léjour ,  &  le  tranfmit  à  fes  defeendans.  Ce  comté  s’étendoit  depuis  un  ruif-  Malm' 
feau  d  fitué  entre  les  villes  de  Maraclée  &  de  Valenia  ,jufqu’à  un  autre  ruifleau  v.DuCangt 
qui  coule  encre  les  villes  de  Giblet  &:  de  Beryche.  Pons  abandonna'  ainlï 
tous  fes  droits  fur  les  domaines  que  fon  pere  avoic  poflédez  en  Occidenc,&  i.i6.c.l9.  r'% 
qui  comprenoient  entr’autres  le  duché  de  Narbonne,  le  comté  de  Touloufe 
&le  marquifat  de  Provence  ,  en  faveur  d’Alfonfe-Jourdain  fon  oncle  pater¬ 
nel  ,  qui  étoit  moins  âgé  que  lui  ,  &  qui  étoit  demeuré  en  France. 

Quelques  auteurs  attribuent  à  Raymond  IV.  comte  de  Touloufe  ,  1a  xxxr. 
fondation  du  grand  prieuré  de  S.  Gilles  de  l’ordre  de  S.  jean  de  jerutalem  ou  de  0t‘?ine  d« 
Malcej  mais  il  paroit  qu  on  doit  la  rapporter  plutôt  au  comte  Bertrand  fon  icz  de  s.Gdics 
fils.  Il  eft  du  moins  certain  que  l’hôpital  ou  commanderie  de  S.  Gilles  fublu  Touloufe 
ftoic  déjà  dès  l’an  im.  dans  le  teins  de  1a  mort  de  ce  dernier  }  ce  qui  nous  Maire.1*1'  dc 
donne  occafion  de  développer  ici  l’origine  de  cette  maifon  ,  ta  plus  ancienne  c 
de  l’ordre  de  Malte  en  deçà  de  1a  mer.  au***/"** 

Les  fréquens  pèlerinages  que  les  chrétiens  faifoient  depuis  long-tems  à 
Jerufalem  ,  engagèrent  au  milieu  du  XI.  fiecle,  quelques  marchands  d’Amalfi 
dans  le  royaume  de  Naples ,  à  fonder  par  un  cfprit  de  charité ,  un  hôpital 
auprès  du  faint  Sépulcre,  pour  y  loger  les  pauvres  &  les  pèlerins.  Ccc  hôpital 
fut  conftruit  auprès  d’une  églife  nommée  fainte  Marie  1a  Latine  deflérvie  par 
des  religieux  Bénédictins.  Il  fut  d’abord  adminiftré  par  des  féculiers  ,  qui  lé 
confacrerent  à  cet  exercice  de  charité  ,  fous  l’obéiflànce  de  l’abbé  de  fainte 
Marie.  Les  chrétiens  ayant  pris  Jerufalem  en  1099.  le  roi  Baudouin  I.  ôcles 
autres  princes  croifez  couchez  du  foin  qu’on  prenoit  des  pèlerins  &  des 
malades  dans  cet  hôpital,  l’enrichirent  par  leurs  Iiberalitcz  ,  &  quelques- 
uns  d’entr’eux  lui  donnèrent  des  domaines' confiderables  en  Europe.  Gérard 
ou  Geraud  qui  en  écoit  principal  hofpitalier,  fit  bâtir  alors  ,  fous  l’invocation 
de  laine  Jean-Baptifte ,  une  nouvelle  églife  à  laquelle  il  joignit  un  grand  hô¬ 
pital,  &  tous  les  autres  bâtimens  qu’il  crut  neceflàires.  Il  engagea  en  même 
rems  fes  freres  à  s’obliger  par  des  vœux  folemnels ,  au  lérvice  des  pauvres  & 
des  pclerins,  &  leur  donna  l’habit  religieux.  Le  pape  Pafcal  IL  approuva  cet 
inftitut f  le  1  5.  de  Février  de  l’an  1 1 1 3.  par  une  bulle  fuivanc  laquelle  il  con¬ 
firme  Gérard  inftituteur  &  prieur  *  de  F hôpital  de  Jerufalem. ,  dans  l’autorité  qu’il 
exerçoit  déjà  fur  fept  autres  hôpitaux  ,  dont  le  premier  efl:  celui  du  bourg  de  p-*7- 
S.  Gilles.  Ce  dernier  hôpital  fubliftoit  par  conféquent  dès  le  commencement  *  Pt*P°fitus- 
de  l’an  mj.&en  effet  Raymond-Berenger  III. comte  de  Barcelone  &  de  Pro¬ 
vence  lui  accorda  un  privilège  s  dès  l’an  un,  La  commoditédu  port  dc  faint  gArch  Au 
Gilles  fur  le  Rhône,  alors  extrêmement  frequente  par  les  pèlerins  qui  al-  f"Ms.Gt!uF.' 
loient  à  Jerutalem ,  ou  qui  en  revenoient ,  engagea  tans  doute  Raymond  de 
S.  Gilles,  ou  Bertrand  fon  fils ,  dont  on  connoîtle  zele  &  les  exploits  pour  la 
délivrance  de  1a  Terre-fainte  des  mains  des  infidelles ,  à  fonder  en  ce  lieu,  qui 
dépendoit  de  leur  domaine,  un  hôpital  pour  les  mêmes  pèlerins,  &  à  en  confier  h  y  ^lheriu 
l’adminiftration  aux  fieres  hofpitaliers  de  S.  Jean  de  Jerufalem.  Telle  a  été  h ,  iM.  p.i». 
l’origine  de  cette  première  maifon  de  l’ordre  en  deçà  de  la  mer ,  que  les  fuc- 
T  orne  //.  Z  z 


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An.I  I  I  2. 

zUftd.j>.i9.(y 

»• 

btrf.D  9. 


cGtU.chr.nov, 
•d..o.  i.injlr. 
M7* 


d  V.  ci- de  [fus 
IxiV.thlOl* 


c  Archivai 
l*bb.  de  /tint 
Gilles. 

i  Cartul.  du 
grand  lJr.  de 
S.  Gilles. 


gPr.;.577-6*- 

J)  Bouche  Prov • 
to.l.p.U7 • 
i  Ca/el  mem . 
f.170. 

kG.%11.chr.ncv. 
ed.to.i  p.  188. 

1  V.Pr.to,  j. 
Y  Prxccptor. 

m  G*  Il  Md. 
inflr.p.47. 

nArch.  dugr, 
Pr.de  S. Gilles» 


361  HISTOIRE  GENERALE 

ceflcurs  de  ces  princes1  comblèrent  de  bienfaits  dans  la  fuite. 

Plufieurs  gentilshommes  d’entre  les  maifons  les  plus  qualifiées  de  la  province 
embrafîèrent  le  nouvel  inffitut  des  hofpitaliers  de  Jerufalem  dès  fon  com¬ 
mencement.  Aton  archevêque  d’Arles  b  fait  mention  entr’autres  de  Pierre 
d’Andulè  &  de  Pons  de  Monlaur ,  dans  la  donation  qu’il  fit  vers  l’an  1 1 1 7.  de 
l’églile  de  S.  Thomas ,  à  S.  fean-Baptifle  ,  à  l'h'opitaldu  faint  Sépulcre ,  aux  pau¬ 
vres  de  cet  hôpital ,  a  Beraud{o\xGtx3.uA)  ho/pïtalier ,  &  aux  autres  frères.  Cette 
donation  a  donné  l’origine  à  la  commanderie  de  Trinquetaille  fituéedansun 
fauxbourg  d’Arles.  Bernard fuccelTeur d’Aton confirma  c  en  1 1 29. la  fondation 
de  l’hôpital  de  S.  Thomas ,  en  faveur  de  S.  fcan-Baptifle ,  de  l’ hôpital  du  faint 
Sépulcre  ,  des  pauvres  ,  d' Etienne-Raymond  hofpitalier ,  &  de  fes  confrères. 

Cet  Etienne  Raymond  eft  peut-être  le  même  que  Raymond  duPuy  maître 
de  l’hôpital  de  S.  Jean  de  Jerufalem  ,  qui  après  avoir  luccedé  vers  l’an  mi.i 
Gérard  ou  Geraud,  drefla  des  Ratuts  particuliers  pour  les  hofpitaliers ,  &  les 
engagea  dans  la  profeflion  des  armes ,  pour  la  défenfc  des  pèlerins  &  des  lieux 
faints  contre  les  infidelles.  Cette  profeflion  donna  un  nouvel  éclat  à  l’inftL 
tut,  qui  fit  depuis  dé  grands  progrès  dans  toutes  les  provinces  de  la  chré¬ 
tienté,  mais  fur  tout  dans  celle  de  Languedoc,  qui  outre  les  deux  grands  pricu- 
rez  de  S.  Gilles  &de  Touloufè  ,  les  fculs  de  la  Langue  de  Provence  ,  la  pre¬ 
mière  de  l’ordre,  renferme  diverfes  commanderies  très-anciennes ,  &  a  donné 
un  grand  nombre  de  chevaliers  de  diffinction  ,  &;  plufieurs  grands-maîtres  2 
l’ordre.  Au  reffe  la  Langue  de  Provence  fut  ainfi  nommée  dans  cet  ordre  ,  non 
de  ce  que  les  hofpitaliers  s’établirent  d’abord  dans  la  Provence  proprement 
dite,  mais  parce  que  le  lieu  de  S.  Gilles  où  ils  fondèrent  leur  première  mai- 
fon  en  Occident,  étoit  compris J  alors ,  ainfi  que  tous  les  autres  domaines  des 
comtes  de  Toulouie  fituez  des  deux  cotez  du  Rhône  ,  dans  ce  qu’on  appel¬ 
ait  dans  ce  tems-là  la  Provence  en  general.  Ainfi  c’cft  proprement  à  ces 
comtes,  &  aux  principaux  feigneurs  de  Languedoc  que  l’ordre  de  Malte 
doit  fon  premier  luflre. 

Il  paroît  qu’il  n’y  avoir  encore  en  11  57.  à  S.  Gilles  qu’un  fimple  hôpital 
pour  la  réception  des  pèlerins  qui  s’y  embarquoient  pour  la  Terre-fainte. 
Bertrand  abbé  de  faint  Gilles  donna  c  du  moins  alors  à  Raymond  maî¬ 
tre  de  l’hôpital  de  Jerufalem  ,  la  permilfion  d’y  bâtir  un  oratoire  ,  avec 
un  clocher.  Il  paroit  auifi  que  les  templiers  avoient  dans  ce  tems-là  une  mai- 
fon  dans  le  même  lieu.  Pierre  abbé  de  S.  Gilles  f accorda  eneffeten  1 139.^ 
Robert  maître  du  temple  ,  un  droit  appelle  le  Scrtalage  ;  êc  Bernard  fucceflèur 
de  cet  abbé  donna  le  2  3  .dejanvier  de  l’an  1 1  5  y  .un  jardin  aux  frères  de  la  milice 
du  temple  de  S. Gilles. Ce  dernier  confentit  le  2  8.  de  Janvier  de  l’année  fuivante,  à 
l’acquifition  que  les  mêmes  chevaliers  du  temple  firent  d’une  maifon  à  S. Gilles  : 
enfin  il  eft  fait  mention  £  dans  divers  autres  monumens  des  freres  du  temple  de 
S.  Gillcs- 

Quant  aux  hofpitaliers  de  cette  ville,  ils  étoient  gouvernez  en  h  11 50.  par 
un  prieur  nommé  Arnaud.  Guifcard  exerçoit  la  même  fonction  en  *  1160. 
ScGausfredk  en  1 1 6  5.  Le  fucceflèur  de  ce  dernier  prenoit  le  titre  de  comman¬ 
deur  ,  comme  on  voit  par  les  privilèges  que  Raymond  V.  comte  de  Tou¬ 
loufe  accorda  en  1177.  1  d  l' hôpital  de  jerufalem ,  aux  pauvres  qui  y  demeuraient , 
&  à  frère  Pierre  Galtcru  commandeur  *  du  mime  hôpital  de  S.  Gilles ,  &  aux  au¬ 
tres  freres  de  cet  hôpital.  Il  y  avoit  donc  alors  une  communauté  d’hofpitaliers  de 
S.  Jean  de  Jerufalem  à  S.  Gilles.  Ils  étoient  gouvernez  en  1 1  81.  par  ra  Odin, 
qui  prend  le  titre  de  prieur  de  1‘ hôpital  de  S.  Gilles.  Suivant  une  fentcnce  arbi¬ 
trale  n  qui  fut  rendue  en  1 2  2  2.  entre  l’abbé  de  S.  Gilles ,  &  les  hofpitaliers  du 
même  lieu,  ceux-ci  étoient  alors  au  nombre  de  22.  fous  la  conduite  d’un 
prieur  qui  étoit  leur  chef  &  leur  fuperieur,  de  même  que  de  toutes  les  au¬ 
tres  maifons  des  provinces  voifincs,qui  compofoient  ce  qu’on  appelloit  le  prieuré 
de  S.  Gilles.  Le  commandeur  étoit  la  fécondé  perfonne  de  la  maifon,  &  avoit 
tout  le  gouvernement  en  l’abfence  du  prieur  .-  mais  fon  emploi  ne  s’érendoic 
pas  au  dehors ,  &  ne  duroit  ordinairement  qu’un  an.  Il  y  avoir  outre  cela 
un  prieur  de  l’églife  qui  étoit  le  chef  des  prêtres  qui  la  deflervoient  ;  Celui-ci 
fe  qualifioit  indifféremment  prieur  de  l’églife,  ou  prieur  des  clercs.  Enfin  la  qua- 


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DE  LANGUEDOC.  Lrv.  XVl.  j 63 _ _ 

triérae  dignité  de  la  maifon  de  S.  Gilles  droit  celle  de  tréforier  :  cctofficier  An.iiii* 
faifoit  la  recette  de  tous  les  revenus ,  &enrendoit  compte  au  prieur.  Il  y  avoir 
d’autres  emplois  fubalternes ,  mais  qui  n’étoient  pas  dignitez  ,  comme  celui 
de fénèchal ,  lequel  n’eft  nommé  que  dans  fon  rang  de  profeflion.  11  failoit  les 
fondions  de  maître-d’hôtel ,  &  avoitloin  défaire  lcsprovilîons  de  la  maifon. 

Celle-ci  avoit  un  fccau  particulier  diffèrent  de  celui  du  prieur.  On  voit  ce  fceau 
pendant  à  la  tranfadion  ,  &  on  y  lit  ces  mots  autour  :  S.  conventus  hofpitalis 
S.  Egidii.  Tels  ont  été  les  commencemens  du  grand  prieuré  de  S.  Gilles  d’où, 
dépendent  aujourd’hui  jo.commanderies  tant  dans  la  province  de  Languedoc, 
que  dans  celles  de  Dauphiné  &  de  Provence.  Les  autres  commanderies  delà 
Langue  de  Provence,  au  nombre  de  u.  font  en  Languedoc,  Gafcogne  ôc 
Guyenne,  fous  la  dépendance  du  grand  prieuré  de  Touloufe. 

Ce  grand  prieuré  doit  fon  origine  à  Amelius  évêque  de  Touloufe  ,  qui 
accorda1  en  1 1  :o.  aux  hofpitaliers  de  S.  Jean  de  Jerufalem  l’eglife  de  S.  Remi  a  Arch.iugr, 
©ùils  s’établirent.  Ce  prélat  permit  b  l’ahnée  fuivante  â  Gérard,  prieur  de  ïho-  vrMs.cdhù 
puai  de  Jerufalem,  d’acquérir  des  biens  fonds  tant  ecclefiaftiques  que  laïques  bcutimtm- 
dans  fon  diocèfe:  preuve  que  ce  premier  grand-maître  de  l’ordre  ne  mourut  F's™ÿ 
pas  en  u  18. c  comme  on  le  prétend  communément.  Comme  Amelius  d  évêque  Mnn.itto.n  ii 
de  Touloufe  ,  étoit  frere  de  Pierre-Raymond  du  Puy ,  feigneur  de  confidera-  ^  K  eUejjHt 
tion  dans  la  partie  méridionale  du  diocèfe  de  Touloufe  ,  il  eft  fort  vraifem-  n.xtv. 
blable  c  que  Raymond  du  Puy  fécond  grand-maître  de  l’hôpital  de  S.  Jean  e  y.  sors 
de  Jerufalem  étoit  proche  parent  de  ce  prélat  &  de  fa  maifon.  J-v.n.  t. 

Raymond  évêque  de  Touloufe  f permit  en  1 1 60.  à  Bernard  d’Afillan ,  prieur  f  cutimm. 
de  l’hôpital  de  S.  Remi  de  Touloufe,  (ÿ-  à  fes  freres ,  à  la  prière  du  pape  paor-cri'i- 
Adrien  IV.  &  de  Guifcard  prieur  de  1‘ hôpital  de  S.  Gilles ,  d’avoir  un  cimetière 
auprès  de  l’églife  de  S.  Remi  ,  »  à  condition  qu’on  n’y  enterreroit  que« 
ceux  qui  feroient  véritablement  freres  de  cet  hôpital ,  êc  qui  porteroient  « 
fans  feinte  des  croix  fur  leurs  habits  5  ceux  qui  portoient  leurs  armes ,  &« 
que  le  vulgaire  appelloit  écuyers  ;  leurs  bergers  ,  ôêc.  Nous  trouvons  enfin  que 
Bernard  d’Afillan  prieur  de  i’ho|>ital  de  S.  Remi  de  Touloufe  ,  prenoitauilî  en 
1 1 5  8.1a  qualité  de  recteur  h  de  cette  maifon  :  elle  fut  érigée  en  grand  prieuré  l’an  g  ibidf.it 0. 
ijij.fansdouteàl’occafion  de  l’union  qui  fut  faite  vers  ce  tems-làdes  biens  de 
l’ordre  des  Templiers ,  à  celui  de  S.  Jean  de  Jerufalem,  qui  par  là  s’agrandit 
extrêmement.  Les  premiers  h  avoient  une  maifon  à  Touloufe,  qui  fut  unie  à  h  Anh.  du 


g  lbidf.l  10. 


extrêmement.  Les  premiers  n  avoient  une  manon  a  îouiouie,  qui  rut  unie  â  h  Anh.  du 
celle  de  S.  Remi  des  hofpitaliers,  laquelle  porte  depuis  long-tcms  le  nom  de  irPr-dtsje»n 
S.  Jean.  Parmi  les  commanderies  de  la  province,  une  des  plus  anciennes  eft  * 
celle  de  Capeftan  au  diocèfe  de  Narbonne  qui  fubfiftoit  en  1  u  y .  &  à  laquelle 
Ermengaud  Romieu  fit  alors  une  donation.  Revenons  à  Bertrand  comte  de 
Touloufe  &  de  Tripoli. 

Aprèsfamort,  les  ambafîàdeurs  »  d’Alexis  étant  arrivez  dans  cette  derniere  xxxii. 

ville,  demandèrent  à  Pons  la  reftitution  du  tréfor  dont  ils  avoient  confié  la  Exploits  de 

*  PonsdcToa- 


garde  à  Bertrand  Ton  pere,  &c  qui  avoit  été  mis  en  dépôt  dans  le  palais  épif.  jouît  comte" 
copal  5  mais  l’évêque  de  Tripoli,  qui  étoit  ,  %  ce  qu’il  paroît,  le  principal  de  Tripoli.  Sr 
tuteur  de  ce  jeune  prince  ,  fit  difficulté  de  le  rendre.  Les  envoyez  allaîmcz  4l8> 
de  ce  refus,  parlèrent  alors  en  ces  termes  à  ceux  qui  compofoient  leconfcildu  &j‘i- 
comte  Pons  :  »  Si  vous  perfiftez  ,  leur  dirent-ils ,  à  ne  vouloir  pas  nous  rendre  «c 
ce  tréfor,  vousn’êtes  pas  de  vrais  ferviteurs  de  l’empereur  ,  &  vous  degé-ct 
nerez  de  la  fidelité  du  comte  Bertrand  &  du  comte  de  S.  Gilles  fon  pere.  « 

Au  refte  vous  n’avez  plus  aucun  fecours  à  attendre  de  l’ifle  de  Chypre,  &« 
vous  pouvez  compter  de  mourir  bientôt  de  faim.  »  Ils  joignirent  les  careflèsaux 
menaces  j  mais  voyant  que  les  unes  &:  les  autres  étoient  egalement  inutiles ,  ils 
confentirent  enfin  de  laiilër  à  Pons  la  portion  du  tréfor  qui  avoit  écé  deftinée 
pour  le  comte  fon  pere ,  à  condition  que  ce  prince  prêteroit  ferment  de 
fidelité  à  l’empereur.  Pons  ayant  accepté  cette  condition  ,  les  ambaiïadcurs 
lui  donnèrent  une  certaine  fommeen  or  &  en  argent,  outre  divers  meubles 
&  habits  précieux,  &:  s’embarquèrent  avec  tout  le  refte.  k  Aib.Aj.Ux, 

Lejeune  comte  de  Tripoli  cultiva  l’amitiéde  Tancrede  prince  d’Antioche.  QÙui.iyr.t.u. 
CclÜ-ci  de  fon  côté  k  lui  témoigna  beaucoup  d’affèdion  *  &  étant  tombé  %'Jc'hC4rnef 
malade  à  l’extrémité  ,  il  l’appella  à  fa  cour,  &  lui  confeilla  d’époufer  après  /.*.<. +;. 

Tome  JI.  Z  z  ij 


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/ 


An. ii  il, 

a  G  mil.  Malm 
M6. 


b  Alb.Àq.ibid. 
c.\i.&  >*• 
fulchr,Garnot . 
iWf.47.^p. 

7 yr.ibid. 

G  a  h/ en  bell . 
Ansioch .  f. 
444* 


c  GuilL  T/r. 
ht  C.v.&,eqq, 
€*l7.Ll>.C.7. 

6i'W 

f.’ilcb.Cdrnot . 
Ll-c.i.&jetj. 
e.  10.3  1  %34*Ô' 
4l« 

C74«/ff,  ibU, 

Hi'l.Jcroj.p. 

«524. 


il  G«i//.  tyr. 
/.  13.  c.  iy.  d 
l5. 

Tulch.  Carnot , 


c  G«i//-  7)t. 
iM  c  x7-  ^l4- 
C.+-&JW 


3^4  HISTOIRE  GENERALE 

fa  more  Cecile  fa  femme ,  fille  naturelle  du  roi  Philippe  I.  &  de  Bertrade 
d’Anjou.  Ce  mariage  s’accomplit  en  effet  après  le  deces  de  Tancrede arrive 
le  16.  de  Décembre  de  l’an  ma.  Un  ancien  hiftorien  »  qui  fait  un  fort  grand 
éloge  de  Pons,  &  qui  l’appelle  l'émule  de  la  gloire  de  fes  ancêtres ,  affure  que 
Tancrede  ordonna  à  ce  prince  d’époufer  fa  veuve,  parce  qu’il  avoit  conçu  de 
grandes  efperances  de  fa  valeur.  Le  portrait  que  tous  les  anciens  font  de 
Pons  eft  des  plus  avantageux  :  il  fe  rendit  fur  tout  recommandable  par  fes 
exploits.  Il  marcha  vers  Tiberiade  au  mois  dejuilletbde  l’an  1 1 1 3.aufecours 
de  Baudouin  roi  de  Jerufalem,  qui  par  Ion  imprudence  avoit  été  battu  par 
les  infidelles.  Le  comte  de  Tripoli  quoique  beaucoup  plus  jeune  que  ce  prince 
prit  la  liberté  de  lui  reprefenter  la  faute  qu’il  avoit  faite ,  &  l’aida  à  la  répa 
rer.  Roger  fils  de  Richard ,  qui  avoit  fuccedé  à  Tancrede  fon  coufin  germain 
dans  le  gouvernement  de  la  principauté  d’Antiochc  étant  menacé  en  mj 
d’une  armée  de  Turcs,  appella  Pons  à  fon  fecours  :  celui-ci  fc  mita  la  tête  de 
200.  chevaliers,  &de  2000.  fantaffins,&:  fejoignit  à  Baudouin  roi  de  Jerufalem  : 
ces  princes  ayant  rencontré  les  ennemis  ,  ils  les  diifiperent  bientôt.  Ce  fut  au 
retour  de  cette  expédition  que  le  roi  Baudouin  ayant  pris  avec  lui  à  Antioche 
Cecile  veuve  de  Tancrede ,  il  l’amena  à  T ripoli,  &.  la  maria  avec  le  comte ,  con¬ 
formément  aux  dernières  volontez  du  même  Tancrede.  Les  noces  furent 
célébrées  avec  beaucoup  de  pompe  êc  de  magnificence. 

Pons  marcha  de  nouveau  c  en  1119.  au  fecours  de  Roger  prince  d’Antioche, 
qu’une  armée  formidable  de  T urcs  avoit  affailli ,  &  qui  eut  le  malheur  de  périr 
avant  l’arrivée  de  ce  prince.  Celui-ci,  &:  Baudouin  IL  roi  de  Jerulàlem,  ven¬ 
gèrent  bientôt  après  la  mort  de  Roger,  &  défirent  entièrement  les  infidelles 
dans  une  bataille  qu’ils  leur  livrèrent.  Pons  qui  commandoit  l’aile  droite  k 
la  tête  des  Provençaux  ,fit  dans  cette  occafion  des  prodiges  de  valeur.  Scs  trou¬ 
pes  ayant  été  miles  en  fuite,  il  foûtint  prefque  feul  tous  les  efforts  des  enne¬ 
mis,  jufqu’à  ce  que  fes  foldats  s’étant  ralliez,  il  chargea  de  nouveau  les  infi. 
délies,  éc  contribua  par  là  au  gain  de  la  bataille,  qui  fut  neanmoins  très-fan- 
glante  pour  les  chrétiens. 

Ce  prince  fe  brouilla  en  1 1  2 1. avec  Baudouin  II. roi  de  Jerufalem,  qu’il  refufoit 
de  reconnoître  pour  feigneur  fuzerain  du  comté  de  Tripoli.Cc  dernier  fe  mit  en 
armes  pour  l’obliger  à  faire  à  fon  égard  le  devoir  de  vallâl,  &  le  comte  s’etant 
mis  de  fon  côté  en  état  de  defcnlc ,  les  deux  armées  étoient  prêtes  d’en  venir 
aux  mains ,  lorfque  les  principaux  officiers  les  engagèrent  à  faire  un  accord, 
fuivant  lequel  Pons  reconnut  enfin  le  roi  pour  fon  lèigneur.  Ce  comte  fe  trouva 
en  1ii4.au  fiegedeTyr,  durant  lequel  il  fe  diffingua  aurantparfa  modeftie 
que  par  fa  bravoure.  Il  y  donna  l’ordre  de  chevalerie  à  un  jeune  feigneur  que 
le  prince  d’Edeffe  envoyoit  au  camp  ,  avec  la  tête  d’un  general  T urc  qu’il  avoit 
défait ,  pour  encourager  les  chrétiens  à  continuer  cette  entreprife.  Elle  réuflit 
fuivant  leurs  fouhaits  j  &.  après  la  prife  de  T yr ,  le  comte  de  Tripoli  qui  avoit 
eu  beaucoup  de  part  à  cette  conquête,  fit  arborer  fon  étendart  fur  l’une  des 
tours.  Ce  prince  rendit  des  fciVices  fignalez  au  mois  de  Juin  de  l’an  112  j.  au 
roi  de  Jerufalem,  &  gagna  alors  avec  lui  fur  les  infidelles  une  bataille,  dans 
laquelle  il  combattit  à  l’aîlc  gauche.  Au  mois d  de  Mars  de  l’an  1127.  il  affie- 
gea  Raphania,  ville  fituée  dans  la  province  d’Apamée  au  voifinage  du  mont 
Liban,  fur  les  confins  de  Ion  comté  de  Tripoli,  &c  la  fournit  à  là  domina¬ 
tion  en  1  8.  jours  de  fiege  ,  avec  le  fecours  du  roi  de  Jerufalem.  Au  mois  de 
Décembre  de  l’an  1130.  il  fe  mit  en  marche  pour  le  fiege  de  Damas  ,  que 
les  chrétiens  ne  purent  cependant  entreprendre.  Tels  furent  les  premiers 
exploits  de  Pons  comte  de  Tripoli,  fils  unique  de  Bertrand  comte  de  Tou- 
loufe.  On  voit  par  là  que  ce  prince  ne  céda  en  rien  à  la  gloire  que  fes 
ancêtres  s’étoient  acquife  par  leur  valeur,  êc  qu’il  fit  un  honneur  fingulier  à 
la  province  de  Languedoc  qui  lui  avoit  donné  lanailîânce. 

Pons  fit  quelques  tems  après  la  guerre  à  Foulques  comte  d’Anjou,  &  roi 
de  Jerufalem,  Ion  beau-frere,  dont  il  avoit  époulè  la  fœur  uterine.  Voici  ce 
qui  donna  occafion  à  cette  guerre.  Baudouin  II.  roi  de  Jerufalem c  qui  mourut 
au  mois  d’Août  de  l’an  1131.  ne  lailla  que  deux  filles.  L’aînée  avoit  épflufé 
le  même  Foulques ,  qui  à  caufè  de  cette  alliance  fucceda  alors  à  ce  prince 


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DE  L  A  N  G  U  E  D  OC.  Lfv.XVÏ.  ______ 

dans  le  royaume  de  Jerufalcm.  La  fécondé  nommée  Alix  avoir  été  marioe  An-,  ini-, 
au  jeune  Boemond  prince  d’Antioche ,  qui  fut  tué  la  même  année  dans  une 
rencontre ,  ne  lailïant  de  fon  mariage  qu’une  fille  unique  nommee  Confiance 
qui  étoit  alors  en  bas  âge ,  6c  qui  lui  fucceda.  Alix  princelle  fort  ambitieulè, 
ne  pouvant  le  réfoudre  à  ceder  le  gouvernement  d’Antioche  aux  tuteurs  de 
fa  fille ,  employa  toutes  fortes  d’intrigues  pour  s’approprier  cette  princi- 

fiauté,  6c  fe  ligua  dans  cette  vue  auffi  toc  après  la  mort  de  fon  mari,  avec 
e  comte  de  Tripoli ,  qu’elle  trouva  moyen  de  mettre  dans  fcs  intérêts.  D’un 
autre  côté  le  roi  Foulques  prit  le  parti  de  la  jeune  Confiance  fa  niece,  6c 
ayant  pénétré  les  deilèins  d’Alix  ,  êc  de  Pons  comte  de  Tripoli ,  il  fè  mit  en 
marche,  6c  prit  la  route  d’Antioche  pour  y  aller  donner  ordre  aux  affaires 
de  la  jeune  pupille.  Foulques  étant  arrivé  fur  les  confins  du  comté  de  Trü 
poli ,  Pons  lui  refufa  le  paflage  f  ur  fcs  terres ,  &  leva  des  troupes  pour  foûce- 
nir  le  parti  d’Alix. Ce  comte  fit  fortifier  entr’autres  les  deux  châteaux  d’Anican 
6c  de  Rugia,  que  Tancrede premier  mari  de  fa  femme  lui  avoit  donnez  en  mou¬ 
rant,  &  qu’il  pofledoit  au  nom  de  cette  princelle.  Il  fie  de  là  la  guerre  à  Foul¬ 
ques,  qui  de  fon  côté  lui  livra  bataille  avec  toutes  fes  forces  du  côté  de 
Rugia.  La  victoire  fut  long-reins  dilputée,  mais  enfin  le  roi  obligea  le  comte 
de  plier  6c  de  prendre  la  fuite  ,  après  avoir  lailîé  un  grand  nombre  de 
morts  fur  le  champ  de  bataille  ,  6c  un  plus  grand  nombre  de  prifonniers.  Les 
deux  princes  fe  réconcilièrent  cependant  bientôt  après  par  l’entremife  de 
leurs  amis  communs. 


Le  comte  Pons  1  tourna  quelque  tems  après  fes  armes  contre  les  infidelles ,  a  o«itf.  Tjr< 
qui  de  leur  côté  lui  firent  une  cruelle  guerre.  Le  prince  d’Alep ,  à  la  tête  d’une  ,M‘- 
armée  formidable ,  le  cenoic  afliegé  dans  le  château  de  Montferrand,  fitué  fur 
une  élévation  auprès  de  Raphania ,  lorfque  le  roi  Foulques  s’étant  mis  en 
marche  pour  aller  au  feetmrs  d’Antioche  menacée  par  les  Turcs,  6c  paflànt 
à  Tripoli ,  la  comtefle  fa  fœur  le  pria  avec  tant  d’inftançe  d’aller  fecourir 
fon  mari ,  que  ce  prince  ne  put  fui  refufer  ce  fervice.  Foulques  raflèmbla 
toutes  les  milices  du  comté  de  Tripoli,  les  joignit  aux  fîennes  ,6c s’avança 
vers  Montferrand  :  les  ennemis  informez  de  fes  approches,abandonncrent  auffi- 


tôt  le  fiege  de  cette  place.  Pons  ne  pût  cependant  éviter  de  tomber  dans  la  fuite 
entre  les  mains  des  infi  délies ,  6c  de  devenir  la  victime  de  leur  fureur.  Bezauge 
prince  de  la  milice  de  Damas  b  s'étant  mis  en  campagne  en  n  37.  pour  faire  /. ^ 
une  irruption  dans  les  états  de  Tripoli,  le  comte  initiait  de  fa  marche,  ap-  ord.vù.l.  i*. 
pellaà  fonfecours  un  corps  de  Syriens  auxiliaires  du  Mont-Liban,  qui  furent 
caufede  fâ  perte.  Ces  peuples  qui  étoient  d’intelligence  avec  les  ennemis,  lui 
perfuaderent  d’aller  à  la  rencontre  de  Bezauge  audellôus  du  château  du  Mont- 
Pelerin,  6c  de  lui  livrer  bataille.  Pons  attaqua  avec  beaucoup  de  valeur  l’ar¬ 
mée  ennemie  j  mais  durant  l’action  les  Syriens  le  trahirent,  &  le  livrèrent 
aux  infidelles  qui  lui  firent  fouffrir  une  mort  des  plus  cruelles.  Prefque  tous 
les  chevaliers  qui  étoient  à  fon  fervice  périrent  avec  lui  dans  cette  occafion  : 
ils  étoient  venus  la  plupart  de  la  province  dans  la  Terrc-fainte  avec  le  comte 
Bertrand  fon  pere ,  ou  avoient  marché  dans  la  fuite  à  fon  fecours.  Geraud 
évêque  de  Tripoli  fut  du  nombre  des  prifonniers  5  mais  ayant  eu  la  précaution 
de  ne  pas  fè  faire  connoître ,  il  fut  échangé  quelque  tems  après  contre  un 
fimple  captif. 

Pons  laifla  deux  fils  de  Cecile  fa  femme c  ;  fç avoir  Raymond  qui  lui  fuc-  cPrp.^i. 
céda  dans  le  comté  de  Tripoli,  6c  Philippe  qui  vivoit  en  1142.  Raymond 
quoiqu’encore  jeune  dans  le  tems  de  la  mort  de  fon  pere ,  en  tira  bien-tôt 
raifou ,  6c  fe  vengea d  de  latrahifon  des  Syriens.  Il  raffembla  le  refte  des  che-  <*  Guill.  Tjr , 
valiersqui  étoient  àTripoli,  6c  les  joignit  à  un  corps  d’infanterie.  Il  fe  rendit  ih,i‘ 
enfuite  au  Mont- Liban ,  6c  en  emmena  prifonniers  tous  ceux  qui  avoient  été 
complices  6c  dé  la  défaite  6c  de  la  mort  de  fon  pere ,  avec  leurs  femmes  6c 
leurs  enfans  ;  6c  les  ayant  tous  conduits  à  Tripoli ,  il  leur  fit  expier  leur  cri¬ 
me  par  divers  fupplices.  Ce  font  là,  dit  un  auteur  contemporain  e,  les  pre-  e  qm\,  Tyr, 
micres  marques  de  valeur  qu’a  données  ce  jeune  comte;  ce  qui  lui  a  attiré,  ajoû-  »*'<*• 
te-t-il ,  l’amitié  âcl’eftime  de  tout  le  monde.  Nous  aurons  occafion  de  parler 
ailleurs  de  la  foite  de  fes  adions. 


\ 


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An.i 


III. 


a  tr.ibid. 


}66  HISTOIRE  GENERALE 

Au  rcfte  il  paroîc  que  Pons  comte  de  Tripoli  pofleda  en  Occident 
quelques  domaines  de  la  fuccellion  de  Bertrand  comte  de  Touloufe  Ton  perc. 
Nous  avons  en  effet  une  donation  a  par  laquelle  ce  prince ,  qui  fe  qualifie 
Pons  des  comtes  de  S.  Cilles  ,  donna  en  1131.  avec  Cccile  fa  femme  &  Ray¬ 
mond  fon  fils,  du  confcil  de  [es  barons ,  à  l’églife  du  Puy,  tous  les  domaines 
qu’il  avoit  dans  le  comté  de  Velay.  Robert  III.  comte  d’Auvergne  qui  reçût 
cette  donation  au  nom  de  l’églife  du  Puy  ,  étoit  allé  fans  doute  alors  fervir 


XXXIII. 

\Jmon  du 
comté  de  Fe- 
DOjiUcdes  au 
domaine  des 
comtes  de  Bar- 


Icdcs, 


b  Marc.Hiffi 
?  1  ns>. 


fous  ce  prince. 

On  ignoroit  encore  dans  la  province  au  mois  de  Juin  de  l’an  nti.la  mort 
de  Bertrand  comte  de  Touloufe  ,  comme  il  paroît  par  l’hiftoire  des  diffé¬ 
rends  qui  fe  renouvellerent  vers  ce  tems-là  entre  le  vicomte  Bernard- Aton  ,  & 
Raymond-Berenger  III.  comte  de  Barcelone,  au  fujer  de  la  ville  de  Car- 
ccwvicom"  cadcmne  dont  le  premier  s’étoit  emparé  fur  l’autre.  La  guerre  que  Raymond- 
tes Hc Fenouil-  Berenger  avoit  eu  à  foûtenir  contre  les  infidelles  ,  ne  lui  avoit  pas  permis 
jufqu’alors  de  tirer  vengeance  du  vicomte  :  il  avoit  été  occupé  d’ailleurs  de 
deux  affaires  dé  confequence  qui  lui  donnèrent  occafion  d’étendre  fa  domi¬ 
nation  en  deçà  des  Pyrénées ,  ce  qui  le  rendit  plus  formidable  à  (es  ennemis  ,6c 
le  mit  plus  en  état  de  fe  venger  de  Bernard- Aton.  La  première  fut  la  fucceffion 
des  comtez  de  Befalu  6c  de  Fenouilledes  qu’il  recueillit  j  6c  l’autre  fon  maria¬ 
ge  avec  l’heritiere  de  Provence. 

Raymond-Berenger  avoit  époufé  b  en  premières  noces  l’an  1104.  Marie 
Rodriguez  ,  dont  il  avoit  eu  une  fille  ,  qu’il  promit  -  en  mariage  au  mois  d’O- 
c  Pr.p.m o.&  ctobre  de  l’an  1  107m  Bernard  Ill.comte  de  Befalu.Celui-ci  en  confiderationde 
/‘tt-  ce  mariage  déclara  le  comte  de  Barcelone  fon  heritier  pour  les  comtez^de  Bezalu^ 

de  Riupoll ,  de  Valefpir ,  de  Fenouilledes ,  (£•  de  Pierre- P ertufe,&L  pour  tous  les  autres 
domaines,  s’il  venoit  à  déceder  fans  polleritéj  ce  qui  arriva  en  effet  vers  le  com- 
*P-43'-6sh-  mencement  *  de  l’an  nu.  Bernard  Ill.comte  de  Befalu  fut  inhumé  avec  fês 
ancêtres  dans  le  monaftere  de  Riupoll.  On  prétend  qu’il  jouit  de  ce  comté, 
6c  de  celui  de  Fenouilledes  pendant  60.  ans  de  fuite  -,  mais  quoi  qu’il  foit  dé¬ 
cédé  dans  un  âge  allez  avancé  ,  il  ne  polleda  pas  cependant  fi  long-tems  ces 
d  note  comtez  -,  6c  il  paroît  J  certain  qu’on  l’a  confondu  avec  le  comte  Bernard  IL 
xxnu-9.  fon  oncle  paternel. 

Après  fa  mort  Raymond  Ill.comte  de  Barcelone  prétendit  lui  fucceder 
dans  tous  fes  domaines,  en  vertu  de  la  donation  dont  on  vient  de  parler  : 
mais  Bernard  comte  de  Cerdagne,  qui  étoit  plus  proche  parent  du  comte  de 
*M*re.wff.  Bclalu,  lui  dilputa  cette  fuccellion  ,6c  fe  faifit  de  diverfes  places  qui  en  dépen- 
M-i.ü-iijs-  ^0jent  U  s’accommoda  cependant  bientôt  après  avec  le  comte  de  Barcelone, 
6c  lui  céda  tous  fes  droits  par  un  acte  du  8.  de  Juin  de  l’an  1 1 1 1 .  Par  là  Ray¬ 
mond-Berenger  réunit  à  fon  domaine  le  comté  de  Fenouilledes  ,  6c  le  pais  de 
Pierre-Pertuiè  en  deçà  des  Pyrénées,  que  fes  ancêtres  avoient  donné  en 
partage  aux  comtes  de  Befalu  leurs  cadets ,  6c  étendit  fa  domination  fur  divers 
pais  lituez  au-delà  de  ces  montagnes. 

Le  pais  de  Fenouilledes  eut  cependant  encore  long-tems  après  des  vicomtes 
particuliers.  Cette  vicomté  appartenoit  alors  à  Arnaud -Guillaume,  dont  il  efl 
hum'*1**'  ^a'c  mcm'ûri  f  dans  un  ade  de  l’an  1 10 1. 6c  qui  fe  die  P  fils  de  Pierre-  Udulgeni 
hv.hv.xiv.  vicomte  de  ce  païs ,  dans  une  fondation  qu’il  fit  dans  l’abbaye  de  S.  Martin 
";9>.  de  Lez.  Ce  Pierre  qui  vivoit  en  1078.  h  delcendoit  de  Guillaume-Arnaud  vi- 
l'onJt  N»rl.  comte  de  Fenouilledes,  lequel  fit 1  une  donation  à  la  même  abbaye  la  VIII. 
k  r.p.i58.6  année  du  regne  du  roi  Robert ,  ou  au  commencement  du  XI.  fiecle.  Il  eft  allez 
^xxiiv.  vraifcmblable  que  ces  vicomtes  avoient  une  origine  commune  avec  les  vicom¬ 
te  comte 5e  tes  de  Caftclnau  6c  de  Tazo  dans  le  Rouflillon  6c  le  Valefpir,  ou  du  moins  que 
BavciWc  t-  ^es  uns  ^cs  auCres  étoient  proches  parens.  Nous  trouvons  k  en  effet  le  nom 
Wiûae  <h  dcGuulaume-TJ^/^nz  parmi  ces  derniers.  . 

comté. le  ho-  Raymond-Berenger  111.  comte  de  Barcelone,  augmenta  encore  confidera- 

comttz  de'  blement  fon  domaine  par  fon  mariage  avec  Douce ,  qu’il  époufa  1  en  fécondés 

Mliuud .  de  néccs  au  mois  de  Février  de  l’an  un.  la  IV.  année  du  reçne  de  Louis  le  Gros. 

*u£ThÏ.  f^üuce  étoit  fille  6c  heririere  de  Gilbert  vicomte  de  Milhaud ,  de  Gevaudan, 

1-4*  ■&  "i-  6c  en  partie  de  Carlad  ,6c  de  Gerberge  comtefTe  d’Arles  ou  de  Provence. 

6*-.  11)7  6-  ceBe.c\  qui  étoit  alors  veuve  de  Gilbert,  donna  d’abord  à  Douce  fa  fille 
j*jî-  1  ’ 


f  r^.,^9. 
g  Arch.  ai 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVI. 


1 


le  premier  du  même  mois  »  tous  les  domaines  qu’elle  avoir  ou  qu’elle  de-«  An  liil» 

voit  avoir ,  fçavoir  le  comté  de  Provence,  de  Gevaudan  8c  de  Carlad  ,  8c  « 

tous  les  biens  du  comté  de  Rouergue  dont  elle  avoir-  hérité  ,  foit  de  lès  pa-  « 

rens,  foit  par  la  donation  que  lui  en  avoit  faite  Gilbert  fon  mari  8c  pere « 

de  Douce,  n  L’a&e  elfc  foufcric  par  quelques  feigneurs ,  entr’autres  par  Olla- 

bert  de  Canillac.  Deux  jours  après  Gerberge  donna  fa  fille  en  mariage  au 

comte  Raymond-Bercnger  avec  tous  fes  biens ,  8c  ceux  de  Gilbert  fon  mari, 

pour  les  poflcder  eux  8c  leur  poftericé  ,  nommément  la  Provence ,  c’efl-'a-dire  ce 

qu'elle  y  avoit  ;  le  comté  de  Gevaudan  ,  la  vicomté  de  Carlad ,  tous  les  biens 

dont  elle  joulffoit  dans  le  Rouergue ,  &  qui  av oient  appartenu  au  comte  Gilbert  c 

domaines  qui  lui  étoient  échus  ,  foit  par  la  fuccejjion  de  fes  parens ,  foit  par  la 

donation  du  même  Gilbert  fon  mari.  Enfin  Douce  environ  un  an  après  Ion  mariage 

avec  le  comte  de  Barcelone,  donna  à  ce  prince  le  13.  de  Janvier  de  l’an  mzv 

ou  de  l’an  1113.  fuivant  notre  maniéré  de  compter,  tous  les  droits  qu’elle 

avoit ,  tant  par  fon  pere  que  par fa  mere  fur  la  Provence ,  le  comté  de  Rouergue 

8c  ailleurs ,  ce  qu’elle  fît  en  prefence  de  Raymond  de  Baux ,  Decan  de  Pofquie- 

res ,  8c  divers  autres  feigneurs.  Ces  monumens  demandent  quelques  réfîéxions 

pour  l'intelligence  de  divers  points  de  cette  hiftoire. 

i®.  On  voit  par  ce  que  nous  venons  de  dire  que  Gilbert  vicomte  de  Mil- 
haud ,  de  Gevaudan ,  8c  en  partie  de  Carlad  de  fon  chef ,  8c  comte  de  Pro¬ 
vence  par  Gerberge  fà  femme,  ètoic  mort  au  mois  de  Février  de  l’an  nu, 

II  vivoit  a  encore  vers  l’an  1 107.  8c confêntit  b  au  mois  de  Mars  de  l’an  1103.  b  lï^dan*. 
avec  fon  frere  le  comte  Richard ,  à  l’union  de  l’abbaye  de  S.  Sauveur  deSeverac 

en  Rouergue,  fondée  auparavant  pour  des  fille» par  Gui  de  Severac ,  à  l’abbaye 
de  S.  ChafFré  en  Vêlai  :  union  qui  fut  faite  par  Deodat  feigneur  de  ce  ch⬠
teau,  defeendant  de  Gui,  par  Ermengarde  fa  femme  8c  parleurs  fils.  On  ne  doit 
donc  faire  aucun  fonds  fur  un  auteur c  du  XIII.  fiecle,  qui  fait  mourir  Gil.  cubMljo-v 
bert  en  1090.  non  plus  que  fur  une  circonflance  qu’il  rapporte  touchant  le  ?  iSi‘ 
mariage  de  Douce,  8c  qui  eft  entièrement  fabuleufè  ■>  fçavoir  que  Raymond- 
Berenger  comte  de  Barcelone  s’étant  battu  en  duel  par  deu,x  fois  pour  foûte- 
nir  l’honneur  de  l’imperatrice  foupçonnée  d’adultcrc,  8c  qu’ayant  toujours  été 
victorieux  ,  l’empereur  pour  le  recompcnfer  de  fes  fcrvices,  lui  fie  époufer 
Douce,  du  confèntement  de  Tiburge ,  mere  de  cette  princcflè,  qui  pour  fa  doc 
lui  donna  le  comté  de  Provence.  Il  paroît  feulement  fort  vrai-femblable  que 
Richard  archevêque  de  Narbonne  ,  oncle  paternel  de  Gilbert ,  ayant  par  fa 
dignité  de  grandes  relations  avec  le  comte  de  Barcelone,  moyenna  le  ma¬ 
riage  de  Douce  fa  petite  nicceavecce  prince.  Quant  à  Richard,  il  furvêcut  ^  v  KQTn 
long-tems  à  fon  frere  Gilbert.  On  a  déjà  remarqué i ailleurs  que  le  premier  xui.n.\.& 
acquit  d’abord  en  engagement  le  comté  de  Rodez  de  Raymond  de  Sf  Gilles,  H- 
ou  de  Bertrand  fon  fils.  A Ifonfe- Jourdain ,  frere  8c  fuccefieur  de  ce  dernier 
dans  le  comté  dcTouloufe,  aliéna  entièrement  dans  la  fuite  ce  comté  en  fâ 
faveur,  à  la  charge  de  l’hommage  j  mais  nous  ignorons  l’époque  précife  de 
cette  alienation.  Ce  qu’il  y  a  de  certain ,  c’eft  que  Richard  prenoic  déjà  en 

I I I  z.  la  qualité  de  comte  de  Rodez, comme  il  paroît c  par  une  charte ,  fuivant 
laquelle  il  confirma  alors  ,  avec  fon  fils  Hugues  ,  &  fes  chevaliers ,  la  donation 
que  fon  pere  B  erenger ,  Bernard  abbé  de  S.  V  ici  or  de  Marfcillc  ,  dr  les  vicomtes 
Hugues  &  Raymond,  tous  trois  frere  s  du  meme  B  erenger,  avoient  faite  autrefois  à 
cette  abbaye  d’un  monaflere  fitué  dans  le  Rouergue. 

i*.  Il  y  a  lieu  de  croire  que  Gerberge,  que  certains  auteurs  appellent  maL 
à  propos  f  Tiburge,  éroit  decedée  dès  le  commencement  de  l’an  1 1 1 3.  lorf-  f y-Roffidifi 
que  Douce  fa  fille  fit  donation  de  tous  fes  biens  au  comte  de  Barcelone  fon 
epoux  :  ainfi  ce  dernier  aura  joui  dès  lors  de  tous  les  domaines  que  fa  femme  pq. 
lui  apporta  en  mariage.  Depuis  ce  tems-ià  Raymond-Berenger  III.  8c  fes  def- 
cendans,  étendirent  leur  domination,  1®.  Sur  le  comté  d’Arles,  c’eft-à-dire 
fur  la  moitié  de  l’ancien  comté  de  Provence ,  fitué  entre  l’Ifere  8c  la  mer , 
qu’il  poffeda  par  indivis^avec  le  comte  de  Touloufè,  qui  avoit  droit  fur 
l’autre  moitié  , jufqu’en  1 12  y.  que  ces  princes  convinrent  enfin  d’un  partage 
de  cette  province.  i°.  Sur  les  vicomtcz  de  Milhauden  Rouergue  8c  de  Gevau¬ 
dan,  8c  fur  une  partie  de  celle  de  Carlad  en  Auvergne.  Aurefte  c’elt  mal-à- 


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$68 


HISTOIRE  GENERALE 


c  V. 
Xlil. 
/'??• 


Ah.  un.  propos  que  quelques  auteurs  a  donnent  le  titre  de  comté  à  la  derniere  de 
a  Ruffiau.  ces  vicovntez  -,  6c  c’eft  improprement  b  que  Gerberge  de  Provence  donne  le 
f  „jMnn.  même  titre  à  la  fécondé ,  dans  la  donation  qu’elle  en  lit  à  Douce  fa  fille. 

1 1 ii.»  o.  3°.  Quelques  modernes  donnent  à  Gilbert  la  qualité  de  comte  de  Rodez  j 
d’autres  -  le  font  defcendrc  des  comtes  de  cette  ville ,  ou  le  qualifient ü  comte 
c  RHffi,bU.  -de  Milhaud  ,6c  lui  donnent  pour  grand  pere  paternel  Richard  vicomte  de 
Mure  Carlad  en  Auvergne  :  les  uns  8c  les  autres  fe  trompent  ,  ou  du  moins  ne 
st.  ‘  parlent  pas  exactement.  i°.  Richard  frere  de  Gilbert  fut  c  le  premier  de  fa 
v.  note  fliaifon  qui  prit  la  qualité  de  comte  de  Rodez ,  8c  qui  pofieda  le  domaine 
■*M‘  de  cette  ville.  i°.  Gilbert  ne  fut  jamais  que  vicomte  de  Milhaud  ,  ainfi  que 
fes  ancêtres  :  ceux  qui  lui  donnent  le  titre  de  comte  de  Rodez  ont  été 
f  matc. Mfp.  trompez  fans  doute  fur  ce  que  Gerberge  ayant  donné  à  Douce  f  fa  fille  les 
biens  qu'elle  avoit  dans  le  comté  de  Rouergue  ou  de  Rodez  ,  6 C  qui  provenoient 
de  l’heredité  de  Gilbert  fon  mari ,  ils  ont  crû  que  ce  dernier  avoit  été  comte 
g  v.Kuffi  di/f.  de  cette  ville  ,  ce  qui  eft  trés-fauy.  Quelques  uns  g  fuppofent  enfin  queGil- 
iirev.^iy&  Bert  ^t0*c  Pierre  vicomte  de  Carlad ,  8c  d’une  prétendue  comtcffede  Mil. 

feqq  haud  j  mais  ils  font  excufables ,  en  ce  que  dans  le  tems  qu’ils  ont  écrit  l’ori- 

^ngebift.gen.  gine de  Douce  comtefïè  de  Provence,  n’étoit  pas  encore  bien  connue  ,  ou 
kote  xxv.  du  moins  aflez  développée  }  mais  il  n’y  a  plus  lieu  de  douter  que  cette  prin. 
&xxvj.  celle  nc  f^c  fille  de  Gilbert  de  Milhaud  ,  8c  de  Gerberge  de  Provence  i  que 
Gilbert  ne  fût  frere  de  Richard ,  premier  comte  de  Rodez  ,  8c  qu’ils  ne  fu fi¬ 
lent  fils  l’un  8c  l’autre  de  Berenger  II.  vicomte  de  Milhaud  8c  de  Gevaudan ,  8c 
v  deNobilie  heritiere  de  la  vicomté  de  Carlad.  Douce  avoit  une  fœur  nom. 
M.ît.  mée  Etiennette ,  qui  avoit  époufé  h  auparavant  Raymond  de  Baux,  laquelle 
avoit  eu  pour  fa  dot  quelques  terres  en  Provence.  Pluficurs  hiftoriens  ont 
prétendu  que  Faydide,  femme  d’Alfonfe-Jourdain  comte  de  Touloule,  étoic 
aulli  fccur  de  Douce  -,  mais  nos  meilleurs  critiques  ont  fait  voir  que  c’eft  une 
fable  :  nous  connoilTons  d’ailleurs  «  la  véritable  origine  de  Faydide  :  cette  com- 
teiïê  écoit  de  l’ancienne  maifon  d’Ufez. 


Raymond-Berenger  III.  fe  qualifia  k  depuis  fon  mariage  avec  Douce,  par 


1  NOTE  L. 

».iç. 

xxxv. 

Baïcci'onc'de-6  ^  &race  de  Dicte  marquis  de  Barcelone  &  des  Espagne  s ,  comte  de  B  (  faite  &  de 
türdj  guerre  Provence  :  titres  lous  lelquels  il  déligna  tous  fes  domaines  anciens  8c  nou- 
RcJâri  Aron  veaux  i  tant  en  deçà  quen  delà  des  Pyrénées.  Ils  comprenoientpar  rap- 
au  fu  et  des  port  à  la  province  ,  la  vicomté  de  Gevaudan ,  dont  le  château  de  Grczes 
Orono  dc  *  éc°it  le  chef-lieu ,  le  comté  de  Fenouillcdes ,  8c  le  païs  de  Pierre-Pertufe  vers 
de  Raicz.  ii  Ce  ^cs  Pyrénées.  Ce  prince  avoit  outre  cela  des  prétentions  fur  les  comtez  de  Car- 
ligue  avec  le  cafionne  8c  de  Râlez  ,  8c  fur  le  païs  de  Lauraguais,  pofledez  alors  par  le  vicomte 
Narbonne  ibn  Bernard-Aton ,  auquel  il  déclara  la  guerre  aulli- tôt  après  fon  mariage  avec 
Douce,  pour  l’obliger  à  lui  rendre  ces  domaines. 

Dans  cette  vue  il  aflembla  1  une  armée  confidcrable  au  printems  de  l’an 
1 1 1 a .  après  s’être  alluré  du  fecours  de  divers  princes  voifins.  Aymeri  II. 
vicomte  de  Narbonne™  fon  frere  utérin  ,  entr’autres  ,embralïà  lès  intérêts,  8c 


frere  utérin. 

K  Mjrc.Hifp. 

?.IZ47- 
1  Pr.p.  13. 

K  NOIE 
XLVI, 

m  Mtrc.H'.fp.  abandonna  ceux  de  Bernard-Aton  avec  lequel  il  s’étoit  ligué  auparavant. 
p.ms.  Aymeri  promit  folemnellemcnt  au  comte  ,  r’.wDe  le  maintenir  dans  tous 
»  iès  domaines,  6c  de  l’aider  contre  tous ,  tant  pour  le  château  dc  Fenouillet 
»  8c  le  païs  dc  Fenouillcdes  ,  que  pour  le  château  8c  le  païs  de  Pierre-Pertufe. 
»  2°.  De  lui  remettre  ce  dernier  château  toutes  les  fois  qu’il  en  feroit  requis,  8c 
»>  de  faire  le  même  ferment  dc  fidelité  à  fes  fils  8c  à  fes  fuccefleurs.  3".  De  le 
»  fecourir  8c  dc  lui  être  fidellc ,  8c  à  fes  fils ,  pour  la  ville  de  Carcalïonne ,  8c  les 
«  païs  de  Carcafièz  8c  de  Rafcz ,  8c  de  faire  la  guerre  avec  lui ,  8c  fans  lui ,  au 
»  vicomte  de  Beziers  ,  à  fa  femme  ,  8c  à  les  fils ,  6c  à  tous  ceux  quientrepren- 
droient  de  l’en  dépolleder.  »  Nous  inférons  de  cet  a<fte  que  Raymond-Beren¬ 
ger  pour  engager  à  fon  fervice  le  vicomte  de  Narbonne  fon  frere  ,  lui  donna 
en  fief  le  château  8c  le  païs  de  Pierre-Pertufe.  Nous  voyons  cependant  dans  la 
fuite  des  lèigneurs  particuliers  de  ce  château ,  qui  devinrent  par  là  les  arriere- 
vafiaux  des  comtes  de  Barcelone.  Bernard-Berenger  de  Pierre-Pertufe ,  don- 
aArch.Uu  pr.  nâ°en  1110.8c  en  1113.  avecBeatrix  fa  femme,  aux  religieux  de  l’Amourguier 
d>  c  Amour-  Narbonne ,  ladixme  de  laparoiffe  dc  S.  Chriftau. 

La  maniéré  dont  le  vicomte  de  Narbonne  s’exprime  dans  cet  a&e  en  parlant 

de 


/ 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVI. 


369 


c  Mâb.  âd 
Mftrk  1103.9.6s* 


de  la  comtefle  Mahaud fa  mere * ,  fait  alTez  entendre  qu’elle  étoit  alors  déjà  An.iiii. 
décedée*  ainfi  ce  traité  qui’cftfans  date ,  doit  être  poflerieur  au  mois  d’ Avril  üus M^hak'is'" 
de  l’an  un.  que  Mahaud  a  vivoit  encore,  &  anterieur  au  mois  de  Juin  de  fœ.njàr. 
l’an  ni 2.  que  le  comte  de  Barcelone  fit  fa  paix  avec  le  vicomte  Bernard-  *cauimtm. 

Aton  ,  comme  nous  le  verrons  bientôt.  Ceci  peut  fervir  à  fixer  à  peu  près  '’85' 
l’epoque  delà  mort  de  Mahaud.  On  prétend  b  qu’elle  fe  retira  en  Catalogne  bDi4?Wie 
quelques  années  avant  fon  décès,  6c  qu’elle  fonda  dans  cette  province  deux  mo. 
nafteres  de  filles, fçavoir  celui  de  S.Daniel  aux  environs  de  Gironne,fous  la  réglé 
de  S.Benoît,  où  elle  mourut ,  dit-on  ,  faintement^ôc  celui  de  Val-Marit  de  l’ordre 
de  S.  Bernard  dans  la  vicomté  de  Cabrera  :  mais  il  eft  certain  que  l’ordre  de 
S.  Bernard  ou  de  Cîteaux  ne  pafTa  en  Efpagne  que  long-tems  après  la  mort 
de  Mahaud.  Un  auteur1  célébré  prétend  que  cette  princeffe  vivoit  encore 
en  im.  6c  qu’elle  donna  alors  à  l’abbaye  de  S.  Pons  l’églife  de  laCaune  en 
Albigeois:  ce  fut  d  le  vicomte  Bernard- Aton  qui  donna  cette  églife  à  l’ab- 
baye  de  S.  Pons  le  premier  de  Mai  de  l’an  1118.  Il  eft  vrai  que  le  17.  de  M.&daiv. 
Novembre  un.  une  dame  nommée  Maralde,  &  fesdeux  fils  Etienne-Dadon 
&Auger ,  donnèrent  à  la  même  abbaye  toutes  leurs  prétentions  fur  l’églife 
de  la  Caune  5  mais  cette  Maralde  n’étoit  pas  vicomtefle  de  Narbonne. 

Le  vicomte  Bernard-Aton  informé  des  préparatifs  que  le  comte  de  Barce¬ 
lone  faifoit  contre  lui,  fe  mit  de  fon  côté  en  état  de  défenfe.  Ne  pouvant  L***^'te 
avoir  recours  à  Bertrand  comte  deTouloufe,  feigneur  fuzerain  de  fes  do-  BtrLrd-Aion 
maines,  encr’autres  du  comte  de  Carcaifonne  qu’on  lui  difputoit,  àcaufe  fc  ligue  avec 
de  l’abfence  de  ce  prince,  occupé  alors  aux  guerres  d’outre-mer,  il  implora  g0nWdAt1' 
la  protedion  d’Alfonfe  I.roi  d’Aragon,  à  qui  il  donna  <=  en  alleu  la  ville  6c  le  <=  i‘r.f. 
païs  de  Rafez  ,  qu’il  prit  enfuite  de  lui  en  fief.  Alfonfe  promit  de  fa  part  au  f'î* 
vicomte,  i°.De  l’aider  contre  tous  ceux  qui  entreprendroient  de  le  troubler 
dans  la  poflêflion  de  ce  païs.  z°.  De  lui  donner  douze  mille  fols  en  monnoye 
courante  lorfqu’il  feroit  attaqué.  Le  vicomte  prêta  enfuite  ferment  de  fidelité 
à  ce  prince ,  6c  en  particulier  pour  le  païs  de  Rafez ,  envers  tous  ôi  contre 
tous  ,  excepté  contre  le  comte  de  T ouloufe  &  de  Rouerque. 

Raymond- B  erenger  comte  f  de  Barcelone,  apres  s'être  difpofé  pour  la  guerre  xxxvii; 
contre  Bernard-Aton  ,  pafla  les  Pyrénées  vers  le  mois  de  Mai  de  l’an  1 1 1 1.  6c  Plixcmte 
s’avança  vers  CarcafTonne  où  ce  vicomte  l’attendoit  de  pied  ferme.  Les  deux  ccioac&u 
armées  étoient  en  prefence  ,  6c  prêtes  à  combattre  ,  lorfque  Richard  archevê-  «omteBwmri- 
que  de  Narbonne  ,  allié  de  ces  deux  princes,  2c  plufieurs  feigneurs  des  deux 
camps  s’entremirent  pour  les  accommoder,  6c  les  firent  convenir  d’un  accord.  uepiifibiepoC. 
Les  articles  furent  fignez  le  8. de  Juin  de  l’an  Le  vicomte  pour  fatisfaire  comwzdeC«- 

à  la  demande  que  le  comte  lui  faifoit  des  comtez  de  Carcaflonne  6c  de  Râlez  ,  cartonne  &  de 
lui  donna  f»  alleu  douze  châteaux  de  fon  domaine  qu’il  reprit  en  fief,  6c  pour 
lefquels  il  lui  prêta  ferment  de  fidelité.  Ces  châteaux  étoient  ceux  de  Boiilefon,  U  J  ** 
d’Ambialet ,  6c  de  Curvale  en  Albigeois  i  de  Roquefiriere  6c  de  Caftelnau  dans 
leTouloufain  ;  du  Caylar  6c  de  Cauviiïon  dans  le  diocèfe  de  Nifmes  -,  de  Peze. 
nas,  de  Meze  6c  de  S.  Pons  de  Mauchiens  dans  le  diocèfe  d’Agde  -,  6c  enfin  du 
Pouget  6c  de  Mercoirol  dans  celui  de  Beziers.  i°.  On  convint  que  lorfque  l’un 
ou  l’autre  pourroit  engager  le  comte  de  T  ouloufe  à  donner  d  celui  de  Barcelone  ,  la 
ville  de  CarcaJJone  avec  fes  dépendances  ,ce  dernier  les  donneroit  alors  au  vicom¬ 
te,  qui  en  vertu  de  cette  donation  reprendroit  en  alleu  la  moitié  de  chacun  des 
douze  châteaux  ci-deffus  marquez.  30.  Le  vicomte  donna  à  Raymond-Beren- 
ger  quinze  mille  fols  Melgoriens  ,  pour  le  dédommager,  fans  doute,  des 
frais  de  fon  armement,  6c  fit  ratifier  le  traité  par  la  vicomteffe  Cecile  la  fem¬ 
me.  En  conféquence  le  comte  de  Barcelone  ,  par  un  acte  du  lendemain  9 .  de 
Juin  ,  abandonna  entièrement  au  vicomte  lcCarcafJezj&  le  Rafez, ^  2c  lui  pro¬ 
mit  par  ferment  de  le  lailler  paifible  poffefleur  de  tous  fes  domaines.  On  voit 
par  là  que  le  comte  renonça  à  toutes  fes  prétentions  fur  ces  deux  comtez  ,  6>c 
qu’il  fe  contenta  en  échange  de  la  fimple  fuzeraincté  fur  douze  châteaux  du 
vicomte  fituez  en  divers  autres  païs.  On  ne  doit  faire  donc  aucun  fonds  fur 
une  circonftance  rapportée  dans  un  monument  g  pofterieur,  8c  adoptée  parles 
hiftorienshde  Catalogne  -y  fçavoir  ,que  par  cet  accord  »  Bernard-Aton,  tant  « 
pour  lui ,  que  pour  fa  pofter  ité,  fe  rendit  vaffal  du  comte  de  Barcelone ,  6c  de  « 
Tome  II.  Aaa 


5  VI* 


g  Pr/f. t|. 

\\  DiMg  cond.de 


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An.i  1 1  i. 


XXXVIII. 
Réconciliation 
entre  l'arche 
Yêque  &  le  vi¬ 
comte  de  Nar¬ 
bonne, 
a  & 

H 


b  Pr.  f.  384.^ 

fa 


c  Pr.f. 388.6* 

fa 


XXXIX. 
Evêques  du 
Puy.  Vicomtes 
dcPolignac. 


d  Huf.TUv. 
cf/ronf.i69* 


370  HISTOIRE  GENERALE 

*>  Tes  fucceflèurs  pour  la  ville  ôc  le  comcé  de  Carcaflonne  ,  avec  promeflè  de  le 
»  fervir ,  fuivi  de  Tes  chevaliers ,  en  vertu  de  cet  hommage  ,  dans  les  guerres 
»  qu’il  auroit.  »  Mais  le  contraire  eft  marqué  expreflement  dans  l’acte  5  ôcquoi 
que  le  vicomte  s’y  déclaré  vafTal  du  comte  pour  les  douze  châteaux  dont  on 
vient  de  parler ,  il  convint  neanmoins  qu’il  ne  le  deviendroit  pour  Carcaflonne, 
que  lorique  le  comte  deTouloufe  ,  qui  en  étoit  feigneur  fuzerain,  auroit  donné  ce 
comté  au  comte  de  Barcelone.  Bernard-Aton  conferva  par  cette  claufe  le  droit  dit 
comte  de Touloufe  furie  Carcaflëz ,  ce  qui  lui  fervit  de  prétexte  pour  fe  main¬ 
tenir  dans  l’indépendance  du  comte  de  Barcelone,  par  rapport  à  ce  pais.  Il 
ne  continua  cependant  de  le  pofleder  qu’en  titre  de  vicomté ,  de  même  que 
le  Rafez ,  dont  il  n’eft  rien  dit  dans  cet  acte ,  ôc  que  ce  vicomte  avoit  donné  en 
alleu  au  roi  d’Aragon  5  mais  il  ne  paroît  pas  que  le  dernier  ait  confervé  long- 
tems  la  fuzeraineté  fur  ce  comté. 

Raymond-Berenger  III.  comte  de  Barcelone  s’entremit ,  fans  doute,  à  foa 
tour,  pour  mettre  d’accord  Richard  archevêque  de  Narbonne,  grand  oncle 
de  Douce  fa  femme,  ôcAymerill.  vicomte  de  cette  ville  fon  frere  utérin.  Nous 
voyons  du  moins  que  l’archevêque  ôcle  vicomte  de  Narbonne avoient  fufpendu 
leurs  différends  touchant  le  domaine  2c  la  juflice  de  cette  ville  au  mois  *  d’Octo- 
bre  de  l’an  un.  lorfqu’ils  abolirent  de  concert  entr’eux  &  les  autres  barons 
dupais ,  la  coutume  qui  s’étoit  introduite  fur  les  côtes  de  la  mer ,  tant  dans 
leurs  dépendances,  que  dans  le  refte  de  la  province,  de  s’emparer  du  débris 
des  vaifleaux  qui  faifoient  naufrage.  L’archevêque ,  le  vicomte  ,  ôc  les  barons 
du  diocèfe  de  Narbonne  touchez  du  préjudice  que  cette  coutume  faifoic 
aux  négocians ,  ordonnèrent  qu’à  l’avenir  tout  ce  qu’on  pourroit  fauver  du 
naufrage  appartiendroit  au  maître  du  vailïèau,  de  quelque  nation  qu’il  fût, 
ou  à  fes  heritiers.  L’archevêque  déclara  en  même  teins  excommuniez  tous 
ceux  qui  contreviendroient  à  ce  reglement.  Quant  aux  vaifleaux  des  Sarafins 
qui  feroient  naufrage  ,  il  fut  marqué  dans  Pacte  que  la  moitié  du  débris  appar¬ 
tiendroit  à  l’archevêque ,  6c  l’autre  moitié  au  vicomte. 

L’un  ôc  l’autre  terminèrent  enfin  leurs  différends  6c  fe  réconcilièrent  parfaite¬ 
ment  le  i6.de  Novembre  fui vant  b,  par  l’entremife  de  plufieurs  perfonnesde 
confideration  ,  entr’autres  d’Hugues  abbé  de  S.  Paul.  Il  eft  marqué  dans 
l’accord  qu’ils  paflèrent  alors  i°.  Que  l’archevêque  auroit  la  juflice  de  tous  les 
clercs  de  Narbonne  6c  du  diocèfe  ,  de  tous  les  laïques  qui  avoient  leur  demeure 
dans  le  domaine  de  l’églife  cathédrale ,  6c  de  celle  de  S.  Paul,  ôc  desvaflaux 
de  ces  deux  églifes.  z*.  Que  le  vicomte  auroit  de  fon  côté  la  juflice  de  tous  les 
crimes  d’adultere  6c  d’homicide  qui  fe  commettroient  dans  la  ville  6c  le  bourg 
de  Narbonne ,  ôc  que  les  coupables  feroient  jugez  À  la  cour  du  vicomte ,  en  pre- 
fence  de  l’archevêque  ou  de.  fon  huile.  30.  Ce  prélat  fe  réferva  tout  le  refte  de 
la  juflice  dans  fon  domaine,  au  dedans  6c  au  dehors  de  Narbonne.  40.  Ilscon-1 
vinrent  de  remettre  à  des  arbitres  pris  de  l'une  &  de  l'autre  cour ,  les  autres  diffe. 
rends  qu’ils  avoient  touchant  les  tours  ôc  les  maifons  de  la  ville  -,  avec  promeffe 
de  la  parc  de  Richard  de  ne  pas  faire  la  pierre  au  vicomte  ,  de  ne  pas  l'excom¬ 
munier  pour  ces  différends.  Nous  verrons  dans  la  fuite  que  ce  prélat  ne  tint  pas 
fâ  parole,  ôc  que  s’étant  brouillé  de  nouveau  avec  Aymeri,  il  eut  recours  i 
l’anathême  contre  lui,  ce  qui  excita  de  grands  troubles  dans  le  dioccfe.  Au  refte 
ce  dernier  étoit  alors  déjà  marié ,  ou  fe  maria  bientôt  après  ;  car  il  engagea 
en  11 14.  Cavec  Ermengarde  fa  femme ,  à  l’abbaye  de  la  Grade,  le  village  du  Lac 
dans  le  diocèfe  de  Narbonne,  pour  foixante-huic  livres  d’argent  fin  du  poids  de 
Narbonne  ,  ôc  vingt-cinq  onces  d’or. 

Quelque  foin  que  les  papes  ôc  les  conciles  fe  fuflent  donnez  depuis  le  ponti¬ 
ficat  de  Grégoire  VII.  pour  rétablir  les  églifes  dans  leur  ancienne  liberté ,  ÔC 
les  mettre  à  couvert  des  entreprifes  de  la  noblefle  ,  il  y  avoit  cependant  encore 
au  commencement  du  XII.  fiecle  divers  diocèfes  qui  gémiffoient  fous  la  tyran¬ 
nie  des  feigneurs  féculiers ,  entr’autres  celui  du  Puy. 

Après  la  mort  d’Aymar  de  Monteil  évêque  de  cette  ville,  décédé  à  Antioche 
le  premier  d’Aoûtdel’an  1098.  fon  fiege  demeura  d  vacant  jufqu’en  1  ioi.  que 
le  clergé  ôc  le  peuple  du  Velay  voulant  lui  donner  un  fucceuèur ,  élurent, 
d’un  contentement  unanime ,  Pons  abbé  delaChaife-Dieu,  qui  fut  le  premier 


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DE. LANG  U  E  D  OC.  Liv.  XVI. 


37* 


cvêquc  du  Puy  de  Ton  nom.  Ce  prélat  qu’on  fait  delà  maifon  deTournonen  An.mi. 
Vivarais,  fans  aucune  preuve,  étoic  alors  déjà  âgé.  Il  avoir  d'abord  embraf. 
fé  la  profeffion  monaftique  »  à  la  Chai/è-Dieu ,  dont  il  avoir  été  élu.  abbé  a  M»b.  *4™»; 
en  1094.  Il  avoir  parfaitement  bien  foiitenu  la  réputation  de  régularité  que 
ce  monaftere  s’étoit  acquile.  Il  avoir  affilié  en  1095.  aux  conciles  dePIai-  «.47. 
fance  &  de  Clermont,  Savoir  contracté  en  1096.  à  Lion  une  amitié  parti- 
culiere  avec  S.  Anlèlme  archevêque  de  Cancorbery  qui  le  trouvoit  alors  dans  ‘fjoj.&jiq. 
cette  ville ,  &  qu’il  avoir  enfuite  amené  dans  fon  abbaye. 

Pons  après  Ion  élection  b  à  l’évêché  du  Puy,  entreprit  de  réduire  divers  bJV/.sj.  ,• 
chevaliers  de  la  ville  qui  avoient  élevé  des  tours  dans  leurs  maifons,  &  s'en 
fervoient  comme  d’autant  de  forterefles  pour  tyrannilèr  les  peuples.  Il  fut 
obligé  pour  cela  d’avoir  recours  à  la  force,  &  de  faire  la  guerre  à  ces  gentils¬ 
hommes  qui  le  fournirent  enfin ,  &  fe  rendirent  vaflàux  de  l’églilë  au  Puy 
moyennant  la  fomme  de  dix  mille  fols  du  Puy  qu’il  leur  dillribua.  Ce  prélat 
mourut  vers  l’an  c  im,  le  14.  dejanvier,  &  fut  inhumé  dans  le  prieuré  ou  Cyfs0TE 
monaltere  de  Rochepaule  en  Vivarais  vers  les  frontières  du  Velay,  qu’il  avoir  xxvm.».\o. 
fondé  avec  fes  parens ,  fous  la  dépendance  de  l’abbaye  de  la  Chailè-Dieu.  On 
yvoyoitd  fon  tombeau  avant  la  ddtruction  de  l’églife  de  ce  prieuré  par  les  <i  Aa  ss-ni. 
Calviniftes.  Elle  appartient  aujourd’hui  aux  Minimes,  &  eft  dédiée  fous  l’invo- 
cation  de  S.  Pons ,  qu’on  croit  être  le  même  que  notre  évêque  du  Puy ,  qui  par 
conféquent  aura  été  honoré  d’un  culte  public. 

Ce  prélat  étoit ,  à  ce  qu’il  paroît ,  frere  d’Auxiliende  mere  de  Pons  vicomte 
de  Polignac.  On  a  en  effet  une  donation c  de  ce  dernier  en  faveur  de  l’abbayé  e c.h tire»  h, fl, 
dePebrac  en  Auvergne,  faite  du  confentement  de  Pons  évêque  du  Puy  fon  H-*** 
oncle ,  de  fa  femme,  &  de  fon  fils  Armand.  Le  vicomte  Pons  ne  marque  pas  le 
nom  de  fa  femme  dans  cet  acte  :  mais  nous  l’apprenons  d’une  autre  donation f 
qu’il  fit  en  1105.  à  l’abbaye  de  Conques  en  Rouergue,  «avec  Elifabeth  fa 
femme,  &  leur  fils  Armand,  de  l’avis  de  l’évêque  Pons ,  &  de  Pons-Maurice  « 
abbé,  de  l’eglife  de  Bains  dans  le  Velay  5  à  condition  que  fi  lui  ou  fes  fils  avoient  « 
deflèin  d’embrafier  l’ctat  monaftique  ,  l’abbé  &  les  religieux  de  Conques  fe-« 
roient  obligez  de  les  recevoir.  «  Il  y  eut  depuis  un  prieuré  conventuel  à 
Bains,  qui  fut  uni  en  i6zz.  au  college  des  Jefuices  duPuy. 

Le  clergé  &  le  peuple  g  du  Velay  élurent ,  pour  fucceder  à  Pons  I.  évêque  du  f 
Puy ,  Pons-Maurice  de  la  maifon  de  M  ontboiffier  en  Auvergne ,  le  même ,  à  ce  xxntutu. 8 
qu’il  paroît, que  l’abbé  Pons-Maurice  dont  on  vient  de  parler.  Ce  prélat  qui  croit 
oncle  ou  grand  oncle  paternel  de  S.  Pierre  le  Vencrable  abbé  de  Cluni,  fut  ex- 
pofe  à  la  contradiction  de  quelque  envieux  qui  contefterent  la  canonicité  de 
fon  élection  j  enforte  qu’il  fut  obligé  d’aller  à  Rome  pour  la  juftifier  auprès 
dupapePafcal  II.  Pons  vicomte  de  Polignac,  qui  étoit  peut-être  du  nom¬ 
bre  de  fes  ennemis ,  le  fuivit  dans  cette  ville  &c  y  mourut.  Il  eft  marqué 
dans  une  ancienne  chronique*  qu’il  y  fut  inhumé  avec  beaucoup  d’honneur.  Les  me-  *  pr,  ^îj. 
moires  h  de  la  maifon  de  Polignac  ajoûtent  qu’il  décéda  le  1 3.  de  Septembre,  ha 
&  que  le  pape  Pafcal  II.  le  fit  inhumer  dans  l’églife  de  S.  Jean  deLatran.  On 
vient  de  voir  que  ce  vicomte  laiflà  plufîcurs  fils  ;  nous  ne  connoilfonsqu’ Ar¬ 
mand  IV.  fon  aîné  qui  lui  fucceda  ,  &  Eracle  qui  fut  prévôt  de  Brioude , 
dignité  qu’il  poffedoit  'en  1138.  Quant  à  Pons  II.  évêque  du  Puy ,  il  revint  \c»u.a,r.mv. 
triomphant  dans  fon  diocèfe  ,  où  il  fut  reçu  avec  de  grandes  démonftrations 
de  joie  5  mais  fès  ennemis  lui  fufeiterent  bientôt  après  de  nouvelles  affaires  &;  xl. 
lui  firent  une  cruelle  guerre,  ce  qui  mit  la  défolation  dans  tout  le  païs.  foo'ctéubifc1' 

Les  grands  vaffaux  du  royaume  ne  ménagèrent  pas  davantage  la  liberté  i«  abbez  iku- 
des  églifes  au  commencement  du  XII.  fiecle,  que  les  fimples  feigneurs.  Le  l>ers  de  M°‘f- 

•  a  ir  r  r  y  \  r  1  f  ~  °i  ✓  •  Uc.Le vicomte 

jeune  Alronle  *  peu  de  tems  apres  ion  avenement  au  comte  deTouloule  ,  re-  Bc»mJ-Atoa 
tablit  entr’autres  ,  dans  l’abbaye  de  Moifiac ,  les  abbez  chevaliers  ou  féculicrs  re,nonc,: 
que  fes  prédecefl'eurs  ,  touchez  du  préjudice  qu’ils  caufoient  à  la  régularité,  éviqucs'dt” 
avoient  abolis.  Les  courtifans  de  ce  prince  abufant  de  fon  extrême  jeuneflé,  Caicailoune. 
l’engagèrent  dans  cette  démarche  ,  comme  il  l’avoue  lui.même  dans  une  fCo^TdiDBc. 
charte  qu’il  donna  dans  la  fuite  pour  tâcher  de  réparer  le  mal  qu’il  avoir  fait  ziers. 
en  cela  à  ce  monaftere.  k 

D’un  autre  côté ,  quoique  le  vicomte  Bernard-Aton,  ne  prît  que  la  qualité  n.j. 

T ome  II.  ’  A  a  a  ij 


♦  41- 
V.  NOTE  L, 


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An. ii  13. 

*  Car/uL  du 
thât.  dé  Fcix. 


I  I  14. 

/r3. 


37t  HISTOIRE  GENERALE 

de  ^vicomte  de  Carcaflfonne,  il  s’actribuoit  cependant  les  dépouilles  de  l’évê¬ 
que  de  cecte  ville,  lorfque  celui-ci  venoic  à  deceder.  C’eft  ce  que  nous  appre¬ 
nons  par  la  renonciation  qu’il  fit  «  le  Samedi  3.  *  de  May  de  l’an  1113.  avec 
«  fa  femme  Cecile,  Scieurs  fils  Roger  Sc  Raymond,  à  ce  droit,  Scà  tous  les 
»»  biens  qu’il  avoir  ufurpez  jufqu’alors  fur  l’églife  dé  Carcaflonne  ,  en  faveur 
«d’Arnaud  furnommé  de  Gironne  évêque  de  cette  ville.  »  Le  vicomte  Ber¬ 
nard- Aton  déclare  enfuite  qu’il  mec  les  biens  des  évêques  de  CarcafTonne, 
apres  leur  décès,  fous  fa  fauve-garde,  Sc  promet  de  les,  remettre  entre  les  mains 
de  l’archidiacre  qui  les  garderoit  pour  l’évêque  futur. 

Ce  vicomte  donna  a  au  mois  de  Juin  de  l’année  fuivante ,  avec  la  femme  & 
fes  deux  fils,  aux  deux  freres  Loup  Sc  Bernard  de Berjers ,  le  tiersde  lajuftice 
de  cette  ville  Sc  des  environs  :  il  fe  rélèrva  les  deux  autres  tiers  avec  celle  des 
homicides  Sc  des  adultérés  toute  entière.  Loup  Sc  Bernard  fon  frere,  qui  exer- 
qoient  déjà  la  juftice  fur  les  Juifs  de  Beziers ,  obtinrent  ce  tiers  comme  vicai¬ 
res  ou  '.viguiers  du  vicomte  ,  Sc  lui  en  firent  fans  doute  hommage.  Le  vi¬ 
comte  avoir  encore  fon  baile  à  Beziers  pour  rendre  la  juftice  en  fon  nom^enforte 
que  les  viguiers  jouifloient  alors  d’une  partie  du  domaine  de  la  ville  par  l’in- 
feodation  que  les  comtes  ou  les  vicomtes  leur  en  avoient  faite.  Cela  donna 
occafion  à  la  plûpart  de  ceux  qui  pofledoient  ces  vigueries  inféodées ,  lorlque 
les  noms  propres  furent  mis  en  ufage ,  de  prendre  le  leur  de  ceux  des  villes  & 
des  lieux  dont  ilsétoient  viguiers. 

xli.  Les  feigneurs  de  Montpellier  avoient  aufli  inféodé  h  alors  la  viguerie  de 
Jàuxd«'1fei-  cette ville. Bernard-Guillaume  qui  la  poflèdoit  héréditairement,  ayant  deflèin 
gocuis  de  de  faire  le  voyage  de  Jerufalem  ,  partagea  en  1 1 1 8  .fes  domaines  à  fes  trois  fils, 
w  catcvdi  ^  ^P°^a  entr’autres  de  cette  viguerie  en  faveur  de  Guillaume-Aymon  qui 
b  fr.f. étoit  l’aîné.  Les  deux  autres  s'appelaient  Gaucelîn  de  Claret  Sc  Raymond- 
ô1/*?-  .  Aymon.  On  a  remarqué  ailleurs  qu’il  paroît  que  les  viguiers  héréditaires 
L  siontj'UUr,  Montpellier  étoient  d’une  branche  cadette  des  feigneurs  de  cette  ville.  Ils 
p.is7-i'r.f>.,8sl  s’ allioient  cependant  avec  de  fimplesbourgeoifes ,  comme  on  voit  par  un  acte* 
de  l’an  1113.  fuivant  lequel  Guillaume  Y.  feigneur  de  Montpellier  étant  en 
droit  d’empêcher  qu’aucun  bourgeois  de  cette  ville  ne  vendît  ou  n’alienât  fes 
biens  en  faveur  d’un  chevalier  ou  de  l’églife  ,  ou  qu’il  mariât  fes  filles  à  des 
chevaliers,  s’oppola  au  mariage  de  la  fille  d’un  de  ces  bourgeois  avec  le  mê¬ 
me  Guillaume-Aymon  ,  8c  ne  voulut  y  confentir  qu’après  avoir  été  dédom¬ 
magé  du  préjudice  que  ce  mariage  caufoit  à  fon  domaine  ,  en  ce  qu’il  faifoit 
palier  les  biens  poffedez  par  les  bourgeois  ,  8c  fur  lcfquels  il  avoir  certains 
droits ,  dans  les  mains  de  la  nobleflë  qui  en  ctoit  exempte, 
xui.  Le  même  feigneur  de  Montpellier  non  content  de  s’être  diftingué  par  fes 
MomdUc'^ie  exploits  darts  la  Terre-fainte  durant  la  première  croifade,  fe  fignala  encore 
Vicomte  de’  dans  la  guerre  contre  les  Maures  8c  les  Sarafins  d’Efpagne  ,  maîtres  des  ifles 
^\iTTcbc&  bal.cares  ou  ée  Majorque  8c  de  Minorque ,  d’où  ils  infeftoient  toutes  les  côtes 
viikKdeW  de  la  Mediterranée.  Les  Pifans1  8c  les  Génois  entr’autres  fouffroient  beaucoup 
çiovwcc  vont  ^es  freCpientes  courfes  de  ces  pirates.  Raymond-Berenger  comte  de  Barcelone 
dcvXTc^u-  qui  en  étoit  également  incommodé,  fit  un  voyage  exprès  à  Genes  8c  à  Pife, 
ÿHquc  (ut  engagea  les  peuples  de  ces  deux  républiques  à  joindre  leurs  armes  avec 
ics  ficnnes ,  pour  aller  attaquer  les  infidelles  dans  ces  ifles.  Les  Génois  &  les 
«■>.  10.  i««i.  Pifans  alors  très-recommandables  par  leur  puiflance  fur  mer ,  animez  par  ce 
çr-ince  ^  ^  par  \eur  propre  intérêt ,  équipèrent  une  flotte  de  300.  voiles ,  8c  par- 
M.bhl'é  tirent  du  port  dePife  le  jour  de  S.Sixte  6  .d’ Août  de  l’an  1114.  Ils  joignirent  fur 
10.6.  jmpior.  \a  côte  de  Catalogne  le  comte  de  Barcelone, qui  avoit  fait  armer  un  grand  nom- 
Md.  bre  de  vaiffeaux  8c  y  avoit  embarqué  un  corps  de  troupes  qu’il  avoit  raflem- 
blées  de  toutes  parts.  Il  avoit  prié  entr’autres  Guillaume  de  Montpellier , 
dont  il  connoiffoit  la  valeur  8c  l’cxperience  dans  l’art  militaire,  de  venir  pren¬ 
dre  part  à  cette  expédition.  Ce  feigneur  ravi  de  trouver  une  nouvelle  occa¬ 
fion  de  combattre  contre  les  infidelles ,  fe  difpofa  à  fon  départ ,  8c  fitun  tefta- 
«Tr.p.^o.é*  ment,  «  en  prefence  de  Gautier  évêque  de  Maguelonne  8c  de  fes  principaux 
vaffaux,  par  lequel  il  pourvût  à  la  bailüe  ou  gouvernement  de  Montpellier, 
8c  à  la  tutelle  de  fes  enfans,s’il  venoit  à  déceder  durant  cette  guerre.  Il  difpofa 
de  cette  ville ,  8c  des  autres  biens  qu’il  tenoit  de  l’églife  de  Maguelonne ,  en 


o-c. 
c  Pr.  ifcii. 


rcr.lt  aL 
Ma  rttn 


I 


V 


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DE  LANGUEDQC.Liv.XVL 


m 


faveur  de  la  même  églifè  ,  en  cas  que  tous  fes  enfans  vinffent  à  tftôurir  avant  An.ï  i  Hi 
l’âge  de  quatorze  ans.  Quant  aux  divers  domaines  qu’il  avoir  acquis ,  il  donna 
encr’autres ,  en  allen ,  dans  le  même  cas  ,  les  châteaux  de  Frontignan  ,  de 
Montbazen  ,  de  Montferrier  ,  &c.  à  ceux  qui  les  tenoient  en  fief  de  lui.  Il  légua 
à  Bernard  d’Andulè  fon  frere ,  &  aux  enfans  de  ce  feigneur,  le  château  d’Ome- 
las ,  avec  les  autres  châteaux  qu’il  tenoit  en  fief  des  vicomtes  de  Beziers  &  do 
Narbonne, &  donna  à  Decan  de  Pofquieres  le  château  de  Melgueil,  &  les  autres 
biens  qu’il  tenoit  en  fief  du  comte  de  Melgueil.  Il  fit  encore  quelques  autres 
legs  à  divers  feigneurs  :  le  tout ,  à  ce  qu’il  parole,  en  cas  que  fes  enfans  vinflènt  i 
déceder  avant  l’âge  de  1 4.  ans  *  ce  qui  prouve  qu’ils  éroient  alors  mineurs. 

Nous  apprenons  par  cet  ade  qu’outre  le  domaine  de  Montpellier  que  les  fei¬ 
gneurs  de  cette  ville  tenoient  en  fief  de  l’églife  de  Maguelonne ,  iis  polfedoient 
encore  divers  châteaux  en  alleu  dans  le  diocèlè,  ce  qui  compofa,  ce  qu’on 
appella  dans  la  fuite  la  baronie  dè  Montpellier  ,  donc  la  ville  de  Frontignan, 
fituée  fur  la  côte,  étoit  le  chef-lieu. 

Guillaume  après  avoir  donné  ‘ordre  à  lès  affaires,  s’embarqua  avec  cent  r^' 

chevaliers  &  un  corps  d’infanterie  fur  vingt  vaiffeaux  qu’il  avoir  fait  equiper,  «<•«.  wfp. 
&fit  voile  vers  la  côte  de  Catalogne.  Aymeri  IL  vicomte  de  Narbonne  fit  çhronM*nJî. 
armer  de  fon  côté  un  pareil  nombre  de  vaiffeaux ,  &  alla  enperlbnne  joindre 
le  comte  de  Barcelone  fon  frere  utérin ,  &  prendre  part  à  cette  expédition. 

Raymond  de  Baux  beau-frere  du  même  comte,  marcha  aulfi  à  fon  fecours 
avec  fept  vaiffeaux.  L’évêque  de  Barcelone,  les  comtes  d’Urgel  &  de  Cer- 
dagne,  &  divers  feigneurs  du  Roulïïllon  ,  des  diocèfes  de  Beziers,  de  Nifmes, 
de  Maguelonne,  &  de  toute  la  province,  s’empreilcrent  à  l’envi  de  réunir  leurs 
forces  pour  le  même  defiein. 

Apres  la  jon&ion  de  toutes  ces  troupes ,  la  flotte  mit  à  la  voile  vers  Major- 
quemiais  elle  fut  à  peine  en  pleine  mer,  qu’elle  ellùya  une  violente  tempête  qui 
la  dilfipa.  La  plupart  des  vailïeaux  gagnèrent  le  port  de  Pilé  j  &  comme  ils 
avoient  befoin  de  le  radouber ,  &  que  la  fàifon  étoit  déjà  avancée  ,  ils  y  paf- 
ferent  l’hiver  ;  les  autres  fe*  rendirent  dans  le  port  de  Barcelone.  Quant  aux 
troupes  de  débarquement,  elles  fc  partagèrent  pour  fubfiftcr  plus  commodé¬ 
ment  5  une  partie  alla  hivernera  Montpellier,  à  Nilmes  &  Arles }  &  le  gros 
de  l’armee  demeura  à  Barcelone  avec  Guillaume  de  Montpellier  .Toute  la  flotte 
&  les  troupes  s’etant  raflembléesà  la  S. Jean  de  l’année  fuivante ,  on  commença 
par  alfieger  Pille  d’Y viça  qui  fe  fournit  le  jour  deS. Laurent  1  o.  d’Août.  On  alla 
enfuite  mouiller  devant  Majorque  le  i4-du  même  mois.  Se  on  entreprit  aulfi.  tôt 
lefiegede  cetce  ville,  qui  Ce  rendit  enfinje  6. de  Février  de  l’an  1 1 1 6.  Durant  ce 
fiege b ,  Guillaume  de  Montpellier  fe  diftingua  beaucoup  par  fes  exploits  ,  de  bciren.Pif. 
même  que  Dalmacede  Caltries,  brave  chevalier  du  diocèlè  de  Maguelonne, qui  t-w&Mï* 
fervoit  fous  fes  enleignes.  Celui-ci  dans  une  lortieque  firent  les  ennemis,  les 
repouffa  avec  force ,  &  il  les  avoir  déjà  obligez  pour  la  plupart  à  rentrer  dans 
la  place  ,  lorfque  deux  Maures  des  plus  robulles  vinrent  l’attaquer.  11  abbatit 
d’abord  l’un  d’eux  à  fes  pieds  }  mais  l’autre  lui  ayant  porté  en  même  tems  un 
coup  de  lance  qui  perça  fon  bouclier,  il  fut  mis  hors  de  combat,  &  accablé 
bientôt  après  par  une  troupe  d’infidelles ,  dont  l’un  lui  coupa  la  tête  d’un  coup 
de  labre.Guillaume  de  Montpellier  informé  de  ce  trille  accident,  ne  put  d’abord 
refuler  fes  larmes  fur  la  perte  d’un  chevalier  qui  avoit  acquis  fon  amitié  &  fon 
eftime.  Réfolu  enfuire  de  venger  fa  mort  fur  le  champ  ,  il  fe  met  à  la  tête 
de  cent  chevaliers,  donne  fur  lesinfidclles,  les  défait  entièrement, 6c  leur  enleve 
la  tête  de  Dalmace  qu’il  rapporte  dans  le  camp. 

Aymeri  vicomte  de  Narbonne  fe  fignala  auffi  au  fiege  de  Majorque.  Il 
anima  également  les  foldats  Sc  par  les  difeours  St  par  fes  exemples.  Plufieurs 
chevaliers  de  la  province  y  donnèrent  des  preuves  de  leur  valeur  ,  entr’- 
autres  Bercnger  de  la  Verune.  L’auteur  contemporain  c  qura  confervé  la  cchron.fif. 
mémoire  de  leurs  exploits  &  des  autres  troupes  de  •  la  province  ,  donne  le  ,b"t' 
nom  de  Goths  aux  peuples  qui  l’habitoient ,  St  les  dillingue  des  Catalans.  Il 
donne  aulfi  le  nom  de  Catalogne  à  la  Marche  d’Efpagne.  C’ell  le  plus  ancien 
monument  que  nous  connoiffions  où  on  feferve  de  cette  derniere  dénomina-  _  ~ 

l‘°n.  Un  moderne  prétend*1  que  le  vicomte  Bernard-Aconfe  trouvai  l’expe- j?. 


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T74 


HISTOIRE  GENERALE 


An.iii*  dition  de  Majorque ,  lur  l'autorité  del’hiftorien  des  comtes  de  Barcelone  qui 
n’en  dit  rien. 

Après  la  prife  de  l’ancienne  ville  de  Majorque ,  l’armée  chrétienne  fit  le  flege 
de  la  nouvelle  ,  qui  le  fournit  enfin  avec  le  refte  de  l’ifle  le  3.  d’ Avril  de 
iMxrtm.ctU.  I’an  1 1 1 Le  pape  Pafcal  II.  comblé  de  joie  de  l’heureux  fuccès  de  cette 
• mpijf.to.i.f .  conquête  ,  écrivit  3  au  commencement  de  May  de  la  même  année  au 
bGMiU.M*im.  comce  de  Barcelone  pour  l’en  féliciter.  Guillaume  de  Montpellier  à  qui  laprin. 
1-i.c.i  p.9 1 .  cipale b  gloire  en  étoit  due ,  fit  enfuite  quelque  féjour  à  la  cour  de  çe  prince ,  & 
pCl^e'aij'f'  il  )’  étoit  encore  au  mois  de  Janvier  de  l’an  1 1  z  7. 

1  xlÎii.  Tandis  qu’une  partie  de  la  nobleffe  de  la  province  combattoit  contre  les  infi. 
«mtedcPoi  déliés ,  l’autre  étoit  partagée  entre  le  jeune  Alfonfe-Jourdain,  &  Guillaume 
ti'eT &  duc'*  IX.  comte  de  Poitiers  compétiteur  de  ce  princeau  comté  de  Touloufe.  Nous 
d'Hquirainc,*  avons  parlé  ailleurs  des  prétentions  qu’avoit  ce  dernier  au  nom  de  Philippe  fa 
lippe', "s'empi-'  femme ,  fur  les  domaines  qui  avoient  appartenu  à  Guillaume  IV.  comte  de  Tou. 
«enr  du  comté  loufê  pere  de  cette  princeiTe ,  &ona  vu  qu’il  s’en  étoit  défifté  :  comme  il  étoit 
fur  A°fbo(c-  neanmoins  ambitieux  &  entreprenant,  il  chercha  querelle  quelque  tems après 
Jourdain.  la  mort  du  comte  Bertrand,  à  Alfonfe  fou  frere ,  &  dépouilla  enfin  du  comte  de 
Touloufe  ce  prince,  qui  àcaufe  de  fajeuneffe  étoit  peu  en  état  de  fe  défendre. 
Nous  ignorons  la  plupart  des  circonftances  de  cette  révolution }  nous  fçavons 
d .yozï £.«.4.  feulement  qu’elle  arriva  den  1 1 14.  &  que  le  comte  de  Poitiers  ne  s’empara  pas 
de  Touloufe  fans  effùfïon  de  fàng.  Il  eft  marqué  en  effet  dans  un  ancien  mo. 
tG»n.c<mpcn.  «umente,  qu’il  le  donna  alors  un  combat  dans  certe  ville ,  &  que  Pierre  évê- 
hvfmTE  bH  9ue  de  Pampelune  qui  s’y  crouvoir ,  ayant  voulu  pacifier  les  efprics,  fut  atteint 
d’un  coup  de  pierre  dont  il  fut  bleilc  dangereufemenr,  ôc  dont  il  mourut  peu  de 
jours  apres  le  Jeudi  //.  d’Oflobre. 

[ c trtui. «v  Ce  prélat f,  fujet  par  fa  naiflànce  des  comtes  de  Touloufe ,  étoit  fils  unique 

r^'J‘C  n'  d’un  feigneur  de  Rouergue  nommé  Didon  d’Andoque,  qui  l’avoit  offert  dans 
v.am.mjUc 7.  fa  jeunellè  à  l’abbaye  de  Conques  ,  où  il  avoir  embraflé  l’état  monaftique.  Son 
t»uiLri<*  mérite  le  fit  élire  évêque  de  Pampelune  en  Efpagne  en  1081.  &  voulanttémoi- 
gner  fi  reconnoiffànce  envers  l’abbaye  où  il  avoir  reçu  fon  éducation,  il  lui 
donna  en  r  090.  &  1092.  quatre  prieurez  de  fon  diocèfe.  Il  donna  auffi  une 
églife  e  du  même  diocèfe ,  fous  le  régné  de  Sanche  roi  de  Navarre  ,  à  l’abbaye 
de  S.  Semin  de  Touloufe.  Après  fa  mort  fon  corps  fut  apporté  à  Pampelune 
&  inhumé  dans  la  cathédrale  où  fa  mémoire  eft  en  vénération. 

On  peut  inferer  de  ce  que  nous  venons  de  rapporter  ,  qu’une  partie  des 
Touloufains  s’oppofa  à  l’inva/îon  du  comte  de  Poitiers  :  il  y  a  lieu  de  croire 
qu’ils  fupporterent  impatiemment  fa  domination  ;  car  depuis  la  mort  de  Ber¬ 
trand  comte  de  Touloufe ,  jufqu’à  la  jouillance  paifîble  de  ce  comte  par  Al¬ 
fonfe  fon  frere,  à  peine  trouve-t-on  quelque  aéte  qui  nous  apprenne  le  nom  du 
comte  qui  dominoit  alors  dans  le  comté  de  Touloufe,  contre  l’ufage  ordi¬ 
naire  de  ce  fîecle,  de  marquer  le  nom  des  comtes  dans  la  date  des  chartes. 
Nous  ne  fommes  pas  mieux  in/fruits  de  ce  que  devint  le  jeune  Alfonfe  pen¬ 
dant  tout  le  tems  que  le  duc  d’Aquitaine,  &:  Philippe  fa  femme  demeurèrent 
h  kkots  l.  maîtres  de  la  ville  Sc  du  comté  de  Touloufe.  Quelques  hiftoriens  h  ont  voulu 
"S-  dire  qu’il  fe  retira  en  Efpagne  à  la  cour  des  rois  de  Cafb'lle  ou  d’Aragon ,  & 

qu’il  implora  leur  protection  pour  fon  rérablilfèment  dans  le  patrimoine  defes 
pères  }  mais  on  ne  donne  aucune  preuve  certaine  de  ce  fait ,  qu’on  accom¬ 
pagne  de  plulieurs  circonftances  fabulcufes.  Ce  qui  parole  de  plus  vraifembla- 
ble  ,  c’efl  que  les  tuteurs  de  ce  prince  l’emmenerenc  ou  en  Provence  ou  dans 
quelqu’un  des  autres  domaines  qui  avoient  appartenu  à  Raymond  de  S.  Gilles 
ion  pere. 

Nous  avons  un  acte  1  fuivant  lequel  le  vicomte  Bernard-Aton  prête  fer¬ 
ment  de  fidelité  à  la  comtcjfe  Philippe  ,  pour  tous  les  domaines  que  Guillaume 
&Cqu^lqâcsau-  comte  de  Touloufe fon  pere  avoit  poffedez.  -,  &  cela  a  raifort  des  fiefs  du  Rouergue 
très  teirneuts  qu’il  tenait  d’elle.  La  comteilè  promet  enfuite  à  fon  tour  au  vicomte  de  lui 
conferver  la  vie,  &cc.  Il  réfulte  de  ce 


M.II1 


g  P'-MsS- 


XLIV. 

Le  vicomte 
Bcraard-Aeon , 


très 

noiiïlü/^T'  c°ufcrver  vie,  &c-  U  ré  fuite  de  ce  monument  1  ®.  Que  Philippe  prétendoic 
comte  se  h  que  le  Rouergue  lui  appartenoit  y  quoique  fon  pere  ne  l’eût  jamais  pofTedé  , 

çomreffe  de  “  *  *  »...  ‘  ‘  —  - 

Poitiers.  , 

iPr.fi.39x.  *€ 


£c  que  ce  pais  eût  toûjours  été  du  domaine  de  Raymond  de  S.  Gilles.  20.  Que 
le  vicomte  Bernard-Aton ,  l’un  des  plus  puiflâns  feigneurs  de  la  province 


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DE  LANGUEDOC.  Liv,  ÜVL 


abandonna  en  1 1 14.  les  intérêts  du  jeune  Alfonlè,  pour  le  déclarer  ert  faveur  An  -a  114c 
de  la  duchelîè  d’Aquitaine ,  comme  ü  avoit  abandonné  en  1098.  ceux  de  Ray¬ 
mond  de  S.  Gilles  pour  la  même  princellè.  Bernard- Aton  fit  ce  ferment  à  Tou¬ 
loulè  ,  en  prefence  de  Leger  archevêque  de  Bourges ,  de  Geraud  évêque  d’An- 
goulcme,  de  Bertrand  évêque  de  Bazas  ,  du  chantre  del’é glilè  d’Angoulême  , 
de  l’archidiacre  de  celle  de  Bourges,  de  Robert  d’Arbriflcl,  6c  de  divers  fèi- 
gneurs  ou  princes  leculiers,  entr’autres  de  Cenculle  comte  de  Bigorre  ,  de 
Pons  vicomte  deCaullàde  en  Querci ,  d’Arnoul  de  Montgommeri,  de  Pons 
de  Montpezat,  bec.  Ce  qui  fait  voir  que  le  duc  d’Aquitaine  étoit  bien  accom¬ 
pagné  lorlqu’il  s’empara  de  Touloulè ,  êc  que  le  13.  Robert  d’Arbrillèl  attaché 
depuis  long-tems  à  ce  prince  &  à  là  femme  ,  les  fuivic  alors  dans  cette  ville, 
comme  il  avoit  déjà  fait  en  1098. 

La  réputation  de  fainreté  où  étoit  ce  perfonnage ,  &  le  talent  qu’il  avoit  it.RÔberr 
pour  la  parole,  contribuèrent  fans  doute  beaucoup  à  gagner  les  Touloufâins ,  d’Arbridd  faie 
&  les  autres  peuples  de  la  province  au  parti  du  du c&  de  la  duchdle  d’Aqui-  ““  /“Ttou- 
taine.  U  profita  lui-même  de  cette  occafion  pour  étendre  l’ordre  de  Fonte-  louu^scfooJe' 
vraud  qu’il  avoir  inftitué  fous  la  réglé  de  S.  Benoit.  En  effet,  la  comtdïèP  hi- 
lippe a  lui  donna  en  1114.  la  forêt  d’Elpelès,  aujourd’hui  l’Elpina/lè,  fituée  n»tlacs  defoa 
entre  la  Garonne  ôcle  petit  Lers,  à  deux  lieues  de  Touloulè  vers  le  Nord-  ordrc‘ 

Ouelt,  où  il  fonda  un  monaftere  de  fon  ordre.  Ce  monaftere  a  donné  l’ori- 

gine  à  quelques  autres  du  même  initiait ,  qui  furent  fondez  dans  le  diocèfe  v  ciyp.  nafa 

de  Touloufe  }  fçavoir  à  ceux  de  S.  Agnan  ,  Longages ,  la  Grâce-Dieu,  fainte 

Croix  de  Volveltre,  &  Notre-Dame  deBragairac  :  celui-ci  avoit  été  d’abord  notelu.4. 

fondé  pour  des  filles ,  &  dépendoit  b  au  milieu  du  XI.  fiecle  de  l’abbaye  de  b  Aymtr.d» 

Moiilàc.  Il  fut  détruit  dans  la  fuite,  &  rétabli  pour  des  hommes.  Aymeri  teJrMch,,*‘ 

qui  en  etoit  prieur,  le  donna  en  1112.  à  Pctronille  abbeflè  de  Fontevraud , 

&  lui  promit  obéiflànce ,  avec  l’agrément  d’Amelius  évéque  de  Touloulè,  en 
prefence  de  Guillaume  évêque  de  Laitoure ,  6c  de  Beatrix  vicomteflè  de  Loma- 
gne.  Ce  prieuré  étoit  fitué  dans  cette  partie  du  Touloufâin  dont  on  forma  au 
XIV.  fiecle  le  diocele  de  Lombes  ,  6c  fubfiftoit  encore  au  milieu  du  XIII. 


Ceux  de  S.  Agnan ,  de  Longages ,  de  la  Grâce-Dieu  de  de  fainte  Croix  de  Vol* 
veltre  fubfiftent  encore  de  nos  jours  ,  Ravoir  les  trois  derniers  dans  Je  diocèfe 
de  Rieux  ,& l’autre  dans  le  diocèlede  Montauban,  à  la  gauche  de  la  Garonne. 

Celui  de  fainte  Croix  c  qui  etoit  déjà  fondé  en  114  j.doic  fon  origineaux  évêques  c ci^Md.te.u 
de  Touloufe,  6c  fans  doute  à  l’évêque  Amelius  dont  on  a  déjà  parlé.  Les  comtes  /•*«<• 
de  Touloufe  fuccelleurs  de  Philippe  6c  d’Alfonfe-Jourdain  ,  furent  lesprote- 
cteurs  de  tous  ces  monalleres,  de  même  que  de  celui  de  Fonrevraud  qui  en 
étoit  le  chef. 


Ilyavoiten  1114.  un  autre  monaftere  dans  le  diocèfe  de  Touloulè  qui  dévoie  pou^rî'onJM 
fon  origine  au  B.  Robert  d’Arbrifièl ,  ou  plutôt  àu  B.  Gérard  de  Sales  fon  di/1  abbajes  de 
ciple  ,  qui  à  fonda  au  commencement  du  XII.  fiecle  divers  monalleres  en  Gr?"d(i hc,’Ja 
Aquitaine  fous  la  réglé  de  S.Benoît  6c  fon  initirut  particulier.  C’etoitcelui  de  dot ci/  “ 
Grandfelve  où  Gérard  mit  Etienne  pour  premier  abbé,  6c  dont  les  religieux  àchro».\ui‘ 
vécurent  d’abord  en  hermites.  Prelque  tous  ces  monalleres  furent  unis  dans 
la  fuite  à  l’ordre  de  Cîteaux,  entr 'autres  celui  de  Grandfelve,  quiell  fitué 
dans  une  folitude  environnée  de  bois,  à  une  lieue  de  la  Garonne  vers  la  gau- 
che,  dans  cette  partie  du  diocèlede  Touloufe  qui  dépend  aujourd'hui  de  la  pro-  Vu.Gtr.dtS, ni* 
vincedeGuienne.  Les  abbez  de  Fontdouce  6c  de  Tenaille ,  dans  les  dioccfes  p  ceU 
de  Saintes  6c  de  Poitiers ,  difciplcs  du  B.  Gérard  de  Sales  ,  fondèrent  un  autre  mptijj. u.  s.  ' 
monaftere  de  leur  inflitut,  dans  un  lieu  nommé  Vajal,  furl’Ariege,  dans  le 
diocèfe  de  Touloufe  6c  le  comté  deFoix.  Bertrand  de  Belpech  ou  de  Beaupuy 
en  fut  le  principal c  bienfaiteur  en  1120. 6c  1125.  Ce  monaftere  fut  gouverné  eArchjttdi, 
par  des  abbez  particuliers  jufqu’en  1196.  que  les  religieux  réduits  à  uneextrê-  ^^tfont. 
me  pauvreté ,  le  fournirent ,  avec  leur  abbé ,  à  celui  de  Bolbonne  de  l’ordre  de 
Cîteaux ,  fituc  dans  le  voifinage  ;  enforte  qu’il  n’y  eut  plus  de  religieux  àVajal 
depuis  l’an  1224.  Enfin  Elieabbé  de  Cadouinen  Périgord,  autre  difciple  du  B. 

Gérard  de  Sales, conftruifit f  dans  la  province  un  rroifieme  monaftere  de  cet  in- 

ftùut  ;  fçavoir  celui  d’Ardorel  fitué  en  Albigeois  vers  les  frontieresdu  Toulou -  td.tt.iy.7j.& 

fain ,  à  une  demie  lieue  de  la  petite  riviere  de  T ore.  Cecile ,  femme  du  vicomte 


37 * 


HISTOIRE  GENERALE 


Touloufe  étoit  encore  dans  le  trouble  à  la  fin  d’Oétobre  de  l’an  1114.  lorfque 
le  duc  d’Aquitaine  cherchant  à  pacifier  cette  ville  ,  par  quelque  fpe&acle  de 


5 


An.i.114.  Bernard-Aton  en  eft  regardée  comme  la  fondatrice.  Levicomtefon  mari  & 
Roger  leur  filsautoriferent  en  r  1 14.  avec  Bertrand  évêque  d’Albi,  une  dona¬ 
tion  confiderable  d’une  partie  de  la  forêt  d’Ardorel  que  firent  alors  à  ce  mo¬ 
naftere  quelques  feigneurs  du  pais.  On  prétend  que  Foulques  moine  de  Ca- 
t  Annd.cifi.  douin  ,  éc  premier  abbé  d’Ardorel  ,  unit  ce  même  monaftere*  vers  l’an  1153. 

à  l’ordre  de  Cîteaux  ^  mais  cette  union  eft  pofterieure  de  plus  de  dix  ans.  L’ab¬ 
baye  d’Ardorel  qui  étoit  dans  le  diocèfc  de  Caftres  ayant  été  entièrement  ruinée 
durant  les  guerres  de  la  religion  ,  les  religieux  fe  font  transferez  à  la  Rode, 
qui  eft  une  de  leurs  dépendances  dans  le  diocèfe  de  Lavaur ,  où  ils  ont  bâti 
un  nouveau  monaftere. 

XLVII. 

Tondaiion  de 

récuré  *  s!  pieté  qui  frappât  les  habitans ,  pria  Ameliusb  ,  évêque  de  cette  ville,  d’indi- 
»ou\oufede  cluer  une  Proce^ï°n  folemnelle.  Le  prélat  entrant  dans  les  vues  du  duc ,  manda 
*  b  Pr.^jÿj.é1  touC  le  clergé  de  fon  diocèfe  ,avec  les  reliques  de  leurs  églifes  5  &  la  procelfion, 
/*?•  à  laquelle  il  invita  les  évêques  fes  comprovinciaux ,  avec  les  abbez  &  les 

principauxdu  pais,  fe  fit  le  premier  deNovembre.  Odon  abbé  de  Lezats’y 
rendit  entr’ autres  ,  avec  les  reliques  de  S.  Antoine  que  fon  monaftere  préten- 
c  v.Mtb.ad  doitc  pollèder  ,  du  moins  en  partie  ,  &  qu’on  afïuroit  y  avoir  été  transférées 
«mmw  Çonftantinople.  Les  religieux  de  Lezat  s’étant  mis  en  marche  ,  fe  joï_ 

fnirent  en  chemin  avec  ceux  qui  portoient  la  châfTedeS.  Ferreol  martyr.  L’af- 
uence  du  peuple,  qui  dans  cette  occafion accourut  à  Touloufe  ,  fur  fi  gran¬ 
de,  qu’on  fe  vit  obligé  de  drefler  des  tentes  hors  la  ville  pour  en  loger  une 
partie.  On  ajoute  que  Dieu  opéra  alors  divers  miracles  par  les  reliques  de 
faint  Antoine  j  que  le  bruit  en  étant  venu  aux  oreilles  de  Guillaume  duc  d’A- 
•  quitaine,  l’abbé  de  Lezat  craignant  que  ce  prince  ne  les  fît  enlever  ,  en  confia 
la  garde  aux  plus  notables  du  pais  qui  fe  firent  un  honneur  de  s’en  charger } 
Scqu’enfin  lorfqu’il  fallut  s’en  retourner,  on  ne  put  jamais  venir  à  bout  de  tirer 
la  châtie  de  fa  place ,  jufqu’à  ce  que  l’évêque  de  Touloufe  eût  promis  de  donner 
à  l’abbaye  de  Lezat  le  lieu  où  elle  avoit  été  dépofée  ,  pour  y  conftruire  une 
églife  fous  l’invocation  du  faint. 

Quoiqu’il  en  foitde  cette  merveille  ,  il  eft  certain  d  que  Guillaume  comte  de 
T ouloufe ,  prince  de  la  province  de  Poitiers  donna  en  l'honneur  de  faint  An¬ 
toine  ,  avec  fa  femme  &  fon  fils  Guillaume ,  aux  religieux  de  Lezat ,  &  à  Odon 
leur  abbé ,  au  mois  d’Aout  de  l’an  1 11 5.  un  terrain  fitué  dans  les  fauxbourgs 
de  Touloufe,  devant  la  porte  du  château  Narbonnois ,  avec  exemption  de 
toute  domination  ,  ôt  avec  l’autorité  &  la  juftice  fur  tous  ceux  qui  habi- 
teroient  cet  endroit.  L’acte  eft  fouferit  par  Amclius  évêque  de  Touloufe, 
&.  par  divers  feigneurs  du  pais ,  entr’autres  Guillaume  de  Laurac ,  Gérard  de 
Vrefeil ,  Guillaume  U naud  de  Lantar,  èc  Etienne  de  Calmont.  Après  cette 
donation  les  religieux  de  Lezat  firent  bâtir  en  ce  lieu  une  eglifè  fous  le  nom  de 
XLVU1  S.  Antoine  ,  avec  un  prieuré  conventuel  dépendant  de  leur  abbaye.  L’un  & 
u  duc  d'A-  l’autre  furent  détruits  en  c  1355.  durant  la  guerre  des  Anglois  Les  religieux 
ex-  pe  transférèrent  bientôt  apres  dans  la  ville  à  la  place  de  Salin  où  ils  conftrtiifi- 
ïhdiypc  de  rent  une  nouvelle  églife ,  que  le  prieur  céda  en  1 5  80.  aux  Cordeliers  de  Lille- 
TouiouCe  fe  Jourdain,  qui  avoient  été  chalTcz  par  les  rcli<nonnaires ,  ôcqui  la  dellèrvent 

femme  meurt  J  1  °  1 

leVigieufc  à  encore  aujourd  hui. 

lonrcvuud.  Guillaume  IX.  duc  d’Aquitaine ,  fa  femme  8e  leur  fils  Guillaume  ,étoient 
l^X1-  donc  encore  à  T  ouloufe  au  mois  d’ Août  m  5.  ce  qui  prouve  manifeftement  que 
g  /uijOr.rtr,  lorfque  ce  prince  fut  excommunié  1  en  1 1 1 4x0  ne  fut  point  pour  avoir  répudié 
/|«ir.i.io.c.  fa  femme  légitimé ,  comme  divers  auteurs  g  l’ont  avancé  ,  &  encore  moins 
ciÿp.nnjt* Fon.  pour  avoir  enlevé  la  femme  de  fon  frere  ,  ainfi  que  le  prétendent  quelques 
ttbr.wd.ioa.  autres11  fans  aucune  autorité.  Guillaume  fut  fans  doute  alors  frappé  d’ana- 
Liliti  10.  thème  pour  avoir  perfec.uté  l’évêque  de  Poitiers  qui  lui  reprochoit  fa  vie 
Tow.p.u}.  fcandaleufe.  Nous  feavons  en  effet  qu’il  fut1  excommunié  fous  le  pontificat  de 
de s^er  u.  "  PafcalU.poar  avo'-r  fcrfccutc  i calife .  Les  mêmes  auteurs  prétendent  encore  que 
f.w.  ce  fut Geraud  évêque  d’Angoulême,  qui  en  qualité  de  lcgat du  faint  fiege,  cx- 
L'j.îy.  **  communia  Guillaume  en  1 1 14.  mais  cela  n’eft  pas  vraifemblable,  puisqu'on  a 

déjà 


1115. 


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de  LANGUEDOC.  Liv.  XVI.  $77  _ 

•  déjà  vû  que  ce  prélar  croie  à  Touloufe  la  même  année  à  la  fuite  de  ce  prince,  An.i  îij. 
&  par  confequenc  en  liaifun  d’amitié  avec  lui.  , 

On  allure  ^  d’un  autre  côté  que  Guillaume  répudia  Philippe  de  Touloufe  pour 
époufer  Hildegarde  ,.qui  eut  le  même  fort  en  1 1 19.  Mais  comme  le  pape  8c  le 
concile  de  Reims  tenu  la  meme  année,  reconnoilfoient  b  cette  derniere  pour 
légitimé,  c’eft  une  preuve  que  le  duc  d’Aquitaine  ne  répudia  pas  la  première,  ' s7' 

&  que  celle-ci  étoit  déjà  dccedée  avant  le  mariage  de  ce  prince  avec  Hiide- 
<rarde.  Un  moderne  ‘  prétend  que  Philippe  touchée  des  predicationsdu  B.  Ro- 
bert  d’Arbrilfel  qu’elle  entendit  à  Touloufe  ,  le' fui  vit  à  Fontevraud  ,  &  ,9. 

qu’elle  y  prit  l’habit  religieux  :  nous  ne  voyons  pas  que  cet  inftituteuf  foit  de¬ 
meuré  à  Touloufe  jufqu’au  mois  d’Août  de  l’an  i.iij.  que  cette  princeflè  y 
étoit  encore  *ainfi  il  n’y  a  aucune  apparence  qu’elle  l’ait  fuivi.  Ce  qu’il  y  a 
de  vrai,  c’eft  que  quelque  tems  avant  fa  mort  elle  prit  l’habit  de  l’ordre  de 
Fontevraud,  loit  fuivant  les*  uns  <*  dans  cette  même  abbaye,  foit  félon  les  iibu. 
autres  -  dans’  le  monaftere  de  l’Efpinaftè  au  diocèfe  de  Touloufe  qu’elle  avoit  e  v.  Ange  nu, 
fondé;  &  qu’elle  décéda  le  1 8.  de  Novembre ,  ainfi  qu’il  eft  marqué  dans  le 
necrologe  du  monaftere  de  Fontaines  du  même  ordre.  Nous  ne  gavons  pas 
l’année  précife  quelle  embrafla  l’état  monaftique  5  car  ce  ne  peut  avoir  été 
en  11 16.  ou  1117. après  le  décès  du  duc  fon  mari,  comme  on  l’a  avancé*-,  1 
pour  les  raifons  que  nous  avons  déjà  dites.  On  doit  ajouter  à  cela  que  nous 
n’avons  aucun  monument  qui  prouve  que  Guillaume  fut  maître  de  Touloufe, 
ou  du  moins  qu’il  y  fût  reconnu  pour  comte,  &  que  Philippe  là  femme  ait 
vécu  après  l’an  1 1 1  5.  Nous  cro'yons  donc  que  cette  princelTe  embralTa  l’infti- 
tut de  Fontevraud  vers  l’an  1  x  1  <$.  qu’elle  mourut  peu  de  tems  après, &avanc 
le  mariage  du  duc  fon  mari  avec  Hildegarde,  que  ce  prince  avoir  déjà  époufée 
folemnellement  en  troifiémes  noces  l’an  1119.  &  que  la  retraite  8c  la  mort  de 
Philippe,  joint  aux  déreglcmens  de  Guillaume,  contribuèrent  beaucoup  à 
détacher  les  Touloufains  du  parti  de  ce  prince  ,  qu’ils  chafterent  enfin  de 


XL1X. 
Aflcin :>léc  re- 


leur  ville. 

Il  fe  tint  g  une  aftemblée  célébré  dans  la  province  au  mois  d’Oétobre  de 
l’an  1115.  pour  la  confécration  de  l’églilè  du  monaftére  de  Ca/fan  au  dio, 
cèfe  de  Beziers.  Les  archevêques  Richard  de  Nhrbonne  8c  Aton  d’Arles  y  *nsJcdiocéic 
ailîfterent,  avec  les  évêques  Arnaud  de  Beziers,  Gautier  de  Maguelo nne, 

Bernard  d’Agde,  Jean  de  Nifmes,  Arnaud  de  Carcaffonne  ,  8c  Raymond  de  ton  irchcrâ- 
Balbaftro ,  8c  il  s’y  trouva  un  grand  concours  de  perfonnes  de  confidera tion  de 
l’un  &  de  l’autre  lex c. 

On  prétend  qu’Aton  h  archevêque  d’Arles  étoit  de  la  maifon  des  vicomtes  hG*iuhr.to.,, 
de  Beziers }  mais  on  n’en  donne  point  de  preuve,  &  nous  n’en  avons  trouvé  r;os]fn™;,d' 
aucune  dans  un  grand  nombre  de  titres  de  cette  maifon  que  nous  avons  vus.  ' , 
Ce  ne  peut  être  donc  qu’une  conjecture  fondée  fur  le  nom  de  ce  prélat,  fort 
ufité  dans  la  maifon  de  ces  vicomtes.  On  pourroit  appuyer  cette  conje- 
âure  fur  ce  qu’Aton  fit  de  fréquens  voyages  dans  la  province  ,  où  on  le 
trouve  fouferit  dansplufieurs  actes.  Mais  nous  Pommes perfuadez  ’  qu’il  n’étoit x^uf  °7E 
qu’allié  des  vicomtes  de  Beziers ,  qu’il  étoit  de  la  maifon  des  vicomtes  de  ”'7' 
Bruniquel ,  &  neveu  par  fa  mere  de  Richard  de  Milhaud  archevêque  de  Nar¬ 
bonne.  Ce  dernier,  qui  fe  dit  parent  *  8c  ami  de  Bernard-Aton  vicomte  de  ’Conftagui. 
Beziers,  k  avoit  en  effeten  im.un  neveu  *  appelle  Aton  :  enfin  Aton  arche- 
vêque  d’Arles,  vécut  dans  une  très- grande  union  avec  Richard  archevêque  1  ’ 

de  Narbomîe ,  8c  paiïa  une  partie  de  Ci  vie  auprès  de  lui.  Le  crédit  qu’avoir  - - 

celui-ci  en  Provence,  où  il  avoir  été  abbé  de  S.  Victor  de  Mar/èille,  8c  où 
Douce  fa  petite  niecc  étoit  comteflè  d’Arles ,  aura  beaucoup  contribue  fans 
doute  à  faire  élire  Aton  fon  neveu  archevêque  de  cette  ville. 


Leger  évêque  de  Viviers  a/fifta  m  de  fon  côté  en  1  n  y  à  un  concile  affemblé  Les  évêques  Je 
dans  l’abbaye  de  Tournusen  Bourgogne.  Ce  prélat  eft  qualifie  légat  du  faine 
fiege  dans  un  ancien  n  monument  de  fon  égli/e,  où  il  eft  marqué  qu’il  la  fit  ™ 
réparer ,  &  qu’il  l’enrichit  de  diverfes  reliques  que  fes  prédece/Ièurs  avoient 
recueillies.  Il  donna  0  en  un.  les  églifes  du  mandement .  de  faint  A 11  ban  ,  au  ‘ 

prieuré  de  Ruons  de  l’ordre  de  CJuni,  fituédans  fon  diocèfe ,  par  un  acte  n Ctlumt.vh, 
daté  du  tegne  de  L’empereur  Henri.  Il  feinble  par  là  que  Leger  reconnoifToit  alors 
Tome  IJ.  Bbb 


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An. in  j. 

a  V  ci-dejjus 
lXVf.%9  O. 

bLcUwà.tkid. 


II. 

Concile  de  S. 
Cilles. Anciens 
comtes  de  Ra- 
fez. 

c  Pr.p.w, 
1116. 


d  ToA.XOTE 
XCl.n.i. 
tXOTZXXll. 
9 •  14. 


I  K  NOTE 
Xi  a 


g  K  M;ȣ,  4d 
4nn.1t  19.9. 
119. 

LIL 

Bereuger  de 
Narbonne  ab¬ 
bé  deUGrafle. 
h  MMrç.HiJp, 
Af¬ 
in  7. 


i  Mau.  Hifp. 
p.Ufl  .érjtq. 


378  HISTOIRE  GENERALE 

ce  prince  pour  fon  fouverain  :  mais  du  moins  on  n’en  peut  tirer  aucune  con. 
féquence  pour  le  pais  -}  car  nous  voyons  que  Philippe  1.  roi  de  France  domi_ 
noit  furie  Vivrais  en  1096. 1  &  nous  avons  une b  une  tranfaétion  paflée  cette 
année  entre  Guillaume  abbé  de  S.  Chaffré  Scies  feigneurs  de  Mezene  dans  le 
diocèfe  de  Viviers,  en  prefence  du  même  Leger ,  ôc  datée  du  reyie  du  roi 
Philippe.  Comme  ce  prélat  exerça  fa  légation  dans  la  province  de  Vienne ,  qui 
pour  la  plus  grande  partie  dépendoit  du  royaume  de  Provence ,  uni  alors  avec 
l’empire ,  ce  fut  fans  doute  la  raifon  pour  laquelle  il  reconnut  la  fouveraineté  de 
l’empereur  Henri.  Il  paroît  en  effet  que  Léger  eft  le  premier  évêque  de  Vi¬ 
viers  qui  ait  regardé  les  empereurs  d’Allemagne  pour  fes  fouverains  :  démarché 
dont  les  fuccelleurs  profitèrent  pour  leur  aggrandilîèment ,  ainlî  que  nous  le 
verrons  dans  la  fuite. 

Un  autre  légat  du  faint  fiege  dont  nous  ignorons  le  nom  ,  tint  en  in 5.  i 
faint  Gilles  fur  le  Rhône,  un  concile  dans  lequel  on  agita  un  différend  qui 
étoit  alors  entre  les  abbez  de  la  Grade  6c  d’Alet  touchant  l’abbaye  de  S  Po- 
1  y  carpe ,  que  chacun  prétendoit  devoir  être  de  la  dépendance.  C’eft  tout 
ce  que  nous  trouvons  de  ce  concile ,  dont  il  eft  fait  mention  dans  une  bulle c 
que  le  pape  Pafcal  4L  donnai  la  fin  du  mois  de  Novembre  de  l’an  1116.  6c par 
laquelle  il  adjuge  le  monaftere  de  faint  Polycarpe  à  l’abbaye  d’Alet ,  »  con. 
«formément  à  la  donation  que  le  comte  Guillemond  lui  en  avoir  faite  du 
»  tems  de  l’empereur  Charles ,  à  la  reftitution  qu’elle  en  avoir  reçue  du  comte 
«Raymond,  fous  le  régné  du  roi  Philippe,  6c  à  la  confirmation  de  la  com- 
»  telle  Ermengafde.  Palcal  ajoute  que  ce  rrtonaftere  n’avoit  jamais  été  tiré 
»  de  cette  dépendance  par  aucun  jugement  ecclefiallique  ,  mais  feulement 
«par  la  violence ,  6c  par  l’autorité  des  puiflances  fëculieres.  »  Cette  bulle  con¬ 
firme  les  conjectures  que  nous  avons  données  à  ailleurs  couchant  l’origine  du 
comte  Bera  fondateur  de  l’abbaye  d’Alet,  6c  fait  voir  qu’il  n’elt  pas  diffe¬ 
rent  c  du  comte  de  Barcelone  de  ce  nom  ,  qui  vivoit  au  commencement  du 
IX.  fiecle ,  puifqu’il  eft  certain  que  celui-ci  eut  un  fils  appelle  Willemond. 
Le  comte  Willemond  qui  fous  le  régné  de  Charlemagne  unit  l’abbaye  de 
S.  Polycarpe  à  celle  d’Alet,  aura  d'onc  fucccdé  avant  l’an  8 14.  dans  le  comté 
de  Rafez  où  ces  deux  abbayes  font  fituées ,  à  Bera  comte  de  Barcelone  fon 
pere,  qui  s’en  fera  démis  en  la  faveur.  Nous  avons  parlé  ailleurs (  de  Ray¬ 
mond  IL  comte  de  Râlez  dont  il  eft  fait  mention  dans  cette  bulle.  Quanta 
Ermengarde,  c'ell  improprement  qu’elle  y  elt  qualifiée  cort.tcjfe  ;  car  quoi 
qu’elle  fût  de  race  comtale,  ôc  hericiere  du  comté  de  Râlez,  elle  ne  lepof- 
leda  cependant  qu’en  titre  de  vicomté ,  ainfi  qu’on  l’a  déjà  vû.  Au  relte  il 
paroît  g  que  l’abbaye  de  S.  Polycarpe  dépendoit  de  celle  d’Alet  à  la  fin  du  XII. 
fiecle  -,  mais  elle  devint  indépendante  dans  la  fuite  ,  ôcl’cft  encore  aujourd’hui. 

Celle  de  la  Grade  le  dédommagea  de  cette  perte  par  les  bienfaits  qu’elle 
reçût  de  Raymond-Berenger  III.  comte  de  Barcelone,  qui  dans  le  dclleinde 
réformer  le  monaftere  de  S.  Pierre  de  Gallicant  fitue  lous  les  murs  de  Giron- 
ne,  en  accorda  **  l’adminiftration  le  3. Janvier  de  l’an  11 17.  à  Bercngerabbé  delà 
GralTe  fon  frere,  6c  à  fes  fuccelleurs  ,  avec  pouvoir  d’y  envoyer  un  abbé  6c  des 
religieux  fournis  à  leur  autorité  6c  à  leur  jurifdiction.  L’acte  eft  daté  de  Gi- 
ronne,  6c  fouferit  après  le  comte,  par  Raymond-Berenger,  Raymond  6c  Ber¬ 
nard  fes  fils ,  la  comceflè  Douce  la  femme  ,  Berenger-Bernard  fon  fénéchal, 
êcc.  On  voit  par  là  que  ce  prince  avoit  en  m  7.  trois  fils  de  Douce  comtellè 
de  Provence  fa  femme. 

Berenger  de  Narbonne  ,  étant  alors  fort  jeune ,  avoit  été  élû  depuis  peu 
abbé  de  la  Gralle.  On  a  vû  en  effet  qu’il  étoit  encore  enfant  en  1103.  lorf- 
que  le  vicomte  Aymeri  I.  fon  pere  l’offrit  à  l’abbaye  de  S.  Ponsde  Tomieres 
où  il  avoit  pris  l’habit  monaftique  5  6c  nous  verrons  dans  la  luite  qu’il  parvint 
en  n  j  6.  à  l’archevêché  de  Narbonne.  Nous  inférons  de  laque  le  crédit  du 
comte  de  Barcelone ,  6c  d’Aimeri  II.  vicomte  de  Narbonne  les  freres  contri¬ 
buèrent  beaucoup  à  fon  élection.  On  l’accufe  ‘  d’avoir  ité  l’année  fuivancepar 
un  efprit  d’ambition  dans  le  diocèfe  de  Gironne ,  où  fourenu  de  toute  l’autorité 
du  prince,  il  s’empara  à  main  armée  du  monaftere  de  S.  Félix  de  Guixols,  fans 
Le  confentemenc  de  l’abbé  6c  des  religieux ,  ôc  maigre  l’évêque  6c  f5n  chapi- 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.XVL  379 

tre  j  ce  qui  engagea  ce  prélat  à  jeccer  l’interdit  fur  tous  les  domaines  qui,  llxî' 
dans  Ton  diocèiè,  dépendoienr  de  l’abbaye  de  la  Graflè,  &  à  porter  cette 
affaire  à  Rome.  Il  paroît  cependant  que  l’evêque  de  Gironne  la  perdit ,  puif- 
que  l’abbaye  de  S.  Félix  de  Guixols  dépendoit  1  de  celle  de  la  Graflè  Tous  le 
pontificat  du  pape  Grégoire  IX. 

Berenger  de  Narbonne,  abbé  de  la  Graflè,  fournit  auflï  à  Ion  autorité  ,  & 
à  celle  de  lès  fucceflèurs  ,  l’abbaye  de  S.  André  de  Sureda  dans  le  diocèiè  d 'Fi¬ 
ne  ,  que  Gausfred  comte  de  Roulfillon  ,  la  femme  Trencavelle,  &  leur  fils 
Guinard  ,  lui  donnèrent  0  le  13.  de  Mai  de  l’an  1139.  Enfin  cet  abbé  augmenta  4S,‘ 

confiderablement  le  domaine  de  fon  monaflere  par  le  retrait c  qu’il  fit  de  divers  cArct.it CM. 
biens  aliénez.  Il  tranfigea  entr’autres  là-deflus  en  rix8.  avec  Raymond  &  aeUOrtf». 
Guillaume  de  Termes  fils  d’Olivier. 

Bernard-Guillaume  comte  de  Cerdagne  fut  un  des  bienfaiteurs  de  l’abbaye  Finj£11- 
de  la  Graflè ,  à  laquelle  il  unit  d  celle  de  S.  Martin  de  Canigon  fondée  par  Je  d^Ceuh^tt 
comte  Guifred  fon  trifaycul.  Raymond  comte  de  Barcelone  ,  la  comteflè  domine 
Douce  là  femme,  Raymond  &  Berenger  leurs  fils  ,  qui  étoient  encore  alors  à  des  »mr« !ï« 
la  mammelle,  lè  trouvent  fouferits  à  l’a&e  avec  Bernard-Berenger  de  Pierre-  Barcelone. 
Pertulè.  Le  comte  de  Cerdagne  mourut  làns  pofterité  trois  ans  après.  Ray- 
mond.Berenger  III.  comte  de  Barcelone  lui  lucceda  comme  fon  plus  proche  &f^- 
parent,  étant  tous  les  deux  de  la  même  maifon.  Par  là  les  comtez  de  Cerdagne  cMMrc-afb 
èc  de  Berga  au-delà  des  Pyrénées  ,  celui  de  Confiant ,  le  Capcir  ,&  une  parue 
du  Rafez  en  deçà  de  ces  montagnes,  furent  réunis  au  domaine  des  comtes  de 
Barcelone. 

Il  paroît  que  Richard  archevêque  de  Narbonne  tint  dans  cette  ville  un  con-  tiv. 
cile  de  fa  province  l’an  1117.  &  que  ce  fut  durant  cette  aflèm blée  qu’Aton  ar-  xil.  Concile 
chevêque  d’Arles,  &  les  évêques  Arnaud  de  Beziers&  Arnaud  de  Carcaflonne,  K0Uveatx  dé¬ 
terminèrent  par  un  accord,  en  qualité  d’arbitres,  le  différend  qu’il  a  voit  avec  fer«n<fc  cotre 
Hugues  abbé  de  S.  Paul.  Ilefldu  moins  certain  que  cet  abbé  s’obligea  par  cet 
accord  f  à  ne  vendre  ni  engager  les  biens  de  fon  églifè,  &  à  ne  pourvoir  le  vicomte, 
aux  bénéfices  fans  le  confentement  Sc  la  volonté  de  l’archevêque .  .fFr*'  i »s-  & 

Richard  avoicalorsun  différend  bien  plus  confiderable  avec  Aymeri  II.  vi-  ** 
comte  de  Narbonne.  Celui-ci  lui  avoit  véritablement  rendu  hommage ,  pour 
ce  qu’il  tenoit  de  l’églife  de  Narbonne  j  mais  il  formoit  plufleurs  di/ficultez 
fur  la  nature  &  le  detail  des  divers  fiefs  qu’il  avoit  reconnus.  L’archevêqué 
qui  de  fon  côté  lè  croyoit  lezé  ,  fitpropofèr  8  au  vicomte  de  s’en  rapporter  g 
à  la  décifion  de  leurs  amis  communs,  &  des  principaux  du  pais.  Mais  A  y. 
meri  loin  d’accepter  cette  propofîtion,  s’empara  des  biens  de  l’églife  de  Nar¬ 
bonne.  L’archevêque  employa  auprès  de  lui  lès  amis  particuliers  ,  les  barons  du 
fais ,  les  évêques ,  les  abbez^,  les  vicomtes  &  les  chevaliers ,  pour  l’engager  ou  à 
fe  défifter  de  fes  prétentions,  ou  à  en  venir  à  un  jugement  définitif  Le  vi. 
comte  ne  voulant  écouter  aucune  propofîtion  ,  Richard  prit  enfin  le  parti  de 
l’excommunier ,  &:  fe  mitauflî-tôt  en  lieu  de  fureté  pour  éviter  fa  vengeance: 
mais  il  eut  le  malheur  de  tomber  entre  les  mains  des  gens  du  vicomte  qui  fe 
faifirentde  faperfonne,  le  maltraicerent  extrêmement  ,&  l’enfermerent dans 
une  étroite  prifon  ;  enforte  que  pour  recouvrer  fa  liberté,-  il  fut  obligé  d’ac- 
quiefeer  à  toutes  les  demandes  d’Aymeri ,  &  de  lè  réconcilier  avec  lui.  Leur 
réconciliation  ne  fut  pas  cependant  de  durée.  Le  vicomte  s’empara  bientôt  après 
de  la  leude  du  vermillon ,  &  de  la  juftice  des  vaflaux  de  l’églife  de  Narbonne'. 

L’archevêque  ne  pouvant  tirer  raifon  de  ces  entreprifès-,  drefla  alors  une 
efpecede  manifefte  pour  le  laifler  à  la  pofterité.  Richard  expofe  dans  cet  écrit, 
qui  a  pallé  jufqu’à  nous ,  tous  les  griefs  que  lui  &  fon  églife  a  voient  contre  les 
vicomtes  de  Narbonne,  &  appuyé  la  vérité  desfaitsqu’il  avance  fur  le  témoi¬ 
gnage  d’Aron  archevêque  d’Arles,  de  Jean  évêque  de  Nifmes,  &c. 

Aymeri  II.  vicomte  de  Narbonne  avoir  vers  le  même  tems  un  autre  diflè-  tV* 
rend  h  avec  le  vicomte  Bernard-Aton ,  au  fujet  du  fel  dont  le  premier  empê-  îtncoLcBci* 
choit  le  tranfport  &  la  vente  dans  le  domaine  de  l’autre.  Les  deux  vicomtes  urd.Aroa  & 
s’accordèrent  enfin  le  Lundi  n.de  Février  de  l’an  tnj.  Aymeri&  Ermengarde  cotudeNi!' 
fa  femme,  promirent  folemnellement  à  Bernard-Aton  ,  à  Cecile  là  femme,  bonne. 

&  à  leurs  fils  Roger  &  Raymond  de  ne  plus  défendre  ce  commerce.  La  hPrw6-& 

Tome  II.  Bbbij 


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_ 380  HISTOIRE  GENERALE 

An. h  17.  date  de  cet  acte  fait  voir  que  l’ufage  de  compter  le  commencement  de  l’an¬ 
née  à  Pâques,  n’étoit  pas  encore  alors  generalement  'obfervé  dans  toute  la 
province. 

On  voit  par  divers  monumens  que  le  vicomte  Bernard- Aton  augmenta  cort- 
a  Pr*.j>5.£  fiderablement  fon  domaine.  Il  acquit  en  1 1 1 5. 1  une  partie  de  la  ville  de  Li- 
mous  qui  lui  fut  vendue  en  alleu.  Guillaume  de  Margon  lui  donna  auffi  en 
alleu,  êcà  fa  pofterité,  la  moitié  du  château  de  Loupian  dans  le  diocèfe  d’Agde, 
La  dame  d’Ornefons,  dans  celui  de  Narbonne,  lui  fit  donation  en  1116.de 
tous  les  biens  qu’elle  avoir  dans  les  comtcz  de  Narbonne  ,  Carcaflbnne ,  R⬠
lez  ,  Rouïïillon ,  Beziers  6c  Agde  ,  6c  lui  rendit  hommage  pour  le  château 
d’Ornefons.  Deodat  de  Boulfagues  lui  donna  en  alleu  en  1117.  le  château  de 
ce  nom  dans  le  diocèfe  de  Beziers.  Enfin  ce  vicomte  toucha  une  fomme  con. 


fiderable  en  1118?  de  Raynon  duCaylar,  dans  le  diocèfe  de  Nilmes,  6c  de 
“"'j  j  j  g  Guillaume  fon  Frere,  pour  quelques  droits  qu’il  leur  accorda. 

LVI,  ’  Tous  ces  actes  font  autant  de  preuves  de  la  capacité  de  Bernard-Aton  pour 
ïx.Conciiêdc  le  gouvernement.  Ce  vicomte  ne  fe  rendit  pas  moins  recommandable  parfes 
M«j-AcoDB|ai't  expl°'ts  militaires  :  non  content  d’avoir  été  fervir  dans  la  Terre-fainte  contre 
fon  tcihmcnr,  les  infidelles ,  il  réfolut  en  1118.de  marcher  au  fecours  d’AlfonfcL  roid’Ara. 
ecT  .f"  o'  Son  ‘l111  ^A^°it  la  guerre  aux;  Maures  d’Efpagne.  Ce  dernier  dans  le  deflein 
hsSiruiins.  '  d’aflieger  la  ville  de  Saragoflb  fur  ces  infidelles  ,  envoya  folliciter  du  fecours 
fontoma-'ue  ^ans  *es  Prov'nces  de  France  ù  voifincs  de  fes  états,  6c  employa  pourl’obte- 
bi'Ferrlr.jw.  nir ,  à  ce  qu’il  paroît ,  l’autorité  du  pape  Gelafe  II.  lequel  avoit  fuccedé.  à 
mî.  ».f.&  Pafcal  II.  le  14.  de  Janvier  de  la  meme  année.  Nous  voyons  du  moins  qu’on 
^ Tcbrm.Mil  «ne c  un  concile  à  Touloufe  en  1118.  dans  lequel  on  confirma  /’ expédition  a'Efpa- 
Uacp.nv.  qne.  Nous  ne  trouvons  rien  autre  chofc  de  ce  concile  qui  fut  le  IX.  deTou- 
■di’r.p+oi.ér  Joufe  XI  y  a  lieu  de  croire  que  Raymond  évêque  •  de  Balbaftro  ,  qui  étoit  dans 
le  pais  au  mois  de  Février  de  l’an  ni 8.  aifiita  à  ce  concile,  qui  lè  tint  au 
commencement  de  l’année  :  Bernard-Aton,  qui  ne  fe  détermina  fans  doute  à 
partir  pour  l’Elpagne  qu’après  fa  tenue,  fit  en  effet  fon  teftament  le  7.  de  Mai 
*■  de  l’an  m S. 


Ce  vicomte  étant  fur  fon  départ  pour  l'Efpayie ,  difpolc  de  fes  domaines  par 
«M®J •&'*??.  cet  acte c,  de  l’avis  de  placeurs  thbles  &  g ens  de  loi  qu’il  avoit  convoqués.  Il 
fait  quelques  legs  pieux  en  faveur  de  l’abbaye  de  la  Chaile-Dieu ,  6c  laillela 
jouillânee  de  tous  les  biens  à  Cécile  la  femme,  pendant  tout  le  tems  qu’elle  le 
’  "  jngeroit  à  propos.  Il  donne  à  Roger  fon  fils  aîné ,  après  la  mort  de  cette 
dame,  i°.Lcs  vicomtez  de  Carcailbnnc  6c  de  Ralèz,  6c les  domaines  duTou- 
loufain  qui  en  dépendoient.  i°.  Le  pais  deTermenois,  6c  tout  ce  qu’il  poire- 
doit  dans  la  vicomté  de  Narbonne  en  qualité  de  feigneur  de  Carcalfonne  6c 
de  Termes.  30.  La  vicomté  de  Beziers,  excepté  quelques  châteaux  qu’il  ré¬ 
serve  pour  Raymond Trencavel  fon  fils  puîné.  4.0.  Le  fief  du  leigneur  de  Muret 
dans  le  diocèfe  de  Touloule  ,  celui  du  leigneur  de  Bruniquel  dans  leQuerci, 
•6c  ce  qu’il  avoit  dans  le  Mincrvois.  y°.  Les  châteaux  de  Capeftang  6c  de  CeC 
fenon  dans  le  diocèfe  de  Narbonne.  6°.  Les  abbayes  de  Cauncsêcde  Valfe- 
•guicr  ou  de  Montolieu ,  le  village  d’Alfau ,  6c  enfin  toutes  les  acquifitions  qu’il 
avoit  faites  dans  ces  domaines,  avec  défenfe  au  même  Roger  d’y  en  faire  de 
nouvelles  fans  le  confcil  de  Raymond  fon  frere.  Il  laille  à  ce  dernier,  i°.  la 
■vicomté  d’Albi ,  6c  ce  qui  dépendoit  du  château  d’Ambialet ,  qui  en  étoit 
le  chefiieu ,  tant  dans  le  Rouergue  ,  que  dans  le  Qucrci  ,  le  Touloufain, 
6c  le  Narbonnois  i°.  la  vicomté  d’Aude  avec  le  château  de  Pezenas,  6c  tous 
les -domaines  qu’il  avoit  depuis l’Eraut  jufqu’au  Rhône  :  3«.ce  qui  devoir  lui 
revenir  dans  le  comté  deMelgueil:  40.  la  vicomté  de  Nilmes  avec  fes  dépen¬ 
dances  :  5®.  le  château  de  Lunas  6c  l’abbaye  de  Joncels  dans  le  diocèle  de 
Beziers:  6°.  les  fiefs  de  Bernard  d’Andufe,  de  Bernard  Pelet ,  6c  de  Guil¬ 
laume  de  Montpellier,  6c  enfin  toutes  les  acquifitions  qu’il  avoit  faites  dans 
ces  pais,  où  il  défend  au  même  Raymond  d’en  faire  de  nouvelles  fans  l’avis 
6c  le  confentement  de  Roger  fon  frere  aîné.  Il  legue  à  l’un  6c  à  l’autre  en 
commun  les  châteaux  de  boulfagues ,  de  Caftelnau-d’Arri ,  6c  de  S.  Félix  ;  6c  en 
cas  que  la  vicomtefle  fa  femme  voulut  vivre  féparée  de  fes  deux  fils,  il  lui 
donne  les  trois  vicomtez  de  Beziers,  d’Agde,  êcdeNifmes,  leTermenois, 


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D  E  L  A  N  G  U  E  D  O  C.  L  i  v.  X  VI.  m  . _ 

le  château  de  Cefienon,  Sc  quelques  autres  domaines  ;  tout  le  pais/îtucen.  ÂN.uiêi 
tre  les  rivières  d’Agoucêc  de  Tore,  ôc  le  village  de  Hurlas.  Tel  eft  le  tefta- 
ment  que  fit  alors  le  vicomte  Bernard-Aton  :  il  en  changea  les  di/poft- 
tions  dans  la  fuite  en  faveur  de  Bernard-Aton  fon  troificme  fils,  dont  il  ne 
dit  rien  danscec  acte.  Nous  apprenons  par  là  quelle  étoit  l’étendue  de  fon 
domaine ,  &  qu’outre  fix  grandes  vicomtez,ilpollcdoitencoreen  differenspaïs 
des  terres  très-confiderables  }  enlorte  qu’il  dominoit  directement  ou  indi¬ 
rectement  fur  le  tiers  de  la  province,  fans  parler  des  provinces  voifines.  C’eft 
là  le  plus  ancien  monument  que  nous  ayons  vu  où  il  foie  fait  mention  de  la 
ville  de  Caftelnau-d’Arri ,  aujourd’hui  capitale  du  Lauraguais  :  pais  qu’Ermen- 
garde,  merede  Bernard-Aton  avoic  vendu  autrefois  avec  les  comtez  de  Car- 
caffonne  Sc  de  Râlez  au  comte  de  Barcelone ,  &  dont  ce  vicomte  s’étoit  remis  en 
polïelfion.  • 

On  voit  encore  que  Bernard-Aton  dominoit  alors  fur  le  Lauraguais ,  par  tvfF. 
le,  foin  qu’il  prit  au  mois  de  Mai  de  l’année  luivante,  de  réformer  -  l’abbaye  j.a[,b  °'c'nje 
deSorezc  fituéedans  ce  pais.  Ce  vicomte  fe  reprochant  fa  négligence  envers  Sortie.  Maria¬ 
les  églifès  de  fon  domaine ,  réfolut  de  rétablir  la  régularité  dans  cette  ab-  fj* 
baye,  qui  étoic  devenue  toute  féculicre,  &  la  fournit  à  Roger  abbé  de  Moif  co.nrcHcrn.ird* 
fac,  Sc  à  lès  religieux  ,  qui  ordonnèrent  que  les  comtes  de  Touloufe  riauroient  Aton  ,Expc'!.'' 
aucun  domaine  fur  eue  mais  leulemenc  Je  vicomte  Bernard  &c  ia  poftenre.  comte  tn  Elpir 

Ce  vicomte  dans  fon  teftament  ne  fait  mention  d’aucune  de  lès  filles  ,  quoi-  £nc; 
que  nous  fçaehions  b  qu’il  en  avoir  plufieurs.  On  a  parlé  ailleurs  des  deux  b/’.+is.ÿyvjf. 
aînées,  dont  l’une  avoic  déjà  époufé  Guillaume  Alfàric  de  Bczicrs,  6c  l’au¬ 
tre  le  comte  de  Roulîillon.  Bernard-Aton  en  avoir  une  troisième  nommée 
Ermcilinde,  qu’il  maria  en  1121.  avec  Roltaing ,  fils  de  Dccan  lèigneur  de  Pof. 
quieresdans  le  diocèlc  de  Nifines.  Il  fit  ce  mariage  conjointement  avec  Cecile 
la  femme,  &  du  confeil  de  leurs  fils  Roger,  Trencavcl  Sc  Bernard.  Il  donnai 
ErmelTinde  pour  fa  doc  les  châteaux  de  Marguerites,  de  Cauvi/Ibn  Sc  de  Beau. 
voilin  dans  le  même  diocèfe,  Sc  quelques  autres  domaines,  à  condition  que 
Roftaing  les  tiendroit  en  fief  &  à  tous  honneurs ,  de  lui ,  Sc  de  celui  de  fes  fils  en 
faveur  duquel  il  en  difpofcroit.  Il  donna  déplus  à  Ermc/îînde  un  Juif  ç?  urt 
bourgeoisie  B  ezjers  avec  leurs poffcijions.  Bernard-Aton  qui  dans  l’aéte prend  le 
titre  de  vicomte  de  Nifmes ,  Agde  Sc  Beziers,  fe  réferva  la  jadice  far  ces  do¬ 
maines,  fuppofé  que  fon  gendre,  là  fille,  Sc  leur  polterité  ,  ne  voulufiène,  ou 
ne  pûlTent  pas  la  rendre  s  preuve  que  les  lèigncurs  particuliers  l’exerçoient 
alors  dans  leurs  terres. 

Bernard-Aton  ne  différa  pas  fans  doute  après  fon  teftament  de  partir  pour 
l’Elpagne,où  Alfonfe  roi  d’Aragon  s’étant  mis  en  campagne, prit  au  mois  dejuin 
de  la  même  année  le  château  d’Almudabar  fitué  aux  environs  de  Saragolle, 
forma  enfuite  le  fiege  de  cetce  ville ,  &  remporta  une  victoire  completrc  le  6. 
de  Décembre  fur  les  Sarafins  qui  lui  avoient  livré  bataille.  Ce  prince  fe  ren¬ 
dit  cinq  jours  après  maître  de  Saragofle,  Sc  fit  diverfes  autres  conquêtes  fur 
les  infidelles.  Bernard-Aton  prit  parc  fans  doute  à  ces  expéditions  ;  caril  eft 
certain  qu’il  partit  pour  l’Efpagne ,  Sc  qu’il  étoic  ablent  de  la  province  en  mS. 
comme  il  paroît  par  la  donation  *  que  Guillaume  de  Termes  Sc  fes  freres 
firent  alors  en  faveur  de  la  vicomtelfe  Cécile  fa  femme,  de  ce  vicomte,  & 
de  fes  fils ,  de  ce  qui  leur  appartenoit  au  château  de  Termes.  tvjij 

Le  pape  Gelafe  II.  écrivit  *  d’Alais  en  Languedoc  le  10.  de  Décembre  de  la  avivée  <ifé- 
même  année  aux  Chrétiens  quiétoientoccupezau  fiege  de  Saragoftè,  tant  pour  )0llf  ;fu  pjpe 
approuver  le  choix  qu’ils  avoient  fait  d’un  évêque  de  cette  ville,  qu’il  leur  np.ovj^0* 
renvoyoit  après  l’avoir  confacré  ,  que  pour  les  exhorter  à  continuer  leur  en-  Origine  de  U 
treprife.  Ce  pape  avoic  été  obligé  d’abandonner  l’Italie  Sc  de  fe  réfugier  en  ''cljotcUu'to 
France  pour  éviter  la  perfécurion  de  l’empereur  Henri  V.  dont  les  différends  p.S'.o. 
avec  le  faint  fiege  au  fujec  des  invefticurcs  continuoient  toujours.  Gelafe 
partit  <i  de  Pife  au  commencement  de  Novembre  de  l’an  1118.  Sc  débar.  îr/.H^au- 
<)oa  à  faific  Gilles  fur  le  Rhône-,  où  il  éroit  déjà  arrivé  le  7.  du  même  mois, 
fuivant  une  bulle  qu’il  accorda  alors  en  faveur  de  la  primatie  de  Tolede.  Pons f  clilr.  «r.  m 
de  Mclgueil  abbé  deCluni  qui  l’accompagnoît,  après  l’avoir  quitté  à  Pilé, 

1  avoit  devancé  pour  venir  en  France  annoncer  fon  arrivée ,  &  porter  les 


Ion  arrivée 


lQr  J  I04.U0.  &Cê 

ôc  porter  les  chr9?u 


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HISTOIRE  GENERALE 


An.i  i  /  8,  peuple  à  lui  faire  la  réception  qui  convenoit  à  fa  dignité  :  il  vint  en- 
liiite  le  rejoindre  à  S.  Gilles  avec  un  nombreux  cortège.  Comme  le  pape  & 
les  cardinaux  qui  étoient  avec  lui  manquoient  de  tout ,  il  leur  fit  divers  pre- 
fens ,  fie  leur  fournit  pour  la  part  trente  chevaux  pour  leurs  équipages.  Hugues 
abbé  de  S.  Gilles  ,  &.  fa  communauté ,  n’omirent  rien  de  leur  côte  pour  bien 
recevoir  ce  pontife  :  ils  le  défrayèrent  avec  toute  la  cour  pendant  un  allez 
long  féjour  qu’il  fit  dans  leur  monaffere ,  lui  firent  des  prefens,  &  lui  four- 
a  uUoilid.  nirent  dix  chevaux.  Plufieurs  évêques  » ,  abbez  ôc  feigneurs  féculiers  s’em- 
preflèrent  d’aller  à  S.  Gilles  pour  offrir  leiy:s  fervices  &  leur  bourlê  à  Gelalê , 
qui  dédia  alors  aux  environs  de  cette  abbaye  les  églifes  de  fainte  Cecile  de 
Stagel  ou  Tavels ,  de  S.  Sylveftre  deTillan ,  &  de  S.  Etienne  de  Tornac ,  dont 
il  preferivit  les  limites  par  des  pierres  qu'il  fit  planter.  Pendant  fon  féjour  à 
\>vit.s.*h>,b.  S.  Gilles ,  S.  Norbert b  fondateur  de  l’ordre  de  Prémontré ,  vint  lui  demander 
scu.b.^»nt.  pabfolution  de  la  faute  qu’il  avoir  commife  d’avoir  reçu  le  diaconat  &  la  prê- 
1J°  crilê  dans  une  feule  ordination,  contre  la  difpofition  des  canons.  Le  pape 
conçût  une  très-grande  effime  de  cet  homme  apoftolique,  ôc  lui  permit  He 
prêcher  par  tout  l’evangile. 

Gelafe  après  avoir  demeuré  quelque  tems  à  faint  Gilles,  s’embarqua  fie  fe 
rendit  par  mer  dans  Pille  de  Maguelonne ,  où  il  dônna  le  dernier  de  No- 
e  vembre  «=  une  bulle  en  faveur  de  l’abbaye  de  la  Graffe.  On  doit  remarquer 

que  cette  bulle  ,  quoique  datée  de  l’an  1119. &  de  l’indiclion  XII.  appartient 
cependant  certainement  à  l’an  1118.  parce  que  ce  pape  ,  de  même  que  quel- 
inP^Hipb01'  <lues-uns  de  f£s  prédeccffeurs  ôede  les  fucceflêurs,  fuivoit  ordinairement  le 
au  p.ioo'  calcul  Pifan  5  ce  qu’un  auteur c  qui  a  écrit  depuis  peu  n’a  pas  compris.  Suger  £ 
n  &n  alors  moine,  &enfuitc  abbé  de  S. Denys  envoyé  par  le  roi  Louis  le  Gros,  vint 
JW.  1 1-  à  Maguelonne  offrir  au  pape  les  lervices  fie  le  fecours  de  ce  prince.»Maguelonne, 
e  Gcrvaift  vie  „  dit  Suger  à  cette  occalion  ,  eft  une  petite  ille  où  Gelalê  étoit  arrivé  par 
p,.,S9U.:"1  3’  »  mer ,  fie  où  l’on  voit  une  ville  qui  à  peine  fuffit  pour  loger  l’évêque  ôc  lôn 
f  s»?  ’vit.tud.  „  chapitre  5eUe  efl  cependant  trés-forte  Ôc  très  importante  à  caufe  des  frequen- 
G’ofp-ioÿ.  M  tes  courfes  des  piraces  Sarafins.  »  Le  pape  reçut  très-gracieufement  cet  am- 
balladeur,  &  accepta  volontiers  les  offres  du  roi ,  qui  lui  donna  rendez-vous 
pour  une  entrevue  à  Vczelai  en  Bourgogne. 

Les  fatigues  que  Gelafe  avoit  effuyées  durant  fon  voyage  altererent  fa 
ClHn'  ^  tomba  malade  à  Maguelonne.  Pons,  abbé  de  Cluni  qui  ne  le 

quittoit  pas,  lui  confcilla  de  fe  faire  tranfporter  à  Mauguio  ou  Melgueil, 
lur  la  côte ,  à  deux  lieues  de  Maguelonne  vers  le  nord-eft,  dans  le  domaine 
de  la  famille,  où  il  prit  un  fi  grand  foin  de  lui ,  que  ce  pontife  recouvra  bien¬ 
tôt  fes  forces ,  ôc  fut; dans  peu  en  état  de  continuer  la  route.  On  a  déjà  vû 
qu’il  étoit  arrivé  àAlais  fur  le  Gardon  ,  àhuit  lieues  de  Mauguio,  le  10.  de 
Décembre,  ÔC  qu’il  y  avoir  confacré  Pierre  nouvel  éque  de  Saragoflê.  Nous 
Bt#n.  apprenons  d’ailleurs  h  qu’il  étoit  encore  dans  cette  ville  deux  jours  après,  fie 
v.pJsiad4m.  (îue  Ricard  archevêque  de  Narbonne,  les  évêques  Gui  deLefcar,  Geraud 
ms.n.iÿ-  ’  d’Angoulême  ,  Pierre  de  Saragoflê  ,  fie  Pons  abbe  de  Cluni  l’y  avoient  fuivi. 

Ce  font-là  les  plus  anciens  monumens  que  nous  connoiflions  d’Alais ,  au¬ 
trefois  du  diocèfe  de  Nifmes  ,  fie  aujourd’hui  ville  épilcopale.  Il  paroît 
iP-Mi».  qu’elle»  appartenoit  alors  à  Raymond  Pelet ,  ou  à  Agnès  là  femme, 
k Panduipb.  Gelale  alla  d’Alais  au  Puy  k  en  Velay  5  6 c  étant  revenu  du  côté  du  Rhône, 
il  fe  rendit  dans  l’abbaye  de  S.  André  vis-à-vis  d’Avignon,  &  en  dédia  1  l’é- 
4/JH.10S7.W.34.  glife  dont  on  venoit  d’achever  le  bâtiment.  Il  fit  cette  ceremonie  le  13.  de 
mvid1»^'  Décembre  m  ,  pafla  enfuite  ce  fleuve ,  fie  donna  une  bulle  à  Avignon  le  “  16.  de 
p°%7\'  ''  ce  mois.  Il  étoit  quatre  jours  après  à  Orange,  où  il  confirma  0 ,  à  la  demande 
dcmoUio.  jes  archevêques  de  Narbonne  fie  d’Arles  qui  étoient  à  la  fuite,  en  faveur 
tôclpiIHi.io.i.  d’Arnaud  abbé  de  Caunes ,  les  privilèges  de  ce  monaftere  fondé  par  tempe- 
/■•■i  57-  reur  Charles  ,  &  le  minifiere  du  comte  Milon.  Il  donna  le  même  jour  P  une  autre 
pPr.p.406.&  kuHe  en  faveur  de  Pierre  abbé  de  S.  André  du  Mont-Andaon  fur  le  Rh'one , 
‘  dont  il  avoit  confacré  l’églife  de  fes  propres  mains  dans  le  tems  au  il  étoit  dans  les 

Gaules  ;  preuve  bien  autentique  que  tous  les  pais  fituez  à  la  droite  du  Rhône 
appartenoient  alors  entièrement  à  la  France  *  fie  que  les  empereurs  d’Alle¬ 
magne  ne  portoient  leurs  prétentions  au  fujet  du  royaume  de  Provence ,  que 


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DE  LANGUEDOC .  L  t  v.  XVI.  & 

jusqu’au  bord  orientai  de  ce  fleuve.  Nous  en  trouvons  une  nouvelle  preuve  an  jt  i 
dans  la  donation  Jque  Raymond  évêque  d’CJ/èz  fit  un  Jeudi  du  mois  de  Juin  iArcb.de  toi. 
de  l’ail  zi  i\. réglant  Le  roi  Louis  ,  à  l'abbaye  de  S.  Gilles,  de  l'églifc  de  Chambo-  ^r*det.  Gti- 
nas  dans  ion  diocèlè,  en  prelênce  de  Bertrand  prévôt  de  la  cathédrale,  de  ** 
Raymond  abbé  de  S.  Privât  ,8c  de  plufieurs  autres.  Le  pape  continua  la  route 
vers  Lyon ,  mais  il  ne  tint b  pas  de  concile  à  Vienne ,  comme  quelques  auteurs  b  rr»g,  u 
l’ont  prétendu.  A  lonarrivéeà  Mâcon  il  fut  attaqué  d’une pleurefie,  &  s’étant  ***,|,s-*i‘ 

fait  tranlporter  aufll-tôt  dans  l’abbaye  de  Cluni,il  y  décéda  le  *9.  de  Janvier _ _ 

del’an  1119.  1119. 

Gui  archevêque  de  Vienne,  qui  prit  le  nom  de  Callixte  II.  fut  élu  à  la  l,x. 
place  ,  par  les  cardinaux  qui  fe  trouvèrent  à  Cluni.  Pierre  chanoine  de  l’égli/ê  Lepjpc  cd* 
du  Puy  fucceda  à  Gui  dans  l’archevêché  de  Vienne.  Le  nouveau  pape  fut  ’j^shpJovIa- 
couronné  dans  cette  derniere  ville  le  9.  de  Février  fiiivant,  &  demeura  en  ce& cienrieX. 
France  cle  relie  de  l’année.  Il  fit  d  quelque  tems  apres  un  voyage  au  Puy,  [“,cc‘IcdeToa* 
d’où  il  écrivit  le  16.  d’Avril  à  l’archevêque  de  Cologne  ,  pour  l’inviter  à  un  cnott.xux. 
concile  qu’il  avoit  indiqué  à  Reims.  Il  le  rendit  de  là  au  monallere  de  Sou- 
cillanges  dans  le  Forés  ,  &  y  donna  le  10.  de  Mai  une  bulle  cen  faveur  de 
l’abbaye  de  Tournus.  il  s’approcha  enfuite  du  Rhône ,  &  étant  arrivé  à  làint  fCondl.ti.ioi 
Gilles,  il  y  confirma  (  vers  la  fin  du  mois  de  Juin  en  faveur  de  Raymond  f#oTE  ibii. 
abbé  d’Alet ,  les  privilèges  de  ce  monallere,  fondé  par  le  comte  Bcra ,  8c  duquel  /v-/4 0$.  & 
dépendoient  alors  les  abbayes  de  S.  Paul  de  Valolas  ou  de  Fenouilledes  fur  le 
rivage  de  l’Agli  *  ,  de  S.  Polycarpc  &  de  S.  Papoul.  Callixte  II.  vint  peu  de  *Aquilinuni* 
tems  après  à  Maguelonne,  où  il  défendit  par  une  bulle  g  datée  du  28.  de  g trMi. 

Juin,  à  Hugues  abbé,  &  aux  religieux  de  S.  Gilles,  d’aliener  les  biens  de 
leur  monallere,  fur  tout  le  tréfor  de  l’églilè,  excepté  dans  les  crois  cas  per¬ 
mis  par  les  canons. 

Ce  pape  dans  le  dellèin  de  tenir  un  concile  à  Touloule,  continuait  route 
vers  cecce  ville,  palla  à  Montpellier  &  arriva  à  Beziers  le  premier  de  Juillet b.  Le 
concile  deTouloufe  ,  qui  fut  le  X.  de  cette  ville  ,  commença^1  le  8.  du  même 
mois  de  Juillec.  Callixte  y  préfida  en  perfonne.  Huit  cardinaux  k  dont  deux  k  concii.te.to. 
étoient  evêques ,  trois  prêtres  8c  trois  diacres  s’y  trouvèrent.'  Il  ellremar-  ^ 
quable  que  Richard  archevêque  de  Narbonne  qui  y  afiilla,  &  qui  avoit  été 
promu  au  cardinalat  fous  le  pontificatdupapeGregoireVII.n’ellpas  compris 
ni  dans  les  a<ftes ,  ni  dans  les  foulcriptions,  dans  le  nombre  des  cardinaux  } 
ce  qui  prouve  que  l’ufage de  ce  fiecle  étoit, que  lorfqu’un cardinal  prêtre  ou 
diacre  parvènoit  à  l’épilcopat,  il  ceflbit  dès-lors  d’être  cardinal  ,  à  moins 
qu’il  n’eut  un  évêché  dans  l’étendue  de  la  province  de  Rome.  Au/fi  voyons- 
nous  que  Richard  ne  prit  plus  le  titre  de  cardinal  depuis  qu’il  fut  parvenu  d 
l’archevêché  de  Narbonne.  On  voit  aulfi  dans  les  actes  du  même  concile  les 
iîmples  évêques  foufcrireavantles  cardinaux-prêtres.  Il  y  eut  fans  doute  un 
grand  nombre  de  prélats  qui  y  affifterent  3  car  il  eft  marqué1  que  les  arche -  1  v.Paÿti 
v'eques ,  Us  évêques  &  Us  abbez^de  la  Provence  ,  de  la  Gothie ,  de  la  Gafcogne  y  ann-lUi,0‘7> 
de  l'Efpayte ,  &  de  la  Bretagne  citerieure ,  s'y  trouvèrent  :  mais  nous  ignorons 
le  nom  de  la  plupart ,  8c  les  anciens  monumens  qui  nous  relient  ne  font 
mention  entre  ceux  de  la  province  de  Gothie  ou  de  Narbonne  ,  que  de  Ri¬ 
chard  qui  en  étoit  le  métropolitain  ,  d’Arnaud  de  Carcaflonne,  8c  de  Gautier 
de  Maguelonne  j  8c  parmi  les  abbez  ,  de  Berenger  de  la  Gralle ,  Pons  d’Aniane 
ScRaymond  d’Alet.  Quant  à  ceux  des  autres  provinces,  les  archevêques  d’Ar¬ 
les,  d’Aix  ,  de  Tarragone  8cd’Auch  j  les  évêques  Raymond  de  Balbaftro, 

Berenger  de  Gironne ,  Gui  de  Lelcar,  Haton  de  Leon,  &  Grégoire  de  Bi- 
gorre  y  affifterent  aulfi.  On  prétend  m  que  Raymond  de  Lodeve  s’y  trouva  :  m  tUnuv. 
mais  on  n’en  donne  aucune  preuve,  8cileftmême  incertain  s’il  y  avoit  alors  à 
Lodeve  un  évêque  de  ce  nom.  ^.«7». 

On  drelîa  divers  canons  dans  ce  concile.  L’un  des  plus  remarquables  eft 
le  troiûéme ,  qui  ordonne  »  aux  fidelles  de  chaftèr  de  l’églife ,  Ôc  aux  puillan-  « 
ces  féculieres  de  réprimer  ceux  qui  fous  une  apparence  de  religion  condam- 
noient  le  facrement  du  corps  8c  du  fang  de  J.  C.  le  baptême  des  enfans ,  «« 
le  facerdoce,  8c  les  autres  ordres  ecclehaftiques,  8c  les  mariages  légitimés.  « 

Ce  canon  regarde  un  relie  de  ces  Manichéens ,  qui  s’etant  introduits  en  France 


1  V.  Pagi  sd 


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384 


HISTOIRE  GENERALE 


LX, 

Différends 
cotre  les  at>- 


Bticnne  &  de 
S.  Setniû  de 
Touloufe. 
b  Vr.p.+Oï.fr 

H- 

c  Spicil.  to.6, 
t*S- 

Coneiiilid \ 


An.i  1 1 9.  cenc  ans  auparavant ,  s’étoient  confervez  principalement  »  dans  les  provinces 
feptentrionales  s  mais  toutes  les  précautions  de  ce  concile  ne  purent  empê¬ 
cher  ces  heretiques  de  fe  perpétuer  dans  le  royaume  ,  &  d’y  donner  la  naiflan, 
ce,  avant  la  tin  du  fiecle,  à  l’herefie  des  Albigeois  qui  fut  fi  funefte  à  la  province. 

Le  J4.  de  Juillet,  feptieme  b  jour  du  concile,  le  pape  y  termina  les  différends 
qui  s’étoient  renouveliez  entre  les  abbayes  de  la  Grade  êc  d’Alet ,  touchant 
la  dépendance  de  celle  de  S.  Polycarpe  ,  laquelle  demeura  foumife  à  la  der. 
biycs  de  h  niere.  La  bulle  que  Callixtc  fit  expedier  en  conféquence ,  eft  fouferite  par 
SmtVcÎI  divers  cardinaux  &  évêques ,  &en  dernier  lieu  par  Bernard-Aton  vicomte  de 
les'd'Anîane  sc  Beziers ,  8c  Centulle  comte  de  Bigorre  ;  ce  qui  prouve  que  le  premier  étoit 
de  u  chaire,  dès-lors  de  retour  de  l’expedition  d’Efpagne,  &  qu’il  lé  trouva  ,  avec  divers 
icsc«iîfcs  de  s.  autres  princes  leeuhers  a  ce  concile.  Le  i  j.  de  Juillet  on  y  décida c  un  autre 
différend  qui  s’étoit  élevé  entre  les  abbayes  d’Aniane  6 c  de  la  Chaifè-Dieu. 

Lorfque  le  pape  Gelafe  avoir  paffé  quelque  tems  auparavant  à  Cler, 
mont  en  Auvergne  en  allant  au  même  concile  de  Touloufe,  les  religieux 
de  la  Chaife-Dieu  furent  le  trouver  dans  cette  ville  pour  fè  plaindre  de 
ce  quePafcal  IL  fon  prédeceffeur  avoit  adjugé  le  monaftere  deGoudargues 
zlans  le  diocèfe  d’Ufèz  à  l’abbaye  d’Aniane ,  prétendant  qu’il  étoit  de  leur 
dépendance.  Aton  archevêque  d’Arles  qui  etoit  prefent  appuya  leurs  pré¬ 
tentions  ,  8c  foutint  que  ce  monaftere  appartenoit  à  fon  églife  ,  qui  l’avtoic 
donné  à  l’abbaye  de  la  Chaife-Dieu  fous  un  cens  annuel.  Callixte  ajourna 
ce  prélat  à  Montpellier  pour  y  défendre  fon  droit  ;  8c  après  y  avoir  écouté  fes 
.  railons ,  il  lui  donna  la  provifîon ,  fauf  le  droit  de  l’abbaye  d’Aniane  dont  la 
difeuffion  fut  renvoyée  au  concile  de  Touloufe.  Les  députez  de  cette  abbaye 
ayant  comparu  au  concile  y  produifirent  leurs  titres  ,  8c  l’archevêque  d’Ar¬ 
les  le  fien ,  qui  étoit  une  donation  faite  à  fes  prédecelfeurs  par  Louis  l’Aveu¬ 
gle  roi  de  Provence.  Callixte  nomma  alors  huit  cardinaux,  deux  archevê¬ 
ques,  quatre  évêques  êedeux  abbez,  pour  examiner  cette  affaire  8c  en  faire 
leur  rapportait  concile ,  qui  jugea  unanimement  que  la  donation  du  monaftere 
de  Goudargues  faite  à  l’églife  d’Arlés  par  Louis  l’Aveugle  étoit  nulle,  & 
donna  gain  decaufe  à  l’abbaye  d’Aniane.  Le  pape  rcnouvellaen  même  tems 
les  privilèges  de  cctce  abbaye  par  une  bulle  datée  du  même  jour.  Après  ce 
jugement  l’archevêque  Aton  renonça  à  fes  prétentions  fur  le  monaftere  de 
Goudargues,  par  le  bâton  pafioral  quil  tenoit  en  fa  main ,  8c  Callixte  en  donna 
l’inveftiture  à  Pons  abbé  d’Aniane  par  de  même  bâton.  Lelendemaini6.de 
i  Catei comt.  Juillet J  le  pape  alfifté  de  l’archevêque  de  Tarragone  8c  de  l’évêque  de  Bal. 
baftro  confacra  l’autel  de  S.  Auguftin  dans  l’égliie  de  S.  Sernin  deTouloufe. 

Sur  la  fin  c  du  concile,  Aicard  prévôt  de  Ta  cathédrale  de  cette  ville, de¬ 
manda  au  nom  de  fon  chapitre,  i°.  La  reftitution  de  l’églife  ou  prieuré  de 
S.  Jean d ' Amantianis  dans  le  diocèlc  de  Touloufe,  laquelle  lui  fut  accordée. 
i°.Que  l’églife  de  S.  Sernin  fituèe  dans  le  fauxbour^  deTouloule,  fût  déclarée 
dépendante  de  la  cathédrale.  Pour  prouver  cette  dépendance,  il  s’appuyoit  fur 
une  charte  impériale  (  c’eft-à-dire ,  fans  doute ,  fur  un  diplôme  de  l’empereur 
Charles  le  Chauve  ,  )  &  fur  une  bulle  du  pape  Jean  qu’on  lût  en  plein  concile. 
Les  clercs  de  S.  Sernin  foûtinrent  de  leur  coté  qu’ils  n’etoient  pas  obligez 
de  difeuter  cette  affaire  avec  l’évêque  de  Touloufe  8e  fon  chapitre  ;  attendu 
que  leur  églife  appartenait  k  faint  Pierre.  Le  pape  leur  demanda  alors  qui 
eft-ce  qui  avoit  donné  cette  églife  à  ce  faint  ?  Ils  répondirent  que  c’ftoient 
eux-mêmes.  Le  pape  répliqua  :  Mais  des  clercs  raflemblez  de  divers  en¬ 
droits  à  qui  le  fonds  n’appartenoit  pas ,  pouvoient-ilsen  difpofer  ?  D’autres 
affaires  étant  furvenues  le  pape  fut  obligé  de  renvoyer  à  fon  départ  la  déci- 
fion  de  celle-là,  mais  il  partit  de  Touloufe  fans  l’avoir  jugée.  Les  chanoines 
de  la  cathédrale  qui  l’avoient  fort  à  cœur,  le  fuivirent  jufqu’à  Fronton,  lieu 
litué  à  trois  lieues  deTouloufe  verd  le  nord,  dont  il  dédia  l’églife.  Le  lende¬ 
main  Callixte  étoit  réfolu  de  confirmer  les  privilèges  de  l’églifè  de  S.  Sernin, 
lorfqu’Amelius  évêque  de  T ouloufe,  6c  le  prévôt  de  la  cathédrale  en  étant  infor¬ 
mez,  y  formèrent  oppofition,  ce  qui  l’engagea  à  différer  cette  confirmation. 
Le  troifiéme  jour  après  fon  départ  de  Touloufe  0  il  arriva  à  l’abbaye  de  faint 
T heodard  dans  le  Querci ,  aujourd’hui  Montauban.  Le  lendemain  les  chanoines 

de 


e  Cm  il  mon. 
t*1I. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVI. 


de  S.  Etienne  &  de  S.  Sernin  le  rendirent  à  Ion  audience  pour  avoir  la  deci-  An.iiij. 
lion  de  leur  différend.  On  lut  les  titres  lur  lefquels  chacune  des  deux  églifes 
le  fondoit,  entr’autres  la  Bulle  que  le  pape  Urbain  11.  avoit  donnée  dans  le 
concile  de  N  Urnes  en  faveur  des  chanoines  de  S.  Sernin  qui  en  faifoient  leur 
principal  appuy.  Le  pape  qui  avoit  affûté  à  ce  concile  dans  le  tems  qu’il  étoit 
archevêque  de  Vienne,  déclara  alors,  qu’Urbain ne  s’étoit  rendu  qu’aux  in- 
fiances  du  comte  Raymond  j  que  l’intention  de  ce  pontife  avoit  été,  que  l’évê¬ 
que  deTouloule  jouît  d’une  partie  du  revenu  de  l’églife  de  faine  Sernin, 

&  que  celui  qui  polïedoit  alors  cet  évêché  ,  en  avoit  joui  en  effet  jufqu’à  fa 
mort.  Callixte  ordonna  enluite  à  Raymond  abbé  de  S.  Sernin, &à  lés  clercs  , 
de  répondre  $  mais  ceux-ci  ayant  demandé  du  tems ,  il  renvoya  les  parties , 

&  les  ajourna  à  Vienne  pour  la  fête  de  la  Vierge  appellée  Hypapante.  Amelius 
évêque  de  Touloufe  ayant  négligé  de  fe  rendre  à  la  citation  ,  les  cha¬ 
noines  de  faint  Sernin  lé  maintinrent  dans  leur  exemption.  On  trouve  ici 
pour  la  première  fois  un  abbé  de  S.  Sernin ,  depuis  que  cet  ancien  monaltere 
avoit  pallë  aux  Chanoines  Réguliers,  lefquels  julqu’alors  n’avoient  été  gouver¬ 
nez  que  par  un  prévôt  ou  prieur.  Raymond  ,  que  les  uns  a  appellent  Ray-  m,m- 
mond-Guillaume ,  &  les  autres  b  Guillaume-Raymond,  avoit  poffêdé  lui-mê-  bGtU.chr.to.^. 
me  cette  dernicre  dignité ,  &  avoit  été  élevé  depuis  peu  à  celle  d’abbé.  1 1* 

Nous  avons  deux  brefs'  de  Callixte  II.  datez  de  l’abbaye  de  S.  Theodard  le  oépiu  aû  pipe 
20.  dejuillec  j  l’un  en  faveur  de  Bcrenger  de  Narbonne  abbé  de  la  GralTe,  de  Touloufe. 
pour  confirmer  ce  monafterc  dans  la  poilêffion  de  l’églife  de  Notre-Dame  de  cîicàRci 
Valieres  :  &  l’autre  pour  exhorter  Jullbline,  dame  de  condition  * ,  &.  fes  fils  Pierre  Aton  évêque 
Sicard  &  Raymond  de  Perignan,  patrons  de  cette  églife,  à  la  protéger.  Corn-  ^‘gu^Sue. 
me  ce  pape  donna  une  bulle  à  Touloufe  le  17.  de  ce  mois  en  faveur  de  la  celles  de  ce 
même  abbaye  1  de  la  Gralle  ,  c’eft  une  preuve  qu’il  partit  ce  jour-là  de  cette  mj,a 
yille,  qu’il  confacra  le  lendemain  l’églile  de  Fronton ,  &  qu’il  arriva  le  19.  à 
l’abbaye  de  S.  Theodard.  II  fe  rendit  de  là  à  Cahors ,  où.  il  dçdia  -•  le  maître-  icf  . 
autel  de  la  cathédrale  le  17.  du  même  mois  de  Juillet.  miôau  tis  œ' 

Callixte  II.  pafla  enfuite  en  France,  &.  arriva  à  Paris  au  commencement  d.ireb.JttaU. 
d’Octobre  f.  II  vint  de  là  à  Reims  où  il  avoic  convoqué  un  nouveau  con-  ^ccateuômt. 
cilequi  s’ouvrit  le  19.  de  ce  mois,  &  dans  lequel  on  renouvella  les  decrets  p.n 
touchant  la  paix  &  la  trêve  de  Dieu.  Aton  ou  Hatton  évêque  de  Viviers  ,  qui  f fcJûeii.to.10. 
s’y  trouva,  fe  diftingua  beaucoup  par  fon  éloquence  g  &  fa  capacité  ,&  fut  l’un 
des 
&1 

ce  que  fon  mari  l’avoit  répudiée  pour  époufer  Mauberg —  - .......  — , 

Chatelleraud.  Le  pape  ayant  demandé  file  comte  de  Poitiers  étoit  là  pre-  '  ' 

fent  pour  fe  defendre  ,  l’évêque  de  Saintes,  &  quelques  autres  prélats  d’A¬ 
quitaine  tâchèrent  d’exeufer  Ion  abfence  ,  en  dilànt  qu’une  maladie  l’avoit 
obligé  de  s’arrêter  en  chemin.  Callixte  accorda  alors  un  délai  à  ce  prince 
pour  venir  fe  prelcnter  devant  lui ,  défendre  fa  caulè ,  &  reprendre  fa  femme 
légitimé ,  ou  fubir  l'excommunication  pour  l'avoir  répudiée.  Ces  termes  ,  tirez  d’un 
auteur  contemporain  ,  prouvent  évidemment  que  Philippe  de  Touloufe,  fé¬ 
conde  femme  légitime  de  Guillaume  IX.  comte  de  Poitiers,  &  ducd’Aquitaine, 
étoit  alors  decedée,  ainfî  que  nous  l’avons  déjà  remarqué,  fans  quoi  Hilde- 
garde  n’auroit  pu  paffer  pour  femme  légitimé  de  ce  prince. 

Nous  n’avons  plus  aucun  monument  d’Aton  évêque  de  Viviers.  Jaucerand 
ou  Gaucerand  lui  avoit  fuccedé  *  en  1 1 14.  Etienne  de  Gluiras  fit  une  refli-  Jj^chr’ 
tution  à  l’abbaye  de  faint  Chaffre  ,  avec  le  confentement  de  ce  prélat,  & 
celui  de  Gui  de  Montaigu  fon  neveu ,  &c.  On  trouve  k  un  Jaucerand  ou  Gau-  k  ^ '.Uh,.n. 
cerandévêque  de  Viviers  depuis  l’an  1  r  3  3-jufqu’en  1 146.  mais  ce  dernier  doit  Y^vM /,.<• 
être  different  de  l’autre,  puifque  Pierre  évêque  de  Viviers 1  fut  éhl  archevê-  ,.,n,é/»j. 
que  de  Lyon  en  r  1 3 1 .  Celui-ci  étoit  Bourguignon  denaiffance,  &  proche  pa¬ 
rent  de  l’évêque  de  Nifmes.  Il  avoit  été  moine  de  Cluni,  &  Pierre  le  Vé¬ 
nérable  abbé  de  ce  monaftere  m  en  faifoit  beaucoup  de  cas.  Il  mourut  m vm.ven.it, 
en  1139.  à  la  Terre.fainte ,  où  il  avoit  été  envoyé  légat  par  le  pape  Inno- 
cent  1 1. 

T omt  II.  Ccc 


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An.i  r  îo. 
LXIJ. 

Retour  du  pape 
daosh  proviu- 
ce.  Prétendue 
primatie  des 
archevêques 
de  Vienne  lur 
toute  l'ancien¬ 
ne  Narbonnoi- 
fe. 

a  Or  dé  r. Vit  al. 

/.up.864. 

bBalui'Mtfceb 

196. 

c  Conctl.ro. io. 

o.&  847. 

d  Marca  depri - 
tnat.n.  1 1 1. 

fa'  * 

Fagi  ad  ann. 
mo.».4,ÿ 

/“}■ 

Fleuri 

C  Marc* 

FU  un ,  tbid. 


f  KG«tt 
tç.U 

injlr.fi.  131. 


£  Pxilulph. 
ao:t  J  Baron,  a.l 
ann.  1  1 10» 
h  Pr.p.4 14.& 

fa' 

LXIII. 
Cormes  de 
SabltantioQ  & 
de  Melgueil. 

i  NOTE 
XXXVln.-j. 
k  Pr.p.nî.fr 

fa' 

V.  NOIE 
ilid. 


1  P.Prf^.ÿ 
468* 

LXIV. 

Mort  de  Guil¬ 
laume  V-  fei  - 
gncunlc  Mon- 
pellicr.  Guil¬ 
laume  VI.  ion 
fils  aîné  lui' 
luccciic. 
jn  Fr. p  414.^ 

fa' 


386  HISTOIRE  GENERALE 

Callixte  II.  après  avoir  tenu  le  concile  de  Reims,  alla  trouver  à  Gifors  » 
le  roi  d’Angleterre,  pour  le  porter  à  conclure  la  paixavec  le  roi  de  France. 
De  là  il  retourna  du  côte  du  Rhône,  8c  il  étoit  déjà  arrivé  à  Vienne  au  com¬ 
mencement  b  de  Février  de  l’an  1 1  20.  De  cette  ville  il  fe  rendit  à  Valence ,  où 
il  etoitc  le  2 2. 8c  le  15.  du  même  mois.  Il  y  confirma  les  privilèges  de  l’églife 
devienne,  donc  il  avoit  été  auparavant  archevêque,  8c  lui  accorda  la  pri- 
matic  fur  les  lept  provinces  des  Gaules  qui  faifoient  un  corps  feparé  lous  le 
regne  de  l’empereur  Honoré,  8c  qui  comprenoienc  l’ancienne  Narbonnoife 
avec  l’ancienne  Aquitaine.  L  e  pape  pour  éviter  les  difficultcz  que  l’archevê¬ 
que  de  Vienne  auroit  pu  rencontrer  de  la  part  des  archevêques  de  Narbonne 
&  de  Bourges,  qui  fe  difoient  primats,  l’établit  légat  du  faint  fiege  dans  ces 
provinces  $  ce  qui  donna  occafion  dans  la  fuite  aux  archevêques  de  Vienne 
de  fe  qualifier  primats  des  primats  :  mais  ils  ne  purent  d  jamais  jouir  d’un  privi¬ 
lège  fi  noqveau  8c  fi  extraordinaire ,  8c  qui  n’ecoit  fondé  d’ailleurs  que  fnr  des 
actes  fuppofez  i  enforte  qu’ils  furent  obligez  defe  contenter  du  vain  titre  de 
primat. 

Par  la  même  bulle  Callixre  confirma  à  l’églife  devienne  lesfix  fuffragans, 
du  nombre  defquels  étoit  l’cvêque  de  Viviers.  Quelques  auteurs  c  préten¬ 
dent  que  ce  dernier  évêché  ,  8c  celui  de  Die,  furent  alors  tirez  de  la  métrol 
pôle  d’Arles  pour  être  unis  à  celle  de  Vienne  *  mais  il  paroît  qu’ils  étoient 
fournis  depuis  long-tems  à  cette  derniere,  8c  le  pape  le  fait  allez  entendre  lui- 
même  dans  fa  bulle.  Nous  voyons  en  effet  que  lous  le  pontificat  de  Pafcal  II. 
l’églife  de  Viviers  n’étoit  f  pas  de  la  province  d’Arles.  Callixte  fournit  auffi 
à  l’églife  de  Vienne  plufieurs  églifes  8c  monaftercs  du  diocèfe  ,  entr’autres 
celle  defainte  Marie  d’Annonai  :  monument  le  plus  ancien  que  nousconnoif- 
fions  où  il  foit  fait  mention  de  cette  ville  ,  fituée  à  l’extrémité  de  la  pro¬ 
vince  vers  les  frontières  du  Forés.  Elle  cil  la  capitale  du  haut  Vivarais,  8c  la 
principale  delà  partie  du  diocèfe  de  Vienne  qui  eft  en  deçà  du  Rhône. 

Nous  apprenons  d’un  procez  verbal  qui  fut  dreile  en  1407.  8c  qui  fe  trouve 
dans  les  archives  de  l’eglife  de  Viviers,  que  Callixte  II.  dédia  folemnelle- 
rnent  la  cathédrale  de  làint  Vincent  de  cette  ville  le  27.  de  Février  de  fa» 
xi rj.  mais  il  y  a  erreur  pour  la  date  de  l’année  ,  car  ce  pape  n’étoit  pas  en¬ 
core  alors  élu.  Il  fit  donc  cette  confécration  ou  le  27.  de  Février  de  l’an 
11 19.  ou  le  même  jour  de  l’année  fuivante  qu’il  fe  trouvoit  aux  environs  du 
Rhône.  Le  pape  ayant  réfolu  de  partir  bientôt  après  pour  l’Italie  ,  retourna 
à  Montpellier  g ,  d’où  il  alla  à  S.  Gilles,  8c  de  là  en  Provence.  Il  parta  enfin 
les  Alpes,  8c arriva  à  Rome  le  3.  de  Juin  de  l’an  1120.  Il  confirma  au  mois 
d’ Avril b  de  l’an  11 2  3.  les  privilèges  du  monaftere  de  S.  Sauveur  de  Chirac  en 
Gevaudan ,  8c  au  mois  de  Septembre  fùivant  ceux  de  l’abbaye  de  S.  Sauveur 
de  Lodeve  en  faveur  d’Augicr  qui  en  étoit  abbé. 

Il  paroît  que  Raymond  I.  comte  de  Melgueil  ou  de  Subftantidn  étoit  déjà 
décédé  lorfque  Callixte  II.  retourna  dans  ce  comté  vers  le  mois  de  Mars 
de  l’an  1120.  Nous  fçavons  ‘  du  moins  que  Bernard  fon  fils  lui  avoit  déjà 
fuccedé  vers  la  fin  de  la  même  année  ,8c  qu’il  époufa  alors  Guillcmette  k ,  fille 
de  Guillaume  V.  feigneur  de  Montpellier.  Suivant  le  contrat  de  mariage,  ce 
dernier  donna  en  dot  à  fa  fille  fept  mille  fols  Melgoriens ,  8c  Bernard  fon  mari 
lui  afiîgna,  par  un  acte  particulier,  pour  fon  douaire ,  les  châteaux  de  Balarucêc 
de  Mûries ,  les  lieux  de  Grabels ,  Caftelnau  8c  Subllantion  ,  la  moitié  de  fes 
meubles,  8c c.  Ce  dernier  acte  eft  daté  du  mois  de  Janvier  de  l'an  uzo.  indiclion 
14.  8c  appartient  par  conféquent  à  l’an  11  21.  fuivant  notre  maniéré  décompter. 
Bernard  fut  le  LV.  comte  de  Subftantion  ou  de  Melgueil  de  fon  nom.  Il  avoit 
perdu  alors  vrailèmblablemcnt  la  comtefle  Marie  là  mere  :  il  étoit  encore 
jeune  -,  car  iL  fut  d’abord  T  à  ce  qu’il  paroît 1 ,  fous  la  tutelle  ou  adminiftra- 
tion  d’Almodis  deTouloufe  Ion  ayeule,  mere  du  comte  Raymond  fon  pere, 
laqu’elle  vivoit  encore  en  11 3  y. 

Guillaume  V.  feigneur  de  Montpellier  ne  furvêcut  pas  Iong-tems  au  ma¬ 
riage  de  fa  fille  avec  le  comte  de  Melgueil::  le  teftament  qu’il  fit  m  en  1 1  2r. 
eft  le  dernier  aéte  que  nous  ayons  de  fui.  Il  avoit  alors  fix  enfans  vivans  d’Er- 
melfinde  fon  époule  ,  trois  fils  8c  trois  filles ,  dont  aucun  n’avoit  encore  atteint 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVI. 


1*7. 


a  Guill.MMm . 


hige  de  i  j.  ans.  Guillaume  leur  pere  donne  par  ceteftament  à  Guillaume /on  An.  r  i**- 
fils  aîné  la  ville  de  Montpellier  avec  /es  dépendances,  l’erang  de  Lares,  & 
les  fiefs  qu’il  tenoic  lui-même  ,  ou  que  d’autres  cenoient  en  ion  nom  ,  du 
comrede  Melgueil,  &  qui  croient  ficuez  au  Levant  de  l’Amauflôn  4  ruifieau  qui 
traver/e  le  diocèfe  de  Montpellier  du  Nord  au  Midi,  fie  Ce  jette  dans  l’étang 
de  Maguelonne.  Il  difpoCe  en  faveur  de  Ion  fécond  fils  qui  portoit  aulfi  le  nom. 
de  Guillaume,  des  châteaux  d’Omelas,  dePopian  fit  duPouget  dans  le  dio- 
c è/ê  de  Beziers ,  de  celui  de  Mont-Arnaud  dans  lediocè/ê  de  Maguelonne  , 
des  fiefs  qu’il  tenoit  des  vicomtes  de  Beziers  &  de  Narbonne,  fie  enfin  de  tout 
le  domaine  qu’il  avoit  au  couchant  de  l’Amauflbn  ,  excepté  le  château  de  Vil¬ 
leneuve  qu’il  ré/crve  pour  Bernard  Ion  troifieme  fils.  11  légué  outre  cela  à 
ce  dernier  ce  qu’il  avoit  aux  châteaux  de  Frondgnan  ,  de  Montbazen  ,  de 
Cournon-fec  fie  de  Pignan  dans  le  diocclè  de  Maguelonne.  Il  fubftitue  Ces  crois 
fils  l’uh  à  l’autre  ,  fie  à  cous  les  trois  Guillemerte  là  Hile  aînée,  &  enfin  à  celle- 
ci  Ermengarde  Se  Adélaïde  Ces  deux  autres  filles.  Il  donne  à  chacune  des  deux 
dernieres  cinq  mille  fols  Melgoriens,  Se  leur  défend  de  Ce  marier  /ans  le  con- 
fencemenc  de  leur  frere  aîné,  &  des  nobles  de  Montpellier.il  veut  que  l’enfant  po- 
fthume  qui  naîtra  de  fa.  femme  Ermelfinde,  foie  religieux  on  rcligieufe  d’A- 
niaae,  fie  lui  légué  trois  mille  fols  Melgoriens  fi  c’clt  un  mâle,  fie  fix mille 
fi  c’eft  une  fille.  Il  défend  à  fon  fils  aîné  de  prendre  aucun  Juif  ou  Sarafin 
pour  baile  de  Montpellier.  Il  lai/Ieà  fa  femme  la  jouillànce  de  tous  les  domai¬ 
nes  fituez  au  couchant  de  l’Amaulîbn,  à  condition  qu’elle  vivra  en  viduité  }  il 
lui  donne  aulfi  à  cette  condition  la  jouillànce  du  château  d’Omelas ,  fie  de 
fes  dépendances,  jufqu’à  ce  que  Guillaume  leur  fils  puîné  eut  atteint  l’âge 
de  17.  ans  j  fie  en  cas  qu’elle  vînt  à  le  remarier,  il  lui  légué  dix  mille  fols  Mel- 
goriens  6 c  quelques  meubles. 

Ce  lont  là  les  principales  di/pofitions  de  Guillaume  V.  /cigneur  de  Montpel¬ 
lier  dans  fon  dernier  teftament.  Sa  mort  fuivitde  près,  mais  nous  en  igno¬ 
rons  l’époque  précilè.  Ce  feigneur  fut  un  des a  plus  célébrés  capitaines  de 
fon  tems  :  il  fe  rendit  fur  tout  recommandable  par  fes  exploits  contre  les 
infidelles,  tant  en  Orient  qu’en  Eipagne.il  eut  des  liai/ans  étroitcsavec  Henri  I. 
roi  d’Angleterre  ,  fi c  fçaehant  que  ce  prince  aimoic  à  avoir  des  animaux  rares 
dans  fon  parc,  il  lui  en  envoya  plufieurs. 

On  prétend  b  que  Guillaume  V.  fonda  dans  Montpellier  une  maifonpour 
les  chevaliers  du  Temple  inftituez  à  Jcrufalcm  en  1118.  fie  que  Gautier  évê- 
que  de  Maguelonne  confiera  leur  églile  fous  le  nom  de  Notre-Dame  de  Lezcs. 

Si  le  fait  eft  vrai ,  c’eft  fans  contredit  la  première  maifon  de  cet  ordre  militaire 
fondée  dans  la  province,  fie  même  en  deçà  de  la  mer  5  mais  comme  leur  réglé 
ne  fut  dreiïéc,  fie  qu’ils  ne  pafferent  en  Occident  qu’en  nzS.  on  a  peine  à 
croire  que  la  maifon  du  Temple  de  Montpellier  foit  fi  ancienne  -,  ce  qu’il 
y  a  de  certain ,  c’eft  qu’elle  fubfiftoit  vers  le  milieu  du  XII.  fiecle c ,  fie  qu’elle  a  xxxrT. 
été  toujours  l’une  des  plus  confiderables  de  l’ordre.  Elle  étoit  fituée  à  la  porte 
de  la  Sonerie  ,  fie  elle  a  paffé  au  commencement  du  XIV.  fiecle  à  l’ordre  de 
faint  Jean  de  Jerufalem  ou  de  Malte,  ce  qui  fait  qu’on  lui  a  donné  depuis  le 
nom  de  faint  Jean  le  Grand,  pour  la  diftinguer  d’une  autre  commanderie  qui 
étoit  originairement  du  même  ordre,  fie  qui  eft  dans  la  ville. 

Guillaume  V.  feigneur  de  Montpellier  etoit  déjà  décédé  en  1122.  Guillau¬ 
me  fon  fils  puîné  jouifloit  en  effet  alors  de  fon  partage  ,  fie  mit  fous  fa  pro¬ 
tection  ,  en  qualité  de  baron  d’Omelas  d,  les  biens  de  l’abbaye  d’Aniane  ficuez  d  Pr.p.i u. 
aux  environs  de  cette  baronie ,  moyennant  une  albergue  que  l’abbé  fie  les  reli¬ 
gieux  lui  promirent  $  ce  qu’il  fit  du  confentement  de  la  mere ,  fie  de  Guil-  «■  /w. 
laume  de  Montpellier  fon  frere.  Bernard6  comte  de  Melgueil  promit  vers  le  ^0Tn 
même  tems  à  ce  dernier  de  le  lai/Ier  paifible  pollefieur  de  fes  domaines,  fie  de  lxv. 
le  défendre  contre  tous.  Guillaume  de  Montpellier  feigneur  d’Omelas  époufa  Bieat‘,in  * 
quelques  années  après  Tiburge  fille  f  fie  heritiere  de  Raymbaud  comte  d’O-  IcTfoix^u- 
range,  dont  il  eut  plufieurs  enfans,  comme  nous  l’expliquerons  dans  la  fuite.  vcrs  *'abba)^ 

Roger  II.  comte  deFoix  mourut  à  peu  près  vers  le  même  tems  que  Guil-  g^cddaSe* 
laume  V.  feigneur  de  Montpellier ,  fie  les  derniers  mémoires  que  nous  ayons  àefrverdun. 
de  fa  vie  font  de  l’an  iïh.  11  remit  alors  par  un  mouvement  g  de  pieté  , 

Tome  II.  Qtc  ij  J 


b  V.  Car. 


c  V.  HOTE 


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An.ii  2  r. 


«  Ibid. 


*  Domiui. 


b  Pr  /.41J. 

c  Mtb.addnn. 
11S1.A.U' 


Lxvr. 

Monde  Ro^cr 
II*  contre  dp 

Foix.  Roger 

III.  (un  )il s 
aine  lui  l’uccc- 
dc,  Se  f-iic  h 
p.iix  avec  le 
vicomte  Ber¬ 
nard  A:on. 
d  tr.p. 411. 
cp.413. 
tf-iÿo. 


C 

Ml- 

h  K.  K  OTE 
XXUn.11. 


388  HISTOIRE  GENERALE 

avec  Tes  trois  fils  Roger  ,  Bernard  &  Pierre, à  l’abbaye  de  Lezat ,  l’albergué 
qu’il  éxigeoit  dans  le  village  de  S.  Ybar  qui  en  dependoic.  Il  enjoignit  en 
même  tems  à  divers  feigneurs  du  voillnage  qui  avoient  la  garde  de  ce  nw. 
naffcere ,  entr’autres  au  comte  Fortanicr ,  &  à  Raymond-Guillaume  neveu  de  ce 
comte ,  d’en  être  les  protecteurs  5  ce  que  cous  ces  feigneurs  promirent.  L’acte 
eft  date  du  château  de  Savcrdun  la  féconde  année  qu’il  fut  confirait,  un  Mardi  du 
mois  de  Mars  de  l’an  tnt.  indicé  ion  JC IV.  dominant  Alfonfe  comte  de  T  ouloufe. 
Le  même  jour  Roger  IL  s’engagea  en  particulier,  tant  pour  lui  que  pour  les 
comtes  de  Foix  les  l'uccelîeurs ,  du  conlentemcnt a  de  fes  trois  fils  ,  de  ne  ja¬ 
mais  exiger  aucun  cens  ou  ufage  de  l’abbaye  de  Lezat,  fans  la  participation  de 
l’abbé. Il  le  rélerva  feulement  d’y  être  nourri  lorfqu’il  y  paileroit,&  qu’il  n’auroic 
pas  avec  lui  un  corps  de  troupes.  Il  décharge  aulîi  ce  monaftere  de  l’obligation 
où  il  avoit  ccé  julqu’alors  de  l’y  nourrir  &  défrayer  ,  lui  êc  ceux  delà  famille, 
la  veille  £c  le  jour  de  S.  Pierre.  Il  voulut  de  plus  que  l’abbé  êc  les  religieux  ne 
fu  fient  pas  reçus  malgré  eux,  de  donner  alors  d  manger  aux  chevaliers ,  ni 
autres  laïques.  Il  ajoute  que  les  fiqticurs  *  de  Villcmur  ,  d’Hauterive,  &de 
Marquefave  n’auroientà  l’avenir  d’autre  droit  fur  les  domaines  de  l’abbaye, 
que  celui  d’y  être  logez  &  défrayez  une  fois  l’an  ,  à  leur  pallage,  avec  dix 
perfonnesde  leur  fuite  feulement.  Il  déclaré  enfin  que  l’abbe  ne  dévoie  ni  repas 
ni  argent  à  la  comtcflc  de  Foix,  ni  à  fon  fils,  non  plus  qu’aux  comtoreffes  de 
Villemur ,  d’Hauterive  Si  de  Marquefave. 

Parmi  les  différons  témoins  qui  foulcrivircnt  à  cet  acte  ,  on  trouve  utt  Ray¬ 
mond  de  Piiliniac  chevalier.  Nous  remarquerons  ici  à  cette  occafion  que  c'eft 
un  des  plus  anciens  monumens  où  nous  trouvions  que  les  nobles  de  la  pro¬ 
vince  fe  fuient  qualifiez  eux-mêmes  chevaliers.  Roftuing  &.  Richard  de  Cor- 
non  prennent  aulîi  la  même  qualité  dans  une  b  reftitution  qu’ils  firent  cette 
année  à  l’abbaye  de  Gellone  -,  6c  Bernard  de  Male  fe  dit  trois  ans  après  c 
fils  de  Guillaume  de  M c(e  chevalier ,  dans  un  acte  fuivant  lequel  étant  fur  le 
point  de  mourir  ,  il  offrit  (on  fils  Bernard  pour  être  religieux  dans  cette  ab¬ 
baye  où  il  avoit  choili  la  lépulture. 

On  vient  de  voir  que  le  château  de  Savcrdun  dans  le  pais  de  Foix,  fut 
conltruiten  1 1 20.  Le  comte  Roger  II.  qui  en  eft  le  fondateur,  en  donna  le  do¬ 
maine  aux  mêmes  feigneurs  de  Villemur,  d’Hauterive  &  de  Marquefave  qui 
avoient  leurs  terres  dans  le  voillnage,  6c  qui  lui  en  firent  d  hommage.  Le 
fécond  de  ces  feigneurs  nommé  Raymond-Aton  étoic  fans  doute  parent  de 
Raymond-Matfred  d’Hauterive,  qui  approuva  c  en  xi  z  2.  l’oblation  que  le 
feigneur  de  Moreçag  fit  alors  de  Raymond  fon  fils  à  l’abbaye  de  Lezat.  Le 
château  de  Savcrdun  fut  bâti  auprès  d’un  village  de  même  nom  qui  f  fubfî- 
ftoit  vers  le  milieu  du  XI.  fiecle.  C’ell  aujourd’hui  une  des  pricipales  villes  du 
coiîité  de  Foix ,  lïtuee  fur  l’Aricge ,  d  deux  lieues  au  dcflùs  de  Pamiers. 

Roger  II.  comte  de  Foix,  outre  les  trois  fils  dont  il  fait  mention  dans  les 
deux  chartes  qu’il  donna  en  1121.  enfaveurde  l’abbaye  de  Lezat,  en  eut  en¬ 
core  un  quatrième.  Nous  avons  en  effet  un  traité  de  paix  conclu  le  31.  de 
Mars  de  l’an  1125.  entre  Roger  comie  de  Foix ,  &  fes  frères  Pierre  &  Raymond- 
Roger,  d’un  côté  gjôc  le  vicomte  Bernard-Aton  ,Cecile  fa  femme,  Scieurs  fils 
Roger,  Raymond -Trcncavel  Sc  Bernard  de  l’autre.  Ces  divers  monumens 
nous  font  comprendre  i°.  Que  Roger  II.  comte  de  Foix  décéda*1  après  le  mois 
de  Mars  de  l’an  1111.  Se  avant  l’an  1125.  20.  Que  Roger  III.  du  nom  fon  fils 
aîné  lui  fucceda  dans  le  comté  de  Foix  ,  mais  qu’il  partagea  cependant  fon 
autorité  Se  fes  domaines  avec  fes  frères ,  qui  en  jouirent  îans  doute  avec  lui 
par  indivis ,  fans  prendre  neanmoins  la  qualité  de  comtes.  30.  Que  Bernard 
lècond  fils  de  Roger  II.  ou  ne  furvêcut  pas  d  ce  dernier,  ou  mourut  du  moins 
peu  de  tems  après  lui  ,  puifqu’il  n’en  eft  pas  fait  mention  dans  les  actes  de 
l’an  112  j.  40.  Enfin  que  Roger  III.  Sc  fes  freres,  peu  de  tems  apres  la  mort  de 
Roger  IL  leur  pere  eurent  avec  le  vicomte  Bernard-Aton  quelques  différends 
qu’ils  terminèrent  en  1 1  2  j.  par  un  traité  de  paix. 

Ces  différends  rouloient  principalement  fur  les  domaines  de  la  branche 
aînée  de  la  maifon  de  Carcaffonnc,  qu’Ermcn^arde  mere  de  Bernard-Aton 
avoit  aliénez  en  faveur  des  comtes  de  Barcelone,  dont  ce  vicomte  s’étoit  remis 


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DE  LANGlJEDOC.Liv.XVi.  jS<) 

en  pofleÆon ,  &  fur  lefquels  les  comtes  de  Foix  avoient  des  prétentions  legiti-  An. 1 1 2 f . 
mes.  Par  le  traité a  dont  on  vient  de  parler,  1*.  Le  comte  Roger  III.  Sc  les  fi re-  »  vr.itu. 
res,  de  l’avis  de  pluiïeurs  nobles,  fe  deliflerenc  de  toutes  les  demandes  qu’ils 
failoient  au  vicomte  Bernard.  Aton ,  à  ia  femme,  &  à  leurs  enfans.  2U.  Ils  leur 
cédèrent  la  ville  Sc  le  comté  de  Carcallonne,  excepté  les  lieux  d’Arfèns, 
Alayrac,Preixan  ,  Sc  Foncian  ,  dont  iis  leur  engagèrent  les  deux  premiers 
pour  la  lomme  de  3  joo.  folsTouIoufàins.  3°.  Ils  leur  codèrent  aulfi  le  château 
Si  le  comté  de  llalcz ,  avec  les  châteaux  Sc  les  pais  de  Chercorb  Sc  de  Cueille. 

40.  Ils  s’obligeront  le  même  jour  par  un  autre  acte  b,  tant  pour  eux  que  pour  bit' J. 
leur  pofterite,  envers  le  même  vicomte,  là  femme  &  les  fils,  de  ne  pas  don-  _  - 
ner,  vendre  ou  engager  à  d’autres  qu’à  eux,  tous  les  domaines  «qu’ils  polle- 
doient  dans  les  comtezde  Touloulè,  de  Comminges,  Scdc  Carcallonne  ,  donc 
les  principaux  lieux  marquez  dans  Pacte  font, Foix,  Fredclas  ou  Pamiers ,  Lor- 
dad  Sc  les  châteaux  deDun  &c  de  Mircpoix.  50.  Enfin  ils  les  appelleront  à  la 
fucceifion  de  tous  ces  domaines  s’ils  venoient  à  deceder  lans  polteritc,  Si  les 
fubftituerent  egalement  à  leurs  enfans ,  fuppofe  qu'ils  en  eujjeue  ,  Sc  que  ceux-ci 
meurudent  auin  là  ns  polfcerité, 

Roger  Ill.comte  de  Foix  lé  diten  divers  actes  fils  de  Stéphanie c ,  que  Roger  IL  cfr.f.44  9  é 
fon  pere  avoir  époulée  d  en  fécondés  noces ,  mais  dont  nous  ignorons  la  famille.  A?* 

Il  avoir  déjà  cpuule  Im-meme  vers  lan  1117.  du  vivant  du  comte  ion  pere,  a,d. 

Ximene  ou  Chimene  fille  de  Raymond-Berenger  III.  comte  de  Barcelone  ,Sc 
de  Marie  Rodriguez  là  première  femme  ,  comme  nous  le  verrons  dans  la 
fuite.  Au  relie  quoi  qu’il  femble  que  ce  comte  ait  partage  ion  autorité  avec 
fes  freres,  ce  fut  pourtant  à  lui  feul  que  les  vallàux  du  pais  de  Foix  rendirent 
hommage,  entr’auerçs-  les  leigneurs  des  châteaux  de  Montaut ,  dePerela,  ePr.p,^9t 
Scde  Mirepoix.  Les  premiers  exceptèrent  dans  leur  ferment  les  leigneurs  d’Au- 
riac  5c  de  Carcallonne,  Si  les  autres  firent  le  leur ,  lauf  la  fidelité  qu’ils  dévoient 
au  comte  deTouloule.  Il  n’efl  pas  fait  mention  non  plus  des  freres  de  Roger  III. 
dans  un  acte  •  par  lequel  ce  comte  le  rcconnoilîànt  coupable  pour  avoir  établi  t&M- 
divers  u/âges  injulles  tant  au  village  de  Fredclas ,  qu’au  château  de  Pamiers, 
les  abolit  au  mois  de  Décembre  de  Pan  1129.  entre  les  mains  d’Amelius 
évêque  de  Touloulè,  du  prieur  Si  des  chanoines  de  S.  Antonin  de  Fredclas. 

On  a  pu  remarquer  dans  les  chartes  que  Roger  II.  comte  de  Foixaccor-  AMb^X^iour- 
da  au  mois  de  Mars  de  l’an  1 1  2 1.  en  faveur  de  l’abbaye  de  Lezat ,  qu’Al-  dam  i«ouvre  - 
fonfe  comte  de  Tonloufe  ctoit  alors  reconnu  pour  feigneur  dominant  dans  le  îl  c®m,é  de 
pais  5  preuve  que  ce  prince  avoit  recouvre  des  ce  tems-la  le  comte  de  Tou-  irduca'Aqui- 
loufe  dont  Guillaume  IX.  duc  d’Aquitaine  s’etoit  emparé  (ur  lui.  Voici  les  w-“c- 
circonltances  que  nous  avons  pu  recueillir  de  cet  événement  mémorable. 

Il  paroît  que  Guillaume  après  avoir  envahi  Touloufc  en  1 1 14.  demeura 
depuis  paifible  pollèllêur  de  cette  ville  jufqu’en  1119.  5c  qu’il  y  fit  fonfejour  g  jv/y  jvv.j. 
ordinaire  durant  cet  intervalle.  Ce  prince  g  fit  un  voyage  en  Poitou  cette  der- 
niere  année  avec  fon  fils  Guillaume  }  Sc  après  avoir  raiiemblc  une  armée  ,  il  uJ.p.l 
palfa  les  Pyrénées  ,  alla  joindre  Altonlc  roi  d’Aragon  qui  l’avoit  prié  de  mar¬ 
cher  à  fon  fecours  contre  les  Sarafins  ;  Si  fe  fignala  par  divers  exploits  contre 
les  infidclles.  Le  duc  d’Aquitaine  en  partant  de  Touloulè  y  avoir  lailfé  un  de 
fes  capitaines h  nommé  Guillaume  de  Montmaurel  pour  y  commander  en  fon  hr.  notez. 
nom  :  mais  1  les  Touloufàins  le  chafferent  bientôt  après  de  leur  ville,  l’obli  -  ov« 

gèrent  à  fe  retirer  dans  le  château  qu’on  appclloit  Narbonnois ,  où  étoit  le  p.-rf.r c 
palais  des  comtes,  S c  reconnurent  publiquement  Alfonfe.pour  leur  feigneur.  .^N  0  Ta 

Nous  ignorons  fi  ce  dernier  prince  vint  alors  à  T ouloule ,  &  s’il  rentra  par 
lui-mcme  en  polTeffion  de  cette  ville.  Il  paroît  cependant  qu’il  ne  s’y  rendit 
pas  fi.tôt  ;  qu’il  continua  de  faire  fon  fejour  aux  environs  du  Rhône  où  il 
s’etoit  retiré  pendant  l’invafion  du  comté  de  Touloulè  par  le  duc  d’Aquitai¬ 
ne  ;  qu’étant  en  différend  dans  ce  tems-làavcc  Raymond-Berenger  III.  comte 
de  Barcelone  au  fuiec  du  partage  de  la  Provence  que  leurs  prédecelfeurs 
avoient  polfedée  jufqu’alors  par  indivis,  il  ne  voulut  ou  ne  put  s’abfcntcr  du 
pais  dans  ces  circonltances  5  Si  qu’enfin  il  confia  le  gouvernement  de  Tou- 
ioufe  à  Arnaud  de  Lcvezon  évêque  de  Béziers.  Nous  voyons  en  effet  que  ce  Kt,  N0T2 
prélat  commandoit  k  à  Touloufe  en  1 1  20.au  nom  d’Alfonfc. 


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zïrf.m. 


b  Pr.p  ni. 


c  /•  417* 


LXfX. 


_ 39o  HISTOIRE  GENERALE 

An.  ii  zi.  Le  duc  d’Aquitaine  informé  de  cette  révolution ,  réfolut  de  faire  tous  fes 
Leduc  d'A  ui  e^ürts  Pour  rcntrer  dans  la  poffelfion  de  Toulouiè.  Dans  cette  vue  il  fè  ligua 
tLTi  ligue  avec  Raymond-Berenger  III.  comte  de  Barcelone,  qui  defon  côté  étoiten 
avede comte  différend  avec  Alfonle  ,  ainfi  qu’on  l’a  déjà  remarqué.  Nous  trouvons  des 
le  comte°«i&  preuves  de  cette  ligue  dans  celle  que  ce  dernier  prince,  &  le  vicomte  Bernard- 
Touioufc  avec  A  ton  formèrent  »  enfemble  quelque  tems  apres  contre  les  comtes  de  Poitiers  & 
L“n  de  Barcelone  .  „  j 

qui  perd  n  vil-  On  a  vu  ailleurs  que  ce  vicomte  avoit  embralle  en  1x14.  les  interets  du 

foane0”64**  ^uc  d’Aquitaine  contre  Alfonfe  comte  de  Touloufe.  Nous  ne  fçavons  pas  s’il 
demeura  lon£.tems  attaché  au  parti  du  premier.  Tout  ce  qu’on  peut  conje. 
durer  de,  plus  vraifemblable,  c’efi:  qu’il  fe  réconcilia  avec  Alfonfe,  du  moins 
peu  de  tems  après  que  celui-ci  eut  recouvré  la  ville  de  Touloufè  }  &  qu’il  eût 
recours  à  fâ  protedion  pour  reprendre  la  ville  de  CarcafTonne  dont  les  habi- 
tans  l’avoient  chaflë  ble  Mardi  2 4.  d’Août  de  Tanin  20.  Peut-être  que  le 
comte  de  Barcelone  qui  avoir  des  prétentions  fur  cette  ville,  porta  fes  habi- 
tans  à  fècouer  le  joug  de  Bernard-  Aton  -,  ce  qui  aura  engagé  ce  vicomte,  pour  fe 
venger,  à  fe  liguer  avec  le  comte  Alfonfe  ennemi  de  ce  prince.  Quoi  qu’il  en 
foie,  ilparoît  que  les  principaux  feigneurs  de  la  province  fe  partagèrent  alors 
entre  le  duc  d’Aquitaine  &  le  comte  de  Barcelone  d’un  côte ,  &le  comte  Al- 
fonfè  &  le  vicomte  Bernard-Aton  de  l’autre  -,  &  nous  voyons  entr’autres 
qu’Aymeri  II.  vicomte  de  Narbonne  ,  frere  utérin  du  comte  de  Barcelone, 
s'étoit  ligué  avec  lui c  en  1124.  contre  le  comte  Alfonfe  ,  qui  de  fon  côté 
s’étoit  uni  avec  Arnaud  de  Levezon  alors  archevêque  de  Narbonne. 
Richard  de  Milhaud  prédeceflêur  de  ce  prélat ,  après  avoir  affilié  au  con- 
d  A^'/éq"es  c^c  de  Touloufe  de  l’an  1119.  s’en  retourna  dans  fon  diocèfe  ,  fuivi  d’Aton 
Scigncufs  ’je  archevêque  d’Arles ,  8c  reçût  la  même  année  une  donation  d  faite  en  faveur 
Termes, &c.  de  fon  eglife  par  Engelbcrt  d’OJargues,  &  fon  fils  Adalbert,  en  prefence  de 
^UtMhc*1.'  Berenger  de  Puifèrguicr.  II  accompagna enfuite  l’archevêque  Aton  en  Pro- 
dt  sarb.  vence  ,  où  il  foulcrivit  «  avec  lui  à  une  charte  en  faveur  de  l’abbaye  de 
cü*u.ckr.to.i.  fajn[ viclor de Marfeillc.  Us  revinrent  en  deçà  du  Rhône,  fe  trouvèrent  f  à 
{ G*u'chr. nov.  Narbonne  au  mois  d'Avril  de  l’an  x  1  20.8c  s’aflèmblerent  g  quelque  tems  après 
td.to.  1  .t'a.  5  Tiber i,  aveeles  évoques  Arnaud  de  Bcziers ,  Bernard  d’Agde ,  Si  Arnaud 

g  '■pi'-s-  de Carca/Tônne ,  lejurifconfiilte  Adalbert,  8c  plufieurs  autres  ,  pour  juger  en 
qualité  d’arbitres,  un  différend  qui  étoit  entre  Elcazar  deCaftries  8c  Engelra- 
de  fa  femme  d’un  côté,  &  Arnaud  abbé  de  S.  Tiberi ,  &  fon  monaftere  de 
l’autre.  Ce  junïconfiilte  Adalbert,  n’elfc  pas  différend ,  fans  doute,  d’Adalberc 
qui  fucceda  peu  de  tems  après  à  Bernard  évêque  d’Agde.  Richard  archevê- 
h c.Auimem.  que  de  Narbonne  reçût h  en  1  x  21.  l’hommage  du  vicomte  Bernard-Aton  pour 

P*it. _ le  château  d’Auriac  ,  8c  mourut»  le  ij.  de  Février  de  la  même  année, après 

trois  mois  &  dix  jours  d’épi feopat. 

Arnaud  de  Levczon  quifutélüà  fa  place  le  16.  d’Avril  fuivant,  occupoitk 
kGa!ichr.to.x.  alors  le  licge  cpifcopal  de  Beziers  depuis  plus  de  vingt  ans  ,  8c  avoit  reçû  en 
/•♦'j-  engagement  en  1 1  r  8.  au  nom  de  cette  églife ,  certains  biens  de  Pierre  Pelleti 
ou  Peler,  Sc  de  Pierre  de  Thefân.  Il  y  a  lieu  de  croire  qu’Alfonfe  comte  de 
Touloufe  ,  qui  en  qualité  de  duc&  decomteparticulier  de  Narbonne  , avoit 
1  v.  i'r.p-199-  beaucoup  de  parc 1  àl’eledion  des  archevêques  de  cette  ville  ,  contribuai  celle 
d’Arnaud ,  qui  comme  on  l’a  déjà  vu,  avoit  embraffé  fes  intérêts  avec  cha¬ 
leur.  Ce  prélat  peu  de  tems  après  fa  tranflation  à  l’archevêché  de  Nar- 
Catei ibij.f.  bonne  reçût  m  les  hommages  que  lui  dévoient  le  vicomte  Bernard-Aton  8c 
*  a»/,».  J^a  y  m  ond  de  Termes,  pour  les  fiefs  qu'ils  renoient  de  fon  églife  5  &au  mois 
d’Aoüc  de  l’année  fui  van  te  celui  d’Aymeri  II.  vicomte  de  Narbonne  »  qui 
«lui  promit  n  fidelité  envers  tous  8c  contre  tous,  comme  un  vaflàl  i  fon  fei- 
wgneur,  excepté  contre  Raymond-Berenger  comte  de  Barcelone,  Udalgier 
„  abbé  de  S.  Paul  ,8c  les  feigneurs  de  Ca/ouls  &  de  Pierre-Pertufê,  en  prefence  de 
»  Bernard  vicomte  de  Minerve. 

Ce  demie  r  vivoit 0  encore  en  ii2j.  Quant  à  Raymond  de  Termes,  il  le 
rïbf'dt'u  d‘  qualifie,  de  même  que  fon  ftere  Guillaume, /f/r  d’ Olivier  de  Termes, dans  un  acte 
ürajjt.  p  du  mois  de  Décembre  de  l’an  1x28.  par  lequel  ils  reftituent  à  l’abbaye  de 
*  °e  l’hc*  la  Grafie ,  moyennant  vingt  livres  pefant  d’argent  fin  *  ,  du  poids  de  Narbonne, 


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DE  LA  N  G  U  E  D  O  C.  Lit.  XVI.  _ 

différons  biens  fituez  dans  le  Termenois  qu’ils  àvoient  ufurpez  ;  ce  qu’ils  An.11  an 
firent  en  prelence  d’Ademar  deTays,  Bcrenger  de  Palayrac,  Guillaume  de 
Durfort ,  &c  Bercnger  de  Quintilane. 

Arnaud  de  Levezon  eut  pour  fuccefleur  a  dans  le  fiege  épîfcopal  de  Be-  ï-xx. 
ziers  S.  Guiraud  ou  .Geraud  ,  natif  de  PuifTelicon  dans  le  diocèle  de  cette  “B> 

ville ,  &  prieur  des  chanoines  réguliers  de  Caflàn  dans  le  même  diocèle.  Gui- 
raud  foùcinc  pendant  fon  épilcopat,  qui  ne  fut  que  de  deux  ans,  la  réputa- rM'u 
tion  qu’il  s’etoit  déjà  acquilè  dans  le  cloître  par  fa  pieté,  fa  fimplicité  ,  fa  ïropr.  nutm 
mode  (lie,  fon  humilité,  &  la  pureté  de  fes  mœurs.  Il  mourut  le  y.  de  No-  t-lSMda-l7tu 
vembre  de  l’an  1123.  jour  auquel  on  célébré  publiquement  fa  fête  dans  le 
diocèfe  de  Beziers.  Il  fut  inhumé  dans  l’abbaye  de  fainte  Aphrodife  de 
Beziers.  ' 

Saint  Bertrand  évêque  de  Comminges  ,  mourut  à  peu  près  vers  le  même  1X*[^4 
rems  que  S.  Guiraud  évêque  de  Beziers ,  &  parvint  comme  lui  dune  éminente  ^V(?cj.,ccr'"cn 
iainteté.  Suivant  l’auteur  b  de  fa  vie  écrite  quarante  ans  après  fa  mort  fous  Co.u:nin2«. 
le  pontificat  d’Alexandre  III.  il  étoit  fils  d’Aton  Raymond  feigneur  d’un 
château  appelle  alors  Sclio ,  &  depuis  l’Ule-Jourdain  dans  le  diocèle  de  Tou- 
loufe  ,  &  d’une  fille  de  Guillaume  Taillefer  comte  de  cette  ville.  Bertrand  1  on.&J'W 
naquit  vers  le  milieu  du  XI.  fiecle,  avec  toutes  les  qualitcz  capables  de  le 
faire  aimer  $  on  remarque  entr’autres  qu’il  étoit  parfaitement  bien  fait.  Il 
fuivit  d’abord  l’exercice  des  armes  ,  mais  il  s’v  comporta  plutôt  en  ecclefia- 
ftique  qu’en  féculier  :  aulli  en  abandonna-t-il  bientôt  le  metier  pour  fe  com 
facrcr  entièrement  à  Dieu  parmi  les  chanoines  réguliers  de  la  cathédrale  dé 
Touloufe.,  dont  il  fut  archidiacre.  Il  s’acquit  une  fi  grande  réputation  de 
vertu  ,  que  le  fiege  épifcopal  de  Comminges  étant  venu  à  vaquer  ,  il  futélû 
unanimement  pour  le  remplir.  Il  garda  cependant  fon  archidiaconé  *  caron 
voitparun aétecde  l’an  1086.  qu’étant  évêque,  il  fe  difoit  en  mêmetemscha-  Cctuimemc 
noine  &  archidiacre  dcTouloufe.  On  doità  cefiint  prélat d  le  rétablifiement  f>°«; 
de  l’ancienne  ville  de  Lyon  de  Comminges,  qui  depuis  le  VI.  fiecle  étoit  de-  d  i“'  * 
nieuré  enfevelie  fous  fes  ruines ,  &  où  il  n’etoit  relié  que  la  cathédrale.  Il 
engagea  d’abord  fes  chanoines  à  embraflèr  I^i  vie  commune  avec  la  réglé  de 
S.  Auguftin ,  &  à  fixer  leur  réfidence  auprès  de  la  cathédrale  ;  ce  qui  fit  qu’on 
bâtit  des  maifons  tout  autour:  il  fe  forma  ainfi  peu  à  peu  une  nouvelle  ville, 
qui  s’cfl  aggrandie  dans  la  fuite ,  mais  qui  cependant eîl  peuconfiderable.  Elle 
porta  depuis^  le  nom  de  S.  Bertrand  fon  rellaurateur  ,  qui  mourut  le  r  é.d’O- 
élobre  durant  le  cours  de  fes  vifites.  Son  corps  fut  apporté  à  la  cathédrale, 

&  inhumé  dans  la  chapelle  de  la  Vierge.  La  faintete  de  fa  vie^  &  l’éclat  des 
miracles  qui  s’opérèrent  à  fon  tombeau  ,  lui  méritèrent  bientôt  après  un  culte 
public ,  &  fa  cathédrale  le  prit  pour  fon  patron.  On  prétend  c  que  le  pape  Cle-  n***f‘l  t;* 
ment  V.  le  canonifa  :  mais  nous  apprenons  d’ailleurs i  que  ce  fut  Guillaume  III.  f  caïuhmov. 
archevêque  d’Auch ,  fon  neveu,  qui  procura  fa  canonifation  au  XII.  fiecle.  Il  td.n.if.9»?. 
efl  vrai  queClcment  V.&  qui  avoir  été  fuccefièur  de  S.  Bertrand  dans  l’évê-  g  b aiiitiM. 
ché  de  Comminges  fit  lever  fon  corps  de  terre  pour  l’expofer  d  la  vénération  • 
du  peuple. 

Quelques  modernes  *»  afîurenc  que  S.  Bertrand  étoit  déjà  évêque  de  Com-  h  Gaii.cbr.nov. 
mingesen  1073.  qu’il  poflèda  cet  évêché  pendant  jo.ans,  &  qu’il  mourut  vers 
fan  u  z  3 .  ou  1 1 1 6.  mais  nous  avons  fait  voir  ailleurs  *  qu’il  ne  parvint  d  l’epif-  v.  Luutibij. 
copat  qu’après  l’an  1078.  Quant  d  l'époque  de  fa  mort ,  l’auteur  de  fa  vie  n’ch  ‘  y-bv.x<v. 
dit  rien  non  plus  que  de  celle  de  la  naiflance  &  de  fon  épifeopat.  Il  témoi-"'9*' 
gne  k  feulement  qu’il  écrivit  cette  vie  d  la  priere  du  même  Guillaume,  que  k vuMd.n.10. 
ce  faint  prélat ,  qui  étoit  fon  oncle,  avoit  élevé  autrefois  auprès  de  lui  parmi 
les  chanoines  de  la  cathédrale  de  Touloufe  ,  &  qui  pofleda  l’archevêché 
d’Auch  depuis  l’an  r  145.  jufqu’en  1170.  C’efl  fans  doute  fur  ce  témoignage 
que  divers  auteurs  1  fuppofent  que  Raymond  de  Lille,  frerede  S.  Bertrand  1 
eut  un  autre  frere  dont  ils  ne  marquent  pas  le  nom  ,  àc  qu’ils  font  feipneur  d’An-  Ânyh,fi.pi 
douffiele  dans  le  Totfloufain,  &  pere  du  même  Guillaume  III.  archevê- 
que  d’Auch  j  mais  il  faut  avouer  que  ce  témoignage  n’eft  pas  bien  clair  j 
car  outre  que  l’auteur  de  la  vie  de  faint  Bertrand  paroît  fe  contredire,  les  an¬ 
ciens  monumens  nous  apprennent  que  Guillaume  III.  archevêque  d'Audii  ctôic 


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59i  .  HISTOIRE  GENERALE 

de  la  maifon  de  Montauc a  :  ce  prélat  aura  donc  été  61s  d’une  fœur  de  feint 
Bertrand. 

On  tint b  l’an  i i i z. au  Caylar  dans  le  diocèfe  de  Lodeve ,  fur  les  frontières 


cPUntâv.Lod. 


Atl.l  122. 

«  (UU.cbtMd. 
t-9S7' 

LXXIL  .  A 

AffcmbJccte-  du  Rouergue ,  une  allèmblee  à  laquelle  Pierre  évêque  de  Lodeve ,  Gautier 

Evéqucfde*31'  ^v‘-‘(lue  de  Maguelonne ,  l’évêque  d’Orange ,  &  Arnaud  abbé  de  S.Tiberife 
LoJcve.  C  trouvèrent.  On  y  décida  un  différend  qui  étoit  entre  les  religieux  de  Jon- 
b  cels  dans  le  diocèfe  de  Beziers ,  &  ceux  de  Conques  en  Rouergue ,  touchant 

l’églife  de  Cafouls  dans  ce  dernier  pais,  laquelle  avoit  été  donnée  autrefoisaux 
premiers  par  Raymond,  marquis-comte .  L’époque  certaine  de  l’épifcopat  de  Pierre 
■■  rend  incertain  tout  ce  qu’on  nous  dit c  de  celui  de  Raymond  I.  fumommé  Pa. 
cs^chrjô.x.  ftor  bonus ,  qu’on  prétend  avoir  été  évêque  de  Lodeve  depuis  l’an  noz.  juf- 
f-67i.  qu’en  ii 3  8.  &  avoir  fuccedé  à  Deodat  de  Chaflus ,  qui ,  ajoûte-t-on  ,  fut  eld 
•  d’une  maniéré  fimoniaque  en  i  ioo.  ôc  dépofé  deux  ans  après  par  fes  com. 
dr*-p-*49.&  provinciaux,  malgré  fon  appel  au  roi  Philippe  I.  Nous  voyons  d’ailleurs  *  que 
&47<-  Pierre  étoit  évêque  de  Lodeve  en  1119.&:  1134.Ce  prélatavoit  ètéélevé  durant 

fa  jeuneffe  parmi  le  clergé  de  l’églife  d’Agde  -,  &  il  n’eft  pas  fans  doute  different 
GrtUkrJbiit  Pier re-Raymond  qu’on  metc  furie  fiege  épifcopal  de  Lodeve  depuis  l’ann  38. 

jufqu’en  1154.  &  à  qui  on  donne  pour  pere  un  prétendu  Galburge  comte  de 
Comminges.  On  raconte  plufieurs  autres  chofes  de  lui  qui  ne  font  pas  plus  cer¬ 
taines  j  entr’autres  que  le  pape  Adrien  IV.  lui  accorda  diverfes  grâces  aux  mois 
d’ Avril  &  de  Mai  de  l’an  1 1  54.  mais  ce  pape  ne  fut  élu  qu’à  la  fin  de  la  même 
année. 

Lxxiir  Quoiqu’Alfonfë-Tourdain  eût  été  reconnu  pour  comte  de  Touloufe,  &  qu’il 

A  ironie  Jour»  »•«  a  <  *i  1  •»»  ... 

diia  a/Hcgc  fut  maître  de  cette  ville  des  tl  ~  iv 

rfaosOrjage 
&  délivré  pur 
les  Tojfou- 
ùinsqui  l’a- 

!cu[ri°iic.diaS  &  aujourd’hui  de  celui  de  Lombes,  ôc  daté  du  pontificat  du  pape  Callixte , 
füaluhr.to.1,  régnant  Louis  roi  de  France ,  Guillaume  étant  duc  d' Aquitaine ,  &  A  If  on  fi  comte 
6Si.&jtq.  de  Touloufe.  Aymeri  prieur  de  Bragairac  ,  fè  fournit  par  cet  a&e ,  avectousfes 
religieux,  duconfentementd’Amelius  évêque  de  Touloufe,  au  gouvernement 
ôc  à  l’autorité  de  Pétronille  abbefle  deFontevraud  qui  étoit  alors  fur  les  lieux. 
On  peut  croire  toutefois  que  c’eft  à  caufe  de  la  fituation  de  cette  abbaye 
dans  le  domaine  du  duc  d’Aquitaine,  qu’il  efl  fait  mention  de  ce  prince  dans 
la  date  decera&e.  En  effet,  outre  qu’il  y  efl  marqué  expreffément  qu’Alfonfe 
étoit  alors  comte  de  Touloufe,  nous  apprenons  par  divers  autres  monumens 
l  ^ e  cecce  annc^e>  *îue  ce  prince  étoit  alors  generalement  reconnu  g  par  les  Tou- 

_  loufains. 


an  ino.  il  paroîc  cependant  que  Guillaume  IX. 
duc  d’Aquitaine  fon  compétiteur,  confervoit  encore  en  nzz.  quelques  refies 
d’ autorité  dans  le  pais.  C’eft  ce  qu’on  peut  inferer  d’un  aéte (  pafië  cette  année 
dans  l’églife  de  fâinte  Marie  ,de  Bragairac  ,  alors  du  diocèfe  de  Touloufe, 


HZ}. 


Ces  peuples  fècouerent  entièrement  l’année  fuivante  le  joug  du  duc  d’Aqui¬ 
taine,  qui,  comme  on  l’a  déjà  remarqué,  étoit  demeuré  maître  du  château 


il  NOTE  ibiJ. 


3  *• 

y.  NOTE 


Narbonnois.  Ils  afîîegerent  dans  ce  château  Guillaume  de  Montmaurel  qui 
en  avoit  le  gouvernement  au  nom  du  duc ,  ôc  l’obligèrent  enfin  à  fe  rendre. 
Iis  fe  mirent  h  en  marche  bientôt  après  pour  aller  au  fecours  du  comte  Al- 
fonfe  qui  étoit  afïïegé  dans  Orange  par  le  comte  de  Barcelone  allié  de 
celui  de  Poiciers  ,  &  qu’ils  amenèrent  en  triomphe  dans  leur  ville  après  avoir 
ia»v.cbr.nov.  £*1C  lcvcr  Ie  üege.  Les  circonflanccs  de  ce  fiege  ,  ôc  celles  de  la  guerre  qui 
1. mfir.f.  y  donna  occafion ,  &  qui  s’éleva  en  Provence  entre  les  comtes  de  Touloufe  & 
de  Barcelone  nous  font  inconnues.  Il  paroît  feulement  par  une  charte1 
du  même  Alfonfe  de  l’an  nz 6.  que  cette  guerre  dura  long-tems,  qu’elle  fut 
trés-funefle  au  pais ,  ôc  que  l’églife  cathédrale  d’Orange  fut  entièrement  dé. 
cruice  durant  le  fiege  de  cette  ville. 

Hugues  abbé  de  S.  Gilles ,  ôc  fes  religieux  ,  fe  déclarèrent  peut-être  du. 
lxxiv.  .rant  cette  guerre,  en  faveur  du  comte  de  Barcelone.  Nous  fçavons  k  du 
ihTotiiouiT'  moins  que  le  comte  Alfonfe  s’empara  de  force  vers  ce  tems-là  de  l’abbaye  de 
excommunié  S.  Gilles.,  ôc  qu’il  en  chafïà  l’abbé  ôc  les  religieux  qui  en  portèrent  leurs 
Comte1' de  U  pinces  au  pane  Callixce  II.  Ce  pape  écrivit  en  leur  faveur  une  lettre  du  pa- 
Commingcs.  lais  de  Lacran  le  22.  d’ Avril  à  Aton  archevêque  d’Arles ,  à  Raymond  comte  de 
Barcelone  ,8c  à  Gaufred  Porcelec  /efgneur  Provençal  qu’il  exhorte  à  les  proté¬ 
ger.  Il  déclare  en  même  ccms  qu’il  avoir  excommunié  le  comte  Alfonfc&  (es 

complices , 


k  P/.p,+xi. 


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DE  LANGUEDOC.  Lïv.  XVI.  39J _ 

complices,  mis  leurs  terres  en  interdit,  St  délivré  lesfujetsde  ce  prince  du  An, lïi)» 
ferment  de  fidelité ,  jufqu’à  ce  qu’il  eût  rendu  le  monaffere  de  S.  Gilles  i 
l’abbé  St  aux  religieux  ,  qu’il  eut  fait  démolir  le  château  qu’il  avoitfait  con* 
ftruire  depuis  peu  dans  cet  endroit,  St  qu’enfin  il  eut  réparé  les  dommages  qu’il 
avoir  cauiez.  Les  complices  du  comte  Alfonfe  nommez  dans  cette  lettre  ,  lont 
Raymond  de  Baux  ,  Guillaume  de  Sabran ,  Elzear  de  Caftries  ,  Guillaume- 
Raymond  de  Medenes  ,  St  Raynon  duCaylar,  quiavoient  embraffé  par  con* 
féquent  le  parti  de  ce  prince  contre  le  comte  de  Barcelone. 

Il  y  a- lieu  de  croire  que  les  comtes  de  Foix  St  de  Comminges  favoriferent 
le  rétabliffement  d’Alfonfe-Jourdain  dans  fon  comté  deTouloufe,  &  qu’ils  le 
déclarèrent  contre  les  comtes  de  Barcelone  êc  de  Poitiers  fes  ennemis.  On  a  vû 
en  effet  que  Roger  II.  comte  de  Foix  reconnoillbit  Alfonfe  pour  fon  fuze- 
rain  au  mois  de  Mars  de  l’an  uu.St  nous  avons  un  plaid  4  auquel Forta-  »Pr/>. 4*4* 
nier  comte  de  Comminges  préllda,  St  qui  fut  tenu  aux  environs  del’abbayé 
de  Lezat ,  L'an  1123.  dans  Le  tems  que  le  comte  Alfonfe  occupoit  la  ville  de  T  ou- 
loufe.  Ce  comte  Fortanier  ,  que  Roger  II. comte  de  Foixavoit  misen  un.  au 
nombre  des  protecteurs  de  cette  abbaye  ,  avoit  eu  b  plufieurs  freres ,  avec  lef.  b  knote 
quels  il  avoit  poffedé  par  indivis  le  comté  de  Comminges  :  mais  il  paroît  <\uc 
ceux-ci  étoient  alors  tous  decedcz ,  St  qu’il  avoit  l’adminiftration  de  tout 
ce  comté  ,  tant  en  fon  nom  ,  qu’en  celui  de  Raymond-Guillaume  fon  neveu, 
fils  de  Bernard  Ion  frere  aîné.  Nous  ignorons  fi  ce  Raymond-Guillaume  fur- 
vêcut  au  comte  Fortanier  fon  oncle:  nous  fçavons  feulement  que  Bernard  IV. 
du  nom  fon  frere,  polledoiten  ii3o.to«tle  comté  de  Comminges,  St  qu’il  le 
tranfmic  à  lèsdefeendans. 


Alfonfe-Jourdain  après  fon  entier  rétablillèment  dans  le  comté  de  Tou-  lxxv. 
loufe,  témoigna  aux  habltans  de  cette  ville  par  divers  privilèges  e  qu’il  leur 
accorda ,  la  reconnoiftance  qu’il  avoir  de  leurs  fervices.  Il  jouit  depuis  du  vico.m' Ber- 
comté  de  cette  ville,  St  de  tous  les  autres  domaines  qui  avoient  appartenu  à  "«dAroo.  Ce 
fes  ancêtres  ,  St  fe  qualifia  con  fui  ou  comte  deTouloufe ,  duc  de  Narbonne  5-  mur-  CMc'aoIau* 
qui  s  de  Provence  ,  comme  on  voit  entr’autres  par  d  un  acte  daté  du  corn-  Origine  ries 
mencement  de  l’an  1124.  Il  s’unit  étroitement  vers  le  même  tems  avec  le 
vicomte  Burnard-Aton  qu’il  aida  fans  doute  d  foumettre  Carcaffonnc.  Ce  1 1  — 

vicomte  repric  e  en  effet  alors  cette  ville  fur  les  habitans  qui  s’etoienc,  cy  cJei 
révoltez  contre  lui ,  St  qui  l’avoient  chaffé  quelques  années  auparavant.  Al-  «9». 
fonfe  promit  à  Bernard-Aton  par  la  ligue  *  qu’il  fit  avec  lui ,  de  ne  pas  lui 
ôter  la  ville  de  Carcaffonne ,  St  toutes  les  autres  de  fon  domaine  ,  St  de  lefe-  c p- *  17. &ftw 
courir  contre  tous  ceux  qui  voudroient  l’en  dépofièder ,  St  en  particulier  contre  1  e'  v'4‘ 
le  comte  de  Poitiers  (f  fes  enfans  ,  le  comte- de  Barcelone  &  fes  en  fans.  Cet  acte  qui 
n’eft  pas  daté  eft  fouferit  par  Amelius  évêque  deTouloufe  St  Bertrand  évê¬ 
que  d’Albi  -,  ce  qui  prouve  qu’il  eft  anterieur  à  l’an  1125.  puifqu’Humbert 
avoit  g  déjà  fuccedé  alors  à  Bertrand  dans  l’évêché  d’Albi.  Plufieurs  fei- 
gneurs  féculicrs  s’y  trouvèrent  aufiî  prefens,  entr’autres  Raymond  de  Baux  , 

Guillaume  de  Callelnau ,  Elzear  de  Caftries ,  Guillaume-Pierre  de  Caraman, 

Bertrand  de  Villemur ,  Stc. 

Le  vicomte  Bernard-Aton,  après  avoir  repris  la  ville  de  Carcafibnne ,  éxi- 
gea  un  nouveau  ferment  de  fidelité  des  nobles  du  pais  St  des  environs ,  (es 
vaiïàux  ,  dont  on  peut  voir  les  noms  b  dans  l’acte  inféré  dans  nos  preuves.  Ils 
fe  rendirent  cautions  les  uns  des  autres.  L’évêque  de  Carcaffonne  fut  garand 
en  particulier  de  la  fidelité  de  Pierre- Kaymond  d’Auriac  ,  St  la  vicomteflè 
cautionna  pour  Guillaume  de  Durfort.  Bernar  d-Aton  confifqua  ‘  d’un  autre 
côté  tous  les  biens  de  ceux  qui  lui  «voient  été  rebelles ,  St  en  difpofa  avec 
fa  femme  St  fes  fils ,  en  faveur  de  ceux  qui  étoient  demeuré  fidelles.  Entre  les 
derniers  étoient  Bernard  de  T refînais  ,  Pierre  de  Laurac  ,  Arnaud  fon  frere, 

Arnaud  de  Pelapoul ,  Pierre  fon  frere,  St  divers  autres  gentilshommes  au  nom¬ 
bre  de  ieize ,  à  qui  ce  vicomte  donna  en  fief  les  tours  St  les  maifons  de  Carcaf¬ 
fonne  qu’il  avoit  confifquécs;  à  condition  de  faire  guet  St  garde  dans  cette 
ville  ,  les  uns  quatre  ,  St  les  autres  huit  mois  de  l’année  ,  St  d’y  réfi- 
der  avec  leur  famille  St  leur  vaffaux  durant  tout  ce  tems-là.  Ces  feigneurfi 
T  orne  II.  D  d  d 


N 


\ 


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An, 


1114. 


■  Stffi  Ç*re*(f. 
f.H4>0'/‘îî- 


b  Pr.  Ml 


:MJ.f.4}i. 


LXXVÏ. 

Bernard  Âton 
étend  de  nou¬ 
veau  foo  do¬ 
maine. 
dp.né. 
e  Ibid. 

*>• 4M- 


8MJ1- 


LXXVII. 
Guerre  du 
comte  de  Bar- 
celonc  &  du 
vicomte  de 
Narbonne  con¬ 
tre  le  comte  de 
Touloufc,  le 
vicomte  Bcr- 
card-Aton,  & 
l’archevëquc 
de  Narbonne. 

h  Pr.f. 415.6* 

fa¬ 
it'  4*7- 


K  Ibid. 

lxxviii. 

Mort  de  Ri" 
chard  comte 
de  Rodez.. 

1  rr.p.^oy.dr 

fa- 

V.NOTE  XLll- 
n.  7. 

mNOTE  ibid 4 


394  HISTOIRE  GENERALE 

qui  fe  qualifient  dans  l’a&e  châtelains  de  Carcaflonne ,  promirent  par  ferment 
au  vicomte  de  garder  fidellement  la  ville. 

Bemard-Aton  accorda  divers  privilèges  à  ces  châtelains ,  qui  s’engagèrent 
à  leur  tour  à  lui  faire  ho/nmage  &  à  lui  prêter  ferment  de  fidelité  :  c’eft 
ce  qui  a  donné  l’origine ,  à  ce  qu'il  paroît ,  aux  mortes-payes  de  la  cité  de 
Carcaflonne ,  iefquels  font  des  bourgeois  qui  en  ont  encore  la  garde ,  &qui 
jouiflent  pour  cela  de  diverfes  prérogatives.  Un  auteur  »  rapporte  les  cir- 
conftances  fui  vantes  de  la  foumiflion  de  Carcaflonne  à  Bernard- Aton.  Il 
prétend  »  que  les  habitans  lui  ayant  refufé  en  1 1 20.  l’entrée  de  leur  vil. 
*»  le ,  ce  vicomte  l’afliegea  d’abord  ,  &  changea  enfuite  le  fiege  en  blocus  • 
»  que  ne  pouvant  la  prendre ,  il  fe  rendit  à  Barcelone  avec  l’évêque  5  que 
»  les  habitans  ayant  député  de  leur  côté  au  comte  de  Barcelone ,  ce  prince 
>»  leur  fit  conclure  enlemble  une  paix  perpétuelle }  &  qu’enfin  les  habitans  re- 
»  çurent  le  vicomte  à  fon  retour ,  &c  lui  firent  yune  entrée  magnifique  au  mois 
d’ Août  de  l’an  1123.  après  trois  ans  de  fiege  ou  de  blocus.  Mais  tout  cela 
n’eft  fondé  que  fur  des  mémoires  incertains  qu’on  fe  contente  de  citer  en 
general.  If  paroît  au  contraire  par  les  monumens  qui  nous  reftent b ,  que  le 
comte  de  Barcelone  ne  fe  mêla  en  aucune  manière  de  la  paix  que  Bemard- 
Aton  fit  avec  les  habitans  de  Carcaflonne  ;  que  ce  vicomte  fournit  la  ville  par 
la  force ,  &c  qu’il  punit  févérement  ceux  d’entre  les  habitans  qui  ne  lui  avoient 

{•as  été  fidelles.  Quant  au  tems  de  cette  foumiflion  ,  le  plus  ancien  a&e 1  par 
equel  le  vicomte  difpofa  des  biens  des  rebelles ,  eft  du  Lundi  douzième  de 
Janvier  de  l'an  112s.  preuve  qii’il  foulât  Carcaflonne  au  moins  des  la  fin  de 
l’année  précédente.  • 

Arnaud  de  Lauran ,  l’un  de  ceux  qui  demeurèrent  fidelles  au  vicomte ,  lui 
donna  d  en  alleu  le  Lundi  24.  de  Janvier  de  l’an  nr4.  fon  château  de  Lauran  fitué 
dans  le  Minervois.  Cette  date  &la  précédente  prouvent  manifeftement  qu’on 
comptoit  alors,  du  moins  Quelquefois,  le  commencement  de  l’année  depuis 
le  premier  de  Janvier.  Bemard-Aton  reçut  aufli  en  alleu  c  en  1124.  le  ch⬠
teau  de  Senegas  en  Albigeois  de  ceux  qui  le  poffedoient.  11  avoit  donné  f  en 
112  3.  celui  d’Ornefons  dans  le  diocèfe  de  Narbonne,  à  Guillaume  de  Durban, 
pour  le  tenir  de  lui  en  fief  après  la  mort  de  Guillaume  dePignan.  U  ne  faut  pas 
confondre  cette  maifon  de  Durban  dans  le  diocèfe  de  Narbonne,  avec  une 
‘autre  de  même  nom  qui  étoit  établie  dans  le  païs  de  Foix  ,  &  de  laquelle  étoit 
Bernardde  Durban  qui  donna  g  au  mois  de  Mai  del’an  1124  .Alfonfe  étant  comte 
de  T ouloufe ,  à  l’abbaye  du  Mas  d’Afil ,  la  quatrième  partie  des  dixmesdulieu 
de  Sales  fitué  fur  la  Garonne. 

On  a  déjà  remarqué  qu’Aymeri  II.  vicomte  de  Narbonne  fe  ligua  avec 
Raymond-Berenger  III.  comte  de  Barcelone  fon  frere  utérin,  contre  Alfonfe 
comte  de  Touloufe,  &  le  vicomte  Bernard- Aton ,  &  que  l’archevêque  de 
Narbonne  embraflà  d’un  autrecôté  le  parti  de  ces  derniers.  La  guerre  entre  ces 
princes  duroit  encore  en  ii24.fuivant  un  a&e  par  lequel  ErmengauddeFabre- 
làn  dans  le  diocèfe  de  Narbonne,  &  Guillaume  fon  frere, promirent b  au  vi¬ 
comte  Bemard-Aton  ,  à  fa  femme  &  à  fes  fils  ,  de  les  aider  de  leurs  châteaux 
&  de  leuft  vaflaux  contre  Aymeri  de  Narbonne ,  fes  en  fans,  &  tous  les  fe  teneurs  de 
Narbonne ,  excepté  contre  l’archevêque ,  durant  la  guerre  qu'ils  avoient  alors  entr’eux, 
ou  qu'ils  auroient  dans  la  fuite.  Le  vicomte  Aymeri  IL  reçut  de  fon  côté  la 
même  année  * ,  le  ferment  d’un  de  fes  vaflàux  qui  promit  de  lui  être  fi- 
delle,  &  de  le  fervir  contre  tous,  excepté  contre  le  comte  Richard,  & 
de  ne  pas  lui  faire  la  guerre  avec  /’ archevêque  de  Narbonne  &  le  comte  Alfonfe. 
Le  vicomte  de  Narbonne  reçut  dans  le  «ne me  tems  quelques  autres  fermens  k 
de  fidelité. 

Le  comte  Richard ,  dont  nous  venons  de  parler  ,  n’eft  pas  diffèrent  du 
comte  de  Rodez  de  ce  nom ,  qui  par  conféquent  vivoit  encore  en  1 1 24.  Il 
prenoit 1  le  titre  de  comte  de  Rodez^en  1 1 19.  qu’il  confirma,  avec  fon  fils  Hu¬ 
gues  ,  qualifié  aufli  comte  dans  l’acte,  l’abbaye  de  faint  Vi&or  de  Marfeille  , 
dans  la  poflèflîon  de  i’églife  de  S.Amandde  Rodez  que  fon  pere  Berengerlui 
avoit  donnée  autrefois.  On  ne  trouve  plus  rien  depuis  du  comte  Richard  qui 
mourut m  avant  l’an  1 1  3  j.êc  tranfmit  à  Hugues  I.  fon  fils  unique  &  d’Adelaïde 


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DE  LANGUED  OC.  Liv.  XVI.  39* _ 

fa  femme,  les  domaines  qu’il  avoic  eus  par  fon  parcage  avec  Gilbert  fon  An.iiz4* 
frere,  &  qui  confiftoient  dans  la  moitié  de  la  vicomte  de  Carlad  fie  celle  de 
Lodeve.  Il  lui  Iailla  de  plus  le  comté  de  Rodez  qu’il  avoic  acquis  des  comtes 
de  Touloufe ,  à  condition  de  leur  en  faire  hommage.  Hugues  I.  comte  de  Ro¬ 
dez  ,  fa  femme  Ermengarde  8c  leur  fils  Raymond,  reçurent a  en  1 1 3  j.  l’hom-  * 
mage  de  Frotard  vicomte  d’Eylfene  en  Rouergue. 

La  guerre  écoic  auffi  allumée  en  1124.  dans  le  diocèfe  de  Maguelonne,  lxxix. 
entre  Bernard  comte  de  Subftantion  ou  de  Melgueil,  fie  Guillaume  VI.  fei-  comte 
gneur  de  Montpellier  Ion  beaufrere.  Ce  feigneur  y  donna  occafîon  b  en  détour-  de  SubiUntiou 
nant  l’eau  d’un  moulin  qui  appartenoit  à  un  nommé  Bernard  Guandal-  vi^jgDcur^c 
mar,  valTaldu  comte,  lequel  prie  les  interets  de  ce  valîal,  fie  s’oppofa  à  cette  Montpellier, 
entreprife.  Guillaume  voulant  éviter  toute  conteftacion  ,  le  rendit  d’abord  llasr^cnnIt,Iacl^ 
fur  les  lieux ,  accompagné  de  Bernard  d’Andufe  fie  de  plufieurs  de  fes  amis,  a.bn'eT 
&  dit  au  comte  :»  J’offre  de  vivre  avec  vous ,  comme  mes  prédecefleurs  ont«  nommez  par  le 
vécu  avec  les  vôcres;  8c  comme  vous  avez  vécu  vous-même  avec  mon  pere,  «  PbPprp.45î.d. 
fie  de  me  foumettre  à  lajufticc  de  votre  cour  ,  lorfque  j’aurai  été  fait  che-«  /«?• 
valier.  »  Sur  cetce  offre  Bernard  promit  de  demeurer  en  paix  3  mais  peu  de  7. 

tems  après  Bernard  Guandalmar  étant  forci  du  château  de  Melgueil  à  la  tête 
des  chevaliers  de  ce  comte ,  alla  infultcr  la  ville  de  Montpellier,  fie  fit  le  dé¬ 
gât  aux  environs.  Guillaume  femit  aufli-tôt  en  campagne ,  repoulïà  l’attaque^ 
fie  ayant  rencontré  le  comte,  il  le  pria  de  difeontinuer  fes  hoftilitez,  avec  offre 
de  réparer  le  dommage  qu’il  pourroit  avoir  caulé.  Guandalmar  continua  nean¬ 
moins  lès  courfes  fie  les  ravages.  Guillaume  après  avoir  fait  pour  la  paix  de 
nouvelles  tentatives  qui  ne  lui  réuiTirent  pas  mieux  que  les  premières ,  ufa  de 
reprefailles ,  alfiegea  le  château  de  Melgueil ,  l’emporta  fie  ravagea  le  domaine 
du  comte  3  ce  qui  caufa  une  extrême  delolation  dans  le  païs.  Gautier  évêque 
de  Maguelonne,  prélat  très-rcfpedabie  par  fa  pieté  8e  par  les  lumières,  ne  put 
voir  de  li  grands  maux  dans  fon  diocèlè  fans  chercher  à  y  remedier  :  ntàis 
comme  il  n’avoit  pas  allez  de  pouvoir  par  lui-même  fur  l’efprit  du  comte  de 
Subftantion  fie  du  leigneur  de  Montpellier ,  il  incerpofa  l’autorité  du  pape  Cal- 
lixte  II.  qui  le  nomma  avec  Pierre  archevêque  de  Vienne  ,  Oldegarius  arche¬ 
vêque  de  Tarragone,  Hugues  évêque  de  Grenoble  ,  8e  Arnaud  évêque  de 
Carpencras  pour  terminer  ce  différend  en  qualité  d’arbitres.  Le  pape  écrivit 
en  même  tems  au  comte  de  Subftantion  8e  au  feigneur  de  Montpellier  pour 
les  exhorter  à  s’en  rapporter  au  jugement  de  ces  prélats. 

En  conféquence  l’evêque  de  Maguelonne  8e  fes  collègues  s’étant  aflemblcz 
après  la  mort  de  Callixce  II.  dans  l’églife  de  S.  Martin  de  Crez ,  licuée  à  une 

lieue  de  Montpellier ,  ils  rendirent  une  lèntence  arbitrale  le  Samedi  9. de  Mai  de  - - 

l’an  1 1  z y .  Guillaume  de  Monpellier  fut  condamné  à  rétablir  le  lit  de  la  IIZ5* 
riviere,  qu’il  avoit  détourné  ,  8c  à  réparer  tous  les  dommages  qu’il  avoic  cau- 
fez  à  Bernard  Guandalmar  ,  fie  à  tous  les  autres  valfaux  du  comte,  qui  de  leur 
côté  furent  condamnez  à  une  femblable  réparation  envers  Guillaume  fie  fes 
valTaux.  Les  arbitres  décidèrent  enfuite  quelques  autres  différends  quietoient 
entre  le  comte  de  Subftantion  fie  le  feigneur  de  Montpellier  couchant  la  juftice , 

U  leude  oupeage,  8cc.  Quant  aux  domaines  dont  le  comte  avoit  la  proprié¬ 
té,  8c  lacomtefte  fonayeule  l’ufufruit,  il  fut  dit  que  tout  ce  que  cette  der¬ 
nière  avoit  engagé  ou  aliéné  reviendroit  à  ion  petit-fils  3  àmoins  que  ceux  qui 
étoient  en  poiTcilîon  des  biens  ne  fiflent  voir  qu’ils  les  avoienc  acquis  du 
comte  Pierre ,  ou  de  fon  fils  le  comte  Raymond ,  lorfque  ce  dernier  eut  atteint  l’aie 
de  majorité.  Les  arbitres  déclarèrent  que  Guillaume  de  Monpellier  prêteroit 
ferment  de  fidclicé  au  comte,  lorfque  celui-ci  feroit  en  poflefflon  de  fes  do¬ 
maines  après  la  mort  ou  la  ceiîîon  de  la  comteffe  (  Almodis  de  Touloufe  )  fon 
ayeule  5  à  condition  toutefois  que  le  même  comte  prouveroit  par  témoins  dignes 
de  foi, que  Guillaume  V.  feigneur  de  Monpellier  pere  du  même  Guillaume, avoit 
prêté  un  pareil  ferment ,  &  reconnu  tenir  ces  domaines  des  comtes  de  Mel¬ 
gueil  8c  de  Subftantion.  On  régla  enfin  le  poids  ficl’alloy  de  la  monnoye  de 
Melgueil  que  le  comte  feroit  fabriquer  à  l’avenir  5  après  quoi  le  comce  Ber¬ 
nard  ,  le  feigneur  de  Montpellier ,  fie  leurs  principaux  valfaux,  jurèrent  départ 
fie  d’autre  d’obferver  tous  ces  articles. 

T  orne  II.  D  d  d  ij 


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39* 


HISTOIRE  GENERALE 


d  Cartel  fer • 
praf  Mag  p. 
14U  1  -ni. 


An.  i  i  i  5 .  Gautier  évêque  de  Maguelonne  parle  de  ce  traicé  dans  une J  lettre  qu’il  écri- 
GaiKiet  évfi*  v*c  *  R-obert ,  prévôt  du  chapitre  de  Lille  en  Flandres.  «  La  paix,  lui  dit.il  dans 
que  de  Maguc-  «cette  lettre,  a  été  rétablie  par  la  grâce  de  Dieu  entre  nos  princes  ,  après 
loo  oe,  légat  «lu  „  beaucoup  de  foins  6c  de  travaux  de  notre  part ,  enforte  que  tout  le  païs 
différends  avec  ”  en  a  une  tres-erande  joie.  »  Un  cclcbre  critique b  rapporte  ces  paroles  a  la  paix 
les  feigneurs  qU}  fuC  conclue  la  même  année  entre  les  comtes  de  Touloufc  6c  de  Barcelone , 
l_e  Mompci-  &  dont  nQus  paricrons  bientôt  j  mais  comme  il  ne  paroît  pas  que  l’évêque  de 
a  Mtb.annUB.  Maguelonne  ait  eu  la  moindre  part  à  cette  derniere ,  6c  qu’il  efl  certain  qu’il  eut 
b  'eàgiïùann.  touce  1*  gloire  de  celle  qui  fuc  faite  alors  entre  le  comte  de  Subllantion  6c  le 
feigneur  de  Montpellier,  c’ell  certainement  de  celle-ci,  6c  non  pas  de  l’autre, 
que  ce  prélat  a  voulu  parler  dans  fa  lettre  au  prévôt  de  Lille. 

Gautier  fe  qualifie  légat  de  la  fa:ntc  Eçlifc  Romaine  dans  cette  lettre  5  ce  qui 
nous  donne  lieu  de  croire  que  le  pape  en  le  nommant  principal  arbitre  des  diffé¬ 
rends  qui  s’étoient  élevez  entre  le  comte  de  Mclgucil  6c  le  feigneur  de  Montpel¬ 
lier,  l’honorade  ce  titre  ,  tant  pour  donner  plus  de  poids  6c  d’autorité  au  ju¬ 
gement  qu’il  porteroitfur  cette  affaire,  qu’afin  qu’il  eut  la  préféance  furies  ar¬ 
chevêques  de  Vienne  6c  de  Tarragone,6c  les  autres  évêques  fes  collègues.  Nous 
e  Mai.  Md  voyons c  cependant  que  ce  prclat  fit  en  d’autres  occafions  les  fonctions  de  légat 
«M.UH.S.S).  ap0ft0UqUe  ,  6c  ce  fut  en  cette  qualité  qu’il  excommunia  les  religieux  de  la 
Chaife-Dieu  qui  avoient  renouvelle  leur  ancienne  querelle  contre  ceux  d’A- 
niane ,  au  fujet  de  la  dépendance  du  monafkere  de  Goudargucs  dans  le  diocèfe 
d’Ufez.  L’évêque  de  Maguelonne  eut  lui.  même  ^  quelques  différends  dans  la 
fuite  avec  le  feigneur  de  Montpellier ,  touchant  l’étendue  de  leur  domaine,  6c 
l’hommage  que  ce  feigneur  lui  devoir.  Il  paroît  qu’ils  curent  d’abord  recours 
aux  armes  pour  foûtenir  leurs  droits  :  mais  ils  s’accordèrent  enfin  êdapaix  fut 
rétablie  parmi  eux. 

Au  refte  il  y  a  lieu  de  préfumer  que  Callixte  II. ne  s’intereffà  fi  fort  au  rétabliflè- 
ment  de  la  paix  entre  le  comte  de  Subllantion  6c  le  feigneur  de  Montpellier , 
que  parce  qu’il  fe  prétendoie  fuzerain  dans  le  dioccfe  6c  le  comté  de  Maguelon¬ 
ne.  Il  femble  du  moins  que  ce  fuc  en  conféqucncc  de  cette  prétendue  liizerai- 
noté  qu’Honoré  II.  écrivit  *  l’an  1117.  à  Bernard  comte  de  Subllantion,  pour 
lui  mander  que  s’il  vouloit  mériter  la  protection  du  faine  fiege,  il  eût  à  faire 
fabriquer  la  monnoye  de  Mclgucil ,  du  même  alloy  qu’elle  ctoit  fous  le  pon¬ 
tificat  de  Callixte  Ion  prédeceilèur ,  aveedéfenfe  de  l’alccrer. 

Alfonfe-Jourdain  comte  de  Touloule  donnoit  cependant  tous  fes  foins  au 
Aifoüfc comte  gouvernement  de  fes  états.  Il  autorifa  e  en  1115.  l’engagement  que  Gaulbert 
de  Touloule  de  Fumcl,  abbé  féculier  de  Moillàc ,  fit  à  ce  monallere,  du  droit  qu’il  avoir  d’y 
d. ou' de  nom-  être  logé  6c  défrayé  deux  fois  l’an  ,  moyennant  la  fomme  de  1115.  folsmon- 
nicrimjbbc  noyé  de  Cahors  ,  dont  les  35.  pcloicnt  un  marc  d’argent.  Après  la  fouf- 
Moîllic  3  cription  dececomce  qui  approuva  &  confirma  l' engagement ,  on  voit  celle  de 
c  Roger  abbé  régulier  de  Moillàc ,  d’Emenon  de  Sabran ,  d’Engelbcrc  viguier  de 

A?-  Touloufc ,  6cc. 

Gaulbert  de  Fumel  efl  fans  doute  le  même  que  cet  abbé  chevalier f  qu’Al- 
f  fonfê  r-^pit  établi  à  Moillàc  durant  fa  minorité ,  malgré  la  renonciation  que 

les  corfctes  de  Touloule  les  prédeceilcurs  avoient  faite  auparavant  à  ce  droit. 
Ce  prince  en  eut  du  repentir  *  6c  reconnoillànt  qu’il  avoir  agi  en  cela  contre  le 
droit  &  Lijufiice,  il  fe  reconnut  coupable  devant  Amelius  évêque  de  Touloufc, 
&  Roger  abbé  de  Moillàc ,  fe  départit  folemncllement  de  cette  nomination, 
6c  déclara  qu’à  l’avenir  aucun  comte  de  Touloufc  n’en  pourroit  faire  de  fem- 
blable  fans  le  confcntement  de  l'abbé  moine  (  ou  régulier  )  de  Moillàc  ,  ôc  des 
religieux  delà  rnailon.  L’acle  n’cll  pas  daté  ,  mais  il  efl  anterieur  à  l’an  1131. 
çGill.cbr.nov.  pnïfque  Roger  n’étoit  §  plus  alors  abbé  de  Moillàc.  Il  ell  fouferit  par  Roger 
mJm comte  de  Foix, Guillaume  abbé  deLezat,6cc.Nonobflantla  nouvelle  renoncia- 
Xi’eb"io  h‘ji'  r*on  cornte  Alfonfe  ,  l’abbaye  de  Moiffac  11  eut  encore  pendant  long-tems 
lxxxh.  des  abbez  chevaliers  ou  féculiers  ,  foit  que- les  abbez  réguliers  6c  la  commu- 
11  fait  b  paix  nauté  y  ayent  confenti  conformément  àcetade,  foit  qu’ Alfonfe  6c  fes  fuccch 
avec  le  comte  y  rs  ye  foient  mis  peu  en  peine  de  tenir  leurs  promeffes. 

<le  Barcelone,  .*  1  i  , 

&  partage  b  Çe  prince  termina  enfin  en  ni  5.  les  différends  qu  il  avoir  avec  Raymond- 
Provence  avec  Bercnger  lll.comte  de  Barcelone  au  fujet  du  partage  de  la  Provence.  Ils  avoient 


•itid. 


LXXXt. 


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DE  LANGUEDOC.Liv.XVL  •  397 _ _ 

egalement  *  droit  à  cette  province,  fie  leurs  prédeceilcurs  l’avoient  poflèdée  An.iii  J. 
jufqu’alors  en  quelque  maniéré  par  indivis  :  mais  le  dernier  enavoit  envahi  la  3  v-  *or£ 
plus  grande  partie  fur  l’autre  durant  la  guerre  qui  s’étoit  élevée  entr’euxàcette  X,K* 
occalion  ,  fie  s’étoit  emparé  outre  cela  du  château  de  Beaucairc,  fit  de  la 
terre  d’Argence ,  c’eft-à-dire  de  cette  portion  du  diocèfe  d’Arles  qui  eft  en  deçà 
du  Rhône.  Ces  deux  princes  réfolus  de  vivre  en  paix  à  l’avenir,  s’abouchèrent 
en  Provence  le  16.  de  Septembre  de  la  meme  année,  fie  de  concert  avec  les 
comtelTes  leurs  époufes  ,  convinrent  du  traité  fuivant.  i°.  Raymond- Bé¬ 
renger  b  ,  la  comtellè  Douce  fa  femme,  leurs  fils  fie  leurs  filles ,  cederent  b ;-438.é' 
au  comte  Alfonfe  le  château  de  Beaucaire ,  la  terre  d’Argence ,  toute  la  partie 
de  la  Provence  qui  fe  trouvoit  entre  l’Ifere  fie  la  Durance,  ôc  enfin  le  château  de 
Valabregues  fitué  dans  uneifleduRhôneaudefl'us  de  Beaucaire,  avec  tout  ce 
que  leurs  valfaux  polTedoient  dans  ces  pais,  foit  villes ,  châteaux,  évcchcz ,  ficc» 
à  l’exception  toutefois  de  la  moitié  de  la  ville  d’Avignon ,  ôe  des  châteaux  du 
Pont  de  Sorgues,  de  Caumont  fie  de  Tor  qu’ils  fe  referverent.  i°.  Alfonfe  & 
fa  femme  F  aydi  de  cederent  de  leur  côté  au  comte  de  Barcelone,  à  fa  femme  fie 
à  leurs enfans  la  moitié  d’Avignon  fie  des  châteaux  du  Pont  de  Sorgues,  de 
Caumont ,  fie  de  Tor ,  fie  toute  la  terre  de  Provence  depuis  la  fource  de  la  Du¬ 
rance,  le  long  de  cette riviere,  jufqu’au  Rhône  fie  à  la  mer,  avec  tout  ce  que 
leurs  vaflâux  polTedoient  dans  ce  pais  5  les  villes  ,  les  châteaux ,  les  évêchez 
qui  en  dépendoient,  fiec.enforte  que  la  Durance  devoit  faire  à  l’avenir  la  fepa- 
ration  des  domaines  de  ces  deux  princes  en  Provence.  3°.Ils  s’obligèrent  mu¬ 
tuellement  de  ne  rien  aliéner,  excepté  en  faveur  de  leurs  propres  enfans,  du 
domaine  de  ce  pais ,  qu’ils  1b  fubftituerent  les  uns  aux  autres,  au  défaut  de 
pofterité.  40.  Ils  convinrent  qu’Aymeri  vicomte  de  Narbonne, qui  tenoit  au¬ 
paravant  en  fief  Beaucaire  fie  la  terre  d’Argence  du  comte  de  Barcelone  ,  les 
tiendroit  à  l’avenir  du  comte  deTouloule  jfie  que  Bernard  d’Andufclcs  tien- 
droit  lui-méme  en  fief  de  ce  vicomte  ,  qui  fut  prefent  à  ce  traité  ,  ainfi  que 
le  même  Bernard  d’Andufe,  Elzcar  d’Ufez,  Roftaing  de  Pofquiercs, fie  divers 
feigneurs  des  deux  cours.  Tel  fut  le  partage  de  l’ancien  comté  de  Provence 
entre  les  comtes  de  Touloufc  fie  de  Barcelone  ;  partage  qu’ils  firent  en  qualité 
de  defeendans  fie  d’heritiers  des  anciens  comtes  du  pais  -,  ce  qu’il  eft  à  propos 
d’éclaircir  par  quelques  réflexions. 

i°.  On  voit  d’abord  par  cet  acte0  l’étendue  qu’avoit  le  comté  de  Provence  c  v.Noïexv 
dans  le  teins  qu’il  étoit  pollèdé  par  indivis  à  la  fin  du  X.  fiecle  par  les  comtes 
Guillaume  I.  fi c  Rotbold  l'on  frere ,  de  qui  les  comtes  de  Touloufe  fie  de  Bar¬ 
celone  tiroient  leur  droit  -,  fie  que  ce  comté  étoit  borné  au  levant  par  les  Alpes,  • 
au  nord  par  l’Ifere ,  au  couchant  par  le  Rhône  ,  fie  au  midi  par  la  mer  Mediter¬ 
ranée. 

1“.  Le  droit  du  comte  de  Touloufe  fur  tout  ce  comté  devoir  être  égal  à 
celui  du  comte  de  Barcelone,  puifque  la  portion  qui  échût  à  chacun  d’eux 
avoir  à  peu  près  la  même  étendue  ;  enlorte  que  depuis  le  premier  domina  foit 
directement  foir  indirectement,  àl’exciufion  de  l’autre,  ;fur  toute  la  haute 
Provence,  fituée  entre  l’Ifere  au  nord,  les  Alpes  au  levant,  la  Durance  au 
midi,  fi:  le  Rhône  au  couchant  j  pais  qui  comprenoit  une  grande  partie 
du  diocèlè  d’Avignon  ,  avec  ceux  de  Vaifon  ,  Cavaillon ,  Carpentras ,  Oran¬ 
ge,  S.  Paul-Trois-châtcaux  ,  Valence  fie  Die.  Tous  ces  diocèfes  compofoient 
ce  qu’on  appella  depuis  le  marquifat  de  Provence,  qui  pafl'a  aux  fucceflèurs  d’Al- 
fonfe.Jourdain,  fie  que  quelques  modernes  ont  confondu  avec  le  comté  Ve- 
nailiin  qui  n’en  étoit  qu’une  portion. 

3°.  On  devroit  y  ajouter,  ce  lènible  ,  les  diocèfes  d’Apt  6c  de  Sifteron,  avec  la 
plus  grande  partie  de  ceux  de  Gap  fie  d’Embrun  ,  c’eft-à-dire  tout  le  refte 
du  pais  qui  eft  fitué  à  la  droite  de  la  Durance  vers  les  Alpes.  Mais  comme  les  <*  d  p.xote 
prédccclTeurs  du  comte  de  Barcelone  en  avoient  déjà  difpofédès  le  milieu  du 
XL  fiecle  en  faveur  de  leurs  puînez,  à  qui  ils  l’avoient  donné  en  partage,  fie  qui’ 
prirent  depuis  le  titre  de  comtes  de  Forcalquier ,  château  qui  étoit  le  chef-lieu 
de  leur  domaine ,  il  n’eft  pas  bien  certain  que  les  comtes  de  Touloufe  ayent  ac- 
qms  la  fuzeraineté  fur  tout  ce  canton  en  vertu  du  même  traité. 

U  paroît  que  les  prédccelfcurs  du  comte  de  Barcelone  ,  avoient  donné 


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An.iix;. 


LXXXItl. 
Mariage  iVAl. 
fonlc  comte 
de  Touloulc 
avec  Fay Jididc 
«TUfez.  Mort 
de  Guill  aume 
IX.  duc  d’A¬ 
quitaine,  com- 
petiteut  de  ce 
priuce. 

a  Ruffi  dtjprt, 
Jnr  les  comt.  de 
Prov.  &  de 
Venxif. 

b  V.  NOTE  L. 
».u. 

c  Chron.  ALU - 
A/V-/.UO. 


d  Chron.  Mal- 
leac.tbid. 

(judi.Milm. 

li- 

Cjosfrid.Vindoc, 

J»  s  y* 


f  Mfl.de  la  hibl, 
dit  Rot  0.7115. 


3^8  HIST.  GEN.  DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVI. 

aufïï  en  partage  aux  comtes  de  Forcalquier  leurs  cadets,  la  moitié  du  comté 
d’Avignon  -,  que  les  comtes  de  Toulouîè  s’étoient  aflùrez  entièrement  de  ce 
comté  durant  leurs  différends  pour  le  partage  de  la  Provence  -,  5c  qu’enfin  le 
comte  de  Barcelone  ne  fe  réfêrva  la  moitié  d’Avignon  ,  ôc  de  quelques  ch⬠
teaux  du  dioccfe ,  par  le  traité  dont  on  vient  de  parler ,  que  pour  rendre  ce 
domaine  aux  comtes  de  Forcalquier  qui  en  avoient  été  dépollèdez ,  5c envers 
lefquels  il  en  étoit  garant.  Ces  derniers  prirent  en  effet  depuis  la  qualité  de 
comtes  de  Forcalquier  &  d' Avignon. 

On  a  vû ailleurs  que  la  terre  d’Argence,  qui  comprenoit  la  ville  de  Beau- 
caire  avec  la  partie  du  dioccfe  d’Arles  qui  cft  en  deçà  du  Rhône ,  appartenoic 
aux  comtes  de  Touloufe,  du  moins  dès  l’an  1037.  &  que  les  vicomtes  de  Nar¬ 
bonne  la  tenoient  d’eux  en  fief:  or  comme  ceux-ci  la  tenoient  des  comtes  de  Bar¬ 
celone  avant  le  traité  de  l’an  11x5.  il  faut  que  durant  la  guerre  &  les  diffé¬ 
rends  qui  s’élevèrent  entre  Alfonfe  5c  Raymond-Berenger,  Aymeri  II.  vicomte 
de  Narbonne,  frere  utérin  du  dernier,  fie  fon  allié  dans  cette  guerre,  lui  eut 
livré  ce  pais  5c  lui  en  eut  fait  hommage.  Quant  à  Bernard  d’Andufe  qui  le  tc- 
Boit.  en  fief  des  vicomtes  de  Narbonne  ,  lui  ou  fes  ancêtres  l’avoient  aéquis 
làns  doute  par  quelque  alliance  avec  la  maifon  de  ces  vicomtes. 

6°.  La  portion  de  l’ancien  comté  de  Provence  qui  échut  par  ce  partage  au 
comte  de  Barcelone,  5c  qui  comprenoit  la  bafTe  Provence,  fut  nommée  com¬ 
munément  dans  la  fuite  comté  d’Arles  ou  de  Provence  5  Sc  ce  prince,  de  même 
que  fes  fuccefîèurs ,  prirent  indifféremment  tantôt  la  qualité  de  marquis  ou  de 
comtes  de  Provence,  5c  tantôt  celle  de  comtes  d’Arles }  au  lieu  qu’Alfonfe  5c  fes 
fuccefîèurs  ne  fe  qualifièrent  jamais  que  marquis  de  Provence,  ainfi  qu’avoient 
fait  les  comtes  de  Touloufe  fes  prédeceffeurs  depuis  Raymond  de  S.  Gilles. 

70.  Cet  a&e  prouve  qu’Alfonfe-  Jourdain  comte  de  Touloufe  étoit 
déjà  marié  dès-lors  avec  Faydide.  Plufieurs  auteurs  ont  prétendu  que  cette 
comteÏÏe  étoit  feeur  de  Douce  femme  du  comte  de  Barcelone,  ôc  que  c’eft  par 
elle  qu’Alfonfe  avoit  droit  fur  la  moitié  de  la  Provence  ;  mais  de  (çavans  criti¬ 
ques  *  ont  démontré  la  faufleté  de  cette  genealogie.  Il  efl  certain  d’ailleurs b  que 
Faydide  femme  d’Alfoniè-Jourduin,  ctoit  fille  de  Raymond-Decan  feigneur 
d’Ufez  &  de  Pofquieres.  Ce  prince  l’avoit  époufee  fans  doute  quelque  tei*s 
auparavant  durant  fon  féjour  aux  environs  du  Rhône. 

Après  ce  fameux  partage ,  Alfonfe-Jourdain ,  âgé  alors  de  u.  ans,  domina 
paifiblemcnt  fur  tous  fès  états,  qui  s’étendoient  depuis  les  deux  cotez  de  la  Ga¬ 
ronne  jufqu’aux  Alpes  ,5c  depuis  les  montagnes  d’Auvergne  jufqu’à  la  mer  Me¬ 
diterranée  5c  aux  Pyrénées.  La  mort  de  Guillaume  IX.  comte  de  Poitiers  & 
duc  d’Aquitaine ,  fon  compétiteur  au  comté  de  Touloufe,  laquelle  arriva c  le 
xo.de  Février  de  l’an  i  116.  ou  de  l’an  1127.  fuivant  notre  maniéré  décom¬ 
pter  ,  ne  contribua  pas  peu  à  l’affermir  dans  la  paifibie  poilèflion  de  tous  ces 
domaines. 

Ce  duc  laiflà  à  fa  mort  trois  fils  5c  cinq  filles  de  Philippe  de  Touloufe  fa  fécon¬ 
dé  femme,fçavoir  Guillaume  X.qui  lui  fucceda  dans  le  comte  de  Poitou ,  5c  dans 
les  duchez  d’Aquitaine  6c  de  GafcognCjRaymond  qui  devint  dans  la  fuite  prince 
d’Antioche,  5c  Henri  qui  fut  religieux  de  Cluni.  Les  deux  premiers  etoient 
nez  à  Touloufe,  ainfi  qu’on  l’a  déjà  remarqué.  Guillaume  IX.fut^un  prince  qui 
fe  rendit  également  célébré  5c  par  fes  vices  5c  par  fes  vertus.  Son  amour  excef- 
fif  pour  les  femmes  le  précipita  entr’autres  dans  des  défordres  qui  deshono¬ 
rent  fa  mémoire.  Du  refte  il  étoit  brave,  bien  fait ,  fpirituel,  poli,  gracieux, 
enjoué  5c  d’une  converfation  fort  agréable.  N  ous  avons  parlé  ailleurs  de  fon  ta¬ 
lent  poûr  la  poefie  Provençale  dont  il  fut  un  des  premiers  inventeurs.Un  auteur 
f  quiversle  milieu  du  XIII.  fiecle  a  recueilli  les  ouvrages  des  poëtes  Proven¬ 
çaux  qui  l’avoient  précédé, 5c  auxquels  il  a  joint  un  abrégé  de  leur  vie, qua¬ 
lifie  le  comte  de  Poitiers  bon  troubadour ,  &  bon  chevalier  d'armes ,  5 C  ajoute  que 
ce  prince  courut  long-tcms  le  monde  pour  tromper  les  dames.  Guillaume  eft  repre- 
fenté  dans  la  vignette  du  manuferit  de  cet  auteur  portant  un  aigle  en  fes  armes. 
Il  fut  inhumé  dans  l’abbaye  de  Moutier-neuf  de  Poitiers  qu’il  avoit  fondée. 


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HISTOIRE 

GENERALE 

DE 


LANGUEDOC 

LIVRE  DIX-SEPTIÈME. 

Lfonse-Jourdain  comte  de Touloufe ,  ayant 
fait  fa  paix  avec  le  comte  de  Barcelone, réfolut  d’entre¬ 
prendre  un  pèlerinage  qui  dans  ces  fiecies  étoit  fort  à  la 
mode, même  parmi  les  plus  grands  princes.C’étoit  celui 
de  S.Jacques  en  Galice  ou  il  alla  en  i  r  i  y  accompagné 
d’Anielius  évêque  de  Touloufe  ».  Après  fon  retour  il 
refhtua  •>  le  Samedi  24.  d’Avril  de  l’an  1 1 16.  à  l’églife 
de  S.  Sernin  les  biens  que  le  comte  Raymond  fon  pere 
avoit  donnez  à  cette  églife  dans  le  tems  de  fa  con- 
,  fécration  par  le  pape  Urbain  II.  &  que  le  comte  Ber¬ 
trand  Ion*  frère  avo.t  ufurpez.  L’acle  eft  foufcrit  par  le  même  Amelius,  par 
Raymond  abbe  de  S.  ^ernin ,  &c.  F 

Alfonfe  fit  un  voyage  dans  fes  états  de  Provence  la  même  année  rué  & 
je  rendu  a  Orange  -  au  mois  de  Septembre.  Berenger  évêque  de  cette  ville  lui 
demanda  alors,  du  confentement  de  Tiburge fille  &  heritiere  de  Raymbaud 
comte  de  cette  ville, la  refticution  de  quelques  domaines  que  fon  églife  avoir  pof- 
edez  avant  la  guerre  &  la  deflruHion  de  fa  cathédrale  ,  entr’autres  du  cloître  de 


AcV.V  Je- 


An.iii  ji 
1. 

Alfonfe  comcc 
de  Touloufe 
va  cp  pèlerina¬ 
ge  à $. Jacques 
eu  Galice.  ïl 
cienr  un  plaid 
en  Provence. 
Comtes  d’O* 
rançre- 

a  Cnttl  me  m. 
b  temt*  p.  i  S  rf. 

1126. 


cG4li.chr.nov. 
tl.ro.i  injlr.p. 

li'— 


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A  N.l  1 1  6. 


•  Prxccptum.. 
&  annuli  no* 
Ori/îgillo  mu- 
nirijuiiimus. 


•KPr.;.î  37. 


bGMll.chr.ibiJ. 
Wjlr.p.  1 10. 


I  I. 

Libcralitez 
d‘ Al  tonie  en¬ 
vers  les  eglifes 
dcTouloulc.il 
ell  garaml  de 
la  paixentre  le 
conuc  de  Bar¬ 
celone  &  les 
Génois. 

1 1 2  7-' 

c  Catel  mtm. 
d  Pr.p. 43.^ 

H' 

cDia?.cond.dt 
Barcei.  /.  t, 
c,  10?. 


400  HISTOIRE  GENERALE 

S.FIorent  d’Orange, d’un  étang  voifm  que  la  comtciïc  mere'de  Kaymbaudavoit 
donné  à  ce  monalterc  ,  Se  enfin  de  la  maifon  épifcopalc  ,  Se  de  l’ancien  pa¬ 
lais  fitué  devant  la  même  cathédrale.  Alfonfe  trouvant  que  cette  demande 
foufFroît  quelque  difficulté,  différa  de  lalui  accorder,  &  tint  un  plaid  au  Pont  de 
Sorgues,  où  il  examina,  avec  fes  barons,  les  titres  Se  la  dépofition  des  témoins:  on 
vérifia  qu’Udalric  évêque  d’Orangc  avoir  pofledé  le  cloître  de  S.  Florcntavec 
l’étang  voifîn  ;  qu’après  la  mort  de  ce  prélat  la  comteflè  Adélaïde  avoit  refti- 
tué  par  fon  tellament  la  maifon  épifcopale  qu’elle  avoit  ufurpée  -y  Se  qu’elle 
avoit  fait  donation  d’une  condamine ,  du confentement  de  fon  fils  Raymbaud, 
d  l’abbaye  de  S.  Florent.  Après  cet  examen ,  Alfonfe  qui  dans  l’adte  fe  quali¬ 
fie  comte  dcT  oulov.fc  Çj-  marquis  de  Provence, adjugea  tous  ces  biens  d  la  cathédrale 
de  faintc  Marie  Se  à  l’abbaye  de  S.  Florent  d’Orange ,  leur  céda  tous  les  droits 
qu’il  pouvoir  y  prétendre,  mit  ces  eglifes  fous  la  protection  fpeciale  ,  Se  fit 
pour  celaexpedier  un  diplôme  *  qu'il  jit  feederde  fon  fceau  ,  afin  de  lui  donner 
plus  d’autorité.  La  charte,  dans  laquelle  ce  comte  le  lert  à  peu  près  des  mêmes 
termes  que  norois  dans  les  leurs,  clt  datée  d’Orange  le  S.  de  Septembre  de- 
l’an  in  6.  la  féconde  année  du  roi  Lothaire  empereur  d’ Allemagne  ,  Se  fouferite 
par  Raymond  de  Barjac  ,  Ripert  de  Caderoulfe ,  Roftaing  de  Milon,  Se  Pierre- 
Guillaume  deMornas,  qui  lont,  à  ce  qu’il  paroît,  les  principaux  barons  qui 
afiillcrent  Alfonfe  dans  ce  jugement.Gausfred  abbé  de  S.  Florent  d’Orange, 
Se  plufieurs  autres  perfonnes  de  confideration  y  fouferivirent  aulîi.  C’eft  un 
des  plus  anciens  monumens  où  les  comtes  de  Touloufe  faflcnt  mention  de 
leur  fceau ,  qui  étoit  fans  doute  chargé  de  la  croix  pomettée  qu’ils  pûrtoient 
dans  leurs  armes,  Alfonfe  peut  l’avoir  prife  après  Raymond  de  S.  Gilles 
fon  pere,  qui  à  cç  qu’il  paroît ,  fe  fervoit  aulfi  d’un  fceau a  en  iocjy.pourfceller 
fes  actes. 

Au  relie  cette  charte  prouve  évidemment  la  fuzeraineté  des  coinces  de  Tou¬ 
loufe  lur  la  partie  de  la  Provence  fituée  entre  l’ilerc  6c  la  Durance  -,  car  la 
ville  d’Orange  avoit  des  comtes  particuliers ,  comme  il  paroît  par  le  meme 
acte.  Tiburge  alors  hcriticre  de  ce  comté,  étoit  fille  de  Raymbaud  II.  du 
nom,  qui  luivit  Raymond  de  S.  Gilles  à  la  Terre- fainte,  &c  mourut  durant 
cetce  expédition.  Raymbaud  II.  avoit  fuccedé  à  Bertrand  comte  d’Orange fa 
fon  pere,  qui  vivoit  fous  le  pontificat  d’Alexandre  II.  Sc  qui  l’avoit  eu  d’Adc- 
laïde  fa  femme.  Enfin  Bertrand  étoit  fils  de  Raymbaud  I.  comte  d’Orange. 
Tibprge  fille  &  hcriticre  de  Raymbaud  II.  époula  dans  la  fuite  Guillaume 
d’Omelas  frere  de  Guillaume  VI.  feigneur  de  Montpellier,  &  porta  par  ce  ma¬ 
riage  le  comté  d’Orange  dans  la  maifon  de  ce  feigneur. 

Alfonfe  étant  de  retour  à  Touloufe  y  donna  deux  chartes  l’année  fuivante. 
Par  la  première  il  fait  une  donation  cà  l’églife  de  S.  Sernin  ,  &  confirme  par 
l’autre,  qui  efl datée  d  du  mois  de  Juillet,  la  fondation  du  prieuré  ou  mona- 
flere  de  S.  Antoine  de  Touloufe  que  fes  prcdecellèufs  avoient  fait  bâtir  hors 
des  murs  près  le  chateau  Narbonnois  ,  fous  la  dépendance  de  l’abbaye  de  Lczat. 
Alfonfe  fit  fcellcr  de  fon  fceau  cette  derniere  charte ,  qui  cil  loufcrite  par 
Pierre  [on  chapelain  &■  fon  chancelier ,  êc  dans  lequclle  il  fe  qualifie  par  la  grâce 
de  Dieu  comte  de  T ouloufc ,  duc  de  Narbonne  d"  marquis  de  Provence. 

Raymond-Berenger  III.  comte  de  Barcelone  avoit  alors  un  différend  avec 
les  Génois  au  fujet  du  droit  que  dévoient  payer  leurs  bàtimcns  qui  abor- 
doient  dans  les  ports  de  Provence  &  de  Catalogne.  Ce  prince,  Se  la  com. 
telle  Douce  fa  femme  convinrent 1  enfin  le  18.de  Novembre  de  l’an  1117.  d’un 
traité  de  paix  Scde  commerce  avec  ces  peuples,  qui  donnèrent  pour  leurs  gu- 
rands  Alfonfe  comte deTouloufe ,  Aymeri  vicomte  de Nai bonne,  Sc  les  ha- 
bitans  de  Montpellier.  Le  comte  Scia  comtdïè  de  Barcelone  donnèrent  pour 
les  leurs  aux  Génois  les  évêques  de  Fréjus  Scd’Antibe.  Il  cil  marqué  dans  un 
article  de  ce  traité  que  les  vaillèaux  Génois  jouiroient  du  même  privilège  que 
ceux  de  Montpellier,  Sc  qu’ils  payeroient  un  pareil  droit  dans  les  ports  du 
comte  de  Barcelone.  Les  feigneurs  de  Montpellier  avoient  fansdoute  mérité  ce 
privilège  par  les  fèrvices  importans  qu’ils  avoient  rendus  aux  comtes  de 
Barcelone,  durant  leurs  guerres  contre  les  Maures.  Il  paroît  d’ailleurs  que 

lia  v  ni  on  d- 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVII.  401 

Raymond-Berengcr  III.  fut  toujours  très-uni  avec  Guillaume  VI.  feigneur  de 
Montpellier. 

11  reftoit  encore  entre  ce  dernier  &  Bernard  IV.  comte  de  Melgucil  ou  de 
Subftantion  ,  quelques  différends  qu’ils  terminèrent  au  mois  de  Juillet  de  l’an 
iiz8.  Lecomte  par  le  nouveau  traite  •*  qu’il  fit  avec  Guillaume  s’engage  i°.De 
ne  point  faire  fabriquer  de  la  monnoye  à  Melgueil,  fans  le  confentement  de 
ce  feigneur  &  de  fes  valfaux ,  que  conformément  à  t’alloy  &au  poids  marquez 
dans  l’acte.  i°.  Il  déclaré  que  s’il  laillè  des  enfans  après  fa  mort,  le  même 
Guillaume ,  &  lès  fuccdfeurs  ,  auront  leqr  baillée  ou  tutelle  j  fqavoir  des  mâles 
jufqu’à  ce  qu’ils  foient  parvenus  à  l’ordre  de  chevalerie  ,  &:  qu’ils  foient  en 
état  de  gouverner  leur  domaine  par  eux-mêmes  5  &  des  filles ,  jufqu’à  ce 
qu’elles  ayent  atteint  l’âge  nubile.  30.  Enfin  Bernard  le  dcfilte  de  toutes  les 
demandes  qu’il  failbit  à  Guillaume ,  à  la  réferve  des  articles  qui  avoient  été 
reglez  par  l’archevêque  deTarragone  &c  l’évêque  de  Maguelonne,  &  lui  laillè 
entr’autres  le  château  de  Montferrier.  Le  feigneur  de  Montpellier  fè  défifta  de 
fon  côté  des  demandes  qu’il  faifoit  au  comte,  &  lui  prêta  en  confideration  de  cet 
accord,  la  fomme  de  1 3  000.  fols  Melgoriens  que  ce  dernier  promit  de  lui  payer 
des  premiers  deniers  qui  proviendroient  de  la  moitié  du  droit  qu’il  avoir  fur 
la  monnoye  ;  enforte  que  de  douze  deniers  qu’il  prenoit  par  livre,  Guillau¬ 
me  en  auroit  fix  jufqu’à  l’entier  payement  de  cette  fomme.  L’aéte  fut  pafTé 
en  prefence  de  Decan  de  Pofquieres,  Bernard  d’Andufe,  Bertrand  de  Lunel- 
vieil ,  Arnaud  d’Omelas ,  Aymeri  écuyer  de  Decan,  &c.  Bertrand  de  Lunel 
étoit  fans  doute  parent  de  Raymond. Pons  de  Lunel  dont  il  eft  fait  mention 
dans  una&e  b  de  l’an  1127.  palfe  en  prefence  d’Aymar  de  Montlaur. 

Guillaume  de  Montpellier  fit-'  peu  de  tems  après,  avec  Guillaume  d’Orne, 
las  fon  frere,  un  voyage  à  la  Terre-iainte,  d’où  il  rapporta  diverfes  reliques.  Ces 
deux feigneurs  étoient  de  retour  de  ce  pellerinage  en  1 1  29.  Le  dernier  futpre- 
fent  alors  au  contrat  d  de  mariage  d’Arnaud  d’Omelas  fon  vaffal ,  avec  Sibylle 
fille  de  feu  Pierre  d’Obilion  }  il  marque  en  fouferivantà  cet  aàe,  qu'il  ctoit 
revenu  la  même  année  de  Jcrufalem.  Sibylle  e'poufa  Arnaud  d’Omelas  du 
confeil  de  Pierre  d’Obilion  fon  oncle  paternel ,  de  fes  autres  parens ,  en¬ 
tr’autres  de  Pierre  évêque  deLodcve,  &  de  Guillaume  Raynon  de  Caylar, 
&  de  la  plus  grande  partie  des  chevaliers  de  Melgueil,  parmi  lefquels  dix  eau 
donnèrent  pour  clic,  &c  dix  autres  pour  fon  mari. 

Le  feigneur  de  Montpellier  époula  lui-même  au  mois  d’Août  del’an  1 129. 
une  dame  appellée  Sibylle,  que  quelques  auteurs  dilent  fans  fondement  fille 
du  roi  de  Jcrufalem  :  d’autres  prétendent c  qu’elle  étoit  native  d’Aragon  ou  de 
Catalogne,  êccoufinede  Pons  de  Mataplane.  Il  eft  vrai  (  que  Guillaume  VI. 
feigneur  de  Montpellier  appelle  ce  dernier  fon  coufin  dans  fon  teftament  :  mais 
cela  ne  prouve  nullement  que  Sibylle  fa  femme  fut  de  cette  famille  ,  6c  cela 
devroit  plutôt  s’entendre  d’Ermeilinde  fa  mere.  Quoi  qu’il  en  foit,  Guillau¬ 
me  par  fon  contrat  de  mariage  avec  Sibylle  lui  g  alligna  pour  fon  douaire  le 
château  de  Montferrier,  avec  quelques  autres  villages,  entr’autres  celui  de 
Subftantion  ,  &£  yoo.  fols  Melgoriens  de  rente,  pour  en  jouir  après  fa  mort, 
outre  la  fomme  de  1000c.  fols  dont  il  lui  permit  de  difpofer.  Il  promit  de 
lui  donner  mille  fols  Melgoriens  tous  le  ans  pendant  qu’il  vivroit,  &  de  ne 
la  répudier  que  par  un  jujie  jugement.  Quarante  chevaliers  jurèrent  l’obferva- 
tion  de  tous  ces  articles.  Arnaud  archevêque  de  Narbonne  ,  Bernard  arche¬ 
vêque  d’Arles ,  les  évêques  Raymond  de  Maguelonne,  Bernard  (ou  plutôt 
Bermond  ).  de  Béziers ,  £t  Pierre  de  Lodeve  entre  les  ecclefiaftiques  }  Ber¬ 
nard  d’Andufe,  Guillaume  d’Omelas  frere  du  feigneur  de  Montpellier,  De- 
can  de  Pofquieres,  8c  plufieurs  autres  feigneurs  fcculiers  furent  prefens  au  con¬ 
trat  de  mariage. 

Raymond  avoir  fuccedé  depuis  peu  à  Gautier  évêque  de  Maguelonne, 
qui  fiegeoit  b  encore  au  mois  de  Mai  de  la  même  année.  On  fait  un  grand 
éloge  de  ce  dernier ,  que  quelques-uns  ‘  ont  confondu  avec  Gautier  de  Ca¬ 
rillon  poëte  célébré  du  XIII.  fiecle.  On  loue  fur  tout  fa  pieté  ,  là  fageflè  , 
fa  fcience  ,  fon  éloquence  ,  &:  le  foin  qu’il  eut  de  réparer  fon  églife  &  d’en 
entretenir  les  bâtimens.  Il  cil  marqué  dans  fon  épitaphe  qu’il  fut  inhumé 
Tome  IJ.  Eee 


An.i 


ht. 

Différends  St 
paix  cotre  Ber¬ 
nard  IV. conue 
dcMelguciLSc 
Guillaume  VL 
feigneur  de 
Montpellier. 
aPr.f.44J*6* 

H- 


b  Trejcr  dit 
ch  Art.  Toulouft 
Jac  i.n.u 
IV. 

Voyage  de 
Guillaume  Ici- 

gncurdcMooe- 
jurllier  &  de 
fon  fierc  à  la 
Terre  laintc. 
Mariage  du 
premier. 

I  H9. 

c  (Jaritl  Jer, 
prdf.  Magal.f. 
lil.l.ed. 

d  Sptcil.  to.  9. 
P- U»-  &im* 

C  V.(Uriel  id. 
de  Mont p  p  147. 
f  Spteil. to. 9. p* 


g  Vr.p,^%.& 

J‘î- 


Y. 

Evoques  de 
Maguelonne. 

h  c  %  xr  tel  jer, 
prtj.Mag.p.nx. 

&j*W- 
i  V  i  a  J 

Ann.uoi.n.i  j. 


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An.  1119 

a  GAr.ibid. 
G  ail.  chr>to.  $ 

H  67 


b  Gtr.ibid.p 
16  7-&fiw 
GalLchr.ibid . 


VI. 

XIII.  Concile 
de  Narbonne. 
c  ?r.p.  447.  (y* 

Jeï 


À  P r.MtS. 


VII. 

Le  vicomrc 
I3cruar«i- Aron 
partage  les  do  - 
maincs  à  (es 
fils  par  fonder, 
nier  tcltamcQC. 
Sa  mort, 
c  44-é' 

H- 

f/-.4io.  6*Aî- 

J'i' 


. 401  HISTOIRE,  GENERALE 

•  dans  le  même  endroic  que  Godefroy  fou  prédecefleur  ÔC  fon  maître.  Oit 
conclut 1  de  là  qu’il  mourut  à  la  Terre-fainte ,  &  qu’il  fut  inhumé  au  château 
du  Mont-Pelerin  :  mais  nous  avons  fait  voir  ailleurs  qu’il  eft  faux  que  Gode¬ 
froy  foit  mort  au-delà  de  lamer:ainfi  Gautier  fon  fuccefleur  aura  etc  inhu¬ 
mé  avec  lui  à  Maguelonne. 

•  On  prétend  b  que  Raymond  fuccefleur  de  Gautier  étoit  de  la  maifon  de$ 
feigneurs  de  Montpellier  ôc  doyen  de  Pofquieres.  On  ajoute  que  Bernard  comte 
de  Melgueil,  foûtenu  de  Guillaume  feigneur  de  Montpellier,  s’oppofa  à  l’é- 
leâion  de  ce  prélat,  fous  prétexte  du  droit  qu’il  tenoit  de  fes  ancêtres  de 
nommer  les  évêques ,  ôc  qu’ayant  mis  des  troupes  fur  pied ,  il  ravagea  les 
biens  de  l’évêché.  On  rapporte  en  preuve  de  tous  ces  faits  une  charte  par 
laquelle  i°.  Bernard  comte  de  Melgueil ,  pour  réparer  le  dommage  qu'il  avoit 
tarifé  injustement  à  îéglife  de  Maguelonne  dans  le  tems  de  l'élection  de  Raymond , 
s’oblige  tant  pour  lui-même  ,  qu’au  nom  de  ceux  qui  apres  lui  auroient-le 
château  de  Melgueil,  de  donner  tous  les  ans  un  repas  à  tous  leshabitans  de 
Maguelonne.  a0.  Il  reftitue  aux  chanoines  de  Maguelonne ,  en  conféquence 
d’un  jugement  porté  par  Pons  de  Montlaur  ôc  quelques  autres  arbitres,  les 
droits  qu’il  avoit  ufurpez  fur  l’étang  entre  les  rivières  de  Lez  ôc  de  l’Amauf- 
fon.  3®.  II  promet  de  protéger  l’églife  de  Maguelonne  ,  ce  que  la  comteflè 
Guillemctte  fa  femme  approuva  ôc  confirma.  Mais  on  ne  peut  inferer  de  cet 
acte,  finon  que  Bernard  comte  de  Melgueil  caufa  quelque  dommage  à  l’églife 
de  Maguelonne  dans  le  tems  que  Raymond  en  fut  élu  evêque,  fans  qu’on  en 
fçache  le  véritable  motif  5  ôc  ce  n’eft  que  par  conjecture  qu’on  pourroie  dire 
que  ce  fut  pour  faire  valoir  le  droic  que  fes  prédecefleurs  prétendoient 
à  la  nomination  à  l’évêché.  Quant  à  la  circonftance  qu’on  ajoute  ,  que 
Guillaume  de  Montpellier  l’aida  à  commettre  tous  ces  défordres ,  il  n’en  eft 
rien  dit  dans  l’acte.  Nous  voyons  au  contraire  par  le  contrat  de  mariage  de 
ce  feigneur  avec  Sibylle  qu’il  vivoit  en  bonne  intelligence  avec  Raymond 
nouvel  évêque  de  Maguelonne  des  le  commencement  de  l’épifcopat  de  ce 
prélat. 

Arnaud  archevêque  de  Narbonne  ,  qui  fut  prefent  à  ce  contrat  de  ma- 
riage,  avoit  tenu  dans  fa  ville  métropolitaine  au  mois  de  Mars  précédentcun 
concile  de  fa  province ,  auquel  les  evèques  Bermond  de  Beziers ,  Aldebert 
d’Agde ,  &  Arnaud  de  Carcailonne  avoient  alîifté.  Il  confirma  dans  ce  concile 
la  donation  faite  parDalmace  fon  prédecefleur  aux  chanoines  réguliers  de  la 
cathédrale,  de  l’églife  de  S.  Jean  d’Oveillan.  Ce  prélat,  qui  fc  qualifie  légat  da 
f.ùnt  jiege  dans  l’aéte  de  cette  confirmation  d  ,  étoit  en  grande  vénération  dans 
tout  le  pais ,  fuivant  la  lettre  que  les  religieux  de  S.  Chignan  lui  écrivirent 
vers  ce  tems-là ,  après  la  mort  d’Ermengaud  leur  abbé,  pour  lui  demander 
la  confirmation  de  celui  qu’ils  avoient  clu  en  la  place. 

Arnaud  évêque  de  Carcatlonne  fe  trouva  prelent  à  un  échange  que  le 
vicomte  Bernard- Aton,  Cecile  fa  femme  êc  leurs  fils  firent  vers  le  même  rems 
avec  Bernard  abbé  ôc  les  religieux  de  Cadres.  Par  cet  acte  e  les  derniers 
donnèrent  au  vicomte  le  village  d’Afloal  dans  leTouloufain  ,  à  la  réferve  de 
l’églife  ôc  des  droits  ecclefialfciques ,  6c  reçurent  en  échange  l'alleu  de  Sais  en 
Albigeois ,  où  on  a  bâti  depuis  une  très-belle  chartrcufe.  C’efl  un  des  derniers 
actes  de  Bernard-Aton ,  qui  étoit  alors  dans  un  âge  avancé.  Ce  vicomte  s’étant 
rendu  quelque  tems  après  à  Nifmes ,  y  fut  atteint  en  1119.  d’une  maladie  mor¬ 
telle,  ce  qui  l’engagea  à  mettre  ordre  à  fes  affaires.  Il  fit  un  teftament f,  ÔC 
changea  une  partie  des  difpofitions  d’un  autre  qu’il  avoit  fait  g  en  mS.Par  celui 
de  l’an  1119.  il  donne  à  Roger  fon  fils  aîné  les  vicomtez  de  Carcaiïonne,  deRa- 
fezêcd’Albi,  avec  tout  ce  qui  dépendoit  du  domaine  de  Carcaflonne  dans  le 
Narbonnois ,  excepté  le  château  de  CefTenon.  Il  lui  donne  aulîî  toutes  les 
terres  qu’il  poffedoit  en  qualité  de  feigneur  d’Ambialet  ou  de  vicomte  d’Albi, 
dans  le  Rouerge  6c  le  Narbonnois.  Il  légué  à  RaymondTrencavel  fon  fécond 
fils  les  vicomtez  de  Beziers  6c  d’Agde ,  le  château  de  Ceflènon  avec  fes  dé¬ 
pendances  ,  6c  tous  les  fiefs  que  le  feigneur  d’Andufe  tenoit  du  domaine  de 
Beziers.  Il  difpofe  en  faveur  de  Bernard-Aton  fon  troifiéme  fils,  de  la  vicomté 
de  Nifmes,  &  du  fief  du  comte  de  Melgueil  dans  le  pais  de  Subftantion.  Il 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVIÎ. 


charge  Roger  de  marier  fa  fœur  Pagane ,  de  l’avis  de  fa  mere,  &  de  fes  tarons,  An.i  i  2?. 
de  la  doter  fur  les  domaines  dont  il  difpoloic  en  fà  faveur ,  en  confédération  de 
ce  qu’il  augmencoit  fon  partage,  6c  de  payer  ce  qu’il  devoir  à  Mathelinef'on 
•  autre  fœur  }  il  fubftitue  enfin  les  fils  l’un  à  l’autre.  L’acte  fut  paflc  en  prefenec 
de  la  vicomteflë  Cecile  fà  femme ,  de  Raymond-Decan  de  Pofquieres ,  6cc. 

On  vient  de  voir  que  Bernard-Aton  laiflà  trois  fils  aufquels  il  partagea  fes 
domaines.  Le  troifieme  n’eft  pas  nommé  dans  le  teftament  que  ce  vicomte 
fît  en  ni  S.  fans  doute  parce  qu’il  le  deftinoit  alors  à  l’état  ecclefiaftique  ou 
à  la  religion.  Quant  à  fes  filles,  outre  les  deux  qu’il  nomme,  6c  dont  l’une 
avoir  époufé  en  110  y.  Guillaume-Arnaud  de  Beziers,  6c  l’autre  n’etoit  pas 
encore  mariée,  il  en  eut  au  moins  encore  deux  autres,  dont  il  ne  dit  rien 
dans  fon  teftament ,  fçavoir  Ermengarde  furnommée  Trencavelle,  qui  avoit 
époufé  en  1110.  Gausfred  comte  de  Rouflillon  ,  6c  Ermeffinde  mariée  en  1121. 
à  Roftaing  de  Pofquieres.  Un  hiftoricn  moderne  a  en  parlant  des  enfans  de  1  Bai*x..*uv. 
Bernard-Aton,  ne  dit  rien  de  Roger,  ôc  mec  à  fa  place  un  prétendu  Pierre. 

11  met  aufïï  au  nombre  des  filles  de  ce  vicomte,  Beatrix  femme  de  Ray¬ 
mond  VI.  comte  de  Touloufe,  mais  celle-ci  étoit  petite-fille  de  Bernard-Aton 
par  Raymond  Trencavel  fon  fils ,  6c  non  pas  fa  fille. 

Bernard-Aton  mourut  a  N ifines  peu  de  tems  après  avoir  fait  ce  teftament, 

&à  ce  qu’il  parole  au  commencement  de  l’an  1130.  On  voit  par  cet  acte  l>  v.vr.p.xu 
qu  outre  les  vicomtez  d’Albi  6c  de  Nifnies  dont  il  fut  le  quatrième  vicomte 
de  fon  nom  ,6c  qu  il  tenoic  de  fes  ancêtres  paternels ,  il  poflëdoit  encore  1  } 
alors  celles  de  Carcaflonne,  de  Rafez  ,  de  Beziers  6c  d’Agde  dont  il  avoir 
hérité  d  Ermengarde  de  Carcaflonne  fa  mere  ,  6c  diverfes  terres  en  differens 
pais.  Il  avoit  augmenté  confîderablement  ces  domaines  par  fon  économie  6c 
Ia  fagefle  de  fon  gouvernement ,  &  avoit  fait  de  nouvelles  acquifitions  les  der¬ 
nières  années  de  fa  vie.  Il  acquit  entr’aiitres c  en  1125.  deux  parties  du  fief  de  cf,f 
CauvifTon  dans  le  diocèfe  de  Nifines.  II  renonçai  peu  près  vers  a  le  même  </« 

tems ,  conjointement  avec  Cécile  fà  femme,  6c  fes  trois  fils, en  faveur  des  [ * v,llt 
habitans  de  cette  ville ,  aux  qucjlcs  &  toltcs  qu’il  levoic  fur  eux ,  pour  la  fomme  d‘  S‘j”“s' 
de  mille  fols  Melgoriens  Enfin  Roland  de  Bilan  lui  remit  au  mois  d'Avril  de  6  frM+4, 
lan  1127.  tous  les  fiefs  qu’il  tenoit  de  lui ,  6c  en  particulier  la  tour  de  Beziers 
avec  fes  dépendances.  *  • 

On  a  remarqué  ailleurs  que  les  vicomtes  de  Minerve  fè  rcconnoifîoient  vaf-  vicomtes  de 
faux  du  vicomte  Bernard-Aton.  Guillaume  de  Minerve  donna  f  eneffetley.  Ml"crvc- 
de  Mars  de  l’an  1126.  à  ce  vicomte  6c  à  lès  enfans,  les  châteaux  de  Lauran 
&  d  Olargues  dans  le  Narbonnois,  6c  les  reprit  enfuitede  lui  en  fief,  pour 
tenir  le  premier  après  la  mort  du  même  Bernard-Aton,  de  celui  de  fes  fils  qui 
auroit  la  ville  de  Carcaflonne,  6c  l’autre  de  celui  à  qui  il  lailïëroit  le  ch⬠
teau  dAmbialet.  Le  lendemain  Guillaume  donna ,  en  cas  qu’il  vînt  à  décéder 
fans  enfans ,  au  même  vicomte,  à  fa  femme,  6c  à  fès  trois  fils  ,  les  biens 
qu  il  pofledoit  à  Minerve  &  à  AfïIIan,  excepté  cependant  les  châteaux  que 
fes  chevaliers  tenoient  de  lui  en  fief ,  6c  qu’ils  tiendroient  dans  la  fuite  de 
Bernard-Aton. 

Ce  Guillaume  de  Minerve fe  dit  ?  fils  d’Agnès:  mais  nous  ignorons  le  nom  de  ZPr-Hofi 
fon  pere.  Il  nous  paroît  cependant  qu’il  étoit  fils  puîné  de  Bernard  vicomte  de 
Minerve  qui  vivoit 11  en  1122. 6c  en  112  5.6c  qui  fut  probablement  pere  du  vicomte 
Berenger.Ce  dernier  fit  fon  teftament  ‘  en  1 13  y.  6c  choifit  par  cet  acte  fa  fépul- 
^ans  l’églife  de  S.  Etienne  de  Minerve,  où  il  fit  une  fondation  confide- 
rablé.  Il  fit  auili  des  legs  aux  églifes  des  châteaux  de  S. Martin  de  Beaufort  6c 
de  Peyriac  dont  il  étoit  feigneur.  Pierre  autre  vicomte  k  de  Minerve  ,  qui  vi- 
voiten  1146.  ôc  qui  étoit  fans  doute  fon  fils ,  partagea  cette  vicomté  avec  Guil¬ 
laume  dont  on  a  déjà  parlé.  Celui-ci  renonça  1  en  114  j. avec  fa  femme  Garfinde 
Scieurs  fils,  Pons,  Bernard,  Guillaume,  Pierre  6c  Berengcr,  à  la  dépouille 
des  chapelains  de  l’églife  de  S.  Etienne  de  Minerve  qui  viendroient  d  décéder. 

En  conféquence  du  teftament  de  Bernard-Aton ,  Roger  fon  fils  aîné  fut 
vicomte  de  Carcaflonne  ,  de  Rafez  ,  6c  d’Ambialet  ou  d’Albi  :  mais  il  prie  Uoioo  <ks 
p  us  communément  le  {impie  titre  de  Roger  de  Beziers.  Raymond  fon  fécond  ^ois  viW.trs 
fils  prit  le  fumom  de  Trencavel ,  6c  fut  vicomte  de  Beziers  6c  d’Agde.  Enfin  Ber-  BeinarJ* 
Tom  il.  Eec  ij 


h  Catclmcvu 
1  Ïr-P  479.& 

H 


kM'8- 
U  Jo?. 


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An.ii3o. 


a  Pr.f.it. 


€  Ibid* 


X. 

I/aînc  (cligne 
avccRogci  111. 

comte  île  Foix. 
Alfonl’e  comte 
de  Toulouic 
leur  accor  ic  fa 
protection. 
dPr.p.451-6' 

M' 


tlbid. 


XL 

Cecile  mere 
des  trois  vi¬ 
comtes  prend 
radminitha- 
tion  de  leurs 
domaiucs. 
gP/'.p.4j4- 


XII. 

Nouvel  accord 
entre  Bernard 
comte  de  Mel¬ 
gueil  &  Guil¬ 
laume  de 
Montpellier. 

h 

Ht 


404  HISTOIRE  GENERALE 

nard-Aton  le  troifiéme  fut  le  cinquième  vicomte  de  Nifmes  de  Ton  nom. 
On  pourroit  croire  qu’il  rencontra  d’abord  quelque  difficulté  de  la  part  des 
habitans  de  Nifmes,  lorfqu’il  prit  polTeffion  de  la  vicomté  de  cette  ville.  Il  eft 
marqué  en  effet  dans  une  ancienne  chronique1  que  le  château  de  Nifmes  fut 
afliegé  en  113c.  mais  nous  ignorons  les  circonftances  &  le  véritable  motif  de 
ce  fiege.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai ,  c’eft  que  ces  trois  freres  vécurent  toujours  très- 
unis.  Les  deux  premiers  peu  de  tems  après  la  mort  de  leur  pere,  paflèrentun 
accord  b  par  lequel  ils  confirmèrent  fon  teftament ,  fe  fubftituerenc  leur  do¬ 
maine  ,  &  promirent  de  s’entr’aider  envers  tous  &  contre  tous ,  excepté 
contre  Cecile  leur  mere.  Chacun  fit  jurer  en  même  tems  par  dix  de  fes 
principaux  vaflàux  l’obfcrvation  de  ce  traité  ,  qui  eft  fouferit  par  la  vicom- 
teffe  leur  mere ,  Berenger  de  Ventajon  abbé  de  S.  Aphrodife  de  Bcziers ,  Ber¬ 
nard  de  Canet  fon  frere ,  &c. 

Ces  deux  vicomtes  fe  promirent c  encore  par  un  nouveaufcrmentle23.de 
Février  de  l’an  1130.  de  défendre  le  domaine  l’un  de  l’autre  pendant  cinq 
ans,  à  compter  depuis  la  fête  de  Pâques  prochaine,  contre  leurs  ennemis 
communs ,  &  de  ne  pas  faire  la  paix  avec  eux  lans  le  confentement  de  l’un  &  de 
l’autre,  &  celui  de  leur  mere.  Dix-fept  chevaliers  ou  gentilshommes  ,entr’au- 
tres  Roftaing  de  Pofquieres  leur  beau-frere ,  &  Guillaume  de  Minerve, firent 
ferment  en  même  tems  par  leur  ordre,  d’abandonner  celui  des  deux  qui  en- 
fraindroit  l’accord ,  &  de  tourner  leurs  armes  contre  lui.  Guillaume  de  Mont- 
pellier,  Bernard  d’Andufe  ,  le  comte  cLcFoix ,  Gausfred  comte  de  Rouffillon 
beau-frere  des  deux  vicomtes ,  Ôc  plufieurs  autres  feigneurs  furent  prelèns  i 
cet  acte. 

On  voit  par  là  que  Roger  II  f.  comte  de  Foix  vécut  en  bonne  intelligence 
avec  les  fils  de  Bernard-Aton.  Il  fit  ferment d  vers  le  même  tems  aux  deux  aî- 
nez  de  les  protéger  ,  &  s’unit  plus  particulièrement  avec  le  vicomte  Roger , 
par  un  ferment  mutuel  de  s’entr’aider  envers  tous  &  contre  tous ,  excepté 
contre  le  comte  de  Touloufe.  Le  comte  de  Foix  promit  de  plus  au  vicomte 
Roger  de  lui  faire  prêter  le  même  ferment  par  fes  enfans ,  lorfquils  feroient 
parvenus  à  un  âge  competant.  Roger  de  Bcziers  promit  de  fon  côté  au  comte  de 
Foix  que  lorsqu'il  auroit  des  enfans ,  &.  qu’ils  feroient  en  âge ,  ils  lui  feroient  un 
pareil  ferment.  •  * 

La  protection  qu’Alfonfe-Jourdain  comte  de  Touloufe  accorda  aux  trois  fils 
de  Bernard-Aton,  peu  de  tems  après  la  mort  de  ce  dernier,  contribua  auflî 
fans  doute  à  les  maintenir  dans  la  paifible  poffelîion  de  leurs  domaines.  Il  leur 
promit  par  ferment  f  de  les  laiffer  jouir  en  paix  de  leurs  villes  ,  bourgs  & 
châteaux ,  8c  de  ne  leur  caufer  aucun  dommage  ,  à  moins  qu’ils  ne  fe  fifTent 
la  guerre  l’un  contre  l’autre.  Aifonfe  fit  cette  promefîe  en  prefence  de  Ray¬ 
mond  de  Baux  ,  Roftaing  de  Pofquieres  ,  Guillaume-Hugues  de  Monreil , 
Roftaing  deSabran,  Elzearde  Caftries ,  Pierre-Bermond  de^  Sauve,  Aymeri 
de  Narbonne,  &c. 

II  paroît  que  Cecile  de  Provence  mere  des  trois  vicomtes  établit  fa  réfi- 
dence  après  la  mort  de  fon  mari ,  au  château  de  Ceffcnon  dont  elle  dévoie 
avoir  la  jouillance,  &  qu’elle  prit  l’adminiftration  de  tous  leurs  domaines, 
conformément  au  teftament  de  Bernard-Aton  leurpere  de  l’an  ni 8.  Nous 
voyons  en  effet  qu’elle  reçut  non-feulement  le  ferment  de  fidelité  ë  pour  ce 
château  ,  mais  encore  conjointement  avec  Roger  &  Raymond  fes  fils  pour  ceux 
de  Rafcz,  Scc.  Hugues  de  Saiflac  promit  autîi  à  la  meme  vicomteffe  &  à  fon 
fils  Roger  de  ne  pas  leur  faire  la  guerre  moyennant  la  fomme  de  mille  fols 
Mclgoriens  neufs  ,  &  cent  fols  Hugonens  qu’ils  lui  donnèrent. 

Cette  monnoye  neuve  de  Melgueil  fut  fabriquée  en  1130.  en  conféquencè 
d’un  nouvel  accord 11  que  Bernard  comte  de  Melgueil ,  &  Guillaume  de  Mont¬ 
pellier  fon  beaufrere,  paiïerent  enfembleau  mois  d’Avril  de  la  même  annce.Par 
cet  acte  i°.  Bernard  donne  en  fief  à  Guillaume  &  à  fês  fuccefTeurs ,  feigneurs 
ou  dames  de  Montpellier ,  3.  deniers  pour  livre  fur  la  monnoye  de  Melgueil ,  tant 
à  caufe  qu’il  l’avoit  affoiblie,  qu’en  reconnoiflance  de  ia  fomme  de  dix-huit 
mille  fols  Melgoriens  que  ce  fêigneur  luiavoic  donnez.  iQ.  Il  réglé  l’alloy  &Ie 
poids  de  la  monnoye  qu’il  fera  fabriquer  à  l’avenir.  30.  Il  déclare  qu’en  cas 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVII.  4o; 

que  les  enfans  qu’il  pourroic  laiflèr  en  mourant  ne  fulTent  pas/dans  un  âge  An.ii3<3’ 
à  pouvoir  fe  gouverner  par  eux-mêmes  ,  ils  feroicnt  fous  la  tutelle  de  Guil¬ 
laume  6c  de  les  fuccelleurs  ,  qui  feraient  chargez  de  l’adminiftration  de  la 
monnoye&du  château  de  Melgueil ,  du  comte  de  Subftantion ,  6c  enfin  de 
tout  fon  domaine,  jufqu’à  ce  que  les  mâles  fullènt  faits  chevaliers,  6c  que 
les  filles  fulTent  mariées  de  l’avis  du  même  Guillaume  6c  de  les  fuccelleurs. 

4°.  Il  promet  en  cas  que  quelqu’un  des  cinquante  otages  ou  cautions  qu’il 
donne  à  ce  leigneur  pour  la  fureté  de  cet  accord  vînt  à  mourir ,  d’en  lùb- 
flitucr  un  autre  à  fa  place  ;  à  condition  que  les  fuccelleurs  de  Guillaume  lui 
prêteront  le  même  ferment  que  ce  dernier  lui  avoir  prêté.  Il  ordonne  en  même 
tems  aux  comtes  &  aux  comteffes  de  Melgueil  qui  lui  fuccederont ,  de  faire  de 
leur  côté  aux  feigneurs  de  Montpellier  le  même  ferment  qu’il  avoir  fait  i 
Guillaume.  Ces  deux  fermens  font- à  la  fuite  de  l’accord.  Guillaume  promet 
par  le  fien  à  Bernard  de  ne  pas  contrefaire  la  monnove  de  Melgueil  5  &c  ce 
comte  promet  à  Guillaume  de  le  faire  jouir  des  crois  deniers  pour  livre  qu’il 
lui  avoir  donnez  fur  cette  monnoye.  La  comtelle  Guillelmete  femme  de  Ber¬ 
nard  6c  foeur  de  Guillaume  ratifia  tous  ces  actes  ,  qui  furent  paflèz  en  pre- 
fence  de  divers  feigneurs ,  &  d’Arnaud  archevêque  de  Narbonne ,  qui  les  con¬ 
firma  par  ordre  d'innocent  II. 

Ce  pape  fe  trouvoic  alors  en  France,  où  il  avoir  etc  obligé  de  fe  réfugier.  xKL 
Il  avoic  été  élû  le  1 5.  de  Février  de  l’an  1130.  par  la  plus  faine  partie  des  Airivtcdu 
cardinaux,  après  la  mort  d’Honoré  II.  fon  prédeccflcur.  D’un  autre  côté  ‘^pro¬ 
ie  cardinal  Pierre  de  Leon  qui  prit  le  nom  d’Anaclec  II.  ayant  été  du  par  le  vince.Fîufùm* 
refte  du  facré  college,  il  fe  forma  deux  partis  dans  Rome  en  faveur  des  deux 
contendans  à  la  papauté.  Celui  d’Anaclet  prévalut,  6c  Innocent  fuc  oblige  de  Rdédj-.e.^  ca 
fortirde  cette  ville.Celui-ci  s’embarqua  ■  fur  deux  galeres  qu’il  trouva  fur  leTi-  ‘trl  ^c"f con* 
bre  j  &  après  s’être  arrêté  quelques  jours  à  fon  paflage  à  Piîl*  6c  à  Genes,  il  abor-  2  A  Minnoc.il 
da  enfin  à  S.  Gilles  furie  Rhône.  Il  fe  rendit  de  là  à  Arles  6c  à  Avignon  ,  &  *?»**”•».•* 
envoya  auffi-tôt  divers  légats  au  roi  Louis  le  Gros,  &  aux  grands  valfaux  du 
royaume ,  pour  les  porter  à  le  rcconnoître  comme  canoniquement  élu.  l- 1  r* 

Si  nous  en  croyons  un  moderne1,  Innocent  aborda  d’abord  à  Maguelonne,  b  c ««>//«■. 
d’où  il  fe  rendit  à  S.  Gilles  :  mais  cet  auteur  ne  donne  aucune  preuve  de  ce  Uai- 
fait.  Il  ajoute  que  Guillaume  fèigneur  de  Montpellier  n’eut  pas  plutôt  appris  '7°" 
l’arrivée  du  pape ,  qu’il  alla  au  devant  de  lui  pour  lui  offrir  les  fervices ,  ce 
qui  eft  allez  vraifemblable.  Nous  avons  en  effet  -  un  bref  d’innocent  II.  adref-  c 
fe  à  Guillaume  ôc  daté  d’Avignon  le  24.  de  Mars  ,  la  première  année  de  fon  pon¬ 
tificat ,  par  lequel  après  avoir  loué  ce  feigneur  de  fon  dévouement  envers  le 
faint  fiege ,  6c  envers  lui-même  ,  il  le  met  avec  la  ville  de  Montpellier  ,  6c 
tout  fon  domaine,  fous  fa  prote&ion,  6c  le  qualifie  chevalier  fpecial  de  faint 
Pierre*.  On  voit  encore  l’union  qui  étoit  entre  Innocent  II.  6c  Guillaume,  *  Ac  fpeci.iicm 
par  quelques  autres  lettres  de  ce  pape,  entr 'autres  par  celle  d  qu’il  lui  adreffa  &  Pcunnih. 
de  S.  Germain  le 


rem. 
d 


c  P  Agi  sd 

Atw.i  ijo^.34. 


te  ir.  de  Septembre  fuivant,  pour  le  prier  comme  fon  propre  fils 
fpirituel  &  de  faint  Pierre ,  d’agir  pour  les  intérêts  de  l’églifê  Romaine ,  avec 
promeffe  de  conferver  une  éternelle  reconnoiffance  de  fes  fervices.  Ces  let¬ 
tres  prouvent ,  i°.  Que  Guillaume  de  Montpellier  fut  un  des  premiers  fei¬ 
gneurs  du  royaume  qui  reconnut  Innocent  II.  6c  qu’il  s’employa  pour  le  faire 
reconnoître  dans  le  pais.  i°.  Que  ce  pape  arriva  en  France  bien  plutôt  qu’on 
ne  l’avoit  crde  jufqu’ici:  on  vient  de  voir  en  effet  qu’il  étoit  à  Avignon 
dès  le  14.  de  Mars  de  l’an  1130.  trente-neuf  jours  après  fon  élection.  &  )6m 

Les  légats  qu’innocent  avoir  envoyez  au  roi  Louis  le  Gros ,  &  dans  les 
diverfes  provinces  de  France  ,  lui  attirèrent  beaucoup  de  partifans.  Le  roi 
ayant  convoqué  à  ce  fujec  un  concile  à  Etampes  vers  le  mois  d’Avril f  de  la  mê-  ( 
me  année,  ce  prince  fe  déclara  en  fa  faveur  avec  toute  l’aflèmblée.  Anaclet  de 
fon  côté  fe  donna  de  grands  mouvemens  pour  prévenir  les  François ,  6c  en¬ 
voya  d’abord  un  légat  au  roi,  6c  un  auïre  en  Aquitaine.  Il  feflatoit  d’autant 
plus  de  trouver  de  la  protection  en  France,  qu’outre  qu’il  y  avoir  été  élevé, 

&  avoit  pris  l’habit  monaftique  à  Cluni ,  il  s’étoit  fait  beaucoup  d’amis  du¬ 
rant  la  légation  qu’il  avoit  exercée  en  diverfes  provinces  du  royaume,  &en  v,Ar”»iph-s*- 
particulierg  danslaNarbonnoife  6c  l’Aquitaine}  mais  tous  fes  foins  eurent  fort  1‘ 


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_ 406  HISTOIRE  GENERALE 

AN.1130.  peu  de  fuccès.  On  prétend  qu’il  avoir  mené  une  vie  très-déreglée  dans 
ces  provinces,  &  Tes  adverlaircs  lui  reprocheront  entr’autres  le  fcandale  qu’il 
avoit  caulé  alors  par  fes  débauches  à  Montpellier  &  aux  environs.  Innocent 
avoit  au  contraire  des  mœurs  très-pures,  ce  qui  ne  contribua  pas  peu  à  lui 
gagner  les  cœurs.  AulTi  tout  le  royaume  fe  déclara-t.il  bientôt  pour  lui ,  à  la 
rélerve  d’une  partie  de  l’Aquitaine  que  Gérard  évêque  d’Angoulême,  hom¬ 
me  ambitieux  &c  débauché  ,  attira  au  parti  d’Anaciet,  qui  le  créa  Ion  légat 
fur  cinq  provinces  de  France.  Tous  les  efforts  de  Gérard  en  faveur  de  l’an¬ 
tipape  auroienc  abouti  cependant  à  peu  de  chofe.,  fi  Guillaume  X.  duc d’A- 
■quitaine  n’avoit  eu  le  malheur  de  fe  laiflèr  féduire  par  cet  évêque.  On  a 
déjà  vu  qu’Arnaud  archevêque  de  Narbonne  reconnoiffoit  déjà  Innocent 
au  mois  d’Avrilde  l'an  1130.  &  ce  fut  fans  doute  par  reconnoiilance,  que  ce 
pape  le  confirma  dans  la  fonction  de  légat  du  faînt  fiege  dès  le  commen¬ 
cement  de  fon  pontificat ,  comme  il  paroît  par  divers  monumens. 

Xiv-  ^  S.  Hugues  évêque  de  Grenoble  fut  au/fi  un  des  plus  zelez  partifans  d’In- 
I>uy  &  JcCic"  n°cent.  Quoiqu’iiffirme  2  &  extrêmement  âgé  ,  il  fe  fit  porter  au  Puy  ,  où  il 
moût.  afiifta  à  un  concile  qu’on  y  tint  dans  le  même  rems  qu’on  tenoit  celui  d’E> 
saûttt'Jfrü'.  tamPes  >  &  dans  lequel  les  évêques  des  provinces  méridionales  du  royaume 
r.  144.  reconnurent  unanimement  ce  pape  ,  êc  excommunièrent  Anaclet.  Un  hiflo- 
b Damci hiji.de  rjen  b  moderne  ajoute  qu’innocent  II.  affilia  en  perfonneau  concile  du  Puv- 
c  Baron. ib/ii.  mais  ce  pape  etoïc  encore  alors  a  c  Avignon.  Il  le  rendit  de  cette  ville  à 
v-p*i‘  *dann.  yi viers  ôc  de  là  au  Puy  où  il  n’arriva  qu’après  la  tenue  du  concile.  Il  partit 
1130.».*;.  enfu;ce  pGur  la  Bourgogne  ,  &  demeura  onze  jours  dans  l’abbaye  de  Cluni 
d  PagiiUa.  dont  ilconfacra  d  l’églifeà  la  mi-Oclobre.  Il  revint  en  Aquitaine  &préfidaau 
”'i7’  concile  de  Clermont  en  Auvergne  qui  fut  tenu  au  mois  de  Novembre  de  la 
même  année. 

e Baluz. mife.  Huit  archevêques c  de  France ,  entr’autres  Guillaume  de  Bourges ,  Etienne 
*" '*'*'■  7*‘  de  Vienne ,  Arnaud  de  Narbonne  8c  Guillaume  d’Auch ,  affifferent  au  concile 


de  Clermont,  avec  leurs  fuffraçans  y  ce  qui  nous  donne  lieu  d’inferer  que  tous 
les'évêques  de  là  province  s’y  rendirent -.nous  fqavons du  moins  qu’Humbert 
évêque  du  Puy  s’y  trouva.  Tous  les  prélats  du  concile  promirent  obéifTance 
f  cnteimem.  à  Innocent,  êcdreflèrent  13.  canons.  Aycard  { prévôt  de  S.  Etienne  de  Tou- 
]oufe  qUi  y  afllfta  ,  avoit  réfolu  d’y  porter  fes  plaintes  contre  l’union  qui 
avoit  été  faite  long-tems  auparavant ,  de  l’eglife  ou  monaftere  de  la  Dau¬ 
rade  à  l’ordre  de  Cluni  ,  au  préjudice  du  droit  que  les  chanoines  de  la  cathé¬ 
drale  prétendoient  fur  cette  eglifè  ;  mais  l’archevêque  d’Auch  le  détourna  de 
ce  deflèin  ,  &  il  fe  contenta  de  s’adreffer  à  Pierre  le  Vénérable  abbé  de  Cluni 
qui  etoit  prefent  ,  &  qui  en  qualité  de  fuperieur  médiat  du  monaflere  de  la 
Daurade ,  écrivit  à  Roger  abbe  de  Moiffac  pour  le  charger  du  foin  d’accommo¬ 
der  cette  affaire. 

xv.  Humbert  évêque  du  Puy  avoit  fuccedé  i  depuis  peu  à  Pons  Maurice  ou  de 
de  Montboiffier.  Ce  dernier  eut  beaucoup  à  fouffrir  h  de  la  part  du  peuple  & 
g  y.  note  des  principaux  de  fon  diocèfe  qui  lui  difputerent  les  droits  de  fon  eglifè,  & 
xxvm.n.ii.  excitèrent  une  cruelle  guerre  dans  le  pais.  Pons  ayant  eu  enfin  le  bonheur  de 
fïqPr  9'  ^  Ie  pacifier,  entreprit  le  voyage  dejerufalem  où  il  employa  deux  ans& demi. 

A  fon  retour  il  fut  attaqué  d’une  longue  maladie  qui  le  mina  infenfiblementj 
enforte  qu’après  avoir  demeuré  deux  mois  au  Puy,  s’étant  fait  tranfportcr 
à  Montboiffier  en  Auvergne  dans  le  patrimoine  de  fa  famille,  il  y  mourut 
le  20.  d’Avril  de  l’an  1128.  Son  corps  fut  inhumé  dans  l’abbaye  de  la  Cluile- 
Dieu. 

Innocent  II.  étoit  encore  le  29.  de  Novembre  de  l’an  1130.  à  Clermonr, 
i  Pr.j>.v9.  d’où  il  écrivit  »  alors  aux  évêques  Raymond  de  Maguelonne  ,  B.  de  Béziers, 
P.  deLodeve,  Jean  deNifmes,  ôc  Raymond  èlù  d’Agde,  en  faveur  de  Pierre 
abbé  d’Aniane  &  de  fes  religieux ,  au  fujet  d’un  domeitique  de  cette  abbaye 
que  quelques  chevaliers  des  diocèfes  de  ces  prélats  avoient  tué.  Cebrefnous 
kca/i.ehr.te.i.  donne  l’époque  de  l’élection  de  Raymond  évêque  d’Agde,  qui  fucceda  à 
rto.9ip.%7o.&  Aldebert.  Raymond  étoit k  de  la  mailon  de  Montrond  ou  Montredon  dans 
fit-  le  diocèfe  de  Nifmes.  Scs  parens  l’avoient  offert  1  dans  fa  jeuneffe  à  la  cathe- 

\p,'r-  cluH'  drale  de  cette  ville  où  il  embraiîà  l’inllitut  des  chanoines  réguliers.  U  fut 


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DE  LANGUEDOC  Liv.  XVII, 


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enfuice  archidiacre  »  d’Agde,6c  parvint  enfin  à  l’évêché  de  cette  ville.  11  fut  An. ii  30» 
élu  archevêque  d’Arles  à  la  fin  de  l’an  1141.6c  mourut  en  u  5  j.  a/>M ?f. 

.  Raymond-Berenger  III.  comte  de  Barcelone  fut  atteint  au  mois  de  juillet  Xvl- 
de  l’an  1130.  d’une  maladie  mortelle.  Ce  prince  qui  avoic  étendu  confiée-  Bc 

rablement  fes  domaines  ,  en  fit  le  partage  entre  les  deux  fils  le  8.  de  ce  mois  «*»ce  de  Bar. 
par  un  teftament,  fui  van  t  lequel  b  il  nomme  pour  fes  exécuteurs  teftamen-  “^domailTs' 
taires  Aymeri  II.  vicomte  de  Narbonne  fon  frere  utérin  ,  l’archevêque  de  qu-iiavoicdans 
Tarragone  ,  les  évêques  de  Gironnc  6c  d’Aufonne ,  ôchuitde  les  principaux  1t^p1I°sv^scec“' 
valfaux.  Il  donne  à  Raymond-Berenger  fon  fils  aîné  ,  qui  fut  le  lv.  de  fon  h AUre.Hfa 
nom  ,  les  comtez  de  Barcelone  6c  de  Tarragone,  avec  tout  ce  qu’il  polIèdoitful7l-d’/,î' 
dans  les  marches  d'Efpagne  ■>  fçavoir  les  comtcz  6c  evêchez  d’Aufonne  6c  de 
Gironne  $  la  domination  ou  fuzeraineté  qu’il  avoir  fur  Pierrelatte  5  les  comtez 
de  Belâlu,  de  Valcfpir  ,  de  Fenouilledes,  de  Pierrc-pcrtufe ,  de  Cerdagne  6c 
&  de  Confiant  5  le  comté  6c  l’évêché  de  Carcalîonne,  6c  enfin  le  comté  de 
.RafezSc  toutes  leurs  dépendances.  Il  laillc  à  Bérenger- Raymond  fon  fils  puîné 
le  comté  de  Provence ,  avec  tout  ce  qu’il  poffedoit  dans  ce  pais ,  foit  archevê- 
chcz ,  foit  évêchez ,  abbayes ,  ôcc.  tout  le  domaine  qu’il  avoit  dans  leRouer- 
gue,  le  Gevaudan,  6c  le  pais  de  Carlad  avec  fes  dépendances  ,les  villes ,  arche- 
vêchez,  évêchez  ,  êcc.  à  condition  qu’il  mariera  honorablement  fes  fœurs , 
de  l’avis  des  archevêques,  des  évêques,  6c  des  grands  *  de  Provence,  llfub-  *Magost,im» 
ftituc  fes  deux  fils  l’un  à  l’autre  ,  6c  déclare  invalide  l’alienation  qu’ils  pour- 
roient  faire  de  leurs  domaines  avant  que  d’avoir  atteint  l’âge  de  15.  ans.  Il 
veut  enfin  que  fi  fes  deux  filles  de  Cafiille  &  de  Foix  reviennent  dans  fes  états 
apres  la  mort  de  leurs  maris ,  fon  fils  aîné  les  marie  6c  les  dote  de  fon  propre 
bien ,  avec  le  confeil  de  fes  principaux  valfaux  ;  6c  qu’en  attendant ,  celle  de 
Caftille  fa  fie  fon  léjour  à  Lagoftere  ,  6:  celle  de  Foix  à  Rives.  Il  fubftitue  enfin 
la  première  à  l’aîné  de  fes  deux  fils  ,  fuppofé  que  le  puîné  vînt  à  déceder* 

6c  toutes  les  autres  filles  conjointement,  à  ce  dernier. 

Six  jours  après  Raymond-Berenger  III.  par  un  acte c  dans  lequel  il  fe  qua-  cD ing.mt.ü 
lifte  comte  &  marquis  de  Barcelone  &  de  Provence ,  s’offrit  pour  chevalier  aux  Ë*Zaaîn.coiL 
frere  s  de  fainte  Marie  du  temple  de  Salomon  ,  entre  les  mains  d’Hugues  Rigaldi  •mphfto. 
l’un  d’entr’eux.  Il  promit  de  leur  rendre  obcïffance,  de  vivre  fans  propre 
fous  leur  Ordre  -,  enlorte  qu’il  embrafia  desdors  Tinflitut  des  Templiers.  Il  leur 
donna ,  du  confcncemcnt  de  fon  fils  Raymond  ,  un  château  fur  la  frontière  des 
Sarafins ,  prononça  fes  vœux  ,  6c  pria  les  confrères  de  lui  accorder  après  là 
mort  le  même  lècours  qu’ils  donnoicnt  à  leurs  autres  freres.  Cet  acte  eft  fouf* 
crit  comme  le  teftament  précédent,  par  Aymeri  II.  vicomte  de  Narbonne.  Le 
comte  de  Barcelone  ne  Survécut  pas  long-tems  à  fa  profelfion  ,  6c  mourut  à 
la  fin  du  même  mois  de  Juillet  âgé  de 48.  ans,  après  s’être  -1  rendu  célébré  d Marc.tï'fr. 
par  la  fageife  de  fon  gouvernement  ,  fa  pieté,  fa  generofité  6c  les  exploits^491'^4*’ 
contre  les  Maures  d’Efpagne.  11  fut  inhumé,  comme  il  l’avoit  ordonné  par 
fon  teftament,  dans e  l’abbaye  de  Riupoll.  Le  vicomte  de  Narbonne  fon  frere 
demeura  quelque  teins  fà  Barcelone  après  fa  mort ,  pour  faire  exécuter  fa  der-  1  D‘**  ,b,d' 
niere  volonté. 

Raymond-Bercnger  lll.difpofa  donc  en  faveur  de  fon  fils  aîné ,  d’une  partie 
des  domaines  qu’il  poffedoit  dans  la  province ,  6c  en  deçà  des  P  yrenées  5  fçavoir 
des  comtez  de  Carcaflbnne,  de  Râlez  6c  de  Fenouilledes ,  6c  du  pais  de  Pierre- 
pertufe.On  doit  y  ajouter  le  Capcir  6c  le  Donazan  qui  dépendoient  des  comtez 
de  Befalu  6c  de  Cerdagne  dont  il  dilpofa  aufîi  en  fa  faveur.  On  voit  en  effet  par 
le  teftament  de  ce  prince,  qu’il  dominoit  fur  Formiguera  chef-lieu  du  Capcir  t 
mais  il  n’eft  pas  également  certain  qu’il  eut  alors  quelque  autorité  dans  les 
-comtez  de  Carcalîonne  6c  de  Ralèz.  Il  paroît  au  contraire  que  le  vicomte 
Bernard-Aton ,  6c  fon  fils  Roger  après  lui,  jouirent  pendant  très-long-tcms 
de  ces  deux  pais  fans  aucune  dépendance  des  comtes  de  Barcelone,  llcftdu 
moins  certain  qu’ils  en  polTederent  tout  le  domaine  utile. 

Quant  à  Berenger-Raymond  fils  puîné  de  Raymond-Berenger  I II.  fon 
partage  comprenoit  outre  le  comté  d’Arles  ou  de  Provence  ,  la  vicomté 
de  Milhaud  en  Rouergue  ,  celle  de  Grezcs  ou  de  Gevaudan ,  6c  une  partie  de 
celle  de  Carlad  en  Auvergne  *  c’eft-à.dire  cous  les  pais  que  Douce  de  Milhaud 


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An. ii  30. 

t  Pr.p.+u.fjp 

M- 


XVII. 
Roger  III. 
•Comte  de  Foix 
^pouûXimcQC 
fille  de  Ray- 
moud  Bcicu- 
gct  II  K.  comte 
de  Barcelone. 
Vicomtes  de 
Saulr. 

b  V.Psgisd 

Ann.1119.rj.19. 

c  V.Mârc.  Htfp. 


d  Angi  h  ijl. 
je».  tê.}-p- 
343- 

c  Pr.f. 461. 


(  Pr.p.f  09. 


XVIII. 
'Lecomte  Al- 

fonfe-JourJaio 
lient  un  plaid 
à  Touloufc. 

g  r.  SOIE 
L ■  ».  1  o. 


h  SOTEibid. 


\  Prp. UÎ-& 

f‘1- 


408  HISTOIRE  GENERALE 

fécondé  femme  de  ce  dernier  }  lui  avoir  apportez  en  mariage.  Nous  compre¬ 
nons  que  cette  princeffe  étoit  alors  decedée  ,  parle  lîlence  que  le  comte  de  Bar¬ 
celone  fon  mari  garde  fur  elle  dans  fon  teftament.  Ils  avoient  donné  3  en  fief  au 
mois  d’Avril  de  l’an  1126.  conjointement  avec  leurs  fils  Raymond  8c  Be- 
xenger ,  le  château  de  Randon  en  Gevaudan  ,  ôc  le  fief  de  Guillaume  de 
Peyre,  à  Garin  8c  Odilon  leurs  vaffaux.  Ces  deux  feigneurs,  qui  à  ce  qu’il 
parole  étoient  freres ,  ont  donné  l’origine  à  la  maifon  de  Châteauneuf  de 
Randon,  l’une  des.plus  illuftres  de  la  province ,  laquelle  fe  partagea  dans  la 
fuite  dans  les  différentes  branches  d’Apchier ,  de  Tournel ,  de  Joyeufe  ,&c. 

Raymond-Berenger  III.  comte  de  Barcelone  ne  marque  pas  dans  fon 
teftament,  le  nom  d’aucune  de  fes  filles.  Il  fe  contente  de  parler  d’elles  en  ge¬ 
neral  8c  d’infinuer  qu’il  y  en  avoit  alors  deux  de  mariées ,  l’une  au  roi  de  Ca- 
ftiüe ,  6c  l’autre  au  comte  de  Foix.  Nous  fçavons  d’ailleurs  le  nom  de  ces 
deux  dernieres.  La  première  s’appelloit  Berengere ,  8c  avoit  époufé  en  1 1 24. 
Alfonfe  Vll.roi  de b  Caftille  8c  de  Leon.Divcrs  auteurs  ont  avancé  que  l’autre  le 
nommoit  Cecile,  6c  qu’elle  fut  mariée  à  Roger-Bernard  comte  de  Foix,  mais  ils 
fe  trompent  également  fur  le  nom  de  l’un  8c  l'autre.  Il  eft  certain  en  effet  que 
la  feule  comtelfe  de  Foix  qui  vivoit  dans  le  tems  du  teftament  de  Raymond- 
Berenger  III.  comte  de  Barcelone ,  s’appelloit c  Ximene  ou  Chimen» ,  8c  qu’elle 
étoit  femme  de  Roger  III.  comte  deFoix.  Lecomte  de  Barcelone  l’avoit  eue 
de  Marie  Rodriguez  fa  première  femme,  8c  non  pas  de  Douce  de  Milhaud 
ou  de  Provence,  comme  un  gencalogifte  d  moderne  le  prétend:  en  voici  la 
preuve. 

Roger  III.  comte  de  Foix  dota  Braidimede  fa  fille,  femme  de  Guillaume 
dlAlone  par  un  aétecdumois  de  Mars  de  l'an  1 1  j  1 . -c’cft-à-dire  au  plus  tard 
du  commencement  de  l’an  1132.  fuivant  notre  maniéré  de  compter,  8c  non 
pas  de  l’an  1162.  comme  le  même  auteur  l’a  avancé.  Braidimene  de  Foix  ne 
peut  avoir  été  petite-fille  de  Douce  comtefle  de  Barcelone ,  puilque  celle-ci  ne 
fe  maria  qu’en  1112.  Il  faut  donc  que  la  comtelfe  Ximene  mere  de  Braidi¬ 
mene  fut  fille  de  Marie  Rodriguez  première  femme  de  Raymond-Berenger  III. 
comte  de  Barcelone  ,  6c  que  le  comte  de  Foix  l’eût  époufée  vers  l’an  11  iS. 
Quelques  auteurs  Efpagnols  ont  prétendu  faulfement  qu’Ermengarde  femme 
d’Aymeri  II.  vicomte  de  Narbonne  étoit  fille  du  même  comte  de  Barcelone. 
Du  refte  Guillaume  d' Alone  mari  de  Braidimene  de  Foix,  n’cft  pas  different 
de  Guillaume  d' A lanïan  vicomte  de  Sault ,  petit  pais  qui  faifoitanciennement 
partie  du  Rafez,  6c  qui  dépend  aujourd’hui  dudiocèfe  d’Alet.  Ce  Guillaume 
eut  un  neveu  nommé  Udalgcr  fils  de  fa  fœur  Gile,  lequel  lui  céda  (  en  1145. 
moyennant  un  cheval  du  prix  de  deux  cent  fols  de  Carcaffonne ,  toutes  les 
prétentions  fur  l’heredité  de  fa  mere ,  tant  dans  le  Territoire  de  Niort,  que 
dans  le  refte  du  pais  de  Sault. 

Divers  modernes  ont  avancé  g  que  Guillaume  X.  duc  d’Aquitaine  fît  la 
guerre  en  1130. à  Alfonle-Jourdain  comte  deTouloufe  au  fujet  du  comté  de  cette 
ville ,  qu’il  prétendoit  lui  appartenir  en  qualité  d’heritier  de  Philippe  deTou¬ 
loufe  fa  mere.  Ils  rapportent  à  ce  fujet  que  le  premier  ayant  attaqué  les 
domaines  de  l’autre  ,  celui-ci  appella  à  fon  fecours  le  roi  de  Caftille  (d’autres 
difent  le  roi  d’Aragon)  qui  dans  le  deffein  de  faire  diverfion  en  fa  faveur, 
alTiegca  Bayonne  fur  Guillaume  ,  8c  obligea  par  là  ce  prince  à  abandonner 
fon  entreprife  pour  marcher  à  la  défenfe  de  lés  propres  états  ;  mais  qu’enfin 
le  roi  Alfonfe  moyenna  la  paix  entre  les  deux  princes.  D’autres  ajoutent 
que  le  comte  de  Touloufc  alla  fervir  fous  ce  roi  au  fiege  de  Bayonne  à  la 
tête  de  fes  troupes,  6c  qu’il  y  tua  le  comte  Pierre  de  Lara  feigneur  Efpa- 
gnol  qui  s’y  rencontra ,  8c  qui  l’avoir  appellé  en  duel.  Mais  tous  ces  faits 
font  également  fabuleux  b  ,  à  la  réferve  du  fiege  de  Bayonne  que  1e  roi  d’Ara¬ 
gon  entreprit  en  1130.  ou  1x31.  fans  que  nous  fçaehions  ni  le  motif  ni  1e 
fuccez  de  cette  entreprife.  Ce  qu’il  y  a  de  certain  ,  c’eft  que  le  comte  Alfonfe- 
Jourdain  tint  à  Touloufe  *  au  mois  de  Mai  de  l’an  1 1 30.  un  plaid  dans  lequel 
il  jugea  un  proccz  qui  étoit  entre  Roger  abbé  régulier  de  Moifiac  6c  les 
bourgeois  de  cette  ville  d’un  côté  ,  6c  Bertrand  de  Monte-incenCo  abbé  fécu- 
lier  du  même  monaftere  de  l’autre.  Cervian  vicomte  (vraifemblalement  de 

Caufiade 


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DH  LANGUEDOC.Li  v.  XVII.  409 

Cauflûde  en  Querci  )  Rollaing  de  Pofquicres ,  Bertrand  de  Villemur,  Arnaud 
deDurforc,  Sc  plu  fieurs  autres  chevaliers  furent  prefens  à  ce  jugement. 

Alfonfe  comte  de  Touloufe  tint  un  autre  plaid  »  à  Montpellier  en  1151.au 
fujet  d’un  différend  qui  s’étoit  élevé  entre  Bermond  évêque  de  Beziers, &: les 
vicomtes  Roger  ôc  Raymond Trencavel.  Bermond  fe  plaignoit  1  de  ce  que  les 
bourgeois  qui  demeuraient  dans  fes  fauxbourgs  ,  avoient  prêté  ferment  de 
fidelité  aux  deux  vicomtes  &à  leur  mere  ,  &  de  ce  qu’ils  retufoienc  de  le  fui- 
vr z  dans  fes  expéditions.  i°.  De  ce  que  les  deux  vicomtes  exerçoient  la  juftice 
dans  les  Fauxbourgs,  Ôc  y éxigeoient  divers  droits  qu’il  prétendoit  ne  pas  leur 
appartenir.  Le  comte  de  Touloufe  après  avoir  oui  les  parties,  condamna  avec 
fort  confeil  les  deux  freres  à  laiffer  jouir  paifiblement  l’évêque  de  Beziers  du 
domaine  épifcopal,  comme  en  avoit  joui  Arnaud  archevêque  de  Narbonne 
fon  prédecefféur  }  à  abfoudre  de  leur  ferment,  ôc  à  faire  abfoudre  far  les 
(onfuls  de  Bergers  ,  tous  ceux  qui  demeuraient  dans  les  fauxbourgs  de  l’égli- 
le  5  &  enfin  à  laiffer  l’évêque  paifible  poflèffeur  de  tous  les  droits  qu’il  avoic 
dans  le  fauxbourg  de  S.  Jacques  &  dans  le  fauxbourg  épifcopal }  entr’autres  de 
la  juftice,  de  la  défenfe  de  vendre  d’autre  vin  que  le  fien  pendant  tout  le 
mois  d’Aout,  du  droit  d’avoir  les  lits  des  morts,  &c.  avec  ordre  à  tous  les 
bourgeois  de  la  ville,  tant  ceux  de  l’évêque,  que  ceux  du  vicomte  ,  de  fuivre 
le  premier  à  l’armée  quand  ils  en  feraient  requis.  Roger  &  Raymond  Tren¬ 
cavel  fon  frere  acquielcercnt  à  ce  jugement  en prefence  d’Arnaud  archevêque 
de  Narbonne  légat  de  l'èglife  apojtolique  ,  de  Rollaing  de  Pofquicres ,  &  de 
plufieurs  autres  leigneurs.  Les  deux  vicomtes  promirent  en  même  tems  de  ne 
plus  exercer  la  juftice  civile  &c  criminelle  dans  le  domaine  de  l’èglife  de  Bé¬ 
ziers.  Le  comte  de  touloufe  fe  rélèrva  la  décifion  d’un  autre  article  qui  re- 
gardoit  l’albergue  que  l’évêque  faifoit  aux  deux  vicomtes  ,  que  ceux-ci  pré- 
tendoient  devoir  être  de  cent  chevaliers,  êcque  ce  prélat  diloit  n’être  que  de 
cinquante.  Cet  acte,  qui  prouve  la  fuzeraineté  des  comtes  de  Touloufe  fur 
tout  le  diocèfe  de  Beziers,  eft  le  plus  ancien  monument  que  nous  ayons 
t*ouvé  où  il  loit  fait  mention  des  confuls  des  villes  de  la  province  ,  c’eft-à-dire 
de  leurs  magiftrats  municipaux ,  dont  nous  développerons  ailleurs  l’origine. 

Peu  de  tems  après,  Cecile  vicomtcjfe  de  Beziers  b,  &  fes  trois  fils  Roger, 
Raymond  Trencavel  &c  Bernard- Aton ,  engagèrent  cette  albergue  à  l’évêque 
de  Beziers  ôc  à  fon  clergé  pour  la  fomme  de  cinq  mille  fols  Melgoriens,  avec 
l’albergue  qu’ils  avoient  fur  Pib baye  de  fainte  Aphrodife  ,  &  fur  la  dame  de 
Lignan,  la  juftice  criminelle  qu’ils  prétendoient  lur  les  ecclefiaftiques  &  leurs 
familles  dans  tout  le  diocèlè  de  Beziers ,  &  celle  qu’ils  exerçoientlur  les  villa¬ 
ges  de  Lignan  &c  d’Afpiran.  Ils  donnèrent  dix  de  leurs  principaux  vaflaux  pour 
garants  de  cet  engagement ,  qui  eft  daté  du  1  8.  de  Mai  de  l’an  1131.  Il  eft 
marqué  à  la  fin  de  l’acte ,  que  fi  la  monnoye  de  Melgueil  venoit  à  être  alté¬ 
rée,  on  payerait  6  j.  lois  Melgoriens  pour  chaque  livre  d’argent  fin  du  poids 
de  Beziers. 

Si  nous  en  croyons  un  de  nos  hiftoriens, c  Alfonfe-Jourdain  comte  de  Tou¬ 
loufe  fe  fera  trouvé  à  Reims  le  z  5.  du  mois  d’Oélobre  fuivant ,  à  la  ceremonie 
du  couronnement  du  jeune  Louis,  que  le  roi  Louis  le  Gros  fon  pere  aflocia 
alors  au  trône  ,  puifque  cet  auteur  allure  que  c’eft  le  premier  facre  de  nos 
rois  où  on  vit  affilier  les  douze  pairs  de  France.  Mais  ce  fait ,  qui  a  été  adopté 
en  dernier  lieu  par  un  écrivain d  qui  femblc  le  picquer  d’exa&itude  ,  n’eft  ap¬ 
puyé  fur  aucune  autorité. 

Le  pape  Innocent  II.  qui  fit  la  ceremonie  de  ce  couronnement ,  s’approcha 
^u  Rhône  quelque  tems  après,  èc  il  fe  trouvoit  le  zz.  de  Février  de  l’an 
it  j  2.  à  Valence  ,  où  il  publia  c  la  fentence  qu’il  avoic  rendue  depuis  peu  à 
Beaujeuen  Forez  au  fujet  du  différend  qui  étoic  entre  les  abbayes  de  Cluni 
&  de  S.  Gilles.  Pierre  le  Venerable  abbé  de  la  première  pretendoic  que 
Pierre  qui  l’étoit  de  l’autre,  &  fes  religieux  ,  dévoient  lui  être  fournis.  Ceux- 
ci  fe  défendoient  fur  l’ancienne  indépendance  de  leur  monaftere.  Le  pape  par 
fa  décifion  déclara  que  les  abbez  de  Cluni  n’auroient  d’autorité  fur  l’abbaye 
ffe  S.  Gilles  que  pour  en  réformer  les  abus,  lailïa  aux  religieux  la  liberté 
d’élire  leurs  abbez  ,  &  accorda  à  ceux-ci  le  gouvernement  du  monaftere. 

Tome  II.  Fff 


AN.H31. 

XIX. 

Il  juge  à  Mont¬ 
pellier  un  dif¬ 
férend  qui  é- 
roir  entre  Te- 
véque  &  le  vi¬ 
comte  de  Be¬ 
ziers.  Couiuls 
de  Beziers- 

a 

te' 


b  f.\6o 


XX. 

Retour  du  pa¬ 
pe  Innocent  II. 
daus  la  provin¬ 
ce. 

c  Mettrai,  vit 
de  Loua  le  Gros. 
d  GetVMije]vh 
de  Sugerl.i.p, 
44« 

e  Concd.  to.  t  o. 
P-9< 


; 


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4ro 


HISTOIRE  GENERALE 


f  V.ftgitd 
*nn  1 1 ji  n.  j. 
&  itf. 


An.x  1 32.  L’abbaye  de  S.Gilles  fut  condamnée  cependant  à  dédommager j  celle  de  Clunî 
iibu.  des  frais  du  procez. 

Innocent  II.  fit  un  aflez  long  féjour  à  Valence  ,  &  il  étoit  encore  dans  cette 
6  g»»,  ville  le  1 6 . b  de  Mars.  Il  réfolut  enfin  de  repaffef  les  monts ,  après  avoir  tiré 

c  vordtlic  y,,  ?rân<^s  fecours  c  des  églifes  de  France,  qui  s’épuiferent  pour  fournir  à  fa 
fubfiflance  &  à  celle  de  fa  cour  }  car  il  ne  retiroit  rien  de  l’Italie  qui  obeif- 
dAHainn.u.  foie  à  l’antipape  A^clet.  Il  fe  rendit  à  S.  Gilles d,  traverfà  enfuite  les  Alpes, 
&  célébra  à  Afl  dans  la  Lombardie  la  fête  de  Pâques ,  qui  tomboit  cette  an- 
e  o*r.fet.pn[.  née  le  10.  d’Avril.  Il  écrivit  trois  jours  e  après  de  cette  ville  à  Guillaume 
/c/gneur  de  Montpellier  pour  le  remercier  des  fcrvices  qu’il  en  avoit  reçus , 
&  l’exhorter  à  Jes  lui  continuer.  Avant  fon  départ  de  France  il  avoit  f  nom¬ 
mé  Gausfred  évêque  de  Chartres,  fon  légat  dans  les  provinces  de  Bourges, 
Bourdeaux,  Tours,  &  Dol ,  &  confirmé  Arnaud  archevêque  de  Narbonne  dans 
fa  légation  en  d’autres  provinces  de  France. 

AflXri>r  Ce  dernier  prend  en  effet  la  qualité  de  légat  du  ficge  apo folique  dans  8  les 
ou  conclic  de  actes  d’une  grande  ailèmblce  qui  fut  tenue  le  5.  de  Décembre  de  l’an  1 1 3 1.  à 
Creixau.  Creixan  dans  fon  diocèfè,  à  l’occafîon  de  la  dédicacé  de  l’cglife  de  ce  lieu.  Les 
évêques  BermondhdeBczicrs,  Raymond  de  Carcaffonneéc  Jean  de  Nifmtsy 
hn,h.Jt régi,  alTiâerent  avec  lui ,  &  un  grand  nombre  d’ecclefiaftiques,  de  nobles  &  de  non 
nobles.  L’a/Ièmbléc  établie  une  fauve- garde  *  à  Creixan  ,  dont  les  évêques 
preferivirent  les  limites  par  des  croix  qu’ils  firent  planter. Ces  prélats  prononcè¬ 
rent  en  même  tems  anathème  contre  ceux  qui  donneroient  atteinte  à  cette  fauve. 
garde ,  &  quicommettroient  quelques  defordres  dans  les  bornes  prefcrircs. 

Les  deux  vicomtes  Roger  &  Raymond  Trincavel,  qui  fe  trouvèrent  fans 
doute  à  cette  ceremonie,  paflèrent  enfemble  un  nouvel  %ccord  ‘  le  î.deDe- 
dcux'vîconncs  cembre  de  la  même  année  en  prefence  d’un  grand  nombre  de  gentilshommes 
Roger  &  Kay-  Ja  province.  Ils  *’uppeHerentpar  cet  adeàla  fucceilion  l’un  de  l’autre  s’ils 
Le  premier  venoienti  mourir  fins  en  fans ,  8c  fe  donnèrent  réciproquement  des  otages 
s'accorde  avec  pour  la  fiîreté  de  leur  parole.  Roger  qui  étoit  vicomte  de  Carcaffonne,  de 
Touioufctou-  ëcd’Albi  reçût  k  au  mois  d’Avril  de  la  même  année  l’hommage  pour  le 


4e  Sarb. 


XXI  F. 

Nouveau  trai¬ 
te  eurre  les 


feq. 
Ip.+ùi.&feq. 


par  i'entremile  d'Llzear  cte  Uaitnesec  de  Bernard  de  Can et  fes 
barons ,  avec  Alfonfe-Jourdain  comte  de  Touloufe  touchant  L’ évêché  à'  Jlbi  g» 
l'éleclion  de  l’évêque  que  le  comte  lui  donna  en 'fief ,  excepté  la  juftice  qui  ap¬ 
partenait  à  l’éveque.  L’acte  e/t  fouferitentr’autres  par  Humbertévêque  d’Albi; 
ce  qui  prouve  que  ce  prélat  qui  occupoit  cet  évêché  des  l’an  m  j.  en  étoit 
mGxiukr.  i.&  encore  pofTèfleuren  113  2. contre  le  fentiment  de  ceux  m  qui  admettent  un  Guil¬ 
laume  évêque  d’AIbi  en  1 127.  Sc  ui8. 

Aïond^e  r  Guillaume  de  Montpellier  fut  prefènt  à  l’accord  des  deux  vicomtes  :  il 
nard (V. comte  avoir  acquis  alors  une  fort  grande  autorité  dans  le  diocèfe  de  Maguelonne, 
de  M  lfuicit.  par  la  mort  de  Bernard  IV.  comte  de  Subftantion  ou  de  Melgueil  Ion  beau- 
un/queJui  fuc-  trcrc-  Ce  dernier  fe  voyant  attaqué  vers  le  commencement  de  l’an  n  1132. 
cale.  d’une  maladie  mortelle  ,  réfolut  de  fe  confacrcr  entièrement  à  Dieu  par  la  pro- 

xxx-'s»°?£  Ec/hon  monafliq  ue  ;  dévotion  alors  a  fiez  ulîtée,  même  parmi  les  plus  grands 
oPr.p  v<*.  princes.  Il  fit  prier  0  Guillaume  abbé  de  S.  Chaffre  en  Vêlai  de  lui  envoyer 
Gatt.chr.non.  qUC]qUC5-uns  de  fes  religieux  pour  être  admis  à  cette  profe/Iion.  Le  prieur  & 
deux  autres  furent  choifis,  8c  fe  rendirent  auprès  du  comte  ,  qui  les  fit  en¬ 
trer  dans  fa  chambre  avec  la  comtelle  Almodis  fonayeule,  êePonsdeMon- 
iaur  j  8c  là  il  fe  donna  pour  religieux  à  l’abbaye  de  S.  Chaffre  ,  ordonna  qu’on 
y  transférât  fon  corps  après  fa  mort,  légua  à  ce  monaftere  la  fômmede  cinq^ 
mille  fols  Melgoriens,  8c  une  rente  annuelle  de  cent  fols,  8c  décéda  peu  de 
rems  apres. 

Ce  comte  donna  diverlès  marques  de  fa.  pieté  8c  de  fon  amour  pour  le  bien 
public.  Il  Ht  des  donations  P  à  l’abbaye  d’Anianc,  8c  q  à  l’églife  de  S.  Ro¬ 
main  de  Melgueil,  8c  renonça  r  en  faveur  des  habirans  du  diocèfè  de  Ma- 
guei  on  ne  au  droit  de  naufrage  tant  fur  terre  que  fur  mer.  Il  laiffa  de  Guil- 
lemetce  de  .Montpellier  fa  femme ,  qui  lui  furvêcuc,  une  fille  unique  nommée 
v.uoTEibid.  Beatrix ,  âgée  *  alors  d’environ  fept  à  huit  ans.  Il  avoit  déjà  pourvu  à  & 


4d.fo.ip-766, 


pPr.p.  J 
</  f-447- 
r  p.  fn. 


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DE  L  A  N  G  U  E  D  O  C.Liv.  XVII. 


4M- 


tutelle  par  les  divers  accords  1  qu’il  avoir  faits  avec  Guillaume  de  Moritpel-  An.i  i  31» 
Jier  fon  beau-frere  qu’il  en  avoir  chargé*  ce  qui  fit  que  ce  dernier  prit  l’ad *  1* 

miniftration  du  comté  de  Melgueil  auffi-tôt  après  la  mort  de  Bernard.  Al- 4Î<" 
fonfe  comtede  Touloufe  s’y  oppofa  i>,  &  prétendit  de  fon  côté  à  la  regie  de  bPNore;«<À 
ce  comté ,  foit  par  des  motifs  d’ambition ,  foit  pour  mettre  obftacle  à  celle 
de  Guillaume, en  qualité  de  proche  parent  de  Beatrix, foit  enfin  pour  les  intérêts 
d’Almodis  fa  tante,  qui  étoit  exclue  de  la  tutelle  de  cette  jeune  comteflè  fon 
arriere-petite-fiile. 

Le  comte  de  T oploufe  voyant  que  Guillaume c  n’étoit  pas  d’humeur  i  lui  ce^  T**^'nK(t 
der  volontairement  l’ad miniftration  du  comté  de  Melgueil? mit  des  troupes  fur  Alfonfe  comte 
pied  &  lui  déclara  la  guerre.  La  crainte  quediverfes  perfonnes  de  confïdera- GnüUumef<dc 
tion  eurent  des  fuites  runeftes  de  cette  querelle,  les  porta  à  s’entremettre  pour  Montpellier 
la  faire  cefTer  dès  fon  commencement,  Alfonfe  &  Guillaume  convinrent  enfin  touchant  k 
par  leur  médiation,  1®.  que  le  premier  jôuiroit  pendant  fixons  confécutifs  du  M^îgueii  pen- 
çhâteau  de  Melgueil ,  ôc  de  la  partie  du  comté  de  ce  nom  fîtuée  entre  les  dam  u  mmo- 
rivieres  de  Vidourle  &  de  Lez  ,  é’eft-à-dire  de  la  partie  orientale  du  diocèfe  r‘ 
de  Maguelonne.  i°.  Que  fi  durant  ce  tems-là  Alfonfe  faifoit  fabriquer  de  la/ijf. 
monnoye  à  Melgueil,  elle  leroit  du  poids  8c  de  l’alloy  marquez  dans  l’a&e  , 

&  que  Guillaume  retireroit  trois  deniers  pour  livre  fur  cette  monnoye ,  con¬ 
formément  aux  traitez  qu’il  avoit  faits  là-deflus  avec  le  comte  Bernard.  3“. 

Que  Guillaume  jouiroit  de  fon  côté  pendant  le  même  terme  de  fix  années 
confécutives  du  château  de  Montferrier  ,  8c  de  l’autre  partie  du  comté  de 
Melgueil. 4°.Qu’Alfonlê&  Guillaume  s’engageroient  dene  rien  aliéner  du  do¬ 
maine  de  ce  comté.  50.  Qu’aprè^  les  fix  ans  expirez  la  jeune  Beatrix  cônu 
teffè  de  Melgueil  fe  marieroit  par  leur  confeil ,  &  qu’ils  lui  reftitueroient 
alors  tout  fon  domaine  ,  à  la  rélerve  de  ce  que  fofledoit  l’ancienne  comtejj'e  de 
Melgueil,  fuppbfé  que  celle-ci  fut  en  vie  5  8c  à  la  réferve  zuiïidece  qui  avoit 
été  donné  d  GuiKemette  comteffe  de  Melgueil  fœur  du  meme  Guillaume ,  fi  elle  vivoit 
dans  ce  tems-là.  6°.  Que  fi  Alfonfe  8c  Guillaume  ne  pouv oient  s’accorder  en_ 
tr’eux  fur  le  choix  du  mari  qu’ils  donneroient  à  cette  jeune  comtefie ,  ils  s’en 
rapporteroient  à  l’arbitrage  d’Arnaud  archevêque  de  Narbonne  &  d’Hugues 
comte  de  Rodez.  7°.  Enfin  que  fi  Beatrix  venoit  à  déceder  avant  fon  maria¬ 
ge,  le  château  &  la  monnoye  de  Melgueil  appartiendx-oient  alors  entièrement 
à  Alfonfe,  avec  la  partie  du  comté  dont  il  devoit  avoir  la  jouiflànce  pendant 
fix  ans  5  8c  le  château  de  Montferrier  avec  l’autre  partie  du  comté  à  Guil¬ 
laume,  qui  feroit  tenu  d’en  faire  hommage  à  ce  prince.  Tels  furent  lesartL 
clés  de  ce  traité  qui  fut  pafle  en  prefence  de  Raymond  de  Baux  ,  de  Raymond 
deBarjac,  de  Roftaing  de  Sabran  ,  Hugues  comte  de  Rodez,  Gaufbert  8c 
Artaud  vicomtes, 8cc.  En  conféquence  Alfonfe  promit  par  ferment  à  Guillaume 
de  Montpellier  de  le  protéger,  de  même  que  fes  domaines  «  fituez  depuis 
l’évêché  d’Ufez,  jufques  à  la  mer  vers  S.  Gilles,  &  depuis  le  Rhône  8c  les  « 
frontières  du  diocèfè  d’Ufez  &  la  mer,  jufqu’à  l’Eraut,  envers  tous  Sc.con-  « 
tre  tous ,  excepté  contre  Bernard  d’Andufe  8c  Bernard-Aton  vicomte  de  «  j  v  NOf£ 
Nifmes.  »  Ces  actes  ne  font  pas  datez  ,  mais  ils  doivent  d  être  de  l’an  1131.  xxxviMd. 

Comme  Guillaume  avoit  été  forcé  en  quelque  maniéré  à  conclure  ce  traité,  Gul**meiJ(i 
il  fe  mit  peu  en  peine  de  l’executer  ,  8c  chercha  peu  de  tems  après e,  fans  Montpellier 
la  participation  du  comte  de  Touloufe ,  à  marier  Beatrix  avec  quelqu’un 
qui  fut  en  état  de  le  protéger ,  8c  de  tenir  tête  à  ce  prince.  Les  liaifons  i£r  ™g«-Ray- 
étroites  que  lui  8c  fon  pere  avoient  toujours  eues  avec  la  maifon  de  Barcelone,  ™Pnrd^"'e& 
lui  fitjetterles  yeux  fur  Berenger-Raymond  comte  de  Provence,  jeune  prince  s-e,cCordeDaȎc 
âgé  de  17.  à  18.  ans,  8c  frere  de  Raymond-Berenger  IV.  comte  de  Barce-  lui  touchant  le 
lone.  Il  lui  promit  Beatrix  en  mariage  ,  lorfqu’elle  feroit  parvenue  à  un  g°™i‘cdcMd‘ 
âge  nubile  :  en  attendant  ils  convinrent  eniemble  sdes  articles  fuivans.  c  ibid. 
iu.  Berenger-Raymond  f,  qui  dans  l’ade  fe  qualifie  comtede  Gevaudan  &  mar-  {Pr.f.^c7.& 
qui  s  de  Provence  ,  confirme  Guillaume  dans  la  pofîèflion  de  tous  les  domai-/e?2' 
nés  dont  Guillaume  fon  pere  8c  lui  avoient  joui  durant  la  vie  de  Bernard  IV. 
comte  de  Melgueil,  pere  de  Beatrix.  i°.  Il  approuve  tous  les  accords  que 
Guillaume  avoit  paffez  avec  ce  comte  -,  entr’autres  la  donation  que  celui-ci 
lui  avoit  faite  de  trois  deniers  pour  livre  fur  la  monnoye  de  Melgueil,  3®.  Il 
T  orne  II.  F  f  f  ij 


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41*' 


HISTOIRE  GENERALE 


•M. 

b  V.  NOTE 

XXVLn.iy& 

lW' 


An.ii  31.  s’oblige  de  ne  faire  fabriquer  cette  monnoye  que  du  poids  &  de  l’alloy  expri-' 
mes  dans  l’ade.  4«.Ilaflîgne  à  Guillaume  le  château  de  Montferrand  avec 
une  partie  du  comté  de  Subftancion  &  de  Melgueil  donc  il  jouiroicen  engage¬ 
ment  après  la  more  de  la  comtejfc  Almodis ,  pour  la  fomme  de  1  yooo.fols  Mel- 
goriens  qu’il  avoit  prêtez  à  cette  comtelle ,  fie  dont  les  cinquante  pefoientua 
marc  d’argent  fin.  50.  11  lui  promet  de  faire  ratifier  tous  ces  articles  par#**-- 
trix  fille  de  Guillcmette  fœur  du  meme  Guillaume  ,  lorfquelle  aura  atteint  l\ pref- 
crit  par  les  loix.  6°.  Suppofé  qu’après  être  parvenue  à  l’âge  de  douze  ans  ac¬ 
complis,  fie  l’avoir  époufee,  elle  vînt  à  décéder  fans  enfans  ,  il  promet  de  don¬ 
ner  alors  en  fief  à  Guillaume  le  château  de  Montferrand  avec  une  partie  du 
comté  de  Melgueil ,  de  la  même  maniéré  que  la  comtcfle  Almodis  les  poflè- 
doit.  70.  11  le  réferva  dans  ce  cas-là  le  château  fie  le  relie  .du  comté  de 
Melgueil  ,  à  condition  cependant  que  s’il  venoit  à  mourir  fans  enfans,  Guil. 
laume  en  hériterait.  8°.  il  s’engagea  d’époufer  une  des  filles  du  même  Guil¬ 
laume  ,  fi  Beatrix  venoit  à  déceder  avant  qu’elle  eût  atteint  l’âge  de 
douze  ans.  9®.  Enfin  il  promet  de  ratifier  Cetade  lorfqu’il  fera  parvenu  à  un 
âge  competant ,  c’eft-à-dire  fans  doute  à  l’âge  de  1  5.  ans.  Berenger  Ôc  Guil¬ 
laume  promirent  enfuite  folemnellement  de  s  entr’aider  concre  tous  pour 
l’execution  de  ce  traité  ,  fie  le  dernier  n’excepta  que  Raymond  d’Andufe. 
Plufieurs  gentilshommes  firent  de  parc  8c  d'autre  la  même  promefle  au  bas 
du  traité  ,  fie  s’en  rendirent  garands.  En  conféquence  de  cet  accord  Berenger- 
Raymond  prit  dès-lors  le  titre  de  comte  de  Melgueil  avec  celui  de  comte 
note  de  Provence ,  comme  ilparoît  par  divers  a&es ,  quoiqu’il  n’ait  époufé  *  Bea¬ 
trix  que  long-tems  après.  Quant  à  la  qualité  de  cevtte  de  Gevaudan  que  ce 
prince  fe  donne  dans  le  même  ade ,  ona  déjà  remarqué  ailleurs  b  qu’il  ne 
polfedoit  proprement  que  la  vicomté  de  ce  pais  avec  celle  de  Milhaud  en 
Rouergue  -,  vicomtez  dont  il  réuniflbit  le  titre  fous  celui  de  comte  de 
Gevaudan. 

On  voit  par  cetade  queBerenger-Raymond  avoit  établi  fà  réfidence  en 
deqa  des  Pyrénées  dans  les  domaines  que  Raymond-Berenger  111.  comtede 
Barcelone  Ion  pere  lui  avoit  laiflez  en  partage.  Cela  paroît  encore  par  une 
tB« rraichron.  donation  qu’il  fit  en  1131.  en  faveur  de  l’abbaye  de  Lerins  c  ,  fie  dans  la¬ 
quelle  il  fe  qualifie  comte  de  Melyteil  &  marquis  de  Provence.  Il  donna  au  mois 
d’ Avril  de  l’an  1133.  étant  alors  à  Milhaud  ,  capitale  de  fes  domaines d  du 
Rouergue  fie  du  Gevaudan,  une  maifon  de  cette  ville  à  l’abbaye  de  S.  Guii- 
lem  duDéfert,  qu’il  prit  fous  fa  protedion. 
xxvi.  Il  paroît  qu’Alfonie  comte  de  Touloufe  irrité  du  traité  que  Berenger-Ray- 
Ucordc  mondôc  Guillaume  de  Montpellier  avoient  conclu  enfembleà  Ion  préjudice, 
met  en  «mes  leur  déclara  la  guerre.  Nous  verrons  du  moins  bientôt  qu’il  étoit  en  armes 
du  côiê  du  du  côté  de  Provence  quelque  tems  après  ,  fie  il  ell  certain  qu’en  1 1 3  3.  il  fie 
üimcks  ptiv!-  un  voyage  dans  le  pais.  Il  fe  rendit  alors  à  l’abbave  de  S.  André  furie  Rhô- 
îeçcsdeVab-  ne  ,  fit  confirma  les  donations c  que  fes  prêdecejfeurs  avoient  faites  en  faveur  de 
ce  monaftere,  entr’autres  celles  de  la  montagne  ou  puy  d’Andaon ,  où  l’abbaye 
eft  fituée ,  fie  du  village  voifin  qui  porte  aujourd’hui  le  nom  deVilleneuve. 
Alfonfe  accorda  divers  autres  privilèges  à  l’abbaye  de  S.  André,  &  fixa  les 
limites  de  fes  dépendances.  La  charte  eft  fouferite  de  fa  part  par  Roftaingde 
Sabran ,  Pierre  Amicus  f on  fils ,  fie  plufieurs  autres  feigneurs  5  &  de  celle  des 
religieux  par  Guiraud  de  Pujaut  abbé  de  S.  André  ,  Bernard  de  Roquemaure 
fous-prieur,  Pierre  de  Sabran  doyen,  ôte.  On  voit  enfin  que  le  comte  de 
Touloufe  étoit  en  armes  du  côté  du  Rhône  l’année  fuivante  par  le  récit  de 
ce  qui  fe  paffa  au  fujet  d’un  concile  qui  fut  tenu  alors  à  Montpellier ,  fit  dont 
voici  l’occafion. 

xxviï.  Berenger {  évèqua  d’Agdé,  après  avoir  donné  vers  la  fin  du  XI.  ficelé  à 
Ukfttnus  Abbaye  de  S.Tiberi  l’églife  de  Beifan  fituée  fur  l’Eraut  dans  fon  diocèfe,  en 
aiàvhpiovin-  fit  une  nouvelle  donation  quelques  années  après  en  faveur  de  l’abbaye  delà 
cc.  Concile  <k  chaife-Dieu  en  Auvergne.  Ce  prélat  étant  décédé ,  les  religieux  de  ce  dernier 
^r/474!'^  monaftere  s’adreilerent  à  Bernard  fon  fucceffeur  qui  les  mit  en  poffellion  de 
/«M.  ’  cette  eglife.  Ceux  de  S.  Tiberi  qui  en  avoient  joui  jufqu’alors  s’y  oppoferenr, 
fit  furent  maintenus  dans  leur  jouilTance  par  un  jugement  rendu  dans  un  plaid 


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DE  LANGUEDOC.  L  iv.  XVI.  4ij  _ _ _ 

tenu  à  Cabrils ,  en  prefcnce  de  Bertrand  archevêque  de  Narbonne,  &  par  An.H33* 
conféquent  avant  l’an  1106.  Nonobftanc  cette  décifion  les  religieux  de  la 
Chaile-Dieu  renouvellerent  leurs  prétentions  fur  l’églife  de  Beffan  fous  l’épi f- 
copat  d’Aldebert  évêque  d’Agde,  qui  fucceda  à  Bernard  vers  l’an  un.  Se 
qui  les  condamna,  avec  Arnaud  archevêque  de  Narbonne,  ôe  Jean  évêque 
de  Nifmes,  dans  un  autre  plaid  alTemblé  à  Corbian.  Ils  appelèrent  de  ce 
jugement ,  ce  qui  engagea  Arnaud  archevêque  de  Narbonne  à  alfembler  vers 
la  fin  de  l’an  1 Ï19.  à  Loupian  dans  le  diocèfe  d’Agde  ,  les  évêques  Aldebert 
d’Agde  ,  Jean  de  Nifmes ,  Pierre  de  Lodeve,  &  Raymond  de  Maguelonne, 
avec  Augier  abbé  de  S.  Sauveur  de  Lodeve  ,  Raymond  archidiacre  d’Agde , 

&  plufieurs  autres  ecclefiaftiques,  pour  terminer  ce  différend.  Etienne  abbé  de 
la  Chaife-Dieu ,  &  Arnaud  abbé  de  S.  Tiberi  qui  étoient  prefens, défendirent 
leurs  droits  par  le  miniftere  de  leurs  avocats  ,  &  Paffemblée  donna  encore  gain 
de  caufe  au  dernier  :  les  religieux  de  la  Chaife-Dieu  en  appelèrent  alors  au 


pape- 

innocent  II.  étant  venu  dans  la  province  l’année  fuivante ,  Arnaud  abbé  de 
S.  Tiberi  le  pria  de  confirmer  cette  fentence  :  mais  le  pape  jugea  à  propos 
de  foumectre  cette  affaire  à  un  nouvel  examen  ,  qu’il  renvoya  à  Bernard 
archevêque  d’Arles  légat  du  faint  fiege  ,  Se  à  Pierre  évêque  de  Viviers. 

Ces  deux  prélats  s’afîembèrent  pour  cela  à  Nifmes  :  l’abbé  de  faint  Tiberi 
comparut  devant  eux  j  mais  l’abbé  de  la  Chaife-Dieu  ayant  refufe  de  les  re¬ 
connaître  pour  les  juges ,  le  pape  confirma  la  fentence  rendue  à  Loupian. 
Raymond  archidiacre  d’Agde,  qui  fut  élu  évêque  de  cette  ville  peu  de 
tems  après,  foinina  Arnaud  archevêque  de  Narbonne,  avant  que  de  rece¬ 
voir  la  confécration  de  fes  mains ,  de  mettre  à  execution  cette  fentence  con¬ 
firmée  par  le  pape,  Se  fit  alfigner  devant  lui  les  religieux  de  la  Chaife-Dieu 
pour  les  obliger  à  s’y  conformer.  Sur  ces  entrefaites  Arnaud  abbé  de  faine 
Tiberi  étant  venu  à  mourir  ,  Ademar  fon  fucceffeur  inquiété  par  ces  reli. 
gieux,  implora  la  prote&ion  de  Gui  cardinal  diacre  ,  que  le  pape  Innocent  II. 
avôit  nommé  Ion  légat  dans  la  province.  Celui-ci  écrivit  fortement  vers 
l’an  1131.  à  Arnaud  archevêque  de  Narbonne  légat  de  l"églife  Romaine ,  &  à 
Raymond  évêque  d’Agde  ,  qu’il  chargea  de  faire  exécuter  cette  fentence  ,  Se 
de  proceger  l’abbaye  de  S.  Tiberi.  Comme  neanmoins  ceux  de  la  Chaife-Dieu 
preffoient  de  leur  côté  Innocent  d’en  venir  à  un  nouveau  jugement ,  ce  pape 
nomma  Hugues  archevêque  de  Rouen  légat  du  faint  fiege,  pour  ouirles  par¬ 
ties  ,  &  porter  une  fentence  définitive. 

Ce  prélat  fit  citer  les  abbez  de  la  Chaife-Dieu  Se  de  S.  Tiberi,  pour  fe  _ 

trouver  le  3.  de  Novembre  de  l’an  1134.  à  Montpellier  où  il  avoic  indiqué  une  1x34. 
afTemblée  d’évêques.  L’abbé  de  la  Chaife-Dieu  fè  défiant  de  la  juftice  de  fa 
caufe,  envoya  un  exprès  à  Tarafcon,  pour  s’exeufer,  fous  divers  prétextes,  au¬ 
près  de  l’archevêque  de  Rouen  de  fe  rendre  à  l’aflèmblée.Ccprélat  lui  répondit 
qu’il  n’admettoit  pas  de  pareilles  excu  fcs,&  qu’il  s'expofoit  beaucoup  plus  lui-même 
four  obéir  au  pape  ,  devant  pajfer  au  milieu  des  ennemis ,  &  des  embûches  qu'Alfonfe 
lui  avait drejfées  en  divers  endroits.  Hugues  arriva  cependant  à  Montpellier  au 
jour  marqué,  ôcil  y  trouva  Bernard  archevêque  d’Arles  &  Arnaud  archevê¬ 
que  de  Narbonne  légats  du  faint  fiege  qui  s’y  étoient  rendus  ,avec plufeurs  évê¬ 
ques,  &  autres  perfonnes  ecclefiaftiques.  Le  nom  delà  plupart  de  ces  prélacs 
nouseft  inconnu  -,  nous  fçavons  feulement  que  les  évêques  Raymond  d’Agde, 
Raymond  de  Maguelonne,  Pierre  de  Lodeve  &  Guillaume  d’Orange  affifte- 
xent  à  ce  concile  de  Montpellier  avec  Pierre  abbé  de  S.  Gilles.  Ademar  abbé 
fie  S.  Tiberi  s’y  prefenta  ,  mais  l’abbé  de  la  Chaife-Dieu  n’y  comparut  pas,  ni 
perfonne  de  fa  part.  L’archevêque  de  Rouen  fit  toutes  les  informations  necef- 
faires  -,  &  après  avoir  interrogé  fucceffivemenc  l’évêque  d’Agde  Se  fon  clergé , 
l’archevêque  de  Narbonne, les  évêques  de  Maguelonne  Se  de  Lodeve,  Set  >us 
ceux  qui  pouvoient  être  informez  du  fait ,  il  rendit  un  jugement  favorable  à 
l’abbaye  de  S.  Tiberi,  Se  écrivit  au  pape  Innocent  IL  pour  lui  rendre  compte 
de  ce  qu’il  avoit  fait.  Cette  affaire  ne  fut  cependant  entièrement  terminée  que 
cinq  ans  après,  dans  un  autre  concile  qui  fut  tenu  à  Ufez.  Nous  nous  fom- 
mes  peut-être  un  peu  trop  étendus  là-deffus  :  mais  outre  qu’on  voie  par  ce 


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34- 


XXVI  II. 
More  d’Ayme- 
ri  1 1.  vicomte 
de  Narbonne. 
Lecomte  de 
Touloufe 
s’empare  de 
<ettc  vicomté 
fur  Ermengar- 
dc  fa  fille  & 
foo  heriticre. 
a  Ordtr.  Vital. 

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414  HISTOIRE  GENERALE 

récit  quel  étoit  alors  l’ordre  judiciaire  dans  les  matières  ecclefiaftiques ,  nous 
apprenons  en  même  tems  la  fucceflion  de  plufieurs  de  nos  évêques ,  8c  qu’il  y 
avoir  alors  en  France  un  grand  nombre  de  légats  du  faint  fiege  :  il  s’en  trouva 
trois  en  effet  à  l’aflemblêe  ou  concile  de  Montpellier.  Au  refte  nous  igno¬ 
rons  les  motifs  qui  engagèrent  Alfonfe  comte  de  Touloufe  à  dreflèr  des  em¬ 
bûches  à  l’archevêque  de 'Rouen  <  il  paroît  feulement  que  le  voyage  que  ce 
prince  fit  au  de  là  des  Pyrénées  vers  le  mois  de  Septembre  de  l’an  1134.  mit 
ce  prélat  dans  une  entière  liberté  d’aller  à  Montpellier  8c  d’y  tenir  le  concile. 

Le  comte  de  Touloufe  entreprit  ce  voyage  à  l’occafion  d’une  révolution 
qui  venoit  d’arriver  en  Efpagne  ;  ce  qu’il  faut  reprendre  de  plus  haut.  Al¬ 
fonfe  I.roi  d’Aragon s  réfol u  de  continuer  la  guerre  contre  les  Maures,  afGegea 
fur  eux  en  1133.  la  ville  de Fragalî tuée  fur  la  riviere  de  Cincavers  les-frontie- 
res  de  fes  états.  Les  approches  de  l’hyver  ne  lui  ayant  pas  permis  de  pourfui- 
vre  cette  expédition  ,  il  la  reprit  l’année  fuivante ,  8c  appella  à  fon  fecours 
divers  princes  François, entr’autre*  Centulle  comte  de  Bigorre,Gafton  vicomte 
de  Bearn  8c  Aymeri  vicomte  de  Narbonne.  Les  infidelles  s’avancèrent  de 
leur  côté  pour  faire  lever  le  fiege,ce  qui,  obligea  le  roi  d’Aragon  à  fortirde 
fes  lignes,  8c  à  marcher  au  devant  d’eux  pour  leur  prefenter  la  bataille.  Les 
deux  armées  en  vinrent  aux  mains  le  mardi  1 7.  de  Juillet13  de  l’an  1134.  entre 
l’Ebre  8c  la  Segre,  8c  les  Chrétiens  eurent  le  malheur  d’y  être  entièrement 
défaits.  Le  comte  de  Bigorre ,  les  vicomtes  de  Bearn  8c  de  Narbonne ,  8c  plu. 
fieurs  autres  feigneurs  de  marque  y  demeurèrent  fur  la  place  ,  avec  preique 
toute  l’armée  du  roi  Alfonfe,  lequel  trouva  avec  bien  de  la  peine  fon  falut 
dans  la  fuite.  On  prétend  c  qu’Aymeri  vicomte  de  Narbonne  dont  on  vient 
de  parler,  étoit  le  IV.  de  fon  nom  ,  8c  qu’il  avoir  fuccedé  depuis  peuà  Aymeri 
III.  fon  pere,  que  nous  appelions  Aymeri  II.  parce  que  nous  ne  mettons  pas 
au  nombre  des  vicomtes  de  cette  ville  le  prétendu  Aymeri  I.  pere  de  S.GuiL 
laume  de  Gellone  :  mais  il  n’eft  pas  certain  que  le  vicomte  de  Narbonne  qui 
fut  tué  à  la  bataille  de  Fraga,  ne  foitpas  le  même  qu’Aymeri  II.  La  fuite  des 
dernieres  a&ions  de  celui-ci  que  nous  allons  rapporter,  pourra  fournir  là-d'ef. 
fus  quelque  éclaircifTement. 

Ce  vicomte  donna  en  engagement  en  11 1 6. d  avec  Ermengarde  fa  femme ,  & 
leur  fils  Aymeri,  aux  chanoines  de  S.  Juft  de  Narbonne  ,  tout  ce  qu’il  pofle- 
doit  dans  le  terroir  de  Fourques  auprès  du  Rhône  pour  la  fomme  de  500. 
fols  Melgoriens.  Il  époufa  depuis  une  fécondé  femme  nommée  ErmefTinde ,  & 
il  étoit  déjà  marié  c  avec  elle  au  mois  de  Janvier  de  l’an  1130.  comme  il 
paroît  par  le  bail  à  fief  des  moulins  d’Abunhan  qu’il  fit  alors  avec  elle, 
8c  avec  fon  fils  Aymeri  8c  fes  autres  enfans.  Aymeri  II.  après  avoir  pâlie 
quelque  tems  à  la  cour  de  Raymond-Berenger  III.  comte  de  Barcelone  fon 
frere  utérin,  dont  il  fut  exécuteur  teftamentaire  ,  étant  de  retour  à  Narbon¬ 
ne  au  mois  de  Novembre  de  l’an  1  r  3  3.  fit  un  teftament 1  par  lequel  il  fonda 
un  anniverfaire  dans  la  cathédrale  de  cette  ville  ,  du  confentement  &  en  fre- 
fence  de  Bercnçer  abbé  de  la  Grajfe  fon  frere.  Nous  avons  enfin  un  hommage  g 
rendu  le  9.  de  Juin  de  l’an  1134.  à  Aymeri  de  Narbonne  fils  de  Mahaud  5  ce 
qui  prouve  que  c’eft  du  même  Aymeri  dont  il  eft  parlé  dans  un  a&e  •>  du  6. 
d’Avril  de  la  même  année,  par  lequel  la  vicomteflè  Cecile ,  &.  fes  fils  Roger 
8c  Raymond  Trencavel  confirment  la  donation  que  le  vicomte  Bernard-Aron 
leur  pere  avoit  faite  d’une  partie  du  château  de  Montferé  dans  le  Narbonnois, 
à  quelques  feigneurs,  qui  leur  promirent  de  les  aider  contre  Aymeri  de  Narbonne, 
&  les  vicomtes  de  cette  ville.  Nous  n’avons  plus  aucun  acte  où  il  foie  fait  men¬ 
tion  de  ce  vicomte, ni  d’Aymeri  fon  fils,  8c  nous  ignorons  fi  ce  dernier  luifuc- 
céda  en  effet  comme  on  le  prétend.  On  ne  peut  Içavoir  par  conféquenr  fi  ce 
fut  le  pere  ou  le  fils  qui  fut  tué  à  la  bataille  de  Fraga  le  17.  de  Juillet  de 
l’an  1134.  mais  nous  croyons  pour  deux  raifons  que  ce  fut  le  pere.  La  pre¬ 
mière,  parce  que  celui-ci  vivoitencorele  9.  de  Juin  de  la  même  année.  La  fé¬ 
cond  e  ',  parce  qu’Ermengarde  fille  d’Aymeri  II. déclare  avoir  hérité  de  fon  pere 
delà  vicomté  de  Narbonne  ;  elle  lui  aura  donc  fuccedé  immédiatement,  8c 
Aymeri  fon  frere  fera  mort  avant  lui. 

Quoi  qu’il  en  foit ,  celui  qui  fut  tué  à  la  bataille  de  Fraga  fut  le  dernier 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVÜ. 


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vicomte  de  Narbonne  de  fa  race,  dont  il  ne  re/la  plus  que  lamêmeErmen-  ^N-  1134.-. 
garde  6c  Ermcilinde,  qui  écoienc  certainement  filles  d’Ayrneri  II.  &  alors  dans 
un  âge  peu  avance  ,  l’aînée  qui  fe  maria  en  1141.  ne  mourut  en  effet  qu’en 
1197.  Celle-ci  étoic  fùrement  fille  d’Ermengarde  première  femme  d’Aymerill. 
mais  il  paroît  qu’Ermeflinde  fi  fœur  croit  fille  d’Ermefïïnde  que  ce  vicomte 
avoit  époufée  en  fécondes  noces  vers  l’an  11 30.  ce  qu’on  peut  appuyer  ,  tant 
fur  fon  nom  ,  que  fur  ce  qu’elle  ne  fe  maria  que  vers  l’an  1152.  Du  refie  nous 
n’avons  aucune  connpûïance  de  ce  qui  fépafla  dans  la  vicomté  de  Narbonne 
pendant  leur  minorité,  jufques  vers  l’an  1143.  qu’Alfonfc.Jourdain  comte 
de  Touloufe  a  rendit  cette  ville  à  Ermengarde.  Nous  inférons  de  là  que  ce  aj v./.*?* 
comte  fe  faifit  de  Narbonne  d’abord  après  la  mort  du  dernier  Aymeri ,  foie 
par  droit  de  fuzcrainctc  &  comme  procecleur  de  la  jeune  Ermengarde  de  de 
la  fœur,  foit  dans  le  deflcin  d’unir  certe  vicomté  à  fon  domaine.  En  effet  Alfonfe 
en  etoit  maître  en  1139.  car  il  donna  b  alors  en  fief  les  moulins d’Abunhan ,  b /ms?. 
qui,  comme  011  l’a  déjà  vd  ,  dépendoient  en  1130.  du  domaine d’Aymeri 
II.  Venons  maintenant  aux  fuites  de  la  bataille  de  Fraga,  qui  engagèrent  ce 
comte,  apres  s’etre  alluré  de  la  vicomté  de  Narbonne  ,  à  palier  au-delà  des 
Pyrénées. 

Quelques  Efpagnols  modernes  prétendent  qu’Alfonfe  I.  roi  d’Aragon  après 
la  perte  de  cette  bataille,  rallia  le  débris  de  fôn  armée  ,  de  qu’ayant  rafiern- 
blé  d’autres  troupes ,  il  fe  mit  en  état  d’empêcher  les  Sarafins  de  profiter  S.ijo 


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XXIX. 

Le  prince  Ra* 
mire  moine  de 

.'empêcher  les  Sarafins  de  profiter  S-!J°ns  „'e  ro¬ 
de  leur  vicloire  ,  de  leur  livra  un  nouveau  combat  dans  lequel  il  fut  défait  de  "é^rV'ciônc 
tué  le  7.  de  Septembre  de  la  même  année:  mais  un  hifloricn  contemporain  ;  J-ahs-od. 
nous  apprend  au  contraire  que  ce  prince  s’étant  retiré  dans  fes  états  après 
la  perte  de  la  bataille  de  Fraga,  le  chagrin  qu’il  en  eut  fit  une  fi  forte  im-  jt\\lP\oo. 
preffion  fur  lui ,  qu’il  tomba  malade  de  mourut  huit  jours  après.  Nous  pa¬ 
yons  d’ailleurs e  qu’il  décéda  le  7.  de  Septembre.  ev.p.%g,»d 

Alfonfe  mourut  fans  pofterité  ,  de  laiifa  par  fon  tcflament  les  chevaliers  du 
Temple  heritiers  de  tous  fes  états ,  qui  comprenoient  les  royaumes  de  Na¬ 
varre  &  d’Aragon.  Les  peuples  de  ces  deux  royaumes,  fans  avoir  égard  à  cette 
difpofition,  s’ullèmblerent  apres  fa  mort  pour  élire  un  autre  roi  *à  fa  place  $ 
mais  ne  pouvant  s’accorder ,  ils  fe  féparerent  fans  rien  conclure.  S’étant  en- 
fuite  raflemblcz  en  particulier,  les  Navarroisà Pampclune,  de  les  Aragonois 
àjacca  ,  les  premiers  élurent  Gardas  IV.  qui  étoit  de  la  race  royale  ,  &les 
autres  Ramire  frere  puîné  d’Alfonfe  ,  de  religieux  de  l’abbaye  de  S.  Pons  de 
Tomiercsau  diocéfè  de  Narbonne  depuis  l’anf  1095.  Ramire  avoit  été  pro-  ( p.catei eomt. 
mù  au  faccrdoce  ,  mais  il  ell  faux  g  qu’il  ait  été  fucccifivcment  abbé  de  Saha- 
gun  de  évêque  de  Burgos,  de  Pampelune  de  de  Balbaflro,  comme  quelques  ].& '}Cq.' 

modernes h,  l’ont  avance.  Il  efl  certain  en  effet,  fuivantle  témoignage  de  tous  h  Mirjan  t  lo 
les  anciens  hifloriens* ,  dont  quelques-uns  font  contemporains,  qu’il  fut  tiré  e.^.frr. 
immédiatement  de  l’abbaye  de  S.  Pons  pour  monter  fur  le  trône  d’Aragon, 

Après  la  ceremonie  de  fon  couronnement  qui  fe  fit  à  Huefca,  dit  un  de  «  CJuill.  Kitili  ifr 
ces  auteurs  k,  les  grands  du  royaume  l’obligerent  à  ie  marier,  Scil  pritpour»  ‘-'f-'*- . 
femme  la  fœur  du  comte  de  Poitiers  dont  il  eut  une  fille  ,  à  laquelle  on  don- « 
na  le  nom  de  Pctronille  ,  de  dans  la  fuite  celui  d’Urraque.  11  la  donna  en  «  vuJ  Marc- 
mariage  à  Raymond-Berenger  comte  de  Barcelone  ,  de  dès  quelle  fut  nu-  «  k  fiC/r.TolV. 
bile  il  retourna  à  fon  monaflere  qu’il  avoit  enrichi  pendant  fon  régné  par  «  1. 6.C.1.&  t. 
le  don  qu’il  lui  fit  de  plufieurs  terres  de  églifes  fituées  dans  l’ Aragon  de  la  « 

Navarre,  que  cette  abbaye  pofîcde  de  nos  jours  ,  enforte  que  par  le  ma-  « 
riage  d’Urraque  avec  le  comte  de  Barcelone  ,  le  royaume  d’Aragon  entra  « 
dans  la  maifon  de  ce  comte,  de  fut  depuis  uni  à  fes  états.»  Telles  font  les 
circonflanccs  du  régné  de  Ramire  rapportées  par  Roderic  archevêque  de 
Tolede  qui  acheva  d’écrire  fon  hiltoire  en  1243.  la  33.  année  de  fon  epifeo- 
pat  ,  de  qui  par  conféqivent  efl  prcfque  contemporain.  Ce  prélat  ajoute  que 
Ramire  fut  heureux  dans  la  guerre ,  doux  ,  modéré  de  liberal.  Dans  un 
autre  endroit ! ,  il  fait  mention  en  peu  de  mots  des  guerres  que  ce  prince  1  h.c.j. 
eut  à  foûtenir  contre  Alfonfe  VII.  roi  de  Caftillc  qui  lui  difputa  la  couronne 
d’Aragon,  &  contre  Gardas  roi  de  Navarre.  Divers  hifloriens  ajoutent  plu¬ 
fieurs  autres  circonltances.  La  iiaifon  qu’elles  ont  avec  notre  hhloire ,  nous 


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An.  1134. 


a  Rob.de  Ment, 
sd  Mnn.i  1  f  9. 
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c  Rob.  de  Mont, 
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àBcJly  Toit . 
M7-I- 

c  Zarif.  anï*l. 
Ux.sycrjtq. 


XXX. 

Les  comtes  de 
Touloufc  ,  tic 
Foix  5c  de 
Coivmvngcs  . 
le  feigoeur  de 
Montpellier, 
Sec.  vont  à 
Saragoilc  & 
moyeuucnc  la 
paix  entre  les 
lois  de  Caftille 
&  d’Aragon, 
f  V.  Sundovnl 
çhron.delempe . 
rador  Alonf. 
VlU.i7.ed. 
1600. 


gSândov.ibid. 


416  HISTOIRE  GENERALE 

engage  à  les  examiner,  6c  à  entrer  dans  quelque  détail  au  fujet  du  régné  de 
ce  prince. 

Quelques  auteurs  afliirent  que  le  mariage  de  Ramire  avec  la  fccur  du 
comte  de  Poitiers  fe  fit  par  difpenfe  du  pape  :  le  cas  étoit  trop  hors  des  ré¬ 
glés  pour  ne  pas  la  demander.  Les  uns  dil'ent  que  cette  dilpenfe  fut  accordée 

Î>ar  l’antipape  Anaclct ,  parce  que  le  comte  de  Poitiers,  dont  Ramireépoula 
afocur,  étoit  fous  fon  obéiflance  ;  6c  les  autres  par  le  pape  Innocent  II. 
Ceux-ci  paroilTent  beaucoup  mieux  fondez ,  ;  car  outre  ^ue  Kamire  6c  les  Ara- 
gonois  ne  reconnurent  que  ce  dernier  ,  6c  qu’il  n’eft  pas  vraifemblable  qu’en 
s’adrelfant  à  l’antipape ,  ils  eulfcnt  voulu  s’expofer  au  rifque  de  voir  cafler 
un  mariage  qui  leur  étoit  important,  6c  déclarer  illégitimes  les  enfans  qui 
en  proviendroient  ;  un  auteur  du  tems 1  fait  entendre  d’ailleurs  que  ce  prince 
fe  maria  avec  la  permilfion  d’innocent  II.  * 

Il  n’y  a  pas  lieu  de  douter  que  la  femme  de  Ramire  ne  fût  fille  de  Guil¬ 
laume*  IX.  comte  de  Poitiers  6c  duc  d’Aquitaine,  6c  de  Philippe  de  Touloufe , 
6c  par  conféquent  niece  à  la  mode  de  Bretagne  d’Alfonfe-Jourdain  comte  de 
cette  derniere  ville  5  mais  les  auteurs  ne  conviennent  pas  de  fon  nom.  Tous 
les  Efpagnols  l’appellent  Agnès  -,  d’autres b  la  nomment  Mathilde,  fur  l’auto¬ 
rité  d’un  hiftonen  du  tems  c  qui  ajoute  qu’elle  étoit  alors  veuve  d’Aymeri 
vicomte  deThouars.  Il  y  a  lieu  de  croire  qu’elle  prenoit  l’un  6c  l’autre  nom, 
conformément  à  l’ufage  aiïcz  ordinaire  dans  ces  fiecles.  Guillaume  vicomte  de 
Thouars  fils  de  cette  princeilè  du  premier  lit ,  l'appelle  Agnès  dans  un  titre 
de  l’an d  1x39. 

Ramire  étoit  déjà  reconnu  pour  roi  d’Aragon  des  le  mois  d’O&obre  de 
l’an  xi 34.  comme  il  paroît  par  une  charte  c  qu’il  donna  alors  à  Balbaftro, 
6c  dans  laquelle  il  fe  qualifie  roi  &  prêtre ,  6c  non  pas  roi  &  évêque  ,  comme 
quelques-uns  l’ont  avancé. 

Une  ancienne  chronique  Latine  f  compoféepar  un  Efpagnol anonyme,  con¬ 
temporain  d’Alfonfe  VII.  roi  de  Caftille ,  rapporte  ,àce  qu’on  prétend ,«  que 
»  ce  prince  fe  mit  en  armes  bientôt  après  l’cleclion  de  Ramire ,  fous  prétexte 
»  qu’elle  n’étoit  pas  valable  6c  qu’il  n’étoit  pas  capable  de  regner -,6c  que  pour  ces 
»  raifons  le  royaume  d’Aragon  lui  appartenoit  de  droit.  Alfonfe  VII.  ajoute 
«  cette  chronique ,  après  avoir  fournis  la  partie  de  l’Aragon  fituée  à  la  droite  de 
«  l’Ebre  ,  pafla  ce  fleuve,  le  rendit  à  Saragofïè  à  la  mi-Novembre,  (  d’au- 
«  très  difent  à  la  mi-Decembre  )  de  l’an  1134.  6c  fut  reqû  dans  cette  ville  Sc 
»  reconnu  pour  fouverain  fans  aucune  oppofition.  Raymond-Berenger  comte 
c.  de  Barcelone,  Roger  comte  de  Foix  ,  Alfonfe-Jourdain  comte  de  Toulouse 
«8c  de  S.  Gilles,  Ermengaud  comte  d’Urgel,  Miron  comte  de  Pailhas  ,8c  plu- 
«  fieurs  autres  princes  6c  leigneurs  de  Caltille  ,  d’Aragon  6c  de  France  allèrent 
îj  alors  trouver  ce  prince  à  SaragolTe.  Le  roi  Ramire  fe  rendit  aufîi  dans  cette 
«ville,  confentit  à  lui  en  lailferla  pofîèfîion,  6c  lui  fit  hommage  pour  le  refte 
«  de  fes  états.  Le  roi  de  Caltille  fit  enfuite  de  grandes  liberalitez  à  tous  ces 
«  princes.  Il  donna  la  ville  de  Saragofle  au  comte  de  Barcelone  }  diverfes 
«  feigneuries  avec  un  vafe  d’or  du  poids  de  trente  marcs ,  plufieurs  chevaux  de 
«  prix  6c  de  riches  bijoux  au  comte  deTouloufe  des  terres  jufqu’au  Rhône  i 
«tous  les  grands  feigneurs  de  Gafcogne  ,  6c  des  bijoux  d’or  6c  d’argent  avec 
«des  chevaux  à  Guillaume  de  Montpellier.  Tous  ces  princes  fe  rendirent  fes 
«  feudataires  6c  lui  jurèrent  obéiflance.  Il  donna  en  même  tems  l’ordre  de  che- 
«  valerie  à  plufieurs  fils  de  ducs  6c  de  comtes  de  France  qui  fe  rendirent  auflî 
«fesvafliux,  êcaufquels  il  fit  des  prefens  magnifiques.  «  Tel  elt  l’extrait  de 
cette  chronique,  fuivant  la  traduction  Efpagnole  qu’on  en  adonnée;  fur  quoi 
l’auteur  g  qui  le  rapporte  remarque,  qu’on  peut  comprendre  par  là  quelle 
étoit  alors  la  grandeur  6c  la  magnificence  du  roi  de  Caftille  ,  6c  que  fes 
états  s’étendoient  depuis  les  extremitez  de  l’Océan  jufqu’au  Rhône. 

Pour  juger  plus  fûrement  de  ces  faits  6c  de  leurs  circonftances ,  il  fèroit  à 
fouhaiter  que  les  hiftoriens  d’Efpagne  qui  en  font  mention ,  6c  qui  fur  ce 
fondement  prétendent  que  les  comtes  de  Touloufe  6c  de  Barcelone  firent  en 
cette  occafion  hommage  de  leurs  états  à  Alfonfe  roi  de  Caftille  ,  nous  euf- 
fent  donné  le  texte  même  de  la  chronique  ,  ce  qu’ils  n’ont  pas  encore  fait  ; 

car 


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DE  LANGUEDOC.  LiV.  XVÏl 


Vl 


car  il  eft-  à  craindre  qu’ils  n’ayent  aiceré  la  force  des  termes  en  les  tradui-  A  nu  13 4S 
fane.  Mais  quand  même  l’auteur  de  la  chronique  auroit  avancé  queces  com¬ 
tes  fe  rendirent  alors  vaflàux  du  roi  de  Caftille,  on  devroit  faire  peu  de  fonds 
fur  fon  témoignage,  8c  nous  avons  lieu  de  croire  qu’il  aura  pris  pour  un  hom¬ 
mage  le  fermenc  qu’ils  peuvent  avoir  fait  alors  à  ce  prince  de  lui  être  fidelfos , 
de  n’attenter  ni  à  la  vie  ni  à  les  domaines,  8c c.  ferment  que  les  grands  fe 
faifoient  fréquemment  enrr’eux  dans  ce  fiecle,  8c  qui  n’emporte  aucun  vafie- 
lage.  Voici  fur  quoi  nous  nous  fondons. 

r°.  Il  eft  certain  d’abord  que  l’auteur  de  la  chronique  n’eft  pas  exaél, 
fuivant  le  témoignage  même  de  ceux  qui  s’appuyent»  le  plus  fur  Ion  auto-  i  sanhv.il> f. 
rité,  8c  qui  avouent  que  félon  d’autres  mémoires  Ramire  n’alla  point  à  Sa- 
ragoffe  trouver  le  roi  de  Caftille,  8c  que  ne  fe  /entant  pas  allez  fort  pour*’-1 
lui  réfifter  ,  il  fe  retira  dans  les  montagnes  de  Sobrarbe.  Cet  auteur  paroît 
d’ailleurs  fe  contredire  :  il  dit  *>  d’un  autre  côté  que  plulîeurs  prélats  8c  foi-  b  ilid.p.m. 
gneurs,  entr’autres  Oldegarius  archevêque  deTarragone,  les  comtes  de  Bar-  ‘ '  f‘ 

celone^  d’Urgel ,  de  Touloufo,  de  Foix,  de  Pailhas  8c  deComminges,  avec  le  \ 
feigneur  de  Montpellier  s’entremirent  pour  accommoder  les  deux  rois,  8c  qué 
lesayant  fait  convenir  d’un  traité,  Ramire  s’engagea  ,  tant  pour  lui  que  pour 
fes  fucceflèurs,  à  tenir  en  fief  du  roi  de  Caftille,  les  villes  8c  les  châteaux  du 
royaume  d’Aragon  dont  ce  dernier  s’étoit  faiii  -y  8c  qu’il  lui  remit }  en  quoi  il 
n’y  a  rien  que  de  vraifemblable ,  8c  qui  ne  foit  conforme  à  ce  que  rapporte 
un  hiftorien  d’Aragon  fur  de  bonnes  preuves.  >>  Ramire  c  obligé  de  s’en-«  c  2nrit.Ar.nal. 
fuir  de  Saragofle  aux  approches  d’Alfonfo  roi  de  Caftille ,  dit  cet  hiftorien, «  1  ‘-M4- 
fc  retira  dans  les  montagnes  au  château  de  Monclus,  où  il  demeura  jufqu’au« 
mois  de  Février  de  l’année  fuivante  ,  8c  continua  de  fe  qualifier  roi  d’Ara-  « 
gon  ,  de  Sobrarbe  8c de  Saraçoffe.  11  ajoute,  fur  l’autorité  de  Rodcricd  de  «  àRodt.TA.lw 
Tolede,  que  le  roi  de  Caftille  ayant  pris  fur  Ramire plufieurs  places  au- « 
delà  de  l’Ebrc  ,  ces  deux  princes  s’accordèrent  enfin  après  une  longue  guerre  5« 
que  le  dernier  s’engageaà  tenir  en  fief  de  l’autre  toutes  ces  places  dont  il  lui  « 
fit  hommage  }  que  cette  mouvance  dura  jufqu’au  fie ge  de  Cuença ,  8c  qu’Al-  « 
foule  IX.  roi  de  Caftille  la  remit  alors  à  Alfonfe  II.  roi  d’Aragon. 

Nous  croyons  donc  lur  ces  différons  témoignages,  qu’AIfonlè  Vil.  roi  de 
Caftille,  prétendant  fucceder  à  la  couronne  d’Aragon ,  à  l’exclufion  de  Ra¬ 
mire,  lui  fit  la  guerre,  8e lui  enleva  diverfes places ,  entr’autres  Suragoffe ca¬ 
pitale  du  royaume  d’Aragon  ;  qu’Alfonfe-Jourdain  comte  deTouloulecoufiil 
germain  du  premier ,  les  comtes  de  Barcelone  8c  de  Foix  /es  beaux-freres ,  les 
comtes  de  Pailhas  8c  de  Comminges ,  Guillaume  de  Montpellier ,  &  plufieurs 
autres  feigneurs  de  . France  qui  avoient  pafte  en  Efpagne  après  la  perte  de  la 
bataille  de  Fraga  pour  s’oppofer  aux  progrez  des  infidelles,  négocièrent  la 
paix  entre  les  deux  rois  5  que  les  foins  qu’ils  fe  donnèrent  pour  la  faire  rculïïr 
au  gré  du  roi  de  Caftille ,  engagèrent  ce  prince  ,  qui  étoit  naturellement  géné¬ 
reux  &  magnifique  ,à  les  combler  de  prefens  5  8c  que  pour  une  pjus  grande 
fiireté  du  traité  qui  venoit  d’être  conclu  par  leur  médiation  *  ils  firent  for¬ 
ment  à  ce  roi  de  lui  eonforver  fes  domaines ,  de  ne  pas  attenter  à  fa  vie,  8cc. 
fans  cependant  lui  rendre  aucun  hommage. 

2°.  L’un  des  plus  célébrés  hiftoriens  d’Efpagnec  convient  en  effet  que  les  e sm-Mv  iW: 
comtes  de  Barcelone  ne  reconnurent  la  fuzeraineté  du  roi  de  Caftille  ,  que 
pour  la  principauté  ou  le  royaume  d’Aragon  ,  qui  pafla  dans  leur  mailoit  f  Man.wrp: 
par  le  mariage  de  Pétronille  fille  unique  de  Ramire  avec  Raymond-Bcrenger 
IV.  comte  de  Barcelone.  Auffi  voyons-nous  par  la  date  d’une  foule  de  monu- 
mens  que  non  feulement  les  comtes  de  Touloufe ,  de  Foix  &  de  Comminges,  iu 
&les  feigneurs  de  Montpellier  ,  continuèrent  depuis  de  reconnoître  lafouve-  ^Dhg.rmU* 

■  raineté  de  nos  rois,  mais  encore  les  comtes  de  Barcelonef,  de  même  que 
les  peuples  de  Catalogne,  contre  le  fendaient  d’un  critique  g  moderne,  qui 
faute  d’y  faire  attention  a  avancé  le  contraire.  11  paroît  même  que  Ray-  j>?y,r.corr.u 
mond-Bcrenger  IV.  comte  de  Barcelone  rcconnoilfoit  en  n  57.1e  roi  de  France 
pour  fon  fuzerain  en  Aragon  ,  puifqu’il  date  une  de  fes  chartes  h  du  château  de  g  P  agi  ad  ann. 
Morel  en  Aragon  le  ij.  de  Atari  de  L'année  nsi ■  la  JA  JC  I  I.du  reine  de  Louis  lejeune.  1 l'Hr 
3 On  peut  ajouter  que  fi  les  comtes  de  Touloufe ,  de  Foix  8c  de  Commin-  p.lfuï’  ‘'F' 
T  ome  II.  G  g  g 


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An.  1134. 


xxxt. 

Paix  entre 
les  comtes  de 
Touloufe  &  de 
Barcelone. 


t  Zurit .  ânnai 

/.i.c.j  4. 

Viago  ccnd.  de 
B.irceLl.  1  9c, 
113. 


XXXII. 
Ramire  roi 
d'Aragon  don¬ 
ne  la  fille  uni¬ 
que  en  maria¬ 
ge,  avec  lès 
ctats,au  comte 
de  Barcelone, & 
retourne  dans 
le  cloitïc. 

_1 1 3  î~ 

bMarinn.l.  10. 
C.  16. 

Diaço  ibid. 

c  G  mil,  Ne u 
h/ig.l,  i.C.iO. 


4.8  HISTOIRE  GENERALE 

ges ,  8c  le  feigneur  de  Montpellier  euflent  reconnu  la  fouveraineté  dçs  rois  de 
Caftille  ,  il  en  refteroir  quelques  traces  dans  les  chartes  ou  lesmonumens  du 
tems  :  mais  bien  loin  d’en  trouver  Quelqu’un  ,  nous  voyons  par  les  titres  ma¬ 
gnifiques  dont  ces  rois  aimoient  à  fe  parer  ,  qu’ils  prétendoient  dominer  à  la 
vérité  fur  l’Aragon  6c  la  Navarre ,  mais  non  pas  en  deçà  des  Pyrénées. 

40.  Enfin  rien  ne  fait  mieux  connoître  la  qualité  du  ferment  que  les  com¬ 
tes  de  Touloufe  8c  de  Barcelone,  8c  les  autres  princes  François  peuvent  avoir 
prêté  à  Alfonfe  VII.  roi  de  Caftille,  lorfqu’ils  l’allerent  trouver  à  Saragoûè 
pour  négocier  la  paix  entre  lui  8c  le  roi  Ramire  ,  que  ce  que  rapportent  à 
cette  occafion  les  hiftoriens  d’Aragon  8c  de  Catalogne.  «  Le  comte  de  Barce- 
«lone,  difcnt-ils  • ,  alors  fort  occupé  des  affaires  de  Provence  ,  fe  tenoit 
»  étroitement  uni  avec  Alfonfe  roi  de  Caftille  fon  beaufrere  ,  parce  que  fes 
«différends  avec  le  comte  de  Touloufe  commençoient  à  fe  renouvelles  Ces 
«  deux  comtes  étoient  prêts  à  fe  faire  la  guerre  }  mais  ils  fe  réconcilièrent  en- 
»  fin  8c  convinrent  d’un  traité.  Le  comte  deTouloufè  fit  ferment  &  hommage  le 
»  1 8.  de  Septembre  au.  comte  de  Barcelone,  promit  de  lui  être  fidclle 8c loyal 
«  allié ,  8c  de  le  fervir  contre  tous  les  princes  du  monde  ,  excepté  contre  le  roi 
«de Caftille.  Il  eft  certain  que  les  comtes  deTôuloufe  ne  furent  jamais  vaf- 
faux  des  comtes  de  Barcelone ,  8c  que  ceux-ci  au  contraire  leur  auroient 
plutôt  dû  l’hommage  pour  lescomtez  de  Carcaffonnc  8c  de  Rafez  8c  le  pais  de 
Lauraguais  qu’ils  prétendoient  leur  appartenir.  Nous  voyons  cependant  ici 
qu’on  a  pris  pour  un  hommage ,  de  la  part  d'Alfonfe-Jourdain  comte  de  Tou¬ 
loufe,  l'alliance  qu’il  contracta  avec  le  comte  de  Barcelone  au  mois  de  Septem¬ 
bre  de  l’an  1 1 34.8c  le  ferment  qu’il  fit  de  ne  pas  lui  ôter  fes  états ,  ni  d’attenter 
à  fa  vie ,  8cc.  fuivant  la  formule  ufitée  dans  ces  ficelés.  L’auteur  de  la  chroni¬ 
que  d’Alfonfe  VII.  roi  de  Caftille,  peut  avoir  donc  pris  pour  un  hommage,  un 
pareil  ferment  fait  à  ce  prince  la  même  année  par  le  comte  de  Touloufe. 

Du  refte  nous  inférons  de  ce  que  nous  venons  de  rapporter , i°.  Que  ce 
comte  palfa  au-delà  des  Pyrénées  dès  le  mois  de  Septembre  de  l’an  1134. 
foit  pour  s’oppofer  aux  progrez  des  infidelles  après  la  bataille  de  Fraga,  loic 
pour  offrir  fa  médiation  aux  rois  de  Caftille  8c  d’Aragon.  z°.  Qu’ayant  occa¬ 
fion  de  s’aboucher  alors  avec  le  comte  de  Barcelone ,  quifutaulh  un  des  mé¬ 
diateurs  de  la  paix  entre  les  deux  rois,  il  conclut  la  fienne  avec  lui.  3°.Que 
le  comte  de  Barcelone  avoit  pris  les  interets  du  comte  de  Provence  fon  frere, 
auquel  le  comte  de  Touloufe  avoit  déclaré  la  guerre  pour  les  raifons  que  nous 
avons  déjà  dites ,  8c  qu’il  avoit  peut-être  marché  à  fon  fecours  du  côté  de 
Provence.  40.  Que  cette  province  fut  le  principal  theatre  de  la  guerre. 
50.  Enfin  que  le  comte  de  Touloufe  fit  en  même  tems  fa  paix  avec  le  comte  de 
Provence  8c  le  feigneur  de  Montpellier ,  8c  confentit  enfin  au  mariage  du  pre¬ 
mier  avec  la  jeune  Beatrix  heritierc  du  comté  de  Melgueil.  Revenons  à  Ramire 
roi  d’Aragon. 

Divers  auteurs  b  Efpagnols  ont  prétendu  que  ce  prince  ayant  eu  en  1x35. 
une  fille  de  la  reine  fonepoufe  ,  il  eut  une  entrevue  le  14.  d’Aoutdclamême 
année  à  Alaon  avec  Alfonfe  roi  de  Caftille  ,  à  qui  il  promit  cette  fille  en 
mariage  pour  fon  fils  aîné  *  qu’ Alfonfe  l’amena  alors  avec  lui  en  Caftille  j 
qu’il  la  fit  clever  dans  fon  palais  ,  8cc.  toutes  circonftances  également 
fabuleufes.  Il  eft  certain  en  effet  que  Ramire  quelque  tems  après  la  naif- 
fance  de  fa  fille,  la  promit  en  mariage  à  Raymond- Bcrenger  IV.  comte 
de  Barcelone,  8c  qu’il  céda  en  même  tems  à  ce  prince  le  royaume  d’Aragon. 
Voici  comme  un  ancien  auteur  «rapporte  cet  événement.  «  Ramire  ayant 
«une  fille  unique  de  fon  mariage ,  dit  cet  hiftorien  ,  continua  d’adminiftrer 
«fes  états  jufqu’àce  qu’elle  fût  parvenue  à  un  âge  nubile.  Il  aflëmbla  alors 
»  les  principaux  du  royaume,  8c  leur  dit  :  Dieu  rue  pardonne  &  k  vous  auji. 
nj’ai  fait  une  folie  a  laquelle  vous  m’avez^  contraint  :  mais  celui  qui  eft  tombé  ne 
«  trouvera -t  il  pas  moyen  de  fe  relever  ;  ce  qui  a  été  fait  par  une  necejité  qui, 
»  félon  vous  n’ avoit  point  de  loy ,  ne  peut-il  pas  être  réparé  lorfque  cette  neceftité  ne 
«  fubftfte  plus  ?  Voilà  que  j'ai  une  fille  heritiere  du  royaume  ,  quon  la  marie  honora¬ 
is  blement,  &  C  état  fera  en  fureté  i  que  le  moine  reprenne  donc  l’obfervance  de  fa 
«  réglé ,  &  qu’il  appaife  inccjfamment  les  remords  de  fa  confidence.  L’aflemblée, 


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DE  LANGUED  OC.  Ltv.  XVII.  419 _ 

ajoute  cet  auteur ,  s’oppofa  d’abord  au  dellèin  de  Ramire  }  mais  n’ayant  pû  «  An.ii3J 
le  détourner  de  la  réfolucion  qu’il  avoir  prifè,  on  promit  fa  fille  au  jeune  « 
fils  du  comte  de  Barcelone  avec  le  royaume  d’Aragon.  Alors  ce  roi  foulant  « 
aux  pieds  les  honneurs  du  monde,  6c  ne  pouvant  plus  réfîfter  aux  remords  « 
dont  il  étoit  agité  ,  fe  dépouilla  delà  pourpre,  reprit  l’habit  monaftique,  ôc  « 
changea  fon  royaume  pour  le  cloître.  « 

Il  lèmble  ,  fuivant  cet  hiftorien ,  que  Ramire  ne  quitta  le  gouvernement 
d’Aragon  ,  que  lorfquefa  fille  Pétronille  étant  nubile,  elle  époufa  folemnel- 
lement  Raymond-Berenger  IV.  comte  de  Barcelone,  (6c  non  pas,  comme  dit 
cet  auteur,  le  jeune  fils  de  ce  prince  -, )  enforte  que  n’étant  née  au  plutôt  qu’en 
1135.  Ramire  fon  perc  n’aura  abdiqué  la  couronne  ,  pour  retourner  dans  le 
cloître  qu’en  1147.  mais  nous  apprenons  d’ailleurs  la  véritable  époque  6c  les 
circonftances  de  cet  événement.  Nous  avons  un  a&e  par  lequel»  Ramire  « 
roi  d’Aragon  promet-1  le  n.  d’Août  de  l’an  1137.  fa  fille  en  mariage  ;au  «  a Mare.mfp 
comte  de  Barcelone,  6c  lui  donne  en  même  tems ,aprèsfamort,  fon  royaume  en  «  H' 

entier ,  de  la  même  maniéré  que  Sanche  fon  pere  6c  Pierre  ôc  Alfonfe  fes  « 

Freres  l’avoient  pofledé,  pour  en  jouir,  même  en  cas  que  fâ  fille  vînt  à  « 
déceder  fans  enfans  avant  ce  prince.  »  On  voit  par  là  que  Ramire  n’a- 
voit  pas  encore  alors  dcflèin  d'abdiquer  la  royauté  5  ce  qui  paroît  aufli 
par  une  autre  claufe  du  même  acte ,  fuivant  laquelle  ce  prince  fe  réferve  le 
pouvoir  d’augmenter  dans  la  fuite  le  domaine  du  comte  de  Barcelone,,  6c  dé¬ 
clare  qu’il  veut  être  reconnu  lui-même  pour  roi ,  feiyieur  &  pere ,  tout  le  tems 
qu’il  le  jugera  à  propos,  tant  dans  le  royaume  d’Aragon  ,  que  dans  les  pais 
loumis  au  même  comte. 

Le  27.  du  même  moisb,  Ramire  qui  prend  toujours  le  titre  de  roi,  con-  b;,  ugj: 
firma  dans  le  château  de  Gerb  en  Aragon  ,  la  donation  qu’il  avoit  faite  au 
comte  de  Barcelone  de  tous  fes  états,  étant  à  Balbaftro  ,  en  lui  donnant  fa 
fille  j  ratifia  toutes  les  aliénations  de  fon  domaine  qu’il  avoit  faites  jufqu’a- 
lors ,  6c  promit  de  n’en  plus  faire  de  nouvelles  à  l’avenir  fans  l’avis  6c  la  vo¬ 
lonté  de  ce  prince.  Enfin  par  un  autre  acte  daté  du  1 3.  de  Novembre  fuivant , 

Ramire  roi  d' Aragon  ,  qui  etoic  alors  à  Saragofle,  déclare c  »  qu’étant  mani-  «  c  ibU. 
fefle  qu’il  avoit  lionné  fa  fille  en  mariage  à  Raymond  comte  de  Barcelone  ,  « 
avec  tous  fês  états,  il  ordonne  à  tous  fes  vallâux  de  lui  obéir  comme  à  « 
leur  roi  *  6c  qu’il  lui  remet  tout  le  domaine  qu’il  s’étoit  referve ,  en  lui  don-  « 
nant  auparavant  fon  royaume  6c  fa  fille,  à  condition  qu'il  pojfedcra  le  tout  à  « 
fin  fervice  cr  fous  fa  fidélité.  »  Depuis  ce  tems-là  nous  n’avons  aucun  mo¬ 
nument  qui  fafle  mention  du  roi  Ramire  j  nous  voyons  feulement  que  Ray- 
mond-Berenger  IV.  comte  de  Barcelone  fon  gendre,  fe  qualifie  piince  d’Aragon 
en  1  r  3 9 . a  6c  dans  la  fuite  jufqu’à  fa  mort  :  d’où  il  refulte  que  Ramire  n’abdi-  àp.\xi6.& 
qua  pas,  du  moins  entièrement,  le  gouvernement  du  royaume  pour  fe  retirer 
dans  le  cloître,  aufîî-tôt  après  qu’il  eut  promis  fa  fille  en  mariage  au  comte 
de  Barcelone  ,  comme  quelques  auteurs  le  prétendent.  On  pourroit  croire  qu’il 
fit  cette  abdication  par  l’acte  du  1 5.  de  Novembre  de  l’an  1x37.  quoiqu’il 
paroiflè  qu’il  fe  réfèrva  feulement  par  cet  acte  une  autorité  lupericureà  celle  du 
comte.  Comme  on  n’a  cependant  aucune  preuve  qu’il  ait  fait  depuis  ufâge  de 
cette  autorité  ,  il  effc  du  moins  très-probable  qu’il  retourna  bientôt  après 
dans  le  cloître. 


Le  comte  de  Barcelone  s’abflint  pendant  toute  fa  vie  de  prendre  le  titre  de 

O  _  /“ _ . _ __  1  t  •  I  /  ‘  /#  J  •  .  .  ^  D.  .  '  _ 


,mentr  a  \Lenda  en  nyi.  il  régna  cependant  véritablement  au  nom  de  x:ette  f zurit. annal. 
princeflê,  fur  tout  l’Aragon,  qu’il  tranfmità  fes  defeendans  ,  lefquels  s’en  ‘V* 
qualifièrent  rois. Quant  à  Pétronille  elle  fe  qualifia  reine  d'Aragon  depuis  l’abdi¬ 
cation  du  roi  fon  pere.  Elle  prend  ce  titre  en  1141.  6c  n  jz.  dans  deux  dona-  . 
rions  que  le  comte  de  Barcelone  fon  mari  fit  g  alors  avec  elle  à  l’abbaye  de  la  g  Pr-î^&p. 
Graffè,  6c  dans  celle  qu’elle  fit  cette  derniere  année1»  du  royaume  d’Aragon,  Hij}. 

en  faveur  du  comte  de  Barcelone  fon  mari ,  6c  d’Alfonfe  leur  fils  aîné  dont  elle  ^.um * 
.venoit  d’accoucher. 

,  Ramire  fera  donc  retourné  à  l’àbbaye  de  faint  Pons  de  Tomieres  pour  y 
Tome  J I,  G  g  g  ij 


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an 


_ 410  HISTOIRE  GENERALE 

Àn.ii  3  jT  reprendre  les  exercices  du  cloître  avant  l’an  1 141.  de  au  plutôt  à  la  fin  de  1 

1137.  ôc  il  aura  régné  par  conféquent  au-delà  de  trois  ans.  Il  paroît  qu’il 
fut  élû  archevêque  deTarragone  Ôc  évêque  de  Barcelone  avant  ion  abdica- 
•  a Urc.Hijf.  tion  j  car  on  voit  la  foufeription  fuivante  dans  un  ancien  a&e  a  de  l’abbaye  de 
t  u7<*>  Bagnols  au  diocèfe  de  Gironne  :  Moy  Ramire  roi  par  la  grâce  de  Dieu  ,  &  élude 
T arragone  &  de  Barcelone  ,  j'accorde  &  je  confirme  ce  qui  cji  écrit  ci-dcjjùs.  Oldega- 
rius  qui  pofledoit  ces  deux  évêchez  mourut  le  6.  de  Mars  de  l’an  1 1 37.  &  Ar¬ 
ts  Mtrc.Hiy.  naud  lui  avoit  déjà  iuccedé  dans  celui  de  Barcelone  le  dernier  de  Juin  b  de 
**“**•  la  même  année  :  il  faut  par  conféquent  que  le  roi  Ramire  ait  été  élu  dans 
cet  intervalle,  &  qu’il  n’ait  pas  été  facré  :  peut-être  renonça-t-il  de  lui-même 
à  l’épifcopat  dans  le  deflein  de  retourner  dans  le  cloître, où  il  fe  retira  bientôt 
après. 

On  a  déjà  vû ,  fur  le  témoignage  d’un  ancien  hiftorien ,  que  ce  prince  après 
avoir  abdiqué  la  couronne  ,  reprit  l’habit  monaftique  dans  le  même  monav 
«  u  P4| »  Ai  ftere  d’où  il  avoit  été  tiré  ,  c’eft-à-direc  dans  celui  de  S.  Pons  de  Tomiercs. 
HJ7-».  „Ramire,  dit  encore  Rodcric  de  Tolède,  ôcaprès  lui  un  auteur  Catalandquia 


M. 


dGefi.comit.  ”  écrit  à  la  fin  du  XIII.  fiecle ,  ayant  marié  fa  fille  au  comte  de  Barcelone,  fe 
m  rendit  à  fon  monaftere ,  y  reprit  l’habit  monaftique  ,  6 c  y  finit  fes  jours. 
P-U9-& ftq.  Quelques  Efpagnols  modernes  c  prétendent  cependant  que  ce  prince  après 
t  avoir  quitté  le  gouvernement  du  royaume  d’Aragon,  fe  retira  dans  l’églife 

Èisgo  leiij.  de  Pierrc  d’Huefca  ,  où  il  vécut,,  ajoùtent-ils ,  en  religieux  fuivant  la  rcgle 
£»rc.i.i.c.no.  de  S.  Benoît,  ôc  mourut  le  é.d’Aout  de  l’an  1147.  mais  ils  ne  donnent  aucune 
f  Ttmr.Ann.  preuve  de  ce  fait.  Un  autre  Efpagnol  f  qui  a  écrit  en  dernier  lieu  paroît 
I137-"-8,  douter  que  Ramire  ait  repris  l’habit  monaftique  après  fon  abdication  5  car  fé¬ 
lon  lui  ce  prince  fe  retira  alors  dans  l’églife  de  S.  Pierre  d’Huefca ,  où  il  mena , 
ajoûte-t-il ,  une  vie  particulière  avec  les  clercs  qui  la  deffervoient  5  mais  cet  écri- 
g v.Uv.w.n.  vain  ignoroit  fans  douce  que  l’églife  de  S.  Pierre  d’Huefca  ctoit  g  alors  un 
69cbro>,o'.  du  Pleuré  conventuel  dépendant  de  l’abbaye  de  S.  Pons,  &  qu’elle  étoit  defler- 
abb.de s.Pfu  vie  par  des  religieux  de  ce  monaftere.  Ainfi  quand  même  Ramire  fe  feroit 
retiré  dans  ce  prieuré  apres  fon  abdication  ,  ce  qui  n’cft  pas  certain  ,  il  y 
aura  repris  l’habit  monaftique.  C’eft  tout  ce  que  nous  avons  pû  recueillir  de 
plus  autentiqueau  fiijcc  de  ce  prince,  qui  après  avoir  profcfTc  la  vie  monafti¬ 
que  dans  la  province,  pendant  plus  de  40.  ans,  ôc  avoir  été  promû  à  la  di¬ 
gnité  facerdotalc ,  monta  lur  le  trône  ,  ôc  fe  maria  par  un  exemple  des  plus 
iinguliers  5  êc  qui  par  un  autre  exemple  prcfque  également  rare,  abdiqua 
volontairement  la  couronne  pour  aller  reprendre  fes  anciens  exercices.  Nous 
palTons  fous  filence  quelques  autres  actions  que  certains  hiftoriens  lui  attri¬ 
buent  ,6c  qui  n’ont  aucun  fondement ,  cncr’autres  un  trait  de  cruauté  qui  ne 
feroit  pas  honneur  à  là  mémoire  s’il  étoit  aulfi  vrai  qu’il  eft  fabuleux.  On  pré¬ 
tend  que  Ramire  fe  voyant  fort  méprifé  de  fes  peuples  ,  tant  à  eau  lé  de  Ion 
âge  avancé  ,  que  de  fa  profeiïion  monaftique  ,  reiolut  de  le  venger  de  ce 
mépris  *  qu’il  confulta  là-deflus  l’abbé  de  S.  Pons  de  Tomieres,  lequel  pour 
hZurit.AnnaL  toute  réponle  amena  les  envoyez  de  ce  prince  dans  le  jardin  du  monaftere, 
ha-ff-  prit  un  coutelas,  ôc  fans  mot  dire  coupa  en  leur  prefence  ,  la  tête  de  tous  les 
h  j*.*.,.  arbuftes  qui  s  y  trouvèrent.  Sur  cette  reponle  muette,  ajoute  t  on,  Ramire 

i Min*»*  i ■  aftembla  les  états  d’Aragon  ,  êc  fit  périr  quinze  des  principaux  feïgneurs  de 
1C>xxxiil.  l’aflcmblée  :  mais  il  eft  inutile  de  s’arrêter  davantage  à  cette  fable  , 


recon- 


Lcs  comtes  de  nue  pour  telle  h  par  d’habiles  critiques  du  pais.  Nous  n’en  aurions  pas  même 
Joix'°dcCom-  ^a'c  mention  ,  11  elle  n’avoit  été  adoptée  par  un  des  plus  célébrés  *  hiftoriens 


minces,  &c. 
afîi  lient  au 
couronnement 


d’Efpagne. 

Un  fameux  critique  k  donne  à  entendre  ,  fur  l’autoritc  de  la  chronique  d’Al- 
d’Aitonî'c  vit  fonfe  VU.  roi  de  Caftille,  qu’Alfonfe-Jourdain  comte  deTouloufe,  lescom- 
k'ea?AdAoa  CCs  Barcelone ,  de  Foix,  6c  de  Comminges,  le  feigneur  de  Montpellier, 
6c  divers  autres  princes  François  £c  Efpagnols,  après  avoir  moyenne  la  paix 
/*??.  entré  ce  roi  6c  celui  d’Aragon  ,  fuivirent  le  premier  dans  fes  états ,  &  fe  trou- 
verent  à  Leon  lorfqu’il  s’y  fit  couronner  empereur d' Efiagne,  le  jour  de  la  Pen- 
vn.  p.  6*.&  tecôte  i6.de  Mai  de  l’an  i  r  3  5. mais  cela  n’eft  pas  clairement  exprimé  dans  les 
extraits  qu’on  nous  a  donnez  de  cette  chronique  en  langage  Elpagnol.  Il  y  eft 
.Ui],  marqué  f  feulement  »  qu’Alfonfe  VII.  roi  de  Caftille  ayant  allemblé  les  états 


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XXXIV. 
Bcrengcr  Ray¬ 
mond  conuc 
de  Provence 


DE  L  AN  GU  E  D  OC.  Liv.  XV1Î,  4n _ 

generaux  de  Ton  royaume  à  Leon,  les  prélats  8c  les  grands  proposent  de«  An.  1135. 
le  couronner  empereur,  parce  qu’il  étoic  feigneur  uni  verfel  de  toute  l’Efpa-  « 
gne  ,  8c  que  le  roi  de  Navarre ,  quelque  roi  Maure  ,  les  comtes  de  Barcelone  «« 

&  de  Touloufe ,  8c  divers  autres  ducs  de  Gafcogne  8c  de  France  étoient  fes« 
tributaires  8c  fe  reconnoiiloient  pour  Tes  vaffaux.  ■>»  Nous  avons  déjà  dit  ce 
qu’on  doit  penfer  de  ce  prétendu  vadelage  ,  ce  qui  n’empêche  pas  que  le 
comte  de  Touloufe,  ceux  de  Barcelone,  de  Foix  8i  de  Comminges,  &le 
feigneur  de  Montpellier  parens  ou  alliez  d’Alfonfe  VIL  n’ayent  pu  aflifter  à 
cette  ceremonie  j  cela  eft  d’autant  plus  vraifemblable  ,  qu’outre  que  nous 
n’avons  aucune  preuve  que  ces  princes  fulfent  alors  en  deçà  des  Pyrénées,  on 
a  déjà  vu  qu’ils  étoient  peu  de  tcms  auparavant  au-delà  de  ces  montagnes 
occupez  à  pacifier  le  pais. 

Guillaume  de  Montpellier  repafla  en  France  en  113  f.  pour  aflifter  au  ma¬ 
riage  qui  fut  célébré  folemnellement  cette  même  année  entre  la  jeune 
Beatrix  comteflè  de  Melgueil  là  niecefic  fa  pupille,  laquelle  a  voie 3  atteint 
alors  Page  de  douze  ans ,  8c  Berenger-Raymond  comte  de  Provence.  Arnaud 
archevêque  de  Narbonne  négocia  la  conclufion  de  ce  mariage  par  ordre  du  Mdgucii  &  fc 
pape  Innocent  II.  8c  fut  prelcnt  au  nouvel  accord  b  que  ce  comte  palîa  à  liepiuswmitc- 
cette  occafion  avec  Guillaume  de  Montpellier.  Suivant  cet  acte  Bcrenger-  Gm"Lm“ie 
Raymond,  &  f* femme  Beatrix  ,  confirmèrent  en  faveur  de  Guillaume  tous  Montpellier, 
les  articles c  donc  ils  étoient  convenus  auparavant  avec  lui ,  entr’autres  le  droit  xxxvt™ 
qu’ils  lui  avoient  accordé  de  percevoir  trois  deniers  pour  livre  fur  la  nionnoye  b  tr.p. 477.  & 
de  Melgueil.  Ils  jurèrent  en  même  tcms  d’oblèrver  fidellement  ces  articles  8c  ^  Ka.jgr„ 
d’aider  ce  feigneur  envers  cous  &  contre  tous ,  excepté  contre  Bernard  d’An-  M. 
dufe,  le  comte  de  Barcelone ,  Raymond  Trencavei  vicomte  de  Beziers  & 
d’Agde,  &  leurs  propres  vafTaux ,  aveepromeife  de  ratifier  ce  ferment  lorf. 
qu’ils  feroient  parvenus  l’un  8c  l’autre  à  un  are  competant.  Guillaume  de  fon 
coté  leur  promit  par  ferment  d’êcre  fidelle  obfervateur  des  mêmes  arcicles, 

&  de  les  fecourir  contre  tous  ceux  qui  voudroient  leur  ocer  le  comté  de 
Melgueil, excepté  contre  fes  frères ,  Bernard  d’Andufe  8c  fes  enfans,&  Raymond 
Trencavei  &  fes  vaffaux.  Leger  évêque  d’Avignon,  Raymond  de  Baux,  Guil¬ 
laume-Raymond  fénechal  de  Barcelone, Raymond  d’Andufe,  Pons  de  Bermond 
de  Sommieres ,  Raymond  de Cajiries  fils  de  Pons  de  Montlaur ,  Bernard  de  Sauve, 

&  plufieurs  autres  feigneurs  du  païs  furent  prefens  à  ces  actes. 

L’alliance  que  Guillaume  de  Montpellier  contracta  avec  le  comte  de  Barce¬ 
lone  par  le  mariage  de  la  comtcife  de  Melgueil  fa  niece ,  avec  le  frere  de  ce 
prince,  les  unit  encore  plus  étroitement.  Le  comte  de  Barcelone  pour  atta¬ 
cher  de  plus  en  plus  ce  feigneur  aux  intérêts  de  fa  maifon,  lui  donna  en  fief 
à  la  fin  de  l’an  *  !  1  36.  la  ville  8c  le  diocèfe  deTortofe,  pour  en  jouir  lui  8c  la  d  Marc.mfp. 
pofterité  après  qu’il  enauroiefait  la  conquête  fur  les  infidelles ,  à  condition  de  ?■•**<■&** 
le  fervir  dans  toutes  fes  guerres. 

L’union  étroite  que  le  feigneur  de  Montpellier  conlerva  avec  Innocent  II.  Leducd.Aqu;. 
lui  fut  également  favorable.  Ce  pape  donna*  ordre  à  Arnaud  archevêque  tameabanJou- 
de  Narbonne  fon  légat,  d’autorifer  par  là  prefence  l’accord  de  ce  feigneur 
avec  le  comte  de  Provence.  Guillaume  de  fon  côté  prit  avec  chaleur  les  in-  d«. 
terêts  d’innocent  contre  l’antipape  Anaclet,  que  toute  la  France  abandonna, 
à  la  réferve  de  Guillaume  -  comte  de  Poitiers  &  duc  d’Aquitaine,  qui  toujours 
déduit  par  Gérard  évêque  d’Angoulême  ,  perfiftoir  à  le  reconnoîcre ,  quoi  &J*n- 
que  la  plus  grande  partie  du  clergé  8c  de  lanoblellede  fes  états  fe  fullent 
déclarez  pour  Innocent.  Joflèlin  évêque  de  SoilTons,  &  S.  Bernard  abbé  de 
Clairvaux  ,  firent  à  la  vérité  une  tentative  en  1 13  1. pour  tâcher  de  ramener 
le  duc  8c  le  prélat  à  l’obéiflànce  de  ce  pontife }  mais  tous  leurs  foins  furent 
inutiles  :  Guillaume  obftiné  plus  que  jamais  n’en  perfecuta  que  plus  violem¬ 
ment  fes  fujets  catholiques.  Enfin  S.  Bernard  fit  de  nouvelles  tentatives  en 
n  3  j.  avec  Geoffroy  évêque  de  Chartres  légac  en  Aquitaine  :  ils  allèrent 
trouver  le  duc  à  Partenai  en  Poitou  ,8c  leurs  foin»  furent  fi  heureux ,  qu’enfin  w.ifemco*  de 

fi  *  .  «,  •  t  l'ordre  dcCi- 

m  le  ramenèrent  a  lunicc.  c,uuxdJOsU 

Le  faint  abbé  de  Clairvaux  s’étoit  attiré  par  la  (cience  &par  1a  pieté  une  pioviac c.Con. 

-iï  grande  réputation ,  qu’il  étoit  regardé  comme  l'arbitre  des  affaires  les  plus 


! 


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1 


A x.i  i 


«  BsltiZ.. 

W.  $.  p.  U 

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HISTOIRE  GENER  A.L  E 

3  J  •  epineufes  de  l’églife  6c  de  Pétât ,  ce  qui  ne  contribua  pas  peu  à  étendre  fon 
ordre ,  qui  étoit  une  réforme  de  celui  de  S.  Benoit,  laquelle  avoit  commencé 
à  la  fin  du  XI.  fiecle.  Cet  ordre  étoit  alors  déjà  établi  dans  la  province,  ainfï 
qu’il  eft  marqué  dans  la  vie  de  Pons  de  Laraze  fondateur  du  monaftere  de  Sal- 
vanés  en  Rouergue,  écrite  par  un  auteur  contemporain. 
tife.  Pons  *  étoit  un  chevalier  à  qui  le  château  de  Laraze  dans  le  diocèfe  de 
Lodeve,  dont  il  étoit  feigneur,  avoit  donné  le  fur'nom.  Il  fe  rendit  égale¬ 
ment  recommandable  par  fon  efprit ,  fa  valeur  &  fes  richellcs  fous  le  règne  du 
roiLouis  le  Gros,  ôel’épifcopat  de  Pierre  évêque  de  Lodeve  $mais  il  abufade 
Tes  talens,  ôc  le  fervit  de  fon  château,  qui  étoit  très  fort,  pour  exercer  une 
infinité  de  brigandages,  6c  faire  la  guerre  à  fes  voifins  qu’il  rançonnoit  fans 
mifericorde.  Dieu  lui  fit  la  grâce  de  le  toucher  ôc  de  lui  infpirer  la  réfolution 
de  quitter  le  monde  6c  de  faire  penitence  de  tant  de  crimes.  Dans  ce  dcflein  il 
obtint  d’abord  le  confentemcnt  de  fà  femme,  qu’il  mit  avec  une  fille  qu’il 
avoit,  dans  le  monaftere  de  Drinant  ,  où  elles  prirent  l’habit  religieux,  ôc 
auquel  il  donna  la  plus  grande  partie  de  fes  biens.  Il  avoit  encore  un  fils  uni¬ 
que  qu’il  confacra  à  Dieu  par  la  profefiion  monaftique  dans  l’abbaye  de  faine 
Sauveur  de  Lodeve.  Il  vendit  enfuite  les  biens  qui  lui  reftoient,  6c  ayant  fait 
afiembler  un  jour  au  village  de  PegairoIIcs,  fes  créanciers,  6c  ceux  à  qui  il 
avoit  caufé  quelque  dommage ,  il  les  fatisfit  6c  diftribua  le  refte  aux  pauvres. 

Ce  feigneur  après  avoir  mis  ordre  à  les  affaires,  gagna  fix  de  fes  amis  ou  de 
fes  voifins,  qui  touchez  de  fes  dilcours  réfolurent  de  le  retirer  avec  lui.  De  ce 
nombre  étoit  un  chevalier  nommé  Alzarran.  Pons  fuivi  de  fes  fix  compagnons 
le  mit  en  chemife  6c nuds  pieds,  6c  fe  faifant  fuftiger  par  un  homme  qui  le 
traînoit  avec  un  lien  de  fagot  qu’il  avoit  au  col ,  il  fe  fit  conduire  ainfi  à 
Lodeve  le  Dimanche  des  Rameaux  devant  l’évêque,  qui  après  la  procelfion 
du  jour  ,  l’attendoit  avec  tout  fon  clergé  fur  un  échafïaut  qu’on  avoit  drelTé 
exprès  au  milieu  de  la  place  :  il  fe  profterna  aulfi-tôt  devant  ce  prélat ,  8c  lui 
prefenta  un  papier  où  il  avoit  écrit  la  confelfion  qu’il  fit  lire  publiquement, 
tandis  qu’on  continuoit  de  le  fuftiger.  Un  fpeclacle  fi  touchant  tira  les  larmes 
des  yeux  de  tous  les  afïiftans,  6c  fit  de  fi  fortes  imprelfions  fur  plufieurs  pé. 
cheurs  qui  étoient  prefens ,  qu’ils  réfolurent  de  fe  convertir.  Le  Jeudi-Saint  au 
foir  Pons  6c  fesalfocicz  abandonnèrent  leur  patrie.  Ils  ne  prirent  chacun  pour 
tout  équipage  qu’un  méchant  habit,  un  bâton  6c  une  befacc,  8c  commencèrent 
leur  pèlerinage  nuds  pieds.  Ils  prirent  le  chemin  de  l’abbaye  de  S.  Guillcm  du 
Défcrt,  où  ils  arrivèrent  le  lendemain  jour  du  Vendredi -Saint.  Ils  y  trou¬ 
vèrent  un  grand  nombre  de  chevaliers ,  ôc  beaucoup  de  peuple  des  environs  qui 
étoient  accourus ,  pour  y  adorer  le  morceau  de  la  vraie  croix  dont  Charlema¬ 
gne  avoit  fait  prelentà  cette  abbaye  dans  le  tems  de  fa  fondation.  Raymond- 
Pierre  de  Ganges,  feigneur  du  voifinage  s’y  rencontra  ,  [6c  engagea  les  pèle¬ 
rins  à  venir  palier  la  fête  de  Pâques  avec  lui  dans  fon  château  ,  fitué  dans 
les  Cevennes  à  l’extrémité  du  diocèfe  de  Maguclonne.  Pons  ôc  fes  compa¬ 
gnons  en  partirent  le  lendemain,  prirent  la  route  de  S.  Jacques  en  Galice, 
ôefirent  tout  le  voyage  en  demandant  l’aumône.  Ils  conlulterent  differentes 
perfonnes  de  pieté  en  chemin,  entr’autres  l’archevêque  de  Compoftelle ,  qui 
leur  confcilla  de  fe  retirer  dans  quelque  lieu  defert  ôc  d’y  vivre  du  travail  de 
leurs  mains.  A* leur  retour  ils  vifiterent  le  Mont  S.  Michel,  S.  Martin  de 
Tours ,  S.  Martial  de  Limoges ,  6c  S.  Leonard  ,  6c  arrivèrent  enfin  à  Rodez. 
Ademar  évêque  de  cette  ville ,  prélat  diftingué  par  fa  pieté ,  qui  connoiffoic 
depuis  long-tems,  à  caufe  du  voifinage  ,  la  naillànce  6c  le  mérite  de  ces  peni- 
tens ,  les  obligea  à  loger  chez  lui.  Le  comte  de  Rodez  qui  avoit  toujours  été 
lié  d’une  amitié  très-etroite  avec  Pons  de  Laraze  ,  alla  le  trouver  au/fi-tôt  â 
l’évêché  ,6c  lui  offrit  un  endroit  de  fon  domaine  pour  s’y  retirer  avec  fèseompa- 
gnons:  mais  ce  dernier  le  remercia  de  fes  offres.  Pons  6c  fes  afTociez  fe  rendirent 
peu  de  tems  après  à  Camarez,  lieu  fitué  dans  les  montagnes  du  Rouergue, 
6c  environné  de  bois.  Arnaud  du  Pont  qui  en  étoit  feigneur,  leur  donna  aux 
environs  un  terrain  défert  qu’on  nommoit  Silvanés  ,  6c  qu’il  appelleront  Sal- 
vancs.  Après  avoir  défriché  ce  terrain,  ils  y  conftruifirent  de  petites  huttes 
où  ils  firent  leur  demeure  ,  6c  s’attirèrent  par  leur  vie  penitente,  le  relpecfc 


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An.ix  3  j. 


x  136. 


DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVII. 

&  la  vénération  des  peuples  de  tous  les  diocèfes  voifins. 

Plufieurs  autres  folitaires  s’étant  joints  à  eux,  ils  refolurent  quelque  tems 
après  de  fonder  en  ce  lieu  un  monaftere  dans  les  formes,  8c  d’embrallèr  l’infti- 
tut  de  Cîteaux  ,  ou  celui  des  Chartreux.  Pons  indéterminé  fur  le  choix  ,  prit 
le  parti  d’aller  lui. même  à  la  grande  Chartreufe,  dans  le  delfein  de  s’en  rap- 

fiorter  à  la  décifion  du  B.  Guigues  qui.  en  étoit  prieur,  8c  de  les  religieux.  On 
ui  confeilla  d’embraflcr  la  réforme  de  Cîteaux ,  8c  de  s’adreflèr  pour  cela  à 
l’abbaye  de  cet  ordre  la  plus  voilîne  de  Salvanés.  C’étoit  alors  celle  de  Ma¬ 
zan  en  Vivarais:  Pons  y  paflà  à  fon  retour,  &  s’étant  rendu  au  chapitre,  il 
offrit  la  maifon  de  Salvanés  à  Pierre  abbé  de  Mazan  qui  l’accepta  volontiers, 
reçût  au  noviciat  Pons  8c  fies  compagnons }  8c  après  les  avoir  revêtus  de  l’ha¬ 
bit  monaftique  au  bout  d’un  an  ,  8c  leur  avoir  donné  pour  premier  abbé  l’un 
d’entr’eux  nommé  Ademar  ,  les  renvoya  à  Salvanés.  C’eft  ainfi  que  fut  fon¬ 
dée  en  1 1 3  6.  cette  abbaye  qui  eft  aujourd’hui  du  diocèfe  de  Vabres ,  Sc  fituée 
vers  les  frontières  de  l’Albigeois  8c  du  diocèfe  de  Beziers.  La  fainteté  de  ce.s 
premiers  religieux  parut  avec  tant  d’éclat  ,  que  plufieurs  chevaliers  de  mérite 
y  changèrent  leur  ceinture  militaire  contre  l’habit  religieux.  D’un  autre  côté 
les  princes  8c  les  feigneurs  tant  voifins  qu’étrangers ,  y  firent  des  dons  confi- 
derables  5  nous  en  avons  entr’autres  plufieurs  qui  furent*  faits  à  ce  mona-  iT-p-vvè' 
ftere  au  XII.  fiecle  ,  par  les  vicomtes  de  Beziers  8c  de  CarcalTonne ,  les  fei- ■/'î‘îl'8'®’-,eî* 
gneurs  de  Roquefeuil ,  de  Peyre  ,  de  Vintron  ,  d’Olargues  ,  de  Montlaur ,  8cc. 

Quant  bà  Pons  de  Laraze  il  choifit  l’état  de  frere  convers  ,  afin  d’avoir  \>Bainz.ibU. 
plus  de  liberté  de  pourvoir  aux  befoins  8c  à  la  fubfiftance  de  fes  freres ,  8c 
mourut  en  odeur  de  fainteté.  Guiraud  troifiéme  abbé  de  Salvanés  mort  en 
1161.  fonda  pour  des  filles  le  monaftere  de  Nonnenque  qui  fubfifte  encore 
dans  le  diocèfe  de  Vabres  vers  les  frontières  de  celui  de  Lodeve. 

On  voit  par  ce  que  nous  venons  de  dire  que  l’abbaye  de  Mazan  en  Viva¬ 
rais  eft  une  des  plus  anciennes  de  l’ordre  de  Cîteaux.  Elle  fut  fondée  c  par  fàint 
Jean  abbé  de  Bonnevalau  dioccfe  de  Vienne,  8c  enfuite  évêque  de  Valence, 
lequel  y  envoya  quelques-uns  de  fes  religieux  ,  avec  Pierre  qui  fut  leur  pre. 
mier  abbé,  8c  parvint  à  une  fainteté  eminente.  Quelques  auteurs  d  rap- 
portent  la  fondation  de  cette  abbaye  à  l’an  ni 9.  mais  c  il  paroît  qu’elle  eft  iVyÀs.-.nriq. 
poflerieure  de  deux  ou  trois  ans.  Quoi  qu’il  en  foit ,  il  eft  certain  que  c’eft  Annai-  cfi- 
la  plus  ancienne  abbaye  de  l’ordre  de  Cîteaux  dans  la  province.  Ce  lieu  s’ap- 

Jielloit  anciennement  le  Mas  d' Adam*.  Les  feigneurs  du  voifinage  donnèrent 
e  fonds  pour  la  conftruction  du  monaftere  qu’ils  dotèrent  richement.  Il  eft 
fitué  dans  une  folitude  au  milieu*  du  diocèfe  de  Viviers  à  4.  lieues  d’Aubenas 
vers  le  nord-oueft.  Les  abbayes  de  Toronet  8c  de  Sinanque  en  Provence  font 
fes  filles.  La  derniere  qui  eft  du  diocèfe  de  Cavaillon  ,  8cqui  fut  fondée  en 
1148.  fonda  elle-même  en  1x52.  f  celle  de  Chambon  au  diocèfe  de  Viviers, 
fituée  dans  les  Cevennes  vers  les  frontières  du  Gevaudan. 

Les  quatre  abbayes  de  filles  de  Mercoire  en  Gevaudan  ,  de  Bellccombe, 
de  Sauvebenite&  de  Clavas  en  Velay,  doivent  auffi  leur  origine  à  l’abbaye  de 
Mazan,  8c  font  de  fa  filiation.  La  fécondé  fituée  à  quatre  lieues  du  Puy  ,  8c  A 
deux  lieues  d’Ilfingeaux ,  étoit  déjà  fondée  en  1148.  On  n’a  aucun  monument 
de  la  troifiéme  avant  l’an  1218.  Elle  eft  fituée  fur  les  frontières  du  Velay ,  du 
Forés ,  8c  de  l’Auvergne,  à  huit  lieues  du  Puy.  Les  comtes  de  Forés  en  font 
les  principaux  fondateurs.  On  voit  dans  l’églife  le  tombeau  de  la  B.  Mar¬ 
guerite  religieufe  de  ce  monaftere,  laquelle  y  eft  en  grande  vénération.  Enfin 
la  quatrième  fituée  dans  une  vallée  étroite  furies  frontières  des  diocèfes  du 
Puy  8c  de  Vienne,  à  trois  lieues  cfAnnonay,  dans  la  paroiflède  Rioutor,  fub- 
fiftoit  auffi  au  XIII.  fiecle. 

Plufieurs  anciens  monafteres  furent  unis  à  l’ordre  de  Cîteaux  au  XII.  fiecle;  xxxvii. 
tels  furent  entr’autres  ceux  d’Ardorel  au  diocèfe  de  Caftres  ,  8c  de  Valmagne  i 
dans  celui  d’Agde.  Ce  dernier  qui  eft  fitué  fur  la  grande  route  de  Langue-  vai.nignc. 
doc  fut  fondé  en  1 138.  e  fous  la  dépendance  de  l’autre  ,  8c  l’inftituc  du  B.  çjv^40 gJ> 
Geraud  de  Sales.  Foulques  abbé  d’Ardorel  y  envoya  alors  de  fes  religieux 
pour  y  établir  la  régularité.  Raymond  Trencavel  vicomte  de  Beziers ,  8c  fa 
femme  Adélaïde ,  en  furent  les  principaux  bienfai&eurs ,  avec  Guillaume 


c  Vit.S.'Johan 
Va  ent.  Mar- 
ten.  anecd.to.fr 


MauCus 
Adam. 


f  V.M.tnriq 
tbuiann.  1151, 


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4*4 


HISTOIRE  GENERALE 


AN.1136.  d'Omelas  frere  de  Guillaume  VII.  feigneur  de  Montpellier  ,  &  divers  cheva- 
t hf. j xi.  ijers  du  voifinage.  Elle  reçue  encore  une  donation  confiderable  en  1 147.  j  de 
Trencavelle  comtelTe  de  Roufiillon ,  du  vicomte  Raymond  Trencavel  fon 
frere,  de  Geraud  fon  fils,  &  de  la  vicomtefle Cécile  fa  mere. 
bfr.t>]u.&  Les  abbayes  d’Ardorel  &  de  Valmagne  embraflerent  l’inftitut  *»  de  Cîceaux 

Kflf.  I'am  .  .  ,  A ..  An  P'ikkp  P  IpilT  flinprilïnr 


q  ucs- uns  vouloient  quitter  cct  inftitut.  Ce  prélat  leur  marque  que  c’ctoit  àleur 
priere  ,&  à  cellede  Guillaume  qui  écoit  alors  leur  abbé  ,  qu’il  avoit  écrit  à  Cî. 
teaux  pour  établir  cct  ordre  parmi  eux  :  ce  qui  avoit  cte  exécuté  du  confente. 
ment  de  l’abbé  de  Cadouin ,  &  de  l’avis  de  fon  chapitre ,  8c  des  princes  du  pais, 
fçavoir  de  Roger,  de  Trencavel  ,  d’Ermengaud  de  Vintron,  8c  de  plufieurs 
autres  nobles.  Rigaud  avoit  fuccedé  dans  l’évêché  d’Albi  à  Hugues,  qui  au 
AAa.is.tri.  mois  de  Février  de  l’an  1138.  fit  la  ceremonie  d  de  lever  de  terre  le  corps  de 
5.  s.'jtc. iv.  £  Guillaume  fondateur  de  l’abbaye  de  Gellone. 

^xxxv/ii.  Guillaume  X.  comte  e  de  Poitiers  8c  duc  d’Aquitaine  après  fa  réconciliation 
Mon  dr  Gu.!-  avec  péglifc,  fe  ligua  avec  Geoffroy  V.  comte  d’Anjou ,  6c  marcha  à  fon  fecours 
^Aquitaine'.11"  pour  foumettre  la  Normandie.  Il  fit  tant  de  ravages  dans  cette  province,  & 
EKonor  fa  y  commit  tant  d’excès,  que  pour  les  expier  il  relolut  de  faire  un  pelerina- 
îïïicKipoJk'  Sc  a  fainc  Jacques  en  Galice.  Avant  fon  départ  il  difpofa  de  fes  domai- 
je  roi  touis  )c  nés  en  faveur  d’Eleonor  fa  fille  aînée  ,  car  il  n’avoit  point  d’enfans  mâles,  & 
de  ceCdud.éiue  dedina  de  donner  en  mariage  au  roi  Louis  le  Jeune  ,  que  le  roi  Louis  le  Gros 

— - -  fon  pere  avoit  afîôcié  au  trône.  Guillaume  fit  cette  dilpofition  ,  non  pas  par 

eOrJrliui  tt‘îfamcnt:  fuppofé  que  quelques-uns  f  ont  donné  fous  fon  nom,  mais  par 
;.,3.  quelqu’autre  ade  g.  Il  fc  mit  enfuite  en  chemin  *  8c  apres  fon  arrivée  à  Com- 


sug-r.vit. '.ud.  po/lelle,  ou  du  moins  aux  environs,  il  fut  attaqué  d’une  violente  maladie 
jtqq  FiX°&  dont  il  mourut  *  le  Vendredy-Saint  9.  d’Avril  de  l’an  1x37.  Il  fit  faire  fer- 
cbron.Mxmi-  nient  avant  fa  mort  à  ceux/jui  l’accompagnoicnt  d’cxccuter  là  volonté  tou. 
Ucrtlli  vit  cl)anC  1£  mariage  de  fâ  fille  avec  le  roi  Louis  le  Jeune.  Son  corps  fut  inhumé 
*  devant  le  grand  autel  de  J’églife  de  S.  Jacques.  Telle  fut  la  fin  de  ce  prince, 

Touloufâin  de  naiflànce  ,  qui  fe  rendit  aufii  fameux  par  fon  attachement  au 


fiiac.i 
{Ut 

de  Suger  L  6» 
p.i9-&  faq. 

y  y.  Bcflv  Hoitt  #  #  *  « 

tb*p.%  puni  de  l’antipape  Anaclet,  8c  par  les  maux  qu’il  fit  à  l’eglife  à  cette  occa. 
a  "r  "oa  j  <3U  Jl  l’eft  devenu  depuis  par  les  fables  que  divers  auteurs ,  qui  l’ont  con- 
c  ;7"  ’  'I0'  fondu  avec  Gillaunie  IX.  Ion  per e,8c  avec  deux  faints  de  même  nom,  ontinven- 
Pagi ann .  rjcs  fiir  fon  fiujcr.  Ce  duc  qui  dcfccndoiccn  droite  ligne  *de  Bernard  Il.mar, 
"iorderMtai.  quis  dcGothie  8c  comte  de  Poitiers  dans  le  IX.  fieele  ,  mourut  âgé  d’environ 
suger. çrc.tbid.  3  s.  ans ,  après  avoir  été  marié  deux  fois.  Il  né  lui  refloit  plus  que  deux  filles 
k  vTo.i.  dLl  premier  lit.  EJeonor  l’aînée  hérita  de  tous  les  domaines,  ainlî  qu’on  l’a 
ixxxra  déjà  dit ;  8c  Alix  ou  Perronclle  la  cadette,  époufa  dans  la  fuite  le  comte  de 
Vermandois.  Raymond  prince  d’Antioche  frere  de  Guillaume ,  continua  la 
p  ode  rite. 

Leroi  Louis  le  Gros  n’eut  pas  été  plutôt  informé  delà  mort  8c  des  der¬ 
nières  difpofitions  de  ce  prince,  qu’il  fit  partir  le  roi  Louis  le  Jeune  fon  fils, 
accompagné  d’une  cour  fûperbe,  pour  aller  époufer  la  duchefle  d’Aquitai¬ 
ne  ,  8c  prendre  poûcIUon  de  cette  portion  de  la  monarchie.  Louis  le  Jeune 
i  OAufriJ.vof.  arriva  le  3  o.  de  Juin  à  Limoges.  Alfonfe  comte1  de  Touloufê  qui  ignoroic 
que  ce  prince  dut  aller  dans  cette  ville,  s’y  rencontra  par  Lazard,  à  l’occa- 
fion  de  la  fête  de  S.  Martial  qu’il  y  étoit  venu  celebrer,  8c  qui  tombe  ce  même 
jour.  Louis  fe  rendit  de  là  à  Bourdcaux,  où  il  époufa  folcmnellement  Eleo- 
nor,  laquelle  fut  couronnée  reine  de  Franc#  Il  fut  en  fuite  couronné  lui-même 
duc  d’Aquitaine  à  Poitiers  le  8.  du  mois  d’Août  fuivant.  Ce  duché  qu’il  réunit 
pour  un  tems  à  la  couronne  ,  par  fon  mariage  avec  EIconor  ,  comprenoitalors 
les  comtez  particuliers  de  Poitou  8c  de  Limoufm  ,  avec  l’autorité  fuzeraine 
mr.r.rnaiJ.  fur  le  rede  de  la  province  m  ecclefiadique  de  Bourdcaux  ou  Aquitaine  II.  II 
vif.s.Btrn.1.1.  comprenoit  auiïi  la  Novempopulanie  ou  province  d’Auch,  c’cff-à-dire  le  duché 
de  Gafcogne,  8c  les  comte  z  particuliers  de  Bourdcaux  &  d’Agen  „qui  avoient 
été  unis  au  domaine  des  comtes  de  Poitiers  vers  le  milieu  du  XI.  fieele  par 
Je  mariage  de  Brifque  qui  en  étoit  hericiere  avec  Guillaume  V.  duc  d’Aqui¬ 
taine, 


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DE  LANGUE  D-O  C.  IiV.  XVII.  p-y 

tainé',  bifàyeul  du  pere-d’£leonor..  Cè  dernier  pdflêdoit  aufli  la  partie  de  la  An.  1137* 
Touraine  fituée  à  la  gauche  delà  Loire.  •' 

•  Ort  voitpar  Ce  détail  ,  pris  d’un  auteur1  du  tenis  ,  que  les  comtes  de  Poitiers  * 
n’a  voient  aucun  poùvolr  fur  la  plupart  des  pais  qui  compofent  l’Aquitaine  I.  où  u};.n.u.  'f 
province  ecclefiaftique  de  Bourges.  Eii  effet  les  comtes  de  Touloiife  quijouif-, 
fuient  eux -«mêmes  de  l’autorité  ducale ,  dominaient  alors  fur  la  plus  grande 
partie  de  cette  province?  ,•  fçavoir  fur  l’Albigeois ,  le  Rouergue,  le  Querci,  le-  ) 

Vêlai,  ScleGevaudan.  De  là  vient  que  quelques  auteurs  pour  distinguer  ces 
deux  portions  de l’ancienhe  Aquitaine, donnent  le  nom  de  Guyenne  à  celle  dont 
les  comtes  de  Poitiers  fe  quâlifîoient  ducs  *  mais  ce  nom  n’a  pas  été  en  ufage 
avant  le  XIII.  fiecle.  Nous  nous  en  fervirons  cependant  dans  la  fuite  pour  dé-' 
ligner  les  domaines  dont  Eleonor  hérita ,  &  qui  furent  unis  à  la  couronné  d’An-  s 

gîeterre.  '  :  :  . 

*.  Le  roi:  Louis  le  Jeune  fut  obligé  de  quitter  le  Poitou  ,  &  de  revenir  in.-  Morf!u‘Â>i 
eelîamrnent  en  France ,  fur  la  nouvelle  qu’il  reçut  du  decez  du  roi  Louis  le  Louis  le  Gios. 
Gros  fon  perè,qui  mourut  le  premier  d’Août  de  l’an  j  1 37.  &  qui  lui  avoir  déjà  {j>°nuJfJcfj'u“* 
cédé  le  gouvernement  du  royaume  durant  une  maladie  qu’il  a  voit  eue  quelque  voyageau  Eu  y. 
tems  auparavant.  Louis  le  Gros  eft  le  premier  de  nos  rois  de  la  troifiéme  race  Foudj,1°a  de 
que  nous  trouvons  avoir  exerce  quelque  acte  d  autorité  dans  la  province.  Un  Conmsac  vc-> 
auteur  b  qui  a  écrit  au  milieu  du  XI V. fiecle  prétend  qu’il  fit  tenir  un  parlement  u>.Evc<ju«  du- 
en  n  ii.  dans  l’abbaye  de  S.  Benoît  de  Cadres,  &  qu’Alfonfe  comte  de  Tou- 
loufe  y  fut  ajourné  pour  rendre  hommage  de  ce  comté  ;  mais  tout  cela  paroît  b  n»rdm.  s 
avancé  fans  preuve  ;  il  eft  certain  feulement  que  ce  roi  donna  des  chartes  en  '4'M'f,'"')' 
faveur  des  églifes  de  MaguelonneSc  du  Puy.  La  date  n’eft  pas  marquée  dans 
la  première c  de  ces  deux  chartes ,  par  laquelle  Louis  confirma  l’églife  de  Ma-  <G»U.chrM.i. 
guelonne  dans  la  poflêfiion  de  les  domaines.  Celle  qu’il  donna  J  en  faveur 
d’Humbert  évêque  du  Puy,quirétoitallétrouveremi34.eft  datée  d’Orléans,  /«j- 
St  fouferite  par  les  principaux  officiers  de  la  couronne.  Par  ce  dernier  diplôme 
Louis  accorde  d  Humbert  la  cite  à'Anis  ou  du  Puy ,  avec  le  château  de  Cor¬ 
neille,  les  droits  de  péage ,  de  monnoye,  de  juftice,  &c.  Nous  remarquerons  à 
cette  occafion ,  i°.  Que  cette  charte  eft  la  première  que  nous  ayons  de  nos  rois 
de  la  troifiéme  race  pour  la  province  ,  comme  celle  de  Lothaire  donnée  en 
9  y  y.  pour  la  même  églilè  ,  eft  la  derniere  de  ceux  de  la  fécondé  5  &  que  nous- 
n’avons  aucune  preuve  que  ces  princes  ayent  exercé  quelque  autorité  fur  ce  pais 
durant  tout  cet  intervalle,  i8.  Que  le  Puy  n’eft  qualifié  que  bourg  dans  la 
charte  de  Lothaire,  &que  Louis  lui  donne  dans  la  fienne  le  titre  de  cité.  La 
ville  du  Puy  a  donc  été  «onftruite  entre  la  fin  du  X.  fiecle  &c  le  commence¬ 
ment  du  XII.  3**.  Enfin  que  quoique  ces  chartes  accordent  toute  l’autorité  èc 
la  jurifdiction  à  l’évêque ,  fur  le  bourg  ou  la  ville  du  Puy ,  il  n’y  eft  cependant 
rien  dit  du  comté  de  Velay.  Ce  pais  eut  en  effet  encore  long-tems  e  après  des 
Comtes  particuliers ,  êc  ne  fut  pas  fitôt  uni  au  domaine  de  l’églife  du  Puy.  IL  /ij.  ’ 
appartenoit  alors,  à  ce  qu’il  paroît, aux  comtes  de  Tripoli  en  Syrie-,  defeendus 
de  Raymond  de  S.  Gilles  comte  |de  Touloufe  ,  qui  firent  donation  {  en  iPr-t-as. 
1131.  &  1141.  des  domaines  qu’ils  polfedoient  dans  le  pais,  au  même  Humbert 
évêque  du  Puy.  s  • 

Sous  l’épifeopat  de  ce  prélat  qui  mourut  en  1144.  fon  églife  g  reçut 
de  grandes  liberalitez  de  divers  feigneurs ,  entr’autres  d’Ifarn  vicomte  de  Lau- 
trec ,  de  Begon  de  Caraman  ,  Pierre  de  Panat ,  Bernard-Ifarn  de  Mirandol ,  & 

Hugues  Ermengaud  de  Vintron  ,  &c.  Cedcrnier  donna  en  113  y.  à  l’églife  du 
Puy  la  paroifle  &  le  village  de  Cuzolas,du  confcntement  d’Hugues  évêque  d’Al- 
bi,  ÔcdeSicard  vicomte  de  Lautrec.  Nous  conjedurons  que  celui-ci,  qui  fut 
le  quatrième  vicomte  de  Lautrec  de  fon  nom ,  St  qui  vivoit  b  encore  en  r  1  y  7.  bvr.^ysa: 
étoit  fils  d’Ifarn  dont  on  vient  de  parler, lequel  fut  le  troifiéme  vicomte  de  Lau¬ 
trec  de  ce  nom.  _  ^  i  Velr.Vm.l.t', 

Le  roi  Louis  le  Jeune  fit  en  1138.1m  voyage  au  Puy ,  où  il  célébra  la  fête  de  ,r.x9. 
l’Annonciation  de  la  Vieme.  Pierre  le  Vénérable  abbé  de  Cluni  fait  mention  k  vfdl-ehy- 
de  ce  voyage  dans  une  lettre 1  qu’il  écrivit  a  S. Bernard  au  mois  de  May  de  cette  ,7t ,&j^. 
année  k,  &  dans  laquelle  il  marque  qu’il  avoir  été  trouver  le  roy  au  Puy  vus.BcrnUi 
où  ce  prince  tenoit  fa  cour ,  la  derniere  fete  de  la  Vierge  ,  pour  lui  demander  la  ï.\'f  ' 
Tome  JJ.  •  Hhh 


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4*4 


HISTOIRE  GENERALE 


AK.1138.  confirmation  de  l’élcdion  d’un  de  fes  religieux,  que  le  chapitre  de  Langrts 
avoir  choifi  pour  fon  évêque.  . 

xl.  Il  uc  paroît  pas  qu’Alfonfè  comte  deTouloufe  ait  affilié  à  U  ceremonie 
Nouvdicligue  du  mariage  de  l’heritiere  d’Aquitaine  avec  le  roi  Louis  le  Jeune,  quoique  cette 

entre  Àl  ootc  _ rr.^r  1  *  r\ _ û _ _ _ _ _ ‘11  *  •  . 


comte  de  Tou-  PXinceffc  fut  fa  proche  parente.  Peut-être  que  les  prétentions  qu’elle  avoit  lur 
loute&ics trois  le  comté  deTouloufe,  firent  que  ce  comte  s’emprefla  beaucoup  moins  depren- 
sricomtes  fils  ^  parC  ^  une  aHiance  qui  pouvoit  un  jour  lui  caufer  du  trouble  *  ce  qui 
arriva  en  effet  quelques  années  après.  Alfonfe  s’unit  de  nouveau  vers  le 
même  tems  avec  les  crois  vicomtes  fils  de  Bernard- Aton,  8c  promit  par  fer- 
ment*  au  mois  de  Janvier  de  l’an  1138.  de  leur  confervçr  leurs  domaines  en* 
vers  tous  8c  contre  tous  ,  excepté  contre  fes  propres  vaffaux.  Il  s’engagea  par 
cet  a&e  à  leur  faire  prêter  un  pareil  ferment  par  Raymond  fon  fils,  lorft 
qu’il  feroit  parvenu  à  un  âge  plus  avancé  :  ce  prince  né  en  1134.  *  n’a  voie 
encore  alors  que  quatre  ans.  Alfonfe  acquit  b  la  mçn>e  année  pour  la  fomme  de 
u$o.  fols monnoye  de  S. Gilles ,  le  château  de  Bernis ,  qu’une  dame  nommée  Gai- 
burge  lui  vendit  en  alleu  ,  8c  reprit  enfuite  en  fief ,  à  condition  que  les  fuc* 
ceflcurs  mâles  de  ce  prince  le  poffederoienc  préférablement  aux  filles. 

Roger,  l’aîné  des  trois  fils  du  vicomte  Bernard- Aton,  fe  qualifioit  en  c  1136. 


<k  Bernacd- 
Atoa. 


a  Pr.f, 481, 

*,.IU 


comtes 
c  Mar/**. 
**cc4,  g*, l.f» 


c  un 


XLl. 

tes  trois  vj-  comte  de  Carcaffonne  8c  de  R  a  fez  ,  8c  vicomte  d’Ambialet,  comme  il  paroît 
par  la  fauve  garde  qu’il  accorda  le  Lundi  24.  de  Février  de  cette  année  à  l’ab¬ 
baye  de  Caunes.  Il  s’engagea  par  cet  acle  à  ne  pas  faire  la  guerre  à  fesenne. 
mis  dans  le  diftrid  dumonaflere  ,  ce  qu’il  promit  en  prefence  de  Pierre  abbé 
de  Caunes  ,  de  tout  le  peuple  de  ce  lieu,  8c de  fix  de  fes  barons  quifervirent 
de  caution,  fçavoir  Bernard  de  Canct  ,  Ifarn  8c  Jourdain  de  Sailfac,  Pierre 
de  Lauran ,  Bernard  de  Trefmals  viguier  dû  CarcaÜonnc ,  8c  Guillaume  Roger 
d’Aragon.  Le  titre  de  comte  de  Carcafionne  8c  de  Rafez  que  Roger  fe  donnoic 
alors,  nous  donne  lieu  de  croire  que  Kaymond-Berenger  IV.  comte  de  Barce, 
lone  ,  qui  avoit  des  prétentions  fur  ces  deux  comtez ,  en  étoit  entièrement 
dépouillé,  8c  qu’il  n’y  poffedoit  aucun  domaine.  On  peut  confirmer  cette 
d ^484.6-  conjecture  par  la  donation  d  que  le  même  Roger  fit  au  mois  de  Mai  de  l’an 
J'1 •  xi  3  8.  à  Arnaud  de  Corneillan  du  château  de  CaTamont ,  qu’il  faifoic  conftruire 

dans  fon  comté  de  Rafez, ^  pour  le  tenir  en  fief  de  lui  8c  de  fes  enfans ,  8c  à  leur 
défaut  du  vicomte  Raymond  Trencavel  fon  frere.  Dans  cetaéle,  8c  dans 
plusieurs  autres,  Roger  fè  qualifie  fimplemenc Roçerde  Béliers.  Il  reçut' en 
i^é.conjointement’aveclavicomteffeCecile  fa  mere,  l’hommage  dcsfèigneurs 
du  château  de  Hautpoul  dans  le  T ouloufain  }  8t  en  n  3  7 .  8c  les  années  Vivan¬ 
tes  en  fon  nom  ,  celui  des  feigneurs  des  châteaux  de  Cabarez  ,  Lavaur, 
S. Félix,  duCaylar  de  Lauraguais ,  de  Roquefort,  Termes  ,  Auriac,  Pen¬ 
ne,  &c.  Armand  vicomte  de  Bruniquel  fut  prefent  à  ce  dernier  hommage 
^  ^>an  n39-  R°ger  échangea  cette  année, en  prefence f  de  la  vicom- 

.o\.w  ,.f.  (^eCJle  fa  mere ,  la  terre  de  Villeneuve  qu’il  donna  en  alleu  à  l’abbaye 
d’Ardourel,  pour  celle  de  Cambon,  que  Gaufbcrt  de  la  Valette  avoit 
donnée  à  cette  abbaye  :  il  accorda  en  même  tems  aux  Religieux  de  cemona- 
ftere  la  liberté  de  poffeder  en  alleu  tout  ce  qu’ils  avoient  acquis  ,  ou  qu’ils 
acquerroient  dans  la  fuite ,  des  chevaliers  fes  vaflaux. 

Le  vicomte  Raymoqd  Trencavel  frere  puîné  de  Roger,  acquit  g  de  fon 
côté  en  1138.  differens  biens  qui  lui  furent  vendus  en  franc-alleu  à  Marfeil- 
1»M n.&fa.  lan  dans  le  diocèfe  d’Agdc.  Nous  avons  encore  h  un  acte  fans  date  par  lequel 
Roflaing  de  Pofquieres ,  de  la  maifon  d’Ufez  ,  promet  de  donner  ce  qu’il 
avoit  à  Mefe  ,  5c  quelques  autres  biens  du  diocèfe  d’Agde  ,  à  celui  de  fes  fils, 
Pierre  ou  Roflaing,  qui  épouferoit  une  des  filles  du  même  vicomte  :  mais 
nous  ne  fçavons  pas  fi  ce  mariage  s’accomplit.  Peut-être  que  la  parenté  qu’il 
y  avoit  entr’eux  y  mit  obflacle  ;  car  Roflaing  de  Pofquieres  avoit  époufé  en 
1 1 2 1 .  ’  Ermeflinde  fœur  du  même  Raymond  Trencavel ,  donr  il  avoit  eu  ces 
deux  fils.  Cet  a&e  prouve  que  Raymond  Trencavel  avoit  alors  des  enfans. 
•  krr.^sj.  Nous  fçavons  d’ailleurs  que  fa  femme  s’appelloit  Adçlaïde  k  ,  8f  qu’il  étoit 
déjà  marié  avec  elle  en  1137.  Ce  vicomte  fait  encore  mention  de  fa  femme s 
dont  il  ne  marque  pas  le  nom  ,  dans  un  a&e  1  de  l’an  1142.  par  lequel  il 
remet  en  faveur  de  l’abbé  8c  des  religieux  de  S.  Tiberi,  8c  des  habitans  de  ce 


14.07*?. 


t  JV./.4S*. 


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DE  LANGUEDOC:  Liv.  XVlï. 


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b  Ibid, 
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lieu  ,  les  chevauchées  qu’il  demandoit  à  ces  habitans  ,  avec  la  jufiiee  &  les  finan-  An»i  i  3  8v 
‘ffx ,  ôc  Te  réferve  feulement  la  connoillànce  des  crimes  d’homicide  &  d’a- 
d ulcéré. 

Quant  à  Bernard-Aton  croi  fiente  frere  de  Roger,  il  donna3  en  fief  en  1138. 
diiterens  biens  dependans  de  la  vicomté  de  Nifmes,  qui  lui  étoit  échue  en 
partage.  Il  vendit  trois  ans  b  après  ,  à  Rainon  feigneur c d’Ufcz  en  partie  ,  à 
Guillaume  Rainon,  qui  étoit  vraisemblablement  fils  de  ce  dernier,  &  à  leurs 
chevaliers  6c  valïaux  ,  pour  la  lomme  de  y  oc.  fols  de  S.  Gilles  ôc  3  00.  fols  Mel- 
goriens  ,  les  pâtis  qui  étoient  dans  le  territoire  du  Caylar  Ôc  de  S.  Sylveflre 
deTcillan  au  diocèlè  de  Nifmes.  L’acte  eft:  fouferit  entr’autres  par  Bermond 
du  Caylar, 

Alfonfe  comte  de  Touloulê  non  content  de  s’être  uni  plus  étroitemcntavec 
les  vicomtes  de  Carcaflbnne  de  Beziers  de  de  Nifmes,  chercha  à  fe  concilier 
de  plus  en  plus  l’amitié  de  l’evêquc  ôc  du  peuple  de  Touloufe.  Il  renonça  fcen °î' u 
folemnellement  d  la  même  année  1138.  en  faveur  de  ce  prélat,  au  droit  dq-otiiii^dcs 
dont  les  comtes  de  Touloulê  les  prcdeceffèurs  avoient  joui  auparavant,  de  £Vacv”ie.e 
fe  faifir  de  la  dépouille  des  évêques  après  leur  mort.  Alfonfe  fit  cette  renon-  dzv-4Sli 
ciation  en  prelcnce  de  tout  le  peuple  de  Touloufe  ,  allèmblé  un  Dimanche 
dans  la  cathédrale  de  S.  Etienne,  pendant  la  célébration  de  la  Mejfc  matutU 
nale  ou  de  paroilîe  ,  ôc  en  prefence  de  Bernard  comte  de  Commingcs,  Roger 
comte  dcFoix,  Gautier  vicomte  de  Terride,  Ôc  plufieurs  autres  lèigneurs. 

Le  comte  de  Touloulê  fait  mention  de  fis  vi^uiers  dans  cet  acte,  ôc  de  fis  bai-  *  Bajuf  orumi 
les  *  dans  un  autre  de  l’année  Suivante c.  Les  premiers  avoient  l’adniiniftra»  cPr.p.^9. 
tion  de  la  juftice ,  ôc  les  autres  le  foin  de  fes  domaines. 

Gautier  elt  le  plus  ancien  vicomte  de  Terride  dont  nous  ayons  connoiflân-  di 

ce.  Nous  trouvons  enfuite  un  Arnaud-Gaufbert  fils  du  vicomte  de  Terride  ,  qui  Gimoez  ou  de 
en  néé.  lit  une  donation  (  en  faveur  de  l’abbaye  de  Bellepcrche.  Cette  vi-  Tfn^eje [tibi 
comté  s’étendoit  dans  le  païs  de  Gimoez ,  ainfi  appellé  de  la  riviere  de  Gb  ifsfiupenbt. 
mone  qui  l’arrofe,  ôc  comprenoit  la  portion  la  plus  occidentale  du  diocèfe 
de  Touloufe  à  la  gauche  de  la  Garonne,  vers  le  confluent  de  ce  fleuve  avec  le 
Tarn.  Ce  païs  dépend  aujourd’hui  du  diocèlè  de  Montauban  :  fes  vicomtes 
fe  qualifioient  indifféremment  vicomtes  de  Gimoez  ou  de  Terride  ,  château 
qui  étoit  le  chef-lieu  de  leur  domaine. 

Roger  III.  comte  de  Foix  fignala  là  pieté  en  1136.  par  la  fondation  g  d’une  xliv. 
maifon  de  l’ordre  des  chevaliers  duTemplc,  aufquels  il  donna  en  franc-alleu ,  ^ 
de  concert  avec  la  comtellè  Ximenc  fa  femme ,  le  lieu  de  la  Nogerede,  fitué  fo^dc  la  com¬ 
aux  environs  de  l’Aricge,  &  qu’il  voulut  qu’on  nommât  à  l’avenir  Ville-  nunderic  de 
Dieu.  Arnaud  deBedos  ôc  Raymond  de  Gaure  ,  frères  de  la  milice  du  Tem-  IcsTcm. 
pie,  reçurent  au  nom  de  leur  ordre  cette  donation,  qui  fut  faite  entre  les  pikrs.&rcnon- 
mains  d’Amelius  évêque  de  Touloufe.  C’cR  la  plus  ancienne  commandcrie  « 3  ics  Jro,:! 
de  i  ordre  des  Templiers  que  nous  trouvons  avoir  etc  fondée  dans  la  pro-  iez «. 
vince.  Cet  ordre  militaire  qui  avoit  été  établi  à  Jerufilem  en  1 1  zo.  h  &  {iftfTai 
dont  la  règle  fut  approuvée  huit  ans  après  au  concile  de  Troyes,  en  poflèda  a„\ 
depuis  pluiieurs  autres  très-conlîdcrables  dans  ce  païs. 

Quelque  tem  s  après  le  comte  de  Foix  accorda  la  protection  à  l’abbaye  de 
Lezac,  fituée  «  dans  l’étendue  de  fon  domaine,  S c  alors  expoféc  aux  pilla-  ;.Pr.f.4s<.& 
ges  &  aux  vexations ,  foit  des  grands  du  païs,  foie  des  étrangers.  Guillaume  Jtj. 
qui  en  croit  abbé,  convoqua,  du  contentement  de  fa  communauté  ,au  mois 
d’Avril  de  l’an  1139.  du  tems  d' Alfonfe  comte  de  Touloufe ,  &  de  l'cvcque  Ame- 
lius ,  les  princes  &  les  nobles  du  pais  *  fçavoir  le  même  Roger  comte  de  Foix, 

Bernard  comte  de  Commingcs,  ôc  les  lèigneurs  de  Benque  ,  d’Hauterive, 
de  Beaumont,  de  Marquefave  ôc  dcMontaut,  défenlèurs  du  monaffere  $  ôc 
leur  remontra  l’état  pitoyable  où  il  croit  réduit  par  les  cour  fes  des  brigands. 

Pour  y  remédier,  tous  ces  feigneurs  furent  d’avis ,  de  ceindre  de  murailles  le 
lieu  de  Lezat,  ôc  d’y  faire  bâtir  un  château.  Le  comcedeFoix  voulut  bien  re¬ 
noncer  en  cette  occafion  à  tous  les  droits  qu’il  avoit  fur  l’abbaye  5  ce  que  le 
.comte  du  Commingcs  Ôc  les  autres  feigneurs  firent  aulfi ,  à  fon  exemple,  avec 
promette  de  ne  pas  le  faire  la  guerre  dans  les  limites  de  l’abbaye  ôc  de  fes  dépen¬ 
dances^  Entre  ces  dernières  croit  le  Prieuré  de  S. Beat  au  diocèfe  de  Commin- 
Tome  II.  H  h  h  ij 


1 1 3 


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.An.i  139. 
a  J’r./>.47_. 

bCjill.chr.noi). 

*7  t.col.u 

XLV. 
Mariage  de 
Roger  vicomte 
de  CucaÜ'oa- 
nc. avec  Bec. 
nardc  fille  de 
Bernard  comte 
de  Commid- 
gcs. 

c  V.  NO  TE 
XXll.ri.L6.  rV 

H*- 

iPr.fr  g?.^. 
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C  Cartkl.  de 
£  tbb.de  Lez.it. 


XLVI. 

Vico mes  de 
5.  Aiiconm. 
f  Cafe/  mem. 
p.Mo. 

fjrifdes  chur. 
de  Toul.J*c.\. 
».î*. 

h  (Jill.ehr  .nov. 

td.tO.l.LOS. 

i 

l  GAll.cnr.nov, 
ed.to.  i  .i/»ylr, 

XLvir.' 
Concile  d'U* 
fez. 

ai  Pr.p.+sS.fr 


0G4//.  chr.no  v. 
id.to.  i.f.334. 


XLVIIL 
S.'igueursd'U* 
icz.dcPofq.iic- 
rcs ,  de  Luucl, 
&”c. 

oG*ll.chr  ibsd . 
f  >U<. 

P  rNor- n/. 


418  HISTOIRE  GENERALE 

ges ,  où  on  pofledoic  3  encore  alors  les  reliques  de  ce  fainr,  Se  celles  de  S.Privar, 
comme  il  paroît  par  l’ade  de  leur  tranflation  faite  en  1131.  par  Roger  évêque 
deCommingcs.  Ce  prélat  prenoit  le  furnom6  de  Nur5  il  etoit  frere  de  Ber¬ 
nard  de  Montaut ,  qui  en  1 1 43 .  offrit  fon  fils  Eudes  dans  la  cathédrale  de  Tou. 
loufe  pour  y  être  chanoine  régulier. 

Le  domaine  du  comté  de  Comminges ,  partagé  auparavant  en  differentes 
branches c ,  étoit  alors  réuni  fur  la  tête  de  Bernard  dont  on  vient  de  parler. 
Ce  comte  avoir  époufé  Dias  fille  &  heritiere  de  Godefroi  feigneur  du  château 
de  Muret  au  diocèfe  de  Touloufe,  fie  vafial  pour  ce  château  ,  du  feu  vicomte 
Bernard- Aton.  Il  avoir  de  fa  femme  au  mois  de  Mai  de  l’an  1139.  trois  fils, 
nommez  Bernard  de  Comminges,  Roger  &  Odon  de  Samatan  ,  fie  une  fille 
appeliée  Bernarde.  Il  donna  alors  celle-ci  d  en  mariage  à  Roger  vicomte  de 
Carcaflonne  de  Râlez  Sed’Albi ,  avec  les  châteaux  de  Lille  fie  de  Cafclas  dans 
le  Comminges.  Godefroi  aycul  de  Bernarde  lui  donna  de  fon  côté  le  château 
de  Muret  dont  il  avoir  déjà  difpofé  en  faveur  de  fa  fille  Dias,  fie  qu’il  avoua 
devoir  tenir  en  fief  de  Roger.  Il  fit  cette  donation  à  condition  que  fi  ce  der¬ 
nier  mouroit  fans  "enfans  de  Bernarde ,  le  château  de  Muret  reviendroit  au 
comte  de  Comminges.  Celui-ci  appella  en  même  tems  Roger  fon  gendre,  tant 
à  la  fuccelfion  de  fon  comté  ,  qu’à  celle  des  châteaux  de  Muret  &  de  Samatan 
que  fa  femme  lui  avoit  apportez  en  mariage  ,  en  cas  qu’il  vînt  à  décederfans 
enfans  mâles  5  mais  Roger  étant  mort  lui-même  fans  pofterité  ,  ces  deux  ch⬠
teaux  fituez  dans  leTouloufain  ,  demeurèrent  dans  la  maifon  de  Comminges, 
fie  furent  unis  au  comté  de  ce  nom.  Us  ont  donné  le  leur  à  deux  petites  vil¬ 
les  qui  font  l’une  fie  l’autre  capitales  de  deux  châtellenies  très-confiderables 
du  comté  de  Comminges.  La  derniere  appartient  aujourd’hui  au  diocèfe  de 
Lombcz.  Bernard  comte  de  Comminges,  fie  fon  fils  Odon,  donnèrent  c  en 
1140.  quelques  domaines  fituez  à  Muret ,  à  l’abbaye  de  Lezac ,  fie  à  Aton  qui  en 
étoit  abbé. 

On  vient  de  voir  qu’Amclius  étoit  encore  évêque  de  Touloufe  au  moisd’A- 
vril  de  l’an  1139.  Raymond  lui  avoit  déjà  fuccedé  f  en  1140.  ce  qui  peut  lervir 
à  fixer  à  peu  près  l’époque  des  coutumes  de  la  ville  de  S.  Antonin,  fituéefur 
les  frontières  du  Rouergue ,  du  Querci  fie  de  l’Albigeois  y  car  fuivant  l’origi¬ 
nal  g  qui  cft  au  tréfor  des  chartes  du  Roi ,  ces  coutumes  furent  données  par 
Ifarn ,  Guillaume-Jourdain  ,  fie  Pierre  vicomtes  de  cette  ville ,  de  l’avis  d’Ay. 
mar  évêque  de  Rodez  ,  mort  avant  l’an  1 144. fie  de  Raymond  évêque  de 
Touloufe,  dont  le  furnom  étoit  de  Lautre '.  Les  trois  frères,  Ifàrn,  Guil¬ 
laume-Jourdain  fie  Pierre  jouirent  par  indivis  de  la  vicomté  de  S.  Antonin  juf- 
qu’en  ii  y  y.  qu’ils  en  firent  le  partage  k.  Il  paroît  qu’ils  avoient  un  quatrième 
frere  :  car  on  trouve  dans  une  donation  1  faite  en  1134.  par  les  chanoines  de 
faint  Antonin  ,  la  foufeription  d’If’arnfiede  Sicard  vicomtes. 

Gui  cardinal  diacre  ra,  fie  Guillaume  archevêque  d’Arles  légats  du  faint  fiege 
préfiderent  en  1 139.  à  un  concile  qui  fut  tenu  dans  la  cathédrale  d’Ufez  par 
ordre  du  pape  Innocent  II.  Cinq  évêques ,  dont  les  noms  de  la  plupart  ne  font 
marquez  dans  les  actes  que  par  leurs  lettres  initiales  ,  s’y  trouvèrent  ;  fça- 
voirP.  de  Nice,  R.  d’Agde,  G.  de  Nifmcs,  Jean  de  Viviers,  fie  G.  d’Ufez: 
d’autres  n  lifent  Jaucerand  de  Viviers  ô c  Everard  d’Ufez.  Les  abbez  Pierre 
de  S.  Gilles,  fie  Jean  de  S.  Allire  de  Clermont  aflifterent  aufii  à  ce  concile, 
quifutaflcmblé  pour  terminer  la  conteflation  qui  duroit  depuis long-tems  entre 
les  abbayes  de  S.  Tiberi  fi c  de  la  Chaife.Dieu  ,  touchant  l’églife  de  Beflàn, 
laquelle  fut  adjugée  au  premier  de  ces  deux  monaftercs  ,à  condition  qu’il  paye- 
roic  tous  les  ans  à  l’autre  13.  fols  Melgoriens  de  rente. 

L’évêque  d’Ufez  dont  on  vient  de  parler,  avoit  fuccedé  depuis  peu  à  Ray¬ 
mond  qui  occupoitce  fiege  en  1130.  fie  qu’on  dit  0  fils  de  Raymond-Decan 
feigneur  d’Ufez  fie  de  Pofquicres  :  mais  il  eft  certain  qu’on  fe  trompe  P  ,  fie  que 
Raymond  évêque  d’Ufez  ,  fils  de  ce  feigneur,  ne  fut  élû  qu’en  1 1  50.  Ray¬ 
mond  Decan  mourut  au  mois  d’Aoùt  de  l’an  1138.  fie  fut  inhumé  dans  l’églile 
de  S.  Pierre  de  Pfalmodi,  où  on  voyoit  autrefois  fon  épitaphe.  Il  laifia  plu- 
fieurs  autres  enfans  ;  Ravoir  Roftaing  qui  fut  le  fécond  feigneur  de  Pofquie- 
res  de  fon  nom ,  fie  qui  époufa  en  n  1 1.  Ermeffinde  fille  de  Bernard  Atoa  vicomte 


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b  V.NOTF.  L. 


DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVII.  4z9 _ 

de  Carcafïbnne ,  Bermond  qui  prit  le  furnom  d’Ufez,  Aldebert  ou  Albert  qui  An.ii  39. 
fucceda  en  1141.  à  Guillaume  evêque  de  Nifmes ,  Sc  fut  facté  1  à  Rome  le  a  Pr.pn. 
jour  de  lâint  Thomas  par  le  pape  Innocent  II.  Pierre  évêque  de  Lodeve  de¬ 
puis  l’an  1154.  jufqu’en  1160.  Raymond  évêque  de  Viviers  en  1158.  ou  1160. 

Sc.  enfin  Faydide  femme  d’Alfonfe-Jourdain  b  comte  de  Touloufe.  b  yNOT-~- 

Roftaing  1 1.  de  Polquieres  fils  de  Raymond-Decan  ,  eut  deux  fils  d’Ermef- 
finde  de  Beziers  fa  femme,  Pierre  &  Roftaing  III. dont  on  a  parlé  ailleurs. 
Bernard-Aton  vicomte  de  Nifmes  engagea  c  en  1146.  au  dernier,  qu’il  appelle  c  Vr.p. pf. 
fon  neveu ,  pour  la  fournie  de  8  8.  marcs  d’argent  du  poids  de  S.  Gilles, la  juftice 
des  domaines  que  le  même  Roltaing  poiledoit  dans  le  diocèfe  de  Nifmes,  avec 
le  droit  d’éxiger  les  fennens  de  fidelité  dans  les  châteaux  de  Marguerites , 
de  Beauvoifin,  Sc  de  Cauvillon ,  qu’Ermeflînde  mere  de  ce  fèigneur  avoit d  eus  dp.w. 
en  dot.  Aldebert  evêque  de  Nifmes ,  Bermond  d’Ufèz,  Roufcellin  de  Lunel , 

&  Pierre  de  Pofquieres,  qui  eft  fans  doute  le  même  que  le  frerede  Roftaing 
III.  furent  prefens  à  cet  engagement.  Il  paroît  que  Roftaing  II.  pere  des 
deux  derniers  étoit  alors  décédé  ;  que  ceux-ci  moururent  l’un  Sc  l’autre  fans 
pofterité  ,  Sc  que  Bermond  d’Ufêz  leur  oncle  recueillit  Jeurfuccefiïon.  Ce 
dernier  qui  vécut  au  moins  jufqu’en  1169.  c  /e  qualifioit  en  effet  alors  fei-  cv.koteiu. 
gieurd'Vfez^&  de  Pofquieres  j  mais  il  ne  pofièdoit  que  la  moitié  de  la  fèigneu-  ibu- 
gneurie  d’Ufez.  L’autre  appartenoit  à  Rainonou  Ramier  fon  oncle ,  ou  aux 
defeendans  de  celui-ci.  Tous  ces  feigneurs  d’Ufez  firent  hommage  en  1146.  à 
Bernard-Aton {  vicomte  de  Nifmes ,  pour  differens  fiefs  qu’ils  pofied  oient  dans  fpr.p.^4. 
le  diocèfe  de  cette  ville,  entr’autres  pour  la  châtellenie  des  Arènes  Sc  la  tour 
qu’on  nommoit  épifcopale.  Leur  nom  n’eft  marqué  qu’en  general  dans  l’acle. 

Raynon  feigneur  d’Ufez  en  partie,  eut  fc  de  Beatrix  fa  femme  un  fils  appellé  g NOTEibU. 
Guillaume  qui  mourut  fans  pofterité  j  Sc  une  fille  nommée  Roze  ou  Rofcie 
qui  époufa  Roftaing  deSabran,  Sc  apporta  dans  cette  maifon  la  moitié  de  la 
feigneurie  d’Ufez.  Au  fefte  Roufcellin  ou  Rqfcelin  de  Lunel  dont  nous  venons 
de  parler  étoit  feigneur  de  cette  ville ,  fîtuée  dans  le  dioccfe  de  Montpellier 
vers  les  frontières  de  celui  de  Nifmes.  Nous  ne  fçavonspas  fi  Pons  ,  Bertrand 
&Berenger  de  Lunel  freres ,  Sc  Bernard-Raymond  de  Lunel  qui  en  h  1138. 
poflèdoient  des  biens  dans  la  Vaunage  au  diocèfe  de  Nifines,  étoient  de  fa  J*c  1.0.1. 
maifon. 

Les  évêques  de  la  province  s’aflemblerent  de  nouveau  en  1 140. pour  un  con-  xf^coDcile 
cile  '  qui  fut  tenu  dans  la  cathédrale  de  Narbonne.  Arnaud  archevêque  de  c *e  N  irbonnc* 
cette  ville  y  préfida,  Sc  les  évêques  Bernard  *  de  Beziers ,  Raymond  de  Ma-  1140!' 
guelonne,  Raymond  de  Carcaflonne,  Raymond  de  Touloufè,  &  Udalgarius  iconai.to.ioi 
d’Elne  y  alfifterent.  Ce  dernier  fè  leva  en  pleine  afîcmblce,  Sc  fit  Je  récit  des 
calamitez  aufquelles  fon  dioccfe  étoit  expofe  par  les  courfes  frequentes  des  pira-  p-* 94. 
tes  Sarafins,qui  maflàcroient  impitoyablemencleshabitans,  ou  les  emmenoient 
en  efclavage ,  Sc  demandoient  actuellement  cent  jeunes  filles  pour  larançon  des  Bctmood. 
prifonniers  qu’ils  avoient  faits.  Il  ajouta  qu’il  avoir  promis  aux  infidelles  de 
racheter  ces  captifs:  mais  que  n’étant  pas  aflèz  riche,  il  ferecommandoità  la 
charité  du  concile.  Les  évêques  touchez  de  ce  récit ,  ordonnèrent  qu’on  fe- 
roit  une  quête  dans  la  province  ;  Sc  pour  engager  les  fîdelles  à  donner  plus 
libéralement,  ils  accordèrent  à  ceux  qui  participeroient  à  cette  bonneœuvre,  & 
quiauroient  fait  une  véritable  confeffion,  laremifiïonpleniere  de  leurs  pechez, 
excepté  des  pechez  publics. 

Raymond  évêque  de  Maguelonne  s’accorda  k  au  mois  de  Septembre  de  la  l. 
même  année  avec  Guillaume  VI.  feigneur  de  Montpellier  fur  plufieurs  arti.  *nrr* 
fies.  1  ®.  Au  fujet  d’un  château  que  ce  feigneur  avoit  fait  conftruire  au  bord  mJ^iodoc 
de  l’étang  de  Lates ,  qu’on  nommoit  pour  cela  le  P  alu  * ,  Sc  qu’il  s’obligea  de  &  i«  feigneur 
tenir  en  fief  de  l’églife  de  Maguelonne.  i°.  Touchant  les  navires  qui  abor- 
doient  au  porc  de  Lates  Sc  qui  dévoient  payer  un  certain  droit  i  cette  égl ife.  H* 

3°. Sur  les  vaflaux  de  la  même  églife  qui  alloient  s’établir  à  Montpellier.  ’DcPj,1*Jc- 
4°.  Sur  la  juftice  des  clercs,  que  Guillaume  abandonna  à  l’évêque,  y0.  Enfin 
fur  le  lieu  de  Montpeilleret ,  au  fujet  duquel  ils  s’en  tinrent  aux  accords 
précedens.  Le  feigneur  de  Montpellier  acquit  1  en  fief  la  même  année  de  1  Pr-p.^i.^ 
Berenger-Raymond  comte  de  Mekueil  &  marquis  de  Provence ,  le  château  de  Jli- 


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43° 


HISTOIRE  GENERALE 


A.N.1140.  Paulhan  fitué  dans  le  diacèfe  de  Beziers,  ôc  dépendant  du  comté  de  Melgueil, 
pour  la  Comme  de  dix  mille  Cols  Melgoriens.  Berenger  s’engagea  à  Caire  ratifier 
cette  vente  par  Raymond. Berenger  Con  frere  comte  de  Barcelone  ,  6c  par 
Beatrix  fa  femme  ,  lorCqu’elle  fèroit  en  âge. 

Tl-  Le  comte  de  Barcelone  avoit  Cait  alors  Ca  paix  avec  Alfonfe  VII.  roi 
dcTouiouîe"  de  Caftille,  qui  lui  diCputoit  le  royaume  d’Aragon.  Ces  deux  princes  con. 
fait  un  nou-  vinrent  de  cette  paix  dans  une  entrevue  qu’ils  eurent  à  Carion a  au  mois  de 
geVsjlcqucI  Janv>cr  de  i’an  114°.'  Leroi  rendit  au  comte  les  villes  de  Saragofle  6c  de 
en  Galice,  il  Tarragone,  6c  pluficurs  autres  places  du  voifinage  donc  il  s’étoit  emparé, 
*  condition  que  ce  dernier  reconnoîtroic  la  Cuzeraineté  Cur  tous  ces  païs.  Après 
toîsde  Caftiiic  cet  accord  Alfonfe  Ce  mit  en  armes  contre  G arfias  IV.  roi  de  Navarre  ,  qu’il 
aclrM^A^nf  V0U^°*C  obliger  aufii  à  devenir  Con  vallàl ,  6c  alla  alliegcr  Pampelune.  Garfias 
viUfuUSM.  après  avoir  pourvu  à  la  défenCe  de  Ca  capitale,  fè  mit  de  Ion  côté  en  campa. 
dov-  .  gne  pour  s’oppoCcr  au  Caftillan  ,  l’attaqua  le  14.  d’Avril  Cuivant,  6c  remporta 
v.PatiM  4 nn.  pur  juj  Qne  vjLq0jrc  COmplettc.  Alfonfe  honteux  de  là  défaite  leva  de  nouvel¬ 
les  troupes  dans  le  dcflèin  de  Caire  une  nouvelle  irruption  dans  la  Navarre, ce 
qui  engagea  Garfïas  à  appcller  Je  roi  Louis  le  Jeune  à  Con  fbcours.  AlfonCe  fè 
préparoit  à  cette  expédition ,  6C  avoit  établi  Con  quartier  à  Najara  fur  les  fron¬ 
tières  des  deux  états,  lorfqu’Alfonfe-Jourdain  comte  de  Touloufe  Con  coufin 
germain  ,  qui  avoic  entrepris  un  nouveau  pèlerinage  à  faine  Jacques  en  Galû 
ce ,  palfa  dans  ce  lieu  à  lami-Mai  de  la  môme  année.  Ce  comte  également  uni 
avec  les  deux  rois ,  s’entremit  aufii-tôt  pour  les  pacifier ,  6c  les  obligea  enfin  i 
convenir  d’une  CuCpcnfion  d’armes  jufqu  après  fon  retour  de  S.  Jacques.  11  tra¬ 
vailla  alors  de  concert  avec  divers  prélats  6c  feigneurs  à  établir  entre  l’un  6c 
l’autre  une  paix  Colide,  qui  fut  enfin  conclue  le  15.  d’Octobre  fuivant,  ôc 
cimentée  par  le  mariage  de  Blanche  fille  du  roi  de  Navarre ,  avec  Sanche  fils 
aîné  du  roi  de  Caftille. 

Alfonfe-Jourdain  après  avoir  repafle  les  Pyrénées ,  fit  un  voyage  du côté  du 
Rhône,  ôc  le  rendit  la  môme  année  à  l’abbaye  de  S.  André  d’Avignon,  en 
faveur  de  laquelle  il  accorda  alors  b  une  charte  en  prefence  de  Raymond  ôc 
d'Hugues  de  Baux 


■.Pag 

H40JI.&1.Ô* 

h* 


LU 

Expédition  Hu 
roi  Louis  le 
Jeune  contre 
le  comte  «le 


de  Roftaing  de  Sabran  ,  6c  de  divers  autres  feigneurs  de 


Touloulc.  ~  ^  •  r 

b  rr.f. 4y1.fr  Provence  &c  du  bas  Languedoc.  II  fut  obligé  bientôt  apres  de  revenir  dans  fa 
/'?•  capitale,  fur  le  bruit  des  préparatifs  que  le  roi  Louis  le  Jeune  faifoic  contre 

"  lui.  Ce  roi  mit  en  effet  une  armée  fur  pied  au  printems  de  l’an  1 141.  6c  s’é¬ 
tant  avancé  jufqu’à  Touloufe  il  entreprit  le  fiege  de  cette  ville.  C’eft  tout  ce 


1-141. 


cordtr.vii.il.  que  nous  apprend  de  cette  guerre  un  hillorien  c  qui  ccrivoit  alors,  6c  qui 
i.up.911.  nous  en  laillè  ignorer  6c  les  motifs  6c  les  circonftanccs.  Il  fait  feulement  en - 
d  p.9 14-  tendre  dans  un  autre  endroit  a  que  l’expédition  ne  fut  pas  heureufe  pour 
e  Gmti.Ueubr.  Louis.  Un  auteur  Angloisc  qui  a  écrit  un  peu  plus  tard ,  prétend  que  ce  prince 
i.i.t.io.  demandoit  à  Alfonfe  ,  au  nom  d’Eleonor  la  femme,  hcritiere  d’Aquitaine,  la 
reftitution  du  comté  de  Touloufe  que  Guillaume  IX.  comte  de  Poitiers,  ayeui 
de  cette  reine,  pour  fournir  à  fesdepenfes  ,  avoit  engagé,  dit-il,  à  Raymond 
de  S.  Gilles  pered’Alfonfe,  6c  que  Guillaume  X.  pere  d’Eleonor  avoit  négligé 
de  retirer.  Mais  cec  liiftorieii  ajoute  quelques  autres  faits  dont  la  faullèté 
peut  faire  douter  de  la  vérité  de  ce  prétexte.  Il  dit  que  le  comte  Alfonfe,  qui 
n’avoit  aucune  bonne  raifon  à  oppofer  à  Louis  ,  s’appliqua  uniquement  à 
défendre  fes  états  contre  ce  prince,  6c  qu’il  trouva  enfin  moyen  de  l’appai- 
fer ,  en  faifant  époufer  à  fon  fils  ,  Confiance  focur  de  ce  roi  ,  6c  veuve 
t  v.  A^e hifl.  d’Euflache  comte  de  Blois.  Or  il  ell  certain  d’un  côté f  que  le  roi  Louis  le 
Se».  t.  i.p.71-  Jeune  répudia  Elconor  le  18.  de  Mars  de  l’an  1  1 51.  6c  que  de  l’autre  Con. 

fiance  fa  focur  n’étant  devenue  veuve  qu’au  mois  d’Aout  de  l’an  1153.  elle  ne 
peut  avoir  époufé  Raymond  fils  d’ Alfonfe  qu’après  cette  répudiation ,  6c  plu- 
fleurs  années  par  conféquenc  après  la  mort  d’Alfonfe.  Louis  n’avoit  donc 
plus  aucune  prétention  lur  le  comté  de  Touloufe  dans  le  rems  de  ce  mariage. 

Quelques  modernes  ont  ajouté  diverfes  autres  circonftanccs  qui  ne  font  pas 
g  r.nvaife  vit  mieux  fondées.  Un  ?,  cncr’autres,a  fait  un  vrai  roman  de  J’expedidon  du  roi 
utSujri. s.  Louis  le  Jeune  contre  Alfonfe  comte  de  Touloufe.  »  La  jeune  reine  Eleonor 

fille  de  quinze  ans  ne 
fortement  fon  époux. 


n  6. 
h  Lid. 


«qui  avoit  l’cfprit  extrêmement  h  avancé,  6c  plus  qu’une 
»  l’a  ordinairement ,  dit  ccc  écrivain ,  avoit  deja  follicité 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVII. 


4H 


de  retirer  le  comté  deToploufè  des  mains  d’Alfonfe ,  qui  le  lui  retenoit,difbit-  «  AN.1141 
elle,injuftcment ,  &  qui  failoit  partie  de  la  fucceffion  de  lés  peres.  Cette  ou-  « 
verture  plût  extrêmement  à  Louis.-il  vit  que  ce  comté  étoit  à  labienféance,&c.« 

Il  fit  examiner  le  droit  de  là  femme  dans  fbn  confeil,& on  trouva  efïèétivemenr« 
qu’il  n’étoit  point  chimérique,  &c.  AlfonfèfMt  donc  fommé  delà  part  du  roi  « 
de  rendre  ce  comté,  comme  appartenant  à  là  femme.  Et  comme  il  répon-  « 
dit  qu’il  lui  avoit  été  vendu  par  fort  frere  amé ,  &  non  pas  engagé  ,  on  lui  « 
déclara  la  guerre.  Suger  n’étoit  point  de  cet  avis  5  non  feulement  « 
il  voyoit  que  le  droit  croit  douteux,  parce  que  le  Touloufain  faifoit  pa.« 
roître  un  contrat  de  vente  en  bonne  forme  ,  êcc.  Mais  les  prenantes  follici-  « 
tâtions  d’une  jeune  époufè ,  qui  l'çair  employer  adroitement  &  les  larmes  &  « 
les  carefll-s  pour  obtenir  ce  qu’elle  fouhaite ,  font  un  puidant  charme.  Louis  « 
ne  pût  y  réfifter.  Suger  pour  cette  fois  ne  fut  point  écouté,  &c.  »  Il  eft  inutile 
de  s’arrêter  davantage  fur  toutes  ces  circonftances  dont  l’auteur  n’a  d’autre 
garant  que  fon  imagination.  Il  auroit  dû  au  moins  éviter  de  fè  contredire  } 
car  il  prétend  d’un  côté  que  le  comté  de  Touloufè  fut  engagé  à  Raymond  de 
S.  Gilles  par  le  comte  Guillaume  IV.  fon  frere,  &  il  fait  dire  peu  de  lignes  après 
à  Alfonfe ,  qu’il  lui  avoit  été  vendu  par fon  frere ,  &  non  pas  engagé. 

Enfin  fi  nous  en  croyons  un  nouvel  hiftorien  1  d’Angleterre,  le  roi  Louis  le  a Rf/nUoir. 
jeune  entreprit  de  faire  revivre  les  droits  de  la  maifon  de  Poitiers  fur  le  h,Ji-‘t‘Antu-7- 
comté  de  Touloufè,  au  nom  d’Eleonor  fon  époufe ,  après  la  mort  du  duc  Guil¬ 
laume  fon  beau-pere ,  contre  Raymond  V.  comte  de  Touloufè ,  en  faveur  du¬ 
quel  il  fe  défifta  enfin  de  fès  prétentions  après  une  longue  négociation  }  epete 
affaire  ayant  été  terminée ,  ajoute  cet  hiftorien ,  par  le  mariage  du  comte  avec 
Confiance  fœur  de  Louis.  Mais  cela  ne  peut  regarder  la  guerreque  ce  roi  en¬ 
treprit  en  1 1 41. contre  Alfonfe  pere  de  Raymond,  comme  le  même  auteur 
le  donne  à  entendre ,  êc  Louis  ne  peut  s’être  défiflé  de  fes  prétentions  fur  le 
comté  de  Touloufè  dans  le  tems  du  mariage  de  fa  feeur  avec  Raymond ,  puis¬ 
qu'on  vient  de  voir  que  ce  mariage  ne  fe  fit  qu’en  1154.  &  que  Louis  étoit  alors 
léparé  d’Eleonor  :  fi  ce  roi  fè  défifta  donc  de  fès  prétentions  fur  Je  comté  de 
Touloufè  ,  ce  dût  être  en  j  141.  en  faveur  d'AIfonfe ,  &  non  en  1 1 54.  en  faveur 
de  Raymond. 

Alfonfe  heureufement  délivré  desarmesalu  roi  Louis  le  Jeune  ,  témoigna,  tc^*cc  Je 
après  le  départ  de  ce  prince ,  fa  reconnoiflance b  envers  les  habitans  de  la  ville  Touioufclc- 
&  du  fauxbourg  de  Touloufè  qui  l’a  voient  aidé  à  fe  défendre.  Il  leur  accorda  C0lde  dirers 
un  privilège,  tant  en  fon  nom  que  de  toute  fa  pofterité  ,  de  pouvoir  vendre  JaWtafs 5  je* 
librement  leur  vin  fans  payer  aucun  ufâgé,  &  à  ceux  de  la  campagne  de  ne  cette  yiife. 
payer  qu’un  denier  par  fàumée.  Il  permit  auffi  aux  Touloufâins  de  prendre  le 
lel  où  ils  voudroient  fans  rien  payer ,  excepté  ceux  qui  en  faifoient  commerce , 
qu’il  chargea  de  donner  un  certain  droit.  L’aéte  eft  daté  du  mois  de  Novem¬ 
bre  de  l’an  1141  .fous  le  régné  de  Louis  roi  de  France  j  ce  qui  fait  voir  que  l’ex- 
pedition  que  ce  roi  avoir  entreprife  contre  Alfonfe ,  né  diminuarien  de  1  a 
foumilîion  que  ce  dernier  lui  dévoie. 

Le  comte  de  Touloufè  étoit  alors  brouillé  de  nouveau  avec  le  comte  de 
Barcelone ,  &  il  favorifa  ouvertement  la  révolte  des  habicans  de  Moncpellier 
contre  Guillaume  VI.  leur  feigneur,  allié  de  ce  prince  j  ce  qu’il  faut  reprendre 
de  plus  haut. 

Après  la  maifon  des  feigneurs  de  Moncpellier ,  la  plus  confiderablc  de  cette  da 

ville  étoit  celle  des  Aimons  ou  Aimoins,  qu’on  fait  defeendre  c  de  la  même  babiunsde 
fouche.  Ces  derniers  pofîèdoient  divers  droits  à  Montpellier,  entr 'autres  la. M°mpellier 

.  .  ,  ......  .r  -  r  .  1,1  •  *  contre  Girir- 

viguene  dont  ils  faifoient  hommage  aux  feigneurs  ,  ieJqueis  prenoienc  tou-  Urne  vi.  jCUr 
jours  un  de  cette  famille  pour'  leur  lieutenant.  Guillaume  VI.  interrompit  £'èDfur- 
cet  ufage,  &  nomma  pour  fon  viguier  ou  lieutenant  une  perfonne  d’une  aurre  joulouic’^s 
maifon.  Les  Aimons  irritez  de  cette  préférence  réfolurenr  de  s’en  venger  y  &  (outrent  &  1 ft 
Guillaume  ayant  vauju  exiger  en  1141.  des  habitans  de  Moncpellier  un  nou- 
vel  hommage  &  ferment  de  fidelité  ,  ils  profitèrent  de  cette  occafion  poq r 
foulever  le  peuple.  La  révolte  alla  fi  loin  que  Guillaume  fut  chafîc  honteu- Jt*  l'*’ 
fement  de  la  ville,  &  obligé  de  fè  réfugier  au  château  de  Lares.  Ce  feigneur 
qui  étoit  fort  lié  d’amitié  avec  le  pape  Innocent  II.  qu’il  regardoic  d’ailleurs 


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43* 


HISTOIRE  GENERALE 


AN.n4.1-  commc  fonfuzerain,  lui  dépêcha  *auffi_tôt  pour  lui  apprendre  la  rébellion 
de  ( es  fujets ,  &  le  prier  d’interpofer  Ton  autorité  pour  les  faire  rentrer  dans 
leur  devoir.  Le  pape  répondit  à  Guillaume  le  3.  d’Oclobre  de  la  même  ait. 
•îM.f. née*.  Il  lui  témoigne  dans  là  lettre  une  grande  affè&ion  ,  le  regarde  www?  u% 
^ '  -prince  catholique ,  &  un  fls  fëeciai  de  S. Pierre ,  8c  l’exhorte  enfin  à  avoir  patien¬ 

ce.  Il  excommunia  cependant  les  rebelles ,  entr’autres  ceux  quon  appelloit  con- 
fuls  de  Montpellier ,  8c  mit  la  ville  en  interdit  ,  donc  il  n’excepta  que  l’ad- 

- -  miniftration  du  baptême  pour  les  enfans  ,  8c  celle  du  facrement  de  peni- 

1142.  tence  pour  les  moribonds.  Il  écrivit  le  premier  de  Janvier  fuivanc  à  l’arche¬ 
vêque  de  Narbonne,  à  fes  fuffragans,  à  Guillaume  évêque  de  Mende  ,  8c  à 
•Humbert  évêque  du  Puy,pour  leur  ordonner  de  défendre  à  leurs  diocèfains 
-d’avoir  aucune  communication  avec  ceux  de  Montpellier.  Ces  lettres  nous 
apprennent  qu’il  y  avoit  alors  des  confuls  dans  cette  ville,  8c  c’eft  le  plus 
ancien  monument  -que  nous  ayons  de  ces  magiftrats  municipaux  dans  Mont- 
■pellier. 

Innocent  II.  écrivit  peu  de  tems  après  aux  mêmes  prélats,  pour  les  enga¬ 
ger  à  détourner  Alfonle  comte  de  Touloufe  de  foûtenirles  habitans  rebelles 
de  Montpellier,  avec  ordre,  en  cas  de  refus  de  la  part  de  ce  prince,  de  le 
déclarer  publiquement  excommunié  ,  8c  d’empêcher  qu’on  ne  célébrât  le 
fervice  divin  dans  fes  états.  Le  pape  fait  mention  de  cet  ordre  dans  une  autre 
b îliif.iiu  lettre b  qu’il  écrivit  le  ii.de  Mars  de  l’an  1142.  à  Guillaume  de  Montpellier, 8c 
dans  laquelle  il  lui  marque ,  que  l’exprès  qu’il  lui  renvoyoit  lui  apprendroit  ce 
qui  avoit  été  réfolu  au  lujet  de  l’évêque  de  Maguelonne.  Nous  inférons  de  cet 
c  v.Gtil-  chr.  endroit  de  la  lettre c ,  que  ce  prélat  avoit  embralTé  le  parti  des  rebelles  ;  8c 
en  effet  le  pape  ne  s’adrelTa  pas  à  lui,  comme  il  l’auroit  dû  faire  naturelle¬ 
ment  pour  les  excommunier.  Les  évêques  de  la  province  en  Conféquence 
des  ordres  qu’ils  avoient  reçus  du  pape ,  firent  tout  leur  poffible  auprès  du 
comte  de  Touloufe  pour  l’engager  à  celTer  defavorifer  cette  rébellion  5  mais 
toutes  leurs  remoncrances  étant  inutiles ,  ils  prononcèrent  enfin  une  fentence 
d’excommunication  contre  lui. 

Lv.  Ces  divifions  partagèrent  prefque  toute  la  province  ,  dont  les  principaux 

«îiler«daDsJa  fa’gncurs  étoient  d’ailleurs  armez  les  uns  contre  les  autres.  Roger  vicomte  de 
provmce.  a  c-  CarcafTonne ,  8c  Sicard  vicomte  deLautrec  entr’autres ,  fe  faifoient d  la  guerre 
fontc'comcfdc  en  I,+I*aa  *ujec  de  quelques  domaines  mouvans  de  l’abbaye  de  S.  Benoît  de 
Touloufe,  &  Cadres,  que  le  dernier  prétendoit  lui  appartenir  par  droit  d’héritage  ,  8c  qui 
Roger  vicomte  iuj  demeurèrent  par  le  traité  de  paix  que  ces  deux  vicomtes  firent  enfemble 
au  mo's  Septembre  de  la  même  année. 

ftj.  D’un  autre  côté  le  même  Roger  étoit  en  différend  en  1142.  avec  Roger  III. 

cPr.p.4rt.&  comte'  deFoix,  Ifarn  de  Dourgne,  le  vicomte  Ifarn  ,  8c  Guillaume-Aton 
/*?•  de  Villemur ,  qui  lui  avoient  enlevé  divers  châteaux.  11  paroît  qu’Alfonfe 

comte  de  Touloufe  protégeoit  ces  feigneurs ,  8c  qu’il  s’étoit  même  ligué  avec 
eux  pour  faire  la  guerre  à  Roger.  C’eft  ce  qu’on  peut  inferer  d’un  a<fte  1  du 
26.de  Juin  de  l’an  1 141.  fuivant  lequel  Alfonfe  promet  i°.  d’obliger  le  comte 
de  Foix  ,  8c  les  trois  feigneurs ,  dont  on  vient  de  parler  ,  à  rendre  à  ce  vicomte 
les  châteaux  de  Balaguier  8c  de  Dourgne,  à  faire  démolir  le  château  neuf  de 
Villemur,  8c  à  lui  permettre  de  recevoir  le  ferment  de  fidelité  des  habitans  du 
château  de  Graulhet.2°.De  forcer  le  vicomte  Ifarn  à  lui  rendre  l’acte  du  ferment 
qu’il  avoit  éxigé  des  feigneurs  &  des  chevaliers  de  Penne  -,  finon  de  leur  faire  la 
guerre  à  tous,  jufqu’à  ce  qu’ils  fe  fuflènt  accordez  là-deffus  avec  lui.  30. De 
renoncer  aux  fermens  de  fidelité  qu’il  avoit  reçus  dans  les  lieux  d’Avignonet  8c 
de  Brugnacen  Lauraguais.  40.  De  faire  jurer  cette  pai  x  par  fes  barons,  y®.  De 
l’aider  envers  tous  8c  concre  tous ,  excepté  contre  fes  vaffaux  de  Touloufe  & 
de  S.  Gilles.  Ce  traité  eft  fouferit  par  Bernard  de  Canet  qui  en  avoit  été  le 
principal  entremetteur,  par  Hugues  comte  de  Rodez ,  Bernard  comte  de  Corn- 
minges ,  Sicard  vicomte  de  Lautrec ,  Pierre  de  Minerve  ,  le  vicomte  Trencavel 
frere  de  Roger  ,  Roftaing  de  Pofquieres,  8cc.  les  châteaux  de  Dourgne,  de 
Balaguier  8c  de  Villemur  étoient  alors  du  diocèfe  de  Touloufe.  Le  premier 
appartient  aujourd’hui  à  celui  de  Lavaur  ,  le  fécond  à  celui  de  Mirepoix ,  8c 
le  troifiéme  à  celui  de  Montauban.  Quant  à  ceux  de  Graulhet  ôc  de  Penne, 

^  ils 


f  ibid. 


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D  £  LANGUEDOC  Liv.  XVll 


ils  font  fi  tuez  en  Albigeois  j  la.fituation  du  dernier  fur  les  frontières  du  An. 1142* 
Rouergue  nous  donne  lieu  de  conjecturer  que  le  vicomte  Ifarn  qui  l’avoit  en¬ 
vahi  iur  Roger,  étoit  vicomte  de  S.  Antonin. 

Ce  traité  ne  fut  pas  exécuté,  ou.s’il  le  fut,  la  paix  ne  fut  que  de  peu  de  durée.  Il  LvI- 
eft  certain  en  effet  que  la  guerre  fe  renouvel  la  bientôt  apres  entre  ces  divers  pnn-  mcnc  ,ic  u 
ces  &  feigneurs  ,  comme  il  paroîten  particulier  par  la  ligue  que  formèrent  en- 
fenible  au  mois  de  Novembre  iuivant  -  le  vicomte  Roger,  &  Hugues  comte  de  cal)ouuc  fe  i*. 
Rodez.  Celui-ci  promit  alors  à  l’autre  par  ferment  «  de  le  fecourir  fîdelle-t«  gixavcc  le 
mentcontre  Alfonfe  comte  de  Touloufe  ,  de  ne  faire  jamais  ni  paix  ni  trêve  «  dcz  contrcîe 
avec  ce  comte  fans  fa  participation  ,  6c  de  l’aider  contre  tous,  excepté  contre  «  connerie  Tou- 
Sicard  deLautrec  &,  fés  propres  vaflaux.  »  Roger  fit  de  fon  côté  le  même  fer-  l°uf,er'M9S  ^ 
ment  au  comte  de  Rodez,  avec  promcllê  de  le  fecourir  contre  tous ,  excepté  feq. 
contre  Raymond-Bercnger  comte  de  Barcelone. 

On  voit  par  ces  divers  monumens  qu’en  1142.  la  plupart  des  princes  &  des 
principaux  fèigneurs  de  la  province  étoient  armez  les  uns  contre  les  autres  j 
que  les  comtes  de  Barcelone  &  de  Rodez ,  le  vicomte  de  Carcaflonne  ,6c,  à  ce 
qu’il  paroîtaulli  ,lcs  vicomtes  deBeziers  &  de  Nifmejfès  freres ,  le  vicomte  de 
LautrecSc  le  feigneur  de  Montpellier  s’écoient  liguez  contre  le  comte  de  Tou* 
loufè,  &  que  ce  dernier  de  fon  côté  s’étoit  ligué  avec  le  comte  de  Foix  6c  le 
vicomte  de  S.  Antonin.  Nous  verrons  bientôt  qu’Ermengarde  vicomte/Te  de 
Narbonne  entra  dans  la  ligue  du  vicomte  de  Carcaflonne  pour  fe  faire  rellituer 
fa  vicomté  que  le  comte  de  Touloufe  lui  détenoit.  .  • 

Ce  dernier  pour  fe  foûtenir  concre  tant  de  puiflances, continua  de  favorifer  la  Lericrniî/f*. 
rébellion  des  habitans  de  Montpellier  contre  leur  feigneur  ,  malgré  l’excom-  voiifch  guerre 
mimication  donc  les  évêques  delà  province  l’avoient  frappé  pour  cela  par  ordre  ‘jj1’  x 

du  pape.  Il  aida  auffi  de  toutes  fes  forces  les  feigneurs  de  la  maifon  de  Baux  qui 
étoient  en  guerre  avec  Berenger-Raymond  comte  de  Provence ,  frere  du  comte  comtc  lfe  1>r°- 
de  Barcelone.  vcocc' 

Pour  mieux  entendre  lefujctde  cette  guerre,  donc  Alfonfecomte  de  Tou¬ 
loufe  fut  peut-être  le  promoteur  ,  afin  de  donner  de  l’occupation  aux  comtes  dé 
Barcelone  6c  de  Provence  fes  ennemis,  il  faut  fereflôuvcnir  que  Gilbert b  vicomte  bv.Mirc.Hifp. 
de  Milhaud  ôcdeGevaudan  n’eut  de  fon  mariage  avec  Gerberge  comte/Té  de 
Provence,  que  deux  filits,  Douce  ScEtiennetre*  que  celle-ci  époufa Raymond 
de  Baux,  &  n’eut  pour  là  dot  que  quelques  terres  fituées  en  Provence,  lef- 
quelles  furent  appellécs  dans  la  fuite  terres  Baucenqnes  ;  2c  qu’enfin  Douce  hé¬ 
rita  du  comté  de  Provence ,  &  de  tous  leurs  ancres  domaines ,  lorfqu’elleépoufk 
en  nu.  Raymond-Bcrenger  III.  comte  de  Barcelone.  U  ne  parole  pas  que  Ray¬ 
mond  de  Baux  fe  foie  plaint  de  l’inégalité  de  ce  parcage  durant  la  vie  de  Douce 
6cdu  comte  de  Barcelone  fon  mari  -,  mais  quelques  années  après  leur  mort,  lui 
&  fon  fils  Hugues  prétendirent  à  la  moitié  du  comté  de  Provence ,  déclarèrent 
la  guerre  à  Berenger-Raymond  fils  puîné  &  heritier  de  Douce  ,  &  furent  fôu- 
tenus  par  Alfonfe  comtc  de  Touloufe. 

L’union  qui  étoit  entre  ce  dernier  2c  les  fèigneurs  de  la  maifon  de  Baux,  pa- 
roît  par  divers  monumens ,  entr’autres  par  une  charte  de  ce  prince ,  qui  s’étant 
renduc  avec  fon  fils  Raymond  dans  l’abbaye  de  S.  André' fur  le  Rhône  au  mois  cPnp^jii 
de  Septembre  de  l’an  1142.  y  reftitua  en  plein  chapitre,  en  pre/ênee  de  Bertrand 
de  Sabran ,  d'Hugues  de  Baux,  &  de  plufieurs  autres  feigneurs  de  Provence  2c 
de  Languedoc ,  les  biens  qu’il  avoir  ufurpez  fur  ce  monaftere ,  6c  confirma  les 
donations  que  lui  &  fes  prédecefleurs  y  avoient  déjà  faites ,  moyennant  deux  Noi^vni  . 
mules  du  prix  de  500.  fols ,  dont  Guiraud ,  qui  en  étoit  abbé,  lui  fit  prefent, 

Le  comte  Alfonfe  fit  la  paix  quelque  tems  après  avec  Roger  vicomte  de  Alfonfe  coma 
Carcaflonne  ,  Ermengarde  vicomtefTe  de  Narbonne ,  2c  quelques-uns  des  fèi-  r 
gneurs  de  la  province  liguez  contre  lui.  Roger  fut  le  feul  qui  ilipula  avec  ce  dcCuatton. 
comtedans  le  nouveau  traité, a  qui  fut  moyenne  par  le  même  Bernard  de  Canet 
quiavoitnégociécleprécedent.i°.Alfonfeprometderendre  la  ville  de  Narbon-  téJe  nÏTcZ' 
ne  à  Ermengarde ,  6c  de  renoncer  au  ferment  de  fidelité  qu’il  a  voit  exigé  des 
habitans  de  cette  ville  &  du  N drbonnois  ;  il  efl  dit  que  cette  vicomte/Te  feroir  dc  ccm  rf-1’" 
jurer  de  fon  côté  l’obfervation  de  la  paix  qu’elle  avoir  conclue  avec  ce  comte,  comtd,f- 
par  quarante  chevaliers  de  Narbonne,  fon  mari  par  vingt  autres  chevaliers  ,f^'M>s'^ 

Tome  II.  iii 


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An.i  141. 


a  r.  ci-dejjus 
n .  i  U 


b  C*tel  mem. 

N** 


C  V.UUzat 
hift.  de  U  c*Ja 
de  L*ra  l.  3. 
ch.l* 


4Î4  histoire  generale 

Roger  de  Béziers  par  un  pareil  nombre,  de  CarcalTbnne  8c  de  Rafez,Trincavel  & 
Raymond- Etienne  par  vingt  chevaliers  des  diocèfes  de  Beziers  &  d’Agdc  ,  8c 
enfin  Pierre  de  Minerve,  Guillaume  8c  le  vicomte  Sicard  par  vingt  autres*  le 
tout  par  l'autorité  de  Bernard  de  Canet.  i°.  Le  comte  de  Touloufe  promet  au 
vicomte  Roger  de  lui  rendre  le  château  d’Arifat  5  de  lui  remettre  le  ferment  de 
fidelité  qui  lui  avoit  été  prêté  pour  le  château  de  Brugnac  >  de  faire  démolir 
les  fortifications  qu’il  avoit  faites  à  Candcil  *  de  lui  faire  reftituer,  s’il  étoit 
poflible ,  les  châteaux  de  Balaguier  8c  de  Dourgne,  (inonde  déclarer  la  guerre 
à  ceux  qui  s’en  étoient  emparez  -,  d’obliger  le  vicomte  Ifarn  à  reconnoître  qu’il 
tenoit  de  Roger  le  château  de  Graulhec,  8c  à  lui  remettre  le  ferment  de  fide. 
lité  qu’il  avoit  éxigé  des  feigneurs  8c  des  chevaliers  de  celui  de  Penne,  ou  de 
faire  la  guerre  à  ce  vicomte  en  cas  de  refus  *  d’engager  Guillaume.  Aton  à  dé- 
molir  le  nouveau  château  qu'il  avoit  conftruit  à  Villemur  *  de  donner  la  liberté 
fans  rançon  à  Gaillard  dcFanjaux  ,  8c  à  quelques  autres  prifonniers*  de  faire 
rendre  ce  que  le  babitans  de  Lavaur  avoient  reçu  de  Jourdain  de  Lille  *  8c 
enfin  d’obliger  le  vicomte  Sicard  à  s’accorder  avec  lui  par  l’arbitrage  de  Ber¬ 
nard  comte  de  Comminges ,  au  fujet  de  la  deftru&ion  de  Molandier.  30.  Ilpro- 
met  au  même  vicomte  Roger  de  lui  donner  foixante  mille  fols  Melgoriens,  8c 
d’obliger  Sicard  à  lui  faire  hommage  pour  les  châteaux  d’Avignonet  8c  de  Caf- 
telnau  (d’Arri) ,  comme  ce  feigneur  avoit  fait  auparavant  au  vicomte  Ber¬ 
nard- Aton  (on  pere.  40.  De  faire  obferver  la  paix  dans  les  châteaux  que  Roger 
pofïèdoit  dans  le  Touloufain  8c  l’Albigeois  ,  lorfqu’il  la  feroit  obferver  dans 
les  tiens  propres  *  8c  en  cas  d’in  fraction  de  la  part  des  gens  de  Roger ,  ou  de 
refus  delà  fienne  de  faire  rétablir  la  paix  dans  l’efpacede  40. jours,  il  (èré- 
ferveie  pouvoir  de  les  y  obliger,  comme  dans  (on  domaine.  y°.Alfon(è(ê  défifte 
en  faveur  de  Roger  de  la  demande  qu’il  lui  faifoit  du  Château-neuf  d’Albi. 
6°.  Il  promet  de  rendre  à  Trencavel  vicomte  de  Béziers  le  château  de  Lunas, 
ou  ce  que  ce  dernier  avoit  donné  pour  ce  château  ,  ou  enfin  la  dot  qu’Auftor- 
ge  avoir  donnée  à  fa  feeur,  70.  De  rendre  à  Bernard- Aton  vicomte  de  Nifmes, 
le  ferment  de  fidelité  qu’il  avoit  reçu  i  Bernis,  6c  de  ne  plus  en  recevoir  à 
l’avenir.  rf°.  Enfin  le  comte  de  Touloufe  promet  de  demeurer  au  pouvoir  de  Ber¬ 
nard  de  Canet,  jufqu’à  ce  qu’il  eut  rendu  la  ville  de  Narbonne,  8c  defefou- 
mettre,  quant  à  l’execution  des  autres  articles ,  à  la  médiation  8c  au  jugement 
de  Bernard  comte  de  Comminges,  de  Trencavel,  du  vicomte  Sicard,  &  de 
Guillaume  de  Brulhan  $  8c  au  défaut  de  quelqu’un  des  quatre  ,  de  s'en  rap¬ 
porter  au  jugement  de  Bernard  de  Canet,  ou  de  Pierre  de  Pepieux  ;  avec 
promefîe  que  fi  Roger  venoit  à  mourir,  le  traité  auroit  la  même  force  envers 
les  vicomtes  Trencavel  8c  Bernard- A  ton  fes  frères  Nous  avons  déjà  parlé  ail¬ 
leurs  de  la  fituation  de  la  plupart  des  châteaux  a  dont  il  eft  fait  mention  dans  ce 
traité.  Quant  à  ceux  de  Lavaur ,  Caftelnau-d’Arri ,  Molandier,  Lunas& Ber¬ 
nis  ,  les  deux  premiers  font  allez  connus.  Le  troifiéme  eft  fitué  dans  le  Laura- 
guais  8c  le  diocèfe  de  Mirepoix:  le  quatrième  dans  le  diocèfe  deBeziers  j  £c 
enfin  le  dernier  dans  celui  de  Nifmes. 

Ce  traité  n’cft  pas  daté  ,  mais  la  ligue  formée  au  mois  de  Novembre  de  l’an 
1142.  entre  le  vicomte  de  Carcaflonne  &le  comte  de  Rodez  contre  le  comte  de 
Touloufe,  fait  voir  qu’il  eft  pofterieur  à  cette  époque  ,  &  nous  verrons  bientôt 
qu’il  eft  anterieur  au  mois  de  Février  de  l’année  fuivante.  Il  y  eft  fait  mention 
d’ailleurs  du  mari  d’Ermengarde  de  Narbonne.  Or  cette  vicomrelTe  ne  fe 
maria  que  le  ai.  d’Octobre  de  l’an  1142.  Elle  epoufa  alors  un  comte  Efpagnol 
nommé  Alfonfè  dont  on  ignore  la  maifon  ,6c  auquel  b,  par  le  contrat  de  ma- 
riage,elle  fit  donation  de  la  vicomté  deNarbonne,dont  ils  jouiroient  en  commun 
pendant  leur  vie ,  8c  qui  paflèroit  en  fuite  à  leurs  enfans.  Au  défaut  de  ceux-ci 
Ermengarde  appelle  à  fa  fucceffion  fes  proches.  Pierre  de  Minerve  eft  le  plus 
qualifié  des  témoins  qui  fouferivirent  à  cet  acte. 

Ermengarde  avoit  une  (ceur  nommée  Ermeffinde,  qui  fe  maria  environ 
dix  ans  après  avec  un  autre  feigneur  Efpagnol  nommé  Manrique  de  Lara, 
comte  deMolina1' ,  lequel  fe  rendit  aufli  recommandable  par  fa  valeur  6c  fes 
exploits,  qu’il  l’étoit  par  fa  naiflance.  Ce  feigneur  fut  fucceffivement  gouver¬ 
neur  de  Tolede,6cde  plufieurs  autres  villes  confîdcrables  d’Efpagne , ÔC  Alferh 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVII. 


4  U 


major  d’Alfon/è  VII.  roi  de  CaftilJe  *  dignité  qui  répond  à  celle  de  connétable.  An.iH2, 
L’hiftorien  de  la  mai/on  de  Lara  prétend  qu’Ermeflinde  partagea  avec  là  lœur 
la  vicomté  de  Narbonne,  mais  il  n’en  donne  aucune  preuve  :  nous  voyons  au 
contraire  qu’Ermengarde  fe  qualifia  toujours  feule  vicomtefle  de  Narbonne 
jufqu’àla  fin  de  les  jours,  8c  que  le  voyant  fans  enfans  elle  déclara  pour  Les  heri¬ 
tiers  fes  neveux  fils  d’Ermefiinde  ,  laquelle  demeura  toujours  au-delà  des  Pyré¬ 
nées  avec  le  comte  Manrique  Ton  mari. 

11  y  a  lieu  de  croire  qu’Ermengarde  rentra  dans  la  poflelfion  de  la  vicomté  de 
Narbonne  aufli-tôt  après  Jaconclufion  du  traité  de  paix  fait  entre  le  comte  de 
Touloufe  8c  le  vicomte  de  Carcaflbnne,  &  que  Je  premier  exécuta  fidellemenc 
fes  engagemens.  Nous  voyons  en  effet  que  s’étant  élevé  peu  de  tems  après  quel¬ 
que  difficulté  1  entr’eux  au  fujet  de  la  reftitution  du  Château-neuf  d’Albi,  du  sou 
nouveau  bâtiment  deBruniquel,  fie  du  lieudeBelIededansleLauraguais,  Ber¬ 
nard  comte  de  Comminges ,  le  vicomte  Trencavel,  &Sicard  de  Lauran  arbi¬ 
tres  nommez  dans  Je  même  traité,  décidèrent  ce  nouveau  différend  au  mois  _ , 

de  Février  de  l’an  1143.  Le  comte  de  Foix  &  quelques  autres  feigneurs  furent  1143. 
prefens  à  ce  jugement. 

Le  lieu  de  Bruniquel  dont  on  vient  de  parler ,  étoit  différent  du  château 
de  ce  nom  fitué  en  Querci  fur  les  frontières  de  l’Albigeois.  Le  vicomte  Ro. 
gerl’avoit  fait  bâtir  b  depuis  peu  dans  un  lieu  appelle  anciennement  Verdun,  fie  ^.4*4; 
l'avoit  donné  en  fief  à  quelques  feigneurs  qui  lui  en  firent  hommage  en  1141.  Il 
dépendoit  du  château  d’Ambialet  ou  de  la  vicomté  d’Albi,  fie  le  vicomte  en 
partageoit  la  feigneuric  avec  l’abbé  de  Soreze. 

Le  comte  de  Touloufe  après  avoir  fait  fa  paix  avec  le  vicomte  de  Carcaffonne  0uil{^eVr 
fit  la  vicomtefle  de  Narbonne,  fongea  à  fe  réconcilier  avec  l’églife,  8t  à  fe  faire  feignait  de 
relever  de  l’excommunication  donc  il  avoic  été  frappé,  à  l’occaiion  de  la  que-  Montpellier 
relie  des  habitans  de  Montpellier  contre  leur  feigneur ,  qu’il  avoir  favorifée.  vX'fuHcs* 

Ces  habitans  également  las  de  vivre  dans  l’anathême,  eurent  recours  à  Guil-  h.tUitaas  te- 
laume  archevêque  d'Arles c  fit  légat  du  faintfiege,  le  prièrent  inftamment  de  b' o"r./,r.^r/y; 
lever  l’excommunication ,  firent  ferment  de  fe  foûmetcre  à  fon  jugement  tou-  *1^.183.  a* 
chant  leurs  différends  avec  leur  feigneur,  &lui  donnèrent  divers  otages  pour  ^î‘ 
la  fùreré  de  leur  promeflè.  Ce  prélat  touché  de  leur  demande,  leur  donna 
enfin  l’abfolution ,  à  condition  cependant  qu’ils  fe  prefenteroient  devant  lui 
un  certain  jour  qu’il  leur  marqua  pour  entendre  leurs  raifons ,  fie  porter  enfuite 
un  jugement  définitif  ;  mais  ils  manquèrent  à  leur  parole  ,  fie  ne  comparurent 
pas  au  jour  indiqué.  Guillaume  VI.  feigneur  de  Montpellier  dépêcha  au  (fi  tôt 
au  pape  Innocent  II.  pour  fe  plaindre  de  ce  procédé  :  le  pape  écrivit  en  con- 
fequence  à  l'archevêque  d’Arles  le  premier  de  Janvier  de  l’an  1143.  il  lui  or¬ 
donna  d’excommunier  de  nouveau  les  confuls  fie  les  habitans  rebelles  de 
Montpellier,  de  remettre  inceflament  cette  ville  en  interdit,  fie  de  défendre 
à  fes  diocéfains  de  communiquer  avec  eux  ,  8c  de  leur  donner  aucun  fecours  : 
il  lui  permit  cependant,  d’abfoudre  ceux  qui  fe  foumettroient.  Guillaume 
chercha  en  même  tems  à  joindre  les  armes  temporelles  aux  fpirituelles  pour 
foumettre  fes  fujets  rebelles.  Il  implora  d  pour  cela  la  prote&ion  du  comte  de  d  A”»*i-Gn. 
Barcelone  fon  allié ,  des  Génois ,  Sc  de  divers  feigneurs  de  la  province.  Le  pre- 
mier  donna  ordre  à  un  corps  qu’il  envoyoit  en  Provence  pour  foutenir  le  comte 
fon  frere  dans  la  guerre  qu’il  avoic  contre  les  feigneurs  de  la  maifon  de  Baux,  ‘^’alriei  ibu 
de  marcher  en  paflànt  au  fecours  de  Guillaume  h  les  Génois  lui  envoyèrent  Pr.p. j+j. 
quatre  galeres  armées,  avec  des  troupes  de  débarquement  ;  8c  entre  les  fei¬ 
gneurs  delà  province  ,  Rouffelin  de  Lunel  le  fecourutàlatête  de  fesvaffaux. 

Après  la  jonction  de  ces  diverfes  troupes  Guillaume  afliegea  la  ville  de  Mont¬ 
pellier,  qui  fe  défendit  avec  beaucoup  de  vigueur  pendant  long-tems:  mais  en¬ 
fin  les  habitans  manquant  de  vivres  fie  fouffrant  une  cruelle  famine,  ils  furent 
obligez  de  fe  rendre.  Guillaume  rentra  ainfi  dans  la  pofleflion  de  cette  ville 
dont  il  écoit  chafle  depuis  deux  ans.  Pour  témoigner  fa  reconnoiffance  envers 
les  Génois  qui  l’avoient  aidé  à  lafoumette,  i°.  U  leur  reftitua  la  fomme  de 
mille  marcs  d’argent  qu'il  leur  avoit  enlevée  auparavant  fur  leurs  galeres. 
a".  Il  leur  accorda  le  droit  de  bourgeoifie  à  Montpellier  avec  divers  privilèges, 

&  un  emplacement  pour  les  marchands  de  leur  nation  ,  appelle  le  Fundique  de 
Tome  II.  lii  ij 


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_ _ HISTOIRE  GENERALE 

An.  1143.  Bruni  de  Touloufe.^ .11  les  exempta  de  tous  impôts  &  péages  dans  fon  domaine. 

Nous  comprenons  par  diverlès  lettres  du  pape  Celeftin  II.  qui  fucccda  le 
M-  de  Septembre  de  l’an  1143.  à  Innocent  II.  que  la  ville  de  Montpellier  ne  fe 
fournit  que  vers  ce  rems-là  à  Guillaume  fon  feigneur.  Ce  pape  dans  une  lettre 
a  Gtr.iia.  écrivit  3  le  8.  de  Décembre  fuivant  à  Arnaud  archevêque  de  Narbonne , 

P-iz+.&fttf.  &  à  fes  fuffragans,  leur  parle  en  ces  termes:  »  Guillaume  de  Montpellier  ayant 
»  recouvré  cette  ville  dont  la  plupart  des  habitans  lui  avoient  fait  ferment  de 
»>  fidelité,  ainfique  vous  devez  en  être  informez,  j’ai  appris  que  quelques-uns 
»  des  rebelles ,  entr’autres  les  Aimons  ,  fe  font  retirez  dans  vos  diocèfes , 
»  qu’ils  y  caufent  du  trouble  &  le  préparent  aune  nouvelle  guerre  contre  ce  fei- 
«gneur  :  ayez  donc  foin  d’avertir  vos  dioceiàins  de  ne  leur  donner  aucun  fe- 
»  cours,  excommuniez  ceux  qui  feront  defobéillàns  à  ces  ordres  &  qui  rece- 
»>  vront  les  rebelles ,  &  mettez  en  interdit  tous  les  lieux  où  ces  derniers  fe  reti. 


IX. 

Al  fonfc  comte 
de  rouloufeclt 
ablous  de  Ion 
excommunica¬ 
tion. 

b  Gnihert.oper , 
ed.  Dtcher. 


IX I. 

Accor  1  entre 
ce  prince  &  les 
archevêques 
d’Ailcs  tou- 
ch.int  \x  terre 
d’Arc-nce. 

C  Gall  cbr.nov. 
ed.  'o.ipAGQ. 
injl'.p.  97. 

fr.p.)oi. 


m  reront. 

Celeftin  II.  écrivit  deux  jours  après  à  Guillaume  pour  le  féliciter  de  ce  qu’il 
avoit  réduit  la  ville  de  Montpellier,  l’affurer  qu’il  trouveroit  en  lui  la  même 
protection  que  lès  prédecefl'eurs  lui  avoient  accordée  ,  &  l’exhortera  gouver¬ 
ner  fon  peuple  dans  la  juftice  êe  dans  l'équité.  Il  écrivit  auffi  en  même  temsà 
Pierre  abbé  de  S.  Gilles,  &  lui  marqua  que  Guillaume  de  Montpellier  luiayant 
fait  fçavoir  par  fes  envoyez  qu’il  fe  difpofoit  à  faire  bâtir  une  chapelle  neuve 
dans  (on  château  de  Montpellier,  il  eût  à  fe  tranfporter  dans  cette  ville  pour 
y  recevoir  au  nom  de  l’églife  Romaine ,  la  donation  du  lieu  où  l’on  devoit 
conftruire  cette  chapelle  ,  y  établir  un  cens  annuel  payable  à  fa  perfonne,  fie 
aux  papes  fes  fuccelleurs,  y  pofer  la  première  pierre,  &  avoir  attention  que 
Guillaume  pourvût  honorablement  les  clercs  qui  dévoient  la  deflervir.  Cette 
chapelle  fut  nommée  Notre-Dame  du  Château  ,  à  caufe  du  lieu  où  elle  fut  con- 
ftruite  :  elle  fubfifte  encore  dans  le  palais  des  anciens  feigneurs  de  Mont¬ 
pellier,  &  fe rt  à  la  Chambre  des  Comptes,  &  aux  autres  cours  de  juftice  de 
cette  ville. 

Cependant  Alfonfe  comte  de  Touloufe  fit  quelques  démarches  auprès  de 
l’archevêque  de  Rouen  légat  de  faint  fiege,  fie  de  l’évêque  de  S.  Paul  Trois- 
Châteaux  pour  obtenir  l’abfolution  de  fon  excommunication.  C’eft  ce  qui  parole 
par  la  lettre b  que  le  premier  de  ces  deux  prélats  lui  écrivit  en  ces  termes  : 

»  Hugues  archevêque  de  Rouen,  légat  du  faint  fiege  apoftolique,  à  Alfonfe 
«  très-noble  comte  de  Touloufe,  duc  de  Narbonne,  marquis  de  Provence* 
«tout  ce  que  nous  pouvons  &  devons  vous  mander  de  bon. 

«  Dieu  ayant  placé  votre  illuftre  perfonne  dans  une  dignité  éminente,  fit 
«  vous  ayant  donné  la  probité  en  partage  ,  vous  devez  tâcher  de  lui  plaire, 
«puifque  vous  tenez  de  lui  l’une  &  l’autre,  &  qu’il  les  a  en  fa  main.  Votre  Lie- 
»  ralitc  nous  a  écrit  de  venir  à  votre  rencontre  à  Lyon  ,  à  Vienne  ,  ou  à  Va- 
»  lence  :  nous  choifilfons  cette  derniere  ville  ,  (1  vous  le  trouvez  bon  ,  &  nous 
«  nous  y  trouverons,  Dieu  aidant ,  fuivant  votre  demande ,  le  7.  de  Mars.  Nous 
»>  efperons  que  vous  agirez  de  bonne  foi,  ainfi  que  vous  l’avez  promis  à  notre  ve- 
«  nerable  frere  l’évêque  de  Trois-Châteaux ,  &.  à  nous-mêmes  par  votre  lettre. 
»  Hâtez-vous,  illuftre  prince  &  feigneur,  de  vous  réconcilier  avec  l’Eglife  votre 
»  mere,  afin  de  croître  toujours  en  honneur  ,  adieu. 

Il  y  a  lieu  de  croire  que  le  comte  de  Touloufe  tint  fa  parole,  &  qu’il  reçut 
l’abfolution  à  Valence  au  jour  marqué. 

Ce  prince  c  avoit  depuis  long-tems  un  différend  avec  les  archevêques  d’Ar¬ 
les  au  fujec  de  la  terre  d’Argence,  qui  comprend  la  partie  du  diocèfe d’Arles 
qui  eft  en  deçà  du  Rhône.  Ces  prélats  fe  plaignoient  de  ce  que  les  comtes  de 
Touloufe  qui  poffèdoient  depuis  long-tems  le  domaine  de  cette  terre,  y  avoient 
ufurpé  divers  droits  fur  eux.  Enfin  Alfonfe  s’accorda  là-deffus  le  1. de  Septem¬ 
bre  de  l’an  1143.  avec  l’archevêque  Raymond  de  Montredon.  i°.  Il  lui  rendit, 
de  l’avis  de  quelques-uns  de  [es  barons  avoir  de  Raymond  de  Baux,  d’Hugues  fon 
fils,  de  Roftaing  de  Sabran,  Raymond  de  Melac ,  Bermond  d’U(ez,Gaucelin  de 
Claret,  Pierre  de  Lambefc  £t  Arnaud  de  Raymond,  les  dîmes  des  nouvelles 
terres  du  territoire  d’Argence  ,  &  Pille  du  bois  comtal.  i°.  Il  reconnut  qu’il 
devoit  tenir  en  fief  de  1  eglife  d’Arles  tout  ce  que  lui  &  fes  vaffaux  pollèdoient 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.XVII. 


457 


dans  ce  territoire ,  ôc  en  faire  hommage  à  ce  prélat,  qui  de  fon  côté  le  lui  An.  1143. 
donna  en  fief.  Alfonfe  fit  ferment  en  même  rems  à  l’archevêque  d’Arles  de 
lui  conferver  le  temporeL  de  fon  églife.  Ces  a&es  furent  pafl'ez  à  Fourques  fur 
le  Rhône. 

L’union  qui  regnoit  alors  entre  Alfonfe  comte  de  Touloufe  ôc  les  feigneurs  ixn. 
de  la  maifonde  Baux ,  nous  donne  lieu  de  croire  que  le  premier  favorifoit  toti-  ^.R^nond" 
jours  les  autres  dans  la  guerre  qu’ils  avoicnt  cntreprife  contre  Berenger-Ray-  comte «*e  Md- 
mond  comte  de  Provence.  Celui-ci  étoit  de  fon  côté  en  guerre  avec  les  Ge-  f^n^son 
noisque  ces  feigneurs  avoient  peut-être  appeliez  à  leur  fecours.  Berenger-Ray-  fils  lui  fu«e.ic 
mond  avant  médité  une  expédition  contre  ces  peuples ,  s’étoit  »  embarqué  jOUS  1,autoruc 
en  1144.  loriqu  une  galere  de  Genes  alla  1  atcaquer  dans  le  port  de  Melgueu.  Barcelone. 
Durant  le  combat  un  arbalétrier  Génois  tira  II  adroitement  fur  ce  prince, 
qu’il  le  fit  tomber  roide  mort.  r'*.iuî't‘[Vù 

Berenger-Raymond  ne  laiflà  qu’un  fils  nommé  Raymond-Berenger  qui  étoit  Mmt.H >]}. 
alors  en  bas  âge,  ôc  qu’il  avoit  eu  de  Beatrix  comtefle  de  Melgueil  la  femme.  r',97‘ 

Ce  jeune  prince  lui  fucceda  dans  le  comté  de  Provence,  dans  les  vicomtczde  1144. 
Milhaud ,  6c  de  Gevaudan ,  6c  dans  une  partie  de  celle  de  Carlad.  Il  naquit  lans 
doute  dans  le  comté  de  Melgueil,  ou  le  diocèfe  de  Maguelonne  *  car  Berenger- 
Raymond  fon  pere  faifoit  fa  refidence  ordinaire  dans  ce  pais ,  6c  nous  ne 
voyons  pas  que  Beatrix  fa  mere  en  foir  jamais  fortic.  Cette  comtefle  fe  remaria 
bientôt  après  avec  Bernard  Pelet  feigneur  d’ A  lais  -,  ce  qui  fit  que  le  comte 
de  Barcelone  oncle  paternel  du  jeune  comte  de  Provence,  le  prit  fous  l'a  tu¬ 
telle  ,  l’amena  à  fa  cour  où  il  le  fit  élever  ,  ôc  continua  la  guerre  contre  les 
feigneurs  de  la  maifon  de  Baux.  II  prit  d’abord  *'  fur  eux  la  ville  d’Arles  qui 


b  V.  Bouche 


s’étoit  déclarée  en  leur  faveur,  6c  dont  il  fit  démolir  une  partie  des  tours  6c 
des  fortifications ,  leur  enleva  la  plupart  de  leurs  châteaux  ,  ôc  obligea  enfin  ‘ciaf.  llUdt 
les  principaux  vaflaux  du  comté  de  Provence  à  lui  faire  hommage,  6c  à  lui  samu. i.e. 
prêter  ferment  de  fidelité,  dans  une  grande  aflcmbléc  qu’il  tint  à  Tarafcon  ‘4S- 
au  mois  de  Février  de  l’an  1146.  On  prétend  qu’il  envoya  alors  des  ambafîà- 
deurs  à  Alfonfe  comte  de  Touloufe,pour  l’engager  d  prendre,  conjointement 
avec  lui,  la  tutelle  du  jeune  comte  de  Provence,  6c  à  faire  la  guerre  aux  fei¬ 
gneurs  de  Baux  -,  mais  cela  n’cffc  fondé  que  fur  un  ticre  manifeflcment  c  fup-  c v.BmheiHJ, 
pofé.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai,  c’cft  que  cette  guerre  qu’il  termina  enfin  heureu- 
lement,  l’obligea  de  faire  un  allez  long  féjour  en  Provence,  dont  il  fe  qualifia 
comte  durant  la  minorité  de  fon  neveu,  6c  même  pendant  toute  fa  vie.  Il 
fut  aufii  reconnu  par  les  vaflaux  de  la  vicomté  de  Gevaudan  ,  6c  on  a  lesfer- 
mens d  prêtez  en  1 1  50.  par  Guiraud  de  Peyre  ôc  quelques  autres  feigneurs  du  dTyé/.desehar- 
païs»  à  Raymond-Berenger  comte  de  Barcelone,  fils  de  la  comtefle  Douce, 

6c  à  fon  neveu  Raymond-Berenger  fils  de  la  comtefle  Beatrix  ,  avec  promefle  «  a.  n.9c. 
de  les  défendre,  6c  de  leur  conferver  les  châteaux  de  Grezes,  üaldallè ,  Mon-  u 
trodat  ,Moreireôc  Maurcaftcl. 

Berenger-Raymond  comte  de  Provence  6c  de  Melgueil  mourut  peu  de  tems 
après  «que  Guillaume  VI.  feigneur  de  Montpellier  eut  fournis  cette  ville ,  6c  ez««v.u.r.j; 
par  coniéquent  vers  le  commencement  de  l’an  1144.  Il  paroît  d’un  autre 
côté  que  le  pape  Luce  II.  croyoit  encore  ce  comte  en  vie  le  19.  de  Mars  de 
l’an  1144.  f  lorfqu’il  écrivit  à  Raymond  évêque  de  Maguelonne  pour  lui 
ordonner  d’engager  ie  comte  de  Melgueil ,  6c  les  autres  feigneurs  qui  détenoient 
lesbiens  que  Bernard  comte  de  Melgueil  avoit  léguez  par  fon  teftament  à  I’ab-  gtoHcheibid. 
baye  de  S.Chaffreen  Vêlai,  à  les  reltituer  ,  ou  de  les  excommunier  en  cas  de 
refus.  On  peut  fixer  par  là  à  peu  près  l’époque  de  la  mort  de  ce  prince,  que  A;i0»te  comte 
les  auteurs  g  Provençaux  font  déceder  en  1 145.  Son  corps  fut  inhumé  dans  de  Touloufe 
l’églife  de  la  commanderie  de  Trinquetaiile  auprès  d’Arles ,  de  l’ordre  de  faint  en  Etyag°c?ac 
Jean  de  Jerufâlem.  -  .  moyenne  la 

Alfonfe  comte  de  Touloufe  fit  en  1 144.  un  voyage  en  Efpagne',  où  h  il 
négocia  la  paix  entre  Alfonfe  roi  de  Caftille  fon  coufïn  germain,  6c  Garcias  &  Je  Navarre, 
roi  de  Navarre,  qui  s’étoient  brouillez  à  l’occafion  de  la  guerre  que  le  der- 
nier  avoit  faite  l’année  précédente  au  comte  de  Barcelone  6c  prince  d’Aragon  V//.".,. o. 
beau-frere  de  l’autre.  Le  comte  de  Touloufe  les  fit  convenir  d’un  traité  qui  fut  v '■ 
cimenté  par  le  mariage  du  roi  de  Navarre ,  alors  veuf  d’une  première  femme,  ^ 


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An.i  144. 

LXIV. 

Il  tonde  U 
Ville  de  Mon 
:uul>aa. 


aMj.i UColb. 
U.10'»7* 
V.CÂtel  mtm . 
t-iiy&M- 


\>V.D*C*ng$ 

M- 

c  LtBret.hijl. 
de  Mont**b*n 
l.t.c.S-t.  47* 
d  j4.  é1 
/•l* 


c  Cuelmem- 
f.  881. 

Lf  Bret.ibiJ . 
t-U-&96* 


458  HISTOIRE  GENERALE 

avec  Urraque  fille  du  roi  de  Caftille.  Les  noces  furent  célébrées  à  Leon  le  14: 
de  Juin  de  la  même  année  avec  beaucoup  de  pompe  ôc  de  magnificence. 

Le  comte  deTouloufe  quiaflifta  fans  doute  à  cette  ceremonie  ,  étoit  de  re¬ 
tour  dans  fes  états  au  mois  d'Odobre  fuivant  qu’il  fonda  la  ville  de  Montau. 
ban.  On  a  dit  ailleurs  que  S.Theodard  ou  Audard  archevêque  de  Narbonne 
fut  inhumé  à  la  fin  du  IX.  fîecle  dans  une  abbaye  fondée  par  fes  ancêtres  fous 
l’invocation  de  S.  Martin  à  l’extrémité  du  Quercifur  les  frontières  du  Toulou- 
fain,  ôc  fituée  au  confluent  delà  petite  riviere  deTefconavec  le  Tarn.  Cette 
abbaye  qui  fut  réformée  dans  le  XI.  6c  foumife  à  celle  de  la  Chaife-Dieu  % 
prit  depuis  le  nom  de  Montauriol ,  d’un  village  voifin  qui  en  dépendoit.  La 
beauté  de  fa  fituation  infpira  à  Alfonfe  comte  deTouloufe  6c  de  Querci  ,  le 
deflein  de  fonder  une  ville,  tout  auprès  &  à  la  droite  du  Tarn.  Il  en  fit 
tracer  l’enceinte,  6c  donna  avec  Raymond  de  S.  Gilles  fon  fils  ,  un  lundi  du 
mois  d’Octobre  de  l’an  x  144.  une  charte3  pour  regler  les  droits  que  les  habi- 
tans  de  la  nouvelle  ville  leur  payeroient,  6c  à  leurs  fuccelîeurs.  Alfonfe  mar¬ 
que  dans  cet  acte  qu’il  a  impofe  à  cette  ville  le  nom  de  Montauban  )  nom  qui 
dérive  de  fa  fituation  fur  une  élévation  ,  6c  du  grand  nombre  de  faules  qui 
croifTent  aux  environs ,  6c  qu’on  appelle  Alba  en  langage  du  pais.)  Ce  prince 
établit  entr’autres  droits  lur  les  nouveaux  habitans  de  Montauban  douze 
deniers  d’acapte  pour  chaque  maifon  qui  auroit  fix  aflades  b  (  forte  de  me- 
fure  )  de  large ,  6c  douze  de  long  ;  ÔC  non  pas  pour  chaque  efpace  de  terre  qui 
auroit  fix  ftades  de  contenance  ,  ainfi  que  l’a  traduit  un  moderne  c.  Le  comte 
régla  auffi  les  droits  qu’il  auroit  pour  la  juftice  dans  la  nouvelle  ville.  Telle 
eft  l’origine  de  Montauban  :  origine  fur  laquelle  les  proteftans  d  ont  débité 
bien  des  fables.  Cette  ville  s’eft  depuis  fort  aggrandie  ,  6c  elle  renferme  au¬ 
jourd’hui  dans  fon  enceinte  l’ancienne  abbaye  de  S.  Martin  6c  de  S.  Theo- 
dard  qui  lui  a  donné  la  nailTance,  6c  qui  fut  érigée  en  cathédrale  au  XIV. 
fiecle.  Elle  eft  prefentement  l’une  des  plus  belles  ôc  des  plus  confiderables  de 
toute  la  Guyenne-,  6c  la  réfidence  du  commandant  de  cette  province.  Com¬ 
me  le  Tarn  fait  en  cet  endroit  la  féparation  de  la  Guyenne  6c  du  Langue¬ 
doc  ,  la  partie  de  Montauban  qui  eft  à  la  gauche  de  la  riviere,  6c  qui  eft  jointe 
à  l’autre  par  un  pont  ,  eft  dans  les  limites  de  cette  derniere  province.  Auffi 
l’évêque  ,  dont  le  dioccfe,  à  la  réfervede  la  partie  de  la  ville  qui  eft  à  la  droite 
du  Tarn,  eft  un  démembrement  de  celui  deTouloufe,  alfifte-t-il  aux  états  de 
Languedoc. 

Le  comte  Alfonfe  en  fondant  Montauban  porta  préjudice  à  l’abbaye  de 
S.  Theodard  ou  Audard.  Pour  peupler  la  nouvelle  ville  c  il  obligea  les 
vafliux  de  cemonaftere,  entr’autres  ceux  du  village  de  Montauriol,  à  quitter 
leurs  habitations  pour  s’y  aller  établir  :  il  chagrinaVabbé  ôc  les  religieux  qui  s’y 
oppofoient,  les  chalïa  de  leur  maifon ,  ôc  menaça  de  les  traiter  avec  la  derniere 
rigueur.  Il  fit  conftruire  deux  châteaux  dans  le  fonds  de  l’abbaye,  6c un  troi- 
fieme  dans  un  terrain  qu’il  avoit  vendu  depuis  peu  à  ce  monaftere.  Albert  qui 
en  étoit  abbé  pour  fe  mettre  à  couvert  de  ces  menaces ,  prit  le  parti  d’aller  s’eu 
plaindre  au  pape  }  6c  s’étant  ménagé  des  lettres  de  recommandation  de  plu- 
fieurs  évêques  dupais  ,  il  les  remit  àEugene  III.  qu’il  rencontra  àViterbe. 
Ce  pontife  touché  de  fes  plaintes  écrivit  le  1 3.  de  Juin  de  l’an  1145.  à  Arnaud 
archevêque  de  Narbonne,  6c  à  Raymond  évêque  deTouloufe,  8c  les  chargea 
d’ordonner  de  fa  parc  au  comte  de  lailfer  en  paix  l’abbé  ôc  les  religieux  de  laine 
Audard,  de  démolir  les  châteaux  qu’il  avoit  fait  bâtir  dans  leur  fonds,  de 
réparer  les  dommages  qu’il  leur  avoit  caufez  ,  6c  d’abolir  les  mauvaifes  cou¬ 
tumes  qu’il  avoit  établies  dans  leur  monaftere  6c  dans  fes  dépendances  :  en  cas 
de  refus  de  la  part  de  ce  prince  de  fatisfaire  en  40.  jours  à  tous  ces  articles,  il  leur 
enjoint  de  mettre  la  ville 6c  le  diocèfe  deTouloufe  en  interdit,  avec  ordre  à 
eux  de  le  faire  obferver  exactement,  6c  défenfe  expreflè  d’y  exercer  au¬ 
cune  fonébion  ecclefiaftique, excepté  l’adminiftration  du  baptême,  ôcdufacre- 
ment  de  penirence  aux  moribonds.  Le  pape  déclare  enfin  qu’il  ne  pourra  s’em¬ 
pêcher  d’excommunier  le  comte,  s’il  perfïftc  à  défobéir  à  fes  ordres.  Nous 
ignorons  la  fuite  de  cette  affaire  *  apparemment  qu’elle  fut  fufpendue  par  la 
nouvelle  croifade  dans  laquelle  Alfonfe  s’engagea  quelque  tems  après.  Elle  ne 
fut  terminée  en  eftèt  qu’après  fa  mort, 


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DE  LANGUEDOC.Liv.XVii;  439 

Le  vicomte  Roger  plus  religieux  envers  l’églife  d’Albi ,  renonça 1  en  1444. 
entre  les  mains  de  Rigaud  évêque  de  cette  ville  ,  à  l’ufage  dans  lequel  les  vi¬ 
comtes  les  prédecellèurs  avoicnc  été  jufqu’alors ,  de  s’emparer  de  la  dépouille 
des  évêques  qui  venoient  à  déceder.  On  voit  par  divers  hommages  b  qui 
furent  rendus  à  ce  vicomte ,  la  même  année  ou  les  fuivantes ,  qu’il  domi- 
iioit  fur  les  châteaux  de  Lauran  dans  le  Narbonnois  ,  de  Cabarez  &  de  Sur- 
defpine  dans  le  diccèfe  de  Carcalîonne  5  de  Montaut ,  de  la  Roche  d’Olmes , 
deLavaur  ,  &  de  S.  Félix  dans  le  Touloufain  ;  de  Senegas,  de  Gaillac ,  de 
Berens ,  de  Montaigu  &  de  Cahufac  en  Albigeois.  L’autorité  qu’il  exerçoit 
fur  ce  dernier  pais  paroît  encore  par  un  plaid  qu’il  y  tint  vers  le  même 
tems,  &.  auquel  affilièrent  avec  lui  Bernard  comte  de  Comminges,  Rigaud 
évêque  d’Albi,  Bernard  de Canet ,  Guillaume  Mancip ,  Guillaume  Hunaud 
de  Lantar,  Pons  de  Dourgne  &.  Elie  de  Lautrec.  Cette  affëmblée  prit  con- 
noilTance  d’un  différend  qui  s’étoit  élevé  entre  les  divers  feigneurs  des  châteaux 
de  la  Salvetat  &  de  la  Baftidc  en  Albigeois,  de  Lavaur  &de  Verfeil  dans  le 
Touloufain ,  qui  après  s’être  fait  la  guerre ,  avoient  choifi  pour  arbitre 
Sicard  vicomte  de  Lautrec.  Roger  confirma,  avec  toute  fa  cour ,  le  jugement 
que  ce  dernier  avoir  porté  là-deffus. 

Bcrnard-Aton  vicomte  de  Nifmes,  frere  de  Roger,  avoir  déjaépoufé  dès 
le  mois  de  Mars  de  l’an  1 145.  Guillemette  fille  aînée  de  Guillaume  VI.  fei- 
gneur  de  Montpellier ,  comme  il  paroît  par  un  acte  c  fuivant  lequel  il  donna 
en  fief  à  quelques  feigneurs  les  ulages  ècles  leudes  du  marché  de  Nifmes,  Scia 
moitié  des  droits  des  foires  qu’il  avoir  réfolu  d’établir  dans  cette  ville  pendant 
huit  jours  à  la  S.  Martin.  Ce  titre,  &  quelques  autres  de  l’an  1  i44.d  font  mention 
des  droits  fêigneuriaux  dont  ce  vicomte  jouiffoit  à  Nifmes  Sc  dans  le  diocèle. 
Il  vendit  cette  derniere  année  au  peuple  de  la  même  ville  pour  la  fomme 
de  mille  fols  monnoyc  de  S.  Gilles,  les  pâtis  qui  étoient  aux  environs.  Il  eft 
parlé  dans  cet  acle  des  confuls  de  Nifmes. 

Alfonfe  comte  de  Touloufe  tint  en  1145.  un  plaid  à  Ufcz  à  J’occafion  de 
quelques  différends  qui  s’étoient  élevez  entre  Rainon,  fa  femme  Beatrix,  & 
Bermond  d’Ufez  fon neveu,  qui  pofledoient c  une  partie  du  domaine  de  cette 
ville,  &  Ebrard  évêque  d’Ufez  ,  le  prévôt  Sc  les  chanoines  de  la  cathédrale, 
aufujetde  lamonnoye  &.de  quelques  fiefs  que  ces  derniers  avoient  vendus  aux 
autres.  Bermond  par  un  compromis  de  l’an  1 144.  s’etoit  d’abord  fournis  au 
jugement  de  Pierre  abbé  de  S.  Gilles ,  de  Roftaing  de  Pofquieres ,  Pons  de 
Montlaur ,  Raymond  de  Caftries ,  &  Bertrand  de  Marguerites.  Alfonfe  comte 
de  Touloufe  termina  tous  ces  différends  dans  le  plaid  dont  on  vient  de  par¬ 
ler,  6c rendit  là-deflus  une  fcntence  définitive.  Ebrard  évêque  d’Ufez  mourut 
en  x  1  jo.  on  fait  dans  fon  épitaphe  f  un  grand  éloge  de  fa  droiture  ,  de  fa 
prudence  ,  &  de  fa  charité  envers  les  pauvres.  t 

Beatrix  comteffe  de  Melgucil  avoit  déjà  époufé  Bernard  Pclct  en  fécondés 
nôces  dès  le  mois  de  Mars  de  l’an  1146.  fuivant  notre  maniéré  de  compter  $ 
comme  il  paroît  par  l’accord  S  que  l’un  &  l’autre  firent  alors  à  Molina  avec 
Guillaume  VI.  feigneur  de  Montpellier.  Suivant  cet  acte  Beatrix  &  Bernard 
Pelet  fon  mari  confirmèrent  en  faveur  de  Guillaume  ,  i°.  La  fentence  arbi¬ 
trale  que  l'archevêque  de  Tarragone»,  &  les  autres  arbitres  nommez  par  le 
pape  Callixte  II.  avoient  rendue  en  1 1 1 5.  au  fujet  des  différends  qui  étoient 
alors  entre  le  même  feigneur  &.  Bernard  IV.  comte  de  Melgueil  pere  de  Bea¬ 
trix.  z°.  L’acte  par  lequel  ce  dernier  avoir  donné  en  engagement  à  Guillaume 
divers  domaines  ;  avec  claufe  expreffe  que  ce  feigneur  en  jouiroit  pendant  la 
vie  de  Guillemette  fa  feeur,  mere  de  Beatrix.  3W.  Enfin  le  bail  à  fief  de  trois 
deniers  pour  livre  fur  la  monnoyc  de  Melgueil,  dont  Bernard  IV.  avoit  difpofé 
en  faveur  de  Guillaume.  Plufieurs  chevaliers  des  plus  diftinguezdu  pais  fu¬ 
rent  preféns  à  cet  accord.  Au  relie  on  fait  Bernard  Pelet  mari  de  la  comtellè 
Beatrix  ,  fils  de  Raymond  Pelet.  Nous  trouvons  un  Bermond  Pelet  feigneur 
d’Alais ,  qui  en  1143.  fit  une  donation  h  à  l’hôpital  de  S.  Jean  de  Jerufalem. 

Roger  vicomte  de  CarcafTonne ,  &  le  vicomte  de  Beziers  fon  frere  fondè¬ 
rent  en  1146.  la  ville  de  Montolieu  auprès  de  l’abbaye  de  S.Jean  de  Valfeguier. 
C’efl  ce  que  nous  apprenons  i*.  par  un  acte  ‘  fuivant  lequel  l’abbé  de  cemo- 


AN.1144. 

lxv. 

Le  vicomte 
Roger  renonce 
à  la  dépouille 
des  evéques 
d’ôîl'i.  Maria¬ 
ge  du  vicomte 
de  Nilmcs  lofl 
f;  etc. 

a  Pr  p.ioi. 
bf  soi  &fWi 


1145, 

c  />.i(>6. 


LXVI. 

Al  foule  comte 

de  Touloufe 
lient  un  plaid 
à  Ull  z. 
c  Mjf.tt  Aubfiji 
n.bï- 


f  G  ail  chr.tOi\. 
p-i  Mo. 

LXyit 

Bcairix  com- 
tcllcdc  Mcl- 
gucil  époufe 

Bernard  PclcC 
en  fécondes 
noces. 

I  146. 

%  Pr.p.j  11.& 

fa- 


h  J  reh  .du 
Pr.de  S.  Gilles . 
L  XVIII. 
Fondation  de 
la  ville  de 
Montolieu. 
i  Pr.p.ji^ 

fa' 


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An.  1146. 
a  AU. 


b  Pr.p.  507. 


LXIX. 

A' foule  comrc 
de  Touloulcle 
ci 01  le  a  ïaf. 
icni.'Jcc  vie 
VczeUy. 


c  Concil.to.io . 

f.lOi. 


d Gel.Lud  VU. 

€.s  to.  4.  Dar/;. 
Bilt.LuJ.VU, 


LXX 

Voyage  du  roi 

Loin*  le  Jeune 
au  Puy. 
c  Gificyh'ft.du 
Puyp.^y). 

Gall.chr  mit , 
id.to.t,  tnjir. 

p.tli. 

£  G'JJy  tbii. 


'440  HISTOIRE  GENERALE 

naflere  &  fes  religieux  promettent  avec  ferment  le  3.  de  Juin  de  cette  an¬ 
née, de  rendre  aux  deux  vicomtes  le  château  &  le  bourg  de  Montolicu  toutes  les 
fois  qu’ils  en  feroient  requis.  i°.  Par  un  accord  apaflé  entr’eux  le  16.  du  me¬ 
me  mois,  dans  lequel  le  vicomte  Roger  déclare»  qu’il  fait  bâtir  un  château 
«dans  le  comté  de  Carcafionne  &  l’alleu  defaint  Jcan-Baptifte  de  Valfeguier, 
»  appelle  autrefois  le  château  de  Mallaft ,  &  aujourd’hui  Montolicu,  dans  la  vue 
»  de  pourvoir  à  la  fureté  de  ce  monaflere  8c  de  fes  dépendances,  du  contente- 
»  ment  8c  de  la  volonté  de  l’abbé  Bernard  8c  de  i'c s  religieux  ,  de  Pons  évê- 
«  que  de  Carcafionne,  de  Bernard  de  Canet  ,  de  Bertrand  de  Beaupuy } 
»  de  Guillaume  d’Amanfas  frere  du  même  abbé,  d’Hugues  de  Saillac  8c  de  fes 
«freres,  8c  de  pluficurs  autres  nobles  8c  gens  de  probité.»  Ce  vicomte  établit 
enfuite  le  droit  que  lui  8c  Raymond  Trencavel  fbn  frere,. en  cas  qu’il  vint 
à  mourir  fans  enfans ,  auroient  fur  le  château  8cle  bourg  de  Montolicu. Telle 
eft  l’origine  de  cette  petite  ville  ,  qui  a  depuis  donné  fon  nom  à  l’ancienne  ab¬ 
baye  du  château  de  Mallaft  ou  de  Valfeguier.  Trois  jours  après  b  le  même 
Roger  8c  Bernarde  fa  femme  cederent  à  Pons  évêque  de  .Carcallbnne,  &  à 
fon  églife,  la  leude  qu’ils  exigeaient  des  vallaux  de  cette  églife. 

Alfonfe  comte  de  Touloufc  voulant  marcher  fur  les  traces  du  comte  Ray¬ 
mond  de  S.  Gilles  fon  pere  8c  du  comte  Bertrand  fon  frere,  fecroiia  pour  la 
Terre- ftince  :  voici  à  quelle  occafion.  Les  infidelles  ayant  repris  fur  les  chré¬ 
tiens  la  ville  d’Edeffe,  place  forte  fituée  fur  l’Euphrate,  une  perte  fi  confiée- 
rable  allarma  le  roi  de  Jerufalem  8c  le  prince  d’Antioche  ,  8c  les  porta  à  de¬ 
mander  du  fecours.  Le  pape  Eugène  III.  touché  de  ce  fâcheux  événement, 
écrivit  fur  cela c  le  premier  de  Décembre  de  l’an  1 145.  au  roi  Louis  le  Jeune 
qui  étoit  deja  réfolu  d’aller  dans  la  Ter re-lainte ,  8c  adrella  des  lettres  a  tous 
les  princes  8c  les  fidclles  de  la  Gaule  ,  pour  leur  enjoindre  defè  mettre  en 
armes ,  8c  de  marcher  à  la  défenfe  de  l’eglile  d’Oricnt.  Il  accorda  à  tous  ceux 
qui  s'engageaient  dans  cette  entreprife  les  mêmes  indulgences  8c  les  mêmes 
privilèges  qu’Urbain  II.  fon  prédecellèur  avoit  accordez  à  ceux  qui  s’étoienc 
engagez  dans  la  première  croifade.  En  confequcnce  le  roi  Louis  le  Jeune 
convoqua  d  une  allemblée  generale  de  la  nation ,  appcllée  parlement ,  à  Vtzelay 
en  Bourgogne,  à  la  fête  de  Pâques  de  l’an  1146.  qui  tomboit  le  31.  de  Mars.  Les 
évêques  8c  les  feigneurs  s’y  rendirent  en  foule ,  8c  il  y  eut  un  fi  grand  concours 
de  peuple  qu’on  fut  oblige  de  tenir  l’aflèmblée  en  rafe  campagne.  S.  Bernard 
qui  s’y  trouva  y  prêcha  fur  un  efpece  de  théâtre  qu’on  avoit  dreilè,  8c  parla 
avec  tant  de  force ,  que  tout  le  monde  s’emprefla  à  l’envi  à  demander  la 
croix.  Leroi  8c  la  reine  Eleonor  fa  femme  la  reçurent  les  premiers,  8c  enfuite 
Jllfonfe  comte  de  S. Gilles  ,  Thierri  comte  de  Flandres,  Henri  fils  du  comte 
de  Blois,  Gui  comte  deNevers,  Raynald  (on  frere  comte  de  Tonnerre, Ro¬ 
bert  comte  de  Dreux  frere  du  roi,  Ÿ  von  comte  de  Soillons  ,  8c  plufieurs  au¬ 
tres  princes  8c  grands  feigneurs.  Alfonfe  eft  nommé  le  premier  de  tous  par 
les  hiftoriens  du  tems ,  après  le  roi  Sc  la  reine ,  8c  avant  le  comte  de  Flandres, 
8c  le  frere  même  du  roi.  Audi  ne  cedoit-.il  à  aucun  des  grands  vaflâux  du 
royaume,  fuit  pour  la  dignité 8c la  naiflance , foit  pour  l’étendue  du  domaine. 
Le  roi  tint  une  autre  adcmblee  à  Chartres  trois  femaines  après,  pour  regler 
le  départ,  8c  on  jugea  à  propos  de  le  différer  à  l’année  fuivante. 

Loui  s  -  après  avoir  pris  la  croix  pour  la  gloire  de  J.  C.  fé  rendit  au  Puy  ,  où 
on  prétend*  qu’il  arrivale  y.  de  May.  Il  y  confirma  du  moins  durant  fon  fé- 
jour  par  un  diplôme,  en  faveur  de  Pierre  évêque  de  cette  ville,  les  chartes 
que  les  rois  fes  prédecellèurs  avoient  accordées  à  fon  églife  -,  fçavoir  la  dona¬ 
tion  de  la  ville  d’ Anis  appcllce  le  Puy,  du  château  de  Corneille,  8c  des  autres 
droits  énoncez  dans  ces  chartes,  fauf  la  domination  royale ,  la  juflice  &les  cou¬ 
tumes  du  royaume.  Le  roi  déclare  que  Pierre  évêque  du  Puy  lui  avoit  prêté  le 
même  ferment  de  fidelité  que  les  autres  évêques  fes  prédecellèurs  lui  avoient 
fait ,  8c  que  ce  prélat  avoit  promis  de  lui  remettre  toutes  les  forterefles  de  la 
ville  du  Puy  lorfqu’il  fe  rendroit  dans  cette  ville.  Il  défend  enfuite ,  dans  la 
vue  de  favorifer  le  pèlerinage  de  Notre-Dame  du  Puy  qui  étoit  alors  très- 
ufité  ,  de  bâtir  aucune  nouvelle  forterefle  ,  d’exiger  aucun  peage ,  8c  d’exercer 
aucune  violence  fans  fon  confentement  8c  celui  de  l’évêque  du  Puy ,  foit  dans 


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An.i  146* 


DE  LANGUE  DO  C.L  1  v.  XVII.  44l 

Ja  ville,  foie  dans  les  dépendances  dé  l’églife  depuis  le  Rhône  jufqu’à  l’Ailier, 
depuis  Alais  jufqu’à  Monbrifon ,  &  depuis  S.  Alban  jufqu'auPuy.  Il  déclare 
enfin  qu’ayant  été  obligé  de  demander  une  fomme  à  ce  prélat  pour  fournir 
aux  frais  de  fonprochain  voyage  de  Jerufàlem ,  cette  demande  ne  pourroit  tirer 
a  conféquence.  C’eft:  là  le  premier  fubfîde  que  nous  trouvons  avoir  été 
levé  dans  la  province  par  nos  rois  de  la  troifiéme  race.  Le  diplôme  eft  fouferit 
par  les  grands  officiers  de  la  couronne ,  &  daté  du  Puy  Cannée  M.  cxlvi.  la  JC \ 
année  du  régné  de  Louis . 

La  guerre  qu’Alfonfe  VIL  roi  de  Caftille  avoit  entreprife  alors  contre  les  P^XI- 
infidelles  d  Efpagne ,  partagea  la  noblefTe  de  la  province  entre  cette  expédition  ^“‘^utmdeeV  * 
&  celle  de  la  Terre-fainte.  Ce  prince  qui  méditoit  quelque  a&ion  d’éclat,  Montptiiîer 
dans  la  viie  de  fe  procurer  du  fècours1,  moyenna  au  mois  de  Novembre  de  l’an  f™J°y 
1146.  un,e  fufpenfion  d’armes  entre  le  roi  de  Navarre  &  le  comte  de  Barce-  fervlrcn  Efp*- 
lone  qui  fe  faifoient  la  guerre,  &  qui  promirent  de  marcher  à  fon  férvice.  11  çoe rconttc  lcs 
envoya  d’un  autre  côté  l’évêque  d’Aftorga  à  Guillaume  VI.  feigneur  de  Mont-  a'wôv chr. 
pellier,  aux  Génois  &c  aux  Pifânspour  les  engager  à  équipper  une  flotte  ,  &  à  a  io»ç. vu. 
venir  affieger  par  mer  la  ville  d’Almeria  en  Andaloufîe,  tandis  qu’il  l’attaque-  , 
roit  par  terre.  ,H 7,a.4.& 

Le  feigneur  de  Montpellier  répondit  favorablement  à  la  demande  du  roi  de  frîî‘ 
Caftille,  &fe  prépara  à  l’aller  joindre  inceflamment.  Avant  fon  départ  il  fit  un 
teftament b  le  Mercredi  onzième  de  Décembre  de  l’an  1146.  Il  laiflepar  cetaûe  b 
un  morceau  de  la  vraie  croix ,  avec  plufîeurs  autres  reliques  qu’il  avoit  appor-  *4 o-&J‘W 
téesde  la  Terre-fainte  à  fon  retour  de  Jerufàlem  ,  à  l’églife  de  faintc  Croix 
qu  il  avoit  fait  bâtir  dans  la  ville  de  Montpellier  auprès  de  fon  palais  :  il  don¬ 
ne  un  logement  avec  l’entretien  dans  le  même  palais  au  chapelain  qu’il 
avoit  établi  pour  defîèrvir  cette  églife.  Il  fait  quelques  autres  legs  pieux,  & 
ordonne  à  Guillaume  fon  fils  aîné  de  s’accorder  fur  les  différends  qu’il  avoit, 
tant  avec  Raymond  évêque  de  Maguelonne  &fes  chanoines  quiavoient  été 
chaflèz  de  Montpellier ,  qu’avec  quelques  autres  perfonnes  de  la  ville.  IL 
lame  la  jouiflance  de  tous  fes  domaines  à  Ermefîindefa  mere  ,&  fait  mention 
de  cinq  de  fes  fils.  Il  donne  à  l’aîné  qui  s’appelloit  Guillaume,  &  qui  fut  le 
yil-  *on  nom ,  la  ville  de  Montpellier  avec  fes  dépendances ,  &  le  château 
de  Montferrier  qu’il  tenoit  en  fief  du  comte  de  Melgueil.  Il  légué  à  Guillaume 
fon  fécond  fils  la  ville  de  Tortofe  en  Efpagne  avec  fon  territoire,  qu’il  avoit 
achetée  &  reçue  en  fief  du  comte  de  Barcelone  $  le  lieu  de  Caftelnau ,  le  village 
de  Sauzec,  la  châtellenie  de  Melgueil,  la  part  qu’il  avoit  à  la  monnoye  de 
Melgueil ,  &  enfin  tous  les  fiefs  qu’il  avoit  dans  le  diocèfe  de  Subjlantton  ou  de 
Maguelonne ,  excepté  ce  qu’il  avoit  donné  à  fon  fils  aîné.  Il  ne  laiflè  rien  à 
Raymond  fon  troifiéme  fils ,  qu’il  déclare  avoir  offert  à  l’abbaye  de  Cluni 

POUr  V  etre  rf  IktIPMY  •  rplm  r  i  l-i  /111PA  /ikkp  Ay  A  rtînt-ia  Tl  A  -iA.! ..  ^  à 


- - — -  jufqu'â  l'âge  ae  18.  ans ,  ae  lui  taire  ap¬ 
prendre  les  lettres ,  de  pourvoir  à  fa  fubfiftance  &  en  cas  qu’il  ne  voulût  pas 
etre  d’églife  ,  ce  qu’il  lailfe  à  fa  liberté,  de  l’entretenir  honorablement,  &  de 
lui  fournir  des  armes,  des  chevaux  &  des  écuyers,  fans  pouvoir  prétendre  au¬ 
tre  chofè  ;  ajoute-t-il ,  une  hérédité  peu  confiderable  ne  convient  pas  à  un  hom¬ 
me  noble.  Enfin  il  donne  à  Gui  fon  cinquième  fils  le  château  de  Pauilhan  avec 
fes  dépendances  dans  le  diocèfe  de  Beziers ,  à  condition  que  lorfqu’il  aura 
atteint  l’âge  de  20.  ans,  le  feigneur  de  Montpellier  rachètera  ce  château  pour 
la  fomme  à  laquelle  il  avoit  été  engagé ,  &  payera  cinq  mille  fols  qui  étoient 
dus  pour  cet  engagement  au  comte  de  Barcelone.il  légué  de  plus  à  Gui  le  ch⬠
teau  de  Pouget  dans  le  même  diocèfe. 

Guillaume  VI.  avoir  trois  filles  ,  dont  l’aînée  appellée  Guillemette  e'toit 
alors  mariée  avec  Bernard-Aton  vicomte  deNifmes.  Il  ordonna  à  fon  fils  aîné 
de  payer  le  refte  de  la  doc  de  celle-ci ,  &  le  chargea  de  marier  les  deux  autres 
nommées  Adélaïde  &  Ermeflînde  ,  lorfqu’elles  feroient  parvenues  à  un 
âge  nubile,  &  de  leur  donner  à  chacune  cent  marcs  d’argent,  de  beaux  ha-  ec^üw. 
a  jS,i  ^raP>  deux  ta^es  d’argent  du  poids  de  fix  marcs  &  un palefroy.  r-^u>os. 

Adélaïde  époufa  «  dans  la  fuite  vers  l’an  1x56.  Ebles  III,  vicomte  de  Ven- 
Tome  II.  KkE 


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44* 


HISTOIRE  GENERALE 


AN.1146.  c^doitr,  lorfque  ce  vicomte  eut  répudié  Marguerite  de  Tu  renne  la  première 
femme  pour  caufe  de  parenté.  Il  en  eut  entr’autres  un  fils  appelle  Gui  qui  fut 
chanoine  &  prévôt  de  Maguclonne.  Guillaume  VI.  lubftitua  les  fils  l’un  à  l’au¬ 
tre  ,  Se  à  leur  défaut  il  appella  les  filles  à  fa  fucceilion.  Il  lailla  tous  les enfans 
fous  la  tutelle  d’Ermcllinde  là  mere  ,  Se  fous  l’autorité  de  Pons  de  Mataplane 
Ion  coulîn,  jufqu’à  ce  que  Guillaume  Ion  fils  aine  eut  atteint  l’àge  de  vingt  ans. 
Ce  dernier  fut  chargé  alors  du  bail^L  de  la  tutelle  de  les  freres  Scde  les  iaurs* 
jufqu’à  ce  que  les  premiers  fuflent  parvenus  au  meme  âge,  Se  que  les  autres 
fuflent  mariées.  Enfin  Guillaume  VI.  afligna  toi.î  les  revenus  de  Ion  domaine 
pour  le  payement  defes  dettes,  Se  ordonna  de  réparer  le  dommage  qu’il  avoit 
caulé  dans  le  teras  qu’étant  à  la  tête  de  fes  vafiaux ,  &  à  la  luite  du  comte  de 
Barcelone,  il  avoir  fait  la  guerre  dans  les  pais  de  Narbonne  &  de CarcalTonne; 
&  de  payer  le  bois  qu’il  avoit  tiré  de  la  charpente  de  diverfes  églifes,  lorlqu’il 
avoir  ailiegê  Montpellier.  11  défendit  de  mettre  dans  cette  ville  aucun  Juif 
pour  huile  ,Se  y  exempta  les  religieux  de  Cite  aux  de  toute  forte  <1*  leude.  11  fie 
ce  tcftamentdans  la  même  ville,  &dans  lamaifon  où  demeuroitErmeilinde  fa 
mere  ,en  prclcncc  de  Bcrcnger  abbé  de  Lodeve  ,  de  Pons  de  Mataplane,  Ber¬ 
trand  d’Aymargucs ,  Bermond  de  Sommieres ,  Robert  de  Caftrics ,  Guillaume 
deFabrcgucs,  Pierre  de  Montferrier,  Arnaud  d’Omclas,  Se  plulieurs  autres 
_ chevaliers. 

•  1147.  Le  leigncur  de  Montpellier  fit  enfuite  équipper  pluficursvailTeaux  s’étanf 
a  v  son  joint  l’année  fuivante  -  à  la  fiotte  des  Génois  &  des  Pifans ,  il  fit  voile  veri 
b  li Knlv',bîd  ct)te  de  Catalogne  b,  où  il  rencontra  le  comte  de  Barcelone ,  qui  de  fon  côté 
pus-  avoit  fait  armer  un  grand  nombre  de  navires.  Toute  cette  fiotte  ,  compolée,  à 
v.firrtr.ibid.  ceqU’on  aflUrc ,  de  mille  bâtimens  tant  grands  que  petits,  le  rendit  cnfulte 
fur  la  côte  d’Andaloufie,  Se  arriva  le  premier  d’Aout  de  l’an  1147.  devant 
Alméria,  dont  elle  entreprit  le  fiege  par  mer.  Altbnfe  roi  de  Caftillc,qui  s’etoit 
mis  en  campagne  des  le  printems ,  Se  avoit  déjà  fait  divers  progrez  fur  les  Sa- 
fafins ,  l’allicgca  par  terre  avec  toutes  les  forces  d’Efpigne  qui  étaient  venues  à 
cApudSindiv.  lôn  lécours.  Un  poète  du  tems-  qui  nousalaiil'e  la  relation  de  ce  lîcge,  donne 
le  titre  de  duc  à  Guillaume  de  Montpellier  ,  avec  l’épithetc  de  grand  ;  mais  ce 
titre  ne  lui  convenoit  qu’autant  qu’il  etoit  à  la  tête  d’une  nombreufe  noblelfe 
f  rançoife  qui  lérvità  ce  fiege  lous  les  enléignes.  Comme  les  Sarafinsn’avoienc 
rien  négligé  pour  la  deVenie  de  la  place  ,  qui  etoit  d’ailleurs  très-forte  d’clle- 
même,  l’attaque  fut  longue  5  mais  enfin  Alméria  fut  prife  d’allàut  le  17.  d’O- 
dobre  luivant.  Le  roi  de  Caltille  témoigna  là  reconnoiifince  envers  tous  les 
feigneurs  qui  l’avoient  lecouru  dans  cette  expédition ,  Se  n’oublia  pas  fur  tout 
Guillaume  de  Montpellier. 

11  paroîr  par  deux  chartes  de  Ravmond-Berenger  I V.  comte  de  Barcelone* 

ai  ici  1  au  111  I  (  *  -  -  .  ,  .  J  ...  V  .  .  7 

dcTono  c.dc  données  durant  le  fiege  deTortole  quu  entreprit  en  1148.  fur  les  Saralins , 
même  que  la  que  Guillaume  VI. d  leigneür  de  Montpellier ,  les  fils,  Ermengarde  vicomrefîe 
Narbonne.  6  d-  N a’r banne v à  la  tête  des  troupes  de  là  vicomte,  Se  Bcrcnger  abbé  de  là 
dis  note  Gralle  oncle  de  cette  vicomtcfie,  le  fecoururcnt  dans  cette  expédition.  Parla 
*K.uh!dt*Ù-  première  «  de  ces  deux  chartes  le  comte  de  Barcelone ,  »  en  rcconnoillànce  de  cé 
tel  de  viiir  dt  »que  les  habitans  de  Narbonne  avoient  expofe  leurs  biens  &  leur  vie  pour  là 
n*rb. caijjon j.  „ defenfc  de  la  foi  contre  les  infidelles,  leur  donne  dans  Torrofe  le  14.  dë 
»  Septembre,  une  place  appellce  le  Fondits,  pour  y  établir  leur  commerce,  avec 
»  exemption  de  tous  droits  &  péages  tant  par  mer  que  parterre  5  du  confcnre- 
«  ment  de  Bernard  archevêque  de  Tarragone,  Se  en  prefence  des  confuls  de 
>»  Narbonne,  de  Berenger  abbé  de  la  Grafie,  Se  d’Ermengardc  dame  de  Nar* 
f nai.facr.nov.  »  bonne.  Par  l’autre  charte  1  Raymond-Berenger  donne  au  mois  de  Novem* 
s 6 1.  brede  la  même  année  à  l’églife  de  Gènes  une  illc  de  l’Ebre,  voifine  de  Tortofe, 
du  consentement  de  Guillaume  de  Montpellier  &  de  fes  fils ,  de  Guillaume-Ray¬ 
mond  fon  fenéchal,  Sec.  qui  y  foufcrivirciic. 

Après  la  prile  de  Tortofe  ,  g  que  le  comte  de  Barcelone  fournit  à  la  fin  de 
l’an  1 148.  ce  prince  donna  un  tiers  de  cette  ville  aux  Génois  pour  rcconnoîtré 
les  ferviccs  qu’il  en  avoit  reçus.  Il  donna  en  même  tems  un  autre  tiers  dé 
Tortofe  à  Guillaume  de  Moncade  lonfénéchal,  Se  fe  réferva  l’autre.  On  pré¬ 
tend  que  ce  comte  avoit  déjà  difpofé  de  cette  ville  l’annee  précédente ,en  faveur 


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DE  LANGUEDOC.Liv.XVII. 


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de  ce  dernier, 8c  on  a  déjà  vu  qu’il  l’avoir  donnée  en  fief  en  1 1  3  6.  à  Guillaume  de  An. 1147* 
Montpellier,  &c  que  ce  feigneur  la  légua  par  fon  teftament  de  l’an  1147- 
i  Guillaume  fon  fils  puîné.  Ces  divers  a&esparoiflènt  fè  contredire  î  maison  ^  ^ 
peut  les  concilier a ,  en  fuppofànt  que  le  comte  de  Barcelone  ne  difpofaque 
d’un  tiers  dcTortofe  en  faveur  de  Guillaume  de  Montpellier  $  &  qu’ayant  don¬ 
né  les  deux  autres  à  Guillaume  de  Moncade  ôc  aux  Génois ,  il  la  leur  partagea 
également.  On  vient  de  voir  en  effet  qu’il  donna  à  l’églife  de  Genes  une  ifle  voi¬ 
sine  au  mois  de  Novembre  de  l’an  1148.  du  confentement  de  ces  deux  feigneurs  » 
preuve  qu’il  ne  révoqua  pas  la  donation  qu’il  avoit  faite  à  Guillaume  de  Mont¬ 
pellier.  On  voit  d’ailleurs  que  Guillaume  fils  puîné  de  ce  feigneur ,  prit  dans  la 
fuite  le  furnomrf*  Tortofc,  ôc  qu’il  jouit  du  domaine  de  cette  ville.  t  LXXitî. 

Peu  de  teins  après  '•>  cette  expédition  ,  le  feigneur  de  Montpellier  qui  avoit  I(  enibrJ’ir* 
perdu  alors  Sibylle  fa  femme,  embrafla  la  profeffion  monaftique  dans  l’ab- 
baye  de  Grandlèlve  au  diocèfe  de  Touloufe  j  ôcil  avoit  déjà  quitté  cle  mon*  Guiiiajme  * 
de  au  mois  de  Juillet  de  l’an  1 1 49.  Ce  feigneur ,  qui  étoit  alors  dans  la  force  de  vu.lui  fucce- 
l’âge  ,  avoit  acquis  une  grande  réputation  ,  foie  par  fes  exploits  militaires ,  foit  ^0xeüW. 
parles  fervices  importuns  qu’il  avoit  rendus  au  pape  Innocent  II.  ôc  au  faint  cfr.f.uf. 
fiege.  Il  donna  avant  fa  retraite  diverfes  marques  de  fa  pieté.  Il  fonda  d  en- 
tr’autres  hors  de  Montpellier,  conjointement  avec  Ermelfinde  fa  mere  &  Si-  , 
bylle  fa  femme ,  un  hôpital  pour  les  lépreux  auprès  du  pont  de  Lez ,  ôc  un  *^*V*^\ 
prieuré  c  ou  monaftere  de  l’ordre  de  Cluni  dans  un  lieu  appellé  Sauzet, 
îtué  auprès  de  la  même  riviere.  Il  fonda  ce  monaftere  à  condition  qu’on  sui.  cim. 
neconftruiroit  en  ce  lieu  ni  ville,  ni  village,  ni  forterellè ,  ôc  qu’il  feroit  uni-  f’1***' 
quement  habité  par  les  religieux.  Ce  fut  peut-être  dans  cette  occafion  que 
Pierre  le  Venerable  abbé  de  Cluni  entreprit  le  voyage  de  Montpellier  dont  il 
parle  dans  une  de  fes  lettres f.  Innocent  II.  qui  avoir  prie  Guillaume  de  fonder  f  Petr.  vn.i.t, 
ce  monaftere,  en  confirma  la  fondation  par  une  bulle  datée  du  z8.  d’Avril  de 
l’an  11  j  8.  Le  prieuré  de  Sauzet  qui  ccoit  fous  l’invocation  de  S.  Maurice,  a  été 
détruit  durant  les  guerres  des  Cal  viniftes ,  ôc  uni  depuis  à  la  collegiale  de  fainte 
Anne  de  Montpellier.  Enfin  Guillaume  VI.  exerça  fa  libéralité  en  1139.  en¬ 
vers  g  l’hôpital  de  S.  Guillaume  de  cette  ville ,  de  concert  avec  Sibylle  fa  fem¬ 
me,  &  fit  rebâtir  l’eglife  de  Notre-Dame.  On  remarque  que  tous  les  fouve- 
rains  de  l’Europe"  b  qui  vivoient  en  1630.  defeendoient  de  lui  par  femmes.  h 
Quelques  auteurs  l’ont  qualifié  comte  de  Montpellier ,  mais  c’eft  mal-â-propos ,  "*  * 
sar  ni  lui,  ni  fes  prédecclleurs  ôc  fes  defeendans,  ne  prirent  jamais  que  le  fimple 
titre  de  feigneurs  de  cette  ville  }  ce  qui  n’empêche  pas  que  leur  maifon  ne 
fut  en  très-grande  confideration ,  ôc  aulfi  diftinguée  que  celle  de  divers  com¬ 
tes  qui  vivoient  alors. 

L’abbaye  de  Granfelve  étoit  unie  depuis  fort  peu  detems  à  l’ordre  de  Cî-  ^ifionüeS; 
tesux,  quand  Guillaume  de  Montpellier  y  embrafla  l’état  monaftique.  Cette  BcrnarTdans* 
union  fut  faite  à  l’occafion  du  voyage  que  S.  Bernard  entreprit  dans  le  Tou-  i»  province 
loufain,  pour  tirer  de  l’erreur  ceux  de  ce  pais  qui  avoient  eu  le  malheur  de  “t*qUees'SHen- 
fe  laiffer  féduire  par  un  hérétique  nommé  Henri  ,  qui  couroit  depuis  long-  rident, 
temsles  provinces  de  France.Cet  impofteur  avoit  apoftafié  de  la  profeffion  reli- 
gieufe,  ôc  croit,  à  ce  qu’on  croit',  originaire  d’Italie  j  d’où  vinrent  tous  ces  i  utt.frtf.in 
teftes  de  Manichéens  qui  infecteront  comme  lui  les  Gaules  durant  le  XI.  ôc 
le  XII. ficelés.  Il  k  portoit  une  longue  barbe,  ôcmarchoitnuds  pieds  :  il impofoit 
aux  fimples  par  un  extérieur  extrêmement  négligé,  une  pieté  apparente,  une 
modeftie  affectée ,  ôc  des  difeours  étudiez  5  ôc  ne  manquoit  ni  d’efpric  ni  d’é¬ 
loquence.  Il  dogmatifa  d’abord  à  Laufanne  en  Suille,  ôc  vintenin6.au  Mans, 
d’où  il  fut  challé  honteufement.  Il  pafla  enfuite  à  Poitiers  6c  à  1  Bourdeaux ,  1  s-ann.?.* 4« 
d’où  il  fut  également  obligé  de  fe  retirer.  Il  fe  réfugia  alors  en  Dauphiné  ÔC 
en  Provence  ,  6c  s’y  affocia  avec  un  autre  heretique  nommé  Pierre  de  Bruys 
qu’il  regardoit  comme  fon  maître.  Leurs  principales  erreurs  Œ  confiftoient  i  m 
ïejetter  une  grande  partie  de  l’écriture  fainte  ôc  le  baptême  des  enfans.  Ils  "l'Jfff' 
nevouloient  ni  autels  ni  églifes  materielles,  refufoient  d’honorer  la  croix,  fou-  m s-à-Jw- 
tenoient  qu’il  n’y  avoit  point  de  facrifice  de  la  meffe,  que  les  évêques  ôc  les 
prêtres  ne  confacroient  pas  le  corps  ôc  le  fang  de  J.  C.ôc  qu’enfin  il  ne  falloir 
Pas  Praer  pour  les  morts  :  leur  cœur  étoit  aulfi  corrompu  que  leur  efprit ,  6; 

T omt  IJ,  K  k  k  ij 


g  G4r.  ibid. 
f.iS  6. 


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444 


HISTOIRE  GENERALE 


b  Vit.  S.  Btr n. 


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Ah. 1147.  üs  menoient  en  particulier  une  vie  très-debordee.  Ils  parcoururent  enfemble 
ces  deux  provinces,  8c  y  femerent  leurs  erreurs  jee  qui  excita  le  zele  de  Pierre 
le  Venerableabbc  de  Cluni.Ce  faîne  abbé  écrivit  aux  évêques  du  pais  pour  les 
exhorter  à  les  chalïèr  de  leurs  diocèfès. 

Ces  prélats  animez  par  Tes  exhortations  ,  s’élevèrent  fortement  contre 
les  deux  impofleurs,  fie  les  obligèrent  enfin  par  l’autorité  des  princes,  à  quitter 
le  pais  8c  à  palier  le  Rhône.  Pierre  de  Bruys  fie  Henri  fe  retirèrent  alors  à  faint 
Gilles  :  les  habitans  fe  faifirent  du  premier ,  8c  le  firent  brûler  tout  vif,  en 
punition  de  ce  qu’après  avoir  ramaflé  un  grand  nombre  de  croix ,  il  y  avoic 
mis  le  feu  ,  fie  de  ce  qu’il  avoir  fait  cuire  fie  mangé  de  la  viande  le  Vendredi, 
faint ,  fie  invité  le  peuple  à  en  manger  avec  lui.  Henri  fon  difciplc  auroit  fans 
.  doute  fubi  le  même  fort ,  s’il  n’eût  pris  la  fuite.  Il  fe  retira  la  Septimanie , 
où  avec  les  erreurs  de  fon  maître  il  enfeigna  les  fiennes  propres.  Il  s’arrêta 
fur-tout  à  Touloufe,  d’où  il  répandit  les  dogmes  pernicieux  dans  la  Gafco- 
gne  Se  dans  les  pais  circonvoifins ,  foit  par  lui-même,  foit  par  fe  s  difciples. 
Pierre  le  Vencrable  marque  ces  circonftances  dans  le  traité  qu’il  adreffaaux 
évêques  de  Provence  Se  de  Dauphiné,  pour  réfuter  les  erreurs  de  cet  apoflat. 
*  tttr.chm.  Il  témoigne  dans  cet  ouvrage  une  vive  douleur  a  de  ce  qu’une  ville  aulli  con- 
fiderable ,  auffi  policée,  fie  aulli  éclairée  que  Touloufe,  s’étoit  laillëc  féduire 
par  un  tel  impofleur. 

Le  pape  Eugène  III.1,  qui  arriva  en  France  pour  prêcher  lacroifade  vers  la 
fin  du  carême  de  l’an  1147.  inflruit  du  progrez  que  faifoitdans  leTouloufàin 
Se  aux  environs,  la  fccte  d’Henri  ,  en  fut  allarmé.  Il  nomma  auffirôt  le  car¬ 
dinal  Alberic  évêque  d’Ollic  légat  du  faint  fiege  ,  avec  ordre  de  fe  rendre  fur 
les  lieux  pour  y  combattre  les  hérétiques.  Ce  cardinal  pria  Geoffroy  évêque  de 
Chartres,  quelques  autres  prélats ,  fi c  S.  Bernard  abbé  de  Clairvaux,  dont  il 
connoiffoit  le  zcle  Scies  lumières,  de  l’accompagner  dans  cette  légation. 

Le  faint  abbé  étoit  alors  de  retour  d’Allemagne,  d’où  il  venoit  de  prêcher 
la  croifade.  Il  affilia  le  1 6.  de  Février  de  la  même  année  à  l’aflèmblcc  que  le 
roi  Louis  le  Jeune  tint  à  Etampes  au  fujet  de  fon  prochain  départ  pour  la 
Terrc-fainte ,  Sc  dans  laquelle  Suger  abbé  de  S.  Denys  fut  nommé  regent  du 
royaume.  Il  fe  trouva  enfuite  à  la  fête  de  Pâques  au  concile  que  le  pape  tint 
à  Paris  contre  les  erreurs  de  Gilbert  de  la  Poirée ,  Sc  fe  rendit  enfin  dans  fon 
monallere.  Il  comptoir  de  s’y  delafTer  de  fes  travaux ,  lorfqu’il  reçut  la  lettre 
d’Alberic,  qui  le  preffoit  de  fe  joindre  à  lui  dans  fa  milfion.  Les  infirmitez 
dont  il  étoit  aduellcment  accablé ,  auroient  pu  lui  fervir  d’exeufe  légitimé, 
mais  les  befoins  de  la  religion  ,  fie  l’cmprcflèment  que  l’églifede  Touloufe  té¬ 
moignait  depuis  long-tems  de  le  voir ,  le  déterminèrent  enfin  à  répondre  au 
defir  du  légat.  Il  le  mit  en  chemin  pour  aller  à  fa  rencontre,  Sc  crut  devoir 
cs.Bem.ep.  141.  annoncer  fon  arrivée  par  une  lettre  qu’il  écrivit e  à  silfonfe  comte  de  Touloufe  & 
de  S.  Gilles.  Il  expofe  d’abord  à  ce  prince  fon  extrême  étonnement  des  rava¬ 
ges  que  l’herctique  Henri  faifoit  dans  fes  états,  »  où  on  voïoit,  dit-il,  les 
»  églifcs  fans  peuple  ,  le  peuple  fans  prêtres  ,  Scies  prêtres  fans  miniflere.  On 
«ne  célébré  pas  les  fêtes ,  continue-t-il,  les  hommes  meurent  fans  facremcns, 
«  fie  on  refulé  le  baptême  aux  enfans.  Un  homme  quienfeigne  des  chofcs  fi 
«  contraires  à  Dieu  ,  peut-il  venir  de  Dieu  ?  On  dit  cependant  qu’il  a  un  grand 
«nombre  de  fedateurs  5  quel  aveuglement;  C’ellce  qui  m’engage,  quoique 
«  très. infirme ,  à  venir  dans  vos  cantons  fecourir  les  peuples  ,  puifque  per- 
«  fonne  n’ofe  s’oppofer  à  l’erreur  ,  Sc  que  l’heretique  après  avoir  été  chaffé 
«du  relie  de  la  France  ,  ravage  le  troupeau  de  J.  C.  fous  votre  autorité.  Je 
«vous  lai  lié  ,  prince  illuftre ,  à  juger  fi  cela  vous  fait  honneur.  U  n’cfl  pas 
«  toutefois  furprenant  que  ce  rufé  ferpent  vous  ait  trompé  ,  car  il  affecte  un 
«extérieur  de  pieté  -,  mais  apprenez  qui  il  efl.  C’eft  un  apoflat  qui  apres 
«avoir  quitté  l’habit  religieux  a  repris  les  mœurs  du  fiecle  5  il  efl  retourné 
»  comme  un  chien  à  fon  vomiffement ,  fie  n’ofant  demeurer  parmi  ceux  qui  le 
«  connoiffent ,  il  s’efl  mis  à  courir  le  monde.  Il  a  commencé  par  mendier ,  &; 
«s’eft  mis  enfuite  à  faire  trafic  de  la  parole  de  Dieu,  car  il  efl  homme  de  let- 
«tres  -,  fie  quand  après  fon  entretien  il  peut  extorquer  de  l’argent  des  fimplcs, 
«il  l’employé  au  jeu  ou  avec  des  femmes  de  mauvaife  vie.  Informez-vous,  fi 


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DE  LANGUEDOC  Liv.  XVII.  44; 

tous  lefouhaitez ,  de  quelle  manière  il  eft  forti  de  Laulànne,  du  Mans,  de  « 
Poitiers,  &  de  Bourdeaux  ;  il  n’oferoit  y  retourner,  car  il  y  a  commis  des« 
a&ions  infâmes.  Quel  fruit  peut-on  efperer  d’un  pareil  arbre  ?  Tel  eft  le« 
fujet  de  mon  voyage.  Je  ne  l’ai  pas  entrepris  de  moi-même  ,  mais  par  une  « 
vocation  légitimé  6c  par  un  mouvement  de  compaffion  pour  l’Eglife.  Si  on  et 
peut  arracher  cette  épine  &  ce  mauvais  germe  du  champ  du  Seigneur ,  tandis  « 
que  l’un  6c  l’autre  font  encore  foibles  6c  naiflàns ,  on  en  fera  redevable  aux  « 
foins  des  faints  évêques  qui  font  avec  moi ,  &  au  puiflànt  fecours  que  vous  « 
voudrez  bien  nous  accorder.  Parmi  ces  prélats  eft  l’évêque  d’Oftie  légat  du  « 
faint  fiege ,  homme  recommandable  par  fes  travaux  apoftoliques.  Il  eft  de  « 
votre  intérêt,  prince illuftre,  de  le  recevoir  avec  honneur,  de  même  que« 
ceux  qui  l’accompagnent,  Sc  de  faire  enforte,  fuivant  le  pouvoir  qui  vous  a  été  « 
donné  d’enhaut,  que  le  travail  que  ces  grands  hommes  viennent  entrepren-  « 
dre,  principalement  pour  vous  6c  pour  vos  fujets,  ne  demeure  pas  fans  fruit. « 

S.  Bernard  fut  reçu  »  dans  tous  les  lieux  où  il  pafta  comme  un  ange  envoyé 
du  ciel  ;  auffi  Dieu  fit- il  connoître  fa  million  par  une  infinité  de  merveilles. 
L’empreflèment  du  peuple  à  lui  demander  jour  6c  nuit  fa  benediétion  fut  fi 
grand  qu’il  en  étoit  accablé.  Geofroy  alors  moine ,  6c  depuis  abbé  de  Clair- 
vaux  ,  qui  l’accompagnoit  ,  le  témoigne  expreflcment  dans  la  vie  de  cet 
abbé  ,  6c  dans  la  relation  de  leur  voyage  qu’il  envoya  à  fes  confrères  :  il  leur 
marque  que  le  faint  après  être  parti  de  Clairvaux ,  étoit  tombé  malade  au 
voifinage  de  Poitiers ,  ce  qui  ne  l’avoit  pas  empêché  de  continuer  fon  che¬ 
min  par  Bourdeaux,  Bergerac ,  Perigueux,  Sarlat  &  Cahors. 

Les  Touloufains  reçurent  S.  Bernard  dans  leur  ville  avec  beaucoup  deref- 
ped&  de  vénération  ,  6c  il  y  fut  toujours  traité  avec  honneur  pendant  tout 
Ion  féjour,  qui  ne  fut  pas  long.  Il  prêcha  tous  les  jours  publiquement.  Iln*  y 
trouva  que  quelques  tiflerans  qui  fifîènt  profeflion  des  erreurs  d’Henri ,  &  qu’on 
nommoic  Ariens  ;  mais  cetheretique  y  avoit  un  grand  nombre  de  fauteurs 
fecrets ,  même  parmi  les  principaux  habitans.  Le  légat  l’ayant  fait  citer  avec 
les  fe&ateurs  devant  fon  tribunal ,  ils  prirent  auffi-tôt  la  fuite ,  6c  fe  cachèrent 
en  divers  endroits.  Leurs  prote&eurs  voyant  qu’ils  n’ofoient  fe  montrer,  pro¬ 
mirent  alors  de  les  abandonner.  Enfin  S. Bernard  fit  fi  bien,  tant  par  fes  difeours, 
que  par  les  merveilles  que  Dieu  opéra  par  fon  miniftere ,  qu’il  délivra  entiè¬ 
rement  la  ville  deTouloufe  de  l’herefie.  Les  chevaliers  promirent  de  chaflèr 
à  l’avenir  les  heretiques ,  que  le  légat  excommunia  publiquement ,  de  même 
que  tous  leurs  fauteurs ,  avec  défenfe  de  recevoir  ni  les  uns  ni  les  autres ,  foit  en 
témoignage  ,  foit  en  jugement.  S.  Bernard  logea  à  Touloufe  avec  fa  fuite  dans 
le  monaftere  de  S.  Sernin  occupé  alors  par  des  chanoines  réguliers.  Il  guérit 
miraculeufèment  un  d’entr’eux,  appellé  Bernard,  qui  exerçoit  la  medecine, 
&qui  étoit  attaqué  d’une  paralyfie  depuis  fept  mois.  Ce  chanoine  par  recon- 
noifïance  fuivic  le  faint  à  Clairvaux,  où  il  fe  fit  religieux  :  il  devint  enfuite  abbé 
de  Valdeau  dans  leTouloufain. 

Le  légat  6c  S.Bernard  continuèrent  leur  miffion  dans  le  Touloufain  6c  les  pais 
voifins ,  6c  parcoururent  diverfes  villes  ou  châteaux ,  fur-tout  ceux  qu’Henri 
avoit  le  plus  infe&és  de  fes  erreurs.Le  faint  abbé  fai  foit  ufage  par  tout  du  talent 
de  la  parole  que  Dieu  lui  avoit  donné  :  il  inftruifoit  les  fimples ,  fortifioit  les 
foibles ,  rappelloit  les  errans  ôcconfondoit  les  obftinez  ;  enforte  que  rien  ne  lui 
réfiftoit  :  par  tout  il  étoit  écouté  avec  avidité  6c  avec  fruit,  &  par  tout  il  avoit 
la  confolation  de  voir  abjurer  l’erreur.  Il  prêcha  entr’autres  à  Verfeil  *,  où, 
fuivant  l’auteur  de  fa  vie ,  étoit  le  fiege  de  fatan.  C’eft  une  petite  ville  qualifiée 
alors  château ,  fituée  à  quatre  lieues  de  Toiiloufe  vers  le  Levant.  11  y  avoit 
centmaifons  b  de  chevaliers  qui  favorifoient  tous  l’herefie.S.Bernard  comptant 
que  s’il  pouvoir  gagner  ces  gentilshommes,  il  lui  feroitaifé  de ‘convertir  tous 
les  autres ,  prêcha  dansl’églife  ■>  mais  les  principaux  en  fortirent  dès  qu’il  eut 
commencé  fa  prédication,  &  à  leur  exemple  le  refte  des  auditeurs  en  fit  autant. 
Le  faint  fe  rendit  alors  dans  la  place  publique  où  il  continua  de  prêcher  ; 
les  chevaliers  fe  cachèrent  aufïï-tôt  d’un  côté  &  d’autre,  &  il  ne  refla  que  le  petit 
peuple.  Les  premiers  revinrent  enfuite  au  fermon  ,  6c  firent  tant  de  bruit  par 
leurs  clameurs,  qu’on  ne  pouvait  rien  entendre  j  ce  qui  engagea  enfin  faine 


A  N.1147. 


c.  6. 

Caufrid  Cltrt- 
VJÜ.  iftifi.vit . 

CA7.&fa. 
S.Btrn  .ep.nx. 
V.Pnf.Mjb.iiê 
Ber»  §  6. 


•  Viridefoliun; 


b  Guili.tUPf'- 
dio-lAHr  .chre». 


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_ 44  6  HISTOIRE  GENERALE 

An.  1147,  Bernard  à  fe  retirer ,  après  avoir  fecoucla  poulfiere  de  fes  fouliers ,  8c  donné 
tuu  &  maledi&ion  au  château  :  «  anathème ,  dit  un  auteur a  du  milieu  du  XIII.  fie- 
»  cle  ,  qui  eut  Ton  effet  $  car  tous  ces  chevaliers  qui  ctoient  auparavant  très. 
>»  riches  moururent  par  divers  accidens  dans  une  extrême  pauvreté  ;  &  j’en  ai 
«  vd,  ajodte-t.il ,  unàTouloufe  dans  ma  jeunefîe  âgé  de  cent  ans ,  qui  étoitle 
bv.L*.F4M  ”  principal  feigneur  de  Verfeil, réduit  à  la  derniere  mifere.»On  prétend  tque  le 
abt>t.cb.  t,.p.  /âint  en  forçant  de  ce  lieu  fe  retira  dans  un  endroit  du  voifinage  appellé  aujour- 
S7'  d’hui  le  Bourg  S.  Bernard  à  caufe  de  cet  événement.  Le  faint  abbé  trouva  dans 

cvas.Btrn.fr  fa  miffion c  quelques  autres  chevaliers  également  prévenus  en  faveur  d’Henri, 
t^Gnnfriu.  moins  par  attachement  pour  fes  erreurs,  que  par  la  haine  qu’ils  avoient con¬ 
çue  contre  le  clergé  5  ce  qui  les  porcoit  à  écouter  avec  plaiilr  les  railleries  que 
cet  heretique  faifoit  des  ecclefiaftiques.  Us  promirent  tous  de  ne  plus  le  proté¬ 
ger,  attendu  qu’il  avoit  refufé  de  comparoître  8c  d’entrer  en  conférence,  ÔC 
que  pour  l’éviter  il  fuioit  devant  le  légat  8c  alloit  de  château  en  château. 
Ce  prélat  prononça  alors  une  fentence  contre  lui  &  contre  fes  fe&ateurs,  éc 
eut  foin  de  faire  connoître  au  peuple ,  pour  le  défabufèr  ,  le  débordement  de 
fa  vie. 

S  Bernard  après  avoir  parcouru  le  Touloufain ,  pafla  à  S.  Paul  fur  l’ A  goût, 
encra  dans  l’Albigeois ,  8c  arriva  à  Albi  la  veille  de  S.  Pierre.  Le  légat  l’avoit 
précédé  de  deux  jours  dans  cette  ville  ,  dont  prefque  tous  les  habicans  avoienc 
embrafle  l’herefie  d’Henri  ou  la  favorifoient  ouvertement ,  enforte  quec’étoit 
la  ville  du  pais  la  plus  infectée.  Aufli  le  légat  y  fut-il  très-mal  reçû.  Lorfqu’il 
fut  au  voifinage  le  peuple  alla  par  dérifion  au  devant  de  lui,  monté  fur  des 
ânes ,  8c  au  bruit  des  tambours  5  ce  prélat  ayant  voulu  celebrer  la  niefîe 
après  fon  arrivée ,  à  peine  fe  trouva-t-il  trente  pcrlbnnes  dans  l’églife  pour  l’en¬ 
tendre.  Le  faint  abbé  étant  arrivé  trois  jours  après ,  les  habicans  le  reçurent 
au  contraire  avec  de  grandes  démonftrations  de  joie  :  mais  il  étoic  fi  prévenu 
contr’eux  ,  qu’il  fut  fur  le  point  de  refufer  l’accueil  qu’ils  lui  firent.  Le  len¬ 
demain  jour  de  S.  Pierre  il  prêcha  dans  la  cathédrale,  8c  il  s’y  trouva  tant  de 
monde  que  cette  églile  ne  pouvoit  le  contenir.  Le  faint  parla  ainfi  à  ce  peuple: 
«  J’étois  venu  pour  femer,  mais  j’ai  trouvé  le  champ  rempli  d’une  mauvaife 
»fèmence5  cependant  comme  vous  êces  raifonnables  ,  je  vais  vous  montrer 
»  l’une  8c  l’autre  femence  ,  afin  que  vous  fçachiez  à  quoi  vous  en  tenir.  >»  Il 
commença  par  le  fucremenc  de  l’autel ,  8c  parcourut  ainfi  tous  les  points  con- 
teftez.  Il  expofa  fur  chacun  ce  que  les  heretiques  enfeignoient ,  8c  ce  que  la  foi’ 
exige  des  fidelles.  Il  demanda  enfuiteàfes  auditeurs  quelle  des  deux  dodrines 
ils  vouloient  choifir  :  ils  répondirent  tous  unanimement  qu’ils  déteftoient  l’er¬ 
reur  ,  8c  reconnoiiroient  avec  joie  la  parole  de  Dieu  8c  la  vérité  catholique. 
>s  Faites  donc  penitence ,  reprit  S.  Bernard  ,  vous  tous  qui  avez  été  infe&ez  de 
33  l’herefie ,  8c  foumettez-vous  â  l’églife  :  levez  au  ciel  la  main  droite  pour  mar- 
33  que  de  votre  retour  »  :  tous  généralement  la  levèrent,  8c  le  faint  finit  fon 
fèrmon. 

Ce  détail,  rapporté  par  un  témoin  oculaire ,  nous  donne  lieu  de  croire  que  les 
habitans  d’Albi  fe  convertirent  fincerement  -,  ainfi  nous  ne  fçaurions  adopter  la 
d  Tlturihip.  remarque  d’un  hiftorien  célébré  de  nos  jours d  qui  fait  dériver  le  nom  d’Albi— 
4ttU,  6J.1.1J.  geois  )  qu’on  donna  dans  la  fuite  à  ces  heretiques,  du  grand  nombre  d’entr’eux 
qui  fe  trouvoient  alors  dans  la  ville  d’Albi.  Il  nous  paroît  au  contraire  qu’on 
doit  rapporter  l’origine  de  ce  nom  à  la  condamnation  qui  fut  faite  plufieurs 
années  après  dans  le  concile  tenu  à  Lombers  en  Albigeois,  des  fèdaires  qui 
avoient  renouvellé  les  erreurs  d’Henri ,  non  feulement  dans  ce  pais  ,  mais 
encore  dans  une  grande  partie  du  Languedoc  8c  de  la  Guienne. 
e  va.s Btm.  S.  Bernard  c  parcourut  les  principales  villes  8c  plufieurs  châteaux  du 
frtàbid.  domaine  du  comte  de  T ouloufe  ,  8c  il  demeura  dans  le  pais  tout  le  tems  qu’il 
crut  necefiâire  pour  ramener  les  heretiques.  Geoffroy  fondifciple  quil’accom- 
pagnoit,  avoue  neanmoins  qu’il  y  avoit  un  fi  grand  nombre'd’erreurs,  qu’il  au- 
roit  fallu  une  million  plus  longue  pour  les  extirper  entièrement }  mais,  ajou¬ 
te-t-il  ,  le  faint  abbé  ne  peut  plus  foutenir  un  fi  pénible  travail  :  il  appréhende 
d’ailleurs  d’être  trop  long-tems  abfent  de  fon  monaftere.  Geoffroy  écrit  enfuite 
aux  religieux  deClairvaux  que  S.  Bernard, fur  les  lettres  qu’il  avoit  reçues  de 


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DE  L  À  N  G  tî  'E  D  OC.  Lit.'XTVÎL  447 _ 

ce  monaftere ,  s’y  rendroit  inceflàmment ,  6c  qu’il  éomptolt  d’y  arriver  peu  AN.  1 14^» 
de  teins  après  i’oebave  de  i’AfTomption.  Le  faine  abbé  à  fon  retour  reprit  la 
même  route  qu’il  avoir  tenue  en  venant  dans  le  pais ,  ôcrepaflàpar  a  Sarlat.  a  vit.ibid.l  i- 
Tel  fut  le  voyage  de  cet  homme  apoftolique  dans  la  province  ,  où  il  eut  le  f,5,*-7i 
bonheur  de  ramener  alors  à  la  foi  ceux  qui  s’en  croient  écartez  :  mais  mal¬ 
gré  tous  fes  foins  l’herefîe  des  Henriciens  y  demeura  cachée  comme  le  feu 
fous  la  cendre  ,  6c  elle  s’y  renouvella  II  fortement  quelques  années  après ,  qu’ellé 
y  caufa  enfin  une  extrême  défolation. 

Au  refte  dans  toute  cette  relation  iln’eftrien  dit  d’Alfonfe-Jourdain  comte  de 
Touloufe.Un  moderne prétend  cependant.que  ce  prince  regardoit  Henri  corn-  h'iï- 

me  un  laint,  qu  il  lui  avoit  donne  la  confiance,  ôc  qu  il  1  abandonna  enfin  Ion-  u,  .mg.i.i.p. 
que  S. Bernard  eut  guéri  le  chanoine  paralytique  de  S;  Sernin.  Il  ajoute  que  le 
faint  abbé  après  avoir  defabufé  le  comte,  lui  perfuada  de  prendre  la  croix  . 
icc.  Mais  on  a  déjà  vu  qu’Alfonfe  s’étoit  croife  long-tems  auparavant;  &  il 
y  a  tout  lieu  de  croire,  fuppofé  qu’il  fut  alors  à  Touloufe  ,  qu’il  y  reçut  le 
cardinal  Albcric  &  faintBernard  avec  toute  forte  d’honneur.  Il  pouvoit  être 
alors  dans  cette  ville,  car  nous  verrons  plus  bas  qu’il  ne  partit  au  plutôt  pour 
lacroifàde  que  vers  la  find’Août  de  l’an  1147. 

Quant  à  Henri  ,  le  religieux  de  «  Clairvaux  qui  a  fait  la  relation  du  c piV.s.Jkrm 
voyage  de  faint  Bernard ,  allure  que  cet  heretique  fut  pris  &c  conduit  en- 
chaîné  devant  l’évêque;  qu’il  demanda  d’aller  à  Clairvaux  pour  y  expier  fa 
vie  paflee  par  la  pcnitence  ;  que  S.  Bernard  lui  donna  des  lettres  de  recom¬ 
mandation  pour  être  reçii  dans  le  monaftere ,  mais  qu’il  manqua  de  parole 
&perfifla  dans  fes  erreurs.  Un  auteur  poftericur J  dit  d’un  autre  côté  qu’Henri  &Albnic.thv. 
après  avoir  été  pris,  fut  conduit  par  l’évêque, à  qui  il  avoit  été  remis ,  &  qui 
étoit  fans  doute  celui  de  Touloufe,  au  concile  de  Reims  tenu  au  commen¬ 
cement  de  l’an  1148.  qu’ayant  été  convaincu  d’herefie  en  pleine  alïèmblée,  lè 
pape  Eugcne  III.  qui  y  prélîdoit,  lui  fit  grâce  à  la  demande  du  même  évêque,  ' 

&  fe  contenta  de  le  condamner  à  une  prifunoù  il  mourut  peu  de  tems  après. 

Quoi  qu’il  en  foit ,  ce  concile  fit  un  canon  e  contre  les  heretiques  de  Gafcoyie  eC0neii.tt.14. 
&  de  Provence  ^  6c  leurs  fauteurs.  Arnaud  archevêque  de  Narbonne  y  affilia  f.  f'fp'e)'r.ytm 

Peu  de  tems  après  le  retour  de  S.  Bernard  à  Clairvaux ,  Bertrand  abbé  de  L4.ep.11, 
Grandfelve  au  diocèfe  de  Touloufe  l’alla  voir  dans  ce  monaftere  ,  &  lui 
rendit  un  témoignage  avantageux  de  la  pureté  de  la  foi  des  Touloufains  ,de 
leur  âverfion  pour  les  heretiques ,  &  de  leur  atcachement  pour  fa  perfonne. 

Le  faint  abbé  en  témoigna  fa  joie  à  ces  peuples  par  une  lettre  qu’il  leur 
adrefla  g ,  6c  dans  laquelle  il  leur  parle  ainfi.»  Le  féjour  que  j’ai  fait  chez  vous  «  g  s.t:r».efi 
a  été  court,  mais  il  n’a  pas  été  inutile  ;  car  apres  vous  avoir  fait  connoître  « 
la  vérité  tant  par  mes  paroles  que  par  des  prodiges ,  on  a  découvert  les  « 
loups  qui  fous  la  peau  de  brebis  ravageoient  votre  troupeau.  C’eft  pour-  « 
quoi  je  vous  exhorte  d  perlèverer,  6c  à  ne  pas  vous  lafter,  jufqu’à  ce  que« 
vous  les  ayez  entièrement  challez  de  vos  cantons.  Il  dit  en  fuite  :  Qui  me« 
procurera  le  moyen  de  vous  aller  voir  encore  une  fois  ,  j’en  ai  une  très-  « 
grande  envie,  Ôc  quoi  qu’infirme  je  compterai  pour  rien  la  peine  du  voyage.  « 

Cependant  fovez  fermes  dans  le  feigneur ,  continuez  comme  vous  avez  com-  « 

Jnencé  ;  obéiiiez  à  votre  évêque  6c  à  vos  autres  fuperieurs  ecclefiaftiques,« 
exercez  l’hofpitalité  6c  la  charité  envers  les  pauvres.  Je  vous  exhorte  fur  tout,  « 
ainfi  que  je  vous  le  difois  lorfque  j’étois  prefent ,  à  ne  recevoir  chez  vous  au-  « 

.cun  prédicateur  qui  n’ait  une  midion  légitimé.  Je  vous  recommande  l’abbé  « 
de  Grandfelve  porteur  de  cette  lettre  ,  6c  fa  maifon  qui  a  été  afociée  « 
depuis  peu  *  à  notre  ordre,  8c  en  particulier  à  l’églifê  de  Clairvaux.  «  *  Muper. 
Faites  voir  dans  la  perfonne  de  cet  abbé  ôc  des  faints  qui  demeurent  avec  « 
lui  ,  le  progrez  que  vous  avez  fait  par  nos  exhortations,  dans  les  œuvres  « 
de  mifericorde  ;  faites-leur  éprouver  la  même  affection  que  vous  avez  pour« 
nous,  ôc  regardez,  comme  fait  à  moi-même,  tout  le  bien  que  vous  voudrez  «  lxxV. 
bien  leur  faire.  «  Union  *  M- 

.  L’abbaye  de  Grandfelve  fut  donc  aftociée  h  à  l’ordre  de  Cîteaux  durant  le  wïci'wV 
Voyage  de  l’abbé  Bertrand  à  Clairvaux ,  ou  au  plutôt  durant  le  féjour  que 
S.  Bernard  avoit  fait  à  Touloufe.  Elle  avoit  été  fondée  en  1  i  14.  fous  la  réglé  xxxs'im.n 


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> _ 44*  HISTOIRE  GENERALE 

An.  i  147.  de  S.  Benoît ,  ôc  l’infticut  du  B.  Gérard  de  Sales,  ainfi  qu’on  l’a  vft  ailleurs. 

La  régularité  s’y  étoit  depuis  toûjours  maintenue ,  tant  fous  le  gouvernement 
d’Etienne  qui  en  avoir  été  premier  abbé,  que  fous  celui  de  Bertrand  Ton  fuc- 
a  Auhiv's  cellèur,  qui  pofledoir  déjà  cette  dignité  en  1118.  4  lorfqu’un  fèigneur  nommé 
Uraniti*»  Guillaume  Sicharii  fit  une  donation  à  ce  monaftere  ,  «  afin  que  Dieu  eût  pitié  de 
jt  '  »  l’ame  de  fbn  frere  mort  excommunié ,  qu’Amelius  évêque  de  Touloufe  avoit 

»  ab/ous  après  fa  mort ,  ôc  dont  il  avoit  permis  l’inhumation  à  la  priere  des 
» freres  de  Grandfelve.  »  Cette  abbaye  étoit  encor»  foumife  à  celle  de 
b Catii  num.  Cadouin  !>  en  Périgord  fous  le  pontificat  du  pape  Innocent  II.  Après  «=  fon 
t-  f'a  b  d  union  à  Clairvaux  elle  devint  une  des  plus  célébrés  6c  des  plus  confiderables 
r.ZZl'.ZrZ  de  tout  l’ordre  de  Cîteaux  ,  ôc  produifit  un  grand  nombre  de  perfonnages 
ii.i-i.  -jen-  illuftres  ,  foit  par  leur  fcience,  foit  par  leur  pieté.  L’abbé  Bertrand  donc 
c^nn-Tu-i.  on  vienc  de  Paider  fut  un  des  Plus  recommandables ,  6c  il  éclaira  tous  les  en- 
t virons  par  l’éclat  de  fes  vertus  ôc  par  la  force  de  fes  prédications.  Sa  mémoire 
hecoki-  c.ji.  y  honorée  par  un  cuJce  public.  On  y  honore  aulli  celle  de  quarante-cinq 
Ar.Bxorj.ofl.  religieux  qui  moururent»1  en  deux  mois  de  la  contagion  vers  l’an  1167.  Parmi 
év‘î-  ceux  qui  parvinrent  à  l’cpifcopat,  Pons  après  avoir  été  abbé  de  Grandfelve,  Sc 
enfui  te  de  Clairvaux,  fut  élu  évêque  de  Clermont  en  1 170.  Ôc  mourut  en 
t r,.f.n6.  1187.  Les  feigneurs  de  Lille-Jouçdain  e  qui  avoient  leurs  terres  au  voifinage , 
firent  beaucoup  de  bien  à  ce  monaftere. 

lxxvi.  Plufieurs  abbayes  célébrés  doivent  ou  leur  origine  ou  leur  accroilTement  â 
loudjiioo^cs  ceue  Grandfelve:  entre  les  dernieres  eft  celle  de  Fontfroide  au  diocèle  de 
îon:fioiae,dc  Narbonne,  dont  on  attribue  (  la  fondation  aux  vicomtes  de  cette  ville  qui 
oicis&dc  y  avoient  leur  fepulture  :  elle  fubfîftoit  g  déjà  dès  la  fin  du  XI.  fiecle,  avoir 
f ^Irlq.ihJ.  en  1118.  un  abbé  nommé  Bernard  ,  ôc  dépendoit  en  1145.  de  celle  de  Grand- 
r.i ».«•“•  felve,  comme  il  paroîtpar  une  charte  h  de  Roger  de  Beziers  vicomte  de  Car* 
fZZdZZZb.  caflbnne,  de  Râlez  ôc  d’Albi  ,qui  exempta  alors  ces  deux  monafteres  de  tout 
LPrf  jOj.  cens  ôc  péage  dans  fês  terres.  Cette  dépendance ,  qui  eft  encore  aujourd’hui  la 
même,  nous  donne  lieu  de  croire  que  ces  deux  abbayes  furent  unies  en  même 
teins  à  l’ordre  de  Cîteaux.  Celle  de  Fontfroide  eft  fituée  à  deux  lieues  ôc  demie 
ip.in.  de  Narbonne  vers  le  fud-oueft.  Vital  qui  en  étoit  abbé  en  1 1  57.  reçut  ‘  alors 
d’Ermengarde  vicomtefle  de  cette  ville  la  donation  du  lieu  de  Fontfroide  & 
k A  ch.it uu.  de  fes  dépendances.  II  avoit  fuccedé  à  Sanche,  qui  donna  k  de  fes  religieux 
"[MP»  c.  ^  Raymond-Bercngcr  IV. comte  de  Barcelone,  pour  les  établir  dans  la  célé¬ 
bré  abbaye  de  Poblct  au  diocèfe  deTarragone  ,  que  ce  prince  fonda  le  18.de 
Janvier  de  l’an  1149.  la  JCIII.  année  du  régné  de  Louis  le  Jeune ,  ÔC  dans  la. 
quelle  lui  ôc  la  plupart  des  rois  d’Aragon  fes  fuccefleurs  choifirent  leur  fc* 
p u 1 cure. 

Les  abbayes  de  Calers  ôc  de  Candeil  doivent  leur  origine  à  celle  de  Grand¬ 
felve.  La  première ,  qui  étoit  autrefois  du  diocèfe  de  Touloufe,  Ôc  qui  eft  au» 
\TrpMo.  jourd’hui  de  celui  de  Rieux,  fut  fondée  1  en  1147,  ôc  l’autre  trois  ans  après, 
m/'  fi»,  par  quelques  “feigneurs  voifins.  On  prétend  n  que  Guillaume  VI.  feigneurde 
7Z  Montpellier  ,  alors  religieux  de  Grandfelve  ,  fut  le  premier  abbé  du  mona- 
o  pnbid.  ftere  de  Candeil,  qui  eft  fitué  dans  la  partie  méridionale  du  diocèfe  d’Albi  : 
P utnnq.^d  majs  c’eft  fens  aucun  fondement.  Il  eft  vrai  que  Guillaume  fut0  député  avec 
^  ,.1 1>l  quelques  autres  religieux  de  Grandfelve  pour  faire  cet  établi/Ièment  :  mais  ce 
Potion’ de  fut  Gaufbert  fon  confrère  qui  fut  le  premier  abbé  de  Candeil ,  ôc  qui  l’étoit 

celles  de  Bd  ii-  déjà  P  en  1152. 

peichc.diFian-  La  réputation  de  fainteté  que  S.  Bernard  ôc  les  religieux  de  Clairvaux  s’é- 
boiboune.sc!- toient  acquife ,  contribua  beaucoup  à  la  fondation  d’un  grand  nombre  de 
pneurs  <k  Lu-  monafteres  de  fon  ordre  fous  la  filiation  de  cette  abbaye.  De  ce  nombre 
nd.&duCiy-  cejuj  peiieperche  j  fitué  fur  la  rive  gauche  de  la  Garonne  dans 
q  Mtnriq.iHd.  le  diocèfe  de  Montauban  ,  Ôc  auparavant  dans  celui  de  Touloufe  :  il  fut 
“s»"”  fondé  q  en  1 143.  Les  feigneurs  de  Caftelmairan,  de  la  maifon  d’Argombaud 
*  i  jirêhiv.  dt  dans  le  voifinage,  furent  les  principaux  bienfaiteurs *  au  XII.  fiecle. 
tM.di  BoU.  L’abbaye  de  Franquevaux  *,au  diocèfe  de  Nifmes,  fut  fondéeauffien  1 143* 
’t  Manrij  ihd.  fous  l’autorité  des  abbez  de  Morimond ,  par  un  gentilhomme  du  pais  1  ap- 
pelle  Pons-Guillaume,  lequel  fit  donation  de  ce  lieu  à  Gautier  qui  en  fut  le 
tPr.l.5°u&  premier  abbé,  ôc  à  fes  religieux  qui  gardaient  la  rca  le  dumonatlere  de  Cite  aux. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVII. 


449 


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Roflolin  feigneur  de  Lunel ,  &  Tes  freres  Raynon  6c  Guillaume  Raynon  fei-  An.  114.7 
gneurs  du  Caylar,  contribuèrent  à  cette  fondation  en  x  147.  par  la  1  donation  a  Pr  ibid.  ’ 
du  lieu  de  Levedon  lltué  fur  la  rive  de  l’étang  de  Scamandre  au  voilinage  t>  ?>■"!■ dtS 
de  l’abbaye.  Ces  trois  fèigneurs  avoient  un  quatrième  frere  nommé  b  Ro-  C^2\T‘>‘1 
ftaing  qui  étoit  prieur  de  S.  Gilles  en  1145. 6c  qui  termina  alors  par  une  fen- 
tence  arbitrale  ,  avec  fon  frere  Roflolin,  le  différend  qui  étoit  entre  les 
deux  autres  au  fujet  de  la  terre  du  Caylar.  Raynon  feigneur  c  de  ce  lieu, 

6c  Raynon  fon  fils,  firent  auflî  une  donation  confiderable  en  n 6 8.  à  l’abbaye 
de  Franquevaux,  dont  Raymond-Gaucelin  feigneur  de  Lunel  exempta  de 
peage  les  religieux  en  1173.  dans  fes  terres.  Ce  dernier  avoir  fuccedé  en  n  5 1 . 
i  Roflolin  d  fon  pere  dans  la  baronie  de  Lunel  }  il  vendit  alors ,  étant  mi¬ 
neur,  à  Guillaume  VIL  feigneur  de  Montpellier,  la  terre  de  Lauzargues,  en^*' 
reconnoiflànce  de  ce  qu’il  l’avoit  délivré  de  captivité  *  ce  que  Pons-Gaucelin 
fon  frere  confirma.  Leur  pere  avoir  reçu  cette  terre  de  Guillaume  VI.  durant  la 
guerre  que  ce  feigneur  avoir  eu  à  foûtenir. 

L’abbaye  de  Bolbonne,  autrefois  du  diocèfe  de  Touloufe,  6c  aujourd’hui 
de  celui  de  Mirepoix ,  efl  auflî  de  la  filiation  de  Morimond.'  Elle  fubflftoit  *  déjà 
dès  l’an  1130.  fous  la  réglé  de  S.  Benoît,  6c  étoit  gouvernée  alors  par  un  bonn't_ 
abbé.  Elle  s’aggrégea  en  1 1 50.  e  à  l’ordre  deCîteaux  6c  à  l’abbaye  de  Bon-  c 
nefont  dans  le  diocèfe  de  Comminges  fondée  en  1136.  par  les  comtes  de  ce 
pais  qui  y  avoient  leur  fépulture.  Roger- Bernard  comte  de  Foix  augmenta 
confiderablement  en  1160.  les  domaines  de  l’abbaye  de  Bolbonne ,  en  y  don¬ 
nant  (  tout  ce  qu’il  poflèdoit  dans  le  bois  de  ce  nom.  Le  feigneur  deSaifîàc,  fArehhi.  i* 
Ifarn  de  Verfeil,  ôc  Jourdain  de  Lille  lui  firent  en  1 168. 6c  1169.  une  pareille  FM.dis»u 
donation.  Roger  comte  de  Foix  en  fit  bâtir  l’églife  vers  l’an  1170.  fous  l’invo- 
cation  des  apôtres  S.  Philippe  ôc  S.  Jacques,  ÔC  y  fut  inhumé  en  1x73.  Cette 
abbaye  a  donné  un  pape  à  l’églife  en  la  perfonne  de  Benoît  XII.  lequel  en 
étoit  religieux  profez ,  de  même  que  le  cardinal  Guillaume  Curti ,  furnommé 
le  Blanc ,  fon  neveu  :  elle  fut  entièrement  détruite  au  XVI.  fiecle  par  la  fureur 
des  Calviniftes.  Les  religieux  furent  obligez  de  fe  réfugier  dans  le  college 
qu’ils  avoient  à  Touloufe,  6c  qui  a  donné  fon  nom  à  la  rue  Bolbonne.  Ils 
y  demeurèrent  jufqu’en  1651.  qu’ils  rebâtirent  leur  monaftere  à  quelque 
diftance  de  l’ancien, dans  le  lieu  appelléTremes-aigues  * ,  fitué  vers  le  confluent  ‘inter  ambas 
du  Lers  6c  de  l’Ariege,  fur  les  frontières  du  comté  de  Foix  &  du  Languedoc.  a^uas> 

Roger  vicomte  de  Carcaflonne  fut  un  des  principaux  bienfai&eurs  de  l’ordre  ^aeêaesde 
deCîteaux  :  de  concert  avec  Cecile  fa  mere,  il  exempta  en  1146.  g  l’abbaye  Roger  virom- 
de  Salvanez  en  Rouerge  de  toute  force  de  leude  dans  le  lieu  de  la  Caune  tc  de  Circaf- 
en  Albigeois ,  ôc  lui  fit  du  bien  l’année  fuivante.  u' vi^meefe  ° 

Ce  vicomte  fignala  auflî  fa  libéralité  en  1147.  envers  l’églifè  de  Notre-  Cecile  fa  mere. 
Dame  de  Beaumont h  en  Rouergue  fondée  par  fes  ancêtres.  Diafronifle  veuve 
d’Aton  vicomte  d’Albi ,  fon  fils  Bernard  vicomte  d’Albi  6c  de  Nifmes ,  Gau-  v.note  xxi. 
ciane  femme  de  ce  dernier,  6c  leurs  fils  Frocaire  évêque  d’Albi  &  le ‘vicomte 
Aton  IL  y  avoient  établi  vers  le  milieu  du  X.  fiecle  une  communauté  de 
clercs  fous  l’autorité  d’un  prévôt.  Ces  clercs  demandèrent  «  àembraflèr  l’état  i  Pr.p.sts.& 
régulier  au  pape  Eugene  III.  par  l’entremife  de  Pierre  évêque  de  Rodez  ,  &  A* 
deTrencavel  vicomte  de  Beziers  frere  du  vicomte  de  Carcaflonne.  Le  pape 
leur  accorda  leur  demande  par  un  bref  daté  d’Albe  en  Lombardie  le  19. 
d’O&obre  de  l’an  1x46.  ôc  ordonna  qu’ils  embrafleroient  l’inftitut  des  cha¬ 
noines  réguliers  de  S.  Ruf,  ce  qui  fut  exécuté.  En  conféquence  *  lavicom- 
teffe Cecile,  6c  les  vicomtes  I^oger,  Raymond-Trcncavel  6c  Bernard- Aton 
fes  fils,  s’étant  aflemblez  au  mois  d’Aoutdel’an  1147.  à  Muraflon  en  Rouer¬ 
gue  fur  les  frontières  de  l’Albigeois ,  confirmèrent  les  donations  que  leurs  an¬ 
cêtres  avoient  faites  en  faveur  de  cette  églife  ,  6c  lui  donnèrent  les  domaines 
de  diverfes  paroiflès  tant  dans  le  Rouergue  que  dans  l’Albigeois ,  en  prefence 
de  Rigaud  évêque  d’Albi  ,  6c  de  plufieurs  feigneurs  féculiers.  La  régularité 
s’eft  confervée  jufqu’à  nos  jours  dans  la  prévôté  de  Beaumont ,  fituée  à  pre- 
fent  dans  le  diocèfe  de  Vabres,  fur  la  petite  riviere  d’Alrance  vers  les  frontières 
de  l’Albigeois.  Le  chapitre  confifte  en  un  prévôt  6c  18.  chanoines,  dont 
trois  deflèrvent  des  prieurez -cures.  Il  y  a  outre  cela  fix  prebendés  féculiers 
T ome  II.  Lll 


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c  V.Pr.p.494. 
d(  iall.chr.nov. 

id.tOA'tTifir.p. 

M-CTy'f. 

C  Car.Jcr.  fr if. 
Mxg.p.z'  i. 

LXX1X. 
Départ  des 
piiaees  cio.kz 
pour  U  Tau- 
iamtc.  R  iv 
inouJ  piiiitc 
d’Antio.lic 
naut' de  Tou- 
)ou(e. 

f  Odo  Je  Dio- 

s !c- 

G  mil  Tjrl.i  (, 
-Il- 

Ce  II.  Lua.I'II. 

*•*•<*  MI* 


_ 450  HISTOIRE  GENERALE 

An. 1147- amovibles.  Le  pape  Adrien  IV.  confirma  en  1156.  ces  chanoines  dans  leurs 
potlèfiions  fous  la  réglé  de  S.  Augultin  6c  la  congrégation  de  S.  Ruf. 

Cecile  de  Provence  veuve  du  vicomte  Bernard-Aton  vivoit  donc  encore 
au  mois  d’Août  de  l’an  1147.  Nous  apprenons  d’ailleurs  qu’elle  ,6c  les  trois 
vicomtes  les  fils,  permirent 4  alors  aux  chanoines  de  la  cathédrale  de  Bcziersde 
percer  une  porte  dans  la  muraille  de  leur  cloître ,  à  condition  que  s’il  s’elevoit 
quelque  guerre,  ils  nommeroient  un  chanoine  pour  la  garder.  11  n’eft  plus  fait 
depuis  aucune  mention  de  cette  vicomtefïe  ,  qui  mourut  lans  doute  bientôt 
après:  il  paroît  du  moins’cerrain  qu'elle  décéda  avant  l’an  1 1 50.  puifque  le 
b  p.s*}&fa-  vicomte  Roger ,  mort  cette  année,  fit  une  donation  b  aux  Templiers  ajin  que 
Dieu  eut  pitié  de  lame  de  fon  pere  Bernard- A  ton ,  (jr  de  Cecile  fa  mere.  11  y  a 
lieu  de  croire  qu’elle  conferva  jufqu’à  là  mort  la  principale  adminiftrationdes 
domaines  des  vicomtes  fes  fils.  Les  actes  dont  on  vient  de  parler  femblent  le 

f couver  Elle  fut  inhumée  dans  l’abbaye  d’Ardorel  en  Albigeois,  dont  on 
ui  attribue d  la  fondation ,  6c  où  l’on  voit  fon  épitaphe,  6c  non  pas  dans  un  pré. 
tendu  monaftere  de  l’ordre  de  Citeaux  fonde  à  Montpellier  en  ii6j.  par  cette 
vicomtelîè ,  comme  l’a  avancé  un  auteur c. 

Cependant  les  princes  qui  avoient  pris  la  croix  pour  l’expédition  de  la 
Terrc-lainte  ,  ayant  difpoié  toutes  choies  pour  leur  départ ,  le  mirent  (  en 
chemin.  L’empereur  Conrad  prit  les  devants  vers  les  fêtes  de  Pâques  de  l’an 
1 14.7.  à  la  tête  d’une  armée  de  cent  mille  hommes  $  6c  ayant  traverle  laHon. 
grie,  il  arriva  à  Conllantinople  le  8.  de  Septembre.  Il  patla  enfuite  ledétroitj 
mais  s’etant  engagé  mal-à-propos  dans  la  Bithypie,  il  eut  le  malheur  de  per- 
dre  prefque  toute  fon  armée  au  mois  de  Novembre,  foit  par  la  perfidie  des 
Grecs,  luit  par  les  armes  des  Turcs  *  enforte  qu’il  eut  beaucoup  de  peine  à 
fe  fauver  avec  quelque  débris  de  les  troupes.  Il  gagna  les  environs  de  Nicée 
où  il  rencontra  le  roi  Louis  le  Jeune  qui  y  étoit  campé. 

Ce  dernier  prince,  fuivi  d’une  armée  aulli  confiderablc  ,  étoit  parti  de  fon 
cô;é  avec  la  reine  Eleonor  la  femme  le  Samedi  14.de  Juin, 6c  avoitpris  lamê- 
me  route  que  Conrad.  Il  éprouva  comme  lui  la  mauvaife  volonté  de  Manuel 
Comnene  empereur  de  Conllantinople,  qui  fous  des  apparences  d’amitie  fit 
tour  fon  pollible  pour  faire  périr  les  troupes.  Il  fe  fepara  de  Conrad  à  Ephefe, 
continua  la  route,  6c  alla  camper  lur  les  bords  du  Meandre  vers  Laodicée 
apres  les  fetes  de  Noël.  11  paiîà  ce  fleuve  malgré  l’oppofition  des  Turcs  qu’il 
battit,  &  s’achemina  vers  Antioche  :  mais  il  perdit  la  moitié  de  Ibn  armée 
avec  prefque  tous  les  bagages,  dans  un  combat  que  lesinfidclles  lui  livrèrent 
quelque  tems  apres.  Il  arriva  cependant  à  Attalie,  ville  maritime  ôc  capitale 
de  la  Pamphilie.  Il  fut  obligé  d’y  laiiler  le  relie  de  fes  troupes  qui  y  péri¬ 
rent  pour  la  plupart,  6c  de  s’embarquer  pour  Antioche  où  il  fe  rendit  enfin 
avec  la  reine  Eleonor  là  femme  le  19.  de  Mars  de  l’an  1148.  après  une  pcril- 
leufe  navigation.  Raymond  prince  de  cette  ville  les  y  reçut ,  6c  leur  fit  tout 
l’accueil  -pollible. 

Raymond  étoit  fils  puînég  deGuillaume  IX.  comte  de  Poitiers  &  duc  d’A¬ 
quitaine,  &  de  Philippe  de  Touloufe,  ôc  par  conféquent  oncle  de  la  reine 
Eleonor.  Il  étoit  né  à  Touloufe  en  1099.  dans  le  tems  que  le  duc  fon  pere 
étoit  maître  de  cette  ville.  Après  la  mort  de  ce  prince  h,il  alla  chercher  for¬ 
tune  à  la  cour  d’Henri  I.  roi  d’Angleterre  où  il  reçut  l’ordre  de  chevalerie. 
Il  étoit  parfaitement  bienfait  6c  d’une  taille avantageufe  , pieux  ,  liberal, nu- 
"  ‘  -----  ‘les  eût 

hiitoricnGrec 
grandes 

qualités  étoient  mêlées  de  quelques  defauts ,  6c  l’auteur  k  qui  fait  l’cloge  de 
fes  vertus  l’accufe  de  peu  de  prévoyance,  d’un  amour  excellif  pour  le  jeu,  de 
colere  ,  de  précipitation  6c de  fougue  dans  fes  actions,  6c  de  peu  de  fidelité 
dans  fes  promellès.  Raymond  étoit  à  la  cour  d’Angleterre  lorfque  Boémond 
II.  prince  d’Antioche,  qui  n’avoit  qu’une  fille  unique  en  bas  âge  nommée  Con¬ 
fiance,  ayant  été  tué  en  1130.il  s’éleva  de  grands  différends  pour  le  gouverne¬ 
ment  de  cette  principauté  ,  entre  Alix  mere  de  cette  princdlè,  6c  Foulques 
d’Anjou  roi  de  Jerufalem.  Celui-ci  pour  mettre  des  bornes  à  l’ambition  d’Alix, 


1 1 48 


£  Cbron. 
ALiueac  p.u6. 

Il  Or tler.  VttâU 

Hb 

Gutll .  Tyr.l.Uf. 
Cinnurn, l.i.fr 

hi- 

i  CinnAmJ.i. 
p.  7Z.&1.1* 
p.i*  f- 

k  GuiU.Tjr, 
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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVII. 


4U 


2 


envoya  lècrerement  offrir  à  Raymond  ,  du  confeil  du  patriarche  d’Antioche  ôc  An. 1 148. 
des  principaux  du  pais ,  la  jeune  Confiance  en  mariage.  Le  prince  d’Aquitaine 
accepta  volontiers  une  propofîtion  fi  avantageufe:  il  partit  auffi.  tôt,  ôc  prit  fi 
bien  fes  mefures  pour  fe  mettre  à  couvert  des  embûches  que  fes  ennemis  lui 
avoient  dreflees  dans  fa  route  ,  qu’il  arriva  fain  &  lâuf  à  Antioche.  11  fut 
reçu  dans  cette  ville  avec  de  grandes  démonflrations  de  joie,. &  époufa  Con. 
fiance  en  1137.  quoiqu’elle  n’eût  pas  encore  entièrement  atteint  l’âge  de  pu¬ 
berté.  Il  eut  enfuice  de  grands  démêlez  avec  le  patriarche ,  ôc  fut  obligé  de  • 
foûtenir  la  guerre  contre  Manuel  Comnene  qui  lui  enleva  diver/ès  places , 
alîîegea  fa  capitale,  &  l’obligea  enfin  à  fe  déclarer  fon  vaiTal.  '  • 

L’efperance  que  Raymond  avoit  conçûe  que  le  roi  Louis  le  Jeune  l’aideroit  à 
reprendre  ces  places,  6c  même  à  étendre  les  conquêtes,  l’engagea  à  faire  à 
ce  prince  l’accueil  le  plus  favorable.  Il  ne  négligea  rien  en  eflfctpour  exiger 
ce  fervice  du  roi,  ôc  il  employa  pour  l’obtenir  le  crédit  qu’il  avoit  fur  l’efprit 
de  la  reine  Eleonor  fa  niece  qui  le  féconda  de  l'on  mieux  5  mais  ils  ne  purent 
rien  gagner  ni  l’un  ni  l’autre.  Louis  avoit  réfolu  d’aller  faire  fes  dévotions  à 
Jerulalem,  avant  que  d’entreprendre  aucune  expédition  militaire  5  ôc  voyant 
que  Raymond  tramoit  contre  lui  de  mauvais  delleins  pour  le  forcer  à  lui  accor¬ 
der  fa  demande,  il  partit  fecretement  d’Antioche  ôc  fe  rendit  à  Tripoli. 

L’empereur  Conrad  après  avoir  palîé  l’hyver  à  Conflantinople ,  où  il  étoit 
retourné ,  s’embarqua  de  Ion  côté  au  commencement  du  printems ,  &  aborda 
dans  la  femainede  Pâques  *  au  port  d’Acre  ou  de  Ptolemaïde,  où  Alfonfè- 
Jourdain  comte  de  Touloufe  arriva  peu  de  tems  après. 

Ce  comte  s’étoit  mis  en  marche  b  plus  tard  que  les  autres  princes  ,  parce 
u’ayant  réfolu  de  faire  le  trajet  par  mer,  la  route  n’étoit  pas  fi  longue.  Avant  fo0fe<omte<fe 
on  départ  de  Touloufe  il  témoigna  fon  affeélion  envers  les  peuples  de  cette  Touloufe  dm* 
ville,  ôc  déclara  par  une  charte  de  l’anc  1147.  qu’il  n’avoit  aucun  droit  de  mor3tlc&Df0fa 
quefie  ou  de  tolte ,  ni  dans  Touloufe,  ni  dans  fes  fauxbourgs ,  non  plus  que  le  éloge, 
droit  de  chevauchée  commune  ,  à  moins  qu’il  n’eût  guerre  dans  le  Touloufain. 

Il  confirma  en  même  tems  tous  les  habitans  de  Touloufe  dans  la  polleffion 
des  bonnes  coutumes  &  des  franchijes  dont  ils  jouifj oient,  qu’il  leur  avoit  données , 

&  qu’il  avoit  fait  rédiger,  Alfonle  s’embarqua  vers  la  fin  du  mois  d’Août  de  la 
même  année  fur  une  flotte  qu’il  avoit  fait  équipper  à  la  tour  du  Bouc  *  fur  la 
côte  ,  vers  les  embouchures  du  Rhône,  à  l’endroit  où  on  conllruifit  depuis 
le  port  d’Aigues-mortes.  Nous  ignorons  le  nom  des  feigneurs  qui  l'accom¬ 
pagnèrent  dans  ce  voyage.  Nous  fçavons  feulement  qu’il  amena  avec  lui  un  fils 
naturel  nommé  Bertrand  ,  Ôc  une  fille  naturelle  5  que  Raymond  Trencavel 
vicomte  de  Beziers c  ôc  d’Agde  le  fuivit ,  &  qu’il  avoit  mis  lur  pied  une  armée 
confiderable.  Un  moderne 1  prétend  que  Faydide  fa  femme  fut  auffi  du  voyage  : 
mais  il  n’y  en  a  aucune  preuve.  Il  paraît  même  que  cette  princelTe  étoit  alors  ’,,H‘ 
déjadécedée.  Le  comte  de  Touloufe  pafla  l’hyver  dans  quelqucport  d’Italie,  ôc 
peut-être  même  à  Conllantinople  ,  ôc  s’étant  remis  en  mer  au  commencement 
du  printems,  il  aborda  au  port  d’Acre  ou  de  Ptolemaïde  ,  ôc  mourut  bientôt 
après.  • 

Un  auteur  g  contemporain  rapporte  les  circonflances  fuivlntes  de  l’arrivée 
&  de  la  mort  de  ce  prince.  »  Altonfe  comte  de  Touloufe,  fils  du  comte  Ray-  « 
mond  l’ancien  qui  fe  dillingua  fi  fort  à  la  première  croifade ,  arriva  au  port  « 
d’Acre  peu  de  tems  après  l’empereur  Conrad.  Ce  prince  étoit  très-recom-  « 
mandablepar  fon  propre  mérite  ,  mais  il  l’étoit  encore  bien  plus  par  la  me-  « 
moire  de  fon  pere.  Il  prit  enfuite  la  route  de  Jerufàlem  pour  y  rendre  «  - 
grâces  à  Dieu  de  fon  heureufe  arrivée  ,  ôc  mourut  du  poifon  qu’on  lui  don-té 
na,  dit-on,  àCefarée,  peu  de  jours  après  fon  débarquement.  Tout  le  peu.« 
pleattendoit  avec  impatience  l’arrivée  de  ce  comte  de  précieufe  mémoire,  ù 
ôcon  avoit  conçû  de  lui  de  très-grandes  efpcrances  pour  le  royaume  de  Jeru-  « 
falem.  Un  autre  hiflorien  h  du  tems  parle  de  cet  événement  à  peu  près  dans  les  b  Cep.tud. 
mêmes  termes  :  Il  dit  que  la  bonne  opinion  que  les  Chrétiens  de  la  Terre-fainte  V11-e-is- 
avoient  d’Alfonfe  ,  ctoit  fondée  tant  fur  fes  qualitez  naturelles ,  que  fur  lès 
aélions ,  qui  rendoient  en  fa  faveur  un  glorieux  témoignage.  Il  ajoûte  qu’après 
avoir  débarqué  à  Acre  ,  il  fut  empoifonné  dans  le  louper  qu’on  lui  fervitla 
T ome  II.  L 1 1  i  j 


Ton 

b  NOTE  L. 
n.  1 1  -&Jeqq. 
c  JV./>.jto. 


à  Pr.p.t  r; 

V.  NOTE  ibid. 


c  GaufriJ^r 
pion, 
f  NOTE  ibid . 


g  GnilL  Tjri 


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45  * 


HISTOIRE  GENERALE 


ÀN.1148.  première  nuit  de  fon  arrivée  à  Cefarée-,  que  tous  les  habitans  de  la  Syrie  tant 
pauvres  -que  riches  témoignèrent  un  extrême  regret  de  fa  mort  ,  dont  on 
a  Appmi.  ai  ignoroit  l’auteur,  Enfin  un  troifiéme  hiftorien  a  du  fiecle  allure  que  ce  fut  la 
thna.  sigiber,  reine  qui  fjc  donner  à  Alfonfe  le  poifon  dont  il  mourut.  On  prétend  quel’au- 
8  lJ  JM?»-  teur  qui  rapporte  ce  fait,  elHe  même  que  Robertabbé  du  Mont  S.  Michel* 
b  Rtb.it  Mmt.  mais  on  ne  trouve  rien  de  ce  fait  dans  fa  véritable  chronique1».  Quelques  mo. 
*D*cher*'  bernes  ont  avancé  fur  cette  autorité  ,  que  ce  fut  la  reine  Êleonor ,  femme  de 
Louis  le  Jeune ,  qui  fit  empoifonner  Alfonfe,  par  reffentiment  de  ce  qu’il  lui 
détenoit  le  comté  de  Touloufe  qu’elle  prétendoit  lui  appartenir  :  mais  Guil- 
tîJa nghehr»».  laume  deNangis c  difculpe  cette  princeflë ,  en  difant  que  ce  fut  la  reine  de 
114s.  Jerufalem  qui  fit  périr  le  comte  par  le  poifon.  Cette  reine  appellée  Meli- 
fende ,  partagcoit  le  gouvernement  du  royaume  de  Jerufalem  avec  le  roi 
Baudouin  III.  fon  fils.  Nous  ignorons  le  motif  qui  la  porta  à  commettre  un  li 
noir  attentat.  On  voit  par  ce  que  nous  venons  de  rapporter  qu’ Alfonfe. 
Jourdain  mourut  vers  la  mi- Avril  de  l’an  1 148.  il  étoit  âgé  alors  de 45.  ans. 

Ce  comte  fut  un  des  plus  grands  princes  de  fon  fiecle.  Il  étoit  encore  en. 
fant  lorfque  Bertrand  fon  frère  aîné  étant  parti  pour  la  Terre- fainte ,  d’où  il 
ne  revint  plus ,  lui  lailTatous  fes  domaines  d’Occident.  Il  en  perdit  une  partie 
pendant  la  minorité,  par  la  querelle  que  Guillaume  IX.  duc  d’Aquitaine  lui 
fufeita  ;  mais  il  les  recouvra  entièrement  avant  l’âge  de  18.  ans,  ôc  lescon- 
lêrva  dans  la  fuite  malgré  les  puiflâns  ennemis  qu’il  eut  fur  les  bras  5  en- 
tr’autres  le  comte  de  Barcelone  avec  lequel  il  fit  une  paix  avantageufe,  2c 
le  roi  Louis  le  Jeune  ,  qui  ayant  des  prétextes  très-plaufibles  pour  le  dé. 
pouillerde  lès  ctats,  le  laifla  en  paix  après  lui  avoir  fait  la  guerre.  On  voit 
par  là  qu’ Alfonfe  avoit  de  la  valeur  :  mais  nous  ignorons  le  détail  de  les 
exploits.  Il  elt  aifé  de  juger  de  fa  capacité  pour  lçs  affaires  6c  les  négocia¬ 
tions  par  ce  qu’il  fit  en  Elpagne  où  il  fut  plus  d’une  fois  l’arbitre  des  différends 
qui  s’élevèrent  entre  les  rois  de  Caftille  ,  d’Aragon  ,  6c  de  Navarre.  L’amour 
que  lui  portoient  fês  fujets  eft  une  preuve  de  la  douceur  de  fon  gouvernement. 
Les  Touloufains  entr’autres  lui  furent  toujours  très-attachez ,  ôcc’eft  à  leur 
fidelité  qu’il  fut  redevable  de  la  confcrvation  de  fa  capitale ,  6c  d’une  partie 
de  fès  états.  Audi  leur  en  témoigna-t-il  une  vive  reconnoiffance ,  6c  c’eft  à 

iv.  Catri  lui  qu’ils  doivent d  la  plupart  de  leurs  privilèges  *  en  particulier  la  première 
t°'»tp.ni.&  compilation  de  leurs  coutumes  ,  6c  l’inftitution  de  leurs  magiftrats  munici. 

paux  qu’on  appelle  capirouls.  Outre  les  prérogatives  qu’il  leur  acdorda,  2c 
c  \bti.p.i9i.&  dont  on  a  déjà  parlé,  il  les  affranchit  d’un  droit6  fort  onéreux  appcllé  porta» 
je]1'  ticum ,  qu’on  levoit  à  Touloufe  furies  denrées  6c  les  marchandiles  *  enfin  il 
régla  les  droits  qu’il  avoit  pour  lajuftice  criminelle  de  cette  ville.  Il  accorda 
f ibii.p.uf.fr  au  nionaftere  de  la  Daurade  f,  6c  aux  habitans  du  bourg  6c  de  la  cité,  la 
I,!”  liberté  de  faire  conftruire  un  pont  fur  la  Garonne,  avec  exemption  de  tout 
droit  de  palfage  *  à  condition  que  les  religieux  de  ce  monaftere  celebre- 
roient  tous  les  ans  un  anniverfaire  pour  fon  pere  6c  fes  parens ,  6c  prieroient 
Dieu  pour  lui  pendant  fa  vie.  Ce  pont  ne  fubfifte  plus  :  on  en  a  bâti  depuis  un 
autre  qu’on  appelle  le  Pont-neuf,  qui  eft  un  des  plus  beaux  du  royaume. 

Ce  prince  donna  diverfes  marques  de  fà  pieté  :  outre  les  donations  qu’il  fit 
en  faveur  depluficurs  églifes ,  il  renonça  à  la  coutume  où  étoient  fes  préde- 
çefleurs  de  s’emparer  de  la  dépouille  des  évêques  de  Touloufe  après  leur 
mort.  Il  entreprit  par  dévotion  deux  pèlerinages  à  S. Jacques  en  Galice,  6 cce 
fut  par  un  motif  de  religion  qu’il  s’engagea  dans  la  croifade  où  il  perdit  la  vie. 
KPr.f.i4i-&  Il  confirma  les  donations  g  que  Raymond  de  S.  Gilles  fon  pere  avoit  faites  aux 
•  abbayes  de  la.  Châifê.Dieu  6c  de  S.  Gilles ,  &  fit  de  grands  biens  à  celle  de 
hc'iron.  Ltrin.  ïjerins  b  en  Provence.  Il  eut  à  la  vérité  des  démêlez  avec  celles  de  S.  Gilles 
fart.x.p.isi.  de  S.  Audard  de  Montauban  *  il  leur  caufa  du  préjudice  ,  6c  s’engagea 
«Jans;  quelques  démarches  qui  lui  attirèrent  diverfes  fois  l’anatheme  ,  foie  de 

v.  là  parc  du.  pape,  foit  de  la  part  des  évêques  de  la  province  :  mais  outre  le 
foin  qu’il  eut;  de  fe  faire  relever  de  l’excommunication ,  il  paroît  qu’il  agic 
çn  cela  pour  d'qs  rai  fans  d’état  ,  qui  l’emportent  quelquefois  auprès  des  prin- 

iIuHrÏ*  »  m^me  *cs  plu$  P'eux, fur  celles  de  la  religion. 

'  ’  " '  :  .On  cultiva  U  poëfie  provençale  à  la  cour  d’ Alfonfe.  Geraud  ‘  le  Roux  natif 


7119. 


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DE  LANGÜÊDOC.  Liv,  XVII.  4 fl  . 

de  Touloufè,  &fils  d’un  pauvre  chevalier  ,  s’y  rendit  célébré  entr’autres  par  AN.it4$, 
feschanfons,  dont  il  nous  refte  1  quelques-unes,  6c  que  lui  infpira  l’amour  a  ihd. 
qu’il  conçût  pour  la  comtejfe  fille  de  ce  prince.  On  cultiva  aufîi  à  Touloufè  fous 
Alfonfe  la  poche  Latine  5  Pierre  le  Venerable  abbé  de  Cluni  b  fait  une  /  b  Petr-Vnm 
réponfe  en  vers  à  un  religieux  de  fon  ordre ,  moine  de  cette  ville  ,  nommé  ■4’vai* 
Raymond ,  qui ,  dit-il,  avait  fait  revivre  la  réputation  des  anciens  poètes  T ottlou- 
fains ,  6c  qui  lui  avoit  envoyé  diverfes  pièces  de  fâ  façon. 

Alfonfe  eut  plusieurs  enfans  de  Faydide  d’Ufèz  fa  femme.  Raymond  l’aîné, 
né  en  11*4.  lui  fucceda  dans  le  comté  de  Touloufè  ,  &  dans  le  relie  de  fes  fooi”  jouais 
états,  mais  il  paroît  qu’il  les  partagea  ,  ou  du  moins  qu’il polTeda  le  mar-  corme dcTou- 
quifac  de  Provence  c  par  indivis  avec  Alfonfe  fon  frere  puîné.  Ce  dernier  qui 
a  été  inconnu  jufqu’ici,  &  qu’on  a  confondu  avec  Alberic  furnommé  Taille-  Ai.oufe  i« fin 
fer,  fils  de  Raymond  V.  fon  frere  ,  vécut  du  moins  jufqu’en  1167.  comme  ,uc‘  lfxof£c'L 
nous  le  verrons  dans  la  fuite.  Il  ne  paroît  pas  qu’il  ait  laifle  poflerité.  Alfonfe-  «ii*. 
Jourdain  eut  un  troifiéme  fils  dont  on  ignore  le  nom,  6c  qui  mourut  jeune. 

Il  fut  inhumé  dans  le  cimetière  de  la  Daurade  à  Touloufè  où  on  voyoit  fon 
épitaphe  d  fur  une  pierre  de  marbre  qui  a  été  transférée  dans  Je  cloître  près  le  à  v,  c»ui 
chapitre ,  où  elle  cfl  appliquée  fur  la  muraille  de  l’églife.  Nous  avons  encore 
une  épitaphe6  d'un  autre  fils' d’Alfonfe-Jourdain  ,  nommé  Mucc,  qui  mourut  « 
le  15.  d’Avril  de  l’an  1*03.  6c  fut  inhumé  dans  l’églife  cathédrale  de 
Nifmes  ;  mais  il  paroît  que  celui-ci  n’étoit  pas  légitimé. 

On  allure  f  qu’Alfonfc.Jourdain  eut  une  fille  nommée  Faydide  comme  fà  hijtafsJ’v”!* 
mere,  &  qu’elle  époufa  Humbert  III.  comte  deSavoye.  Il  efl  vrai  qu’on  voit 
par  un  aéle  g  de  l’an  1  x  31.  que  la  femme  de  ce  dernier  prince  ,  lequel  fucceda  g  ituao.yp. 
en  1149.  i  Amé  III.  fon  pere  ,  s’appelloit  Faydide  ,  mais  il  n’efl  marqué  nulle  4,,{*7*f‘  - 
part  qu’elle  fut  fille  du  comte  de  Touloufè  ;  ainfi  ce  n’efl  qu’une  conjeélure 
qui  cependant  paroît  tout-à-fait  vraifcmblable.  Faydide  première  femme 
d’Humbert  III.  étoit  déjà  morte  en  1157.  puifque  ce  prince  pafTa  alors  à  de 
fécondés  noces.  On  donne  h  encore  une  autre  fille  à  Alfonfe,  6c  on  la  dit  b taBoMigeik 
femme  de  Roger  vicomte  de  Bez.iers  ,  fils  de  Raymond  Trcncavel ,  &  pere  de  Ray-  ^’4S8' 
mond-Roger  :  maison  fe  trompe  -,  Adélaïde  femme  du  vicomte  Roger ,  étoit 
petite-fille,  6i  non  pas  fille  d’AIfonfe-Jourdain.  Enfin  un  genealogifte  *  met  au  i  u  n°q*e 
nombre  des  enfans  d’Alfonfe-Jourdain,  un  prétendu  Béraud  qu’il  fait  vicomte 
de  Lautrec  ;  mais  outre  qu’il  n’en  donne  aucune  preuve,  il  cfl  cercaînque  Si- 
card  vicomte  de  Lautrec,  contemporain  d’Alfonfe-Jourdain,  laifïa  des  fils  qui 
lui  fùccederent  &  qui  laiflèrent  poflerité. 

Ce  comte  eut  un  fils  naturel  6c  une  fille  naturelle  qui  lefuivircntàla  Terre* 
feinte,  ainfi  qu’on  l’a  déjà  remarqué.  Un  ancien  auteur  k  en  parle  en  ces  ter-  r  Aftmi.il 
mes  fous  l’an  1148.  »>  Après  la  mort  d’Alfonfe  ,  fon  fils  <jui  étoit  encore  en  u  chnn.S;gtb  ^ 
adolefcence,  fejetta  dans  un  château  du  comte  deTripoliyo#  cov fin  germain* 

(ou  plutôt  fon  neveu  à  la  mode  de  Bretagne  )  &  fut  fait  prifonnier  avec  fa  « 
fceur  par  la  trahifon  de  ce  comte.  »  Nous  apprenons  d’ailleurs  que  ce  fils 
d’AIfonfè  s’appelloit  Bertrand,  qu’il  n’étoit  pas  légitimé  ,  qu’il  fut  pris  paé 
lesTurcsavec  fa  fueur,  &  qu’il  fut  enfin  délivré  de  leurs  mains.  »L’empe-« 
reur'Manuel  Comnene  s’étant  mis  en  marche  en  n^.avecle  roi  deJerufa-«  lGmii.tjr.i.n; 
lem,  dit  Guillaume  de  Tyr,  pour  aller  afiîeger  Alep  fur  Noradin  ,  envoya  « 
des  ambaflàdeurs  à  ce  prince  infidelle,  6c  obtint  par  leur  moyen  ladélivran- « 
ce  de  Bertrand  fils  naturel  du  comte  de  S.  Gilles,  6c  de  quelques  autres  captifs.« 

La  même  chofé  cfl  rapportée  par  un  hiflorien  m  Grec,  contemporain  ,  qui  mû*»* mJ*4< 
appelle  homme  Italien  ,  le  fils  du  comte  de  S.  Gilles ,  auquel  Noradin  accorda  la  Z*-10!" 
liberté  en  cette occafion  ,  ainfi  qu’au  maître  des  Templiers,  &à  plufieurs  au¬ 
tres  perfonnes-  de  diflinclion.  Il  les  avoit  fait  prifonniers  ,  ajoûte-t-il ,  quand 
les  Allemans  &  les  Génois  avoient  fait  leur  expédition  en  Afie  ,  c’efl-à-dire 
en  1148.  ainfi  Bertrand  demeura  onze  ans  en  efclavage  parmi  les  Turcs. 

C’cfl  tout  ce  que  nous  fçavons  de  lui.  Quant  àla  fille  naturelle  d’Alfonfè  ",  n ^4  jt MmU 
Noradin  prince  d’Alep,  de  fa  captive  en  fit  fon  époufe:  il  en  eut  un  fils  qui  chron.  »nn . 
après  fa  mort  arrivée  en  1174.  lui  fucceda  fous  la  tutelle  de  cette  princefle.  Elle  ,,74‘ 

&  fon  fils  conclurent  alors  une  trêve  de  fept  ans  avec  le  roi  de  Jerufalem  de  qui 
ils  reçurent  une  fomrne  confiderable. 


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An.i  148. 


txxxir. 

Retour  d-'S 
«roi lez.  Mort 
•de  Raymond 
prince  d’An¬ 
tioche,  5c  de 
Raymond  I. 
comte  de  Tri¬ 
poli. 

a  Gmll.  Tyr. 

i. 


b  lbtâ.lrt.c. 
19-&  *T  l'17' 

Ctnn*.l.\.€.n. 

Gcfi.Lud.yil. 

4.1J. 


c  VDuch.to^. 

/•I*  7. 


â  Guill .  Tyr , 
Lxi.c.ifLu. 
*5* 


4*4  HISTOIRE  GENERALE 

Alfonfe-Jourdainfut  le  quatrième  comte  deToulouIe  qui  mourutà  laTerre- 
fainte,  6c  de  ces  quatre  il  fut  le  troifiéme  qui ,  à  l’exemple  de  Raymond  fou  perç 
6c  de  Bertrand  Ion  firere,  fecroifa  contre  les  infidelles  :  la  croilade  n’étoit  pas 
encore  commencée  lorfque  Guillaume  fon  oncle  paternel  décéda  à  Jerufalem. 
vers  l’an  1093.  La  mailbn  de  Touloufe  eut  aufii  la  gloire  de  donner  en  la 
perfonne  des  comtes  de  Tripoli  defeendans  du  même  Bertrand  ,  plufieurs 
autres  héros  qui  le  rendirent  également  célébrés  en  Orient  parleurs  exploits, 
6c  dont  l’hiftoire  abrégée  que  nous  allons  reprendre  terminera  ce  livre. 

Nous  ignorons  le  motif  pour  lequel  Raymond  I.  comte  de  Tripoli  livra  en¬ 
tre  les  mains  des  Turcs  le  fils  &  la  fille  d’Alfonfe  comte  de  Touloufe,  fon 
grand  oncle  paternel  ,  mais  c’eft  une  marque  que  ces  deux  princes  étoient 
brouiller  enfemble.  Raymond  avoir  fuccedé  en  1137.  à  Pons  comte  de  Tri¬ 
poli  fonpere,  dont  il  vengea  aulfitot  la  mort,  ainfi  qu’on  l’a  rapporté  ail¬ 
leurs.  Sanguin  prince  «Turc  lui  déclara  la  guerre  peu  de  teins  après ,  &af- 
fiegea  fur  lui  la  ville  de  Raphaniaou  de  Montferrand  fituèe  dans  fon  comté 
de  Tripoli.  Raymond  dépêcha  aufli-tôt  à  Foulques  d’Anjou  roi  de  Jerufalem 
fon  oncle  maternel  &  fon  beau.frere  ,  qui  le  joignit  à  lui  pour  taire  lever 
le  fiege.  Le  prince  infidelle  étant  forti  alors  de  fes  lignes  ,  vint  au  devant 
d’eux,  leur  livra  bataille  6c  les  défit  entièrement.  Foulques  trouva  moyen  de 
fe  réfugier  dans  la  place,  mais  le  comte  de  Tripoli  demeura  prifonnier avec 
plufieurs  chevaliers.  Ils  furent  délivrez  peu  de  tems  après  par  la  valeur  du 
prince  d’Antioche  &  du  prince  d’Edeile,  qui  ayant  marché  vers  Montferrand, 
obligèrent  Sanguin  à  décamper  ,  6c  firent  un  traité  avec  lui,  par  lequel  il 
rendit  la  liberté  au  comte  de  Tripoli  6c  aux  autres  prifonniers  qu’il  avoit  faits. 
Ce  comte  fe  trouva  enfuite  avec  le  prince  d’Antioche  au  fiege  5c  à  la  prife  de  la 
ville  dePaneade  j  6c  lorlque  le  roi  Louis  le  Jeune  fon  cou/in  pafla  à  Tripoli  en 
1 14.8 . b  il  le  reçut  dans  cette  ville ,  lui  fit  tout  l’accueil  polfible  ,  6c  n’omit  rien 
pour  l’engager  à  l’aider  à  étendre  les  limites  de  fes  états  ;  mais  il  ne  put  obte¬ 
nir  fa  demande,  parce  que  Louis  vouloir  aller  auparavant  à  Jerufalem.  Ce  re¬ 
fus  fut  peut-être  la  railon  pour  laquelle  Raymond  n’aflîftapas  à  l’aflemblee 
generale  qui  fut  tenue  le  zo.de  Mai  de  la  même  année  à  Acre  ouPtolemaïde, 
6c  dans  laquelle  on  réfolut  le  fiege  de  Damas.  Il  ne  paroît  pas  non  plus  que  le 
comte  de  Tripoli  fe  foit  trouvé  à  ce  fiege  que  les  princes  croifez  furent  obli¬ 
gez  de  lever  lionteufement  :  mais  il  y  a  lieu  de  croire  que  les  troupes  qu’Al- 
lonfe-Jourdain  comte  de  Touloufe  avoient  amenées  dans  la  Palcftine  prirent 

Îiart  à  cette  expédition  ,  6c  qu’elles  repaflèrent  la  mer  l’année  fuivante  avec 
e  roi  Louis  le  Jeune  ,  qui  après  avoir  célébré  la  fête  de  Pâques  à  Jerufalem , 
s’embarqua  pour  retourner  dans  fes  états  ,&  débarqua  ,  à  ce  qu’il  paroît c ,  à 
S.  Gilles. 

Noradin  fuccelTeur  de  Sanguin  ayant  raflèmblé  une  armée  formidable,  quel¬ 
que  tems  après  le  départ  de  Louis,  vint  afiîegcr  un  château  qui  appartenoit  à 
Raymond  prince  d’Antioche.  Celui-ci  fe  hâta  de  marcher  au  fecours,  &jetta 
quelques  troupes  dans  la  place ,  mais  il  eut  l’imprudence  de  camper  au  voifi- 
nage,  où  Noradin  infiniment  fuperieur  en  troupes  vint  l’attaquer.  Le  prince 
d’Antioche  combattit  en  héros,  6c  fit  des  prodiges  de  valeur ,  jufqu’à  ce  qu’enfin 
accablé  parle  nombre  ,  il  fut  tué  malheureufement  dansl’acâion  le  ij.  de  Juin 
de  l’an  1149.  Telle  fut  la  fin  de  cet  illuftre  Touloufain  ,  qui  eut  pour  fuccef- 
feur  dans  la  principauté  d’Antioche  Boemond  III.  fon  fils  aîné  :  illaiflàdeux 
filles  parfaitement  belles ,  dont  l’aînée  époufa  l’empereur  de  Conftantinople. 

Raymond  I.  comte  de  Tripoli  fon  coufin,du  fécond  au  troifiéme  degré,  lui 
furvécut  peu  d’années.  Il  conçût  delà  jaloufie  d’Hodierne  d  là  femme,  fille 
de  Baudouin  du  Bourg ,  roi  de  Jerufalem  ,  6c  fe  brouilla  avec  elle.  Baudouin  III. 
roi  de  Jerufalem  tâcha  de  les  raccommoder,  6c  fe  rendit  pour  cela  à  Tripoli 
en  1151.  avec  la  reine  Melifende  fa  mere  ,fœur  d’Hodierne  3  mais  n’ayant  pû 
réulîir,  la  reine  amena  avec  elle  la  comtelle  là  fœur  à  Jerufalem.  Lecomte 
Raymond  les  accompagna  jufqu’au  dehors  de  la  ville,  6c  à  fon  retour  il  fut 
maflàcré  â  la  porte  par  lesAlîàfins,  peuples  du  voifinage.  Il  paroît  que  ce 
prince  confervoit ,  de  même  que  Pons  fon  pere  ,  ou  prétendoit  conferver 
quelque  droit  fur  les  domaines  que  Bertrand  comte  de  Touloufe  fon  ayeul 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVII. 

âVoit  poflèdez  en  Languedoc.  II  donna3  en  effet  en  i  141.  à  Humbert  évêque  ^  T 
du  Puy  ,  ôc  à  l’églife  de  cette  ville,  du  conlèil  de  Cecile  là  mere ,  d’Hodierne  a 
fa.  femme  ,  de  Raymond  fon  fils,  6:  de  Philippe  Ion  frere,  en  prefence  de /<?• 

Ton  connétable,  de  fon  maréchal,  de  fiés  barons  &  de  plufieurs  prélats ,  tou¬ 
tes  les  poflèlfions  que  fes  prédecellèurs  avoientdans  le  comte  de  Vêlai.  Nous 
avons  encore  une  donation  b  du  même  comte  de  Tripoli ,  d’Hodierne  fà  fem- 
me,  &  de  leur  fils  Raymond,  datée  du  mois  de  Janvier  de  l’an  1146.  en 
faveur  du  monaltere  du  Mont  Thabor.  L’acte  eft  fcellé  du  lceau  de  ce  comte» 
dont  nous  parierons  ailleurs. 

Raymond  I.  laiilà  deux  enfans  d’Hodierne  la  femme,  Ravoir  Raymond  IL  txxxliî. 
qui  lui  fucceda  dans  le  comté  de  Tripolifous  la  tutelle  de  cette  princellç,  8c  ^XT°«>mte 
qui  n’avoir  pas  encore  douze  ans  accomplis,  ScMeiilenJe.  Dans  la  fuite  celle-ci  dcTiipoiidc- 
fut  promifeen  mariage  à  Manuel  Comnene  empereur  de  Conftancinople  qui  de 

refufa  c  de  l’époufer  ;  ce  qui  engagea  Raymond  II.  qui  s’etoit  jette  à  cette  c «;.•«//.  7>n 
occafion  dans  de  très  grandes  depenfes,  à  lui  déclarer  la  guerre  pour  avoir  a& 

raifon  de  cette  injure.  Le  comte  arma  plufieurs  galères  ,  8c  s’etant  mis  en  “l!‘ 
mer,  il  ravagea  les  ificsôc  les  cotes  de  l’empire  Grec.  Il  entreprit  cette  ex¬ 
pédition  la  même  année  que  Baudouin  111.  roi  dejerufalcm  fon  çoulin  ger¬ 
main  mourut,  c’eft-à-dire  en  1162.  Noradiiv-  quelque  tems  après  fit  une  irru-  din,u.,9.c.s, 
ption  dans  le  comté  de  Tripoli,  qui  ne  lui 'fut  pas  avantageufe  1  mais  ayant  dv'î?- 
ramafie  de  [plus  grandes  forces,  il  vintalîicger  le  château  de  Harenc  fur  le 
comte,  qui  marcha  aufli-tôt  au  fecours  de  la  place  avec  le  jeune  Boëmond 

f>rince  d’Antioche,  8c  plufieurs  autres  princes  ,  8c  obligea  les  infidelles  à  lever 
e  fiege.  Raymond  les  ayant  attaquez  enfuite  imprudemment ,  il  eut  le  malheur 
d’être  défait  dans  une  bataille  qu’il  perdit  le  jo.d’Aoùt-del’an  n  63.6c  dans  ev.M*rtm. 
laquelle  il  fut  fait  prifbnnier. 

Le  comte  de  Tripoli  IbufFrit f  toute  forte  de  mauvais  traitemens  durant  fa  f  g.<,u.  tjt. 
prifon,  d’où  il  ne  fortit  que  la  huitième  année  ,  c’eft-à-dire  en  1171.  apres  i 
s’être  engagé  à  payer  une  rançon  de  quatre-vingt  mille  ducats  d’or.  Il  reprit 
alors  le  gouvernement  de  fes  états,  qu’Amauri  roi  de  Jerufalem  frere  6c  iuc- 
celîèur  de  Baudouin  III.  avoir  adminiftrez  pendant  là  captivité.  Amauri 
étant  mort  au  mois  de  Juillet  ?  de  la  même  année,  le  comte  de  Tripoli  en  ,  g /•*»*•!. 
qualité  de  plus  proche  parent ,  fut  clii  regent  du  royaume  durant  la  minorité 
ou  jeune  Baudouin  IV. fils  6cfuccdleur  de  ce  prince;  Un  hiftoricn*»  du  tems 
fait  à  cette  occafion  le  portrait  du  comte  de  Tripoli.  »  Ce  prince  eft,  dit-il,  « 
maigre  &  fluet ,  mais  d’une  taille  avantagculé.  Il  a  le  nez  aquilin  ,  lesche-« 
veux  plats  8c  bruns  ,  les  yeux  vifs.  Il  eft  actif  6c prévoyant,  8c  d’un  extérieur  «t 
compofé  5  il  eft  liberal  Sc  affable  envers  les  étrangers ,  févereà  l’égard  de  fes  « 
donicltiques ,  médiocrement  inftruit  dans  les  lettres  qu’il  a  appriies  durant  « 
fa  prifon.  Il  s’applique  à  l’intelligence  des  faintes  écritures,  6c  fe  plaît  à« 
propofer  les  difficultcz  qu’il  y  rencontre ,  lorfqu’il  trouve  quelqu’un  capable 
de  les  lui  réfoudre.  Il  a  épouié  en  1173.  Efquive  veuve  de  Gautier  prince  de« 

Galilée  ,  laquelle  a  plufieurs  enfans  de  fon  premier  mariage ,  que  le  comte  <t 
aimecoinme  les  liens  propres.  «  Tel  étoit  Raymond  II.  comte  de  Tripoli  lorf- 
que  Guillaume  de  Tyr  écrivoit  en  1 1  8  x .  le  21.  livre  de  fon  hiftoire*  •  • 

,  Ce  prince  au  commencement  '  de  fa  régence  marcha  contre  Saladin  foudati  ie.t.&fetf. 
d’Egypte,  qui  apres  avoir  fait  une  irruption  dans  la  Çœlofyric  s’empara  du 
royaume  de  Damas  fur  le  fils  de  Noradin.  Raymond  fit  enluite  la  paix  avec 
ce  prince  infidelle ,  6c  entreprit  en  1 1 77. k  avec  Philippe  comte  de  Flandres  qui  kc.is.é'ü 
étoit  arrivé  à  laTerre-làinte ,  le  fiege  de  Harenc  fitué  à  douze  milles  d’ Antio¬ 
che  :  mais  ils  le  pouflerent  (i  négligemment,  qu’en  fin  ils  furent  obligez  de  le  1 
lever.  Le  comte  de  Tripoli  fe  trouva  l’année  fuivante  à  la  malheureufe  ba¬ 
taille  de  Sydon,  d’où  il  s’échappa  6c  fe  fauva  à  Tyr.  Il  fut  de  nouveau  en 
guerre  quelque  tems  après1,  avec  ce  foudan  qui  avoit  fait  une  irruption  dans  Un*.* 
fon  comté ,  6c  fut  oblige  de  faire  la  paix  avec  lui.  Il  fe  brouilla  eniiSi.  m  avec  m  c-?- 
Baudouin  IV\  roi  de  Jerufalem  ,  à  l’occafion  fuivante.  Il  s’étoit  avancé 
jufqu’à  Giblcc  dans  le  deflein  d’aller  à  Tiberiade  ,  capitale  de  la  princi¬ 
pauté  de  Galilée  qui  appartenoit  à  fa  femme.  La  mere ,  le  frere  ,  &  les 
autres  miniftres  de  ce  prince ,  qui  étoit  attaqué  de  la  lèpre  ôc  peu  en  état  de 


ic.tï&fefl. 


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coll. 

êmidifj.  ro.f . 
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45«  HISTOIRE  GENERALE 

gouverner,  craignant  que  lorfque  le  comte  feroit  au  voifinage  de  Jerufalem,il 
ne  s’apperçût  de  leur  mauvaifeadtniniftration,  réfolurent  de  l’écarter.Dans  ce 
deflein  ils  perfuaderent  à  Baudouin  qu’il  venoit  pour  le  dépouiller  de  fes  états, & 
ft  faire  élire  roi  à  fa  place.  Ce  prince  trop  credule  ajouta  foi  à  ces  injuftes  foup. 
qons,  ÔC  fit  défendre  à  Raymond  de  palier  outre  ôc  d’entrer  dans  fes  états  • 
enforce  qu’il  eut  la  confufion  de  fe  voir  obligé  de  s’en  retourner  à  Tripoli.  Les 
plus  fages  du  royaume  ne  doutèrent  pas  que  le  comte  ne  cherchât  à  fe  ven. 

ter  d’une  telle  infulte  ;  ôc  prévoyant  les  conféquences  de  cette  brouillerie,  ils 
rent  tant  pour  l’appaifer ,  qu’enfin  il  fe  rendit  à  Jerufalem  fur  leurs  inftances, 
après  qu’ils  y  eurent  fait  confentir  le  roi  comme  malgré  lui.  Ces  deux  princes 
quelque  tems  après  leur  réconciliation, marchèrent  »  enfemble  en  1183.  contre 
Saladin ,  qui  avoit  rompu  la  trêve  qu’il  avoit  conclue  avec  le  roi.  Ce  dernier  l’y 
avoit  en  quelque  maniéré  obligé  par  fes  démarches  j  ce  qu’il  n’auroit  pas  fait, 
dit  un  hiftorien  du  tems ,  s’il  avoit  fuivi  les  confeils  de  Raymond ,  qui  ajoute- 
t-il,  étoit  un  prince  prudent,  habile,  &  expérimenté  dans  l’art  militaire,  fit 
qui  en  donna  des  preuves  durant  cette  guerre  pendant  laquelle  il  fe  diftingua. 

Baudouin  IV. b  défigna  pourfon  fucceflèur  au  mois  de  Novembre  de  l’an 
1 1 83.  Baudouin  fon  neveu,  fils  de  fa  fccur,  âgé  feulement  de  cinq  ans,  & 
choifitc,  du  confeil  de  fes  barons,  le  comte  de  Tripoli  pour  adminiftrer  le 
royaume  pendant  fa  maladie  6c  la  minorité  du  jeune  roi.  Ce  choix  fut  éga¬ 
lement  applaudi  des  grands  ôc  du  peuple  qui  regardoient  le  comte  comme 
fêul  capable  de  gouverner  6c  de  rétablir  les  affaires  du  royaume  qui  étoient 
fort  délabrées.  C’eftainfique  s'exprime  Guillaume  de  Tyr  témoin  oculaire, 
dont  la  fincerité  eft  generalement  reconnue  ,  6c  qui  finit  ici  fon  hiftoire.  Tout 
ce  que  nous  venons  de  rapporter  de  Raymond  II.  eft  appuyé  fur  l’autorité  de 
ce  célébré  écrivain.  Les  auteurs  qui  ont  .écrit  après  lui  parlent  fort  diverfe- 
ment  de  la  fuite  des  actions  fie  de  la  fin  de  ce  comte.  Nous  nous  arrêterons 
à  ceux  qui  méritent  plus  de  croyance. 

Le  comte  de  Tripoli  d  n’accepta  la  regence  du  royaume  de  Jerufalem ,  dit 
un  de  ces  auteurs,  qu’aux  conditions  fuivantes  Ravoir,  i°.Qu’iIne  feroit  pas 
chargé  de  garder  la  perfonnedu  jeune  roi  Baudouin  ,afin  d’éviter  tout  foup- 
çon  ,en  casque  ce  prince  vînt  à  dcceder  pendant  fon  adminiftration.  i°.Que 
les  chevaliers  de  l’Hôpital  ôc  du  Temple  auroient  par  la  même  raifon  durant 
ce  tems-Ià,  la  garde  de  tous  les  châteaux  6c  de  toutes  les  fortereflès  du  royau¬ 
me.  30.  Que  pour  la  fureté  du  rembourfement  des  dépenfes  qu’il  feroit  obligé 
défaire  pour  le  bien  de  l’état  pendant  fa  régence,  on  lui  donneroit  une  place 
du  royaume  en  engagement.  40.  Que  n’y  ayant  aucune  trêve  de  conclue  avec 
les  infidelles,  6c  étant  obligé  par  là  de  fe  tenir  fur  la  défenfive,  là  regence 
dureroit  dix  ans ,  afin  d’avôir  le  tems  de  prendre  de  juftes  mefures  ,  6c  à  peu 
de  frais,  pour  leur  réfifter  en  cas  d’attaque.  y°.  Enfin  quefi  lejeune  roi  venoit 
à  mourir  durant  cet  intervalle,  il  continueroit  de  gouverner  le  royaume,  juf 
qu’à  ce  que  le  pape,  l’empereur  d’Allemagne ,  6c  les  rois  de  France  ôc  d’An¬ 
gleterre  euflent  décidé  à  laquelle  des  deux  fœurs  de  Baudouin  IV.  Sibylle  ou 
Ifâbelle,  appartenoit  le  royaume  de  Jerufalem  *  le  droit  de  la  première,  quoi 
que  l’aînée,  étant  litigieux  ,  parce  qu’elle  n’étoitpas  née  comme  l’autre  dans 
le  tems  que  le  roi  Amauri  leur  pere  étoit  fur  le  trône.  Baudouin  IV.  fie  tous 
les  grands  du  royaume  ayant  accepté  volontiers  tous  ces  articles ,  que  le 
comte  de  Tripoli  ne  demanda  que  pour  conferver  la  paix  dans  le  royaume 
en  cas  que  le  jeune  Baudouin  vînt  à  mourir ,  on  convint  que  Joflèlin  comte 
de  Joppé ,  grand  oncle  de  ce  dernier  ,  l’ameneroit  avec  lui  à  Acre ,  qu’il  fe 
chargeroit  de  fa  garde  6c  de  fon  éducation ,  ôc  qu’on  donneroit  au  comte  de 
Tripoli  la  ville  de  Beryte  en  engagement  pour  la  îureté  qu’il  avoit  demandée. 
Tout  étant  ainfi  réglé  ,  Raymond  prit  l’adminiftration  du  royaume. 

Il  arriva  au  commencement  de  fa  regence  une  extrême  fécherefle ,  ce  qui 
engagea  ce  prince  à  conclure  une  trêve  de  quatre  ans  avec  les  Sarafîns,  du 
confeil  de  tous  les  barons ,  pour  empêcher  par  là  ces  infidelles  de  profiter  de 
cette  conjoncture ,  ôc  de  porter  la  guerre  dans  le  royaume.  Baudouin  IV. 
étant  décédé  vers  la  fin  de  l’an  n8y.  le  jeune  Baudouin  V.  fut  couronné 
folemnellement,  fie  tous  les  vallauxdu  royaume  lui  firent  hommage.  Lecomte 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVII. 


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de  Tripoli  lui  rendit  le  fien  en  qualité  de  regenr ,  Sc  demanda  en  même  tems  An.  1148. 
à  tous  les  barons  6c  chevaliers  du  royaume  le  renouvellement  de  la  promeflè 
qu’ils  lui  avoient  déjà  faite  pour  la  fuccelfion  à  la  couronne  ,  en  cas  que  ce 
prince  vînt  à  mourir  durant  les  dix  ans  de  la  regence ,  ce  qui  lui  fut  una¬ 
nimement  accordé  j  après  quoi  le  comte  Joflèlin  ramena  avec  lui  le  nouveau 
roi  à  Acre  ou  Ptolcmaïde,  où  ce  jeune  prince  mourut  au  mois  de  Septembre 
de  l’an  1186. 

Après  fa  mort  il  s’éleva  un  grand  différend  dans  le  royaume  au  fujet  de 
fa  fuccellion.  1  Sibylle  comtefle  de  Joppé  fille  aînée  du  feu  roi  Arnaud ,  St  Gui  a  K»duf.cog. 
de  Lufignan  fon  fécond  mari ,  fodrenus  du  patriarche,  du  maître  des  Tem- 
pliers  6c  de  quelques  autres ,  s’emparèrent  de  Jerufalem  ,  en  firent  fermer  tws.&Jifi'. 
les  portes,  6c  fl*  firent  couronner  reine  6c  roi  de  cette  ville  en  l’abfence  du 
comte  de  Tripoli ,  des  princes  8c  des  barons  du  païs  qui  refu/erent  de  les  re- 
connoître  ,  conformément  aux  conventions  dont  on  a  déjà  parlé.  Saladin 
ayant  appris  ces  funeftes  divifions  réfolut  d’en  profiter.  Il  mit  fur  pied  une 
armée  formidable  au  printems  de  l’anqée  fuivante ,  6c  s’étant  approché  de 
la  Galilée,  il  détacha  fèpt  mille  hommes  pour  aller  faire  le  dégât  dans  cette 
province.  Ce  détachement  y  pénétra  le  premier  de  Mai  de  l’an  1187.  6c 
étendit  fes  courfes  jufques  à  Nazareth  ,  où  les  maîtres  du  Temple  6c  de 
l’Hôpital  fè  trouvoient  alors.  Le  roi  Gui  les  envoyoit  au  comte  de  Tripoli 
qui  étoit  à  Tiberiade ,  pour  conclure  la  paix  avec  lui ,  afin  de  fe  joindre  enfuite 
contre  Saladin.  Ces  deux  grands-maîtres  marchèrent  auffi  tôt  avec  quelques- 
uns  de  leurs  chevaliers ,  6c  ce  qu’ils  purent  raflembler  de  troupes,  contre  le  dé. 
tachement  de  l’armée  Turque  qu’ils  combattirent  d’abord  avec  affez  de  vaT 
leur  ,  mais  ils  furent  obligez  de  ceder  au  nombre  après  une  perte  très-con. 
fiderable.  Le  maître  des  Hofpitaliers  demeura  fur  la  place  5  celui  des  Tem¬ 
pliers  eut  le  bonheur  de  fe  fauver. 

Le  comte  de  Tripoli fa  eut  un  chagrin  mortel  de  cette  défaite ,  6c  dit  dans  fa  b  iM. 
douleur  :  »  Afin  qu’on  ne  croye  pas  que  ce  malheur  eft  arrivé  par  ma  faute, « 
ou  à  ma  foilicitation ,  j’irai  me  foumettre  au  roi,  à  la  reine,  6c  aux  feigneurs « 
de  Jerufalem ,  6c  j’obéirai  entièrement  à  leurs  ordres.  »  Les  archevêques  de 
Tyr  &  de  Nazareth,  &  le  maître  duTemplequi  avoient  été  envoyez  pour  né. 
gocier  avec  lui ,  dépêchèrent  aufîi-tôt  dans  cette  capitale  pour  y  faire  fçavoir 
les  bonnes  difpofitions  du  comte  ,  fon  départ  pour  aller  le  loumettre,  Scia 
douleur  qu’il  avoir  de  la  mort  du  maître  de  l’Hôpital  St  des  autres.  Ils  priè¬ 
rent  en  même  tems  le  roi  de  venir  à  leur  rencontre,  afin  de  faire  connoître 
de  fon  côté  combien  il  cherchoitla  paix.  Gui  partit  aufîi-tôt,  6c  ayant  ren-? 
contré  Raymond  dans  la  campagne  de  Bethanie  ,  ils  defeendirent  tous  les 
deux  de  cheval  du  plus  loin  qu’ils  fe  virent,  6c  s’embraflèrent  tendrement  en 
prefence  des  évêques ,  des  chevaliers  du  Temple  6c  de  l’Hôpital ,  des  barons 
du  païs,  Se  d’un  nombre  infini  de  peuple  qui  étoit  accouru.  Ils  entrèrent  en- 
fiiite  dans  Jerufalem  }  6c  le  comte  deTripoli  ayant  fait  fon  hommage  au  roi  Sc  à. 
la  reine ,  iis  fe  réconcilièrent  parfaitement ,  Sc  fe  pardonnèrent  tous  leurs  griefs 
de  part  Sc  d’autre.  Lecomte  retourna  enfuite  à  Tiberiade,  où  il  manda  tou¬ 
tes  les  milices  du  comté  deTripoli,  Sc  de  la  principauté  de  Galilée,  Sc  le  roi 
demeura  à  Jerufalem  pour  y  aflembler  les  fiennes ,  8c  marcher  enfuice  contre 
les  infidelles. 

Ces  deux  princes  s’étant  rejoints  avec  toutes  leurs  forces  dans  la.  vallée  de 
Saffarie,  leur  armée  fe  trouva  forte  de  1  zoo. chevaliers,  8c  d’environ  1 8000; 
fantaffins.  Saladin  de  fon  côté  après  avoir  pafie  le  Jourdain  ,  mis  Je  feu  aux 
moilTons  Sc  défolé  toute  la  campagne,  s’approcha  de  Tiberiade  Sc  entreprit  le 
fiege  de  cette  place ,  le  Jeudi  2.  de  Juillet  de  l’an  1187.  La.  comtefle  de  Tri, 
poli  à  qui  elle  appartenoit ,  Sc  qui  y  étoit  reliée  avec  peu  de  monde,  dépê¬ 
cha  auffi-tôr  au  roi  Sc  au  comte  fon  mari  pour  leur  demander  du  fecours. 

Durant  ce  meflage  elle  ne  put  empêcher  la  prife  de  la  ville  ,  où  Saladin  mit 
le  feu  ,  ce  qui  obligea  cette  princeflè  de  fe  retirer  dans  le  château.  Ce  prince 
infidelle  en  différa  l’attaque ,  comptant  de  le  prendre  quand  il  voudroit ,  Sc 
fe  difpofa  à  marcher  contre  l’armée  chrétienne  qu’il  réfolut  de  combattre. 
Cependant  le  roi  Gui  ayant  appris  le  fiege  de  Tiberiade,  affembla  le  con. 

Tome  II.  Mmm 


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45» 


HISTOIRE'GENER  ALE 


continuât. tbid. 
f>.3oi 


b  Radulf.  Co£ 
t(ih-  Uid. 


An.  1148.  feil  de  guerre  pour  délibérer  fur  ce  qu’il  y  avoir  à  faire.  Tous  les  avis  alloienî 
à  marcher  dès  le  lendemain  marin  au  iecours  de  la  place ,  lorfque  le  comte 
irfhlü'ï.  C°!  de  Tripoli  prenant  la  parole,  dit  :»  La  ville  de  Tiberiade  m’appartient »,6c 
1  v.Gudi. T/r,  ”ma  femme  y  cft  dedans  }  ainlï  perlonne  n’a  plus  d’intérêt  que  moi  de  la 
»fecourir$  cependant  je  ne  luis  pas  de  ce  fentiment,  6c  je  ne  crois  pas  qu’il 
m  faille  quitter  un  camp  où  nous  avons  de  l’eau  6c  tous  les  vivres  neceffaires, 
«pour  aller  traverfer  un  délert  aride,  6c  nous  cxpofer  à  périr  de  foif  dans 
*>  une  faifon  brûlante.  Les  infidelles  ne  içauroient  venir  nous  attaquer  fans 
«s’expofcr  au  même  inconvénient  :  attendons. les  donc  de  pied  ferme ,  puifque 
>3  nous  fçavons  que  leur  refolution  ert  de  venir  à  nous.  11  nous  fera  ailé ,  lorf- 
»>  qu’ils  arriveront  fatiguez,  6c  manquant  de  tout  ,  de  les  vaincre  avec  des 
«  troupes  toutes  fraîches ,  6c  polices  dans  un  lieu  où  nous  avons  toutes  chofes 
»j  en  abondance,  6c  un  azile  alluré  en  cas  d’accident  dans  les  places  des  envi¬ 
rons.  Par  malheur  l’avis  du  comte  de  Tripoli  ne  fut  pas  fuivi,6cfes  ennemis 
furent  alTez  injulfes  pour  l’acculer  de  l’avoir  donné  à  mauvailè  intention.  Le 
maître  du  Temple  qui  étoit  le  principal,  fut  trouver  le  roi  le  foirmême,  6c 
ayant  pris  en  particulier  ce  prince,  lur  l’elprit  duquel  il  avoir  un  rrès. grand 
afcendant,  il  lui  perl'uada  qu’il  etoitplus  à  propos  d’aller  à  la  rencontre  des 
ennemis,  ce  qui  précipita  l’armée  dans  le  dernier  des  malheurs*. 

On  décampa b  donc  le  lendemain  Vendredi  3.  de  Juillet.  Lecomte  deTri- 
poli  eut  l’avant-garde  ,  conformément  à  la  dignité  de  [on  rang  ;  le  roi  fe  mit  dans 
le  centre,  ôc  les  Templiers  formèrent  l’arriere-garde.  L’armée  arriva  ainfi  i 
trois  milles  de  Tiberiade  où  on  fut  oblige  de  faire  alte  ,  tant  parce  que  les 
troupes  accablées  de  foif  6c  de  laflitude ,  n’en  pouvoient  plus ,  que  parce  que 
les  infidelles  les  harceloient  de  toutes  parts.  Le  comte  fit  bientôt  après  prier 
le  roi  de  faire  avancer  l’armée  jufqu’à  la  mer  de  Galilée,  qui  n’étoit  plusqu’i 
un  mille,  afin  d’avoir  la  commodité  de  l’eau.  Comme  on  le  difpofoit  à  mar¬ 
cher  ,  les  Turcs  attaquèrent  l’avant-garde  6c  la  mirent  en  défordre,  ce  qui 
détermina  le  roi  à  camper  dans  cet  endroit ,  6c  il  ordonna  aufii  -tôt  qu’on  drefBc 
les  tentes.  L’armée  chrétienne  fouffrit  extrêmement  pendant  toute  la  nuit 
d’une  foif  ardente  que  les  foldats  ne  trouvoient  aucun  moyen  d’appaifer,  6:  que 
les  ennemis  augmentèrent  beaucoup  ,  par  un  grand  nombre  de  feux  qu’ils 
allumèrent  exprès  autour  du  camp. 

-  *  Le  lendemain  Samedi  4.  de  Juillet,  le  fultan  Saladin  ayant  rangé  fon  armée 
dès  la  pointe  du  jour,  fc  difpofoit  à  attaquer  les  chrétiens,  lorfque  ceux-ci 
s’étant  mis  de  leur  côté  en  ordre  de  bataille  ,  firent  un  mouvement  pour  ta. 
cher  de  s’approcher  de  la  mer  de  Galilée  ,  afin  d’y  étancher  la  foif  qu’ils 
fouffroient ,  ôc  qui  les  avoit  mis  aux  abois.  Lecomte  de  Tripoli  dans  le  def- 
fein  de  fc  faifir  le  premier  d’un  porte  que  les  ennemis  vouloient  occuper ,  s'a¬ 
vança  auiïi-tôt  avec  fa  cavalerie  foutenue  par  l’infanterie ,  qui  avoit  ordre 
d’écarter  les  infidelles  à  coups  de  flèches.  Dans  ce  tems-là  Saladin  ayant  don* 
né  le  fïgnal  du  combat,  marcha  à  la  tête  de  fon  armée,  ôc  attaqua  le  comte, 
dont  l’infanterie  fe  débanda  pour  gagner  le  haut  d’une  colline.  Le  roi  &  les 
évêques  allarmez  de  ce  défordre ,  font  tous  leurs  efforts  pour  tâcher  de  rallier 
ces  troupes,  &  les  ramener  au  combat  -,  mais  c’eft  en  vain  :  les  foldats  ha- 
raffez  Ôc  brûlant  de  foif  déclarent  qu’ils  ne  font  pas  en  état  de  combattre 
êcrefufent  d’obéir.  Les  Hofpitaliers  6c  les  Templiers  qui  étoient  à  l’arriere- 
gàrde  avec  le  refte  de  la  cavalerie  ,  fe  défendent  cependant  avec  beaucoup  de 
valeur ,  mais  ils  font  enfin  obligez  de  plier ,  accablez  par  le  nombre,  fans  que  le 
roi  dont  ils  imploroient  le  fecours fût  en  état  de  les  foutenir.  Le  comte  de 
Tripoli  quife  battoit  toûjours  à  l’avant-garde  avec  une  partie  des  chevaliers, 
êc  que  les  ennemis  avoient  enveloppé,  voyant  qu’il  ne  lui  étoit  pas  poifible 
de  rejoindre  le  gros  de  l’armée,  cherche  alors  fbn  falut  dans  la  fuite,  &  eft 
allez  heureux  pour  fe  fauver  avec  plufieurs  feigneurs  de  marque,  à  travers 
les  rochers  6c  les  défilez-.  Le  refte  de  l’armée  fut  bientôt  après  entièrement 
défait:  le  roi  y  demeura  prifonnier  avec  le  maître  des  Templiers  ,  le  mar¬ 
quis  de  Montferrat,  l’évêque  de  Lidde,  êcc.  6c  les  infidelles  fc  faifirentde 
la  vraye  Croix  qu’on  portoit  dans  le  camp.  Le  lendemain  Saladin  fomma  la 
comtcflè  de  Tripoli  de  lui  rendre  le  château  de  Tiberiade  5  ce  qu’elle  fut 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.XVII.  ^ 

obligée  défaire.  Tout  ce  qu’elle  put  obtenir,  fut  la  liberté  de  te  retirer  où  elle  Atf.  1148» 

voudroit.  ,  ,  - 

Tel  eft  le  récit  fidelle  que  nous  a  Iaiffé  ün  auteur  Contemporain  * ,  témoin  *  KU»tf.  c»j- 
oculaire  ôc  nullement  fufped,  de  cette  mémorable  journée ,  quifuc  fuivie  de  ,buU 
la  perce  de  Jerulalem ,  ôc  de  prefque  toute  la  Paleftine.  Son  témoignage  eft 
appuyé  de  celui  d’un  hiftorien  Arabe ,  auteur  grave  ôc  exact,  qui  a  écrit  la  vie. 
de  Salàdin  dont  il  avoit  toute  la  confiance,  6c  qu’il  accompagna  dans  la  plu¬ 
part  de  fes  expéditions.  Voici  ce  que  rapporte  ce  dçrnier  hiftorien  bi  »  Saladin  «  b  jsoWù»  vit. 
ayant  raflcmblé  toutes,  fes  forces,  rangea  fon  armée ,  Ôc  s’avança  vers  les  en- 
nemis,  qui  fur  le  bruit  de  fa  marche,  s’étoient  rendus  dans  la  campagne  de« 

Sapphora  ôc  le  territoire  dePtolemaïde.  Il  pouffa  ce  jour  là,  qui  étoit  un  Ven-  «  Lu&d- B*- 
dredi ,  jufqu’au  lac  deTiberiade ,  auprès  d’un  village  nommé  Alfobaira ,  ôc..  *v-l7ix' 
alla  camper  le  Mercredi  fuivant  en  ordre  de  bataille  au  couchant  de  la  ville  de  « 

Tiberiade  où  il  attendit  les  François.  Comme  il  vit  qu’ils  ne  faifoient  aucun  « 
mouvement*  il  attaqua  cette  ville  avec  fa  cavalerie  ,  après  avoir  laiflé  lerefte.. 
de  fes  troupes  dans  le  camp  pour  faire  tête  à  l’ennemi.  Il  emporta  Tiberiade  « 
d’emblée ,  la  pilla,  6c  y  mit  le  feu  :  mais  la  citadelle fe  défendit.  Les  Chrétiens  « 
fenfibles  à  cette  perte  fe  mettent  aufli-tôt  en  marche,  dans  la  réfôlution  d’en  « 
tirer  vengeance.  Le  fultan  averti  de  leur  deffein  s’avance  de  fon  côté.  Les  deux., 
armées  le  rencontrent  fur  le  foir  du  Jeudi  vers  le  côté  occidental  delamonta-.. 
gne  deTiberiade ,  mais  la  nuit  les  empêcha  de  rien  entreprendre.  Le  lende-  « 
main  à  l’aurore  le  combat  s’engage»  auprès  du  village  d '  Allulia,  6c  futextrê-  « 
mementfanglant pour  les  Chrétiens,  dont  lesMululmans  firent  un  horrible .. 

■carnage.  La  nuit  fepara  les  combattans,  êcles  deux  armées  demeurèrent  fous  .< 
les  armes  jufqu’à  la  pointe  du  jour  du  Samedi  fuivant  que  l’aftion  recommença... 

Les  Mufulmans  qui  avoient  le  Jourdain  derrière  eux  6c  les  ennemis  en  face  fe 
voyant  dans  la  necellité  de  vaincre,  font  alors  un  dernier  effort.  Leurs  deux  « 
ailes  donnent  de  concert  avec  le  centre  fur  les  Chrétiens ,  6c  jettent  la  terreur  « 
parmi  eux.  Le  comte  de  Tripoli  l’un  des  plus  braves 'ôc  des  plus  forts  d’entre  t> 
fes  fiens,  prévoyant  l’enticre  défaite  de  l’armée  chrétienne,  n’eut  aucun  égard  .. 
à  la  grande  réputation  de  valeur  qu’il  s’étoit  acquife  jufqu’alors  ;  Ôc  fans  fe  don-t. 
ner  fa  peine  de  fe  mettre  en  bataille  ôc  de  fe  prclèncer  au  combat,  il  prend  la  « 
fuite  dès  le  commencement  de  l’action  ôc  tire  vçrs  Tripoli.  Un  corps  de  Muful-c* 
mansfe  met  à  fa  pourfuite  ,  mais’il  fe  fauve  feul  :  enlorte  que  par  fa  retraitée. 
l'armée  Mufulmane  ri  a  plus  rien  À  craindre  ni  de  lajufe ,  ni  de  la  malice  de  ce  capi-u 
Alors  le  fultan  ayant  renfermé  les  Chrétiens,  comme  dans  les  toiles  d’un  » 
chaffeur,les  taille  en  pièces.  Une  partie  d’entr’eux  veut  chercher  fon  fàlut  dans  « 
la  fuite:  mais  ils  font  pourfuivis  fi  vivement,  qu'il  n’en  échappe  pas  un  feul.  Les  « 
autres  fe  réfugient  fur  une  colline  auprès  du  village  d’Hittin.  Les  Mufulmans.. 
les  environnent ,  ôc  ayant  mis  le  feu  aux  forêts  voifines  ,les  forcent  enfin  à  fe  .< 
rendre  volontairement.  Les  principaux  furent  mis  aux  fers,  Ôc  le  refte  fut  maffa~« 
cré  ou  fait  efclave.  Le  soi ,  Geoffroy  fon  frere,  êcc.  demeurèrent  prifonniers.  « 

Quant  »ux  autres  chefs ,  voici  quel  fut  leur  fort.  Le  comte  de  T ripoli  «  après  «  7* 

fon  arrivée  dans  cette  ville ,  mourut  de  pleurefie  par  une  punition  divinp.  Le .. 
fultan  condamna  à  mordes  maîtres  des  Hofpitaliers  ÔC  des  Templiers,  ôcc. .. 

On  voit  par  le  témoignage  de  ces  deux  auteurs  contemporains ,  6c  par  celui 
de  quelques  autres  hiftoriens<*  Arabes,  le  peu  de  fonds  qu’on  doit  faire  fur  db  ers  «irorairç, 
auteurs  pofterieors  ,  qui  accufent  le  comte  de  Tripoli  d’avoir  livré  en  cette 
occafion  l’armée  chrétienne  à  Saladin  par  une  trahifon  des  plus  noires  :  crime 
horrible  ,  auquel  ils  ajoutent  des  circonftances  qui  font  .également  deshono¬ 
rantes  pour  fa  mémoire  ,  6c  que  la  plupart  de  nos  modernes  ont  adoptées  fans 
beaucoup  d’examen  -,  mais  il  eft  aifé  *  de  le  juftifier  fur  tous  les  chefs  d’accufa-  e  mj 

tion  qu’on  a  formez  contre  lui. 

Ce  prince  après  la  funefte f  bataille  de  Tiberiade,  fe  retira  d’abord  à  Tyr  çomtin.ouiU, 
avec  le  fils  du  prince  d’Antioche,  6c  quelques  autres  feigneurs  qui  avoient 
échappé  de  la  défaite.  Saladin  parut  bientôt  devant  cette  place  *  mais  n’ofant  ^‘S09. 
l’attaquer  ,  il  afliegea  6c  prit  Sidon ,  Ôc  alla  enfuite  mettre  le  fiege  devant  Gi- 
blet  6c  le  château  de  Boterin  qui  appartenoientau  comte.  Celui-ci  voyant  que 
les  infidelles  dcfoloient  fes  états  6c menaçoient  Tripoli,  fe  rendit  par  mer  dans 
Tome  II,  Mmmij 


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_ 4*>  HIST.  GEN.  DE  LANGUEDOC.  Liv.XVlI. 

Àn.i  148.  cette  ville  dans-le  defleinde  la  défendre  ,  mais  il  mourut  quelque  tems  âprèl 
Jf*  cn  duel,  ou  d’une  pleurcfic,fuivant  l'autre  hiftorien  a  qu’on  a  déjà  cité. 

Ce  comte  décéda  fans  pofterité ,  8c  en  lui  finit  fa  branche  ,  à  laquelle  'Ber¬ 
trand  comte  de  Touloufe  fon  bifayeul,  avoir  donné  l’origine.  11  fit  ion  heritier 
Raymond  fon  filleul,  fécond  fils  du  prince  d’Antioche,  qui  jouît  depuis  de  tous 
lès  domaines.  Ce  jeune  prince  étoit  de  la  maifon  des-  comtes  de  Poitiers  ducs 
d’Aquitaine,  &arriere-petit-fils,  par  Raymond  prince  d’Antioche  fon  ayeul,de 
Guillaume  IX.  duc  d’Aquitanie ,  &c  de  Philippe  de  Touloufe.  Il  laifla  à  fa  mort 
le  comté  de  Tripoli  à  Boëmond  IV.  fon  frere,  qui  unit  ce  comté  à  la  princi¬ 
pauté  d’Antioche ,  &  tranfmit  l’un  &c  l’autre  à  les  defeendans ,  qui  les  pollède- 
rent  jufqu’à Boëmond  VII.  décédé  fansenfansen  1187. 

Si  nous  en  croyons  Huguesde  S.  Cire,  qui  a  écrit b  vers  l’an  1115.  la  viedes 
•  *71*5". p°ctes  Provençaux ,  la  comteflè  de  Tripoli  veuve  de  Raymond  II.  embraflà  la 
‘  profeflion  religieufe  après  la  mort  du  comte  fon  époux.  Voici  ce  qu’il  rapporte 
là-deffus  dans  la  vie  du  poëte  Geoffroy;  Rudels.  «  Geoffroy  Rudels  ,  dit-il, 
»»  natif  de  Blaye,  fut  grand  gentilhomme  & prince  de  Blaye.  Il  devint  amoureux 
»  de  la  comteflè  deTripo)i,lur  le  feul  rapport  que  lui  firent  de  fa  perfonnelespe- 
«lerins  qui  venoient  d’Antioche.  Il  compofa  pour  elle  diverfes  chanfons,& eût 
«un  fi  grand  defir  de  la  voir ,  que  pour  le  fatisfaire  il  fè  croifa  &  paflàlamer. 
»  JLa  maladie  s’étant  mife  dans  le  vaiiïèau  durant  le  voyage,  Geoffroy  en  fut 
«attaqué,  &  arriva  fort  malade  à  Tripoli ,  où  il  fe  mit  dans  une  auberge.  La 
«  comtefle  informée  du  fujet  de  fon  voyagod’alla  voir,  ce  qui  rétablit  un  peu  lès 
«  forces  ;  mais  bientôt  après  il  expira  entre  fes  bras, content  de  l’avoir  vue.  Cettë 
«princeflèle  fit  inhumer  dans  la  maifon  duTemple,  &  pénétrée  de  douleur  de' 
*  n ojiraJam.  „  fa  mort,  elle  prit  l’habit  religieux.»  Jean  *  de  Noftradamus  rapporte  à  peu  prés 
*es  m^mes  circonflanccs  ,  &  en  ajoute  plufieurs  autres  qui  font  très-douteu. 
y«î-  fes.  Il  prétend  entr’autres  que  Geoffroy  Rudels  étoit  feigneur  de  Blieux  en 

Provence,  au  lieu  de  Blaje  auprès  de  Bourdeaux  j  il  ajoute  que  Geoffroy  duc 
de  Bretagne  fils  de  Henri  II.  roi  d’Angleterre  le  retint  quelque  tems  à  fa  cour. 


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Levee,  dici’icijt  de  Toulouse  par  Henri  IJ .  I\oij  dAn^Ulorre' . 

HISTOIRE 

GENERALE 


D  E 


LANGUEDOC 


L  1  V R  E  D  J  X-HV  1  T I E  ME. 


:  s  A  Y  m  o  N  d  V.  n’avoit  que  quatorze  ans  lorfqu’il  An.  1x48. 

i  N  fucceda  à  Alfonfe-Jourdain  fon  pere.  Il  herica  de  cous  Ete*due  du 

rr  &.J.  fes  domaines,  &  fe  qualifia  comme  lui ,  comte  de  T  ou-  domaine  de 

<  Pi  iuc  de Na;*°™e \ &rxis dï.p/°.vence- Ei?  ^ua-  ssii. 

;  I  iTYg  lite  de  comte  de  Toulouie,  il  pofiedoit  outre  le  do-  loufç. 

R  mai  ne ,  foie  direct ,  foit  fuzerain  de  tous  les  païs  com- 

;  fhÎM  pris  dans  la  province  ecclefiaftique  de  cette  ville, les 

\  artr^M‘-*  comtez  particuliers  d’Albigeois  ,  de  Querci  &  de 

*  '“r'  .  Rouergue.  Le  duché  de  Narbonne  lui  donnoit  une  au- 

'  torité  fuperiedre  fur  toute  l’ancienne  Sepcimanie , 
compoféedes  diocèfes  de  Narbonne,  Beziers,  Agde  ,  Carcaflbnne,  Lodeve, 
Ma^uelonne,  Nifmes  &  Ufèz.  Il  pollèdoit  de  plus  la  plupart  des  comtez 
particuliers  de  cette  province ,  entr’autres  ceux  de  Narbonne  &  de  S.  Gilles. 

Enfin  fous  le  nom  de  marquis  de  Provence  ,  il  dominoit  fur  tous  les  païs  ficuez 
entre  le  Rhône ,  l’Iiere  ,  les  Alpes  8c  la  Durance.  Il  cft  aife  de  juger  par  ce 
détail  de  lapuillance  de  ce  prince  ,  8c  qu’il  pouvoit  ledifputer  aux  plus  grands 
vaffaux  de  la  couronne  Sc  au  roi  même  ,  dont  le  domaine  particulier  étoit  bien 
moins  étendu. 


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An.  j  148, 


11. 

ËvéqucsdtVi* 
vicrs.Ilsfcfou- 
metrcnt  à  l’a u- 
torict*  Hcs  em¬ 
pereurs  dont  ils 
obtiennent  di¬ 
vers  privilèges, 
a  V.NOTE  /. 


bKKOteXK 

*•3* 

ePr.^.3J?. 


11 49 

.X. 


Aid. 


f  P.  Vap  Md 
*nn  üji.B.j. 

g  Petr.Vtner. 

i.j.  tf.*. 


HISTOIRE  GENERALE 

On  a  vu  ailleurs  que  les  prcdeceflfeurs  de  Raymond  étendoient  auflî  leur 
domination  fur  l’Auvergne ,  le  Périgord ,  le  bas  Limoufin,  l’Aftarac,  l’Age-» 
nois,  leVivarais  ,1e  Velay  6c  le  Gevaudan.  Il  ne.paroît  pas  qu’Alfonfe  pere 
de  ce  prince,  nilui,ayent  renôncé  à  leurs  droits  fur  ces  païs  :  leur  autorité  y 
fut  cependant  fort  affoiblie ,  tant  par  les .  prétentions  des  comtes  de  Poitiers 
ducs  d’Aquitaine ,  que  parle  loin  qu’eurent  les  évêques  de  Viviers,  de  Mende 
&  du  Puy ,  de  fe  fervir  de  diverfes  conjonctures  favorables  pour  étendre  leur 
domaine  temporel  dans  leurs  diocèfes,  donc  ils  acquirent  enfin  les  comtez  par. 
ticuliers.  L’évêque  de  Viviers  profita  entr’autres  de  la  minorité  du  comte 
Raymond  V. 

Ce  prélat  nommé  Guillaume  fe  trouvoic  proche  parent  de  l’empereur 
Conrad  III.  qui  fe  prétendant  heritier  du  royaume  de  Provence  ,pofïcdé  par 
l’ufurpateur  Bofon ,  dominoit  de  l’autre  côté  du  Rhône,  par  la  condefcen. 
dance  ou  la  foiblefle  de  nos  rois ,  dont  le  droit  fur  cette  ancienne  portion  de 
la  monarchie  étoit  inconteftable a.  Les  prédeceffeurs  de  Conrad  avoient  borné 
leur  autorité  jufqu’alors  à  la  gauche  du  Rhône  5  car  quoique  l’ancien  royau¬ 
me  de  Provence  s’étendît  en  deçà  de  ce  fleuve  êc  comprît  les  diocèfes  de 
Viviers  6c- cTUfez,  ces  deux,  pais  avoient  été  réunis  à  la  couronne  vers  l’an 
910. b par  les  princes  delà  maifon  deTouloufe,  qui  en  pofTederent  les  comtez 
•particuliers  jufques  à  la  fin  du  XL  fiecle ,  que  Raymond  de  S.  Gilles  Ber¬ 
trand  Ibn  fils  améj  étoient  encore  maîttês  de  la  ville  &  du  comté  de  Vi¬ 
viers c.  Durant  l’abfence  de  c  es  deux  princes,  qui  moururént  à  laTer/eLfainœ, 
êe’les  troubles  arrive*  dans  la  province  à  l’avenemeor  d’Alfonfe-Joardain 
ôucofnté  deTouloufe ,  les  év&qucs  de  Viviers  qui  avdient  leurs  Vues ,  rtcormi. 
rtntrla  fouverainetô  des  empereurs  d’Alleihagne.  Enfin  Àlfonfe  étant  tïiort 
auflîàlaTerre-fainte  en  1 148.  êc  Raymond  V.  fon  fils  étant  alors  en  bas  âge, 
G uiüaumeLévêque de  Viviers  acheva  dans  cette  ciïconftanee  cç  que  fespréde- 
celfeurs  avoient  commencé,  6c  tâcha  non-feulement  de  fe-fcuftraireWt  à-fait 
de  la  dépendance  des  comtes  deToulotrfe ,  mais  encore  de  s’crfger  en  feul 
feigneur  de  fa  ville  épifcopale.  Il  s’adrefla  pour  cela  à  l’empereur  Conrad  fon 
parent,  qui  ravi  de  trouver  une  occafioh  d’étendre  fon  pouvoir  à  la  droite 
de  Rhône,  lui  accorda  d’autant  plus  volontiers  fa  demande  ,  qu’il  ne  lui  en 
coutoit  rien  de  fon  domaine.  Ce  prince  donna  donc  à  Guillaume,  ôc  aux 
'  évêquesdeVfviers  fe*  fucfeflèurs.  par  undipïome-  daté  del’anneë  1 149 U  JC. 
de  fon  régné ,  les  droits  régaliens  fur  cefte  ville  ,  la  iponnoye  &  le  peagefur 
les  grands  chemins  ôc  fur  le  Rhône  ,  6c  enfin  le  château  de  Donzere  fîtué  de 
l’autre  côté  de  ce  fleuve.  Les  évêques  de  Viviers  ne  fe  concernèrent  pas  de 
poflèder  en  vertu  de  cette  concdlion  le  domaine  de  leur  ville  épifcopale,  ils 
prétendirent  encore  dans  la  fuite  étendre  leur  domination  fur  le  refte  de  leur 
diocèfe  }  ce  qui  occafionna  de  grands  différends  entr’eux  ôc  les  comtes  de 
Touloufe.  Enfin  ces  prélats  fe  regardèrent  depuis  comme  vaflaux  de  l’empire, 
jufqu’à  ce  que  les  rois  S.  Louis  6c.  Philippe  le  Bel  les  obligèrent  à  reconnoître. 
leur  fouveraineté  ,  comme  nous  le  verrons  ailleurs. 

Guillaume  L évêque  de  Viviers  ne furvêcut 'pas  long-temsaxfprivilegequ’il 
avoit  obtenu  de  l’empereur  Conrad  :  Thomas  lui  avoit  déj^faccedft  tfpisanî 
après,  comme  il  paroît  par  le  cartuluire  dans  lequel  il  fit  tranfcrircüesaptiçnnes 
chartes  de  fon  églife ,  ôc  qui  eft  daté  de  l’année  u  j  2.  U  A^JV'.dÜTegne  diConradf 
Ce  prince  mourut f  le  1 5. de  Février  de  la  même  anriée.G’efkdèli’unou .del’aufté 
de  ces  évêques  de  Viviers,  6c  plus  vraifemblablement. du  premier-,  qu’&  wufe 
parler  Pierre  le  Venerable  abbé  de  Cluni,  dans  une  lettre  8  qu’il  écrivit  au  {Wfé 


qui  s  croît  cieve  entre  les  eveques- 
de  la  Chaife-Dieu  ,  touchant  la  dépendance  du  rrionaftere  de  S.  Bauûic  de 
firmes,  avec  ordre  de  lui  faire  enfuite  leur  rapport.  »  L’archevêque  d’Ar- 
»  les ,  dit  l’abbé  de  Cluni  dans  cette  lettre,  eft  natif  du  diocèfe  de  Niûnes  :  il 
?>a  cté  offert  dans  fa  jeuneffe  à  la  cathédrale  de  cette  ville,  ôcenaetécha- 
>j  noine.  Ayant  pafle  enfuite  fucceffivement  à  l’évêché  d’Agde  ôc  à  l’archevcché 
»  d’Arles,  il  a  toujours  embraffé  avec  chaleur  les  intérêts^  l’évêque  de  N&. 


\ 


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DE  LANGUEDOC.Liv.XVIH. 


465 


jfles.  Quant  à  l’évêque  de  Viviers,  il  eft  véritablement  religieux  de  Chtûi  3  «An.  h+9‘ 
mais  outre  qu’il  a  été  long-tems  voifin  de  la  ville  de  Nifmes,  avant  que  « 
d’être  évêque  8c  depuis  qu’il  l’eft  ,  il  eft  lié  par  une  étroite  amitié  8c  par  le  « 

(àiig  avec  l’évêque  de  cette  ville.  «  Celui-ci  nommé  Aldebert  ou  Albert , 
étoit  fils  de  Raymond-Decan  feigneur  d’Ufez  8c  de  Pofquieres.  Pierre  le  Vé¬ 
nérable  dit  enfuite  au  pape,  qu’il  efpere  que  la  fainteté  maintiendra  l’abbaye 
delà  Chaife-Dieu  dans  l’autorité  qu’elle  avoir  depuis  fi  long-tems  fur  le  mo- 
naftere  de  S.  Baufile,  dontl’églife  8c  les  bâtimens  ne  font  devenus  confide- 
rables ,  ajoute-t-il ,  que  par  les  dépenfes  immenfes  qu’elle  y  a  faites,  étant  ré-* 
duic  auparavant  à  une  extrême  pauvreté.  Cet  ancien  monafterc  fubfifte  en-* 
core  aujourd’hui  fous  la  dépendance  de  l’abbaye  de  la  Chaife-Dieu  :  mais  de¬ 
puis  les  ravages  des  Calvimftes ,  8c  l 'introduction  des  commcndes  ,  il  eft  dans 
un  état  encore  plus  déplorable  que  lorfqu’il  fut  uni  à  cette  abbaye. 

Guillaume  II. avoir  déjà  fuccedé  *en  n  54.  à  Thomas  II.  évêque  de  Viviers,  oCciunb.ih  * 
&  Raymond  d’Ulcz ,  frere  d’Aldebert  évêque  de  Nifmes,  à  Guillaume  II.cn  r  ü*iuhr.nov. 
j  1 57.  L’empereur  Frédéric  I.  accorda  un  privilège  aux  habitans  de  Viviers  «*<•«•  l  f  »5' 
fous  l’épifcopat  du  même  Raymond  ,  qui  reconnoifloit  par  conféquent  la  fou- 
veraineté  de  ce  prince  lur  fa  ville  épilcopale  3  ce  qui  n’empêchoit  pas  qu’il 
n’eût  des  liaifons  crès-étroites  avec  le  roi  Louis  le  Jeune  :  il  traite  en  effet  ce 
roi  defeïzneur  &  d'ami  dans  une  lettre1»  qu’il  lui  écrivit  vers  l’an  1160.  en  b  Ducb.to.^ 
faveur  de  l’abbaye  de  Tournus  fur  Saône  alors  défolée  cpar  fon  abbé ,  qui  f"c  ^Gill.chr. 
s’étoit  enfui  après  l’avoir  ruinée.  Raymond  d’Ufez  évêque  de  Viviers  le  qua- 
lific  dans  cette  lettre  on: le  du  comte  de  Tonloufe  :  ce  prélat  étoit  par  conlé-  dv.KOTEt. 
quenc  d  frere  de  Faydide  mere  de  Raymond  V.  comte  de  cette  ville. 

Un  des  premiers  foins  de  ce  prince,  apres  avoir  luccedéà  Alfonfe-Jourdain  A<vc* JJjéc  de 
fonpere,  fut  de  gagner  la  bienveillance  de  fes  principaux  vafiaux  ,  pour  les  Béziers.  Ray- 
engager  par  là  à  ne  rien  entreprendre  contre  lui  pendant  fa  jeunelTe.  Ce  fut 
4ns  doute  par  ce  motif  ,  qu’il  jura  c  folemnellement  à  Roger  vicomte  de  termine  Tes 
Carcaflonne,  de  n’attenter  ni  contre  fa  vie,  ni  fur  fes  domaines,  8c  de  l’aider  1d,i^c“ds(î‘eve‘. 
contre  cous,  excepté  contre  fes  propres  vaffàux.  Scies  freres  de  ce  vicomte.  Monu'ban. 
Raymond  fit  ce  ferment  dans  une  grande  alTembléequi  fe  tint  à  Beziers  dans 
l’églife  delaMagdelaine,  le  Lundi  z.  Mai  de  l’an  1149. fous  le  règne  du  roi 
Louis  qui  étoit  alors  à  Jerufalcm  ,  ôc  à  laquelle  fe  trouvèrent  Rigaud  évêque 
d’Albi,  Aldebert  évêque  de  Nifmes  ,  Pierre  évêque  de  Lodeve,  Bernard  Pclet 
comte  de  Melgucil  ,  Sic.ird  vicomte  de  Lautrec  ,  Sicard 'Sc  Guillabert  de 
Lauran,  Richard  de  Lille,  Bermond  d’Ufez,  8c  pluneurs  autres  feigneurs  de 
marque. 

Amelius  abbé  de  S.  Theodard  ou  Audard  de  Montauban  affift.tauffï  à  cette 
aflèmblée,  8c  paffa  alors  une  tranfaction { avec  Raymond  comte  de  Touloufe  au  (Caluhr-““^ 
fujet  des  différends  que  ce  monafterc  avoir  eus  avec  Alfonfe-Jourdain  fon  pere  Mon- 

touchant  laconftrudion  de  la  ville  de  Montauban  ,  8c  qui  n’avoient  pû  encore  ,aub*nFV,& 
être  terminés  à  caufe  du  voyage  8c  de  la  mort  de  ce  prince  dans  la  Terrc-fainte.- >n% 

Le  comte  Raymond  céda  par  cet  accord  à  Amelius  8c  à  fes  religieux ,  la  moitié 
du  domaine  8c  de  la  juftice  de  Montauban,  dont  il  fe  réferva  feulement  le 
château  :  il  leur  céda  auffi  les  terres  que  l’abbaye  poflèdoit  avant  la  conftru- 
dion  de  la  ville ,  la  moitié  du  lieu  de  Villemade ,  8c  de  toutes  les  autres  terres 


&  feigneuries  ficuécs  au  voifinage  de  ce  lieu ,  entre  le  Tarn  8c  l’Aveiron ,  8c  la 
moitié  de  ces  deux  rivières.  Il  leur  donna  de  plus  toutes  les  églifcs  qu’on  bâti- 
rok  dans  la  fuite  dans -ce  canton,  8c  exempta  l’abbaye  de  tous  droits  8c  de¬ 
voirs  envers  lui  8c  fes  fucceileurs ,  avec  permidion  à  l’abbé  d’obliger  les  habi¬ 
tans  de  Montauban  quiavoient  abandonné  l’ancienne  ville  de  Montauriol , 
d’y  revenir  &  d’y  demeurer  pendant  quinze  ans  fans  être  tenus  de  rien  payer. 

Roger  de  Beziers  vicomte  de  Carcaifonne,  Sicard  vicomte  de  Lautrec,  Sicard 
de  Lauran  8c  deux  autres;  feigneurs  furent  garands  de  cette  convention ,  qui 
çft  datée  de  Beziers  un  Vendredi  du  mois  de  Mai  de  l’an  1149. 8c  qui  fut  paffée 
çn  prefence  de  .Bermond  cvcque  de  ccttc  ville ,  de  Bermond  d’Ufez, de  Richard 
de  Lille,  Scc.  Le  comte  de  Touloufe  fit  un  voyage  la  même  année  à  Ufez,  8c 
v  préfida  à  uh  plaid  tenu  au  fujètrdcs  démêlez  qui  s’étoient  renouveliez  entre  g 
l’évêque  & les  feigneurs  de  cette  ville,  '  •-  ‘  ».  s»,  , 


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_ _ HISTOIRE  GENERALE  : 

ÀN.<u-4p.  Dans  le  cems  de  l’aflemblée  de  Beziers  ,  Raymond  Trencavel  vicomte  de 
Retour  du  cette  v*Ne  n’étoit  pas  encore  revenu  de  la  Terre-fainte ,  où  il  avoir  acconi- 
vicomteTrcn-  pagne  a  le  comte  Alfonfe- Jourdain.  A  fon  retour  il  palla  à  Rome  ,  ÔC  obtint 
ff!vcl  de  u  au  mois  d’Odobreb  de  l’an  1 149.  du  pape  Eugene  III.  la  permillion  de  faire 


h  Titr.Vtncr. 
il, J. 


Archevêques  conftruire  une  chapelle  dans  fon  palais ,  qui  ne  feroit  pas  fujette  à  l’interdit, 
<k  Narbonne,  -à  moins  qu’il  n’y  eût  de  la  faute  de  la  part  ou  des  liens.  Eugene  écrivit  là. 

deffus  de  Grotta-Ferrata,  lieu  litué  auprès  de  Frafcati,  à  Bermond  évêque 
de  Beziers ,  ôc  le  pria  de  permettre  la  conftru&ion  de  cette  chapelle,  ôc  de  la 
bénir ,  fauf  les  droits  de  fon  evlife. 

Ce  prélat  étoit  de  la  maifon  de  Levezon  ou  Levenon  ,  ôc  avoir  luccedé  à 
Arnaud  de  Levezon  archevêque  de  Narbonne  fon  proche  parent,  qui  étoit 
•«  v.Tetr.vemr.  alors  parvenu c  à  une  extrême  vieillelTe.  Arnaud  réforma  d  le  chapitre  deNar* 
^  d 'cuîimtm  b°nne ,  dont  les  chanoines  qui  avoient  embralTé  la  réglé  de  S.  Auguftin  ,  corn¬ 
as*.  mençoient  à  décheoir  de  la  ferveur  de  leur  inftitut  :  il  régla  *  en  1149.  un 
*ùNmt! Ngl  différend  s’étoit  élevé  entr’eux  Ôc  le  facriftain  au  fujec  des  lits  de  ceux 
qui  fe  faifoient  inhumer  dans  le  cimetière  de  la  cathédrale  :  il  adjugea  ceux 
f  *guir.'»ncii.  des  clercs  aux  chanoines,  2c  ceux  des  laïques  au  facriftain.  On  prétend  fque 
wfb “>•  i-f-  je  pape  Innocent  II.  lui  écrivit  en  1140.  ôc  à  l’évêque  d’Elne ,  pour  leur 
enjoindre  d’empêcher  que  les  barons  de  la  province  de  Narbonne,  ôc  leurs 
officiers,  ne  vexaflent  les  ccclefiaftiques  :  mais  cette  lettre  eft  du  pape  Inno¬ 
cent  IV.  2c  non  pas  d’innocent  II.  Ce  n’eft  pas  que  les  fèigneurs  leculiersne 
maltraiuflènt  l’églife  de  Narbonne  fous  l’épifcopat  d’Arnaud,  comme  il  paroît 
irr.f.fii.  en  particulieij>arle  différend  qu’eut  ce  prélat  g  en  1145. avec  les  châtellains de 
Sigean  fes  vaffaux,  qui  prétendoient  qu’après  la  mort  des  archevêques  les  meu¬ 
bles  2c  les  effets  de  ce  château  leur  appartenoient. 

1 n  Ft/rMoer .  Arnaud  h  étoit  dans  le  deffein  de  fe  démettre  de  l’archevêché  de  Narbonne 
à  la  fin  de  fes  jours,  de  fe  retirer  à  Cluni,  2c  d’y  embraffêr  l’état  monaftique,1 
pour  vaquer  plus  à  loifir  aux  exercices  fpirituels  :  mais  il  n’executa  pas  ce  def- 
i  oui  AU.  fèin.  Il  fit  fon  teftament  »  le  Vendredi  28.  de  Septembre  de  l’an  1149.  ôcchoific 
fa  fépulture  dans  l’églife  de  S  Paul  où  il  fonda  un  anniverfaire,  11  en  fonda  un 
autre  dans  fa  cathédrale,  ôc  fit  de  grands  biens  i  ces  deux  églifes.  11  donna  le 
château  de  Monteil  à  Arnaud  archidiacre  fon  neveu ,  2c  légua  fes  Sarafins ,  c’eft  i- 
dire  les  efclaves  qu’il  avoir  de  cette  nation,  à  l’évêque  de  Beziers.  Il  laiflatouc 
lereftede  fes  domaines  à  fon  fucceffeur,  ôc  mourut  deux  jours  après. 

Pierre  abbé  de  S.  Gilles  lui  fucceda.  Il  pofïedoit  depuis  l’an  1131.  cette  ab¬ 
baye  ,  dont  il  foûtint  les  intérêts  après  fon  élévation  à  l’archevêché  de  NarJ 
k  rw,(.&  bonne,  parle  témoignage  k  qu’il  rendit  âvec  Raymond  évêque  d’Apt  au  mois 
J>i'  d’Octobre  de  l’an  1151.  comme  ayant  été  prefens  lorfque  le  comte  Raymond 

fur  fon  départ  pour  Jerufalem  ,  céda  à  ce  monaftere  tous  les  droits  qu’il  préten. 
doit  fur  la  ville  de  S.  Gilles.  Aldebert  évêque  de  Nifmes,  ôc  les  principaux  ha- 
bitans  de  S.  Gilles, parmi  lefquels  il  y  en  a  deux  qui  fè  qualifient  confuls,  furent 
prefens  à  ce  témoignage,  fuivant  lequel  il  paroît  que  l’archevêque  de  Narbonne 
Ôc  l’évêque  d’Apt  qui  le  rendirent,  étoient  déjà  religieux  de  cette  abbaye  dès 
l’an  1095. 

Pierre ,  peu  detems  après  fon  éledion  à  l’archevêché  de  Narbonne,  eut  un 
1  Cmcii.to.io.  différend 1  avec  les  abbezde  la  Grafîeôc  de  S.Pons  qui  mettoient  des  Curez  dans 
jesparojfles  de  leurs  dépendances  fans  fa  participation ,  ôc  communiquoient  avec 
ceux  qu’il  avoit  excommuniez.  Le  pape  Eugene  III.  à  qui  il  en  porta  fes  plain¬ 
tes  ,  écrivit  diverfes  lettres  à  ces  deux  abbez ,  ôc  leur  ordonna  de  fe  conformer 
touchant  le  premier  article  aux  canons  du  concile  de  Clermont  tenu  fous  le 
pontificat  d’Urbain  II.  Quant  au  fécond,  il  leur  défendit  de  recevoir  ceux  qui 
^voient  été  excommuniez  par  l’archevêque.  Eugene  étendit  cette  défenfeà 
v.  tous  les  religieux  du  diocèfe  de  Narbonne  ,  ôc  confirma  en  1 153. m  les  privilèges 
•^mtcUcde*  de  cette  églife  en  faveur  du  même  archevêque,  qui  obligea  en  1155-  le  fei- 
Narbonne  é-  gneur  de  Fonjoncoufe  ,  fon  vafïal ,  à  fe  départir  du  droit  quïl  avoit  ufurpé ,  de 
couics'nôccs  s’emParer  des  meubles  ôc  du  revenu  de  ce  .château  pendant  la  vacance  du  fie ge 

d»fc.  Comme  Pierre  archevêque  de  Narbonne  fe.dityf/r  de  Sibylle  fans  quelques 

Str  ’  adtes,  un  auteur  «conjecture  de  là  que  ce  prélat  étoit  frere  de  Pierre  .(il  dévoie 

dire 


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dire  de  Bernard)  d’Andufe,  qui  le  die  auffi  fils  de  Si. 'y  lie ,  &  qu’Ermengarde  An. 1149, 
viccmteffe  de  Narbonne epouia en  fécondes  noces.  Cette  conje&ure,  qui  paroît 
fondée,  prouveroic  que  la  vicomtelle  Ermengarde,  après  avoir  perdu  le  comte 
Alfonfe  fon  premier  mari,  qu’elle  avoir  épouie  en  n+z.  6c  donc  elle  n’eue  point 
d’enfans ,  s’éroic  déjà  remariée  avec  Bernard  d’Andufe  dès  l’an  114  J.  11  n’y  a 
pas  lieu  de  douter  en  effec  que  ceccedame,  qui'demême  que  lès  prédeceffeurs, 
avoir  beaucoup  de  parc  à  l  eledion  des  archevêques  de  Narbonne ,  n’aie  favo- 
rife  celle  de  Pierre  abbe  de  S.  Gilles }  ce  qu’elle  aura  fait  à  caufe  de  leur  allian¬ 
ce  ,  laquelle  aura  été  par  confequent  anterieure.  Quoi  qu’il  enfoit,  il  eft  certain  a  CMtl  mtm 
du  moins  que  cette  vicomteflé  époula  le  feigneur  d’Andufe ,  comme  il  parole 
par  un  hommage1  lans  date,  rendu  »  à  Bernard  d’Andufe  fils  de  Sibylle,  6c  «  *| z* 

i  Ermengarde  vicomtclTe  de  Narbonne  fa  femme.»  O11  prétend  b  que  Bernard  mii/md'â». 
écoicfils  de  Raymond  II.  d’Andufe,  &  petit  fils  de  Bernard  dont  ileftfaicmen* 
tion  dans  le  te(tamentc  de  Guillaume  V.  feigneur  de  Montpellier  de  l’an  1114.  £Pr-P-S9°& 

Bermond  de  Levezon  évêque  de  Beziers  ne  furvêcut  pas  long-tems  à  Ar-  vr. 
naud  archevêque  de  Narbonne  fon  parent  :  nous  n’avons  d  rien  de  lui  après  cl°n^!‘adJi  « 
l’an  1149.  6c  Guillaume  lui  avoir  déjà  fuccedé  en  1151.  Bermond  donna  en  dcBcz:«s&de 
114J.  l’églife  de  faince  Theodofie,& en  ii4!?,conjointemcntcavecfes  chanoines, 
celle  de  S.  Sernin  hors  la  ville  de  Beziers ,  à  l’hôpital  de  Jerufalem ,  pour  fèrvir 
de  demeure  aux  freres  de  cet  hôpital ,  avec  pouvoir  d’y  celebrer  l’office  divin5  c«ii.ihno. ». 
à  condition  toutefois  qu’on  n’y  recevToit  que  ceux  qui  après  avoir  renoncé  à  ^Vazv//*’ 
leurs  biens ,  s’y  confacreroient  à  Dieu  i  qu’on  n’y  adminiftreroit  les  facremens  ^-4 
qu’aux  mêmes  freres  Hofpicaliers  ou  à  leur  famille,  &  qu’on  n'y  enter-  40<:‘ 
reroit  perfonne  qu’eux  ,  fans  la  permiffion  de  l’évêque  6c  de  Ion  chapitre.  C’eft 
là  l’origine  de  la  commanderie  de  Beziers  de  l’ordre  de  Malte.  Raymond 
abbé  de  S.  Guillem  du  Défert ,  &  fin  chapitre  ,  firent  quelques  années  après, 
une  donation  *  confidcrable  à  l’hôpital  de  S.  Jean  de  Jerufalem  -,  &  Pierre  g  évê¬ 
que  de  Lodeve  lui  donna  en  1157.  l’églile  de  S.  Julien  6c  de  S.  Vincent  de  P-h- 
Nebian  dans  fon  diocèfe  ,  où  on  établit  une  commanderie. 

L’évêché  d’Agde  vaqua  auffi  vers  l’an  1149.  par  la  mort  de  l’évêque  Ermen- 
gaud  ,  qui  par  Ion  teftamene  h  daté  du  mois  de  Septembre  de  cette  année  ,  h  archives  <u 
laiffa  entr’autres  à  Bernard  écuyer  de  fon  frere  Raymond,  de  quoi  être  fait  r«w  asue. 
chevalier ,  &  fit  des  legs  à  cous  les  prêtres ,  à  cous  les  diacres,  6c  aux  pauvres 
d’Agde.  II  fait  mention  de  Berenger  abbé  de  S.  Sever  d’Agde ,  fon  neveu , 
fils  de  fa  fccur  Rixindc,  6c  de  plufieurs  autres  de  fes  parens. 

On  a  déjà  remarqué  ailleurs  que  Guillaume  Vl.feigneur  de  Montpellisr  avoir 
déjà  embraffela  profelfion  monaftique  dès  l’an  1149.  Nous  trouvons  la  preuve 
de  ce  fait  dans  un  acte  ‘  du  mois  de  Juillet  de  cette  année,  par  lequel  Guillau-  de  Montpd- 
me  VII.  fon  fils  6c  fon  fucceffèur  obtint  de  la  comteffe  Beatrix ,  fille  &  heritiere  lier; 
de  Bernard  comte  de  Mclguc il,  moyennant  la  fomme  de  crois  mille  fols  Melgo-  ^ 
riens ,  la  confirmation  de  la  renonciation  au  droit  de  naufrage ,  que  ce  der¬ 
nier  avoit  faite  autrefois  en  faveur  des  habitans  du  comté  de  Maguelonne  & 
de  Subftantion.  Il  eft  marqué  à  la  fin  de  l’acte,  qu’il  fut  paflé  en  prefence  d’ Er- 
meffinde  merc  de  Guillaume  feigneur  de  Montpellier  qui  avoit  déjà  renoncé  au  fiecle , 

&  de  Guillcmctte  fille  de  la  même  Ermcfiinde  &  merc  de  la  meme  comteffe  Beatrix. 

Bernard  Pelet,  comte  de  Melqueil ,  6c  mari  de  cette  derniere,  confirma  cette 
renonciation  avec  elle.  Guillaume  VII.  fe  brouilla  k  vers  le  même  rems  avec  k  a*r.f,r.pnf. 
Raymond  évêque  de  Maguelonne  ,  au  fujet  des  églifes  de  Montpellier  dont 
il  prétendoit  nommer  les  curez  6c  les  prêtres  :  mais  le  pape  Eugene  III.  lui 
ayant  écrit  là-dellùs  le  9.  d’Avril  de  l’an  1150  il  fe  defifta  de  les  prétentions 
moyennant  une  fomme  que  les  prieurs  de  ces  églifes  lui  donnèrent. 

Guillaume  d’Omelas,  oncle  paternel  de  ce  feigneur,  maria  au  commen¬ 
cement  1  de  l’an  iijo.  Tiburge  fa  fille,  qu’il  avoit  eue  de  Tiburge  comteffe 
d’Orange  fa  femme  m,  avec  Aymar  de  Murviel  feigneur  de  confideration  dans  J'^'v  KQ7E 
le  diocèfe  de  Beziers  ,  qui  donna  quinze  gentilshommes  de  fes  parens  6c  xxxviin.  10. 
de  fes  amis,  pour  garands  du  douaire  qu’il  alfigna  à  fa  nouvelle  époufe.  Ray¬ 
mond  Trencavel  vicomte  de  Beziers  6c  d’Agde  ^  feigneur fuzerain  d’Aymar ,  fut 
prefent  à  ce  contrat  de  mariage ,  6c  l’autorifa  :  il  écoit  par  conféquent  alors 
de  retour  de  laTerre-fainte. 

Tome  II.  Non 


KG  al.  chr. 
nov.id.to.é. 


VIL 

Guillaume 
VII.  ûei  teneur 


ï  I  JO. 

1  tr.p  flg.fr 


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4  55 


HISTOIRE  GENERALE 


IX. 

Fondation  des 
abbayes  de 
Villelongue  & 
de  Riunede  au 
diocèfe  de 
Carcailonoe. 

Im- 


An.  x  i  yo.  Ce  vicomte  avoit a  en  ce  tems.là  un  fils  nomme  Roger,  de  Saure  fa  femme  j 
Secood maria  ce  clu*  ^a*c  v0*r  ^  av°ft  perdu ,  depuis  quelque  tems  ,  Adélaïde  qu’il  avoir 
ge du  vicom-  époufée  en  premières  noces  ;  il  eut  de  celle-ci  une  fille  appellée  Cecile  dont  nous 
Tiencav°iDd'  Parlerons  bientôt.  On  ignore  également  de  quelle  maifon  étoient  ces  deux  fem- 
a  p r.p.'jj.  mes  de  Trencavel  j  car  c’etl  fans  aucun  fondement  que  les  uns b  font  la  fécondé 
b  BtjfcCarctjf.  de  la  maifon  de  Touloufe,  que  les  autres  c  prétendent  qu’elle  étoit  fœur 
<BaUx..Auvtr.  &  A Ifonfe  leChafie  roi  d' A  rayon.  Tout  ce  qu’on  peut  affûrer,  c’eft  que  Saure 
**.7.168.  étoit  fille  ou  veuve  d’un  comte  ,  puifqu’ellc  prend  le  titre  de  comteffe  dans 
tous  les  actes ,  du  vivant  de  Trencavel  fon  mari ,  qui  ne  fc  qualifia  jamais  que 
vicomte,  mais  dont  la  maifon  étoit  cependant  aufiï  diftinguée  6c  auifi  puiflante 
que  celle  d’aucun  comte  du  royaume.  Ce  vicomte  Ôc  Roger  fon  frere  com- 
iPr.p. ptoientden  effet  au  nombre  de  leurs  vaflaux ,  les  vicomtes  de  Minerve,  6c plu, 
fieurs  autres  feigneurs  de  marque ,  tels  que  ceux  de  Saiffac  8c  de  Vintron. 

Le  vicomte  Roger ,  frere  de  Trencavel ,  donna  au  mois  de  juillet  de  l’an 
1150. e  à  l’abbaye  de  Bonnefont  de  l’ordre  de  Cîteaux  au  diocèfe  de  Commin- 
ges ,  tout  ce  qu’il  poffedoir  dans  le  territoire  de  Compagne  ,  avec  le  bois  neceH 
faire  pour  y  conftruire  un  monaftere ,  8c  plufieurs  pâturages.  Cette  donation,  & 
celle  f  que  divers  gentilshommes  du  pais  avoient  déjà  faite  dès  les  mois  de 
Mai  8c  de  Juin  de  l’an  1149.  à  Bernard  de  Compagne  religieux  de  Bonnefont, 
donnèrent  occafion  à  cette  fondation  ,  qui  fut  faite  dans  le  diocèfe  de 
tuwu»»***'  Carcaffonne,  entre  les  deux  ruiiléaux  cfc  Sor  8c  de  Lampi,au  pied  delà  mon. 

1 1  >1^.  cagnc  N0ire ,  au  voifignage  de  Saillie ,  il  vers  les  frontières  du  Touloufain. 
Ifarn. Jourdain  feigneur  de  Saiffac  ,  fut  un  des  principaux  bienfaiteurs  de  ce 
nouveau  monaftere.  Il  ctoit  déjà  décédé  en  1151.  il  laiffa  de  fa  femme  Guille. 
mette  trois  fils ,  Ifarn-Jourdain  ,  Jourdain  ,  8c  Guillaume- Bernard  ,  dont  le 
dernier  fefit  religieux  à  Compagne  en  1158.  Bernard  abbé  de  Valfeguieroude 
g  Pr.itiJ.  Montolieu  contribua  aulfià  la  fondation  de  cette  abbaye  g,  dont  les  bâtimens 
étoient  achevez  d  la  fin  de  l’an  1150.  elle  étoit  alors  gouvernée  par  un  prieur 
kG4i1.ebr.ntv.  nommé  Arnaud,  lequel  prenoit  la  qualité  d’abbé  au  mois  d’Août  de  b  l’an 
td.it.uf.uis'  irj,.Un  gentilhomme  nommé  Bernard  de  Callillon,  donna  l’année  fuivante au 
monaftere  de  Compagne ,  en  prefence  de  Guillaume  de  Montpellier  moine ,  le  vil- 
lage  de  Villelongue,  qui  en  étoit  diftant  de  deux  lieues  vers  le  midy.  La 
fituation  de  ce  village  étant  beaucoup  plus  commode  ,  elle  donna  lieu  aux 
religieux  de  s’y  transférer  bientôt  après  j  ce  qui  étoit  déjà  exécuté  en  ji6j. 
comme  il  paroîtpar  les  donations  que  firent  cette  année  Ifarn-Jourdain,  8c Ber- 
trand  de  Saiffac  ,  8c  quelques  autres  feigneurs,  à  Pierre  abbe  de  Bonnefont, 
8c  à  Guillaume  Raymond  abbé  de  S.  Jean  de  ViUelonyte.  Telle  eft  l’origine  de 
cette  abbaye ,  qui  eft  de  la  filiation  de  Morimond  ,  êc  de  la  dépendance  im¬ 
médiate  de  Bonnefont.  Celle  de  Riunede  qui  lui  étoit  foumife ,  fut  fondée  pour 
^Arch,.JeJ^i  des  filles  de  Tordra  de  Cîteaux  vers  Tan  n6i.k  dans  le  même  diocèfe  de  Careat 
fonne,  vers  les  confins  de  celui  de  Narbonne,  à  deux  lieues  de  l’abbaye  de 
S.  Hilaire,  8c  à  fix  de  celle  de  S.  Polycarpe.  Le  monaftere  de  Ruinede  ayant 
été  ruiné  au  XVI.  fiecle  par  les  Calviniftes,  fut  réuni  à  celui  de  Villelongue; 
il  en  fut  féparé  au  milieu  du  dernier,  8c  transféré  dans  la  ville  de  Carcaffonne,  où 
il  fubfifte  encore  aujourd’hui. 

La  donation  que  le  vicomte  Roger  fit  à  l’abbaye  de  Compagne ,  fut  une  des 
fcitfon  demieres  actions  de  fa  vie.  Il  tomba  malade  1  peu  de  tems  après  à  Fanjaux, 
‘  8c  y  fit  fon  teftament  le  Vendredi  onzième  d’Août  de  Tan  nyo.  en  prefence 
de  Pons  évêque  de  Carcaffonne ,  8c  de  plufieurs  de  fes  vaflaux.  Il  avoit  été 
marié  deux  fois  ;  la  première  m  avec  Adélaïde  fœur  de  Baudouin  feigneur  de 
Pons  en  Xaintonge  *  8c  la  féconde  avec  Bernarde  fille  de  Bernard  IV.  comte 
de  Comminges  qu’il  avoit  époufée  en  1159.  8c  qui  lui  furvccur.  Comme  il 
n’avoit  point  d’enfans  d’aucune  de  ces  deux  femmes ,  il  laiffa  tous  fes  domai¬ 
nes»,  qui  confiftoient  principalement  dans  les  vicomtez  de  Carcaffonne  ,  de 
Rafez  8c  d’Albi ,  à  Raymond  Trencavel  fon  frere  vicomte  de  Beziers  Sc 
d’Agde.  Il  choifit  fa  fépulture  parmi  les  chevaliers  du  Temple ,  fans  défigner 
l’endroit  où  il  vouloit  être  inhumé.  Il  reftitua  quelques  domaines  dont  il  s  ctoit 
emparé  ,  i  Téglifede  Carcaffonne,  6c  le  village  de  Cafillac  à  l’abbaye  de  la 
Graffe  $  il  abolit  le  droit  qu’il  levoit  fur  le  fel,  &  d' autres  mauvais  ufaçes  què 


bayt  di  Riunc 
di. 


X. 


icfùmenc  & 
meuitfans  cn- 
fans. 

1  Pr./M  3<>.£ 
Jtq. 

m  V,  NOTE 
XXII.** 

n  Pr.iHd. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVIII.  4S7  _ _ 

lui  ou  Ton  pere  avoient  établis }  St  ordonna  à  Raymond Trencavel  fon  frere  u<o. 
de  rendre  au  comte  de  Foix  quelques  villages ,  à  la  charge  que  ce  dernier  lui 
payeroit  la  fonime  de  fept  mille  fols  Melgoriens,  pour  laquelle  il  les  avoit 
engagez,&  lui  feroit  juflice  au  fujet  delà  ville  de  Mirepoix  qu‘il lui  dctenoit  inju- 
flement.  Enfin  il  charge  le  même  Trencavel  de  donner  à  la  vicomtellê  Bernarde 
la  femme ,  la  fomme  de  dix  mille  fols  Melgoriens  ,  avec  la  moitié  de  fcs 
meubles ,  excepté  l’or  St  l’argent ,  St  de  lui  rendre  fa  dot ,  à  condition  qu’elle 
renonceroit  à  les  droits  fur  les  châteaux  qui  lui  avoient  été  a/fignez  pour  fon 
douaire.  Le  vicomte  Roger  mourut  J  le  lendemain  12.  d’Aouc  à  Fanjaux.  tvr.ibu. 
Raymond-Trencavel  fon  frere  exécuta  fïdellement  fa  volonté  ,  St  rellituâ  à 
l’abbaye  de  la  Grade  le  village  de  Cafillac ,  par  un  acte  b  daté  du  Mardy  17.  b  p.  j*r.  ©• 
de  Janvier  de  l'an  irjo.  St  par  conféquent  de  l’an  1151.  fuivant  notre  manière 
de  compter. 

La  difpofition  tedamencaire  de  Roger  caufa  de  la  divifîon^ntre  les  deux  xr. 
freres,  Raymond  Trencavel  vicomte  de  Beziers,  St  Bernard- Aton  vicomte 
de  Nifmes.  Le  dernier  qui  avoit  été  exclus  de  la  fucceffion,  prétendit  y  avoir  Bem.irJ.Aton 
part.  Enfin  les  deux  freres  s’accordèrent c  le  13.  de  Novembre  de  l’an  iijo.  par  ^'“rdcnr'uir 
l’entremile  de  Riga,ud  évêque  d’Albi  ,  St  de  quelques  feigneurs.  Raymond-  fa  'rucceMou"* 
Trencavel  céda  à  Raymond  la  ville  d'Agde ,  St  toute  la  partie  du  diocèfe  de  Do,l,J,nc  de 
cette  ville  fïtuée  à  la  gauche  de  l’Eraut ,  St  fe  réferva  le  relie  du  diocèfe.  Il 
lui  donna  de  plus  la  fomme  de  trente  mille  fols  Melgoriens ,  à  raifon  de  qua-ftii- 
rante-fèpt  fols  &:  demi  par  marc  d’argent.  Moyennant  cette  ceifion  Bernard- 
Aton  renonça  en  faveur  de  Trencavel ,  à  toutes  les  prétentions  qu’il  avoit  fur 
la  fucceffion  de  leur  pere  Roger  St  de  leur  frere.  Ils  convinrent  en  mêmetems, 

1°.  Qu’on  ne  fabriqueroit  aucune  monnoye  dans  le  dioccfe  d’Agde,  &  que 
celle  de  Beziers  y  auroit  cours.  2e.  Qu’ils  fè  fuccederoient  l’un  à  l’autre  en  cas 
que  l’un  des  deux  vînt  à  décederfans  enfans  légitimés.  Enfin  après  s’être  pro¬ 
mis  par  ferment  de  s’entr’aider  envers  tous  St  contre  tous ,  St  d’executer  fidel- 
J.ement  cet  accord  ,  .ils  fe  donnèrent  de  part  St  d’autre  des  otages,  St  vécurent 
depuis  en  bonne  intelligence.  Le  domaine  de  Trencavel  fut  réduit  par  là  aux 
vicomtez  de  Carcaffonne,  Rafcz  ,  Beziers  St  Albi  5  St  Bernard.Atoneutpour 
fa  part  celles  de  Nifmes  St  d’Agde. 

Bernarde  fe  retira  fans  doute  après  la  mort  du  vicomte  Roger  fon  mari,  auprès 
de  Bernard  comte  de  Comminges  fon  pere.  On  allure  d  que  ce  dernier  fut  tué  Commues! 
la  même  année  1150.  auprès  de  S.  Gaudens  ,  St  inhumé  dans  l'abbaye  de  AA"iebiflv>t. 
Bonnefont  qu’il  avoit  fondée.  Bernard  fut  le  IV.  f  comte  de  Comminges  de  ‘o,h'n.n°.utr. 
fon  nom.  On  lui  attribue  auffi  la  fondation  de  l’abbaye  de  Feuillans  dans 
l’ancien  diocèfe  deTouloufe  ,  St  aujourd’hui  dans  celui  de  Rieux.  Il  Jaifia  x'xu.n  ?g°™ 
de  Dias  de  Muret  fa  femme  piufieurs  enfans  dont  on  a  déjà  parlé  ailleurs.  On  H- 
prétend  f  que  Bernard  fon  fils  aîné  mourut  jeune  St  avant  lui ,  St  qu’Odon  fon  f  *»£•&<*. 
fécond  fils  luifucceda  immédiatement.  Noiîs  voyons  cependant  en  1/5-3.  un 
Bernard  g  comte  de  Comminges,  auquel  fon  fils  Dodon  avoir  déjà  fuccedé  /<*/.. 
au  commencement  de  l’an  n  66.  Il  faut  donc  que  le  pere  du  comte  Dodon 
fût  fils  de  Bernard  IV.  St  le  V.  comte  de  Comminges  de  ce  nom.  On  veut  hAnr  , 
aulfi  que  Roger,  de  qui  on  fait  defeendre  les  vicomtes  de  Confêrans  de  la  p.  g  J!" 
roaifon  de  Comminges,  ait  été  fils  de  Bernard  IV.  mais  d’autres  '  croyent  que  ioaurnUU. 
ce  Roger  premier  vicomte  de  Confêrans,  n’étoit  que  petit-fils  de  Bernard  IV.  7  *JJle'ane 
Dans  le  même  tems  que  Raymond-Trencavel  s’accorda  avec  Bernard-  A  ton  Tteaavei  & 
fon  frere  fur  la  fucceffion  du  vicomte  Roger  leur  frere,  il  fit  un  traité  avec  Je  ü’c 

comte  de  Barcelone.  Pour  mieux  comprendre  ce  qui  y  donna  occafion  ,  il  Le  premier re. 
faut  reprendre  les  chofes  de  plus  haut.  Depuis  que  le  vicomte  Bernard-Aton  eut  cuuu"lt  ,J 
fournis  k  vers  l’an  1122.  la  ville  deCarcailonne,  que  Raymond- Berenger  III.  rautrc'iürli'ae 
comte  de  Barcelone  lui  avoit  enlevée  par  furprifè,  deux  ans  auparavant ,  ce  de  ic* 
vicomte  St  Roger  fon  fils  jouirent  paifiblement  de  cette  ville,  de  fon  comté  ,  p^"ulJ1D”’j„u 
de  celui  de  Ralèz  St  du'païs  de  Lauraguais  ,  fur  lefquels  le  comte  a  voit  came  Je  Tou- 
des  prétentions,  dont  on  a  parlé  ailleurs,  Bernard-Aton  &  fon  fils  après  avoir  Jetfu 
fecoué  le  joug  de  ce  prince  ,  fe  maintinrent  dans  la  pofTeffion  de  tous  ces  1. 
pais,  fous  la  protection  d’Alfonfe-Jourdain  comte  de  Touloufe  ,  avec  lequel  ^ 
ils  s’unirent  très. étroitement,  St  qu’ils  rcconnoilfoient  1  pour  leur  fuzerain.  Lesp.^j.^  "'J.' 

T  me  IJ,  N  n  n  ij 


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C 


463 


HISTOIRE  GENERALE 


An.  1150.  diverfes  guerres  que  Raymond-Berenger  III.  &  Raymond. B crenger  IV.  foù 
fils  St  Ton  fucceffeur  eurent  à  foutenir,  tant  en  Efpagne  contre  les  Sarafins, 
qu’en  Provence  contre  les  feigneurs  de  la  maifon  de  Baux,  ne  leur  permirent 
pas  de  faire  valoir  leurs  droits  fur  ces  difFerens  païs.  La  mort  d’Alfonfe-Jour. 
dain  comte  de  Touloufe  ,  protecteur  de  la  maifon  de  Baux  ,  &  les  nouvelles 
victoires  que  Raymond-Berenger  IV.  remporta  en  1148.  fur  lesinfidelles ,  parla 
•  Mm. üifP.  prife  de  Tortofe,  ayant  rendu  ce  dernier  plus  formidable,  Raymond  *  de 
*Beucb^,n'  ®aux>  mar*  fi’fitiennecte  de  Provence  ,  tante  maternelle  de  ce  prince,  l’alla 
14.fr  crouver  à  Barcelone  St  lui  demanda  la  paix.  Le  comte  de  Barcelone  &  le  jeune 
/*??•  comte  de  Provence  fon  neveu  reçurent  fa  fourmilion  ,  &  ce  feigneur  étant 
mort  peu  de  tems  apres ,  ils  fe  rendirent  en  Provence  au  mois  d’Aoutde  l’an 
1150.  ôc  convinrent  d’un  traité  au  mois  de  Septembre  fuivant  avec  Eriennettefa 
veuve  St  fes  fils ,  qui  leur  cederent  toutes  les  prétentions  qu’ils  avoient  fur  cette 
partie  de  la  Provence  qui  étoit  échue  à  Raymond  Berenger  111.  par  le  par¬ 
tage  qu’il  avoit  fait  de  cette  province  avec  Àltonfe.Jourdain  comte  de  Tou* 
loufe.  En  conféquence  la  même  Etiennerte  ,  Hugues  de  Baux  fon  fils  aîné,  St 
fes  autres  fils,  prêtèrent  ferment  de  fidelité  pour  le  château  de  Trinquetaille 
auprès  d’Arles,  à  Raymond-Berenger  IV.  qui  fe  qualifie. dans  l’acte  comte  de 
Barcelone  ,  prince  d' Aruyin^  &  m.irquis  de  Provence ,  St  au  jeune  comte  de  Pro¬ 
vence  fon  neveu. 

Raymond-Berenger  ayant  terminé  heureufement  cette  guerre  ,  qui  jufqu’a- 
lors  lui  avoit  donne  beaucoup  d’embarras ,  tourna  fes  vîtes  du  coté  de  lîav- 
mond-Trencavel ,  frere  St  heritier  du  vicomte  Roger,  St  en  cette  qualité  pof- 
felîeur  du  Carcaflez ,  duRafez,  St  du  Lautaguais,  St  réfolut  de  l’alîujettir.  Il 
ne  paroît  pas  que  Trencavcl  fe  foit  mis  en  état  de  défenfe  5  St  foit  qu’il  ne  fe 
fentît  pas  allez  fort  pour  réfiiter ,  foit  qu’il  eut  alors  quelque  démêlé  avec  le 
jeune  comte  de  Touloufe  fon  feigneur,  il  abandonna  les  intérêts  de  ce  prince, 
Si  fe  fournit  entièrement  au  comte  de  BarceIone.Celui-ci.par  un  traité  qu’ils  firent 
l>Pr./>.j34.£  enfemble  à  Narbonne  b  au  mois  de  Novembre  de  l’an  1150.  lui  donna  en  fief  les 
villes  Scies  païs  de Carcallonne  St  de  Rafez,  le  château  de  LauragSc  leLau- 
raguais ,  St  toutes  leurs  forterelTes  St  dépendances  >  c*ed-à-dire  tout  l’ancien 
domaine  delà  maifon  de  Carcallonne  ,  que  la  vicomtelle  Ermengarde  ayeule 
maternelle  de  Trencavel  avoit  vendu  en  1067.  St  iojo.z  Raymond-Berenger  h 
comte  de  Barcelone  ,  bifaycul  de  Raymond-Berenger  IV.  Trencavel  fit  enfuite 
hommage  à  ce  dernier  pour  tous  ces  païs,  St  pour  celui  de  Termenois.  C’ell 
ainfi  que  les  comtes  de  Barcelone  après  avoir  perdu  depuis  près  de  trente  ans 
la  fuzeraineté  qu’ils  s’étoient  acquilë  fur  cette  portion  delà  province,  la  recou¬ 
vrèrent  enfin  ;  car  pour  le  domaine  utile  ou  direct ,  il  paroît  par  divers  mo- 
numens,  que  Trencavel  le  conferva  entièrement.  Nous  voyons  en  effet  en- 
«M4 a-&fiî-  tr’autres,  qu’il  tint  un  plaid  c  affidé  de  Pons  évêque  de  Carcaflonne  &de  plu- 
fieurs  de  fes  valfaux  ,  pour  terminer  les  différends  qu’avoient  enfemble  les  fei¬ 
gneurs  du  château  d’Auriacen  Lauraguais  qui  fe  faifoient  la  guerre.  Ce  vi¬ 
comte  s’allia  quelque  tems  après,  &,  à  ce  qu’il  paroît,  par  l’entremife  du  comte 
de  Barcelone,  avec  Roger-Bernard  comte  de  Foix  ,  qui  avoit  fuccedc  alors  au 
comte  Roger  III.  fon  pere. 

xiv.  Quelques  auteurs*1  prétendent  que  ce  dernier  mourut  en  1144.  Il  ed  cer* 


fiiTuUïiccde  emPare*  11  elt  vrai  due  lacte  de  cette  reititution  elt  date  de  l’an  1144. 
y  époufcCecî-  ed  évident  qu’on  doit  le  rapporter  à  l’an  1145. tant  Par  l’épade  St  le  concur- 
ic liiie JcTieu-  rent,  que  par  le  pontificat  d’Eugene  lll.  qui  y  ed  marqué.  On  n’a  d’ailleurs 
a ]vlrc.Béarn.  aucune  preuve  que  Roger  III.  foit  mort  avant  l’an  1149.  On  raconte  1  à  Ion 
p. 710.  fujet  diverfes  fables  aufquellcs  nous  ne  nous  arrêterons  pas. 

Roger-Bernard  reçût  S  peu  de  tems  après  la  mort  du  comte  Roger  IIL  fon 
cVr./Mio-d'  pere,  l’hommage  des  feigneurs  deMircpoix.  Il  redkua  h  en  1149.2  1  eglife  de 
{'o’h*  hifl  *S.  Antonin,  à  Raymond  évêque  de  Touloufe  qui  en  etoit  abbe ,  St  auxcha* 
foix*1  ‘  noines  qui  la  delTervoient ,  le  village  de  Fredelas  où  elle  etoit  firuée,  le  château 
£M»Tc»ihü.  avec  je  village  ancien  St  nouveau  de  Pamiers  qui  étoit  tout  auprès,  Si  toutes 
fa les  autres  dépendances  de  l’abbaye,  de  la  même  mamere  que  le  comte  Roçcr 


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DE  LANGUED'OC,  Liv.  XVÎIL  469  _______ 

fin  pere  en  avoir  fait  reftitution  en  Ton  temps.  Roger-Bernard  fe  fournit  en-  A  N.i  i  jo» 
fuite  ,  en  cas  d’infraction  de  fa  part ,  à  l’anathemc  dont  les  papes  Urbain  &Pa£ 
chai  II.  &le  cardinal  Gautier  avoient  frappé  le  comte  Koger  fon  ayeul.  D’unau* 
tre  coté  Raymond  évêque  de  Touloule,  en  qualité  d’abbé  de  S.  Antonin  j 
pour  empêcher  ce  comte  Sc  fes  fuccefleurs  de  s’emparer  de  nouveau  du  domaine 
de  l’abbaye,  leur  donna  avec  fes  chanoines,  la  garde  Sc  la  défenfe du  château 
dePamiers,  du  village  de  Frcdelas ,  Sc  de  tous  leurs  autres  biens  ,  avec  la 
moitié  des  droits  féodaux  Sc  de  la  juftice,  à  quelques  réferves  près  Enfin  Ro¬ 
ger-Bernard  lui  prêta  ferment  de  fidelité  à  cette  occafion.  C’eft  là  l’origine  du 
pareage  de  la  ville  de  Pamiers  entre  les  abbez  ou  les  évêques  leurs  fuccelTeurs , 

Sc  les  comtes  de  Foix,  qui  l’obfervercnt  régulièrement,  &  le  confirmèrent 
dans  la  fuite.  Cet  a&e  nous  donne  à  peu  près  l’époque  dd»la  fondation  de 
cette  ville,  laquelle  a  été  formée  dans  là  naillance  du  village  de  Fredelas , 
du  château  de  Pamiers,  Sc  de  deux  villages  voifins,  qui  s’étant  aggrandis  dans 
la  fuite ,  n’ont  compofé  qu’un  feul  corps  fous  le  nom  de  Pamiers. 

L’alliance  que  Raymond-Trencavel  contracta  avec  Roger-Bernard  comte  . 

de  Foix ,  fut  cimentée  par  le  mariage  de  ce  dernier ,  avec  Cecile  fille  de  l’autre ,  1 1  y  1 . 

Sc  d’Adelaïde  fa  première  femme.  Roger-Bernard ,  par  un  aéte  a  daté  du  1 1.  * 
de  Juillet  de  l’année  11  ji.  la  JCIV.  du  régné  de  Louis ,  donna  d’abord  à  Cecile, 
del’avis  du  comte  de  Barcelone,  fon  feigneur  &  fon  oncle ,  la  jouilïance  du  do-  mu  Je  Fax. 
maine  qu’il  polTedoit  dans  le  diocefe  de  Carcaiîonne  ,  Sc  qui  comprenoit  les 
lieux  d'Arfens ,  Alairag,  Preixan  Sc  Foncian.  Cet  acte  eft  foufcric  après  le 
comte  de  Barcelone,  par  Berenger  Sc  Guillaume- Arnaud  deBeziers,  Pierre- 
Raymond  de  la  Liviniere,  Artaud  de  Caftelnau  ,  Guillaume  de  S.  Félix,  Ray- 
mond-Aton  d’Hauterive,  Raymond  de  Dun,  Sc  Guillaume  de  S.  Sernin.  Deux 
jours  après  on  palîa  le  contrat  de  mariage  ,  par  lequel  Raymond-Trencavel 
donna  en  dot  à  Cecile  fa  fille  ,  la  femme  de  dix  mille  fols  Melgoriens,  fça- 
voir  cinq  mille  en  deniers  ,  &  cinq  mille  en  fols  ;  les  deux  châteaux  de  fainteGa- 
velle  Sc  de  Montaut,  la  part  qu’il  avoit  au  bois  de  Bolbonne,  Sc  tout  le  do¬ 
maine  qu’il  polïcdoit  depuis  la  colline  d’Alfapans  jufqu’à  l’Ariege.  Il  déclare 
en  même  tems  ,  entre  les  mains  &  fous  la  foi  du  comte  de  Barcelone  fon  feigneur , 
que  s’il  vient  à  décéder  fans  enfans  mâles  légitimés,  Cecile  la  fille,  le  comte 
de  Foix ,  Sc  leurs  enfans  lui  fucccderont  dans  la  ville  de  Carcaiîonne  Sc  le 
Carcaflèz,  dans  le  Rafez ,  dans  tour  le  domaine  du  Touloufain  qui  dépen- 
doit  de  Carca(Ionne%  Sc  qui  comprenoit  le  Lauraguais  ,  Sc  dans  la  ville  de 
Beziers  Sc  le  Bcdcrez.  Enfin  par  un  acte  léparé  Roger-Bernard  afiigne  le 
même  jour  pour  douaire  à  Cecile  fa  femme  les  châteaux  de  Pamiers  Sc  de 
Beaupuy  avec  leurs  dépendances  ,  de  la  moitié  de  fes  antres  domaines  *  il 
donne  par  le  même  acte  le  comté  de  Foix  au  premier  enfant  mâle  qui  naîtra 
de  ce  mariage,  Sc  déclare  que  s’il  n’en  a  point ,  ni  de  quelqu’autre  femme, 
les  filles  qu’il  aura  de  Cecile  hériteront  entieremcnc  de  lui.  L’acte  eft  foufcric 
par  Raymond  de  Durban  &  Raymond  de  Vergnole. 

Ces  actes  font  voir ,  iu.  Que  c’eft  lans  aucun  fondement  qu’un  genealogifte  XV. 
moderne  b  donne  pour  femme  à  Roger-Bernard  comte  de  Foix,  une  prétendue  ro^mounolt 
Cecile  de  Barcelone ,  ne  faifant#ainfi  qu'une  feule  perfonne  deXimene  de  Bar-  icj comte  de 
cclone,  Sc  de  Cecile  de  Beziers,  l’une  mere  de  Roger-Bernard,  Sc  l’autre  fa  ^'t*cl°eunccP°ut 
femme.  i°.  Que  ce  comte  reconnoifl'oit  alors  celui  de  Barcelone  pour  fon  fei-  bs.np.fft. 
gneur.  Un  hiftorien  c  Catalan  prétend  que  ces  deux  princes  s’étoient  brouillez 
auparavant  au  fujet  de  quelques  châteaux  -,  que  Je  comte  de  Foix  le  défendit  Barcei.i.  *.«, 
d’abord  par  la  force  contre  le  comte  de  Barcelone  &  le  comte  de  Provence  ,6U 
fon  neveu  quil’avoient  attaqué  5  qu’il  fit  enfin  la  paix  avec  eux  au  mois  de  Mai 
de  l’an  nyi.  qu’il  leur  remit  par  le  traité  qu’ils  firent  enfemble,  les  châteaux 
d 'Eyras  êede  Foix  j  qu’il  les  prit  enfuite  en  fief  du  comte  de  Barcelone,  Sc  qu'il 
donna  à-ee  prince  la  fomme  de  dix  mille  fols  pour  le  dédommager  des  frais 
de  la  guerre.  Cet  auteur  cite  en  general ,  pour  preuve  de  ce  fait ,  un  titre  qui 
fe  trouve  dans  les  archives  royales  de  Barcelone,  mais  il  auroit  du  le  rap¬ 
porter  -,  car  nous  avons  lieu  de  douter  de  fon  exactitude  .  Il  donne  en  effet  le 
nom  de  Gui  au  comte  de  Foix ,  tandis  qu’il  eft  certain  qu’il  fe  nommoit  Roger- 
Bernard.  D’ailleurs  il  dit  que  cette  guerre  fe  palîa  en  Provence  ,  où  il  paroît 


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470 


HISTOIRE  GENERALE 


*  K  NOTE 
*n.i 3. 

XVI. 


C  Arsh.de  l’abb. 
de  Eonl\roiÀt . 


An.  1151 .  mettre  le  château  de  Foix  j  mais  nous  ne  voyons  pas  que  les  comtes  de  Foix 
ayent  jamais  poûedé  aucun  domaine  dans  cette  province.  Tout  ce  qu’on  peut 
donc  conjeélurer  de  plus  vraifemblable  fur  ce  témoignage  ,  c’eft  t“.  Que  Ro¬ 
ger-Bernard  aura  marché  en  Provence  au  fecours  des  leigneurs  de  la  maifon  de 
Baux  contre  le  comte  de  Barcelone,  fie  le  comte  de  Provence  fon  neveu  ; 
conjecture  qu’on  peut  appuyer  fur  ce  qu’il  étoit  valTal  du  comte  de  Touloufe, 
qui  foutenoit  ces  feigneurs.  z°.  Que  le  comte  de  Barcelone  ayant  alîujetti 
Trencavel  à  la  fin  de*  l’an  1150.  il  fe  fera  attaché  enlüite  à  foumettre  à  fa  do- 
mination  le  comte  de  Foix  lôn  neveu ,  fie  l'aura  obligé, 'de  gré  ou  de  force,  au 
mois  de  Mai  de  l’an  1 1 51.  à  fe  déclarer  l'on  vallal ,  tant  pour  la  partie  du  comté 
de  Foix 1 ,  fituée  depuis  le  Pas  de  la  Barre  ,  jufqu'aux  frontières  d’Efpagne ,  que 
pour  les  domainft  qu'il  pollédoit  dans  le  comté  de  Carcalfonne. 

Quoique  le  comte  de  Foix  fie  Raymond  Trencavel  euflent  reconnu  le 
Ligue  emre  comte  Barcelone  pour  leur  lèisincur  fuzerain  dans  une  partie  de  leurs  do- 

himcng.it.lc  .  Si  ....  »,  1  ,  . 

vico.meiie  Je  marnes  au  préjudice  du  comte  deTouloule,  ils  ménagèrent  cependant  ce  der- 
Ra'molîT*  n‘er>  comme  il  parole  par  le  ferment  »  mutuel  que  le  comte  Trencavel  &.  hr- 
Trcncjv.L  mcngarde  vicômtelîe  de  Narbonne  le  firent  au  mois  de  Juillet  njr.  &  par  le. 
bPr.p.Hs-é  quel  ils  promirent  de  s’entr’aider  envers  tous  fit  contre  tous  ,  excepté  contre  le 
comte  de  Barcelone  ,  le  comte  de  Touloufe  &  de  S.  Gilles  >  le  comte  de  Rodez, 
&  l’archevêque  de  Narbonne. 

Ce  ferment  nous  fait  comprendre  que  la  vicomtefle  Ermcrgarde  adminillra 
Toujours  par  elle-même  lés  domaines  du  vivant  des  deux  maris  qu’elle  epoufa 
fucceffivcment.  Nous  voyons  d’ailleurs  qu’elle  rendoit  alors  Iajultice,  comme 
il  paroît  en  particulier  par  les  aililés  c  qu’elle  tint  au  mois  de  Décembre  de 
l’an  1151.  en  prefence  de  Guiraud  de  la  Redorte,  de  Guiraud  de  Narbonne, 
fie  de  plulîcurs  autres  de  les  valîaux ,  au  fujet  d’un  différend  qui  étoit  alors  en¬ 
tre  Raymond  de  Caune,  &  Ermengaud  de  Leucate  :  or  elle  étoit  mariée  en  ce 
APr.p.f 47. ÿ-  tcms  là  ,  puifque  Guillaume  de  Durban  fie  fes  fils  lui  promirent  d  l’année  fui- 
vante  de  tenir  le  château  de  Moncferc  d’elle  ôc  de  les  enfans ,  fi  clic  en  avoit  quel¬ 
que  s -uns. 

Il  paroît  que  Bernard-  A  ton  vicomte  de  Nifmes  &  d’Agde  ne  prit  aucune  part 
aux  liaifons  de  Trencavel  fon  frere  avec  le  comte  de  Barcelone,  fie  qu’il  fit  fa 
principale  occupation  du  foin  d’adminiltrer  c  la  juftice  fie  de  conferver  fon  do¬ 
maine.  Il  donna  en  fief 1  en  1149.  de  concert  avec  Aldebert  évêque  deNifmcs, 
les  tables  qui  croient  d.vant  la  porte  rouge  de  Notre-Da*me  de  Nifmes.  Il  fit 
divcrlès  autres  inféodations  g  les  années  luivantes,  &:  donna  en  fief  en  115t. 
le  péage  du  marché  de  Nifmes  ,  du  confentemcnt  de  Guillemette  fa  femme. 
Il  fit  un  échange  h  la  même  année  avec  Hugues  de  Brodes,  qui  lui  donna  de 
Ion  côté  la  moitié  de  la  viguerie  de  Nifmes.  Pagane  fie  Matheline  fes  feeurs 
lui  cedcrent'en  iiji.  toutes  leurs  prétentions  fur  la  fuccelïîon  de  leur  pere. 
Guillaume  de  Randon ,  Pierre  de  Mercueur,  fie  quelques  autres  feigneurs  du 
Gevaudan  ,  furent  prelens  à  la  ccfiion  de  Pagane,  ce  qui  nous  donne  lieu  de 
croire  qu’elle  étoit  mariée  dans  ce  païs  ,'fie  qu’elle  n’avoit  point  d’enfans: 
l’autre  fit  la  flenne  en  prefence  d’Aldebert  fie  de  Guillaume  de  Crullol,  deGe- 
raud  de  Ballet,  tige  de  la  maifon  des  ducs  d’Ülez  ,  fie  de  divers  autres  feigneurs 
du  Vivarais.  Matheline  s’étoit  remariée  peut-être  dans  ce  païs  après  la  mort 
de  Guillaume- Arnaud  de  Beziers,  qu’elle  k  avoit  époulë  en  1105.  On1  prétend 
qu’elle  époufa  au  fins  tard  vers  l'an  rt 29.  Bertrand  V.  de  la  Tour,  fie  qu’elle 
fut  mere  de  Bernard  V.  lèigneur  de  la  Tour ,  né  quelques  années  avant  l'an  1169. 
ce  qui  n’cft  pas  pollible  ,  puifqu'il  eft  certain  que  Matheline  étoit  déjà  nubile  en 
1105.  Elle  mourut  donc  vrailcmblablemcnt  fans  enfans ,  de  même  que  fafeeur 
Pagane. 

Le  vicomte  Raymond-Trencavel  recouvra  de  fon  côté  ,  au  mois  de  Septem¬ 
bre  de  l’an  1151  une  partie  du  domaine  de  fa  maifon,  par  la  vente  m  que  lui  fit 
Gérard  ou  Guinardde  Roudillon  lôn  neveu  ,  fils  de  la  fccur  Trencavelle,pour 
la  fournie  de  cinq  mille  fols  Melgoriens,  du  château  de  Mefe  dans  la  vicomté 
d’Agde,  qui  avoit  été  donné  en  dot  à  la  même  Trcncavelle ,  lorfqu’elle  "fe 
maria  en  1110.  avccGausfred  comte  de  Roulîîllon  pere  de  Gérard.  Cette  com- 
tellè  avoit  donné  «cinq  ans  auparavant ,  avec  le  même  Gérard  fon  fils,  quife 


x  vu. 

Bernard-Aton 
vico  me  de 
Nil.ncs  ae- 
<j.iiett  l'hérita- 
gc  de  les  deux 
ilcurs  M  uheli- 
i\2  Si  IMjiu-*. 

c  Pr  p.  f  U. 
fTréf.  les  ch *rt. 
Toulouse  j*c  13. 
n.  9. 

g  Ibii.ftc  c4. 

erp  Si7.& 
ferj. 

h  Tréf  des  ch. 
ibid.jdc  u.n.i. 

i  Pr.ibid • 


i  Bj'UL.  sitlV. 
tom.if.i6?.*? 

fat' 


xviri. 

Réunion  du 
château  deMe- 
te  au  Juin  line 
de  ITeocuvcl. 
Comtes  de 
Roulîîiî  »n.  Vi¬ 
comtes  Je  Fc- 
OOüilledes. 
m  Pr.  .s  fl/* 

fa'  .  , 

o  Sïicil.to.y, 
p-l  37- 
O  tr.p.  JH. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVIÎL 


4?» 


2 


qualifioit  alors  vicomte  de  Rouffillon ,  à  l’abbaye  de  Valmagne  dans  le  diocèfe  An.iijï* 
d’Agde,  le  droit  d’avoir  un  bateau  pour  la  pefche  fur  l’étang  de  Mefe.  Cet 
a&e  pourrait  faire  croire  qu’elle  s’etoit  alors  retirée  dans  le  thâteau  de  ce 
nom  avec  fon  fils ,  Sc  qu’elle  étoit  féparée  du  comte  de  Rouffillon  fon  mari, 
qui  la  répudia  •  fous  le  pontificat  du  pape  Eugene  III.  pour  époufer  une  autre  »  Mire.  m/pi. 
femme.  Mais  il  paraît  que  cette  répudiation  n’arriva  que  vers  la  fin  de  l’an-  M0(- 
néeirji.  ou  le  commencement  de  la  fuivânte.  Nous  avons  lieu  d’inferer  en 
effet,  que  Gausfred  vivoit  encore  en  bonne  intelligence  avec  Trencavelle, 
au  mois  de  Juin  de  l’an  u  ji.  lorfqu’il  fit  donation  b  entre  vifs  en  faveur  de  ty.13 n.&fip 
fon  fils  Gérard  de  la  ville  de  Perpignan,  &  du  fief  qu’il  tenoit  du  vicomte  de 
Narbonne,  &  après  fa  mort  du  comté  de  Rouffillon}  puifqu’il  fit  cette  do¬ 
nation  en  prefence  de  Raymond-Trencavel  fon  beau-frere.  D’un  autre  côté* 
la  vente  que  fit  Gérard,  au  mois  de  Septembre  de  l’an  1151.  du  château  de 
Mefê,  prouve,  ce  femblé,  que  Trencavelle  fa  mere  étoit  alors  féparée  du 
comte  fon  pere-  Quoiqu’il  en  foit  ,  le  pape  Eugene  III. excommunia  c  Gaus-  c p.wy. 
fred  à  caufe  de  cette  répudiation  ;  Sc  le  pape  Adrien  IV.  fuccefleur  d’Eugene, 
frappa  vers  l’an  x  1 56.  ce  comte  d’un  nouvel  anatheme  «  pour  avoir  quitté  « 
fa  femme  légitimé ,  Sc  en  avoir  époufé  une  autre.  Adrien  déclare  en  même  « 
tems,  que  quand  même  la  femme  légitimé  de  Gausfred  viendroità  déceder,« 
il  ne  lui  feroit  pas  libre  d’époufer  l’autre ,  Sc.que  les  enfans  qu’il  avoit  déjà  « 
eus  de  cette  derniere,  étoient  déchus  pour  toujours  de  l’hérédité  de  leur  pere.c» 

On  voit  par  là  que  Trencavelle  vivoit  encore  en  1156.  nous  ignorons  l’épo¬ 
que  de  fa  mort.  Quant  à  celle  du  comte  Gausfred  fon  mari,  elle  arriva  le  14. 
de  Février  de  l’an  1 163.**  Il  confirma  quelque  tems  auparavant  la  donation 
u’il  avoit  déjà  faite  de  fes  domaines  en  faveur  de  Guinard  ou  Gérard  fon 
ls ,  qui  après  fa  mort  lui  fucceda  dans  le  comté  de  Rouffillon ,  nonobftant 
les  prétentions  des  enfans  que  fon  pere  avoit  eus  de  fa  fécondé  femme.  Au 
refte  Guinard  prit  /ans  doute  le  titre  de  vicomte  du  vivant  de  Gausfred  fon 
pere,  à  cau/e  du  château  de  Mefe  au  diocèfe  d’Agde  qui  appartenoit  à  fa 
mere  j  car  quoiqu’il  le  qualifiât  vicomte  de  Rouffillon  y  nous  voyons  que  la  vi¬ 
comté  de  ce  païs  appartenoit  alors  à  une  autre  mai  fon  ,  Sc  nous  trouvons  un 
a&e  e  du  milieu  du  XII.  fiecle,  dans  lequel  on  fait  le  dénombrement  des 
droits  qui  appartenoient  au  vicomte  de  Mefe.  Or  Guinard  poffedoit  alors  ce 
château,  qui  fut  réuni  en  iijï.  comme  on  vient  de  le  voir,  à  la  vicomté  d’Agde 
dont  il  avoit  été  démembré. 

Udalgarius  vicomte  de  Fenouilledes  f,  futprefent  à  la  donation  que  Gaus.  f  Msrt.Hîfpi 
fred  comte  de  Rouffillon  fit  en  ri  jr.  à  fon  fils  Guinar'd.  Il  eut  g  deux  fils  ,  em¬ 
pierra  Sc  Arnaud,  d'Ave  fa  femme,  Sc  fonda  avec  eux  en  1161.  dequoi  entre-  tf7fr'W74* 
tenir  une  lampe  dans-  l’abbaye  de  Fontfroide  :  il  vivoit  encore  en  1163.  Il  étoit 
fils  fans  doute  d’un  autre  vicomte  de  Fenouilledes  appel  le  auffî  Udalgarius,  qui 
fe  dit  fils  de  la  vicomtefTe  Matheline ,  Sc  qui  offrit  h  en  1143.  avec  la  comteffe  horch.de  rM; 
Noricie  fa  femme,  leur  fils  Girberc,  à  l’abbaye  de  S.  Pons  de  Tomieres  pour  d,s-l>on‘- 
y  être  religieux. 

Raymond Trcncavcl,  &  Sicard  vicomte  de  Lautrec  .confirmèrent  en  '  itfi.  T^Jc^clge 
la  paix  que  ce  dernier  avoit  faite  onze  ans  auparavant  avec  le  vicomte  Roger  sicard  vicom- 
frere  du  même  Trencavel.  Celui-ci  écoit  alors  en  différend  avec  plufieurs  fei-  Ksdc  La““ec 
gneursdefes  vaflaux ,  en  particulier  avec  Guillaume  de  Limous  fon  miniffre  ,  p°ix.prioci- 
touchant  la  jufticekSc  les  droics  domaniaux  de  ce  lieu  ,  qui  furenc  adjugez  aù  pauxvaiTaax 
vicomte  par  une  fentence  arbitrale.  Raymond  évêque  de  Touloufe  1  rendit,  ^>^493. & 
avec  quelques  gentilshommes  fes  affeffeurs  ,  un  pareil  jugement  vers  le  /*?. 
commencement  de  l’année  fuivânte ,  au  fujet  des  démêlez  qui  étoient  entre  le  \ 
même  vicomte ,  &  un  fèigneur  nommé  Hugues  d’Efcafré  Sc  fesfreres.  1®.  Ces 
feig  neurs  furent  maintenus  dans  la  juftice  civile  du  lieu  d'A  lionne  :  la  crimi’. 

■nelle  fut  adjugée  au  vicomte.  1®.  Il  fut  dit  que  la  ville  ou  village  de  Sorezè 
qu’ils  voulôient  transférer  ailleurs ,  fubfifteroit  au  même  endroit  fous  la  pro¬ 
tection  du  vicomte.  3®. Ils  furent  condamnez  à  reconnoître  tenir  de  lui  le  ch⬠
teau  de  Roquefort.  Enfin  Raymond-Trencavel  s’accorda  “  vers  le  même  tems 
avec  les  feigneurs  de  Cabarés  au  fujet  du  château  de  ce  nom  ,  Sc  celui  de  Sur- 


m  P-H4* 


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_ _ 473.  HISTOIRE  GENERALE  - 

An.  1151.  delpine ,  par  l’entremife  de  Pons  évêque  de  Carcaflonne  ,  de  Bernard  de  Canec, 
éc  ae  quelques  autres  de  fes  fujets . 

Ce  vicomte  reçut*  en  nji.  ôc  1153.  divers  hommages,  entr’autres  celui  des 
feigneurs  des  châteaux  d’Aniorc  ôc  de  Caftelpor  dans  le  pais  de  Sault.  Il  domi- 
noit  auûi  fur  le  pais  de  Chercorb  ,  portion  du  dioccfe  de  Mirepoix,  comme 
b  ?•  Hi il  paroît  par  l’hommage  b  de  Bernard  de  Congoft  ,  à  qui  il  avoir  donné  un 
emplacement  dans  fon  château  de  Ville  fort  pour  y  bâtir  ,  à  condition  qu’il 
adminiftrcroit  ce  pais.  Le  même  vicomte  ôc  Roger  fon  fils  reçurent  encore  l’hom. 
mage  de  Sicard  de  Laurac  c  pour  le  château  de  Montlandier  en  Albigeois } 
à  Aid.  des  feigneurs  de  Saiffac^1  pour  celui  de  Verdun  en  Lauraguais ,  ôcc.  Raymond- 
«p  H4-6y>î- Trcncavel  donna  alors  en  fief  le  château  de  d’Exalabre  ou  Chalabre  àe  Roger 
de  S.  Benoit,  ôc  celui  de  Verdale  à  Ifarn  de  Puylaurens  ôcà  Pierre  fon  frere.  Ce 
fp-U7.  dernier  époufa  en  1x51.  f  Dias  de  Faberfan.  Il  étoit  fils  ,  à  ce  qu’il  paroît,  de 
zTri[.d4,(h.  Gaulbert  de  Puylaurens,  qui  renouvella  g  en  i  149’.  à  Pons  de  Dourgne,  ÔC 
7$ui.j»c  u.u.1.  à  Alfonfe  fon  fils,  le  ferment  qu’il  leur  devoir  pour  le  château  de  Puylaurens. 
b ibuUJu un.  Ifarn  de  Dourgne  avoit  en  iiçi.  h  deux  freres  nommez  Begon  ôc  Pierre.  Ce 
détail  fert  à  nous  faire  connoître  les  principaux  vaflaux  de  Trencavel,  dont 
la  plupart  l’aiderent  dans  la  guerre  qu’il  eut  à  foutenir  contre  Raymond  V. 
comte  deTouloufc. 

~  Ce  comte  après  avoir  diffmulé  pendant  quelque  tems  la  félonie  du  vicomte, 
Capiiouis'de  réfolut  de  la  punir.  Il  écrivit  d’abord  *  à  Guillaume  évêque  de  Beziers  pour 
TouWe.  l’exhorter  à  ne  pas  permettre  que  Trencavel  ufurpât  les  droits  de  fon  égfife, 
co.nwTdc  ccttc  avec  promette  de  lui  accorder  la  même  protection 'que  fes  prédeceffeurs  avoient 
vivie  dédite  u  accordée  aux  autres  évêques,  ôc  une  plus  grande  même  s’il  étoit  polfible.  Il  le 
cavo&u'filt  Pr*e  en^n  l’avertir  quand  il  auroit  beloin  de  fon  fccours.  Raymond  mit  par 
pmonn  et.  là  le  clergé  de  Beziers  dans  lès  interets  }  ôc  pour  gagner  de  plus  en  plus  l’atfè- 
iGMUhr.to.i.  «fiion  desTouloufains  ,  il  confirma  k  en  115t.  divers  reglcmens  drelîez  par  le 
^ic,  ui  comt.  commun  confeil  de  la  ville  (fi  du  fauxbour g  de  T  ouloufe ,  avec  ordre  de  les  obferver 
fA\ à  perpétuité,  fauf  la  fidelité  du  comte.  Ces  reglemens  ont  donné  l’origine  aux 
coutumes  de  Touloufe  qui  furent  rédigées  dans  la  fuite.  Us  regardent  princi¬ 
palement  la  police  ,  la  nature  des  amendes  qui  dévoient  être  payées  par  ceux 
,  qui  cauferoient  du  dommage  daais  les  biens  d’autrui ,  ôc  enfin  la  juftice  crimi¬ 

nelle  :  la  civile  eft  réfervee  au  jugement  du  comte  (fi-  de  fa  cour ,  de  même 
que  la  punition  du  vol  ôc  des  complots  feditieux.  On  voit  à  la  fin  de  ces  re- 
*  CipuuUtii.  glemens  les  noms  de  fix  habitans  de  Touloufe  qui  fe  qualifient  *  Capitulaires , 
de  quatre  autres  qui  font  appeliez  Juges ,  ôc  enfin  de  deux  autres  qu’on  nomme 
Avocats.  C’eft-là  le  plus  ancien  monument  que  nous  ayons  où  il  foit  fait  men¬ 
tion  des  Capitulaires  de  Touloufe,  ou  magiftrats  municipaux  ,  qu’on  appelle 
aujourd’hui  Capitouls  j  terme  qui  dérive  ,  non  pas  du  Capitole  qu'on  voyoit 
dans  cette  ville  du  tems  des  Romains,  comme  quelques-uns  l’ont  voulu  faire 
croire  ,  mais  du  mot  latin  Capitulum  ,  qu’on  exprimoit  par  celui  de  Capitol 
\c»i,Uomt.  dans  l’ancien  langage  du  pais.  On  appelloit  en  effet  capitulum  1  l’aflembléedes 
fDuc^il\.p.  principaux  bourgeois  de  Touloufe  ^  ôc  comme  il  y  en  avoit  fix  d’entr’eux  qui 
714.718 .6’/#}.  préfidoient  à  i’atlémblce  du  commun  confeil  ou  du  chapitre  de  la  ville  ôc  des  faux- 
bourgs,  on  nomma  ceux-ci  Capitulant ,  Capitulant ,  ou  dominé  de  capitula ÔC 
en  langage  du  pais  les  Capitols.  Leur  fonction  étoit  la  même  que  celles  des  au¬ 
tres  magiftrats  municipaux  des  differentes  villes  de  la  province ,  qu’on  nom- 
moit  confuls.  Nous  parlerons  ailleurs  de  l’origine  des  uns  ôc  des  autres.  Le 
nombre  de  ceux  de  Touloufe  augmenta  dans  la  fuite  jufqu’a  vingt-quatre.  Il 
eft  aujourd’hui  réduit  à  huit. 

m  v*!tf.notît.  Ceux  qui  prétendent  m  que  le  nom  des  Capitouls  de  Touloufe  ,  dérive  de 
viiip.sio.  l’ancien  capitole  de  cette  ville  ,  citent ,  pour  le  prouver  ,  un  paflage  du  traité 
^  ftue  Pierre  le  Vencrable  abbé  de  Cluni  écrivit  vers  l’ân  n  3  y.  contre  les  héré¬ 
tiques  Petrobrufiens  qui  avoient  infecté  cette  ville  de  leurs  erreurs,  ôc  dans 
a  pnr.vtn.in  lequel  le  faint  abbé  n  femble  parler  du  capitole  de  Touloufe  ,  ôc  des  fenateurs 
nnbruj.  p.  ^  s>y  afiembloient  :  mais  outre  qu’on  n’a  aucune  preuve  que  l’ancien  capi- 
U6t-  tôle  de  Touloufe  fubfiftât  alors ,  ôc  que  Pierre  le  Vénérable  parle  ironique- 

vïc'h.îkid.  ment  ôc  en  orateur ,  il  eft  conftant  par  tous  les  anciens  jnonumens 0  du  tems, 

que 


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DE  LANGUEDOCLiv.XVIII. 


47! 


que  l’aflèmblée  des  principaux  habitans  de  Touloufe  au  XII.  fiecle  s’appelloic  An.ii  53. 
capitulum  :  ainli  ce  palLage  prouve  feulement  que  du  tems  de  Pierre  le  Vénéra¬ 
ble,  c’eft  à-dire  vers  le  milieu  du  même  fiecle ,  cette  ville  étoit  gouvernée  par 
des  magiftruts  municipaux.  . 

Raymond  V.réfolu  de  fe  venger  du  vicomte  Trencavel ,  lui  déclara  la 
guerre 3 ,  Te  mit  en  campagne ,  l’attaqua ,  le  fit  prifonnier  le  1  o.  d’Ociobre  de  »  c,ui  amt. 
l'an  1 1  53.  &  le  fit  renfermer  à  Touloufedans  une  étroite  prifon  où  il  le  tint 
long-tems.  Il  fit  aufli  prifonniers  Guillaume  VII.  fcigneur  de  Montpellier,  &  jeq. 
plusieurs  autres  chevaliers  dont  nous  parlerons  dans  la  fuite  :  c’eft  tout  ce  que 
nous  fçavons  de  cette  guerre.  Un  auteur  b  prétend  que  «Trencavel  ayante  hjtnJoq.t»». 
entrepris  une  courfe  furies  frontières  du  comte ,  il  s’avança  un  jour  fi  avant  « 
qu’il  fut  jufqu’aux  portes  de  Touloufe  avec  quelque  cavalerie.  Les  chevaux  ,  « 
ajoute-t-il ,  furent  fi  las  d’une  fi  longue  traite ,  qu’ils  fe  rendirent  au  retour,  « 

&  furent  caufe  de  la  perte  de  Trencavel  &  des  liens }  «  mais  il  n’apporte  aucune 
preuve  de  cette  circonftance.  On  pourroit  croire  que  le  comte  de  Barcelone 
marcha  pour  la  defenfe  de  ce  vicomte  fon  vaflàl ,  &  qu’il  fit  la  guerre  au  comte 
Raymond  dont  il  étoit  certainement  alors  ennemi ,  fur  ce  qu’avec  les  titres 
de  comte  de  Barcelone  &  de  marquis  de  Provence ,  il  prend  celui  de  duc  de 
Touloufe c ,  dans  une  donation  qu’il  fit  en  1133.  à  l’églife  de ‘Nice  :  mais  cGtii.chr.nov. 
il  paroît  que  c’eft  une  faute  de  copifte  ,  &  qu’on  a  lu  Touloufe  au  lieu  de  '  P-*19- 
Tortofc.  Nous  fçavons  en  effet  que  Raymond-Berenger  IV.  fe  qualifia  d  mar •  dA 
fuis  de  Tortofe ,  depuis  qu’il  eut  conquis  cette  ville  en  1148.  fur  les  Sarafins.  £  "■ 

Quoi  qu’il  en  foit,  il  elt  du  moins  certain  «  qu’Hugues  comte  de  Rodez  pro- 
mit  à  ce  prince  au  mois  de  Février  de  l’an  1153.  en  prefcnce  de  Raymond  de 
Canillac,  &  de  quelques  autres  feigneurs ,  de  l’aider  envers  tous  &  contre 
tous  ,  &  nommément  contre  le  comte  de  S.  Gilles  &  de  Touloufe  ,  qui  par  confé- 
quent  étoit  alors  fon  ennemi. 

Nous  ignorons  quelle  fut  la  fuite  de  cette  promefle  :  il  paroît  feulement 


d  Msrc.  Hifpm 
J  O  J.  0- 


xx  r. 

Mort  <1  Hu* 


Creixel  en  Rouergue.  Hugues  fut  le  premier  comte  de  Rodez  de  fon  nom.  fils- 
Il  étoit  vafïàl  du  comte  de  Touloufe  pour  le  comté  de  Rodez  &  la  vicomté 
de  Lodeve  ,  &  du  comte  de  Barcelone,  dont  il  étoit  proche  parent,  pour  une  f M»rul*n,e. 
partie  du  Carladois.  Il  tailla  g  trois  fils d’Ermengarde  fa  femme  ;fçavoirHu- 
eues  II.  qui  lui  avoit  déjà  fuccedé  en  1159.  dans  le  comté  de  Rodez  :  Hugues  R  A"ie 

b  r  ,  *  1  J  mi  1  •  •  i>  s  •  /*  1»  &  g*n.to 

quifuc  eveque  de  cette  ville  depuis  environ  I  an  1164.  julques  vers  1  an  mo.  y.o un.chr. 
&  Richard  qui  eut  pour  fon  partage  une  partie  delà  vicomte  de  Carlad  ,  avec  eJ-,0-u 
celle  de  Lodeve.  Ermengarde  veuve  d’Hugues  vécut  encore  long-tems  après  h  l-aLiidr. 
lui  :  elle  fe  donna  ,  avec  tous  fes  biens  ,  en  1170. b  à  l’abbaye  de  Nonenque  en  ’^-pass. 
Rouergue ,  où  elle  prit  fans  doute  l’habit  religieux.  XX[r 

Trencavel  étoit  encore  en  prifon  à  Touloufe  au  mois  d’Avril  de  l’an  1 1  5  4.  Ce  Tcft*nicur  de 
vicomte  craignant  ou  d’y  mourir,  ou  du  moins  de  n’en  pasfortir  fi-tôt  fit  alors 
fon  teftament'.  U  choifit  fa  fépulturc  dans  le  monaftere  de  Caftan  au  diocèfe  Touloufe'  h 
de  Bcziers  où  il  fonda  un  anniverfaire.  Il  fait  des  legs  aux  Hofpitaliers  &  obticnt 
aux  Templiers  de  Jerufalem  ,  &  ordonne  de  réparer  les  dommages  qu’il  V"i 
avoit  caufez  à  leurs  maifons ,  &  aux  églifes ,  durant  fa  chevauchée  en  Rouf  /'?• 
fillon.  Il  défend  d’exiger  dans  fes  domaines  d’autres  leuJcs  &  ufages  que  ceux 
qui  étoiçnt  déjà  établis  du  tems  de  Bernard-Aton  fon  pere.  Il  légué  à  Cecile 
fa  fille  aînée ,  femme  du  comte  de  Foix  ,  les  châteaux  de  Balaguier  &  de 
Chercorb,  le  pais  de  Chercorb,  cinq  mille  fols  Melgoriens,  &c.  Il  donne  à 
fa  fécondé  fille,  dont  il  ne  marque  pas  le  nom,  vingt  mille  fols  Melgoriens ,  fes 
habits,  &  quelques  domaines,  à  condition  qu’elle  époufera  Guillaume  de 
Montpellier  ;  finon  il  ne  lui  donne  que  dix  mille  fols  &  fes  habits,  .&  prie 
le  comte  de  Barcelone  de  la  marier  avec  Hugues  fils  d’Hugues  comte  de  Ro¬ 
dez,  ou  avec  quelqu’autre,  du  confcil  de  Bernard d’Andufe,  de  Guillaume 
de  Montpellier  ;  &  de  fes  vaflaux.  Il  difpofe  en  faveur  de  Roger  fon  fils,  de 
tous  fes  domaines  ,  dont  il  veut  que  fa  femme  foit  dame  fciyqeurcflc ,  tant 
qu’elle  vivra,  ajoute-t-il,  en  viduité  ,  avec  fes  enfans&les  miens:  preuve  que 
T ome  JT.  O  00 


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47+ 


HISTOIRE  GENERALE 


An.i  i  54.  les  deux  filles  de  Trencavel  étoient  de  fon  premier  mariage  avec  Adélaïde.  îi 
'Sponaiitium.  ordonne  que  fi  fa  femme  veut  fe  retirer,  on  luirende  ou  fon  douaire * ,  ou  deux 
cens  marcs  d’argent  avec  fes  habits,  &  une  partie  des  meubles  ,  à  fon  choix. 
11  laifle  l’adminiftration  de  fes  domaines  pendant  la  minorité  de  fon  fils ,  à 
divers  feigneurs  -,  fçavoir  la  ville  de  Beziers  St  le  Bederez  à  Guillaume- Arnaud 
de  Beziers,ôc  Aymar  deMurviel,pour  les  gouverneravec  le  confeil  de.Berenger 
de  Beziers  -y  la  ville  de  Carcaflonne  St  le  Carcafiez  à  Bernard  de  Canet  le  fils, 
Guillaume  de  S.  Félix  St  Bernard  Pelapoul ,  avec  ordre  à  eux  d’agir  du  confeil 
de  Bernard  de  Canet  le  pere  -,  l’Albigeois  St  les  domaines  du  Touloufain  St  du 
Comminges ,  à  Ifarn  de  Dourgne  ,  Hugues  de  Ceflenon,  St  Guillaume-Aton  de 
Curvale.  Il  fubftitue  fes  deux  filles  à  Ion  fils  Roger,  à  qui  il  ordonne  d’être 
fidelle  ami  de  Guillaume  de  Montpellier  ,  qui  a  été  fait  prifonnier ,  ajoûte-t-il , 
à  caufe  de  moi ,  St  de  l’aider  envers  tous  St  contre  tous ,  excepte  contre  le  comte 
de  Barcelone.  11  ordonne  aufli  à  fon  fils  de  vivre  en  amitié  avec  Bernard  d’An- 
dufe:  il  le  met  fous  la  protection  d’Ermengarde  vicomtefle  de  Narbonne  fa 
toufne  ,  St  fous  celle  du  comte  de  Barcelone,  avec  fa  femme,  fes  enfans  St  les 
vafl'aux  :  enfin  il  charge  le  même  comte  de  Barcelone  de  l’éducation  de  fon 
fils ,  8t  du  foin  de  le  taire  chevalier.  Trencavel  fit  ce  teftament  en  prefence 
de  Bernard  d’Andufe  ,  de  Guillaume  deTortofe  frere  du  feigneur  de  Mont, 
pellier,  d’Hugues  St  Bernard  de  Ceflenon  ,  d’Aymar  de  Murviel,  Gaucelia 
de  Claret,  Pierre  de  Puylaurens ,  Raymond  de  Termes,  St  plufieurs  autres 
feigneurs  dont  la  plupart  étoient  fes  vaflaux*  ce  qui  prouve  qu’ils  avoientété 
faits  prifonniers  avec  lui. 

Le  comte  de  Touloufe  délivra  enfin  Trencavel  *  mais  il  en  coûta  cher  à 
ce  dernier,  qui  pour  fa  rançon  fut  obligé  de  lui  payer  la  fommede  trois  mille 
a  Pr.p., 9j.  marcs  d’argent  ,  de  lui  ceder  a  diverles  places  ,  St  de  le  reconnoître  pour 
Ctti/i.  neubng.  fuzerain  dans  tout  le  refie  de  Ion  domaine.  Trencavel  étoit  déjaforti  de  fa 
prifonb  au  mois  de  Mai  de  l’année  fuivante  ,  lorfqu’il  engageai  Berenger  de 
Beziers,  une  partie  du  domaine  de  cette  ville  ,  lans  doute  pour  payer  une 
partie  de  fa  rançon.  Guillaume  de  Tortofe  obtint  aufli  fa  liberté  vers  le  mê. 
me  tems  s  car  nous  avons  un  ade  de  lui  de  l’ane  1 1 54.  par  lequel  nous  appre. 
nons  qu’il  étoit  alors  hors  de  prilon. 

xx ni.  L’alliance  que  Raymond  V.  comte  de  Touloufe  contracta  en  1 1 54.  avec  le 
x^monil'v'  ro*  Louis  le  Jeune,  dont  il  époufa  la  foeur  nommée  Confiance,  ne  contribua 
co lue  de t où-  pas  peu  à  le  faire  refpecler  davantage  par  les  grands  vaflaux  de  la  province, 
louCe avecCon-  ^ui  ^  comme  on  vient  de  le  voir  ,  s’etoient  liguez  prcfque  tous  contre  lui  avec 
du^ioi  le  comte  de  Barcelone.  Elle  lui  fut  auili  très-utile  pour  le  maintenir  dans  la  pai- 
Loui&k jeune,  fible  polfclfion  de  les  états,  contre  les  entreprifes  d’Henri  II.  roi  d’Angleter¬ 
re  ,  qui  ayant  époufé  alors  depuis  deux  ans  Eleonor  duchcflê  de  Guyenne, 
après  que  le  roi  Louis  le  Jeune  ,  qui  en  avoit  eu  deux  filles  ,  l’eut  répudiée, 
réveilla  quelques  années  après  les  prétentions  des  ancêtres  de  cette  princelfe 
fur  le  comté  de  Touloufe,  &  porta  la  guerre  dans  le  pais.  Confiance  dans 
»  v.ci-itftui  le  tems  qu’elle  époufa  Raymond  V.  comte  de  Touloufe,  étoit  *  veuve  d’Eu- 
ftache  de  Blois, qui  avoit  été  afldcié  en  115  a.  à  la  couronne  d’Angleterre, 
U.147J.  par  le  roi  Etienne  fon  pere  ,  ôc  qui  étoit  mort  fans  enfans  le  10.  d’Aoilt  de 
l’an  1153.  Elle  avoit  époufé  Éuftache  des  le  mois  de  Février  de  l’an  1 140.  ou 
de  l’an  1141.  fuivant  notre  maniéré  de  compter  *  ainfi  elle  étoit  beaucoup  plus 
âgée  que  le  comte  de  Touloufe  fon  fécond  mari  ,  qui  en  1154.  n’avoit  que 
iCntlmtm  vinSt  ans-  con^erva  toujours  le  titre  de  reine  après  ce  fécond  mariage, 
fuivant  l’ufage  de  ce  tems-là,  parce  que  fon  premier  mari  avoic  été  couronné 
xxiv.  roi ,  &  non  pas  feuleynent  parce  qu’elle  étoit  fccur  de  roi ,  ainfi  que  quelques 
auteurs  l’ont  avancé.  Ce  mariage  combla  les  Touloufains  de  joie  :  ils d  firent 
daas  pio-  une  entrée  magnifique  à  leur  nouvelle  comtclTe  ,  &.  les  chevaliers  du  faux- 
tôui* d'Efpa-'"  bourg  celebrerent  fes  noces  par  des  jouxtes  Sc  des  tournois ,  avec  ceux  des 
gae. il  accorde  Ardennes ,  qui  eft  une  grande  campagne  fituéeaux  environs  de  Touloufe. 
VdeUfcdcMi*  Louis  lejeune  fe  rendit  dans  cette  ville  vers  la  fin  de  la  même  année.  Il 
gudonae.  revenoit  alors  d’Efpagne  où  il  avoit  été  faire  un  pèlerinage  à  S.  Jacques  en 
v  note’  GaliceC-  Si  n.ous  en  croYons  quelques  hifioriens  Efpagnols ,  ce  voyage  de 
1.111,  dévotion  fervit  de  prétexte  à  ce  prince ,  pour  couvrir  le  déficit!  qu’il  avoit  de 


i.  i-c.io. 


cf.  549- 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVIII. 


47  ; 


i’inftruirc  par  lui-même  en  paflant  ,  s’il  éroic  vrai  que  la  reine  Confiance  AN>I  ‘H- 
qu’il  avoic  époufée  après  avoir  répudié  Eleonor  ,  n’étoit  que  fille  nacu- 
relle  d’Alfonfè  Vil.  roi  de  Caftille  ,  ainfi  qu’on  le  lui  avoic  rapporté  }  mais 
nos  meilleurs  critiques  «  font  voir  l’abfûrdité  d’un  pareil  motif  Louis  s'arrêta  â  »  p*ti  ad  »m. 
Touloufe ü  à  fon  retour  ,  8c  s’étant  rendu  dans  le  chapitre  de  S.  Sernin  il  y  ufeffb'j 
donna  une  charte  ,  du  confeil  &  de  la  volonté  de  Raymond  comte  de  T ouloufe  ,  en 
frefence  des' citoyens  &  des  bourgeois ,  par  laquelle  il  confirma  les  privilèges  ac¬ 
cordez  à  la  cathédrale  de  cette  ville,  à  l’églife  de  S.  Sernin,  &  à  celle  de  la 
Daurade  par  Charlemagne*  fon  prédeceflèur.  Ces  dernieres  paroles  ont  donné  «carolus Mi¬ 
lieu  ,  fans  doute,  d'attribuer  à  Charlemagne  la  fondation  de  l’églife  &  du  mo-  g“us- 
naftere  de  S.  Sernin  :  mais  il  s’agit  ici  du  roi  Charles  le  Chauve  ,  qui  donna  en 
effet  un  diplôme0  en  843.  en  faveur  de  ces  trois  eglifes.  f 

-  Louis  le  Jeune  al  a  de  Touloufe  à  Cadres d  ,  pour  honorer  les  reliques  de  fàint  à  spidUoj. 
Vincent  martyr.  Durant  fon  fejour  dans  cette  ville  il  arriva  un  funefte  acci-  rw' 
dent.  Le  feigneur  de  Campendu  ,  chevalier  de  mérite  du  diocèfe  de  Carcuf 
fonne ,  que  le  roi  honoroit  de  fa  bienveillance ,  fut  pourfuivi  8c  afïàffiné  cruel¬ 
lement  par  trois  de  fes  ennemis  ,  devant  la  mai  fon  où  ce  prince  étoit  logé. 

On  s’employa  aufîî  tôt  auprès  de  lui  pour  obtenir  la  grâce  des  meurtriers. 

Louis  l’accorda  enfin,  à  condition  qu’ils  expieroient  leur  crime  parlapenitence, 

&  qu’ils  pren.droient  l’habit  monaftique  dans  l’abbaye  de  Cadres.  Ce  prince  prit 
enfuite  la  route  du  bas  Languedoc  ,  8c  ayant c  pâlie  à  Maguelonnc,  il  fè  rendit  c vrp.<s'..& 
dans  le  chapitre  de  lacathedr  le,  &  y  confirma  le>  privilèges  de  cette  églife  it<1' 
en  faveur  de  Jean  évêque  de  Maguelonne.  Louis  fie  expedier  quelques  jours 

après  la  charte,  qui  ed  datée  du  lieu  d’Arfac,  le  Mercredi  des  Cendres  ç>.  de  _ - - — . 

Février  de  l’an  ii)f.  On  voit  par  là  que  le  notaire  qui  a  expedie  ce  diplo-  11  55* 
me  commençoit  l’année  à  la  Nativité  de  Jesus-Chkist.  Nous  ne 
connoifTons  pas  bien  la  fituation  du  lieu  d’Arfac  où  cette  charte  fut  donnee  : 
il  ne  devoir  pas  être  éloigné  de  Maguelonne  ,  car  nous  trouvons  1  alors  une  fv.  kl»tMe 
ancienne  famille  de  ce  nom  aux  environs. Louis  confirma  g  cette  charte  en  1161  ^usAllfMn°m 
&  donna  alors  déplus  aux  évêques  de  Maguelonne  le  droit  d’exercer  la  judice  gfr.ibu. 
civile  &  criminelle  dans  leur  domaine,  de  même  qu’aux  barons  &  châtellains, 
vaffaux  de  cette  églife,  dont  les  principaux  étoient  Guillaume  de  Montpellier, 

Raymond- Pierre  de  Ganges ,  Pierre  de  laVerune,  8c  lesfeigneurs  de  Vie. 

Il  y  a  lieu  de  croire  que  Raymond  comte  de  Touloufe  accompagna  le  roi  de  AXXdv’je 
France  fon  beau-frere  dans  Ion  voyage  de  Languedoc.  Nous  voyons  en  effet  R,iyn.,0n(| 
que  ce  comte  étoit  du  côté  de  Maguelonne  en  njy.  &  qu’il  pafla  alorsunac-  comtc.cTou- 
cord  au  pont  du  Vidourle  ,  fur  les  frontières  de  ce  diocèfe  8c  de  celui  deNifmes  fonfc fi«e 
avec  Raymond  évêque  de  Carpentras.  Par  cet  acte  Raymond  reconnut  h.  du  avo.  révéque 
confeil  de  fes  barons  ,  tant  en  fon  nom,  qu’en  celui  d’Alionfc  fon  frere  ,  que  la  MaroodeSa*’ 
moitié  de  Carpentras  appartenoit  de  tout  tems  à  l’évêque  ,  auquel  il  promit  bran, 
de  faire  rendre/**  leude  ou  peage  que  les  habitans  de  Montelimar  avoient  ufur-  ^,!rhr- ”fJ-, 
péefur  fon  églife,  fuivant  le  (èrment  que  les  témoins  avoient  prêté  â  la  cour  "  r' 
du  comte  Alfonfe  fon  pere.  Il  déclara  enfin  qu’il  ne  permettroit  pas  qu’on  cle- 
vàt  aucune  tour  à  Carpentras  fans  le  confentement  de  l’éveque.  Le  comte 
donna  pour  cautions  de  fa  promefle  ,  Guillaume  de  Sabran ,  Geraud  Amici  fon 
frere ,  Richard  de  Lille,  Hugues  de  Baux  ,  8c  Bermond  de  Pofquieres  ,  qui 
étoient  fans  doute  les  barons  de  ce  prince,  dont  il  parle  au  commencement 
de  l’ade,  8c  qui  firent  ferment  de  l’obferver.  Le  comte  de  Touloufe  s’etant 
rendu  peu  de  tems  après  à  Carpentras  y  confirma  cet  accord. 

Geraud  Amici  fit  une  branche  de  la  maifon  de  Sabran,  établie  dans  le  bas 
Languedoc  8c  en  Provence.  Il  époufa  *  en  iiji.  Galburge  fille  de  Guillaume  ipr.p.u?. 
RainonduCaylar,8c  lui  conflitua  pour  douaire  autant  qu’elle  apportoit  en  dot, 
fuivant  l’autorité  de  la  loi  Romaine.  Il  paroît  qu’elle  étoit  veuve  en  1165.  l°rf‘  ».i|. 
qu’elle  engagea  à  Rainon  du  Caylar  fon  oncle,  pour  la  fommede  dix  mille  fols 
Melgoriens,  les  droits  qu  elle  avoit  fur  le  lieu  ou  village deGaldanenque ,  8c  fur 
les  châteaux  de  Châteauneuf  8c  de  la  Tour.  C’eft  peut-être  la  même  que  Gal¬ 
burge,  qui  en  11 5p.  fit  hommage  k  à  Ufèz  avec  Hugues  d’Uflel  fon  fils ,  à  k TréfJrschare. 
Raymond  comte  de  Touloufe  pour  les  châteaux  d’Ulfel,  de  S.  Laurent ,  8c  de  >bui.f*c  7-n-6i 
Roche-colombe.  Geraud  ou  Guiraud  Amici  fut  pere  ,à  ce  qu’il  paroît  ,d’un 
Tome  II.  O  00  ij 


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Xn.I  I 


476 


HISTOIRE  GENERALE 


*•/. 


concord.  Al*rc. 
L8.f.  18.  MOV. 
Vti. 


a  Ruffl  jqf.Jùr  autre  Guiraud  Amici,  de  la  maifon  de  Sabran,  lequel  époufa  Alix  a  fille  dô 
des  comt.de  For  -  Bertrand  I.  comte  de  Forcalquicr,  dont  il  eut  Guillaume  de  Sabran.  Ce  der¬ 
nier  fe  qualifioit  en  1109.  comte  de  Forcalquier ,  comme  heritier  de  fa  mere,  au 
préjudice  de  Garfinde  heriticre  de  ce  comté.  Celle-ci  eut  de  Raiiion  de  Sabran, 
Ton  mari  ,  Garfinde  de  Sabran  ,  qui  époufa  en  1193.  Alfonfe  II.  comte  de 
Provence  ,  6c  unit  par  ce  mariage  le  comté  de  Forcalquier  à  celui  de  Provence. 
Guillaume  de  Sabran  fils  de  Geraud  Amici  avoir  en  1109.  un  frere  qui  s’appel- 
luit  Geraud  Amici. 

ïnneu^àtde  Ermengarde  vicomtcflc  de  Narbonne  fe  trouva  à  Montpellier  lorfque  le  roi 
Vtcomteiic de  Louis  le  Jeune  y  pafl'a  au  commencement  de  l’an  1155.  comme  ilparoît  par  la 
nonceà'Wdé-  renoncia-tion  bfolemnelle  qu’elle  fit  alors  ,  à  l’ufage  oùétoicnt  les  vicomtes  de 
pouiiie  des  Narbonne  lés  prédecelTeurs ,  de  s’emparer  des  biens  des  archevêques  de  cette 
ccu^vlTie'a  v^c  aPres  leur  nxort.  Ermengarde  fit  cette  renonciation  en  faveur  de  Pierre 
près  leur  mort,  archevêque  de  Narbonne,  qui  en  rcconnoifïance  lui  donna  la  fomme  de  deux 
b  cutimtm.  mille  fols  Mclgoriens,  de  l’avis  d’Aldcbcrt  évêque  de  Nifmcs  ,  de  Pierre  évê- 
fu.üH^notVin  Sue  de  Lodeve,  Artaud  évêque  d'Elne,  Bertrand  abbé  de  S.  Gilles,  &  de 
Pons  Se  Roger  archidiacres  de  Narbonne.  L’acte  qui  fut  pallé  en  prefence  de 
Pons  d’Arfac,  de  Pons  de  Montlaur  ,  de  Bermond  de  Callries  ,  ôc  de  plufieurs 
autres  gentilshommes  du  pais,  elt  daté  de  Montpellier  le  Samedy  is .  de  Janvier  de 
J an  nss.reyiant  le  roi  de  France  ,  qui  revenoit  alors  de  S.  Jacques  :  preuve  qu’il 
appartient  à  l’an  1155.  fuivant  notre  maniéré  de  compter,  6c  non  à  l’an  11  $6. 
iccUioiav'.  l’ancien  Hile  ,  comme  le  prétend  un  de  nos  hilloriens  c.  Ermengarde 
d  ctuijbit.  prêta  ferment  de  fidelité  d  le  même  jour  à  l’archevêque  de  Narbonne,  lui  fie 
h°mmage  s  &  donna  une  déclaration  de  toutes  les  ufurpations  des  vicomtes 
fes  prédecelTeurs  fur  l'églife  de  cette  ville. 

Lc^uiln  du  Cette  vicomteflé  céda  en  1 1  54.  à  Ricuin  c  abbé  de  Quarante  6c  à  fes  chanoi- 
«tdiiuiHyi.  nés  ,  les  droits  qu’avoit  Raymond-Gaucclin  fur  le  château  d’Arzillers.  Cet 
province  **  U  nous  connu  d’ailleurs  par  un  échange  f  qu’il  fit  avec  les  chanoines  de 
Comtes  ou  la  cathédrale  de  Narbonne,  6c  dont  il  obtint  la  confirmation  d’Hyacinthe 
noaT  le  °iï  car^'na^  Fiacre,  légat  du  pape  g  Anaftafe  IV.  dans  la  province  de  Narbonne 
nuiion  de*  Sc  en  Efpagne.  Les  lettres  de  ce  légat  l'on  datées  de  cette  ville  le  dernier  de 
Montpellier.  Mars  de  l’an  115  4.  la  première  année  du  pontificat  d’ Ana fia  fe. 
comté  s”  de  va-  Adrien  IV.  fucccffcur  de  ce  pane  h  ,  confirma  au  mois  d’Avril  de  l’an  îijy. 

learinois.  les  privilèges  de  l’églife  de  Maguelonne  -,  ce  qu’il  fit  fans  doute  d’autant  plus 
r*w.rfd*tf '»*.  v°ionciers,  qu’il  avoit  été  auparavant  fiinplc  clerc  dans  l’cglife  de  S.  Jacques 
*«•■«!  de  Melgucil  dans  ce  dioccfe.  Il  avoit  cmbraflc  enfuite  l’inftitut  des  chanoines 
txbTsvb*  rcguliers  dans  l’abbaye  de  S.  Ruf  auprès  d’Avignon  ,  dont  il  avoit  été  abbé, 
g  v.Pagt an».  11  écrivit  au  commencement  de  fon  pontificat  à  l’archevêque  de  Narbonne, 
'hGur  'r  a  *  ^ s  Idffragans  >  à  Raymond  évêque  de  Maguelonne  ,  une  lettre  par  la- 
quelle  il  met  fous  la  protcclion  du  faint  fiege  Guillaume  de  Montpellier  avec 
tout  fon  domaine  ,  6c  charge  ces  prélats  de  le  défendre  ,  de  même  que  fes  vaf. 
faux;,  le  château  de  Callries ,  6c  les  autres  terres  de  Guillaume  de  Tortofe  fon 
frere  ,  »  qui  pour  la  rémifiîon  de  fes  pcchez  avoit  entrepris  le  voyage  de  Jeru- 
»  falem  où  il  avoit  réfolu  de  demeurer  un  an  entier.» 

Le  château  de  Callries  appartenoit  à  Guillaume  de  Tortofe  par  Ermeflinde 
fa  femme,  fille  8c  heriticre'  de  Dalmacefeigneur  de  ce  château.  Ermeflînde  étant 
enceinte  en  1157.  fit  fon  tcflamcnt  peu  de  jours  avant  fa  mort ,  6c inflitua  fon 
icii.to.f.  mari  heritier.  Ce  dernier  fitlefienk  au  mois  d’Oclobre  de  la  même  année.  Il 
choifit  fa  fépulture  au  monallere  de  Sauzet  de  Tordre  de  Cluni ,  firué  auprès  de 
Montpellier  -,  6c  comme  il  n’avoit  pas  d’enfans  ,  il  fit  heritier  Guillaume 
feigneur  de  Montpellier  fon  frere,  tant  pour  le  château  de  Callries  que  pour 
fes  autres  domaines.  Il  mourut  fans  doute  bientôt  apres  :  il  étoit  certaine¬ 
ment  décédé  1  en  1161.  lorfque  Gui  fon  frere  diiputa  fa  fuccelfion  à  leur  aîné. 

'  Guillaume  de  Tortofe  mourut  dans  la  maifon  des  Templiers  de  Montpellier 
où  il  avoit  pris  l’habit  de  leur  ordre. 

Guillaume  d’Omelas,  oncle  paternel  de  ce  feigneur  mourut  avant  lui,  5c  fie 
fon  tellament ra  aumois  de  Mars  de  Tan  1 1 56.Il  avoit  deux  filles  qui  s'appelaient 
Tihurge-,  Tune  étoit  mariée  avec  Aymar  feigneur  de  Murviel  dans  le  dioccfe  de 
Beziers ,  8c  l’autre  étoit  veuve  de  Gausfrcd  de  Mornas  feigneur  provençal.  Il 


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DE  L  AN  G  U  E  D  OC.  Liv.  XVIIL  477 

légua  â  la  première  le  château  de  Montbazen  dans  le  diocèfe  de  Mague- 
lonne  j  outre  ce  qu’il  lui  avoit  déjà  donné  en  dot  ,  8c  lui  fubftitua  Sicard  ÔC 
Raymond-Aton  de  Murvicl  Tes  petits-fils.  Il  donnai  l’autre  le  village  de  Mer- 
yiel  dans  le  diocèfe  de  Maguelonne,  8c  lafomme  de  mille  fols  Melgoriens qu’il 
chargea  fon  fils 'Raymbaud  de  lui  payer ,  lorfquil  ferait  fait  chevalier .  Il  fit  ce 
dernier  fon  heritier  ,  lui  donna  les  châteaux  d’Omelas ,  de  Popian,  du  Pou- 
get,  de  Frontignan ,  8cc.  &  tous  fes  autres  domaines,  le  mit  fous  la  prote> 
dion  de  Guillaume  feigneur  de  Montpellier  fon  neveu ,  8c  chargea  ce  dernier  de 
le  faire  chevalier.  Il  donna  l’ufufruic  d’un  village  à  Ermelfinde  fa  mere, 
8c laifla  la  jouillance  de  tous  fes  biens  pendant  treize  ans  à  Pierre-Raymond 
de  Montpeyroux  pour  payer  fes  dettes.  11  choifit  fa  fëpulture  dans  l’abbaye 
d’Aniane  ,  à  laquelle  il  légua  le  domaine  de  Flcx,  que  Bernard  fon  frere 
avoit  donné  à  ce  monaflere.  Guillaume  d’Omelas  mourut  peu  de  tems  après, 
8c  il  e'toit  déjà  décédé  au  mois  de  Mai  fuivant  a. 

Ce  feigneur  ne  marque  pas  dans  fon  ccftament  le  nom  de  fa  femme  t  mais 
on  fç ait  d’ailleurs  b  qu’elle  s’appelloit  Tiburge,  8c  qu’elle  ctoit  fille  8c  heritiere 
de  Raymbaud  comte  d’Orange.  Il  eut  encore  dé  cette  comteile  un  autre  fils 
nommé  Guillaume.  Ce  dernier  partagea  avec  Raymbaud  fon  frere  la  feigneurie 
ou  comté  d’Orange  après  la  mort  de  Tiburge  leur  mere,  qui  fit  fon  reftament 
en  1150.  8c  qui  étant  morte  peu  de  tems  après,  fut  inhumée  dans  l’églife  abba¬ 
tiale  de  S.  Florent  d’Orange,  où  on  voyoitcfôn  tombeau  avant  que  les  rcii. 
gionnaires  l’euflenc  détruit.  Guillaume  d  fils  aîné  de  Guillaume  d’Omelas  8c 
de  Tiburge  d’Orange  fê  maria,  8c  eut  un  fils  8c  une  fille,  aufqucls  il  parta¬ 
gea  la  moitié  de  la  fèigneurie  d’Orange  qui  lui  ètoit  échue.  La  derniere  nom¬ 
mée  Tiburge  donna  fà  portion  aux  Hofpitaliers  de  Jerufalcm  :  l’autre  appellé 
Guillaume  eut  un  fils  nommé  Raymbaud  qui  mourut  fans  enfans  3  8c  donna 
aulfi  fa  quatrième  partie  d’Orange  aux  mêmes  Hofpitaliers.  Quant  à  Raym¬ 
baud  fils  puîné  de  Guillaume  d’Omelas  8c  de  la  comteffe  Tiburge ,  il  quitta  le 
nomd’Omelas,  8cprice  le  furnom  d’Orange.  Il  engageaen  j  168.  à  Guillaume 
de  Montpellier  fon  coufin  ,  tout  fon  domaine  d’Omelas  fîtuèdans  les  diocèfes 
de  Béziers  8c  de  Maguelonne  pour  lafomme  de  quatre  mille  fols  Melgoriens  * 
mais  il  le  retira  fans  doute  bientôt ,  puifqu’il  l’engagea  f  en  1171.  à  Aymar  de 
Murviel  fon  beau-frere ,  pour  la  fbmme  de  dix  mille  deux  cens  fols  MeK 
goriens.  Il  mourut  fans  enfans  vers  l’an  1173.  à  Courtcfon  dans  la  principauté 
d’Orange  5  ,  8c  partagea  par  fon  teftament  tous  fes  domaines  entre  fes  deux 
fours.  Il  donna  fa  portion  d’Orange  ,  8c  des  terres  qui  en  dépendoient ,  à  Ti¬ 
burge  veuve  auparavant  de  Guillaume  de Mornas ,  8c  alors  femme  en  fécondés 
noces  de  Bertrand  de  Baux ,  fils  puîné  de  Raymond  8c  d’Etiennctte  de  Provence, 
8c  à  leurs  enfans  fes  neveux,  qui  fuccedercnt  ainfi  à  leur  mere  dans  la  moitié 
d«  la  feigneurie  d’Orange.  Guillaume  de  Baux  qui  étoit  l’aîné  recueillit  cette 
moitié,  8c  fut  le  premier  qui  fe  qualifia  prince  d' Orange ,  par  la  conceflîon  des 
empereurs  d’Allemagne  rois  de  Provence.  Ses  fucceifeurs  trouvèrent  moyen 
de  réunir  à  leur  domaine  toute  cette  principauté.  Raymbaud  laidàla  feigneu¬ 
rie  d’Omelas  ,  8c  tout  le  domaine  qu’il  avoit  en  Languedoc,  à  Tiburge  ou  Ti- 
burgette  fon  autre  fœur ,  femme  d’Aymar  de  Murviel  ,  8c  à  leurs  fils  fes  ne¬ 
veux.  Raymond-Aton  de  Murviel  l’un  d’entr’eux  jouifloit  en  effet  en  1187.  de 
cette  feigneurie,  8c  en  fit  donation  alors  en  faveur  de  Guillaume  VIII.  fei- 
gneur  de  Montpellier,  de  qui  il  la  reprit  en  fief,  comme  nous  le  dirons  ail¬ 
leurs. 

Au  refte  Raymbaud  fils  de  Guillaume  d’Omelas,  8c  comte  ou  feigneur  d’O¬ 
range,  n’eft  pas  different  de  Raymbaud  d’Orange  dont  il  cft  parlé  en  divers  en¬ 
droits  d’un  recueil  manuferit h  des  vies  8c  des  ouvrages  des  anciens  poètes  pro¬ 
vençaux  ,  écrit  vers  le  milieu  du  XIII.  fiecle,  8c  dans  lequel  il  eft  placé  au  rang 
des  mêmes  poètes.  On  y  voit  quelques  pièces  de  fa  façon ,  mais  fa  vie  n'y  elt 
pas  décrite  comme  celle  de  pluiîeurs  autres.  Jean  de  Noftradamus  en  parle  fort 
au  long  ‘  dans  fes  vies  des  poéres  provençaux ,  8c  il  le  dit  »  feigneur  de  Courte-  « 
fon  ,bon  chevalier ,  vaillant  aux  armes ,  8c  bien  eftimé  en  la  poèfic  provençales 
nîais  on  ne  peut  pas  faire  beaucoup  de  fonds  fur  ce  qu’il  rapporte  5  car  outre 
que  l’ouvrage  de  cet  auteur  eft  un  tilfu  de  fables  8c  d’anachronifmcs,il  fait  mourir 


An.ii 


a  Pr.  ibid. 

b  Md. 

"  V.  NOTÉ 
XX  XV lin.  lOi 


cLaPifeOranç, 

p.6t . 

d  V.  NOTE  tin 


t  Pr.  ibicii 
Spicit%  te. 
>.110, 

f  Pr.  ibid . 


g  La  Pife  ibidi 
KNQTLibtd* 


h  MJf.  dé  U 
bibl .  tluroi  n. 


7lli* 


i  N^raâArht 
pott.  Prov.  ft 
94. 


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An.  1156. 


1  No/lradam. 
poet.Prov*I»tf* 
à 'j*q. 


"De  Pidlavo. 
b  Pr.p.  $  t  u 

51  WJ*-  ***• 
5*6.W.fvU 
*97' 

Mure.  Hip, 
P*  lof.&ifiÿ. 

c  V.  \nge  hifl . 
gen.  ro.\.p.lÜS* 

&iin- 


d  Pr.  ibid . 


t  Duchef.  Val. 
Pr.p.y&jeq. 

XXVIII. 
Mariage  de 
Guillaume 
Vil.  feigneur 
de  Montpellier 
avec  Mathilde 
de  Bourgogne, 
f  Pr.f.jj6.& 

fit- 


47  S  HISTOIRE  GENERALE 

Raymbaud  en  1x29.  &  difant  enfuire  qu’il  fut  exilé  aux  ifles  d’Yeres  par  Ray¬ 
mond  comte  de  Provence  ,  il  le  fait  rappeller  defon  exil  par  Marguerite  de 
Provence,  fille  de  ce  comte,  lor [quelle fut  reine  de  France.  Or  Marguerite  de 
Provence  n’époufa  S.  Louis  qu’en  1x34.  Le  même  auteur  attribue  à  Raym¬ 
baud  un  traité  intitulé  la  Macflriad' Amour. 

Suivant  le  recueil  manulcrit  dont  on  vient  de  parler,  la  comteffe  de  Die, 
femme  de  Guillaume  de  Poitiers ,  fe  rendit  amoureuîè  de  Raymbaud  d’Orange, 
de  fit  des  vers  à  fa  louange  :  c’eft  tout  ce  qu’on  rapporte  d’elle  à  la  tête  de  fes 
poefies.  Jean  deNoftradamus  *  parle  plus  au  long  de  cette  comtellè,  mais  l 
fon  ordinaire  d’une  maniéré  fabuleufe.  Il  allure  »  que  vivement  touchée  delà 
«mort  de  Guillem  Ademar,  gentilhomme  de  Provence  ,  qu’elle  avoit  aimé, 
«elle  ne  fe  voulut  jamais  marier ,  6c  qu’elle  fe  rendit rcligieufe à  laint Honoré 
«deTarafcon,  où  elle  mourut  de  douleur  la  même  année  1193.  On  vient  de 
voir  cependant  par  un  témoignage  bien  plus  certain  ,  qu’elle  époufa  Guillau¬ 
me  de  Poitiers ,  qui  acquit  par  ce  mariage  le  comté  de  Diois ,  ôc  le  tranf- 
mit  à  fa  pofterité  avec  celui  de  Valentinois. 

Au  relie  nous  fommes  pérfuadez  que  ce  feigneur  n’eft  pas  different  de  Guil¬ 
laume  de  Pcitcus  ou  de  Poitiers  * ,  l’un  des  principaux  barons  de  la  province, 
dont  il  eft  Elit  mention  dans  plufieurs  titres  b  du  pais,  mais  fur  tout  du  dio- 
cèfc  de  Narbonne,  depuis  l’an  1146.  jufqu’cn  1163.  Nous  croyons  encore 
qu’il  étoit  fils  naturel  de  Guillaume  IX.  comte  de  Poitiers  6c  duc  d’Aquitaine, 
qui  l’aura  eu  durant  le  fejour  qu’il  faifoit  à  Touloufe  vers  l’an  ni  y.  Voici  fur 
quoi  nous  fondons  nos  conjectures.  i°.  On  ne  connoît c  pas  l’origine  de  Guil¬ 
laume  de  Poitiers  I.  du  nom  comte  de  Valentinois  ,  qui  mourut  avant  l’an 
11S9.  2°.  Nous  ne  connoilîons  pas  non  plus  les  ancêtres  de  Guillaume  de 
Poitiers  établi  dans  la  province  au  XII.  fiée  le ,  6c  nous  ne  trouvons  avant  lui 
aucun  feigneur  de  ce  nom  dans  le  pais.  3 Il  eft  certain  d  que  ce  dernier  étoic 
d’une  noblelle  très-diftinguée.  40.  On  fçait  allez  le  penchant  qu’avoit  pour 
les  femmes  Guillaume  IX.  comte  de  Poitiers.  y°.  Enfin  les  teins  s’y  rappor¬ 
tent  parfaitement.  Guillaume  de  Poitiers  ,  tige  des  comtes  de  Valentinois  & 
de  Diois  fera  donc  né  en  Languedoc  *  6c  après  un  allez  long  féjour  dans  cette 
province,  il  fe  fera  établi  le  long  du  Rhône  par  fon  mariage  avec  l’heritiere 
de  ces  deux  comtez  :  alliance  que  Raymond  V.  comte  de  Touloufe,  feigneur 
fuzerain  du  Valentinois  6c  du  Diois,  en  qualité  de  marquis  de  Provence,  aura 
fans  doute  favorifée.  Il  eft  en  effet  très-probable  que  le  comte  Raymond  donna 
en  cette  qualité  vers  l’an  n6y.  l’inveftiture  de  ces  deux  comtez  à  Guillaume: 
nous  fçavons  du  moins  c  qu’il  en  inveftit  en  1189.  après  la  mort  de  ce  fei¬ 
gneur,  Aymar  fon  fils  6c  fon  heritier.  Revenons  à  la  maifon  de  Montpellier. 

Guillaume  VII.  feigneur  de  cette  ville  fe  maria  l’année  de  la  mort  de  Guil¬ 
laume  d’Omclas  fon  oncle  paternel.  On  a  déjà  vû  que  le  vicomte  Raymond 
Trencavel  lui  deftinoit  pour  femme  en  1154.  une  de  lès  filles ,  mais  ce  maria¬ 
ge  n’eut  pas  fon  execution  ,  6c  Guillaume  époufa  f  deux  ans  après  Mathilde 
fille  d’Hugues  II.  duc  de  Bourgogne,  6c  de  Mathilde  de  Turcnne  ,  6c  feeur 
d'Eudes  II.  duc  de  Bourgogne.  Guillaume  affigna  d’abord  par  un  a&e  daté 
de  Montpellier  le  xy.  de  Février  de  l’an  1156.  pour  le  douaire  defonépoufe, 
les  châteaux  de  Montferrier  6c  dePignan,  les  bains  de  Montpellier ,  êedivers 
autres  droits  de  fon  domaine  ,  fous  la  garantie  de  Guillaume  de  Tortofe  fon 
frere ,  de  dix-huit  autres  leigneurs  ou  gentilshommes  du  pais  ,  du  vicomte 
Raymond  Trencavel  6c  de  Bernard  d’Andufe.  Peu  de  tems  après  le  feigneur 
de  Montpellier  alla  au  Puy  au  devant  de  Mathilde,  qu’il  époufa  dans  cette 
ville ,  en  prefence  d’Henri  évêque  d’Autun  frere  de  cette  princelle  ,  de  Geo- 
froi  évêque  de  Langres ,  6c  des  évêques  de  Châlons  fur  Saône  6c  de  Mague- 
lonne.  Bernard  d’Andufe,  Hugues  comte  de  Rodez,  Bernard-Aron  vicomte 
de  Nifmes,  6c  fon  frere  Raymond  Trencavel  affifterent  à  cette  ceremonie,  & 
promirent  par  ferment  'de  garantir  le  douaire  de  cette  princeffe.  Guillaume 
de  Montpellier  jura  en  même  tems,  avec  quelques-uns  de  fes  vafiaux,  de  ne 
la  répudier  ,  pour  quelque  fujet  que  ce  pùt  être  ,  qu’après  une  fentence  défini¬ 
tive  rendue  par  l’archevêque  de  Lion  :  il  ajouta  quelques  domaines  à  fon  douai¬ 
re,  entr’autres  le  droit  qu’il  avoit  fur  les  Juifs  de  Montpellier.  Mathilde  après 


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DE  t  A  N  G  U  £  D  O  C.  Liv.  XVÎIL 


479 


b  toi . 


XXIX. 
Trcncavel  cri- 


cPr.f>.  ff<T. 
d  Pr.p.^S- 
c  Pr.p.tAo» 
y.  NOTE 
XXXlU.n.7 . 


fort  mariage  avec  Guillaume  de  Montpellier  ,  fe  qualifia  toujours  ducoeffe  ,  à  As.  iijS, 
eau fe  de  là  naiffànce,  fuivant  l’ufage  du  fiecle. 

Il  y  a  lieu  de  croire  que  les  comtes  de  Barcelone  &  de  Provence  fe  trou¬ 
vèrent  à  Montpellier  dans  le  tems  de  ce  mariage.  Le  premier  4  accorda  en  a*Vrj4‘ 
effet  par  une  charte  datée  de  cette  ville  au  mois  de  Mars  de  l’an  r  i  y  y.  à 
l’abbaye  de  Valmagne,  une  exemption  de  peage,  tant  dans  fes  terres,- que 
dans  celles  du  comte  de  Provence  fon  neveu  :  or  cette  charte  doit  apparte¬ 
nir  à  l’an  1 1  y  6.  fuivant  notre  maniéré  de  compter;  car  nous  en  avons  une  au¬ 
tre  b datée  de  Montpellier,  au  mois  d’Avril  de  l’an  1 1  y  6.  par  laquelle  Ray- 
mond-Berenger  comte  de  Provence,  6c  fon  neveu  Raymond-Berenger  comte 
de  Melguejl ,  de  Provence  &  de  Milhaud ,  exemptent  de  peage  dans  la  ville  de 
Milhaud  en  Rouergue  ,  les  religieux  de  l’abbaye  de  Salvanez.  L’acte  fut  paffe 
en  prefence  de  Pierre  de  la  Roviere  maître  de  la  milice  du  Temple,  &  de 
Guillaume  autrefois  feigneur  de  Montpellier  ,  maintenant  pauvre  moine  ,  &  pauvre 
de  J.  C. 

Le  vicomte  Trencavel  accorda  la  même  année  une  pareille  exemption  c  dans  . 
la  ville  de  Beziers  aux  mêmes  religieux  deSalvaaiez,  en  prefence  de  Bernard  üuc  |*3t- 
d’Andufe  l 'ancien,  6c  de  Bernard  d’Andulè  fon  fils.  Il  engagea  vers  le  même 
tems  à  Guillaume  de  Montpellier  d ,  la  leude  qu’il  levoic  lur  le  chemin  delàint  rcCoum-  une 
Tiberi  pour  la  fommede  13000.  fols  Melgoriens,  6c  à  Bernard-Raymond  de  autre  partit  des 
Campendu,  pour  celle  de  3000.  lois,  une  partie  du  domaine  qu’il  a  voit  ^ru°  iquci  kCs 
dans  le  château  de  ce  nom.  Il  acquit  e  alors  pour  la  fournie  de  6 y  00.  coufins. 
fols  Melgoriens  ,  des  deux  freres  Armand  6c  Ademar  vicomtes  de  Bruniquel 
fes  coufins,  tous  les  domaines  qui  avoient  été  donnez  en  dot  à  Guillemette 
leur  ayeule ,  mere  d’Aton  vicomte  de  Bruniquel  leur  pere  ,  6c  tante  de  Tren¬ 
cavel  :  le  château  de  Brufque  fitué  fur  les  frontières  de  Rouergue  6c  d’Albi- 
geois,&dontlefeigneur  de  Lunasau  dioccfe  de  Beziers  tenoit  la  moitié  en  fief 
des  deux  vicomtes  de  Bruniquel ,  faifoit  partie  de  cette  dot.  U  paroît  qu’Ar- 
mand  U  Ademar  defeendoient  des  anciens  vicomtes  deTouloule,  6c  qu’ils 
moururent  fans  pofterité. 

Le  pape  Adrien  IV.  confirma f  la  renonciation  de  la  vicomtelïè  Ermengarde 
à  la  dépouille  des  archevêques  de  Narbonne  après  leur  mort,  par  une  bulle  N^bomfcar-* 
datée  du  9.  de  Décembre.  Il  donna  cette  bulle  en  faveur  de  Bcrenger  de  chcréq.e'de 
Narbonne,  qui  fut  élu  g  archevêque  de  cette  ville  ,  6c(uccedaà  Pierre  fon  pré-  «'te  Ÿlllf- 
decelleur,  vers  le  mois  d  Août  de  1  an  1156.  Berenger  avoir  ete  d  abord  giitcdcNif- 
religieux  de  S.  Pons1*,  6c  enfuitc  abbé  de  la  Grade  pendant  près  de  53.  ans.  j.n“-  ,Jt 
La  vicomtedè  Ermengarde  fa  nièce,  contribua  fans  doute  beaucoup  à  fon  -l°* 

éle&ion.  Ce  prélat ,  ainfi  que  plufieurs  autres  archevêques  de  Narbonne  fes  g  cutimm. 
predeceffeurs,  fut  légat  du  faintfiege  ,  comme  il  paroît  j *\  Par  les  adesde  la  hKtxwnj 
dédicace*  de  l’églife  d’Arles  en  Roudillon,  qu’il  fit  au  mois  d’Odobre  de  é-p. 
l’an  1 1 J7.  adîfté  de  quatre  évêques  de  la  Marche  d’Efpagne  ,  &  en  prefence  f 
d'une  nombreufe  adèmblée,  à  laquelle  la  vicomtedè  Ermengarde  fa  niece  ,  1  ''3Î' 

Pons  abbé  ôc  archidiacre  de  Narbonne,  Bernard  abbé  de  S.  Tiberi  ,  &c.  fe 
trouvèrent.  z°.  Par  une  lettre  k  que  le  pape  Adrien  IV.  luiadredà,  de  même 
qu’à  Artaud  évêque  d’Elne,6cà  tous  les  barons  du  Roudillon,  pour  confirmer 
lafentence  qu’Eugene  II I.fon  prédecedèur  avoit  portée  contre  Gausfrcd  comte  »**7»*m* 
de  ce  pais,  qui  avoit  répudié  fa  femme  légitimé  pour  en  époufer  une  autre;  (  ArrU  ^c4rt, 

Adrien  IV.  confirma  les  privilèges  de  l’cgiife  de  Nifmesen  faveur  d’Aldebert  dttigi.de  n,p 
évêque  de  cette  ville,  par  une  bulle  1  datée  dura.  T)eccmbre  de  l'an  irsô.  indi*  melxxxl 
Il  ion  V.  la  IJ  J.  année  de  fon  pontificat  ;  ce  qui  fait  voir  qu’il  datoit  quelque-  Divas  vif* 
fois  fes  bulles  fuivant  le  calcul  Pifan.  U  elt  marqué  dans  cette  bulle  que  faux  a»  conue 
le  monaftere  de  S. Sauveur  de  la  Font,  les  églîfes  de  S.  Martin  des  Arènes ,  6c  fe,,TnttnPw. 
de  S.  Etienne  du  Capitole  dans  la  ville  de  Nilmes,  l’abbaye  de  Cendras  6c  le  vo>ce  en  fa. 
monaftere  de  Totirnacétoient  fournis  à  l’évêque  Aldebcrt  qui  polfedoit  le  châ-  g^uit d^Bau* 
teau  de  la  porte  d’Arles  ,  &  le  tiers  du  domaine  de  la  ville.  contre  iccom- 

Cependant  la  guerre  fe  renouvelia  en  Provence  entre  Raymond-Berenger 
comte  de  ce  pais ,  foutenu  par  le  comte  de  Barcelone  fon  oncle  ,  6c  les  ièi  -  l.l.C.166. 
gneurs  delà  maifon  de  Baux.  Hugues  chef  de  cette  maifonpeu  content  du 
traité  que  loi  >  Etiennette  fa  mere  ,  6c  fes  freres,  avoient  conclu  en  1 1 


XXX. 


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_ 48o  histoire  generale 

An.  1156.  avec  le  comte  de  Barcelone  ,  prit  en  11  jj.  l’inveftiture  de  la  Provence  de 
l’empereur  Frédéric  I.  qui  prétendoit  en  être  fouverain  }  &  s’étant  mis  en  ar¬ 
mes,  il  fît  tous  les  efforts  pour  la  foumettre  à  fa  domination.  Le  comte  de 
Barcelone  fe  mit  de  Ton  coté  ,  non  feulement  en  état  de  défenfe  ,  mais  il 
attaqua  &  attîegea  fur  lui  le  château  de  Trinquetaille  fitué  dans  l’ifle  de  Ca¬ 
margue  aux  portes  de  la  ville  d’Arles.  Comme  ce  château  étoit  très-fort, 
le  fiege  en  fut  long,  êt  mis  au  rang  des  évenemens  mémorables  ,  ainfi  qu'il 
%D*vîeCar-  paroit  par  la  fondation  que  fit  Pons  évêque  de  Carcaffonne  *  dans  fa  cathe. 
/ej.  f"7i‘  drale  le  22.  £  Avril  de  l'an  irjâ.  régnant  Louis  roi  de  France  ,  lorfque  Raymond - 
Berenger ,  trcs-vaillant  comte  de  Barcelone  ,  aljiegeoit  le  château  de  Trinquetaille. 
Le  comte  de  Barcelone  fut  obligé  cependant  de  lever  le  fiege  }  mais  ayant 
continué  la  guerre  contre  les  feigneurs  de  Baux ,  6c  leur  ayant  pris  divers  ch⬠
teaux  ,  ils  lui  demandèrent  la  paix  qui  fut  conclue  la  même  année.  Leprinci- 
\>  b ibi.iebHf.  pal  b  article  fut  qu’Etiennette  6c  fes  fils ,  s’engageroient  de  remettre  au  comte 
Barceione  ^  &  au  comte  de  Provence  fon  neveu  ,  le  château  de  Trinque¬ 
taille  toutes  les  fois  qu’ils  en  feroient  requis.  Guillaume  6c  Roftaing  de  Sabran, 
Raymond  6c  Guillaume  de  Roquemaure ,  Etienne  de  S.  Gilles,  Bertrand  de 
Laudun  ,  Bertrand-Adcmar  de  Melgueil ,  6c  quelques  autres  chevaliers  du 
bas  Languedoc  6c  de  la  Provence,  le  rendirent  cautions  pour  les  feigneurs 
de  Baux  de  l’execution  du  traité  ^  avec  promette  de  fe  rendre  prifonniers  dans 
l’iQe  de  Valabregucs ,  en  cas  d’infraction  de  la  part  de  ces  feigneurs.  Geraud 
deSimiane  ,  Raymond  de  Caftellane  ,  Bernard  Pclet  comte  de  Melgueil,  6c 
Bertrand  d’Aymargues  garantirent  aufli  l’execution  du  traité  jufqu’à  la  fom. 
me  de  dix  mille  fols  Melgoriens  ,  qu’ils  s’engagèrent  de  payer  en  cas  de 
,  contravention. 

Comme  la  plupart  de  ces  chevaliers  étoient  vaflaux  de  Raymond  V.  comte 
deTouloufe  ,  il  y  a  lieu  de  croire  que  ce  prince  favorifa  dans  cette  guerre  les 
feigneurs  de  Baux,  dont  il  étoit  d’ailleurs  le  protecteur  -,  ce  qu’on  peut  con¬ 
firmer  fur  ce  qu’il  réfidoit  alors  avec  Confiance  fa  femme ,  dans  fon  palais  de 
cPr-M  54-6*  ^.Gilles  fur  le  Rhône,  où  il  accorda  vers  la  fin  du  mois  de  Mars  de  l’an  «  1 156. 
/«î-  à  l’abbaye  de  F  ranquevaux  ,  l’exemption  du  droit  de  peage  dans  tous  fes  do¬ 

maines. 

xxxu  Confiance  d  femme  de  Raymond  accoucha  le  17.  d’Octobre  de  la  même 
Niivw-c  de  année,  de  Raymond  leur  fils  aîné.  La  naiffance  de  ce  prince  lia  de  plus  en  plus 
co?m°JïTou  ce  comte  avcc  ro'  Louis  le  Jeune  fon  beau-frere,  qui  continua  d’exercer 
\oa(c.  Dip'.o.  fon  autorité  dans  la  province  par  de  nouveaux  diplômes,  lien  accorda  un 
n-.cs  au  toi  entr’autres ,  par  lequel  il  confirma c  Berenger  abbé  de  Villemagne  au  diocèfe 
cn'f'ivçunkT  Bexiers ,  6c  les  religieux ,  dans  la  polTcllion  de  leurs  domaines,  leur  accorda 
édiles  de  Ma.  la  juftice  civile  6c  criminelle  ,  6c  leur  permit  de  fortifier  le  bourg  de  Ville- 
^uUonnc  &  magne.  11  en  donna  un  autre  à  Paris  f  l'année  ns 6.  la  XX.de  fon  régné,  en  fa- 
d  Pr  f.i?.  veur  de  l’églife  de  Maguelonne ,  dans  lequel  il  déclare  qu’il  ne  permectroic 
iwr'fkf'**’  lamais  <\ue  cecte  églife  fût  foumife  à  d’autre  qu’à  lui-même  ,  6c  que  lui  6c  fes 
c Canui.dt u  fucceffeurs  la  conlerveroient  toujours  inviolablement  fous  le  doniaine  de  la 
dt  couronne  :  article  qui  fut  peut-être  inféré  exprès  contre  les  prétentions  du 
{Àrchiv.  m  pape ,  qui  fe  prétendoit  feigneur  fuzerain  dans  le  diocèfe  de  Maguelonne, 
iim.d,  Mont,  pour  les  raifons  que  nous  avons  expliquées  ailleurs. 

Louis  accorda  g  la  même  année  un  diplôme  en  faveur  de  l’églife  d’Ufez  6c 
p«riici.iierj>v  de  Raymond  qui  en  étoit  évêque.  Ce  prélat  étoit  fils  h  de  Raymond-Decan 
‘°îivîJii.6>  d’Ufez  6c  dePofquieres ,  6cavoit  déjà  fuccedéen  1154.  à  Ebrardfon 

h-  prcdeccffcur,fuivant  une  bulle  'que  le  pape  Adrien  IV.accorda  alorsenfaveur 

de  Guillaume  abbé  d’Aniane.  Louis  déclaré  k  dans  ce  diplôme  qu’en  l’accor- 
1  dant  à  l’églife  d’ U  fez,  il  fuit  l’exempl e  des  rois  Raoul  &  Louis  fes  prèdeceffeurs. 

11  fait  enfuite  l’énumeration  des  abbayes  qui  étoient  alors  foumifes  à  cette 
églife,  6c  dont  aucune  nefubfifte  plus  aujourd’hui.  Elles  étoient  au  nombre 
de  fix,  fcavoir,dcS.ïirmin  fituéedans  un  village  voifin  d’Ufez,  de  S.  Etien¬ 
ne,  de  S. Julien,  de  S.  Sulpice ,  deS.Ferreol,6c  de  S. Privât  de  Gers.  Ilmar- 
que  que  les  châteaux  de  Bcrmond&de  Rainon  dans  la  ville  d’Vfeg.  dépendoient 
du  domaine  de  la  même  églife  ,  ainfi  que  la  monnoye  qu’on  fabriquoit  à 
.  U  fez.  Enfin  Louis  accorda  à  cette  églife ,  dont  les  freres  ou  chanoines,  ajoûrc- 
*  t-il, 


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DE  LANGUEDOC.  LIV.  XVIII.  4S, _ _ 

t-il,  vivoient en  commun,  dans  l’étendue  du  diocèfè  ,  tous  les  revenus  de  la  An.iijô. 
faix ,  qu’on  nommoir  alors  compenfum ,  Se  qu’on  a  appelle  depuis  le  commun 
de  paix  ,  ou  la  pelade.  On  voit  par  là  que  ce  droit  étoit  alors  devenu  doma¬ 
nial  ,  fans  que  la  trêve  de  Dieu ,  pour  laquelle  il  avoit  été  établi  *  ,  en  fût  gue*  bv.xiv. 
xes  mieux  obfervée. 

Aldebert  évêque  de  Nifmes,  Se  frereb  de  Raymond  évêque  d’U/cz ,  obtint  xxxw. 
l’année  fuivante  ,  la  JCJsTI.  du  règne  de  Louis  le  Jeune ,  un  diplôme  de  ce  n*sdcccpri£ 

{>rince  qui  confirma  les  privilèges  de  fon  égli/e  ,  Se  lui  donna  la  juftice  fur  ce  en  faveur 
es  clercs  du  diocèfe,  Se  fur  les  vallaux  de  l’cgli/è  ,  avec  l’autorité  fur  les  Nu'mcs^d^ 
monafteres  de  Pfàlmodi ,  dcTournac  Se  de  Cendras.  Ce  même  roi  accorda  Narbonnr&dc 
vers  le  même  tems  une  autre  charte  c  en  faveur  de  Berenger  archevêque  de  Lo‘,:je',.0n' 
Narbonne  :  il  confirma  ce  prélat  dans  la  pollelfion  de  la  moitié  des  droits  nré  tcmporcl- 
domaniaux  du  diocèfe,  Se  dans  l’autorité  qu’il  exerçoit  fur  les  abbayes  dLcs/vv^““ 

S.  Paul ,  de  S.  Laurent ,  de  S.  Etienne  de  Bagnols,  de  Quarante,  Sec.  Se  lui  iceHr  diwdé.U 
donna  une  entière  jurifdiélion  fur  le  bourg  de  S.  Paul,  Se  lur  divers  châteaux. 

Enfin  on  prétend  a  que  Louis  le  Jeune  donna  en  n  57.  à  Pierre  évêque  de  ^Jfq' 

Lodeve  les  droits  régaliens  fur  tout  fon  diocèfè,  avec  les  mines  d’argent  qui  1157. 
s’y  trouvoient.  Ce  prélat  etoit  frere  des  évêques  de  Nifines  Se  d’Ufez  ,  Se  fils  de 
Raymond-Decan  fèigneur  d’Ulêz  Se  de  Pofquieres.  Un  de  fes  fuccefleurs 
ajoute  c  qu’il  délivra  les  évêques  de  Lodeve  du  jou g  gl*  de  la  fervitude  des  corn-  ^v.kotsxxv. 
tes  de  Rodez^  ,  ce  qu’on  doit  entendre  fans  doute,  par  le  diplôme  dont  on  ePU>aav.,M. 
vient  de  parler.  Il  paroît  cependant  f  que  ces  comtes ,  qui  en  qualité  de  vi-  f  soTEibü. 
comtes  de  Lodeve,  étendoient  leur  autorité  dans  le  pais,  l’y  exercèrent  encore 
long-tems  après  l’épifcopatde  Pierre, fous  celle  des  comtes  deToulouie  qui  en 
poiledoient  le  haut  domaine  ,jufqu’à  ce  qu’enfin  les  uns  &  les  autres  ayant  cédé 
ou  vendu  leurs  droits  aux  évêques  ,  ceux-ci  furent  reconnus  pour  les  feuls 
feigneurs  fuzerains  de  tout  le  dioccfe  5  fuzeraincté  dont  ils  jouilfent  encore 
de  nos  jours.  Pierre  d’Ulez  évêque  de  Lodeve  mourut  le  6.  de  Juillet  de  l’an 
1160.  Gaucelin  e  ,  qu’on  dit  de  la  mailon  de  Monrpeyroux  ,  Se  qui  avoit  été  g 
auparavant  abbé  d’Aniane  ,  lui  fucceda.  Ce  dernier  étoit  fort  appliqué 
l’étude  des  faintes  lettres,  comme  on  voit  parla  lettre  h  qu’Hugues religieux 
de  Sal valiez  lui  écrivit  pour  lui  demander  l’explication  de  quelques  endroits  f 
difficiles  de  l’écriture  lainte.  Hugues  fait  un  grand  éloge  des  vertus  de  Gau¬ 
celin.  Ce  prélat  «  orna  fa  ville  epifcopale  de  divers  édifices  publics  &  parti-  1  pi**uvjhd. 
culiers.  Il  obtint  en  1161.  du  roi  Louis  le  Jeune  un  diplôme^  daté  d’Etam-  **>•■/>.  jsz- 
pes,  par  lequel  ce  prince  le  confirma  dans  lapolîellion  des  domaines  de  fon  égli- 
fe,  entr’autres  du  château  de  Montbrun,  Se  lui  accorda  1  les  droits  régaliens  W.somibiL, 
dans  tout  l’évêché,  les  mines  qu’on  y  avoit  découvertes  ou  qu’on  y  décou- 
vriroit  dans  la  fuite,  la  juftice  civile  Se  criminelle  ,  Sec. 

Raymond  comte  de  Touloufe  Se  le  vicomte  Raymond-Trencavel  étoient  A  X^XIV-! 
parfaitement  réconciliez  au  mois  d’Août  de  l’an  1157.  Le  premier  promit  alors  COmTc  .'"tou- 
par  ferment m  à  l’autre  de  lui  conferver  fes  domaines ,  fes  fiefs  Se  fes  alleus  en- 
vers  tous  &  contre  tous,  excepté  contre  fes  propres  vallaux ,  Se  contre  Ber-  Lautx«* 
nard-Aton  vicomte  de  Nifmes  frere  deTrencavel.  Sicard  vicomte  de  Lau-  mPr.p  j«î< 
trec ,  Guillaume  évêque  d’Albi ,  Sicard  de  Lauran  ,  Ifàrn  de  Dourgne ,  Ber- 
mond  d’Ufez ,  Se  plufieurs  autres  lèigncurs  d’entre  les  principaux  de  la  pro¬ 
vince  furent  prefens  à  cet  acte. 

Guillaume  évêque  d’Albi  dont  nous  venons  de  parler  ,  étoit  fuivant  un  aéte 
de  l’an  1 1 7 1 .  frere  de  Begon  feigneur  de  Dourgne ,  château  fitué  dans  le  dio¬ 
cèfe  deLavaur  au  voiiînage  de  l’abbaye  de  Sorcze.  Quant  à  Sicard  vicomte 
de  Lautrec“ .  il  fut  le  IV.  de  fon  nom  ,  Se  offrit  0  à  la  fin  de  l’année  fuivante  n  v.  note 


de  Lautrecn ,  il  fut  le  IV.  de  fon  nom.  Se  offrit 


de  l’année  fuivante  n  v.  note 


fon  fils  Raymond  à  l’abbaye  de  S.  Pons  de  Tomieres  pour  y  être  religieux,  xxin. 7. 
L’acte  eft  fouferit  par  Sicard  fon  autre  fils  qui  lui  avoit  déjà  fuccedé  en  oPr  'fi7U 
11 60.  Se  qui  confirma  alors  avec  Pierre  fon  frere  ,  la  donation  que  le  vicomte 
leur  pere  avoit  faite  par  fon  teftament  en  faveur  de  l’abbaye  de  Candeil.  Si- 
card  V.  vicomte  de  Lautrcc  délivra  l’année  fuivante,  en  prefence  de  Guil¬ 
laume  de  Montpellier  ,  le  legs  qui  avoit  été  fait  à  cette  abbaye  par  le  même 
teftament,6cépoufa  dans  la  fuite  Adélaïde  fille  de  Raymond-Trencavel  vicomte 
de  Beziers&de  Carcaffonne. 

T  ome  IJ.  P  p  p 


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_ 4«i  HISTOIRE  GENERALE 

Àn.iï  57.  Ce  dernier  après  fa  réconciliation  avec  le  comte  de  Touloufe  ,  s'appliqua 
xxxv.  au  gouvernement  de  Ton  domaine.  Il  donna»  au  mois  de  Juin  dé  l’an  nj-t, 
t" cncifvc l & k  a  Pierre  de  Vilar  le  village  deCouftaufa  dans  le  comte  de  Rafi\,  pour  y  con. 

_ 1_  r>  . .  A. A >  _  _  _  J  AÏ _  ’.*1  1  et  r\  CetC  Qr  À  «  A  _  n 


comte  de 
cclone.  H 
mengardc 
comtefle 


c  Tr.  ibid. 


fTr.p.  567. 
&/tq. 


comcefle  de  fonne ,  l'hommage  pour  les  châteaux  de  Berens ,  Gaillac ,  Cahufac  8c  Montaigu 
foumetTc*  en  Albigeois  8c  celui  de  Sicard  de  Laurac  pour  les  châteaux  de  Laurac  8c 
dernier.  Foires  de  la  Pommarede  en  Lauraguais.  Le  feigneur  de  Laurac  promit  de  lui  être 
de  CarcatVon  fidelle  envers  cous  &  contre  tous ,  excepté  contre  le  comte  de  Touloufe  : 
“aiv./Mj*.  Preuve  que  Trencavel  reconnoiffoit  alors  ce  prince  pour  fuzerain  du  Lau. 
b  f-  f  70.  raguais. 

115b.  Trencavel  ménageoit  toujours  cependant  Raymond-Berenger  comte  de 
cPr.ps6(.  Barcelone.  Il  eut  une  entrevue  c  avec  lui  à  la  fin  du  mois  de  Janvier  del’aa 
*  ?  5  8.  à  Narbonne,  où  ce  comte  s’étoit  rendu  5  ôc  ce  fut  en  fa  prefence  qu’il 
«7.  ’  promit  alors  par  ferment  à  Berenger  archevêque  de  Narbonne  de  l’aider 

envers  tous  8c  contre  tous  ,  excepté  contre  Raymond  comte  de  Barcelone  ,  RUy. 
mond  comte  de  Touloufe ,  &  fcs  propres  vaffaux.  L’archevêque  de  Narbonne  fit 
de  fon  côté  à  Trencavel  un  pareil  ferment ,  dans  lequel  il  excepte  le  comte  de 
Barcelone  ôc  fes  propres  vaflàux.  Ce  prélat  qui  étoit  oncle  de  Raymond-Be. 
renger,  ÔcErmengarde  vicomtelîe  de  Narbonne  qui  étoit  couline  germaine  de 
ce  comte  ,  après  l’avoir  reçu  dans  cette  ville,  l'accompagnèrent  à  fon  retour 
A  DiAg-ibii  jufqu’à  Perpignan ,  où  on  allure  d  que  la  même  vicomtelîe  fe  fournit  à  lui  au  mois 
de  Février  fuivant ,  avec  tous  les  domaines  dont  elle  avoit  hérité  du  vicomte  Aymeri 
fonpcre,en  reconnoiflance  des  lèrvices  qu’elle  en  avoit  reçus,  8c  en  dedom¬ 
magement  des  dépenlès  qu’il  avoit  faites  pour  la  fbutenir.  On  ajoute  qu’elle 
lui  donna  pour  otages  de  fa  promefle,  deux  des  principaux  barons  de  fon  domaine, 
fes  vaffaux ,  fçavoir  Guillaume  de  Peïteus  ,  &  Ermengaud  de  Leucate.  Ces  deux 
«p r.ibii.  feigneurs  *,  6c  plufieurs  autres  de  la  province  fe  trouvent  en  effet  parmi  les 
témoins  de  la  promefle  réciproque  que  l’archevêque  de  Narbonne  &  Trencavel 
s’étoient  faite  peu  de  tems  auparavant ,  en  prelence  du  comte  de  Barcelone, 
f pr.p.S67.  Trencavel  après  fon  retour  dans  fon  palais  de  Carcaflonne,  y  f  dilpoli 
&  j'tq.  le  4.  de  Mars  de  l’an  ris8.  en  faveur  de  Roger  fon  fils,  par  préciput  fur  tous  fes 
autres  enfans ,  des  villes  de  Carcaflonne  8c  de  Rafez,  8c  de  leurs  dependan. 
ces.  En  conféqucnce  de  cette  donation,  Roger,  du  confentcmentdu  vicomte 
fon  pere,  confirma  les  privilèges  des  habitans  de  CarcalTonne,  ôc  en  particulier 
les  deux  foires  qu’on  y  tenoit  tous  les  ans ,  8c  que  le  vicomte  Roger  fon  onde 
avoit  déjà  établies. 

La  bonne  intelligence  ne  dura  pas  long-tems  entre  le  vicomte  Trencavel  & 
te  Je  Barcelone  le  comte  deTouloufe.  Ils  étoient  déjà  brouillez  de  nouveau  le  20.  du  mois 
avec  Trenca-  d’Aoùt  de  la  même  année  ,  comme  il  paroît  par  l’accord  g  que  le  comte  de 
deMompeUièt'  Barcelone  fit  alors  à  Montpellier  avec  ce  vicomte,  qu’il  appelle  fon  vaffd, 
Ennengide  8c  qu’il  promet  d’aider  de  toutes  fes  forces ,  dans  la  guerre  qu'il  alloit  avoir 
Hcnt!^ I^roi ’  Maintenant  avec  Raymond  comte  de  T ouloufe  &  de  S.  Gilles ,  ou  dans  celle  qu’il  au- 
d'Angleterre,  roit  dans  la  fuite  avec  fa  poflerité.  Il  lui  promet  en  même  tems  de  ne  faire  ni 
&  te  de  Ton  Pa*x  n*  tr^ve  avec  ce  Pnnce  fans  fon  aveu  8c  fon  confentement ,  8c  lui  donne 
loufe.  ’  pour  otages  huit  de  fes  principaux  vaffaux.  Ermengarde  vicomceffe  de  Nar- 
g  Pr.p.^69.  bonne,  8c  Guillaume  feigneur  de  Montpellier  furent  prefens  à  cet  accord.  Il 
y  a  lieu  de  croire  qu’ils  fe  liguèrent  aufli  alors  avec  le  comte  de  Barcelone 
contre  le  comte  deTouloufe. 

Cette  ligue  déjà  formidable  par  elle-même,  le  devint  bien  davantage  par 
h  KobJt  Mont-  celle  h  que  fit  à  la  fin  de  cette  année,  ou  au  commencement  de  la  fuivanre1,  le 
tbren.  id.DA.  comcc  de  Barcelone  avec  Henri  II.  roi  d’Angleterre ,  dans  une  entrevue  qu’ils 
Gwiltoubrig.  eurent  à  Blaye.  Le  dernier  ,  après  avoir  epoufé  Eleonor  hcritiere du  duché  de 
t-i.c.io.  Guyenne,  forma  de  grands  projets  fur  le  comté  de  Touloufe,  qu’il preten- 
thnn.H™!'  doit  appartenir  à  cette  princefle,  pour  les  raifons  que  nous  avons  devclop. 
fpicU.  pces  ailleurs.  Il  demanda  d’abord  la  reftitution  de  ce  comté  à  Raymond  V. 

fjff'  NÜT‘'  qui  n’eut  garde  d’acquiefcer  à  fa  demande ,  ôc  regarda  les  prétentions  comme 
kLtbUi.io.i-  des  chimères  }  ce  qui  fit  naître  enrr’eux  un  grand  différend ,  lequel  corn- 
f  i 91.  mença  dès  l’an  11 57.  fpivant  une  ancienne  chronique  k.  Henri  ne  pouvant  , 


xxxvi. 
Ligue  du  com- 


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DE  LANGUEDOC.  Li  v.  XVIII, 


4  *1 


xxxv»; 

Leroi  Louis  te 
Jeune  marche 
au  fccours  du 
comte  ce  Tou* 


tirer  raifbn  de  Raymond  que  par  les  armes,  réfolut  enfin  de  lui  déclarer  la  An.  nj8* 
guerre.  Comme  il  n’ignoroit  pas  les  divers  fujets  de  querelle  qui  étoienc  de*- 
puis  long-cems  encre  ce  comte  6c  celui  de  Barcelone ,  lequel  écoic  en  état 
d’ailleurs,  cane  par  les  propres  forces ,  que  par  celles  des  alliez  ou  desvaf* 
faux  qu’il  avoir  dans  la  province  ,  de  favorifer  Ion  entreprifê,  il  rechercha 
l’amitié  de  ce  dernier ,  8c  ménagea  avec  lui  l’entrevue  dont  nous  venons  de 
parler.  Ils  y  conclurent  un  traité  par  lequel  ils  réfolurent  d’unir  leurs  armes 
contre  le  comte  Raymond  5  8c  pour  cimenter  davantage  leur  union,  ils  con¬ 
vinrent  que  Richard  fils  puîné  d’Henri  &  d’Eleonorauroic  le  duché  de  Guyenne 
pour  fon  partage,  &  qu’il  épouferoit  Berengere  fille  du  comte  de  Barcelone* 

Trencavel  8c  Guillaume  de  Montpellier  entrèrent  aifément  dans  cette  ligue  j 
le  premier  par  le  defir  de  fe  venger  fur  le  comte  de  Touloufe,  de  la  longue 
prifon  qu’il  lui  avoir  fait  fouffrir ,  8c  de  la  groflè  rançon  qu’il  avoir  exigée 
de  lui  j  6c  l’autre  à  caufe  des  liaifons  étroites  que  fa  maifon  confervoit  depuis 
très  long-tems  avec  celle  de  Barcelone. 

Le  comte  Raymond  fongea  de  fon  côté  à  fe  défendre  contre  tant  d’enne¬ 
mis.  Il  fe  ligua  entr’autres  avec  Bernard  Pelet  6c  Beatrix  comteflède  Mel- 
gueil  fa  femme  ,  8c  avec  divers  chevaliers  du  diocèfe  de  Maguelonne  ,  qui 
entreprirent  la  guerre  contre  le  feigneur  de  Montpellier ,  8c  les  autres  alliez  buVèVoàbcIÛ- 
du  comte  de  Barcelone,  8c  firent  diverfion  dans  le  bas  Languedoc,  comme  nous  fecre* 
le  verrons  dans  la  fuite.  Raymond  implora  encore  le  fecours  du  roi  Louis  le 
Jeune  fon  beau-frere  ,  qui  avoit  d’ailleurs  un  interet  particulier  de  s’oppofer  à 
l'aggrandillèmentdu  roi  d’Angleterre.ll  fit  en 1 1 5  8. un  voyage  du  côté  du  Rhô¬ 
ne  ,  où  il  confirma  ■»  l’abbaye  de  Pfalmodi  dans  fes  poireifions ,  en  prefence  itrf.jff. 
de  Bermond  d’Ulèz,  de  Raymond-Gaucelin  de  Lunel,  de  Guillaume  de  Sa- 
bran  ,  8c  de  plufîeurs  autres  chevaliers  qui  lui  demeurèrent  fidelles.  Il  tint  un 
plaid  b  au  mois  d’Avril  de  la  même  année  ,  en  prefence  des  Capitulaires  ou  *>m«8 .&/•$ 
Capitouls  de  cette  ville ,  dans  lequel  il  confirma  l’ufage  où  étoient  les  tan¬ 
neurs  ou  corroyeurs  de  la  ville  de  lever  un  certain  droit  fur  les  cuirs  qu’on 
apportoit  du  dehors.  Les  tanneurs  de  Touloufe  vendirent  '  ce  droit  au  roi 
en  1280. 

Il  y  a  lieu  de  croire d  que  le  roi  Louis  le  Jeune  étoit  en  marche  pour  aller  au 
fecours  du  comte  de  Touloufe,  lorfqu’il  accorda  à  Bourges  une  charte  en 
faveur  de  Pons  évêque  du  Puy  ,  qu’il  appelle  fon  ami  &  fon  féal ,  8c  parla-  B£_  . .  . 

quelle  il  confirma  les  privilèges  de  cette  églife  ,  conformément  à  une  autre 
qu’il  avoit  déjà  donnée  en  1x45.  On  peut  rapporter  en  effet  cette  charte, 

qui  eft  datée  fimplement  de  l’an  iiy8.  aux  premiers  mois  de  l’année  fui- _ _ 

vante,  félon  notre  maniéré  de  compter. 

Quoi  qu’il  en  foit ,  Henri  II.  roi  d’Angleterre  après  avoir  conclu  fa  ligue 
avec  le  comte  de  Barcelone ,  fe  difpofa  1  à  la  guerre  contre  le  comte  deTou- 
loufè,  8c  fit  aflèmbler  à  la  mi-Carême  de  l’an  1159.  pour  cette  expédition  , 


c  Trefdts  chârU 
TouloUjC  J*c  1$. 
»-47- 

d  V  SOTS 
LIV. 

c  Gall  chr. 
nov.ta.t0  1. 


1159. 

XXXVllf. 
Expédition  du 
roi  d’An^lctc-r* 
rc  comte  le 

une  nombreufe  armée,  compofée  de  Normans,  d’Anglois,  d’ Aquitains ,  8c 
de  divers  autres  peuples  fes  fujets.  Il  fit  une  levée  fur  tous  fes  vaflaux  ,  qui  prend  le  luge 
par  leurs  fiefs  étoient  tenus  au  fervice  militaire  6c  fur  les  églifes  de  fes  états,  f  "V1,11? 
8c  employa  cet  argent  a  loudoyer  les  troupes.  Avant  Ion  départ  g  d  Angleterre  ]c  iCv«. 
pour  aller  fe  mettre  à  la  tête  de  l’armée  ,  il  fe  fit  couronner  pour  la  troi-  (  Rob-  * 
fîéme  fois  à  Winchefter  avec  la  reine  Eleonor  fa  femme,  le  jour  de  Pâques 
11.  d’Avril.  Il  partit  enfuite  accompagné  de  Malcolmc  roid’Ecoflè,  de  Guil-  p--*'  ^’/o. 
Iaume  de  Blois  fils  d’Etienne  roi  d’Angleterre,  de  Thomas  Beckct  fonchan- 
celier,  qui  fe  mit ll  à  la  tête  de  700.de  fes  vafïàux,  8c  qui  fut  enfuite  arche-  t Um.a»*s 
vêque  de  Cantorberi ,  8 c  enfin  de  plufîeurs  feigneurs  8c  prélats  de  fes  états. 

Ce  prince  arriva  àPerigueux  à  la  fin  du  mois  de  Juin  de  l’an  xi  5  9-k  8c  fè  voyant  q. «», . 
fur  le  point  d’entrer  dans  les  terres  du  comte  de  Touloufe ,  il  donna  la  ceinture  >GWr'J 
militaire  au  roi  d’EcolIe,  qui  la  ceignit  lui.même  à  une  trentaine  de  jeunes  fei-  ‘Tk'koib 
gneurs.  Henri  avoic  pratiqué  dans  Cahors  une  intelligence  qui  réuffit.  Cette 
ville  fe  révolta  contre  le  comte  de  Touloufe  fon  feigneur,  6c  fe  déclara  en 
faveur  de  l’Anglois.  Henri  écrivit1  en  même  tems  au  comte  de  Barcelone  ,  à  1  GuULMuk, 
Trencavel  8c  à  Guillaume  de  Montpellier ,  pour  les  prellèr  de  venir  le  joindre  G.'.io. 
avec  leurs  troupes:  en  attendant  il  attaqua  m  divers  châteaux  qui  fe  rendirent 
T  orne  II.  P  p  p  ij 


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.4*4 


HISTOIRE  GENERALE 


An.x  i  y  9. les  uns  de  gré,  &  les  autres  de  force.  11  emporta  *  entr’autres  celui  de  Ver. 

dun  ^tud  *ur  k  Garonne  à  cinq  lieues  de  Touloufe  celui  de  Caftelnau 
xhron.p. i^.  *  d’Eftretefonds  à  quatre  lieues  de  la  même  ville  vers  le  nord-oueft,  où  >>  U 
k  note  campa  pendant  quelque  tems. 

c  Kcmii  comt.  Le  comte  Barcelone  ne  joignit  le  roi  d’Angleterre  que  vers  le  commence. 
f’d°M  menc  du  mois  d’Août c;  il  étoit  encore  d  au-delà  des  Pyrénées,  prit  à feren. 
p-iii™11'1"'  dre  à  P  armée  U  ir.  de  Juillet  de  )l‘an  rijp.  comme  il  paroît  par  la  promeffe 
folemnelle  qu’il  fit  alors  à  l’évêque  de  Gironne  ,  de  confirmer  à  fon  retour 
dans  une  cour  generale  ,  la  reftitution  qu’il  lui  fit  de  divers  biens  ufurpez  fur 
lôn  cglife.  Enfin  Henri  ayant  reçu  les  troupes  auxiliaires  de  Languedoc  & 
de  Catalogne  qu’il  attendoit,  8c  s’étant  avancé  vers  Touloufe  ,  il  entreprit 
le  fiege  de  cette  ville.  r 

If'dfflw*  rcd  C  ^ou‘s  Jeune  qui  étoit  déjà  arrivé  dans  la  province ,  prévoyant 
&Gii,u.Eulbr.  Ie  deflein  de  ce  prince ,  l’avoit  prévenu  :  il  s’étoit  jetté  dans  Touloufe  ,  qu’il 
k  note  b  J  aT01C  e.u  *oin  de  ^ort^er  &  de  mun'r  de  toute  forte  de  provifions ,  dans  la 
Aim.™.  ji!  '  rcfolution  delà  défendre  jufqu’à  la  derniere  extrémité ,  avec  le  comte  Ray- 
mondfon  beau-frere  qu’il  étoit  venu  fecourir.  Henri  de  fon  côté  après  avoir 
commencé  le  fiege  de  cette  ville ,  ne  négligea  rien  pour  en  avancer  les  tra¬ 
vaux  :  mais  après  y  avoir  dépenfé  des  lommes  immenfes ,  s’être  donné  des 
mouvcmens  infinis ,  8c  avoir  perdu  une  partie  de  fes  troupes ,  &  plufieursfei- 
gneurs  de  marque  ,  entr’autres  Guillaume  comte  de  Bologne,  fils  d’Etienne 
roi  d’Angleterre ,  éc  Ayrnon  fils  du  comte  de  Gloceftre ,  il  fe  vit  obligé  de  dé- 
camper,  tant  à  caufe  delà  faifon  déjà  avancée  ,  que  de  la  vigoureule  défenfe 
des  afliegez.  Pour  couvrir  la  honte  de  fa  retraite ,  il  prit  prétexte  de  ne  vou. 
loir  pas  donner  l’afiaut  à  une  ville  défendue  par  fon  fouverain  5  &  fous  les 
apparences  fpecieufes  du  refpecb  qu’il  avoir  pour  le  roi  Louis  le  Jeune,  il  re¬ 
prit  la  route  de  fes  états.  Il  attaqua  cependant  en  chemin  quelques  châteaux 
du  domaine  du  comte  de  Touloufe,  8c  arriva  ainfi  à  Cahors ,  que  le  roi  de 
f  Vu  je  s.  France  avoir  remis  f  fous  l’obéillince  de  Raymond ,  après  en  avoir  fait  chalTer 
u/ll7l!jBel'  cc.ux  clui  soient  le  parti  Anglois.  Henri  afliegea  cette  ville ,  la  prit ,  &  y 
g  ib,j  <$.  lai^  unegarnifon  fous  les  ordres  g  de  Thomas  Ion  chancelier  ,  à  qui  il  confia 
r22£.9'  Ie  gouverne™ent  de  toutes  les  places  qu’il  avoir  enlevées  au  comte  de  Tou. 
hG'iUt.NeJr.  l°ulc,  8c  qu’il  chargea  de  continuer  la  guerre  contre  ce  prince ,  conjointe- 
fc  uf  -Lv  r  nlsnc  avec  Je  comce  de  Barcclüne  » !e  vicomte  Trencavel  ,1e  feigneur  de  Mont- 
ibu.  *  '  pelHer  ,  8c  fes  autres  alliez.  Il  remit  h  au  même  Trencavel  quelques  châteaux 
*  v.  .note  que  ce  vicomte  ,  pour  fortir  de  prifon  ,  avoit  été  obligé  de  ceder  au  comte 
Raymond ,  8c  arriva  à  Uferche  ■  en  Limoufin  d  la  faint Michel  de  Septembre, 
ibui.  après  avoir  employé  trois  mois  k  à  fon  expédition.  Il  prit  la  route  de  Nor¬ 

mandie  au  mois  d'Oclobre  » ,  fuivi  de  Malcohne  roi  d’Ecofîe  8c  de  Guillaume 
comte  de  Mortagne  qui  mourut  en  chemin.  Il  fut  obligé  de  fe  rendre 
dans  cette  province ,  pour  s’oppofer  aux  progrès  d’Henri  évêque  de  Beauvais, 
Ôc  de  Robert  comte  de  Dreux ,  que  le  roi  Louis  le  Jeune  leur  frere ,  dans  le 
defiein  de  faire  diverfion  ,  avoit  envoyez  fur  les  frontières  avec  un  corps 
m  i üd.&f.  d’armée.  Les  deux  rois  convinrent  ™  cependant  d’une  trêve  au  mois  de  De- 
cembre ,  lignèrent  enfin  un  traité  de  paix  au  mois  de  Mai  de  l’an  n6o.  &le 
confirmèrent  au  mois  d’Oétobre  fuivant. 

-  Durant  ces  négociations  Raymond  comte  de  Touloufe  fit  un  voyage  du  côté 

Touioufc'dé-*  du  Rhône'  Ce  Prince  aIk  à  Carpentras,  où  il  rendit  «»  le  x  r.  de  Janvier  de 
pouüic  l’êvô-  1  ii6o.  tant  en  Ton  nom  qu’en  celui  d'^4lfonfe  fon  frere  y  moyennant  la  /bm- 

ïfae£*.ïd  me  de  deux  mÜIe  fols  Mc,Soriens  »  à  Raymond  évêque  de  cette  ville,  le 
«*.**  "  château  de  Venafque ,  avec  ceux  de  Baux  8c  de  Malamort,  &  quelques  vil- 
"  lages  qui  en  dépendoient ,  8c  ne  retint  fur  ces  domaines,  tant  pour  lui  que  pour 

&J“i‘  fon  frere  ,  que  les  chevauchées  &  l'alberque.  Guillaume  de  Sabran  fon  connétable, 
Bertrand  de  Baux,  &  cinq  autres  feigneurs  ou  barons  dupais ,  jurèrent l’ob- 
fcrvation  de  cette  reftitution  que  le  comte  confirma  le  lendemain. 

Ce  prince  ne  traita  pas  fi  favorablement  Berenger  de  Mornas évêque  °de 
JcSr 1  Vaifon,  qu’il  afliegea  vers  le  même  tems  dans  fa  ville  épifcopale  dont  ce  pré- 
!*■;.&  lat  fe  precendoit  leigneur.  Comme  les  habitans  manquoient  d’eau,  iis  furent 
/*»•  bientôt  contraints  de  fe  rendre.  Le  comte  livra  alors  la  ville  &  le  palais 


n6o. 
xxx  ix. 


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DE  LANG  UED  OC.  Liv.  XVIII.  4% _ _ 

cpifcopal  au  pillage,  6c  fit  enfuite  mettre  le  feu  aux  quatre  coins  ,  enforte  An.iiôo. 
qu’elle  fut  bientôt  confumée.  Il  le  faille  des  domaines  de  l’cvêché ,  entr’au- 
tres  des  châteaux  de  Creltet  6c  de  Rateau ,  qu’il  garda  julqu’à  la  mort  de  Be- 
renger,  laquelle  arriva  en  1 178.  On  ignore  le  véritable  motif  de  cette  exe¬ 
cution  militaire  ,  6c  les  conjectures  qu’un  moderne  1  a  données  là-dellus  n’ont 
aucun  fondement.  Peut-être  que  l’évêque  de  Vaifon  s’etoit  ligué  avec  le 
comte  de  Barcelone ,  êc  les  autres  ennemis  de  Raymond. 

Nous  avons  une  nouvelle  preuve  que  ce  dernier  prince  étoic  du  côté  du 
Rhône  en  11 60.  dans  une  donation  qu’il  fit b  alors,  avec  la  reine  Confiance  fu  fem- 
me,  à  l’abbaye  de  S.  Gilles,  êc  à  Bertrand  qui  en  étoitàbbé.  Cet  abbé  qui  etoit 
delà  maifon c  de  S.  Cofme,  obtint  du  pape  Adrien  IV. d  une  bulle  qui  l’exem- 
ptoit  de  la  Jurifdiction  de  l’archevêque  de  Narbonne  légat  du  faim  fiege  ,  6c 
de  tous  les  autres  légats  ,  à  moins  qu’ils  ne  le  fuflènt  â  latere.  Adrien  lui 
accorda  en  même  tems  l’ufage  de  la  mitre  ,  à  caufe  de  la  dignité  de  fon 
églife. 

Le  comte  deTouloufe  après  avoir  mis  ordre  aux  affaires  de  fon  marqui- 
fat  de  Provence,  repailà  le  Rhône,  6c  vint  à  Nifmes  ,  où  il  vendit  au  mois 
d’Octobre  cde  l’an  1160.  au  chapitre  de  la  cathédrale,  la  moitié  des  marais  tPrï'i 7î« 
du  lieu  de  Fontcouverte  dans  ce  diocèlê.  La  reine  Confiance  fa  femme  qui 
l’accompagnoit  dans  tous  fes  voyages  confirma  cette  vente  6c  la  fouferivit. 

Raymond  écoit  de  retour  àTouloule  à  la  fin  de  l’année:  il  accorda  alors  une 
exemption  f  de  peage  dans  tous  fes  domaines  aux  religieux  de  l’abbaye  d’Ay-  1 
guebelle  de  l’ordre  de  Cîteaux  fituee  dans  le  Touloulain. 

Trencavel  de  fon  côté  s’étant  rendu  à  Carcallônne  après  l’expedition  de  xl. 
Touloufe,  donnapar  un  acte  du  8.  d’Octobre  s  de  l’an  1159.  la  monnoye  Monnoye  d« 
de  cette  ville  à  fabriquer,  6c  en  régla  le  poids  6c  l’alloi.  Il  confirma  b  l’année  priviié^dc 
fuivante  l’affranc  biffe  ment  6c  les  privilèges  que  les  vicomtes  Bernard  Aton  fon  !>  ville  de 
pere ,  6c  Roger  fon  frere  avoient  accordez  autrefois  aux  chevaliers  dr  *#*  ^  Bczlers!*  * 
bourgeois  de  Cafires.  Ces  privilèges  confilloient  principalement  dans  l’exemption  gP  r.p  ^74. 
de  quefie  d' de  tolte  Le  vicomce  retint,  avec  la  jultice  que  fon  pere  s’étoitré-  h^S7<î‘ 
fervée,  le  droic  de  chevauchée  fur  les  habitans  de  cette  ville  qui  étaient  tenus 
démarcher  à  fon/ervice  dans  l’Albigeois  6c  le Touloufain,  quand  il  le  jugeoic 
à  propos,  6c dans  lesautres'païs,  feulement  lorlqu’il combattait  en perlonne. 

Ce  vicomte  reçût  la  même  année  une  fomme  confiderable  des  Juifs  de 
Beziers ,  pour  l’abolition  d’une  ancienne  coutume  qui  leur  étoic  fort  oncreufe. 

Lejour  des  Rameaux  »  l’évêque  montoic  en  chaire,  ôefaifoit  un  difeours  au  i GaufrU.vof. 
peuple  pour  l’exhorter  à  tirer  vengeance  des  Juifs  qui  avoient  crucifié  J.  C.  f 
Il donnoit  enfuite  la  bénédiction  à  fes  auditeurs,  avec  la  permilfion  d’atta-  p-w-év'j. 
quer  ces  peuples,êc  d’abattre  leurs  maifons  à  coups  de  pierre  5  ce  que  les  habi¬ 
tans,  animez  par  les  difeours  du  prélat, executoient  toujours  avec  tant  d’animo- 
fitéôc  de  fureur  ,  qu’il  ne  manquoit  jamais  d’y  avoir  du  fàng  répandu.  L’atta¬ 
que,  dans  laquelle  il  n’étoit  permis  d’employer  que  les  pierres,  commençoit  à  la 
première  heure  du  famedi  avant  les  Rameaux ,  êc  continuoit  jufqu’à  la  der¬ 
nière  heure  du  fâmedi  d’après  Pâques.  Guillaume  évêque  de  Beziers ,  hon¬ 
teux  fans  doute  de  ce  que  fes  prédecefieurs  avoient  autorifé  une  coutume, 
qui  pour  être  ancienne  n’en  étoit  pas  moins  blâmable ,  confpntic  à  fon  abo¬ 
lition  avec  fon  chapitre,  6c  en  donna  un  acte autentique  entre  les  mains  du 
vicomte  Raymond  Trencavel  le  1.  May  de  l’an  1160.  avec  menace  d’excom¬ 
munier  tous  les  clercs  qui  inquieteroient  dorefnavant  les  Juifs  ,  ôc  promefle 
de  ne  plus  foûtenir  les  laïques.  Il  reçut  pour  cela  la  fomme  de  100.  fols 
Melgoriens  des  Juifs  de  Beziers  ,  qui  s’engagèrent  de  plus  à  payer  .tous  les 
ans  le  jour  des  Rameaux  quatre  livres  monnoye  de  Melgueil,  pour  être  em¬ 
ployées  aux  ornemens  de  la  cathédrale.  Suivant  cet  aéte  les  Juifs  occupoient  k  Ando^f,, 
alors  à  Beziers  un  quartier  féparé  6c  entouré  de  murailles.  Un  auteur*  rap-  ^'6Î'XLI. 
porte  cet  événement  à  l’an  n6a.  mais  il  fe  trompe.  Evc4.es  de 

Guillaume  évêque  de  Beziers  qui  abolit  cette  coûtume  ,  avoir  fuccedé  de-  hanma^"* 
puis  peu  à  Raymond.  II  eft  fait  mention  de  ce  dernier  dans  une  exemption  de  rca  fus»uco.n- 
peage,  qu’Hugues  abbé  de  Villemagne  1  accorda  en  1 1 59.  aux  religieux  de 
Salvanez  en  Rouergue  ,  en  prefence  de  Berenger  archevêque  de  Narbonne  iPr.f.jVj, 


* 


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An. i  1 59. les  uns  de  gré,  &  les  autres  de  force.  Il  emporta  1  entr’autres  celui  de  Ver. 

dun  fitué  fur  la  Garonne  à  cinq  lieues  de  Touloufe  ,  &  celui  de  Caftelnau 


.4^4 


HISTOIRE  GENERALE 


xjcLk  cviwiu,  UC  iw  w  vjuv  tvij  àw  ^vuimcnce- 

mois  d’Aoùtc;  il  étoit  encore  d  au-delà  des  Pyrénées,  prêt  àferen. 
armée  le  rr.  de  Juillet  de  [l’an  nsç.  comme  il  paroît  par  la  promeflè 


C&el  comt  '"****  *1W“V  1Ui  vjtuiuinc  «  cinq 
thron.p. iM.  ’  d’Eftretefonds  à  quatre  lieues  de  la  même  ville  vers  le  nord-oueft ,  où  b  ü 
ib’u  V‘  mTE  camPa  pendant  quelque  tems. 

ckc uticonu.  Ee  comte  Barcelone  ne  joignit  le  roi  d’Angleterre  que  vers  le  commence. 
Mo,.  menc  du 

fî“C'H'F' dre  *  ^ 

folemnelle  qu’il  fit  alors  à  l’évêque  de  Gironne  ,  de  confirmer  à  fon  retour 
dans  une  cour  generale  ,  la  reftitution  qu’il  lui  fit  de  divers  biens  ufurpez  fur 
fon  églife.  Enfin  Henri  ayant  reçu  les  troupes  auxiliaires  de  Languedoc  & 
de  Catalogne  qu’il  attendoit ,  8c  s’étant  avancé  vers  Touloufe  ,  il  entreprit 
le  fiege  de  cette  ville. 

t  R'k.s,  Monte  Le  roi  «  Louis  le  Jeune  qui  étoit  déjà  arrivé  dans  la  province,  prévoyant 
&Qmiu^lbr.  k  deflèin  de  ce  prince,  l’avoic  prévenu  -.il  s’étoit  jetté  dans  Touloufe ,  qu’il 
un.  avoit  eu  foin  de  fortifier  &  de  munir  de  toute  forte  de  provifions ,  dans  la 

réfûlution  delà  défendre  jufqu’à  la  derniere  extrémité ,  avec  le  comte  Ray- 
mond  fon  beau-frere  qu’il  étoit  venu  fecourir.  Henri  de  fon  côté  après  avoir 
commencé  le  fiege  de  cette  ville ,  ne  négligea  rien  pour  en  avancer  les  tra¬ 
vaux  :  mais  après  y  avoir  dépenfé  des  lommes  immenfes ,  s’être  donné  des 
mouvemens  infinis ,  8c  avoir  perdu  une  partie  de  fes  troupes ,  8c  plufieurs  fei- 
gneurs  de  marque  ,  entr’autres  Guillaume  comte  de  Bologne,  fils  d’Etienne 
roi  d’Angleterre,  Sc  Aymon  fils  du  comte  deGloceftre,  il  fe  vit  obligé  de  dé- 
camper ,  tant  à  caufe  delà  failon  déjà  avancée  ,  que  de  la  vigoureule  défenfe 
des  affiegez.  Pour  couvrir  la  honte  de  fa  retraite,  il  prit  prétexte  de  ne  vou¬ 
loir  pas  donner  l’afiauc  à  une  ville  défendue  par  fon  fouverain  $  &  fous  les 
apparences  fpecieufes  du  refped  qu’il  avoit  pour  le  roi  Louis  le  Jeune,  il  re¬ 
prit  la  route  de  fes  états.  Il  attaqua  cependant  en  chemin  quelques  châteaux 
du  domaine  du  comte  de  Touloufe,  8c  arriva  ainfi  à  Cahors,  que  le  roi  de 
f  vie  de  s.  France  avoit  remis f  fous  l’obcifiance  de  Raymond ,  après  en  avoir  fait  chaflèr 
VforiiîH'd  B‘1'  ceux  clu*  tenoient  le  parti  Anglois.  Henri  affiegea  cette  ville  ,  la  prit ,  &  y 
g  ibid  &  laiffa  unegarnifon  fous  les  ordres  g  de  Thomas  Ion  chancelier  ,  à  qui  il  confia 
Cbrtii.Lnpp.9-  le  gouvernement  de  toutes  les  places  qu’il  avoit  enlevées  au  comte  de  Tou. 
fantiiNenbr.  louiè,  8c  qu’il  chargea  de  continuer  la  guerre  contre  ce  prince  ,  conjointe- 
•bid.  menc  avec  le  comte  de  Barcelone  ,  le  vicomte  Trencavel  ,1e  feigneur  de  Monr. 

pcliier  ,  8c  fes  autres  alliez.  Il  remit  h  au  même  Trencavel  quelques  châteaux 
t  v.  xoze  que  ce  vicomte  ,  pour  fortir  de  prifon  ,  avoit  été  obligé  de  ceder  au  comte 
^Rob  de Mente  Raymonti  >  &  arriva  à  Uferche  •  en  Limoufin  i  la  faint Michel  de  Septembre , 
ibid.  après  avoir  employé  trois  mois  k  à  fon  expédition.  Il  prit  la  route  de  Nor¬ 

mandie  au  mois  d’Oclobre  1 ,  fuivi  de  Malcolme  roi  d’Ecofle  6c  de  Guillaume 
comte  de  Mortagne  qui  mourut  en  chemin.  Il  fut  obligé  de  fe  rendre 
dans  cette  province,  pour  s’oppofer  aux  progrès  d’Henri  évêque  de  Beauvais, 
8c  de  Robert  comte  de  Dreux ,  que  le  roi  Louis  le  Jeune  leur  frere ,  dans  le 
dellein  de  faire  diverfion  ,  avoit  envoyez  fur  les  frontières  avec  un  corps 
1  ibid.  &  p.  d’armée.  Les  deux  rois  convinrent  m  cependant  d’une  trêve  au  mois  de  De- 


m 


780. 


cembre ,  lignèrent  enfin  un  traité  de  paix  au  mois  de  Mai  de  l’an  1160.  ôc  le 
1160.  confirmèrent  au  mois  d’Oétobre  fuivant. 
xxxix.  Durant  ces  négociations  Raymond  comte  de  Touloufe  fit  un  voyage  du  côté 


Le  comte  de  du  Rhône.  Ce  prince  alla  à  Carpentras,  où  il  rendit  »  le  1 1.  de  Janvier  de 

Touloufe  de-  --  -  A  ^  1 .  -  J  ^ 


rcs. 

D  Pr.p. 574 
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pouîiic1  rêvô-  l'an  1160.  cane  en  Ton  nom  qu’en  celui  d’^llfonfe  fon  frere ,  moyennant  la  fom- 
«juede  vaiibn  me  de  deux  mille  fols  Melgoriens  ,  à  Raymond  évêque  de  cecte  ville ,  le 
éc  les  donm-  ckâceau  Venafque  ,  avec  ceux  de  Baux  &  de  Malamorc  ,  &  quelques  vil¬ 
lages  qui  en  dépendoient ,  &  ne  retint  fur  ces  domaines  ,  tant  four  lui  que  pour 
fon  frere  ,  que  les  chevauchées  &  l'albcrvuc.  Guillaume  de  Sabran  fon  connétable , 
Bertrand  de  Baux,  &  cinq  autres  feigneurs  ou  barons  dupaïs,  jurerentTob- 
fervation  de  cette  reftitution  que  le  comte  confirma  le  lendemain. 

Ce  prince  ne  traita  pas  fi  favorablement  Berenger  de  Mornas  évêque  °de 
Tn  fd.  Vaifon,  qu’il  affiegea  vers  le  même  tems  dans  fa  ville  épifcopale  donc  ce  pré- 
lat  fe  prétendoic  ieigneur.  Comme  les  habitans  manquoienc  d’eau,  ils  furent 
I"n*  bientôt  contraints  de  fe  rendre.  Le  comte  livra  alors  la  ville  &  le  palai* 


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DE  LANGÜEDOC  Liv.  XVIII.  48; _ 

epï/copal  au  pillage,  &  fie  enfuice  mettre  le  feu  aux  quatre  coins  ,  enforte  An.  xiôo. 
qu’elle  fut  bientôt  confumée.  Il  le  faille  des  domaines  de  l'évêché ,  entr’au- 
très  des  châteaux  de  Creflet  &  de  Rateau  ,  qu’il  garda  jufqu’à  la  mort  de  Be- 
renger,  laquelle  arriva  en  1 178.  On  ignore  le  véritable  motif  de  cette  exe¬ 
cution  militaire  ,  Se  les  conjectures  qu’un  moderne  1  a  données  là-deflùs  n’ont  » c*i„mMU. 
aucun  fondement.  Peut-être  que  l’évêque  de  Vaifon  s’etoit  ligué  avec  le 
comte  de  Barcelone ,  &  les  autres  ennemis  de  Raymond. 

Nous  avons  une  nouvelle  preuve  que  ce  dernier  prince  étoit  du  côté  du 
Rhône  en  1160.  dans  une  donation  qu’il  fit b  alors,  avec  la  reine  Confiance  fafem- 
j«*,àl’abbaye  de  S.  Gilles,  &  à  Bertrand  qui  en  étoit  àbbé.  Cet  abbé  qui  ctoit 
de  la  mailon c  de  S.  Cofme ,  obtint  du  pape  Adrien  IV. d  une  bulle  qui  l’exem- 
ptoit  de  la  Jurifdidion  de  l’archevêque  de  Narbonne  légat  du  faim  fiege  ,  6c 
de  tous  les  autres  légats  ,  à  moins  qu’ils  ne  le  fulïènt  à  latere.  Adrien  lui 
accorda  en  même  tems  l’ufage  de  la  mitre  ,  à  caufe  de  la  dignité  de  fon 
égüfe. 

Le  comte  deTouloufe  après  avoir  mis  ordre  aux  affaires  de  fon  marqui- 
fat  de  Provence,  repafla  le  Rhône,  ôc  vint  à  Nifmes  ,  où  il  vendit  au  mois 
d’Octobre  ede  l’an  1160.  au  chapitre  de  la  cathédrale,  la  moitié  des  marais  e2VM 7f* 
du  lieu  de  Fontcouverte  dans  ce  diocèfe.  La  reine  Confiance  fa  femme  qui 
l’accompagnoit  dans  tous  fes  voyages  confirma  cette  vente  &  la  fouferivit. 

Raymond  étoit  de  retour  àTouloule  à  la  fin  de  l’année:  il  accorda  alors  une 
exemption  fde  peage  dans  tous  fes  domaines  aux  religieux  de  l’abbaye  d’Ay-  1  iiii- 
guebelle  de  l’ordre  de  Cîteaux  fituee  dans  le  Touloulain. 

Trencavel  de  fon  côté  s’étant  rendu  à  Carcailbnne  après  l’expedition  de  xl. 
Touloufê,  donna'par  un  ade  du  8.  d’Oclobre  s  de  l’an  1  x  59.  la  monnoye  Moonoyede 
de  cette  ville  à  fabriquer,  &en  régla  le  poids  &  l’alloi.  Il  confirma  ü  l’annee  p^egc^dc 
fuivante  l’affranchiffement  &c  les  privilèges  que  les  vicomtes  Bernard  Aton  fon  n  ville  de 
pere ,  &  Roger  fon  frere  avoient  accordez,  autrefois  aux  chevaliers  &  aux  ^  BcVîers!'6 
bourgeois  de  Cafires.  Ces  privilèges  confilloient  principalement  dans  l’exemption  gP  r.p  ^74. 
de  que  fie  &  de  tolte  Le  vicomte  retint,  avec  la  jullice  que  fon  pere  s’étoitré-  h^S7S’ 
fervée,  le  droic  de  chevauchée  far  les  habitans  de  cette  ville  qui étoient  tenus 
démarcher  à  fonfervice  dans  l’Albigeois  &  le Touloufain,  quand  il  le  jugeoic 
à  propos,  &  dans  les  autres/païs,  feulement  lorfqu’il  combattoit  en perfonne. 

Ce  vicomte  reçût  la  même  année  unelbmme  confidcrable  des  Juifs  de 
Beziers,  pour  l’abolition  d’une  ancienne  coutume  qui  leur  étoit  fort  onereule. 

Lejour  des  Rameaux  1  l’évêque  montoic  en  chaire,  &.  failoit  un  difeours  au  i G*uf,id.vo[. 
peuple  pour  l’exhorter  à  tirer  vengeance  des  Juifs  qui  avoient  crucifié  J.  C. 

Ildonnoit  enfuite  la  benediclion  à  fes  auditeurs,  avec  la  permillion  d’atta -  p.s-}-ôv«î. 
quer  ces  peuples, &  d’abattre  leurs  maifons  à  coups  de  pierre  5ce  que  les  habi¬ 
tans,  animez  par  les  difeours  du  prélat, executoienc toujours  avec  tant  d’animo- 
fitéôc  de  fureur ,  qu’il  ne  manquoit  jamais  d’y  avoir  du  fang  répandu.  L’atta¬ 
que,  dans  laquelle  il  n’étoit  permis  d’employer  que  les  pierres,  commençoit  à  la 
première  heure  du  famedi  avant  les  Rameaux ,  ôc  continuoit  jufqu’à  la  der¬ 
nière  heure  du  famedi  d’après  Pâques.  Guillaume  évêque  de  Beziers ,  hon¬ 
teux  fans  doute  de  ce  que  fes  prcdecefieurs  avoient  aurorife  une  coutume, 
qui  pour  être  ancienne  n’en  étoit  pas  moins  blâmable ,  conlçntit  à  fon  abo¬ 
lition  avec  fon  chapitre,  èc  en  donna  un  acte autentique  entre  les  mains  du 
vicomte  Raymond  Trencavel  le  2.  May  de  l’an  1160.  avec  menace  d’excom- 
niunier  tous  les  clercs  qui  inquieteroient  dorefnavant  les  Juifs  ,  &  promefle 
de  ne  plus  fbutenir  les  laïques.  Il  reçut  pour  cela  la  fomme  de  100.  fols 
Melgoriens  des  Juifs  de  Beziers  ,  qui  s’engagèrent  de  plus  à  payer  .tous  les 
ans  le  jour  des  Rameaux  quatre  livres  monnoye  de  Melgueil,  pour  être  em¬ 
ployées  aux  ornemens  de  la  cathédrale.  Suivant  cet  a&e  les  Juifs  occupoient  k  Andoj.sfi, 
alors  à  Beziers  un  quartier  féparé  &:  entouré  de  murailles.  Un  auteur  k  rap-  *'6î‘XLr 
porte  cet  événement  à  l’an  1162.  mais  il  fe  trompe.  Evc^ics  Je 

Guillaume  évêque  de  Beziers  qui  abolit  cette  coûtume  ,  avoir  fuccedé  de-  ®cz,ers*0,ver8 

•  1  »  ti  n  r  •  1  •  1  »*i  •  no;ninagc$ 

puis  peu  a  Raymond.  Il  elt  fait  mention  de  ce  dernier  dans  une  exemption  de  ren  îusaucom- 
peage,  qu’Hugues  abbé  de  Villemagne  1  accorda  en  1 1 59. aux  religieux  de  ^ren-avei** 
Salvanez  en  Rouergue  ,  en  prefence  de  Berenger  archevêque  de  Narbonne 


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HISTOIRE  GENERALE 


XLIT. 
Nouveau 
'Voyage  du 


’An.-i  i 60.  légat  du  faine  fiege  ,  de  Raymond  èvèque  de  Betiers ,  de  Pierre  évêque  de  Lo. 
deve  8c  d’Ermengarde  vicomteffede  Narbonne. 

11  paroît  que  Trencavel  demeura  en  paix  durant  toute  l’année  1160.  8c  la  fui. 
vante,  8c  nous  n’avons  de  lui  pendant  ce  tems-là  que  divers  hommages  qui  lui 
furent  rendus.  Il  reçût  le  8.  de  Mars  de  l’an  1160.  celui  du  château  de  Mont. 
ï7*.  pezatJ,  en  prefence  de  Roger-Bernard  comte  de  Foix,  qui  reçût  lui-mêmeen 
bf-i  ?«■&/*  j.  1 160.  8c  1161.  avec  fon  fils  Roger,  les  hommages  b  de  fes  vaflaux  ,  entr’au. 

très  des  feigneurs  de  Mirepoix.  Trencavel  fit  une  donation  c  à  l’églife  d’Albi 
ii6x.  au  mois  de  Février  de  l’an  1161.  Il  étoit  dans  l’eglife  de  fainte  Marie  de 
CarcafTonn  e,Jttuée  auprès  de  fon  palais^  lorfque  Guillaume  ,  fils  de  Guillaume 
vicomte  de  Minerve  8c  de  Garfinde ,  lui  prêta  ferment  de  fidelité,  8c  à  Roger  fon 
fils ,  au  mois  de  Décembre  de  la  même  année ,  pour  le  château  de  Laurandans 
le  Narbonnois  que  fon  pere  lui  donna  en  même  tems  3  ce  qu’il  fit  enprefence 
de  Gaucelin  prieur  de  1‘ hôpital  de  Jerufalem. 

Raymond  comte  de  Touloufe  entreprit  un  voyage  avec  Confiance  fa  fem¬ 
me,  aux  environs  du  Rhône  au  commencement  de  l’an  1 1 61. 8c  il  vendit  'alors 
comtcdeTou-  pour  la  fomme  de  1  jo.  marcs  d’argent  aux  freres  de  la  milice  du  Temple  de  la 
lortfedu  c&té  mai  fon  de  S.  Gilles  à  Hugues  de  Barcelone  procureur  de  cette  même  milice 
4W77*&fa-  en  Efpagne  8c  en  Provence  ,  éo.muids  de  terre  dans  le  pais  d’Argence  fituéle 
long  du  Rhône  :  l’ade  efl  fouferit  par  Bermond  d’Ufèz  8c  Eleazar  fon  fils. 
Le  comte  revint  fans  doute  bientôt  après  dans  fa  capitale  3  car  la  guerre  s’é- 
«r ob.4tMoM,  tant  renouvelléec  dès  la  fin  de  l’année  précédente ,  entre  les  rois  de  France  8c 
d’Angleterre ,  il  avoit  tout  fujet  d’apprehender  que  ce  dernier  ne  commît  quel, 
ques  hoflilitez  contre  lui.  Les  deux  rois  étant  cependant  convenus  d’une  trêve 
à  la  feint  Jean  de  l’an  1161.  celui  d’Angleterre  vint  aflieger  le  château  deCa. 
’  flillon,  fitué  au  defïiis  d’Agen,  8c  le  prit  le  jour  de  faint  Laurent  après  fept  jours 

J Ijd.'in’foùt  de  dege.  Unhiflorien*  moderne  prétend  que  ce  prince  fit  alors  une  incurfion 
dans  le  comté  de  Touloufe,  8c  que  le  château  deCaflillon  ou  Châtillon  donc 
il  s’empara  appartenoit  au  comte  Raymond  3  mais  les  anciens  ne  rapportent 
point  cette  circonftance ,  8c  il  efl  certain  quç  les  comtes  de  Touloufe  n’avoient 
alors  aucun  domaine  dans  l’Agenois.  Il  efl  donc  plus  vraifemblable  qu’Henri 
affiegea  ce  château  fur  les  Gafcons  qui  s’étoient  révoltez  contre  lui ,  ainff 
qu’un  ancien  hiflorien  g  le  donne  afTez  à  entendre.  Il  ne  paroît  pas  d’ailleurs 
que  ce  prince  ait  fait  la  guerre  en  1161.  au  comte  Raymond  :  nous  voyons 
au  contraire  qu’il  entra  en  paix  cette  année  dans  Touloufe  ,  8c  qu’il  affifta 
avec  le  roi  Louis  le  Jeune  à  un  célébré  concile  qui  fut  tenu  alors  dans  cette 
ville ,  8c  dont  voici  l’occafion. 

Le  pape  Adrien  IV.  étant  décédé  le  premier  de  Septembre  de  l’an  11 59.  le 
plus  grand  nombre  des  cardinaux  élûrent  Alexandre  III.  pour  remplir  la  pla¬ 
ce,*  tandis  que  les  autres  nommèrent  de  leur  côté  le  cardinal  Odavien  qui 
prit  le  nom  de  Victor  III.  ce  qui  mit  le  fchifme  dans  l’églife.  Victor  trouva 
moyen  d’attirer  à  fon  parti  l’empereur  Frédéric  I.  qui  allembla  un  concile  i 
Pavie  fous  prétexte  d’y  examiner  quel  des  deux  papes  étoit  le  légitimé ,  &fe 
déclara  entièrement  en  fa  faveur.  Cet  antipape  fier  d’avoir  gagné  un  tel  fuf- 
frage ,  mit  tout  en  œuvre  pour  fe  faire  de  nouveaux  protedeurs  ;  8c  fçaehant 
les  fervices  confiderables  que  les  feigneurs  de  Montpellier  avoient  rendus  au¬ 
trefois  en  France  aux  papes  perfecutcz  ,  il  tâcha  de  gagner  Guillaume  VII. i 
h  Gtr.fir.prsf.  qui  il  écrivit  de  Pavie  h  le  1 3 .  de  Septembre  de  l’an  1 1 60.  au  nom  de  l’empereur. 
101  La  lettre  de  Vidor efl  pleine  de  termes  de  douceur,  d’amitié  8c  d’eflime  envers 
le  feigneur  de  Montpellier  dont  il  implore  la  protedion.  »  C’efl  pour  cela, 
»ajoûte-t-il ,  que  nous  envoyons  vers  votre  grandeur  Bardin  notre  foudiacre 
«en  qualité  de  légat  À  latere  du  fiege  apoflolique  :  nous  vous  prions  de  le 


XLIII. 

Xî.  concile  Je 
Touloufe. 
Evêques  Je 
Magucloonc. 


«recevoir  favorablement 
«  les  affaires  qu’il  a  à  traiter 


,  &  de  l’aider  en  tout  ce  qui  dépendra  de  vous  dans 
aiter  dans  l’étendue  de  votre  domination.  «  Guil¬ 
laume  ne  fit  aucun  cas  de  cette  lettre ,  8c  fè  déclara  ouvertement  en  faveur 
d’Alexandre  ,  ainfi  qu’un  grand  nombre  d’évêques  de  France  que  le  roi 
Louis  lejeuneaffembla  à  Beauvais  aumoisdejuillet  de  l’an  néi.Jean  deMont- 
.  i  Gstni  ibià.  laur  évêque  de  Maguelonne  futentr’autresun  des  premiers  8c  des  pluszelez 
3  JSmWÏ  Parti^ans  du  m^me  PaPe-  Ce  prélat  étoit  d’une  ancienne  maifon  *  du  dio- 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.XVHt.  4Sf 

ccfc:  après  avoir  été  chanoine  de  Maguelonne  il  avoir  fuccedé  à  Raymond  AN.n6t, 
qu’on  fait  de  lamailon  de  Pofquieres ,  6e  qui  avoir  été  élû  en  Ü19.  Ce  der¬ 
nier  poilëdoit  encore  l'évêché  de  Maguelonne  au  mois  d’O&obre  de  l‘an 
1 1  j  S.  comme  il  paroît  par  la  lettre  que  le  pape  Adrien  IV.  lui  écrivit  alors ,  »  c»r,  ibifi 

pour  lui  défendre  de  s’approprier,  comme  il  falloir,  les  revenus  de  foncha.  b£%uhr.ihA 
pitre.  On  prétend  b  que  Raymond  fe  démit  de  fôn  évêché  la  même  année  en  p.f7U 
faveur  de  Jean  de  Monrlaur,  6e  qu’il  vécut  encore  long-rems  après  :  mais  il  n’y 
a  aucune  preuve  que  le  premier  ait  furvêcu  à  l’autre.  On  ajoute  que  Jean  de 
Montlaur  fe  rendit  encore  plus  recommandable  par  fon  Iç avoir  &  Ion  élo^ 
quence,  que  par  la  nobleUe  de  fon  extradion.  C_e  prélat  reconnoiiloit  Ale¬ 
xandre  III.  dès  le  commencement  de  l’an  1161.  comme  il  paroît  par  diver- 
lès  lettres  c  que  ce  pape  lui  écrivit  alors  :  il  ailiffa  lans  doute  au  concile  '  'MfW 
qui  fut  tenu  la  même  année  à  Touloulc.  i'1' 

Ce  coacile  fut  ademblé  après  celui  de  Beauvais é ,  &  par  conféquent  vers  la  dCmii.t »  m. 
fin  de  l’année.  Les  deux  rois  de  France  6e  d’Angleterre  qqil’avoient  fait  con. 
voquer  s’y  trouvèrent  en  pcrfonne  ,  avec  cent  evêques  ou  abbezde  leurs  états, 

Les  légats  d’Alexandre  êc  de  Viclor  ,  fçavoir  trois  cardinaux  du  parti  du  pre¬ 
mier  ,  6e  deux  de  celui  du  fécond,  s’y  rendirent  avec  les  ambafïadeurs  de 
l’empereur  &c  du  roi  de  Caftille.  On  allure  e  que  Raymond  de  Dourgne  echrtA.às> 
abbé  de  faint  Pons  de  Tomieres  y  affilia  aulîî.  L’allcmblée  f  après  avoir  mure- 
ment  examiné  les  raifons  des  deux  contendans  ,  que  leurs  légats  firent  voloir 
autant  qu’il  leur  fut  pollible ,  fe  déclara  enfin  pour  Alexandre  ôc  excommunia 
Victor. 

Quelque  tcms  avant  ou  après  ce  concile,  le  roi  Louis  le  Jeune  étant  à  Paris,  xtlv. 
donna  un  diplôme  en  faveur  d’Aldebert  III.  évêque  de  Gevaudan.  Ceprélat  Otigme 
qu’on  dit  g  de  la  maifon  de  Tourncl ,  6e  qui  avoit  été  auparavant  prévôt  de  la  por'°e''«m 
cathédrale  de  Mende,  en  avoit  été  élu  evêqueen  11 51.  après  la  mort  de  Guil-  tvcq««  de 
laume  III.  Un  de  fes  principaux  foins  fut  de  conferver  ou  d’augmenter  le  do- 
maine  temporel  de  fon  églife  -,  6c  dans  un  voyage  qu’il  fit  à  la  cour  en  1161.  il  ç.G*iuhr‘ncv> 
obtint  du  roi  Louis  le  Jeune  un  diplôme  qu’on  conferve  dans  les  archives  «*•**•» -Mo, 
de  l’cvêché  ,  8c  qu’on  appelle  lu  bulle  d'or  ,  parce  qu’il  fut  fcellé  en  or.  Louis 
marque  h  dans  cette  charte  »  qu’on  n’avoit  pas  vu  de  mémoire  d'homme ,  au-u  h 
cun  évêque  de  Gevaudan  venir  à  la  cour  des  rois  de  France  fes  prédecef-« 
feurs  pour  leur  jurer  fidelité,  à  caufe  que  ce païs,  de  difficile accez ,  avoit« 
toujours  été  au  pouvoir  des  évêques,  qui  y  exerçoient  non-leulement  l’au-« 
toritéfpirituelle,  mais  encore  la  temporelle  -,  que  ce  prélat  Crachant  que  la  « 
juftice  appartenoit  à  l’autorité  royale  ,  étoit  venu  reconnoître  enprdèncea 
des  principaux  barons  du  royaume,  que  Ion  évêché  dépendoit  de  la  cou- te 
xonne  de  France, &  que  fe  foumettant  à  fa  perfonne^  ü  lui  avoit  prêté  fcr-« 
ment  de  fidelité.  Le  roi  déclare  enfin  que  cet  acte  ne  prejudicieroit  en« 
rien  aux  droits  dont  le  même  prélat  avoit  joui  jufqu’alors,  lui  accorde  ,  &,« 
à  fes  fuccefleurs ,  tout  l’évêché  de  Gevaudan  avec  les  droits  régaliens ,  8c« 
veut  que  fon  églife  foit  libre  &  exempte  de  toute  exaction.  « 

Cette  charte  eft  le  premier  6c  le  principal  fondement  de  l’autorité  tempo¬ 
relle  dont  les  evêques  de  Mende  ,  qui  fe  qualifient  comtes  de  Gevaudan , 
jouilfenc  aujourd’hui  dans  leur  dioccfe  ^  car  on  ne  fçauroit  prouver  par  des 
monumens  plus  anciens  qu’ils  eulfent  exercé  auparavant  une  pareille  auto¬ 
rité  fur  tout  le  païs.  On  a  vu  au  contraire  par  le  témoignage ,  tant  des  hifto- 
riens  du  tems  que  des  chartes ,  que  le  Gevaudan  avoit  toujours  dépendu  de 
la  couronne,  6c qu’il  avoir  été  gouverné  jufques  bien  avant  dans  latroifiéme 
race  de  nos  rois ,  par  des  comtes  6c  des  vicomtes  •  particuliers  qui  étoient  de-  i  v.  koïz 
venus  héréditaires ,  comme  ceux  des  autres  diocèfesdu  royaume.  Le  dernier  XJCW‘  . 
comte  de  ce  païs  que  nous  trouvons  efl  le  fameux  Raymond  de  faint  Gilles 
qui  fe  qualifiait  *  comte  de  C,ev.tudan\zrs  la  fin  du  XI.  ficelé  ,  6c  qui  aliéna  peut-  kp 
être  ce  comté  en  faveur  des  evêques ,  pour  fournir  aux  depenfes  immenfes 
qu’il  fit  pour  la  guerre  d’Outremer.  11  y  avoit  encore  des  vicomtes  de  Gevau¬ 
dan  dans  le  tems  de  \la  charte  de  Lotus  le  jeune  ^  cette  vicomté  appartenoit 
alors  à  Raymond-Berenger  comte  de  Provence  qui  la  tranfmit  à  fes  fucceflèurs, 
fie  qui  en  avoit  hérité  1  de  Gilbert  vicomte  de  Milhaud  fon  bilayeul  mater-  if.noteîü^ 


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An.iiôi- 


ïDueh.to.i. 

«• 

V.Gall.ehr.nov • 
tdjO.lf.fO. 


1>  ÜucJf.  ibid. 
p.  69*. 

cCMtelmem 

f,y:o. 

XLV. 

Pacification 
des  différends 
<juc  Guillaume 
VII.  feigneur 
•de  Montpellier 
avoir  avec  Gui 
foafrcre.&.ivec 
le  comre  &la 
couitclîc  de 
Me!*ucil,&c. 

d  Pr.p .  <xr. 

CpjïO.frjtJ. 


g C'ftul .  dff 
V Aub.it  Salvd- 
mez. 


h  Gariel  fer. 
pr.f  Mtg.  />. 
*u£. 


i  Pr.J.JSl.Ô1 

A?- 


k  p.  jSj 

fin¬ 


ir 


4SS  HISTOIRE  GENERALE 

ncl.  On  ne  voie  pas  que  ce  prince  Te  foie  fournis  à  la  fuzeraindté  d’Aldebert 
pour  la  même  vicomté  ,  &  il  paroît  d’ailleurs  que  ce  prélat  trouva  de  la 
contradiction  dans  quelques  feigneurs  du  pais  qui  refufêrent  de  reconnoître  fa 
fuperiorité.  C’eft  ce  que  nous  inférons  d’une  lettre  qu’il  écrivit»  au  roi  Louis  le 
Jeune,  Sc  dans  laquelle  il  lui  porta  fes  plaintes  des  perfécutions  qu’il  avoit  i 
fouffrir  depuis  qu’il  lui  avoit  prêté  ferment  de  fidelité  ,  &  qu'il  lui  avoit  fou. 
mis  [on  évêché  avec  [es  biens  paternels.  Il  fe  plaint  fur-tout  de  fon  propre 
frere ,  qu’il  accufe  de  n’être  pas  né  légitimé  ,  Sc  à  qui  il  avoit  donné  une 
portion  de  fon  domaine  en  fief,  après  l’avoir  fait  chevalier  :  il  l’accufe  de 
s’être  aflocic  avec  d’autres  ,  &  de  s’être  emparé  de  deux  châteaux  del’évê. 
ché.  Il  implora  là-defliis  la  protection  du  roi ,  par  un  exprès  qu’il  dépêcha 
•à  ce  prince,  lequel  ,  comme  il  paroît  par  une  autre  lettre  b  de  ce  prélat, 
tâcha  de  le  confoler,  Sc  prit  fes  intérêts  à  cœur.  On  aflure c  qu’Aldebert  fit 
fermer  de  murailles  la  ville  de  Mende  ,  qui  n’étoit  auparavant  qu’un  bourg. 

Louis  le  Jeune  étant  à  Chaumont  donna  un  diplôme  l’année  n  61.  U 
JC XXV.  de  [on  régné ,  en  faveur  de  Jean  de  Montlaur  évêque  de  Mague- 
lonne ,  qui  reçut  au  mois  de  Juin  de  l’an  1161.  d  le  ferment  de  fidelité  de 
Guillaume  VII.  feigneur  de  Montpellier. 

II  y  avoit  alors  de  la  divifion  entre  ce  dernier  Sc  Gui  feigneur  de  Paulian 
au  diocèfe  de  Beziers ,  qui  fe  prétendoit  heritier  de  Guillaume  de  Tortofe 
leur  frere.  Cette  querelle  engagea'  Guillaume  VI. religieux  de  Grandfelve, 
leur  pere,  à  faire  un  voyage  à  Montpellier  pour  les  mettre  d’accord,  &  il  les 
fit  convenir  d’une  tranludion,  fuivant  laquelle  Gui  renonça  à  l’herediré  de 
Guillaume  de  Tortofe  en  faveur  de  Guillaume  VIL  qui  lui  céda  de  fon  côté 
quelques  biens  pour  le  dédommager.  L’acte  fut  pâlie  dans  la  maifon  des  Tem¬ 
pliers  de  Montpellier  au  mois  d’Octobre  de  l’an  1161.  Gui  de  Montpellier  fei¬ 
gneur  de  Paulian  fut  furnommé  Guerrejat ,  &  vécut  encore  long-tems  après. 
Il  fut  arbitre  en  1165. f  d’un  différend  qu’avoit  l’évêque  de  Maguelonne,& 
il  donna  en  1174.0  l’abbaye  de  Valmagne  tous  les  droics  qu’il  avoit  fur  les 
moulins  de  Paulian.  Jean, qui  étoit  alors  abbé  de  Valmagne,  avoit  fuccedc 
à  Ermengaud ,  en  faveur  duquel  Guillaume  VI1.?  feigneur  de  Montpellier  con¬ 
firma  en  1161.  la  donarion  qu’on  lui  avoit  faite  d’un  terrain  dans  la  même 
ville ,  pour  y  fonder  une  maifon  de  l’ordre  de  Cîteaux  ,  fous  la  dépendance 
de  cette  abbaye. 

Guillaume  VIL  avoit  alors  un  différend  bien  plus  confiderable  avec  Ber¬ 
nard  Pelct  comte  de  Melgucil ,  Sc  la  comtefle  Beatrix  fa  femme.  On  rapporte 
de  la  manière  fuivante  h  l’origine  de  leur  querelle.  On  prétend  que  le  comte 
Sc  la  comtefle  foutenus  des  leigneurs  delà  Verune  Sc  ae  Pignan,  enlevèrent 
des  marchandifes  aux  habitansde  Montpellier  }  que  ceux-ci  eurent  recoursâla 
protection  de  Guillaume  leur  feigneur  5  que  ce  dernier  ayant  propofè  des 
moyens  de  pacification  ,  Bernard  rcfufa  de  les  accepter  *  que  fur  ce  refus  la 
guerre  s’alluma  entr’eux  }  que  Guillaume  ayant  fait  le  dégât  dans  tout  le 
comté  de  Mclgueil ,  Bernard  devenu  plus  traitable  ,  écouta  enfin  les  propo- 
fitions  de  ce  feigneur,  &  qu’ils  convinrent  enfcmble  d^ns  une  entrevue ,  d'une 
trêve  de  cinq  ans,  Sc  enfuite  de  la  paix,  par  l’entremife  de  Jean  de  Montlaur 
évêque  de  Maguelonne. 

Il  eft  vrai  que  nous  avons  i  un  traité  de  trêve  conclu  pour  cinq  ans  au 
mois  d’Octobre  de  l’an  1 1 61.  entre  Bernard  Pelct  Sc  Beatrix  fa  femme  d’un  cô- 
té  ,  Sc  Guillaume  de  Montpellier  de  l’autre  -,  mais  il  n’eft  rien  dit  dans  cet  ac¬ 
cord  des  diverfes  circonftances  dont  nous  venons  de  parler:  il  paroît  au  con¬ 
traire  ,  par  ce  que  nous  rapporterons  bientôt ,  que  la  guerre  qu’ils  avoient 
eue  enfemble  étoit  une  fuite  de  la  ligue  que  Guillaume  avoit  formée  avec  le 
comte  de  Barcelone  Sc  le  vicomte  RaymondTrencavel, contre  le  comte  de  Tou- 
loufe,  dont  le  comte  8c  la  comtefle  de  Melgueil  avoient  embrafle  les  intérêts. 
Nous  voyons  d’ailleurs  que  ce  fut  Raymond  de  Montferrier  qui  négocia  ce 
traité  de  trêve,  dans  lequel  le  comte  Scia  comtefle  de  Melgueil  promirent 
d’abandonner  Bernard  de  Pignan  kSc  fes  frères,  &  tous  leurs  autres  alliez. 

Les  feigneurs  de  Pignan  firent  leur  paix  l’année  fuivante  avec  Guillaume  de 
Montpellier.  Ils  étoient  trois  freres  nommez  Bernard ,  Guillaume  ,  Sc  Ray¬ 
mond 


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DE  LANGUEDOC  Lîv.  XVllî.  487 

cêfë:  après  avoir  été  chanoine  de  Maguelonne  il  avoit  fuccedé  à  Raymond  An.ii6ï, 
qu’on  fait  de  la  maifon  de  Pofquieres ,  ôcqffi  avoir  été  élû  en  1119»  Ce  der¬ 
nier  poilèdoic  encore  l’évêché  de  Maguelonne  au  mois  d’O&obre  de  l’an 
1  x  j  8.  comme  il  parole  par  la  lettre  que  le  pape  Adrien  IV.  lui  écrivit  alors  ,  * 

pour  lui  défendre  de  s’approprier,  comme  il  falloir ,  les  revenus  de  foncha.  ^£%lchr  Alii 
pitre.  On  prétend  b  que  Raymond  fe  démit  de  fon  évêché  la  même  annee  en  p.f7Xt 
faveur  de  jean  de  Montlaur,  6c  qu’il  vécut  encore  iong-tenis  après  :  mais  il  n’y 
a  aucune  preuve  que  le  premier  ait  furvêcu  à  l’autre.  Ou  ajoute  que  Jean  de 
Montlaur  fe  rendit  encore  plus  recommandable  par  ion  lqavoir  6c  Ion  élo^ 
quence,  que  par  la  noblelfe  de  fon  extraction.  Ce  prélat  reconnoilîoit  Ale¬ 
xandre  III.  dès  le  commencement  de  l’an  1 161.  comme  il  paroît  par  divers 
lès  lettres  c  que  ce  pape  lui  écrivit  alors  :  il  afîifla  làns  doute  au  concile  ^'Hdp.x oj* 
qui  fut  tenu  la  même  année  «à  Toulouic.  J,q' 

Ce  concile  fut  allemblé  après  celui  de  Beauvais d ,  &  par  conféquent  vers  la  àCmcU.t»  10. 
fin  de  l’année.  Les  deux  rois  de  France  ôe  d’Angleterre  qqi  l’avoient  fait  con. 
voquer  s’y  trouvèrent  en  perfonne  ,  avec  cent  evêques  ou  abbezde  leurs  états. 

Les  légats  d’Alexandre  6c  de  Viclor  ,  fçavoir  trois  cardinaux  du  parti  du  pre¬ 
mier  ,  ôc  deux  de  celui  du  fécond,  s’y  rendirent  avec  les  ambafladeurs  de 
l’empereur  6c  du  roi  de  Caflille.  On  ahure  c  que  Raymond  de  Dourgne  echrt*.ùs> 
abbé  de  faint  Pons  de  Tomieres  y  affilia  auffi.  L’ailemblée f  après  avoir  mûre-  mJuÎm. 
ment  examiné  les  raifons  des  deux  contendans  ,que  leurs  légats  firent  voloir 
autant  qu’il  leur  fut  polîîble ,  fe  déclara  enfin  pour  Alexandre  ôc  excommunia 
Viélor. 

Quelque  tems  avant  ou  après  ce  concile,  le  roi  Louis  le  Jeune  étant  à  Paris,  xiiv. 
donna  un  diplôme  en  faveur  d’Aldebert  III.  évêque  de  Gevaudan.  Ceprélat  ( .origine 
qu’on  dit  g  de  la  maifon  de  Tournel ,  6c  qui  avoit  été  auparavant  prévôt  de  la  porcredw™' 
cathédrale  de  Mende,  en  avoit  été  élû.  évêqueen  1151.  après  lamort  de  Guil-  * 

laume  III.  Un  de  fes  principaux  foins  fut  de  conferver  ou  d’augmenter  le  do-  c.'vàîdï.1' 
maine  temporel  de  fon  églife  ;  ôedans  un  voyage  qu’il  fit  à  la  cour  en  1161.  il  zGut  chmcv. 
obtint  du  roi  Louis  le  Jeune  un  diplôme  qu’on  cpnferve  dans  les  archives  ,dj0-1 
de  l’évêché  ,  6c  qu’on  appelle  L  bulle  d’or  ,  parce  qu’il  fut  fcellé  en  or.  Louis 
marque  h  dans  cette  charte  »  qu’on  n’avoit  pas  vii  de  mémoire  d'homme ,  au- u  h  Vr  h  J7»< 
cun  évêque  de  Gevaudan  venir  à  la  cour  des  rois  de  France  fes  prédecef-« 
feurs  pour  leur  jurer  fidelité,  à  caufe  que  ce  pais,  de  difficile  accez ,  avoit  « 
toujours  été  au  pouvoir  des  évêques,  qui  y  exerçoient  non-féulement  l’au-« 
torité  fpiricuelle ,  mais  encore  la  temporelle  ;  que  ceprélat  f^achant  que  la  <« 
juftice  appartenoit  à  l’autorité  royale  ,  étoit  venu  reconnoître  en  prefènce« 
des  principaux  barons  du  royaume,  que  fon  évêché  dépendoit  de  la  cou-« 
ronne  de  France,  6c  que  fè  foumettant  à  fa  perfonne  *  il  lui  avoit  prêré  fcr-« 
ment  de  fidelité.  Le  roi  déclare  enfin  que  cet  acte  ne  préjudicieroic  en« 
rien  aux  droits  dont  le  même  prélat  avoit  joui  jufqu’alors,  lui  accorde,  6c « 
à  fes  fucceffeurs ,  tout  l’évêché  de  Gevaudan  avec  les  droits  régaliens  ,  6c  « 
veut  que  fon  églife  foit  libre  &  exempte  de  toute  exaction.  « 

Cette  charte  efl  le  premier  6c  le  principal  fondement  de  l’autorité  tempo¬ 
relle  dont  les  évêques  de  Mende  ,  qui  fe  qualifient  comtes  de  Gevaudan , 
jouiffient  aujourd’hui  dans  leur  diocèfe  -,  car  on  ne  fçauroit  prouver  par  des 
monumens  plus  anciens  qu’ils  effilent  exercé  auparavant  une  pareille  auto¬ 
rité  fur  touc  le  païs.  On  a  vu  au  contraire  par  le  témoignage,  tant  des  hiflo- 
riens  du  tems  que  des  chartes ,  que  le  Gevaudan  avoit  toujours  dépendu  de 
la  couronne,  6c qu’il  avoit  été  gouverne  jufques  bien  avant  dans  latroifîéme 
race  de  nos  rois ,  par  des  comtes  6c  des  vicomtes  ‘  particuliers  qui  étoient  de-  i  v.KoiE 
venus  héréditaires ,  comme  ceux  des  autres  diocèfesdu  royaume.  Le  dernier  xxyI‘  . 
comte  de  ce  païs  que  nous  trouvons  efl  le  fameux  Raymond  de  faint  Gilles 
qui  fequalifioit  k  comte  de  Gevaudan  vers  la  fin  du  XI.  ficelé ,  ôcqui  aliéna  peut-  xFr.ptixu 
être  ce  comté  en  faveur  des  évêques ,  pour  fournir  aux  depenfes  immenfès 
qu’il  fit  pour  la  guerre  d’Outremer.  Il  y  avoit  encore  des  vicomtes  de  Gevau¬ 
dan  dans  le  teins  de  \}a  charte  de  Louis  le  Jeune  5  cette  vicomté  appartenoit 
alors  à  Raymond-Bjrenger  comte  de  Provence  qui  la  tranfmit  à  fes  fucceflèurs, 
êc  qui  en  avoit  hérité  1  de  Gilbert  vicomte  de  Milhaud  fon  bilayeul  mater-  iv.mTEibid, 


l 

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kü.u6i. 


aD  uch.to.4. 
V.GalLchr.nov . 

cdjo.i.p.yo. 


1»  &uch.  ibid. 
p.  68*. 

c  Ctttlmm* 

XLV. 

Pacification 
•des  différends 
<juo  Guillaume 
VU. feigneur 
•de  Monrpellicr 
avoir  avec  Gui 
fonfrcre.&.ivcc 
le  comre  &  la 
comtefle  de 
Me^ucil.Stc. 
d  Pr-p.  <Kt. 
Cp*SiO,frJtq* 


ÇC?r/«/.  de 
lAbb.de  SaIva - 


h  Gariel  fer . 

r*/.  />• 

iu6. 


fa- 


k  />.  j8j.  é1 

fai- 


4«$  HISTOIRE  GENERALE 

ncl.  On  ne  voie  pas  que  ce  prince  fe  foie  fournis  à  la  fuzeraineté  d’Aldebert 
pour  la  même  vicomcé  ,  8c  il  paroîc  d’ailleurs  que  ce  prélac  crouva  de  la 
contradiction  dans  quelques  feigneurs  du  pais  qui  refuferenc  de  reconnoître  fa 
fuperioricé.  C’eft  ce  que  nous  inférons  d’une  leccre  qu’il  écrivic a  au  roi  Louis  le 
Jeune,  8c  dans  laquelle  il  lui  porca  fes  plainces  des  perfécucions  qu’il  avoit  à 
fouffrir  depuis  qu’il  lui  avoir  prêcé  fermenc  de  fidelicé  ,  &  qu’il  lui  avoit  fou. 
mis  f on  évêché  avec  fes  biens  paternels.  Il  fe  plaine  fur-cour  de  fon  propre 
frere ,  qu’il  accufe  de  n’êcre  pas  né  legicime  ,  8c  à  qui  il  avoir  donné  une 
portion  de  fon  domaine  en  fief,  après  l’avoir  faic  chevalier  :  il  l’accufe  de 
s’être  afTocié  avec  d’aucres  ,  8c  de  s’êcre  emparé  de  deux  châteaux  de  l’évê¬ 
ché.  Il  implora  là-deflus  la  prote&ion  du  roi ,  par  un  exprès  qu’il  dépêcha 
■à  ce  prince,  lequel  ,  comme  il  paroîc  par  une  autre  lettre  b  de  ce  prélat, 
tâcha  de  le  confoler ,  ÔC  prie  fes  intérêts  à  cœur.  On  afTurec  qu’Aldebert  fit 
fermer  de  murailles  la  ville  de  Mende ,  qui  n’étoit  auparavant  qu’un  bourg. 

Louis  le  Jeune  étant  à  Chaumont  donna  un  diplôme  l’année  1161.  U 
XXXV.  de  fon  règne ,  en  faveur  de  Jean  de  Montlaur  évêque  de  Mague- 
lonne ,  qui  reçut  au  mois  de  Juin  de  l’an  1161.  d  le  ferment  de  fidelité  de 
Guillaume  VII.  feigneur  de  Montpellier. 

Il  y  avoit  alors  de  la  divifion  entre  ce  dernier  8c  Gui  feigneur  de  Paulian 
au  diocèfe  de  Beziers ,  qui  fe  prétendoit  heritier  de  Guillaume  de  Tortofe 
leur  frere.  Cette  querelle  engagea'  Guillaume  VI. religieux  de  Grandfelve, 
leur  pere,  à  faire  un  voyage  à  Montpellier  pour  les  mettre  d’accord,  &  il  les 
fit  convenir  d’une  tranfaction ,  fuivant  laquelle  Gui  renonça  à  l’hérédité  de 
Guillaume  de  Tortofe  en  faveur  de  Guillaume  VIL  qui  lui  céda  de  fon  côté 
quelques  biens  pour  le  dédommager.  L’acte  fut  paffé  dans  la  maifondesTem. 
pliers  de  Montpellier  au  mois  d’Oclobre  de  l’an  1161.  Gui  de  Montpellier  fei¬ 
gneur  de  Paulian  fut  furnommé  Guerrejat ,  8c  vécut  encore  long-tems  après. 
Il  fut  arbitre  en  1165. k  d’un  différend  qu’avoir  l’évêque  de  Maguelonne , & 
il  donna  en  1174.  à  l’abbaye  de  Valmagne  tous  les  droits  qu’il  avoit  fur  les 
moulins  de  Paulian.  Jean,  qui  étoit  alors  abbé  de  Valmagne,  avoit  fuccedc 
à  Ermengaud ,  en  faveur  duquel  Guillaume  VII.,,  feigneur  de  Montpellier  con¬ 
firma  en  11 61.  la  donation  qu’on  lui  avoit  faite  d’un  terrain  dans  la  même 
ville ,  pour  y  fonder  une  maifon  de  l’ordre  de  Cîteaux  ,  fous  la  dépendance 
de  cette  abbaye. 

Guillaume  VIL  avoit  alors  un  différend  bien  plus  confîderable  avec  Ber¬ 
nard  Pelet  comte  de  Melgueil ,  8c  la  comtefTe  Beatrix  fa  femme.  On  rapporte 
de  la  maniéré  fui  vante  h  l’origine  de  leur  querelle.  On  prétend  que  le  comte 
8c  la  comtefTe  foutenus  des  leigneurs  de  la  Verune  8c  de  Pignan,  enlevèrent 
des  marchandifes  aux  habitansde  Montpellier  >  que  ceux-ci  eurent  recoursàla 
protection  de  Guillaume  leur  feigneur  5  que  ce  dernier  ayant  propofe  des 
moyens  de  pacification  ,  Bernard  refufa  de  les  accepter  -y  que  fur  ce  refus  la 
guerre  s’alluma  entr’eux  -,  que  Guillaume  ayant  fait  le  dégât  dans  tout  le 
comté  de  Melgueil ,  Bernard  devenu  plus  traitable  ,  écouta  enfin  les  propo¬ 
rtions  de  ce  feigneur,  8c  qu’ils  convinrent  enfcmble  d^ns  une  entrevue,  d'une 
trêve  de  cinq  ans,  8c  enfuite  de  la  paix,  parl’entremife  de  Jean  de  Montlaur 
évêque  de  Maguelonne. 

Il  cfb  vrai  que  nous  avons  i  un  traité  de  trêve  conclu  pour  cinq  ans  au 
mois  d’Octobre  de  l’an  1 1 6 1 .  entre  Bernard  Pelet  8c  Beatrix  fa  femme  d’un  cô- 
té  ,  SC  Guillaume  de  Montpellier  de  l’autre  5  mais  il  n’eft  rien  dit  dans  cet  ac¬ 
cord  des  diverfès  circonftances  dont  nous  venons  de  parler:  il  paroîtau  con¬ 
traire  ,  par  ce  que  nous  rapporterons  bientôt ,  que  la  guerre  qu’ils  avoient 
eue  enfemble  étoit  une  fuite  de  la  ligue  que  Guillaume  avoit  formée  avec  le 
comte  de  Barcelone  8c  le  vicomte  Ray mondTrencavel, contre  le  comte  de  Tou- 
loufe,  dont  le  comte  8c  la  comtefTe  de  Melgueil  avoient  embraffè  les  intérêts. 
Nous  voyons  d’ailleurs  que  ce  fut  Raymond  de  Montferrier  qui  négocia  ce 
traité  de  trêve ,  dans  lequel  le  comte  8c  la  comtefTe  de  Melgueil  promirent 
d’abandonner  Bernard  de  Pignan  k8c  fes  frères,  8c  tous  leurs  autres  alliez. 

Les  feigneurs  de  Pignan  firent  leur  paix  l’année  fuivante  avec  Guillaume  de 
Montpellier.  Ils  étoient  trois  freres  nommez  Bernard ,  Guillaume ,  8c  Ray¬ 
mond 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVIII.  489  _ 

mond,  Lefeigneurde  Moncpellier  pour  lesindemnifer  des  dommages  qu’il  leur  An.ii  61. 
avoir  caufez  &c  à  leurs  affociez,  dans  L'armée  de  T rencavel ,  pour  en  réparation 
d’avoir  fait  prifonnier  le  premier  ,  &  détruit  le  château  de  Pignan ,  leur 
pardonna  tout  le  mal  qu’ils  lui  avoient  caufé  à  lui-même  durant  cette  guerre , 
èc  leur  donna  la  fomme  de  deux  mille  fols  Melgoriens.  Ces  trois  chevaliers 
promirent  de  leur  coté  de  ne  plus  faire  la  guerre  à  Guillaume,  Sc  de  ne  plus 
îèrvir  avec  lui  en  faveur  de  perfonne  ,  excepté  lorfque  le  comte  &  la  com- 
tefle  de  Melgueil,  Raymond-Gaucelin  (  deLunel  ),  Pons  deBefàn,  Berenger 
de  Sauve,  Bernard  d’Aymargues,  &  Bertrand  de  Torolle,  auroient  quelque 
guerre  perfonnede  contre  lui.  Bernard  Pelet,  Beatrix  fa  femme,  les  chevaliers 
qu’on  vient  dénommer  ,  &c  quelques  autres  ratifièrent  cet  accord,  &  fe  ren¬ 
dirent  cautions  des  fêigneurs  de  Pignan  envers  Guillaume  de  Montpellier, 
avec  promeflè,  en  cas  d 'infraction  de  leur  part,  de  s’en  rapporter  au  jugement 
de  l’archevêque  de  Narbonne  &  de  fes  fuccefièurs.  Nous  inférons  de  ce  traité 
que  le  comte ,  la  comteflè  de  Melgueil  ,  &  tous  les  chevaliers  qui  y  font 
nommez ,  avoient  déclaré  la  guerre  à  Guillaume  de  Moncpellier,  durant 
celle  que  Raymond  Trencavcl  ôc  le  comte  de  Barcelone  fes  alliez  ,  faifoient 
au  comte  de  Touloufe  ,  qui  parla  fit  une  diverfion  favorable  du  coté  du  bas 
Languedoc.  Il  paroît  d’ailleurs  que  Bernard  Pelet  St  la  comtcde  Beatrix  fa 
femme  ,  étoient  en  différend  au  fujet  du  comté  de  Melgueil  avec  la  mai- 
fon  de  Barcelone  }  car  le  comte  de  Provence  fils  de  cette  comcefïè  ,  &  neveu 
du  comte  de  Barcelone,  s’en  qualifîoitcomte»  dans  le  même  rems  que  Bernard  aviag.eoniM 
Pelet,  fécond  mari  de  Beatrix  hcritiere  de  ce  comté. Bernard  prend  en  effet  cette  B""L  L 
qualité  dans  divers  actes,  entr’uutres  dans  une  vente  b  que  lui  &  Beatrix  fa  bèr.p.s?t. 
femme  firent  en  1158.  à  Pierre  abbé  d’Aniane,  &  dans  une  donation  que 
cette  comtcire  fit  l’année  fuivante  aux  pauvres  de  l’hôpital  du  pont  de  Ca- 
ftelnau ,  en  préfence  de  Guillemette  de  Montpellier  fa  mere. 

On  a  déjà  vu  que  Guillaume  VI.  ancien  feigneur  de  cette  ville  ,  &  depuis  xlvj. 
religieux  de  Grandfelve,  vivoic  encore  au  mois  d’Octobre  del’an  1161.  con-  i^mevrfct 
tre  le  fentiment  de  ceux  c  qui  le  font  mourir  beaucoup  plutôt.  Il  paroît  gneurdcMonc- 
même  qu’il  vécut  d  encore  plus  d’un  an  après.  Dès  que  ce  feigneur  eut  cm-  ^‘^de^cî- 
brafle  l’infticut  de  Cîteaux  à  Grandfelve,  il  devint  un  modèle  de  religion  ôc  taux. 
de  pieté.  Son  abbé  l’employa  bientôt  après  à  l’écablillèment  de  diverles  mai-  ^nü'c'iUr 
fons  de  fon  ordre ,  &.  il  contribua  beaucoup  par  fes  foins  en  1  r  yo.  à  la  fon-  a s.- 
dation  de  celle  r  de  Candcil  en  Albigeois.  Il  fit  enfin’ te  un  voyage  en  Caca-  s 

logne ,  &  fut  prefent f  au  mois  de  Décembre  de  la  même  année  lorfque  Guil- 
laume-Raymond  de  Moncade  fonda  g  la  célébré  abbaye  de  Vallaure  aujour-  (Mare.  Hifp* 
d’hui  Santas-Creuz. ,  fous  la  dépendance  de  celle  de  Grandfelve.  On  allure  g 
qu’il  fut  nommé  alors  abbé  de  la  première,  qu’il  la  gouvernoic  encore  en 
11 54.  &:  qu’il  mourut  avant  l’an  1159.  fous  prétexte  que  Pierre  étoit  abbé 
de  Vallaure  cette  derniere  année  :  mais  cela  prouve  feulement  que  Guillaume 
av oit  fait  alors  démillion  de  cette  abbaye.  Il  entreprit  b  un  voyage  vers  l’an  hM.wriq.itiJ. 

11  j 2.  à  Clairvaux  pour  y  voir  S.  Bernard  fon  ami,  qui  faifoit  beaucoup  de 

cas  de  fa  pieté  &c  de  fon  mérite,  &  qui  lui  apparut  à  Grandfelve  en  1153.  ».i.u/}.c.& 

le  jour  de  fa  mort.  Guillaume  qui  ecoit  alors  dans  ce  monaftere ,  retourna  g  Rern 

enluite  en  Catalogne  pour  affermir  la  fondation  de  l’abbaye  de  Vallaure,  qu’il 

transfera  en  1157.  à  Santas-Crcuz^  Il  revint  peu  de  tems  après  en  France,  & 

fit  un  voyage  à  Candcil  ‘  la  même  année  1157.  Enfin  il  fe  rendit  à  Grand-  i P'p s 46* 

felve ,  où  il  fit  depuis  fon  féjour  ordinaire.  Il  y  étoit  en  effet  *  en  1 1 61.  &  il  k  f- , 

y  décéda  en  odeur  de  faintecé  l’année  fuivante,  ou  au  plus  tard  en  1163. 

Les  religieux  de  la  maifon  affurent  qu’il  fut  enterré  dans  l’églife  auprès  du 
marche-pied  du  grand  autel  ,  du  côté  de  l’évangile,  avec  Guillaume  VII. 
fon  fils ,  &  Raymond  fon  petit-fils.  On  l’a  mis  au  nombre  des  faints  de 
l’ordre  de  Cîteaux  j  mais  nous  ne  voyons  pas  qu’on  l’ait  honoré  encore  d’un 
culte  public.  Divers  auteurs  1  l’ont  confondu  avec  un  fimple  frere -convers  w.Mxmi^ 
delà  maifon,  appellé  Guillaume ,  qui,  quoiqu’il  n’eût  jamais  pû  apprendre  que  ,M‘ 
ces  deux  mots,  Ave  Maria  ^  parvint  neanmoins  à  une  éminente  fainteté. 

Guillaume  VII.  feigneur  de  Montpellier  confirma  m  au  mois  d’Août  de 

l’an  116 1.  l’exemption  que  Guillaume  VI.  fonpereavoit  accordée  par  fon  mÿt.  ' 

Tome  JJ,  Qqq 


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An.i  x  6z» 


XL  VI I. 

Atiivcc  &  fé' 
jour  du  pape 
Alexandre  1JÎ. 
À  Montpellier, 
a  -a.Altx.Uh 
Apua  Baron, 
tnn.iibi. 


490 


HISTOIRE  GENERALE 


b  R  odulf.  de 
Vicetop.SU. 

C  AâAibid. 


d  Cône  il M mo. 


tlbtd.p. 

&i‘j. 

î  f.  1356. 


gMUJ.TjK?. 

ém- 


fl  B.iron,ihid. 


teftament  de  l’an  1 146.  aux  religieux  de  Cîteaux  ,  de  payer  aucun  droit  ou 
peage  à  Montpellier.  Il  confirma  ce  privilège  en  particulier  pour  la  maifon  de 
Valmagne  :  l'acte  eft  daté  de  la  maifon  de  la  milice  du  Temple  fituèe  devant 
la  place  de  Notre-Dame  de  Montpellier. 

Guillaume  VII.  fut  un  des  feigneurs  de  tout  le  royaume  qui  le  diftingua 
le  plus  par  fon  zele  êc  fon  attachement  à  la  perfonne  du  pape  Alexan¬ 
dre  III.  Aulfi  ce  pontife  fe  voyant  obligé  de  quitter  l'Italie,  ôcdele  réfugier  en 
France,  vint-il  d’abord  à  Montpellier  ,  où  il  fit  un  allez  long  féjour.  Alexan¬ 
dre  a  s’embarqua  à  Terracine  au  commencement  de  Janvier  de  l’an  u6i.  & 
aborda  à  Genes  le  n.  de  ce  mois.  Il  fe  rembarqua  au  port  de  cetteville  le 
i  j.  de  Mars  ,  8c  aborda  en  Pille  de  Maguclonne  le  mercredi  1 1.  d’Avril  fui. 
vant.  Après  fon  arrivée  dans  cette  ille  ,  il  dédia  le  grand  autel  de  la  cathé¬ 
drale  :  mais  comme  le  lieu  étoit  trop  peu  fpacieux  pour  le  loger  avec  toute 
fa  cour  ,  6c  qu'un  grand  nombre  de  prélats  de  France  qui  étoient  venus  au 
devant  de  lui,  l’attendoient  fur  la  cote,  il  jugea  à  propos  de  fe  rendre incef. 
famment  à  Montpellier  ,  ville  fort  peuplée  ,  luivant  l’hiftorien  contemporain 
qui  nous  a  JaiiTe  le  récit  du  voyage  de  ce  pape.  Alexandre  fit  le  trajet  de 
Maguelonne  à  Montpellier,  qui  eft  de  près  de  deux  lieues,  avec  pompe  & 
ceremonie,  monté  fur  une  haquenée  blanche  6c  revêtu  de  fe  s  habits  pon¬ 
tificaux.  L’affluence  du  peuple  qui  étoit  accouru  pour  recevoir  fa  benedi- 
étion ,  étoit  fi  grande,  qu’il  eut  toutes  les  peines  du  monde  à  percer  la  foule. 
Guillaume  feigneur  de  Montpellier,  accompagné  de  fes  barons ,  6c  deplufieurs 
chevaliers  alla  au  devant  de  lui ,  6c  lui  fervit  d’écuyer  pendant  un  mille.  Un 
auteur  b  dutems  ajoute  que  ce  feigneur  fereconnoilloit  pour vajf alliée  du  pape. 
Alexandre  entra  ainfi  à  Montpellier  en  proceJJionc ,  au  milieu  des  grands  du  païs 
qui  s’y  étoient  raflcmblez  pour  le  recevoir  ,  6c  qui  s’emprcftercnc  de  l’aller 
laluer  après  fon  arrivée  :  il  y  eut  entr’autres  un  prince  Sara  fin  qui  lui  baila  les 
pieds  avec  fa  fuite,  6c  qui  le  harangua  en  fa  langue  au  nom  du  roi  fon  maître. 

Raymond  V.  comte  deTouloufè  fe  rendit  à  Montpellier  pour  y  recevoir  le 
pape  ,  comme  ce  pontife  le  témoigne  lui-mcme  dans  une  lettre  qu’il  écrivit 
de  cetteville  le  zo.d'Avril  d  au  roi  Louis  le  Jeune,  pour  lui  donner  part  de 
fon  arrivée.  Alexandre  fe  loue  beaucoup  de  l’accueil  que  ce  comte,  le  vicomte 
Trencavel,  Ermengarde  vicomteflc  de  Narbonne  ,  plufeurs  autres  barons  du 
pais ,  6c  tout  le  peuple, lui  avoient  fait,  6c  aux  cardinaux  qui  étoient  avec 
lui.  Dans  une  autre  lettre6  qu’il  écrivit  le  lendemain  à  l’évêque  de  SoilTbns, 
il  parle  encore  avec  éloge  de  la  magnifique  réception  que  lui  avoient  faite  le 
clergé  6c  le  peuple  de  Montpellier  -,  6c  dans  une  troifiéme  1  qu’il  écrivit 
quelque  tems  après  au  roi  de  France ,  il  avoue  que  dans  cette  occafion  la 
vicomteflc  Ermengarde  lui  avoit  rendu  des  fervices  importans. 

Alexandre  d’abord  après  fon  arrivée  à  Montpellier  ,  nomma  des  légats  pour 
aller  foutenir  fes  interets  à  la  cour  de  France  auprès  du  roi  Louis  le  Jeune.  Il 
choifit  pour  cette  fonction  l’archevêque  de  Reims  frere  de  ce  prince, les  évê¬ 
ques  de  Langres  6c  de  Senlis ,  6c  l’abbé  de  Grandfelve.  g  II  écrivit  au  roi  6c  à  la 
reine  le  u.  d’Avril,  pour  les  leur  recommander.  Dans  la  lettre  qu’il adrefla 
au  roi ,  il  le  remercie  de  ce  que  Raymond  comte  de  S.  Gilles  étoit  venu  au  devant 
de  lui,  lui  avoit  fait  offre  de  fa  propre  perfonne  6c  de  tous  fes  domaines,  6c 
lui  avoit  rendu  toute  forte  d’honneurs.  11  ajoute  qu’il  en  témoignera  fa  re- 
connoillance  au  comte  dans  l’occafion.  Cet  article  de  la  lettre  du  pape  nous 
donne  lieu  de  conjecturer,  que  Raymond  avoit  fait  d’abord  difficulté  de  le 
xeconnoître,  6c  qu’il  ne  fe  fournit  à  fon  obéifîance  qu’à  la  folliciration  du  roi 
Louis  le  Jeune  fon  beau-frere.  On  verra  dans  la  fuite  que  le  comte  de  Tou- 
loufene  fut  pas  toujours  dans  le  parti  d’Alexandre  ,6c  qu’il  l’abandonna  pour 
embraffer  celui  de  l’antipape. 

Le  dimanche  d’après  fon  entrée  à  Montpellier  h ,  Alexandre  célébra  pontifi- 
calement  la  méfié  dans  la  principale  églife  ,  6c  y  prêcha  en  prefcnce  d’une 
infinité  de  peuple.  Dans  fon  difeours  il  rendit  compte  des  circonftances  de 
fon  élection,  6c  parla  avec  beaucoup  de  chaleur  contre  l’antipape  6c  fes  adhe- 
rans ,  qu’il  déclara  de  nouveau  excommuniez.  Nous  apprenons  le  nom  de  la 


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DE  LANGUEDOC:  Liv.  XVIII. 


49i 


XLVIII. 
Concile  de 


gue.  Cette  derniere  eft  fouferite  par  onze  cardinaux. 

Alexandre  tint  un  concile  à  Montpellier  le  jour  de  l’AIcenfion  17.  de  May, 
comme  il  paroît  par  une  lettre  qu'il  écrivit  ce  jour-là  à  l’évêque  de  Verone, 
ôc  dans  laquelle  il  marque  à  ce  prélat  qu’il  jouilîoit  d’une  ianté  parfaite  ,  de 
même  que  tous  les  cardinaux  -,  que  les  archevêques,  les  évêques,  les  rois  & 
les  princes  s’emprefloient  de  lui  témoignera  l’envi  leur  attachement  &leur 
vénération,  foit  par  eux-mêmes,  foi  t  par  leurs  envoyez.  Parmi  les  archevê¬ 
ques  il  nomme  ceux  de  Sens,  de  Tours  &  d’Aix,  &  celui  de  Narbonne  qu’il' 
avait  facré  k  Montpellier  ;  &  entre  les  évêques  celui  de  Maguelonne.  Il  ajoute 
enfin  qu’il  avoit  excommunié  publiquement  le  même  jour,  de  concert  avec 
tous  ces  prélats ,  l’antipape  Octavien  ëc  Ces  complices ,  &  qu’il  attendoit  le 
retour  des  légats  qu’il  avoit  envoyez  aux  rois  de  France  &  d’Angleterre.  Ce 
concile  déclara  J  excommuniez  les  princes  qui  ne  réprimoient  pas  les  hereti- 
ques ,  les  pirates,  ëc  ceux  qui  fourniilbient  des  armes  aux  Sarafins,&  défendit  ** I** 
aux  moines,  aux  chanoines  réguliers,  ëc  à  tous  les  religieux  de  profeïïer  le 
droit  êc  la  medecine.  Raymond  de  Dourgne  abbé  de  S.  Pons  de  Tomieres, 
fe  trouva  ,  à  ce  qu’on  prétend ,  au  même  concile.  .  XLIX 

On  vient  de  voir  que  le  pape  facra  au  mois  de  May  de  l’an  1 1 61.  un  nouvel  Archevêques 
archevêque  à  Narbonne  -,  c’étoit  Pons  d’Arfacqui  avoit  été  élu  après  la  mort  *  Narbonne, 
de  Berenger  de  Narbonne  Ion  prédeceffeur  immédiat,  arrivée'  le  7.  à' Avril  de  pcTicxanJre** 
ht  meme  annce ,  après  s. ans,  8.  mois  &  rS.  jours  d’épi  [copat-,  ainfi  c’eft  mal-à-propos  ^Montpellier, 
qu’on  met  Pons  f  fur  ce  fiege  dès  l’an  r  160.  l' Mende 

Il  eft  certain  par  divers  monumens  qu’Alexandre  féjourna  à  Montpellier  i’uy. 
jufqu’à  la  mi-juillet  de  l’an  1 1 62.  ce  qui  prouve  que  ceux  g  qui  le  font  partir 
de  cette  ville  à  la  fin  du  mois  de  Juin  fe  trompent.  Il  y  confirma  11  en  effet  par  f  cûiichrjo. 
une  bulle  le  8.  de  Juillet  un  accord  fait  entre  le  prévôt  &  les  chanoines  de  in[ftn4WI 
la  cathédrale  de  Touloufe  d’un  côté ,  ëc  ceux  de  S.  Sernin,  ëc  Hugues  leur 
abbé  de  l’autre,  touchant  la  fépulture  des  chevaliers  de  Touloufe.  Le  pape  Fleuri  hip.tcel.- 
écrivit  »  aulïï  de  Montpellier  le  10.  &  le  14.  du  même  mois  au  roi  Louis  le  h 
Jeune,  pour  le  remercier  dé  la  protection  qu’il  accordoit  au  faint  fiege,  &:  fa¬ 
des  lettres  que  ce  prince  lui  avoic  écrites  par  l’abbé  de  faint  Germain  des  Prez 
fon  envoyé.  m>8- 

Nous  trouvons  enfin  deux  brefs  *  d’Alexandre  datez  dp  Montpellier,  le  ir.  &  k  c»r.fer.fn/. 
le  ij.  du  mois  dejuillet  en  faveur  de  Guillaume  VII.  ièigneurde  cette  ville  j  ëc  M*g.p.  m-o* 
ces  brefs  appartiennent  certainement  à  l’an  1162.  quoi  que  dans  les  copies  que^î  t,e  ’ 
nous  en  avons  ils  foient  datez  de  la  IV.  année  de  l’on  pontificat  au  lieu  de  la 
III.  Par  l’un  ce  pontife  prend  Guillaume  lous  la  protection  du  faint  fiege  en 
confideration  des  fervices  qu’il  avoit  rendus  à  l’églife  Romaine  ,  ëc  fait  dé- 
fenfe  à  tout  autre  qu’au  pape,  ou  à  un  cardinal  légat  à  laterc ,  d’excommunier 
ce  feigneur,  ëc  de  mettre  en  interdit  les  chapelles  de  fes  deux  châteaux  de 
Montpellier  ëc  de  laPalu  ,  qui  dévoient  payer  chacun  tous  les  ans  un  écu  d’or 
de  redevance  au  palais  de  Latran.  Par  l’autre  il  déclare  à  l’archevêque  de 
Narbonne,  au  chapitre  de  la  cathédrale  d’Arles ,  à  leurs  fuffragans,  6c  aux 
évêques  de  Viviers ,  de  Mende ,  du  Puy  ëc  de  Rodez  ,  qu’il  a  mis  Guillaume 
&  les  habitans  de  Montpellier  fous  fa  protection  ,  avec  ordre  à  ces  prélats  de 
les  défendre  ëc  de  les  protéger. 

Alexandre  1  auroit  fait  encore  un  plus  long  féjour  dans  cette  ville ,  fi  la  \Mt**pui 
famine  qui  défoloit  tout  le  païs  ne  lui  eut  fait  prendre  la  réfolutiÆn  de  fe  ren- 
dre  incefiamment  en  France.  Il  partit  donc  de  Montpellier ,  ëc  pafla  par  Alais 
ëc  par  Mende.  Il  écrivit01  de  cette  derniere  ville  le  24.  du  même  mois  de  mCw/w.io. 
Juillet  à  Hugues  évêque  de  Soilfons  ,  pour  le  prier  d’employer  fes  bons  Ijl0‘ 
ces  auprès  du  roi  Louis  le  Jeune  ,  qui  s’etoit  un  peu  refroidi  à  fon  égard  ,  & 
de  l’empêcher  de  fe  rendre  à  la  conférence  qu’il  avoit  projetté  d’avoir  fur 
fon  élection  avec  l’empereur  Frédéric  I.  Le  pape  demeura  quelques  jours  à  n  Auhiv.d* 
Mende,  ëc  il  y  donna  le  29.  de  Juillet  de  l’an  1162.  une  bulle0  fouferite  par  honnt'. 
fèpt  cardinaux  en  faveur  de  l’abbaye  de  Bonneval  en  Rouergue.  Il  0  fe  rendit  9 
T ome  II.  Qjl  S  Ü 


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b  Aft.SS.ord.S. 
B  en.fic.  +  .pârt. 
l/./O. 

L. 

Le  roi  Louis  le 
Jeune  prend 
eouooiliancc 
des  ditterends 
qui  ctoient  cn- 
uc  les  vicom 
les  de  Polignac 
&  les  eveques 
du  Puy. 
c  bsluz.Auv. 


_ 491  HISTOIRE  GENERALE 

An.  1161.  enluite  au  Puy  en  Velay,  &  arriva  à  Clermont  en  Auvergne  le  14.  du  mois 
d’Aout,  dans  le  deffein  d’aller  joindre  le  roi  Louis  le  Jeune  ,  qui  de  Ton  côté 
s>ét:oic  avancé  jufqu’à  Souvigni  1  dans  le  Bourbonnois ,  pour  aller  à  la  confé¬ 
rence  qu’il  devoir  avoir  à  S.  Jean  de  Lône  en  Bourgogne ,  avec  l’empereur.  Le 
pape  alla  trouver  le  roi  &  ils  relièrent  quelque  ceips  enfemble  à  Souvigni,  com- 
b  Aa.ss.trJ.s.  me  il  paroît  par  une  charte  datée  qui  eft  de  ce  monaftere  b,  8c  que  Louis  lejeune 
accorda  à  l’abbaye  de  S.Guillemdu  Défert  en  prefence  du  pape  Alexandre. 

L  Pendant  le  le  jour  de  Louis  à  Souvigni ,  ce  prince  y  jugea  un  différend 

Le  toi  Louis  le  qui  duroit  depuis  long-tcms  entre  les  évêques  du  Puy,  8c  les  vicomtes  de 
«ouQoiiUnce  P°l>gnac ,  ce  qu’il  faut  reprendre  déplus  haut.  Armand  IV.  après  avoir  fuccedé 
des  ditterends' dans  cette  vicomté  à  Pons  fon  pere  mort  vers  l’an  1 1 1  2.  entr’autres  vexa- 
uë' fcT'vïc om"  c,ons  <1U’^  c°mmit  dans  le  pais,  établit c  de  fa  propre  autorité  un  peage  fur 
tés deVoiignïe  les  grands  chemins  qui  conduifent  au  Puy,  8c  le  fervit  de  ce  prétexte  pour 
&  les  évêques  rançonner  tous  les  pèlerins  qui  alloient  par  dévotion  vifiter  la  cathédrale  de 
^cImÙi.ahv.  cette  ville.  Il  avoir  deux  fils ,  Pons  8c  Eracle  qu’il  affocia  à  fes  brigandages, 
t+x-t'tt-  &.qui  commirent  avec  lui  tant  de  ravages  dans  le  Velay  ,  que  l’évêque  le  vit 
enfin  obligé  de  fe  mettre  en  armes ,  foit  pour  défendre  Ion  propre  domaine, 
foit  pour  loûtenir  les  intérêts  du  peuple.  Il  y  eut  entr’eux  plufieurs  négo-. 
ciations  8c  plufieurs  accords  :  mais  la  paix  étoit  à  peine  conclue  ,  que  les  vi¬ 
comtes  recommençoient  leurs  hoftilitez  8c  leurs  brigandages. 

Pons ,  qui  fe  qualifioit  déjà  vicomte  de  Polignac  en  1x51.  du  vivant  d’Ar- 
4 ircb.de régi,  mand  IV.  fon  pere,  fit  un  accord  d  cette  année  avec  Pierre  évêque  du  Puy  à 
d*  qui  il  donna  trente  chevaliers  en  otage  pour  la  lureté  de  fes  promelîès ,  & 

l’oblervation  des  tranfadions  précédentes.  La  guerre  fe  renouvella  bientôt 
après  entre  le  vicomte  Armand  8c  ce  prélat,  8c  dura  jufqu’à  ce  que  Bernard 
cB.tiHi.iHd.  évêque  de  Valence  ,  ayant  reçu  ordre  du  pape  *  Eugene  III.  de  pacifier  le 
Velay ,  il  fit  convenir  l’évêque  ôc  le  vicomte  d’un  nouveau  traité  en  n53.cn  pre- 
f  1  ience  de  Guillaume  archevêque  d’Embrun  ,  8c  de  Guillaume  évêque  deVi- 
£ B*iuz.ibid.  viers.  Le  vicomte  Armand  8c  fes  deux  fils f  firent 'ierment  avec  plufieurs  de 
leurs  valTaux  d’obferver  cette  paix,  qui  fut  fcellée  du  fceau  de  ces  trois  évê¬ 
ques  :  mais  ils  la  violèrent  peu  de  tems  après,  firent  la  guerre  à  l’évêque, 
établirent  de  nouveaux  péages,  &  commirent  une  infinité  de  ravages  8c  de  ve¬ 
xations  dans  tout  le  pais. Ce  prélat  tâcha  de  s’oppofer  à  leurs  entrcprifes,&con- 
vint  enfin  avec  eux  d’un  autre  accord  par  l’entremile  d’Aldebert  évêque  de 
Mende.  Les  vicomtes  jurèrent  de  l’obferver  avec  leurs  chevaliers  &  vajfaux , 
giMf  ,  8c  l’enfraignirent  prelque  aulfi-tôt.  Guillaume  B  comte  d’Auvergne  fe  mêla 
Ufiduru/.'"  al°rs  les  accor<Jcr  >  mais  ne  pouvant  fe  promettre  d’établir  parmi  eux  une 
GM.chr.nov.  paix  durable,  il  fe  contenta  de  les  faire  convenir  en  1 1 54.  d’une  trêve  de 
td.ii.i-f.  70;.  fCpC  ans>  qUC  / e  vicomte  Pons ,  8c  plufieurs  de  fes  chevaliers,  firent  ierment 
de  garder,  avec  promeffe  de  ne  plus  exiger  pendant  ce  tcms.là  aucun  peage 
fur  les  grands  chemins,  8c  de  rétablir  le  château  de  S.  Paulhan  qu’il  avoic 
détruit.  Ce  feigneur  peu  fidclle  à  ce  nouveau  traité,  le  viola  prelque  auffi- 
hB.iinx.itiJ.  tôt ,  ce  qui  engagea  les  abbez  b  de  la  Chaife-Dieu  ScdeMauzacà  faire  une 
nouvelle  tentative  pour  pacifier  le  pais.  Ils  moyennerent  entre  l’évêque  Scies 
vicomtes  un  nouvel  accord  dont  nous  ignorons  les  conditions ,  mais  nous  ne 
doutons  pas  que  ce  ne  foit  le  même  dont  parle  Aldcbert  évêque  de  Mende 
iDwh.to. 4.  dans  une  lettre*  qu’il  écrivit  au  roi  Louis  le  Jeune,  8c  dans  laquelle  il  mar- 
-que  à  ce  prince  que  l’évêque  du  Puy  ayant  excommunié  le  vicomte  de  Poli¬ 
gnac  pour  avoir  continué  de  lever  le  péage  fur  les  grands  chemins,  8c  de 
vexer  les  paffans,  ils  étoient  neanmoins  convenus  d’un  traité,  fuivant  lequel 
ils  dévoient  partager  les  émolumens  du  peage,  8c  lui  députer  pour  obtenir 
la  confirmation  de  ce  traité.  Aldcbert  fit  tous  fes  efforts  pour  détourner  le 
roi  de  l’accorder  ,  8c  fe  récria  beaucoup  dans  fa  lettre  fur  l’injuftice  d’une  con¬ 
vention  ,  fuivant  laquelle  l’eglife  du  Puy  devoit  participer  aux  violences  & 
<tux  vexations  du  vicomte. 

Soit  que  le  roi  eût  déféré  aux  plaintes  de  l’évêque  de  Mende  ,  8c  refufe 
cette  confirmation,  foit  que  les  vicomtes  de  Polignac  accoutumez  à  ces  exa¬ 
ctions,  euflent  refufé  de  faire  part  à  l’évêque  du  Puy  des  revenus  du  peage, 
,f.ndut.ibid.  il  eft  certain  que  leur  divifion  k  recommença  bientôt  après  ,8c  qu’elle  durcit 


41rch.dc  [cil. 
Jh  Phj. 


c  B.tluz.  1/ id. 
GMLchr.to .5. 

£  Bm  luXt.ibid. 


g  llid. 

Archiv  de  F e- 
glife  du  Yuy. 

Gall.chr^nov. 
td.to.  i.f.70/. 


h  B.ÜHZrr  ibiJ. 


i  Du'h.to*  4. 
f.b76. 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVI  II: 


495 


encore  lorfque  le  roi  Louis  le  Jeune  étant  venu  à  Souvigni  en  1162.*  il  les  An.ii6i.' 
manda  pour  prendre  connoillànce  de  leur  différend,  8c  faire  ceflèr  par  fon  a v.to.uu 
autorité  la  défolation  dupais.  Ce  prince  les  fit  convenir  d’un  accord  fuivant 
jequel  i°.  Le  vicomte  Armand  &  fes  fils  jurèrent  de  vivre  en  paix  avec  l’évê¬ 
que,  8c  de  ne  plus  éxiger  à  l’avenir  des  voyageurs  aucun  droic  depaffage.  2  “.Ils 
engagèrent  pour  la  liireté  de  leur  promelîé  tout  ce  qu’ils  tenoient  en  fief  de 
l’évêque  julqu’à  yop.  marcs  d’argent,  6c  ayant  accompagné  enfuite  le  roi  i 
Vezelai ,  ils  y  ajoutèrent  celle  de  200.  autres  marcs.  30.  ils  /è  fournirent  à 
perdre  tous  les  domaines  qu’ils  pofledoient  en  fief  de  ce  prince  8c  de  l’évêque 
duPuy  s’ils  venoient  à  enfraindre  cette  paix,  pour  i’obfervation  de  laquelle 
ils  donnèrent  des  otages  ,  8c  remirent,  quelques  châteaux  tant  au  roi  qu’à  ce 
prélat.  Nonobftant  une  convention  fi  lolemnelle,  les  vicomtes  y  donnèrent 
bientôt  atteinte,  8c  il  fallut  quelques  années  après  que  le  roi  vînt  en  per- 
ionne  dans  le  pais  pour  punir  leurs  nouvelles  infractions  ,  comme  nous  le 
verrons  dans  la  fuite. 

Armand  IV.  vicomte  de  Polignac  vivoit  donc  encore  en  1162. Bernard  prieur 
de  fainte  Gemme  fait  mention  de  lui  dans  une  relation  b  des  miracles  ope- 
rez  à  la  Chailê-Dieu  au  tombeau  de  S.  Robert ,  qu’il  écrivit  en  1160.  8c  dans 
laquelle  il  attelle  qu  Armand  alors  vicomte  de  Polignac,  ayant  mis  en  prifon  un 
de  [es  chevaliers  furnommé  le  Renard ,  ce  dernier  fut  délivré  miraculeulement 
par  l’intercelfion  du  faine.  Ce  vicomte  mourut  avant  l’an  nôy.dans  un  âge 
avancé.  Pons  fon  fils  aîné,  qui,  comme  on  l’a  déjà  dit,  prenoit  le  titre  de 
vicomte  dès  l’an  1  r  ji.  8c  exerçoit  dès  lors  une  pleine  autorité,  luifucceda. 

Le  pape  Alexandre  après  fon  entrevue  à  Souvigni  avec  le  roi  Louis  le  jeu-  Lr. 
ne,  prit  la  route  duBerri  où  il  fit  un  affez  long  léjour.  Il  tint  à  Tours  au  t^"e|°fcs 
mois  de  May  de  l’année  fuivante  un  concile  auquel  Pons  d’Arlâc  archevêque  M^udcmnc' 
de  Narbonne c,  8c  la  plupart  des  évêques  de  la  province  6c  des  royaumes  &  l’abbaye  de 
de  France  ôc  d’Angleterre  fe  trouvèrent.  On  décida  dans  ce  concile  d  un  diffè-  c  c»»«/.«.io. 
rend  qui  étoit  entre  Jean  evêque  de  Maguelonne  6c  fon  chapitre  d’un  côté, 

6c  l’abbaye  deClunide  l’autre  ,  touchant  le  monaftere  de  faint  Pierre  de  Sau-  £.7*^7!*'^' 
zet  fitué  auprès  de  Montpellier  ,  6c  dépendant  de  cette  abbaye.  Le  concile 
défendit  qu’il  y  eût  plus  de  douze  religieux  dans  ce  monaftere  6c  de  l’ériger 
en  abbaye.  Durant  le  féjour  qu’Alcxandre  III.  fit  à  Tours,  il  écrivit*  le  17. 
de  Juin  à  l’archevêque  de  Narbonne  6c  aux  évêques  de  CarcalTonne  6c  d’EIne 
pour  les  reprendre  de  la  conduite  qu’ils  tenoient  envers  les  religieux  de  la 
Grade  à  qui  ils  faifoient  acheter  le  faint  Chrême. 

Tandis  que  toute  la  France  s’empreffoit  à  l’envi  de  donner  à  Alexandre  LIr- 
des  marques  de  fa  foumilfion  ,  l’empereur  Frédéric  faifoit  tous  fes  efforts  Barceioae'Kr! 
pour  (outenir  Viélor  6c  pour  lui  chercher  des  protecteurs.  Ce  prince  dans  mmcia^ucrre 
la  vue  d’engager  Ray  mond-Berenger  IV.  comte  de  Barcelone  6c  prince  d’ Ara-  avede  fccour* 
gon ,  6c  le  comte  de  Provence  fon  neveu  à  embraffer  le  parti  de  cet  antipape ,  <!e  Trcncmi , 
abandonna  les  intérêts  des  feicneurs  de  la  maifon  de  Baux  ,  à  qui  il  avoit  j' JV." 
donne  en  1155.  la  Provence  en  fief,  6c fit  avec  ces  deux  comtes  a  la  fin  f  de  &dufeigncur 
l’an  1 1 6 1 .  ou  au  commencement  de  l’année  fuivante ,  un  traicé  par  lequel  d^°^tPfl|icr* 
on  convint  g,  i°.  Que  l’empereur  en  qualité  de  roi  d’Arles  ,  donneroit  en 
fief  à  Raymond-Berenger  ÔC  à  fon  neveu  ,  le  comté  de  Provence  fitué  entre  la  g  M»rc.Mfr, 
Durance  ,  les  Alpes  ,  la  Mer  6c  le  Rhône  ,'  comme  il  avoit  été  partagé  avec 
Alfonfe  comte  de  T ouloufe  -,  ce  qui  en  dépendoit  à  Avignon  6c  ailleurs  ■)  la  ville 
d’Arles  8c  les  droits  régaliens  fur  cette  ville  ,  excepté  ce  que  l’archevêque 
polTedoit  depuis  cent  ans  -,  6c  enfin  le  comté  de  Forcalquier,  dont  les  com¬ 
tes  qui  feroient  déformais  vaffaux  de  ces  deux  princes ,  ne  tiendroient  plus 
leur  domaine  qu’en  arriere.fief  de  l’empire  z°.  Que  le  comte  de  Provence 
s'engageait  à  faire  hommage  6c  à  prêter  ferment  de  fidelité  à  l’empereur 
pour  tous  ces  domainesjôcàiui  payer  tous  les  ans  à  Arles  le  2. de  Février,  quinze 
marcs  d’or  de  redevance ,  outre  la  fomme  de  douze  mille  morabatins  d’or  qu’il 
lui  donneroit  avant  la  fête  de  Noël  fuivante  ,  celle  de  deux  mille  à  l’impera- 
trice  ,  8c  celle  de  mille  à  la  cour  impériale.  30.  Que  le  comte  de  Provence 
rcconnoîtroit  Victor  pour  pape  légitimé  ,  recevroit  fes  légats  ,  6c  regar- 
deroit  comme  ennemis, (c’écoit  le  pape  Alexandre  III.)  6c les  adherans. 


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,An,I  I-éi. 


a  D ig*.  tond¬ 
re  Bircel.l.x. 


cf.  tfy. 

d  /*-5  8  8- 
tin. 

ïjn  de  Riy- 
moni  Béren¬ 
ger  IV.  comte 
de  Barcelone. 
Il  partageâtes 
fils  le  domaine 
qu'il  avoir  ou 
prétende»  a- 
voir  dans  la 
province, 
e  Di*i»ibid. 

t-x  iy 

Geft.  co  mit. 
Tfcrctn.  apud 
M*rc.  Hijp. 

H  .*■&]“!■ 
f  V.Diag.ibid. 


g  B oucht  ?rCV' 


494  HISTOIRE  GENERALE 

4°.  Qu’il  feroit  permis  à  ce  comte  ainfi  qu’à  celui  de  Barcelone,  après  qu’ils 
auroient  reçu  de  l’empereur  l’inveftiture  des  fiefs  dont  on  vient  de  parler, 
&  qu’ils  lui  en  auroient  fait  hommage  &:  prêté  ferment  de  fidelité  ,  d’intenter 
contre  Hugues  de  Baux  Paélion  de  parjure  &  de  faux  hommage  -,  &  que 
foit  qu’Hugues  fe  défendît  ou  qu’il  fe  fournît,  l’empereur  &  fa  cour  lui  feroient 
jufticc.  y0.  Que  fi  le  comte  accufoit  Hugues  de  trahifbn  &  de  félonie  ,  èc  que, 
ce  feigneur  refufât  le  duel  contre  un  de  fes  pairs  j  ou  fi  l’ayant  accepté  il  étoic 
vaincu  ,  l’empereur  confifqueroit  alors  fon  domaine,  ôc  ne  le  protegeroitplus, 
non  plus  que  fa  mere  &  fes  freres.  6°.  Que  les  comtes  de  Barcelone  &  de  Pro¬ 
vence  fe  rendroient  le  premier  d’Août  fuivant  à  la  cour  de  l’empereur  pour 
exécuter  entièrement  ces  articles,  y0.  Enfin  que  la  dot  de  Richilde  niece  du 
même  empereur ,  &  maintenant ,  dit-on ,  comtejfe  de  Provence ,  feroit  en  fureté. 
Cette  princefîè  avoit  donc  époufé  dcs-Iors  Raymond-Berenger  comte  de 
Provence,  neveu  du  comte  de  Barcelone.  Elle  étoic  veuve  d’Alfonfe  VII. 
roi  de  CafHlIc ,  qu’elle  avoit  époufé  en  ii  53.  &:  qui  étoit  mort  en  1157. 
Comme  ce  prince  fe  qualifioic  empereur,  elle  conferva  le  titre  à.' impératrice 
apres  fon  fécond  mariage,  fuivant  l’ulage  du  fiecle. 

Cette  alliance,  qui  fut  fuivie  du  traité  dont  nous  venons  de  parler  ,  lia 
trcs-étroiccmcnc  les  comtes  de  Barcelone  &  de  Provence  avec  l’empereur  Fré¬ 
déric,  &  fut  très-prejudiciable  aux  feigneurs  de  Baux.  Les  deux  comtes  les 
attaquèrent  bientôt  après  &  affiegerent  le  château  de  ce  nom.  Le  comte  de 
Barcelone  1  étoit  occupé  à  cette  expédition  au  mois  de  Février  de  l’an  iiôi.ou 
de  l’an  1161.  fuivant  notre  maniéré  de  compter  ,  comme  il  paroît  par  une 
obligation  qu’il  pafl'a  alors  durant  le  ficge  de  Baux ,  en  prefcnce  du  vicomte  Ray- 
ynond-Trencavcl ,  d’Ermengarde  vicomtelTe  de  Narbonne,  de  Guillaume  de 
Montpellier  ,&  de  plufieurs  prélats  &.  feigneurs  Catalans.  Les  trois  premiers 
avoienc  donc  renouvcllé  leur  ligue  avec  ce  prince  dès  le  commencement  de 
l’an  1 1 62.  &  l’avoient  été  joindre  en  Provence  à  la  tête  de  leurs  troupes  ;  ce 
qu’on  peut  inferer  encore  d’un  accord  b  pâlie  le  dernier  du  mois  de  Janvier 
de  la  même  année,  par  l’ cnircmifc  du  comte  de  Barcelone  &  de  fa  cour ,  entre  le 
vicomte  Raymond-Trencavel ,  &  la  vicomtefTe  Ermengarde  ,  au  fujet  de  quel, 
ques  ufages  que  cette  derniere  éxigeoit  fur  les  vaffaux  de  l’autre.  Trencavel 
étoit  de  retour  à  Carcafîbnne  au  mois  d’Août  delà  même  année  ,  comme  on 
voit  par  le  ferment  c  de  fidelité  que  les  chevaliers  du  château  de  Montreal, 
fitué  dans  le  voifinage  de  cette  ville,  lui  -prêtèrent  alors ,  &  à  Roger  fon  fils.  Il 
reçût  auili  vers  le  même  tems  le  ferment  d  de  fidelité  des  feigneurs  de  Saiflàc. 

Le  comte  de  Barcelone,  foutenu  de  l’autorité  de  l’empereur,  &  du  fecours 
de  fes  alliez,  fe  rendit  maître  aifément  du  château  de  Baux,  &  attaqua  en- 
fuite  celui  de  Trinquetaille  auprès  d’Arles,  qui  fe  défendit  plus  long-tems, 
mais  qu’il  prit  enfin  &  qu’il  rafà.  Il  s’embarqua  quelque  tems  après  avec  le 
comte  de  Provence  fon  neveu  pour  fe  rendre  à  Genes ,  &  enfuite  à  Turin, 
où  l’empereur  étoit  alors,  pour  conclure  avec  ce  prince  le  traicé  dont  ils  étoient 
convenus.  Il  fut  à  peine  arrivé  au  bourg  de  S.Dalmacc  auprès  de  Genes, 
qu’il  fut  attaqué  d’une  violente  maladie  dont  il  mourut  le  6.  d’Août  de  l’an 
1162.  Il  difpofae  verbalement  deux  jours  avant  fa  mort  de  fes  états  en  faveur 
de  fes  fils ,  qu’il  laifla  avec  fa  fille ,  fous  la  tutelle  de  la  reine  Pétronille  fa 
femme,  &  fous  la  protection  d’Henri  II.  roi  d’Angleterre.  Il  donna  à  fon  fils 
aîné ,  qu’on  avoit  d’abord  appelle  *  Raymond ,  &  qui  prit  enfuite  le  nom 
d’Alfonfè  par  le  confeil  delà  reine  là  mere  ,  le  royaume  d’Aragon  qu’il  avoit 
uni  à  fon  domaine  par  fon  mariage  avec  cette  princellè,  &  le  comté  de  Barce¬ 
lone.  Il  légua  à  Pierre  fon  fécond  fils,  i°.Le  comté  de  Cerdagne  ,  êctoutle 
domaine  des  anciens  comtes  de  ce  nom  ,  ce  qui  comprenoit  le  Capcir  &  le 
Donazan.  20.  Le  comté  de  Carcatfonne  avec  fes  dépendances,  &  tout  ce  que 
le  vicomte  Raymond-Trencavel  tenoit  de  lui.  3°.  Le  droit  qu’il  avoit  fur  la 
ville  de  Narbonne,  avec  le  fief  qu’Ermengarde  vicomtelTe  de  cette  ville  tenoit 
de  lui ,  à  condition  que  Pierre  tiendroit  lui-même  en  fief  ces  domaines  de  fon 
aîné,  &  qu’il  n’en  jouiroit  qu’après  qu’il  feroie  chevalier.  Nous  verrons  dans  la 
fuite  que  ce  fécond  fils  du  comte  de  Barcelone  changea  de  nom  à  l’exemple  de 
fon  frere  aîné,  &  qu’il  prit  celui  de  Raymond-Berenger.  Quelques  g  auteurs 


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t  Kfàrr.  Nifc 
p.49T**27-  & 

que  mourut  ce  comte,  j$fm 

d  Uarr»riifp» 
ibld. 


c  V.Gullt.  NM- 
iriglxxAO* 


DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVI  II»  4^ 

Prétendent  que  le  comte  deBarcelone  donna  le  Roullillon  à  Sanche  fon  troifiéme 
fils  j  mais  outre  que  ce  comté  ne  fut  uni  au  domaine  des  comtes  de  Barce¬ 
lone  que  long-tems  après  ,  nous  ne  voyons  pas  que  Sanche  ait  eu  d’abord 
aucune  part  *  à  la  fuccclfion  de  fon  pere  ,  qui  le  contenta  de  le  fubftituer  à 
fes  deux  aînez.  Ce  prince  donna  enfin  à  la  reine  b  Pctronille  fa  femme ,  le 
comté  de  Bezalu ,  d’où  dépendoit  celui  de  Fenouilledes  en  deçà  des  Pyré¬ 
nées.  Cette  princelîè  jouit  de  ces  deux  comtez  jufqu’à  là  mort  arrivée  en 
11-73.  ils  furent  alors  réunis  au  domaine  des  comtes  de  Barcelone  6e  rois 
d’Aragon.  Raymond-Berenger  IV.  demanda  d’être  inhumé  dans  l'abbaye  de 
Riupoll  en  Catalogne  ,  où  ilavoit  choili  fa  fépulture  c  :  il  y  fut  porté  après 
fa  mort,  6e  mis  dans  un  cercueil  d’argent.  C’elt  ainli  c 
l’un  des  plus  grands  princes  de  fon  tems. 

Suivant  l’éloge  d  que  font  de  lui  les  anciens  hiltoriens ,  il  fe  rendit  recorii- 
mandablc  par  les  qualitez  du  corps  6e  de  l’elprit ,  par  là  pieté  ,  les  vertus 
militaires  ,  la  douceur  6e  la  fagellè  de  fon  gouvernement  ,  fa  probité  ,  fa 
capacité  dans  les  affaires ,  la  magnificence  de  facour  6e  fur  tout  par  là  modeftie. 
Quoi  qu’il  pofiedàt  le  royaume  d’Aragon  c,  dit  un  de  ces  hiltoriens  ,6e  qu’il  piit 
par  conlcquent  prendre  le  titre  de  roi,  il  s’en a  b  (tint  cependant ,  6e  fe  con¬ 
tenta  de  celui  de  prince  6e  de  ?nurquis  d' Aragon  -,  6e  quand  fes  courtilans  le 
prelfoient  de  fe  revêtir  de  la  pourpre  ,  6e  de  le  faire  couronner  folemnelle- 
ment ,  puifqu’il  polî'edoit  un  royaume,  il  leur  répondoit  »  qu’il  ne  le  feroit« 
pas ,  que  tous  les  ancêtres  n’avoient  pollèdé  que  la  dignité  de  comte,  qu’il  « 
etoit  fils  de  comte,  6e  que  comme  il  n’étoit  pas  meilleur  que  fes  peres ,  il« 
ne  vouloir  pas  être  plus  honoré  qu’ils  ne  l’avoient  été.  Il  ajoûtoit  qu’il  re~« 
fufoit  d’un  coté  le  nom  de  roi  6c  la  dignité  royale  ,  afin  que  fa  naillànce« 
ne  parût  pas  inferieure  à  fa  fortune  -,  mais  que  de  l’autre  il  ne  rejettoit  pas« 
la  grandeur  ôc  la  puilïànce  royale  fous  le  fimple  titre  de  comte  ,  afin  que« 
la  fortune  fécondât  la  naillànce.  Enfin,  difoit-il,  fi  jeprenois  le  titre  de  roi, « 
je  ferois  obligé  de  ceder  aux  autres  rois,  foit  pour  la  gloire,  foit  pour  les« 
richcfies  5  mais  polfedant  un  royaume  avec  l’autorité  royale  ,  aucun  comte  « 
du  monde  ne  peut  s’égaler  à  moi.  C’elt  pourquoi  j’aime  mieux  êtrelepre-» 
mier  des  comtes ,  que  de  n’être  pas  même  le  lepriéme  des  rois.  C’eft  ainfi,  « 
dit  un  ancien  1  qui  rapporte  ces  paroles,  que  cet  homme  admirable  fe  met-  « 
tant  en  quelque  forte  au-deilus  de  la  royauté  par  l’élévation  de  fes  fenti-« 
mens,  railloit  avec  fes  amis  lorfqu’ils  vouloient  l’engager  à  en  prendre  les  « 
marques.  Il  ne  voulut  pas  même  qu’on  lui  donnât  la  qualité  de  duc ,  mais« 
feulement  celle  de  comte  de  Barcelone ,  quoiqu’il  polfedat  avec  le  royaume  « 
d’Aragon  ,  le  duché  de  Provence  ,  c’efl-à-dire  le  pais  ainfi  nommé,  qui« 
s’étend  depuis  le  Rhône  jufqu’aux  confins  de  l’Italie.  « 

Raymond-Berenger  palîà  prefque  toute  fa  vie  dans  l’exercice  des  armes , 
ce  qui  lui  acquit  une  très-grande  réputation  de  valeur.  Il  fit  entr’autres 
une  guerre  implacable  aux  Sarafins  fes  voifins ,  recula  leurs  frontières,  6c 
leur  enleva  diverfes  places  qu’il  unit  à  fon  comté  de  Barcelone  ,  connu 
dans  la  fuite  fous  le  nom  de  principauté  de  Catalogne.  Dans  ledefTeingoù 
il  étoit  de  faire  toujours  la  guerre  à  ces  infidelles  ,  il  établit  en  1143.  dans 
une  allèmblée  folemnelle ,  à  laquelle  fe  trouvèrent  Bernard  comte  de  Com. 
minges ,  6 c  Pierre  comte  de  Bigorre ,  un  ordre  militaire  fous  la  dépendance  des 
Templiers.  Il  fut  le  protecteur  de  toutes  les  églifes  de  fes  états,  6c  renonça  Ma 
même  année  1143.  à  la  dépouille  des  évêques  de  Barcelone  dont  fes  préde- 
cefieurs  étoient  dans  l’ufage  de  s’emparer  après  leur  mort.  Il  étendit  cette 
conceffion  en  n  jo.  à  toutes  les  églifes  de  la  Marche  d’Efpagne. 

On  voit  par  la  difpofition  que  ce  prince  fit  de  fes  états ,  qu’il  dominoit , 
ou  qu’il  prétendoit  dominer  fur  une  grande  partie  de  la  province ,  êc  qu’il  met. 
toit  entr 'autres  le  vicomte  Raymond-Trencavel  ,6c  Ermengarde  vicomtelle  de 
Narbonne ,  au  nombre  de  fës  vaflàux.  On  a  parlé  ailleurs  des  motifs  qui 
engagèrent  cette  vicomtelle  à  fe  foumettre  à  la  fuzeraineté  du  comte  deBar¬ 
celone  ;  mais  il  ne  paroît  pas  qu’elle  ou  fes  fucceflèurs  ayent  reconnu  dans  la 
fuite  les  de  cendans  de  ce  prince  pour  leurs  fuzerains.  Quant  à  Trencavel  ,  il 
s’étoit  déclaré  vaflàl  de  Raymond-Berenger  pour  les  comtez  de  Carcaflonne 


An.  11 6  à* 


a  Diâg.c.  17  J 1 
ibid. 

b  Drag.il/id-. 


iliil 


g  Marc.  üifp* 
p.Aît.  M91-& 

J'ï-  .  , 

aianri. 

1143.12*1)  • 

h  Marc  tiifp. 
p. 

Diag.cofid.  di 
Earcel .  L  i.C. 


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Àn.i  i6z. 


a  B» lux..M»rc. 

H-jP-p.  fo*. 

*34 


b  Mit.  ti4. 
nu. 


c  Ihid.p.ç  14. 

ci  Ib'd. 

Tr.  t0.  J.  4#/7. 

«171. 


c  Diaç.cond.dt 
Bxrcel .  /.  1.  f. 

174. 


f  Geft.  comit . 
B  xrcm.  ApiU 
*Urc.  Hijp.f* 
JJO. 


495  HISTOIRE  GENERALE 

fie  de  Râlez,  fie  le  païs  de  Lauraguais  donc  il  conlerva  le  domaine  utile  j  ce 
qui  fut  un  nouveau  fujet  de  querelle  entre  ce  dernier  fie  le  comte  de  Toulou. 
le,  qui  avoit  droit  de  fuzerainccé  fur  tous  ces  pais ,  fie  qui  le  recouvra  bientôt 
après ,  ainiî  que  nous  le  verrons  dans  la  fuite.  Raymond-Bcrcnger  avoit  en¬ 
gagé  aufli  le  comte  de  Foix  à  fc  reconnoître  pour  fon  vaflàl ,  mais  nous  ne 
voyons  pas  qu'il  dominât  fur  le  pais  de  Foix  dans  le  tems  de  fa  mort  :  il  n’en  dit 
rien  du  moins  dans  fon  teftament.  Enfin  ce  prince  ,  outre  le  comte  de  Fe- 
nouilledes,  fie  quelques  pais  voifins  dont  il  étoit  le  maître, eut  l’adminiftra- 
.tion  de  la  vicomté  de  Gevaudan,  au  nom  du  comte  de  Provence  fon  neveu 
fie  fon  pupille ,  qui  d’ailleurs  avoit  des  prétentions  lur  le  comté  de  Melgueil. 
Tout  cela  joint  à  la  liaifon  intime  que  le  comte  de  Barcelone  eut  foin  d’enrre- 
tenir  avec  les  lèigneurs  de  Montpellier ,  lui  donna  un  très-grand  crédit  dans 
la  province- 

Raymond-Bcrenger  IV.  auroit  vécu  long-tems  après  l’an  ï  161.  fi  on  de.' 
voit  s’arrêter  à  la  taufle  époque  qu’un  moderne  *  a  donnée  à  deux  accords 
faits  entre  ce  prince  fie  le  leigneur  de  Moncade  ,  fie  que  cet  auteur  rapporte 
mal-à-propos  à  l’an  1165.  fous  prétexte  que  ces  ades  font  datez  de  U 
année  du  rc<zne  de  Louis  Le  Jeune.  Mais  il  n’a  pas  fait  attention  que 
Raymond-Bcrenger  étant  mort  certainement  au  mois  d’Aoüt  de  l’an  1161.  il 
ne  peut  avoir  tranfigé  en  1 1 6  5.  Il  faut  donc  compter  les  années  du  régné  de 
Louis  dans  la  date  de  ces  chartes  ,  depuis  qu’il  fut  affocié  au  trône  par  le 
roi  Louis  le  Gros  fon  pereen  n  31.  fie  les  rapporter  à  l’an  11 5  8.  Elles  prouvent 
que  les  comtes  de  Barcelone  reconnoilloienc  encore  alors  la  fouverainecé  de 
nos  rois  ,  dont  ils  ctoient  feudataires,  comme  les  autres  grands  valTaux  de 
la  couronne.  Il  cfi:  vrai  que  depuis  qu’ils  eurent  uni  le  royaume  d’Aragon  à 
leur  domaine,  ils  négligèrent  fouvent  de  faire  mention  du  regne  de  nos  rois 
dans  la  date  de  leurs  chartes ,  fi c  qu’enfin  ils  difcontinucrent  entièrement  cet 
ancien  ufage.  Nous  voyons  cependant  par  divers  monumens b  que  les  peuples 
de  Catalogne  le  confervcrent  julqu’en  1180.  qu’on  l’abolit  dans  un  concile 
de  Tarragonne ,  ce  qu’on  ne  pouvoit  faire  au  préjudice  des  droits  légitimés 
de  nos  rois.  Aulîi  malgré  le  decret  qui  fut  fait  alors  à  ce  fujet,  nous  avons 
des  aclcs  pofterieurs c  où  on  fait  mention  du  regne  des  rois  de  France ,  qui  par 
conféqucnt  étoient  reconnus  pour  fouverains  du  païs.  On  en  trouve  même 
quelques-uns  A  d’Alfonfe  roi  d’Aragon  fi c  comte  de  Barcelone,  fils  de  Ray. 
mond-Berenger  IV.  mais  les  fuccefleurs  de  ce  roi  ceflerent  abfolument  de  don- 
ner  cette  legere  marque  de  dépendance,  julques  à  Jacques II.  roi  d’Aragon, 
qui  fit  en  1158.  un  traité  avec  le  roi  faint  Louis,  touchant  la  fouverainecé 
que  ce  dernier  prince  avoit  fur  la  Catalogne. 

Après  la  mort  du  comte  de  Barcelone  au  bourg  de  S.Dalmace,  Raymond- 
Bcrenger  comte  de  Provence  fon  neveu,  continua  fa  route  vers  Turin,  où  il 
rencontra  l'empereur  Frédéric  qui  l’y  ateendoit  ,  fi c  qui  ,  fuivant  leur  traité 
precedent ,  lui  donna  en  fief,  par  un  acle  '  folemnel  daté  du  18.  d’Août  de 
l’an  1161.  le  comté  de  Provence  comme  il  avoit  été  limité  par  le  partage  réglé 
entre  le  comte  de  Barcelone  fon  ayeul,  fie  Alfonfe-Jourdain  comte  de  Tou- 
loufe,  le  comté  de  Forcalquier,  &  les  autres  domaines  énoncez  dans  le  même 
traité.  Hugues  de  Baux  qui  s’étoit  rendu  de  fon  côté  à  la  cour  impériale  pour 
foûrenir  fes  prétentions  lur  la  Provence  en  fut  débouté  ,  6c  les  deux  diplô¬ 
mes  favorables  qu’il  avoit  obtenus  là-deflus  ,  l’un  de  l’empereur  Conrad  on¬ 
cle  de  Frédéric,  fie  l’autre  de  Frédéric  lui-même  ,  furent  caliez  par  cedernier} 
enforte  que  le  comte  Raymond-Berenger  demeura  feul  maître  de  la  partie  de 
la  Provence  fituce  entre  le  Rhône,  la  Durance,  les  Alpes  fie  la  Mer,  fans 
qu’il  pareille  que  les  feigneurs  de  Baux  ayent  infifté  davantage  dans  la  fuite 
pour  leurs  droits.  Ilparok  au  contraire  qu’ils  vécurent  depuis  en  bonne  intel¬ 
ligence  avec  les  comtes  de  Provence  de  la  maifon  de  Barcelone,  fie  qu’ils  les 
reconnurent  pour  leurs  fuzerains  dans  les  terres  qu’ils  pollèdoient  dans  cette 
portion  du  païs.  Ils  furent  aulîi  vallaux  des  comtes  de  Touloufe  pour  les  autres 
terres  qu’ils  avoient  à  la  droite  de  la  Durance. 

Le  comte  de  Provence  fe  rendit  enfuite  en  Catalogne  où  il  fit  un  féjour  f  de 
deux  ans  pour  veiller  à  l’éducation  fie  aux  interets  des  princes  fes  coufins , 

conjointement 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVIII. 


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conjointement  avec  la  reine  Pétronille  leur  mere ,  avec  laquelle  il  partagea  le  An.i  i  6u 
gouvernement  des  états  du  jeune  Alfonfe  roi  d’Aragon  pendant  la  minorité  VH„-  u 
de  ce  prince,  qui  n’avôit  alors  que  dix  ans3 ,  ôc  qui  lut  le  II.  de  Ton  nom.  >f' 

Cette  reine  conclut  b  d’abord  une  trêve  de  treize  ans  avec  le  roi  de  Navarre,  bD'*2f**rf-* 
ôcfit  un  traité  d’alliance  le  27.  de  Septembre  de  l’an  1161.  avec  Sanche  roi  de 
Caftille.  Elle  convoqua  le  n.  du  mois  d’Odobre  fuivant  les  états  generaux 
d’Aragon  &  de  Catalogne  à  Huefca  -f  ôc  fit  autorifer  par  cette  aflemblee,  à  la¬ 
quelle  Guillaume  VII.  lèigneur  de  Montpellier  fe  trouva,  le  partage  que  le 
comte  de  Barcelone  Ton  mari  avoir  lait  de  fes  états  entre  Tes  fils  :  elle  prit 
enfuite  l’adminiftration  jle  l’Aragon  où  elle  établit  là  réfidence  ,  ôc  laillà  le 
gouvernement  de  la  Catal  ogne  6c  des  autres  domaines  de  la  maifon  de  Barce¬ 
lone  .au  comte  de  Provence. 

On  a  vu  que  lorfque  Raymond-Berenger  IV.  comte  de  Barcelone  mourut  Hc^‘froj 
au  mois  d’Août  de  l’an  1161.  il  regardoic  Henri  II.  roi  d’Angleterre  comme  ^Angleterre 
Ion  allié ,  puifqu’il  mit  les  enfans  fous  la  prote&ion  de  ce  prince.  Cela  nous  “H“'v™e,e 
donne  lieu  de  croire  que  leur  ligue  contre  le  comte  de  Touloufe  duroit  toû.  comte deTo«- 
jours.  Il  paroît  en  effet  que  Henri  menaça  Touloufe  la  même  année  d’un  nou-  i°uic.  Rupture 
veau  fiege  :  c’eft  ce  qu’on  peut  inférer  i°.  du  témoignage  d’un  hiftorien  du 
temsc,  qui  nous  apprend  que  ce  roi  après  l’entrevue  qu’il  eut  à  Couci  fur 
Loire  avec  le  pape  Alexandre  III.  ÔC  le  roi  Louis  le  Jeune,  vers  le  commen-  f-7iu 
cernent  de  Septembre  de  l’an  n6i.  demeura  en  Aquitaine  ôc  en  Gafcognepour 
relier  les  affaires  de  ces  provinces  ,  jufquesà  l’Avent,  qu’il  retourna  en  Nor¬ 
mandie.  2°.  d’une  lettre J  que  les  habitans  de  Touloufe  écrivirent  au  roi  Louis  dDuch.to. 4. 
le  Jeune  en  ces  termes: 

»  Le  commun  confeil  de  la  ville  ôc  du  fauxbourg  de  Touloufe  ,  à  Louis  a 
par  la  grâce  de  Dieu  leur  magnifique  6c  très-cher  feigneur ,  l’efprit  de  confeil  « 

&  de  force.  « 

Que  votre  Altelle  ne  foit  pas  furprife  ,  très-cher  feigneur,  fi  nous  vous  « 
écrivons  fouvent.  Après  Dieu  nous  avons  recours  à  vous,  comme  à  notre  « 
bon  feigneur ,  notre  défenfeür  ôc  notre  libérateur ,  lorfque  nous  fommes  « 
menacez  de  quelque  chofe  de  finiftre  -,  ayant  une  entière  confiance  en  votre  « 
bienveillance.  Vous  nous  avez  mandé  par  vos  lettres,  de  vous  informer  « 
de  tout  ce  qui  fe  pafîeroit  ici  d’intereflànt  :  nous  avons  appris  par  nos  amis  que  « 
le  roi  d’Angleterre  fe  prépare  cette  année  à  nous  faire  la  guerre.  Vous  pou-  « 
vez  en  être  inftruit  plutôt  que  nous ,  à  caufe  que  vous  êtes  voifin  de  ce  prin-« 
ce1,  &  nous  le  faire  fçavoir  pour  n’être  pas  opprimés  par  fes  hoftilités.  Toute  « 
notre  efperanceeft  dans  votre  protection.  Le  fbuvenir  des  promefîès  que  vous  « 
nous  avez  faites  nous  rafTure,ôcnous  caufe  une  joie  extrême.Nous  rendons  gra-  « 
ces  à  Dieu  ôc  à  vous,  de  ce  que  nous  pofledons  votre  feeur  notre  dame.  Adieu.  « 
LeSeigneur  tout-puifiànt  conferve  long-rems  &  votre  perfonne  ôc  votre  royau-« 
me.  «Ileft  évident  que  cette  lettre  eft  pofterieure  à  l’expedition  qu’Henri  IL 
roi  d’Angleterre  entreprit  en  1159.  contre  Touloufe,  puifque  les  habitans  de 
cette  ville  appellent  le  roi  Louis  le  Jeune  leur  défenfeür  &  leur  libérateur ,  ôc  que 
ce  roi  les  délivra  en  effet  alors  par  fà  prefence  des  entreprifes  d’Henri.  Or 
ce  dernier  demeura  en  Angleterre  en  1163.  e  ôc  1 164.  &  ne  fit  alors  la  guerre  e  u*m 
que  par  fes  lieurenans  au  comte  de  Touloufe ,  ainfi  que  nous  le1  verrons  bien-  C0TI,n',hU- 
tôt  :  il  aura  donc  menacé  de  marcher  lui-même  contre  les  Touloufains 
en  n6z. 

Louis  le  Jeune  répondit  à  cette  lettre,  comme  on  voit  par  une  autre  f  que  les  touthMi . 
habitans  deTouIoufe  lui  écrivirent,  ôc  dans  laquelle  ils  le  remercient  de  les  avoir 
confolez  au  milieu  des  travaux  &  des  périls  éminens  dont  ils  étoient  menace jç. 

»  Nous  prions  votre  Alteflè,  ajoutent-ils,  de  vous  fouvenir  toujours  de  nous,  « 
de  protéger  notre  feigneur  le  comte  ,  la  fercniljime  reine  notre  dame  votre  fœur,« 

&  nous  qui  vous  appartenons,  ôc  de  nous  confeiller  fuivant  nos  befoins.  « 

Enfin  il  paroît  g  par  une  lettre  que  le  comte  de  Touloufe  écrivit  au  roi  vers  g  Dml.au. 
la  fin  de  l'année  1  i6z.  ou  au  commencement  delà  fùivante,  qu’il  étoit  con- 
venu  depuis  peu  d’une  trêve  avec  le  roi  d’Angleterre,  ôc  de  reconnoître  par 
provifion  ce  prince  pour  fon  fuzerain.  Cette  lettre  eft  conçue  en  ces  termes: 

A  Louis  par  la  grâce  de  Dieu  magnifique  roi  des  François ,  fon  feigneur  « 

T ome  II.  Rrr 


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A-h.i  i6i. 


1163. 

q  GalLckr.nov. 
ed.  to.  i .  injlr . 
p.^.col.t. 
*Litigance. 

LV. 

Paix  entre 
Raymond 
comte  de  Toti- 
loufc  &  Trea- 
«îvcl. 

b  Prf-i9}-& 

J'n- 


498  HISTOIRE  GENERALE 

»  très-cher  8c  très-excellent  pardeffus  tous  les  autres ,  Raymond  ,  par  la  tnèmt 
•"grâce,  duc  de  Narbonne,  comte  de  Touloufe,  marquis  de  Provence  :  le 
»  falut  par  celui  qui  le  donne  aux  rois. 

«  Seigneur ,  nous  avons  vu  vos  lettres  &  entendu  leur  teneur.  Nous  nous 
«  fommes  rendus  à  Caftel-Sarafin  au  jour  marqué ,  8c  nous  y  avons  eu  une 
«conférence  avec  un  grand  nombre  des  plus  fiages  Anglois ,  au  fujet  delà 
«  trêve  dont  on  étoit  déjà  convenu  :  mais  ils  n’en  ont  fait  aucun  cas ,  ü 
>»  moins  qu'on  n’y  comprit  nommément  Trcncavcl ,  &  le  roi  i'  Aragon  fils  du  comte 
»  de  Barcelone.  Le  premier  eft  notre  vaflal ,  8c  le  roi  d’Angleterre  n’a  aucun 
«droit  fur  lui,  pour  nous  obliger  à  le  comprendre  dans  la  trêve,  ou  pour 
«la  rompre  à  caufe  de  lui.  Nous  lui  avons  toujours  fait  la  guerre,  fans  que 
«perlonne  nous  en  ait  empêché  ,  8c  il  n’a  pas  été  compris  dans  les  trêves 
«precedentes ,  non  plus  que  le  comte  de  Barcelone.  Cependant  voulant  fatisfaire 
«en  quelque  forte  au  defir  des  Anglois,  nous  leur  avons  dit*  de  vous  dépêcher 
«  un  envoyé  qui  iroit  à  la  cour  avec  le  nôtre  ,  ce  qu’ils  ont  négligé  de  faire. 
«  Pour  nous ,  craignant  de  tranfgrelTer  vos  ordres  ,  nous  ne  romprons  pas  la 
«trêve  prefente  ,  jufqu’à  ce  que  vous  nous  ayez  déclaré  votre  volonté,  ne 
«dépendant  entièrement  que  de  vous.  C’eft  en  vous  , après  Dieu,  que  nous 
«mettons  toute  notre  confiance,  8c  nous  agirons  toujours  conformément  à 
«vosdefirs.  Du  refte  nous  ne  croyons  pas,  magnifique  feigneur,  que  votre 
«  royale  majefté  ignore  que  fi  nous  venons  à  perdre  notre  domaine  qui  eft 
«  en  vos  mains  ,ce  ne  fera  pas  le  nôtre  que  nous  perdrons  ,  mais  le  vôtre  5  car 
«je  fuis  proprement  à  vous,  8c  tout  ce  que  j’ai  vous  appartient.  Nous  fup- 
«  plions  donc  inftamment  votre  clcmence ,  de  ne  pas  nous  lailfer  ,  s’il  lui  plaît, 
«  long-tems  déshéritez.  Adieu. 

Il  eit  aifé  de  voir  que  cette  lettre  ,  qui  eft  fans  date ,  appartient  à  l’époque 
que  nous  avons  déjà  fixée  ,  8c de  déterminer  les  circonftanccs  qui  y  donnèrent 
occafion.  D’un  côté  elle  eft  pofterieure  à  la  mort  du  comte  de  Barcelone  dé¬ 
cédé  au  mois  d’Août  de  l’an  1  161.  de  l’autre  elle  eft  anterieure  à  la  paix 
que  le  comte  Raymond  conclut  avec  Trencâvel  au  mois  de  Juin  de  l’an 
1163.  8c  dont  nous  parlerons  bientôt.  Il  s’enfuit  qu’elle  fut  écrite  vers  la  fin 
de  l’an  1162.  ou  au  commencement  de  l’année  fui  vante.  Nous  apprenons 
par  là  ,  i°.  Que  depuis  l’an  1x59.  que  Henri  II.  roi  d’Angleterre  aflîcgea 
Touloufe,  il  y  eut  divers  traitez  de  trêve  conclus  entre  ce  prince  8c  le  comte 
de  Touloufe  jufqu’à  la  mort  du  comte  de  Barcelone,  lequel  n’y  fut  pas  com¬ 
pris.  z°.Que  le  roi  d’Angleterre  8c  le  comte  de  Touloule  convinrent  d’une 
nouvelle  trêve  en  1 1 6  2. 8c  que  le  dernier  s’aftembla  quelque  teins  après  avec 
les  miniftresde  l’autre  pour  la  confirmer  ,  mais  que  ce  fut  fansfuccès  :  aulfi 
voyons-nous  que  la  guerre  ou  la  divifion  entre  ces  deux  princes  continuoit  en¬ 
core  en  1163.  8c  même  au  commencement  de  l’année  fuivantc,  félon  la  date 
d’une  charte  a  de  l’abbaye  de  S.  Marcel  enQuerci ,  pais  du  domaine  du  comte 
deTouloufe.  Fait  l’an  116j.de  l’incarnation,  eft.il  dit  dans  cette  date,  lefeptième 
jour  de  la  lune ,  au  mois  de  Janvier  ,  Raymond  de  S.  Gilles  étant  en  différend*  avec 
Henri  roi  d‘  Angleterre. 

Le  vicomte  Raymond  Trencâvel  étoit  donc  encore  en  guerre  avec  Ray¬ 
mond  V.  comte  deTouloufe  au  commencement  de  l’an  1163.  mais  il  fe ré¬ 
concilia  enfin  entièrement  avec  ce  prince,  après  une  longue  inimitié  ,au  mois 
de  Juin  de  la  même  année  ;  8c  à  ce  qu’il  paroît  par  ordre  8c  en  confideration 
du  roi  Louis  le  Jeune  ,  comme  nous  le  verrons  plus  bas.  La  paix  fut  con¬ 
clue  b  dans  l’éghfe  d’Olmes ,  lieu  fitué  fur  les  frontières  du  diocèfe  de  Mi- 
repoix  8c  du  comté  de  Foix.  Lecomte  Raymond  promit  d’abord  par  ferment  à 
ce  vicomte  le  famedi  8.  du  même  mois,  de  n’actcnter  ni  à  fa  perlonne,  ni  aux 
domaines  qu’il  pofledoit  actuellement  ,  ni  à  ceux  qu’il  acquerront  dans  la 
fuite  avec  Ion  confeil ,  8c  enfin  de  l’aider  envers  tous,  excepté  contre  Bernard - 
Aton  neveu  du  meme  Trencâvel ,  8c  fes  propres  vaflaux  dont  il  promit  de  lui 
faire  juftice.  Le  lendemain  le  comte,  du  confeil  de  fes  vaffaux ,  &  de  ceux  de 
Trencâvel ,  s’obligea  à  rendre  à  ce  dernier  la  fournie  de  trois  mille  marcs 
d'argent  qu’il  lui  avoit  fait  payer  pour  fa  rançon  ,  lorfqu’il  le  tenoit  prifonnier 
àTouloufe,8c  lui  donna  pour  cela  en  engagement  le  château  de  Lunas  au  diocèfe 


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DE  LANGUEDOC.  L  iv.  XVI II. 


499 


de  Beziers,  &  fes  dépendances  pour  mille  marcs  }  ôc  pour  les  deux  Autres  An.  1163. 
mille  marcs  d'argent  fin.  i“.  Le  château  vieux  d’Albi,  avec  les  lieux  de  Tar- 
fa  c,  Abirac  &  Mar  lac  ,  &:  les  autres  dépendances,  à  la  referve  des  châteaux 
de  S.  Marcel  ôc  de  Ccltiirols.  a°.Les  droits  ôc  le  domaine  qu’il  avoit  dans  la 
ville  ôc  les  fauxbourgs  d’Albi,  excepté  la  paix ,  c’clt-d-dire  le  droit  de  commun 
de  paix,  ou  la  pezade,  qu’il  fe  re/èrva.Le  comte (lipula  exprcll'cment  que  Trcn- 
cavel  jouiroit  de  cous  ces  d ornâmes  en  engagement ,  Ôc  que  la  jouillance  ne  fe - 
roir  pas  imputée  fur  le  capital.  11  s’obligea  en  même  rems  en  faveur  du  vi¬ 
comte  ôc  de  Ton  fils  Roger  d’accorder  40.  jours  à  leurs  vallhuxdu  Touloufain 
&  de  l’Albigeois  qui  enfraindroient  cette  paix  ,  pour  leur  donner  le  tems  de 
réparer  le  dommage.  Nous  n’avons  pas  le  ferment  que  Trencavel  a  prêta  *  v.Durf»to.\. 
alors  à  Ton  tour  au  comte  de  Touloufie  5  mais  nous  ne  doutons  pas  qu’une  des  f 
principales  conditions  de  la  paix  ne  hit  qu’il  reconnoîtroit  tenir  tous  fes  do. 
maincs  de  ce  prince  ,  ainfi  que  fes  prcdccelîèurs  l’a  voient  fait,  ôc  qu’il  n’ait 
renoncé  à  l’hommage  &  au  ièrmcnt  de  fidélité  qu’il  avoit  fait  au  comte  de  bpr;n4. 
Barcelone  ,  comme  la  fuite  nous  le  fera  voir.  Bernard  b  évoque  de  Touloufe, 

Guillaume  évêque  d’Albi,  Roger-Bernard  comte  de  Foix,  Hugues  comte  de 
Rodez,  Guillaume  feigneur  de  Montpellier ,  Frmengardc  vicomtcfle  de  Nar¬ 
bonne  ,  Bermond  d’Ulez ,  Hugues  de  Baux  ,  Guillaume  de  Sabran,  Raymond 
deTermes,  Pierre  de  Minerve,  ôcc.  furent prefens  à  ce  traité  -,  d’où  nous  pren¬ 
drons  occafion  d’ajouter  ici  quelques  réflexions  au  fujet  de  plulicurs  d’en . 
tr’eux. 


Bernard  évêque  de  Touloufe  avoit fuccedé  depuis  peu  à  Raymond,  qui  fon.  lvi. 
da  ;cn  1 1  59.  à  Merenx  dans  le  comté  de  Foix  ,  un  monaftere  de  flics  de 
l’ordre  de  Citeaux  ,  fous  la  dépendance  de  l’abbaye  deBolbonne,  à  laquelle  gccBaturd 
ce  monaftere  fut  uni  dans  le  XV,  fiecle.  Raymond  mourut  le  1  y.  de  Mars  de  ™‘jVc 
l’an  né  3.  Bernard  fon  fuccelfeur  d  prenoit  le  furnom  de  Bonhomme r.  Il  avoit  fa filfa 
été  auparavant  prévôt  de  la  cathédrale,  dignité  qu’iJ  conferva  avec  l’évêché,  c nrrh.jti'abi. 
Gcraud  de  la  Bartlie  archidiacre  de  iVglife  d’Auch  lui  avoit  déjà  hiccede  dès  j  uAchrijh 
l’an  1x64.  1  Celui-ci  pailà  à  l’archevêché  d’Auch  en  1170.  après  avoir  fignalé  /■■«»• 
fa  libéralité  envers  le  chapitre  de  Touloufe,  dont  il  fit  revenir  les  biens  aliénez, 

&  auquel  il  donnd  entr’autresle  cens  annuel  que  les  Juifs  de  la  ville  dévoient  Gr.i.chr. 

lui  Payer-  “tir+tn. 

Il  paroît  que  Roger-Bernard  comte  de  Foix ,  fut  plus  occupé  du  gouverne¬ 
ment  de  fon  domaine,  que  des  exercices  militaires.  Les  feigneursi  de  Dun  lui  gf-jn. 
donneront  en  1161.  tout  ce  qu’ils  avoient  dans  le  Touloufain  ,  ÔC  il  le  leur 
rendit  en  fief.  Il  maria  b  au  mois  de  Décembre  de  la  même  annee,  du  con-  h 
lentement  de  Cecile  de  Beziers  fa  femme ,  une  de  fes  filles,  dont  il  11e  marque 
pas  le  nom,  avec  Guillaume-Arnaud  de  Marquefave ,  auquel  il  en  promit  une 
autre,  fi  celle-là  venoità  déceder.  L’a&e  futpalTé  en  prefence  de  Deodat  de 
Girbert  frere  maître  de  la  milite  du  Temple  de  la  mai  fon  de  Touloufe ,  ÔC  de 
plufieurs  gentilshommes  du  pais.  Roger- Bernard  donna  des  marques  de  la 
pieté  par  la  cclfion  qu’il  fit  *  au  mois  de  Mars  fuivant  de  la  forterelîe  de  faint  ?'s 9  u  ^ 
Félix ,  en  faveur  du  monaftere  de  faint  Antonin  de  Pamiers  ,&par  une  dona-  1  r  au. 
tion  k  qu’il  fit  au  mois  de  Décembre  fuivant  à  l’abbaye  de  Bolbonne.  Il  Eri^JJ‘[c {e 
donna  en  fief  en  1165.  avec  fon  fils  Roger  la  tour  de  Sa verdun.  vico'imciicde 

11  y  a  lieu  de  croire  qu’Ermenzarde  vicomtclîe  de  Narbonne,  qui  julqu’alors  Narbonne  ie 
avoit  ete  étroitement  lice  avec  le  comte  de  Barcelone  fon  coufin  germain  ,  le  comte  <jc 
qu’elle  avoir  reconnu  pour  fon  feigneur  au  préjudice  des  droits  du  comte  de  rouiouiê. 
Touloufe  ,  fe  réconcilia  avec  ce  dernier  en  même  tems  que  TrencaveJ.  ^‘Ju"^uGdc^' 

Elle  fit  du  bien  à  diverfes  églilès  de  fon  domaine,  &  donna  1  au  mois  de  berc  Mijiit 
Juillet  de  l’an  1 1  yi.  à  l’abbaye  de  Grandfelve ,  douze  charges  de  fel  tous  les 
ans  à  prendre  dans  fes  falines  de  Narbonne.  Elle  confirma  le  4.  d’Octobre  de  $.|e«tfc  feru^ 
l’an  116 3. l’abbaye  de  Quarante  dans  la  pofteffion  de  la  moitié  du  château  de  [j|cmn,"isde 
Coemeraco  ,  en  prefence  d’Arnaud  de  Montclcot  maître  delà  milice,  de  G  ru-  vicomreTde 
celm  i  Afidan  maître  de  /’  Hôpital  de  fem filent ,  de  Pierre  vicomte  de  Minerve,  Mmcrïc- 
Pierre-Raymond  de  Narbonne  viguier,  Guillaume  deDurban ,  Guillaume  de  * 

Peiteus ,  &c.  Enfin  elle  fit  une  donation  ®  le  13.  de  Décembre  de  la  meme  tM. 

Tome  II.  Rrr  ij 


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y  00 


HISTOIRE  GENERALE 


AK.1163.  année  au  monaftere  de  faince  Eugénie  dans  le  diocèfe  de  Narbonne,  qui  a  été 
uni  dans  la  l'uite  à  celui  de  Fontfroide. 

Gaucelin  d’Afillan  dont  nous  venons  de  parler  ,  ainli  nommé  d’un  ch⬠
teau  de  meme  nom  fitué  dans  le  diocèfe  de  Narbonne  ,  eft  le  même  que 
Gaucelin  qui  fe  qualifie  dans  un  autre  a&e  pallé  au  mois  de  Décembre  de 
•*+179.  pan  n6i.  prieur  »  de  l Hôpital  de  JerufalemiùnCi  nous  ne  doutons  pas  qu’on  ne 
b  hôte  iv.  doive  le  mettre  b  au  rang  des  grands  maîtres  des  Hofpitaliers ,  malgré  le 
filence  des  hiftoriens  de  l’ordre  de  Malte.  Il  étoit  venu  fans  doute  alors  ea 
Occident,  foit  pour  les  affaires  de  fon  ordre ,  foit  pour  celles  de  laTerre-fainte. 
On  vient  de  voir  qu’Arnaud  de  Montefcot  maître  de  la  milice ,  c’eft-à-dire 
de  l’ordre  des  Templiers,  s’étoit  joint  à  lui.  Gaucelin  eut  pour  fucccffeur  dans 
la  maîtrife  des  Holpitaliers ,  Gilbert  Affalit ,  né  aufli  d’une  famille  noble  de 
Md.  Languedoc6 ,  lequel  fut  élu  vers  l’an  1 1 67.  &  fit  démiflion  de  (a  dignité  deux 


«NO  Tiiiid. 


irr.p.éoj. 


f  par  l’acte 

hï 


Lvrrr. 
Seigneurs 
Termes.  Di¬ 
vers  plaids  te¬ 
nus  par  Tien 


ans  après. 

Pierre  vicomte  de  Minerve,  poffedoic  une  portion  de  cette  vicomté  depuis 
l’an  1146.  Il  vivoit  encore  d  en  1 166.  qu’il  fonda  avec  fon  fils  Berengerun 
anniverfaire  dans  l’abbaye  de  Salvanez  en  Rouergue  ,  à  laquelle  ii  donna 
divers  biens  fituez  dans  ce  pais.  L’autre  portion  de  la  même  vicomté  étoit 
dans  une  autre  branche,  dont  le  chef ,  qui  s’appelloit  Guillaume,  fe  qualifioic 
auff  vicomte  de  Minerve.  Ce  dernier  fit  une  r^fticution  au  mois  de  Janvier 
de  l’an  1 1  y  y.  à  l’abbaye  deQuarame,en  prefence  de  Guillaume  d’01onfac& 
de  Guillaume  d’Afillan  ,  de  concert  avec  Ermengarde  la  femme ,  dont  il  eut 
quatre  fils  ;  Ravoir,  Guillaume,  Pierre,  Pons  8c  Bernard  ,  comme  il  paroîc 
:  qu’il  donna  1  de  concert  avec  eux  8c  leur  mere ,  le  Jeudi  4.  de  Fé¬ 
vrier  de  l’an  1164.  c’eft-à-dire  de  l’an  1 16  y.  en  faveur  de  l’égliie  de  S.  Etienne 
de  Minerve,  entre  les  mains  de  Pons  archevêque  de  Narbonne. 

Enfin  Raymond  de  Termes  8c  Guillaume  fon  frere ,  firent  hommage  ?  de  ce 
château ,  de  même  que  de  celui  de  Durfort ,  au  vicomte  Raymond  Tren- 
cavel  8c  à  Roger  fon  fils,  en  prefence  d’Ermengarde  vicomtefle  de  Narbonne, 
kvcl'Év^ucs  Pierre  de  Minerve ,  ôcc.  par  un  acte  daté  de  Carcaffonne  au  mois  d’O&o- 
de Citciiion-  bre  de  l’an  1 1 6  3 .  Ces  deux  freres,  qui  fe  difent  fils  de  Guillaume  dans  cet 
“  R  pr'M9('  acte ,  étoient  alors  en  différend  pour  le  partage  du  même  château  de  Termesj 
hp-)9à.&jej.  le  vicomte  Raymond  Trencavel  h  leur  îèigneur  fuzerain  vuidaleur  querelle, 
par  une  fentence  qu’il  rendit  à  Carcaffonne  au  mois  de  Décembre  de  la  même 
année,  affilé  de  Pons  évêque  de  cette  ville,  de  fes  deux  viguiers,  Guillaume 
de  S.  Félix  8c  Pierre  de  Vilar  ,  l’un  du  comté  de  Carcaflônne,  8c  l’autre  de  celui 
de  Rafez ,  de  trois  gentilshommes  fes  vaffaux ,  8c  de  deux  jurifconfultes.  Il 
adjugea  les  deux  tiers  du  château  de  Termes  à  Raymond  8cà  Rixovendefem* 
me  de  Bernard  de  Montefquieu  ,  laquelle  étoit  ,  à  ce  qu’il  paroîc,  fœur  du 
même  Raymond;  8c  l’autre  tiers  à  Guillaume.  Quant  à  leurs  autres  domai¬ 
nes  qui  confilloicnt  dans  les  châteaux  de  Durfort  8c  de  Carcaflônne,  8c  le  vil¬ 
lage  d’ Arques ,  aujourd’hui  baronie  dont  le  feigneur  a  droit  d’entrée  aux  états 
delà  province,  il  en  adjugea  la  moitié  à  chacun.  Ce  jugement  fut  rendu  en  pre¬ 
fence  d’Ermengarde  vicomtefle  de  Narbonne  ,  d’Udalger  vicomte  de  Fe- 
nouilledes,  &de plufieurs  feigneurs  8c  gentilshommes  dupais. 

Raymond  Trencavel  tint  un  autre  plaid  ‘à  Carcaffonne  au  mois  de  No¬ 
vembre  delà  même  année ,  affidé  de  Pons  évêque  de  cette  ville,  &  à  peu  près 
des  mêmes  affefleurs.  11  y  terminales  démêlez  qui  étoient  entre  Hugues  d’Ef. 
cafré  8c  fes  freres  d’un  coté,  8c  Ilarn-Jourdain  de  Saiflac  6c  fes  parens  de  l’au¬ 
tre  ,  au  fujet  des  châteaux  de  Saiflac  8c  de  Montreal ,  dont  les  chevaliers  pro¬ 
mirent  par  ferment  de  faire  obferver  ponctuellement  l’accord  qui  fut  arrêté 


5S7- 


1  Gtl.chr  U. 

»  -P- 'Si- 
m  De  vie.  Car* 

t*lr-7s- 


Septembre  de" l’an  1163.  8c  paflee  par 
médiation  de  Raymond  Trencavel,  en  prefence  de  Roger-Bernard  comte 
deFoix,  d’Ermengarde  vicomtefle  de  Narbonne ,  8cc.  Ce  prélat  avoir  fuccedé 
dès  le  mois  d’Odobre  de  l’an  1 1 59.  à  Pons  de  Trefmals  ,  (8c  nonpasdeTre- 
bés,  comme  on  le  prétend1)  fon  prédecefleur ,  mort œ  le  10.  de  Février  de  la 
même  année. 


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DE  L  A  N  G  UE  D  O  C.  Liv.  XVIII. 


5oi 


La  promefîè  que  Raymond  V.  comte  de  Tou  louis  fit  à  Trencavel  au  mois  de  An  i  i  6j. 
Juin  de  l’an  i  i  6  3 .  &  dans  laquelle  il  excepte  Bernard- si  ton  neveu  de  ce  vicomte ,  Moïïdï  Ber¬ 

nons  fait  comprendre  que  Bernard-Aton  vicomte  de  Nifmes  Sc  d’Agde,  frere  a„d-Aion  v. 
deTrcncavel ,  ctoit  alors  decede  }  car  il  cil  faux  qu’il  ne  foie  mort  que  le  24.  de 
Septembre  de  l’ail  1 1  66.ain.fi  qu’un  moderne  a  l’a  avancé.  Il  donna  en  fief  en  gdc  frire  de 
jij4.  6  le  château  de  lierais  à  Elzear  de  Sauve, en  prelênee  d’Aldcbert  èvê.  ZndA-'oa^îï’ 
que  deNifmes,  &:  de  Raymond  évêque  d’CJfez  ,  frere  de  ce  prclat.  U  ht  un  tji/yotthf 
échange  la  même  annee  avec  Raymond  de  Vezenobre  ,  &  vivoic  encoreuen  mduiiucceJe. 
il  j<J.  mais  nous  n’avons  plus  rien  de  lui  après  cette  année.  Il  fut  le  V.  vicomte 
de  Niâmes  de  Ton  nom  Sc  de  fa  maifon  ,  &  ne  iaifïà  de  Guillcmerte,  fcc ur  de  bTréj.dtscharu 
Guillaume  Vif.  feigneur  de  Montpellier,  là  femme,  qu’un  fils  appelle  Bernard- 
Aton  c  comme  lui,  qui  lui  lùcccda  dans  les  vicomtez  deNifmes  Se  d’Agde,  c /m./m »r. 

&  dont  elle  accoucha  après  là  mort.  C'cft  ce  que  nous  apprenons  parle  ferment 
de  fidelité  *  qa’Elzear  de  Sauve,  étant  aux  Arènes  deNifmes,  prêta  pour  le  ^  c.  cilïfr/d. 
château  de  Bernis  ,  à  la  vicemtcffc  G  U:  démette  ,  femme  de  feu  Bernard- Aton ,  tant 
quelle  poffederoit  la  fe.gncurie  du  château  des  Arènes  ,  &  à  l' heritier  quelle  auroit  1  ‘ 

du  même  Bernard- A  ton  ,  dont  elle  ètoit  grofse.  Cet  acte ,  qui  fait  voir  que  le  ch⬠
teau  des  Arènes  éroit  le  chef-lieu  delà  vicomté  de  Nilines  ,  n’ell  pas  daté  : 
mais  il  ne  Içauroit  être  pofterieur  à  l’an  1159.  puifqueGuiHemetteèroitalors 
veuve  de  Bernard-Aton,  comme  il  paroît  par  une  donation  g  faite  cette  an-  gb\7\. 
née  à  Aybiline  abbellc  du  monaftere  de  S.  Sauveur  de  la  Font  de  Nifmes,  en 
prefcnce  d’Aldebert  évêque  de  cette  ville,  &  de  Lt  vicomtcffeGuillemette.  Nous 
voyons  d’ailleurs  parun  grand  nombre  de  titres  h,  que  le  jeune  Bernard-Aton  hT,éj.deichan. 
vicomte  de  Nifmes  ne  fut  majeur  que  vers  l’an  1172.  Sc  que  Guillemette  là 
mere  eut  jufqu’alors  la  tutelle  de  là  perlônne  Sc  l’adminiflration  de  les  domai-  „  n.ft.&jtj. 
nés,  qu’elle  parragea'  ,  ce  fêmbles  avec  Bermond  de  Vezenobre  baile  de  «■♦30e. 
Montpellier.  *  b  * 

Bernard-Aton  qui  fut  le  Vf.  vicomre.de  Nifmes  de  fon  nom  ,  naquit  donc  ip-tor- 
pofthume  vers  l’an  1159.  Il  s’éleva  quelques  troubles  dans  cette  vicomté  du¬ 
rant  fa  minorité  k  c  Pons  de  Vezenobre  le  révolta  contre  lui  avec  plulîeurs  k  r  £of- 
autres  chevaliers  ,  &  contre  la  vicomceflè  Guillemette  là  mere  ;  mais  ils  ren¬ 
trèrent  bientôr  après  dans  leur  devoir.  Il  y  eut  vers  le  même  teins  unegran-  J 
de  difpute  1  entre  les  chevaliers  &  les  bourgeois  de  Ni  hues,  qui  fut  terminée  par  f'n‘ 
un  accord  en  1166.  Elzear  de  Sauve,  Sc  Roftaing  fon  frere,  m  renouvelèrent  m  Tréfndu 
leur  ferment  de  fidélité  à  ce  vicomte  vers  l’an  1168.  pour  le  château  de 
Bernis. 

Le  comte  Raymond  avoit  déjà  pris  le  jeune  Bernard-Aton  fon  vafJ al  fous  fa  lc  cômre 
protection,  Jorlqu’il  conclut  la  paix  avec  Trencavel  onde  paternel  de  cevi.  deToaiouii 
comte.  Nous  avons  en  effet  uil  aâe  de  ferment 0  prêté  à  Raymond  le  ir.  dejuin  v^ôrotejr"* 
de  l’an  1163.  par  les  chevaliers  des  Arènes  ,  »  qui  lui  promettent  de  vivre  en  «  Nim.cs ,ous  fa 
paix  avec  lui,  &  de  ne  pas  lui  faire  la  guerre  avec  leur  vicomte,  depuis  ce  «  P,0,iâ:0B-  11 

♦  •  r  »>  1  •  .  •  i.  a  ,  7  „  .4  -  wointt  ni  ma- 

JOUr  ,  jufqua  ce  que  ce  vicomte  eut  atteint  J  âge  de  quatorze  ans  ;  Sc  luppole»  ru.cAibcric 
qu’il  s’élevât  quelque  guerre  dans  le  pais,  de  l’aider  à  la  défènlê  de  fon  do-t«  lon  fi,sPu“’é. 
maine  depuis  la  riviere  de  Vidourle  jufqu’au  Rhône.  0  Le  comte  leur  promit  tienduDwl 
de  fon  coté  de  les  protéger ,  Sc  leur  donna  fix  de  lès  vafîàux  ,  du  nombre  Sué  Jom  il 
defquels  étoient  Guillaume  de  Sabran  ,  Gcraud  Amici  ,  Sc  Elzear  d’UYèz,  pulIct' 
pour  cautions  de  la  promellè.  Le  comte  de  Totiloule  reçut  ce  ferment  à  Nil-  oiv./.f 
mes .  &  a/Ggna  0  alors  à  Pierre  Gérard  chevalier  des  Arènes ,  le  rembourlè-  , 
ment  de  la  fomme  de  j  foo.  fols  Mclgoriens  qu’il  lui  devoir,  furie  domaine  de 
S,  Gilles ,  Sc  lur  Bermond  d’CJlèz. 

Ce  prince  apres  avoir  conclu  la  paix  avec  Trencavel ,  retourna  du  côté  du 
Rhône, &  s’étant  rendu  àS.Gilles  accorda  le  1  .d’Aoùtde  l’an  x  1 63.  P  une  exem- 
ption  de  peage  dans  toutes  fes  terres  à  l’abbaye  de  Fontfroide.  Il  écrivit  vers  />«*. 
le  même  tems  au  roi  Louis  le  Jeune  fon  beau-frerc,  pour  lui  rendre  compte 
de  la  paix  qu’il  avoir  conclue  avec  le  vicomte  Raymond  Trencavel.  »  Dès  a 
qu’un  accord  amiable  nous  a  uni  avec  Trencavel ,  marque-t-jl  au  roi  dans.« 
cette  lettre  1 ,  Sc  qu’un  ferment  réciproque  a  rétabli  parmi  jious  nnè  paix  »  ‘J 
cternelle  ,  notre  dehèin  a  été  de  prier  votre  Excellence  en  faveur  des  Ôta-c/7**’ 

|es  de  Montaigu  *  c’eft  pourquoi  je  vous  fupplie  de  les  faire  mettre  en  liberté, « 


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Àn.12<?3* 


I  V  NOTE  l. 
».  t* 

b  Du'h.  Bourg. 

&  yien.jf.n . 


c  NOIE  ibid. 


LXI. 

Suites  de  la 
paix  entre  le 
cômte  ic  Tou¬ 
louse  &  Tren. 
cavcl. 

d  Duc  h. te.  4, 
p.7ir. 


zïbiJf.71%. 


•1- 


yot  HISTOIRE  GENERALE 

«  6c  d’exhorter  Trencavel  par  vos  lettres  à  une  fidelité  inviolable.  Je  ferai  part 
»  en  meme  tenis  à  votre  Alteffe  de  la  promefTe  de  mariage  que  je  viens  de  con- 
«  dure,  après  avoir  prisitoutes  les  furetez  neceffaircs ,  entre  mon  fils  votre  ne. 
«  veu,  5c  la  fille  du  comte  Daufin  }  enforte  que  j’ai  déjà  cette  princclîcen  mon 
»  pouvoir ,  avec  la  plus  grande  partie  de  fon  domaine.  Comme  mon  aggrandif. 
«fement  rejaillit  fur  la  gloire  de  votre  régné,  je  prie  votre  Excellence  d’ap. 
«  prouver  ce  mariage,  de  le  protéger  dans  le  befoin  ,  foit  par  vos  paroles, 
«l'oit  par  vos  actions,  6c  d’écrire  là-deffusà  lacomteffe  mere  du  Daufin,  &aux 
«principaux  du  pais.  Quoique  le  comté  du  feu  comte  Daufin  appartienne  à  la 
«jurifdiélion  de  l’empereur,  cela  ne  lailfepas  d’accroître  votre  autorité  ,  &de 
«lui  ouvrir  une  porte  pour  l’étendre.  Dieu  vous  conferve  pendant  long-tems, 
«  mon  feigneur  6c  mon  roi ,  afin  que  vous  puifliez  continuer  de  me  protéger , 
«  comme  vous  avez  déjà  commencé  dans  l’affaire  du  roi  d’Angleterre. 

On  voit  par  cette  lettre  que  Raymond  V.  comte  de  Touloufe  promit  en 
mariage  avers  la  fin  de  l’an  1163,  Alberic  Taillefer  fon  fils  puîné,  à  Beatrix 
fille  5cheritiere  deGuigues  IV.  ouV.  comte  d’Albon,de  Viennois  &  de  Graifi. 
vaudan  ,  alors  déjà  décédé  b,  6c  qu’il  s’alfura  de  la  plus  grande  partie  de  fes 
domaines,  ce  qui  augmenta  confiderablement  fon  pouvoir.  Ce  mariage  s’ac. 
complit  en  effet  dans  la  fuite ,  mais  non  pas  fi-tôt  *  car  le  fils  du  oomte  de 
Touloufe  n’avoit  alors  que  cinq  à  fix  ans ,  6c  Beatrix  n’étoitgueres  plus*  âgée. 
Pendant  leur  minorité  Raymond  confia  le  gouvernement  de  DaufinéàAlfonfe 
ïonfrere,  qui  eut  àfoûtenir,  contre  Humbert  comte  de  Savoye,  une  Ion. 
gue  guerre  dont  nous  parlerons  ailleurs. 

Confiance  femme  de  Raymond  écrivit  auffi  au  roi  Louis  lejeunefon  frerepeu 
detems  après  la  paix  de  Trencavel.  Voici  les  termes  de  fa  lettre: 

«A  Louis  *  par  la  grâce  de  Dieu  roi  de  France  ,  fon  refpecbable  feigneur  & 
«très-cher  frere  ,  Confiance  fa  focur  unique,  comtcfle  de  Touloufe , duchef. 
«  fe  de  Narbonne ,  marquife  de  Provçnce  ,  falut  avec  la  félicité  de  l’une  2c  de 
«  l’autre  vie. 

«Votre  Alteflè  fçaura  que  Trencavel  fe  comporte  fidellement  à  l’égard  de 
«monfeigneur  le  comte  &  de  vos  neveux  ,  6c  qu’il  m’a  prié  très-inflamment 
«  de  vous  écrire  pour  obtenir  la  délivrance  de  fes  otages  j  c’eft  pourquoi  je 
«  prie  votre  clemence  ,  comme  celui  en  qui  je  mets  tout  mon  efpoir ,  d’ac- 
«  corder  leur  liberté  à  mes  prières  ,  &  à  la  pieté  de  vos  neveux.  Je  prends 
«  Dieu  à  témoin ,  que  fi  je  connoiffois  qu’il  vous  fût  utile  de  garder  encore 
«  ces  prifonniers  ,  je  ne  vous  aurois  jamais  parlé  de  leur  liberté.  Si  vous  ju- 
«  gez  à  propos  d’exaucer  mapricre,  écrivez  à  Trencavel  d’être  plus  fidelle 
«à  l’avenir  qu’il  ne  l’a  été  parlepalfé,  à  mon  feigneur  le  comte  6c  à  vos  ne- 
«  veux  ,  ôc  qu’il  n’entreprenne  plus  aucune  guerre  contre  eux.  Enfin  je  vous 
«  prie  de  m’envoyer  Frédéric  chanoine  de  S.  Viclor  avec  la  permilîîon  de  ion 
«abbé.  Adieu.  «  Trencavel  lui-ihême  écrivit  au  roi  vers  le  mêmetems, 
en  ces  termes  : 

«  A  Louis c  par  la  grâce  de  Dieu  fuprême  roi  des  François,  fon  ami  &  fon 
«  feigneur  très-cher,  Raymond  Trencavel  vicomte  de  Beziers  ,  falut  &  obéif- 
«  fance  dans  un  légitimé  fcrvice.  L’attachement  6c  l’affe&ion  que  je  crois  que 
«vous  avez  pour  ma  perfonne  ,  me  donnent  la  confiance  de  vous  demander 
«  confeil  6c  fecours  dans  mes  befoins  ,  6c  de  vous  faire  part  de  mes  plus  im- 
«  portantes  affaires.  Ayant  confideré  ce  que  les  membres  doivent  à  leur  chef, 
«  j’ai  fait  incclTamment  la  paix  ,  pour  l’amour  de  vous ,  avec  le  feigneur Ray- 
«  inond  comte  de  Touloufe  ,  6c  je  lui  ai  rendu  enfuite  tous  les  fcrvices  polli- 
«  blés ,  de  même  qud  la  dame  reine.  Comme  je  fuis  enfin  parvenu  à  cette 
«union  ,  je  ne  crains  pas  de  vous  prier  d’ajouter  foi  ï  ce  que  vous  dira  de 
«ma  part  Pierre-Raymond,  chevalier,  que  je  vous  envoyé ,  6c  que  j’ai  charge 
«  dé  cette  lettre.  Je  vous  prie  de  lui  donner  des  marques  de  votre  amitié  pour 
»  l’amour  de  moi. 

‘  Toutes  ces  lettres  nous  font  voir  que  Trencavel  ne  fit  fa  paix  avec  le  comte  de 
Touloufe  ,  qu’à  .la  priere  6c  par  l’autorité  de  Louis  le  Jeune  }  que  ce  roi  durant 
la  négociation, obligea  ce  vicomte  à  donner  des  otages  pour  la  fureté  de  fes  pro- 
meffes  5  que  ce$  otages  fe  rendirent  prifonniers  au  château  de  Montaigu  en 

J>tL  -1  .-•••■ 


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DE  L  A  N  G  U  E'D  O  C.  Liv.XVÎU  jôj 

'Albigeois,  &  que  Louis  différai  leur  rendre  la  liberté,  jufqu’à  céquela  paix  AN.Iiét; 
écanc  bien  affermie,  le  comte  &  la  comteflè  de  Toulouse  s’employèrent  pour 
leur  délivrance ,  &  c’eft  fans  doute  cette  délivrance  que  Pierre-Raymond 
alla  négocier  à  la  cour  de  la  part  du  vicomte, 

Ces  mêmes  lettres  prouvent  que  le  roi  Louis  le  Jeune  avoir  acquis  alors  une  tx». 
trcs-erande  autorité  dans  la  province,  6c  qu’il  y  encretenoitcorrefpondance.  .A,uv«e^ 
Celt  cequon  voit  encore  par  diverfes  autres  lettres  *  dont  nous  parlerons  dans  dcrsm- 
dans  peu,  &  parmi  lesquelles  il  y  en  a  quelques-unes  de  Bertrand  de  Saint  P=rci,t dc Coà- 
Cofine,  abbédefaint  Gilles,  que  ce  prince  honoroit  des  lïennes,  6c  à  qui  il  s.oiiio.Leu* 
accorda b  en  1163.  un  diplôme  en  faveur  de  fon  monaftere.Cct  abbé  c  écrivit  »cgociation 
entr’autres  à  Louis  dans  'une  occafion',  en  lui  envoyant  pour  marque  de  fon  ami-  Louisk  w 
tiè  *,  diverfes  fortes  d’epicerîes  du  Levant.  .  &  le  comte  dé 

Ces  marchandifes  abordoient  directement  au  port  de  S. Gilles  fur  le  Rhône,  J"ulou(c’ 
Vers  l’embouchure  de  ce  fleuve  dans  la  Mediterranée, Les  ambalîadcurs  queMa-  1 
nuel  Comnene  empereur  de Conftantinople  envoya  en  France  en  néz.dcbar-  -"*• 

_ 1  1  1  r  _  _  _  »  1  .t  /  C  DuchMdi 


*  k  1  Y  d  Duch.tb  d. 

rêcer ,  ôc  Taurre  continua  ion  chemin.  Ils  venoienc  tant  pour  rendre  ohéillance  6i^$u 
de  la  part  de  leur  maître  au  pape  Alexandre  III.  que  pour  propofer  quelques 
affaires  fecretes  au  roi  ôc  à  Raymond  comte  de  Touloufc  ,  qui  les  fit 
accompagner  à  la  cour  par  les  propres  ambaffadeurs.  Il  paroît  que  les  affaires 
fecretes  e  qu’ils  écoient  chargez  de  négocier  avec  ces  princes  ,  regardoienfc  •  c  v.BamM 
une  nouvelle  expédition  dans  la  Terre-Iainte ,  que  Louis  6c  Raymond  réfolu- 
renc  en  effet  d’entreprendre.  Le  premier f  fit  reconduire  ces  ambalîadcurs  juf  £  D*  h  f  ■ 
ques  à  S.  Gilles  par  ceux  qu’il  avoit  deftiné  d’envoyer  à  l’empereur  Grecs  f  •" 
mais  il  les  rappclla  bientôt  après.  Raymond  de  Ion  côté  envoya  les  fiens  & 
Conftantinople  avec  ceux  du  pape,  6c  écrivic  s  au  roi  pour  lui  apprendre  g  6ÿU 
qu’il  avoit  pris  des  enzapemens ,  conformément  à  fes  dcllcins,  avec  les  ambalîa- 
deurs  de  Manuel  ,  6c  le  prier  d’en  envoyer  inceffamment  d’autres  à  ce  prince 
qui  fuflènt  capables  de  terminer  heureufement  la  négociation  qu’ils  avoienc 
commencée. 

Depuis  la  réconciliation  de  Trencavel  6c  d’Ermcngarde  vicomteflè  deNar-  Lxiif.  . 
bonne  avec  le  comte  de  Touloufe,  le  roi  Louis  le  Jeune  donna  diverfes  mar-  j^T, nT P^r mc/l 
ques  de  fa  bienveillance  à  la  dernière.  C’eft  ce  qu’on  apprend  entr’autres  par  trmen?.udc 
une  lettre  h  que  ce  prince  lui  écrivit1,  en  ces  termes  :  »  Louis  par  la  grâce  «  ^°l'0"^ddee 
de  Dieu  roi  des  François,  à  fa très-chere  illuftre  dame  ,  Ermengarde deNar-  «  rendre  oie- 
bonne  ,  falut,  Vous  nous  apprenez  par  l’abbé  de  S.  Paul  6c  Pierre-Raymond  «  ^Loix  Ro^ 
Vos  envoyez,  qn’on  décide  chez  vous  les  procez  conformément  aux  loixc»  mènes  ohicu 
des  empereurs  ,  qui  défendent  aux  femmes  de  rendre  la  juftice.  La  coutume  et  vécs  dansl» 
de  notre  royaume  eft  beaucoup  plus  indulgente;  elle  permet  aux  femmes  de  ce 
fucceder  au  défaut  des  males  ,  6c  d’adminiftrer  elles-mêmes  leurs  biens,  et 
Souvenez-vous  donc  que  vous  êtes  de  notre  royaume  ,  6c  que  nous  voulonsec 
que  vous  en  fuiviez  les  maximes;  carquoique  vousfoyez  voilîne  de  l’empire, ce 
vous  ne  devez  pas  fuivre  fes  loix  6c  fes  ufages  fur  cet  article.  Rendez  donc  « 
vous-même  la  juftice,  ôc  examinez  les  affaires  avec  attention.  Employez  le<« 
zele  de  celui  qui  pouvant  vous  créer  homme,  ne  vous  a  créé  que  femme ,  « 

&  qui  par  fa  bonté  a  mis  dans  vos  mains  le  gouvernement  de  la  province  « 
de  Narbonne.  Quoique  vous  ne  foyez  donc  qu’une  femme  ,  nous  ordon-  ce 
nons  par  notre  autorité  ,  qu’il  ne  foit  permis  à  perfonne  de  décliner  votre  c« 
jurifdidion.ee 

Cette  lettre  prouve  évidemment  que  les  loix  Romaines  étoient  alors  exa¬ 
ctement  obfervées  dans  la  province  ,  puifque  fous  ce  prétexte  on  y  faifoic 
difficulté  de  fouffrir  que  la  vicomteflè  Ermengarde  rendît  elle-même  la  juftice  : 
mais  fans  avoir  recours  à  l’autorité  du  roi  qui  le  lui  permit ,  elle  pouvoir  fe 
fervir  de  l’exemple  de  plufieurs  comteflcs  ou  vicom telles  du  pais,  qui  avoienc 
auparavant  préhdé  à  divers  plaids  ,  6c  fe  fonder  ainfi  fur  un  ufàge  déjà  établi, 

6c  pour  lequel  on  avoit  dérogé  en  cela  au  droit  Romain. 

Cette  vicomteflè  écrivic  »  de  fon  côté  au  roi  Louis  le  Jeune,  qu’elle  qua- 


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An.  1163, 


tXÏV. 
Démêlez  de 
■cette  vicom- 
tclfc  avec  Bé¬ 
renger  de  l’ui* 
ferguier. 

a  Duth .  to.  4. 
t‘*  7. 


b  llid.p.719. 


c  p.q 0. 


df.7X». 


^•7*5* 


*>7H- 


504  HISTOIRE  GENERALE 

lifie  dans  la  fufeription  de  fa  lettre ,  »  très-honorable  ôc  très-heureux  roi 
«des  François ,  & fin  unique fiigneur.  Elle  s'y  qualifie  elle-même  vaffale'fte. 
»>  ciale  de  ce  prince  ,  aux  ordres  duquel  elle  marque  qu’elle  eft  toujours 
«  prête  d’obéïr  :  elle  déclare  que  tout  ce  qu’elle  a  au  monde  eft  fournis  à  fon 
»  empire,  ôcleprie  de  lui  donner  des  marques  frequentes  de  fon  fouvenir ,  parce 
«  qu’après  Dieu  elle  met  toute  fa  confiance  en  lui.  C’eft  pourquoi ,  ajoute- 
«t-elle,  je  vous.envoyerois  tous  les  jours  quelque  nouveau  mellager ,  fi  j’en 
«a  vois  la  commodité,  pour  vous  prier  de  vous  fouvenir  de  moi.  ■»  Elle  s’ex- 
eufe  enfuite  de  ce  qu’elle  ne  lui  avoir  pas  envoyé  le  cheval  qu’il  luiavoitde- 
mandé ,  parce  qu’elle  n’en  avoit  pas  encore  trouvé  de  bon  :  elle  promet  de  lui 
envoyer  inceflamment  le  meilleur  qui  fe  trouvera  dans  fon  domaine. 

Ermengarde  eut  une  nouvelle  occafion  d’avoir  recours  à  l’autoritc  du  roi, 
dans  une  affaire  qui  lui  teneât  fort  à  cœur  5  voici  le  fait.  Berenger  3  fei- 
gneur  de  Puiferguier  dans  le  diocèle  de  Narbonne,  à  l’exemple  de  plufieurs 
autres  feigneurs  qui  ne  faifoient  aucun  fcrupule  de  tyranniler  les  peuples , 
avoit  établi  de  fon  autorité  un  nouveau  peage  fur  le  grand  chemin  qui  va  de 
Narbonne  àBeziers ,  8c  vexoic  par  là  impitoyablement  tous  les  paflans.  La 
vicomtefle  qui  aimoit  la  juftice ,  8c  dont  Berenger  étoit  vaflal ,  voulut  faire 
celfer  ces  violences  -y  mais  comme  ce  chevalier  étoit  fous  la  protection  du 
comte  deTouloufe,  elle  écrivit  au  roi  Louis  le  Jeune  pour  le  prévenir,  & 
•le  prier  de  l’appuyer  de  fon  autorité.  Elle  en  obtint  des  lettres  favorables  contre 
Je  leigneur  de  Puiferguier  qu’elle  fit  citer  enfuite  à  fa  cour,  ôc  qu’elle  condamna 
en  prefence  de  Jean  évêque  de  Maguelonne ,  de  l’évêque  de  Beziers,  de 
l’abbé  de  S.  Gilles,  de  Guillaume  fèigneur  de  Montpellier,  &  de  plufieurs  au. 
très  prélats  6c  barons  qui  s’y  trouvèrent,  à  difeontinuer  de  lever  le  nouveau 
peage  ,  conformément  aux  lettres  du  roi  qui  lui  furent  prefentées.  Berenger 
refufa  de  les  recevoir,  6c  comme  on  voulut  l’obliger  à  les  prendre,  8c  qu’on 
les  lui  eût  mifes  dans  le  fein ,  il  les  jetta  par  terre  ,  avec  le  fceau  royal  qui  y 
étoit  attaché.  L’evêque  de  Maguelonne  6c  Guillaume  de  Montpçllier  mar. 
quent  toutes  ces  circonftances  dans  les  lettres  qu’ils  écrivirent  quelque  tems 
après  au  roi  pour  lui  recommander  le  droit  d’Ermengarde  dans  cette  affaire, 
6c  le  prier  de  punir  la  témérité  de  Berenger. 

Guillaume  appelle  ce  prince  fin  fiiyneur  dans  fa  lettre  b ,  6c  fe  qualifie  fon 
chevalier  très-dévoué  &  très-fideüe ,  &c.  ainfi  quoique  le  même  Guillaume 
fe  regardât  en  quelque  maniéré  comme  vaffal  du  pape  ,  il  reconnoifloit  ce¬ 
pendant  l’autorité  fuperieure  de  nos  rois.  Il  en  eft  de  même  de  l’évêque  de 
Maguelonne  8c  de  fon  chapitre ,  qui  dans  une  lettre  c  qu’ils  écrivirent  en 
1163.  au  roi  Louis  le  Jeune  l’appellent  leur  fiiyneur ,  ôc  le  remercient  de  ce  qu’il 
avoit  écouté  favorablement  leurs  envoyez  ,  ce  qui  augmente  ,  ajoûtent-ils , 
notre fidelité  .Ils  le  prient  de  recevoir  avec  la  même  bonté  leurs  nouveaux  dé. 
putez  ,6c  de  leur  obtenir  une  audience  d’Alexandre  III.  fi  ce  pape  étoit  encore 
fur  les  lieux-,  ou  de  lui  écrire  en  leur  faveur  pour  l’affaire  donc  ces  mêmes  dé- 
putez  étoienc  chargez, 6c  qui  regarde  ,  ajoûtent-ils,  votre  églife  de  Maguelonne. 

Berenger  de  Puiferguier  après  avoir  plaidé  lui-même  fa  caufe  à  la  cour  de  la 
vicomtefle  Ermengarde  ,  fe  voyant  condamné  ,appclla  de  ce  jugement  au  con- 
feil  du  roi ,  fous  prétexte  qu’il  étoit  vaflal  immédiat  de  ce  prince,  &  réfolut 
d’aller  foutemr  fon  affaire  à  la  cour.  Avant  fon  départ  il  eut  recours  à  la 
prote&ion  du  comte  6c  de  la  comtelfe  de  Touloufe ,  qui  lui  donnèrent  des  let¬ 
tres  '*  de  recommandation  auprès  deLouis.  Le  comte  pour  engager  ce  prince  fon 
beau-frere,  à  protéger  Berenger  ,  qui  ejl ,  lui  dit-il ,  votre  homme  lige ,  lui  mar¬ 
que  que  ce  feigneurétoitfonami  particulier  ,  qu’il  lui  avoit  rendu  des  fervices 
confiderables ,  6c  qu’il  s’étoit  fait  des  ennemis  pour  l’amour  de  lui.  La  comrefTe 
marque  e  au  roi  fon  frere  que  ce  chevalier  écoit  très.attaché  à  fa  maifon ,  Sc 
que  lüivant  le  témoignage  des  voifins  de  Puiferguier  ,  fon  château  relevoic 
immédiatement  de  la  couronne. 

Ermengarde  envoya  de  fon  côté  des  dépurez  à  la  cour,  pour  y  défendre  fes 
droits,  6c  elle  obtint  en  faveur  de  ces  envoyez,  une  nouvelle  lettre f  de  re¬ 
commandation  de  Guillaume  de  Montpellier,  lequel  fe  fertde  la  fufeription 
fuivante  ;  »  A  mon  très-noble  Ieigneur  6c  très-refpeétable  coufin ,  Louis  par 

la 


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DE  LANGUEDOC  Liv.  XVIII. 


J°S 


lagracede  Dieu  roi  des  François,  Guillaume  fcigneur  de  Montpellier,  &c.«  An.ii6j. 
Il  marque  à  ce  prince ,  qu’il  ne  doit  pas  fouffrir  que  les  comtes  &  les  barons  « 
de  Ton  royaume  qui  tiennent  leur  domaine  de  lui ,  foient  à  la  merci  de  leurs  « 
propres  valïaux  ,  qu’il  ne  doit  pas  écouter  par  conféquent  ce  que  lui  dira  « 

Berenger  de  Puiferguier  contre  la  vicomteflè  Ermengarde  j  &:  que  s’il  accorde  « 
fa  prote&ion  à  ce  leigneur ,  il  pourra  en  arriver  un  très-grand  malheur  dans  « 
leroyaume.«  •' 

Cette  vicomteflè ,  pour  mieux  réuflirdans  Ton  deflèin,  engagea  le  pape  Ale¬ 
xandre  III.  à  écrire  au  roi  en  fa  faveur.  La  lettre  d’Alexandre  eft  datée  de 
Sens  le  3.  d’Avril  de  l’an  1 1 64. 1  ce  qui  nous  donne  l’époque  de  ce  différend  : 
le  pape  prie  fortement  Louis  le  Jeune  dans  fa  lettre  ,  d’accorder  fa  prote&ion  à 
Ermengarde  ,  6c  de  vouloir  bien  écouter  fes  prières.  »  Les  fervices  qu’elle  « 
nous  a  rendus,  dit-il,  lorfque  nous  étions  dans  le  pais,  nous  engagent ,« 
àc  nos  freres  les  cardinaux ,  à  l’aimer  comme  une  fille  fpeciale  de  i’églifè ,  « 

&  à  lui  accorder  fes  demandes  en  tout  ce  qui  eft  conforme  à  la  juftice ,  &c.  « 

Enfin  Ermengarde  écrivit  b  elle-même  au  roi  pour  l’avertir  que  Berenger,  che¬ 
valier,  fon  vafîaly  devoir  aller  bientôt  à  la  cour.  »  Toute  la  province  efl«/> 
témoin  ,  dit  cette  vicomteflè  ,  que  ce  chevalier,  cpai  doit  être  fournis  « 
à  ma  jurifdiétion  ,  tâche  fous  votre  protedion  de  s’en  fouftraire  par  des  men-« 
fonges.  Je  fupplie  donc  votre  Majefté  de  ne  pas  felaiflèr  furprendre  par  fes  « 
artifices ,  mais  de  me  le  renvoyer  comme  éta.nt  mon  fujet  ,  ainfi  qu’il  eft  « 
convenable.  Cependant  fi  vous  ne  jugez  pas  à  propos  de  vous  en  rapporter  « 
ordonnez  que  nous  nous  reprefentions  tous  les  deux  devant  vos  èvè-  « 


a  Coneil.to.io . 

1 164. 


b  Dnch.te-+, 
7*4. 


a  moi . 


ques  ,  fçavoir  devant  celui  de  Maguelonne  &  les  autres.  «Elle  ajoute  à  la« 
fin:  «Vous  m’avez  commandé  de  conferver  une  paix  ferme  avec  le  comte  « 
de  Touloufe  &  de  le  fervir,  c’eft  ce  que  j’ai  déjà  fait  ,  &  je  dois  l’aller  « 
joindre  avec  mes  troupes  quinze  jours  après  l’Alîomption ,  pour  le  luivre  « 
contre  fes  ennemis.« 

Il  paroît  que  malgré  tous  les  foins  d’Ermengarde,  Berenger  de  Puiferguier 
gagna  fon  procez  à  la  cour  du  roi  Louis  le  Jeune.  Ce  feigneur  marque  en 
effet  dans  une  lettre  qu’il  écrivit  à  ce  prince,  &  dans  laquelle  il  prend  la  qualité  ciW./.j7t. 
de  fon  chevalier  &  de  fon  homme  lire  ,  qu’à  fon  retour  de  la  cour  il  y  avoir  eu  un 
jugement  entre  lui  &  Ermengarcfe  qui  y  avoir  été  déboutée  de  fes  demandes.  Il 
ditenluite:»  J’ai  oui  dire  qu’elle  a  envoyé  de  nouveaux  ambafladeurs  à« 
la  cour  pour  obtenir  de  votre  libéralité  un  ordre  pour  mepoufTer  plus  vive-« 
ment  dans  un  autre  plaid  5  c’eft  pourquoi  je  fupplie  très-humblement  votre  te 
Alteflè  fereniffime  de  ne  lui  accorder  rien  qui  puifle  lui  donner  un  nouveau  « 
droit  fur  moi  ,  qui  fuis  votre  vaflal  &  votre  chevalier  ,  ni  fur  la  province  « 
de  Narbonne  *  mais  qu’elle  foie  feulement  à  mon  égard  comme  elle  étoit« 
lorfque  je  me  fuis  rendu  à  votre  cour.  «  Berenger  marque  au  bas  de  fa  lettre , 
que  n’ayant  pas  fon  ffea ",  il  l’a  fcellce  avec  fon  anneau. 

L’article  de  la  lettre  d’Ermengarde  où  elle  parle  au  roi  Louis  le  Jeune  de  LX  J‘An. 

fon  union  avec  le  comte  de  Touloufe,  fait  voir  aufli  qu’elle  l’écrivit  en  1164.  çic'mercnou- 
car  la  guerre  s’étoit  alors  renouvellée  entre  ce  comte  &  le  roi  d’Angleterre  ,  vciie  hguerre 
ainfi  qu’on  l’a  déjà  vu ,  6c  qu’il  paroît  par  la  date  d’une  charte  de  l’ab-  ^"cTouioufc 
baye  de  S.  Marcel  en  Querci,  donnée  “  l’an  de  l'incarnation  M.C.  LX IV.  le  d c.aUchr.nov. 
Jeudi  14.de  Mai ,  Henri  roi  £  Angleterre  étant  en  différend  avec  Raymond  comte 
de  T ouloufe. 

On  peut  rapporter  à  cette  même  guerre  une  lettre  e  de  Pierre  évêque  de  «.+. 
Rodez  au  roi  Louis  le  jeune,  dans  laquelle  ce  prélat  s’exeufe ,  de  ce  qu’étant f'  6v9‘ 
prêt  de  partir  pour  la  cour,  il  n’a  pu  fe  mettre  en  chemin  àcaufedes  courfes 
des  Anglois  qui  défoloient  le  Rouergue ,  païs  fournis  à  la  domination  des 
comtes  de  Touloufe.  Il  ajoute  ,  qu’il  avoit  été  obligé  de  demeurer  pour  la 
défenfe  du  pais,  &  que  le  comte  de  Rodez  qui  alloit  à  la  cour,  fuppléeroit 
à  fon  défaut.  Il  fê  loue  beaucoup  de  ce  comte  nommé  Hugues,  &  l’appelle  le 
pere  de  la  patrie.  On  prétend  f  que  Pierre  n’étoit  plus  évêque  de  Rodez  en  ç G»u.chr.n.\. 

1 1 64.  &  qu’Hugues  lui  avoit  déjà  fuccedé  en  1160.  ou  1161.  ce  qui  prouve-  p.v 
roit  que  cette  lettre  eft  anterieure  à  l’an  1164.  Mais  comme  il  eft  certain  que  ,d  ^^v°S 
Pierre  fe  qualifioit  8  encore  évêque  de  Rodez  en  1163.  6c  qu’on  ne  fonde 
7*  orne  11.  S  s  s 


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A  N.j  I  64. 


HISTOIRE  GENERALE 


a  D«cfr.  1^.4. 


IXVI. 

Vo)  .ge  du 
comic vie  To a* 
Joule  le 
ImLing-ic  -oc. 
Il  s'jcvoi.Ic 
avec  Guillau¬ 
me  V.l  ici* 
gneur  deMont- 
pdli  r. 
b  Pr.p.  foo. 


Af.iooérfeq 


LXV1I. 
Bernard  Pclet 
comte  de  Mcl- 
gueil  Se  Ui- 
gneur  d’Alais 
le  loumct  au 
comte  de  Tou. 
loufc.  ilell  ex¬ 
communie. 

Mailon  d’An* 

dufe. 

c  Duch  to.  4. 

f  Ibid  ^.<74. 
707.  709.^ 
73g. 


jO  6 

le  commencement  de  l’epifeopat  d’Hugues  l'on  luccefleur,  que  fur  une  bulle 
d’Alexandre  III.  datée  de  Veroli  en  Italie  le  14-  de  Mai  de  la  //.année de  Ion 
pontificat ,  au  lieu  qu’elle  eft  certainement  de  U  XI.  rien  n’empêche  que  Pierre 
n’ait  été  encore  évêque  de  Rodczen  1164. 

11  paroît  qu’on  doit  rapporter  aulïi  à  la  guerre  que  le  roi  d’Angleterre  fit 
cette  derniere  année  au  comte  de  Touloufe  ,  une  lettre  a  que  les  habitans  de 
cette  ville  écrivirent  au  roi  Louis  le  Jeune  ,  pour  le  remercier  de  la  protection 
qu’il  leur  avoir  accordée  contre  ce  prince,  &  le  prier  de  la  leur  continuer. 
«Nous  voulons ,  très-cher  lèigneur  ,  difent-ils ,  vous  faire  parc  de  ce  qui 
»  vient  de  nous  arriver  depuis  peu.  L’archevêque  de  Bourdeaux  fervantplù- 
«tot  dans  la  milice  du  roi  d’Angleterre  que  dans  celle  de  J.  C.  vient  de  faire 
«  une  courfe  jufqu’aux  portes  de  Touloufe  ,  dont  il  s’eft  approché  d’un  jet  de 
«pierre.  Il  a  raie  plufieurs  châteaux  ,  brûlé  ou  détruit  diverfes  églifes ,  fait 
«  prilonnicrs  quelques-uns  de  nos  citoyens,  &  fait  mourir  quelques  autres.  // 
»y  a  long-tems  que  notre  feigneur  le  comte  n'e/l  pas  avec  nous ,  c’eft  pourquoi 
«nous  fupplions  votre  Al  telle  de  ne  pas  fouffrir  davantage  qu’on  defole  ainfi 
«  la  ville  de  Touloufe  &  Ion  territoire,  qui  vous  appartiennent,  &nous.mê. 
»  mes,  qui  fournies  au  (fi  à  vous  :  car  II  vous  ne  nous  fccourez  promptement, 
»  tout  le  pais  va  devenir  un  defert. 

Il  eft  d’autant  plus  vrailèmblable  que  cette  lettre  appartient  à  l’an  1164. 
que  nous  fçavonsque  le  comte  Raymond  demeura  du  coté  du  Rhône  pen¬ 
dant  cette  année,  de  même  que  la  précédente,  tant  pour  conclure  le  ma¬ 
riage  de  fon  fils  avec  l’heritiere  de  Daufiné  ,  que  pour  d’autres  affaires.  Il 
étoit  en  effet b  à  Montpellier  au  mois  de  Juin  de  l’an  1 1  64.  &  il  convint  alors  de 
la  paix  avec  Guillaume  VIL  feigneur  de  cetce  ville:  ils  promirent  par  un 
ferment  mutuel  de  s’entr’aider  &  de  le  confervcr  leurs  domaines.  Raymond 
fit  encore  un  accord  e  en  1164.  à  S.  Saturnin  du  Port,  aujourd’hui  le  Pont, 
faint-Efprit  fur  le  Rhône,  avec  les  religieux  de  ce  monaftere ,  touchant  le 
domaine  Sc  la  juftice  du  lieu,  dont  ils  reglcrent  le  partage,  en  prefence  de  Ber- 
mond  d’Ufez,  de  Guillaume  de  Sabran  connétable  du  comte, 8cc.  Raymond  re¬ 
vint  cependant  à  Touloufe  avant  la  fin  de  l’année  }  car  outre  qu’on  a  vil 
qu’Ermengarde  vicom telle  de  Narbonne  devoit  l’y  aller  joindre  à  la  tête  de 
fes  troupes  vers  le  commencement  de.  Septembre  ,  il  fit  une  donation d  en 
1164.cn  faveur  de  l’abbaye  de  Grandfelve ,  &.  accorda  une  exemption  de 
péage  dans  toutes  fes  terres  à  celle  de  Bellcperche ,  d’où  il  réfulte  qu’il  devoit 
être  alors  aux  environs  de  Touloufe  où  ces  deux  abbayes  font  fituées. 

Durant  le  fejour  que  le  comte  Raymond  fit  en  1164.  dans  le  bas  Langue¬ 
doc,  Bernard  Pclet  qui  étoit  leigneur  d’Alais  de  fon  chef,  &  comte  de  Mel. 
gueil  par  Beatrix  fa  femme,  fe  loumit  à  la  domination  de  ce  prince.  C’eft  ce 
que  nous  apprenons  d’une  lettre  c  que  Guillaume  feigneur  de  Montpellier 
écrivit  alors  au  roi  Louis  le  Jeune,  avec  cette  fufcription:  «A  fon  très-excel- 
«  lent  feigneur  Louis  roi  des  François,  Guillaume  de  Montpellier  fon  coufin 
«ôc  fon  chevalier  très-dévoué  :  joïe  &plaifirfans  fin.  «  Suivant  cette  lettre, 
&  quatre  autres  { à  peu  près  femblables  qu’écrivirent  au  roi  en  même  tems, 
Aidebcrt  évêque  de  Nilmes ,  Bertrand  abbé  de  S.  Gilles,  Guillaume  de  Sa¬ 
bran  connétable,  Bermond  d’Ufez ,  (ces  deux  derniers  fe  qualifient  aulïi  che¬ 
valiers  du  roi ,  )  Bernard  d’Andufe  &.  le  comte  de  Melgueil ,  ayant  établi  un 
nouveau  peage  du  côté  d’Alais ,  le  roi  qui  vie  que  cet  établiflemenc  etoit  très- 
oncreux  au  public,  leur  défendit  de  le  lever.  Sur  cette  defenfe  Bernard  d’An. 
dufe,  chevalier  également  fage  &  diferet,  voulant  donner  des  marques  de  là 
fourmilion  ,  fitccller  de  fon  côté  la  levée  de  ce  nouveau  droit,  mais  le  comte 
de  Melgueil  continua  à  l’exiger  }  ce  qui  engagea  le  leigneur  d’Andulê  à  le 
rétablir,  conformément  à  la  permiflion  que  le  roi  lui  en  avoir  donnée  par  fon 
envoyé.  Ce  feigneur  reconnoiilant  cependant  l’injufticc  d’une  telle  exaction ,  y 
renonça  pour  toujours ,  pritenfuite  l’habit  monaftique,&  mourut  peu  de  tems 
après,  laiflant  Pierre- Bernard  fon  fils  &  fon  heritier,  fous  la  tutelle  de 
Guillaume  de  Montpellier/u»  proche  parent ,  &  fon  ancien  ami.  Celui  ci  danj 
fa  lettre  au  roi  répond  de  la  fidelité  de  ce  pupille ,  &  le  prie  de  lui  accorder 
fa  prote&ion.  Guillaume ,  les  deux  prélats  &  les  deux  fèigneurs  dont  on  a 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVIII.  jo? 

déjà  parlé,  le  prient  aulfi  de  défendre  au  comte  de  Melgueil ,  qui  continuoit  An»  1164; 
de  lever  le  nouveau  peage  contre  fes  ordres,  de  l’exiger  davantage  à  peine 
d’encourir  fon  indignation.  »  Il  elt  de  votre  devoir,  ajoûtent-ils  dans  leurs  « 
lettres ,  d’empêcher  de  pareilles  vexations  dans  votre  royaume.  Ecrives,  au  « 
comte  Raymond  votre  bcau.frcre  pour  lui  ordonner,  en confideration  de« 
la  fidelité  &c  de  l’amitic  qu’il  vous  doit  ,  de  faire  céder  cette  injuftice  en  « 
la  perfonne  du  comte  de  Melgueil ,  qui  s’eft  fournis  depuis  peu  à  Ion  autorité  « 

&  à  (à  domination ,  &  pour  lui  défendre  de  donner  aucun  fecours  à  ce  comte,  « 
avec  ordre  de  le  traiter  comme  fon  ennemi ,  s’il  n’obéit  pas.  Perfuadez  aulfi  « 
au  pape  d’étendre  dans  tout  le  domaine  du  même  comte  de  Melgueil ,  tant  et 
fur  celui  qu’il  poffède  en  propre ,  que  fur  celui  dont  il  jouit  en  commun  ,  l’ex-« 
communication  qu’il  a  déjà  lancee  contre  fa  perfonne  j  enforte  qu’on  ne  ce-  « 
lebre  plus  l’office  divin  par  tout  où  il  fera  ,  &  que  le  pape  ordonne  aux  évër-  « 
ques  de  Nifmes  ,  de  Mende,  de  Maguelonne  &c  d’Ufez  de  faire  obferver« 
cette  fentence  dans  leurs  diocèfes.  «  Enfin  Guillaume  finit  fa  lettre  au  roi, 
en  priant  ce  prince  d’ajouter  foi  à  l’exprès  qu’il  lui  députoit  fur  cette  affaire. 

Louis  répondit  favorablement  à  la  demande  des  prélats  &  des  feigneurs  qui 
s’étoient  adreffés  à  lui ,  &  agit  félon  leurs  fouhaits  auprès  d’Alexandre  III* 

Ce  pape  écrivit  en  conféquence  de  Sens  le  17.  de  Janvier  »  de  l’an  1165.  à 
Pons  archevêque  de  Narbonne  aux  évêques  de  Nifmes,  d’Ufez,  de  Men.  113. 
dc&  de  Maguelonne.  Il  approuve  par  cette  lettre  le  zele  de  ceux  d’entr’eux  * 

qui  l’avoient  follicité  d’empêcher  l’établiffcment  des  nouveaux  péages  ,  &c 
ajoute  que  c’ell  dans  ce  dellein  qu’il  a  écrit  à  Bernard  comte  de  Melgueil ,  fans 
lui  donner  cependant  le  falut ,  à  caufc  du  refus  qu’il  faifoit  d’executer  leurs  or¬ 
dres  ,  pour  lui  commander  de  s’y  foumettre,  &:  de  fupprimer  les  nouveaux 
péages  qu’il  éxigeoit.  »  Sinon ,  ajoute-t-il,  nous  ratifions  la  fentence  que  vous,« 
notre  frere  archevêque ,  avez  prononcée  contre  lui,  Se  nous  vous  enjoignons  « 
de  la  faire  obferver  jufqu’à  ce  qu’il  y  ait  entièrement  fatisfait,  vousordon-  a 
nant  de  faire  garder  l’interdit  àAlais,  S:  dans  tout  le  relie  de  fon  domaine, « 
avec  défenfe  d’y  célébrer  l’office  divin  quandil  y  fera  prefent.« 

On  peut  inférer  de  cette  lettre  que  Bernard  Pelec  poffedoit  des  domaines 
tant  de  fon  chef,  qu’au  nom  de  Beatrix  comte  lie  de  Melgueil  fa  femme ,  dans 
les  diocèfes  de  Nifmes,  de  Maguelonne  ,  de  Mende  &  d’Ufez.  Quanta  Ber¬ 
nard  d’Andulè  qui  jouilîoit  en  commun  avec  Bernard  Pelet  de  la  feigneurie 
d’Alais,  on  a  déjà  vù  qu’il  mourut  vers  ce  tems.là  ,  après  avoir  pris  l’habit 
religieux.  On  prétend  b  qu’il  lailla  plufieurs  enfans  d’Adelaïde  de  Roque- 
feuil  fa  femme  ,  hcritiere  de  cette  mailon  ,  entr’autres  Fredol  d’Andufe  abbé  /« 
de  faint  Victor  de  Marfeille,  élu  évêque  de  Fréjus  en  iiô^-.c,  &  Bermond  «ty*. 
chanoine  de  Maguelonne  S:  évêque  de  Sifteron  en  ii74.mais  ces  prélats  étoient  f  * 

plutôt  fes  freres,  puifque  fon  fils  aîné  &  heritier  etoit  encore  pupille  vers  l’an  p.*  13.  &f%s. 
1 164. 6c  qu’il  paroît  d’ailleurs  qu’il  n’eut  que  ce  fils.  Du  relie  le  même  Ber¬ 
nard  n’ell  pas  different,  fans  doute,  de  Bernard  d’Andufe,  dit  V ancien  ,  qui 
vivoit  encore  Jen  116 1.  êi  qui  poffedoit  la  baronnie  de  Luc,  &  la  feigneurie  de  dïr.pai9.& 
Portes ,  fous  la  mouvance  du  monaftere  de  Sauve.  On  fait s  ce  dernier,  oncle 
paternel  £c  heritier  d’un  autre  Bernard  d’Andufe ,  fécond  marid’Ermengarde  ibu. 
vicomteffe  de  Narbonne,  ce  qui  prouverait  que  celui-ci  mourut  avant  l’an  1164 
mais  on  ignore  l’époque  précife  de  la  mort  de  ce  fécond  mari  d’Ermengardejce 
qui  vient  làns  doute  de  ce  qu’elle  ne  partagea  pas  fon  autorité  avec  lui ,  comme 
fit  Beatrix  com celle  de  Melgueil  avec  Bernard  Pelet  fon  fécond  mari.  On 

J 

trouve  cependant (  quelques  fermens  de  fidelité  prêtez  d  Bernard  d'Andufe  (C/aelmim, 
man  d' Ermengarde ,  dans  lefquels  on  excepte  le  droit  d’Ermeffinde,  feeur  de . 
cette  vicomtêfle.Ces  acles,  qui  font  fans  date, prouvent  que  comme  la  première 
n’avoit  point  d’enfans,  ni  elperance  d’en  avoir  ,  on  regardoit  fa  fœur  comme 
fon  heritiere  prefomptive.  Ermengarde  le  remaria  peut-être  en  troifiémes  no¬ 
ces  après  la  mort  de  Bernard  d’Andulè  *  car  nous  avons  deux  titres  g  de  l’an  gPr.f.57). 
1159.  paffez  en  prcfcncc  d’ Ermengarde  vicomte  Je  de  Narbonne ,  &  de  Bermond  fon 
maître  ;  à  moins  que  ce  dernier  ne  foit  le  même  que  Bernard  d’Andulè,  dans 
la  maifon  duquel  le  nom  de  Bermond  fut  fort  ulîte  ,  &  lui  fervit  enfuite  de 
furnom. 

T  orne  II.  S  s  s  ij 


» 


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leur  domaine, 
Differens  a6tc8 
«le  ce  dernier. 
a?r.f.fou 


c  Ibid. 


*  Monacha. 
d  ibi(L 

n6y. 

€lbid. 

O- 


5o*  HISTOIRE  GENERALE 

j  j  g .  Cette  vicomtefle  eut  un  différend  en  1 164.  avec  Trencavel,  au  fujet  des 
L xvi  11.  mines  d’argent  qui  avoient  été  découvertes  dans  les  montagnes  fituées  fur  les 
Accord  entre  frontières  ae  leur  domaine  vers  l’abbaye  de  Villemagne,  qu’on  nomme  à  caufe 
2£n#3L*dc  de  cela  ï  Argent iere.  Comme  Trencavel  & Ermengarde  avoient  toûjours  été 
Narbonne  au  très-unis  >  ils  terminèrent  aifémenc  leur  différend  ,  par  une  tranfaétion  qu’ils 
SiSSiT*  pafTerent  au  mois  de  Juillet  »  de  la  même  année ,  8c  dans  laquelle  il  fut  dit 
'  ''  que  lesfeigneurs  particuliers  des  lieux  où  étoient  les  mines,  auroientla  moi. 

dé  de  leur  revenu ,  &  que  l’autre  moitié ,  avec  les  lots ,  vente  8c  confifcation , 
apparciendroit  au  vicomte  6c  à  la  vicomtefTe  ,  excepté  dans  le  domaine  de 
l’abbaye  de  Villemagne ,  laquelle  percevroit  le  tiers  de  ces  mêmes  droits  dans 
les  mines  de  fes  dépendances. 

Cette  tranfadion  fut  pafTée ,  félon  toutes  les  apparences ,  dans  cette  abbaye, 
bf.ioi&fa.  ^  ie  vicomte  b 'Trencavel  y  reçut  à  la  fête  de  la  Magdelaine  de  la  même 
année  le  ferment  de  fidelité  des  feigneurs  de  Vinfan  ou  Vinaffan  au  diocèfe 
de  Narbonne.  Ce  vicomte  autorifa  c  vers  le  même  tems ,  par  fon  propre  fceauy 
une  donation  faite  à  l’abbaye  de  Salvanez,  8c  l’oblation  qu’une  femme  nom. 
mée  Bertrande  ,  fit  de  fa  perfonne  à  l’abbaye  de  Caftres  pour  être  rtli. 
veufe*  fous  l’obéïflànce  de  Rigaud  abbé  de  ce  monaflere.  Trencavel  étoit d  à 
CarcafTonne  le  Jeudi  rS.  de  Mars  de  l'an  1164.  ou  de  l’an  1 1 6  y.  fuivant  notre 
maniéré  de  compter.  Il  donna  en  fief  au  mois  d’Avril  fuivant  à  divers c  che¬ 
valiers  le  château  de  faint  Jori  en  Albigeois,  qu'il  avait  fait  conjlruire.  11  fit 
publier  f  à  CarcafTonne  ,  étant  dejfous  l'ormeau  devant  Ton'  palais ,  avec  fon 
fils  Roger,  le  11.  de  Juillet  delà  même  année  ,  une  ordonnance  en  faveur 
des  habitansde  cette  ville,  touchant  la  maniéré  dont  fa  cour  devoir  fe  compor. 
ter  ,  tant  envers  les  débiteurs ,  qu’envers  leurs  créanciers ,  8c  fit  faire  ferment 
g  à  Guillaume  de  S.  Félix  fon  viguier  de  l’obferver.  Il  accorda  g  la  mêmeannée 

d  l’abbaye  de  Salvanez  en  Rouergue  l’exemption  de  peage  dans  toutes  fes 
terres  en  prefence  de  Guillaume  évêque  d’Agde,  Vicalabbé  de  Fontfroide , 
.  Ermengaud  abbé  de  Valmagne,  Raymond  abbé  de  S.  Tiberi ,  &  Jean  prieur 
de  Cafîan.  Enfin  ce  vicomte  affifta  vers  le  mois  de  Mai  de  Tan  1 1 6  5 .  au  concile 
de  Lombers  en  Albigeois  *>.  Ce  concile  fut  tenu  contre  les  heretiques  qu’on 
nomma  depuis  Albigeois  ,  qui  avoient  fait  alors  de  grands  progrès  dans  la 
province  8c  les  pais  voifins  ,  8c  qui  y  excitèrent  dans  la  fuite  une  guerre  de 
religion  également  fanglante  8c  opiniâtre.  Cette  guerre  caufa  une  révolution 
generale  dans  tout  le  Languedoc, occafionna  la  réunion  de  cette  province  au 
domaine  de  la  couronne,  ce  que  nous  développerons  dansle  volume  fuivant, 
après  avoir  raflèmblé  ici  fous  un  feul  point  de  vue  ,  pour  une  plus  grande 
intelligence  de  cet  événement  célébré  ,  quelques  obfervations  fur  le  gouver¬ 
nement  &  les  moeurs  des  peuples  du  pais  durant  le  XII.  fiecle. 

. .  Le  domaine  de  la  province  continua  d’être  poflèdé  pendant  ce  fiecle  par  les 

&  mœurs  des  grands  vaffaux  ou  par  leurs  feudataires ,  lefquelsne  donnèrent  gueres  durant 
peuples  de  la  tout  ce  cems.li  d’autres  marques  de  dépendance  envers  nos  rois ,  que  de  dater 
xü.  fiecle.  les  chartes  des  années  de  leur  régné.  Les  comtes  de  Touloule  domine- 
PrD‘^‘Pa“* rent  ,  foit  directement  ,  foit  indirectement  fur  prefque  toute  la  province , 
pi^Etendae  fur  une  grande  partie  de  l’Aquitaine  ,  8c  fur  la  moitié  de  l’ancien  comté  de 
de  leur  domai-  Provence*  de  forte  qu’ils  alloient  de  pair  avec  nos  rois,  s’ils  ne  les  furpaf- 
foient ,  en  étendue  de  domaine  :  il  étoit  borné  au  levant  par  les  Alpes  *  au 
midi  par  la  Durance, la  Mediterranée, 8c  les  Pyrénées jau  couchant  par  le  duché 
de  Gafcogne  *  8c  enfin  au  nord  par  l’Ifere,  les  montagnes  d’Auvergne  8c  la  Dor. 
dogne.  Audi  eurent-ils  une  cour  proportionnée  à  leur  puiflance,  8c  on  voit  qu’ils 
avoient  dès-lors  un  connétable  ,  un  chancelier  ,  8c  autres  grands  officiers.  La 
fonction  de  leur  chancelier  neregardoit  pas  cependant  l’adminiftration  delà 
juftice  t  elle  confiftoit  principalement  à  dicter  8c  à  faire  expedier  leurs  char¬ 
tes,  6c  à  les  fceller  de  leur  keau.  Quant  à  la  juftice  ,  ces  princes  ou  l’admi- 
niflrerent  par  eux-mêmes  avec  leur  «»r,c’eft-â-dire  affiliez  de  leurs  principaux 
barons  6c  officiers,  6c  de  quelques  jurifconfùltes ,  ou  la  firent  rendre  par  des 
vicaires  ou  viguiers  qui  étoient  leurs  lieutenans  en  cette  fon&ion ,  8c  qui  étoient 
toûjours  des  perfonnes  de  condition.  On  trouve  des  viguiers  de  Touloufeôc 
ictttl  mm.  ^es  fous.viguiers qui  leur  étoient  fiibordonnez  dès  la  fin  du  X I. fiecle  6c pen- 


b  SOTR  1. 


LXIX. 
Gouvernement 


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aux 
des 
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le  S 
peu- 


DE  LANGUEDOCLiv.  XVIII.  jo9 _ 

dant  tout  le  fuivant.Les  comtes  de  Touloufe,  ou  leurs  viguiers  en  leur  abfênce,  An.i  i  6  j  . 
préfidoient  ordinairement  au  commun  confeil  ou  chapitre  de  la  ville  de  Toulou¬ 
fe  ,  compofé  des  Capiculaires  ou  Capitouls,  de  deux  juges ,  de  deux  avocats, 
ou  affèfleurs,  &;  des  principaux  bourgeois  de  cette  ville  *  ce  commun  con. 
fêil  forma  proprement  depuis  fon  établiffèment  Latour  des  comtes  dans  cette 
ville.  Quant  à  leur  domaine,  ces  princes  le  faifoient  adminiftrer  dans  le  même 
fiecle  par  des  édiles  * ,  ou  baillifs.  *  Baiuli- 

Les  comtes  de  Barcelone  étendirent  leur  autorité  dans  ce  fiecle  fur  une 
partie  conliderable  de  la  province.  Outre  le  comté  de  Fenouilledes  &  la 
vicomté  de  Gevaudan ,  dont  ils  avoient  le  domaine  direâ ,  ils  prétendirent 
la  fuzeraineté  fur  les  comtez  de  Carcaffonne  &  de  Rafez,  furie  Lauraguais, 

&  leTermcnois ,  6cc.  pour  les  raifons  que  nous  avons  dites  ailleurs.  Cette 
fuzeraineté  leur  fut  concertée  par  les  comtes  deTouloufe,  ce  quicaufa  diver- 
fes  guerres  entr’eux.  Ils  en  jouirent  tour  à  tour  fuivant  que  les  vicomtes ,  6c 
les  autres  feigneurs  qui  poflèdoient  le  domaine  utile  de  ces  pais ,  voulurent 
bien  fe  fouinettre  aux  uns  ou  aux  autres.  Les  comtes  de  Barcelone  s'efforcè¬ 
rent  encore  d’étendre  leur  domination  dans  le  Languedoc ,  en  s’aflujettiflant 
les  vicomtes  de  Narbonne ,  6c  les  comtes  de  Foix ,  qui  les  reconnurent  en  effet 
pour  leurs  fuzerains  pendant  une  partie  duXlI.  fiecle,  au  préjudice  des  droits 
anciens  &  légitimés  des  comtes  de  Touloufe. 

Après  ces  princes,  la  plus  puiffante  maifon  de  la  province ,  finon  en  dignité, 
du  moins  en  domaines,  fut  celle  des  Trencavels ,  qui  pofleda  les  vicomtez 
de  Béziers,  Agde,  Carcaffonne,  Rafez,  Albi&Nifmes,  avec  plufieurs  châ- 
teaux*ôcfèigneuries  dans  le  Touloufain,  le  Narbonnois,  &c.  Ces  vicomtesquoî- 
que  vaflaux  des  comtes  de  Touloufe,  tranchoicnt  du  fouverain,  Scexerçoient 
les  droits  régaliens.  Ils  faifoient  battre  monnoye  ,  établifloient  des  foires  6c 
des  marchez  ,  faifoient  des  ordonnances  pour  la  juftice  6c  la  rendoient  à  leurs 
vaflaux,  foit  par  eux-mêmes,  foie  par  leurs  officiers,  dont  les  principaux  étoienc 
les  viguiers  de  Carcaffonne,  de  Rafez  ,  de  Beziers,  &c. 

Les  comtes  de  Foix  defeendus  d’une  branche  puînée  de  la  maifon  des  an¬ 
ciens  comtes  de  Carcaffonne  ,  étoient fuperieurs  aux  Trencavels  en  dignité, 
mais  ils  leur  étoient  beaucoup  inferieurs  en  étendue  de  domaine.  Comme 
Je  comté  de  Foix  ,  qui  le  compofoit  prefque  en  entier,  croit  fitué  dans  le  Tou¬ 
loufain  ,  ils  reconnurent  pendant  long-tems  les  comtes  de  Touloufe  pour  leurs 
feulsfuzerains,  jufqu’à  ce  que  les  comtes  de  Barcelone  les  engagèrent  vers  le 
milieu  du  XII.  fiecle  à  fe  déclarer  leurs  vaffaux  :  c'ert  ce  qui  a  donné  l’origine , 
à  ce  que  nous  croyons1 ,  à  la  divifion  qu’on  voit  dans  la  fuite  du  comté  de  »v.  note 
Foix,  au  païs  fitué  en  deçà,  &  au-delà  du  Pas  de  la  Barre ,  ou  en  partie  fe-  xxu.».t}. 
ptentrionale  6c  méridionale.  Les  comtes  de  Foix  dans  les  hommages  porte- 
rieurs,  avouèrent  toujours  tenir  la  première  des  comtes  de  Touloufe  5  6c  il 
paroît  que  c’eft  pour  l’autre  qu’ils  reconnurent  pendant  quelque  tems  les  com¬ 
tes  de  Barcelone  pour  leurs  feigneurs.  Cette  mouvance  n’empêcha  pas  cepen¬ 
dant  les  comtes  de  Foix  de  jouir  des  droits  régaliens. 

Les  comtes  de  Melgueil  ou  deSubrtantion  exerçoient  auffi  les  mêmes  droits. 

Leur  domaine  renfermé  dans  le  diocèfe  de  Maguelonne,  aujourd’hui  de  Mont¬ 
pellier,  n’étoit  pas  fort  étendu  :  mais  il  étoit  très.confiderable  par  le  profit 
qu’ils  tiroient  de  la  monnoye  qu’ils  faifoient  fabriquer  dans  leur  château  de 
Melgueil ,  8c  qui  avoir  cours  non  feulement  dans  toute  la  province  ,  mais 
dans  les  voifines,  6c  jufques  au-delà  des  Pyrénées.  Quant  à  la  mouvance  de 
leur  comté  ,  il  n’y  a  pas  lieu  de  douter  qu’étant  fitué  dans  l’étendue  du  duché 
de  Narbonne,  ou  de  l’ancien  marquifat  deGothie ,  ils  ne  dûffent  le  tenir  des 
comtes  de  Touloufe ,  qui  poffëdoient  ce  duché  ou  marquifat  :  mais  Pierre 
comte  de  Melgueil  s’étant  rendu  vaffal  de  l’églife  Romaine  fous  le  pontificat 
deGregoire  VII.  les  comtes  de  Touloufe  n’oferent  contefteraux  papes  fes  fuc- 
ceffeurs,  la  fuzeraineté  fur  ce  comté  ,  jufques  à  Raymond  V.  comte  de  Tou¬ 
loufe  ,  qui  affùjettit  enfin  Bernard  Pclet  comte  de  Melgueil  à  fon  autorité ,  ÔC 
unitenfuite  le  comté  de  Melgueil  à  fon  domaine. 

Après  ces  maifons  comtales,  l’une  des  plus  diftinguées  étoit  celle  des  vicom¬ 
tes  de  Narbonne  ,  qui  jouirent  auffi  des  droits  régaliens.  Les  autres  maifons 


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TIO 


HISTOIRE  GENERALE 


An.  né  j.  vicomtales  de  la  province  au  XII.  fiecle,  furent  celles  des  vicomtes  de  Tou. 

loufe  ou  de  Bruniquel ,  dePolignac,  de  Lautrec,  de*Fenouilledcs,  de  Saut, 
de  Gimoez  ou  de  Terride ,  &  de  Minerve.  La  vicomté  de  Lodeve  appartenir 
alors  aux  comtes  de  Rodez  hommagers  des  comtes  de  Touloufe  pour  l’une  &; 
l’autre  de  ces  deux  dignitez. 

Parmi  les  maifons  des  fimples  feigneurs ,  celle  qui  figura  le  plus  en  Lan¬ 
guedoc  durant  ce  fiecle,  fut  celle  des  feigneurs  de  Montpellier,  quitenoient 
en  fief  cette  ville  des  évêques  de  Maguelonne ,  ôc  le  refte  de  leur  domaine,  qui 
étoit  allez  étendu  ,  ou  de  ces  prélats ,  ou  du  comte  de  Melgueil  ,  ou  enfin  des 
vicoiqtes  de  Beziers  &  de  Narbonne.  Les  feigneurs  d’Ufez ,  d’Alais ,  d’An- 
dufe ,  de  Sauve ,  de  Lunel,  deSabran,  de  Lille-Jourdain ,  &c.  laplûpart  vaf- 
faux  immédiats  des  comtes  de  Touloufe ,  étoient  enfuite  les  plus  confiderables 
du  pais  :  au  refte  c’eftfèulement  dans  ce  fiecle  que  quelques-uns  de  ces  feigneurs 
particuliers  commencèrent  à  fe  qualifier  feigneurs ,  &  en  latin  cLomini ,  des 
villes  ou  châteaux  dont  ils  avoient  le  domaine  j  cependant  ils  ne  prirent  plus 
communément  durant  ce  tems-là,  comme  auparavant,  que  le  fimple  titre  de 
Guillaume  de  Montpellier, de  Bernard  d’ Andufe,  deBermond  d'Vfcx^  &c.  les  valfaux 
employèrent  même  très-rarement  alors  le  nom  d edominusi  l’égard  de  leurs 
feigneurs,  qu’ils  appelloient  communément  fenior  oufeniores , terme  qui  figni. 
fie  la  mêmechofe. 

lxx.  Plufieurs  évêques  &  abbez  de  la  province  après  s’être  tirez  vers  la  fin  du 
<)duJtiq'ucs!C'  XI.  fiecle  de  la  fujettion &c  de  la  dépendance  où  les  feigneurs  féculiers  vou- 
loient  les  réduire  ,  exercèrent  depuis  une  pleine  autorité  dans  les  terres  de 
leurs  églifes,  &  trouvèrent  moyen  d’augmenter  leur  pouvoir  temporef  dans 
le  fiecle  fuivant ,  à  la  faveur  de  la  protection  que  leur  accordèrent  les  rois 
Louis  le  Gros  &  Louis  le  Jeune,  qui  les  premiers  de  la  troifiéme  race  firent 
quelque  acte  de  jurifdiction  dans  le  Languedoc.  Ces  princes,  mais  fur  tout  le 
dernier ,  confirmèrent  par  diverfes  chartes ,  à  la  demande  de  la  plupart  des  évê. 
ques&des  abbez  de  cette  province,  les  privilèges  de  leurs  églifes ,  ou  leur  en 
accordèrent  de  nouveaux ,  entr’autres  la  juftice  fur  leurs  vaflaux ,  &c. 

Le  temporel  des  archevêques  de  Narbonne  ,  &  de  leurs  fuffragans,  étoit 
fondé  principalement  fur  la  donation  que  les  rois  Pépin  le  Bref  &  Charlemagne 
avoient  faite  aux  églifes  de  la  Scptimanie  ,  après  l’union  de  cette  province  à 
la  couronne  ,  de  la  moitié  des  droits  domaniaux  de  la  ville  &  du  comté 
de  Narbonne  à  l’archevêque  ,  &  du  tiers  des  mêmes  droits  des  autres  com- 
tez  ou  diocèfes  aux  évêques  dupais.  Cette  donation  n’emporta  d’abord  qu’u. 
ne  fimple  jouiflânee  de  certains  revenus  -,  mais  enfin  les  comtes  s’étant  empa. 
rez  des  droits  régaliens  dans  leurs  comtez,  quelques  évêques  de  la  province 
crurent  pouvoir  aulli,  de  leur  côté,  exercer  les  mêmes  droits  dans  leur  domaine. 
Ces  prélats  réuflîrent  enfin ,  malgré  les  obftacles  qu’ils  eurent  à  furmonter 
de  la  part  des  comtes  &  des  vicomtes,  &c  dominèrent,  les  uns  fur  leur  ville 
épifcopale ,  ou  feulement  fur  une  partie  ,  &  les  autres  fur  tout  leur  diocèfe , 
foie  par  acquifition  ,  foit  en  vertu  des  privilèges  qu’ils  obtinrent  des  fouve- 
rainsj  lefquels  les  favoriferent  d’autant  plus  volontiers,  qu’outre  que  ces  gr⬠
ces  ne  leur  coutoient  rien  ,  ils  trouvoient  par  là  une  occafion  d’exercer  &  d’é¬ 
tendre  leur  autorité  dans  la  province. 

Quelque  liberté  que  les  églifes  de  Languedoc  euflènt  acquile  au  XII.  fiecle, 
elles  ne  devinrent  pas  cependant  encore  abfolument  indépendantes  des  grands 
vallaux,  qui  pendant  la  vacance  s’emparoient  de  toute  la  dépouille  des  évê- 
4  P'-p-iSt.  ques  défunts.  Alfonfc-Jourdain  comte  de  Touloufe  renonça  à  ce  droit  »en 
ii 38. mais  fes  fuccefieurs  tâchèrent  d’y  rentrer  }  &  on  voit  qu’Alfonfe  II. 
b  MArc.ee ».  comte  de  cette  ville  &  frere  de  S.  Louis ,  avoir  une  femblable  b  prétention 
^■704.  après  le  milieu  du  XIII.  fiecle.  Les  vicomtes  de  Narbonne,  Carcaflonne ,  Bc- 
r-ilS0-  2jers  ^  ^  g£C  prétendoient  un  pareil  droit  fur  les  évêchez  de  leur  domaine 

au  XII.  fiecle,  mais  ils  y  renoncèrent  enfin  en 'divers  tems.  Ermengarde  vi- 
comtefle  de  Narbonne  s’endéfifta  entr’autres  entièrement  en  1 1  y  6. 

L’autorité  que  les  papes  s’arrogèrent  furies  princes  Chrétiens  depuis  Gré¬ 


goire  VII.  ne  contribua  pas  peu  à  mettre  les  églifes  à  couvert  des  enrreprifes 
des  feigneurs  féculiers ,  à  les  maintenir  dans  l’indépendance.  Ils  la  firent 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVIII.  jii _ 

valoir  fut  tout  par  le  fréquent  envoi  de  divers  légats  dans  les  provinces ,  &  par  An.i  165. 
l’ufage  de  l’excommunication  2c  des  cenfures ,  contre  tous  ceux  qui  refufoienc 
d’obeïr  aveuglement  à  leurs  ordres.  Cette  conduite  fut  fujetteà  divers  incon- 
veniens  }  mais  on  ne  fçauroit  dilconvenir  qu’elle  n’ait  eu  Ion  utilité ,  foit  pour 
réprimer  la  tyrannie  de  divers  feigneurs ,  foit  pour  rétablir  la  liberté  des 
élections  &l  la  difcipline  ecclefiaftique.  Aufli  les  princes  ne  difpoferent-ils  plus 
fi  defpotiquement  comme  dans  le  fiecle  precedent ,  des  évêchez  2c  des  ab¬ 
bayes  y  2c  quoi  qu’ils  euflènt  toujours  beaucoup  de  part  aux  élections, elles fe 
firent  cependant  d’une  maniéré  plus  canonique  :  le  clergé  &  le  peuple  y  concou- 
roient  encore  également  au  commencement  du  Xll.fiecle,  comme  011  voit 
dans  celle»  de  Richard  archevêque  de  Narbonne.  itr.paoo. 

Tout  le  domaine  de  la  province  étoit  donc  partagé  au  XII.  fiecle  entre  les  lxx/. 
feigneurs  féculiers,  2c  les  ecclefiafliques.  Ils  rendirent  fouvent  les  uns  &  les  Pla!*» 
autres  la  juftice  par  eux-mêmes,  ou  la  firent  adminiftrer  par  leurs  officiers.  Les  g.iiers.&autrc*- 
dames  même  n’en  négligèrent  pas  l’exercice ,  &  on  avù  qu’Ermengarde  vi-  ol[^‘"s(^cs 
comteflè  de  Narbonne  s’y  maintint  fous  la  prote&ion  du  roi  Louis  le  Jeune.  ga"uts. w' 
Lorfque  les  grands  vaflaux  tenoient  les  plaids  2c  rendoient  eux-mêmes  lajuftice, 
ilsétoient  affiftez  de  leurs  principaux  barons  y  terme  b  dont  on  fe  fervoit  déjà  bfrp.m, 
dans  la  province  dès  le  commencement  du  XII.  fiecle  pour  défîgner  leurs  +0|,°** 
principaux  vaflaux  immédiats ,  qu’on  appelloit  auffi  bons  hommes  y  &  qui  leur 
lervoient  de  confeillers  dans  leurs  autres  affaires  plus  importantes  ,  comme 
dans  les  traitez  de  paix,  d’alliance  ,  2cc.  Les  grands  vaffaux  étoient  aulli  affi¬ 
liez  dans  leurs  plaids  e  par  leurs  viguiers  2c  autres  officiers,  2c  quelques  jurif-  c 
confultes  5  2c  c’eft  ce  qui  compofoit  leur  cour. 

11  y  avoit  deux  fortes  de  viguiers  dans  la  province  au  Xll.fiecle.  Les  uns 
pofTedoicnt  héréditairement  leur  viguerie ,  en  vertu  de  l’inféodation  qui  en 
avoit  été  faite  à  leurs  ancêtres.  Ceux-ci  étoient  mis  au  rang  des  barons,  ôc 
pofledoient  ordinairement ,  par  cette  même  inféodation  ,  une  partie  du  do¬ 
maine  &  de  la  juftice  de  la  ville  dont  ils  avoient  la  viguerie  ,  2c  en  fai- 
foient  hommage  aux  principaux  feigneurs.  Tels  étoientau  commencement  de 
ce  fiecle  les  A  y  mon  s  à  Montpellier  ,  Loupée  Bernard  fon  frere  àBeziers,  qui 
prenoient  leurfurnom  de  cette  ville,  2e  qui  tenoient  en  fief  du  vicomte  Bernard- 
Aton,  à  caufe  de  la  viguerie  inféodée  de  la  même  ville, le  tiers  de  lajuftice, 
excepcé  celle  des  crimes  d’homicide  &  d’adultere. 

Outre  ces  viguiers  héréditaires,  qui  étoient  proprement  des  feigneurs,  les 
comtes  2c  les  vicomtes  en  avoient  d’autres  au  Xll.fiecle  pour  l’adminiftra- 
tion  de  la  juftice.  Ces  derniers  ne  pofledoient  leurs  charges  qu’à  vie  5  6 c  ils 
étoient  pris  parmi  les  familles  les  plus  nobles,  2c  les  plus  anciens  chevaliers 
du  païs.  C’eft  ainfi  que  le  vicomte  Trencavel  avoit  des  viguiers  à  Carcaffou- 
ne,  à  Béziers,  dans  le  Rafez  ,  2cc.  Les  principaux  vaflaux  avoient  des  bailes 
pour  l’adminiftration  de  leurs  domaines ,  2c  ces  bailes  rendoient  aulfi  quelque¬ 
fois  la  juftice  au  nom  des  feigneurs  qui  n’avoient  pas  de  viguiers. 

Il  ne  paroît  pas  que  les  Amples  feigneurs  de  château  ou  de  paroifle  ,  exer¬ 
çaient  alors  comme  aujourd’hui  la  juftice  civile  2c  criminelle ,  mais  feulement 
la  féodale,  fur  leurs  vaflaux.  L’appel  d  d’un  vaflal  inferieur  à  fon  fuzerain,  n’a-  a  f.4l9. 
voit  lieu  que  lorfque  le  premier  refu foit ,  ou  n’etoit  pas  en  état  de  rendre  la 
juftice  :  lorfqu’il  s’elevoit  quelque  différend  entre  des  feigneurs  d’une  égale 
condition,  ils  choififfoient  ordinairement  des  arbitres  pour  la  terminer. 

Nous  n’entrerons  pas  ici  dans  le  détail  des  divers  droits  féodaux  qui  étoient  ï-xxir. 
en  ufage  dans  le  XII.  fiecle  -,  on  peut  en  voir  l’énumeration  dans  plufieurs 
titres  de  ce  fiecle.  Nous  nous  contenterons  de  remarquer,  en  general  que  les  niaux.  Grcf- 
nobles  ou  gentilshommes  n’étoient  ordinairement  tenus  qu’à  la  fidelité  2c  au  fi«i&a0UiICSi 
fervice  militaire  envers  leurs  feigneurs.  Parmi  les  droits  domaniaux  des  grands 
fsi»neurs,oncomprenoitles  amendesSe  les  confifcations,le  droit  de  vendre  &  de 
débiter  le  fel,  les  émolumens  des  greffes  2c  du  tabellionage,&c.  Anciennement 
les  parties  choififfoient  ceux  qu’ils  vouloient,ôc  ordinairement  des  ecclefiafti. 
ques  ou  des  religieux  ,  comme  prefquc  les  feuls  qui  fuflènt  inftruits  dans  les 
lettres,  pour  rédiger  ou  écrire  leurs  a&es  :  mais  au  XII.  fiecle  les  grands  vaf- 
iàux  de  la  couronne  érigerenc  en  titre  d’office  le  droit  de  dreffer  2c  d’écrire  les 


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An.iï6j. 

aArehru  de  l'é¬ 
pi  jr  (LBcxjtrs, 
pr  to.*. 

*  Sigiliatum 
tncum. 


Lxxm. 

Mouooycs  de 
h  province* 
Péages. 

bV.éU  tablé 
fur  U  mot 
mooüoyc. 


cVJr.p.  éoi. 
&*• 

LXXIV. 
DroirRomain. 
Succcffioos , 
Partages  , 
Fraoc-allcu. 
PooauofiS. 


d  D ueh.  to.  4. 
p.7\i-&  ftP 
eVPrp  j  47. 

&c- 


{  Pr.p.  41c. 
&Je1‘ 


yn  HISTOIRE  GENERALE 

a&es  de  leurs  cours ,  Sc  ceux  des  particuliers,  &  donnèrent  l’exercice  de  cet  office 
à  ferme ,  ou  le  vendirent  à  vie  à  de  certaines  perfonnes.  C’eft  ainli  que  Roger 
vicomce  de  Beziers  vendit  en  1180.  à  un  nommé  Bernard  Cotte,  le  tabellio. 

'  »>  nage  de  fa  cour ,  avec  le  droit  de  fceller  de  fort  fceau *  j  droit,  ajoûte-t  il ,  que 
»  le  vicomte  Trencavei  mon  pere  ,  avoir  donné  autrefois  au  même  Bernard 
»  Cotte ,  qu’il  lui  avoir  confirmé  quelque  tems  après  ,  &  qu’il  lui  avoir  ôté 
»  injuftemenc  dans  la  fuite.«  Roger  le  lui  vendit  conjointement  avec  l’évêque 
de  Beziers,  moyennant  la  fomme  de  mille  fols  Melgoriens  }  «  enforte  qu’il 
»  n’y  auroit  que  lui  feul ,  ou  fes  fubftituts  pendant  fa  vie ,  qui  pourroient 
«écrire  les  chartes  de  Beziers  &  de  Ion  territoire.»»  On  voit  par  là  qu’il  n’y 
a  voit  alors  dans  cette  ville  qu’un  feul  notaire  ou  tabellion  ,  qui  étoit  en  même 
tems  greffier  de  la  cour  du  vicomte ,  &  de  celle  de  l’évêque. 

L’un  des  principaux  droits  domaniaux  des  grands  vaflaux  qui  jouifloient  des 
droits  régaliens ,  étoient  les  profits  fur  la  monnoye  qu’ils  faifoient  fabriquer. 
On  a  déjà  parlé  de  celle  de  Melgueil  qui  appartenoit  aux  comtes  de  ce  nom. 
Les  comtes  de  Touloufe  avoienc  dans  la  province  celles  deTouloufe  &  de  faint 
Gilles  b  5  les  Trencavels  en  faifoient  battre  à  CarcafTonne  &  à  Beziers,  &  les 
vicomtes  de  Narbonne  dans  cette  ville,  la  monnoye  du  Pu  y  appartenoit  aux  évê. 
ques.  Enfin  il  eft  fait  mention  dans  divers  titres  du  XII.  fiecle  de  celle  d’Ufez. 
Cefont-là  toutes  lesmonnoyes  de  la  province  que  nous  trouvons  dans  ce  fiecle. 
Les  grands  vaflaux  retiroient  auffi  alors  le  profit  des  mines  d’argent  qu’on  dé- 
couvroir  dans  leur  domaine. 

Un  autre  droit  domanial  des  feigneurs  étoit  les  péages  qu’ils  levoient  fur  les 
grands  chemins ,  fous  prétexte  du  foin  qu’ils  prenoient  de  veiller  à  leur  fd- 
reté  ,  mais  véritablement  dans  la  vue  d’augmenter  leurs  revenus ,  &  de  s’en¬ 
richir  aux  dépens  des  etrangers  8e  des  marchands  qu’ils  ranqonnoient.  Cet 
établiflèment  arbitraire  de  nouveaux  péages  de  la  part  des  feigneurs ,  engagea 
fouvent  nos  rois,  depuis  Louis  le  Jeune,  à  prendre  la  défenfe  du  public,  &  i 
modérer  la  cupidité  des  feigneurs ,  en  les  obligeant  de  gré  ou  de  force  à  difeonti- 
nuer  les  brigandages  qu’ils  exerqoient  à  cette  occafion. 

Laloi  Romaine  fut  la  feule  en  vigueur  dans  la  province  durant  le  XII.  fiecle, 
comme  elle  l’avoit  été  dans  le  précèdent.  Nous  en  avons  des  preuves  en  divers 
monumens,  entr’autres  dans  une  lettre  que  le  roi  Louis  le  Jeune  écrivit  à  Er- 
mengarde  vicomtefTe  de  Narbonne  '.  C’eft  conformément  à  ces  loix  qu’on 
regloit  les  contrats  de  mariage  e  &  les  fucceffions ,  8e  que  les  plus  grands  fei¬ 
gneurs  difpofoient  de  leurs  domaines  en  faveur  de  leur  fils  aîné  ,  ou  les  fubfti. 
tuoient  aux  cadets,  8e  ne  donnoient  à  ceux-ci  qu’une  légitimé.  Tantôt  les 
comtes  ,  les  vicomtes ,  ôc  les  autres  grands  feigneurs  partageoient  leurs  do¬ 
maines  entre  leurs  fils ,  &  tantôt  lorfque  leur  famille  étoit  nombreufe  ,  ilsfe 
contentoient  d’avantager  les  aînez.  C’eft  ainfi  que  dans  les  maifons  des  comtes 
de  Touloufe  8e  de  Foix  ,  dans  celles  des  Trencavels  &  des  feigneurs  de  Mont¬ 
pellier  ,  nous  voyons  quelquefois  les  aînez  partager  avec  leurs  puînez  l’here- 
dité  de  leurs  peres ,  8e  quelquefois  les  pofTeder  prefque  entièrement  à  l’exclu- 
fion  de  leurs  freres  qui  n’avoient  qu’un  fimple  apanage  ou  légitime.  Onavû 
que  les  filles  fuccedoient  dans  la  province  aux  plus  grands  fiefs  au  défaut  de 
mâles.  Au  refte  la  profefîion  monaftique  n’empêchoit  pas  encore  de  f  fucceder 
au  comment,  --nt  du  XII.  fiecle,  ou  du  moins  les  religieux  étoient  alors 
capables  des  en.-s  civils. 

Quoique  les  grands  feigneurs  eufîcnt  fait  tous  leurs  efforts  pour  multiplier  les 
fiefs  &  fe  faire  un  grand  nombre  de  vaflaux ,  une  grande  partie  des  biens  de  cette 
province  étoient  cependant  pofledez  en  alleu  au  XI I .  fiecle ,  c’cft-à-dire  fans  au¬ 
cun  fervice  féodal  5  ce  qu’on  voie  entr’autres  par  diverfes  donations  faites  aux 
églifes,  &  par  la  foumiffion  volontaire  de  plufieurs  gentilshommes  qui  pofle- 
dant  leurs  terres  en  alleu,  les  donnèrent  à  divers  grands  vaflaux  dont  ils  recher- 
choient  l’amitié  ôc  la  prote&ion  ,  &  dont  ils  les  reprirent  enfuite  en  fief. 
Il  eft  remarquable  que  dans  la  plupart  des  a&es  du  XII.  fiecle,  &  des  précé- 
dens,  lemari,la  femme  &lesenfans,  fouvent  même  ceux  qui  étoient  encore 
au  berceau ,  y  intervenoient ,  comme  fi  tout  le  bien  d’une  famille  eût  été  pofïe- 
défolidairement  par  tous  ceux  qui  la  compofoient.  Nous  remarquons  encore 

que 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.XVIlL'  ;i3 _ 

que  dans  les  donations  faites  en  faveur  des  églifes,  les  donateurs  recevoient  An.!  165. 
ordinairement  une  petite  fomme  des  donataires,  fans  quoi  on  n’auroit  pas 
crû  '  l’aéte  fi  valable.  Enfin  on  a  diverfes  donations0  de  ce  fiecle  &  des  pré-  *KPr-M4+. 
cédens,  en  faveur  des  cathédrales  8c  des  abbayes ,  dans  lefquelles  les  donateurs  bfv.;., 
ftipulent  qu’ils  y  feront  reçus  pour  chanoines  ou  pour  moines  eux  êc  leurs  c*‘tl 
enfans ,  quand  ils  jugeront  à  propos  d’embraflèr  l’état  religieux.  On  voit^88*’ 
au/fi  plufieurs  femmes  qui  étoient  reçues  moinetfes  ou  chanoinejjes  en  divers 
monafteres  d’hommes  -,  enforte  que  quoiqu’elles  demeuraient  dans  le.fiecle', 
elles  palToient  le  refte  de  leur  vie  foumifes  à  la  réglé  8c  aux  fuperieurs  de  la 
maifon.  Cette  dévotion  ,  ôc  celle  d’embraffer  la  profeffion  religieufe  à  l’arti¬ 
cle  de  la  mort ,  fut  afTez  ordinaire  dans  la  province  8c  ailleurs  pendant  les 
XI.  &  XII.  ficelés. 

L’un  des  droits  dont  les  grands  feigneurs  furent  le  plus  jaloux  dans  ces  fie-  Gu^sVp'Jtt[. 
clés,  &  qu’ils  mirent  le  plus  en  ufage  ,  fut  celui  de  venger  à  main  armée  leurs  cultes  aû- 
propres  querelles ,  de  fe  faire  la  guerre ,  8c  d’ufer  de  marques  c  ou  de  reprefail- 
les.  Ces  défordres  cauferent  beaucoup  de  troubles  dans  la  province ,  8c  oblige- 
rent  les  évêques  à  renouveller  de  tems  en  tems  les  articles  de  la  trêve  de  Dieu, 
établie  dans  le  païs  vers  le  milieu  du  XI.  fiecle.  Mais  comme  ces  précautions 
ne  produifirent  prefque  aucun  effet ,  on  établit  des  afyles  8c  des  lieux  de  lüreté 
aux  environs  des  églifes  ou  des  monafteres  ,  ou  même  dans  quelques  ch.i. 
teaux  8c  villages  qu’on  fonda,  8c  à  qui  on  donna  le  nom  de  Salvitas ,  en  la¬ 
tin,  8c  de  Sauvetat  ou  Salvetat  en  langage  du  pais  :  nom  qui  eft  demeuré  de¬ 
puis  à  plufieurs  lieux  de  la  province.  Les  églifes  d  8c  les  cloîcres  des  monafteres  d 
îervoient  auifi  d’afyle  aux  malfaideurs  ,  excepté  certains  crimes  énormes  , 
comme  l’homicide  volontaire,  dont  il  étoit  permis  de  prendre  les  coupables 
dans  les  lieux  privilégiez. 

Les  guerres  particulières  qui  furent  prefque  continuolles  dans  la  province 
durant  le  XII.  fiecle,  obligèrent  d’un  autre  côté  les  feigneurs  ôc  leurs  vaf- 
faux  à  fe  fortifier,  pour  fe  mettre  à  l’abri  des  entreprifes  de  leurs  ennemis  j 
ce  qui  donna  lieu  à  la  conftruclion  d’un  grand  nombre  de  châteaux  ^enforte 
qu’on  donnoit  alors  prefque  généralement  le  nom  de  châteaux,  aux  petites  vil¬ 
les  8c  aux  bourgs  du  pats. 

Lanoblcffè  telle  qu’elle  eft  aujourd’hui  reconnue  en  France,  étoit  parfai-  ^obiVe* 
tement  établie  dans  le  Languedoc  au  XII.  fiecle.  Sa  principale  fonction  con-  chev°ii«s? 
fiftoit  dans  l’exercice  des  armes ,  qu’elle  allioic ,  comme  les  anciens  Romains,  «- 
avec  les  fonctions  judiciaires.  Les  plus  grands  feigneurs  préfidoient  en  effet  fcTgncms  fécu. 
aux  plaids  ,  8c  rendoient  eux-mêmes  la  juitice  affiliez  de  leurs  principaux  vaf-  tiets&cccic- 
faux ,  qui  de  leur  côté  exerçoienc  les  charges  de  viguier ,  6c  étoient  fouvent  pris 
pour  arbitres  dans  les  différends  des  particuliers.  On  qualifioit  cous  les  nobles 
en  general  chevaliers  *  :  quelques-uns  d’encr’eux  fe  donnoienceux-mêmcs  cette  *  Milites, 
qualité  dès  le  commencement  du  XII.  c  fiecle  ,  mais  c’étoic  affèz  rare.  O11  crr^.+is. 
ignoroicdansce  fiecle  le  terme  de  Bomicellus ,  Damoifeau,  qu’on  employa  dans  bel¬ 
les  fuivans,  pour  lignifier  un  fils  de  chevalier.  Le  titre  d’écuyer  f  étoit  ce-  f  Scmifer. 
pendant  alors  en  ufage  pour  diftinguer  les’  nobles  qui  n’avoienc  pas  encore 
reçu  la  ceinture  militaire. 

Quoique  les  familles  nobles  fuflênt  diftinguées  des  autres  dans  la  province 
au  XII.  fiecle,  on  a  delà  peine  cependant  à  luivre  leur  genealogie  ,à  caulêque 
les  noms  propres  n’étoienr  pas  encore  fixez  parmi  elles  :  en  effet ,  on  voie 
alors  allez  fouvent  le  fils  6c  le  frere  porter  un  furnom  different  de  celui  de 
fon  pere  ou  de  fini  frere  ,  8c  les  puînez  prendre  leur  dénomination  du  .princi¬ 
pal  château  qui  leur  écoic  échil  en  parcage.  C’eft  ainfi  que  dans  la  maifon 
de  Montpellier,  les  cadets,  pour  fe  diftinguer  de  leurs  aînez  quiavoienc  le 
même  nom  de  baptême,  s’appelloient  l’un  Guillaume  de  Tortofe  ,  6c  l’autre 
Guillaume  d'O mêlas  ,  8c  que  le  fils  de  ce  dernier  prit  le  furnom  d 'Orange.  D’au¬ 
tres  de  cette  maifon  fe  donnèrent  des  fobriquets ,  comme  ceux  de  Guerrejat 
fie  de  Burtundion.  Dans  celle  de  Sabran  ,  le  puîné  prit  le  furnom  d’Amici. 

Raymond  f  de  Caftries  fe  dit  en  1135.  fils  de  Pons  de  Montlaur  5  6c  en  71. 

11 36.  Arnaud  de  Vergnole,  fils  de  Guillaume  d’Afnave.  Une  autre  difficulté 
pour  diftinguer  en  ce  fiecle  les  familles  nobles  du  païs  d’avec  celles  qui  ne 
T  orne  II.  T  c  t 


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no* 


_ 5»4  HISTOIRE  GENERALE 

An>  liéj.  l’étoient  pas  ,  c’eft  que  quand  les  furnoms  furent  mis  en  ufage,  les 

blés  prirent  ordinairement  le  leur  du  principal  château  de  leur  domaine, 
ou  des  villes  dans  lefquelles  ils  polTedoicnt  quelque  fief  5  de  là  vient  que 
nous  voyons  un  fi  grand  nombre  de  gentilshommes  de  la  province  qui  pre. 
noient  alors  le  furnom  de  Touloufe,  de  Carcaffonne  ,  de  Beziers,  de  Nar. 
bonne  ,  ôcc.  or  les  roturiers  prirent  alors  très-fouvent  leur  furnom  de  la  ville 
ou  du  château  où  ils  demeuroient ,  6c  ni  les  uns  ni  les  autres  n’ajoûtoient 
communément  aucune  qualité  à  leur  nom. 

On  a  remarqué  que  Roger  vicomte  de  Carcaflonne  fe  fervoit  d’un  fceau 
*  v.dm «n  u  8  o.  &  on  ne  fqauroic  douter  que  les  autres  grands  feigneurs  de  la  province 
f  7*'-  n’en  euflent  *  aufli  alors  :  mais  comme  il  n’en  relie  aucun  de  ce  tems-là,  on  ne 
fqauroit  dire  précifément  quelles  étoient  leurs  armoiries.  On  peut  fuppofer 
cependant  fort  vraifemblablement  qu’elles  étoient  les  mêmes  que  celles  dont 
ils  fe  fervirent  dans  les  fiecles  fuivans.  Les  comtes  de  Touloufe  fcelloient 
h  v.otii.thr.  leurs  chartes  de  leur  fceau  ou  anneau  dès  l’an  b  1 1  ré.  8c  on  voit  qu’ils  avoient 
une  croix  pour  armes  en  1171.  ainfi  qu’il  eft  marqué  dans  un  vidimus c  d’une 
p -  *97.  de  leurs  chartes  de  cette  année.  On  trouve  la  même  croix  vuidée  , pomme. 
JW»!**'*  c^e  &  clechéc  fur  une  piece  de  monnoye  d  d’argent  qu’on  attribue  à  Ray. 
lon.&je'i.  mond  de  S.  Gilles  comte  de  Touloufe ,  mais  qui  paroît c  être  plus  probable, 
ment  du  comte  Raymond  V.  fon  petit-fils. 

Ün  auceur  f  du  dernier  fiecle  attelle  avoir  vu  un  Iceau  en  plomb  de  l’an 
c  r.ci  JejfMv.  1 13  j.  pendant  à  un  acte  de  Guillaume  VI.  feigneur  de  Montpellier ,  fur  le. 
fâ"r.tu,  de  quelétoit  reprelenté  d’un  côté  un  homme  alfis  lur  une  chaife  jouant  de  la  har. 
Mtntptllftrt.i*  pe,avec  ces  mots  autour  :  Sigiiï.  Guiü.  domini  de  Montepeffulano  j  &  de  l'autre  im 
chevalier  armé  de  toutes  pièces  fur  un  cheval  de  bataille  ,  tenant  un  bouclier 
dans  fa  main,  fur  lequel  paroifloit  un  befant  avec  la  même  infeription autour. 
Cec  auceur  a  recours-cnluire  aux  fables  pour  expliquer  l’origine  des  armoiries 
des  feigneurs  de  Montpellier  î  il  prétend,  fans  en  apporter  aucune  preuve, 
que  les  derniers  de  ces  feigneurs  porcoient  un  tourteau  de  gueules  en  champ 
d’argent  :  il  confond  les  armes  que  la  ville  de  Montpellier  prit  long-tems 
après ,  avec  celles  de  ces  anciens  feigneurs ,  6c  ajoute  que  ceux-ci  firent  quel¬ 
ques  autres  changemens  dans  les  leurs.  Tout  ce  qui  rcfulte  de  fonraifonne- 
ment,  c’eft  ce  que  ces  feigneurs  avoient  pour  armoiries  un  bêlant  ou  un  tour, 
teau,  qu’on  ne  iqauroitdiilinguer,  parce  que  le  blafon  n’eftpas  marqué  dans 
les  anciens  fceaux. 

Enfin  nous  avons  un  fceau  de  Bernard  d’Andufe  de  l’an  1174.  que  nous  don. 
nerons  ailleurs  «avec  les  autres  de  l’ancienne  noblefle  de  la  province.  Il  ne 
paroît  aucunes  armes  dans  ce  fceau.  Le  feigneur  d’Andufe  y  eft  reprefenté  à 
cheval  des  deux  cotez  }  fqavoir  dans  le  fceau,  le  cafque  en  tête  6c  l’épée  à  la 
main,  6c  dans  lecontrefcel  fonnant  du  corde  chafle.  Il  y  a  dans  l’une  &  l’au¬ 
tre  figure  un  chien  de  chafle  qui  le  fuit. 

.  Les  évêques  8c  les  abbez  avoient  aufii  leurs  fceaux  particuliers  au  XII.  fie- 

cle ,  mais  ils  n’y  mettoient  pas  leurs  armes  j  ce  qu’on  peut  voir  dans  le  fceau 
g  sw.  Juiui.  en  plomb  qui  nous  relie  1  de  Pierre  archevêque  de  Narbonne  de  l’an  iiji. 
i»tu*..L.wg ue-  La  grandeur  de  ce  fceau  eft  de  deux  pouces  deux  lignes  de  diamètre.  L’arche- 
v.r*ssi7»  v^ue  y  eft  reprefenté  un  peu  plus  qu’à  demi  corps,  avec  la  chappe  6de  pal¬ 
lium  ,  mais  fans  mître ,  donnant  la  bénédiction  de  la  main  droite ,  &  tenant 
le  livre  des  évangiles  de  la  gauche.  Il  en  eft  de  même  du  fceau  d’Aldebert 
d’Ufez  évêque  de  Nifmes,  de  l’an  1 1 74.  Il  n’y  a  d’un  côté  que  l’image  de  la 
Vierge  patrone  de  la  cathédrale  de  cette  ville,  6c  de  l’autre  le  Ample  nom  d’AL 
deberc. 

On  a  vil  ailleurs  h  que  les  citoyens  des  principales  villes  de  la  province  for- 


LXXVII. 

Tiers  eut. 

Oiiginc  des 
communes  & 
des  m.igilhacs 

municifuux  ^  _ 

des piiucipaics  moient,  avant  la  fin  du  XI.  fiecle,  une  efpcce  de  corps  diltingué  des  eccle- 
v'lf  ,^e  r-  fiaftiques  6c  des  nobles.  On  trouve  la  même  diftinclion  dans  divers  monumens 

pu.vma.Cou-  T  _  .  »  ;i  _ •  »  /  ■  .  . A., 


luitic.  p.vtticu-  du  fiecle  fuivant,  ou  il  eft  fait  mention  des  bourgeois  des  differentes  villes  du 
xiy  païs,  lefquels  tenoient  le  milieu»  entre  les  chevaliers  ,  ou  la  noble/Te,  6c les 
’  fèrfs.  Ces  bourgeois  compoferent  une  nouvelle  condition ,  qu’on  nomma  dans 
i/'r.;.i7,.jss.  fu{ce  tieri  pOUr  je  diftinguer  du  clergé  8c  de  la  noblefle. 

Ou  rapporte  communément  l’origine  des  bourgeoifles  f à  l’établiffement  des 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.  XVIII. 


S'S 


coimmunes  ou  afïôciation  des  principaux  habicans  des  villes,  faite  en  France  An.hôj. 
au  commencement  du  XII. lîecle.  Nous  n’avons  rien  en  effet  de  plusancicn 
pour  celles  de  la  province  ;  6c  on  ne  voit  qu’en  1 107. 1  des  bourgeoisie  Car.  aJi,v- 
caffonne  *  en  1113.  des  bourgeois  de  Montpellier  }  en  nu.  b  des  bourgeois  de  h  M'9* 
Beziers ,  6c  en  1 13 1. c  des  cou  fuis  de  cette  ville  5  en  1 141 .  des  confuls d  de  Mont-  ur 

pellier  5  en  1 144/  des  confuls  de  Nifmes  i  en  1148.  des  confuls  de  Narbonne,  ' 

êcen  1160.  des  bourgeois  de  Cadres.  Enfin  nous  ne  trouvons  que  vers  le  milieu 
du  même  fiecle  ce  qu’on  nommoit  à  Touloufe  le  commun  confeil  ou  le  chapitre ,  5'6'°c' 
compofé  des  principaux  habicans  6c  des  capitulaires  ou  magiftrats  muni¬ 
cipaux,  qu’on  appelloir  confuls  dans  les  autres  villes  de  la  province.  Ces 
magiftrats  étoient  clus  tous  les  ans  par  les  communes  &  les  corps  des  villes, 

6c  ils  avoient  la  principale  adminiftration  de  la  police  ■>  ce  qui  fubfifte  en¬ 
core  de  nos  jours.  Il  y  a  cependant  quelque  différence  entre  l’origine  des  com¬ 
munes  de  Languedoc  ,  êc  celles  de  France  :  car  la  plupart  de  ces  dernieres 
furent»'  établies  par  l’autorité  de  nos  rois,  indépendamment  des  feigneurs  fvMai.*d 
qui  avoient  le  domaine  des -villes  5  au  lieu  que  les  bourgeoifies  &  les  com- 
munes  des  villes  de  la  province  furent  inftituées  par  leurs  feigneurs  im-  g  Vjc»ni comt. 
médiats,  qui  leur  accordèrent  divers  privilèges  g  ,  firent  rédiger  leurs  cou-  p  »l-  ,«4- 
tûmes  particulières,  &  leur  donnèrent  des  loix  de  police  &  de  gouvernement, 

C’eftcequi  paroît  entr’autres  par  les  coutumes  b  que  les  vicomtes  de  S.  Antonio  r-p.fio. 
en  «ouergue  donnèrent  vers  l’an  1136.  aux  habitans  de  cette  ville,  6ci  fes  con- 
fuis  qui  etoient  au  nombre  de  douze  :  dans  lefquclles  ils  permettent  le  duel  ÔC  ».jt.  \ 
l’épreuve  du  fer  chaud  du  confentcment  des  parties,  abolillent/rr  queftes  6c  tou. 
tes  les  autres  impofitions  qui  ne  feroient  pas  volontaires,  &  donnent  une  en¬ 
tière  franchife  6c  fureté  à  tous  ceux  qui  viendroient  à  la  fête  de  S.  Antonindu 
mois  de  Septembre,  huit  jours  avant,  6c  autant  après  cette  fête. 

Les  villes  de  Languedoc  qui  obtinrent  de  leurs  feigneurs  immédiats  l’éca- 
bliflement  de  leurs  communes,  ne  firent  que  rentrer  dans  l’ufâgc  où  laplii- 
parc  avoient  été  fous  la  domination  des  Romains  ,  peut-être  même  fous  celle 
des  Vilîgots  6c  des  rois  de  la  première  race  ,  de  fe  gouverner  par  leurs  pro¬ 
pres  loix  6c  leurs  propres  magiftrats  :  autre  différence  entr’elles  6c  les  villes  du 
nord  de  la  France  qui  n’avoient  jamais  joui  d’une  pareille  liberté  avant  le  XII. 
ficelé. 

Les  confuls  6c  les  bourgeois  depuis  leur  établiflement,  prirent  parc  au  gou¬ 
vernement  des  villes  de  la  province  fous  l’autorité  des  comtes ,  des  vicom¬ 
tes  ,  6c  des  autres  feigneurs  qui  en  avoient  le  domaine.  Ils  affifterent  ‘  fouvent 
aux  plaids  ,  6c  y  prirent  féance  après  les  chevaliers.  A  Touloufe  ,  ils  for- 
moicnc  la  cour  k  des  comtes  ;  6c  ces  princes  ou  leurs  viguiers  en  leur  ab- 
fence  préfidoient  à  l’aflemblée  qu’on  appelloit  du  commun  1  confeil  des  bour¬ 
geois.  Cette  affemblée  ,  dont  les  capitouls  ou  confuls  étoient  les  chefs , 
adminiftroit  une  partie  de  la  juftice,  fur. tout  dans  les  matières  de  police. 

Enfin  rien  ne  faic  tant  voir  la  liberté  dont  jouifloient  les  principales  villes  de 
la  province  au  XII.  ficelé,  que  leurs  allocutions  pour  le  commerce  avec  plu. 
fieurs  villes  d’Italie  qui  fe  gouvernoienc  en  républiques  5  afTociations  dont  nous 
aurons  fouvent  occafion  de  parler  dans  la  fuite ,  6c  dont  l’une  des  plus  ancien¬ 
nes  eft  celle  que  l’archevêque,  la  vicomccffe  &  le  peuple  de  Narbonne  firent 
en  1 1 66. m  avec  la  république  de  Genes.  Au  refte  les  bourgeois  des  villes  for-  mPr-w- *• 
merenc  depuis  leur  établilfemenc  une  milice  particulière  ,  qui  étoit  obligée 
à  diverfes 0  chevauchées  envers  les  feigneurs ,  c’cft-à-dire  à  les  fuivre  à  la  guerre  nPr./>.j7<. 
en  certains  cas. 

Il  réfulte  de  ce  que  nous  venons  de  rapporter  que  les  habitans  de  Languedoc  £mu,nc!cc 
étoient  difti liguez  au  XII.  fiecle  en  libres  6c  en  ferfs,  6c  ceux-là  en  noblesôc  jmfsdc n Pto- 
cn  bourgeois.  Ces  derniers  s’appliquoient  ordinairement  au  commerce  ,  qui  ™(£r*'lbb‘as 
étoit  florifTant  dans  la  province,  6c  qui  y  attiroit  quantité  d’étrangers,  entr’au-  cct  rcs' 
très  les  Pifans, les  Génois, 6c  les  Lombards.  Ces  peuples  y  avoient  des  établiflè- 
mens  fixes, &  y  jouifloient  de  plufieurs  privilegcs.il  y  avoitauffi  beaucoup  dejuifs  op^  ^ 
dans  les  principales  villes  du  païs  ,  où  ils  occupoient  0  des  quartiers  féparez.  r°q.  '  1  9 
Nous  fommes  inftruits  à  peu  près  de  l’état  où  étoit  alors  cette  nation  dans ,  P 
le  Languedoc,  par  la  relation  du  voyage  F  que  Benjamin  Juif  deTudelle  en 
T  orne  II.  T  1 1  ij 


i  Pr.p.4iî. 

X.CAtel  il:d. 
I  Duch.ed.  4. 


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HISTOIRE  GENERALE 


t  Confltnt. 
TE  mptr.not.in 
Êenjum.ibtd. 
*•*44. 


ÀN^uéj.  Navarre ,  y  entreprit  vers  l’an  1 170.  fie  avant  l’an  1 17}.  pour  palTer  delà  en 
Orient.  Cet  auteur  ayant  traverlê  les  Pyrénées,  arriva  à  Narbonne ,»  ville, 
Mnnftts.  n  dit_il  ^  maitreffe  *  pour  la  loi ,  d’où  elle  fe  répand  dans  toutes  les  provinces. 

«On  y  voit  des  docteurs  fameux ,  parmi  lefquels  eft  le  rabbin  Kalonime , fils 
«du  grand  prince  6c rabbin  Théodore  de  bienheureufe  mémoire,  de  la  race 
«  de  David.  Il  poflede  de  grands  domaines  fous  la  protection  des  princes  du 
«pais.»  Les  Juifs  de  Narbonne  poiTedoient  donc  alors  des  fonds  de  terre, 
comme  anciennement  fous  le  régné  de  l’empereur  Louis  le  Débonnaire.  Ben¬ 
jamin  parle  encore  de  trois  autres  rabbins  de  Narbonne  des  plus  eftimez, 
qui  de  même  que  plufieurs  autres ,  s’appliquoient ,  dit-il,  à  l'étude  de  la  fa~ 

g e([e<  II  compte  300.  Juifs  dans  la  fynagogue  de  cette  ville.  De  Narbonne  notre 

voyageur  fe  rendit  à  Beziers  où  il  trouva  une  fynagogue  fort  Itudieufe,  & 
deux  rabbins  qui  excelloient  par  deflùs  les  autres.  Sa  routeleconduifitàMont. 
pellier,  »  ville,  dit-il  ,  très-heureufemenî  lîtuéc  pour  le  commerce  à  deux 
»  lieues  de  la  mer ,  6c  fort  fréquentée  par  toutes  les  nations ,  tant  chrétiennes, 
«  que  mahometanes.  On  y  trouve  des  négocians  ,  ajoute  t-il,  du  pais  des  Al- 
«  garbes,  (ce  qu’on  interprété  a  de  l’Afrique,)  de  la  Lombardie,  du  royaume 
«de  la  grande  Rome,  de  toute  l’Egypte  ,  de  la  terre  d’Ifraël,  delà  Grece.de 
«la  Gaule,  de  l’Efpagne  6c  de  l’Angleterre  :  enforte  qu’on  y  voit  des  gens  de 
«  toutes  les  langues,  avec  les  Génois  6c  les  Piians.  Il  y  a  des difciples  très. 
«célébrés  de  la  fagelLe  ,  c’eft-à-dire  des  rabbins.»  Il  parle  de  cinq  des  princi¬ 
paux  d’entr’eux  ,  6c  dit  que  parmi  les  Juifs  de  Montpellier  il  y  en  avoir  de 
très-riches ,  qui  fe  diftinguoient  également  par  leurs  libéralités  envers  les  paît, 
vrcs  ,  6c  par  la  protection  qu’ils  accordoient  aux  affligez. 

Benjamin  fe  rendit  enfuite  à  Lunel  où  il  y  avoir  une  fameufe  fynagogue  qui 
s’occupoit  nuit  6c  jour  à  l’étude  de  la  loi.  »  C’eft-là  ,  dit-il  ,  où  notre  grand 
«docteur  6c  maître  ,  Mefchulam  ,  d’heureufe  mémoire,  aenfeigné  autrefois, 
»6coù  il  a  laide  cinq  fils  tous  rabbins  très-lhges  ôc  très-riches ,  6c  dont  le  der* 
«nier  nommé  Afcher,  s’eft  entièrement  retiré  du  monde  par  dévotion,  pour 
«s’appliquer  uniquement  jour 6c nuit  à  la  méditation  de  la  loi.  Il  meneunevie 
«  très-mortifiée,  s’abftientde  manger  de  la  viande  ,  êefait  de  grands  progrei 
«dans  la  fcience  duTalmud.  »  Benjamin  parle  encore  de  quatre  autres  fa¬ 
meux  rabbins  de  Lunel ,  fçavoirdu  grand  rabbin  Moïfc  GilTo  ,  de  R.  Samuel 
profelleur  *,  de  R.  Salomon  prêtre,  êc  de  R.  Juda  médecin  ,  fils  deTibbou 
Efpagnol.  II  marque  qu’il  y  avoir  un  grand  concours  de  Juifs  étrangers  qui  al- 
loient  étudier  la  loi  dans  l’académie  de  cette  ville,  6c  que  les  jeunes  élevés 
étoient  nourris  6c  vêtus  aux  dépens  du  public  ,  chez  les  rabbins  qui  avoienc 
foin  de  leur  éducation,  llcompte  300.  Juifs  dans  cette  fynagogue. 

On  prétend  b  que  Salomon  rabbin  de  Lunel ,  donc  parle  ici  Benjamin ,  eftle 
même  que  R.  Salomon  Iarchi  célébré  rabbin  de  cette  ville,  qui  s’acquit  une 
très-grande  réputation  parmi  les  Juifs,  par  fes  explications  de  l’écriture  &  du 
Talmud,6cqui  mourut ,  dit-on  ,  l’an  1  1  o  de  J.  C.  âgé  de  75.  ans.  On  remar- 
que  à  ce  fujet  que  tous  les  rabbins  dont  Benjamin  fait  mention,  à  l’occalion  des 
villes  qu’il  rencontra  fur  là  route  ,  ne  vi  voient  pas  de  fon  tems ,  6c  que  quel¬ 
ques-uns  étoient  déjà  morts  ;  mais  c  d’autres  prérendent  que  Rabbi  Sa- 


Prxie&or. 


b  Confltnt. 
ÏEmp  not.ibid. 


c  Euxtorf.  (J  11  CS- 


libi.Kat-p.i9i-  Jomon  Iarchi  ne  mourut  qu’en  1180.  On  ajoute'1  que  Juda  rabbin  de  Lunelfc 
iiu-r  médecin  ,  eut  un  fils  nommé  Samuel  qui  traduifit  d’Arabe  en  Hébreu,  le  livre 
intitulé  le  docteur  ,com]>o[c  par  le  rabbin  Moïfe  Maimonide,  ou  fils  deMaimon, 
Juif  efpagnol  mort  eanoi.  à  l’âge  de  70.  ans  $  que  Samuel  fiteetee  tradu- 
ction  du  vivant  du  même  Moïlè ,  6c  qu’il  compofa  un  livre  intitule  interpré¬ 
tation  des  mots  pbilofopbiques  ,  ouvrage  dont  on  fait  beaucoup  de  cas.  Cette  tra¬ 
duction  dulivre  du  doïleur  excita  de  grandes  difputes  c  entre  les  Juifs  vers  la 
finduXII.fiecIe  :  Salomon  fils  de  Moïle,  Juif  de  Montpellier,  s’éleva  contre  ce 
livre  avec  un  grand  nombre  de  fes  difciples  qui  le  firent  brûler.  Lesparri/àns 
de  Samuel  de  Lunel  prirent  d’un  autre  coté  fa  défenfe,  6c  il  y  eut  plufieurs  écrits 
très-vifs  de  part  8c  d’autre ,  ce  qui  caufa  un  grand  fchifme  parmi  les  fynagogues 
de  la  province  ôc  du  royaume  qui  s’excommunioicnt  réciproquement.  Lesjuifs 
de  Narbonne  le  déclarèrent  entr’autres  pour  Samuel  Ôc  pour  les  Juifs  de  Lunel, 
contre  Salomon  6c ceux  de  Montpellier.  Enfin  le  fameux  David  Kimchi  s’etant 


t  Kot.  ibid. 
/*  143* 


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DE  LA  NGUEDOC.  Liv.  XVtlî.  Jt?  _ =. 

entremis  pour  appaifer  ces  troubles,  6c  ayant  écrit  pour  cela  à  un  Juif  de  Lunel,  Ân.i  k  é'j; 
la  divifion  cefia  enfin  au  bout  de  quarante  ans,  6c  le  livret»  docteur  fut  géné¬ 
ralement  approuve.  Reprenons  la  fuite  du  voyage  de  Benjamin  dans  la  pro¬ 
vince. 

Ce  rabbin  fe  rendiç  »  de  Lunel  à  Beaucaire  ,  qu’il  appelle  une  très  grande  ville,  a  uinerS/#. 

On  y  trouvoit  environ  quarante  Juifs  qui  y  avoient  une  academie ,  ouenleignoit ,b,d ' 
un  fameux  rabbin  nommé  Abraham ,  aufli  recommandable ,  dit-il ,  par  fa  lagefi- 
fe  6c  par  fon  habileté  dans  l’Ecriture  ôc  le  T almud  ,  que  par  fes  richdles  6c  par  la 
charité  qu’il  exerçoit  envers  les  Juifs  étrangers  qui  venoient  fe  ranger  (bus  fa 
difeipline  pour  apprendre  la  loi,  ôc  qu’il  entretenoit  gratuitement.  Benjamin 
parle  de  cinq  autres  rabbins  de  Beaucaire.  11  alla  de  cecte  ville  à  N  ogre  s  *  qu'ori 
appelle  ,  ajoute-t-il,  le  bourg  de  S.  Gilles ,  où  il  y  avoit  une  fynagogue  de  cent 
Juifs,  gouvernes  par  fix  principaux  rabbins  qu’il  nomme ,  entr'autres  Jacob 
hls  du  grand  doéteur  Lcvi  de  pieufe  mémoire.  Enfuite  parlant  de  la  ville  de  faine 
Gilles,  il  dit  qu’elle  étoit  fréquentée  par  divers  peuples  etrangers’ 6c  infulaires 
depuis  les  extrêmitez  de  la  terre,  à  cauie  de  l’heureufe  fituation  de  fon  port  fur 
le  Rhône ,  à  trois  lieues  de  la  mer  :  les  chofcs  font  bien  changées  aujourd’hui: 

Benjamin paffade  là  en  Provence  pour  ferendre  en  Orient. 

Cet  auteur  ne  parle  que  des  fynagogues  qui  fe  rencontrèrent  fur  fon  pallage 
depuis  le  Roulîillonjulqu’à  Arles  ;  mais  nous  apprenons  d’ailleurs  qu’il  y  avoit 
des  Juifs  au  XII.  fieele dans  plufieurs autres  villes  de  la  province,  entr’autres  à 
Touloufeôc  àCarcalIonncj  ôc  on  a  déjà  vu  que  Roger  vicomte  de  cette  derniere 
ville  avoit  un  Juif  pour  baile ,  ou  pour  adminiftrateur  de  fon  domaine. 

Les  Juifs  exerçoient  aulfi  la  médecine  dans  le  Languedoc  au  XII.  fieele  $  6c  on  EludcSX ob¬ 
vient  de  faire  mention  du  rabbin  Juda  médecin  de  Lunel  :  ainfi  nous  ne  dou-  ne  de  l  umvct- 
tonspas  qu’ils  n’ayent  été  les  premiers  qui  profederent  publiquement  cette  d* Mout" 
fcience  à  Montpellier ,  où  ils  avoient  alors  une  academie  célébré.  Nous  voyons 
du  moins  qu’on  y  enléignoit  la  phi f  que  ou  medecine  en  1 1  8o.  par  le  privilège 
queb  Guillaume  VIII.  leigneur  de  cette  ville,  accorda  alors  à  toute  forte  de 
perfonnes,  de  quelque  pais  qu’elles  fufiènt,  d’y  profefier  publiquement  cette  f<j. 
lcience,  avec  promeire  de  ne  plus  les  reftraindre  à  l’avenir,  comme  aupara¬ 
vant,  à  un  fcul  profelleur ,  quelque  priere  qu’on  lui  fît  ,  ou  quelque  fomme 
qu’on  lui  prefentât.  Ce  monument  eft  le  plus  ancien  que  nous  connoillions  en 
faveur  de  la  faculté  de  medecine  de  Montpellier ,  l’une  des  plus  anciennes  6c  des 
plus  célébrés  de  l’Europe.  On  fait  remonter c  fon  origine  jufqu’au  XI.  fieele,  *v10Urn;  Jt 
&Cpeut-etre  meme ,  ajoiite-t-on ,  jufqu  au  AT.  On  convient  cependant  quelle  ne 
fut  érigée  en  faculté  publique  qu’en  1220. 

Ledroit  Romain  fut  auifi  enfeigné  1  publiquement  à  Montpellier  au  XII.  fie-  d 
clc,  6clc  fameux  Jurifconlulte  Placcntin  mourut  dans  cette  ville  en  1  1  92. après  ‘ 
l’y  avoir  profefle  pendant long-tcms,6c  l’avoir  éclairci  par  fescommentaires.il 
fut  inhumé  dans  le  cimetière  de  S.  Barthelemi.  Axon  autre  célébré  J  urifconful- 
te ,  natif  de  Boulogne  en  Italie ,  profefia  aulfi  le  droit  à  Montpellier  dans  la 
fuite  :  ils  eurent  des  fuccclTèurs  qui  fe  diftinguerent  par  leur  mérité  6cleur  ca¬ 
pacité.  Ces  jurifconfultcs  enlèignoicnt  les  pandectes  Florentines ,  ou  ledigefte 
ôc  lccodede  Juftinien  ,  quidepuis  la  fin  du  XII.  fieele  prirent  enfin  en  Langue¬ 
doc  la  place  du  code  Theodoficn  ou  de  l'abrégé  d’Anian ,  lequel  jufqu’alors 
avoit  été  le  feulen  ulage  dans  cette  province.  Quant  à  la  grammaire  ,  à  la  phi- 
lofophie  6c  à  la  théologie ,  on  ne  les  enicignoit  alors  que  dans  les  cloîtres  c  des  e  v  De  vic 

cathédrales  6c  des  abbayes.  Cjnag./,.7i.  v 

On  cultiva  aulfi  la  poüfic  latine  6c  la  provençale  en  Languedoc  dans  ce  même  lx-xc. 
fieele.  On  a  déjà  dit  ailleurs  que  Pierre  le  Vénérable  1  abbé  de  Cluni  fait  men-  Le  Languedoc 
tion  d’un  religieux  deTouloufe  de  fon  ordre  qui  avoit  rétabli  de  fon  temsla  poë-  iCa°r!ovenccg"Sa 
fie  latine  dans  cette  ville,  où  elle  avoit  été  anciennement  en  honneur.  N ous  ncraicmcUt 
avons  divers  monumensqui  prouvent  que  la  provençale  y  étoit  alors  fort  en  P^*-fnP^e 
vogue.  On  comprenoit  au  XII.  fieele,  comme  dans  le  précèdent  s  ,  fous  le  nom  Poi:t«ijiovCn- 
general  de  Provençaux ,  les  peuples  de  la  Provence  proprement  dite,  6c  ceux  des  jî“u^mfs de 
provinces  voifines ,  mais  fur  tout  du  Languedoc  *  enforte  qu’on  divifoit  alors  le  Ypwjw. 
royaume  en  France  ôc  en  Provence  ,  fuivant  les  deux  différons  idiomes  dont  fe 
fervoient  les  peuples  de  ces  deux  parties  delà  monarchie  :  c’eft ainfi  que  Pierre  n.foi?V'XIF' 


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An.  u6] 

a  P  r.  Vtncr. 
I  .-/.x. 

b  Vit*  \Pc tr. 
Tarent,  loll  to. 
%  Mai  p .  j  17 
c  FoO.de  M  j/j  le 

t  'rJron.p  ,  81, 


d». 7115.  & 


t  Mjf.7U.J- 
iiU. 


f  V.  fnçehifl. 
ftn  de  Umaif 

dtfrf.77. 


518  HISTOIRE  GENERALE 

le  Venerable*  8c  Geoffroi  abbé  de  Hautecombe  b,  auteurs  coutemporains, 
mettent  Ni  fines  en  Provence ,  8c  que  Robert  abbé  c  du  Mont  S.  Michel,  autre 
hiftorien  du  tems,  parlant  du  voyage  qu’Alexandre  III.  fit  en  France  en  116 a. 
dit  que  ce  pape  arriva  d  Montpellier  en  Provence.  On  voit  aulli  que  les  auteurs 
du  même  fiecle  mettent  S.  Gilles  en  Provence ,  quoique  cette  ville  foit  en 
deçà  du  Rhône  5  8c  que  les  Templiers  8c  les  Hofpitaliers  donnoient  le  nom  de 
Provence,  ou  de  langue  de  Provence  à  toutes  les  provinces  méridionales  des 
Gaules  où  ils  avoientdes  commanderies ,  dont  le  chef-lieu  étoit  S.  Gilles  en 
Languedoc. 

Enfin  les  anciens  auteurs  qui  ont  recueilli  les  ouvrages  des  poctes  proven¬ 
çaux  ,8c  compofé  leur  vie  en  langue  provençale,  nous  fournillent  une  preuve 
que  fous  le  nom  de  Provençaux  on  entendoit  au  XII.  fiecle  ,8c  dans  le  fuivant , 
non-feulement  ceux  qui  fe  mêloient  de  la  poëfie  vulgaire  dans  la  Provence  pro. 
pre,mais  encore  dans  le  Languedoc, 8c  les  pais  voifins.il  cil  marqué  en  effet  dans 
ce  recueil  qui  fe  trouve  dans  deux  manuferits  de  la  bibliothèque  du  Roi H ,  1  ». 
dans  la  vie  de  Gaucelin  Faidits  poëte  Provençal  »  natif  d’Uzerche  en  Limoulîn, 
»  que  fa  femme  étoitnée  dans  un  bourg  fort  riche  appelle  Aleft  ,  (  c’eft-à  dire 
ji  Alais  )  dans  la  Marche  de  Provence ,  de  la  jeiyieurie  de  Bernard  d' Andufe. 
i°.  Dans  la  vie  dePons  Capdueill  autre  poëte  Provençal ,  que  le  même  Ber. 
nard  d’Andufe  étoit  un  honnête  baron  de  la  marche  de  Provence.  On  voit  d’ail¬ 
leurs  par  cet  ouvrage  que  la  poëfie  Provençale  étoit  beaucoup  plus  cultivée  au 
XII.  fiecle  par  les  Languedociens ,  Scies  peuples  des  provinces  voifincs,  que  par 
les  Provençaux  proprement  dits }  que  tous  les  grands  feigneurs  de  la  province  fe 
faifoient  une  gloire  de  protéger  ceux  qui  s’y  adonnoient ,  Sc  qu’ils  s’y  appli- 
quoient  fouvent  eux-mêmes. 

Entre  lespoëtes  Provençaux  dont  les  auteurs  de  ce  recueil  font  mention,  efl: 
un  nommé  Pierre  Cardinal,  natif  du  Vêlai,  qui  fut c  fort  honoré  par  Jacques  I. 
roi  d’Aragon  ,  «  Scmoi  Michel  de  la  Tor  écrivain  *  eft-il  marqué  dans  le  ma¬ 
is  nuferit  ,fais  à  fçavoirque  Pierre  Cardinal,  lorfqu’il  mourut, avoit  bien  environ 
ss  cent  ans  -,  8c  moi  fufdit  Michel  j’ai  écrit  ces  fyrventés  (  forte  de  poëmes  que 
»  Pierre  Cardinal  avoir  compofez  )  en  la  ville  de  Nifmes ,  8cc.  On  parle  dans 
le  même  ouvrage  de  Bernard  de  Vencadour,  autre  poëte  Provençal  ,dela  ma¬ 
niéré  fuivante.  »  Bernard  de  Ventadour  étoit  fils  d’un  fournierde  ce  château. 
>5  La  vicomtellè  de  Ventadour  le  prit  en  affection  ,  8c  ils  s’aimèrent  long-tems 
ss  tous  les  deux.  Il  en  fit  le  fujet  de  fes  vers  8c  de  fes  chanfons  :  mais  le  vicomte 
55  s’étant  apperçû  de  leur  liaifon ,  il  congédia  le  poëte  8c  fit  enfermer  fa  femme. 
»s  Bernard  le  retira  auprès  de  la  duchefle  de  Normandie ,  jeune  princcffe  qui  le 
ss  reçut  fort  bien.  Il  demeura  long-temsà  la  cour,  8c  ils  s’aimèrent.  Ilétoitau- 
ss  près  d’elle  lorfque  Henri  roi  d’Angleterre  alla  pour  l’époufcrSc  la  mena  en 
ss  Angleterre.  Bernard  le  retira  alors  ti iffce  8c  dolentauprcs  du  bon  comte  Ray- 
ss  mond  de  Touloule  avec  lequel  il  demeura  jufqu’à  fa  mort,  après  laquelle  Ber- 
ss  nard ,  qui  en  avoit  un  extrême  regret,  fe  rendit  dans  l’ordre  de  Dalon, 
»  (c’efl-à-dire  fe  fit  religieux  dans  l’abbaye  de  Dalon  en  Limoufin.)  Etmoi,(ajoü- 
>5  te  l’auteur  de  cette  vie ,  qui  cilla  quatrième  du  manuferit)  Hugues  de  S.Circ, 
ss  qui  écris  ceci ,  ai  fçù  ces  particularitez  du  vicomte  Ebles  de  Ventadour,  fils  de 
ss  la  vicomtclTe  que  Bernard  aima. 

On  peut  fixer  par  là  l’époque  des  principales  circonllances  delà  vie  de  Ber¬ 
nard  de  Ventadour,  rapportées  bien  différemment  dans  Nollradamus,  8c  le 
tems  où  Hugues  de  S.  Cire  écrivit  la  vie  de  ce  poëte  ,  avec  une  grande  partie 
de  celles  des  autres  poëtcs  Provençaux  qui  fe  trouvent  dans  les  deux  manuferits 
de  la  bibliothèque  du  Roy.  Le  bon  Raymond  comte  de  Touloufe  ,  auprès  duquel 
Bernard  de  Ventadour  fe  retira  après  avoir  quitté  la  cour  de  la  ducbejfc  de  Nor¬ 
mandie  ,  n’eflpas  cn  effet  different  de  Raymond  V.  mort  en  1194.  Quant  à  U 
ducheffe  de  Normandie  auprès  de  laquelle  Bernard  s’etoit  retiré  auparavant, 
c’ell  la  même  par  conféquent  qu’AIix  de  *  France,  qui  étoit  encore  dam  fa  jeu- 
neffe  ,  lorfque  le  roi  Louis  le  Jeune  fon  pere  la  promit  en  mariage  en  1 1 74.  à 
Richard  duc  de  Normandie.  Henri  II.  roi  d’Angleterre,  pere  de  ce  prince, 
l’époufa  alors  en  quelque  maniéré  au  nom  de  fon  fils,  8c  la  mena  dans  fes  états 
de  Normandie,  8c  enfuite  en  Angleterre ,  où  il  la  fit  élever  à  fa  cour  5  mais  le 


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DE  LANGUEDOC.  Liv.XVIlL  5i* 

duc  Richard,  ne  voulue  plus  l’époufer  lorfqu’il  eut  fuccedé  au  roi  Ton  pere  An.iiôj. 
à  la  couronne  d’Angleterre  en  1187.  Bernard  de  Ventadour  quitta  alors,  ou 
peut-être  même  quelque  tems  auparavant, la  cour  de  cette  princefle  pour  fe  reti¬ 
rer  dans  celle  de  Raymond  V.  comte  de  Touloufe.  Enfin  nous  avons  dans  le  mê¬ 
me  recueil 1  la  vie  d’Hugues  de  S.  Cire,  poëte  lui-même,  ÔC  on  voit  qu’il  étoit  j/J^'711** 
contemporain  du  Daufin  d’Auvergne,  de  Savaricde  Mauleon,  d’Alfonfe  IL 
roi  d’Aragon  mort  en  1 1  96.  8c  de  Pierre  fils  6c  fucceffeurde  ceprince. 

Hugues  de  S.  Cire  ,  Michel  de  la  Tour ,  8c  les  autres  qui  ont  écrit  les  vies  des 
poctes  Provençaux,  dont  la  plupart  étoient  leurs  contemporains, font  fans  con¬ 
tredit  les  plus  anciens  auteurs  que  nous  ayons  de  ces  vies.  Le  premier  eft  le 
même  dont  jean  de  Noftradamus 15  ignoroit  le  nom,  8c  dont  il  parle  en  ces  b?/4»  i» 

termes  dans  la  vie  de  Bernard  de  Ventadour.  >»  Ebles  de  Ventadour  .fils  de« 

,  rpr,  ,  .  port,  ertv .  h 

la  vicomtelie  que  Bernard  aimoit  tant ,  racompta  tout  ceci  (  içavoir  les  cir-  «  7». 
confiances  de  la  vie  de  ce  dernier)  à  un  fçavant  perfonnage  de  lors,  duquel  le  « 
nom  eft  inconnu ,  qui  étoit  poète  Provençal ,  qui  le  rédigea  par  écript,  duquel  « 


S.  Cezari  dit  avoir  extrait ,  8c  lemeift  au  catalogue  des  poë 
Le  Monge  des  ifles  d’or  8c  S.  Cezari  écrivent  avoir  lu  les  < 


oëtes  Provençaux:  « 
œuvres,  6cc.«  On 


e  M£7% tj, 
•bld. 


apprend  par  là  que  les  auteurs  citez  par  Noftradamus  dans  les  vies  qu’il  nous  a 
données  des  anciens  poctes  Provençaux  ,  8c  dont  il  s’eft  fervipour  la  compofi- 
tiondefon  ouvrage,  font  fort  pofterieurs  au  XII.  fiecle.  En  effet,  on  voit  en 
comparant  ces  vies  avec  celles  qui  fe  crouvent  dans  les  deux  manuferits  de  la 
bibliothèque  du  Roi,  que  Noftradamus,  ou  les  auteurs  où  il  apuifé,ontajoùté 
à  ces  vies  un  grand  nombre  de  fables ,  fait  divers  anachronifmes ,  Sttranfplanté 
dans  la  Provence  proprement  dite,  pour  faire  honneur  à  leurpacrie,  plufieurs 
poctes  qui  étoient  natifs  des  autres  provinces.  On  doit  donc  faire  peu  de  fonds 
fur  l’autorité  de  cet  écrivain.  Nous  en  citerons  ici  un  exemple  qui  fait  à  notre 
fujet  j  c’eft  la  vie  de  Pierre  Rogier  qui  eft  rapportée  de  la  maniéré  fuivante  dans 
un  des  deux  manuferits  de  la  bibliothèque  du  Roi.  »  Pierre  Rogier c  natif  « 
d’Auvergne,  chanoine  de  Clermont ,  6c  gentilhomme,  quitta  fa  prébende  « 
pour  fe  faire  jongleur  :  il  étoit  bien  fait  8c  fçavant,6cavoit  un  bonfens  naturel.** 

Devenu  jongleur ,  il  parcourut  les  cours  6e  vint  à  Narbonne  à  celle  d’Er- « 
mengarde  dame  de  grande  valeur  8c  de  grand  prix.  Elle  lui  fit  un  accueil  fa-  « 
vorable  6c  le  combla  de  biens.  Il  en  devint  amoureux  ,6c  elle  fit  le  fujet  de  fes« 
vers  6c  de  fes  chanfons.  Elle  prit  de  fon  côté  de  l’affeclion  pour  lui  pendant  le  *« 
long  féjour  qu’il  fit  à  fa  cour  j  ce  qui  donna  occafion  à  divers  bruits  défavan-  « 
tageux  à  la  réputation  de  cette  dame ,  qui  pour  les  faire  ceffer  congédia  Pierre  «. 

Rogier.  Ce  poëte  fe  retira  alors  à  la  cour  de  Raymbaud  d’Orange5  8c  après** 
quelque  féjour  d  auprès  de  ce  prince,  il  alla  en  Efpagne  à  la  cour  du  bon«  au,  9 
roi  Alfonfe  de  Caftille.  Il  fréquenta  aufli  celles  du  bon  roi  d’Aragon,  dun 
bon  comte  Raymond  de  Touloufe ,  8c  mourut  enfuite  dans  l’ordre  de  Grand- « 
mont.  »  Telle  eft  la  vie  de  ce  poëte  ,  qui  floriffoit  par  conféquent  avant 
la  fin  du  XII.  fiecle  5  bien  différente  de  celle  qu’on  voit  dans  Noftrada-**  «  n»(tredam. 
mus  %  qui  le  fait  retirer  à  la  cour  *«  de  dame  Ermengarde  de  Narbonne,  fem-  *<  Koi.frjîq*.' 
me  de  Roger.  Bernard  comte  de  Foix,  où  il  devint  amoureux  d’une  de  fes  de-« 
moifelles  nommée  Huguete  de  Baux ,  furnommée  Bauffete ,  fille  d’Hugues  de  « 

Baux,8cc«.  Il  ajoute,  fur  le  témoignage  de  S.  Cezari  ,»que  Pierre  Roger  fleu-« 
rifToit  du  tems  de  Robert  roi  de  Sicile  comte  de  Provence  ,  6c  qu’il  fut  pre.  *« 
fent  en  la  cité  de  GrafTe  en  Provence  ,  lorfque  Pierre  de  Corberia  antipape,  « 
furnommé  Nicolas  V.  en  un  prêche  qu’il  feift  dans  l’églife,  fe  dédit  publique-  «* 
ment  environ  l’an  13  30.  des  erreurs  qu’ilavoit  tenus.  »  Récit  qui  n’eft  qu’un 
tifTu  de  fables  6c  d’anachronifmes. 

La  protection  que  Raymond  V.  comte  de  Touloufe,  Ermengarde  vicom- 
tefïè  de  Narbonne, 6c  les  autres  principaux  feigneurs  de  la  province  accordèrent 
au  XII. fiecle  aux  poëtes  Provençaux ,  fit  quelapoëfie  vulgaire  y  fut  alors  fort 
cultivée.Le  recueil  manuferit  de  la  bibliothèque  du  Roi  fait  mention  d’ungrand 
nombre  de  ces  poëtes  natifs  de  la  province,  qui  vivoient  vers  la  fin  de  ce  fiecle, 

&  dont  nous  aurons  occafion  de  parler  ailleurs.  On  compte  plufieurs  Toulou- 
fains parmi  eux,  entr’autres  un  nommé  «  PierreGuillemsf,  homme  courtois 6c  -, uj.* 
affable,  qui  fit  de  bons  couplets ,  mais  trop  emphatiques.  On  affine  qu’il  fit» 


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An.  né; 


*  nu. 


k>  MfirU.iHJ. 
MS&  M- 


c  MJf.7ilS. 

au 


d  Mjjibid* 


t 


LXXXI. 
tangue  Pro¬ 
vençale. 


'Sio  HlST.  GEN.  DE  LANGUEDOC.  Liv.XVIU. 

‘«aufll  des  fyrventés  jongleurs ,  qu’il  médit  des  barons,  &  qu’il  fe  mitde  Tordre 
de  l’Epée.  Il  eft  représenté  avec  l’habit  de  cet  ordre  dans  la  vignette  du  manuf¬ 
erit  qui  eft  à  la  tête  de  fa  vie  &  de  fes  ouvrages.  Il  porte  une  longue  barbe,  un 
ionnet  vert,  une  robbe  couleur  d’incarnat,  &  une  chappe  blanche,  fur  laquelle 
eft  coufue  du  côté  droit  une  longue  épée  dont  le  fourreau  eft  de  couleur  rouge } 
la  poignée  au  delfous  du  coude  &la  pointe  en  bâs.  Lemanufcrit  rapporte  trois  dé 
fes  chanfons  ou  pièces  de  vers. 

Les  dames  de  la  province  s’appliquoient  auffi  à  la  poëfie  vulgaire  au  XII.  fie- 
cle ,  &  on  fait  »  un  grand  éloge  d’ Adélaïde  de  Porcarages  »  gentilfemme  de  la 
»>  contrée deMontpellier  qui  étoit  parfaitement  inftruite,ôcquiaimaGuiGuer. 
»rejat,frere  de  Guillaume  de  Montpellier  ,  fur  lequel  elle  fit  plufieurs  chan- 
«fons.  »Onen  voitunede là  façon  dans  lemanufcrit.  Gui  Guerrejat  mourut 
vers  l’an  nyy.cequipeutfervirà  nous  faire  connoîtrele  tems  où  vivoit  Adé¬ 
laïde  de  Porcarages. 

Noftradamusb  attribue  à  un  poëte  Provençal  nommé  Guillaume  Ademars, 
.qu’il  faitmourirà  GrefignanouGrignan  en  Provence  en  1190.  un  cataloguent 
rime  Provençale  des  femmes  illujlres  ;  mais  il  fe  trompe  certainement  furlanaif- 
fance  de  ce  poëte ,  qu’il  dit  fils  de  Gérard  de  Grignan ,  &  gentilhomme  Provers, 
çal,  à  prendre  ce  terme  dans  fa  fignification  étroite }  car  fuivant  le  recueil  c  dont 
on  a  déjà  parlé»  Guillaume  Ademars  étoit  natif  d’un  château  nommé  Merueys- 
»> en  Gevaudan,  &  fils  d’un  pauvre  chevalier.  11  étoit  vaillant,  beau  parleur,  & 
»>fçavoit£/>a  trouver.  Le  feigneurde  Merueys  le  fit  chevalier }  mais  ne  pouvant 
»  foutenir  fon  rang,  il  fe  fit  jongleur ,  &  fut  extrêmement  goûté  par  le  peuple.  Il 
»  fe  fit  enfin  religieux  de  l’ordre  de  Grammont.  * 

Le  Gevaudan  eut  auflï  vers  le  meme  tems  un  autre  poëte  Provençal  qui  fe  di- 
üingua  beaucoup  :  ce  fut  »  Guarin  d’Apchicr  d,  gentil  châtelain  de  Gevaudan 
»  dans  l’évêché  de  Mende,  vaillant  &bon  guerrier,  liberal  &bon  trouveur, beau 
>»  chevalier  St  fçavanten  galanterie.  Il  fut  le  premier  qui  compofa  une  efpece 
>»  de  poëfie  appellée  defeort.  »  Le  manuferit  rapporte  deux  de  fes-poëmes  ou  fyr¬ 
ventés.  Il  eft  reprefentéà  cheval  dans  la  vignette,  le  cafque  en  tête,  l’epee 
d’une  main,  &  tenant  de  l’autre  un  bouclier  chargé  d’unécu  d’azur,  à  la  bor. 
dure,  &  a  trois  barres  d’or ,  celle  du  milieu  ondoyée. 

Enfin  Je  Vêlai ,  eut  fes  poëtes  Provençaux  ,  de  même  que  le  Gevaudan.  On 
parle- entr’autres»  de  Guérin  le  Bruji  gentil-châtelain  du  Vêlai,  dans  l’évêché 
»  du  Puy  fainte  Marie  ,  qui  fut  bon  trouveur ,  non  de  vers  ni  de  chanfons ,  mais 
»  de  tenfons  ;  »  efpece  de  poëfie  par  fiances  ,  en  forme  de  dialogue,  fur 
divers  fujets ,  entre  deux  poctes  Provençaux  qui  parlent  alternativement  à  cha¬ 
que  ftrophe. 

On  voit  par  ce  que  nous  venons  de  dire  que  la  langue  Provençale  étoit  dans 
fà  perfeftion  au  XII.  fiecle.  On  la  parloit  generalement  dans  toutes  les  provin¬ 
ces  méridionales  du  royaume,  &c  même  dans  le  RouifillonSc  la  Catalogne;  & 
c’eft  à  peu  près  la  même  dont  on  fe  fert  aujourd’hui  dans  le  Languedoc ,  com¬ 
me  il  eft  aifé  de  le  juftifier  par  le  recueil  manuferit  dont  nous  venons  de  parler. 


NOTES 


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1 


SUR  LHISTOIRE 


D  E 

LANGUEDOC 


NOTE  T- 


Sur  t  ufurpation  du  royaume  de  Provence  far  Bofon ,  &  la  fouverainttè  de  nos  rois 

fur  le  Rhbner 

depuis  les  frontières  du  Lyonnois  jufqu’à  l’embou- 
chûre  de  ce  fleuve  dans  la  mer. 


E  royaume  de 
Provence  donc 
Bofon  s'empara 
l’an  879*  s'éten- 
doit  des  deux  cô¬ 
tes  du  Rhône,  & 
comprenoit  en- 
deça  de  ce  fleuve 
les  diocèfcs  de 
Viviers  &  d’U- 
zez ,  avec  la  par¬ 
tie  de  ceux  d’Ar- 
les ,  d’Avignon  ,  de  Valence  &  de  Vienne  qui  dé¬ 
pend  du  Languedoc  :  il  cft  important  de  faire  voir 
ici  la  maniéré  dont  fcfir  cette  uforpacion,  pour  l'in¬ 
telligence  de  ce  que  nous  aurons  à  dire  dans  la  fuite 
touchant  la  fouverainetc  de  nos  rois  for  le  Rhône , 
lequel  appartient  auLangucdoc  d’un  bord  àl’autre, 
Time  IJ. 


D.  Apres  la  mort  de  l’empereur  Louis  le  Débon¬ 
naire ,  Tes  trois  fils  Lothairc  ,  Louis  &  Charles, 
convinrent  •  à  Verdun  au  mois  d’Août  de  l’an  •w Annal.  Birt • 
84}.  de  partager  entr’eux  toute  la  monarchie  Fran- 
çoife  que  ce  prince  avoit  poflêdéc  en  entier.  La  ?■ 
Germanie  &  quelques  villes  fituéesendeça  du  Rhin 
échurent  à  Louis  ;  Lothaire ,  qui  étoit  l’aîné ,  eut 
le  royaume  d’Italie  &  toute  la  partie  Orientale 
du  royaume  de  France.  Cette  partie  étoit  bor¬ 
née  au  levant  par  le  Rhin  &  les  Alpes ,  &  au 
couchant  par  l’Efcaut ,  la  Meufe  &  la  Saône  juf- 
qu’à  Lyon-,  & renfermoit ,  depuis  cette  ville,  les 
pays  limez  des  deux  cotez  du  Rhône  jufqu’à  fon 
embouchure  dans  la  Méditerranée  ;  enlorte  que  le 
Vivarais ,  l’Uzcgc  &  la  partie  des  diocèli-s  d’Avi¬ 
gnon  &  d  Arles,  qui  cft  en-deça  de  ce  fleuve,  y 


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■jii  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 

étoient  compris.  Charles  le  Chauve,  le  troiliéme  vicrs  &  d’Uzez ,  &  par  confisquent  prcfque  toute 
des  freres  eue  pour  fa  part  tout  le  refte  du  royau-  la  partie  orientale  du  Languedoc.  L’empereur  Louis 
me ,  ou  la  France  occidentale.  regna^ertainement  fur  la  Provence  propre  en  vertu  i  v 

ül.Lapor^ondu  royaume  de  France ,  qui  échut  de  ce  partage:&  il  paroît  qu’il  eue  aufli  dans  fon  lot  f  • 
à  Lothaire  par  ce  célébré  partage ,  comprcnoit  un  la  partie  du  duché  de  Lyon  la  plus  voifinc  des  Al- 
grand  pays  borné  aux  deux  extrêmitez  par  les  deux  pes  *,  fçavoir  le  Dauphiné  &  la  Savoye ,  comme 
mers ,  au  nord  &  au  midy  *,  elle  dépendoit  aupa-  nous  le  verrons  plus  bas. 

ravant  partie  du  royaume  d’Auftrahe  6c  partie  de  VI.  Le  roi  Lothaire  mourut  (ans  enfans  léeiti- 


1  nnal.  Beri , 
*3». 


ravant  partie  du  royaume 


mourut  (ans  enfans  lésiti- 


çelui  de  Bourgogne  quelle  renfermoit  prcfque  en-  mes  l’an  8  69.  Sa  fucceflion  appartenoit  àlempe- 
tierement ,  excepté  les  pays  fituez  à  la  droite  de  la  reur  Louis  (on  frere ,  qui  jouidoit  déjà  d’une  gran- 
Saône ,  qu’on  appclloit  Bourgogne  inférieure ,  6c  de  partie  du  royaume  de  Provence  :  mais  le  roi 

qui  échurent  à  Charles  le  Chauve.  Elle  compre-  Charles  le  Chauve  &  Louis  roi  de  Germanie  (on 

,  noit  auifi  toute  la  Provence  avec  le  diocèfe  a’U-  frere  ,  difputerent  la  fucceflion  à  ce  prince ,  qu’ils 

zés ,  ancien  membre  de  la  Septimanie.  C’eft  ce  qui  comptoient  *  devoir  mourir  bientôt ,  &  qui  d’ail-  K  ^*.2  3  $. 

UnnàL.Btrt,  eft  clairement  exprimé  dans  l’auteur*  contemporain  leurs  n’avoit  point  d’enfans  males.  Comme  Char- 

21  S>  des  annales  de  faint  Bertin ,  qui  nous  a  bille  un  les  le  Chauve  étoit  le  plus  fort ,  il  fe  (âilit  du  royau- 


détail  circonftancié  de  tous  les  pays  qui  compo¬ 
saient  la  fuccclfion  du  roi  Lothaire ,  fils  &  fuccct 
(eur  de  l’empereur  de  ce  nom.  On  appella  d’abord 
touçe  cette  portion  de  la  France  ,  le  royaume  de 


me  de  Lothaire1  ou  de  la  Lorraine,  &  s’en  fit  Ubid.p.i\u 
couronner  roi  à  Metz.  Il  vouloit  même  s’emparer  M,t* 
de  la  Provence  &  delà  partie  de  la  haute  Bourgo- 
gne  m  qui  appartenoit  cléja  à  l’empereur  Louis ,  £***• 


>[1-, 

r-kpsnK 


touçe  cette  portion  de  la  France  ,  le  royaume  de  gne  m  qui  appartenoit  déjà  a  1  empereur  Louis  , 

«b  Mit.  ijjtijùrc ,  b  parce  qU’on  ne  trouva  point  de  nom  mais  il  trouva  de  la  réfiftance  ;  &  le  roi  de  Ger-  p.  znï 
V  '  plus  propre  pour  défîgner  les  états  de  ce  prince  ,  manie  (b n  frere  qui  prétendoit  a  cette  fucceflion  , 
compofez  de  parties  de  differents  royaumes  *,  mais  lui  ayant  déclaré  la  guerre ,  il  fut  obligé  d’en  venir 
après  la  mort  de  cet  empereur ,  on  reftraignit  la  fi-  à  un  accord  avec  ce  dernier ,  fuivant  lequel  ils  par- 
'  gnificarion  de  ce  nom  aux  (culs  pays  (ituez  entre  tagerent ,  au  préjudice  de  l’empereur  Louis ,  tous 

FEfcaut  &  la  Meule  d’un  côté  ,  &  le  Rhin  de  i  au-  les  pays  qui  avoient  appartenu  au  feu  roi  Lothaire. . 
trc>  qui  échurent  à  (on  fils  de  même  nom./  •  iCharles  le  Chauve  &  Louis  de  Germanie  firent 
IVv  L’empereur  Lothaire  étant  mort  en  85  ce  partage  au  mois  d’Aout  de  l’an  870.  Le  pre- 
fes  trois  fils  lui  fuceederent ,  chacun  dans  une  par-  mier  eut  pour  lui  toute  la  partie  occidentale  du 
tie  de  fts  états.  Louis  qui  étoit  l’aîné  ,  eut  pour  .  royaume  de  Lothaire ,  fituée  aux  environs  de  la 
fa  part  le  royaume  d’Italie  avec  le  titre  d’empereur.  Meufe  &  de  la  Saône  ,  avec  la  portion  du  duché 
Les  deux  autres  partagèrent  ce  que  leur  pere  avoir  de  Lyon  dont  celui-ci  avoit  hérité  du  roi  Charles 
pofledé  en  France.  Lothaire  régna  fur  la  partie  fu-  fon  frere ,  6c  qui  comprcnoit ,  comme  on  l’a  déjà 
périeure  ou  (èptentrionale,  qu’on  nommoit  France  dit,  les  villes  ac  Lyon,  de  Vienne,  de  Viviers  & 

&  qu’on  appella  depuis ,  de  Ion  nom ,  le  royaume  d’Uzez.  La  partie  du  royaume  de  Lothaire ,  voiline 
de  Lothaire,  ou  la  Lorraine.  Ce  royaume  compre-  du  Rhin,  échut  au  roi  de  Germanie.  Il  paroît  que 
tMd.p.ioi*  noit  entr’autres  les  deux  duchez  de  la  Bourgogne  c  ces  deux  princes  laiflerent  l’empereur  Louis  leur 
lupérieure  *,  fçavoir  la  Bourgogne  Cisjurane  a  neveu  dans  la  paifible  pofleflion  des  pays  qu’il  pof- 
Bourgogne  Transjurane.  Charles d  le  puîné  étcndic  fedoit  endeça  des  Alpes ,  6c  que  cet  empereur  jouît 
j.  201  domination  (ur  la  partie  méridionale  \  -c’eft-à-  tranquillement  de  la  Provence,  de  la  Bourgogne 

dire  fur  la  Provence ,  fiuiée  entre  les  Alpes  ,•  la  Du-  Transjurane ,  du  Dauphiné  6c  de  la  Savoye.  Il  n’cft 
rance ,  le  Rhône  &  la  Méditerranée ,  &  fur  le  du-  pas  fait  mention  en  effet  de  tous  ces  pays  dans  le 
ché  de  Lyon  qui  dépendoit  auparavant  du  coyau-  parcage  dont  nous  venons  de  parler ,  &  dans  le- 
me  de  Bourgogne,  &  qui  comprcnoit  les  pays  quel®  les  comtez  &  les  villes  qui  échurent  à  n /M. 
fituez  des  deux  cotez  du  Rhône  aepuis  cette  ville  Charles  le  Chauve ,  &  à  Louis  de  Germanie,  font 
jufqu  a  l'embouchure  de  ce  fleuve  dans  la  mer  *,  en  marquées  dans  un  très-grand  détail, 
forte  que  toute  la  partie  orientale  de  Languedoc  VU.  La  partie  du  duché  de  Lyon  qui  échut  I 
qui  avoit  appartenu  à  l’empereur  Lothaire ,  fut  de-  Charles  le  Chauve  par  ce  partage ,  6c  qui  comprc- 
puis  (bumilè  au  roi  Charles  fon  fils ,  qui  prit  le  titre  noit  la  partie  orientale  du  Languedoc ,  reconnut 
de  roi  de  Provence ,  &  établit  fa  rélidencc  ordi-  cependant  l’empereur  Louis  pour  fon  fouverain  ; 
naire  à  Lyon ,  dont  il  fit  la  capitale  de  (es  états.  enlorte  que  Charles  fut  obligé  de  foùmcttre  par 
e^nrut.  sert.  v.  Ce  prince  étant  mort c  fans  poftérité  en  8  6 } .  les  armes  cette  nouvelle  portion  de  fes  états.  Il  allie- 
^nnîl.  Mit.  deux  fireres  difputerent  d’abord  entr’eux  fa  fuc-  gea  en  effet  &  prit  Lyon ,  6c  forma  le  fiege  de  , 
tkid.  ccifion.  Lothaire  prétendoit  qu’elle  lui  apparte-  Vienne  qui  fe  rendit  à  ce  prince  l’an  871. 0  Charles  «M*1* 

noit  entièrement  en  vertu  d’une  donation  que  donna  enluite  le  gouvernement  de  ce  pays  au  duc 
fsJnnd.Btrt.  Charles  lui  avoit  faite  f  de  tous  fes  états  :  l’empe-  Bofon  fon  bcaufrere  :  mais  nous  ne  fçavons  pas 
f  '  1L°'  reur  Louis  vint  en  Provence  pour  fe  faire  railon  s’il  pouffa  (es  conquêtes  plus  loin  *,  &  il  etc  incertain 
par  lui-même  :  enfin  le  roi  Charles  le  Chauve  leur  s’il  fournit  le  Vivarais ,  le  diocèfe  d’Uzez ,  &  le 
l  Uid .  p.it  ).  oncle  8  prétendit  à  ce  même  royaume,  dont  les  peu-  refte  du  duché  de  Lyon  qui  lui  étoit  échu  par  le 
pics  Tavoient  appcllé  à  leur  fecours,  &  Tavoient  partage  dont  nous  venons  de  parler,  ou  s’il  n’y  étoit 
clù  pour  leur  roi  à  la  place  de  Charles ,  fous  pré-  pas  déjà  reconnu. 

texte  de  b  négligence  &  du  mauvais  gouverne-  VIII.  Quoi  qu'il  en  foit,  l’empereur  Louis  étant 
ment  de  ce  prince.  U  ne  paroît  pas  cependant  que  mort  Tan  875.  fans  enfans  males,Charlcs  le  Chauve 
Charles  le  Chauve  ait  eu  recours  à  la  voie  des  ar-  &  Louis  roi  de  Germanie  fes  deux  oncles  &  fes 
mes  pour  faire  valoir  fes  droits  *,  6c  il  eft  certain  plus  proches  héritiers ,  acquirent  par  là  un  droit 
que  les  deux  freres  étant  convenus  d’un  accord ,  légitime  à  fa  fucceflion  -,  &  le  traité  qui  avoit  été 
h  ibid.  pus*  partagèrent h  entr’eux ,  (ans  aucune  oppofition  de  conclu  entr’eux  en  870.  fiiivant  lequel  le  premier 
Mit.  £  t  ^  ie  royaume  de  Provence.  Lothaire  eut  devoit  régner  fur  les  deux  cotez  du  Rhône  depuis 
pour  lui  1a  plus  grande  partie  du  duché  de  Lyon,  Lyon  ,  reçut  une  nouvelle  force, 
cacr’autres  cette  ville  6c  celles  de  Vienne ,  de  Vi-  IX.  Après  1a  mort  de  Louis  roi  de  Germanie  5c 


m  U 


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DE  LANGUEDOC. 

de  Charles  le  Chauve  fon  frère  ,  donr  Tune  ar-  main  ;  &  toute  la  pa 
riva  en  876. &ï 'autre  l’année  fuivante,CarIoman,  nale ,  demeura  aux  d 
s jnnéi.Btrt.  Louis  &  Charles  fils  &  héritiers  du  premier,  firent a  XI.  Les  choies  étoi 


main  ;  &  toute  la  partie  inférieure  ou  méridio¬ 
nale  ,  demeura  aux  deux  princes  François. 

XI.  Les  choies  étoient  aans  cette  fituation  lor£ 


■M.Btrt.  Louis  &  Charles  fils  &  héritiers  du  premier,  firent a  XI.  Les  choies  étoient  dans  cette  fituation  lor£ 
6;&/e;ï  le  premier  de  Novembre  de  l’an  878.  avec  Louis  que  le  duc  Bolbn  ,  l’un  des  tuteurs  de  ces  deux 

U.  tuld»  ,  r  n  r  rr  1  i  i  i  •  i  /»  ^  t  cr  n  i  r 


Ie  Begue  fils  &  lùccelleur  de  Charles  le  Chauve  un  princes ,  abulint  de  leur  jeuncllè  &  de  Ibn  auto¬ 
traité,  fuivant  lequel  ils  convinrent ,  que  le  partage  rité ,  rélolut ,  à  l’inftigation  d  d’Ermengarde  fa  fe- 
arrêté  au  mois  d’Aout  de  l’an  870*  entre  leurs  pe-  conde  femme  ,  fille  au  feu  empereur  Louis  H.  de  U  **n%  *79' 
res  fobfifteroit ,  &  qu’en  conféquence  chacun  joui-  s’emparer  de  cette  partie  méridionale.  Il  fit  tant 
roit  paifiblement  de  la  partie  du  royaume  de  Lo-  par  les  menées,  qu’enfin  il  obligea  les  évêques  du 
thaire  qui  lui  étoit  échùc.Lafouveraineté  que  Char-  pays ,  loit  par  menaces ,  loit  par  careflès,  à  s’af- 
les  le  Chauve  avoit  déjà  acquifè  furies  pays  fi-  lèmbler  à  Mantaille  en  Dauphiné,  au  mois  d’Oéto- 
tuez  des  deux  cotez  du  Rhône  depuis  Lyon,  fut  bre  de  l’an  879. 

confirmée  par  là.  L’on  voit  par  les  fouferiptionsdes  évêques  qui 

X.  La  mort  de  Louis  le  Begue  arrivée  au  mois  aflifterent  à  cette  aflèmblée  ,  que  Bolbn  ufùrpa 
d’ Avril  de  l’an  879*  caufa  quelques  troubles  dans  Pautoritc  royale,  non-lculement  fur  toute  la  Pro¬ 
ie  royaume  de  Lothaire  :  mais  ce  fut  fèulement  vence  proprement  dite,  renfermée  entre  laDuran- 
dans  les  provinces  lupérieures.  Louis  de  Germanie,  ce,  les  Alpes ,  la  Méditerranée  &  le  Rhône ,  8c  fur- 
Bert .  appellé  b  par  quelques  fàétieux  de  France ,  lins  au-  tout  le  duché  de  Lyon ,  pays  qui  avoient  compofé 
cun  égara  pour  le  traité  qu’il  venoit  de  conclure  le  royaume  de  Charles  fils  de  l’empereur  Lothaire  > 
avec  Louis  le  Begue  Ion  coufln ,  s’empara  de  toute  mais  encore  fiir  la  haute  Bourgogne  &  fur  une  par¬ 
la  partie  de  ce  royaume  fituée  entre  la  Meule  &  tie  de  la  baflè ,  à  la  droite  de  la  Saône ,  laquelle 
le  Rhin  :  il  menaçoit  d’envahir  le  relie  de  la  mo-  avoit  toujours  appartenu  à  Char  es  le  Chauve.  Par- 
narchie ,  lorlque  Bolbn  duc  de  Provence  &  les  mi  ces  fouferiptions ,  on  voit  celles  des  archevê- 
autres  tuteurs  des  deux  jeunes  princes  Louis  &  ques  d’Aix  &  d’Arles  ,  &  des  évêques  de  Mar- 
Carloman  fils  de  Louis  le  Begue ,  pour  arrêter  les  feille ,  Toulon ,  Riez  &  Apt.  Il  eft  certain  en  effet 
progrès  de  les  armes  &  l’engager  à  retirer  lès  trou-  qu’il  faut  lire  c ,  Rtchardus  epifeopns  j4ptcn(is>  8c  c  G* B.thr. 

pes ,  le  virent  obligez  de  lui  céder  la  partie  de  la  non  pas  j4gatkcn(is  :  erreur  qui  a  fait  croire  à  U 

Lorraine  ou  du  royaume  de  Lothaire  le  jeune,  que  quelques  modernes  f  que  Bofon  avoit  régné  liir  fn.  i.td.n . 

le  roi  Charles  le  Chauve  avoit  eue  par  le  partage  le  diocèlc  d’Agde  dans  la  Scptimanie,  ce  qui  eft  d9 

de  l’an  870.  Les  paroles  de  l’annaliftc  de  feint  Ber-  faux  :  en  effet  Alaric  étoit  alors  évêque  d’Agd  e.  Fr.to  l,p.iz6m 

tin  font  remarquables  :  Ut  et  cjf errent ,  dit  cct  au-  Quoique  les  noms  des  autres  évêques  de  la  Pro- 

teur ,  partent  de  regno  Lotharii  Junioris,  vence  propre  ne  fc  trouvent  pas  parmi  ces  fouf-  mtujbn  de  Fr. 

quant  Carolus  contra  fratrem  faum  Ludovuum ,  ip-  criptions ,  il  paroîr  cependant  qu’ils  confcntirent 

‘  Jim  Ludovtct  patrem ,  acceperat.  Ainfx  dans  cette  cct  tous  alors  à  l’clcétion  de  Bolon ,  ou  du  moins  qu’ils 
fion ,  qui  étoit  même  forcée  &  contraire  aux  pré-  <è  fournirent  dans  la  fuite  à  fa  domination.  Aufli 

cédens  trairez ,  il  ne  s’agiflbit  nullement  des  pro-  voyons  nous  qu’ Arnaud  archevêque  d’Embrun , 

vinces  inferieures  qui  avoient  appanenu  à  l’em-  dont  le  nom  neparoît  pas  dans  les  aélcs  du  concile 

pereur  Lothaire  ,  ou  des  états  que  Charles  roi  de  de  Mantaille,  fut  du  nombre  de  ceux  qui  «élurent  gcw.*.*; 

Provence  ,  troilïétnc  fils  de  cet  Empereur,  avoit  l’an  890.  Louis  fils  de  Bofon  :  fès  fufrragans,  de 

poflcdcz  -,  8c  par  confcquent  du  cours  du  Rhône  même  que  ceux  d’Aix  &  d’Arles,  fè  fournirent  fans 

depuis  Lyon  jufqu  a  la  mer,  dont  les  deux  princes  doute  d’abord  à  ce  dernier  prince. 

François  demeurèrent  les  maîtres.  Moyennant  cette  Quant  au  duché  de  Lyon  ,  fitué  des  deux  cotez 

cclfion  ,  qui  fut  executée  fur  le  champ ,  mais  fans  du  Rhône,  on  voit  qu’il  fut  fournis  enderemcnc 

la  participation  de  ces  princes ,  le  roi  de  Germa-  à  Bofon  dans  le  tems  de  fon  éleélion  ,  par  les  fou- 

nie  leur  coufin  promit  de  les  laiflèr  paifibles  pofe  feriptions  des  archevêques  de  Lyon  &  de  Vienne , 

fèfleurs  de  tout  le  refte  :  Ut  accepta  ilia  portione  8c  des  évêques  de  Valence  ,  Grenoble ,  Vaifon , 

regm*  m  régnant  faum  rediret ,  &  quod  rehquum  Die,  Gap,  Orange,  Avignon,  Viviers  &  Uzez. 

de  regno  pains  Jut  Car  oh  Ludovicus  habuit  >  fil  iis  Enfin  celles  des  archevêques  de  Befençon  &  de 

fais  confcntiret .  Ludovic  us  vtro  G?  fat  acceptant  ha -  Tarentaifè ,  &  des  évêques  de  Bellay ,  de  Lauzanne 

bcntei  talent  ohUtionemiSc . . .  Le  acctp’a  regni  parte  &  de  Maurienne  prouvent  que  ce  duc  étendit  alors 

fabi  cblata  ,  Ludovtcus  ad  paUtium  faum  Francono -  fon  autorité  for  la  Bourgogne  Cisjurane  &  fur  la 

*  fcd.f.iSf.  fu>d  redut.  En  effet  les  deuxc  princes  François  Transjurane:  il  fournit  aufli  une  partie  dclabafle 

ayant  parragé  enrr’eux  l’année  fuivante  les  états  de  Bourgogne  à  la  droite  de  la  Saône  -,  car  les  évêques 

Louis  le  Begue  leur  pere ,  l’un  eut  pour  fii  part  de  Chatons  &  de  Maçon  aflifterent  à  cette  aflem- 

une  partie  de  l’Auftrafïe  qu’on  appelloit  alors  le  blée.  On  peut  comprendre  par  là  quelle  fut  Lé- 

royaume  de  France  :  Qaod  Franc  ta  refiduum  erat  tendue  de  fon  royaume. 

ex  paterno  regno ,  &  tout  le  royaume  de  Neuftrie  Louis,  &  Carloman  fon  frere,  étoient  alors  légi- 
aveefos  marenes  *,  &  l’autre  les  royaumes  de  Bour-  times  fouverains  de  toute  cette  étendue  de  pays  : 
gogne  &  d’Aquitaine.  Or  la  fuite  nous  fera  voir  en  voici  de  nouvelles  preuves.  i°.  Il  eft  marqué 
que  le  royaume  de  Bourgogne  qui  échut  à  Carlo-  dans  les  aétes  de  l’aflèmblée  de  Mantaille  ,  que 
man,  s’étendoit  à  la  droite  &  à  la  gauche  de  la  les  évêques  ne  fè  déterminèrent  à  élire  Bofon, que 
Saône ,  &  comprenoit  par  confcquent  la  partie  de  parce  que  tour  ce  pays  étoit  comme  abandonné 
ce  royaume ,  qui  étoit  échue  à  l’empereur  Lo-  depuis  la  mort  de  Louis  le  Begue  leur  commun 
thaire.  Les  pays  cédez  par  les  tuteurs  des  deux  prin-  seigneur.  Prafertim  h  cum  rege  comntuni  morte  k  c»ne.  n.  p. 
ces  François  à  Louis  de  Germanie,  ne  compre-  recepto  ,  nullus  tn  eos  faavtfcera  per  carttatis  lar- 
noient  donc  que  la  partie  de  l’ancien  royaume  gitatcm  extendertt.  On  voit  encore  ici  que  les  pays 
d’Auftrafie  fituée  entre  la  Meufe  &  l’Efcaut  d’un  uforpez  par  Bofon  ,  n’avoient  pas  été  cédez  au  roi 
côté  ,  &  le  Rhin  de  l’autre.  Par  cette  ceifion  toute  de  Germanie ,  puifque  ce  dernier  avoit  pris  poflèf- 
la  partie  fopérieure  du  royaume  de  l’empereur  fion  de  tout  ce  qui  lui  avoit  été  cédé.  i°.  Régi- 


Tome  I  J. 


prince 


auteur  contemporain , 


y  v  v  i j 


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\Jbïd. 


yi*  NOTES  SUR.  L’HISTOIRE 

xjue  Bofon  ufurpa  fon  royaume  fur  les  cnfans  de  dans  le  royaume  ,  &  le  peu  de  durée  du  régné 
Louis  le  Begue  :  Bofo\  ...in  regem  fuper  prafatum  de  Louis  &  de  Carloman  ,  ne  permirent  pas  à  ces 
Burgundiaregnum  mungitur,pro  nikilo  ducens  ado -  princes  de  dépouiller  Bofon  de  tous  les  pays  qu’il 
lefeentes  plios  Ludovic  i  Ve  lut  dégénérés  defpi -  avoit  uforpez  :  mais  il  eft  certain  qu’ils  lui  firent €  la  c  Omn.  r»>, 

xiens.  j  °.  Cela  paroît  encore  par  la  guerre  que  les  guerre  pendant  toute  leur  vie,  ainli  quel’atteftc  une  ^lïZTf.sn* 
Tois  Louis  &  Carloman  entreprirent*  bientôt  après  ancienne  chronique  :  Ludovtcus  fcihcet  (3  Carlo- 
tli'lt'Jj}*'  cn  ^eur  00111  >  concrc  Bofon ,  pour  reprendre  fur  mannus . .  . régnant  anms  K  Bofonem  femper  per - 
C lui  le  royaume  de  Provence  :  guerre  dans  laquelle  fecutt. 

ils 'furent  ftcourus  parle  roi  de  Germanie  meme.  Si  l’on  en  croit  Chorier  *  ,  Charles  le  Gras, 
ôc  par  Charles  le  Gras  roi  d’Italie  fon  frere.  lucceffeur  de  ces  princes  au  royaume  de  France , 

XII.  Il  eft  donc  certain  que  Bofon  ufurpa  fon  jouit  véritablement  de  la  fouverainetc  fur  tous  les 
royaume  fur  Louis  &  Carloman  rois  de  France ,  &  pays  ufurpez  par  Bofon  :  mais  il  s’accommoda  avec 

3ue  par  confequent  la  fouverainetc  fur  le  Rhône  lui ,  le  reçut  pour  fon  vaflàl ,  &  le  laifla  pailîble 
’untbord  à  l’autre,  depuis  Lyon  jufqu’à  la  Mcdi-  poftèHèur  du  royaume  de  Provence.  *  Bofon, dit 
terranéc  ,  appartenoit  alors  a  ces  deux  princes  ;  cet  hiftorien  ,  rentra  (ans  réliftancc  dans  la  pof-  « 

aulli  firent-ils  tous  leurs  efforts  pour  chaflcr  ce  re-  feflion  de  tous  fes  états  après  la  mort  de  Car-  « 

belle  de  ce  pays.  Les  princes  Germains  leurs  cou-  loman ,  &  les  recouvra  pendant  les  defordres  qui  * 

fins ,  fe  liguèrent  avec  eux  pour  cette  entreprife  au  fifivirent  la  mort  de  ce  prince.  L’empereur  Charles  " 

^J'nalmBert'  mois  de  Juin  de  l’an  b  88o.  &  convinrent  enfem-  le  Gras,  que  les  François  avoient  appellé  ,  s’ac-* 

^*4 anal.  F ‘nid.  ble  d’un  nouveau  traité  de  paix.  Nous  en  ignorons  commoda  avec  lui ,  ôc  lui  envoya  même  un  fàuf-  «• 

t- '-T*.  les  articles  :  mais  il  y  a  tout  lieu  de  croire  que  les  conduit  pour  le  venir  trouver  à  Metz  comme  il  «* 

xleux  princes  Germains  confirmèrent  les  deux  prin-  le  fouhaitoit  :  il  conclut  enfuite  avec  lui  un  traité  - 

ces  François  dans  la  poflèflîon  de  toute  la  partie  de  paix,  fuivant  lequel  Bofon  ayant  fait  homma-« 

méridionale  du  royaume  de  l’empereur  Lothairc ,  ge  a  Charles  le  premier  de  Novembre ,  fà  femme  * 
dont  Louis  le  Begue  &  Charles  le  Chauve  avoient  &  fa  fille ,  que  Carloman  avoit  fait  prifonniercs  « 
éré  les  maîtres,  &  que  Bofon  venoit  d’ufiirper.  Cela  à  la  prife  de  Vienne ,  lui  furent  rendues  :  ainli  c 
eft  d’autant  plus  probable,  que  Louis  &  Carloman  Bofon  ne  s’oppofa  pas  à  l’ade  de  fouverainetc- 

laiflerent  Charles  le  Gras  pailible  poffrffrur  de  tou-  que  fit  l’empereur  Charles  le  Gras  fur  le  royau-  « 

te  l’Italie ,  for  laquelle  iis  avoient  des  droits  *,  il  y  me  de  Provence,  lorfque  la  première  année  de  « 

eut  fans  doute  une  efpccc  dcchange  entr’eux.  Il  fon  régne  ,  ôc  à  la  pricre  du  marquis  Bernard ,  il  « 

paroît  encore  qu’il  fut  ftipulé  dans  ce  traité ,  que  confirma  à  l’églife  de  Lyon  tout  ce  qu’elle  pofïc-  » 

Louis  de  Germanie  ne  pollèdcroit  qu’en  engage-  doit  dans  l’étendue  du  meme  royaume  ;  ce  qui  » 
ment,  Ôc  feulement  pendant  fa  vie,  la  portion  de  témoigne,  continue  Chorier,  que  Bofon  relc-* 
la  Lorraine  fupérieure  qui  avoit  été  au  pouvoir  de  voit  de  ce  prince ,  ôc  qu’il  fe  reconnoiflôit  fon  * 

Charles  le  Chauve  ôc  de  Louis  le  Begue ,  ôc  que  vaflàl.  n  Mais  s’il  eft  certain  que  Charles  le  Gras 
les  tuteurs  des  deux  princes  François  lui  avoient  exerça  la  fouverainetc  comme  roi  de  France  fur  le 
"cédée  l'année  précédente  -,  Ôc  qu’il  fut  dit  qu’a-  royaume  de  Provence ,  on  ncfçauroit  prouver  que 
près  fa  mort  toute  cette  partie  reviendroit  aces  ce  prince  ait  jamais  reconnu  Bofon  pour  fon  vaflàl, 
deux  princes.  En  effet  Louis  roi  de  Germanie  étant  qu’il  ait  fait  un  traité  de  paix  avec  lui ,  &  reçu  fon 
mort  l’an  S  8  z.  &  le  roi  Charles  le  Gras  fon  frere ,  hommage  :  Chorier  n’en  donne  aucune  preuve  >  & 
lui  ayant  fuccedé ,  Carloman  roi  de  France  envoya  quelques  auteurs  poftéricurs  S  qui  ont  avancé  que  g  Défit  au 
des  ambaflàdcurs  à  ce  dernier  pour  le  fommer  de  Charles  le  Gras  reçut  en  grâce  le  roi  Bofon  ,  quil 
luireftitucr  cette  portion  de  la  Lorraine  fopérieurc,  lui  donna  fous  l'hommage  une  partie  du  royaume  &  sAni^fatn. 
•  CONFORMEMENT  a  SA  promesse  .  .  j4d*cjuod  place -  le  r  et  Mit  dans  fes  états ,  l’ont  fait  trop  legere-  o! 

tum  Hugo  abbas  Carolum  adiit  pro  petit tone  partis 


c  ^innal.Bert. 

p.  261, 


regni  quam  frater  fuus  Ludovicus  m  locanum  ac- 
ceperat  ;  ut  peut  ipfe  Carolus  ohm  promiferat ,  Ca- 
rolcmanr.o  refitueret .  Cette  reftitution  devoir  être 


a  iïîd.p.  260. 


ment ,  ôc  (ans  doute  for  la  foi  de  cet  hiftorien. 

Nous  voyons ,  en  effet  au  contraire  ,  par  l’au¬ 
torité  de  Reginon  h,  auteur  grave  &  contempo¬ 
rain  ,  que  non-feulement  les  rois  Louis  &  Carlo- 
faite  à  Carloman  ,  en  conféquencc  du  partage  man  firent  toujours  la  guerre  à  Bofon,  mais  encore 
dont  il  étoit  convenu  avec  le  roi  Louis  fon  frerc.Ce  les  rois  fücccflcurs  de  ces  princes ,  ôc  qu’ils  ne  con- 
prince  continua  en  effet  lui  feul  le  liège  de  Vien-  durent  jamais  aucune  paix  avec  lui.  Aon  folum  tlli, 
ne ,  ville  qui  lui  étoit  aulli  échûe  en  partage  avec  verum  etiam  alu  reges  Francorum  per  fuccedentta 
le  royaume  de  Bourgogne  ;  Rémanent e  Carloman -  tempora  adeo  graviter  nomen  ejus  (  Bofoms  )  tulc- 
no  ,  contra  Bofonis  ftdiuonem  t  ôc  c’eft  à  lui  quelle  runt ,  atqtte  exofum  habuerunt ,  ut  trrecuperabili 
fe  rendit  l’an  88*.  On  voit  d’un  autre  côté  que  ejns  dejethone  &  mortiscxitio,  non  modo  principes  ac 
les  lèigncurs  de  la  partie  de  la  Lorraine  fupérieure  duces,  fed  etiam  eorum fatellites  facramentis  G?  exe- 
qui  avoit  appartenu  à  Charles  le  Chauve  &  a  Louis  cratiombus  obhgarentur.  Cet  auteur  dit  enfuite  que 
le  Begue ,  d  voulurent  fe  foûmettre  à  Louis  roi  de  ces  memes  princes  pourfoivirent  toujours  Bofon , 
France  ,  d’abord  après  la  mort  de  Louis  de  Germa-  &  proferivirent  meme  ceux  qui  fàvorifbient  fon 
nie  •,  parce  que  cette  portion  devoit  être  reftituée  parti. 

aux  princes  François  ;  mais  Louis  aima  mieux,  at-  XIV.  Charles  le  Gras  traita  donc  toûjours  Bofon 
tendre  que  Charles  le  Gras  lui  fit  lui-même  cette  d’uforpateur  -,  &  fi  le  premier  exerça  divers  aâcs  de 
reftitution  ;  Vemcntes  autem  pnmores  partis  illius  fouveraincté  fur  le  royaume  de  Provence,  ce  ne  fut 
regni ,  qua  ipp  Ludovtco  m  locanum  data  fuerat ,  pas  en  vertu  de  quelque  traité  qu’il  eût  fait  avec 
qiiatenus  qui  pater  &  avus  tllorum  habuerunt  ets  l’autre ,  mais  comme  roi  de  France  &  foccefTèur 
coulent  ir et ,  velue  runt  fe  dit  commendare  :  fed  con - 
filio  pnmorum  ,  propter  facramenra  qua  inter  eum  , 

CS  Ca'olum  faEl a  fuerant  ,  non  eos  m  commenda - 
tionem  fufcrpit  ,  ê$c. 


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de  Louis  ôc  Carloman ,  à  qui  les  états  de  Bofon  ap- 
partenoient  de  droit.  On  a  des  preuves  de  cette 
fouverainetc,  i°.  dans  une  charte  du  premier  de 
Mai  de  l’an  885.  que  Chorier  a  citée ,  ôc  qui  a  été 


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XIII.  Les  ravages  que  les  Normans  caufoicnc  donnée  depuis  par  Baluze. 1  z°.  dans  lcsa&esdu 


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DE  LANGUEDOC.  jiÿ 

concile  tenu  a  Châlon  fur  Saône  au  mois  de  Mai  nales  de  Fulde  ne  nous  permettent  pas  de  douter: 


de  l’an  ‘8  87.6c  par  confequent  poftérieurement  a  la  Tartdcm  k  afumpto  Bofone  comité ,  qui  propria  uxore 
mort  de  Bolôn ,  comme  nous  verrons  bientôt  j  ce  veneno  ex/i  india  ,  fiham  Ludwict  imper aeons  de  *' 5/u 

H 


qui  fait  voir  que  Charles  le  Gras  Ce  regarda  com-  kalia  per  vim  rapueraty  0c.  Soir  donc  que  cette 
me  fouverain  du  royaume  de  Provence  pendant  premierefemme  du  roi  Bofon  s’appcllât  Ingeltrude 
la  vie  de  ce  dernier  ,  6c  après  (a  mort  :  en  effet  les  ou  non ,  peu  importe ,  dès  qu’il  eft  confiant  que  ce 
archevêques  de  Lyon  &  de  Vienne ,  avec  les  evê-  prince  empoifônna  fà  première  époufe  pour  fe  ma- 
ques  de  Valence  >  de  Bellay,  de  Mâcon  &  de  Châ-  rier  avec  une  autre.  Il  eft  certain  d’ailleurs  que  Bo- 
lon  fur  Saône ,  qui  aflîftercnt  à  ce  concile ,  &  dont  fôn 1  n’enleva  la  princeflc  Ermengarde  pour!  epou-  1  ^  ^  Bcrh 


n  Hi/I.geneall 
3  >  .CTJ91 


o  Cont.t9.9-p9 
4^+. 


les  diocèfcs  étoient  dans  l’étendue  du  royaume  de  fer  que  l’an  8  7  6.  Or  nous  apprenons  dun  auteur  m  #?i ,  5 
Provence ,  y  reconnurent  la  fouveraincté  de  Charles  contemporain ,  que  l’an  8  7  8-  le  prince  Cai  lomari 
le  Gras  en  France  &  dans  les  Gaules.  fils  du  roi  Louis  le  Bcgue  époulâ  une  fille  du  mê- 

XV.  fl  eft  vrai  que  ce  concile  eft  daté  de  l’an  886*  me  Bofbn  -,  elle  devoir  être  née  par  conlequent 
dans  les  differentes  éditions  qu’on  en  a  données  :  d’un  premier  mariage  du  meme  Bofbn ,  puif- 
mais  il  doit  être  rapporté  à  l’an  837.  comme  il  qu’à  peine  il  y  avoit  alors  deux  ans  depuis  celui  qu’il 
paroît  par  d’autres  monumens,&en  particulier  avoit  contraûé  avec  Ermengarde.  On  ne  doit  donc 

i  Uirttn.  tt.  par  les  privilèges  b  qu’il  accorda  à  l’églife  de  Lan-  faire  aucune  difficulté  d’adinettre  une  fille  de  Bofon 
Sntn.  ai  e •  grcs  fc  ^  l'abbaye  de  Charlieu  au  diocèic  de  Maçon,  au  nombre  des  reines  de  France ,  S c  de  donner  une 
&  qui  font  datezde  l’an  887«D^lfcursl’indidion  époufè  au  roi  Carloman*  ce  que  lemêmengénea- 
<c»n<d.M*rt.  v.  eft  marquée  dans  tous  les  actes  c  donnez  par  logifte  a  obmis  fiir  la  fauflè  prétention  que  Bolbn 
fStun.  a»  Je  même  concile  >  &  cette  indiâion  né  convient  ne  fut  marié  qu’avec  Ermengarde. 

nullement  au  mois  de  May  de  l’an  886.  mais  bien  XIX.  On  aflîire  que  l’empereur  Charles  le  Gras 
à  l’année  fuivanre  :  ce  qui  prouve  manifeftement  reconnut  Louis  fils  de  Bofbn  pour  roi  ;  ce  qui  n’cft 
que  les  évêques  du  royaume  de  Provence  recon-  pas  marqué  dans  les  annales  de  Fulde  que  nous 
noiflôient  la  ibuveraineté  du  roi  de  France  après  la  avons  déjà  citées  :  elles  rapportent  feulement ,  que 
mort  de  Bofbn.  Charles  le  Gras  reçut  Louis  pour  fon  vaflàl  après 

XVI.  S’il  faut  s’en  rapportera  quelques  moder-  la  mort  de  Bofbn  fonpere  :  mais  elles  ne  donnent 
iHifigtnJt  nes  entrautres  au  dernier  éditeur  de  Thiitoire  gé-  le  titre  de  roi  ni  à  ce  dernier  ni  à  Ion  fils.  Que  fi 
u  oui)  Je  Fr.  néalogiquc  de  la  mai  Ion  de  France ,  Bolon  décéda  Charles  le  Gras  accueillit  favorablement  Louis,  ce 
h,L/'4o#  le  onze  de  Janvier  de  l’an  888.  mais  il  eft  certain  fut  en  confidération  de  la  parenté  qu’il  y  avoit  cn- 

que  ce  prince  étoit  déjà  mort  au  mois  de  Juin  de  tr’eux  ,  à  eau  fe  d’Ermcngardc  mcrc  de  ce  prince , 
utrji. fmU.  l’année  précédente.  L’auteur  des  annales  de  Fulde c  qui  étoit  nièce  de  Charles ,  à  la  mode  de  Bretagne. 

Hcll7.' ctr.tr.  &  Herman  Contra#  rapportent  en  effet  que  Char-  Celui-ci  aura  donc  donné  alors, à  Louis,  par  amitié, 
tt.\.car.,f.td.  les  le  Gras  Ce  rendit  alors  à  W îllingen  en  Allema-  quelques  fiefs  dans  l’étendue  du  royaume  de  Pro- 
w-jtL.f.  is*  gnc  ^  (jUC  ce  prjncc  alla  cnfiiite  a  Kircheim  fur  le  vcnce ,  Sc  il  aura  reçu  fbn  hommage  pour  ces  fiefs, 

Rhin ,  ou  Louis  fils  de  Bofon  le  joignit  après  la  ma:s  il  ne  lui  aura  pas  donné  ce  royaume, 
mort  de  fbn  pere  :  A'iortuo  trapue  Euofone  parvulus  XX.  En  effet  Louis  fils  de  Bofbn,  ne  flic  élu  roi  de 

trot  eifhus  . . .  ouem  impcrat or  ad  Rhcnum  vc niais  Provence  qu’au  concile  de  Valence  de  l’an  890.  0 
Iv.Nttefîv,  oùvtamy0c.  Il  eft  certain  1  d’ailleurs  que  l’empereur  long-tcms  après  la  mort  de  Charles  le  Gras.  Il  eft 
Charles  le  Gras  étoit  à  Kircheim  au  mois  de  Juin  vrai  que  les  pores  de  ce  concile  infïnuent  que 
de  l’an  887.  ainfi  la  mort  de  Bofbn  devoir  avoir  Charles  avoit  reconnu  Louis  pour  roi  >  mais c’eft  un 
précédé.  Ce  roi  étoit  deja  dcccdé  fans  doute  de-  prétexte  dont  ces  prélats  Ce  fervent  pour  couvrir 
puis  le  onze  de  Janvier  precedent,  comme lamar-  leur  entreprife  ;  car  fi  Louis  eût  été  déjà  reconnu 
quéChorier  ,  qui  le  fait  mourir  dans  la  huitième  pour  roi  dès  le  régne  de  Charles  le  Gras,  quelle 
année  de  (on  régne j  ce  qui  s’accorde  parfaitement  :  néceflîtc  y  avoit-il  de  l’élire  ?  Il  paroit  d’ailleurs  par 
?Àf<rte*.nr.  Câr  nous  fçavons  par  une  de  Ces  chartes  $  qu'il  par-  un  monument  de  la  fin  de  l’an  889. p  que  Louis  P Contil  ll: 
vint  à  cette  vi  1 1.  année  :  il  vivoit  par  confequent  n’étoit  pas  alors  reconnu  pour  roi.  Enfin  les  pcrcs 
encore  au  mois  d'Oétobre  de  l’an  886.  du  concile  de  Valence  le  font  voir  eux-mêmes ,  en 

XVII.  Comme  il  paroît  par  cette  charte  que  Bofbn  difant  dans  le  préambule  de  l’aéte  dclc&ion ,  Que 
croit  alors  maître  de  Vienne ,  &  qu’Ermcngardc  fà  depuis  la  mon  de  Charles  le  Gras  ils  étoient  demeu- 
femme  étoit  avec  lui,  cela  aura  donné  lieu  Accroire  rez.  fans  roi  0/ans prince  :  ce  qui  prouve  en  même 
fins  doute  que  ccrtc  princeflc  lui  avoit  etc  rendue,  tems  qu’ils  avoient  reconnu  cer  empereur  pour  leur 
&  qu’il  étoit  rentre  dans  la  poflclhon  de  cette  ville  fotiverain  &  leur  fêigneur  immédiat, 
en  vertu  d’un  traité  de  paix  fait  avec  Charles  le  Ces  prélats  ajoutent,  qu’Arnoul,  qui  régnoit  alors 
Gras  :  mais  nous  neconnoiflbns  aucun  monument  dans  la  Germanie,  &  qui  avoit  fuccedé  à  Charles 
où  il  fbit  parlé  de  ce  traité.  Il  eft  certain  d'ailleurs,  le  Gras  dans  ce  royaume,  favorifoit  beaucoup  Louis 
comme  on  l’a  déjà  vu ,  que  Charles  étoit  recon-  fils  de  Bofon  :  mais  quand  Arnoulauroit  reconnu 
nu  pour  iouverain  de  Vienne  au  mois  de  Mai  de  Louis  pour  roi  de  Provence,  &  lui  auroit  donne 
l’an  887.  &  nous  (çivons  que  la  ville  de  Lyon,  même  ce  royaume ,  il  n’avoit  aucun  droit  de  le  faire 
capitale  du  royaume  de  Provence ,  croit  au  pou-  au  préjudice  de  Charles  le  Simple  fils  de  Louis  le 
b  u  voir  du  roi  Eudes  h  l’an  89  5*  Bcgue,  &  du  roi  Eudes  qui  régnoit  alors  en  France  : 

f‘  XVin.  Pour  finir  ce  qui  regarde  la  perfonne  de  il  n’avoit  rien  à  prétendre  fur  le  royaume  de  Pro- 
1  H,/*  grn.  a.  Bofbn  ,  nous  remarquerons 1  qu'un  de  nos  généa-  vcnce ,  qui ,  comme  on  l’a  déjà  vu ,  avoit  appartenu 
Ml’  logiftes  Ce  trompe  en  niant  que  ce  roi  eut  été  déjà  légitimement  à  Louis  le  Bcgue  &  à  fes  fucccfleurs  -, 
marié  lorfqu’il  époufa  la  princeflc  Ermengarde  fille  il  ne  pouvoir  donc  en  di(jx)(cT. 
de  l’empereur  Louis  II.  fous  prétexte  que  le  comte  XXI.  On  pourroir  objecter  ,  que  fîiivant  un  hi- 
Bofon  ,  mari  d'Ingeltrudc  ,  eft  different  de  notre  ftoricn  1  moderne ,  Eudes  après  avoir  été  élu  ,  fit  qD*niei.h;//i 
Bofbn  :  mais  il  eft  certain  que  ce  dernier  époufa  affurcrle  roi  de  Germanie  quilrenoncoit  atout  e  pré-  ^e/r'  * *' 


idt 


4**. 

<1. 


Ermengarde  en  fécondes  noces  ,  après  avoir  em- 
poifonné  fi  première  femme  ]  c’eft  de  quoi  les  an- 


tention  fur  toutes  les  parties  de  fes  états ,  0  en  par¬ 
ticulier  fur  Ce  qu  il  pojjedoit  du  roj.  mme  de  Lorraine  , 


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XV. 


1  Wittchind. 
•mantl.  t$.  u 
Mtihm. 

<*7- 


'IV.  Dmh.  h. 
-ip.Sîj.S90. 


NOTES  SUR.  L’HISTOIRE 

8c  conclure  dc-là  ou’Eudes  renonça  à  fes  droits,  en  qu’ils  eurent  acquis  des  comtes  de  Touloufe  le  do- 
faveur  d’Arnoul ,  fur  le  royaume  de  Provence ,  qui  maine  utile  d’une  partie  des  pays  qui  font  fituez  à 
faifoit  panie  du  royaume  de  l’empereur  Lothaire.  la  droite  de  ce  fleuve.  A  cela  on  doit  ajouter  que 
Mais  ce  fait  eft  avancé  (ans  preuve ,  &  les  annales  leVivarais&  l’Ufege  ne  firent (  plus  partie  du  royau-  fVi  NQTS 
de  Fulde  que  1’hiftorien  cite  en  marge ,  n’en  difent  me  de  Provence  après  la  mort  de  Louis  l’Aveugle ,  J 
rien.  Il  eft  vrai  que  fiiivant  les  mêmes  annales  ,Eu-  fils  de  Bofon ,  8c  que  les  rois  de  France  réunirent 
des  fit  prierAmoul  de  confentir  à  fon  éleélion;  con-  alors  à  la  couronne  ces  deux  pays ,  où  ils  furent  rc- 
fentement  dont  il  avoir  befoin  pour  fe  foûtenir  con-  connus,  foit  parles  comtes  de  Touloufe  qui  en 
tre  Charles  le  Simple,  fuccefleur  légitime  de  la  cou-  demeurèrent  les  maîtres ,  foit  par  les  prélats  &  les 
tonne  \  &qu’Amoul  lui  accorda  (a  demande  :  mais  feieneurs.  Or  comme  ces  deux  pays  s’étendoient 
il  n’eft  parlé  d’aucune  ceflion  du  royaume  de  Larron  jusqu’au  Rhône ,  c’eft  une  preuve  que  nos  rois  ont 
ne.  Au  contraire ,  fuivant  un  ancien  hiftorien  Aile-  exercé  leur  fouveraineté  fur  ce  fleuve ,  malgré  l’u- 
mand*JEudes  offrit  véritablement  auioiAmoul  fon  forpation  d’Hugues,  qui  après  la  mort  de  Louis 
feeptre  &  fa  couronne  -,  mais  il  régna  du  confente-  P  Aveugle  ,  s’empara  de  la  Provence  &  la  céda  cn- 
ment  de  ce  prince  for  toute  l’étendue  du  royaume  fuite  aux  rois  de  Bourgogne ,  d’où  elle  paffe  aux 
de  France.  Hutc  (  Ænulfo  )  Odo  diadema  ii  fie -  empereurs  d’Allemagne. 

ptrum  Çÿ  cetera  reçoit*  ornamenta  obtulit ,  impe-  _ _ _ 

riMmcjue  Dominé  fui  gratta  imper atoris  obeinuit ,  un- 
de  ufifue  hodie  certamen  eft  de  regno  Carolorum  ftirpi 
&  pofteru  Odonis  ,  concertatio  quoejuc  regibus  Ca~ 
rolorum  £$  Orientalium  Francorum  super  regno 
Lotharit. 

XXH.  Mais  quand  même  le  roi  Amoul  auroit  été 
en  droit  de  difpofer  du  royaume  de  Provence  en 
faveur  de  Louis,  &  de  l’en  inveftir ,  il  fe  feroit  tou¬ 
jours  confervé  la  fozerainetc  for  ce  royaume  :  ainfi 
Charles  le  Simple  ayant  fuccedé  à  tous  fes  droits 
&  recueilli ,  memeduconfentement  bdes  rois  ou 
empereurs  d’Allemagne ,  tpute  fa  focceflion  com- 


N  O  T  E  II. 

Sur  les  conciles  de  Port  &  d?Vrgel9 
ajfemblez^  fous  faint  Tbeodard 
archevêque  de  Narbonne . 


t  U 

IM.  S9i* 


L  Ous  n’avons  rien  à  ajoûter  au  jugement  que 
XN  les  Bollandiftes §,  &M. Baluze h  après  eux,  *£*/■** 
ont  porté  de  la  vie  de  feint  Theodard  archevêque  h 
de  Narbonne.  Nous  convenons  avec  ces  critiques 
que  cette  vie  a  été  écrite  dans  un  tems  fort  porté- 
me  plus  proche  héritier  de  Louis  fils  de  ce  prince,  il  rieur  à  celui  où  ce  prélat  a  vécu ,  &  quelle  eft  rem- 
senfok  que  les  rois  de  France  fuccefleurs  de  Charles  plie  de  fables  &  d’anachronifines  :  nous  croyons  ce- 
doiventètre  regardez  comme  légitimes  fouverains  pendant  ,  avec  le  dernier  ,  que  le  fonds  en  a  été 
de  la  Provence  -,  &  que  les  empereurs  d’Allemagne,  tiré  d’une  vie  de  feint  Theodard  compofée  par  un 
foccelfeurs  de  Louis  fils  de  Bolon ,  n’ont  pu  tout  au  auteur  contemporain  *,  ce  qui  a  fait  que  nous  avons 
plus  pofleder  ce  royaume  ,  de  même  que  toute  adopté  tout  ce  que  nous  avons  cru  pouvoir  s’accor- 
la  Lorraine ,  que  comme  leurs  vaffeux.  D’ailleurs  der  avec  les  monumens  du  tems. 
nous  avons  déjà  vu  que  même  du  vivant  d’Arnoul,  Sur  ce  principe  nous  avons  entièrement  rejetté 
&  poftérieurement  a  la  prétendue  ceilion  qu’on  l’hiftoire  ae  la  difpute  de  faint  Theodard  avec  les 
foûtient  que  le  roi  Eudes  lui  fit  d’une  partie  du  Juifs  de  Touloufe,  quoiqu’il  puiffe  peut-être  y  avoir 
royaume  de  Lorraine ,  ce  dernier  étoit  maître  de  quelque  chofe  de  vrai  :  mais  nous  avons  adopté , 
la  ville  de  Lyon  capitale  du  royaume c  de  Provence,  après  M.  Baluze,  l’hiftoire  de  l’intrufion  de  Selva 
Les  rois  de  France  ne  confontirent  donc  jamais  à  évêque  d’Urgel,  &  d’Hermenmire  évêque  de  Gi- 
l’ufurpation  de  Bofon  &  de  fes  fucce(Ieurs,&  confer-  ronne  j  parce  que  l’auteur  rapporte  des  circonftan- 
verent  toujours  leurs  prétentions  légitimes  (ur  cette  ces  Ci  particulières  de  cette  affaire ,  &  qu’elles  font 
portion  delà  monarchie  qu’il  avoir  envahie.  Auffi  fi  liées  avec  les  faits  hiftoriques  du  tems,  &  avec  des 
voyons-nous ,  î 9.  que  Charles  le  Simple  fut  recon-  monumens  1  non  fofpe&s ,  qu’il  eft  difficile  que  le 

d  nu  d  en  9 1 1 .  pour  roi  de  Lorraine  par  Henri  l’Oi-  fonds  n’en  ait  été  pris  dans  quelque  bonne  fourcc. 

s%7'&  feleur  roi  de  Germanie ,  en  vertu  du  traité  qu’ils  Nous  avons  donc  cru ,  nonobftant  ce  qu’en  difent 

contractèrent  alors  enfemble  for  les  bords  du  Rhin,  les  Bollandiftcs,  qu’il  fe  tint  en  effet  un  concile 

qui  fervoitde  limites  à  leurs  états.  iv.  Que  le  roi  à  Pore  for  cette  affaire ,  8c  que  faint  Theodard 

tFUJ.djMkn.  Raoul  fe  fit c  reconnoître  à  Vienne  l’an  93 1.  par  y  aflîfta  avec  les  autres  evêques  qui  font  nommez 

. . Louis  Conftantin  petit  fils  de  Bofon ,  lequel  reçut  dans  la  vie  de  ce  prélat ,  &  dont  un  fauflâire  n’au- 

aufli  enfuite  dans  cette  ville  ,&  reconnut  pour  fou-  roit  fçû  deviner  les  noms  :  nous  foivons  en  cela 
verain  le  roi  Louis  d’Outremer.  3  0 .  Que  le  roi  Lo-  l’exemple  du  P.  Sirmond,  des  éditeurs  des  conciles, 
thairc  donna  en  dot  la  ville  de  Lyon  à  fe  feeur  en  &  de  M.  Baluze.  Nous  nous  écartons  cependant  en 
la  mariant  avec  Conrad  le  Salique  roi  de  la  Bout-  quelque  chofe  des  circonftances  que  ce  dernier  nous 
gogne  Transjurane.  4*.  Enfin  que  le  même  Lo-  a  données  de  cette  affaire, &  de  la  chronologie  qu’il 
thaire  reprit  la  ville  d’ Aix  fur  l’empereur  Othon ,  &  a  fuivie  ;  fur  quoi  nous  allons  donner  nos  raifons. 
qu’il  donna  la  Lorraine  en  bénéfice  à  ce  prince.  Que  1  Il  paroit  qu’il  n’y  a  aucun  lieu  de  douter  que 

li  lesdéfordres  arrivez  dans  l’état  à  la  tin  de  la  fé¬ 
condé  race ,  &  au  commencement  de  la  troifiéme, 
ne  permirent  pas  à  nos  rois  de  rentrer  entière¬ 
ment  dans  tous  les  droits  qui  leur  étoient  acquis , 
fur  tout  l’ancien  royaume  de  Lothaire  •,  8c  s’ils  fù- 


i r.Mm.Hif- 
p.  I7«*  à 


*J«.  & 


Selva ,  faux  évêque  d’Urgel ,  n’ait  voulu  uforper 
for  l’archevêque  de  Narbonne  l’autorité  métropo¬ 
litaine  dans  la  Marche  d’Efpagne*  ce  queM.  Baluze 
aobmis.  En  effet  Selva  ordonna  de  fon  autorité  un 
évêque  à  Gironne ,  &  il  fut  aflifté  dans  cette  con- 


rent  obligez  de  fouffrir  les  entreprifes  des  empe-  fécration  des  évêques  légitimes  de  Barcelone  & 
rcurs  d’Allemagne  qui  fe  prétendoient  fouverains  d’Aufonne:  ceux-ci  reconnoiflbient  par  confequent 
du  Dauphiné  &  delà  Provence ,  ils  n’abandonne-  l’autorité  de  cet  intrus  au  préjudice  de  celle  de  l’ar- 
rent  jamais  leurs  droits.  Saint  Louis ,  Philippe  le  chevêque  de  Narbonne ,  à  qui  il  appartenoit  de 
Hardi  &  Philippe  le  Bel  les  renouvellerent  fur  ces  droit  de  fecrer  les  evêques  de  la  Marche  d’Efpagne. 
provinces ,  8c  en  particulier  for  le  Rhône ,  depuis  On  voit  d’ailleurs  dans  divers  aftes  qui  nous  reftenr 


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n.  20. 


illijt.r.cct.  P4- 

r»/.  ib.  />.)06. 


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«5î. 


DE  LANGUEDOC.  JI7 

fiir  cette  affaire  >  entr’autres  dans  Ja  lertrc  du  pape  chronique  B  que  les  Normans  abandonnèrent  le  §  />*./>.*.  t; 
Étienne  ,  qu’il  s’agiflôit  entre  fâint  Thcodard  &  fiege  de  Paris  le  jo.  Nov.de  l’an  886.  &  qu’ils  le 
Selva ,  outre  Pufiirpation  que  ce  dernier  avoir  faire  retirèrent  alorsàSens:orceficgen’ayantdurcqu’un 
de  l’évcchc  d’Urgel ,  de  l’autorité  métropolitaine  an  fuivant  Abbon ,  il  doit  avoir  commencé  par  con- 
de  la  Marche  d’Efpagne  ;  car  quoique  ces  monu-  fequent  au  mois  de  Novembre  de  l’an  8  8  5  .&  Char- 
mens  fbient  fuppofez ,  il  paroi t  cependant,  comme  les  le  Gras  ne  peut  ^voir  marché  à  fon  fecours  en 
on  l’a  déjà  dit ,  qu’ils  ont  été  fabriquez  liir  de  véri-  887-  .  .  .  « 

tables ,  qu’on  a  interpolez ,  en  y  inférant  tout  ce  Enfin  ce  prince  fut  depofé  à  la  fâint  Martin  de 
qu’un  faux  zcle  pour  les  droits  de  l’églifê  métro-  cette  même  année,  &  il  la  pafla  prcfque  toute  en- 
poütainede  Narbonne  a  pu  infpircr  â  leurs  auteurs,  tierc  aux  environs  du  Rhin.  Il  eft  prouvé  h  en  effet  h Vet.  *nnat. 

i°.  Nous  avons  fixe  Pcpoque  du  concile  de  Port  par  les  chartes  &  par  les  hiftoriens,  qu’il  étoit  à  *P"d 
à  l’an  887*  quoique  M.  Baluze  la  mette  un  peu  Willingcn  en  Allemagne  au  mois  de  Mai  de  Pan  Marten  dit* 
plus  tard.  Cet  auteur  fê  fonde  fur  la  date  dune  887-qu’au  mois  de  Juin  fuivant  il  rélidoit  au  palais 
1  jfftrU.c**  charte a  que  l’empereur  Charles  le  Gras  donna  en  deKircheim  en  Alfâce,  qu’il  palla  enfuite  le  Rhin,  h'„ecd.  r. 
ÏÏ  "  w  ^avclir  Thcotarius  évêque  de  Gironne,  a  Paru  le  &  qu’il  demeura  tout  le  refte  de  l’année  jufqu  a  là 

premier  Novembre  ,  la  jccondc  année  de jon  régne  dcpolition,  au-deLr  de  ce  fleuve.  Il  ne  vint  donc  pas  J77. 

*u\s  dan  la  Gaule ,  rrulitlon  6.  M.  Baluze  rapporte  la  â  Paris  en  887. 

charte  au  mois  de  Novcmb.  de  Pan  887. 1  uppofànt  III.  Après  avoir  fixé  la  durée  du  fameux  fiege  de 

3 ne  cette  indication  avoit  commencé  depuis  le  x r.  Paris  par  les  Normans ,  lequel  commença  au  mois 
c  Septembre  précédent.  Or  comme  Selva  n’or-  de  Novembre  de  Pan  885.  &  dura  jufqu’au  meme 
donna  Herinenmire  ,  faux  évêque  de  Gironne  ,  mois  de  l’année  fiiivante,  ileft  aile  de  relever  quel- 
qu  apres  la  mort  de  Thcotarius,  il  s’enfuit  que  le  ques  meprifés  de  nos  hiftoriens.  i°.  La  mort  de  ' 
toncile  de  Port  où  ces  deux  intrus  furent  condam-  Gozlin,  évêque  de  Paris,  qui  décéda  au  mois  de 
nez,  eft  poftéricur  au  mois  de  Novembre  de  Pan  Mai  pendant  ce  fiege,  arriva  en  8 86.  &  non  en 
S87.c’eft-làle  raifonnement  qucfaitM.Baluzc.Mais  887.  comme  Pa  avancé  le  P.  du  Bois. 1 2*.  L’abbé 
l’indiétion  de  la  charte  de  Charles  le  Gras  eft  fau-  Hugues,  qui  finit  aulli  fés  jours  pendant  ce  fiege , 
rive ,  &  on  doit  lire  4.  ou  5.  au  lieu  de  6.  Ce  prin-  mourut  en  886.  &  non  en  887-  Charles  le 
ce  n’étoir  pas  en  effet  à  Paris  au  mois  de  Novcm-  Gras  qui  alla  au  fécoursde  Paris  durant  ce  fiege  > 
bredel’an  887-mais  au-delà  du  Rhin:  la  charte  ap-  arriva  au  plûrardaux  environs  de  cette  ville  au  mois 
lru*!>.*d  partientdoncà  l’an  8  S 6.&  il  étoit b  véritablement  d’Odobre  de  l’an  886.  &  non  pas  feulement  au 

mois  de  Novembre  comme  l’avance  le  P.  Daniel  k; 
puifqu’il  y  donna  une  charte  le  1 8.  du  même  mois 
d’Ocîobrc. 

IV.  Charles  le  Gras  n’étant  donc  pas  a  Paris ,  ou 
aux  environs  au  mois  de  Novembre  de  Pan  887.  il 
n’y  peut  avoir  donne  une  charte  en  faveur  dcTheo- 
Pariscn  886.  ou  en  887*  que  pour  faire  lever  le  tarius  évêque  de  Gironne  •,&  ce  diplôme  appartient 
fiege  de  cette  ville  que  les  Normans  avoient  en-  à  Pan  886.  Le  fiege  épifcopal  de  cette  ville  pouvoir 
trepris.  Or  ce  fiege  fut  lève  au  mois  de  Novcm-  être  vacant  par  confequent  en  887.  &  même  à 
brede  l’an  886.  ce  qu’il  eft  ai  fe  de  prouver  en  la  fin  de  Pannce  précédente;  enferre  que  Selva 
fixant  la  véritable  époque  de  ce  fiege  ,  fur  laquelle  peut  avoir  ordonné  un  évêque  à  Gironne  peu  de 
la  plupart  de  nos  modernes  ontfort  varié.  Les  uns*  temps  après ,  &  avoir  été  depofe  avec  lui  au  con- 

{ 'retendent  qu’il  dura  deux  ans  de  fuite, &queChar-  cile  de  Port  le  17.  de  Novembre  de  Pan  8  87.  Ce 
es  le  Gras  marcha  deux  diverfes  fois  pour  le  faire  le-  même  diplôme  fait  voir  qu’on  ne  peut  anticiper  la 
vcr,fçavoir  en  88  6.&  au  mois  de  Novembre  de  Pan  tenue  de  ce  concile,  &  le  rapporter  à  Pan  886. 

887.  Les  autres  d,  quoique  pcrfiiadez  fur  l’autorité  comme  Pont  crû  les  PP.  Sirmond 1  &  Labbc.  On  11c  1  cw/.  4* 
d’Abbon  ,  que  ce  fiege  ne  dura  qu’un  an ,  c’cft-à-  peut  non  plus  la  différer  jufqu’au  régne  du  roi  Eu-  }9i' 

dire  d’un  mois  de  Novembre  à  l’autre ,  font  inccr-  des ,  comme  Pa  prétendu  m  M.  Baluze,  trompé  par 

les  faux  aétes  du  même  concile, qui  font  mention  de 
ce  prince ,  mais  qui  ne  font  d’aucune  autorité.  En 
effet ,  M.  Baluze  D  convient  qucServus-Dci  évêque 
légitime  de  Gironne  étoit  pailiblcpoflcfièur  de  cet  ^  g27. 
évêché  des  la  fin  de  Pan  8  8  8.  ce  qui  eft  prouvé  par 
des  chartes.  Il  faut  donc  que  le  concile  d’Urgel,  qui 
condamna  Ermenmire  compctitenr  de  Servus-Dei , 
fon  antérieur.  Or  ce  concile  d’Urgel  eft  poftéricur  d 
celui  de  Port. 

V.  Ceci  prouve  que  l’épitaphe  du  même  Servus- 
Dei  rapportée  v  par  M.  Baluze,  eft  fautive  :  il  y  eft  0  'M-P-* re¬ 
marqué  que  ce  prélat  mourut  le  1 8. du  mois  d’Aoùt 
de  Pan  906.  étant  alors  dans  la  xv.  année  de  fon 
epifeopat.  Or  nous  venons  de  voir  qu’il  étoit -déjà 
évêque  de  Gironne  des  la  fin  de  Pan  8  S  S-  &  il  eft 
certain  qu’il  avoit  érc  élu  canoniquement  P  immé-  r M*rujin*c. 
diatement  après  la  mort  de  Thcotarius.  l'*'  52’ 

VI.  M.  Baluze  9  admet  un  concile  tenu  à  Fon-  q  Bai.M.p. 
taines  dans  le  Roulîilion  ,  avant  ceux  de  Port  &  56d* 
quées  dans  la  date, conviennent  avec  Pan  8  8  6.  il  y  a  d’Urgel ,  touchant  l’affaire  de  Selva  &  d’Hermcn- 
faute  nar  con  fequent  dans  l’année  de  l’Incarnation,  mire  :  mais  comme  il  avoue r  en  meme  tems  que  les  r  lbid- } 

En  fécond  lieu ,  il  eft  marqué  dans  une  ancienne  a&es  de  ce  concile  font  entièrement  fuppofez,  nous 


m’u$ntU  a  Paris  au  mois  de  Novembre  de  cette  année. 
D’ailleurs  la  charte  eft  datée  de  la  feconde  année  du 
régne  de  Charles  dans  les  Gaules  ;  c’cft-à-dire  de¬ 
puis  la  mort  de  Carloman:  ce  qui  ne  peut  conve¬ 
nir  qu’a  l’année  8  S  6.  &  non  à  fa  fiiivante. 

H.  On  peut  ajouter  que  Charles  le  Gras  n’alla  a 


t  Ph  Boit  hifi, 
Ltl.  I  ârij'.tt» 

s® j •  & 
h 

ai  ann. 
116.  9.  6.  c- 

•*7 •«•«*.  & 
bï 

*oa*«i.ihjr. 
Fr.  to.  I.  f. 

***•  &  ta. 


er.  J Xfab.ad 

Mtrteii.ioll. 
ta.  I. 

!•  2ic. 

ü  4/1. 8  87. 

••n.&t.  ' 
418.  1 


tains  de  fon  époque  :  ils  en  mettent  le  commen¬ 
cement  en  885.  ou  en  886.  &  ne  parlent  ce¬ 
pendant  que  d’un  fcul  voyage  de  Charles  le  Gras 
dans  cette  ville  à  cette  occafion.  Il  eft  certain  en  effet 
que  ce  prince  ne  marcha  qu’une  fois  au  fecours  de 
Paris ,  fur  la  fin  du  fiege ,  qu’il  fit  lever. 

Nous  apprenons  d’abord  de  diverfes  chartes 
que  Charles  le  Gras  fut  aux  environs  de  Paris  de¬ 
puis  le  2  5.  d’O&obrc c  jufqu’au  1 8.  de  Décembre 
de  T  an  886.  au  lieu  que  nous  n’avons  aucun  mo¬ 
nument  qui  prouve  quij  y  ait  etc  en  887*  Il  eft  vrai 
que  le  P.Mabillonf  fait  mention  d’une  charte  de  ce 
prince,  datée  de  Paris  le  1 8-de  Décembre  Pan  887* 
&  donnée  en  faveur  de  Pcglifè  de  Ncvcrs  :  mais 
cette  charte  eft  certainement  de  Pan  886.  car  outre 
que  le  1  g.Décemb.  de  Pan  887.  Charles  ne  regnoit 
plus ,  &  qu’il  étoit  alors  au-delà  du  Rhin ,  l’indi- 
<ft*on ,  les  années  de  l’empire  de  ce  prince,  &  de  fon 
régne  en  Italie ,  en  France  8c  dans  les  Gaules ,  mar- 


11  Ibtd.p.iyi. 

&  t  19.  & 


?*8  NOTES  SUR. 

n  avons  pas  cru  devoir  en  faire  aucune  mention  -, 
d’autant  plus  qu’il  paroît  que  les  deux  autres  conci¬ 
ses  fuffircnt  pour  terminer  entièrement  cette  grande 
-affaire. 


L'H  IS  T  OIHE  ' 

vantlesaâes  du  concile  de  Port,  c’étoit  Eloi  quî 
étoit  évêque  d’Albi  en  Novembre  8  87.  &  non  pas 
Flotard  *,  &  Adolene  lui  avoit  fuccedé  en  8  9 1  .Tou¬ 
tes  ces  raifbns  ne  nous  permettent  pas  de  douter 
de  rentière  fuppofition  des  aétes  de  cette  tranfla¬ 
tion. 


NOTE  IV. 

Epoque  de  la  paix  entre  les  rois  Eudes 
&  Charles  le  Simple . 


1  Strtréndi 
fol.  XXI I.  & 

l'ïl- 

•b  Cdtel  ment, 
f  •  ***•  & 
«H. 


E  pape  Etienne  VLdans  une  réponfè  qu’ilf  fit  à  ^  *•/. 

P-  59*.&fen, 


une  lettre  que  Foulques  archevêque  de  Rheims  /,4'e’4* 


U.  .  * .  *  * 

avoit  écrite ,  invite  ce  prélat  à  fê  trouver  au  con¬ 
cile  Romain  qui  devoir  (è  tenir  au  mois  de  Septem¬ 
bre  de  l’indiébion  1 5 .  Nous  fixons  par  là  l’époque 
de  la  paix  qui  fut  faite  entre  les  rois  Eudes  &  Char- 


N  O  T  E  III. 

Sur  la  tranjlation  des  reliques  de  faint 
Antonin  de  P  ami  ers. 

N  icolas  fiertrandi ,  après  avoir  donné  dans  fbn 
livre  des gejies  des  Touloujatns ,  les  aâes  apo¬ 
cryphes  de  faint  Antonin  martyr  dePamiers,  rap¬ 
porte  4  une  aflez  longue  hiftoire  de  la  tranflation 
des  reliques  de  ce  faint,  de  l’ancienne  églife  de  Fre- 
delas  dans  la  nouvelle.  C’eft  fans  doute  cette  mê¬ 
me  hiftoire  que  Catel  bdit  avoir  vue  dans  la  biblio¬ 
thèque  des  Dominicains  de  Touloufe ,  &  dans  le  4  _  _ 

fanltoral  de  Bernard  Guidonis ,  dont  il  rapporte  les  le  Simple.  Foulques  avoit  écrit  en  effet  peu  de 
l'abrégé.  Bertrandi  &  Catel  conviennent  en  effet  tems  auparavant  à  Etienne ,  que  ces  deux  princes  ve- 
pour  la  date  de  cette  tranflation  ,  qui  fut  faite ,  di-  noient  de  conclure  la  paix  par  le  partage  de  tout  le 
lènr-ils,  en  8  87.*.  par  le  commandement  de  Roger  royaume.Or  la  lettre  de  Foulques  a  Etienne  ne  feau- 
•*  comte  de  Carcaflonne  le  1 3.  avant  les  kalendes  roit  être  antérieure  à  Pâques  de  l’an  896.  puifque 
*  de  Juin  ,  félon  Catel ,  ou  de  Juillet  félon  Ber-  Formofè ,  prédcceflèur  immédiat  de  ce  pape,  mou- 
•  trandi ,  fous  le  régne  du  jeune  roi  Charles ,  ( Ka -  rut  «  alors  feulement ,  &  quErienne  ne  fut  elû  que  S  v m* 
»  rolo  minore  Francorum  rege  régnante ,  )  &  e  n  pré-  quelque  tems  après. 

*  fence  deTheodard  archevêque  de  Narbonne  *,  &  D’un  autrecoté  la  réponfe  de  ce  dernier  doit  être 
»  des  évêques,  Amoul  de  Carcaflonne ,  Raymond  environ  du  mois  de  Juillet  de  l’an  896.  afin  que 
w  de  Touloufe ,  Roger  de  Conferans ,  Fulcrand  de  Foulques  eût  le  tems  de  faire  le  voyage  de  Rome , 

»  Rodez  félon  Catel,  ou  Frotard  fui  vant  Bertrandi,  pour  fc  trouver  au  concile  qui  devoit  s’y  tenir  au 
*»  Fulcrand  de  Lodcvc, &  Geraud  de  Cahors  :  »  Ca- 
rel  ajoute  Flotard  d’Albi. 

Une  date  fi  circonftancice  a  fait  croire  fans  doute 
aux  anciens  &  aux  nouveaux  éditeurs  du  G  al  lia 
Chnjhana ,  qu’elle  étoit  autentique ,  &  qu’on  pou- 
.  •  /*  • _ c 1 _ '  j.  1  »/«:/•_ i- 


mois  de  Septembre.  La  paix  entre  les  deux  rois  fe 
fit  donc  vers  le  mois  de  Mai  ou  de  Juin  de  l’an 
8  5)6- 

U  cft  certain  en  effet  que  Tindiétion  1  ç.  com¬ 
mencée  le  premier  jour  de  Septembre  de  l’an  896. 


voit  s’en  fervir  pour  fixer  les  années  de  lcpifcopat  de  eft  la  feule  de  ce  nombre  qui  ait  couru  pendant  le 
tous  ces  évêques.  C’eft  auflî  fans  doute  par  la  même  pontificat  d’Etienne  VI.  lequel  ne  fiegea  pas  une  an- 
les  Bollandiftes ,  qui  avouen 


faifon  que 


avouent  que  les  née  entière ,  &  qui  décéda  le  premier  jour  d’ Avril, 


a  k  IMadé» 

900.  a.  U, 

4M. 


apres 

appartiennent  certamement 


rapportées 


cette  &fi& 

Ma.uu. 


tCàttl  p- 

t  Si* 


aâes  de  cette  tranflation  font  fautifs,  en  rcconnoif-  comme  le  P.  Mabillon  h  l’a  prouvé.  Le  P.  Pagi 
lent  cependant  le  fonds  pour  véritable  :  mais  il  eft  démontré  d’un  autre  côté ,  qu’il  n’étoit  plus  en  vie  j 
évident  que  cette  date  a  été  fabriquée  de  même  au  mois  d’O&obrede  l’an  897*  enfaifàntvoirquc 
<jue  Ihiftoire  de  la  tranflation.  les  deux  épîtres  du  pape  Romain  fon  fucccfleitr, 

1  «.Charles,  dont  le  régne  y  eft  marqué,  ne  peut  pour  les  églifes  dElne  &  de  Gironne ,  que  M.  Ba- 
ctre  que  l’empereur  Charles  le  Gras  ouïe  roi  cW-  luze  k  &  le  P.  Mabillon  après  lui ,  ont  rap 
les  le  iimple.Or  cette  date  ne  convient  ni  à  l’un  ni  à  à  l’an  900 
l’autre  de  ccs  deux  princes  :  elle  ne  convient  point  époque, 
au  premier  ,  comme  l’avoue  Catel  c  -,  puifqu’il 
cft  (ans  exemple  qu’on  lui  ait  donné  le  nom  de  "  '  ~ 

Car  0  lu  s  minor .  D’ailleurs  on  auroit  exprimé  fa  qua¬ 
lité  d’empereur  qu’il  avoit  alors.  Pour  ce  qui  eft  de 
Charles  le  Simple ,  il  cft  certain  qu’il  ne  régna  en 
France  que  depuis  l’an  893-  &  dans  les  provinces 
fituées  à  la  gauche  de  la  Loire ,  qu’apres  la  mort 
d’Eudes,  &  depuis  l’an  898. 

x  0 .  Nous  ne  connoiffons  aucun  Roger  comte  de 
Carcaflonne  avant  le  X.  ficelé. 


NOTE  V. 

Sur  Louis  /'Aveugle,  roi  de  Provence 
&  empereur . 

L  E  concile  de  Valence  qui  fut  tenu  en  8  90.  & 


dans  lequel  Louis  fils  de  Bofon  fut  élu  roi  de 
Provence ,  nous  donne  l’cpoque  certaine  du  com- 
3  °.  Si  on  excepte  Theodard  archevêque  de  Nar-  mcncement  du  régne  de  ce  prince  ,  dont  les  états 
bonne  ,  qui  vivoit  véritablement  l’an  887.  nous  comprenoient  une  partie  au  Languedoc.  Nous 
n’avons  aucune  preuve  que  les  autres  prélats  qu’on  fçavons  d’ailleurs  qu’il  fur  couronné  au  commen- 
prétend  avoir  aflifté  a  cette  tranflation ,  occupaflènt  cernent  de  l’an  8  90* 1  ce  qui  fixe  à  peu  près  le  tems 
alors  les fieges  qu’on  leur  donne  :  nous  avons  me-  précis  où  ce  concile  fut  aflèmblé. 
me  des  preuves  du  contraire  à  l’ceard  de  quelques-  Louis  fut  enfuite  appelle  en  Italie ,  où  il  fo  fit  re- 


!  v.ua.a 

én.  *9o**7< 


uns.  Nousfçavons  en  effet  que  Willcr and  étoit 
a  v.  kùte  alors  d  évêque  de  Carcaflonne  ,  &  qu’il  aflifta  en 
xni>  «.  *•  g  37.  au  concile  de  Port  avec  fon  métropolitain ,  & 
non  pas  le  prétendu  Arnoul.  Bernard  ou  Bemon 
c  G  iU.  chnf.  ctoit  alors c  évêque  de  Touloufe  ,  de  même  qu’en 
p.i.f.  676.  8  90.  &  non  pas  Raymond.  Fulcrand  évêque  de  Lo- 
devene  fut  élu  qu’au  milieu  du  X.  liecle.  Enfin  fui- 


connoîrre  roi  de  Lombardie ,  &  fiit  couronné  em¬ 
pereur  *,  ce  qui  lui  donna  occafion  de  changer  la 
date  des  années  de  fon  régne  :  mais  les  hiftoriens  ne 
font  pas  d’accord  fur  ces  deux  dernieres  époques,  & 
moins  encore  fur  la  durée  de  fon  empire ,  &  fur  le 
nombre  des  années  de  fà  vie. 

Reginon  m  auteur  contemporaine  fait  entrer  en 

Italie  /'Ç  " 


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KMabad  an. 
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K.  31.  902.  ». 
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DE  LANGUEDOC  ji9 

Italie  en  8  9  6.  appellé  par  les  Lombards  contre  Be-  années  confocutives  de  régne  en  Italiê ,  doù  il  ne  Ie 
renger,  après  la  mort  de  Tempercur  Lambert.  Il  fait  forcir,  après  quon  lui  eut  crevé  les  yeux,  quc 
rapporte  fous  l’an  898.  /on  couronnement  à  Rome  l’an  904*  ou  l’année  fuivante.  Le  fÿftême  de  cecri- 
commc  empereur  -,  &  il  dit  fous  l’an  904.  qu'il  fut  tique  a  été  foivi  par  le  P.  Pappebrock  S.  g  ctMt.pt  tu 

pris  par  Berenger  fon  compétiteur  qui  lui  fit  arra-  Le  P.Pecau  h  ne  parle  point  de  l’époque  de  l’entrée  H 

cher  les  yeux.  de  Louis  en  Italie,  &  ne  diftingue  point  la  première  “ff lm  #*  ‘ê 

Luitprand 1  diacre  de  Pavie,  dans  fon  hiftoire  des  de  la  foconde  :  il  le  fait  feulement  couronner  em- 
Lombards ,  rapporte  les  mêmes  faits  ,  mais  (ans  en  pereur  en  Italie  l’an  90 1 .  &  forcir  d’Italie  l’an  904* 
fixer  l’époque  :  il  donne  foulement  à  entendre  que  après  avoir  été  dépouillé  de  l’empire. 

Louis  entra  deux  fois  en  Italie  ;  la  première  y  Le  P.  Pagi 1  ayant  rapporté  la  mon  de  Tempe*  iPagiadan». 
étant  appellé,  après  la  mort  de  l’empereur  Lambert,  reur  Lambert  à  Tan  898.  &  après  le  mois  d’Aoùt  /,*“',**  **.£ 
par  Adalbert  marquis  d’Yvrée  ;  &  la  foconde  par  le  de  cette  année ,  fait  entier  Louis  en  Italie  pour  la  9oo.„ . 
marquis  de  Tofcane ,  de  même  nom.  Il  ne  rap-  première  fois  Tannée  fuivante,  8c  pour  la  leconde  £  * 

porte  point  qu’il  ait  été  couronné  empereur  *,  il  fe  Tan  900.  Il  prétend  qu’il  fut  couronné  empereur  à  13.  &/iqq. 
contente  de  dire  ,  qu’ayant  été  pris  à  Verone  par  Rome  après  le  premier  de  Juillet  de  cette  aemicre 
Berenger ,  celui-ci  lui  fit  crever  les  yeux.  année.  Il  dit  enluice  qu’il  s’empara  de  Verone ,  qu’il 

*  ù  Enfin  un  troifiéme  auteur  contemporain  bfomble  fut  aveuglé  Tan  90  z.  &  qu’il  ccfià  defiors  de  régner 
w.  w/.  l’époque  des  années  de  Tempire  de  Louis  dans  en  Italie  -,  mais  qu’on  continuoic  cependant  de  com- 

ces  vers  du  commencement  de  fon  quatrième  livre  :  pter  à  Rome  pendant  les  deux  années  fiiivantes  par 

%‘"7U“r  U“°  Vin  ,Jl“  ’  “Swwifc  Sfa 'chronologie  de  Reginon, 

Bcllua,  Tirrhtnis  fundens  ferajîbilaaborit  & entrer  L^ius en Itahe pour laprem.crc  fox  en 

Sollicitât  Rhodani gentem ,  8cc.  *96‘  la  morr  de  empereur  Lambert ,  &  en 

*  900.  pour  la  leconde.  Il  Je  fait  couronner  empereur 

Mais  comme  cetre  époque  n’eft  pas  exprimée  bien  Tan  90 1.  &  rapporte  la  date  d’un  diplôme  de  ce 
clairement  dans  ces  vers,les  critiques  modernes  Tcx-  prince  donné  a  Vienne  au  mois  de  Novembre  de 
pliquent  chacun  folon  fos  idées-,  ce  que  nous  exa-  l’an  901.  ce  oui  fait  voir  qu’il  avoicalors  repafïeles 
minerons  dans  la  fuite.  Alpes  ;  mais  il  le  fait  encore  retourner  en  Italie  pour 

U  n’y  a  donc  que  l’autorirc  de  Reginon  quipuifle  la  troificme  fois.  Il  aioûrc  que  ce  fur  durant  ccdcr- 
fixer  les  époques  dons  nous  parlons  *,  Ca  qualité  nier  voyage  &  peu  ae  rems  après  qu’il  l’eut  entre- 
d’auteur  contemporain  a  engagé  quelques  moder-  pris ,  qu’on  lui  arracha  les  yeux  a  Verone. 
nés  c  à  le  fuivre  entièrement  :  mais  comme  il  Ce  M.  de  Leibnitz ,  dans  les  notes 1  fur  l’édition 
trouve  contredit  par  divers  monumens  du  tems ,  qu’il  a  donnée  du  panégyrique  de  Tempercur  Be¬ 
ll?*©^  t!  &  que  d’ailleurs  fa  chronologie  eft  forr  confiife  d,  il  renger  ,  fait  voir  que  Lambert  ne  mourut  qu’en 
a  été  abandonne  d’un  autre  coté  par  les  plus  habiles  8  9  S.  mais  avant  le  mois  de  Novembre  de  cette  an- 
critiques  ,  qui  Ce  font  partagez  cependant  fur  Té-  née.  Il  ajoure  que  Louis  fit  Ca  première  expédition 
poque  de  la  première  &  de  la  fécondé  entrée  de  en  Italie  en  899-  qu’il  fût  couronné  empereur  en 
Louis  en  Italie,  fur  celle  où  il  reçut  la  couronne  901.&  qu’on  lui  fit  crever  les  yeux  Tan  901.  avant 
impériale  à  Rome  ;  8c  enfin  fur  celle  où  Berenger  le  7.  du  mois  d’Aoùt. 

lui  fit  crever  les  yeux ,  qui  eft  la  fin  de  fon  régne  Le  P.  Daniel  dans  fon  hiftoire  m  ne  fixe  aucune  m 
en  Italie.  époque  en  particulier  ,  il  parle  en  général  d’une 

Sigonius  c  prérend ,  1  °.Que  l’empereur  Lambert  feule  expédition  de  Louis  en  Italie  :  il  ajoute  ccpen- 
étant  encore  en  vie  au  commencement  du  mois  dant  quil  rient  Us  yeux  crevez,  que  quatre  ans  après 
d’Oâobre  de  Tan  898.  Id  première  entrée  de  Louis  qu'il  eut  été  couronne  empereur  à  Rome  ;  ainli  lui- 
en  Italie ,  ne  peut  être  fixée  qu’à  Tannée  fuivante.  vant  fon  fyftcme  cet  événement  ne  fora  arrivé  au 
Louis  ne  fut  en  effet  appelle  au-delà  des  Alpes,  plutôt  que  Tan  905.  Ccthiftoricn  dit  enfuite,  que 
fuivant  Reginon  &  la  fuite  de  Thiftoire,  qu’aptes  la  Louis  mourut  apparemment  dans  le  fupplice ,  £?  qriau 
mort  de  cet  empereur.  z°.  Que  Berenger  obligea  moins  il  rie  fi  plus  fait  mention  de  lui  dans  l'hijloirc , 

Louis,  avant  la  fin  de  Tan  899.  à  quitter  Tltaüc  après  oit  l'on  voit  quelque  tems  après  Charles  Ccnflantin 
lui  avoir  fait  promettre ,  comme  le  rapporte  Luit-  fon  fils ,  feulement  avec  la  qualité  de  feigneur  de 
prand  ,  de  n’y  plus  rentrer.  3  Qu  après  la  mort  tienne ,  &  Hugues  fils  de  Tbibaud  comte  d'Arles 
de  l’empereur  Arnotil,  arrivée  à  la  fin  de  Novembre  avec  le  titre  de  roi .  Il  ajoure  quelques  lignes  après  > 
de  Tan  899.  Louis  fut  rappellé  en  Italie  Tannée  fui-  par  une  erreur  qui  lui  eft  particulière ,  que  Berenger 
vante  par  Adalbert  marquis  de  Luqucs  8c  de  Tof  s'étant  enfuite  rendu  maître  de  l'empire ,  ayant 
cane,  qui  s’étoit  brouillé  avec  Berenger.  40.  Que  oblige  le  pape  Jean  IX.  à  le  couronner  empereur ,  eut 
Louis  s’empara  du  royaume  de  Lombardie  durant  un  concurrent*  qui  fut  Lambert  fils  de  Gui ,  autrefois 
la  même  année  900.  8c  avant  le  mois  d‘OCh>bre ,  duc  de  Spolete*  8cc.  Mais  il  eft  certain  n  que  Lam- 
&  qu’il  fût  couronné  empereur  à  Rome  Tannéefui-  bert  étoit  déjà  mort  Tan  8  98.  &  que  Berenger  ne 
vante  901.  5  °.  Qu’il  fur  pris  8c  aveuglé  parBcrcn-  fut  couronné  empereur  que  le  jour  de  Pâques  de 
ger  en  902.  &  que  cette  derniere  année  eft  l’épo-  Tan  916.  ainfi  ils  ne  peuvent  pas  s’être  di/putez 
que  de  la  fin  de  fon  régne  en  Italie.  Telle  eft  la  l’empire. 

chronologie  que  Sigonius  a  fuivie ,  laquelle  paroît  Enfin  l’auteur  de  la  deftriprion  0  de  la  France 
jufte  8c  exaéte ,  quoiqu’il  ait  été  abandonne  par  paroît  admettre  un  fyftcme  different  de  tous  ceux 
tous  les  hiftoriens  8c  les  critiques  poftcricurs.  dont  nous  venons  de  parler.  Il  ne  fait  entreprendre 


t  Mge  hi fi. 

i.f. 

éo.&fetj. 


1  Ltibn  feript. 
rtr.  Brunfam 
U.  X. 


M-U-p.Ut, 


n  V .  Pagi  ad 
»»»•  915  •  «.*. 
V  aUf.&Ltib, 
a>,d. 


O  Dtfcr.de  U 
Fr.  fart.  1.  f. 
W. 


qu  il  a  donné  le  premier.  II  ne  tait  entrer  Louis  en  renger  I  ayant  _ _ _ 

Italie  pour  la  première  fois  que  Tan  90 1 .  ou  Tannée  promettre  de  n’y  plus  revenir ,  il  y  rentra  deux  ans 
fiiivante ,  quatre  ans  après  la  mort  de  Lambert  qu’il  après ,  &  qu’il  fut  pris  à  Verone  8c  aveuglé, 
fait  décéder  en  897.  Il  donne  enfuite  àLouis  crois  Dans  lavarieté&  la  contradiction  qui  fo  trouve 
Tome  II.  X  x  x 


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JJO  NOTÉS  SUK  L’  H  I  S  T  O  1  R.  E 

parmi  tousccs  fameux  critiques  au  fujet  des  époques  Louis  fe  rendit  alors  maître  de  Paviez  ce  qu! 

dont  nous  venons  de  parler,  il  nous  paroit ,  après  cft  appuie  fur  l’aûtoritc  de  Conftancin  Porphyro- 
les  avoir  examinées  fur  l’autorité  des  anciens  hifto*-  genete  qui  allure  que  ce  prince  s’empara  de  cette 
riens  &  des  monumens  du  tems ,  que  la  chronolo-  place  avant  fbn  couronnement  :  Ludovicnm  non 
gie  de  Sigouius  eft  appuiée  fur  des  preuves  incon-  coronatum  tenmffe  Ticinum .  M.  de  Valois  nie  ablo- 
teftables.  C  eft  ce  que  nous  allons  développer  d’une  lument  ce  fait,  fur  la  fiiulïè  fuppofition  que  Louis  fc 
Cnanierc  que  nous  croyons  fans  réplique.  fit  couronner  empereur  d’abord  après  fa  féconde 

H.  Il  eft  confiant  que  Louis  fils  deBofbn  fut  ap-  entrée  en  Italie  :  mais  nous  allons  voir  qu’il  ne  fut 
£ellé  deux  fois  en  Italie ,  &  qu’il  paflà  deux  fois  couronné  empereur  que  longtcms  après, 
au-delà  des  Alpes.  L’autorité  de  Luitprand  auteur  IV.  Luitprand  ne  dit  rien  de  ce  couronnement  : 
Contemporain  eft  là-deflùs  fiprécife,  qu’on  ne  (çau-  mais  nous  en  apprenons  d’ailleurs  l’époque ,  qui 
toit  s’empêcher  d’y  déferer.Il  cft  certain  encore  que  doit  être  fixée  au  mois  de  Février  de  l’an  90  x .  En  . 

Ce  prince  ne  paffa  les  Alpes  pour  la  première  fois  effet  Louis  n’étoit  pas  encore  empereur  le  1 8.  de 
qu’après  la  mort  de  Lambert ,  ainfi  que  le  dit  Régi-  Janvier  de  la  meme  année ,  &  il  ne  portoit  alors 
non  autre  hiftoricn  du  tems.  On  ne  l’appella  en  que  le  (impie  titre  de  roi ,  comme  l’on  voit  par  une 
effet  que  pour  i’oppofèr  à  Berenger  qui  vouloit  date  d’un  de  fès  diplômes  donné  à  Plaifance:  Data  l 
s’emparer  du  trône  de  Lombardie  après  la  mort  xv.  kal.  Februarii  anno  dcccl  indiüione  iv.anno 
du  meme  Lambert.  Or  ce  dernier  vivoit  encore  le  autem  Ludovici  largiffimi  regis  tn  h  ali  a  primo.  Ce 
1 1 .  de  Mai  &  le  $  o.  de  Septembre  de  l’an  8  9  8-  ce  qui  fait  voir  encore  que  Louis  n’entra  en  Italie  pour 
*  7tdi.  Sdt.  qu’on  voit  par  deux  diplômes  4  de  ce  prince  >  l’un  la  fécondé  fois  que  fan  900.  Nous  trouvons  d’un 
v£tt de  R-avcnne ,  &  l’autre  d’un  lieu  appellé  Ma-  autre  côté  que  le  pape  Benoît  IV.  avoit  déjà  cou- 
rinco.  On  voit  d’un  autre  côté  que  Berenger  étoic  ronné  Louis  empereur  au  mois  de  Février  de  la  mê- 
maître  de  Pavie ,  capitale  du  royaume  de  Lombar-  me  année  9 o  1  .dans  un  jugement  hdcs  commiflaires  h  /W»  te.u 
die,  au  mois  de  Novembre  de  la  même  année ,  ce  ou  envoyez  de  ce  prince ,  daté  du  mois  de  Février 

3ue  Lambert  de  Fan  901.  la  première  année  de  fon  empire .  u 

t  ce  dernier  V.  Louis  a-  rtb-  u  Hé* 


h  qui  fait  conjecturer  àM.  de  Leibnitz  b  qu 

mourut  peu  de  tems  auparavant  >  ainli 


fis  régna  en  Italie  pendant  toute  l’année  Xi d.  «Juif* 
nme  l’on  voit  par  plulieurs  •  de  fes  diplo-  fy'font. 


fera  décédé  vers  le  mois  d’O&obrc  deTan  898. En  901.  comme 
effet  après  ce  tcms-là  il  n’cft  plus  fait  mention  de  mes,  où  il  prend  le  titre  d’empereur  -,  l’un  eft  claté 
lui  dans  l'hiftoirc ,  &  on  n’a  plus  aucun  de  fes  di-  de  Vcrccil  le  1  z.  de  Mai ,  &  trois  autres  de  Pavie  &  ".  s-  p. 
plomes.  Louis  n’entra  donc  en  Italie  pour  la  pre-  capitale  du  royaume  de  Lombardie  le  1 8-  de  juin,  ^ 

miere  fois  qu’après  cette  époque  -,  &  comme  il  lui  le  premier  de  Juillet  &  le  7.  de  Décembre  de  l’an  *. 

Fallut  fans  doute  quelque  tems  pour  (è  préparer  à  901.  mdittion  iv.  Toutes  ces  chartes  font  de  la  pre-  £  “nJht' 
cette  expédition  ,  &  conduire  dans  une  fai  (on  con-  miere  année  de  fbn  empire  *,  ce  qui  prouve  1 w.  qu’il 
venable  fon  armée  au-delà  des  Alpes,  il  n’y  fera  ne  fut  couronné  empereur  qu’en  901.  z°.  Qu’après 
arrivé  que  vers  le  printemps  de  l’an  8  9  9.  Par  là  on  ce  couronnement  il  difeonrinua  de  dater  fes  chartes 
re&ifie  la  chronologie  de  Reginon,  qui  fait  mourir  de  (on  régne  en  Italie, ou  depuis  l’an  900.  comme  il 
l’empereur  Lambert  l’an  8  9  6.  Il  eft  certain  en  effet  faifoit  auparavant.  $  * .  Que  les  empereurs  &  autres 


trtsi.Sdc-  ib.  par  un  autre  diplôme c  que  ce  dernier  ctoit  encore 
en  vie  au  mois  de  Mars  ae  l’an  897. 

Luitprand  d  afftire  que  Berenger  vint  au-devant 
de  Louis  aufli-tôt  que  celui-ci  eut  pafle  les  Alpes , 
&  qu’il  l’obligea  à  repaflèr  ces  montagnes  après  lui 


ALnitprU.l 
4»  10» 


.  C. 10. 


princes  employoient  alors  quelquefois  l’indiétion 
Romaine  ,  de  quoi  on  a  pluüeurs  autres  exemples. 

VI.  Berenger  compétiteur  de  Louis ,  étoit  encore 
à  Verone  le  z  5 .  du  mois  d’Aoùt  de  l’an  901.  com¬ 
me  k  il  paroît  par  un  de  fès  diplômes.  Louis  ne  le 
avoir  fait  promettre  par  ferment  de  ne  plus  mettre  chaflà  donc  de  cette  ville  &  de  la  Lombardie  qu’a¬ 
ie  pied  en  Italie.  Cette  expédition  de  Louis  fut  donc  près  cette  date.  Quant  à  Louis  il  croit  encore  à 
très-courte  ,  &  il  revint  fans  doute  dans  les  Gaules  Pavie  le  4.  du  mois  de  Mai  de  l’année 1  fuivante  :  il  1  /f*  *•  ♦’P* 
pendant  l’été  de  l’an  899.  auflï  n’avons  nous  aucun  fortit  peu  de  tems  après  de  cette  ville  pour  aller  à  J 
de  fes  diplômes  donné  en  Italie  pendant  toute  cette  Luques  m,  où  s’étant  brouillé  avec  Adalbcrt  mar-  « 
année.  quis  de  Tofcane  ,  qui  lavo-t  appellé  en  Italie ,  il  ** 

m.  Louis  fut  rappellé  l’année  fuivance  au-delà  marcha  vers  Verone.  Berenger  qui  s’étoic  d’abord 
des  Monts  par  Adalbcrt  marquis  de  Tofcane ,  qui  réfugié  en  Bavière,  &  qui  enfùite  ctoit  rentré  fècre- 
s  ctoit  brouillé  avec  Berenger.  Cette  brouillcrie  ar-  tement  en  Italie  le  fùrprit  dans  cette  derniere  ville 
riva  peu  de  tems  après  que  Louis  eut  quitté  la  de  lui  fit  arracher  les  yeux,  ce  qui  fè  paflà  avant  le 
Lombardie,  comme  le  dit  Luitprand  :  Modica  tem -  1 7.  de  Juillet  de  la  même  année  901.  car  Beren- 

porü  tranfeurfa  intcrcapedmc .  Louis  rentra  donc  en  ger  étoit  alors  maître  du  palais  royal  de  Pavie  *,  ce 
Italie  au  plùtard  au  printems  de  l’an  900.  Nous  qu'on  voit  *  par  un  de  fes  diplômes, &  par  un  autre  n  /r 
avons  du  moins  deux  e  de  fes  diplômes  datez  d’O-  daté  du  meme  lieu  le  7.  du  mois  d’Août  fuivant.  7s tf 
lonne  &  de  Plaifance  au  mois  d’Oélobre  de  la  me-  VII.  Nous  fçavons  d’ailleurs  que  Louis  avoit  déjà 
me  année.  Il  eft  remarquable  que  Louis  date  ces  di-  repafté  les  Alpes  dès  la  fin  de  l’an  901.  car  nous 
f-ijj  .trfeq.  piomes  de  la  première  année  de  fon  régne  en  Italie  ;  avons  une  de  fes  chartes  datée  de  tienne  fnr  le 
ce  qui  prouve  1  •.  Qu’il  fur  reconnu  pour  roi  de  Rhône  le  onzjéme  du  mois  dt  Novembre  de  Vannée  0 
Lombardie  *,  mais  que  ce  ne  fut  qu’après  le  mois  902.  la  fécondé  de  fon  empire ,  ce  qui  s'accorde  par- 
d’Oétobre  de  l’an  899.  z°.  Qu’il  ne  compta  les  an-  faitement. 
nées  de  fon  régne  au-delà  des  Alpes  que  depuis  fa  VIII.  Nous  n’avons  aucune  preuve  que  Louis 
11  féconde  entrée  en  Italie.  }°.Que  dans  ce  tems-làil  (bit  retourné  depuis  en  Italie,  &  nous  en  avons 

n’étoit  pas  encore  empereur.  Tout  ceci  eft  confir-  au  contraire  plulieurs  qui  font  voir  qu’il  demeura 
mé  par  Luitprand ,  qui  dit  que  d’abord  après  cette  toujours  dans  la  fuite  en-deça  des  Alpes.  Cela  pa- 
feconde  entrée  de  Louis  en  Italie ,  Berenger  fbn  roît  entr’autres  par  deux  diplômes  de  ce  prin- 
compétiteur  fè  renferma  dans  Verone  ^nous  fea-  ce ,  l’un  daté  de  P  Lyon  le  17.  de  Septembre  de  P  Pr  M,# 
f  ib,d.  VOns  d’ailleurs  que  ce  dernier  étoit f  dans  cette  ville  l’an  905.  indidlion  vi.  &  la  troifiéme  année  de  fon  *  ^ 

an  mois  d’CXtobrede  la  même  année  900.  empire ,  &  l’autre  *  donné  à  Vienne  l’an  90* 


t  Sigon.l.  6. 
de  rcg.lt al-  p. 

*4*. 

Ital.fac.to.i 


n  liai.  Sâù 

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DE  LANGUEDOC.  531 

indiétion  vi.  /*<  troifitmi  Année  de  [en  empire.  Le  lie  après  trois  années  de  régne.  Louis  avoir  été 
mois  n’eft  pas  marqué  dans  cette  demiere  charte  ;  alors  en  effet  roi  de  Lombardie  pendant  un  an  > 
mais  fi  elle  eft  de  Tan  5704.  ce  doit  être  celui  de  Jan-  &  empereur  deux  ans  commencez  ;  en  forte  que 
vier,  puifque  Louis  commença  la  quatrième  année  fbn  régne  au-delà  des  Monts  s’étendit  depuis  le 
de  fbn  empire  au  mois  de  Février  fuivant  ;  ou  plu-  printemps  de  l’an  900.  jufqu’au  mois  de  Juillet  ou 
rôt  cette  charte  appartient  à  Tan  90t.  car  Pindi-  d’Aoùt  de  l’an  902. 


14- 


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Coin.  t9. 9. p . 
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g  G.tU.chriJl . 
nov.cd.to.t .  />. 
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étion  6.  qui  y  eft  marquée  ne  peut  convenir  avec  Le  P.  Pagi  ene  compte  ces  trois  années  du  régne  «  M  *n*. 
l’an  904.  &  elle  s’accorde  avec  l’an  903.  Quoi-  de  Louis  que  depuis  qu’il  fut  couronné  empereur;  9*2,n'l+' 
qu’il  en  foit  nous  apprenons  encore  que  Louis  mais  comme  cette  cérémonie  ne  le  fit  qu’en  90 1. 

ctoit  cn-deça  des  Alpes  le  1 1 .  d’Avril  de  Pan  904.  on  ne  fçauroit  trouver  ces  trois  années  fi  l’on  n’y 

«  Uéîun  ti-  par  un  de  fès  diplômes  *  donné  ce  jour-là ,  indi-  comprend  le  tems  où  ce  prince  ne  fut  que  roi  de 

uii.ompiiff.  #jon  vu.  &  la  iv.  année  de  fbn  empire  ;  ce  qui  Lombardie.  Il  eft  vrai  que  fuivant  la  chronique  de 

l6z*  convient  parfaitement  avec  ce  que  nous  avons  déjà  Cafaure  il  fur  couronné  empereur  en  900.  mais  ou 

dit  touchant  le  commencement  de  l’empire  de  ce  cette  chronique  fè  trompe ,  ou  plürôt  elle  compte 

\>v.r*ÿ*d  prince,  &  le  confirme.  Nous  fçavons b  enfin  que  les  années  depuis  l’Incarnation ,  comme  plufieurs 

4M.  502.  «•  L0lljs  ne  régnoit  plus  fur  la  Tofcane ,  qui  fâifoit  autres. 

partie  du  royaume  d’Italie,  en  903.  &  904.  ce  qui  XI.  Louis,  quoique  chaflc  d’Italie  depuis lemois 
fait  voir  qu’il  avoir  alors  abandonné  ce  royaume  :  d’Août  de  l’an  902.  fur  cependant  reconnu  pour 

il  faut  donc  que  Reginon  fè  foit  trompé  en  met-  empereur  à  Rome  8c  dans  l’exarchat  de  Ravenne 

rant  la  (ortie  de  Louis  d’Italie  à  l’an  904.  à  moins  pendant  les  années  fuivantes ,  903.  904.  905.  & 

qu’il  n’y  air  quelque  tranfpofition  dans  fbn  texte ,  jufqu’à  l’an  908.  c’eft  de  quoi  il  y  a  des  preuves  *  fr.  p*#  ad 

ou  dans  les  chiffres  des  années  fous  lefquelles  il  rap-  certaines.  Il  y  a  même  lieu  de  croire  qu’il  continua  **24 

porte  les  faits  dans  fâ  chronique.  d’être  reconnu  à  Rome  jufqu  a  Pan  9 1 6 .  que  Be- 

IX.  O11  pourroit  objeéter  que  le  poete  anonyme  renger  y  fut  couronné  empereur.  Il  eft  du  moins 
qui  a  compofc  le  panégyrique  de  l’empereur  Be-  certain  que  depuis  fa  (ortie  d’Italie  il  data  fès  char- 

renger,  dans  les  vers  que  nous  avons  déjà  citez ,  fait  tes ,  de  fbn  empire.  Nous  en  avons  déjà  rapporte 

entrer  Louis  en  Italie  pour  la  féconde  fois,  fuivant  quelques-unes  ;  il  y  en  a  encore  d’autres. 

M.  de  Valois,  pendant  le  quatrième  été  qui  fiiivit  la  Louis  en  date  une  de  Vienne  de  la  manière  fui- 
mort  de  l’empereur  Lambert  ;  or  ce  dernier  étant  vante  :  Datum  g  xiv.  kal.  Kovcmbris  anno  vu.  regm 
mort  en  897-  fuivant  le  calcul  du  même  critique ,  Hlndovicipnffimi  Âugufti  indiüionew. Ce  diplôme 

Louis  aura  paflc  les  Alpes  pendant  l’été  de  Pan  901.  eft  par  confèquent  de  Pan  907.  quiétoit  en  effet  la 
Mais  nous  avons  déjà  prouvé  que  ce  prince  reçut  à  vu.  de  l’empire  de  ce  prince  ,  8c  Pindiction  y  eft 
Rome  la  couronne  impériale  au  moi*  de  Février  de  comptée  depuis  le  premier  de  Septembre  précé- 
la  même  année  901.  Son  fécond  voyage  en  Italie  dent;  ce  qui  prouve  encore  que  Louis  ne  comptoir 
aura  donc  précédé  :  d’ailleurs,  comme  il  eft  certain  les  années  de  (on  empire  que  depuis  l’an  901.  Le 

que  Lambert  ne  mourut  que  pendant  l’automne  de  P.  de  Sainte-Marthe  qui  a  donné  ce  diplôme  le  rap- 
Pan  898.  cela  prouveroit  que  Louis  n’entra  pour  portehàPan90  5.fiirlafàiifIefiippofitionqueLouis  hii.p.tos. 
la  féconde  fbisen  Italie  que  Pan  902.  8c  nous  avons  fut  couronné  empereur  en  898.  &  il  corrige  Pindi- 
déjà  fait  voir  le  contraire.  étion  à  la  marge  en  mettant  la  1 3.  au  lieu  de  la  1 1. 

Le  P.  Pagi c  donne  une  autre  interprétation  aux  mais  il  n’cft  pas  néceflàire  de  faire  cette  corrcétion, 
vers  du  poete  anonyme:  il  prétend  que  fuivant  cct  puifque  la  dernière  indiétion  convient  au  mois 
auteur  Lambert  mourut  le  troiiicme  été,  ou  Pan  d’Offobrc  de  Pan  907.  &  que  Louis  n’étoit  alors 
898. 8c  que  ce  fut  pendant  l’ctc  de  l’année  fuivante,  que  dans  la  fèptiéme  année  de  fon  empire, 
qui  étoit  le  quatrième  ,  ou  P.ui  899*  que  Louis  en-  Ceci  peur  fervir  à  corriger  la  date  d’un  au- 
tra  pour  la  première  fois  en  Italie  :  mais  le  poete  tre  diplôme  de  ce  prince ,  qui  a  etc  donné  par 

avoit  déjà  parlé  de  cette  première  entrée  de  Louis  Bouche  8c  enfuite  par  le  P.  de  Sainte-Marthe ,  &  i Eouch.frov. 
en  Italie  dans  ces  vers  qui  précédent:  qu’ils  rapportent  à  Pan  9 1  o.  ou  à  Pan  9 1  k  (bus  tê  lP-9n. 

Hu  dudum  Jlufonium  cMpidus  regHaJJt  fer  arvum  Pr«c«e  que  l’indiflion  1 4.  qui  y  eft  marquée  con- 
...  r  J  1  »  r  vient  a  cette  dernière  année;  mais  ce  diplôme  étant 

oc  a  vctMt  ton  HUA.  j  /  j  j  j,  .  ,  ,  1  ,  .  ., 

J  date  au  4.  du  mois  d  Sivril  U  xi  /.  année  de l  cm - 

Il  eft  évident  que  cet  auteur  parle  dans  ces  vers  du  pire  de  Louis ,  ne  fçauroit  convenir  avec  aucune  de 

premier  voyage  que  Louis  fit  en  Italie ,  d’où  Bcrcn-  ces  deux  années ,  puifque  Louis  fut  couronné  cm- 

ger  l’obligea  de  fortir  prcfquc  auffi-tôt ,  comme  pereur  au  mois  de  Février  de  Pan  901.  ainfï  il  faut 

nous  Pavons  dit  :  ce  vers  qu’il  y  ait  quelque  fuite  dans  cette  date,  à  moins 

^  r  1  jr  r...  .a*.  que  Louis  n’ait  varié  en  comptant  les  années  de  fon 

Quart  a  iqitur  Latio  vix  dum  ddertiut  djtas  J  .  ,  .r  r  ,1  y 

\  ^  J  empire,  de  quoi  on  pourrait  rapporter  ce  fcmble*  chr,n  \bT' 

doit  donc  fè  rapporter  à  une  autre  époque.  quelques  autres  exemples.  Nous  aimons  mieux  ce-  soj.  ‘  '** 

Cette  époque ,  que  M.  de  Valois  8c  le  P.  Pagi  pendant  croire  avec  le  P.  Pagi  que  ccs  chartes  font 

n’ont  pas  bien  connue,  regarde  la  prife  de  Louis  fautives  dans  leur  date,  comme  il  l’a  fait  voir1  à 

à  Vcrone  par  Bérenger  qui  lui  fit  arracher  les  yeux  Poccafion  d’un  autre  diplôme  du  même  prince  daté 

l’an  902.  8c  c’eft  en  effet  le  quatrième  été  après  la  du /6.  Mai ,  indiétion  /  4.  la  rx.  de  fon  empire ,  où 

mort  de  Lambert,  décédé  comme  on  Pa  déjà  dit  en  lifânt  la  x/.  au  lieu  de  la  îx .  tout  s’accorde 

en  898.ainfi  le  poète  anonyme  aura  rapporté  fous  parfaitement  :or  fuivant  cette  correction ,  la  pre- 

ectre  époque  principale,  celle  de  la  fcc  oncle  entrée  miere  de  ccs  deux  chartes  ne  fçauroit  être  de  la 

de  Louis  en  Italie ,  qui  arriva  en  900.  comme  nous  xii.  année  de  l’empire  de  Louis,  puifquellc  fiitac- 

Pavons  prouvé.  cordée  à  la  demande  de  Remi  évêque  d’Avignon, 

X.  Ce  que  nous  venons  de  dire  convient  parfai-  8c  que  la  féconde  fut  expédiée  en  faveur  de  Fulche- 

c  ftrtn.ctjpn,  tement  avec  ce  qui  eft  rapporté  dans  la  chronique  *  rius  évêque  de  la  même  ville,  qui  fucccda  m  imrne-  m  v • 

DmhpMs.  du  Mont-Caffin  ,  fçavoir  que  lorfque  Bcrengcr  eut  diatement  à  ce  prélat. 

fait  crever  les  yeux  à  Louis  ,  ce  dernier  fortit  d’Ita-  Il  y  a  encore  une  difficulté  touchant  le  diplôme  fib 

Tome  J I.  Xxxij 


tfâiiad  »n. 
IJ9.4.  4.  & 


Guü. 


Je  V.  GjU. 


1  P  agi  ad  an. 
911.  n.  6 . 


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534  NOTES  SUR.  L'HISTOIRE 

Pour  ce  qui  eft  de  la  donation*  du  comte  Bencion  laume  le  Pieux  <ftoir  encore  marquis  de  Gothie 
faite  à  l’églife  d’Elne  le  4.  de  Mars  de  la  1 9.  année  vers  Tan  915. 
de  Charles  le  Simple ,  le  commencement  du  régne  IV.  On  pourroit  fixer  la  date  de  cette  lettre  d’u- 
de  ce  prince  doit  être  compte  ici  depuis  la  mort  ne  maniéré  plus  prccife ,  fi  on  pouvoit  s’arrêter  à  la 

du  roi  Eudes.  Cette  charte  fera  donc  de  l’an  9 1 6.  conjecture  de  Catcl  t ,  qui  prétend  que  le  diplôme 

&:  aura  précédé  la  dédicace  de  Péglife  d’Elne,  duc  Charles  le  Simple  donna  h  en  faveur  de  l’églife 

oui  fut  faite  le  premier  de  Septembre  fuivant ,  &  de  Narbonne  le  7.  du  mois  de  Juin  la  xxx.  année 
dans  laquelle  il  eft  fait  mention  du  même  comte  de  fin  régne,  Ç3  la  xxv.  depuis  la  mort  cf  Eudes  > 
Bencion  comme  étant  déjà  mort.  Ce  comte  fera  c’eft-à-dire  Pan  912.  fut  expédié  en  confcquence 

vdécédé  par  confëquent  entre  le  mois  de  Mars  &  de  cette  lettre  :  mais  Charles  donna  ce  diplôme 

celui  de  Septembre  de  Pan  916.  à  la  fiolhcitatton  de  Gui  évêque  de  Gironne  ;  au 

On  peut  foire  ufage  de  ce  que  nous  venons  de  lieu  que  l’archevêque  Agio  chargea  les  évêques 
\  Pr.p.s*  dire  pour  fixer  l’époque  d’une  charte  b  du  mona-  Agambert  &  Aifonfè  ,  de  folliciter  celui  dont  il 
ftere  d’Alaon  au  diocefe  d’Urgel ,  où  il  eft  fait  men-  parle  dans  fa  lettre.  Quoi  qu’il  en  (oit ,  fi  la  lettre 
don  de  la  mort  d’Arnufte  archevêque  deNarbon-  d’Agio  eft  de  Pan  921.  elle  prouve  du  moins  que 
ne,  &  de  Péleâion  d’Agio  fon  foccefleur.  Cette  le  marquifât  de  Gothie  étoit  déjà  alors  dans  la 
charte  eft  datée  du  mois  de  Juin  la  1 3.  année  de  maifon  des  comtes  de  Toulouie. 

Charles  le  Simple  (  car  il  faut  lire  tertio  dreimo  au  V.  3 0  .On  peut  tirer  une  autre  preuve  que  ce  mar- 

lieu  de  tricefimo  ).  Or  cette  treiziéme  année  de  ce  quifat  étoit  dans  la  même  maifon ,  avant  Pan  921. 

s  prince  ne  peut  être  fupputéc  dans  la  charte ,  depuis  d’une  lettre  (ans  date  que  le  pape  Jean  X.  addrefia 

la  mort  d’Eudes,  puifqu’elle  appartiendrait  fuivant  à  Agio  archevêque  de  Narbonne  ,à  Auftenus  ar - 
ce  calcul  à  Pan  9 10.  &  qu’il  eft  certain  qu’Arnufte  cheiêque  de  Lyon  ,  C3  à  leurs  fiujfiragans  qui  font 
vivoit  encore  Pan  91 1.  mais  en  calculant  depuis  Pan  en  la  S  primante,  en  Efpagne  (3  Bourgogne,  & 
900.  fil  date  convient  à  Pan  9 1 2.  &  Agio  pouvoit  dans  laquelle  il  leur  marque  qu’il  a  écrit  à  Ray - 
avoir  luccedé  alors  à  Amufte.  Nous  (çavons  en  effet  mond  pour  l’obliger  a  reftituer  les  biens  qu’il  avoir 
que  le  premier  étoit  archevêque  de  Narbonne ,  ufurpez  fur  leurs  églifès.  Catel  »  qui  cite  cette  lettre 
avant  la  mort  du  pape  Anaftalc  III.  arrivée  au  plu-  ne  doute  point  qu’il  n’y  s’agiflc  de  Raymond  II. 
tard  au  commencement  de  Pan  91 3.  Quant  a  Pin-  comte  de  Toulouie  ,  fils  d’Eudes.  Ce  prince  avoit 
diétion  qui  eft  encore  marquée  dans  cette  charte  ,  donc  uftirpé  les  biens  ecclcliaftiqucs  de  la  Scpti- 
il  paroit  quelle  eft  fautive ,  8c  elle  ne  peut  lcrvir  manie ,  &: dominoit  par  conféqucnt  fur  cette  pro- 


g  C*td  c*mt% 
p.  «S. 
h  Pr.p. 


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à  en  fixer  Pépoque. 


NOTE  VII. 


vince.  Cette  lettre  eft  antérieure  au  mois  d’Âvril 

de  Pan  911.  puifqu’Aufterius  n’étoit  plus  k  alors  k  Gaa.trtf, 

archevêque  de  Lyon.  Enfin  il  eft  certain  d’un  autre 
,  ,  »  11  n.  fl  /  •  X  1.  1  7°-  & 

cote  qu  elle  ctt  poiterieure  a  1  an  9 1 5.  car  Je  pape 

Jean  X.  y  défend  à  Agio  archevêque  de  Narbonne , 

a  Aufterius  archevêque  de  Lyon ,  &à  leurs  foffra- 

gans,  de  converjer  1  avec  Gérard  qui  fi  difiit  ar -  ! cauhki. 

cbivîque  de  Narbonne  ,  £3  qtéil  avoit  excommunie . 

Or  fuivant  la  fuite  des  faits  qui  fe  padèrent m  dans 


Efoque  &  circonjlanccs  de  l'union  du 
marquifat  de  Gothie  au  domaine  des 
comtes  de  Touloufe. 

L  Ous  avons  déjà  fait  voir  ailleurs ,  que  Guil-  l'affaire  de  cet  intrus ,  Jean  X.  qui  ne  fut  élû  n  que 

.LN  laume  le  Pieux  duc  d’Aquitaine  Sc  comte  vers  la  fin  du  mois  d' Avril  de  Pan  914.  ne  peut 

d’Auvergne  poflèda  jufqu’à  (a  mort  le  marquifât  l’avoir  excommunié  au  plutôt  que  vers  la  fin  de 
de  Gothie,  qu’il  cenoit  ac  Bernard  fon  pcrc.  Il  eft  Pan  915. 

certain  d’un  autre  côté  que  Guillaume  IL  Ion  ne-  VI.  40.  Nous  avons  une  donation  0  faite  en  fa- 
veu ,  qui  lui  fucceda  dans  le  duché  d’Aquitaine  8c  veur  de  l’abbaye  de  Montolieu ,  par  Odon  vicomte 
le  comté  d’Auvergne,  fie  lui  fucceda  pas  dans  ce  de  Narbonne  &  Richildc  fon  epoufe ,  le  20.  du 
marquifat,  &que  cettedignité  entra  après  la  mort  mois  de  Décembre  de  la  xxvu.  annee  de  Charles  le 


m  V.  Liv . 
X!  »•  *J. 

n  V. 

criitt . 


tPr.  f.6U 


de  Guillaume  le  Pieux  dans  la  maifon  des  comtes  de 
Toulouie  :  c’eft  ce  que  nous  allons  prouver  par  di¬ 
vers  monumens  du  tems. 


C  Frod.thron. 

f  •  600. 


le  Simple  (  ou  Pan  914.  )  d'un  a! Lu  finie  dans  le 
comté  de  Narbonne  ,  avec  le  confient ement  d'Agio 
archevêque,  C3  du  comte  Pons, pour  fe  fiifut  du  même 

II.  i°.  Il  eft  fait  mention  dans  la  chronique  de  comte  Pons  son  seigneur,  lequel  foulcrit  P  à  la  P 

Frodoard c  (bus  Pan  932  .de  Raymond  (3  Ermen-  charte  de  la  maniéré  qui  luit  :  .V.  P  omit  comitis  { '5 

gaud  princes  de  Gothie ,  qui  reconnurent  alors  Raoul  marchions  qui  confinfit  (3  firmavit .  Cet  atftc  prou- 

pour  roi  ;  or  il  eft  certain  qu’ils  ctoient  l’un  8c  Pau-  ve  m  an  ifeft  ement,  que  ce  comte  Pons ,  qui  eft  le 

tre  de  la  mailon  de  Touloufe.  même  que  Raymond  Pons  comte  de  Toulouie, 

III.  20.  Il  eft  parlé  de  ces  deux  princes  dans  une  polfedoit  déjà  le  marquifat  de  Gothie  en  924.  & 

apr.f.  61.  lettre  d  d’Agio  archevêque  de  Narbonne,  qui  les  que  (on  pere  Raymond  IL  étoit  alors  déjà  décédé. 

rcconnoît  pour  fies  comtes  ou  feigneurs.  Cette  lettre  En  effet  ce  fut  lui  qui  chafii  vers  ce  tems  -  là  de 
eft  fans  date  :  mais  on  peut  la  fixer  à  peu  près  lur  cette  province  les  Hongrois,  qui  y  avoient  fait  une 
ce  que  les  évêques  de  la  province  écrivirent c  au  irruption  ,  comme  il  paroit  par  la  lettre  que  les 
pape  Jean  X.  pour  lui  demander  le  pallium  en  fa-  évêques  du  pays  écrivirent  au  pape  Jean  X.  8c  dans 
veur  d’Aymcri  (ucccficur  d’Agio.  Cette  lettre  eft  laquelle  Pons  eft  qualifié  prince  &  marquis.  Il  eft 
donc  antérieure  à  l’année  928.  qui  eft  celle  de  la  vrai  que  le  P.  Pagi  rapporte  cette  lettre  au  ponri-  q  p.  pagiU 
depofition  de  ce  pape.M.de Marca ^prétend quelle  ficat  de  Jean  XL  fur  la  fuppofition  que  Pons  ne  ***•"•*• 
Bum.f.6%7.  1’^  9 1  ^ .  ce  qui  prouveroit  que  le  marquifat  fucceda  à  Raymond  8c  à  Ermcngaud  dans  le  mor¬ 

de  Gothie  étoit  dans  la  maifon  des  comtes  de  Tou-  quilàt  de  Gothie  qu’après  l’an  93  2.  Mais  fi  cct 
loufe  avant  la  mort  de  Guillaume  le  Pieux  :  mais  auteur  avoit  fait  attention  que  Pons  s’appelloit  aufti 
comme  il  n’apporte  aucune  preuve  de  cetrc  date ,  Raymond  *,  &  s’il  eût  fçû  que  ce  prince  étoit  déjà 
on  ne  doit  faire  aucun  fonds  force  qu’il  dit  là-  marquis  de  Gothie  en  924.  comme  la  charte  du 
delfus.  Nous  verrons  d’ailleurs  plus  bas ,  que  Guil-  vicomte  Odon  le  prouve  fans  répliqué ,  &  que 


C  Cs.tel  mem. 

77*. 

iimt.  p.  18. 


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p-  591. 


•  777* 


DE  LANGUEDOC.  53  f 

tfeft  par  Confôqùent  le  même  Raymond  qui  Te  voir  dam  la  note  fuiv.-üite ,  qu’il  s’agit  ici  d’un  au- 
fournit  au  roi  Raoul  en  93  2.  avec  Ermcngaud,  il  tre  Guillaume.  Il  eft  toutefois  très  - vraifemblable 
nauroit  pas  différé  Ci  tard  la  date  de  cette  lettre*  que  les  comtes  de  Touloufe  ne  foccederent  a  Guil- 
Il  eft  certain  d’ailleurs  qu’on  ne  trouve  aucun  mo-  laume  le  Pieux  dans  le  marquifat  de  Gothie  que  par 
nument  qui  prouve  qu’Agio  prédéccfleor  d’Ay-  droit  de  fàng  :  ce  qu’on  peut  appuyer  i°.  fur  ce 
meri  ait  été  archevêque  de  Narbonne  après  l’an  que  ,  foivant  Tu(âge  obfervd  depuis  le  régne  de 
92  6.  Ce  dernier  peut  donc  avoir  été  élu  vers  Charles  le  Chauve ,  les  dignitez  étoient  alors  hcré- 
l’an  927.  &  la  lettre  qu’il  écrivit ,  avec  quelques  ditaires  &  paflôient  ordinairement  aux  plus  pro* 
évêques  delà  province  au  pape  jean,  pour  lui  de-  ches.  i°.  Sur  la  iiaifon  qui  étoit  en  92}.  k  entre 
mander  le  pullium ,  doit  avoir  été  addrrtlc  a  Jean  Raymond  II.  comte  de  Touloufe ,  &  Guillaume  IL 
1  v.up  **  X.  du  nom ,  qui  ne  fut  dc'pofe  que  vers  le  *  20.  de  duc  d’Aquitaine  qui  s’unirent  contre  les  Normans  : 

*"•  9lt‘ §*  Juin  de  l’an  928.  mais  on  ne  fçauroit  fixer  leur  dégré  de  parenté  faute 

7J*  50.  Enfin  le  même  Raymond  Pons  fonda  en  b  de  monumens. 

9  $6.  l’abbaye  de  faim  Pons  de  Tomieres  dans  le  X.  Nous  avons  une  charte  *  donnée  par  le  roi  *  Câte!  ***** 
diocèfe  de  Narbonne  ,  &  lui  donna  diverfes  terres  Charles  le  fimple  au  mois  de  Juin  de  la  x  x  x  1 1 .  an- 
fioiécs,tam:  dans  le  comté  de  cette  ville ,  que  dans  née  de  fon  régné  ,  ou  l’an  924.  à  la  prière  de 
le  refte  de  la  Septimanie  ou  Gothie  c.  Ce  prince ,  Guillaume  fin  grand  marqua ,  en  faveur  d’Erifons 
ain/î  que  M.  de  Marca  l’obferve,  poflêdoit  donc  évêque,  réfidanr  alors  à  Narbonne.  Onpourroit 
alors  le  duché  ou  marquifat  de  Gothie.  inférer  de-la ,  que  c’eft  de  Guillaume  D.  duc  d’A- 

H  réfoire  de  ce  que  nous  venons  d’établir ,  que  ce  quitainc  dont  il  s’agit  dans  cette  charte ,  que  ce  duc 
marquifat  étoit  dans  la  maifbn  des  comtes  de  Tou-  fucccda  par  confèqüent  dans  le  marquifat  de  Go- 
loufe  du  moins  dès  l’an  92 1.  Or  comme  Guillau-  thie  à  Guillaume  le  Pieux  fbn  oncle ,  &  qu’ainfi  ce 

me  H.  qui  hérita  du  duché  d’Aquitaine  &  du  comté  marquifat  ne  paflà  pas  immédiatement  de  ce  der- 

d’Auvergne ,  de  Guillaume  le  Pieux  fbn  oncle  *  nier  dans  la  maifbn  des  comtes  de  Touloufe.  Mais 
vivoit  alors,  il  faut  qu’il  ne  lui  ait  pas  foccedé  dans  il  eft  confiant  que  la  date  de  cette  charte  n’eft  pas 
le  raarquifâc  de  Gothie,&  que  cette  dignité  ait  pâlie  jufte.  1  °.  Charles  le  Simple  ne  peut  l’avoir  donnée 
iramematemem  après  la  mort  du  même  Guillaume  au  mois  de  juin  de  l’an  924.  puifoue  Raoul  fbn 

le  Pieux  dans  la  maifbn  des  comtes  de  Touloufe.  compétiteur  le  tenoit  alors  en  prifon.  2Q.  Nous 

Ainfî  en  fixant  l’époque  de  cette  mort ,  nous  ap-  avons  déjà  montré  qu’en  924.  c ’étoit  Raymond 

prenons  celle  de  l’union  du  marquifat  de  Gothie  Pons  qui  étoit  marquis  de  Gothie  ,  &  non  pas 

au  domaine  des  comtes  de  Touloufe.  Guillaume.  3  Cette  charte  eft  datée  de  l’indiétion 

iad.  u  VU.  Le  P.  Mabillon  d  cite  divers  nécrologes,  foi-  v  1 1 1.  qui  ne  peut  convenir  a  l’an  924.  4V.  Elle 

vant  lefnuels  Guillaume  le  Pieux  mourut  le  6.  de  eft  lignée  par  Hervé  archevêque  de  Reims ,  en 

Juillet:  U  prouve  d’ailleurs  par  la  foufeiiption  de  qualitéd’ai*chi-chancelier.Orccprclatm  n’occupoit 

ce  prince  a  la  charte  de  la  fondation  de  l’abbaye  plus  cette  dignité  au  mois  d’ Avril  de  l’an  920.  Ce 

du  Bourg-Dieu  en  Berri ,  datée  du  2.  du  mots  de  diplôme  eft  donc  antérieur  à  cette  dernière  année. 

Septembre ,  la  xx.  année  du  régné  de  Charles  le  Sim -  &  fâ  date  aura  été  altérée  par  les  copiftcs  qui  auront 

pie  en  Aquitaine,  ou  de  l’an  9 1 7-  qu’il  vivoit  encore  mis  anno  xxx/i.  pour  xx//.  Il  paroit  en  effet  que 

alors.  Guillaume  ne  mourut  par  confèqüent  au  cette  charte  eft  d’environ  l’an  914.  qui  étoit  la 

plutôt  que  le  6.  de  Juillet  de  l’année  fui  vante ,  &  vingt-deuxieme  du  régne  de  Charles  le  Simple  ;  car 

noncommeIeP.AngeraavancéSaumoisdc  Juil-  nous  fçavons  d’ail  leurs  que  l’évêque  Erifbns,  en  fa- 

u.i.f.tu!'  9*7-  U  eft  vrai  que  M.  Baluze { a  fixe  la  vêtir  duquel  elle  fut  expédiée,  demeuroit  “alors 

1  bu.  j».  mort  de  ce  prince  au  4.  du  mois  de  Juillet  de  l’an  dans  la  Gothie.  Il  eft  vrai  que  l’indiétion  v  1 1 1 .  ne  F 

*'11'  917.  ou  de  l’an  919.  &  que  quelques  anciennes  fçauroit  convenir  non  plus  à  l’an  914.  mais  elle 

chroniques  g  la  mettent  fous  cette  derniere  année  :  peut  auffi  avoir  etc  altérée  par  les  copiftcs.  Ce  qu’il 

mais  il  eft  beaucoup  plus  certain  que  Guillaume  le  y  a  de  vrai,  c’cft  que  ce  diplôme  eft  poftérieurà 
Pi^nKXirut  le  ô.  de  Juillet  de  l’an  918.  l’an  905.  puisqu’il  y  eft  fait  mention  de  Roger 

Vin.  On  peut  fçavoir  par-la  quel  fut  le  comte  ârchevêqvc  de  Trêves,  qui  ne  parvint  0  à  cette  di- 

*  a. ss  Touloufe  qui  lui  fucceda  dans  le  marquifat  de  gnité  qu’après  cette  année. 

*<*■[«.  r.f.  Gothie.  Eudes  comte  de  cette  ville,  vivoit  encore  XL  Un  moderne  P  croit  que  les  comtes  de  Tou- 

s6  le  20.  h  du  mois  de  Juin  delà  même  année:  ce-  loufe  s’emparèrent  du  marquifat  de  Gothie  fur  un  ;  H 
pendant  comme  il  étoit  extrêmement  âgé ,  qu’il  certain  Guadaillo ,  prince  des  Gorhs,  qui  fur  obligé, 
l/w*  s’étoit  demis  du  comté  *  de  Touloufe  en  faveur  de  dit-il ,  de  Ce  réfugier  dans  la  Marche  d’Efpagne , 

Raymond  fon  fils ,  &  qu’il  n’eft  pas  certain  qu’il  ait  &  qu’il  fait  de  la  race  des  comtes  de  Barcelone  & 
furvécu  â  Guillaume  le  Pieux  :  ü  eft  plus  vraifem-  des  anciens  marquis  de  Gothie.  Cet  auteur  infi- 
blableque  le  même  Raymond  fucccda  immédiate-  nue  que  le  prétendu  Guadaillo  donna  fi  fille  en 
ment  a  ce  dernier  dans  le  marquifir  de  Gothie,  mariage  a  Borrel comte  de  Barcelone,  &  que  les 
conjointemenr  avec  Ermengaud  fon  frere  puîné.  droits  que  les  comtes  de  cette  ville  prétendirent 
II  eft  aflèz  difficile  de  décider ,  fi  Eudes  ou  fes  dans  la  foite  fur  le  Languedoc ,  venoient  de  ce 
fils  fuccederenr  à  Guillaume  le  Pieux  dans  Je  mar-  mariage.  Mais  fins  nous  arrêter  a  réfuter  toutes 
quifit  de  Gothie ,  en  qualité  de  fts  proches  parents  ccs  fables  &  les  vaines  conjectures  for  lefquelles  il 
&  par  droit  de  fang,  ou  s’ils  obtinrent  cette  dignité  les  appuie,  il  foftitde  remarquer  que  ce  Guadaillo 
du  roi  Charles  le  Simple ,  auquel  ils  furent  toujours  eft  un  prince  des  Goths  imaginaire;  &  que  Diagoi 
très-attachez.  Le  P.  Mabillon  prétend  prouver  lapa-  qui  lui  a  donné  cette  qualité  ,  n’eft  fondé  que  for  <.  ji. 
renté  qu’il  y  avoir  entr’eux  par  le  teftamenr  du  la  foufeription  d’une  charte  où  on  lit  ces  mots r  :  r 
comte  Raymond  de  l’an  9^0.  qu’il  a  donné  dans  S.  Guallus  princeps  Cocorum  ,  c’eft-a-dire,  prince  * 

&  diplomatique ,  &  dans  lequel  ce  prince  fait  men-  des  cuifinicrs  > grand-queux  ou  maître  d’hotcl  de 
tion  du  comte  Guillaume fioncoufm  ;  ce  que  cet  au-  Borrel  comte  de  Barcelone  ,  &  non  pas  princeps 
teur  entend  de  Guillaume  H.  duc  d’Aquitaine ,  &  Gothorum ,  comme  il  le  foppofe.- 
Acycu  de  Guillaume  le  Pieux  :  mais  nous  ferons 


m  A/4''. 
Mn.9ü‘H.  41. 


o  G>*U  fhrijtt 
to.  up.  7 II. 


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AN.iiéy. 


•  îtu. 


h  NtfhaJ.iHJ. 
MS&  J‘  f- 


c  Mjf.71 if. 


d  MJJibjéi. 


JbiJ. 


ixxxr. 

Langue  Pro« 
tcofalc. 


Vo  H-IST.  GEN.  DE  LANGUEDOC.  Liv.XVllI. 

”  aufli  des  fyrventès  jongleurs ,  qu’il  médit  des  barons,  St  qu’il  fe  mitde  Tordre 
de  l’Epée.  Il  eft  reprefenté  avec  l’habit  de  cet  ordre  dans  la  vignette  du  manul- 
crit  qui  eft  à  la  tête  de  fa  vie  ëc  de  Tes  ouvrages.  Il  porte  une  longue  barbe,  un 
bonnet  vert,  une  robbe  couleur  d’incarnat,  &  une  chappe  blanche,  fur  laquelle 
eft  coufuedu  côté  droit  une  longue  épée  dont  le  fourreau  eft  de  couleur  rouge -, 
la  poignée  au  deftous  du  coude  ôda  pointe  en  bas.  Lemanuicrit  rapporte  trois  de 
fes  chanfons  ou  pièces  de  vers. 

Les  dames  de  la  province  s’appliquoient  aufli  à  la  poche  vulgaire  au  XII.  fie- 
cle , .  6t  on  fait  *  un  grand  éloge  d’Adelaïde  de  Porcarages  »  gentilfemme  de  la 
«  contrée  de  Montpellier  qui  étoit  parfaitement  inftruite,6c  qui  aima  GuiGuer, 
«rejat,frere  de  Guillaume  de  Montpellier ,  fur  lequel  elle  fît  plufieurs  chan¬ 
gions.  »Onen  voit  une  de  fa  façon  dans  lemanuferit.  Gui  Guerrejac  mourut 
vers  l’an  1 17  y.  ce  qui  peut  fervir  à  nous  faire  connoître  le  tems  où  vivoit  Adé¬ 
laïde  de  Porcarages. 

..  Noftradamusb  attribue  à  un  poëce  Provençal  nommé  Guillaume  Ademars, 
qu’il  faitmourirà  Grefignanou  Grignanen  Provence  en  1 1 90.  un  catalogue  en 
rime  Provençale  des  femmes  illuftres  5  mais  il  fe  trompe  certainement  fur  la  naif- 
lànce  de  ce  poète ,  qu’il  dit  fils  de  Gérard  de  Grignan ,  8c  gentilhomme  Provert, 
çal ',  à  prendre  ce  terme  dans  fa  fignification  étroite^  car  fuivant  le  recueil c  donc 
on  a  déjà  parlé»  Guillaume  Ademars  étoit  natif  d’un  château  nommé  Merueys- 
»  en  Gevaudan ,  8c  fils  d’un  pauvre  chevalier.  Il  étoit  vaillant ,  beau  parleur,  St 
»fçavoit^>»  trouver.  Le  feigneurde  Merueys  le  fit  chevalier  j  mais  ne  pouvant 
jjfoutenir  fon  rang,  ilfe  fit  jongleur,  &  fut  extrêmement  goûté  par  le  peuple.  Il 
»  fe  fit  enfin  religieux  de  l’ordre  de  Grammont.  * 

Le  Gevaudan  eut  aufli  vers  le  meme  tems  un  autre  poëte  Provençal  qui  fe  di- 
ftingua  beaucoup  :  ce  fut  »  Guarin  d’Apchicr  d,  gentil  châtelain  de  Gevaudan 
»  dans  l’évêche  de  Mende,  vaillant  &bon  guerrier,  liberal  &bvn  trouveur,beau 
»  chevalier  &  fçavanten  galanterie.  Il  fut  le  premier  qui  compofa  une  elpece 
y»  de  poëfie  appellée  defeort.  »  Le  manuferit  rapporte  deux  de  fes  poëmes  ou  lyr- 
ventés.  Il  eft  reprefenté  à  cheval  dans  la  vignette,  le  cafque  en  tête,  l’épée 
d’une  main,  &  tenant  de  l’autre  un  bouclier  chargé  d’unécu  d’azur,  à  la  bor¬ 
dure,  &  a  trois  barres  d’or ,  celle  du  milieu  ondoyée. 

Enfin  le  Vêlai,  eut  fes  poëtes  Provençaux  ,  de  même  que  le  Gevaudan.  On 
parle  ?entr’autres  »  de  Guérin  le  Bruji  gentil-châtelain  du  Vêlai,  dans  l’évêché 
»  du  Puy  fainte  Marie  ,  qui  fut  bon  trouveur ,  non  de  vers  ni  de  chanfons ,  mais 
»  de  tenfons  *  »  efpece  de  poëfie  par  ftances  ,  en  forme  de  dialogue ,  fur 
divers  fujets ,  entre  deux  poctes  Provençaux  qui  parlent  alternativement  à  cha¬ 
que  ftrophe. 

On  voit  par  ce  que  nous  venons  de  dire  que  la  langue  Provençale  étoit  dans 
là  perfe&ion  au  XII.  fiecle.  On  la  parloit  generalement  dans  toutes  les  provin¬ 
ces  méridionales  du  royaume,  6c  même  dans  le  Rouflillon  &  la  Catalogne  }  6c 
c’eft  à  peu  près  la  même  dont  on  fe  fert  aujourd’hui  dans  le  Languedoc ,  com¬ 
me  il  eft  aifé  de  le  juftifier  par  le  recueil  manuferit  dont  nous  venons  de  parler. 


NOTES 


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SUR  L’HISTOIRE 

D  E 

LANGUEDOC 


NOTE  I- 

Sur  lufurfation  du  royaume  de  Provence  far  Bofon ,  &  la  fouverainttè  de  nos  rois 

fur  le  Rh'one. * 


E  royaume  < 
Provence  do 
Bofon  s’empa 
l’an  879-  s  etc: 
doit  des  deux  o 
tés  du  Rhône,, 
comprenoit  e 
deçà  de  ce  fleu 
les  diocèfes  i 
Viviers  &  d’I 
i ez  ,  avec  la  pa 
•  ,  tic  de  ceux  d’A 

les  >  d  Avignon  ,  de  Valence  &  de  Vienne  quid 
pend  du  Languedoc  :  il  eft  important  de  faire  vc 
•ci  la  maniéré  dont  le  fit  cette  ufiirpation,  pour  l’ii 
tcuigence  de  ce  que  nous  aurons  à  dire  dans  la  fui 
jonchant  la  fouverainetc  de  nos  rois  furie  Rhône 
«quel  appartient  au  Languedoc  d’un  bord  àl’autr 
Tome  JJ. 


depuis  les  frontières  du  Lyonnois  jufqu’i  l’embou- 
chûre  de  ce  fleuve  dans  la  mer. 

U.  Après  la  mort  de  l’empereur  Louis  le  Débon¬ 
naire,  fês  trois  fils  Lothairc ,  Louis  &  Charles, 
convinrent  •  à  Verdun  au  mois  d’Août  de  l’an  *~**”J-  Btn; 
845-  de  partager  entr’eux  toute  la  monarchie  Fran- 
çoife  que  ce  prince  avoit  poflèdéc  en  entier.  La  /•**«•" 
Germanie  &  quelques  villes  fi  tuées  endeça  du  Rhin 
échurent  à  Louis  ;  Lothaire,  qui  croit  l’aîné,  eut 
le  royaume  d’Italie  &  toute  la  partie  Orientale 
du  royaume  de  France.  Cette  partie  étoit  bor¬ 
née  au  levant  par  le  Rhin  &  les  Alpes ,  &  au 
couchant  par  l’Efcaut ,  la  Meufe  &  la  Saône  juf- 
qu’à  Lyon-,  & renfermoit, depuis  cette  ville,  les 
pays  fituez  des  deux  cotez  du  Rhône  jufqu’à  fou 
embouchure  dans  la  Méditerranée  ;  enfbrte  que  le 
Vivarais ,  l’Uzegc  &  la  partie  desdioccfcs  d’Avi¬ 
gnon  &  d  Arles,  qui  cft  en-deça  de  ce  fleuve,  y 


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♦•«J* 


NOTES  SUR  L'HISTOIRE 

étoient  compris.  Charles  le  Chauve,  le  troifiéme  viers  &  d’Uzez  ,  &  par  conlequent  prefque  toute 
des  freres  eut  pour  fa  part  tout  le  refte  du  royau-  la  partie  orientale  du  Languedoc.  L’empereur  Louis 
me ,  ou  la  France  occidentale.  régnaJccrtainemcnt  fur  la  Provence  propre  en  vertu  i  u nnai.Bt 

HL  La  portion  du  royaume  de  France ,  qui  échut  de  ce  partage:&  il  paroît  qu’il  eu  c  aufli  dans  fon  lot  f  • li  *• 
à  Lothaire  par  ce  célébré  partage ,  comprcnoit  un  la  partie  du  duché  de  Lyon  la  plus  voiline  des  Al- 
grand  pays  borné  aux  deux  extrêmitez  par  les  deux  pes  *,  fçavoir  le  Dauphiné  &  laSavoye,  comme 
mers ,  au  nord  &  au  midy  >  elle  dépendoit  aupa-  nous  le  verrons  plus  bas. 

ravant  partie  du  royaume  d’Auftrane  8c  partie  de  VI.  Le  roi  Lothaire  mourut  (ans  enfans  légiti- 
relui  de  Bourgogne  quelle  renfermoit  prefque  en-  mes  l’an  869.  Sa  fucceflion  appartenoit  àl’empe- 

tierement ,  excepté  les  pays  fituez  à  la  droite  de  la  rcur  Louis  fon  frère ,  qui  jouifloit  déjà  d’une  gran- 

Saone ,  qu’on  appclloit  Bourgogne  inférieure ,  &  de  partie  du  royaume  de  Provence  :  mais  le  roi 

qui  échurent  à  Charles  le  Chauve.  Elle  compre-  Charles  le  Chauve  &  Louis  roi  de  Germanie  fon 

noit  âülli  toute  la  Provence  avec  le  diocèfe  d’ U-  frere  ,  difpurerent  la  fucceflion  à  ce  prince ,  qu’ils 

zés ,  ancien  membre  de  la  Septimanie.  C’eft  ce  qui  comptoient  k  devoir  mourir  bientôt ,  &  qui  d’ail-  *  2  j 

’•  eft  clairement  exprimé  dans  l’auteur a  contemporain  leurs  n’avoit  point  d’enfans  males.  Comme  Char- 

des  annales  de  faint  Bertin ,  qui  nous  a  laiffé  un  les  le  Chauve  croit  le  plus  fort ,  il  fe  (àiiit  du  royau- 

détail  circonftancié  de  tous  les  pays  qui  compo-  me  de  Lothaire1  ou  de  la  Lorraine,  &  s’en  fit 

foient  la  fucceflion  du  roi  Lothaire ,  fils  &  fuccet  couronner  roi  à  Metz.  Il  vouloit  même  s’emparer  Mtt* 

feur  de  l’empereur  de  ce  nom.  On  appclla  d’abord  de  la  Provence  &  de  la  partie  de  la  haute  Bourgo- 

touçe  cette  portion  de  la  France  >  le  royaume  de  gne  m  qui  appartenoit  déjà  à  l’empereur  Louis  ,  pm  ^  ^ 

[jjthsure , *>  parce  qu’on  ne  trouva  point  de  nom  mais  il  trouva  de  la  réfiftance  *,  &  le  roi  de  Ger-  p.  231.  9  ' 

V  S*4*  plus  propre  pour  déligner  les  états  de  ce  prince  ,  manie  fon  frere  qui  prétendoit  a  cette  fucceflion  , 
compofez  de  parties  de  differents  royaumes  *,  mais  lui  ayant  déclaré  la  guerre ,  il  fut  obligé  d’en  venir 
apres  la  mort  ae  cet  empereur ,  on  reftraignic  la  fi-  à  un  accord  avec  ce  dernier ,  fuivant  lequel  ils  par- 
gnihearion  de  ce  nom  aux  {culs  pays  fituez  entre  tagerent ,  au  préjudice  de  l’empereur  Louis ,  tous 
FEfcaut  &  la  Meule  d’un  côté  ,  &  le  Rhin  de  Tau-  les  pays  qui  avoient  appartenu  au  feu  roi  Lothaire. . 
tr*,  qui  échurent  à  fon  fils  de  même  nom./  *  tCharles  le  Chauve  &  Louis  de  Germanie  firent 

IVv  L’empereur  Lothaire  étant  mort  en  85  ce  partage  au  mois  d’Aout  de  l’an  870.  Le  pre- 
fes  trois  Çls  lui  fuccedcrent ,  chacun  dans  une  par-  mier  eut  pour  lui  route  la  partie  occidentale  du 
tic  de  fts  états.  Louis  qui  étoit  l’aînc  ,  eut  pour  .  royaume  de  Lothaire ,  lituée  aux  environs  de  la 
fa  part  le  royaume  d’Italie  avec  le  titre  d’empereur.  Meufe&  de  la  Saône  ,  avec  la  portion  du  duché 
Les  deux  autres  partagèrent  ce  que  leur  pereavoit  de  Lyon  dont  celui-ci  avoit  hérité  du  roi  Charles 
pofledé  en  France.  Lothaire  régna  fur  la  partie  fu-  fon  frere  ,  &  qui  comprcnoit ,  comme  on  l’a  déjà 
périeure  ou  (cptentrionale ,  qu’on  nommoit  France  dit ,  les  villes  de  Lyon ,  de  Vienne ,  de  Viviers  8c 
&  qu’on  appclla  depuis ,  de  Ion  nom ,  le  royaume  d’Uzez.  La  partie  du  royaume  de  Lothaire ,  voiline 
de  Lothaire ,  ou  la  Lorraine.  Ce  royaume  compre-  du  Rhin ,  échut  au  roi  de  Germanie.  U  parole  que 
«  noit  entr’autres  les  dcuxduchcz  de  la  Bourgogne  c  ces  deux  princes  laiflèrent  l’empereur  Louis  leur 

p^2u.LBert'  fupérieure  *,  fçavoir  la  Bourgogne  Cisjurane  &4a  neveu  dans  la  paiiîblc  pofleflion  des  pays  qu’il  pot 
Bourgogne  Transjurane.  Charles  d  le  puîné  étendit  (cdoit  endeça  des  Alpes  ,  8c  que  cet  empereur  jouît 
p.  20S.C r/iqq,  domination  fur  la  partie  méridionale  *,  <’cft-à-  tranquillement  de  la  Provence  >  de  la  Bourgogne 

dire  (îir  la  Provence ,  fituce  entre  les  Alpes ,  la  Du-  Transjurane  >  du  Dauphiné  &  de  la  Savoye.  11  n’cft 
rance ,  le  Rhône  &  la  Méditerranée ,  &  fur  le  du-  pas  fait  mention  en  effet  de  tous  ces  pays  dans  le 
ché  de  Lyon  qui  dépendoit  auparavant  du  royau-  partage  dont  nous  venons  de  parler ,  &  dans  le- 
me  de  Bourgogne ,  &  qui  comprcnoit  les  pays  quel  “  les  comtez  &  les  villes  qui  échurent  à  n  M-i* 
fituez  des  deux  cotez  du  Rhône  depuis  cette  ville  Charles  le  Chauve ,  &  à  Louis  de  Germanie,  font 
j  il  (qu’à  l'embouchure  de  ce  fleuve  dans  la  mer  *,  en  marquées  dans  un  très-grand  détail, 
forte  que  toute  la  partie  orientale  de  Laugucdoc  VII.  La  partie  du  duché  de  Lyon  qui  échut  à 
qui  avoit  appartenu  à  l’empereur  Lothaire ,  fut  de-  Charles  le  Chauve  par  ce  partage ,  &  qui  comprc- 
puis  foumifç  au  roi  Charles  (on  fils ,  qui  prit  le  titre  noit  la  partie  orientale  du  Languedoc ,  reconnut 
de  roi  de  Provence ,  &  établit  fa  rélidence  ordi-  cependant  l’empereur  Louis  pour  fon  fouverain  •, 
naire  à  Lyon  ,  dont  il  fit  la  capitale  de  fes  états.  enlorte  que  Charles  fut  obligé  de  foîimcttre  par 
ïJhtuI.  Bert.  v.  Ce  prince  étant  mort e  fans  poftéricé  en  8  6  J .  les  armes  cette  nouvelle  portion  de  fes  états.  Il  allie- 
(es  deux  freres  difputerent  d'abord  entr’eux  (a  (uc-  gea  en  effet  &  prie  Lyon  ,  &  forma  le  fiege  de  , 
cdlion.  Lothaire  prétendoit  qu’elle  lui  apparte-  Vienne  qui  (c  rendit  à  ce  prince  l’an  871. 0  Charles 
noit  entièrement  en  vertu  d’une  donation  que  donna  enfuite  le  gouvernement  de  ce  pays  au  duc 
Charles  lui  avoit  faite  f  de  tous  fes  états  :  Tempe-  Bofon  fon  beaufrere  :  mais  nous  ne  fçavons  pas 
reur  Louis  vint  en  Provence  pour  fe  faire  raifon  s’il  pouflàfes  conquêtes  plus  loin  *,  &  il  cil  incertain 
par  lui-même  :  enfin  le  roi  Charles  le  Chauve  leur  s’il  fournit  le  Vivarais ,  le  diocèfe  d’Uzez ,  &  le 
oncle  8  prétendit  à  ce  même  royaume,  dont  les  peu-  refte  du  duché  de  Lyon  qui  lui  étoit  échu  par  le 
pics  Tavoient  appellé  à  leur  fecours  ,  &  l’avoicnt  partage  dont  nous  venons  de  parler,  ou  s’il  n’y  écoic 
elû  pour  leur  roi  à  la  place  de  Charles ,  fous  pré-  pas  déjà  reconnu. 

texte  de  la  négligence  &  du  mauvais  gouverne-  VIII.  Quoi  qu’il  en  (bit ,  l’empereur  Louis  étant 
ment  de  ce  prince.  Il  ne  paroît  pas  cependant  que  mort  Tan  875.  fans  enfans  mules, Charles  le  Chauve 
Charles  le  Chauve  ait  eu  recours  à  la  voie  des  ar-  &  Louis  roi  de  Germanie  fes  deux  oncles  &  fes 
mes  pour  faire  valoir  (es  droits  •,  &  il  eft  certain  plus  proches  héritiers  ,  acquirent  par  là  un  droit 
que  les  deux  freres  étant  convenus  d’un  accord,  légitime  à  (a  fucceflion  *,  &  le  traité  qui  avoit  été 
h  ibid. pus.  partagèrent  *  entr’eux ,  (ans  aucune  oppofition  de  conclu  entr’eux  en  870.  (îiivant  lequel  le  premier 
M"'  de  fa  part ,  le  royaume  de  Provence.  Lothaire  eut  devoit  régner  fur  les  deux  cotez  du  Rhône  depuis 
pour  lui  la  plus  grande  partie  du  duché  de  Lyon,  Lyon  ,  reçut  une  nouvelle  force, 
encr’autres  cette  ville  &  celles  de  Vienne ,  de  Vi-  IX.  Après  la  mort  de  Louis  roi  de  Germanie  5c 


p.2lî. 

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de  Charles  le  Chauve  fon  frcre ,  dont  l’une  ar¬ 
riva  en  876.  &  l’autre  l’année  fuivantc,Carloman, 
tjinntiBtru  Louis  &  Charles  fils  &  héritiers  du  premier,  firent4 


G  ü  E  D  O  C.  5*3 

main  ;  &  toute  la  partie  inférieure  ou  méridio¬ 
nale  ,  demeura  aux  deux  princes  François. 

XI.  Les  choies  étoient  dans  cette  lïtuationlor£ 


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ls6trr\d.  prcI™er  Novembre  de  l’an  878-  avec  Louis  que  le  duc  Bofon  ,  l’un  des  tuteurs  de  ces  deux 
le  Begue  fils  &  (ûcccflèur  de  Charles  le  Chauve  un  princes ,  abulant  de  leur  jeunclïè  8c  de  (on  auto- 
traité,  liiivant  lequel  ils  convinrent ,  que  le  partage  rité ,  réfolut ,  à  l’inftigation  d  d’Ermengarde  fà  fê-  d  1  ^ 
arrête  au  mois  d’Août  de  l’an  87°*  entre  leurs  pe-  conde  femme  ,  fille  du  feu  empereur  Louis  IL  de  ^  ***'  *7*# 
rcs  fobflfteroit ,  Sc  qu’en  confequencc  chacun  joui-  s’emparer  de  cette  partie  méridionale.  Il  fit  tant 
roit  paifiblcmcnt  de  la  partie  du  royaume  de  Lo-  par  fes  menées,  quenfin  il  obligea  les  évêques  du 
thatre  qui  lui  étoit  échue.La  fouveraineté  que  Char-  pays  ,  (oit  par  menaces  ,  (oit  par  careflès ,  à  s’af 
les  le  Chauve  avoir  déjà  acquife  fur  les  pays  fi-  lèmbler  à  Mantaille  en  Dauphiné,  au  mois  d’Oâo- 
tuez  des  deux  cotez  du  Rhône  depuis  Lyon,  fut  bre  de  l’an  879. 

confirmée  par  là.  L’on  voit  par  les  fouferiptionsdes  évêques  qui 

X.  La  mon  de  Louis  le  Begue  arrivée  au  mois  afîifterent  à  cette  aflèmblée  ,  que  Bofbn  uforpa 
d’ Avril  de  l’an  879-  caulâ  quelques  troubles  dans  l’autorité  royale,  non-feulement  fur  toute  la  Pro¬ 
ie  royaume  de  Lothaire  :  mais  ce  fut  feulement  vence  proprement  dite,  renfermée  entre  laDuran- 
dans  les  provinces  fupérieures.  Louis  de  Germanie,  ce,  les  Alpes ,  la  Méditerranée  &  le  Rhône ,  &  for- 
o^rn*,  Bert.  appellé  b  par  quelques  fà&ieux  de  France ,  fens  au-  tour  le  duché  de  Lyon ,  pays  qui  avoient  compolë 
f.i  cun  égara  pour  le  traité  qu’il  venoit  de  conclure  le  royaume  de  Charles  fils  de  lcmpereur  Lothaire  > 
avec  Louis  le  Begue  (on  coufin ,  s’empara  de  toute  mais  encore  fur  la  haute  Bourgogne  &  fur  une  par¬ 
la  partie  de  ce  royaume  fituée  entre  la  Meufe  &  rie  de  la  balle  ,  à  la  droite  de  Ja  Saône  ,  laquelle  . 
le  Rhin  :  il  menaçoir  d’envahir  le  refte  de  la  mo-  avoit  toujours  appartenu  à  Charles  le  Chauve.  Par- 
narchie,  lorfque  Bofon  duc  de  Provence  &:  les  mi  ccs  fouferiptions ,  on  voit  celles  des  archevê- 
autres  tuteurs  des  deux  jeunes  princes  Louis  &  eues  d’Aix  8c  d’Arles  ,  &  des  évêques  de  Mar- 
Carloman  fils  de  Louis  le  Begue ,  pour  arrêter  les  (cille ,  Toulon ,  Riez  &  Apt.  Il  eft  certain  en  effet 
>rogrês  de  fes  armes  &  l’engager  à  retirer  lès  trou-  qu’il  faut  lire  c ,  Rtchardus  epifeopns  s4pte»fisy  &  tV*  GâU.ehr. 
>es,fe  virent  obligez  de  lui  céder  la  partie  de  la  non  pas  sîgathenfis  :  erreur  qui  a  fait  croire  à  /.TjV  ** 
.orraine  ou  du  royaume  de  Lothaire  le  jeune ,  que  quelques  modernes  f  que  Bolon  avoit  régné  fur  f  /*.  1.  u.u. 
e  roi  Charles  le  Chauve  avoit  eue  par  le  partage  le  diocèfe  d’Agde  dans  la  Seprimanie ,  ce  qui  eft  ^  j9*  dt 
de  l’an  870.  Les  paroles  de  l’annalifte  defàint  Ber-  faux  :  en  effet  Alaric  étoit  alors  évêque  d’Agde.  Fr.u.if.M. 
tin  font  remarquables  :  Ut  et  rff errent ,  dit  cet  au-  Quoique  les  noms  des  autres  évêques  de  la  Pro-  df'u 
ceur ,  part  cm  de  regno  Lotharii  Junioris,  vcncc  propre  ne  fe  trouvent  pas  parmi  ces  foufe  nut/in  de  Fr . 
(jnam  Carolw  contra  fratrem  fuum  Ludovuumy  ip-  criprions,  il  paroît  cependant  qu’ils  confentirent  t0*  l'p‘ 5,1 
»  Jîus  Ludovici  patrem ,  acceperat.Aiih  dans  cette  ccf  tous  alors  à  l’élc&ion  de  Bofon ,  ou  du  moins  qu’ils 
lion ,  qui  étoit  même  forcée  &  contraire  aux  pré-  fe  fournirent  dans  la  fuite  à  (à  domination.  Aulli 
cédcns  traitez ,  il  ne  s  agiflbit  nullement  des  pro-  voyons  nous  qu’Arnaud  archevêque  d’Embrun , 
vinces  inférieures  qui  avoient  appartenu  à  l’em-  dont  le  nom  ne  paroît  pas  dans  les  aéles  du  concile 
pereur  Lothaire  ,  ou  des  ctacs  que  Charles  roi  de  de  Mantaille ,  fut  du  nombre  de  ceux  qui  i  élurent  g  Concu.n.^ 
Provence  ,  troiiïcme  fils  de  cet  Empereur,  avoit  Tan  890.  Louis  fils  de  Bofon  :  fes  fofïragans,  de 
pollèdez  -,  &  pat  conféquent  du  cours  du  Rhône  même  que  ceux  d’Aix  &  d’Arles,  fe  fournirent  fans 
depuis  Lyon  jufqu  a  la  mer,  dont  les  deux  princes  doute  d’abord  à  ce  dernier  prince. 

François  demeurèrent  les  maîtres.  Moyennant  cette  Quant  au  duché  de  Lyon ,  fitué  des  deux  cotez 

ccllîon  ,  qui  fut  executée  for  le  champ ,  mais  fans  du  Rhône ,  on  voit  qu’il  fut  fournis  entièrement 
la  participation  de  ces  princes ,  le  roi  de  Germa-  à  Bofon  dans  le  tems  de  fon  élection  ,  par  les  fou- 
nie  leur  coufin  promit  de  les  laiflèr  paiiiblcs  pof-  feriptions  des  archevêques  de  Lyon  &  de  Vienne , 
fellèurs  de  tout  le  refte  :  Ut  accepta  tlla  porttone  &  des  évêques  de  Valence  ,  Grenoble ,  Vaifon , 
tegni ,  m  regnum  fuum  redirct ,  Ûf  c/uod  relicjuum  Die  ,  Gap ,  Orange ,  Avignon ,  Viviers  &  Uzez. 
de  regno  pains  fut  Car  oh  Ludovicus  habutt  >  fil  ns  Enfin  celles  des  archevêques  de  Bclançon  &  de 
fuis  confentiret.  Ludovicus  vero  G?  fui  acceptant  ha-  Tarentaife ,  &  des  évêques  de  Bellay ,  de  Lauzanne 
tentes  talem  obUtionemiic . . .  Ft  accipfa  regni  parte  8c  de  Maurienne  prouvent  que  ce  duc  étendit  alors 
fibi  oblata  ,  Ludovicus  ad  palatium  fuum  trancono -  fon  autorité  for  la  Bourgogne  Cisjurane  8c  for  la 
fHld  redtit.  En  effet  les  dcuxc  princes  François  Transjurane:  il  fournit  auui  une  partie  de  la  ba/Ie 
ayant  partage  entr’eux  l’année  fui  vante  les  états  de  Boureognc  à  la  droite  de  la  Saône  -,  car  les  évêques 
Louis  le  Begue  leur  pere  ,  l’un  eut  pour  fà  part  de  Cnâlons  &  de  Mâcon  afîifterent  à  cette  aflem- 
une  partie  de  l’Auftrahe  qu’on  appelloit  alors  le  blée.  On  peut  comprendre  par  là  quelle  fut  l’c- 
royaume  de  France  :  Quod  Francia  reftduum  erat  tendue  de  fon  royaume. 

ex  pater no  regno ,  &  tout  le  royaume  de  Ncuftric  Louis,  &  Carloman  fon  firere,  étoient  alors  lcgi- 
aveefes  marcncs  •,  &  l’autre  les  royaumes  de  Bour-  times  fouverains  de  toute  cette  étendue  de  pays  : 
gogne  &  d’Aquitaine.  Or  la  foire  nous  fera  voir  en  voici  de  nouvelles  preuves.  i°.  Il  eft  marqué 
que  le  royaume  de  Bourgogne  qui  échut  à  Carlo-  dans  les  a&es  de  l’alïemblée  de  Mantaille ,  que 
man ,  s’étendoit  à  la  droite  &  à  la  gauche  de  la  les  évêques  ne  fe  déterminèrent  à  élire  Bofon,  que 
Saône ,  &  comprenoit  par  confequent  la  partie  de  parce  que  tout  ce  pays  ctoit  comme  abandonné 
ce  royaume ,  qui  étoit  échue  à  l’empereur  Lo-  depuis  la  mort  de  Louis  le  Begue  leur  commun 
thaire.  Les  pays  cédez  par  les  tuteurs  des  deux  prin-  seigneur.  Prafertim  h  cum  rege  communi  morte  **>,,*.  **./• 
ces  François  à  Louis  de  Germanie  ,  ne  compre-  recepio  ynuilus  tn  cos  fuavifeera  per  carttatis  lar - 
noient  donc  que  la  partie  de  l’ancien  royaume  gitatem  extendent.  On  voit  encore  ici  que  les  pays 
d’Auftrafie  fituée  entre  la  Meufe  &  l’Efeaut  d’un  ufoq-»ezpar  Bofon  ,  n’avoient  pas  été  cédez  au  roi 
côté  ,  &  le  Rhin  de  l’autre.  Par  cette  cellîon  toute  de  Germanie,  puifque  ce  dernier  avoit  pris  poffef 
la  partie  fopéricure  du  royaume  de  l’empereur  fion  de  tout  ce  qui  lui  avoit  été  cédé.  i°.  Régi-  *4** 
Loduireen  France,  fiitfoumile  au  prince  Ger-  non1  auteurcontemporain,  dit  en  termes  formek, 

Tome  II.  Y  v  v  ij 


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Ti4  NOTES  SUR.  L’  HISTOIRE 

xjue  Bofon  ufurpa  fon  royaume  fur  les  enfans  de  dans  le  royaume  ,  &  le  peu  de  durée  du  rcgiie 
Louis  le  Begue  :  Bofo. ... in  regem  fuper  prafatum  de  Louis  &  de  Carloman  ,  ne  permirent  pas  à  ces 
BnrgHTuLu  regnum  inungiturypro  nihilo  duc  en  s  ado -  princes  de  dépouiller  Bofon  de  tous  les  pays  qu’il 
lefeentes  filio s  Ludovic i  £$  velut  d'gcncrcs  defpi-  avoit  ufurpez  :  mais  il  eft  certain  quils  lui  tirent e  la  e  CW  r*>; 
ciens.  3  °.  Cela  paroît  encore  par  la  guerre  que  les  guerre  pendant  toute  leur  vie,  ainii  qucl’atteftc  une  *£^f**~ 
tois  Louis  &  Carloman  entreprirent1  bientôt  après  ancienne  chronique  :  Ludovic  us  fetheet  £$  Carlo- 

sAnnsl,  Sert,  1#»nr  hnm  R/%(nn  nnur  ••pnr/*nflrp  fiir  «NtfNHCir  régnant  HH  MS  P.  BoJonCm  JcftlpCT  pCr- 


*•*$ 9.&JU.  cn  *cur  nom  5  contrc  Bofon,  pour  reprendre  fur 
lui  le  royaume  de  Provence  :  euerre  dans  laquelle 
ils 'furent  focourus  parle  roi  de  Germanie  meme , 
&  par  Charles  le  Gras  roi  d’Italie  fon  frere. 

XII.  U  eft  donc  certain  que  Bofon  ufurpa  fon 


ma  n  nus . , 
fccuti. 

Si  l’on  en  croit  Chorier*,  Charles  le  Gras,  f *»/• 
fucceftcur  de  ces  princes  au  royaume  de  France ,  df[ 
jouit  véritablement  de  la  fouveraineté  for  tous  les 


7  co» 


royaume  for  Louis  &  Carloman  rois  de  France ,  &  pays  uforpez  par  Bofon  :  mais  il  s’accommoda  avec 

3 ne  par  confoquent  la  fouveraineté  for  le  Rhône  lui,  le  reçut  pour  fon  vaflil,  &  le  laifta  paifible 
’un  .bord  à  l’autre  >  depuis  Lyon  jufqu’à  la  Mcdi-  poildlèur  du  royaume  de  Provence.  «  Boion  >  dit 
,nA>  appartenoit  alors  à  ces  deux  princes  *,  cet  hiftorien  ,  rentra  fins  réi  illance  dans  la  pofr  “ 


terrance 


y>~Anncl.Btrt. 

tl/id. 

Nattai,  fuld. 

t-  -71. 


aulli  firent-ils  tous  leurs  efforts  pour  chaflcr  ce  rc-  feflion  de  tous  fos  états  après  la  mort  de  Car-  « 
belle  de  ce  pays.  Les  princes  Germains  leurs  cou-  loman ,  &:  les  recouvra  pendant  les  défordres  qui  * 
fins ,  fe  liguèrent  avec  eux  pour  cette  entreprile  au  fifivirent  la  mort  de  ce  prince.  L’empereur  Charles 
mois  de  Juin  de  l’an  b  88o.  &  convinrent  enfom-  le  Gras ,  que  les  François  avoient  appellé  ,  s’ac-  « 
bled’un  nouveau  traité  de  paix.  Nous  cn  ignorons  commoda  avec  lui ,  &  lui  envoya  meme  un  Ciuf-  «• 
les  articles  :  mais  il  y  a  tout  lieu  de  croire  que  les  conduit  pour  le  venir  trouver  à  Metz  comme  il  * 
xJcux  princes  Germains  confirmèrent  les  deux  prin-  le  fouhaitoit  :  il  conclut  enfuite  avec  lui  un  traité  « 
res  François  dans  la  poftdlion  de  toute  la  partie  de  paix,  fuivant  lequel  Bofon  ayant  fait  homma-* 
méridionale  du  royaume  de  l’empereur  Lothaire ,  ge  a  Charles  le  premier  de  Novembre ,  là  femme  «• 
dont  Louis  le  Begue  &  Charles  le  Chauve  avoient  &  fa  fille ,  que  Carloman  avoit  fait  prifonnicrcs  - 
cré  les  maîtres,  &  que  Bofon  venoit  d’uforper.  Cela  ilaprife  de  Vienne,  lui  furent  rendues:  ainli« 
eft  d’autant  plus  probable,  que  Louis  &  Carloman  Bofon  ne  s’oppofa  pas  à  l’aéle  de  fouveraineté* 
laifferent  Charles  le  Gras  pailible  pofleffeur  de  tou-  que  fit  l’empereur  Charles  le  Gras  fur  le  royau-  * 
te  l’Italie  ,  for  laquelle  ils  avoient  des  droits  -,  il  y  me  de  Provence,  lorfque  la  première  année  de  * 
eut  fins  doute  une  efpcce  d’cchange  entr’eux.  Il  fon  régne  ,  &  à  la  pricre  du  marquis  Bernard ,  il  * 
paroît  encore  qu’il  fut  ftipulé  dans  ce  traité ,  que  confirma  à  l’cglife  de  Lyon  tout  ce  qu’elle  polie-  * 

Louis  de  Germanie  ne  pollèdcroit  qu’en  engage-  doit  dans  l’étendue  du  meme  royaume  *,  ce  qui  « 
ment,  &  feulement  pendant  fa  vie,  la  portion  de  témoigne,  continue  Chorier,  que  Bofon  rele-« 
la  Lorraine  fuperieure  qui  avoit  été  au  pouvoir  de  voit  de  ce  prince ,  &  qu’il  fe  reconnoiflôit  fon  c« 

Charles  le  Chauve  &  de  Louis  le  Begue ,  &  que  vallàl.  Mais  s’il  eft  certain  que  Charles  le  Gras 
les  tuteurs  des  deux  princes  François  lui  avoient  exerça  la  fouveraineté  comme  roi  de  France  fur  le 
cédée  l'année  précédente  *,  &  qu’il  fut  dit  qu’a-  royaume  de  Provence,  on  ne  (çauroit  prouver  que 
près  fa  mort  toute  cette  partie  reviendroit  aces  ce  prince  ait  jamais  reconnu  Boion  pour  fon  vallal, 
deux  princes.  En  effet  Louis  roi  de  Germanie  étant  qu’il  ait  fait  un  traité  de  paix  avec  lui ,  &  reçu  fon 
mort  l’an  8  8 1.  &  le  roi  Charles  le  Gras  fon  ficre ,  hommage  :  Chorier  n’en  donne  aucune  preuve  -,  & 
lui  ayant  luccedé ,  Carloman  roi  de  France  envoya  quelques  auteurs  poftéricurs  g  qui  ont  avancé  que  P  Défit  au 
des  ambaflàdcurs  à  ce  dernier  pour  le  fommer  de  Charles  le  Gras  reput  en  grâce  le  roi  Bofon  ,  qu'il 


cr 


c  ^nn.il.Berr, 

p.  161, 


h  fyjiii.  ** 

4 nn.  I7>.  «• 

S*- 


luireftituer  cette  portion  de  la  Lorraine  fopérieure,  lui  donna  fous  l'hommage  une  partie  du  royaume 
•  conformement  a  sa  promesse  . .  sîd'quod  placi-  le  rétablit  tLws  fes  états ,  l’ont  fait  trop  lcgere-  jr,. 
turn  Hugo  abbas  Carolum  adiit  pro  petitione  partis  ment ,  &  fans  doute  for  la  foi  de  cet  hiftorien. 
regni  quam  frater  fuus  Ludovicus  in  locanum  ac -  Nous  voyons ,  en  effet  au  contraire  ,  par  l’au- 
ccperat  ;  ut  ficut  ipfe  Car  oins  ohm  promiferat ,  Ca -  torité  de  Reginon  h,  auteur  grave  &  contempo- 
rolcmanr.o  refiitueret.  Cette  reftitution  devoit  Être  rain  ,  que  non-fculemcnt  les  rois  Louis  &  Carlo- 
faitc  à  Carloman  ,  en  confcquencc  du  partage  man  firent  toujours  la  guerre  à  Bofon ,  mais  encore 
1  ’T  r  ^  les  rois  fucccilcurs  de  ces  princes ,  6c  qu’ils  ne  con¬ 

clurent  jamais  aucune  paix  avec  lui.  Aon  folum  illiy 
verum  etiam  alu  reges  Francorum  per  fuccedentia 
tempora  adeo  graviter  nomen  ejus  (  Bofonis  )  tule- 
runt ,  atqtie  exofum  habuerunt ,  ut  trrecupcrabili 
ejus  dejethone  mortis  cxitio,non  modo  principes  ac 
duces,  fed  etiam  eorum  fatellttes  facramentts  exe - 


dont  il  étoit  convenu  avec  le  roi  Louis  fon  frerc.Ce 
prince  continua  cn  effet  lui  foui  le  liège  de  Vien¬ 
ne  ,  ville  qui  lui  étoit  aulli  cchûc  cn  partage  avec 
le  royaume  de  Bourgogne  ;  Rémanente  Carloman - 
no  ,  contra  Bofonis  fcdiiionems  ôc  c’cft  à  lui  quelle 
fe  rendit  l’an  8 Si.  On  voit  d’un  autre  côté  que 
les  leigncurs  de  la  partie  de  la  Lorraine  fiipéricurc 
qui  avoit  appartenu  à  Charles  le  Chauve  &  à  Louis  cratiombus  obhgarentur .  Cet  auteur  dit  enfuite  que 
iiHd.p,i6o.  le  Begue,  d  voulurent  fe  foûmcttre  à  Louis  roi  de  ces  mêmes  princes  pourfoivirent  toujours  Bofon , 
France  ,  d’abord  après  la  mort  de  Louis  de  Germa-  &  profcrivircnt  même  ceux  qui  favorifoient  fon 
nie  ;  parce  que  ccrte  portion  devoit  être  reftituée  parti. 

aux  princes  François  :  mais  Louis  aima  mieux,  at-  XIV.  Charles  le  Gras  traita  donc  toujours  Bofon 

tendre  que  Charles  le  Gras  lui  fit  lui-même  cette  d’uforpateur  -,  &  li  le  premier  exerça  divers  ades  de 
reftitution  :  Vementes  autem  pnmores  partis  ilhus  fouveraineté  fiir  le  royaume  de  Provence,  ce  ne  fût 
regni ,  qut  ipfi  Ludovico  in  locanum  data  fuerat ,  pas  en  vertu  de  quelque  traité  qu’il  eût  fait  avec 
quatenns  qua  pater  GS  avus  illorum  habuerunt  eis  l’autre ,  mais  comme  roi  de  France  &  focceflèur 
conjentiret ,  voluerunt  fe  ilh  comme ndare  :  fed  con - 
fiho  pnmorum  ,  propter  facramenta  qua  inter  eum  > 

Carolum  fallu  fuerant  ,  non  eos  m  commcnda - 
.  tionem  fufeepit  ,  &c. 


de  Louis  ôc  Carloman ,  à  qui  les  états  de  Bofon  ap- 
partenoient  de  droit.  On  a  des  preuves  de  cette 
fouveraineté,  i°.  dans  une  charte  du  premier  de 
Mai  de  l’an  885.  que  Chorier  a  citée ,  &  qui  a  été 


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XIII.  Les  ravages  que  les  Normans  caufoicnc  donnée  depuis  par  Baluze.  ‘  z°.  dans  lesa&esdu 


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DE  LANGUEDOC.  jij 

concile  tenu  à  Châlon  for  Saône  au  mois  de  Mai  nales  de  Fulde  Hertous  permettent  pas  de  douter: 
ifat.u.9p-  del’an*887.&  parconfequentpoftérieurement  â  la  Tandem  fc  afiumpto  Bofone  comité ,  qui  propria  uxort  k 

mort  de  Bofon ,  comme  nous  verrons  bientôt;  ce  veneno  exflmbta  ,  fiham  Ludovict  imper atons  de  î/u 
qui  fait  voir  que  Charles  le  Gras  Ce  regarda  com-  kalia  per  vim  rapuerat ,  (3c.  Soit  donc  que  cette 
H-  me  fouverain  du  royaume  de  Provence  pendant  première  femme  du  roi  Bofbn  s'appelât  Ingeltrude 
la  vie  de  ce  dernier  ,  &  après  fi  mort  :  en  effet  les  ou  non ,  peu  importe ,  dès  qu’il  cil  confiant  que  ce 
archevêques  de  Lyon  &  de  Vienne ,  avec  les  évê-  prince  empoifbnna  fa  première  époufè  pour  fe  ma- 


ques  de  Valence ,  de  Bellay,  de  Maçon  Sc  de  Cha-  rier  avec  une 
Ion  fur  Saône ,  qui  alliflercnt  a  ce  concile ,  &  dont  fon 1  n  enleva 


ec  une  autre.  Il  eft  certain  d’ailleurs  que  Bo- 
cnleva  la  princcflc  Ennengarde  pour  lepou-  1  ^.nai  B.-fn. 
l’an  8  7  6.  Or  nous  apprenons  d’un  auteur  m  ^  2  s  tf; 

iporain ,  que  l’an  878.  le  prince  Carloman 


les  diocèfès  étoient  dans  l’étendue  du  royaume  de 
Provence ,  y  reconnurent  la  fouveraineté  de  Charles 


fer  que  l’an  8  7  6.  Or  nous  apprenons  d’un  auteur  m  1 5 


Provence ,  y  reconnurent  la  fouveraineté  de  Clurles  contemporain ,  que  l’an  8  7  8-  le  prince  Carloman 
le  Gras  en  France  &  dans  les  Gaules.  fils  du  roi  Louis  le  Bcgue  époufâ  une  fille  du  me- 

XV.  Il  eft  vrai  que  ce  concile  eft  daté  de  l’an  886*  me  Bofbn;  die  devait  être  née  par  confcquent 
dans  les  differentes  éditions  qu’on  en  a  données  :  d’un  premier  mariage  du  même  Bofbn  ,  pnif 
niais  il  doit  être  rapporté  à  l'an  837-  comme  il  qu a  peine  il  y  avoir  alors  deux  ans  depuis  celui  qu’il 
paroît  par  d’autres  monumens ,  Sc  en  particulier  avoit  conrraâé  avec  Emicngarde.  On  ne  doit  donc 

t,  yurten.  th.  par  les  privilèges  b  qu’il  accorda  à  l’églife  de  Lan-  faire  aucune  difficulté  d’admettre  une  fille  de  Bofbn 
5ntrtdr.e\  grès  &  à  l’abbaye  de  Charlieu  au  diocèiè  de  Maçon,  aunombredes  reines  de  France,  &dcdonncrune 
^  &  qui  f°nt  ^arcz  lan  £87.  D’ailleurs  l’indiclion  époufè  au  roi  Carloman  ;  ce  que  le  même  n  génea-  " 
c cnai-M*n.  v.  eft  marquée  dans  tous  les  aélcs  c  donnez  par  logifte  a  obmis  fur  la  fauflc  prétention  que  Bofbn  ^'p'  )% 
fs™*,  té .  Jc  même  concile ,  Sc  cette  indkftion  ne  convient  ne  fut  marié  qu’avec  Ermengardc. 

nullement  au  mois  de  May  de  l’an  8  86.  mais  bien  XIX.  On  afîiire  que  l’empereur  Charles  le  Gras 
à  l’année  fuivante  :  ce  qui  prouve  manifeftement  reconnut  Louis  fils  de  Bofbn  pour  roi  ;  ce  qui  n’eft 
que  les  évêques  du  royaume  de  Provence  recon-  pas  marqué  dans  les  annales  de  Fulde  que  nous 
noiflbicnc  la  fbuveraincté  du  roi  de  France  après  la  avons  déjà  citées  :  elles  rapportent  feulement ,  que 
mort  de  Bofbn.  Charles  le  Gras  reçut  Louis  pour  fon  vaflàl  après 

XVI.  S’il  faut  s’en  rapportera  quelques  moder-  la  mort  de  Bofbn  fonpere  :  mais  elles  ne  donnent 
iMfigtnÀt  nés  d,  entr  autres  au  dernier  éditeur  de  l’hiftoiregc-  le  titre  de  roi  ni  a  ce  dernier  ni  à  fon  fils.  Que  fi 
u  usijM  Fr.  néalogique  de  la  mailon  de  France ,  Bofbn  décéda  Chai  les  le  Gras  accueillit  favorablement  Louis,  ce 
tn.f.60.  |e  Qnzc  je  janvjcr  fa  l’an  888.  mais  il  eft  certain  fut  en  confidération  de  la  parenté  qu’il  y  avoit  cn- 

que  ce  prince  étoit  déjà  mort  au  mois  de  Juin  de  tr’eux  ,  à  caufe  d’Ermcngnrdc  mere  de  ce  prince , 
unr.Ai.Fuid.  l’année  précédente.  L’auteur  des  annales  de  Fulde c  qui  étoit  nièce  de  Charles ,  à  la  mode  de  Bretagne. 
H<Z?.'orrr.  &  Herman  Contraél  rapportent  en  effet  que  Char-  Celui-ci  aura  donc  donné  alors,à  Louis,  par  amitié, 
n.i.cAi.ifed.  les  le  Gras  fè  rendit  alors  a  Willingcn  en  Allcma-  quelques  fiefs  dans  l’étendue  du  royaume  de  Pro- 
^  aî4*  gne ,  &  <jue  ce  prince  alla  enfiiite  a  Kircheiin  fur  le  vcnce ,  &  il  aura  reçu  fbn  hommage  pour  ces  fiefs, 

Rhin ,  ou  Louis  fils  de  Bofbn  le  joignit  après  la  ma;s  il  ne  lui  aura  pas  donné  ce  royaume, 
mort  de  fbn  pere  :  Alortuo  ttatsue  Euofonc parvuius  XX.  En  effet  Louis  fils  de  Bofbn,  ne  fut  élu  roi  de 
trot  et  films  . . .  ancra  imper at  or  ad  Rhenum  vcnicns  Provence  qu’au  concile  de  Valence  de  l’an  890.  0 
i  v.Stte fuiv.  obvions ,  (3c.  Il  eft  certain  *  d’ailleurs  que  l’empereur  long-tems  après  la  mort  de  Charles  le  Gras.  Il  eft  4*+ 
Charles  le  Gras  étoit  à  Kirchcim  au  mois  de  Juin  vrai  que  les  pères  de  ce  concile  infînuent  que 
de  l’an  887.  ainfî  la  mort  de  Bofbn  devoir  avoir  Charles  avoit  reconnu  Louis  pour  roi  ;  mais  c’eft  un 
.  précédé.  Ce  roi  croit  déjà  décédé  fans  doute  de-  prétexte  dont  ces  prélats  fc  fervent  pour  couvrir  - 
puis  le  onze  de  Janvier  précédent,  comme  l’amar-  leur  entreprise  ;  car  fi  Louis  eût  été  déjà  reconnu 
quéChoricr  ,  qui  le  fait  mourir  dans  la  huitième  pour  roi  dès  le  réçne  de  Charles  le  Gras,  quelle 


P  Condl •  Ibid  S 


de  l’an  887.  ainfi  la  mort  de  Bofbn  devoir  avoir  Charles  avoit  reconnu  Louis  pour  roi  ;  mais  c’eft  un 
.  précédé.  Ce  roi  croit  déjà  décédé  fans  doute  de-  prétexte  dont  ces  prélats  fc  fervent  pour  couvrir  - 
puis  le  onze  de  Janvier  precedent,  comme  l’amar-  leur  entreprise  ;  car  fî  Louis  eût  été  déjà  reconnu 
que  Choricr  ,  qui  le  fait  mourir  dans  la  huitième  pour  roi  dès  le  régne  de  Charles  le  Gras ,  quelle 
année  de  fbn  régne  ;  ce  qui  s’accorde  parfaitement  :  nécdlitc  y  avoit-il  de  l’élire  ?  Il  paroît  d’ailleurs  par 
W*rttn. ttL  car  nous  frayons  par  une  de fes  chartes  I  qu’il  par-  un  monument  de  la  fin  de  l’an  889. p  que  Louis  P Con(il  lbi 

"d.ATKM,ftu  s  ^  r  .....  r  ,  ,  •  ,  •  r  r  1  P.4ZJ. 

17. 119.  vint  a  cette  v  1 1  r .  année  :  il  vivoit  par  confcquent  n  ctoit  pas  alors  reconnu  pour  roi.  Enfin  les  peres 

encore  au  mois  d’Oétobre  de  l’an  du  concile  de  Valence  le  fbnt  voir  eux-mêmes ,  en 

XVII.  Comme  il  paroît  par  cette  charte  que  Bofbn  difânt  dans  le  préambule  de  1 ’aâc  d’ élection ,  Que 
croit  alors  maître  de  Vienne ,  Sc  qu  Ermengardc  fa  depuis  la  mort  de  Charles  le  Gros  ils  étoient  demett - 
femme  étoit  avec  lui,  cela  aura  donné  lieu  dccroire  rez.  fans  roi  (3  fans  prince  :  ce  qui  prouve  en  meme 
fans  doute  que  cette  princcflc  lui  avoit  été  rendue,  tems  qu’ils  avoient  reconnu  cet  empereur  pour  leur 
&  qu’il  étoit  rentre  dans  la  poflcilion  de  cette  ville  fouverain  &  leur  fèigneur  immédiat, 
en  vertu  d’un  traité  de  paix  fait  avec  Charles  le  CesprcIatsajoûtenr,qu’Arnoul,quirégnoitaIors 
Gras  :  mais  nous  ne  connoiflbns  aucun  monument  dans  la  Germanie ,  &  qui  avoit  fuccedé  à  Charles 
où  il  (bit  parlé  de  ce  traité.  Il  eft  certain  d’ailleurs,  le  Gras  dans  ce  royaume,  fa vorifbit  beaucoup  Louis 
comme  on  l'a  déjà  vu ,  que  Charles  étoit  recon-  fils  de  Bofbn  :  mais  quand  Arnoui  auroit  reconnu 
nu  pour  fouverain  de  Vienne  au  mois  de  Mai  de  Louis  pour  roi  de  Provence,  Sc  lui  auroit  donné 
l’an  887.  Sc  nous  fçavons  que  la  ville  de  Lyon,  même  ce  royaume,  il  n’avoit  aucun  droit  de  le  faire 
capitale  du  royaume  de  Provence ,  étoit  au  poil-  au  préjudice  de  Charles  le  Simple  fils  de  Louis  le 
h  V&.  u  voir  du  roi  Eudes  h  l’an  893*  Bcgue,  Sc  du  roi  Eudes  qui  régnoit  alors  en  France  : 

îîü’ %9i'  *'  XVm.  Pour  finir  ce  qui  regarde  la  personne  de  il  n’avoit  rien  a  prétendre  fur  le  royaume  de  Pro- 
*  H#.#*.  Bofbn  ,  nous  remarquerons 1  qu’un  de  nos  génea-  vcnce ,  qui ,  comme  on  l’a  déjà  vu ,  avoit  appartenu 

5  logiftes  fè  trompe  en  niant  que  ce  roi  eût  été  déjà  légitimement  à  Louis  le  Bcgue  Sc  à  fes  fiiccefleurs  ; 

marié  lorfqu’il  époufâ  la  princcflc*  Ermengardc  fille  il  ne  pouvoir  donc  en  di(j>o(èr. 
de  l’empereur  Louis  II.  fous  prétexte  que  le  comte  XXI.  On  pourrait  objcclcr ,  que  foivant  un  hi- 
Bofon  ,  mari  d’Ingcltrudc  ,  eft  different  de  notre  ftorien  1  moderne ,  Eudes  après  avoir  etc  élu ,  fit  <\D*niei,h\jU 

Bofbn  :  mais  il  eft  certain  que  ce  dernier  époufâ  ajfurcr  le  roi  de  Germante  cjHilrenonçoit  à  toute  pré -  l' 1 1 

Ermengardc  en  fécondes  noces  ,  après  avoir  em-  tention  fur  toutes  les  parties  de  fes  états ,  (3  en  par - 
poifonné  fâ  première  femme  ;  c’eft  de  quoi  les  an-  t  leu  lier fur  ce  qu  il  pofjedoit  du  royaume  de  Lorraine , 


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*Witichitul, 
+nnAl.  /#.  u 

f9 

**7- 


516  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 

&  conclure  de-là  quEudes  renonça  à  fes  droits,  en  qu’ils  eurent  acquis  des  comtes  de  Touloufe  le  do- 
faveur  d’ Arnoul ,  lur  le  royaume  de  Provence ,  qui  maine  utile  d’une  partie  des  pays  qui  font  fituez  à 
faifoit  partie  du  royaume  de  l’empereur  Lothaire.  la  droite  de  ce  fleuve.  A  cela  on  doit  ajouter  que 
Mais  ce  fait  eft  avancé  (ans  preuve  >  &  les  annales  leVivarais&  l’Ufege  ne  firent t  plus  partie  du  royau-  f  Vt  Kor, 
de  Fulde  que  l’hiftorien  cite  en  marge ,  n’en  difent  me  de  Provence  après  la  mort  de  Louis  l’Aveugle ,  xv% 
rien.  Il  eft  vrai-que  fuivant  les  memes  annales  ,Eu-  fils  de  Bofon  >  &  que  les  rois  de  France  réunirent 
des  fit  prierAmoul  de  confentir  à  fon  éle&ion:  con-  alors  à  la  couronne  ces  deux  pays ,  où  ils  furent  re- 
fèntcment  dont  il  avoitbefoin  pour  fefoûtenircon-  connus,  foit  parles  comtes  de  Touloufe  qui  en 
tre  Charles  le  Simple,  (ùccefleur  légitime  de  la  cou-  demeurèrent  les  maîtres ,  foit  par  les  prélats  &  les 
tonne  *,  &qu’Amoul  lui  accorda  (a  demande  :  mais  feigneurs.  Or  comme  ces  deux  pays  s’étendoient 
il  n’eft  parlé  d’aucune  ceffion  du  royaume  de  Lorrai-  julqu’au  Rhône ,  c’cft  une  preuve  que  nos  rois  ont 
ne .  Au  contraire ,  fuivant  un  ancien  hiftorien  Aile-  exercé  leur  fouveraineté  fur  ce  fleuve ,  malgré  l’u- 
mand*>Eudes  offrit  véritablement  au  toi  Amoulfon  fiirpation  d’Hugues ,  qui  après  la  mort  de  Louis 
feeptre  &  (à  couronne  *,  mais  il  régna  du  confente-  l’Aveugle  ,  s’empara  de  la  Provence  &  la  céda  en- 
ment  de  ce  prince  fur  toute  l’étendue  du  royaume  fuite  aux  rois  de  Bourgogne ,  d’où  elle  pafla  aux 
de  France.  Huk  (  jfrnulfo  )  O  do  tùadem a  (j  fie-  empereurs  d’Allemagne. 
ftrum  cetera  regalta  ornamenta  obtnht ,  tmpe-  ___________________ 

rtunujue  Domini  fui  gratta  imper atoris  obtinuu ,  un- 
de  ufifue  hodie  certamen  eft  de  regno  Carolorum  ftirpi 
&  fofteris  Odonis  ,  concertant)  ejuotjue  regibus  Ca¬ 
rolorum  $  Orientalium  Francorum  super  regno 
Lothariï. 

XXD.  Mais  quand  meme  le  roi  Arnoul  auroit  etc 
en  droit  de  difpofèr  du  royaume  de  Provence  en 
faveur  de  Louis,  &  de  l’en  inveftir ,  il  fe  feroit  tou¬ 
jours  confcrvé  la  fûzeraineté  lur  ce  royaume  :  ainfi 


NOTE  IL 

Sur  Us  conciles  de  Port  &  d'Vrgcl, 
affemblez^  fous  faint  Theodard 
archevêque  de  Narbonne . 

Ous  n’avons  rien  à  ajoûter  au  jugement  que 
les  Bollandiftes  I 


1>  V.  Dut  h.  h» 

2  p.î%7.S90. 


«  a 

lu.  I9l» 


iftes  S ,  &  M.  Baluze  h  après  eux ,  g 

Charles  le  Simple  ayant  fuccedé  à  tous  fes  droits  ont  porté  de  la  vie  de  fiiint  Theodard  archevêque 
&  recueilli ,  memeduconfentement  bdes  rois  ou  de  Narbonne.  Nous  convenons  avec  ces  critiques 
empereurs  d’Allemagne ,  toute  fa  (uccellion  com-  que  cette  vie  a  été  écrite  dans  un  tems  fort  pofté- 
mc  plus  proche  héritier  de  Louis  fils  de  ce  prince,  il  rieur  à  celui  où  ce  prélat  a  vécu ,  &  quelle  eft  rem- 
s’enfuk  que  les  rois  de  France  fucccfleurs  de  Charles  plie  de  fables  8c  d’anachronifmes  :  nous  croyons  ce- 
doivent  être  regardez  comme  légitimes  fouverains  pendant  ,  avec  le  dernier  ,  que  le  fonds  en  a  été 
de  la  Provence  >  8c  que  les  empereurs  d’Allemagne,  tiré  d’une  vie  de  faint  Theodard  compofée  par  un 
focceflcurs  de  Louis  fils  de  Bolon ,  n’ont  pu  tout  au  auteur  contemporain  •,  ce  qui  a  fait  que  nous  avons 

plus  pofleder  ce  royaume  ,  de  meme  que  toute  adopté  tout  ce  que  nous  avons  cru  pouvoir  s’accor- 
la  Lorraine ,  que  comme  leurs  vaffàux.  D’ailleurs  der  avec  les  monumens  du  tems. 
nous  avons  déjà  vu  que  même  du  vivant  d’ Arnoul,  Sur  ce  principe  nous  avons  entièrement  rejetté 

&  poftcricurcment  a  la  prétendue  cellion  qu’on  Phiftoire  ae  la  difpute  de  faint  Theodard  avec  les 
foùtient  que  le  roi  Eudes  lui  fit  d’une  partie  du  Juifs  de  Touloufe,  quoiqu’il  puifle  peut-être  y  avoir 

royaume  de  Lorraine ,  ce  dernier  étoit  maître  de  quelque  chofe  de  vrai  :  mais  nous  avons  adopté , 
la  ville  de  Lyon  capitale  du  royaume c  de  Provence,  après  M.  Baluze,  Phiftoire  de  Fintrufion  de  Selva 
Les  rois  de  France  ne  confcntirent  donc  jamais  à  évêque  d’Urgel,  8c  d’Hermenmire  évêque  de  Gi- 
Pufurpation  de  Bofon  8c  de  fes  fucce(Ièurs,&  conter-  ronne  -,  parce  que  l’auteur  rapporte  des  circonftan- 
verent  toujours  leurs  prétentions  légitimes  fur  cette  ces  fi  particulières  de  cette  affaire ,  &  quelles  font 
portion  de  la  monarchie  qu’il  avoir  envahie.  Auffi  fi  liées  avec  les  faits  hiftoriques  du  tems,  8c  avec  des 
voyons-nous ,  1 ç.  que  Charles  le  Simple  fut  recon-  monumens  1  non  fufpcéts ,  qu’il  eft  difficile  que  le  ir.MmM 
d  v.Dmh.t*.  nu  d  en  9 1 1 .  pour  roi  de  Lorraine  par  Henri  l’Oi-  fonds  n’en  ait  étc  pris  dans  quelque  bonne  fourcc.  ,7°'  * 
fêleur  roi  de  Germanie ,  en  vertu  du  traité  qu’ils  Nous  avons  donc  cru ,  nonobftant  ce  qu’en  difent 
contra&crcnt  alors  enfêmble  fur  les  bords  du  Rhin,  les  Bollandiftes,  qu’il  Ce  tint  en  effet  un  concile 
quifervoitde  limites  à  leurs  états.  iv.  Que  le  roi  à  Port  fur  cette  affaire  ^  8c  que  faint  Theodard 
Raoul  fe  fit c  reconnoître  à  Vienne  Pan  9  3 1 .  par  y  afïifta  avec  les  autres  evêques  qui  font  nommez 
Louis  Conftantin  petit  fils  de  Bolon ,  lequel  reçut  dans  la  vie  de  ce  prélat ,  &  dont  un  fàuflàire  n’au- 
aufli  enfuite  dans  cette  ville ,  &  reconnut  pour  fou-  roit  fçû  deviner  les  noms  :  nous  fuivons  en  cela 
verain  le  roi  Louis  d’Outremer.  3  °.  Que  le  roi  Lo-  l’exemple  du  P.  Sirmond,  des  éditeurs  des  conciles, 
thairc  donna  en  dot  la  ville  de  Lyon  à  fà  feeur  en  &  de  M.  Baluze.  Nous  nous  écartons  cependant  en 
la  mariant  avec  Conrad  le  Salique  roi  de  la  Bour-  quelque  chofe  des  circonftances  que  ce  dernier  nous 
gogne  Transjurane.  4*.  Enfin  que  le  même  Lo-  a  données  decette  affaire, &  de  la  chronologie  qu’il 
thaire  reprit  la  ville  d’Aix  fur  l’empereur  Othon ,  8c  a  fùivie  *,  fur  quoi  nous  allons  donner  nos  raifons. 

qu’il  donna  la  Lorraine  en  bénéfice  à  ce  prince.  Que  * 0  Tl  ’:1  J  _  J  ~ 

il  les  dclbrdres  arrivez  dans  l’état  à  la  fin  de  la  fé¬ 
condé  race ,  &  au  commencement  de  la  troifiéme, 
ne  permirent  pas  à  nos  rois  de  rentrer  entière¬ 
ment  dans  tous  les  droits  qui  leur  étoient  acquis , 
fur  tout  l’ancien  royaume  de  Lothaire  >  8c  s’ils  fù- 


fin 


517-  & 


e  FUd.td  4a  n. 
9i l.  &  >4»* 


x  Il  paroit  qu’il  n’y  a  aucun  lieu  de  douter  que 
Selva,  faux  évêque  d’Urgel,  n’ait  voulu  ufurper 
fur  l’archevêque  de  Narbonne  l’autorité  métropo¬ 
litaine  dans  la  Marche  d’Efpagne  >  ce  que  M.  Baluze 
aobmis.  En  effet  Selva  ordonna  de  fon  autorité  un 
évêque  a  Gironne ,  &  il  fut  afïifté  dans  cette  con- 


rent  obligez  de  fouffrir  les  entreprifes  des  empe-  fécration  des  évêques  légitimes  de  Barcelone  & 
rcurs  d’Allemagne  qui  fe  prétenaoient  fouverains  d’Aufonne:  ceux-ci  reconnoiffoient  par  confcquent 
du  Dauphiné  8c  delà  Provence ,  ils  n’abandonne-  l’autorité  de  cet  intrus  au  préjudice  de  celle  de  Par- 
rent  jamais  leurs  droits.  Saint  Louis,  Philippe  le  chevêque  de  Narbonne,  à  qui  il  appartenoit  de 
Hardi  &  Philippe  le  Bel  les  renouvellerent  fur  ces  droit  de  (icrer  les  évêques  de  la  Marche  d’Efpagne. 
provinces ,  8c  en  particulier  fur  le  Rhône ,  depuis  On  voit  d’ailleurs  dans  divers  a&es  qui  nous  reftent 


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116.».  6.& 
117.  ».  U.  (y- 

fin- 

à  Daniel,  kijf, 
de  Fr.  10. 1.  f, 
***■&  ISS. 


«T.  Ffab  ad 

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Marin, .ioU. 

**/  ‘‘if  ',  t ».  I. 
P- UC. 

•  Ai 

*•  *!•  &  P . 


DE  LAN 

for  cette  affaire ,  entr  autres  dans  la  lettre  du  pape 
Ëtienne  ,  qu’il  s'agiflôic  entre  faint  Theodard  & 
Sclva,  outre  luforpacion  que  ce  dernier  avoir  faite 
de  l’évêchc  d’Urgel,  de  l’autorité  métropolitaine 
de  la  Marche  d  Eipagne  \  car  quoique  ces  monu- 
mens  (oient  foippofcz ,  il  paroit  cependant,  comme 
on  la  déjà  dit,  qu’ils  ont  été  fabriquez  (ur  de  véri¬ 
tables  ,  quon  a  interpolez ,  en  y  inférant  tout  ce 
qu’un  faux  zele  pour  les  droits  de  lcglifo métro¬ 
politaine  de  Narbonne  a  pu  infpircr  a  leurs  auteurs. 

2°.  Nous  avons  fixé  l'époque  du  concile  de  Port 
à  l’an  887.  quoique  M.  Baluze  la  mette  un  peu 
plus  tard.  Cet  auteur  Ce  fonde  fur  la  date  dîme 
charte  *  que  l’empereur  Charles  le  Gras  donna  en 
faveur  de  Theorarms  évêque  de  Giron  ne,  a  Pans  le 
premier  Novembre  ,  la  je  coude  aune  e  de  jon  régné 
dans  U  Gaule ,  in’iclon  6.  M.  Baluze  rapporte  la 
charte  au  mois  de  Novcmb.  de  l’an  887.  fuppofânt 

3 uc  cette  indiétion  avoit  commencé  depuis  le  x r. 

e  Septembre  précédent.  Or  comme  Sclva  n'or¬ 
donna  Hermenmire  ,  faux  évêque  de  Gironne  * 
qu’apres  la  mort  de  Thcorarius ,  il  s’enfuit  que  le 
Concile  de  Port  où  ccs  deux  intrus  furent  condam¬ 
nez  ,  eft  poftcricur  au  mois  de  Novembre  de  l’an 
8  8?.c  cft-la  le  raifonnemenr  que  faitM.Baluzc.Mais 
Tindiélion  de  la  charte  de  Charles  le  Gras  eft  fau¬ 
tive  ,  &  on  doit  lire  4.  ou  5 .  au  lieu  de  6.  Ce  prin¬ 
ce  n’étoit  pas  en  effet  à  Paris  au  mois  de  Novem¬ 
bre  de  l’an  8  87. mais  au-delà  du  Rhin:  la  charte  ap¬ 
partient  donc  à  l’an  8  8  6.  &  il  étoit b  véritablement 
a  Paris  au  mois  de  Novembre  de  cette  année. 
D’ailleurs  la  charte  eft  datée  de  la  fécondé  année  du 
régne  de  Charles  dans  les  Gaules  j  c’eft-à-dirc  de¬ 
puis  la  mort  de  Carloman:  ce  qui  ne  peut  conve¬ 
nir  qu’à  l’année  8  S  6.  8c  non  à  la  foivantc. 

H.  On  peut  ajouter  que  Charles  le  Gras  n’alla  à 
Paris  en  886.  ou  en  887.  que  pour  faire  lever  le 
fiege  de  ccttc  ville  que  les  Normans  avoient  en¬ 
trepris.  Or  ce  fiege  fut  levé  au  mois  de  Novem¬ 
bre  de  l’an  886.  ce  qu’il  eft  aifo  de  prouver  en 
fixant  la  véritable  époque  de  ce  fiege  ,  for  laquelle 
la  plupart  de  nos  modernes  ont  fort  varié.  Les  unsc 

I détendent  qu’il  dura  deux  ans  de  fuite, &  qucChar- 
es  le  Gras  marcha  deux  diverfos  fois  pour  le  faire  le¬ 
ver, fçavoir  en  8  8  6.8c  au  mois  de  Novembre  de  l’an 
887.  Les  autres  d,  quoique  perfuadez  for  l'autorité 
d’Abbon  ,  que  ce  licge  ne  dura  qu’un  an ,  c’cft-i- 
dire  d’un  mois  de  Novembre  à  l’autre ,  font  incer¬ 
tains  de  (on  époque  :  ils  en  mettent  le  commen¬ 
cement  en  885.  ou  en  886.  8c  ne  parlent  ce¬ 
pendant  que  d’un  foui  voyage  de  Charles  le  Gras 
dans  ccttc  ville  à  cette  occalion.  Il  eft  certain  en  effet 
que  ce  prince  ne  marcha  qu’une  fois  au  lecours  de 
Paris ,  for  la  fin  du  fiege ,  qu’il  fit  lever. 

Nous  apprenons  d’abord  de  diverfos  chartes 
que  Charles  le  Gras  fur  aux  environs  de  Paris  de¬ 
puis  le  1 5 .  d’Oélobrc c  jufoju  au  1 8.  de  Décembre 
de  l’an  8  8  6.  au  lieu  que  nous  n’avons  aucun  mo¬ 
nument  qui  prouve  qu’il  y  ait  été  en  887.  U  eft  vrai 
que  le  P.MabilIonf  fait  mention  d’une  charte  de  ce 
prince,  datée  de  Paris  le  1 8.  de  Décembre  l’an  887- 
&  donnée  en  faveur  de lcçlifê  de  Nevcrs  :  mais 
cette  charte  eft  certainement  de  l’an  886.  car  outre 
que  le  1 S.Dcccmb.  de  l’an  887-  Charles  ne  regnoit 
plus ,  &  qu’il  étoit  alors  au-delà  du  Rhin ,  l’indi- 
xftion ,  les  années  de  l’empire  de  ce  prince,  8c  de  (on 
régne  en  Italie ,  en  France  &  dans  les  Gaules ,  mar¬ 
quées  dans  la  date, conviennent  avec  l’an  8  86.  il  y  a 
faute  nar  confëqucnt  dans  l’anncc  de  l’Incarnation. 
En  (econd  lieu  >  il  eft  marqué  dans  une  ancienne 


G  U  E  D  O  C.  jiÿ 

chronique  8  que  les  Normans  abandonnèrent  Je  g  b.  h.u.  ». 
fiege  de  Paris  le  }  o.  Nov.de  l’an  886.  &  qu’ils  le 
rctucient  alorsà  Sens  :  or  ce  licge  n’ayant  duré  qu’un  v.  ■»</ 
an  fuivant  Abbon ,  il  doit  avoir  commencé  par  con-  "*•  ' 8  6 
lcquent  au  mois  de  Novembre  de  1  an  8  8  5  .oc  Char-  n.  10. 
les  le  Gras  ne  peut  ^voir  marché  à  fon  lecours  en 

887.  .  ...  v 

Enfin  ce  prince  foc  depofo  à  la  fâint  Martin  de 
cette  même  année,  8c  il  la  palla  prcfque  toute  en¬ 
tière  aux  environs  du  Rhin.  Il  eft  prouvé  *  en  effet  h  Ver.  annal. 
par  les  chartes  &  par  les  hiftoriens,  qu’il  étoit  à  *P*d 
Willingcn  en  Allemagne  au  mois  de  Mai  de  l’an  / larten  co’J. 
887*qu’au  mois  de  Juin  fuivant  il  rciidoit  au  palais 
de  Kircheim  en  Allàce ,  qu'il  palla  enfuire  le  Rhin,  t».  r. 

&  qu’il  demeura  tout  lereftede  l’année  jutqu  a  (â 
depolition,  au-delà-  de  cefieuve.il  ne  vint  donc  pas  n$77. 
à  Pai  is  en  887. 

UI.  Après  avoir  fixé  la  durée  du  fameux  fiege  de 
Paris  par  les  Normans ,  lequel  commença  au  mois 
de  Novembre  de  l’an  885.  &  dura  jufqu’au  même 
mois  de  l’année  foivante ,  il  eft  aile  de  relever  quel¬ 
ques  meprifos  de  nos  hiftoriens.  1  °.  La  mort  de 
Gozlin,  évêque  de  Paris,  qui  décéda  au  mois  de 
Mai  pendant  ce  fiege,  arriva  en  886.  &  non  en 
887*  comme  l’a  avancé  le  P.  du  Bois. 1  iv.  L’abbc  ‘^ifi-raiPa: 
Hugues ,  qui  finit  aulli  Ccs  jours  pendant  ce  fiege ,  r >  °6* 
mourut  en  886.  8c  non  en  887.  3°.  Charles  le 
Gras  qui  alla  au  fecoursde  Paris  durant  ce  fiege  > 
arriva  au  plûtard  aux  enviions  de  cette  ville  au  mois 
d’Oélobre  de  l’an  886.  &  non  pas  feulement  au 
mois  de  Novembre  comme  l’avance  le  P.  Daniel  k;  k  Dan- 
puilqu’il  y  donna  une  charte  le  1 8.  du  même  mois  h%ss' 
d'Oâobre. 

IV.  Charles  le  Gras  n  étant  donc  pas  à  Paris ,  ou 
aux  environs  au  mois  de  Novembre  de  l’an  887.  il 
n’y  peur  avoir  donné  une  charte  en  faveur  dcTheo- 
rarius  évêque  de  Gironne*,  &  ce  diplôme  appartient 
à  l’an  8  8  6.  Le  fiege  cpifoopal  de  cette  ville  pouvoir 
être  vacant  par  conftquent  en  887.  &  même  à 
la  fin  de  l’annce  précédente  *,  enforte  que  Sclva 
peut  avoir  ordonné  un  évêque  à  Gironne  peu  de 
temps  après ,  &  avoir  été  depofe  avec  lui  au  con¬ 
cile  de  Port  le  17.  de  Novembre  de  l’an  8  87.  Ce 
même  diplôme  fait  voir  qu’on  ne  peut  anticiper  la 
tenue  de  ce  concile,  &  le  rapporter  à  l’an  886. 
comme  l’ont  crû  les  PP.  Sirmond 1 8c  Labbc.  On  ne  *  cw.  /*.  $  ; 
peut  non  plus  la  différer  jufqu’au  régne  du  roi  Eu-  39 
des ,  comme  l’a  prétendu  m  M.  Baluze ,  trompé  par 
les  faux  aétes  du  même  concile, qui  font  mention  de  P 
ce  prince ,  nuis  qui  ne  (ont  d’aucune  autorité.  En 
effet ,  M.  Baluze  D  convient  queServus-Dei  évêque  n 
légitime  de  Gironne  étoit  pailiblcpoftèflcur  de  cet  ^ 
cvcché  dès  la  fin  de  l’an  8  8  8.  ce  qui  eft  prouvé  par 
des  chartes.  Il  faut  donc  que  le  concile  d’Urgel,  qui 
condamna  Ermenmire  compétiteur  de  Servus-Dei , 
fout  antérieur.  Or  ce  concile  d’Urgel  cftpoftcrieur  à 
celui  de  Port. 

V.  Ceci  prouve  que  l’épitaphe  du  même  Scrvus- 

Dci  rapportée  Q  par  M.  Baluze,  eft  fautive  :  il  y  eft  0  ^.p.i-iu 
marqué  que  ce  prélat  mourut  le  1 8. du  mois  d’Août 
de  l’an  9 06.  étant  alors  dans  la  xv.  année  de  fon 
epifeopat.  Or  nous  venons  de  voir  qu’il  étoit -déjà 
évêque  de  Gironne  des  la  fin  de  l’an  8  8  8.  &  il  eft 
certain  qu’il  avoit  été  élu  canoniquement  P  immé-  TM  atteinte. 
diaremenr  après  la  mort  de  Thcorarius.  ,0‘ l'*' 

VI.  M.  Baluze  4  admet  un  concile  tenu  à  Fon-  9  Bal • h 
taincs  dans  le  Rouïïillon  ,  avant  ceux  de  Port  &  3  6  ’ 
d’Urgel,  touchant  l’affaire  de  Sclva  &  d’Hermcn- 

mirc  :  mais  comme  il  avoue r  en  même  tems  que  les  1  lbii * 3  6 
aélesdc  ce  concile  font  entièrement  foppofez,  nous 


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5l8  NOTES  SUR.  L’HISTOUE 

n’avons  pas  cru  devoir  en  faire  aucune  mention  *,  vantles  aûes  du  concile  de  Port,  c’étoit  Eloi  qui 
d’autant  plus  qu’il  paroît  que  les  deux  autres  conci-  étoit  évêque  d’Albi  en  Novembre  8  87.  &  non  pas 
des  fuffuent  pour  terminer  entièrement  cette  grande  Flotard  j  &  Adolene  lui  avoit  fuccedé  en  89 1  .Tou- 

tes  ces  raifons  ne  nous  permettent  pas  de  douter 
_ _  de  lentiete  fuppofition  des  aûes  de  cette  tranlla- 


NOTE  III. 

Sur  la  tranflation  des  reliques  de  faint 
Antonin  de  Pamiers. 

Nicolas  Berrrandi ,  après  avoir  donné  dans  (on 
livre  desgejies  desTouloujams ,  les  aéles  apo- 


NOTE  IV. 

Epoque  de  la  paix  entre  les  rois  Eudes 
&  Charles  le  Simple , 


t'tertréndi  cty?^ïcs  de  faint  Antonin  martyr  de  Pamiers ,  rap-  T  E  pape  Etienne  VI.dans  une  réponfe  qu'iP  fit  à  f  FM- 
foi.  xxu.  &  porte  *  une  allez  longue  hiftoire  de  la  tranflation  JL/  une  lettre  que  Foulques  archevêque  de  Rheims 
J‘ïl-  des  reliques  de  ce  faint,  de  l’ancienne  églifc  de  Fre-  lui  avoit  écrite ,  invite  ce  prélat  à  fc  trouver  au  con- 
h  c^ans  ^  nouvelle.  C’eft  lins  doute  cette  me-  cile  Romain  qui  devôit  fe  tenir  au  mois  de  Septcm- 

f .  6zi?&'  hiftoire  que  Catel  bdir  avoir  vue  dans  la  biblio-  bre  de  l’indiûion  1 5 .  Nous  fixons  par  la  l’époque 
«  j  3 .  -theque  des  Dominicains  de  Touloufc ,  &  dans  le  de  la  paix  oui  fut  faite  entre  les  rois  Eudes  &  Char- 

fanUoral  de  Bernard  Guidonis ,  dont  il  rapporte  les  le  Simple.  Foulques  avoit  écrit  en  effet  peu  de 
l'abrégé.  Bertrandi&  Catel  conviennent  en  effet  tems  auparavant  à  Etienne  >  que  ces  deux  princes  ve- 
pour  la  date  de  cette  tranflation  ,  qui  fut  faite ,  di-  noient  ae  conclure  la  paix  Par  le  partage  de  tout  le 
lent-ils,  en  8  87.  «*  par  le  commandement  de  Rouer  royaume.Or  la  lettre  de  Foulques  a  Etienne  ne  fcau- 


•*  comte  de  Carcaflônne  le  1 5.  avant  les  kalendcs  roit  être  antérieure  à  Pâques  de  l’an  896.  puilque 
"de  Juin  ,  félon  Catel ,  ou  de  Juillet  félon  Ber-  Formofe ,  prédéceflèur  immédiat  de  ce  pape,  mou- 
•  rrandi ,  (bus  le  régne  du  jeune  roi  Charles ,  (Ka-  rut*  alors  feulement,  &  quErienne  nefiitélûquc  •**&**. 
9  rolo  minore  Franc  or  um  rege  régnante ,  )  &  en  pré-  quelque  tems  après. 

"  fcnee  deTheodard  archevêque  de  Narbonne  -,  &  D’un  autrecotc  la  réponfe  de  ce  dernier  doit  être 
*>  des  évêques ,  Arnoul  de  Carcaflônne ,  Raymond  environ  du  mois  de  Juillet  de  l’an  8  96.  afin  que 
•*de  Touloufc ,  Roger  de  Conferans  >  Fulcrand  de  Foulques  eût  le  tems  de  faire  le  voyage  de  Rome , 

"Rodez  félon  Catel,  ou  FrotardfuivantBcrtrandi,  pour  fe  trouver  au  concile  qui  devoit  s’y  tenir  au 
M  Fulcrand  de  Lodeve,&Geraud  de  Cahots  :  »  Ca-  mois  de  Septembre.  La  paix  encre  les  deux  rois  fc 
tel  ajoute  Flotard  d’Albi.  fit  donc  vers  le  mois  de  Mai  ou  de  Juin  de  l’an 

U  ne  date  fi  circonft  ancice  a  fait  croire  fans  doute  896. 
aux  anciens  &  aux  nouveaux  éditeurs  du  Gœllia  Ileft  certain  en  effet  quel’indiftion  i^.com- 
Chnjhana ,  qu’elle  étoit  autentique ,  &  qu’on  pou-  mencée  le  premier  jour  de  Septembre  de  l’an  896. 
voit  s’en  finir  pour  fixer  les  années  de  lcpifcopat  de  eft  la  feule  de  ce  nombre  qui  ait  couru  pendant  le 
tous  ces  évêques.  C’eft  aufli  (ans  doute  par  la  même  pontificat  d’Etienne  VL  lequel  ne  fiegea  pas  une  an- 
taifon  que  les  Bollandiftes ,  qui  avouent  que  les  née  entière ,  6c  qui  décéda  le  premier  jour  d’ Avril, 
aéles  de  cette  tranflation  font  fautifs,  en  reconnoifi  comme  le  P.  Mabillon  h  l’a  prouve.  Le  P.  Pagi 1  a  k  aaao, 
fent  cependant  le  fonds  pour  véritable  :  mais  il  eft  démontré  d’un  autre  coté ,  qu’il  n’etoit  plus  envie  i 
évident  que  cette  date  a  été  fabriquée  de  même  au  mois  d’O&obrede  l’an  897*  en  fai (ant  voir  que 
que  i’hiftoire  de  la  tranflation.  les  deux  épîtres  du  pape  Romain  fon  fucceflcur, 

x  °. Charles,  dont  le  régne  y  eft  marqué,  ne  peut  pour  les  églifes  dTlne  &  de  Gironne ,  que  M.  Ba- 
être  mie  l’empereur  Charles  le  Gras  ouïe  roi  Cliar-  luze  k  &  le  P.  Mabillon  après  lui ,  ont  rapportées 


cCdteliUS'f' 

«si* 


que  i’hiftôire  de  la  tranflation. 

x 0 .Charles,  dont  le  régne  y  eft  marqué,  ne  peut 
être  que  l'empereur  Charles  le  Gras  ouïe  roi  Cliar- 
Ics  le  iïmple.Or  ccrte  date  ne  convient  ni  alun  ni  à 
l’autre  de  ccs  deux  princes  :  elle  ne  convient  point 
au  premier  ,  comme  l’avoue  Catel  c  ;  pui (qu’il 
eft  (ans  exemple  qu’on  lui  ait  donné  le  nom  de 
Carolus  mtnor .  D’ailleurs  on  atiroit  exprimé  fa  qua¬ 
lité  d’empereur  qu’il  avoit  alors.  Pour  ce  qui  eft  de 
Charles  le  Simple ,  il  eft  certain  qu’il  ne  régna  en 
France  que  depuis  l’an  8  95  -  &  dans  les  provinces 
fi  tuées  â  la  gauche  de  la  Loire ,  qu’apres  la  mort 
d’Eudes ,  &  depuis  l’an  898. 

x  0 .  Nous  ne  connoiflons  aucun  Roger  comte  de 
Carcaflônne  avant  le  X.fieclc. 


NOTE  V. 

Sur  Louis  i  Aveugle,  roi  de  Provence 
&  empereur . 

LT  E  concile  de  Valence  qui  fut  tenu  en  8  90*  & 
JL/  dans  lequel  Louis  fils  de  Bofon  fut  élu  roi  de 
Provence ,  nous  donne  l’époque  certaine  ducom- 


luze  k  &  le  P.  Mabillon  après  lui ,  ont  rapportées 
à  l’an  900.  appartiennent  certainement  à  cette  &fw  . 
époque. 


3  °.  Si  on  excepte  Thcodard  archevêque  de  Nar-  mencement  du  régne  de  ce  prince  ,  dont  les  états 
bonne  ,  qui  vivoit  véritablement  l’an  887.  nous  comprenoient  une  partie  du  Languedoc.  Nous 
n’avons  aucune  preuve  que  les  autres  prélats  qu’on  fijavons  d’ailleurs  qu’il  fut  couronné  au  commen- 
pretend  avoir  aflîftc  à  cette  tranflation ,  occupaient  cernent  de  l’an  8  90* 1  ce  qui  fixe  â  peu  près  le  tems  ^ 
alors  les  fiches  qu’on  leur  donne  :  nous  avons  mê-  précis  où  ce  concile  fut  aflèmblé. 
me  des  preuves  du  contraire  à  l’égard  de  quelques-  Louis  fut  enfuite  appelle  en  Italie ,  où  il  fe  fit  re- 
uns.  Nous  (çavons  en  effet  que  Willerand  étoit  connoître  roi  de  Lombardie ,  &  fut  couronné  em- 
<3  v.kote  alors d  évêque  de  Carcaflônne  ,  &  qu’il  ailîfta  en  pereur -,  ce  qui  lui  donna  occafion  de  changer  la 
xni  *.  i-  887.  au  concile  de  Port  avec  fon  métropolitain ,  &  date  des  années  de  (on  régne  :  mais  les  hiftoriens  ne 
non  pas  le  prétendu  Arnoul.  Bernard  ou  Bernon  font  pas  d’accord  fur  ces  deux  dernieres  époques,  & 
c  c  iü  chriji .  croit  alors c  évêque  de  Touloule  ,  de  même  qu’en  moins  encore  fur  la  durée  de  fon  empire ,  &  fur  le 
890.  &  non  pas  Raymond.  Fulcrand  évêque  de  Lo-  nombre  des  années  de  (a  vie. 
deve  ne  fut  clù  qu’au  milieu  du  X.  iiecle.  Enfin  fui-  Reginon  m  auteur  contemporain^  fait  entrer  en 

Italie  jt\% 


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fl  Lmtpr.lt 


t  Péntg.  it 
Laad.Btreag. 
-**• 


t  %Angf  hifi% 
gtnenl.to.  1.  f. 
4o.  &fcq. 
d  V.  P  agi  4 J 

h. 

U- 


t  Sig.  44  nk. 

f- 


******  ». 


DE  LANGUEDOC. 


Italie  en  8  9  6.  appelle  par  les  Lombards  contre  Be- 
renger ,  apres  la  mort  de  l'empereur  Lambert.  Il 
rapporte  tous  l’an  898.  fon  couronnement  2  Rome 
comme  empereur*,  &  il  dit  fous  l’an  904*  qu'il  fut 
pris  par  Berenger  fon  compétiteur  qui  lui  nt  arra¬ 
cher  les  yeux. 

.  Luitprand 1  diacre  de  Pavie,  dans  fon  hiftoire  des 
Lombards,  rapporte  les  mêmes  (kits  ,  mais  (ans  en 
fixer  l'époque  :  il  donne  feulement  à  entendre  que 
Louis  entra  deux  fois  en  Italie  ;  la  première  y 
étant  appellé ,  après  la  mort  de  l'empereur  Lambert, 
par  Adalbert  marquis  d’Yvrée  >  ôc  la  féconde  par  le 
marquis  de  Tofcane ,  de  même  nom.  Il  ne  rap¬ 
porte  point  qu'il  ait  été  couronné  empereur  *,  il  fc 
contente  de  dire  ,  qu  ayant  été  pris  à  Verone  par 
Berenger ,  celui-ci  lui  fit  crever  les  yeux. 

Enfin  un  troifiéme  auteur  contemporain  bfemble 
fixer  l’époque  des  années  de  l’empire  de  Louis  dans 
ces  vers  du  commencement  de  fon  quatrième  livre  : 

Quart  a  igitur  latio  vtx  dum  deferbuit  a  fi  as , 

Hoc  r Ationc  tterum  folito  fublata  veneno 

Bell  h  a ,  Tirrhenis  fundens  fera  JibiU  ab  oris 

Sollicitai  Rhodani  gentem ,  &c. 

Mais  comme  cette  époque  n’eft  pas  exprimée  bien 
clairement  dans  ces  vers, les  critiques  modernes  l’ex¬ 
pliquent  chacun  félon  fes  idées  \  ce  que  nous  exa¬ 
minerons  dans  la  fuite. 

Il  n'y  a  donc  que  l'autorité  de  Reginon  qui  puifle 
fixer  les  époques  dons  nous  parlons  \  fi  qualité 
d’auteur  contemporain  a  engagé  quelques  moder¬ 
nes  c  à  le  fuivre  entièrement  :  mais  comme  il  fe 
trouve  contredit  par  divers  monumens  du  rems, 
&  que  d’ailleurs  fa  chronologie  eft  fort  confùfe  d,  il 
a  été  abandonne  d’un  autre  côté  parles  plus  habiles 
critiques ,  qui  fe  font  partagez  cependant  fur  l’c- 
poque  de  la  première  &  de  la  fécondé  entrée  de 
Louis  en  Italie ,  fur  celle  où  il  reçut  la  couronne 
impériale  à  Rome  \  &  enfin  fur  celle  où  Berenger 
lui  fit  crever  les  yeux ,  qui  eft  la  fin  de  fon  régne 
en  Italie. 

Sigonius c  prétend,  i°.Que  l’empereur  Lambert 
étant  encore  en  vie  au  commencement  du  mois 
d’Oâobre  de  l’an  898*  la  première  entrée  de  Louis 
en  Italie ,  ne  peut  être  fixée  qu'a  l’année  fuivante. 
Louis  ne  fut  en  effet  appellé  au-delà  des  Alpes, 
fiiivant  Reginon  &  la  fuite  de  l’hiftoire,  qu’apres  la 
mort  de  cet  empereur.  x°.  Que  Berenger  obligea 
Louis,  avant  la  fin  de  l’an  899.  à  quitter  l’Italie  après 
lui  avoir  fait  promettre ,  comme  le  rapporte  Luit¬ 
prand  ,  de  n’y  plus  rentrer.  $°.  Qii'apiès  la  mort 
de  l’empereur  Amolli,  arrivée  à  la  fin  de  Novembre 
de  l’an  899.  Louis  fur  rappellé  en  Italie  l’année  fui- 
vante  par  Adalbert  marquis  de  Luqucs  &  de  Tof¬ 
cane,  qui  s’étoit  brouillé  avec  Berenger.  40.  Que 
Louis  s'empara  du  royaume  de  Lombardie  durant 
la  même  année  900.  ôc  avant  le  mois  d'Odobre , 
&  qu’il  fut  couronné  empereur  à  Rome  l'année  fui¬ 
vante  90 1 .  5  °.  Qu'il  fut  pris  8c  aveuglé  par  Beren¬ 
ger  en  902.  &  que  cette  dernière  année  eft  l’épo¬ 
que  de  la  fin  de  fon  régne  en  Italie.  Telle  eft  la 
chronologie  que  Sigonius  a  fuivie,  laquelle  paroît 
jufte  &  cxaCte ,  quoiqu’il  ait  été  abandonné  par 
tous  les  hiftoriens  Ôc  les  critiques  poftérieurs. 

Adrien  de  Valois  a  fui vi  un  aun  e  fyftème  dans  fes 
notes f  fiu*  le  panégyrique  de  l’empereur  Berenger 
qu'il  a  donné  le  premier.  Il  ne  fait  entrer  Louis  en 
Italie  pour  la  première  fois  que  l’an  90 1 .  ou  l’année 
filivante ,  quatre  ans  après  la  mort  de  Lambert  qu’il 
fait  décéder  en  8  97.  Il  donne  enfuite  à  Louis  crois 
T  omc  JJ. 


années  confêcutives  de  régne  en  Italie ,  d’où  il  ne  1e 
fait  fortir,  après  qu’on  lui  eut  crevé  les  yeux,  quc 
l’an  904.  ou  l’année  fuivante.  Le  fyftème  de  ce  cri¬ 
tique  a  été  fùivi  par  le  P.  Pappebrock  S. 

Le  P.Petau  b  ne  prie  point  ae  l'époque  de  l’entrcc 
de  Louis  en  Italie,  &  ne  diftingue  point  la  première 
de  la  féconde  :  il  le  fait  feulement  couronner  em¬ 
pereur  en  Italie  l'an  90 1 .  &  fortir  d’Italie  l’an  904* 
après  avoir  été  dépouillé  de  l’empire. 

Le  P.  Pagi  *  ayant  rapporté  la  mort  de  l’empe¬ 
reur  Lambert  à  l’an  898.  &  après  le  mois  d’Aoùt 
de  cette  année,  fait  entrer  Louis  en  Italie  pour  la 

fremiere  fois  l’annce  fuivante ,  Ôc  pour  la  féconde 
an  900.  Il  prétend  qu’il  fut  couronné  erapereur.à 
Rome  après  le  premier  de  Juillet  de  cette  dernicre 
année.  Il  dir  enuiite  qu’il  s’empara  de  Verone ,  qu’il 
fut  aveuglé  l'an  90  2.  &  qu’il  ce/la  defiors  de  régner 
en  Italie*,  mais  qu’on  continuoit  cependant  de  com- 

i>ter  à  Rome  pendant  les  deux  années  fùivantes  par 
es  années  de  fon  empire. 

Le  P.Mabillon  k  fuit  la  chronologiede  Reginon, 
&  fait  entrer  Louis  en  Italie  pour  la  première  fois  en 
896-  après  la  mort  de  l’empereur  Lambcrr ,  &  en 
900.  pour  la  féconde.  Il  le  fait  couronner  empereur 
l’an  901.  &  rapporte  la  date  d’un  diplôme  de  ce 

f>rince  donné  a  Vienne  au  mois  de  Novembre  de 
an  902.  ce  qui  fait  voir  qu’il  avoir  alors  repaffélcs 
Alpes  i  mais  il  le  fait  encore  retourner  en  Italie  pour 
la  croificme  fois.  Il  ajoute  que  ce  fut  durant  ce  der¬ 
nier  voyage  &  peu  de  tems  après  qu’il  l’eut  entre¬ 
pris  ,  qu’on  lui  arracha  les  yeux  à  Verone. 

M.  de  Leibnitz ,  dans  fes  notes 1  fur  l’édition 
qu'il  a  donnée  du  panégyrique  de  l’empereur  Be¬ 
renger  ,  fait  voir  que  Lambert  ne  mourut  qu’en 
898.  mais  avant  le  mois  de  Novembre  de  cette  an¬ 
née.  Il  ajoute  que  Louis  fie  Ca  première  expédition 
en  Italie  en  899-  qu’il  couronné  empereur  en 
90 1 .  &  qu’on  lui  fit  crever  les  yeux  l’an  902.  avant 
le  7.  du  mois  d’Aout. 

Le  P.  Daniel  dans  fon  hiftoire  m  ne  fixe  aucune 
époque  en  particulier  ,  il  parle  en  général  d’une 
feule  expédition  de  Louis  en  Italie:  ilajoûte  cepen¬ 
dant  qu'il  rient  les  jeux  crevez,  que  quatre  ans  après 
qutl  eut  etc  couronne'  empereur  à  Rome  :  ainfi  fui- 
vant  fon  fyftème  cet  événement  ne  fera  arrivé  au 
plutôt  que  l’an  905.  Cethiftorien  dit  enfuite,  que 
Louis  mourut  apparemment  dans  le  fupplice ,  C”  qu'au 
moins  tl  ri  eft  plus  fait  mention  de  lui  dans  l' hiftoire  > 
ou  l'on  voit  quelque  tems  après  Charles  Conftantin 
fon  fils ,  feulement  Avec  la  qualité  de  feigneur  de 
Vienne ,  Hugues  fils  de  Tlnbaud  comte  J  Arles 
avec  le  titre  de  roi .  Ilajoûte  quelques  lignes  après  , 
par  une  erreur  qui  lui  eft  particulière ,  que  Berenger 
s’ étant  enfuite  rendu  maître  de  T  empire,  (3  ayant 
oblige  le  pape  'jean  IX.  à  le  couronner  empereur ,  eut 
un  concurrent,  qui  fut  Lambert  fils  de  Gui,  autrefois 
duc  de  Spolete ,  &c.  Mais  il  eft  certain  n  que  Lam¬ 
bert  étoit  déjà  mort  Tan  8 98.  &  que  Berenger  ne 
fut  couronné  empereur  que  le  jour  de  Pâques  de 
l’an  9 1 6 .  ainfi  ils  ne  peuvent  pas  s’être  difputez 
l’empire. 

Enfin  l’auteur  de  la  defeription  0  de  la  France 
paroît  admettre  un  fyftème  different  de  cous  ceux 
dont  nous  venons  de  parler.  Il  ne  fait  entreprendre 
le  premier  voyage  d’Italie  à  Louis  que  pour  y  aller 
recevoir  la  couronne  impériale  *,  il  ajoute  que  Be¬ 
renger  l’ayant  obligé  d’en  fortir  enfuite  ôc  de  lui 
promettre  de  n’y  plus  revenir  >  il  y  rentra  deux  ans 
après ,  &  qu’il  fut  pris  à  Verone  &  aveuglé. 

Dans  la  variété  &  la  contradiction  qui  fe  trouve 

Xxx 


temp.  U  I. 
U* 


iPagi  ai  ann. 
198.  >1.9. 
f<q,  *99-». 
&feq.  900. n. 

U*  & feejq.tr 
24.  902.  n. 


XMab.ai  an. 
f  96.j1.ii.90». 

n. 

U* 


l  Ltilnfcript. 
r*r.  Brmnfvm 
f.  U 


ffl  Daniel  hijt • 
u.  i. p.spi.ér 

f<i • 


fl  V.  Pagi  ai 
*nn.  9 1  $ •  >j •  | . 
Y  alef  & Lt,b. 
ünd. 


o  Defcr.de  la 
Fr.  part.  \.  p, 
il  S» 


t  ^ 


Î3«  NOTÉS  sur 

parmi  tousces  fameux  critiques  au  fujet  des  époques 
dont  nous  venons  de  parler ,  il  nous  paroit ,  après 
les  avoir  examinées  fur  l’autorité  des  anciens  hifto* 
riens  &  des  monumens  du  tems ,  que  la  chronolo¬ 
gie  de  Sigooius  eft  appuiée  fur  des  preuves  incon- 
teftablcs.  C'eft  ce  que  nous  allons  développer  d’une 
fnanietc  que  nous  croyons  (ans  réplique. 

fl.  U  eft  confiant  que  Louis  fils  deBofon  fut  ap- 
pellé  deux  fois  en  Italie ,  &  qu’il  paflà  deux  fois 
au-delà  des  Alpes.  L’autorité  de  Luitprand  auteur 
Contemporain  eft  là-def!ùs  fiprécife,  qu’on  ne  (çau- 
roit  s’empêcher  d’y  déferer.ll  eft  certain  encore  que 
ce  prince  ne  paflà  les  Alpes  pour  la  première  fois 
qu’après  la  mort  de  Lambert ,  ainfi  que  le  dit  Rcgi- 
non  autre  hiftoricn  du  tems.  On  ne  l’appclla  en 
effet  que  pour  l’oppofer  à  Bercnger  qui  vouloit 
s’emparer  du  trône  de  Lombardie  après  la  mort 
du  même  Lambert.  Or  ce  dernier  vivoit  encore  le 
ïi.dcMai&le  30.  de  Septembre  de  l’an  898.  ce 
1 M.  S**  qu’on  voit  par  deux  diplômes  *  de  ce  prince  ,  l’un 
^avcnne  >  &  Tautre  d’un  lieu  appellé Ma- 
rinco.  On  voit  d’un  autre  côté  que  Berenger  étoic 
maître  de  Pavie  >  capirale  du  royaume  de  Lombar¬ 
die  ,  au  mois  de  Novembre  de  la  même  année ,  cc 
b  Liitm.fad.  qui  fait  conjeéhirer  àM.de  Leibnitz  b  que  Lambert 
mourut  peu  de  tems  auparavant  -,  ainii  ce  dernier 
fera  dccédc  vers  le  mois  d’Oâobre  de  l’an  8  9  8*  En 
effet  après  ce  tems-là  il  n’eft  plus  fait  mention  de 
lui  dans  Thiftoire ,  &  on  n’a  plus  aucun  de  fes  di¬ 
plômes.  Louis  n  entra  donc  en  Italie  pour  la  pre¬ 
mière  fois  qu’après  cette  époque  *,  &  comme  il  lui 
fallut  (ans  doute  quelque  tems  pour  (è  préparer  à 
cette  expédition  ,  &  conduire  dans  une  faifon  con¬ 
venable  fbn  armée  au-delà  des  Alpes ,  il  n’y  fera 
arrivé  que  vers  le  printemps  de  l’an  8  9  9*  Par  là  on 
re&ifie  la  chronologie  de  Reginon,  qui  fait  mourir 
l’empereur  Lambert  l’an  896.  Il  eft  certain  en  effet 
trt.:is*c •  ib.  par  un  autre  diplôme c  que  ce  dernier  ctoit  encore 
*••1*047*  cn  vie  au  mois  de  Mars  de  l’an  897* 
d  LnnprU.i*  Luitprand  d  aflùrc  que  Berenger  vint  au-devanc 
* io*  de  Louis  auflï-tôt  que  celui-ci  eut  pafle  les  Alpes, 
&  qu’il  l’obligea  à  repafler  ces  montagnes  après  lui 
avoir  fait  promettre  par  ferment  de  ne  plus  mettre 
le  pied  en  Italie.  Cette  expédition  de  Louis  fut  donc 
trè>-courte  ,  &  il  revint  (ans  doute  dans  les  Gaules 
pendant  l’été  de  l’an  899.  auffi  n’avons  nous  aucun 
de  fes  diplômes  donné  en  Italie  pendant  toute  cette 
année. 

HI.  Louis  fut  rappellé  Tannée  fuivante  au-delà 
des  Monts  par  Adalbert  marquis  de  Tofeane ,  qui 
s  ctoit  brouillé  avec  Berenger.  Cette  brouillcric  ar¬ 
riva  peu  de  tems  après  que  Louis  eut  quitte  la 
Lombardie,  comme  le  dit  Luitprand  :  Modica  tem- 
ports  tranfeurfa  intcrcapedine .  Louis  rentra  donc  en 
Italie  aü  plutard  au  printems  de  Tan  900.  Nous 
c  Sti'n.l.  6.  avons  du  moins  deux  *  de  (es  diplômes  datez  d’O- 
jonnç  &  plaifance  ail  mois  d’Oékobre  de  la  mê- 
iitifac.to.z.  me  année.  Il  eft  remarquable  que  Louis  date  ces  di- 
&/'<!■  ploies  de  U  première  année  de  fon  régne  en  Italie  ; 
ce  qui  prouve  i#.  Qu’il  for  reconnu  pour  roi  de 
Lombardie  *  mais  que  ce  ne  for  qu’après  le  mois 
d’O&obre  de  Tan  899-  *  Qu’il  ne  compta  les  an¬ 
nées  de  fon  régne  au-delà  des  Alpes  que  depuis  fa 
11  féconde  entrée  en  Italie.  3  0 .  Que  dans  ce  tems-là  il 

n’éroir  pas  encore  empereur.  Tout  ceci  eft  confir¬ 
mé  par  Luitprand ,  qui  dit  que  d’abord  après  cette 
féconde  entrée  de  Louis  en  Italie ,  Berenger  fon 
compétiteur  fé  renferma  dans  Vcrone  •,  nous  foa- 
f  tbid.  yons  d’ailleurs  que  ce  dernier  étoit  fdans  certe  ville 
au  mois  d’Oftobre  de  la  même  année  900. 


1/ HISTOIRE 

Louis  fe  rendit  alors  maître  de  Pavie  -,  ce  qui 
eft  appuié  fur  Taittorité  de  Conftantin  Porphyro- 
genete  qui  allure  que  ce  prince  s’empara  de  cette 
place  avant  fon  couronnement  :  Ludovicum  non 
cüTonatum  tenmjfe  Ticinnm .  M.  de  Valois  nie  abfb- 
lument  ce  fait,  lur  la  fàufle  (ùppofirion  que  Louis  fe 
fit  couronner  empereur  d’abord  après  (à  féconde 
entrée  en  Italie  :  nuis  nous  allons  voir  qu’il  ne  fut 
couronné  empereur  que  longtems  après. 

IV.  Luitprand  ne  dit  rien  de  ce  couronnement  : 
mais  nous  en  apprenons  d’ailleurs  l’époque,  qui 
doit  être  fixée  au  mois  de  Février  de  l’an  90 1.  En 
effet  Louis  n’étoit  pas  encore  empereur  le  18.  de 
Janvier  de  la  même  année ,  &  il  ne  portoit  alors 
que  le  fimple  titre  de  roi ,  comme  Ton  voit  par  une 

date  d’un  de  fes  diplômes  donné  à  Plaifànce:  Data  l  g  tu’. 

XV.  bal.  Februarn  anno  dcccu  indifttone  1 v.  anno 
autem  Ludovici  largiffimi  regis  in  It  ah  a  primo.  Ce  X?i* 
qui  fait  voir  encore  que  Louis  n’entra  en  Italie  pour 
la  fécondé  fois  que  Tan  900.  Nous  trouvons  dun 
autre  côté  que  le  pape  Benoît  IV.  avoit  déjà  cou¬ 
ronné  Louis  empereur  au  mois  de  Février  de  la  mê¬ 
me  année  9  o  1  .dans  uri jugement  hdes  comraiflàires 
ou  envoyez  de  ce  prince ,  daté  du  mois  de  Février 
de  Can  901 .  la  première  année  de  fon  empire .  nmmu.  ù 

V.  Louis  régna  en  Italie  pendant  toute  Tannée  maUJUS 
901.  comme  l’on  voit  par  plufieurs  •  de  fes  diplo- 

mes,  où  il  prend  le  titre  d’empereur  ;  Tun eft  daté 
de  Verceil  le  îx.  de  Mai ,  &  trois  autres  de  Pavie  &  4.  j.  f . 
capitale  du  royaume  de  Lombardie  le  1 8.  de  Juin,  *7£  m  ^ 
le  premier  de  Juillet  8c  le  7.  de  Décembre  de  Tan  cm*  *L 
90 1.  tndittion  iv.  Toutes  ces  chartes  font  delaprc- 
miere  année  de  fon  empire  -,  ce  qui  prouve  1 w.  qu’il  * 
ne  fot  couronné  empereur  qu’en  90 1 . 1  Qu’après 
ce  couronnement  ifdifeonrinua  de  dater  fes  chartes 
de  fon  régne  en  Italie,ou  depuis  Tan  900.  comme  il 
fai  foie  auparavant.  3 0 .  Que  les  empereurs  &  autres 
princes  employoient  alors  quelquefois  Pindifèon 
Romaine ,  de  quoi  on  a  pluiieurs  autres  exemples. 

VI.  Berenger  compétiteur  de  Louis ,  étoit  encore 
à  Verone  le  13.  du  mois  d’Aoùt  de  Tan  901.  com¬ 
me  k  il  paroît  par  un  de  fes  diplômes.  Louis  ne  le  k  It4,‘  *+ 
chaflà  donc  de  cette  ville  &  de  la  Lombardie  qu’a-  P'S*M31* 
près  cette  date.  Quant  à  Louis  il  croit  encore  à 

Pavie  le  4.  du  mois  de  Mai  de  l’année 1  fuivante  :  il  1 7*-  **•  W» 
fortit  peu  de  tems  après  de  cette  ville  pour  aller  à 
Luqucs  m,  où  s’étant  brouillé  avec  Adalbert  raar-  M  W**» 
quis  de  Tofoane  ,  qui  Tavok  appellé  en  Italie,  il 
marcha  vers  Vcrone.  Berenger  qui  s’étoit  d’abord 
réfugié  en  Bavière,  &  qui  eniùite  étoit  rencré  fccre- 
tement  en  Italie  le  (urprit  dans  cette  demiere  ville 
&  lui  fit  arracher  les  yeux,  ce  qui  fe  paflà  avant  le 
17.  de  Juillet  de  la  même  année  901.  car  Beren¬ 
ger  étoit  alors  maître  du  palais  royal  de  Pavie  -,  ce 

3u’on  voit  “  par  un  de  fes  diplomes,&  par  un  autre 
até  du  même  lieu  le  7.  du  mois  d’Aoùt  fuivant.  Vf 

VII.  Nous  (çavons  d’ailleurs  que  Louis  avoit  déjà 
repafle  les  Alpes  dès  la  fin  de  Tan  902.  car  nous 
avons  une  de  fes  chartes  datée  de  tienne  fur  U 
Rhône  le  onzjéme  du  mois  de  Novembre  de  l'année  0  0  Mék'  ** 
902.  la  fécondé  de  fin  empire  >  ce  qui  s’accorde  par- 
faitement. 

Vin.  Nous  n’avons  aucune  preuve  que  Louis 
foit  retourné  depuis  en  Italie ,  &  nous  en  avons 
au  contraire  pluîieurs  qui  font  voir  qu’il  demeura 
toujours  dans  la  fuite  en-deça  des  Alpes.  Cela  pa¬ 
role  entr ‘autres  par  deux  diplômes  de  ce  prin¬ 
ce  ,  Tun  daté  de  P  Lyon  le  17.  de  Septembre  de  P  rr,*4,# 
Tan  903.  indiétion  vr.  &  la  rroi/îéme  année  de  fon 
empire ,  &  Tautre  *  donné  à  Vienne  Tan  904.  JL/r./.si* 


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14. 


DE  LANGÜEDOC.  3-31 

indiétion  vi.  /*<  troifîcme  année  de  [en  empire.  Le  lie  après  rrois  années  de  régne.  Louis  avoir  cté 
mois  n’eft  pas  marqué  dans  ccrre  dernière  charte  ;  alors  en  effet  roi  de  Lombardie  pendant  un  an  > 
mais  fi  elle  eft  de  l’an  5704.  ce  doit  être  celui  de  Jan-  &  empereur  deux  ans  commencez  ;  en  forte  que 
vier,  puifque  Louis  commença  la  quatrième  année  fon  régne  au-delà  des  Monts  s’étendit  depuis  le 
de  fon  empire  au  mois  de  Février  foivant  ;  ou  plu-  printemps  de  l’an  900.  jufqu’au  mois  de  Juillet  ou 
rôt  cette  charte  appartient  à  l’an  570  j.  carl’indi-  d’Aoùt  de  l’an  5702. 

étion  6.  qui  y  cft  marquée  ne  peut  convenir  avec  Le  P.  Pagi  *ne  compte  ces  trois  années  du  régne 
l’an  904.  &  elle  s’accorde  avec  l’an  90$.  Quoi-  de  Louis  que  depuis  qu’il  fut  couronné  empereur; 

qu’il  en  foit  nous  apprenons  encore  que  Louis  mais  comme  cette  cérémonie  ne  fe  fit  qu’en  901. 
croit  cn-dcçadcs  Alpes  le  2 1.  d’Avril  de  Pan  904.  on  ne  fçauroit  trouver  ces  trois  années  fi  l’on  n’y 
t  Mâften.fl-  par  un  de  fes  diplômes a  donné  ce  jour-là ,  indi-  comprend  le  tems  où  ce  prince  ne  fur  que  roi  de 
Ii3.dmph/-r»-  &jon  vu.  &  la  iv.  année  de  fon  empire  ;  ce  qui  Lombardie.  Il  cft  vrai  quefùivant  la  chronique  de 
convient  parfaitement  avec  ce  que  nous  avons  déjà  Cafâure  il  fut  couronné  empereur  en  900.  mais  ou 
dit  touchant  le  commencement  de  l’empire  de  ce  cette  chronique  fo  trompe ,  ou  plutôt  elle  compte 
lv.  prince ,  &  le  confirme.  Nousfçavons  b  enfin  que  les  années  depuis  l’Incarnation,  comme  plufieurs 
«*•  901 •  *’  Louis  ne  régnoit  plus  fur  la  Tofoane ,  qui  fàiloit  autres. 

partie  du  royaume  d’Italie ,  en  90  3 .  &  904.  ce  qui  XI.  Louis ,  quoique  chaflc  d’Italie  depuis  le  mois 
fait  voir  qu’il  avoir  alors  abandonné  ce  royaume  :  d’Aoùt  de  Pan  902.  fut  cependant  reconnu  pour 
il  faut  donc  que  Reginon  fe  foit  trompé  en  met-  empereur  à  Rome  &  dans  l’exarchat  de  Ravenne 

tant  la  fortie  de  Louis  d’Italie  à  Pan  904.  à  moins  pendant  les  années  fiiivantes ,  90}.  904.  905.  & 

qu’il  n’y  ait  quelque  tranfpofïtion  dans  fon  texte ,  jufqu’à  l’an  908.  c’eft  de  quoi  il  y  a  des  preuves  f 
ou  dans  les  chiffres  des  années  fous  lefquelles  il  rap-  certaines.  Il  y  a  meme  lieu  de  croire  qu’il  continua 
porte  les  faits  dans  fi  chronique.  d’être  reconnu  à  Rome  jufqu’à  Pan  91 6.  que  Be- 

IX.  Onpourroit  objeder  que  le  poète  anonyme  renger  y  fut  couronné  empereur.  Il  eft  du  moins  ÎI7* 
qui  a  compofo  le  panégyrique  de  l’empereur  Be-  certain  que  depuis  fa  fortie  d’Italie  il  data  fes  dm- 
renger,  dans  les  vers  que  nous  avons  déjà  citez ,  fait  tes ,  de  fon  empire.  Nous  en  avons  déjà  rapporté 
entrer  Louis  en  Italie  pour  la  féconde  fois,  foivant  quelques-unes  ;  il  y  en  a  encore  d’autres. 

M.  de  Valois,  pendant  le  quatrième  été  qui  (uivit  la  Louis  en  date  une  de  Vienne  de  la  manière  foï- 
mort  de  l’empereur  Lambert  ;  or  ce  dernier  étant  vante  :  Datnm  6  xiv.  kaL  Novrmbris  anno  vu.  regni  £  Oan.chrifi. 
mort  en  897*  fuivant  le  calcul  du  même  critique ,  Hludovtct  pnfflmt  dugujli  tndittione  xi.Ce  diplôme 

Louis  aurapaflé  les  Alpes  pendant  lcté  de  Pan  901.  cft  par  conlcqucnt  de  l’an  907.  qui  étoit  en  effet  la 
Mais  nous  avons  déjà  prouvé  que  ce  prince  reçut  à  vu.  de  l’empire  de  ce  prince ,  &  Pindiction  y  cft 
Rome  la  couronne  impériale  au  moi*  de  Février  de  comptée  depuis  le  premier  de  Septembre  précé- 

la  même  année  901.  Son  fécond  voyage  en  Italie  dent;  cc  qui  prouve  encore  que  Louis  ne  comptoir 
aura  donc  précédé  :  d’ailleurs, comme  il  eft  certain  les  années  de  fon  empire  que  depuis  l’an  901.  Le 
que  Lambert  ne  mourut  que  pendant  l’automne  de  P.  de  Sainte-Marthe  qui  a  donné  ce  diplôme  le  rap- 
l’an  898.  cela  prouverait  que  Louis  n’entra  pour  porte  h  à  l’an  905.(111  la faufiefoppofition  que  Louis 
la  fécondé  fois  en  Italie  que  Pan  902.  &  nous  avons  fut  couronné  empereur  en  898-  &  il  corrige  Pindi- 

déja  fait  voir  le  contraire.  étion  à  la  marge  en  mettant  la  1  j.  au  lieu  de  la  1 1. 

Le  P.  Pagi c  donne  une  autre  interprétation  aux  mais  il  n’eft  pas  néceflàire  de  faire  cette  correétion. 


fV.  Pagi  U 
ann. 9 03 •  n.i. 
&  f  'tqq. 
Co/n.tQ.ÿ.p* 


h  It.  f.  805. 
&  injlr.p.l 3  8. 


qui  étoit  le  quatrième ,  ou  Pan  899.  que  Louis  en¬ 
tra  pour  la  première  fois  en  Italie  :  mais  le  poète 
avoit  déjà  parlé  de  cette  première  entrée  de  Louis 
en  Italie  dans  ces  vers  qui  précédent: 

Hic  dudum  /lufonium  cupidusregnajje  per  arvum 
S:d  v  et  ntt  fort  hua. 


\Beu(h.Prov. 

tt.i.p.fi  j. 

GalL  ihrift. 


a. 


tfagiad  an. 

f”*  4  &  vers  du  poète  anonyme:  il  prétend  que  foivant  cct  puifque  la  dernière  indiétion  convient  au  mois 

auteur  Lambert  mourut  le  troifiéme  été,  ou  Pan  a’Oétobre  de  Pan  907.  &  que  Louis  n’étoit  alors 

898.  &  que  ce  fiit  pendant!  cté  de  l’année  fuivante,  que  dans  la  feptiéme  année  de  fon  empire. 

Ceci  peut  férvir  à  corriger  la  date  d’un  au¬ 
tre  diplôme  de  ce  prince ,  qui  a  etc  donne  par 
Bouche  &  enfoite  par  le  P.  de  Sainte-Marthe ,  & 
qu’ils  rapportent  à  l’an  910.  ou  à  l’an  91  k  fous 
prétexte  que  Pindiction  1 4.  qui  y  eft  marquée,  con- 
vient  à  cette  dcrnicre  année  ;  mais  ce  diplôme  étant 
daté  du  +.  du  mots  d'sivril  U  xi  /.  année  dcl'em - 
Il  eft  évident  que  cct  auteur  parle  dans  ces  vers  du  pire  de  Loh/s,  ne  fçauroit  convenir  avec  aucune  de 
premier  voyage  que  Louis  fit  en  Italie ,  d’où  Bercn-  ces  deux  années  ,  puifque  Louis  fut  couronné  em- 
ger  l’obligea  ae  fbrtir  prefquc  auffi-tôt ,  comme  pereur  au  mois  de  Février  de  Pan  901.  ainfi  il  faut 
nous  l’avons  dit  :  ce  vers  qu’il  y  ait  quelque  faute  dans  ccrre  date,  à  moins 

n  r  ,  j  r  t  .  a  que  Louis  n’ait  varié  en  comptant  les  années  de  fon 

Ua.irta  ivitur  Latio  vix  dam  de  fer  huit  alfas  1  .  ,  .  . r  /•  »,  ir  k  v. 

^  J  J  empire,  de  quoi  onpourroit  rapporter  ce  lcmble* 

doit  donc  fè  rapporter  à  une  autre  époque.  quelques  autres  exemples.  Nous  aimons  mieux  cc-  to  's. 

Cette  époque ,  que  M.  de  Valois  8c  le  P.  Pagi  pendant  croire  avec  le  P.  Pagi  que  ces  chartes  font 

n’ont  pas  bien  connue,  regarde  la  prife  de  Louis  fautives  dans  leur  date,  comme  il  l’a  fait  voir  *  à 

à  Vérone  par  Berenger  qui  lui  fit  arracher  les  yeux  Poccafion  d’un  autre  diplôme  du  même  prince  daté 

l’an  902.  8c  c’eft  en  effet  le  quatrième  été  après  la  du  /  6.  Mat ,  tndittion  1  +.  la  rx.  de  fon  empire ,  où 

mort  de  Lambert,  décédé  comme  on  l’a  déjà  dit  en  lifant  la  x/.  au  lieu  de  la  /x .  tour  s’accorde 

en  898.  ainfi  le  poète  anonyme  aura  rapporté  fous  parfaitement  :  or  foi  van  r  cette  corrcétion ,  la  pre- 

cette  époque  principale,  celle  de  la  féconde  entrée  mierc  de  ces  deux  chartes  ne  fçauroit  erre  de  la 

de  Louis  en  Italie ,  qui  arriva  en  900.  comme  nous  xii.  année  de  l’empire  de  Louis,  puifqu’cllefûtac- 

Pavons  prouvé.  cordée  à  la  demande  de  Remi  évêque  d’Avignon, 

X.  Cc  que  nous  venons  de  dire  convient  parfài-  &  que  la  féconde  fut  expédiée  en  faveur  de  FuJchc- 

binent  avec  ce  qui  cft  rapporté  dans  la  chronique  *  rius  évêque  de  la  même  ville,  qui  fùcccda  ®  immé-  v^4euf 

diatement  à  ce  prélat.  f.i.p.  t0+.& 

U  y  a  encore  une  difficulté  touchant  le  diplôme  fr^ 

Xxxij 


i  Pagi  ad  an, 
SH.  n.  6. 


<iChrt\ 

Dihh.f.  649.  du  Mont-Caffin  ,  fçavoir  que  lorfque  Berenger  eut 
fait  crever  les  yeux  à  Louis  ,  cc  dernier  fortit  d’Ita- 
Tome  II. 


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$3l 


NOTES  SUR  L’H  EST  O  1  R  E 


donné  en  faveur  de  Remi  évêque  d’Avignon ,  c’cft 
au’ il  y  cil  fait  mention  de  Manaflcs  archevêque 
d’Arles ,  qui,  félon  le  P.  de  Sainte-Marthe* 


ne 


avoir  abandonné  l’Italie  &  le  royaume  de  Lombar¬ 
die  ,  &  avoir  eu  les  yeux  crevez ,  contre  le  fentiment 
du  P.  Daniel  &  de  quelques  autres  qui  le  font 


h  îb.injl. 
*31. 


C  Ib.&p. 7». 


parvint  à  cet  archevêché  qu’après  lan  914.  Cedi-  mourir  auflitôt  que  Berenger  l’eut  fait  aveugler, 
plome  cft  donc  pollérieur  à  la  xii.  année  de  \ cm-  Ces  chartes  prouvent  auffi  que  Louis  continua  après 
pire  de  Louis.  Mais  Manaflcs  pouvoit  être  arche-  cet  accident  de  prendre  le  titre  d’empereur ,  8c 
vêque  d’Arles  dès  l’an  9 1 1.  &  avoir  même  fuccedc  qu’il  ne  céda  à  l'on  compétiteur  que  le  royaume 
plutôt  à  Roftaing  fon  prédéccflcur ,  dont  on  ne  d'Italie  &  non  pas  l’empire.  Nous  avons  encore 
trouve  rien  après  l’an  904.  Ce  qui  a  trompé  cet  d’autres  preuves*  qu’il  vécut  longtems  après  cette 
auteur ,  c'eft  qu’il  s’eft  fié  trop  ailement  à  la  faillie  cataftropnc ,  &  en  particulier  le  tcllamcnt 1  de  Fui- 
date  b  de  l’aéle  de  l'élection  de  Pons  évêque  d’O-  cherius  evêque  d’Avignon  daté  du  2.  de  Mai  jour  tbli'  ^ 
range.  Il  eft  marqué  quil  ri  y  avoit  p  as  alors  d'arche-  de  /’  A 'fcc  nfion  de  ï  an  916.  indithon  +.  la  /  3*  année  l,,% 
*JeficMntt  me*  veque  d'Arles  * ,  dans  cet  aéle ,  qui  eft  daté  de  Pan  de  P  empire  de  Louis .  On  doit  remarquer  ccpcn- 
ViUtrnfi!  ^  dccccxiv.  indittion  iv.  Mais  outre  que  l’année  &  dant  qu’au  mois  de  Mai  de  l’an  9 1 6.  ce  prince  étoit 
l’indiûion  ne  Içauroient  convenir  ,  il  eft  dit  ex-  dans  la  16e  année  de  fon  empire,  &non  dans  la 
preflement  d’ailleurs  dans  le  corps  de  l'aûc  que  l’é-  1 3 c  :  ainfi  fi  cette  date  n’eft  pas  fautive ,  elle  prou- 
leétion  fut  faite  du  consentement  du  roi  Conrad.  c  ve  que  Louis  varia  dans  le  calcul  des  années  de 
or  ce  prince  ne  commença  de  régner  en  Provence  Ion  empire. 

qu’en  957.  L’elcélion  de  Pons  évêque  d’Orange  On  pourrait  appuier  cette  variation  fur  unau- 
eftdoncpoftéricureàl’an9}7.  &  les  électeurs  pou-  tre  diplôme  m  de  ce  prince  daté  de  Vienne  le  18 . 
voient  fort  bien  dire  tjriil  ri  y  avoit  pai  alors  d'ur-  Août  de  l'an  9  20.1*1  dichon  8.  (S  la  17.  année  de  fon 
chcvêji/e  a  Arles  :  ce  qui  ne  prouve  pas  que  ce  fiege  empire.  Le  P.  de  Sainte-Marthe ,  qui  ne  donne  que 
fut  vacant ,  comme  on  le  prétend ,  mais  (cillement  douze  années  d’empire  à  Louis ,  8c  qui  le  fait  ccflcr 
que  Manaflcs,  qui  garda  cet  archevêché  julques  de  régner  l’an  9 1  2.  embarrafléde  cette  date,  tache 
après  l’an  948. d  étoit  abfent.  Il  eft  certain  en  effet  de  la  rediher  fuivant  (on  fyftême  :  mais  il  (ê  trompe 
que  ce  prélatpafla  en  9  3  G.  en  Italie ,  où  il  s’empara  en  fuppolant  que  ce  prince  cefla  de  régner  en  9 1 2. 
(ucceflivement  des  évêchcz  de  Verone ,  de  Trente ,  puifquc  nous  avons  des  preuves  certaines  qu’il  vé- 
&  de  Mantoue,  &  de  l’archevêché  de  Milan.  Il  eut  encore  longtems  après,  &  qu’il  continua  depuis 
s’enfuit  de-la  qu'il  faut  placer  l’élcclion  de  Pons  cette  année  de  prendre  le  titre  d’empereur.  Peut- 
évêque  d’Orange  après  l'an  9  $  7.  &  comme  l’aéle  être  que  depuis  que  Berenger  fut  couronné  empe- 
eiu.  p.tos.  eft  Joulcrit  par  Fulcherius  évêque  d’Avignon  qui  c  reur  à  Rome  le  jour  de  Pâques  de  l'an  9 1 6.  Louis 
ne  iîcgeoit  plus  en  944.il  doit  être  anterieur  à  cette  fuivir  un  autre  calcul  pour  les  années  de  fon  régne , 
derniere  année.  8c  qu’il  ne  compta  que  depuis  (à  dernière  (ortie  d  I- 

11  eft  aile  de  conclure  de  ce  que  nous  venons  de  talic  arrivée  vers  le  mois  d’Aoùt  de  l’an  902. 
dire  i°.  que  c’eft  mal-à-propos  qu’on  met  deux  XIV.  Quoi  qu’il  en  foie,  on  peur  encore  prouver 
Pons f  au  IX.  ficelé  au  nombre  des  évêques  d'O- 
range  *,  fuppofant  que  le  premier  avoit  été  ciù  en 
914.  car  il  cft  évident  que  ce  n’eft  qu’un  même 
évêque  qui  fut  clù  vers  l’an  940.  &  qui  vivoic  en¬ 
core  en  98  2.  en  quoi  il  11’y  a  rien  d'extraordinaire. 


a  u,d. 


f  Ibid.p.'C  ' , 


cjuc  ce  prince  changea  fur  la  fin  de  (a  vie  la  maniéré 


n  V .  Smiht 


dater  fes  charccs,  en  ce  qu’il  paroit  certain  d’un 
côté  qu’il  ne  vécut  n  pas  au-delà  de  l’an  914.  8c 
que  de  l’autre  il  date  0  pluficurs  chartes  de  la  3 1.8c  h 

de  la  3  }c  ancrée  de  fon  régne.  Il  aura  donc  repris  oew/w. 


K-fi  an  .900. 
».  îtf. 


64:. 
r  Ihfl.çtn-tt. 


confiant  que  Fulcherius  occupa  ce  liege  depuis  l’an  mais  comme  on  a  des  chartes  de  lui  de  la  x  x  x  1 1 1 .  M-ft.p. 

9 1  G.  jufqu'en  9  3  7.  Revenons  aux  années  de  lcm-  8c  même  de  la  x  x  x  x  v.4  année  de  (on  régne,  i!  Joie  27?°^r  itlé 

pire  de  Louis  l'Aveugle.  avoir  vécu  du  moins  julques  à  Tan  923.  Le  P.  An-  Fr.prit.i.f. 

XII.  Le  P.  Pagi  h  fait  mention  d’une  charte  da -  gc r  le  fait  vivre  d’un  autre  côté  jitfqu’cn  931.  ou  chrj 

tee  de  Pan  9 12.  induhon  1  s.  la  xi .  de  P  empire  de  932.  fur  la  fuppofition  qu’il  y  a  des  chartes  datées  nov.td.n.  i.j. 

Lotus  -,  ce  qui  prouve  encore  que  ce  prince  ne  fut  de  la  trente-deux  8c  la  trcnte-troiliéme  année  de 

couronné  empereur  qu’en  90 1 .  car  cette  date  ne  fon  empire  :  mais  dans  ce  cas-là  ayant  été  couronné 

fçauroit  convenir  avec  le  fyftême  de  ce  critique,  empereur  en  901.  comme  nous  l’avons  fait  voir, 

qui  fait  commencer  l’empire  de  Louis  l’an  900.  Il  il  auroit  vécu  encore  en  934.  Ces  dernières  cliartcs 

cil  vrai  qu'il  prétend  qu’il  y  a  faute  dans  le  chiftre  doivent  donc  être  datées  du  régne  de  Louis  com- 

du  régne ,  &  qu’il  faut  lire  la  xix.  au  lieu  de  la  xi.  mencé  en  890*  &  non  depuis  qu’il  fut  couronné 

année  de  l’empire:  mais  ces  notes  chronologiques  empereur.  En  effet  le  P.  Pagi  *  fait  mention  d’une  sp^iadm. 
n’ont  pas  belôin  de  cette  corrcélion ,  8c  elles  (c  femblable  charte ,  datée  du  mois  de  Juin  laxxxni. 

(ôùtienncnt  très-bien  (ans  cela  :  cette  charte  appar-  année  du  régne  de  Louis.  Régnante  Ludovico  reqe 

tient  donc  véritablement  au  mois  de  Janvier  de  Ü'  impcratorc  filio  Bofonis  régis.  Il  doit  en  être  de 

l’an  9 1  2.  que  Louis  étoit  encore  dans  fa  onzième  même  des  autres.  Enfin  on  peut  ajouter  aux  rai- 

anncc  de  fon  empire,  laquelle  ne  finit  qu’au  mois  fons  que  Bouche  *  a  déjà  données  pour  prouver  c  b»^,s. 


i  P.i'i  ad. xn. 
9  in.  14.  & 

Bii' 


de  Février  de  la  même  année.  Le  P.  Pagi  ajoute 
qu’il  fera  voir  fous  l’an  902.  par  des  chartes  de 
Louis,  que  ce  prince  fut  couronne  empereur  l’an 
900.  Nous  avons  cherché  1  ces  chartes  dans  l’en¬ 
droit  indiqué  :  mais  nous  n’en  avons  trouvé  aucune 
qui  le  prouve  abfolument ,  &  qui  ne  puiflè  s’adap¬ 
ter  avec  le  commencement  de  l’empire  de  ce  prince 
calculé  depuis  le  mois  de  Février  901. 

XIII-  Tous  ces  monumens  font  autant  de  preu- 


que  Louis  l’Aveugle  étoit  mort  avant  i  an  9  3  o.  que 
cette  dernière  année ,  Hugues  u  roi  d’Italie  céda  le  u  Frcd. 
royaume  de  Provence  à 'Rodolphe  II.  roi  delà 
Bourgogne  Transjuranc.  Or  il  ne  paroit  pas  par 
aucun  monument  que  Louis  ait  été  dépouillé  de  ce 
royaume  avant  fa  mort. 

XV .  Nous  nous  fommes  étendus  fur  lcpoqne  du 
régne  &  de  1  empire  de  Lou  is  F  Aveugle,  hls  de  Bo- 
fon,  parce  quelle  a  été  iufqu’ici  allez ol 


:  julqu’ici  allez  obfcure  ,  & 


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ves ,  que  Louis  vécut  encore  pluficurs  années  après  que  d’ailleurs  elle  nous  intereile ,  puiique  ce  prince 


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tVfrf 
4*.  43 


autres  monumens  1  qui  calculent  nccefîairement 
fuivant  la  féconde  y  entr  autres  une  m  charte  de  l’c- 
glifè  d’Urgcl  ,  ainfi  datée  :  Anno  Incarna  ion: s 
Dominiez  dcccvii.  'nd  choue  x.  anno  vin.  régnante 


DE  LANGUEDOC.  yyy 

régna  far  une  partie  du  Languedoc  *,  fçavoir  fur  ne  fut  pas  d’abord  généralement  reconnu  dans  la 
tout  le  Vivarais  &  le  diocèfè  d’Ufèz,  &  fiir  la  par-  Gochie  en  898-  k  après  la  mort  du  roi  Eudes, 

tie  des  diocefès  d’Arles  &  d  Avignon  ,  qui  eft  en-  i°.  Que  toute  cette  province  lui  étoit  ibumifc  en 

deçà  du  Rhône.  Diverfes  chartes  prouvent  qu’il  900.  Par  ces  deux  differentes  époques  que  les  no- 

tr.f%  !•.  exerça  fon  autorité  fur  ces  pays,  entr  autres  celles1  taires  auront  fuivics  diverfèment ,  on  explique  la 

qu’il  accorda  en  89  6.  &  9°  3-  en  faveur  d’Anic-  contradittiondeccs  datcs.La  plupart  des  chartes  du 

*  lius  évêque  d’Ufèz.  On  doit  encore  rapporter  au  pays  font  datées  véritablement  fuivant  la  première 
régne  de  ce  prince ,  &  a  l’an  91 1.  une  donation  de  ces  deux  époques  :  mais  nous  avons  pluiieurs 
faite  à  l’églife  d’Ufèz  &  à  Amclius  fbn  évêque  ah  '  '  1  1 

mou  cC  Avril  de  la  x.  année  régnant  Lûtes  empereur. 
fcïw.jv*.  Nous  avons  donné  b  cette  charte  dans  le  premier 
**•  &f‘l-  volume,  parce  que  nous  avions  crû  d’abord  qu’elle 

appartenoit  au  régne  de  l’empereur  Louis  le  Dé*  Ka  0/0  rege  fhbdie  xm.  kaiendarum  Lebruanum. 
bonnaire.  Cette  charte  cft  du  comte  Miron ,  fils  de  \Vi- 

On  voit  encore  que  Louis  l’Aveugle dominoit  fred  le  Velu  comte  de  Barcelone,  ce  qui  nous 
vers  l’an  9  2  o.  fur  le  Vivarais  &  fur  l’Ufège  par  un  donne  lieu  de  croire  que  ce  prince  ne  recon- 

tBtvku*  diplôme c  daté  de  Vienne  le  premier  de  Février  la  nut  pas  Charles  le  Simple  d’abord  après  la  mort 

r  7*3-  xx.  année  de  fou  empire ,  fuivant  lequel  il  confirme  d’Eudes.  Nous  voyons  en  effet  que  la  plupart  des 

Manaflcs  archevêque  d’Arles  dans  fa  poilèflion  de  autres  chartes  de  la  maifon  de  Barcelone  fuivent 

l’abbaye  d’Aniane  au  diocèfè  de  Maguclonne ,  de  le  même  calcul.  Telle  eft  l’execution  du  tefta- 

cellede  Cruas  au  diocèfè  de  Viviers ,  &  de  la  celle  ment  D  de  Wifred  II.  comte  de  cette  ville ,  neveu 

ou  prieuré  de  Goudargues  au  diocèfè  d’Ufèz,  de  Miron  >  car  cet  aéic  cft  du  premier  de  Déccm- 

dont  Roftaine  *prcdcceflciTr  de  ce  prélat  avoit  bre  Ja  xrv.  année  du  régné  de  Ourles  le  Simple  : 
été  pourvu.  Il  cft  vrai  qu’il  fèmbleroit  par  là  que  or  ce  comte  ne  mourut  au  plutôt  que  l’an  913. 
Louis  étendit  aufli  fa  domination  fur  le  diocèfe  de  II  n’y  a  pas  lieu  de  douter  en  effet  que  ce  ne  fôit 
Maguclonne  :  mais  comme  il  eft  certain  que  les  fuc-  de  lui  dont  il  eft  parlé  dans  un  ancien  manuferir  0 
Iv  ma  *d  cefleurs  Manaflès  ne  jouirent  J  pas  de  l’abbayc  de  l’abbaye  de  Cuxa ,  où  il  eft  dit  que  Wifred  le 
m>9i9-»A7<  d’Aniane,  comme  des  deux  autres  monaftercs,  Fc  lu premier  comte  de  Barcclonne  mourut  l‘.in  $13, 
c’eft  une  preuve  que  cette  abbaye  ne  fe  trouvoit  car  paroiflànt  certain  que  P  Wifred  le  Felu  étoit 


K  v .  tiv.  X 1  v 
n.6  2. 

u-n.911. 

n.9. 


1  V.  Msb.  nd 
an. 910. u. 6c. 


fr.Pr./.  41. 


n  Jb.p.  Sjt; 
&feq. 


o  Jrfarc-Hi/p. 

p-is*- 


pas  dans  les  états  de  ce  prince. 


p  Tor».i.N*t, 
Lxxxvil.  n. 
+9. 


NOTE  VI. 

Epoque  du  règne  de  Charles  le 
dans  la  Scptimanie. 


Simple 


d  mier  fit  (on  tefiament 1  le  neuvième  du  mon  de  De- 
t'ni.j^m.p.  cembrede  l'.nnéc  ÿ  i  f.  U  xv ru.  du  renne  de  Ch.ir- 
6:<5,  les  le  Simple.  Cet  auteur  avoit  cru  d’abord  qui!  y 

~  >it  lire  " 


déjà  mort  l’an  907.  on  l’aura  confondu  ici  avec 
fôn  fils.  On  voit  d’ailleurs  une  épitaphe  à  Barce¬ 
lone  dans  laquelle  il  cft  marqué  quête  comte  c\M*rc.Hify 
I  l  ’ifrcd  fi!s  du  feu  comte  Wifred  mourut  l'an  914..  md' 

Les  années  du  régne  de  Charles  le  Simple  doi¬ 
vent  être  calculées  par  confèqucntdans  l'exécution 
duteftament  de  Wifred  II.  depuis  l’an  900.  Il  cft 
vrai  que  l'épitaphe  dont  nous  venons  de  parler  fîip- 
r"  enterre  à  Barcelone,  au  lieu 
des  comtes  de  cette  ville, 
qu  il  rut  jnnume  à  Riupoll  :  mais  ce  dernier 
auteur  n’a  écrit  qu’à  la  fin  du  XIII.  lieele,  8c  peut 
s’être  trompé. 

Suivant  les  principes  que  nous  venons  d’établir , 
il  cft  ailé  de  fixer  l’époque  de  lepifcopat  d’Alme- 
rade  évêque  d’Einc,  en  fuppoîànt  que  Riculfe  fou 
prédécefleur  aura  compté  les  années  du  régne  dé  ' 

Charles  le  Simple  depuis  la  mort  d’Eudes  ,  comme 
il  cft  marqué  dans  le  teftament  de  ce  prélat  y  mais 
qu’Almcrade  fbn  fucccfîèur,  lequel  étoit  frere  des 
deux  comtes  du  Rou/iillon ,  8c  parent  des  comtes 
de  Barcelonnc ,  aura  fuivi  le  calcul  le  plus  uilti 
dans  fà  maifon ,  où  on  ne  comptoir  les  années  du 


avoit  faute  dans  cette  date ,  8c  qu’il  falloir  lire  la 
23  e,  &  non  la  dix-huitiéme  année  du  régne  de 
tM*r(.Nijp.  ce  prince  :  mais  ayant  réfléchi  s  enfuite  que  Char- 
M74,  les  ne  fut  reconnu  dans  la  Gothie  que  depuis  la 
mort  du  roi  Eudes,  il  sert  rétratté.  Ainfi  il  cft  cer¬ 
tain  que  Riculfe  étoit  encore  évêque  d'Elnc  au 
mois  de  Décembre  de  l’an  915.  &  la  18.  année 
de  Charles  le  Simple. 

kM-MU.  D’un  autre  côté,  on  trouve  pluficurs  h  titres  de 

lcglifè  d’Elne  qui  font  datez  avant  le  mois  de  Dé-  régne  de  Charles  le  Simple  que  depuis  l’an  930. 
ccmbre  de  la  1 8-  année  du  même  prince  ,  8c  dans  qu’il  fut  fans  doute  reconnu  par  cespr’nces.  Ainfi 
lefqucls  il  eft  fiit  mention  de  lcvêquc  Almcrade ,  en  fupputant  latte  de  confècration  de  lcglifè 
qui  fucccda  immédiatement  à  Riculfe ,  ce  qui  pa-  d’Elne  depuis  cerrc  dernicre  époque  ,  cet  atte  qui 
roitfè  contredire.  Pour  concilier  ces  contradictions,  cft  du  premier  de  Septembre  8c  de  la  18.  année 
il  fiippofè  que  les  dates  de  ces  titres  font  fautives,  de  Charles,  appartiendra  à  l’an  9 1 7*  Almeradedit 
&  en  particulier  celle  de  latte  de  la  dédicacé  de  dans  cet  atte  que  ce  même  jour  étoit  l’annivcr- 
leglifc  d’Elnc  qui  cft  du  premier  de  Septembre  de  faire  de  fa  confècration  :  ce  p  clac  aura  donc  été 
la  1 8.  année  du  roi  Charles  ,  parce  que  Almcrade  fâcré  le  premier  de  Septembre  de  l’an  9 1 6.  quel- 
dit  dans  cet  atte  que  ce  jour-la  ctoit  l’annivcrfaire  ques  mois  après  la  mort  de  Riculfe.  Cette  fblurion 

de  fon  (âcre  ,  8c  qu’il  y  fait  mention  d’une  dona-  fert  à  fixer  l’époque  de  deux  autres  chartes  citées 

tion  faite  à  fbn  églifè  par  le  f  tt  comte  Bcncion  par  M.  Baluze  r  où  il  cft  parlé  du  même  Almcrade  ttnif.iu 

fbn  frere  :  donation  '  qui  cil  datée  du  mois  de  évêque  d’Elne ,  8c  qui  font  datées  des  mo:s  de 


Mars  la  19.  année  du  même  prince.  M.  Baluze 
corrige  ccs  differentes  dates  à  fa  fantaifie  :  mais  il 
eft  aile  de  les  concilier  fans  y  faire  aucun  change¬ 
ment. 


Juillet  8c  d  Août  la  1 8.  année  de  Charles  le  Simple. 
Elles  appartiennent  à  l’an  918.  8c  confirment  ce 
que  nous  venons  d’avancer  touch  inc  la  double 
man’erc  de  calculer  les  années  du  reçue  de  ce 
Il  eft  certain  en  effet,  1  °.  que  Charles  le  Simple  prince  dans  la  Scptimanie,  8c  la  Marche  d'Eip.igne; 


534  NOTES  SUR. 

Pour  ce  qui  eft  de  la  donation  a  du  comte  Bencion 
faite  à  régi  i(e  d’Elnc  le  4.  de  Mais  de  la  19.  année 


L’HISTOIRE 

laume  le  Pieux  étoit  encore  marquis  de  Gothie 
vers  l'an  915. 

IV.  On  pourroit  fixer  la  date  de  cette  lettre  d’u- 


g  Catel  etmf, 

t  y 

hPr.f.  St, 


de  Charles  le  Simple ,  le  commencement  du  régne 

de  ce  prince  doit  être  compté  ici  depuis  la  mort  ne  maniéré  plus  précife ,  fi  on  pouvoit  s'arrêter  à  la 
du  roi  Eudes.  Cette  charte  fera  donc  de  Pan  9 1 6.  conje&ure  de  Catel  l ,  qui  prétend  que  le  diplôme 
&  aura  précédé  la  dédicace  de  Péglife  d'Elne,  que  Charles  le  Simple  donna  h  en  faveur  de  l’églife 
qui  fut  faite  le  premier  de  Septembre  fuivant  ,  &  de  Narbonne  le  7  .du  mon  de  Juin  la  xxx.  année 
dans  laquelle  il  eft  fait  mention  du  même  comte  de  [on  régne ,  (3  la  xxv .  depuis  la  mort  et  Eudes , 
Bencion  comme  étant  déjà  mort.  Ce  comte  fera  c’eft-à-dirc  Pan  912.  hit  expédié  en  confequcnce 
.décédé  par  confëquent  entre  le  mois  de  Mars  &  de  cette  lettre  :  mais  Charles  donna  ce  diplôme 
celui  de  Septembre  de  Pan  916.  à  la  folltcitation  de  Gui  évêque  de  Gironne  ;  au 

On  peut  faire  ufage  de  ce  que  nous  venons  de  lieu  que  l'archevêque  Agio  chargea  les  évêques 
*  Pr-p.  54.  dire  pour  fixer  l’époque  d’une  charte  b  du  mona-  Agambert  &  Alfonfè  ,  de  folliciter  celui  dont  il 
ftere  d'Alaon  au  diocefe  d’Urgel ,  où  il  eft  fait  men-  parle  dans  fa  lettre.  Quoi  qu’il  en  (bit ,  fi  la  lettre 
non  de  la  mort  d'Arnuftc  archevêque  deNarbon-  d’Agio  eft  de  Pan  922.  elle  prouve  du  moins  que 
ne  >  &  de  l’éledion  d’Agio  fon  fuccefïèur.  Cette  le  marquifat  de  Gothie  étoit  déjà  alors  dans  la 
charte  eft  datée  du  mois  de  Juin  la  1 5.  année  de  maifon  des  comtes  de  Touloufe. 

Charles  le  Simple  (  car  il  faut  lire  tertio  dreimo  au  V.  3  °.On  peut  tirer  une  autre  preuve  que  ce  mar- 

lieu  de  trteefimo  ).  Or  cette  treiziéme  année  de  ce  quifat  ctoit  dans  la  même  maifon ,  avant  Pan  921. 

Î>rincc  ne  peut  être  fupputée  dans  la  charte ,  depuis  d’une  lettre  fans  date  que  le  pape  Jean  X.  addrefla 

a  mort  d’Eudes ,  puifqu’clle  appartiendrait  fuivant  à  Agio  archevêque  de  Narbonne  ,  à  Aujlenus  ar - 

ce  calcul  à  Pan  9 1  o.  &  qu’il  eft  certain  qu’Arnufte  chez  eque  de  Lyon  ,  (3  à  leurs  fiffragans  qui  font 

vi voit  encore  Pan  91 1.  mais  en  calculant  depuis  Pan  en  la  S  primante ,  en  Efpagne  i3  Bourgogne ,  & 

900.  fâ  date  convient  à  Pan  9 1 2.  &  Agio  pouvoit  dans  laquelle  il  leur  marque  qu’il  a  écrit  à  Ray - 

avoir  fuccedé  alors  à  Amuftc.  Nous  fçavons  en  effet  mond  pour  l’obliger  à  rcftitucr  les  biens  qu’il  avoit 

que  le  premier  étoit  archevêque  de  Narbonne ,  ufiirpez  fur  leurs  églifès.  Catel  ‘  qui  cite  cette  lettre  i  Cat , 

avant  la  mort  du  pape  Anaftafc  HL  arrivée  au  plu-  ne  doute  point  qu’il  n’y  s’agifle  de  Raymond  H.  p'  ,3‘ 
tard  au  commencement  de  Pan  91 3.  Quant  à  lin-  comte  de  Touloufe  ,  fils  d’Eudes.  Ce  prince  avoit 

diékion  qui  eft  encore  marquée  dans  cette  charte ,  donc  ufiirpé  les  biens  ecclefiaftiques  de  la  Septi- 

il  paroit  qu’elle  eft  fautive ,  &  elle  ne  peut  lervir  manie,  &  dominoit  par  conféquent  fur  cette  pro- 


Catel  amt t 

&f<î% 


à  en  fixer  l’époque. 


NOTE  VIL 

Epoque  &  circonftances  de  i union  du 
marquisat  de  Gothie  au  domaine  des 
comtes  de  Touloufe . 


vince.  Cette  lettre  eft  antérieure  au  mois  d’Âvril 
de  Pan  921.  puifqu’Aufterius  n’étoit  plus  k  alors 
archevêque  de  Lyon.  Enfin  il  eft  certain  d’un  autre 
coté  qu’elle  eft  poftérieurc  à  Pan  915.  car  le  pape 
Jean  X.  y  défend  a  Agio  archevêque  de  Narbonne , 
a Auftcrius archevêque  de  Lyon,  &à  leurs  fuffra- 
gans,  de  converjer  1  avec  Gcrard  qui  fe  difiit  ar -  1  CétehM. 


lN 


chcvique  de  Narbonne  ,  &  qu  tl  avoit  excommunié. 
Or  fuivant  la  fuite  des  faits  qui  fe  paflèrcnt ro  dans 
Ous  avons  déjà  fait  voir  ailleurs ,  que  Guil-  l'affaire  de  cet  intrus ,  Jean  X.  qui  ne  fut  élû  “  que 


laume  le  Pieux  duc  d’Aquitaine  &  comte  vers  la  fin  du  mois  d’ Avril  de  1  an  9 1 4.  ne  peut 
d’Auvergne  pofleda  jufqu’à  fa  mort  le  marquifat  l’avoir  excommunié  au  plutôt  que  vers  la  fin  de 
de  Gothie,  qu’il  tenoit  de  Bernard  (on  pere.  Il  eft  Pan  915. 

certain  d’un  autre  côté  que  Guillaume  II.  (on  ne-  VI.  40.  Nous  avons  une  donation  0  faite  en  fa- 
veu ,  qui  lui  fucccda  dans  le  duché  d’Aquitaine  &  veur  de  l'abbaye  de  Montolicu ,  par  Odon  vicomte 
le  comté  d’Auvergne ,  he  lui  fucceda  pas  dans  ce  de  Narbonne  &  Richildc  fon  epoufe,  le.  20.  du 
marquifat,  &que  cettedignité  entra  après  la  mort  mois  de  Décembre  de  la  xxv/t.  annee  de  Charles  le 


m  V.  Liv • 
XI  *•  SI. 

nV.J^s 

crinc. 


o  Pr.p.6U 

&/'1‘ 


de  Guillaume  le  Pieux  dans  la  maifon  des  comtes  de 
Touloufe  :  c’eft  ce  que  nous  allons  prouver  par  di¬ 
vers  monumens  du  tems. 

II.  1  °.  Il  eft  fait  mention  dans  la  chronique  de 

c  Frod.thron.  Frodoard c  fous  Pan  932  .de  Raymond  &  Ermen- 
p.  600.  ...  •  - 


le  Simple  (  ou  Pan  924.  )  d'un  a! Lu  [tué  dans  le 
comté  de  Narbonne  ,  avec  le  confentement  d’Agio 
archevêque ,  { 3  du  comte  Pons,  pour  le  fa!  ut  dt  mime 
comte  Pons  son  seigneur,  lequel  foulent  P  à  la  P  tr.p.t* 
charte  de  la  maniéré  qui  fuit  :  S.  Ponrii  comins  (3 


àpr.p.  6 1. 


e  fs. tel  mem. 
f .  S  60.  &  fej. 
77*-  à-pt]- 

iomt.  p.  1$. 


f  Mrtrcd 

Béarn.  p.i%  7 


gaud princes  de  Gothie ,  qui  reconnurent  alors  Raoul  marchions  qui  conjenft  (3  [rmavit.  Cet  aétc  prou- 

pour  roi:  or  il  eft  certain  qu’ils  ctoicnt  l’un  &  Pau-  ve  manifeftement ,  que  ce  comte  Pons ,  qui  eft  le 

tre  de  b  mailon  de  Touloufe.  même  que  Raymond  Pons  comte  de  Touloufe, 

III.  2°.  Il  eft  parlé  de  ces  deux  princes  dans  une  poflèdoit  déjà  le  marquifat  de  Gothie  en  924.  & 

lettre  d  d’Agio  archevêque  de  Narbonne ,  qui  les  que  fon  pcrc  Raymond  II.  étoit  alors  déjà  décédé, 

reconnoît  pour  [es  comtes  ou  feigneurs.  Cette  lettre  En  effet  ce  fut  lui  qui  chafli  vers  ce  tems  -  là  de 

eft  fans  date  :  mais  on  peut  la  fixer  à  peu  près  lur  cette  province  les  Hongrois ,  qui  y  avoient  fait  une 

ce  que  les  évêques  de  la  province  écrivirent e  au  irruption  ,  comme  il  paroît  par  la  lettre  que  les 
pape  Jean  X.  pour  lui  demander  le  pallium  en  fa-  évêques  du  pays  écrivirent  au  pape  JeanX.  &  dans 
veur  a’Aymeri  fucccfièur  d’Agio.  Cette  lettre  eft  laquelle  Pons  eft  qualifié  prince  o  marquis.  Il  eft 
donc  antérieure  à  l’année  928.  qui  eft  celle  de  la  vrai  que  le  P.  Pagi  *1  rapporte  cette  lettre  ail  ponti- 
dépofition  de  ce  pape.M.dc  Marca  ^prétend  quelle  ficat  de  Jean  XI.  fur  la  fuppofïtion  eue  Pons  ne 
•  eft  de  l’an  9 1 5.  ce  qui  prouveroit  que  le  marquifat  fucceda  à  Raymond  &  à  Ermcngaud  dans  le  mar- 
dc  Gothie  étoit  dans  la  maifon  des  comtes  de  Tou-  quifat  de  Gothie  qu’après  l’an  932.  Mais  fi  cet 
loufe  avant  la  mort  de  Guillaume  le  Pieux  :  mais  auteur  avoir  fait  attention  que  Pons  s’appclloit  aiifll 
comme  il  n’apporte  aucune  preuve  de  cette  date ,  Raymond  -,  &  s’il  eut  fçû  que  ce  prince  étoit  déjà 
on  ne  doit  faire  aucun  fonds  fur  ce  qu’il  dit  là-  marquis  de  Gothie  en  924.  comme  la  charte  du 
delliis.  Nous  verrons  d’ailleurs  plus  bas  ,  que  Guil-  vicomte  Odon  le  prouve  fans  répliqué ,  &  que 


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DE  LANGUEDOC. 


53* 


c’eft  par  confoqüent  le  même  Raymond  qui  fe  voir  dans  la  nore  fui  varice ,  qu’il  s’agir  ici  d’un  au- 
foûmit  au  roi  Raoul  en  93  2.  avec  Ermengaud ,  il  tre  Guillaume.  Il  eft  toutefois  très  -  vraifèmblable 
h’aûroit  pas  différé  fi  tard  la  date  de  cette  lettre*  que  les  comtes  de  Touloulè  ne  foccederent  à  Gui!- 
Il  eft  certain  d’ailleurs  qu’on  ne  trouve  aucun  mo-  îaume  lePieux  dans  le  marquifât  de  Gothie  que  par 
hument  qui  prouve  qu’Agio  prédéccffeor  d’Ay-  droit  de  fang:  ce  qu’onpeut  appuyer  i°.  fur  ce 
meri  ait  été  archevêque  de  Narbonne  après  l’an  que  ,  fiiivant  fufage  ob/ervd  depuis  le  régne  de 
926.  Ce  dernier  peut  donc  avoir  été  élu  vers  Charles  le  Chauve ,  les  dignitez  croient  alors  héré- 
fan  917.  &  la  lettre  qu’il  écrivit ,  avec  quelques  ditaires  ôc  palïôient  ordinairement  aux  plus  pro* 
évêques  delà  province  au  pape  jean,  jpourlui  de-  ches.  z°.  Sur  la  liailbn  qui  étoit  en  5)13.  k  entre 
mander  le  pallium ,  doit  avoir  été  addreflè  â  Jean  Raymond  II.  comte  de  Touloulè ,  &  Guillaume  IL 
X.  du  nom,  quine  fiitdépofe  qucverslc*  20.  de  duc  d’Aquitaine  qui  s’unirent  contre  les  Normans: 

"  ,2,‘  "*  Juin  de  l’an  928.  maisonne  fçauroit  fixer  leur  dégré  deparenté  faute 

b>f.r-7î*  j°.  Enfin  le  même  Raymond  Pons  fonda  en  b  de  monumens. 

$$  6.  l’abbaye  de  faim  Pons  de  Tomiercs  dans  le  X.  Nous  avons  unechâne  !  donnée  par  le  roi  *CdreI  mté' 
diocèlè  de  Narbonne  ,  ôc  lui  donna  diverfès  terres  Charles  le  fimple  au  mois  de  Juin  delaxxxn.an- 
licuées,tant  dans  1e  comté  de  cette  ville,  que  dans  née  de  Ion  régné  ,  ou  l’an  5724.  à  la  pnere  dû 
rc^c  delaSeptimanie  ou  Gothie  c.  Ce  prince,  Guillaume  fin  grand  marquis ,  en  faveur  d’Erifons 


K  F roJ.  ebr, 
S9Z* 


•  777» 


t  M*r<é 

frinr._ 


ainfi  oue  M.  de  Marca  lobfave,  poflèdoit  donc  évêque,  refidant  alors  à  Narbonne.  Onpourroit 
alors  k  duché  ou  marquât  de  Gothie.  inférer  de-là ,  que  c’eft  de  Guillaume  H.  duc  d’A- 

D  réûilte  de  ce  que  nous  venons  d’établir ,  que  ce  qui taine  dont  il  s’agit  dans  cette  charte ,  que  ce  duc 
marquifât  étoit  dans  la  maifon  des  comtes  de  Tou-  fucceda  par  confôqüent  dans  le  marquait  de  G o- 
loufè  du  moins  dès  Tan  9  2 1 .  Or  comme  Guillau-  thie  à  Guillaume  le  Pieiix  fon  oncle ,  &  qu’ainfi  ce 
me  U.  qui  hérita  du  duché  d’Aquitaine  &  du  comté  marquifât  ne  paffà  pas  immédiatement  de  ce  der¬ 


nier  dans  la  mailôn  des  comtes  de  Touloulè.  Mais 
il  eft  confiant  que  la  date  de  cette  charte  n’eft  pas 
jufte.  1  °.  Charles  le  Simple  ne  peut  l’avoir  donnée 
au  mois  de  juin  de  l’an  924.  puifoue  Raoul  fon 
compétiteur  le  tenoit  alors  en  prifon.  20.  Nous 


d’Auvergne ,  de  Guillaume  le  Pieux  fon  oncle  , 
vivoit  alors,  il  faut  qu’il  ne  lui  ait  pas  foccedé  dans 
le  marquifât  de  Gochieyôc  que  cette  dignité  ait  pâlie 
immédiatement  après  la  mort  du  même  Guillaume 
le  Pieux  dans  la  maifon  des  comtes  de  Touloulè. 

Ainfi  en  fixant  l’époque  de  cette  mort ,  nous  ap-  avons  déjà  montré  qu’en  924.  c  étoit  Raymond 
prenons  celle  de  l’union  du  marquifât  de  Gothie  Pons  qui  étoit  marquis  de  Gothie ,  &  non  pas 

au  domaine  des  comtes  de  Touloulè.  Guillaume.  3  Cette  charte  eft  datée  de  l’indiélion 

MJ.  u  VU.  Le  P.  Mabillon  d  cite  divers  nécrologcs,  foi-  vin.  qui  ne  peut  convenir  à  l’an  924.  4*.  Elle 

vant  Icfnuels  Guillaume  le  Pieux  mourut  le  6 .  de  eft  lignée  par  Hervé  archevêque  de  Reims ,  en 

Juillet:  il  prouve  d’ailleurs  par  la  foufeription  de  qualité  d’aichi-chancelier.Or  ce  prélat 111  n’occupoit 
ce  prince  a  la  charte  de  la  fondation  de  l’abbaye  plus  cette  dignité  au  mois  d’Avril  de  l’an  920.  Ce 
du  Bourg-Dieu  en  Bcrri ,  datée  du  2 .  du  mots  de  diplôme  eft  donc  antérieur  à  cette  derniere  année. 
Septembre ,  U  xx.  année  du  régné  de  Charles  le  Sim -  ôc  fâ  date  aura  été  altérée  par  les  copiftcs  qui  auront 

pie  en  Aquitaine,  ou  de  l’an  9 1 7.  qu’il  vivoit  encore  mis  anno  xxxn.  pour  xx//.  Il  paroir  en  effet  que 
alors.  Guillaume  ne  mourut  par  confèquent  au 
plutôt  que  le  6.  de  Juillet  de  l’année  foivante  ,  ôc 


m  MÀ’f.  *i 
an.9Zi*n.  4J. 


efl*.  je*,  non  comme  le  P.  Ange  la  avancé e,  au  mois  de  Juil- 
u.uf.tn!r  de  l’an  917.  Il  eft  vrai  que  M.  Baluze  f  a  fixé  la 


cette  charte  eft  d’environ  l’an  914.  qui  étoit  la 
vingt-deuxième  du  régne  de  Charles  le  Simple  ;  car 
nous  foavons  d’ailleurs  que  l’évêque Erifons ,  en  fa¬ 
veur  duquel  elle  fut  expédiée,  demetiroit  “alors 
tBâi-  mort  de  ce  prince  au  4.  du  mois  de  Juillet  de  l’an  dans  la  Gothie.  Il  eft  vrai  que  l’indiélion  vi  1 1.  ne 

*',2‘  917-  ou  de  l’an  919*  &  que  quelques  anciennes  fçauroit  convenir  non  plus  â  l’an  914.  mais  elle 

ioniques  g  la  mettent  fous  cette  derniere  année  :  peut  auffi  avoir  été  altérée  par  les  copiftes.  Ce  qu’il 

r-  ?j  j.  hmj.  mais  il  eft  beaucoup  plus  certain  que  Guillaume  le 
723;  mourut  le  6.  de  Juillet  de  l’an  9 1 8. 


nMarclHijf: 

f’  *4o. 


j a  de  vrai,  c’eft  que  ce  diplôme  eft  poftéricurà 


VIU.  On  peut  fçavoir  par-li  quel  fut  le  comte 
*  r'jit.ss.  Touloufo  qui  lui  focceda  dans  le  marquifât  de 
*«•/*. i.f.  Gothie.  Eudes  comte  de  cette  ville,  vivoit  encore 
h‘ fr  •  ,,  k  20*  h  du  mois  de  juin  de  la  même  année  :  cc- 

i/W. 


o  G-tl/.fhrîj fi 

to.  i.p.  7 xi. 

p  BeJJc  Narb. 
p.i09-&f«n; 


an  90  j.  puifqu’il  y  eft  fait  mention  de  Roger 
ftrchevêqve  de  Trêves ,  qui  ne  parvint  9  à  cetre  di¬ 
gnité  qu  après  cette  année. 

XI.  Un  moderne  p  croit  que  les  comtes  de  Tou- 
loufe  s’emparèrent  du  marquifât  de  Gothie  for  un 
pendant  comme  il  étoit  extrêmement  âgé,  qu’il  certain  Guadaillo,  prince  des  Goths,  qui  for  obligé, 

s  croit  démis  du  comté  >  de  TouloUfc  en  faveur  de  dit-il ,  de  fe  réfugier  dans  la  Marche  d’Efpagne , 
Raymond  fon  fils ,  ôc  qu’il  n’eft  pas  certain  qu’il  ait  Ôc  qu’il  fait  de  la  race  des  comtes  de  Barcelone  ôc 

forvécu  à  Guillaume  le  Pieux  :  fl  eft  plus  vraifem-  des  anciens  marquis  de  Gothie.  Cet  auteur  infi- 
blableque  le  même  Raymond  focceda  immédiate-  nue  que  le  prétendu  Guadaillo  donna  fa  fille  en 

ment  à  ce  dernier  dans  le  marquifâr  de  Gothie,  mariage  à  Borrel  comte  de  Barcelone,  ôc  que  les 
conjointement  avec  Ermengaud  fon  frere  puîné.  droits  que  les  comtes  de  cette  ville  prétendirent 
Il  eft  aflèz  difficile  de  décider ,  fi  Eudes  ou  fes  dans  la  foire  fur  le  Languedoc ,  venoienr  de  ce 
fils  foccederenr  a  Guillaume  le  Pieux  dans  le  mar-  mariage.  Mais  fans  nous  arrêter  â  réfoter  toutes 
quifât  de  Gothie ,  en  qualité  defès  proches  parents  ces  fables  &  les  vaines  conjeûures  for  lefquelles  il 
&  par  droit  de  fâng,  ou  s’ils  obtinrent  cette  dignité  les  appuie,  il  foffirde  remarquer  que  ce  Guadaillo 
du  roi  Charles  le  Simple ,  auquel  ils  furent  toujours  eft  un  prince  des  Gothsimaginaire-,  ôc  que  Diago^ 
frès-attachez.  Le  P.  Mabillon  prétend  prouver  lapa-  qui  lui  a  donné  cette  qualité ,  n’eft  fondé  que  for  c.  ji.  " 
renté  qu’il  y  avoit  entr’eux  par  le  teftament  du  la  foufeription  d’une  charte  où  on  lit  ces  mots r  i  r 
comte  Raymond  de  l’an  9 60.  qu’il  adonné  dans  S.  Guallus  pr inceps  Cocorum  ,  c’eft-â-dire,  prince  f  *°3‘ 
fâ  diplomatique ,  ôc  dans  lequel  ce  prince  fait  men-  des  cuifiniers  y grand-queux  ou  maître  d’hôtel  de 
tion  du  comte  Guillaume  fin  coufin  ;  ce  que  cet  au-  Borrel  comte  de  Barcelone  ,  &  non  pas  prtneeps 
teur  entend  de  Guillaume  IL  duc  d’Aquitaine ,  ôc  Gothorum ,  comme  fl  le  foppofe.- 
£*Yeu  de  Guillaume  le  Pieux  :  mais  nous  ferons 


13* 


NOTES  SUR.  L’HISTOIRE 


NOTE  VIII. 


laumc  qu'il  fait  comte  d’Arles  &  de  Touloufe ,  & 
Pons >  à  qui  il  prétend  que  ce  dernier  céda  le  comté 
de  Touloufe,  &  oui  fut  perc  de  Guillaume Tail- 
lefcr.  Ainfi  il  n’admet  qu’une  génération  entre  cc- 


*Md.j 

«»*•  9iQ. 
12. 


O  comtes  de  Touloufe  pendant  les  lui-ci  &  Raymond  Pons.  Il  a  été  fuivi  par  Guichc- 

IJC%  &  JC.  fiècles.  non  h  ,  &  en  dernier  lieu  par  le  P.  Ange  »  qui  s’é¬ 

carte  cependant  de  (on  fentiment  ,  en  ce  qu’au 
ï*  ^"Tp  Ous  les  auteurs  qui  ont  écrit  fur  là  géhéa*  lieu  de  Guillaume  comte  d’Arles  auc  le  Pere  Labbc 

X  logic  &  la  fucceffion  des  comtes  héreditai-  admet  pour  fils  aîné  de  Raymond  Pons ,  il  met  un 

tes  de  Touloufe ,  font  d'accord  fur  les  differens  dé-  Raymond  auquel  il  donne  le  nom  de  Raymond  IV. 

grez  de  génération  qui  fe  trouvent  depuis  Frcde-  qu’il  fait  comte  de  Touloufe  depuis  l’an  961.  jut 

Ion,invcfti  de  ce  comté  en  849.  par  le  roi  Charles  ques  vers  l’an  985.  &  qu’il  foûtient  être  mon  4ns 

le  Chauve ,  jufqu’à  Raymond  Pons  qui  vivoit  vers  cnfàns.  Enfin  le  P.  Mabillon  ,  fans  entrer  dans  ces 
le  milieu  du  X.  fiéde.  On  voit  en  effet  par  les  di-  difculfions,  a  avancé  k  que  Raymond  Pons  comte 
vers  monumens  qui  nous  reftent ,  que  Raymond  I.  de  Touloufe ,  fondateur  de  S.  Pons  de  Tomieres 
(ùcceda  à  (on  frere  Fredclon*,  que  Bernard  I.  fils  ne  mourut  qu’après  l’an  960.  qu’il  eut  un  fils  ap- 
de  celui-là  étant  mort  (ans  enfans ,  Eudes  fon  pellé  Raymond  &c. 

frere  lui  (ucceda  -,  &  qu’enfin  Raymond  II.  fils  d’Eu-  IV.  Une  fi  grande  diverfité  de  fentimens  fiir  la 

des ,  fut  pete  de  Raymond  Pons  qui  fonda  l’abbaye  généalogie  des  comtes  de  Touloufe  vient  en  pre- 
dc  fàint  Pons  de  Tomieres  en  9  5  6.  mier  lieu  de  la  difette  de  monumens  qui  s’expli- 

Lcs  mêmes  auteurs  conviennent  également  que  quent  clairement  là-defliis  *,  &  en  fécond  lieu  de  la 
Guillaume  Tailleferayeul  de  Raymond  de  S.  Gilles  reflèmblance  des  noms  ;  enfbrtc  quele  P.Labbe1, 
comte  de  Touloufe  ,  defeendoit  du  meme  Ray-  après  tous  les  foins  qu’il  s’eft  donnez  pour  fixer  cette  4l0‘ &  4,2t 
-mond  Pons  en  ligne  dircûe  ,  ce  qui  cft  appuie  lur  généalogie  ,  cft  obligé  d’avouer  qu’il  refie  encore 
des  preuves  inconteftables  :  mais  ils  font  fort  par-  beaucoup  de  vîntes  à  éclaircir, (3  meme  à  découvrir, 
ragez  fur  les  dégrez  de  génération  qui  fe  trouvent  (3  qutl  ne  compte  ce  épi  il  a  donne'  que  comme  un  le- 
entr’eux.  ger  crayon  >  (3  un  ouvrage  qui  n  a  encore  que  let 

IL  Nous  ne  parlerons  pas  ici  de  ceux  qui ,  avant  premiers  traits  du  pinceau  ,  en  attendant  que  quel- 
Catel ,  ont  écrit  fur  cette  matière  ,  parce  qu’ils  ne  que  perfonnep’us  intelligente  j  mette  la  dernieremain. 
nous  ont  donné  que  des  fables.  Catel  eft  le  pre-  Nous  allons  tacher  de  développer ,  s’il  eft  poffible^ 
mier  qui  a  commencé  à  débrouiller  cette  généalo-  une  matière  fi  obfeurc ,  fur  l’autorité  des  chartes  & 
gie  >  &  à  la  tirer  du  profond  chaos  où  elle  étoit  des  anciens  monumens  qui  nous  reftent. 
tcttehomr.  demeurée  enfevelie  jufqu’à  lui.  Il  admet  *  entre  V.  Raymond  IL  comte  de  Touloufe  mourut  vers 
f.9  *.*/#*.  Raymond  Pons  &  Guillaume  Taillcfer  deux  com-  la  fin  de  l’an  9  i  3  .ou  au  plûtard  au  commencement 

tes  de  Touloufe  qu’il  appelle  Raymond  III.  &  Pons  de  l’année  fuivante  ;  puifque  Raymond  Pons  fon 
n.Il  héfite  fur  la  filiation  du  premier  qu’il  fait  comte  fils  m,  fondateur  de  l’abbaye  de  S.  Pons  de  Tomie-  n  frf  rs* 
de  Touloufe  depuis  l’an  947.  jufqu’en  97  2.  mais  il  res  lui  avoit  fuccedé  en  914.  ainfi  qu’on  l'â  vu 
donne  l’autre ,  qu’il  fait  vivre  en  987*  pour  pere  dans  la  note  précédente, 
de  Guillaume  Taillefer*,  enfortc  qu’il  paroit  mettre  VI.  Quant  à  lapoftérité  de  ce  dernier  ,  &  au 
deux  générations  entre  Raymond  Pons  &  ce  der-  nom  de  fon  fuccefleur  immédiat  dans  le  comté  de 
Pnv.  nier  *,  en  quoi  il  a  été  fiiivl  par  Boucheb  &  par  Mar-  Touloufe ,  nous  avons  là-deflîis  le  témoignage  de 
ft.i.f.s $7.  cej^  ^  ajmcctent  ces  deux  générations  faasau-  Guillaume IV.  comtede  Touloufe&de  Raymond 
c  u  Va, u*  cune  difficulté.  La  Faille  c  prétend  au  contraire  qùe  de  S.  Gilles  fon  frere ,  qui  connoiflbient  fans  doute 
To  J'lf.'f  cUs  cclui  que  Catel  appelle  Raymond  III.  ctoit  certaine-  le  degré  de  leur  dcfecndancc.  Or  ces  deux  princes 
*nn*i.p.69-&  ment  tils  de  Raymond  Pons  fondateur  de  S.  Pons  appellent  nettement  Raymond  Pons,/*#r  bifajeul . 
fT»*+n.  de  Tomieresd:  mais  il  n’accordc  pas  que  Pons  n.fut  Le  premier  *  s’exprime  en  ces  termes  dans  une  0  j.  10  j. 
ix  faq-  fils  de  Raymond III.  &  ne  prenant  là-dcfTîis  aucune  charte  de  l’an  1080.  que  nous  avons  copiée  fur 
détermination  bien  certaine ,  il  fuppofe  feulement  l’original  qui  eft  au  tréfor  des  chartes  du  Roy  :  Ego 
que  le  même  Pons  TL  fut  pere  de  Guillaume  Tail-  Willelmus  To/ofanorum  c 3c.  cornes  (3  dnx ,  ex  rebus 

tMarcdBear.  leftr.M.  de  Marca c  qui  a  écrit  après  Catel  fur  la  fuite  à  Deo  omnipotent i  mtht  traditis . . .  monafterium  To- 
des  comtes  de  Touloufe,  admet  comme  lui  deux  merienfe  à  progemtonbus  mets ,  A  proavo  vtdeli- 
comtes  de  cette  ville,cntre  Raymond  Pons  &  Guil-  cet  meo  Poncio  Aquitanorum  duce ,  vel  principe  ma - 
laume  Taillefer  *,  fçavoir  Raymond  III.  qu’il  fait  vi-  gno ,  noftitur  a  pnmis  ad' fiais  f un datum  (3c .  &  en- 
vre  depuis  l’an  944.  jufqu’en  97  2.  &  Pons  II.  Enfin  fuite  oh  amorem  jam  diEh  proavi  mei  Poncii  ducit 

f  BefiîNart.  Beflè  t  ne  s’explique  pas  fur  le  nom  du  pere  de  (3c.  Raymond  de  S.  Gilles,  comte  de  Rouergue, 

f.103  Qumaume  Taillefer:  mais  comme  ildonncà  Ray-  dans  une  autre  charte0  de  l’an  1085.  s’énonce  de 

mond  Pons  fondateur  de  Saint  Pons  de  Tomieres,  la  maniéré  fuivante  :  Ego  Raymundut  Ruthenenfis 

un  fils  qu’il  appelle  Raymond  ,  qu’il  fait  celui-ci  cornes  ,  de  rebut  À  Deo  mihi  traduit. . .  monafle - 

comte  deTouloufe&  marquis  de  Gothie  depuis  l’an  rtum  Tomerienfe  quod  à  progemtoribut  mets  ,  À 

944.  jufqu’en  96  3-&  qu’il  lui  donne  PonsILcomre  proavo  videlicet  meo  Pontio  Aquitanorum  magno 

deTouloufc  pour  fils  v  il  s'enfuit ,  félon  cet  auteur,  duce  vel  principe  eft  à  pnnut  adifictit  fundatum  1 3c . 

que  Pons  II.  étoit  pere  de  Guillaume  Taillcfer.  ob  amorem  proavi  met  jam  dith  Pontii  ducis.  Et 
RL  II  paroît  donc  que  tous  les  auteurs  que  nous  plus  bas  :  (3  liber alitatem  qiu  A  proavo  meo  jam 
avons  citez  mettent  deux  dégrez  de  génération  en-  nominato  (3c . 

tre  Raymond  Pons  &  Guillaume  Taillefer.  Le  P.  Il  réfiiltc  de  ces  autoritez ,  que  Guillaume  IV* 
g  us.  t  ail.  Labbe  8  fuit  une  autre  route  :  il  prétend  que  Ray-  comte  de  Touloufe ,  &  Raymond  de  S.  Gilles  fon 
t  n.p.  442-  &  mond  Pons  fondateur  de  S.  Pons  de  Tomieres  fut  frere  étoient  arriérés  petits-fils  de  Raymond  Pons 
comte  de  Touloufe  depuis  l’an  912.  jufqu’en  962.  fondateur  de  l’abbaye  de  faint  Pons  de  Tomieres  : 
qu’il  eut  deux  fils  de  Berthe  (a  féconde  femme,  or  comme  il  eft  certain  que  ces  deux  freres  étoient 
veuve  de  Bofon  comte  de  Provence  *,  fçavoir  Guil-  fils  de  Pons  comte  de  Touloufe  &  d’Almodis  de  la 

Marche , 


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DE  LANGUEDOC. 


Marche  ,  &  que  ce  dernier  croit  fils  de  Guillaume 
Taillefer&  d’Emmc  de  Provence4,  il  s'enfuit  i  °. 
que  Raymond  Pons ,  fut  pere  du  meme  Taillcfer: 
1®.  que  les  prétendus  Raymond  III.  &  Pons  II.  que 
nos  géndalogiftes  fuppofènt  avoir  pofledc  le  comté 
'de  Touloufe  entre  ces  deux  princes  ,  &  qu’ils  met¬ 
tent  au  nombre  des  defeendans  de  l’un ,  «5c  des  at 
cendans  de  l’autre,  ne  font  appuiez  que  for  de  vai¬ 
nes  conjectures ,  &  qu’il  faut  les  retrancher  du  nom¬ 
bre  des  comtes  de  Touloufe.  Il  eft  furprenaut  que 
•  cssA  *mt.  Catel *  qui  a  eu  connoiflànce  de  la  charte  de  Ray- 
i  u  tnond  de  S. Gilles ,  dont  nous  venons  de  rapporter 
les  termes ,  n’ait  pas  fait  attention  au  mo tproaviu 
IW.  t*H.  qui  y  eft  employé ,  «5c  que  le  P.  Labbeb,  qui  cite 
*•  cclJc  du  comte  Guillaume  IV.  fon  frere  ,confo*rvce 
dans  le  trefor  des  chattes ,  n'ait  pas  vu  quelle  crân¬ 
es  h, fl.  che  toutes  les  difficultez.  Il  eft  vrai  que  le  P.  Ange  c 
fcmble  croire  que  ce  Pons  bifayeul  de  Raymond 
de  S.  Gilles ,  dont  il  eft  fait  mention  dans  ces  char¬ 
tes  ,  eft  differenr  du  fondateqr  de  S.  Pons  de  To- 
mieres  :  mais  le  contraire  y  eft  marqué  expreflé- 
ment.  Au  refte  on  ne  fçauroit  fuppofer  que  le  mot 
froavus  lignifie  ici  un  prcdécdlèur  pris  en  général  *, 
tar  outre  que  ce  terme  eft  répété  plufîeurs  fois  dans 
les  deux  chartes ,  cc  qui  en  détermine  le  Cens  a  la 
lignification  rigoureufe  du  mot  bifayeul  \  cette  fop- 
polition  ne  peut  avoir  lieu ,  à  moins  qu’il  n’y  ait  des 
jnonumens  certains  qui  dérruifont  la  filiation  que 
nous  venons  d’établir  :  or  bien  loin  qu’il  y  en  ait 
de  fèmblablcs  ,  nous  ne  trouvons  rien  non  feule¬ 
ment  qui  la  contredife,  mais  même  qui  ne  la  con¬ 
firme  :  c’cft  ce  qu’il  faut  tacher  de  faire  voir,  en 
parcourant  tous  les  titres  qui  nous  reftent  des  com¬ 
tes  de  Touloufe ,  depuis  Raymond  Pons  jufqu  a 
Guillaume  Taillcfer. 

VII.  Il  eft  fait  mention  de  Raymond  Pons  com- 
t  Pr./.«4.  me  vivant ,  dans  une  charte  d  de  l’ân  9 42.  Depuis 
cette  année  nous  ne  trouvons  aucun  a&c  qui  parle 
certainement  de  lui ,  comme  s’il  eût  été  encore  en 
vie  *,  fur  quoi  il  faut  remarquer ,  que  comme  il 
avoic  deux  noms ,  «5c  que  les  auteurs  de  les  chartes 
du  teins,  lui  donnent  tantôt  celui  de  Raymond  «5c 
7î-  tantôt  celui  de  Pons  qu’il  avoit  ajouté c  à  l’autre ,  il 
a  été  aifo  de  le  confondre  avec  un  autre  Raymond 
comte  de  Roucrguc  &  marquis  de  Gothic  fon  cou- 
fin  ,  dont  nous  parlerons  bientôt,  «5c  qui  vivoit  clans 
le  même  fiéclc.  Mais  il  faut  oblcrvcr  que  dans  tou- 
fn&f. u.  tes  les  f  chartes  que  nous  avons  de  lui ,  il  prend  a 
la  vérité  quelquefois  le  (lui  nom  de  Pons  :  mais 
qu’il  ne  fè  donne  jamais  celui  de  Raymond  fans  y 
ajouter  l’autre  :  Ej(o  Raymundus  qui  zd  Pontius.  Et 
8/- 75.  ailleurs  8:  Signum  Raymundi  ducts  Acyuitanorum  * 
cui  ahud  efl ,  nutu  Des ,  nomen  Pontit.  Cette  re¬ 
marque  dont  nous  ferons  ufàgc  dans  peu,  fait  voir, 
que  quoiejue  nous  ayons  diverfos  chaires  depuis 
l’an  941.  jufqucs  a  la  fin  du  X.  ficelé ,  où  il  cil  fait 
mention  d’un  comte  Raymond  ,  qui  parole  avoir 
dominé  for  laGothie  ou  fiir  les  autres  pays  du  do¬ 
maine  de  la  maifon  de  Touloufe  ;  on  ne  fçauroit  en 
Conclure  pourtant  que  cc  foit  plutôt  de  notre  Ray¬ 
mond  Pons  dont  il  y  foit  parlé, que  d’un  autre  comte 
Raymond  fon  coufin ,  qui  vivoit  certainement 
alors. 


Vm.  Il  eft  certain  que  le  même  Raymond  Pons 
^olt  dcla  morc  en  969.  comme  il  paroît  par  lacté  h 
de  ceffion  que  fit  la  meme  année  âleglifc  de  Nar¬ 
bonne  ,  Gausfrcd  abbé  de  S.  Pons  de  Tomiercs , 
du  confiai delà  comttjfe  Garfinde ,  d’une  vigne  &  de 
quelques  (àlincs  que  Pons  autrefois  comte  avoit 
données  à  cette  abbaye  :  J Otta  quondam  Pondus 
Tome  //. 


cornes  pYizdeJhnavit  ad  ipfum  locum.  Il  eft  parlé  aufli 
du  même  comte  Pons  fondateur  de  l’abbaye  de 
S. Pons  de  Tomieres,  comme  étant  déjà  décédé , 
dans  l’aétc 1  d’exécution  du  teftament  d'Aymeri  ar-  «  Pr .  p. 
ehevêque  de  Narbonne  daté  de  l’an  977 •  &  non  de 
l’an  937.  comme  Belle  k  l’a  avancé  *,  ce  qui  lui  a  fait  k  BefT.Varb'. 
dire  que  Raymond  Ponsétoit  déjà  mort  cette  der-  P'1**-10** 
niere  année  *,  il  eft  parlé  cn  effet  de  cc  comte  en  ces 
termes  :  Et  propter  remedium  anima  Ponctoni  co¬ 
mu  is  difitnEh . 

IX.  Raymond  Pons  avoit  déjà  époufo  Garfinde 

en  9  5  6 .  comme  il  paroi t  par  l’aéte  *  de  dotation  de  1  7 *• 

l’abbaye  de  S.  Pons  :  la  même  comteflè  foufcxivit 
en  940.  a  un  autre  aâc  “avec  le  comte  Pons  fon  mP’ 
mari.  On  vient  de  voir  qu’elle  lui  lurvécut ,  &  c’eft 
ce  qui  paroît  encore  par  deux  atftcs.  Dans  le  pre¬ 
mier  ,  qui  eft  une  donation  qu’elle  fit  à  l’abbaye  de 
S.  Pons  de  Tomiercs,  elle  s’exprime  cn  ces  termes  : 

E^o" domina  Garccndù comiujf 1  qua  fuiuxor  domini  n  p.u  s% 
foutu  comttü  Tolofani.  Cet  aéte  eft  daté  du  régne 
de  Lothaire ,  «5c  peut  fèrvir  a  fixer  la  date  du  teflâ- 
ment  de  la  même  comteflè,  dans  lequel 0  elle  fait  ££ IlC*  ^ 
divers  legs  pieux  pour  l’amc  de  Pons  fon  mari  in¬ 
humé  à  S.  Pons  de  Tomieres  :  Placuit  mih  Gar- 
finda  comitijfa ,  dit-elle,  pro  rem<dium  vin  met 
Pontii  (de.  Et  plus  bas  :  Et  meam  Ecclefïam  S .  Sal- 
vatorü  de  Sal.u  .. .  dono  Dîo(d  S.  Pontio  Tomerienfi 
ubt  vir  meus  rcqwefctt&c .  U  eft  vrai  qu’on  lit  dans 
l’édition  P  que  le  P.  Martenc  a  donnée  de  cet  aéte ,  4  JJ!* /TT* 
S.  Pontio  Callrenfi  :  mais  il  eft  évident  que  c’eft  une  ï 
foute,  &  qu’il  faut  lire  Tomerienfi  *  pu  ikjuc  l’abbaye 
de  Cadres  eft  nommée  deux  lignes  auparavant  fous 
le  nom  de  S.  Benoit  &  de  S.  Vincent,  «5c  qu’il  n’y 
a  point  d'autre  abbaye  du  nom  de  S.  Pons  dans  la 
Guicnne  &  le  Languedoc  que  celle  de  Tomieres. 

Il  eft  certain  qucces  deux  ades  font  de  la  même 
perfonne  «5c  a  peu-près  du  même  tems ,  c’eft-à-dirc 
environ  de  l’an  974.  comme  nous  le  verrons  plus 
bas  4,  pûilquedans  le  premier  elle  donne  le  château 
de  Ccffoion  â  l’abbaye  de  S.  Pons  de  Tomieres ,  à 
condition  qu’  A  de  laide  C5>  fis  fils  Lrmenyaud  ($ 

Ray  mon  i  en  jouiront  pendant  leur  vie ,  &  que  dans 
l’autre  elle  légué  le  même  châreau  à  Adélaïde , 
t ncomtejfcy  id  à  fies  fils  Ermenoaui  (d  Raymond* 

&  après  leur  mort  â  l’abbaye  de  S.  Pons  de  To- 
mieres.  Il  eft  fait  encore  mention  cn  97 1.  de  la 
même  H  comteflè  Garfinde  dans  l’adc  de  dotation  q  frP- li 
de  l'abbaye  de  Gaillac,  «5c  dans  quelques  autres  ti¬ 
tres  donc  nous  parlerons  ailleurs. 

X.  Il  s’enfuit  de  ce  que  nous  venons  d’établir, 

I  qu’on  n’a  aucune  predve  que  Raymond  Pons 
comte  de  Touloufe  ait  vécu  apres  l’an  9  5  o.  2  °.que 
Garfinde  fà  femme  lui  forvécût  certainement. Nous 
apprenons  d'ailleurs  que  Guillaume  Taillcfer  fort 
fils  lui  avoir  déjà  fuccedc  dès  l’an  96 1.  Nous  trou¬ 
vons  la  preuve  de  ce  dcïriicr  foit  dtns  le  teftament 
du  comte  Raymond  que  le  P.  Mabillon  a  fait r  im- 

primer  dans  (i  dij»lomatique ,  qu’il  date  environ  de  pr.p.\o?.  & 
l’an  960.  de  qu’il  attribue  au  même  Raymond  fifb 
Pons  fondateur  de  S.  Pons  de  Tomieres  *,  mais  qui 
appartient  â  un  autre  Raymond  *  c’eft  ce  que  nous 
croyons  pouvoir  démontrer. 

XI.  Avant  que  de  nous  engager  dans  cette  dit 
cuftïon ,  il  eft  important  de  fixer  >  autant  qu’il  nous 
fora  poflible ,  1  époque  de  cc  teftament  qui  eft  fans 
date. 

II  eft  certain  d’abord  que  cet  acte  eft  antérieur  i 
l’an  969.  puisqu’il  y  eft  fait  mention  de  Raynald 
v:comtc  de  Bcz.icrsi>  comme  vivant ,  de  que  ce  *  Pr.p.  10»; 
vicomte  étoit  déjà  mort  au  mois  d’Oétobrc c  de  t  p.  u9. 

Y  y  y  la 


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55*  NOTES  SUR.  L’HISTOIRE 

GENEALOGIE  DE  LA  MAISON  DE  TOVLOVSE. 


|  Üdalgarde  fcm- 
ï.  I  me  de  Bernard  , 
Fredei#nJ  feigneurenRouer- 
d’aboid  comte  •  guc,vivoit  en  878. 
<lc  Rouergue  , 


V. 

Raymond  11. 
comte  d’Albi  8c  de 
Nifmcs,  du  vivant 
de  (on  pere  ,  8c 
enfuite  comte  de 
Touloufc.  Il  pof- 
feda  le  marquifat 


8ccniuitc  com¬ 
te  deToulou-  - 
fc  depuis  l'an  \ 
845-  époufa 
Ode  :  il  prit  le 
titre  de  duc,  8c 
mourut  vers 
an  85t. 


ïulguald 
ou  Fulcoald 
tromte  de 
Rouergue  , 
8c  commif- 
fairc  dans  la« 
Scptimanic 
en  836.  é- 
pou  fa  Se  ne- 
go  ndc. 


II. 

Raymond  I. 
comte  de 
Querci  »  avoit 
déjà  fucccdc 
en  851.  à  Ton 


lu. 

Bl  R  N  A  R  D  III. 
comte  de  Toulou¬ 
fc  ,  de  Querci  8c 
de  Rouergue ,  de¬ 
puis  l’an  86  J  .mort 
fanscnfanscn87î . 
fc  qualifia  duc  , 
marquis  8c  comte. 


IV. 

Eudes  comte 
de  Touloufc  ,  de 

Rouergue  8c  de  J 

“an  ) 


8c  d’Albigcois  par 
indivis  avec  ion 
frère  depuis  l’an 
9}9-  époufa  L u- 
dinildc ,  8c  mourut 
vers  le  commen¬ 
cement  de  l'an 


VI. 

Raymond  III. 
furnomme  Pons, 


VIL 

Guillaume  III. 
furnomme  Taille- 
fer  ,  né  vers  l’an< 
945.  Comte  de1 
Touloufc  .d'Albi- 


.  îouiouie.d  Albi- 
comte  de  Tou-^  geois,  de  Querci , 


loufc ,  grand  duc 
d'Aquitaine  .mar¬ 
quis  de  Gothie  , 
comte  de  Querci , 


de  Gothie  ‘  lesJ  d’Albigcois  8c  de 
comtcz  de  Querci»  *  Nifmcs  8cc.  depuis 


an  91 4.  époufa 
Garfinde  qui  lui 
furvccuc  :  il  mou¬ 
rut  vers  l'an  950. 


8c  en  partie  de 
Nifmcs  ,  épou(a 
i*.  Arlindc  d'An¬ 
jou.  Emme  de 
Provence  comtef- 
(c  d'une  partie 
de  cette  province: 
il  moarut  vers  Tan 
1037. 

Pons  comte  d'Al- 

bi  cif  >84.  &  987. 
époufa  N.  8c  mou¬ 
rut  fans  enfans. 


Raymonde  fem¬ 
me  d' Aton  vicom- 
Jc  de  Soûle. 

jf  RaymondI.com- 
tc  de  Rouergue.  Il  r 
fut aullî par  indivis  I  Raymond  II. 
duc  ou  prince  d' A-  J  comte  de  Rouer¬ 
gue  ,  marquis  de 

■l  GoAie/a.  depui.  u  « 
lan  961.  lufçiucs  de  Ro^ 
vers  1  an  1008.  c-< 
poufaRichardc  qui 
vivoic  encore  en 
1061. 


Ermcngâud  com¬ 
te  de  Rouergue , 
Querci  depuis  l'an  J  &  vraifcniblablc- 
875-  marquis  de  1  ment  de  Gevau- 
Gothic  depuis  Van  1  dan  i  marquis  de 
918-  époufa  Gar-  l  Gothie,  comte  de 
finde»  vraifcmbla-  \  Querci  ,  d'Albi-  J 


Huitaine ,  marquis 
c  Gothie  8c  com¬ 
te  de  Querci  8c 
d’Albigcois  depuis 
environ  l'an  940. 
cpoulkcn947-Bcr- 
the  ,  nièce  d'Hu¬ 
gues  ,  roi  d'Italie: 
il  tefia  8c  mourut 
Vers  le  commen¬ 
cement  de  l'an 
96  u 


l.Lit. 

Raymond  8cHen- 
ri  morts  jeunes  8c 
fans  enfans.- 

Confiance  fécon¬ 
de  femme  de  Ro¬ 
bert  roi  de  France* 
Ermengarde  fem¬ 
me  de  Robeu  com¬ 
te  d’Auvergne. 

x.Lit. 

VIII. 

Pons  comte 
de  Touloufc  ,  de 
Querci  8c  d’Albi¬ 
gcois  ,  8c  en  par¬ 
tie  de  Nifmes  ou 
de  S.  Gilles ,  épou¬ 
fa  i°.  Majore  de 
Foix  :  i*.  Almodis 
de  la  Marche  :  8c 
mourut  en  1060. 

Bertrand  comte 
ou  marquis  de 
Provence,  Cpoufa 
N. 

Emme  époufa 
Othon-  Raymond 
feigneur  de  Lille- 
Jourdain. 


comte 
,mar- 

3uis  dcGothicScc. 

epuis  environ 
l'an  1008.  époufa 
Foy  :  mon  veti 
l'an  1054* 


Hugues  comte 
en  974.  8c  1004. 
Pons. 


Ermengaud. 


Plufieurs 

naturels. 


enfant 


K 


blcmcnt  Hile  8c  hé- 
_  w  _ _  riticrc  d’Ermen- 

frere  dansïeX  £aud  £omtc  d'Al' 
comte*  de  S  bi:  il  mourut  fort 
Touloufc  &dc  âgé  vers  Tan»!  ?.* 
Rouergue  :  il  prit  le  titre  de  duc, 
époufa  Berthe,  |  mar<luls  &  comte 
c  qualifia  duc, 

8c  mourut  en 


1? 


geois  8cc.  par  in 
divis  avec  l'on  frè¬ 
re  depuis  l'an  919. 
époufa  Adélaïde  : 
mort  après  l'an 
9} 6-  8c  ayant  l’an 
940. 


Us. 


Fulguald. 


Arbert,  furnom- 
mé Benoit,  moine 
8c  enfuite  abbé  de 
Vabres. 


N.  promife  en 
mariage  en  860. 
à  Eftienne  comte 
d'Auvergne. 


Hugues  comte 
en  partie  de  Quer¬ 
ci  depuis  environ^ 
l’an  940.  jufqucs  j 
vers  l'an  950.  c-  I 
poufa  Gudinildc.  I 

Autres  mâles.  » 


Raymond  comte 
vivoic  en  961.  8c 

974. 


Hugues  vrai  fent- 
blablemcnt  tige 
des  vicomtes  de 
Comborn  dans  le 
bas  Limoufin8c  le 
Querci. 


V 


Ç  Bertrand  comte 
Efiienne  I.  comte  ï  Gevaudan  en 

de  Gevaudan  »  é- \  97 î •  8c  9 95  •  avec 


poufa  Adélaïde 
d'Anjou 


fon  frere  Pons. 

Pons  comte  de  f  Efiiennetl.com- 
Gevaudanen  975.  te  de  Gevaudan  en 
8c  10 10.  époufa  J  103  f. 

Tetherge  conucf- J 
fc  de  Forez.  I 

Guillaume.  V  P°nS* 

Philippe  femme 
de  Guillaume  V. 

Leonued’ Auvergne. 


1  te» 

C  JC  & 

Toutou 
bips 
a.  Ce  L 
Ftfÿfi 

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ÜMOC  l 
flc.qua 
preaoic 
çoJk  1 
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DE  LANGUEDOC. 


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f  IX. 

Guillaume  IV. 
duc  &  comte  de 
Touloufc  ,  d’Al 
bigeois ,  deQuer- 
ci,  de  Lodève,  de 
Périgord,  d'Age-J 
nois  ,  de  Carcaf- j 
Tonne  &  d’Afta- 
rac,qualitez  qu’il 
prenoic  en  iogo. 
cpou(âi‘. Mathil¬ 
de,  i®.  Agnes  de 
Moriaing:  il  mou¬ 
rut  vers  l’an  io?j. 

X. 

Raymond  IV. 
rurnoinmc  de  S. 
Gilles,  fut  d'abord 
comte  ou  marquis 
de  Provence, com¬ 
te  de  Rouergue 
Gevaudan  ,  Nif- 
mes ,  Agdc  ,  Bé¬ 
ziers  ,  Narbonne 
Sec.  fucccda  à  Ton 
frere,&  fur  le  pre¬ 
mier  qui  fc  quali¬ 
fia  duc  deNarbon- 
oc.mârquisdcPro  < 
A  J  vcnce&  comte  de 
J  Touloufc,  époula 
Ie.  N.  de  Proven¬ 
ce:!0.  Mahaut  de 
Sicile  :  j°.  El  vire 
deCaftiile:  more 
en  uoj. 


Hugues. 


Almodis  époufa 
Raymond  comte 
de  Mclgucil. 


”  !  .Li*. 

Pons  8c  un  aurrt 
mâle,  morts  jeu* 
ncs. 

i.  Lit. 

Philippe  epoufa 
i°.  Sanche-Rami* 
re  roi  d’Aragon  : 
i°.en  îo^.Guil- 
laumc  IX.ducd'À. 

Aquitaine. 

î.  Lit. 

XI. 

Bertrand  comte 
de  Touloufc  ,duc 
de  Narbonne  8c 
marquis  de  Pro¬ 
vence,  &  enfuitc 
comte  de  Tripoli , 
epoufa  i°.  une 
nicce  de  Mathilde 
marquife  de  Tof- 
canc  :zQ.en  109 S* 
Eleâe  de  Bour¬ 
gogne  :  mort  en 
il  xx. 


539 


f 


Raymond  II.  comte 
de  Tripoli ,  régeut  du 
royaume  de  Jerufa- 
lem  ,  épou(a  E’chivc 


Pons  comte  de  i  voifiemc  fille  de 
Tripoli  mort  en  J  Baudouin  ILroi  de 
1 1  j  7-  époufa  Ce- 


Rày/nond  ï.com- 

re  de  Tripoli ,  é-  \  dame  de  Tibériade  c 
pou  fa  Hodierne  A  mort  fans  enfans  en 


cilc  fille  naturelle 
de  Philippe  l.  roi 
-  dcFiancc.Sc  veuve 
X  de  Tancrcdc  prin¬ 
ce  d’Antioche. 


Jerufalem,  8c  mou¬ 
rut  en  n^i. 


Philippe. 


H87- 

Meli (Tende  accordée 
à  Manuel  Comnene 
empereur  de  G.  P. 


y  Lit. 

N.  mort  en  la 
Terre-fainte. 

XII. 

Alfonse  -  Jour- 

dAIn  duc  de  Nar-^  roj  de 

mourut 


XIII. 


XIV. 


f  x.  Lit. 

J  Clémence  ou  Con- 
Raymond  VI.  j  fiance  époufa  i°.  San- 
dit  le  vieux ,  dueNche  VIH.  roi  de  Naval  - 
deNar bonne, mar- /re  :  1®.  Pierre  -  Ber- 


quis  de  Provence, 
comte  de  Toulou- 
fe,  époufa  iw.  Er- 
meffinde  de  Pclct  : 
z Beatrix  de  Bé¬ 
ziers  :  j°.  Bour- 
guignede  Chypre. 


Raymond  V.duc-j  J^nne  d’An- 
dcNarbonne.mar-  J  ?'!“['[ 
quis  de  Provence 


bonne  ,  marquis 
de  Provence  & 
comte  de  Toulou- 
fe  ,  né  en  1105. 
éponfa  Faydidc 
d’U fez  :  mort  en 
1148. 


f  N.  héritière  du 
|  marquifat  de  Pro- 
P  J  vence,épou(aRay- 
>  mond  de  S.  Gil- 
|  les  Ton  couhn  ger- 
^main. 


f  Berthe 
|dc 


comtcffc 


Rouergue  » 
marquife  de  Go- 
thie&c.  femme  en 
ioji.  de  Robert 
II.  comte  d’Au- 
vergne.mortc  fans 
enfans  vers  l’an 
ioéj. 


&  conue  de  Tou- 
loufe  ,  époufa  en 
1154.  Confiance 
fille  de  Louis  VI. 

France  : 
en  2194. 


Alfonfe  mort 
faus  poilcricc. 


Faydidc  epoufa 
HumbcrtIIl.com- 
te  de  Maurienne 
&  de  Savoye. 


N.  mort  jeune. 


Enfans  naturels. 


Muet 

uoj. 


mort  en 


Bertrand. 


N.  époufa  Nora- 
\jiin  prince  d  Alep. 


nor 


d’Aragon 
mort  en  uu. 


AlbericTaillcfcr 
époula  Beatrix  hc- 
riricrc  de  Daufi- 
né ,  more  fans  en¬ 
fans  en  xi8j. 


Baudouin  mort 
en  1111. 


Alix  femme  de 
Roger  vicomte  de 
Beziers, morte  en 
1153. 


Laurence  époufa 
Odon  -  Bernard  , 
comte  de  Com- 
minges. 


T  serre -Raymond 
fis  naturel . 


nard  de  Sauve  feigneur 
d’Andufe. 

Indic  epoufa  i°.Guil- 
laberc  de  Lautrcc  :  1®. 
Bernard -Jourdain  fei¬ 
gneur  de  Lille, 

4.  Lit. 

XV. 

Raymond  VII.  dit  U 


l  .Lit. 


XVI, 


J'une,  duc  de  Nar-  Jeanne  comtelTede 
bonne,  marquis  del’ro-<  Touloulb,  &  marquife 


vcnce  &  comte  deT ou- 
loufe,  céda  en  11*8. 
au  roi  S  Louis  le  duché 
de  Nat  bonne  ,  8c  une 
partie  de  fes  autres 
ctats ,  &  ne  prit  plus 
depuis  que  le  titre  de 
comte  de  Touloufc  8c 
de  marquis  de  Proven¬ 
ce  i  époula  1  °.  Sanche 
d’Aragon  :  1*. Margue¬ 
rite  de  Lufignan  :niort 
en  11+9- 

Guillcmcrtc  époufa 
Barrai  de  Baux  prince 
d’Orange. 

r 

Enfans  naturels. 

Bertrand  vicomte  de 
Br  unique  f  de  Monclar 
&  de  Salvagnoc  en 
guerciy  époufa  Com - 
tore  fie  de  Rabafiens  : 
mourut  vers  l'an  1147. 
Reginald fon  arricre-pe - 
lit-fils  ,  époufa  Br  aide 
de  Gouth  ,  dont  il  eut 
une  fille  appellée  Ber¬ 
trande  femme  de  Pierre 
Trofelle.  Celui-ci  eut  de 
Bertrande  une  fille  nom¬ 
mée  Ifabelle ,  qui  époufa 
en  x  j  5  o.  Raymond- 
Roger  de  Comminges  • 
vicomte  de  Conférant , 
apporta  la  vicomté 
de  Bruniquel  dans  fa 
truifon. 

N.  femme  d'Hugues 
d‘ Alfier  ,  Jénéchal  de 
\Touloufe. 


rquife 
de  Provence  ,  née  en 
1110.  époufa  Alfonfe 
frété  de  laint  Louis,  8c 
mourut  (ans  enfans  en 
1171. 


1 


la  meme  année.  En  fécond  lieu  il  n’y  a  pas  fujet  de 
douter  que  Berthe,  dont  il  y  eft  parlé  fi  /ouvrit ,  ne 
fut  lepoufe  du  teftaceur,  ainfi que  le  P.  Mabillon 
&  nos  meilleurs  critiques  en  conviennent,  quoique 
cela  ne  /oit  pas  marque  en  fermes  exprès.  En  effet  le 
comte  Raymond  y  parle  fou  vent  de  fon  fils  Ray- 
,  &  il  légué  divers  domaines  très-con/îdc- 
1  râbles  à  la  même  Berthe a  d  d  fon  fis  Raymond. 

Tome  JI. 


On  peut  appuicr  cetre  preuve  fur  une  l>  donation  b 
que  la  comtcflè  Berthe  fit  le  16.  de  Février  de  l’an 
9  60.  à  l’abbaye  de  Montmajour ,  où  elle  s’exprime 
de  la  maniéré  fui  vante:  £go  Re  ta  comittfft  coptto 
de  anima  mea  fentoris  met  Raymundi  de.  car  le 
terme  femor  lignifie  en  cet  endroit  la  mêmechofe 
que  mari  :  ce  qu’on  pourroit  confirmer  par  un 
grand  nombre  d  exemples. 


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.540  NOTES  SUR 

Cette  dernière  charte  prouve  donc  que  le  comte 
Raymond  mari  de  Berthc  vivoit  encore  au  mois 
d’ Avril  de  l’an  960.  niais  il  parole  qu’il  ctoit  mort 
au  mois  de  Septembre  de  l’année  fuivantc  ,  par  une 
donation  4  que  firent  alors  à  la  cathédrale  de  Nifi- 
mes  cette  comteHè  &  Ion  fils  Raymond  ,  de  deux 
allcus  lituez  dans  le  comté  de  cette  ville*,  ainli  le 
comte  Raymond  mari  de  Berthc  aura  fait  fon  tefta* 
ment  dans  cet  intervalle. 

XI 1.  Il  eft  frit  mention  dans  le  meme  teftament 
de  trois  évêques ,  Dcufdcdit ,  Frotaire  &  Bernard*, 
mais  leur  liege  neftpas  marque  :  ce  qui  aurait  pu 
fervir  à  confirmer  l’époque  de. cet  adte.  Le  pere 
b  Mabillon  b  conjecture  que  le  premier  étoit  évêque 

de  Rodez ,  le  fécond  d’Albi  ,&  le  rroilicme  de  Ca- 
hors  *,  &  fon  fcntiinent  a  été  luivi  par  le  pere  de 
c<;.t u-chrift.  Sainte  Marthe  c.  11  n’y  a  aucune  difficulté  pour  le 

fiev.td.it.  i.p.  *  ,  , 

9-p  i.j.  eJ.  preiyucr  *,  c^r  outre  que  les  allcus  que  le  comte 

*  ir.t.xo-j.fr  Raymond  lui  donna,4  étoient  lituez  dans  le  Roucr- 

gue,  &  qu’il  les  fubflitua  à  la  cathédrale  de  Ro¬ 
dez,  &  aux  autres  églilcs  du  pais,  nous  trouvons 

*  euu.chrfl.  d’ailleurs  e  que  Dcul’dedit  ctoit  évêque  de  cette 

’  ville  après  le  milieu  du  X.  ficcie,  &  rien  n’empe- 

chc  qu’il  n’occupât  ce  (iege  en  96 1. Pour  ce  qui  eft 
des  deux  autres,  nous  croyons  que  Frotaire  ctoit 
évêque  de  Cahors,  &  Bernard  d’Albi  :  voici  nos 
rai  Ions. 

Il  paroît  d’abord  par  le  teftament  que  l’un  de 
ces  deux  prélats  étoit  évêque  de  Cahors  &  l’autre 
d’Albi  >  mais  il  n’y  a  rien  dans  cct  aéte  qui  prouve 
que  Bernard  occupoit  le  premier  de  ccsdeux  fieges 
plutôt  que  le  fécond ,  ainli  il  faut  recourir  à  d’au¬ 
tres  preuves.  Nous  en  avons  qui  ne  permettent 
pas  de  douter  qu’en  <)(>  1  .Frotaire  ne  fût  évêque  de 
Cahors ,  &  Bernard  évêque  d’Albi.  U  cft  fait  men¬ 
tion  dans  un  adte  des  archives  de  la  cathédrale  de 
cettc  dcrnicre  ville  f,  d’un  Bernard  évêque  &  abbé 
de  faint  Eugène  dcVioux  dans  le  diocèfc  >  qui  vi- 
voit  au  mois  dcjanvicr  ou  de  la  AT7’,  année  du  roi 
Z,0////d’Outrcmcr  ou  de  l’an  9  5 1  .Ce  Bernard  étoit 
évêque  d’Albi,  puilqu’au  X.  liecle,  &  long-tcms 
après,  les  évêques  de  cette  ville  avoient  l’admini- 
ftration  sde  lcglife  de  Vioux  ,  &  que  nous  trou¬ 
vons  un  Bernard  évêque  d Allsi  en  963.  964*  & 
967.  Ce  prélat  aura  donc  liegé  depuis  l’an  951. 
j u (qu’en  967.  &  dans  le  tems  du  teftament  du 
comte  Raymond  -,  car  quoiqu’on  fçache  qu’il  y  a- 
voit  un  eveque  d’Albi  appelle  Frotaire  au  X.  fieclc, 
on  n’a  aucune  preuve  que  ce  dernier  ait  ficgc  avant 
l’an  972. 

h  biJ.f.i  s.  Quant  à  l’évêque  de  Cahors  ,  on  convient  h 
qu’un  Frotaire  occupoit  le  liege  épilcopal  de  cette 
ville  en  968  -  &  on  en  a  apporté  des  preuves  :  mais 
il  n’y  en  a  aucune  que  ce  prélat  ait  eu  pour  préde- 
celîèurs  immédiats  Etienne  en  964.  &  Bernard  en 
960.  comme  on  le  prétend  *,car  i°.on  ne  donne 
d’autre  preuve  de  celui-ci  que  le  teftament  du  com¬ 
te  Raymond  que  nous  examinons*,  &  c’eft  ce  qui 
cft  en  queftion.  i*.  Quant  à  Etienne,  il  cft  vrai 
qu’il  eft  dit  dans  une  ancienne  chronique  de  Fi- 
t  Snir.\'  mifa  geac,  que  Calfton  4  abbé  de  ce  monaftere  fonda 
it.i  f^mo.  cç|uj  cjc  pon$  cn  Q^iercif  CJU  rcms  j"  pape  Benoit  > 

Ç?  d'Etienne  évêque  de  Cahors ,  &  qu'il  fut  beni  par 
ce  pape  *,  mais  il  ne  s’enfuit  pas  de  là ,  comme  on 
le  (iippofc,  qu’il  s’agi  (le  ici  du  pape  Benoît  V. 
mort  en  965.  Il  cft  évident  au  contraire  que  Fau¬ 
teur  de  la  chronique  a  voulu  parler  de  Benoît 
VI.  élu  en  971.  car  outre  que  Calfton  ne  mourut 
ic.M  ( hnjt .  qU’cnk  9 74.  on  n’a  d’ailleurs  aucune  preuve  qu’il 
*  l'u.Zî'.X'  ait  été  abbé  levant  l’an  972.  Il  eft  dit  1  feulement 


L’HISTOIRE 

dans  ce  qu’on  rapporte  de  lui,  qu'il  engagea  Ray¬ 
mond  abbé  d’Aurillac  cn  Auvergne  >  d’écrire  un 
livre  de  chant  conformément  au  rit  Romain.  Or 
Gerald  m  prédecellèur  immédiat  de  Raymond, 
étoit  encore  abbé  d’Aurillac  en  972.  Etienne  évê¬ 
que  de  Cahors  n’a  donc  occupé  cct  évêché  qu’a- 
près  l’an  968*  &  il  aura  fuccedé  immédiatement 
à  Frotaire  qui  aura  liegé  cn  9  G 1 .  dans  le  tems  du 
teftament  du  comte  Raymond. 

XIII.  On  pourroit  objecter  le  témoignage  de 
Dominici  qui  prétend  qu’un  feigneur  nommé 
Rainulfe  &  Calfton  abbé  de  Figeac  fondèrent  en 
959.  le  monaftere  de  Fons  ou  de  A rtellts  en  v.  'h. 
Qucrci ,  duconfeil  d  Etienne  évêque  de  Cahors.  Cct  10  J 
auteur  le  fonde  i°.  fur  une  bulle  par  laquelle  le 
pape  Benoît  confirme  une  fondation  qui  cft  ainli 
datée  :  Datum  apud  monaftenum  SS.  Cofma  cÿ  Da- 
muni ,  die  notait  cor  Mm  de  m ,  an  ho  ab  incarnation 
De  min  ica  DCCCC.  L  l'UIL  tndiélione  IL  i°.  Sur 
une  charte  du  même  Rainulfe  'datée  du  règne  du 
roi  Lothaire.  Mais  Dominici  n’a  pas  pris  garde 
qu’en  9  5  9.  c’étoic  Iç  pape  Jean XII.  qui  liegeoit  à 
Rome,  fie  non  pas  Benoit:  ainli  fuppofé  que  ce 
foit  un  pape  de  ce  dernier  nom  qui  ait  confirmé 
cette  fondation,  ce  fera  Benoît  VI.  qui  liegeoit  cn 
974.  en  effet  l’indiétion  II. convient  à  cette  année. 

Quant  à  la  charte  de  Rainulfe  ,  elle  ne  prouve 
rien,  puifque  Lothaire  regnoit  egalement  cn  974. 
comme  en  959.  La  fondation  du  prieuré  de  Fons 
en  Qucrci  eft  donc  de  l’an  972*  Nous  n’y  avions  • 
pas  fait  allez  d’attention  lorlque  nous  l’avons  pla¬ 
cée  versl’an  960.  dans  nos  preuves  &quedans  ©L*-x/r; 
le  corps  de  l’ouvrage  nous  avons  fuppofé  que  le  -*64*,u 
comte  Raymond  dont  il  y  eft  fait  mention ,  eft 
Raymond  I.  du  nom  comte  de  Roucrguc,  au  lieu 
cpicce  doit  être  Raymond  IL  fon  fuccellcur. 

XIV.  Après  avoir  fixé  la  date  du  teftament  du 
comte  Raymond  ,  il  nous  refte  à  examiner  fi  ce 
comte  eft  le  même  que  Raymond-Pons  comte  de 
Touloufc,  comme  le  pere  Mabillon  ,  &  tous  les 
modernes  qui  ont  écrit  après  lui ,  entraînez  par  fon 
autorité,  l’ont  cru  jufqu’ici. 

i  °.  Le  tcftatcur  ne  prend  dans  cct  adtc  ?  que  la  f 
fimplc  qualité  de  comte  :  Breve  codtcilio  quoi 
feett  Rajmundus  cernes  pro  remcdium  anima  fua. 

Il  cft  vrai  qu’il  cft  ailé  de  comprendre  par  les 
differentes  diipolîtions  qu’il  lait  de  (es  terres ,  qu’il 
dominoir  liir  la  Septimanic,  fur  le  Rouerguc,  le 
Qucrci,  l’Albigeois,  &  les  autres  païs  pofledez 
par  la  mailon  de  Touloufo;  ruais  cela  prouve  feule¬ 
ment  qu’il  étoit  de  cette  mailon,  &  non  pas  préci- 
fément  comte  de  cette  ville,  &  le  même  que  Ray¬ 
mond*  Pons. 

2°.Nousavonsdéjavû  queGarfinde  femme  de  cc 
dernier  lui  furvecut ,  &  quclleeut  l’adminiftration 
de  fes  domaincs,tandis  que  d’un  autre  côté  la  femme 
du  comte  Raymond, qui  fit  le  teftament  dont  nous 
parlons,  s’appelloit  Bcrthe,  qu’elle  lui  for  vécut  au  (II, 

&  qu’apres  la  mort  de  ce  prince  elle  gouverna  fes 
états  cn  qualité  de  tutrice  de  fon  fils.  Raymond- 
Pons  mari  de  Garfinde,  &  Raymond  mari  de  Ber¬ 
thc  (ont  donc  difterens. 

3°.  Nous  avons  obfcrvé  que  parmi  ptufieurs 
chartes#&  foulcriptions  qui  nous  relient  de  Ray¬ 
mond-Pons  ,  on  n’en  trouve  aucune  où  il  ait  pris 
le  feul  nom  de  Raymond.  Seroit  -  il  vraifembla- 
bic  que  dans  Pacte  le  plus  important  de  fa  vie,  il 
eut  dérogé  à  cet  uügc  ? 

On  a  fair  voir  que  Guillaume  Taillefec 
comte  de  Touloufc,  ctoit  fils  de  Raymond-Pons. 


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î)£  LANGUEDOC,  |4* 

Si  le  eertafeiir  eût  été  le  même  que  ce  dernier,  Raymond-Pons  corme  de  Toulouse.  Ce  rriarqui- 
fUiroit-ii  oublié  uniquement  de  dire  un  mot  de  fat  commun  Sc  indivis  entre  ces  deux  princes  eft 
fcn.aîné,  tandis  qu’il  parle  piulicurs  fois  de  fes  d’abord  une  marque  certaine  de  leur  parenté. Ceft 
(Sis Raymond  &  Hugues,  de  (es  bâtards ,  &d’uû  auflï  ce  que  Catcl  e,  &  nos  meilleurs  critiques  fcrWr#**-. 
grand  nombre  de  les  vallaux  qui  dévoient  lui  être  après  lui  ont  reconnu,  &  dont  nous  avons  divers  *'*£%£* 
<ans  doute  beaucoup  plus  indifférais  ï  les  preuves  que  nous  déduirons  dans  h  fu ite.  M.  . 

5  p.  Le  teftateur  comble  de  biens  les  cglilcs  de  de  Marca  f prétend  que  Raymond  &  Ermengaud 
Rouergue,  deQuerci  &d*Albigeois  :  il  les  nom-  éroientl’un  le  pere,&  l’autre  le  fils-,  il  ajoute  que 
inc  en  piulicurs  endroits ,  &  ne  parle  qu’une  foi  s  Raymond-Pons  leur  fucceda  par  droit  de  (àng 
de /abbaye  de  S.  Pons  de  Tomieres,  à  laquelle  il  ne  mais  fi  cet  il luftre  auteur  avoir  eu  connoiflance  fM*rc*tbii. 
donne  que  la moitié  d'un  alleu.Si  c’eût  etc  Raymond-  de  Pacte  de  fan  924.  «  par  lequel  il  eft  prouvé  çPr.p.ci*& 
Pons  fondateur  de  ce  monafterc  ,  n’en  auroit-il  manifeftement  que  Ray  mond-Pons  étoit  déjà  alors  ^ 
dit  qu’un  fèul  mot  en  palïànr,  &  ne  lui  auroit-il  marquis  de  Gothie,  il  (croit  convcnulans  doute 
pas  donné  de  plus  grandes  marques  de  là  libéra-  que  ce  dernier  eft  le  même  que  Raymond  marquis 
lire,  puilqtie ,  comme  nous  l’avons  vu ,  il  y  fijt  in-  de  Gochic  dont  il  eft  parlé  en  914.  dans  la  lettre 
humé  ?  De  plus  Raymond  ne  parle  que  fur  la  fin  de  d’Agio  archevêque  de  Narbonne  ;  &  en  9)  z.  dans 
fon  reftamenr  des  églilès  du  Touloulain,  auxquel-  Frodoard.  Or  il  convient,  Sc  il  eft  certain  quô 
Jcs  il  fait  beaucoup  moins  de  bien  qu  a  celles  du  Raymond-Pons  étoir  fils  de  Raymond  II.  comté 
Rouerguc  Sc  du  Querci  ,  dont  il  parle  dans  le  de  Touloule,  Sc  non  pas  d’Errnengaud.  Le  pere 
commencement  de  Jaéte.  Si  ce  prince  eût  été  Ange  b  infinue  d’un  autre  côté  que  celui-ci  étoir  h 
le  meme  que  Raymond-Pons  comte  deTouIoufe ,  frère  de  Raymond-Pons  :  mais  il  fe  contredit;  car 
n’auroir-il  pas  agi  tout  autrement?  Toutes  ces  réfié-  il  fait  Raymond  I.  comte  de  Rouerguc ,  tantôt  fils 
*ions ,  &  quelques  autres  que  nous  ajouterons  du  même  Ermengaud ,  Sc  tantôt  îtilsdc  Pons  IL  ubà.f.6tu 
dans  la  fuite,  ne  nous  permettent  pas  de  douter  comte  de  Touloulc, &:  petit-fils  de  Raymond-Pons* 

Sue  le  comte  Raymond  qui  fit  ce  teftament  ne  (oit  Pour  nous,  il  nousparoît  confiant  qu’Ermengaud 
iffercnç  de  Raymond-Pons  comte  de  Touloule,  marquis  de  Gorhie  étoit  oncle  paternel  de  Ray- 
&  qu’il  ne  (bit  le  même  que  Raymond  I.  du  nom  mond-Pons.  Voici  ce  qui  nous  le  perlùadc/ 
comte  de  Rouergue ,  coufin  germain  de  ce  prince  II  eft  certain  que  ce  dernier  ctoir  encore  k  jeune  k  cauI  mem>. 
par  Eudes  comte  de  Touloule  leur  ayeul  paternel;  vers  la  fin  de  J’an  927.  comme  il  eft  marqué  ex-  p'y*°Nore 
eequenous  allons  tacher  de  développer.  prclfëmcnt  dans  la  lettre  que  les  évêques  de  la  Sepri-  vu-** 

XV.  Nous  remarquerons  d’abord  que  le  tefta-  manie  écrivirent  alors  au  pape  Jean  X.pour  lui  de- 
ment  de  Raymond  a  été  tiré  des  archives  canna-  mander  le  Pallium  en  faveur  d’Aymeri  élu  depuis 
1  v.Dipi-  Jcs  de  Rodez*.  Ce  prince  étoir  donc  comte  de  peu  archevêque  de  Narbonne.  D’ailleurs  nous  ne 
tr.pio)*  Rouergue.  Aulfi  Bonal b  juge  des  montagnes  de  trouvons  pas  qu’il  aitc'té marié  avant  l’an  93  6.  Or 
b B»n*i  ^ fi.  Rouergue ,  montre-t-il  par  difïcrens  titresdu  pais,  nous  voyons  d’un  autre  côté  qu’Ermengaud  1  avoir  1  Pr.p.yu 
Tiïü""'.  qu’il  y  avoir  une  comtc/fè  de  Rouergue  appellée  €11954.  un  hls  appelle  Raymond  ,  déjà  en  âge  de 
Bcrthe  vers  la  fin  du  X.  liecle,  Sc  qu’elle  eut  un  con trader, Sc  nous  verrons  plus  bas  que  celui-ci  le 
fils  appelle  Raymond.  L’un  de  ces  titres,  qui  con-  maria  en  946.  IJ  ne  nousrefte  enfin  aucun  monu- 
tient  un  dénombrement  des  ccnlivcs  &  autres  rc-  ment  d’Ermengaud  aprèsl’an  93  6.  Ce  dernier  au- 
devanccs  qu’on  devoir  payer  annuellement  aux  radonc  été  fils  puîné  d’Eudes  comte  de  Touloule* 
comtes  de  Rouergue  dans  divers  villages,coinmcn-  qui  mourut  vers  l’an  9  1 9.  dans  un  âge  rrcs-avancé  * 
cc  par  ces  mors  :  Brève  de  il! a  terra  Jsonore  de  Ray-  Sc  donr  la  femme  nommée  Garlindc  croit  vrailèm  - 
mundo  cornue  Ruthcncnfi ,  è5  de  Beneldts  m.tter  blablemcnt  flic  Sc  hcriciere  d’Ermengaud  comte 
fia,  de  U°one  comité  filio  [ho  ,  iS  de  Ricardis  d’Aibi  qui  vivoit  en  86 1.  Il  paroîr  en  effet  que  ce 
mater  fua.  Un  autre  eft  ainfi intitulé  :  Brève  de  ilia  comté  étoit  déjà  entré  dans  la  mailbn  de  Touloule 
terra  que  deus  déguerpira  Rajmundo  comité,  au  moins  des  le  commencement m  du  X.lîecle.C’eft  m  v- c.u*l 
à •  R t  car  dis  comte  (]a.  Enfin  on  lit  ceci  dans  une  troi-  (ans  doute  à  coule  de  cette  alliance  que  le  nom 
(\cmc:  Breve  depignoras  de  Bemardo  archidiacono  d’Ermengaud  aura  pâlie  dans  la  mailbn  de  Tou- 
in  villa  de  Bencas  folum  de  Raimundcfcas  tn  ilia  Joule  ;en(brre  que  Je  fils  puîné  du  comté  Eudes  aura 


terra  que  deus  déguerpira  Rajmundo  comité,  au  moins  des  le  commencement m  du  X.lîecle.C’eft  m  r- cmi 

à  Ricardis  comtejjà.  Enfin  on  lit  ceci  dans  une  troi-  (ans  doute  à  coulé  de  cette  alliance  que  le  nom 
fiéme:  Breve  de pionor as  de  Bemardo  archidiacono  d’Ermengaud  aura  pâlie  dans  la  mailbn  de  Tou¬ 
la  villa  de  Bencas  folum  de  Raimundcfcas  m  ilU  Joule  ;en(brre  que  Je  fils  puîné  du  comté  Eudes  aura 
medietate  de  tllo  nvo  de  Ricardis  comitiffa  mater  pris  le  nom  d’Ermengaud  comte  d’Aibi,  Ion  ayeul 

fua . .  de  Ugone  comité ,  &  de  Ricardis  comi-  maternel  ;  Sc  Raymond  II.  Ion  frété  Sc  fon  aîné 

uffa  mater  fua.  Ces  aétes  font  i  la  vérité  làns  date  :  celui  de  Raymond  I.  comte  de  Touloule  leur  ayeul 
mais  on  verra  par  ce  que  nous  dirons  bientôt ,  qu’ils  paternel ,  fuivant  l’ufage  du  liecle. 

.  Ibnt  du  commencement  du  XI.  liecle  f  &  qu’ils  XVII.  Le  même  Ermengaud  Q  marquis  de  Go- 
quadrent  parfaitement  avec  la  fuite  des  comtes  de  thic,  étoit  comte  de  Rouergue  ;  ce  qui  eft  une 
Rouergue.  Enfin  il  eft  certain,  fur  l’autorité  de  Ber-  nouvelle  preuve  qu’il  appartenoit  à  la  mailbn  de 
nafc^  ecolitre  d’Angers  S  qui  a  recueilli  vers  l’an  Touloule,  laquelle  poli edoit  cc  comté  du  moins 
loi  o.  les  miracles  de  fâintcFoy,  qu'il  y  avoit  eu  depuis  0  le  milieu  du  IX.  ficelé.  Le  P.  Ange  P  pré-  ov.f.x. 
auparavant  une  comtelîc  de  Rouergue  appellée  tend  à  la  vérité  qu’il  y  avoir  un  comte  de  Rouer-  xax-*isi 
Bcrthe;  que  (on  mari  s’appelloit  Raymond  ;  quel-  gucnppeilé  Bernard  dutems  d’Hincmar  archcvê-  &f«q. 
le  en  eut  un  fils  de  même  nom  ;  que  ce  der-  que  de  Reims  ,  mais  cc  Bernard  étoit  comte  de 
nier  étoit  décédé  avant  la  même  année  1010.  Sc  Rouen  &  9  non  pas  de  Rouergue,  ainfi  que  nous  .j  v.  u 
qu’il  avoit  epou lé  Richarde.  Venons  maintenant  l’avons  vu  ailleurs;  Scil  y  a  Rodomenfi  1  dans  la  Frod. 
à  la  preuve  de  la  parenté  qui  étoit  entre  Ray-  lettre  d’Hincmar,  &  non  pas  Rodencnfi,  comme  le  chron.p.609 * 
mond-Pons  comte  de  Touloule,  &  Raymond  1.  veut  le  meme  auteur.  Or  comme  les  dignitez 
^  comte  de  Rouergue.  étoient  certainement  héréditaires  au  X.  ficelé,  Sc 

ufN0Tl  XVI.  On  a  déjà  fait  mention  d  de  Raymond  &  qu’il  y  avoit  alors  des  males  dans  la  niailon  deTou- 
d’Ermcngaud  qui  étoienc  conjointement  marquis  loulc,  il  finit  qu’Ermengaud  air  été  de  cette  mat¬ 
ou  princes  de  Gothie  vers  l’an  924.  &  en  932.  &  Ion.  Nous  concluons  de  ce  que  nous  venons  de 
on  a  prouvé  que  le  premier  eft  le  même  que  notre  rapporter,  qu  après  la  mort  d'Eudes  comte  dcTou* 


U  Pr.p.yu 


•UIMM. 


*  NOTE 
VIL 


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54»  NO'TES  SÜR.  L’HISTOIRE 

l°ufc ,  Raymond  &  Ermengaud  fes  fils  partagèrent  jugemens ,  qui  font  de  l’an  878.1°.  Catcl  confond 
fa  liicceflion  >  que  le  premier  <jui  fut  comte  de  ici  le  comte  Raymond  juge  du  différend  qui  s’étoit 
Touloufc  étoit  par  conféquent  l’aîné ,  &  que  l’autre  élevé  entre  un  certain  Ermengaud  &  fon  fils  Raj¬ 
out  le  comté  de  Rouergue  en  partage.  Quant  aux  mond  d’un  côté,  &  l’abbé  de  Vabres  de  l’autre,  avec 
autres  domainesde  leur  maifon ,  divers  monumens  ce  Raymond  fils  d’Ermengaud ,  c’eft-à-dirc  le  juge 
ne  nous  permettent  pas  de  douter  que  ces  princes  avec  la  partie  *,  ce  qui  fuffit  pour  les  faire  diftinguer 
&  leurs  defeendans  n’ayent  poflcdé  par  indivis  le  quand  ils  ne  le  (croient  pasd’ailleurs  parleurs  qua- 
marqnifatde  Gothie  avec  les  comtes  d’Albigeois&  litez:  en  effet,  le  premier  Raymond  eft  qualifié 
deQucrci  jufquesvers  la  fin  du  X.  fiecle,  qu’il  y  comte  dans  l’aéfe  ,  &  non  pas  le  fécond,  non  plus 
eut,  à  ce  qu’il  paroît ,  un  partage  réglé  entre  les  que  fon  pere  Ermengaud.  Ceux-ci  étoient  fans 
deux  branches. Enfin  on  peut  inférer  que  Raymond  doute  deux  feigneurs  particuliers  du  Rouerguequi 
Pons  comte  de  Touloufc  &  marquis  de  Gothie,  étant  en  procez  avec  l’abbé  de  Vabres  au  (ujet  de 
étoit  de  la  branche  aînée,  du  titre  de  Primarchio  quelques  biens  fituez  en  Albigeois  plaidèrent  dc- 
»  Pr.p..7  j.  qu’il  fc  donne  *  dans  quelques-unes  de  fes  chartes.  vant  le  comte  du  pais. 

XVIII.  Belleforêc  &  Belle  b  prétendent  qu’Er-  XIX.  Tout  ce  qu’on  peut  donc  inférer  de  ces 

f.i7 i.&fitf.  mengaud  fut  comte  de  Carcaflonnc,  &  la  tige  des  dcuxaâes,  c’eft  qu’en  878.  il  y  avoit  un  com- 

<  tTmtm*'  comtcs  héréditaires  de  cette  ville.  Catel  c  après  te  d’Albi  appellé  Raymond  :  or  ce  comte  ne  nous 
p.6i  "‘m%  avoir  réfuté  cette  opinion  ,  qui  n’eft  appuyée  fur  paroît  pas  different  de  Raymond  II.  fils  d’Eudes 
aucun  fondement,  conjeûure  que  ce  prince  défi-  comte  de  Touloufc.  Voici  fur  quoi  nous  fondons 
cendoit  d’Ermengaud  comte  d'Albi  qui  vivoit  vers  nos  conjectures  là-deflus.  Il  eft  fait  mention  dans 
1  an  861.  &  qu’il  lui  fucceda  dans  ce  dernier  comtés  la  vie  de  S.  Geraud  abbé  d’ Aurillac  * ,  du  comte 

mais  il  ne  dit  pas  fi  cette  dcfcendancc  étoit  par  Raymond  fils  d'Odon ,  ou  Eudes ,  comte  de  Tou- 

males  ou  par  femmes.  Il  fait  allez  entendre  ccpcn-  loufc  ,  qui  mit  en  prifon  vers  l’an  900.  Benoît 

a  Cdtti  eiTHtt  dant  qu’elle  étoit  par  femmes ,  puilqu’il  avoue  °  que  vicomte  de  cette  ville,  &  qui  étendoit  fa  domina- 
M  le  fécond  Ermengaud  étoit  prince  de  la  maifon  de  tion  jufqu  a  la  rivière  d’Avciron  ,  laquelle  fépare 
Touloufc ,  &  qu’il  ne  comprend  pas  le  premier  le  Rouergue  de  l’Albigeois,  lleftaifé  de  conclure 
dans  la  généalogie  de  cette  maifon.  Il  cite  deux  aétes  delà,  i°.  que  Raymond  fils  d’Eudes  comte  de 
pour  prouver  que  le  fécond  Ermengaud  poflèda  le  Touloufc  pofledoit  le  comté  d’Albi  vers  l’an  900. 
comtéd’Albi.  Le  premier  eft  un  jugement  rendu  i‘\  Que  c’eft  le  même  que  Raymond  comte  d’Ah 
dans  cette  ville  en  prefence  du  comte  Raymond  ,  la  bi  qui  vivoit  en  878.  &  dont  on  a  déjà  parlé.  Les 
première  année  du  regne  du  roi  Louis ,  après  la  tems  s’y  rapportent  très-bien  ,  car  Eudes  pouvoit 
mort  de  Charles  empereur.  Il  fuppofc  que  cette  date  être  né  vers  l’an  8  5  o.  &  Raymond  fon  fils  vers  l’an 
doit  fc  rapporter  à  l’an  919.  qui ,  ajoûte-t-il ,  eft  la  8  5  o.  &  on  a  déjà  remarqué  que  le  comté  d’Albi- 
première  année  du  regne  de  Louis  d' Outremer  fils  de  geois  étoit  déjà  dans  la  maifon  de  Touloufc  à  la  fin 
Charles  le  Simple  fuivant  la  fupputation  de  du  Til-  du  IX.  fiecle ,  ou  du  moins  au  commencement  du 

fuivant. 


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X  X.  La  maifon  de  Touloufc  fc  partagea  donc 
en  deux  branches  après  la  mort  du  conue  Eudes  -, 


let.  Il  parle  enfiiited’un  aûe  de  l’abbaye  de  Vabres 
daté  de  la  V.  année  du  roi  Raoul,  dans  lequel  il  eft 
parlé  du  comte  Ermengaud  ôc  de  Raymond 

fon  fils.  Il  conclud  de  là  que  c’eft  de  ce  dernier  (çavoir  en  celles  de  Touloufc  &  de  Rouergue  *,  ce 
dont  il  s’agit  dans  le  jugement  rendu  à  Albi-,  qu’il  qui  nous  engagea  entrer  ici  dans  ladifcufliondela 
étoit  par  conlcquent  comte  de  cette  ville  ,  qu’il  dernière ,  dont  Ermengaud  prince  de  Gothie  & 
avoit  lucccdc  dans  cette  digniré  a  Ermengaud  fon  comte  de  Rouergue  fut  la  tige, 
perc  ,  que  le  tems  fe  rapporte  entièrement  \  Ce  prince  fit  une  donation  k  au  monaftere  de 
mais  1°/  cet  auteur  fc  contredit,  puilqu’il  avoue  Vabres ,  avec  fc  femme  Adélaïde  »  an  mois  de 
tcsteimcm.  ailleurs  c  que  le  même  Ermengaud  vivoit  encore  Juillet  delà  Pli.  année  du  regne  de  Raoul.  Ileftcer- 
en  9  $  l.ainfi  fon  fils  Raymond  ne  pouvoit  lui  avoir  tain  1  qu’on  ne  doit  compter  les  années  du  règne  de 
déjà  fuccedécn  919.  i°.  Il  fc  trompe  en  voulant  ce  prince  dans  les  domaines  de  la  maifon  de  r 
fixer  la  date  de  ce  jugement ,  car  elle  appartient  Touloufc,  que  depuis  la  mort  de  Charles  leSim- 
cettainemcnt  à  la  première  année  de  Louis  leBe-  pie,  ou  le  7.  d’Oâobrc  de  l’an  9  rp.  ainfi  cette 
gue ,  ou  à  l’an  878.  comme  M.  de  Marca  f  l’a  re-  donation  eft  du  mois  de  Juillet  de  l’an  9  3  6 .  ce  qui 
marqué,  &  comme  il  eft  aifé  de  s’en  convaincre  prouve  que  quoique  Raoul  fut  mort  depuis  le  1 5. 
gv.to.upr.p,  parl’aâemêmcS',  ce  qui  prouve  à  la  vérité  que  cette  Janvier  précèdent ,  on  continua  cependant  dans 


fAfdre.Btdrn. 

p.6l7. 


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derniere  année  il  y  avoit  à  Albi  un  comte  appelle  les  chartes  du  pays  de  compter  par  les  années  de 
Raymond,  mais  non  pas  que  ce  Raymond  fût  fils  fon  regne  \  ôc  que  Louis  d’Outrcmer,  qui  monta 
d’Eimcngaud.  fur  le  trône  au  mois  de  Juin  delà  même  année, 

Le  fécond  titre  cité  h  par  Catcl ,  ceft  ,  dit-il ,  un  ne  fut  pas  fitôt  reconnu  dans  la  province.  Comme 


ancien  jugement  tiré  des  archives  de  V abres  ,  donné 
entre  Ermengaud  (S  Raymond  fon  fils  d'une  part ,  & 
l'abbé  de  Fabre  s  cC  autre  ;  Jur  la  fin  duquel  jugement 
ejl  dit ,  qu  il  fut  donné  dans  la  ville  t£  Aibi  ,  en  pre¬ 
fence  de  Raymond  comte ,  l'an  premier  du  règne  de 


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nous  Içavons  m  cependant  que  Raymond  Pons 
comte  de  Touloufc  reconnoilfoit  ce  dernier  pour 
roi  aux  mois  d’ Août  ôc  de  Novembre  de  l’an  93  6. 
nous  avions  cru  n  d’abord  qu’il  y  avoit  faute  dans  n^7j* 
cette  date>&  qu’il  falloir  lire  anno  AV.pour  anno  Fil. 

Louis-,  après  le  décès  de  Charles  empereur  ;  ccfi  l'an  mais  ayant  fait  réflexion  depuis  qu’il  paroît  par 
premier  de  Louis  d' Outremer ,  qui  e!l  l'an  ç2+.d'où  d’autres  monumens  que  le  Languedoc  ne  fc  fou* 
nous  pouvons  conjetturer  ,  ajoûte-t-il,  puifc/ue  ce  mit  pas  d’abord  à  Louis  d’Outremer  ,  on  doit 
procez.  fe  jugeoit  (Lins  Albi  en  prefence  de  Raymond  ajouter  cette  preuve  à  quelques  autres  que  nous 

le  comte  Jon  fils  y  qu  Ermengaud  devoit  être  comte  avons  déjà  données  0  de  ce  fait  ,&  inférer  de  là  oV.ltv.xn> 

d'Albi.  Mais  tout  ce  raifonnement  porte  à  faux,  que  les  princes  de  la  maifon  de  Touloufc  ne  rccon- 

i<\La  date  de  cet  acte  n’eft  pas  differente  de  celle  mirent  ce  roi  qu'au  mois  d’ Août  de  l’an  936. 

du  précèdent  :  ainfi  c’eft  du  meme  Raymond  Catel  P  fait  encore  mention  d’une  fondation  faite 
conue  d’Albi  dont  il  eft  fait  mention  dans  ces  deux  la  VIL  année  du  regne  de  Raoul ,  par  Dcda  reli-  !‘li% 


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gioiTc,  tant  pour  elle  que  pour  le  comte  Ermengaud 
(3  Adelays  fa  femme  (3  fs  enfant ,  que  pour  le 
jointe  Pons»  Nouvelle  preuve  de  la  parente  qui  ccoic 
entre  Ermengaud  comte  de  Rouergue  ,  &  Ray¬ 
mond-Pons  comte  de  Touloufe. 

XXI.  On  voit  par  cette  dernière  charte  qu*Er- 
mengaud  avoit  alors plufieurs  enfans .  En  effet ,  ou¬ 
tre  Raymond  dont  nous  avons  déjà  parlé,  il  fait 
mention  lui-même  en  9} 4.  4  d’Hugues  (on  fils. 

\.CmcIM>  Celui-ci  eftfims  doute  le  meme  que  le  comte  Hu¬ 
gues  qui  fe  trouve  (ou/crit  dans  deux  chartes  avec 
Raymond-Pons  comte  de  Touloufe  de  Tan  940. b 
d’où  nous  concluons  que  le  comte  Ermengaud  (on 
pcrectoit  alors  deja  décédé.  Nous  n’avons  plus  en 
effet  aucun  monument  de  ce  dernier  après  l’an  936. 

Se  il  cft  certain  que  Raymond  I.  fon  fils  lui  avoir 
fuccedc  dès  l’an  9  4  3  • c 

XXII.  Frodoard  d  fait  mention  (bus  l’an  944* 

‘  d’une  conférence  qu’eut  cette  année  en  Aquitaine 

le  roi  Louis  d’Outrcmcr  avec  Raymond  prince  des 
Gotbs ,  (3  les  autres  jeigneurs  d' Aquitaine.  On 
■peut  entendre  ce  que  dit  cet  auteur,  ou  de  Ray¬ 
mond-Pons  comte  de  Touloufe,  ou  de  notre  Ray¬ 
mond  I.  comte  de  Rouergue ,  car  ils  fe  qualifioicnt 
l’un  &  l’autre  princes  d’Aquitaine,  Se  iis  pofle- 
doient  par  indivis  le  marquilàe  de  Gothie.  Il  cft du 
U.uitpr.t.S'  moins  certain  que  Lnirprandc  a  voulu  parler  du 
dernier ,  Sc  non  de  Raymond-Pons  >  comme  la 
plupart  de  nos  modernes  l’ont  cru ,  lorfqu  il  rap¬ 
porte  le  mariage  qui  fut  contradé  vers  l’an  946. 
entre  Raymond  prince  des  Aquitains ,  (3  Birthc 
hitee d’Hugues  roi  d’Italie,  Se  veuve  de  Bo(on 
comte  de  Provence.  C  cft  en  effet  le  meme  Ray¬ 
mond  mande  Bcrthe  qui  en  961.  fit  le  te  dament 
dont  nous  avons  deja  parlé  :  aufüLuitprand  ne  lui 
donne  jamais  la  qualité  de  comte  de  Touloulc  ; 
mais  toujours  celle  de  prince  d Aquitaine ,  qualité 
qu’il  pouvoit  porter  a  jufte  rirre  ,  puiiqu  outre  le 
Rouergue  ,  il  poffedoir  de  très-grands  domaines 
dans  cette  province,  comme  on  voit  par  ce  même 
teftament. 

XXIII.  C’cft  le  meme  Raymond  I. comte  de 
ffr./.ioj.  Rouergue  qui  tint  un  plaid  {  dans  le  Qperc  i  le  Ven¬ 
dredi  /  3.  de  juillet  de  la  VH l.annee  du  roi  Lothaire. 

Il  (emble. d’abord  que  ce  monument  (bit  du  mois 
de  Juillet  del’an  96 1.  en  comptant  les  années  du 
règne  de  Lothaire  depuis  la  mort  du  roi  Louis 
d’Outrcmcr  (on  pere  :  mais  la  lettre  dominicale  ne 
(çauroit  convenir,  &  c’eft  celle  de  l’an  900.  Or 
comme  nous  avons  d’ailleurs  des  preuves  P  qu’on 
ne  comptoir  pas  uniformément  en  France  les  an- 


953.  on  peut  fort  bien  fixer  la  dare  de  ce  plaid 
à  l’année  960.  qui  étoit  en  effet  la  vi  1  x.  de  Lo- 
thaire,  en  (îiivant  ce  dernier  calcul.  Par-là  on  n’eft 


idus  juin ,  au  lieu  de  ttrtio  tdus  juin* 

Raymond  I.  comte  de  Rouergue  peut  donc  avoir 
tenu  ces  ailifes,  &  non  pas  Raymond-Pons  comte 
de  Touloufe ,  ainfi  que  fa  plupart  de  nos  modernes 
Pont  cru.  Ce  dernier  croit  déjà  décédé  en  y  Go.  l’au¬ 
tre  croit  certainement  alors  en  vie.  Il  cft  vrai  qu’il  y 
auroir  de  la  difficulté  fi  ce  plaid  eut  été  tenu  dans 
I  eglife  de  S.  Saturnin  de  Touloufe  comme  Cnrel  » 
k  prétend;  mais  M.  Baluze  k  a  fait  voir  que  ccfiit 
dans  une  eglife  de  S.  Saturnin  en  Querci,  ficuce  ail 
voi finage  de  l’abbaye  de  Beaulieu. 

XXIV.  Raymond  I.  comte  de  Rouergue  fait 


n  Pr.p.tl  '• 
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p  Pr.p.J 04. 
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mention  dans  fon  teftament 1  de  Raymond  &  1  Prfu°7*  * 
d’Hugues  fes  fils,  Sc  de  Raymond  &  Hugues  (es 
neveux,  nepotibus.  On  pourroit  croire  que  les  deux 
derniers  étoient  (es  petits-fils,  fuivant  la  lignifica¬ 
tion  équivoque  du  terme  nepos  ,  fi  nous  ne  fça- 
vions  que  ce  prince  nepoufa  m  Bcrthe  que  l’an  wiV.in.jtiu 
946.  &  quainfiil  n’eft  nullement  vraifemblable 
que  Raymond  11.  (on  fils  aîné  eue  des  enfans  en 
961.  Nous  verrons  d’ailleurs  plus  basque  ce  der¬ 
nier  ne  fc  maria  que  iong-tems  après.  Raymond  & 

Hugues  neveux  de  Raymond  1.  étoient  par  confis¬ 
quent  fils  de  fon  frère  Hugues  donc  on  a  déjà  parlé: 
aulli  fait-il  mention  de  fes  frères  à  la  fin  de  fon  tefta- 
ment n.  Il  paroît qu’il  avoit  aufli  un  troiliéme  fils 
appelle  Ermengaud 

XX Y.  Hugues  frere  de  Raymond  I.  comte  de 
Rouergue ,  n’eft  pas  (ans  douce  different  du  comte 
de  ce  nom  dont  il  cft  parlé  dans  une  charte  d’un 
feigneur  de  Querci  nommé  Rainulfe,  de  l’an  974- 
en  ces  termes:  JllofevoV  de  Ll MAN  ICO  qua  fuit 
Ranulpho  avo  meo ,  que  tenait  de  comité  Hugoni  > 
dimitto  (3  Gérai  do  (3  Ranulpbo  filas  fuis .  En  effet, 

1  °. Raymond  l.comtc  de  Rouergue  parle  du  meme 

alleu  dans  (on  teftament.  JUoaloiio  4  de  LIMA -  qPr.p.i cfr 

N  ICO,  dit- il  ,  qttod  Grima! dis  habet  à  feo  ,  (3 

Frodimtsbabet  àfio  de  Raymundo . Ugoni  fil  10 

Geraldi  rémanent  dnmmo  io  vnvit  :  pfi  fiium  difi 
cefium  S.  Pétri  Bel  h  loccr.fi s  remaoeat ,  (3c.  i°.  Le 
comte  Hugues ,  de  qui  l  ayeul  de  Rainulfe  tenoit 
le  fief  de  Limamco ,  vivoic  à  peu  près  vers  l’an 
940.  Or  nous  avons  remarqué  que  le  comte  Hu¬ 
gues  frere  de  Raymond  I.  comrc de  Rouergue  vi^ 
voit  dans  le  même  tems.  5®.  On  voit  dans  ces 
deux  a  Etes ,  les  mêmes  perfonnes  tenir  les  mêmes 
fiefsdes  memes  feigneurs.  Dans  le  reftament  c’cft 
Hugues  fils  de  Geraud  ;  Se  dans  Pacte  de  Rainulfe* 
c’cft  Geraud  fon  oncle  paternel ,  pere  d’Hugues. 

Hugoni  confiingutneo  meo  dimitto.  40.  Rainulfe 
fait  mention  du  comte  Raymond  à  la  fin  du  dernier 
aéte,  &  les  termes  dont  il  lèfèrt  font  compren¬ 
dre  que  ce  comrc  dominoit  alors  fur  une  partie  du 
Querci.  Ce  Raymond  eft  le  même  que  Raymond 
II.  du  nom  comrc  de  Rouergue,  fils  de  Raymond  I. 

&  comme  i!  paraît  d’un  aurre  coté  que  les  comtes 
de  Touloufe  dominoient  dans  le  même  temsfur  le 
Querci ,  c’eft  une  preuve  que  tous  ces  princes  le 
poflèdoient  encore  alors  par  indivis  ,  &  que  le 
comte  Hugues  jouît  des  allais  qu’il  avoit  dans,  ce 
païs  conjointement  avec  (on  frere  Raymond  I; 
eorntc  de  Rouergue. 

XXVI.  ll  paroît  pat  divers  monumens  que  Ray¬ 
mond  II.  comte  de  Rouergue,  fils  de  fuccefleur 
de  ce  dernier  ,  de  Guillaume  TaÜlcfèr  comte  de 
Touloufe  ,  ou  la  comttftè  Garfinde  fa  mere, 
étendirent  également  leur  domination  jufquesvcrs 
l’an  975.  fur  la  Gothie  &  fur  les  comrcz  d’Albi- 
geois  Se  de  Querci  i  Se  que  depuis  la  fin  du  X; 
fiecle  Raymond  II  &  les  comtes  de  Rouergue  fes 
fucce (leurs  furent  feuls  marquis  de  Gothie  ,  & 

Guillaume  Taillefer,  &  ceux  de  fâ  branche,  feuls 
comtes  d’A!bigcois&  de  Querci.  Nous  inférons  de 
là  que  ces  deux  princes  parragerent  vers  l’an  975. 
les  domaines  que  leurs  brancncs  avoient  pofledez 
jufques  alors  par  indivis  ,  Sc  que  par  ce  partage  lé 
marquifàt  de  Gothie  demeura  en  entier  aux  comtes 
de  Rouergue  ,  «Se  les  comtez  d’Albigeois  Se  de 
Querci  aux  comtes  de  Touloufe.  Nous  exceptons 
Cependant  le  comté  particulier  de  Nifints ,  dont  il 
paroît  que  les  deux  branches  fc  réfervecent  la  moi¬ 
tié  chacune,  comme  nous  l’expliquerons  ailleurs; 


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544 


NOTES  SUR. 


L’HI  ST  O  IRE 

l’an  1010.  pui(que  Bernard  écolâtre  de  TéglHc 


Xp.U€. 


•Adolcfceat 

cula. 


df. 


‘«T'Vf.wi.  °n  v°rt  en  effet  èntr’autres  par  un  a&c.  du  com¬ 
mencement  du  XL  fieele >  que  Guillaume  Taillefer  d’Angers  ,  (fans, f’ouvrage  qu’il  écrivit  alors  fur  les 
ne  prenoit  alors  que  le  titre  de  corne  de  Touloufe ,  miracles  de  fainte  Foy ,  parle  d’un  voyage  que  Ri- 
d' Albigeois  d  de  Querci ,  tandis  que  vers  le  même  tdiarde  veuve  k  de  ce  corate  avoit  fait  à  Conques  KPr.p.a 
tems  le  comte  de  Rouergue  étendoit  feul  (on  auto-  quelque  tems  auparavant.  On  peut  fixer  par  là  à 
4».  ai  z.  rité  dans  la  Gothie,  comme  U  paraît  par  Ta&e  de  b  peu  près  l’époque  de  leur  mariage  &  delà  naiflance 
Tcleétion  de  Guifred  archevêque  de  Narbonne.  d'Hugues  leur  fils.  U  eft  certain  en  effet  que  Ri- 

XXVII.  Raymond  ll.comte  de  Rouergue avoit  charde  vivoit  encore 1  en  1 061.  en  fuppofant  donc  i BaImx.Um* 
déjà  pris  fans  doute  Tadminiftration  de  fes  domai-  quelle  avoir  alors  90.  ans,  qui  eft  l’âge  le  plus 
nés,  lorlqu’il  confirma  c  en  965.  une  donation  avancé  qu’on  puifle  lui  donner  taifonnablement , 

Xie  la  comtefiè  Bcrthe  (amere  fit  alors  à  la  ca-  elle  fera  née  vers  l’an  972.  Or  comme  fuivant  le 
edrale  de  Nifmes.  On  voit  du  moins  qu’il  gou-  même  auteur  elle  croit  extrêmement  jeune  ¥  lorf-  m  Pr.&u. 
vernoit  déjà  en  97*.  car  il  n’eft  pas  différent  de  quelle  fc  maria, elle  auraépoufé  Raymond  II.  comte 
Raymond  comte  d  marquis ,  qui  ayant  alors  un  de  Rouergue  Vers  l’an  987.  &  par  confisquent 
procez  davec  l’évêque  Amelius  au  fujet  de  diffe-  Hugues  leur  fils  fera  né  vers  l’an  990. 
rens  domaines  (ituez  dans  le  comté  d’Agde,  fe  11  cft  vrai  qu’on  pourrait  croire  que  Bernard 
fournit  à  la  décifion  d’une  affèmblée  quife  tint  dans  écrivit  lun  peu  plus  tard  fon  traité  des  miracles  de 
Téglife  de  S.  Baufile  de  Niftnes.  Du  refte  ces  mo-  fainte  Foy ,  puifque  tout  ce  que  nous  fçavons  de 
numens  prouvent  que  Raymond  IL  comte  de  certain  touchant  l’époque  de  cet  ouvrage  ,  c’eft 
Rouergue  étendoit  (à  domination  fur  le  marquifac  qu’il  le  compofa  fous  1  epifeopat  n  de  Fulbert  évê-  n  pr.p.c; 
de  Gothie.  que  de  Chartres,  lequel  s’étend  depuis  l’an  1007.  *£££* 

XX VIII.  Il  Tétendoitauffi  fur  l’Albigeois  en  971.  jufqu'en  1019.  &  qu’il  paraît  d’ailleurs  que  l’au- 
car  1 c’eft  le  même  que  \c  comte  Raymond  qui  con-  tcur  parle  dans  un  endroit  0  du  combat  livré  aux  e 
firma  cette  année  la  dotation  c  de  l’abbaye  de  Gail-  Saraiins  de  Cordoue  en  1  o  1  o.  par  Sanche  comte  de  f,5¥L% 
lac  en  Albigeois  faite  par  Frotaire  évêque  d’Al-  Caftille.  Mais  d’un  autre  côté  on  ne  fçauroit  auflî 
bi.  Il  eft  évident  en  effet  que  ce  ne  fçauroit  être  guère  différer  le  mariage  de  Raymond  avec  Ri- 
Raymond-Pons  ,  comme  quelques-uns  de  noshi-  charde  après  l’an  9S7*puifqüe  ce  comte  né  vers 
itoriens  l’ont  avancé,  puilqu’il  eft  certain  que  ce  Tan  9S°-  n’auroit  pas  attendu  fi  long-tems  à  fe 
dernier  étoit  déjà  mort  avant  Tan  969.  &  qu’on  marier ,  à  moins  qu’il  n’ait  époul'é  Richarde  en 
n’a  aucune  preuve  qu’il  ait  eu  un  fils  du  nom  de  fécondes  noces.  Quoi  qu’il  en  (oit ,  Bernard  écrivit 
Raymond.Or  comme  cette  dotation  eft  confirmée  du  moins  fon  ouvrage  quelques  années  avant  Tan 
&  fouferite  en  même  tems  par  la  comtefiè  Garfin-  1016.  puifqu’il  y  parle  de  Richard  IL  dué  de  Nor- 
de  que  l’évêque  Frotaire  appelle  fa  dame ,  &  par  mandie  comme  vivant  *:  or  ce  prince  mourut  cette  *Hu.p.$^ 
le  comte  Raymond  fon  fetgneur  >  fans  qu’il  loit  même  année. 

marqué  dans  Taélc  que  l’un  fut  l’époux  de  l’autre ,  XXX.  Hugues  fils  de  Raymond  IL  comte  de 

ce  que  le  P.  Mabillon  (  a  fuppofe  fans  fondement  •>  Rouergue  &  marquis  de  Gothie  lui  fucceda  dans 

c’eft  une  preuve  que  Raymond  II.  comte  de  Rouer-  ces  dignitez  \  ce  qui  paraît  par  ce  que  nous  avons 
.gue  dominoit  alors  fur  l’Albigeois,  conjointement  déjaP  rapporté  ailleurs  ,  &  par  une  charte  de  Tan  p  r.qattft 

avec  Garfinde  veuve  de  Raymond-Pons ,  laquelle  1051.*  dans  laquelle  Hugues  comte  de  Rouergue ,  *-l+- 

avoit  l’adminiftration  des  domaines  de  Guillaume  d  la  comtcjfe  Richarde  fa  mere  font  une  dona- 

tion  à  l’abbaye  de  Conques  pour  leurs  âmes,  &  yai. 
pour  celle  du  comte  Raymond .  La  charte  cft  font 
crite  par  Robert  comie  d’Auvergne  ,  la  comtcjfe 


(  XUb.  dd 
hnn97- »• 
*7- 


Taillefer  ion  fils ,  qui  alors  n’avoit  pas  encore 
atteint  fans  doute  l’àge  de  2  5 .  ans.  Nous  avons 
déjà  remarqué  que  le  même  Raymond  IL  comte  de 
Rouergue  dominoit  fur  le  Querci  en  974.  &  nous 
ferons  voir  plus  bas  ,  que  Guillaume  Taillefer 
comte  de  Touloufe  domina  conjointement  avec 


Foy ,  d  la  comteffc  Bcrthe  \  d’où  M.  Baluze ,  f  qui  r  • 


g  Pr.p.l6o* 

ér/c<j. 


lui  fur  ce  pais.  Ils  pofièderenc  donc  l’Albigeois  &  gués.  Il  apporte  diverfes  preuves  1  que  l’autre  étoit 
le  Querci  par  indivis  jufques  vers  Tan  97$. 

XXIX  Nous  avons  une  donation  faite  par  le 
comte  Raymond  g  fils  de  Bertelde  ou  Berthc ,  fous 
le  régné  du  roi  Robert ,  à  Tabbayedc  Conques  en 
Rouergue ,  de  l’alleu  de  Palais  dans  le  diocèle 


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a  donné  le  premier  cette  charte  ,  conclut  avec 
raifon  que  la  première  étoit  femme  du  comte  Hu- 

_  »orte  diverfes  preuves  1  que  l’autre  étoit  •  M*-*- *• 
fa  fille  ,  quelle  avoit  époufé  dès  lors  Robert  f' 
comte  d’Auvergne ,  6c  que  Richarde  vivoit  encore 
en  1061.  Le  P.  Ange  r,  on  ne  fixait  fur  quel  fon-  £tlh 
dément ,  fait  celle-ci  de  la  maifon  de  Narbonne. 

XXXI.  Nous  avons  divers  monumens  qui  prou- 

d’Àgdc.  Nouvelle  preuve  que  Raymond  IL  comte  vent  *  qu’Hugucs  comte  de  Rouergue  domina  fur  x  pr.f.iu. 
de  Rouergue  dominoit  fur  la  Gothie  *,  ce  qui  paraît  la  Gothie  depuis  le  commencement  du  XL  fieele ,  100•i,2• 
encore  en  ce  que  le  même  Raymond  comte  de  Rouer -  jufqu’en  1055.  S11  ^  vivoit  y  encore.  Bcrthe  fâ  fille  y  p.  «4 
gue  eft  nommé  le  premier  entre  divers  feigneurs  unique  ,  femme  de  Robert  comte  d’Auvergne,  lui 
qui  fè  trouvèrent  au  concile  provincial*1  qu’Er-  fucceda  dans  le  comté  de  Rouergue  &  dans  le 
mcogaud  archevêque  de  Narbonne  convoqua  vers  marquifac  de  Gothie  ;  mais  étant 1  morte  fans  en- 
le  commencement  du  XL  fieele,  ou  à  la  fin  du  fans  vers  Tan  to6  5.ccs  dignitez  rentrèrent  après 
précèdent.  Le  P.  Ange  1  qui  cite  ces  monumens,  fon  dcccz  dans  la  branche  aînée  des  comtes  de  T011- 
s’eft  trompé,  i°.  en  ce  qu’il  fait  Berthc,  femme  du  loufe  ,  en  laperfonne  de  Guillaume  IV.  comte  de 
comte  Raymond  qui  fit  la  donation  à  l’abbaye  de  Touloufe,  6c  de  (on  frere  Raymond  de  faint  Gilles , 

Conques,  au  lieu  qu’elle  étoit  fa  mere  •,  ce  qui  petit-fils  de  Guillaume  Taillefer.  Revenons  müin- 
lui  a  donné  occafion  défaire  deux  degrez  ge-  tenant  à  la  branche  de  ce  dernier, 
nealogiques  où  il  n’y  en  a  qu’un.  i°.  Par  rapport  XXX11.  Il  eft  fait  mention  de  lui  dans  le  tefta- 
à  la  date  de  cctaéle  qu’il  fixe  à  Tan  990.  }°.Ence  ment  de  Raymond  I.  comte  de  Rouergue  (on  cou- 
qu’il  diftinguele  comte  Raymond  qui  fit  cette  do-  fin  de  Tan  96  t.  en  ces  termes:  a  lllos  alodos  quoi 
nation , d’avec  celui  qui  aflifta  au  concile  de  Nar-*  acqufivi  de  Guillelmo  comité  confangutneo  meo ,  de . 
bonne  fous  l’archevêque  Ermengaud.  Le  P.  Mabillon  b  dans  la  fuppofition  que  le  comte  bD^f-57x* 

Raymond  IL  comte  de  Rouergue  décéda  avant  Raymond  qui  fit  ce  teftament,  cft  le  même  que 

Raymond- 


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DE  LAN 

L  -~1  Raymond-Pons  comte  deTouIoufè,  prétend  que  ce 
^VIH  E  Guillaume  eft  le  même  que  Guillaume  duc  d’A- 
‘  quirainc  ôc  comte  d’Auvergne  II.  du  nom,  mort  en 
916.  mais  comme  nous  avons  démontré  que  cet 
atfte  eft  de  Raymond  I.  comte  de  Rouergue  fils 
d’Ermcngattd  marquis  de  Gothie ,  il  s’enfuie  que  le 
comte  Guillaume  coufin  du  reftateur,  eft  le  même 
que  Guillaume  Taillcfèr  fils  de  Raymond-Pons,& 
qu’il  étoitdéja  comte  deTouIoufè  en  96 1. 

XXXIII.  Ce  prince  étoit  alors  fort  jeune;  car 
outre  qu’il  ne  mourut  que  vers  l’an  1057.  on  a  déjà 
vu  que  la  comteftè  Garlînde  la  mere  avoit  encore 
en  971.  l’adminiftiation  de  les  domaines.  On  voit 
de  plus  que  cette  princeftè  eut  toute  l’autorité  après 
la  mort  du  comte  Raymond-Pons  fon  mari  &  du¬ 
rant  la  jeuneftè  de  fon  filsGuillaume ,  par  la  ceftîon 
I  1.  que  Gausfted  a  abbé  de  S.  Pons  de  Tomieres  fit  en 
969.  en  faveur  de  i’églifè  de  Narbonne;  car  cet 
abbé  déclare  qu’il  fait  cette  ccftion  du  confenre- 
ment  de  la  comteftè  Garfinde ,  d’Adclaïde  vicom- 
teflè ,  &  de  tous  les  (èigneurs  de  la  ville  de  Nar- 
bonne  :  cam  confihoGarfindt  cominffa,  (j  A  delais 
vicecominjfa  &  cunths  fatelbtibus  civitatis  Nar - 
bona.  U  faut  remarquer  qu’Adciaïde  dont  nous  ve¬ 
nons  de  parler, étoit  alors  veuve  de  Matfred  vicom¬ 
te  de  Narbonne,  &  quelle  avoit  l’adminiftration 
des  biens  d’Ermengaud  Ôcde  Raymond  fes  fils. 

XXXIV.  On  a  déjà  parlé  du  teftament  que  fit  la 
comteftè  Garlînde  ,  ôc  dont  nous  fixons  l’époque 
vers  l’an  97  il  eft  en  effet  anterieur  à  l’an  977* 
puifqu’elle  y  fait  une  donation  k>  à  la  même  Adelaï- 
^  devicomteflc  de  Narbonne,  &  à  (es  fils  Ermcn- 
gaud  &  Raymond.  Or  comme  celui-là  focada  en 
977.  à  Aymcri  archevêque  de  Narbonne,  Garfinde 
n’auroit  pas  manqué  de  lui  donner  le  titre  d'arche¬ 
vêque,  n  fon  teftament  eût  été  porter icur:  d’un  au¬ 
tre  côté  il  eft  foulcrit  par  Fr  or  aire  eveejue  ,  auquel 
clic  donne  un  alleu  qui  devoir  pafter  après  fa  mort 
à  l’abbaye  de  Cadres  en  Albigeois  ;  ainfi  ce  Frotaire 
eft  le  même  que  l'évêque  d’Albi  de  ce  nom  ,dont 
on  ne  trouve  rien  avant  l’an  971. 

XXXV.  La  comteftè  Garfinde  fait  mention  dans 
fon  teftament  de  trois  de  fis  nev:ux\  fçavoir  du 
comte  Hugues,  d’Amelius  ,  <Sc  de  Raymond.  Elle 
dit  ce  dernier  fils  de  Gundim.'de.  L’équivoque  du 
mot  ntpos  fait  que  nous  ne  fçaurions  allûrer  fi  ces 
trois  fèigncurs  étoient  petits-fils  ,  ou  feulement 
neveux  de  la  comteftè ,  c’eft-à-dire  fils  de  fa  (œur, 
de  fon  frere,  ou  enfin  d’un  frere  ou  dune  (œur 
de  fon  mari.  Nous  conjecturons  volontiers  que  cet 
Amclius  eft  le  même  que  l’évêque  d’Albi  c  de  ce 
10.  nom,  qui  fiegeoit  en  987.  ou  un  autre  Amclius 
évêque  de  la  même  ville  en  1  o  3  o.  Quant  au  comte 
Hugues  neveu  de  Garfinde,  on  peut  croire  qu’il  eft 
le  meme  que  le  comte  de  ce  nom ,  fils  de  Ray¬ 
mond  I.  comte  de  Rouergue.  Cette  princdle  pou- 
voit  l’appel  lez  fin  neveu ,  parce  quill’étoit  en  effet 
à  la  mode  de  Bretagne  ,  de  Raymond  -  Pons  fon 
mari,  ainfi  qu’on  peut  le  voir  dans  la  genealogie 
des  comtes  de  Touloufo  que  nous  joignons  à 
cette  note. 

XXXVI.  Garfinde  ne  dit  rien  dans  ce  teftament 
de  Guillaume  Taillcfer  comte  de  Touloufc  fon 
fils  ;  ce  qui  fuppofè  >  ce  femble ,  quelle  en  avoit 
fek  un  autre.  Il  parole  en  effet  que  cet  aéte  n’eft 
proprement  qu’un  codicille ,  ce  qu’on  peut  inférée 
Kf'216,  |  o.  <jçs  tcrmes  fuivans  ;  Plaçait  d  mihi  Garfinde  co- 
rmtijfa  facerc  CODICILLUM  breve ,  promto  ammo 
bona  volant  as  e  ,  pro  re  medium  anima  viri  met  P  on - 
tu  9  (3c.  î 0 .  De  ce  que  tous  les  legs  qu’elle  fait  font 

Tome  1 1. 


GDEDOC. 

des  legs  pieux,  ôc  que  tous  lesbiens  dont  elle  N  0  T 
di/pofc  font  fubftirncz  en  faveur  de  diver/c s  égli**  y  IIE 
fcs.  Eft-il  c roïable  que  cette  comteftè ,  qui  avoit  un 
fi  grand  nombre  de  parens,  ne  leur  ait  rien  donné 
en  propre ,  Ôc  quelle  air  difpoféde  tous  fcs  domai¬ 
nes  en  faveur  des  églilès  ? 

XXXVIL  On  a  déjà  vu  que  Guillaume  Taillefcr 
éroit  comte  de  TouIou(èdè*l’an  961.  Nous  fça- 
vons  d’ailleurs  qu’il  l’étoit  avant  l’an  971.  puifqu’il 
eft  marqué  dans  les  chartes 9  que  Bernard  qui  étoit  c  o*u.dmj!. 
évêque  d’Albi  en  9G-j.dc  qui  ne  l’étoit  plus  en  ; 

972.  pofïeda  cet  évêché  fous  Guillaume  comte  de 
Jiuloufi. 

XXXVIII.  Ce  prince  avoit  déjà  époufé  dès  l’an 
99*.  Ernme  fille  de  Rotbold  comte  de  Provence  , 
laquelle  vivoic encore  en  1014.  Un  auteur* qui  a  ftAMMau 
écrie  vers  l’an  1010.  parle  d’un  pèlerinage qu’avoit  & 

entrepris  vers  la  fin  du  X.fiécle,  Arfinde  femme  d 

de  Guillaume  comte  de  Toulon  fie.  Guillaume  Taillcfer  4™^  ?r./T.V. 
époiifà  donc  cette  dame  en  premières  noces.  Le 
même  auteur  nous  apprend  qu’il  en  eut  des  enfans. 

Nous  faildns  voir  ailleurs  s  que  la  même  Arlindc  £  notb 
écoir  (œur  de  Foulques  Ncra  comte  d’Anjou ,  & 
que  Guillaume  l’epoufa  vers  l'an  975.  Un  auteur 
poftciieur  rapporte  Ihiftoire  de  ce  pclerinage  en 
versGalcons,  qu  on  peur  voir  dans  Catcl.  ^  Le  h  Cétdcmt . 
texte  eft  corrompu  en  quelques  endroits  par  la  faute 
des  copiftes,  cnrr’aiurts  dans  ce  vers,  a  Artous 
delfonfi  contejfe ,  où  il  fuit  lire  à  Arfins  de  Tou - 
loujc  comcejfe.  La  Faille  4  foupçonne  que  ccs  vers  l'Amélie 
font  fiippo/èz  :  il  auroit  changé  de  (enciment  s’il  7°h 
avoit  fçù  qu’ils  (ont  appuyez  (uc  l’autorité  d’gn  hi- 
ftoi  ien  du  tems.  s 

XXXIX.  Cet  hiftorien*  atteftequelemêmcGuil- 
laume  comte  de  Touloufo  éroit  frere  de  ce  Pons  *  * 
que  fon  beau-fils  Artaud  avoit  tué  par  furprife  : 

Arfindis  uxor  Willelmi  Tolofixnt  comitis  ,  fratris 
tlhas  P  ont  il ,  qui  ab  Artaldo  p/fi  bac  pri  >gno  fao , 
dolo  interféras  efi.  C’cft  ce  Pons  que  Catcl ,  «5c  cous 
nos  gcnealogiftes  après  lui ,  ont  flic  comte  de  Tou* 
loule  fous  le  nom  de  Pons  IL  &  dont  on  trouve 
ici  la  filiation.  Catcl  ne  rapporte  de  lui  qu’un  (èul 
acte  1 ,  dans  lequel  il  prend  le  (impie  titre  de  1  nul  mi. 
comte ,  (ans  marquer  de  quel  endroit.  Ce  font  des  p  lr°^liuà. 
lettres  de  franchife  ou  de  (auve-gardc  qu’il  accorda  fa. 
au  mois  de  Septembre  de  l’an  987.3  Amclius  évê¬ 
que  d’Albi ,  &  à  fon  églifo  pour  le  lieu  de  Vioux 
en  Albigeois  qu’ils  tenoient  de  lui.  On  voit  par 
cet  acle  que  Pons  poftèdoit  le  comté  i’AIbi ,  Sc 
non  pas  celui  de  Touloufc.  Le  P.  de  Sainte- Marthe 
fait  encore  mention  d’une  charte  m  par  laquelle/**»/  m  Ga0-chr* 
comte  d  Albi  après  avoir  rétabli  l’cglifcde  Vioux ,  la  *9™d't9ûlm 
foumet  pour  toujours  a  la  cathédrale  de  cette  ville. 

Cette  charte  eft  datée  de  lu  fécondé  année  de  Louis 
fils  de  Lothatre ,  ainfi  elle  eft  poftcricure  au  *.  de 
Mars,  «Sc anterieure  au  21.de  Mai  de  lan  987» 

Nous  la  donnons  dans  nos  preuves0  for  une  copie  n  rr./.t4o.  £■ 
qui  fie  trouve  dans  les  porte- feuilles  de  M.  Baluze  à  /«*• 
la  bibliothèque  du  Roi ,  ôc  dans  laquelle  on  a 
omis  la  date  :  mais  c’eft  le  même  aéle  que  celui  donc 
le  P.  de  Sainte  Marthe  fait  mention ,  &  qui  eft  an¬ 
terieur  aux  lettres  de  (àuve-garde  donc  nous  avons 
déjà  parle  ;  car  il  contient  l’union  ou  donation  de 
l’églifodc  Vioux  à  la  cathédrale  d’Albi ,  <Sc  les  lettres 
fuppofont cette  donation.Tout  ce  qui  pourrait  faire 
quelque  difficulté  ,  c’eft  que  dans  le  tems  de 
l’aéte,  Benoît  étoit  abbé  de  Vieux,  ôc  que  c’eft: 

Adalard  qui  eft  nomme  dans  les  lettres.  Or  nous 
trouvons  un  Adalard  abbé  de  Vioux  fous  le  règne 
de  Louis  d’Outremer.  On  pourrait  fuppofer  par. 

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j  46  NOTES  SUR  V  HISTOIRE 

N  OTE  ^9uccc^lcf^^DC  Adalard  qui  poflcda  cette  ab-  année.  1  «.Ces  auteurs  fuppofent que  Bernard  àc-  N  Q  T  £ 
VHU  bare  juïquaprès  la  mon  de  Louis  V.  fils  de  Lo-  cepta  alors  l’évêché  de  Cahors  ;  mais  il  paroît  au  yiU# 
thaire,  &  que  par  conféquent  i’aftcoùil  cft  fait  contraire  par  la  narration  d’Aimoin  qu’il  le  refufe, 
mention  de  Benoît  abbé  de  Vioux  eft  poftérieur  aux  puifqu  Abbon  ne  lui  donne  que  le  fimple  titre  d'ab - 
lettres  de  feuvegarde  :  mais  on  peut  admettre  deux  dedans  une  fécondé  lettre  k  qu’il  lui  écrivit  fort  *  ^*»SS.h9 
Adalard  abbez  de  Vioux  >  l’un  (ous  le  règne  de  Louis  long-tems  après.  *‘4î* 

d’Outremer ,  &  l'autre  qui  aura  fuccedé  à  Benoît  XL1.  U  cft  maraud  dans  l'a&e  de  l’éleéHon  de 
avant  le  mois  de  Septembre  de  l’an  987-  Gaulbert ,  qu'elle  fut  faite  1  du  confentement  (3  de 

On  peut  appuyer  la  preuve  que  nous  venons  de  la  volonté  de  Guillaume  comte  de  Cabors  (3  de  fa 
donner  que  Pons  ne  fut  que  comte  d’Albi ,  fur  une  mere  Actlicine.  On  pourroit  inferer  de  là  qucGuil- 
donation  •  faite  feus  le  reçue  de  Lotbaire  à  l’abbaye  laume  Taillefer  comte  de  Touloufe  &  deQuerci 
de  Vabres  en  Rouerguc  ,  dedans  laquelle  celui  qui  n’étoit  pas  fils  deGarfinde  femme  de  Raymond- 

l’a  fait  fe  fert  de  ccs  termes  :  Ut  nullus  ubba .  Pons  comte  de  Touloufe  •,  mais  nous  fommes  per- 

mn  peffu  commutare  ,(fc.  qmdfi  ficerit  ventât  co-  fuadez  qu’il  s’eft  glillë  quelque  faute  dans  cet  afte, 
mes  decomitatu  Albienfe  Üf  accipiat  ipfum  monafie -  dont  nous  n’avons  qu’une  copie  m  tirée  d’un  cartu-  m  c*ü.  cW; 
rium  &  donet  Ulud  S.  Pontio .  L’Albigeois  étoit  donc  lairc  -,  &  qu’il  faut  lire  dans  l’endroit  cité  Garfindo, ,  *,v‘  «•  u 

Svemé  alors  par  un  comte  particulier ,  qui  ne  au  lieu  d 'Aciltcina  \  ou  bien,  ce  qui  nous  paroît  plus 
:  pas  être  different  de  notre  Pons ,  lequel  aura  vraifemblable  ,  les  copiftcs  auront  mis  comitis  pour 
été  par  conféquent  comte  d’Albi  fous  le  régné  de  vicecomitù  -,  ainli  il  faudra  lire  fans  autre  change- 
Lotnaire >  c’eft-à-dire  au  plus  tard  en  984.  &  98  5 .  ment ,  per  confenfum  (3  volant at cm  Guillermt  vice - 
fe  estel  nmt.  U  eft  vrai  queCatel b  rapponc  une  charte  fuivant  comité  Caturcenjis  ,  ce  qui  ôte  toute  la  difficulté. 

*loU  laquelle  Raymond  V.  comte  de  Touloufe  confirma  Deux  raifons  nous  portent  à  croire  qu’il  faut  lire  de 
la  donation  du  lieu  de  Vioux  faite  à  lcglife  d’Albi ,  cette  derniere  manière  :  la  première ,  c’eft  que  s'il 
par  le  comte  Pons  [on  ayeul*  &  qu'il  conclut  de  là  s’agi  doit  dans  cet  endroit  de  Guillaume  Taillefer, 
que  ce  dernier  doit  appartenir  à  la  ligne  dirc&e  des  on  aurait  mis  Guillelmi  comitts  Tolofani ,  comme 
comtes  de  Touloufe,  &  avoir  été  par  conféquent  l’a  fait  Aimoin  auteur  contemporain,  &  non  pas 

comte  de  cette  ville.  Mais  cet  auteur  cft  obligé  de  Gmllemi  comitis  Caturcenjis .  La  fécondé  c’cft  qu'il 

convenir  que  le  terme  A'ajeul  ne  fçauroit  être  pris  y  avoit  alors  certainement  des  vicomtes  de  Cahors: 

ici  à  la  rigueur,  puifquc  Raymond  V.  étoit  petit-  or  lorfque  dans  les  villes  il  y  avoit  des  comtes  & 

fils  de  Raymond  de  S.  Gilles ,  fk  non  de  Pons  ^  &  des  vicomtes ,  les  uns  &  les  autres  concourraient 

qu’ainfi  ce  terme  doit  fignifier  dans  cet  endroit  pré-  alors  également  à  l’élcâion  des  évêques  *,  c’eft  de 

decejfeur  (3  devancier.  Or  dans  ce  fens  Raymond  quoi  nous  avons  diverfes  preuves  pour  ce  fiecle& 

V.  pouvoit  l'appliquer  à  Pons  comte  d’Albi ,  quoi  le  fuivant.  Guillaume  fils  d’Acilicine  aura  donc  été 

qu’il  ne  fut  que  fon  arricre-petit-neveu,  parce  qu’il  vicomte  de  Cahors  en  990. 
lui  avoit  fuccedé  dans  le  comté  d’Albi.  Guillaume  Au  refte  on  doit  admettre  deux  évêques  de  cette 
Taillefer  réunit  en  effet  le  comté  d’Albigeois  à  ville  du  nomdeFrotaire  au  X.  fiecle.  Nous  avons 
celui  de  Touloufe  apres  la  mort  de  fon  fferc  Pons ,  déjà  vû  qu’il  y  en  avoit  un  de  ce  nom  en  96 1 .  & 

&  lctranfmit  aies  defeendans ,  ce  qui  nous  don-  968.de  qu’Etienne  lui  avoit  déjà  fuccedé  en  974. 
ne  lieu  de  croire  que  ce  dernier  mourut  fans  po-  Or  comme  Gaufbert  élu  en  9  90.  fucccda  immedia- 
fterité.  renient  à  un  Frotaire,  fuivant  l’adte  de  fon  éleéfion  n, 

«Pr  /».x6j.  XL.  Suivant  un  titre  c  du  commencement  du  il  faut  que  ce  dernier  foit  different  de  celui  qui  vi- 
Xl.liecle  Guillaume  fe  qualifioit alors  comte  deTou -  voit  en  96 1 .  à  quoi  les  nouveaux  éditeursdu  Gai - 
loufey  cCAlbiÿ  de  Querct.  Il  polledoit  ce  dernier  Ha  cbri/ltana  n’ont  pas  fait  attention. 

XL1I.  H  eft  rapporté  dans  le  concile  de  Limo¬ 
ges  tenu  en  1  oj  i.9  M que  les  moines  de  faint  Pier¬ 
re  de  Beaulieu ,  dans  le  bas  Limoufin  ,  fur  les 
frontières  du  Qnerci ,  s’y  plaignirent  de  ce  que 

détourner  d’accepter  l’évêché  de  Cahors ,  que  GuU -  leur  monaftere  etoit  livre  à  un  abbé  feculicr  qui  le» 
tourne  comte  de  Touloufe  &  l’archevêque  dcBourges  défoloît  que  lonç-tems  après  la  mort  de  Raoul* 
lui  offraient  pour  une  grofle  fomme. Aimoin  ajoute  archevêque  de  Bourges  ,  qui  l'avoit  fondé  ,  lem 
que  Bernard  refiila  cet  évêché  à  laperfuafiond’Ab-  comte  de  Touloufe  ayant  trouvé  une  occafion  fa-« 
bon,  qu'il  entreprit  enfuite  divers  pèlerinages,  &  vorable  ,  l'avoit  fournis  à  fon  autorité,  &  l'avoit* 

qu’il  étoit  évêque  de  Cahors  dans  le  tems  qu’il  écri-  donné  en  fief  au  comte  de  Périgord ,  qui  l’avoit  * 

voit.  Nous  concluons  de  là  que  Guillaume  comte  enfuite  donné  lui  même  au  vicomte  de  Comborn  •,* 

de  Touloufe  offrit  l’évcché  de  Cahors  à  Bernard  &  qu’enfin  ce  dernier  y  avoit  mis  un  laïque  pour* 

en  990.  &  que  ce  prince  dominoit  par  conféquent  abbé  ,  parce  que  Bernard  moine  de  Solignac  >  &  « 
alors  furie  Querci.  Il  paroît  certain  en  effet  que  enfu.tc  évêque  de  Cahors  ,  en  avoit  été  abbé.* 

Bernard  n’accepta  cet  évêché  que  long-tems  après  D’un  autre  côté  Aimoin  rapporte  les  paroles  fin¬ 
ie  refus  qu'il  en  avoit  fait ,  puifqu’il  entreprit  aupa-  vantes  dans  la  vie  de  S.  Abbon.  *  Hugues ,  dit* 
ravant  de  longs  pèlerinages  :  on  élût  par  confé-  ect  auteur  P  ,  l’un  des  principaux  feigneurs  d>A-“  iirfss*' 

quent  un  autre  éveque  a  fa  place.  Or  il  fucceda  quitaine,  envoya  Bernard  (bn  fils,  déjà  moine,* 

immédiatement  à  Gaulbert  qui  fut  promu  à  cet  dans  l’abbaye  de  Fleuri,  pour  y  apprendre  les  bel-* 

évêché  en  990.  c.  Ce  fut  donc  cette  derniere  an-  les  lettres  qu  Abbon  lui  enfeigna  du  tems  de* 

anrh  née  que  Guillaume  comte  de  Touloufe  le  lui  offrit,  l’abbé  Richard.  Bernard  ayant  été  rappellé  quel-  * 

s>9*.n.*7-  \[  çft  vrai  que  fuivant  le  P.  Mabillon  f  ce  fut  en  ques  années  après  par  fon  pere,  il  tnt  abbé  de- 


n  Sficil.  Cr 


è  sAim. comtédès  l'an  99o.comme  il  paraît  par  Aimoin 

'ïiJ.SS.Bn.  qui  marcluc  ^ans  la  V*e  4U  **  en  1005.  de 

faint  Abbon  abbé  de  Fleuri ,  que  ce  feint  écrivit  à 
Bernard  abbé  de  Beaulieu  en  Limoufin ,  pour  le 


féc.IV.fdrt.l. 


eLM.iM. 
r#. 2^.78*. 


Ben.  fu*  «• 
pârtl-fOU 


g  Béln\.  hifi . 

Tutel.p.9  o. 

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éuin.9%7»n. 
loo.  &  4 d 


99  8.&  fuivant  M.  Baluze  g  en  1 004.  mais  ces  deux 
auteurs  fe  trompent,  i°.  La  lettre  d’ Abbon  à  Ber¬ 
nard  pour  le  détourner  d’accepter  l’évêché  de  Ca¬ 
hors,  eft  anterieure  à  l’an  996.  puifqu’il  l’écrivit  h 
avant  fon  premier  voyage  de  Rome  qu’il  fit 1  cette 


Solignac,  &  peu  de  tems  après  il  obtint  l’abbaye* 
de  Beaulieu,  que  fon  pere  avoit  acquife  par  le* 
droit  de  la  guerre.  Guillaume  comte  de  Touloufe* 
voulut  enfuite  donner  l’évcché  de  Cahots  à  Ber-  * 
nard  ,  &c.  »  Nous  levons  enfin  que  le 


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DE  LANGUE  DO  C.  547 

Bernard  fût  promu  à  l’abbayc  de  Solignac  du  tems  poftericurà  l’an  1030.  &  fîiivâftt  la  lettré  dominé  ^  q^t  i 
de  Richard  abbé  dcFIcurimonen  979  I&on  con*-  cale  il  doit  être  de  l’an  io 3  7-car  on  ne  trouve  aucune  *  ix. 
vient  b  qu’il polïèdoic  dès  1  an  983.  celle  de  Beau-  autre  année  â  laquelle  elle  convienne  depuis  l’an 
lieu  î  or  comme  il  paroît  d’ailleurs  qu’Hugnes  lOjo.jufquen  i04j.que  Pons  avoir  certainement 
fon  pere  écoit  vicomte  de  Comborn  c ,  nous  con-  foccedé  a  Guillaume  Taillcfer  fon  pere  dans  lé 
cluons  de  tous  ces  divers  témoignages  que  Guil*  comté  de  Touloufe  :  d’ailleurs  ce  dernier  devoit 
laume  Taillcfer  comte  de  Touloufe  s’empara  de  être  extrêmement  âgé  en  1037.  puifqu’il  éroit  né 
l’abbaye  de  Beaulieu  avant  l’an  98  3 .  &  qu’il  domi-  au  plus  tard  vers  l'an  945.  il  avoir  donc  environ 

noit  par  confequent  alors  for  le  Qpcrci  &  le  bas  91.  ans  dans  le  tems  de  fâ  morr. 

Limoulin.  XLVI.  Ce  même  a&e  prouve  >  ce  femble  *  que 

M.  Baluze  d  convient  que  le  comte  de  Touloufe  dans  le  partage  des  domaines  de  la  maifon  de  Tou* 

%v&  s’empara  de  l’abbaye  de  Beaulieu  fous  le  règne  de  loufc  fait  vers  l’an  975.  entre  Guillaume  Taillefer 
Lôthaire  :  mais  il  prétend  que  ce  fut  Raymond-  &  Raymond  II.  du  nom  comte  de  Rouerguc  fon 
Pons,  fondé  fur  ce  que  le  Comte  Raymond  tint  coufin  ,  iis  eurent  chacun  la  moitié  du  comté  de 
un  plaid  dans  te  Querci  la  VIILannée  du  règne  de  Nifmes.  Nous  voyons  en  effet  que  Pons  fils  de 
cc  roi  ;  mais  outre  que  cet  aâe  ne  prouve  pas  que  Guillaume  ,  affigna  pour  le  douaire  de  Majore  fort 
le  comte  qui  tint  ce  plaid  fût  alors  maître  de  l’ab-  époufe  U  moitié  de  cet  évêché.  Du  refte  il  paroît 
baye  de  Beaulieu,  nous  avons  fait  voir  c  ailleurs  que  que  Majore  étoit  de  la  maifon  de  Carcafïonne  ou 
1  ’  ce  comte  eft  le  même  que  Raymond  I.  du  nom  de  Foix  ;  car  fon  contrat  de  mariage  avec  Ponsfe 
comte  de  Rouergue.  trouve  en  original  dans  les  archives  de  cette  mai- 

XLIII.  Le  même  auteur  1  croit  que  ccux-lâ  fè  fon,  &  dans  ie  cartulaire  du  château  de  Foix. 
trompent,  qui  font  Bernard  abbé  de  Beaulieu  &  XLVII.  On  voit  par  ce  que  nous  venons  de  dire 
évêque  de  Cahors,  de  la  maifon  de  Comborn.  Il  eft  qu’il  n’y  a  eu  d’autre  comre  de  Touloufo  depuis 
perfuadé  que  ce  prélat  étoit  fils  d  Hugues  neveu  de  environ  le  milieu  du  X.  lieele  julqu’cn  103  7,  que 
Raymond-Pons  comte  de  Touloufe .  Il  eft  vrai  que  Guillaume  Taillcfer ,  qui  fora  né  quelques  années 


■  îtébiM. 


Raymond  I.  comte  de  Rouergue ,  &  non  pas  Ray¬ 
mond-Pons  comte  de  Touloufe ,  comme  l’a  cru 
IJV./.1©*.  M.BaIuzc,fâit  mention  dans  fon  teftament  X  de  fon 
neveu  Hugues ,  &  qu’il  eft  fort  vraifemblable  que 


h  Mu 

IU  mu. 
ilejl.ft.99. 
f.G*k<kr. 
ikd.u.uf, 
404. 

i  £J.  1 ibùt.f. 

fii* 


avant  la  mort  de  Raymond-Pons  fondateur  de 
l’abbaye  de  S.  Pons  de  Tomieres  fon  pere ,  &  lui 
aura  mcccdé  immédiatement  fousIatutelledeGar- 
finde  fâ  merc.  On  doit  rayer  par  confequent  du 
celui-ci  eut  quelque  autorité  dans  le  Querci  :  mais  nombre  des  comtes  de  cette  ville  les  prétendus  Ray- 
cela  ne  foffitpas,  pour  établir  que  Bernard  abbé  de  mond  III. &  Pons  II.  que  nosgenealogiftes  mettent 
Beaulieu  &  évêque  de  Cahors  éroit  fon  fils  ;  d’ail-  entre  deux,  &  qu’ils  ont  confondus  avec?  d’autres 
leurs  le  P.  Mabillon  h  afliire  pofitivcmenr  que  Ber-  princes  de  la  maifon  de  Touloufe  qui  apparticn- 
nard  étoit  fils  d’H  ugues  vicomte  de  Comborn ,  &  nent  â  la  ligne  collaterale.  On  pourroit  obje&cr 
oncle  paternel  d'Hugues  de  Comborn  fon  foccefleur  cependant  l’autorité  du  P.  Ange,  qui n  pour  prouver  Q  ^  hifK 
dans  l’abbaye  de  Beaulieu;  ce  qui  eft  fondé,  tant  que  Guillaume  Taillcfer  fucceda  bien  jeune  à  (Pons 

II.)  fon  pere  vers  99  / .  cite  une  charte  de  S.  Pons  de 
Tomieres  de  la  meme  année  ou  il  eft  nommé  avec 
fonfrere ,  mais  nous  n’avons  aucune  connoiflance 
de  cette  charte.  Cet  auteur  le  conrredit  d’ailleurs, 
puifqu’il  avoue  que  Guillaume  Taillcfer  étoit  déjà 
marié  en  99 1.  avec  Emme  de  Provence. 


SS- 


l*r-  *«j. 


fir 


f’IOQ.fr 


fur  l’autorité  d’Aimoin ,  que  for  celle  du  concile  de 
Limoges  de  l’an  1031.au  lieu  que  M.  Baluze 1  n’a 
pour  fondement  qn’une  donation  faite  â  l’égifede 
de  Cahors  en  9  8  7-  par  un  feigneur  nommé  Hugues 
&  fa  femme  Hermentrudc ,  ce  qui  ne  prouve  rien. 

XL1V.  On  pourroit  cependant  concilier  ces  deux 
auteurs,  en  fuppofânc  qu’H ugues  neveu  de  Ray¬ 
mond  I.  comte  de  Rouergue,  fut  vicomte  de  Com¬ 
born  ,  &  pere  4de  Bernard  abbé  de  Beaulieu ,  8c 
d’Archambaud  ,  fornommé  Jambe  -  pourrie  ,  vi¬ 
comte  de  Comborn  ,  lequel  vivoit  k  en  984 •  & 
987-  Outre  qu’on  ne  connoîr  pas  l’origine  de  ce 
dernier  ,  les  tems  fe  rapporrenr  très- bien.  Quoi 
qu’il  en  foit ,  il  réfulte  de  cc  que  nous  venons  de 
aire,  que  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe 
gouvernoit  déjà  fes  états  par  lui-même  vers  l’an 
975.  Il  vivoit  encore  en  1019. 1 

XLV.Nous  avons  un  contrat m  de  mariage  par  le¬ 
quel  Pons  affigne  pour  douaire  â  Majore  fâ  future 
•époufe  r évêché  &  la  ville  d’Albi,  la  moitié 
••de  celui  de  Nifmes,  fon  droit  for  Milhaud,  la 


NOTE  IX. 

Epoque  de  P  épi fçopat  de  quelques  evèques 
d'Albi. 

L  TL  eft  fait  mention  de  Godolric  évêque  d'Albi 
A  dans  une  charte0  datée  du  Jeudi  /  2.  dOtlobre  oPr.p.jf. 
la  XX1T.  année  du  régné  de  Charles .  Le  P.  de 
Sainte  Marthe  P  qui  en  a  donné  un  extrait,  la  rap-  ?G*u.'hr.nn. 
porte  au  règne  de  Charles  le  Simple,  8c  environ  â 
l’an  9 1 7.  mais  cette  année  ne  fçauroit  convenir  ni 
avec  la  lettre  dominicale ,  ni  avec  la  XXIV.  année 


du  règne  de  ce  prince  en  Aquitaine ,  qu’on  ne  doit 
moitié  de  l’abbaye  de  S.Gilles,  le  château  de  Tarât  compter  que  depuis  la  morr  du  roi  Eudes.  Ainfi  fi 


con  &  la  terre  d’Argencc  dans  le  diocêfe  d’Arles.  » 
Après  le  feing  du  même  Pons  on  voir  celui  de 
Guillaume  fon  pere  conçu  en  ces  termes:  Signum 
Willelmo  patri  fuo ,  celui  de  Bertrand  ,  &c.  Tou¬ 
tes  ces  circonftances  ne  nous  permettent  pas  de 
douter  qu’il  ne  s’agiffe  ici  de  Guillaume  Taillefer 


la  charte  eft  en  effet  du  régné  de  Charles  le  Simple, 
elle  doit  être  de  l’an  920.  foivant  la  lettre  domini¬ 
cale  ,  ou  de  l’année  fuivante ,  felon  les  années 
du  régné  de  ce  prince  en  Aquitaine  ;  car  ces  notes 
chronologiques  ne  fçauroient  s’accorder  enfemble. 

On  pourroit  rapporter  cette  charte  a  l’an  $64. 
comte  Je  Touloufe,  de  Pons  fon  fils  qui  époufâ  ouâ  la  XXIV. année  du  régné  de  Charles  le  Chau- 
Majore  ,  &  de  Bertrand  fon  autre  fils,  quoi  qu’ils  ve.  Godolric  pouvoir  remplir  alors  le  fiegeépifco- 
nc  prennent  aucune  qualité.  Guillaume  Taillcfer  pal  d’Albi  ;  car  nous  avons  9  une  lacune  dans  le  cara-  q  v.  GéB.ebr. 
vivoit  donc  encore  dans  le  tems  de  ce  contrat  de  logue  des  évêques  de  cette  églife  depuis  l’an  854* 
mariage ,  qui  eft  daté  du  Mercreds  / 4.  Septembre  jufqu’â  l’an  869.  d’ailleurs  et  fiege  fe  trouve 
fous  le  reçue  de  Henri .  Cet  a&e  eft  par  conféquent  rempli  r  en  911.  par  Paterne.  Cependant  comme  r  sp,c£*'7* 
Tome  XI.  Zzzij  * 


Î4«  NOTES  SUR. 

Charlcslc  ChauVe  étoit  aa  mois  d’Oélobrc  de  l\m 


L’HISTOIRE 

On  aura  donc  confondu  cette  lettre  ave*  celle  qoe 


&  qui  n’eft  pas  different  dè  Guillaume  qui  parvint  & 
cct  évêché  en  1157-  Celui-ci  aroit  fuccedé  à  Ri- 
gaud  ,  &  ce  dernier  à  Hugues  qui  fiegeoit*  en  n  jo.ss*i 
tll9  S'totfyur. 


121  *  S64.  danslaXXV.  &  non  dans  laXXIV.  année  de  Rigaod  ®  évêcpie  d’Albi  écrivit  vers  Tan  1 1 54.  à  N  * 

fon  rtgne ,  &  que  le  ftile  de  la  chatte  reffenr  moins  Jean  abbé  d’Ardorei  &  à  fes  religieux ,  donc  quel-  m  0^.4, 

le  ficcW  de  ce  prince  ,  que  celui  de  Charles  le  S in>  qucs-ims  vodoient  quitter  rinftitut  de  Gteaux 

de  f  nous  croyons  plutôt  qu’il  faut  la  rapporter  à  qu’ris  avoient  embrarté.  H  s’enfuit  de  B  qu’on  dore 

l’an  9  10.  &  lire  U  XXI IL  au  lieu  de  la  XXIV.  an-  rayer  du  catalogue  des  évêques  d'Albi  le  prétendu 

t>ée  du  règne  de  Charles.  Guillaume  IV.  qu’on  fait  fieger  en  1117.*  1118. 

êC9*cil.f.f  H.  Addolenus  évêque  d’Albi  fou  fc  ri  vit1  en8?i-  Ôcqui  n’eft  pas  different  dè  Guillaume  qui  parvint  à 
*'4U*  au  privilège  que  Wautier  archevêque  de  Sens  ac-  cct  évêché  en  1157*  Celui-ci  avoit  fuccedé  à  Rt- 

corda  alors  au  monaftere  de  S.  Pierre  le  Vif.  Nous  gaud  ,  &  ce  dernier  à  Hugues  qui  fiegeoit*  en  n  ^assMi 
trouvons  d’un  autre  côté  un  Odolenus  évêque  1138»  ^ 

d’Albi  qui  fut  prefènt ,  avec  les  évêques  Egfrid  de  .  _ 

Poitiers,  &  Guillaume  de  Cahors,  à  la  donation 

que  Frotaife  archevêque  de  Bourges  fit  du  lieu  NOTE  X. 

d’Orbaciac  au  monaftere  de  Beaulieu  dans  le  bas 

Vr.  uJ.  Limoufin,  &  dont  nous  avons  fixé*  l'époque  à  l’an  Sur  les  f  rentiers  vicomtes  de  Poligfiac. 

Sote  C.  ]|  pâroîc  par  Uqu’Addolenus  ou  Odolenus 

fut  évêque  d’Albi  depuis  cette  dernière  année  juf-  I.  Afpard  Chabron  -,  qui  a  compofé  une 
c GaUchr.ü.  quen 8 9 1  .en fuppofantavcc lesnouvcaux c éditeurs  \J  hiltoire  généalogique  mamifcrice  des  vi- 
f'7'  du  Galha  chnjhana ,  que  c’cft  le  même  évêque  \  comtes  &  de  la  maifon  de  Poügruc  ,  ne  la  com- 
maisil  patok  qu’il  les  faut  diftinguer,  puifquenous  mcnce  qu’au  milieu  du  X!.  ficclc.  Nous  trouvons 
trouvons  un  Eloy  évêque  d’Albi  qui  i’ouferivit  au  dans  divers  memumens  de  quoi  remonter  beaucoup 
àv.  note  Concile  de  Port  tenud  au  mois  de  Novembre  de  plus  haut. 

l’an  8 8  6.011  au  plûtard  de  l’an  887.  11  cft  d’ abord  fait  mention  d un  vicomte  de  Polignac 

III.  On  peut  obje&er  l'autorité  du  chronographe  qui  vivoit  vers  l’an  885.  dans  tm  aéle  0  très-ancien,  oThnlty-U 
deCaftres,  qui  n’admet  d’autre  évêque  d’Albi  que  rapporté  en  fubftance  dans  le  procez  verbal  que 
Loup,  depuis  l’an  869.  jufqu'en  911.  Voici  les  Guillaume  de  Chalançon  évêque  du  Puy  fit  en  Md.sl. 


b  r.  uJ. 
KOTE  C. 


NOTE  X. 

Sur  les  f  rentiers  vicomtes  de  Polignac. 

I.  Afpard  Chabron  -,  qui  a  compofé  une 
VJ  hilîoire  généalogique  mamifcrice  des  vi¬ 
comtes  &  de  la  maifon  de  Poligruc  ,  ne  la  com- 


paroles: 

Anno  (  869 .  Lupiu  epifeopabat 
Solomon  abb.iti.ibat. 

Anno  8?o.  Lupin  epifeopabat 
Bernon  abbatiabat. 

Anno  879 .  Lupus  epifcopiib.it 
Rtgaudus  abban.tb.it. 

Anno  921 .  P  Oter  nus  epifeopabat ,  Ç$c. 

Mais  il  cft  certain  que  cct  auteur  ,  qui  n’a  écrit  qu’à 
la  fin  du  XII.  ficelé ,  a  obmis  dans  fon  ouvrage 
pluficurs  évêques  d’Albi,  comme  nous  l’avons  fait 


C  G*U-  rhr.  ib . 

H- 


XII.  ficelé ,  l’un  vers  Van  /  /  0^.  &  l’antre  en  x  1 09. 
mais  il  n’y  a  aucune  preuve  qui  oblige  à  les  diftin¬ 
guer.  Tout  ce  qu'on  (çaitdu  premier,  c’cft  qu’il 
vivoit  fous  le  régné  de  Philippe  I.  or  on  n’a  lien 
d’Arnaud  de  Ccccnon  évêque  d'Albi  après  le  mois 
dcjuilletde  l’an  1 103.  qu’il fiegeoit  certainement \ 
Aldcgarius  peut  donc  lui  avoir  fuccedé  la  même 
année  ,  ou  du  moins  avant  la  mort  du  roi  Phi- 


glin/./.Xj. 


*01*  f 

X  , 


paroles  :  1 4 1 8 .  de  l'ouverture  de  la  châflè  où  éroient  tes  re- 

,  . ...  A  .  r  /-  r  liques  de  S.  George  premier  évêque  de  Vêlai.  Le  g^  «*•»*. 

*  S,.al  ,M.  Am»  S6ç.  Lup,u  tpfcopaèat  nJm  dc  cc  vicomteneft  pas  à  h  vérité  exprimé  *  *  *'• 

0  omon  a  mu  at.  dans  l’acte ,  où  il  cft  Bit  mention  de  Viral  fon  frere , 

Anno  S70.  L«ptu  'ptfcoptbac  partic  du  clergé  de  Vêlai  avoir  élû  pou: 

Bernon  abbatiavat.  1  r  ^  0  ••  .  ,.fr, 

A  .  ri  évequcîmaisnousavonslicudccroirequilsap- 

AnnO879.LHplUepl  COp.lb.lt  I.1-  A  ,  ../•  -  ^ 

n  /  / 1  rJ  t  pclloit  Armand  ;  voici  lur  quoi  nous  nous  ton- 

Rigaudus  abban.ib.it.  dons  * 

Anno  92t.  PaternHs  epifcopaûAt ,  ($c.  Falco  P  religieux  de  Tournus  rapporte  dans  la 

Mais  il  cft  certain  que  cct  auteur  ,  qui  n’a  écrit  qu’à  chronique  de  ce  monaftere  écrite  au  milieu  du  XL  Trtn,,  l9t 
la  fin  du  XII.  ficelé ,  a  obmis  dans  fon  ouvrage  ficelé ,  qu’Hcrvé  qui  en  étoit  abbé  ,  acquit  i Ar* 
plulîeurs  évêques  d’Albi ,  comme  nous  l’avons  fait  m.md>  fils  d’ Armani  vicomte ,  des  biens  très-con- 
voir  ailleurs.  On  peut  donc  fuppolcr  qu’il  y  a  eu  fiderables dans  le  Vêlai,  entr'autres  Ve^ifedefaint 
deux  évêques  d’Albi  du  nom  de  Loup  au  IX.  liecle,  Georges  d.ins  U  cite  vieille  ♦.  Or  labbé  Hervé  fit  v^Juc‘Ti:,te 

l’un  qui  liegeoit  en  S 69.  &  S70.  &  l’autre  en  879-  cette  acquiiirion  vers  l’an  900.  le  vicomte  Ar- 
&  au Odolenus  occupa  ce  fiege  en  876.  entre  l’un  mand  dont  le  fils  lui  donna  ccs  domaines,  n’eft 
&  l’autre.  Le  chronographe  ne  rapporte  rien  de  donc  pas  different  du  vicomte  de  Polignac  qui  vi* 
contraire  à  ce  (yflême.  voit  en  88f.ilparoît  du  moins  qu’il  defeendoit 

GArhr.ib.  IV.  Le  P.  de  Sainte  Marthe  f  met  deux  Aldcgarius  dc  lui,  puifquc  les  dignitez  étoient  alors  hcredi- 
.  i.p.n.&  £]r  |c  (<pjfCOp3|  d’Albi  au  commencement  du  taires. 

XII.  ficcie,  l’un  vers  Pan  1 1 03.  &  l’autre  en  x  1 09.  Il  cft  ai!e  dc  prouver  qu’Hervé  I.  du  nom  ,•  abbé 
mais  il  n’y  a  aucune  preuve  qui  oblige  à  les  diftin-  de  Tournus,  qui  vivoit  vers  l’an  900.  fit  cette  ac- 
guer.  Tout  ce  qu’on  (çaitdu  premier,  c’cft  qu’il  quilition,  ôc  non  pas  HexvélI.  comme  le  P.  Ma- 
vivoit  fous  le  régné  dc  Philippe  I.  or  on  n’a  lien  billonl ,  &  après  lui  les  nouveaux  éditeurs  du  Gai-  q  M*  * 
d’Arnaud  dc  Ccccnon  évêque  d'Albi  après  le  mois  Isa  ebrijhana  le  (iippofent.  Falco c  allure  en  effet  a^tCBrm$. 
dcjuilletde  l’an  ï  103.  qu’il  fiegeoit  certainement  i  que  cc  fut  l’abbé  Hervé  prcdcccjfcur  de  G  niche  an  > 

Aldcgarius  peut  donc  lui  avoir  fuccedé  la  même  qui  acquit  ccs  biens.  Or  il  cft  certain  que  Guichc- 
année  ,  ou  du  moins  avant  la  mort  du  roi  Phi*  ran  avoit  déjà  •  (uccedc  en  9 1 5.  à  Hervé  1.  élu  eu  v,fa'  *** 
lippe  I.  &  n’être  pas  different  de  celui  qui  fiegeoit  898-  De  plus ,  il  eft  rapporté  dans  l’acle  dont  nous 
en  x  1 09.  venons  de  parler ,  que  le  vicomte  de  Polignac  ac- 

iJbni.p.i  j.  Le  même  auteur  S  prétend  que  Guillaume  évêque  quit  vers  l'an  88  s*  l*  esté  vieille  de  Norbert  évê-  °A  "" 
d’Albi  écrivit  l’an  1 117.011  1 118.  à  Foulques  abbé  que  de  Vêlai ,  quilalui  céda  *.  Or  Armand ,  fils  ^"<l# 
d’Ardôrel ,  pour  lui  reprocher  d’avoir  mal  parlé  de  d  Armand  vicomte  donna  vers  l’an  900.  l’églifede  NLXxx. 
l’ordre  de  Citcaux  ,  &  de  refufer  ,  courre  fa  pro-  S.  George  de  cette  même  cité  veille  à  l’abbaye  de 
méfie,  d’unir  à  cet  ordre  fon  monaftere ,  &  celui  Tournus  ;  par  confcquent  ce  vicomte  Armand 
dc  Valmagne  qui  étoit  fous  fa  dépendance.  Mais  n’eft  pas  different  du  vicomte  dc  Polignac  qui  ac- 
hPr.p.n.ér  i°.  cette  derniere  abbaye  ne  fut  fondée*1  qu’en  quit  cette  cité  en  88  5.  On  peut  a  jouter  enfin  qu’on 

Al-  1138 .  &  ne  fut  *  unie  à  l'ordre  de  Gccaux  que  ne  connoit  pas  d  autres  anciens  vicomtes  dans  le 

ip.siu&iq-  pous]e  pontificat  du  pape  Eugène  III.  ou  après  l’an  Vêlai  que  ceux  dc  Polignac,  ttrcju’on  trouve  ici  le 
V QaII, chr.tb.  1 1  44.  &  non  en  1138-  comme  il  l’a  avancé  k.  nom  d’Armand ,  qui  fut  fort  ufité  dans  la  maifon 

t‘79'  x°.  Il  eft  certain  que  l’évêché  d’Albi  étoit  rempli  de  ccs  vicomtes  durant  les  (iodes  fuivans. 

en  u  27-  &  IIl8-  par  Humbert,  &  non  par  II.  Ce  qui  a  trompé  fans  doute  le  P.  Mabillon,  üFâIetlh4. 
lUv^siun.  9  ainû  que  nous  lavons  montré  ailleurs  K  c’eft  qu’il  cft  rapporte  dans  la  chronique u  de  Tour-  t*s. 


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DE  LANGUEDOC 


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nus  au  Etienne  vicomte ,  {ÿ fa  femme  Blitfinde  con-  Pu  y  qu’après  m  l’an  107  J  .&  que  de  l’autre  Durand  — 

/*.  _ L _ PLI _ ^  »IT  J_  ~LLa  ~LLA  À..  !..  é'LSJ..  FM.-.  ^.-1..  IL..C- _ /r*  I  *.  *N  -  O  T  E 


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firmerent  en  faveur  d’Hervé  fri.  drr  nom  abbé  de.  abbé  de  JaChaite-üieuqur  y  lôuicrivit  ne  po/îcdoie 
ce  monafterc,  la  donarion  de  divers  biens  lituez  plus  cette  abbaye  n  en  1078. 
dans  le  Vêlai,  qui  avoir  été  faire  à  l'abhe  Hervé fim.  V.  Pons ,  neveu  du  meme  Etienne  0  éroic  alors 
prédeceffeur  ;  ain/ï  il  aura  cru  que  ce  prédcceilèuf  vicomte  de  Polignac  ,  mais  nous  ne  teavons  pas 
d’Hervc  III.  eft  le  même  qu’Hcrvé  IJ.  mois  le  ter-  s’il  droit  fils  de  Guillaume ,  ou  de  Pons  reeres  dece 
me  de  prédece/Ieur  peur  être  appliqué  également  £  prélat;  tour  ce  qu’ilyade  certain,  c’cft  qu’il  étoit 
Hervé  I.  fils  d’Auxilende,  Suivant  une  charte  Pqui  eft  environ 

Cet  endroit  de  la  chronique  nous  donne  un  de  l’an  1080.  &  dans  laquelle  il  eft  fait  mention 
nouveau  vicorarc  de  Polignac  qui  vivoit  vers  le  de  fon  frere  Hcraclc.  Celui-ci  le  qualifia  vicomte, 
milieu  du  X.  ficelé  ;  car  Hervé  III.  du  nom,  abbé  ce  qui  prouve  que  ces  deux  freres  poflèderent  par 
•60 1.1*4*.  de  Tournas  poflèda*  cette  abbaye  depuis  l’an  948..  indivis,  h  vicomté  de  Polignac  Kçracfe  mourut  | 
^<7'  jufqa'em  j.  Or  comme  le  vicomte  Etienne  con-  Antioche  en  1098.  durant  la  première  croitede, 
firnia,  en  fcveur  de  ce  monafterc,  h  donation  Nous  ignorons  s’il  laifli  pofteriré.  Pros  (on  frère 
qu’Armand  lui  avoit  faite  vers  l’an  900.  &  que  ce  qui  vivoit  encore  en  1 1  o^ .  eut  de  fa  femme  Elite- 
dcvnûrs  était  fils  d’un  autre  vicomte  de  Polignac  beth  un  fils  nommé  Armand  qui  furie  IV.  de  fon 

rpanok  auflî  le  nom  d  Armand  ;  il  y  a  tout  lieu  nom ,  &  duquel  defeendent  les  aurrés  vicomtesde 
:rofre  qo’Erienne  étoir  périr- fils  de  celui-ci,  &  Polignac  dont  nous  parlerons  dans  la  fuite. 

fils  de  faunr.  Nous  trouvons  d’aiflenrs  Je  nom  _ 

d’Etienne  au  milieu  du  Xl./iecle  dam  fe  maifbn 
des  vicomtes  de  Polignac. 

III.  D.  Claude  Efticnnor b  fair  mention  d’une  do- 


X.L 

m/.i  29» 

n  jind .  tnfir . 
p.  229» 
oPr.p.  jol. 


P/. 


NOTE  XI. 

Sur  les  anciens  vicomtes  de  Narbonne. 


I-  V  T  Olis  avons  parle  dans  le  premier  s  vol.  de 


■N! 


nation  faite  U  XXIX.  année  du  reont  de  Lc.doasrt> 
jo.  ou  1  an  9  8  { .  par  Hcracle  vicomte ,  &  philicurs  an¬ 
tres  feigneurs  du  Vêlai,  au  monafterc  de  Chamalie- 
r es  fïtnc  dans  Je  même  pais.  Il  n’cft  point  douteux 
que  cet  Heracle  ne  fut  vicomte  de  Polignac  : 
par  conléquenril  éroit  vraifcmblablemem  filsd’E-  vivoienten  8fi.&  nous  avons  conjecturé  qu’ils 
tienne,  ôc  pere  du  vicomte  Agnus  ou  Annon,  exerçoient  la  charge  de  vicomte  dans  ce  pais  ,  parce 
tA3.SS.Btn.  qui  en  993.  (buterivir  c  a  la  fondation  du  mona-  que  Ie  terme  de  vidame  fignifioit  quelquefois  la 
fnc.v  p.  u  6.  jç  ^jnf  pjcrre  ju  pLJy ,  &  une  donation  J  à  même  choie  quet ncomte.  1  cil  fait  mention  enfuke 


cette  hiftoire ,  d'AUric  (3  de  Francon  vida* 
me:  dans  le  diocèlè  ou  comté  de  Narbonne,  qui 


«?  v.  liv.X. 
»S7* 


itbid.p.iit.  cclcri  de  S.  Chaftre  fous  fe  régné  du  roi  Robert 
e  tftien.  hi.  vers  l’an  1000.  Cet  Agnus c  vicomte  de  Polignac 

Ir.  Tbetd.  r  >  ,  ,  ô 


vers  l’an  8 7 S.  de  Lindoin  vicomte  de  Narbonne  , 
dans  une  lettre  du  pape  Jean  VIII. 

II.  Arnuftc  archevêque  de  Narbonne  dans  une 
donation  r  qu’il  fit  en  9 1 1 .  à  l’églilè  de  S.  Paul,  dé-  r  *'•& U 
clare  qu’il  avoir  acquis  les  biens  qu’il  donnoit,  de 
W.ilchx'-ins  de  fonfrere  le  vicomte  Al  b  cric ,  fils 
de  M Aïeul  vicomte  (3  de  ftf.mme  Raymonde.  Nous 


kjhu  Pq  p.  fit  probablement  pere  d’Armand  III. 

>*4.  IV.  Ce  dernier  vivoit  au  milieu  du  XI.  fiecle, 

f  GdM.  chr.ib.  comme  on  le  voit  par  pluficurs  aétes  f  de  ce  tems- 
^  ’  dans  lelquclsil  cft  fait  mention  et  Arm  nid  vi - 
f.itu  119.  comte  de  Polignac,  de  fa  femme  A  de! ai  de ,  (3  de 

leurs fils  Etsenne ,  Guillaume  î3  Fous.  On  peut  fixer  inférons  de  là  1  que  Maïeul  vicomte  de  Narbon- 
àpeu  près  l’époque  de  la  naiflance  d’Armand  III.  ne  étoir  alors  décédé.  2P.  Que  les  deux  fils  lui 

par  un  a&e  de  l’an  105^.  luivant  lequel  Ion  fils  avoient  fucccdé  par  indivis.  3  °.  Enfin  que  cette 

Etienne,  alors  Evcque  de  Clermont  ,  &  aupara-  vicomté  étoir  alors  héréditaire.  C’cft  ce  même  Al- 
tchfnTtMr-  vont  prévôt  de  la  cathédrale  du  Puy,  confirma  g  en  bcrric  qui  après  avoir  époulè  Atralane  fille  unique 

“É’“"  faveur  de  l’abbayc  de  Tournus  une  donarion  fiiite  de  Raculfc comte  deMicon,s  établit  en  bourgogne, 

à  ce  monafterc  par  Falcon  de  Jalaignac.  Etienne  &  hérita  de  ce  comté  qu’il  rranfinir  à  fesddeen- 
éroit  né  par  conféqucnt  au  plus  tard  vers  l’an  dans  :  il  paroît  qu’il  abandonna  (a  portion  de  la 
102  j.  &  Armand  vicomte  de  Polignac  fon  pere  vicomté  de  Narbonne  a  fon  frère  Walcharius. 
vers  l’an  1000.  Cet  aère  eft  foula  ir  par  A  rnaud 
morne  ,  fils  du  vicomte  de  Polignac  ;  ce  qui  nous 
donne  lieu  de  croire  qu’Armand  III.  eut  un  qua¬ 
trième  fils. 

Ce  vicomte  vivoit  encore  en  1062.  comme  il 
eftaifode  le  prouver,  par  la  donarion  que  fit  le 

_  J ..  /“M _ -  1  I»  LJ _  J. 


III.  Nous  trouvons  un  Odon  vicomte  qui  dans 
un  aile  de  l’an  924.  *  où  il  parie  de  lès  freres,  sp.62.er/if. 
donne  conjointement  avec  fa  femme  Richilde  à 
l’abbaye  de  Montolieu  ,  un  alleu  fituc  dans  le  com¬ 
té  deNarbonne,  dont  il  avoit  hérité  de  ton  pere 
Francon (3  defamere  Erfindc.  Il  n'y  a  pas  lieu  Je 


même  Etienne  évêque  de  Clermont  a  l’abbayc  de  douter  que  ce  nefoit  deces  derniers  dont  il  eft  parlé 


Hifrp.%  4f« 


dans  une  donation  1  que  WadaiJus  évêque  d ’Elne  tPt67.&r»f. 
fit  en  93  1.  à  fon  églilè  ,  pour  l'ame  de  Francon 
vicomte ,  de  fonepoufe  Erfindc ,  (3  et  Odon  vicomte. 
Ainlicetaéte  prouve  que  Francon  pere  d’Odon  fut 
véritablement  vicomte.  Or  comme  le  même  Odon 
pofteda  la  vicomté  “deNarbonne,  &  qu’dJeétoic 


Pebracen  Auvergne,  de  l’églilè  de  S.  Andcoi  de 
Polignac  ,  du  confentcment  d'Armand  vicomte  de 
Po’ignac fon  pere.  Cctaéle  eft  fouler it  par  Guillau- 
me  &  Pons,  fils  de  ce  vicomte.  Le  P.  de  Sainte 
t'l*l+su*  ^arl^cfc4u*  en  a  donné  un  fragment,  n’en  rap¬ 
porte  pas  la  date  :  mais  il  eft  du  6.  d'Oïlvbre  la  lll. 
année  du  régné  de  Philippe  I  ou  de  Pan  1061.  lui-  alors  héréditaire,  ceft  une  preuve  que  Francon  Ion 
3t  vanr  Chabron  1  qui  en  fur  mention.  Il  ne  Içauroic  pere  la  poftèdaaufli,  &  qu’il  defeendoit  de  Francon 
£  etre  en  effet  anterieur ,  puifque  l’abbaye  de  Pcbrac  vidame  de  Narbonne  en  8  ç  1 . 
ne  fut  pas  fondée  avant  ccrre  année. 

Armand  III  étoit  décédé  dans  le  cems  d'une  autre 
donarion  k  qu’Eticnnc  fon  fils  ,  alors  evcque  du 
Puy  ,  fit  à  I  eglilc  de  teint  Andeol  de  Polignac.  Cet 


U  Pr.p,  62. 

&  no. 


sb.i. 


*  GtB.chr. 

Sfr- M** 


«fl* 


F 107 9. 


IV.  Nous  avons  dit  qu’Odon  vicomte  de  Nar¬ 
bonne  fait  mention  de  fes  freres  dans  l’aéle  de  l’an 
914..  ce  qui  nous  donne  lieu  de  croire  que  \e  vi¬ 
comte  Wlveretdus  ,  qui  en  92  J.  *  donna  un  alleu 
afte  qui  eft  Amplement  daté  du  régné  de  Philip-  lime  aux  environs  de  Narbonne,  à  l’églife  de  teint 
pe  L  eft  à  peu  près  de  l’an  1076.  puifque  d’un  côté  Paul  de  la  même  ville  ,  &  qui  l’année  fuivanre 
Etienne  ne  pafla  de  l'évêché  de  Clermont  à  celui  du  fbufcrivit  x  à  un.aâe  pallc  en  faveur  d’Agioarche-  7  p.c*. 


x  p.6+, 


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5î« 


N  O  T  I 
XI 


NOTES  SÜK  L’HISTOIRE 

Généalogie  des  premiers  vicomtes  de  Narbonne. 


Àlberic  vicomte 
Je  Narbone  en 
jxi.époufaÀttt- 
lanc  nlle  unique 
de  Raculfc  comte 
de  Mâcon  qui  lui 
apporta  cc  comté. 


Jrincon  I.  vi-  f  Lindoin  vicomte  I  Maïcul  vicomte  . 

dame  ou  vi- •  Narbonne  en*  de  Narbonne  vers^  ^alcharius  vi¬ 


comte  de  Nar¬ 
bonne  catjr. 


87S. 


l’an  900.  époufa 
Raymonde. 


1  comte  de  Nar¬ 
bonne  en  fi *• 
avec  Ton  frere. 


Francon 

comte  de  Narbon¬ 
ne  époufa  Erfindc 
de  Roulîillon. 


t  Matfrcd  vicomte  J 
J  de  Narbonne  en 

—  ,  •.  J  f+t.Scf  66. àpouGk 

.  Odon  YKomte  J  AdeUlde 
de  Narbonne  en  1 
5»4-&y33.époufa 
Ri.hildc  de  Bar¬ 
celone. 


V 


Ermengaad  élA 
archevêque  de 
Narbonne  en 
977- 


Raymond  I.vi- 
comtc  de  Nar¬ 
bonne  donc  la 
pofterité  cft  con¬ 
nue. 


Franco». 


Wlveradus  ou 
Wadaldus  vi¬ 
comte  de  Nar¬ 
bonne  en  9 15.  8c 
fi 6.  enfuitc  évê¬ 
que  d'Elne  depuis 
l’an  pji.  jufqu’en 
047- 


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têque  de  Narbonne,  étoit  frere  d’Odon  ,  &  quil 
poffedoit  par  indivis  avec  lui  la  vicomté  de  cette 
ville.  La  foufeription  de  la  vicomccflè  Richilde 
femme  d’Odon  à  ce  dernier  atte ,  après  celle  de 
Wlveradus ,  confirme  nos  conjcttures. 

Deux  vicomtes  nommez  Odon  &  Teudo  furent 
ifr.p.yo.  en  933.  *  exécuteurs  teftamentaires  de  Reginald 
évêque  de  Beziers.  Nous  fçavons  d’ailleurs  que  le 
dernier  de  ces  deux  vicomtes  l’étoit  de  Beziers, mais 
il  paroît  que  l’autre  cft  le  meme  qu’Odon  vicomte 
de  Narbonne  dont  nous  venons  de  parler,  &  qui 
par  conféquent  vivoit  encore  alors.  Nous  verrons 
plus  basque  Richilde  fa  femme  vendit  en  93  6.  un 
domaine  quelle avoit  dans  le  Roulîillon  (ans  faire 
mention  de  lui*,  d’où  nous  inférons  qu’il  étoit  alors 
'  décédé. 

b  Cani  mm.  V.  Catel  w  prétend  que  le  vicomte^  Wlveradus , 

9-  * dont  on  a  déjà  fait  mention ,  eft  le  même  queWal- 
charius  fils  de  Maïeul ,  8c  frere  d’Alberic,  vicomtes 
de  Narbonne.  Dans  cette  fuppofition  Wlveradus 
ne  fçauroit  être  frere  d’Odon  ,  puifquc  celui-ci 
étoit  fils  de  Francon  :  mais  comme  cet  auteur 
n’apporte  aucune  preuve  de  ce  fait ,  nous  croyons 
plutôt  que  Wlveradus  étoit  frere  d’Odon,  &  qu’il 
n’eft  pas  different  de  Wadaldus  qui  fut  évêque 
tUm-Hifi.  d’Elne  «  depuis  l’an  9}  1.  jufqu’en  947 •&  qu’après 
fon  élettion  il  abandonna  fes  droits  fur  la  vicomté 
de  Narbonne  à  fon  frere  Odon.  On  peut  appuyer 
cette  con  jetture  1  °.  fur  ce  que  ce  dernier  avoit  cer¬ 
tainement  des  freres,  comme  nous  l’avons  déjà  re¬ 
marqué.  i°.  Sur  ce  qu’il  n’eft  plus  fait  mention 
du  vicomte  Wlveradus  après  l’an  91 6.  3  °.  Enfin  fiir 
latte  de  Wadalde  évêque  d’Elne  de  l’an  931-  Par 
àPr.p.6  7.  lCqUCl  d  il  fait  une  donation  à  fonéglife,  four  l'a- 
****  me  de  Francon  vicomte ,  de  fa  femme  Bftnde  ,  (3 
(FOdon  vicomte . 

c  ibid.  Il  eft  vrai  que  cc  prélat  fait  auflî  cette  donation*, 
conjointement  avec  Gaufbert  comte  de  Roulîillon , 
four  le  comte  SoniariusÇj  fa  femme  Ermengarde , 

.  U  comte  Bencion  83  F evêque  Aimer  ode  ,  ce  qui 


donne  lieu  à  M.  Baluze  de  croire  que  l’évêque 
Waldaldus  étoit  f  de  la  maifbn  de  ces  comtes*, 
mais  comme  Gaufbert  ne  marque  pas  dans  cét  Alim 
atte  que  Bencion  &  Almcradc  Aillent  fes  frères , 
quoiqu’ils  le  Aillent  très-certainement  s ,  &  qu’il 
ne  dit  pas  non  plus  qu’il  fût  lui-même  fils  du  com- 
te  Sumarius  &  d’Ermengarde ,  comme  M.  Baluze 
le  croit  avec  beaucoup  de  fondement  ;  Wadalde 
pouvoit  être  également  fils  de  Francon  &  frere 
d’Odon  vicomtes  de  Narbonne ,  quoiqu’il  ne  l’ait 
pas  exprimé.  Il  paroît  en  effet  hors  de  doute  que 
l’évêque  &  le  comte  ont  voulu  parler  chacun  de 
leurs  parens  dans  cet  atte ,  &  qu’ils  n’étoient  point 
freres,  comme  M.  Baluze  Amble  le  conjetturer*.  ***"•*♦► 
Ils  pouvoient  cependant  être  alliez  ,  &  il  eft  allez 
vrailcmblable  qu’Arfinde  femme  de  Francon  vi¬ 
comte  de  Narbonne  étoit  tante  ou  fccur  de  Gauf¬ 
bert  comte  de  Roulîillon. 

Walcharius  fils  de  Maïeul  vicomte  de  Narbonne 
mourut  (ans  pofterité ,  puifque  nous  voyons  que 
cette  vicomté  appartenoit  en  924.  aux  dclcendans 
de  Francon.  Comme  cependant  les  dignitez  étoient 
alors  héréditaires  ,  il  y  a  lieu  de  croire  que  celui- 
ci  étoit  frere  du  même  Maïeul ,  &  qu’ils  poflede- 
rentpar  indivis  la  vicomté  de  Narbonne. 

VI.  On  voit  enfuite  un  Matfrcd  vicomte  de  cette 
ville  en9$i.  &  966.*  Nous  n’avons  aucun  atte  1*4*10 
qui  marque  fa  filiation  *,  mais  nous  ne  doutons lW* 
pas  qu’il  ne  fût  fils  d’Odon  Ion  prédeceffetir ,  &  de 
Richilde  -,  car  1e*.  cette derniere  avoit  encore  en 
9  5  5  .l’adminiftration  k  de  la  vicomté  de  Narbonne  k  fr+tv  b 
du  vivant  de  Matfted.  20.  Adelaide  veuve  de  ce  ^ * 
dernier,  en  faifant  mention  de  lui  dans  un  atte 1  de  1  J,u#* 
l’an  977.  le  joint  au  vicomte  Odon ,  83  à  la  vicom- 
tejfe  Richilde . 

Celle-ci  dans  une  charte  de  l’an  9  3<>.fe  dit  fille 
du  comte  Borrel m  83  de  la  comtejfe  Garfnde.On  voit  m 
par  le  même  atte  qu’elle  avoit  du  bien  dans  le  4  ’ 
Roulîillon  y  ainfi  elle  étoit  vraifemblablement 
fille  de  Borrel  »  ,  fils  de  Wifted  le  Velu  comte 


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DE  LANGUEDOC. 


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de  Barcelone  ;  car  mous  ne  trouvons  pas  d’autre  noître  pour  roi,  &  avoir  parlé  delà  foumiftion  NOTE 
*  comte  Borrel  dans  la  Marche  d’Efpagnequi  ait  pu  de  ce  duc  après  la  conférence  qu’ils  eurent  enfem-  XII. 
avoir  été fonpere.  Du  refte,  comme  la  meredeRi-  blc ,  ajoure  que  Sculfe  archevêque  de  Reims  ob- 
childc  s  appclloir  Garfindc,  &  que  nous  voyons  tint  alors  d'Hugues  ,  qui  (è  trouvoit  à  la 

que  Garfindc  veuve  de  Raymond-Pons  comte  de  même  conférence,  la  reftitution  des  biens  de  (on 
•  Trf.it**  Touloufé  fit  des  legs  *  confiderablcs  i  Adélaïde  églife  Ikuez  dans  la  province  de  Lyon.  Seulfiuqu^ 

4  Mi-  veuve  de  Matfred  vicomte  de  Narbonne ,  &  i  fés  rpifcopw  terram  S.  Remign  conjurent  em  m  Lug- 
enfàns ,  nous  ncdouronspasque  cette  comreftê  de  duntnfi  provtncia  ,  de  qud  Herivciis  epifeopus mhil 
Toulon  fe  ne  fut  fille  d’Odon  vicomte  de  Narbon-  habiterai ,  ab  Hugone  de  ftenna ,  quieidem  colloqmo 
ne, 9c  de  Richildclâ  femme.  La  focceffion  des  vl-  intererat,  recuperavit .  Il  eft  aifé  de  conclure  de  li 
comtcsdccettcviliedepuis  Marftednc  fotifïrcau-  que  Raoul  ne  s’étam  approché  de  fa  Loire  que 


cunc  difficulté. 


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at  îoci 
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il 


pour  faire  reconnoitre  (on  autorité  dans  les  pro¬ 
vinces  méridionales  du  royaume  qui  réfugient  de 
s  y  foumetrre,  Hugues  de  Vienne  ou  de  Provence 
qui  Ce  trouva  d  la  conférence  durant  laquelle  le 
duc  d’Aquitaine  fé  fournit  ,s’étoit  déjà  fournis  lui* 
même ,  &  qu’il  recoimoiflbic  Raoul  pour  fon  iou- 
verain. 

Ou  peut  appuyer  ce  raifonnement ,  i°.  Sur  ce 
que  Frodoard  ne  donne  ni  en  cet  endroit,  ni  ail¬ 
leurs  le  titre  de  roi  à  Hugues,  jufou’à  ce  que  ce 
prince  fut  parvenu  a  la  couronne  a  Italie;  &  qu’il 
fè  contente  de  le  nommer  (implemcnt  H Ligue* 
df  tienne  ,  ce  qui  eft  conforme  à  toutes  les  char- 


WJIOTEI. 


î  CS3- 

!..  .  ' 


ii  r. .. 

.'L  iÀ 

X--- 


NOTE  XII. 

Sur  H uyie s  roi  £  Italie ,  Cr  A*  qu'il 

fit  de  la  Provence  aux  rois  de 
. Bourgogne . 

L  Z""'1  Omme  le  Vi varais  &  IVzege  fiifoient  par- 
V— *tie  du  royaume  de  Provence  ufiirpé  par 
Bofon ,  &  poftèdé  enfoite  par  Louis  l’Aveugle  ton 

fils  ,  qu’Hugues  roi  d’Italie  le  céda  à  Rodolphe  tes,  où  il  ne  prend  julqu’afors  que  la  qualité  de 
IL  roi  delà  Bourgogne  Transjurane,  5c  que  les  cm-  duc  ,  de  marquis ,  ou  de  comte.  2*.  Sur  ce  que 
pcrcurs  d'Allemagne  focceflcurs  de  ce  prince  fe  nos  rois  fe  rcgardoicnc  comme  fouverains  de  la 
prétendirent  fouverains  de  ce  royaume ,  il  nous  Provence  au  X.  fieele  avant  &  après  la  ceffion 

importe  d’examiner  ici  les  circonftances  de  cette  d’Hugues  en  faveur  de  Rodolphe.  Nous  voyons 

cdtion.  »  en  effet  dans  Frodoard  c  que  Châties  Conftantin 

On  a  déjaféir  voir  bquc  le  royaume  de  Provence  fi|s  de  Louis  l'Aveugle  qui  poflèdoit  en  9  $  i.  le 

appartenoit  de  droit  au  roi  Charles  le  Simple  5c à  comté  de  Vienne,  membre  du  royaume  de  Pro¬ 
ies  luccclféurs.  On  ne  pur  élire  par  conféqucnt  en  vei  .ee  ,  reconnut  alors  Raoul  pour  fon  (ouverain  » 

890.  Louis  l’Aveugle  pour  roi  de  Provence  (ans  &  qu’il  Ce  fournit  également  à  Louis  d’Outremer 

atrenter  à  l’autorité  de  nos  rois ,  &  aux  droits  de  la  en  9  >  1 .  d'où  il  s’enfuit  qu’Hugues  ne  céda  d  Ro- 

couronne  de  France  ;  mais  quand  même  ce  dernier  dolphe,  5c  ne  lui  put  céder  que  le  domaine  uti- 

prince  auroit  eu  un  droit  apparent  fur  ce  pais ,  U  le  fui  la  Provence  qu’il  avoir  ulurpé,  5c  non  pas 

cft  certain  que  ce  droit  demeura  éteint  par  (a  la  fouveraineté  qu’il  11’avoir pas,  5c  qui  appartc- 
morc;  car  Charles  Conftantin  Ion  fils  ne  lui  focce-  noit  a  nos  rois. 

da  pas  dans  Ces  états.  Le  comte  Hugues  qui  s’em-  IU.  Hugues  fit  cette  ceffion  f  en  9  30.  5c  non  en  r  v •  Psi:  44 
para  de  la  Provence  vers  l’an  5)14.  après  la  mort  de  91 6.  comme  le  dit  le  P.  Daniel  t.  Les  hiftoriens  de  *  î% 

Louis  l'Aveugle,  fût  donc  un  nouvel  uforpateur ,  Provence  rapportent  diyerfes  circonftances  de  cet  g  dm. hp.it 
qui  (ans  aucun  titre  legirime  di/pofa  de  ce  pais  en  événement.  Bouche  h  entr’autres  après  1  Delbenc,  w  eluchi’hfc 

faveur  de  Rodolphe,  5c  par  conféquenrlesfuccef-  prétend  i°.  «  qu’Hugues  le  rélcrva  (a  vie  durant 

feurs  de  celui-ci  n’a  voient  aucun  fondemcnrfolide  la  fouveraineté  du  comté  d’Arles  de  de  toute  la  « 

pour  s’en  dire  fouverains.  D’ailleurs  Hugues  ne  Provence  ;  qu’il  donna  ce  comté  en  propriété ,  • 

prit  jamais  le  titre  de  roi  de  Provence,  5c  il  ne  la  après  la  mort  de  Rodolphe ,  a  un  Bolon  fils  de«  'l*'*  ' 

poffeda  jufqua  la ceftion  qu’il  en  fit  au  roi  Rodol-  Rotbold,  à  qui  il  fit  épou/cr  la  nicce  Berthe,» 

phe,  que  fous  le  nom  de  duché,  c’eft-à-dire  comme  i°.  Que  Rodolphe  donna  en  conîcquence  de  * 

un  fief  mouvant  de  la  couronne  de  France  :  il  ne  ce  traite  fa  fille  Adélaïde  en  mariage  à  Lorhaire* 

put  donc  ceder  ce  païs  que  comme  il  lepofledoit;  fils  d’Hugues,  &c.  *•  Le  P.  Pagi  k  5c  Ruffi  1  le  a,l*4r6'nâd 
enforte  que  fi  les  rois  de  Bourgogne  Ôc  les  empe-  fils  font  mention  du  premier  arricle  ;  Fantoni  m  i 
reurs  lucceftcurs  de  Rodolphe  IL  féfont  dits  rois  va  encore  plus  loin,  car  il  dit  que  par  cet  accord 
de  Provence,  5c  y  ont  féirdesaélcs  d’une  fouve-  Hugues  fe  reforva  durant  là  vie  la  foweuunetc  m  t*nu>ni 
rainerc  abfolue;  ç’a  été  une  véritable  ufiirpation  fur  tout  le  royaume  de  Pt  ovcnce.  Nous  ne  (ça  von  s 
de  leur  part:  entrons  dans  un  plus  grand  detail.  pas  d'où  ces  auteurs  ont  pris  ce  fait  qu’ils  avan- 

II.  Il  cft  certain  qu’Hugues  depuis  l’an  914.  cent  (ans  preuve ,  &  qui  paroîr  entièrement  fàbu- 

qu’il  étoit  déjà  maître  de  la  Provence  ,  jufqu en  leux.  En  effet,  1  9.  Luitprand  qui  cft  le  (cul  au- 
5>$o.  qu’il  la  céda  i  Rodolphe  roi  de  Bourgogne  ,  teur  contemporain  n  qui  parle  decctre  ceftion  ,  n 

ne  prit  jamais  le  titre  de  roi,  &  qu’il  fe  contenta  non  feulement  n  en  dit  rien,  mais  il  féir  entendre  V. 

de  celui  de  duc,  de  marquis ,  ou  de  comte ,  com-  tout  le  contraire  :  Omnemtirram ,  dit  cet  hiftorien, 

a  me  le  P.  Pagi c  le  démontre  :  Hugues  reconnoiftoit  (Hugo)  tn  G  allia  a»  te  regnt  [ufceptioue^i  te - 

donc  alors  un  fouverain  au  deftus  de  lui:  or  ce  nuit,  Roduifo  dedu.  Qn  voie  par  ces  paroles  qu’Hu- 
ne  pouvoir  être  que  le  roi  de  France.  En  effet  outre  gués  ne  fe  rélèrva  rien  en  deçà  des  Alpes ,  qu’il 

Îu*il  étoit  dans  ce  rems-la  ennemi  de  Rodolphe  roi  n’eft  pas  dit  un  mot  de  (a  prétendue  fouveraineté 
tlteurgogne,  Ion  compétiteur  au  royaume  d’Ira-  fijr  la  Provence.  U  doit  donc  en  être  de  Cette  pre- 
lie,  il  paroitdansFrodoard  qu’il  reconnut  Raoul  roi  roicrc  condition  comme  de  la  féconde  dont  le  P.  0 /v.w***. 
f.^4.  France.  Cet  auteur  d  après  avoir  rapporte  1  expe-  Pagi  °a  fait  voir  la£iulféré.i°.l!paroîrpatdivcr(es 

ditionde  ce  dernicraux  environsde  la  Loire,  pour  chartes  P  que  Rodolphe  &  Conrad  ion  fucceUcut  V.  tforir. 
obliger  Guillaume  IL  duc  dAquicainc  a  lcrccon-  dans  le  royaume  de  Bourgogne,  dominoienr  en  n.tu 


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NOTE 

XIII. 


Catel  mt»i 

ICO  j. 


551  NOTES  SUR.  L’HISTOIRE 

9  5 1.  &  940.  durant  la  vie  d’Hugues ,  fur  les  dio-  ment  du  X.  fieclc ,  en  a  fait  quatre  -,  fçavoir  Gui-  _ 

cèles  de  Die  &  d’Orange  qui  faifoient  partie  du  mera  I.  qu’il  qualifie  faint,  &  qu’il  fait  mourir  en  N  O  T  |- 
duché  ou  comté  particulier  de  Provence >  que  ce  }  oo.  Guimera  IL  qu’il  fait  vivre  en  86  5 .  Guimera  XIIL 
dernier  s’étoit  réfervé,  à  ce  qu’on  prétend.  3®.  On  111.  en  894.  &  897-  &  enfin  Guimera IV. qui fic- 
ne  trouve  aucun  monument  qui  prouve  qu’Hugues  geoit  en  9 1 7. 

ait  exercé  la  moindre  autorité  fur  ce  pays  depuis  Nous  ne  répéterons  pas  ici  ce  que  nous  avons 
l’an  930.  qu’il  le  céda,  jufqu1 a  (a  mort.  40.  Lorf-  dit  ailleurs11  fur  faint  Guimera  prétendu  premier  h  r#.  1. 
que  ce  prince  fê  réfugia  en-deça  des  Alpesen  946.  évêque  de  Carcaflonne  >  qu’on  a  confondu  avec  XXTIU 
1  Luitfr. ib.  Berthe  fa nicce  a  étoit  veuve  de  Bofon  comte  d'4r-  lcvêque  de  même  nom  qui  fiégeoit  au  commcn- 
les  :  il  ne  s’étoit  donc  pas  réfervé  ce  comté.  Il  cft  cernent  du  X.  fîécle.  Quant  à  Guimera  II.  il  eft 
hochet*  vrai  >  que  fi  nous  en  croyons  les  hiftoriensb  Pro-  vrai  que  Catel  *  fuppofe ,  qu’il  y  a  daus  les archi-  i 
p.  vençaux  , Hugues  avoir  donné  ce  comté  en  bénéfice  ves  de  Péglife  de  Carcaflonne  ,  une  donation  faite  /• 
à  Bofon  :  mais  ils  ne  rapportent  aucune  preuve  de  à  un  évêque  de  ce  nom ,  &  à  Péglife  de  cette  ville 
ce  don*,  &  Bofon  mari  de  Berthe  pouvoit  avoir  reçu  la  xxvi.  année  du  régne  de  Charles  le  Chauve  *,  & 
le  comté  d’Arles  ou  de  Provence  à  titre  bénéficiaire,  c  eft  fans  doute  fur  cette  autorité  que  de  Vie  a  ad- 
de  Rodolphe  ou  de  Conrad  rois  de  Bourgogne,  ou  mis  un  Guimera  IL  Mais  i°.  cette  charte  eft  datée 
même  de  Raoul  roi  de  France  ;  fur-tout  s’il  eft  le  Amplement  de  la  xxvi.  année  du  roi  Charles ,  & 
même ,  comme  il  eft  vraifemblable ,  que  Bofon  n’appartient  pas  par  confisquent  au  régne  de  Char- 
frerc  de  ce  dernier  prince.  les  le  Chauve  ,  plutôt  qu’à  celui  de  Charles  le  Sim- 

IV.  On  pourroit  concilier  le  témoignage  de  Luit-  pic.  i°.  Il  certain  qu’il  y  avoit  un  évêque  de  Car- 
prand ,  avec  l’opinion  des  hiftoriensde  Provence  ,  calîonne  appellé  Guimera  la  x  x  v  1 .  année  du  régne 
cDifcrM  la  en  fuppofant  avec  un  moderne  *  qu’Hugues  céda  de  ce  dernier  prince,  au  lieu  qu’on  n’a  aucune. 

Fr.  «*-/«/.  p.  en  92.6.  la  province  de  Vienne  à  Rodolphe,  en  preuve  qu’il  y  en  ait  eu  un  de  ce  nom  fous  celui  de 
*  échange  du  royaume  d’Italie  que  celui-ci  lui  afcan-  Charles  le  Chauve.  La  charte  dont  parle  Catel  ap- 
donna  alors  -,  &  qu’en  930.  il  lui  céda  le  comté  partient  donc  au  régne  de  Charles  le  Simple.  Audi 

d’Arles,  ou  tout  ce  qui  luireftoit  entre  les  Alpes  M1*  de  Sainte -Marthe  ne  reconnoiflcnt  -  ils  pour 

&  le  Rhône.  Mais  outre  qu’il  n’eft  rien  dit  dans  évêque  de  Carcaflonne ,  que  le  Guimera  quivivoit 
aucun  hiftoricn  de  la  prétendue  ceffion  de  l’an  fousce  prince,  &  dont  Catel  ne  dit  rien. 

916.  elle  cft  d’ailleurs  contraire  à  l’autorité  de  Fro-  IL  De  Vie  k  a  fait  deux  évêques  de  celui-ci ,  fça- 
ifrod.p.$9t.  doard  d  ,  fuivant  lequel  Hugues  donna  en  918.  la  voir  Guimera  III.  &  Guimera  IV.  Il  fait  afiifter 
province  de  Vienne  à  Eudes  fils  d’Herbert  comte 
de  Vermandois  -,  preuve  que  le  premier  en  étoit 
encore  alors  le  maître, &  qu’il  ne  l’avoit  pas  cédée  à 

•  iï.p.  599-  Rodolphe  en  9i6.Enfinileftcertaincquc  Charles-  ainfi  cela  prouve  feulement  que  Guimera  étoit  évê-  * 

«i«.  conftanljn  fils  Je  Louis  l’Aveugle,  polleda  ce  pays  que  de  Carcaflonne  en  909.  Cet  auteur  *  prétend  * 

comme  un  fief dépendant  de  la  couronne  de  France  encore  que  Guimera  III.  aflifta  au  concile  de  Port 

depuis  Tan  93 1.  jufqu’en  95  t.  en  897«maisilfe  trompe,  c’étoit  Willeran  ou  Guil- 

*  Le  Lievre  ar  ®n  cnc  une  c*iartc  *  datée  de  Pavie  le  2 /.  leran  évêque  de  Carcallbnne  qui  fe  trouva  à  ce'  con- 

nq.de vtennei  de  Janvier  de  Fan  dccccxlv.  indillion  ni.  U  viii.  cilc,  &  non  pas  Guimera,  comme  il  cft  marqué 

/.u4-  &/<q.  année  du  régne  et  Hugues  ,  la  xiv.  de  celui  de  dans  les  aélcs  m.  On  (çait  d’ailleurs  n  que  le  même 

Lothairefon  fils ,  par  laquelle  ces  deux  princes  don-  Willeran  occupoit  le  liège  de  Carcaflonne  en  883.  f 

nent  un  alleu  qu’ils  poffedoient  dans  le  comté  de  d’où  il  s’enfuit  qu’on  doit  rayer  du  catalogne  des 
Vienne  à  Péglife  cathédrale  de  cette  ville.  Mais  ces  évêques  de  cette  églife  le  prétendu  Arnoul  qu’on 
notes  chronologiques  ne  fçauroient  s’accorder  ,  &  fait  aflîfter  en  887.  à  la  tranflation  des  reliques  de 
ce  diplôme  ne  prouve  nullement  qu’Hugues  &  Lo-  faint  Antonin  de  Pamiers  -,  ce  qui  confirme  la  faut 

thairc  fon  fils  dominoient  alors  fur  la  Provence  -,  fêté  v  des  ailes  de  cette  tranflation,  &  la  conje- 

puifqu’il  s’enfuivroit  qu’ils  regnoient  auflî  fur  la  dure  de  Catel  qui  croit  P  que  cet  Arnoul  cft  un  ™'CéUi  ,w# 

province  de  Vienne ,  ce  qui  eft  faux ,  de  l’aveu  de  évêque  fuppofe  Enfin  de  Vie  <1  attribue  à  Guimera  q  Dt 

prefque  tous  les  hiftoriens  de  Provence.  Tout  ce  III.  l’aile  dcchange  qu’un  évêque  de  CarcalTonne 

qu’on  peut  donc  infererde  cet  aile',  c’cft  que  le  roi  de  ce  nom  fit  avec  Erifons  abbé  de  Montolieu  la 

Hugues  s’étoit  réfervé  divers  alleus  dans  cette  pro-  xxix.  année  de  Charles  le  Simple-,  fuppofant  que 

f Pr.p.u}.&  vincc.  Nous  fçavons  en  effet  fque  Berthe  fa  nièce  cette  x  x  ix.  année  doit  être  rapportée  a  l’an  897- 

B*’  hérita  de  lui  de  pluficurs  terres  fituées  dans  la  Pro-  mais  cette  erreur  eft  trop  groilicre  pour  mériter 

vcnce  &  la  Scptimanie.  d'être  relevée. 

Au  rcftcce  prince,  par  le  traité  qu’il  fit  avecRo-  III.  Il  n’y  a  donc  aucunepreuve  qu’il  y  aie  eu  d’au- 
dolphc,  ne  lui  céda  que  la  partie  de  l’ancien  royau-  tre  évêque  de  Carcaflonne  appellé  Guimera  que 

me  de  Provence  fituée  entre  le  Rhône  de  les  Alpes*,  celui  qui  vivoir  au  commencement  du  X.  fxcclc.  Il 

car  pour  les  pays  fituez  en  -deçà  de  ce  fleuve  qui  dé-  cft  marqué  dans  un  aile  rapporté  par  de  V  ic r,  que  r  nid. 

pendoient  du  même  royaume  ,  ils  furent  fournis  ce  prélat  étoit  le  6.  du  mois  de  Février  de  l'an  91 7. 
aux  rois  de  France  depuis  la  mort  de  Louis  l’Aveu-  dans  la  xv.  année  de  fvn  épifeopat .  U  aura  été  facrc 
glc,  comme  nous  le  dirons  ailleurs. 


le 

premier  en  8  9  4.  au  concile  de  Jonquieres  tenu  dans 
le  diocèfe  de  Maguçlonne  :  mais  il  eft  certain1 
que  ce  concile  fut  tenu  en  909.  &  non  en  894.  $.  fi r  not.  1, 

4.  &f*J. 

*  Di  VU  M, 


m  B*U\.  H. 
&u 


o  V.  1107 . 
III. 


NOTE  XIII. 

Sur  quelques  évêques  de  Carcaflonne. 


g  Dt  Vie. 

fhron.  tpijc • 

fonne,  dun  feul  évêque  de  cette  églife  appellé 
Guimera  ou  Gimera ,  lequel  vivoit  au  commcncç- 


de  fon  épifeopat. 
par  confisquent  en  901. 

IV.  Suivant  de  Vie*  l’aile  original  de  cette  con-  1 
fecration  fut  trouvé  en  1 3  04.  dans  l’cglife  de  faint 
Eftienne  de  Palaja,  par  Pierre  d’Auxilion  évêque 
de  Carcaflonne  ,  qui  faifoit  alors  la  vilite  de  cette 
églife ,  Sc  qui  enfitdrcflèr  un  procès  verbal.  Cet 
auteur  remarque  que  le  notaire  qui  l’a  rédigé  y 


ibid. 


l.(f^  Erard  de  Vie  1  qui  a  écrit  après  Mri  de  t  t  J 

V  J  Sainte-Marthe,  fur  les  évêques  de  Carcaf-  donne  au  même  Guimera  le  nom  de  premier  évê- 

on  trouve  ici  l’origine  de 


ne  de  Carciiffonne 
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~  »-i«  tr.  5  ;• 

•C«aa  2. 


DE  LANGUEDOC.  553 

^  0  T  E  met  un  Guimcra  à  la  tête  de  tous  Ces  évêques,  il  y  avoit  un  autre  Bofon  comte  de  Provence  qui 
Xi  j  J.  Quant  à  la  fin  de  l*ej>ifcopat  de  Guimera  ,  on  tranfmir  ce  comte  à  fès  defeendans.  Or  ce  Bofon 

doit  la  rapporter  au  plutôt  à  1 *an  p  J  i .  car  ce  prélat  ne  peut  avoir  été  fils  de  la  même  Berrhc  &  de  Ray* 
gouvernoit  encore leglile de Carcaflonnc cette  me-  mond  ,  puifqueceux  ci  ne  furent  mariez  au  plu- 
àPr.f.  66.  me  année,  comme  il  paroit  par  un  aétc  4  d’échange  tôt  que  vers  la  fin  de  l’an  y+6.  ou  au  commcncc- 
qu’il  fit  avec  1  abbaye  de  Montolicu  tan  gj  / .  de  ment  de  Tannée  fui  vante. 


NOTE 

XIV. 


b  CAtti  a .  parfaitei 
chrift •  Marthe 
tê.i.f»+76m  qui  proi 


l' Incar  mai  ton,  l'ert  gôg.indithon  jv.  ce  qui  convient  III.  Selon  une  fécondé  opinion  embraftèe  par 

parfaitement.  Catel  b  8c  après  Jui  Mrs  de  Sainte-  un  grand  nombre  d'auteurs* ,  le  comté  ou  mar-  1  c*reUomr. 
Mairhe  c  8c  dr  Vir.  fnnr  mrnrinn  dnne  rhnrre  niiifâr  dt*  Provence  entra  dans  la  maifnn  descom-  " 


Marthe  c  &  de  Vie,  font  mention  d’une  charte  quifât  de  Provence  entra  dans  la  mai/bn  descom- 
qui  prouve  qu’Abbon  étoit  évêque  deCarcafibnne  tes  de  Touloufe  ,  par  le  mariage  d’Alfbnfc- Jour-  ^ 

U fécondé  année  du  rot  Raoul .  Le  premier  conclut  dain  comte  de  Touloufe  avec  Faydidc,  qu’ils  pré- 
de  ld  que  ce  prélat  occupoit  le  liège  de  Carca/Jbnne  tendent  avoir  été  fille  de  Gilbert  comte  de  Proven-  ^ B”‘ht  t9m 
en  9  1 4.0U  en  916.  Mr‘  de  Sainte-Marthe  en  5?  1 3 .  ce ,  &  fbn  héritière  pour  une  potrion  de  ce  comté  :  * ^ 
oc  de  Vie  en  91 { .  mais  ils  n’ont  pas  fait  attention  mais  outre  que  tous  les  plus  habiles  critiques  con¬ 
que  Raoul  ne  fur  reconnu  en  Languedoc,  &  en  viennent  aujourd’hui,  &  qu’il  cft  certain01  d’ailleurs,  mv.NotX. 
particulier  dans  le  diocèfë  de  Carcailbnne  d  ,  qu’a-  que  Faydide  n’éroit  pas  fille  de  Gilbert  ;  on  voit  que  *• 1 


,d  v.  tr.  m.i.  particulier  dans  le  diocèfë  de  Carcailbnne  d  ,  qu’a-  que  Faydidc  n’éroit  pas  fille  de  Gilbert  ;  on  voit  que 
l'cVct-dtftt  Pr^s  ^  mort^c  Charles  le  Simple  ,  &  feulement®  Raymond  de  S.  Gilles  pere  d’Alfonfè-  Jourdain , 
u  ni.  *.  19 •  depuis  l’an  5 >31.  ainfi  Guimcra  pouvoir  être  en*  prenoit  le  titre  de  marquis  de  Provence  n  avant  la 


n  rr.p.s*+* 


core  évêque  de  Carcaflonnc  en  93 1.  naillance  de  ce  dernier:  ainfi  nous  ne  nous  arrête- 

VL  Abbon  ne  fut  pasJong-tcmsfurle  fîcge  epif  rons  pas  davantage  fur  cc  fëntiment,  que  Bouche 
copal  de  cette  ville  ;  car  Gifande  lui  avoit  déjà  fuc-  &  pluiietirs  autres  ont  fûffi/âmmcnt  réfuté. 


fPr.f.  72.  cédé  fle  24.  de  Mai  de  la  v .  annee  du  roi  Raouly  ou  IV.  Cet  hiftoricn  0  après  avoir  rapporté  les  dif-  o  Boucbt  r#. 

l’an  ^our'  trouvons  ^  d’ailleurs  que  Gi-  ferentes  opinions  de  ceux  qui  J’avoienr  précédé,  ®57*  ^ 
lande  étoit  évêque  de  Carcaflonnc  le  4 .  A/rfr/  de  fur  J’cpoque&Ics  circonftanccs  de  l’union  dumar- 
/** première  annee  après  U  mort  du  roi  Raoul ,  ou  de  quifât  de  Provence  à  la  maifon  de  Touloufe ,  &  eu 
*  si! f  ^an  ^  î  De  Vie  b  a  fait  deux  évêques  de  ce  pré-  avoir  fait  fentir  Je  foible ,  établit  fbn  fëntiment.  Il 
^  #  Jat ,  l’un  fous  Je  nom  de  Gifândc  ,  8c  l’autre  fous  prétend  que  Bofon  IL  du  nom  comte  de  Provence, 

celui  de  Wifande ,  qui  cft  le  même  nom.  qui  vivoit  au  milieu  du  X.  liéele  ,  partagea  les  états 

entre  Guillaume  &  Rotbold ,  Ces  deux  fils  ;  que  ce 
"  dernier  eut  pour  fi  part,  les  comrez  de  Forçai- 

NOTE  XIV.  quicr  8c  Vcnaiflin ,  ou  la  haute  Provence  firtice 

entre  iTfcrc  8c  la  Durance  ;  8c  que  le  refle  de  ce 
Epoque  de  l'union  du  mar  qui  fit  de  Pro -  pays  ou  la  bafîc  ProvenccdituécentrclaDurance  8c 

vencc  au  domaine  des  comtes  de  Tou-  fa  :™-T>  &  aPPcl,cf  211  ^  comré  d'''rlc’s  >  dchut  a 
loufe.  Etendue  de  ce  marquifat.  Suite  Guillaume  ,  lequel  eue  la  «.«crametd  fur  les  Jars 
.  J  f  ,  ,  . .  J  de  Ion  frère ,  &  qu  ainfi  le  comte  de  Vcnaiflin , 

des  comtes  héréditaires  de  Provence  po/Ldc  enfuite  par  les  comtes  de  Touloufè ,  étoit  F 
jufques  au  commencement  du  JCII.  un  fief  mouvant  du  comte  d’Arles  ;  que  Rotbold 
fiée  le.  lailJa  un  fils  appelle  Guillaume  qui  lui  fûcceda  fôc 

une  fille  nommée  Emme  qui  époufi  Guillaume 
LT  L  efl  certain  que  le  marquifat  de  Provence  Taillcfcr  comte  de  Touloufe,  i  qui  elle  apporta  les 
X  croit  dans  la  maifon  des  comtes  de  Touloufè  comrez  de  Forcalquier  &  de  Vcnaiflin  par  le  décès 
à  la  fin  du  Xl.fiéclc  ,  &  que  Raymond  de  S.  Gilles  de  fbn  frere  fans  enfans  ;  que  Guillaume  Taillcfer 
Ce  qualifioit  alors  marquis  de  Provence  :  mais  à  eut  deux  filsd’Emmedc  Provence;  que  Pons  qui 
quel  titre  poflcdoit-il  ce  marquifat  ?  l’avoir-il  ufîir-  étoit  l’aîné  8c  qui  iui  fucccda  dans  le  comté  de  Tou- 
pé ,  ou  le  tenoit-il  de  les  ancêtres  ?quand  cfl-ce  que  loufe ,  hérita  du  comté  de  Venaiflïn  ,  &  Bertrand 
ceux-ci  onr  commencé  de  le  po/Iedcr  ?  c’cft  cc  qui  le  puîné  du  comté  de  Forcalquier ,  à  la  charge  d’en 
fouffre  des  grandes  difncultcz ,  que  nous  allons  faire  hommage  à  fbn  aîné  8c  aux  CucccfTcurs  de  cc 
tâcher  d’éclaircir.  prince  ;  que  Bertrand  ayant  lai/le  poftéritc  ,  Alix 

II.  Du  Chefhc'  a  d’abord  infînué  que  le  marqui-  (on  arriéré- petite  fille  époufâ  Ermeneaud  comte 
4 •*«*.  jiuV  ûr  de  Provence  étoit  entré  dans  la  maifon  de  Tou-  d’Urgel  ;  &  qu  enfin  par  cc  mariage  Te  comté  de 
loufë  par  le  mariage  de  Bcrthe  veuve  de  Bofon  Forcalquier  paflà  de  la  maifon  de  Touloufe  dans 
comte  de  Provence,  &  nièce  d’Hugues  roi  d’Ita-  celle  des  comtes  d’Urgel. 
lie,  avec  Raymond  prince  d’Aquitaine  8c  comte  de  V.  Tel  eft  le  fyftême  de  Bouche  qui  cft  appuie 
^  ou^ou^«  Befly  k  ,  le  P.  Labbe  &  B.  flë ,  ont  fïiivi  fur  diverfes  chartes  8c  qui  a  été  fuivi  â  peu  près 


IV.  Cet  hiftoricn  °  après  avoir  rapporté  les  dit 


loufë  par  le  mariage  de  Bcrthe  veuve  de  Bofon 
comte  de  Provence,  &  nièce  d’Hugues  roi  d’Ita¬ 
lie,  avec  Raymond  prince  d’Aquitaine  8c  comte  de 
k*eJbpÿ'  Touloufè.  Befly  k  ,  le  P.  Labbe  8c  B.  flè ,  ont  fuivi 
. .  v.  '  -/t: _ c  —r,.:.. _ _  ... 


ui.pl'.  cet  auteur ,  &  ont  afîuré  pofirivement  ce  qu’il  n’a-  par  Gaufridi  S.  Ce  dernier  s’en  eft  écarté  cepen- 
*Bt**Ntf€*  vo*c  avanc^  qu’avec  quelque  doute;  mais  Ictrropi-  dant  en  ce  qu’il  prétend,  i  ç.  que  Rotbold  par-  p.  ifpr°V* 
20 j.  44  *'  nion  ne  fçauroit  fë  foûtenir  :  car  i  °.  Raymond  ,  tagea  fès  domaines  entre  Guillaume  fbn  fils,  â  qui 


mari  de  Bcrthe  dont  nous  venons  de  parler  ,  étoit  il  donna  le  comte  de  forcalquier,  cc  tmme  fa  fille, 
à  la  vérité  de  la  maifon  des  comtes  de  Touloufe:  en  faveur  de  laquelle  il  difpofâ  du  comté  Ve- 
mais  ni  lui  ni  fès  defeendans  ne  podederent  jamais  naiffin  en  la  mariant  avec  Guillaume  Taillcfer 
le  comté  de  cette  ville,  ainfi  que  nous  l’avons  déjà  comte  de  Touloufè.  Guillaume  fils  de  Rot- 

fait  voir.  i°.  Si  le  marquifat  de  Provence  fût  tom-  bold  eut  un  filsappellé  Bertrand  ;  8c  qti’Alix ,  qui 
bé  par  cc  mariage  dans  la  maifon  des  comtes  de  porta  le  comté  de  Forcalquier  dans  la  maifon  d’Ur- 
%  Touloufè ,  il  paroîtroit  par  quelque  monument  gel ,  defeendoit  de  lui. 
du  X.  fiéele  qu’ils  polJcdoient  alors  ce  marquifat  :  VI.  Enfin  Ruffi  le  fils  ,  qui  nous  a  donné  en 

mais  on  voit  au  contraire  par  un  très-grand  nom-  171a.  une  fçavanrc  difJèrrntion  fur  l’origine  des 


il  donna  le  comte  de  Forcalquier,  8c  Emme  (â  fille, 
en  faveur  de  laquelle  il  difpofâ  du  comté  Ve- 
nniftîn  en  la  mariant  avec  Guillaume  Taillcfer 
comte  de  Touloufè.  2  *.Qiie  Guillaume  fils  de  Rot- 


bre  de  chartes ,  que  la  Provence  appartint  pendant 
tout  ce  fîécle  à  une  autre  maifon.  3 u.  Enfin  il  eft 
conftanc  qu’en  94S.  &  après  le  mariage  de  Berthe, 

Tome  II. 


comtes  de  Provence ,  de  Vcnaiflin  8c  de  Forcal¬ 
quier  ,  8c  qui  a  pouflë  plus  loin  qu’aucun  autre 
les  recherches  fur  cette  matière  ,  a  cmbraflè  â  peu 

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Xlv- 


mouvance  e  de 


T-  u 
S'il- 


44-  & 


bold  le  puîné  comte  de  Venaillin  *,  que  Guillaume 
fils  de  celui-ci  étant  mort  fans  enfans,  Emme  (a 
fœur ,  femme  de  Guillaume  Taillefer  comte  de 
Touloufe ,  recueillit  (a  fuccdlion  ,  laquelle  paflâ  à 


XIV. 

léj-p.  JX, 


f'M- 


55+  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 

près  le  *  fenrîment  de  Bouche  &  de  Gaufridi ,  après  Forcalquier.  i°.  La  prétendue  -  _  ^ 

lavoir  cependant  rettifié.  Il  allure  que  Guillaume  1.  dernier  comté  ,  de  celui  de  Vcruifiin ,  &  celle  du  ”  $.7  E 
fils  aîné  de  Bofon  fut  comte  de  Provence ,  &  Rot-  comté  Venaillin  ,  de  celui  d'Arles  ou  de  Provence. 

Mais  pour  prouver  ce  que  nous  venons  d’avancer,  &  jt‘n- 
il  eft  nécellàire  de  parcourir  la  fucceffion  de9  di- 
vers  comtes  de  Provence,  depuis  Bofon  jufqu’au 
commencement  du  XII.  fiécle.  Nous  n’établirons 
Pons  leur  fils  &  à  la  ligne  directe  des  comtes  de  cette  fucceffion  que  fur  les  chartes&  les  anciens  mo- 
Touloufc;  &qu’cnfin  les  comtes  de  Forcalquier  ne  iraniens  qui  font  reconnus  généralement  pour 
defeendent  point  de  Bertrand  fils  puîné  de  Guil-  vrais ,  &  qui  portent  avec  eux  des  caraéteres  de  vé- 
laume  Taillefer,  comme  Bouche  l’a  crû,  ni  de  Guil-  rite  ;  fans  aucun  égard  pour  quelques  pièces  qui 
iaume  fils  de  Rotbold,  mais  de  Guillaume  II.  cotnte  avoienc  embrouille  jufim’ici  cette  matière  ,  &  donc 
d’Arles  ou  de  Provence,  &  fils  de  Guillaume  I.  M.  de  Rufti  le  fils,  a  fait  voir  la  fuppofition. 

Ruffi  ^  s’explique  fur  le  titre  de  comte  de  Ve-  VIII.  Nous  trouvons  d’abord  deux  Bofon  com- 
naillîn  qu’il  donne  à  la  portion  de  Rotbold  ,  la-  tes  d’Arles  ou  de  Provence  vers  le  milieu  du  X.fié- 
quelle  paffa  aux  comtes  de  Touloufe.  Il  avoue  que  cle.  Luitpcand  f  fait  mention  du  premier  qui  étoit  fL**?rJ>u 
ce  titre  ne  commença  d  être  en  ulàge  que  vers  l’an  déjà  mort  en  946.  &  dont  on  ne  connoît  pas  bien  ,4' 

1 1 1 3 .  &  déclare  qu’il  entend  par-iâ ,  la  portion  de  l’origine  :  mais  oue  nous  conjecturons  *  avoir  été 
l’ancien  comté  de  Provence  [nuée  entre  la  Durance  le  même  que  Bolon  frere  de  Raoul  roi  de  France.  * IU 
au  midi  ,  le  Rhône  au  couchant  ,  l'jfcre  au  fepten -  Bofon  I.  é  pou  fa  Berthe  ,  nièce  d’Hugues  roi  d’I- 
triony  (S  certaines  limites  an  levant ,  ejui  aujourd'hui  talie  -,  &  il  ne  paroît  pas  qu’il  ait  lailié  aucune  pot 
le  dijltngnent  de  ce  cote-là  fous  le  nom  de  la  comte  de  terite,  ni  même  qu’il  ait  été  parent  de  Bofon  II. 

Vtnivlfin.  Il  convient  en  même  tems  que  les  états  fon  fuccefidir  -,  car  c’cit  fans  aucune  preuve  que 
de  Guillaume  I.  &  de  Rotbold  fon  frere  netoient  Bouche  h  prétend  que  le  premier  étoit  oncle  pa-  h 
pas  régulièrement  fe parez. 9  di  que  chacun  avait  des  ternel  de  l’autre.  f‘l9t 

terres  enclavées  dans  l'héritage  de  l'autre.  Quant  IX.  U  clt  fait  mention  du  dernier  Bofon  01!  de 
cihj.p.  u.  aux  titres c  de  comtés  de  comte  de  Forcalquier ,  il  Bofon  11.  dans  un  a£te  d’échange  *  fait  à  Arles  au  î/W-mk 
prouve  qu’ils  n’ont  pas  été  en  ulàge  avant  le  com-  mois  d’Oétobrc  de  la  x  1  x .  année  du  régne  du  roi 
menccment  du  Xll.  lieele,  &  que  ceux  qui  aupara-  Conrad  le  Pacifique ,  ce  qui  revient  à  l’an  948.  Il  t •  *<>♦.  & 
vaut  pollidoicnt  ce  comté ,  prenoient  indifferem-  en  eft  parlé  dans  un  autre  titre  k  de  l’cglife d’Arles 
ment  la  qualité  de  comtes  de  Provence,  conjointe-  du  mois  d’Août  de  l’an  9  5 1.  Enfin  ce  comte confir-  9 . 
ment  avec  les  comtes  d’Arles  *,  ce  qui ,  ajoûte-t-il ,  ma  avec  fa  femme  Confiance ,  au  mois  de  Mai 1  de 
a  caulc  une  grande  confulion  dans  la  généalogie  la  xxiv.  année  du  même  Conrad,  ou  de  l’an  961.  1  </■/, 

de  tous  ces  comtes  •,  à  quoi  on  peut  ajouter ,  que  une  donation  faite  en  faveur  de  l’abbaye  de  Mont-  f' 9’ 
comme  ces  comtes  portoient  la  plupart  les  mêmes  nia  jour.  Cette  confirmation  eft  fouferite  par  Guil- 
110ms,  il  eft  très-ditficile  de  les  dilîingticr.  Iaume  &  Rotbold  fcsfils,  qui  prennent  l’un  & 

Vil.  On  ne  fçauroit  diîconvenir  que  Rufti  n’ait  l’autre  le  titre  decomte:  ce  qui  fait  voir  qu’ils  étoient 
répandu  beaucoup  de  lumière  par  fes  recherches  &  alors  déjà  âgez.  En  effet  on  ne  trouve  aucun  acte 
par  (à critique  fur  cette  matière, fort  embrouillée  juf-  certain  qui  prouve  que  Bofon  11.  leur  pere  ait  vécu 
qu’à  lui,&  que  le  public  ne  lui  ait  de  grandes  obliga-  au-delà  de  cette  année  \  car  Rufti  m  le  fils  a  prouvé  n> 
tions  pour  (csnouvelles  découvertes.  On  peut  dire  que  Bolon  mari  de  Fulcoare ,  dont  il  eft  pané  dans  &fi*' 
cependant  qu’il  refte  encore  plulîcurs  difhcultez  ,  deux  aétes  de  l’an  967.  &  l’an  971.  cli  different 
c’cft  ce  qui  nous  engage  à  ajouter  ici  quelques  ré-  de  notre  Bofon  ,  quoique  quelques  modernes  les 
flexions  pour  tâcher  de  les  refoudre  ;  en  attendant  ayent  confondus ,  &  en  dernier  lieu  l’auteur  de  la 
que  quelque  Provençal  zélé  pour  l’hiftoire  de  fa  defeription  u  hiftorique  de  France.  u 

patrie  ,  veuille  fe  donner  la  peine  d'approfondir  X.  Nous  avons  une  charte  0  qui  prouverait  que  4:. 
par  de  plus  grandes  recherches ,  ce  qu’il  y  a  encore  Bofon  II.  vivoit  encore  apres  l’an  96 1 .  (i  on  pou-  Jt° 
d’oblcur  dans  la  fuccdlion  des  anciens  comtes  de  voit  s’appuier  fur  fa  date  qui  eft  conçue  en  ces  ter-  g*u.  0*$. 
Provence.  Cette  entreprife  nous  écarte  d’autant  mes  :  Anno  Incarnations  Domine*  962.  mdittione 
moins  de  notre  fujet ,  que  les  comtes  de  Touloufe  vu.  menfe  Mann  régnante  Rodolphorege  Alaman - 
ont  eu  des  droits  fur  cette  province ,  6c  en  ont  pof-  norumfcu  Provtnciarum  :  mais  les  notes  chronolo- 
fedé  une  partie  depuis  le  commencement  du  XI.  giques  de  cette  charte,  par  laquelle  le  comte  Bofon 
fiécle,  jufques  vers  la  fin  du  XIII.  reftituc  en  faveur  de  faint  Honorât  évêque  de  Mar- 

Nous  admettons  d’abord  comme  un  fait  confiant  (cille,  plulieurs  biens  qu’il  avoit  ulurpez  fur  fon 
&  appuie  lur  les  anciens  monumens,  que  les  com-  Cglilc  &  fur  l  abbaye  de  S.  Viélor  ,  ne  fçauroient 
tes  de  Touloufe  tiroient  leur  droit  fur  le  marqui-  s’accorder.  L’indiélion  vi  i.  ne  convient  pas  à  l’an 
fat  de  Provence  ,  ou  fur  une  partie  de  l’ancien  961.  &  il  tft  certain  d’ailleurs  que  Conrad  le Paci- 
comté  de  ce  nom ,  du  mariage  de  Guillaume  Tail-  fiqtte  régnoit  cette  année  en  Bourgogne  &  non  pas 
lefer  avec  Emme  fille  du  comte  de  Rotbold  :  mais  Rodolphe.  Ce  défaut  n’a  pas  empêché  Bouche  ni 
nous  croyons  que  ce  dernier  ,  Ion  frere  Guillau-  le  P.  de  Sainte-Marthe ,  après  lui ,  de  regarder 
me  1.  &  les  delcendans  de  l'un  &  de  l’autre  polie-  cette  charte  qui  (è  trouve  dans  le  grand  cartulaire 
derent  toute  cette  province  par  indivis,  julqu’ati  de  l’abbaye  de  S.  Viétor,  comme  véritable  dans  le 
partage  folcmnel  qu’Alfbnfe- Jourdain  comte  de  fonds.  File  paroît  en  effet  conforme  au  ftilc&aux 

Touloufe  &  Raymond -Berengcr  111.  comte  de  ufages  du  X.  ficelé.  Ainli  il  femble  qu’on  ne  doit  uas 

Barcelone  en  firent  en  1115.  ce  que  Ruffi  ne  pa-  lau-jctter  comme  Rufti  P  le  fils  paroît  le  faire,  fous 
roîe  pas  avoir  allez  compris.  Nous  mettons  donc  prétexte  que  fa  date  eft  fauflè.  Il  y  a  un  très-grand 

avec  cet  auteur  au  rang  des  fables  >  1  °.  La  préten-  nombre  d’autres  chartes  qui  font  très-vraies  :  mais 

due  divifion  de  la  Provence ,  faite  dit-on , é  au  X.  dont  la  date  a  été  altcrce  par  la  faute  ou  l’inatren- 

ftéclc  par  Guillaume  I.  &  fon  frere  Rotbold ,  en  tion  des  copiftes  en  les  tranferivant  dans  les  cartu- 

hauce  &  baffe >  ou  en  comté  d’Arles  &  comté  de  laircs  :  Bouche  en  cite  divers  cxemplcs.Cettc  charte 


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DE  LANGUEDOC. 

Généalogie  des- comtes  héréditaires  de  Provence  de  la  première  race . 


J5Î 


NOTE 

XIV. 


F#//*  naturelle . 


f  Bertrand  comte  )  Cecile  fpouf*  en  iogf« 

rÇ  f  d’Arles  ou  de  Pro-  'N  Bernard  -  Aton  vicomté 

Guillaume  II.  ,  Geoffroi  I.  comte  vcnce,  époufa  Ma-  j  ,  Nifmes,  Beiiers, 
comte  ou  marquis  •  de  Provence,  époufa*  thüde,  &  mourut  I  Carc*jfonn4,&ct 
deProvcncc,épou-^  Efliennete  ,  &  mou-  Tans  enfans  après  ^ 


i. 


Guillaume  I.  duc 
comre ou  marquis 
de  Provence  avec 
fon  frère  .  époufa 
i*.  Arfinde  :  a**. s 
Adélaïde  ou  Alix 
d'Anjou  furnom- 
méc  Blanche,  6c 
mourut  eu 


deProvcncc,épo 
fa  Gerbcrgc  ,  8c 
mourut  en  1018. 


Confiance. 


*  Roc- 

WU. 


■i 


Bofon  II.  duc  ou 
comte  de  Proven¬ 
ce  en  548.  6c  f6i- J 
époufa  Confiance  I 
6*  mourut  avant 
l’auras. 


rut  vers  l’an  10*3. 


Foulques  r  morts 
Guillaume  c  jeunes. 


l’an  1050. &avanc 
l’an  1054. 


Gerbcrgc  com- 
tefTe  d’Arles  ou  de 
Provence  futheri- 


Douce  héritière  du 
comte  d’Arles  ou  de  Pro¬ 
vence  ,  époula  en  ma. 
Raymond- Bcrengcr  IV. 
comte  de  Barcelone ,  qui 
en  1  ii y.  partagea  la  Pro- 


.  — —  . - ,  r  —  5 - - 

rieredefon  frcre,&<  venceavcc  Alfonfc-Tour- 

t  C  ^*11  .  *  J  •_  « _  J  _  -T*  I 


époufa  Gilbert  vi¬ 
comte  deMilhaud 
6c  de  Gevaudan. 


Bertrand  ou  Guij-  Lumc  .  Bertrand  f pcrîtdeGei'o'iltfon 
laume  -  Bertrand  I.J  H.  comte  de  Pro-  |,nc|c  du  comté  de  For. 


dain  comte  de  Touloufe. 

Efliennete  époufa  Ray- 
Lmond  de  Baux. 


L 


époufa  Àldcatdc  ou 
Adélaïde,  &  mourut 
vers  l’an  1054. 


Adélaïde,  &  deccda 
avant  l'an  icyo. 


.  *  ,  miuuxci ,  cpouia  trmea- 

mier comte dehor-J  gauddeGerbcomted’Ur- 
cafquicr  ,  époufa  .  gC|  ?  morc  cn  JQ9t  ^ 

Je  cn  eut  un  fils  appellé 
Guillaume  ,  qui  fut  com¬ 
te  de  ForcaJquier  .  6c  qui 
mourut  en  1 128.  Elle  yi- 
Woic  encore  en  1  115. 


Geofiroi  II.  com¬ 
te  d'une  partie  de 
la  haute  Provence, 
époula  Douce  : 
mort  fans  enfans  Ç 
^apres  l'an  1094. 


1  -Lit. 


Rotbold  comte 
ou  marquisdcPro-  avant 


Guillanme  III. 
comte  ou  marquis 
deProvencc,épou- 
fa  Lucie,  &  mou¬ 
rut  fans  enfans 
vers  l'an  1057. 


Emme  époufa 
l’an  571. 


•  r  e  J  1  y  y*- 

venee a vecfon  rrc-^  Guil|aume  Xaf|Je 

..  .nAn(.  Erm.n.  J  a  . 

ter  comtcdeTou- 
loufe,  héritierede^ 
la  moitié  de  laPro-  ' 


rc,  époufa  Ermcn- 
gardc  :  mort  après 
l’an  1008. 


Guillaume  IV. 
comte  de  Toulou- 
fe ,  mort  vers  l’an 
1054. 

f  Pons  comte  de  Tou-  ! 
loufe,  époula  Almo*  Raymond  de  S. 
dis  de  la  Marche,  &  Gilles  marquis  de 
mourut  cn  i960.  |  Provence  ,  epoufa 

cn  première  nô  ( 
ces  N.  fille  de  Ber 
trand  fon  oncle, 
marquis  de  Pro- 
vcuce  :  il  mourut 
cn  iioj. 


Bertrand  comte  de 
Touloufe ,  6c  mar¬ 
quis  de  Provence, 
mort  en  uu. 


vcncc  ,  mourut 
après  l'an  1014.  1 


f  Raymond -Ber- 
Bertrand  comte  ou  |  trand  morc  ians 
marquis  dcProvcncc,  J  pofterité. 
mort  vers  l’an  tojo.  I 


3 .  Lit. 

Alfonfc-Jourdaincomtc 
de  Touloufe  ne  marquis 
de  Provence  ,  partagea 
cette  province  cn  iny. 
avec  Raymond  Bérenger 
I  V.  comte  de  Barcclo- 
nei  époufa  Faydidc  d’U- 
fez  »  mourut  cn  1148. 6c 
tranfmît  à  fes  defeen- 
dans  le  marquifat  de  Pro¬ 
vence. 


I 


N.  héritière  du 
marquifat  dcPro- 
vence.époufa  vers 
l’an  1061.  Ray¬ 
mond  de  S.  Gilles 
fon  coufin  ger- 
raaiu. 


L 


cft  peut-être  de  l’an  949.  car  outre  que  lïndiâion 
vu.  convient  à  cette  année  ,  S.  Honorar  qui  croit 
.114^.  éveque  de  Marseille  •  dès  l’an  94 S-  rétablit  en 
*'  ce  tems-lâ  l’abbaye  de  S.  Victor.  Le  P.  de  Sainte- 
Marthe  b  a  cm  rectifier  cette  date  en  fuppofant 
qu  elle  eft  $c  l’an  9  94-  &  qu'ainfi  le  régne  de  Ro¬ 
dolphe  III.  roi  de  Bourgogne  y  eft  bien  marqué  ; 
ma fs  outre  que  Bofon  II.  comte  Provence  ne  vivoit 

£Ius  alors  ,  faine  Honorât  n’étoit  plus  évêque  de 
larfcille  dès  l’an  977.  Cet  auteur  convient  lui- 
même  que  Pons  lui  avoir  déjà  füccedé  dès  l’an 
Tome  JJ. 


991.  &  le  prouve  par’une  charte  c  de  la  xuv.  an¬ 
née  de  Conrad  Je  Pacifique  ,  ou  de  l’an  991. 
Ruffi  d  le  pere  fait  mention  de  la  même  chartequ'il 
date  de  J  an  944.  mais  il  eft  certain  que  l’an  962. 
eft  marqué  dans  le  carrulaire  de  cette  abbaye. 

Dans  cet  aéie ,  le  comte  Bofon  fe  dit  fils  de  Rot - 
bold  :  Bouche  e  prétend  que  celui-ci  fut  comte  de 
Provence  ;  mais  il  n’en  donne  aucune  preuve.  Il 
eft  marqué  que  Bofon  fit  cette  reftirution  ,  confcn* 
tiente  ejus  filio  Rotboldo ,  (f  fratre  tjns  Wtll  lmo 
comité .  Bouche  **  &  quelques  auteurs  après  lui  con- 

A  Aaa  ij 


C  Ibid.  f. 
«12. 

v.  Mab.aà 

*nn.  9 6z.  n. 

97S. 

d  \»ffi  C.  d§ 

Prov.p.+i. 

fin- 

e  Bouche  ro. 

i-p-lc.&jii* 


f  lb.  tê.  I.  f, 

*J9  &  ftijtj. 

Cdutnb.  de 
if  JC.  S -Jlar.pt 
Xli. 


Digitized  tjy  Google 


NO  T  E 
XIV. 


*  Grt.ckrijt. 
ik.te.l.inftr.f. 
*04. 


O  if.fi 
16. 


&f*W 

*\*&**3‘+ 

*J. 


«J  Gltb.L I.c. 


C  Grt.tUrifl. 
nov.iiae.i.p. 

*07.  &  S$tf. 


556  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 

clucnt  dc-là  ,  que  le  dernier  étoit  ftere  de  Bofon ,  abbé.  Cet  atte  qui  tft  fans  date  ,  mais  qui  eft  an-  w 
&  ils  le  font  (ans aucune  preuve  comte  de  Forçai-  terieut  à  Fan  977.  puil^ie  Mauringc  ^toit  déjà  * 

quier:  mais  il  paroît  que  ces  mots,  fratre  ejufy  mort m cette  année,  prouve  que  ces  deux  freres  no 
doivent  fe  rapporter  à  Rotbold.  On  voit  en  effet  avoientune  égale  autorité  fur  toute  la  Provence:  n^^dt9Afm 
pat  d’autres  thonumens,  &  en  particulier  par  une  on  en  trouve  une  nouvelle  preuve  dans  un  titre  de 
charte  de  .l’an  961.  que  Guillaume  &  Rotbold  l’an®  ni  5 .  où  celui-là  eft  rappellé,  &  où  il  eft  dit  n 
éioient  fils  de  Bofon.  qoe  cette  donation  fut  faite  -,  cum  confiüo  comitis  p' 

XI.  Nous  avons  une  châtre  •  de  Manafféf  ar-  tViilelms  (3  fronts  fui  Rotboldi  qui  tune  temporis 
chevêque  d’Arles  en  faveur  de  l’Abbaye  de  Mont-  regere  vtdebantur  regnum  Provincialium . 
majour ,  où  il  eft  fait  mention  du  comte  Bofon  qui  XIII.  Suivant  une  charte  0  datée  de  l’an  98  5. 
la  foufcrivit  &  la  confirma  :  elle  eft  datée  du  pre -  indittion  xiv.  Guillaume  cototê  63  marquis  donne  de 
min  Octobre  de  l'an  976.  la  xxxvn .  année  dure'-  concert  avec  (à  femme  Adélaïde  à  S.  André  d’A- 
gne  de  Conrad  \  ce  qui  prouverait  que  Bofon  II.  vignon  différens  biens  fituczdanslc  comté  de  cette 
vivoit  encore  alors.  Mais  outre  que  la  }7.annéedu  ville.  Rufti  le  fils  prétend  Pque  cette  Adélaïde  eft  p  #4.17.  * 
régne  de  Conrad  fie  (çauroit  convenir  avec  l’an  la  meme  qu’Arfinde  femme  du  comte  Guillaume , 

97  6.  il  eft  certain  d’ailleurs  que  Manaftcs  n’étoit  b  dont  nous  avons  déjà  parlé  ,  &  cire  trois  chartes  en 
plus  archevêque  d’Arles  en  966.  la-date  de  cette  preuve.  Par  les  deux  premières,  Guillaume  comte 
charte  ne  fçauroit  donc  fc  foûrenir.  Aulli  Rufti c  le  (3  fa  femme  Arfinde ,  donnent  en  fief  en  969.  & 
fils  prouve-t-il  très-bien  que  Bofon  II.  ne  vivoit  979.4  Hugues Blavie ,  une condaraine  fituce dans 
plus  en  en  968.  comme  il  paroît  par  une  charte  lecomtéd’Avignon.Suivantlatroifiéme  H  Gausfred 
de  cette  armée,  fuivant  laquelle  Guillaume  I.  fon  ou  Geoftroy  comte  de  Provence ,  dans  la  reftitution 
fils  8c  fon  fucceftcur  dans  une  partie  du  comté  de  qu’il  fit  en  1057.  au  monaftere  de  S.  Viétorde 
Provence,  tint  alors  un  plaid  a  Arles.  C’eft  le  me-  Marfeille  de  cette  meme  condamine,  déclare  que 
me  Guillaume  que  Glabcc  d  qualifie  duc  d'Arles,  Guillaume jon  ayeul marquis  ou  comte  Provence  ,  c i 
8c  qui  fuivant  cet  auteur  défit  les  Sarafins  à  Fraiftî-  Adeldide  fin  ajeule ,  F avoient  donnée  à  un  homme 
net  vers  l’an  971.  nouvelle  preuve  que  Bofon  fon  appelle  Hugues  Blavie ,  qui  enfuire  en  avoir  difpofo 
pere  éroit  alors  déjà  décédé.  en  faveur  de  ce  monaftere.  Rufti  conclut  de-li 

Nous  ne  nous  arrêterons  pas  à  quelques  chartes e  qu’Arfinde  6c  Adélaïde  font  la  même  perfonne  y  • 
des  années  944.  949*  &  95 1.  fuivant  lefquellcs  mais  il  fo  trompe,  puifqu’il  eft  démontré  par  une 
Bofon  II.  aurait  pris  le  titre  de  roi  ,  &  régné  en  autre  charrede  l’an  979.  &  dont  cet  auteur1  n’a  rap- 
Provencc  depuis  l’an  91 5 .  car  outre  qu’elles  vien-  porté  qu’une  partie  ,  que  ces  deux  comteflès  font 
nent  d'une  fource  très-fufpctte  ,  il  paroît  par  tous  differentes.  Cette  charte  qui  fe  trouve  dans  les  ar-  * 
les  monumens  &  les  auteurs  du  tems ,  que  Bofon  chives  de  l’abbaye  de  Montmajour,&  dont  le  P.Ma- 


\ 

m 


iv.  art. 

4hnjt.  tbi  d.  p. 

150. 


II.  ne  prit  jamais  que  le  (impie  titre  de  comte ,  6c 
que  Conrad  le  Pacifique  fut  foui  reconnu  pour  roi 
en  Provence  depuis  Pan  937.  jufqu’à  (a  mort  arri¬ 
vée  vers  la  fin  du  X.  liecle.  On  ajoute  que  ce  pré¬ 
tendu  Bofon  roi  de  Provence  ,  étoit  fils  de  Louis 
l’Aveugle  6c  petit-fils  de  Bofon  I.  cette  prétention 
n  eft  f  pas  moins  contraire  à  l’hiftoire  6c  aux  mo¬ 
numens  du  tems. 

XII.  Rotbold  fécond  fils  de  Bofon  II.  (accéda  à 
une  partie  du  comté  de  Provence ,  ou  plutôt  il  le 


KUÏ-éi 


billon  •  fait  mention ,  finir  de  la  manière  fùivantc  : 

Fatla  car  tu  U  tfla  1  in  menfi  funio  régnante  Conrado  *7  f 
reoe annoxu  1.  S .  W'tUcl mus  inchtus  cornes  (3  uxor  Wr-l1** 
Jua  Arfindis.  Pondus  major  firmavit . . .  S .  Adc- 
lais  comttijfa  (3  filin*  fiw  WilUlmus  firmavit  63c. 

Il  eft  évident  par-là  qu’Arlinde  qui  fouferivit  \ 
cette  charte  avec  le  comte  Guillaume  I.  fon  mari, 
eft  différente  d’ Adélaïde,  mere  d’un  autre  Guillau¬ 
me  qui  y  (ouforivit  aulli.  Quelle  étoit  donc  cette 
Adélaïde  ?  c’eft  la  même  qu’  Alix  ou  Adélaïde  d’An- 


poflcda  par  indivis  avec  Guillaume  1.  fon  frere.  jou  ,  furnommée  Blanche,  que  Guillaume I. comte 
xt .j j.'. *  _ _ _ 1  __  1 n... ......  r. l *  o. 


6^ 

f.il. 


b  Aid. 


Nous  avons  déjà  vu  qu’ils  prenoient  tous  les  deux 
le  titrede  comtes  dès  l’an  961.  Il  eft  fait  mention 
de  l’un  &  de  l’autre  en  divers  attes  poftérieurs. 
Guillaume  S  comte  de  Provence  63  fa  femme  Ar¬ 
finde  y  donnèrent  en  fief/4  xxxn .  année  du  régne 
de  Conrad  y  63c.  ou  l’an  969.  divers  allais  fituez 
dans  lescomtez  de  Fréjus ,  de  Siftcron  &c.Le  mê¬ 
me  Guillaume  k  marquis  de  la  province  et  Arles , 
de  concert  avec  la  même  Arfinde  fa  femme ,  donna- 


i  Ibid. pas. à" 

ftq. 

Klb.p.Si. 


ï  Bsutbe  te. 


de  Provence  aura  éponlèc  en  lecondes  noces  ,  6c 
qui  après  la  mort  de  fon  mari  aura  fouferit  à  cet 
atte  pour  le  confirmer  avec  le  comte  Guillaume  II. 
fon  hls ,  dont  elle  avôit  ln  tutelle.  En  effet  les  noms 
de  lacomtefle  Adélaïde  6c  de  fon  fils  Guillaume  » 
ne  paroiilènt  dans  les  fou  (captions  qu’après  ceux  de 
plulicurs  témoins ,  avant  ldqucls  ils  auraient  fans 
doute  fouferit, lî  elle  &  fon  fils  avoient  été  prélens 
à  Patte.  Adélaïde  &  fon  fils  Guillaume  auront  donc 
en  fief  quelques  allais  (ituez  dans  le  comte  d’Avi-  confirmé  d’abord  après  la  mort  de  Guillaume  1.1e 
gnon  ,  laxLii.  année  du  régne  de  ce  prince  ou  Pan  bail  à  fief  d’une  condamine  fait  en  979.  par  ce 
979.  &  il  tint  ‘la  meme  année  lin  plaid  à  Ma-  comte,  6c  (à  première  femme  Arfinde  , en  faveur 
nofque  dans  la  haute  Provence.  Enfin  fuivant  un  d’Hugues  Blavie.  Dans  ce  fons  Geoffroy  comte  de 
atte  k  daté  du  mois  de  May  de  l'an  ç?9*  tndiüion  Provence,  loi*  (qu’il  reftitua  en  1057.  cette  con- 
vi  1.  Walcaud  évêque  de  Cavaillon ,  ht  une  dona-  damine  à  l’abbaye  de  Saint-Vittor  ,  aura  pu  dire 
tion  à  Pabbayc  de  faint  Vittor  de  Marfeille  du  con -  qu'elle  avoit  été  donnée  en  fief  à  Hugues  Blavie  pat 
fentement  de  Guillaume  marquis.  .  Guillaume  fon  ayeul ,  Sc  Adélaïde  fon  aycule.  A 

Tous  Ces  attes  font  autant  de  preuves  que  Guil-  cela  on  peut  ajouter  que  la  comtcflè  Adélaïde , 
laume  I.  fils  de  Bofon  II.  étendoit  également  fon  aycule  du  comte  Geoffroy  ,ne  mourut  qu’en  u  l 
autorité  dans  la  haute  &  dans  la  bafïe  Provence ,  &  6c  que  Guillaume  I.  étoit  déjà  marié  avec  Arfinde 
qu’il  pofledoit  par  confcquent  par  indivis  ce  comté  dès  Pan  968.  Si  c  étoit  la  même  ,  elle  ailroir  été 
avec  Rotbold  fon  frere  :  on  a  encore  un  atte  fui-  comteflc  de  Provence  pendant  plus  de  5  3.  âns  d6 
Vant  lequel ,  le  comte  Guillaume  I,  le  comte  Rotbold  fuite,  ce  qui  n’eft  pas  allez  ordinaire  pour  être ad- 
fonm frere ,  63  la  comtejje  Arfinde  autoriforent  par  mis  fans  de  bonnes  preuves.  On  doit  rctoarquet 
leur  confontement  une  donation  en  faveur  de  l’ab-  encore  que  dans  pluiîeurs  attes  que  nous  avons 
baye  de  Montm^our ,  &*de  Mauringe  qui  en  étoit  depuis  Pan  968 .  jufqu’à  Tan  ,979.  la  femme  'de 


V.’* 


vV.  UdM 

9  s. 


nonn 
cor.tr. 
on  ne 
ver:: 

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DE  LANGUEDOC. 


M  7 


«  Guillaume  I.  comte  de  Provence  ne  prend  que  le  en  99  a.  de  divers  domainesqui  avoienr  appartenu 
nom  d’Arfindc,  6c  jamais  celui  cfAdelaidc  ;  3c  qu’au  à  cette  abbaye ,  Rotbold  fôn  frere  Ce  fert  de  ces  ter- 
contraire  depuis  environ  l’an  y  86.  jufqu en  1 0x6.  mes  dans  la  fôufcription  f :  Domnta  Rvboldus  ce- 
on  ne  trouve  plus  aucune  Aifïnde  comreffcdePro-  mes  voluit  atque  firmavit.  D’où  on  peur  conclure 
vence,  &  que  la  mere  du  comte  Guillaume  H.  prend  qu’il  avoit  également  droit  aux  biens  reflituez. 
toujours  le  nom  d’Adebïde.  Eft-il  vraifêmbiable  »  Guillaume  I.  comrc  ou  marquis  de  Prover 


marquis  de  Provence  >  M7 


fi  cette  corn  telle  avoit  deux  noms,  quelle  ne  &  furnonimé  le  pert  de  la  patrie,  mourut*  la  même 

r  •  r  J:tc _ _ J ..  ;» _ _ J  _  l» _ ......  _ i _  o.  r  •_  i.  ..  c  *  r  _  i .  1 _ _ z 


foit  pas  fervie  indifféremment  de i’un  ou  de  l'autre, 
&  qu  elle  ait  conftamment  pris  le  premier  dans 
un  certain  cems  ,  pour  n’ufèr  abfôlumenr  de  l’au* 
1  tuf  dif  tre que  dans  la  fuite?  Enfin  Rufli  *  prouve  très- 
bien  ,  qu’Adelaïdc  comtdlc  de  Provence  &  mere 

f.ljU 


Pr.p>  Ijo» 
g  P*S*  ^ 

ênn.  9»»>  <T 

9ÿ4-  **•©<>•  . 
V. 


année  9 9  a.  &  fut  inhumé  à  Sarriân  dans  le  comté 
Venaiflîn.  Il  avoit  donne  ce  lieu  à  l'abbaye  de  Clu- 
ni,  &  dominoic  par  confcquent  fur  la  haute  Pro-  *£•**•.*. 
vcnce,  comme  Rotbold  Ion  frere  fur  la  bafle. 

XV.  Nous  avens  déjà  vu  que  ce  dernier  pofleda 


b  w* 

hpM 

#.îi-cr  Ai¬ 


de  Guillaume  II.  prenoit  auili  le  nom  de  Blanche:  par  indivis  cette  province  avec  Guillaume  II.  fôn 
peut-on  croire  fans  quelque  autorité  quelle  ait  eu  neveu  ;  ce  qui  paroît  encore  par  differens  aéics  qui 

- use. - -,  prouvent  qu’il  exerçoic  également  fon  autorité  dan* 

h  haute  &  la  balle  Provence.  Il  donna  *>  de  con¬ 


trais  noms  differens  ? 

XIV.  Suivant  un  a&e  rapporté  b  par  Bouche,  le 
comtç  Rotbold  ,  avec  Ca  femme  Ermengarde,  don¬ 
nent  en  1 00 1.  le  lieu  de  Permis  à  Hervé  abbé  de 
Moncmajour,& aux  religieux  deccmonafterc;  l’aâc 
cft  fôulcrit  en  ccs  termes:  Siguum  Rotboldi  comités 
tr  uxorù  [ne  H  ermengarde  qui  banc  cartam  fien 


_ _ _  _  h  \uffi  C.dê 

cert  avec  Ejmilde  fôn  epoufè ,  à  S.  Odilon  abbé  de  rav‘ F'u 
Cluni ,  le  lieu  de  Piolcne  dans  le  comté  d’Ocange , 

1>ar  un  arfte  qui  fut  confirmé  par  la  comtdlc  Ade- 
aide,  «Se  fôn  fils  Guillaume.  Rotbold  prend  le 
titre  de  marquis  dans  cet  aéte,  dans  lequel  le  nom 


cMA.sd 
4M400 4«». 
19- 


trait 


1004. 

c’cft  une  donation  faite 


juJJ  re(3  tcfhbus  firmarirogavcruntMillclmus  nepos  de  fôn  époufè  Ermcngarde  cil  altéré  ;  comme  il 
Juiis  firmavit ,  A delais  comuiffa  firmavit ,  Rcjla-  l’eft  dansl  a&e  de  confirmation  ,  qu  il  donna  '  en 
gnns  firmaztt  (3c.  Nous  tirons  de  la  une  preuve  1004.  conjointement  avec  fa  femme  Ingarde,  de 
que  le  comte  Rotbold  3c  Guillaume  II.  fon  neveu,  l'élection  de  Jean  abbé  de  S.  Pons  de  Nice  dans 
poflèdcrenten  commun  le  comté  de  Provence;  ce  Ja  balle  Provence.  Rufli k  le  fils  hefîte  au  fiijctdecc 
qu’on  peut  encore  confirmer  par  une  autre  charte  nom  d’Eyniilde  :  Ou  ne  fait  pas ,  dir-il,  //  ce  nom 
de  l’an  1 004.  dent  le  P.  Mabillon c  rapporte  lin  ex-  avec  celui  d  Ermcngarde  ont  été  portez,  p^r  une  mê- 

’abbaye  de  Pial-  me  perfonne ,  félon  J'ufuge  de  ce  Jiécle  ,  ou  fi  Rotbold 
a  éié marié  deux  fois.  Mais  il  paroît  que  ce  comte 
neue  jamais  d’autre  femme  qu’Ermengarde  *,  car  il 
dl  certain  qu’il  croit  déjà  marié  avec  elle  en  991. 1 
«Se  qu’il  cil  avoit  même  alors  des  enfuis  qui  étoient 
déjà  mariez.  Or  nous  trouvons  qu’en  1005.  peu  de 
teins  avant  fâ  mort ,  Ermengarde  étoic  encore  fâ 
femme. 

Cette  comtefle  fouferiviren  effet  alors  à  fade  m, 
par  lequel  Pons  évêque  de  Marfèilie  confirma  du 
confnument  *  du  comte  Rotbold ,  de  la  comteffe 
Adélaïde  (3  de  fon  fils  Guillaume ,  tous  les  dons 
qu’il  avoit  faits  a  l’abbaye  de  S.  Victor.  Enfin  le 
comte  Rorbold  ,  qui  dans  quelques  titres  prend 
la  qualité  de  comte  a  par  la  grâce  de  Dieu  ,  autorifa 
en  1008.  par  fia  fôufcription  9  une  donation  faite 
à  l’abbaye  de  Montma/cxir  ,  de  divers  alleus  fîtticz 


i  F  J  ntini  kA* 
Vi^nparl»l-p* 

31. 

V  d,Jt. 
/.Ü.CT44. 


modi  au  diocèfe  de  Ni/mcs.  Ad  bac  ,  dit  cet  au. 
tcur,  eidem  Warnario  (  abbati  Pfalmodtenfi )  Gu  i- 
le  l mus  cornes  £5*  uxor  ejus  A  de  ldi  s ,  ïj  cognât  us  ejus 
Rotbaldm  contes  GuiUtlmw  f  rater  ejus ,  dimife - 
runt  ecclcfiam  de  Bergen  cum  appcndicibus fus  fitam 
tn  comitatu  Aquenji  ;  fur  quoi  il  faut  remarquer , 
que  s’il  n’y  a  point  de  faute  danscct  extrait ,  Hz  qu’il 
ne  faille  pas  lire ,  comme  nous  le  croyons ,  (3  mater 
ejus  AdiUts  au  lieu  de  uxor  ejus  ,  c’cft  une  preuve 
que  Guillaume  II.  comte  de  Provence ,  n’époufâ 
Gcrberge  qu’en  fécondés  noces. 

Nous  avons  une  nouvelle  preuve  que  Guillaume  I. 

&  Rotbold  fon  frere  polledoient  la  Provence  par 
indivis  dans  l’adc  de  fondation  du  chapitre  de  Car- 
pentras,  faite  par  Ayrard  évêque  de  cette  ville,  le 
20.  de  bevrier  de  l'an  çta.foHs  le  régne  de  Conrad 
le  Pacifique  ,  6c  dans  laquelle  ce  prélat  s’exprime  dans  les  comtez  d’Aix ,  d’Arles ,  de  Fréjus  6c  d’A¬ 
vignon  ;  c’eft-à-dire ,  tant  dans  la  haute  que  dans 
la  bafle  Provence. 


I  Pr.  p.  T  f  0. 
V.l dt 
de  Prov.p.  s  6. 


01  Gali.chrijl * 

ntv.  td.  te.  I. 

injlr-p.\o9-& 

&Jlq. 

•Cura  voliia« 
tacc. 


tGtBMft.  en  ces  termes  :  Qu.  pr  opter*  ego  m  Cbnfti  nomine 
■"*  tÆr ardus  jam  diclus  epifeopus ,  divina  favente  Cle - 

ment  ta  cum  confite  (3  •vduntate, . . .  hujus  provtn- 
cia  principes  nec-ne  fratru  ejus  Rotboldi  comités 
(3c.  Il  cft  vrai  que  le  nom  de  Guillaume  I.  eft  en 


C’cft-là  le  dernier  monument  que  nous  trouvions 
de  ce  comte ,  qui  mourut  fins  doutebien  tôt  après  : 
il  laifia  deux  enfuis  d’Ermengardc  fà  femme,  fça- 
blanc  dans  l’édition  que  le  P.  de  Sainte-Marthe  voir  Guillaume  que  nous  appellerons  Guillaume  III. 
nous  a  donnée  de  cer  a&c  :  mais  ce  ne  peut  être  qui  lui  (ucceda,  6c  qui  pofleda  la  Provence  par  indi- 
aucrc  que  lui ,  pnifqu’il  y  eft  fut  mention  de  Rot •  vis  avec  Guillaume  II.  6c  enfiiite  avec  les  hlsdcce- 
bo/d  fon  frere  :  on  voit  par  cet  aâe ,  que  ces  deux  lui-ci  fcscoufins;  3c  Emmeque  GuillaumeTailIcfcr 
comtes  étendoient  également  leur  autorité  dans  b  comte  de  Touloule ,  époufa  en  lecondcs  noces, 
haute  Provcnce,où  la  ville  de  Carpenrias  efl  fituée  ;  U  paroît  que  Rotbold  ,  outre  Guillaume  I.  fon 
par  confequent  on  ne  connoiflôit  pas  alors  la  pré-  fcc re  ,  en  avoir  un  atitre  de  même  nom  ;  ce  qu'on 


n  Bouche  1 0. 
i  p.  8+:.  cr 

«»  idrch.  de 
l  abO.de M »nt“ 
mjjmr.  V. 
Huit,  ihnfl. 

nov.  ed.  tt.  r. 

injir.p.\\Q. 

d-f,  p. 

4f-  V 


g  GiÜ.chvifl. 

P-ii . 

à-Jeq. 


tendue  dillinélion  dcscpmres  d’Arles  ou  de  Pro- 
vciKe ,  6c  de  Vcnaiflïn  ou  de  Forcalquier. 

Guillaume  1.  donna c  de  concert  avec  A  JchïJe 
fâ  femme ,  à  Ricultc  évêque  de  Fréjus  3c  à  fon 


peut  fonder  t°.  fur  ce  que  dans  la  donation  faite 
en  1004.  a  l’abbaye  de  Pfâlmodi  P,  dont  on  a 
déjà  pailé ,  on  lit  cette  foufeription  :  Rotboldus 
cornet  ac  G  utile  Imus  f rater  qui.  1°.  Sur  la  fouferi- 


p  V.  ci  defmt 
n.  14. 


églilc,  la  moitié  de  cette  ville  ,  6c  de  fes  dépendan-  ption  fuivante  à  l’aétc  de  l’an  1 00  8  m  S/g.  Rotboldi 
ces.  L’aéte  qui  eft  environ  de  l’an  9 90. cft  fouferit  comtis.  S.  Domni  Poncttepifopi  Majfihenfis.S.Wil - 
par  le  comte  Rotbold  qui  confirma  cette  dona-  lelmi  comtits  fratns  ejus.  On  pourroit  expliquer 
tion  :  RatbalUts  cornes  conceffit  (3  manu  frmavit.  cependant  cette  dernière  foufeription  deGuiüau- 
Autre  preuve  que  ces  deux  frerespofledoienc  cette  me  vkomtec  de  Marfêille  >  3c  frere  de  Pons  évê- 
villepar  indivis  ou  en  commun  ,  avec  le  reftedu  que  de  cette  ville,  Sc  (up|>ofer  qu’on  dort  lire  en 
comté  de  Provence.  Enfin  dansia&e  de  reftitution  cet  endroit  vice-com>rü  au  lieu  de  comités  ;  mais  il 
tjue  Guillaume  1.  fie  a  l’abbaye  de  S.  Cefairc  d’Arles  cft  plps  difficile  4’iwcrpréter  Fautrc,  à  moins  que 


9  Atrchiv.  dt 
Montina}**r 
ib:d. 


xV.trff.diJt. 
p.ti.çr  jetf. 


55* 


NOTES  SUR.  L’HISTOIRE 


Mabillon  n’ait  mis  par  erreur /rafer  ejtuy  au  à  cette  note.  Ces  deux  derniers  poflederent  leur  _ 

XI V.  lieu  de  filou  e/us  \  ou  qu’enfin  Guillaume  11.  comte  moitié  par  indivivis.  Quant  à  Guillaume  III.  il  mou-  N  y  R 
de  Provence  n’ait  eu  un  frerede  meme  nom  que  rut  fans  poftérité  vers  la  fin  de  l'an  1036.  Par  fbn 


lui  ,  ce  qui  ne  paroit  pas. 

XVI.  Quoi  qu'il  en  (oit ,  Guillaume  III.  comte 
de  Provence  >  fils  de  Rorbold  étoit  deja  marié,  & 
prenoit  la  qualité  de  comte  l'an  991.  comme  on 
ntdfic.it  voit  par  le  tdVamcnt  *  de  Guillaume  I.  où  on  lit 

T nv.p.s*.  -  -  - 

b  Emch 


bBtmchttt.U 


kfr. 


Ml  r 


éi/ftrt-f-61. 


«*• 


47-  &  6z. 


décès  Emmc  fâ  fœur,  femme  de  Guillaume  Tail- 
lefer  comte  de  Touloufe ,  ou  leurs  enfirns,  héri¬ 
tèrent  de  la  moitié  du  comté  de  Provence.  Telle 
cft  l'origine  du  droit  des  comtes  de  Touloufe  fur  le 
marquilât  de  Provence  ,  comme  Bouche  h  Sc  Ruffi 

T%\Pr.fi 15».  la  foufcription  fuivantc  :  S .  Willelmus  cornes  filins  le  fils ,  qui  ont  examiné  cette  matière  avec  beau-  F\»$  W* 

'bEmchêu.  Hotboldi*  (3  uxor  fua  Aduleia.  Bouche  b  lit  Dulcia  coup  d'attention  ,  en  conviennent.  Ils  (è  trompent  *** 

au  lieu  d 'Aduleia  \  Sc  il  paroît  en  effet  que  ce  der-  cependant  l'un  &  l’autre*,  le  premier  en  fuppofânt 
•nier  nom  eft  corrompu  dans  l’édition  que  Ruffi  le  que  la  partie  de  la  Provence  qui  échut  par  cette  fuc- 
pere  nous  a  donnée  de  cet  aâe  :  mais  il  paroît  auflî  ceffion  à  Guillaume  Taillefer  ou  à  ks  fils ,  com¬ 
mue  Bouche  a  fait  cette  corrcûion  de  lui-même ,  Sc  prenoit  lcscomtez  de  Forcalquier  &  de  Vcnaiflin  -, 

qu’on  doit  lire  Lucia.  On  a  yû  que  le  comte  Rot-  &  l’autre  •  qu’elle  renfermoit  feulement  ce  dernier 

bold  donna  le  lieu  de  Piolene  à  l’abbaye  deCIuni:  comté,  auquel  il  donne  toute  l'étendue  qui  eft  au 

or  nous  trouvons  un  comte  appellé  Guillaume ,  couchant  de  la  Provence  entre  l’Ifere  &le  Rhône, 

qui  de  concert  avec  fa  femme  Lucie  ,  rendit  à  II  cft  v  rai  que  par  le  partage  k  de  l’an  1 1z5.ee  pays 

cette  abbaye  en  1  o  5  6.  diverfes  terres  fituées  dans  échut  à  Alronfe-  Jourdain  comte  de  Touloufe  *,  mais 

t  j*ffi  c.  it  le  diocèfe de  Riez ,  pat  un  aéte  c  daté  de Piolene  ?  ce  n'eft  pas  une  conféquence  quil  eût  appartenu 
pr»v.  p.  60.  ce  qUj  nous  Jonnc  |jcu  de  croire  que  ce  comte  Guil-  auparavant  à  fes  prcdécefïèurs ,  Sc  en  particulier  à 
laume  eft  le  meme  que  le  fils  du  comte  Rotbold ,  Rotbold  &  à  Guillaume  III.  fbn  fils ,  comme  le  pré- 

&  que  le  vrai  nom  de  fa  femme  eft  Lucia  ,  &  non  tend  le  même  auteur  -,  car  nous  avons  déjà  vû ,  & 

Dulcia.  on  verra  dans  la  fuite  >  que  tous  ceux  qui  ont  pris  le 

a  Mâi.éd  On  peut  confirmer  ceci  i°. par  une  donation^  faite  titre  de  comte  ou  de  marquis  de  Provence  depuis 
*n;i.io29.».  en  1030.  par  le  marquis  Guillaume  (3  la  comteffe  Bo(on  II.  jufqu’au  commencement  du  XlUiecle  ont 
-  Luc*  fi*  fintme  ,  d'une  métairie  *  fituée  auprès  de  la  poflèdé  le  domaine  de  toute  cette  province  par  in- 
Dtf.M.f.  ville  de  Gap ,  à  l'abbaye  de  Cluni.  i°.  par  un  aâee  divis ,  &  qu'ils  ont  également  étendu  leur  autorité 
de  la  même  année  1030.  indiiïion  13.  fuivant  le-  tant  fur  la  haute  Provence  ,  à  la  droite  de  la  Du¬ 
quel  Guillaume  comte  de  Provence  (3  fa  femme  rance,  que  fur  la  baffe  ,  à  la  gauche  de  cette  rivicre. 

Lucie  donnent  à  l’abbaye  de  S.  Viétor  de  Marfeillc ,  XVIII.  Outre  les  droits  qu’Emme  comtellè  de 
une  maifon  fituée  à  Aufone  dans  le  comté  de  Siftc-  Touloufe  pouvoit  avoir  fur  une  portion  de  la  Pro¬ 
ton.  Comme  ce  dernier  aéle  cft  fouferit  par  le 
comte  Pons  Sc  Bertrand  fon  frère ,  fils  de  Guillaume 
Taillefer  comte  de  Touloufe,  &  neveux  de  Guil¬ 
laume  III.  c’eft  une  preuve  que  ce  fut  celui-ci  qui  fit 

cette  donation ,  &  non  pas  un  prétendu  Guillau-  de  vraifêmblancc,  quoique  cet  auteur  fc  trompe  , 
me-Bertrand  comte  de  Forcalquier,  ainfi  que  le  en  ce  qu’il  prétend  que  Guillaume  111.  eut  d^sen- 
fit-p-s o.&  prétend i Ruffi  le  fils.  Cet  auteur  fè  fonde  fur  ce  fans.  Nous  voyons  en  effet,  qu’Emme  poflî-doit 
que  Bertrand  comte  de  Provence  donna  cette  4*-  difterens  domaines  dans  le  pays  du  vivant  de  Guil- 
nee  1030.  mdiclion  13.  à  la  même  abbaye ,  une  autre  laume  111.  fbn  ftere,  comme  il  paroît  entr’autres , 
maifon  fituce  dans  ce  lieu  >  Sc  que  par  conféquent  1  par  la  donation 1  qu’elle  fit  en  1  o  1 5 .  au  prieuré  1  c  ù 
ce  doit  être  le  meme.  Nous  tirons  de-là  une  con-  de  N.  D.  de  Corrcns ,  dépendant  de  l’abbayc  de  %r£ùV.’ 
(équence  toute  contraire  *,  car  x°.  pourquoi  dans  Montmajour,  de  l’églile  de  S.  Pons  fituée  dans  le 
deux  aétes  faits  en  1030.  ce  comte  auroit-il  pris  comté  de  Fréjus  ,  Sc  d’une  maifon  à  Brignole  ;  les 
dans  l’un  le  nom  de  Guillaume,  &  dans  l’autre  termes  du  commencement  de  cetadke  fontremar- 
cclui  de  Bertrand?  z°.  Si  c'cft  le  même  comte*  quables:  Ego  Emma  comitiffa  filsa  Rotboldi  comités 
qu’avoit-il  affaire  de  deux  aétes  feparez ,  pour  don-  (3  Htrmengard a  uxorü  ejtu ,  ex  hétrcditate  qui  nuhi 
ner  vers  le  même  tems  à  une  même  abbaye ,  deux  légitimé  obvemt  *,  hoc  eft  m  comttatu  Forojuhenfiÿc , 
inaifons  fituées  dans  le  même  endroit  ?  Tout  ce  z°.  Par  une  autre  donation  qu’elle  fit  en  iox4.con- 
qu’on  peut  donc  inférer  de  ces  deux  aûes ,  c’eft  que  jointement  avec  fes  fils  Pons  &  Bertrand ,  d’une 
Guillaume  Sc  Bertrand  comtes  de  Provence  pofle-  maifon  m  dans  Avignon, à  l’abbayc  de  S.  André  fur  m 
doient  chacun  une  partie  du  lieu  d’Aufbne  dans  le  le  Rhône.  $*.  Enfin  par  un  aâc  “de  la  même  an-  .m. 
comté  de  Sifteron ,  de  même  que  nous  avons  déjà  née ,  fuivant  lequel  clic  donna  de  concert  avec  Gui-  Pr.p-ijs-  & 
vû  que  les  différais  comtes  de  Provence  pofle-  laume  comte  deToulou/e  fin  mari ,  une  maifon  *  c  it 
doient  en  commun  la  ville  de  Permis ,  Sc  plufieurs  dans  Manofque  à  l’abbaye  de  S.  Viélor  :  or  comme  Prtv-  r- îé* 
autres  alleus  oit  terres  dans  ce  pays.  Enfin  cette  pof-  elle  donna  la  plupart  de  ces  biens  (ans  être  autori- 
fcllion  commune  eft  prouvée  évidemment  par  la  fée  par  fbn  mari ,  c’cft  une  preuve  qu’ils  étoient  pa-  *r-  *• 
donation  s  que  le  comte  Guillaume  fils  de  Rotboldy  raphernaux,  c*cft-à-dire  qu’elle  lesavoit  recueillis  foi"0” 

4Î-  fit  en  1014.  delà  quatrième  parue  de  la  vallée  delà  fucceflion  de  fbn  perc ,  indépendamment  de 

Cagnanc  à  l’abbaye  de  S.  Viélor  de  Marfcille  ,  & 
qui  fut  amorifee  par  la  comteffe  Adélaïde  veuve  de 
Guillaume I.  Sc  tutrice  de  Ces  petits-fils. 

XVII.  Guillaume  III.  comme  repréfentant  la  per- 
fonne  de  Rotbold  fon  pere,  avoit  droit  fur  la  moi¬ 
tié  de  toute  la  Provence  *.  l’autre  moitié  appartenoic 
â  Geoffroy  I.  Sc  à  Guillaume-Bertrand  I.  ks  coufins, 
fils  de  Guillaume  II.  *  &  petit-fils  d’Adelaïde  d’An- 


vcnce ,  en  qualité  d’hériticrc  de  fbn  frere  Guillaur 
me  III.  il  paroît  que  le  comte  Rotbold  fon  pere 
en  la  mariant ,  lui  donna  une  partie  de  ce  comté. 
C’eft  le  fentiment  de  Gaufridi  ,  qui  n’eft  pas  hors 


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XIX.  Emmc  porta  donc  dans  la  maifon  de  Guil¬ 
laume  Taillefer  comte  de  Touloufe  fon  mari,  (es 
droits  fiir  la  moitié  de  l'ancien  comté  de  Provence, 
fitué  entre  l’Uêre  ,  les  Alpes,  la  mer  &  le  Rhône  » 
dont  le  comte  Rotbold  Ion  pere  avoit  joui  par  in- 
divis  avec  le  comte  Guillaume  I.  fon  ftese.  En  effet 
le  comte  Pons,  fils  aîné  de  Guillaume  Taillefer  Sc 


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jou  ,  comme  on  peut  voir  dans  la  généalogie  des  d’Emme  ,  pofTedoit  certainement  une  partie  de  la 
comtes  héréditaires  de  Provence  que  nous  joignons  Provence  en  1037.  lorfqij’il  époufà  Majore  la 


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tV.fr./.ioo. 


DÊ  LANGUEDOC, 

première  femme  *  puifqu’il  Jm  aiCgna  *  enct  aunes  Touloufè  par  (on  mariage  avec  tUyittÔùcl  de  Saint 
pour  là  dot  le  châreau  de  Tarafcon  au-delà  du  Rhô-  Gilles,  liparoir  cependant  que  Bertrand  de  Tou- 
nc,  &  larerre  d’Argence,  en-deça  de  ce  fleuve,  loufe  comte  ou  marquis  en  Provence,  eut  un  fils 
firuée  dans  le  diocèfc  ou  comté  d’Arles  :  aulli  voit-  nommé  Raymond  qui  mourut  avant  l’an  1060.  & 
on  quç  les  comtes  de  Touloufè  &  de  Barcelone  ,  que  ccftlc  même  que  Raymond-Bertrand.  g  inhumé  &  Uv*w*ê 
dont  le^remier  reprélcntoit  Emme  fa  bifâyeule,  dans  lacljapelle  extérieure  de  l’cglifè  de  S.  Sernin  x’3* 


N  0  T 
XIY. 


bfr./-4î9* 

Uf'+fiî- 


de  Touloufc ,  où  on  voit  les  tombeaux  de  Guillau^ 
me  Taillefer ,  &  de  Pons  fbn  fils  comtes  de  cette 
ville. 

On  peut  appuier  ce  fyftême  fur  le  partage  h  de 
l’an  1 115.  car  Alfbnfc-Jourdain  comte  de  Tou- 
loufè,  fè  réftrve  nommément  Beancaire  (3  U 


partagèrent  également  en  1 1  a 5.  le  comte  de  toute 
U  Provence  b. 

XX.  Bouche  c  prétend  que  les  comtcz  de  Ve- 
naifîin  ôc  de  Forcalquier  échurent  â  Emme  par  la 
mort  de  Guillaume  III.  fbn  frère  ;  que  Pons  & 

Bertrand,  fils  de  cette comteflè,  partagèrent  cnrrc 

eux  cette  portion  de  la  Provence  ;  que  le  premier  terre  d' sirgencc ,  qu’il  diftingue  de  fes  autres  droits 
eut  le  comté  de  Venaiflin  ,  ôc  l’autre  celui  de  For-  furie  comte  de  toute  U  Provence  ;  d’où  il  cft  aife 
calquicr ,  a  la  charge  de  le  tenir  en  fief  de  fon  ni  né,  d’inferer  qu’il  avoir  droit  à  la  terre  d’Argence  com- 
ôc  des  fucceflcurs  de  celui-ci  *,  que  Bertrand  laiflâ  me  fucceileur  de  Pons  comte  de  Touloufc  fonayeul; 
une  riombreufe  poftérité  \  &  que  de  lui  defeendoie  &  au  comté  de  Provence  en  qualité  d’héritier  de 
par  mâles ,  Adélaïde  ou  Alix  comtcfle  de  Forçai-  Raymond  de  S.  Gilles  fon  pcrc ,  ôc  de  Bertrand  fon 
quier ,  qui  porta  ce  comté  dans  la  maifon  d'Urgel  frere  qui  en  avoient  hérité  de  Bertrand  fils  puîné  de 
vers  la  fin  du  XI.  fiecle.  Rufli d  le  fils ,  fbûticnr  au  Guillaume  Taillefer. 

contraire,  1  °.  que  la  portion  de  la  Provence  qui  Comme  nous  avons  très-peu  de  monumensde 
uxjjin  t  de  échut  â  Emmcpaflatouteenticreà  Pons  fon  fils,&  Bertrand  comte  ou  marquis  de  Provence,  fils  de 
1 T&fin  /•  * ^  %nc  dircdle  des  comtes  de  Touloufc  fes  def  Guillaume  Taillefèr  comte  de  Touloufc ,  ccft une 
cendans.  i^.Quc  fi  Bertrand  puîné  de  Pons  poflèda  preuve  qu’il  ne  jouît  pas  long  tems  de  ce  comté, 
quelque  chofc  dans  ce  pays,  ce  fur  tout  au  plus  auquel  il  avoit  fiicccdé  vers  Fan  ioj7.Ilparoîtque 
.♦MM7-  le  comté  particulier c  de  Venafque  ou  de  Carpcn-  c  cft  le  même  que  le  comte  Bertrand  »  qui,  en  1 040. 
tras.  30.  Qu’il  n’y  a  aucune  preuve  que  Bertrand  donna  divers  domaines  tant  dans  la  haute  que  dans 
ait  laiffèdcs  enfans  qui  lui  ayenr  fucccdc,  ôc  qu’ainfi  la  baflè  Provence ,  à  l'abbaye  de  Montmajour,  cn- 
le  comté  de  Venafque  fut  réuni  après  fâ  mort  au  tr’autres  a  Tarafcon  -,  car  cette  ville  ctoit  alors  dans 
relie  du  marquifàr  de  Provence,  pofTcdé  par  les  la  maifon  de  k  Touloufc.  Rufli 1  a  avancé  que  la 
comtes  de  Touloufc.  40.  Qu’Alix  héritière  de  For-  charte  où  il  cft  fait  mention  de  lui  (bus  le  titre  de 
calquicr  defccndoitde  Guillaume  I.  frère  de  Rot-  comte  de  Venafque ,  cil  d’environ  l’an  1050.  ainfï 
bold ,  Ôc  non  pas  de  ce  dernier.  5  °.  Enfin  que 
Paûe  que  Bouche  rapporte  ôc  fur  lequel  il  fè  fonde 
pour  prouver  que  Bertrand  ,  fils  puîné  de  Guillau- 


h  Pr,  p.tth 
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i  Pr.pi  1044 


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fP-tfrt.Ui. 


félon  toutes  les  apparences ,  il  ne  paflà  pas  cette 
année. 

Bouche  m  ,  pour  prouver  que  les  comtes  de  For-  m BuuthPmn 
me  Taillefer  comte  de  Touloufc ,  cpoufi  Alcvris  calquicr,  qui  vivoient au  XII.  fiecle,  defeendoient  *££*'***'* 
ou  Alix  comtcfle  de  Die,  ôc  qu’il  laiflà  d'elle  plu-  du  même  Bertrand,  dit  qu’ils  avoient  les  mêmes  ar- 
fleurs  enfans,  eft  un  aéte  (ïippofe.  mes  que  les  comtes  de  Touloufè.  Il  eft  vrai  qu’il 

On  ne  fçauroit  difeon venir  que  Rufli  n  air  raifbn  paroîr  que  les  comtes  de  Forcalquier  ,  dé  la  maifon 
fur  les  deux  derniers  articles  -,  mais  il  paroît  qu’il  y  d’Urgel,  portoient  n  à  la  fin  du  XII.  fiecle  dans  n  di£\ 

a  quelque  chofc  à  dire  fur  les  autres.  1  °.  On  a  déjà  aimes ,  la  croix  clcchée  ôc  pommerrée  de  Toulou-  *itu 
remarqué  que  les  titres  de  comtcz  de  Forcalquier  fe  :  mais  ils  ne  pou  voient  les  tenir  de  Bertrand  fils 
ôc  de  Venaiflin  n’ont  été  en  ufage,  le  premier  qu’au  puîné  de  Guillaume  Taillefer ,  puilque  de  l’aveu  de 
commencement  du  XII.  fiecle ,  &  l’autre  au  coin-  cet  auteur  ,  la  poftérité  des  comtes  de  Forcalquier 
mencement  du  fiiivant.  Que  fi  on  prérend  feule-  defeendans  du  même  Bertrand,  étoit  déjà  finie  dès 
mentqu’Emrnc  hérita  des  pays  qu’ils  renfcrmoicnr,  la  fin  du  XI.  fiecle  ;  tems  auquel ,  comme  tous  nos 
on  (è  trompe  encore ,  puifqu’il  cft  confiant  que  ce  plus  habiles  critiques  en  conviennent, les  armoiries 
ne  fur  qu’en  1 1 1 5.  qu’il  y  eut  un  partage  déterminé  n’étoient  pas  encore  établies.  C’étoit  donc  pour 
de  l'ancien  comté  de  Provence,  entre  les  defeen-  d’autres  raifons  que  nous  ignorons ,  que  ces  deux 
dans  de  Guillaume  I.  ôc  de  Rotbold  fon  frere,  &  maifons  avoient  des  armes  fcmblablcs;  ôc  nous 
qu’ils  avoient  poflède  jufqu'alorstout  ce  comté  par  verrons  ailleurs  que  les  feigneurs  de  Lille-Jourdain 
indivis,  z®.  Nous  convenons  avec  Bouche  &  Rufli,  &  quelques  autres  de  la  province  ou  des  environs, 
que  Bertrand  frere  puîné  de  Pons  comte  de  Tou-  portoient  la  croix  de  Touloufè  dans  leurs  armes, 
loufè  ,  domina  fur  une  partie  de  la  Provence  au-  quoi  qu’ils  ne  dcfccndiflènt  pasdcscomtcsdccetre  9 

delà  du  Rhône:  or  comme  il  paroît  d’un  autre  f côté  ville. 

que  Bertrand  eut  une  fille  que  Raymond  de  Saint  Venons  préfentement  aux  defeendans  de  Guil- 
Gilles  fils  puîné  de  Pons  ,  epoufà  en  premières  laume  II.  comte  de  Provence,  ôcf.ûfons  voir  qu'ils 
noces  *,  qu’il  n’y  a  aucune  preuve  que  ce  dernier  ait  pofledercnt  ce  comté  en  commun  ou  par  indivis  y 
jamais  domine  au-delà  du  Rhône ,  fi  l’on  excepte  foie  entr’eux  ,  foie  avec  les  comtes  de  Touloufè  déf¬ 
ia  ville  de  Tarafcon  y  ôc  qu’il  c  fl  confiant  que  Ray-  ccndans  de  Rotbold,  jufqu’au  partage  de  l’an 
mond  de  S.  Gilles  poflèda  le  marquifât.  de  Pro-  1125. 

vcnce ,  Ôc  le  tranfmic  a  Bertrand  fbn  fils  aîné,  nous  XXL  Guillaume  II.  fucccda  en  992.3  Guillait- 
concluons  de  tout  cela,  i°.  que  Pons  fils  aîné  de  me  I.  fbn  pere,  ai  n  fi  que  nous  l’avons  déjà  vu.  Il 
Guillaume  Taillefèr,  n’eut  de  l’hérédité  d’Emme  de  donna  °en  101?.  avec  Gerberge  (a  femme  &  Guil- 


Provcncc  fa  mere ,  que  la  ville  de  Tarafcon  ôc  la  “Jaunie  leur  fils,  à  l’abbaye  de  S.  Viclor  de  Marfèille,  . 
terre  d'Argcnce.  20.  Que  Bertrand  le  puîné,  eut  l’cghfè  de  S.  Martin  auprès  de  Manofque  dans  le  1 
pour  fbn  nartage  tout  le  refte  des  droits  qui  appar-  comté  de  Sifteron.  U  dominoit  donc  fur  la  haute 

-  tCnoient  n  ^  Mipw  nr+vp  nmvmr/1  !°.  Fnnn  .  Prnv/*nr/»  •  cp  nn’nn  npnr  nmm>pr  .n^Aro  M..  I _ 


o  en 
Prov.p.  s? . 
Mab.an  *nn* 
oij.«.p4. 


a  (a  mere  fiir  cette  province.  3  °.  Enfin ,  Provence  :  ce  qu'on  peut  prouver  encore  par  la 
que  la  fille  de  ce  dernier  recueillit  toute  fà  fûcccfi-  donation  P  qu’il  fit  en  101  S.àlabbayede  S.  André  P  'Ksffi 
«on,  &  la  porta  dans  la  ligncdircâedcscojntcsdc  d’Avignon  ,  du  lieu  de  S.  Donat,  fitué  dans  Je  f'10* 


\ 


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NOTES  SUR  L’HISTOIRE 


26. 


f'iU&Si* 

C  lbid.p.1 0 

’bfW' 


cciui-ci  prie  ic  nom  ac  vjumaume-Derrrana,  ce 
de  ces  quatre  freres >  qu'il  fit  (ans  doute  pour  fe  diftinguer  de  Bertrand , 
rtrand ,  a  donné  Fort-  fils  de  Guillaume  Taillcfcr  comte  de  Touloufe , 


^  OTE  comté  de  Sifteron  :  il  mourut  cette  dernierc  année ,  comte  ou  marquis  de  Provence ,  &  qui  gouver-  ~  0 
Xvl  v.  &  fiat  *  inhumé  dans  labbaye  deMontmajonr  au  noit  le  pays  conjointement  avec  Geoffroy  I.  fon  xiv. 
diocèfe  d’Arles,  lllaiflà  quatre  fils  de  Gcrbergc  fa  frere.  Guillaume  fils  aîné  de  Guillaume  II.  que  Ruffi 
femme  ;  Guillaume ,  Foulques,  Bertrand  &  Geof-  fait  comte  de  Forcalquier  fera  donc  mort  fins  po- 
froy,  comme  il  paroît  entr’autres  par  une  dona-  fterité,  peu  de  tems  apres  fon  pere ,  ôccetauteut 
.tion  b  que  leur  merc  fit  en  ioi  5,  en  favqprdel'ab-  l'aura  confondu  avec  Bertrand  (on  fiere ,  parce  que 
baye  de  S.  André  d'Avignon.  celui-ci  prit  le  nom  de  Guillaume-Bertrand,  ce 

Ruffi  prétend  c  que  l'un 
qu’il  appelle  Guillaume  Bertrand , 

gine  aux  comtes  de  Forcalquier  ;  &  que  les  deux  qui  avoir  droit  fur  une  partie  de  la  Provence, 
autres,  Geoffroy  &  Bertrand  poffederent  par  indivis  XXII.  On  pourroit  dire  pour  diftinguer  deux 
le  comté  d'Arles  ou  de  la  balle  Provence  -,  ce  qui  Guillaume-Bertrand  ,  qu’il  ne  paroît  pas  que  Gcof- 
prouveroir  que  l’ancien  comté  de  Provence  croit  froy  I.  (bit  intervenu  dans  aucun  des  aékes  que 
alors  parragé  entre  ccs  princes  &  les  comtes  de  Ruffi  cite  pour  prouver  qu’un  Guillaume-Bertrand 
Toulou(e  defeendans  de  Rorbold  :  mais  cette  pré-  dominoir  fur  le  comté  de  Sifteron  depuis  l’an  1030. 
tendon  n’eft  appuiée  fur  aucun  fondement  (blide.  jufqu’en  1050.  tandis  qu’il  cft  certain  que  dans  tous 
Il  paroît  certain  en  effet ,  qu’entre  tous  les  fils  de  les  autres  aéles  qu’il  cite  pour  la  balle  Provence ,  ce 
Guillaume  II.  en  quelque  nombre  qu’on  les  fup-  font  toujours  deux  comtes  appeliez  Geoffroy  & 
pôle',  il  n’y  en  eut  que  deux  qui  lui  füccedcrent  Bertrand  qui  agiffent  de  concert  :  mais  1  il  eft 
dans  Ci  portion  indivife  de  la  Provence  ;  fç avoir  confiant  que  les  deux  frères  Geoffroy  &  Bertrand 
Geoffroy  I.  &  Bertrand  appellé  aufti  Guillaume-  ont  agi  quelquefois  fcpatément  dans  la  baffe  Pro- 
Bcrrrand ,  lc(quels  poffederent  enrr’eux  leurs  étars  vcnce  :  Ruffi  m  en  fournit  des  preuves,  &  il  y  en  a  mlh-r  u. 
*  cn  commun ,  comme  Ruffi  d  l’a  prouvé  par  une  plufieurs  n  autres.  20.  Cet  auteur  nousa  donné  l’tx-  4'^*% 

foule  de  chartes.  trait 0  d’un  titre ,  par  lequel  Geoffroy  I.  rendit  à  la  n  *-f*«*\ 

*ib.p.39-&  Cet  auteur c  établit  pour  principe,  après  Bon-  prière  de  Bertrand  ion  frere  la  moitié  de  Pcrtuis 
c^c  9UC  l’un  des  fils  de  Guillaume  II.  prit  tantôt  à  l’abbaye  de  Montmajour  :  or  Pertuis  étoit  (itué 
f.iz.  &  61.  le  (cul  nom  de  Bertrand ,  tantôt  feulement  celui  de  dans  ce  qu’on  appclla  dans  la  fuite  comté  de  For- 

Guillaume,  &  tantôt  tous  les  deux  enfcmblc  -,  en  calquier.  30.  Il  paroît  P  d’un  autre  côté  que  Ber-  ppr.;.:*. 
forte  qu’il  fe  nomma  quelquefois  Guillaume- Ber-  rrand  deTouloufè  comte  de  Provence,  poflèdoit  en  *•”*/*■• 
rrand.  Cette  duplicité  de  nom  g ,  ajoûte-t-il ,  a pro-  même  tems#une  partie  de  Pertuis.  4  °.  On  voit  en- 
dmt  tant  de  confufioK^ue pluficurs  ont  cru  que  c  étoit  core  que  ces  deux  freres  poffederent  conjointement 
deux  comtes difftrtns.  U  eft  furprenant ,  après  une  la  haute  Provence,  par  la  donation  9  qu’ils  firent 
remarque  fi  judicieufe ,  que  Ruffi  foie  tombé  dans  en  1 04  5  de  U  moitié  de  Vaifbn  aux  évêques  de  cerre 
l'inconvénient  qu’il  reproche  aux  autres ,  en  admet-  ville ,  &  par  la  qualité  qu’ils  fè  donnèrent  ordinai-  M».  t,/. 
h  R*#  a.  fanc  h  un  pr&cndti  Guiliaumc-Bcrrrand  fils  aîné  de  rement r  de  comtes ,  de  marquis  ou  de  princes  de  f 
Guillaume  IL  different  de  Bertrand  fon  frere ,  &  en  Provence  oh  de  toute  U  Provence .  Ces  deux  freres  r 
le  failant  la  fouche  des  comtes  de  la  haute  Provence  ,  dominèrent  donc  également  tant  fur  la  haute  que 
qm  dans  la  fuite  porta  le  titre  de  comté  de  Forçai-  fur  la  balle  Provence  ,  avec  Guillaume  III.  leur 
quicr.  Cet  auteur  rapporte  d’abord  un  grand  nom-  coufin ,  &  enfuitc  avec  Bertrand ,  fils  de  Guillaume 
bre  de  chartes  >  depuis  l’an  io$oJ  jufqu’en  1050.  Taillcfor  comte  de  Touloufe  ;  &  le  prétendu  Guil- 
c,ui  prouvent  que  Geoffroy  L  &  Bertrand  fon  frere,  laume-Bertrand  comte  particulier  de  Forcalquier , 
fils  de  Guillaume  IL  gouvernèrent  par  indivis  une  n  cft  pas  different  de  Bertrand  frere  &  collègue  de 
partie  de  Ja  Provence  :  mais  il  n  eft  fait  mention  Geoffroy  I. 

nullc-parrd’un  Guillaume  comte  de  la  haute  Pro-  XXIII.  Bertrand  ou  Guillaume-Bertrand 1  avoit 
vcnce  ou  de  Forcalquier  leur  frere.  Il  eft  évident  déjà  éponlécn  1 040.&  meme  en  10 3  5.  une  dame 


4c. 


\JbiJ. 

C'/eja. 

V .  LomJx  f. 
2-p.66, 


k  d  ailleurs  par  ces  ^chartes,  que  les  deux  freres  Geof-  appellée  Eldejarde  Ebefè.  U  en  eut  deux  fils ,  dont  « 0 . 

fe.tf'  24  ^  %  E  &  Bertrand  étendoient  également  leur  au-  l’un  fût  appellé  Guillaume-Bertrand  comme  lui  ,& 
v»  f Anton»  toriré  fur  la  haute  &  la  baflè  Provence.  Ruffi  fait  l’autre  Geoffroy  comme  fon  oncle  ;  c’cft  ce  quipa- 
: 0  qu’un  1  Bertrand  comte  ou  marquis  roit  par  la  donation  qu’il  fit  en  1 044*  de  l'eglifède 

S .  Promafè  c  à  l’abbaye  de  S.  Viâor  de  Marlèillc. 


I  G*Q.  thifl. 

ntv.  id.  n.  (. 


voir  enkiite,  ,  _ 

fin-  de  Provence  dominoit  for  le  comté  de  Sifteron  en 

io5°*  ï°44-  &  iojo.  ôc  un  comte  nommé  Guil-  Cette  donation  dans  laquelle  il  fè  qualifie  comte  0»  tnjh.f.  «♦. 
laumc-Berrrand  en  ioj  j.  i°.  Qu’en  1030.  &  en  marquis  de  Provence  ,  eft  fou  fer  ite  par  Guillaume 
io$6,  un  Guillaume  comte  de  Provence  mari  de  &  Geoffroy  comte  s  ou  marqua  de  Provence ,  fils  du 
Lucie>exctçoit  fon  autorité  fur  les  corn tez  de  Riez  &  même  Bertrand  -,  ma  is  cette  fou  feription  eft  fort  po- 
dcSideron .  Il  conclut  de-ia,  1 ü.  que  ce  n’eft  qu’un  ftéricure  à  l’an  1044.  ainfi  quon  peur  le  voir  dans 
même  comte  qui  a  poflcdelccomrédeSifteron  de-  nos  preuves  u,  &  que  Ruffi  le  fils  *  l’a  remarqué; 
puis  Lan  1030.  ju/qu’en  1 050. 2  °.  Que  ce  comte  à  quoi  le  P.  Mabillon  y  n’a  pas  fa iraffez  d’artention; 
eft  Guillaume-Bertrand 9  Pis  aîné  doGuillaume  IL  enfbrre  qu’il  confond  Geoffroy  IL  avec  Geoffroy  I.  Pli' 


3  Enfin  que  ce  Guillaume-Bertrand  a  donné  l’o¬ 
rigine  aux  comtes  de  Forcalquier ,  qui  étendoient 
leur  domination  fur  tout  le  diocèfe  de  Sifteron. 
Mais  nous  avons  déjà  prouvé  que  le  comte  Guil¬ 
laume  mari  de  Lucie ,  étoit  fils  de  Rorbold  : 
ainfi  il  ne  (çauroit  être  le  même  que  Bertrand  ou 


y  Ma.  U 
flflfl.ioM* 


fon  oncle  paternel. 

XXIV.  Ce  dernier  fît  en  1060 .  de  concert  avec 
fa  femme  Eftiennere ,  une  donation  z  à  l’abbaye  de  x  tr.p.  211. 
Montmajour,  d’un  lieu  fitué  dans  le  territoire  d  O- 
range  dans  la  haute  Provence  :  il  croit  déjà  décédé 
en  1 06  3. a  &  Bertrand  fbn  fils  qui  lui  fucceda ,  fe  * 
Guillaume-Bertrand .  Quant  a  celui-ci  nous  conve-  •  qualifie  comte  de  toute  U  Prcrvence  dans  une  don a- 
nons qu’un  comte  de  ce  nom  a  dominé  fur  le  comté  tion  b  qu’il  fit  vers  l’an  1  o  6  5 .  à  Labbaye  de  S.  V iétor 
Je  Sifteron  depuis  Lan  1030.  Sc  même  depuis  de  Mar  (cille  le  jour  de  la  fête  de  ce  (ainr. 
la  mort  de  Guillaume  IL  (on  pereen  1018 .  jufqu’en  XXV. Quant  a  Bertrand  ou  Guillaume-Bertrand  I. 

j  o  f  o.  mais  Ruffi  ne  prouve  pas  qu'il  foit  different  il  y  a  lieu  de  croire  qu’il  étoit  déjà  décédé  en  1054. 
de  Bertrand ,  qui  dans  le  même  tems  fo  quaJifioit  car  Bouche  fait  mention c  d  une  donation  faite  certe  f, 

année 


a  Bnubtn.i. 
61. 

b  Mdrtt n. 
ctU.amfi  1 

I./.46;. 


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^  année  en  faveur  de  l’églifc  'dÉmbrutf  par  U'cohte  cafiair ,[  tandis  qiïc'd’un  autre  côté ,  Berrritf <3  $ls 
Geoffroy ,  M«r  en  fin  htm  qtt  en  celui  dîEfhennète fa  de  Geoffroy  I .  fon  coufïn ,  prçnoit  la  ûmïrté  ’  de 

■r  ..  .  J  _ V  WW  A'...  /r  ^  y..  _ eJ  n  !..  iu«%  r  ’u  #  i.  .  •>. 


femme ,  cÿ  Guillaume  £f->ùeoffroy  freres  (j JiU  du 
comte  Bertrand t  Cette  tharw  prouve  que  le  comte 
Geoffroy  I.  ctendoir  alors  fon  autorité  >conjointc- 
ment  avec  les  neveux  fils  de  Guillaume-Bertrand  I; 
fon  frere’,  for  les  pays  qifort  nomma  dans  la  foiré 
comte  de  Forcalquicr,  doiii  le  diocèfo  d'Embrun 
Êifoit  partie;  &  que  la  diftinétion  de- ce  comte 
d’avec  un  autre  Guillaume- Bertrand  (bh  frere  >kul 
jointe  de  Forcalqnier^  n’a  aucun  fondement  :  il 


N’ffE 

xrv. 

f.Si.értfi* 


comte  dè' Provence  ou  de  tonte  h/a  Provence  )  CèJéiii 
fait  voir  que  ce  prince  aVoit  la  principale  autorité 
parmi  lesdefeendans  de  Guillaume  L  ;  v ;;  * 
XXIX.  ^Bertrand  fils  de  Geoffroy  I.  mourut  fans 
enfans  après  l'an  1090.  &avarirTan  ioJ>4.  Eftien- 
nete  fa  mere  qui  lui  fucceda,  &  qui  prenoif  îé  far- 
nom  dé  Douce  » ,  gouvemoit  en  effet  fc$  crfirs  éttté 
dernière  année:  elle  accorda  kalors,  conjomteràèrit 
avec  Raymond  de  S.  Gilles ,  une  exemptiori  àf  al> 


i  tb.  fi 
H*  cr  je 'j. 
Mtiricn  coU. 


|»roît  d’ailleurs  que  le  même  Geoffroy  Latftorifa  baye*  de  5.  Viétbr  de  Marfeille'de  payer  certains 
a  6êi.*nfi-  f  vers  Fan  10  5  $ .  avec  fon  frere  Bertrand >  l’éltébon  droits  for  la  Durance  &  for  le  Rhône  :  preuve  qtftls 
ïù^ftr  pl  de  Winiman  archevêque  d’Embrun.  I  *  ‘‘y  poffedoient  la  Provence  par  indivis  ;  ce  qufohVôit 


r.  ■  XXVI.  Après  la  mort- de  Guillaunic-Bertrartd I. 
Geoff  roy  I.  fon  frere  partagea  avec  Goîllaume-Ber- 
trand  II.  &  Geoffroy  II.  fc$  neveux,  fils  de  ce 
prince»  les  droits  qu’ils  avoient  tous  enfemble  for 
uné  moirié  indivife  de  tonte  la  Provence  ;  &  c’cft  ce 
partage. qui  a  donné  l’origine  aux  comtes  dcFor- 
calquier.  Geoffroy  I.  céda  alors  à  (es  deux  neveux 
les  droits  que  ceux  de  fa  branche  avoient  for  la 
haute  Provence,  entr’aimes  fur  les  comtez  de  Sifte- 


ip-  11  c. 

7  7.  H  9# 
3  S 5.  &f<qq% 


aufli  par  le  teftament  du  meme  Raymond  ‘dé  Fan 
uoj.  foivant  1  lequel' îl  paroît  qu’il  ètendolt* fa 
domination  for  la  ville  &  le  cçmté  d’Arles.  EftiÇn- 
nere  vivoit m  encore i  à  la  fin  de  lan  1 09 5 ;  Çet-  m  M*mn.ib9 
berge  Ta  fille  recueilli*  foute  fa  focccflîonV&.fut  f 

comteflè  d’Arles  ou  de  Provence  :  elle  laiffa  deux  ,  ,u 
filles  de  Gilbert  fon  mari-,  fécond  fils  de  Bérenger 
vicomte  de  Milhaud,  de  Gcvaudan  «5c  de  Ça’rlat  r 
Douce  &  Eftiennere.’La  première  epoufâ  en  1 1 il; 


ron  &  d’Avignon,  fur  lefqucls  il  le  referva,  à  ce  qu’il  Raymond-  flerènget  IH.  du  nom ,  comtede  Barce- 
paroît,ia  principale  auroi  ité ,  avec  la  baffe  Provence  ione ,  &  lui  porta  n  par  ce  rtiirriage :  fes  droits  fur 'Ja 
ou  conlté  d’Arles.  Nous  fondons  l’époque  «5c  les  cir-  Provence  ,  que  ce  prince  partagea  enfin  eti  l  j'ç ^  \ 


nv.7^5^/7: 

p-  ll-irfcq. 


avec  Alfonfe  comte  de  Touloiifo. 

Le  P.Pagi  *  prétend  que  Bertrand,  dernier  comte 


oP.tçi  adànn, 

de  Provence  àc  la  race  de  Guillaume  I.  ‘é^oit  déjà  }eq.i'n'%‘ & 


qEr.  f-lij» 


confiances  de  ce  partage,  i°.  fur  ce  qu’on  ne  trouve 
plus  depuis  l’an  1054.  que  les  defeendans  de  Guil¬ 
laume-Bertrand  I.  ayent  dominé  for  la  baffe  Pro¬ 
vence.  1  °.  Sur  quelques  ades ,  dans  iefquels  Gcof-  décédé  en  1 080.  mais  Ruffi  P  le  fils  a  fait  voit*  Jquè  ?  d/b 
froy  Lôc  fes  fucccfleurs  fe  qualifient  contes  d‘Ar-  ce  airique  s’eft  trompé  ,  &  que  Benrarid  vivoit  3i* 
h6  depuis  l’an  1059.  j°.Sur unadeqili  cftàpcu  encore  en  1090.  Il  eft  certain  d’ailleurs  que  cc 
près  de  cette  dernière  année,  &  dans  lequel  les  comte  vivoit  en  108 1.  puisqu’il  fournit  *1  alors  fon 
deux  fieres  Guillaume-Bertrand  11.  &  Geoffroy  II.  comté  à  Icglife  Romaine  de  au  pape  Gre^oitc'VlI, 

•  prennent  le  titre  de  comtes  d'sîvignon  c  :  titre  que  11  eft  vrai  que  le  P.  Pagi  prétend  que  ccluf  qui  àçol- 

les  focceffèurs  de  Guillaume-Bertrand  II.  fe  donne-  ligé  les  épicres  de  ce  pape  ,  a  rapporté  rtral-à  pro- 
rent  avec  celui  de  comtes  de  Forcalquicr.  40.  Enfin  pos  cette  foîimiflion  fous  cette  année,  ce  quota 
for  ce  que  les  defeendans  de  Geoffroy  I.  fc  quali-  pour  toit  confirmer  fur  ce  que  Baronius  *  8c  Bouche 
fièrent  plus  communément  comtes  de  Provence ,  de  ont  donné  cet  ade  fans  en  marquer  la  date..  Mais 
firent  en  leur  nom  en  1  1 1 5.  le  partage  tant  de  la 
haute  que  de  la  baffe  Provence  avccJes  comtes  de 
Touloufe,  qui  avoient  droit  à  la  moitié  de  toute 


à  Bttcbt  U- 

dit.ti.i.  f.it. 

n.i.je*. 


nous  en  avons  une  copie  •  autenrique  tirée  des  ar¬ 
chives  de  l’abbaye  de  S.  Vidor  de  Marfèille  ;  où  il 
eft  daté  de  l’an  1081. 

XXX.  Le  P.  Pagi  prend  de  U  occafion ,  de  traiter 
de  l’origine  dediverfes  principautcz  de  Provence.  U 
froy  II.  poflèderent  par  indivis  leur  domaine  parti-  dit  que  Henry  IV.  empereur  &  roi  de  la  Bourgogne 
culier  :c’eftcequi  paroît  par  différents  mon u mens,  Transjurane  ayant  été  excommunié  par  Grégoire 


r  Baron,  ad 
ann. 

3). 

Bonth*  h<lt 

Ml- 

S  Pr.p,  US. 


cette  province. 

XXVII.  AurcficGuillaume-Bertrand  II.&Gcof- 


entr’autres  dpar  un  ade  de  l’an  1065  par  lequel  ils 
donnent  à  1  abbaye  de  Montmajour  la  moitié  de  la 


teffiditf.  p.  dtxme  d'une  moitié  de  Mono  fine. 


*4-  &  ftq 
«  T(*Ji  ikid. 
&/eq. 


XX V III.  Guillaume- Bertrand  II.  croit  déjà  mort c 
en  1090.  il  eut  de  fa  femme  Adélaïde  une  fille 
de  ce  même  nom  ,  qui  recueillit  fà  fucccrtion  >  6c 


VII.  Bertrand  comte  de  Provence  crut  être  delivre 
du  ferment  de  fidélité  qu’il  avoit  foie  à  cc  prince  \ 
que  les  comtes  de  Forcalquicr ,  de  Venailhti,  d’O- 
range ,  de  Savoye  ,  &  pluficurs  autres  grands  vaf- 
faux  du  royaume  d’Arles  ou  de  Bourgogne  fccoue- 
rent  alors  le  joug  de  fon  obéi  fiance ,  «5c  s’érigèrent 
dans  la  fuite  celle  de  Geoffroy  II.  mort  fans  enfans  en  fouverains  ;  6c  qu’enfin  c’eft-là  l’origine  de  ces 
vers  la  fin  du  XI.  fiécle.  Cette  fille  &  héritière  de  principautez  :  mais  tout  cela  eft  avancé  fins  preuves. 

Guillaume-Bertrand  ILépoufoErmengaudde  Gerb  La  feule  qu’en  donne  cet  auteur  ,  c’cft  que  Ber- 
comte  d’LJrgcl ,  dans  la  maifon  duquel  elle  apporta  trand  dans  le  ferment  qu’il  fit  à  Grégoire  VU.  prend 
fes  droits  fiir  une  partie,  du  comté  de  Provence,  le  titre  de  comte  par  la  grâce  de  Dieu  :  ce  que,  njoùtc- 
Ermcngaud  par  *(on  rcflument  qu’il  fit  en  1090.  t-il  >fes  prédtccffeurs  n  avoient  pas  encore  fût.  Cc 
difoofa  en  faveur  de  Guillaume  fon  filspuîné&d’ A-  gavant  critique  n’a  pas  fans  doute  fait  attention  que 

defaïde  fa  féconde  km  me  «  des  comtcz  >  évêchez ,  dans  un  titre  qui  a  été  donne  par  Bouche  «,  &  qui 
«villes  «Sc  châteaux  qu’il  avoit  depuis  le  Rhône,  ne  pouvoir  lui  être  inconnu  ,  Geoffroy  I.  &  Guil- 
«jufqua  leurs  confins  ,  pour  les  poffeder  de  la  laume-Bcrtrand  I.  fon  fïcre  comtes  de  Provence,  fe 
«meilleure  maniéré  au  aucun  comte  de  Nice  les  qualifient  en  10  35.  comtes  par  la  grâce  de  Din< , 

”  avoit  pofTedez  « ,  &  lui  donna  pour  tuteurs  Ber-  &  que  Bertrand  lui-meme  prend  u  la  même  qualité  u  dliï t* 
trand  comte  d’Arles,  les  évêques  de  Nice  &  de  en  1069.  long-tems  avant  l’éleâion  de  Grégoire 
Vaifon  «5c  quelques  feigneurs  de  Provence.  Adélaïde  VU.  L’autorité  fuprême  des  comtes  de  Provence 
veuve  d’Ermengaud  de  Gerb  comte  dürgcl,  pre-  étoit  donc  déjà  établie  avant  le  pontificat  de  ce 
Itftifiii.  uoit  ic  comtc(Te  de  Provence  Ken  1101.  pape ,  &  l’excommunication  de  l’empereur  Henri  ; 

mais  en  1 1 10.  elle  fc  qualifioit  comttffe  de  Forçai -  6c  ce  ne  fut  nullement  cette  excommunication  qui 
%Mtcr  >  &  en  1 1 29.  comtejje  cC  Avignon  &  de  For -  y  donna  occafion.  D’ailleurs  le  titre  de  duc  ou  de 

Tome  J I.  "  B  B  b  b 


Cênd. 

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“  colite paxja  grâce  de  pien  >n^ft  pas  jinepteuve  Q%t  *t«ciir  ffttfcfoit  à  cette  bbjeûiûûcn  fiippr*. 

4'ii/iefouy eraineté  abfoluc  fie  ux^pcmùnfq  ym®ç*  font -,  i  *\  que  le  comté  de  Provence  étoit  ak*s  cm  xiy+  * 

pienç  il  foudroie  dire  que  tqqs  fe  grands  vfflâux  dp  Jiçige  entre  Raymond  fie  Gilbert ,  6c  que  eelui^t 
la  equionne  qui  fe  q^jiffoienf de  ;nçxpet .ftpipnt  eo pafladoic  une. parüe.aKQuecommc  lesraoi* 
indépendans  de  nos  rpis>  ce  qui  pft  fa^v,  m  nés  de  Lenos  »  qui  étaient  également  ennemis  fit 
•  "»  -Lç  P.Pagj  *  recbçrchf  en  ipêipc  temsil’cyigiite  de  4e  l*bbé  Richard  &  du  comte  Raymond ,  ne  don* 

Jl’AtifiOfitc. qu^rçaRaymqndde^GillésiiujaRçap  oçient  point  au  premiet  le  tttee  de  cardinal»  di- 
yçpç*  ,.5f  il  prétend  ^ypk  foie  là-deflijs  des  dé-  gnké  qtf’il  pélTeaoic  depuis  long-ton s;  ils  n’om 
çpuyprces  qui  ont  échapé  au*  hiftoriens  de  çpttp  pas  donne  â  l’autre ,  par  .la  même  raifan ,  h  quai» 
province  &  de  celle  de  Languedoc.  U  du.donp  lité  de  comte  de  Provence*  mais  feulement  celle  de 
«que  Gilbert  comte  de  Ahlhaud  $  de  Rfmexgue  cotnt-r.de  S.  Gilles ,  quoique*  ajoute-t-il,  S.  Gilles 
'  T.  ém  Languedoc,  ayant  fucccdéen  iq8o. à  Bertrand  n’ait  jamais  été  comté >  comme Catcl  la  fait  voir* 

*  comte  de  Provence  mort  fans  enfons,&:  dont  &  que  Raymond  ne fc fok  qualifié  de  S.  Gilles  ou 
«  il  ayqtr  époufé  la  feeur ,  difpgta  le  cpqné  de  Pn>  comte  de  S.  Gilles  que  par  dévotion  envers  ce  laine. 

«  vepee  à  Raymond  de  S.  Qilles  qui  en  pofledoit  la  Tel  eft  le  fyftême  du  P.  Pagi  couchant  le  droit  de 
«.meilleure  partie,  &s’en  étoit  emparé  ou  par  le  Raymond  de  S.  Gilles  &  de  fes  fucceflcurs  ,  au 
^  «  droif  de  la  guerre  ou  par  fucceflion  apres  la  mort  comté  de  Provence  -,  en  forte  que  fuivanc  ce  criti* 

*•  dq  même  Bertrand. »  Pour  prouvée  cette  inyafjorç  que *  Raymond  cft  le  premier  des  comtes  de  Tou- 
dq  U  part  de  Raymond ,  il  rapporte  un  partage  de  loufe ,  qui  en  i  o  8  o.  ôc  après  U  mon  du  comte  Ber- 
Guiflaqœe  b  de  Malmclbury,  qui  dit,  que  Raymond  trand  prétendit  avoir  droit  for  cette  province,  danç 
4  £  l'  après  avoir  en  le  Qucrct  en  partage  Ae  f  hérédité  de  U  s’empara  par  la  force.  Quoique  nous  ayons  dé- 
jon  perç  ,  augmenta  confiderabUmut  fin  domaine ,  montré  par  avance  la  faufleté  de  ce  lyftcrae ,  l’au- 

en  J  ajoutant  Us  prqvinçes,  d  Arles ,  de  Narbonne  CS  torité  que  le  P.  Pagi  s’eft  acquifc  avec  raifon  dam 

de  Provence*  En  effet,  continue  le  P.  Pagi,. «  quoi-  la  république  des  lettres,  nous  oblige  à  examiner 

p  que  Raymond  ne  fût  pas  encore  comte  de  Tou-  fes  raifoos  *  6c  à  foire  voir  qu’il  fe  trompe.  Nous 

«loufe  çn  io8o.  il  pofiedoit  cependant  les  comtes  remarquerons  auparavant  que  l’illuftrc  M.  du 

••  de  Narbonne ,  Braiers,  Agde ,  Nifmes  ,  Rouer-  Gange  fc  dans  fes  notes  fur  l’Alcxiadc ,  avoir  déjà  g  Dac*# 

•fgue.  Viviers  &c.  *  U  infare  que  ce  prince  dp-  cmbraflc  en  partie, long-tems  avant  le  P.PagiJe  me-  ^ 

tninoitaurtji  cette  année  fur  l’une  &  l’autre  Pro-  me  fyftême,qu’il  avoit  tâché  de  concilier  avec  celui  trfo 
vencc  y  l’orientale  &  l’ occidentale  ,  de  ce  que  Geof-  de  Rufn  le  perc  :  il  convient  que  Raymond  de  Saint- 
GaufrU.  froy  c  Maletcrre  auteur  contemporain,  l’appelle  Gillcsavoit  droit  fur  une  partie  delà  Provencecom- 
,  "  fajWnd  très-fameux  comte  des  Provences  :  titre  me  dcfcendanc  d’Erarac,  fille  dp  Rotbold  comte 
que  s’atteibuoient ,  a  joute,  il,  les  feuls  maîtres  des  de  ce  pays,  &  femme  de  GuillaumeTaillefcrcomrc 
deux  Provences.  11  foûtiem  enfuite  qu’en  1087-  de  Touloufo;  mais  il  foutient  que  Raymond  acquit 
la  Provence  étoit  agitée  de  divers  troubles  à  caufe  le  refte  du  pays  par  la  force  ,  &  par  la  guerre  qu’il 
de  fo  guerre  que  le  meme  Raymond  &  le  comte  fit  aux  comtes  de  Forcalquicr  &  de  Provence:  il 
G(ilbcrt.avoiem  enfemble»  H  s’appuie  pour  prouver  s’appuie  for  ra&edel*anio87-dQncon  a  dcjaparl& 
ce  fait  ^  for  un  acte  de  l’églife  d’Arles  ,  lequel  fut  fut  le  témoignage  de  Guillaume  de  Malmefbnry , 
donné  par  U  confeil  des  comtes  des  comttffes  qui  ôc  fur  la  date  de  la  charte  de  Raymond  en  foveut 

paroijfoient  alors  gouverner  le  royaume  de  Provence ,  de  l’cglife  du  Puy.  Examinons  pré  fente  me  or  les 
&  ou  il  cft  dit ,  qu'il  n'y  fiyoït  alors  ni  duc  ni.  mar -  raifons  du,  P.  Pagi ,  qui  employé  celles  de  M.  dts 
qui  s  qui  exerçât  une  droite  jujlice .  Enfin  cct  auteur  Çangc. 
dPr.  p.j44.  cite  pour  prouver  cettç  guerre,  la  chartp^que  i°.  Les  comtes  Gilbert  &  Raymond  ne  pon^ 

Raymond  de  S.  Gilles  douna  après  Ip  concile  de  voient  fè  difptTtcr  la  Provence  en  1080.  &  la  guerre 
Clermont  en  foveur  de  l’églife  du  Puy  ,  ôc  qui  cft  qu’on  prétend  que  ces  deux  comtes  fe  foifoienc 
datée  du  fécond  jour  après  que  ce  comte  fi  fut  emparé  alors  à  ce  fujet ,  cft  purement  imaginaire ,  puilque 
de  lafortercjfede  S.  Mapimin  s  *  par  où  l’on  voit,  le  premier,  qui  de  ion  chef  n’étoic  que  vicomte  de 
»  conclut-il ,  que  la  guerre  entre  Raymond  &  Gil-  Milhaud  en  Rouergue,  &  non  pas  comte  de  Mtl~ 

«  bert  duroit  encore  en  1096.  puilque  le  lieu  de  haud  de  Rouergue  en  Languedoc  ,  ne  prétendit 
••  S..  Maximin  n’eft  qu  a  fix  lieues  d’Aix  yen  forte  aucun  droit  for  cette  province  qu’après  la  mort  du 
s»  que  Gilbert  n’aura  été  pailible  poflcfle.gr  d’une  comte  Bertrand  fon  beau-  foerc  ,  comme  le  P.  Pag» 

••  partie  de  la  Provence ,  qu’après  cette  année ,  ôc  en  convient.  Or  il  cft  certain  que  Bertrand  ne  raou»- 
«  peu  de  tems  avant  la  pipmiere  croiiade.  •»  fl,  dit  en-  rut  qu  après  l’an  1  o  90.  ainfi  qu’on  l’a  déjavu. 
fin  ailleurs c  que  Raymond  de  S.  Gilles  s’étant  cm-  i°.  Guillaume  de  MaJme(bnry.h>  auteur  étran-  IGuiü.Hto 
paré  en  1096.de  S.Maximin  en  Provence,  il  fie  alors  ger,  étoit  tics -mal  informé  de  la  fucceflion  &  mAm'  M 


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tfa^i  Ad  An. 

1096. n.19. 


flb.  Ad  Ann 
loti. 


la  paix  avec  Gilbert  après  une  guerre  de  ieize  ans.  des  droits  des  comtes  de  Touloufe  :  il  foit  Ray- 

•  Cq  critique  f  fait mpntion  d’une  chatte  de  l’ab-  mond  de  S.  Gilles  fils  de- Guillaume,  tandis  qiüll 

baye  de  Lprins  de  l’an  1089.^ dans  laquelle  il  eft  cft  certain  qu’il  étoit.  fils  de  Pons  il  lui  donne 

marqué  que  l’abbé  &c  les  moines  de  cette  abbaye  le  Querci  en  partage  de  la  fucceflion  de  fon  perc  r 

ayant  eu  up  différend  »  &  parte  un  accord  avec  Ri-,  quoique  ce  fut  certainement  Guillaume  fon  frère* 

chardabbéxlcS^iélqr  de  Mar(èille,ce  dernier  eut  qui  polfcda  ce  pays  jufqu’a  fiunort.  Enfin,  cet  au- 
recours  à  l’autorité  du  c^omte  Raymond  pour  revenir,  tpur  ne  die  pas  que  Raymond,  ait  envahi  la  Pro¬ 
contre  ce  traité-,  que  les  parties  étoient  convenues  vence,.&  les.  termes  dont  il  fe  fert  peuvent  erre 
enfuite  des’en  rapporter  à.  deux  arbitres  laïques  du  entendus  d’une  fucceflion  légitime  :  Raymundus ~ . 
confentement  du  meme  Raymond  comte  de  S.  Gilles  uf  erat,  vir  acr ions  fintus.^.  immune  quantum^auxit\ 

Cte-  Raymond  ,  s’obje&e  enfuite  le  P.  Pagi  ,  n’eft:  Arelatenfi  Narbonenfi ,  &  Provincial*  adjeEhn 
jamais  qualifié  comte  de  Provence, dans  cet.  aâe  ,  3,0.  lleftvrai  que  Geoffroy  Malctcnr  donne  ai’ 

Oji  il  eft  cependant  nommé  quatre  fois  fous  le.pom  xo^o.  à  Rayoïond  de  S..Gilics Xcmxcde  conue  des. 

de  comte  de  S.  Gilles/,  il  ne;  poflçdpiç  dftnc  paj  U  Provences  :  mais  cela  ne  prouve  nullement  que: 
Çroyencc  en,  1089*  ce  prince  ait  commencé  cette,  année. à>  dominée 


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NOTE 

Xiv. 


DE  LANGUEDOC.  : 

fur  ccpays.  Toute  rindoâion  qu'on  en  peut  tirer,  Raymond-Berenger  cede  à  Alphon/ê  ,  outre  le  “ 
c’eft  qu'il  dtendoir  alors  fon  autorité  fur  l’une  &  château  de  Beaucaire ,  la  terre d’Argence  &  lecbâ-  N 
l’autre  Provence ,  &  qu'il podèdoit  toute  cette  pro-  teau  de  Valabragucs.  tout  «  que  lui  ou  Ces  vaflâux 
vincepar  indivis  avec  les  dclcendans  deGuillaume I.  pofledoient  enrre  la  Durance  &  l'ifere ,  excepté  la 
4°-  La  charte  de  l’églifcd’Arlesdel'an  1087.fi  moitié  d'Avignon,  du  Ponc  de  Sorgues ,  de  Cau- 
on  en  pefe  bien  tous  les  termes ,  ne  prouve  pas  qu’il  mont  &  du  Tor ,  qu’il  Ce  réferve.  Alfonfc  cede 


Ù  t 
XV. 


*  *BdTmîmu* 

ev.icuamus. 


I  fr.f.U 4. 


y  eut  alors  guerre  enrre  les  divers  comtes  &  comteffes  de  fon  côté  à  Raymond-Berenger ,  à  fon  époufe  uxznîul 
de  Provence  -,  mais  feulement  qu’ils  n’étoientpas  Douce,  &  à  leurs  focceflèurs,  la  moitié  d’Avi- 
êxaâs  à  rendre  la  juftice  :  Cum  conftlio  comitum  gnon ,  du  Pont  de  Sorgues ,  de  Caumont  «3c  du 
five  comitijfarum ,  qui  tune  t  emporté  regere  vide  b  an-  Tor,&  toute  la  terre  de  Provence*  depuis  la  fource  de 
tur  regnum  Provincutlium  homsnum . .  .  quia  tune  la  Durance ,  jufqu’an  Rhône  &  à  la  mer ,  avec  rou* 
temporis  non  erat  dax  nec  marchto  qui  rcttamju -  tes  les  villes  6c  châteaux  qu'il  y  poffcdoit  ou  devait  J 

Jhtiam  faceret.  .  -  pojfeder.  On  voit  par-là  qu’avant  ce  traité, Raymond- 

j°.  La  fbrtereflc  de  S.  Maximin,  «tant  Ray-  Berenger  ou  les  comtes  de  Provence  fes  auteurs,  & 
mond  de  S.  Gilles  s’empara  en  109  6.  peudetems  AlfonTè-Jourdain  &  les  comtes  de  Touloufe  fes 
après  le  concile  de  Clermont,  ne  peut  être  que  prédéceflcurs ,  étendoient  egalement  leur  domina-* 

Je  château  de  S.  Maximin  dans  le  diocèfo  d’U Cet ,  tion  for  la  haute  &  la  balle  Provence  ,  à  la  droite 
&  non  pas  la  ville  de  S.  Maximin  en  Provence  ;  car  &  à  la  gauche  de  la  Durance ,  &  que  jufqu’alors  il 
le  comte  date  £1  charte  d'Ufez. ,  U  lendemain  qu'il  n’y  eut  aucun  partage  de  ce  pays  entre  les  divers 
fe  fut  empare  de  ce  chateau .  Or  de  S.  Maximin  en  comtes  qui  l’avoienr  po/fedé. 

Provence  à  Ufez ,  il  y  a  plus  de  1 5 .  lieues  :  on  n’a  II.  Il  n’eft  rien  dit  dans  ce  traite  du  Vivarais  & 
donc  aucune  preuve  que  Raymond  de  S.  Gilles  de  l’Ufege  ,  qui  anciennement  avoient  fuit  partie 
fît  la  guerre  en  Provence  en  1096*  du  royaume  &  du  duché  de  Provence  :  preuve  que 

6°.Quantau  titrede  Lerinsde  Pan  io89-<kns  ces  deux  pays  ne  dcpendoienc  pas  du  comte  de  ce 
lequel  Raymond  n’eft  qualifié  que  comte  de  Saint-  nom  du  rems  de  Bofon  II.  &  des  comtes  (es  dis , 

Gilles  ,  le  P.  Pagi  a  raifon  d’en  conclure  qu’il  ne  &  qu’ils  avoient  été  réunis  à  la  couronne  avant  le 
prouve  pas  que  ce  prince  ne  fut  pas  alors  comte  de  milieu  du  X.  ficelé  ,  quoique  le  P.  Daniel  S  ait  g  D.»-ufiM 
Provence  :  il  prenoit  en  effet  le  titre  de  marqua  *  avance  ,  que  l’Ufege  fut  cedc  avec  le  royaume  de  Fr  ro'1  pt9S * 


htr.f,:  J4« 


h  ss. 

$rd.  6'.  Ben . 

J'ac.  S.f.3«*0, 


que  Püfeg. 

de  Provence  en  108 8-  Provence  par  Hugues  roi  d’Italie,  à  Rodolphe  IL 

70.  La  prétendue  paix  conclue  entre  Raymond  roi  de  la  Bourgogne  Transjurane  ,  &  qu’il  faifoic 
de  S.  Gilles  6c  Gilbert ,  que  le  P.  Pagi  fixe  à  Pan  partie  du  même  royaume  fous  Hugues  Capet  :  mais 
10 96.  n’eft  fondée  foivanr  ce  fameux  critique,  que  c’eft  fans  aucun  fondement.  Le  contraire paroît  en 
force  que  le  dernier  jouit  paifiblement  depuis  du-  effet ,  1  °.  par  une  charte  '*  du  diocclcd'Ulèz  datee 
ne  partie  de  la  Provence  ou  du  comté  d’Arles ,  <3 c  de  la  xvi. -année  du  régne  de  Louis  d’Outrcmer.  ^ 
qu’il  s’en  qualifioit  comte  :  maJs  nous  voyons  b  z<>.  Par  un  diplôme  «  du  roi  Louis  le  Jeune  de  JTpl'-f  5*1. 
qu’encore  en  1  r  00.  Gilbert  ne  prenoit  que  le  fïm-  Pan  115  6.  foivanc  lequel  ce  prince  confirma  les 
pie  titre  de  vicomte*,  &  on  n’a  aucune  preuve  qu’il  chartes  que  les  rois  Raoul  (I  Louis  fes  prédtjfeurs 
ait  été  qualifié  de  fon  vivant,  comte  de  Provence.  avoient  accordées  en  faveur  de  Pcglifc  d’Ufez. 

Au  relie  il  n’eft  pas  certain  ,  comme  l’avance  le  Raoul  &  Louis  d’Outremer  furent  donc  reconnus 
P.  Pagi  for  l’autoritc  de  Catel ,  que  S.  Gilles  ne  fut  pour  fouverainsdans  l’Ulcge  ;  &  ce  pays  qui  s’étend 
pas  un  titre  de  Cbmtc  *,  &  quoiqu’on  ne  puiflè  dil-  ju (qu’au  Rhône ,  fut  indépendant  du  royaume  6c 
convenir  que  Raymond  n’eût  beaucoup  de  devo-  du  comté  de  Provence  depuis  la  mort  de  Louis 
tion  envers  ce  feint  :  il  paroît  par  divers  monumens  PAveugle  fils  de  Bofon.  AufJi  11e  tiouvc-t-on  pas 


qU*on  nc  vojf  pas  dans  Jes  archives  du  Roi  que  que  nousk  avons  une  charte  de  S.  Mayculabbé  de 
S.  Gilles  ait  été  un  comté,  &  qu’on  n’y  a  jamais  Cluni,  datée  du  lieu  de  S.  Saturnin ,  qui  eft  au- 
tcouvé  aucun  hommage  rendu  pour  le  comté  de  jourd’hui  le  Pont-feint-Efpritfur  le  Rhône,  dans  ce 
S.  Gilles,  cette  raifon  nc  prouve  rien  ;  car  combien  diocèfe  ,  la  xxt  11.  année  de  Conrad  le  Pacifique  2 
y  a-t-il  d’autres  anciens  comrez  du  royaume  dont  on  mais  il  faut  obforver,  que  ce  feint  abbé  qui  droit 
ne  trouve  pas  les  hommages  :  ainfi  S.  Gilles  aura  Provençal,  fait  un  accord  par  certe  charte  avec 
été  comté  de  la  même  manière  que  Melgucil,  Sub-  Arnoul  évêque  d'Apr ,  pour  quelques  biens  fituez 
ftanrion ,  Foix  &c.  qui  n’ayant  pas  eu  le  titre  de  cité  en  Provence.  Ainfi  il  n’eft  pas  extraordinaire  qu’il 
dans  leur  origine ,  ont  eu  cependant  dans  la  foire  ait  date  cette  charte  foivant  lufege  alors  établi 
celui  de  comté, foit  à  caufè  de  larcfidence  descom-  au-delà  du  Rhône  ;  ce  qui  ne  prouve  rien  pour  la 
JÏ91  U1,  tcs  dans  ces  lieux,  foit  à  raifon  de  quelque  fouveraineté  de  Conrad  fur  les  pays  fituez  en-deça 

partage.  Il  paroît  en  effet c  que  le  comté  de  S.  Gilles  de  ce  fleuve. 

étoit  un  démembrement  de  celui  de  Nifmes.  On  n’a  pas  non  plus  aucune  preuve  que  ce  prince 

-  ---  -  -  - .  -  ou  fes focccflcursayent  dominé  fur  le  Vivarais  *,  car 

NOTE  XV  quoique  les  évêques  de  Viviers,  pour  des  motifs  & 

*  des  intérêts  particuliers1,  femblent  avoir  reconnu 

Sur  le  partage  de  la  Provence  fait  en  112  s .  pour  leurs  fouverains  les  rois  de  Bourgogne  &les 
entre  u4lfonfe-fourdain  comte  de  T  ou-  empereurs  d’Allemagne  leurs  fucceffeurs  depuis  le 
loufe^&  Raymond-Berenger  III.  comte  XII.  fieele,  il  paroît  cependant  par  divers  titres  m 


x  M- *d 
ann.ï+i.n»$. 


1  V.L.  xviii, 

».  2. 


♦Sr" 


de  Barcelone. 

1*  O  Uivant  ce  fameux  traité  de  partage ,  les  deux 
•  wJ  comtes  voulant  terminer  les  différends f  qu’ils 
avoient  au  fojet  de  tout  le  comté  de  toute  la  Provence , 

Tome  II. 


antérieurs,  que  les  rois  de  France  régnoient  for 
le  Vivarais.  Or  comme  il  eft  certain  que  ce  pays  <3 c 
celui  d’Ufez appartenoient  àla  maifon  de  Touloufe 
dans  le  X.  6c  XI.  fïecle  ;  c’eft  une  preuve  que 
cette  maifon  s’en  afîùra  après  la  mort  de  Louis 

B  B  b  b  ij 


m  Pr.p.loS. 
&  205. 


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O  T 
XV. 


N  O  T 
XV, 


» 


*  Pr.p.  lo?,fr 
PK' 


*4J>. 


à  V .  DnChefn . 
V  Jenc.Pr.p  • 
I.  C^Af. 


564  NOTE  S  SUR  L'HI  STOIRE 

l'Aveugle  ,  ou  du  moîn9  qu’il  les  fournie  à  fa  fuze-  Rotbold  fils  puîné  de  Bofofc  II.  comte  de  Provence, 
raineté.  eut  toute  la  ville  >  ouprcfque  toute  la  ville  d’Avi- 

Nous  tirons  la  preuve  que  la  maifonde  Tou-  gnon  dans  fon  partage  -,  que  fon  fils  Guillaume, qu’il 
kmfedominoit  fur  le  Vi  val  ais  &  l’Ufrge  dans  les  X.  fait  la  tige  des  comtes  de  Forcalquier ,  en  poilèda 
&  Xl.fiécles, t 0 .  du  teftattient *  de  Ray  ntfond  comte  une  partie  qu’il  tran finir  à  fes  defcendans*,  que 
de  Rouergue  &  marquis  de  Gothic  de  l’an  96 1.  l'autre  échut  a  Erame  feeur  de  ce  dernier , qui  ayant 
par  lequel  il  fait  des  legs  à  toutes  les  églifes  de  fes  époufé ,  dit-il  >  un  feigneur  qu’il  ne  nomme  pa4s  -, 
états  >& nommément  a  celles  de  Viviers &rd’U  lez.  mais  qu’il  aflure  avoir  été  different  de  Guillau- 
i°.  Sur  ce  qu’en  b  1.065.  Raymond  de  S.  Gilles  me  TailUfcr  comte  de  Touloufe ,  donna  l’origine 
unit  de  fon  autorité  le  monaftere  de  Goudargucs,  à  des  comtes  particuliers  d’Avignon ,  en  laperfon- 
dans  le  diocèfe  d'Ufez,  a  l’abbaye  deCluni.j  ne  de  Pons  fon  fils  >  quainfi  la  ville  d’Avignon  ap- 

tfr.p.ut.  gn  contrat*  de  mariage  de  Bertrand  fils  du  me-  partenoit  à  deux  ou  trois  feigneucs  differents  dans 
me  Raymond  de  l’an  1095.  par  lequel  H  aflïgne  le  tems  de  Raymond  de  S.  Gilles  ,  lequel  conquit, 
pour  douaire  à  fà  future  époufc  la  ville  de  Viviers,  ajoûtc-t-il ,  par  les  armes  une  partie  de  la  Provence, 

On  pourrait  objeéler ,  que  par  le  traité  de  partage  &  ufurpa  entr’auttes  la  ville  d’Avignon  fur  tous  ces 
de  la  Provence ,  de  l’an  x  x  2 5 .  le  lieu  de  Valabra-  feigneucs  ;  que  c’eft  de  cette  conquête  &  de  cette 
eues ,  fitité  dans  une  ifle  du  Rhône  6c  le  diocèfe  ufurpation  qu’Alfbnfe-  Jourdain  comte  de  Tou- 
d’Ufez,  y  cft  compris  :  mais  c’eft  au  contraire  une  loufc  tirait  fon  droit  fur  Avignon  &  la  Provence, 
preuve  quelereftede  cediocèle  ne dépendoit  pas  lorfquil  fit  le  partage  de  l’an  1115.  &qu’enfin 
de  la  Provence.  Guillaume  III.  comte  de  Forcalquier  ,  voyant  qu’il 

I  II.  Il  eft  marqué  dans  ce  traité,  qu’ Al fonfe  comte  étoit  dépouillé  de  la  partie  d’Av ignon  qui  échut  à 

de  Touloufe ,  &  fes  fucceflèurs  étendraient  à  l’ave*  Alfonfe-Jourdain  par  ce  traité,  &  qu’il  n’en  pouvoit 
nir  leur  autorité  fur  tous  les  pays  fituez  entre  FI-  jouir  ,  en  fit  donation  en  1118.  à  l’évêque  &  à  U 
fere  &  la  Durance.  On  voitd  en  effet  que  les  com-  communauté  de  cette  ville.  Ainfi  fuivanc  cet  au- 
tes  de  Valence  &  de  Die  reconnoifloitnt  ces  princes  leur ,  les  comtes  de  Touloufe  &  de  Barcelone  n’eu- 
pour  leurs  fuzerains  >  en  qualité  de  marquis  de  Pro-  rent  aucun  égard  aux  droits  des  comtes  de  For- 
vencc.  calquier  fur  Avignon  ,  dans  le  partage  qu’ils  firent 

II  y  a  plus  de  difficulté  pour  le  comté  de  For*  de  la  Provence  :  mais  ce  fyftême  n’cft  appuié  fur  v 
calquier  qui  fe  trouve  dans  les  mêmes  limites.  Si  aucun  fondement  folide. 

e  Bouche  t$,  nous  cn  croyons  Bouche  c,  ce  comté  étoit  un  fief  1  °.  Le  partage  de  cette  province  entre  Guillau- 
mouvant  de  celui  de  Venaiffin  ou  du  marquifat  de  me  I.  &  Rotbold  fon  frere ,  eft  une  fable  :  il  eft  ccr- 
Provence.  Ruffi  *  le  fils ,  prétend  le  contraire  ^  6c  tain  que  ces  deux  princes  poflederent  la  Provence 
il  faut  convenir  qu’il  paraît  que  les  comtes  de  For-  par  indivis ,  ainfi  que  nous  l’avons  déjà  prouvé ,  6c  * 

calquier  ont  toujours  été  indépendans  jufqua  l’an  par  confisquent  la  ville  6c  le  comcc  a  Avignon, 
xi  9*.  que  l’empereur  Frédéric  I.  g  irrité  de  ce  que  D’ailleurs  Fantoni  n’apporte  aucune  preuve  que 
Guillaume  comte  de  Forcalquier  &  Bertrand  fon  Rotbold  ait  dominé  fur  toute  cette  ville,  ou  la  plus 
frere  ,  avoient  négligé  de  lui  rendre  hommage ,  grande  partie. 

fournit  leur  comté  à  la  fuzeraineté  des  comtes  d’  Ar-  i°.  11  eft  faux  que  Guillaume  III.  filsdccedcr- 

les  ou  de  Provence.  C’eft  à  peu  près  par  une  rai  fon  nier  ait  donné  l’origine  aux  comtes  de  Forcalquier  : 
femblable  que  l’empereur  Frédéric  II.  donna  en  il  ne  peut  donc  leur  avoir  tranfmis  fes  droits  fur 
1239.  à  Raymond  le  Jeune  comte  de  Touloufe  le  une  partie  d’Avignon.  Fantoni 1  pour  prouver  cette 
comté  de  Forcalquier,  uni  alors  avec  celui  de  Pro-  origine  ne  s’appuie  que  fur  l’autorité  d’une  charte,  i4> 
vcnce.  Quant  au  traité  conclu  en  x  1 9  5 .  entre  le  dont  Ruffi  rale  fils  a  démontré  la  faufleté.  m 

comte  de  Touloufe  6c  celui  de  Forcalquier ,  dans  3  °.  Le  prétendu  mariage  d’Emme  fœur  de  Rot- 
lequel  Bouche  h  croit  trouver  un  hommage,  6c  bold  ,  avec  un  inconnu ,  d’où  Fantoni  fait  defeen- 

une  preuve  de  dépendance  de  ce  dernier  comte  à  dre  une  fuite  de  comtes  particuliers  d’Avignon  , 

1  egard  de  l’autre,  cela  n’y  eft  pas  marqué  bien  dont  Pons  fils  d’Emme  fut  le  premier ,  eft  une  pure  » 

clairement  :  on  y  voit  feulement  que  leurs  états  fiélion-,  8c  il  eft  certain  que  ccttc  princeffe  époufa 
étoient  féparez  par  le  mont  Albcron ,  fitué  dans  le  Guillaume  Taillcfcr  comte  de  Touloufe.  Il  eft  fiir- 
voifinage  de  Cavaillon  ,  &  que  ces  limites  avoient  prenant  que  cet  auteur  n’ait  pas  hit  attention  à  deux 
etc  ainfi  reWes  anciennement  entre  leurs  prcdecef-  chartes  rapportées  par  Ruffi  n  le  pere,ou  le  mariage  n  typ  c.  d$ 

fettrs  \  en  forte  que  tout  ce  qui  eft  au  couchant  de  d’Emme  avec  Guillaume  Taillcfcr  cft  prouvé  évi-  s‘* 

cette  montagne  appateenoit  aux  comtes  de  Tou-  demment.  Si  donc  Pons  fils  d’Emme,  fut  comte  K.fr/a 7*. 
loufe  ,  6c  ce  qui  eft  au  levant  vers  les  Alpes ,  aux  d’Avignon  >  il  n’eft  pas  different  de  Pons  fils  aîné 
comtes  de  Forcalquier.  Il  paraît  donc  que  les  do-  de  Gillaume  Taillefer  ,  &  Fantoni  fournit  par  là 
maines  que  ces  derniers  poflèdoicnt  entre  l’Kerc  &  des  armes  contre  lui-même.  Cet  auteur  0  ajoute  , 
la  Durance  furent  exceptez  dans  le  traité  départagé  qu’un  certain  Ricuin  fut  comte  particulier  d’ Avi¬ 
de  l’an  1 1 25.  quoique  cela  n’y  toit  pas  marqué  ex-  gnon  vers  l’an  1060.  &  une  Ode  comtelfe  ,  la 
prdlcment  *,  6c  que  les  comtes  de  Forcalquier  ne  même  année  :  il  fe  fonde  fur  l’infeription  d’une 
dévoient  pas  être  ccnfcz  feudataircs  de  ceux  de  fontaine,  &  fur  un  prétendu  titre  qu’il  fe  contente 
Touloufe  en  vertu  de  ce  traité.  de  citer  en  general  :  mais  fuppofé  la  vérité  de  ces 

IV.  Il  y  a  cependant  une  difficulté  ,  c’eft  qu’a-  monumens ,  il  aura  pris  des  vicomtes  de  cette  ville 
vant  le  traité  de  l’an  1115.  les  comtes  de  Forçai-  pour  des  comtes,  comme  il  a  fait  certainement  de 
quier  1  fo  difoient  auffi  comtes  d’Avignon:  or  les 
comtes  de  Bircelone  6c  de  Touloufe  partagèrent 
également  ccttc  ville ,  fans  faire  aucune  mention 
du  droit  des  comtes  de  Forcalquier.  Ils  n’excepte- 
k  Fent.^vig.  rent  c'onc  Pas  ^ans  ce  ParTaSe  lcs  domaines  qui 
te.i.p.ix. j».  avoient  etc  cedez  à  ces  derniers. 


f-  Si- 


g  V.  ,bid.  p. 

7  J*  &/*•]• 


h  Bouche  ih- 


i  v.tof.xiv. 

9.  i6. 


J'iV 


Bcrcngcr  qui  vivoit  cn  1063.  il  s’appuie  fur  l’au¬ 
torité  d’Hauteferrc  dans  fon  livre  de  Ducibus  &  co- 
mittbus ,  pour  prouver  que  le  titre  de  proconful  ré- 
pondoit  anciennement  à  celui  de  comte  :  mais 
d’Hauteferrc  dit  tout  le  contraire  P ,  &  met  pour 
principe,  que  le  terme  de  confnl  repondoit  à  celui 


r  (i  M 

Di  à 

(Mieux 

• 

)c- 

v;jo. 


.fe 


Fantoni  k  hiftorien  d'Avignon  prétend  ,  que  de  comte,  &  celui  de  viceconfitl  à  celui  de  vicomte. 


p  xAlttftrUe 
duc.  &  comtt . 
p. 

Zô9. 


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DE  LANGUEDOC,  $Sj 

-  I-C  droit  de  Raymond  de  S.  Gilles  far  la  moi-  les  différends  que  ceux-ci  aVoîenf  élis  auparavant  r' 

NOTE  tié  de  Ja  Provence ,  &  par  confisquent  fur  la  moitié  avec  les  defeendans  de  Geoffroy  I.  au  fu jet  du  pan-  N  ?  T  B 
#  ^Avignon,  n’eft  nullement  douteux*  :  Fanroni  tage  de  toute  la  Provence. 

/iô.  *  na  donc  aucune  raifon  de  traiter  ce  prince  d’ufur-  On  peur  appuierce  fÿftcme  ,  i 6.  fur  ce  que  \ei 


* 

t.ib 


Patcur*  .  deux  fils  de  Guillaume-Bertrand  I.  fêqualifioicntf 

5  °.Enfin  la  prétendue  donation  d  une  partie  d’A-  comtes  d Avignon  vers  l'an  i  o  59.  6c  qu’en  1 06  3  » 
vignon  faire  en  1118.  en  .faveur  de  1  évêque  5c  de  ils  po/Iedoienr  S  unepanie  du  comté  de  cette  ville >  gfy 

la  communauté  de cccrc  ville  par  Guillaume  comte  comme  il  paroît  par  une  donation  qu’ils  fircntalors  67* 

deForcalquier,  efl  une  chimère ,  Sc  Fantoni  bavoue  d’une  églife  du  Pont  de  Sorgues  a  l'abbaye  de 

qu’on  n’en  trouve  pas  l’ade.  il  cft  vrai  Que  cet  au-  Cluni.  1  Sur  ce  que  Raymond  de  S.  Gilles,  qui 


1  UaU.  ilrr  fl» 
nov •  ré.  u 


torité  &  la  jurifdidh'on  qu’ils  exerçoient  dans  cette  riage  de  Bertrand  Ton  fils  avec  Efcéte  de  Bourgo-  ^ 
ville  depuis  fbixantc-dix  ans  i  mais  cela  ne  regarde  gnc.  $  Sur  ce  qu'en  1 i  io.  Adélaïde  hcriticrede 
que  le  privilège  d'avoir  des  magiftrats  municipaux,  Forcalquier  ne  fe  difoit  pas  k  comtcilc  d’Avignon  k  ,4.  p, 
comme  ce  prince  s’en  explique  lui-mcme  :  Et  omm-  comme  (es  prédeceffeurs,  mais  feulement  de  For-  7°- 
<W-  «wd*»  ‘  dommanch  hbcrcatcm  quant  tjmltbet  mugi-  calquier  i  &  qu’en  1 1  29.  quatre  ans  après  le  traité 
Jiratw  huberefcH  exercere  debent:  8c  non  pas  le  conclu  entre  les  comtes  de  Touloufe  3c  de  Farce- 
haut  domaine  ou  la  feigneurie.  Guillaume  le  jeune  lone ,  elle  (è  qualifioit 1  comr.ffc <£ Avignon.  4°.  En-  1  u.,u. 
ajoute  ,  qu  il  croit  que  Guillaume  comte  de  For-  fin  fur  ce  qu’on  n’a  aucun  monument  qui  prouve  ""‘j*  'd-  "• 1 
calquier  leur  avoir  accorde  cette  liberté  :  mais  ce  que  les  comtes  d’Arles  ou  de  Provence,  defeendans  "’p‘r' 
qui  fait  voir  évidemment  que  ce  dernier  ne  céda  de  Raymond- Bcrcnger  III.  comte  de  Barcelone, 

Ele  domaine  &  la  (êïgncurie  d’Avignon  aux  lia-  ayent  exercé  quelque  autorité  dans  Avignon  depuis 
ins  de  cette  ville  en  1 1 1 8- c  cft  que  Guillaume  le  traité  de  l’an  x  12  j.  jufqucs  à  l’union  des comtcz 
le  Jeune  dit  dans  cet  aéle,  que  ces  memes  liabi-  de  Forcalquicr  8c  de  Provence,  par  le  mariage  de 
tans  lui  avoient  toujours  QtéfitUIles  &  à  fis  prede-  Garfinde  héritière  de  Forcalquicr ,  avec  Ildefonfe 

cejfurs  -,  qu'il  fe  rJcrve  les  chevauchées  aulquel-  H.  comte  de  Provence  ;  8c  que  depuis  l'an  1119. 
les  les  confuls  d’Avignon  croient  obligez.,  fumant  julqu’cn  1 106.  ce  furent  toujours  les  comtes  de 
ta  cou-urne  ;  qu'il  promet  de  ne  pas  aliéner  ces  Forcalquicr  qui  dominèrent  (iir  une  partie  d'Avi- 


la  coin  urne  ;  qu'il  promet  de  ne  pas  aliéner  ces 
droits  en  faveur  de  quelqu'un  des  autres  fetgneurs 
d’Avignon  ,  de  protéger  les  habirnns  8cc.  En¬ 
fin  Guillaume  111.  ne  peut  avoir  donné  en  1128. 
aux  mêmes  habitans  la  partie  du  domaine  ou  de 
la  feigneurie  de  cetre  ville  qui  lui  appartenoit  , 
nm'ni  i’A/AI'iiA/'»  A  mr»rf»  .  danc  rin  ntO-r  dnnfî.»  /Ane 


gnon. 


NOTE  XVI. 


S-nf:  P;i'^’Adelaïdcfamcre,dans  un  actc'ipailè  dans  Si  Raymond  Pons  {accéda  à  Acfrcdneve* 
1?  *’  poftii«urcmcmàemorf&il,Prà=„duedon;-  *  <?«'"•»«  le  Pieux  dans  U  du, ht 


poltérieurcment  a  la  mort  &  à  la  prétendue  dona¬ 
tion  de  ce  prince.  La  difficulté  de  feavoir  la  rai. 'on 

Eur  laquelle  les  comtes  de  Toulonfe  &  de  Barcc- 
1e  partagèrent  emr  eux  la  ville  d’Avignon  ,  fans 
faire  mention  des  conircs  de  Forcalquier ,  qui  au¬ 
paravant  s  en  difoient  comtes,  fubhffe  donc  en  fon 


£  A  qui  ta  inc ,  5*  le  comté  £  Auvergne , 
&  fur  l'époque  de  fa  mort* 

ID  A  y  mon  d- Pons  comte  de  Touloufe  étoit 
JLV  qualifié  ™,&  fcqualifioit  lui-même  duc  J  si - 
qmtaine  ou  prince  des  A  Mutins  en  divers  monu- 


Pour  refoudre  cettedifficulré,  il  faut fêrappcPer  mens  de  l’an  936.  &  de  l’an  940.  Le  roi  Louis 
fK.jw.xnr.  cc  que  nous  avons  dit  ailleurs  e  touchant  le  partage  d’Ourremer  lui  donne  le  titre  de  prince  des  Aqtti - 
qui  fut  fait  après  l’an  1054.  entre  Geoffroy  I.  &  tains  dans  une  a  charte  de  l’an  941.  Enfin  Gnillau- 
fês  deux  neveux  Guillaume-Bertrand  II.  6c  Geo  A  rne  comte  de  Touloud*  ,  6c  Raymond  de  S.  Gilles 
froy  IL  fils  de  fbn  frere Guillaume-Bertrand  I.  des  fis  arriérés- petits-fils  le  qualifient  0 gravi  duc  ou 


m  fr.p.iu 

f<\ / • 


droits  qu’ils  avoient  en  commun  fur  la  moitié  de 
toute  la  Provence.  On  a  vu  que  le  premier  céda 
alors  aux  autres  les  droits  de  ceux  de  leur  branche  IL  On  voit  d’un  autre  côté  que  Raymond-Pons 
fur  la  haute  Provence ,  entrantes  fur  le  comté  de  érendoit  fon  autorité  fur  l’Auvergne  en  9  3  6.  par 

Sifferonou  de  Forcalquier ,  6c  fur  celui  d’Avignon  s  l’aéte  P  de  fondation  du  monaftere  de  Chant»,  uge  P  /•  47* 
mais  qu’il  s’y  referva  cependant  la  principale  auto-  qu’il  atitorifâ,  6c  auquel  il  fou/crivit  le  premier  -,  6c 
rite  en  qualité  daine.  Or  comme  dans  le  partage  Chunibcrr  prévôt,  6c  les  autres  chanoines  de 

de  l’an  1 1 1 5 .  le  comte  de  Barcelone  repréfênroit  Bi  ioude ,  le  mettent  dans  cet  acte  à  la  te  te  de  leurs 

Geoffroy  I.  &  en  fâ  perfonne  tous  les  defeendans  feigneur s  ou  princes.  Raymond-Pons  prend  la  qtia- 

de  Guillaume  1.  comte  de  Provence,  ce  n’étoit  lice  de  prince  des  Aquitains,  &  elle  luieff  donnée 

proprement  qu’avec  lui  que  le  comte  de  Touloufe,  dans  cet  a&e  :  mais  M.  Baluze  <3  prétend  que  cela  q  baU 

devoit  régler  ce  partage  i  fiiuf  aux  fucccflcurs  de  ne  veut  pas  dire  qu'il  étoit  comte  duc  d'Auvergne  :  v:r* *"• r*  t4 

Guillaume-Bertrand  I.  d  avoir  recours  ail  même  mais  feulement  qu'il  avoit  des  biens  confier ables 

comte  de  Barctdone»  pour  être  maintenus  dans  la  dans l' Aquitaine  ,  ou  il  étoit  comte  de  Oncrci.  Nous 

poflèffion  des  pays  qui  leur  avoient  été  cédez  par  tirons  une  concJufion  toute  contraire ,  6c  il  cft  ccr- 

Geoffroy  I.  Cela  pofë  ,  il  paroît  que  le  comte  de  tain  que  Ja  fondation  dé  Chanteugc  prouve  du 

Barcelone  ne  fê  réferva  la  moitié  d’Avignon  6c  de  moins  que  Raymond-Pons  exerçoit  alors  fui  P  A  u- 
fon  comté,  par  le  partage  de  l’an  1 1 2  5. que  pour  en  vergue  une  autorité  médiate  en  qualité  de  duc  d’A- 

fàire  jouir  les  fuccefïèurs  de  Guillaume-Bertrand  I.  quiraine:  il  paroît  certain  dailleurs  qu’il  poffeda 
envers  lefijuels  il  en  étoit  garant,  6c  qui  en  avoient  le  comté  particulier  d’Auvergne  -,  car  outre  qu’on 

cté  dépouillez  par  les  comtes  de  Touloufe  durant  ne  trouve  aucun  autre  comte  de  cc  pays  depuis  l’an 


prince  des  Aquit  ans  ,  de  même  qu’Aiincri  I.  ,6+* 
vicomte  de  Narbonne. 


or.ios.jiit 


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't  Hifi.  gin. 


IM  NOTES  SUR.  L’HISTOIRE 

NOTE  9i1'  iuÎT cn  9 S°-  Nous  voyons  qu’Arnaud  évê-  taine  en  944.  lorfque  parlant  hdu  voyage que Lonic  - _ _ 

XVI.  que  de  Clermont  rétablit  *  vers  lan  937.  l’abbaye  d’Outremer  fit  alors  dans  cctcc  province,  il  Ait  N  O  T  » 
de  S'  ,Alllre  dans  L  v,llc  épifcopalc  ,  x  la  fnere  (f  qu’il  y  confira  avec  Raymond  prince  de,  Goths  ,  fi  ,  Xvi- 
1  v-  M*h.  u  *vic  le  ficours  du  comte  Raymond.  Or  comme  Guil-  les  autres  princes  d'Aquitaine.  *  Raymond-Pons  «or"*7' 
«»•  »J7-  »•  laume  U.  neveu  de  Guillaume  le  Pieux ,  mort  cn  dominoitdonc  dans  ce  tcms-là  fur  cette  province  •  '  c"tnr't* 
g*u.  <h,,n.  916.  avoir  poffedé  le  comté  particulier  d’Auver-  &  quoi  qu’on  puilTe  entendre  cet  endroit  dc  Rav’ 
gne  avec  le  duché  d’Aquitaine ,  il  faut  que  Ray-  mond  I.  comte  de  Rouerguc ,  coufin  de  Ravmond- 
mond-  Pons  lui  ait  fuccedé  dans  ces  deux  dignitez,  Pons ,  que  Luitprand  1  qualifie  prmet  des  Aquitain,  • 

-ou  plutôt  a  Acfred  fou  frère ,  qui  mourut  bientôt  cn  946.  il  prouve  toujours  qu’en  944.  le  duché 
après  lui ,  &  c’eft  le  fentiment  de  plulieurs  habiles  d’Aquitaîhe  croit  dans  la  maifon  de  Touloufc.  Tout 

».  ut.  CtmqiUC  n  T  LL  b  1  1  n  a  „  "  ^a'on  ,cn  P°urroit  conclurc  •  en  l’entendant  de 

v*+++u  '  J  Lr  parlant  dc  Raymond-Pons  comte  Raymond  1.  comte  de  Roucrgne ,  c’eft  qu’en  o  * 2 

de  Touloufc  .  relève  Catel ,  qu,  doute ,  dit -il  ,fians  Raoul  donna  le  duché  ou  la  principauté  d’Aqui- 
fondement  raifonnable  que  notre  Raymond  ait  etc  duc  taine  à  Ermengaud  comte  dc  Rouerguc  ,  &  à  rL 
■de  Guyenne ,  puifiju'on  peut  dire  qu’ après  le  décès  de  mond  Pons  comte  de  Touloufc  fon  neveu ,  pour 
Guillaume  le  Puux  ,  fondateur  de  Clun,  advenu  en -  le  poiïcder  par  indivis,  &  que  Raymond  I. comte 
WD»  /  ançt  g.  if  celui  de  Guillaume  fon  neveu  if  de  Rouergue  fucceda  dans  cette  dignité  à  Ermen- 
fucceffeur  Fan  927  Acfred  frere  du  dernier  défunt  gaud  fon  pere ,  ce  qu’on  pourrait  appuier  d’ail- 
frit  cette  qualité,  (3  qu'aptes  fa  mort  Raoul  la  donna  leurs.  r 

l'xngn  a  notre  Raymond.  Raymond-Pons  comte  VI.  Ceque  nous  venons  de  dire  kit  voir  cotn- 
de  Touloufe  fucceda  donc  a  Acfred  dans  le  duché  bien  fe  trompe  le  P.  Ange  x  lorfqu’il  prétend  que  le 
„  u-m  d  Afru"a,"c ’  fuivant,  lc.P’n Lab^c’  .  ro*. Louis  d’Outremer  difpofa  en  94a.  du  duché 

éfi^Str.  c  LJP‘  AmSj C  a?rCS  du  ?0Uchct  >aiou,tc  »  V’*1 lul  d’Aquitaine  en  faveut  de  Guillaume  Tefte-d’eftou- 
Accéda  aufii  dans  le  comté  particulier  d’Auvergne,  pes ,  comte  de  Poitiers,  &  qu’il  en  dépouilla  alors 
Raymond  Pont,  dn  ce  gcncilogiftc,  fi  fournit  au  roi  Raymond-Pons  comte  de  Touloufc.  «  Guillaume 
Raoul  en  ç 3 2.  if  embr«ffa  fon  parti ,  par  U  faveur  dit  cet  auteur  ,  ayant  été  trouver  en  941.  le  roi’I 
duquel  il  fucceda  au  duché  d'Aquitaine ,  if  au  comte  Louis  d’Outremer  à  Rouen ,  fes  bons  fervices  lui 
d: Auvergne  apres  la  mort  du  comte  Acfred.  méritèrent  dc  la  libéralité  de  ce  prince  le  duchél 

elt  en  effet  tics-probahlc ,  que  Raymond-  de  Guyenne  &  les  comtez  d’Auvergne,  du  Li-« 

Pons  &  Ermengaud  fon  oncle  .  tous  les  deux  mar-  moulin  &  du  Velay.  Quelques  auteurs ,  continue-  - 
quis  de  Gothie  ,  qui  avo.ent  toiMours  refulé  dc  te-  t-il ,  ont  dit  que  cette  donation  ne  for  frite  qu’a- . 
connonte Raoul  jufqucn  9  j  i. s’étant  fournis1* alors  près  la  mort  dc  Raymond  III.  furnommé  Pons! 
volontairement  a  fon  autorité-,  ce  prince  pour  les  comte  de  Touloufc  ,  à  qui  le  roi  Raoul  avoit  frit, 
attirer  a  fon  parti  .  leur  ait  donné  quelque  rccom-  don  dc  ce  duché  &  de  ces  comtcz  :  mais  le  « 
penfe,8c  ait  dilpofecn  fâveurdu  premier,  du  duché  comte  Raymond  furvêquit  aurai  Louisd’Outre-  - 
d  Aqutame  &  du  comte  d  Auvergne  qui  vaquoienr  mer ,  &  une  chronique  manuferite  qui  finir  en- 
depuis  le  décès ,  fans  enfans ,  du  duc  Acfred.  On  1 01 5 .  &  qui  fut  communiquée  à  Befly  par  Pierre- 
peur  s  appuier  d  ailleurs  fur  ce  qui  nous  n’avons  Pctau  ,  marque  la  donation  des  comrez  en  04*  . 
aucun  monument  avant!  an  9  51.  dans  lequel  Ray-  Il  eft  plus  vrailcmblable  que  le  comte  dc  Tou'- 
mond-Pons  (e  fo.t  qual.he  duc  ou  prince  d’Aqui-  loufc  ,  ennemi  du  roi  Louis ,  ayant  été  dépouillé - 
rame,  ou  qui  prouve  qu  avant  ce  rems  il  ait  eu  quel-  de  ces  feigneurics ,  qui  n’etoient  pas  de  fon  parri- 
que  autorité  lur  1  Auvergne  1  &  que  dans  tous  ceux  moine ,  le  comte  dc  Poitiers  en  fut  eratifié  En  - 
qu,  nous  relient  avant  l’an  95  *.  >1  ne  prend  que  la  effet ,  ajoûte-t-il ,  le  comte  Raymond  ne  mourut, 
lnnple  qualité  de  comte  ou  de  marquis  que  vers  l’an  96 1.  ou  au  plutôt  en  9  5  5 .  Suivant . 

.  \  1  . ^.ya,Sl'e le  ro> Cbjfrs  !e Simple  pa-  du  Bouchet, &  dansun  titredcl’an  950. le com-. 

Zr,  tTit*  r  U  ™ClUItaine  TLn  la  tC  Guillaumc  s’y  Cîualifie  duc  de  Guyenne.  »  Exa- 
-  .16-  mort  d Z  Zy J  Cn  rl  jCU5~u  ^b,cs.col"te  de  P01-  minons  en  détail  toutes  ces  circonftances. 

tiers ,  &  qu  Adcmar f  dc  Chabano.s  affure  que  ce  1  ».  Il  n’y  a  aucune  preuve  que  leroi  Louisd’Ou- 
......  ™>do„„alCr,éd'Au,„g™iEblcs.  apiè,  la  ,it "dilpofii 

dcccsdc  Guillaume  II.  frère  d  Acfred  :  mais  ce  en  faveur  de  Guillaume  Tcfte-d’eftoupcs4  II  eft 

üS-tï:  CZ  ïCnPC"' "  aVO'r  f,'C  CeUe  dl(i,0fitiT  fk  13  Vfai  ce  dcrnicr  >  ai>  «PP^de  Frodoard  ' ,  alla  iinm 
“•  *  fii.  dc  1  an  9*7.°uau  commencement  de  1  année  alors  trouver  le  roi  à  Rouen  -,  mais  cet  hiftorien  ne  f •  “>■ 
fui  van  te  qu  .1  croit  fort,  de  pnfon-,  Sc  comme  mal-  dit  pas  que  Louis  lui  ait  donné  le  duché  d’Aqui- 
gré  fa  de  ivtancc  Raoul  fon  compétiteur  co.ilerva  taine  ,  &  encore  moins  qu’il  en  ait  dépouillé  le 
toupursla  principale  autontédaus  le  royaume,  &  comte  de  Touloufe.  Nous  avons  vu  au  contraire  ' 
qu  ,1  fut  remis  bientôt  apres  en  pnfon ,  ou  il  de-  qu’il  rcconnoifibit  celui-ci  pour  duc  d’Aquitaine 
mcurajiifqua  fa  mort,  Raoul  n  aura  eu  aucun  àla  fin  de  l'an  94  «•  Frodoard -rapporte  que  Louis  «»■>■<* 
égard  a  la  dffpohnon  ou  d  peut  avoir  frire,  foie  du  ayant  fai.  un  voyage  dans  cette  province  àla  fin  de 
duché  d  Aquitaine ,  fuit  du  comte  particulier  d’Au-  la  même  année  ,  les  Aquitains  l’affurerent  de  leur 
vergne ,  en  faveur  du  comte  de  Poitiers.  Raoul  fidélité  :  Ludovicus  rex  d  Karlo  Confiant, no  m 
aura  donc  regardé  ccsdignitcz  comme  vacantes ,  &:  Kenna  recpitur:  if  Aquitani  ad  eum  vemunt,  ,U 
d  en  aura  dhpofe  en  9  5*.  en  faveur  de  Raymond-  lumque  fuficipiunt.  Parlant  enfuite  du  retour  d  ce 
Pons  comte  de  Touloufc ,  pour  gagner  lam, tie  de  prince  cn  France  au  commencement  de  l’année 
ce  prince ,  qu.  refufo.t  de  le  reconnourc,  &  qui  fe  fu.vanre  ,  il  dit  que  tous  les  Aquitains  lui  étoient 
foiunu  alors  a  fon  obe  illance.  filles  :  Anno  dcccxlu.  Ludovic  ua  rex  filmais  fibi 

V.  11  eft  du  moins  certain  .que  Raymond-Pons  Aqwtam,  Laudanum  revert, tur.Q t, clic  apparence , 
étoit  reconnu  en  94,  pour  duc  ou  prince  d’A-  fi  Raymond-Pons  duc  d’Aquitaine  avoi/éré  alors 
quitame  par  Louis  d  Outremer  fuccdlcurdc  Raoul,  ennemi  d,i  mi  .un  •  ^  ri 

comme  on  l’a  déjà  vù.  Frodoard  fait  aiïèz  entendre  m  nr  pafté  ce  frit  S  fc  "Ænl 

que  le  même  Raymond  éroit  encore  duc  d’Aqui-  “ 


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1  n  &  Tl'  A  M(3  tJÈÎ)  0  C,  ;^7 

x°.  LVpoqucdcfan  54^.  fl’eft  pfcs  pliis  certaine  i  de  Vêlai  que  ce  prince  lui  doririà  âbf}i  »  Hotis  Ê- 
^  ^  car  outre  que  le  P;  Ange  /Abandonne,  on  ne  trouve  rrtns  voir  dans  la  noce  fôiVahrc  qtle  ce  p .lys  fîiivit 

aucune  date  dans  la  ohrohîqwt  manuferire  qui  finit  le  fort  de  l'Auvergne  depuis  Guillaume  le  PicbX  » 
en  *  i oa  5 .  ôc  qu’il cka  <  *  - •  '  -  Oc  qu’il  eft  très-vrailèmblablé ,  que  le  toi  Rabu!  tA 

3  °.  Il  n’y  a  aucune  preuve  que  Raymond  PonJ  dilpola  aufli  en  93  2.  en  faveur  de  Râymdnd-Poni 
comtedeTouloufêi  ait  fiirvccu  au  roi  Louis  d’Ou-  comte  de  Touloulè; 

retrmer ,  &  qu’il  lait  mort  ou  en  96 t .  ou  en  9  5  5»  IX.  On  dira  peut  -  être  qUe  te  dernlcf  hé  prit 
Ceux  qui  l’ont  avance  l’ont  confondu  avec  Ray-  le  titre  de  duc  ou  de  prince  d’Aqtiitainej  qil’àl’e* 
tpond  J.  du  nom  comté  de  Roucrguefon  coufin  »  xemple  des  comtesde  Toulôulc  les  prédcccflèuts* 
lr.KH.ym.  ainli  que  nous  l’avons  fait  voir  Ailleurs.  Rien  n’em-  &  parce  que  lui  ou  ceux  de  la  maifon  polledoicnt 
pêche  donc  que  Raymond  Pons  ne  foir  mort  vers  divers  comtez  en  Aquitaine  ,  comme  ceux  de 

l’an  9  5  o.  &  que  le  roi  Louis  d’Ourrcmer  naît  dit  Qiierci  »  de  Rouergue&  d’Aibigeois.  Suivant  et 
pôle  alors  du  duché  d’Aquitaine  &  du  comtéd’Au-  lÿftêrtic ,  qui  eft  celui  de  M.  de  Baluze ,  Guillau- 
vergne  en  faveur  de  Guillaume  Tefte-d’eftoupes »  me  Tefte-d’cftoupes  comte  de  Poitiers ,  petit  âvoix1 
cjui  de  l’aveu  dit  P.  Ange ,  ne  le  qualifia  pas  duc  fücccdé  immédiatement  a  Ebles  fon  perc  dans  le 
•  d’Aquitaine  avant  cetle  année.  11  eft  vrai  qu’on  duché  d’Aquitaine  ,  &  avoir  pris  ce  titre  de  fort 

lui  donne  cette  qualité  dans  un  titre  daté  du  mois  côté  dans  le  cems  que  Rayrtiond-Ponslé  prehoitdti 
de  Juillet  de  la  15.  année  de  Louis  i  mais  il  fien.  Il  eft  vrai  que  celui-ci  en  qualité  de  comte  de 
tftfly  r*t-  fâiir  obfoivcr  que  ce  titre  dont  Bcfly*  ne  rapporte  Touloulè  8c  de  maître  d’une  partie  de  l’Àquitai- 
f‘daïu  chrifi.  9**  quelques  mors ,  Oc  que  le  P.  de  Sainte-Marthe  4  ne  ,  avoir  droit  de  prendre  la  qualité  de  duc,  Ainli 
nv. a. t$.i.  adonné  en  entier,  n’cft  qu’une  limple  notice  de  qu’avoient  fait  lès  prédéceflèurs  :  maiscommeilcft 
fVr  /*  l‘2Ôic  y.  écrite  fort  long-rems  après  :  ainlî  celui  qui  certain  qü’il  domina  fur  l’Auvergne  Sc  for  la  pat* 
l’a  dreflcc  peur  avoir  donné  le  titre  de  duc  d’A-  tie  de  l’Aquitaine  qui  avoir  appartenu  à  Guillaume 
quitaine  à  Guillaume,  parce  qu’il  le  prit  en  effet}  le  Pieux  &  i  lès  deux  neveux  ,  il  faut  qu’il  leur  ait 
mais  poftérieurcmcnr  à  l’an  9  5 o.  foccedé  immédiatement  &  qu’il  ait  réuni  en  là  per- 

V 1 1.  Soit  donc  que-  le  roi  Louis  d’Outremer,  ait  fonne  toute  l’autorité  ducale  for  cette  province  ;  au* 
difpofo  cette  année  du  duché  d’Aquirainc  &  du  toritéqui  avoir  été  partagée  fous  le  régne  de  Cliar- 
comtc  d’Auvergne  en  faveur  de  Guillaume  ,  ou  les  le  Chauve,  ainli  que  nous  l’avons  montré  ail* 
feulement  l’année  fuivantc  lorlqti’il  alla  dans  cette  leurs  I.  Aulli  nous  ne  voyons  pas  que  depuis  l’an 
province,  ainlî  que  Je  croir  le  P.  Labbcc,  &  qu’il  9  ji.  julqu’à  950.  aucun  autre  leignenrqueluiou 
eft  beaucoup  plus  vrailèmblable  ;  ce  prince  n’aura  le  comte  de  Rouergue  fon  cotilîn,  le  foir  qualifié 
difpolè  de  ces  dignirez  qu  après  la  mort  de  Ray-  duc  ou  p parce  d’Aquiraine.Quelî  Ebles  comte  de 
mond-Pons  comte  de  Touloulè.  U  eft  vrai  qu’on  Poitiers  prie  cette  qualité  avant  la  mort  de  ce  prin- 
devrait  différer  cette  mort  après  l’an  9  5  4.  s’il  fai-  ce,  de  quoi  nous  n’avons  cependant  aucune  preuve  , 
f  loirs’en  rapportera  on  titredonnépar  Juilel f ,  foi-  ce  for  ou  par  uforparion,  comme  l’inlinuc  leP.Lab- 

vant  lequel  Arnaud  évêque  de  Clermont  rétablit  le  be  m;  ou  plutôt  parce  que  le  roi  Charles  le  Simple» 
monaftere de lâint  Allire,  de  l’autorité  &  du  con-  après  avoir  été  délivré  de  prifon  en  928.  ayant 
lentement  du  rot  Lothaire ,  du  comte  Raymond ,  ÔC  dilpofo  du  duché  d’Aquitaine  en  la  faveur ,  il  aura 
du  vicomte  Robert }  mais  il  y  a  faute  dans  ce  titre ,  cru  pouvoir  continuer  de  prendre  ce  tirre ,  quoi 
&  on  doit  lire  Louk  au  lieu  de  Lor  barre.  En  effet  que  le  roi  Raoul  n’eût  pas  ratifié  cette  donation  , 
fCdk.  chrf,  Arnaud  n’étoirplus  1  évêque  de  Clermont,  ôc  lâint  &  qu’au  contraire  il  eût  dilpofo  du  duché  d’Aqui* 

“.''lu  **  *  Ofion  réforma  l’abbaye  de  lâint  Allire ,  ne  vi-  tainc  en  faveur  de  Raymond- Pons  comte  de  Tou* 
voit  plus  lous  le  régne  de  ce  dernier  prince  :  aufli  loufè. 
h  Ma.  les  PP.  MabiIJon  h  ’ ôc  de  Sainte- Marthe  placent-ils  X.  Üne  nouvelle  preuve  que  celui-ci  fut  pourvu 

le  rétabliflèmenr  de  cette  abbaye  au  commencement  du  duché  d’Aquifainc  pofledé  auparavant  par  Guil- 
du  régne  de  Louis  d’Ourremer.  laume  le  Pieux  ôc  les  deux  neveux  ,  &  que  le  roi 

VIII.  Il  s’enfuit  de  ce  que  nous  venons  de  dire»  Louis  d’Outremer  en  dilpolâ  après  la  mort  en  fa^ 

3 uc  fi  Ebles  comte  de  Poitiers  pofîèda  le  duché  veur  des  comtes  de  Poitiers ,  c’cft  que  nous  ne 

'Aquitaine  ôc  le  comté  d’Auvergne  après  la  mort  voyons  aucun  des  dclcendans  de  Raymond-Pohsfo 
de  Guillaume  If.  ou  d’Acficd,  Guillaume  Telle-  qualifier  duc  d’Aquitaine»  &  que  Guillaume  Tail- 
d’eftoupes  fon  fils  ne  lui  focceda  pas  immédiate-  le  fer  fon  fils,  Ôc  Pons  fon  perir-fils  comtes  de  Tou¬ 
rnent  dans  cesdignitez ,  ôc  qu’il  ne  les  occupa  qu’a-  loufe ,  le  conrenterent  de  prendre  le  ritrede  com- 

Erès  le  décès  de  Raymond-Pons  comte  de  Tou-  tes  ou  de  comtes  Pa'attns.  Il  eft  vrai  que  Guillau- 
>11  (è.  C’cft  ainlî  au’if  faut  expliquer  la  chronique  me  IV.  comre  de  Touloulè  &  Raymond  de  S.  Gil- 
fySAmca.  d’Ademar  *  de  Cnabannois,  fiiivant  laquelle  le  les  fon  frere, arriere-petit-fils  de  Raymond-Pons, 
fi1"9  roi  Louis  d’Outremer  donna  après  la  mort  d’Ebles  lè  qualifièrent11  ducs  :  mais  Raymond  de  S.  Gilles  *• 
à  Guillaume  fon  fils  ,  lescomtez  d’Auvergne,  de  ne  prit  que  le  titre  de  duc  deNarbonne,  qu’il  tranf- 
Vêlai,  de  Limoufin  &  de  Poitou  avec  le  duché  mit  aux  comtes  de  Touloulè  les  delcendans  ;  ôc 
d’Aquiraine  ;  car  nous  venons  de  voir  que  Guillau-  Guillaume  IV.  fon  frere  lè  qualifia  feulement  comte 
me  ne  parvint  au  plûrôt  à  ce  duché  que  l’an  950.  0  duc  de  Touloufe  ,  J Æbt ,  de  Cohors ,  de  Loti  ve , 

il  ne  fuccéda  donc  immédiatement  a  Ebles  fon  0c.  en  forte  que  par  là  il  fit  feulement  revivre 
pere  que  dans  les  comrcz  de  Poitou  &  de  Limou-  Tancienneautorité  ducale  °,  dont  lès  Drédéceflèurs 
W*  fin  ,  qu’il  poflcdoic^dès  l’an  930.  en  forte  que  le  aVoient  joui  en  qualité  de  comtes  de  Toüloulè  » 
roi  Louis  d’Outremer  en  lui  donnant  en  950.  ou  liir  une  grande  partie  de  l’ancien  royaume  d’A- 
en  95 1.  le  duché  d’Aquitaine  avec  le  comté  d’Au-  quitaine,  (ânsprendrecependantletitrc  de  duc  de 
vergne,  l’aura  lèulemenr  confirmé  dans  la  poffèf  cette  province. 

fron  des  deux  autres  comtez.  En  effet  il  ne  peut  les  XI.  On  pourrait  infirmer  là  preuve  que  flous 
lui  avoir  conférez  en  93  J.  d’abord  apres  la  mort  tirons  de  la  fondation  de  l’abbaye  deChanteuge, 
d’Ebles ,  puilqu’il  ne  commença  de  régner  qu  après  pour  faire  voir  que  Raymond-Pons  dominoit  im- 
Ic  mois  dejuin  de  l’an  9  3  6.Pour  ce  qui  eft  du  comté  médiacement  en  9  3  6.  fur  l’Auvergne,  ôc  qu’il  avoir 


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NOTES  ÇUR  VMMT  O  IRE 


NOTE  taacdé  au.  duché  d'Aquitaine  pofledé  par  GuiJ-  XI.  fiécle  iâ  faits  je  régné  du  toi  Henry  ,  à  la  tiiêîtfc  y  q  T  E 
'*  XVÎ.  laumele  Pieux  &  fes  neveux,  en  fuppofânt  avec  le  abbaye  de  Sr  Chaffre,  Pcglifè  de  S.  Barthélemy  XYL 
P.  Mabillon  a  que  l'évêque  Arnaud  qui  confcntit  fiçuéc  aql6  en^deça  du  Rhocic,  &  dans  la  partie 
a  cette  fondarion  ,  &  dont  il  eft  parlé  dans  l’aclc,  du  diocèfe  de  Valence  ,  qui  .dépend  du  haut. 


*  Mob.  U 
+*n.  93 4.  ». 
7*. 


W  Pr-7-  74* 


comme  de  l’évcquc  diocèfàin,  ctoit  évêque  du  Puy 
A Jec  non  Arnaldus  epifeopus  Auiaerfas  tn  cujus  di- 
tione  CantogUum  tune  fatum  erat.  Mais  ce  cçfebrc 
auteur  n’a  pas  fait  attention  que  Gotefcalc  ctoit 
alors  évêque  du  Puy,  &  qu’il  fouferivit  à  la  charte  b. 


Vivarais,  -.y;' 

•XIII;  Il  réfidtedcce  que  tioûs  venons  dédire,* 
que  ccd  (ans  aucun  fondement  que  M.  Baluze  F  i 
a  avancé  ,  que  le  rot  Louis  £  Outremer  donne  au 
commencement  de  fan  régné  les  comtez.  £  Auvergne , 


•  Ibid. 

d  Gall-chrift. 
*»#l j.ed.tt.i.p, 
•*54.  &  *9*. 
O  Ibid.  41  4. 


D'ailleurs  il  eût  fallu  que  Brioude  eût  été  aufli  alors  du  Pelai  C5f  de  Limoges  à  Guillaume  Tefte-£ efloupes 
du  diocèfe  du  Puy ,  puifque  les  chanoines  de  cette  comte  de  Poitiers ,  (ils  £Ebles  t.  Cf  quilj  a  preuve , 
abbaye  parlent  d’Arnaud  comme  de  leur  évêque  :  quil  jouit  des  l'an  ç 38.  du  comte  du  Pelai  *,  puilqu'il 
Seu  certe  *  nofaer  eptfaopus  Arnaldus.  Enfin  il  eft  ne  s'appuie  pour  le  prouver,  que  fur  là  charte  où 
certain  qu’il  y  avoit J  alors  un  Arnaud  évêque  de  le  P.  Mabillon  a  mis  Guillelmi >  au  lieu  de  Geilinu 


Clermont:  ainfi  le  P.  de  Sainte-Marthe  a  eu  tort  de 
s’arrêter c  à  l'autorité  du  P.  Mabillon ,  tandis  qu'il 
ne  donne  aucune  place  à  Arnaud  parmi  les  évêques . 
du  Puy. 


&  qu’il  cite  à  la  marge.  M.  Baluze  \  fe  trompe  aufG 
en  rapportant  à  l'an  951.  la  .charte  où  il  eft  fait 
mention  de  la  (bûmiflion  des  fêieneurs  d’Auver¬ 
gne  au  même  Guillaume  Tefte-a'eftoupes  ;  'car 


XII.  On  pourroit  objeéfer  encore  qu'il  paroît  quoique  cette  année  foit  marquée  dans  le  corps  de 


fit*  b.  difl, 
T'  s  6s. 


que  Guillaume  Tefte-d’eftoupes  comte  de  Poitiers 
étoit  comte  de  Vêlai  en  9  3  7-  &  qu’ainfi  le  roi  Louis 
d’Outremcr  lui  aura  donné  ce  comté  en  93  6.  avec 
celui  d’Auvergne  &  le  duché  d’Aquitaine.  Il  eft 
vrai  qu’on  lit  ces  mots  :  AJfenfu  Guillermt  mar¬ 
chions  dans  l'édition  que  le  P.  Mabillon ‘‘adon¬ 
née  de  la  charte  par  laquelle  Gotefcalc  évêque  du 
Puy  rétablit  l’abbaye  de  S.  Chaffre ,  la  fécondé  an¬ 
née  du  régne  de  Louis  d’Outremer  :  mais  il  y  a 
certainement  faute  dans  cet  endroit,  &  il  faut  lire 
Geilint  rnarchionis ,  au  lieu  de  Gutllermi  marchio¬ 
ns.  C’cft  ce  qu’on  voit  dans  la  copie  que  le  P. 
Eftiennot  8  a  faite  lui-même  de  cette  charte  ,  & 
qu’il  a  pritc  du  cartulaire  de  S.  Chaffre  ,  d’où  le 
P.  Mabillon  l’a  tirée.  On  lit  aufli  Geilmi  dans  l'é¬ 
dition  que  le  P.  de  Sainte-Marthe  h  a  donnée  de  la 
même  enarte  -,  &  il  eft  évident  d’ailleurs  qu’il  s’agit 
ici  d’un  comte  de  Valence  de  ce  nom* ,  bienfaiteur 
jg  pabbaye  de  S. Chaffre,  &  dont  le  comté  s’é- 

G  1  U-  cbrtjl. 
ibid.  p .  764. 

&  J  «IV 


l’aéle  ,  comme  il  eft  daté  de  la  première  année  du 
régne  du  rot  Lothaire  ,  elle  eft  par  conféquentde 
l’an  955.  aufli  le  P.  Mabillon r  larapportc-t-ü  à  ccttc 
derniere  année. 


NOTE  XVII. 


g  Pflien.  dit- 
tiq.  Beutd. 
diai.Pudietu. 

Mf-  !• 

h  GaU.chnjl. 
flt  J.  td ■  to .  2. 
injtr.p.  160  •& 

/“)• 

i  Eftien •  tbid . 


de  cette  dignité  par  Charlemagne.  Frère  Théo¬ 
dore  qui  a  donné  aufli  au  public  une  autre  hi- 
ftoire  de  Notre-Dame  du  Puy ,  prétend  au  con¬ 
traire,  que  Bullus  fucceda  à  Rorice  dans  le  comté 
tendoiten  deçà  du  Rhône  jufqu'aux  frontières  du  de  Velay,  «5c  que  ce  dernier  vivoit  fous  le  règne 

Vêlai ,  dans  toute  la  partie  du  diocèfe  de  Valence  de  Pcpin  le  Bref.  Mais  tout  ce  que  ces  deux  au- 


L  •  U  Thfêd.  bijfm 
Iâl"  du  P*J f.\U. 


\.M*b.  dd. 
dnr..  9*6*  «• 

101. 

1  G*B.  chrijl. 
inftr.  M. 


m  Efiitn.  ib. 

p.  12  2. 


qui  dépend  du  Languedoc.  ,  teurs  rapportent  d’un  prétendu  Rorice  comte  de 

C’eft  ce  qui  paroît  par  differentes  chartes  citées  Velay,  n’eft  appuie  fur  aucun  fondement  folide  > 

par  le  P. Mabillon  k  même,  entr’autres  par  undi-  ainii  Bullus  eft  le  plus  ancien  comte  de  ce  pays 

plomc  du  roi  Conrad  le  Pacifique  ,  qui  confirma  dont  nous  avons  quelque  connoifiance  certaine, 
vers  l’an  9  5  o.  avec  le  confentemcnt  du  comte  Gci-  Berengcr  lui  fucceda  x  fous  le  régné  de  Louis  le  Dé-  *  F*  *•  M* 

lin  :  Cum  confanju  Geiltni  connus  l’abbaye  de  faitit  bonnaue  \ôc  depuis  ce  comte  julqu  a  Guillaume  II*  5Ï* 

Chaffre,  dans  la  pofTellion  des  biens  quelle  avoit  duc  d’Aquitaine  «5c  neveu  de  Guillaume  le  Pieux , 
dans  les  comtez  de  Die  «5c  de  Valence,  Scdansceux  nous  n’avons  rien  de  certain  fur  les  comtes  de 
qu’elle  tenoit  de  la  libéralité  de  ce  comte  :  Et  adju -  Velay.  Il  eft  vrai  que  Gifley  admet  parmi  les  comtes 
torto  atque  eleemofyna  Geilint  connus  in  pago  Dienfa  particuliers  de  ce  pays  Humfrid  marquis  de  Go- 
atque  Palentinenfi  pojjidet.  Nous  avons  aufli  diflfo-  tic  \  mais  il  n’y  a  aucune  preuve  qu'il  ait  pofledé 
rentes  donations  de  ce  comte  en  faveur  de  l’ab-  ce  comté. 

baye  de  S.  Chaffre,  lefquclles  prouvent  qu’il  éten-  II.  Il  eft  certain  que  Guillaume  II.  duc  d’Aqui- 
doit  fon  autorité  en-deça  du  Rhône.  Le  P.  Eftien-  taine  ctoit  comte  particulier  de  Velay  ,  puifque  ce 
not m  rapporte  l’extrait  fuivant  d’une  charte  de  l’an  fut  de  fan  confantement  que  le  rot  Raoul  y  donna  ytr.p.tu& 
940.  Pir  tnclittu  nomme  Geyhnus cornes , cum con-  en  914.  la  ville  ou  le  bourg  du  Puy  à  lcvêque^’ 
juge  fua  Gotehna  ,  dédit  monafteno  S.  Pétri  fantli-  Adalard  ,  avec  tous  les  droits  que  le  comte  y  avoit. 

que  Theofredi  tinpago  PaUntwenfayinvicana  Sub-  Il  paroît  par  la  charte  que  Guillaume  le  Pieux 
j. - c.  Atnttév  rnr*A»A  oncle  de  Guillaume  II.  avoit  été  aufli  comte  par¬ 

ticulier  de  Velav. 


dionenfa ,  in  aice  de  villa  qua  duintr  Cornatis ,  colo¬ 
nie  Am  unarn  iéc.  Allum  /  / .  kjl-  Juin  Fer  ta  //.  ré¬ 


gnante  Conrado  rege.  La  ville  de  Soyon  &  le  lieu  1 1 1.  Nous  ne  fçavons  pas  en  quelles  mains 
de  Cornas,  dont  il  eft  parlé  dans  cct  adle,  font  paflà  ce  comté  après  la  mort  de  Guillaume  IL 
fituez  en-deça  du  Rhône  &  appartiennent  au  arrivée  en  916.  nous  avons  feulement  lieu  de 
Languedoc.  Ce  comte  >  de  concert  avec  fa  fem-  conjcélurcr  qu’Acfred  fon  frere  le  poflèda  enfuitc 
me  Raimote ,  qu’il  avait  époufée  (ans  doute  en  avec  le  duché  d’Aquitaine,  &  qu’après  leur  mort, 


fécondes  noces,  donna  en  961.  à  la  même  ab- 
n  p r.p.  loi.  baye  n ,  le  lieu  de  Macheville  fitué  dans  la  partie  du 
diocèfe  de  Valence  qui  eft  en-deça  du  Rhône.  Enfin 
un  autre  comte  de  Valence ,  appellé  Geilin ,  def- 
cendant  Guis  doute  de  l’autre ,  donna  9  dans  le 


O  Mdb.  ad 
abh.9$6.  n. 

loi. 


le  roi  Raoul  en  gratifia  en  932.  Raymond-Pons 
comte  de  Touloufc.  Ce  ne  fut  en  effet  qu’en 
950.  ou  951.  que  le  roi  Louis  d’Outremer 
en  difpofant  des  dignitez  que  ce  comte  avoit  eues 
de  la  fuccçilion  de  Guillaume  le  Pieux,  &  de 

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DE  LANGUEDOC.  _ 

{es  deux  neveux,  donna  le  duché  d’Aquitaine,  avec  avons  une  antre  1  en  faveur  de  la  collégiale  de  ^  qTÏ 
les  comrez  d’Auvergne  ôc  de  Velay  à  Guillaume  Thiern ,  laquelle  eft  datée  de  la  maniéré  (il  i  van  te  ;  XVII. 

Tête-d  eftoupes  comte  de  Poitiers,  ainfï  que  nous  Anno  ob  Jm ornatione  Dommï  Al.  f.  C.  M.  XVI.  m- 
lavons  fait  voir  dans  la  note  precedente  >  mais  dillione  XI H.  vftavo  teins  fanuarit^lunalV.m  Iran* 
comme  ce  dernier  ne  fut  reconnu  en  Auvergne  cia  régnante  piijjimo  Rover to ,  Aquitantam  vero  gu- 
qu’en  95  5.  il  ne  le  fut  pas  fans  doute  plutôt  dans  bernante  Gutllelmo  PiÜ.^vicnfi comité ,  (3 m  Arien • 
le  Velay.  Il  y  a  même  lieu  de  douter  s’il  poffèda  ja-  #/4  Roberto  honorabili  principe  :  mais  on  ne  fçau- 
mais  ce  dernier  comté.  Il  paroît  du  moins  certain  roit  faire  aucun  uûge de  cette  charte,  pour  prou- 
qu’il  ne  le  rranfmitpas  à  Guillaume  Fierrabras  Ion  ver  la  fozeraincté  des  comtes  de  Poitiers  furl’Au- 
fils&  (on  fiiccdfeur,  quoique  Bcfiy a>  &  le  P.  An-  vergne  ;  car  ce  n’eft  qu’une  notice  d’une  plus 
ge  b  donnent  à  ce  dernier  le  titre  de  comte  et  Ah-  ancienne  charte  qui  a  été  vi/ïblcmcnt  interpolée 
vergne  (3  de  Velay ,  fans  apporter  aucune  preuve  fort  long  tems  après  fa  date,  ôc  fans  doute  dans  le 
qu’il  ait  jamais  po/Ièdé  ces  deux  comtez  :  entrons  XII..  iiécle,  torique  les  comtes  de  Poitiers  pré¬ 
dans  le  detail  >&  commençons  par  l’Auvergne.  tendoienr  dominer  for  l’Auvergne.  En  effet  outre 
IV.  Nous  voions c  for  la  fin  du  règne  de  Lo-  que  les  notes  chronologiques  font  faillies,  &  que  le 

thaire,  Gui,  auparavant  vicomte  de  Clermont,  fc  '  1 . J- " - '  - :'f - ; - 

qualifier  comte  d’Auvergne ,  ôc  Guillaume  fon 
frère  lui  focceder  dans  ce  même  comté.  Quelques 
modernes  d  ont  cru  a  la  vérité  que  Gui  l’avoit 
obtenu  en  fief  des  comtes  de  Poitiers  ducs  d’A- 


6.  Janvier  de  l’amoi  6.  on  comptoir  le  21.  jour  de 
la  Iune,&  non  le  4.  &  la  i4,nc.  indiélion  Ôc  non 
la  i3mc.  on  voit  parmi  les  l’oulcriptions  celles  des 
rois  Henri  ôc  Philippe  I.  mais  ce  qui  fait  voir 
qu’il  s’agir  de  Guillaume  Taillcfor  dans  la  charte  de 
quiraine:  mais  nous  avons  plutôt  lieu  de  croire  que  l’an  1010.  c’eft  que  Pons  fon  fils  le  qualifioit 
GuillaumeTaillefcrcomtedeTouloufeleluidonna,  comte  d’Auvergne  quelque  tems  après. 

&  que  ce  prince  fe  trouvant  hors  d’état  de  foire  va-  VI.  Il  eft  marqué  dans  lesaéKsdu  concile4 
loir  fes  droits  fur  ce  pays ,  aima  mieux  le  cederen  de  Limoges  tenu  l’an  103  r.  «  qu’Engdric  cha- 
titre  de  comté ,  ôc  avec  réforve  de  la  fuzeraineté  noine  du  Puy ,  s  y  plaignit  de  ce  qu’Eftienne  éve-  «« 
aux  vicomtes  de  Clermont,  que  de  le  laiffer  envahir  que  de  Clermont  ayant  excommunié ,  il  y  avoit  m 
par  les  comtes  de  Poitiers.  Deux  raifons  entr’aurres  quelques  années  *  Pons  comte  d’ Auvergne ,  pour  « 
nous  le  perfoadent.  La  première ,  c’eft  qu’Efticnnc  avoir  abandonné  fa  femme  légitime ,  ôc  en  avoir  « 
évêque  de  Clermont  de  la  maifon  des  vicomtes  pris  une  autre,  ce  comte  apres  avoir  été  à  Rome  * 
de  cette  ville,  &  les  principaux  d’Auvergne  refit-  s’y  croit  fait  abfoudrc  par  le  pape  qui  ignoroic» 
forent  de  reconnoitre  Guillaume  Tefte-d’cftoupes  pourquoi  il étoit  excommunié,  que  l’evêque de  « 
comte  de  Poiriers  pour  leur  foigneur  julqu’en  955.  Clermont  s’en  plaignit  au  pontife  qui  répon-  « 
quoique  Louis  d’Outremer  lui  eût  donne  ce  comté  dit  pour  s’exetifer,  Ôcc.  «  On  peut  d’abord  fixer 
en  9  5  o.  ou  du  moins  en  95 1.  Or  comme  ils  éroient  à  peu  près,  par  ce  que  nous  venons  de  rap- 
foûmis  auparavant  a  Raymond-Pons  comte  de  porter,  l’époque  de  l’excommunication  de  Pons. 
Touloufc,  il  fout  qu  après  û  mort  arrivée  vers  l’an  1  Efticnne  n  croit1  plus  évêque  de  Clermont 
950.  ils  ayent  reconnu  Guillaume  Taillcfcr  fon  en  1028.  20.  Le  comte  après  fon  cxcommuni- 
fils  &  fon  fucceflcur  jufqu’en  955.  à  quoi  on  doit  cation  avoir  foit  le  voiage  de  Rome,  ôc  ce  ne 

ajouter  qu’on  trouve  une  plus  grande  liaifon  ,  &  fut  qu  après  fon  retour  en  Aquitaine  qu’Etienne 

des  alliances  plus  fréquentes  entre  les  comtes  d’Au-  fo  plaignit  au  pape  de  ce  qu’il  l’avoir  abfous. 
vergne  defoendans  de  Guillaume  fiere  &  lucccfi  30.  Elîicnnc  reçut  latéponfodu  pape:  toutes  ces 
four  de  Gui,  ôc  les  comtes  de  Touloufo,  qu’entre  circonftanccs  qui  font  voir  que  Pons  fut  excom- 

eux  ôc  les  comtes  de  Poitiers.  La  focondc,  c’eft  munié  au  piurard  en  1025.  il  lauroir  été  même 

qu’il  paroît  par  divers  monumens  que  Guillaume  avant  l’an  1024  li  on  pouvoir  s  en  tenir  d  M.  de 
Taillcfcr  comte  de  Touloufc  ôc  fes  fuccc/Tcurs  exer-  Marca  m  qui  prétend  que  ce  fut  le  pape  Benoît  qui 
cercnt  leur  autorité  fur  l’Auvergne  ôc  le  Velay;  au  releva  ce  comte  de  fon  excommunication  ;  car  cc  ne 
Julien  qu’il  n’y  «en  a  aucune  qui  prouve  que  les  peut  être  Benoît  IX.  comme  il  le  prétend ,  puisque 
comtes  de  Poitiers  ayenr  étendu  la  leur  for  ces  deux  ce  pape  ne  fut  élu  qu’en  1053.  deux  apres  le  Con- 
pays  avant  les  prétenrions  de  Guillaume  IX.  der-  cilc  de  Limoges  ,  ainfi  ç’aura  été  Benoît  VIII. 
nier  comte  de  Poiriers,  ôc  des  rois  d’Angleterre  (es 
fuccdfours ,  fur  le  comté  de  Touloufo. 

V.  Une  chaire  de  l’an  ioio.prouve  ce  fomble, 
que  Guillaume  Taillcfcr  comte  de  Touloufo  domi- 
noit  alors  for  l’Auvergne.  Il  eft  marqué  dans  cette 
fu*.  u  chaite ,  dont  le  P.  Mabillon  f  rapporte  un  extrait  4 

roio.  * .  .  .  ».* 

J  J* 


K  Ctnc.  /#.$• 
/.  90%. 


*  Ante 

annot. 


hoi 


J  G.iü.  chrijh 
ntv.  ed.  to-  î. 


ro  Marc*  d» 
Çenctrd  /.+.c. 
8.  $.  *. 


Limoges 
mort  en  1014. 

Cette  époque  une  fois  fixée  ,  fait  voir  qu’on 
ne  fçauroit  appliquer,  comme  foi t  M.  Baluze  n, 
a  Pons  fils  puîné  de  Guillaume  V.  comte  d’Au¬ 
vergne  ,  ce  que  nous  venons  de  rapporter  du 
concile  de  Limoges  ,  pui/qu’alors  ce  Pons  étoit 


n  B-tt- 
t  •  r.f.  4$. 

O-PW 


qu’un  foigneur  appelle  Gui  unifie  monaftere  de  a  peine  nés  la  preuve  en  eft  ai  fée.  i°.  Il  n’y  a 
Thiern  en  Auvergne  à  l’abbaye  deCluni,  par  la  aucun  monument  qui  prouve  que  Guillaume  V. 
donation  du  comte  Guillaume [on  Jeigncur  ,C[ui  fouf-  pere  de  Pons,  ait  été  comte  d’Auvergne  avant 


crivir  â  la  charte.  Ce  Guillaume  n’appartient  pas 
certainement  a  la  maifon  des  comtes  héréditaires 
d’Auvergne ,  p  ni  (que  dans  ce  tems  la  Robert  I. 
pofledoir  S  ce  comté,  ôc  que  Guillaume  fon  pcrc 
droit  déjà  décédé  en  h  990.  Le  comte  Guillaume 


l’an  1043.  &  M*  Baluze  0  convient  que  Je  pre¬ 
mier  ne  mourut  qu’apres  l’an  1059.  Il  rapporte 
même  un  acte  P  qui  itippofo  que  ce  comte  vivoit 
encore  en  1070.  Pons  auroit  donc  été  pourvu 
du  comté  d’Auvergne  18.  ou  20.  ans  avant  que 
fon  pcrc  parvînt  à  cette  dignité  ?  i°.  Robert  h!s 


p  Ibid,  to,  2, 

f+7. 


qUj  fouforivit  en  10 10.  à  la  charte  de  Thiern , 

&  qui  confirma  l’union  de  ce  monaftere  à  l’abbaye  aîné  de  Guillaume  V.  comte  d’Auvergne  ne  lui  lue- 
de  Cluni ,  11e  paroît  donc  pas  différent  de  Guil-  céda  qu’après  9  l*an  1060.  ôc  ne  mourut  qu  apres  qtb/d./o.  t, 
laume  Taillcfcr  alors  comte  de  Touloufc*.  l’an  1095.  N°lls  n’avons  aucune  r  preuve  qu'il 

On  pourroit  foûtenir  cependant  qu’il  s’agit  ait  été  marié  avant  l’an  1051.  Quelle  apparence 
dans  cette  charte  de  Guillaume  VI.  comte  de  que  Pons  fon  frere  puîné  de  plulïeurs  années , 

Poitiers  Ôc  duc  d’Aquitaine,  for  ce  que  nouseri  eût  été  marié  plus  de  25.  avant  lui?  ?°.M.  Ba- 

Tome  II.  C  C  c  c 


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XV 

a  tbut. 

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%lHd . 


noté 

xvii. 

»  V-sAngc  htft. 

dti  J».  U 
Fr.t$.  2.7.514, 


J70  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 

N  O  ï  E  ^llze  ^  que  Pons  h\s  de'  Guillaume  V.  prit  le  car  outre  quon  voit  par  les  preuves  qu*il  rapporte, 

I  j  titre  de  comte:  mais  il  n’en  apporte  aucune  preuve  -,  que  Gui  fe  qualifioit  comte  d’Auvergne  avant  l’an 

.  to.  on  ne  lui  donne  au  contraire  a  que  le  fimple  nom  986.  il  confond  d’ailleurs  ici  Guillaume  III.  comte 
de  Pons  dans  tous  les  ailes  où  il  eft  parlé  de  lui ,  de  Poitiers  *,  mort  religieux  de  S.  Maixent  en  96$. 

&  dont  l’un  eft  de  l’an  1069.  Il  eft  vrai  que  cet  avec  Guillaume  IV.  furnommé  Fierrabras*  Ion  fils, 

auteur  prétend  juftifier  le  prétendu  comté  de  Pons  mort  en  9  9  3 .  Or  M.  Baluze  convient  que  le  der- 
par  un  aéke  b  où  Guillaume  fon  frere  fè  qualifie  nier  ne  fucceda  pas  à  fon  pere  dans  le  comté  et  Au- 

comte  ,  &  qu’il  date  de  l’an  1034.  Mais  d’abord  vergne  ;  il  faut  donc  qu’il  y  ait  eu  un  comte  de  ce 

cette  date  n’eft  point  dans  l’aéle ,  &  tout  ce  qu’on  pays  différent  du  comte  de  Poitiers ,  depuis  l’an 

fçait  de  fon  époque  c’eft  qu’il  eft  de  l’épifcopat  963.  jufques  vers  l’an  980.  Ge  ne  peut  être  Gui 

de  Rançon  qui  étoit  encore  évêque  de  Clermont  c  qui  en  979.  ne  prenoit  encore  que  la  qualité  de 
en  105  a.  mais  quand  même  Pons  fils  de  Guil-  vicomte  :  ce  fera  donc  Guillaume  Taillefer  comte 

laume  V.  comte  d’Auvergne  ,  fc  feroit  qualifié  de  Touloufc ,  qui  aura  prétendu  fucceder  à  fon 

comte  du  vivant  de  fon  pere  ,  ou  plutôt  de  fon  pere  dans  le  comté  d’Auvergne ,  &  qui  l’aura  cc- 

ayeul ,  il  n’auroit  pas  pour  cela  été  comte  d’Au-  dé  en  fief  vers  l’an  980.  à  Gui  vicomte  de  Clcr- 

vergne ,  ainfi  qu’il  eft  qualifié  dans  les  aéles  du  mont.  Faifons  voir  maintenant  que  les  comtes  de 

concile  de  Limoges ,  puilqu’il  eft  fans  exemple  que  Touloufe  dominèrent  fur  le  Velay. 

les  fils  des  comtes  fe  foient  qualifiez  du  vivant  VUI.  Gn  peut  le  prouver  d’abord  par  la  fbuferip- 
de  leurs  peres,  comtes  du  même  pays  dont  ces  non  1  du  comte  Pons  à  une  donation  faite  par  Fre-  iPr.f.7,# 

derniers  prenoient  le  titre.  dol  évêque  du  Puy  à  fon  églife»  fous  le  régne  du 

M.  Baluze  d  pour  appuyer  fon  fitlcme  rapporte  roi  Robert.  Nous  voions  d’ailleurs  que  le  comte 
/4!  unt*tre  l’an  Ï0I0«  dans  lequel  Pons  comte  de  Touloufe  prétendoit m en  105  3.  nommer  à  l’é- 

de  Gevaudan  fait  une  donation  pour l’ame  de  fon  vêché  du  Puy.  Pons  aura  donc  étendu  fon  auto-  m/.**®# 


•  GéÜiChrift. 
ibid. 


A  Bal .  bift. 
d'<si*v.  to-  2. 
Z»-  W-cr 


pere,  de  fa  femme,  de  fes  fils  Eftienne  &  Pons, 
de  fes  frères  Bertrand  &  Guillaume  ,  &  enfin  de 
*Ntpctibw.  fis  neveux  *  Eftienne ,  Robert  &  Guillaume,  il 
conclut  de  là  que  les  trois  derniers  font  les  mêmes 
que  les  fils  de  Guillaume  V.  comte  d’Auvergne , 


%P.N«f.Vl!I. 


rite  (ur  le  Velay  avant  &  après  la  mort  de  Guil¬ 
laume  Taillefer  comte  de  Touloufe  fon  pere. 

IX.  Raymond  de  S.  Gilles  fils  &<fuccefleur  de 
Pons,  fit  une  donation0  vers  la  fin  du  xi.  fiécle  nf. 

.1  l’églife  du  Puy ,  à  la  charge  d’y  célébrer  tous 
lclqucls  portoient  les  mêmes  noms.  Mais  i°.  quand  les  ans  la  fête  de  S.  Gilles.  Ce  prince  étendoit 

cela  feroit,  il  n’eft  rien  dit  de  Pons  dans  cet  adte 3  donc  fon  autorité  dans  le  Velay  3  ce  qu’on  peut 

preuve  qu’il  n'étoit  pas  encore  né  ,  &  qu  ainfi  il  encore  confirmer  par  Raymond  de  Agiles  cha- 

ne  peut  avoir  été  marie  &  avoir  répudié  (à  femme  noine  du  Puy  &  chapelain  de  ce  prince ,  qui  rap- 

cn  1015.  i°.  11  n’y  a  d’autre  raifon  pour  foute-  porte  qu’apres  la  mort  d’Aymar  évêque  du  Puy, 

nir  qiÿ  ces  trois  feigneurs  étoient  fils  d’une  fœur  ce  prélat  apparut  en  longe  au  même  comte,  & 

de  Pons  comte  de  Gevaudan,  &  de  Guillaume  V.  lui  ordonna  (délire  fon  fuccejfeur  avec  ceux  quil 

comte  d’Auvergne,  que  la  reflcmblancc  des  noms  :  voudroit . 

mais  qui  a  dit  à  M.  Baluze  qu’ils  n’étoient  point  X.  On  vient  de  voir  que  Pons  comte  de  Tou- 
fils  de  quelqu’un  des  frères  de  Pons  comte  dcGe-  loud*  domina  fiir  le  Velay  :  Raymond  de  S.  Gil- 
vaudan ,  ou  plutôt  fes  petits  fils  :  nepotibus  m  is  ?  les  fon  fils  n’ufurpa  donc  pas  ce  pays,  comme  un 
Or  comme  il  eft  certain  que  Robert  fils  ainé  de  moderne  0  l’aavancé.LeP.deGiflèy  P  prétend  d’un  ^ 
Guillaume  V.  comte  d’Auvergne,  11c  mourut  qu’a-  autre  côté  que  Raymond  acquit  le  Velay  parla  i.p. 

Îrcs  l’an  1095.  il  n'y  a  aucune  apparence  que  ce  fbit  vente  que  lui  en  fit  un  prétendu  Hugucs-Aymon 
c  même  dont  il  eft  parlé  dans  la  charte  de  1  cio.  comte  de  Poitiers  qui  n’a  jamais  exifté  :  il  ajoute 

que  le  même  Raymond  difpofâdu  Velay  en  fa¬ 
veur  de  Bertrand  (on  fils  lorfqu’il  le  maria  en  1095. 
mais  il  n’en  eft  rien  dit  dans  le  contrat  de  mariage. 

Il  paroît  cependant  que  Bertrand  comte  de  Tou¬ 
loufe  domina  fur  le  Velay,  &  qu’il  tranfmit  ce 
comté  à  fes  defeendans  3  car  Pons  comte  *  de  Tri- 
poli,  fon  fils,  donna  en  1131.  à  lcglifc  du  Puy 
les  châteaux ,  villages  hommages  cjuil  pojfedoit 
dans  le  comté  de  l^el.iji  ce  qui  fut  confirmé  en  1141. 
par  Raymond  comte  de  Tripoli,  fils  de  ce  dernier. 

XI.  Le  P.  de  Gifièy  r  fait  mention  d’une^chartc 
par  laquelle  «  Guillaume  comte  de  Poitiers  &c  •« 
duc  d’Aquitaine ,  avec  fa  mere  Agnès  &  fon  * 
frere  Gcofroy,  donnèrent  &  confirmèrent  l'an* 

1000.  à  l’églife  du  Puy  ,  la  moitié  de  l’ifle  de  * 

Rais ,  &  differcns  autres  biens  que  Guillaume  « 


parle 

V IL  Si  ce  que  le  concile  de  Limoges  de  i’an  1031* 
rapporte  de  Pons  comte  d' Auvergne ,  excommunié 
vers  l’an  1015.  pour  avoir  pris  une  fécondé  femme 
pendant  la  vie  de  la  première ,  ne  feauroit  con¬ 
venir  à  Pons  quatrième  fils  dé  Guillaume  V.  comte 
de  ce  pays 3  il  convient  parfaitement  à  Pons  fils 
aîné  de  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufc  > 
né  vers  l’an  991.  &  mort  en  1060.  Ce  prince 
aura  donc  pris c  le  titre  de  comte  d’Auvergne  du 
vivant  de  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufc , 
fon  pere  ,  qui  ne  mourut  que  vers  l’an  1037*  & 
qui  le  lui  aura  donné  à  caufc  de  la  fuzeraincté  qu’il 
s’etoit  réfervée  fur  ce  pays ,  en  le  cedant  en  titre  de 
comté  aux  vicomtes  de  Clermont.  Quant  à  l’épo¬ 
que  de  cette  ceilion ,  on  doit  la  fixer  entre  l’an  980. 
&  l’an  986.  Nous  voions  en  effet  que  Gui  ne  pre¬ 


noit  encore  que  le  titre  f  de  vicomte  de  Clermont  fon  pere ,  Agnc$  fa  mere  &  fes  frères  Guillaume  m 
la  xxvi.  année  du  régne  du  roi  Lothaire,  ou  l’an  &  Odon  lui  avoient  donné  pendant  fon  bas  âge.  « 
97 9. &  il  eft  certain  s  qu’il  fc  qualifia  comte  d’Au-  Il  prétend  que  le  donateur  eft  le  meme  que  Guil- 
4u.  vergne  avant  la  mort  de  ce  prince.  C’eft  donc  fans  laume  Tète  d’eftoupes  comte  de  Poitiers,  à  qui , 

p\ aucun  fondement  que  M.  Baluze  ha  avancé  que  fuivant  Adcmar  de  Chabanois ,  leroiLouisd’Ou- 
»  ce  comté  après  avoir  palfé  vers  l’an  950.  en  la  tremer  avoit  donné  l’Auvergne, &  le  Velay 3  d’où 
'l  ' '  “  maifon  des  comtes  de  Poitiers,  entra  dans  la  mai-  il  conclut  que  ce  comte  poflèdoit  encore  l’an 

(on  des  vicomtes  d’Auvergne  ou  de  Clermont  > 


i  sAZ.  JS. 

Mm%  foc.  J. 

770.  Bal. 
*Auv.  to.  2.  p. 


»  après  le  décès  de  Guillaume  III.  comte  de  Poi- 
••  tiers ,  mort  en  l’année  dccccxciii.  en  P  abbaye 
*  de  S.  Maixent  ,  ou  il  s'étott  rendu  religieux  ; 


000.  ce  dernier  pays.  Frere  Théodore 1  &  le  P.  de  *  Thnd.hif. 
Sainte-Marthe  ont  fuivi  aveuglement  GifTcy  pour 
la  date  de  cette  charte:  ils  n’ont  pas  pris  garde  que  nn.ej.toa  f* 
cet  auteur  (g  trompe  grollierçmenc,&  que  cet  acle  *91' 


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DE  LANGUEDOC  57* 

* - -  nc  fçauroitêtre  n!  de  Tan  iooo.  ni  regarder  Guil-  ou  d’Auvergne  avec  les  defeendans  de  Guillaume  n  o  T  H 

*VviI  ^  lai,mc  Tcftc-d’eftoupcs  comme Bcfly* la  démon-  VIII.  8c  qu’enfin  la  porrion  des  premiers  prit  le  XVII. 
tBejJj  p'tît.  tré,  &  qu  enfin  il  doit  être  de  Guillaume  b  VII.  nom  de  Daufiné  d’Auvergne.  Peut-être  que  les 
VkV  comte  de  Poitiers  &  duc  d’Aquitaine  fils  de  Guil-  grandes  plaintes  que  fit  l’évêque  du  Puy  contre 
*uP'  di*Fr-  laume  V.  &  d’Agnès  fit  troifiéme  époufo.  Cette  les  véxations  de  Guillaume  VIL  engagèrent  le  roi 
charte  eft  donc  environ  de  l’an  i o  5  o.  or  on  a  déjà  Louis  lejeune  à  confifquer  fur  ce  dernier  le  comté 
vu  que  les  comtes  de  Touloufe  dominoient  alors  de  Velay.  Nous  ne  trouvons  plus  du  moins,  depuis 
fur  le  Velay ,  &  non  pas  les  comtes  de  Poitiers.  Ce  ce  tems-Ià  >  des  comtes  de  ce  pays, 
n’eft  donc  qu’une  fimplc  donation  que  la  pieté  de  XV.  Gifley  1  conjeâure  que  le  roi  Louis  te  Gros  1  Glf- biM 
Guillaume  VIL  lui  infpira  en  faveur  de  l’églife  de  confifqua  le  comté  de  Velay  fur  Guillaume  comte  fi^f*** 
Notre-Dame  du  Puy  ;  &  cet  a<2e  ne  prouve  nulle-  du  Puy ,  &  qu’il  le  donna  enfuite  aux  évêques  de 
ment  que  ce  prince  fur  maître  du  Velay  :  d’ailleurs  certc  ville.  Il  a  voulu  .fans  doute  parler  de  Louis  le 
les  biens  qu’il  donna  font  fituez  dans  le  Poitou.  Jeune ,  &  non  de  Louis  le  Gros.  Frere  Théodore 
tDer<r.dt  u  XII.  Suivant  l’auteur  de  la  nouvelle  c  description  eft  plus  décifif,  il  prétend  m  que  lesévêques  du  Puy  m  Th*$d.hift> 
uiï&iêf.  de  la  France ,  les  comtes  de  Poitiers  ne  dominèrent  forent  comtes  de  Velay  depuis  la  rébellion  du  mê-  d*  PujW9k 
que  fur  la  partie  du  f^elay ,  qui  eft  aujourethui  du  me  Guillaume  ,  qu’il  met  en  1164.  quoique  ces 
gouvernement  de  l'Auvergne ,  &  non  pas  du  Lan-  prélats,  ajoute-t-il ,  fe  foient  abftenus  par  modeftic 
guedoc .  Il  prétend  que  Guillaume  Tefte-d’eftou-  d’en  prendre  le  titre. 

pes  ou  Ces  defeendans  >  donnèrent  en  fief  cette  por-  On  ne  voit  pas  en  effet  que  les  évêques  du  Puy 
tion  de  l’Auvergne  au  vicomte  Gui  I.  &que  depuis  Ce  foient  qualifiez  comtes  de  Velay,  ni  dans  le  XII. 
ce  tems-là  les  comtes  d’Auvergne  defeendans  de  ce  fié  de,  ni  dans  le  fuivant ,  ni  qu’ils  ayenr  dominé 
dernier  ,  furent  fournis  aux  comtes  de  Poitiers  ducs  alors  for  tout  le  Velay.  Tout  ce  que  nous  connoif- 
d’Aquiraine  pendant  z  50.  ans  ;  mais  tout  cela  eft  fons  de  plus  ancien  en  leur  faveur,  c’eft  la  réferve 
avancé  (ans  preuve ,  &  nous  ferons  voir  ailleurs  du  comte  de  Velay ,  que  l’évêque  fit  pour  lui  de 
que  la  partie  du  Velay  ,  qui  dépend  aujourd’hui  du  pour  fbn  églife  par  le  pariage  dont  il  convint  avec 
gouvernement  d’Auvergne  n’y  fot  unie  que  vers  la  le  roi  Philippe  le  Bel  en  I  $07.'  On  pourroir  préfù* 
fin  du  XIV.  fiécle.  Ce  qu’il  y  a  de  certain ,  eft  que  mer  dc-Jà  que  les  prédécefîeurs  de  ce  prélat  jouit 
le  comté  du  Puy  ou  de  Velay,  étoit  vers  la  fin  du  foient  auparavant  du  même  comté;  que  le  roi  Louis 
XII.  dans  la  maifon  des  comtes  d’Auvergne  :  ce  qui  le  Jeune  le  confifqua  fur  le  comte  Guillaume ,  & 
nous  donne  lieu  de  croire  qu’ils  l’avoient  reçu  en  que  ce  prince  ,  ou  plutôt  quelqu’un  de  fesfuccet 
fief,  ou  des  comtes  de  Touloufe ,  ou  de  ceux  de  fours  en  gratifièrent  les  évêques  du  Puy.  Quoiqu’il 
Tripoli.  en  (bit ,  ce  n’eft  que  long-tcms  après  ce  pariage, 

iwji.Ud.  XIII.  Un  auteur4  contemporain  de  Louis  le  que  ces  prélats  fo  font  qualifiez  comtes  de  Velay,  3c 

Jellnc  rapporte  en  effet ,  que  vers  l’an  116}.  *  le  en  1 309.  «deux  ans  après,  Bernard  de  Caftancr  n  <s*u.chrif . 

»  comte  de  Clermont  fon  neveu  Guillaume  comte  ne  prenoit  encore  que  le  fimple  titre  d 'évêque  du 


fief,  ou  des  comtes  de  Touloufe ,  ou  de  ceux  de 
Tripoli. 

êHifUd.  XIII.  Un  auteur4  contemporain  de  Louis  le 

atfafw  Jellnc  raPP°rte  cn  c^ct  >  que  vcrs  l’an  1 1 6  3 .  *  le 
*  «  comte  de  Clermont  fin  neveu  Guillaume  comte 


»  du  Puyy  commettoient  des  ravages  affreux  dans  le  Puy*  Le  plus  ancien  monument  qui  foit  venu  à  no- 
•»  pays;  que  lesévêques  de  Clermont  8c  du  Puy,  &  tre  connoi  fiance ,  où  Jes  évêques  du  Puy  ayent 
»•  les  abbez.  de  cette  province ,  ne  pouvant  plus  fup-  pris  le  titre  de  comtes  de  Velay ,  eft  0  de  l’an 
»  porter  de  tels  défordres,  s’adrefforent  au  roi  qui  fit  1 405  • 

»  la  guerre  à  ces  comtes ,  fo  fâifit  de  leurs  perfon-  _ 


o/*./.  i+4* 


»  la  guerre  à  ces  comtes ,  fo  fâifït  de  leurs  perfon- 
nes  &c.°  On  voit  par  la  que  le  comté  du  Puy  ou  de 
Velay  étoit  dans  îa  maifon  des  comtes  d’Auver¬ 
gne  vers  la  fin  du  XII.  fiécle,  8c  que  ce  pays  ne  fai- 
foit  alors  qu’une  mime  province  avec  l’Auvergne. 

4 Bdi.  ji*v.  M.  Baluze  c  fuppofe,  après  Juftcl,  que  Guil- 
kumc  comte  du  Puy  ,  dont  nous  venons  de  par- 
>•12.  v*  1er  ,  étoit  fils  dun  autre  comte  du  Puy  ou  de  Velay 
de  même  nom  ,  &  qu’il  étoit  neveu  du  comte  de 
Clermont  ou  d’Auvergne,  par  une  fecur  de  celui- 
f  Blond.  iaII.  ci ,  que  Blondel  appelle  Judith  C  mais  ils  n’en  don- 
*,n‘  nent  aucune  preuve  ,  8c  il  n’y  en  a  point  de  l’cxi- 
ftence  de  ce  prétendu  Guillaume  I.  comte  du  Puy. 
Guillaume  comte  du  Puy ,  neveu  de  Guillaume  comte 


N  O 


XVIII. 


Sur  quelques  évoques  de  Nifines.  Epoque 
du  commencement  du  règne  de  quelques- 
uns  de  nos  rois  de  la  fécondé  race  dans 
la  province ,  de  la  mort  d9 Hugues  Capety 
&  du  commencement  du  règne  de  Robert 
fon  fils ,  &c. 

I. /^\  N  conferve  dans  les  archives  de  la  caché- 
V>/  drale  de  Nifines ,  un  ancien  cartulaire écrit 
vers  le  milieu  du  XII.  fiécle,  qui  contient  entrau- 


dc  Clermont ,  n’eft  donc  pas  different  de  Guillau-  très  un  grand  nombre  d’aétes  du  X.  Jefquels  for- 


mc  VIL  comte  d’Auvergne,  que  Guillaume  g  VIII. 
fin  oncle  paternel  dépouilla  de  ce  comté  ,  avec  le- 
quel  il  s’accommoda  h  dans  la  fuite  ,  &  à  qui  il 
laiflà  fans  doute  par  cet  accommodement  une  par¬ 
tie  du  domaine  de  fa  maifon  fous  le  titre  de  comté 


vent  beaucoup  à  éclaircir  divers  faits  de  notre 
hiftoire. 

Le  plus  ancien  évêque  de  Nifmesdont  il  y  foit 
fait  mention,  eft  Gilbert  qui  fiegeoit  P  déjà  en  p cw.*».». 
875.  8c  878*  Sous  fon  épifeopar,  le  chapitre  de  (à  £  17 5;  &l*l» 


du  Puy  ou  de  Velay;  car  il  fo  réforva  Je  comté  de  cathédrale  acquit  d’un  nommé  Ingelvin  8c  d'Ar-  7e  a.  /.V  fff 
Clermont  ou  d’Auvergne,  dont  fos  defeendans  chimbergefà  femme,  differentes  terres  fîtuées  dans  **9- 
jouirent.  la  Vaunage  ,  tn  valle  Anagta  ,&  non  pas  tn  voile 

I"-  f.  «4.  XIV.  Guillaume  VII.  ne  mourut 1  qu  apres  l’an  Natatoriay  comme  on  lit  dans  l’ancienne  édition  du 

1168.  Nous  ignorons  fi  fa  poftérité  jouît  du  comté  Gallia  chrfliana  %  L’aéle  r  eft  daté  du  Lundi  onzjé-  q  c^-ebijt. 
de  Velay  mous  fçavons  feulement  que  Daufin  fcfon  me  de  Novembre ,  la  fécondé  année  après  U  mort 
fils  poffodoic  des  biens  dans  ce  pays,  &  qu’il  fit  de  Charles  empereur.  Il  eft  par  conféquent  porté-  Vigi.de stfm% 
valoir fis  droits  fur  la  ville  de  Clermont  ,c’cft-i-dire  rieur  ou  à  la  mort  de  Charles  le  Chauve,  ou  à 
fur  le  comté  d’Auvergne,  qui  avoir  parte  dans  la  celle  de  Charles  le  Gras,  8c  prouve  qu’après  le  dé¬ 
branche  cadette  ;  que  lui  8c  fos  defeendans  prirent  cès  de  l’un  ou  de  l’autre  de  ces  deux  princes,  on 
*ndifïercmmenr  le  titre  de  comtes  de  Clermont  fot  plus  d’un  an  dans  le  diocèfe  de  Nifines,  ou  en 
Tome  II.  CCccij 


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o  *r  e 

XVIII. 


»  G4*.  f hrift. 
7λ 


C  Céirt, 


57t  NOTES  SUR  L’ HISTO  IRE' 

Languedoc ,  fansieconnoîtxe  aucun  roi.  Comme  mention  dans  un  adtc  m  du  mênle  carttjlâire  Ailé  du  ~ 
cependant  la  lettre  dominicale,  qui  convient  éga-  Jeudi  i  y.  à!  Août  ,  U  quatrième  année  du  régné  de  xvhl* 
lement  àl’an  877.  8c  à  l’an  888.  ne  (çauroit  sac-  Raoul.  Cet  a&eeft  donc  de  l’an  93  j  .8c  prouve  qu’on.  o/w.**.», 
corder  avec  b  fécondé  année  depuis  la  mort  de  ne  compta  en  Languedoc  les  années  du  régne  de 
ces  deux  princes ,  nous  conjecturons  qu’il  y  a  faute  ce  prince  que  depuis  la  mort  de  Charles  le  Sim- 
dans  le  canuIaire5&qu’llfeutlire////.i^A'^w-  pie.  Il  paroîc  même  qu’on  n’y  compta  quelquefois 
kris  au  lieu  de  /  /  / .  idus.  Dans  ce  cas  là  cette  dace  les  années  de  fon  régne ,  que  depuis  l’an  9  3 1.  nous 
conviendroit  à  l’an  878.  ce  qui  fc  rapporte  très*  en  avons  une  preuve  dansunaûedu  même  car- 
bien  autems  des  troubles  qui  agitoient  alors  la  pro-  tulaire  0  daté  du  Mercredi  6.  de  Mai >  la  troifiéme  ofa.  2.* 
tî nce.que  Bernard  11.  marquis  deGothie  avoitfait  année  du  régné  de  Raoul ,  ce  qui  revient  à  l’an  935. 
révolter  contre  le  roi  Louis  le  Bcgue.  mais  dès  que  ce  prince  eut  été  reconnu  dans  le  pays, 

II.  Suivant  un  autre  aéte  ,  date  de  la  premiers  on  continua  de  lui  obéir  jufqu  a  là  mort,  comme 
année  que  le  roi  Charles  fut  empereur  ,  ou  de  l’an  il  paroît  entr’autres  par  un  aétc  P  du  Samedi  10 .  P^*  M*  « 
876.  le  même  Gilbert  évêque  de  Nifmes,  recou-  dOtlobre ,  la  troifiéme  année  que  Loues  commença 
vra  le  village  de  Bifaco  dans  La-Vaunage.  Mrs  de  de  régner  après  la  mort  de  Raoul ,  c’eft-dire  de  l’an 
.  c  hrift.  Sainte-Marthe  a  font  mention  de  cet  aéte  en  ces  9  3  8 .  On  ne  reconnut  pas  même  le  roi  Louis  d’Ou- 
termes  :  Cilhertus  epifcopus  coram  Bertranno  vice -  tremer  en  Languedoc  aufli-tôt  après  fon  couronne- 
comite  à  novem  menfibus ,  Gtfalfredo  Guntano  ment ,  dont  la  cérémonie  (b  fit  le  10.  de  Juin  de 
Vicanis  CS  ceteris  judicibus ,  ante  caftrum  Arena  l’an  936.  car  fuivant  cet  aéte  8c  un  autre  daté  * 
in  mallo  publico ,  querttur  CS  pcjlulat  pro  récupéra -  du  Jeudi  2f.  de  Juin  >  la  quatrième  année  que  Louis 
ttone  villa  de  Bifaco  anno  primo  quo  Corolles  rex  af  commença  à  régner  après  la  more  du  roi  Raoul  3 
fumpfie  imperium .  c*eft-à-dire  L’an  940.  Louis  ne  fut  reconnu  dans  le 

III.  Il  cft  enfin  parle  du  même  évêque  de  Nif-  dioccfe  de  Nifines  qu'entre  le  2 5 .de  Juin  8c  le  10» 
mes  dans  le  plaid  b  que  le  comte  Raymond  tint  dO&obre  de  lan  9  9  6 .  quoique  Raoul  fon  prédé¬ 
dans  cette  ville,  &  qui  étant  daté  du  mois  S Avril  ccllcur  fût  mort  depuis  le  15.  de  Janvier  précé- 
la  troifiéme  année  du  roi  Eudes ,  doit  appartenir  à  dent.  Il  cft  fait  mention  dans  tous  ces  titres  de  l’é- 
l’an  8  9o.Onpourroit  cependant  le  rapporter  alan  pifeopat  de  Raynard ,  de  même  que  dans  un  autre1  r  f*1** 
891.cn  luppofàntque  ce  prince  ne  fut  reconnu  daté  du  mois  d'Otlobre  >  la  cinquième  année  du  roi 
dans  le  dioccfc  de  Nifmes  qu’en  890.  ce  qu’on  Louis ,  ou  de  l’an  940. 
ikiJ.  pourroit  confirmer  par  une  donation  c  faite  au  VI.  Ce  prélat  eut  pour  fucceficur  Bernard ,  qut 


N  0  TE 

xriif- 


b  Pr.p.l§< 


dans  un  aéle  •  du  /;.  de  Février  ,  la  vn.  année  du  1  fa.  41. 
régne  de  Louis  ,  après  la  mort  de  Raoul ,  c’cft-a-dire 
l’an  943.  Il  cft  parlé  du  même  Bernard  1  évêque  t,G4f: 


de  Nifmes  dans  un  autre  aéte  daté  du  Samedi  2$ . 
Février ,  la  vu .  année  de  Louis.  Mrl  de  Sainte- 
Marthe  qui  ont  confondu  ce  Bernard  avec  un  au¬ 
tre  évêque  de  Nifmes  de  même  nom  ,  fucCelleur 


fil.  te.  chapitre  de  cette  vil  le  (bus  l’épi  Icopat  d’Agelard,  «5c  Mrs  de  Sainte-Marthe  ont  omis ,  &  dont  il  cft  parlé 
datée  du  Dimanche  3 .  Avril >Iav/u.  année  du  ré¬ 
gne  du  roi  Eudes  \  car  fuivant  la  lettre  dominicale, 
ce  dernier  a&c  doit  être  de  l’an  897- 

Quoi  qu’il  en  foit ,  on  voit  par  ce  que  nous  ve- 
i  y.Pr.f.io.  nons  de  aire  /qu’Agelard  ou  Angelard d  avoir  fuc- 
cedé  au  plûrard  en  897.  à  Gilbert  ;  d’où  il  s’enfuit 

3 ne  celui-ci  aura  été  évêque  de  Nil  mes  du  moins 

epuis  l’an  875.  jufqu’après  l’an  890.  &  vers  l’an  deBegon,  prétendent  qu’il  fut  éiû  du  vivant  de 
895.  Il  fcmble  cependant  qu’il  y  ait  eu  dcuxcvê-  ce  dernier ,  parce  qu’ils  trouvent  que  Begon  étoit 

ques  de  Nifmes  du  nom  de  Gilbert  à  la  fin  du  IX.  évêque  de  Nilmes  le  8 .  de  Mai  de  la  vi  /.  année 

fieele  *,  car  fuivant  l’auteur  de  la  vie  de  S.  Thcodard  de  Louis  après  la  mort  de  Raoul  :  mais  rien  n’oblige 

e  y.  b>u.  u.  archevêque  de  Narbonne ,  le  fiége  c  épifcopal  de  de  confondre  ces  deux  prélats  du  nom  de  Bernard*, 

1.  /f4n/.i4!»  Nifmes  ctoit  vacant  lorlqtie  ce  faint  prélat  fut  facré  car  depuis  le  1 5.  de  Février  jufqu  au  8.  de  Mai  de 

/'H*  \c  Dimanche  1 5 . du  mois  d’Aout  de  l’an  885.  mais  lan  943.  l’intervalle  cft  allez  long  pour  que  Ber- 

commc  cet  auteur  a  écrit  fort  long-tcms après ,  il  nard  I.  foit  mort,  &  qu’on  ait  elû  Begon  à  fk 

s’eft  trompé  fans  doute  ,  8c  nous  n’avons  aucun  place.  D’ailleurs  le  dernier  u  afte  dont  nons  ve-  ■ 
monument  qui  nous  oblige  à  diftineucr  ainlideux  nons  de  parler  ,  eft  daté  dans  le  cartulaire  de  la; 
Gilbert  évêques  de  Nilmes  a  la  fin  du  IX.  fiéclc.  Il  cathédrale  de  Nilmes ,  du  Jeudi  8.  de  Aiai ,  lava. 

eft  encore  fait  mention  d’Agclard  évêque  de  Nif-  année  de  Louis  apres  la  mort  de  Raoul  *,  &  fi  on  doit 

mes  dans  un  acte  f  daté  de  la  iv.  année  du  régne  de  s’en  tenir  à  la  lettre  dominicale ,  il  faut  qu’il  foit  de 

Charles  après  la  mort  d Eudes ,  c’eft-à-dirc  de  l’an  l’an  945.  ce  qui  forme  un  plus  long  intervalle ,  & 

joi.&nous  fijavons  d’ailleurs  qu’il  alliftaôcn  907.  peut  donner  lieu  de  croire  qu’on  ne  comptoir  qucl- 

au  concile  de  S.  Tiberi.  quefois  les  années  du  régne  de  Louis  d’Oucremcr 

IV.  Mrs  de  Sainte-Marthe  h  font  précéder  Age-  dans  le  diocèlc  de  Nifmes ,  que  depuis  l’an  9  37.  & 


77  h 


f  GaII-  thrifl . 
ibid.  f.776. 

gPr.p.  4Î. 


h  G *11,  thrifl. 

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i  riftin;. . 

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lard  par  un  nommé  Wicbertus,quiallifta,difent-  même  depuis  l’an  9  3  8.  Il  paroît  qu’on  s’eft  fèrvide 
ils,  cil  894^  au  concile  de  Jônquieres:  niais  ils  fe  ce  calcul,  1  °.  dans  une  charte*  où  il  eft  bit  mention 


trompent ,  car  ce  concile  fut  tenu  en  90 9.  &  non  du  même  Begon  évêque  de  Nilînes,&  qui  eft  datée 
en  894.ainfircvcquc  de  Nifmes  qui  y  allifta  n’eft  du  Jeudi  2 4.  Décembre  la  /x .  année  de  Louis  de* 

1  pas  different  d’Ugl>ert  qui  s’y  trouva 1  en  effet,  C S  puis  la  mort  de  Raoul  \  car  fuivant  la  lettre  domi* 

h x'cfrrli .  ib.  A.nt  il  eft  parlé  dans  plufieurs  autres  k  a&es  du  car-  nicale  ,  cette  date  appartient  à  l’an  946.  2°.  Dans 
fit.  31. 35.V.  tulaire  de  la  cathédrale  de  Nifines,  depuis  l’an  un  autre  du  Lundi  12 .  de  Mars ,  la  xr.  année  dé 
47‘  909.  jufqu’en  916.  Prefque  tous  ces  actes  font  da-  Louis ,  ce  qui  revient ,  fuivant  la  lettre  dominicale, 

tez  du  régne  de  Charles  depuis  ta  mort  d Eudes.  Il  y  à  l’an  949. 
if  a.  2  s.  v.  y  en  a  un  Maté  du  24-.  Mars  >  taxa,  année  durer  VIL  Bernard  étoit  évêque  de  Nifmes  dans  le  tems 
gnede  Charles  fils  de  Louis ,  çeft-à-dire  de  l’an  de  ce  dernier  atte,  8c  il  en  eft  fait  mention  dans 
»/•/.  j».  v.  909.  &  un  antre  m  du  28.  Stpttmbre  ld  xxvtnti  plufieurs  autres  du  cartulaire  depuis  la  xi.  année 
du  régne  de  Charles  après  la  niort  d  Eudes  ,  ou  de  de  Louis  d’Outremer  jufqu’à  laxxxiv.  du  roi  Lo- 
ïan  926.  thaire  fon  fucceilèur -,  c’eft-à-dire  depuis  Tari  949- 

V.  A  Ugbert  fucceda  Raynard  ,  dont  il  eft  fàie  jufqu’en  9  8  6.  Le  dernier  titre  où  il  en  eft  parlé  eft 


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dard  4  du  Mardi  16.  Mars  U  xxxiv.  année  que 
Lothaire  commença  de  régner ,  ce  qui  convient  à  l’an 
986.  Il  eft  vrai  que  Lotliairc  étoit  alors  déjà  dé¬ 
cédé  depuis  le  1.  du  même  mois  :  mais  on  pouvoir 
fort  bien  ignorer  Ta  mort  ci\  Languedoc,  quatorze 
jours  après.  Au  refte  on  compte  dans  cetre  charte 
les  années  du  régne  de  Lothaire  depuis  le  com¬ 
mencement  de  Tan  95  $.  Nous  avons  donné  ail¬ 
leurs  *>  des  preuves  de  ce  calcul  ,  diffèrent  de  celui 
dont  on  (e  îervoit  communément,  &  qui  comment 
çoir  à  la  mort  du  roi  Louis  d’Outremer  (on  pere , 
arrivée  le  1  f .  Septembre  de  l’an  974. 

VIII.  Nous  trouvons  un  Frotaire  évêque  de  Nit 
Jnes  dans  un  a  été  c  du  Aîardt  20.  janvier  ,  la  /v. 
année  qu  Hugues  commença  de  régner ,  c’eft-a-dire 
de  Lan  991.  On  comptoit  donc  en  Languedoc  les 
années  du  régne  de  ce  prince  depuis  (bh  cleétion 
en  987.  quoiqu'on  ne  i’eûr  pas  d’abord  reconnu 
dans  cette  province  ,  &  qu'on  y  eût  daté  les  char¬ 
tes,  régnant  Notre- Seigneur  J.  C.  durant  les  pre¬ 
mières  années  de  Ton  régne  :  nous  en  avons  di- 
Verfès  preuves  ,  &  c’cft  ce  qui  nous  doit  faire  rap¬ 
porter  à  l'année  9S8.ouâla  fuivante*  une  charte  * 
du  même  carrulairc,  où  il  cft  parlé  de  Frotaire 
évêque  de  Nil  mes ,  &  qui  cft  datée  du  mois  de  Jan¬ 
vier  régnant  Notre- Seigneur  Jefus-Chrijt.  Nous 
avons  auftî  des  aélesoù  il  cft  parlé  du  même  Fn> 
taire  >  en  date  e  du  Samedi  9.  Décembre ,  la  vt. 
année  que  Hugues  commença  de  régner ,  ou  de 
lan  991.  du  24 •• f  Avril ,  la  vi  / .  année  du  régne 
de  ce  prince  ou  de  l’an  994-  &  enfin  du  jeudi  l  /  8. 
Mat ,  la  première  année  que  le  roi  Hugues  mourut . 
Suivant  la  lettre  dominicale  ,  ce  dernier  aéte  eftde 
l’an  999.  mais  nous  verrons  bien-tbr,  qu’il  doit  y 
avoir  faute  dans  le  jour  du  mois. 

IX.  Il  cft  parle  en  effet  de  Frotaire  évêque  de 
Niimcs  dans  une  charte  h  datée  du  4.d’Avril ,  la  v  1 . 
année  du  régne  de  Robert ,  laquelle  doit  être  de 
l’an  1002.  puiiqu’on  en  trouve  une  autre*  du 
Jeudi  20.  Maijavt  /.  année  que  Robert  commença  de 
régner.  Or  cette  dernière  appartient  certainement 
à  l’an  1005.  (ùivant  la  lettre  dominicale  :  il  finit 
donc  qu’on  comptât  les  années  du  régne  de  ce 
prince  dans  le  dioccfe  de  Niimcs,  d’une  époque 
anterieure  au  20.  de  Mai  de  l’an  99/.  c’cft-à-dire, 
ou  des  premiers  mois  de  cette  année  ,  ou  plutôt 
de  la  fin  de  l’an  996.  ce  qui  joint  à  d’autres  montt- 
mcnskqui  fc  trouvent  dans  nos  pièces  juftifientives, 
confirme  les  preifvé*  qnc  le  P.  Mabiilon  4  a  déjà 
données  >  pour  faire  voir  que  HuguesCapcr  mou¬ 
rut  au  mois  d 'Octobre  de  l’an  996.  &  qu’on  doit 
compter  depuis  cette- époque  les  années  du  régné 
de  Robert  îbn  fils.  En  effet  outre  les  anciens m  hi- 
ftoriens  qui  ne  donnent  i  I  fugues  que  neuf  an¬ 
nées  de  régne  finies  ,  ou  dix  de  commencées , 
on  peut  appuier  ce  calcul ,  i°.  fur  la  date  iûi- 
Vantfc  prifedu  même  carculaire  :  Data  n  die  falbatt 
xnt.  bal.  Januani  anno  .v/.  qtiod  Robeïtus  cœpit 
régnâtes  ce  qu?  fait  voir  que  le  20.  Décembre  de 
l’an  1 007.  on  comptoir  la  onzième  année  de  Ro* 
bert.  20.  Sur  les  deux  dates  qui  (bivent  :  Data  Qdii 
Mcrcttrn  id.  Apnlis^  an  ko  xt  s  s*  quod  Robertm  cœ¬ 
pit  r ignare.  Data  P  dtc  Ventru  vt .  tça/.Martii  ann<j 
x.W  quod  Rotbertm  rex  cœpit  regnare  :  car  ces  deux 
dates  appartiennent ,  fuivant  la  lettre  dominicale; 
la  première  à  l’ail  1 009.  &  l’autre  à  l’an  1  o  1 6. 
M.  Baluze  ^  rapporte  encore  la  date  de  tiois  chartes 
de  la  Marche  d’Efpagne ,  dont  Furie  convient  par¬ 
faitement  avec-  le  commencement  du  régne  de 
Robert ,  pris  depuis  le  2  3 .  du  mois  d’Oclobre  de 


r  V.  Marci 
Hijp.p.  lojSk 
10 19. 


sfÿ.f. 

Fr.  te.l.p. 
20. 


tA7.trc.Htfy. 

p.  9 s  S  •« irftv 


GÜEDO  C;  -tf) 

l’an  996.  &  les  deux  autres  peuvent  (e  prendre  -  ^ 

d^une  époque  antérieure  au  mois  de  Janvier  de 
l’an  997.  Cet  auteut  conclut  de-là  cependant  que 
Hugues  Capet  môurut  i  la  fin  de  cette  derniere 
annee  :  mais  rien  n’oblige  à  admettre  cette  con- 
féqucnce  ;  &  fi  on  rrouve  quelques  chartes  donc 
la  date  ne  peur  convenir  avec  le  commencement 
du  régne  de  Robert ,  pris  depuis  la  fin  d’Oélobrt 
de  l’an  996.  on  en  trouve r  un  grand  nombre 
d’autres  qui  prouvent  manifeftement  que  Hugues 
Capet  mourut  en  996.  Le  Marc  a  Htfpanica  nous 
en  fournir  pluficurs  aufquclles  M.  Baluze  n’a  pas 
fait  attention. 

1  Dans  deux  chtohiques  kdes  XI.  &  XII.  fié- 
cles ,  oh  ne  donne  que  dix  années  de  régne  i  et 
prince ,  &  on  en  donne  trente-cinq  n  Robert  depuis 
U  mort  de  fin  pere.  Or  il  cft  certain  que  ce  derniet 
mourut  en  ioji.  Il  commença  donc  de  régner* 

&  Hugues  Capet  mourur  en  99 6.  i<*.  On  a  une 
donation  r  faire  par  Bernard  comte  de  Befàlu  ;  à 
I  eglife  de  S.  Gêniez  de  Befilu,  (bus  le  pontificat 
de  Grégoire  V.  mort  en  Février  999.  &  datée  du 
28.  de  Mars ,  la  m.  année  du  régne  de  Robert. 

Cet  aétc  n’cft  donc  pas  de  l’an  1000.  comme  l’a 
cru  M.  Baluze  ,  mais  de  l’an  999.  &  quoique  Gré¬ 
goire  V.  fût  alors  décédé  depuis  quarante  jours , 
le  comte  de  Bcfalu  pouvoir  ignorer  fa  mort  ;  oü 
bien  il  y  parle  de  ce  pape  ,  parce  que  Sylveftré  II. 
fon  fijcccftcur  n’étoit  pas  encore  élù;  Si  donc  011 
comptoit  au  mois  de  Mars  de  l’an  999.  la  1 1  r. 
année  du  régne  du  roi  Robert ,  Hugues  Capet  fon 
pere  décéda  avant  le  moisd’Avril  de  l’an  997.  & 
comme  il  mourut  certainement  en  Ôétobre  ,  ce 
fut  en  99(5.  5  °.  Raymond  u  comte  de  Barcelone 
tint  un  plaid  le  25.  de  Juillet  la  xxi.  année  du 
régne  de  Robert.  Ce  comte  mourut  x  en  1017. 
ccr  acte  ell  donc  au  plùtard  de  cette  année ,  &  non 
pas  de  l’an  1018.  comme  le  fiippofè  M.  Baluze* 

&  on  y  comprc  par  conlcq tient  les  années  du  régne 
de  Robert,  depuis  la  fin  de  l’an  99(5.  40.  Le  comre 
Guitrcd  fit  une  donation  Y  au  monaftere  de  Cani- 
gon  en  Rouflillon ,  le  /  2.  de  Juillet  de  Van  /007 
la  xi.  année  du  régne  de  Robert y  dont  le  commen-  •  .  :  r  4 
•cernent  ne  peur  être  pris  que  de  la  fin  de  l’an  pp6. 

50.  Il  eft  certain1,  &  M.  Baluze  en  convient aa, 
qu’Ermcngaud  comte  d’Urgcl,  &  Arnoul  évêque 
d’Aulbîine  furent  tuez  le  premier  de  Septembre  de  : 

l’an  i  o  1  o.  à  la  bataille  de Cordouc  ;  &  qué  Ikirrel 
flvoit  déjà  fuccedc  bb  à  ce  prélat  le  18.  dé  No-  977.  & 
vembre  de  la  même  année  ;  or  en  premier  lieu 


U  Ib.p.  I4J|i 


yp>  964.  ë 


iious  avons  une  charte  c  c  d'Ermcntzaud  comre 


d’Urgcl,  fils  du  précédent,  lorfqiitl  étoit  dans  U  fi* 
x/x.  année  de  fin  âge ,  &:  datée  du  mois  de  Mars , 
la  xxx  /  /  /.  du  roi  Robert  :  la  charte  eft  donc 
de  l’an  1019.  puifque  Je  jeune  Ermcngaud  étoit 


ccp. 


déjà  d  d  né  dans  le  tems  de  la  mort  de  fon  pere.  aa p .  *42. 
En  lècond  lieu,  Borrcl  évêque  d’Aufbnne  ce  fit  ce  p.99u& 
élu  le  premic*  d’Oclcbre  la  xv.  année  du  roi  Ro- 
bert .  Son  élcélion  fut  donc  faite  le  premier  d’O- 
élobfe  de  l’an  ioto.  Sc  on  comptoit  par  con(e- 
cjuent  dans  la  Marche  d’Efpagne  les  ahnées  du  ré-  •  >"  *•*"■  - 
'gne  de  ce  prince  depuis  l’an  996.  70.  Enfin  rien  ,  ’  ‘ 

ne  protrve  mieux  l’époque  de  la  mort  du  toi  Hu-  •.( 

gués  Capet  que  la  date  fiiivante  :  Fallu  d'natto  tfp- 10  iu 
anno  xxv.  Rodbcrtire^is  ni.  idus  NoVembrts  Erd 
M.  Lvin.  car  ccraéle  eft  certainement  du  onze  de  •  •  m/s 

Novembre  de  l’an  foi o/&  la  xxv.  année  du  roi 
Robert  ne  peut  y  être  calculée  que  depuis  la  fin 
d’Oélobrc  de  l’an  99(5. 

'  A  toutes  ces  differentes  dates  nous  ajouterons  U  •  • .  •  *  -  •- 


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_  J74  NOTES  SUR.  1/HISTOlR.E 

jj  OTï  (ûivante  tirée  d’un  a&c  d’échange  qui  fe  trouve  appartenir  à  celui  de  Frotaire  II.  paifqu’il  s’agit  ici  ïTô~77 
XV II  I.  dans  le  cartulaire  de  l’abbaye  de  S.  Guillcm  du  d'ErmengardedcCarcallbnne.femmedeRaymODd-  XVIII. 


4)W.  v .  Mars 1 


bOsBAri/. 

•M.fW 


d  Msrcs 
Hfpp  9  77- 
e  Gsll.ciiri/l. 


defert  :  Fafta  carra  commutations  hujwfeuavn.  Bernard  vicomte  de  Nifmes,  dont  elle  étoit  veuve 

///.  id .  Aov.  anno  v  /  /  #  /.  régnante  Roberto  régi,  en  1078-  °  &  dont  on  ne  trouve  plus  rien  après  •r*„.au 

Suivant ialettre dominicale  cette  charte  eft  du  u.  l'an  107$.  ainû  elle  fit  cette  donation  vers  Tan  * 

Novembre  de  l'an  1004.  Or  fioncomptoit  alors  1075.  Nous  n'avons  en  effet  rien  de  certain  fur 

la  neuvième  année  du  régne  du  roi  Roocrt ,  Hu-  l’épifeopat  de  Pierre-Ermengaud  fucccffcur  deFro- 

■gu es  Capet  (on  pere  fera  décédé  par  conféquent  au  taire  11.  avant  1  an  1080. 

•mois  d'Oûobre  de  l’an  996.  Nous  nous  (brumes  XlV.  Frotaire  H.  parvint  à  un  âge  extréme- 
un  peu  étendus  fur  cette  matière  ,  parce  quelle  ment  avancé  ,&  on  vient  de  voir  qu'il  pofleda  du 
n'avoit  pas  encore  été  allez  éclaircie  ;  revenons  aux  moins  l'évêché  de  Nifmes  depuis  l'an  1017.  juf- 
évêques  de  Nifmes.  qu’en  1074.  Comme  il  fe  qualifioit  4 neienevi- 

X.  Frotaire  poflèdoit  encore  cet  évêché  le  i8.de  que  à  la  fin  de  fon  épifeopat ,  c’cft  une  marque 
4 JW.  1 0.  v .  Mars  t  |»an  ,  006#  ou  i4  x%  anne'e  de  Robert ,  qu'il  avoit  pris  alors  un  coadjuteur  >  ce  qu’on  peut 

oc  qui  détruit  l'épifcopat  du  prétendu  Adalmus  ,  confirmer  par  une  donation  P  fans  date, faite  à  la  ca-  p  m  ^ 
qu’on  fait  évêque  de  cette  ville  depuis  l'an  1 004.  thédrale  par  Pons  de  Mar  (ânes,  *  Frotaire  (j  Ele -  ^*  *£/*». 
bOsBuhri/.  jufquen  1 00  8  Tur  l’autorité  b  de  certains  titres  dont  fant  étant  évêques  de  Atjmes;  a  infi  Frotaire  11.  aura  tioào. 
•M.f.777*  on  ne  rapporte  rien:  mais  il  eft:  évident  que  c’eft  un  pris  Elefant  pour  coadjuteur,  ou  bien  il  fe  fera  dé- 

éveque  fuppofé.Le  même  Frotaire  pofleda  donc  l’é-  mis  en  fa  faveur.  Il  eft  vrai  qu’il  n’cft  rien  dit  de  ce  cjfr.p.u> 
vêchéde  Nilines  depuis  l'an  988.  julqu’en  1006.  dernier  dans  le  catalogue*  des  évêques  de  Nifines, 

&  il  n’eft  pas  different  de  l'évêque  de  ce  nom  dont  dïeflc  vers  le  milieu  du  XII.  fiéclc  -,  mais  c’cft  (ans 
*  CsnuL  j|  cft  par|é  dans  tin  a&e  c  du  cartulaire  de  la  ca-  doute  parce  qu'il  ne  furvecut  pas  à  Frotaire  II.  & 
thédrale ,  daté  du  Mercredi  /  3.  Avril  de  h  /  3.  an-  que  Pierre  Ermengaud  fucceda  immédiatement 
d  Msrcs  sue  de  Robert ,  ou  de  l'an  :  009.  Il  fiegeoit  encore  d  a  celui-ci. 

en  1  o  1  o. &  on  afliirc c  qu'il  en  eft  fait  mention  fous  XV.  Il  eft  fait  mention  de  ce  dernier  dans  l’u- 

***•  le  titre  d'ancien  éiiej\e  de  A'tjmes  ,  dans  un  afte  nion  *  qui  fut  foire  de  Fcglifc  de  S.  Baufile  de  tf.pt. 

de  la  xviu.  année  de  ce  prince,  c’eft-à-dire  >  de  Nifmes  à  l’abbaye  de  la  Chaife-Dieu  par  Raymond 
l’an  1014,  de  S.  Gilles  &  la  vicomteifc  Ermengarde ,  le  Sa- 

XI.  Gcraud  fils  de  Bernard,  feigneur  d’ Anaufe ,  medi  28.  Décembre ,  le  27 m*.  jour  de  U  lune , fous 
fucceda  à  Frotaire  ,  dont  on  prétend  fins  aucun  U  régné  de  Philippe  rot  de  France  ;  ce  qui  ne  peut 
fondement,  qu’il  étoit  frere  :  il  eft  fait  mention  convenir  qu a  l’an  io34» 

fCsriHUM.  Gcraud  dans  un  aâe  *  du  cartulaire  ,daté  du  On  doit  donc  ranger  delà  manière  (uivante  la 

/•/.  79-  w  mo\s  d’Avril ,  la  xxiv.  année  du  régne  de  Robert ,  fuite  des  évêques  de  Nifmes,  depuis  la  fin  du  IX. 

cequi revient  â  l’an  1010.  Le  même  prélat,  avec  fiécle  jufqu à  la  fin  du  XI. 

f/«/’7)*«'  Bernard  fon  pcrc  ,  fit  une  donation  8  confidérable  «00 

.  r  '  a  fa  cathédrale,  le  jeudi  20.  <t  Octobre  la  xxvr.  .  ,  ,  '  ’  _  ~  x  J 

/  »  •  j  d  l  é  a  •  *'I>  Agclard  S  97  -  907.  Gcraud  1019-1015. 

annee  durconede  Robert:  cet  acte  appartient  a  i  an  * .°  ,  c _ •  îf 

r-*  11  j  .  .  .  Fr  Hucberrus  909-9Z8.  Frotaire  II.  1017- 1077. 

1 010.  luivant  la  lettre  dominica  e  ,ou  al  an  ion.  „  j  ^  r  _  , 

ri  .  r  Raynard  919-940.  Elefantus  coadjuteur  du 

félon  l  année  du  régne  :  mais  nous  (oupçonnons  Be/nard  j  &edcnt 

qu  ,1  y  a  foute.  6c  que  le  copifte  au  lieu  ctanno  xxiv  R  ^  PierreErmengaudioSo- 

aura  mis  a>mo  xxvt.  par  un  rcnvcrlemcncdcchit-  1,.  0 

r  c  j •  /-  >1  Bernard  U.  949  -986.  to84* 

ne  ainh  en  niant  anno  xxrv.  tout  s  accorde 

%ff.p.i7^  parfoiremenn  Nous  (îjavons  d'ailleurs h  que  Gcraud  ,  -  -  -  -- 

d’Andufc  poflèdoit  l’évêché  de  Nifmes  en  1019. 

XII.  Frotaire  II. que  Mrs  de  Sainte-Marthe  ap-  NOTE  XIX. 

pellent  Frotaire  III.  lui  (ucccJa.  Il  eft  fait  mention  -,  .  ,  ,  •  j  t  r  j 

,  Sc  «  dernier  dans  nn  adte  i  du  ortul.ir, ,  dard  S“f  d,IS  ,de.  dlP’u  U 

**• v#  du  1 1  Novembre ,  la  xlvi.  année  du  régne  de  Ro-  fi*  du  I  JT.  fiecle  jufqu  au  commen - 
bert :  mais  il  y  a  certainement  une  faute,  car  de  cernent  du  JC II. 

quelque  maniéré  qu'on  compte  les  années  du  ré¬ 
gne  de  ce  prince,  il  n’a  jamais  pû  régner  46.  ans.  L Atel  •  d’un  (èul  Raymond  évêque  de  Tou-  tc*i™ 
Il  eft  certain  cependant  que  Frotaire  II.  fucceda  à  V^iloufc,  en  fait  deux,  de  même  que  d’un 
Gcraud  durant  les  dernières  années  du  régne  du  autre  évêque  appellé  lflo,  011  Klolus*.  il  admet  un 


â  celui-ci. 

XV.  Il  eft  fait  mention  de  ce  dernier  dans  l'u¬ 
nion  1  qui  fut  foire  de  l’églife  de  S.  Baufile  de 
Nifmes  à  l'abbaye  de  la  Chai(e-Dieu  par  Raymond 
de  S.  Gilles  &  la  vicomteifc  Ermengardc ,  le  Sa - 
medi  28.  Décembre ,  le  27 ***.  jour  de  U  lune  y  fous 


/•/.  79-  v. 


ffd-Jl.v. 

*r-P-  *71- 


%  Tr  fW' 


Gilbert  875-890. 
Agelard  S 97- 9^7- 
Hucberrus  909-9x8. 
Raynard  919  -94°- 
Bernard  I.  941. 
Bcgon944  -945. 
Bernard  II.  949  -98 6. 


N  O  T 


Frotaire  I.  988-1014. 
Gcraud  1019-1016. 
Frotaire  IL  102.7-1077. 
Elefantus  coadjuteur  du 
précèdent  en  1077. 
PierreErmengaud  1080- 
1084. 


XIX. 


Suite  des  évêques  de  Touloufe  depuis  U 
fin  du  IJT.  fiécle  jufqu  au  commen¬ 
cement  du  JC II. 


•  fr.f. no.  roi  Robert,  car  il  foufaivit*en  1017.  a  la  fonda- 
tion  du  monaftere  de  Gai  largues  dans  (on  diocèlè , 
&  en  1019.  a  celle  du  prieuré  de  Sauve.  Il  y  a 


I.  Atel 1  d’un  féal  Raymond  évêque  de  Tou-  1 
loufc,  en  fait  deux,  de  même  que  d’un 
autre  évêque  appellé  lflo,  ou  Klolus*.  il  admet  un 
Raymond  I.  du  nom  en  887.  fous  le  pontificat  du 
pape  Jean  VIII.  &  un  (econd  au  commencement 
du  XI.  fiécle.  Pour  ce  qui  eft  d’Iflo  il  le  fait  vi- 


pluficurs  titres  dans  le  .cartulaire  de  Nifmes  ,  da-  vrc  en  919.  Ai  première  année  du  reine  de  ünus 
tcz  en  général  du  régne  du  roi  Henri ,  où  il  eft  d'Outremer;  &c  il  place  en  975.  un  Klolus  fur  le 
fait  mention  du  même  Frotaire  :  mais  l’année  pré-  fiége  épifcopai  de  Touloufe.  Il  a  été  foivi  par 
cife  du  rémie  n'eft  nas  fuécifiéc  dans  aucun.  Ce  Mr*  de  Sainte-Marthe r  oui  ne  fe  font  écartez  de  fon  * 


r  6a.ckrîli 
n.  1.  f.  iJU 


*  Epifcopi 
Yttcrii. 


eife  du  régne  n'eft  pas  fpécifiée  dans  aucun.  Ce  Mr*  de  Sainte-Marthe1  qui  ne  fe  (ont  écartez  de  fon 
k  cm. t9.9.f.  prélat  affifta  k  en  1056.  au  concile  de  Touloufe ,  fentirnent  qu’en  ce  qu’ils  font  vivre  Raymond  L  en 
Yilult  10  ^  commc  ^aPe  Grégoire  VU.  lui  écrivit 1  au  931.  mais  ccs  célébrés  auteurs  fe  font  également 

£  mots  fa  Mai  de  ïiniiilion  xn .  qui  répond  â  l'an  trompez,  &  de  deux  évêques  de  Touloufe,  l’un 

1074.  c’eft  une  preuve  quil  étoit  encore  évêque  appellé  Raymond,  &  l’autre  Klolus,  ils  en  ont 
de  Nifmes  cette  dernière  année.  foit  quatre,  en  voici  la  preuve. 

mPr.p.itt,  XIII.  Nous  avons m  une  donation  foire  àlaca-  II.  Catel  pour  prouver  qu’en  887*  Sc  (bus  le 
thédrale  de  cette  ville ,  par  la  vicomccflè  Ermcn-  pontificat  de  Jean  VIII.  il  y  avoit  a  Touloufe  un 
garde,  en  préfenccde  Frotaire  ancien  évêque.  *  Cet  évêque  appellé  Raymond,  fc  fonde  en  premier  lieu 
a&e  eft  fans  date,  6c  Mrl  0  de  Sainte-Marthe  le  fur  le  prétendu  aâc  de  la  tranflation  des  reliques  de 


tkbiv.  — — —  • —  ~ ------  >v  .Mb  iv  |/ivk\.uuuavit.  uv  ia  v» aimu» i  _  . 

W-f-777*  rapportent  à  L’épifcopat  de  Frotaire  I.  mais  il  doit  S.AntonindcPamiers, mais  “nous  enavonsdéjafoic  ■#**  1 


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î> ë  Languedoc.  .  J7 j 

j.  voir  la  fàufleté.  Quant  au  pontificat  de  Jean  VIII.  en  88  J.  eft  le  meme  que  Bernard  qui  étoit  évê- 
cet  auteur  fc  contredit,  puifque  ce  pape  mourut  que  dccetre  ville  en  8  87-  &  890.  en  effet  leurs 
en  882.  &  qu’il  rapporte  un  titre  autenrique  fui-  noms  (ë  reilèmblcnt,  &  il  peut  y  avoir  faute  de  la 
vant  lequel  Bernon  étoit  évêque  de  TouJoufë  en  part  du  copilte  dans  la  charte  de  Bertheis.  Catel  h 
1  Câ*l S 8 J*  Catel  cite  en  fécond  lieu  a  une  lettre  d’un  les  diftingue  cependant,  5c  met  Bernard  avant 
pape  nommé  Jean  ,  à  un  évêque  de  Touioufë  ap-  Bernon  >  mais  Mrs.  de  Sainte-Marthe  nont  rien  dit 
pcllé  Raymond  :  mais  il  ne  donne  aucune  preuve  de  ce  dernier,  ce  qui  nous  fait  croire  qu’ils  ont  jugé 
que  cette  lettre  foit  plutôt  de  Jean  VIII.  que  de  que  c’eft  le  même  que  Bernard, 
tout  autre  pape  de  ce  nom.  Ainfi  comme  nous  V.  Quant  à  Hugues  I.  il  étoit  évêque  de  Tou- 
fommes  certains  qu’il  y  a  voit  un  évêque  de  Tou-  loufë  dès  l’an  91 7.  puifqu’il  écrivit  au  pape  Jean  X* 
b  Udrcé  Jol,fc  appellé  Raymond  en  10 10.  b  rien  n’em-  pour  lui  demander/*  pallium  en  faveur  d’Ayme- 
ïiff*f.  977'  p£c}jc<jc  rapporter  cette  lettre  au  pape  Jean  XVIII.  ri  archevêque  de  Narbonne.  II  pofledoit  encore 
élu  en  1003.  &  mort  en  1009.  Elle  doit  être  de  l’évêché  de  Touioufë  l'an  972.  *  de  la  trabeation 
Tan  1007.  parce  quelle  eft  datée  de  Finditftion  v.  ou  incarnation  de  J.  C.  Un  Vendredi  22 .  de  Janvier 
Quant  à  ce  que  difent  Mr*.  de  Sainte-Marthe  ,  la  xv il t.  année  de  Lothaire .  Il  y  a  une  difficulté 
••  que  Raymond  I.  occupoic  le  fiége  de  Touioufë  touchant  cette  date,  c’eft  que  la  lettre  dominicale, 

••  en  931.  fuivant  des  aéles  très  -  anciens ,  quoi-  qui  eft  celle  de  l’an  969.  ne  peut  s’accorderavec 
•  que ,  ajoutent-ils,  Catel  allure  qu’il  vivoit  fous  l’an  971.  Le  P.  Mabillon  k  tâche  de  corriger  cette 
••  (empire  de  Charles  le  Gras.  »  Comme  ils  ne  erreur ,  en  lifan tfer/a  /v.  au  lieu  de  firia  v /.  ce 
citent  aucun  de  cesaétes,  &  qu’il  eft  certain  d’ail-  qui  fèroit  que  cette  date  devroie  être  rapportée 
leurs  qu’Hugucs  a  été  évêque  deTouloufë  depuis  i  l’an  973.  mais  outre  que  c’cft  contre  la  foy  de 
la  fin  de  l’an  917.  jufqu’en  971.  il  s’enfuit  que  l’atfteoù  onli tferiavi.  ôcanno  972.  l’année  97 3* 
Raymond  n’a  pu  occuper  le  fiége  épilcopal  de  cette  ne  fçauroit  d’ailleurs  s’accorder  avec  la  xviti.  du 
ville  en  932.  Venons  préfèntemenr  à  Iflolus  ou  régne  de  Lothaire  ;  car  c’étoit  alors  la  xix.  En  un 
Iflus.  mot  ce  titre  prouve  feulement  qu’Hugucs  étoit 

ïCâttl  III.  Catel c  cire  deux  chartes  pour  prouver  que  encore  évêque  de  Touloulë  au  commencement 
%sh  ce  dernier  liegeoit  en  919.  ou  comme  il  s’exprime,  de  l’an  971.  Atton  dont  il  eft  fait  mention  dans 
durant  la  première  année  du  régne  de  Louis  d’Ou-  une  charrc  Matée  du  8.  de  Février  de  i’érc  m.  xr. 
tremer:  lune  eft  datées  mois  de  Juin>  la  pre-  ou  de  l'an  973.  lui  fticccda. 
mure  année  que  Louis  commença  à  régner  ;  l’autre  VI.  Hugues  évêque  de  Touioufë  fit  Un  refta- 
n’a  point  de  date,  &  par  confequcnt  ne  prouve  ment m  dans  lequel  il  nomme  le  comte  Raymond 
rien.  Il  prétend  qu’on  doit  rapporter  la  première  pour  fon  principal  exécuteur  teftamentaire ,  6c  lui 
au  régne  de  Louis  d’Outremer  yparce  d,  dit-il,  7//*  fait  differens  legs.  Il  paroît  certain  que  cc  comte  eft 


N  O  T 
XIX. 


h  Catel  mm « 
p.  ni. 


i  Mob,  dipf. 
p.  51 6. 


r  Maù.  dlC, 

SS. Or. S. Ben» 

fai.  V  l.  part» 
ï-  p .  312.  44 
973,  n • 

99. 


I  Pr.p.iz** 


mPrp.làf: 

frfeq. 


que  < 

Van  premier  d'i  régne  de  Louis  le  Gros,  Amcliusctott  le  même  que  Raymond  I.  du  nom  comte  de 
évêque  de  Tottloujc,  Van  premier  du  régne  de  Louis  Roucrguc  5c  marquis  de  Gothie ,  lequel  décéda  en 


le  jtune  ,  c  étoit  Raymond.  Maison  peur  rappor¬ 
ter  cette  charte  â  la  première  année  du  régne  de 
Louis  V.  fils  de  Lothaire,  c’cft-â-dirc,  au  mois  de 
Juin  de  l’an  986.  6c  c’cft  fa  véritable  époque. 
i°.  On  n’a  aucune  preuve  qu’il  y  eût  a  Toloufe 
un  évêque  appelle  Iflus  ou  Ufolus  fous  le  régne 


961.  cc  qui  peut  fervir  â  fixera  peu  près  f époque 
de  ce  teftament  qui  n’eft  pas  daté,  6c  qui  doit 
être  environ  de  l’an  960.  ce  qu’on  peut  confir¬ 
mer  par  les  réflexions  fuivanres.  t°.  L’évêque  de 
Touioufë  fait  auffi  fon  exécuteur  teftamentaire 
Hugues  pis  d'i  comte  Raymond  :  or  nous  fçavons 


de  Louis  d’Ôutremer,  au  lieu  que  nous  fommes  que  Raymond  I.  comte  de  Roucrgîie  eut  un  fils 

de  même  nom.  i°.  Cc  prélat  donné  le  château 


«r.  Mm 4  certains  qu’en  974.  c  il  y  avoit  un  évêque  de  ce 
Ifiÿ.f.  fit.  comme  Catel  en  convient.  i°.  Louis  d’Ou¬ 
tremer  ne  commença  de  régner  en  Languedoc 
qu’en  93  6.  Or  Hugues  étoit  alors  certainement 
évêque  de  Touloufè  :  par  confequcnt  Iflus  ou  Iflo- 
lus  dont  Catel  6c  M".  de  Sainte-Matthe  ont  fait 
deux  évêques  eft  le  même  prélat  qui  a  occupé  le 
fiége  épifcopal  de  Touloufè  depuis  l’an  974*  juf- 
qu’en  986.  car  Atton  que  Catel  met  fur  ce  liège 
en  982.  fur  l’autorité  dune  charte  fans  date,  où 
^  il  eft  fait  mention  de  Garfias  archevêque  d’Auch  , 
pouvoit  ne  le  remplir  qu’apres  l’an  986.  puifque 
*c  mcme  f  Garfias  vivoit  encore  en  999. 

>71.  ’  IV.  Nous  croions  donc  qu’il  faut  ranger  de  la  ma¬ 

niéré  fuivantc  la  fuite  des  évêques  de  Touloulc 
depuis  la  fin  du  IX.  liécle  jufqu’au  commencement 
du  XII. 


SPr.fM.», 

«I*. 


Bernard  ou  Bernon  S  8  3  - 
890. 

Armand I.  907-925* 

HugcsL  927-972. 

Atronl.  973. 

Iflolus oullîus  97-Î-9S6. 

Atton  II.  vers  990. 

Raymond  1. 1007-1010. 

Nous  fuppofons  que  Bernon  qui,  fuivant  une 
charte  6  de  Bertheis  comtcfle  de  Touloulc ,  vivoit 


Pierre  loiS. 

Bernard  1035. 

Hugues  II.  1043-1045. 
Armand  II.  1056. 
Durand  1059-1071* 
ifarn  1071-1 105. 
Amclius  1109. 


de  Saiflàc  dans  lc< dioeele  de  CarcafTbnne ,  à  Roger 

(3  à  Arpndc .  Cc  Roger  qu’il  qualifie  comte  dans 

un  autre  endroit ,  n  eft  pas  différent  û  de  Roger  I.  nF’.tfor.xnirJ 

dti  nom,  comte  de  Carcaflonne,  qui  avoir  foc- 

cedé  à  Arnaud  fon  pcrc ,  depuis  environ  l’an  9^5. 

fous  la  tutelle  d’Arfinde  fa  mcrc.  Or  il  pjroic 

par  cc  teftament,  que  ccttc  derniere  avoir  encore 

alors  Fadminiftration  du  comté  de  Carcaflonne ,  5c 

nous  n’avons  aucune  preuve  qu’Jle  Fait  eue  apres 

l’an  0  960.  oihd- 

Mais  d’où  vient,  dirat-on,  qu’Hugues  évêque 
de  Touloufè  fait  le  comte  de  Roucrgue  fon  exécu¬ 
teur  teftamentaire  plutôt  que  le  comte  de  Toulou- 
fê  ?  6c  n’eft-il  pas  plus  vraifembiable  que  ce  Ray¬ 
mond  étoit  comte,  de  cettederniere  ville?  D’ailleurs 
Hugues  fils  de  Raymond  I.  comte  de  Roucrgue, 
ne  pouvoit  avoir  qu’environ  io.â  n  ans  en  960. 

Eft-ii  croyable  qu’à  cet  âge  il  ait  été  nommé  exé¬ 
cuteur  d’un  teftament  ? 

Pour  fàtisfiire  â  cette  objeflion ,  il  faut  fîip- 
pofer ,  comme  une  chofe  que  nous  avons  P  déjà  P  y^.vut 
démontrée ,  fçavoir ,  que  Raymond-Pons  comte  de 
Toufoufë,  étant  mort  vers  Fan  950.  fon  fils  Guil¬ 
laume  Taillefer  qui  lui  fticccda ,  n’avoit  alors  que 
4.  à  5.  ans  ;  ainfi  l’evêque  Hugues  ayant  fait  fon 
teftament  vers  Fan  960.  il  fc  fera  plutôt  adrefïc 
à  Raymond  comte  de  Roucrgue  de  la  maifon  de 


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NOTE 

XIX. 


\Mab.  U 

«*.  f6j.  N< 
-loi. 


57é  NOTEES  SUR  L’HISTOIRE 

Touloufe ,  qu’au  jeune  Guillaume ,  pour  être  fon  tion  quil  entreprit  contre  les  Sarafins  fur  les  cotes  ^  ' 

exécuteur  teftamentaire,  parce  que  le  premier  croit  de  Catalogne,  en  faveur  d’Ermeflindc  veuve  de  xiX.* 
alors  le  feul  de  cette  mailbn  en  état  d’en  remplir  Raymond  comte  de  Barcelone.  Or  comme  ce 
les  fondions.  Que  fi  ce  prélat  nomme  aulli  pour  comte  mourut  “en  ioi  7*  l’expédition  de  Roger  n 
exécuteur  teftamentaire  Hugues  fils  du  comte  de  doit  être  poftéricure  à  cette  année,  &  Pierre  étoit  Niih  m- 
Rouergue,  qui  étoit  aulli  alors  fort  jeune,  ce  n’aura  par  conféquent  évêque  de  Touloufe  à  la  fin  de 
été  que  pour  (uppléer  après  la  mort  de  (on  perc  >  l’an  i  o  1 8.  ou  au  commencement  de  l’année  fui- 
ce  qui  ne  tire  pas  à  conlcqucncc.  vante. 

Vil.  Si  nous  en  croions  le  P.  Mabillon  a  il  y  aura  Catel  0  met  Arnaud  ou  Arnoul  fur  le  fiége  épif-  o  c a. 
eu  deux  évêques  de  Touloufe  du  nom  d’Hugues  copal  de  Touloufe  en  1035.  fondé  fur  lesaàes*#M,‘ 
au  X.  fiéclc,car  il  fait  mention  d’une  donation  faite  du  concile  de  Cuxa ,  auquel  il  aflîfta  alors.  Il  a 
•à  l’abbaye  de  Lezat  par  Roger  comte  de  Commin -  été  fuivi  par  Mrl.  de  Sainte-Marthe  f  :  mais  on 
je/,  duconfeil  de  Bernard  évêque  de  7 otiloufe  la  voit  par  les  ades  mêmes  de  ce  concile  donnez  ’I*’*7,‘ 
xi.  année  de  Lot  haïr  e  ;  mais  ce  célébré  hiftorien  a  par  le  P.  Mabillon  %  que  ce  fut  Bernard  évêque  q  Dipt.  ^ 
été  trompé  par  les  fauftès  conjedures  de  ceux  qui  de  Touloufe,  8c  non  pas  Arnaud  qui  y  aflîfta. 
lui  ont  fourni  l’extrait  de  cette  donation ,  qui  fe  II  réfiiltc  de  là  qu’Arnaud  qui  étoit  évêque  de  7i*’ 
trouve  dans  le  cartulairc  de  Lezat,  &  dans  laquelle  Touloufe  en  1  o  5  6.  ne  fiégoit  pas  depuis  l’an  1 03  5 . 

Roger  n’a  que  la  fimple qualité  de  comte, &  Ber-  comme  on  le  fuppofe  r.  En  effet  nous  trouvons  r 
nard  celle  d’évêque  3  ainfi  ce  prélat  n’cft  pas  un  Hugues  évêque  de  Touloufe,  qui  en  1043.  ^ 

fbuferivit  •  au  v  1 1 1 .  concile  de  Narbonne.  1  ***»• 

X.  Durand  abbé  régulier  de  Moiflàc  avoir  ^ 
déjà  1  fucccdé  à  Arnaud  au  mois  de  Juin  de  l’an  t  g*.  4*$. 
1039.  Nous  trouvons  la  date  précife  de  l’éleâion 
d’Ifâm  fucccflcur  immédiat  de  Durand ,  &  par  1. 
conféquent  de  la  mort  de  ce  dernier,  dans  un  a&e a  u  Pr.Mio. 


différent  de  Bernard  évêque  de  Conferans ,  qui 
T»  V.  GaU.  vivoitb alors,  8c  dont  les  fuccelfeurs  avoient  l’a- 
voucrie  de  l’abbaye  de  Lezat. 
c  M*k.  *d  VIII.  Ce  même  auteurs  trompé  encore  parles 
mémoires  manuferits  du  P.  Efticnnot d  ,  donne 
Eudes  pour  fucceflèur  immédiat  à  Guarin  dans 


t  Mat ca 


f  A/**.  Ad 

«•/I.  loot.i,. 
M. 


Ann.  96 5.  n. 
loi. 

d  fhen.  /#. 

V  «/T  Lezat ,  &le  fait  vivre  fous  le  régne  de  dont  le  P.  Mabillon  x  fait  mention ,  &  qui  eft  daté  d 

p- 1«.  &/eq.  Louis  fils  de  Lotairc  :  d’où  il  conclut  qu’il  faut  di-  du  6 .  de  Décembre  de  l'an  1  061 . f  année  qu  lfarnfut  10a*. 

ftinguer  ce  Guarin  abbé  de  Lezat ,  du  cclébrc  Gua-  élu  évêque  de  Touloufe  ;  mais  ce  fçavant  auteur 
rin  abbé  de  Cuxa  en  Roufïillon ,  qui  vécut  jufqu’à  trompé  par  la  copie  de  cet  ade  qu’il  a  trouvée  parmi 
la  fin  du  X.  fiéclc.  Mais  outre  qu’il  eft  certain  e  les  collections  de  D.  Efticnnot  ,n’a  pas  pris  garde 
que  ce  dernier  adminiftra  l’abbaye  de  Lezat  juf-  qu’il  y  aune  faute  dans  l’an  de  l’incarnation,  & 
qu’à  fa  mort  arrivée  au  commencement  du  XL  lié-  qu’il  faut  lire  1071.  au  lieu  de  1061.  En  effet 
de,  comme  le  P.  Mabillon*  en  convient  lui-même,  il  cft  certain  par  difïèrcns  y  monumens  raportez  yr.crf; 
on  n’a  d’ailleurs  aucune  preuve  qtt’Eudcs  ait  été  par  le  P.  Mabillon  même ,  que  Durand  fut  évêque 
abbé  de  Lezat  fous  le  régne  de  Louis  V.  Il  cft  vrai  .  de  Touloufe  depuis  l’an  10  5  9.  jufqu’au  mois  d’ Août 
que  fuivant  une  charte  de  cette  abbaye  ,  Eudes  de  l’an  1071.  U  eft  vrai  que  le  P.  de  Sainte-Mar- 
en  étoit  abbé  la  v.  année  du  régne  de  Louis  :  anno  the*  fcmble  croire  que  Durand  étoit  encore  evêque  1071.  ti. 
quinto régnante  Ludovtco  Francigcna-, ce  qui  a  don-  de  Touloufe  en  1071.  mais  la  charte  de  ccttc 
né  lieu  au  P.  Eftiennot ,  qui  rapporte  un  extrait  de  année  qu’il  cite ,  ne  le  dit  pas.  Elle  porte  feulement 
cette  charte,  de  placer  cet  abbé  fous  le  régne  de  que  quelques  feigneurs  confirmèrent  alors  une 
Louis  V.  mais  ce  roi  n’a  pas  régné  5.  ans  depuis  donation  qu'ils  avoient  faite  auparavant ,  entre 
la  mort  de  fan  pcie  :  ainfi  cette  charte  regarde  le  les  mains  de  Durand. 

régne  de  Louis  d’Outremcr,  de  même  qu’une  On  pourroir  objeéler  encore  que,  fuivant  le 
autre  de  la  x  1 1 1.  année  du  régne  de  Louis  ,  où  nccrologc aa  de  l’abbaye  de  Moiflac,  ce  prélat  mou- 
il  eft  parlé  d’Azius  ou  Atazius,  abbé  de  Lezat:  rut  le  8- de  May  ,  8c  qu’étant  certainement  en  vie 
ff  Ad\  charte  que  le  P.  Mabillon  S  rapporte  au  régne  de  au  mois  d’Août  de  Lan  1071.  il  ne  peut  être 
énn.9+0.*  Louis  d’Outremer ,  &  que  le  P.  Efticnnot  h  avoir 
h  Eftien.  i*.  mife  fous  celui  de  Louis  V.fils  dckLothairc.  Repre¬ 
nons  la  fuite  des  évêques  de  Touloufe. 

IX.  Le  P.  Mabillon  admet 1  en  95 1.  un  évêque 

de  cette  ville  appcllé  Ifarn  :  mais  il  a  corrigé  cette  pourroit  faire  ;  fçavoir  ,  que ,  fuivant  la  chronique 
k!«4*.4W.  faute  dans  X errata  duk  4rac  volume  de  fes  an-  de  Lambert  bb  de  Schaffnabourg ,  l’évêque  de  Tou» 


i  Malté  ad 
*nn.  9  $  1  •  J*. 


décédé  qu’en  1071.  Mais  ou  il  y  a  faute  dans  le 
necrologe ,  ou  bien  Durand  (c  fera  démis  de  l’é¬ 
vêché  de  Touloufe  avant  fa  mort. 

Nous  ne  difbns  rien  d’une  3mc.  objcâion  qu’on 


aol. x. 

1  Eftitn.  Ht. 
f-  319. 


nalcs.  loufe  mourut  en  1069.  car  iï  eft  vifible  que  cet  ^.'179. 

D.  Eftiennot 1  fait  mention  d’un  plaid  tenu  la  auteur  n’a  pas  voulu  parler  de  Touloufe  en  Lan- 


xxili.  année  du  régné  de  Louis  ,  far  les  envoyez, 
du  comte  Raymond ,  ff avoir ,  par  Raymond-  Alton 
évêque  de  Touloufe ,  &c.  il  rapporte  cet  a£te  au 
cégne  de  Louis  d’Outremer,  8c  à  l’an  95 1.  mais 
comme  ce  prince  ne  fut  reconnu  qu’en  936. 
&  qu’il  mourut  en  954.  il  ne  fçauroit  avoir  ré¬ 
gné  i}.  ans.  Ainfi  s’il  n’y  a  point  de  faute  dans 
la  date  de  ce  titre  ciré  du  cartulaire  de  Lezat  , 
il  faut  qu’il  s’agiflè  d’un  autre  de  nos  rois  du  nom 
de  Louis ,  8c  cela  ne  peut  convenir  qu’à  Louis  le 


>1  OT  E 
u 

ïfr 


guedoc ,  mais  de  quclqu’autrc  ville  dont  le  nom 
cft  corrompu. 

XI.  Catel  «  rapporte  la  mort  d’Ifam  évêque 
de  Touloufe  environ  l'an  1098.  prétendant  avoir 
remarqué  plufieurs  actes  où  il  eft  parlé  d’Amelius 
fon  fucceflcur  en  1 1 00.  &  Mrs.  de  Sainte-Marthe  dd  oa^* 
l’ont  fuivi.  Ils  ne  citent  cependant  aucun  monu- 
ment  qui  prouve  qu’Amelius  fut  évêque  de  Tou¬ 
loufe  cette  dernière  année ,  &  avant  l’an  un. 

&  nous  en  avons te  qui  font  voir  qu’Ifârn  étoit  eepr.f.nu 
—  r..A  .  *  c  4  1  X  .1  r  _  îSt.ith 


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Jeune.  Il  y  avoit  en  effet  à  Touloufe  un  évêque  non  feulement  encore  évêque  de  Touloufe  en 
appelle  Raymond  la  xxm.annécdu  régne  de  ce  1100.&  1102.  mais  encore  en  1105.  on  doit 
prince.  conclure  de  là  que  la  date  fuivante  tirée  d’un  aéte 

m  jum-tak.  X.  Ademar  de  Chabanois  m,  auteur  contcmpo-  du  cartulaire  de  S.  Scrnin,  cité  par  Catel ,  eft  fàulfe. 
t».iM.LAk.  rain,  rapporte  que  Pierre  évêque  de  Touloufe  ac-  Cet  a&e eft  daté  ff de  Van  /  /  0  0 .  Louis  rot  de  France  ffcatitmh 
f  ‘  compagna  Roger  prince  Normand  dans  l’expedi-  régnant,  Bertrand  étant  comte  ,  Amelm  cvê  }tte.  /,ul* 

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Cet  aAt  eft  de  fa  fin  de  Tannée  1108.  ou  du 
commencement  de  la  fui  vante,  &  on  ne  fçauroit 
s'en  fèrvir  comme  fait  le  P.  Pagi  • ,  pour  prou¬ 
ver  l’époque  de  Taffbdation  de  Louis  le  Gros  aü 
thrône* 


NOTE  XX. 


porte  cet  aâe  au  régne  de  Charles  le  Chauve,  pré-  n  O  T  fc 
tendant  que  Charles  le  Gras  &  Charles  le  Simple  XX. 
n’bnt  pas  régné  19.  ans  :  mais  il  n’a  pas  fait  atten¬ 
tion  que  ce  derftier  fut  toujours  reéonnu  en  Ldri- 
^>uedoc  jufqu’â  fâ  mort,&  qu’ainfi  il  régna  plus 
de  3 o.ans dansccrre province.  Aufli  (e rétradc-t-il°  oibp.sit 
dans  la  fuite  ,  ôc  il  convient  que  Tcudo  vivoit  (bus  &J“*' 
le  régne  de  ce  prince.  En  effet  il  fut  T  en  9$$.  PJV./.70» 
un  des  exécuteurs  teftatoentaires  de  Regrnald  ou 


*  J  7?  •  J.  Raynald  évêque  de  Béziers,  qui  étoit  vraifcmblable- 
“  ^  Setters  &  ment  fon  onde  paternel,  &frere  de  Bofon.  Teudo 
époque  de  l  union  de  ces  étoit  donc  vicomte  de  Beziers  Ôc  d'Agde-cn  916* 


Sur  les  anciens 
i*  j4ylc ,  &  P  époque 
deux  vicomtexjians  U  meme  mai  fon. 


br.  r f.  hj  £$  plus  anciens  vicomtesbdc  Bcziersquenoux 
iu.j4 i  ss**  JLconnoiflions,  font  Antoine  qui  vivoit  Tan 


cm  a.  a 

«A>.  •>•.»« 

SI. 


d’Agde-cn  916 . 

IV.  Nous  trouvons  enfuite  4  en  9f  n  Jonus  7/* 
oitjonas,  vicomte ,  qui  foufcrivic  à  une.  donation 
de  Raymond-Pons  comte  de  Touloufè ,  en  faveur 
deTéglifc.de  Beziers,  ÔC  il  cft  vrai (croblable  qu’il 
étoit  vicomte  de  cette  ville  ,  &  fils  ou  frere  de 
Teudo.  - 

V.  Raynald  II.  fucceda  â  jonas dans  les  vicomtez 


845.  &  Gerin  en  858.  Le  P.  Mabillon*  fait  un 
Aton  &  un  Afoarius  vicomtes  de  Beziers  vers  Tan 
840.  mais  ce  n’eft  qu’une  conje&ure  qui  n’a  au¬ 
cun  fondement.  Il  fe  contredit  d’ailleurs,  puit- 
a  M  *»»•  n06  ^ans  l,n  autrc  d  endroit  il  fait  vivre  ces  deux  de  Beziers&  d’Agde.  Il  les  pofledoi t r  en  96 1 .  ôc  il 

,4o.  n-**  vicomtes  vers  Tan  9  5  o.  étoit  déjà  mort  au  mois  d’Ctàobrc  de  Tan  969.  que 

9*9'*'  IL  On  CToit  •  qu’ Aton  étoit  vicomte  Beziers  en  fes 1  exécuteurs  teftamentaites ,  dont  la  vieomcellc 
y.  A’tff.i**1*.  895.  mais  il  eft  plus  vtaifèrtblable  qu’il  étoit  Garfînde  croit  du  nombre,  délivrèrent  un  legs  qü’il 

vicomte  dans  la  partie  méridionale  du  diocèfè  de  âvoit  fait  a  la  cathédrale  de  Beziers.  Le  vicomte 

Touloufè.  Raynald  prend  le  titre  de  vicomte  du  Guillaume  confenrir  à  cet  aélerainfi  il  eft  fort  viai* 

f  pr.f.  si.  comte  de  BeVtrs  dans  un  a&c  (d\\  \6.  de  Juillet  femblable  que  celui-ci  étoit  fon  fiis,&  que  Garfînde 

%  y-ct-Se/m  jc  j»an  397.  &  j|  paraît  $  qu’il  poffèdoit  cette  vi-  étoit  fa  femme.  Raynald  II.  avoit  époufo  cette  d&* 

2i  comté  dès  l’an  88  r.  L’aélc  de  lan  897.  eft  fouf  medepui 


r  p.  loi. 


f 

fil- 


c  V.  T*>  1/ 
571 


puis  peu  en  fécondes  noces,  ôc  avoit  eu  Guit 
cric  après  le  meme  Raynald  par  Didcfâ  femme,  Ar*  laume  d’un  autre  mariage,  foppofé  quelle  foie  la 
findc  &Bozon.  Ce  dernier  dans  un  titre  h  du  14.  même  que  Gariinde,  qui c  en  104 6.  abandonna 


i  Cdttl  mem. 
f .  éii-tr. 


k  <An4q. 

*'-f-  47- 
I  #  di 


que  liarlinde ,  qui 

de  Décembre  de  la  même  année  ,  fè  qualifie  vi-  au  comte  Pierre  les  oUensii  l:s  fiefs  qui  uvoicnt  <ip - 

comte  de  Bezjcrs  (i  d'slqde.  Catel  ‘  a  imprimé  ce  fartenu  au  vicomte  GuMaume  (S  à  fa  fille  Garfînde  ; 

titre  fans  la  date ,  &  Bofon  y  eft  appellé  Nolo  par  ce  qui  nous  paroi  t  très-probable  :  car  le  même  Guil- 

unc  erreur  de  copiftc  :  mais  il  cft  certain  qu’on  laume  qui  lucceda  immédiatement  à  Raynald  II.  *.  •  - 

doit  lire  Bofo  au  lieu  de  Nolo ,  Ôc  que  Taéte  eft  du  dans  les  vicomtez u  de  Beziers  ôc  d’Agde,  avoit  déjà  0  **** 

14.  de  Décembre  de  Tan  897*  Comme  Andoquek  époulc  Drude  ou  Ermentrudeen  977.  ôc  s’il  eût 

3ui  avoit  vu  l’original  >  le  tcmoigne.Nous  (çavons 1  été  fils  de  Garfînde ,  celle-ci  auroic  été  âgée  de  plus 

'ailleurs  que  Bofon  fût  vicomte  de  Beziers  la  x.  de  cent  ans  en  1046.  ce  qui  ne  doit  erre  admis 
&  la  xxi  1.  année  de  Charles  le  Simple  depuis  la  que  for  de  bonnes  preuves.  Il  eft  Vrai  qu’on  pour* 
mort  iEudcsy  c’eft-à-dirc,  en  909.  ôc  911.  roit  croire,  que  celle  qui  fit  l’abandon  de  l’an  104(1. 

Le  vicomte  Reginald  ou  Raynald  fon  prédécef-  cft  la  même  que  Garfînde  de  Bclalu,  alors  vicom- 
feur,  mourut  donc  entre  le  16.  de  Juillet  ôc  le  14.  tefîè  de  Narbonne  ,  comme  nous  l’avons  d’a- 
de  Décembre  de  l’an  897.  ôc  comme  il  ne  fe  quali-  bord  foppofè  * ,  fur  le  fondement  qu’une  partie  v 
fioir  que  vicomte  de  Bexjers ,  au  lieu  que  Bofon  fon  des  lieux  mentionnez  dans  le  délaiffementapparte- 
foccellèur  prenoitlc  titre  de  vicomte  de  Bezjcrs  (3  noient  i  la  maifon  de  Narbonne  â  la  fin  du  X.  fié- 
iAgde ,  c’eft  une  preuve  que  celui-ci  fut  le  pre*  cle  &  dans  le  XI.  mais  nous  ne  voyons  pas  pour 
micr  qui  unit  ces  deux  vicomtez  en  fâ  perfbnne.  Or  quelle  raifon  la  vicomteflè  de  Narbonne  ,  qui  d’ail- 
il  ne  paroît  pas  qu*il  ait  été  fils  de  Raynald ,  ce  qu’il  leurs  étoit  alors  en  puiflànce  de  mari ,  auroit  pû 
n’auroic  pas  oublié  de  marquer  dans  les  deux  aéèes  faire  ce  délaiflcmenr. 

donc  nous  venons  défaire  mention  \  ainfi  il  dévoie  Quoi  qu’il  en  foit  il  eft  fait  mention  de  Guillau* 
être  vicomte  d’Agde  de  fon  chef,  ôc  avoir  héricé  me  vicomte  de  Beziers  &  d’Agde ,  dans  un  aéfe 
de  la  vicomté  de  Beziers.  On  pe  ur  conjeéiurcr  que  daté  1  de  la  xxv/u.  année  du  réonede  Lothaire,  ou 
ce  fut  par  fâ  femme ,  que  nous  croyons  être  la  me-  de  Tan  9  8 1 .  Ce  vicomte  époufa  enfuite  une  autre 
me  qu’Adelaïdc ,  qui  prend  le  titre  de  vicontejfe  dame  appelléc  Arfinde ,  dont  il  eft  parlé  **  dans  un  upr.p.in. 
Zf/ffj ’ff'  Bezjers ,  dans  une  vente  raqu’e!le  fit  en  924.  du  aûe  du//.  Août  >  lavtr.  année  du  règne  du  roi 
village  de  Salacian  ,  en  préfènee  d’Aigon  archcvc-  Hugues*  ou  l’an  995.  de  même  que  dans  une  do* 
que  de  Narbonne.  Elle  aura  donc  été  fille  &  héri-  nation  bb  qu’il  fit  â  l’abbaye  deS.Tiberi,yir/e^/wr  bb  ^.i+î. 


Xïr.p.  iji. 
yp.117.  y*, 


%  Ont. 

/.  <sj*. 


tiere  du  vicomte  Raynald ,  ôc  veuve  en  91 4.  de  Bo¬ 
fon  vicomte  d’Agde. 

III.  Ce  dernier  eft  le  plus  ancien  vicomte  d’Agde 
que  nous  connoiffions,  ôc  nousn’avonsaucun  mo¬ 
nument  fur  fes.  prédécefieurs.  Il  étoit  fils ,  félon 
toutes  les  apparences,  d’Arfinde  qui  fouferivit 


+  fit* 


ce  p.  I 
&fit* 


d’en' reprendre  le  voyage  de  Rome. 

Ce  dernier  aéle  cft  daté  fimpiement  du  dénier 
de  Février ,  tnd/Ehon  HL  mais  il  eft  antérieur  à 
Tan  foi),  puifque  Guillaume  étoit  alors  Cc  déjà  dé¬ 
cédé  :  il  doit  être  donc  ou  de  l’an  990.  ou  de  l’an 
1  ooj.  qu’on  comproit  Tindiélon  ).  Nous  croyons 
avant  lui  â  i’aâe  de  Tan  897-  Il  pofïèda  certe  plus  volontiers  qu’il  cft  de  l’an  990.  parce  que 
vicomté  avec  celle  de  Beziers,  ôc  les  tranfmitafès  nous  n’avons  aucune  preuve  que  Guillaume  ait 
focccflcurs;  ce  qui  paroît  par  differents  titres.  Le  vécu  après  Tan  99$.  On  voit  par  le  teftament 44  fff  t4*‘& 
premier  vicomrc  que  nous  trouvions  après  lui,  eft  que  ce  vicomte  fit  vers  le  même  tems,  qu’il  ne 
Teudo  ,  dont  il  eft  fait  mention  dans  une  charte  .  laifla  que  deux  filles,  Garfînde  &  Senegonde.  L4 
&/rq.  datée  de  U  xxtx.  année  de  Charles .  Catel0  *ap-  première  fût  héritière  des  vicomtez  de  Beziers  ôc 

Tome  II.  DDdd 


V  Caret  mem. 


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tr?  NOTES  str* 

NOTf  d'Agde,&ep^fea*nperaieres  noces  Ray mood 
%  A>  *  fils  aîné  Je  Roger  L  comte  de  Carcailbnnc ,  &  en 
•  K.Ao.'.xxix.  fécondes  noce*  Bernard  feigneur  d’Andufe,  avec 
»•  Pr.fi  167.  lequel  elle  ctou  déjà  mariée  l’an  &  101 }.  L'autre 
époulâ  Richard  vicomte  de  Milbaud  en  Rouet- 
gue.  Garfmde  eut  des  enfans  de  fon  premier  ma¬ 
riage  ,  lefquels  heriterent  des  vicocnrez  de  Bczicrs 
&  d’Agdc ,  qui  plièrent  aiuli  dans  la  maifon  de* 
«r.  n»p.  ih.  formes  de  Carcaflonne  c.  Au  refte  ces  deux  foucs 
dévoient  être  filles  d’Ermcntrudc  ,  première  fem¬ 
me  de  Guillaume  -,  car  il  n’eft  point  aie  qu’elles  fut 
lent  filles  d’Arfinde ,  ni  dans  le  teftament  de  leur 
pereoù  cette  derniere  eft  nommée  ,  ni  dans  folk 
jdcl’anipij. 


NOTE  XXL 


Sur  t origine  des  Trencavels  vicêmtn 
£  Alhi ,  dé  Niâmes  *  tfre. 

J,  T}  Aymond  -  Bernard  hirnommé  Trenctvel* 
\i  X\*  poflèdoit  vers  la  fin  du  XI.  liée  le  les  vicom¬ 

te*  d’Albi,  de  Ni  fines,  Carcaflonne,  Ratez,  Btzien 
&  Agde.  Bernard-  Aton  fon  fils  à  qui  il  les  tranfinit, 
les  partagea  entre  fes  cnfàns.  11  clt  certain  que  les 
quatre  dernières  vicomte*  échurent  à  Raymond- 
Bernard, par  ton  mariage  avec  Ermcngardt  de  Car- 
caflonne  ,  3c  qu’il  poflèdoit  les  deux  autres  de  fon 
chef.  Examinons  en  quel  tenu  celles-ci  entrèrent 
.  dans  (a  maifon ,  3c  voyons  quelle  ctoit  fon  origine. 

Cécile  veuve  de  Bernard-  Aron ,  fils  de  Raymond- 
Bernard  ,  nous  fournit  là-dcflùsde  grandes  lumiè¬ 
res  dans  un  aéle ,  par  lequel  elle  confirma  avec  fes 
I  Pr.  fi  J17.  trois  fils  l'an  1  1 47  Aies  donations  que  leurs  ancêtres  ; 
•  ;  .  feavoir  la  VK  omtejfe  V  afr  on  s ffe  ,  Bernard  vicomte 
fon  (ils  ,  Caucianc  J a  f  mme  ,  leurs  fils  Fr  ot aire 
roec)Hc  £ A\bt ,  (j  Aten  vicomte,  avoient  fastes  k 
i'ê&l'ft  de  Beaumont  en  Rouergue.  Les  mêmes  fer¬ 
mes  font  énoncez  dans  une  autre  charte  de  l’an 
«î/nu.  1 1 8  5.  e  par  laquelle  Roger  vicomte  de  Béziers  & 
petit-fils  de  Bernard-Aron,  confirme  ces  donations. 

11.  11  eft  fait  mention  de  Bernard  vicomte  de 


L*  MIS  TOI  UE 

de  Niimes,  qui  comme  fti  «krja’vi  ,  fOÜciak  * 
des  biens  confidcrabks  dans  le  Rouergue,où  il  *  ®  ^  & 
fonda  le  monaftere  de  Beaumont.  Frotaire  frere  de  *  * 
ce  vicomte  éroir  donc  déjà  évêque  dès  l'an  9  $  7. 

3c  c’cft  le  meme ,  à  ce  qu’il  nous  paroît  que  Fro-  n*.**.vra# 
taire  évêque  de  Cahors  ,  dont  il  eft  fait  mention 
en  9  6 1 .  dans  k  tdbunenr  de  Raymond  L  comte 
deRoucrgite. 

V.  Comme  il  tft  certain  *  qut  le  meme  Bernard  n  *'*fii  17. 
vicomte  de  Nifmes  fut  peredu  vicomte  Aton  &  de 
Frotaire  évêque  d’Albi ,  cela  nous  donne  lieu  de 

croire  qu’il  étok  fils  du  vicomte  Aten ,  qui  «aveefr  •fiU*&f+ 
femme,  fit  en  941. une  donation  il  abbaye  de  (aine 
Pons  de  Tomicres,  &  dont  le  pcrc s'appçlloit  Ber - 
nard  ;  car  fuivanr  l’ufage  confiant  des  IX.  X.  &  XL 
frécles  ,  les  petits-fils  portoient  ordinairement  le 
nom  de  leurs  ayeuls  paternels.  Il  eft  fait  mention 
d'ailleurs  dans  un  acte  de  l'an*  1070.  d’un  Aton  *7.1*1. 
vicomte  d’Albi  ou  d’Ambialet,  qualifié  f  ancien.  *  'Vend* 
Or  cet  Aton  appartient  certainement  à  U  généalo¬ 
gie  des  Trencavels,  &  par  continuent  il  n’eft  pas 
different  du  vicomte  Aton  ,qui  en  941.  fit  la  do¬ 
nation  dont  nous  venons  de  parler  â  l'abbaye  de 
S.  Pons,  &  qu’on  qualifia  [ancien,  pour  le dw 
flinguer  d'Aton  frere  de  Frotaire  évêque  d’Albi  % 
qui  eft  le  feul  de  cette  maifon  qui  ait  porte  le 
nom  d’Aton  tout  feul  depuis  l’an  9  5  6 .  jufqu'en 
1070. 

VI.  Il  rcfulte  de  ce  que  nous  venons  de  dire  » 
qu’Aton  I.  vicomte  d’Albi,  qui  vivoit  en  941. avoir 
époufe  Diaftoniflè,puifque  celle-ci  écoic  merci  de 
Bernard  qui  poflèdoit  la  vicomtédc  Nifmes  en  9  5  6. 

Or  comme  nous  n’avons  aucun  monument  qui 
prouve  qu’Aton  Lait  été  vicomte  de  Nifmes,  noua 
ne  doutons  pas  que  Gaucianc,  époufe  de  Bernard 
fon  fils ,  n’ait  apporté  cette  vicomté  dans  fa  maifon  -, 
ce  que  lade  de  l’an  9  5  Cu  paroît  d’ailleurs 1  infinuet.  r>* 
Gauze  ou  Gauzianeaura  donc  été  fille  &  hcriticrc 
d’un  vicomte  de  Nifines ,  &  par  fon  mariage  avec 
Bernard  fils  d  Aton  1.  vicomte  d’Albi  ou  d’Ambi*. 

1er ,  ccs  deux  vicomtez  auront  été  réunies  dam 
la  maifon  de  ce  feigneur ,  qui  eft  la  même  que  celle 
des  Trencavels. 


Nifmes ,  &  de  Gauze  ou  Ganciane  vicomtellesdans  La  donation  1  que  le  vicomte  Aron  fit  en  faveur  */• 
"tPr.fi9i.fr  unadtfdel’an9  56.&:  comme  il  eft  certain  qu’A-  de  l’abbaye  de  S.  Pons  en  941.  eft  fouferite  im- 
^g'v.fi  n.  lon  fftïC  d*  Frotaire  S  évêque  d’Albi ,  fut  vicomte  médiatement  après  lui  par  Frotaire  evéjne .Bernard, 
de  Nifmes ,  ilsétoient  par  conféqucnt  fils  du  mêm«  le  comte  Hugues ,  6V.  La  fouferiprion  des  deux  pra- 
Bernard  &  de  Gaucianc,  3c  la  vicomté  de  Nifmes  inicrs,  avant  celle  de  ce  comte  ,  marque  ce  (êmblc 

<toitdans  leur  maifon  dès  le  milieu  duX.  fiécle.  qu’ils  étoient  les  mêmes  que  Frotaire  évêque,  & 

1i/.  X2|.  11L  Nous  trouvons k  en  971.  un  vicomte  ap-  Bernard  vicomte  de  Nifmes  fils  d’Aton  I.  dont  nous 

pellé  SigutnytfUê,  avec  (on  frere  Bernard  ,  af-  avons  déjà  parlé.  Nous  croirions  cependant  volon- 
fifta  à  un  plaid  tenu  à  Nifmes.  U  eft  fort  vraifem-  tiers  que  ce  Frotaire  croit  frere  d’Aton  I.&  évequt 

<•  blable  que  ce  Siguin  poflèdoit  une  portion  de  la  d’Albi  -,  car  Frotaire  fils  de  ce  vicomte ,  qui  fur  évê- 

vicomté  de  Celte  ville  *  &  comme  cette  vicomté  que  de  Cahors,  ne  peut  avoir  en  941.  rempli  le 

étoitlong-temsauparavamdanslamaifondesTren-  frége  d’Albi ,  occupé  alors  par  Amblard  r.  Nous 
çavek ,  il  doit  entrer  fans  doute  clans  leur  généalo-  n’avons  «  rien  d’ailleurs  fur  les  évêques  de  cette  * 

gic-,ce  qu’on  peut  confirmer  par  le  nom  de  Bernard  églifè  depuis  la  vi.  année  du  régne  de  Lothaire  jut  u/4-*<** 

fonfrere:  mais  nous  ne  connoiflbns  pas  fon  degré  qu’à  la  xv.c’eft-à-dire  depuis  l’an  94  i.jufqu’en  9$  *•  4l' 

de  defcendancc.  On  pourroit  conjcfturer  que  le  VII.  U  eft  remarquable,  que  fuivanr  l'aâe  de  l’an 
dernier  eft  le  même  que  Bernard  feigneur  d’ An-  941.  k  vicomte  Aton  I.  poflèdoit  le  lieu  de  Brouflf 

i  Pr,  fi  17 j.  dufe  &  de  Sauve  ,  qui  en  soi o.  avoir 1  un  fils éve-  dans  la  viguerte  de  Lmtrec  en  Albigeois.  Cela 

que  de  Nifmes ,  &  qui,  à  ce  qu’il  proie  étok  fils  pourroit  donnes  lieu  de  conjeéhirerque  les  anciens 

k  v.  pr.  fi  d'un  feigneur  nommé  Alraerack-  k#  vicomtes  de  Lautrccavoient  une  origine  communs 

i6x.  joo.  &  iv#  Suivant  un  a&c  1  daté  du  régné  de  Lothatre  avec  ceux  d’Albi  on  d’Ambialet  ;  que  le  vicomw 
\  fe.fi  n.  là  Lundi  /i.  £  Avnl  le  huitième  jour  de  lalune f  et  Skard  dont  il  eft  fait  mention  dans  un  adtc  de  l’ail 

qui  ne  peut  convenir  qu’à  l’an  957.  )  une  dame ap  940.  qui  paroît  avoir  éré  vicomte  de  Lautrec ,  ij. 

police  Senegonde  3c  les  fils,  donnent  k  Frotatre  étoit  frere  d’Aron  L  que  leur  pete  leur  partagea  U 

avenue  *  &  k  fen  frere  Bernard  la  moitié  du  du-  vicomté  d’ Albigeois  *,  qu’Aron  qui  ércndoit  fon 

Seau  de  la  Tour  en  Rouerguc.  Noirs  ne  doutons  autorité  dans  la  partie  feptcntionalc  du  pays ,  prit  le 

pi  qrfil  ne  s’ agiliè  ici  de  noua  Bernard,  vkomui  nom  de  vicomio  d’Aibi  oa  «t’Ambiakt  j  &  Sicaed#  . 


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D  E  L  A  N  G  UE  D  O  C. 

GENEALOGIE  DES  TRENCAVELS. 


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f  Aton  I  vi- 

*  comte  d’ Al 

bi  oud  Am 
bialcc  en 
9*7- &94» 
époufaDia- 
froniife. 


L 


Bernard- 

Bern.rd  I  Aton  ”  Ÿ!'  I  Aton  III. vi- 

Il  vicomte  !  c°mtcd  Al* J  comte d’Al- 

d'Aibildc^  bi&dcNiH  bi&dcNif- j  ”'ÀrAvr~~- 

d  Alb,  &  de*)  meS)(poufa  mcs>  tçdAlb.&dc 


*  ,  f  Bcrnard- 

Raymond-  ,  AtonIv.vi- 
Bernard  fur-  comtcd-Al- 
nomméTren-J  bi,  Nifmes, 
cavel,  vicom-  -  - 


Nifmes  en 
9$6.9ï7-& 
w  774.  époufa 
^  Gauciane. 


Ber-  ^ 
nardL  j 
vi  ôte  | 
ta^iS. 


Froraire  é- 
vôjuc  d’Al- 
bi  en  942,. 


Gcrberge 
&  mourut 
vers  l’an 
103a. 


Frotaire  é- 
vecjtte  de 
.  Cahors  en 
I  957^961. 

I 


Frotaire  é- 
véque  d’Al- 
bi  en  972. 
&  97f.  & 
enfuite  évê¬ 
que  de  Nil- 
nics  depuis 
ran$8g.juf- 
ques  vers 
Vian  1014. 


fa  Rangar- 
de ,  &  mou¬ 
rut  vers  l'an 
ioéo. 


Sigarius. 


Nifmcs,  épou 
fa  Ermengar- 
de  fille  dcPicr- 
re  -  Raymond 
comte  de  Car- 
caironne,&hé- 
riticre  de  Ro¬ 
ger  III.  fon  fre 
re  comte  de 
Carcalfonnc& 
de  Rafcz ,  vi¬ 
comte  de  Bé¬ 
ziers  &  d’Ag- 
dc  :  il  mou¬ 
rut  vers  l'an 
1074. 


Frotairell. 
évêque  de 
Nifmes  de¬ 
puis  l’an 
10x7.  juf- 
qu'en  1077. 


Roger  I.  vicomte 
d’Albi,  de  Carcaf- 
fonne  &  de  Rafcz, 
époufa  i°.  Adé¬ 
laïde  de  Tons ix». 
CarcalTon-  jcnn  j^.Bemardc 
ne  ,  Rafcz  ,  ^  de  Comminges  i 
Béziers  &j  &  mourut  fans  cn- 
Agde, épou¬ 
fa  en  1083. 

Cécile  de 
Provence, & 


mourut 

iiip* 


en 


».  Lit. 

Roger  II.  vi¬ 
comte  d’Albi, 
Béziers ,  Car- J 
caflonae&Ra- 
fez  :  époufa  en 
1171.  Adclaï- 
».  .  .  de  fille  dcRay- 

cavel  vicomte  dej  mondv.comy. 


fans  en  njo. 
Raymond-Trcn- 


î .  Lit. 

Cécile  époufa 

cn  «Ml.  Ro¬ 
ger  -  Bernard 

comte  dcFoix. 


f 


n  '  •  r  J  v  '«üna  v.com. 
liez, «s  fucced.1tedeToulo(l. 


Frotaire. 


Guillemet- 
époufa , 


te 


i°.cn  1067. 
Pierrc-Aton 
vicomte  de 
Bruniquel  ; 
20.  vers  l’an 
1070.  Hu¬ 
gues  de  la 
Roque. 


à  fon  frere  Roger 
I.  dans  les  vicom- 
tez  d’Albi  ,  Car- 
caflonne&Rafezi 
époufa  i°.  Adé¬ 
laïde  i  i°.  Saure , 
&  mourut  en  11^7. 

Mantiline  épou¬ 
fa  cn  iioj.  Ar¬ 
naud  de  Béziers. 

Ermengarde 
Trcncavellc  épou¬ 
fa  en  11 10.  Gauf- 
fred  ,  comte  de 
Rouffillon. 


fc. 

Adélaïde  é- 
poufaen  1175. 
Sicard  vicom¬ 
te  de  Laurrcc. 

Bjatrix  épou¬ 
fa  Raymond 
VI.  comte  de 
Touloufe. 

Raymond- 
Trencavcl,  8c 
autres  enfant. 


R*t. 

tttfjÛL 

Rojft» 

vicom¬ 
te  d  AL 
bi  ,  Bé¬ 
liers  , 
CarcaC. 
fonnefic 
Rafcz, 
céda  cci 
vicora- 
tez  en 
H47.au 
roi  fiunc 
Louis, 


Pagan 


Bcrnard-Àton  V. 
vicomte  de  N  if-  J  . 


t/Uf. 

fif  141. 

/•J* 


& 
&  , 


dont  le  domaine  droit  compris  dans  la  partie  méri¬ 
dionale,  fe  qualifia  vicomte  de  Lautrec,  principal 
charcau  de  cette  vicomte. 

On  peur  apptiier  cette  conjeâure  fur  deux  *  aûes 
qui  regardent  certainement  les  vicomtes  de  Lautrec, 
&  qui  fe  trouvent  dans  un  ancien  cartuJaire  du  ch⬠
teau  de  Foix,  lequel  contient  les  titres  de  la  mai  fon 
des  Trcncavels.  Le  premier  de  ces  deux  aéles  eft  un 
ferment  fait  par  Frotaire  évêque ,  fils  d’Ermcnrrude, 
i  IJétrn  fils  de  Rangarde ,  pour  le  chateau  de  Lau¬ 
trec  dont  chacun  pofiedoit  une  partie.  On  voit  par 
la  que  le  nom  de  Froraire  étoit  commun  dans  les 
maifbns  des  vicomtes  d’Albi  tk  de  Lautrec  ;  ce  qui 
prouve  ce  femble  leur  defcendance  commune.  Ce 
Frotaire  évêque  ,  fils  tt F.rmentru de  ,  ne  paroît  pas 
different  de  Frotaire  II.  évêque  de  Cahors  mort  cn 
b  cnr  **  nc  ^Çai?ro,r  être  le  même  que  Frotaire 
VIII.*,  évêque  d’Albi  en  972.  &  enfuite c  évêque  deNi£ 
h^*  s  >  puifque  celui-ci  croit  fils  de  Gauciane  ni 
*v«u.i.  °7'&  le  meme  que  Froraire  qui  droit  évêque  de  Nifmes 
\Pr  au  XL  fîeclc  lequel  étok  fils  de  Gcrberge  e.  D’ail- 
**•  179 .&(.  tous  trouvons  un  Ifârn  vicomte  en  Albigeois 

en  f  974.  de  987*  ce  qui  convient  parfaitement 
avec  fepifeopat  de  Frotairell.  évêque  de  Cahors. 

T emc  JJ. 


Erme/findeépou-  f  Bernard-Aton 

facn  Ï’VV  •  VI.  vicomte  de 
raing  de  Pofquie-  Nifnics  & 

rcs'  d’Agdc,  nép«- 

flhumc  vers 
l’an  n;?.  cé¬ 
da  fes  domai¬ 
nes  en  1114. 
à  Simon  dç 

mes  &  à  Agde ,  J  Moftfott. 
époufa  Guilleme-  I 
te  de  Montpellier,  I 
&  mourut  vers  I 
l’an  ny«?.  ^ 


Le  fécond  aéle  eft  un  ferment  fait  par  le  vicomte 
Sicard  fils  £  Av  ierne ,  au  même  Frotaire  évêque , 
fils  dErmcntradc ,  pour  le  château  de  Lautrec  donc 
chacun  avoit  une  portion.Cet  aéle  eft  conçu  dans  les 
mêmes  termes  que  le  précédent;  ainfi  ce  vicomte 
Sicard  étoit  vraifemblabJcmentfilsd’Ifarn,  &  petit- 
fils  du  vicomte  Sicard  qui  vivoiten  940.  Nous  trou¬ 
vons  en  effet  un  Ifarn  1  vicomte  de  Lautrec  vers  l’an  g  *>./.»©».£ 
1.0  j  8.  &  nous  voyons  ici  les  noms  de  Sicard  &  ^ 
d’Ifârn  portez  alternativement  par  les  vicomtesdc 
Lautrec  ,  ce  qui  prouve  leur  filiation  ;  car  fiiivant 
l'ufâgc  des  X.  &  XL  fîécles,  le  nom  de  l aycul  pa£ 
fort  ordinairement  au  petit-fils  >  comme  on  l’a  déjà 
remarqué. 

Pour  revenir  aux  vicomtesd’Albi,  nous  trouvons 
un  Aton  vicomte ,  qui  en  9  3  7.h  fbuferivit  à  la  do-  h F  77« 
nation  que  Raymond-Pons  comte  de  Touloufe ,  fit 
alors  â  la'  cathédrale  de  Bcziers ,  &  nous  ne  dou¬ 
tons  pas  que  ce  ne  fôit  le  même  que  notre  Aton  I. 
vicomte  d’Albi  ou  d’Ambialet. 

VIII.  On  a  déjà  prouvé  que  le  perc  de  ce 
dernier  s’appelloic  Bernard.  Nous  trouvons  en 
953.  &  934.  »  un  vicomte  de  ce  dernier  nom  dansif.  7U 
le  Rouergue  'r  ce  qui.  pourroit  faire  conjecturer  que 

DDddij 


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NOTE 

XXI. 

«/•  192.6 


*  PrepetTfr. 

mendamcn- 
lum  de  moire 


580  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 

^r\Q  T  c’eft  le  meme  que  le  pere  d’Acon  I.  d’autant  plus  monaftcrc  de  Sauve  n ,  dans  le  diocèfe  de  Ntfmê* 

XXL  E  Sl,ccc  dernier  &  fon  fils  Bernard  vicomte  de  Nif-  XII.  Aton  II.  vécut  julqu’après  l’an  10  30.  comme  XXI  * 

mes'pollcdûicnc  des  terres  dans  ce  pays  :  ccpen-  il  paroît  par  un  aékc  °tiré  du  meme  cartulairc  ,  &  » ,.,u/ 
danc  comme  le  même  Bernard  vicomte  dans  le  date  d'un  Mardi  du  mois  de  juillet*  fous  le  régné  fi  f l9U* 
1  f’ l0*  Rouergueme  fait  mention  dans  un  ade  d'échange  a  du  roi  Ht  art  ;  fuivant  cet  ade,  deux  feigneurs  don-  * 
de  l’an  937.  que  de  fes  deux  fils ,  Berenger  &  Ber-  nent  à  F rot  aire  évêque  (3  à  ft  s  freres  Bernard  (3 
nard  >  il  paroît  bien  qu’il  étoit  de  la  rnaifon  d’Aton  Sigarius ,  leur  part  des  châteaux  de  Cahu&c  Sc  de 
I.  vicomte  d’Albi  ,  mais  non  pas  fon  pere.  Nous  Rcrcnscn  Albigeois *  en  réparation  de  lamort  de  leur  *  p"»p«Te- 
-b  nm.wk  parlerons  ailleurs  bde  la  pofteritéde  Berenger  &  de  pere  Aton.  Il  n’y  a  pas  lieu  de  douter  que  ce  dernier 

Bernard  ,  fils  de  Bernard  vicomte  dans  le  Roucrgue,  ne  (oit  le  meme  qu’Aton  II.  vicomte  d’Aibi  &de  p«weom* 
dont  le  premier  fut  vicomte  de  Mithauddans  ce  Nifmes  ,  puilque  nous  avons  d’ailleurs  d’autres  ton1, 

pays ,  &  l’autre  vicomte  de  Gevaudan.  preuves  P  que  fes  dcfcctidans  poflèderent  les  châ-  PMfi.M* 

IX.  Pour  ce  qui  eft  de  Bernard  pere  du  vicomte  teaux  de  Cahukc  &  de  Berens. 

Aton  l.nous  croyons  que  c’eft  le  même  que  Bernard  Le  même  vicomte  polïcda  auflî  le  château  de 
qui  en  qualité  de  vicaire*  $  envoyé*  Sc  A' avocat  de  Dourgnc  dons  lcTouloii(àin*,caril  y  a  dans  le  même 

Raymond  comte  de  Touloufo,  Sc  d’Eudes  fon  cartulairc  un  ade  d’hommage  S  rendu  pour  ce  châ-  IM W 

$«s.  pere  c,  tint  un  plaid  en  918.  à  Alfonnc  dans  le  teau ,  à  Aton  fils  de  G aucune *  £3  à  Fr ot aire  fils  de 

diocèfe  de  Carcafiônne.  Ce  Bernard  étoit  vraifem-  Gurbeyge  :  ce  qui  prouve  que  cet  ade  eft  anterieur  à 

blablemcnt  -fils  ou  frere  d’Aron  vicaire  du  même  l’an  1017.  car  le  meme  Frotairc  étoit  alors  évêque 

*'Ms-  Eudes  comte  deTouIonfc,  qui  en  898.  tint  *  de  Ni  fines,  Sc  on  auroit  marqué  fit  qualité  d’évêque 


•“Miflûl. 


preuves  P  que  fes  dcfcctidans  poflèderent  les  châ- 
teaux  de  Cahukc  Sc  de  Berens. 

Le  même  vicomte  polïcda  auflî  le  château  de 
Dourgnc  dans  lcTouloufain*,car  il  y  a  dans  le  même 
cartulairc  un  ade  d’hommage  *3  rendu  pour  ce  châ-  *7 *« 

teau  ,  à  Aton  fils  de  G  aucune *  (3  à  Frotairc  fils  de 
Gtrberge  :  ce  qui  prouve  que  cet  ade  eft  anterieur  â 
l’an  10 17.  car  le  meme  Frotairc  ctoit  alors  évêque 
de  Nifmes,  Sc  on  auroit  marqué  là  qualité  d’évêque 


*V.  Ntt. 
txxuj. 


un  autre  plaid  au  nom  de  ce  comte ,  dans  le  même  dans  Fade,  s’il  l’avoit  été  dans  le  tems  qu’il  fut  palfé. 
lieu  d* Abonne.  Comme  nous  trouvons  un  Aton  XIII.  On  voit  par  cct  ade  que  les  feigneurs  fe 

vicomte  dcTouloufc  vers  l’an  940.  e  Sc  quccelui-  diftinguoient  alors  par  le  nom  de  leurs  mer  es,  à 
•  j» . : _ _ j  1.  .  * . :ii  11/  _ r.  _  1  _ _  .  _ •  _ _ ... 


lxxu  j.  ci  étoit  fils  d’un  vicomte  de  la  même  ville  appellé  caufe  que  les  furnoms  n’étoient  pas  encore  en 
Benoît,  d«#n  il  eft  parlé  dans  la  vie  de  S.Geraud  ulàge.  Ils  fe  diftinguoient  aitlli  fouventen  ajoutant 
d  Aurill.ic  fon  onde  maternel  «  Sc  qui  vivoit  vers  à  leur  nom  celui  de  leur  pere.  C’eft  ainfi  queBer- 
l’an  968.  on  peut  conjecturer  que  ce  vicomte  Sc  nard  fils  d’Aton  IL  vicomte  d’Albi  &  dé  Nifmes, 

Aton  I.  vicomte  d’Albi ,  étoient  de  la  même  mai-  s’appella  Bernard  Aton  ,  Bernardus  A/oni*  comme 
(on.  Enfin  Aton  vicaire  d’Eudes  comte  de  Tou-  qui  diroit  Bernard  fils  d’Aton.  Le  même  Bernard  » 
leuic  en  898.  paroît  fils  ou  petit-fils  d’Aton  qui  en  que  nous  appellerons  Bernard  III.  fe  quaüfie^r*. 
iv.Ttm.u  8^7*  f  avoir  ufurpé  l’abbaye  de  S.  Volufien  dans  conful ,  c’cft-a-dire  ,  vicomte  de  Nifmes*  (3  prince  r^HJ 
•-573.  le  Touloufain,  Sc  divers  autres  biens  dans  la  Septi-  dAlbi,  dans  un  acte  r  par  lequel  il  donnaient 
manie  lur  l’abbaye  de  S.  Tiberi.  confentemcnt  avec  fon  frere  Frotaire  évêque  de 

X.  Après  avoir  donné  nos  preuves  &  nos  conje-  Nifmes ,  pour  la  conftrudion  du  pont  d’Albi. 
dures  (ur  les  afccnd.ins  de  Bernard  vicomte  d* Al-  Cct  acte  eft  (an s  date  :  mais  on  peut  la  fixer  â 
bi  Sc  de  Nilmes,  qui  vivoit  en  9  5  6.  nous  allons  peu  près  par  l’époque  de  l’épifcopat  de  Geraud 
entrer  dans  le  detail  de  fes defeendans.  Il  paroît  évêque  de  Rodez,  &  de  B.  évêque  de  Cahors 
|P  r.p.nt.  d’abord  que  ce  vicomtcScft  le  même  que  le  vicomte  qui  s’intercflêrcnt  â  cette  conftrudion:  or  elle 
Bernard *  à  qui  Garfindc  comtclle  douairière  de  eft  poftérieure  â  l’an  1031.  puifque  le  fiége  épif- 
Touloufe,  fit  vers  l’an  974.  un  legs  par  fon  tefta-  copal  de  Rodez  étoit  vacant  à  la  fin  de  cette  an- 
ment  ou  codicile.il  eut  deGaucianc  Ion  épotife  Fro-  née  -,  &  comme  nous  trouvons  en  10  5 1.  un  Ber- 
taire  évêque  d’Albi,  Sc  le  vicomte  Aton  11.  du  nom.  nard  *  évêque  de  Cahors ,  qui  peut  l’avoir  été  dès  f  Gd.àmfi 
Il  eft  parlé  de  ce  dernier  dans  divers  titres  qui  font  l’an  103X.  le  pont  d’Albi  aura  été  conftruit  vers  * 

^^•279.1*1.  fans  date  h,  Sc  ou  il  eft  appelle  fils  de  G  aucune.  Son  l’an  1035.  Geraud  qui  a  été  omis  dans  le  catalogue 
’&jfq.  frere  Frotairc  palla  vers  l’an  988.  de  l’évêchc  d’Albi  des  évêques  de  Rodez ,  pouvoit  alors  remplir  ce 
iv.Nct.xvnu  à  celui  de  Nifmes,  qu’il  pollcdoit  encore  1  vers  l’an  fiége,  puilque  nous  n’avons  1  rien  fur  ccs  prélats 
**rTiïiu  101 4-  depuis  l’an  1018.  jufqu’cn  1051. 

XI.  Le  vicomte  Aton  II.  eft  le  même  qu  Aton  XIV.  Il  eft  encore  fait  mention  u  de  Frotaire 
qui  avec  fa  f  tnr/te  Gtrberge  £ 3  fis  fils  Bernard  ï3  évêque  ,  £3  de  Bernard  proconsul ,  ou  vicomte ,  fou  *4*4, 

Frotaire ,  donna  à  l’abbaye  de  S.  Guillcm  du  Dé-  frere*  dans  une  donation  qu’ils  firent  vers  l’an 
Uf.  ij2.  (crt ,  quelques  biens  k  licucz  dans  le  comté  d' A Ibi.  1050.  avec  Guillaume  évêque  d’Albi ,  â  l’eglife 
La  charte  eft  datée  d’un  Lundi  1  8.  de  Mars ,  Dieu  de  S.  Salvi  de  la  même  ville.  Le  vicomte  Bernard 


1  V-Not.xvuu 

M  t-V  feq. 

tr.  f .  iu 


régnant  (3  dans  le  fier  ance  d'un  roi ,  ce  qui  doit  Ce 
rapporter  aux  premières  années  du  régne  de  Hu¬ 
gues  Capct,  qui  ne  fut  pas  d’abord  reconnu  dans 
le  pays  :  ainfi  fuivant  la  lettre  dominicale ,  cette 
charte  doit  être  de  l’an  99  3-  H  eft  vrai  qu’Aton  ne 
s’y  qualifie  pas  vicomte  :  mais  nous  (cavons  d’ail¬ 
leurs  qu’il  fut  vicomte  d’Albi ,  que  (a  femme  s’ap- 
\p.  i93.6  pelloit  Gcrbergc 1  Sc  qu’entr’autres  il  en  eut  deux 
S*v  fils ,  Frotaire  Sc  Bernard. 

«a  t-  rti.  Suivant  un  autre  aétc  ra  de  l’an  1018.  deux  fei¬ 
gneurs  qui  étoient  freres,  ccdercnt  à  Aton  fils  de 
Gauciane ,  la  troifiéme  partie  de  la  moitié  du  ch⬠
teau  d’Auriocdans  leLauragnais.Or  cct  Aton  eft  le 
même  que  notre  vicomte  d’Albi  &  de  Nifmes, 
puifque  cct  afte  fe  trouve  dans  le  cartulairc  de 
la  mai  (on  ,  Sc  que  fes  delcendans  furent  (ci- 
•gneurs  du  château  d’Auriac.  Enfin  ce  même 
vicoime  fut  prclènten  1019.  â  la  fondation  du 


(3  Frotaire  évêque ,  Jon  frere ,  avoient  difpofé1  * 
quelques  années  auparavant  de  cct  évêché  en  fa¬ 
veur  du  même  Guillaume  *pour  en  jouir  apres  la 
mort  dAmehus  qui  en  étoit  alors  pourvu.  On  voit 
par  ces  aélcs,  que  Frotaire  évêque  de  Nifmes  devoir 
être  Faîne  de  Bernard  vicomte  de  cette  ville  Sc  de 
celle  d’Albi ,  fon  frere  >  car  il  eft  toujours  nommé 
avant  lui  :  â  moins  que  ce  ne  (bit  par  refpeél  pour 
fa  dignité.  Il  eft  certain  du  moins  qu’ils  poflèderent 
conjointement  le  domaine  de  leur  famille. 

XV.  Bernard  Aton  III.  du  nom  ,  vicomte  de 
Nilmcs  Sc  d’Albi,  mourut  long-rems  avant  Fro¬ 
tairc  évêque  de  Nifmes,  fon  frere.  Il  vivoit  encore 
au  mois  d 'Ottobre  de  la  xxvi.  année  du  roi  Henri  , 

&:  de  l’an  1  o  3  6.  car  nous  ne  doutons  pas  qu’il  ne 
(oit  le  même  que  le  vicomte  Bernard  Aton  qui  foul- 
crivit  y  a  la  donation  que  Raymond  comte  de  y 
Pailhas  fit  alors  à  Valence  Cà  femme.  Il  eut  de  là  *9 119  ' 


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j 

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'  '  DE  LANGUEDOC.  581 

"  ^  ^  femme  Rangarde  un  fils  qu’on  nomma  Raymond-  chartes ,  i  les  noms  de  leurs  pères  ou  de  leurs 

XXL  Bernard,  8c  qui  jouît  conjointement  avec  (on  oncle  merts  qu’ils  ajoûcoient  alors  fore  communément  Nx° 
du  domaine  de  <à  mailon.  On  en  a  la  preuve  en  au  leur ,  pour  le  diftinguer  entr’eux.  Ainli  les  uns 

a  ?r.  f.i63.  diffifrens  hommages  *  làns  date ,  rendus  conjoin-  fe  difoient,  par  exemple  ,  Petr us- Roger  n >  Rogertus- 
A  ...  . _ ...  1  c*.  G.  '  £1.  _  eei  1  d . J  o.  _  »  a  i  j:__  *  n  : lz  i  _  j  i,  .  •  v. 


IOTI 

XXII. 


rementi  F*otatre  évêque ,  fils  de  G  er berge ,  i  Bernards ,  &c.  c’eft-à-dire  8,  Pierre  fils  de  Roger, 
Raymond  fils  de  Bernard  vicomte  fin  neveu,  fils  de  Roger  fils  de  Bernard  i  8>C  les  autres  Roger  fils  de 


ce--*' 


*f.2+i.&  Regarde;  de  en  particulier  par  l’union  &  que  le 
H-  même  Fr  ot  aire  évé que  de  Ai  fine  s ,  ££  «et/e» 

—v.€i.u-\<  k  w°mte  Raymond  ^  firent  en  4  062.  de  l’abbaye 
tufir.f. n.  de  Sorezc,  &  en  1075.  de  celle  de  Cadres  a 
t  Cdttui.  du  la  congrégation  de  laint  Viétor  de  Marfeillc. 
4b.  d*  tu*.  Le  meme  Raymond  eut  un  frere  appelle  Frotaire  c 
comme  (on  oncle.  Ilcpoula  après  l’an  1054.  Er- 
mengarde  fille  de  Pierre  Raymond  comte  de  Car- 
cafionne  &  de  Rafez,  &  vicomte  de  Beziers  & 
d’Agdc ,  hcritiere  de  ces  dignitez,  ce  qui  rendit 
fa  niai  (on  extrêmement  puiflànte.Nousne  trouvons 


%V.  M*rcé 
iiÂTM.  i»  !•  *• 
$  n.  2» 

Marc.  Hiff» 
MAI -&f'W 


G  arfinde  y  Pierre  fi/s  d  Adelaide,8cc.Amcs  cette  ob-  Msrc.Httf, 
r  •  J  ,  »,  r  j  1  r  •  P* 

iervation ,  nous  entrerons  dans  I  examen  de  la  luire 

des  comtes  héréditaires  de  Carcallbne  &  de  Rafez , 
de  la  féconde  race ,  que  nous  n’établirons  que  fur 
l’autorité  des  chartes  ;  c’clt  pourquoi  on  ne  doit 
pas  être  lurpris  fi  nous  nous  écartons  fouvent  dans 
cette  di  leu  (lion ,  du  fentiment  des  divers  auteurs 

3ui  ont  traité  le  même  fujet ,  lelquels  ne  nous  ont 
onné  la  plupart ,  que  de  vaincs  conjectures,  ou 
des  fables  ridicules. 

II.  Nous  trouvons  d’abord  hun  lêigneur  appelié  J1 


plus  rien  de  lui  après  Tan  1074.  &  il  paroit  qu’il  Arnaud  qui,  conjointement  avec  fa  femme  Ar- 
ctoit  déjà  décédé  en  1078*  nous  avons  en  elfet  finde  &  les  fils  Roger  (A  Odony  donna  en  949.  à 
irr.f.  j«o.  un  aétcd  de  cette  detniere  année,  luivant  lequel  £r-  l’abbaye  de  Montolieu  dans  le  diocèle  de  Carcaf- 
mengarde  là  femme avoit  alors  toute  l’autorité  dans  fbnne ,  un  alleu  fitué  dans  le  meme  diocc Ce,  8c  que 

fis  domaines.  Il  eft  vrai  qu’il  eft  fait  mention  de  fion  frere  Roger  lui  avoit  cédé.  Or  comme  nous 
tc*M.cbriji.  lui  comme  vivant,  dans  l’acte  e  de  la  réformation  prouverons  bien-rôt  qu’il  y  avoit  vers  la  fin  du 
û/r  pf.f.  de  l’eglile  d’Albi ,  daté  de  la  x  /  /.  année  du  ponts-  X.  fiée  le  un  comte  de  Carcaflonne  appel  lé  Roger , 

«•  ficat  d’Alexandre  IL  laxiti.  du  roi  Philippe ,  que  (on  frere  üdon  étoit comte  de  Ralèz,  8c  qu’ils 

la  xv  s  1.  du  cycle  decennoval  Fan  M.  LXXl'llll.  le*  difenc  l'un  8c  l’autre  fils  cF  Arnaud  d  d1  Ar fin  le  ; 
de  F  Incarnation,  concurrent  vu.  8cc.  mais  il  cil  évi-  nous  concluons  de  là  que  ce  dernier  étoit  comte 
dent  qu’il  y  a  fuite  dans  l’année  de  l’Incarnation,  de  Carcallonne  &:  de  Rafez ,  quoiqu’il  ne  prenne 
8c  qu’il  faut  lire  fan  AI.  LXXU.  car  toutes  les  autres  pas  la  qualité  de  comte  dans  cet  aétc  \  les  digni- 
notes  chronologiques  conviennent  à  cette  année,  tez  étant  certainement  alors  héréditaires, 
comme  le  P.  de  Sainte-Marthe  l’a  remarqué  \  d’ail-  Arnaud  &  fa  femme  Arfinde  donnèrent  •  en  944.  i  /• 
leurs  Guiraud  cvcqtïcd'Oftie,  dont  il  yclt  fait  men-  à  l’abbaye  de  Lczat  l’alleu  de  S.  Ybar  fitué  dans 
**  tion  dans  l’adle,  comme  vivant ,  mourut  fin  1 077.  le  pays  de  Foix,  qui ,  à  la  fin  du  X.  fiécle ,  appar- 
La  poftérité de  Raymond-Bernard  cil  connue,  &  il  tenoit  aux  comtes  de  Carcaflonne  &  de  Ralèz  j 
n’ya  aucune  difficulté  là- defliis.  Telle  ell  l’origine  ainli  Arnaud  pollèdoic  dcllors  ces  deux  comcez. 
de  la  mailon  des  Trencavels  *,  ce  qu’on  corn-  Enfin  nous  trouvons  un  aétc  de  déguerpiflèment*  kp.90: 
prendra  encore  mieux  par  la  généalogie  que  nous  fait  en  faveur  de  Daniel  abbé  de  Lezat ,  en  pré- 


N  O  T 


1  M*b.  sd 
ann.  9+9*  n • 
11. 


XXII. 


Suite  &  origine  des  comtes  héréditaires  de 
Carcajfonne  &de  Rafez^  de  la  fécondé 
race  j  des  comtes  héréditaires  de 
Comminges ,  de  Conferans  &  de  Foix. 


joignons  à  cette  note.  feuce  du  comte  Arn.vtd.  Ce  Daniel*  étoit  abbé  de  i  Ma.  . 

_ _  ce  monaftere  la  ix.  année  du  régne  de  Louis  d’Ou-  9*9‘  ‘ 

trcincr,ou  vers  l’an  945. 

NOTE  XXII.  ]If.  Il  paroît  qu’Arnaud  étoit  déjà  décédé,  & 

.  ,  ,  .  ,  .  .  qu’Ar/inde  Là  femme  croit  veuve  à  la  fin  de  l'an 

S Ulte  &  origine  des  comtes  héréditaires  de  957.  Nous  avons  cn 

un  aéle  m  de  vente  fait  mp.  99,  < 

Carcajfonne  &  de  Raft'Z^  de  la  fécondé  le  iy.  de  Advemire ,  la  iv.  année  du  régne  de  Lo -  Pi* 
race  J  &  des  comtes  héréditaires  de  thaire ,  par  la  comuffe  Arfinde  d  le  comte  Roger 

Comminzes  ,  de  Conferans  &  de  Foix.  fonfils  • cc  quon  Peut  confirmer  par  un  autre  titre  *,  10 *• 

fuivant  lequel  la  comteflc  Arfinde  8c  le  comte  Ro- 
I.  T^T  Ous  avons  parlé  dans  le  premier  volume  ger  autorilènt  au  mois  de  Juin  de  la  v.  année  de  ce 
X  11  de  cette  hilloire,  des  comtes  héréditaires  prince ,  une  donation  en  faveur  de  l’abbaye  de 
de  Carcaflonne  &  de  Rafez  de  la  première  race,  Montolieu  dans  le  diocèlè,ou  comté  de  Carcafi 
dont  Acfred  II.  qui  vivoit  en  934.  a  été  le  der-  fonne.  Arnaud  auroit  vécu  encore  cependant  jufi 
nier.  Nous  ignorons  s’il  lailfa  de  pollériré  :  il  pa-  qu’en  974.  fi  on  pouvoit  s’en  rapporter  aux  hiflo- 

roît  cependant  qu’il  eut  une  fille  appcllée  Arfinde ,  riens  cde  la  maifon  de  Foix ,  qui  prétendent  que  0  r-  Msm 
1  l  1  !  rr  •/  ï  A  a  r  1  r  r  *,  r  ,  F1  Bcarn.p.bfS* 

qui  porta  ces  deux  comrez  dans  la  mailon  des  com-  ce  comte  8c  Arlinde  la  femme  donnèrent  la  meme  fr/iq. 

tes  de  Commingcs  8c  de  Confirans,  lelquels  lui  année  à  leur  fils  Roger  le  château  de  Callelpencnc 

fucccderent  en  effet,  8c  dont  nous  entreprenons  de  dans  le  pays  de  Foix.  8c  l’égjife  d’Amplan  à  l’abbaye 

développer  ici  l’origine  8c  la  fucccflîon.  de  S.  Volulien.  Mais  outre  qu’il  n’y  a  aucun  fonds 

Nous  remarquerons  auparavant  que  cette  ma-  à  faire  fiir  ces  auteurs  qui  n’ont  ni  exaélitude ,  ni 

tiere  eft  d’autant  plus  obfiure,  que  pendant  les  critique,  nous  verrons  plus  bas  que  Roger  fils  d’Ar- 

X.  &  XI.  fiécles,  la  plupart  des  comtes  ne  pre-  naud ,  étoit  certainement  corme  de  Carcaflonne 

noient  ordinairement  que  leur  nom  de  baptême  ,  cn  970.  Ainfi  ces  donations  doivent  être  anté.- 

avec  le  fimplc  titre  de  comte ,  fans  ajouter  le  nom  rieures  à  cette  année.  D’ailleurs  Catcl  Pallure  qu'il  P  Catti mtmi 

du  pays  fur  lequel  ils  dominoient;  8c  comme  la  n’eft  rien  dit  de  ces  donations  dans  un  manulcrit  61 

plupart  des  chartes  de  ces  deux  fiécles  font  lâns  qu'il  avoit  du  plus  ancien  de  ces  hilloritns  ;  &  il 

date,  quelles  font  d’ailleurs  aflèz  rares,  8c  que  les  croit  avec  raifon  ,  que  du  moins  les  dates  de  cesti- 

noms  fe  perperuoient  dans  les  familles  ;  cela  jette  très  font  fauffes.  Il  cil  vrai  qu’il  prétend  qu’Arnaud 

une  étrange  confufiondansi’hiftoire.  Le  fcul  moyen  ne  mourut  qu’en  994.  mais  il  a  cté  fufliiàmmenf 

de  débrouiller  leur  généalogie, 8c  de  connoîrre  leurs  réfuté  là-delliis  par  M.  de  Mat  ca.  4  q  Morts ibidi 

comtez,  c’ell  d’oblerver ,  1  la  fituarion  des  lieux  IV.  Outre  Roger  &  Odon  qu’Arnaud  eut  de  (on 

de  leur  domaine  dont  iis  font  mention  dans  leurs  mariage  avec  Arfinde,  il  eut  encore  un  croificmc 


o  r.  M*m 

Eearn.p.69  J. 


p  Cattl  mtmi 
p.  616. 


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ïU  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 

>1  O  T  E  fils  nomm<$Raymond  :  c’eft  ce  qui  paroît ,  i  °.  par  Rome  qu’il  avoit  déjà  fait  vingt  ans  auparavant.  ^ 
XX1J.  une  reftiturion  *  que  le  comte  Raymond,  fils  du  Nous  ne  doutons  pas  qu’il  n’ait  fait  alors  fon  tefta-  xxil  * 
a  ^ir ib.  de  comte  Arnaud,  fit  à  l'abbaye  de  S.  Hilaire  dans  lc  ment  que  Cattl  m  a  donné  le  premier  ,  &  qui  cft 
f'mdÈf-  diocèlê  de  Carcalïonne ,  d’un  alleu  litué  danslc  daté  dans  (on  édition  du22.  Mars  de  fan  1062.  fins  f'*lh 
•ttn.  *nu<).  comté  de  .  Rouffillon  ,  la  ///.  année  du  régne  du  le  régne  de  Hettri  roi  de  France.  Mais  il  cft  certain 
'**  roi  Hugues.  i°.  Par  une  notice  k  fans  date  qui  fe  que  cette  date  eft  fauffe,  &  quelle  a  été  ajoutée 
*>  Pr.f.  xoi.  trouve  dans  le  cartulaire  de  la  cathédrale  de  Nar-  par  quelque  copiftc  ignorant.  G’eft  de  quoi  il  eft 
bonne, &  qui  porte,  c  que  U  comteffc  Arfindc  éi  aifé  de  fe  convaincre  par  trois  differentes  copies 

*  fis  fils  les  comtes  Eudes  Raymond  ayant  donné  qu’on  voit  de  la  meme  pièce  dans  le  recueil  des  ti- 
•»  en  engagement  à  quelques  Juifs  1  alleu  de  Ma-  très  concernant  les  mailbns  de  Carcalïonne ,  Foix , 

“  grignan&  dcCuxacdans  le  comté  de  Narbonne,  &c.  qui  eft  à  la  bibliothèque  Colbert.  L’une  a  été 
m6t  l’ayant  racheté  enfuite  >  lc  même  comte  Ray-  prife  fur  l’original  qui  étoit  alors  dans  la  caille  17. 

*  mond  donna  à  (à  mort  la  pan  qu'il  avoit  à  cet  des  archives  du  château  de  Foix  :  elle  n’a  aucune 
m  alleu ,  à  la  cathédrale  de  Narbonne  *,  que  l’arche-  date ,  ce  qui  lève  toute  la  difficulté.  Les  deux  au- 

*  vêque  Ermengaud  en  jouît  pendant  fa  vie, &  la  très  font  extraites  du  cartulaire  de  la  maifon  de 

*  laiflà  à  fa  mort  à  fon  églife  *,  *  ce  qui  peut  fervir  à  Foix ,  qui  étoit  dans  la  caille  1 5 .  des  mêmes  archi- 
fixer  à  peu  près  le  tems  du  décès  du  comte  Ray-  ves.  La  première  de  ces  deux  dernieres  copies  n’a 

N  mond ,  fils  d’Arnaud  comte  de  Carcalïonne  :  puif-  pas  non  plus  aucune  date,  &  l’autre  â  celle  qu’on  lit 
que  nous  venons  de  voir  qu’il  vivoit  encore  la  rroi-  dans  Catcl.  Mais  ce  qui  fait  voir  évidemment  fâ 
fiéme  année  du  régne  du  roi  Hugues ,  ou  l’an  990.  fàuflèté,&  quelle  a  été  ajoutée  longtems  après, c’eft 
&  qu’il  mourut  avant  Ermengaud  archevêque  de  i°.  que  le  roi  Henri  I.  ne  vivoit  plus  en  1061. 
Narbonne ,  décédé  vers  l’an  1015.  1  °.  C’eft  que  fi  le  teftament  eft  de  cette  dernière 

V.  Les  comtes  Roger  ,  Eudes  &  Raymond  ,  par-  année ,  Roger  I.  lauroit  fait  â  l’âge  de  près  de 
tarèrent  donc  la  fucccflion  d’Arnaud  leur  pere.  1 *0.  ans,  puilque  nous  avons  déjà  vu  qu’il  étoit 
Roger  qui  étoit  l’aîné  eut  lc  comté  de  Carcalïonne  né  du  moins  quelques  années  avant  l’an  949. 

cc*téi  mtm.  en  partage.  Quelques  auteurs c  l’appellent  Roger  M.  de  Marca  “qui  adonné  auifi  ce  teftament  “  Um» 
rJlrrA  Bt*r.  H*  ou  Roger  111.  pour  le  diftingucr  d’un  oü  de  pris  fur  une  copie  qui  fe  trouve  aux  archives  de 

f  6* { •  deux  autres  prétendus  comtes  de  Carcalïonne  de  ce  Pau  ,  fait  voir  plus  au  long  la  fàuffeté  de  cette  date  i 

nom ,  qui  n’ont  jamais  exifté  *,  car  pour  ce  qui  à  quoi  on  doit  ajouter  ,  que  fiiivant  (â  copie  , 
é  v.  Not.iii.  tjtl  prétendu  Roger  1.  il  n’cft  fondé  a  que  fur  les  Fade  cft  du  premier  d’Avril ,  au  lieu  que  félon  Ca- 

adesdcla  tranllation  des  reliques  de  S.  Antonin  tel,  il  eft  du  xx.  Mars.  M.  de  Marca  fuppofe  0  ce-  *1*1-»* 
qu’on  met  en  887«  &  dont  nous  avons  fait  voir  pendant  qu’il  étoit  daté,  &  que/*  coptfle  a  failli 

la  faufiète.  Il  eft  certain  d’ailleurs  que  le  comté  de  non-feulement  aux  caracleres  du  chiffre ,  mais  en* 

•v.  r#.  1.  Carcafionnc  ctoit  poflèdé  alors  c  par  des  comtes  core  en  F exprefiion  du  roi ,  le  nom  duquel,  ajoûte- 
#.  îôo  .c-frqf.  d’un  autre  nom.  Quant  à  Roger  11.  admis  par  Ca-  t-il ,  étant  defigné  à  F ordinaire  far  U  première  lettre 

tel ,  M.  de  Marca  a  fait  voir  qu’il  l’a  confondu  H ,  il  a  interprété  du  roi  Henri  ce  qui  doit  être  en* 

avec  notre  Roger  fils  d’Arnaud.  tendu  du  roi  Hugues .  11  eft  inutile  de  recourir  i 

VI.  Ce  Roger  fut  donc  lc  premier  comte  de  Car-  cette  explication ,  puilque  nous  avons  déjà  vu 

.  cartonne  de  fon  nom  :  il  lc  fut  aulîi  de  Conferans  qu’il  n’y  a  aucune  date  dans  l’original.  Quant  à  la 

&  d’une  partie  du  Comminges ,  &  polïcda  outre  raifon  qu’apporte  cet  illuflre  auteur  pour  prouver 

cela  un  grand  nombre  de  terres  dans  la  partie  mé-  que  ce  teftament  eft  antériéur  à  l’an  1 000.  fçavoir 

ridionale  du  diocèfc  de  Touloufe ,  ou  plutôt  tout  que  le  teftateur  met  fous  la  baillie ,  régence  ou  ad- 
le  domaine  de  ce  canton ,  &  plnfieurs  châteaux  ininiftration  de  la  comtçfTe  Adélaïde  fa  femme,  fes 
dans  les  comtez  ou  diocèfes  voifins,  comme  l’on  enfans,  qui  par  confoquent  dévoient  être  alors  en 
voit  par  fon  teftament.  bas  âge  -,  elle  ne  nous  paroît  pas  tout  à  fait  con- 

II  eft  parlé  de  lui  dans  divers  ades  depuis  l’an  cluante  ,  parce  que  fuivant  l’ufàgc  de  nos  provin- 

9$ 7.  jufqu’en  101 1.  il  étoit  déjà  marié  avec  Ade-  ces ,  où  on  a  toujours  fuivi  le  droit  écrit ,  un  perc 

laide  dès  l’an  970.  comme  il  paroît  par  un  échan-  peut  donner  à  fa  femme  l’adminiftration  &  la 

ge  { qu’il  fit  au  au  mois  £  Avril  de  la  xv  / .  année  jouirtance  de  fes  biens,  quoique  fesenfens  foient 

f  /.  120.  du  régne  de  Lothaire,  &  par  Fade  de  la  rranflation  *  majeurs  &  avancez  en  âge.  Nous  en  avons  divers 
h  Mai.  4  a.  des  reliques  de  S.  Hilaire.LeP.  Mabillon*  adonné  exemples  dans  ce  fiéclc. 

ccl  a&e  >  k  apporte  après  Catel  &  Marca  à  VllI.  Roger  I.  fit  vraifemblablementce  teftament 
jui  n-  74.  l’an  978.  mais  ces  auteurs  n’ont  pas  fait  afïcz  d’at-  vers  l’an  1002.  avant  que  d’entreprendre  fôn  fc- 
aiuM*"*  tention  à  la  date  marquée  en  ces  termes  :  Anno  cond  voyage  de  Rome  ,  quoiqu’il  ne  foit  mort 
dccccl*x.  vin.  k*L  Martii  *,  &  au  lieu  de  feparer  que  vers  l’an  1  o  1 2.  Il  paroît  en  effet  que  cet  aâe 
oüavo  kalendas  Martii  de  cet  autre  chiffre ,  anno  fut  exécuté  de  fon  vivant  ;  car  Bernard  &  Pierre 
nongentefimo  fiptuagefimo  ,  ils  ont  lu  comme  fi  fes  fils  prennent  lc  titre  de  comtes  dans  leur  fouf- 
ces  chiffres  étoient  joints  ,  &  qu’il  y  eût  anno  criptionsà  une  donation  P  qu’il  fit  l’an  10 1 1.  avec  p 
DccccLxxvm.  %/.  Mar t Ü.  En  effet  outre  que  ces  fà  femme  Adélaïde ,  en  faveur  de  l’abbaye  de  faint  ' 
chiffres  font  feparez  dans  la  copie  qui  eft  à  la  biblio-  Hilaire  \  &  dans  ce  même  ade  Roger  qualifie 
theque  de  Colbert ,  &  qui  a  été  prife  fur  l’original ,  comte ,  Raymond  fon  autre  fils  ;  qualité  qu’il  ne 
il  cft  certain  d’ailleurs  que  cetre  rranflation  fut  faite  donne  à  aucun  d’eux  dans  fon  teftament.  Au  refte 
M*rfêlkHi  k  11*  F^vricr  >  comme  le  témoignent  Catcl 1  &  comme  Raymond  ne  fouferivit  pas  avec  fes  deux 
artÂl  '  Marca  eux-mêmes,  fur  l’autorité  de  l’ancien  bre-  frères  à  Fade  de  l’an  1011.&  que  fon  pere  y  dé- 
viaire  de  l’abbaye  de  S.  Hilaire  :  or  le  12.  Février  clare  qu’il  fait  cette  donation  pour  Famé  de  fin  frère 
.  on  comptoit  vin-  kfiltnd.  Martii.  L’ade  de  cette  le  comte  Eudes ,  du  comte  Raymond  fin  fils ,  nous 


tv.  r#.  1. 

Xtt.  Lxxxvii. 
••100  •t-Jfqq. 


f  fv.^.121. 
lt  “o- 

h  Mdl.  éS. 
SS.  Ben.n.s . 

&  +nn. 

fiyl  n.  74. 

Catel  1 b.  f. 
*25.  Marca 
Ütd.f.Oÿi. 


i  Cattl  (r 

Marc  4  au. 


B  Mai.  U 

éutn.  9tt.  ». 

7* 

IPr.f.lSX 


theque  de  Colncrt ,  &  qui  a  été  prife  fur  l’original ,  comte ,  Raymond  fon  autre  fils  ;  qualité  qu’il  ne 
il  cft  certain  d’ailleurs  que  cetre  tranflation  fut  faite  donne  â  aucun  d’eux  dans  fon  teftament.  Au  refte 
le  12.  de  Février  ,  comme  le  témoignent  Catcl 1  &  comme  Raymond  ne  fouferivit  pas  avec  fes  deux 
Marca  eux-mêmes,  fur  l’autorité  Je  l’ancien  bre-  frères  à  l’ade  de  l’an  101 1.  &  que  fon  pere  y  dé- 
viaire  de  l’abbaye  de  S.  Hilaire  :  or  le  12.  Février  clare  qu’il  fait  cette  donation  pour  Famé  de  fon  frère 
on  comptoit  vin.  ^*/*w*f.  Martii.  L’ade  de  cette  le  comte  Eudes ,  du  comte  Raymond  [on  fils ,  nous 

tranflation  eft  donc  de  l’an  970.  6c  non  de  l’an  inférons  de  là  que  ce  dernier  croit  alors  déjà  décédé. 

978.  &  c  cft  par  inadvertance  que  le  P.  Mabillon  Nous  verrons  bien  -  tôt  que  Garfindc  veuve  de 
le  place  ailleurs  kfous  l’an  988.  Raymond  ctoit  déjà  remariée  en  101 3.  avec  Ber- 

VII.  Roger  I.  entreprit 1  en  1 002.  lc  voyage  de  nard  d’Andulè. 


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1 

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î>  Ev  VA-tf  GnÜ  i  d  0  T. 


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iï  dis  ’cointes  de  Ù dYcajjo'rihe  &  de  TLafez^  de  la  féeoh'de  race  j  des  comtes  fab'f 


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de 

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^  /i«r1 .4^  Conférant  de  Coïnminges. 

f  Ray/nohd  Iî.  eomfc 
J  r  I  tWi/frfutnte  Wrw-V  01  Parcic  *  G*™*" 
Raymondr.com-  ,  ttfoapirti.dcCar- '  rtmüe&vcc  fes  fores. 


*Xit; 


H 


Arnaud  I. 
éomee  de 
Comminges 
en  partie  ,  le 
tourte  deOn- 
ftrans,époufâ 
Arfmdc .  vrai- 
femblable- 
«îent  héritiè¬ 
re  des  com  rot 
de  Oarca (Ton¬ 
ne  &  dcRafez: 
il  vivok  en 
#***»*• 


\ogtr  1.  comte 
te  CarcalTôunt  &< 
8e  Contenais ,  kc  y 
*n  partie  de  Coro- 
ftiinge*  depuis  l'an 
*J7-  époufa  Adé¬ 
laïde  ,  8c  mourut 
rets  l’a h  loi*. 


*e  <L  Carca/Tonne* 
fyfrufa  Gartfn'de, 
tillt  binée  8c  héri¬ 
tière  dtGuillaamc  J 
▼içomtc  defiezibrs  j 
&d'Agdc,  laquelle 
&  remaria  avec 
fcemard  d’Àndufb 
ü  motcruc  vers  fan 
rero. 


et  lionne  vers  l'an 
i©4f.  1 *"«*• 

^Bernard. 

i . 

X  ‘Roger  î fr.  ‘com  rh  îé 
PferrV-Rfyhrtmd  j  GirCa  (forme  &  de  Rl- 
cofmc*n  partie  dc  j  lirz .  vie.  de  Bcticrs  6t 
Carcailonnc  ,  vi-  f  u'Agdc,  croula  Sibyl- 
conuc  de  BeziersJ  le,  ôc  mourut  en  1067. 
&d‘Agdc,  cpoula  •  1  ans  en  fans. 

Rang^de  <fc  h  Gjr(inde  Tomme* 
Marche .  &  nroa-  |  Ra/moJld  VIc0mfe  * 

Narbonne. 


^rat  vers  l'an  1060. 


àfnaiius 
comte  de 
Commin-  . 
ges  6c  de  j 
Conferans 
vers  l'an 


Pernârà  comte  de 
Conlerans  8c  d 
toi*  ,  Ice n  partit 
de  CaroriTonne 


Ermcngardc  héritiéte 
I  de  fon  frere  ,  cpoufii 
Raymond  Bernard  vi- 
!  comte  d’Albi  &  de 
I  Nilmcs. 

Adélaïde  époufaGufl- 


Odotton  fendes ,( 
côm  te  de  Ra.ei  , 
epouia  Altrude,& 
mourut  vers  l’anf 
xôxj. 


f  Gilbeigt  époufa 
1  en lOjô.Kamiici. 
roi  d'Aragon. 

Efticnnetc  épou- 

r*  v-iwchwiioc  ,  j  r  Cùnaç  I  Atfciaïdeepoufa'Gufl- 

dcâ.gorrc.^ou-  f  fa™---.*  «  Raymond exiger- 

CSrtU9.ce:  X-.  El- -  le*mo“  vet‘ xo«®* 
tientfete  :  mourut 
vers  fan  1065. 

fcoger  lï.  com¬ 
te  de  Carcailonnc 
en  partie,  À:  l.  de 
Foix,  epouia  Ami- 
cd.'lc  moûnitians 
enfans  vers  l'an 
lois  4. 

l’ierrfc  cbmrc  de  . 

Foix, après  la  mort^  \o.  Sicarde:x«.Éirien  ^  Pierre, 
de  Ibn  ircrc.cpou-  I  nctc,  &  mourut  vers  »  Raymond, 
la  Ledgardc  ,  &  |  Tan  1124. 

.courut  vers  lan  ^  pierre  comte  en  10 84*  i  koget. 
'"V1-  .  w  a  „  l  Raymond 

Am» wl comte !le  fRiymortdI.com-  co^e 

Rllt2.  ■<«  de  K«:èz  o.r£Ral«  .mort  fans 

I  .034.  epouia  Bc-  CeQf4ûs 

^Jiarde. 


fut  vkrsî'ah  1034. 


Pierre  "étètme  dt 
Girônne ,  depuis 
l’Un  ioio.jufqu  en 
105b* 


ferme  Btnde  épou- 
fii  vers  Tân  root. 
Raymond  comte 
'  de  Barcelone  ,  8c 
Vlnonrnt  eh  10 j$. 


i.  Lst. 

Bcatrfx  héritière  4U 
comté  dfc  Bigorne  ,  i- 
poufa  en  107?  Cen tul¬ 
le  vicomte  de  Bcam. 


f  Roger  lï.  comte  de 
•  Foix  en  1071.  époufa  J 


Roger- Ber¬ 
nard  comté 

-> .  ,  1  de  Foix,  C- 

ROger  m.  u,a  en 

torrrte  uc  ^  MJI_  Ctf. 

loix.cpou-  ti|e  fi„c  du 


fa  Ximcne 
de  Barcelo¬ 
ne  rmonrot 
vers  Tan 
11 4^. 
Berna. d. 


vicomte 

Raymond 

Trcncavcli 

érttidîmVnl 


Raymbnd  l.com* 


te  en  paexie 
Gomminges  en 
>8ô.  mourut  Vers 
I  tn 


feerhtrd  t.  comté  f  ^epïn  corfttè  de  f  Bbrhâtd  II.  comté  Ae 
detomminges.  ’  '  ^ 


IComrtiinges,  fefit-^  Comminges 
religieux  à  Aiàon.  i  l'an  1035. 
^cmo3^.  ■ 


Amclius  Simpli-  r 

'in<  rtimrf  nn  I 


dcpliü 


Galindè. 


cius  comte  ou  ;  ^  ...  .  . 

màrquis  en  pàrtic^  Sui1  f  Bèmard  comte  6d  f  Aaymond  -  fèemard  Tn 

d«  Comminges  tû|  °u  ™«l“»  dê  !  mà.quis.  !  I^ymohd. 

b  I  Comminges  en  ^  1 


I  partie  en  1015 

Garfias  chef  de  fa 
branche  des  com- 
.  tes  d'Aure  dans  16 
^Comminges.  ^ 


Ràymond-Guil- 
liQme  comt  ou 
marquis  de  Com- 
^minges. 


feoterl.cônT- 
te  de  Com- 
minges'.n  par¬ 
tie  ,  épo  .fa  A- 
tkfatde. 


Eudes  où  Odon, 

Arnaud  II.  com-  I  comte  en  partie  de  J 
te  de  Comminges  j  Comminges 
.  partie  ch  97 9.  '  i0Jî* 


en 


« 


Bernard  -  Odon 


en  partie  ch  >7^ 

■ 

Bernard  évéque 
de  Touloufc  en 

103f*  r  Arnaud  llî.coffite  f 

Pierre  évêque  de  |  Ro?er  n.  c0mt6  ^  ^mm.nges  en^ 
6onierao-eny7ÿ.  1 - -  ».  partie  en  ioé*.  & 


comte  en  partie  de 
Comminges  vers  Tin 
ie>75-  par  indivis  avec 
les  frères. 

Bernard  III.  comte  j 
de  Comminges  vers4! 
,  Tan  107J.  &en  noo.  * 

comte  eu  partiede*{  COmti  dc 

Comminges  vers  Cortln>'^s. 

vm  10 su  t  ,  rr  t,,0,t  efi 

1  Hit.lcnaj 


-,  Roger  abbé  dc  Pcy« 
'rilTas. 


BctnardlV. 
comte  de 
Commin-  J 
ges en  1 1 30.  • 
cpoufâD'as  j 
de  Muret:  il  i 
tnourut  6h  | 


Bernard  y* 
comte  de 
Commin- 
^es  énnjji 
étoit  môft 
en  ix^é. 

Roger. 


Foitanièli 


eu  partie  de  Com- j 
minges  en  1021. 
1016.  dt  1035.  é- 
poafa  Aldlné. 


■ 


Bernard  âbbé  de 
Lezat,&évéquedc 
Conlerans  emoéo. 


Roger  lit.  comté  derR  d. 
comminges  pânndmi  <  n  ,  2 

,*ec  fes  fterés  ta  1^.lGulllaum4' 


l 


Bernard-Arnâud. 


I  R°^r  moine.  ^Raymond- Arnaud. 


♦ 


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NOTE 

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«7.101.  + 


ïH  NOTES  SU  R.  vmt  TOI  K  E 

IX  Nousn’avons  plus^ien  de  Roger  1.  après  l>n  dans  une  portion  du  comté  de  Carcaflônne  >  &  il.  ~ 
t  o  1 1.  &  ce  comte  décéda  fans  douce  peu  de  tems^  hérita  après  la  mort  de  la  mere >  arrivée  vers  Van  N 
aprcs.M.deMaica-*  prétend  qu’Adelaidefa  femme  1057.  des*  vicomte*  dé  Beziers  &  d’Agde  qu’il 
ctoit  (œur  de  Baudouin,  lire  de  Pons  en  Xaintonec.  tranfmit  à  fes  defeendans.  Comme  il  étoit  de  race 
11  le  fonde  fur  on  fragment  du  teftament  de  ce  (ci-  comtale ,  &  qu’H  jxifleda  une  partie  du  comté  de 
gneur,  tiré  duxrartulaire  de  S.  Eutrope  de Xainres  Carcaflônne,  il  prit  le  titre  de  comte,  &  quelque- 
où  on  lit  ces  mots  :  Ego  Ba'dutons  miles ,  Dommus  fois  celui  de  comte  de  Bezjers  n,  quoiqu’il  ne  fut 
de  l  o'ito.  Item  volo  ut  filins  meus  pnmogenitut  63  proprement  que  vicomte  de  cette  ville  :  il  fe  quali- 
'hcrcs  folvat  sïdalax*  uxori  Rogerii  connus  Carcafi  fia  atifli  comte  de  Carcaffonne  g  .Quant  à  Guillaume 
Jomufis forori  mea,  totum  quod  fibt  à outre  datum  eft*  •  P  fon  frère  il  prit  aulli  le  titre  de  comte  ,  eut  pour 
■63  prêterai  totum  Uluci  q*od  metcnflabit  debere ,  4 ut  Ion  partage  une  portion  du  comté  de  Carcaffonne, 
etnfum  dart  confiât um  rattone  cubiti .  Mais  cet  aûc  avec  une  partie  du  Lauraguais ,  &  laifla  des  enfans. 
ne  relient  nuHemeilt  le  ftilcduX.fiécleou  du  coin-  XII.  Nous  avons  en  effet  un  aéie  fans  date  \ 

mencement  du  fuivant  -,  &  il  eft  fans  exemple  que  fuivant  lequel  Raymond-Guillaume  donne  au  comte 
les  feigneurspriflènt  alors  le  titre  de  miles  6c.  celui  Pierre  fon  onde  l'allcu  de  Magrignan*  pour  en  jouir 
de  dominus.Qtt  aûe  regardera  donc  Roger  vicomte  pendant  (à  vie ,  &c.  Comme  ce  domaine  étoit  dans 
deCarcaflonne,qui  fe  qualifioit  comte  bde  cette  ville  la  mâifon  1  de  Carcaffonne ,  c’eft  une  preuve  que 
en  1 1  &  qui  peut  avoir  époufé  Adélaïde  de  le  comte  Pierre  eft  le  meme  que  Pierre  fils  de  Ray-  ^ 

Pons  en  premières  noces  :  car  il  ne  fe  maria  qu’en  mond  1.  comte  de,  Carcaffonne ,  &  que  par  con- 
1139.  avec  Bernarde  de  Comminges,  61  il  étoit  foquent  Raymond  fin  neveu  étoit  fils  de  Guillaume  > 
alors  avancé  en  âge.  fon  frctc  \  ce  qu’on  peut  confirmer  liir  cë  que  le 

X.  Suivant  le  partage  que  Roger  I.  fit  de  fon  do-  même  Raymond  prend  le  furnom  de  Guillaume, 

«  rr.9.1  $f,  maine  par  fon  teftament*  il  donna  a  Raymond  fon  c’eft-â-dire  >  fils  de  Guillaume.  Pierre  63  Bernard - 

fils  aîné  le  comté  de  Carcaffonne ,  une  portion  de  Guillaume  qui  vendirent  •  en  1 06  8 .  au  comte  de  y.  k*. 
celui  de  Rafee ,  &  -la  3e  partie  de  celui  de  Com-  Barcelone,  leurs  droits  fur  les  comtez  de  Carcal- 
minges  *,  à  Bernard  fon  fécond  fils ,  le  comté  de  fonne  ôc  de  Rafez ,  étoient  aufli  fils  du  meme  Guil-  • 
Conferans  avec  la  terre  de  Foix  ;  6c  à  Pierre  le  troi-  laume.  Enfin  Guillaume  IV.  comte  de  Touloufe , 
fiémc,la  plupart  des  abbayes  lituées dans  cesdiff'e-  déclare  dans  l’afte  c  de  vente  qu’il  fit  en  1071.  à  'MT* 
•rens  pays  :  mais  il  paroit  par  ce  que  nous  dirons  Raymond  comte  de  Barcelone ,  du  château  de  Lau- 
dans  la  (uitc  que  Roger  fit  quelque  changement  à  rac  &  de  les  dépendances ,  qu’il  en  avoir  acquis  une 
cette  difpofition.  La  mort  de  Raymond  fon  fils,  qui  partie  de  Raymond-Guillaume ,  63  de  Bernard  fon 
précéda  la  ficnne ,  occaliona  peut-être  ce  change-  frere .  Or  ces  deux  freres  ne  font  pas  différens  de 
ment.  Raymond  &de  Bernard  fils  de  Guillaume  comte 

Le  mcmcRavmond¥en  981»  étoit  né  depuis  quel-  en  partie  de  Carcaffonne  -,  car  les  filles  du  comte 
ques années-,  ainfi  il  avoit  environ  40.  anslorfqu’il  Pierre-Raymond  frere  du  même  Guillaume,  ven- 
mourut  vers  l’an  1 01  o.  Il  laillà  deux  fils  en  bas  âge,  dirent  *  le  Lauraguais  en  1 070.  au  comte  de  Bar-  .V* 
Pierre  6c  Guillaume ,  qu’il  avoit  eus  de  Garfindc  (â 
femme, tille  aînée  &  hcritiere  de  Guillaume  vicomte 
dcBczicrs&d'Agde, laquelle  ctoit  déjà  remariée  en 
1013.  avec  Bernard  d’Andufe.  Ces  faits  font  fon¬ 
dez  fur  difFcrens  aélcs  fuivant  lcfquels ,  i°.  Gar- 
findc  fille  aînée  d&  heriticrc  de  Guillaume  vicomte 
de  Beziers  étoit  mariée  en  1013.  &  1014.  avec 
Bernard  feigneur  d’Andufe.  i°.  Elle  eut  de  ce  fei- 
gneur  un  fils  appelle  Bermond c.  3  Elle  fut  aufli 
mere  *  de  Pierre  Raymond  comte  de  Beziers  &  de 


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ff.i9S.l9t. 

&  ftq.  213. 
xjl.  272.  & 
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J/.  itt.  209 


201. 


cclone  -,  d’où  il  rcfultc  1  Que  dans  le  partage  que  *** 
firent  Pierre  6c  Guillaume  fils  de  Raymond  I.  comte 
de  Carcaffonne ,  ils  curent  chacun  une  portion 
du  Lauraguais.  i°.  Que  les  fils  de  Guillaume  alié¬ 
nèrent  leur part  en  faveur  de  Guillaume  IV.comte 
de  Touloufe.  j°.Quc  Raymond  l’aîné d’entr’eux  , 
vivoit  encore  en  1060.  puifquc  Guillaume  IV. 
qui  ne  fut  comte  de  Touloulê  qu  après  cette  année, 
acquit  de  lui  une  portion  du  Lauraguais.  40.  Enfin  . 
que  le  même  Raymond  étoit  décédé  en  1068. 
Carcaffonne,  &  de  Guillaume  qui  le  qualifioit  puifqu’iln’cft  pas  fait  mention  de  lui  dans  la  vente 
comte.4°.Le  même  Bermond  d’Andufe  étoit  frcrcl  que  fes  deux  freres  firent  alors  au  comte  de  Bar-  ' 
de  ces  derniers.  5  •.Un  ctoit  que  leur  frere  utérin,  *  cclone,  de  leurs  droits  fur  les  comtcz  de  Carcafr  ; 
puifquc  Bernard  fon  pere  failant  mention  de  tous  fonne  &  de  Rafez. 

les  fils  dans  un  adte  h  de  l’an  1020.  ne  dit  rien  XIII.  Les  defeendans  de  Raymond  I.  comte  de 
de  Pierre  Raymond  &  de  Guillaume  :  nous  fça-  Carcaffonne ,  ne  jouirent  donc  que  d  une  partie 
•  vons  d’ailleurs  que  ceux-ci  étoient  fils1  de  Gat-  du  comté  de  Carcaffonne ,  quoique  ce  comté  lui  j 
fin  de  fn  fécondé  époufc ,  qu’il  n’eut  de  cette  der-  eût  été  donné  en  entier  par  le  teftament  du  comte 
nicrc  k  que  Raymond  &  Bermond  -,  &  que  Fredol  Roger  1.  fon  pcrc.  Il  eft  certain  d’ailleurs  que  Ber- 
Geraud  &  Almeradc  étoient  d’une  irC  frmme  appel-  nard  frere  de  Raymond  I.  &  les  defeendans  en 
léc  Ermengarde.  Il  eft  donc  certain  que  Raymond  I.  *  poflederent  la  moine  * ,  avec  plufieurs  autres  biens  £ 
comte  de  Carcaffonne  epoufa  Garfindc  de  Beziers*,  '  qui  avoienteté  deftinezà  ce  demies  ce  qui  prouve, 
car  quoique  nous  n  ayons  aucun  acte  qui  parle  ex-  ou  que  Roger  Echangea  la  difpofition  de  fon  tefta- 
preffément de  ce  mariage,  c’eft  une  fuite néceff aire  ment,  ou  que  pendant  le  bas  âge  des  enfans  de 
des  faits  que  nous  venons  d’établir.  On  peut  ajoû-  Raymond  ï.  leurs  oncles  s’emparèrent  d’une  pat- 
ter,  que  Pierre  Raymond  >  comte  de  Carcaffonne ,  rie  des  domaines  qui  leur  étoient  échus  en  par- 
étant  certainement  fils  d’un  premier  mariage  de  tage 


l/.20f. 


191- 
ft(\.  271. 
yij. 


Garfindc  de  Beziers ,  il  devoit  être  aufli  fils  de  Ray¬ 
mond  I.  comte  de  Carcaffonne,  tant  parce  qu’il 
poffèda  ce  comté  qui  étoit  héréditaire ,  que  parce 
qu’il  ajoûtoit  le  nom  d çRaymundi 1  a  celui  de  Pier¬ 
re  ,  ce  qui  veut  dire  fils  de  Raymond. 

XL  Pierre ,n  fils  de  Raymond  I.comte  deCarcafr 
fonne  &  de  Gariinde  de  Beziers  iiicccda  à  fon  perc 


Pierre  comte  de  Carcaffonne,  fils  de  Raymond  I. 
avoit  en  y  1054.  un  fils  nommé  Roger,  &  trois  *7- af¬ 
filies  de  Rangardc  fa  femme  ,  fiaur  x  d’Almodis  1 17*‘ 
comteffc  de  Touloufe.  Ce  Roger  focccda  vers  l’an 
io(>o  au  comte  Pierre-Raymond  fon  pere,  fous 
la  tutelle  de  (â  mere ,  dans  une  portion  du  comté 
de  Carcaffonne  9c  dans  les  vicomte*  de  Beziers 


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NOTE 

XXII. 


DE  LA  NGÜEDOC.  ’  585 

&  d’Agc Je.  Nous  TappcIIons  Roger  III.  parce  qu’il  mence.  Ainli  Raymond  aura  été  du  premier  lie,  de 
eft  ccrrain  que  le  comte  Roger  fôn  oncle  a  la  Beatrix  du  fécond.  Au  relie  le  mariage  de  cerre 


NOTE 

XXII. 


tPr.p.  14s.  mode  de  Bicragne ,  avec  lequel  il  s’accorda  *  fur  dernière  avec  Ccntulle,  doit  être  *poltcrieur  au 

é-fiï  le  comté  de  Carcaflônne,  poflèda  la  moitié  du  moisdeMarsdel’^n  1079- En  effet  ce  vicomte  étoit 

même  comté.  Cet  accord  eft  fans  date  :  niais  il  encore  marié  alors  avec  Guifle  fâ  coufine,  qu’il 

eft  pofléricur  à  l’an  1060.  &  antérieur  à  Tan  1067.  répudia  enfuite;  &  M.  de  Marca  P  s  eft  trompé  p  t9U 

puifqu’il  y  eft  fait  mention  d’un  côté  de  Guillaume  en  mettant  la  date  de  la  lettre  *  du  pape  Grc- 

comte  de  TouJoufè,  qui  ne  fiicceda  au  plutôt  à  goirc  VII.  où  il  eft  parlé  de  ce  mariage,  à  l’an  * 
Ponsfon  pere,  qu'en  1060.  &  que  de  l’autre  Ro-  1078.  car  elle  eft  de  l’indidion  zmc. 

ger  III.  mourut  fans  enfâns  avant  l’an  1067.  En  XVII.  Quant  a  l’époque  de  la  monde  Bernard 

effet  Rangardc  fâ  mere ,  &  fes  ferurs  qui  lui  avoienc  fils  de  Roger  I.  comte  de  Carcaflônne ,  il  eft  cer- 
bp.iS7»&  fuccedé  après  fon  décès,  vendirent6  cette  der-  tain  d’abord  qu’il  décéda  avant  l’an  iojo.  puit 

fa  niere  année ,  le  comté  de  Carcaflônne  au  comte  que  Pierre  évêque,  fon  frère ,  fit r  après  fa  mort  llf*  * 

de  Barcelone.  Par-lâ  fiait  la  poftéritémafcnJine  de  l’accord  dont  nous  avons  déjà  parlé,  avec  Ro- 
9  Raymond  I.  comte  de  Carcafïonnc  :  les  biens  de  ger  fôn  neveu ,  fils  du  même  Bernard.  Or  ce  prélat 


cette  branche  paflerent  dans  la  maifôn  des  Trcnca-  n'eft  pas  different  de  Pierre-Roger  qui  étoit  déjà 
vcls  par  le  mariage  d’Ermcngarde  fœur  &  héritière  pourvu  de  l’évêché  de  Gironne*  dès  l’an  1  o  1  o.  &  ,  Mart.Hijf* 
de  Roger  IU.  avec  Raymond-Bernard  vicomte  qui  ctoic  mort  en  1050.  puifqu’il  eft  certain  qu'Er-  b  ***•  44** 
d’Albi  ôc  de  Nifmes,  ainli  que  nous  l’avons  déjà  meftindecomtcflè  de  Barcelone ,  /a  jatwr 1 ,  étoit  îî )\?9  l# 
remarqué.  Venons  préfèntemenr  aux  defeendans  fille  B  de  Roger  1.  comte  de  Carcaflônne. 
de  Bernard  ,  fécond  fils  de  Roger  I.  comte  de  XVIlI.  Il  paroît  d’un  autre  côté  que  Bernard-  uîr.^.^o. 
Carcaflônne.  Roger  comte  de  Carcaflônne ,  étoit  déjà  décédé 

XIV.  Bernard  étoit  déjà  né  c  en  981.  Outre  le  en  1036.  par  le  contrat  de  mariage  pafle  cetre 
comté  de  Confêrans  &  le  pars  de  Foix  que  Roger  année  entre  Stéphanie  fâ  fille  *,  &  Garfias  fur-  *Vt  Mére* 
/•_ _ I..:  l _ ...a _ »...  a  _ - ^  m _ —  •  j  .  _  a  J: _  Swm./.jo*. 


r  Mért.HiJf* 


de  Bernard ,  fécond  fils  de  Roger  I.  comte  de  XVIlI.  Il  paroît  d’un  autre  côté  que  Bernard-  u  Ir.p  ijo. 
Carcaflônne.  Roger  comte  de  Carcaflônne ,  étoit  déjà  décédé 

XIV.  Bernard  étoit  déjà  né  cen  981.  Outre  le  en  103  6.  par  le  contrat  de  mariage  pafle  cetre 
comté  de  Confêrans  ôc  le  pays  de  Foix  que  Roger  année  entre  Stéphanie  fâ  fille  *  ,  &  Garfias  fur-  £*^ 

àp.  i$9.&  fôn  pere  lui  laiflâ  par  fôn  reftament  d,  il  pofleda  nommé  de  Nagera ,  roi  de  Navarre 5  il  eft  diren  0ârn'^709' 
tj'  une  partie  du  comté  de  Carcaflônne ,  comme  on  effet  dans  cct  ade  y  que  Stéphanie  fe  maria  du  con-  y  o- 
n*.  &  voit  par  tui  accord  c  ou  partage  que  firent  entr’eux,  fiil  de  la  comtcjfe  fa  mere  ;  d’où  Bris  Martinez  ****** 
après  fi  mort,  l’évêque  Pierre  Ion  frere,  &  Roger  conclut  avec  raifon  que  le  comte  fôn  pere  étoit 
fon  fils.  Ce  dernier  fè  dir  fils  de  Garfinde  dans  alors  décédé.  Il  eft  vrai  que  cet  auteur  fe  trompe ,  /Su 
ladc  du  ferment  *  qu’il  prêta  â  cette  occalion  à  ou  plutôt  fc  contredit  ;car  dun  côté  il  fuppofè  ***•  i* 
l’évêque  Pierre ,  fôn  oncle  paternel.  après  les  anciens  monumens  de  l’abbaye  de  Na- 

XV.  Nous  inférons  de  iâ  que  Bernard  fils  de  géra,  que  Stéphanie  étoit  de  la  maifbn  de  Foix, 

Roger  I.  comte  de  Carcaflônne,  eft  le  même  que  ôc  il  réfute  fort-bien  Guaribai  qui  prétend  que 

•Bfnurdtt»  Bernard- Roger  *  comte  de  Bigorre ,  qui,  de  fâ  cela  ne  peur  être,  parce  qu alors  il  n’y  avoit  pas 


femme  Garfinde ,  eut  K  une  fille  appclléc  Gilbcrgc , 
laquelle  époufi  en  1036.  Ramire  I.  roi  d’Aiagon  ; 
car  il  paroit  ccrrain  que  ce  Bernard  comre  de  Bi¬ 
gorre,  étoit  fils  d’un  comte  appelle  Roger.  Or 
nous  ne  trouvons  aucun  comte  de  Bigorre  de  ce 


des  comtes  de  Foix  :  mais  il  conjedure  de  l’autre 
que  Stéphanie  étoit  fille  de  Raymond- Borrel  comte 
de  Barcelone ,  &  d’Ermcflin  Je  fâ  femme ,  fur  ce 
que  le  roi  Garfias  alla  dans  cette  ville  pour  l’épou- 
fcr.Ii  ignoroir  fans  doute  qu’Ermeffinde  comtefle 


dernier  nom  depuis  h  l’an  945.  jufques  vers  l’an  de  Barcelone  étoit  fille  de  Roger  i.  comre  de  Car- 
ur^p.  oi,  lQ^z  fcmme  de  Bernard-Roger  comte  caflônne,  Ôc  fœur  de  Bernard  pere  de  Stéphanie, 

de  Carcaflônne  ôc  de  Foix,  auia  donc  été  fille,  comme  nous  l’avons  déjà  fait  voir,  ainfi  ii  n’eft  pas 
ou  plutôt  fœur  &  héritière  de  Garfias  comte  de  extraordinaire  que  cette  dernière, lorfqu’ellc  epoufâ 
Bigorre  ,  qui  mourut  vers  l’an  1032.  ôc  dont  le  roi  Garfias,  fût  auprès  de  fâ  tante,  veuve  depuis 
on  ne  connoît  aucune  poftériré.  Nous  fçavons  long- tems  du  comte  Raymond- Boirel. 
d’ailleurs  que  ce  Bernard  comte  de  Bigorre  laiflâ  11  refaire  de  ce  que  nous  venons  de  dire,  que 


d’ailleurs  que  ce  Bernard  comte  de  Bigorre  laiflâ 
JW.  un  fils  de  fôn  nom  1 ,  qui  lui  facccda  dans  ce 
comté,  ôc  il  paroît  d’un  autre  côté  que  Bernard- 
Roger  comte  de  Carcaflônne  ôc  de  Foix ,  laiflâ 
pluiieurs  fils  au  (quels  il  partagea*  Ces  domaines. 
Il  aura  donc  dilpofé  de  fâ  portion  du  comté 


11  refaire  de  ce  que  nous  venons  de  dire,  que 
Gilbcrgc  femme  de  Ramire  I.  roi  d’Aragon  ,  étant 
aufli  fille  du  même  Bernard  ,  les  deux  fœurs  épou- 
ferent  la  même  année  les  deux  freres,  car  Ramire 
étoir  frere  naturel  de  Garfias.  Aufli  n’eft-ii  pas 
dit  dans  le  contrat*  de  mariage  de  la  première  s  Miss, 


de  Carcaflônne  en  faveur  dv.  Roger  II.  fôn  fils  \  que  fôn  pere  Bernard- Roger  fur  alors  en  vie  ;  ôc 


ôc  Bernard  fôn  autre  fils  aura  hérité  du  comté  de 
Bigorre. 

XVI.  Ce  dernier  vivoic  en  1064.  ce  qui  s’ac¬ 
corde  très- bien.  Il  eue  une  fille  appclléc  Beatrix 1 , 
qui  porta  en  1079.  le  comté  de  Bigorre  dans 


en  effet  nous  voions  par  cct  ade  que  ce  fut  l’é¬ 
vêque  de  Tarbe,Ôc  les  vicomtes  de  Lavedan  qui 
emmenerenr  Gilberge  en  Aragon  pour  la  marier 
avec  Ramire. 

XIX.  Pierre  évêque  de  Gironnc ,  rroifîéme  fils 


lamaifôn  des  vicomtes  de  Béarn,  par  fon  mariage  de  Roger  I.  comte  de  Carcaflônne  ,  pofleda  le 
avec  Ccntulle  vicomte  de  ce  pays  :  mais  comme  comté  de  Carcaflônne  en  tout  ou  en  parti.* ,  fùi- 
r*/é  *77.  nous  trouvons  m  un  Raymond  comte  de  Bigorre  vant  l’accoid”  qu’il  fit  la  dertùs  avec  fôn  neveu  a  1 
vers  l’an  j  070  fous  le  régne  de  Philippe  I.  il  fâuc  de  Roger  II.  Celui-ci  lui  furvécut,  Ôc  en  vertu  de  &fa 

que  celui-ci  ait  été  fils  de  Bernard  II.  que  Bea-  cct  accord,  lui  fùcceda  dans  ce  comté  dont  il 
trixait  cté  fa  fœur,  ôc  qu’étant  mort  finsenfims  jouit  avec  Roger  III.  fôn  coufinkb,  arriere-petit-fils  bWp  *4^ 
clic  lui  ait  fuccedé.  CentuIIc  polîedoir  ce  comté  de  Roger  I.  Il  poflèda  aufli  le  comté  de  Foix  ,  Ôc  &  fa* 
^ZaTlr  avec  k  &mmc  Beatrix  au  mois  d’Avril  n  de  l’an  fit  fâ  principale  réfidence  dans  le  château  de  ce 


*k*£f{*l  avec  &  femme  Beatrix  au  mois  d’Avril  n  de  l’an 
l  p.  joi.  ioHo.qu’ils  unirent  de  concert  l’abbaye  de  S.Savin 
a  celle  de  S.  Vidor  de  Marfêille.  Eftiennere  mere 
de  Beatrix  intervint  dans  l’ade  \  d’où  il  s’enfuit 
•  2f4rc4  a,  <îuc  Bernard  comte  de  Bigorre  l’époufaen  fécondes 
*' ,i0-  noces ,  puifqu’cn  0  1 061.  il  étoit  marié  avec  Cle- 
Temt  JJ. 


nom-,  ce  qui  lui  donna  occafion  de  s’en  qualifier 
comte ,  pour  fè  diftinguer  fâns  doute  de  Roger  IlI. 
fon  coufin  \  ainfi  il  a  donné  proprement  l’origine 
au  comté  ôc  aux  comtes  de  Foix  dont  il  fut 
le  I.  de  fon  nom  Ôc  le  II.  de  Carcaflônne  ;  il 

EE  ee 


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5**6.' 


K  OTES  SÜR.  L'HIST  Ot*E 


XXII. 

°  V-néb.é* 
*nn.  iq7  j- 
6t.  1 


-NOTE  ^poufa  ullc  <krô«  appclléc  Arnica  >  comme  il  qui  le  font  fils  d' Amélie  »  fc  trompent.  11  époufâ  ^ 

XX  U.  paioît  par  la  lettre  qu'il  écrivit  *  vers  Pan  io6o.  Sicarde,  comme  on  voit  entrautres  par  la  dona-  xxii 

*  S-  Hugues  abbé  de  Cluni.  Le  P.  Mabillon  b  qui  tion  qu'il  fit  avec  elle  à  l'abbaye  de  Cluni  °,  le 
m,ih  ‘  €n  rapporte  un  fragment  confîdçfable ,  n’a  pas  fait  Dimanche  jo*r  de  la  convtrfwn  de  S.  Paul,  le  +.  de  la 

4tf-  attention  que  le  nom  de  la  femme  de  ce  comte  lune  ,  Pan  i  074 C'eftlc  même  comte  P  Roger  qui  p  Pr.f.lît,& 

*ft  dans  la  fufeription  -,  c’eft  donc  fans  aucun  fon-  autorifa  l’union  de  l'abbaye  de  Lezat  â  celle  de  **+ 

dement  qu’il  prétend  que  cetrc  dame  s'appclloit  Cluni  au  mois  de  Novembre  de  l'an  1075.  Nous 

Sicarde*  en  quoi  il  a  été  fuivi  en  dernier  lieu  par  avons  encore  une  donation  qu'il  ht  vers  l'an  1075,* 

lç  P.Angp c  :-ma»s  Sicarde  étoit  femme  de  Roget  II.  avec  fa  femme  Sicarde ,  à  l'abbaye  de  S.  Pons  do  , 

•  p-  3+3.  &  non  de  Roger  I.  comte  de  Foix.  Tomicrcs.  il  n'eut  point  d’enfans  de  cette  dame,car 

Cclui  -d  étoit  décédé  en  1067.  ce  qu’ott  Roger  III.  fon  fils  aîné  Ce  dit  fils  de  Stéphanie1  \  rM*4P. 

.  .  peut  prouver  par  l’aéte  de  vente  que  firent  cette  il  aura  donc  époufé  cclle*ci  en  fécondés  noces.  En 

a.v.f.is  T-  année  *  au  Comte  de  Barcelone  ,  Rangarde  veuve  effet  il  n'avoit  pas  encore  d'cnfàns  en  109  5.  comme  *  * 

de  Pierre-Raymond  comte  de  Beziers,  &  Ermen-  il  paroît  par  l’accord 1  qu’il  pafla  cetrc  année  avec  •MK.  & 

garde  leur  fille  ,  du  comté  de  Carcajfonne  ,  (3  de  Ermengardc  de  Carcallbnnc  fa  coulînc  ,  &  non  en  “*• 

tout  l'honneur  que  Roger  comte  de  Foix  avait pojjedé.  1  o97.commeM.  de  Marca  1  l’a  avancé.ll  étoit  alors  f  M*rcé 

XX.  Roger  I.  comte  de  Foix  mourut  fins  enfans,  fans  doute  veuf:  mais  il  époufa  Stéphanie  bientôt  tér*M'7* 
en  effet  Roger  II.  comte  du  même  pays,  qui  après,  car  Roger  III.  fon  fils  aîné  étoit  déjà  grand  en 


«  H»/?. 

4:t  P.  dt  Fr. 

tv.  j. 


vivoit  à  la  fin  du  XI.  fiécie ,  3c  au  commencement 
du  fuivant,  n'étoit  qu e  fin  neveu  *>fils  £un  de 
•-  *  fes  frères.  On  a  ignoré  jufqu’ici  le  nom  de  ce  frere 
de  Roger  I;  comte  de  Foix  :  mais  il  n’y  a  pas  lieu 
de  douter  qu’il  ne  s’appellât  Pierre  ,  ce  que  nous 

*■  "•  *  :_f _ . ..  1 _ ii  .  .  n . 


1 1  o8.uRoger  II.  neveu  de  Roger  /.  vivoit  encore  en  MM7*-# 


1 1 1 1  .x&il  eft  certain  qu'il  ne  mourut  r  qu'après  l'an  f‘q' 


x^.371. 


11  u  .mais  avant  Pâques  de  l’an  1115  .On  voit  par-  y  /•  4x7. 
là  que  la  conjecture  de  M.  de  Marca  * ,  qui  le  fait 

[  6.  3c  qui  a  été  fuivi  en  dernier  lieu  ‘"r*  71,4 


i/r-  «3. 


mourir  en  1 1 1 

inferons  d’un  aâc,  fuivant  lequel  le  comte  Pierre -  par  le  P.  Ange  aa ,  eft  trcs-mal  fondée.  La  preuve  1 
♦  Pemu-Bcr.  Bernard  %  *  du  confentement  de  fon  fils  Roter ,  refti-  que  Roger  IL  mourut  avant  Pâques  de  l'an  1 1 1 5. 

tue  f  vers  l’an  7070.  au  monafterede  Camon  di-  le  tire  de  deux  aCtcs  bb  pafièz  entre  fes  trois  fils,  bbpr/.*ij, 

vers  droits  qu’il  exigeoit  dans  le  village  de  Cal-  Roger  qui  prend  le  titre  de  comte  de  Foix  ,  Pierre 
fan.  On  voit  par  là  que  ce  comte  Pierre  exerçoit  3c  Raymond  d'un  côté ,  &  le  vicomte  Bernard- 
fon  autorité  dans  les  pays  fournis  à  la  domination  Aton  de  l’autre. 

de  la  maifon  de  Carcaflonne  &  de  Foix,  puife  On  doit  inferer  de  là  que  Roger  II.  ait  au  moins 
que  le  monafterc  de  Camon  &  le  village  de  Cal-  quatre  fils  de  Stéphanie  ou  Efticnnctc  fa  féconde 
(an  font  fîtuez,  le  premier  dans  la  partie  méri-  femme  \  car  dans  les  adtes  de  l'an  1111.  *  il  cch^1f 
dionalc  du  dioçèfè  ae  Mirepoix ,  3c  l'autre  dans  nomme  lui-  même  Roger ,  Bernard  &  Pierre  >  & 
le  diocèfc  de  Pamicrs,  &  que  les  comtes  de  Car-  dans  ceux  de  l'an  1  il  5.  c’eft  le  comte  Roger  , 


avec  fes  fieras  Pierre  (3  Raymond ,  qui  s’accorde 
avec  le  vicomte  de  CarcalTbnnc.  Au  refte  comme 
il  eft  certain  que  Roger  III.  étoic  fils  de  Sté¬ 
phanie,  fécondé  femme  de  Roger  II.  il  s’enfuir  que 


f'ï 


•  Avunculo 

Dit, 


iîlbA 


cartonne  avoient  l'avoucrie  «du  même  monaftere. 

Il  aura  donc  été  frere  de  Roger  I.  comte  de  Foix , 

3c  pere  de  Roger  II.  qui  par  fin  pere  étoit  neveu 
de  Roier  /. 

CJ  a  w  - 

Il  y  a  cependant  une  difficulté,  c’cft  que  dans  fes  freres  puînez  croient  du  même  lit.  Ainfi  c’eft 
y  p.  445.  ér  La 3e  h  du  ferment  prêté  â  Roger  I.jcomte  de  Foix  fans  fondement  que  le  P.  Ange  dd  a  dit  qu’on  ne  4<t  Hif.ftti 
par  Roger  III.  comte  de  Carcaflonne,  ce  dernier  fçait  de  quelle  femme  de  Roger  II. vinrent  Pierre 

après  avoir  excepté  Guillaume  comte  de  Touloufc,  3c  Raymond-Roger  les  fils. 

&  Raymond  fon  frere  ,  excepte  encore  Pierre-  XXII.  Il  s'enfuit  de  ce  que  nous  venons  de  dire, 

Bernard  fin  oncle .  *  Or  fuivant  ce  que  nousve-  i°.Qu’on  n'a  aucune connoiffancc  de  cette  preten- 
nons  de  dire ,  le  même  Pierre-Bernard  ne  pouvoir  due  Arfinde  que  le  P.  Ange  ce  donne  pour  féconde  c  «  üiL 
être  oncle  de  Roger  III.  comte  de  Carcaflonne,  à  femme, après  Oihenart  &  M.  de  Marca.à  Roger  II. 

prendre  ce  terme  dans  fa  (ignification  propre:  comte  deFoix.z^.Que  ce  comte  qui  polleda  le  corn- 

mais  il  fuffit  que  Pierre  Bernard  fût  oncle  de  Ro-  té  de  Foix  depuis  l’an  1073.  jufqu’en  r  n  1.  futàla 
ger  III.  à  la  mode  de  Bretagne,  comme  il  Fctoit  première  croifade ,  ôc  non  pas  Roger  I.  fon  onde 
•  effe&ivemcnt ,  pour  qu’il  ait  pu  1  fc  fervir  de  ce  paternel,  comme  on  le  prétend tf.  3 Que  Roger  I. 
terme.  ne  mourut  pas  à  certe  expédition ,  comme  les  mc- 

Nous  trouvons  un  autre  comte  nommé  Pierre,  mes  auteurs  l’ont  avancé,  puifqu'il  étoit  déjadé- 
*  *«*•  qui  avçc  fes  deux  fils  Roger  &  Raymond,  donnak  cédé  en  1 067.  comme  nous  l'avons  déjà  prouvé. 

en  Tannée  1084.  à  l’abbaye  de  Clufê,  un  alleu  Quant  à  la  maifon  de  Stéphanie  fécondé  femme  de 
fitué  dans  le  comté  de  Touloufe.  On  pourroit  Roger  II.  M.  de  Marca  3c  le  P.  Ange  la  font  dame 
cçoire  d’abord  que  c’eft  le  même  que  Pierre  comte  du  pays  des  marches  de  la  ktjfe  Provence ,  fans  autre 
dç  Foix  ,  pet'c  de  Roger  II.  mais  voici  ce  qui  preuve  que  quelques  vers  d’un  appellé  Honorât 
nous  perfuade  le  contraire ,  quoique  nous  ne  dou-  Bonnet  j  mais  ces  vers  font  trop  modernes  pour 
tions  pas  qu’ils  ne  fuflent  les  uns  3c  les  autres  de  être  de  quelque  autorité ,  &  on  ne  voit  pas  d  ail¬ 
la  même  maifon.  x°.  On  a  déjà  vu  que  dans  leurs  que  les  comtes  de  Foix  defeendans  de  Stepha- 
l'aéle  de  déguerpiffement  de  l’an  1070.  Roger  IL  nie,  ayent  jamais  rien  pofTedc  en  Provence  :  nous 
fe  qualifioit  comte.  Or  Rogçr  ne  prend  pas  cette  ne  nions  pas  cependant  que  cette  dame  n’ait  pû 
qualité  dans  la  donation  del’an  1  o  84.  *Q  .Roger  H.  être  de  la  maifon  des  comtes  de  Provence ,  mais  il 
étoic  certainement  comte  de  Foix  en 1 1 07 1 .  1 07  3  •  n’y  a  rien  de  certain  là-deftùs. 

8c  1  o7  5 . 3c  il  ctoit  déjà  marié  avec  Sicarde  avant  Ccft-là  la  véritable  origine  &  la  fucccflîon  des 
Pan  1075-  Ainfi  le  comte  Pierre  qui  fit  la  dona-  premiers  comtes  de  Foix,  appuyée  fur  les  a&esorigi- 
rion  de  l’an  1 08  4*  aur*  été  félon  toutes  les  appa-  haux ,  allez  differente  de  celle  qu’on  en  trouve  dans 
m  pr.p.n î.  rcnces  frere  puîné  de  Roger  IL  comte  de  Foix.  divers  auteurs  qui ,  fans  aucune  critique,  onr  écrie 
XXI.  Ce  dernier  fc  dit  fils  de  Ledgarde  dans  fur  cette  matière  depuis  la  fin  du  XV.  fiécie.  Tels 
anadte  qui  cftçnviron  de  Pan  1  o74-mAinfi  ceux  ®  font  Arnaud  Squarrier ,  Bertrand  Helic,  Guillaume 


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DE  LANGUEDOC. 


^  q  T  ^  de  la  Pcrriere ,  Honorât  Bonnet >  Mcdiavilla  cor- 
XXII.  dclier ,  Pierre  Olhagaray >  ôc  Guillaume  Beflè ,  qui 
fe  font  copiez  les  uns  les  autres,  &  dont  le  premier 
paroît  erre  le  même  que  l’auteur  de  U  chronique  des 
comtes  de  Foix ,  qu’on  voit  à  la  Bibliorheque  du 
i» 4i$*  Roi  parmi  les  manufcrits  ade  M.  Baluze.  Il  eft  vrai 
que  cette  chronique  eft  en  François,  &  que  Squar- 
rier  écrivit  fon  ouvrage  en  langage  du  pays  :  mais 
c’eft  peut  être  une  traduûion  de  Ion  ouvrage.  Quoi 
qu’il  en  (bit  ces  auteurs  ont  induit  en  erreur  ceux 
qui  ont  travaillé  après  eux  fur  les  comtes  de  Foix , 
comme  Carel ,  Oihenan ,  M.  de  Marca ,  ôc  en  der¬ 
nier  lieu  le  P.  Ange  ;  car  quoique  ces  derniers  ayent 
relevé  quelques-unes  de  leurs  fautes ,  &  que  par 
\Y.Mucé  leurs  recherches b  ils  ayent  taché  d’éclaircir  cette 
*4*17.7  «i*  matière ,  ils  en  ont  adopté  cependant  plufieurs  au- 
très ,  Ôc  en  particulier  le  prétendu  mariage  de  Ber¬ 
nard  fils  puîné  de  Roger  I.  comte  de  Carcallonne 
&  tige  de  la  maifon  de  Foix ,  avec  Beatrix  de  Be¬ 
ziers  -,  car  on  a  déjà  vu  que  la  femme  du  même 
Bernard  s’appelloir  Garfinde,  &  qu’elle  eft  diffé¬ 
rente  de  Garfinde  heritiere  de  Beziers,  qui  époufâ 
Raymond  I.  comte  de  Carcaflbnnc,  frere  de  Bcr- 
«  HP-  X'»-  nard.  Les  PP.  Ange  c&Simplicien  ont  évité  cette 
M  u.  b  p-  ^ufe .  majs  j|$  fonc  tombez  dans  une  autre  ,  en 
fuppofânt  que  Roger  I.  comte  de  Foix  étoit  fils  de 
Raymond  6c  de  Garfinde  de  Beziers  ;  au  lieu  qu’il 
eft  certain  qu’il  étoit  fils  de  Bernard  &  d’une  autre 
Garfinde  :  il  eft  vrai  que  les  anciens  hiftoriens  de 
*  r>  Mércé  Foix  citent  du ne  donation  (ans  date,  faite  à  l’abbaye 
71  j.  fQjx  }e  COmte  Bernard  (fi  Beatrix  de  Beziers 

fa  femme  :  mais  outre  que  ce  font  des  garants  peu 
aflùrez,  &  que  cela  eft  contraire  aux  titres  auten- 
tiques  que  nous  avons  citez ,  ils  auroient  dû  rap¬ 
porter  cet  aéte  qui ,  fûivant  leur  témoignage ,  n’a 
d’autre  date  que  celle-ci  :  régnant  notre  Seigneur 
-  C.  ce  qui  ne  décide  rien  :  d’ailleurs  il  eft  lins 
exemple  que  dans  le  XL  fîecle  les  femmes  des  com¬ 
tes  prillcnt  le  furnorn  de  leur  maifon. 

XXIII.  Nous  nedifonsrien  delà  prétendue  ére- 
ûion  du  comté  de  Foix  parle  comte  de  Touloufe 
en  faveur  du  meme  Bernard ,  avancée  par  la  plû- 
tu*ru  if> ■  part  de  ces  auteurs  -,  parce  que  M.  de  Marca  ea  fut 
bno.&jitf.  gfamment  rcfUré  leurs  imaginations  fur  ce  fujeu 
Cet  hiftorieti  fe  trompe  cependant  lorfqu’il  pré- 
ff.  711,  tend1  «qu’une  partie  des  terres  du  comté  de  Foix 

*  étoit  aflifê  dans  le  pays  Touioufiin  ou  l’évêché  Ôc 
••comté  de  Touloufe ,  &  que  l’autre  qui  compre- 

•  noit  le  château  de  Foix  &  les  dépendances,  ctoit 
*>  dans  l’ancien  comté  de  Confctans  ;  ôc  que  c’eft 
••  la  raifon  pour  laquelle  la  première  partie  étoit  te* 

"  nue  à  foy  Ôc  hommage  descomresde  Touloufe, 
"&que  l’autre  n’en  relevoir  pas. 0 II  s’appuie  fui  les 
hommages  rendus  par  les  comtes  de  Foix  à  ceux  de 
"Touloufe,  -  fuivantlefqucls,ajoûte-r-iI,  ceux-ci 
"  limitent  l’hommage  aux  terres  du  comté  de  Foix 
" qui  font  affifês  dans  l’évêché  de  Touloufe ,  depuis 
•le  lieu  nommé  communément  le  Pas  de  la  Barre 
*  qui  eft  à  une  lieue  au  dcflous  de  la  ville  de  Foix;  * 
en  forte  que ,  fiiivant  M.  de  Marca ,  toute  la  partie 
du  pays  de  Foix  qui  s’étend  depuis  le  Pas  de  la 
Barre  jufqu’aux  Pyrénées  avoir  été  anciennement 
comprife  dans  le  diocefe  &  le  comté  de  Conforans  : 
mais  cet  illuftre  prélat  n’apporte aucunepreuve  que 
cette  portion  du  pays  de  Foix  air  anciennement  dé¬ 
pendu  du  dioccfe  ôc  comté  de  Confcrans  ;  &  nous 
en  avons  au  contraire  qui  font  voir  que  tout  ce 
canton  étoit  anciennement  du  Touloufain  ,&  fou¬ 
rnis  pour  le  fpirituel  aux  évêques  de  Touloufe. 

1  Le  Lordadois  3c  la  vallée  de  Savartésütuez  au- 

Tome  II \ 


ySy 

delà  du  Pas  de  la  Barre  vers  les  frontières  dtfpagne  ^  o  T  6 
étoienr  du  comté  &  du  diocefe  de  Touloufe  S  en  x  X 1 1. 
5>7o.  &  1074.  En  1047.  le  lieu  de  Mercnx  ;  Pr.p  mu 
lïcué  i  l’extrémitédu  comté  de  Foix,  fur  les  fror*  Mau •  ** 
tieres  de  la  Cerdagne  &  du  diocéfê  d’Urgel  depen-  aff‘l674'"‘ 
doit  h  auffi  du  comté  de  Touloufe .  \  °.  Le  comté  de  h  Af-rc.H*#* 
Foix  fait  aujourd’hui  partie  du  dioccfe  de  Pamiers»  p- 1 
Or  il  eft  confiant  9  ôc  M.  de  Marca  en  convient 1  *  i 
que  lorfqu’on  érigea  ce  dernier  évêché  a  la  fin  du  F 
XIII.  fiécle,  fon  diocéfê  fut  entièrement  démem* 
bré  de  celui  de  Touloufe.  La  partie  du  pays  de  Foix 
ni  s’étend  vers  les  Pyrénées  dependoir  donc  alors 
e  ce  diocefe ,  ôc  on  doit  fuppofêr  quelle  en  avoir 
toujours  dépendu  auparavant ,  à  moins  qu’on  n’ap¬ 
porte  des  preuves  du  contraire ,  ce  qu’on  ne  fait 
pas.  Enfin  il  n’cft  point  dit  dans  les  hommages  ci¬ 
tez  ,  qu’il  n’y  eut  que  la  partie  du  pays  fîtuée  cil 
deçà  du  Pas  de  la  Barre  qui  fut  du  dioccfe  de  Tom- 
Joufê ,  comme  M.  de  Marca  l’a  entendu  :  mais  feu¬ 
lement  quelle  étoit  fîtuée  dans  ce  diocéfe  k,  ce  qui  k  y.p,.am 
n’exclut  pas  l’autre.  1111.12491 

C’eft  donc  à  quelqu’autre  raifon  qu’il  faut  re- 
courir  pour  expliquer  d’où  vient  qu’il  n’y  avoir 
qu’une  partie  du  comté  de  Foix  qui  relevât  des 
comtes  de  Touloufe  au  XIII.  fîecle ,  quoique  tout 
ce  comté  fut  compris  dans  l’ancien  diocéfê  ôc  com¬ 
té  de  cette  ville:  voici,  à  ce  qu’il  nous  paroît,  ce 
qui  occafiona  cette  diftinâion.  Ermcngarde  heri* 
tiere  de  la  branche  aînée  de  Carcaffonne  vendit  en 
1067.  au  comte  de  Barcelone  tous  les  fiefs  1  que  Je  ifr.f.tsjk 
comte  de  Carcaffonne  avait  tenus  de  qu  Ique  manière 
que  ce  fut ,  du  comte  de  Touloufe ,  dans  le  com:  é  de 
Carcaffonne  ;  tout  les  fiefs  que  le  comte  Pierre- Raj+ 
mond  fon  pere  avoit  tenus  du  mime  comte  de  Tou - 
loufe  dans  le  Carcaffez.  (fi  le  Touloufain ,  (fi  tous  les 
allen  s  (fi  les  fiefs  qtte  Roger  comte  de  Foix  avoit  tenus 
du  vivant  du  même  P  terre- Raymond  (fi  de  Roger  fon 
fils.  Dans  tinaélc  du  même  jour  Je  comte  de  Bar¬ 
celone  mdonna  <n  fief  à  la  même  Ermcngarde  mp.tsn 
à  fon  mari  le  vicomte  Raymond- Bernard  tous  « 
les  fiefs  ôc  rout  l'honneur  que  le  comte  Pierre-  m 
Raymond  ôc  Roger  fon  fils  avoient  tenus  du  « 
comte  de  Touloufe ,  tant  dans  le  comté  de  Carcnf-  « 
fonne  que  dans  celui  de  Touloufe.  ••  Il  s’enfuit  de  là 
que  rout  le  domaine  de  la  maifon  de  Carcaftonnc 
ôc  de  Foix  avoic  ccé  tenu  jufqu’alors  en  fief  des 
comtes  de  Touloufe  yôc  que  par  confêqucntrout  le 
comté  de  Foix  étoit  encore  en  1067.  de  la  mou- 
vence  de  ce  prince:  mais  comme  nous  trouvons  n  n  r.i.xviut 
que  Roger-Bernard  comte  de  Foix  reconnut  en  n‘ l$%  • 
r  1 5  o.  Raymond-Berenger  IV.  comte  de  Barce¬ 
lone  pourfonfietgneuTy  il  le  fera  fans  doute  déclaré 
fon  vallâl  pour  la  partie  de  fon  comté  fîtuée  au-delà 
du  Pas  de  la  Barre ,  &  fera  demeuré  pour  l’autre 
dans  le  vaflèlage  du  comte  de  Touloufe ,  ce  qui 
aura  donné  l’origine  à  cette  diflinélion,  dont  en 
effet  on  ne  trouve  rien  avant  le  XIII.  fiée  le. 

La  fùccdlîon  des  comtes  de  Foix  ne  fouffre  aucu¬ 
ne  difficulté  depuis  Roger  IL  Examinons  préfênre- 
ment  celle  du  comte  Eudes  frere  de  Roger  L  comte 
de  Carcallbnne. 

XXIV.  II  éft  certain  pqu’Eudes  ou  Odon  fut  0 
comte  de  Rafèz  ;  qu’il  vivoit  encore  en  1  o  1 7.  &  x7°'  *7I# 
u’il  eut  un  fils  appellé  Arnaud  qui  lui  fîicceda 
ans  ce  comté.  Nous  ignorons  fi  celui-ci  JaifJàdes 
enfans:  mais  comme  il  ne  paroît  pas  que  la  bran¬ 
che  des  comtes  de  Carcaffonne  ait  réuni  à  fon 
domaine  avant  l’an  1067.  le  comté  de  Rafêz 
qui  leur  étoit  fubftitué  P  par  défaut  de  mâles ,  fui-  P/-  ***% 
vant  le  ceftamcnc  du  même  Roger  I.  Ôc  que  nous 

EEeeij 


•  Prf.  Jt«. 


î  J Sire* 
Bism. 


■588  NOTES  SUR  L’ HISTOIRE 

>î  O  T  ï  trouvons  depuis  l’an  1  o  j o.  jufqucs  vcts  l'an  1064.  fon  que  les  comtes  de  Coraminges  qui  vivoierit  de  — - — - 
XXII,  deux  comtes  de  Rafez  du  nom  de  Raymond,  nom  Ton  tems,  &  le  comte  Arnaud  fon  pcrc  n’cft  pas  ^  °Tt 
ulité  parmi  les  mêmes  comtes  de  Carcaffonnc*  different  du  comte  de  Coraminges  de  ce  nom  pcrc  X<XIL 
nous  ne  doutons  pas  que  Raymond  qui  en  1 0$  4.  de  Raymond  comte  du  même  pays.  Nous  conje- 
•  jv.j.  ta.  *  fit  une  donation  ,  avec  fa  femme  Beliarde,  à  Pab-  jurons  de  là  que  le  même  Arnaud  avoir  poffede  de 
baye  de  S.  Hilaire ,  pour  avoir  remporte  U  vdlotre  ton  chef  les  comtez  de  Comminges  ôc  de  Confe- 
fur  un  fe teneur  quilmdtjpueoit  le  château  de  Rafez.*  rans  >  &  qu’il  unit  à  fon  domaine  ceux  de  Carcat 
ne  fut  fils  6c  uicceffcur  d'Arnaud  comte  de  ce  lbnne&  de  Rafoc  par  fon  mariage  avec  Arfinde, 

.pays.  Il  eft  vrai  que  Raymond  ne  prend  pas  le  titre  que  nous  fuppofons  avec  beaucoup  de  vraifcm- 

de  comte  dans  cet  ade;  mais  outre  qu’il  étoit  mai-  blance  avoir  été  fille  &  hcriticrc  d’Acfred  II.  qui 
SS  tfcdc  la  capitale  du  Rafez,  6c  que  le  P.Mabillon  étoit  comte  de  ces  deux  pays  en  934.  On  peut 

jj  cr  J  ne  fait  pas  difficulté  de  lui  donner  ce  titre ,  quoi-  fortifier  cette  conjc&urc  en  ce  qu’il  ne  paroît  pas 
,5M*  *•  qu'il  fc trompe  en  le  qualifiant  comte  de  Carcajfonne  5  que  Roger  frere  du  meme  Arnaud  comte  de  Car- 
c  prf.t  u.&  nous  voyons  d’ailleurs  hji  comte  appcllé  Raymond6  callonnc  ôede  Rafez  ait  rien  pofledé  dans  ces  deux 
Bji-  qui  vers  l'an  1059.  (è  dit  fils  de  Belurde ,  6c  pro-  comtez ,  6c  que  nous  avons  fait  voir  ailleurs  qu’Ac- 
met  par  ferment  à  Rangarde  comtcflc  de  Carcaf-  fred  II.  apparcenoit  à  une  autre  maiîon.  Il  cft  vrai 
fonne  de  la  laifler  en  la  pofleflion  de  ccttc  ville ,  6c  qu’Oihcnart 1  donne  le  nom  d  Ena^d  au  pere  de  1  o*n.  4, 
de  celles  de  Béziers  6c  d’Agdc,  fans  parler  du  com-  Raymond  comte  de  Comminges*,  mais  on  voit 
lé  de  Rafez  ;  ainli  ce  Raymond  étoit  vraifcmbla-  aficz  que  c  eft  le  même  nom  que  celui  d’Arnaud, 
blement  fils  de  Raymond  1.  Ôc  petit  -  fils  d’Arnaud  comme  nos  plus  habiles  genealogiftcsmcn  convien-  m  hj.  fn. 
a  idcrcA  comtes  de  ce  pays.  M.  de  Marca  prétend4  cepen-  nent.  ulu* 

ém.f.709.  jam  a  qu* Arnaud  fils  d’Eudes  comte  de  Rafez  XXVI.  Raymond  I.  comte  de  Comminges  eut 

»  mourut  fans  pofteriré;  que  ce  comté  fut  réuni  par  im  n  filsappellé  Bernard.  On  prétend  que  celui-ci 0  n  r,.f. iJ4. 

•»  là  à  celuidc  Carcaffonnc ,  foivant  la  elaufe  du  te-  mourut  avant  fon  pcrc  6c  fans  enfans ,  6c  qu'il  eut  0  ila  i 

/  »  ftament  de  Roger  1.  comte  de  Carcaffonnc,  qu’il  un  frere  appcllé  Roger,  qui  fucccda  à  Raymond 

••  appelle  Roger  IL  6c  qu’enfin  Roger  III.  eut  un  leur  pere.  Quoi  qu’il  en  foit,  la  conformité  de  leurs 

•  frète  appelle  Eudes  qui  fut  le  fécond  comte  de  noms  avec  ceux  des  defeendans  d’Arnaud  comte 

••  Rafez  de  ce  nom ,  6c  qui  étant  mort  avant  lui *  de  Carcaflonne,  confirme  leur  defeendance  cora- 

••  Er nu ngarde  leur  merc  recueillit  leur  fucccflion  :  mune.  Nous  trouvons  enfuite  un  Pépin  comte  de 

mais  cet  auteur  ne  donne  aucune  preuve  qu’il  y  ait  Comminges*  qui  en  1059.  embraflà  l'ctat  religieux  p  frfio* 
*u  un  Eudes  11.  du  nom  comte  de  Rafez ,  6c  que  dans  labbayc  d’Alaon  au  diocéfc  d'Urgel.  Il  étoit 
Roger  III.  comte  de  Carcaffonnc  ait  eu  un  frere  ;  vraifeinblablement  petit-fils  de  Raymond  I.  foit  par 
car  la  tranlàdion  de  l'an  106$.  fur  laquelle  il  fe  Bernard ,  foit  par  Roger  fils  de  ce  comte  :  il  avoit 
forKfe  n’eo  dit  rien  ;  6c  il  n’eft  parlé  dans  les  cadés  lui-même  un  hls  appcllé  Bernard  qui  lui  fucccda 
^  de  l’an  1 070.  qui  ont  rapport  à  cette  tranfà&ion ,  dans  le  comté  de  Comminges.  Raymond  I.  eutplu- 

que  d'Odon  comte  de  Rafez.*  frere  de  Roger  le  ficurs  frères  *  qui  dominèrent  conjointement  avec  il0**'* 
vieux,  comte  de  Carcajfonne ,  c’eft-à-dire  de  Roger  1.  lui  fur  le  Comminges ,  ôc  qui  poffederent  diverfes 
On  voit  d’ailleurs  qu’il  y  avoit  un  comte  de  Rafez  terres  dans  le  Touloufain  aux  environs  du  pays  de 
appcllé  Raymond,  vers  l’an  1060.  dans  une  bul-  Foix. 

Je*  de  Paie  al  II.  par  laquelle  ce  pape  confirma  l’an  XXVII.  Entre  les  frcresdcRaymondr  il  y  en  eut 
1 1 1 6.  l’union  qui  avoitctc  faite  de  l’abbaye  de  faint  un  appelle  Amelius  ,  dont  nous  croyons  trouver  les 
Polycarpe  a  celle  d’Alct,  fituées  l’une  6c  l’autre  dans  defeendans.  U  eft  fait  mention  dans  divers  titres1 
k  Rafez, par  le  comte  Guillemond  au  temsde  l’em-  du  cartulairc  de  Lczat,  abbaye  fituée  dans  le  pays 1 5,171 
pereur  Charles, />*r  le  comte  Raymond  fous  le  régné  de  Foix  ,  vers  les  frontières  du  Confcrans  &  du 
du  roi  Philippe  ,  6c  depuis  peu  par  la  comtcffe  Er-  Comminges  ,  d’un  Ameltus  Simplicités *  fei^neur 

mengarde  :  preuve  que  celle-ci  avoit  fuccedc  im-  tris-puiffant  ,qui  vivoit  vers  la  fin  du  X.  fîcclc , qui 

médiarement  à  Raymond  II.  dans  le  comté  de  fut  pere  de  Guillaume  6c  ayeul  de  Bernard  6c  de 

Rafez-,  que  ce  dernier  vivoit  vers  l’an  1 060.6c  qu’il  Raymond-Guillaume  Or  tous  ces  fcigneurs  pofle- 

mourut  fins  enfans  avant  1067.  puifqu’Ermen-  derent  différentes  terres  dans  les  pays  dont  nous  ve- 

Xj.  garde  8  difpofa  alors  du  même  comté  :  venons  nons  de  parler;  &  Guillaume ,  de  même  que  fon 

f0*'  maintenant  aux  defeendans  de  Raymond,  troifiéme  fils  Raymond-Guillaume ,  fc  qualifient  marquis* 

frere  de  Roger  I,  comte  de  Carcaflonne.  ce  qui  ne  nous  permet  pas  de  douter  qu’ils  ne  dc£ 

XXV.  Raymond  eut  pour  fon  partage  une  partie  cendifïcnc  d’Arnaud  comte  de  Comminges  ,  de 
du  comté  de  Coraminges  :  en  voici  la  preuve.  Confcrans  6c  de  Carcaffonnc  ,  6c  feigneurda  pays 
hPr.j.  Nous  trouvons  h  fous  le  régné  du  roi  Lothaire  ôc  de  Foix. 

l’épifcopar  d’Oriolus  évêque  de  Corarainges,c’eft-  XXVIII  On  a  déjà  vu  que  ce  dernier  avoit  un 

à-dire  vers  l’an  980.  un  comte  de  ce  pays  appelle  frere  appcllé  Roger,  dont  il  eft  fait  mention  dans 

Raymond.  Or  celui-ci  n’eft  pas  different  de  Ray-  divers 1  ades  ;  c’eft  de  lui  que  nous  croyons  que  def  %f  **• uu 

mond  fils  d’Arnaud  comte  de  Carcaffonnc  :  car  x  •.  ccndoient  les  comtes  héréditaires  de  Comminges 

I  Oftta.  »•».  nous  gavons  d’ailleurs  •  que  Raymond  comte  de  quivivoient  au  XII.  fîcclc;  fur  quoi  nous  allons 

z.  çommjngCSj<jUjvjvoitvcrsl*an9  g0.  étoit  fils  d’un  développer  nosconjeéturcs.  On  trouve  u  un  comte  uj.ij* 
comte  du  pays  appellé  Arnaud ,  ôc  petit-fils  par  ce  appcllé  Arnaud  qui  fc  dit  fils  d  AdeUide ,  6c  qui 

dernier  id’un  autre  comte  appellé  Anerius  ou  Af-  conjointement  avec  Pierre  évêque  (j  comte ,  con- 

t  tr.p.ito.  <narjus#  10.  On  voit  par  le  tellamcnt  *dc  Roger  I.  firmaune  donation  que  Roger  1.  comte  de  Carcat 

i7l‘  ^mte  de  Carcaffonnc,  ôc  par  divers  aâes  de  fcs  fonne  fit  en  979.  avec  fà  femme  Adélaïde»  àl’ab- 

defeendans,  qu’ils  avoienc  droit  fur  le  Confcrans  baye  de  S.  Hilaire.  Arnaud  6c  Pierre  dévoient  être 

&  fur  une  partie  du  Comminges  :  ce  devoit  être  parens  du  même  Roger ,  puilqu’ils  confirment 

en  vertu  de  quelque  partage ,  puifque  lesdignirez  cette  donation  ;  mais  ils  ne  pouvoient être  tes  fils, 

éc  les  fiefs  étoienr  alors  héréditaires  ;  Roger  1.  -  puifque  Raymond  fon  fils  aine  étoit  alors  fort 

comte  de  Carcaflonne  étoit  doue  de  la  même  mai-  jeune.  Ce  comte  Arnaud  ne  peut  être  non  plus  le 


X  Jr.J.iSo 
271. 


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DÉ  LANGUEDOC, 


an 


K  OTE 
XXII. 

p  fr.[.Zi<3\ 
Pr  p.liti 


b  Uék.  éi 

00».  10*0.». 


*br7iU 


è  Hift.  itn. 


comte  de  Rata  de  ce  nom  ,  puifque  ce  dernier  de  cette  charre  cft  interpolée,  &c  doit  être  de  1) 
étoit  filsM’Akrudc,  & quïl  n’étoir  pas  encore  né  en  c  060.  Quoi  qu’il  en  Toit  >  nous  fçavons  Pd  ailleurs 
979.Il  éeokdonc  vraifembJablemenc  filsdeRogcc  qu’Arnaud  HL  comte deCommingesavoitunftcre 
frere  d’Arnaud  I.  comte  de  Comminges  &  de  Car-  evêque ,  appelle  Bernard  6c  qu’il  y  avoit  un  1  comcc 
caÛbrmc.  Pour  ce  qui  cft  de  Pierre  évêque  (3 comté  de  ce  pays  vers  le  milieu  du  XI.  licde,  nommé  &im' 
qui  foufcrivic  au  même  aéle,  nous  conje&urons  Bernard-Odon ,  c’eft-à-dirc,  fils d’Odon:  ainfi  nous 
qu’il  écoit  évêque  de  Conforans ,  &  frere  du  même  ne  doutons  pas  que  ce  Bernard  ne  fiic  fils  d’Odon 
Arnaud  II.  comre  de  Comminges.  comre  de  Comminges  ,  frere  de  Roger  II; 

XXIX.  Un  foigneur  b  reftitua  au  mois  de  Novcm-  XXXIII. Le  P  Mabiilon r  femble  foppofer  cepen-  T  A 

brede  l’an  ion.  à  l’abbaye  de  Pcffàn  l’églifc  de  dant  que  le  comte  Bernard-Odon  dont  nous  venons  y*'9**'*9 
S.  Maixenrdans/e  comte  de  Comminges  *fous  l  evé -  de  parler  ,  etoit  fils  d'un  comte  d’Aftarac  :  mais  à 

que  Pierre  (3  le  comte  Roger.  Ce  dernier  écoit  donc  bien  éxaminer  la  charte  *  liir  laquelle  il  s'appuye  ,  il  *  **• 
alorscomte  deComminges,  âcc’eft  fonsdoutele  paroitqu'ils’efttrompc.lleft  dit  dans l’aéle,*  que« 
même  Roger  comte  de  ce  pays  qui  prclida  c  en  le  comte  de  Comminges  prorecteur  du  monaftere.* 

10 16.  à  une  affcmblce  tenue  à  Touloufe ,  où  on  de  Peyriflàs  iicué  dans  le  même pays , étant  mort,* 
examina  fi  le  monaftere  de  PeyrilTàs  dans  le  Com-  ce  monafterc  vint  au  pouvoir  du  comte  d'Afta*  « 
mingesdépendoit de l’abbayc de Lexar.Lc P. Ange4  rac,  que  Bemard-Odon  (on  fils  s’éleva  contre». 

a*  ?>  di  fr.  fait  ce  Roger  comte  de  Comminges ,  qui  fut  le  II.  lui  pour  venger  la  more  de  Ion  pere  ,  &c.  •»  In 
tt.i+619'  jc  fon  nom  f  fî | s  de  Raymond  :  mais  nous  croyons  potejlote  pojleà  comitis  Afiaracenfis ,  mort  .0  comité 
plus  vraifèmblablemcnt  qu’il  étoit  filsd’Arnaud  IL  Convcnarum  ,  furrexit  Bernardus-Odo  films  ejus  9 
dont  nous  venons  de  parler.  Ce  qui  nous  le  per-  infequens  jura  pa  ris  fut ,  mortemque  ejus  cupuns 
dûade,  c’eft  que  le  même  Roger  qui  vivoic  en  vmdscare.  Tout  confifte  à  fçavoir  à  qui  on  doit 
102  6.  eut  un  fils  appellé  Arnaud:  ainfi  le  petit-  rapporter  ces  termes  filins  ejus  :  mais  il  eft  évi- 
fils  aura  porté  le  nom  de  fbn  ayeul,  foivant  Pu-  dent  qu’ils  regardent  le  comte  de  Comminges  dé- 
foge  aftèz  ordinaire  dans  ce  fiécle.  cédé ,  &  non  pas  celui  d’Aftarac  qui  avoir  uforprf 

XXX.  Nous  avons  en  effet  une  donation e  en  fà-  le  monaftere  de  Pcyri/Iâs. 
veur  de  l'abbaye  de  Lezat  ,  faite  par  le  comte  Roger*  Pour  ce  qui  eft  de  la  dare  donc  ce  titre  manque > 
alors  malade  dans  le  chatcau  de  Cafelas  dans  le  on  peur  la  fixer  for  ce  qu’on  y  trouve  de  la  génea- 
Comminges f  •,  6c  elle  eft  fouferite  par  le  comte  Ar-  logie  des  comtes  de  Comminges.  Il  y  eft  fait  men- 
uaud  fon  fils.  Bernard  evêque  de  Touloufe  foufcri-  tion  de  Roger  Me  de  Peyrijfas,  monaftere  fournis 
vit  aufti  à  cet  a&e ,  &c  U  confirma  avec  ce  dernier,  à  l’abbaye  de  Lezat,  (3  de  fis  frerts  les  comtet 
te  qui  nous  donne  lieu  de  croire  qu’il  étoit  frere  Raymond -  Bernard ,  Bernard  pere  de  Raymond* 
de  Roger  II.  comte  de  Comminges.  L’aéic  cft  daré  Guillaume  (3  Fortamer.  Or  foivant  un  titre  pofté- 

tn  général  du  régne  du  roiHenri ,  6c  il  doit  être  en-  rieur  r,  Fortanier  étoit  comte  du  tems  de  Vidian  t  X/*t.  ilùti 
viiondel’an  1035.  car  Bernard  étoit  alors  évêque  abbé  de  Lezat,  qui  occupoit u  cette  abbaye  fous  le  u  Efi,,». 
de Touloufo,  quoique Carel  S,  &  apres  lui  Mra  de  régne  de  Philippe  I.  6c  avant  l’an  1105.  d’où  il 
Sainte-Marthe  prétendent  que  c’eft  Arnold  qui  oc-  réfulte  que  Fade  dont  nous  cherchons  l’époque 


th.pws. 


(t+tf. 


jij. 


1./.671. 


h  MsUifl. 
f.  6i  y  .frdn* 
•cl.i,.  +.p 
7}o»cr/ei. 
V-  'Md.  4 r.n- 
lois.  ».  Si. 
iMari.Hijf. 

t  4i*. 
itr-f  196» 

1  sArch-y.  de 


cupoit  ce  fiégeen  ioj  qu’il  fouforivit  la  même 
année  à  I’a&e  de  fondation  de  deux  chapelles  dans 
l’abbaye  de  CuXa  en  Rouflillon  :  mais  foivant  cet 
aéie  même  de  fondation  donné  par  le  P.  Mabil- 
lonb,cc  fut  Bernard  évêque  de  Touloufo  qui  y  foufi- 


cft  environ  de  l’an  107$.  Or  comme  foivant 
cctx  aéle,  l’abbc  Roger  6c  les  comtes  fos  frétés 
écoient  fils  de  Bcrnard-Odon  comre  de  Com¬ 
minges  ;  il  s’enfuit  aufti  que  ce  dernier  pofteda  1  • 

ce  comté  avant  l’an  1075*  Au  refte  le  comte  For- 
crivit  *  ce  qui  eft  appuié  de  l’autorité  de  M.  Ba-  tamer  oncle  de  Raymond-Guillaume  ,  dont  il  eft  fait 
luze.  *  mention  dans  des  titres  y  de  l’abbaye  de  Lezat,  7  F  417-42* 

XXXI.  Roger  II.  comre  de  Comminges  fit  la  des  années  im.ôc  1 1 1}.  eft  le  même  (ans  doute 
donation  k  dont  nous  venons  de  parler ,  pour  fon  que  norrcFortanier  comre  en  partie  deComminges, 
pere ,  (a  mere,  fm  frere  Eudes ,  &c.  Ce  dernier  qui  étant  le  puîné  de  fosfreres,  leur  aura  fiirvécu , 
pofteda  une  partie  du  même  comté ,  comme  nous  6c  aura  eu  l’adminiftration  du  comté  de  Comminges 
l’inférons  d’un  aétc 1  fuivanr  lequel  un  prêtre  nom-  6c  du  domaine  de  (a  famille  au  nom  de  (es  neveux, 
mé  Garfias  vendit  un  champ  au  monaftere  de  XXXIV.  Quant  à  Bernard  évêque  de  Conforans 
Pcyriffas  dans  le  Comminges ,  au  mois  de  Mai ,  dont  nous  venons  de  parler,  le  P.  de  Sainte-Mar¬ 
the  x  lui  donne  le  furnom  de  Pelet  :  mais  en  cela  î  à*B.chripm 


if  n’a  fait  qu’adopter  une  conjeéhire  du  i\  Efticn-  ”^17'.  *'  li 
not  a,qui  a  cru  que  ce  prélat  droit  de  la  rya ifon  des  aa  tjhen.H. 
comtes  de  Mclgueil,  ou  de  Mauguio,  ce  qui  n'eft 


4e  xv  s  1  /  .jour  delà  lune ,  régnant  lt  comte  Eudes . 

XXXII.  Le  comte  Arnaud  fils  de  Roger  II. 
que  nous  nommerons  Arnaud  III.  autorifà  munc 

donation  en  faveur  dcl’abbayedeLezat  fous  le  régne  comtes  de  Mclgueil,  ou  deMauguio,  ce  qui 

du  roi  Henri,  &  la  foufcrivic  avec  Roger  fon  fils*  appuyé  (ur  aucune  preuve.  Il  eft  certain  d’ail- 

Bernard  évêque  de  Confier  ans  fon  frere ,  (3  le  comte  leurs ,  ainfi  que  nous  l’avons  déjà  vu ,  que  cet  évê- 

Bernard-Odon.  On  lit  ces  foufcriptions  dans  l’ex-  que  étoit  frere  d’Arnaud  comte  deComminges, 

trait  de  cette  pièce,  que  D.  Claude  Efticn  not  inféra  maifon  différente  de  celle  de  Melgueil ,  6c  de 

.  .  en  1680.  dans  fon  recueil  manufcrit n  de  fiagmens  Peler.  Ces  auteurs  donnent  d  ce  prélat  le  nom  de 

5Ç5î^  hiftoriques  \  mais  elles  manquent  dans  la  copie  qui  Bernardus- Raymundi ,  ce  qui  pourroit  faire  croire 
eft  dans  les  m(Lde  Colbert, &  qui  fut  faite  en  \  6  6  8. 

Peut-être  que  D.Eftiennor&  les  agens  de  M.Colbcrt 
ont  copié  ce  titre  fur  différons  exemplaires.  Il  y  a 
d’ailleurs  beaucoup  de  difficulté  fur  la  date  de  cette 
charte ,  qui  eft  de  l’an  1048.  On  y  voir  en  effet  les 


t1q.Ben.v0fc 

t».  1.  f.  19  a 


'me*. 


que  fon  pere  fè  nommoit  Raymond.  Nous  venons 

de  voir  cependant  qu’il  ctoit  fils  du  comte  Roger  * 

fur  quoi  il  fout  remarquer  que  nous  n’avons  qu’une 

charte  bb  fans  date,  où  on  trouve  un  Bernardus- Ray-  I»  b  Pr.p.i<>4< 

mundi  évêque  de  Confêrans,  qui  étoit  en  même 


foufcriptions  de  Durand  évêque  de  Touloufc,  6c  tems  abbé  de  Lezat  dont  il  fit  rebâtir  l’églife.Mais 
de  Raymond  comte  de  S.  Gilles.  Or  le  premier  ne  comme  cet  évêché  fut  rempli cC  par  un  Bernard  j  cc 
•  F.**,  parvintpas  à  l’évêché  de  Touloufo  avant0  l’an  1059.  du  moins  depuis  l’an  103  2.  jufoües  vers  l’an  1078.  g^.' 

l’autre  étoit  en  bas  âge  en  1048.  aidû  la  date  on  peut  admettre  un  Bernard-Raymond  évêque  fiu*7 •+/•& 


X1111. 


( 


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î9'o 


NOTES  S  TJ  R.  L’HISTOIRE 


les  comtes  de  Comminges  qui  ont  vécu  enfuite 
dans  le  Xll.  fiécle  &  les  fuivans >  defeendent  /lu 


O  T  E  de  Conferam,  8c  abbé  de  Lezat,  depuis  Tan  1031. 
jufqucs  vers  lan  1046.  &  un  autre  Bernard  aufli 
dvêque  de  Conferans  depuis  cette  dernicre  année  même  Bernard  IV.  ainfi  que  les  vicomtes  de  Con- 
iufqu’cn  1078.  l’un  &  l'autre  pouvoient  être  de  ferans,  &  plulieurs  autres  branches, 
la  maifon  de  Comminges,  ou  de  celle  de  Foix  qui  • _ _ _ _ _ 

£ï^4f“Xl“,,"kta0a>  NOTE  XXIII. 

Surl-ifTél'l,irc.frsi'Uf, «- 
1 07  s  •  &  que  l*un  d’entr’eux  s’ap-  dation  des  abbbayes  de  Leift  &  de 


Non 

XX 11. 


comtes  vers  l'an  1075  •  &  que 


pclloit  Bernard.  Il  cft  fait  mention  de  ce  dernier 
dans  un  aâe*dc  deguerpiflement  fait  en  faveur 
du  monaftere  de  Peyriflàs  vers  l’an  1100.  Cet  afte 
eft  fbuferit  après  le  comte  Bernard,  par  Galindc  , 
qui ,  à  ce  que  -nous  croyons  ,  étoit  ou  fâ  mere 


S. Pierre  de  U  Court  ou  du  MasGamier, 

L  J  L  eft  marqué  dans  un  a&e  qu’on  trouve  dans 


tCîcÜ.  < hrifl . 
'mov.  rd .  /#.  I. 

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•  H.tt.i.f' 

***• 


•AttBea* 

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|  Tr.f»  177* 


%  *Angt  hifi 
jtn.  f.  2.  /. 

4,o, 


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fi  OT  £ 
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le  cartulake  de  l'abbaye  de  Lezat ,  &  parmi 
les  titres  1  de  la  maifon  de  Foix  «  que  du  tems  de 

ou  fà  femme,  &  hcritierede  l'autre  partie  du  comté  Dagobert  coi  d'Aquitaine,  de  la  Gaule,  &  de  «  Uxft  ,4* 
de  Comminges,  poflèdée  par  les  defeendans  de  toute  la  F  rance,  &  fous  Raymond  comte  de  Tou-* 
Raymondl.Deux  raifonsnous  le  pcrfuadent.Lapre-  loufe  &  Hugues  évêque  de  cette  ville ,  le  comté  * 
miere ,  c'eft  que  Pépin  comte  de  Comminges  avoit  de  Touloufe  étoit  agité  de  divers  troubles  -, qu'un  « 

en  1039.  une  fille  b  appclléc  Galinde.  La  fécondé ,  vicomte ,  appellé  Benoît ,  homme  courageux  &  * 
ceft  que  nous  ne  connoillons  pas  les  defeendans  de  puiflant ,  &  illù  d'une  race  très-illuftre ,  voulant  « 

Bernard  comte  de  Comminges ,  fils  de  Pépin ,  oui  foumettre  fês  parens  &  fes  voifins  à  <bn  autorité,  « 
vivoit  au  milieu  du  XL fiécle,  &  que  la  branche  il  leur  fit  une  guerre  cruelle;  qu’ayant  été  tué* 

<le  Bernard- Odon  paroît  avoir  poflèdé  tout  ce  dans  un  (ânglant  combat  qu’il  leur  livra,  ils  con-« 

■comté  depuis  cctcms-là.  tinuerent  de  faire  la  guerre  a  Aton  fbn  fils,  le-  * 

XXXVI.  Quoi-qu’il  en  foit ,  on  trouve  un  R*-  quel  fut  fccouru  par  Te  comte  de  Touloufe  qui  « 
ger  comte  de  Comminges  fbuferit  à  l’aéte  d'union  •  le  délivra  de  tous  fes  ennemis;  que  parce  moien  » 
de  l'abbaye  de  Peflan  à  l’abbaye  de  Simorre  dans  Aton  ayant  obtenu  la  paix ,  il  épou&  une  coin-  « 
Jediocèfed’Auch.  D.  Denys  de  Sainte-Marthe  qui  telle  appellée  Amélie,  dont  il  n’eut  point  d’en-  « 
a  /*./.  1014.  a  donné  cet  adlc ,  lequel  eft  fans  date ,  la  d’abord  d  fans ,  ce  qui  leur  fit  prendre  la  réfolution  de  fbn-  * 

rapporté  à  l’an  98}.  ou  à  la  fin  du  X.  fiécle  ,  der  chacun  un  monafterc  dans  leur  propre  fonds» 
mais  il  appartient  certainement  au  milieu  du  XI.  fous  l’invocation  de  S.Pierre,  à  condition  que»  * 
comme  cet  auteur  a  été  oblige c  d’en  convenir  dans  celui  de  ces  monaftercs  ou  la  difeipline  reguliere  » 

la  fuite.  Roger  comte  de  Comminges  qui  fout  feroit  lamien3xobfervée,auroitlafuperioritéfur« 
crivic  à  cet  aéfe  ,  n’eft  donc  pas  différent  de  Ro-  l'autre  ;  qu'Amelie  fonda  celui  de  S.  Pierre  de  b  » 
ger  11.  dont  nous  avons  déjà  parle ,  &  qui  vivoit  Court  fur  la  Garonne,&  le  vicomte  Aton-Benoît*  * 
en  10x6.  &  10-j  fon  mari  celui  de  Lezat  auquel  il  fit  de  grandes • 

XXXVII.  Nous  avons  prouvé  que  ce  dernier  libéralité*;  que  ce  feigneur  alla  enfuite  à  Rome  « 
fit  pcrc  d’Arnaud  III. Celui-ci  eft  fans  doute  le  où  il  fournit  le  monaftere qu'il  avoit  fondé  au» 
même  que  le  couvre  de  ce  nom ,  qui  fous  le  régne  pape  Callixte;  qu'à  fbn  retour  il  en  céda  le  pa-* 
de  Philippe  I.  &  vers  l’an  1070.  donna  f  au  mo-  tronage  au  comte  de  Carcaflbnre  fon  oncle,  à» 
nafterc  de  Peyriilàs ,  le  lieu  de  Martignan  fitué  condition  de  le  partager  avec  l'évêque ,  le  comte* 
dans  le  Comminges ,  &  qui  avoit  un  frere  appellé  de  Touloufe  &  les  autres  princes  du  pays  ;  que  le  *  1 

Roger  lequel  fiit  moine  de  Lezat.  comte  de  Carcaflonne  donrla  pour  défenfeur  ou  * 

XXXV 111.  Le  P.  Ange  1  donne  à  Arnaud  III.  un  avoué  à  l’abbaye  de  Lezat ,  un  feigneur  nommé  « 
fils  appellé  Roger  qui  fut  le  III.  de  fon  nom,  Amelius  Simplicius,  l’un  des  plus,  puiflans  du» 

&  qui  avoit  füccedé  à  fon  pere  en  1  x  14.  Il  lui  voilinage  ;  que  le  vicomte  Aton  ayant  pris  l’habit* 
dop.nc  aufli  deux  autres  fils  Bernard-Arnaud  &  raonaftique  dans  cette  abbaye ,  y  mourut  dans  k  » 
Raymond- Arnaud,  qui  prirent,  ajoûce-t-il,  le  titre  pratique  exaéle  de  toutes  les  vertus  religieufcs;&* 
de  comtes  de  Comminges ,  fuivant  l’ufage  de  ce  qu  enfin  on  y  célébré  tous  les  ans  fbn  annivecfâire.  * 
tems,  que  les  fils  de  comtes  prenoient  fouvent  la  L’aâe  eft  daté  du  palau  de  Latr an  l'an  8+2.  indu 
même  qualité  que  leurs  peres.  Il  pouvoir  ajoûter  üion  ix.fous  le  règne  de  Dagobert ,  { )  le  pontifie u 
fuivantl’ufagc  plus  particulier  de  la  maifon  de  Corn-  du  pape  Callixte . 

minges.Nous  avons  vû  en  effet  que  tous  les  deC*  11.  Quelque  fabuleux  que  paroifïè  ce  titre  par 
■cenclart^d’Arnaud  I.  comte  de  ce  pays  fie  de  Car-  les  anachronifmes  dont  il  cft  rempli,  il  cft  cepen- 
calîonne ,  fè  qualifièrent  comtes  ;  fie  comme  ils  dant  appuie  pour  le  fonds  for  divers  monumens 
portoient  la  plupart  les  noms  d’Arnaud ,  de  Ro-*  auccntiques.  1  °.  Il  eft  dit  dans  l'aâe  d’union  qui  foc 
ger,  ou  de  Bernard,  l’uniformité  de  leurs  noms  faite  en  107  3. k  de  l’abbaye  de  Lezat  à  celle  de  t 
jette  une  grande  confiifion  dans  leur  généalogie ,  Cluni ,  que  la  première  avoir  été  fondée  autrefois 
que  nousavons  tâché  d’éclaircir,  &  qu’on  entendra  par  sîton-Benoit  * ,  en  l’honneur  de  l'apotre  laine  ÉAb  Ato* 
encore  mieux  par  la  table  que  nous  joignons  à  Pierre  :  on  fçait  d’ailleurs  par  l’ancienne  tradition  Bcncdlâl‘ 
cette  note.  de  ce  monaftere ,  qu'il  reconnoît  pour  fon  fonda- 

XXXIX.  Au  refte  il  n’y  a  aucun  monument  tcur  un  Thomas  ou  Antomus*  qu’on  fait 1  vicomte  \v.  ua. 
qui  prouve  ,  que  Bernard  comte  de  Comminges  de  Beziers  :  on  voit  enfin  par  le  même  aéie  d’union  ^ 
qui  vivoit  en  1 1 3o.quc  nous  appelions  Bernard  IV.  que  Roger  II  comte  de  Foix,  defeendant  des  coin-  *’l,% 

&  qui  avoit  époufé  Dias  de  Muret,  fût  fils  d’un  tes  de  Carcaflonne,  avoit  alors  le  principal  patro- 
Rogcr  comte  du  même  pays,  comme  cet  auteur  k  nage  de  la  même  abbaye ,  &  qu’il  le  partageoit 
le  fùppole.  Nous  croyons  plutôt  qu’il  cto-.t  fils  avec  divers  fèigncurs  du  voifinage,  qui  avoienc 
de  Bernard  111.  qui  vivoit  vers  l’an  1 080.  &  qui  avec  lui  leJroit  £  dire  i  abbé ,  &  de  veiller  à  la  ma- 
étoic  d’une  autre  branche.  Quoi-qu’il  en  foit ,  tous  nucention  de  la  difeipline  régulière.  Il  eft  ccç- 


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r.DÊ  ~  l’A  lsT 

'■Jl  _  ~  taîn  ^n’ifv  »oit  au  commencement  du  X.fiede  >  un 
O,  X  i  II  v’comte  deTcmloufc  appelle  Benoît,  qui  ayant  été 
tv.  liv.xi.  fait  prifonnier  par  Raymond  fils  d’Eudes  comte  dû 
».  19*  Touloufe  ,  paie  avoir  caufé  divers  troubles  dans 
le  pays,  &  avoir  iaiflè  un  fils  appcllé  Aton.  Nous 
trouvons  en  effet  un  vicomte  de  ce  dernier  nom 
•j  ï’/if/*  dans  ^*vcrs  monumensb du  milieu  duX  fiecle, 
entr  autres  dans  des  chartes  des  comtes  de  Toulon 
fe ,  3c  il  paroit  qu’il  pollcdoit  de  grands  biens  dans 
•  le  Touioufain.  }  •.  U  eft  certain  auffi  qu’il  y  avoie 
cv.N>t-  fri-  vers  la  fin  du  même  fiecle  cun  feigneor  appcllé 
ii .  ^mêlais  Simplicius  qui  avoir  fes  domaines  aux  en¬ 
virons  de  l'abbaye  de  Lczat. 

En  fiippolant  donc  la  vérité  des  faits  énoncez 
dans  cette  charte ,  les  abbayes  de  Lezat  3c  du  Mas- 
Garnier  auront  été  fondées  vers  le  milieu  du  X. 


G  U  E  D  O’O. 


NOTE  XXIV. 

Quel  ètoit  le  fteçe  èpifcopal  de  t archevê¬ 
que  Geraud ,  qui  donna  le  lieu  de  faint 
•  Saturnin ,  aujourd'hui  le  Pont  S.Ejfrit, 
a  l’abbaye  deÇlunh 


N  O  T  fe 
XXIV-. 


»?• 

C  M  *»• 
•40.  B.ftj* 


il- 

a  ail.  c  krt£* 

M. 


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loz.  &  Ni 
XIX.  H.  I. 

hPr  p-96. 
\V.  Mub.t 
tnt.  > 

H* 


tv.st.fri -  vers  lahn  du  meme  fiecle  ‘  un  feigneor  appcllé  /T'Eue  donation  P  faite  en  945.  far  Geraud  v 
****"•'  i7‘  Amelius  Simplicius  qui  avoir  fes  domaines  aux  en-  archevêque  >  eft  fouferire  par  ce  prélac ,  qui  ^ 
virons  de  labbaye  de  Lczat.  dans  la  foulcription  ne  prend  que  le  titre  d’cW- 

En  fiippolant  donc  la  vérité  des  faits  énoncez  que  :  elle  eft  aufii  fouferire  pat  Roftaing  évêque, 
dans  cette  charte ,  les  abbayes  de  Lezat  3c  du  Mas-  Il  s’agit  de  fçavoir  quels  écoient  les  fieges  de  ccs 
Garnier  auront  été  fondées  vers  le  milieu  du  X.  deux  prélats?  Le  P.Mabillon*  qui  rapporte  un  fia-  q  mjP.  ** 
fiecle  ;  la  première  par  Alon  vicomte  de  Touloufe,  gment  de  ces  aéles ,  avoue  qu’il  n’en  fçaitricn  -,  les  *"*'  *4S*  ** 

&  l'autre  par  Amélie  (on  époufe.  Audi  le  P.  Mabil-  Bolhndiftcs 1  conjecturent  que  Geraud  écoit  arche-  *  bm.  *.  7. 

Ion  rapporte-t-il  la  fondation  de  ces  deux  mona-  vêque  de  Narbonne,  ôc  Roftaing  de  Vienne ,  fur  la 
à  H*P-  **  fteres  i  Tau4  940.  quoique  trompe  fans  doute  fuppofition  que  nous  n’avons  rien  (ur  les  évêques 
par  la  faillie  date  de  l’aétc ,  il  ait  place  ailleurs  celle  de  ces  deux  églifes  depuis  Pan  9 14.  jufqu’cn  955. 
c  M  fe  la  première  à  Pan  c  840.  Il  n’cft  pas  cependant  mais  comme  il  eft  certain  qu’Aymeri  écoit  »arche-  tpr.  f.  tu 

140.  •  ji|ors  jc  vraifemblance  que  l’abbaye  de  Lezat  ait  vêque  de  Narbonne  long-tcms  avant  &  après  Pan 

été  fondée  cette  dernière  année  par  un  Antoine  9^5.  toutes  leurs  conjedures  furie  fiege  de  Ge- 

vicomtedc  Béziers  qui  vivoir  alors ,  comme  nous  raud  font  inutiles.  Quant  à  Roftaing  il  eft  vrai 

fr.t9.uL.  pavons  expliqué  dans  un  autre  endroit f.  Elle  peut  qu’on  1  trouve  un  archevêque  de  ce  nom  au  X.  t  o-itf. 

*B',U  avoir  été  depuis  ruinée  ou  entièrement  envahie  üeclc  parmi  ceux  qui  ont  occupé  le  fiege  de  Vienne*, 

..  par  les  feculiers,  6c  avoir  été  rebâtie  vers  Pan  940.  mais  nous  n’avons  aucune  preuve  du  tems  précis 

par  Aton  vicomte  dcTouloufe,  quon  aura  con-  où  il  a  vécu  ton  fçait  »  d’ailleurs  que  Sobbonétoit  u  v.MMBiU1 
fondu  avec  Antoine  vicomte  de  Bcziers  fon  fonda-  archevêque  de  Vienne  avant  3c  après  l’an  945.  U  "7  *4i*  ** 
teur,  â  canfc  de  la  rertèmblance  de  leurs  noms.  faut  donc  chercher  ailleurs  le  fiege  de  ces  deux 
III.  Il  eft  marqué  qu’Aton  vicomte  de  Touloufe  prélats, 
fournit  l’abbaye  de  Lezat  à  celle  de  Cluni.  Nous  II  eft  d’abord  certain  que  l’archevêque  Geraud 
voyons  en  effet  un  Eudes  abbé  de  Lezat ,  la  v.  an-  ayanr  donné  à  Pabbayc  de  Cluni,  le  lien  de  S.  Sa- 
fcr.  M.êd  uct  du  régné  de  Louk  S  d'Outremer^Sc  un  Adaz.nu h  cumin  fur  le  Rhône  ,  aujourd’hui  le  Pont-faint-Ef- 
To*.  &  N*»-  /<*  vu  t.  année  du  même  prtnee .  Or  il  eft  certain  prit  dans  le  diocèfe  d’Ulcz  ,  3c  qu’ayant  daté  (a 

x»x.  ».  ».  que  S.  Eudes  abbé  de  Cluni  prit  »  un  abbé  appcllé  donation  de  ce  lieu ,  fon  fiege  n’en  devoit  pas  être 

Adazius  pour  l’aider  dans  le  gouvernement  des  fort  éloigne  ,  3c  qu’il  faut  le  chercher  dans  les 

«»».  94c.  »•  monaftercs  de  (à  reforme  fituez  dans  les  provinces  provinces  voilines  de  ce  fleuve,  de  même  que  cc* 

**  méridionales  du  royaume,  3c  que  ce  dernier  ad-  lui  de  Roftaing»  Or  nous  trouvons* un  évêque  xoA.chrijt. 

miniftroit  en  cetre  qualité  vers  Pan  940.  ceux  de  d’Apt  de  ce  dernier  nom  au  milieu  du  X,  fiéele ,  3c  "BV- a%  »»•  *• 

Sarlat  3c  de  Tulles.  Ad.izius  qualifié  abbé  de  Lezat  nous  n’en  connoillons  pas  d’autre  dans  ces  difte-  *' ,s,> 

*  en  944.  n’cft  donc  pas  diffèrent  du  coadjuteur  de  rentes  provinces  durant  ce  iicclc.il  en  eft  fait  men- 

*/*»■.  i|.  $  Eudes,  comme  le  P.  Mabillon  le  conjeclurc  kî  tion  dans  une  charte  de  l’an  9^0.  où  il  eft  dit  qu’il 
ce  qui  prouve  que  ce  monaftere  fut  fournis  à  celui  étok  neveu  de  Griffon  comte  d’Apt.  Cependant 
de  Cluni  dès  (à  fondation  ou  fon  rétablillcment ,  comme  fon  fiégc  n’cft  pas  marqué  dans  la  charte 
&  qu’il  (ùbfiftoit  dc)a  en  940.  d’une  maniéré  bien  claire, tien  n’empêche  de  conje- 

On  peut  appuier  ce  que  nous  venons  de  dire  ékurerque  Roftaing,  dont  il  eft  parlé  dans  la  dona- 
fur  ce  que  le  meme  Adazius  croit  encore  abbé  de  tion  de  l'archevêque  Geraud ,  ne  fut  cvcquc  d’U fez* 

'  Lezat  la  xm.  année  de  Louis 1 , 3c  fur  ce  que  nous  ce  qui  eft  d’autant  plus  vraifemblable,  que  nous  n’a- 
m  m  sun.  voyons  un  Daniel  m  abbé  du  même  monaftere  la  vons  rien  (ur  les  évêques  de  cette  ville  pendant 
P+o-  m.  ilt  ann(jc  jc  cc  prince ,  ce  qui  paroît  fe  contredire  :  prefque  tout  le  X.  fiéele. 

maison  Ce  tire  aifément  de  cette  difficulté,  en  (iip*  Pour  ce  qui  eft  de  Geraud,  comme  il  fe  qua-* 
pofant,  comme  il  eft  certain,  que  quoique  S.  Eu-  lific  archevêque ,  quoiqu’il  ne  prenne  que  le  titre 
des  abbé  de  Cluni ,  3c  Adazius  fon  coadjuteur,  d’évêque  dans  la  foufeription ,  nous  ne  voyons  cn- 
pri fient  le  titre  d’abbez  de  tous  les  monaftercs  tre  tous  les  fiéges  métropolitains  du  Languedoc ,  de 
fournis  à  leur  réforme  ,  ils  les  faifoient  cependant  la  Provence  3c  du  Daufiné ,  que  celui  d’Aix  qu’il  ait 
gouverner  en  particulier  par  un  abbé  qui  leur  écoit  pu  remplir  en  945-11  eft  vrai  qu’on  met  unY  Odol-  y  àti.ckrijL 
fobordonné.  C’eft  ainfi  qu’après  que  labbayc  de  rie  fur  le  fiége  èpifcopal  de  cette  ville  depuis  l’an  ,T3**  * 
Lezat  fç  fut  fouftraire  de  la  dcjxmdancc  de  celle  de  9x8.  jufqu’en  947.  3c  meme  julqu’à  la  xi  1 1.  an- 
Cluni  â  la  fin  du  meme  fiecle,  pour  fe  fbumertre  à  née  du  régne  du  roiLothairc,  c’eft-â-dire  jufqu’cn 
CcHedc  Cuxadans  le  Rouffillon,  3c  à  Guai  in  fon  966.  mais  il  eft  vifiblc  qu’on  a  confondu  ici  la  ville 
*o9C4-  abbé,  celui-ci  ,qui  fut  comme  l’abbé  general* de  de  Dax  en  Gafcogne,  dont  Odolric  étoit  en  effet 

»»«.  96$.*?.  plwfiturs  monaftercs,  fè  difoit  •  abbé  de  Lczat,  évêque  en  918.  avec  celle  d’Aix  en  Provence,  • 

—  quoiqu’il  y  eut  cependant  un  autre  abbé  de  cc  comme  le  P.  Pagi 1  l’a  fait  voir.  D’ailleurs  cet  Odol-  *i*&*i***. 

)  v.  monaftère  qui  le  gouYernoit  fous  fon  autorité*  rie  ne  fçauroit  être  l’archevêque  de  ce  nom  dont  le  9i9'  ** 

É,|,é  roi  Lothairc  fait  mention  dans  une  charte  datée  de 

la  xi  1 1  ;  année  de  fon  régne  ,  ainfi  qu'on  le  pré- 

tend  ** ,  pu  i  (que  cc  dernier  Odolric  ti’eft  pas  diffe-  »>b  v .  1/4$; 

rent bb  de  l’archevêque  de  Reims  dû  ce  nom  j  qui  **1' 


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■1 


591  NOTES  SUR. 

étoit  chancelier  de  France  ,  &  qu’on  convient* 
X  X  1  v,  Su’Mtfrël  occupoit  le  fiege  d’Aix  la  x  1 1 .  année  de 
'*  U.tùubrijt*  Conrad  roi  de  Bourgogne,  ou  l'an  948.  ce  qui 
s’accorde  très  bien  avec  l’époque  de  la  démiflion 
que -fit  Geraud  de  fon  archevêché  en  945.  pourfè 
retirer  à  Quai. 


NOTE  XXV. 

S«r  Us  comtes  &  vicomtes  de  Zodeve . 


\  rr.p.ise* 
'«SS.  ère. 

PUn  t  AV. Lad. 

r*1' 


L'HI.ST  OTRE 

z°.  On  voit  1  qu’Hugues  III.  comte  de  Rodez  ~~  ~ 

entretenoit  une  garnilon  à  Lodève  en  1173. &  XXV* 
qu’il  emprunta  18000.  fols  melgoriens,  de  l’é-  ip/****».* 
vêque,  du  chapitre  &  des  habitans,  à  condition 
qu’il  ne  feroit  pas  valoir  fes  droits  for  cette  ville  Se 
iur  le  diocèfè ,  que  quarante  jours  après  qu’il  auroit 
rendu  cette  fomme  *,  condition  de  laquelle  il  ne 
tint  aucuncomptc,  comme  il  paroît m  par  une  Bulle  m 
d’Alexandre  III.  de  l’an  1175* 

3  °.  Enfin  Raymond®  évêque  de  Lodève  acquit  n * m, 
en  1 1 8  8.  du  même  comte  de  Rodez  tout  ce  qu’il 
poflèdoit  au  château  de  Mor,tbyun(3  dans  U  die* 


I.  T)Luficun  chartes  du  IX.  ficelé  8c  des  deux  cèfi  de  Lodeve ,  four  le  prix  de  foixante  mille  fols 
JL  fuivans,  font  mention  du  comie  de  Lodeve ,  melgcr/ens ,  ou  de  vtnguquatre  mille  livres  tour - 
&  il  n’y  a  pas  lieu  de  douter  que  le  diocèfc  de  cette  mois  >  fomme  alors  très  *  confidcrable.  Guillaume 
ville  n’ait  été  gouverné  par  des  comtes  particuliers  comte  de  Rodez,  fils  d’HugesIlI.  ratifia  °  cette  «  ltJ# 
fous  la  fécondé  race  de  nos  rois ,  &  au  commet!»  vente  en  1 2 04.ee  qui  n’empêcha  pas  les  comtes  de 
cément  de  la  troifiéme.  D'un  autre  côté  lesévê-  Rodez  de  conferver  encore  quelque  autorité  fur  le 
ques  de  Lodeve  ,  qui  fc  difent  comtes  de  Mont-  Lodcvois,  puifqu’tn  0*1262.  Richard  comte  de  «  p  f,  2M> 
brun ,  jouiflènt  -en  cette  qualité  de  la  fuzcraincté  Rodez  fc  plaignit  de  ce  qu’on  avoit  fait  Péleâion  « 
fur  tout  leur  diocèfe.  Il  faut  donc  que  le  comté  de  d’un  évêque  à  Lodeve  fans  fa  participation ,  Ç $  « 

Lodeve ,  après  avoir  été  poffedé  fucceflivement  par  de  ce  opon  ne  lui  avoit  pas  donné  la  garde  du  palais  « 
divers  comtes  >  ait  été  uni  à  leur  églifè  :  mais  de  iça-  épijcopal ,  fuivant  le  droit  qui  de  tout  tems  apporte -  « 
voir  quels  ont  été  les  comtes  héréditaires  de  cette  nott  à  fes  préctecejfeurs  t  enforte  qu’on  fût  obligé» 
ville  \  quand  ôc  de  quellemaniere  cette  union  s’eft  de  lui  donner  1 000.  lois  melgoriens  pour  Pap-  N 
faite,  c’eft  ce  qui  eft  fort  obfcur ,  8c  que  nous  paifèr.  -  Quoiqu’on  fe  foit  trompé  ici  fur  le  nom 
allons  râchcr  de  développer.  de  celui  qui  ctoit  comte  de  Rcdez  en  1262.  & 

IL  On  prétend c  que  S.  Guillaume  fondateur  de  que  ce  fut  Hugues  IV.  *  &  non  pas  Richard ,  on  <\  p* 

l’abbaye  de  Gellone  étoit  comte  particulier  de  voit  toujours  par  cet  endroit  que  l’autorité  que  ces  **/*7«* 

Lodeve  au  commencement  du  IX.  ficelé  11  eft  vrai  comtes  prétendoient  fur  la  ville  &  le  diocèfè  de 

3ue  ce  prince  pofledoit  de  grands  biens  dans  le  Lo-  Lodeve,  ctoit  fort  ancienne.  Or  ces  comtes  re- 

evois,  dont  il  difpofa  enïaveur  de  cette  abbaye  :  noient  cen  fief  de  ceux  de  Touloufe,  ce  qu’ils  tpiauyj^ 

mais  on  n’a  aucune  preuve  qu’il  en  ait  été  comte  pofïèdoicnt  a  Lodeve  &  dans  le  diocèfè  *  d’où  il  f**1* 

*  TV  u  N»t.  particulier,  &  nous  avons  fait  voir  ailleurs  a  que  s’enfuit  que  les  évêques  n’ont  exercé  leur  jurifdi- 

■|lttŸI1'"’7*  ç'eût  été  contre  l’ufàge  obfcrvé  fous  le  régne  de  étion  temporelle  fur  -tout  le  pays,  que  vers  la  fia 

du  XII.  ficelé. 


t  PUatdv. 


tPUntéV.  it. 

f'  *  *•  */>*• 
f.  1S9. 


Charlemagne. 

III.  11  dirait  mention  dans  une  *  charte  de  Charles 
le  Chauve  de  l’an  844.  des  comtes  Milon  Sc  Ar- 


f Pr.f.  loi. 


lPUmUv.it. 


k/Mf  U. 


</•  pu 


k  Y.  H  ifl.gtn. 
du  P.  de  *r. 

tu  i.  f.  697 • 


V.  Avant  que  de  rapporter  les  titres  fur  lefquels 
clic  eft  fondée,  il  eft  bon  d’examiner  d’oû  les  comtes 
valdus  qui  avoient  ufurpé  les  biens  de  l’églife  de  de  Rodez  tiroient  la  leur.  Nous  remarquerons  d’a- 
Lodeve.  Il  eft  fort  probable  que  l’un ,  ou  Pautrc ,  bord  que  ces  comtes  defeendoient  des  anciens 
8c  peut-être  même  tons  les  deux  avoient  pofledé  vicomtes  de  Milhaud  en  Rouerguc,  &  qu’ils  ne 
fucceflivement  le  comté  ,  ou  gouvernement  de  ce  pofledoient  le  comté  de  Rodez  que  depuis  la  fin 
diocèfe.  Depuis  ce  tems-la  nous  ne  trouvons  plus  du  XL.  ficelé  ,  ou  le  commencement  du  fuivar.t*.  1 
aucun  comte  de  Lodeve  ,  jufqua  Guillaume  IV.  Nous  avons*  d’un  autre  côté  une  fuite  de  vicomtes  t 
comte  de  Touloufè  ,  qui  prend  fcc  titre  vers  la  de  Lodeve  depuis  le  milieu  du  X.  fiécle  ,  jufqucs  *•  *»• 
fin  du  XL  fiécle.  Le  comté  de  Lodeve  étoit  donc  vers  le  commencement  du  XL  &  nous  ne  doutons 
alors  dans  la  maifon  de  ce  prince  ,  &  il  y  étoit  pas  que  leur  maifon  n'ait  fondu  dans  celle  des  vi- 
encore  à  la  fin  du  fiécle  fuivant,  puifqu’on  trouve  comtes  de  Carlad.  Nous  avons  en  effet  une  dona- 
dans  les  archives  de  l’églife  de  cette  ville ,  «  que  tion  u  que  firent  en  1 048.  Gilbert  vicomte ,  No-  «  ***** 

•  Raymond  V.  comte  de  Touloufe  donnas  vers  bilic  fà  femme  &  leur  fils  Bernard  en  faveur  de 

•  Pan  1191.  peu  de  tems  avant  fà  mort,àGauce-  l’abbaye  de  S.  Guillelm  du  Défèrt  dans  le  dio- 
»  lin  évêque  de  Lodeve ,  tout  ce  que  ce  prélat  avoit  ccfc  de  Lodeve.  Il  eft  certain  que  ce  Gilbert  étoit 

•  acheté ,  foit  dans  la  ville  de  Lodeve ,  foit  dans  le  vicomte  de  Carlad  fur  les  frontières  de  l’Auvergne 
•diocèfe, d’Hugues  comte  dcRodcz,  lequel  le  tenoit  &  duRouergue  ,  &  il  paroît  qu’il  l’étoit  auflidc 

•  en  fief  du  même  comte  de  Touloufe ,  qui  donna  Lodeve,  tant  par  cette  donation  même ,  que  parce 

•  aufli  à  Gaucelin  tout  ce  qu’il  pofledoit  lui-même,  que  nous  ne  trouvons  plus  des  vicomtes  particu- 

•  ou  devoit  poflèder  dans  le  Lodevois.  liers  de  Lodeve  depuis  le  commencement  duXl.fié- 

IV.  Plantavit  *  marque  que  Pierre  de  Pofquicrcs  cle.  Or  comme  nous  fçavons  que  la  maifon  de  ce 

évêque  de  Lodeve  fon  prédeccflèur ,  délivra  cette  vicomte  fondit  dans  celle  des  vicomtes  de  Milhaud* 
ville  au  milieu  du  XII.  fiécle  du  joug  &  de  la  fervi-  que  ceux-ci  exercèrent  dans  la  fuite  leur  autorité 
tude  des  comtes  de  Rodez  :  preuve  que  ces  comtes  fur  le  diocèfc  de  Lodeve  -,  &  que  nous  n’avons 
dominoient  alors  fur  le  Lodevois.  Mais  malgré  ce  aucun  monument  qui  prouve  qu’ils  Payent  exer- 
que  dit  cet  auteur,  Pierre  de  Pofquieres  ne  délivra  cée  avant  cette  alliance  *,  nous  inférons  de  là  que 
pas  Lodeve  du  joug  des  comtes  de  Rodez.  En  effet,  Nobilie  femme  de  Gilbert  II.  vicomte  de  Carlad , 
Gaucelin1  fucceflèur  de  ce  prélat,  tranfigea  aura  été  fille  &  héritière  d’Odon*  vicomte  de  Lo- 
en  1167.  avec  Richard  comte  de  Rodez,  (  ou  deve  qui  vivoit  vers  Pan  1000.  &  qu’ Adèle  fille  & 
plutôt  viœmtckde  Carlad,&  fils  puîné  d’Hugues  IL  héritière  de  Gilbert  IL  &  de  Nobilie,  aura  porté 
comte  de  Rodez) ,  reconnut  que  la  moitié  de  la  la  vicomté  de  Lodeve,  avec  celle  de  Carlad  dans 
tour  &  du  château  de  Montbrun  lui  appartenait ,  la  maifon  de  Milhaud ,  par  fon  mariage  avec  Be- 
qu'il  n*n  uvoit  lui-mimc  que  la  moitié •  renget  IL  vicomte  de  ccttc  ville.  Il  paroît  d’ail¬ 

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DE  LANGUEDOC.  J93 

- — :  leurs  que  ce  dernier  fût  vicomte  de  Lodeve ,  par  Jeune  qu’il  faut  rapporter  la  première  origine  de 

*Vx  V  ^  unc  ^onat*on  a  en  &veur  de  l’abbaye  de  Gellone,  cette  jurifdi&ion.  Ce  prince,  fuivanr  l’inventaire  m 
a?r./. ai;.  ou de S.Guillelm,  faite  vers  l’an  1 077 •  en  préfêncc  de  Briçonet ,  confirma  en  1  r  57.  les  privilèges  de 
de  Bernard  cvêqtie  de  Lodeve,  du  vicomte  Beren -  de  J’cglifc  de  Lodeve,  &  donna  a  fes  évêques  les 
ger  -  Richard ,  ou  fils  de  Richard,  &c.  Venons  d/w/  régaliens  fur  tout  le  diocèfe ,  avec  toutes  les 
préfentement  a  l’origine  de  la  jurifcli&ion  tempo-  mines  qu’on  y  avoir  déjà  découvertes ,  ou  qu’on 
relie  que  les  cvêques  de  Lodeve  exercent  fur  tout  y  découvrirait  dans  la  fuite ,  ôc  qui  appartenoient 
leur  diocèfe.  au  domaine.  Il  confirma  n  cette  charte  l’an  1161. 

VI.  Si  nous  en  croions  Bernard  Guidonis  évêque  en  faveur  de  l’évêque  Gaucelin.  Nonobftant  cette 
h  v.d-Jtf*  Cette  ville  *>,  quia  écrit  au  XlV.fiécIc  la  vie  de  conceflion  ,  les  comtes  de  Touloufe  en  qualité  de 

S.  Fulcrând  fbn  prédeceflêur ,  ces  prélats  c  jouit-  comtes  de  Lodeve  conferverenc  la  fuzeraineré  fur  le 
gr.B»i foient  déjà  au  milieu  du  X.  dans  leur  ville  épif-  Lodevois  -,  fuzeraineré  dont  ils  jouifloient  encore 
#  copale ,  dune  plénitude  de  jurifdsttton  qui  leur  avoit  à  la  fin  du  XII.  ficelé  fans  contradi&ion  de  la 
etc  accordée  par  nos  rots  y  (fi  par  /' autorité apojlolijue.  part  des  évêques ,  ainfi  qu’on  l’a  déjà  vu. 

AiM.u.  e.  j|  ç0nvjcnr  cependant  que  S.  Fulcrând  d  fur  élu  par  XI.  Le  roi  Philippe-Augufte  confirma  Fen  1188. 

le  crédit  d’Eudes  &  d’Eldin  princes  du  peuple ,  c’eft-  en  faveur  de  Raymond  évêque  de  Lodeveje  diplo- 
t  nu.  a.  s .  à-dire, vicomtes  de  Lodeve.  Il  donne  lui-même c  la  me  de  Louis  le  Jeune ,  &  accorda  en  1 1 1  o.  par 
&  iQ‘  qualité  de  vicomte  au  dernier ,  &  S.  Fulcrând  fait  une  autre  charte  9  à  Pierre  fucceflèur  de  Raymond, 
mention  du  même  Eldin  vicomte  de  Lodeve ,  dans  les  chemins  publics ,  les  forterejfes ,  le  droit  de  bat - 
fbn  teftaméne  L  Ces  vicomtes  jouifToient  donc  au 
X.  fiécle  d’une  partie  du  domaine  du  Lodevois , 
fous  les  comtes  de  Touloufe  qui  en  étoient  les  fu- 
zerains ,  ainfi  que  nous  l’avons  déjà  vu. 

Vil.  Quant  aux  chartes  de  nos  rois ,  &  aux  bul- 


fcbr.p.111 

9 


fv.  a*u. 

énift.un.  td. 
U .  6. 


tre  monnoye ,  la  puijfance  judiciaire >  les  mines  déjà 
decouvertes  ou  à  découvrir ,  &  enfin  les  droits  réga¬ 
liens  dans  tout  f  évêché  de  Lodeve .  Il  confirma  ce 
privilège  en  iiKj.1  &  ordonna  à  tous  les  fei- 
gneurs  &  vaflàux  du  diocèfe,  de  prêter  ferment  de 
les  des  papes  ,  qui  peuvent  avoir  donné  aux  évê-  fidelité  à  l’évêque,  Sc  de  lui  obéir  comme  à  lui- 
qtics  de  Lodeve  la  juridiction  temporelle  fur  leur  même. 


NOTE 

XXV. 

m  Plunhiv. 


n  Fr.  P'îtjl 
à-fiq. 


o  TUntev.fi 
9t. 

f  Jbid.p.96. 


q  Ibid.p.  IizV 

Pr.  tt.  |. 


r  P  Uni.  pi 

m. 


g  PltHtêV. 
ibU.  f.  II*. 


XII.  Dans  la  fuite  le  roi  Louis  VIII.  pour  •  recon - 
no  1  tre  les  ferviccs  que  T  terre  évêque  de  Lodeve  lui 
avoit  rendus  durant  la  guerre  des  Albigeois  contre 
Raymond  comte  de  Touloufê ,  accorda  en  1 2 1  j .  à  ce 
prélat  &  à  les  fucccfleurs  le  comté  de  Mont  brun  avec 
1 498.  La  plupart  de  ces  cartulaires  ont  péri  parla  fes  dépendances  pour  en  jouir  de  la  maniéré  dont  le 
fureur  des  Calviniftcs  ;  mais  l’inventaire  s’eft  con-  même  comte  Raymond  (fi  fes  prédecejfeurs  en  avoient 
fervé  :  or  il  n’y  eft  fait  mention  d’aucune  charte  joui  patfb'ement  depuis  ptufieurs  ficelés .  Ce  prince 


ville  épifcopale  ou  fur  le  diocèfe ,  avant  S.  Fulcran 
Bernard  Guidonis  n’en  cite  aucune  en  particulier. 
Ce  prélat  compila  g  dans  cinq  gros  cartulaires  tou¬ 
tes  les  chartes  de  fon  égli fe  ,  dont  Guillaume  Bri- 
çonner  fon  fuccefTcur  dreflà  un  inventaire  en 


tibid.f.uêi 


de  nos  rois ,  qui  ait  donné  aux  évêques  de  Lo¬ 
deve  la  temporalité  fur  leur  ville  ou  lur  leur  dio- 
ccfc  avant  le  milieu  du  XII.  ficelé. 

VIII.  II  eft  vrai  qu’il  parole ,  fuivant  cet  inven¬ 
taire,  que  Charlemagne ,  Louis  le  Débonnaire, & 


o- 


Charles  le  Chauve,  accordèrent  chacun  h  un  dip! 

*  me  en  faveur  de  l’églilè  de  Lodeve,  &  qu'on  pré¬ 
tend  que  celui  de  ce  dernier  prince  eft  daté  du 
monaftere  de  S-  Saturnin  ,  lorfque  les  Norman  s  af 


«r.ifv.x. 

■* 


maintint  en  ipême  tems  les  évêques  de  Lodeve 
dans  la  poflcllîon  des  droits  régaliens  qui  leur 
avoient  été  donnez  par  les  rois  (es  prédcceflc-urs. 

XIII.  Plantavic  ajoute  que  Louis  VIII.  voulut 
par  fâ  charte,  qu’en  mémoire  des  fer/ices  que 
Pierre  évêque  de  Lodeve  lui  avoit  rendus  durant 
la  guerre  des  Albigeois,  ccttc  ville,  qu'on  nom- 
moit  auparavant  Lutcva>  s’appeliât  à  l’avenir  Lodo- 
va ,  comme  qui  dirait  la  ville  de  Louis  :  mais  ce 
jugeaient  Touloufê  ,  le  premier  de  'juin  de  l'an  879 .  fait  nous  paraît  douteux ,  pour  ne  pas  dire  faux, 
mais  Charles  le  Chauve  ne  vivoit  plus  en  879.  &  puifque  la  même  ville  eft  appellée  Lodova  &  dans 
le  diplôme  étant  daté  du  monaftere  de  S.  Saturnin  lacharte'de  Louis  VII.  de  l’an  1 16*. &dans  celle  tpr.f.stn 
près  de  Touloufê  au  mois  de  Juin,  il  doit  avoir  été  de  Philippe-Augufte  de  l’an  1 1 1  o.  &  même  dans 
donné  en  843.  ou  844-  lorfquc  ce  *  prince  (  &  des  titres  du  X.ïiécie. u  u^* ,2**  & 

non  pas  les  Normans  )  aflïcgeoir  ccttc  ville.  D’ail-  XIV.  Raymond  le  Jeune  comte  de  Touloufê ,  ^ 
leurs  toutes  ces  chartes  ne  contiennent  que  la  dona-  ayant  cédé  en  1228.  à  S.  Louis  le  duché  deNar- 
tion  ou  reftitution  de  quelques  terres  on  villages  en  bonne,  &  tout  ce  qu'il  poflcdoit  en  Languedoc, 
faveur  de  Pcglifc  de  Lodeve ,  &  il  n’y  eft  point  parlé  à  la  réfèrveduTotiloufain  ôc  d’une  partie  de  l’AIbi- 
de  l’autoritc  temporelle  des  évêques  de  cette  ville  geois,lcs  évêques  de  Lodeve  ont  été  depuis  ce  rems 
fiir  tout  leur  dioccfe.  en  poflèlfion  des  droits  que  nos  rais  leur  avoient 

IX.  Le  plus  ancien  monument  qui  fèmble  prou-  accordez ,  &  ils  ont  reçu  l’hommage  de  tous  les 


yjênt.ik.p.  ver  cette  autorité  ,  eft  un  aéle  de  l’an 


lui 


1122. 


par  fêigneurs  du  pays:  quelques-uns,  entr’autres  ceux 


lequel  on  prétend  que  Raymond ,  alors  évêque  de  de  Clermont ,  firent  cependant  difficulté  pendant 
Lodeve,  inftitua  un  maître  de  la  monnoye  avec  per-  long-tems  de  Ce  foumettre  à  la  fuzeraineré  de  ces 
million  d’en  fabriquer  -,  d’où  on  pourrait  conclure  prélats  j  mais  enfin  ils  y  forent  contraints,  après  plu- 
que  ce  prélat  jouilîoit  alors  des  droits  régaliens  :  fleurs  ordres  rcicerez  de  la  part  de  nos  rois, 
mais  outre  que  nous  n’avons  plus  cet  a<fte  ,  qu’on  XV.  Il  rcfulte  de  ce  que  nous  venons  de  dire , 
ne  connoît  que  par  une  fimple  notice,  les  évê-  1*.  que  le  comté  de  Lodeve  dépendoit  ancienne- 
quesde  Lodeve  pouvoienr  alors  en  qualité  de  fei-  ment  du  domaine  des  comtes  de  Touloufê  qui  en 
gneurs  temporels  d'une  partie  de  leur  ville  ou  de  jouirent  du  moins  jufqu  a  la  fin  du  XII.  liccle. 


leur  diocèfe,  s’être  attribués  le  droit  de  faire  battre 
monnoye  ,  à  l’exemple  de  plufîeurs  autres  pré¬ 
lats  &  fêigneurs  ,  foit  du  royaume  ,  foie  de  la 
province  ,  fans  avoir  cependant  la  jurifdiélion 
temporelle  fiir  tout  leur  diocèfe. 

X.  Ce  n  eft  donc  proprement  qu’au  roi  Louis  le 
Time  II. 


Comme  le  comté  de  Rouergue,  qui  eft  limitrophe, 
ctoit  déjà  dans  leur  maifon  au  milieu  du  IX.  & 
que  nous  ne  trouvons  aucun  comte  particulier  de 
Lodeve  depuis  ce  tems-là ,  il  eft  fort  vraifcmblnble 
qu’ils  dominèrent  fur  le  Lodevois  au  moins  dès  la 
fin  du  même  ficelé  :  mais  il  eft  incertain  fi  ce  pays 

FFff 


TH 


NOTES  SUR.  L’HISTOIRE 


^  OTE  échut  en  partage  à  la  branche  dcTouloufe  ou  a  &  tâchons  de  remonter  jufqu’à  leurs  prédeceflfeurs.  ^  Q  ' 
XXV.  celle  de  Rouergue ,  après  leur  fcparation  vers  le  III.  Dans  les  geftes  f  de  Gui  d’Anjou  évêque  du  xxvi 
milieu  du  fiécle  fuivant.  Cependant  comme  Guil-  Puy  il  eft  fait  mention  de  Pons  &  Bertrand  confids  t  u*u*hnjt. 
laume  IV.  comte  de Touloule  fe  qualifioit  comte  de  (c*eft-à-dire  comtes)  t  Aquitaine  fzs  neveux,  fils  de  ti%  '•*  *• 

Lodcve  en  1 080.  &  qu’il  paroît  que  Raymond  de  fa  feur  Adélaïde  &  d’Eftienne.  Nos  meilleurscriti- 
S.  Gilles  (on  frere  poflèdoit  alors  tous  les  domaines  ques  conviennent  que  ce  dernier  fut  comte  de  Ge-  *'w- *• 
qui  avoient  appartenu  â  la  branche  de  Rouergue  ,  vamdan  g;  on  verra  bientôt  en  effet  que  fes  deux  fils  /<//. 74*’  & 
il  y  a  lieu  de  croire  que  le  comté  de  Lodevc  ap-  furent  comtes  de  ce  pays.  Comme  ceux-ci  furent  s*s 
partint  toujours  aux  comtes  de  Touloufe.  préfens  h  en  97  5 .  quand  Gui  d’Anjou  leur  oncle 

i°.  Qpe  le  domaine  que  les  comtes  de  Rodez  maternel  prit  poflemon  de  l’évêché  duPuy,&  quils 
ptétendoient  fur  une  partie  de  la  ville  &  du  diocéfe  étoient  alors  qualifiez  comtes ,  nous  inférons  de  là  t$. 
de  Lodeve  ,  n’eft  pas  différent  de  la  vicomté  de  qu’Eftiennc  leur  pcrc  étoit  alors  déjà  décédé  :  il 
ccue  ville.  On  peut  ajouter  que  les  vicomtes  a  de  l’étoitdu  moins  en  *99  3 .  lorlqtie  Gui  fonda  lemo-  ïm/***' 
%£***-  Lodeve  exercoient  la  principale  autorité  dansl’éle-  nafterc  de  S.  Pierre  du  Puy ,  de  l’avis  de  U  comteffe 
dion  des  évêques  au  X.  fiécle ,  &  nous  avons  vu  Adelaide  fia  faur ,  63  des  fils  de  cette  derniere ,  Pons 
que  les  comtes  de  Rodez  prétendoient  la  même  (3  Bertrand fes  /rrw/*, qui  (oufai  virent  à  la  fonda- 
autorité  au  XIII.  fiécle  *.  ceux-ci  étoient  donc  les  tion.  Elle  eft  datée  de  l’an  9  9  G.  dans  l’édition  que 
fuccclTeurs  des  autres.  ‘le  P.  de  Sainte-Marchefca  donnée  des  geftes  du  mê-  rCâ*‘ 

}°.Que  bien  que  les  évêques  de  Lodeve  euffent  mcGui  :  mais  outre  quelle  eftdel*an993.  dans 
obtenu  dès  le  milieu  du  XII.  fiécle,  par  divers  di-  les  éditions  du  P.  Labbe  I  &  du  P.  Mabillon,  6c 

{dômes  de  nos  rois,  les  droits  régaliens  dans  tout  dans  un  manuferic  de  l’abbaye  deS.Chaffre ,  l’in-  *.s  'b?+1\ 
e  Lodevois,  ils  ne  les  poffederent  pas  cependant  dkftion  &  le  jour  de  la  lune  ne  fçauroient  convc-  ,,,# 
abfolument  qu’après  que  les  comtes  dcTouloufe ,  nir  à  l’an  996.  au  lieu  qu’ils  s’accordent  avec  l’an 
feigneurs  fuzerains  du  pays ,  &  les  comtes  de  Ro-  993.  Du  refte  il  ne  faut  pas  confondre ,  comme 
dez  leurs  vallàux  en  cjualité  de  vicomtes  de  Lode-  quelques  modernes  l’ont  fait ,  Adélaïde  d’Anjou 
ve,  leur  curent  vendu  ou  cédé  Us  droits  qui  leur  femme  d’Eftienne  comte  de  Gevaudan  >  avec 
appartenaient  fier  le  pays ,  (3  dont  auparavant  ils  une  autre  Adélaïde  d’Anjou  ,  que  Guillaume  I. 
avoient  toujours  joui  pa  fiblement .  C’eft  donc  feu-  comte  de  Provence  époufa  en  fécondés  noces  après 
lement  depuis  le  commencement  du  XIII.  fié-  l’an  978. 

clc,  &  principalement  depuis  la  charte  de  Louis  11  eft  parlé  auffi  du  comte  Pons  &  de  Ion  frere 
VIII.  que  ces  prélats  ont  exercé  une  jurifdi&ion  Bertrand  clans  la  fondation  m  qu’Efticnne  vicomte  m  Pr.fl ijji 
temporelle  fur  tout  le  Lodevois ,  à  la  réferve  du  de  Gevaudan  fit  en  998.  du  prieuré  de  Langogne,  ff* 
domaine  de  l’abbaye  de  S.  Guillem  du  Défcrr,  dans  ce  pays.  Enfin  le  même  Pons  prend  la  qua- 
nommément  bcxcepté  dans  les  tranfa&ions  paftées  lité  de  comte  de  Gevaudan  (3  de  Forez,  dans 11  une 
entre  les  abbez  de  ce  monaftere  &  les  évêques  de  charte  datée  du  mois  de  Février  de  l’an  1 010.  ou 
Lodeve.  de  l’an  10 1 1.  fuivant  notre  maniéré  de  compter. 

*  40.  Enfin  que  le  château  dcMontbrun,  fituc  fur  Ifcft  fait  mention  dansle  mêmeaâc  d'EJlienne  fin 
une  élévation ,  à  cinq  cens  pas  de  la  ville  ,  étoit  le  pere ,  et  Adélaïde  fa  more ,  de  Theotbcrge  fia  femme, 
chef-lieu  du  domaine  des  comtes  Sc  des  vicomtes  de  fes  fils  Efhenne  (3  Pons ,  (3  de  fies  fieres  Bertrand 
de  Lodeve ,  6c  que  la  qualité  de  comtes  de  Mont-  63  Guillaume. 

brun  que  prennent  les  évêques  de  cette  ville  n’eft  IV.  M.  Baluze  0  conjeéhirc  que  Pons  étoit  comte 
pas  différente  de  celle  de  comtes  de  Lodeve.  Au  de  Forez  par  Theotbcrgç  (a  femme  :  il  ajoute  que  r,uN 

refte  quoique  ces  prélats  ayenc  été  en  droit  de  fe  le  comte  Fftienne ,  qui  fouferivit  la  fécondé  année  4,‘ 

qualifier  comtes  depuis  l’an  1115.  nous  ne  voyons  du  roi  Robert  ou  l’an  1  o  3  3 .  à  une  donation  en 
pas  cependant  qu’ils  ayent  pris  ce  titre  avant  le  faveur  de  l’églife  de  Clermont ,  eft  le  même  qu’Ef- 

XIV.  fiécle  :  le  plus  ancien  évêque  de  notre  con-  tienne  fils  du  comte  Pons,  6c  qu’il  lui  avoitlucce- 

noiffance  qui  fe  foit  qualifié  comte  de  Montbrun,  dé  dans  le  comté  de  Gevaudan  -,  ce  qui  eft  fort 


b  PUntdv.p 

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«IM. mm.  eft  Jean  II.  dans  un  adle'de  l’an  1 37X. 

NOTE  XXVI. 

Sur  les  anciens  comtes  &  vicomtes 
de  Gevaudan. 

I.  ’"J"1  Otis  ceux  qui  ont  écrit  fur  ces  comtes  &  ces 


vraifemblable. 

V.  Nous  trouvons  enfuite  que  Robert H.  comte 
d'Auvergne  ,  prend  le  titre  de  comte  de  Gevaudan 
dans  un  aefte  Pqui  eft  fans  d  ite  ;  mais  qui  doit  être  P 
poftérieur  à  l’an  1064.  puisqu’il  y  fait  mention  de  ”* 
Judith  fa  fécondé  femme ,  &  que  Bcrthe  la  pre¬ 
mière  vivoitl  encore  cette  année.  Enfin  Raymond  <\V-L  “»• 
de  S.  Gilles  (e  qualifie  comte  de  Gevaudan  dans  * 
une  charte  de  l’an  1085.  1  du  vivant  du  meme  »*•/•»«; 
Robert  comte  d’Auvergne. 

VI.  M.  Baluze  •  croit  que  ce  dernier  avoit  hérité  • 
du  comté  de  Gevaudan ,  de  Guillaume  V.  fon  pere,  , 
ou  plutôt  de  Philippe  fa  merc,  qu’il  prétend  avoir 


•  tr.f.u.ér 

As- 


vicomtes  les  ont  confondus  :  il  eft  certain 
neanmoins  qu’on  doit  les  diftinguer. 

Nous  avons  déjà  parlé  dans  le  premier  volume  i 
de  Palladc  &  d’innocent  fuccellivemcnt  comtes 
de  Gevaudan  fous  la  première  race  de  nos  rois,  été  tance  paternelle^:  héritière  d’Efticnne  II. com- 

Depuis  ce  tcms-là  nous  n’avons  rien  de  bien  po-  te  de  Gevaudan,  mort  fans  en  fans  :  mais  il  nous  pa- 

litif  (ur  leurs  fucceflcurs  jufques  vers  le  milieu  du  roît  beaucoup  plus  vraifemblable  que  Robert  ne  le 
X.  fiécle ,  faute  de  monumens.  qualifioit  comte  de  Gevaudan  ,  que  par  la  même 

II.  Eftienne  évêque  de  Mende  rétablit  «  en  9  5 1 .  raifon  qu’il  prenoit  le  titre  de  comte  de  Rouergue } 

le  monaftere  de  lainte  Enimie ,  du  confentement  c’eft-à-dire  comme  ayant  epoufé  Bcrthe  fille  & 

&  de  la  volonté  de  Raymond  marquis ,  de  Bernard  héritière  d’Hugues  comte  de  Rouergue  de  la  mai- 

vicomte ,  :Jc.  11  y  avoir  donc  alors  un  marquis  ou  fon  de  Touloufe.  Voici  fur  quoi  nous  nous  fon- 

comte ,  &  un  vicomte  dans  le  Gevaudan.  Voyons  dons.  t°.  M.  Baluze  convient  *  que  le  comté  de 

quels  furent  les  fucccllèurs  de  l’un  &  de  l’autre,  Gevaudan  ne  pajfa  fat  à  la  fofierité  de  Robert 


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cc  qui  âuroit  du  arriver  fi  ce  comrc  eût  potfcdc  le 
Gevaudan  en  qualité  d’héritier  de  Philippe  G  mere. 
i°.  Il  eft  certain  que  Raymond  de  S.  Gilles  fc  qua- 
lifioit  comte  de  Rouergue  après  la  mort  de  Berthe 
fa  coufînc  ,  première  femme  de  Robert  comte 
d'Auvergne  »  ôc  qu’il  recueillit  fa  fucceffion  ;  ot 
on  a  déjà  vû  qu’il  prenoit  le  titre  de  comte  de  Ge¬ 
vaudan  en  1 08  5  .du  vivant  de  Robert  :  il  aura  donc 
pofledé  ce  comté  avec  celui  de  Rouergue  comme 
héritier  de  Berthe  fa  cou/me.  j°.  Il  paroît  qu’Efa 
tienne  comte  de  Gevaudan  père  des  comtes  Pons 
&  Bertrand,  étoit  deia  maifon  de  Touloufê,  ôc 
de  la  branche  de  Rouergue  *,  ce  qu’on  peut  appuicr 
tant  far  la  conformité  des  noms  de  Pons  &  Ber¬ 
trand  ,  avec  ceux  qui  étoient  alors  en  ufage  dans 
la  maifon  de  Touloufê  ,  que  far  cc  que  nous 
voyons  un  Raymond  marquis  exercer  fon.autorité 
dans  le  Gevaudan  en  951. 

VII.  Nous  croyons  donc  r  °.  que  le  comté  de  Ge¬ 
vaudan  appartint  faccdlivcment  *  au  commence¬ 
ment  du  X.  fiécle,avec  le  comté  d’Auvergne, à  Guil¬ 
laume  le  Pieux ,  &  à  fès  deux  neveux  Guillaume  II. 
&  Acfred  ducs  d’Aquitaine.  i°  Qu’après  leur  mort 
le  roi  Raoul  pour  attirer  à  fon  parti  Raymond- 
Pons  &  Ermengaud  princes  de  Gothie ,  difpofa  du 
Gevaudan  en  faveur  du  dernier,  &  de  l’Auvergne 
en  faveur  de  l’autre  par  le  traité  qu’il  conclut  avec 
eux  en  931.  30.  Qu’Eftienne  I.  comte  de  Gevau¬ 
dan  croit  fils  puîné  du  même  Ermengaud ,  qui  eut 
ïVNrt.mu  certainement plufteurs  bfils.  40.  Que  Raymond  I. 
+  comtc  Rouergue  fils  aîné  d’Ermengaud  con- 

ferva  la  principale  autorité  far  le  Gevaudan.  5 
Qu’Eftienne  II.  petit-fils  d’Eftiennc  I.  comte  de  cc 
pays  étant  décédé  fans  enfins  vers  l’an  1035.  Hu¬ 
gues  comte  de  Rouergue  lui  fucccda  comme  fbn 
plus  proche  héritier.  6°.  Que  ce  dernier  tranfmit 
le  Gevaudan  à  Berthejâ  fille ,  &  qu’enfin  cette  prin- 
celîe  étant  morte  fans  porterité ,  Raymond  de 
S.  Gilles  fon  coufin  lui  facceda  dans  le  comté  de 
Gevaudan  ,  comme  il  eft  certain  qu’il  lui  (iicccda 
dans  le  comté  de  Rouergue ,  ain/i  que  nous  l’avons 
vu  ailleurs. 

VIII.  Le  Gevaudan  demeura  par  là  dans  la  mai¬ 
fon  dcTouloufc  depuis  lan  932.  jufqu’à Raymond 
de  S.  Gilles  qui  s’en  quaiifioit  comte  en  1 08  5  •  & 
ce  prince  le  tranfmit  fans  doute  à  fès  defaendans. 
Il  faut  avouer  cependant  que  leur  autorité  diminua 
beaucoup  dans  la  fuite  en  ce  pays  *,  à  quoi  l’éloigne¬ 
ment  ou  l’abfcnce  de  ces  princes, qui  furent  pref 
^ue  toujours  occupez  depuis  à  diverfes  guerres,  far 
tout  à  celles  d’Ourremer ,  contribua  beaucoup  ;  ce 
qui  donna  occafion  aux  évêques  de  Mende  d’y  faire 
valoir  leur  autorité,  Ôc  de  demander  enfin  en  1 1 6 1 . 
au  roi  Louis  le  Jeune  les  droits  régaliens  far  tout 
leuc  diocèfe ,  que  ce  prince  leur  accorda  ;  en  forte 

3 uc  ces  prélats  devinrent  enfin  feigneurs  fazerains 
□  pays,  &  s’en  qualifièrent  comtes.  Venons  aux 
vicomtes  de  Gevaudan. 

IX.  On  a  déjà  vu  que  Bernard  poflcdoit  cette 
vicomté  en  951.  Nous  ne  doutons  pas  que  ce 
ttr.f.  u.  vicomte  ne  foit  le  même  que  Bernard  c  fils  d’un 
autre  Bernard  qui  étoit  vicomte  dans  le  Rouergue 
en  937.  fous  l’autorité  des  comtes  deTonloufe, 
&  frere  puîné  de  Berenger,  duquel  defeendent  les 
vicomtes  héréditaires  de  Miihaud.  Nous  apporte¬ 
rons  bientôt  les  raifons  qui  nous  le  perfundent. 

X.Aprcs Bernard  on  trouve  un  Eftienne  à  vicomte 
de  Gevaudan ,  qui  avec  G  femme  Almodis  ,  fonda 
vers  l’an  998.  le  prieuré  de  Langognc  dans  le 
pays.  Ce  vicomte  fait  mention  dans  cet  a&e  de 

T omc  JJ. 


G  U  E  D  O  C.  j 

Rigaud  fon  frère  j  il  vivoit  *  encore  en  toi  i.  8c 
en  1019.  &  mourut  fans  enfans f. 

XI.  Richard  II.  vicomte  de  Miihaud  fucceda  à 
Eftienne  dans  la  vicomté  de  Gevaudan  :  en  voici 


m.& 

r.,. 


NOTE 

XXVI. 

e  /*.  166. 
Jireb.  du  pr • 


la  preuve.  Richard  fournit  g  vers  l’an  1 05  o.  le  mo- 
nafterede  laQnourgiieàl’abbayedcS.Vidor  de 
Marfeillc  :  or  le  lieu  de  la  Canourgue  étoit  cer-  £  p^'/prl 
tainement  une  des  dépendances  de  la  vicomté  de  r#-  *•/>• 
Grezes,  &  cette  vicomté  n’eft  pas  differente  de 
celle  de  Gevaudan  :  Richard  II.  vicomte  de  MÜ- 
haud  ,  étoit  donc  en  meme  tems  vicomte  de  Ge¬ 
vaudan  ,  &  avoir  facccdé  à  Eftienne  dans  cette  der¬ 
nière  vicomté.  Nous  concluons  de-li  que  le  même 
Richard  &  Eftienne  vicomtes  de  Gevaudan  avoient 
une  defcendance  commune ,  puifque  cette  vicomté 
ne  peur  être  entrée  dans  la  maifon  du  premier  que 
par  fucceffion  agnatique  &  droit  héréditaire ,  & 
non  pas  par  fammes  \  car  l’époufc  de  Richard  I. 
pere  de  Richard  II.  étoit h  fille  d’un  vicomte  de  Bé-  fc  tu» 
ziers,  ôc  celle  de  Richard  II.  étoit  delà  maifon  des 
vicomtes  de  Narbonne. 

XII.  Berenger  fils  aîné  de  Richard  II.  vicomte 
de  Miihaud  lui  facceda  dans  la  vicomté  de  Ge¬ 
vaudan.  Ccft  ce  qu’on  voit  par  un  aâe'del’an  i  G*u.<htifu 
io$o.  faivant  lequel  Aldebert  évêque  de  Mende 

unit  legiifcde  la  Canourgue  à  l’abbaye  de  S.  V i-  ** ’ * 3  * 

âor  de  Marfeille,  conjointement  avec  Berenger 
Rtcardt ,  ou  fils  de  Richard  vicomte .  Le  doyen  & 
les  chanoines  de  la  Canourgue  confèntirent  auffi 
à  cette  union ,  du  confetl  &  de  U  volonté  du  vicomte 
Berenger* 

il  paroît  que  les  frères  de  cc  dernier  eurent 
quelque  part  avec  lui  dans  la  vicomte  de  Gevaucfan, 
par  un  aâc  k  de  l’an  1 0  5  8.  faivant  lequel  Roger  K  fr.p.  ait, 
(3  Bernard  fon  frere ,  fils  de  Richard  vicomte ,  don- 
nerent  à  l’abbaye  de  S.  Viélor  de  Marfeille  quelques 
biens  fituez  aux  environs  de  la  Canourgue. 

XIII.  Berenger  vicomte  de  Miihaud  ôc  de  Ge¬ 
vaudan  ,  qu’on  appelle  Berenger  I.  &  que  nous 
nommons  Berenger  II.  épou/a  Adele  héritière  des 
vicomtcz  de  Carlad  &  de  Lodeve  K  II  en  eut  en-  1  K.Wif.n», 
tr’autres  deux  fils  entre  lcfquels  il  partagea  fes  *•  J*«r 
principaux  domaines.  Gilbert  l’aîné,  eut  une  por¬ 
tion  de  la  vicomté  de  Carlad,  avec  les  vicomteZ 

de  Miihaud  ôc  de  Gevaudan.  Richard  le  puîné , 
eut  l’autre  portion  du  Carladois,  avec  la  vicomté 
de  Lodeve,  &  devint  enfuite  comte  de  Rodez. 

XIV.  Gilbert  parvint  auffi  à  la  dignité  de  comte 
par  fon  mariage  avecGcrbergc  hcriricre  du  comté 
d’Arles  ,  ou  de  Provence  ;  car  il  eft  faux  qu’il  ait 
cté  par  lui-même  comte  de  Rode t ,  de  Miihaud 

(3  de  Gevaudan ,  comme  un  moderne  m  l’a  avancé.  mDtfcrMu 
Ce  fut  Richard  fon  frere,  qui  acquit  le  comté  de  *r'l*f*l**£“ 
Rodez  des  comtes a  de  Toqloufc.Quant  au  Gevau- 
dan  ,  &  à  Miihaud  »  il  n’en  fut  jamais  que  vicomte.  n  A’*/4  liu* 
Le  même  auteur  ne  fc  trompe  pas  moins  lorfqu’il 
dit  que  Gilbert  fut  dépouillé  du  comté  de  Rodez 
par  Raymond  de  S.  Gilles  ;  ôc  il  tombe  li-dclfas 
dans  plufieurs  autres  fautes  qu’il  eft  inutile  de  re¬ 
lever. 

Gilbert  eut  deux  filles  de  fon  mariage  avec  Ger- 
berge  de  Provence.  L*aînéc  appclléc  Douce ,  fat 
leur  principale  héritière  ;  elle  époulâ  en  inz. 
Raymond-Berenger  comte  de  Barcelone.  Gerberge 
fa  mere  lui  donna  °alors  U  comte' de  Provence ,  de  oMére.HiJ^ 
Gevaudan  (3  de  Carlad  ,  avec  tout  T  honneur  ejui  eft  * 

dans  le  comte  de  Rouergue  y  dont  elle  avoit  hérité  de 
fes  parent ,  ou  que  le  comte  Gilbert  fon  mari  lui 
avoit  donné \  ou  bien,  comme  elle  s’exprime  dans 
le  contrat  de  mariage  paflé  quelques  jours  après, 

FF  ff  ij 


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19  5 


NOTES  SUR.  L’HISTOIRE 


NOTE 

«XVI. 


t;  U  41 

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f  JM. 


le  comte  de  Provence  quelle  pojfedott ,  le  comte  de  gnées  alors  fous  le  titre  de  comté  de  Milhaud  >  (oit  - - 

Gevaudan  ,  la  vicomté  de  Cev  lad  ($  tous  les  biens  qu’elles  euflem  cté  érigées  en  titre  de  comté ,  ou  T  ^ 
quelle  avoit  dans  le  comté  de  Roucrgue,  83  qui  pro-  plûtôt  qu’on  le  leur  donnât  ,  à  caufe  qu’elles  A 

Ucnoicnt  du  feu  comte  Gilbert  fin  mari.  On  donne  avoient  cté  pofl'edées  par  le  comte  Gilbert  &  les 
ici  le  titre  de  comté  aux  vicotntez  de  Gevaudan  &  comtes  de  Barcelonne  fes  fucceflèurs.  Jacques  cm- 
de  Milhaud,  pofledées  par  Gilbert,  &  délignées  par  ploya  pour  cela  le  crédit  de  Guillaume  évêque  de 
a  AU.  p.  $46,  un  auteur  •  qui  a  écrit  à  la  fin  du  XIII.  fiécle,  fous  le  Mende,  &  il  y  a  lieu  de  croire  qu’il  réuflit,  du  moins 

nom  général  de  comte  de  Milhaud:  maisc’eftim-  pour  la  vicomté  de  Gevaudan  ,  puifquc  deux  ans 

proprement, &  il  cft  certain,  comme  nous  le  verrons  après  il  déclara  tenir 1  de  ce  prélat  &  de  l’églife  de  1  g*u.  chùjt. 

dans  la  foire  ,  que  Raymond-Berenger  >  &  les  def-  Mende  le  château  de  Grez^s  avec  toute  la  terre  de  td'  '* 

■cendans  de  Douce  fon  époufe,  ne  pofi'ederent  que  Gevaudan.  '  r ‘ 5  ' 

la  vicomté  (&  non  pas  le  comté)  de  Gevaudan ,  de  XIX.  Les  rois  d’ Arragon  ne  demeurèrent  pas  pour 
même  que  la  vicomté  de  Milhaud.  cela  pailibles  poflèlTeurs  de  la  vicomte  de  Grezes  ou 

XV.  Raymond-Berenger  domina  en  conféquence  de  Gevaudan.  Le  roi  S.  Louis  prétendit  que  cette 
Irr.f. 4x2.  for  une  partie  du  Gevaudan  ,&  donna  b  en  fief  vicomté  faifoit  partie  des  biens  conhfquez  fur  le 
en  1 116.  à  Guarin  &  à  Odilon ,  freres ,  le  château  comte  de  Touloufc ,  &  que  le  prix  de  l’engage- 
de  Randon  fitué  dans  le  même  pays.  Il  fit  fon  tefta-  ment  de  l’an  1 104.  n’avoit  pas  été  payé4,  ainfi  ce 
t  dus.  and.  ment c  en  1 1 3  o.  &  laifla  à  Berenger-Raymond  fon  prince  la  donna  en  garde  m  au  mois  de  Janvier  de  ®  Fr.  »•  u 
<!  iï“U'2-  ^*econcl  fils  >  le  comté  de  Provence ,  avec  ce  qu'il pofi  l’an  1 1 27.  à  Ueraud  de  Mercceur ,  jufquâ  ce  que  le 
fedoit  dans  le  Gevaudan  83  te  Carladois.  Ce  dernier  rot  £  Arragon  eut  fuis  fait  au  prix  de  C  engagement. 
a  Thr.de »  eh.  jouit  de  la  vicomté d  de  Grez.es  ,  ou  de  Gevaudan.  Louis  étant  entré  l'année  fuivante  dans  le  droit  du 
•  M  mourut  en  1 1 44.  &  laiflà  un  fils  en  bas  âge  ap-  comte deTouloufe, par  le  traitédepaix  qu’ils  firent 

*0.  pelle  Raymond- Bcrengcr  qui  lui  fucceda ,  &  qui  enfcmble,  luivant  lequel  ce  comte  céda  au  roi  tout 

êAUre.Hi# .  n’cut  qu’une  fille  unique c ,  qu’il  promit  en  mariage  ce  qu’il  avoit  cn-deça  du  Rhône ,  â  la  referve  du 
à  Raymond  VI.  fils  de  Raymond  V.  comte  de  Tou-  Touloufain,  du  Querci,  du  Rouergue&  d’une  par- 
loufe  :  mais  cette  princelfe  étant  morte  avant  fon  tie  de  l’Albigeois,  &c.  Le  Gevaudan  fc  trouva  com- 
mariage ,  &  Raymond-Berenger  fon  pere  étant  pris  dans  les  domaines  cedez  à  la  couronne  :  ainlî 
décédé  lui-même  fans  enfans  en  1 166.  Alfonfe  11.  Louis  continua  de  jouir  de  la  vicomté  de  Grezes, 
roi  d’Arragon ,  fon  coufin  germain  ,  lui  fucceda  dans  laquelle  il  établit  *  l’évêque  de  Clermont  Q  au, 
dans  tous  fes  états.  pour  fon  lieutenant ,  après  la  mort  de  Bcraud  de 

_  XVI.  Raymond  V.  comte  de  Touloufc,  avoit  Mctcœur-,  &  en  1150.  Raoul  du  Roure  gou- 
différens  droits  fut  cette  focceflion ,  qui  comprc-  vernoit  cette  vicomté  en  qualité  de  bailli  de  ce 
noit f  le  comté  de  Provence  ,  83  la  terre  de  Milhaud ,  prince. 

de  Gevaudan  83  de  Car  lad .  Il  fondoit  entr’autres  XX.  Enfin  S.  Louis  acquit  entièrement  les  droits 
ces  droits  fur  le  mariage  projetté  entre  fon  fils  &  du  roi  d’ Arragon  fur  le  Gevaudan,  par  la  tranfa- 
la  fille  de  Raymond-Berenger  ,  &  il  les  fit  valoir  élion  0  qu’ils  palfcrcnt  enfcmblc  en  1  258*  &  dans  •Màrt.Hifi. 
contre  le  roi  d’Arragon.  Ces  deux  princes  en  vin-  laquelle  le  dernier  céda  au  premier  les  droits  qu’il 
rent  enfin  en  1 176.  aune  tranfnclion  ,  pat  laquelle  avoit  fur  Milhaud  83  le  com'é  de  Milhaud ,  fur  »»*•• 
le  roi  d’Arragon  promit  de  (atisfaire  le  comte  de  Grez.es  ,  la  vicomté  de  Grezes  83  le  Gevaudan  ,  que 
Touloufc  fur  l'article  du  Gevaudan ,  &  lui  donna  Pierre  rot  <S  Aragon  avoit  engagez  autrefois  à  Ray- 
3  ioo.  marcs  d’argent. Moyennant  cette  fomme,  ce  mond  comte  de  Touloufe.  QuoiquWdonne  ici  le 
dernier  abandonna  à  l’autre  toutes  fes  prétentions  nom  de  comté  à  l’ancienne  vicomté  de  Milhaud, 
fur  le  comté  d’Arles  ou  de  Provence,  lis  confir-  &  qu’on  qualifie  aufli  comté  ,  la  vicomté  de  Gre- 
l  merent  S  cct  accord  en  1 1 8  4*  &  firent  réciproque-  zes  dans  un  compromis  P  fait  trois  ans  auparavant  P 

J‘q*  ment  les  mêmes  réferves  -,  fçavoir  de  la  part  du  roi  entre  les  deux  princes ,  il  ne  s’agit  cependant  que *'  4i°* 

<T  Aragon ,  for  le  comté  de  Melgucil  pofTedé  par  des  vicomtez  de  Milhaud  &  de  Gevaudan  polfc- 
le  comte  de  Touloufc  -,  &  celui-ci  fur  ce  que  l’autre  dccs  anciennement  par  le  vicomte  Berenger  &  par 
poflèdoit  dans  les  évêchez  de  Rouergue  83  de  Ge-  Richard  1.  fon  fils  ,  de  qui  les  comtes  de  Barce- 
vaudan ,  dont  chacun  demeura  en  pofleflion.  lonc  &  rois  d’ Arragon  tiroient  leur  droit.C’cft  ainfi 

XVII.  Il  cft  certain  en  effet  que  Pierre  roi  d’Arra-  que  la  vicomté  de  Gevaudan  fut  entièrement  réu- 
gon  fils  8c  fucceffcur  d’Alfonle  ,  jouit  des  vicomtez  nie  à  la  couronne  :  elle  comprenoit  entr’autres  le 
,#4  de  Milhaud  &  de  Gevaudan  ,  puifqu’en  **  1204.  diâtcau  de  Grezesqui  en  étoit  lcchef-lieu,  les  villes 
il  engagea  à  Raymond  VI.  comte  de  Touloufc,  fils  de  Maruejouls ,  Chirac ,  la  Canourgue ,  &c.  corn¬ 
ée  fuccelfcur  de  Raymond  V.  ce  qu'il  pojfedoit  dans  me  il  eft  énoncé  dans  les  attes  de  1 2 6  5 . 3  &  1 266.  q  Pr. 
tout  le  comté  de  Milhaud  83  de  Gevaudan ,  pour  la  par  lefquels  Odilon  évêque  de  Mende  céda  â  Saint 
fomme  de  cent  cinquante  mille  fols  Melgoricns,  Louis  la  fuzeraineté  qu’il  prétendoit  fur  cette  vi- 
évalucz  à  3000.  marcs  d’argent.  comté  en  qualité  de  fcigneur  de  tout  le  Gcvau- 

ll  paroît  par  un  aéle  1  de  l’an  1 2 1 3 .  que  le  comte  dan ,  8c  ce  prince  lui  donna  divers  biens  en  échan¬ 
ge  Touloufe  remit  cette  fomme  au  roi  d' Arragon, &  ge*>  en  forte  que  les  fucceflèurs  de  ce  prélat  ne 
qu’il  lui  relâcha  le  comté  de  Milhaud  avec  fes  dépen-  dominèrent  plus  que  fur  une  partie  du  Gevaudan , 
dances  :  mais  la  guerre  des  Albigeois ,  â  laquelle  ccs  jufqu’au  régne  de  Philippe  le  Bel ,  qui  fit  un  traité 
deux  princes  eurent  beaucoup  de  part, fit  que  le  légat  de  pariage  en  1 306.  avec  Guillaume  évêque  de 
du  pape  s’empara  delà  vicomté  de  Milhaud,  &  que  Mende,  &  lui  permit  de  même  qu’à  fcs  luccet 
l’évêqne  de  Mende  fefaifit  de  fon  côté  du  château  feurs,  de  fc  qualifier  comtes  de  Grjaudan.  Ces 
de  Grezes ,  chef- lieu  de  la  vicomté  de  Gevaudan ,  prélats  prirent  (ans  doute  ce  titre  dans  la  fuite  : 
pour  le  tenir  en  garde  comme  étant  un  fief  de  fa  cependant  le  plus  ancien  d’entr’enx  ,  que  nous 
mouvance.  connoiflions  s’être  qualifié  comte  de  Gevaudan  » 

XV11I.  Jacques  roi  d’Arragon,  fils  «Sc  fucceffeur  c’eft  Jean  de  Corbie,  qui  fe  donne  cctcc  qualité 
de  Pierre ,  fit  tous  fcs  efforts  en  1 1 2  3 . k  pour  ren-  dans  un  aétc  r  de  l’an  1416. 
trer  dans  la  pofleflion  de  ces  deux  vicomtez  défi- 


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DE  LANGUEDOC* 


197 


note 

XXV II. 


NOTE  XXVII. 

Sur  Oliba  Cabreta  comte  de  Befalu  y  de 
Cerdagne  y  de  F  e  nouille  de  s  ,  (fie. 

& fes  fucceffeurs. 


II.  II  tft  ccrrain  d’abord  qu'Oliba  Cabrera  ne  N  O  f  É 
peur  avoir  entrepris  le  voyage  d’Italie  pour  le  re-  XXVI L 
tirer  au  Mont-Caflin  qu’enrre  le  commencement 
de  J  an  988- de  la  fin  de  l’an  990.  il  mourut1  en 
effet  cerre  derniere  année;  &  il  croit  encore  dans 
la  Marche  d’Efpagne  où  il  prenoit  le  titre  de  comp¬ 
te,  &vivoit  en  fèculier  le  14.  Février  de  l’an  98^1 
fomme  on  voit  par  une  donation  k  qu’il  fit  alors  k 
à  l’abbaye  d’Arles  en  Rouflillon  ,  de  dans  laquelle 


i  Gefl.  itmiii 
Barcm.  ihd. 


jta  iS-Ora. 


m  *Atf-  SSi 

Sentd.ihd.fi 

«7*. 


j.  I.T)  ^errc  Damien  rapporte  *  dans  la  vie  de  S.  Ro-  il  donne  de  grandes  marques  de  componction. 

Tth.f.  »oi.  mna ld  t.  que  lorfque  ce  faine  demeitroit  au  Cela  nous  donne  lieu  de  croire  qu’il  droit  en  ce 

voifinage  de  l’abbaye  de  Cuxa  ,  gouvernée  par  tcms-là  fur  fon  départ  pour  le  Mont-Caflin,  ôc 

l’abbe  Guarin ,  un  comte  du  voifinage  nommé  qu'il  s'y  rendit  la  même  année  :  auffi  eft-ce  le  der- 

*  Oliba,  feignciir  très-puiflant,  qui exerçoit [on  ante-  nier  ade  que  nous  ayons  de  lui.  Ce  n'eft  donc  ni 

*  rite  fur  ce  monafiere,  mais  dont  la  confidence  écoit  en  981.  comme  l’a  cru  D.  Mabillon  ,  ni  en  996.  1  Baihet  va 

*  chargée  de  crimes,  l’alla  trouver  dans  fa  cellule  fuivanr  Cailler  I  qu’il  fit  ce  voyage,  &  qu’il  prit  s.T^mn*U 

*  de  lui  découvrit  toute  fi  vie  comme  en  confet  l’habit  monaftique.  7  'V 

•’fion;  que  S.  Romualdlui  dit  fans  le  flatter,  qu’il  III .  Il  y  a  cependant  une  difficulté  ,  qui  eft 

"  n’y  avoir  de  (alur  pour  lui  que  dans  la  fuite  du  que  Pierre  Damien  marque  au  même  endroit  , 

•monde,  de  la  profdlion  monaftique  f  fur  quoi  que  Pierre  Urfeolc  duc  de  Venifc  croit  déjà  décédé 
•ce  comte  prit  la  réfolution  d’aller  au  Mont-  dans  l’abbaye  de  Cuxa,  lorfque  S.  Romuald  de  le 

*  Caflin  pour  s’y  conficrer  à  Dieu  pour  toujours,  comte  Oliba  partirent ,  l’un  pour  la  Romagnc ,  de 
11  ajoute,  c  que  S.  Romuald  étant  enfuire  re-  l’autre  pour  le  Mont-Caffin.  Or  on  prétend  “que 
»»  tourné  en  Italie  ,  l’abbé  Guarin  qui  entreprit  le  Pierre  Urfeolc  ne  mourut  que  vers  l’an  997.  On 
*»  même  voyage ,  emmena  avec  lui  le  comte  Oliba ,  fè  fonde  fîir  cet  endroit  de  fa  vie  écrite  environ 
*•  qui  après  avoir  abandonné  fes  biens  à  fes  fils  ,  un  ficelé  après  fâ  mort  : 0  In  hora  autem  nona  fra -  n  iM/atji 
•»  fe  retira  dans  ce  nionnftere ,  Ôcc.  »  Ce  qu’on  tribus  omnibus  arcumflantibus  /// i.idus  fanuarit^ 

vient  de  rapporter  ne  peur  convenir  qua  Oliba  jamreddito  fruttu  xvm  /.  ad  alta  fjderum  cacu- 
Cabreta  comte  de  Bcfâh?  de  de  Ce rdagne ,  qui  fè  mina  oculos elevansreddid  iJfiritnm.Le  P.Mabillon 
lôrjl.fimir.  rendit  b  célébré  à  la  fin  du  X.  fîéclc.  Nous  ne  qui  a  ajouté  dans  le  texte  le  mo tannorum  entre 
connoiflons  en  effet  alors  que  lui  feu  1  de  ce  notn  deux  crochctsiredduo  fruttu  xvun .  [annorurnjad 
54*.  dans  la  Marche  d’Efpngne  de  dans  la  Scptimanie  :  a/ta ,  (fie. conclut  de  là  que  Pierre  Urièole  dans  le 
nous  fçavons  c  d’ailleurs  qu’il  étendoit  fa  domina-  tems  de  fa  mort  avoir  parte  dix-neuf  ans  a  Cuxa 
WZ9C\  tion  fur  le  Confiant ,  où  l’abbaye  de  Cuxa  eft  fi-  dans  l’exercice  de  la  vie  monaftique  :  mais  ou  ccttc 
ruée  \  qu’il  txerçoit  fbn  autorité  fiir  cette  abbaye  ;  interprétation  eft  faufle,  ou  s’il  s’agit  des  années 
qu’il  l’avoir  fait  rebâtir  avec  Sunifrcd  comte  de  que  Pierre  vécut  dans  le  cloître,  il  doit  y  avoir 
Barcelone  fbn  frere,  qu’ils  y  avoient  établi  Gua-  erreur  dans  le  chiffre, &  on  aura  ajouté  x  a  viw. 
rin  pour  abbé ,  de  c.  En  effet  fi  la  mort  de  Pierre  Urfeolc  précéda  le 

Le  P.  Mabillon  d  rapporte  toutefois  cet  endroit  départ  du  comte  Oliba  pour  le  Mont-Caflin ,  com- 
dc  la  vie  de  S.Romuald  a  Oliba  évêque  d’Aufbnne,  me  l'attelle  Pierre  Damien  ,  le  premier  doit  être 
troifiéme  fils  d’Oliba  Cabreta.  Il  le  fait  partir e  en  décédé  vers  l’an  987.  ainfi  s’étant  retiré  en  "978. 

981.  pour  aller  prendre  l’habit  religieux  au  Mont-  dans  l’abbaye  de  Cuxa,  il  y  aura  profèllé  la  vie 
Caflin,  &  revenir  enftiire  dans  l’abbaye  de  Cuxa  monaftique pendant  vi  /  /  /.  ans. 
pour  y  vivre  fîiivant  fâ  profdlion:  mais pltifîcurs  rai- 
fons  nous  empêchent  d'admettre  le  fênriment  de  ce 
fçavant  auteur.  r°.  Il  eft  certain  qu’OIiba  fiisd’O- 
tiiâre.wfy.  |iba  Cabrera  prit f  l’habit  monaftique  dans  l’abbaye 
de  Riupoll  en  Catalogne,  de  non  pas  au  Mont- 
Caflin.  i°.  Ce  ne  fut  qu’après  l’an  ioco.  car  il 
Imi*.9s4.  étoit  s  encore  fèculier  certe  derniere  année  >  & 


4  M  SS. 

Ètnti.  ibtdf. 

*7*. 

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«a.  J»«2.  «. 

IU 


o  iddi.  A 
Mnn.  97t.  ». 
79-  &  Jtq. 


p  Mérc.Hify* 
/.  54** 


IV.  L’auteur  des  geftes  P  des  comtes  de  Bar¬ 
celone  ne  donne  que  trois  fils  à  Oliba  Cabreta, 
fçavoir,  Bernard,  Guificd  &  Oliba  :  il  faut  en 
ajouter  un  quatrième,  fçavoir,  Berenger  I.  du 
nom  évêque  d’Elnc  ,  lequel  avoir  déjà  fuccedé  S 
en  993.  â  Soniarius  dans  cet  évêché.  En  effet  Be¬ 
renger  ctoit  fils  de  la  comreflè  Ermeniard? ,  qui 
tint  un  plaid r  en  994.  dans  le  comté  de  f^alefpir  ,  rp.  94I, 


9M4  7* 


44 s.& 

if  u 


prenoit  le  titre  de  comte  :  or  l’abbé  Guarin  croit 

alors  déjà  décédé  comme  nous  le  ferons  voir  plus  dans  lequel  elle  fait  mention  de  Tote  fa  bru.  Or 
bas.  $•.  Nous  n’apprenons  par  aucun  monument  comme  nous  apprenons  •  d’ailleurs  que  Bernard 
qu’OIiba  éyêque  d’Aufbnne  ait  érc  marié ,  &  en-  comte  de  Befalu ,  fils  d  Oliba  Cabreta  d Ermen 
oorc  moins  qu’il  ait  eu  des  en  fans  :  or  nous  venons  garde^  domina  fur  le  Valefpir,  de  qu’il  époufà 1  une 
de  voir  que  lorfque  le  comte  Oliba  partir  pour  al-  dame  appellé  Tore  ;  par  confisquent  Berenger  I.  du 
1er  au  Mont  -  Caflin  ,  il  céda  fit  s  biens  à  fes  fils .  nom  éveque  d’Elnc  étoit  fbn  frere  u. 

4°.  Oliba  évêque  d’Aufbnne,  qui  ne  mourut4  II paroîr par-là  que  M.  Baluze  s’eft  trompé  lorf- 
qu'en  1047.  étoit  encore  trop  jeune  lorfque  fâint  que  dans  la  table  du  Marca  Iliffamca ,  il  fait  trois 
Romuald  demeuroit  dans  l'abbaye  de  Cuxa  ,  pour  perfonnes  de  la  comreflc  Tote  que  nous  venons 
avoir  déjà  commis  de  grands  crimes.  5  °.  Enfin  il  de  nommer,  fçavoir ,  line  comtcrtc  de  Rouflillort , 
ne  paroît  point  que  ce  prélat  avant  de  après  fa  de  deux  comtcflès  de  Befâlu ,  au  lieu  que  c’eft  tou-, 
retraite  ait  exerce  quelque  aurorité  comme  feigneur  jours  h  femme  de  Bernard  comte  de  Befâlu,  fils 
temporel  fur  cette  abbaye.  C’eft  donc  fans  di/K-  d’Oliba  Cabreta  ;  car  c'cft  fans  aucun  fondement 
cuire  Oliba  Cabrera  qui  fè  retira  de  mourut  au  que  parlant x  de  la  donation  que  fit  en  997.  lemê-* 
Mont-Caflin  ;  ce  qui  peut  fèrvir  i  rectifier  lachro-  me  Bernard  avec  Tote  fa  femme,  a  l’abbaye  de 
nologie  de  la  vie  de  S.  Romuald  ôc  de  celle  du  Riupoll ,  il  ajoute  que  ce  comte  étoit  fils  de  Bor * 
B.h'crre  Urfeolc  duc  de  Venifè,  &  moine  de  Cuxa4,  ref  comte  de  Barcelone ,  ce  qui  n'eft  pas  marqué  dans 
chronologie  qui  eft  allez  embrouillée  >  &  fur  la -  l'acte  X»  de  ce  Bernard  n'eft  pas  diffèrent  du  Bis 
quelle  les  auteurs  varient  beaucoup.  d'Oliba  Cabreta. 


if.  J4*  •  fi 
f.  911.  dr/rf» 
924-9+o.é^f* 
fj  1.1009 i 
1027. 1029* 

U  V.f.SiU 


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598  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 


^  O  T  E  Celui-ci  étoit  fils  de  Miron  comte  de  Barce- 
•XXVII.  l°ne  >  mort  en  918.  Il  eut  pour  Ton  partage  le 
comte  de  Cerdagne ,  &  à  ce  qu’il  patoit  celui  de 
tkrga,  fituez  l’un  &  l’autre  dans  le  diocèfc  d’Ur- 
gel  \  car  il  e(t  certain  qu’il  tranfmit  ces  deux  comtez 
à  fes  delcendans ,  de  même  que  ceux  de  Befclu  & 
de  Fenouilledcs  dont  il  hérita  en  967,  de  Suni- 
-fred  ou  Seniofred  comte  de  Barcelone  fon  frere , 
mort  alors  (ans  enfàns.  Il  dût  aufli  hériter  du  même 
Sunifred  des  comtcz  de  Confiant  &  de  Valefpir, 
portion  du  diocèfc  d’Elne  *,  car  il  cil  marqué  dans 
le  plaid  qu’Ermengarde  fa  veuve  ,  tint  dans  le  Va- 
lclpir,  que  les  fcigneursqui  àemeur oient  dans  le 

*  s«jo«  procc-  meme  comté  étoient  fes  vajfaux.  * 

ÎCi  VI.  Oliba  troifiéme  fils  d’Oliba  Cabrera,  ayant 

embrafle  l’état  monaftique ,  n’eut  aucune  part  à  (à 
fucccflion.  Il  étoit  déjà  abbé  de  Cuxa  &  de  Rin- 

•  Ma'c.Mj}.  poil  en  1  o  1 1 .  *  Il  confcrva  Vadminiftration  de  ces 
+i3,  deux  abbayes  après  qu’il  eut  été  promu  à  l’évêché 

d’Aufonneen  loi 9.  Le  P.  Mabillon  qui  paroît  l’a- 
h^r,.  ss.  voir  confondu  b  avec  Oliba  Cabreta  fon  perc,  pré- 
/L.'tfpJru  tend c  cependant  qu’il  ne  fut  abbé  de  Cuxaau’a- 
pics  l’an  1017.  fondé  fur  ce  qu’on  voit  la  louf- 
A^up.lju  cription  ÜAflcr  abbé  de  S.  Michel  >  dans  l’aâe  de 
<i  cupir.  te.  2.  lclcdion  *  qui  fut  faite  cette  année,  de  Borrel  éve- 
/.  6jo.c r/rj.  qUC  g  ota .  j[  n»eft  pas  certain  que  cette  ab¬ 
baye  de  S.  Michel  foit  la  même  que  celle  de  S.  Mi¬ 
chel  de  Cuxa,  &  quand  cela  fcroit ,  Oliba  peut 
lavoir  fait  gouverner  par  un  abbé  particulier ,  quoi- 
*  Mérc.Hijp.  qu’il  l’ait  retenue  certainement c  jufqu’à  fa  mort , 
t-  avcc  cellc  de  Riupoll.  C’eft  ainfi  que  Guarin  fon 

(u.p.  966.  prédéccffcut  dans  l’abbaye  de  Cuxa ,  la  gouverna  f 
jufau  a  fa  mort ,  avec  pluûeurs  autres  en  qualité  de 
fupcricur  général,  ce  qui  n’empêchoit  pas  qu’elles 
n’cuflènt  des  abbez  particuliers. 
t  ibit.  VU.  C’eft  ce  qui  paroît  par  une  bulle  *  donnée 

k  M*b.  ad  par  M.  Baluze,  &  que  cet  auteur,  &  le  P.  Mabillon  * 
après  lui ,  rapportent  à  l’an  1008.  &  au  pontificat 
du  pape  Jean  XIX.  mais  clic  appartient  certaine¬ 
ment  à  celui  de  Jean  X  V.  &  à  l’an  993.  la  preuve 
en  eftailce.  En  effet  Guarin  abbé  de  Cuxa,  en  fa¬ 
veur  de  qui  elle  fut  expediée ,  ne  vivoit  plus  l’an 
1000.  puifqu’il  eft  fait  mention  de  lui  comme  étant 
i  Msn-H, déjà  dcccdé1,  dans  une  charte  du  mois  de  Février 
cette  dernicre  année, où  il  eft  appelle  de  véné¬ 
rable  mémoire ,  &  qui  fut  donnée  en  faveur  de  Gui- 
fred  abbé  de  Cuxa  fon  [ ucccffcur .  Cette  bulle  doit 


prédéceflèur,dans  le  gouvernement  général  de  l’ab-  note 
baye  de  S.  Hilaire,  te  des  autres  dont  ce  dernier  xxvil. 
avoir  eu  l’adminidration  ,  fur  ce  qu’il  eft  marqué 
dans  la  vie  du  B.  Pierre  Urfcolc ,  que  le  même 
Oliba  fut  pere  de  plufeurs  monafteres  ;  mais  fur-tout 
de  ceux  de  S**  Marie  &  de  S.  Michel  *,  ce  qu’on  doit 
entendre  de  ceux  de  S,c  Marie  de  Riupoll ,  (  &  non 
deStc  Marie  d’Arles ,  comme  l’interprète  le  P.  Ma¬ 
billon  °,)  Ôc  de  S. Michel  de  Cuxa:  mais  nous  n’a-  •  ^3.  SS» 
vons  aucune  preuve  certaine  qu’il  ait  luccedé  à 
Guarin  dans  le  gouvernement  des  abbayes  de  Le- 
zat,  d’Alet ,  de  S.  Hilaire  &  du  Mas-Garnier. 

Ce  que  nous  venons  de  rapporter  peut  fcrvir  à 
expliquer  un  endroit  P  de  la  chronique  de  l'abbaye  p  ibid.p. %?%. 
de  Riupoll  écrite  en  118  5.  où  on  lit  ces  mots  tou¬ 
chant  le  même  Oliba  :  fedit  <1  etiam  in  eptfcopatu  an-  m*u.h,ï}. 
nis  xxv tu.  (3  rexit  cœnobia  xxxvttt.  Le^,4,# 

P.  Mabillon r  a  pris  ces  derniers  termes  à  la  lettre,  rua.M. 

6c  a  crû  qu’Oliba  avoir  gouverné  3  8.  monafteres: 
mais  M.  Baluze*  a  fait  voir  que  cela  doit  s’enten-  tMsn.Hifc 
dre  qu’il  fut  évêque  pendant  18.  ans  ,  &  abbé  de  & 
Riupoll  &  de  Cuxa  durant  3  8 .  Or  comme  il  mou¬ 
rut  en  1047.  nous  apprenons  par  là  qu’il  parvint  à 
l’évêchc  d’Aufonne  en  1  o  1 9.  U  eft  certain  en  effet  t M.p+iu 
qu’il  le  pollcdoit  c  cette  même  année  >  il  fut  élu  u  mu 
par  conlcquent  abbé  de  Riupoll  &  de  Cuxa  en 
1009.  ce  qui  convient  parfaitement  -,  car  on  a  déjà 
vu  qu’il  polîèdoit  u  ces  deux  abbayes  en  1  o  m  . 

IX.  Bernard  &  Guifred  fils  d’Oliba  Cabreta , 
lui  fuccedercnt ,  le  premier  dans  les  comtez  de  Be- 
(alu  Sc  de  Fcnouillcdes ,  6c  le  fécond  dans  ceux  de 
Cerdagne  6c  de  Berga  ,  &  firent  deux  branches. 

L’auteur  xdes  geftes  des  comtes  de  Barcelone  nous  *  Msn-mp. 
a  donné  la  fuite  des  comtes  de  Bcfalu  6c  de  Fenouil- 
ledes  dcfcendans  d’Oliba  Cabreta  :  mais  il  paroît 
que  cet  hiftoricn,qui  n’a  écrit  qu’à  la  fin  du  Xlll.fic- 
cle ,  a  erré  fur  quelques  articles:  voici  ce  qu’il  rap¬ 
porte.  «  Bernard  furnommé  Tas/lefer ,  fucceda  à 
Oliba  Cabreta  fon  pere  dans  le  comté  de  Bcfalu ,  * 

&  fe  noya  en  paflant  le  Rhône  l’an  loxo.Guil-» 
laume  furnommé  le  Gras  fon  fils ,  lui  fucceda ,  &  * 
mourut  en  105 1.  Il  laifïà  deux  fils  ,  Guillaume» 
lurnommé  Trunnus ,  &  Bernard.  Ce  dernier  qui» 
étoit  le  puîné  fucceda  à  fon  perc,  6c  confentità  » 
ce  qu’on  dit,  à  l’allàllinar  de  fon  frere.  Le  même» 

Bernard  fut  comte  de  Bcfalu  pendant  60.  ans,* 
il  mourut  l’an  1 1 1 1.  (ans  enfans  ,&Iai(là  fcs  do-» 


*  donc  être  rapportée  à  Jean  XV.  &  comme  clic  eft 

datée  du  mois  de  Juin  tndiüion  vu  elle  ne  peut 
erre  que  de  l’an  993.  quon  comptait  cette  indi- 
élion. 

k  JM*  ss.  VIII.  Le  P.  Mabillon  k  s’eft  encore  trompé  en 
je n-fst.t.f.  fUpp0fant  qu’Oliba  fût  évêque  d 'Alz.onne  dans  le 
diocefe  de  Carcaffonne  ;  en  quoi  il  a  été  (uivi  par 
1  Fleuri  h, fl.  M.  l’abbé  Fleury  qui  a  confondu  auflî  Oliba  Ca- 
nUc/iiij.  *•  brctaavcc  fon  fils  de  même  nom.  Mais  il  eft  con¬ 
fiant  que  c  eft  d’Aufonne ,  ou  de  Vie  dans  la  Mar¬ 
che  d  Lfpagne,  dont  Oliba  fut  évêque  ,&  qu’il  n’y 
a  jamais  eud  cvcchc  à  Alzonnedans  le  diocèfc  de 
Carcaffonne.  Ce  qui  a  peut-être  fait  donner  le  pre- 
ss.  mier  dans  cette  erreur, c’eft  qu’il  a  crû  “qu’Oliba  qui 
5 53  Êr  poffedoit  l’abbaye  de  S.  Hilaire  au  diocèfc  de  Car- 
caflbnneen  iox6.&  103  4.  eft  le  même  que  notre 
évêque  d’Aufonne  :  mais  comme  celui-ci  étoit  déjà 
évêque  en  1  o  1 9.  il  auroit  pris  (ans  doute  ce  titre 
r\V.*b.snn*l.  danslcsaélcs’de  l’abbaye  de  S.  Hilaire  citez  par  le 
u.  4 ‘t-  7 **•  p.  Mabillon  n ,  dans  lefqucls  Oliba  ne  prend  que 
la  fimple  qualité  d  abbé. 

On  pounoit  croire  cept  ridant  qu’Oliba  fils  d’O¬ 
liba  Cabreta ,  fucceda  à  Guariu  abbé  de  Cuxa  fon 


maints  a  Raymond-Berenger  111.  comte  de  Bar-» 
celonc.  ” 

i°.  Guillaume  y  comte  de  Bcfalu ,  fur  le  point  y 
d’entreprendre  le  voyage  de  Jerufalem ,  fit  une 
donation  en  1055.  à  leglifc  deGironne.  Si  cette 
donation  eft  de  Guillaume  le  GrAs9  H  vécut  en¬ 
core  long-tems  après  l’an  1051.  Que  (ï  au  con¬ 
traire  il  s’agit  de  Guillaume  Trunnus  fon  fils, comme 
il  eft  plus  vraifemblable ,  c’eft  une  preuve  que  ce¬ 
lui-ci  fucceda  immédiatement  à  fon  pere  dans  le 
comté  de  Bcfalu. 

i°.  Nous  voyons  en  1 070.  un  Bernard  qui  pre- 
noit  le  titre 1  de  comte  de  Befalu  ,  &  qui  pollcdoit  1 
auili  le  comté  de  Fcnouilledes  :  il  unit  alors  l’ab- 
baye  de  S.  Martin  de  Lez  dans  ce  dernier  comté , 
à  celle  de  S.  Pons ,  pour  fon  ameé3  celle  de  fon  frere 
Gutllaume ,  dont  il  fait  mention  ,  de  meme  que  de 
fon  pere  Guillaume  de  bonne  mémoire ,  dans  une  do¬ 
nation  «  qu’il  fit  en  1074.  à  Péglife  de  Bcfalu.  uMsrc.nti* 
Nous  avons  divers  monumensdu  même  Bernard 
comte  de  Bclàlu  ,  depuis  l’an  1070.  jnfqu’en 
1095.  qu’il  vivoit  encore  -,  car  dans  un  aéte  bb  de  bb  /M-/* 
cette  dernière  année ,  ilfc  dit  fils  de  Guillaume ,  6c  u|1’ 


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NOTE 

XXVII. 


DE  LANGÜEDOG 

Généalogie  des  comtes  de  Befalu ,  de  Cerdagne  &  de  F enouilledesi 


V99 


N  O.f.fi 
XX  Vit 


Miron  comte 
de  Barcelone  _ 
&  de  Fenouil-  i 
ledcs ,  époufa  i 
Ave,&mourut 
tojxg. 


Seniofrcd  comte 
de  Barcelone  &  de 
FenouiJlcdeSjmort 
fan*  cnfkm  en 
967 . 


f 


r  r  t 

Gtnllàume  le  Gras  f  Guillaume  ïl.Cai-  J  Bcradrd  itî; 
I.  du  nom,  comte  J  nommé  Trunhus ,  I  comte  de  Befalu 
|  de  Befalu  &  de  Fe-'s  comte  de  Befalu  *  8c  de  Fenouillc- 
Bemard-r«i//ç/Vr  i  nouillcdes,  époufa  «  &dcFcnouiJlcdcs,^  des  ,  mort  (ans 


Berenger  I.  évê¬ 
que  d’EJne. 


Ôlibâ  Csbreta  . 
comte  de  Cerda- 1 
gne  ,  hérita  en  I 
967.  des  coincez  J 
de  Bcialu  8c  de< 
FcnouilJcdes ,  é- 
poufa  Ermengar- 

Idc ,  8c  mourut  au 
Mont-Callin  en 

990i 


I- du  nom,  comte  1  Adélaïde,  &mou- 

de  Befalu  &  de  Fe-  I  rut  en  ioji. 

nouil  ledcs,  8cc .  é-  J 

poufà  Tote  ,  &  I 

mourut  en  io*o.  |  Garfînde  femme 

Idc  Berenger  ,  vi¬ 
comte  de  Narbon- 

t 


ne. 


époulâ  Stéphanie,  /enfans  en  un. 
8c  mourut  avant  j  II  avoir  epoufé 


l’an  X070. 


en  1107.  une  fille 
de  Raymond-Be- 
renger  Ill.comte 
de  Barcelone,  Ici 
quel  lui  fuccedâ 
dans  fes  domai- 


f  Raymond  comte 
Cerdagne  ,  mort- 


en  1068. 

Guifred  archevê¬ 
que  de  Narbonne. 


Bernard  Il.comre 
de  Befalu  &:  de  Fe- 
nouillcdes  avec 
fon  frere,  époufa  ^ncs. 

Ermengarde  ,  & 
mourut  fans  en- 
fans  vers  Paaxo^l* 

,  ^Guillaume-Jour- 

Idain  comte  de 
Cerdagne  ,  mort 
iiiuua  tuiiuc  uc  \  (ans  enfans  à  là 
Cerdagne,  époufa  ^  Tcrrc-fainrc  en 
Adélaïde  de  Car- ,  uop. 


Guiffred  coni- 1 
te  de  Cerdagne, 
mourut  en  101  y. 
époufa  Guide. 

Oliba  moine  de 
Riupoll.&enfuitc 
évêque  d’Aufon- 
ne  ,  mourut  en 
1047* 


Guillaume 
que  d’Urgel. 


évê- 


Berenger  évêque 
dcGironnc. 


cartonne  furnom- 
mec  Sancia ,  8c 
mourut  en  lop; 


Henri  vicomte 
de  Cerdagne. 


Bernard  -  duil- 
laume  comte  de 
Cerdagne,  mort 
fans  enfans  en 
1 1  x  7.  Raymond- 
Berenger  III. 
comte  de  Barce¬ 
lone  lui  fuccc- 
da. 


feit  mention  de  fon  frere  GuilUume .  Il  fc  Ht  mari  qui  vers  Tan  Î084.  lui  aura  remis  Padminiffratiori 
•/.iUs.  £  Ermengarde  dans  un  titre  *  de  Pan  107  8.  Quant  de  la  moitié  des  domaines  de  fa  branche.  4°.Que 
a  fon  frere  Guillaume,  on  n’a  rien  de  lui  depuis  Bernard  II.  qui  vivoit  encore  en  lopj.  étant  alors 
l’an  1  o  5  5 .  avancé  en  âge ,  mourut  bientôt  apres  fans  pofté- 

k  /.  12 j*.  On  trouve  b  en  1 1 07.  un  Bernard  comte  de  rire  >  8c  que  Bernard  III.  fon  neveu  recueillit  toute 

Belilu,  qui  fe  dit  fils  de  Stéphanie.  Or  celui-ci  doit  fa  fucccflion.  Ce  dernier  étant  décédé  au/Ti  fans 

être  différent  de  Bernard  comte  de  Befalu  donc  enfans  en  1 1 1 1.  tous  fos  domaines  qui  confifloicnt 

nous  venons  de  parler,  puifque  ce  dernier  croit  dans  les  comtez.de  Befalu  de  Rr.tpoll ,  de  Va- 
pb  d Adélaïde.  Bernard  fils  de  Guillaume  le  Gras  lejpir ,  de  Fenomllcdes  (S  de  Pierre- Pertufe  ,  échu- 
ne  fut  donc  pas  le  dernier  comte  de  Befalu,  comme 
la  avancé  l’auteur  des  geftes  des  comtes  de  Bar¬ 
celone,  &  il  faut  en  admettre  un  troifiéme  de  ce 
nom  avant  l’union  qui  fut  faite  de  ce  comté  en 
x  1 1 1.  au  domaine  des  comtes  de  Barcelone. 

4*.  Ce  Bernard  III.  comte  de  Befalu  époufa  c 
en  1 107.  une  fille  du  comte  de  Barcelone.  C’cfl 


*/•  i*ji. 


rent  au  comte  de  Barcelone  fon  héritier  ,  confor¬ 
mement  à  la  donation  c  qu’il  lui  en  avoit  faite  eu*rc.u,jp. 
au  mois  d’Oélobre  de  l’an  1107.  f*  I1,x# 

X.  Il  nous  refte  quelques  réflexions  à  faire  for  les 
defeendansde  Guifred  comte  de  Cerdagne  fils  d’O- 
liba  Cabrcta.  Guifred  fut  pere  {  de  Raymond,  le-  etm,r‘ 
quel  lui  lucccda  en  1025.  &  mourut  en  1068. 


le  même  que  Bernard  comte  de  Befalu ,  fils  de  f  tue  Guillaume-Raymond  filsaînc  8c  fuccctlc  ur  de  Ray- 
Stfpktoie,  lequel  vers  Pan  d  io84.fit  uneproineflè  mond  décéda  en  1095.  &  I-iiffa  deux  fils  Guil- 
4  Aymeri  vicomte  de  Narbonne ,  fils  de  Foy>  au  nom  laumc-Jourdain  8c  Bernard-Guillaume  :  tout  cela 
de  Raymond  comte  de  Rouer gue  y  fir s  de  la  comtcffe  ne  fouffre  aucune  difficulté.  Il  y  en  a  une  au  fu- 
Almodis ,  c’eft-à-dire,  de  Raymond  de  S.  Gilles.  jet  de  la  merc  du  même  Guillaume-Jourdain  j  la 

Nous  inférons  de  ce  que  nous  venons  d’établir ,  voici.  Guillaume-Raymond  pere  de  cc  comte  avoit 
1°.  que  Bernard  Ill.comte  de  Befalu ,  n’etoie  pas  déjà  époufes  des  Pan  1067.  Adélaïde  fille  de  Pier-  çïr.p.160. 

fils  de  Bernard  II.  puifque  le  premier  étoit  fils  de  re-Raymond  comte  de  Carcaffbnnc ,  &  de  Ran-  *74# 

Stéphanie  y  8c  que  l’autre  avoit  époufé  Ermengarde:  garde  de  la  Marche.  Or  la  meme  Adélaïde  vivoit 
mais  il  devoir  être  fils  de  Guillaume  II.  fornomme  encore  en  1 102.  b  elle  forvécutpnr  confoq lient  au  H  p .  isp, 

T>unnusy  frere  de  Bernard  II.  1°.  Que  ces  deux  comte  de  Cerdagne  fon  mari ,  mort  en  1095. 

freres  fuccedercnt  également  à  leur  pere  Guil-  Nous  trouvons  cependant  que  la  femme  de  celui-ci 
laumel. après  fa  mort  arrivée  en  1052.  &  qu’ils  s’appelloit  Sancia  en  1084 .8c  t  086.  «queGuil-  iMtrc.Htf; 
jouirent  par  indivis  de  fos  domaines.  Que  Guil-  laume -Jourdain  fils  du  même  Guillaume- Ray-  * 

laume  Trunnus  ayant  été  rué,  tailla  Bernard  III.  fon  mond,  fit  fon  teftament  en  1  toi.  dü  confintement 
fils  en  bas  âge,  lequel  fat  d’abord  fous  la  tutelle  ou  de  Sancia  fa  mere  ;k8c  qu’enfin  Bernard  frere  8c  **• t2Zft 
adminillraciou  de  Bernard  U.  fon  oncle  paternel ,  fuccelfcur  de  Guillaume-Jourdain ,  fe  dit  au(Rfib{  h  *ziu 


Digitized  by 


oogle 


Coo  NOTES  SUR  L1  HISTOIRE 

^  OTE  ^ Sonda.  Guillaume-Raymond  comte  de  Ccrda-  ordonné  apres  fa  mort  par  deux  évêques.  Nous  ^Tô~t"e 
XX  VIL  Ç,1C’  auroit^  donc  répudié  Adélaïde  de  Carcaf-  trouvons  d’un  autre  côté  un  Gui  évêque  du  Puy,  x XVIII. 
lonne  pour  époufer  Sanaa?  ou  Adélaïde  auroit-elle  qui  avec  les  évêques  Deufdet  de  Rodez,  Frede- 
porté  deux  noms ,  &les  auroit-elle  pris  indifférem-  Ion  d’Elne,  Fulcrand  de  Lodeve  &  plufieurs  autres, 
ment  >  fit  dans  une  aflèmblée ,  dont  l’aéke  <1  neft  pas  daté ,  q  diftt 

Nous  voyons  d’un  autre  côté  que  Guillaume-  desftatuts  pour  l  établiflèment  de  la  paix.  Cet  a&e 
\fr.f.u6.  Jourdain  étoit  neveu  *  d’Ermcngardc  de  Carcaf-  doit  être  pofterieur  à  l’an  1000.  &  antérieur  à  l’an  üid. 
b  g»i&. Tjr.  tonne  fœur  d’Adelaïde.  Nousfijavons  d’ailleurs w  1006.  puifquc  Berenger  prédéceflèur  de  Fredelon  22 

X*vi.  *lue  *c  m^mc  Guillaume-Jourdain  comte  de  Cer-  étoit  encore  évêque  r  d’Elne  au  mois  de  Mars  de  r  MmHif. 
■m- 19»  &f€(jq.  dagne,  étoit  neveu  de  Raymond  de  S.  Gilles  comte  l’an  1000.&  que  S.  Fulcrand  évêque  de  Lodeve  f'  ,î5‘ 

de  Touloufe.  Or  Almodis  merede-cc  dernier ,  étoit  mourut  •  au  mois  de  Février  de  l’an  1 006.  D’ail-  1  pUmuv. 
*tr.p.  17  t.  fœur*  dcRangarde  comteflê  de  Carcaflonne  ôc  leurs  comme  nous  ne  trouvons  rien  de  Fredelon  M%  f -6* 
mere  d' Adélaïde  comtefle  de  Cer  dagne*,  par  con-  évêque  d’Elne  avant  le  mois  cCOiïobre  de  lavn.1  tUérc.Hifc 
iequent  celle-ci  &  Raymond  de  S.  Gilles  étoienr  année  de  Robert ,  tndtlhon  /  ; .  c*eft-à-dire ,  de  l  an  f- 
coufins  germains,  &  ce  prince  n’étoit  oncle  de  Guii-  1 00  5 .  on  ne  fçauroit  rapporter  guere  plutôt  qu’à 
laume-Jourdain  comte  de  Cerdagnc ,  qu’à  la  mode  cette  année  >  l’époque  de  ces  ftatuts.  Gui  évêque 
de  Bretagne  *,  ce  qui  prouve  que  Sancia  mere  du  du  Puy  qui  les  fit  dreffèr  >  cft  different  par  con- 
même  Guillaume- Jourdain  ,  neft  pas  différente  féquent  de  Gui  d’Anjou  évêque  de  cette  ville  , 
d’Adelaïde  deCarca(Ionne,qui  par  confcquent  aura  &  rien  n’empêche  qu’il  n’ait  pu  fiéger  en  i  oo4*car 

pris  indifféremment  ce  nom  avec  celui  de  Sancia ,  nous  n’avons  rien  iur  Theodard  elû  en  99  8.  qui 

conformément  à  l’u  (âge  affez  ordinaire  dans  ce  fié-  aille  au  de- là  de  l’an  100 1 .  u  &  il  n’y  a  aucun  mo¬ 
de,  dont  on  pourroit  citer  plufieurs  exemples  d.  nument  qui  prouve  que  Fredol  d’Andufe  ait  été 

Il  réfulte  de  ce  que  nous  venons  de  dire  que  tous  évêque  du  Puy  avant  1  an  i  q  i  6. 

les  modernes  qui  ont  voulu  fixer  la  parenté  qui  fe  IL  Au  refte  l’époque  de  l’épifcopat  de  Fredelon 
trouvoit  entre  Raymond  de  S.  Gilles  &  Guillaume-  évêque  d’Elne  dont  nous  venons  de  parler ,  peut 

Jourdain  comte  de  Cerdagne ,  &  expliquer  la  qua-  fervir  à  fixer  celle  du  teftament  x  d’Ermengaud  ar-  *  fr.p.Hu 

ité  de  nepos  que  les  anciens  donnent  à  ce  der-  chevêque  de  Narbonne,  qui  eft  (ans  date ,  &  dans 

nier  par  rapport  à  l’autre ,  Ce  font  trompez  ^  car  ce  lequel  ce  dernier  lui  fait  un  legs.  Or  Fredelon  étoit 

terme  ne  lignifie  c  pastoûjours  dans  les  auteurs  du  déjà  décédé  y  au  mois  de  Mars  de  l’an  1 009.  &  y 
moyen  âge  fils  d’un  ftere  ou  d’une  fœur.  Oliba  lui  avoit  alors  fuccedé  :  le  teftament  d’Er- 

Le  P.  Pagi f  prétend  que  Guillaume-Jour-  mengaud  eft  donc  antérieur  à  cette  année,  &  pofté- 


U  Arc. 

f  Ml* 


u  v.  Mtkui 
***•  1001*, 
15. 


tV.  Utn*. 
Z ****  tt.i.it. 
•dit.  p.  n6. 

f  P*gî  U 
«nn.  1 10$.  n. 

!• 


t ■ 


dain  étoit  fils  de  Bertrand  comte  de  Touloufe ,  & 
petit-fils  de  Raymond  de  S.  Gilles  :  Et  fuccejfit , 
dit-il ,  en  parlant  de  ce  dernier ,  in  comnatuTripo - 
htano  à  fecapto>  nepos  ejus  Guillelmus-jord.inus , 
fh us  Bertrand/  ,  cm  comttatus  Tolofanus  obtigit . 


kift.  Jtr%  Lu. 

*  I. 


h  sAltxui . 

Z.  1.  p.  lit. 
•  Patrum. 


I  D*-C*ng. 

•M«i»  ^Alex. 

M7S  -à-fiq. 


«fïfii.nt. 

m.  *.  &  N or, 

ïxxvi.  n.  j. 

1  M*rc,H<Jp» 
f.  477- 

m  V.  L.xv u 

1  S. 


MA.  4 i 

•nn.  9 5  5. 

ad  anu 
971'»'  14- 
O  GuU.ehrifi, 
nov.ed.to.l.p. 
69  5- 
P 

F‘  771. 

ni  fi. 

90.7'P.tl. 


rieur  à  lan  100}. 

III.  Il  cft  (ait  mention  de  Fredol  d’Andufe  évêque 
du  Puy  dans  une  lettre 2  du  pape  Benoît  VIII.  dont  *  c$n(,h.  >. 
le  P.Mabillon  1  fixe  l’époque  au  mois  de  Scptem-  u 
bre  de  Tan  1  o  1 6. Mais  le  P.  Pagi bb  fait  voir  quelle  «m.iok.  •. 
licite  Catel  pour  garand  de  cette  filiation  :  mais  cft  poftérieure  au  dernier  de  May  de  l’an  10 1 3.  ^  ^  u 
ce  dernier  ne  dit  pas  que  Guillaume- Jourdain  fut  &  antérieure  à  l’an  1 01 1 .  En  effet  parmi  les  évê-  -m.  ion.», 
fils  de  Bertrand  comte  de  Touloufe  \  &  en  effet  ques  à  qui  elle  eft  adrefiée,  il  cft  parlé  de  Gaulle- 
Albert  d’Aix-la-Chapelle  « ,  auteur  contemporain ,  nus  évêque  de  Mâcon  ,  qui  ne  fut  élu  que  l’an cc 
ne  qualifie  Guillaume-Jourdain  que  coufin  de  Ber-  1  o  1  9.  ainfi  cette  lettre  eft  de  l’an  1020.  Il  paroît  xo's»V  ,  ^r‘ 
trand.  cependant  que  Fredol  d’Andute  étoit  déjà  évêque 

2°.  Le  P.  Pofïïn  b  dans  fa  tradu&ion  de  l’Ale-  du  Puy  l’an  1016.  par  une  donation  qu’il  fit  au  * l% 
xiade,  fait  Raymond  de  S.  Gilles  oncle  paternel ¥  de  monaftere  de  S.  Pierre  du  Puy  le  dernier  du  mois  de 
Guillaume-Jourdain.il  n’y  a  dans  leGrec  que  le  mot  'janvier  le  xv  11 1  .jour  de  la  lune ,  fous  le  régné  du 

,  qui  ne  veut  dire  proprement  que  coufin .  roiRi  bcrt>cc  qui  ne  peut  convenir  qu’à  cette  année. 

j°.EnfinDu.Cangc 1  après  Befly,  fait  Guillaume-  IV.  Eftienne  avoit  déjà  fuccedé  à  Fredol  d’An- 

Jourdain  comte  de  Cerdagne,  fils  d’une  fœur  de  dufe  dès  l’an  «e  105 1.  Suivant  une  ancienne  chro- 
Raymond  de  S.Gilles,&  il  eft  furpris  de  ce  que  ceux  nique ff  de  S.  Pierre  du  Puy  ,  ce  prélat  étoit  de  la 

qui  ont  drellé  la  généalogie  des  comtes dcTou-  mailondeMcrcœur  en  Auvergne.M.Baluze  gspré-  K  «'K: 
loufe  ,  n’ont  rien  dit  de  cette  fœur  de  Raymond  :  tend  au  contraire  qu’il  étoit  fils  de  Gui  II.  vicomte  £*V”M** 

mais  il  n’y  a  aucun  monument  kqui  prouve  que  ce  deThicm:  mais  il  n’en  donne  d’autre  preuve  qu’une 

dernier  ait  eu  d’autre  fœur  qu’Almodiscomtelle  de  charte  hh  fort  poftérieure,  où  il  cft  fait  mention  à  la  iM*** 

Mclgueil.  Au  refte  M.  Baluze  1  a  avancé  que  Guil-  vérité  d’un  tftienne  evèsjue ,  fils  de  ce  vicomte  \ 
laume-Jourdain  comte  de  Cerdagne  mourut  en  mais  où  il  n’cft  pas  dit  qu’il  ait  été  évêque  du  Puy,  *  s. 

\i  o  3 .  il  eft  certain  cependant  que  ce  ne  fut  m  que  ni  en  quel  tems  il  a  fiégé.  Ainfi  l’autorité  de  la  chto- 
fix  ans  après.  nique  de  S.  Pierre  du  Puy ,  demeure  en  (on  entier. 

V.  Eftienne  de  Mcrcœur  afiïfta  le  4.  janvier  n  de  »>  &*'  f,;p* 
Vannée  10^2.  laxxi  /  .du  reine  du  rot  Henri ,  à 
la  confécration  d’iélerius  évêque  de  Limoges.  Cc 
prélat  vivoit  donc  encore  le  4.  de  Janvier  de  l’an 
1  o  5  3 .  car  dans  cette  date  on  ne  commence  l’année 
qu’à  Pâques.  Il  étoit  décédé  au  mois  de  Mars  de  la 

‘  I.  Ui  fils  deFoulquesleBon  comte  d’Anjou  ,  même  année,  puilqu’on  élut kfc  alors  un  évêque  du  k tfr.p.iw 
•  Vl  fiit  élu  évêque  du  Puy  en  975.  fuivant  le  Puy.  Il  ne  mourut  donc  pas  le  4.  du  mois  d’Aoûr, 

P.  Mabdlon  n,ou  feulement  on  976.  félonie  P.  de  comme  on  le  prétend11. Pierre  11.  (on  neveu  lui fuc-  u 

ccua  ,  cc.  dcccda  en  1073.  a  Ion  retour  de  Jerala-  <9g. 
lem  mm  mm/W. 

Pr.p.i, 


NOTE  XXVIII. 

Sur  quelques  ivèquei  du  Puy. 


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Sainte-Marthe  Il  étoit  certainement  décodé  en 
9  9  8. car  il  eft  marqué  dans  leconcile  Romain  Ftcnu 
au  mois  de  May  de  cette  année,  qu’Eftienne  Ton  VI.  Eftienne  de  Polignac  III.  du  nom  ,  déjaevê- 
neveu  qui  avoir  été  élu  de  fon  vivant ,  avoit  été  que  de  Clermont ,  s’empara  du  liège  du  Puy  après 

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Ut  L  A  NTG-Ü  EDCO  C.  «oi, 

la  mort  de  Pierre  II.  M.  Baluze  *  fait  cet  Eftiennc  la  mort  de  Pafchal  II.  c’eft-â^dire  aVant  l’an  1 1 1 8* 


Y  Y  viT L  d'k  ma'f°n  deMcroctur:  mais  il  &  trompe  encore;  &  l’autre  qui  étoit  de  la  maifon  dcMuntboiliicr ,  N  °  T  E 


Y  Y  VIII.  Ut  4**  liwiicni  u*  •  «umu  •*  xtL,  viivuri.)  wi  t  auuv  *JH»  wuiu  lu.  AU  IU«UV/U  MV  *»aumwaJin  f  X  X  V  1 1  l’ 

1.  ex  il  eü  certain  que  ce  prdar  étoit  ils  d'Armand  ék i  fous  le  pqntificar  de  ce  pape ,  &  mort  vers 
ikid.f.i s. 4f-  vicomte1? de  Polignac ,  comme  il  paraît  par  un  l’an  1 128. 

Xoa.cbrifi.  aéiedacé  d* /<w  Vendredi  du  mou  etOllob.  le  premier  Quant  à  la  maifon  du  premier  on  croit  com- 

*#»  u.  tt.  2.  jw  Jf  U  lune  9  fins  le  régné  du  rat  Philippe ,  ce  qui  munément  qu'il  croit  de  celle  de  Tournon  en  Vi* 
convient  parfaitement  afin  1081.  Cependant  varais  :  mais  nous  ne  voyons  pas  qu’on  en  donne 
comme  ce  n’eft  qu’une  fimple  notice,  &  que  Du-  aucune  preuve ,  à  moins  qu’il  ne  foir  certain  qué 
tand  qui  fut  élevé  for  le  fiege  dpifoopal  de  Clcr-  la  terre  de  Rochepaulc  étoit  alors  dans  cette  mai* 
œonren  1078.  s’y  trouve  fouforit  en  qualité  dab^  fon.  Au  refte  ce  lieu  n’eft  pas  fîcud  dans  le  diocèfek  ss-onts.*! 
b é  de  U  Chaifê-Dieu ,  il  pourrait  bien  s’être  gliflÜ  de  Die  en  Daufiné  ,  comme  l’a  avancé  le  P.  Ma-  /*•  «.  r*rt. 

quelque  faute  dans  la  date  de  cet  aâe;  qui  du  moini  billon  trompé  par  M"  de  Sainte-Marthe  :  mais 

kra  antérieur  a  l’an  1078.  .  dans  la  partie  de  celui1  de  Valence  limée  en-  *<+7' 

.  VII.  Ademar  ou  Aymar  fut  évêque  du  Puy  après  deçà  du  Rhône,  laquelle  confine  avec  le  Vêla  y ,  Sc 

EfticnnedePolignac.Nous  ne  (çavanspas  l’époque  dépend  du  Vivarais  ;  ce  qu’il  y  a  de  vrai,  c’eft 

e  csB.  thifi.  pfccjfo  de  fon  élcâion  ,  Sc  nous  n’avons  c  rien  de  que  Pons  I.  évêque  du  Puy ,  etoi tonde  *  m  de  Pons 

7»u  jui avant  l’an  1087.  On  prétend  qu’il  étoit  fils  d’un  vicomte  de  Polignac  >.  &  peut-être  étoit-il  dola 

comte  de  Valence  :  ce  qu’il  y  a  de  certain  c’cft  que  mai  ion  de  ces  vicomtes, 
fon  frere,  qui  le  foi  vit  a  la  guerre  d’ourremer,  sap-  - 
a  m.  iï  pclloit  ^  Raymond- Hugues  de  Montai. 

VIH.  Ce  prélat  étant  décédé  Je  1.  d’Août  de 
l’an  1  opg.le  liège  du  Puy  demeura  vacant  jufqu’ert 
u°1'  <luc  Ptjnst  abbe  de  U  Chdjfe-Dieu ,  fut  élu* 

T 69!  "  f  Les  uns  *  difènt  que  cecabbé  étoit  de  la  maifon  de 
Tournon  en  Vivarais ,  qu’il  mourut  vers  l’an  1 1  j  o. 

Ben. f«l 6.'  Sc  qu’il  foc  inhumé  dansle  prieuré  de  Rochepaulc. 

*?ty!}à,d  ^ s  deuxhiftoriensfde  l’cglifedu  Puy  lui  donnent 
dnp»jr. jii’  pour  fuccclîèur  un  autre  Pons  qu’ils  font  abbedu 
&/‘n<$d  m^mc  nionaftere,  de  qu’ils  prétendent  avoir  ccé 
biji.  in  p nj  1.  inhumé  dans  ce  prieuré.  L’un  d’entr’eux  nie ,  con-. 
a.  cb .  11. ér  trc  laqtorité  de  la  chronique  de  Flavigny  ,  que  la 
premier  Pons  ait  été  abbé  de  la  Chaile-Dicu  ,  Sc 
il  fait  le  fécond  de  la  maifon  de  Tournon ,  au 
lieu  que  l’autre  le  dit  de  celle  de  Monrboiflicr. 


ch.  21. 
*Avuncuhtf* 

m  GaU.cnri/l. 
nov.  ed.  tt.  2. 

f.704. 


fin 


NOTE  X  x  I  X. 

Si  Confiance  fécondé  femme  de  Robert  rot 
de  France  3  étoit  fille  de  Guillaume  T  ail- 
lefer  comte  de  Toulon fe ,  ou  de  Guil¬ 
laume  I.  comte  d'Arles. 

I.  'VT  Os  hiftoriens  font  fore  partagez  fur  la  mai* 
i.  fon  de  cette  priocellc.  ils  conviennent  tous 
que  fon  pere  sappclloie  Guillaume  :  mais  ils  nu 
font  pas  d’accord  fur  la  dignité  de  ce  dernier. 
Les  uns  prétendent  que  ceft  le  même  que  Guil¬ 
laume  111.  dit  Taillcfer  comte  de  Touloufo  •,  & 

_  -j— _ _ _ _  les  autres  foûciennent  que  c’eft  Guillaume  I.  du 

•ntd.N.if]  Enfin  Ie  P*  de  Sainte-Marthe  h  n’admet  qu’un  foui  nom  comre  d’Arles  ou  de  Provence.  Quelques  uns 

foj.  Pons  for  le  fiége  cpifoopal  du  Puy  depuis  l’an  fuppofent  que  Guillaume  pere  de  la  reine  Con- 

1 101.  jufqu’cn  1 1  a 8.  fous  prétexte  que  D.  Claude  ftance,  étoit  tout  enfemble  &  comte  de  Touloufo 

Eftiennot  fondé  fur  1*  chronique  de  S.  Pierre  du  &  comre  d’Arles.  Enfin  le  P.  Pag!  “après  avoir  difo 

Puy  ,  n’en  met  qu’un  dans  tout  cct  intervalle  ,  curé  cette  matière >  décide  que  le  pere  de  cette 

qu’on  ne  dit  rien  de  l’un  qu’on  ne  puiflè  afiurer  reine  étoit  Guillaume  1.  comte  d’Arles  >  Sc  non  pas 

de  l’autre ,  &  qu’on  n’eft  pas  certain  de  quelle  mai-  Guillaume  Taillcfer  comte  de  Touloufc ,  Sc  pré-  * 
fon  ils  étoient.  Nous  fouîmes  forpris  qu’on  cire  tend  en  avoir  donné  de  fi  bonnes  preuves  qu'il  ni 
la  chronique  de  S.  Pierre  du  Puy  pour  prouver  refit  plus  ,  dit-il ,  aucune  difficulté . 
qu’il  n’y  a  eu  qu’un  feul  Pons  évêque  du  Puy  de-  Quelque  déférence  que  nous  ayons  pour  les 
puis  l’an  1 101.  jufqu’en  m8-  car  elle  dit  tout  lumières  de  cet  habile  critique ,  nous  fouîmes  per¬ 
le  contraire  >  Sc  comme  elle  a  été  écrite  par  un  au-  fuadez  que  fes  raifons  ne  font  pas  fans  répliqué ,  Si 
«eut  contemporain ,  fon  témoignage  eft  décifif.  il  qu’il  y  a  encore  bien  de  la  difficulté  for  ccrccque- 
eft  marqué  dans  ‘  cette  chronique,  qu’apres  la  ftion,  que  nous  entreprenons  de  fbumettre  à  ust 
mort  d’Aymar  evêque  du  Puy  on  élut  «  Ponsabht  nouvel  examen.  Comme  les  difterens  fontimens 
9  de  la  Chaife-Dseu  pour  lui  fucceder;  *  ce  qui  eft  de  nos  modernes  ne  font  fondez  que  for  l’auto-* 
•ppuyé  fur  la  chronique  d’Hugues  de  Flavigny  au-  cité  des  anciens,  &que  ce  font  ceux-ci  propre* 
tre auteur  contemporain.  Celle  de  S.  Pierre  du  Puy  ment  qui  doivent  foire  pancher  la  balance  &  for4 
«joûte,  »  que  le  meme  Pons  fut  inhumé  le  14.  mer  la  décifion,  il  eft  à  propos  de  rapporter  leurs 
»  de  Janvier  fous  le  régne  du  roi  Louis,  au  mo-  témoignages  pour  voir  à  laquelle  de  ces  opinions 
w  naftere  de  Rochepaule  dépendant  de  la  Chaife-  ils  font  les  plus  favorables. 

*Dieu,  Sc  fondé  par  fes  parens  dans  leur  propre  II.  Nous  commencerons  par  Glaber  auteur 

•  fonds  ‘y  que  Pons  (ucnommé  Maurice  lui  focce-  contemporain.  Cer  hiftorien  0  qui  avoir  été  à  la 

•  da  \  que  ce  dernier  fut  facré  à  Rome  parle  pape  cour  du  roi  Robert  ,  après  avoir  dit 

*  Pafchal  IL  qu’ayant  entrepris  dans  la  fuite  le  d’Hugues  évêque  d’Auxerre  qui  avoit  pris  la  dé- 

#  pèlerinage  de  Jerufoleni  où  il  demeura  deux  ans,  fenfo  de  ce  prince  contre  fes  ennemis,  ajoute: 

•  il  mourut  i  fon  retour  dans  le  château  de  Mont-  Accepte  autem  ,  fupradiclus  rex ,  tlhus  cognât am , 
«boUTier  en  Auvergne  le  10.  d’Avril,  Sc  qu’il  fut  nomme  13  ammo  Conflantiamt  wchtam  reginjm  % 

9  inhumé  dans  l’abbaye  de  la  Chai  le- Dieu  fous  le  filiéun  vtdehcet  Willelmi  pnoru  Aquitanu  ducis  , 

*  régne  du  roi  Louis.  *x  qu*  etïam  fufeepit  fihos  quatuor  (3  fiùas  duos* 

Il  eft  évident  par  ce  que  tious  venons  de  rap*  Il  dit  quelques  lignes  après  :  Vcnerumque  miffi  À 

porter  ,  qu’on  doit  diftingucr  deux  Pons  évêques  Fulcone  Andcgavorum  comité  ,  avunculo  fethetê 
du  Puy  au  commencement  du  XII.  ficelé.  Le  pre-  ejuj'dem  regina,  fomffiimt  milites ,  S3c.  Nous  ob* 
tuicr  qui  étoit  auparavant  abbé  de  la  Chaife-Dicu ,  ferverons  que  ce  Foulques  comte  d’Anjou  ,  oncle 
élu  en  itoi.  Sc  décédé  fous  le  régne  de  Louis  de  la  reine  Confiance ,  étoit  Foulques  Nera  fils  de 
Gros,  c’tft-â-dire ,  apr^s  l’an  1 108.  mais  avant  Gcofhoi  Griftgonelle  :  nous  ferons  ufage  de  certe 
T  ome  Ut  ’  G  G  g  g 


n  Pâ^i  *4 

4/m.  991.  à» 


O  GM.l.  il 
•  2.  Dit- Ch'. 
mxot  H-+ 

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6oi 


NOTES  SUR. 


1/  HISTOIRE 

Glaber  n'a  donc  confondu  ni  dans  cet  endroit 


Tv’  O  T  E  marque  dans  la  fuite.  On  voit  donc  par  le  té-  - - — - -  mot» 

XXIX-  moignagede  cet  auteur, que  Guillaume  pere  de  la  ni  dans  Vautre ,  1  Aquitaine  avec  la  Provence  :  il  * 

reine  Confiance ,  étoit  duc  de  U  première  Aqui*  diftinguc  au  contraire  nommément  ces  deux  pro- 
fd  w.Orce  titre  ne  peut  convenir  qu  a  Guillaume  vinces.  Après  avoir  parlé  au  chapitre  4.  du  4<=  li- 
Taillefcr  comte  de  Touloufe*,  car  outre  qu'il  do-  vre,  d'une  ciuelle  famine  >  qui  vers  l’an  1000. 
minoit  fur  le  Querci ,  T  Albigeois  ,  &c.qui  faifoient  délola  toute  l’Europe ,  il  décrit  dans  le  5e  les  me- 
partie  de  cette  province,  il  étoit  fils  &  héritier  de  furcs  que  prirent  les  évêques  de  France  pour  ap- 
*  v.  Kot.  Raymond-Pons,  lequel  fequalifioit  âd#c  oh  prince  paifer  û  colcre  du  Ciel ,  réformer  les  mœurscor- 
m.  c t  xvi.  d  Il  eft  certain  d’ailleurs  que  Glaber  n’a  rompues ,  &  rétablir  la  paix  troublée  prefque  par 

pas  voulu  parler  en  cet  endroit  de  Guillaume  IV-  tout  par  une  infinité  de  guerres  particulières \Tunc%  g 
comte  de  Poiriers  qui  vivoit  alors  ,  comme  Befly  *  ergo  primons ,  dit-il >  cepere  m  Aquitame  partibus  *•  *• 

Va  démontré.  ab  eptfcopts  ti  abbanbus ....  coadunari  concilurrum 

III.  Le  P.  Pagi  «pour  fc  débarrafler  de  ce  témoi-  conventus . . .  dehinc  per  Arelatemfem  provmciam  at- 

tnage  qui  détruit  (on  fyftcmc ,  prétend  i 9.  qu’on  que  Lugdmenjemjicqueper  untverfam  Burgundiam , 
oit  interpréter  ces  mors  :  Wittemi  prions  Aqui*  u/que  tn  ulnmas  F  ancia  partes  per  univerfos  ep  fi 
tante,  ducis  ,  comme  s'il  y  avoit  H illclrm pnmi ,  copains ,  Sic.  Il  eft  clair,  que  cet  auteur  diftinguc 
Aquuania  ducis.  1 9 .  Qu'on  doit  entendre  la  Pro -  ici  /*  Aquitaine  d’avec  la  province  £  Arles  ou  la  Pro- 
vence  par  Y  Aquitaine.  Sur  cette  foppofition  il  con-  vence ,  qu’il  comprend  dans  ta  Bourgogne  \  car  alors 
clut  de-là  que  Glaber  a  voulu  parler  dans  cet  en-  on  partageoit h  la  monarchie  en  trois  royaumes,  la  h  r.  rsuf. 
droit  de  Guillaume  /.  du  nom ,  comte  d’Arles  ou  de  France  ou  Neuftrie ,  la  Bourgogne  &  l'Aquitaine  : 

Provence.  Mais  1 0 .  il  eft  (ans  exemple ,  que  par  le  ainti  les  états  de  Guillaume  Taillefer  comte  de  Tou-  k*  &fit . 
mot  frions  les  auteurs  ayent  voulu  délîgner  le  loufe  failoicnt,  avec  U  Sepcimanie,  partie  de  ceder* 
chiffre  dont  on  s’eft  fervi  dans  la  fuite  pour  diftin-  nier  royaume  -,  d’où  l’on  doit  conclure  que  Con¬ 
fiance  étant  fille  d’un  duc  d 'Aquitaine  Sc  étant 
venue  £  Aquitaine  en  France ,  elle  ne  fçaucoitêtrc 
fille  d  un  comte  de  Provence. 

IV.  Glaber  fait  mention1  un  peu  auparavant  d’un  iLi * 


b  itjij  P  0  t. 

h  Sh&fiq. 

C  Pagi  ib.  •« 


guer  en  !.  II.  III.  &c.  les  comtes  d’un  même  nom 
qui  ont  gouverné  un  certain  pays  :  on  (e  (èrvoit  plu¬ 
tôt  dans  le  XL  fiéele  de  divers  furnoms  ou  fbbri- 
quets,  pour  marquer  cette  diftinélion.  i°.  On 


ne  la  trouve  pas  marquée  par  différons  chiffres ,  Guillaume  qu’il  appelle  duc  £  Arles  :  Nec  non ,  dit- 
ni  dans  Glaber  qui  parle  de  plufictirs  comtes  il ,  en  parlant  des  ennemis  du  roi  Robert,  ettam 
de  même  nom  ,  d’un  même  pays ,  ni  dans  aucune  WilLrmus ,  Hcnrici  ducis  prtvtgnus  ,  ac  Aikerti 
des  chartes  des  comtes  de  Provence ,  que  Mr*  de  Longobardorum  ducis  filins  ,  eidem  refi  ahquando 
Rufli  pere  &  fils  ont  rapportées  en  grand  nombre,  rebellis  exnus  ,  f avenu  ei  La>.drico  Nevernu  co* 


hift  d  sAhv. 

f*.  I./.4® 


mite  ,  qui  tjus  fibam  uxorem  duxerat ,  ti  Brunont 
Ltngonenfi  cpfcopo  ,  eu  jus  habibat  in  matrimonio 
fororem ,  ex  qua  fufcepit  fil  os  ti  filias  ,  de  quibut 
pnus  natam  Landncm ,  reliquat  uterque  Witter* 
mus ,  fciltcet  Pitlaven/is  ti  Arelatensis  duxere 
uxo.es.  Le  P.  Pagi  k  conclut  de  cet  endroit,  que  ’tJtyjM 
Glaber  regardoit  les  titres  de  duc  d’Arles  &  de  duc  * 


M 


î*.  L’explication  du  P.  Pagi  eft  contredite  par  tous 
a  y.  nos  plus  habiles  modernes  d  qui  ont  traduit  com¬ 
me  nous ,  ces  mots  :  Vue  de  la  première  Aquitaine  : 
ûinfi  l’autorité  de  Glaber  demeure  dans  toute  (a 
force ,  &  il  eft  évident  qu’il  a  voulu  parler  de  l’A¬ 
quitaine  première  ou  proprement  dite ,  &  nulle¬ 
ment  de  la  Prov  ence. 

C’eft  ce  qu’on  peut  confirmer  par  un  autre  en-  d’Aquitaine ,  comme  fynonymes,  fur  la  fuppoiition 
v  GU.  Md.  droit  du  même  auteur  • ,  que  le  P.  Pagi  tache  vai-  que  le  dernier  Guillaume  dont  parle  cet  auteur ,  eft 
nement  de  détourner  dans  un  fens  favorable  à  fon  le  même  qufc  Guillaume  III.  duc  d’Arles  ou  de  Pro- 
fentiment.  C’eft  dans  le  dernier  chapitre  du  troi-  vence,  petit- fils  de  Guillaume  I.deligné,  dit-il,  par 
ûéme  livre ,  où  Glaber  fàifant  l’éloge  de  faint  Guil-  Glaber  ,  fous  le  nom  de  duc  £  Aquitaine.  Nous  en 
laume  abbé  de  Dijon  ,  rapporte  les  foins  que  tirons  une  conclulion  toute  contraire -,  car  cet  auteur 
cet  abbé  fc  donna  auprès  du  roi  Robert  &  de  la  parle  ailleurs  1  du  même  Guillaume  I.  à  l’occalion  l(3iau.iM 
reine  Confiance  ,  pour  éloigner  de  leur  cour  di-  de  la  défaite  des  Sarafins  par  ce  prince  en  971.  * 
vers  bouffons  &  autres  perfonnages  dont  la  con-  &  il  le  qualifie  duc  d’Arles  :  /pfi  dentque  Saracem ... 
duite  étoit  déréglée  >  &  qui  avoient  parte  £Au -  circumatt  s  ab  exerettn  WtUermi'Arelatenfis  ducis: 
vergue  £5  £  Aquitaine  en  France  ï  l’occafion  du  ma-  preuve  certaine  qu’il  diftinguoit  ce  dernier  do 
riage  de  cette  princcfle:  Olim  igitur  circa  millefi -  Guilllaume  duc  £ Aquitaine ,  petede  la  reine  Coo- 
mum  incarnat i  P'erbi  a  .num  ,  cum  rex  Robe>  nu  fiance. 

accepijfet  fibi  reginam  à  parnbus  Aquitania  tn  con -  V.Mais,  ajoute  le  P.Pagî,  «  plufieurs  anciens  au-  • 

jugium  >  cœperunt  confluere  gratia  ejufdem  regina  teursontdonnélenomd’AüuitaineàlaProvencc>« 
in  Fratctam  arque  Burgunaiam ,  ab  Arverma  £5  à  caufc  ,  comme  Bclly  nous  l’apprend  >  de  la  v  ile  * 
Aquitama ,  hommes  or/ini  vanitate  vantffimi  >mori-  £  Aix  métropo’e  de  ce:te  derniere  province.  Ceft  k 
bus  (3  ve/le  dfiorti  tic.  Le  P.  Pagi  croit  recon-  ainfique  Leon  m  d’Oftic  appelle  duc  £Aqmtai-m  mLttOf 
noître  clairement  les  Provençaux  dans  ce  partage  -,  ne , au  X.  liccle,  Hugues,  roi  d’Italie  avant  qu’il 
&  comme  il  ne  fçauroit  comprendre  dans  la  Pro-  parvînt  à  cette  couronne,  tandis  qu’il  eft  certain  * 
vence,  l'Auvergne ,  défigné  nommément  dans  cet  qu’il  ne  fjt  que  comte  de  Provence  :  c’efl  ainfi  « 
endroit ,  il  avoue  qu’il  y  eft  parlé  aufli  des  Auvcr-  que  Guillaume  de  Malmefbury  n  confond  la  Pro-* 
gnats,  parce  ,  dit-il  ,  qn’Ermengarde  femme  de  vence  avec  l’ Aquitaine  en  parlant  du  mariage* 

Robert  IL  comte  d’Auvergne,  étoit  fœur  de  la  d’Edgive  fille  d  Edouard  roi  d’Angleterre,  avec* 
reine  Confiance.  Mais  puifquc  ce  portrait  convient  Louis  prince  £  Aquitaine ,  lequel  n’cft  point  diffe-  * 
aux  Auvergnats,  de  l’aveu  du  P.  Pagi,  pourquoi  rem  de  Louis  l’Aveugle  roi  de  Provence*,  &* 
ne  conviendroit-il  pas  aufli  au  refte  des  Aquitains  qu’enfin  Bofon  comte  &  enfuite  roi  de  Provence  * 
fujets  de  Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufe?  eft  appcllé  duc  £  Aquitaine  pic  quelques  hifto-. 

On  fçait  d’ailleurs  que  ce  prince  étendoit  fa  domi-  riens.  -  i°.  Nous  avons  dé)a  réfuté  ailleurs  0  en 
nation  j  11  (qu’au  Rhône,  &  qu’il  polledoit  une  partie  partie  l’opinion  de  quelques  modernes ,  lefquels 
fv.  N*.  txr.  jg  jaf  Provence.  pour  expliquer  un  palligc  de  Leon  d’Oftic  qui  eft 


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or  ^  certainement  fautif ,  ont  foppofe  que  les  auteurs 
XXIX,  des  X.  &  XI.  ficelés  ont  confondu  la  Provence 
avec  l’Aquitaine.  i°.  Pour  ce  qui  eftdclaconje- 
a  Btfij  ?•!>.  âure  de  Btfly  a  adoptée  par  le  P.  Pagi ,  que  la  Pro- 
t •  vence  a  dre  appcllée  Aquitaine ,  à  caufc  de  la  ville 

A'Atx  fa  métropole  ,  il  eft  fiurprenant  qu’un  aufïï 
habile  critique  ,  &  un  auteur  auffi  inftruitde  l’hi- 
ftoirc  de  fa  patrie  que  le  P.  Pagi ,  Ce  foit  appuié 
fur  une  étymologie  fi  vaine ,  &  qu’il  n’ait  pas  fait 
attention  que  la  ville  d’Aix  ri  a  été  regardée  comme 
.  la  métropole  ou  la  capitale  de  la  Provence  que  de¬ 
puis  les  derniers  fiéclcs;  &  qu’auparavant  c’étoit  la 
ville  d’Arles.  Quant  au  témoignage  de  Guil¬ 
laume  de  Malmefbury ,  nous  avons  fcic  voir  ail- 
bNtftikJ.  leurs  b  après  Bçfly  ,  que  Louis  prince  d'Aquitaine  , 
dont  il  parle  &  qui  époufc  la  fille  d’Edouard  roi 
d’Angleterre,  n’eft  pas  different  d’Ebles  comte 
de  Poitou  &  duc  d’Aquitaine.  40.  Il  eft  vrai  que 
«  Bcfly  prérend  cque  Bofon  roi  de  Provence  avoir  été 

.  aUparavant  duc  d’Aquitaine  :  mais  il  entend  par 
ce  terme  l’Aquitaine  propre,  &  non  la  Provence, 
à  caufe  que  Bofon  avoit  été  en  effet  comte  de 
Bourges.  Il  ne  refte  donc  que  Leon  d’Oftie  -,  mais 
fi  cet  auteur  a  confondu  la  Provence  avec  l’Aqui¬ 
taine  ,  c’eft  ou  une  faute  évidente  ou  une  altéra¬ 
tion  de  fon  texte.  D’ailleurs  de  quel  poids  peut  être 
le  (cul  témoignage  d’un  étranger  fort  poftéricur  nu 
fiécle  où  vivoir  Hugues  roi  d’Italie ,  pour  loppofcr 
a  l'autorité  de  tous  nos  hiftoriens  du  moyen  âge  , 
&de  toutes  les  chartes  qui  onr  toujours  difiingué 
ces  deux  provinces.  Si  cela  avoit  lieu  on  feroit  dire 
aux  auteurs  tout  ce  qu’on  voudroic ,  &  notre  hi- 
ftoire ,  d’ailleurs  allez  embarraftee  dans  ces  fiécles 
obfcurs,  deviendroit  un  cahos  impénétrable, 
a  GU.  /.  4 .  Enfin ,  dit  le  P.  Pagi ,  Glaber  d  donne  quelque- 

fois  des  noms  particuliers  ou  extraordinaires  aux 
provinces.  Il  nomme  Rbct.e  première  le  royaume  de 
Lothairc  ,  &  fait  dériver  cc  nom  de  celui  du  Rhin  : 
mais  d’abord  nous  tirons  une  induéHon  contraire 
au  fentiment  du  P.  Pagi  des  paroles  de  Glaber  -,  car 
puifqu’il  nomme  la  Rbeue première >  pourquoi  n’au- 
ra-t-il  pas  pu  nommer  auffi  l'Aquitaine  premure ? 
En  fécond  lieu  il  n’y  a  aucune  équivoque  dans  cet 
endroit,  &  fi  Glaber  s’eft  trompe  en  comprenant 
la  Rhétie  première  dans  le  royaume  de  Lorhaire  , 
donc  elle  confinoit  en  effet,  c’eft  une  preuve  qu’il 
croit  peu  inftruit  de  l’ancienne  géographie  *,  mais 
non  pas  qu’il  a  confondu  deux  provinces  diffe¬ 
rentes  qui  fubhftoicnt ,  &  dont  le  nom  écoit  en 
ufcge  de  fon  tems.  Il  paroît  donc  certain  par  tout 
ce  que  nous  venons  de  dire ,  que  Glaber  auteur 
contemporain  ,  en  parlant  du  duc  Guillaume  pere 
de  la  reine  Confiance ,  n’a  pu  avoir  en  vue  que 
Guillaume  Taillefer  comte  de  Touloufc. 

VI.  A  fon  témoignage  on  peut  joindre  celui  d’un 
religieux  de  l’abbaye  de  Fleuri, qui  demeuroitau 
prieuré  de  la  Reoie  fur  la  Garonne ,  &  qui  écrivoit 
l’an  1 1 08.  comme  il  le  marque  lui-mème  à  la  fin  de 
to .  fa  chronique  :  Anno  c  ah  Incarnatione  Domint 
M .  C.  VI IL. .  tempo>e  Pafchah  cum  ejfem  fuptr 
fluvium  Garonnet  in  loco  qui  dicitur  Scys  Cet 
hiftorien  afiïire  pofitivement  que  la  reine  Confiance 
fim.p.  t;,  fi||c  cjc  Guillaume  comte  de  Touloufc  :  Hic i 
(  Robert hs  )  multos  fundavit  Ecclefias . . .  cujw  erga 
Deum  devotioms  affeÜum  ,  (S  mfigmum  opéra  Vtr- 
tutum ,  fi  quis  plemus  cognofcere  voluent  ,  légat 
gtfia  tp/îus  ab  Helgaldo  comprfita  monacho.  Hic  in 
Juum  afiivtt  conjug/um  filiam  Gmlielmi  Tolofant  co¬ 
rn.  tis  nomme  Confiant  iam ,  cognomcnto  Candi  dam  , 
flrenuam  fane  pucl'am  fuo  nomme  dignam%  C  es 

T  ome  II. 


3ÜEDOC;  *>°3 

paroles  font  d’autant  plus  décifives,  qu’outre  que  N  p  T  È 
l’auteur  écrivoit  dans  le  pays ,  &  qu’il  pou  voit  par  x  XI X. 
confoquenr  être  mieux  informé  que  tout  autre,  il 
témoigne  avoir  pris  ce  qu’il  rapporte  d’Hclgaud  fon 
confrère ,  auteur  contemporain  ,  qui  avoit  écrit  la 
vie  du  roi  Robert,  dont  il  ne  nous  refte  plus  que  l’a- 
bregé.  Comme  donc  fon  témoignage  renferme 
celui  d’Helgaud ,  nous  avôns  par-là  ,  en  comptant 
Glaber,  celui  de  deux  hiftoriens  contemporains,  / 

&  d’un  auteur  prefque  contemporain. 

VII.  Aimoin  s  troifiéme  aureur  du  tems,  pour-  g 
roit  décider  la  queftion  s’il  fe  fût  expliqué  plus  clai-  ned.  c.  t.  Du¬ 
rement  ;  mais  il  ne  parle  qu’en  partant  du  mariage  iw 

du  roi  Robert  avec  Confiance ,  à  l’occafion  d’un 
miracle  arrivé  -alors  à  l’abbaye  de  S.Benoît  fur  Loire*  * 

Il  rapporte  que  ce  prince  prit  la  route  de  cc  fleuve 
pour  aller  au-devant  de  la  princeflè  qui  venoit  du 
côté  de  la  province  d’Arles  :  Hugomdes  Rotbertus 
uxoriam  mire  copulam  jarndudum  mente  tracions , 
ab  Arelatenfium  parttbus  ajfumere  fibi  conjugem 
voient ,  exercitum  congrcgat  ,  Jponft  jam  jamque 
occurfurtis .  Dum  ergo  tter  agent  exercitus ,  ulteruh 
rem  Ligerit  rtpam  teneret ,  conttgity  (Sc, 

Il  fcmble  d’abord  que  ce  partage  anrorife  le  fenti¬ 
ment  de  ceux  qui  prétendent  que  la  reine  Confiance 
étoic  fille  d’un  comte  d’Arles  :  mais  comme  il  eft 
certain  que  GuillaumcTaillcfer  comte  de  Touloufc, 
qui  avoit  époufé  en  fccondes  noces  Emme  fille  de 
Rorbold  comte  de  Provence  ,  ftifoit  alors  fc  lé- 
fidcnce  ordinaire  avec  fa  famille  dans  certo  pro¬ 
vince  ,  on  ne  fçauroit  conclure  de-Ià  rien  de  pré¬ 
cis.  Nous  voyons  en  effet  que  Guillaume  comte  de 
Touloufe ,  Ü  fa  femme  Emme  croient  h  a  Arles  en 
991.  qu’en  1 004.  lui  *  8c  fon  fils  Pons  ctoient  fur  4 
les  frontières  de  la  Provence  avec  les  autres  comtes  io#**».- 
du  pays  j  qu’en  1005.  il  foufcrivit  k  avec  Rotbold  59. 
fon  beau-pere ,  lacomrertc  Alix  &  fon  fils  Guillau- 
me  comtes  de  Provence,  à  Pacte  que  fit  alors  Pons  *«//»•;  /».  10,. 
évêque  de  Marfcille  en  faveur  de  l’abbaye  de  fcinc  (rjeq' 

Viétor  ;  qu’en  1  o  1 5 .  la  comtcrtè  Emme  fa  femme 
refidoie  en  Provence  h  qu’en  1024.  elle  &  fon  mari  1  Pr'  * l66* 
étant  dans  cette  province  ,  donnent  à  l’abbaye  de 
S.  Vidor  de  Mar/cille  m  un  lieu  fitué  dans  le 
comté  de  Sifteron  ;  que  la  même  année  cette com-  Pr.  p .  176. 
teflè  navec  Pons  (3  Bertrand  fes  fils ,  fût  une  autre 
donation  d’une  maifon  fituée  dans  Avignon  ,  à  l’ab¬ 
baye  de  S.  André  *,  &  qu’enfin  les  deux  derniers 
furent  préfcns  en  1 030.  à  une  donation  que  Guil¬ 
laume  comte  de  Provence  fit  à  l’abbaye  de  S.Vidor 
de  Marfcille. 

Tous  ces  differents  ades  font  voir,  i°.  que 
Guillaume  Taillcfcr  depuis  fon  mariage  avec  Em¬ 
me  de  Provence ,  fit  fon  fcjour  ordinaire  dans  ce 
pays:  en  effet  nous'  n’avons  prefque  aucun  monu¬ 
ment  qui  prouve  qu’il  ait  réfidé  à  Touloufc,  &  il 
n’eft  fait  mention  dans  aucun  ritre  du  haut  Langue¬ 
doc  de  la  comtertè  Emme  fonépoufc.  20.  Qu’il 
pofledoit  de  grands  biens  en  Provence  au  nom 
d’Emme  fon  époufc,  &  quelle  avoit  hcriré  0  d’une  0  Pr •  r* 
partie  de  la  fuccclfion  du  comte  Rotbold  fon  pere ,  Nôux°iy. 
même  du  vivant  du  comte  Guillaume  fon  frere.  I,# 

Ainfi  foie  que  Guillaume  Taillefer  réfidât  depuis 
l’an  992.  dans  la  Provence  proprement  dite  ,  ou 
feulement  fur  les  frontières,  Aimoin  a  pu  fort  bien 
dire  que  le  roi  Robert  alla  au-devanc  de  Confiance 
fon  époufc  qui  venoit  du  côté  d’Arles,  ex  Arela - 
tenfium  part /bus  ,  &  cela  ne  prouve  nullement 
quelle  fût  fille  de  Guillaume  I.  duc  de  cette  ville* 

Aucun  hiftorien  contemporain  ne  favorifc  donc  le 
fentiment  de  ceux  qui  prétendent  que  la  reine 

G  G  g  g  ij 


«04  NOTES  SUR  L‘ HISTOIRE 

^  Q  T  E  Confiance  étoit  fille  de  ce  dernier.  Voyons  fi  les  à  l’exemple  d’Alberic  8  dans  fâ  chronique  *  que  N  Q 
Xxjx.  auteurs  poftériewrs  leur  font  plus  favorables.  fur  la  faufle  généalogie  rapportée  dans  ia  lettre  XXIX. 

VHl.Cclui  dont  ils  peuvent  fe  prévaloir  davanta-  d’Yves  de  Chartres  dont  nous  avons  déjà  parlé.  g  v»»Abtrù. 
ge,c’efl  Yves  évêque  de  Chartres  mort  vers  l’an  m 6.  X.  C’eft  fans  doute  de  la  mêmefource  que  Jean 

Ce  prélat  dans  une  lettre  qui!  écrit  àRaoul  archevê-  moine  de  Mairmoutier  dans  fes  geftes  Mes  comtes  h  Geft*  c 

*  rv  c Ar mt.  que  de  Reims  ,  lui  raconte  a  ”  ce  qu’il  a  oui  dire  à  la  d’Anjou  ,  qu’il  a  écrits  après  le  milieu  du  XII.  r*' ' 
iU*  •»  cour  du  papeUrbainlI.  touchant  le  dégré  de  pa-  fiécle ,  aura  pris  que  la  reine  Confiance  étoit  fille  466. 

*  renté  qui  étoit  entre  le  fils  du  comte  de  Flandres  de  Blanche  d’Anjou  >  &  de  ^Guillaume  comte 
■»  &  la  fille  du  comte  de  Rennes  ou  de  Bretagne  par  d’Arles.  Il  cft  vrai  que  cet  auteur  s’écarte  du  fen- 
»  un  moine  d’Auvergne:  il  ajoute  qu’il  ne  (çauroit  timent  d’Yves  de  Chartres  >  &  du  chroniqueur 
»  lui  amener  ceux  qui  étoient  inftruits  de  cecce  que  nous  venons  de  citer ,  en  avançant  que  la  merc 
»  généalogie ,  parce  qu’ils  n’étoient  pas  (es  diocè-  de  la  reine  Confiance  étoit  fœur  de  Foulques  Nera 
»  (âins,  &  qu’il  ignoroit  s’ils  vivoient  encore.”  Il  comte  d’Anjou  >  &  par  confisquent  fille  de  Gcof- 

marque  à  latin  de  cette  lettre ccs differents degrez  froi  Grifegonelle ,  6c  non  pas  fâ  fœur  -,  en  quoi 

de  parenté  -,  en  forte  qu’il  fuppofe  que  la  merc  de  la  il  a  fuivi  1  autorité  de  Glaber  qu'il  copie  d’ailleurs 
reine  Confiance  ,  qu’il  appelle  Blanche  comteffe  prefque  mot  a  mot  fur  tout  cet  article ,  comme  le 
d  Arles  ,  étoit  fœur  de  Geoffioi  Grifegonelle  comte  P.  Dacheri  a  eu  foin  de  le  faire  remarquer.  Son 
■d’Anjou.  autorité  n’a  donc  de  poids,  qu’autant  quelle  eft 

lied  aifé  de  voir  qu’Yves  parle  ici  de  cette  géhea-  conforme  à  celle  de  Glaber:  or  nous  avons  fait 

iogic  d’une  manière  fort  incertaine,  &  fur  le  rapport  voir  que  ce  dernier  donne  d’une  maniéré  allez 
d’autrui.  Il  s’cfl  trompé  en  effet  fur  divers  chefs  >  claire  à  la  reine  Confiance  >  Guillaume  Taillefcr 
i°.  Il  contredit  Glaber  qui  afliire  pofitivetnent  comte  de  Touloufe  pour  pere.  L’auteur  des  geftes 
que  Foulques  Nera  comte  d’Anjou  droit  oncle,  aura  vu,  félon  les  apparences,  dans  la  lettre  d’Yves 
nvunculns ,  delà  reine  Confiance ,  au  lieu  qu’il  de  Chartres  que  la  mere  delà  reine  Confiance,  qui 
n’auroit  été  que  fon  coufin  fuivant  le  calcul  d’Yves  n’eft  pas  nommée  dans  Glaber,  s’appelloic  Blan- 
\  BthiMjt.  deChartres.  zc.M.  Baluze  b  a  fait  voir  que  ce  pré-  che ,  6c  quelle  étoit  femme  d’un  comte  d’Arles  i 
^ar  na  Pas  rapporté  les  chofcs  comme  elles  étoient ,  ce  qui  aura  fuffi  pour  lui  faire  confondre  ce  dernier 
to.yF.+$.  puifque  Cafton  ,qui  eft  ce  moine  d’Auvergne ,  fui-  avec  Guillaume  duc  de  la  première  Aquitaine  ,donc 
ginettïnm*.  vant  raPPort  qu’en  fit  le  cardinal  de  Paleflrine  parle  Glaber  -,  &  il  n'aura  pas  crû  s’écarter  en  cela 
•rund.yintcd.  au  pape  Pafchal  II.  compte  différemment  ces  de-  de  l’autorité  de  cet  hiftorien  qu’il  fuit  d’ailleurs 
^ }<q f’ i77'  8rcz  ue  Pafcnté ,  &  fait  venir  celle  qui  étoit  entre  pas  à  pas  fur  cette  article ,  comme  nous  venons  de 
Baudouin  fils  du  comte  de  Flandres,  &  la  fille  d’ Al-  le  dire.  C’eft  ce  qu’on  peut  confirmer  par  ce  qu'il 

lain  comte  de  Bretagne  ,  non  pas  des  defeendans  de  dit  à  la  tête  de  fbn  ouvrage  en  l'adreiïint  à  Henri  II. 

Foulques  Nctacomtc  d’Anjou ,  mais  de  ceux  d’Er-  roi  d’Angleterre  :  Hiftonam  'fevegefta  Ande^avo-  ibUqayu 
mengarde  comccflè  d’Auvergne  ,  ferur  de  la  reine 
Confiance  >  &  qu’il  ne  dit  rien  de  Blanche  comteflc 
d’Arles  mere  de  cette  princdlc.  Enfin  M.  Ba- 
*  Bat.  ib.  r*.  luze  c  attelle  que  les  manuferits  de  cette  épître 
'  d’Yves  de  Chartres /W  très  fautifs  G?  fort  dffe- 


k  Y.  U  Ltn& 
bibl.  hifttr.  n. 


4-  f.  90» 


ram  confHlumyantecefforHm  tuorum ,  ex  multis  dotto- 
rnm  feriptis  exccrpfi  >  m  uno  corpore  volummis 
compilaviy  &  c.  Il  ajoute  qu’il  a  mis  diverfes  chofes 

3u’il  a  oui  dire  à  pluficurs  pei  fonnes  qui  vivoient 
e  fbn  tems ,  6c  qu’il  nomme.  Son  ouvrage  en  effet 
rents ,  ce  qui  prouve  qu’on  ne  fçauroic  faire  aucun  eft  plein  de  fables ,au  jugement  d’un  habile  critique*, 
fonds  fur  fon  autorité.  Mais  ce  qui  fait  voir  le  peu  de  fonds  qu’il  y  a  à 

Il  ne  relie  donc  d’autre  témoignage  parmi  les  faire  fur  cet  auteur ,  même  pour  le  commencement 
anciens,  à  ceux  qui  prétendent  que  la  reine  Con-  du  XI.  fiécle,  finon  autant  que  ce  qu’il  rapporte 
fiance  étoit  fille  d’un  comte  d’Arles, que  celui  d’une  eft  conforme  aux  hiftoriens  6c  aux  monumens  du 
chronique  dont  on  ne  connoît  pas  le  tems ,  &  de  tems  >  c’eft  qu’il  donne  I  pour  fils  &  pour  fucccf-  1  M-t+sH 
l’auteur  des  geftes  des  comtes  d’Anjou.  feur  à  Geoffioi  Grifegonelle  comte  d'Anjou  un 

IX.  La  première  eft  imprimée  au  tome  4e  de  Du-  prétendu  Maurice  qui  n’a  jamais  exifté  que  dans 
Chefne,  tous  ce  titre  :  Chroniciveterisexcerptum^  ion  idée,  dont  il  décrit  la  vie  allez  au  long,  & 
ce  qui  prouve  quelle  vient  d’un  compilateur,  6c  qu’il  fait  pere  de  Foulques  Nera,  lequel  étoit  cer- 
que  c’cfl  le  fragment  d’un  ouvrage  beaucoup  plus  tainement  fils  de  Gcoffroi  Grifegonelle ,  comme 
ample:  il  eft  vrai  qu’elle  finit  à  l’an  1 1 09.  mais  il  il  eft  marqué  expreflement  dans  le  fragment  m  de  rnib.f.iyti 
eft  évident  que  l’auteur  a  écrit  fort  long  tems  apres,  l’hifloire  d’Anjou  écrire  à  la  fin  du  XL  fiéclepar 
puifqu’il  dit  que  le  roi  Philippes  l.  mourut  cette  me-  Foulques  Rechin  comte  d’Anjou ,  qui  connoiflbic 
me  année  m.  c.  ix.  c  tandis  qu’il  eft  confiant  que  ce  fans  doute  la  généalogie  de  fes  prédcceflcurs ,  & 
prince  décéda  en  1 108.  Cet  auteur,  quel  qu’il  foit,  qui  étoit  petit-fils  par  fâ  mere  du  même  Gcoffroi 
fttid.  /.  9€.  commence  ainfi  fa  chronique  :  Rehgiofus i  rex  Ro -  Grifegonelle. 

ber  tus  pracepto  patns  vivente  paire  ,  Aareltanis  in  Ce  font-là  tous  les  anciens  qui  ont  parlé  de  l’ori- 

regem  corenatus  eft  anno  dominiez  Incarnat ionis  gine  de  la  reine  Confiance  ,  fur  quoi  on  peut  ju- 

dcccc  lXxxvi.  reqnavitque  carn  eo  ix.anms.  Duxit  ger  icfquels  méritent  la  préférence,  6c  fi  fuivan* 

antern  nxorem  Confiant iam  fiham  Wtllelmi  comitis  toutes  les  réglés  de  la  critique ,  les  auteurs  contem* 

Arelatenjis&atam  de  Blanca  forore  Gaufridt  comitû  porains ,  ou  prefque  contemporains ,  qui  font  Guil- 

Andegavenfis  &c.  Nous  ne  relèverons  pas  ici  la  laume  Taillcfer  comte  de  Touloufe,  pere  de  cette 

faute  que  fait  cet  auteur  dès  la  première  ligne  de  fa  princefTè ,  ne  doivent  pas  l’emporter  lur  les  pofté- 

chronique ,  de  faire  couronner  le  roi  Robert  l’an  rieurs  qui  difent  le  contraire  i  tandis  que  ceux-ci 

98  6.  étant  certain  que  cette  cérémonie  fe  fit  le  pre-  loin  de  faire  voir  que  ceux  qui  ont  écrit  avant  eux 

mier  de  Janvier  de  l’an  988.  Nous  nous  contente-  fe  font  trompez,  ne  parlent  que  fur  des  oui- dire, 

rons  de  remarquer  ,  qu’il  fa-t  Blanche  mere  de  la  6c  manquent  d  éxaélitude. 

reine  Confiance ,  feeur  de  Geoffioi  Grifegonelle  XL  Quant  aux  chartes  ,  on  n’en  trouve  aucune 

comte  d’Anjou ,  tandis  que  fuivant  Glaber  elle  étoit  où  il  foit  parlé  de  la  généalogie  de  la  reine  Con-  n  p^.  a 

dk  fille.  Ainfi  cet  auteur  ne  fe  fera  fondé  fâns  doute*  fiance  j  la  feule  dont  le  V.  Pagi n  fait  mention ,  cft 


*  Ibid. f. 9%. 


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D  fe  L  ANGÜEDÔC, 


un  aéleriré  des  archives  dei’nbbaye  de  Montma- 
^XXiX  jour  5  cointefle  Adélaïde  ,  fon  fils  le 


S.  Maur  des  Foflez,  eft  ain/î  datée  :  Faftum  *anno 
/ucarnationis  Chrijh  m.  indsElione  xu.  (  &  non  p.°s 


N  O  T  te 
XXIX. 
n  D»-Ch.  rt. 
4- 

O  ?4£»  ÎM* 


comte  Guillaume  C?  fa  fille  Confiance  font  une  do-  xnï.  comme  le  fuppole  mal  à  propos  le  P.  Pagi  °); 
nation  à  cet  te  abbaye  ,  ah  mois  <C  Août  fofi  s  It  régne  anno  veto  regni  inclyti  régis  Robcrti  XJ/. fe  lictter. 
de  Raonl  roi  de  Bourgogne,  indtüion  xnn.  Ce  Cette  charte  qui  eft  la  même  que  celle  que  le 
critique  conclue  de  !i  qu’étant  certain  d’ailleurs  P.  Labbe  cite  dans  (es  mélanges,  quoique  le  P.  P⬠
que  la  même  Adélaïde  étoit  furnommée  Blanche ,  gi  P  veuille  qu  elle  (oit  differente,  prouve  bien  que  p  ?*»  {bd* 
la  fille  Confiance  ne  peut  être  differente  de  Con-  Berthe  (c  qualifioit  femme  du  roi  Robert  dans  le 
fiance  reine  de  France ,  &  qu’ainfï  celle-ci  étoit  fille  tems  de  fà  date  :  mais  il  n’eft  rien  moins  que  cer¬ 


tain  que  cette  date  appartienne  à  l’aniooo.  En 
effet  de  trois  caraderes  chronologiques  qu’elle 
renferme,  deux  appartiennent  nécefîàirement  & 
l’an  999.  fçavoir FindiéHon  &  l’annce  du  régne; 
car  tous  nos  critiques  conviennent,  &  le  P.  Pasi 
comme  les  autres  ,  que  Robert  fut  couronné  au 
vivant  de  fon  perc,  le  premier  de  Janvier  de  l’an 
9S  8.  il  étoit  par  confisquent  le  premier  de  Jan¬ 
vier  de  l’an  1000  danslaxi  1 1.  année  de  fon  ré- 


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de  Guillaume  I.  comte  d’Arles  :  mais  1  °.  il  foudroie 
prouver  auparavant  que  Confiance  fille  d’ Adélaïde 
com  telle  d’Arles,  étoit  la  (eulc  princefle  de  ce  nom 
au  XI.  fiétle ,  &  que  Guillaume  Taillcfcr  n’a  pû 
avoir  une  fille  qui  portât  ce  nom.  1®.  Il  foudroie 
outre  cela  que  cette  charte  fut  certainement  de 
*****  *  l’an  1001.  comme  le  P.  Mabillon ,  qui  fuppofc* 
que  la  reine  Confiance  étoit  fille  de  Guillaume 
74*  comte  de  Touloufe  <t  Arles ,  &  d’ Adélaïde ,  le  pré- 

h  prâf.  4 £.  tend ,  farce  b,  dit-il,  que  cefi  la  première  miithon  gne  \  y  ayant  donc  deux  cataâercs  chronologiques 

\S'fîït.un.  ^  ce  mm^re  H**  firen  c<>ntre  depuis  la  mort  du  roi  dans  cette  charte,  qui  la  fixent  à  l’an  999.  ils 

jo.  Conrad  pere  de  Raoul.  Mais  cette  indiction  peut  doivent  l'emporter  fur  le  troifiéme  qui  cft  l’année 

convenir  également  à  l’an  1016.  car  Adélaïde  qui  de  l’Incarnation  ,  laquelle  peut  avoir  été  altérée, 

ne  mourut  qu’en  1 01 6.  vivoit  alors  de  même  que  ou  ajoutée  par  ceux  qui  ont  tranlcrit  la  picce  dans 

fon  fils  le  comte  Guillaume  ;  &  fi  la  charte  eft  de  le  carrulairc ,  ou  qui  l’ont  inférée  dans  la  vie  du 

l’an  1016.  ce  qui  efi  aufli  vraifemblable ,  toutes  comte  Burchard  \  où  elle  fe  trouve  avec  la  même  q 

les  inductions  qu’on  en  cire  s’évonouiffent.  faute. 

XII.  Cet  acte  ne  fçauroit  donc  prouver  nécef-  L*aurre  charte  qui  fut  donnée  en  fiveur  de  lab- 
foircmcnt ,  (bit  par  rapport  à  fa  date ,  foit  par  rap-  baye  de  Bourgueil ,  &  qui  eft  datée  du  mois  de 
au  nom  de  Confiance  qu’on  y  lit,  que  Ro-  Septembre  de  l’an  1000.  eft  citée  par  les  PP.  Ma- 
n’avoit  pas  époufé  la  reine  Confiance  au  billon r  &  Pagi  •  ;  mais  ils  en  tirent  chacun  une  in- 
moisd’Aout  de  l’an  1001.  mais  comme  nous  ap-  duétion  toute  contraire  ;  le  premier,  que  Berthe 

prenons  d’ailleurs  qu’il  étoit  déjà  marié  avec  elle  étoit  alors  féparée  du  roi  Robert ;  &  en  effet  elle 

avant  cette  année,  il  s’enfuit  manifeftement  que  prouve  que  cette  princeffe  étoit  en  ce  tems-la  cloi- 

Conftance  fille  d'Adclaide  comtcflè  de  Provence ,  gnée  de  la  cour ,  &  au  milieu  de  (a  famille  *,  l’autre, 

ne  fçauroit  être  la  meme  que  la  reine  Confiance.  quelle  étoit  encore  femme  de  ce  prince,  parce 
tGUJA.u  Glaber*  rapporte  l’époque  de  ce  fécond  mariage  quelle  prend  le  titre  de  reine.  Le  P.  Pagi  ne  peut 
Uf  *itm  du  roi  Robert  à  Fan  1000.  le  P.  Pagi  en  convient  :  pas  ignorer  que  les  reines  veuves  ou  répudiées  » 
mats  il  prétend  que  cct  auteur  n’a  pas  parlé  d'une  même  celles  qui  fo  remarioient  avec  de  fimples 
maniéré  déterminée.  On  pourroir  donc  également  feigneurs,  continuoicnt  de  prendre  le  titre  derei* 

*  ?art'  tapponer  ce  mariage  avec  Befiy  d,  à  l’an  998.  corn-  nés  au  XI.  &  XII.  fiécles  ;  ainfi  cette  charte  ne  dè¬ 
me  à  l’an  îooi.  Mais  ce  qui  foie  voir  qucGlaber  cidc  rien. 

le  fixe  au  moins  à  Fan  1 000.  c’cft  qu’il  donne  28.  Mais  nous  avons  d’ailleurs  des  preuves  certaines 
ans  à  Hugues  fils  aîné  de  Robert  &  de  Confiance,  que  Robert  avoit  déjà  éponfé  Confiance  au  mois 
dans  le  tems  de  fa  mort:  or  ce  prince  décéda  ail  de  Novembre  de  Fan  998.  dans  une  épitre*  du 

plûrard  avant  le  mois  de  May  de  Fan  1018.  pape  Grégoire  V.  adreflèe  à  Confiance  reine  des 

**  Nous  n’ignorons  pas  que  le  P.  Pagi  c  prétend  Gaules  ,  Sc  datée  du  mois  de  Novembre  indittion 
après  le  P.  Mabillon  ,  qu’Hugucs  n’avoit  que  1  8. 
ans  je  tcms  fa  mort,  5c  qu’il  fout  lire  bis 
dents  au  lieu,  de  ter  dénis  minus  excreverat  duobue 

dans  l’épitaphe  que  Glaber  compofa pour  ce  prince*  ce  qui  tranche  toute  la  difficulté,  &  foit  voir  que 
fGl^  En  effet  quoiqu’on  life  ter  dénis  dans  toutes  les  edi-  Confiance  fille  de  Guillaume  comte  de  Provence, 

isv6.  f,  rions*,  &  que  le  P.  Mabillon  g  attefte  qu’un  ancien  &  d* Adélaïde ,  ne  peut  avoir  époufe  le  roi  Robert, 

»*.4‘  manuferit  de  la  bibliothèque  Colbert  porte  la  me-  puifqu  elle  ctoit  encore  fille  Fan  1 001 .  Au  refte  il 
i  m*.  éd  fout  avouer  cependant  qu’il  cft  beaucoup  n’eft  pas  néceflaire  de  lire  indiélion  xi  1.  au  lieu 

' ,ll«-  «•  Plus  vraifemblable  qu’Hugues  mourut  en  i  o  2  5  .■  de  1 1 .  dans  la  date  de  cette  éoitre ,  comme  Fin- 
h  aS^  de  i  8-  ans,  &  que  ce  calcul  eft  plus  conforme  fihue  le  P.  Coflart;  caron  peut  nippofcr  que  lesco- 
»oit- n.  à  ce  que  rapporte  d’ailleurs  le  même  Glaber  de  piftes  ont  écrit  l’indiélion  1 1.  déchiffré  Arabe  pour 
uc  ce  prince ,  lorfqu’il  fut  couronne  en  ï  o  1 7.  la  x  1 .  de  chiffre  Romain  ;  &  il  n’eft  pas  certain  que 
ainfi  il  fora  né  en  1007.  ce  qui  foit  voir  que  le  roî  les  papes  ne  (e  ferviflènt  pas  quelquefois  au  X.  lié- 
Henril.  fon  frere  puîné ,  lorlqu’il  décéda  en  ioéo.  cle  de  findiélion  Romaine  calculée  depuis  le  mois 
joi.  n’avnit  nnc  r  c  nnc  rnmm^  !(*  vpnr  le  P.  Anoe  de  lanvier;  or  Findiélion  onze  convienr  narfoire- 


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»  V .  Not.  Ctfi 
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11.  ainfi  cette  lettre  appartient  à  Fan  998.  com¬ 
me  le  P.  Coflirt  l’a  fait  voir,  car  Grégoire  V.  étoit 
déjà  mort  au  mois  de  Février  de  l’année  fuivantc; 


,M*7. 
fcl>4n. 
Fr-  tt. 


n’avoit  pas  5  5.  ans  comme  le  veut  le  P.  Ange  4,  de  Janvier;  or  Findiélion  onze  convient  parfaite* 
.  \lfI%  &  que  le  P.  Daniel k  s’eft  trompé  lorfqu’il  prétend  ment  à  Fan  998. 


■p- 


XIV.  Nous  ne  difeon venons  pas  cependant  qu’A* 
delaïde  furnommée  Blanche  ,  &  femme  de  Guit* 
laume  comte  de  Provence ,  ait  été  de  la  maifon 


a  K* 
*jn*’ 


qu*Hugnes  avoit  17.3  1 8.  ans  quand  le  roi  Robert 
fon  pcrc  l’aflocia  au  thrône  en  1  o  1 7* 

XIII.  Ce  que  nous  venons  de  dire  n’empêche 

pas  que  le  roi  Robert  n’ait  pu  épouftr  Confiance  d’Anjou ,  &  mêmefeeur de  Geofftoi  Grifcgonelle, 
en  998.  car  les  deux  chartes  qu’on  cite  pour  prou-  &  c’cft  fans  doute  ce  qui  aura  donné  occafion  à 
vcr  Contraire,  ne  le  difent  pas  La  premicre  dont  Yvesde  Chartres,  &  àceux  qui  Font  fuivi ,  de  fup- 
•^''.49.*  rxf‘  le  P,  Labbe*,  &  enfuitc  lesPP.Mabillon  m  &  Pagi  pofer  que  la  reine  Confiance  ctoit  fa  fille.  Ce  pré* 
^  ***'  font  ufage ,  &  qui  fc  trouve  dans  le  cartulairc  de  lac  aura  crû ,  fons  faire  diftinâion  entre  la  niece  St 


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K'O  T  E 
A-XIX. 


*  V.  Ntt.irr. 


“5*1. 


«1  P’.ftto.vxu. 
•*•  17. 


«t><  NOTE?  SÜRt*  HISTOIRE 

la  tante ,  que  la  reine  Confiance  étant  fille  d’une  ces  auteurs  Bcfly  D,  d’Hautcfièrre  •  ,1e  P.Labbe  f  > 
princcflè  de  la  maifon  d’Anjou ,  &  qu’étant  venue  M”  de  Sainte-  Marthe  <1  dans  la  dernière  édition  dc  *  x  i  xT 
de  Provence  en  France  pour  époufer  le  roi  Ro-  leur  hiftoirede  la  maifon  de  France,  M. Baluze1  ntpj 
bcrc,ellcétoit  fille  de  Guillaume  1.  comte  d’Arles,  &  le  P*  Mabillon  1  qui  fuppofent  que  Guillaume 
&  d’ Adélaïde  d’Anjou ,  au  lieu  quelle  étoit  fille  pcrc  de  la  reine  Confiance  ,  étoit  tout  enfemblc 
d’Arfinde  d’Anjou  nicce  d’Adclaïde,  &  première  &  comte  de  Touloufc  &  comte  d  Arles-, car  quoi-  * ■ ‘JJj 
femme  de  Guillaume  Taillcfièr  comte  dc  Touloufc  que  ces  auteurs  le  foient  trompe* 1  en  confondant  J*.,.  ^ 
qui  faifoit  alors  fa  rcfidcnce  ordinaire  en  Proven-  Guillaume  1.  comte  de  Provence ,  avec  Guillaume  jj  «  M/4 

ce,  depuis  fon  fécond  mariage  ;  ou  bien  par  le  Tailleftr comte  dc  Touloufe,&  qu’on  doive  cer- 

comte  a  Arles ,  ilaura  entendu  Guillaume  Taillefer  tainement  les  diftinguer  ,  on  voit  cependant  que  *• 

comte  de  Touloufc ,  qui  pofleda  en  effet  diverfes  la  plupart  ne  fc  font  déterminez  à  ne  faire  qu’une  * 

terres  en  Provence ,  &  dont  les  defeendans  prirent  meme  perfonne  de  ces  deux  princes ,  que  parce  1  u 

le  titre  dc  comtes  a  ou  de  marquis  de  Provence,  qu’ils  voyoient  d’un  côte  par  1  autorité  des  anciens  ». 9,c*  * 
Ceux-ci  du  rems  d’Yves  poflèdoicnt  une  portion  que  nous  venons  dc  difeuter ,  que  Co  fiance  étoit  1 
du  comté  b  d’ Ai  les ,  ce  qui  lui  aura  donné  lieu  de  fille  d’un  comte  de  Touloufè, &:  que  de  l’autre  d’au- 
les  confondre  avec  les  fucce  fleurs  de  Guillaume  I.  très  anciens  ayant  die  qu’elle  éroit  fille  de  Blanche  *W 

XV.  JLe  P.  Pagi  c  prétend  que  Guillaume  Tail-  comte  (Te  d’Arles  ou  de  Provence, ils  ont  crû  pouvoit 
kfer  comte  de  Touloufc  ne  peut  avoir  époufe  concilier  <es  differentes  autoritez,  en  fuppofànt  que 
Blanche  d’Anjou,  parce  qu’il  fe  maria  avec  Emmc  Guillaume  pere  de  cette  princcflè,  étoit  tout  en- 
de  Provence  :  mais  nous  avons  fait  voir  d  ailleurs  femble  &  comte  de  Touloufè  &  comte  d’Arles, 
que  celle-ci  ne  fur  que  fa  féconde  femme.  Rien  Du  refie  nous  ne  difons  rien  de  l’opinion  de  Me- 
n’empecbe  donc  qu’Arfinde  ,  qu’il  éponfa  en  pre-  zerai  Uqui  prétend  que  Confiance  étoit  fille  de  a 
mieres  noces,  nie  éré  fille  de  Geoffroi  Grifegonelle,  Guillaume  comte  d’ Arles,  jî/r  de  Guillaume  duc  **•»•** 
&  fœur  de  Foulques  Ncracomre  d’Anjou,  &  qu’elle  d'Aquitaine,  parce  que  cet  hifloricn  parle  à  fon 

ait  pris  le  furnom  de  Blanche  fuivant  l’uface  du  ordinaire  fans  citer  aucune  autorité, 
fiécle.  .  .  _ _ 

XVI.  Au  reflc  quand  nous  difons  qu’Arfinde 
pouvoir  avoir  pris  le  furnom  de  Blanche ,  c’eft  dans 
la  fùppolîtion  qu’Yvcs  dc  Chartres  ne  (è  foie  pas 
trompé  »  &  que  la  mere  de  la  reine  Confiance  ait 
pris  en  effet  ce  furnom  ;  car  comme  c’cft  le  plus 
ancien  auteur  qui  le  lui  ait  donne,  il  pourroit  bien 
avoir  confondu  Adélaïde  (innommée  Blanche, 
femme  de  Guillaume  1.  comte  dc  Provence,  avec 
Arfinde  comtefle  de  Touloufè,  comme  nous  l’a¬ 
vons  déjà  remarqué  ,  &  avoir  funpofe  par  la  que 


NOTE  XXX. 

Epoque  du  rètablijfement  de  la  ville  &  du 
fêqeèpifcopalde  Maguelonne ,  &  de  la 
dédicace  de  la  nouvelle  cathédrale  de  cette 
ville. 


iVnU.au 


*  Bal.  sAmxï. 
f.  4°-  41-  & 
/?/• 

t  Bal-  ibii. 

(rail,  thnfl. 
mov.td.tg.l.  p. 

<S9J.  &  fc<J. 

in/fr.  p.  iij. 


g  Bouc'uProv. 
ro.  l.f.  49. 

hr.NMiv. 

î  Bdt.&GsU. 
«  cbrtjl.  tb.d . 


*  Ibid.’ 


}  C*ttl  c onrt* 

p.  I«'S. 

»  P  t.  \at. 
U  S.  r. 
19  • 


I.  Es  deux  époques  dépendent  de  celle  dc 
Icpifcopat  d’Arnaud  évêque  de  Maguc- 
la  mere  de  la  reine  Confiance  s nppclloit  Blanche,  lonne,  qui  vivoit  vers  le  milieu  du  XL  fiécle.  An- 

quoiqu'elle  n'eût  que  le  nom  d’Arhn  Je.  Quoi  qu’il  naud  de  Vcrdalc  dans  l’hifioire  1  qu’il  a  écrire  t\ 

en  foit  fi  la  même  Adélaïde  étoit  fœur  de  Geof-  des  évêques  de  cccce  eglifè  fés  prédéccflèurs ,  dit  Lb.u.\.^ 

froi  Grifegonelle  comte  d’Anjou,  ainfi  que  nous  qu’Arnaud  ne  parvint  à  l’évêché  de  Maguelonne  79Stf^ 

le  fuppofons ,  il  fondra  dire  avec  M.  Baluze  e ,  que  qu’en  1048*  fondé  fur  une  épitaphe  qu’il  rap- 
ce  comte  avoit  deux  fœurs  de  même  nom  \  car  il  porte ,  «3c  dans  laquelle  on  ne  lui  donne  que  30. 

eft  certain  *quf  Adélaïde  femme  d’Efliennc  I.  comte  ans  dépifeopat.  Ur  comme  il  le  fait  mourir  en 

de  Gevaudan,  croit  (â  fœur,  &  quMle  eft  diflfè-  1078.  Arnaud  fut  élu  par  conféquent  en  1048. 

rente  d’Adelaïde  femme  dc  Guillaume  I.  comte  II  eft  certain  cependant  que  ce  prélat  f  aflifla  en  jy+dipL 

dc  Provence.  Il  eft  faux  en  effet  qu’Adclaïde  fœur  1035.au  concile  de  Cuxa  i  «3c  nous  fçavons 1  d’ail- 

de  Geoffroi  Grifegonelle,  air  époufe  fiicccflïve-  leurs  qu’il  fiégeoit  en  1038.  Il  faudra  donc,  ou  * 

ment  Efticnne  comte  de  Gevaudan  ,  ôc  le  meme  que  Verdale ,  Gariel  &  les  anciens  éditeurs  du  G  J-  < 

Guillaume  I.  comme  Bouche  s  l’a  avancé.  Ade-  lia  chnftiana  fe  foient  trompez  en  rapportant  la  ** lf 

laïde  fxit  comtefle  de  Provence  h  depuis  l’an  982.  mort  d’Arnaud  a  l'an  1078  ou  que  fon  épitaphe 

jufqu’en  10  lé.  quelle  mourut ,  &  Adélaïde  d’An-  qui  ne  lui  donne  que  trente  ans  d’épi  feopat ,  foit 

jou  étoit  comtefle  de  Gevaudan  *  vers  l’an  975.  &  fautive:  mais  comme  ce  monument  paroit  vérita- 

l’an  993.  ble ,  &  qu’il  n’y  a  aucune  preuve  qu’Arnaud  ait 

XVII.  Comme  Alix  ou  Adélaïde  d'Anjou  eut  été  évêque  de  Maguelonne  après  lan  105  8.  il  doit 

plufieurs  fils  d’Eftienne  I. k  comte  de  Gevaudan  ,  avoir  etc  clû  vers  l’an  10  jo.  &  être  décédé  vers 

entr’autres  Pons ,  Bertrand  &  Guillaume,  la  con-  10  60.  après  trente  ans  dépifeopat.  Il  paroît  en 

formité  de  leurs  noms  avec  ceux  dc  Pons  &  de  effet  qu’il  étoit  mort  dès  l’an  roé».  par  un  dc- 

Bcrtrand  fils  dc  GuillaumeTaillcfcr comte  dcTou-  laifTèmcnc  fait  cette  même  année  a  la  cathédrale 

loufè,  peut  fèrvir  à  confirmer  leur  alliance  com-  de  Béziers  “,  &  dans  lc-qucl  il  eft  marqué  qu’^r-  ^ 

munc,  &  à  faire  voir  qu’Arfinde  première  femme  naud  evêque  de  Mugue/o>.ne  avoir  reftitué  avant  fa 

dc  ce  dernier,  étoit  de  la  maifon  d’Anjou.  mort  deux  condamines  à  cette  cathédrale  ;  qu après 

JXVI1I.  Par  tour  ce  que  nous  venons  dc  dire,  il  fon  décès  Bcrcnger  évêque  de  Beziers,  les  avoir 
jeft  aile  de  juger  s'il  ne  refte  plus  aucune  difficulté  données  à  Pons- Pierre  neveu  de  ce  prélat  ;  que 
touchant  l’origine  de  Confiance  reine  de  France,  Pons  réfufa  de  les  reftituer;  qu’il  mourut  fubite- 
s’il  eftaufli  clair  &  évident  que  le  prérend  le  P.  Pa-  ment,  &  que  fes  fils  firent  cette  reftirurion  ,  ôcc. 
gi ,  qu’elle  étoit  fille  de  Guillaume  I.  comte  d’Ar-  Il  eft  vrai  qu’on  prétend  bb  que  Pierre  évêque  de  tb  tu  vit 
les  ,<&  (î  enfin  Catel le  P.  Petau  m  &  quelques  Maguelonne  aflifta  en  1043.  au  concile  deNar- 
autres  de  nos  hiftoriens  ou  critiques,  ont  été  fon-  bonne  :  mais  on  voit  par  les  a<ftes  cc  de  ce  con- 
de z  pour  aflürer  quelle  étoit  fille  de  Guillaume  cilc,  que  ce  fut  Arnaud  lui-même,  &  non  pas 
Taillefer^  comte  de  Touloufè.  On  peut  joindre  à  Pierre,  qui  s  y  trouva.  Cela  potè,  Arnaud  peut 


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DE  LANGUEDOC  <oj 

avoir  rétabli  le  fiége  épifcopal  de  Maguelonncdès  admettant  un  Pierre  au  pr intans  de  Pan  *  of 4-  N  0  T  g 

!» .  .  n  «...  /ii.a  T-/»n  U!  i  <7—  X/  Ai’n/111^  «n  ■  nr  /  il  roiJrmr  a.iM  ••  <  ■%  «il  rrnif  ....  ,, 


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fcJ  O  T  E  j»an  jo$7.  car  Verdaîe  alîûre  que  ce  rétabliflô-  &  Arnaud  en  1056.  il  faudrait  qu  il  y  tût  eu  trois  XXX. 

*  *  ment  fè  fit  trois  cens  ans  après  que  Charles  Martel  Guifrcd  évêques  de  la  même  ville  dans  un  très- 

eut  détruit  cette  ville  en  737.  court  intervalle  ;  fçavoir  >  depuis  Tan  1031.  juf- 

"  fl.  Quant  à  l’époque  de  la  dédicace  de  l'égide  qu’en  1056.  ce  qui  n’cft  nullement  vrai  fcmblablc} 

de  Maguelonne ,  Verdaîe  qui  ne  la  marque  pas  ,  ce  fora  donc  le  même  ôc  unique  Guifrcd,  ou  Wi- 

«  r<rd*l.  /•  fc  contente  de  dire  *  qu’Arnaud  convoqua  pour  fred,  qui  aura  occupé  i’cvêché  de  Carcaflônnc  pen- 

7*7»  cette  cérémonie  1 4.  archevêques  ou  évêques  dont  dant  tout  ce  cemsdi.  Il  eft  vrai  que  Mr‘ deSainte- 

il  rapporte  les  noms;ainiî  il  eft  aile  de  k  fixer  par  Marthe  *  admettent  un  Pierre  évêque  de  Carcaf  j  G*U.cbr ./• 

celle  de  fépifcopat  de  ces  prélats.  1®.  Arnaud  tonne  en  1050.  qu’ils  prétendent  être  le  même 

évêque d'Elne  ,  qui  le  trouva  à  ccttc  dédicace,  ne  que  Pierre  fils  de  Roger  1.  comte  de  cette  ville  : 

bi remplit b  fon  fiége  que  depuis  l’an  105  3.  jufqu’en  mais  ils  n  en  donnent  aucune  preuve,  ce  qui  fait 
f,44,#  1058.  a°.  Nous  n  avons  rien  avant  l’an  iojo.  quede  Vie  le  rejette'.  En  effètitf. Pierre  3e  filsde  ttuvic,  A. 

fur  les  évêques  Gonrherius  d’Agdc  &  Roftaing  de  Roger  I.  comte  de  Carcaflônnc,  fut  évêque  de  Gi-  *' S9' 
Lodcve,  Ôc  après  la  n  1058.  fur  Gillabert  de  Bar-  ronne  u  depuis  l’an  10 10.  jufqucs  vers  l’an  1050.  uM*rc*HiSf* 
celonc,  qui  s’y  trouvèrent  auffï.  30.  Bernard  HL  ainli  qu’on  l’a  déjà  prouvé  «ailleurs.  x°.  Le  fié ge  ÎV./vJ.xxu. 
évêque  dcBcziers,  qui  y  aflifta,  fur  élu  c  en  105  3.  de  Carcaffonne  fc  trouve  rempli  par  d’autres  pen-  »•  *7- 
M**  &  on  n’a  rien  de  lui  apres  lan  1056.  Nouscon-  dant  tout  cet  intervalle. 

duons  de  là  que  l’églifè  de  Maguelonne  fut  dé-  VI.  U  y  a  une  autre  difficulté  par  rapport  à 

diéc  vers  le  printems  de  l’an  1054.  En  effet  les  Guillabert ,  ou  Giflibert  évêque  de  Barcelone  y,  yv*rédi*ih 

évêques  qui  afiifterenr  à  ccttc  cérémonie  vi voient  qui  allifta  à  la  dédicace  de  l’églifè  de  Maguelonne  > 

tous  alors,  &  c’eft  prefque  Je /cul  ceins 011  ilsaycnc  car  nous  trouvons  que  Guifrcd  evêque  de  Barce- 

fiégé  tous  enfomble.  lonne  fè  trouva  xau  mois  d’Août  de  l’an  1054.  iMsre.a- 

III.  On  trouve  entre  ces  prélats  un  Axfttnchtu  au  concile  de  Narbonne:  mais  il  paraît  qu’il  faut 
eptfcopMs  Avictenfis^ôc  Alfonie évêque  d  Art  (Afien-  lire  Giflibcrtus  au  lieu  de  Gutfredus  dans  les  a  êtes 
fis  ).  Si  les  noms  de  ccs  deux  lièges  ne  font  pas  de  ce  concile.  La  preuve  en  eft  qu’il  eft  certain 
corrompus,  comme  l'eft  certainement  celui  d’Hu-  que  Giflibert  fut  évêque  de  Barcelone  du  moins 

gués  d’Ufoz  appelle  eptfcopus  Eutjenfis ,  pour  Cfoe-  depuis  Pan  1050.”  julqu’en  1058*  uMmrc.Hifi. 

ctertjisy  c’eft  une  preuve  qu’Auftenchus  croît  éve-  Vil.  Une  des  railons  qui  nous  engagent  à  fixer 
que  du  Puy,  &  qu’Alfônfe  Iccoit  d’Aft  en  1054.  l’époque  de  la  conlccration  de  l’églilè  de  Mague- 
Nous  voyons  cependant  ces  deux  lièges  occupez  lonne  au  printems  de  l’an  1054.  c’eft  qu’on  pré- 
&G*D.chnjt,  alors ,  l’un  par  Pierre  IL  ^  «5c  l’autre  par  un  nommé  tend  qu’Huguesbbfucceda  la  même  année  dans  l’ar-  *>b  gaB.Mj fj 
uêv.tS.tt.i  f,  Girlemus®.  Il  eft  vrai  que  le  P.  de  Giflèy  i admet  chevêche  d’Embrun,  à  Guineminarius qui  liégeoit  ** cï.&'/iqït 

‘Vit*!. /«.  fur  ccrtc  feule  autorité  un  Auftenchus  évêque  du  certainement  encore  en  1054.  «5c  qui  lè  trouva  à 
'&i'eq  *°l,s  Pont'ficat  du  pape  Jean  XIX.  depuis  certe  cérémonie*  cependant  il  n’cft  pas  biencer- 
tfG'jf»)-  b‘/t.  l'a»  1014.  julqu’en  1013.  «5c  qu’il  a  été  liiivi  rain  cc  qu’Hugues  air  été  archevêque  d’Embrun  *  ce  IM* 
^ThcZd'hâ'  Par  ^rcrc  Théodore  B  :  mais  c’eft  avec  railbn  que  ôc  s’il  le  fût ,  c’ctoit  un  fimoniaque  qui  ufurpa  ce 
du  t^f.1'90.  les  anciens  &  les  nouveaux  éditeurs  du  G  alita  cbri -  fiége  fur  Guineminarius  qui  par  confoqucnt  pou- 
ftiana  l’ont  rejerté  du  catalogue  des  évêques  de  voit  fc  dire  encore  archevêque  en  105  y.  Quoi 
ccrtc  ville.  En  effet  il  eft  évident  qu’il  faut  lire  qu’il  en  foie  fi  Guineminarius  fiégeoit  encore  en 
jtuftindus  eptfcopus ,  ou  archtepfioptu  Aufctinfis  1 05  5.  c’eft  une  preuve  que  d’un  (èul  archevêque 
au  lieu  dï  Av  te  ter  fi  s  ;  car  i*.  nous  avons  un  ar-  d’Embrun  qui  a  fiegé  depuis  environ  lan  1048. 

\  Gélt.ikn/t.  chevêque  d’Auch  appelle  Auftindc  h  depuis  l’an  julqu’en  1066.  on  en  a  fait  quatre  dans  la  nou- 
ù'd  tt.i.f,  j  042.  jufqu’à  1068.  2°.  Le  nom  d' Auftmchtu'1  vcllc  édition  du  Galha  chr fi tana ,  fous  les  noms 
paroîtdans  l’acledeconfècrationderéglifo  de  Ma-  de  Vivemnus  de  Winamanus,  de  Guinevinarius, 
guelonnc,  parmi  ceux  des  archevêques,  ôc  avant  Viminianus  ôc  Guinamandus  \  car  cen’eftque  le 
ceux  des  évêques.  même  nom. 

IV.  Quant  à  Alfonfè  d’Aft  ,  nous  croyons  avec 
k  Ctttlmtm,  Catclk  qu’il  faut  lire  Elefanttu  Aptcnfisy  au  lieu 


g  Thttd. 

du  tmff. 


51«. 

lUk.  M, 


qu’il  en  foie  fi  Guineminarius  fiégeoit  encore  en 
105  ç.  c’eft  une  preuve  que  d’un  feul  archevêque 
d’Embrun  qui  a  fiegé  depuis  environ  lan  1048. 
julqu’en  1066.  on  en  a  fait  quatre  dans  la  nou¬ 
velle  édition  du  Galha  chnjhana ,  fous  les  noms 
de  Vivemnus  de  Winamanus,  de  Guinevinarius, 
Viminianus  ôc  Guinamandus  ;  car  cen’eftque  le 
même  nom. 


*  d'Alphortftu  Ajlenfis  ;  ôc  il  eft  bien  plus  vraifèm- 
\G*U.thnfi,  blable  qu’Elcfiint  d’Apt ,  qui  fiégeoit  en  1  1054. 
u«*  ajf  afljftéa  cette  cérémonie,  qu’un  évêque  Italien 
beaucoup  plus  éloigné  de  M.iguelonne. 

V.  Tout  cela  fait  voir  qu’il  y  a  plufieurs  noms 
altérez  dans  l’édition  que  le  P.  Labbc  nous  a 
donnée  de  l’ouvrage  de  Verdaîe;  ôc  nous  ne  dou- 


N  O 


XXXI. 


Epique  du  concile  de  T ulujes  où  on  établit 
la  pâix  dr  la  treve  de  Dieu 

I.  \  yf  Onfieur  Baluze  nous  a  donhé  dans  fes  ad- 


m  Vtrdél, 

M. 


altérez  dans  J  édition  que  le  P.  Labbc  nous  a  I.  Tk  yT  Onfieur  Baluze  nous  a  donhé  dans  fes  ad- 
donnée  de  l’ouvrage  de  Verdaîe;  ôc  nous  ne  dou-  iVl  dirions4*'*  au  traité  de  la  concorde  du  face  r-  d  i  itérer 
tons  pas  qu’au  lieu  de  Pierre  évêque  de  Carcaf  doce  ÔC  de  l’empire  deM.  deMarca,  les  atftcs  d’un 
fonnc,qui  cft  nommé  parmi m  ceux  qui  afliftcrent  concile  tenu  à  Tulujes  dans  le  Rouflil'on,  pour 
à  la  dédicace  de  l’églifc  de  Maguelonne,  il  ne  établir  la  paix  ôc  la  trêve  de  Dieu.  Ces  aébs  font  fans 
faille  lire  Gtifrcds  voici  nos  raifons.  Il  eft  certain  date,  ôc  ce  n’cft  que  parle  tems  où  vivoient  ceux 

3ue  Guifrcd,  ou  Wifted,  dont  de  Vie 11  a  fait  qui  afliftcrent  à  ce  concile,  qu’on  en  peut  fixer 

eux  évêques,  l’un  fous  le  nom  de  Guifrcd  ou  Si-  l’époque.  M.  Baluze  dans  les  deux  premières  édi- 

fred ,  ôc  l’autre  fous  celui  de  Vifoafred  ,  occupa  le  tiens  de  la  Concorde ,  ôc  dans  le  Marca  H/frant - 

fiége  0  épifcopal  de  Carcaflônnc  depuis  l’an  j  03  2.  ça  ce,  l’a  marquée  à  l’an  1 04  f .  Le  P.Coflàrr  l’a  mifè  e  e  uéni 

jufques  vers  l’an  j  o  f  o.  Nous  trouvons  enfuire  un  enfuire  dans  l’édition  des  conciles  ffi  l’an  10 6$.ôc 

Arnaud  evêque ,  qui  aflilla  au  concile  P  de  Tou-  enfin  M.  Baluze  avoue  dans  la  dernière  édition  9* 


*  D'vu  du  Que  uuirrca,  ou  wjfrcd,  dont  de  Vicna  fait  qui  afffftcrent  a  ce  conale,  quon  en  peut  hxcr 
/^ji  ^cux  ^v^ues’  *  un  f°aslc  nom  de  Guifrcd  ou  Si-  l’époque.  M.  Baluze  dans  les  deux  premières  édi- 

•  v  Mtrt 1  ^rCC*  *  ^  *  aurrc  ^l,s  cc*u*  de  Vifoafred  ,  occupa  le  tions  de  la  Concorde ,  ôc  dans  le  Marca  H/fpanu 
AHtû.t fiége  0  épifcopal  de  Carcaflônnc  depuis  l’an  1032.  ca  ec,  l’a  marquée  à  l’an  1 04  5 .  Le  P.Coflàrr  l’a  mifè  - 
Ma^H*  jl,ft]ucs  vers  I an  io?o.  Nous  trouvons  enfuite  un  enfuite  dans  l’édition  des  conciles  (ei  l’an  1065. «Se  ^ 
44;7ioif/*  Arnaud  évêque ,  qui  aflilla  au  concile  P  de  Tou-  enfin  M.  Baluze  avoue  dans  la  dernière  édition  u 
;  Vo*T ^*an  1 0  f  ^  q11’00  prétend  ^  avoir  été  de  la  Concorde ,  qu’il  y  a  fur  cela  de  très-grandes 

t\Géù.iir,fl  évêque  de  Carcaflônnc  :  comme  nous  voyons  ce-  difticultcz,  en  cc  que Berengcr  évêque  de  Gitonne, 
"rVéÏH.f  Pendanc  un  évêque  dans  cetre  ville  appdlé  Gui-  Raymond  évêque  d’Elne ,  ôc  Guillaume  comte  de 
/•  nf7,  ' f  au  mois  d’Août r  de  l’an  1  o  j  4.&  en  1  o  j  8.  en  Bcfàlu  fc  trouvèrent  à  cc  concile ,  tandis  que  le 


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K  O  T  ES  "SUR.  L* HISTOIRE 


«  A/4 rc-Hilf. 
f-  444. 


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4. 

i  Ctnctrd. 
Mdre.  H  il}. 


jsj  q  Y  l  panier  ne  parvint  i  f évcché  de  Gironne  qu’en  bonne  >  &  qu’il  s’eft  tenu  à  ce  fiijet  deux  afletn-  ^ 

XX XJ.  1050.  &  le  fécond  à  celui  d’Elne  qu’après  l’an  blces  à  Tulujcs  dans  le  Rouflîllon  -,  lune  particu-  xx\l  * 
1058.  que  Guillaume  comte  de  Befàlu  mourut  en  lictc  du  diooèfc  d’Elne  en  1 017.  &  l’autre  générale 
1051.  6c  qu’enfin  les  ades  du  concile  de  Nar-  de  toute  la  province  en  1041.  Maiscomme  fuivant 
bonne  de  l'an  1054.  paroiflent  faire  mention  du  Glaber  ôc  Hugues  de  Flavigni >  la  trêve  de  Dieu  ne 
concile  de  Tulujes.  commença  h  à  être  établie  que  cette  derniere  année, 

M.  Baluze  propofc  *  un  expédient  pour  fe  tirer  &  que  M.  Baluze 1  prétend  qu’il  eft  fait  mention  de 
de  cene  difficulté.  U  fuppofe  que  ce  concile  fut  tenu  la  grande  aflèroblce  de  Tulujcs  ,  tenue  félon  lui 
*«  effet  en  1045.  que  les  évêques  Berengcr  de  en  1045.  dans  les  ades  de  celle  de  l’an  1017.  il  Zu. 
Gironne  &  Raymond  d’Elne  n’y  fouferivirent  que  doit  y  avoir  faute  dans  frette  derniere  date,  &  i| 
dans  la  fuite  ,&  que  cela  aura  donné  lieu  aux  copi-  faudra  Ikc  1 047.  au  lieu  de  1017.  En  effet  nous 
ftes  d’inferer  leurs  noms  dans  les  ades  :  mais  dan6  içavons  que  Bcrenger  11,  fut  évêque  d’Elne  jufqu’eq 
cette  fnppofition  il  n’y  a  rien  qui  oblige  de  rappor-  1053.  Oiiba  évêque  d’ Aufonne  peut  avoir  donp 
ter  la  tenue  de  ce  concile  à  l’an  1045.  plutôt  4U  ^  tcnu  au  nom  ce  Pr<^  b  fyn°dc  de  Tulujes  ai* 
l’an  1041.  ou  à  telle  autre  année.  La  raifon  que  mois  de  Juin  de  l’an  1047*  car  quoiqu’il  foit  ccr- 
M.  Baluze  apporte ,  pour  la  fixer  à  l’an  1 04 ç.  c’eft,  tain  qu’Oliba  mourut  la  meme  année ,  nous  ne  fça- 
dit-il,  parce  que  Guifred  archevêque  de  Narbonne,  vons  pas  cependant  en  quel  mois ,  &  il  peut  avoir 
Oliba  évêque  d’ Aufonne ,  &  Pons  comte  d’Ampu-  vécu  jufques  au  mois  de  Décembre, 
ïias,  qui  y  aflifterenr  »  fe  trouvèrent  la  meme  an¬ 


née  à  la  dédicace  d’une  églife  dans  le  comté  d’Ara- 

Eurias  -,  mais  cela  ne  prouve  rien ,  puisque  ccs  prê¬ 
ts  ôc  ccs  feigneurs  du  pay$  peuvent  également 
s’être  aflcmblcz  dans  le  Rouflîllon  en  1041. 

Cette  derniere  année  eft ,  à  ce  que  nous  croyons, 
la  véritable  époque  du  concile  de  Tulujes  :  eu 
\>  u*'.?Uv.  voici  les  rai(ons.Hueuesdc  Flavienib  nous  apprend 
ïo.  i.f,  117.  dans  la  chronique ,  que  la  treve  de  Dieu  fut  établie 
four  la  première  fou  en  104.1 .  ce  qui  eft  confirmé 
par  Glaber  c  auteur  contemporain ,  qui  rapporte  cet 
ctabliflèment  à  la  même  année.  Suivant  le  der¬ 
nier  auteur  ,  La  trêve  fut  établie  d’abord  dans  les 


c 

«•  W-  5  5. 


NOTE  XXXII. 

Sur  Pons  comte  de  ToulouÇc  ,  fils  de 
Guillaume  T  aille  fer ,  (&•  fur  Almodis 
fa  femme . 

I.A\N  trouve  plufieurs  chartes  où  il  eft  fait 
mention  de  ce  prince:  mais  la  plupart  n’é- 


«r.  N* 

**“•••  4S« 


fPr.p.ioS. 
V.  M*ri. 
Jfiÿ.f.UJt» 

+H- 


tant  pas  datées ,  on  ne  fçauroit  marquer  précifc- 
ment  l’époque  de  fon  avenement  au  comté  de 
Touloufe  :  il  parole  feulement  que  Guillaume  Tail- 
parties  de  ïslquitame  ,  où  on  tint  des  conciles  ,  Ôc  lefer  fon  pere  ,  mourut k  vers  la  fin  de  l’an  1  o  3  7.  & 
en  fuite  dans  les  autres  provinces  des  Gaules.  Oc  il  eft  certain  que  Pons  polledoit  le  comté  de  cette 

i°.  on  a  déjà  prouve4  que  la  province  eccleliaftique  ville  dès  l’an  1045. 
de  Narbonne,  qui  renfermoit  alors  la  Scptimanic  &  II.  Nous  ignorons  également  l’époque  précife  de 

b  Marche  d'Etj^agne  ,  croit  comprife  au  commcn-  fon  mariage  avec  Almodis.  Comme  nous  (çavons 
cernent  du  XI.  ficelé  dans  l 'slquitame  prife  en  gé-  cependant  que  Guillaume  6c  Raymond  leurs  fils 
ticral.  iD.  Suivant  b  remarque  d'un  fçavant  criti-  étoient  déjà  en  âge  de  gouverner  par  eux-mêmes 

vers  l’an  106  ï.  &  qu’il  paroît  que  le  dernier  étoit 
marie 1  vers  l’an  1 066.  il  faut  que  Pons  ait  époufe 
Almodis  vers  l’an  1 040. 

Les  modernes  ont  etc  fort  partagez  fur  l’extra- 
dion  de  cette  comtcllè  :  mais  l’auteur  de  la  chro- 
tieres  de  l’Efpagne ,  ce  qui  convient  au  concile  de  nique  ra  de  Maillefais,  écrite  avant  le  milieu  du  XII. 

Tulujes,  lequel  par  confequem  aura  été  tenu  en  fiéele  ,  allure  politivemcnt  quelle  croit  fîrurd’Al-  ui'fuo. 
104t.  debert  comte  de  la  Marche.  Cet  auteur  lui  donne  v • 

Quant  à  1a  difficulté  prife  de  l’épifcopatdes  évê-  trois  maris  \  fçavoir  Hugues  de  Lezignem,  qui  b 
ques  de  Gironne  6c  d’Elne ,  on  peut  répondre  que  répudia  fous  prétexte  de  parenté,  après  en  avoir 
comme  la  trêve  de  Dieu  fut  confirmée  dans  la  fuite  eu  un  fils  3  Pons  comte  de  Touloufe  qui  la  répudia 
en  divers  conciles  de  la  province  de  Narbonne,  ôc  aufli ,  6c  Raymond-Bercngcr  I.  du  nom  comte  de 
que  les  évêques  &  les  comtes  du  pays  en  ordonne-  Barcelone.  Quelques  géncalogiftes  û  qui  (c  fondent 
rent  *  l’execution  en  differentes  années  dans  des  fur  Guillaume  de  Malmcfbury  prétendent  que 


i  V.  Ni. 
*X1X.  H.  s. 


tv.Pdiiéd  que c  le  mot  Trêve  vient  de  la  langue  Efpagnole 
K>ü.  ».  ou  Romaine  *  ôc  comme  on  fe  fervic  de  ce  terme 
dans  cous  les  conciles  où  on  établit/*  trêve  de  Dteuy 
c’eft  une  preuve  que  fon  nom  a  été  employé  pour  la 
première  fois  dans  ce  concile  tenu  vers  les  fïon- 


aflcmblccs  diocélaines,  où  on  inleroit  tout-au- 
long  les  décrets  du  concile  de  Tulujcs ,  qui  l’avoit 
établie  poux  b  première  fois,  il  a  été  aifo  aux  co- 
piftes  en  tranfoivant  ces  décrets  ,  d'y  ajouter  les 
noms  des  évêques  qui  en  avoient  ordonne  l’execu- 
xion  ,  &  de  les  mettre  à  la  tête ,  comme  s’ils  s’é- 
loicnc  trouvez  à  ce  concile  ,  parmi  ceux  qui  y 
avoient  effcâiveraent  aflifté. 

j  cnnrd.il,.  M.BaUize  g  nous  a  donné  les  attes  d’un  fÿnodc 
^ 4J  J  r*’  du  diocèfe  d’Elne  ,  tenu  au  même  lieu  de  Tulujcs , 
le  premier  de  juin  de  l’an  1027.  par  Oliba  évêque 
d* Aufonne,  au  nom  de  Berengcr  évêque  d’Elne,  qui 
étoiiallé  alors  en  pellerinage  a  1a  Terre-fâinte.  On 
établit  dans  ce  fynode  une  trêve  à  peu  près  fembla- 
,  depuis  le  famedi  à  trois  heures,  julqu’au  lundi 
matin.  Suppofé  la  vérité  de  cette  date ,  c’cft  une 
nouvelle  preuve  que  la  trêve  de  Dieu  fut  établie 
pour  b  premiers  fois  dans  b  province  de  Nar- 


n  Ld.  uU. 
ftn.iS*. 

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Guillaume  111.  comte  d’Arles,  l’époufâ après Hu- 
gués  de  Lezignem ,  ôc  avant  le  comte  de  Tou-  •  GmH.ua. 
loufo  :  mais  ils  fe  trompent  certainement  \  car  on 
ne  trouve  aucune  comtefle  d’Arles  ou  de  Provence 
du  nom  d’ Almodis.  On  donne  feulement  P  2  Guil- 
bume  I.  comte  de  Provence  une  fille  nommée  Al-  de  ?roV./.l>» 
modis,à  laquelle  on  fait  époufer  Bofon  comte  de  la  &Jt*' 
Marche, &  cnfùire Guillaume  V.  duc  d’Aquitaine, 
fur  l’autorité  de  %  l’hiftoirc  de  Maillefais ,  differente 
de  la  chronique  :  mais  d’autres r  prétendent  avec  utn^AM 
plus  de  fondement  que  cetre  dame  éroit  veuve  M^**’/'* 
d’Aldebert  I.  comte  de  b  Marche  ,  ôc  fille  de  Ge- 
raud  vicomte  de  Limoges.  En  eftèr  nous  apprenons 
d’un  auteur  1  contemporain  ,  qu’Almodis  femme  ^ 
dcGuilbumcV.  duc  d’Aquitaine ,  avoir  époufé  en 

Ëremieres  noces  Aldebcrt  comte  de  Périgord  &  de  ,74* 

1  Marche ,  fils  de  Bozon  le  vieux ,  comte  de  la 
Marche  ;  ôc  qu’elle  étoit  fille  de  Gcraud  vicomte 

de 


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Digitized  by  LjOOQie 


NOTE 

XXXII. 


lUâre.Nify» 

f.llftj. 


DE  LANGUEDOC  6  o$ 

de  Limoges  :  ain/7  elle  aura  eu  de  fon  premier  ma-  quand  mime  l'abbaye  de  Adoijfdc  vitndroit  à  fi 
riage  Bernard  comte  de  la  Marche  >  pere  d’Almo-  fi  forer  de  celle  de  CIhm . 
discomreflede  Touioufo,  qui  aura  pris  Je  nom  de  40.  Cela  eft  fi  vrai,  que  le  P. de  Sainte-Marthe 
fon  ayeule.  .  convient 1 ,  que  Durand  moine  de  Cluni  étoit  déjà 

III.  Pons  comte  de  Touioufo  avoir  déjà  répudié  abbé  de  Moi/lac  dès  l'an  /os  2 .  tndiclion  /.  &  il  eft 
Almodis,  &  celle-ci  avoir  epoufe a  Je  comte  de  Bar-  fait  mention  dune  charte  qui  Je  prouve.  Nousap- 
celone  dès  le  12.de  Novembre  de  Fan  /oj+.  la  xx/v.  prenons  de  plus  de  Ja  chronique  m  d’Aymeric  de 


année  du  régne  du  roi  Henri.  Nous  avons  encore 
&  'uo™."0  deux  b  aéles  ou  il  eft  parle'  de  Raymond  comte 
de  Barcelone,  &  d’Almodis  là  femme,  datez  l’un  du 
1  S.de  Février, «5e  l’autre  du  1 7.  d’Avril  de  la  xx/v. 
année  du  régne  du  roi  Henri  ,  c’cft-à-dire  de  l’an 
1  o  5  j .  &  non  pas  l’un  de  l’an  1053.  &  l’aurre  de 
l’an  1054.  comme  le  fuppofe  M.  Baluze.  Nous 
trouvons  enfin ,  que  Raymond  comte  de  Barce¬ 
lone  &  Almodis  croient  c  dans  la  troifiéme  année 
de  leur  mariage  le  4.  de  Novembre  de  la  xxvn. 
année  du  même  roi ,  ou  de  l’an  1  o  5  6.  Il  faut  donc 


Xlb.lllo . 


Peyrat ,  que  S.  Odilon  abbé  de  Cluni  étant  dans  le 
Querci  eu  1 047»  Gaufbert  abbé  fècuJier  de  Moit 
fâc  lui  donna  cette  abbaye  à  réformer,  du  confon- 
tement  de  Pons  comte  de  TouJoufe ,  &  de  Tcvê- 
que  de  Cahors ,  &  qu’il  y  mit  alors  Durand  pour 
abbé.  L’aéte  donné  par  Pons  pour  l’union  de  cette 
abbaye  à  celle  de  Cluni  n’eft  donc  pas  éloigné  de 
cette  année  j  &  comme  la  lettre  dominicale  C  con¬ 
vient  a  l’an  1  o  5  j .  il  n’y  a  pas  lieu  de  douter  que  la 
charte  de  Pons&  d’Almodis  pour  confirmer  cette 
union  ,  ne  foit  de  la  même  année.  U  s’enfuit  de-Ià 


NOTE 

XXXII. 

1  G  a  U.  dm  fl. 
tbid.  p.  162. 


ni  Chr.^rm. 
le  Peyrat. /a. 
XS«.  verf . 


que  ce  mariage  ait  été  célébré  après  le  4.  de  No-  qu’on  doit  rayer  du  catalogue  des  évêques  de  Ca- 
vembre  de  l’an  1  o  5  3 .  &  avant  pareil  jour  de  l’an-  hors ,  Bernard  IV.  qu’on  a  met  fur  le  fiége  épifeopai 


èMéb.éd 
Ml.  10 *2.  fl. 

no. 


née  fuivante. 

IV.Nous  voyons  d’un  autre  côté  que  Pons  comte 
de  Touioufo  étoit  encore  marié  avec  Almodis  dans 
le  rems  qu’il  unit  l’abbaye  de  Moiflac  à  l’ordre  de 
Cluni  ;  union  fur  l’époque  de  laquelle  nos  mo¬ 
dernes  ne  font  pas  d’accord  *  ce  qui  vient  de  la 
fàufic  date  qui  a  été  ajoutée  à  l’aéle  qui  en  fut 
drefle.  Le  P.  Mabillon*  le  rapporte  à  l’an  1061. 

.  • _  j _ 1 _ •  _  »:i _ _  j _ 1 _ i:r_ 


de  cette  ville  en  1067.  fans  autre  autorité  que  celle 
de  k  fau/Tê  date  de  Ja  même  charte  ;  car  Bernard 
qui  fut  préfont  à  cet  acte ,  n’eft  pas  diffèrent  de  l’é¬ 
vêque  de  Cahors  de  ce  nom  qui  fiégeoit  en  loj  z. 
ôc  à  qui  Foulques  fucceda  depuis  Pan  10J5.JUT 
qu’en  106}. 

V.  Suivant  la  même  charte,  Gau/bertabbé  fo- 
culier  de  Moiflac ,  rendit  au  comte  de  Touioufo  le 


n  GdU.chrifl. 

tb.p.  117. 


quoique  dans  la  copie  qu’il  en  a  donnée  on  ne  lilc  droit  qu’il  a  voit  for  cette  abbaye,  à  condition  qu’il 
que  la  date  fuivante:  Datumfub die  tertio  l>a/.  f umi.  n’y  auroit  plus  dans  la  foire  que  des  abbez  régu 


liers.  M.  Baluze  0  demande  à  ce  fojet  d’où  vient 
que  le  meme  Gaufbert  déclare  dans  un  afte  de  l’an 
106$  Pqu’iiavoit  acheté ccrre abbaye  pour  trente 
mille  fols,  de  Guillaume  Taillcfer  comte  de  Tou- 


nf. 

ou. 

h  Pr.p.ll  I 


Après  ces  mots  on  lit  encore  ceux-ci  dans  l’édition 
'J* *  m^*mc  a&e  ^onn(^e  Par  M.  Baluze  e  IJ/.firiâ 

4**.  régnante  Phihppo  rege  Fr  an  cor  um.  Le  P.  de  Sainte- 
Marthe  *  qui  a  donné  la  même  charte  parmi  lespié- 
ces  juftificatives  du  premier  volume  du  Galliacbri-  fou fo ,  &  qu’on  voit  cependant  dans  la  chronique 
,7*  Jliana ,  la  rapporte  dans  un  endroit  avec  la  même  xTAymeric  de  Peyrat,  que  Pierre  abbé  régulier  de 
date  de  M.  Baluze,  &  dans  l’autre  avec  celle-ci:  Moiflic,  avoit  inftirué  un  abbé  chevalier  en  1042. 
Datum fub  die  111.  kal.  ^ umi  111.  fena  anno  ab  In -  On  peut  répondre,  que  les  religieux  de  Moiflic 
carnatione  Dçm/ni  M.  LXVll.  Enfin  on  lit  cette  ne  pouvant  s’empêcher  d’avoir  Gaufbert  pour  leur 
dernicredate  dans  la  copie  de  la  meme  picce  rap-  avoué  ,  s’accommodèrent  avec  lui ,  6c  qu’ils  le 
portée  par  Aymericdc  Peyrat ,  abbé  de  Moiflic,  clioilirent  pour  leur  défenfour particulier,  moyen- 
Jj  qui  vivoit  au  XIV.  ficelé ,  dans  (a  chronique  «ma-  nant certains  biens  qu’ils  lui  abandonnèrent ,  avec 

nuforite  de  cette  abbaye ,  for  laquelle  nous  avons  le  droit  qu’on  appelloi tcaptenmum.  <1 
-  collationné  notre  édition. h  VI.  Pons  comte  de  Touioufo  mourut  a  la  fin  de 

Nous  remarquerons  d’abord  au  fojet  de  cct  aéle  l’année  10 Go.  ou  au  commencement  de  la  fui- 
qu’on  n’en  a  pas  l’original,  &  que  toutes  les  co-  vante.  Nous  (çavonsen  effet  qu’il  vivoit  encore  r 
pics  qui  en  ont  paru  /ont  tirées,  ou  du  cartulaire  fous  le  régne  du  roi  Philippe  I.  qui  focccda  au  roi 
de  l’abbaye  de  Moiflac ,  ou  de  celui  de  Cluni.  Or 
les  copiftcs  auront  infailliblement  ajouté  d’eux- 
mêmes  Tannée  de  Tlncarnationou  celle  du  roi  Phi¬ 
lippe»  ce  qu’il  eft  aife  de  démontrer. 

i°.  Il  eft  dit  dans  le  corps  de  l’aéle  1  qu’il  fût 
paflef  le  jour  de  la  folemntté  des  apôtres  S.  Pierre 
fÿ  S.  Paul.  Il  faut  donc  lire  :  111.  kyl.  'juin*  & 
non  pas  Ju/jü.  Il  eft  marqué  auflï  que  c’ctoit  un 
mardi;  &  par  confequent  la  lettre  dominicale  croit 
C  :  or  elle  ne  fçauroit  convenir  ni  à  l’an  1 061.  nia 
l’an  1067.  D’ailleurs  Pons  comte  de  Touloufc  étoit 
alors  déjà  décédé. 

z°.  Almodis  ayantquitté  ce  comte  pour  époufor 
le  comte  de  Barcelone ,  avant  le  mois  de  Novem- 


o  Bal.  hifl. 
T  "tel.  p.  45* 

pPr.  #.244* 


q  V.  rta/Mh 
1  bid.  &  I)*- 

c**Se&loJT- 


r  Pr.p  23  S . 


ifr.  1 bid. 


tp.  240. 


t  hifii 


Henri  fon  pere,  au  mois  d’Aout  de  Tan  1060. 

«5c  que  Guillaume  fon  fils  fo  qualifioit 1  comte  de 
Touioufo  en  1061. 

VIL  Un  généalogifte  moderne c  prétend  qu’Al- 
modis  femme  de  Pons,  ne  fo  remaria  quàprès  la  '*• 2* 
mort  de  ce  prince,  avec  le  comte  de  Barcelone  : 
mais  on  déjà  vu  que  ce  dernier  l’avoit  déjà  époufée 
en  1054.  Cet  auteur  ne  fo  trompe  pas  moins  fort 
qu’il  avance  qu’Almodis  étoit  veuve  d’Hugues 
feigneur  de  Lezignem .  lorfqu’ellecpoufa  le  comte 
de  Touioufo,  puifqu’il  eft  certain  qu’Hugucs  de 
Lezignem  premier  mari  (t Almodis ,  vivoit u  encore 
en  1060.  Cette  comteflè  eut  donc  trois  maris 
qui  vivoient  en  même  rems ,  &  c’eft  mal  à  propos 


u  Chr.  Mil* 

ItÂC.  p.  210. 


tPr-b  127. 


bredel’an  i054.ainfi  que  nous  venons  de  le  prou-  queCatel,xquia  foppofo  auflï  qu’Almodis  nepoufo  *  Cdtelcomu 
ver,  il  s’enfuit  que  la  charte  dont  nous  examinons  le  comte  de  Barcelone  qu’après  la  mort  de  celui  de 
la  date ,  eft  antérieure  à  cette  année.  Touioufo ,  a  relevé  Thiftorien  des  comtes  de  Barcc- 

j°.  Il  eft  certain  que  l’abbaye  de  Moiflac  étoit  lone,  pour  avoir  avancé  que  le  premier  fo  maria 
déjà  unicà  Tordre  de  Cluni  dès  Tan  105  5 .  &  fous  avec  elle  en  105  }. 

le  régne  du  roi  Henri ,  comme  il  paroît  par  une  do-  VIII.  Si  nous  en  croyons  Befly  »  Pons  comte 
nation  k  faite  alors  a  ces  deux  abbayes  en  la  per-  de  Touioufo'  laiflà  d’Âlmodis  là  femme  deux  « 
fonne  de  leurs  abbez,  Hugues  «5 c  Durand dans  filles,  dont  Tune  fut  femme  du  ...*  comte  de* 
laquelle  le  donateur  veut  que  la  donation  fobfiftç  Cerdagnc,  dont  vintGuiilaume  furnommé  jour-  * 

Tome  //.  "  HH  hh 


J  Befly  P»ité 
P  IX*. 


6  io 


NOTES  SUR  V  HISTOIRE 


gli(e  ,  doit  U  s  entait  qu 

porte  à  peu  près  les  mêmes  termes  ,  fans  pourtant  vicomte  de  Touloufc  au  moins  vers  lan  1050. 
citer  Bclly  d  où  il  les  avoit  tirez  -,  il  qualifie  feule-  IV.  Nous  avons  une  reftirution 1  datée  de  Tou- 
ment,  Gui  III. de  Lezignemjc prétendu  gendre  de  loufe,&  faite  à  l’abbaye  de  Moiflàc  vers  l’an  1060.  / 

Pons  comte  de  Touîoufè  :  mais  il  n’y  a  aucune  du  confeil  du  vicomte  Adcmar ,  (3  en  prefence  de 
preuve  que  ce  prince  ait  eu  ces  deux  filles  d’Al-  Pons  comte  de  Toulon fe .  Ce  vicomte  vécut  encore 

modis.  i9.  Il  eft  vraf  que  les  divers  hiftoriens  de  long-tcms  après.  Il  fit  une  donation  à  l’abbaye  de 

de  la  guerre  fainte  donnent  a  Guillaume- Jourdain  Moiflàc  en  1 074* m  de  concert  avec  le  vicomte  Ar-  ®  /•  ***. 

contre  de  Cerdagne ,  le  titre  de  neveu  (  &  non  pas  mand ,  Pons  &  Raymond ,  fes  frères ,  &  Guillaume 
d c  frire)  de  Raymond  de  S.  Gilles ,  qu’il  fuivit  fon  fils.  Comme  Raymond  l’un  des  freres  du  vi- 
dans  cette  expédition:  mais  il  n’étoit  que  fon  neveu  comte  Adcmar,  prend  dans  cctadtc  le  nom  de 
à  la  mode  de  Bretagne,  comme  nous  l'avons  fait  RayrnHndus-Adem.trti>  c’eft  une  preuve,  fuivant 
•  voir  b  ailleurs.  i°.  Il  eft  furprenant  que  Bcfly  c  leftilc  de  ce  fiécle,  que  leur  pere  s'appelait  A dc- 
1%.  q»i  rapporte  un  extrait  delà  chronique  de  Mail-  mar  :  ainfi  Adcmar  vicomte  de  Touloufc  quivi- 
«+V  «M+j.  lefais ,  où  il  eft  marqué  expreflèment  qu’Almodis  voit  en  96 1  .aura  etc  vraisemblablement  leurayeu!, 

'Tjeq'  femme  de  Pons  comte  de  Touloufc  ,  avoit  été  &  leur  aura  tranfmis  fon  nom  &  fes  domaines. 

mariée  en  premières  noces  avec  Hugues  de  Lczi-  On  ne  voit  parmi  ces  quatre  freres  qu’Armand 
gnem ,  furnomme  le  Pieux ,  dont  elle  eut  un  fils  &  Adcmar  qui  ayenr  pris  le  titre  de  vicomte.  Ils 
appelle  Hugues,  ait  fuppofé  que  ce  dernier  étoic  polTederent  la  vicomté  de  Touloufc  par  indivis, 
neveu  de  Raymond  de  S.  Gilles,  &  fils  d’une  pré-  avec  leurs  autres  biens  fîtuez  la  plupart  dans  le 
tendue  fille  de  Pons  comte  de  Touloufc  *,  tandis  Qticrci,  comme  il  paroît  entr’autres  par  la  fonda- 
qu’il  eft  confiant  qu’il  étoit  fon  frere  utérin  :  mais  tion  n  qu’ils  firent  conjointement  en  1083.  d’un 
on  doit  ccflcr  d’erre  furpris  de  cette  bevûc  dès  prieuré  fous  la  dépendance  de  Moiflàc,  auprès  du 
d  Btflj  ib.f.  qu'on  voit  que  le  même  auteur  J  donne  pour  pere  château  de  Bruniquel.  Il  eft  encore  fait  mention 
,J6#  à  Raymond  de  S.  Gilles  tin  prérendu  Guillaume -  A"  ,,irAm^  A^mirdinc  un  a*^  •  ^rUnr  ^ 

Raymond  comte  i Arles  (3  de  Touloufe  qui  n’a 
jamais  exifté. 


b  V.  K  or. 
XXVII.  W.io 
• 

3 

&/*ï 


t  Vit. S-  Ct- 
rtld.l.  l.i.îS. 
c rfeq. 
t  Catel  comt. 
r.n. 


çV.No  f.XH. 

n-  9. 

K  Tr.f.l  10. 


5  Fr.p. }  JO. 


NOTE  XXXIII. 

Sur  les  vicomtes  de  T ouloufe  &  de 
Bruniquel. 

1.  T 1  Enoît  dont  il  eft *  parlé  dans  la  vie  de  S.  Ge- 
raud ,  eft  le  plus  ancien  vicomte  de  Touloufc 
que  nous  connoifiions.  Catel f  fait  mention  d  un 
Raymond  vicomte  (3  viyuter  de  Touloufe  fous  le 
régne  du  roi  Raoul ,  c’eft-a-dirc  ,  vers  l’an  951. 

Nous  trouvons  enfuite  un  Aton  vicomte  de  Tou¬ 
loufe  vers  l’an  940.  qui  *  à  ce  qu’il  paroît  ctoic  nicjuel ,  dans  un  atte  fins  date  fait  en  prcfencc 
fils  ,  ou  petit-fils  de  Benoît*,  &  enfin  un  Adcmar  de  Raymond  Ebon  évêque  de  Laittourc  &  pre- 

...tT.  mr-nrinnnr*  b  vrre  l.in 


du  vicomte  Adcmar  dans  un  aétc  •  poftcricur  a  0  ?r.  au, 
l’an  1085.  Nous  trouvons  enfin  un  Adcmar  vi¬ 
comte  de  Touloufe  en  P  1098.  J4|, 

V.  11  refaite  de  ce  que  nous  venons  de  dire 
i°.  qu’Adeimr  III.  a  été  vicomte  de  cette  ville 
depuis  environ  l’an  1050.  jufqu’cn  1098.  & 
qu’ainfi  c’eft  à  cette  dernière  année  qu’il  faut  rap¬ 
porter  l'acte  qu’il  fit  étant  au  lit  de  la  mort ,  & 
dont  nous  avons  déjà  parlé.  i°.  Que  ce  même 
Adeinarn’cft  pas  different  d’Adernar  qualifié  avec 
fon  fils  princes  de  U  province  de  Cabors  ,  lesquels 
fondèrent  en  1090.  *  tndtchon  / 4.  du  confeil  de  q Gdèrifi, 
Geraud  évêque  de  Caliors,  &  de  Guillaume  comte 
de  Touloufe,  le  prieuré  de  S.  Gilles  de  Negrc- 
pcliflè.  Il  eft  frit  mention  dans  le  cartulaire  de 
S.  Scrnin  de  Touloufc  d  Adcmar  vicomte  de  Bru - 


auflî  vicomte  de  Touloufc,  mentionné  h  vers  lan 
961.  dans  le  tcflamcnt  de  Raymond  I.  comte  de 
Rouergue. 

II.  Un  autre  Adcmar  vicomte  de  Touloufi ,  étant 


vôt  de  la  cathédrale  de  Touloufc ,  lequel  pofleda 
cet  évcché  1  depuis  l’an  1061.  jufqu’cn  1097.ee  r 
qui  prouve  évidemment  qu’Adcmar  III.  vicomte 
de  Touloufe  prenoit  auflî  le  titre  de  vicomte  de  /««. 


à  l’article  de  la  mort 1 ,  déclare  par  un  aéle  qui  Bruniquel  \  car  on  a  déjà  vu  qu’il  poflcdoit  le  do- 


eft  fans  date ,  qu’il  avoit  ufurpé  autrefois  l'alleu 
de  Mafiufe  fituc  en  Querci ,  fur  l’abbaye  dcMoif- 
fac  .  qu’il  avoit  d’abord  reçu  en  fief  cet  alleu,  qui 
lui  poitoit  cent  fols  de  rente,  de  Guillaume  eve- 
aue  fin  fiigneur  ,  &  enftitc  de  Gaufbert  abbé 
îcculicr  de  Moiflàc*,  &  enfin  qu’il  avoit  remis  la 
moitié  de  cette  rente  entre  les  mains  de  Durand 
alors  abbé  de  Moiflàc.  Il  s’enfuit  de  là  qu’Adc¬ 
mar  étoit  vicomte  de  Touloufe  1  °.  fous  1  épifeo- 
pat  de  Guillaume  évêque  de  Cahors,  dont  nous 
examinerons  bientôt  l’époque.  i°.  Du  tems  de 
Gaufbert  qui  fut  abbé  fcculier  de  Moiflàc  depuis 
environ  l’an  1030.  jufqu’cn  1063.  $*.  Sous  Du¬ 
rand  qui  fut  élu  abbé  régulier  de  ce  monafterc,  de  Touloufe  vicomte  ,  fils  de  Guillaume  de  Touloufe 

vers  l’an  t  o  J  2.  &  qui  ayant  été  promu  à  l’évêché  de  Mont clar .  On  voit  par  là  que  ce  Guillaume  def- 

de  Touloufe  en  1059.  le  confcrva  avec  l’abbaye  ccndoit  d’Adcmar  III.  vicomte  de  Touloufe,  s’il 

jufqu’à  fa  mort  arrivée  en  1071*  4°.  Enfin  après  nctoit  pas  le  même  que  fon  fils  de  ce  nom,  & 

la  mort  de  ce  prélat ,  puifque  parlant  de  lui ,  il  dit  que  ce  dernier  eut  le  château  de  Montclar  en  par- 
qu’il  étoit  alors  abbé  de  Moiflàc.  ^  tage.  Ce  Guillaume  pere  de  Pons,  n’tft  pas  dif- 

111.  Quant  à  l'épifcopat  de  Guillaume  evêque  ferent  fans  doute  du  vicomte  de  Moutclar  ,  dont 


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maine  de  ce  château  avec  fon  frère  Armand.  Cefl 
à  ce  dernier  titre  que  leurs  fucccflcurs  fc  fixèrent, 

&  a  celui  de  vicomtes  de  Montclar ,  château  fitué 
fur  les  frontières  de  Qucrci  dans  le  voifinage  de 
celui  de  Bruniquel ,  parce  que  ces  deux  chârcaux 
étaient  les  principaux  lieux  de  leur  domaine*, 
en  forte  que  depuis  Adcmar  III.  il  ne  paroît  pas 
qu’ils  ayent  pris  le  titre  de  vicomtes  de  Touloufe. 

VI.  Guillaume  de  Touloufe  (3  fin  fi's  Pons  ac¬ 
cordèrent  en  1 1 6  3  .*  à  l’abbaye  de  Grand-Selve  une  tend  n«u 
exemption  de  péage  fur  leurs  terres.  Nous  trou-  P i *' 
vons  encore  dans  un  aéle  du  cartulaire'  de  S.  Scr- 1 
date  du  mois  d’Aoùt  de  l’an  1  1 7 5-  l,n  P°nî 


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DE  LANGUEDOC 


6it 
dans  la  maifon  de* 


NOTE  on  nc  man|ufc  P35  k  nom  >  &  qu*  w1  * 1 5  *  échan-  château  de  Brufques  étoit  alors  dans  ia  mauon  ac*  n  O  T  B 

XXXIII.  g^a  *  le  chateau  de  Jancs-Mcjancs  en  Albigeois  vicomtes  de  Bruniquel ,  c’eft  une  preuve  que  Fro-  X  XXl  IL 

4  Trif»  de$  contre  la  rroifiéme  partie  du  château  de  Montclar,  tard  appartient  à  leur  généalogie  -,  ce  qu’ôn  peut 

«4.  it  c*r c*/.  qllc  |a  vicomrcffè  de  Moncredon  lui  céda.  Le  même  confirmer  (ùr  ce  qu’un  nomme  Geraud ,  fa  femme 

Guillaume  eut  une  fille,  ik  nous  trouvons  en  1 1 5  9.  Guillelmetc  >  Ci  fes  enufins  le  vicomte  Pierre  (4  Fro- 

un  Armand de  Montpez.at  ( en  Querci  ) , gendre  de  tard,  donnent  vers*  l’an  x  1 06.  l’églifc  de  Cam-  «l/* 
b  rr. p. 599  •  Guillaume  de  Touloufe.  Nous  apprenons  b  enfin  que  bon  en  Albigeois ,  â  l’abbaye  de  Vabres  en  Rouer- 

Raymond  V.  comte  de  cette  ville  ,  donna  en  fief  gue.  Or  on  a  déjà  vu  que  le  fils  de  Guillelmetc  vi¬ 
le  premier  d’ Avril  de  l’an  1177.  au  même  Ar-  comtcfle  de  Bruniqucl ,  prenoit  indifféremment  le 

mand  de  Montpezat ,  à  Bertrand  (on  frère  &  â  nom  de  Pierre  ou  de  Picrrc-Aton  ;  ainfi  ce  (êra  le 

Bertrand  de  Villeinur  leur  bcau-fterc ,  les  châteaux  même  qui  Vers  ce  tcms-là  r  fit  avec  Foy  fe  femme  >  *  i î 
de  Montclar  &  de  Montpezat ,  â  condition  qu’ils  un  échange  contre  l’abbaye  de  Vabres, 
n’auroient  aucun  commerce  avec  Pons  de  Ton -  70.  Si  Aron  qui  étoit  archevêque  d’Arles  en 

loufi:  preuve  que  ce  comte  confifqua  alors  la  vi-  1 1 1  j.  appartient  â  la  maifon  des  vicomtes  de  Bru- 
comté  de  Montclar  fur  ce  dernier  donc  nous  ne  niquel,  comme  nous  le  conjecturons ,  il  devoir 
connoiffons  pas  la  poftériré.  être  frère  de  Picrre-Aton  vicomte  de  Bruniquel , 

VIL  Nous  trouvons  au  XII.  fiécle  une  fuite  de  qui  époufe  Guillelmetc  en  1069.  ainfi  Aton  leur 
vicomtes  de  Bruniquel  qui  paroifient  être  une  bran-  pere  aura  époufé  une  finir  de  Richard  archevêque 
chc  des  vicomtes  de  Touloufe..  Nous  fçavons  en  de  Narbonne  *,  car  ce  dernier  étoit  ■  oncle  d’Aton  'V.cMifflki 
effet  qu’Adcmar  III.  vicomte  de  Toulopfe  &  de  archevêque  d’Arles,  &  parent  ou  allié  du  vicomte 
t  fr.p.  i  Bruniquel  eut  p luficur s  fils  *.  Bcrnard-Aton ,  frerede  Guillelmetc^ 

r°.  Armand  &  Adcmar  fi> nfrcrc,  vicomtes  VIII.  Nous  ne  trouvons  plus  rien  fiir  les  vicom- 
ier.p.  ICO.  de  Br  unit}  Hel ,  vendirent  H  en  1 1  56.  â  Raymond-  tes  de  Touloufe,  de  Bruniqüel&  de  Montclar  dc- 
Trencavel  vicomte  de  Beziers,  tous  les  domaines  puis  l’an  1 177.  jufquen  1x14.  que  ccs  deux  der- 
tjne  leur  ayeule  Guillelmet e  mere  de  leur  pere  Aton ,  nieres  vicomtez  appartenoient  â  Raymônd  le  Jeune 
avoic  eus  en  dot.  Celle-ci  étoit  fille  de  Raymond-  comte  de  Touloufe ,  qui  les  donna  â  fon  frere  Bcr- 
Bcrnard  vicomte  d’Albi  &  de  Nifmes  ,  &  ayeul  trand  enlemariantavecComroreifede  Rabaftens. 
de  Raymond  -  Trencavel  :  elle  époufa  en  1 069.  •  Les  defeendans  de  Bertrand  prirent  le  titre  de  vi- 
Pierrc  Aton.  comtes  de  Bruniquel  6c  de  Montclar ,  vicomtez 

2°.  Ce  Pierre  Aton  fut  vicomte  de  Bruniquel  3  qui  payèrent  dans  la  fuite  â  une  brahehe  cadetcde 
car  outre  que  fon  fils  &  fes  petits-fils  pqllcderent  la  maifon  de  Comminges.  Or  ce  qui  prouve  ma- 
cette  vicomté  ,  Guillelmetc  fà  femme  fe  qualifie  nifoftement  que  cette  vicomté  de  Bruniquel  eft  la 
vicomtejfe  dans  une  donation  *  quelle  fit  â  leglife  même  que  celle  que  pofiedoit  Ademar  III.  vicomte 
de  Bioulc  en  Querci ,  aux  environs  de  laquelle  le  de  Touloufe  au  XI.  fiécle ,  c’eft  que  ce  dernief 
château  de  Bruniquel  eft  fitué.  reftitua  5  â  l’abbaye  de  Moiflàc  l’alleu  de  Majufi .  ‘  1 

i  Nous  trouvons  &  un  Pierre  appelle  Aton  fils  qu’il  avoir  ufurpé,  6c  qu'en  1380.  Roger  vicomte 

de  Bruniquel  ht  hommage  du  même  alleu  â  Ay- 
nicric  de  Peyrat  abbé  de  Moiflac. 

IX.  C’eft  tout  ce  que  nous  avonspû  recueillirfur 
Armand  vendirent  h  cn  1156.  à  Raymond-Trcn-  JCs  anciens  vicomtes  de  Touloufe &de  Bruniquel* 
cavcl  ce  château  qui  venoit  de  la  dot  de  Guilkrl-  dont  on  peut  rapporter  fort  vraifemblablement  l’o- 


r  f.  Ut 

fi* 


IM»J* 


h/.  j*o. 


•If*. 


de  Gutllelmete  ,  qiii  en  1126.  reçut  l’hommage 
pour  le  château  de  Vinaffàn  au  diocèfe  de  Nar¬ 
bonne.  Or  comme  les  deux  vicomtes  Ademar  6c 


*/•  49t. 
à  /.  402. 


inecc  leur  ayeule,  c’eft  une  preuve  qu’ils  étoient 
fils  du  même  Pierre,  lequel  le  dit  fils  de  Gutllel - 
mete ,  &  fc  qualifie  vicomte  en  1 1  3  9.  »  Ce  Pierre 
Aton  ne  paroit  pas  different  du  vicomte  k  Aton  qui 
avec  Pme  veuve  cC Armand  vicomte ,  fit  vers  l’an 
1 1 20.  une  fondation  dans  l’abbaye  de  Moifiàc 
pour  lame  du  même  Armand  &  de  fes  parens. 

4°.  Armand  &ft>n  frere  Ademar  fe  qualifient 
encore  vicomtes  de  Bruniquel  dans  un  bail  à  fief 
'  1  jrth.  du  qu’ils  firent 1  en  1156.  de  la  ballide  de  Blango. 
Utot>.  de  j^c  m£mc  Ademar  vicomte  de  Bruniquel ,  fonda  m 
m  u  cmx  vers  l’an  1165.  l’abbaye  de  S.  Marcel  en  Querci 
dMn.ed!UtT.  ^tut^e  au  voifinage  de  fes  terres. 
b  74.  5  Nous  avons  n  un  ade  par  lequel  la  vicomtefie 

**•?•**$•  petron,nc  ÿ  J'on  fils  Arnaud  -  Bernard  Ci  fa  fille 
Braide ,  donnent  vers  l’an  1 1 6  5 .  à  l’abbaye  de  Moif* 
fec ,  ce  qu’ils  avoient  dans  la  paroillè  de  Bioule. 
Une  autre  0  donation  faite  en  1 1 6  5 .  par  Arnaud- 
Bernard  de  MontUvxrd ,  Ci  Br  aide  fa  fœur ,  â  lab- 


ngine  a  Aton  vicomte  dans  le  Touloufain ,  qui 
86 7.  ou  du  moins  â  Benoît  qui  étoit 


vivoit  en 

vicomte  de  Touloufe  au  commencement  du  X.  fié- 
clc,  ainfi  que  nous  l’avons  u  marqué  danslagénca- 
logie  des  Trencavels,  qui ,  à  ce  qu’il  paroîc ,  étoient 
de  la  même  maifon. 


NOTE  XXXI  y. 

Èfoque  du  cencile  de  S .  Gilles  tenu  au 
milieu  du  XI.  fiécle ,  &  de  quelque  t 
autres  conciles  tenus  à  2farbonnt  vers  U 
meme  tems . 


“A.  p.  44. 
2. 


I.  Ç  Uiv.int  ce  qui  housrefte  de  ce  concile  de  feint 
O  Gilles  dans  les  x  additions  de  M.  Baluze  au  li-  x  Marc.ctn- 
vre  de  la  concorde  de  M.  de  Marca ,  il  fût  tenu  le  û.vio+l 
baye  de  S.  Marcel  en  Querci ,  cft  foulcrice  par  Ar -  4.  du  mots  de  Septembre ,  &  compofé  de  vingt-deux 
mand  vicomte  de  Bruniquel .  Nous  conjc&urons  évêques,  du  nombre  defqucls  étoient  Raimbaud 
que  cette  vicomtcflc  Pétronille  étoit  foeur  6c  héri-  i  Arles  ,  Guillaume  et  Albt ,  Bernard  de  Lodeve  * 
ticre  d’Armand  6c  d’Adcmar  vicomtes  de  Bruni-  Pierred’Aix,Cic.M.Ba\tizepiétendyquil£iit  afiem-  y  un* 
quel ,  6c  que  ceux-ci  décederent  fans  pofterité.  On  blé  en  1 05  (3.  en  quoi  il  a  été  fuivi  par  les  éditeurs 
a  vu  en  effet  qu’ils  vendirent  une  grande  partie  de  des  x  conciles:  mais  ils  fe  trompent;  car  nous  avons 
leurs  domaines.  les  aâes  d’un  autre  concile  tenu  aa  certainement  à  ’&4 

6Q.  Un  vicomte  nommé  Frotard  de  Brufques ,  fit  Touloufe  le  13.  de  Septembre  de  l’an  1056.au-  B99; 
t  *r  hommage  P  en  1134.  pour  le  château  d’Eifiène  en  quel  fe  trouvèrent  Raimbaud  et  Arles ,  Pons  d'Aix* 


Rouergue ,  â  Hugues  comte  de  Rodez.  Comme  le 
T ome  II. 


kofiain v  de  Lodeve  *  Cic.  Le  P.  de  Samtc-Marthe *  *♦. 

HHhliij 


«n  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 

NOTE  Su'  a  c«tte  difficulté,  convient  que  le  concile  de  cccte  ville  le  premier  d’Août  de  l'an  1045.  0  _ 

XXXIV.  S.  Gilles  fut  allèmblé  quelques  années  avant  l’an  ce  que  Raymbaud  archevêque  d'Arles  >  &  quelques  x  X  x  I Y 
1056.  mais  il  n’en  fixe  pas  l'époque  :  tâchons  de  autres  prélats  aflîfterent  à  l'un  &  à  l’autre  :  mais  dc- 
fuppléer  à  (on  défaut.  puis  qu’on  a  imprime  m  les  aâesdu  ptcmicr,on  voit  a  M*rm. 

i°.  Il  eft  certain  que  ce  concile  eft  antérieur  i  que  les  évêques  Eftitnne  de  Béziers,  &  Eftienne  ^ 

l’an  1054.  puilque  Rodai ng  fut  évêque  de  Lo-  d’Agde  y  aflîfterent ,  au  lieu  que  Bernard  de  Béziers 

Ud  fU!!uy%  ^evc  depuis  ccttc3  année  julqu’cn  1061. Sc au  pon-  &  Guillaume  d’Agde  fc  trouvèrent  à  celui  dcl  l’an 

’  tificat  d’Alexandre  H.  1 04  3.  preuve  que  ce  font  deux  conciles  differens  ; 

i°.  Le  concile  de  S.  Gilles  eft  également  anté-  mais  rien  noblige  de  fixer  l’époque  du  premier  â 

rieur  â  l’an  1050.  car  011  n’a  aucune  preuve  que  l’an  1  o  $1.  puilqu’on  ne  la  fonde  “  que  fur  la  mort  «***,.* 

Pierre  archevêque  d'Aix  ,  qui  y  aflifta  ,  ait  fiegé  d’Odombellus  évêque  de  Lodeve  qui  y  aiïifta  ,  ôc 

b  chri/t.  après  l’an  b  104  S.  &  Pons  (011  fuccefleur  ctoit  qui  mourut,  dit-on,  cette  année  *,  ce  qui  eft  très- 

9k,d.p  jo i.  déjà  archevêque  d’Aix  en  1050.  incertain  °.  Ce  qu’il  y  a  de  vrai,  c’eftquece concile  e  fu,Uu 

*****  3*.  il  doit  avoir  précédé  l'an  1044.  En  effet  de  Narbonne  fut  tenu  entre  l’an  îojl.  &  l’an 

Gaucelin  évêque  de  Fréjus  qui  s’y  trouva,  ne  pof-  1 040. 

t/Mf.417.  (cdoit  plus  alors  cet  évêché,  occupé  cette c  année  _ _ _ 

par  Bertrand  Ion  fucceflcur. 

4°.Udoitêtrepoftcricuràl’an  1040.  en  ce  que  N  OTE  XXXV. 

Ameliusétoir  encore  alors  evêque  d’Albi,  &  que  _  1  1  j  r% 

*  n.  ...  Guillaume  fon  fuccefleur  a  s'y  trouva.  époque  iet  U  tlainte  de  berenger  vicomte 


c  Ibid.f  .417. 


à  lit.  f,  t  o. 
tlbid.f.njj% 


"  Mérita.  A. 


incertain  0 .  Ce  qu’il  y  a  de  vrai,  c’eft  quece concile  t  fh,uu 
de  Narbonne  fut  tenu  entre  l’an  1031.  &  l’an 
1040. 


NOTE  XXXV. 

Epoque  de  U  plainte  de  Berenger  vicomte 


5  Enan  il  fut  tenu  après  l'an  1041.  puifque  «  de  Narbonne, contre  Guifred  archevêque 
Andrd  évêque  de  Nice  y  fouferivit ,  &  que  Nitard  de  cette  ville. 


t  Métten. 

^neci.tt.X.f' 

ti.&fep 


fon  prcdécellcur  écrivit  â  tous  les  évêques  d’Italie 

pour  leur  faire  recevoir/.*  trevede  Dieu .  Or  nous  I./^Atcl  Pa  donné  la  traduction  Françoifc  de  cette 
avons  déjà  prouvé  que  cette  trêve  ne  fut  établie  plainte,  dont  M.  Baluze  a  imprimé  une  copie  7 5 

pour  la  première  fois ,  qu’en  1 041.  Lt  concile  de  Latine  dans  fes  conciles  *  de  la  Gaule  Narbonnoifc. 

S.  Gilles  fut  donc  tenu  ou  l’an  1041.  ou  l'an  1043.  Ce  dernier  en  fixe  l’époque  dans  une  note' à  l’an  i.V/rJ!  ^ 

&  rien  n’empêche  que  les  vingt-deux  évêques  qui  1056.  en  quoi  il  a  été  luivi  par  le  P.  Labbequia  r  *•»•■*•** 

y  aflîfterent,  ne  fiegeallcnt  tousalorsi  ce  qui  peut  inféré  la  même  plainte  dans  les 1  additions  au  îx. 

(ervir  i  rectifier  l’époque  de  leur  épifeopat,  qu'on  a  volume  de  (on  édition  des  conciles.  Les  raifons  qui  f*  «h** 
fort  brouillée  â  l’occalion  de  la  faillie  date  de  ce  ont  déterminé  M.  Baluze  à  embrafler  cette  époque 
t  Méttt*.  concile.  Comme  nous  voyons  cependant  *  que  font,  i°.  que fuivant cet  aétc, Berenger préfenta fa 
Aneci.i».  1.;.  Raimbaud  archevêque  d’Arles,  &  les  évêques  Ber-  plainte  aux  légats  du  pape  ,  en  prclcncc  de  Raim* 

1  nal-d  de  Lodeve  ,  Hugues  d  üfcz,  &  Frotairc  de  baud  archevêque  d’Arles,  6c  à  ce  qu’il  croit,  du 

Nifmcs  alliftcicnt  au  concile  tenu  à  Narbonne  le  vivant  du  pape  Viétor  II.  Or  le  même  Raimbaud 

premier  d’Août  de  l’an  1 04  3 .  &  qu’ils  (ê  trouvèrent  &  Pons  archevêque  d’Aix ,  prefiderent  à  un  concile 
aufli  au  concile  de  S.  Gilles ,  nous  ne  doutons  pas  tenu  en  1  o  5  6.  Lcscvêques  de  Lodeve  &  d’Elne 
que  ce  dernier  n’ait  etc  tenu  le  4.  de  Septembre  de  croient  prélens  au  concile  où  Berenger  porta  cette 
l’année  precedente,  &  que  ce  ne  foit-là  (à  véritable  plainte  *,  Ôc  ces  deux  prélats  fe  trouvèrent  au  concile 
époque.  de  Touloulc  de  l’an  1  o  5  6.  3  °.  Enfin  fi  cette  plainte 

II.  Il  refte  une  difficulté,  c’cft  que  Clement  ctoit  poftérieure  au  pontificat  du  pape  Viétor  II.  le 
évêque  de  Cavaillon  (oulcrivit  au  concile  de  faine  vicomte  n’auroit  eu  garde  de  ne  faire  mention  que 
r  Ssü.chrl/t.  Gilles.  Or  on  prétend  s  que  Pierre  auili  évêque  de  d’une  feule  excommunication  lancée  contre  Par- 
§b*  i  f.9U-  Cavaillon  qui  (oulcrivit  à  celui  de  Narbonne  tenu  chcvcquc;  puilqu’il  cfl  certain  ,  par  le  témoignage 
le  premier  d’Août  de  l’an  1043.  aflîfta  *  un  aurrc  du  pape  Grégoire  Vil.  que  ce  prélat  fut  excommu- 
concile  de  Narbonne  tenu  vers  l  an  1032.  Pierre  nié  par  pluhcurs  papes  (es  prédéccflcurs.  M.  Ba- 
aura  donc  rempli  le  (iege  de  Cavaillon  depuis  l’an  luze  croit  donc  que  Guifred  fut  excommunié  par 
1031.  julqu’en  1043.  &  par  conféquent  Clément  le  pape  Viélor  II.  au  concile  tenu  à  Florence  en 
fon  Iticccllctir  ne  peut  avoir  lbufcrit  le  4.  de  St*-  1055.  6c  que  c’eft  ccrtc  excommunication  dont 

Etembrc  de  l’an  1041.  au  concile  de  S.Gilles.Mais  Berenger  fait  menrion. 

1  fbulcription  de  Piefre  évêque  de  Cavaillon  au  II.  Avant  que  d’entrer  dans  l’examen  de  toutes 
concile  qu’on  prétend  avoir  été  tenu  à  Naibonnc  ces  raifons .  nous  en  apporterons  une  qui  détruit 
b  Méften.  en  1031.  ne  décide  rien.  1  •.On  y  voit  celle hde  entièrement  l’époque  de  M.  Baluze.  Il  eft  certain 
4 nci:cnacr  évêque  de  Giron  ne,  qui  ne  parvint  â  cet  en  effet  que  la  plainte  de  Berenger  eft  poftérieurei 


€lU.  4  />, /.  /*• 

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cvcchc  qo’cn  1050. ainü  ces  prélats,  6c  quelques  l’an  10s 8-  pui(qu’il  y  eft  fait  1  mention  du  foin  t fr+uï 
autres ,  ne  (bufcrivirenc  â  ce  concile  que  long-tems  qu’eut  Guifred  de  transférer  dans  fa  cathédrale  les 
apres  fli  tenue  ,  &  pour  en  adopter  les  canons,  corps  des  SS.  Juft  6c  Paftcur.  Or  fuivant  u  une  of  n* 

1°.  Oh  rie-donne  d’autre  preuve  ‘que  Pierre  eve-  chronique  du  XII.  fiécle  ôc  l’ancien  nccrologe  de 

que  de  Caviillon  fiegeoit  en  i  o  3 1.  que  (â  (oulcri-  l’églifc  de  Narbonne ,  cité  par  Catcl ,  *  cette  tran-  ic*nl*0H 

ption  au  concile  qu’on  prétend  avoir  été  tenu  cette  faction  ne  fut  faite  qu’en  105  8.  par  conféquent  la  t%  7,#‘ 

année  à  Narbonne  :  mais  comme  il  eft  certain  d’un  plainte  de  Berenger  eft  poftéricurc  â  cette  année. 

coté  ,  que  le  même  Pierre  ctoit k  évêque  de  Ca-  111.  Il  eft  ailé  d’ailleurs  de  réfuter  les  raifons  de  , 

vaiilon  le  premier  d’ Août  de  l’an  1043.  6c  que  de  M.  Baluze,  1  Berenger  peut  avoir  porté  fa  plainte 

l’autre  Clément  occupoit  ce  fiége  en  1 040.^  c’eft  devant  Ici  légats  du  pape,  en  préfence  de  Raimbaud 

une  preuve  que  le  piemier  fueceda  à  celui-ci ,  qui  archevêque  d’Arles ,  (ans  qu’il  (bit  néceflairc  que 

par  conlcquent  peut  avoir  (ouferir  au  concile  de  cela  ait  été  fait  au  concile  de  Touloufe  de  lan 

S. Gilles  le4.de  Septembre  de  l’an  1041.  1056.  &  il  n’eft  nullement  marqué  dans  Paâe» 

III.  Au  relie  nous  avons  cru  d’abord  que  le  con*  comme  cet  auteur  i’infinue  ,  que  Viélor  II.  vivoit 
cile  qu’on dir  avoir  été  tenu  a  Narbonne  en  1032*  dans  le  tems  de  cette  plainte.  On  peut  tirer  une  in- 
n’eft  ps  different  de  celui  qui  fut  aflcmblédan*  duétion  toute  contraire  des  y  paroles  fuivantes  qui  y 


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DE  LANG 

/ont Rapportées  :  Quem ncvtmtu ...à papa  Vtttore 


(JEDOC,  '  ï\) 

Nous  ne  par  forts  pas  ici  des  combes  de  Xlaguc-  7 


n  Pr.  142.  ér 


i  XX  V*  OW5* rArjr*  cptfcopts  anathensatifattem.  i°.  Il  n’eft pas  lonne  qui  ont  vécu  avant  le  X.  lîécle ,  &  donc  N  ? 

marqué  non  plus  que  les  évêques  de  Lodcve  Ôc  les  fticcertèurs  prirent  le  titré  de  comtes  dcSub-  X 

d’Elne  fuffent  pre/ens  nu  concile.  fi  non  cre -  ftantiün  on  de  Melgucil  ;  on  peut  avoir  recours  i 

ditiSy  eft-il  dit  >  Ltncvcnficm  requin  te  epifcoptm ,  (3  ce  que  nous  en  avons  déjà  dit  dans  le  premier  vo- 
Helenenfim  i  (3  hi  hoc  vobts  teftificentur  ,  qui  ab  iume.  U  s  agit  uniquement  de  ces  derniers  qtii 
t o  font  ordmati .  Mais  quand  même  ces  prélats  de/cendoient  des  autres,  du  moins  par  femmes  » 
auroient  étépré/èns  ,  ce  pouvoir  être  à  quelque  pui/quckPons  abbé  de  Cluni  ôc  fils  de  Pierre  comte  kKA 
autre  concile  de  la  province  qifi  celui  de  Touloule  de  Melgiteil ,  dans  les  lettres  d’afibeiarion  de  prières  *nH%  u%9' 
de  Tan  1056.  30.  Quoique  Guifred  air  été  excom-  qu’il  établit  au  commencement  du  XII.  lîécle 
munie  par  plu/icurs  papes ,  rien  n’empêche  cepen-  cnrre  fon  abbaye  ôc  celle  d'Aniane >  attefte  qutl 
dant  que  la  plainte  de  Berenger  ne  (bit  poftéricure  appartenait  par  le  fàng  aux  fondateurs  de  ce  dernier 
ù  l’an  105  S.  püifque  Nicolas  IL  &  en/uite  Alcxân-  monaftere,  &par  contéqucntau  pere  de  S.  Benoît 
dre  11.  prédeceflèurs  de  Grégoire  VIL  peuvent  l’a-  d’Aniane  comte  de  Maguelonnc,  qui  vivoir  foui 
voir  excommunié.  Le  concile  où  le  pape  Viétor  II.  U  régne  de  Pépin  le  Bref. 

excommunia  Guifred  ,peut  donc  être  different  de  Nous  avons  en  premier  lieu  Un  teftament*  d’une  !>*/.  tu 
celui  de  Florénce  de  l'an  105  j.  6c  il  eft  bien  plus  dame  appcIIéeGuiÜelmete,  qui  fait  le  comteBernard 
vraifcmblable  que  ce  fut  au  concile  que  ce  pontife  fon  fils ,  Ion  exécuteur  teffamenrairc.  Il  n’y  a  pas 
tinta  Rome  au  moisd’Avril  de  l’an  1057.  car  nous  lieu  de  douter  que  ce  comte  ne  le  fut  de  Subftan- 
ar«<.r».f<  fcavonsque  ce  dernier  concile  fur  general  *;ôc  que  tion  ou  de  Melgucil,  tant  parce  que  cet  actefo 

*'loi7'  luivant la  plainte,  120.  évêques  y  aflîftercnt  *  aU  trouve  dans  l’ancien  cartulaire  des  comtes  de  ce 
lieu  que  le  concile  de  Florence  de  l’an  1  o  5  5.  ne  fut  nom ,  que  parce  que  (à  teneur  fait  allez  voir  que 
qu’un  concile  particulier ,  &  que  nous  n’avons  au-  la  teftatrice  ôc  fon  fils  exerçoient  leur  autorité  dans 
cune  preuve  qu’il  ait  été  fort  nombreux.  le  dioccfo  de  Maguelonne;  Ce  teftament  eft  daté 

IV.  Nous  croyons  donc  queBerenger  vicomte  efi  général  du  régne  du  roi  Charles ,  ôc  il  paroîc 

de  Narbonne,  porta  fa  plainte  contre  fon  arche-  qu’on  doit  le  rapporter  aux  dernieres  années  drt 

vêque  dans  un  concile  teuu  dans  la  province  ou  régne  de  Charles  le  Simple.  Bernard  comte  de 
aux  environs,  vers  l’an  105 5?.  car  fuivantla  fuite  Melgucil  qui  vivoit  alors,  a  donc  été  le  Ldecc 
des  faits  qui  V  /ont  marquez ,  il  s’écoula  un  allez  nom. 

long  intervalle  entre  la  tranllation  des  reliques  des  IL  On  trouve  enfoite  un  autre  Bernard  comté 
$S.  Juft  ôc  Parte  ur  dans  la  cathédrale  de  Narbon-  de  Melgucil  marié  avec  Senegondc  en  9 8  5.“  Il  eft 
ne,  arrivée  en  1058.  &  la  plainte  du  vicomte  ,  fait  mention  de  la  même  comreffè  dans  un  a&c 

qui  ayant  été  enfin  excommunié  par  l’archevê-  qui  eft  (ans  date n,  mais  qu’on  doit  fixer  auxpre- 
bfr/.ijs.  que,  en  porta  JapUinteau  concile  affembU à  Arles  b.  micres  années  du  régne  de  Hugues  Capcr,  Sc  vers  1*9* 

Mais  filon  veut  que  ce  vicomte  le  (oit  plaint  a  un  l’an  989.  pour  les  raifons  °que  nous  avons  dé-  0  r  •  adtfmt 
concile  rcnti  a  Toulou/c ,  nous  /çavons  c  que  Hu-  duires  ailleurs.  Par  cet  acte  U  comtcffe  Senegonde ,  L  VMl‘nA9i 

gucs ,  légat  du  pape  Nicolas  IL  en  artcmb'a  un  dans  fon  fil  s  Pierre  évêque  y  Jes  deux  petits-fils*  Ber -  *  Nepotei* 

cette  ville  vers  l’an  1 060.  &fuivant  ce  que  nous  ve-  nard  comte ,  (3  Pierre  ,  (3  fis  petites filies  font 
nons  de  rapporter ,  ce  fera  plutôt  à  ce  dernier  qu  a  une  donation  à  l'abbaye  de  Saint-Gutllem  du  De* 

celui  de  l’an  1056.  que  Bcrcngcr  fe  fora  addrertc.  fin ,  d  un  ail' h  fi  tué  auprès  du  château  de  Subfian - 

V.  Nous  remarquerons  en  partant  que  Catel  ôc  tion ,  ôcc .  Il  eft  ai/c  de  conclure  de  la  que  Scne- 
M.  l’ahbé  Fleuri  entendent  différemment  la  parenté  gonde  droit  femme ,  ôc  non  pas  fille  ôc  héritière  * 
ou  l’alliance,  qui ,  fiiivant  cct  aéle ,  fe  trouvoit  en-  comme  quel  -ques  uns  le  prétendent ,  d’un  com-1 
tre  Guifred  archevêque  de. Narbonne  &Ic  vicomte  te  de  Melgucil  ;  or  comme  nous  trouvons  urt 
Berenger.  Voici  les  termes  de  la  plainte:  Cujuscon -  Bérenger  P  comte  de  Melgucil,  qui,  /ous  l’épif- 
fitngumeam  d  ,  dit  ce  dernier  en  parlant  de  l’arche-  copat  de  Ricuin  évêque  de  Maguelonnc,  &  vers 
vcque  lorfqu’il  fur  élu ,  ego  jampofidebam  uxorem.  le  milieu  du  X.  ficelé  ,  avoir  un  fils  anpellé 

p,  f-,1  mtm’  Catel  traduit c  ainfi  :  duquel farjot s époufé la  confine  ;  Bernard  de  fa  femme  Gui/le  ,  on  peut  uippo- 

JJ'f»  **  &  M.  l’abbé  Fleuri f  :  dont  favois  e'poufc la fœur.  fer  fort  vrai/cmblablement  que  ce  comte  Bcren- 

ai.*’  0#A’  Le  dernier  fe  trompe  ;  Garfinde  femme  de  Bercn*  ger  droit  fils  de  Bernard  I.  qu’il  fut  pere  de 

*jvh'  8er  vicomte  de  Naroonnc,  étoitcoulînc  g  germaine  Bernard  IL  mari  de  Senegonde,  &  qu’ennn  celle- 
ce  l’archevêque  Guifred,  ôc  non  pas  fa  firur.  En  ef-  ci  après  la  mort  de  fon  mari  arrivée  vers  l’an  98  C* 
fet  ce  prélat  croit  fils  de  Guifred  comte  deCerdagne  eut  la  tutelle  de  /es  petits-fils  alors  en  bas  âge.  Nous 
ôc  de  Gttifie  fa  femme ,  au  lieu  que  Garfinde  droit  ignorons  le  nom  du  pere  de  Bernard  II  I.  comte  de 

f  >sT h  ®crnarc^  comt-  de  Bafâltt ,  frere  de  Gui-  Mclgueil  petit-fils  de  Senegonde  :  mais  il  cftccr- 
i©27. io Y/f  fted  comte  de  Cerdagne,  ôc  deTorcfon  époufo.  tain  par  cc  que  nous  venons  de  rapporter ,  que 

_  Pierre  évêque  de  Maguelonne,  qui  vivoit  â  la  firt 

du  X.  ficelé  &  au  commencement  du  fuivant  1 
NOTE  XXXVI.  ^co*r  onc*e  Parernel  du  même  Bernard  III. 

III.  Celui-ci  étoit  donc  déjà  comte  deSubftart* 

Sut  Us  Comtes  héréditaires  de  Subfiantioti  tion  ou  de  Mclgueil  vers  l’an  9  S  9.  fou."  la  tutelle 
ou  de  Mclyteil.  de  la  comtcrtc  Senegonde  fon  ayeulc ,  &  il  eft 

j  fans  doute  Je  même  que  Bernard  comte  de  Sub- 

Onfieur  Baluze  1  nous  adonné  lagénéa-  fhntion  n  qui  vivoir  en  102  $.  mais  qui  étoit  décédé 
XVI  logic  de  ces  comtes  ,  à  l’occafion  de  J u-  en  1  o  5  5 .  lorfque  Adele  comtejfc  de  Mclgueil ,  Ray- 
dith  féconde  femme  de  Robert  IL  comte  d’Auver-  mond  fon  filsy  (3  Beatrix  femme  de  ce  dernier , 

t ne ,  qu’il  prétend  avoir  été  fille  de  Pierre  I.  comte  firent  une  donation  r  â  lcglifo  de  Maguelonne.  rP-227» 
e  Melgueil  où  Mauguio  :  malscommecette  ma-  Adele  étoit  donc  alors  veuve  de  Bernard  III.  qui 
tiere  n’cft  pas  encore  bien  éclaircie,  nous  allons  ta-  lui  aura  lairté  l’adminirtration  de  fon  comté.  Auffi 

cher  delà  de vcloper.  '  voyons-nous  qu’elle  prenoit  encore  *  en  1066»  »f.»J4t 


p  Vird.il. 

I .  bt ll.Ltb.fi 

7  Si. 


Digitized  by  c,ooq  le 


NOTES  SUR  1/  HISTOIRE 


NOTE  ^  tltrc  €omt(fe  de  Subftantion  ,  quoique  fon  Tan  1 1 1 5 .  par  l’cntrcmifè  de  divers  prélats ,  en- 

XX  XVI.  fils  Raymond  fût  marie  dès  lan  1055.  ire  Raymond  comte  de  Melgueil,  6c  Guillaume  °  T  E 

IV.  Raymond  I.  &  Beatrix  eurent  un  fils  nom-  feigneur  de  Montpellier  :  mais  il  cft  évident  X  XVE 

me  Pierre,  comme  il  paroîc  par  diverfes  dona-  que  tous  ces  aétesfont  fautifs  ,&  quil  faut  lire 

lions  a  que  ce  dernier ,  qui  prend  le  titre  de  comte  Bernardus ,  au  lieu  de  Rajmundus  cornes  Melgo- 

de  Subftantion ,  fit  en  1079.  avec  là  femme  Al-  rienfts.  Nous  remarquerons  d! "abord  que  nous  avons 


a  fr.  |0U  & 
AS?- 


b  V  •  hifl.gen% 
tes  P.  dt  fr. 

9$,  é»f. 


Or.;.  149. 


modis,  à  l’églifc  de  Maguelonnc.  Quelques  généa- 
logiftes  b  ont  avancé  fans  en  rapporter  la  preuve, 
que  cette  demiere  croit  fille  de  Pons  comte  de 
Touloufê  ,&  d’Almodis  de  la  Marche  fa  femme, 
&  qu  elle  étoit  par  confisquent  four  de  Raymond 
de  S.  Gilles  -,  nous  allons  fupplcer  à  leur  défaut. 
Jl  eft  certain  d’un  côté  que  Raymond  de  S.  Gilles 
avoit  une  four  dont  il  ne  dit  pas  le  nom ,  mais 
dont  il  fait  mention  c  dans  un  acte  de  lan  1065. 
Nous  voyons  d’un  autre  côté  que  Pons  abbé  de 
Cluni  ,  &  fils  de  Pierre  comte  de  Subftantion 


A'GaB.  un». 

4d  tt.  4.;. 

1  •  14 


tiré  ces  a&es  d’une  0  copie  prifê  du  cartulairc  o  BM.t  a* 
des  anciens  comtes  de  Mclgueil.  Or  il  paroît  que 
les  copiftes  auront  pris  la  lettre  initiale  B.  marquée 
dans  le  carrulaire ,  pour  un  R.  &  auront  mis  le 
mot  entier  Raymundus  au  lieu  de  Bernardus  ; 
voici  nos  raifons. 

1 0 .  Il  eft  prouvé  P  par  divers  aâcs ,  que  Bernard  p  /v.  ;,477, 
comte  de  Subftantion  ou  de  Melgucil ,  fils  du  *•  *• 
comte  Raymond  &  de  Marie  fa  femme  ,  époufâ  v .  u«t  /*. 
Guillclmete  fille  de  Guillaume  V.  feigneur  de  wtt% 
Montpellier,  &  d’Ermeflinde,  &  four  de  Guil¬ 
laume  VI.  Si  le  contrat  de  mariage  de  l’an  1 1 20. 

&  non 


vtrg.  te.  l.f. 

îo. 


•  Amita. 

g  G*B.(hnJl. 

Æalux..  tkid. 
se.  î.f.  Si. 


b  Pr.;.^n 

ér/cj. 


>MH-  * 


X  Spicil.to  ■  9' 
p.  US. 


'■H 


&  d’Almodis  fà  femme ,  étoit  parent  d  d’Hugues 

de  Lezignem.  Or  ce  dernier  étoit  fils  d’un  c  autre  regardoit  Raymond  comte  de  Melgueil 
caren.Mai -  Hugues  de  Lezignem  ,&  de  la  même  Almodis  de  pas  Bernard  fon  fils,  il  s’enfiiivroit  que  le  pere 
^  Marche,  laquelle époufa  en  fécondés  noces  Pons  &  le  fils  auroient  époufè  deux  fours  de  même 
comte  deTouloufc.  Ainfiiln’y  a  pas  lieu  de  dou-  nom  >  ce  qui  ne  feroit  pas  impoflible,  quoique 
ter  que  leur  parenté  ne  vînt  de  ce  côté-là  ,  &  afïêz  fingulier  :  mais  comme  Guillaume  V.  Ici- 
qu’ Almodis  mere  de  Pons  abbé  de  Cluni  ,  ne  gneur  de  Montpellier  n’eut  *1  certainement  qu’une  qPr./.4i4. 
fut  fille  de  Pons  comte  deTouloufe,  &  d’Almo-  fille  appellée  Guillelmcte ,  il  s’enfuit  que  le  con- 
dis  de  la  Marche -,  à  quoi  on  doit  ajouter  que  cet  trat  de  mariage  de  l’an  1120.  regarde  Bernard 
abbé  ne  prit,  félon  les  apparences ,  le  nom  de  Pons  comte  de  Melgueil ,  &  non  pas  le  comte  Raymond 
étranger  a  fa  famille ,  que  parce  que  Pons  comte  fon  pere. 

de  Touloufê  étoit  fon  ayeul  :  par  conféquent  cet  iQ.  U  cft  également  certain  qu’il  s’agit  de  Ber- 
abbé  étoit  neveu  d’Hugues  II.  de  Lezignem  frère  nard  dans  l’aâe  de  1115.  car  nous  avons  un  au- 
urerin  d’Almodis  comtcflè  de Mauguio.  tre  accord  r  de  l’an  1128.  paflc  entre  Bernard  r;. 441.* 

V.  M.  Baluze  prétend  f  que  Judith  féconde  comte  de  Melgueil  &  Guillaume  I.  feigneur  de 
femme  de  Robert  II.  comte  d’Auvergne ,  étoit  fille  Montpellier ,  par  lequel  ils  rappellent  celui  de  l’an 
du  meme  Pierre  comte  de  Subftantion  ,  &  d’Al-  1  x  2  5  .qu’ils  déclarent  avoir  été  pafféentr eux.  D’ail- 
raodis  fa  femmes  la  raifon  qu’il  en  donne, c’cft  leurs  il  eft  parlé  du  comte  Raymond  dans  l’adc 
que  Judith  étoit  tante*  de  Pons  abbé  de  Cluni,  &  de  1 125.cn  tierce  perfonne.  •  Si  quis.„  probar  e 
cela  eft  vrai  l  :  mais  il  s’enfuit  de-là  en  même  tems  poterit  hoc  aceyuifivijfe  à  Petro  comité  vel  filio  ejus 
que  Judith  étoit  feeur ,  6c  non  pas  fille  de  Pierre  Raymundo  ,  &c. 

comte  de  Subftantion  ou  de  Melgueil,  puifqu’il  Nous  trouvons  clairement  dans  un  aûe  *  */.4**t 

eft  certain  que  Pons  abbé  de  Cluni  étoit  fils  du  que  nous  avons  tiré  nous-mêmes  du  cartulairc 
même  Pierre.  Ce  qui  a  trompé  M.  Baluze,  c’eft  d’Aniane,  que  Bernard  étoit  comte  de  Melgueil 
qu’il  a  fait  deux  dégrez  de  génération  où  il  n’y  en  1 1 15.  Cet  a<fte  eft  daté  du  Jeudi  premier  de 
en  a  qu’un ,  &  qu’il  fuppofe  que  Pons  abbé  de  Novembre  de  l an  1123-  le  vt.  jour  de  la  lune> 

Cluni  étoit  fils  d’un  prétendu  Pierre  II.  lequel  ce  qui  s’accorde  parfaitement, 
n’eft  pas  different  de  Pierre  I.  le  fcul  comte  de  4#.  Il  eft  fait  mention  dans  l’aéle  de  l’an  1125.de 
Subftantion  de  ce  nom  que  nous  connoillions.  la  comtejfe  ayeule  u  du  comte  de  Subftantion,  la-  a;.4ifv 

VI.  Pierre  avoit  en  1 08  5 . h  un  fils  nommé  Ray-  quelle  vivoit  encore  alors.  Or  cette  comtefl t  ayeule 

mond  qui  prenoit  le  titre  de  comte ,  &  qui  ligna  n’eft  pas  differente  d’Almodis  de  Touloufê  qui 
avec  lui  la  donation  qu’il  fit  alors  de  fon  comté  vécut  jufques  vers  l’an  1 1  j  x. x  &  qui  en  effet  x/. 
a  l’cglife  Romaine.  Il  eut  aufli  deux  filles  de  fon  étoit  ayeule  de  Bernard ,  &  mere  de  Raymond, 
mariage  avec  Almodis  *,  il  donna 1  l’une ,  dont  nous  11  s’enfuir  de  ce  que  nous  venons  d’établir  1  °.  que 
ignorons  le  nom,  en  mariage  à  Guillaume  de  Mont-  Raymond  II.  du  nom  comte  de  Melgueil ,  fils  de 
pcllier  *,  l’autre  qui  s’appelait  Adele  époufa  un  fei-  Pierre ,  &  pere  de  Bernard  IV.  décéda  avant  l’an 
gneur  nommé  Pierre  du  Puy.  1121.  1°.  Que  fon  fils  Bernard,  qui  lui  avoit 

VII.  Raymond  fon  fils  lui  (ucccda  dans  le  com-  déjà  fucccdé  en  1  x  20.  époufa  alors  Guillelmetc 

té  de  Subftantion.  Il  entreprit  le  voyage  de  Jeru-  fille  de  Guillaume  V.  feigneur  de  Montpellier, 
falcm  vers  l’an  1 109.  &  ntk  alors  fon  teftament  VIII.  Bernard  IV.  n’eut  qu’une  fille  nommée 
dans  lequel  il  fait  mention  de  fon  fils  qui  n’étoit  Beatrix  qui  fe  dit  dans  divers  a&es  fille  de  Guil- 
pas  encore  majeur,  &  dont  il  ne  dit  pas  le  nom  :  lelmetc ,  &  nous  apprenons  d’ailleurs  y  que  celle-ci 
mais  nous  apprenons  d’ailleurs  que  ce  dernier  s’ap-  étoit  jœur  de  Guillaume  feigneur  de  Montpellier , fils  fi* 
pelloit  Bernard.  d’£r«^/7?«de.BernardIV.fit  fon  teftament  lcn  11}  2. 

On  pourroit  croire  que  Raymond  II.  du  nom  étant  au  lit  malade ,  en  préfence  de  fon  ayeule;  il  y  a 
comte  Mclgueil,  vécut  au  moins  jufqu  a  l’an  1125.  lieu  de  croire  qu’il.mourut  la  même  année  comme 
fur  ce  que  nous  avons  i°.  un  contrat1  de  mariage  nous  le  verrons  bicn-tôt.  Almodis  M  fon  ayeule  «m «A*1 
palTé  l’an  1x20.  entre  Raymond  comte  de  Melgueil  fe  qualifioit  alors  comtefte  de  Montferrand ,  pour 
6c  Guillelmcte  fille  de  Guillaume  feigneur  de  fe  ditlinguer  (ans  doute  de  Beatrix  fon  arriéré- 
Montpellier.  i°.  Une  conftitution  de  douaire®  petite-fille  comtefTè  de  Melgueil,  que  Guillaume 
du  mois  de  Janvier  de  l’an  1 1 2 1 .  faite  par  Ray-  '  VI.  feigneur  de  Montpellier,  fon  oncle  &  fon  tu* 
mond  comte  de  Melgueil  à  Guillclmete  fa  femme .  tcur  ,  promit bb  en  mariage  à  Berenger-Raymond  b  b  A* 
j°.  Enfin  un  n  accord  pallé  au  mois  de  May  de  comte  de  Provence  >  ce  qui  donna  lieu  à  celui- 


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ci  de  fe  qualifier  dans  la  fîiite  comte  'de  MelgueiJ. 
X XX  V I.  Nous  avons  un  aéle a  daté  de  i  an  1130.  dans 
1  Fr-  f*  477*  icquel  Berenger-Raymond  prend  le  titre  de  comte 
de  Mclgueil  &  marquis  de  Provence  :  mais  cet  a  été 
eft  poftéricur  à  cette  année,  puifqu’on  y  fuppofe 
que  Bernard  IV.  comte  de  Mclgueil  &  pere  de 
Bearrix ,  droit  alors  dcccdé  5  &  on  a  déjà  vu  que 
ce  dernier  vivoit  encore  en  1131. 
b  cbr#n«/./>-  Comme  Berenger-Raymond  fe  qualifie  b  comte 
rms.f. i«i*  de  Aiclgucil  Ci  marquis  de  Provence  dans  une  do¬ 
nation  qu’il  fit  en  1152.  à  l’abbaye  de  Lerins, 
Sc  qu’il  eft  certain  que  Guillaume  VI.  feigneur  de 
Montpellier  ne  promit  la  comteflc  Bearrix  (a  niccc 
en  mariage  i  ce  prince  qu  après  la  mort  du  même 
Bernard  IV.  c’eft  une  preuve  que  celui-ci  mourut 
la  même  année ,  ôc  que  cette  promefiè  de  ma- 
cPf.f.4^4*  riage  fîiivit  de  près.  L’accord  c  qu’Alfenfe  Jourdain 
comte  de  Touloufe,  6c  Guillaume  de  Montpel¬ 
lier  firent  au  fùjct  du  comté  de  Melgucil ,  6c  de 


DE  LANGUEDOC  61$ 

la  tutelle  de  Beatrix,  doit  être  placé  entre  deux 


6c  appartenir  par  conléqucnt  à  l’an  1132.  Il  eft  XXKXU 
vrai  que  Gariel d  prétend  que  cet  accord  eft  de  l’an  <j  a.ir;e  .  «À 
116^.  ou  il  66.  6c  qu’il  regarde  le  mariage  d’Er-  de^onrP.u. 
meffinde  fille  de  Beatrix,  avec  le  fils  de  Raymond  V.  P&]ir&f!Hr. 
comte  de  Touloufe.  Mais  outre  qu’Alfonfe  comte  M*S'  *•  edi 
de  Touloufe  mourut  en  1 148.  il  eft  marqué  dans 
l’aéle  que  fi  ce  prince  ôc  Guillaume  n’étoient pas 
d’accord  touchant  le  choix  du  mari  qu’ils  donne- 
roient  à  Beatrix ,  ils  s’en  rapporteroient  à  la  dcci» 
fion  d' Arnaud  archevêque  de  Narbonne  ôc  d’Hu¬ 
gues  comte  de  Rodez.  Or  Arnaud  archevêque  de 
Narbonne  mourut  en  1149. 

La  même  Beatrix  avoit  époufôdès  le  commet 
cernent  de  J’an  114 6.  en  fécondes  noces  Bernard 
PeJet.  Elle  en  eut  une  fille  nommée  Ermcllindê 
qui  époufa  en  1 172.  le  fils  de  Raymond  V.  comte 
deTouloufe,  lequel  par  ce  mariage  unit  le  comté, 
de  Mclgueil  à  fon  domaine. 


..kr;  y . 


Généalogie  des  comtes  de  Subfiantion  ou  de  MelgueiL 


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'  A  de 


époufa  Guific. 


N.  comte  de  J  Bernard  I.  C. 

Subfiantion  ,  |  de  Subfian- 
époulaGuille-  J  tion  vers  Tan  j  vers  Lan  9J0.  é- 
mete  qui  Jui  1 
furvccut  ,  Sc 

Î|ui  décéda 
ous  le  régne 
«le  Charles  le 
Simple. 


^  Bcrenger  comte  f  Bernard  ÎI.  com- N. 
de  Subfiaution  X  te  de  SubAancion's  fiancion  ,  mort^  en  989.  &  103* 
en  98*.  époufa  1  vers  l’an  98*. 

Scncgonde  ,  qui  I 
lui  lucvécut  :  il  I  Pierre  éveque  de 
mourut  vers  J’an  I  Maguclonnc  en 
9Z6.  I  989.  &  jufqucs 

I  vers  J’an  1030. 


BerhardlîI.G  t 
comte  de  Sub-  j  dcSubftantion,^  ^ 

1  époufa  Adèle,  | 
qui  vivoit  cnco-  I 


rc  en  1066. 


Pierre. 


Adélaïde,  Confian¬ 
ce  ,  GuiJlcJmctc. 


Raymond  I. 
comte  de  Sub-  I 
fiantion  en  < 
105 ç.  époufa  1 
Beatrix. 


Pierre  comte  j  Raymond  II.  C 
de  Subfian-  1  de  Subfiantion  . 
tion  en  1079.  j  époulâ  Marie,  & 
&  1084.  epou- I  mourut  vers  l’an 
fa  vers  J’an  |  1120. 
io£f  .Almodis 
fille  de  Pons 
comtedcTou- 
Joufe. 


Judith  epou¬ 
fa  vers  J  an 
10^7.  Robert 
II.  C.  d’Au- 
^vergne. 


Pons  elû  abbé  de 
Cl  uni  en  1109. 
mort  en  m;. 

N.  époufa  GuiJ- 
IaumcIV.fcigncur 
de  Montpellier. 

Adcle  femme  de 
^Pierre  du  Puy. 


1  BernardIV.comtc 
]  de  Subfiantion  ou 
de  Mclgueil,  épou--^ 
fa  ver.  J’an  112.0. 
Guillclmcte  de 
Montpellier  ,  & 

^mourut  en  1132.  ^ 


f 


t.  Lit. 

Beatrix  fille  uni-  f  Raymond  Bcren- 
que  &  hentictcdu  I  gcr  comtc  de  Pro¬ 
comté  de  Mclgueil<  VCnce  &  de  MeU 
époufa  :®.  Bcrcn-  .  gueiJ,morrcn  n  66. 
;cr-Ravmond  C.  I 

i°*|  i.Lit. 

Bernard  Pclct* 

Ermcfiindc  de  Te- 
Jet  ,  héritière  du 
comte  de  Mclgueil, 

|  époufa  en  1172; 
Raymond  V I.  qui 
fut  dans  la  fuitd 
comte  de  Toulou- 
fc. 


NOTE  XXXVII. 

Suite  des  feigneurs  de  MontpcILcr. 

I.T  ’Originc  des  feigneurs  de  Montpellier  eft  très- 
JLj  obfcurc,  6c  leur  fuite rres-embaraflee ,  à  caufe 
du  nom  de  Guillaume  qu’ils  ont  porté  pre/que 
tous;  enferre  que  ce  n’cfl  guère  que  par  celui  de 
leur  merc,  qu’il  ont  ajouté  quelquefois  au  leur, 
qu’on  peut  les  difiingucr. 

Le  premier  qui  nous  fait  connu ,  c’eft  Gui  ou 
*  VerJdi.  to.  plutôt  Guillaume,  qui  en  975.  prit  «  la  ville  de 
°'p  79*'  Montpellier  en  inféodation  de  Ricuin  évêque  de 
A  lr'  LiVt  Magudonne,<S:  qui  vivoit  encore  en  *98  5. On  voit 
5‘  enfûitc  un  Guillaume  ôc  un  Guillaume* Bernard 
tPr.p.  quion  ioi9.sfeuferivircnt  à  laéle  de  fondation 
de  l’abbaye  de  S.  Geniés  dans  le  diocèfe  de  Ma- 
guelonnc  ;  Sc  quoiqu’ils  ne  prennent  pas  le  fur- 
nom  de  Monrpcliicr  ,  il  y  a  cependant  lieu  de 


croire  qu’ils  ccoicnt  freres  &  feigneurs  de  cette 
ville  pour  les  raifons  fuivantes.  1  °.  Les  principaux 
feigneurs  du  diocèfe  fe  trouvèrent  a  cette  cérémo¬ 
nie.  i°.  11  eft  certain  qu’il  y  avoit  alors  un  feignent' 
de  Montpellier,  &  nous  avons  des  preuves  qu’il  fe 
nommoic  Guillaume. 

II.  Ce  feigneur  qui  figna  Cous  le  feul  nom  de 
Guillaume,  un  aélcdre/Iè  dans  une  autre  affein- 
blcc  des  pricipaux  feigneurs  du  diocèfe  de  Ma- 
guelonne,  tenue  en  1025.  k  époufa  Bcliarde.  On  h  pr.f.  17 74 
a  en  effet  un  ferment 1  prêté  en  1059.  à  Guil-  ip.ii0.&/* 
laume  fils  de  Beliarde ,  &  nous  fçavons  que  ce 
dernier  ctoic  feigneur  de  Montpellier  :  ainfi  il  fut 
le  III.  de  fen  nom.  C’eft  le  même  que  Guillaume 
de  Montfptjlellano  k  dont  il  eft  hic  mention  vers  k/>.  ii9. 
l’an  1060.  dans  un  titre  du  cartulaire  de  l’abbjye 
de  S.  Guillem  du  Défert,  &  dans  deux  1  aéles  ]tl  isc.& 
de  l’an  1067.  &  1068.  ^ 

III.  Guillaume  III.  époufa  Ermengarde  comme  il 
paroîtpar  un  accord  m  fait  en  1090. entre  Godefroi  mP • 


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I 


6iS 


NOT'ES  SUR  L’HISTOIRE 


3«2. 


>* 

A?. 


îii.  & 


fin* 


n  ns* 

o  (Ur.fe,. 


ÿj  O  T  E  eue  de  MagUclohnc  &  Guillaume  de  Montpellier  gneur  d’Omelas  dans  le  diocèfc  de  Beziers,  &  N  Q 

XXXV  II.  fils  d'Ermengurdc.  Ce  dernier  tut  le  IV.  ou  plu-  tic  une  branche  dont  nous  parlerons  dans  la  fuite,  xxxvif 

eut  le  V.  de  fon  nom ,  comme  nous  le  prouverons  VIII.  Guillaume  VI.  cpoufam  Sibylle  en  1119.  m  Sfuii.fi 
bientôt.  Il  fait  mention  de  Guillaume  fin  aient  &  tefta  en  1 1 46.  du  vivant  d’Ermefïinde  fa  mere.  *;  /•  *+*•  & 

dans  une  autre  tranfa&ion  *  qu’il  palla  en  1103.  Il  fit  fon  héritier  Guillaume  (on  fils  aîné  ,  qui  fut 

avec  l’évêque  de  Nilmes,  &  dans  laquelle  il  cft  le  VII.  de  fon  nom.  U  prit  peu  de  tems  après 

dit  cjitil  s' e toit  trouve  k  fer ufalem  lorfque  cette  ville  l’habit  monaftique  dans  l’abbayc  de  Grandfelve  , 

fut  pnfe  par  les  croifiz. .  ordre  de  Cïteaux ,  &  il  en  étoit  déjà  religieux  au 

IV.  Suivant  un  accord  b  paffê  entre  Pierre  comte  mois  de  Juillet  de  l’an  n  1 1 49. 
de  Melgueil  &  Guillaume  de  Montpellier,  le  pce-  Gariel 0  reprend  avec  raifon  Catel  P  d’avoir  cru 
mier  donne  à  l’autre  (â  fille  en  mariage,  &  ra-  que  Guillaume  VI.  feigneur  de  Montpellier ,  quife  m 9.u*S,dh 
lifie  l’achat  que  Bernard-Guillaume  pere  du  mime  ht  religieux  à  Grandlclve,  étoit  le  fils  &  non  le  p  c*ui  mtm. 
Guillaume  avoit  fait  du  château  de  Melgueil.  U  pa-  mari  de  Sibylle  :  mais  il  fe  trompe  lui-même  en  ‘Wn* 
roît  que  cet  aéle  eft  poftérieur  à  l’an  1080.  &  fuppofant  que  le  même  Guillaume  VI.  fc  fitreli- 
ancérieurà  l’ani  08 8. puifque  Pierre  comte  de  Mcl-  gieux  à  Grandfelve  aufïi-tôt  après  fon  teftament , 
gueil  étoit  déjà  déccdé  c  cette  derniere  année ,  &  daté  du  mois  de  Décembre  de  l’an  1 1 46.  &  que  ce 
qu’il  ne  pouvoir  avoir  une  fille  nubile  avant  l’an 
j  080.  Ce  Guillaume  doit  être  different  de  Gui- 
laume  feigneur  de  Montpellier ,  fils  d’Ermen- 
garde*,  car  i°.  le  pere  de  ce  dernier  s’appelloic 


t  V.  Liv.XV . 
».  27. 


*  y  Sjndtv. 
‘kr.  d\AUnf. 
•b 


a  V.  Nef. 
fcxxvx. 


q  BrrnArJ, 
vi r. u 


«  fr.p.  J 61. 


fuc  Guillaume  VII.  fon  fils  qui  fc  trouva  en  1 147. 
au  fiégc  d’ Alméria  en  Efpagne.  Voici  lesraifons  qui 
prouvent  que  Guillaume  VI.  fut  à  cette  expédition 
i°.  L’hiftorien  contemporain  ¥ qui  nous  en  a  laiflé 

Guillaume,  &  nous  venons  de  voir  que  le  pere  le  récit,  donne  l’épithete  de  grand  à  Guillaume*,  vu 
de  celui  qui  époufa  la  fille  de-  Pierre  comte  de  ce  qui  ne  peut  convenir  à  Guillaume  VU.  qui  a  la 
Melgueil,  fe  nommoit  Bernard-Guillaume.  H  fin  de  l’an  1 146-  ne  pou  voit  avoir  gucre  plus  de 
cft  certain  que  Bernard  fils  de  Raymond  comte  quinze  ans:  ainli  comme  on  n’a  aucune  preuve  que 
de  Melgueil,  époufa  une  fœur  de  Guillaume  Guillaume  VI.  ait  été  religieux  de  Grandfelve  avant 
de  Montpellier  fils  d’Ermeffinde  d.  Or  fi  Guil-  le  mois  de  juillet  de  l’an  1 149.il  peut  s’être  trouvé 
laume  de  Montpellier  fils  d'Ermcngarde,  fe  fût  au  fiégc  d’ Alméria.  i°.  Il  eft  certain  4  que  Guillau- 
marié  avec  une  lœur  de  Raymond  comte  de  Mel-  me  V I.  embrallàrinftitut  de  Citeaux  à  Grandlclve  : 
gueil ,  Bernard  fon  fils  auroit  époufe  fa  coulinc  or  cette  abbaye  ne  fut  unie  à  cet  ordre  que  vers  le 
germaine,  ce  qui  n’a  aucune  vraifcmblance  dans  milieu  de  l’an  il  47.  comme  il  paroît  par  la  lettre 
un  tems  où  les  papes  défaprouvoient  extrême-  que  S.  Bernard  r  écrivit  après  le  mois  d’Août  de 
ment  ces  fortes  de  mariages.  Il  faut  avouer  cepen-  cette  année  aux  Touloufains ,  &  dans  laquelle  il 
dant  qu’il  y  a  de  la  difficulté  ,  en  ce  que  nous  leur  recommande  Bertrand  abbé  de  Giandlèlve  >  & 
voyons  que  Guillaume  fiis  d' Er  me  n  tarde,  étoit  fei-  famaifon,  qui,  dit-il ,  a  été  unie  en  dernier  lieu  à 
gneur  c  du  château  de  Melgueil  :  mais  il  le  polfcdoit  notre  ordre  :  Nuper  nobis  (S  nojlro  ordmt  tradita. 
apparcmcnt  conjointement  avec  l’autre  Guillau-  Enfin  il  eft  certain  que  Guillaume  VI.  feigneur  de 
me  qui  époufa  la  hile  de  Pierre  comte  de  Melgueil.  Montpellier  ,  fe  trouva  au  fiégc  de  Tortofe  qui  fut 
V.  Ce  dernier  Guillaume  fut  donc  le  IV.  fei-  fait  à  la  fin  de  l'an  1148-  Nous  en  avons  la  preuve 

dans  la  donation  •  que  Raymond-Bcrenger  IV.  *  fin, 
comte  de  Barcelone  fit  alors  à  1 ’églife  de  Gcnnes, 
d’une  ille  de  l’Ebrc  ,  en  prefence  du  confinte - 

ment  de  Guillaume  de  Montpellier  (S  défis  fils .  Or 


g  Gdr.  id.  de 

Menip.p,  Ijj. 
&/•<!• 


t  fr.  N*  S« 


h  Pr.  p.}6i. 


gneur  de  Montpellier  de  fon  nom  *,  &  Bernard- 
Guillaume  fon  pere  croit  vraifemblablemcnt  frcrc 
puîné  de  Guillaume  II.  &  le  même  que  Bernard- 
Guillaume  qui  vivoit  en  1019.  &  1015  &  dont 

nous  avons  déjà  parlé.  M.  Baluze  f  prétend  que  nous  avons  démontre  que  Guillaume  VII.  ne  pou- 
f«.  1./.  5«-  |a  £He  CJU  comte  de  Melgueil,  qui  époufa  Guil-  voit  avoir  des  fils  en  âge  de  ferviren  1 148.  Guil¬ 
laume  IV.  s’appclloit  Mahaut  ou  Mathilde,  de  laume  VI.  fon  pere  ne  fe  retira  donc  à  Grandfelve 
quoi  il  ne  donne  aucune  preuve.  Gariel  s  veut  que  vers  la  fin  de  cette  année,  ou  le  commence- 
au  contraire  quelle  fe  nommât  Ermcffindc,  fup-  ment  delà  fuivantc. 

pofant  que  c’eft  la  même  cjue  la  mere  de  Guil-  IX.  Guillaume  VII.  époufa  Mathilde  de  Bourgo- 
jaume  VI.  mais  on  a  déjà  vu  que  Guillaume  IV.  gne.  Il  tefta  le  dernier  Septembre  de  l’an  1 1 71.  & 
étoit  d’une  ligne  collaterale.  Au  refte  ce  dernier  étoit  déjà  décédé  en  1174.  1  lorfque  Guillaume 
époufa  fans  doute  en  fécondés  noces  la  fille  du  VIII.  fon  fils  époufa  en  premières  noces  Eudoxc 
Comte  de  Melgueil  *,  car  il  y  a  lieu  de  croire  que  Comnenc  >  dont  il  eut  Marie  qui  fut  Ion  héritière, 
Raymond  -  Guillaume  quih  étoit  évêque  de  Nif-  &  qui  par  fon  mariage  avec  Pierre  roi  d’Aragon, 
mes  en  1103.  &  qui  poftedoit  conjointement  quelle  époula  en  1104.  porta  la  feigneurie  de 
avec  Bernard-Guillaume  fon  frcrc ,  une  partie  du  Montpellier  dans  la  iruifon  de  ce  prince, 
domaine  de  Montpellier,  étoient  fes  fils.  A11  refte  c’eft  entre  la  fille  de  Guillaume  VII.  & 

VI.  Guillaume  V.  étoit  encore  jeune  &  fous  Raymond  fils  de  Bertrand  d’Andufe,  qucfutpaflë 
la  tutelle  de  fon  ayeule ,  lorfque  Raymond  comte  le  contrat  de  mariage,  qui  eft  faullèmcnt  daté  de 
de  S.  Gilles,  promit‘vers  l’an  1076.  de  lui  con-  l’an  1 109.  dans  le  Spicilcgc11.  II  eft  confiant  en  effet 
ferver  fes  domaines.  Il  paroît  qu’Ermcngarde  fa  que  cet  atte  doit  être  fort  poftérieur  à  cette  année  *,  *'  1 
mere ,  fè  remaria  avec  Raymond  d’Andufe,  puif-  car  1  il  fut  pafle  en  prefence  de  J.  évêque  dcMa- 
que  ce  même  Guillaume  donne  la  qualité  de  fin  guelonne :  or  en  1 109.  c’ctoit  Gautier  qui  occupoit 
frere  à  Bernard  d’Andufe  fils  de  Raymond ,  dans  ce  fiége.  1  Il  eft  dit  qu'il  fut  dreflé  à  Montpellier 
fon  teftament k  de  l’an  1114.  dans  la  maifbn  des  chevaliers  du  Temple:  mais  ces 

Vil.  Les  enfans  de  Guillaume  V.  n’avoient  pas  chevaliers  ne  furent  inftituez  qu’en  1 1 1 8.  Cet  ade 
encore  atteint  l’âge  de  14.  ans,  lorfqu’il  fit  ce  te-  cft  donc  de  l’an  1 169.  car  il  y  eft  marqué  que  la 
dament.  Il  en  fit  un  autre  1  en  1111.&  il  laillà  fille  du  feigneur  de  Montpellier  avoit  alors  n.ans-, 
entr'autres  d’Ermeflinde  (a  femme,  deux  fils  ap-  &  Guillaume  VII.  cpoulà  en  1156.  Mathilde  de 
peliez  Guillaume*,  l’aîné  qui  fut  le  VI.  de  fon  nom  ,  Bourgogne.  Jean  III.  ctoit  alors  évêque  de  Ma- 
lui  (ucccda  peu  de  tems  après.  Le  fécond  fut  fei-  guelonne ,  &  tout  convient  parfaitement. 

GENE  A* 


ip- 191. 


390. 


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NOTE 

XXXVII. 


DE  LANGUEDOC. 

GENEALOGIE  DES  SEIGNEURS  DE  MONTPELLIER. 

f 


617 


Ki:. 

■je.  -, 

1  *-  ; 


Gui  ou 
Guillaume 
I.  vivoit  en 
9  7  5-  & 
*85. 


f  Guillaume  ITI 
/“  Guillaume  ÏI.<  vivoit  «11054. 
a  vivoit  en  101*.  ?  &  io67-  il  é- 
&  1  o  1  5.  il  J  poufa  Etmen- 
époufa  Bdiar-  ^gardc. 


Guillaume  VI. 
mineur  d’âge  en 


f  J  Guillaume  VIII. 

*  Guillaume  VII.  |  époufa  r  en  1174. 
époufa  en  njtf.  J  EudoxeComnene; 
Mathilde  de  Bour- J  f.  Agnes  en  1187. 
gogne  ;  teila  & 


f  Guillaume  V. 

|  fut  à  la  ïft*. 

I  Croifadc  en^ 
X  1096.  époufa 

iErradlindc,  & 
mourut  vers 
^l’au  mi. 


,  O  1  O  o  • 

1114.  epouia  Sr-<  mourut  en  1171. 
byllcen  rnp.tcfta 

en  1 14^.  fe  ficre-  Guillaume  fei- 
ligicux  à  Grand-  gneur  de  Torcofc, 
felve  eu  114?.  8c  époufa Ermc/findc 
mourut  en  11*2.  de  Cailrica  i  tefla 
en  11*7.  8c  mou¬ 
rut  fans  enfans. 


Bernard-Guil¬ 
laume  ,  fei- 
gneur  en  par-^ 
tic  de  Mont¬ 
pellier,  vivoit 
en  101^,  8c 
io*j. 


Guillaume 
I V.  feigneur 
en  partie  de 
Montpellier  , 
époufa  vers 
l’an  10 80.  en 
fécondés  nô- 
ces  une  fille  de 
Pierre  comte 
de  MelguciJ. 


1.  Lit. 

Raymond- 
Guillaume  é- 
'  véque  de  Ni f- 
‘  mes  en  1103. 

Bernard-Guil¬ 
laume  ,  fei¬ 
gneur  en  par¬ 
tie  de  Monc- 
pcllicrcûiioj. 


Guillelmete  fem¬ 
me  de  Bernard  IV. 
comte  de  Mcl- 
gucii. 


Ermengardc. 


i.  ■  f 

5. 

U 

V 

1- 

c 


Adélaïde. 


Bernard. 


Raymond  moine 
de  Ci  uni,  enfui - 
te  abbé  d’Aniane , 
3c  évéque  de  Lo¬ 
dève. 

Bernard. 

Gui  furnommé 
Guerrejat. 

Guillelmete  fem¬ 
me  de  Bcrnard- 
Aton  vicomte  de 
Nifmes. 

Adélaïde  femme 
d’Eblcs  vicomte 
dcVcntadour. 


«  Ermeffinde  épou- 
I  fa  N.  de 


mourut  en  1201. 

Guillaume. 

Gui,  dit  Burgun- 
dion. 

Sibylle  femme  dfc 
Gaucclin  de  Lu¬ 
nch 

Guillelmete  pro- 
mife  en  1169.  à 
Raymond  d’An- 
dufe  de  Roquc- 
fcuil. 

Adélaïde. 

Marie. 

N.  religieufc. 


Raymond  reli¬ 
gieux  de  Grand- 
fclve  ,  3c  éveque 
d’Agdc. 


NOTE 

r  XXXVII. 

f  t.  Lit. 

j  Marie  hcri- 
I  tiere  de  Mont- 
J  peliier,  époufa 
*  en  1204.  Pier¬ 
re  roi  d’Ar*a- 
g°n. 

t.  Lit. 

Guillaume  , 
Thomas  8cc.dé- 
clarcz  bâtards» 


l 


Scrvian. 


Guillaume  comte  f 


T  Raymbaud 
fei-Jmort  (an* 


fà  Orange  en  par- J  Guillaume 

I  tic.  1  gneur  d’Orangc  ^enfans. 


Guillaume  fei¬ 
gneur  d’Omclas, 
époufa  apres  l’an 
1126. Tiburge  com 
telle  d’Orangc  > 
tefla  en  ii$6. 


gneur 
pour  un  quart. 


Tiburge  dame 
d’Orangc  pour  un 
quart. 


X 


X.  Guillaume  de  Montpellier  feigneur  d’Orne- 
^as  »  Pu*n<^  de  Guillaume  V.  époufa  Tiburge  a 
h-  fille  &  héritière  de  Raymbaud  comte  d’Orange , 

dont  il  eut  un  fils  de  ce  nom  ,  qui  fut  fon  heri¬ 
tier  y  &  oui  prit  le  furnom  d’Orange ,  comme  il 
avoic  pris  lui-même  celui  d’Omelas.llcut  aufii  deux 
filles  qui  portèrent  l’une  &  l’autre  le  nom  de  Ti¬ 
burge  ,  qui  étoit  celui  de  leur  mere ,  ainfi  qu’il  pa- 
roît  par  fon  teftament  date  de  l’an  1156.  La  pre¬ 
mière  étoit  alors  veuve  de  Gausfired  de  Mornas, 
feigneur  Provençal;  &  la  fécondé  avoir  époufé  en 
1150.  Aymar  de  Murviel  >  qui  vivoit  encore  en 
t .  1191.  b  Celle-là  fe  remaria  avec  le  feigneur  de 

Baux,  dans  la  maifon  duquel  elle  apporta  le  comté 
ou  la  feigneurie  d’Orange  $  ce  qui  prouve  que 
T ome  //. 


11c 

Raymbaud  fei¬ 
gneur  d’Omclas,  8c 
comte  d’Orangc 
en  partie  :  mort 
fans  enfans  vers 
l'an  1180. 

Tiburge  époufa 
en  ri 4*;.  Aymar 
de  Murviel. 

Tiburge  époufa 
1 Q.  Gausfred  de 
Mornas  :  i*.  Ber¬ 
trand  de  Baux. 

Elle  hérita  de  fon 
frere  Raymbaud 
de  la  moitié  d’O¬ 
range  ,  quelle 
tran fruit  à  Ber¬ 
trand  3c  Guillau¬ 
me  de  Baux  ,  fes 
^fils  du  1.  lit. 

Raymbaud  fon  frere  décéda  fans  enfans.  On  voit  t  Fr-  Md, 
d’ailleurs  que  celui-ci  aliéna  c  ou  engagea  fes  do¬ 
maines  de  Languedoc  en  1 1 6  8  &  1 1 7 1 .  Il  paroîc 
qu’il  étoit  déjà  mort,  &  que  Tiburge  fa  (œur , 
femme  du  feigneur  de  Baux,  lui  avoit  déjà  fuccedé 
dans  la  principauté  d’Orange ,  vers  l’an  1180.  car 
nous  avons  deux  donations  d  ,  faites  l’üneen  1181. 
à  la  grande  Chartreufe,  par  Bertrand  de  Baux ,  du 
conjetl  Si  de  la  volonté  de  Tiburge  d'Orançe  fa  mere  ; 

&  l’autre  en  1184*  ^  la  cathédrale  d’Orangc  par 
Guillaume  de  Baux ,  en  prefcnce  de  Tiburge  (a  mere. 

Telle  eft  la  fuite  des  feignenrs  ou  comtes  d’O¬ 
range  de  la  maifon  de  Montpellier  ;  fuite  fondée 
fur  des  titres  autentiques  ,  qui  jufqu  ici  n’avoient 
pas  été  connus.  EUc  fert  à  confirmer  &  à  reélifier 

un 


H  Gtti.rhri/f* 
nov.  td.  to.  I. 

«A*  p •  us* 


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€iS  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 

K  O  T  E  CC^C  <luc  *  auteurs  nous  ont  donnée  des  (ci-  entre  Raymond  6c  Bernard  »  fils  de  Berenget  vi-  “ 
XXXVII.  gneurs  d’Orange  qui  vivoient  au  XII.  lîéclc.  Suivant  comte  de  Narbonne  >  fuivant  lequel  ce  lieu  dépen-  XXXVIIL 
0',  u  t,/e  ces  auteurs,  Tiburge  fille  &  héritière  de  Raymbaud  doit  alors  de  leur  domaine.  On  peut  confirmer 

4rf*’iï  6*  N- comlc  d’Orange >  mort  à  la  Terre-fainte  à  la  fin  pat  la  le  (intiment  de  M.dc  Valois*,  qui  fondé  fur  e  v*up. 

u  du  XI.  ficelé,  époufa  Guillaume  d’Orange  dont  ils  la  diftance  marquée  depuis  Nifmes  julques  auchâ-  M*M*«- 

avouent  que  l’origine  cft  oblcure*,  mais  comme  on  reau  À'Ugtrnum>  dansStrabon  &  dans  les  anciens 
+Jei'  vient  de  le  voir ,  ce  feigneur  n’eft  pas  different  de  itinéraires,  croit  que  Beaucaire  eft  cet  ancien  châ- 
notre  Guillaume  d'Omclas  ou  de  Montpellier.  Ils  tenu  *  car  il  eft  certain  que  Bercnger  vicomte  de 
ajoutent  quç  Tiburge  eut  deux  fils  de  ce  mariage,  Narbonne  étoit  feigneur  du  château  dUgernum , 
Guillaume  &  Raymbaud  ,  6c  deux  filles  appellées  &  quil  en  reçut* l’hommage  avant  le  milieu  du  XI.  (Pr. 

Tiburge  ,  dont  l’une  époufa  Bertrand  de  Baux  fils  fiécle  :  or  il  n’eft  rien  dit  d'Ugerukm  dans  le  par- 

puinc  de  Raymond  &  d’Efticnnete  de  Provence  ,  tage  de  fes  deux  fils  \  c’eft  donc  le  meme  lieu 

6c  l’autre  Adeniar  de  Murvicl  *,  que  Tiburge  leur  que  Beaucaire  dont  ils  font  mention  dans  cct 

mere ,  par  (on  teftament  daté  de  l’an  1150.  par-  atte. 

cagca  la  principauté  d’Orange  &  (es  autres  do-  II.  On  doit  ajouter  a  cela  qu’on  a  découverts  çr.ifm»* 
maines  aies  deux  fils ,  Guillaume  &  Raymbaud  depuis  peu  un  ancien  chemin  Romain  qui  va  en 
que  le  premier  çut  un  fils  appelle  Guillaume  ,  ôc  droite  ligne  de  Nilmcsjufqua  Beaucaire,  &  qui 
une  fille  nommée  Tiburge,  qui  partagèrent  égale-  cft  marqué  d’efpace  en  cfpace  par  des  colomnes 

ment  leur  moitié  d’Orange  i  que  la  dernière  n’eut  milliaires  dont  la  plupart  fubnftent  encore.  Le 

point  d’tnfans  de  Raymbaud  Guiran  Ion  mari ,  &  fentiment  du  P.  Pagi  h>  qui  croit  que  l’ancien  cha-  h  pKi  4 

qu’elle  donna  là  portion  d’Orange  aux  Hofpitalicrs  teau  d’C Jgernum  cft  different  de  Beaucaire,  fous  f**  * 
de  Jcrnfalem  \  que  Guillaume  ion  ftere  eut  un  fils  prétexte  que  dans  l’itinéraire  de  Theodofc ,  on  la  4* 
appelle  Raymbaud  qui  lui  fucceda  •  qui  donna  aulH  table  de  Pcutinger ,  ce  château  eft  placé  à  quelques 
(a  part  d’Orange  aux  mêmes  Hofpitalicrs ,  mou-  milles  du  Rhône,  ne  (çauroit  d’ailleurs  le  iôûtcnir. 
lut  (ans  enfans  à  Courthclon  ,  &  appella  à  fa  fuc-  En  effet  outre  que  cette  table  eft  peu  exatte  pour 
cellion  Bertrand  de  Baux  fon  beau- frère ,  &  Guil-  la  pofition  précité  des  lieux ,  nous  avons  le  témoi- 
laume- Bertrand  &  Hugues  de  Baux  (es  neveux ,  fils  gnage  de  Jean  de  Biclar,  auteur  du  VII.  fiécle ,  qui 
de  ce  dernier ,  qui  pofiederentainfi  la  moitié  d’O-  dans  fa  chronique  met  le  château  d 'Vgcrnum  furie 

range  avec  les  terres  aflifes  à  la  gauche  du  Rhône  ,  rivage  du  Rhône .  Enfin  ces  autoritez  détruifent 

6c  qu’il  donna  fes  autres  domaines  fituezà  la  droite  entièrement  l’opinion  de  M.  Du-Cange  *  qui  pré-  * 
de  ce  fleuve ,  à  Aymar  de  Murvicl  fon  autre  beau-  tend  que  ce  château  eft  le  même  que  S.  Gilles. 
frere.  Telle  eft  la  delcendance  de  Guillaume  d’O-  111. 11  s’enfuit  de  ce  que  nous  venons  de  dire  que 
mêlas  ou  de  Montpellier  mari  de  Tiburge  corn-  le  château  d’t/g<r«#;w(ubliftoit  encore  fous  ce  nom 
telle  d’Orange ,  rapportée  par  ces  auteurs  qui  ont  au  commencement  du  XI.  fiécle  *,  &  qu’il  a  donné 
négligé  d’en  donner  les  preuves.  On  peut  dourer  l’origine  à  une  ville  qu’on  bâtit  auprès  vers  lerai- 
cepcndant  fi  Guillaume  d’Omclas  eut  un  fils  aîné  lieu  du  même  fiécle,  6c  qui  fut  appellée  Bellttm-Ca- 
nommé  Guillaume ,  de  Tiburge  comtellè  d’Orange  drum  ou  Belli-Cadrum,  Beaucaire,  peut-être  â  caufe 
fa  femme  ;  car  il  n’en  dit  rien  dans  Ion  teftament  *,  de  fa  fituation  dans  une  plaine  quarréc  :  le  château 
6c  cette  dernière  peut  l’avoir  eu  d’un  premier  lit,  6c  prit  enfuite  le  nom  de  la  ville.  Nous  ferons  voir 
n’avoir  é poule  Guillaume  d’Omclas  qu’en  fecon-  bientôt  qu’on  Pappelloit  de  Beaucaire  vers  l’an 
des  noces.  Nous  fçavons  en  effet  que  celui-ci  étoit  1 070. 11  a  enfin  etc  détruit  en  1631.  fous  le  régne 
1  Pr.  p.4i4«  encore  fort  jeune  en  1 1 1 1.  *  dans  le  tems  du  tefta-  de  Louis  XIII. 

&i‘*  ment  de  Guillaume  V.  feigneur  de  Montpellier  Ion  IV.  Le  château  d Vgcrnum  ne  pouvoir  être  bâti, 
pere  ,  6c  que  Tiburge,  qui  en  1 116.  lit  une  re-  comme  l’infinue  M.  de  Valois,  dans  Tille  qu’on 
bGdü.rhnjt.  fticution  b  à  l’eglife  d’Orange,  devoir  être  alors  nommoit  anciennement  Germca  y  fituée  autrefois 
[3  J’  avancée  en  âge ,  puilque  le  comte  Raymbaud  II.  entre  Beaucaire  6c  Tarafcon ,  6c  jointe  aujourd’hui 
fon  pere  mourut  â  la  Tcrre-làintc  l’an  1097-  par  attcriilcmcnt  à  ccttc  dcrnicre  ville  ,  puilque 
Comme  nous  ne  trouvons  cependant  aucune  ce  château  croit  fitué  fur  les  bords  du  Rhône k 

preuve  que  Tiburge  ait  etc  mariée  en  premières  fuivant  Jean  de  Biclar  :  mais  il  eft  très-probable 

noces,  avant  que  d’epoufer  Guillaume  û’Omelas*,  que  le  château  donna  fon  nom  à  Tille ,  6c  quelle 
que  ceux  qui  citent  (on  teftament,  afïiircnt  au  hit  d’abord  appellce  Vgemica ,  &  enfuite  Germca 


b  Gdll.(hri/{. 
ntv.  ed.  /*.  I. 
tmjir.fs  132. 


Comme  nous  ne  trouvons  cependant  aucune  ce  château  croit  fitué  fur  les  bords  du  Rhône k ,  |J/J^ 
preuve  que  Tiburge  ait  etc  mariée  en  premières  fuivant  Jean  de  Biclar  :  mais  il  eft  très-probable 
noces,  avant  que  d’epoufer  Guillaume  d’Omelas*,  que  le  château  donna  fon  nom  à  Tille ,  6c  quelle 
que  ceux  qui  citent  (on  teftament,  afïiircnt  au  hit  d’abord  appellce  Vgemica ,  &  enfuite  Germca 
contraire  que  fes  deux  fils  Guillaume  &  Raymbaud  du  nom  dVgernum.  M.  de  Valois1  prétend  fur  1  v*itp.  iW. 
ctoicnt  d’un  même  lit  ;  qu’il  n’eft  pas  fans  exem-  l’autorité  de  Cateim  ,  qu’on  appclloit  communé-  mc*teiu*k 
pic  dans  ccs  ficelés  qu’on  omette  à  parler  de  quel-  ment  cette  ifie,  laVergnc*,  on  n’en  a  d’autre  preuve  **u 
qucs-ims  de  lès  enfans  dans  fon  teftament  ,  lur-  qu’un  paffàgc  de  la  chronique  de  Guillaume  de 
tout  lortqu’ils  croient  établis  *,  que  Guillaume  d’O-  Puilaurens  n,  où  elle  eft  appellée  Ferma:  mais  il  eft  n  GidB.ü 
«  Pr.  f.  5  s*,  mêlas  ne  nomme  pascmêmc  (à  femme  dans  le  lien*  vilïble  que  le  texte  de  cet  auteur  eft  corrompu  en 
6c  qu enfin  le  nom  de  Guillaume  a  été  porté  par  cct  endroit,  &  qu’il  faut  lire  Ugerma  ou  Germca 
tous  les  lèigneurs  dcMompeliicr&par  la  plupart  de  au  lieu  de  Permet  *,  car  dans  tous  les  autres  monu* 
leurs  enfans  -,  nous  croirons  que  Guillaume  fils  aîné  mens  où  il  cft  fait  mention  de  cette  illc ,  elle  eft 
de  Tiburge  ,  dame  d’Orange  ,  étoit  de  la  mailbn  toujours  nommée  Germca . 
de  ccs  feigneurs,  jufqua  ce  qu’on  ait  produit  des  V.  Ceft  ainli  que  le  nom  de  Beaucaire  a  été 
preuves  du  contraire.  vifiblcment  altéré  dans  une  charte  °du  cartulairc  of.nî* 


NOTE  XXXVIII. 

Sur  l'origine  de  la-iyiüe  de  Beaucaire . 

1.T  E  plus  ancien  monument  que  nous  con- 
JL/noilfions,où  il  foit  fait  mention  de  Beau- 
àCéteimtm*  caire,  c’eft  latte  de  partage d  fait  vers  Tan  1 067. 


mens  où  il  cft  fait  mention  de  cette  illc ,  elle  eft 
toujours  nommée  Germca . 

V.  Ceft  ainli  que  le  nom  de  Beaucaire  a  été 
vifiblcment  altéré  dans  une  charte  °du  cartulairc  of.nî* 
de  Péglife  d’Arles.  Ceft  un  accord  paffé  vers  Tan 
1070.  entre  Aicard  archevêque  de  cçtte  ville  6c 
Raymond  de  S.  Gilles  i  voici  les  termes  de  l’attes 
jïicardo  jirclatenfi  archtepifcopo ,  Rajmundus  co¬ 
rnes  reddit  c$  donat  eçclefiam  S.  Pafcha ,  cum  om¬ 
nibus  ad  ear.dcm  perttncmibus,  excepta  ejuoddcdit 
ad  faciendum  clauflrum  de  cajiro  Bcllauro.  Simili 
modo reddu  totum honorem  qui  ejl  m  ArgcmiXi6cc- 


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NOTE 
X  v  XVIII. 

aP»/.34l, 


4  Açer  tr- 

jcntew. 


bBr.i.l.f. 

<J. 


eFr.f.t  09, 


DE  LAN 

Il  eft  évident  qu’il  faut  lire  en  cet  endroit  Bclcadro 
ou  BclUcadro  au  lieu  de  Bcllauro  ;  car  Téglilè  de 
lâinrc  Palque4  croit  limée  dans  le  château  de  Beau- 
caire ,  &  on  ne  fçait  ce  que  c’eft  que  ce  château 
de  Bu'auro.  Il  réfoltedonc  de  cet  a&e  que  le  ch⬠
teau  d 'l/gernum  avoir  déjà  pris  le  nom  de  Beau* 
caire  vers  l’an  1070. 

VI.  Quant  à  la  terre  ctArgence*  dont  il  cft  fait 
mention  dans  cet  aétc,elle  croit  déjà  connue  en 
88  s.  comme  il  paroît  par  une  charte  de  l’empe¬ 
reur  Louis  le  Débonnaire  ;  elle  appartenoitb  alors 
à  Lcibulfe  comte  d'Arles ,  qui  l  avoir  reçue  de  nos 
rois  en btntf.ee ,  &qui  la  donna  en  échangé»  du 
moins  pour  ia  plus  grande  partie,  à  Péglife  Recette 
ville.  Elle  comprenoitla  portion  du  diocèfe  d’Ar¬ 
les  qui  cil  à  la  droite  du  Rhône,  dans  le  Langue¬ 
doc  ,  &  qui  conlifte  en  onze  paroi/lès  dont  la  ville 
de  Heaucaire  cft  le  chef- lieu.  Pons  fils  aîné  de  Guil¬ 
laume  Taillcfer  comte  de  Touloufcen  croit  le  maî¬ 
tre  vers  l’an  1  o  j  7.  c  &  comme  elle  dépendoit  du 
comté  d’Arles,  il  l’avoir  eue  fans  doute  d’Emmc  de 
Provence  fa  merc,  ou  de  Guillaume  III.  comte  de 
Provence  (on  oncle  maternel.  Pons  ou  Ce  s  prede- 
celleurs  la  donnèrent  en  fief  aux  vicomtes  de  Nar¬ 
bonne  ;  car  on  a  déjà  vu  que  ceux-ci  podèdoicnt  le 
château  A'Ujernum  &  la  terre  d’Argenccau  milieu 
du  XL  fiécle  :  Raymond  de  S.  Gilles  la  tenoit 
lui-même ,  du  moins  en  partie, de  l’églifc  d’Arles. 

VIL  On  a  oblcrvé  que  Tille  de  Gtrnica  ou  Uger- 
nica  limée  entre  Bcaucaire  6c  Tarafcon  ,  ne  fubfiftc 
plus  depuis  long-tcms ,  quoique  quelques  géogra¬ 
phes  modernes  la  marquent  dans  leurs  cartes.  Elle 
fubhfloir  encore  en  1 198.  comme  il  paroît  par  les 
lettres  de  Charles  II.  roi  de  Jerulâlem  &  comte 
de  Provence ,  mentionnées  dans  l’arrêt  du  confeil 
du  8-  de  May  de  Tan  1  69  ».  rendu  au  (îijet  des  ides 
du  Rhône  qui  furent  déclarées  faire  entièrement 
partie  de  la  province  de  Languedoc.  Le  même  roi 
donna  par  ces  lettres  un  cens  de  trois  deniers, à 
prendre  dans  Tille  de  Germe  a  près  de  Tarafcon ,  oh 
ttoient  les  couverts  des  Cordeliers  des  jacobins. 
Or  comme  on  ne  voit  plus  aujourd’hui  aucune 
ide  entre  Bcaucaire  &  Tarafcon  ,  &  que  ces  deux 
couvcns  (ont  fituez  vers  les  bords  du  Rhône  dans 
cette  dernière  ville,  c’eft  une  preuve  certaine  que 
l*iflc  de  Germe  a  y  a  été  jointe  par  atterilïèmenr; 
ce  qui  le  confirme,  c’eft  ce  qu’on  appelle  jarneguc> 
la  porte  de  Tarafcon  qui  cft  de  ce  côté-lo. 

VIII.  Au  refte  il  eft  fait  mention  dans  l’itinéraire 
de  Bourdeaux  à  Jerufàlem ,  d’un  pont  appelle  Pons 
tÆranus  •>( ittié  fur  la  grande  route  entre  Nifmcs 
&  Arles.  Il  devoit  être  par  conlcqucnt  fur  le  Rhône. 
On  prétend  qu’il  étoit  au-deflbus  du  château  d’£/- 
fernum ,  en  ce  que  l’un  6c  l’autre  font  marquez 
a  une  égale  diftance  de  Nilincs;  car  Strabon  com¬ 
pte  cent  ftades  de  chemin  depuis  cette  ville  julqu'à 
Ugernum ,  &  dans  Titineraire  dont  nous  venons  de 
parler  on  compte  1 1.  milles  depuis  Nifmcs  julqu  a 
ce  pont,  ce  qui  revient  à  peu  près  au  même.  Cela 
fouffre  cependant  quelque  difficulté  *,  car  le  même 
itinéraire  compte  8.  milles  depuis  le  Pont  tÆrarius 
julqu’à  Arles,  ôe  Titineraire  de  Thcodofc,  ou  la  ta¬ 
ble  de  Pcutingcr,  en  marque  fix  feulement  depuis 
Ugernum  julqu a  Arlcs.Ainli,  fi  ces  calculs  font  bien 
juftes,  le  Pont  tÆranns  devoit  être  fitué  fur  le 
Rhône  à  deux  milles  ou  environ  au-deflus  du 
château  d 'Ugernum. 


G  ü  E  D  O  C. 


N  O  T  B 

xxxix. 


Tome  II. 


NOTE  XXXIX. 

Si  Frotard  évêque  d* Albi  au  JT I.  fiécle 
fut  excommunié  &  déposé  four  caufe 
de  fimonie. 

I.  T  T  N  auteur  J  qui  a  écrit  après  le  milieu  du  a  b* 

V_y  XII.  fiécle,  nous  adonné  une  notice  tou-  4 'lu&flqql 
chant  Téglilè  de  Vioux  *au  diocélè  d’Aibi,dans  *  Viaucuu». 
laquelle  il  marque  que  Frotard  évêque  de  cette 
ville ,  après  avoir  été  promu  par  fimonie,  fut  dé- 
pofe  «Se  excommunié  par  le  pape  Grégoire  VII.  Pour 
juger  de  la  foy  qu’il  mérite,  il  cftnécefiaire  de 
rapporter  toutes  les  circonftances  dont  il  accom¬ 
pagne  Ion  récit. 

L’églilc  de  faine  Eugene  de  Vioux ,  dit-il,  eft 
un  alleu  de  celle  d’Albi ,  félon  les  anciens  monu-  " 
mens ,  6c  elle  a  toujours  été  fous  Tauroritc  des 
évêques  &  du  chapitre  de  la  cathédrale  de  cette  * 
ville,  depuis  le  roi  Charles  6c  Tévêque  Agamberr ,  * 
julqu  a  icpilcopat  de  Frotard,  qui  fut  elû  par  fi-  ** 
monic ,  &  qui  fut  accule  de  ce  crime  devant  Grc-  “ 
goire  VIL  Ce  pape  l’ayant  mandé  à  Rome,  il  * 
s’y  rendit  fuivi  d’un  moine  de  Conques  ,  6c  y  fut  “ 
depofe  comme  fimoniaque.  Frotard  fc  voyant  " 
condamné ,  alla  trouver  à  Ravennc  Guibert  ar-  •• 
chevêque  de  cette  ville ,  que  quelques  prélats  lé-  " 
ditieux  avoientélû  pape  a  la  place  de  Grégoire.  m 
U  eut  recours  à  la  protcâion  de  cet  antipape ,  * 

6c  en  obtint  des  lettres  qu’il  eut  loin  de  tenir  * 
cachées.  A  Ion  retour  à  Albi ,  il  en  produific  «• 
d’autres  de  Grégoire  VII.  qu’il  avoit  fabriquées  ;  “ 

&  les  chanoines  ne  firent  aucune  difficulté  là-  «• 
delliis  de  le  recevoir  pour  leur  évêque. 

Peu  de  tems  après  le  moine  de  Conques  qui  « 
avoit  accompagné  Frotard  à  Rome ,  mécontent  de  ** 
ce  que  ce  prélat  ne  l’avoir  pas  récompcnlé,  comme  * 
il  le  lui  avoit  promis ,  produific  les  véritables  1er-  •• 
très  de  l’antipape  &  découvrit  tout  le  myfterc. 

Hugues,  archevêque  de  Lyon,  en  ayant  été  informé,  *• 
cita  Frotard  au  concile  qu’il  tenoit  alors  à  Tou-  " 
loufè  :  niais  ce  dernier  ayant  refulé  de  comparoî-  * 
tre ,  fiait  par  lui-même ,  foit  par  procureur ,  l’arche-  “ 
vêque  de  Lyon  qui  étoit  certain  de  la  fimonie ,  le  * 
dépolà  &  Tcxcommunia  en  plein  concile.  ■* 

Deux  ans  après,  Artman  moine  transfuge  de  Tab- 
baye  de  Gaillac,  lequel  après  avoir  ctéchallc  de  * 

Conques  s’etoit  réfugié  dans  celle  d’Aurillac ,  for-  « 
ma  le  dcfTcin  de  lou mettre  Téglilè  de  Vioux  i  cette  " 
dernière  abbaye ,  &  de  l’ôter  de  la  foumiilion  de  •• 

Téglilè  d’Albi.  Dans  cette  vue  il  alla  trouver  Ber-  « 
nard  &  Guillaume  d’Aymeric ,  feigneurs  *  du  châ-  ««Principe 
teau  de  Cadalcn  lelquels  tenoient  en  fief  de  Téglilè  • 
d’Albi  Tavouerie  de  celle  de  Vioux ,  pour  les  enga*  * 
ger  à  unir  celle-ci  à  l’abbaye  d’Aurillac.  Ces  deux  •• 
leigneurs  refilèrent  d’abord  d’acquicfcer  à  cette  * 
proportion  *  mais  enfin  ils  fe  rendirent  moyennant  « 
la  fomme  de  400  fols.  Bernard  d’Arifàt ,  Ermen-  « 
gaud  Ion  frere ,  &  Pierre  Bordones  qui  conlenti-  « 
rent  aufli  à  cette  union,  furent  également  récom-  •• 
penfez,  en  préfcnce  de  Frotard  de  Cahufac  &  d’A-  * 
demar -Raymundi  de  Vioux.  Cela  fait,  Artman  alla  • 
trouver  les  principaux  confeillcrs  de  Frotard,  qui  «• 
malgré  fon  excommunication  lè  maintenoit  for  le  «• 
fiege  cpilcopal.  Ces  confeillers  étoient  Roger  de 
Cacdonag,  Bernard  Amalfrcdi,  «5c  Echard,qui  n’é-  « 
tant  que  laïque,poiIèdoit  cependant  Tarchidiaconé  * 

Il  ii  ij 


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éio  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 

o  T  V*  d'Albi.Artman  promit  à  chacun  une  mule  -,  &  ibû-  gieux  d’ Aurillac  n’avoient  rien  donné  pour  l’union  «T*.  0-T 
*  XXXIX  *  tenu  de  leur  fecours,  il  perfuada  à  l’évêque  Frotard,  de  l’églilè  de  Vioux  à  leur  monafterc,  faute  de  *  XXXIX 

*  (bus  la  promerie  d’une  (bmme  confiderabie  de  de  quoi  elle  feroit  rendue  à  1  églife  d’Albi.  Les  reli-  * 

M  divers  préfens,  de  consentira  cette  union  :  ceci  ar-  gieux  d’Aurillac  ne  voulurent  pas  Ce  (oumettre  à  w 

*  riva  dans  le  tems  que  ce  prélat  ayant  fait  le  faint  cette  lentence  ,  &  conferverent  l'églife  de  Vioux  * 

*  chrême,  Amé  légat  du  S.  Siege  en  Aquitaine  &  jufqu’au  tems  de  Bertrand  évêque  d’Albi  &  d’AI-  - 

»  en  Efpagnc,  lequel  fut  enfuue  évêque  d'OUron ,  fonfc  comte  de  Touloufe  ,  qui  connoillànt  la  « 

»  paffa  aux  Avalats  dans  le  dioccfe  d  Albi  ,&  qu’on  jufte  demande  des  chanoines  d’Albi ,  leur  rendi-  - 

»  fui  prefenta  un  enfant  a  baptifer  :  mais  ayant  appris  rent  cette  cglde.  -  Telles  font  les  circonftances  de  « 

*  que  ce  chrême  avoir  été  confacré  par  Frotard  ,  il  cette  hifloirc  >  qui  paroiflent  d’abord  avoir  un  air 

••  jetta  par  terre  la  phiole  qui  le  comcnoit,di(ànt  qu’il  de  vérité  :  mais  à  les  examiner  de  près  il  cft  aifé 

••  n'etoit  pas  conücrc ,  (3  quil  étoit  fins  propre  pour  de  démontrer  que  la  plupart  font  altérées ,  fi  elles 

-  les  ânes  que  pour  les  chrétiens.  ne  font  pas  entièrement  controuvécs  :  mais  avant 

*  Frotard  se  tant  rendu  enfuite  à  Vioux ,  aflcmbU  que  d’entrer  dans  cette  difeuriion ,  il  cft  à  propos 

*  les  chanoines  qui  deflèrvoient  cette  cglilc,&  leur  d’ctablir  la  date  de  quelques  faits. 

*  dit  qu’il  vouloit  qu’ils  l’abandon nafiènt .  ou  qu’ils  1  °.  Le  pape  Grégoire  VIL  par  une  lettre  datée  * 

M  embrariafTcnt  la  vie  rcl  gieufe. Ceux-ci  connoillànt  du  1 1.  d’Avril  de  U  ///.  lndulion\ ou  de  l'an  1080.  ' 

"  le  piège ,  déclarèrent  qu’ils  ctoient  prêts  à  profef-  confirma  les  religieux  d’Aurillac  dans  la  pollcflîon 
»  fer  la  vie  des  chanoines  réguliers-,  à  quoi  Frotard  du  monuflcre  de  Ptoux  qutls  avoient  acquis  des 
••  ayint  confenti,  ils  députèrent  quelques-uns  d'en-  princes  du  pays  >  du  confentement  de  C  évêque  (j  de 
*•  tr’eux  à  Touloufe  pour  y  apprendre  la  réglé  tk  les  fin  clergé. 

ufi^es  de  cet  inftitut.  Les  dépntez  revinrent  quel-  i°.  Guibert  archevêque  de  Ravenne  ,  ne  fut  élu 
*•  que  tems  apvèsfhacun  avec  un  furp!û  63  /’ Me  de fil  pape  que  le  15.  de  Juin  de  l’an  1080. 

"  prof  Ifion <iuthenttqHC,comme  ce/l  l'u]**e dt  cette  re-  30.  Hugues  évêque  de  Die  ,  ne  parvint1»  au 
»•  hgion:  mais  ils  trouvèrent  que  pendant  leur  ablence  plutôt  à  l’archcvcché  de  Lyon  qu’en  io8x.  ou 
**  Frotard  avoir  chaflè  leurs  confrères,  pour  mettre  108}.  ^  9 

-  les  moines  d’Aurillac  à  leur  place-,  ce  qui  les  en-  40.  Amé  ctoit  déjà  évêque  d’Oleron  c  Cn  1073.  c 

»  gagea  â  en  appellcr  au  fiege  de  Rome  (3  à  celui  Cela  pofe,  il  eft  aifé  de  faire  voir  que  l’hiftoire 

*  ^d'Albt:  ils  entrèrent  dans  le  cloître,  &  dirent  qu’ils  dont  il  s’agit  cft  pleine  de  contradictions  &  d'ani- 

*  vouloicnt  y  vivre  en  rehoseux  comme  ils  l’avoicnt  chronifmcs. 

*  promis,  &  qu’ils  n’en  fortiroient  pas,  à  moins  qu’on  i°.  Suivant  cet  écrivain,  Grégoire  VIL  put 

*  ne  les  chalsât.  L’évêque  Frotard  tranlporté  de  fu-  dépofer  Frotard  évêque  d’Albi  pour  crime  de 
»  reur ,  leur  déchira  les  (urplis  6c  les  challà.  Des  dé-  fimonic ,  au  plutard ,  au  concile  Romain  tenu  le  7. 

*  putez  du  chapitre  d’Albi  vinrent  en  même  tems  de  Mars  de  l’an  1080.  puifque  ce  prélat  alla  rrou- 

*  pour  s’oppofer  à  l’union;  mais  Frotard  ne  voulut  ver  auflî-  tôt  apres  fa  condamnation  à  Rome, F  ami* 

*  tenir  aucun  compte  de  leur  oppolition  :  l’un  d’en-  pape  Guibert  ,&  que  celui-ci  ne  fut  élu  qu’après  ce 

*  tr’eux,  pour  en  donner  un  ligne  certain,  coupa  concile,  le  15.  de  Juin  delà  même  année.  Le  concile 

*  alors  la  corde  des  cloches ,  &  en  emporta  les  mor-  de  Touloufe  où  Hueues  archevêque  de  Lyon  con- 

*  cçalix  à  Albi.  L’union  étant  conlbmméc ,  l’éveque  firma  la  dépolition  de  Frotard ,  devroit  donc  être 

*  alla  à  l’abbaye  d’Aurillac  y  recevoir  (on  payement,  poftéricur.  En  effet  il  ne  peut  avoir  été  tenu  au 

*  accompagné  de  l’archidiacre  Echard  :  mais  à  leur  plûrôc,  drivant  cet  auteur  ,  qu’en  1080.  puifque 
retour  avant  été  fûts  prilonnicrs  6c  conduits  au  Frotard  dit  que  Hugues  étoit  alors  archevêque  de 

"  château  de  Pcyrolle ,  le  dernier  fut  obligé  de  don-  Lyon.  Or  il  allure  poiitivement  ,  qu’il  y  eut  deux 
»  ncr  mille  fols,  &  l’autre  deux  cens  pour  leur  rançon,  ans  d’intervalle  entre  le  concile  de  Touloufe  &  l’u- 

*  Dans  ce  tems-là  Pons  Stepham  cvcqiic  de  Ro-  nion  que  fit  Frotard  de  l’églife  de  Vioux  à  l’abbaye 
»  dez  après  avoir  été  facré  dans  le  concile  où  Fro-  d’Anrillac  -,  d'où  il  s’enfuit  que  cette  union  fut  faite 
••  lard  avoit  été  excommunié,  pariant  dans  le  dio-  vers  l’an  108  >.  mais  nous  venons  devoir  quelle 
»  céfe  d’Albi ,  apprit  que  Bernard  Amalfrcd  ,1’un  des  ctoit  déjà  conlommcc  dès  le  il,  d’Avril  de  l’an 
»  confeillcrs  de  ce  prélat ,  étoit  fort  mal ,  6c  qu'il  avoit  1080. 

«•  demandé  les  derniers  (acremcns  :  il  défendit  qu’on  20.  L’auteur  avance  que  les  chanoines  d’Albi 
»  lcs  lui  adminiftrâc,  à  moins  qu’il  ne  fift  ferment  s'oppoferent  fortement  à  cette  union ,  6c  nousve- 
••  de  ne  plus  communiquer  avec  Frotard,  qui  étant  nonsde  voir  que  Grégoire  VII.  attefte  quelle  s’etoit 

*  tombé  malade  lui- même  à  Albi  peu  de  tems  après,  faite  du  confentement  de  Céveque  63  de  fin  clergé. 

■»  demanda  le  (aint  viatique  :  mais  fon  clergé  réfuta  5  °.  Il  cft  marqué  dans  cette  narration ,  qu’Amé 


m  rillac  continuèrent  de  jouir  du  monafterc  de  Vioux,  munie  :  or  Amé  ctoit  évêque  d'OIcron  dès  l’an 

*  nonobftant  les  plaintes  des  chano  ncs  d’Aibi.  Ceux-  1 07  3 .11  faut  donc  que  Frotard  ait  été  dépofé  avant 

••  cj  lCs  ayant  portées  devant  Guillaume  Poitevin  ,  cette  année  -,  ce  qui  fuppofe  pluiieurs  autres  con- 
m  fnecefleur  de  Frorard ,  ce  prélat  fit  avertir  l’abbé  traditions  qu’il  cft  inutile  de  relever. 

-  d’Aurillac  de  Ce  rendre  à  Albi  où  il  vouloit  juger  40.  Suivant  le  même  auteur  ,  Pons  évêque  de 

»  ce  différend  :  Guillaume  prit  pour  aflericurs  Artal-  Rodez  ,  fût  (acré  dans  le  même  concile  de  Tou- 

•  lus  évêque  de  Carcaflbnne ,  l’abbé  de  Soreze  6c  le  lonfc ,  où  la  dépolition  de  Frotard  fut  confirmée. 

»  prieur  de  S.  Scrnin  de  Touloufe.  Les  parties  ayant  Or  Pons  étoit  certainement  évêque  de  Rodez  dès 

••  comparu  &  défendu  leur  caille ,  les  arbitres  rendi-  la'1  fin  de  fan  1 079.  Il  faut  donc  que  ce  concile  de  d  Pr  t 

m  rent  un  jugement  le  premier  de  Janvier  par  lequel  Touloufe  ait  été  tenu  la  même  année  -,  ce  qui  ren- 

»  ils  ordonnèrent  au  moine  Artman  de  le  reprefenter  verfe  tonte  la  fuite  des  faits  hiftoriques  avancez  par 
•*  dans  Foctave  de  la  Pentecôte  prochaine ,  &:  défaire  l’auteur  de  la  narration  :  d’ailleurs  il  fc  contredit 
»  ferment,  lui  fcpticmc ,  comme  l’abbé  &  les  reli-  manih-llcment  en  lailant  palier  le  même  Pons  par 


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. .  -3 

s-.a 


NOTÉ 

xxxix. 


9.  1 6.  44-47- 


ôc  avoir  donné  la  démillion  volontaire  de  fort 
évêché.  Il  n  y  a  rien  dans  tout  cela  qui  ne  foit  con¬ 
firmé  par  Je  pareils  exemples  du  même  tems  ;  & 
(ans  fouir  de  la  province ,  nous  avons  celui  d’E£ 


DE  LANGUEDOC  60 

— ~~  le  diocc/e  d’AIbi  immédiatement  apres  fo  confié-  élion,  il  fera  revenu  dans  fon  diocèfo  ,&  aura  cré  ^  q 

crjd°n  su  concile  de  Touloufe,  loi  (que  l’union  cnfiuitc  dépofo  &  excommunié  au  concile  qui  fut  XXXIX. 
de  legli/cde  Vioux  à  l’abbaye  d’Aurillacétoîc  déjà  tenu  à  Touloufe  vers  la  fin  de  l’an  1075).  &  au- 
faitc:  puilqu’il  mec  dun  autre  cote  deux  années  quel  Hugues  alors  évêque  de  Die,  &nonarchc- 
d  intervalle  entre  l’union  ôc  le  concile.  vêque  de  Lyon,  légat  du  (aine  Siège,  aura  pré- 

5  «.Enfin  il  marque  que  Bertrand  évêque  d’AIbi  fidc.  Guillaume  aura  été  nommé  par  le  même 
ôc  Alfonlc  comte  de  Touloulè,  rendirent l’églilc  concile  pour  lui  focceder  :  mais  Frotard  lui  aura 
de  Vioux  à  celle  d’AIbi  :  mais  il  eft  certain  *  difputél’cvêché,  fie  fora  maintenu  malgré  fon  ex- 
.47-  Sue  rabbnyc  d’Aurillac  jouiifoit  paifiblemcnt en  communication,  fioit  par  le  crédit  ôc  l’autorité 
1 204.  de  lcglifo  de  Vioux ,  ôc  quelle  l’échangea  que  la  maifon avoir  dans  le  pays ,  foit  en  Ce  décla- 
alorsavcc  les  chanoines  d’Albi.  rant  en  faveur  de  l’antipape  Clément  111.  &  fora 

Il  rclultc  de  toutes  ces  remarques  ,  qu’il  n’y  a  enfin  décède  vers  l’an  1084.  après  s’erre  reconnu 
aucun  fonds  à  (aire  fur  cet  auteur,  dont  la  préven-  ôc  avoir  donné  la  démillion  volontaire  de  fort 
tion  contre  les  religieux  d’Aurillac  fie  manifclte  évêché.  Il  n’y  a  rien  dans  tout  cela  qui  ne  (bit  con- 
k  v.  /*•/•"•  allez  d’ailleurs  b.  Il  croit,  folon  toutes  les  appa-  firme  par  de  pareils  exemples  du  même  tems  ;  & 
rcnces,  chanoine  de  lcglifo  d’AIbi*,  car  M.  Baluze  fans  forcir  de  la  province ,  nous  avons  celui  d’Efi* 
a  tire  Ion  écrit  d’un  vieux  parchemin  des  archives  de  tienne  de  Eolignuc,  qui  quitta  l’évechc  de  Cler- 
cetccéglifie.Or  comme*  il  y  eut  quelques  différends  mont  pour  s’emparer  de  celui  du  Puy,  qu’il 
ail  XII.  fiecle  entre  les  chanoines  d’AIbi  ôc  les  conforva  malgré  Ion  excommunication,  &  celui  de 
religieux  d’Aurillac ,  au  fiujet  de  l’églifo  de  Vioux  ,  Pierre  de  Narbonne  évêque  de  Rodez ,  qui  s  étant 
quiavoit  été  donnée  aux  premiers  par  Pons  comte  fait  élire  archevêque  de  Narbonne,  pollcda  cet 
t  d’Albi  en  987- c  cet  auteur  pour  rendre  la  polfofi  archevêché  pendant  quelques  années  nonobftant 

lion  des  religieux  d’Aurillac  odiculc,  aura  écrit  fur  la  dé polition  Ôc  fon  excommunication, 

de  faux  mémoires  ,  ou  aura  tiré  de  fon  propre  Au  reffe  ileft  fort  vrailemblablc  que  Pons,  foc- 
fonds  la  maniéré  dont  l’union  de  cette  églifo  avoir  ccfleur  de  Pierre  de  Narbonne  dans  l’évêché  de 

été  faite  à  cctrc  abbaye  fous  Icpifoopar  de  Frotard  ;  Rodez,  fut  ficré  au  concile  de  Touloufe  de  l’an 
Ôc  ce  prélar  ayant  etc  depofo  pour  caufe  de  fimonie,  1079.  comme  il  elt  marquédansla  même  rela- 

tour  cela  lui  aura  donné  lieu  de  fabriquer  une  lu-  tion  ;  car  outre  que  nous  n’avons  aucune  preuve 
ffoire  à  la  fantailic,  ôc  de fiuppofor  que  cette  union  qu’il  ait  occupé  cet  évêché  avant  la  même  année: 
ne  peut  avoir  été  que  fimoniaque.  il  eft  certain  d’ailleurs  que  Pierre  le  quitta  fou- 

II.  Au  reffe  li  Frotard  fut  déj>o(c  pour  caufic  de  Icment  alors  pour  palier  à  celui  de  Narbonne.  Les 
fimonie,  ce  qui  cft  très-vraifomblable  ;  puilque  de  nouveaux  éditeurs  du  Gallta  Chriftiana  fo  font  donc 
fion  tems ,  la  plupart  des  évêques  de  la  province  &  rrompez  en  avançant  que  Pons  ctoit  déjà  évêque  *  GdU.<knjh 
de  1 ’églifo  ,  étoient  inficâcz  de  ce  vice  i  ce  fut  au  de  Rodez  en  1 076.  ôc  il  n’eft  1  pas  nécclïàire  de  **  d-  *•  f* 
plûtard  en  1079.  car  Guillaume  lui  avoir  fiiccedé  Iire1c67.au  lieu  de  1 077.  comme  ils  le  (uppolent, 
dès  cette  année.  Nous  en  avons  la  preuve  dans  dans  la  charte,  par  laquelle  Pierre  eveque  de  RccLz. 


ê ca.drijf.  l'acle  d  d’union  qui  fut  faite  la  même  année  des 
19  1  abbayes  de  S.  Theodard  ôc  de  Gaillac  a  la  congré¬ 
gation  de  la  Chaile-Dieu  ,  duc  on  fente  ment  de  Gutl - 
Lame  evcqtie  d' Albi ,  £5*  d'Efticnnc  eveque  de  Ci - 
titid.  hors:  union  qui  tut  confirmée  l’année  foivante  • 
par  une  bulle  de  Grégoire  VII.  darée  du  27.de 
Mars, la  vu.  année  de  Ion  pontificat, indidion  1 1 1. 
III.  On  peut  rectifier  par-là  le  catalogue  des 
fi  fd.  tt.  1.  évêques  de  Cahors  qui  eff  fort  confus  f  depuis  l’an 
l19'  1068.  jufiquen  1 1 12.  ainfi  Geraud  de  Gourdon 

aura  occupé  ce  fiege  depuis  l’an  10 6t.  jufqu’en 
1074-  Efticnnc  en  1079.  &  1080.  ôc  enfin  Gc- 
tViim.vit.  raud  de  Cardaillac  depuis  l’an  1083.  s  jufqu’en 

£"*■•  m». 

h  GsU.chr,/.  IV.  Il  eft  foie  mention  de  Frotard  fccvêque  d’AIbi 

/4n  ne  nn/»  r  Ii-irr/-  (\r  l'a  n  TAS»  2  dY>n  l’nn  ni-nf  înfi»iv»r 


confirma  l’union  de  l’églifo  de  Scrmurdftns  fion 
diocèfie  à  l’abbaye  de  Moi  (foc. 


NOTE  XL 

Sur  l'époque  de  la  mort  de  Guillaume  IV. 
comte  de  T ouloufe ,  drle  droit  que  Ray * 
mond  de  5.  Gilles  fon  frere  avoit  à  fa 
fuccejjlon, 

I.  Eraud  évêque  de  Cahors, établit  la  viccom- 
VJ  nuine  parmi  (es  chanoines  du  confentcment 


.  raud  de  Cardaillac  depuis  l’an  1083.  K  jufqu’en  Vj  nuine  parmi  (es  chanoines  du  confentcment 
1 1  1 1.  de  G  tu  Ultime  comte  de  Touloufe.  Quoique  cct  ade 

IV.  Il  eft  foie  mention  de  Frotard  fccvêque  d’AIbi  ne  foit  pas  daté,  nous  en  concluons  que  Guil- 
dans  une  charte  de  Fan  108  3.  d’où  l’on  peut  inférer,  laume  vivoit  encore  à  la  fin  de  l’an  1089.  car  ce 
que  quoique  dépofo  depuis  l’an  1079.  ce  prélat  fo  prélat  fit  cct  érabliffèment  ®  de  l’avis  &  de  l’auto-  m  G*tt.ckrift. 
maintint  ccpcndanr  dans  ion  fiege  ;  fur  quoi  l’au-  rite  d’Hugues  abbé  de  Cluni,  d’Hugues  archevê-  n9v- td-  u 
teur  de  la  relation  peut  avoir  été  fondé  ,  de  même  que  de  Lyon  ,  ôc  et  Ame  archevêque  de  Bourdeaux  *** 
que  fur  quelques  autres  faits  qui  ne  regardent  pas  légat  du  foint  fiege.  Or  ce  dernier  ne  fut  clu  n  ar-  n  chr.  U4U 
l’union  de l’cglifo  de  Vioux  à  l’abbaye  d’Aurillac.  chevêque  de  Bourdeaux  que  le  4.  de  Novembre  de  leAC  f' ix,% 
Voici  ce  qui  nous  paroît  de  plus  vrailemblablc  tou-  l’an  1089.  Ileft  vrai  que  les  anciens  &lesnou- 
chant  ccttc  hiftoirc.  Frotard  qui  paroît  avoir  etc  de  veaux  éditeurs  du  Gallta  chrtjhana  rapportent  le 
la  maifon  des  vicomtes  de  Lautrec  en  Albigeois,  concile  de  Xaintes  durant  lequel  Amé  fut  promu 
ayant  été  élû  évêque  d’Albi  au  plutard  ‘en  1 066.  à  l’archevêché  de  Bourdeaux ,  au  4.  de  Novembre 
aura  obtenu  cet  évêchc  à  prix  d’argent,  comme  de  l’an  1088.  Mais  D.  Ruinarc  Q  a  fait  voir  qu’il  vià 

avoient  déjà  fait  plufieurs  de fos  prédécellèurs,  ôc  appartient  certainement  à  l’an  1089.  l 

comme  c  ctoit  alors  un  ufiigc  très-commun,  il  aura  II.  Guillaume  IV.comte  dcTouIoufie  fouforivit  f  p  fyu/.  L 
uni  avant  l’an  1078- du  confentcment  de  fon  clergé  le  14.  de  Mars  de  lan  i090.au  reftament  du  me- 
ôc  par  rainorité  des  feigneurs  du  pays,  l’églifo  me  Geraud  évêque  de  Cahors.  Nous  aurions  une 
de  Vioux  à  l’abbaye  d’Aurillac.  II  aura  été  enluitc  nouvelle  preuve  que  ce  prince  vivoitcncore  alors , 

accufé  de  fimonie  auprès  du  pape  Grégoire  VII.  ôc  fi  on  pouvoir  s’appuicr  fur  la  date  d’une  charte , 


O  Tnin.  vil 
va.  U.n.6ii 
70.  tr  ftqh 
p  SjlHtl.  Iti 

*0-/.  Us.# 


fiait  le  voyage  de  Rome  en  1078.  pour  fo  jiiffifier:  luivant  laquelle  Guillaume  comte  de  Touloufo 
mais  n’ayant  pu  prouver  la  canonicicc  de  fon  éle-  s’accorda  au  mois  de  Septembre  de  cette  année 


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gu  NOTES  SUR.  L’HISTOIRE 

'Ko  avec  Rœpmndcomte  de  Barcelone  &  de  Carcajfonne  ,  permet  à  Guillaume  de  fc  faire  inhumer  à  la  Dau- 

XL.  (5  Raymond  on  fils  >  touchant  le  château  de  t  aurac  rade  lui  &  toute  la  pofterité.  D’ailleurs  il  eft  fait  N  ^  * 

le  pays  de  Lanraguah  -,  mais  il  eft  certain  que  mention  1  de  ce  prince  comme  vivant  dans  un  aâe  irr.,.JJJ# 

cette  date  eft  faufle ,  &  qu’il  faut  lire  l’an  L07 1 .  au  de  l’an  1095.  Comme  nous  n’avons  cependant 

lieu  de  l’an  1090.  pour  les  railbns  drivantes.  aucune  preuve  qu’il  ait  vécu  au-delà ,  nous  fixons 

?  r.  fr.  p.  ^  °.  On  trouve  deux  copies  de  cette  charte  adans  l’époque  de  fa  mort  à  la  fin  de  cette  année ,  ou  au 

ja  coi|c^j0n  jcs  tjtres  la  maifon  de  Foix  qui  commencement  de  la  (uivante.  Il  eft  certain  du 

eft  parmi  les  manuferits  de  Colbert-,  l'une  prilè  lur  moins  que  lorfquc  Philippe  fa  fille  fc  maria  en 

l'original, ou  du  moins  furune  très- ancienne  copie  109 4.  avec  Guillaume  comte  de  Poitiers,  ilétoit 

tircc  de  la  caille  10.  des  archives  dit  château  de  dé)a  décédé. 

Foix,  &  l’autre  du  cartulaire  qui  etoit  dans  la  caiflè  Philippe  avoit  cté  mariée  en  premières  noces 
1  des  mêmes  archives.  Or  dans  l’une  ôc  dans  avec  Sanche  roi  d’Arragon,  comme  l’attefteGeo- 
Pautrccopic  on  li tanno  mdltfimo  feptuag'fimo primo,  froy  m  prieur  de  Vigcois^uteur  du  XII.  fiede.  San-  * 
i°.  Cette  charte  ne  fçauroit  appartenir  en  au-  che  peut  l’avoir  époufee  en  1 08  5.  car  la  reine  Fc-  Vl /•  »°4* 
r.  a <*rC.  Cline  manicreàl’an  1090.  car  cette  année  bc*étoit  licie®  fa  première  femme  mourut  le  14.  d* Avril 


t  Mare 
f  •  466. 


d  Cône.  ed% 
Hnrd.lt.  if. 
f  l67i-  & 
f'M- 


Foix,  &  l'autre  du  cartulaire  qui  etoit  dans  la  caiflè  Philippe  avoit  cté  mariée  en  premières  noces 

1  ^ .  des  mêmes  archives.  Or  dans  l’une  &  dans  avec  Sanche  roi  d’Arragon ,  comme  l’attefte  Geo- 
Pau t recopie  on  lit  anno  mdltfimo  feptuag'fimo  primo,  froy  m  prieur  de  Vigeois>auteur  du  XII.  (iccle.  San-  « 
i°.  Cette  charte  ne  fçauroit  appartenir  en  au-  che  peut  l’avoir  époufee  en  1085.  car  la  reine  Fc-  /•  s°4* 
cune  manicreàl’an  1090.  car  cette  année  bc*étoit  licie®  fa  première  femme  mourut  le  14.  d* Avril  n  ftrr-u 

cm Bérenger  ,  &  non  pas  Raymond , qui  podedoit  le  de  cette  année.  Felicic  auroit  vécu  cependant  en 

coiwcde  Barcelone, tant  ai  (on  nom  qu’en  ce-  1096.  s’il  fallait  s’en  rapporter  à  une  charte  *da-  ©  Mat*. 
71  c  J*q-  lui  de  Raymond  fon  neveu  âgé  alors  feulement  tée  de  IV**  M  c  xxxiv.  Inivant  laquelle  Sanche  roi 

de  huit  à  neuf  ans.  D’ailleurs  Bcrcngcr  comte  de  d’Arragon,  (à  femme  Felicic ,  &  leur  fils  Pierre,  * 

Barcelone  n’eut  point  d’enfans  ,  ôc  (bn  neveu  font  une  donation  à  l’abbaye  de  la  Sauve  :  mais  il 
Raymond  étoit  trop  jeune  en  1090.  pour  en  avoir,  eft  confiant  que  cettcdateeft  fautive,  puifque  San- 
De  plus  Humbert  élit  de  Barcelone  fut  prefent  à  chc  fut  tué  P  au  liège  d’Hucfca  au  commencement  P  *•  fc*. 

c  Marc.Htft.  cct  a&c  .  or  Bertrand  pofleda  l’évêché  de  cette  c  de  Juin  de  l’an  1094.  Il  s'enfuit  de  là  que  Phi-  £*'I#M** 

v,u£.\ù,d. €.  ville  depuis  l’an  1086.  jufqu’en  1096.  au  lieu  lippe  fille  de  Guillaume  IV.  comte  de  Touloufe, 
f  7*  qu’Humbcrt  étoit  encore  évêque  de  Barcelone  en  n’époufa  le  duc  d’Aquitaine  en  fécondes  noces  que 

d  c*nc.  td.  1078.  d&  rien  ncmpeche  qu’ilm’ait  été  élu  en  vers  la  fin  de  cette  année. 

*7 1/7"  *  ’  *  °7 I#  IV.  Il  eft  allez  difficile  de  fixer  le  droit  qu’avoit 

Ccqq.  3  °. Raymond  -  Bercnger  I.  du  nom  comte  de  Raymond  de  S.  Gilles  à  la  fucccflion  de  Guillaume 

c  Pr.p.  171.  Barcelone  acquit  enfin  entièrement e  au  mois  d’A-  comte  de  Touloufe  (bn  frere  >  qu’il  recueillit  à  l’ex- 

&j«i-  vril  de  l’an  107t.  les  droits  que  la  comtede  Ran-  clufion  de  ccttc  princeflè  i  &  les  auteurs  font  fort 

garde  &  fes  filles  avoient  fur  le  comté  de  Carcaf*  partagez  là-dvfliis.Catel*  après  avoiréxaminé leurs  qtw**. 
tonne  ,&  le  château  de  Lautac  que  leurs  prcdeccfi-  lcntimcns,  adopte  celui  de  Guillaume  de  Mal- 

f  f-  *57.  &  feurs  avoient  tenu  *  des  comtes  de  Touloufe.  Il  eft  mcfbury  r ,  auteur  étranger  à  la  vérité,  mais  qui 

bien  plus  naturel  que  le  comte  de  Barcelone  qui  étoit  prefquc  contemporain  ,  puifqu'il  écrivoit  en  m  “***' 

devoir  l’hommage  à  celui  de  Touloufe  à  caufc  de  1 1 10.  •  &  dont  l’autorité  eft  d’autant  moins  fuf-  «iM*  7* 

cette  acquifition  >  fc  foit  accordé  avec  lui  là-dclliis  pcéte ,  que  ce  qu’il  rapporte  eft  entièrement  oppo- 
quatre  à  cinq  mois  après,  que  d’avoir  attendu  1 9.  fc  aux  prétentions  des  rois  d’Angleterre  fes  fouve- 
ans.  Il  eft  donc  évident  qu’il  y  a  faute  pour  l’année  rains,  fur  le  comté  de  Touloule,  en  qualité  d’heri- 
,  de  l’incarnation  dans  la  copie  de  cet  accord  que  tiers  de  la  même  Philippe.  Or  fuivant  cet  hifto- 
M.  d'Herouval  communiqua  à  D.  Luc  Dachcri,  rien  Guillaume  IV.  vendit  le  comté  de  Touloufe 

&  qu'on  doit  s’en  tenir  à  la  date  marquée  dans  à  Raymond  fon  frere  quelques  années  avant  fa 

les  titres  de  la  maifon  de  Foix.  mort ,  ce  qui  paroît  d’autant  plus  certain ,  quoique 

Ces  titres  nous  donnent  lieu  de  remplir  une  la-  d’Hautcfcrre  *  ait  avancé  le  contraire  ,  que  nous  r  M*n 

cune  qui  le  trouve  dans  le  Spicilcgc,  au  fujet  de  voyons  le  même  Raymond  prendre  le  titre  de 

la  fomme  que  le  comte  de  Barcelone  donna  alors  à  comte  de  Touloufe  dès  l’an  u  1 08  8-  plufieurs  an-  ufr./.m 

celui  de  Touloufe.  Propter  hoc  ,  cft-il  dit  dans  cet  nées  avant  la  mort  de  Guillaume  fon  frere,  ce  qui 

ade  %jam  dit  lus  Barcmoncnfis  cornes  atque  Carcaf-  fixe  à  peu  près  l'époque  de  cette  vente. 
fonenfis  adprAdiftvmTolo  ttcomttem...mtlliamancu-  V.  Le  témoignage  de  Guillaume  de  Malmef 


1  JM*  7b 


$V.  Mire. 
H'jp.  ‘pp'nd, 

Qi-£o  ib.  C Te 


h  A f*b.  ad 
dhn.  1094 
loî. 

vit. 

TJr'j.  U.  n. 
164. 

i  Fr.  p.  n«. 
K  C-  el  mtm. 

F-  *74. 


les  titres  de  la  maifon  de  Foix.  mort ,  ce  qui  paroît  d’autant  plus  certain  >  quoique 

Ces  titres  nous  donnent  lieu  de  remplir  une  la-  d’Hauteforrc  *  ait  avancé  le  contraire  ,  que  nous  r  Mtm 

cune  qui  le  trouve  dans  le  Spicilcgc,  au  fujet  de  voyons  le  même  Raymond  prendre  le  titre  de 

la  fomme  que  le  comte  de  Barcelone  donna  alors  à  comte  de  Touloufe  dès  l’an  u  1 08  8-  plufieurs  an-  utr-r-Vi* 
celui  de  Touloufe.  Propter  hoc  ,  cft-il  dit  dans  cet  nées  avant  la  mort  de  Guillaume  fon  frere,  ce  qui 
ade  %jam  dit /us  Barcmoncnfis  cornes  atque  Carcaf-  fixe  à  peu  près  l'époque  de  cette  vente. 
fonenfis  ad pradiflxmTolo  £Comttem...mi/hamancu-  V.  Le  témoignage  de  Guillaume  de  Malmef 

fis  ntoncta  Barchmonet.  &c.  Il  n’y  a  aucune  lacune  bury  paroît  contiedit  par  Robert 1  abbé  du  Mont  1 

dans  les  titres  de  Foix  où  on  Xw.AdpradiüumTolofi  S.  Michel ,  Ôc  Guillaume  de  Neubrige  hiftoriens  ^  ' 

comitem  decem  milita  marchas  moneta  Barchnona ,  fu  jets  des  rois  d’Angleterre.  Le  premier  qui  écrivoit 
(£c.  Nous  ne  doutons  pas  cependant  que  les  copi-  à  la  fin  du  Xl  I.  ficelé ,  ôc  qui  a  été  fuivi  par  l'au- 
des  employez  par  feu  M.  Colbert  n’ayent  failli,  teur  anonyme  7  de  la  chronique  de  Normandie,  af- 

ôc  qu’ils  n’ayent  lu  ma)  chas  au  lieu  de  mancufos\  furc  que  Guillaume  IX.  comte  de  Poitiers  &  duc  ft  ^ 

terme  ordinairement  exprimédans  les  anciens  ades  d’Aquitaine  mari  de  Philippe  de  Touloufe,  vou- 

Ïarccs  caradcres  abrogez  Man.  En  effet  outre  que  larit  aller  au  feconrs  de  la  Terrc-fainte  en  1 101. 
a  fomme  de  dix  mille  marcs  eût  cté  exorbitante,  engagea  n  Raymond  de  S.  Gilles  le  comté  deTou- 
&  que  le  mot  marca  eft  toujours  fuivi  de  celui  Joule  qu’il  poffedoit  au  nom  de  cette  princefle. 

d’ argents  dans  les  titres,  nous  voyons  dans  tous  Guillaume  de  Neubige  z  qui  vivoit  au  coramen-  * 

ceux  de  Barcelone  B,  &  dans  la  plupart  de  ceux  de  cernent  du  XI  il.  fiecle,  prétend  d’un  autre  côté 
la  marche  d  Efpagne,  que  dans  le  XI.  fiecle  on  que  Guillaume  duc  d’Aquitaine  fit  cet  engage- 
comptoit  les  (ommes  par  maneufes ,  monnoye  ment  pour  avoir  de  quoi  fournir  à  fes  plailirs. 
d’or  qu’on  frappoit  dans  cette  ville.  Catcl  réfute  ces  deux  auteurs,  fur  ce  qu’il  eft  con- 

1  III.  Les  PP.  Mabillon  h  Ôc  Ruinart  fixent  à  l’an  fiant  que  Raymond  de  S.  Gilles  étoit  paifible  pot 

•  109 4.  la  lettre  1  que  le  pape  Urbain  II.  écrivit  à  felfeur  du  comté  de  Touloufe  long-rems  avant  l’an 

Guillaume  comte  de  Touloufe,  &:  qui  eft  fans  n  01.  A  quoi  on  peut  ajouter  que  Raymond  étoit 

date.  La  raifon  que  ce  dernier  en  donne,eft  que  fui-  cette  annce-là  à  la  Terrc-fainte. 
vant  lin  afte  de  l’an  109  5.  rapporté  par  Catcl la  On  peut  cependant  concilier  ces  deux  hiftoriens 
•  fcpnlture  des  comtes  de  Touloufe  croit  encore  alors  avec  Guillaume  de  Malmelbury  ,  en  fuopofant 

à  S.  Scrnin  ,  au  lieu  que  fuivant  cette  lettre  le  pape  1  cme  Ravmond  de  S.  Gilles  avoit  un  droit  ac- 


vant  lin  afte  de  l’an  1095.  rapporté  par  Catcl la 
fcpnlture  des  comtes  de  Touloufe  croit  encore  alors 
à  S.  Scrnin  ,  au  lieu  que  fuivant  cette  lettre  le  pape 


\  que  Raymond  de  S.  Gilles  avoit  un 


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DE  LANGUEDOC.  ^  _ _ 

-■>  quis  au  Comté  de  Touloufo ,  tant  parla  vente  que  dans  le  tcfhmcntde  Pons  que  tlôiis  n’avons  pas.  . 

NOTE  (on  frcrc'Guillaumc  lui  en  avoir  faite,  que  par  une  Le  droit  de  Raymond  de  S.  Gilles  fur  le  comté  ^  t  J 

XL*  fobftitution  dont  nous  parlerons  bientôt.  i°.  Qu’il  de  Touloufe,  le  Querci ,  l'Albigeois,  &  les  autres 

en  prit  pofîcflïon après  la  mort  de  ce  dernier,  &  domaines  qu’avoit  pofledés  Guillaume  IV.  (on 
en  jouir  paifiblcmentjulqu  apres  fon  départ  pour  la  frère  >  &  qui  venoient  de  la  fucceflion  du  comte 
Tcrrc-fàintc.  j°.  Que  Guillaume  comte  de  Poi-  Pons  leur  pcrc  étant  inconrcftable ,  fo ivant  le  té- 
tiers  profitant  de  (bn  abfence  fit  une  tentative  pour  moigi.age  meme  des  hiftoriens  Anglois  les  plus 
fo  rendre  maître  de  ce  comté  ,  (eus  prétexte  des  anciens,  il  s'enfuit  que  ni  Guillaume  IX.  comte  de 
droits  de  Philippe  (à  femmermais  que  rcconnoidànt  Poiriers ,  ni  les  rois  d’Angleterre  defoendans  de  cé 
enfin  que  fon  droit  étoit  litigieux ,  il  le  céda  au  prince  ëc  de  Philippe  de  Touloufo  fit  femme,  n’a- 
même  Raymond  de  S.  Gilles  ,  ou  plutôt  a  Ber-  voient  aucune  prétention  legirime  (ur  le  comté  de 
trand  fon  fils  qui  étoit  demeuré  en  Occident ,  &  Touloufe ,  ni  fur  les  autres  domaines  poffcdés  par 
qui  pour  cette  cdlion  lui  aura  donné  une  (b mine  GuiIIaumcIV.au  préjudice  des  defoendans  de  Ray- 
dont  il  fe  fera  forvi  pour  les  frais  de  (on  voyage  mond  de  S.  Gilles. 

d’Ourremer  >  à  moins  que  le  duc  d’Aquitaine  ayant  jVII.  Au  refte  le  témoignage  de  Berrtard  prieuf 
perdu  fis  troupes  &  fes  équipages  dans  fon  expédi-  de  (âinte  Gemme  prouve  évidemment  que  le  mar- 
tion  de  la  Terre- faintc,  n’ait  cédé  alors  a  Raymond  quifât  de  Gothie  ou  duché  de  Narbonne ,  ëc  le  mar* 
de  S.  Gilles  lui-même,  pour  unefomme,  (es  droits  quifàt  de  Provence,  poffèdezparRaymond  de  S.  Gil- 
a  Ctt’i  comt.  fur  le  comté  de  Touloule,  comme  Catel3  le  conje-  les  long-temsavant  la  mort  du  comte  GuilIaumelV. 

f.in  £turc.  Il  n’y  a  rien  en  cela  qui  ne  (oit  fonde  fur  fon  frere,  n’avoient  pas  appartenu  à  Pons  comte  de 

les  inonumens  du  teins  ,  &  (ur  les  anciens  hifto-  Touloule  leur  pere.  Il  eft  certain  en  effet  que  Ray- 

riens  qu’on  mer  parfaitement  d'acord.  Il  eft  vrai  mond  hérita  du  marquiût  de  Gothie,  ou  duché 

que  Robert  du  Mont  &c  Guillaume  de  Neubrige  de  Narbonne  vers  la  fin  de  Tan  1065.  après  la  more 

parlenr  d'un  engagement,  &  non  d'une  vente  de  Berthe  comtcflc  de  Rouergue  (â  coufinc  ,  ainfi 

ou  ccfTion  du  comté  de  Touloufo  faite  par  Guil-  qu’on  l’a  expliqué  ailleurs.  Quant  au  marquifât  de 

laume  IX.  due  d’Aquitaine,  en  faveur  de  Raymond  Provence, on  avoitcruc  jufou’ici  quePons  comte  de 

deS.  Gilles:  mais  ces  auteurs  font  jugement  fufi  Touloufe  en  avoit  hérite  d’Emme  de  Provence  fa 
bv.L*  pcéls  bd  avoir  voulu  en  cela  chercher  à  juftilicr  les  mère;  quiHavoittranfinisaGuillaume  (on  fils  aîné, 
dt  Tcul'  prétendus  droits  &  les  encrcprifos  des  rois  d’Angle-  &  celui-ci  a  Raymond  de  S.  Gilles  (on  frere  :  mais 

'/fi.'*'  *'  terre ,  leurs  (buverains  fur  ce*  comté.  nous  ferons  voir  ailleurs  f  que  Bertrand  frère  puîné  f  Ntt.  nr.  *. 

VI.  Outre  la  vente  que  Guillaume  fit  de  (bn  vi-  de  Pons  eut  ce  marquifât  pour  (on  partage  ,  ëc  l0‘  Ntt'  *U* 
vant  à  Raymond  de  S.  Gilles  du  comte  de  Tou-  que  fa  fille ,  qui  fut  (on  hcritiere ,  époufâ  Raymond 

loi) le  ,  il  paioit  qu’il  y  avoir  une  fùbftitution  ,  (ui-  de  S.Gilles,  d’où  ce  dernier  tiroir  fon  droit  for  cette 

vant  laquelle  le  dernier  droit  appelle  à  la  (ucccfhon  province.  II  eft  vrai  qu’un  hiftorien  S  contemporain  g  cfo* 


f  Ntt.  nr.  n. 
10.  Ntt.  XlU 


de  l'autre  à  l’exclufion  des  filles.  :  voici  fur  quoi 
on  peut  fe  fonder.  i°.  G.uifberc  c  nbbe  foc u. fier 
de  Moifiac,  lorfqu’il  confirma  en  1063.  l’abandon 
qu’il  avoir  fait  auparavant  de  les  droits  fur  cette 
abbaye  en  faveur  de  Pons  comte  de  Touloufe  , 


prov  1nce.11  en  vrai  qu  un  nutonen  »  contemporain 
de  Guillaume  IV.  &  de  Raymond  de  S.Gilles  fon 
fierc ,  afliire  que  le  premier  fut  comte  de  Touloufo 
A:  l’autre  de  Provence:  Foc  Mi  funt  autem ,  dit  cet 
auteur, fihi  Pontii ,  Rajmundu  de  S. vÆgidio  Çj 
GuiUelmus  de  Tolnfa ,  ex  qmbus  untu  ex  tint  Tolo- 


g  Chr.  U** 
leae.t .  J.  btktk 

Ltb.f*  110% 


&  de  fon  fils  Guillaume  ,  *  déclare  que  celui-ci ,  &  fiantis  cornes  alter  Provincianus  :  mais  il  ne  s’cnfiiic 
»f>n  fils  apres  lut ,  auront  fur  cette  même  abbaye  pas  de  ces  termes  que  Raymond  de  S.  Gilles  ait 
••  l’autorité  qu’il  leur  ce  de  ;  que  fi  Guillaume  fils  fuccedc  immédiatement  à  Pons  fon  pere  dans  le 
*  de  Pons  11  avoir  pas  des  fi! s  légitimes,  ce  droit  comté  de  Provencc.il  (îiflit  que  fil  première  femme 
••  appartiendroit  alors  4  Raymond  à  Hugues  fies  le  lui  ait  apporté  en  mariage  pour  qu’il  l’aie  pofiè- 
~  frères  ,  (3  à  leurs  fils  légitimés  ;  &  qu  enfin  fi  de  indépendamment  des  droits  de  fon  pere  ;  &  ce 
••la  race  de  tous  ces  comtes  palatins  venoit  à  témoignage  loin  de  contredire  celui  de  Bernard 
*•  manquer,  ce  même  droit  appartiendroit  a  celui  de  Sainte-Gemme ,  fort  au  contraire  â  l’expliquer. 

h quipojfcdcrott  le  comte  de  Touloufe .  •»  Il  eft  aifo  de  _ 

conclure  de  la  qu’en  106  j.  deux  ans  après  la  mort 

de  Pons  comte  de  Touloufe  ,  c'étoic  une  chofe  NOTE  X  LL 

reconnue  dans  le  pays,  que  les  fils  puînez  du  meme 

Pons  dévoient  lui  focceder  l’un  après  l’autre  dans  Si  Bertrand  fils  de  Raymond  de  S .  Gillet 


ce  comté,  au  défaut  de  fils  légitimés .  i°.  Sui-  étoit  bktard  ou  légitimé ,  &  fur  les 
ss-  vant  le  témoignage  de  Bernard  4  prieur  de  fainte  differentes  femmes  de  ce  dernier . 

/kfio.  flrl.  C€nui,c  ^ans  laXaintongc,  Se  religieux  de  l’ab- 

b.',yc  de  la  Chaife-Dicu  ,  qui  a  écrit  en  1 160.  la  L  Atelh  croit  que  Bertrand,  fils  de  Raymond  H  c*ulamti 
&zls'  vie  de  S.  Robert  premier  abbé  de  cette  abbaye ,  v^/  de  S.Gilles  croit  bâtard  :  il  fo  fonde  tant  ftl$u 

Raymond  de  S.  Gilles  après  avoir  été  prier  fur  le  fur  ce  qu’il  n’écoit  pas  certainement  filsd’Elvire 
tombeau  du  fâint,////  reconnu  fans  difficulté'  dans  ou  Gelvire  de  Caftiîlc  femme  légitime  de  Ray- 
le  comté  de  Tou-oufic  (J  les  autres  provinces  qui  lui  mond ,  que  for  l’autorité  de  Guibert  de  Nogent  & 
étoient  échues  de  la  Jucceffion  de  fon  pere.  Or  cet  de  Guillaume  de  Malmcfoury,  dont  le  premier  ap- 
évenement  n’arriva  qu’aptes  la  mort  de  Guiilau-  pelle  Bertrand  fils  naturel  de  Raymond;  &  l’autre 
me  IV.  frere  de  Raymond,  puifqu’cn  1 06 1.  dans  dit  qu’il  naquit  d’une  de  fos  concubines.  Il  ajoute 

Je  tems  de  la  mort  de  Pons  leur  pcrc ,  S.  Robert  pour  confirmer  fon  fontiment,  que  Raymond  par-  { 

n  croit  pas  encore  dcccdé,  «Se  qu’il  ne  mourut  qu’en  lant  de  Berrrand  dans  fon  teftament  ne  l’appelle  itn+  +6x- & 

1 067.  Nous  avons  donc  le  témoignage  d’un  ait-  pas  (bn  fils:  cet  auteur  a  cté  fuivi  par  la  plupart  des  Fdlut 

tcur  voinn  du  pays,  ô<  prefquc  contemporain,  modernes,  entr’autres  par  le  P.Labbe1',  la  Faille  k 
foivant  lequel  Raymond  avoir  droit  a  l'hérédité  de  &  le  P.  Ange  J:ce  dernier  ne  met  pas  même  Ber- 
fin  percha  laquelle  il  navoit  pas  eu  de  pare.  Ce  ne  peut  trand  au  rang  des  comtes  de  Touloufo, quoique  Ca-  dti  p •  df  pri 
donc  être  qu’en  vertu  d’une  fubftituuon ,  énoncée  tel  ait  donné  des  preuves  certaines ,  &  que  nous  en  £  V/». 


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C  f> eU& 

f •  77. 


doute  s’il  n’eût  été  abfcnt  &  en  deçà  de  la  mer. 
Mais  ce  qui  fait  voir  évidemment  que  dans  cet  a&c 
Raymond  regardoit  Bertrand  comme  fon  fils  légi¬ 
timé  ,  c  eft  qu’il  le  charge  de  l’executer  en  c/nalué 
de  [on  [ucceffeur ,  &  qu’il  ne  dit  rien  d’Alfonfc- 
Jourdain  :  Rrecor  dcnique  Bertramnum  Çj  mnes 
JucccJJures ,  Ü  hommes  il  amuos  meos ,  &c.  Audi 
Bertrand  fucccda-t-il  immédiatement  à  Raymond 


614  notes  SÜR  L'HISTOIRE 

^TTe  ay°«*  pluiîcurs  autres,  qu’il  poffeda  ce  comté  V.  Mais  Raymond ,  dit-on ,  ne  donne  pas  dans 
X-Li.  du  vivant  &  apics  la  mortdc  Raymond  Ton  pere.  Ion  teftament  la  qualité  de  fon  fils  a  Bertrand?  XJ  * 

,  11.  D'un  autre  côté  quelques  auteurs  Efpagnols  Quand  cela  ferait ,  cette  ratfon  ne  prouverait  rien, 

'■  &  François  ,  entr’autres  Marltna  * ,  ont  avancé  que  puüquc  nous  avons  un  grand  nombre  d autres  mo- 
Bcrtrand  droit  légitime ,  prétendant  qu'il  étoit  fils  numens  ou  .1  le  qualifie  fon  fils  :  d  ailleurs  ,1  fait 
d’Elvire  de  Caftilîc ,  femme  légitimé  de  Raymond }  mention  dans  cet  aûe  ,  qui  eft  plutôt  un  codicille» 
mais  outre  que  Catel  a  fait  voir  le  contraire ,  &  qu'un  teftament,  de  es  fils  en  general  :or  il  ne  lui 

qu'il  eft  certain  que  Bertrand  prenoit  le  titre  de  teftoit  plus  alors  d  autre  fils  que  le  feul  Alfonfe- 

i  M«‘  comte  dès  l’an  1  oSo.  b  long-tems  avant  le  mariage  Jourdain ,  qu  .1  ne  nomme  pas  en  particulier  non- 
î,:Lo„,  de  fon  pere  avec  Elvire ,  lhiftorien  «contemporain  P^sque  Bertrand.  Il  eft  vrai  qu  Elvir [on  fil, Al- 
t-  77?  cité  par  Mai  iana,  ne  donne  pour  61s  à  Elvire  qu  Al-  fo»fi ,  fouferivirent a  cet  ade-,  mais  c  eft  parce  qu  ils 

Foule  Jourdain.  Si  donc  Bertrand  croit  légitime ,  Soient  préfets  :  Bertrand  1 aurait  aufli  figpc  fans 
il  devoit  être  né  d’un  autre  mariage  i  &  c’eft  ce  doute  s’il  n’eut  été  abfcnt  &  en  deçà  de  la  mer. 

que  nous  allons  examiner ,  après  avoir  remarqué  Mais  ce  qui  fait  voir  évidemment  que  dans  cet  aâc 

a  u  «»«.  quc  La  Faille  <>  qui  convient  de  la  bâtardife  de  Ber-  Raymond  regardoit  Bertrand  comme  fon  fais  legi- 

M*  «and ,  prétend  que  Raymond  de  S.  Gilles  le  legi-  ««ne  >  c’eft  qu’il  le  charge  de  1  exécuter  entjuduc 

timAyi ans  apporter  aucune  preuve  de  cette  préten-  d*  fi*  ficcejfeur ,  &  quil  ne  dit  rien  d  Alfonfc- 
due  légitimation.  Jourdain  :  Encor  dengue  Bertramnum &  ornues 

III.  11  eft  certain  que  Raymond  de  S.  Gilles  avoit  JucceJJores,  i3  hommes  Ü  omets  meos ,  &c.  Aulfi 
une  femme  légitimé  vers  l’an  loié.car  ils'exprimc  Bertrand  fucccda-t-il  immédiatement  a  Raymond 

t  f,.».,  „.  ainfi  dans  un  accord  «qu’il  fit  avec  Guifred  arche-  fon  pere  dans  le  comté  de  Touloufc  &  fes  autres 
vcque  de  Narbonne  :  Et  bec  on,  ma  faciat  dure  Ü  domaines ,  a  1  cxclulion  de  ton  frère  Altonlc  :  on 
confirmai  ver  nxorcm  fuam  comu.fm.  Cet  aûe  doit  ajouter  à  cela  le  témoignage  de  Guillaume.  •ç.Jjr, 
r?.  tu.  &  eft  à  la  vérité  fans  date,  mais  il  eft  relatif  au  traité f  de  Tyr ,  qui  parlant  du  voyage  de  Bertrand  dans  •  “  »• 
pa(Té  la  meme  année  entre  ce  prélat  d’une  part  &  k  Teire-fainte ,  3c  de  la  dilpute  qu  eut  ce  prince 
Bernard  Berengcr  &  les  autres  vicomtes  de  Nar-  avec  Guillaume- Jourdain  comte  de  Ccrdagnc,  tou- 
bonne  de  l’autre,  par  l’cntrcmife  du  même  Ray-  cham  la  polkflion  des  châteaux  conquis  par  Ray¬ 
mond  de  S.  Gilles  :  d’ailleurs  Guifred  étant  dcccdé  ™nd  de  S.  Gilles  fon  pere,  dit  que  le  premier,  cju  il 
en  1 07  $ .  avant  le  mariage  de  ce  prince  avec  Ma-  appelle  fimplementtf/r  de  Raymond ,  (ans  ajouter 
thilde  de  Sicile,  qu'il  n’éponfa  qu’en  1 080.  il  s’en-  naturil>  fc  fondoit  fur  ce  qu  il  devoit  fucceder  a 
fuit  qu’il  avoit  été  déjà  marié  auparavant.  Nous  fo°  Perc  comme  fon  heritier  légitimé:  Bertramno 
prouverons  en  effet  bientôt  qu’il  avoit  époufé  une  ptttrtâ de [uccejfione  all.gante .  ..ille  in  bonapaternâ 
tk  fes  parentes  avant  l’an  1076.  tamejuam  hares  légitimât  volet*  f^edere,  C 1t. 

Mathilde ,  fille  de  Roger  comte  de  Sicile ,  fot  Si  Bertrand  eût  été  bâtard ,  auroit-il  pu  le  fonder 
t  Qtafrii.  donc  la  fécondé  femme  de  Raymond.  GeofFroi#  là-deflùs  du  vivant  d  Alfonlè  fon  frère,  qui  droit 
^u  'î'i  'fii  Malatcrre  auteur  contemporain  qui  rapporte  les  certainement  légitimé? 

1.  >■'<■  ».  i.  circonftances  de  ce  mariage ,  dit  qu’il  fut  célébré  VI.  D’où  vient  donc  que  Guibert  abbé  de  No- 
li™"'"'  d  J  080.  époque  que  nos  hiftoriens  &  nos  genea-  gent  donne  à  Bertrand  la  qualité  de  fils  naturel  de 
logiftes  ont  ignorée,  quoiqu'elle  foit  expreflement  Raymond  f  en  voici  la  raifon.  Il  eft  certain  quecc 

marquée  dans  cet  auteur.  Enfin  Raymond  avoit  dernier  cpoulà  en  premières  noces  fa  confine  ger- 1 

déjà  époufé  Elvire  de  Caftille  en  troiliémes  noces  marne  * ,  &  que  Grégoire  VII.  1  excommunia  P  en  fCm  [l  l0t 

hfr.f.us.  pan  , 094>  1076.  &  en  1078.  à  caufe  de  ce  mariage  ince-  M hmu 

IV.  Ces  faits  étant  inconteftablcs,  rien  n’empêche  ftueux  :  comme  donc  Bertrand  étoit  déjà  né  tort 
que  Bertrand  ne  fut  fils  de  la  première  fcmme  de  q uc  Raymond  fon  perc  époufa  folcmnellcmcnten 
Raymond  de  S.  Gilles  :  aiifli  voyons-nous  par  tous  1080.  Mathilde  de  Sicile  >  c  eft  une  preuve  qu  il 
les  monumens  qui  nous  reftent,  que  Raymond  re-  étoit  fils  de  cette  première  femme,  &  cela  aura 

J©*,  &  gardoit  ce  fils  comme  légitime.  En  loSodBerttand  fuff  à  l’abbé  Guibert  pour  regarder  fa  naiflance 

^  loufctit  à  deux  aftes  &  prend  la  qualité  de  comte ,  ’  comme  illégitime ,  quoiqu’il  fut  né  (ous  la  foi  du 

de  fils  de  Raymond ,  (S  de  neveu  de  Guillaume  comte  mariage ,  St  d’une  mere  qui  ctoir  d’une  condition 
«  f.  3  3  6.  de  Touloufe.  En  *  1 09  5 .  le  comte  Raymond ,  (3  fon  égaie  à  celle  de  fon  pere.  On  doit  en  dire  de  mc- 
fils  Bertrand ,  font  conjointement  un  déguerpiilè-  me  de  Guillaume  de  Malmdbury ,  dont  le  témoi- 
ment  en  faveur  de  l’abbaye  dcPfalmodi.  La  même  gnage  eft  d’ailleurs  peu  aflùrc  fur  ce  qui  regarde 
ip.îil.ér  année*  le  même  Bertrand  prend  le  titr edetrès-  nos  comtes  de  Touloufc*,  il  fait  entr autres  Ray-  ^ 

fa*  noble ,  (c  dit  fils  de  Raymond ,  époufé  Helene  ou  mond  de  S.  Gilles  fils  8  de  Gu  llaume ,  tandis  qu  1 


4.  C.  S.  tilt . 
M*rat$r, 


htr.f.HS»  I’; 


if.  30(,  & 

H- 


*  f .  3J«. 


[?'  lit»  & 
J'i' 


comme  illégitime ,  quoiqu’il  fut  né  fous  la  foi  du 
mariage,  &  d’une  merequi  ctoir  d’une  condition 
égale  à  celle  de  fon  pere.  On  doit  en  dire  de  mê¬ 
me  de  Guillaume  de  Malmdbury ,  dont  le  témoi¬ 
gnage  eft  d’ailleurs  peu  allure  fur  ce  qui  regarde 
nos  comtes  de  Touloufc;  il  fait  entr  autres  Ray-  ^ 
mond  de  S.  Gilles  fils  8  de  Gu  llaume ,  tandis  qu  il 


Eleéte  fille  du  duc  de  Bourgogne,  &  lui  affigne  ctoit  certainement  fils  de  Pons.  Si  nous  croyons  cet 
pour  fon  douaire  les  villes,  comtcz  &  diocéles  de  hiftoricn  le  même  Raymond  ne  contracta  de  ma- 
Rodès,  Viviers,  Avignon  &  Digne.  Si  Bertrand  fut  riage  légitime  que  dans  un  âge  extrêmement  avan¬ 
cé  d’une  (impie  manrdïè ,  auroit-il  époufé  la  fille  ce  avec  Elvire  de  Caftille  :  Légitimons  uxorem  non 
d’un  duc  deBourgogne,  3c  lui  auroit-il  afligné  pour  defiderarjit ,  dit-il ,  maltimodo  concubmatu  volupté 
(on  douaire  un  domaine  fi  conlîdcrable ,  tandis  que  tem  exercent .  De«ique  ex  nnapelhcum  no  hum  Ber - 
fon  pere  étoit  a&ucllcment  marié  avec  une  jeune  tramnum  cognmone  hareJuatedignatus  eft  >  C 5c . 
princtffc  qui  lui  donna  d’autres  fils?  De  plus  Ray-  Mais  cet  auteur  eft  fuflilamment  réfuté  par  les  hilto- 
roond  donne  la  qualité  de  [on  fi!si  Bertrand  dans  riens  &  lesmonumem  du  tems,  qui  prouvent  que 
plu fîcurs  autres  aétes  dreffez  au  nom  de  l’un  &  de  Raymond  eut  fucceflivemenr  trois  femmes  Icgi- 


*f»  153- 


piultcuis  autres  actes  arenez  au  nom  ae  1  un  oc  ne 
l’autre,  fans  y  ajouter  celle  de  nature  f  3c  il  lui  laiilà 
le  gouvernement  de  tous  lès  domaines  à  fon  dé¬ 
part  pour  la  Terre-fainte.  Enfin  Bertrand  prit  le 
titre  de  comredeTouloufe^ivanr  3c  après  la  mort 
de  fon  pere,  dans  le  rems  que  ce  dernier  avoit  un 
fils  légitimé  capable  de  lui  lucccder. 


riens  3c  lesmonumen  «  du  tems ,  qui  prouvent  que 
Raymond  eut  fucceflivemenr  trois  femmes  légi¬ 
timés,  &  qu’il  cpoulà  folcmnellement  en  1080. 
Mathilde  de  Sicile  pluiîcurs  années  avant  fon  ma¬ 
riage  avec  Elvire  de  Caftille.  Au  relie  le  témoigna¬ 
ge  de  cet  hiftoricn  touchant  l’incontinence  3c 
vie  déréglée  de  Raymond  de  S.  Gilles  >  eft  mamre- 

ftement  contredit  par  Anne  Comncnc  qui  1  ^v0,t 

connu 


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NOTE 

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b  Ibid.  l.  II. 

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DE  LANGUEDOC. 

connu  particulièrement  durant  le  féjour  de  près  de  pas  de  duree ,  o#  f*7/  diffous  pour  quelque  pa- 
deux  ans  qu'il  fit  à  Conflanrinople  à  la  cour  de  1cm-  renté  fuivant  la  coutume  du  tenu  :  mais  c’eft  une 
pereur  Alexis  fon  pere  :  elle  loue  â  exrrêmement  conjeâurc  qui  n'eft appuyée  fur  aucun  fondement. 
Raymond  fur  la  pureté  de  fes  mœurs ,  ôc  elle  ak  On  voir  au  contraire  que  Raymond  ,  qui  avoir 


N  O  T 
XLL 


fùre  b  qu  après  l'invention  de  la  lance  de  Notre  Sei¬ 
gneur  a  Antioche ,  tous  les  princes  lui  en  confièrent 


époufe  Mathilde  en  i  080.  étoit  encore  marié  avec 

elle  en  1088.  1  ôc  il  pouvoir  l'être  en  109}-  u<à*ï*U  + 

car  nous  n'avons  aucune  preuve  qu’il  ait  époufo  c.  i. 

Elvire  de  Caftille  avant  l’an  1 094. 

X.  M.  Baluze  *  révoque  en  doute  le  mariage  de  *  *?"•*'*• 
j.  c:  -.i _ d _ — à  J-  c  *• 4#4* 


VIL  II  paroît  certain  que  la  première  femme 
de  Raymond  de  S.  Gilles  étoit  fille  de  Bertrand 

oncle  paternel  de  ce  prince.  On  a  déjà  vu  en  effet  Mathilde  de  Sicile  avec  Raymond  de  S.  Gilles 
que  cette  première  femme  étoit  fa  confine  germaine,  Ôc  il  reprend  Zurira  de  lavoir  cru.  Il  prétend  qtie 

Ôc  on  doit obftrver que fiiivant l’ufage  confiant  de  Geoffroy  Malaterre  sert  trompé  en  donnant  le 
ce  ficelé,  l’aîné  des  petits-fils  portoit  prefque  tou-  nom  de  Raymond  au  mari  de  cette  princcflc,  6c 
jours  le  nom  de  fon  ayeul  paternel  ou  maternel,  que  comme  il  le  qualifie  en  même  rems  comte  de 

Entre  un  grand  nombre  d’exemples  qu’on  pour-  Provence ,  c'eft  de  Bertrand  comte  d’Arles  ou  de 
c?./.  104.  roit  citer ,  nous  voyons  que  le  ftlsc  aîné  de  Guil-  Provence  dont  il  s’agit ,  parce  que  la  femme  de 
Jaume  comte  de  Touloufe  frère  de  Raymond ,  fut  ce  dernier  s  appelloit  Mathilde.  Cet  auteur  n’a  pas 
appellé  Pons  du  nom  de  fon  ayeul  paternel ,  &  fait  attention  que  Geoffroy 1  dans  un  autre  endroit 
qu’Alfbnfe-Jourdain  frere  puîné  de  Bertrand  prit  de  fon  hiftoire ,  dit  qu  e/e  meme  Raymond  mari  de 
le  nom  d’Alfonfè  roi  de  Caftillc ,  fortfcycul  mater-  Mathilde ,  étoit  maître  de  S.  Gilles ,  où  il  alla  rcce- 
nel.  Il  paroît  aufli  que  c’eft  de  ce  mariage  que  le  voir  Emme fille  de  Roger  comte  Sicile ,  fa  belle -fœur . 

4r.Na.%ir.  même  Raymond  tiroit  fon  droit  *  furie marquifàt  Geflroy  qui  écrivoir  alors  ne  s’eft  donc  pas  trom- 
de  Provence,  &  que  fa  première  femme  le  lui  ap-  pé  *,  &  fi  la  femme  de  Bertrand  comte  d’Arles  oU 
porta  en  dot  ;  de  la  vient  fans  doute  qu’il  aima  de  Provence  >  s’appelloic  Mathilde ,  ce  n Vft  pas  une 
mieux  fubir  deux  fois  la  peine  de  l’cxcommunica-  raifon  quelle  fut  la  même  que  la  fille  de  Roger 
tion  de  la  part  du  pape ,  que  de  s'en  fcparer.  Il  eut  comte  de  Sicile. 

donc  de  cette  première  femme  Bertrand  fon'  fils  XI.  Au  refte  on  voit  par  ce  que  nous  venons  de 
aîné  qu’il  regarda  toujours  comme  légitime  :  mais  dire  que  Bertrand  ne  pouvoir  être  fils  de  Mathilde 
<jue  divers  auteurs  ont  traité  de  fils  naturel  à  caufe  féconde  femme  de  Raymond  de  S.  Gilles ,  comme 


1  Géufrit* 
MéUr.Uuù. 


ie  cette  excommunication. 


l'a  cru  Belle  m ,  qui  foùrienr  que  le  même  Bertrand  m  *'/• 

-  •  -  -  -  .  dm  dmcbi  dm 


c  V.  Marc. 
Btarn  p.  19  S  ê 

+  f'U- 


VIII.  Outre  la  foi  du  mariage ,  Raymond  pou-  croit  légitime  ;  car  Raymond  n’époufâ  Mathilde  £^“.190. 

voit  Ce  fonder  pour  regarder  fon  fils  Bertrand  com-  qu'en  1  o%o.  ôc  Bertrand  prenoit  dèflors  le  titre  *  Ar¬ 
me  légitime,  fur  l’exemple  &  fur  la  coutume.  Il  de  comte,  ainfi  que  Belle  Iereconnoît  lui-même, 

avoir  épouftf  cette  première  femme  long-rems  &  que  nous  l’avons  déjà  prouvé, 

avant  le  pontificat  ac  Grégoire  VII.  lorfque  ces  XII.  Le  même  auteur  fè  trompe  auffî  lorfqu’il 
fortes  d  alliances  étoient e  cenfé  permifes  ôc  au-  prétend  ■«  que  Bertrand  avant  fon  mariage  avec.* 
torifoes  par  lutage.  C'eft  ainfi  que  Centulle  vi-  Hclcne  de  Bourgogne,  a  voir  epoufe  en  premières» 
comte  de  Bearn,  dont  ce  pape  loue  extrême-  noces  Adélaïde  fille  du  vicomte  Raymond  Ber-» 

nard-Trencavel,  &  d’Ermengarde  de  Carcafi  » 
fonne.  »  Il  fè  fonde  1  °.  fur  ce  que  Bertrand  fils 
de  Raymond  de  S.  Gilles ,  (3  fa  femme  Adélaïde , 
font  nommez  comme  témoins  dans  la  donation 


0  K  ttv? 

*75* 


ment  la  pieté  ôc  les  bonnes  mœurs,  avoir  époufé 
alors  Guifle  fâ  proche  parente.  Grégoire  VII.  lui 
f  Grès,  nu  ordonnais  la  vérité  de  la  répudier ,  ôc  Centulle 
v.Mmrc.  a.  obéit  enfin  :  mais  cela  n’empêcha  pas  que  Gafton 

leur  fils  ne  lui  fucccdat,  &  qu’il  ne  fur  regardé  com-  que  le  dernier  fit  a  l’abbaye  de  S.  Gilles  en  1 09  6. 
me  légitime.  De  même  ce  pape  ordonna  à  Guil-  durant  le  concile  de  Nifmcs  ;  ce  qui  cft  faux 
laume  VIII.  comte  de  Poitiers  &  duc  d’Aquitaine ,  D’ailleurs  Bertrand  étoit  alors  marié  avec  Helene 
de  fè  féparer  de  fâ  proche  parente  qu’il  avoic  de  Bourgogne.  i#.  Sur  l'autorité  d’un  aétePqui 
L  f  vh.  ^pouffe  y  comme  il  paroît  par  une  lettre  8  de  ce  dit  tout  le  contraire  de  ce  qu'il  lui  fait  dire ,  & 
,f  U  pontife,  datée  du  mots  de  Septembre  indiÜ'on  1 3.  qu’il  n’avoit  fans  doute  pas  lu* 
ou  de  l’an  1 074.  cependant  Guillaume  IX.  né  en 

1 071.  de  ce  mariage ,  a  toujours  paflc  pour  légi-  ■  \ 

time.  Enfin  pour  obmettre  plufîcurs  autres  exem-  NOTE  X  L  I  I. 

pies  des  X.  Ôc  XI.  ficelés,  qu’on  pourroit  rapporter , 

il  fuffira  de  remarquer  qu’il  n’y  eut  jamais  de  ma-  En  quel  tems  les  comtes  de  Touloufe  ont 

aliéné  les  comtez^  de  Cahots  tr  de 
Rodez^ 

N  doit  diftinguer  ces  deux  comtezdc  ceux 
de  Querci  Ôc  de  Rouergue  i  iiir  quoi  la 


o  Pr.p.  J4 u 

&/ij. 

p/.  1x8. 


'O 


h  za.  ubi. 
v**p.  442. 


riage  plus  illégitime  que  celui  que  contracta  en 
105  j.  Raymond-Berengcr  I.  comte  de  Barcelone, 
avec  Almodis  de  la  Marche ,  puifqu  elle  avoir  alors 
deux  autres  maris  actuellement  vi  vans  :  or  Ray¬ 
mond  ôc  Berenger  qui  naquirent  de  ce  mariage  _ 

n’ont  jamais  pafte  pour  bâtards,  parce  qu’ils  étoient  plupart  de  nos  modernes  S ,  entr  autres  ceux  qui 
nez  fous  la  foi  d’un  mariage  contrarié  entre  des  onc  écrit  l’hirtoire  de  la  province,  n’onr  pas  fait 
perfonnes  d’une  égale  condition.  Bertrand  fils  de  affèz  d’attention.  Les  comrez  de  Querci  ôc  de 
Raymond  de  S.  Gilles  étoit  donc  en  droit  i  plus  Rouergue  renfermèrent  d’abord  roure  l’ctendue  de 
forte  raifon  de  jouir  du  même  privilège  j  &  s’il  doit  pays  dont  ils  portoient  le  nom  :  ils  pafferenr  dans 
être  cenfé  bâtard  fuivant  les  anciens  canons ,  dont  la  maifon  de  Touloufe  dès  le  milieu  du  I X.  ficelé, 
la  corruption  du  fie cle  avoir  interrompu  l’obfèr-  comme  on  l’a  prouvé  ailleurs r ,  ôc  furent  réunis  d 
vation  jufqu'au  pontificat  de  GregoireVII.  ildoit  la  couronne  en  1171.  après  la  mort  de  Jeanne 
pafïèr  pour  légitime  fuivant  l’ufâge  &  la  coutume  comrefle  de  Touloufe  &  d’Alfonfè  comte  de  Poi- 
de  ce  tcms-là.  tiers  fon  mari.  Les  deux  autres  comrez  fubfiftcrenr 

IX.  Le  P.  Labbe  h  croit  que  le  mariage  de  Ray -  depuis  cette  réunion  :  ils  furent  formes  par  lalie- 
mond  de  S.  Gilles  avec  Mathilde  de  Siale  ne  fut  hation  que  les  comtes  de  Tou loufè  firent  des  villes 
T  omt  II.  K  K  k  k 


<)  Cdtef. 

L*  Faillê 
mbbres.  /• 
trc. 


r  y.  n.  u 

Sot .  iciju 


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6z6 


NOTES  SUR 


NOTE 

XLU. 


de  Cahors  &  de  Rodez ,  &  d’une  portion  du  do¬ 
maine  duQuerci,&  i'u  Rouergue  :  on  convient  de 
cette  alienation  -,  mais  il  y  a  de  la  difficulté ,  tant 


L’HI  S  T  O  I  R  E 

i  °.  la  bulle  d'Urbain  eft  du  mois  d’Aoùt  de  l’an 


t  ftrtliê t.  dm 

nu(i;rit  cl"’il  compofa 


k  Prx  to .  S  • 


C  Gai',  c Irrijt* 
nrv.  ed.  tt.  u 
/.  Ul. 


1095.  &  par  conféquent  anterieure  au  temsque 

Raymond  de  S. Gilles  le  croila.i®.  La  donation  f  . 

fur  ce  qui  l’occaliona,  que  fur  (on  époque:  com-  «que  Geraud  fit  à  fon  chapitre  de  la  moitié  du  re-  lftl* à- fa 
menions  par  le  comté  de Cahors.  venu  de  la  monnoye,  eft  de  lan  1090.  &  Guil- 

11.  Marc* Antoine  Dominicy  dans  un  traité*  ma-  laume  IV.  comte  de  Touloufe,  qui  la  confirma  , 

(crit  qu’il  compofa  en  1  642.  fur  les  anciens  dominoit  alors  fur  le  Qucrci  -,  doù  il  s’enfuivroit 
comtes  de  Qucrci  8c  de  Cahots,  réfute  le  (enti-  que  les  évêques  de  Cahors  jouilïoicnt  du  comté  de 
ment  de  ceux  qui  avoienc  cru  jufqu’alors  que  les  cette  ville  avant  la  première  croifadc ,  &  avant  que 
évêques  de  cette  ville  avoient  ufurpe  ce  comté  fur  Raymond  de  S.  Gilles  fucccdat  à  Guillaume  IV. 
les  comtes  de  Touloule  durant  la  guerre  des  Albi-  (on  frcrc  dans  le  comté  de  Qucrci. 
geois;  il  prétend  que  Raymond  de  S.  Gilles  pour  On  pourroir  ûtisfaire  à  cette  difficulté  en  ad- 
tournir  aux  frais  de  fon  voyage  de  la  Tcrrc-fâinte  ,  mettant  une  obje&ion  que  Dominicy  fe  fait  -,  Iça- 
fepara  la  ville  &  le  comté  de  Cahors  du  relie  du  voir ,  que  les  évêques  de  Cahors  ne  jouilïoicnt 
Qucrci,  &  qu’il  les  vendit  à  l’évcquc,  auquel  il  que  par  privilège  de  faire  battre  monnoye  (ous  le 
les  donna  en  fief  fous  la  foi  8c  l’hommage;  en  forte  pontificat  d’Urbain  II.  mais  il  y  répond  lui-même 
que  depuis  cette  vente  on  doit  regarder  les  comtes  en  failànt  voir  1  °.  que  le  contraire  rélulte  des  ccr- 
de  Touloufe ,  feulement  comme  comtes  du  pays  de  mes  de  la  bulle ,  fuvant  laquelle  Geraud  avoir  dif- 
Qiierci ,  mais  non  pas  de  la  capitale.  pôle  de  la  moitié  de  ce  droit  comme  étant  du  pa- 

Cet  auteur  fe  fonde  1 Q.  (iir  l’hommage  b  rendu  trimoine  de4b»  eglife.10.  En  ccque  par  le  parcage 
au  mois  de  Juin  de  l’an  1 1  1  1 .  durant  le  iiege  de  fait  en  1  $ 06.  entre  l’evêque  de  Cahors  &  le  roi 
Touloule,  par  Guillaume  de  Cardaillac ,  évêque  de  Philippe  le  Del ,  ce  prélac  qui  (c  rélerva  à  lui  (cul 
Cahors,  à  Simon  de  Montfort,  dans  lequel  on  lit  le  titre  de  baron  8c  de  comte  de  Cahors,  déclare 
ces  termes  :  Cooutatum  Caturccnfem  recepit  ab  illo ,  qu’il  n’entend  pas  communiquer  le  droit  qu’il  a  de 
fient  ab  R.  quondam comité  Tolofino  ci  pradeujjort-  faire  battre  monnoye,  comme  étant  étroitement at- 
bits  fuis  mehus  tenuerunt  eumdem.  Dominicy  con-  tache  a  la  quitte  de  corne  de  Cahors  qu'il  fe  referve . 
dut  de  là  que  Raymond  comte  de  Touloufe,  de  40.  Enfin  Dominicy  prétend  que  les  evêquesde 
qui  lcvcque  de  Cahors  &  fes prédccellèurs avoient  Cahors  pollcdoient  le  comté  de  cette  ville  du 
tenu  le  comté  de  cette  ville,  ne  peut  être  Raymond  moins  au  milieu  du  XII.  lieele ,  (ur  ce  qu’on  met- 
le  Vieux,  puilque ce  prince  étoit  encore  reconnu  toit  alors  leurs  noms  dans  la  date  des  adlcs  avec 
en  1114.  pour  comte  de  Touloufe,  8c  qu'il  s’agit  ceux  des  rois  de  France,  &  des  comtes  de  Touloufe: 
de  Raymond  V.  mort  en  1194.  mais  cela  ne  décidé  rien ,  puifqu’on  mettoit  égalc- 

Le  raifonnement  de  cet  auteur  ne  nous  parole  ment  alors  dans  la  date  des  chartes,  à  Touloule  & 
pas  concluant  ;  il  eft  certain  en  effet  que  Guillaume  dans  plulicurs  autres  villes  dont  les  évêques  ne  pot 
de  Cardaillac  ne  reconnoilloit  pas  en  1 1 1  x.  Ray-  fedoient  pas  certainement  le  domaine  ,  les  noms 
mond  le  Vieux  pour  comte  de  Touloufe,  puilque  de  ces  prélats,  avec  ceux  des  rois  Sc  des  comtes  qui 
devant  tenir  de  lui  en  cette  qualité  le  comré  de  y  dominoient. 

Cahors,  il  en  fit  hommage  à  un  autre,  «Sc  enfuitc  III.  On  voit  par  ce  que  nous  venons  de  rappor- 
au  roi  Philippe- Augufte  :  d’ailleurs  ce  prélat  11e  par-  ter  1  °.  que  les  évêques  de  Cahors  ont  tenu  en  fief 
vint  cquen  noS.’à  l'évêché  de  Cahors:or  com-  le  comté  ou  domaine  de  cette  ville  dcscomtesdc 
me  il  marque  qu’il  avoit  tenu  auparavant  le  comté  Touloufe  qu’ils  reconnoillbient  pour  leurs  fuze- 
decettc  ville  de  Raymond  comte  de  Touloufe,  cela  rains  *,  «Sc  que  par  confequcnt  ces  derniers  ont 
doit  s’entendre  de  Raymond  le  Vieux ,  8c  non  de  aliéné  en  leur  faveur  le  domaine  de  la  ville  ca- 
Raymond  V.  mort  en  1194.  Ai nli  ce  prélat  après  pitalc,  «Sc  ce  qui  compofa  le  comté  de  Cahors. 
avoir  reconnu  le  premier  en  1108.  aura  celle  de  i°.  Que  cette  aliénation  eft  antérieure  à  la  guerre 
lui  être  tournis  en  1 1 1 1 .  comme  il  le  fairaffez  en-  des  Albigeois,  fui  vaut  l’hommage  rendu  en  1  x  1 1. 
tendre  par  le  mot  qnondim.  Il  eft  vrai  qu'affurant  par  Guillaume  de  Cardaillac  ,  à  Simon  de  Mont* 
que  fes  prédccclfcurs  avoient  tenu  le  comté  de  fort ,  puifquc  ce  prélat  fait  mention  d‘un  fem- 
Cahors  des  prédt ccfleurs  de  Raymond  ,  cela  prou-  hlablc  hommage  rendu  par  fes  prédccellèurs  à  ceux 
veroit  que  les  évêques  de  cette  ville  en  pollcdoient  de  Raymond  comte  de  Touloule.  $  °.  que  la  même 
le  comte  long-tcms  auparavant.  aliénation  doit  être  antérieure  à  l’an  1090.  file 

20.  Pour  faire  voir  que  Raymond  de  S.  Gilles  droit  qu  avoient  alors  les  évêques  de  Cahors  de 
aliéna  ce  comté,  Dominicy  s’appuye  fur  le  témoi-  faire  battre  monnoye  ,  étoit  étroitement  attache  à 


il  Gmll.Mtl* 
ncib.  /.  4.  c  2. 


gnage  de  Guillaume  de  Malmelbury  a,qui  rapporte 
que  l’évêque  de  Cahors  engagea  Raymond  de 
S.  Gilles,  dont  il  avoit  toute  la  confiance ,  à  faire 
le  voyage  de  la  Terre- (ai  me ,  &  qu’ils  appellerait 
conjointement  le  pape  Urbain  II.  en  France  pour 

1  r  1.  _ J  .  1  f J 


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f.  lit- 


la  qualité  de  comte  de  cette  ville ,  (uivantlc  parcage 
de  l’an  1 50 6.  comme  le  prétend  Dominicy  :  mais 
nous  ne  trouvons  pas  ces  termes  dansl’aéfc  de  pa- 
réage.  Il  y  eft  dit  (eulcmcnt  que  8  nonobftant  cette 
allocation  ,  /’ évêque  fera  ce^jé baron  ïi  comte  de  ft  J4t 

S'I.  o.  _  i  .  ..  :C  1  J  *  J  C.'...  . 


g  G*  l.chrijl' 
„,v  li  t»  «• 


'y. 


publier  la  croifadc.  Mais  ce  dernier  hiftoricn  ne  Cahors ,  &  qu’il  le  réferve  le  droit  de  faire  battre 


P  Ga U.  thrijf9 
iiid.  wjlr .  f . 
3  U 


dit  rien  de  l’alienation  du  comté  de  Cahors ,  8c 
toute  la  preuve  de  Dominicy  (c  réduit  à  une  (impie 
conjeâure. 

Cet  auteur  fait  mention  d'une  bulle  c  du 
pape  Urbain  11.  dans  laquelle  il  eft  marqué  que 
Geraud  évêque  de  Cahors ,  avoit  donné  à  Ion  cha¬ 
pitre  la  moitié  du  revenu  de  U  monnoye  ;  or  ,  con¬ 
clut-il  ,  ce  prélat  n’avoit  droit  de  battre  monoye 
qu’àcaufc  que  Raymond  de  S.  Gilles  avoit  aliéné 
en  fa  faveur  la  feigneurie  de  cetre  ville.  On  peut 
rétorquer  cette  autorité  contre  Dominicy  \  car 


monnoye.  Ôr  les  évêques  de  Cahors  pouvoitnt 
avoir  ce  droit ,  &  en  jouir  dc*s  l’an  1090.  comme 
feigneurs  en  partie  de  la  ville,  (ans  qu’il  fut  atta¬ 
che  à  leur  qualité  de  comte ,  8c  fans  que  les  comtes 
de  Touloule  eu  (lent  encore  aliéné  ce  comté  en 
leur  faveur.  Il  paroît  en  effet  que  les  comtes  de 
Touloufe  jouidbient  du  domaine  de  Cahors  en 
1 1 5  9.  h  puilque  le  roi  d’Angleterre  afliega  alors  b^-l,rrIlU 
cette  ville  lûr  eux.  Dominicy  prétend  que  ce  fut  à  ”* 
caulè  quelle  étoit  de  leur  mouvance  ;  mais  ccd 
ce  qu’il  auroit  fallu  prouver  ,  8c  qui  eft  contredit 


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NOTE  Par  k  Pnr<^Sc#5  Vivant  lequel  le  roi  comme  comte 
X  L 1 1  Q},crci  >  &  focceflcur  des  comtes  de  Touloufo, 

»  6 . €t'r,/.  prétendoit  que  les  cours ,  les  murailles  &  les  foflèz 

"U.f.ii.  je  Cahors  lui  apparrenoienc.  Or  comme  nous 
n'avons  aucun  monument  dans  l’antiquité  qui 
prouve  que  les  évêques  de  Cahors  le  (oient  quali¬ 
fiez  co  rues  de  cette  ville  avant  l’an  i zi  i.  voici  » 
à  ce  qu’il  nous  parole ,  comme  ils  font  parvenus  à 
cette  dignité. 

On  ne  (çauroit  difeonvenir  que  le  droit  de  bat¬ 
tre  monnoic,  dont  ccs  prélats  jouiffoicnc  en  io^ok 
ne  (oit  une  preuve  qu’ils  étoient  feigneurs  de 
Cahors  ,  du  moins  en  partie ,  à  moins  qu  iis  ne 
tinflent  ce  droit  indépendamment  du  domaine 
de  cette  ville  5c  de  la  libéralité  des  comtes 
de  Touloufo,  comme  les  évêques  d’Aufonnc  ou 
de  Vie  dans  la  Marche  dEfpagne  le  tenoient b  par 
la  donation  des  comtes  de  Barcelone  ,&  comme 
les  évêques  de  Gironne  c  avoient  le  tiers  de  la 
monnoye  de  cette  ville  ;  ce  qui  n’empêchoit  pas 
qu’il  n’y  eût  des  comtes  de  Gironne  5c  d’Aufonnc, 
qui  poftèdoient  le  domaine  immédiat  de  ces  villes. 
Guillaume  IV.  comte  de  Touloufo  &  de  Qjerci, 
qui  a  laillé  divers  monumenS  de  (â  pieté ,  aura 
donc  donné  avant  io$o.  aux  évêques  de  Ca¬ 
hors  le  domaine  de  cette  ville,  ou  du  moins  le 
droit  de  faire  battre  monnoye,  &  fo  fera  réforve  la 
fuzcraincré,  avec  les  tours,  les  murailles  &  les 
follèz.  Guillaume  de  Cardaillac  évêque  de  Cahors 
aura  profité  des  troubles  &  de  la  guerre  des  Albi¬ 
geois  pour  s’ériger  en  comte  de  cette  ville  ;  &c  ne 
voulant  plus  reconnoîtie  Ravmond  le  Vieux  pour 
l’on  lcigncuc ,  il  fe  fera  adreffê  en  x  1 1 1 .  à  Simon 
de  Moiuforc  compétiteur  de  ce  prince ,  qui  reçut 
Ion  hommage  pour  le  comté  de  Cahors;  en  quoi 
il  fur  favorite  par  le  roi  Philippe-A'iguftc,  à  qui 
ce  prdat  fit  un  lemblable  homtmge  au  moisd’Oc- 
d  qjB.  ch.i/f.  tobre  de  la  même  année  a ,  â  caiife  du  droit  inccr- 
iu.f.iji.  tajn  Siaioa  (îir  les  domaines  de  Raymond  le 
Vieux  alors  excommunié  «3c  chafié  de  les  états. 
Enfin  le  roi  S.  Louisayant  exempte  nommément 
l’évêque  de  Cahors  de  l’hommage  que  ce  prélat 
devoit  à  Raymond  le  Jeune  comte  de  Touloufo, 
par  le  traité  c  de  paix  qu’il  fit  en  ixz8.  avec  ce 
prince,  les  évêques  de  Cahors  auront  joui  depuis 
du  domaine  de  cette  ville  fous  l'autorité  de  nos 
rois  dont  ils  (e  reconnoilloient  feudataircs ,  juf- 
qu'en  130^.  que  Philippe  le  Bel  prétendant ,  en 
qualité  de  fuccellcur  de  Raymond  le  Jeune,  que 
les  tours,  les  murailles  5c  les  foilêz  de  Cahots  lui 
apparcenoient ,  fit  avec  Raymond  III.  évêque  de 
Cahors ,  le  parcage  dont  on  a  déjà  parlé ,  &  par  le¬ 
quel  ce  prélat  fe  réferva  le  titre  de  comte ,  dont 
les  fucceffours  ont  joui  depuis.  Venons  préfente- 
ment  au  comté  de  Rodez. 

^  .  -  -  -  IV.  Geoffroy  prieur  de  Vigcois*,  rapporte  dans 
uC.f,  j’0^‘  Ca  chronique  écrire  vers  la  fin  du  XII.  iiécle ,  que 
Ravmond  de  S.  Gilles  établir  comte  de  Rodez, 
Richard  fils  d’un  autre  Richard  vicomte  deCarlad, 
moyennant  une  (omme  qu’il  reçut  de  lui  pour  (on 
expédition  de  la  Terrc-ùince.  Raymandns  filins 
Pontn  Toi  fiant ,  pro  argent o  cnm  cjuo  fi  rofolymum 
abiit ,  Ruthems  prafecit  comitem  Richardnm  filtum 
Richurdt  vuecomids de  Car  lad.  Nous  avons  donc 
ici  l’époque  &  les  ci rcon fiances  de  l’aliénation  que 
firent  les  comtes  de  Touloufo  ,  de  la  ville  de  Ro¬ 
dez  ,  &  d’une  partie  du  Rouergue  en  faveur  des 
vicomtes  de  Carlad  ;  car  c’eft  (ans  aucun  fonde¬ 
ment  que  quelques  modernes  donnent  le  titre  de 
comtes  de  Rodez  aux  vicomtes  deCarlad  avant 
Tome  TI. 


t  Pr.  t$.  j. 


f  Gêfrùl  V+ 


G  U  E  D  O  C  617 

cette  aliénation.  Ceux  •  qui  les  font  auparavant - - 

vicomtes  de  Rodez,  ne  (ont  pas  mieux  fondez  5  n  & 
car  ces  (Ligueurs  ne  poftèdoient  que  la  vicomté  de  g  ^agt  ijj. 
Milhaud  en  Rouereue  avant  l’acquilition  du  comté  *•  1 •  /• 
de  Rodez.  . 

V.  Quelque  précis  que  (bit  le  témoignage  de 
Geoffroy  de  Vigcois,  il  y  a  lieu  cependant  de  le 
révoquer  en  douce,  &  il  eft  certain  que  cet  auteur 
manque  très-(buvent  d  exactitude.  On  voit  dans  le 
même  endroit ,  qu’il  donne  pour  pere  à  Richard  I. 
vicomte  de  Carlad,  Raymond  Tejle  -  tf  Eflouppes 
comte  de  Barcelone ,  ce  qui  eft  ablolument  faux. 

De  plus,  Richard  II.  qui ,  félon  lui ,  acquit  le  com¬ 
té  ae  Rodez  de  Raymond  de  S.  Gilles ,  n’etoit  pas 
fils ,  comme  il  l’avance ,  de  Richard  I.  mais  fon  pe¬ 
tit-fils.  Enfin  le  même  Richard  I.  ne  fut  jamais 
vicomte  de  Carlad  :  mais  cette  vicomté  entra  dans 
(â  mai  fon  par  le  mariage  de  Bcrcnger  fon  fils , 

’pere  de  Richard  II.  avec  Adele  qui  en  étoit  hé¬ 
ritière. 

Voici  ce  qui  peut  faire  révoquer  en  doute  le 
témoignage  de  cet  auteur.  Bonalh  dans  fon  hiftoirc  ii  Mmalt.  ts 
manulcrite  des  comtes  de  Rodez ,  rapporte  Pcx- 
trait  d'un  teftament  fans  date ,  en  ccs  termes  :  Bre-  &/t <jq. 
ve  qnodfectt  trahere  Hhiq  cornes  films  Ricard*  ,  de 
tllo  breve  quoi  jtiffit  facere  Pondus  abbas ,  qtM'ido 
drjfit  honorent  [nam  tn'er  ccclefi.ts  Del  cÿ  parentes 
vel  amicos  fiuos  pro  anima  fna>  pro  anima gentto- 
ns  fini  çÿ genin  icis  fiua,  fÿ  pro  anima  Raymunit  co¬ 
mité  fiemorcfilto  Adalài s.  Ce  Raymond  comte  de 

Rouereue  ‘ ,  fils  d'Adelad: ,  eft  le  même  que  Ray-  ir •  Ntumu 
1.1  -  ,  •  a  *  •  ».  is.  CrjtqtK 

moud  I.  du  nom ,  qui  etoit  en  même  tems  m  îrquis 

dcGothie  ,  5c  qui  tefta  vers  Pan  961.  ainfi  le  te- 
ftament  de  l’abbé  Pons  eft  environ  du  X.  ficelé , 
comme  il  paroît  d'ailleurs  par  les  paroles  luivantes 
qui  le  terminent ,  rapportées  par  Bonal  :  Precor 
amie  0  j  me  os  Dfiiderio  epificpo ,  Ramo-Hsgo  (S  Aie- 
fref  Ü  aids  fan  nui  nas  mets  t  fient  fnpertns  ferip- 
tnm  eft  ,  fie  olfiervanda  fit  nfjue  in  diem  judicti . 

Fada  dtvifione  tfila  m  menfiè  Novembri finb  die  fab- 
bato.  En  effet  Dt.her  ^evtqne  de  Rodez. ,  croit  con-  k  Nnt  il. 
temporain  de  Raymond  I.  comte  de  Roucrgue.  lx' 

A  la  fin  du  teftament  de  Pabbé  Pons  on  lit  ces 
mots  :  Fuels  fait  tranf.tBione  iflu-t fient  fnpertns  fierté 
ptitm  eft  ,  in  menfe  Oftobrt  finb  die  kal.  v.  luna  v/* 
antore  tpfo  Hugone  comité  qui  h  tac  brevem  juffu 
fiert.  Willelmns  fcrtpfit  tn  anno  tllo  tn  cju>  R 1  car  dns 
cornes ,  CS  films  ejtts  acqnifiernnt  Rnthenenfem  comi - 
tatnm  d' Amph os  comité  Tolofitno.  11  s’enfuit  de  ccs 
dernicres  paroles ,  contre  le  témoignage  de  Geof. 
froy  de  Vigcois,  que  ce  fut  Alfonfc-Jourdain  fils 
de  Raymond  de  S.  Gilles ,  &  non  pas  Raymond 
de  S.  Gilles  lui-même ,  qui  aliéna  le  comté  de 
Rodez  en  faveur  du  vicomte  Richard ,  5c  de  fort 
fils  Hugues.  U  faut  avouer  cependant  qu’il  y  a 
encore  delà  difficulté;  car  Richard  prend  le  titre 
de  comte  dans  un  aéte !  de  Pan  1103.  &  celui  de 
comte  m  de  Rodez,  dans  un  autre  de  Pan  1 1 1  z.  or 
Alfonfe  Jourdain  n  croit  pas  encore  comte  de  Tou- 
loufe  en  1 1  o  3 .  «Sc  lor(qu'il  parvint  â  ce  comté ,  en 
1  r  1  x.  à  peine  avoit-il  neuf  ans  accomplis.  Il  faut 
donc  que  Richard  eut  acquis  ce  comté  de  Ray¬ 
mond  de  S.  Gilles. 

VI.  On pourroit  concilier  ces  differentes  auto- 

ritez ,  en  foppofant  avec  un  moderne  n  ,  que  Ray-  "  JW  hiflt 
mond  de  S.  Gilles  engagea  (cillement  à  Richard  ^7/**  **  *s 
le  comté  de  Rodez,  &  que  dans  la  fuite  Alfonfe 
fon  fils,  l’aliéna  entièrement  en  faveur  du  même 
Richard  ,&  d’Hugues  fon  fils.  Cet  auteur  (ê  trom¬ 
pe  cependant  fut  deux  articles  au  fujet  de  cet 

K  K  K  K  ij 


\M*t.*d** 

Ho  )  •  n.  66. 
m  Pr.f.  )  Ut 


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630 


NOTES  SUR 


"NOTE  mon^  qu*aprè$  qu’il  eut  piisTortofe  en  1 101.  fe 
X  L 1 1 1.  trompe  donc  i  &  il  n’y  a  aucun  fonds  à  faire  fur  Al- 
1 .  bert  d’ Aix-la-Chapelle  *  quand  il  dit  que  Raymond 


a  ^4  v. 

9.c.  34. 


L’  H  I  S  T  O  IRE 

faitemenc  à  l’an  1105.  fuivant  notre  manière  de 
compter. 

XII.  Enfin  Mariana  r  prétend  que  Raymond  fut 

mourut  deux  ans  apres  avoir  fonde  ce  château,  tué  d’un  coup  de  Héche  au  lîege  de  Tripoli:  mais  lo.f.ij," 
puifqu’etant  décédé  le  dernier  Février  de  l’an  1105.  on  ne  peut  ajouter  foi  à  cette  circonftancc ,  non 
il  n’auroit  commencé  a  le  bâtir  qu’en  1103.  à  moins  plus  qu  a  plulieurs  autres  fairs  fabuleux  avancez ,  • 
que  cela  ne  s’entende  qu’il  l’acheva  entièrement  tant  par  cet  hiftorien  que  par  quelques  autres  au- 
cette  dernicrc  année.  teurs  Efpagnols  •,  qui  font  venir  le  comte  Bertrand  *&»*»•*£ 

Fhnry  h, fl.  X.  Ordcric  Vital ,  fuivi  par  M.  l’abbé  Fleuri b ,  en  Aragon  l’an  1 1 1 6.  quatre  ans  après  fa  mort ,  üc!f+Z 
t.  6  j.  n.  pr^tcn(j  c  qllc  Raymond  de  b.  Gilles  étoit  a  Con-  fe  ligutr  avec  le  roi  Alfonfe ,  &  lui  taire  hommage 
<QrdtrVtud.  ftantinoplc  lorfque  Guillaume  duc  d’Aquitaine  &  du  comté  de  Touloule  &  de  fes  autres  domaines. 

&jcq.  k  comte  de  Nevers  y  arrivèrent  en  1  1  o  1 .  &  que  _ _ _ 

ceux-ci  fe  mirent  avec  leurs  troupes  fous  la  con- 

duite  de  ce  prince.  Albert  d’Aix-la-ChapcIlcd,  au-  NOTE  X  L  I  V. 

I  t.  C.  ix.tr  ,  •  «  I  1  11 

fai. lA.ér  teur  plus  ancien  &  beaucoup  plus  croyable ,  rap-  ?  1  ».  t  r  . rr 

**  porte  le  contraire-,  &  U  cft  certain  que  Raymond  &  le  lieu  de  lf  ^aiffance  dt 

étoit  alors  déjà  parti  à  la  tête  des  Lombards  &  des  Guillaume  JC comte  de  P oitiers 
Allcmans:  ce  qui  fait  voir  que  ce  prince  n’eut  au-  &  duc  d9  Aquitaine. 

cune  part  à  la  défaite  du  duc  d’Aquitaine, comme 

iTitmryibid.  le  meme  Ordcric  l’cn  accufe.  M.  l’abbé  Fleuri e  rap-  TREflyS  fuivipar  leP.Labbc  &  par  le  P.  Anee ,  fr 

itc  des  £  J  met  l’époque  de  la  naiflànce  de  ce  duc  à  l’an  'lI' 


««  i 


porte  d’un  autre  cote  à  l’an  1 101.  la  dcfait« 
Lombards ,  &  la  mort  d’Hugues  le  Grand  -,  mais  il 
cil  certain  que  cet  événement  arriva  en  1 1  o  1  .Guil- 
hume  duc  d’Aquitaine  fut  défait  *  au  plûtard  au 
mois  d’Août  de  l’an  1101.  ainli  Guillaume  de 


poque  ae  ia  namaiice  ae  ce  auc  a  lan  La.ta.pu 
1099.  Ces  auteurs  fe  fondent  fans  doute  fur  l’au- 
teur  de  la  chronique  de  Maillefeisu  qui  rapporte  u'K+nl. 
lotis  cette  année  U  naiflànce  de  Guillaume  X.  en  u  ^  ** 
ces  termes  :  Eo  anno  (  r  099.)  . . .  Wslldmo  comiti  f  li  ' 
nains  ejl  filins  AjHivoct  GuilLrmus  vocatus/x  fupra - 


l  a nn.  109 

•77f* 


g G»iU.MsL  Malmelbury  g  fe  trompe,  en  ne  faifant  partir  de 

mnk.  m.  «.3.  prancc  ÿ  ce  prince  qu’au  mois  de  Septembre  de  la  dicla  conjure.  Habuit  qu  que  qui  ?que  pliai ,  quorum 
h  ordcrvnéi  même  année.  Enfin  fuivant  Ordcric®,  Alfonfe  fils  unam  dejjnmfavit  vicecoratti  Toarcenfi .  Novijfimi 
99 •  de  Raymond  de  S. Gilles, naquit  à  Conftantinople  genuit  apud  Tolofam  utennum  videhcet  Rajmun- 
durant  le  (è)our  qu’y  fit  ce  prince  depuis  l’an  1 1 00.  dumy  qui  poflea  regnavit  in  Ântiochia. 
i  g  mil.  Tjr.  jufqu’cn  1 101.  mais  Guillaume  de  Tyr  *  allure  H  s’enfuit  de  là,  1  que  Raymond  prince  d’An- 
i.Vi  U,/’  policivement qu'Elvirc ,  femme  de  Raymond,  de-  tioche  étant  né  certainement  à  Touloufc, durant 
meura  dans  la  Syrie  pendant  fou  abfencc ,  &  qu’elle  le  féjour  que  Guillaume  IX.  Ion  pere  &  Philippe  (à 
accoucha  d’ Alfonfe  cnnoj.  au  château  du  Mont-  mere  firent  dans  cette  ville,  qu’ils avoient  envahie 
pclerin  près  de  Tripoli  :  il  eft  vrai  que  Guillaume  fur  Raymond  de  S.  Gilles  &  le  comte  Bertrandfon 
de  Tyr  eft  moins  ancien  qu’Ordcric  Vital  -,  mais  fils,  fa  naiflànce  doit  être  placée  au  plûtard  avant 
fon  témoignage  doit  l’emporter  pour  deux  raifons:  le  mois  d’O&ohre  de  l’an  1100.  puifque  Guillau- 

k  F *icc*rn.  la  première , parce  que  Fouchcr  k  de  Chartres,  té-  me  IX.  qui  aflifta  alors  *  au  concile  de  Poitiers, 

i-  *.«.  10 .  moinocuhire,afliirc  qucRaymond  en  allant  àCon-  &  qui  fe  croifey  la  meme  année  à  Limoges, avoit  y a,,  nju 

ftantinoplc  laillafe  femme  à  Laodicét  où  il  larejoi-  abandonné  Touloufe,  où  il  avoit  fejourné  fans  |W- 
gnit  :  la  fécondé  cft  tirée  du  furnom  de  Jourdain  interruption  au  moins  depuis  le  mois  de  Juillet  de 

\\»d.T»i.l.  donné 1  à  Alfonfe  pour  avoir  été  baptife  dans  ce  *  l’an  1098.  Que  Guillaume  X.  fils  aîné  de  ce 

fleuve  -,  or  s’il  fut  né  à  Conftantinople,  il  auroit  duc  naquit  par  confèquent  dans  cette  ville.  3  •.  En- 

été  fans  doute  baptife  dans  cette  ville:  d’ailleurs  fin  que  li  Raymond  prince  d’Antioche  (on  frère 

m  amU.Méi -  Guillaume  m  deMalmcfbury  allure  qu’il  naquit  un  naquit  audi  en  1 099.  comme  l’auteur  de  la  chro- 

mttif.i.  g[s  ^  Raymond  de  S.  Gilles  pendant  qu’il  fàifoit  nique  de  Maillcfais  femble  le  faire 


r-  7  ». 


entendre,  on 

le  fiege  de  Tripoli.  Cet  auteur  fe  trompe  ccpcn-  doit  placer  fe  naiilànce  à  la  fin  de  la  même  année 
dant  en  donnant  le  nom  de  Guillaume  à  ce  fils 
de  Raymond  -,  car  il  eft  certain  que  c’eft  d’ Alfonfe 
Jourdain  dont  il  a  voulu  parler. 


de  celle  de  Guillaume  X.  fon  ainé  au  commence¬ 
ment. 


X I.  Raymond  de  S.  Gilles  mourut  le  dernier  de 
vi  fuie.  c*rn%  Février  de  l’an  1105.  fuivant  le  témoignage®  de 
LGmU.9Tyr .  Foucher  de  Chartres  &  de  Guillaume  de  Tyr  ,  ôc 
1.  n.  c.  1/  non  pas  du  mois  de  Janvier ,  comme  l’a  avancé  un 
«  ^*Hgehfi.  moderne0  :  s’il  fal  bit  cependant  s’en  tenir  au  cal- 
ÎTs"'  U  *'  cul  d’Albert-d’Aix-la  Chapelle  P  ,  Raymond  ne  fe- 
P  M.  ^ iq, ,  roic  mort  qu’en  1 106.  car  il  marque  l’époque  de 
n.  ^  cj(4t^s  jeux  an$  ayr'es  [a  prjjè  jc  ptoUmàide 


NOTE  X  L  V. 

Si  le  Languedoc  a  jamais  été  appelle 

la  Province  de  S.  Gilles. 


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‘A  «II. 


CAtcl  at  prétend  qu’au  XII.  fiécle  le  Langue- 
doc  étoit  appellé  U  province  du  S.  Gilles: 


ppellé  la  province  de 

par  Baudouin  J.  roi  de  fcruf.ilcm ,  &  depuis  que  Ray-  il  cite  en  preuve  la  chronique  deSigebcrt,  Godcfroi 
mond  eut  confirait  le  château  du  Mont-pekr m  :or  de  Viterbe,  Fouchcr  de  Chartres ,  Albcrt-d'Aix-la- 
la  ptife  de  Ptolcmaïdc  tombe  au  mois  de  Mai  de  Chapelle  ,  &  le  roman  du  Charroi  de  Nifmes  ;  cc 
l’an  1 104.  &  on  a  déjà  vu  que  la  fbrtcrdlc  du  qui  feroit  remonter  cette  dénomination  jufques 
Mont-pelcrin  étoit  conftruitc  dès  l’an  1103.  Cet  dans  le  XI.  Examinons  en  particulier  le  témoi- 
auteur  s’eft  donc  trompé*,  nous  n’avons  en  effet  gnage  de  chacun  de  ces  auteurs, 
aucun  monument  qui  prouve  que  Raymond  de  i°.  La  chronique  deSigcbert  ne  dit  rien  de  cc 
S.  Gilles  ait  vécu  après  le  mois  de  Février  de  l’an  que  Catcl  lui  fait  dire  :  un  des  continuateurs  de  ce 
1 1 05.  &  on  ne  fçauroit  adapter  à  l’année  1  1  o  G.  chronographc  rapporte  feulement  les  paroles  fui- 
\Pr.p.  H6.  en  la  commençant  à  Pâques  ,  le  teftament  *  de  vantes  fous  l’an  1 1 1  8.  GeUfius  papa  per  GatluU 
ce  prince,  daté  du  mardi  dernier  de  janvier  de ly an  vemt ,  (3 per  Burgundiam  Uothum ,  fia  provm- 

iicy .  mdiÜion  xiu.  notes  qui  conviennent  par-  ciaS.^Egidn  dicsiur ,  agit  fjnodales  caujus.  Cet 


Digitized  by 


Googlè 


DE  LANGUEDOC  63  * 


NOTE 


b  Drhtr. 
U.O»*» 


C  Vâlef'  M. 

/.  4«*« 


+ao. 


endroit  cft  attribué  par  M.  de  Valois  *  à  Anlclme 
abbé  de  Gemblours  au  dioccfc de Namur ,  qui  a 
,  **•  continue  la  chronique  de  Sigebert  jufqu  a  l’an 

o~u  r  iX$9  1 1 $  5.  Quelques-uns  paroiflent  l’attribuer  à  Robert 
abbé  du  Mont  S.  Michel,  autre  continuateur  de 
cette  chronique  :  mais  on  ne  le  trouve  pas  dans 
l’édition  bque  le  P.Dacheri  a  donnée  des  ouvrages 
de  cer  abbé.  Quoi  qu’il  en  foie ,  il  paroîtdu  moins 
par- là  que  ce  témoignage  cft  poftcricur  à  Sigebert 
décédé  en  1 1  H.  &  bien  loin  que  ce  dernier  ait 
donné  à  la  Gothie  le  nom  de  province  de  Saint 
Gilles ,  M.  de  Valois c  en  rapporte  un  endroit  qui 
fait  voir  qu’il  comprend  le  territoire  de  S.  Gilles 
dans  la  Provence  prit*  en  general. 

2°.  On  ne  fç.iuroir  faire  aucun  nfage  de  l’auto¬ 
rité  de  Godefroi  de  Viterbe  ,  pour  prouver  que  de 
Ion  tems  le  L  anguedoc  étoit  appelle  lu  province  de 
S.CitlLs.  Cet  hiftorien  qui  vivoir  à  la  fin  du  XII. 
fiée  le ,  fait  entendre  au  contraire  dans  l’endroit  ciré 
icutinmt.  par  Catel 4  que  la  ville  de  S.  Gilles  croie  dans  la 
A drïonnoife. 

3°.  On  lit  à  la  vérité  ces  mots  dans  l’hiftoirede 
e  tufi.  De*  J^riifalem  de  Foucher  de  Chartres,  de  1  édition  e 
*r  F  -/*4  *  de  Bongars:  anno  /  top.*  .  .  .  venit  Bertramnus 
Ru  y  mtindi  contins  filr us  ,  de  prov.net a  qn&.dicitnr 
S.<ts£gidii)  admit t is Jî'n  JanuenfibtUy&c.  mais  il  va 
tout  autrement  dans  l’édition  plus  correcte  que  Du 
Cliefnc  a  donnée  de  cet  hiftorien.  Anno  M  C/X. 
cil- il  die  dans  cette  édition,  Rertrammt*  Raymandi 
r omit t6  vent  Tnpoktn  adhibitis  Janticnfibis , 

i$c.  8c  il  n’y  cft  point  parlé  de  la  province  de 
S.  Gilles. 

4°.CateI  fait  dire  à  Albert  d'Aix-la-Chapelle  , 
dont  il  ne  cite  pas  Tendroir,  que  Bertrand  comte 
de  Touloufe ,  étoit  parti  de  U  province  de  S.  Gilles 
>our  aller  à  la  Tcrrc-faintc.  On  ne  lit  rien  de  (em- 
>lablcdans  cet  ancien  hiftorien:  il  marque  î  (èu- 
ement  qne  Bertrand  ayant  raflcmblé  un  grand 
corps  de  troupes ,  s’embarqua  dans  le  lieu  ou  ville 
de  S.  Gilles:  jXavtoto  a  IccoiS orbe  StÆudiicortf- 
tik.i,(.ç.ss.  fi, j  #  Cet  auteur  parlant  dans  un  autre  s  endroit 

du  ne  Hôte  de  Mamans  &  de  Frifons  qui  abordè¬ 
rent  à  S.  Gilles,  s’exprime  en  ces  termes  :  Provin- 
Ci  alu:-,  s ,  ni  terra  S.  tÆndn  de  p'itcjlute  cotnitù 
Ra\rnundi ,  ajfociutù ,  (Se.  Cet  endroit  loin  de 
prouver  que  le  Languedoc  étoit  alors  appelle  la 

fuovince  de  S.  Gilles ,  fait  voir  au  contraire  que 
es  habitant  de  S.  Gilles  croient  compris  fous  le 
nom  general  de  Provençaux  >  parce  qu’en  effet  on 
donnoit  alors  ce  nom  aux  peuples  des  provinces 
méridionales  de  la  France;  c’eft  ce  qu’on  peut  con- 
24.  firmer  par  les  paroles  fui  vantes  du  meme  auteur  h  : 
A onium  vero  RuymunJws  prafatns  cornes  de  terra 
S.iÆ.oidu  <jti£  dicitnr  Provincia>  vires  (S  opem 
conmlcraty  (Se.  En  eftet  Albert  donne  le  nom  de 
Provence  à  tous  les  domaines  de  Raymond  de 
S. Gilles, comme  il  parole  parce  texte  :  Erat  1  (S 
aha  tut  ns  m  jt<a  ayijl.ua  ex  Provint  i  a  décorait  ut  tt 
Raymundi ....  rejifiebant ,  C yc. 

5*.  Cntel  rapporte  les  vers  fui  va  ns  du  roman 
intitule  le  Charroi  de  Nifmes: 


f  M.  Uj 

U  11.  i.  J. 


ltiVie.c.47, 

V.ydle/..9,4, 


Cette  cite  dont  je  vous  chante  As/mes , 

Ejl  en  la  terre  de  ALonfeiancur  S .  Gilles. 

Tout  ce  qu’on  peut  inférer  de  ce  s  paroles ,  c’eft  que 
la  ville  de  Nifmes  étoit  ficuée  dans  le  territoire  de 
S.  Gilles,  &  non  pas  que  le  Languedoc  ait  été 
appelle  la  province  de  S.Gilles  :  d’ailleurs  ce  roman¬ 
cier  paroit  fort  poftcricur  au  XII.  fiéele,  &  il  ctoit 
étranger ,  puifqu’il  a  écrit  en  François. 


6°.  Enfin  Catcl  Ce  fert  du  témoignage  d’Othon  ^OTB 
de  kFrilIingue  ,  qui  donne  le  nom  de  métropole  XL  V. 
à  la  ville  de  S.  Gilles.  Le  P.  le  Coince1  qui  rap- 
porte  le  partage  d’Ochon  prétend  que  cet  hiftorien  i  u  c$mt. 
donne  à  la  ville  de  S.  Gilles  le  nom  de  métropole, 
non  pas  quelle  aie  jamais  été  la  capitale  de  tout  le 
pays, mais  parce  qu’on  donnoit  alors  à  laSeptimanie 
ou  Gothie,  le  nom  de  province  de  S.Gilles  -,  ainfi  ce 
fameux  critique  adopte  le  (entimenc  de  Catel, 
quoiqu’il  convienne  que  Foucher  de  Chartres,  & 

Robert  abbé  du  Mont  S.  Michel  >  ne  difenc  rien 
qui  puirtc  le  fâvorifèr. 

Cet*  auteur  fondé  fur  l’autorité  du  roman  du 
Charroi  de  Nifmes,  qu’on  a  déjà  expliqué ,  dit  que 
le  Languedoc  a  commencé  d  ecce  appellé  la  pro¬ 
vince  de  S.  Gilles ,  lorfque  les  comtes  de  Touloufe 

S  dirent  le  titre  de  comtes  de  S.Gilles  ;  il  ajoute  que 
es hiftoriens  de  la  guerre  feinte  ont  defigné  tous  les 
ctats  de  Raymond  IV.  par  le  nom  de  terre  de  Saint 
Gilles  y  parce  qu’ils  ont  qualifié  ce  prince  comte 
de  S.  Gilles*,  d’où  il  conclut  que  la  terre  de  Saint 
Gilles  eft  la  meme  que  la  Narbonnoife  ou  Sepri* 
manie  :  il  convient  cependant  que  ces  auteurs  ont 
donné  auftï  le  titre  de  comte  Provincial  ou  Provençal 
à  Raymond;  mais  il  prétend  que  par-là  ils  ont 
voulu  lignifier  la  meme  choie  que  s’ils  l’curtent 
appelle  comte  de  S.  Gilles  ou  de  la  Narbonnoife, 
quoique,ajoûtc-t-il,cc  prince  ait  poflede  une  partie 
de  la  Provence  ,  8c  Ce  foit  qualifié  comte  (S  mar¬ 
quis  de  Provence  ;  en  forte  que  fui  vaut  ce  fiftême 
le  titre  de  comte  de  S.  Gilles  aura  été  le  même 
que  celui  de  comte  de  Touloufe  &  de  duc  de  Nar«* 
bonne  :  il  tache  de  s’appuier  fur  quelques  anciens 
dont  il  rapporte  les  partages,  Icfqucls  prouvent  bien 
que  du  teins  de  ces  auteurs  le  territoire  de  S.  Gilles 
ctoit  compris  dans  la  Provence  prifeen  general  \ 
mais  non  pas  qu’en  donnant  à  Raymond  le  titre  de 
comte  Provincial ,  ils  nvent  reftraint  la  lignification 
de  ce  terme  à  la  feule  Narbonnoife  1.  ou  Septi- 
manie,  8c  que  cette  province  air  été  appellée  la 
terre  oh  la  province  de  S.  Gilles.  Il  ne  relie  donc 
d’autre  autorité  au  P.  Ic  Coinrc  que  celle  d’Orhon  * 
de  Friflingue  &  le  nom  de  co?nte  de  S.  Gilles  donné 
i  Raymond  :  mais  i°.  ce  nom  ne  prouve  nulle¬ 
ment  que  la  Scptimanie  fut  comprife  fous  cette 
dénomination ,  5c  c’eft  une  pure  (uppofition.  2  Le 
témoignage  d’Othon  de  Friflingue  8c  celui  d’Anfci- 
mede  Gcmb!ours,ou  de  tout  aune  continuateur  de 
la  chronique  de  Sigebert,  ne  fonrd’auciin  poids; 

8c  ces  deux  auteurs  étrangers  doivent  ccdcr  fans 
doute  à  tous  les  monumens  du  pays,  dans  lefqucls 
on  ne  trouve  rien  qui  ptiirte  fàvorifcr  l’opinion  de 
Catel,  8c  à  tous  les  hiftoriens  contemporains  de 
Raymond  de  S.  Gilles,  entr’autres  à  fon  propre  m  “  ft7?*  f* 
chapelain,  qui  comprennent  la  Gothie  ou  Scptima-  njbl.f.  i44« 
nie  dans  la  Provence  prifê  en  general. 

Au  refte  nous  convenons  que  ceft  le  même 
Raymond,  qui  le  premier  aura  donné  occafïon  de 
croire  que  la  ville  de  S.  Gilles  étoit  la  capitale  de 
Ces  ctats,  8c  quelle  donnoit  fon  nom  à  toute  la 
province.  Il  cft  certain  en  effet  que  ce  prince,  qui 
n’eut n  d’abord  pour  fon  partage  de  l’hercdité  pa-  °r- n^tvri 
ternelle  que  le  domaine  ou  comté  de  S.  Gilles,  *’  4*’ &l' 
qu’il  pofleda  •  conjointement  avec  Almodis  de  la  •  *r-r  sP 
Marche  Ci  mere,  ne  prit  très-fôuventP,  lorfqu’il  &?y^, 
eut  hérité  dans  la  fuite  du  marquifat  de  Provence,  &*• 
de  celui  de  Gothie  ou  duché  de  Narbonne ,  & 
du  comté  de  Touloufe  ,  que  le  fîmple  titre  de 
Raymond  de  S.  Gilles  ou  de  comte  de  S.  Gilles  ;  ce 
qu’il  fit  foit  par  dévotion  envers  ce  fâint,  foit  par 


630 


NOTES  SUR  L’HISTOIRE 


NOTE 

x  lui. 


NOTE  mond  qu’après  qu’il  eut  prisTortofe  en  1 101.  fe  faitement  à  l’an  1 105.  fuivant  notre  manière  de 
X  L I  II.  trompe  donc  \  &  il  n’y  a  aucun  fonds  à  faire  fur  Al-  compter. 

a  sA  o.  Ag.  1.  bert  d’Aix-la-Chapelle *  quand  il  dit  que  Raymond  XII.  Enfin  Mariana  r  prétend  que  Raymond  fut  f  i 

v.  c.  34.  mourut  deux  ans  après  avoir  fondé  ce  château ,  tué  d’un  coup  de  Héche  au  fiege  de  Tripoli:  mais  io.ï.  u.  * 
puifqu’crant  décédé  le  dernier  Février  de  l’an  1105.  on  ne  peut  ajouter  foi  à  cette  circonftance ,  non 
il  nauroit  commencé  â  le  bâtir  qu’en  1103.  à  moins  plus  qu’à  plulieurs  autres  faits  fabuleux  avancez  >  • 
que  cela  ne  s’entende  qu’il  l’acheva  entièrement  tant  par  cet  hiftorien  que  par  quelques  autres  au- 
cette  derniere  année.  teurs  Efpagnols f,  qui  font  venir  le  comte  Bertrand  * 

rien^hifi.  X.  Ordcric  Vital ,  fuivi  par  M.  l’abbé  Fleuri b ,  en  Aragon  l’an  1 1 1 6 .  quatre  ans  après  fa  mort , 

*di.  .6S,  «.  pr(jten(j  c  qllc  Raymond  de  S.  Gilles  étoit  à  Con-  fe  liguer  avec  le  roi  Alfonfe ,  &  lui  faire  hommage 


An#  h  fi  itê. 

5io. 

Mék, 


Ordtr  vitd.  {lantinoplc  lorfquc  Guillaume  duc  d’Aquitaine  &  du  comté  de  Touloufe  &  de  fes  autres  domaines. 

î.790? &jVq.  k  comte  de  Ncvers  y  arrivèrent  en  t 1  o  1 .  &  que  ___ _ _ 

ceux-ci  (è  mirent  avec  leurs  troupes  fous  la  con- 

d  ^4ib.  ^  duite  de  ce  prince  .Albert  d’Aix-la-Chaptlled,au-  NOTE  X  L  I  V. 

34.^  tcur  pins  ancien  &  beaucoup  plus  croyable  ,  rap-  _  .  ..  >/r  . 

**  porte  le  contraire-,  &  il  eft  certain  que  Raymond  Sur  ?  'tf*  &  U  lieu  de  lf  de 

étoit  alors  déjà  parti  à  la  tête  des  Lombards  &dcs  Guillaume  JC •  comte  de  Poitiers 

Allcmans;  ce  qui  fait  voir  que  ce  prince  n’eut  au-  &  duc  d*  Aquitaine. 

cune  part  à  la  défaite  du  duc  d’Aquitaine ,  comme 

c  Fleury  nid,  le  même  Ordcric  l’en  accufe.  M.  l’abbé  Fleuri c  rap-  T)  EflyS  fuivi  par  leP.Labbe  &  par  le  P.  An^e  , 
porte  d’un  autre  côté  à  l’an  1 101.  la  défaite  des  LJ  met  l’époque  de  la  naiflànce  de  ce  duc  à  l'an 
Lombards ,  &  la  mort  d’Hugues  le  Grand  j  mais  il  105)9.  tes  auteurs  fe  fondent  fans  doute  (ur  Tau-  4U- 
eft  certain  que  cet  événement  arriva  en  1  lot.Guil-  tcur  de  la  chronique  de  Maillcfais u  qui  rapporte  / 
laume  duc  d’Aquitaine  fut  défait  ^  au  plûtard  au  fous  cette  année  la  naillàncede  Guillaume  X.  en 
mois  d’Aout  de  l’an  1  toi.  ainfi  Guillaume  de  ces  termes:  Eo  anno  (  1099.)  . . . Willdmo  comtu  J 
%Gu,u.\ia*  Malmcfbury  s  fe  trompe,  en  ne  faifant  partir  de  natw ejl filins  aquivocc GuilLrmns  vocatw,cx [upra- 
mnb.i.  prancej  ce  prince  qu’au  mois  de  Septembredela  dtcla  conjuye.Habuit  qu  que  qui  ;que  fihas  ,quarum 
hordcrvitéi  même  année.  Enfin  fuivant  Ordcric*1,  Alfonfe  fils  unam  dejponfavit  vteecomin  Toarcenfi.  Novijfimè 
*d*nn.  10)9.  de  Raymond  de  S.  Gilles ,  naquit  à  Conftancinople  gémit  apud  Tolofam  utennum  videlicet  Raymun- 
?  9  durant  le  léjour  qu’y  fit  ce  prince  depuis  l’an  1 1 00.  dnm>  qui  pojiea  regnavtt  in  dntiochia. 

«  GmiU.  Tjr.  ju  (qu’en  1  toi.  mais  Guillaume  de  Tyr  *  allure  Il  s’enfuit  de  là,  i°.  que  Raymond  prince  d’An- 
U,/  pofitivemenr qu’Elvire ,  femme  de  Raymond,  de-  tioche  étant  né  certainement  à  Touloufe, durant 
meura  dans  la  Syrie  pendant  fon  abfence ,  &  qu’elle  le  féjour  que  Guillaume  IX.  fon  pere  &  Philippe  fa 
accoucha  d’Alfonfe  en  1 103.  au  château  du  Mont-  mere  firent  dans  cette  ville,  qu’ils avoient  envahie 
pclerin  piès  de  Tripoli  :  il  eft  vrai  que  Guillaume  lur  Raymond  de  S.  Gilles  &le  comte  Bertrand  fon 
de  Tyr  eft  moins  ancien  qu’Orderic  Vital-,  mais  fils,  fa  naiflànce  doit  être  placée  au  plûtard  avant 
fon  témoignage  doit  l’emporter  pour  deux  raifons:  le  mois  d’Oélohre  de  l’an  1 100.  puifque  Guillau- 
k  Tuic c*rn%  la  première ,  parce  que  Fouchcr  k  de  Chartres,  té-  me  IX.  qui  aflifta  alors  x  au  concile  de  Poitiers, 
i.vs.  40.  moin  oculaire,afliirc  qucRaymond  en  allant  àCon-  &  qui  fc  croifa  y  la  même  année  à  Limoges ,  avoit 9 /<>. 
(lantinoplc  laillàfà  femme  à  Laodicccoù il larejoi-  abandonné  Touloufe,  où  il  avoit  (éjourné  fans 
gnit  :  la  féconde  eft  tirée  du  furnom  de  Jourdain  interruption  au  moins  depuis  le  mois  de  Juillet  de 
n&l.T&l.  donné 1  à  Alfonfe  pour  avoir  été  baptife  dans  ce  *  l’an  1098.  i°.  Que  Guillaume  X.  fils  aîné  de  ce 
fleuve  -,  or  s’il  fût  né  à  Conftantinople ,  il  auroit  duc  naquit  par  conlèquenc  dans  cette  ville.  3  •.  En- 
été  fans  doute  baptife  dans  cette  ville:  d’ailleurs  fin  que  li  Raymond  prince  d’Antioche  fon  frere 
amU.HéU  Guillaume  m  deMalmclbury  allure  qu’il  naquit  un  naquit  aulli  en  1 099.  comme  l’auteur  de  la  chro- 
*zv  g|s  ^  Raymond  de  S.  Gilles  pendant  qu’il  faifoit  nique  de  Maillcfais  femble  le  faire  entendre,  on 
le  fiege  de  Tripoli.  Cet  auteur  fe  trompe  ccpcn-  doit  placer  fi  naillince  à  la  fin  de  la  même  année, 
dant  en  donnant  le  nom  de  Guillaume  à  ce  fils 
de  Raymond  -,  car  il  eft  certain  que  c’cft  d’Alfonfe 
Jourdain  dont  il  a  voulu  parler. 

X I.  Raymond  de  S.  Gilles  mourut  le  dernier  de 
*  TmU.  Cém .  Février  de  l’an  1 1  o  5 .  fui  vant  le  témoignage  n  de 
LlGmU.9Tjr .  Foucher  de  Chartres  &  de  Guillaume  de  Tyr ,  & 

/.  ».  c.  1.  non  pas  du  mois  de  Janvier ,  comme  l’a  avancé  un 
o  lAngehifl.  moderne  0  :  s’il  falloir  cependant  s’en  tenir  au  cal- 
**  p'  cul  d’Albert-d’Aix-la  Chapelle  P  >  Raymond  ne  fe- 
p  rojt  mort  qu’en  1106.  car  il  marque  l’époque  de 

•  p.<.  34.  ^  décès  deux  ans  après  la  prijè  de  Ptolemdide 


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&  celle  de  Guillaume  X.  fon  aîné  au  commence¬ 
ment. 

NOTE  X  L  V. 

Si  le  Languedoc  a  jamais  été  appelle 

la  Province  de  S.  Gilles. 


CAtcl  «  prétend  qu’au  XII.  fiécle  le  Langue- 
doc  étoit  appellé  la  province  de  S .  Gilles  : 
par  Baudouin  /.  rot  de  jeruf.dem ,  (S  depuis  que  Ray-  il  cite  en  preuve  la  chronique  dcSigebcrt,  Godcfroi 
tnond  eut  conjiruit  le  château  du  Mout-peUr in  .-or  de  Vitcrbe,  Foucher  de  Chartres ,  Albert-d'Aix-la- 
la  prife  de  Ptolcmaïde  tombe  au  mois  de  Mai  de  Chapelle  ,  &  le  roman  du  Charroi  de  Nifmes  ;  ce 
Lan  1104.  &  on  a  déjà  vu  que  la  forterelle  du  qui  ferait  remonter  cette  dénomination  jufqucs 
Mont-pelerin  étoit  conftruitc  dès  l’an  1103.  Cet  dans  le  XI.  Examinons  en  particulier  le  temoi- 
auteur  s’eft  donc  trompé  >  nous  n’avons  en  effet  gnage  de  chacun  de  ces  auteurs, 
aucun  monument  qui  prouve  que  Raymond  de  i°.  La  chronique  dcSigebert  ne  dit  rien  de  ce 
S.  Gilles  ait  vécu  après  le  mois  de  Février  de  l’an  que  Catcl  lui  fait  dire  :  un  des  continuateurs  de  ce 
1 1 05.  &  on  ne  lçauroit  adapter  à  l’année  1 106.  chronographe  rapporte  feulement  les  paroles  fui- 
SPr.p.  en  \a  commençant  à  Pâques  ,  le  teftament  *  de  vantes  fous  l’an  1 1 18.  Ge/afius  papa  per  Gallioi 
ce  prince,  daté  du  mardi  dernier  de  Janvier  de  T  an  vemt ,  per  Burgundsam  ( Jothiam ,  que  provin - 

tiof.  indiiïionxm.  notes  qui  conviennent  par-  çiaS.zÆgidii  diasur ,  agit  fj nodules  caufas.  Cet 


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endroit  cft  attribué  par  M.  de  Valois a  à  Anfelme 
abbé  de  Gemblours  au  diocéfedeNamur,  qui  a 
continué  la  chronique  de  Sigebert  jufqu’d  l’an 


6°.  Enfin  Catel  Ce  fert  du  témoignage  d’Othon  n  O  T  B 
de  kFriflinguc  ,  qui  donne  le  nom  de  métropole  XL  V. 
à  la  ville  de  S.  Gilles.  Le  P.  le  Coince*  qui  rap-  koiM.^Fnf. 
x  i  j  5 .  Quelques-uns  paroiflènt  l'attribuer  à  Robert  porte  le  partage  d’Othon  prétend  que  cet  hiftorien  i  £  o„, r.  U 
abbé  du  Mont  S.  Michel,  autre  continuateur  de  donne  à  la  ville  de  S.  Gilles  le  nom  de  métropole, 
cette  chronique  :  mais  on  ne  le  trouve  pas  dans  non  pas  quelle  ait  jamais  été  la  capitale  de  tout  le 
l’édition  b  que  le  P.  Dachcri  a  donnée  des  ouvrages  pays, mais  parce  qu’on  donnoiralorsà  laSeptimanie 
de  cer  abbé.  Quoi  qu'il  en  (oit ,  il  paroît  du  moins  ou  Gothic,  le  nom  de  province  de  S.Gi lies  i  ainfi  ce 
par-là  que  ce  témoignage  cft  poftericur  à  Sigebert  fameux  critique  adopte  le  fentiment  de  Catel , 
décédé  en  1 1  H.  éc  bien  loin  que  ce  dernier  ait  quoiqu’il  convienne  que  Fouchcrdc  Chartrcs,& 
donné  à  la  Gothic  le  nom  de  province  de  Saint  Robert  abbé  du  Mont  S.  Michel ,  ne  difent  rien 
Gilles ,  M.  «le  Valois  c  en  rapporte  un  endroit  qui  qui  puillè  le  favori  1er. 

fait  voir  qu’il  comprend  le  territoire  de  S.  Gilles  Cet*  auteur  fondé  fur  l’autorité  du  roman  du 
dans  la  Provence  prit*  en  general.  Charroi  de  Nilmes,  qu’on  a  déjà  expliqué,  dit  que 

i °.  On  ne  Içauroir  faire  aucun  ufege  de  l’auto-  le  Languedoc  a  commencé  dette  appellé  ta  pro - 
rite  de  Godefroi  de  Vircrbe  ,  pour  prouver  que  de  vittee  de  S.  Gilles ,  lorfque  les  comtes  de  Touloufe 
fon  tems  le  Languedoc  croit  appelle  la  province  de  prirent  le  titre  de  comtes  de  S.  Gilles  ;  il  ajoute  que 
S.Gi/lcf.  Cet  hiftorien  qui  vivoit  à  la  fin  du  XII.  leshiftoriens  de  la  guerre  feinte  ont  dcrtgné  tous  les 
fiécle ,  fut  entendre  au  contraire  dans  l’endroit  ciré  ctars  de  Raymond  IV.  par  le  nom  de  terre  de  Saisit 
iCàitlnmt.  par  Catel d  que  la  ville  de  S.  Gilles  étoi t  dans  la  Gilles y  parce  qu'ils  ont  qualifié  ce  prince  comte 
M  Marlonnotfe.  c  - 1 .  J 


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U .  Ci»»** 


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de  S.  Gilles;  d’oii  il  conclut  que  la  terre  de  Saint 
Gilles  cft  la  meme  que  la  Nnrbonnoifè  ou  Scpri- 
nianic  :  il  convient  cependant  que  ces  auteurs  ont 
donné  auffi  le  titre  de  comte  Provincial  oh  Provençal 
à  Raymond  ;  mais  il  prétend  que  par-là  ils  ont 


r  w m. 

L  ii.  c.  j. 


$v.  On  lit  à  la  vérité  ces  mots  dans  Fhiftoirede 
t  (’fjf-  Dei  Jerufelem  de  Foucher  de  Chartres,  de  l'édition  c 

rf  *  Je  Bongars  :  anno  trop . vend  Ber  transmis 

Raymandi  connus  filins  ,  de  provincia  dic/titr 

S.tÆ&tdih  adhtbttts fi:n  fanuenfibus>&c.  n\a\s  i\  va  voulu  lignifier  la  meme  choie  que  s’ils  l’curtenÉ 
tout  autrement  dans  l’édition  plus  corrcélc  que  Du  appelle  comte  de  S.  Gilles  ou  de  la  Narbonnoife , 
Chefhe  a  donnée  de  cet  hiftorien.  Anno  M  C/X.  quoique, ajoûtc-t-il, ce  prince  ait  portède  une  partie 
eft-il  dit  dans  cette  édition,  Bertrammts  Rajmumü  de  la  Provence  ,  8c  Ce  foit  qualifié  comte  (S  mar~ 
tomitis  fi' uu  vemt  Tnpohm  adbtbuis  Januenfibas ,  ejuis  de  Provence  ;  en  forte  que  ftlivant  ce  fiftême 
($c.  8c  il  n’y  cft  point  parlé  de  la  province  de  le  titre  de  comte  de  S.  Gilles  aura  etc  le  meme 
S.  Gilles.  que  celui  de  comte  de  Touloufe  8c  de  duc  de  Nar* 

4°.  Catel  fait  dire  à  Albert  d’Aix-la-Chapelle  ,  bonne:  il  tache  des’appuier  fur  quelques  anciens 
dont  il  ne  cite  pas  l’endroit ,  que  Bertrand  comte  dont  il  rapporte  les  partages,  lcfquels  prouvent  bien 
de  Touloufe ,  droit  parti  de  la  province  de  S.  Gilles  que  du  tems  de  ces  auteurs  le  territoire  de  S.  Gilles 
jour  aller  à  la  Tcrrc-laintc.  On  ne  lit  rien  de  fem-  ctoit  compris  dans  la  Provence  prife  en  general  ; 
)lublc  dans  cet  ancien  hiftorien  :  il  marque  *  (eu-  mais  non  pas  qu’en  donnant  à  Raymond  le  titre  de 
ement  que  Bertrand  ayant  rartcmblé  un  grand  comte  Provincial,  ils  nyene  rcftrainr  la  lignification 
corps  de  troupes ,  s’embarqua  dans  le  lieu  ou  ville  de  ce  terme  à  la  feule  Narbonnoilê  I.  ou  Septi- 
de  S.  Gilles:  Aavtoio  à  loco (S nrbe  S.tÆnetiic*rtfi  manie,  &  que  cette  province  ait  été  appellce  U 
f/LU*.;;.  J}is  y  Cet  auteur  parlant  dans  un  autre  g  endroit  terre  oh  la  province  de  S.  Gilles.  II  ne  relie  donc 
d’une  fore  de  Mamans  &  de  Frifons  qui  abordé-  d’autre  autorité  au  P.  le  Cointc  que  celle  d’Othon 
renr  à  S.  Gilles ,  s’exprime  en  ces  termes  :  Provin -  de  Frillingue  8c  le  nom  de  co?nte  de  S.  Gilles  donné 
ci  air-vu ,  tn  terra  S.  tÆfidii  de  poteflute  connus  à  Raymond  :  mais  i  °.  ce  nom  ne  prouve  nulle- 
Ravmundi ,  affoctans ,  (Sc.  Cet  endroit  loin  de  ment  que  la  Scptimanie  fut  comprife  fous  cette 
prouver  que  le  Languedoc  étoit  alors  appelle  la  dénomination,  8c  c’cft  une  pure  fuppofition.  i°.  Le 

frovince  de  S.  Gilles,  fait  voir  ail  contraire  que  témoignage d’Ochon de Friflinguc 8c celui d’Anfel- 
•s  habitant  de  S.  Gilles  croient  compris  bus  le  me  de  Gemblours, ou  de  tout  autre  continuateur  de 
nom  general  de  Provençaux,  parce  quen  effet  on  la  chronique  de  Sigebert,  ne  font  d’aucun  poids; 
donnoic  alors  ce  nom  aux  peuples  des  provinces  8c  ces  deux  auteurs  etrangers  doivent  ceder  fans 
méridionales  de  la  France;  c’cft  ce  qu’on  peut  con-  doute  à  tous  les  monumens  du  pays,  dans  lefquels 
Wu.».r. 24.  firmer  par  les  paroles  luivances  du  même  auteur  h  :  on  ne  trouve  rien  qui  ptii/Tc  favorifer  l’opinion  de 
Non  dam  vers  Raymundas  préfat  us  cornes  de  terra 
S.  tÆvidu  cjtié  dic/tur  Provincia ,  vires  8$  opem 
contnlcrat ,  i$c.  En  effet  Albert  donne  le  nom  de 
Provence  à  tous  les  domaines  de  Raymond  de 
S.  Gilles , comme  il  paroît  parce  texte  :  Erat  1  (3 
alia  t ut  rts  tn  fiia  a  v fi.- ta  ex  Provincia  de  coraïtatn 
Rajmundi ....  refi/lebant ,  &c. 

5*.  Catel  rapporte  les  vers  fuivans  du  roman 
intitulé  le  Charroi  de  Nilmes: 


îo.r.47. 


Cette  cite  dont  je  vous  chante  Ai/mes , 
F  fi  en  la  terre  de  Monfeigncur  S.  Gilles . 


S.  Gilles,  8c  non  pas  que  le  Languedoc  ait  été 
appelle  la  province  de  S.GtHes  :  d’ailleurs  ce  roman¬ 
cier  parole  fort  poftericur  au  XII.  fieele,  &  il  étoit 
étranger ,  puilqu’il  a  écrit  en  François. 


Catel ,  8c  à  tous  les  hiltoricns  contemporains  de 
Raymond  de  S.  Gilles,  entr’autres  à  Con  propre  m  "*  V'”-  fé 
chapelain,  qui  comprennent  la  Gorhie  ou  beptima-  rojn.f .  144. 
nie  dans  la  Provence  prife  en  general. 

A11  relie  nous  convenons  que  c’cft  le  meme 
Raymond,  qui  le  premier  aura  donné  occafion  de 
croire  que  la  ville  de  S.  Gillesétoit  la  capitale  de 
fes  états,  8c  quelle  donnoic  fon  nom  à  toute  la 
province.  Il  cil  certain  en  effet  que  ce  piince,  qui 
n’eut n  d’abord  pour  fon  partage  de  l’heredicé  pa- 
eile  que  le  domaine  ou  comté  de  S. Gilles, 


o  r.  liv.xiri 

terneife  que  le  domaine  ou  comté  de  b. Gilles,  ”*  A*‘&(' 
qu’il  poffeda  #  conjointement  avec  Almodis  de  la  »  ^  si* 
Tout  ce  qu’on  peut  inférer  de  ccs  paroles,  c’cft  que  Marche  là  merc  ,  ne  prit  très-fou  vent  F ,  lorlqu’il  &Yv%.  i<o^ 
la  vilf  de  Nilmes  ctoit  lituce  dans  le  territoire  de  eut  hérité  dans  la  fuite  du  marquilac  de  Provence,  3*j.  &<■ 

de  celui  de  Gothic  ou  duché  de  Narbonne ,  & 
du  comté  de  Touloufe  ,  que  le  fimplc  titre  de 
Raymond  de  S.  Gilles  ou  de  comte  de  S.  Gilles  ;  ce 
qu’il  fit  foit  par  dévotion  envers  ce  feint,  foit  par 


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NOTE 
XL  V. 


NOTE 

XLVI. 

.  "U. 
*i  Ival.lx 
»■ 


«3»  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 

affection  pour  (on  premier  patrimoine.  On  doit  Diagoc&  Ferreras  b  rapportent  à  l’an  1097.  parce 
ajouter  que  la  plupart  des  anciens  hiftoriens  de  la  que  cette  année  Raymond*  Berenger  atteignit  l’âge  A 
première  croilade  *  dans  laquelle  il  acquit  une  fi  de  majorité.  Mariana  a  diffère  cette  prife  jufou’à 
'grande  réputation,  ne  l’ont  défigné  que  fous  ce  l’an  1101.  &  il  cft  certain  qu’on  doit  la  différer  itDt^u 
titre ,  &  que  les  comtes  de  Touloufc  fes  fucccflcurs  encore  de  pluficurs  années  -,  en  voici  les  taifons.  «. 
fe  font  contentez  quelquefois  â  fon  exemple ,  de  fe  i°.  Il  n’eft  point  marqué  dans  l’enquête,  que 
qualifier  comtes  de  S.  Quelques  auteurs  porté-  Raymond- Berenger  III.  ait  pris  Carcaflbnne^-  4 
rieurs  &  étrangers  auront  crû  lur  ce  fondement ,  fit  apres  qu’il  eut  reçu  l’ordre  de  chevalerie,  ou  I0,‘‘7* 
par  une  erreur  qui  leur  ert  nardonablc,  que  la  ville  qu’il  fut  majeur  :  rien  ne  nous  oblige  donc  a  rap- 
ac  S.  Gilles  étoit  la  capitale  de  tous  les  domaines  porter  cet  événement  à  l’an  1097. 
de  ces  comtes,  ôc  qu’on  donnoit  a  ces  domaines  Il  n’eft  nullement  vraifemblable  que  Ray- 

lc  titre  de  Province  de  S.  Gilles .  mond-Bcrcnger  III.  fe  foie  mis  à  l’âge  de  quatorze 

Quant  au  titre  de  comte  £  Arles*  on  n’a  aucune  à  quinze  ans  à  la  tète  d’une  armée  ,  &  fc  foit 
preuve  que  Raymond  de  S.  Gilles  l’ait  jamais  pris ,  expofé  aux  fatigues  d’un  fiege.  La  prife  de  Car- 
quoique  le  P.  le  Coince  ait  avancé  le  contraire ,  mais  cartonne  par  ce  prince  ert  donc  polterieurc  à  l’an 
feulement  celui  de  comte ,  ou  de  marquis  de  Pro-  1097. 

vencc,  pays  qui  lui  appartenoit  par  droit  heredi-  }°.  Cet  événement  doit  être  anterieur  à  l’an  * 
taire ,  ôc  non  en  partie  par  ufurpation,  comme  le  1 108.  puifqu  il  ert  marqué  que  la  guerre  sjue  le 
meme  auteur  le  (uppofc.  Lors  donc  que  les  hifto-  comte  de  Barcelone  eut  à [oûtemr  contre  les  Sar«Jins 
riens  de  la  guerre  laintc  ont  qualifié  Raymond ,  l’empêcha  de  reprendre  Carcaflbnne  :  or  cette 
comte  de  Provence  ,  ou  comte  Provençal ,  ils  ont  guerre  n’eft  pas  differente  de  l’irruption  que  firent 
voulu  parler  de  la  Provence  propre  dont  il  étoit  ces  infidellcs  en  Efpagne  &  en  Catalogne  en  1 1 07. 
le  maître  ,  &  non  pas  de  la  Septimanic ,  qui  cepcn-  ôc  1108.  dont  il  eft  parlé  dans  les  auteurs c  du 
dant  fut  comprit  en  ce  liécle  fous  le  nom  de  Pro-  tems ,  &  qui  engagea  le  comte  de  Barcelone  à  de-  27. 
vence  prife  en  general ,  ôc  fes  peuples  fous  celui  mander  du  fccours  au  rôi  Louis  le  Gros  pour  fc  ^1- 
de  Provençaux,  ainrt  qu’on  l’a  montré  ailleurs. 


NOTE  XLVI. 


foûtenir.  Nous  concluons  de  tout  ce  que  nous  vc-  f.  477 
nons  de  dire  que  Raymond-Berenget  III.  prit  Car-  'W'tfy 
cartonne  fur  Bernard- Aton  vers  l’an  1107.  que  ce  u/iTi? 
vicomte  la  reprit  la  même  année,  on  du  moins  la 
fuivante ,  avec  le  fccours  de  Bertrand  comte  de 


r»*.  1  j  a  .  r  f  f*  /r*  iutvauic,  avec  ic  ici  oui*  uc  du  crâna  comte  ac 

Epoque  de  U  prife  de  Carcajfonne  par  Touloufc,  qui  partit  en  1  io9.pourlaTerre-fiintej 
Raymond  B erenqer  III.  comte  de  Bar-  -  *  *  -  •  *  - 

celone ,  fur  le  vicomte  Bernard- A  ton  ; 
de  la 


& 

dernier. 


reprife  de  cette  ville  par  le 


1 


&  qu’enfin  le  comte  de  Barcelone  ne  fc  mit  en 
état  de  foûmettrc  de  nouveau  cette  ville  qu’en 
1 1 1  x.  &  qu’il  s’accorda  alors  fur  ce  fùjet  avec 
le  vicomte  Bernard- Aron.  Mariana  f  Ôc  quelques 
autres  auteurs  Efpagnols  qui  ignoroient  la  date  de 

ALfonfc  roi  d’Aragon  Ôc  comte  de  Barcelone,  ect  accord ,  fe  font  donc  trompez  en  avançant  que  14. 
fit  faire  une  enquête  en  Catalogne  vers  l'an  le  vicomte  Bcrnard-Aton  s’adreflà  en  1115.  au 
t  170.  touchant  les  droits  qu’il  avoir  au  comté  de  comte  de  Touloufc  pour  l’aider  a  reprendre  Car- 
Pr.f.iu  Carcaflbnne.il  eft  marqué  dans  cet  aélca«  que  Ray-  cartonne  furie  comte  de  Barcelone. 


I. 


*  mond-Bcrenger  III.  comte  de  Barcelone  fon  aycul 

*  ayant  été  promu  a  la  chevalerie ,  demanda  ail  vi- 
»  comte  Bernard- Aton  la  reftitution  de  Carcaflon- 

ne, dont  ce  vicomte  s’etoit  emparé  fur  lui  pendant 


NOTE  XLVII. 


Aton ,  cft-il  dit  dans  ce  monument,  eut  alors  re- 
•*  cours  au  comte  de  Touloufc*,  &  lui  ayant  fait 
“  hommage  de  la  villc&  du  comté  de  Carcaflbnne, 
»  il  obtint  fon  fccours  avec  lequel  il  reprit  cette 
â  ville  *  ce  que  le  comte  de  Barcelone ,  occupe'  à  la 


I. 


y**. 


V»  .  •VN/XIWV  J  Vllil/ail.  IUI  WVIIUUIK  p  J  J  r  .  f  a 

"  là  minorité;  &  que  (ur  fon  refus  il  alla  alfieger  P0(fue  de  départ  de  Bertrand  comte  de 

■  cette  ville  qui  fe  fournit  volontaitement.  Bernard  1"  ouloufe  pour  la  T  erre  jainte  ,  de  la 

prife  de  Tripoli ,  &  de  Jes  autre s  expé¬ 
ditions  jufqu'a  fa  mort. 

IL  cft  certain  qu’on  doit  rapporter  i  la  même 
année  le  départ  de  Bertrand  pour  la  Tcrre- 
-  guerre  contre  les  Sarajins,  ne  put  empêcher.  Ber-  faintc,  la  mort  de  Guillaume- Jourdain  comte  de 
-  nard-Aton  fit  ferment  aux  habitans  de  ne  leur  Cerdagne ,  8c  la  prife  de  Tripoli  en  Syrie  par  les 
-  faire  aucun  mal  :  mais  Roger  fon  fils  aîné  fans  Chrétiens  :  ainfi  dès  que  l’on  aura  l’époque  de  l’un 
-  aucun  égard  pour  cette  promefle  folemnelle ,  en  de  ces  évenemens ,  on  aura  celle  des  autres  ;  car 
-  fit  mutiler  un  grand  nombre  qu’il  chafTa  de  Car-  c’eft  fans  aucun  fondement  qu’un  génealogifte  I  t-*P  V' 
-  caffonne  ;  ce  qui  irrita  tellement  le  comte  de  moderne  les  met  fous  differentes  années,  &  qu’il  tîu'l'h 
-Barcclonne,  que  ce  prince  ayant  rafTemblé  tou-  place  le  départ  de  Bertrand  au  mois  de  Mars  de 
-  tes  fes  forces  ,  déclara-  la  guerre  au  vicomte ,  l'an  1 1 08.  &  la  prife  de  Tripoli  au  mois  de  Juin 
-  avec  lequel  cependant  il  pafla  un  accord  par  l’en-  de  l’année  fuivante. 

-  Vemifc  de  leurs  amis  communs ,  &c.  Du  Cange  *»  affore  que  Guillaume- Jourdain 

11.  Tel  cft  le  récit  de  cesdivcrs  évenemens  dont  comte  de  Cerdagne  mourut  en  no8.  il  cite  le 
on  ne  marque  pas  l’époque  :  nous  apprenons  d’ail-  témoignage  d’Albert  d’Aix-la-Chapelle  ,  de  Fou- 
17*.  &  leurs  celle  de  l’accord  b,  qui  eft  daté  du  mois  de  cher  de  Chartres ,  de  l’hiftoire  de  Jerufalem,  &  de 
Juin  de  l’an  un.  ainfi  la  guerre  que  le  comte  Guillaume  de  Tyr.  Bertrand  comte  de  Touloufe, 
de  Barcelone  déclara  au  vicomte  Aton  &  qui  pré-  fera  parti  par  conféquent  la  même  année  pour  la 
céda  immédiatement,  doit  appartenir  à  la  même  Terre-fainte  :  mais  il  s’en  faut  bien  que  ces  auteurs 
année.  Quant  a  l’époque  de  la  prife  de  Carcaflbnne  conviennent  de  cette  époque. 

par  le  même  comte  .  après  qu’il  eut  reçu  l’ordre  r  •.  Albert  d’Aix- la-Chapelle  «  ne  marque  pas  .  ,(t  . 
de  chevalerie  ou  qu  ü  fut  parvenu  a  la  majorité,  l’année  de  la  mort  de  Guillaume-Jourdain  :  il  dit  ».  u  ,.  !.. 

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XLVII. 

a  Ibid.  c.  i . 

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DE  LANGUEDOC.  533 

feulement  qu’elle  arriva  peu  de  jours  après  la  prife  Chartres  (uivi  par  l'anonyme  8  quia  écrit  l’hifloirc  N  0  T  g 
de  Tripoli:  il  dit  ailleurs  •  que  Bertrand  corare  de  de  Jerufalem ,  allure  que  la  ville  de  Berythe  fut  ar-  XL  VII. 
Touloulè ,  croit  parti  de  France  au  commencement  raquée  au  mois  de  Février  de  l’an  1 1 1  o.  &  qu  clic  n  °f';  Dti 
de  Mars ,  pendant  le  carême.  fc  rendit  le  17.de  Mai  fuivant,  après  75.  jours  de  éo Il  "* 

x9.  Foucher  bde  Chartres,  auteur  con  tempo-  fiege.  L’autorité  de  Toucher  nous  paroi  t  mériter  la 
rain ,  marque  expreffement  (bus  l'an  1 1 09.  le  dé-  prefcrence  >  tant  a  caufe  qu’il  croit  contemporain 
part  de  Bertrand  pour  la  Tcrrc-(âintc,  la  mort  de  &  fur  les  lieux  ,  que  parce  que  fon  époque  con- 
Guillaume-Jourdain  &  la  prife  de  Tripoli:  mais  vient  beaucoup  mieux  avec  lu  fuite  des  expéditions 
ce  qui  ne  faille  aucun  doute  touchant  l’époque  de  de  Bertrand  dans  fa  Terre-fâinte. 
ccs  trois  évenemens,  c’dl  qu’il  monte  qu’ils  arri-  IV.  L  époque  précité  de  la  mort  de  ce  comte  eft 

clairement  marquée  dans  la  fuite  du  di/cours  de 
l’hiftoire  0  d’Anne  Comnene,  &  il  eft  certain 
qu'elle  arriva  vers  la  fête  de  Pâques  de  l’an  1 1 1 1. 

Or  comme  Tancrcdc  mourut  durant  lavent  P 


verent  Af  onzjcmc  annet  depuis  la  pri  e  de  féru] a! cm. 

Un  ancien  hiftorien  «  les  rappoirc  à  la 
vériré  (bus  I  an  1108.  mais  il  eft  vifible  que  c’eft 
une  faute  de  copiftc ,  &  qu’il  Fuit  lire  m.  c.  v  i  i  i  i. 


au  lieu  de  m.  c.  v  i  ii.  En  effet  l’auteur  parle  fous  de  la  même  année  ,  c’eft  une  preuve  que  ce  prince 
l’année  precedente  de  la  mort  de  Philippe  1.  roi  dcceda  environ  huit  mois  après  Bcrtiand,  ce  qui 


O  sJlexiadx 
/.  14.  p.  4IU 

&  ittj. 

f>  ^4lb.  .dq. 
&  (jMiil.  Tjr, 


a  Gh>U.  Tyr. 
Lu.  1. 10. 


C  Pa*i  Md 
Man,  1 1 

IJ. 


de  France  arrivée  au  mois  de  Juillet  de  l’an  1 1 08. 
&  il  fait  mention  de  divers  évenemens  arrivez  en 
1 1 10.  immédiatement  apres  la  prife  deTripoli. 

4°.  Enfin  Guillaume  de  Tyrd  affùre  pofitive- 
ment  que  Tripoli  fut  pris  le  /  0 .  de  "juin  de  Van 
i/oç.  8c  il  rapporte  (ous  la  même  année  le  dé¬ 
part  de  Bertrand  &  la  mort  de  Guillaume  Jour¬ 
dain.  Il  n’y  a  donc  pas  lieu  de  douter  fur  le  témoi¬ 
gnage  de  ce  ccltbrc  hiftorien ,  8c  (iir  celui  de  Fou- 
chcr  de  Chartres  que  ccs  trois  évenemens  ne  (oient 
arrivez  la  même  année  :  anlli  le  P.  Pagi  rapporte- 
t-il  la  prife  de  Tripoli  fous’  Fan  1  109.  On  doit 


peur  (ervir  à  corriger  le  P.  Labbe s. qui  a  avancé  9L4^1  b,J-F' 
que  la  mort  de  Bertrand  arriva  afres  Celle  de  Tan -  46 5 * 
crede . 


NOTE  X  L  V  I  I  I. 

Sur  S .  Raymond  évêque  de  Balbaflro. 

f  nous  ont  donne  les  actes  de  r  BoU.  te.  4. 
i  lenrordi- 


f  F  nicher. 
Carnet.  1 bid 
b  19* 


LEs  Bollandiftes 

ce  (àint  qu’ils  ont  accompagnez 
naire ,  de  (çavantes  notes.  Il  y  a  (culement  certains 
par  conlcquent  ne  faire  aucun  fonds  liir  la  chroni-  endroits  qui  demandent  quelques  éclaircillcmens. 
tcnrên.M ai-  que  de  Maillcffus * ,  qui  marque  que  cette  ville  fc  1  °.  Il  eft  dit  dans  la  vie  de  S.  Raymond  qu’il 
i**./.  217.  rcnjjc  al,  lll0js  Jc  Mai  de  l’an  1  io8-  étoit  natif  d’Uiban  dans  le  dioccfc  de  Touloulc: 

II.  Il  refte  encore  ccpenda.it  quelque  difficulté  ln  Tolofana  d/ ce  ce  fi  de  Urbano  oppi  !o.  Les  Bollan- 
fur  le  jour  précis  de  la  prife  de  Tripoli  ;  car  I  ou-  diftes  1  conviennent  que  Tamayo  a  lu  de  Urbano 
cher  de  Chartres  8c  Guillaume  de  Tyr,  11e  (ont  dans  ce*  actes,  &  ils  préfèrent  ccttc  leçon  au  mot 
«  pas  d’accord  là  deffùs.  On  vient  de  voir  que  le  Durbanum  qu’ils  liftnt  dans  leur  copie.  Ccttc  der- 
premicr  dit  que  ccttc  ville  le  rendit  le  1  o  de  Juin  :  nicrc  leçon  eft  cependant  (ans  difficulté  celle  qu’il 
l’autre  affùre  s  que  le  fol.  il  et  oit  a'o  s  dipuis  vingt-  falloir  retenir.  La  ni  fon  pour  laquelle  le  P.  Pappe- 
fpt  jours  dans  le  (igné  de  P ecrevtfîe ,  ce  qui  revient  brock,  auteur  de  la  critique  des  actes,  préféré  la 
au  1  9.  de  Juillet.  L  autorité  de  cet  auteur  contein-  première  ,  ceft ,  dit-il ,  parce  que  le  l/e1*  de  Durban 
porain  devroit  naturellement  l’emporter  fur  celle  ne fubjijlc  raille  -part  ,  ($  qnon  vit  un  Orfran  dans 
de  Guillaume  de  Tyr,  qui  a  écrit  à  la  vériré  dans  le  diocefe  £ Aloi ,  k  douve  lieues  de  Tuduufc  v  rs 
le  même  iiccle  ,  mais  long  tems  après.  Nous  pré-  V Orient.  Mais  il  eft  marqué  dans  le  s  a&csdc 
ferons  cependant  le  témoignage  du  dernier ,  fondez  (aine  Raymond,  écrits  par  un  auteur  contemporain» 
*Fr./.  174.  flir  unc  Jiarrc  h  du  comte  Bertrand  ,  datée  du  26 .  comme  ce  critique  en  convient  ,  qu  il  étoit  natif 
de  fuin  de  Van  noç.  par  laquelle  il  donne  aux  du  diocefe  de  Touloufe  non  pas  de  celui  d’Albi  > 
Génois  qui  l’avoicnt  aide  à  la  pri(c  de  Tripoli ,  la  8c  s’il  étoit  permis  de  donner  cenc  interprétation 
troifiéme  partie  de  ccttc  ville.  Il  s’en  étoit  donc 
rendu  maître  avant  le  1 9.  de  Juillet. 

Au  refte  on  peut  concilier  les  divers  fentimens 
touchant  l’époque  du  départ  de  ce  comte  pour  la 
Tcrrc-(àintc ,  par  la  differente  manière  de  prendre 
le  commencement  de  l’année  ,  &  dire  avec  le 
P.  Labbe  ‘  qu’il  paffa  la  mer  au  mois  de  Mars  de 

l’an  1 1 08  -  (Iiivant l’ancienne  (iipputation  Françoifc,  8c  qui  le  donne  encore  à  une  des  premières  baro- 
ou de  l’an  1 1 09.  félon  notre  manière  prétente  de  nies  du  pays,  quoique  préfemement  ce  foit  la 
compter.  terre  la  moins  con/idérablc  de  celles  qui  compo- 

III.  Bertrand  ,  après  la  prife  de  Tripoli,  marcha  fent  la  baronic,  &que  ce  ne  foi:  plus  qu’une  an- 
au  fècours  de  Baudouin  roi  de  Jcruffilem  pour  le  nexe  de  la  paroiffe  d’Aillieres  dans  le  C  onferans. 
fîcge  de  Baruth  ou  Berythe,  dont  il  h’eft  pas  ailé  Or  comme  leglilè  de  ce  village  eft  ancienne  8c  fort 
^xcr  i  ^Pocllïe-  Suivant  Albert  k  d’Aix-Ia-Cha-  bien  bâtie,  (uivant  les  mémoires  que  M.  l’é- 
/>f.  ’  ‘  ^  relie,  cetcc  ville  fut  affiegée  au  mois  de  Décembre,  veque  de  Confcrans  nous  a  fournis  là-deffùs,  il 
l’année  d  après  le  fiege  de  Tripoli.  Cet  auteur  fait  eft  crès-vraifemblable  que  le  château  8c  le  bourg  de 
durer  ce  (îege  jufques  au  priiuems  fuivant,  &  ajoute  Durban  ayant  été  détruits  par  les  guerres  ,  (on 
que  la  place  (c  rendit  le  vendredi  avant  la  Pentecôte;  églile  a  été  réduite  à  unc  (impie  annexe  *,  qu’ils 
d’où  il  s’enfuir  que  le  fiege  de  Berythe  commença  éroicn: anciennement  dudiocèlc  de  Touloufe,  8c 
au  mois  de  Décembre  de  l’an  1 1 10.  8c  que  la  qu’on  a  uni  cette  eglife  à  fa  paroiffe  d’Aillit  res  dans 
place  fc  (oiimit  le  1  9.  de  Mai  (uivant.  D’un  autre  le  diocèlè  de  Con(èrans,a  caille  de  la  proximité; 
iomiB.Tyr.  côté  Guillaume1  de  Tyr  fait  commencer  ce  fiege  au  en  (orte  que  le  lieu  de  Durban  (è  trouve  au/our- 
frqq.  *'  l*'&  mois  de  Février  de  l’an  1110.  &  prendre  la  place  d’hui  compris  par  hazard  dans  ce  dernier  diocefe  f 
uifnUh.ctirn.  le  17.  d’Avril  de  l’an  1 1 1 1.  Enfin  Foucher  m  de  mais  fans  avoir  change  de  diftrief  par  rapport  au 

'•w°-  T, me  II.  LLI1 


2. 


I2S.  f*h 


i  Lai.  t  ib. 

t*n.  y.  464, 


forcée  au  texte  de  l’auteur,  on  devroit  plutôt  faire 
le  fâint,  natif  du  bourg  de  Durban  dans  le  diocèfe 
de  Narbonne.  i°.  Nous  trouvons  un  lieu  appelle 
Durban  dans  le  comté  de  Foix  ,  fitué  fur  L-s  fron¬ 
tières  de  l’ancien  Touloufain  fc  du  diocèfe  de  Con- 
ferans  :  c  croit  un  château  qui  a  donne  fon  nom 
à  une  des  plus  illuftres  familles  du  comté  de  Foix , 


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6  54 


NOTES  SUR  L’HISTOIRE 


'Note 

X  LVII  I. 


•  Pr.p.  402. 


y>  BoB.  lij d% 
i  */.  1* 


civil  -,  car  la  paroiffc  d’Aillieres  dépend  du  comté  haiter  que  cet  auteur  en  eût  apporté  la  preuve,  Sc 
de  Foix ,  comme  le  lieu  de  Durban  fon  annexe.  quil  ne  fe  fût  pas  contenté  de  citer  les  archives  de  **  p  Te 
Il  n’y  a  pas  lieu  de  doutet  que  S.  Raymond  évê-  S.  Sernin  en  general;  car  il  paraît  qu’il  a  confondu 
que  de  Balbaftro  ne  fût  natif  de  ce  château  ;  ce  S.  Raymond  évêque  de  Balbaftro,  avec  Raymond 
qu’on  peut  confirmer  ip.En  ce  que  nous  fçavons  qui  croit  abbé  de  S.  Sernin  »  en  1 1 19.  hUf.  t7f, 

qu’il  embrafl’a  la  vie  canoniale  dans  l’abbaye  de  4*.  S’il  étoit  bien  certain  >  comme  le  P.  Pappe- 
Fredelas  ou  de  Pamicrsqui  n'en  cft  pas  éloignée,  brock  la  avancé  k,  que  S.  Raymond  ne  prît  plus  k  ^  niit 
1°.  Parce  que  fuivant  les  anciens  monumens ,  il  fie  que  le  titre  d’évêque  de  Rota  ou  Rote  depuis  qu’il  *• 

durant  fon  épifeopat  divers  voyages  dans  les  pays  eut  été  chafïc  de  Balbaftro,  on  pourroit  afïurcr  qu’il 
de  Foix  5c  le  Touloufain  ,  où  il  confiera  a  entt’au-  fiegeoit  encore  dans  cette  derniere  ville  en  un. 
très  en  1  x  x8-  l'églifedu  château  de  Rucilans  fitué  puifqu’il  fc  qualihoit  alors1  évêque  de  Balb  aftro.  i?r.p.j7>. 
aux  environs  de  l’abbaye  de  Lczat ,  en  préfencc  de  Mais  comme  il  paroît  que  ce  faint  prélat  continua 
Pierre  de  Durban ,  [un  des  principaux  chevaliers  de  de  prendre  ce  dernier  titre  apres  fon  cxpulfion  , 
ce  château.  dont  les  Bo!landillesm  difent  ignorer  l’époque ,  &  n 

z°.  L’auteur  de  la  vie  de  ce  faint  >  parlant  de  fâ  qu’ils  fixent  cependant  dans  un  autre 11  endroit  à  la 
naiftanccjfe  contente  de  dire  en  general,  qu’il  ctoit  ix.  année  de  (on  épi  (copat  ou  â  l’an  1x13.  nous 
d’une  famille  ttcs-illuftre  :  Quantum  ad  feculare  n’avons  rien  de  certain  ü-deflus  :  en  effet  S.  Ray-  * 
ftemma,  regaii  &  cofiulari  parente/a  cl.irutt . .. .  ex  mond  cft  qualifié  évêque  de  Balbaftro  dans  des 
parcnttbus  tUuftnffimis  éditas  fuit.  Comme  Ray-  aéles  de  l’an  x  1 1 5.  &  de  l’an  0  1 1 1 8-  &  il  prend  o  pr.f.  j§j# 
mond  prenoit  le  furnotn  de  Guillaume,  le  P.Pappe-  cette  qualité  en  fouferivant  P  en  1 1 19.  au  concile  4° uc,nctt  l04 
brock  t  conclut  dc-lâ  qu’il  étoit  de  la  maifon  des  de  Touloufc.  t  *«o. 

comtes  de  Touloufe,  &  fils  de  Guillaume  IV.  Ainfi,  50.  Enfin  les  Boüandiftes  <1  marquent  dans  un  qp.  1  *!•*/. 

ajoute  ce  critique S.  Raymond  aura  été  petit-  endroit  la  mort  de  S.  Raymond  au  zi.  de  Mai, 

••  neveu  de  Guillaume  III.  comte  de  Touloufc,  qui  tandis  que  dans  un  autre  ,  ils  la  placent  au  11.  de 
••epoufa  félon  Catcl  ,  Sancic  fille  de  Ramire  Juin  ,  jour  auquel  ils  ont  donné  fa  vie  :  ils  auroient 
••  roi  d’Aragon  ,  &  par-lâ  l’on  prouve  fon  extra-  dû  donner  la  railon  de  cette  différence. 

»»  âion  royale.  *  Mais  1  outre  que  le  mariage  de 

Cuillaume  III.  comte  de  Touloufc  avec  Sancic  “  4 

d’Aragon  cft  une  chimère  ,  fi  on  peut  dire  que 

c*  n _ J  j . v.  ./  .  .  . 


2.  &  f •  04. 
cqI.  i.  v.  tt.  u 

JdHHtr. 


NOTE  X  L  I  X. 


S.  Raymond  ctoit  de  race  royale ,  parce  qu’il  def- 
cendoit  des  rois  par  femmes ,  on  pourra  dire  aullï  Sur  l  époque  du  concile  tenu  k  Jouloufè 


qu’il  n’étoit  de  race  de  comtes  que  par  les  femmes. 
i°.  Il  ne  peut  avoir  été  fils  de  Guillaume  IV.  comte 
de  Touloufc  ,  puifquc  ce  prince  ne  laiflà  qu’une 
fille  unique  à  fa  mort  arrivée  vers  l’an  1094.  D’ail¬ 
leurs  Guillaume  IV.  né  vers  l’an  1040.  ne  fe  maria 
que  vers  l’an  1067.  Or  fuivant  le  P.  Pappebrock 
S.  Raymond  avoir  5  o.anslorfqu’ilfutélu  en  1 104. 
évêque  de  Balbaftro.  Enfin  fi  ce  faint  prélat  avoit 
été  fils  de  Guillaume  IV.  il  en  (croit  fait  mention 
dans  quelque  monument ,  ou  du  moins  l’auteur 
contemporain  de  fa  vie  nauroit  pas  manqué  de 
foblcrvcr.  Si  donc  Raymond  appai  ccnoit  aux  rois 


far  le  paje  Callixte  IJ * 

I.  T  L  eft  marque  rdans  les  aétes  que  nous  avons 
-L  de  ce  concile,  qu’il  fut  tenu  le  6 .  de  Juin ,  [an  ***•+['* 
1120 .  de  [ incarnation  ,  uidùhon  xn.  ire  1  ijï, 
épacle  7.  co  ncurrent  /  /.  la  première  année  du  pon¬ 
tificat  de  Callixte  ;  fur  quoi  les  éditeurs  des  conciles 
marquent  avec  raifon  ,  qu’on  doit  lire  [an  1 1 1$. 
de  l' incarnation ,  au  lieu  d*  l'an  1120 .  ce  qui  paroît , 
dilcnt-ils,  tant  par  l’indiclion  ,  que  par  l’annce  du 
pontificat  de  Callixte.  Il  cft  certain  en  effet  que  ce 
concile  fut  tenu  en  1 1 1 9.  comme  on  voit  1  par 


•  SfutU.éi 
cr  <#w. 

/.  H*. 


4 nn.  HI».  ». 


&  aux  comtes  par  lefatig  ,  ce  n  eft  que  du  cote  des  la  bulle 1  que  le  même  pape  donna  â  Touloufc  du- 
femmes,  &  il  n’y  a  pas  lieu  de  douter  par  ce  que  rant  (à  tenue,  en  faveur  de  l’abbaye  d’Aniane,  5c 
nous  venons  de  dire,  qu’il  ne  fût  de  la  maifon  de  qu’il  date  du  13.  de  Juillet,  indittion  x  //.  l'an  /  /  /  y. 

Durban  ,  l’une  des  plus  anciennes  5c  des  plus  illu-  de  [incarnation ,  la  première  année  de  fon  pontificat. 
ftres  du  pays  de  Foix.  x°.  Par  un  néie  rapporté  par  Catcl  Nous  avons  tCdttimm. 

t/. 3*.  Le  P.  Pappcbrock  prétend  c  que  S.  Ray-  cependant  une  “autre  bulle  de  Callixte  donnée  à  ^çonli.’ik-b 
mond  avoit  été  moine  avant  qne  decrc  évêque:  Touloufe  le  17»  de  Juillet,  indifhon  xn.lan  1 1 20.  tu.  . 
mais  â  prendre  ce  terme  à  la  rigueur  ,  on  n’en  a  de  [incarnation  :  mais  ccttecnillc  appartient  égale-  uPr*MI0# 
aucune  preuve  ;  ce  qu’il  y  a  de  certain  ,  c’cft  qu’il  nient  â  Pan  1119.  (ans qu’il  y  air  faute 1  dans  fa  date, 
fut  religieux  dans  l'abbaye  de  Fredelas,  deflervie  non  plus  que  dans  celle  des  aélcs  du  concile:  la 
de  fon  teins  par  des  chanoines  réguliers ,  comme  il  raifon  en  cft  que  ce  pape,  «â  l’exemple  de  fes  prédé- 
Ztr.f.  379»  paroît  par  une  charte  de  l’an  1 1 1  i.d  dans  laquelle  ccilcurs ,  fuivit  communément  durant  les  premie- 
il  eft  dit  que  notre  prélat  étoit  fils  de  cette  abbaye  :  années  de  fon  pontificat ,  le  calcul  Pi  (an  ,  qui 
elle  cft  encore  dellcrvie  par  ces  chanoines;  car  elle  anticipe  d’une  année  le  calcul  ordinaire.  C’eft  ainfi 
n’eft  pas  differente  de  la  cathédrale  de  Pamicrs  ;  ce  que  la  bulle  qu’il  donna  en  faveur  de  leglife  de  Va¬ 
que  les  Bollandiftcs  c  ont  ignoré.  Nous  voyons  licres  ,  étant  à  S .  Theodard  le  20.  de  Juillet ,  tndi- 
d’ailleurs ,  que  S.  Raymond  avant  (on  élection  à  l’é-  ihon  xn .  la  première  année  de  fonponrficat,ch  datée 
pifeopat ,  avoit  étc  prieur  ou  prévôt f  de  S.  Sernin  de  l'an  r/20,  dans  l’original  qu’on  voir  à l’abbayc  de 
de  Touloufe,  églife  aufli  dellèrvic  par  des  chanoi-  la  Grade,  d’oû  cette  cglilc  dépendoit;  tandis  quelle 
nés  réguliers  depuis  le  pontificat  de  Grégoire  VII.  appartient  à  l’an  1 1 1 9.  comme  M.  Baluze  l’a  mar- 
S.  Raymond  ne  fut  que  trois  ou  quatre  ans  prieur  que  dans  l’édition  1  qu’il  en  a  donnée.  Nous  (ca- 
ou  prévôt  de  S.  Sernin; car  il  pollcdoit  cette  pre-  vons  en  effet  d’ailleurs  ,  que  Callixte  II.  étoit  â 
vote  lorfqu’il  fut  élu  évêque  en  1 104.  O;  8  Pierre  l’abbaye  de  S.  Theodard  z  le  20.  de  Juillet  de  l’an  x c*ul >tnd. 
l’occupoit  en  1098.  5c  Munion  en  1 100.  Aurefte  x  1 19.  On  peut  confirmer  ce  calcul  particulier,  que 
Catcl  prétend  que  le  premier  abbé  de  S.  Sernin  les  éditeurs  des  conciles  ont  ignoré,  par  une  autre 
fut  un  Raymundus  Gmllelmi  évêque  de  Balbaftro ,  bulle  “  du  même  pape  qui  fc*  trouve  dans  leur  col-  ta 
qui  vivoit ,  ajoûte-t-il ,  en  1 1 1 2.  Il  feroit  â  fou-  lcélion ,  &  qui  eft  datée  de  Soucillangcs  !c  io.  de  t'  Ui* 


e  Jtà.  SS. 
,*><4.  p .  12t. 
l •  2. 

f^T.  1  lit. 

f.  I|  ». 


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p  I4*« 


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DE  LANGUEDOC  63  f 


K  O  T  K  >  indiuion  Xtt.  V an  1120.  de  F incarnation ,  £5 
X  L I A  •  t*  première  de  fon  pontificat  ;  car  il  n’y  a  pas  lieu  de 
douter  quelle  n appartienne  à  l’an  1119.  fuivanc 
notre  maniéré  de  compter. 

1 1.  Il  eft  donc  certain  que  Callixte  II.  tint  le  concile 
de  Touloufè  en  1  1 1 9.  comme  il  eft  marqué  dans 
l’auteur  contemporain  de  la  chronique  *  de  Maille* 
»ii*  (ajs  f  &  non  en  j  j  1Qt  ajnf  j  qUC  qUelcjUC5  modernes 
l’ont  crû.  Il  faut  corriger  parla  l’ère  Efpagnole ,  & 
lire  dans  les  aéhs  n  5 7* au  lieu  de  1 1 58. D’ailleurs 
l’épaéte  ôc  le  concurrentconvicnnentparfàitement, 
de  même  que  l’indiâion  >  â  l’an  n  1 9. 

Il  y  a  quelque  difficulté  pour  le  mois  où  ce  con¬ 
cile  fut  tenu ,  &  nousfbmmcs  perfuadez  qu’il  faut 
k  c$m.  »M.  jjrc  b  dans  les  a&cs  vt  //.  idus  Juki  au  lieu  de  fumi  : 
en  voici  la  preuve.  Callixte  II.  donna  une  bulle  cen 
faveur  de  l’églifc  de  Befânçon,  a  Maguelonne  le  der¬ 
nier  de  Juin  ,  indu  lion  xt  t.  l'année  1120.  de  l'incar - 
nation ,  (3  la, première  de  fin  pontificat .  Cette  bulle 
eft  de  l’an  1 1 19.  par  les  raifons  que  nous  avons 
déjà  dites.  Ce  pape  ne  peut  avoir  commencé  par 
conféquentle  6.  du  même  mois  le  concile  de  Tou- 
loufe ,  &  l’avoir  continué  jufqu’au  1 5.  de  Juillet 
(îiivant  ,&il  doit  y  avoir  faute  par  rapport  au  mois, 
ou  dans  les ades du  concile,  ou  dans  la  bulle  don¬ 
née  en  faveur  de  Pcglifc  de  Befânçon  :  mais  ce 
ui  prouve  que  le  nom  du  mois  eft  mal  marqué 
ans  les  ades ,  c’eft  que  nous  avons  deux  autres 
ipr.p. 40t.  bulles  d  du  même  pape,  qui  prouvent  qu’il  étoit 
* dans  le  bas  Languedoc  à  la  fin  du  mois  de  Juin  de 
l’an  1 1 1 9.  La  première  eft  darce  de  Maldonne  le 
2S.de  Juin  de  l'an  /  /  2  0 .  de  l' 'incat  n.tti  n ,  mdtchon 
.  xt  t.  la  première  année  de  fon  pontificat  ;  6c  la  fé¬ 

conde  de  S.  Gilles  le  29.  de  Juin ,  in  xtcltoH  x //.  f an 
ti  20 .  de  l'incarnation.  Ces  deux  bulles  appar¬ 
tiennent  certainement  à  l’an  1119.  quoique  datées 
de  l’an  1 1  lo.ainfi  qu’on  la  déjà  prouvé.  On  voit 
parla  que  Callixte  étoit  à  Maguelonne  Ici  8. dvjuin 
de  l’an  1119.  qu’il  alla  le  lendemain  a  S.  Gilles,  3c 
qu’il  revint  le  jour  fuivanc  à  Mnguelonne,cn  quoi  il 
n’y  a  rien  de  fort  extraordinaire,  puifquc  la  diftance 
n’eft  que  de  fîx  à  fèpt  lieues.  Il  n’y  a  donc  pas  lieu 
de  douter  que  ce  pape  ne  fut  dans  le  bas  Languedoc 
a  la  findejuin  de  l’an  1  r  1 9. Nous  n’avons  d’ailleurs 
aucun  monument, fi  l’on  excepte  lesactts  du  concile 
dcTouIou(e,qui  prouve  qu’il  ait  cré  dans  ccttc  ville 
durant  tout  le  mois  de  Juin  de  la  même  année  ;  3c 
tv.  mi  cesadcs  ont  etc  pris  dans  la  collection*  de  bernard 
4'atmt.pÀ  j 7.  Guidonis,  auteur  peu  exad. 

Callixte  II.  écrivit  à  l’abbé  de  S.  Vidor  de  Mar- 
Icttre'qui  eft  datée  fimplemenr  deBczjers 
tu  i.f.  6  6  j.  le  premier  de  Juillet.  Nous  inférons  de  là  que  cette 
lettre  eft  de  l’an  1  r  1 9.  car  nous  fç.tvons  bien 
IjtêKdMipif  qUC  cc  papç  a|la  à  Montpellier  3c  à  S.  Gilles  S  en 
u  «*».  11 2 o.  1 1 10.  avant  fon  départ  pour  l’Italie  :  mais  il  ne  pa- 
roît  pas  qu’il  fc  loir  avancé  alors  jufju’à  Beziers, 
contre  le  fèmiment  de  ceux  qui  ont  fait  imprimer 
cette  lettre  ;  au  lieu  qu’il  étoit  naturel  qu’allant  de 
Maguelonnc  à  Touloufè  en  1 1  1 9.  il  pafi.ît  par  Bé¬ 
ziers:  c’eft  donc  une  nouvelle  preuve  que  le  con¬ 
cile  de  Touloufè  ne  fut  pas  tenu  au  mois  de  Juin , 
qu’il  commença  feulement  le  8.  de  Juillet  de  l’an 
1  1  1 9.  &  qu’il  ne  dura  que  huit  jours,  puifqu’il  fi¬ 
nit  le  1 6 .  élu  même  mois. 

III.  Ces  ades  3c  divers  autres  mont?  mens  font 
voir  que  Callixte  II.  demeura  en  France  depuis  fon 
iMtr.v  ut.  élection  jufqu  a  la  conférence  de  G i fors  tenue  h  au 
i  mo]s  de  Novembre  de  l’an  1 1 1 9.  &  que  c’eft  fans 

é* lr;  "•  >•  aucun  fondement  qu’un  de  nos  hiftoriens  moder- 
nés  J  a  avance  que  ce  pape  ayant  etc  repu  a  Rome 
Time  II. 


apres fon  éleütonjrcvint  quelque  moii  aprh  ên  France, - 

(3  fi  fit  médiateur  entre  les  rois  de  France  (3  et  An-  N  O  t  K 
gle terre  ;  qd il  alla  trouver  le  dernier  a  Gtfirs ,  3cc.  *  L 1  Xi 
IV.  L’auteur  Aw  f  africains  temporum  met  un  autre 
concile  tenu  à  Touloufè  en  1 114.  par  le  même 
pape,  &  Catelk  ajoure  que  le  cardinal  Richard 
évêque  d’Aibano  y  préfida  :  mais  ce  concile  n’eft  F*77' 
pas  different  de  celui  de  l’an  1 1 1 9*  comme  les 
éditeurs  1  des  conciles  l’ont  obfèrvé  :  celui  de 
Touloufè  où  cc  cardinal  préfida,  fut  tenu  en  1110.  t^b 
comme  nous  l’avons  dit  ailleurs. 


NOTE  L. 

Sur  Alfunfe-Jourd.tin  comte  de  Touloufè. 

I.  Ç  Uivant  le  Témoignage  de  Guillaume  de  Mal* 

O  mefbury  m ,  Guillaume  de  Monrpcilies  Ôc  les  m  G*rûtf*t- 

r  t  n  1  mea.t.  4.C-2. 

autres  fiigneurs  de  Provence  ayant  appris  la  mort 
de  Raymond  de  S.  Gilles ,  emmenèrent  en  Occi¬ 
dent  le  fils  que  ce  prince  avoir  eu  à  la  Terre- f  ai  n  te: 

Cujas  morte  audita  ,  dit  cet  hiftoricn  ,  Wi  Helmut 
de  Adontepeffulano  (3  c&teri  duces  Provint*,  Willel- 
mum  pereçrinum  quem  in  obfidt  ne  ex  H  fpania  fuf 
ceperat ,  vix  qHadrtmum  m  patriam  deiehendum 
curarunt  ;nec  invitas  Ber  tr  an  nu  s  f  allant ,  q  A/n  vis 
fe  in'onfu'to>aud/vii,  ut patcrnasadoreAs  ufiaunaret, 

Catel  0  remarque  fort  bien  qu’il  fuit  lire  dans  cet  «  c*uitimn 
endroit  Htjpa^a  au  lieu  d 'Hifcama,  &  que  Gui!*  lz*“ 

I  au  me  de  Malmefbury  s’eft  trompé  f  ir  le  nom  du 
fils  de  Raymond  de  S.  Gilles,  qui  croit  Alfonfè> 

3c  non  pas  Guillaume.  Du  refteli  l’on  peut  comp¬ 
ter  fin*  les  autres  circonftances  rapportées  par  cet 
auteur ,  nous  trouvons  ici  l’époque  précifè  de 
l’anivée  d’Alfonfe-Jourdain  dans  la  province.  En 
effet  il  avoit  alors  à  peine  quatre  ans  :  or  comme 
il  étoit  né  en  1  io$.  il  s’enfuit  qu’il  fut  amené  en 
France  l’an  1 1 07.  3c  par  confèquent  deux  ans  après 
la  mort  de  Raymond  de  S.  Gilles  ion  pere.  Alfonfc  , 
feia  donc  demeuré  au  château  du  Monrpelerin  en 
Syrie  durant  cet  intervalle,  &  Guillaume  de  Mont¬ 
pellier  qui  Pan  11 03.  0  étoit  de  retour  de  la  pre-  oPr.p.  *$*, 
micre  croifade,  aura  flic  un  fécond  voyagea  la 
Terre- fâinte en  1106.011  1107.  pour  aller  cher¬ 
cher  cc  jeune  prince. 

II.  Depuis  l’arrivée  d’Alfonfè  de  la  Terrc-fâinte 
jufqu’cn  11  il.  nous  n’avons  aucun  monument 
qui  fa  lié  mention  de  lui, à  la  réferve  d’un  accord  fait 
vers  l’an  1 1 07.  P  entre  l’archevêque  ôc  le  vicomte  p  p.  170.  ? 
deNat bonne,  dans  lequel  le  dernier  excepte  du  fer¬ 
ment  de  fidelité  qu’il  fait  i  l’autre,  te  comte  de  Tou - 
leu  f ,  1 3  Alfonfe  fi  F  dit  de  Raymond .  Le  même  vi¬ 
comte  de  Narbonne  V  dans  un  a  lire  ferment  qu’il  q  p.  I7«- 
fit  vers  le  même  tems  au  vicomte  Bernard- Aron  , 
excepte  le  comte  de  Tofofe ,  &  le  comte  de  Ro  enr  Ce¬ 
lui-ci  ne  peur  être  le  même  que  le  vicomte  Richard 
qui  acquit  au  commencement  du  X/I.  fieele  le 
comte  de  Rodez  des  comtes  de  Touioufè ,  puifqu’il 
eft  aufli  excepte  nommément  dans  ce  ferment.  Il 
paroit  donc  certain  que  le  comte  de  Rodez ,  ou  de 
Roucrgue ,  dont  il  s’agit  ici,  eft  le  même  que  notre 
jeune  Alfonfc ,  qui  aura  porré  le  titre  de  comte  de 
Roucrgue  pendant  la  vie  de  Bertrand  (on  fie re 
comte  de  Touloufè  ,  à  l’exemple  des  puinez  de 
la  maifôn  des  comtes  de  Touloufè  fis  prédccct 
leurs  «S:  qui  aura  eu  comme  eux  ce  pays  en  partage. 

III.  On  peut  inférer  de  ces  actes  &  de  quelques 
autres,  que  le  jeune  Al  foule  croit  à  Touloufè  ou 
aux  environs  lorsque  Bertrand  fon  frere  mourut 
en  1 1 1 1«  à  la  Terre-fàinte  ,  ôc  ou  il  lui  fucceda 

LL  11  ij 


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NOTES  SU  R» 

^  .  immédiatement  dans  tous  fcs  domaines  d'ocel¬ 

le  1  dent  *,  ce  qu’on  peut  confirmer  par  la  charte a  quil 

•  fr.j».44x.  donna  en  faveur  de  l’abbaye  de  Moiflic,  luivanc 

laquelle  il  fe  reconnoît  coupable  pour  avoir  mis 
autrefois  un  abbé  chevalier  ou  feculier  dans  ccttc 
abbaye*, car  fuivant  les  termes  dont  il  fc  fort  il  étoit 
alors  encore  enfant  :  &  nunc  ,  dit- il  >  qui*  tune 
pnerths  fenfus  erat  in  me ,  recognofco  me  culpabilem. 
Cette  charte  eft  du  rems  de  Roger  qui  fut  abbé 
nn+d.lïuf  de  Moiflàc  depuis  b  l’an  1108.  jufqu’cn  1115. 
tf u  *  Alfonfe  ne  fut  pas  cependant  long-tems  paifible 

poflèllèurdu  comté  de  Touloufê ,  &  il  eft  certain 
que  Guillaume  IX.  comte  de  Poitiers,  &  Philippe 
(a  femme  s’en  emparèrent  peu  de  tems  après  la 
mort  de  Bertrand*,  la  difficulté  eft  de  fixer  l’époque 
précife  de  cette  invafion. 

*  IV.  On  lit  la  date  fuivante c  dans  un  a<ftc  du  cnr- 
tulairc  de  S.  Scrninde  Touloufê  :  Atlum  tnmenfe 
Dccembno  in fejlum  S.  Yhom*  , feria  s  i.  fut  eptfcopo 
Tolofano  Amelio-Rajmunio  ,  dS  Piüavienfi  comité 
WiUelmo .  Cet  a&e  doit  être  de  l’an  1114.  car  la 
lettre  dominicale  D.  ne  (çauroit  convenir  â  d’autre 
année  depuis  l’an  1 108.  jufqu’cn  1 115.&  cette 
derniere  année  Alfonfe  étoit  depuis  long-tems 
paifible  pofleffeur  de  Touloufê  *,  c’eft  donc  une 
preuve  que  le  comte  de  Poitiers  étoit  maître  de 
Touloufê  des  l’an  1 1 1 4. 

â  rr.fMu  Nous  en  avons  une  nouvelle  dans  la  donation  d 
que  la  conitelïc  Philippe  femme  de  ce  prince,  fie 
au  B.  Robert  d’Arbrillcl,  de  la  forêt  de  l'Elpinafle 
à  deux  lieues  de  Touloufê ,  pour  y  fonder  un  mo- 
naftere  de  l’ordre  de  Fontevraud ,  &  dans  la  con¬ 
firmation  qui  en  fut  faite  par  Amclius  évêque  de 
Touloufê  *,  car  cet  aétc  eft  daté  du  Samedi  r  2.  de 
Ai  tir  s  de  C  an  t  ti  4  de  6  .jour  de  la  lune,  la  xiv.*nnee 
du  pontificat  du  pape  Pajcbal  /  I.indiclion  v/ /.Toutes 
ces  notes  conviennent  très-bien  au  1 1.  de  Mars  de 
l’an  1114.  pris  fuivant  notre  manière  de  compter, 
excepté  la  lettre  dominicale,  car  ce  jour-là  étoit  un 
Jeudi ,  de  non  pas  un  Samedi.  Cela  nous  pourroit 
donner  lieu  de  croire  qu’il  y  a  quelque  interpolation 
dans  la  charte  :  d’ailleurs  l’évêque  de  Touloufê  s’y 
fert  de  ccs  termes ,  alors  inufitez ,  cum  nojh  0  figillo 
mumvtmus.  Mais  comme  nous  apprenons  d’ail- 
.«  iW.  leurs  eque  le  B.  Robert  d’Arbriflel  étoitàla  fuite 
w»nubr'Hc!d.  du  comte  &  de  la comtcfTc  de  Poitiers,  lor fquiis 
»♦.  i.f.  »7-  s’emparèrent  de  Touloufê  fur  le  jeune  Alfonfe  ,  de 
que  cet  événement  arriva  en  1114.  il  s’enfuit  que 
c’eft  à  la  même  année  qu’on  doit  rapporter  la  fon¬ 
dation  du  monaftere  dcl’Efpinaflè. 

Nous  inférons  enfin  que  le  comte  de  Poitiers 
envahit  en  1 1 1 4.  le  comté  de  Touloufê  (lir  le  jeu¬ 
ne  Alfonfe,  &  que  Pierre  évêque  de  Pampclunc 
fut  tué  dans  cette  occafion ,  des  vers  fuivans  tirez 
de  l’épitaphe  de  ce  prélat ,  rapportée  dans  le  cartu- 
laire  de  l’abbaye  de  Conques ,  dont  il  avoit  été  re¬ 
ligieux. 

Fcbxftirpe  fatus  Petrus  ejl  hic  vir  pietatis ,  ( ‘(je . 
Laudibus  immenfs qmpraful  Pampilonenfs , 
Pugnam  Tolofit  dum  repnmeret  Jludiose 
Pacis  amore  mit ,  mors preciofa  fuit. 

Tolcft  montur ,  P ampilona  fepehtur . 

Quam  vit  us  lavit  fonte  parente  David , 
Tcmplum  virtutis  tibi  paftor  porta  falunt 

Dat  lapis  intentum ;  Dextr .  Dei  mentum&c . 
Garni  commixtus fuerat  quotempore  Chnjlusféc. 
Mille fub  annorum  fpacio  nonaginta  duorum 
1(1  ms  paüum  dont  cognofcitur  atlum  , 

Qui  fiiblimatus  ad  honorem  pontificatus , 

Petrus  pollebat  annos  bis  quinque gerebat >  &c. 


L'tmT  Otft.fi 

Ces  vers  nous  donnent  d’abord  le  commence-  ^  '  ■— 
ment  del’épifeopat  de  Pierre,  que  les  auteurs  Efpa-  N  B 
gnolsf  ont  marqué  diverfement.  On  vient  de  voir  f 
en  effet  qu’il  croit  évêque  depuis  dixans  en  10Ç2.  il 
avoit  donc  été  élu  en  1081.  Quant  à  l’époque  de  *3“  J ^J9. 

(à  mort,  les  mêmes  auteurs  conviennent  qu’il  dé-  "“njr.msf. 
céda  en  1 1 1  ç.  &  Garibay  qui  ignoroit  l’cpitaphc 
dont  nous  venons  de  rapporter  un  fragment ,  at¬ 
telle  que  ce  fut  à  Touloufê  un  jeudi  le  if.d'  Oftobre  : 
mais  cela  prouve  en  même  tems  que  ce  fut  en  1 1 1 4. 

&  non  en  1 1  x  5.  puifquc  la  lettre  dominicale  ne 
peut  convenir  à  cette  dernière  année ,  &  quelle 
convient  très-bien  à  l’autre.  Ainfi  cet  auteur  qui 
aura  trouvé  le  jour  de  la  mort  de  Pierre  dans  le  nc- 
crologe  de  l’églife  de  Pampelunc  ,y  aura  ajouté  de 
lui-même  l’année,  parce  que  ce  prélat  vécut  en  effet 
jufques  vers  ce  rems-là. Or  ayant  été  tué  à  Touloufê 
le  1 5 .  d’Oâobre  de  l’an  1 1 1 4.  durant  un  combat, 
dans  le  tems  qu’il  voifioit  mettre  la  paix  entre 
les  citoyens, il  s’enfuit  que  (a  mort  arriva  pendant 
les  troubles  qui  s’élevèrent  dans  cette  ville  à  l’occa» 
fion  de  l’invalion  du  comte  de  Poitiers,  qui  étoit 
certainement  maître  de  cette  ville  à  la  fin  de  la 
même  année. 

L’cpoque  du  commencement  &  de  la  fin  de  l’c- 
pifeopat  de  Pierre  de  Pampelunc  nous  donne  lieu 
de  remarquer  ici  que  c’eft  le  même  Pierre  évêque 
de  Pampelunc ,  qui  afiifta  en  1095.  au  concile  de 
Clermont  ,  de  qui  fiegeoit  en  1 1 1  o.  à  quoi  le 
P.  Mabillon  trompé  par  Tamavo ,  n’a  pas  fait  allez 
d’attention  *,  car  il  dit  5  fur  l’autorité  de  cet  agiogra-  g  MA.  U 
plie  ,  que  Pierre  évêque  de  Pampelunc  qui  vivoic 
en  1094.  1095.  de  1097.  étoit  profès  de  l’ab-  »•  22*10974 
baye  de  S.  Pons  de  Tomicres*,&  il  prouve  très-bien 
ailleurs41  que  l’évêque  qui  liegeoit  à  Pampelunc  en  h  m 
1 1 10.  étoit  profès  de  Conques.  me. *.«4, 

V.  Suivant  le  P.  Labbe  i  •«  c’eft  d’ Alfonfe- jour-  *  i  la. 
dain,  &  non  pas  de  Ion  frère  Bertrand,  qu’il  faut  a 
entendre  ce  que  difent  Zurita  ,  Garibay  de  les  « 
autres  auteurs  Espagnols  ,  qu’en  l’ail  1 1 1 5.  il  «« 
alla  trouver  fon  aycul  Alfonfe  roi  de  Caftille  de  de  « 

Leon ,  pour  le  prier  de  l’afliftcr  au  recouvrement  « 
de  fon  comté  de  Touloufê  ,  de  autres  terres  en-  « 
vahics  par  le  Poitevin  6c  autres.  «  Mais  cet  au¬ 
teur  n’a  pas  pris  garde  qu’en  1115.  Alfonfe  roi 
de  Caftille  de  de  Leon  ,  aycul  d’Alfonfe-Jourdain , 
étoit  déjà  décédé  depuis  lix  ans,  de  qu’ainli  le  jeune 
Alfonfe  fon  petit-fils ,  ne  peut  s’etre  réfugié  à  (à 
cour.  Il  eft  vrai  que  Mariana  k  de  quelques  autres  1 
prétendent  que  c’eft  à  la  cour  [d* Alfonfe  roi  d’A- l0,t'  *' 
ragon  que  Bertrand  comte  de  Touloufê  fe  retira 
en  1 1 1 6.  dans  le  tems  de  cette  invafion  :  mais 
quand  on  devroit  entendre  d’ Alfonfe  de  non  pas 
de  Bertrand  mort  en  11 11.  ce  que  ccs  auteurs 
rapportent;  comme  ils  ne  donnent  aucune  preuve 
de  ce  qu’ils  avancent ,  on  doit  le  mettre  au  rang  des 
fables.  Quelle  apparence  en  effet  que  le  roi  d’A¬ 
ragon  eût  donné  retraite  dans  fes  états  en  1115. 
ou  1  x  1 6.  à  Alfonfe- Jourdain  ,  tandis  qu’il  fe  ligua 
vers  le  même  tems1  avec  le  duc  d’Aquitaine  coin-  1  Cim.MA* 
pétitcur  de  ce  jeune  prince  ?  Le  P.  Pagim  prouve 
d’ailleurs,  après  l’hiftoricn  *  de  la  maifon  de  Lara ,  »• 

que  ccs  auteurs  ont  confondu  Bertrand  comte  de  'h, /‘dit* 
Touloufê,  avec  un  autre  comte  de  ce  nom  qui  avoit  «4/4  t*  Uré 
époufé  Elvire  petite-fille  d’Alfonfe  IV.  roi  de  Ca-  u‘ 
ftiille.  Il  eft  vrai  qu’il  fc  trompe  en  deux  chofcs, 
en  ajoutant  que  «  Catel  a  fort  bien  relevé  leuru 
erreur,  de  a  fait  voir  que  Bertand  comte  de  Tou-» 
loufc  étoit  bâtard ,  qu’il  étoit  alors  décédé ,  &  « 
qu’Alfonfê-Jourdain  étoit  mort  avant  l’an  1 1  ift«« 


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»  ou  l’année  foivance  ;  "  car  i  Bertrand  comte 
*  de  Touloulè,  pouvoir  fort  bien  n  erre  pas  fils  d’El- 
virc  fans  être  batard.  i°.  Il  eft  faux  qu’Alfbnle- 


g  ü  ë  £>  ô  &  «3? 

pour  leur  foigneur  naturel ,  âpres  éfi  aVoîr  chalïè  •• 
Guillaume  de  $.  Marcel ,  (  ou  plutôt  de  Mont-  a 
maurel,  fuivant  un  excellent  manuforitm  de  la  « 


+.  -nttiTna» 

N  O  T  R 

L. 

m  £ivl.  d4 

Jourdain  comte  de  Touloulè,  8c  frere  de  Bertrand  >  même  chronique)  qui  commandoit  à  Touloulè  «  mai»*.. 
fut  mort  en  1 1  2  i.ou  en  1 1 n.  pour  le  comte  de  Poitiers-:  d’où  on  devroit  con- 

t  CMtUmu  vi-  CatcI *  allure  qu’il  a  avoir  des  titres  depuis  dure  qu’Alfonfè  ne  recouvra  la  ville  de  Touloufe 
F1*7*  *  l’an  x  itx.  jufqu’à  la  mort  d’Alfonfc,  fiir  la  fin  .  qu’en  1133. 

»  defquels  il  eft  dit  qu’ils  font  faits  Alfbnfe  étant  Catel  u,  pour  fè  tirer  de  cette  difficulté,  rejette  le  n  cim^ 
••comte.  11  Cet  auteur  rapporte  cependant  tcmoignagcdeGuillaumedcPuilaurcns,  «auteur,  *  * 
aucun  de  l’an  nu.  en  voici  quelques  -  uns.  dit-il, qui  étoit  peu  certain  de  ce  qu’il  ccrivoit,  qui  m 

lFr./.4i7.  Nous  avons  1  deux  a&es  de  Roger  II.  comte  n  avoir  appris  ce  faitque  par  tradition,  &  qui  le  * 

&M-.  de  Foix  en  faveur  de  l’abbaye  de  Lezat,  datez  du  trompe  en  plulïeurs  autres  chofcs:”  pour  nous, nous 
mois  de  Murs  de  l'an  1121 .  tndiihon  xiv.  domi-  croionsqu’il  n’eft  pas  néccfïàire  de  rejetter  l’autorité 
nant  Afonfe  comte  de  Touloufe.  L’indiétion  prouve  de  cet  écrivain  ,  8c  qu’il  sert  glillc  feulement  une 
que  ces  deux  aéles  font  de  l’an  1  111.  fuivant  notre  erreur  de  chronologie  dans  les  manuferirs  de  fon 
tjrdiiv.  di  manière  de  compter.  z°.  On  lit  dans  un  autre  c  ouvrage.  En  effet  en  lilànt  1 1 1 $. au  lieu  de  J 1  $  $* 

'ulnuuLn*  titre  •  /*  ntenfi  Si  ptembt  is.fub  die fcria  /  /  /  duna  7.  ainfï  que  nous  lavons  corrige0  dans  une  chronique  o  pn  /•  1  <4 
régnante  Lodoico  francia  rege ,  Ildefonfi  cornue  ,  Languedocicne  que  nous  donnons  dans  les  preu- 
annoDomim  1/21 .  Hugo  abbus  S.Tljeodardi  Tolo *  ves  de  ce  volume,  d’où  Guillaume  de  Pu ilaurens 

fam  venir  cum  fuis  monuchis ,  (S fecit  quartmomam  peut  l’avoir  pris,  tout  s’accorde  très-bien;  ainli  pour 

tnprafintta  D.  Ami  lu  eptfcopi contra  G.  Hofpttalfi a  rétablir  l’ordre  des  faits,  le  jeune  Alfoiife  fc  fera 
altos  qui  aggreffi  erant  alod.m  B .  TheodardiySrc.  retiré  en  Provence  en  1  r  1 4.  lorlque  le  comte  de 
VII.  il  eft  donc  certain  qu’Alfonlè  exerçoit  fon  Poitiers  envahit  for  lui  la  ville  &  le  comré  deTou- 

autoriré  dans  Touloulè  dès  le  mois  de  Mars  de  loufo  :  ce  dernier  ayant  quitté  Touloulè  en  1 1 1 91 

l’an  1 1  zi.  &  il  y  a  lieu  de  croire  qu’il  avoit  re-  après  la  mort  de  Philippe  là  femme,  les  peuples 

couvré  cette  ville  dès  l’an  1 110.  par  la  date  foi-  auront  Iccoué  le  joug  de  fa  domination,  8c  Ce 

iCéteimm.  yante  rapportée  par  Catel  dans  fon  hiftoirc*  des  feront  déclarez  en  1110.  ou  au  plùrard  au  com- 

7%6‘  archevêques  de  Narbonne:  Hoc  d-num  fuit faclum  mcncement  de  l’an  1 J  21.  en  faveur  d’Alfonfè  qui 

cum  confiho  iS  voluntate  Ildefonfi  comitts,  Amelii  aura  donné  le  gouvernement  de  Toulon  le  pendant; 

Tolofe  epifeopiy  r.cc  non  Arneddi  Biterrenfis  epfcopi  fon  abfence,  8c  durant  la  guerre  qu’il  avoir  à  foû- 
qui  tune  tenebat  Tolofam  pro  lldefo'fo  comité ,  qui  tenir  alors  en  Provence  contre  le  comte  de  Bar- 
pofîe.t fuit  Narbonenfis  archieptf copus  (S  Rcmanus  le-  cclone  ,  allié  du  comte  de  Poitiers,  à  Arnaud  de 
gatus.  On  voir  par-là  qu’Alfonle  croit  maître  de  Levczon  évêque  de  Béziers;  les  Touloulàins  auront 
Touloulè  avant  lcle&ion  d’Arnaud  de  Lcvezon  affligé  en  1121.  Guillaume  de  Montmaurel ,  qui 
évêque  de  B:ziers  à  l’archevêché  de  Narbonne  ,  commandoit  dans  le  château  Narbonnois  de  T011- 
laquelle  ne  fut  faite  qu’au  commencement  de  l’ail  Ion  fc  pour  le  comte  de  Poitiers  ;  8c  après  l’avoir 

1121.  Nous  Içavons  en  effet  que  Richard  fon  pré-  obligé  à  Ce  retirer,  ils  auront  été  en  corps  d’armée 

decellèur  mourut c  le  //.  de  Février  y  apres  avoir  à  Orange  cniu|.  pour  délivrer  le  corme  Alfonfe 
tenu  cet  ézcche  quatorze  ans  trois  mois  CS  dix  jours  : 
or  comme  Richard  étoit  archevêque  de  Narbonne 
t  dès  le  moisdejuillct  de  l’an  f  1 107.il  fout  que  fon 
éle&ion  tombe  au  5 .  de  Novembre  précède  nt ,  8c 
qu’il  (oit  décédé  le  15.  de  Février  de  l’an  1 121. 

Ainli  Arnaud  n’a  pu  lui  focceder  avant  ce  tems-ü 
&  avant  eu  le  gouvernement  de  Touloulè  au  nom 
du  comte  Alfonlc  lorlqifil  ctoit  encore  évêque  de 
Béziers,  ce  prince  aura  été  maître  de  Touloulè  au 
moins  à  la  lin  de  l’an  1120. 

On  peur  re&ifier  par-là  l’erreur  de  quelques  au¬ 
teurs  g  qui  mertent  Arnaud  de  Lcvezon  fur  le  fiege 
cpilcopal  de  Narbonne  dès  l’an  1 1 1 9.  II  eft  d’au¬ 
tant  plus  forprenant  qu’on  ait  commis  cette  fuite, 
qu’on  pouvoit  apprendre  ailcmcnt  l’époque  pré- 

ci  le  de  fon  élection  dans  le  martyrologe  de  l’égli  Ce  n’avoit  pas  été  alliegé,  quelle  néce/Iiré  y  avoit-il 

'•717!*  Narbonne  rapporté  par  Catel où  il  eft  dit ,  que  les  Touloulàins  lui  cnvoyaflènr  un  corpsdar- 

qu 'Arnaud  mourut  le  jo.  de  Novembre  de  l'un  niée  pour  le  ramener  dans  leur  ville  ?  une  limplc 
7/4^.  après  avoir  etc  archevêque  de  Narbonne  22. 
ans  y  /.  mois  CS  /*.  jours ,  ce  qui  fixe  l’époque  de 
cette  clcélion  au  1 6.  d’Avrilde  l’an  1 1 2 1 .  8c  con¬ 
firme  celle  de  la  mort  de  Richard  fon  prédcccftèur. 

VIII.  Nous  avons  des  preuves  'qu’Alfonlè-Jour- 
dain étoit  à  Touloufe  ou  aux  environs  en  1125. 

Catel  ken  apporte  plulïeurs  pour  les  années  1126. 

,t  Sc  11  27.  Guillaume  1  de  PuiJaurcnsdic  cependant 
•.  dans  fa  chronique  écrite  vers  le  milieu  du  XlII.lieclc 
&  quelques  autres  auteurs  après  lui,  -  qu’Alfonfe 
•ayant  lùcccdc  à  Bertrand  Ion  frere  aîné,  8c  étant 
»  retenu  dans  Orange ,  les  Touloulàins  mirent  une 

•  armée  fur  pied  ,  furent  le  chercher  en  1 1  j  3 .  & 

•  ramenèrent  dans  leur  ville  où  ils  le  reconnurent 


6  Hài.  éd 
ânt.  xioi .n. 
69. 

C-itel  ibid.p. 
7M. 

f  Ctiir,  /#.io 
/.67  e 


%C4t.rhr.Jl 
ni.  1. 


aftïegc  dans  cette  ville  par  le  comre  de  Barcelone  $ 

8c  après  avoir  fait  lever  le  fiege,  ils  auronc  amené 
ce  prince  dans  leur  ville.  U  n’y  a  rien  dans  tout 
cela  qui  ne  (oit  fondé,  fur  les  monumens du  tems 
8c  for  divers  actes  dont  on  a  déjà  fait  mention. 

1 X.  Les  termes  dont  fc  fort  Guillaume  de  Pui- 
latucns  font  allez  comprendre  qu’Alfonfè  étoit 
alliegé  dans  Orange  lorlque  les  Touloulàins  l’allè¬ 
rent  chercher  dans  cette  ville. . . .  Afonfus  P  ....  p  GhIü.  dé 
qui  cum  ap:td  Aurufi cam teneretur  tmpedttus , cives 
Tolofam  illuc  exercitum  tn  manu  valid  1  tr.infmife - 
runt  an  no  Dnmmi  M .  C.  XX  XI IL  (S  a  d  duel  h  m 
eum  fibi  tanqu.vn  naturulem  Jomtnum  prafeccrunt , 
expulfo  emm  Guillclmo  de  A  ionte-  rnaurdlo  milite , 
qui  pro  comité  Pilluvienfi ,  (fc.  En  effet  fi  ce  prince 


ipr  b  431. 


k  C4f/l  (omt. 
/•!»<*. 

1  G*,U.  J. 
*«•1*  *r. 

I. 


q  GdU.chriJl . 
.  U 
iU 


députation  n’auroit-cllc  pas  lùlH?  On  peut  confir¬ 
mer  la  certitude  de  ce  liège,  i°.  Sur  un  adleque 
le  même  Aifonfè  donna  ‘i  en  1 1  26.  en  faveur  de 
l’évêque  d’Ornnge,  pour  le  rétablir  dans  les  droits  Mv- ,d' r 
dont  il  jouiffbit  dans  cctcc  ville  avant  la guerre  (S  '"fu'id  ' 
la  defiruthon  de  fon  eghfe .  20.  Sur  une  ligue  qu’Al¬ 
fonlè  forma  peu  de  tems  après  Ion  rétablifïemenc 
dans  le  comté  de  Touloulè,  8c  avant  l’an  1125. 
avec  le  vicomte  Bernard-Aton  qu’il  promit daider 
contre  les  comtes  de  Poitiers  (S  de  Barcelone  ;  ce  qui 
fait  voir  que  ce  dernier, qui  étoit  maître  d’une  partie 
de  la  Provence  ,  étoit  ennemi  d’Alfonfè,&  qu’il 
l’avoit  alliegé  dans  Orange. 

X.  Befty 1  prétend  que  Guillaume  X.  comte  de  p.xiL 


_ _ .«38  NOTES  SUR  L'HISTOIRE 

N  O  T  £  Poiriers  &  duc  d*  Aquitaine,  fils  de  Guillaume  IX.  rapporter  uniquement  àleur  propre  autorité,  qui  —  - 

Lw  &c  de  Philippe  de  Touloufe,  fut  en  guerre  avec  eft  fort  fu jette  à  caution.  En  effet  les  uns  «  preeen-  **  °.T  * 

Alfonfe- Jourdain  au  fujet  du  comté  de  Touloufe.  dent  que  le  roi  d'Aragon  n’afliegea  Bayonne  que 

“Guillaume,  dit  cet  auteur,  poflèdoit  le  comté  de  parce  que  cette  ville  étoit  de  (on  domaine  :  pré-  *'"""•*• 

"  Touloufe,  Artenoit  dans  le  château  de  Narbonne,  tention  dont  M.  de  Marca  f  a  démontré  la  huf- 
"  qui  étoit  la  fortcrelfc  de  Touloufe,  un  gentil-  fêté.  D autres  difent  que  ce  prince  Rentrcprit  ce 
“  homme  d’Angoûmois  appelle  Geoffroi  de  Mont-  fiege  pour  tirer  railbn  des  Anglois  qui  avoitnt  fait  *g 

"  moreau  qui  le  gardoit  en  fon  nom  :  d’autre  part  des  courfcs  jufqucs  dans  la  balle  Navarre-,  autre 

"  Alfonle  pafïoit  le  tems  dans  Ion  pays  de  Pro-  faullèté  également  manifefte  ,  puilque  Bayonne 

*  vence  en  la  ville  d’Aurange,  en  attendant  fecours  n  appartint  aux  Anglois  que  fort  iong-tems  après 
"  ro*  Alfonfe  de  Caftill  e  fon  oncle  maternel. . , .  l’an  1130.  Mais  en  luppolant  même  que  ces  au- 
"  (ll1an(l  tout-a-coup  les  Touloulains . . .  entrèrent  tcurs  ne  fe  trompent  pas  au  fujet  d’Alfonlê-Jour- 

*  entébcllion  contre  le  duc  :  s’étant  élevez  en  ar-  dain  ,  &  que  ce  comte  fe  trouva  en  effet  au  fiege 
"  mes,  ils  fê  (âilîrent  premièrement  du  château  de  de  Bayonne ,  quelle  preuve  a-t-on  que  le  roi  Al- 
“  Narbonne ,  dont  nous  avons  parlé ,  en  chaflcrenc  for.fe  ait  entrepris  ce  liege  pour  foire  diverfion  en 

*  J,  gouverneur,  &  dc-là  s'en  allèrent  à  la  ville  fa  faveur  ,  &  qu’il  ait  enfuite  moyenné  fon accom- 

*  d  Aurange ,  d’où  ils  ramenèrent  le  comte  Alfonfe  modement  avec  le  duc  d’Aquitaine  ? 

*  qu  ils  reconnurent  pour  leur  feigneur.  Le  duc  à  Nous  n’ignorons  pas  qu’on  pourroit  s’appuier 

"  ces  nouvelles  mena  une  armée  en  Languedoc,  ou  fur  l’aUtoriré  de  M.  de  Marca  n  ,  qui  conjecture  »  hj/*** 
“croyant venir  facilement  à  bout  des  rebelles, le  roi  que  le  roi  d’Aragon  entreprit  le  fiege  de  Bayonne  -  M*1- 

*  Alfonfe  de  Caftille  le  jerta  dans  la  Gafcogne ,  &  en  faveur  d’ Alfoule-Jourdain  comte  de  Touloufe,  - 

-  afiiegca  Bayonne ,  afin  de  divertir  le  duc ,  qui  en  hommager  d'Aron  ,  contre  le  comte  de  Poitiers  - 

**  £?ct  *c  rctira  pour  fecourir  la  ville  &  (es  lu  jets, &c.  duc  de  Gafcogne ,  qui  polledoir  encore ,  ajoute-- 
••  Comme  on  penfoit  que  la  guerre  dut  s’échauffer,  t-il ,  une  partie  du  patrimoine  des  comtes  de- 
»  Je  roi  Alfonfe  rnoyena  un  accord  entre  les  deux  Touloufe.  «  Mais  cette  conjeétirc  n’étant  fondée 
••cou  ins,  le  duc  &  le  comte  Alfonlê,  fans  que  les  que  (ur  deux  fuppolîtions  évidemment  faillies, clic 
"  1  onens  s  expliquent  davantagc.«Be(ly  place  cet  tombe  entièrement.  La  première  cft  qn’AIfonfe- 
çvenement  fous  1  an  1133.  1131.  ce  qui  fait  Jourdain  ctoit  hommaoer  d' Aragon  ;  en  quoi 

voir  que  cet  auteur  a  adopté  la  faillie  chronologie  de  M.  de  Marca  a  adopté  trop  facilement  la  fable 
1  *  C  v  aj,rcnj>>  ^  Slî raPporteautcmsdeGuil-  avancée  par  quelques  auteurs  Efpagnols*,  Içavoic 
aume  .  duc  d  Aquitaine  le  retabliflement  d’Al-  que  Bertrand  comte  de  Touloulè,  &  frere  d’Al- 
on  e  ans  le  comté  de  Touloufe ,  tandis  que  cct  fonfc,  pour  obtenir  du  fecours  du  roi  d’Aragon,  lui 

événement  arriva  fous  Guillaume  I X.  fit  hommage  en  1  r  1 6.  La  féconde  eft  qu’Âifonfe- 

Cj’ant  a  la  guerre  qu  il  prétend  que  Guillaume  Jourdain  11e  rentra  qu’en  1153-  dans  la  pofUUion 
A.  ht  a  Alfonfe- Jourdain  au  fujet  du  comté  de  du  comté  de  Touloufe,  occupe  julqu’alors  par  le 
1  ouloule ,  &  a  la  diverfion  qu’Alfonfc  roi  de  Ca-  comte  de  Poitiers  -,  ce  que  nous  avons  fuihiammenc 
ltlllc  .ht  en  raveur  du  dernier  par  le  liège  de  Bayon-  réfuté. 

ne  5  '! a  Par  Labbc  &  le  P.  Ange  *,  le  XL  M.  de  Marca  adopte  un  autre  fait  avancé  par 

i*V  /.  417.  *  Prcm,c^a  contente  de  dire  en  general ,  que  GuiU  quelques  hiftoriens  Elpagnols * ,  lequel  eft  égale-  i  r.  Ui«L 
b  <An.thg  “Üu'r  k  comte  de  Touloufe  avec  ment  chimérique,  qui  eft,  qu’Alfonle  comte  de 

x.f/  ...aiUre  sctend  un  peu  plus,  &  avance  Touloufe  tua  durant  le  fiege  de  Bayonne,  dans 

»i«.  “  que  Gml  aume  duc  d  Aquitaine  eut  un  différend  un  combat  lingulier,  le  comte  Pierre  de  Lara  :  mais 

•apres  an  1  131.  pour  le  comté  de  Touloulè,  l’auteur  qui  a  écrit  l’hiftoire  k  de  la  maifon  de  *  L*>à 

-  contre  fon  coul.n  Alfonfe ,  &  que  ces  deux  prin-  Lara  ,  a  fait  voir  que  ce  n’eft  qu'une  fable  >  &  on  Sd,Z,iï 
■  ecs  s  accommodèrent  par  1  cnrremile  d’Alfonlc  doit  la  regarder  comme  telle ,  nonobftant  ce  qu’en  L*r4.u.iiu 
"  •  *  t01.  î  ^aj  f*  ^cau-frere  de  Guillaume,  dit  le  nouveau  traducteur  de  Mariana :,  qui  s’obje- 

Mais  ces  différends  de  Guillaume  X.  duc  d’Aqui-  étant  le  filtnce  dts  hütoriens  des  comtes  de  Tou-  W-* £'>!“ 
tainc  avec  A  fonfc  »  au  (ujerdu  comté  deToulotifc,  loufe ,  fur  une  circonlbncc  fi  mémorable ,  prétend 

.  lcur  accommodement  avancé  par  tous  ces  au-  que  cc  »'(Jl-là  jument  cjhi  do.t  ' 

tcurs,  ont  tout-a-fait  chimériques  :  entrons  en  pas  l'emporter  fur  I,  t:/na^n.iiç  exprès  des  hflonens 
preuve.  Efp.vnols  :  ce  témoignage  n’eft  nas  fi  exprès ,  & 

i,;  Crc  fi,t ,  AJ/0An?  L  roi  d’Aragon  ,  &  non  Jean  Bris  Martinez  qui  s’étend  le  plus  là-delfus , 

F5  ou  e  roi  de  Catulle  qui  afliegea  Bayonne  en  doute  fort  de  ce  duel.  D’ailleurs  aucun  des  hifto- 
1130.  mais  quand  c  eut  été  le  dernier,  on  ne  (çait  riens  Efpagnols  qui  adoptent  ce  fait,  n’en  apportent 
i  quel  titre :Rclly  le  qualihc  oncle  maternel  d’Al-  aucune  preuve. 

fonfc- Jourdain ,  ,  &  le  1>.  Ange  be ah  frere  de  Ci mil-  XI 1.  Il  y  a  quelque  difficulté  fur  l’époque  pre- 

rZu  ‘  •  d  Af1u,mne  > car  Alfon|c  VU.  roi  de  cife  du  départ  d’ Alfonfe-  Jourdain  pour  1 ’expedi- 
Caft.lle  qm  regnou  en  i ,  30.  étoit  petit-fils  d’Al-  tien  de  la  croifade.  Le  P.  I>agi  «  prétend  que,/*.-  • 

tonie  VL  &  n  etoit  par  confcquenr  quecoulingcr-  vant  le  continuateur  d'Atntom  d  les  autres ,  ce 

main  011  e-Jomdain.  Cette  obfervation  n’eft  prince  marcha  avec  le  roi  Louis  le  Jeune,  qui  prit 
pas  munie;  car  Alfonfe  I.  roi  d’Aragon  11’ayant  la  route  de  B  Allemagne*  de  la  Hongrie ,  &  par- 

aucune  lia.lon  de  fang  avec  Alfonle-Jourdain ,  on  tit  le  14.  de  Juin  de  l’an  1 1 47.  d’où  il  conclut  que 

ne  Içauroit  dire  qnil  n  afliegea  Bayonne  que  pour  la  lettre  de  S.  Bernard  à  Alfonfe  cft  antérieure  à  cette 

aire  civcr  ion  en  a  aveur  ,  à  moins  qn  on  n’en  époque,  de  même  que  le  voyage  de  ce  faine  abbe 

AU™  Brii  aPlK/[c  !  ‘s  pienves ,  ce  qu  on  ne  fait  pis.  en  Languedoc  Mais  il  cft  incertain, ajoute-t-il»» 

""""'f''-  n  1  ’ 11  cft  vra!  cluc  S'ÿ"»  d  hfpagnols  moder-  fi  ce  vovngepréccda  ou  ft.ivic  laffimblée  d’Eftam-  - 

«.».  ‘  ’  '  "f*  ^  avancé  ,  qu  Alfonfe- Jourdain  comte  de  pes,  tenue  le  .6.  de  Février  de  la  même  année, - 

jnr  '•  i°U!° !i c  R  C  UOUr , 3  Ce  (lt'Sc  », de  mên»  le  &  à  laquelle  S.  Bernard  fe  trouva.  •• 

mte  de  B'Sorrc  &  Ie  v,5'?mtc  Bcarn  :  mais  ils  1».  Nous  ne  trouvons  aucun  ancien  qui  marque 
e,  ne  citent  ucn  pour  autonfer  ce  fait ,  &  il  faut  s’en  qu’Alfonfc  comte  de  Touloufe ,  fc  loir  mis  en 


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marche  avec  le  roi  Louis ,  &  qu’il  ait  traverfc  avec  to.i.p./.  mais  c’eft  une  preuve  bien  claire, entre  plu-  N  q  T  j 
lui  l’Allemagne  &  la  Hongrie  :  on  ne  trouve  rien  fieitrs  autres,  qu’il  n’a  nullement  conftilté  les  hifto-  i. 

de  Semblable  dans  le  continuateur  a  d’Airaoin.  Eu-  riens  du  tems,  &  que  (on  ouvrage  tient  bien  plus 
des  de  Deuil;,  &  l’auteur  des  geftes  de  Louis  VII.  du  roman  que  de  l’hiftoirc:  il  n’eftrienditcn  effet 
qui  font  entrez  dans  un  grand  détail ,  Sur  le  voyage  dans  le  Gefta  Dei  per  Franco*  de  la  femme  d’Al- 
de  ce  prince  &  fur  les  circonftanccs ,  n’en  difcnt  fonfc  comte  de  Touloufc  :  cct  écrivain  a  avancé 
rien  non  plus  ;  3c  (i  AlfonSe  eût  etc  a  Sa  faire,  ils  ne  ailleurs  k  que  la  meme  comtelîe  de  Touloufe  le 
l’auroient  pas  (ans  doute  oublie ,  puisqu’ils  parlent  trouva  à  l’affcmblcc  de  Ptolcmaïde  tenue  au  mois 
de  plufieurs  autres  Seigneurs  de  moindre  impor-  de  May  de  l’an  1148.  &  qu’elle  droit  derrière  le 
tante.  Enfin  le  dernier  historien  b ,  Guillaume  de  roi  avec  les  dames  Françoifcs  :  autre  fable  dont  il 
Tyr,  Sc  k  continuateur  de  la  chronique  de  Sige-  a  embelli  Son  ouvrage. 

bert,  font  entendre  le  contraire,  puisqu’ils  mar-  XV.  On  a  ignoré  juîqu’ici  de  quelle  mai  (on  droit 
éd  qUent  qu’Alfonfc  arriva  au  port  d’Acrc  ou  dcPro-  cette  comtc(Ic,quis’appclIoic  Faydide:  nous  l’ap- 
]ïnuV9'  lemaïde  avec  une flutte ,  tandis  que  le  roi  Louis  le  prenons  d’une  lettre  1  que  Raymond  évêque  ac  lD 
Jeune  étoit  encore  aux  environs  d’Antioche  5c  de  Viviers  écrivit  vers  l’an  1 160.  à  Louis  le  Jeune 

Tripoli ,  où  il  droit  arrivé  par  terre.  roi  de  France  ;  car  ce  prélat  fe  qualifie  oncle  ma- 

1  °.  Le  P.Pagi  n’a  pas  fuit  allez  d’attention  a  l’épo-  terne/ *  du  comte  de  T >uf ou  fe ,  qui  étoit  alors  Ray-  *  Avuncuiu»» 
que  de  la  miflion  de  S.  Bernard  en  Languedoc  :  elle  mond  V.  fils  d’AifonSe-Jourdain  &  de  FaydiJc. 

c  emfrid.  cft  marquée  clairement  dans  la  lettre  que  Geoffroic  Or  ce  prélat  croit  certainement m  fils  de  Raymond  m  K  ^V,LI1* 

ta  difciple  du  Saint  abbé ,  qu’il  accompagna  dans  ce  Dccan  ,lcigneur  d  Uicz  &  de  PoSquiercs;  parcon- 


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GutU.  Tjr . 

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I  D»  Chiftti 
•  II* 


fo.  6.  s. 

ter», 


voyage  ,  écrivit  alors  aux  religieux  de  Claitvaux. 
Suivant  cette  lettre ,  S.  Bernard  étoit  i  Albi  à  la  fin 
du  mois  de  Juin  ,  3c  comptoit  être  de  retour  à 
Clairvaux  vers  la  fin  du  mois  d’Août  de  l’an  1 1 47. 
Il  eSt  donc  certain  que  ce  Saint  abbé  écrivit  à  AI- 
fonSè  comte  de  Touloufè,  5c  qu’il  alla  dans  les  états 


fcquent  Faydide  étoit  de  la  maifon  d’Ufcz,  3c  fille 
du  même  Raymond  Decan  mort  en  1138* 

XVI.  Du  Chcfoc"  a  avancé  dans  fon  hiffoiredes 
Daufins  de  Viennois,  que  Beatrix,  fille  aînée  8c 
hericicre  du  Daufin,  dit  Guignes  IV.  comte  d’Al- 
bon,  de  Vienne  ôc  de  Grailivaudan,  mort  eu  1 1 6  $ . 


n  Du  Cttfhi 
Vunn,  f,  14* 

&f‘1> 


de  ce  prince  long-rems  après  1  affemblec  d’Eftam-  épouSâ  en  premières  noces  Taillcfcr  comte dt  Saine 
pes.  En  effet  il  afliffa  avant  ce  voyage  au  concile  Gilles  ,  fils  puîné  de  Raymond  V.  comte  de  Tou- 
renu  à  Paris ,  à  la  fête  de  Pâques  de  la  même  an-  loufc  3c  de  Confiance  de  France.  Il  (c  fonde  d’un 
née  ;  3c  il  étoit  à  Clairvaux  lorsqu’il  cntrepiit  le  côte  fur  la  chronique  de  Guillaume  de  Puilaurcns0, 
voyage  dcToulouSc  :  il  s’enfuit  de  là,  que  Si  AI-  où  il  cft  dit  que  Raymond  V.  eut  un  iîls  appelle 
fonfc  reçut  à  Touloufc  le  légat  Albcric  8c  S.  Ber-  Taillcfcr  ';  8c  de  1  autre.  Sur  celle  qu’on  attribue  à 
nard,  ce  qui  cft  fort  vraisemblable,  il  ne  peut  être  Albcric  P  moine  des  Troi  s-fontaincs,  8c  dans  la- 
parti  avec  Louis  le  Jeune  qui  fe  mit  en  marche  à  quelle  il  cft  rapporté  *  qu'Albcric  Taillcfcr  comte 
Klcts  le  14.  de  Juin.  de  S.  Gilles  étant  mort,  le  duc  de  Bourgogne  « 

A lfonfe- Jourdain  comte  de  TouIquSc  ne  fuivit  épouSa  en  1 1  84.  Sa  veuve,  qui  croit  fille  de  l’an-  « 
donc  pas  Louis  le  Jeune  ,  3c  s’embarqua  avec  Scs  cicn  Daufin.»* Du  ChcShe  a  conclu  delà qu’Albc-  « 


O  O -4  il/,  dê 


p  At.ehn  n. 

«/j».  11*4.  fê 

16  6. 


troupes  pour  la  Terre- Sainte  ;  ce  qu’on  peut  con- 
ifnf.ii.  firmer  par  l’autorité  d  d’une  ancienne  chronique 
de  Nifines,  qui  porte,  c/lc  le  comte  Alfonfc  fe  ren¬ 
dit  an  port  de  Boc  au  mots  et  Ai  ut,  p'tir  aller  avec  Us 
rois  h  V expédition  de  Jerufilem,  Il  cft  vrai  qu’il  y  a 


q  BtU.  /«■*• 


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rie  Taillcfcr  mari  de  Beatrix ,  fille  du  Daufin ,  n’cft 
pas  différent  de  Taillcfcr, fils  de  Raymond  V  comte 
de  Touloufc  :  il  Sc  contredit  cependant;  car  il  con¬ 
vient  fur  l’autorité  de  la  vie  de  S.  Pierre  deTarcn- 
tailc ,  écrite  par  Geoffioi  *1  abbé  de  Haurc-combe , 
faute  pour  l’année ,  &  que  cette  chronique  met  cct  auteur  contemporain ,  que  le  premier  mari  de  Bca- 
événement  Sous  l’an  1  149.  au  lieu  de  l’an  1 147.  trix  cft  nommé  Afonfe  comte  de  Toutou  fe:  tâchons 
mais  ce  qui  fait  voir  quelle  ne  fc  trompe  pas  pour  le  d’éclaircir  ce  fait  de  notre  hiftoire.  Inter1  pnmïpcm 
mois  ,  c’eft  que  Raymond  Trencjvcl  vicomte  de  Jmtm  c  omit  cm  Uumbertum ,  cft-il  dit  dans  cette  vie, 

\t3i*friiy $f.  Béziers,  qui  fut  de  cette  expédition  c,  étoit  en-  Çf Hddcfonfum comitem Tolofinum ,in regione Gra- 
‘Tir!?.  j?7  core  ^ans  Plys  au  mo*s  d  Août  I  de  Tan  1 147.  tianopohtana  eo  tempore  dominant  cm ,  non  fine  mal* 

g  de  Roger  de  Hovvdcn  8,  qui  fait  partir  Alfonfc  comte  tx  tncendtü  c i  bomicidiis guerram  duttius  agit  eu  am 

jc  Touloufc  à  la  Pentecôte  de  cette  année  ,  dans  mttho  labore  fcdavit ,  cujus  occafme  négocié  ad  il  hi¬ 
le  même  tems  que  l’empereur  Conrad  3c  le  roi  firent  Anglornm  regem  Hmncum  defideratus  ac- 

Lotiis  le  Jeune  ,  s’eft  donc  trompé.  cejfit ,  &c.  Guichcnon  1  rapporte  avant  l’an  1  *6 7. 

XIII.  Nous  ne  connoifions  pas  le  detail  du  voya-  cette  guerre  entre  Humbert  III.  comte  de  Savoyc 
gc  d’AIfonfc,  depuis  fon  départ  du  port  de  Boc,  &  Alfonfc  de  Touloufc  qu’il  dit  mari  de  Beatrix, 
inné  vers  l’embouchure  du  Rhône,  juSqu’a  fon  ar-  &  qu’il  appelle  cependant  Taillcfcr  :  on  ne  fçau- 
rivécà  Acre  dans  la  Palcftinc  où  il  débarqua  vers  roit  en  effet  la  reculer  guère  davantage.  i°.  Saint 
le  1 5 .  d’Avril  de  l’an  1148.  ce  prince  paSlà  fins  Pierre  de  TarcntaiSc  vécut  encore  long- tems  après, 
doute  rhyver  dans  quelque  port  d’Italie  ou  de  comme  il  eft  marqué  dans  Si  vie ,  3c  il  ne  mourut  *  f  \cb.dt\4omu 
Grèce,  ou  peut-être  même  à  Conftantinoplc,  d’où  qu’en  1174.  i°.  Il  cft  dit  que  ccrre  guerre  du- 
il  fe  Sera  rembarqué  auprintems  pour  la  Palcftinc,  roit  depuis  long- tems  :  il  y  avoit  donc  ,  Suivant  le  1174*  »• 

1-  témoignage  de  l'abbé  Geoffioi ,  témoin  oculaire,  /'* 


t  Cuith.bfi» 
de  S*v»  l.  t» 

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'C<rv*ifivie 
4*S*i*r%l  6. 
■•14. 


à  peu  prés  dans  le  même  tems  que  l’empereur  Con¬ 
rad.  Un  ancien  auteur  hlc  fait  entendre,  en  diSant  vers  l’an  1 1  6 7.  un  prince  de  la  maifon  de  Tou¬ 
que  le  roi  Louis ,  l'empereur  Conrad  3c  Alfonfc  loufc  appelle  Alfonfc  qui  dominoit  far  le  Daufiné; 
duc  d:  Narbonne,  allèrent  à  JcruSalem  en  1 14S.  &nous  (çavons  d’ailleurs  que  Raymond  V.  comte 
pur  les  terres  d'Fty.anuel  empereur  des  Grecs .  de  Touloufc  u  reconnut  en  1 1  >  5 .  8c  1 1  60.  tant  en 

XIV.  Un  moderne  prétend  1  que  la  comtcffc  de  f  >n  nom  qu’en  celui  de  fon  f  cre  Alfonfc,  que  divers 
ToulouSc  femme  d’AIfonfc,  partit  pour  la  Terre-  droits  de  la  ville  de  Carpcnrras  apparunoient  à 
faintc  au  mois  de  Juin  de  l’an  1 1 47.  avec  la  reine  l’évêque. 

Elconor  quelle  accompagna.  Cct  écrivain  cite  pour  O11  pourroit  croire  que  c’eft  le  même  Alfonfc, 
ion  garant  le  livre  intitulé ,  Gefia  Dci per  franco; ,  fcere  de  Raymond  V.  qui  epoufc  Beatrix  hcriticre 


U  G-tlt‘  cUriftt 
nev.  ed •  X* 
tnjîr.  f.  14*- 

G-f'll* 

?r.  f.  574* 


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N 


g 40  NOTES  SUR  L'HISTOIRE 

de  Daufiné ,  fi-nous  ne  fçavions  d’ailleurs  que  Ray-  fut  traite  des  ravages  eau  fez  par  les  pirates  Sarafîns 
OTE  1  --  •  1  «r-  1..  r. _ •*/§-  rlanc  I^RniidillAn.  rVfV  rnnr  ce  nn*il  nniK  annr^H^ 


MércHiffi. 

4*+. 


dcDannnC,  imous  ne  gavions  a  amcuis^utA-y-  *v.i  ia<d^vauu<.  ^  .v,  ru«v,i  ^i4.u»  N  "D  T  E 

«  -  *  -  m0„d  y.  »  comte  de  Tonloufi  promit  fon  fils  en  ma-  dans  le  Rouflillon ,  c’eft  tout  ce  qu’il  nous  apprend  L  j 
»'c.„rn  naoe  d  la  fille  d  heriutre  du  comte  Daufiné  c’eft  de  ce  concile  :  il  ajoute  feulement,  que  M.  de 
,*4  -p-  =7‘-  ce  qui  paraît  par  une  lettre  quececomtc  écrivit  au  Marca  avoir  une  copie  des  aûcs,  tirce  des  archives 
*■  p~  6“‘  roi  Louis  le  jeune,  &  dans  laquelle  il  lui  marque  de  l’églilc  d’Elne.  M.  Baluze  k  s’étend  un  peu  plus  k 
ou’il  avoir  déjà  reçu ,  en  vertu  de  cette  promefle  ,  fur  ce  concile ,  fins  en  donner  cependant  les  a  êtes  :  r‘ 
une  partie  du  Daufiné.  Cptte  lettre  neft  pas  datée,  il  le  met  auflî  fous  l’an  1 1 5  4.  &  dit  qu’outre  Ar¬ 
mais*  il  eft  aife  d’en  fixer  l’époque  -,  car  elle  fut  naud  archevêque  de  Narbonne ,  les  évêques  Bcr- 
b  HU.  écrite h  peu  de  tems  apres  que  Raymond  eut  con-  nard  de  Beziers ,  Raymond  de  Maguclonne,  Ray- 
du  la  paix  avec  Raymond  Trencavcl  vicomte  de  mond  de  Carcafionnc ,  Raymond  de  Touloufc,  & 
c  Fr.  t.  j»j.  Beziers  :  or  cette  paix  fut  arrêtée  au  mois c  de  Juin  Udalgarius  d’Elne ,  y  alliftercnt  -,  d’où  il  eft  aifé  de 

*■/«*•  ‘  jcpan  1,6  5. Ce  mariage  ne  fiit  célébré  cependant  conclure  que  ce  concile  eft  poftérieur  à  l’an  1 1 54. 

que  long- tems  après  -,  car  r".  Taillefer  fils  puîné  de  car  Amelius  étoit* encore  évêque  de  Touloufc  en 
Raymond  comte  de  Touloufc  ne  pouvoir  avoir  1 156.  n  37.  &  1 1  }9-  1  Si  donc  Raymond  (on  l£-Mu- 

alors  plus  de  fix  ans, puifquc  Raymond  Vl.fonfrcre  fucceflcur.afiifta  au  concile  de  Narbonne ,  comme  *"• 

j  suit.  d.  aîné  if  étoit  né  qu’en  J  1156.  i°.  Beatrix  fe  maria  on  doit  le  croire  fur  l’autorité  dcM.  Baluze,  qui  fans 
n.  rrn;(iémes  noces.après c  la  mort  du  duc  de  Bour-  doute  en  avmt  vû  les  aétes  ,  il  faut  qu’il  ait  été 


lorfqu’elle  fut  promile  au  hls  puîné  du  comte  de  dernière  année,  &:  Raymond  évêque  dcCarcaflônne 

t^nS.  au.  Touloufc.  Au  relie  on  ne  fixait  où  le  P.  Ange f  a  mourut  le  1 1  ™  de  Juin  de  l’an  1 1 4  1  -  Au  refie  on  mj.  V, 

t».  ».  /.  si7-  is  que  ]c  premier  mari  de  Beatrix ,  comte  lie  de  doit  lire  Bcrmtmd  au  lieu  de  Bernard  de  Beziers ,  *• 

Vienne  ,  s’appclloit  Guillaume  Taillcfcr.  puifquc  le  premier  occupa  h  le  fiége  épifcopal  de  n  f.  es. 

Par  ce  que  nous  venons  de  dire ,  on  explique  la  cette  ville  depuis  l’an  1 1 }  o.  jufqu’en  1150. 
raifon  pour  laquelle  Alfonfe ,  frère  de  Raymond  V.  - - ; - 


lauuui'uu*  -  .  /  ,  ,  . 

comte  de  Touloufc ,  exerçoit  Ion  autorité  dans  le 
Daufiné  vers  l’an  1 1  67. &  faifoit  la  guerre  au  comte 
de  Savoyc  :  c’eft  fans  doute  parce  que  Raymond 
qui  avoir  déjà  pris  pollèflion  de  ce  pays  des  l’an 
{ir.jftfii».  1163.8  au  nom  de  (on  fils ,  ayant  alors  d  autres 
„u.  Ampt.  cs  à  foùtcnir ,  &  étant  occupé  d’ailleurs  du 

*''•  7,,‘  gouvernement  de  fes  propres  états,  lui  avoir  confié 
&  1  •  t  n. ..c-/  s-  AïKli  rommt;  fureur 


<0T  I 
UL 


NOTE  L  I  I. 

Sur  les  anciens  [ciyicurs  d’Vfcx^ 

I.T  ’Orîgirtc  Sc  la  fuite  des  anciens  (cigneurs 

gouvernement  de  tes  propres  eca,s,n„  -v- . .  Le  d’ülez  eft  allez  obièure ,  tant  à  caufè  des 

celui  du  Daufiné  ,  &  l’avoit  établi  comme  tuteur  difterentes  branches  qui  ont  partagé  la  fcignenne 
du  jeune  Albcric  Taillcfcr  fou  fils.  de  cette  ville  ,  &  tranlm.s  leur  droit  &  leur  nom 

XVII.  Alfonfe  frère  de  Raymond  V.  comte  de  a  d  autres  mations ,  que  par  la  rcflcmblancc  des 

Touloufc  vivoit  encore  en  1185.  car  nous  avons  noms  propres.  .....  r  . 

vû  une  charte  originale  de  l’eglife  de  Chartres ,  par  Suivant  une  épitaphe  °  qu  on  lifoit  fur  les  murs 
laquelle  Henri  ro)  d' Anpebrre ,  duc  de  Normandie  de  l’églile  de  1  aboaye  de  1  l.ilmodi  au  diocclc  de 
dde  Gnicnne,d  comte  d  Anjou,  étant  à  Tours,  con-  Nifmes ,  Raymond-  Deçà  nfity.ur  de  Pofijutcres  d 
firma  les  donations  qui  avoient  été  faites  en  faveur  dVjez. ,  qui  y  fut  inhumé,  dyaimmutaH  mois 
de  cette  é"life  par  Richard  mirants  de  Normandie-,  &Ao*t  de  l'an  ttjg.fut  pere  dcsciejues  Raymond 
ce  ou  il  fifen  prcfcncc  d 'Alfonfe  fnre  du  comte  de  de  Fiviers ,  Raymond  d  Ujez.,  Pierre  de  Lodeve , 

S  G, Res  de  Guillaume  archevêque  de  Reims ,  de  (S  Albert  de  Nifmes  -,  fur  quoi  nous  remarquerons 
Bavthelcmi  archevêque  de  Tours,  &c.  Cette  chat  te  que  cette  épitaphe  doit  avoir  etc  drcllcc  long- 
n’cft  pas  datée  :  on  y  voit  feulement  le  fccau  pen-  tems  apres  la  mort  de  Ravmond-Dccan  ,  pmique 
dant  du  roi  d’Angleterre -.mais  elle  doit  être  pofte-  Raymond  Ion  fils  ne  fut  clu  éveque  de  Viviers 

b  1».  GaU.  ricureàlan  117 5°  puifquc  cette  année  h  eft  la  pre-  qu’en  1158.  .  .  ,  _ 

çhn/i.  f. U  •  J  l’épifcop.ic de  CCS  deux  archevêques;  &  H  eft  fait  mention  du  meme  Ravmond-Dccan, 

eue  Henri  archevêque  de  Reims ,  piédeceUèur  de  &  de  Raynicr  ou 1  Raynon  fin  frère  dans  un  aefte  P  piÿ-W 

Guil'aume ,  ne  mourut  que  le  1 3 .  de  Novembre  de  de  la  meme  aobaye  de  Plalmodi  de  1  an  1 097. 

y".  D’un  autre  côté  cet  aéle  eft  antérieur  à  mais  ces  deux  frc.es  ne  prennent  aucun  titre 

1.  mor  de  Henri  II.  roi  d’Angleterre ,  arrivée  en  dans  cct  aefte.  Le  premier  fc  qualifie  Raymond- De- 

i  1 9  9  ainli  il  eft  vrai fcmbUb’èment  de  l’an  ,185.  «* ,  on  feulement  Dccan ,  dans  divers  «1  titres  des 

dans  le  tems  ou’ Albcric  fils  de  Raymond  V.  comte  années  luivantcs  jufqu  en  .  1  30.  &  nous  ne  trou-  /ff.„,.4iu 

dè  Touloufc  étant  mort,  Beatrix  fa  veuve,  hcriticrc  vous  aucun  monument  ou  il  (oit  qualifie  fcigneur  ♦«. 

du  Daufiné, fe  fût  remariée  avec  le  duc  de  Bonrgo-  d'U  fez  que  fon  épitaphe.  Nous  con, cécurons  de 

gne  •  Alfonfe  qui  auparavant  avoir  eu  le  gouverne-  là  que  la  kigncur.e  de  cette  ville  lui  échut  pat 

ment  du  Daufiné  au  nom  de  fon  neveu ,  fe  retira  fans  fucccflïon.  En  effet  nous  trouvons  un  Elea^rdU- 

doute  à  la  conrd’ Angleterre  aufliiôr  après  cc  mariage.  ' 


NOTE  L  I. 

Sur  le  concile  tenu  à  Narbonne  fous 
.  répifeopat  d’ Arnaud  de  Leve^on. 


dré  d'Avignon  i  &  comme  le  même  Èlcazar  d’U- 

O 


iCOHC.  to.  10. 
f.  181t. 


fez  vivoit  encore  en  *  1 1 1 8.  6c  1125.  c’eft  une  ,N,,‘4n 
preuve  que  Raymond-Dccan  ne  podêda  la  feigneu- 
rie  de  cette  ville  qu’apres  la  mort  d'Eleazar,  qui  eft 
le  plus  ancien  fcigneur  dTJfez  que  nous  connoii- 
fions ,  6c  qui  vrai (êmblablement  fur  pere  du  même 

TE  P.Labbe  1  fait  mention  d’un  concile  tenu  Raymond-Dccan,  6c  de  Raynon  fon  frere,  fci- 

_ 4  à  Narbonne  en  1 M  4-  par  Arnaud  archevêque  gneurs  d’Ulcz  après  lui.  *  . 

de  cette  ville,  légat  du  faine  fiége,  dans  lequel  il  Roftaingdc  Pofquicrcs  foufcnvit 


LLC. 


’^i. 


Digitized  by  ^.ooQie 


RO  T* 

LU. 


B  Ë  LANGUEDOC. 

Généalogie  des  anciens  feigneur  s  d'Ufez^  &  de  Pofquiere  's. 


Hï 


NOTE 

fcll. 


f  f  Pierre  de  Tof- 

f  Roftaing  ÎI.  fei-  f  quiercs  vivoit  en 
J  gncur  dc  Pofquie-  I  1138.  àci\\6. 

I  rcs  ,  époufa  en< 

*  11 11.  Ermetfinde  J  Roftaing  III. 
de  Bciziers.il  mou- I  de  Pofquicre.  en 
tuc  avant  1146.  i,  1 1 3  8  8c  1 1 4*. 


r 


Roftaing  IV.  Ici- ï  Douce  héritière 
gncur  dc  Pofquie- 1  de  Polquicrcs  ,  é- 
res&dc  Margue-  [  poufa  en  1210. 
rites  en  12©^.  *.  Eracle  feigneurde 

vMomlaur: 

Bermond  ,  dont 
les  cnfins  mouru- 

Bermond  I.  fei-  f  E,z<*r  H;  fci‘^  *enc  kns  pollc- 
gneurd  Ulcz  pour  J  gncur  dePofquic-  j  ri 
la  moitié  en  1144.»  rescn  1 1 81.1 1^3.  s 
8c  xio8. 


'  rite. 


moitié  en  1 144 
il  croit  auili  lci- 
gneur  de  Pofquic- 
resen  1 1 69- 117 4. 

&  117*. 


Êlzearl.fci 
gncur  d’U- 
•ifczCniogg. 
4l  iuj. 


Raymond  Decan 
fcigncurd’Ufcz& 
de  Pofquiercs,  é- 

poula  vraifcmbla- 1  Àldcbcrt  évé¬ 
nement  N.  hile  |  que  de  Nilmes  de- 
&:  héritière  deRo-J  puis  1 1  jo.julqucs 
ftaing  I.  de  Pofi-  }  1177. 
quiercs.  qui  vivoit 


en  1  o  6  6.  Ray¬ 
mond  -  L'ccau 
mourut  en  x  138 


Bermond  II.  fei 


i.Ç  *>< 

n  :  de  la 


becanftijrneur 


en  1283; 


Raymond  évê¬ 
que  d'Ufez  depuis 
1150.  julqu’cn 

117?. 

Pierre  évêque  de 
Lodeve  en  115g. 
8c  11 60. 

Raymond  évê¬ 
que  de  Viviers  en 
n  JS-  &  11 60i 

Faydide  Femme 
d’Alfonfè  -  Jour- 
'  dain  ,  comte  de 
^Touloulê. 

f  Guillaume-Rai- 
non  vivoit  en  1141. 
8c  mourut  lans  en 
Fans. 


Pierre  abbé  de 
Plalmodi  cm  174.  ^ 

„  .  ..  \  gncur  d’Ulez  en  '  arc  la  n,olt,c 

Raymond  ,  dit  <  £ar;ic  c„  J  f«eo  izJ4 

Rafc.is  ,  icigncur/  J1.,_  ( 

d’Ulez  en  partie^ 
en  1 18$.  8c  notf.  1  Lit 

‘  •  .r  r  •  f  Garhnde  corn- 

Ramor,  II.  fei-  .  tclrc  dc  forca|. 

gncur  dUlez  pour  icr>  é  cn 
un  4e  ,  &  leigneur  I  Udefonfe 

du  Caviar,  epoufa^  „  comtedc  Pr0. 

vcncc  8c  roi  d’A¬ 
ragon. 


|  Bermond  lit.  fèîgnewP 
1  d’Ulez  pour  ia  moitié; 
laquelle  Fur  crig*c  en 
vicomte  en  1328  cn  Fa¬ 
veur  dc  Robcit  (on  iils. 
d  UJ  I^c  cc  dernier  dclcendoit 
'iclta  '  Simone  ,  h:  ricierc  dc  la 
vicomte  d’UFez  ,  qui  cn 
14 ?6.  épouFa  Jacques  de 
Ballet  -  Crulïol  ,  duquel 
dclccn.îcnt  les  ducs  d  U- 
^Fez  d’aujourd’hui. 


i  v.  Garltndccom- 
teirc  de  Forcdl- 
quicr:  i°.  N.  U  é- 
toiemort  en  1214. 


Rninon  t.  fei- 
gneurd  Ufczavcc 
Ion  Frère  Ray- 
mond-Dccan,  fut^ 
a  11  lli  leigneur  du  I 
Cay Iar:il  vivoit  en 
ioj>7.  &  1  n6.  8c 
.époufa  Beatrix. 


Beatrix  dame  du 
Caviar  epoufa  cn 
1202.  le  Daulin 
André  dc  Bourgo¬ 
gne,  diiGui^uCiX. 


f  Èlzeardc  Sabran 
leigneur  d’Ufez 
pour  n  ,  qu’il 
Guillaume  dit  •  vcndit  à 
ManorcI, leigneur^  dc  ccttc  villc  cn 
d’Ulez  pour  un  8  , 
épouiaErmCilinde 


D 

z .  Lit. 
Guillaume  dit 


qui  etoit  veuve  cn 
1 260. 

Rainon  III.  Fei- 
gneur  dc  la  Tour- 
d' Aigue  &d'Uiez 
pour  un  8e  qu’il 
vendir  cn  1241.  à 
l'cvcque  dc  cette 
L  ville. 


1280.  Il  a  Fait  la 
branche  des  com¬ 
tes  d’Arian. 


Rofeie  dataed'U- 
Fez  pour  la  moitié, 
8:  du  Caviar  au 


Elzcar  IV.  fei- 
gneur  d’Ulez  cn 
partie  cn  1234-  c-J 
poula  Guillclmc- f 
te  :  tclîa  cn  12J4. 

8c  vivoit cucorecn 
1271. 


Berenger  feigneur, d’U- 

ez  en  partie  ,  epoufa 
avant  l’an  1521.  Blan¬ 
che  de  Plalian.  Branche 
(a  petite-fille  ,  héritière 
dc  la  branche ,  époufa 
après  l’art  i$::o.  Hugues 
de  Laudun  Feigneur  de 
Moiufaucon  ,  dont  les 
dclccndans  vendirent  en 
i4S»5*  leur  paît  d’Üicx 
au  toi  Châties  VIII. 


Aiamandc. 


Guife. 


Elzear  III.de  Sa-  f  Rain0n  Iv.  fci. 

-  —  ’  fc,Sncur^  gncurd'Ulcz  pour  f  partie. 

diocèlcdcNilmcsX  ^  u-cz  Pour  un  un 4ScpoufaGuü- 
éofti.Fa  Rnii.iint?  1  quart  en  1200.  1  . 


R  iinon  V.  Fei¬ 
gneur  d  Ufez  ch 


époula  Rol’taing 
dc  Sabran  :  ede 
mourut  avant  J’an 
^MOf. 


I 


Iclmccc  ,  fille  de 
Raymond-Gaucc- 
lin  Feigneur  deLu- 
nel ,  &  de  Sibylle 
dc  Montpellier  : 
il  mourut  avant 
l’an  12541 


Raymond  Gaucelin  If; 
feigneur  d'Ufez  en  partie  , 
dc  Ledenon  Ac.  Roujlc- 
d  j  ^  1  ,in  de  Lunel  Ion 

Raymond  Gau.  |  coulin, lui  donna  ccttc  ba- 
«  m  I.  leignor  .  roilni  „ 

dUicz  en  pirtie  Gcraudd’A.ni  :iUcha„- 
cpoula  Üeairix  dc  ;  gca  (a  pjrf  cn  Iip;  anc 

Je  roi  Philippe-lc-Bel.  Il 
tc;:a  en  1314.  Bca:rôc  Ç* 

l  î  ÜUe  Kcf’0fciatde 

l^Elzcare.  [  Monrauban. 


Fredol,  qui  etoit 
veuve  cn  127^. 


l’union  dc  I  abbaye  dc  S.  Gilles  à  celle  dc  Cltin? , 
&  en  1  oh  S.  à  la  charte  de  Raymond  de  S.  Gil¬ 
les  ,  immédiatement  après  Elcazar  d’Ulez  ;  ce  qui 
joint  à  ce  que  Ray mcfxl- Decan  prcnoirle  lîirnom 
de  Polquiercs  des  l’an  3  1  103.  nous  donne  lieu  dc 
croire  que  ce  dernier  epoufa  une  fille  du  même 
.  Roftaing ,  qui  fut  héritière  dc  la  fcigneuric  de 
Pofquieresd 

Le  vicomte  Bernard- Aton  vendit b  en  ti4i.aRai- 
/•  Ï19.  Z  f'  ^on  &  Guillaume  Rainon  ,  les  patis  qif’il  avoit 
aux  environs  du  Caviar  &  dc  Teillan  dans  le  dio- 
cclc  de  Ni  filics  9  fi  r  les  frontières  de  leurs  dorn.vncs, 

«  Pr.  ikid.  Or  comme  nous  apprenons  d  ailleurs  c  que  les  fe  i- 
*y!**ju  §neiïr5  ^  pollêdoicnt  les  terres  de  Pofijuieres 

T ome  II . 


&  du  Caylar  >  Se  qu’ils  croient  va/Iaux  11  du  même  d  />r-  /•  na 

vicomte  pour  les  domaines  qu’ils  polfedoierït  dans 

ce  diocèlc,  ce  Rainon  ne  doit  pas  être  différent 

de  Rainon  leigneur  d'Ufez  cn  «  partie  ,  &  frere  e  p. 

dc  Raymond-Dccan  :  il  vivoit  encore  par  con- 

feq tient  cn  114/.  Guillaume  Rainon  dont  il  cil 

parlé  dans  cet  aéle,  éroir  vrai lèmblablement  Ion 

fils,  &  mourut  làns  doute  finis  poftérité  ;  car  nous 

voyons  Fque  Rôle  ou  Rofeie  fille  dc  Rainons  St  t A* 

femme  de  Roftainq  de  Sabran ,  porta  une  partie  de  **/'•  iM. 

la  Fcigneuric  d'Ufez  dans  la  mailon  de  ce  dernier; 

II.  Raymond-Dccan  feigneur  d’Ufez  Se  de  Pol- 
quieres  eut  plu  (leurs  fils  dont  quatre  furent  évêques 
dans  la  province >  comme  on  la  déia  vu  jfçavon1 

MM  Inm 


•Note 

LH. 


641  NOTES  SU  K.  L’HISTOIRE 

Albert  ou  Aldebert  de  Nifmes  depuis  l’an  1141.  &  qui  moururent  à  ce  qu’il  paroît  fans  poftérité  ~  o  T 
julqn’en  1 177.  Pierre  de  Lodeve  depuis  l'an  1444-  avant  l’an  1  168.  parce  que  Bcrmond  qui  ne  fe  * 

jufqukn  1 160.  Raymond  de  Viviers  en  1158 .  &  qualifioit  en  11+6.  6c  les  années  fuiyantes  que 
1 1 60.  &  enfin  Raymond  d’Ufez.  M1*  de  Sainte-  Bcrmond  dUfez.  prenoit  en  1 1 68.  le  titre  de  fii - 
Maithe  *  prétendent  que  cckii-ci  eft  le  même  que  gneur  dUfiz.  d  de  Fofqmercs ,  ce  qui  fait  voir 
Raymond  qui  étoit  évêque  d'Ulez  en  1 1 40.  &  qui  qu’il  leur  fucccda. 


t*  Géü.ihrift.  Maithe  *  prétendent  que  cekii-ci  eft  le  même  que 
•  f-  h+6.  ^;lymon(J  ^uj  (ftoit  évêque  d'Ulez  en  1 1  *0. 6c  qui 
bCmii.chri/i.  fiegeoit  dès  b  Un  1114.  mais  ce  Raymond  ne  peut 
z67e*  u'l'c'  avoir  été  fils  de  Raymond  Decan ,  6c  c  étoit  plutôt 
Raymond  qui  fut  évêque  d’Ufez  depuis  environ 
l'an  n 5 o. jufqucn  1 1 7 9.  6c  que ccs Mrs appellent 


de  Bornpar .  Nous  en  trouvons  la  preuve  dans  ITR  _  ^  »  /  •  r  .  tr 

n  ;  •  ,  .  p  .  „  a  j,_c  Epoque  du  voyave  du  rot  Louis  le  Jeune 

acte  original  de  lan  2 160.  que  nous  avons  vu  dans  *  7  y  ô 

0  .  I  .  _  .  J» 


*****[»'*?  letréforc  des  chartes  du  Roi,  par  lequel  Gal- 
t tnionfe  fa  burge  6c  Hugues  d’Uffel  (on  fils,  rendent  foy  & 
hnmm aoe  a  a  R  avmnnd  rnmre  Ar  Tonloulr  • 


dans  la  province  à  fon  retour  de 
S*  Jacques  en  Galice . 


hommage  à  Ufez  à  Raymond  comte  de  Touloufe , 
pour  les  châteaux  d'Uflèl,  de  S.  Laurent  6c  de  T  E  P.Pagi  P  prouve  très-bien  la  vérité  du  pele-  f  u 

iàinte  Colombe  ,  en  prcjcnce  de  Raymond  ézique  JL 4  rinage  du  roi  Louis  le  Jeune  à  S.  Jacques  en  *“ 

d'Ufez. ,  (3  de  Bcrmond  dUJez. [on frire.  Raymond  Galice  après  fon  mariage  avec  Confiance  de  Ca- 

évêque  d’Ufez,  qui  vivoit  en  1169.  ctoit  donc  de  ftille  ,  malgré  le  fiknee  de  la  plupart  de  nos  an- 

ta  mailôn  des  fèigneurs  Je  cette  ville ,  6c  non  de  tiens  hiftoriens  :  mais  il  fc  trompe  en  fixant  le 


tiens  hiltoriens  :  mais  H  te  trompe  en  hxaiu  le 
•celle  de  Bompar,  6c  il  ne  peut  être  diffèrent  de  Ray-  tems  de  cet  événement  à  la  fin  de  l'an  1 1 5  5 .  &  en 

mond  fils  de  Raymond-Decan  -,  i  °.En  ce  qu'on  reprenant  Robert  abbé  du  Mont  S.  Michel  qui  le 

n’a  aucune  preuve  que  Raymond  qui  fut  évêque  rapporte  à  l’an  1154.  Cette  dernière  année  eft  en 

d'Ulez  depuis  l’an  1114.  jufqu’en  1150.  fût  fils  effet  la  véritable  époque  du  voyage  de  ce  prince 

du  même  Raymond-Decan.  2  °.  En  ce  que  les  ttois  au-delà  des  Pyrénées ,  en  voici  la  preuve, 
autres  fils  de  ce  dernier  ne  dirent  élevez  à  la  di-  i°.  Nous  avons  une  charte  H  de  Louis  datée 
gnité  cpifcopalc,  qu’en  1141.  1154-  &  1 1  6  3-  de  Touloufe  l’an  1154 .lorfqu  il  paffoit  dans  ceHe 
Enfin  il  eft  marqué  dans  un  autre  titre  du  tré-  ville  à  fon  retour  de  S.  Jacques. 

I  trif  for  J  des  chartes  du  Roi  de  l’an  1154»  que  Ray-  i°.  Ermengardc  vicomtcllc  de  Narbonne  tt- 
fidfaJ iîÎT  niond  évêque  d'Ufez,  qui  vivoit  alors,  étoi  ifrere  nonça  à  la  dépouille  des  archevêques  de  cette  ville, 
w.  d' Al icbirx  évêque  de  Ni'mes.  Or  il  eft  confiant  ,&  par  un  acte  r  date  de  MontpJUtr  A  Samedi  //.  de  r  c*xti m. 

Mn  de  Sainte-Marthe  en  conviennent ,  que  ce  der-  Janvier  de  l'an  /  /sf.  régnant  Louis  roi  de  France , 
nier  ctoit  fils  de  Raymond-Decan.  lorfqutl  nveno't  de  S .  Jacques.  Cette  date  ne  «•Hcfar.& 

On  vient  de  voir  que  celui-ci  eut  un  fils  appcllé  (çauioit  convenir  à  l’an  1156.  en  commençant  ,27,‘ 

Bcrmond  qui  lui  fucccda  dans  une  portion  de  la  .  l’année  à  Pâques ,  fuivant  l'ancien  ftile  ,  malgré 
51 6.  fêigncurie  d’Ufez.  Nous  trouvons  c  en  effet  un  ce  quYn  dit  M.  l'abbé  Fleuri  • ,  puifque  la  lettre  •  ?/«*.*»/. 
î«M66.s7t.  Bcrm0nd  feigneur  d’Ufez  qui  vivoit  en  1  146.  dominicale  ne  peut  s’accorder  avec  cette  dernière  l'  7°** 
19  j.  î9j.  ^  les  années  fuivantes  ;  ce  qui  fait  voir  que  M"  de  année  ,  au  lieu  qu’elle  convient  très-bien  à  l'an- 
fGtU.chrifl.  Sainte  -Marthe  *  (c  trompent  encore,  lorsqu'ils  née  1155.  Pr’k  fuivant  notre  manière  de  comp- 
j.  f-  77*-  appellent  Raymond,  au  lieu  de  Bcrmond  ,  le  ter  depuis  le  prunier  de  Janvier.  Ce  n’eft  pas  là  la 
frcrc  du  même  Aldcbert  évêque  de  Nifmes.  feule  preuve  que  nous  ayons  qu’on  datoit  indiffe- 

ç  fr.  p.  60U  Bcrmond  iè  qualifioit  8  feigneur  d'Ufez.  d  de  remment  dans  la  province  au  XII.  fiécle,  ou  depuis 


n  naar& 

Du  et. 


Ot.  ocrmona  icquaimoit  s  jeignrur  aujez.  w  ae  remment  crans  la  province  au  au.  uecie ,  ou  depuis 
fcfr.  1#.  1.  Pofquieres  en  1 1 68.  &  prenoit  le  titre  u  de  fci~  l’Incarnation ,  ou  depuis  la  Nativité  de  notre  Sci- 
gneur  d'Ufez.  d  de  Pof f  tut  res  par  l.i  grâce  de  Dieu  gneur  J.  C. 

en  1 174.  H  avoit  alors  deux  fils  Elcazar  6c  Ray-  j°.  Il  eft  certain  d’ailleurs  quele  roi  Louis  Iejeune 
mond  dit  Rafcas ,  qui  firent  deux  branches.  Le  étoit  aux  environs  de  Montpellier  au  commence- 

dernier  eut  en  prtage  une  portion  de  la  feigneu-  ment  de  l’an  1 1 5  5 .  il  donna  tn  effet  un 1  diplôme  t  Fr-F-su. 
irr.f.  fot.  rie  d’Ufez  *.  Cette  portion  fut  érigée  en  vicomté  en  faveur  de  l’églifc  de  Maguclonne  aux  environs 
en  1528.  en  faveur  de  Robert  l’un  de  fes  delcen-  de  cette  ville,  le  Mercredi  jt  urdes  Cendres  ç.dc  Fe- 
dans  males.  Elle  fut  portée  en  14S6.  dans  la  mai-  vritr  de  la  même  awxe  ;  calculée  par  conlcquent 
fon  de  Baflet-Cruffbl ,  par  le  mariage  de  Simone  depuis  la  Nativité ,  ce  qui  fixe  encore  l’cpoquc  de 
d’Ufez  héritière  de  cette  branche  ,  avec  Jacques  la  charte  d’Ermengavde  vicomtefle  de  Narbonne. 
deCrullôl ,  &  érigée  en  duché  en  1 5  7  z.  Elcazar  4®.  Enfin  Raoul  u  de  Diccto  auteur  contem- 
k  Ff*f.  571.  ou  Elzear,  l’aîné,  qui  étoit  déjà  grand  en  1 16  i.k  fit  porain  ,  parle  du  voyage  du  roi  Louis  le  Jeune  à  hifa.f.iir 

la  branche  de  Bofquicres&deMarguerircs  qui  tom-  S.  Jacques,  fous  l’an  1154.  ainli  l’abbé  Robert, 

ba  en  quenouille  au  commencement  du  Xlil.  fieele.  autre  hiftorien  du  tems,n’cft  pas  le  fèul  qui  le 
IV.  Il  y  avoit  eu  auparavant  une  autre  branche  mette  fous  cette  époque, 
de  la  maifon  d'Ulez  qui  avoit  porté  le  nom  de  Mais,ditleP.  Pagi  x  ,  il  eft  certain  que  la  reine 
Pofquieres’,  car  Roftamg fils  de  Dccan  de  Pofquieres ,  Confiance,  femme  de  Louis  le  Jeune  ,  étoit  en 

époufa  en  1 12 1.  1  Ernu dinde  fille  de  Bernard-  Efpagne  auprès  d’Alfonfe  roi  de  Caflille  (ôn  perc* 

Aton  vicomte  de  Bcziers.  Or  ce  Decan  perc  de  le  premier  de  Janvier ,  &c  le  6.  d’Oélobre  de  lan 
■»  y -F-  537*  Roftaing,  n’dl  pas  diffèrent m  de  Raymond-Decan  1156.  Scroit-il  vraifcmblable  ,  qu’ayant  accompt- 
feigneur  d'Ulez  6c  de  Pofqtiietes  dont  on  a  déjà  gné  (ans  doure  le  roi  (on  mari  dans  fon  voyage, 
parlé.  Rollaing  de  Pofquieres  fils  de  Decan  6c  elle  eût  demeuré  enfuite  fi  long  -  tems  feparée 
mari  d’Ermdlinde,  ctoit  donc  frère  de  B.rmond  I.  de  lui  r  A  cela  on  peut  répondre ,  que  quand  même 
.  feigneur  d'Ufez.  Il  hérita  de  la  terre  de  Pofquieres,  Louis  le  Jeune  n’auroit  entrepris  ce  voyage  qu’en 

6c  des  autres  domaines  du  diocèle  de  Nifmes  \  ôc  1 1  s  5-  Confiance  auroit  toujours  demeuré  plus  de 
comme  il  étoit  déjà  marié  en  1 1  2 1 .  il  devoit  être  neuf  mois  feparée  de  lur,&  qu’a  fon  retour  en  1  ran- 
l’aîné.  Il  eut  deux  fils  d’Ermt dinde  n  de  Béziers  fa  ce, ce  prince  l  auroit  laidëeaupièsdu  roi  de  Caflille 
♦p.  fçmme,  Pierre  &  Rollaing  qui  vivoient  cn°i  146.  fon  perc.  Mais  quel  qu’ait  cté  le  motif  duféjourdc 


Con  I 
•0  T g  mari 
illL  fctOl 
ment 

CjIIi 

lui  ai 
lui  p 
lira  t 


le  premier  de  Janvier ,  ôc  le  6.  d’Oélobre  de  l'an 
1156.  Scroit-il  vraifcmblable  ,  qu’ayant  accompa¬ 
gné  fans  doure  le  roi  fon  mari  dans  fon  voyage , 
elle  eût  demeuré  enfuite  fi  long  -  rems  feparée 
de  lui  :  A  cela  on  peut  répondre ,  que  quand  même 


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N  O  t 
JLl  V. 


DE  LANGUEDOC.  64  j 

Confiance  au-delà  des  Pyrénées  fons  le  roi  fon  Robert  rapporte  cette  entrevue  fous  1 an  tx59.ini- 

maii,  il  eft  certain  que  ce  dernier  ctoit  déjà  de  mcdiatcmcnc  après  avoir  dit,  que  le  roi  d’Anglc- 

rctour  en  France  à  la  fin  de  Pan  1154-  com-  terre  célébra  la  fête  de  Noël  de  l’an  1 1 5  8-  à  Cher- 

mencement  de  1  année  fuivante.  Comme  le  roi  de  bourg  avec  la  reine  Elconor  fa  femme  :  ainfi  cette 

Caflille  étoit  alors  à  la  fin  de  (es  jours ,  Louis  peut  conférence  fc  tint  au  commencement  de  l’an  1 1  5  9, 

lui  avoir  donné  la  confolarion  de  iaifler  auprès  de  Or  nous  voyons  que  le  comte  de  Barcelone,  dans 

lui  pendant  quelque  tems ,  la  reine  fà  femme ,  qui  un  aéle  du  1 4.  de  Juillet  de  l’an  *1159.  promet ,  1  * urc.uijf. 

fera  demeurée  (ans  doute  a  la  cour  d’Efpagnc  ju(-  s'tlrevenoit  de  la  pre/ente  armée  oh  il  alloit ,  decon-  f- l,27* 

J.,  ™  _ _ _ :  !_  -  .  r  1  n'  11  1 . A'  • 


qu'à  la  mort  du  roi  (on  pere 
d’Aoûr  de  l’an  1 1 57. 


qui  arriva  le  a  1 


NOTE  L  I  V. 


firmer  dans  uneaflèmbiée  generale  une  reflitution 
qu’il  fit  alors  à  l’églifè  de  Gironnc  ;  ce  qui  s  accorde 
parfaitement  avec  fà  jonétion  avec  le  roi  d’Angle¬ 
terre  pour  l’expédition  de  Touloufe*,  où  ils  furent 
occupez  pendant  les  mois  d’Aoûc  &  de  Septembre , 
comme  nous  le  verrons  bien- tôt. 


m  n# .  dt 


«  ut.  1  r  »  t  r  »  tuimijc  uuus  ic  vcuuiis  uicu-iuu 

Sur  tcf.,,.'  du  ftgc  J'  Touloufe  far  „  Ros„  Jc  Koïeden .  _  Hcnti 6 

Henri  //*  roi  d  Angleterre  ,  fur  couronner  pour  la  troificme  fois  à  Wincheflc  r  ncved.ikidi 

quelques  circonflances  de  fon  expédition.  avec  la  reine  Elconor  fa  femme ,  à  la  fête  de  Pâques 

de  l’an  1 1 5  9.  la  même  année  qu’il  alliegca  Tou* 
t1à?inTh*i-  I,  T  TN  nouvel  Iiifloricn  1  d’Angleterre  parlant  loufc,  8c  avant  que  d’entreprendre  cette  expédi- 
du  fiege  que  le  roi  Henri  II.  mit  devant  rion  ;  ce  qui  prouve  1  qu’après  l’entrevue  de 
1  '  Touloufe  ,  8c  de  quelques  autres  évenemens  cèle-  Blayc,  Henri  fe  rendit  en  Angleterre ,  8c  que  cette 

bres ,  arrivez  durant  la  guerre  que  ce  prince  entre-  entrevue  cfl  par  confcqucnr  du  commencement  de 
prit  tant  contre  le  roi  Louis  le  Jeune,  que  contre  Pan  1159.  20.  Que  quoique  Henri  eût  aflèmblé 
Raymond  V.  comte  de  Touloufe,  place  leur  épo-  fos  troupes  dès  la  mi-carême  de  la  meme  année, 
que  conforment  &  en  general  depuis  l’an  1159-  fuivant  l’abbé  Robert,  pour  l’expédition  de  Tou- 
julqu’cn  1 1 6  5.  &  fufpcnd  fon  jugement  fur  la  date  Joule,  il  ne  paflà  cependant  la  met  pour  fc  mettre 
particulière  d’un  chacun ,  à  caille  ,  dit-il ,  de  la  di-  à  la  tête  de  l’armce ,  qu’après  la  fetc  de  Pâques* 
vcriïté  qui  fc  trouve  parmi  les  hiftoriens  fur  ce  fu*  qui  ccrrc  année  tomba  le  1 1.  d’Avril ,  ce  qui 
jet  :  mais  il  n’cft  pas  difficile,  avec  un  peu  d’atren-  cft  conforme  à  ce  que  nous  apprend  Gcoffroi  de 
tion  &  de  critique*  de  la  fixer.  Arrêtons-nous  à  Vigeois  témoin  oculaire  ;  car,  félon  cet  auteur0,  "G'-fr* yv* 

-  1  —  ...  1  0  •»,.»•’  r\  •  (oraH.p.j  10. 

Je  roi  Henri  n  arriva  a  mfgucux  pour  cette  expé¬ 
dition  que  vers  la  fête  de  S.  Martial,  qui  tombe  le 
3  o.  de  Juin. 

Il  s’enfuit  de  là  qu’on  doit  rectifier  la  date  fui- 
"cnZfidt-  abbé  du  Mont  S.MicIul,  Roger  dt  Hovcdcn, &Jcan  vante,  d’une  charte  rapportée  par  Guillaume  de  la 


l’époque  du  fiege  de  Touloufe,  comme  à  celle 
qui  nous  intercfle  davantage. 
b  %«J.  dt  i°.Prcfquc tous  lesanciens  hiftoriensb  Anglois& 
kwiîîî'  franǰ's^a  fixent  à  l’an  11 5  ?.&cn  particulier  Robert 


jév. Lxb.yrA-  Salifl^cri c ,  auteurs  contemporains  ou  témoins 

1..1./.27I.  &  .  •  ,  a  r 

19c.  oculaires.  Le  premier  a  marque  cxprcucmcnt  lous 

l’an  1 1  s  9.  que  Henri  II.  fit  aflcmblcr  fos  troupes  à  la 

i4)  9!*  i'P  mi-carême  de  la  même  année  pour  cette  entrepri (c, 

?r...r  i.&c.  ^Qn  fcallroir  dire  que  ce  fût  au  carême  de  l’an 

ên*.  u,f. ».  1160.  pris  fuivant  notre  manière  de  compter, 

17. 


Str. 

C ‘dur et 


Croix:  AElum°  anno  Domtni  M .  C  LM  II  licnrico 
rege  cum  exe»  ci  tu  fuo  fuper  Raimunin  colite  in - 
J} Ante ,  tÿ  apud  oppidum  Caftri-novt  de  StnElis  fn-  7+.  .  '  r 
tibits  manente.  On  ne  fçauroit  appliquer  cette  date 
aux  trois  premiers  mois  de  Tan  1 1 5  9.  en  com¬ 
mençant  i’année  à  l’Incarnation  ,  comme  on  foi- 
/.m  s--  a*nh  <]l,c  Dingo  eparoit  l’avoir  entendu,  puilque  foit alors  très-fouvenr ,  puifque  le  roi  Henri  n’ar- 
ruker.cet.uz-  Robert  compte  toujours  le  commencement  de  riva  fur  les  frontières  des  états  du  comte  de  Tou- 
e*ri».i.i.t*p,  l’année  depuis  la  Nativité,  comme  on  peut  le  veri-  loufê  ,  qua  la  fin  de  Juin  de  l’an  x  1 5  9  ainfi  il  y 
d  v-  d,  fier  dans  l’édition  exaéle  que  le  P.  Dacheri  a  don-  avoir  fins  doute  m.  c.  lviiii.  dans  la  charte,  & 

Mntted.D*.  ncic  jc  chronique:  cela  doit  fervir  à  rc  élifier  la  La  Croix  n’aura  pasfoir  attention  au  dernier  chiffré. 
tfef  7  *  chronologie  de  la  chronique  donnée  par  Du  Chef-  Le  P.  Pagi  P  a  adopté  cetre  faute  &  conclu  de- là  p  P4Sum< 
u*'  ncf,  cIl”  q1”  rapporte  l’expédition  que  la  guerre  que  Henri  II.  roi  d’Angh  terre  dé- 

1 89.  *  de  Touloufe  à  l’an  1 1 58.au  lieu  de  l’an  1 1 59.  ce  clara  à  Raymond  V.  comte  de  Touloufe  ,  corri- 

htrmïn  °ll"  a  tromP^  P*  Daniel.  mença  dès  l’an  1158.  mais  le  contraire  paroît  par 

991.  Roger  de  Hovcdcn  s  n’eft  pas  moins  précis  :  il  tout  ce  que  nous  venons  de  rapporter.  Ce  critique 

raPP°rfe  1  expédition  de  Henri  IL  roi  d’Angleterre  a  commis  une  autre  faute,  pour  avoir  foivi  trop 
fert. i.p.iti,  contre  la  ville  de  Touloufe,  à  l'an  nsy* J*  Ctn~  aveuglément  Catel,qui  citant  dans  deux  endroits 
r#*fc  ejMiéme  année  du  régne  de  ce  prince ,  qui  parvint  au  differens  *  de  fon  hiftoirc  des  comtes  de  Touloufe  q  Cdtel  et  mu 
trône  d’Angleterre  ail  mois  d’Odtobre  de  l’an  cette  date  rapportée  par  la  Croix,  a  mis  par  erreur  z-*01*^*®** 
h  CuJi.nch-  M  5  4.  Il  n’y  a  donc  que  Guillaume  de  Ncubi  igc  h  dans  le  premier ,  L*d,vico  rege . . .  fuper  Rajmundo 
L  2*  hiftorien  du  tems,  qui  paroiflc  contraire  >  cat  il  comité  t>:jl.wtey  au  lieu  d'Henrico  rege.  Si  le  P.  Pagi, 
place  cette  expédition  johs  la  vu.  année  du  régné  qui  a  employé  la  première  leçon,  avoir  confulté 
du  roi  Henri ,  8c  la  fixe  par  confcqucnt  à  l'an  lui-même  Guillaume  de  la  Croix ,  il  auroic  évité 
1161.  mais  on  peut  fort  bien  expliquer  cet  au-  cette  faute. 

teurôe  le  concilier  avec  les  autres  hilloricns,  en  III.  Gcoffroi  de  Vigeois  r.n’e(l  pas  d’accord  avec 
fuppofant  qu’il  compte  les  années  de  Henri  de-  Roger  de  Hovcdcn  touchant  une  circonfîance  de 
puis  qu’il  fut  afiocié  au  trône  d’Angleterre  eu  cetre  expédition  :  c’tft  au  fu  jet  de  Mnlcoline  roi 
1 1  s  }•  par  le  roi  1  Elliennc  ,  après  la  mort  d’Eu-  d’Ecoflè.  Le  premier  allure  que  le  roi  d’Angleterre 
ftache ,  fils  de  ce  dernier,  arrivée  le  1  o.  d’Août  de  donna  à  ce  prince ,  qui  étoit  à  fà  fuite ,  la  ceinture 
la  même  année.  militaire  dans  un  pi  c  voilin  de  Perigueux  ,  avant 

^  x°.  Il  efl certain  que  k  Raymond-Bcrcngcr comte  le  fiege  de  Touloufe  ;  8c  l’autre 1  prétend  que  ce  v.v  - 
tht9n'  de  Barcelone,  fc  ligua  avec  le  roi  d’Angleterre,  qu’il  fut  à  Tours  ail  retour  de  ccrte  expédition.  L’auto- 
le  joignit  pour  certc  expédition,  8c  qu’ils  curent  rité  de  Geoffroi,  qui  étoit  fur  les  lieux ,  nous  pa- 
auparavanr  là-dcfîus  une  entrevue  à  Blayc.  L’abbc  roît  d’autant  plus  préferablc.quc  quoi  cju’ilfttalor» 

Tome  II.  M  M  m  m  ij 


t  G  AH  fri  i. 
Vcj.f.  jio. 


«Ni  ».  7 


f  Hjf.  d€ 


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64+  NOTES  SUR  L’HISTOIRE 

allé/  ordinaire  de  donner  indifféremment  la  cein-  tion  de  défendre  la  place  en  perfonne ,  il  aban-  •>  jT  ^ 
turc  militaire  avant ,  ou  après  quelque  entreprife  donnerait  cette  entreprife  par  refpcA  pour  lui  «  Lly  E 

conlidcrable;  iln’cft  pas  cependant  vraifemblable  qui  étoi*  Ion  feigneur  >  &c.  »>  Le  P.  Daniel  cite 
que  Henri  ayant  été  oblige  de  lever  honteufement  à  la  marge  Henri,  (  il  falloir  dire  Roger  )  de  Ho- 
le  fiege  de  Toulon fc  :  il  ait  voulu  faire  une  cérémo-  veden  :  mais  cet  hiftoricn  Anglois  ne  dit  rien  de 
nie,  qui ,  lorfqu’clle  étoit  poftérieure  à  Paékion,  cette  circonftance,  ni  même  du  roi  Louis  le  Jeune-, 
riétoit  d’ufage  qu’après  la  viûoire.  autres  hiftoriens  1  qui  parlent  de  la  defenfc  ir. 

IV.  Ces  deux  hiftoriens  conviennent  que  Henri  de  Touloufe  par  ce  prince ,  font  afTez  entendre 
afliegea  Touloufe  ,  &  nous  avons  une  lettre  4  de  qu’il  étoit  dans  la  place  dès  le  commencement  du  1159. 


K  O  T  E 
LIV. 


le/  ordinaire  de  donner  indifféremment  la  cein-  tion  de  défendre  la  place  en  perfonne ,  il  aban-  »  jT  ^ 
jrc  militaire  avant ,  ou  après  quelque  entreprife  donnerait  cette  entreprife  par  refpcél  pour  lui  «  Liy.  E 
onlidcrable;  iln’cft  pas  cependant  vraifemblable  qui  étoi*  Ion  feigneur  ,  &c.  »*  Le  P.  Daniel  cite 


ft  JtéH.  Sd- 

titktr . 

<0. 


<0.  '  *  Jean  de  Salifbcri ,  écrite  durant  cefégey  dont  il  licge. 

**  cn  ^  autres  endroits  de  fes  ouvrages.  Robert  ^ _ 

M  * 1  i  \kiit  abbé  du  Mont  S.  Michel b,  &  Guillaume  de  Neu- 

brige  femblent  cependant  nier  la  vérité  de  ce  fiége:  .  NOTE  L  V. 

ils  prétendent  que  le  roi  Louis  le  Jeune  s’étant  jetté  •  f>  rn  *  ,  „  r 

dans  la  viUe ,  Henri  n’ofa  laffiéger  par  refpeû  :  Sur  Gaucelin  d  Afillan  maître  des  Hof. 
maison  peut  fort  bien  les  expliquer,  en  fuppofanr,  f  italien  de  Jerufalem  ,  &  quelques - 

comme  il  eft  cenain ,  que  Henri  afliégea  en  effet  la  autres  grands-mai  très  de  cet  ordre. 

ville  de  Touloufe ,  &  que  s  étant  confumé  inuti¬ 
lement  à  ce  fiége,  ainfi  que  le  témoigne  Roger  de  L  Uillaume  vicomte  k  de  Minerve,  étant  à  S7t- 
Hoveden ,  auteur  non  fuîpeél ,  il  fc  lervit  du  pré-  Vj[  Carcaflonne  au  mois  de  Décembre  de  l’an 
texte  du  refpcâ  qu’il  avoit  pour  le  roi  Louis  le  1161.  reconnut  tenir  en  fief  de  Raymond  Tren- 
Jeune  fon  feigneur ,  qui  défendoit  la  place ,  pour  cavel  vicomte  de  cette  ville ,  &  de  Roger  fou  fils , 
ne  pas  continuer  les  attaques ,  &  décamper  avec  le  cliateau  dcLauran  dans  lediocèfe  de  Narbonne, 


v. 

Thtirti  h  fi. 
** I.  7. 


c  de 

Mente  * bid. 


quelque  honneur:  c’cft  ce  que  Geoffroi  de  Vigeois  en  préfence  de  Gaucelin  prieur  de  Cbop:tal  de  féru - 
fait  entendre  d’une  maniéré  allez  claire.  falem.  Il  eft  marqué  dans  un  1  autre  aéle  du  4.  d’O-  1  f.  i97 4 

V.  Cette  expédition  dura  près  de  trois  mois ,  Ûobre  de  l’an  1 1 63.  qu’Ermcngarde  vicomteflc 
fuivant  l’abbc  Robert c ,  qui  allure  que  Henri  après  de  Narbonne, confirma  l’abbaye  de  Quarante  fituce 
avoir  pourvû  à  la  défenfe  de  Cahors ,  s’en  retour-  dans  le  diocèfc  de  cette  ville ,  dans  la  poflèflion 
na  cn  Normandie  au  mois  d'OBobre .  Cela  s’ac-  de  la  moitié  du  château  de  Coerncraco ,  en  préfence 
corde  parfaitement  avec  Geoffroi  de  Vigeois,  fui-  £  Arnaud  de  Mcmefcot  maître  de  la  Milice ,  de 
vant  lequel  ce  prince  ,  qui  s’etoit  rendu  à  Péri-  Gaucelin  £ Sîftllan  maître  de  i hôpital  de  ‘jerufalem  , 
gueux  pour  cette  expédition  à  la  fin  de  Juin  ,  s’en  &c.  Nous  concluons  de  là  que  Gaucelin  d’Afillan 
retourna  par  le  Limoufin ,  &  arriva  à  Uzcrchc  à  doit  être  mis  au  rang  des  grands-maîtres  de  l’ordre 
la  S .  Michel ,  ou  à  la  fin  du  mois  de  Septembre  *,  des  hofpitaliers ,  ou  de  Malte ,  qui  dans  le  XII.  fie- 


<to/rV4/.D#-  d’où  il  réfulte,  i°.  qu’un  auteur  d  Anglois  qui  a 
écrit  a  >  fc  trompe  lor (qu’il 

avance  que  le  roi  Henri  allîégea  Touloufe  depuis 
laS.Jean-Baptifte  jufqu’à  laToufîàints.  i°.Quc  le 
e  Pngi  dd  p.  Pagi  « ,  qui  fiir  un  endroit  mal  entendu  de  Gnil- 


1161.4* 

7* 


cle  m  &  les  fuivans  ne  fe  qualifioient  pas  autrement.  m  v •  G"1* 
Toute  la  difficulté  confifte  en  ce  qu’aucun  hifto-  20! r.  s* 
rien  de  cet  ordre ,  n’a  fait  mention  de  Gaucelin  , 

&  qu’ils  mettent  depuis  l’an  1160.  jufqu’en  1164.  [u  r‘ 
d’autres  grands-maîtres  de  l’hôpital  de  Jerufalem. 


laume  de  Neubrige  fait  durer  cette  ^expédition  Voyons  fur  quoi  ils  fe  fondant. 


depuis  1  an  x  1  \  g.  iufqu  en  1 1 60.  n  eft  pas  mieux  Henri  Pantalcon  “  le  plus  ancien  de  ces  lufto-  " 

r  r  ,  /  i  I  T  r  .  1  1  -  •  •  '  >  nM  eri.Udn.rekt 

tonde.  riens ,  dans  (on  ouvrage  latin  imprime  a  Balccn  l9. 

VI.  L’abbé  Robert  qualifie  comte  de  Nifmes  1  581.  dit  qu’ Arnaud  de  Comps  quatrième  grand-  ér41, 
Trencavel  ,  qui  fè  joignit  pour  cette  expédition  maître  &  îucceflèur  d’ Augure  ,  mourut  fort  âgé 
au  roi  d’Angleterre  ,  avec  lequel  il  s’étoit  ligué  vers  Van  1 1 S7.  &  que  Gilbert  Jifcalus  lui  fuc- 
contre  le  comte  de  Touloufe.  Mais  Trencavel  n’6-  céda.  Il  ajoute  que  ce  dernier  abdiqua  la  maitrife 
toit  que  vicomte  de  Béziers,  de  Carcallbnnc,  d’ Albi  en  1167. 

&  de  Rafcz.  C’étoit  (on  fiere  Bernard-Aton  qui  Jacques  Bofio  0  dans  fon  hiftoire  Italienne  de  °  *>r-  ^ 
étoit  alors  vicomte,  &  non  pas  comte ,  de  Nifmes.  Malte  imprimée  en  1 61 1.  dit  au  contraire  que  le 
line  paraît  pas  d’ailleurs  que  ce  dernier  ait  pris  grand-maître  Raymond  du  Puy  étant  mort  en  1160. 
g**i.  Neum  aucune  part  à  ce  fiége.  Guillaume  de  Neubrige  f  a  Auger  de  Balbcn  lui  fucceda  la  même  année.  Il 
‘ évite  cette  faute  :  mais  il  en  a  commis  une  autre  en  marque  enfuite  que  le  meme  Auger  allifta  comme 
donnant  le  nom  de  Guillaume  à  Trencavel  >  tan-  grand-maître  des  Hofpitaliers  ,  au  concile  de  Na- 
dis  qu’il  eft  certain  qu’il  s’appclloit  Raymond.  Le  zaret  tenu  en  1 1  60.  qu’après  la  mort  de  Baudoin 
P.  Daniel  S  qui  rapporte  le  fiége  de  Touloufe  à  111.  roi  de  Jerufalem,  décédé  le  10.  de  Février  de 
l’an  1158.  a  adopté  ces  deux  fautes,  en  difant  l’an  1163.  il  favorifa  l’élçûion  P  du  roi  Arnaud  pp* 
que  Guilluume-Trenc.lv cl  comte  de  Nifmes  ,  &  vi-  fon  fuccclfeur-,  qu’il  mourut  peu  de  jours  après  -,  ^ 
comte  de  Béziers,  fc  ligua  auffi  avec  le  roi  d’An-  qu’ Arnaud  de  Comps  lui  fucceda  immédiatement  \ 
glctcrrc.  &  qu’enfin  cc  dernier  accompagna  le  roi  Amauri 

iik.f.  U17 .  Vil.  Si  nous  en  croyons  ce  dernier  hiftorien  h,  en  Egypte  dans  l’expédition  que  ce  prince  encre- 
lc  roi  Louis  le  Jeune  n’entra  dans  Touloufe  pour  prit  au  mois  de  Septembre  de  l’an  1163.  contre  le 
défendre  cette  ville, que  long-tems  après  que  Henri  foudan  Dargan  ,  &c.  Mais  il  cft  certain  que  tous 
en  eut  commencé  le  fiége.  «  Henri  ,  dit  cet  au-  ces  faits  (ont  avancez  fans  aucun  fondement,  com- 
►  tcur,  alïiégca  Touloufe*, il  perdit  beaucoup  de  me  nous  le  verrons  bientôt.  M.  l’abbé  de  Ver- 
••  gens  de  qualité  à  ce  fiége:  mais  il  commençoit  tôt  <1, moins  occupé  dans  fa  nouvelle  hiftoire  de 
•»  à  ferrer  de  plus  près  lesTouloufains,  lorfquc  le  Malte ,  à  enrichir  fon  ouvrage  par  des  recherches, 
w  roi  après  avoir  forcé  un  quartier  du  camp ,  en-  qu’à  l’embellir  parles  grâces  du  difcoursjesaadop- 
••  tra  lui- même  dans  la  place  avec  de  très-bonnes  tés:  il  s’écarte  néanmoins  en  un  endroit  de  Bo- 
troupes.  Ce  fuccès  déconcerta  le  roi  d’Angle-  fio ,  fans  cn  dire  la  rai  fon  ,  &  il  ne  donne1  c/ui  f  J*. 

•  terre  >  il  fit  dire  au  roi  que  le  voyant  en  réfolu-  peine  deux  ans  de  gouvernement  au  grand-maître 


f  Gutl.  NeUm 

h, 


de  Fr.  f*.  i . 
•»-/•/. f.  12x6. 


%n.f.  1217. 


pp.  «4** 


q  Vert.  Lifi> 
de  Mdlt.l •  U 


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Google  i 


*-1  Auger  de  Balben  ,  qa’il  fait  mourir  vers  ia  fin  de 
^  ®  Février  de  l*an  1 1  6].  Auger  n’aura  donc  fuccedé 

â  Raymond  du  Puy  qu  en  né  J.  Encrons  dans  le 
dérai]. 


I.ANGUED  OC.  ;  ;  <4* 

rs  ia  fin  de  Gaucelin  d'Afillan  n’ait  fucçcdé  deûoti  à  ce  der¬ 
me  fiiccedé  nier,  &  qu’il  n’ait  été  grand  maître  jufqu’apiès  Je 
ons  dans  le  mois  d’Oûobre  de  Fan  1 1 6  $ .  Quant  à  Arnaud  de 
Comps  il  peut  avoir  fuccedé  à  Gaucelin  ou  â  la  fin 
iv  étoir  en-  de  I4  même  année  ou  la  fuivance  ,  &  être  mort 


NO  T  E 

Ly. 


voyons  en  1 1 6 1 .  &  1 1  3 .  à  la  cour  des  vicomtes 
de  Carcjfïonne  &  de  Narbonne ,  nous  trouvons 1 
dans  la  province  une  famille  noble  de  fon  nom  > 
à  laquelle  le  château  d’AfilJe  ou  d’Afillan  dans  le 
diocéfo  de  Narbonne  avoir  donné  le  lie  i.  A  cela 


i°.  Il  eft  certain  que  Raymond  du  Puy  étoir  en-  de  I4  même  année  ou  la  /uivance  ,  &  être  mort 
core  maître  des  Hofpitaliers  en  1155.  fuivanr  le  avant  Fan  1 1 67.  que  Gilbert  Aflâlit  pollédoit  le 
1  cmB-Tyr-  témoignage  de  Guillaume  de  Tyr  *  :  mais  cet  hifto-  magif}crc  de  l’hôpital  de  Jerulâlem.  Gaucelin  d’A- 
Lll'c‘ l'  rien  ne  parle  plus  de  lui,  ni  d’aucun  autre  maître  fillan  aura  donc  été  certainement  grand-maître  de 
kx.io.*.  s-  de  l’Hôpital ,  jufquen  1 1  67.  qu’il  fait  mention  b  cet  hôpital. 

de  Gerbert furnommé  Affaltt.  Ainfi  on  ne  fçait  fur  II  n  y  a  pas  lieu  de  douter  que  ce  grand-maître 
quelle  autorité  les  hiftoriens  de  Malte  mettent  Au-  ne  fut  natif  de  Languedoc  :  outre  que  nous  le 
ger  de  Balben  &  Arnaud  de  Comps  au  rang  des  voyons  en  1 1 61.  ôc  116$.  à  la  cour  des  vicomtes 
grands-maîtres.  de  Carcjfïonne  &  de  Narbonne ,  nous  trouvons i 

2  °.Suppofons  cependant  qu’ils  ayent  eu  en  main  dans  la  province  une  famille  noble  de  fon  nom  > 
des  preuves  de  Féxiftence  de  ces  deux  grands-maî-  à  laquelle  le  château  d’AfilJe  ou  d’Afillan  dans  le 
très,  &  qu’ils  ayent  jugé  à  propos  de  les  fuppri*  dioccfc  de  Narbonne  avoir  donné  le  lie  1.  A  cela 
mer, dans  un  lîecle  aufli  obfcur  pour  leur  hifloirc  ;  on  doit  ajouter  que  le  Languedoc  faifoit  a!or$, 
il  eft  certain  du  moins  qu’ils  n’en  ont  aucune  pour  comme  il  le  fait  encore  aujourd’hui ,  la  portion  la 
l’époque  de  jeur  magiftere ,  ou  gouvernement ,  &  plus  confidcrable  de  la  Langue  de  Provence,  la  plus 
<  Ment,  cela  eft  fi  vrai c  que  Naberat  dans  ion  hiftoire  Fran-  ancienne  de  l’ordre  i  que  les  Holpitalier s  eurent 
dfsd*je"Vï.  çoifcdc  Malte,  pofterieure  à  celle  de  Bolîo,  &  leurs  premiers  érabli/Iêmens  d’Occident  dans  cette 
s.  imprimée  en  1  61 9.  convient  de  bonne  foy  que  le  province,  entr’autres  à  S.jGilhs  fur  le  Rhône, 
maître  Auger  de  Balben  ,  qu’il  fait  mourir  peu  de  d’où  i/s  s’établirent  dans  le  voifinage  fous  la  pro¬ 
rems  après  fon  clcétion ,  &  avant  la  mort  de  Bau-  teclion  des  comtes  de  Touloufe  ôc  des  grands  foi* 
doin  111.  roi  de  Jerulâlcm ,  ri  a laiffe  autre  mémoire  gneurs  du  pays, qui  lesfavorilèrent  toujours  beau- 
l  tt.  frivii.  de  fit  que  fin  nom  \  ôc  dans  le  traité  que  cet  d  auteur  coup  ;  ôc  que  les  deux  grands-prieurez  de  la  langue 
a  fait  des  privilèges  de  l’ordre  de  S.  Jean,  il  avoue  de  Provence ,  les  deux  premiers  de  l’ordre ,  font 
fa.  ’  encore  au  fujet  du  même  Auger  ,  qrion  ne  trouve  iituez  en  Languedoc:  ce  qui  fait  qtfon  ne  doit  pas 


\r.  i  té  tê¬ 

tu  feus  U  nttiê 

(i'Aiiilan. 


l.tk.i.f.  S. 


tien  de  remarquable  de  lut  que  fin  nom ,  non  pas 
même  de  quelle  nation  il  et  oit.  Aufli  ne  ci  tôt- il 
aucun  monument  où  il  fbir  parlé  de  lui ,  non  plus 
que  d’Arnaud  de  Comps  fon  prétendu  fucc*.  fk  ur. 

}°.  On  n’a  aucune  preuve  qu’ Auger  de  Balben 
maître  de  l’hôpital ,  ait  allifté  au  concile  de  Na- 


être  forpris  fi  les  premiers  grands* maîtres  desHo£ 
pitaliers  étoient  de  la  Langue  de  Provence.  Or 
nous  avons  prouvé  ailleurs  k  qu’on  comprenoit  *  v 
alors ,  fous  le  nom  de  Provence ,  non  feulement  la  Iül#’< 
Provence  proprement  dite ,  mais  le  Languedoc  & 
les  provinces  voifines  :  preuve  certaine  qu’on  ne 


K  V.ci  deffnt 
Liv.  xiv.  n. 
ici.  à-  xvui. 


zareth  de  Fan  1 1 60.  qu’ilait  fàvorife  l’élcdèion  d’A-  doit  pas  attribuer  plutôt  à  la  Provence  propre,  qu’i 


mauri  roi  de  Jcrufâlcm  ,  qu’il  foit  mort  peu  de 
jours  après  cetre  élection  ,  qu’Arnaud  de  Comps 
lui  ait  fuccedé ,  &  que  celui-ci  ait  fuivi  ce  prince 
dans  l’expédition  quil  entreprit  en  Egypte  en  1 1 6  $ . 
En  effet  il  n’eft  rien  dit  d'Augcr,  ou  du  maître 
ri  Y;GmUt  de  FHôpiral,  ni  dans  les  aéèes  *  du  concile  de  Na- 


ces  autres  provinces,  les  grands-maîtres  qui  ont 
été  tirez  de  la  Langue  de  Provence,  &  dont  on 
ignore  le  lieu  précis  de  la  naiflance. 

II.  Ces  obforvatiom,  qui  font  inconteftables  » 
nous  donneront  lieu  dans  la  fuite  de  revendiquer 
au  Languedoc  quelques  grands-maîtres  qu’on  fait 


i*.  *  zareth,  ni  dans  les  monumens  qui  y  ont  du  rap-  natifs,  fans  autre  preuve  &  â  la  faveur  de  cette 

P°rr>  n*  enfi°  dans  cc  ^uc  nous  a  kiffë  Guil-  équivoque  ,  de  la  Provence  propre. 
fa.  '  laume  de  Tyr  fur  la  mort  de  Baudouin  III.  roi  de  On  peut  les  appliquer,  en  particulier^  Raymond 
Jerufolem,  for  Félcéhon  d’Amaurifbn  fucceflèur,  du  Puy  fécond  grand-maître  de  l’ordre,  Ôc  pio- 
&  fur  l’expédition  que  ce  dernier  entreprit  enEgyp-  prement  fon  inftituteur,  dont  on  ignore  la  patrie, 
te  au  mois  de  Septembre  de  Fan  1163.  Tout  ce  II  eft  vrai  que  quelques  modernes  ont  prétendu 

ICêiU.  Tyr.  qu’il  dit  fur  ce  dernier  {  article  ,  c’eft  qu’  Arnaud  qu’il  croit  natif  du  Daufiné  ;  mais ,  de  leur  aveu , 

,l9t€,s%  ayant  allemblc  une  nombreufè  armée,  s’avança  tous  les  anciens  gardent  là- delliis  un  profond  fi- 
vers  le  foudan  Dargan  .*  Con^egatis  militanbus co-  lence  •,  ôc  tous  les  foins  que  s’eft  donnez  en  dernier 

pdf  y  &  exercuu  copiofi .  Ces  paroles  fiiffifênt  â  lieu  un  fçavant  magiftrat 1  par  fês  nouvelles  recher-  I  M.U  p.i/td. 
yK?'  *id'  Verront,  pour  faire  trouver  le  pré-  ches,  pour  aflîircr  ce  grand  -  maître  au  Daufiné, 

tendu  grand-maître  Arnaud  de  Comps  â  Fexpé-  n’onr  abouti  qu’à  prouver  qu’il  y  avoir  une  maifbn  rst.t.o.fam 
dirion  d’Egypte  ,  &  faire  convoquer  pour  cela  à  du  Puy  établie  dans  cerre  province  aux  environs  de  u 
Amauri  la  noblefle  (J  les  deux  ordres  militaires  :  Romans  dans  le  XII.  fiée  le  ôc  les  fuivnns;  ce  qui 
mais  fi  les  paroles  de  Guillaume  de  Tyr  peuvenr  ne  décide  pas  la  queftion,  puifqu’il  y  avoir  alors 
foufïrir  cette  interprétation,  il  eft  certain  du  moins  d’autres  familles  de  ce  nom  dans  les  provinces  voi- 

qu’il  n’y  eft  rien  dit  d’Arnaud  de  Comps ,  ni  du  fines ,  &  qu’il  y  a  pour  le  moins  autant  de  vrai- 


maître  des  Hofpitalicrs. 

On  n’a  donc  rien  de  certain  fur  les  maîtres  de 
l’hôpital  de  Jerufâlem  depuis  Fan  1155.  jufqu’cn 
j  167.  Naberat*1  fait  mention  feulement  d’un  di- 
ïii.‘  ”dr'  plome  accordé  en  1 1 5  8.  aux  Hofpitalicrs  de  Jeru- 


fèmblance  que  le  grand-maître  Raymond  éroit  de 
la  mnifon  du  Puy  en  Languedoc,  que  de  celle  du 
Puy  en  Daufiné. 

En  effet  i°.nous  trouvons  m  en  1 1 1  o.  un  Pierre -  *  SpUiUê  P. 
Raymond  du  Pu y  dont  les  domaines  s  etendoient  f% 


falem  par  le  roi  Louis  le  Jeune ,  du  tems  de  Ray -  dans  lapartie  méridionale  du  Touloufiin.  On  voit  p •  <7  • 

moud  du  Puy  y  fécond  grand  maître.  Ainfi  fans  doute  ici  le  nom  de  Raymond  dans  cette  maifon ,  Ôc  on 
Raymond  vivoit  encore  alors  ;  mais  il  peut  être  n’a  aucune  preuve  qu’il  ait  ère  en  ufâgc  dans  celle 
décédé  la  même  année ,  ou  fi  Fon  veut  en  1  j  60.  de  Daufiné  :  or  perfonne  n’ignore  que  les  noms  fe 
rien  n’empêche  donc  qu’Atigcr  de  Balben  ne  lui  ait  perpetuoient  alors  dans  les  familles, 
fuccedé  immédiatement ,  que  celui-ci  ne  foit  mort  z°.  Ce  Pierre  Raymond  du  Puy  avoit  époufe  n  fl 
avant  le  mois  de  Décembre  de  l’an  1161.  que  alors  Adèle  lœur  de  Raymond  comte  deMclgueil 


V .  Liv.  xyi, 
.15. 


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NOTES  SUR  UNI  ST  O  IRE 


«46 

N  o  Tfe  Subftântion,  qui  vers  l’an  1109.  entreprit  le 
LY  *  voyage  de  la  Terre- fai  nte*  Adele  fa  femme  étoit* 

1  w^.xxxv  1.  coufine  germaine  de  Bertrand  comte  de  Touloufe 
qui  la  même  année  alla  en  Orient  pour  continuer 
les  expéditions  de  Raymond  de  S.  Gilles  fon  perc, 
iïtnrfïïïi  ie  ^ue  e  m^me  âUtcllT  appelle  b  mal-à-propos  Ray- 
117!!  * 1  moni- Berenger.  Adele  de  Melgiteil  éroît  encore 
coufine  germaine  des  comtes  de  Barcelone  &  d’Au¬ 
vergne  épreuve  bien  certaine  que  Pierre-Raymond 
du  Puy  fon  mari  étoit  d’une  nobleiïe  des  plus  di- 
ftingüées.  Raymond  du  Puy ,  qui  fut  depuis  grand*- 
maître  de  l’ordre  des  Hofpitaliers ,  aura  donc  cté 
de  cette  mai  fort  ,  &  il  aura  fuivi  le  «mite  de 
Touloufe  ou  celui  de  Melgueil  fes  parens  ou  fe$ 
alliez >  dans  la  Terre- fain te. 

3*.  Nous  apprenons  enfin  qu’Amclius  évêque 
de  Touloufe ,  frère  du  même  Pierre-Raymond  dù 
Puy  étoit  très-affeélionné  à  l’ordre  des  Hofpitaliers: 
e  r.  Liv.  cc  prélat  fonda c  en  effet  eti  1119.  dans  fa  ville 
épilcopale  la  commanderie  de  S.  Rcmi ,  qui  eft  dé¬ 
corée  aujourd’hui  du  titre  de  grand  prieuré  ,  &  il 
i  Cdtti  mon.  leur  accorda  d  trois  ans  après  de  grands  privilèges. 
*7*'  1 1 1.  On  doit  ajouter  aux  grands- maîtres  de  cet 

Ordre ,  natifs  du  Languedoc ,  Gilbert  Afuhty  qu’on 
fait  lucceilèur  immédiat  d’Arnaud  de  Comps  : 
i°.  on  trouve  une  famille  noble  de  même  nom 
UtfimUnv*  établie c au  commencement  du  XII.  fiécle  dans  le 
ÀtUiit.  dioccfe  de  Carcallonne.  1 Q .  Il  y  a  une  parfaite  ref- 
femblancc  entre  le  furnomdu  grand-maître  &  celui 
de  cette  maifon  ,  qui  eft  allez  particulier,  &  qu’on 
ne  trouve  pas  ailleurs;  car  c'cft  fans  aucun  fonde- 
r tjdier»  prr  ment  que  les  écrivains f  de  l'ordre  de  Malte  l’ap- 
virrli.p.;  so.  pillent  Gilbert  d'Affaljy  dAJfaltt,  de  Sailli ,  ou 
Martyi.  dl  de  Sully .  Guillaume  de  Tyr  fon  contemporain ,  qui 
Uénd!ur»f.  Ie  nomme  Herbert  Ajfalit ,  ne  laide  aucune  équi- 
&<.  voque  fur  fon  nom. 

IV.  Du  telle  on  pourroit  dire  peut-être  que  Gau- 
celin  d’Alillan  ne  fut  que  maître  particulier  des 
Hofpitaliers  en  Provence,  ou  même  fi  l’on  veut  en 
Occidcnt,de  la  même  manière  qu’on  voit  en  1143. 

5  Hyi  m*'ltre  ^es  Templiers  dans  les  G. iule  s ,  &  un  au- 
fatj.  tre  maure  des  Templiers  en  Provence  (3  dans  une  par¬ 

tie  de  rEfpAgne  >  (ubordonnez  à  Robert  maitre  de  la 
milice  de  Jerufalem .  On  trouve  encore  en  h  1149. 
K it» /•  *3° j,  un  maître  de  la  milice  du  Temple  dans  les  parties 
d  Aragon  y  de  Catalogne  (3  de  Provence:  mais  outre 
quon  n'a  aucune  preuve  que  l’ordre  des  Hofpira- 
licrs  ait  été  gouverné  dans  ces  provinces  au  XII. 
fiécle  par  des  maîtres  particuliers ,  c’eft  que  ceux 
de  l’ordre  des  Templiers  prenoient  leur  dénomi¬ 
nation  des  provinces  de  leur  département ,  au  lieu 
que  Gaucelin  d’Alillan  prend  en  1 1 6 1 .  &  1 1 6  3. 
le  fimplc  titre  de  prieur  ou  de  maître  de  l’hôpital 
de  Jerufalem  :  terme  affeélé  alors  aux  grands-maî¬ 
tres  de  tout  l'ordre. 


NOTE  L  V  I. 

apologie  de  Raymond  IJ.  dernier  comte 
de  Tripoli  de  la  maifon  de  T ouloufe. 

PLufieurs  hiftoriens  modernes,  fur  l’autorité  de 
quelques  anciens ,  qu’ils  ont  cru  trop  legcre- 
ment ,  forment  contre  ce  prince  divers  chefs  d’ac- 
rufation  qui  ternident  fa  réputation ,  &  deshono- 
4!”*'  rcnc  ^  mémoire  :  on  l’accufe  4  x Q.  d’avoir  reçu  de 
dmI  hift .  l’argent  des  infidclles  en  1 173.  pour  lever  le  liège 
*~*avcnc  avoit  entrepris,  x®.  D  avoir  fait 
r,rt.  h, fi.  d «  mourir  le  jeune  Baudouin  V.  roi  de  Jerufalem  pour 

x.**. 


régner  à  fa  place.  30.  D’avoir  traité  avec  le  foltan 
Saladin  contre  le  roi  Gui  de  Lezigncm  ;  de  s  erre  fait  N  E 
Mahomctan  pour  obtenir  le  fecours  de  cc  prince 
infidelle  ;  &  d’avoir  trahi  en  fa  faveur  l’armée  chré¬ 
tienne  à  la  bataille  de  Tiberiade.  40.  D’avoir  fom- 
mé  Saladin  après  cette  bataille  de  lui  donner  le 
royaume  de  Jerufalem ,  conformément  à  leur  traité. 

50.  Enfin  d’ctre  mort  Mahomctan  ,  de  rage  &  de 
defcfnoir  de  n’avoir  pu  obtenir  ce  royaume:  il  eft 
aifé  de  juftifier  Raymond  for  tous  ces  articles. 

1 0 .  Il  n’efl  point  vrai  qu’il  ait  reçu  de  l’argent  des 
infidclles  pour  lever  le  hége  de  Harcnc  en  1173. 

&  ceux  qui k  ont  ajouté  foi  à  cette  circonftance  k  vert.aa. 
l’ont  rapportée  très-infidellement  :  voici  le  fait, 

Saladin  foudan1  d’Egypte  s’étant  emparé  de  Da-  Vü"lî.7>. 
mas  for  le  fils  de  Noradin,  Mahometan  comme  lui,  u 
(es  conquêtesalhrmerent  les  Chrétiens,  &  le  comte 
de  Tripoli  alors  regent  du  royaume  de  Jerufalem , 
dans  le  delïcin  d’arrêter  fes  progrez ,  entreprit  le 
fiege  de  Harenc  château  fitué  à  douze  milles  d'An¬ 
tioche.  Sur  ces  entrefaites  le  foudan  de  Mofol  frcrc 
de  Noradin  ayant  apprisque  Saladin  failôit  la  guerre 
à  fon  neveu,  marcha  à  (on  fecours ,  &  vint  camper 
du  côté  d’Alcp.  Saladin  étoit  alors  occupé  au  (iege 
d’Emcfe  ;  &  après  avoîr  pris  cette  ville  fur  le  fils 
de  Noradin,  il  en  attaquoit  vivement  le  château , 
dont  la  garnifon  fe  defendoit  de  (on  côré  avec 
beaucoup  de  valeur.  Les  alîiegez  voianc  cependant 
qu’ils  n’etoient  pas  en  état  de  (aire  une  longue  ré- 
fiftance,  cnvoicrcnt  au  comte  de  Tripoli, occupé 
au  liège  de  Harenc ,  pour  le  prier  de  les  fecourir  ; 
avec  promellè  de  lui  remettre,  en  reconnoillàncc, 
les  otages  qu’il  avoit  donnez  à  Noradin ,  pour  foi- 
xante  mille  écus  d’or  qui  lui  reftoient  à  payer  de 
fa  rançon,  &  plufieurs autres prifonniers chrétiens 
qui  étoient  gardez  dans  le  château  d’Emcfe.  Ray¬ 
mond  dans  lcfperancc  de  recouvrer  ccs  otages  & 
ccs  prifonniers ,  interrompit  le  liège  de  Harenc  & 
marcha  avec  toutes  fes  forces  vers  Emefe  :  mais  ne 
trouvant  aucun  moyen  de  faire  lever  le  fiége ,  il 
vint  reprendre  celui  du  château  de  Harenc.  Saladin 
s'approcha  alors  d’Alcp ,  livra  bataille  au  foudan  de 
Mofol,  le  défit,  &:  revint  enfuite devant  le  ch⬠
teau  d’Emcfcqni  fut  oblige  3e  (c  rendre.  Uenvoia 
aullitôt  au  comte  de  Tripoli  pour  le  prier  de  ne 
pas  s'oppolcr  au  progrès  de  fes  armes ,  contre  le  fils 
de  Noradin  ;  &  pour  l’y  engager,  il  lui  remit  fes 
otages  &  tous  les  autres  prilonnicrs  chrétiens  qui 
étoient  gardez  dans  le  château  d’Emefe;  ce  qui 
engagea  ce  comte  à  faire  la  paix  avec  lui ,  &  à  fe 
retirer  de  devant  Harenc.  Elt-cela  -une  faute  li 
conlidcrablc* 

x°.On  cire  m  l’autorité  de  Sanut,  auteur  du  XIV.  mVertit  '*• 
fiécle ,  pour  prouver  qu’on  (oupçonna  le  comte  de  l,7‘ 
Tripoli  d’avoir  fait  empoilbnncr  le  jeune  roi  Bau¬ 
douin  V.  dans  la  vue  de  lui  fucceder  :  cet  hilloricn 
ne  dit  rien  cependant  de  ce  fait,  ni  dans  l’endroit®  n 
cité,  ni  ailleurs  :  il  eft  vrai  que  quelques  auteurs4 
plus  anciens  parlent  de  ce  foupçon  5  &  forment 
divers  autres  chefs  d’acculâtion  contre  le  comte; 
mais  fis  ne  le  font  que  fur  des  oui-dire  &  fur  des  ‘ 
bruits  vagues  &  incertains,  ainfi  qu’ils  le  témoi¬ 
gnent  *eux-memes:  or  comme  il  eft  confiant  que 
Raymond  eut  des  ennemis  puiflans  qui  donnèrent  crehw,  &c. 
eux-mêmes  occalion  à  la  perre  de  Jerufalem  &de 
laTerre-fainte,il  n’eft  pas  extraordinaire  que  pour  /s r.  ah 
fe  difculper,  ils  ayentfait  courir  des  bruits defavan-  ,,î# 
rageux  fur  fon  compte,  &  qu’ils  l’aycnt  calomnié 
tant  fur  la  mort  du  jeune  Baudouin  que  fur  la  perte  t* 
de  la  bataille  de  Tiberiade  &  de  la  Paleftine,  le 


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DE  LANGUEDOC, 

- —  pouvant  faire  impunément,  puilqucce  prince  mou-  petites  e/carmouches ,  que  par  notre  patience:-  - ~ 

V  0  Jf*  *  nit  peu  de  tems  après  cette  bataille.  Mais  ce  qui  il  eft  à  propos  de  ne  pas  l’attaquer  à  force  ouverre  ; ,«  N  O  f  8 

L  Y  fiit  voir  évidemment  qu  on  ne  fçauroit  le  foupçon-  mais  d'écouter  fes  propofirions.  Le  roi  répliqua  «  L  V 

ner ,  fans  une  injuilice  criante ,  d'avoir  empoifonné  au  comte  en  ces  termes  :  il  faut  que  la  crainte  * 

Baudouin  V.  c’eft  que  ce  jeune  pr  ncc  demeura  vous  air  làifi  pour  parler  de  cette  maniéré*,  j’atta-  « 
toujours  julqtia  là  mort  dans  la  ville  d’Acre,  fous  querai  moi-même  le  füitan ,  3c  leprelïcrai  fi  vi-« 
la  garde  &  la  conduire  du  comte  Jofltlin  fon  grand  vement  que  je  l’obligerai  â  fo  retirer  :  j  eleverai  » 
tC9r.t.c*u~  oncle  qui  ne  le  quitra  jamais  ,£2  le  garda  au  miex *  l'étendard  de  la  Croix,  &  aucun  des  ennemis  ne  • 

w.  c]Htl poout,a\nCi  que  s’exprime  un  hiftorien  du  tems;  pourra  rélifter,  3cc.  Le  comte  qui  ne  goûtoit  pas  « 

s-  &  que  le  comte  de  Tripoli  ne  fe  mêla  de  lui  en  ce  difoours  ,  l’écouta  avec  peine  :  mais  il  n’en  té-  •« 

aucune  manière,  foivant  le  témoignage  du  mê-  moigna  rien  au-dehors.  Le  roi  de  fon  côté  compta» 
me  hiftorien  Cet  auteur  ne  dit  rien  de  ce  pré-  que  ce  prince  approu  voit  là  réfoJmion ,  &  la  paix* 
tendu  empoifonnemenr;  il  afïùre  au  contraire  que  ayant  été  rétablie  parmi  eux,  ils  s'occupèrent  à  « 
le  comte  Jofltlin  fit  tout  ce  qu’il  put  apres  la  mort  difpoier  leurs  troupes  pour  le  combat.  »Lefragment 
de  Baudouin  V.  pour  faire  tomber  la  couronne  de  finir  ici  ,  &  ne  no  ?s  apprend  ni  l’ifîîie  de  la  ba- 
Jerufalem  fur  la  tête  de  Sibylle  là  nièce,  contre  les  taille ,  ni  le  fort  du  comte  de  Tripoli  :  nuis  il 

conventions  qu’il  avoir  jurées  ;  &  qu’il  agit  en  prouve  que  Je  roi  de  Jcrulàlem  la  donna  contre 

traître  ï  l’cgard  du  comte  de  Tripoli ,  &  furprit  fur  l’avis  de  ce  prince. 

lui  la  ville  de  Beryre.  Abulfcda  rroifiéme  hiftorien  Arabe, quia  écrit  h  e*c npt.sA* 

b  n*rttn.  3  Outre  la  relation  k  que  nous  a  Iaiflce,  de  la  vers  le  commencement  du  XIV.  fiécle  >  ne  s’écarte  J*'  c* 
bataille  de  Tibériade,  Raoul  Coggeshale  auteur  pas  de  ce  que  rapportentRaoulCoggeshale&Boha-  40. 

/</  grave  3c  contemporain ,  3c  dans  laquelle  on  trouve  din  du  comte  deTripoli  :  il  s  énonce  en  ces  termes: 

c  ja  c  juitification  du  comrc  de  Tripoli  touchant  la  Saladinétanr  venu  camper  à  Tibériade,  il  fe  ren-* 

457-  trahifon  dont  on  l’accule  dans  cette  occafion  *,  nous  dit  maître  aufli-tot  de  cette  ville,  dont  la  citadelle* 
avons  le  récit  de  la  même  bataille  par  divers  hifto-  le  défendit.  L’une  3c  l’aurreappartcnoicnt  au  corn  - 
riens  Arabes  du  tems ,  dans  lequel  on  11c  découvre  te,  qui  ayant  conclu  une  trêve  avec  le  fnltan,  avoit  * 
non  feulement  aucun  vertige  de  cetre  prétendue  promis  d’en  cxccuter  fidellement  les  articles:  mais* 
trahifon  :  mais  où  la  conduite  de  ce  prince  cftplei-  les  François  lui  ayant  député  leurs  prêtres  avec» 
nement juftifiéc.  Le  témoignage  de  ces  hiftoiicns  le  patriarche  ,  pour  lui  en  faire  des  reproches,» 
eft  d'autant  plus  dccilif,  que  s'il  croit  vrai,  comme  3c  le  détourner  de  faire  alliance  avec  le  fultan,* 
on  le  prétend  ,  que  le  comte  de  Tripoli  le  fût  ce  prince  le  rendit  à  leurs  remontrances .  &* 
déclaré  en  faveur  de  Saladin,  &  qu’il  eut  cmbralïè  unit  de  nouveau  lès  armes  avec  les  Icurs.Ils  fe  pré-  » 
le  Mahomctiîme,  ilsn’auroicntpas  manquéde  faire  parèrent  enliiircdc concert  à  combattre  le  fultan,  „ 
trophée  d’une  aélion  fi  avantageufo  à  leur  (tête,  qu'ils  allèrent  chercher  avec  toutes  leurs  forces.,, 
iv.  l.  wi.  Nous  avons  déjà  rapporré  ailleurs  d  ce  que  nous  Ce  dernier  décampa  alors  de  Tibériade,  &  alla  le* 

<b»U.  vt/4  apprend  de  cette  bataille  Bohadin  e  l’un  de  ces  hi-  Samedi  à  la  rencontre  des  chrétiens.  Les  deux  ar-  „ 

^  w  ftoriens ,  dans  la  vie  qu’il  a  écrite  du  fultan  Saladin  mées  en  étant  venues  aux  mains ,  l’aétion  devint  - 

p.tt.  dont  il  avoir  toute  la  confiance ,  3c  qui  fut  témoin  très -vive  :  le  coaire  de  Tripoli  voyant  combien  il  « 

L»  Ÿlauv  k  P*“Pait  c^cs  expéditions  de  ce  prince.  importe»  de  vaincre ,  fe  jetta  alors  à  corps  perdu  * 

i7u!  *  Amadoddin  d’ilpahan  (  antre  auteur  Arabe  ,  dans  la  mêlée,  3c  attaqua  la  première  ligne  des  - 
sfr  üjîûm  a  cic™  ^iftoirc  l’expédition  de  Jcrulàlem  MufuImans.Tacoddin  prince  d’Amad  qui  ycom-* 

Md*:  xku.  par  le  fultan  Saladin  dont  il  étoit  Secrétaire*  ra-  mnndoic,  fit  ouvrir  aufii-tôt  fes  bataillons  pour* 

/.  »7.er/rî?.  conrc  j  pCll  pr^.s  |a  mêmc  maniéré  que  Raoul  le  recevoir  avec  ceux  de  là  fuite ,  qu’il  envelop-  « 

Coggeshale, ce  qui  précéda  la  bataille  de  Tibériade,  pa  3c  qu’il  tailla  en  pièces.  Lecomte  trouva - 
&  ne  dir  rien  qui  puilfe  faire  foupçonner  le  cornre  moyen  cependant  de  s’échapper;  3c  étant  arrivé  à  * 
deTripoli  d’avoir  été  d’intelligence  avec  ce  prince  Tripoli ,  il  y  mourut  furieux  peu  de  tems  après.  * 

1 7*.  f.2*.  infidclle.  11  parle  feulement  ,  dans  un  fragment  g  On  voit  par  tous  ces  témoignages  que  Raymond 

qu’on  nous  a  donné  depuis  peu  de  fon  ouvrage  ,  II.  comrc  de  Tripoli  chercha  à  la  vérité  fon  làluc 
de  la  divilion  qui  regnoir  auparavant  entre  le  comte  dans  la  fuite  à  la  bataille  de  Tibériade  :  mais  quelle 
Raymond  3c  le  roi  de  Jcrulâlcm,&  entre  les  princi-  fe  donna  contre  fon  fèntimcnt ,  3c  qu’il  ne  fc  retire 
paux  de  l’armcc  chrétienne,  c  Comme  ceux-ci  vi-  qu'après  y  avoir  donné  des  marques  de  là  valeur. 

»  renr,  ajoute-t-il,  qu’il  falloir  bienrôt  combattre  les  II  eft  furprenant ,  dit  un  célèbre  journalifte 1  de  -  '  Je*rn- Vltu 
»  Mulfiimans ,  ils  cherchèrent  à  le  réconcilier.Lc  roi  nos  jours ,  à  l’occalîon  de  la  vie  de  Saladin  écrite  «  17ii.f4rr.il 

"  alla  trouver  le  comte  ,  lui  témoigna  une  amitié  par  Bohadin ,  dont  il  a  fait  l’extraie ,  que  cet  au-  «  à-fii* 

•  fincere,  prit  une  entière  confiance  en  lui,&  tacha  leur  ne  dife  pas  un  mot  de  la  trahifon  que  nos  « 

»  par  (à  familiarité  d’adoucir  la  férocité  de  cc  prin-  hiftoriens  attribuent  au  comte  de  Tripoli.  Il  eft  * 

»•  ce.  Ils  fc  réconcilicrcnr  ainfi  3c  s'unirent  très-  vrai  que  Bohadin  convient  qu’il  s  enfuit  lâche-  « 

•  étroitement ,  apres  avoir  été  extrêmement  alic-  ment  dès  le  commencement  de  la  bataille  de  « 

••  nez  l’un  de  l’autre.  Alors  les  François  dans  les  vi-  Tibériade  :  mais  fàns  rien  aiouter  qui  puiflè  frire  * 

•  fîtes  fréquentes  qu’ils  fe  rendirent ,  délibérèrent  foupçonner  la  moindre  collufion  entre  ce  prince  * 

•  fur  leur  falut  commun  ,  3c  s  exhortèrent  mutuel-  3c  Saladin.  -  Enfin  pour  achever  de  démontrer  que 
»  lement  à  ne  rien  craindre  ,Scc.  Le  comrc  qui  étoit  Raymond  II.  ne  fut  pas  coupable  de  la  prétendue 

•  un  capitaine  aguerri,  prudent  3c  expérimenté,  trahifon  dont  on  l'accule,  &  qu’il  ne  fur  nullc- 

•  lcur  dit  entr’autres  choies:  ce  Saladin  eft  plus  ment  d’intelligence  avec  Saladin  à  cette  mémorable 
«formidable  qu’aucun  des  fultans  qui  air  jamais  journée  ,  nous  n'avons  pas  befoin  d’autre  preuve 
«été  *,  il  eft  extrêmement  véhément,  fon  cou-  que  de  la  lettre  que  le  grand-maître  des  Tem- 
•rage  ne  lui  frit  rien  trouver  de  difficile,  3c  il  pliers  écrivit  à  tous  les  princes  chrétiens  après 
•affronte  aifcmcnc  les  périls;  s’il  nous  entame  une  la  prile  de  Jcrulalcm,  &  par  conlcqucnt  après  la 

•  fois ,  nous  ne  pourrons  plus  nous  relever  ;  ufons  mort  de  cc  comte ,  &  qu’un  ancien  hiftorien  *nous  1  d% 


17  u. 

i'St.nni.  su- 


i  Journ.  litt. 
de  U  H  J*  un, 
\7i\.f4rt.  I. 

/•4ii  &fip 


1  i* 


•  de  rufe  avec  lui ,  &  fuciguons-le ,  tant  par  de  '  a  confcrvée  :  ce  grand-maître  y  fait  la  relation  de 


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£  4$ 


NOTES  SÜR.  Ofl  RË 


•  Tjr. 
’tontin»  apxd 
Jéjnen*  imd. 

Ÿ-S9+* 


$4  Ot  E^a  bataille  ;  mais  il  ne  dit  rien  qui  puiflè  faire  de  la  douleur  f  que  ce  prince  conçut  tant  de  la - 

•LVK  tort  à  la  réputation  du  comte  de  Tripoli  j  il  die  perte  de  la  bataille  de  Tibcriade  ,  que  des  mal-*'*  0  T  1 
àu  contraire  ejue  ce  prince  eut  beaucoup  de  peine  à  [e  neureutés  fuites  qu’il  prévit  quelle  alloit  avoir 
fiauver  de  la  batas/le.  Si  Raymond  eût  été  coupable  pour  les  chrétiens  d’Oricnt,  &  nullement  des  Nt^.  £,* 
d’un  crime  âuffî  noir  que  celui  dont  on  le  charge ,  reproches  d’une  confcience  agitée  du  remords  s 
le  grand-maître  fon  ennemi  l’autoit-il  dillimulc*  d’avoir  cinbraffé  le  Mahomctilmc  ,  &  trahi  fa  Ufl. 

4°.  La  prétendue  fommation  faite  a  Saladin  par  *  patrie  avec  fa  religion.  Si  Raymond  fut  mort  Ma-  rer*  /ui*'*7* 

“ce  comte  après  la  bataille,  de  lui  remettre  le  royau-  hometan  ,  comme  on  le  prétend,  les  hiftoriens  f  ' 
me  de  Jerufalem,  conformément  au  traité  qu’ils  Arabes  du  tems  riauroient  pas  oublié  une  pareille 
avoient  conclu  enfemble,  eft  une  fable  inventée  circonftance,ainfi  qu’on  l’a  déjà  remarque  :  maison 
de  nos  jours.  En  effet ,  comment  Raymond  pou-  voit  au  contraire  qu'ils  parlent  toujours  de  luicom- 
Voit-il  demander  qu’on  lui  remît  le  royaume  de  me  d’un  de  leurs  plus  cruels  ennemis.  Enfin  fice 
Jerufalem ,  puifqu'ii  mourut  certainement  avant  la  prince  eût  été  coupable  d’une  telle  apoftalie  ,  Boc- 
prife  de  cette  ville  par  les  infidellcs?  mond  VI.  fon fucccfleur  dans  le  comté  de  Tripoli, 

5  On  a  déjà  vu  que  les  hiftoriens  Arabes  du  n’auroit  o«c  le  qualifier  de  bonne  mémoire  peu  d’an- 
tems  rapportent  les  circonftances  de  la  mort  de  nées  aptes  fa  mort,  comme  il  fait  dans  une  charte  g  * 

Raymond  d’une  maniéré  bien  differente  des  au-  par  laquelle  il  confirma  au  mois  d’Aout  de  l’an 
teurs  poftericurs.  Nous  trouvons  encore  de  quoi  1196.  les  privilèges  que  ce  prince  avoir  accordés  aux 
faire  l’apologie  de  la  fin  de  ce  comte  dans  le  conti-  Hofpitaliers  de  Tripoli,  «3c  les  donations  qu’il 
nuateur  de  Guillaume  de  Tyr ,  auteur  ancien a,  <5c  avoit  faites  en  leur  faveur, 
d’autant  moi  ns  fufpeét,  qu’il  accufc  ce  prince  d’a-  Si  donc  Raymond  donna  quelque  occafion  à  la 
voir  appcllé  d’abord  Saladin  à  fon  fccours  contre  perte  du  royaume  de  Jerufalem  ,  ce  fot  par  (es  di* 

Gui  de  Lczigncm  qui  lui  avoit  déclaré  la  guerre  vidons  avec  Gui  de  Lczignem ,  qu’il  vouloir  cloi* 
auftitôt  après  Ion  couronnement*,  ma;s  il  le  julbfie  gner  du  thrône ,  tant  parce  qu'il  nétoit  pas  capable 
pleinement  nu  fujet  de  la  bataille  de  Tibériade,  «3c  de  régner,  de  l’aveu  de  tous  les  hiftoriens,  que 
ne  dit  rien  de  fa  prétendue  trahifon  ,  ni  des  autres  parce  qu’il  s’en  ctoit  emparé  contre  la  foy  d’un 
circonftances  que  nous  venons  de  réfuter.  Il  té-  traité  folemncl ,  autorité  par  les  états  généraux  du 
moigne au  contraire  que  le  comte  agit  toùjoursde  royaume,  dans  le  tems  qu’ils  lui  en  avoient  déféré 
bonne  foi  depuis  (a  réconciliation  avec  le  roi,  «3c  la  régence.  Ainfï  l’ambition  de  Gui  h  fut  propre-  ^ v.)u.u 
attribue6 uniquement  la  perte  de  la  bataille, «3c  tou-  ment  la  première  caufc  de  tous  ces  malheurs.  En  ^**.117. 
tcslcsfuneftes  fuites,  à  la  haine  implacable  que  Gc-  effet,  fuivant  l’auteur  de  la  continuation  de  Guil- 
tard  de  Rochefort  grand  maître  des  Templiers  hume  de  Tyr ,  le  roi  en  déclarant  le  premier  la 
avoit  conçue  contre  lui, parce  que  le  comte  lui  avoit  guerre  au  comte  ,  pour  s’allurer  la  poltéffion  d’un 
tcfulé  autrefois  en  mariage  la  dame  du  chatcau  de  royaume  où  il  ri était  pas  encore  reconnu ,  força 
Botcrin.  Girard  après  ce  refus  ,  ajoùte-t-il  »Je  ren-  en  quelque  manière  ce  prince  à  nppcllec  les  in* 
dit  au  temple  par  m au t Ment ,  d>nt  la  haine  corn-  fidclles  à  fon  fccours  contre  lui. 
menca  ,  par  quoi  la  terre  fit  perdue.  Il  réfultc  de  tout  ce  que  nous  venons  de  dire  , 

*•7* é-  Suivant  cct  hiftorien  c  le  comte  de  Tripoli  fc  que  le  roi  Gui  de  Lczignem,  le  maître  des  Tcm- 
rctira  à  Tyr  apres  la  bataille  de  Tibériade  avec  le  plicrs,  «3c  les  autres  ennemis  du  comte  de  Tri- 
fils  du  prince  d’Antioche  ,  «3c  quelques  antres  fei-  poli,  tant  pour  le  di-uilpcr  eux-meines  des  (Iti- 
gneursqui  avoient  échapé  comme  lui  de  cette  fu-  tes  funeftes  de  la  bat.ûlic  de  Tibériade  ,  dont  ils 
nefte  journée.’»  Saladimcontinue-t-il,  parut  bien  tôt  étaient  la  principale  caufè*  que  par  animofîté  & 

••après  devant  cette  place,  qu’il  n’ofa  attaquer,  par  vengeance,  firent  courir  des  bruits  dclavan- 

*  parce  que  la  garnifon  étoittrop  forte.  Il  paflâou-  tageux  a  la  mémoire  de  ce  prince  api  es  G  mort, 

"  ttc ,  alla  aiîiegcr  Sidon  à  lix  milles  de  là  >  prit  dans  le  tems  qu'il  n’étoit  pas  en  état  de  fe  defert- 

*  cette  ville,  &  enfuite  celle  de  Giblet,  &  le  cha-  dre  ;  ce  qui  aura  trompé  quelques  hiftoriens 
*»tcau  de  Botcrin  qui  appartenoient  au  comte.  Ce-  étrangers  ,  &  peu  infttuits,  qui  ont  adopté  trop 
••lui  ci  voyant  que  les  in  fi  délies  s’emparoient  de  facilement  ces  bruits  fins  en  examiner  la  vérité. 

*  tés  états  &  menaçoient  fa  capitale,  s’y  rendit  par  Auih  l’un  de  ces  hiftoriens*  de  meilleure  foy  que  les  *0*.  àh* 
*•  mer  avec  le  fils  du  prince  d’Antioche ,  «Sc  tout  ce  autres ,  avouc-r-.l  que  Us  p'us  anciens  auteurs  ex- 
••qu’il  put  ralkmbler  de  chevaliers,  dans  le  dellein  culoient  la  conduite  du  comte  de  Tripoli  en  beau- 
«de  la  défendre  contre  Saladin*,  mais  il  ne  vécut  coup  de  choies. 

-  pas  long-tems  après  (bn  arrivée ,  «3c  mourut  en  Au  refte  il  nous  paroît  que  Vincent  de  Beauvais*  fi  J™ 

M  rlivl  ««mil  1  r.  romv.rn.  .  il  1 , 1  (  7\  ........  -  -,  -  _i  7*  _  I ..  J.,...  nAiir  .j 


\>p,  i oÿ. 


•o*, 


I  Vin (.  wrf» 
«o.  (* 


«duel,  mnfi  qu  on  le  rapporte:  il  lai  lia  tés  états  auteur  dont  on  connoîc  allez  le  penchant  pour 
»  au  fils  du  prince  d’ Antioche  ,  cjui  jouit  depuis  du  la  fable  ,  &:  le  peu  d’exaditude,  eft  le  premier  qui 
*  comté  de  Tripoli.  >»  On  ne  voit  rien  ici  qui  mar*  a  afflué  policivemcnt  que  le  comte  de  Tripoli  avoit 
4  v.  vm.  tyie  le  délefpoir  auquel  on  prérend H  que  le  comte  cmbraflé  le  Mahomctilmc ,  «3c  que  c’wft  de  lui  que 
U.  p.  zi  s.  s’abandonna  après  la  bataille  de  Tibcriade,  «3c  qui  Nangis  «3c  tous  les  autres  auteurs  poftericurs 1  ont  ^ 
le  fit  tomber ,  ajoute  on ,  dans  une  efpccc  de  fi  é-  emprunté  cette  acculation,à  laquelle  ils  en  ontajou- 
néfic  ,  dont  il  mourut  peu  après,  toujours  agité  de  té  d’autres  auffi  fabuleutés  :  c’eff:  ce  qu’il  nous  (croit 


Çfr.rrf. 
irai.  tt.  7-f- 


t  Al.  Ifid. 


o  ;  C1U  1 

coIck  &  de  luïcur.  aile  de  faire  voir  *,  niais  cela  nonsmesieroit  trop  loin. 

11  cft  vrai  qu’un  des  hiftoriens  Arabes  «que  nous  Nous  avons  cm  devoir  entrer  dans  ce  détail, 
avons  citez,  prétend  que  le  comte  de*  Tripoli  pour  rétablir  la  mémoire  d’un  des  plus  grands 
Yut  finrieux  :  mais  on  doit  interpréter  ce  terme  princes  de  la  maifonde  Toulouté. 


PREUVES 


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Invention  c/rs  relujucj  ck  S^BausUt  Martyr  aNïniAS 

PREUVES 

DE  L’HISTOIRE 


D  E 


LANGUEDOC 


CHRONIQUES- 


î. 


^•878.  Invention  &  tranjlation  des  reliques  de 


Tire  d’un 
Jttnufmt  de 
M.  le  bcuT 
chanoine 
d'Auxerre, 


S.  £  au  fie  >  martyr  à  Nifmes. 


N  N  O  Incama- 
tionis  Dominiez  , 
DCCCLXXVIII. 
Dum  Dei  mifcricor- 
dia  fûcura  præfciens 
&  omnia  utilia  coo- 
periens,  animos  do- 
mni  Trudgaudi  ab- 
batis  ,  &  fratrum 
Saxiaccn/is  canobii 
accenderet  utbafili- 
cam  S.  Baudelii , 
aîiquando  a  fan&is  pateibus  abbatibus  Romulo, 
Odonc  &  Walas  ftindaram,  jam  vero  vetuftam , 
renovarent  ac  amplificarent ,  ea  fclicitare  id 
ôpus  complcvcrlinr  ut  omnes  inde  fhipentes  ad- 
miiartnrur ,  &  aliquid  magnum  cidem  loco  even- 
T ome  J I. 


(ci'im  />• 


turum  profiterentur.  Quippe  cum  sedificantibuj 
nihilfïniftrumcontingeret,  fed  meritis  beati  Baudelii 
profper  (ucccflûs  adcilèt,  &  odorintimus  de  fuper- 
nis  eisafpiraflèt:  (ciuntur  enim  plures,  &  de  altis 

Îfius  ædificii  lapfï,  &  minime  læfi.  Interea  acci- 
t  ut  memoralis  Gothorum  princeps  Bernard  us 
aim  avunculo  fuo  Gaudcno  *  runc  inclito  abbace, 
fûturo  autem  epifeopo,  idem  monafterium  adven-  îeao. 
taret.  Qui  cum  rogarerur  à  monachis  ut  partem 
corporis  S.  Baudelii,  cui  famulabantur,  cis tribus- 
ret;  miratus  quod  nihil  terreni  lucri  ab  eis  quxre- 
retur,  gavifïifque  quod  id  agere  pofïet  quod  pete- 
batur ,  ultro  fpopondit.  Tefta turque  Ce  Gothos  adi- 
turum  de  in  comitaru  fuo,  qui  ut  rex  ibaf,  quxdam 
ex  iis  monachos  du&urum.  Dominus  itaque  ab- 
bas  prædi&us  Jod  in  hac  fânéb  legatione  duos 
monachos  elegir,  qui  honefte  æque  ac  religiofe  ut 
erant  Sacerdotcs,  ad  Gothiam  direxit. 

De  relujHtis  SS.  Pauli  Amandi  epifeoporum. 

Cornes  igitur  ille  devenir  Narbonam  i  ubi 
fotius  Gothiæ  provineix  Domnus  Scgebodus 
arcliipontifex  fedebac,  virnominis  chriflîani  tam 


1, 


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*-*«•  Theo- 
flardurn. 


5  %  PREUVES  DE 

teligione  fervidus  quam  vigore  poteftatis  inclitus, 
qui  rccompcrta  ob  quam  monacm  caufàm  Gothiam 
penetraverint ,  Deo  fàventc ,  plufquam  dici  poflit 
exhilararus,  &  impendio  eft  lætitacatus.  Nam  & 
monachos  effe  bcaros  profeflùs  eft ,  &  principi  in 
hac  parte  coneratulatus ,  qui  ob  hoc  Nemaufum 
ire  decrevit ,  led  corporis  morbo  impeditus  elan- 
guit.  Tune  {àlubri  confilio  uius ,  *  Tebcrdum 
Iuum  archidiaconum ,  qui  loco  ipfius  fcdis  poft- 
modum  eft  lùffe&us,  cum  monachis  mifit  &  eis 
(krofânChs  reliquias  dédit,  S.  Pauli  fcilicet  pri- 
mi  epifcopi  ejufdem  Narbopenfis  urbis ,  qui ,  ut 
fertut,  Sergius  eft  in  Adtibus  apoftolorum  didkus, 

&  S.  Amandi  epifcopi  &  conrefforis  :  quod  dé¬ 
çus  monachi  à  tanto  paftore  fumentes,  benedi- 
fiione  æque  &  auûoritatc  fufccpta ,  cum  archi- 
diacono  epifcopi  &-  cum  principe  Urfo  ,  quem 
cornes  viceiàa  mifit  >  ccletiter  urbem  Nemaufum 
adierunt  ,  quo ,  poftquam  venmm  eft ,  dici  ncquit , 
qua  aufteritatf  webs  rotins  4jæcefis  fç  difpofuit  ar- 
mare,  ne  præmles  aut  ipfc  cornes  molirentur  fibi 
fuum  martvrem  auferre*,  antiqui  hoftis  ut  creditiir 
aftu,  ne  ipfc  plebs  inveniret  corpus  tanü  martyrisée- 
ve  diabofus  ipfc  pclleretur  ab  obfeHis,  ficut  veracitcr 
d#Wnc  eft  dcpuifcrâ  ttlulris  raiHibua:  quid  pl kut* 

Inventif  corporis  fanfli  Baudelii . 

, Affiilt  igituf  Girbertus  antifteS  ipfius  urbis.  Ex 
præccpto  etiam  domni  Scgcbodi  ,  occurtir 
Vicefredus  Ucetiæ  ecclefiæ  dignifiimus  epifeopus , 
cum  aliis  pluribtis  pontificibus  &  abbatibus  multis. 
Apparente  autem  nrchidiacono  primatis  Segcboldi , 


L’  HISTOIRE  4 

quæ  maxime  illi  genti  imminebant,  omnia  funt 
remota ,  plebfque  à  paganis  emta ,  fertilitate  terræ 
jocunda ,  ad  religionem  cœpit  elle  fervida  -,  princeps 
Bernardus  popuüs  illis  fà<ftus  eft  clementior  &  quo- 

dammodo . apparuit  temperatior.  Invcntio 

autem  hujus  glorioii  fcpulchri  extidt  xvun .  kaljvlaii. 

Item  cujus  fupra. 

Igitur  præripua  (âcri  corporis  parte  ex  voto  acce¬ 
pta,  atque  qçlefti  benedi&ione  per  epifcopos  fufee- 
pta,  felices  monachi  optabant  remearc  ad  propaa 
portantes  radltis  incomparabilia  gaudia.  Quid  plàra: 
dedacentibus  eos  epifcopis&  dericis,  &  curn  divi- 
nis  obfequiis  vcl  exequiis  cœgerunt  relinquere  Go- 
thiara,  &  per  Provindæ  urbà  tendere  ad  BurgunT 
diam,  &c.  L'Auteur  ajoute -qu il  a  appris  tout  ce 
qu'il  rapporte  des  prêtres ,  témoins  oculaires . 


II. 

Extrait  de  la  vie  3  de  la  tranflatian  &  des 
miracles  de  5.  Majan ,  confejj'eur. 


Vers  l'An 
893- 

D'un  manr£* 


en  Agcnoii. 


MAjanus  poft  primas  Apoftolorum  ponüficali  «.t  de  i  ab- 
infula  decoratus,  inter  primo s  perhibetur  emi-  ^ 
oui  rte  Chrîfti  confeflores ,  ficc.  Qtjaliter  autem  ejus 
S.Majani  cofpus  ad  Cognenfc  monafterium,ttmc  tem- 
porislic  vocatumftranflatumfuit,&  quomodopropter 
iuum adventum  rhonafteritnomen  mutatummitjplN 
nius  invenies  in  fcfto  tranflationis  ejufdem ,  quod  ce- 
lebratur  vii.  kal.  O&obris. 

Majani  fanéli  epifcopi  &  confcfforis  trartfïario,Caroli 


fuccrefcen?e<}ue  vero  ejufdem civitatis principe, fuper  principis  junioris  ftcpotisra.lgni  Ludovici  Karoliim- 


omnia  præcell . ut  opitulantc  Dci  voluntate, 

licet  inter  arma,  effoditur  pretiofc  fcpulchri  theca 
altius  infra  abdita parietis  templi  reporta,  quod  fc- 
pulchrum  gloriofum,  etiam  à  Grcgorio  Turoncnfi 
epifcopo,  miraculorum  fcriptorc  egregio ,  inter lar- 
gillima  fcriptacclebratum.Quod  fcpulcrum  port  ccn- 
tenos  annos  martyrii  S.  Baudclii ,  à  Romulo  (àntrto 
abbate  ipfius  ecclefiæ  intra  vifceia  terræ  cum  farco- 
phago  plumbeo  eft  retrufum.  (>ii  etiam  abbas 
poftquam  inibi  præfuit  monachis  LXXX.  ut  tem¬ 
pli  ejus  indicat  matmor,  â  paganis  inde  ejedus ,  à 
regibus  Saxiacum  prædiiun  obdnuit ,  ipfumque  cœ- 
nooium  in  honorem  jam  di£li  martyris  ftindavit, 
atque  privilégia  libcnatis  fuis  fcquacibus  adquilïvit. 
Igitur  ut  ad  ordinadonem  redeamus ,  epifcopi  qui 
convencrant ,  mox  ut  ex  parte  aperuerunt  plum- 
bcam  (ànfti  martyris  thecam ,  tantam  miri  odoris 
fenferunt  fxagrantiam ,  ac  fi  iftic  omnia  cfterbuillent 
aromata ,  &  univerfacoquercntur  thymiamata ,  om- 
niumque  olcfàdibus  propinarenmr  balfami  fluenta. 
Epifcopi  autem  pro  inventione  tand  thefauri,  ha- 
ûenus  ocaild,  magnis  vocibus  hvmnum  Te  D cum 
laudamus  intonantibus,  clamor  facerdotum  &  clc- 
ricorum  cantantium ,  qui  ufque  ad  quingentos  cura 
millenis  pedibus  ocairrerant,  tanrus  exortus  eft,  ut 
crederetur  cæium  his  laudibus  penetrari  &  erada 

Slior  fùpemæ  benedictionis  evocari.  Pullàtur 
ibus  cæli  fccretum ,  porriguntur  lachrymæ  com- 
punâionum ,  pronundantur  fcndorum  mérita ,  da- 
tur  per  fandtum  Baudelium  pcccatorum  venia ,  & 
cum  hoc  donum  quanto  eft  revelatum  tardius , 
tanto  fabile  talentum  eos  latebat,  major  bonitatis 
Dei  magnificenria  eis  fubftradb  erat.  Dehinc  autem, 

3 uia  ad  tumbam  fanfti  martyris  Chrifti  cum  afïi- 
uitateconcurritur,  innumera  è  cælo  remedia  po- 
pulis  traduntur.  Dcnique  ipfb  anno  quo  repertum 
eft  tana  (àcradflimum  corpus  martyris ,  pericula 


peratoris  filii,  ac  Theodardi  cccrefiæ  Narbonenfis  ar- 
chiepifcopiegregii,nec  non  &Gilberd  ecclefiæ  Bitte- 
rcnlis  epifcopi  temporibus  fa6b  fuifle  perhibetur.  lllis 
igitur  temporibus  duo  monachi  Cognenfis  monafte- 
rii,  quod  in  Bittercnfi  tellure  fitum  eft , quorum  unus 
Sulinus,  alter  vero  Centullus  vocabatur,*'com- 
pcrtis,fama  révélante,  quas  omninotens  Deus  per 
fcmulum  fuum  Majanum  operaoafiir  virtudbus, 
confilio  inito  ufque  ad  locum  ire  difponunt  ubi 
beati  Majani  facro-fondhim  vencrabatur  foma  > 

(  foma  autem  græcè  corpus  ladnè  dicitur  )  qui  ab* 
bâtis  fui  pcrcepta  benedidione,  cum  ad  milfioncm 
patris  è  monafterio  eflent  egrefli ,  interrogant  de 
loco,  de  via,  de  patria  ubi  corpus  beati  Majani 
reliquias  reperire  poftint  :  quibus  duftum  eft , 
quia  in  Vafconia.  Pervenicnres  ergo  prædidi  cœno- 
bitæ  tandem  ad  loaimj  gratias  immenfas  agunt 
altilfimo  Crcatori.  PcrfpcClo  itaque  loco ,  quod  ne- 
gotium  gratia  cujus  vénérant ,  propter  populi  fre- 
quentiam,  difficilem  haberent  acccflüm ,  cautere- 
gionis  illius  dominos  adeunt,  fcque  velle  illic  he- 
remicule  perpetuo  manerc  fingunt  :  quibus  illius 
loci  domini  &  incolæ  locum  ad  manendum  & 
eeelefiam  parvam  in  qua  fàndkus  euftodiebatur 
thefaurus  ad  cuftodicudum  dederunt. 

Cæperunt  deinde  laboribus  infiftere ,  vincarum 
ailtibus  operam  dare ,  rurales  ccfpitcs  radicitus 
cvcllcre ,  agtorum  fruges  totius  fudore  laboris  ad- 
quirere:  fcd  aim  labor  corum  fierctinanis,  qua^ 
dam  noôx  ad  fiindamenta  beati  viri  ecclefiæ  accé¬ 
dant,  ipfcm  fubfodiunt  parietemque  frangunts 
deinde  veftibus  fuperpofitis  fanftum  evaaiare  tei>- 
tant  maulæolum  ,  cælcftibus  margaritis  omanim. 
Cumque  ncc  fie  portent  fuum  complere  defiderium, 
fuâo  tandem  ejufdem  tumuli  angulo ,  magno  ca- 
dem  évacuant  thccam  thefcuro  :  quo  fublato  intra 
rum  finus  portarum  condudunt ,  indeque  quan- 


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j  D  1  LANGUEDOC.  t 

todus  rccedunt.  Nam  cum  Ce  perfoqui  cemerenc ,  velperalcente  die  vedores  reliquiaram ,  &  irinei* 
îta  ut  pene  capcrenrur,  timoré  perterriti  ad  quan-  fâtigati  in  ecclefia  pagi  ,  oominc  Odovialiis  depo* 
dam  fÿlvam  quæ  Buchone  dicitur  diverterunt  >  nere  decemunt,  ôcc. 

denfïtate  foliorum  chefaurum  abfrondunt,  ficque  Qyidam  pœnitens,  dum  pro  quadam  rearus  fui 
port  fugam  vix  evadunt  :  quos  cum ,  Deo  protegente,  pœna  præventus,  medium  ferri  drculo  drcumli- 

noftes  jam  fâtigati  inquirendo  ôc  minime  invenien-  gatus  effet,  ficque  per  diverlâ  fândorum  loca  in- 

do  perfoqui  definerent,  dicitur  fubito  flamma  ex  cédens,  Deum  mirabiliter  pro  commiflî  fceleris 

codem  loco  proceffiffe ,  omniaque  folia  fiib  qui-  fui  parriddii  exoraret  culpam  ,  quadam  die  venir 

bus  erant  abfoondira  pretiofo  munera  confîimpfiffe;  ante  B.  Majani  thccam ,  ubi  dum  oraret,  circulus 


quod  videntes  timorem  continuo  deponunr,  vires  fèrrcus  quo  erat  cindus,  fubito  fradus  fuit,  &  ad 
tefiimunt ,  chefâurum  redpiunt  fùgamque  ceJeriter  ejuspedes  cecidit,  &  caro  qua-  ab  ipfo  drculo  fuerar, 
arripiunt.  iilorfa  permanfit,  Ôcc. 

Denique  compotes  Voti  effodi  dum  finibus  ap>  Ad  concilium  Agathenfe  quadam  vice  pnedidÜ  , 

propinquant  Cognenfis  monafterii,  mandant  pet  confoflbris  adduda  hieratglcra,  ubi  dum  quædarü 
nuntios  âbbati  ut  fepræparare  non  différât  adre*  mulier  rtianca  ÔC  manum  habens  aridam  oraret, 
cipiendurti  corporis  reliquias  beati  Majani  \  quibus  fânitatis  remedium  eft  confocuta.  Deinde  cum  defo 
cum  gaudiû  receptis  &  u(que  ad  bafilicam  mona-  finira  fynodo  fratres  cum  prsdictis  reliquiis  ad 
flerii  pervenientibus,  &  in  eam  cumhymnis  &  monaftcrium/  revaterentur ,  &c; 

laudiblis  ingredientibus ,  illico  Dei  omniporentis  . 
bénéficia  in  commun!  largiuntur  :  nam  cæcis  lumen  T  -  ^ 

reftituitur,  claudis  greffes  redditur,  priftinam  æger  111- 

quilibet  fofpitatem  confoquirur,  &  omne  genus  Extrait  du  traité  de  Bernard  ecolatre*  de  '***¥» 
dsmoniorum  ab  obfdfis  corporibus  effogatur.  #  Anvers  ,  fur  les  miracles  de 

carnis ,  quæ  port  mïlta  dévida  Lula  in  perdu.  JMHte  dc  Coni***' 
rando,  adhuc  apparebatincorrupta.  Ad  cujus  prs-  Du  Livre  premier  >  ch.ip.  12. 

fidium  innumerus  fiebat  concurfûs  populorum , 

non  folum  cxvicinis  confinibus  urbium ,  fedetiam  *  TT  Rbis  Ruthenicæ  cornes  Ragcmitndus,  fi- 
ex  ultimis  pnrtibus>Gailiarum:  in  tantum  ut  fâcrum  Ly  lius  illius  Rngcmundi  qui  in  via  fandi 
fâtis  Ôc  pulchrum  bafiliœ  conftrucrcrur  ædifi-  Jacobi  trucidatus  fuit ,  antequam  Jerofolymiranum 
dum,  ubi  reconditum  ejus  corpus  fâcratifîï-  iter  aggrederetur,  in  quo  obiir,  dederat  fonda:  Fidi 
mum  ufquchodie  ab  omnibus  venerarur  in  unum,  va(â  argentea  benc  cadata,  fignifque  afpera,  arque, 
licet  Royani,  â  quodam  caftro  Biterrenfis  diaN  ut  ratio  artificii  expofeir,  per  loca  pluri ma  dcaurata 
cefis  fie  didi ,  fâlfo  fo  habere  afièrant  didum  cor-  numéro  viginti,  &unum.  SelJam  quoque  cui  equi- 
pus,  quorum  infânia  arque  Cüi itas  per  hoc  veraci-  tans  infiderc  folebat,  quamquidem  vidor  in  prê¬ 
ter  reprobari  poteft,  cum  ante  didi  findi  adven-  lio  a  Saracenis  tuierat,  non  minori  pretio  quam 
tum  Cogner, fe  monafterium  diceretur,  nunc  autem  ccntum  librarum  æflimatam,  cujus  membra  per 
monafterium  Vallismagnæ,  poil  viüæ  Majani  ab  décrétas  partes  rcfbluta,  crucem  argentcam  confi- 


*  T" T  Rbis  Ruthenicæ  cornes  Ragcmitndus,  fr- 
lius  illius  Rngcmundi  qui  in  via  fandi 
Jacobi  trucidatus  fuit,  antequam  Jerofolymiranum 
iter  aggrederetur,  in  quo  obiir,  dederat  fonda:  Fidi 


Vers  l’Ail 
960. 


omnibus  nominctur. 

Poft  muinun  vero  temporis  quantum  inter  es¬ 
tera  miraculorum  opéra  fit  oftenfum  ad  feptilcrum 
ejus ,  judicent  fenfus  audiendum.  Honorabilis  qui- 


cicbant  grandem ,  cela  tu  ræ  Saracenicar,  fâlvainte- 
grirate  qus  adeo  fubtilis  artificiolàque  eft,  ut  in 
noftratibus  artificibus  non  modo  nullum  inveniat 
imitatorcm,  fed  ncc  in  cognofcendo  di/cretorem. 


dem  pater  Viverandus  cum  regeret  monafterium  &  quod  lise  multo  fuperat ,  autem  quam  nomi- 
ip(b  quidam  præfente  fidelium,  fimmattulit  filium  nant  Palatium  cum  fairnis  valde  bonis  jure  hære- 
quem  alvus  marris  ediderat  mutum,  &c.  ditario  conccllic.  Hæc  enim  fàlinæ  vcl  curtis  inpro- 

Igitur  quia  auditaenarravimus,  nuncinlpeda  de-  vincia  Gochiæ  funt  fita  in  litrore  maris,  quod  ab 
fenbe  re  licet.  Septimanæ  fàbbatum  crat ,  jamque  Oceano  Hiipanico  deffluens  in  Meditcrraneas  divi* 
Omnis  incola  labori  terminum  impofùerat  ob  re-  ditur  infiilas ,  &c. 
verentiam  dotninicæ  nodis ,  tune  viri  pilcario ni  n  /  •  L 

cuJtu  infiftentes,  ncc  dcfiftunt  caufâ  lucri,  ôcc.  U  VYe  c 

Per  idem  fore  tempus  dum  ad  quamdam  fuifïct  Sed  hoc  inter  joca  findæ  Fidis  reforunt,  quod 


TClCIU.i<UU  UUUUIUUV,  I1UUI3  ,  IU1JL.  VUI  piU-UliUlU  D  /  •  U 

cuJtu  infiftentes,  ncc  dcfiftunt  caufâ  lucri,  ôcc.  U  VYe  c 

Per  idem  fore  tempus  dum  ad  quamdam  fuifïct  Sed  hoc  inter  joca  fândæ  Fidis  reforunt,  quod  y^TiAn 
delamm  S.  Tybcriiccliulam,  pro  quadam  fynodo,  fréquenter  à  Ricarda  comitillà,  jam  poft  moitem  JQQm 

ejus  fândifiîmum  corpus,  quadam  die  quidam  vice^  Raymundi  viri  fui  vidua  ,  fibulam  auream  artifi-  ^ 

cornes  Biterrenfis,  nomine  Guillelmus,  quemdam  ciofo  compofitam ,  quæur  latine  fphinx,  vel  ruftice 
attulic  puerum  cæcum,  claudum,  mutum,  ante  fpinulus  dicitur,  qua’ritare cadem  landa  per quie- 
beamm  Majanum:  huncribi,  ait,  mirifîce  Chrifli  rem  videbatur,  tanquam  proriùs  in  eo  declararetur 
confofiôr  Mnjane  offero  puerum,  ut  fôlitum  non  pupillaris  animus  quod  (oient  id  ætaris  mulierculæ 
ei  recules  impendere  beneheium.  Mirabile  (peda-  cupere  arque  affedare  ;  nam  adoîefcenruti,  ut  in  g 

culum,  vixfermonem  compleverat  &  cæco  vi(us ,  primo  libro  fcripfimus,  Icgitur  fiimpfifiè  marimm-  v.LabkbV.n 
&  loripedi  grefliis,  muroque redditur  lcrmonisu fus.  Quod  cum  fîipradida  Kicardis  crcbro  coinpulfâ  lo*  p.  s 
Alioquoquc  temporc,  dum  ad  S.  Tybcrium  pro  admonita  Hauftrino  *  in  (iiperioribus  memoratis  «  liv.  1. 
ferenicate  pluviæ  beati  viri  defferretur  corpus,  ad-  ffauflrini  hlio,  credidifiet ,  eodem  cohortante  lïbi  ch^  7gon,j 


comtes 
tsn  10 


«  liv.  i. 

ch.  7. 

b  Boml 
L  1.  ch.  6. 

c  Libb. 
bibl.  tom.  24 
p-  iii.  «ïc 
ïciiq. 


t  sn  1010.  par  Bcrnardus  IcoJalticus  in  cccleFa  Andcgavix,  dont  il  avait  vu  fans  doute  un  manuferit  ou  à  Rodés  ou  À  îcijq. 
Conques.  Il  rapport  d'abord  en  entier  le  miracle  qui  fait  le  fujet  du  chapitre  8.  de  l'édition  du  pere  Labbe  ,  (c)  (5*  qui  dans  j  M3b. 
le  manuferit  de  Bonal  fait  celui  du  30.  du  premier  livre.  On  voit  parla  &  par  les  extraits  que  Bonal  rapporte  dans  U  anu.il.  rom. 
fuite,  que  l'ouvrage  de  Bernard  efi  beaucoup  plus  ample  que  dans  l'édition  du  P.  Labbe  ,  &  qu'il  efl  divifé  en  trois  4.  p-  7° 
livres.  Bernard  dont  le  nom  a  été  inconnu  a  ce  Pere ,  écrivoit  au  commencement  du  XI.  fiecle.  Le  P.  Mabillon  (d)  ,b,d'  ad  anr'* 
*  donné  la  préface  de  cet  ouvrage  ,  qu'il  a  trouvée  dans  un  manuferit  de  Péglife  de  Chartres ,  où  U  eft  aujft  beaucoup  10 i0'  n' 
plus  étendu  que  dans  le  P.  Labbe .  Bernard  le  dédia  à  Fulbert  évêque  de  Chartres  mort  tn  1019. 

A  ij 


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7  PREUVES  DE  L’HISTOIRE  t 

Confuluit,  profe<ftaquc  ad  Conchas  ejufclcm  pon-  migravit  ad  Chriftum.  Hasdonationcsfccit  D.Fre- 

deris  aurum  pro  pcrmutationc  fpinuü  obtulit.  In  dclo  epifeopus  Anicienfis ,  régnante  Roberto  rege 

reverrendo  autem  non  longe  à  Conchis  quam  duo-  Francorum,  laudantibus  omnibus  his  quorum  no- 

bus  ferc  millibus,  cum  regius  equus  fupter  illam  mina  inferius  pofita  (une  &  fubfcribentibus  Sign. 

grata  &  expedita  inter  alios  quadrupedantes  muta-  Pontii  comitis  ,  S.  Beraldi  præpofiti  ,  S.  Guaren- 

ret  veftigG ,  fpinulus  quem  dixi ,  ramo  hæfit  arbo-  ’  ’  '  1 

qui  diu  arceflitus  ac  diu  quæfitus ,  quædam 


ris 


Chriftianiflîma  fæmina  illius  loci  indigena  reperit 
&  ignara  cujus  fiierat ,  Gnftæ  Fidi  retulit*,  digniun 
judicans  tali  munere  Gndhm  Fidem  donarc,  quam 


tonis  abbatis,  S.  Robcrti  abbatis,  S.  Guigoni  de- 
cani,  S.  Roberti  canonici  Ôcaliorum  canonicorum. 


Fa&acarta  iftainmenfc  Januario  u.  Kal.  Fcbrua-  An.  1016. 
rii,  lima  xviii. 

, _  .  Poft  hæc  concordantibus  civibus,  extitit  paftor  - 

fe  rufticam  pompare  :  bac  arte  non  modo  in  noc,  Anicicnfis  ccclefiæ  egregius  vir  indigena  Arvemen-  Vcrs 

fed  &  in  pluribus  aliis  (ànâa  Fides  duplex  lucrata  fis,  nobili  parentela  omis,  nomine  Stcphanus ,  de  lol8* 

eft  aurum.  Poft  paucos  vero  dies  eadem  Richardis  caltro  vtilgo  nuncupato  Mcrcurio. . .  dédit  mona- 

ad  Conchas  remcavit,  vicina  cnim  erat,  ut  pote  fterio  (S.  Pétri  )  ecclefiam  Lagrathola  vocacam  in 

Rothencnfium  comitillà,  quæ  proftrata  in  oratione ,  territorio  Vivaricnfi  fitam  >  propc  caftrum  quod  di- 

forte  videt  foinulum  capiti  imaginis  aftixum ,  &  citur  la  Fara  :  de  patrimonio  fuo  dédit  oro  remc- 

mirata,  caufamque  pcrcontata,  Deo  grates  egit,  dio  animæ  Beraldi  præpofiti  nepotis  fui  ibidem 

qui  negligentiam  illius  eo  modo  caftigaflèt.  Idem  quiefeentis. .  Poft  hæc  D.  Stcphanus  Anicienfis  epif- 

tamen  aurum  in  neceffarios  ufus  poft  hæc  fpon-  copus  laudantibus  fidclibus ,  fadis  his  donationi- 

(iim  eft*,  nam  révéra  conftat  id  Gn6him  Fidem  non  bus,  apud  cœnobium  Voltamnuncupatum,  quod 

ob  aliud  expetifle  omatum ,  quam  in  cælcfti  eloria  ipfc  cum  B.  Odilone  avunculo  fuo  in  propria  con- 

venuftat  inæftimabilium  margaritarum  monïlia.  ftnixerat  tellure,  quarta  Augufti  régnante  Henrico 

rege  Francorum . . .  migravit  ad  Chriftum.  S.  Beraldi 

- - — -  fratiis  lui  &c.  S.  Armandi  vicecomitis ,  &c.  Faûa 

|  y  carta  ifta  feria  v.  menfè  Decembris,  luna  x  i. 

.  ’  D.  Hcldegarius  præpofirus  cumcorifilio  &lau- 

Vetsl’An  Extrait  de  la  chronique  du  monafiere  de  de  D.  fui  Stcphani  epifeopi,  &  omnium  abbatura 

1015.  ^  Pierre  du  Puy.  &  canonicorum  B.  femper  virginis  Mariæ,  in  fèpul- 

turam  concdlit  monafterio  B.  Pétri,  domos  illas 
*  m,“  rUk  vir  quidam  ex  nobili  Francorum  progcnic  font  fubtus  chcG  epifeopi,  &  omnes  milites 

1  ortus,  G  uido  nomine,  &c.  K  Mab.att.  06.  ord.  &  feminas  virofque  nobiles  de  Chciflàc  &  d*Ef- 

tcnei.d.H*  St  gn.  foc.  f.fag.  ijô.  &  feejej.  &  Loi.  btbl.  tom.  2 .  palcdc.  S.  Stephani  epifeopi  qui  hanc  donationera 

p.  7+9.  (S  fitf.  affirmât,  &c.  S.  Hcldcgarii  præpofiti ,  S.  Pétri  dé¬ 
port  bcatæ  memoriæ  divi  Guidonis  epifeopi  ca™  »  S.  Pétri  abbatis  ,  S.  Heldebcrti  abbatis, 

tranfitum  ,  cives  Anicienfes  derus  &  ropulus  S.  Arberd  abbatis,  S.  Armandi  vicecomitis, S. Pon- 

invicem  concordantes ,  elegerunt  fibi  idoneum  bi  æditui  ,  S.  Odilonis  ,  S.  Pontii  d*E(palede , 

antiftitem  virum  nobili  ftirpe  progenitum,  Frede-  S.  Odonis  d’Efpalede  ,  S.  Guillclmi  de  Raphaël, 

lonem  nomine,  de  quodam  caftro  vocato  Anduza ,  S.  Armandi  fiatris  fui.  _ 

quod  eft  fitum  in  pago  Nemaufcnfis  civitaris.  Hic  Poft  bcatæ  recordationis  Stcphani  epifeopi 
vero  pontificali  inriila  dccoratus ,  ftienue  regendo  fincm ,  Pctnis  nepos  ejus  fuccedit  ei  in  locum  re- 

ecclefiamB.  Mariæ,  Dcoautore,  cum confilio fuo-  giminis  Anicicnfis  ecclcfiæ  B.  Mariæ:  vir  probus 

ruin  fidelium,  multis  honoribus  augmentavit  cceno-  &  Gris  ftrenuus  fccundum  fæculi  dignitatem,  qui 

bium  B.  Pétri  apoftoli  ,  quod  anteceflôr  ejus  ordinatu  s  epi  (copus  mu  Ica  prælia  geffit  cum  civibus 

confirmera^  dando  ci  mokndinum  juxta  fontem  nec  non  vicinis  omnibus,  qpibus  ad  ultimum  dc- 

Bcrleric  fitum  ,  tune  ad  Pilulos  vocatum ,  cum  vi&is  atque  ftiperatis ,  Jerololymam  adiit.  Idem 

ripis  aquæ  defluentis  adlapidcm  Aculeæ,  ut  ibi  reverfus  apud  cœnobium  Voltæ  régnante  Hen- 

ædificarctur  aliud  mokndinum  ad  viâum  &  rico  Franconun  rege ,  cum  avunculo  fuo  rcquiefat 

veftitum  monachorum.  Aliud  ctiam  molcndinura 


«I  •‘/il. 


,o5j. 


quod  dicicur  SclU  Todilu  ,  conftruâum  fnper  flu- 
vium  Dolcdoncm  donavit  cidem  monafterio.  Præ- 


m  pacc. 


Defcriptis  (nperius  quatuor  nominibus  epifeoporum  - ^ j - 

Anicicnfium.  D.  Ademarus  filius  confulisprovindæ  Vers  1  An 


tcrca  onines  mantioncs  quæ  vulgo  dicuntur  terra  Valcntineniis ,  memoriæ  non  eft  omittendus ,  qui 
d’Efpaledc,  ubicumque  in  urbe  poficas,  fivealte-  •  •  .  Podicnfium  faûus  epifeopus,  mirabiliter  rexit 
rius  parrochiæ  ædibus  confolidacas  ,  five  per  Ce  ecclefiam  B.  femper  virginis  Mariæ ,  auferendo  jus 

exif  entes  omni  modo  ejufdem  monafterii  parro-  tyrannicum  ab  ecclefiis  quæ  tune  opprimebantur  à 

chiales  tfle  confticuit ,  &  pontificali  au&oritate  laicis  in  partibus  illis.  Namque  ipfa  ecdelia  B.  M. 
confirmavit.  Infupcr  très  leftoratas  de  epifcopali  fubjngata  tali  infortunio  à  proconfulibus  Podomniar 
prato  eidem  monafterio  contiguas  donavit.  Juvat  ccnlibus  urgebatur  ,  fæpiu s  fà&is  magnis  aflîild- 

inrem  quoddam  infolitum  ,  quod  ad  pofteros  bus  ,  tertiam  partem  dore  omnibus  quæ  aliquo 

tranfmifit  antiquitas ,  de  hoc  egregio  viro  referre.  modo  accipicbat  epifeopus  à  clericis  honores  civita- 

Qtiidam  cnim  prædives  agricola  cum  multitudine  tishabcrc  cupicntibus.  Hoc  videns  vir  egregius,  G- 
clericorum  8c  milirum  cum  invitans  ad  prandium  ,  ûis  cum  cis  multis  conflidlibus  duobus  germanis  fra- 
poftdiverG  fercula  aflâs  cames  diverfàrum  avium  tribusPontioatqueEraclio  vocatis  propriis  nominibus, 
tn  vafis  argenteis  aim  auto  obrizo  abundanter  pro  libertate  fuæ  ecclefiæ  dédit  XXV.  M.  fblidos 
trito,  omnibus  attulit:  cum  eis  vera  novitare  rei  Podienfîs  monetæ  :  Et  inde  cæteri  milites  primo 
ftupentibus,  ipfc  elevata  manu  talem  benedidlio-  quidem  propter  infolentiam  reliquerunt  ecdeliarum 

^  \  n'  r  V  •  1  v  •  I  :  •  •  •  r  *  r  •  r  .  J  _• 


1077. 


nem  dediflè  fertur,  divinum  numen  bencdici  aim 
lance  leguminum.  Hic  fi  diutius  in  rebus  humanis 
fùillèt,  multa  bona  prædidlo  cœnobio  contuliflet , 
viam  vero  univerfæ  camis ,  v  1.  nonas  Odlobris 
ingreflùs ,  quod  docuit  ,  operibus  exequendo , 


dominanone*s ,  in  quibusipfc  pofuit  cenfum  advi- 
âum  &  veftitum  fuomm  canonicorum ,  &c.  In  illis 
diebus  papa  Urbanus  ab  urbcRomana  egreflus  per 
Icaliam  celebrando  concilia  per  arduasalpes  &  celG 
promontoria  venit  ad  Galfias,  conquerenuo  fidelibus 


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31  ^ 
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V::. 


9  DE  LANGUEDOC.  tô 

vins  de  fepuldiro  Domini ,  quod  multo  tempore  volente.  Ipfealiquomodo  fadacumeîs  paee.abiem 
Hierofofymis  tenebatur  obfeiTum  a  Sarraccnis ,  qui  Jerofolymam  fuit  ibi  per  duos  annos  Sc  dimidium , 
EZÎ  '^C  r"^  magn|S  a¥“  ITn,sJchr*-  îcns  &  dcprecans  Dcum. . .  .  Climquc  in  reverren- 

a  Pa'T,buV1IlS,auftrcn£iI°JelS  d0Pcr  Vkm  IonSa  ^«ationc  detentus  venifltf 
terra.* ,  poflcflîoncs ,  &  cetera  bona  qua-  poii.de-  Podium,  exieruntei  obviam  4.  vel  5.  milliards  om- 
banr,  ut  fub  tnburo  eos  viverc  iînebant.  Unde  pa-  nés  pariter  fummo  Evore  plaudentes  &  diccntes: 
Iror  optirnus  condolcns  fuis  ovibus  ,  in  Galdamm  mirabilit  r.em  exvtUahamui  in  tuu  pre - 

partibus  ftd.s  fynodis  fepms  ven.cns,  ad  Claromon-  cibmt  €3  bneMltonthns ,  <U  fmutrib»,  awt  m  Dto 
teniem  civitarem  congregavit  ibi  multos  patres  (3  r,  communs  indulgenticm  nobis  mbucrct  Den,. 


Ce  vero  flens ,  feiens  obitum  fiium  ,  fère  propc 


Ipfc 

aco!c 


culansomnes  &  benedicens,  port  finem  duorum 
menfium  cum  benedidionibus  eomm  egrefïùs , 
ivit  ad  caftrum  fiium  in  pago  Arvemcnfe  firum ,  ubi 


civitatem  congregavit  ibi  multos 
S.  ecclefiæ  epifeopos ,  archiepifcopos  cum  principi- 
bus  terræ  ,  quibus  voce  lachrymabiJi  oftendit  de 
fepulchro  Domini ,  &  miferiis  pauperum  captivorum 
tran.  marinas  partes  inhabitannum.  Hoc  omnpç 

r  i^uuuinmi.  I  lut  UUUICi  ith  autamuill  UIU1I1  U1  DaP 

dCXtCra  5apUla  ^êC*Q  iflgravefccnte. .  ^xu.Kal.  Maii  ddfiu». 
^  r ®  > àixcrum Ce  dus  (  apud  Montem-Buxerium  )apud  Cafædei  „ 

P  p  ^lr'>C  Pu  Chnft?  m°n  &  vlvcrc*  •  nobium  honorifice  cft  fepultus ,  menante  D.  Ludo- 

Prædicius  héros  aiidias  a.m  cæteris  coepiicopis ,  vico  Francorum  reee.  S 

paimis  ad  caJos cum  fletu  cltvatis,  idoneum  dudo- 
rcm  ftatuti  itineris  D.  Ademarum  Anicienfèm  epif- 
copum,faciIcm  ad  omne  bonum ,  eracilem  ad  equi- 


Vcrs  l’An 
uz8. 


CŒ- 


V. 


tandum,dcdit  eis*ut  ipfépaftorutiuflimusper  terras 
&  per  marc,  Dco  gubemantc,fieret  iUis  confolator 
j  ^ TUS‘  onerc  iter  fiium  fidurus 

aa  Scîavoniam,  militlcgatos  fiios  per  provincias  uf- 
quequaque,  utomnes  milites  Chrifti  congregarentur 
atra  Conftantinopolim,utinde  effet  traniitus  adTur- 
cos  Sc  Agarcnos.  Vclociusigitiir  omnes  ibidem  con- 
giegati  >armis  Sc  equis..  •  .  inftrudi ,  marcquod  di- 
dtur  brachium  lâncèi  Georgii  tran Cncan res,  venenmt 

Nicæam.  .  .  .  D.  Adcmarus  Podien/is  epilcopus  _ 

dudor  tanti  itineris  ,  locis  omnibus  congi  egatis,  Ncmofum  &  Arelatcm  depredaverunc. 
nus  exhortationibus  Sc  benedidionibus  confortavic  Carolus  de  Baveria  rcg.  ann.  un. 
ne  ceprum  iter  agere  dehfterent,  quoulque  fepul-  ~  1 1 
dirum  Domini  Sc  Jerufàlcm  ab  hoftibus  libei-arent. 

Ipfe  vero  pro  Chrilto  atrritus  tanris  mafis  Sc  perlêcu- 
tionibus,  valida  ægritudinc  opprdlùs  cundis  flenri- 


Cbronique  de  Nifmes • 

KArolus  Magnusimperator  regnavit  annis  xlvii. 

obiit  anno  æraris  Cuæ  lxxii  a nno  incarnat.  Do- 
mini  d  c  c  c  x  v.  quinto  Cal.  JFcbruarii. 

Ludovicus  fîlius  ejus  regnavit  an-  xxvrr. 

C arol usmannus  regn.  an.  vi.  Hic  venir  Nar- 
bonam. 

Anno  incarn.  Domini  dccclviii.  Normand, 


D’un  ancien 

breviaire  ott 
Mil.  .le  l’e- 
^lue  de  Nif* 
mes. 


Oddo  annis  x. 

Anno  dccccxxv.  Ungari  vaftaverunt  terram  iftam* 
Carolus  hlius  Lodoici  annis  xxxm.  poft  cujus  obi¬ 
tum  fîicnmr  anni  vu.  i Inc  legitimo  rege,  in  quibus 


A  nnft  i  tr  1  J  °  •  x 1  1  • - -  - - -  Ul  huiuuj» 

ah.  i  bus  Kalend.  Aug. migrans  ad Dominum  (cpultus cft.  regnavit  Rodulphus  ,  deinde  Ludovicus  filius  Ca- 

Cives  Amcienles  de  traniim  D.  Ademari  pontiticis  roii 


1101. 


,  ro. 

audientes,communi  concilio  elegerunt  ubi  antifticem 
virum  religiolum  jamfcnem,  (îalà’dci  abbatem  no¬ 
mme  Pontium  :qui  undus  chrilmate  locatus  in  pon- 
tificali  (ede,  milites  (uperbos  monetarios  vocatos  ma- 
gnis  injuriis  affligentes  cives  urbis  ,  in  tantum  hu- 
miliavit,  titturrcs  eomm  Sc  maximas  ledes  quas  in 
urbefecerant,  fada  cæde pugnanrium civium ,  terræ 
coæ quarc t ,  Sc  eos  fûbditos  ccclelîæ  fteeret  :  daris  eis 

Ero  pace  X.  M.  Solid.  Podienfis  xnonctæ.  Cum  pro 
oc  fado  admirabilis  videmr  in  populo ,  afflidus 
magnæ  infirmitatis  ftimulo  apud  monafterium  Ro- 
chapaula  vocarum ,  Ca(ædci  fùbjedum  ,  quod  ipfê 
aim  fui  progenie  in  propria  conftruxerat  tellure , 
felix  anima  ejus  egrediens  de  corpore  ix.  KaL 
Februar.  in  ecclcfîa  Icpulcus  eft  ibi, régnante  D.  Lo- 


anms  xvni. 

Lotarius  filius  ejus  annis  xxxur. 

Ludovicus  filius  ejus  annis  u.  poft  hune  Hugo 
annis  x. 

Robertus  filius  ejus  annis  xunr. 

Hacnricus  filius  ejus  annis  xxix. 

Phflippus  filius  ejus  annis  xlv. 


du  xn.  fit- 
cle. 


Vers  l’An  doico  Francorum  rege.  Septilro  itaqucDei  fàmulo, 
1 1 1 1.  ficut  didum  eft  ,  monafterio  fùrrexit  altcr  Ponrius 
cognomenro  Mauritius,  in  Ioco  regiminis  ipfius.  .  . 
propter  quo'dani  æmuJos,calumniantcs  autem  lècum 
queentes,  icrunt  Romam  ad  D.  Pafchalem  papam  ut 


HÆc  funt  nomina  Nemaufenfium  epifeoporum  Bréviaire0* 
qui  ad prælêns  in  noftra  (une  memoria.  vetsie mîiwiî 
Girbertus  cui  Carolus  magnus  dédit  abbatiam 
Salmodicnfcm» 

Chriftianus  cui  Lodoicus  dédit  abbatiam  lândi 
Ægidii  &  Tornacenlem. 

Crocus ,  cujus  tempore  fuerunc  bearus  Ægidius 
Sc  rex  Flavius. 

Lnardus ,  cui  Nicolaus  pap  conceflîc  prædida 
monafteria. 

Anglaidus  ,  cui  fîmilîter  conceflà  func  prædida 
monafteria. 

Rnvnardus  ,  cui  Johannes  papa  dédit  prædida 


ülic  apud  eum  examinarentur  adioncs  Sc  eledio  il-  monafteria ,  Sc  villam  de  Vall^-francilca. 
i  •  r~  4i  i  «i  *  m  •ii*i  /-  r  t».i  ...  c ......  .... 


lius,fidcbcrenteftè  rata  &  illibata.Cognolcens  autem 
papa  invidiam  mal'gnorum ,  fada  audientia  ex  urra- 
que  parte  ,  confècrans  cum  in  antiftircm  Anicicnfis 
cccle/iæ,  rcmifiteum  læmm  aim  fodalibus  fuis  ad 
propria,  Pontio  vicccomite  Podcmniacenfi ,  qui  cum 
co  icrat,  ibi  (êpulto  cum  magno  honore.  Revcrfus 
ad  urbem  fiida  eft  fibi  proceflio  ab  omni  populo 
cum  gaudio  magno  :  fed  tamen  invidorum  non 
quiefcit  perlccutio  y  nam  turpe  Sc  ncfàs  eft  diccrc 
quoi  incendia  &  homicidia  ,  injuriæ  &contumcIiæ, 
domus  everfæ  Sc  deftrudæ  fùerunt  in  civitate,  id  Deo 


Utbcrtus,  cui  Scrgius  pap  eonccllit  prædida  mo- 
nafteria. 

S.  RemefarkisquimukaspolleffionesNemaufenfî 
ecclefiæ  dédit. 

S.  Johannes  qui  requiefeit  cum  beato  Remelario 
in  ecclefia  ûndi  Juliani. 

Viterilcus  epifeopus. 

Pnlfadius  epifeopus. 

Cafâtus  epifeopus. 

Gregorius  epifeopus.  .  neutre. 

Bemardus  epifeopus  frater  L.^Andunenns  Domini  p. 


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PREUVES  DEL*  HISTOIRE  i» 

tjui  dédit  ccclcfiæ  Nefnaufcnfi  caftrum  S.  Martialis.  aïs  rex  Francoriim  villam  Bemifliæ  ,  &  ea  quai 
Froterius  cpifcopus  ftater  Atonis  vicecomitis.  habct  in  planteriis ,  quæ  funt  juxta  baftidam  domini 
Gerakkis  epifcopus  ,  fUius  Bemardi  Andûfienfis  epifcopi  Nemaufcnm  ,  aut  propc. 

Dômim.  Anno  Domini  mcciïix. obJ).Petrus  Gaucelini 

Froterius  cpifcopus,  qui  monafterium  S.  Salva-  bonæ  mémorisé  quondam  cpifcopus  Nemaufenfis. 
tons  de  Fonte  conhruxit.  Annô  Domini  Mcccmn.  vi.  Id.  Januar.  drea 

PetrusErmengaudi  cpifcopus  >  cujus  tempore  ec-  mediam  hoâem  obiit  reverendus  in  Chrifto  parer 
défia  Nemaufeniîs  cæpic  habcrc  canonicos  regulares.  D.  Bertrandus  de  Linguiflèllo  ,  quondam  bonæ  me- 
Bertrandus  cujus  tempore  confecrata  eft  ecclefia  moriæ  epifcopus  Nemaufcnfis ,  qui  præfedit  in  epit 
Nemaufenfis  ab  Urbano  papa  1 1.  copatu  circa  xliiii.  annos  cum  multis  tribulationi- 

Remundus  G.  epifcopus  confecrarus  cft  105)8.  bus ,  quas  paffus  fuit  propter  epifcopum  ,  &  ab 
obiit  1 1 1 1.  omnibus  laudabiliter  cum  Dei  adjucorio  evafit ,  uc 

Johannes  vir  magnæ  (anâitatis  >  confccratus  eft  poft  ejus  mortem  Deus  multa  miracula  dicitur  fe- 
n  1 5.  obiit  1 1 34.  &  rcquiefcit  in  ecclefia  S.  Scr-  ciffe,  cujus  corpus  fiiit  tumuiarus  in  ecclefia  Ne- 
vandi  juxta  muros  Toletanæ  civitatis.  maufenfi  ,  juxta  altarc  B.  Mariæ  pane  liniftra. 

Guillelmus  epifcopus  ,  confccratus  eft  1134-  -  . .  _ _ 

obiit  1 1 41 .  &  reauiefcit  in  ecclefia  B.  Mariæ  juxta 

fepulchrum  S.  Guillelmi  epifcopi.  V  I. 

Aldebertus  epifcopus  confecratm  cft  Rom*  ab  £  ^  iemps  £  Alfonfe  roi 

innocenuo  papa  11.  1 1 41 .  in  reluvitate  b.  1  nomæ ,  ft  _  J  h  1  J  , 

&  dédit  ei  papa  monafterium  Sendracenfe,  &  d  Aragon  ,  vers  tan  II  70.  touchant 

t  acquifition  faite  far  les  comtes  de 
Barcelonne  fes  frèdecejfeurs  ,  du  comte 
de  Carcaffonne  ,  &c. 


J>apa 

e  Fonte,  quod  pofteaEugenius  papa 
&  Ludovicus  rex,  unacum  caftris  villis  &poile(- 
fionibus  quæ  funt  infra  civitatem  &  extra  fimiliter 
confirmaverunt. 


iotd. 


107  6. 


D’une  autre 
9uin. 


•  T  "T  Æc  eft  memoria  qualiter  civitas  CarcalTona  AÏU067, 

ANnomcxvi.  confecrata ,  eft  Nemaufenfis  lTji  cum  omni  comitam  ci  pertinente  devenerit  Ar.hira 
ecclefia  ab  Urbano  papa,  &  eodem  anno  venerabili  comiti  Barchinonæ ,  videlicet  Raymun- 
in  Claromontenfi  concilio  fada  eft  fuper  Jerufalcm  do-Berengarii  vêtus,  ficut  audivimus  à  magnatibus 
expeditio.  curiæ,in  præfentia  venerabilis  comitis  Barchinonæ 

M.  iviit.  AdventusSS.  Jufti  &  Paftoris  apud  ac  principis  Aragoncnfium  patris  veftri  bonæ  me- 
Narbonam.  moriæ  *,  quod  ultimus  cornes ,  ut  credimus  Guillel- 

M  c  x  v.  Majorcas ,  m  c  x  l  v  i  1.  Almaria,  mcxlviti.  mus  nuncupatus ,  venit  ad  præfacum  comitem  Ray- 
Tortuolà,  m  c  l  1 1 1.  Scalona ,  hæ  civitates  captæ  funt.  mundum-Berengarii  vêtus ,  &  vendidit  ei  Cacafe 

Mcxxx.  Obfcilùmeft  caftrum  Arcnarum.  fonam  cum  univerfb  comitam  eodem  pertinente 

M  ex  x  x  i  v.  Natus  cft  R.  cornes  filius  lldefonfi  per  francum  alodium.  Et  ipfe  jam  di&us  Raimun- 

comitis.  dus-Bercngarii  vêtus  poftea  tenuit  prædi&am  civi- 

McxLvmi.Ildcphonfuscomes  venit  in  portu  de  tatem  &  comitatum  in  proprium  dominium,& 

2? oc ,  menfc  Augtifti,  iturus  Jerofolymam  in  expedi-  francum  alodium  in  pace  &  quiete  omni  tempore 
tione  cum  regibus.  vitæ  fiuæ.  Ad  obitum  autem  fiium  dimilit  Cathalo-  ** 

M  c  l  1  x.  Henricus  rex  Anglorum  venit  in  partes  niam  duobus  filiis  fuis  per  medium  ,  majori  vero, 

Tolofe,  ut  expugnaict  cam  >  fed  Lodoicus  rex  def-  videlicet  Raymundo-Berengarii ,  qui  dicebatur  Cap 
fendit  eam.  de  St  opes  ,  dimilit  Carcaftonam  cum  omni  comi- 

McLXii.Mcdiolanumeftdcftrudumabimpcra«  tatu  per  meliorationem  in  fuo  teftamento  ,  ficut 
tore  Fredcrico.  vos  poteftis  videre  in  eodem  teftamento.  Si  quidem 

Mclxv.  Vcncrunt  Genuenfes  in  porm S.  Egidii  ip(c  Raymundus-Berengarii  qui  diccbamr  Cap  de 
tontraPifonos.  Stopes  ,  obtinuit  in  pacc  &  in  quiete  jam  di&arn 

Mclx  vi.  Concordiamilitum&BurgcnfiumNc-  civitatem  6c  comitatum  omni  tempore  vitæ  fuæin  " 
maufenfium  faâa  eft.  fiium  dominium  ac  proprium  alodium.  lpfo  quip- 

Mclxv  1  i.Trencavcllus  Dominicadie  in  ecclefia  pc  intcrfe&o  ,  filius  ejus ,  fcilicet  avus  vefter  Ray- 
S.  Mariæ  Magdalenæ  à  Bitcrrcnfibus  cft  interfeûus.  mundus-Bercngarii  ,  rcmanfit  in  cunabilis  in  tali 
Mclxxxii.  viiii. Kal. Aug. Fredericus impera-  quidem  ætate  ,  quod  in  fcfto  landli  Martini  natus 
tor  Romanorum  rediit  ad  unitatem  (andbe  ccclcfiæ ,  fucrat ,  6c  in  fefto  fàndli  Nicolai  primo  fiibfequen- 
&  fâdb  eft  concordia  inter  ipfum  &  papam  Alcxan-  ti  pater  ejus  interfedfus  fuit.  Unde  Cathalonia  in 
drum  apud  Venetiam.  tantum  turbata  fuit  quod  longum  ellêt  narrare. 

Eodem  anno ,  menfe  videlicet  Junio ,  tanta  in  ter-  Carcaflona  vero  à  militibus  circumftantibus  impa¬ 
ris  noftris  fertilitas  fada  eft ,  quod  fcxtarium  tru-  gnabatur.  Homines  enim  capiebant  &  res  eorum 
menti  ad  menfuram  Ncmaufi  ,  quod  in  Martio ,  auferebant.  Et  cum  nullum  haberent  defenforem , 
vm.  fblidos  venditum  fuerat  ,  u.  folid.  &  vx.  dena-  vix  fubfiftere  poterant.Tunc  acceflit  ad  eos  Bernar- 
riis  vendebamr  -,  &  hordeum  quod  v.  folidis  &  vx.  dus-Atto  vicecomes  >  &  promifit  fe  eorum  elfe  tu- 
denariis ,  xv.  denariis  vendebatur.  torem  &  defendere  cos  6c  res  eorum  de  omnibus. 

Anno  Domini  mccxlu.  obiit  dom.  A.  quondam  Et  cum  Raymundus-Berengarii  avus  vefter  fieret 
Nemaufenfis  epifcopus  ,  qui  fepultus  fuit  cum  miles ,  juravit  fe  reddere  iplï  jam  di£tam  civitatem 
magna  xeverentia  in  ecclefia  B.  Mariæ  Avellinæ  6c  totum  comitatum  abfque  omni  contradiclione 

civitatis . poftea  aportatus  fuit  in  ecclefia  &  pejoramento.  Avo  autem  veftro  milite  fafto,  jam 

Nemaufenfi  ,  obiit  fiquidem  in  civitare  prædiâa ,  diftus  vicecomes  maluit  cflè  perjurus  quàm  reddere 
in  qua  captus  detinebatur  à  Fredcrico  ,  tun£. .  .  .  comitatum  ficut  ei  juraverat.  Homines  vero  Carcaf* 

cui  dédit  cornes  Tololânus .  fonæ  videntes  tantam  injuriam  &injuftitiam,nolue- 

Anno  Domini  mcclxxii.  obiit  D.  R.  Amalricus  runt  diu  fuftincre  ,  &  communicato  confilio  red- 
quendam  epifcopus  Nemaufenfis,  cui  dédit  Ludovi  diderunt  fe  &  civitatem  domino  fuo  avo  veftro  t 


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1056. 


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G  U  E  D  O  C.  14 

*wr»  *<*  Ermengart  de  Narbona ,  el  coms  de  Rodez. 

Ann.  m.  c.  iv  11 11.  Henric  rat  etEngUterrA 
frés  Vtrdu. 

Ann.  m.  c.  ixxxxvt.  Prés  S.  coms  de  Tholofia 
la  régime  jchanna. 

Ann.  m.  c.  ix  xxxv il.  En  Joli  fonats  R.  comt 


*3  D  E  L  A  N 

ficut  fâcere  debuerunt.  Quod  Bcrnardus-Atto  vice- 
comcs  indigne  ferens ,  perrexic  ad  comitem  Tolo- 
lànuni  ,  &  fècit  ei  hominium  fiib  tali  condirione 
quod  fi  tantum  ci  conferret  auxiliitm  ut  fepe  di- 
«Sain  civitatem  poflèt  recuperare  ,  tcneret  pro  eo 

civitatcm  6c  comitatum.  Interea,  quia  avus  veftcr  c.  ta*** y...  c»  f*c 

propter  mutas  guerras  Sarracenorum  non  pornit  de  Tholojk  fils  de  la  regma  fohamta. 
plenarie  fiifhcere  ad  dcfendcndam  Carcallônam ,  Ann.  m.  c.  t  x  xx  xx.  Mort  Recarts  rets  £ En- 
hommes  ipfius  ciyicaris  compofiicrunt  cum  ûrpc-  glaterra. 

di£to  vKecomitc  ut  redderenr  d  dvitarem.  Ipfc  Ann.  m.  ce.  mi.  Prés  U  rets  dArago  me  Mm 
vero  iuravit  eis  taûis  fàcrofanûis  evangeliis,  quod  rsas  de  Mensptllere  Mai. 
pro  hoc  fado  nullum  malum  inferret  perfonis  eo-  Ann.  m.  c  c.  v  1 L  Fo  états  Trencavels  vefeoms  de 
riim  neque  rebus  eorum.  Rogerius  autem  major  Bczjsrs. 

fihus  vicecomitis  notait tenere  juramenrum  fui  pa-  Ann.  m.  Ce.  vin.  Fo  mus  facmes  Peire  rets 
tris  -,  &  reftinans  ad  Carcaflonam  ,  multos  eorum  dArago. 

violenter  cepit  ;  quos  cxoculavit  &  cmentulavit,ac  Ann.  M.  cc.  ix.  Lo  dta  de  faniïa  Maria  Mat- 

nares  eorum  amputavit ,  &  à  rivitatc  turpiter  eje-  dalenafiou  defirusts  Bezers. 

cir.  De  quibus  multi  vénérant  ad  avum  veftrum  ,  Ann.  m.  c  c.  xii.  Fou  fréta  CaUtmia  fer  lo 

ut  provideret  eis  necdïana  in  vita  fua ,  quod  urique  rets  dArago  e  fer  los  autres  rets. 

fecit.  Porro  avus  vefter  hujufmodi  injuriam  &  in-  Ann.  m.  c  c.  x  1.  Fou  frefit  Lavaurs  efo  mes  le 

juftitiam  indigne  ferens,  congregata  immenfa  mul-  feets  prtmters  en  juinha  Tholoja  fer  los  crofiats. 

timdine  eyernriK  nrmirnmm  tvrr^vir  a„_  _ .  *  r  -  * 


, _ _  titudine  exercitus  armatomm ,  perrexic  expugnare 

An.  11  il.  &  expcllere  vicccomitem  à  præfàto  comitatu.  Vi- 
cecoincs  quoque  præparavit  fc  cum  ingenri  exer- 
cîtu  ad  dimicandum  cum  eo.  Muld  autem  &  ma- 
gni  viri  religiofî  hæc  audientes  accefTerunt  ad  eos , 
&  talem  compofitionem  inter  cos  feccrunt  ,  ut 
fæpedictus  vicccomcs  hominium  fàceret  avo  veftro 
comiti  Barchinonenfi,  Sc  tencret  comitarum  ac  ci¬ 
vitatem  pro  eo  ,  eumque  in  guerris  fuis  adjuvarct 


Ann.  M.  cc  viri. '  Fou  pref a  Carcafiona. 

Ann.  M.  cc.  xm.  Mon  lo  rets  dArago  a 
Muret . 

Ann.  M.  c  c.  x  v  1.  Més  foc  lo  coms  de  Montfort 
a  Tholofa  e  Setembre. 

Ann.  m.  c  c.  x  v.  Fo  Tholofa  jurada. 

Ann.  m.  c  c.  x  v  1 1.  C.obret  lo  coms  de  fanh  Geli 
Tolofa  las  veffras  de  fanlla  Ctox  de  Setembre . 

Ann.  m.  c  c.  x  v  1  n.  Mort  lo  coms  de  Montfort 


I.  - { - O - -  •  *•»*■*’  M.  c  c.  av  îxi.  /nort  tu  1 

iribus,  &  fie  femper  faceret  pofieritas  vi-  a  Tholoja  lendema  de  fiant  fohan. 
cecomitis  pofteritati  comitis  Barchinoncnfis.  Hxc  Ann.  m.  ce.'  xix.  Mes  Lodoicsreis  de  Franfia 
autem  in  curia  vencrabilis  comitis  patris  veftri  fie  fiat  a  Tholoja  en  fuin 


audivimus.  Sed  quia  nondum  nari  eramus  quando 
hxc  fàcla  tant ,  utrum  vera  fint  nefciinns.  Conta- 
limus  autem  vobis  quatinus  inflrumenu  quæ  ad 
caufâm  Carcallônx  pertinent  perlcgere  fàciatis.  Prx- 
terea  exquircre  fi  quos  majoris  xtatis  invenirc  po- 
teriris  qui  hujus  rei  memores  exiflant. 

VII. 

Chronique  en  Languedocien ,  tirée  du  car- 
tulaire  de  Raymond  le  Jeune ,  comte 
de  T ouloufe ,  -pag.  57. 


Archiv.  du 
Dom.  de 
Wunrpclier. 

9-  conrinua- 
«ion  «les  turcs 
general 

N#.  ij. 

’  ''C  M  c  V. 


A 


1 

Ann.  m.  cc.  x  x  1 1.  Mort  R.  coms  de  Tholofa , 
fils  de  la  regma  Coflanfa.  -  » 

Ann.  m.  CC.  xxiii.  Mort  lo  rej  de  Franfa 

Philips. 

Ann.  m.  cc.  xxv.  Mort  lo  coms  de  Cumengt 
V 1 1.  die  al  tjfit  de  Février  en  Difipte . 

Ann.  m.  cc.  xxxi.  Mort  Folcjuicrs  avcfjue  de 
Tholofa  lo  dta  de  Nadal  en  Dijous. 

Ann.  m.  cc.  xxxit.  El  me's..  .  .  intrec  R.  de 
Miramon  a  Tholofa  avcfjue  s. 

Ann.  M.  cc.  xxxix.  El  ter  s  dia  dcl  ir.tr amen 
delmes  de  Jult  en ,  Divcndres  fo  eclipfts  dcl  fclhels , 
entre  mieg  dta  e  lb>ra  nona. 

Ann.  M.  cc.  XLix.  Lo  ejuart  dia  en  la  fi  de 
Scten.bre  en  Dtmenge  mori  R.  coms  de  Tholofa  fils 
de  la  regma  "jchanna  as  Amih  iu. 

A  N  n.  m.  c  c.  Il  1.  In  menfè  Januario  Ray- 
mundus  cornes  Thololânus  filins  regine  Coftancic 
duxir  in  uxorem  lororcm  regis  Aragonum. 

Anno  M.  c  c.  x  x.  Nata  eft  Johanna  filia  Sancic 


N  n.  m.  l  X  x  XX  1  x.  Près  R.  coms  de  fanh 
„  G/lt  jerufalem .  per  vertut  de  DiU. 

Ann.  M.  c.  1.  *  Àlurt  R .  coms  de  fanh  Gtli. 

Ann.  m.  c.  x  x  1 1 1.  Anec  la  ofl  de  Iholofa  as 
Aurenga  per  de.Jtvrar  na  Info  s. 

Ann.  m.  c.  L 1 1 1.  Fo  près  Trencavels  coms  de  „ 

Bczjrs  en  Ocl attire  X.  Dias .  regine,  fororis  regine  Aragonum. 

Ann.  m.  cl  vi.  Fonats ,  R.  coms  de  fanh  GM  Ann.  m.  cc.  xlvii.  Ludovicus  rex  Francic 
fils  de  la  Regma  Cor, fi  an  fa  U  vtgtlsa  Symonis  &  transfretavir  in  parti  bus  ultramarinis. 
juc^  Anno  ab  urbe  Romanacondira  m  m  x  x  v. 

Anno  M.  c.  lx  x.  Mori  lo  folels. 

Ann.  M.  c.  lx  x  I  1.  Mon  Trencavels  vefeoms  de 
Bcz.'  rs. 

Ann.  m.  c.  L  xxxv  1 1.  El  més  de  juli  perdero 


Krijur.t  jerufidrm. 

LXXXV.Fo  nats  R.  Rngicrs  veficoms  de 


Ann.  M-  c. 

Bezers. 

Ann.  M.  c. 

Bezers. 

Ann.  m.  c.  t  xxx*  m i- 
Tholoja  à  Kern  fie. 

Ann.  m.  c.  txxxxnii. 


txxsxiin.  Mort  R.  veficoms  de 
Mori  R •  coms  de 


Mori  u  Afiol  rets 


Ann.  m.  c.  txxxxiiu. 

£Arago  a  Perpmba  el  més  £Abnl  Ü  «  ^uelmes 


UJiivitiT  r  — - - —  - 

Anno  ab  urbe  Romanacondira  u  M  xxv.  Anno 
Domini  Philmpi  regis  Francie.  . .  .  Anno  Dotnim 
B.  Epi.  Thofo/âni  tertio,  tune  erat  Incamario  Do¬ 
mini  m.  cc  ixx. 

Ann.  Domini  M.  cc.  ixx.  obiic  Ludovicus  rex 
Francie  apud  Tunidum. 

Ann.  Domini  m.  cc.  txx.  obiit  Sicardus  Ala- 
manni  domicellus  filius  dom.  Sicardi  Alamanni 
apud  Tunicium. 

Ann.  Dom.  M.  cc  lxxI.  obiit  Alfbnfîis  cornes 
Thololânus  filius  regis  Francie  apud  Savonam  feria  vi. 

Ann.  Dom.  m.  ceint,  obiic  domina  Johan¬ 
na  comitifià  Thololc  uxor  fiipradidü  comitis  in  co¬ 
dan  loco  feiia  x*. 


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15  PREUVES  DE 

Ann.  Dom.  M.  ce.  lxxv.  Ténia  die  introitus 
menfis  Junii  obiit  nobiiis  vir  dom.  Sicardus  Aia- 
manni ,  cujus  anima  requiefeat  in  pace. 

VIII. 

Extrait  de  divers  Necrologes. 

"V”  VIII. Kalcnd.  Februarii  anno  mccxxiii.  In- 
ïc  de  Car-  ,i\carnadonis  >  vicecomes  Biterrenfis  recuperavit 


«xflônne. 


Karcaflonam  à  Gallicis ,  videlicet  3 a  feria  x  v.  KaL 
Februarii  régnante  Ludovico  Regc. 

I V. Non.  Februarii  anno  mclxxxv.  Incarna¬ 
tions  dominicæ  menfe  Februario  fuit  perditus. .  . . 
Karcaflonæ, feria  ia. 

XV..Kal.  Aprilis  vu.  feria  obiit  Rogerius  vi- 
cecomcs  ni.  Nonas  Juin» 

Anno  mccxxxviiii.  feria  vi»  fuit  edipfis 
Solis >  Luna  x  x  v  1 1 1.  Rege  Ludovico  régnante. 

Vil.  Kal.  Julii  anno  mccxvi  ii.  ia  feria  Sy- 
inon  cornes  Montisfortis  fait  occifus  in  obfidione 
Tolofe  cum  capitc  margonelli. 

X I.  Kal  Augufti  anno  m  c  c  v  x  i  x.  dcftrudh  cft 
civitas  Biterris. 

XV 1  IL  Kal.  O&obrisanno  m  c  c  v  i  11 1.  fait  red- 
dita  Carcalîbna  crucefignaris. 

X.  Kal.  O&ob.  anno  mcxx.  die  lànûi  Bartho- 
lomæi  fuit  fàéla  tradido. 

VIL  Kal.  Oâobris  anno  mclxxviii.  fait 
cclipfis  Solis  >  4a.  feria. 

1 1.  Id.  O&ob.  anno  m  c  i  x  v  i  ï.  Marryrium  Tren- 
cavelli  vicecomitis  Biterrenfis  &  fociorum  ejus  in 
Ecdcfia  (àn&æ  Mariæ  Magdalcnæ  Biterris. 

IV. Idus  Novemb.  anno  mccviiii.  Roge¬ 
rius  vicecomes  Biterris  obiit  in  congreflu  ante  Car- 
callbnam. 


DuKccto-  XVIIII.  Calend.  Fcbr.  obiit  Petrus  de  Caftro 
k  dV cS’  novo  D-  PaPæ  ^gatus  prefby  ter  &  monachus  Fond*- 
frigidi. 

IL  Kal. Fcbr.  ob.  D.  B.  vicecomes  Biterrenfis. 

II.  Non.  Fcbr.  ob.  D.  B.  vicecomes  Bitcrrenlîs. 

II.  Cal.  Mardi  ob.  domina  Adalicia  Biterrenfis 
vicecomitiflà. 


U  HISTOIRE  xi 

XV.  Kal.  Apr.  ob.  Ermenjardis  vicecomitiflà. 

X 1 1 L  Kal.  Aprilis  ob.  D.Rotgerius  vicecomes  Bi¬ 
terrenfis  frater  nofter. 

V I.  Id.  April.  ob.  Raymundus-Berengarii  cornes 
Provinciæ.  ob.  Guillelmus  Rogerii  miles. 

XVII.  Cal.  Julii  ob.  reverendæ mémorisé  dom¬ 
nus  Guillelmus  Ragnaldi  domnus  major  Carthu- 
fienfis,  qui  canonicus  &  cellerarius  S.M.  de  Caflîano 
attulit  S.  Spinam  cum  aliis  diverfis  reliquiis. 

V 1 1 L  Cal.  Julii  ob.  Guillelmus  Afcmariæ ,  domi- 
cellus. 

VIL  Kal.  Julii  ob.  domnus  Simon  cornes  Monris- 
forris  &  frater  nofter. 

XIII.  Cal.Aug.  ob.  domnus  Guido  cornes  Bi¬ 
gorne  frater  nofter. 

1 1 1.  Non.Au  g.  ob.  D.  Pondus  deTefmo  miles,  ob. 
Bernardus  de  Pezenx  miles. 

Id.  O&ob.  ob.  D.  Raymundus  Trcncavelli  vi- 
cccomes  Biterrenfis. 

X.  Kal.  Nov.  ob.  D.  Navara  uxor  Ramcrici  D. 
Clatomonds. 

V.  Id.  Novemb.  ob.  D.  Lodocus  rex  Francia?. 

V I.  Kal.  O&ob.  ob.  D.  Elizabeth  comitiflà  Ru- 
thenenfis. 

III.  Id.  Oâobr.  ob,  domna  Blancha  regina  Fran- 
ciæ  focietaris  noftræ. 

II.  Id.  Decembris  ob.  Beraldus  vicecomes  Mafli* 
liæ. 

XIII.  KaL  Janv.  ob.  Adalailfia  comitiflà  Bitter- 
renfis. 

X.  Kal.  Januarii  ob.  D.  Guillclma  de  Montefi 
quino. 


Kal.  Mail  obiit  D.  Hermengardis  vicecomiüflà 
Narboncnfis. 


1 1.  Kal.  Fcbr.  ob.  Pondus  abbas  S.  Egidii  &  Ray¬ 
mundus  cornes. 

V.  Kal.  Junii  ob.  Emericus^canccllarius. 

V  II.  Id.Febr.  obiit  Raymundus  cornes  Egidienfis. 
Kal.  Novembris  obiit  Almodis  comitiflà. 


DuNefrok» 
gc  de  Tibb.dc 
(J  uirinre. 


Du  Neer** 
loge  de  l'abb. 
deS.GiUaj 

aujourd'hui 
aux  Jicobinl 
de  Chimberi. 

Du  Nc£f®* 
loge  de  l’abb, 
de  Leon*. 


éviSi. 

v'C'C 


*Wc*vX*W*^&t**W*»c*W&**s***  eftlt'tb**')  t/*#'»  e/*#0 


CHARTES 


1. 

Charte  de  Bofon  roy  de  Provence  en 
faveur  de  L'abbaye  de  Cruas. 


Vers  l'An 
880. 

Canulairc  de 
l’eglifc  d’Ar¬ 
les  &  Vtdl- 
mut  de  l’an 
13  9  7*  aux 
archiv.  du 
domaine  de 
Monrpelier. 
Cruas ,  a.  i. 


IN  nomine  S.  &  individuæ  Trinitatis ,  Bofo  , 
divina  fàventc  elementia  rex.  Si  peritionibus 
fervorum  Dei  quibus  pro  commiflb  fibi  ofticio  fug- 
gefferint,  aurcmclementiæ  noftræ  libenter  imperd- 
mur>regum  prcdcceflorum  noftrorum  morem  imita- 
ri  cognofcimus  ,  &  ob  id  Dcum  imitari  nullatenus 
diffidimus.  Quodrca  noverit  omnium  (àn£bc  Dei  cc- 
clefiæfidelium  tam  prefentium  quam  faturorummo- 
ftrorum  quoque  (blerda  ,  quia  adiit  prefentiam  no- 
ftram  Roftagnus  venerabilis  Arclatenfis  archiepifco- 
pusjdeffcrens  obtutibus  noftris  au&oritates  predeceC 
lorum  noftrorumHlotharii,videlicct  condaraAugufti, 
atquc  piiflimi  >  filii  ejulque  eouivoci  illuftriflîmi  regis, 
ubi  continebatur  qualiter  iidemptedeceflbrçsnoftri 


monafteriumin  comitam  Vivaricnfe  fuper  Rodanüm 
fluvium  fitum,quod  Crudatusdicitur,cum  mona- 
chis  ibidem  Deo  militantibus  omnibus  rebus  &  fà- 
mulis  inibi  afpicientibus  vel  pertinentibus  Rodanno 
reverendo  quondam  predeceflbri  fuo  Arclatenli 
fcilicct  archicpilcopo  ,  contulerunt  -,  humiliter  pof- 
cens  ut  cafilcm  au&oritates  noftro  regali  corrobo* 
raremus  prccepto.  Cujus  non  {pemendam  petirio- 
nem  ,  propter  cternam  remunerationem  ,  libendf 
fime  (ufcipicntes ,  hoc  (èrenitatis  noftræ  prcceptum 
fieri  ccnfuimus  ,  per  quod  jubendo  ftatuimus,  ut 
prefens  redtor  ejus  monafterii  ,  Amicus  nomine, 
omncfque  fucceflores  ejus  ,  cun&i  inluper  mona- 
chi  à  modo  ibidem  Deo  militaturi  cum  omnibus 
rebus  ac  famulis,  fub  tuitione  confiftant  Roftagni 
præfulis  Arelatenfis  ,  univcrlbrumque  fequacium 
ejus  in  eadem  fcde  ob  honorcm  Domini  Stephano 
protomartyri ,  (àccrrimo  pariterque  primo  ipfius 
urbis  anteftiriTrophimo,krvinirorum.  Præcipimus 
quoque  ut  nullus  judex ,  nulla  quelibçt  perfona 


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ex  judiciaria  poteftate,  ad  caufàs  audiendas ,  vel  freda 
exigenda ,  aut  homines  eorum  tam  ingenuos  quam 
fer  vos  diftringendos,  ullo  unqiiam  tempore  ibidem 
ingredi  audeant  >  fed  liceat  præfàto  ponrifici  res  fîi- 
pradidi  monafterii  quieto  ordine  pofïïdere.  Itaque 
ut  hæc  noftræ  audoritaris  ftatuta  nrmiores  in  Dei 
nomine  obrineant  vigores,  manu  propria  fûbterfir- 
mavimus ,  8c  anuli  noftri  imprc/Kone  afïîgnari  jufi- 
fimus.  Signum  Bo(bnis  fereniflimi  regis,  Stephanus 
Cancellarius. 


G  ü  E  D  O  G  18 

mifcricordiam  jugiter  exorare  deieder.  Et  ut  hæc 
noftræ  largitionis  audoritas  noftris  fîicceflorumque 
noftrorum  temporibus  inviolabilem  atque  inconvul- 
lâm  obtineat  firmitatem  ,  manu  propria  fubterfïrma- 
vimus,  &annuJi  noftri  imprdlione  adfignari  juftî- 
mus  Carlomannus. 

Adum  apud  Petræfidura  x.  Kalend.  Junii,  anno 
tertio  regniKarlomannigloriofilIimi  regis.lndid.  xiv. 


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Charte  du  rai  Carlomancn  faveur  de  Fab~ 
baye  de  faint  Polycarpe. 

Ann.  881.  T  N  nomine  Domini  Dei  æterni  fâlvatoris  noftri 
1  Jefu  Chrifti,  Karlomanntis  gracia  Dei  rex.  Si  uti- 
^ta^buslocorum  divims cultibus  manciparorum, fêr- 
•  (<q.  vorumque  Dei  neceflîtatibus  in  eis  degentium  figa- 
citcr  providemus,  regiæ  ceftîtudinis  operam  frequen- 
tamus  \  ac  per  hoc  æternæ  beatitudinis  gloriam  fâci- 
lins  ailècuturos  omnino  confidimus.  Itaque  notum 
fis  omnibus  fândæ  Dei  ecclefïæ  fidclibus& noftris, 
ræfêntibus  atque  fiiruris,  quia  venerabilis  vir  &no- 
is  diledus  Attila  abba  ex  monafterio  fândi  Poly- 
carpi  ad  noftram  accedens  manfîietudinem,  coram 
frequentia  proccrum  primatumque  noftrorum ,  de- 
tulit  audorabile  præceprum  fibi  à  divæ  memoriæ 
Karolo  avonoftrogloriofiflimo  imperatore  collatum, 
fcilicet  ex  præfâto  monafterio  fito  in  pago  Redenfî 
cum  univeriis  ad  le  pertinentibus ,  vel  appendiciis 
arque  adjacentiis  feu  terminis  fuis ,  ne c  non  &  cum 
Gajano  villare  cum  antiquis  terminis ,  five  cum  re¬ 
bus  quas  Auftrimirus  eidem  monafterio  contulit  in 
pago  Helenenfi,  quorum  funr  nomina:  Palatiolus, 
&  Salellas  *,  (eu  &  cum  cclla  in  pago  Carcafienfi  con- 
jacenti ,  quam  idem  Auftrimirus  ad  idem  monafte¬ 
rium  dclegavit,  cujus  vocabulum  eft  Cornicianus, 
cum  omnibus  nihilominus  quæad  Dcum  timentibus 
hominibus  ad  idem  collatum  fuerit  monafterium, 
ideft  (ànda  Cruce,  &  Milfirico,  fîib  noftro  fucceflb- 
rumque  noftrorum  ttiitione  in  perpetuum  maneat , 
videlicet  ut  nullusjudcx  publicus  ncque  qui/libet 
ex  judiciaria  poteftate ,  &c.  Pcciir  etiam  venerabilis 
abba  Attila  cclfitudinem  noftram  ut  homines  liberi 
commancntes  infra  terminos  ejufdcm  monafterii, 

quos  pnefixenint  audorirate  domni  Ludovici . 

&  Bernardus  Comités,  terras  quas  ex  eremo  quiece 
polîideant,  &congmum  obfêquium ,  hait  homines 
ingenui,  exindc  eidem  monafterio  exhibeanr,  ne 
eorum  ingenuicas  vel  nobilitas  vilefear.  Hi  vero  ho¬ 
mines  qui  extra  terminum  ejufdcm  monafterii  ma- 
nent,  &  terras  infra  fines  præfâri  monafterii  habent, 
û  eorum  voluntas  fiieritde  ip/îs  terris  commutandi 
aut  vendendi  per  hoc  noftræ  audoricatis  præceptum 
inter  (èinvicem,  aut  ad  idem  monafterium,  habcant, 

&  ipfâ  emptio  vel  commutatio  plcniflîmam  præfenti 
noftræ  audoritatisedido  in  omnibus  obtineat  firmi- 
tarem,  aliafâda  venditio  vel  emptio  non  habeat  firmi¬ 
tatem.  Quandoquidem  autem  divina  ordinatione  fû- 
pradidus  abba,  vel  fucceflores  ejus  ab  hac  luce  migra- 
verint  quandiu  ipfi  inter  fe  raies  invenire  potuerint 
de  . . ..  prædidi  abbatis  qui  ipfâm  congregarionem 
(ècundum  rcgulam  fândi  Benedidi  regere  8c  gu- 
bernarc  valeant,  per  hanc  noftram  audoritatem  li- 
cenuam  habeant  ex femer ip/îs  abbates  eligere,  qua- 
tenus  fervos  Dei  qui  ibidem  famulanmr,  pro  nobis 
&  ftabilitate  cotius  regni  noftri  Domini  immenfâm 
Tome  IL 


Charte  du  même  prince  ,  en  faveur  de 
F églife  de  Narbonne . 

IN  nomine  Domini  Dei  ætemi,  &  Salvatoris  no-  ^NNi  jgr# 
ftri  Jefu  Chrifti,  Karlomannus  graüa  Dei  rex. 

Si  (acrisac  fândis  loris  divino  cultui  mancipatis  ali-  r^iîrc'^e*1* 
uid  de  rebus  regni  noftri,  feu  facultatibus  conferre  Narbonne, 
udemus,  non  folum  in  hoc  regiam  exercemuscon-  cf 
fuetudinem ,  lcd  maximum  regni  noftri  munimen ,  *ppcva.  h .  ». 
auxiliante  divina  gracia ,  efîè  nullarenus  dubitamus. 

Quapropter  noverit  omnium  fidelium  fândæ  Dei 
ecclcfiæ  noftrorumque  tam  præfèndum  quam  fùtu- 
romm  follertia ,  quia  accdlit  ad  clemendam  fêrcni- 
ratis  noftræ  Sigebodus  fândæ  matris  Narbon enfïs  ac 
Redenfis  eccleiLx  archiepifcopus,  &  innoruit  nobis 
de  pauperrate  fui  epifeopatus ,  8c  quemadmodum 
fua  fèdes,  &  pene  omnes  Eccieliæ  ejufdcm  civitaris 
ruinæ  jam  proximæ  exiftebant  ;  ita  ut  per  ipfûm  nul- 
latenuspoftcntrcftaurari.  Narrons  eriam  quaL'ter  jam- 
dudum  ,  deprecante  domno  apoftolico  Joanne 
apud  Trecas  civitatem  per  genitorem  noftrum  piifÏÏ- 
mum  regem  Hludovicum ,  quædam  receperit  ad 
augmentum  fuæ  ecclelïæ  beneficiola,  à  fe  fuifque 
fîiceeflbribus  pcrpcttialiter  obrinenda.  Cujuspetitio- 
nem  neceflariam  8c  radonabilem  ctlc  cognoice  ircs, 
placuic  celfîcudini  noftræ,  proremedioanimægeni- 
toris  noftri  &  noftræ ,  atque  pro  tanta  dcprecatione 
domni  apoftolici  Joannis ,  feu  8c  charifîimi  noftri 
&  venerabilis  abbatis  Hugonis,  quatenus  ad  eandem  , 
ccclcfiam  fîmdi  Jufti  &  fândi  Paftoris ,  neenon  ôc 
fândi  Pauli  confefloris,  ubi  ipfè  venerabilis  vir  cor- 
pore  requiefeit,  abbatiam  fandi  Laurentii  cum  om¬ 
nibus  fuis  ccllulis  &  villis  atque  terminis,  cum  fum- 
ma  integritate  locorum,  velud  in  præceptis  mona- 
chorum  ab  anteceftôribus  noftris  piilfimis  regibus 
fadis  ,  perpetualiter  concedcremus.  Eo  videlicet 
renore  ut  ftipendia  monachorum  ibidem  degendum 
juxta  vires  præfulis  non  deficianc.  Concedimus  præ- 
terea  mcdictarem  fàlinarum,  telonei,  portatici  8c 
raficæ ,  atque  pafeuarii  ad  eandem  præfaram  ccclc¬ 
fiam,  tam  in  Narbonenfî  quam  in  Redenfî  comitatu, 
undecumque  cornes ,  vel  ejus  miflûs  receperit  vei 
rccipere  debuerit  aliquid  exadionis.  Donamus  ctiam 
Fifcos  juxta  Ba/lianum  villam  qui  vocantur  C^fara- 
nus  -,  &  villa  Arfêgii.  Concedimus  etiam  ipfi  eccle- 
fiæ  in  Redenfî  comitatu,  villam  quæ  diritur  Limo- 
fus,  cum  fiiis  ecclcfiis  fândæ  Eulaliæ,  atque  Fladia- 
no,  vel  cum  omni  fua  inccgritare,  ac  membris  fibi 
pertinenribus,  atque  farinariis.  Donamus  etiam  ibi 
Villam  longam,  cum  fândi  Fœlicis  ccclefia,  &cum 
fiiis  omnibus  villaribus  atque  adjacentiis  cundis.  Si 
vero  infra  iftas  villas  homines  Hoftolcnfès  vel  Hi£ 
paniflicrint,  quidquidjus  fifei  indeexigere  débet, 
torum  ad  opus  fândæ  matris  eeelefiæ  Narbonenfîs 
jure  perperuo  concedimus  obrinendum.  Fifcos  vero 
qui  lune  in  Biterrenfi  comitatu ,  fando  Paulo  con- 
R-ftori  à  longo  tempore  collatos,  &àpoteftare  co- 
mitali  injufte  ufurpatos ,  pleniflîme  reddidimus  ; 


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19  PREUVES  DEL’ HISTOIRE 

atque  eidem  ecclefiæ,  ficut  dignumcft»  per  hoc 
rioftræ  auâoritatis  præceptum  confirmavimus.  Per 
quod  dccernimus  atquc  jubemus,  ut  nullus  judicia- 
riæ  potcftaris ,  ncc  ullus  ex  fidelibus  noftris ,  in  ec- 


to 


ingreffibus  &regrelTibus,  quæfitis  6c  inquirendis  * 
cult'is  6c  incuit is,  totum  &  ad  integrum-,  quod 
dehinc  &  omne  tempus  habeat  firmillimam  &  fi. 
berrimam  poteftatem  tenendi  &  poffidendi ,  dandi 


délias  aut  loca ,  quæ  deinceps  jure  &  poteftate  ipfius  &  venundandi >  at  quæ  mahierit  largiendi ,  tara  ipfe 
ecclefiæ  divinapietas  voluerit  augere-,  ad  caulàsau-  quam  ejus  pofteritas  fine  alicujus  prohibitione.  Et 
diendas,  vel  ftcda  aut  tributa  exigenda,  aut  man-  ut  hæc  audoritas  inDei  nomine  firmior  habeatur , 
fioncs  vel  paradas  fàciendas,  autfidcjuilbrcs  tollen-  &  æternaliter  perdurer ,  eam  rubcerfirmavimus  & 
dos,  aut  homines  ipfius ecclefiæ  tam  ingenuos  quam  annulo  noftro  ligiilari  jufïimus.  Signum  Karlomagni 
fervos  diftringendos ,  aut  ullas  redibitioncs  aut  il-  glorioliilimi  regis.  Norcbertus  notarius  ad  vicera 
licitas  occafiones  requirendas  ,  noftris  futurilque  Wlfardi  recognovit.  Daram  quarto  KaL  Septembr. 
temporibus  ingredi  audcat,  vel  ea  quæ  lùpra  me-  anno  tertio  régnante  Karloraagno  gloriofiflimo 


morata  firnt,  penitus  exigere  prefiimat.  Sed  liceat 
memorato  præfiili,  fuifque  luccefioribus  fub  noftra 
defenfione  auiete  refidere,  noftneque  parère  jullio- 
ni.  Et  quidquid  jus  fifri  exinde  exigere  poterat , 
totum  nos,  pro  ætema  remuneratione,  cidem  con- 
cedimus  ecclefiæ  *,  ut  perpetuis  temporibus  clericis 
ibidem  Deo  fervientibus  profidat  in  augmentum  -, 
auatenus  redores  ipfius  ecclefiæ  ,  cum  omnibus  ad 
{epertinentibus,  cum  clero  &  populo  fibifubje&o, 
pro  nobis,  ac  totius  regni  noftri  ftabilimento,  Do- 
mini  mifericordiam  alacritcr  exorare  delectet.  Et 
ut  hoc  pneccptum  noftræ  audoritatis  inviolabile  , 
æternum  obtineat  vigorcm,  manu  propria  fiibter- 
fiimavimus&  annulo  noftro  infigniri  jullimus.  Sig¬ 
num  Kirlomanni  gloriofilfimi  regis.  Norbertus 
notarius  ad  vicem  Vulfardi  recognovit.  Datum  pridie 
nonas  Junii,  anno  tertio  regni  Karlomanni  glorio- 
filTimi  regis,  indidione  x  1 1 1 1.  Adum  apud  Paulia- 
cum  vicum  ,  in  Dei  nomine  féliciter  Amen. 
Hugo  venerabilis  abbas  hoc  ambafeiavit. 

I  V. 


rege  indidione  x  i  v. 
ftam.  1.  D.  N.  F.  A. 


Adum  apud  villara  Co- 


V. 


Plaid  ou  aJfembUe  tenue  à  Carcaffonne . 


IN  judicio  Wilcranni  fedis  Carcallonna  cpifeopc, 
nec  non  Aquifredo  comité ,  Sicfiredo  vicecomite 
Sunifredo  abbate ,  Miro  abbate ,  Gullino ,  Auftraldo, 
Autano,  6c  Willilco  judicum,  6c  in  præfcntia  Wi- 


An.88). 


Archive,  de 

t  fabbayc  de 

tardo  &  aliorum,  qui  fupra  dido  epifeopo,  co- 
mite,  vicecomite,  abbates,  archidiaconos ,  &  ip- 
fos  judices  vel  auditores,  in  illorum  judicio ,  in  pu- 
blico  mallo ,  in  civitate  Carcaflonna  relidebant.  In 
eorum  præfentia  recognofco  me  ego  Ermenardus , 
qui  fuit  filius  quondam  genitore  mco  nomine 
Amelio,  quod  negurc  non  pofiem,  facio  meara 
profdlionem  atque  cvacuationem  de  (cripcuris  quod 
homo ,  nomine  Recamundus  abba  &  lui  monachi , 
quifunt  de  monafterio  làndti  Hilari,  qui  eft  fitusin 
territorio  Carcalïenfe  fiiper  fluvium  Lcuco,  ipfas 


Donation  du  roi  Carloman  en  faveur  d'un  feripturas  quod  ipfi  .nihi  rcquirebant  lupradido  ju- 


de  fes  vaffaux  appelle  Raynard. 

IN  nomine  Domini  Dei æterni  & Salvatoris  noftri 
Jefii  Chrifti,  Karlomagnus  gratia  Dei  rex.  Mos 
Camtiaire  &  conlûetudo  regnm  prædecefibrum  noftrorum 
Beticrt 'fC  dC  ^mper  exc^r  5  fidèles  fuos  maximis  honoribus  il- 
luftrare  atquc  fnblimes  efticere  ,  quatenus  in  eos 


Ann.  88 1 


dicio,  quod  anteccflbr  fiius,  nomine  Caftcllanusj 
abba  quondam  qui  fuit,  6c  fui  monachi  de  (ando 
Hilario ,  mihi  jam  dido  Ermenardo  fccerunt  6c  do- 
naverunt  pro  camviationis  de  illorum  alode  pro- 
prio  quod  habent  in  territorio  Rollilioncnfe  in  lo- 
aun  ubi  dicitur  ad  ipfàs  Nitolarias  ipfà  illorum  cel- 
lula,  cuivocabnlum  eft  fundi  Stcpnani,  cum  fuis 


&  benignitatem  fnam  oftenderent  &animos  illorum  appcndicis,  quod  debent  elle  de  jamdido  mona- 
propius  in  fuam  fidelitatem  aftringercnt.  Quocirca  fterio  (andi  Hilari,  five  Recamundo  abbate  vel  ad 
noverit  cundoram  làndæ  Dei  ecclefiæ  noftrorum-  iplos  monachos ,  per  illorum  feripturas  &  per  illo¬ 
que  fidelium  præfentium  feilicct  &  futurorum  indu-  rum  apprilione,  &  alias  feripturas  autenticas,  quod 
ftria,  quod  accedens  ad  manfuetudinis  noftræ  cle-  inde  mihi  donaverunt,  quod  ibi  comparavit  mona- 
mentiam  Wlfàrdus  venerabilis  abbas  coram  fre-  chus  illorum  nomine  Glodefindis  per  julüoncm  Sc 
quenria  proccrum  primatumque  noftrorum  >  petiic  per  mandatum  de  iplo  abbate  làndi  Hilari,  6c  de 
ut  quemdam  fidclem  noftrum  Rainardum  pro  allî-  ipfos  monachos ,  de  omnes  iplàs  feripturas ,  de  quan- 
dua  fidelitatc  qua  in  noftro  decertat  fervitio ,  nec  tum  jam  didus  Caftellanus  abba ,  qui  fuit  antecef 
non  &  pro  utilicate  &  ftabilimento  regni  noftri  ho-  fe>r  de  illo  Recamundo  lupradido  abbate  &  fui 
norare  deberemus,  videlicct  Alpiranum  &  Albi-  monachi  inde.  mihi  Ermenardo  donaverunt  de  ipfa 
nianum  villas  in  Biterrenfi  pago  litas,  nec  non  &  cellula  làndi  Stephanicum  fuo  appenditio ,  &pro- 
ecclefiam  in  honore  làndi  Fclicis  fundatam  in  villa  camiationis  autenticas  de  iplàs  feripturas.  Ego  Er- 
Calobrice  fitam,  cum  iplo  campo  &  omnibusTuis  mernardus  plus  nec  amplius  inde  invenirc  poll'um , 
adjacentiis ,  atque  Paulinianum  villarem  juxta  Calo-  nili  quatuor  quas  inde  inveni  autenticas,  quod  ego 
brices  ab  integro  cum  omni  luo  terminio  &  uni-  reddidi  ad  ifto  Recamundo  abbate ,  vel  ad  fuos 
verfis  adjacentiis  adfe  pertinentibus,  in  propricta-  monachos  in  ifto  fupradido  judicio,  &  iplàs  proca- 
tem  illi  concederemus.  Cujus  itaque  làliibribus  ac-  miationes  quas  indchabui,  6c  alias  canas  autenti- 
quiefcere  libuit  præcatibus,  &  promptillima  volun-  cas,  ego  Ermenardus  eas  invenirc  non  poflum,  fcd 
tate  præfàtas  villas  &  ccclefiam  prænominatam  cum  prædidas  iplàs  habeo ,  6c  ncfcio  quid  fe  feccrunr. 
yillare  fiipradido,  cum  omnibus  appendiciis  tam  Sed  ubicumque  iplàs  feripturas  procambiationis,  vel 


propinquis  quam  longinquis,  cidem  Rainardo  in 
proprieratem  concclïimus.  Has  itaque  villas  &  ec- 
clefiam  cum  villare  fiipra  nominato  in  proprietatem 
noftra  liberalitate  jam  diéto  fideli  noftro  Rainardo 
concedimus,  cum  terris,  vineis,  pafeuis ,  praris, 


iplàs  alias  autenticas,  in  mea  poteftate,  aut  in  pote¬ 
ftate  de  ullo  homine ,  aut  in  placitum ,  aut  in  plarea 
iplàs  feripturas  invenus  apparabiles  fuerunt,  frigulas 
&  vagas  &  inanes  remaneant  omni  tempore  ,  & 
non  habeant  ullam  firmitatein.  Et  ego  Ermenardus 


Avis,  molendinis,  aquis  aquarumve  decurfibus,  fie  me  evaguo  in  omnibus  de  iplà  cellula  fuperius 


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ai  D  E  L  A  K  G  U  E  D  O  C  i» 

fcripta  fandi  Stephani,  &  de  fuis  appendiciis,  quod  de  ftipcndia  fratrum  ipfâs  res  abftrahere  aut  bene-» 

non  hodie  ncc  ullo  tempore  nequc  in  iftum  placi-  ficiare  alicui  voluerit ,  ad  proprios  parentes  meos 

tum ,  neqüe  in  alium  ,  nuJlam  fcripturam  inde  præ-  iplâs  res  revertere  faciant  abfque  ullo  viro  contra- 

fèntare  nec  haberc  nonpofium,  necper  certes,  nec  dicente.  Et  fi  port  hodiernura  diem  ullus  hærcs 

per  ullum  documentum  judidqm  vericaris  ego  pro-  nofter  auc  aliquâ  immifla  perfona  qui  contra  hanc 

bare  nonpofium,  quod  ip fa  certifia  fân&i  Stepnani  certionem  ire,  aut  agere  aut inquiccare  præfumpfe- 

nec  fiium  appendiduro  ego  tencre  debeam  inmeam  rit,  quod  petit  vendicare  non  valeat,  fed  compo- 
poteftatem,  fèd  plus  débet  eflè  de  monafterio  fàncd  nat  ad  redores  ipfius  monafterii  tantum  &  alium 
Hilarii,  fini  ad  Recamundo  abbate  vel  ad  ipfbs  mo-  tantum  quantum  ipfâs  res  eo  tempore  melioratas 
nachos.  Et  ego  Ermenardus  ipfa  certula  cum  iiium  âp-  valuerint  :  fèd  præfcns  ceffio  ifta  a  nobis  fada  om- 
pendidum  redditum  habeo  ad  ifto  jam  dido  abbate  ,  nique  tempore  &  ftabilis  valear  perdurare,  ftipula- 
vel  admonachos  fiios,  &  ipfum  meum  alodem  pro-  tione  quoque  pro  omni  firmitare  fûbnixa*  Fada 
prium ,  quod  ego  unde  procambiacum  habui ,  cum  ceflione  ifta  in  menfè  Julio  x  1 1.  Kalendas  Augu- 
jam  dido  Caftellano  abbate  8c  ipfos  monachos  in  ftas ,  anno  fèptimo  régnante  Karolo  rege  Franco- 
territorio  Reddenfè,  in  alode  de  Teria,  in  locum  rum  &  Longobardorum.  Signum  Bernardi  grada  Dci 
ubi  dicitur  Domum  fimdi  Pétri,  ipfum  meum  alo-  comids,  Signum Hermengardis  uxore  ejus  qui  hanc 
dem  ego  receprum  habeo  ininea  poteftate,  &vera  ceflîonem  heri  vel  adfirmare  rogaverunt.  Signum 
eft  mea  profèffio,  8c  evacuario  in  omnibus.  Deodato,  S.Rigaldo,  S.  Aimarico,  S.  Teuarico, 

Fada  feriptura  profè/Iionis  fèxto  Kal.  Mardi  anno  S.  Hugobaldo,  S.  Blandino,  S.  Evalio ,  S.  Bernardo, 

111.  Imperante  Karolo  imperatore.  Sig.  Ermenar-  S.  Immonc,  S.  Airrado,  S.  Leotardo,  S.  Dadone, 
dus.  Sig.  Jordanus.  Sig.  Alderamus.  Sig.  Pantaleon.  Hugbertus  rogitus  fcripfït.  • 

Sig.  Leufredus.  Sig.  Gulfimis.  Sig.  Galafredus,  qui 
fig.  hanc  fcripturam  fcripfït  die  &  anno  quod  ' 

fupra.  ^  VII. 

Diplôme  du  roi  Carloman  en  faveur  dé 
V  I.  l'églife  de  Narbonne . 

Donation  de  Bernard  comte  d*  Auvergne  T  N  nomine  fàndæ  &  individu*:  Trinitati  s,  Kar-  " 

â  l'abbaye  de  Conques .  ,omannus  Dei  rcx-  Norum  omnibus  • 

J  7  fidelibus  fanâæ  Dei  ecclefiæ  tam  præfèndbus  quam  ,  Archivées 

* _ .  &  fiituris ,  quia  acceftit  ad  noftræ  jnanfïietudinis  cul-  dcNarbono?. 

Ann.  88).  Ç  Acrofân&æ  ecclefiæ  fan&i  Salvatoris  Conchas  men  quidam  fidelis  nofter  Leocriais,  innotefeens  v- 
Circulaire  monafterii ,  ubi  Bego  abba  præeilè  videturcum  quomodo  piæ  recordadonis  Karolus  avus  fcili-  rfifn* 
de  l’abbaye  inonachis  ibidem  Dco  famulantibus.  Quamobrem  cct  nofter  ,  cuidam  fuo  vafïo  Hildrico  nomine 
onqua.  Bernardus  gratia  Dei  cornes ,  &  uxor  mea  Her-  quondam ,  infra  Seprimaniam  in  comitatu  Redenfi 
mengardis  ,  cedimus  ad  ipfa  cala  -  Dei  qui  eft  con-  quafdam  fuæ  proprietaris  res,  locum  icilicet  qui 
ftruda  in  honore  Domini  &  Salvatoris  noftri  Jefu  nuncupatur  Capitanarias ,  qui  eriam  alio  nomine  vo- 
Chrifti,  fèu  8c  fandi  Pétri  Apoftolonim  principis,  catur  Drappas,  per  præceptum  fùæ  audoritaris  dc- 
.  cæterorumque  fandonim  quorum  ibi  reliquiæ  funt,  legaveric,  arque  in  proprium  habendum  contradi- 
ubi  Bcgo  abba  præefle  videtur  cum  monachis  ibi-  derit,  &  quomodo  poftea  diutinotran fado  tempore, 
dem  Deo  fèrvientibus,  cedimus  ceflumque  in  per-  ipfius  culpa  exigentc  ,  iterum  per  veræ  difeumonis 
petuum  clic  volumus  pro  amorc  Dci ,  vel  æterna  judicium  ipfæ  res ,  abfque  uno  viliare  qui  dicitur 
retribudone ,  ut  nobis  ipfc  pius  3c  mifèricors  Do-  Savinianus  ,  quem  ante  bannum  vendiderat ,  &  • 

minus  veniam  in  futurum  præparare  dignetur -,  hoc  propter  alias  ejufdem  proprietatis  pordunculas ,  quas 

funt  res  noftras  proprias  qui  ex  alode  parentonim  fimiliter  antea  per  carranim  ftrumenta,  fï  idonca  '/ 

meorum  juftiflime  mihi  obvcncrunt ,  qui  funt  fitas  comprobata  foerint,  hominibus  intra  ipfos  noftræ 

in  pago  Ruthenico,  in  vicaria  Cevcriacenfè,  hoc  donadonis  terminos  commanentibus  pcrconvenicn- 

eft  villa  noftra,  qui  nominatur  Bautonc,  cumman-  tiaitl  conicriptam  dederat,  pleniter  aafifeum  noftri 
fis,  pratis,  pafeuis,  filvis,  exhiis  8c  regreftïs,  ail-  donationis,  præfènte  comité  Acfredo,  cumjudicio 
tum  8c  incifitum  ,  aquis  aquarumvc  decurfibus  ,  determinato  redegerint.  Quapropter  dcprecams  eft 
omnia  8c  ex  omnibus  quantumeunque  ad  ipfà  villa  noftræ  largidonis  benivolcnriam  vice  venerabiJ.'S 
afpicit  aut  afjiiccre  videnir  ,  quod  noftra  jufte  fer-  Sigcboldi  fandæ  marris  ecclc/ïæ  primæ  Narbonen- 
vitur  8c  pollidctur,  in  integrum  cedimus,  ad  ipfà  fis  archicpifcopi ,  ut  ad  cmoluinentum  fândorum 
prædida  cafâ-Dci ,  fiiifquc  fervientibus  jure  pro-  Jufti  8c  Paftoris  fèu&  fândi  Pauli  prcdofiftîmi  con- 
prio  :  eo  vidclicct  modo  ,  ut  dum  ego  vivo  ipfâs  Feflôris ,  ubi  ipfè  corporalirer  requiefeir,  eafdem  res 
rcs  ufiifrudfuario  mihi  liccat  pofîidere ,  8c  annis  fin-  cum  omnibus  fiiis  villaribus  ex  eadem  donatione 
gulis  inveftituram  ipiùm  dccimum  ad  ipfà  cafa-  Dei  faâis,  ncc  non  &  filvis,  aliifque  omnibus  rebus  fèu 
pcrfolvam.  Port  obirum  vero  meum  quandoque  adjacenriisjureadfèperdnendbus,  atque  legidmis  ac 
Domino  placuerit ,  ipfas  r es  cum  omni  integricate  prifeis  exrerminationis  in  proprium  conccderemus. 
ad  ipfa  cafa -Dci ,  fuifquc  fèrvientibus  abfque  ulla  Cujus  pedrionem  rationabilem  fore  cognofcentes , 
contradicdonc  reverront.  Et  hoc  placuit  nobis  infè-  veluti  in  bannum  legalitcr  miflæ  fuerunt ,  8c  ad 
rcre,  ut  fi  ullus  redlor  aut  abba  de  ipfà  cafa- Dci  noftræ  poteftads  fifeum,  ipfb  Hilderico  yivente, 

*  Le  Pere  Mabillon  qui  a  donné  cette  charte  dans  fa  Diplomatique ,  avait  cru  dabord  qude  appartenait  à  la  Ilî.  année 
de  C  empire  de  Charlemagne  ,  &il  en  fait  mention  dans fes  annales  fous  Van  803.  n.  ry.  mais  monfieur  Baluze  ayant 
f*lt  ^  doit  être  rapportée  au  régné  de  l'empereur  Charles  le  Gras ,  il  s' eft  corrigé  dans  les  notes  manuferites 

Up'if""  qu'il  a  ajoutées  à  la  marge  de  fon  exemplaire  de  la  Diplomatique.  L'un  &  Vautre  rapportent  cette  charte  à  Vannée  88*. 

qui  étoit  la  troipéme  de  l'empire  de  Charles  le  Gras  :  onpourroit  U  rapporter  aujji  à  Van  88  6.  qui  i toit  la  troifiémê 
année  du  régné  de  ce  prince  en  France ,  depuis  la  mort  du  roi  Carloman * 

Tom<  II.  B  ij 


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*3 


PREUVES  DE  U  HISTOIRE 


*4 


ipÉt  r<»  redeg mm  ,  ita  cum  fumma  incegritate  dcnas  fidas,  totum  &abintegrnm  vobis  ccdo:  & 
pnedidae  ccclefi»  Narbonenfi  in  honore  Dci  æ  in  alio  ioco  ubi  vocabuhim  eft  ad  ilia  Bruda ,  ccdo 
làndorum  martyrum  jufti  &  Partons  atque  venc-  vobis  manfo  uno  ubi  Bcrtalaicus  vifus  eft  conver- 
rabilk  Pauli  confcflbris,pro  remedio  animarum  præ-  (arc ,  &c.  Fada  ceffio  ifta  in  menfe  mcdio  anno  L 
dcccflbrom  noftrorum  feu  &  animæ  noftræ  «ter-  régnante  Odone  rege.  S.  Sigaldus,  &c. 
naliter  concedimus  proprio  jure  obtinendum.  Præ- 
cipienrts  eriam  jubemus  per  hoc  noftræ  donationis  & 
audoritarispr*ccptum,quatenus  eafdem  resfub  noftræ 
tuitionis  munimine,  fucceflbrumquc  noftrorum  re- 


quifpiam  fidelium  noftrorum  nifî  ab  epifcopo 

2' us  miniftro’vocatus >  in  ip(às  res ,  ad  caufas  âudien- 
1 s,  velfreda  auttribuca  exigenda,  aut  manfiones 
vel  paratas  fàciendas,  vel  fidejullores  tollendos ,  aut 
hommes  qui  in  ipfis  villaribus  prime  donationis  re- 


IX. 

Charte  du  roi  Eudes  four  î abbaye  de 
faint  Pofycarfe. 


N  nomine  Domini  Dei  «terni  &  Salvatoris no-  An. 889. 


An. 


X  ftri  Jefu  Chrifti ,  Odo  mifcricordia  Dei  rex.  Si 
fervorum  Dei  loca  divinis  cultibus  mancipata  pro 
merito  noftae  celfitudinis  augemus,  atque  bénéficia 
fident,  exccpto  Saviniano,  tam  ingenuos  quam  &  oporrunc  largimur,  fine  dubio  ob  id  nobis  propi- 
fcrvos  diftringendos  ,  aut  uHas  redibitiones ,  five  tium  Dcum  minime  diffidimus.  Quocirca  noverir 
Ulicicas  occafiones  requirendas,  noftris  fiiturifquc  omnium  fidelium  tam  præfentium  quam  &  futur  o- 
temporibus  ingredi  audeat.  Sed  liceat  memorato  rum  folertia ,  quia  adierunt  noftram  demendam 
præfuli  fuifque  fuccefioribus  fub  noftra  defenfione  vencrabilisEnermiruscpifcopus,  &  cornes  Soniarus, 

quiete  refidere  ,  fèrvaro  immunicaris  privilégie  &  &  deprecati  font  ut  monafterium  conftrudum  in 

noftræ  parère  juftæ  ditioni.  Hoc  denique  adjedo  honore  beati  Polycarpi  pontificis  &  martyris,  ubi 
propter  donationem  liberrimam  quam  eedefix  fe-  Arnulfus  abba  prxelle  dignofeitur  non  modiex  tur- 
cimus,  ne  caufa  emptionis  tantæ  poteftatis  vir  intra  bæ  monachorum,  (  quod  monafterium  fitum  eft  in 
ipfàs  fines  fîcut  capitanarios  intermifeeatur ,  cujus  pago  Redenfi  fiiper  fluvium  Rivograndi  )  quatenus 
violenta  dominatione  honor  ecclefiafticus  concu-  ipfum  locum  in  noftra  defenfione  cum  omnibus  ad 
tiendo  debilitetur  :  &  quicquid  jus  fifei  exinde  exi-  eum  pertinentibus  haberemus  fimul  &  defenfione, 
gère  poterat  totum  nos  pro  æterna  remuneratione  fîcut  præccdentes  reges  comprobantur  hadenus  pra> 
cidem  concedendo  perdonamus  eeelefiæ ,  ut  perpe-  ccptorum  indagine  fèciflè.  Quod  nos  quoque  au- 
tuis  temporibus,  clericis  ibidem  fervientibus  profi-  dientes,  libenter  eorum  acquievimus  confiliis,  & 
dat  in  augmentum,  quatenus  redores  ipfius  eccle-  præfatum  cœnobium  fub  noftro  munburdio  actui- 
fiæ  cum  omnibus  ad  le  pertinentibus,  cum  clero  &  tione  ftaruimus,  ut  nulhis  deinceps  fucceflbrum  no- 

Hülo  fibi  fubjedo  pro  nobis  ac  totius  regni  noftri  ftrorum  de  his  quæ  in  eorum  præcepcis,  privilegiis 
ilimento  Domini  mifericordiam  alacriter  exorare  atque  chartulis  continentur,  aufu  temerario  præ- 
deledet.  Et  ut  hoc  prxceptum  noftræ  audoritatis  fumât  invadere*,  ideft,  in  comitatu  Redenfe  Gaiano 
inviolabile  ætemum  obtincat  vigorem ,  manu  pro-  cum  fuis  pertinentibus ,  fîcut  in  eorum  feriptis  con- 
pria  fubtcrfirmavimns  &  anniilo  noftro  infigniri  tinetur*,  &Mcüfirico&fàndamCrucem  &  ipfos. ... 
juflimus.  Signum  Karlomanni  glorioiilfimi  regis.  &  in  termino  de  villa  qux  dicitur  Luco ,  &  Petrolas 
Norbertus  notarius  ad  vicem  Gofleni  recognovit.  acCallànias,  &Bugaragio,  terras  culcas  &  incubas , 
Datum  pridie  nonas  Februarias  anno  1  v.  regni  ficut  in  eorum  continetur  chartulis.  Et  in  villa  quæ 
Karlomanni  gloriofiflîmi  regis  indid.11.  Adum  didtur  Salus,  &  inLegello,  &  mComiliano  \  quid- 
apud  Compendium  paladum  in  Dei  nomine  feli-  quid  per  chartulas  videntur  habere.  Et  in  comitatu 
dter  Amen.  Carcafïènfi  Comiciano  cum  ecclefia  fàndi  Pauli , 

cum  terminis  &  adjacentiis  fuis  :  &  ultra  Clufà  in 
comitatu  Impurincnftum  in  ipfà  garrica,  eedefiam 
VIII.  fàndi  Felicis  cum  terminis  &  adjacentiis  fais*,  &in 

Petralatenfi  ecclefias  fàndi  Pétri  &  fàndi  Fruduofi 
Donation  faite  au  monaflere  de  Conques .  conftrudas,  cum  propriis  terminis,  propriifquc  fi- 
—  nibus ,  nna  cum  villare  eis  peninente  fitum  in  Ar- 

.888.  Y  Ocum  fàcrum  fandx  eeelefiæ  qui  eft  conftm-  morotas  fupra  taxarum  Magregerum,  &  fàndum 
irtni.  de  JL/  dus  in  honore  Domini  noftri  Jefii  Chrifti ,  feu  Joannem  Sufpineta ,  &  fandum  Cyprianum 


Archive,  de 
l’abbaye  de 
kiot  Polycar- 
P®« 

y  •  s  fit  j  tn 
S.  b  1*4. 


Cartol 
l’abbaye  de 
C^aquea. 


cum 


fàndæ  Mariæ  genitricis  ejufdem  Domini  noftri,  feu 
&  fàndi  Pétri  prindpis  Apoftolorum  martyrum  , 
feu  &  fàndi  Vincentii,  &  (àndæ  Fidis  martyris,  re- 
liquiæ  eorum  ibi  requiefeunt  condita  funt  ,  ubi 
domnus  &  venerabilis  abbas  Frotarius  una  congre- 
nonem  Deo  fàmulanrium  ibi  præeflè  videtur,  qui 
eft  in  orbe  Rutenico  in  aice  Ferrarias  in  villa  ^ui 


propriis  adjacentiis ,  &  in  alio  loco  condaminam 
modiorum  v  1.  &  in  comitatu  Elenenfi  res  quas 
Guiftrimirus  cornes. eidem monafterio ,  id  eft,  Pa- 
latiolum  &  Saletas  ,  &  in  Petrapurtufênfe  Petia- 
num  cum  fuis  appendiciis  ,  &  quidquid  ibi  fuit 
vifus  habere  vel  poffidere.  Hatc  omnia ,  &  quid¬ 
quid  ftudium  bonorum  hominum  adquifivit,  vel 


vocabulum  eft  Teulamen.  Quamobrem  ego  in  Dci  acquirere  potuit  aut  condonare ,  fàndmus  ut  nullus 
nomen  Sigualdus  &uxor  fùa  Aigua  ad  ilium  locum  fucceflbrum  noftrorum,  nullufque  mortalium  hujus 
Éuidum  vel  ad  ilia  congregatione  monachorum  qui  noftræ  audoritads  aufù  temerario  præfumat  inva- 
ibidem  Deo  ferviunt  cedo  vobis  manfo  cum  curte ,  dere  :  fed  liceat  monachis  fub  regulari  tramite  Deo 
&orto,  &  exeo,  aim  terras  cultas  &  incultas  &  fervire,  &  [fer  ftudium  fàndæ  Dei  eeelefiæ  votis 
cum  ipfà  vinea  dominicaria,  pratis ,  pafeuis ,  filvis,  conrinuis  exorare.  Statuimus  ctiam  &  præcipimus, 
garriciis,  aquisaquarum  via  decurfibus,  omnia  &  ut  nullus  judex  publions  ad  caufàs  audienaas  vel 
ex  omnibus  cedo  vobis  &  in  ipfà  villa  cedo  vobis  freda  exigenda ,  aut  raanfionaticos ,  aut  paratas  fi- 
Captmanfb  cum  curte,  &  orto  &  exeo  &  in  ipfà  ciendas,  vel  homines  intra  poteftatem  jaradidi  mo- 
ara,  ccdo  vobis  fàrinaria  qui  eft  conftrudus  fuper  nafterii  diftringendos,  neque  fervos  aut  ingenuos, 
Latacia,  &  in  ipfà  riparia  prato  dominicario  præoo-  aur  ulla^  redhibiriones  exigendas  exigere  præfumat. 


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Præcipimus  eriam  uc  obeunte  abbate,  non  aJiusibi  autparacam,  five  manfionaeicura  acdfcfc,  flequ* 
lubrogetur,  nid  quem  omnis  congregario  commun!  teloneum  ab  corura  hominibus ,  neque  etiam  pon* 
voco  elegerir.  Quilquis  autem  hujus  Jod  immuni-  caricum  aur  rotaticum ,  velcdpicaticum,  vel  pulve* 
totem  imregerit,  ac  quæ  lîiperius  ftatuimus  viola-  raticum,  vel  palcuaricum  aut  ialaricum ,  autaliqilid 
verit,  lêxccntos  folidos  componere  fâciat.  Ut  hæc  fedibitionis  ab  illis  ullo  modo  exigarur,  lecundum 
autem  præcepri  noftri  au&oritas  nobiliorem  obti-  quod  in  præcepco  jam  præÉato  doinni  &  piüfimi 
neat  vigorem  per  fiitura  tempora ,  manu  propria  imperatoru  Karoii  continetur  infcrrum  t  quatinus 
fubterfirmavimus,  &  annulo  noftro  lïgnare  roga-  pro  nobis  &  regni  noftri  ftabilicatc ,  five  pacc  lânâæ 
virous.  Dei  ecclefiæ  attendus  &  liberius  diviium  clcrocn- 

Signum  Odonis  gloriofilfimi  regis.  Troannus  no  tiam  die  3c  no&e  invigilantes ,  omnimodis  exorare 
tarius  ad  vicem  Ebuli  recognovit.  Datum  menfe  Ju-  ftudeant.  Et  ut  hoc  per  omnia  tempora  inviolabili- 
mvim.V  nio,  a nno  *.  d.  ccc.  lxxxviii.  indi&ione  fcpti-  ter  confervetur  veriulque  credatur ,  manu  propria 


ma,  anno  fecundo  Odonis  regis ,  L  D.  N.  F.  A. 


•  X. 

Extrait  d’une  charte  du  Diocefe  de  Befiers .  anno 
Nlcmundus  6c  uxor  lita  Columba  &  Gilcla* 


fubterfirmavimus  arque  annuli  noftri  impreflione 
infigniri  julfimus. 

Signum  Odonis  gloriofiffimi  regis.  Throaiînus 
notarius  ad  vicem  Eblonis  recognovit  &  julliis 
lcriplït.  Data  m.  KaL  Februarii  indiûione  vi  il 
régnante  domoo  Odonc  gloriofiflimo 
rege.  Acftuin  in  villa  Lernegia.  L  D.  N.  F.  A. 


An.  8  8  p.  XX  fredus  ,  vendune  Agilberto  epilcopo  Biter* 
dc  renlî  quintam  partem  villæ  de  Cuminiano  in  terri- 
fégü(ct!e*Be*>  torio  Biterrenfi ,  tarn  in  ecclefia  lândti  Genelïi  quam 
Écrfc  in  aliis,  quod  advenit  illis  ex  apriiione  parencum  Plaid  tenu  k  27  i fine  S  far  le  comte  Raymond» 

luorum ,  &  illis  advenit  per  præceptum  Karoii  regis. 

Hoc  vendunt  ab  inregro  in  opus  lânâd  Nazarii 
martyris  Chrifti ,  cujus  ecclefia  fondata  eft  infra  Coylâ  ad  exerccndam  venadonem  confifterer 

muros  civitatis  Biterris  pro  x  x  v.  folidis&c.  Aâum  propc  locum  qui  vocanir  Audita  ,  cuin  epifeopis 


X  I  I. 


Um  igitur  more  regio  rex  O do  in  foreftis 


1 1.  nonas  Novembris  anno  fecundo  régnante  Odo- 
ne  rege.  Bemardus  pre/biter  fcripfit. 


X  I. 

Charte  du  roi  Eudes  en  faveur  de  l’abbaye 
de  la  Grajfe. 


An.  890. 


nu.  o.  ai. 


I 


An.  893* 

Cartul. 
la  cathcdr.il* 

coinitibus  feu  vallis  dominicis,  vouions  Gibercus 
epilcopus  in  conlpeâu  ejus  proclamavit,  quod  res 
quas  Bligardis  fœmina  in  comitatu  Nemau/cnfi  per 
Icripturam  lôlemniter  ejus  ecclefia:  donaverat,  & 
per  x  r  r.  annos  fcrc  leu  &  amplius  jufto  ordine 
poflederat,  homo  quidam  Genelius  nomine  ablque 
ulla  inquiiïtione,  &  mailoleu  judicio,  iplo  abfcnte 
epifropo,  villam  Bizagium  invalît  ac  malo  ordine 
retinet.  Raimundus  itaque  cornes  iplius  pagi ,  ibi¬ 
dem  coram  rege  adftab.it:  qui  interrogavit  ipferex 
comitem,  qualiter  hoc  in  c;us  poteftate  acèum  hiiilèt  ; 


N  nomine  Domini  Dei  a^erni  &  Salvatoris  no¬ 
ftri  Jefu  Chrifti ,  Odo  clementia  Dei  rex.  Si 
lui  bibiiw^"  necdîitatibus  lêrvomm  Dei  opem  ferendo  libenter  fcd  prædidtu s  Raimundus  cornes  dixic,  quod  ex 
confiilimus,  regiae  dignitads  morem  imitamur,  &  yeftra  parte  præfitus  Genelius  lifteras  mihidetulit, 
ob  id  nobis  Deum  fore  propidum  non  dubitamus.  in  quibus  connncbatur  ut  de  ipû  villa  eum  invefti- 
Quamobrem  notum  fit  omnibus  lândtr  Dei  ecclefiæ  rem.  Qyo  audito  omnes  qui  adftabant  dixerunt , 
fidelibus  &  noftris,  prælêndbus  (cilicet  ntque  futuris,  quod  ncquaquam  ex  parte  regis  præceptum  dbi  fuit 
quia  Suniefredus  aobas  venerabilis  fandbc  Mariæ  inpræfcntem  epilcopum  de  rébus  fuæ  ecclefiæ,  ut 
adiit  noftram  clementiam,  deprecans  exccllentiam  dicit  tanto  tempore  ab  eo  pofldfis,  iplo  ablênte, 
noftram renovarifibi præceptum, quod olim  ipfrabbas  ablquc  inquiiïtione,  &  mallo  leu  judicio  expoüares 
nomine  Suniefredus  à  divæ  memoriæ  imperatorc  Ka-  &  alicui  redderes.  Itaque  rex  julfit  prædidlo  epi£ 
rolo  impetravic,  fcilicer  ut  omnes  res  quæ  in  præ-  Copo  luas  Hueras  dare,  in  quibus  continebatur,  uc 
fàta  abbatia  conrinebantur ,  tam  iplâs  quæ  tune  ibi  Raimundus  cornes  veniens  in  pago  Nemaufrn- 
Domino  largiente  collatæ  eranr ,  quam  etiam  illas  fr ,  inquifidonem  per  circum  manentes  homines 
quæ  poftea  à  rcligiofis  hominibus ,  vel  etiam  com-  mitteret,  &  fi  iplê  epi (copus  jultam  caulâm  habe- 
mutatæ  vcl  commuta  verit  alias  quocumque  modo  tet ,  &  per  (lias  Icripturas  veras  adprobarc  potui/fec, 
audlæ  foerint,  jure  proprii  abbads  continercnttir ,  ablque  ulladiladone  in  prædicèis  rébus  eum  infor- 
vel  in  ullius  poteftate  redigerenrur  ,  aut  epilcopi,  maret.  Veniens  itaque  Raimundus  in  pra^lido  co 
five  comitis  :  lêd  lêmper  mundeburdo  imperiali,  micatu,  præfarus  epilcopus ,  regales  licreras  ci often- 
fivc  regali  liberi  ab  omni  extranea  dirione  omni-  dit,  &  ut  ipfc  cornes  ei  juftitiam  lecundum  regis 
modis  hberi  fûlcirentur ,  ncc  non  eriam  au&oritas  juffionem  faccret  poftulavit.  Itaque  prædidus  co¬ 
in  eleétione  proprii  abbads  à  regali  poteftate  illis  mes  luas  lifteras  adGcncfium  milit,  utanreeumad 
concederetur.  Qiapropter  annuentes  ejus  juftæ  pe-  placitum  veniens  audiret ,  3c  vider  et  inquifidonem 
tidoni  concedimus,  atque  præcepto  noftræ  auâo-  arque  approbarionem  Icripturarum  quam  rex  de 
ritatis  confirmare  jubemus ,  ut  quidquid  in  prædiâo  prædiâis  rebus  fàccre  juücrar.  Iple  autem  Genefius 
præcepto  domni  videlicet  &  tenions  noftri  Karoii  acceptis  litteris  ad  placitum  venirediftulit.  Expeâato 
condneri  videtur,  tam  in  elcclione  proprii  abbads  itaque  aliquo  tempore,  rurlum  prædichis  epilcopus 
quam  eriam  in  rebus  iplius  abbatiæ  quæ  tune  ibi  ante  Raimundum  comitem  veniens  poftulavit ,  uc 
conlatæ  eranr,  vel  poftea  audfce  fiint,  five  fiituris  ei  juftitiam  de  luis  rebus  lecundum  regis  jullioncm 
temporibus  adjicientur  -,  totum  ablque  ullius  vio-  fàceret.  Igitur  prædichis  cornes  Allidulfo  fuo  vicis- 
lenda  perenniter  poftïdeant  lolo  mundeburdo  regio  comiti  præcepit  ut  luper  ipfrts  res  veniret ,  &  om- 
contend.  Jubemus  autem  atque  præcipimus  ut  omni  nem  juftitiam  &  legem,  ficud  in  regalibus  litteris 
judiriaria  potellate  lublata  nuÛus  in  rébus  eorum ....  continebatur  ,  ipfi  epilcopo  adimpleret.  Veniens 
abeat  fidejullores  tollerc,  aut  aliquem  diftringere,  itaque  Allidulphus  fupes  iplâs  res  invallc  Anagia, 


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*7 


PREUVES  DEL’  HISTOIRE 


2g 


In  villa  Bizago,  convocans  omncs  circummanentes  dio  arùmæ  noftræ,  atque  pro  eius  tanta  depreca- 
ipfius  loci,  atque  alios  nobiliores  tara  prelbyteros  tione,  quatinus  ad  eandem  ecclefiam  SS.  Jufti  & 
quam  laicos  quorum  hæc  font  nomina ,  &c.  in  eo-  Paftoris  necne  &  S.  Pauli  confefloris  ,  ubi  ipfe  ve- 
rum  præfentia  præfatus  epifcopus  obtulit  litteras  re*  ncrabilis  fondus  corpore  rcquiefcit ,  abbatiam  fon&i 
gales,  fimul  ctiam  &  (cripturam  quam  Bligardis  Laureritii  cum  omnibus  fois  cellulis  &  villis,  atque 
femina  pardbus  fonâæ  Mariæ  fecere  jullèrar,  &  in  terminus  cum  fumma  integritate  locorum  >  veluti 
ipfo  feriptura  condnebatur ,  quod  villam  *Toriadem  in  præceptis  monachorum  ab  omnibus  anteceflori- 
cum  «cdefiis  ibidem  fandatis,  nec  non  &  villam  busnoftris  piiflimis  reeibus&c  imperatoribus  fà£U s, 
Cadei^im^b  integrum*  &in  mànfo  commendato,  perpetualiter  abfque  ulla  contradidione  dando  con- 
■feu  &  inBrugarias  nec  non  &  Felgarias  quidquid  cccjeremus:  eo  videlicet  tenore,  ut  ftipendia  mo- 
ibi  vifo  fuit  habere,  limili  modo  villam  Bizagum  nachorum  ibidem  digne  degendum,  juxta  vires  præ- 
ab  integrum,  cum  eedefia  ibidem  fundata  in  ho-  fulisnon  dcficiant.  Concedimus  medietatem  folina- 
norem  fondæ  Mariæ,  cum  mandpiis  utriufque  lèxus  rum,  telonci,  portatici,  &  raficæ  atque  pafehuarii* 
ibidem  præfixis,  libenrianimo  prædidæ  (edi,  epif*  feu  claflis  naufragiorum ,  ad  eandem  præfotam  ec- 
topo,  nmulque  canonicis  ibidem  Deo  famulandbus  clefiam  tam  in  Narbonenfi  quam  in  Redenfi  comi- 
{blemniter  condonaverar.  Qua  feriptura  rcleda  >  tatu ,  undecumque  cornes  vel  cjus  mi  (Tus  receperit 
omnibus  in  commune  adunatis  fere  ducenris  homi-  vcl  recipere  debuerit  aliquid  exadionis.  Donamus 
tiibus ,  per  audoritatem  regiam  pnedidus  viceco-  etiam  fucos  juxta  Baffianum  villam ,  qui  vocantur 
mes  bannum  impofuit,  ut  dicerent  quidquid  de  Ceforanus  &  villa  Arfcgii.  Concedimus  edam  ipfi 
hac  caufo  in  veritare  (cirent ,  fed  nobiliores  viri  pri-  ecclefiæ  in  Redenfi  comitatu ,  villam  quæ  dicitur 
mitus  per  ordinem  finguli  interrogati,  cumrcliquis  Capitanarius  quæ  alionomine  mmeupatur  Trapas , 
omnibus  tam  prefbyteris  quam  Iaïcis  abfque  ulla  cumfua  eccleua  quæ  eft  conftruda  in  honore  landti 
varictare  una  voce  teftificaverunt  :  quia  nos  feimus  Martini,  cum  omnibus  viilaribus  fuis  &  adjacentiis 
&in  veritate  nobis  compertumeft,  quia  Bligardis  fuis,  cum  omni  integritate  abfque  divifione,  fil  vis 
femina  per  hanc (cripturam  prædidas  res  pardbus  &vineis,pratis,pafcuis,molendinis, aquis aquarum- 
fandæ  Mariæ  (olemniter  condonavit ,  &  prædidus  ve  decurfibus  &  omnia  ibidem  &  fuis  viilaribus  per- 
epifcopus  prædidam  villam  Bidagium  nobis  viden-  tinentia.  Si  vero  infra  iftam  villam  &  villares  ejus , 
rious  tenuit  ac  podedic  per  x  1 1.  fere  annos  &  am-  Hoftolenfes  vel  Hifpani  fuerint ,  quicquid  jus  fifci 
plius*  at  Gcneuus  &  alii  malo  ordine  resquæinipfo  inde  exigere  debet,  tomm  adopus  landæ  matris 
lcripmra  refonant  invafcrunt.  Itaque  ex  his  omnibus  ecclefiæ  Narbonenfis  jure  perpetuo  concedimus  ob- 
X 1 1 1 1.  eledis  hominibus ,  in  ecclefiam  fondæ  Mariæ  tinendum.  Fifcos  vero  qui  lunt  in  Bitcrrenfi  comitatu 
ingreflî ,  iterumque  ab  ipfo  vicecomite  per  ordinem  fondo  Paulo  confcfibte  à  longo  tempore  collatos, 
interrogati  &  dilcuffi ,  abfque  ulla  varictatc  teftifi-  &  à  poteftate  comitali  injufte  ufiirpatos  plenilfimc 
cantesjuraü  dixerunt:  quia  ipfo  feriptura  veraeft&  reddidimus,  atque  eidem  ecclefiæ  ,  ficut  dignum 
non  folfo ,  &  ipfas  rcs  quæ  in  ipfa  feriptura  refonant  eft ,  per  hoc  noftræ  au£toritatis  præceptum  confir- 
plurisdebent  eflè  fondæ  Mariæ  quam  Gcnefio,  aut  mavimus.  Per  quod  dccernimus  atque  jubemus,ut 
alicui  qui  eas  injufte  de  poteftate  ipfius  ecclefiæ  in-  nullus  judiciariæ  poteftads  nec  ullus  ex  fidelibus  no- 
vafit ,  per  Deum  altifliraum  &  iftas  virmtes  fondo-  ftris  in  ccclefias  aut  loca  quæ  deinccps  jure 
rum.  His  itaque  peradis ,  Allidulfiis  vicecomes  per  &  poteftate  ipfius  ecclefiæ  divina  pictas  voluerit 
oftium  ipfius  ecclefiæ  de  ipfis  rebus  Gibertum  epif-  augere  -,  ad  caufos  audiendas ,  vel  freda  aut  tributa 
copum  reveftivit,  &in  ipfis  rebus  informavit.  Adam  exigenda,  aut  manliones  vel  paradas  facicndas,  aut 
puolice  die  Jovis  menfc  Aprili  anno  iii.  régnante  fidejuflorestollcndos,  aut  homines  ipfius  ecclefiæ  tam 
Odone  rege.  Propterea  necellè  fuit  Giberto  cpifco-  ingenuos  quam  fervos  diftringendos ,  aut  ullas  redi- 
po  ut  notitiam  &  (cripturam  reclamationis  &  infor-  bitiones  aut  illicitas  occafioncs  requirendas ,  noftris 


*9 


An.8^8. 


madonis  feribere  rogarct ,  quod  ica  &  fecit. 


XIII. 

Diplôme  du  roi  Eudes  pour  ttyifc 
de  Narbonne. 

N  nomine  fândbe  &  individuæ  Trinitatis,  Odo 


i 


futurifque  temporibus  ineredi  audeant,  vel  ea  quæ 
(upra  memorata  funt ,  vcl  ficut  in  privilegüs  præfu- 
lum  Romanorum  confirmata  funt,  penitus  exigere 

E)tæfumat.  Sed  liceat  memorato  præfuli ,  fuilque 
iiccefioribus  fub  noftra  defenfione  quiete  refiderc, 
&  noftræ  parère  juflioni  :  &  quicquia  jus  filciexindc 
exigere  poterat  tomm  nos  proætema  remuneradonc 
eidem  concedimus  ecclefiæ ,  ut  perpetuis  tempori¬ 
bus  clcricis  ibidem  Deo  fervientibus  proficiat  in  aug- 
mentum  ,  quatenus  redores  ipfius  ecclefiæ  cum 


clementia  Dei  rex.  Si  (âcris  ac  fondis  locis  divino 
Archives  de  cultui  mancipatis  aliquid  de  rebus  regni  noftri  fcu  omnibus  ad  fe  pertinentibus,  cumclero  &  populo 
Kubonne.  focultatibus  conferre  (tudemus,  non  folum  in  hoc  (ibi  fub)edo,  pro  nobis  ac  totius  regni  noftri  ftabi- 
regiam  excrcemus  confoemdinem ,  fcd  maximum  limcnto  Domini  mifericordiam  alaaiter  exor  are 
regni  noftri  munimen,  auxiliante  divina  gratia ,  eilè  dcledct.  Et  ut  hoc  præceptum  noftræ  audoritatis  in- 
nullatenus  dubitamus.  Quapropter  noverit  omnium  violabile  æternum  obdneat  vigorem ,  manu  propria 
fidelium  (andæ  Dei  ecclefiæ  noftrorumque  tam  præ-  fubterfirmavimus,  &  annulo  noftro  infigniri  ju(E- 
fentium  &  fumrorum  (blerria ,  quia  acceflît  aa  cle- 
mentiam  ferenitatis  noftræ  Theodardus  venerabilis 
priraæ  fondæ  Narbonenfis  ac  Redenfis  ecclefiæ  ar- 
chiepifcopus  -,  innotefeens  nobis  de  paupertate  fui 
cpilcopatus  &  quemadmodum  fua  ledes  &  pene 
omnes  ecclefiæ  ejufdem  civitads  ruinæ  jam  proxi- 

mæ  exiftebant ,  ita  ut  per  ipfum  nullatenus  polfent  fis  epifcopus  ambafciavit  hoc. 
reftaurari.  Hæc  audientes  immo  condolentcs,  ejuf- 
que  necelforiam  &  rarionabilem  petitionem  elle 
cognofcentes ,  placuit  cclfitudini  noftræ  pro  remc- 


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mus.Sig  t  num  Odonisgloriofiflimi  regis.  Throannus 
notarius  ad  vicem  Ebolonis  recognovit.  Datum  v  u 
Kal.  lulii.  [  Anno  lncarnationis  Domini  noftri  fef* 

Chriftv  D.CCC.  L.  XXXVlll.  *]  Indid.  vin.  t|r|  occCl 
anno  ni.  régnante  domno  Odone  gloriofilfimo  xC. 
rege.  Adum  Aurelianis  civitads.  A&ericus  Parifien- 


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DE  LANGUEDOC. 


3° 


XIV. 

_ _  Donation  faite  à  Mglife  de  Viviers . 

An.  892.  çAero-fandæ  ccclefîæ  fandi  Vincentii  caftro  Vi- 
Archire»  de  O  vorienli  conftiruræ ,  ubi  doinnus  Roftagnus  cum 
r^WêdeVi-  ({jjs  canonicis  adefie  lolicitc  dignofeitur.  Ideo  ego 
dcTan  Ermcmburga  fïve  Mezia  quondam  avia  mea.pro 
l+°7'  Dei  timoré  ôc  ætema  Chrifti  rétributions,  propterea 
concedimus  ad  iplüm  fâarum  locum  aliquid  de  rebus 
noftris  qui  à  nobis  de  aJode  parentum  noftrorum 
legibus  obvenit,  &  finit  ipfas  resinpago  Vivarienfè 
ôc  in  Vallevinaria ,  in  loco  ubi  vocabulum  eft  Lufigna- 
ta  \  hoc  eft  eeelefïa  in  honore  fandi  Philippi  con- 
ftruda ,  cum  cala ,  curte  &  horto  &  eximio  campo. 
Quidquid  ad  ipfam  calàm-Dei  afpicit ,  vel  parentes 
noftri  obtaverunt  quod  ci  pertineat,  integrara  me- 
dietatem  adipfum  fàndum  locum  concedimus  jatn 
fuperius  didum  :  ut  liabeat  ipfc  Dominus  epifeopus , 
vel  lui  canonici  quidquid  jufte  &  racionabiliter  facere 
voluerint  habeant  poteftarem  ad  faciendum.  Sane  fi 
quis  nos  ipfîaut  ullus  homoquicellïone  ilia  rumpere 
voluerir,  iram  Dei  incurrat,  &  aim  lindo  Vincen- 
tk>  fit  rationaturus,  ôc  nihii  vindicct  quod  reperit  : 
fed  componat  ad  ipfbs  redores  auri  Iibras  V.  &  in 
antea  donatio  ifta  firma  &  flabilis  permanear  cum 
ftipulatione  fïibnixa.  Fada  donatione  ilia  x  v.  Kal. 
Maii ,  anno  v.  régnante  D.  Odonc  rege  féliciter. 
Sign.  Ermemburgis  &  Melîæ  quod  donatione  ilia 
pie  feribere  ôc  firmarc  rogavenint ,  manibus  comm 
Armantes ,  Signum Ennone,  Sign.  Gilberti,  Sign. 
Raimondi. 


nulli  umquam  parvo  aut  magnohomini  liceat  quam- 
libet  forciam  vel  aprilionem  in  omnibus  çebus  ejus 
fàcere,  aut  poteftatem  aliquam  habere,  velaliquem 
dillringere,  aut  qualecumque  teloneum  ab  eisexi- 
gere ,  live  ad  placitum  eos  ubicumque  pro  quibuf- 
cumque  calibus  provocare  præfumat,  nili  in  pra> 
fentia  archiepifcopi  caufi  illorum  audiatur  &  regih- 
lariter  hrmecur.  Iiiud  quoque  noflra  apoftolica  au- 
clioricate  juxta  canonicam  fandioncm  addere  placui^ 
ut  fi  quando  diviiu  vocatione  vos  ,  veftriqiie  fuc- 
ccllores  ex  hac  lucc  migraverint  j  quandiu  in  ipû 
eccleiia  Narbonenli  repertus  fuerit  qui  djgnus  fit 
oificio  pontiricams  iplius  fiingi ,  nulli  lice#  ex  alip 
loco  inibi  ingredi,  nec  jam  didam  libi  prxditus 
quacumque  dignité  aut  regia  anthojitate  uliirpar* 
fed em  :  lèd  convenu  vicinorum  cocpifcoporum  oc* 

currere  valentium  fado,  alicujus  pot;çll#is . . 

benedidionis  cleri,  vel  plebis  præcipiac  dignitaten* 

Si  vero  aliquem  de  (ïjffiaganeis  coepilcopis  cornigo- 
rit  mori >  perquirens  metropolitanus  çledionem  pkr 
bis  ipfius,  eam  viticare  ftudeat  utpore  viduacam  ce- 
clefiam.  Quod  fi  forte  ibi  taiis  non  repertus  fùerit 
qui  onus  facerdotale  ferre  queat ,  per  caoonicaop 
audoritatem  ôc  nollram  apoftoiicam  permillionem > 
liccnria  fit  iüi  abfque  ulla  retradatione  de  lua  ecclç- 
fia  talem  intronizare ,  qui  fulïraganeæ  üi£  eçclefe> 
dignius  præellè  valeat  paftor,  ôcc.  Scriptum  per 
manum  Nicolai  Sainarii  fàndæ  Roman*  cccleli* 
in  menfè  Augullo ,  indidione  décima  quaru.  3eno- 
valcte.  Datum  dccimo  tertio  Kalcndas  Septembris  » 
per  manum  Stepliani  epifeopi  fandæ  ecclefi*  Ne- 
phefinæ  ,  in  arcario  fandæ  fedis  apollolicæ,  impe- 
ranredomno  piiflimo  Augufto  Arnulpho  à  Deo  co- 
ronato  magno  imperatore  anno  primo. 


X  V. 

Bulle  du  pape  Etienne  en  faveur  dl  Arnufte 
archevêque  de  Narbonne . 


^  ^  Tephanus  epifeopus,  fêrvus  fervorum  Dei.  Re- 


tim.l.f.  1*4. 

Céttl.  mtm. 
b  771. 

CéU.  Chr.fi . 
*  I.M7». 


verendillimo  ôc  fândillimo  confratri  noftro 
v.  bal  Lai.  Amuflo  epilcopo  primæ  fedis  fândæ  Narbonenfis 
eccleii*  ,  &  per  te  in  eadem  vcncrabili  eccleiia  in 
perperuum.  Convcnit  apoftolico  moderamini  pia 
religione  pollentibus ,  ôcc.  Unde  fâlubribus  petitio- 
nibus  veltris  inclinati ,  decrevimus  ut  â  prarfènti  die 
décima  quarta  indidione ,  per  hujus  nollræ  apofto- 
licæ  conhrmationis  privilegium  roboramus,  flabi- 
limus  &  in  perpetuum  noftra  apoftolica  authoritate 
confirmamusi  id  eft  omnes  domos,  cellas,  cccle- 
fîas,  villas,  airres,  parrochias,  terras,  vineas,  prara, 
fÿlvas  arque  medietatem  fylvarum  &  telonci,  feu 
raficæ  arque  naufragii,  monafterio  fândi  Laurcntii , 
&  cellas  vel  cum  adjacentiis  Ôc  perrinentiis  ea- 
mm  ,  una  cum  fàmulis  utriufque  fêxus ,  &  alia 
omnia  quæ  à  piis  imperatoribus  &  regibus ,  vel  ab 
aliis  Deum  rimentibus  in  eadem  eccleiia  collata  funt 
vel  conferenda,  tam  in  ipfo  comitaru  Narbonenli, 
quam  &Reddenfî,  feu  Nemaufênlî ,  arque  Aulo- 
nenli.  Hæc  vero  omnia  ira  jure  firmiflîmo  à  te  pot 
fideri  acdominari  volumus,  feuolim  pollellùm  eft 
à  (and*  memoriæ  decellbrc  tuo  Daniclc  epilcopo , 
feu  ôc  reverendo  Sigebodo  ejufdem  prim*  fedis 
Narbonenfis  præfule,  fub  tua  ruorumque  fuccello- 
rura  dirione ,  poreftate  ac  uriliratc  omnimodis  con¬ 
firmantes  :  ftatuentes  apoftolica  ccnfiira ,  fub  divini 
judicii  obteftatione  &  anachcmatis  interdido ,  ut 


XVI. 

Charte  de  Louis  roi  de  Provence 3  fils  de 
JBofon  yen  faveur  de  ïêglife  d'XJfe^ 

J  N  nominc  fàndæ  &  individu*  Trinitatis,  Ludo- 
vicus  divina  præordinanre  clcmentia  rcx.  Poll- 
quam  à  feculo  regalium  dignitatum  dccus  enituir  3 


An.  8  5 )6s 


Ôc  principum  gloria  dccenter  effloruit ,  femper  eis  rég îifcjVfcx. 
jufturn  ôc  naruraliter  venir  ad  pofteros  transnifiim , 
ut  tanto  libentius  ,  fidelium  fuorum  deprecationi- 
bus  feveant ,  quanco  eos  prolpexerint  in  fuis  obfe- 
quiis  efficaces ,  arque  ad  utiliora  quæque  agenda 
prompriores,  quatenus  illos  vehemenrius  in  fuum  fà- 
mularum  inflamment,  ôc  fubfèquentes  ad  eorum 
normam  fibimet  devotius  oblequi  dignanrer  infor¬ 
ment.  Igiair  univerlis  fidelibus  lând*  ecclefi*  nq- 
ftrilque  prarfèntibus  ôc  futuris  nouun  fieri  volumus, 
quoliter  Amelius  Ucetix  civiratis  vencrabilis  epit 
copus  ad  noftram  accellirmanfuetudinem,clementer 
fùggerens  ôc  humiliter  petens ,  quatenus  S.  Thep- 
dorico,  cujus  ecclefix  Deo  fàvente,  præeftepilcp- 
pus,  resqualdam  prilcis  temporibus  arrributas,  f^d 
quorumdam  cupidirate  fiiblatas,  noltr*  audoritatis 
tirulo ,  làndo  reftituere  deberent  Chiiftique  maityri 
Theodorito.  Cujus  petitioni  libenrer  alîènfumpr#- 
bentes ,  Ôc  peccaminum  noflrorum  relaxationem  > 
ejuldem  urillimum  in  omnibus  arque  indefinenteip 
confiderantes  famulatum  ,  utpore  rationabiiem  » 
proprer  fidelirarem  maximam  devoriffimumque  ani- 
mum  ac  ftrenuum  in  omnibus  fervitium  alacriter 
annuentes,  noftr*  cellirudinis  apices  lieri  (àncimus; 
per  quos  juris  noftri  jure  hæreditario  fàndo  Theo- 
dorito  Ucetix  fêdi  largimur,  de  in  pofterum  cun- 


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3i  PREUVES  DE  L’HISTOIRE  32 

âis  fuccedenribus  Chrifto  favcnte  ad  frucndum  tri-  uxoris  cjus  Didæ  aliquid  de  rebus  lànûi  Nazarii 
buimus  ,  ecclefiam  fcilicet  fanfti  Baudilii  à  pane  quæfuntfitæ  incomitatu  Avinionenfi,  videlicet  vil- 
Aquiloni  non  longe  ab  eadera  civitate,  âfcn&oFir-  lam  quam  vocant  Tavellis  cum  ecclefiis  fonda  Pétri 
mino  ejofdem  civitaris  paltore  conftra&am ,  ubi  &  fcilicet  &  fonds  Ferreoli ,  fub  omni  integritate ,  tam 
corpus  ejus  (ànâiflimum  humatum  veneratur ,  aim  in  terris  cultis  &  incultis,  quam  &  in  vineis,  fàri- 
omnibus  appcndiciis  ibidem  pertinentibus  *,  neenon  nariis  atque  mancipiis  :  excepto  tantum  quod  quatuor 
&  ecclefiam  in  honore  fandri  Juliani  martyris  (ândti-  ex  hiis  ad  ecclefiam  (ânéri  Nazarii  ferviendum  præ- 
que  Andreæ  apoftoli  &  fonds  BafiUlTæ  virginiscum  fatus  præful  retinuit ,  quorum  nomina  hæc  lunt; 
omnibus  (ubjacentiis  in  media  civitate  U cetiac ,  ab  Andræas,  Ricardus,  Ultrannus,Tetutius  cum  omni 
ipfo  fenéHlfimo  Chrifti  confeflbre  Firmino  conftru-  pofteritate  eorum.  Cætera  vero  mancipia  fub  omni 
éta  opéré  miro ,  feu  &  ecclefiam  fcn&orum  apofto-  inteeritate  prædi&o  Rainardo  &  uxori  ejus  Didæ 
lorum  Pétri  6c  Pauli,  à  parte  fcptentrionali  propc  funditus  transfimdavit,  proquibus  etiam  æque  pro 
civitarem  Ucetiæ  à  beato  Ferreolo  fcn&iflimo  pa-  remedio  animæ  fiiæ  iiaem  Rainardus  &  uxor  (ua 
trono  ejufdem  civitatis  conftrudkam,  ubi  &  vene-  eidem  ecdcfiæ  contulerunt  folidos  ducentos.  Om- 
rabile  corpus  ejus  venerabiliter  humatum  veneramr  nia  hæc  prælibata  fiib  integritate  &  omni  polfèflione 
cum  omnibus  appcndiciis  ad  le  pertinentibus  *,  fi-  prædiûus  jam  antiftes  commutavit.  E  contra  cedir 
mulque  &  de  duobus  partibus  de  fifeo  Milciano  ad  Rainardus  &  uxor  fua  partibus  (àn&i  Nazarii  in 
nos  pertinentibus  cum  omnibus  appenditiis  -,  feu  pago  Biterrenfi  non  longe  ab  ipfooppido,  villam 
etiam  ecclefiam  fonds  Marcelli  quam  dicunt  Drus-  quæ  vocant  Afpiranum  cumeccleiia  fond\  Romani, 
intHs*  fan&i  Martini  ad  Marianum  veterem,  fcn&i-  terris  cultis  &  incultis,  vineis,  molendinis  ibidem 
que  Caprafii  quem  vocant  cameficium  quondam  peninentibus,  excepto  quod  Walcharonii(dem  Rai- 
organicum  Campaniaco  &  Marbaco.  Hæc  igitur  om-  nardus  antea  dederat ,  cætera  omnia  ifdem  Rainardus 

niafuperius  nominata  cum  ccclefiis,  terris,  vineis,  cum  uxorc  fua  eidem  ecdefiæ  fub  omni  integritate 
tam  cultis  quam  &  incultis,  tam  retentis  quam  &  &  omni  poilèlïione  transfimdavit.  Similiter  &  in 

invafis,  tam quæfitis  quam  incxquifitis,  aquisaqua-  terminis  devillare  Aviciaco  quidquid  ibidem  habe- 
rumve  decurfibus,  cum  famulis  utriufquefexus,  cum  bat  commutavit.  Hæc  omnia  fibi  invicem  commu- 
appenditiis  univerfis  ubicumque  fint,  cum  exitibus  &  taverunt ,  ut  unulqnifque  ab  hinc  &  deinceps  libéré 
regrelîibus  cunûifquc  adjacentiis  fuis  libenti  &  utatur,  videlicet  tenendi,  poifidendi ,  ccdendi, 
promptiffimo  animo  im pendimus  atque  fonds  Théo-  commutandi ,  omnibufque  liberi  arbitrii  quemeum- 
doriti  ditioni  gratanter  contradimus:  ut  abhac  die  que  liberum  fàciendi.  Hanc  igitur  commutationis 
&  deinceps  inconvulfe ,  firmiter  atque  inviolabilitcr  authoritatem  in  omnibus  cujufcumque  perfbnæ  vel 
eadem  ecclefia  jure  proprietatis  teneat  &  ablque  ullius  oppofitionis  contraire  contradicimus  atque  vetamus. 
contrarietatc  poflidcat.  Etuthæcnoftræ  præceptio-  Quod  fi  quis  faccre  prælumpfcrit,  incunâis  irrita 
nis  auâoritas  noftris  fiiturifque  temporibus  incon-  &  evacuata  ejus  fier  repetitio  *,  infiiper  autem  auri 
vulfàm  atque  inviolabilem  obtineat  finnitatem,  ma-  probatilfimi  feptem  librarum  pondéré  mulâetur. 
nu  propria  fubterrobôrari  6c  annuli  noftri  impreflio-  Similiter,  &  in  villare  Albiniano  omnia  quidquid 
ne  inugniri  juflimus.  AcVum  eft  hoc  præceptum  ibidem  habebat ,  cxceptus  hoc  quod  Amaldus  per 
apud  ecclefiam  fanéri  Florentii  in  Auraficenfi  civita-  (uam  feripturam  retinet.  Ut  enim  ejus  authoritatis 
te ,  anno  Incamationis  Dominicæ  d.  c  c  c.  l  x  x  x  x  v  i.  pagina  in  omnibus  cun&is  temporibus  firmam  ob- 

Indidh  xv.  anno  vi. 

f  Signum  Ludovici  fereniflimi  regis.  Arnulphus 
ad  vicem  Barnuini  archiepifcopi  atque  archicancel- 
larii  recognovi. 


XVII. 

Echange  entre  Fruftarius  iveque , 
Rainard  vicomte  de  Befiers. 

“  T\  Rifcorum  patrum  edoccnt  inftituta  ,  imo  & 

An.  8  9 7*  fecularium  legalium  décréta  permittunt,  ut  ec- 

u  Cca?h defiafticarum  rcrum  ac  mundanarum  terras  propter 
4e  Bdîert.  C  congruas  urilelque  exhibitiones  fecundum  eorum- 
libet  {àluberrimum  &  congruentiæ  compendium , 
neenon  &  libitum  ac  prompriflimam  voluntatem 
commutatio  commodo  fieri  ccnfeatur,  eotenus  ut 
utrarumque  partium  jufta  &  faluberrima  fiat  com¬ 
mutationis  propenfio ,  quatenus  in  pofterum  ratam 
obrinere  valeat  valitudinem.  Notum  igitur  fiat  om- 


tineat  audloritatcm ,  manu  propria  firmavimus,  ca- 
nonicorumque  noftrorum  manibus  roborandam 
dccrevimus.  Adhim  hujucc  autoritatis  tefhrticnrum 
oppido  Biterris  x  v  1 1.  Kal.  Aug.  fub  die  fabbaii 
anno  ix.  regni  Odonis,  indidrione  xv.  Signum 
Rainardi,  qui  hanc  commutationem  feci,  &firmarc 
rognvi.SDidanæconjugis  ejus, quæ  confentit  &  fecit, 
S.Arfindis,S.  Boloni,  S.  Fclis,  Rainardus  rogatus,  Ri- 
culfiis,  SAValcharonis,  S.Teuderici,S.Wivcfredi,  Ar- 
naldi,  S.  Euvoni,  Leotarii,  Eufulfi,  Theodoini, 
Udini,  Amalrici ,  Bonilfimus,  Sevalerdus,  J&arius, 
Anûcus ,  Ermenmirus. 


XVIII. 

Enquête  faite  far  Bofon  vicomte  de 
Befiers  &  d'j4yie. 

Otum  fit  omnibus  in  perpetuum  fidelibus, 


'M' 

z*  & 


JU'Jtt 


N  quod  cum  effet  contentio  de  termino  &  fi-  An.  897* 
nium  filiorum  fândlæ  ecclefiæ  almitati  præfentium  xoriis  de  villa  Afpirano  videlicet  ecclefiam  fonds  > 
fcilicet  ac  fiiturorum ,  qualiter  placuit  atque  conve-  Nazarii  fedis  Bitcrrenfis ,  epifeopi  quoqueejusFru-  ^llfcdc 
nit  inter  Fru&arium  venerabilem  Bitterrenfis  eccle-  éhiarii ,  atque  canonicorum  fiiorum  contra  Amal-  v.  c*l 
fiæcpifcopum,  canonicorumque  fuorum  afienfu  ,  ricumfilium  Adebraldi....  Lubraldanum  quem  fub 
ac  illuftrem  virum  Rainardum  ejuldcm  comitatus  tutela  tenebat  pro  una  parva  infiila  de  eodem  terri- 
vicecomitem  &  uxorem  eius  Didam ,  propter  con-  torio  ,  Bofo  vicecomes  Bitcrrenfis  &  Agathenlis 
gruam  eidem  ecclefiæ  utiutatem  &  meliorationem  ,  venit  fuper  limites  &  terminos  ejuflem  loci,  unde 
quatinus  aliquid  de  terrb  &  mancipiis  inter  fe  com-  prædi&us  epifcopus  contra  Amalricum  contendebat, 
mutare  deberent ,  quod  urique  &  fecerunt.  Itaque  &  ibi  juflit  elfe  omnes  homines  ejufdem  territorii 
commuât  præ&rus  epifeopus  partibus  Rainardi  &  commancntes,  tam  majores  &  nobiliores  quam  mé¬ 
diocres 


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3j  DË  LANGUE.  DOC.  14 

diocres  &  minores  ,  antiquiores  \  pra*terqüam  &  larenus  polïènt  reftaurari  :  întimaris  criarrt  qualité? 
minores  ætate,  ut  quod  verum  &certum  de  eodem  jamdudum  piiflïmus  genitor  nofterLudovicus  quæ- 
ceimino  cognoverant  3c  vidcrant,  coram  cunclis  dam  beneficiola  ad  augmenrum  fiiæ  ecclefiæ  perpe* 
manifèftarent*  aut  fiveftitura  Rainardi  vicecomicis  tualiter  poffidenda  côntülerat.  Cujus  peticionem  ac 
qui  per  chartam  3c  præceptum  regaJe  ipfiim  termi-  inrimationcm  neceflariam  eflècognolcentes,  placuif 
num  pollèderat  fuerat  infrada  ulque  in  illam  diem  cellïtudini  noftræ  pro  remedio  animæ  noftræ  noftri- 

Suanao  ipûm  villam  Alpiranum  cum  prædiclo  (è-  que  gcnitoris,  atque  prædulciflimæ  genicricis  noftræ 
i s  cpifcopo  &  canonicis. ...  aut  fi  de  iplâ  infiila  ter-  Adeleidis  deprecatiônem ,  qitatertus  ad  eandem  ec- 


An.  898. 

Archive*  de 
l’abbaye  de 
Montolicu. 


dis  epilcopo  &  canonicis. . . .  aut  fi  de  iplâ  infiila  ter-  Adeleidis  deprecatiônem ,  qitateilus  ad  eandem  ec- 
ræ  meritum  exivit  ad  poteftatein  Rainardi,  aut  per-  clcfiam  ^  Icilicet  S.  Jufti  &  S.  Paftoris,  neenon  3c 
manfit  poftea  in  voce  Vaidrani.  Adhanc  inquintio-  Pauli  confefloris  qui  ibi  corpore  requielcit,  ab» 
nem  vicecomitis  &  ad  illud  bannum  quod  de  parte  baciam  lân&i  Laurendi  Cum  omnibus  luis  villuli* 
regis  atque  comitis  hue  de  fua  omnibus  mifit  ut  ve^  &  cellis  atque  terminis  cum  fiia  integritare  locorum, 
ricatem  fi  fciebant  omnibus  manifeftarent,  Scc.  veluri  in  præceptis  monachorum  ab  anteceflbribu* 

noftris  piiflimis  regibus  faclis ,  perpctualitef  conce- 
^  — —  deremus  :  eo  videlicet  tenore  ut  ftipendia  mona- 

X  I  X.  chorum  ibidem  degentium  juxta  vires  præfulis  non 

deficiant4,  &  in  iplocomitatu  Narbonenfi  Coloni- 
Extrait  de  deux  Chartes.  Cas  cum  omni  integritate.  Addimüs  quoque 

præfatæ  ecclefiæ  SS.  Jufti  &  Paftoris  ex  noftra  re- 

AGovardus  &  Galinno ,  abbari  3c  congrega-  gali  Iiberalitate  incomitatuRedenfi,  abbaciam  Cu- 
tioni  monafterii  Caftri  Mallafti  vendunt  ali-  oarias  cum  ecclefiis  ,  Cellulis,  villis,  villaribus  & 
quid  de  proprietate  fiia  in  villare  quod  vocatur  Al-  omnihus  adjacentiis  fuis  ac  mancipiis  titriulque  fexus 
lau,  3cc.  Fada  carta  vindicionis  iftevrn.  Kalend.  ad  eumdem  locum  perrinenribus;  Sein  Comitatü 


XIX. 

Extrait  de  deux  Chartes. 

AGovardus  &  Galinno ,  abbari  3c  congrega- 
tioni  monafterii  Caftri  Mallafti  vendunt  ali- 


lau,  ôcc.  Fada  carta  vindicionis  iftevrn.  Kalend. 
Maitii ,  anno  primo  quod  obiit  Odo  rex ,  Clirifto 
régnante ,  rege  Ipedantc. 


'  I  n  nomme  Domini.  Ego  Lcuva  monachus,  in  Dco 

An.  898.  &  jn  anjmjs  meis  &  placet,  nullius  quoque 

r archevêché  cogcnt*s  imperio  nec  fiiadcntis  ineenio ,  lcd  pro- 
dc NaxboLie  pria  mea  hocelegi  voluntate . . . .  ad  domum  lândi 
Martini, cujus  baiilica  lira  eft  in  terri torio  Feniolctcnlè 
in  locum  ubi  dicitur  Bolicarnea ....  abba  Bafileus 
prelbytercum  omni  congregarione  qui  ibidem  lèr- 
viunt ....  propter  remetüum  anime  mee  monafte- 
rio  Fcniolctenk  in  Alaceitia  de  villa  Kalliano  in  lo¬ 
cum  ubi  dicitur  ad  Arborario ,  dono  vobis  vineam 
que  abeo  ....  iplâ  mediccatc . ...  mihi  ex  com- 
paracione  *,  &  adfrontat  iplâ  vinea  de  parte  circii .... 
fie  dono  ad  domum  ûncli  Martini ,  dum  eeo  vivo 


ad  eumdem  locum  perrinenribus;  3c  in  comitatü 
Subftanrionenlè  >  fifcum  Juviniacum  cum  ecclefia* 
in  comitatü  Nemaulènfè  uiburbio  caftro  Salavenlè  , 
in  valle  OcciDanenfè ,  ecclefiam  lândi  Satumini 
cum  Villa-Torta  3c  omnibus  appendiriis  luis.  Si 
vero  infra  iftas  vel  alias  villas  ejuldem  ecclefiæ ,  ho- 
mines  Hoftolenlês  velHifpanifuerint,  quidquid  jus 
filci  inde  exigeredebet,  totum  adopus  lândæ  ma- 
tris  ecclefiæ  Nârbonenfis  ,  jure  perpetuo  concedi- 
mus  obtinendum ,  atque  per  hoc  noftræ  audoritatis 
præceptum  confirmamus  :  per  quod  decerrtimus  at¬ 
que  juoemus  utnullus  judiciariæ  poteftatis ,  nec  ullus 
ex  fidelibus  noftris,  in  ecclefias  aut loca  quasmoder- 
no  tempore  pofiïdet ,  vel  que  deinccps  in  jure  3c 
poteftate  ecclefiæ  iplïus  divina  pietas  voluerit  auge- 


AN.898. 


Plc  »  B.bl.  du 

Ro«  »  Baluie 
«narre*  de* 
12. 


paracione*,  3c  adfrontat  iplâ  vinea  de  parte  circii ... .  re;  ad  caulàs  audiendas,  vel  freda  aut  teibuta  exî- 
lïc  dono  ad  domum  lândi  Martini ,  dum  ego  vivo  genda,  aut  manfiones  vel  para&s  fàciendas ,  aut  fide- 

in  mea  fit  poteftate,  poft  obitum  meum . ad  jullores  tollendos,  authomines  iplïus  ecclefiæ  tam 

domum  lândi  Martini . fi  quis  contra  hanc  ingenuos  quam  lêrvos  diftringendos  ,  aut  ullas  re- 

cartam  donationis  venerit  ad  irrumpendum .  dibitiones  vel  inlicitas  occafioncs  requirendas,  no- 

ifb  donatio  fïrmis  3c  ftabilis  permaneat . . . .  Fa<ftâ  ftris  fiiturilque  temporibus  ingredi  audeat  ;  vel  ea 

hec  carta  donationis  lècundo  idus  Mardi  anno  pri-  quæ  lupra  memoratâ  firnt  penitus  exigere  præfii- 

mo  régnante  Karolo  rege.  S.  Leuva  monachus  qui  mat  :  led  liccat  memorato  præluli  fiiilque  fuccellô- 

hanc  îftam  Kartam  donationis  fieri ,  &  telles  firmare  «‘ibus  fub  noftra  defènfione  quiete  refiderc,  &  no- 

rogavi.  S.  Benedidus.  S.  Ervedeus.  S.  Blanderico.  ftræ  parère  julfioni.  Et  quidquid  jus  filci  exindeexi- 

In  Chrifti  nomine  Jovefindus  levita  qui  hanc  kar-  getc  poterat ,  totum  nos  pro  æterna  remunerationc 

tam  donationis  Icripli  3c  fign.  eidem  concedimus  ecclefiæ ,  lit  perpetuis  tempori¬ 

bus  clcricis  ibidem  Dco  famulantibus  proficiar  in 
augmentum  -,  quatenus  redores  iplïus  ecdefiæ  aim 
X  X.  omnibus  ad  le  perrinentibus,  cum  clero  &populô 

fibi  fiibjcdo ,  pro  nobis  &  tocius  regni  noftri  ftabi- 
Charte  du  roy  Charles  le  Jîmple  en  faveur  limento  Domini  mifericordiam  alacriter  exorare 
de  l'èqjife  de  Narbonne.  delcdet.  Et  ut  hoc  præceptum  noftræ  audoritatis 

inviolabilem  ac  etemum  obtineat  vigorem ,  manu 

IN  nomine  ûndæ  &  individuæ  Trinitatis,  Ka-  propria lübterfirmavimus,  3c annulo noftro inlîgniri 
rolus  divina  propiciantc  clementia  rex.  Si  erpa  iullimus.  Sienum  Karoli  eloriofiilïmi  repis.  Erveus 


Charte  du  roy  Charles  le  jîmple  en  faveur 
de  l'é^Jife  de  Narbonne. 


anno  lèxto  régnante  Karolo  lereniflïmo  rege,  3c 
in  fiiccellïone  Odonis  lecundo.  *  A&um  apud 
Viennam.  In  Dei  nomine  felidter.  Amen. 


TN  nomine  fândæ  &  individuæ  Trinitatis,  Ka-  propria  lübterfirmavimus,  &  annulo  noftro  inlîgniri 
rt-uiêrie^  -A  r°llls  divina  propiciantc  clementia  rex.  Si  erga  jullimus.  Signum  Karoli  gloriofillimi  regis.  Erveus 
incifn"^  *  ^oca  lân<^onjm  divino  culmi  mancipatorum  aliquid  notarius,  ad  vicem  Folchonisarchiaîilcopi  recogno- 
p^c  ,C B?b j. °du  re^lls  jurisnoftris  conferre  ftudemus ,  non  lôlum  Daca  Kalendas  Novembris,  indi&ione  prima  , 

chTrt’ Ballae  *n  ^locrcg*am  exercemus  conlùemdinem ,  lêd  ma-  anno  lèxto  régnante  Karolo  lereniflïmo  rege,  3c 
xime,divinaauxiliantegraria,profiitura  nobis nulla-  in  fiiccellïone  Odonis  lecundo.  *  A&um  apud 
tenus  dubitamus.Idcirco  omnium  (ândæ  Dei  ecclefiæ  Viennam.  In  Dd  nomine  felidter.  Amen, 
fidclium  noftrorumque  tam  prælèntium  quam&fù- 
turorum  lolers  induftria  noverit ,  quod  dirigens 
prælèntie  lèrenitatis  noftre  Arnuftus  lândæ  Nar- 
bonenfis  ecclefiæ  venerabilis  archiepilcopus,  inno- 
tuit  nobis  per  quoldam  lui  fideles  quemadmodum 
fua  lèdes  3c  pene  omnes  ecclefiæ  ejuldem  dvicatis 
ruinæ  jam  proximæ  exiftebant,  ira  ut  per  ipfiun  nul- 

Tomc  IL  r* 


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35 


PREUVES  DE 


XXI. 

Plaid  tenu  d  A Ifonne  dans  le  diocefe  de  Car- 
caffonne  far  Atton  vicaire  d‘  Eudes  comte 
de  Touloufe. 


An.  898. 

Archive*  de 
fibbiye  de 
Moxuoliem 


L’HISTOIRE  56 

libus  &  noftris  præfcnribus  fcilicet  arque  futuris, 
qüia  Durandus  vcnerâbilis  abbas  fa ndæ  Maria:  Ur- 
bionenfis  ad  noftram  accedens  lcrenitatcm ,  rcs  quafo 
dam  datas  fonda*  Mari* ,  ut  illi  cas  præcepto  noftnt 
audoricatis  confirmaremus  dcprccatus  eft  ,  quai 
etiam  &  genitor  nofter  6c  omîtes  antcccflores  noftri 
confirmavcrunt:  fed  quia  Deo  annuente  poftcaau- 
dæ  funt ,  alio  eguerunt  præcepto ,  neenon  etiam  ut 


VEnieïis  Rainulfiis  abbas  fandi  joannis  mona-  lûb  noftræ  tuitionis  mundebutdo  tam  fe  quamque 
fteriicaftrumMalafti,  in  præfentia  Atone  vica-  præfcriptam  abbaüam  accipi  poftulavit.  Cujus  pe-* 
tio  Odone  comité  Tolofæ  civitatis  &  marchio  in  titioniluis  aurem  noftræ  clcmentiæ  ob  Dei  timorcm 
Alfona  ,  ubi  fe  prodamabat  de  terras  qui  funt  de  Scfanûx  Virginisintcnneratægenitricis  Dci  diledbo- 
terminio  Magnanaco  ,  undc  ipfo  abbas  légitimas  nem  placide  prebentes,  hoc  inprevaricabile  præccp* 
fcripturas  habebât ,  quod  ip(e  Ato  inquietare  habe-  tum  fieri  jutfimus ,  per  quod  præcipimus  atque  dé¬ 
bat.  Tune  aufit  eum  atque  donavit  fuum  miftum  cernentes  jubemus,  ut  cellæ  five  aliæ  res  quæ  jamfoto 
Ato,  Olibane  nomine  ,  fuum  vegarium  quod  ve-  monafterio  à  Deo  timentibus  collata  funt ,  id  eft 
niflèt  in  terminio  Magnanago ,  in  præfentia  Bellone ,  in  pago  CarcalTenfi  Flexus  cum  ecclefia  S.  Cucufati 
Aigobrando,  Laudegario,  yel  villa  Ranefindi  cum  cum  terminis  6c  adjacentiis  fuis,  &  ecclefiam  fondi 
aliis  viris  vel  circummanentes  ,  &  ad  femetipfos  Genelii  in  ipto  pago  cum  terminis  8c  adjacentiis  fuis, 
fcripturas  ....  Sed  dridus  erat  Atoni  pro  terminio  ficut  terminatum  fuit  ab  Unoldo  &  ab  Adalberto*, 
villa  Rancfindis  aut  jam  dido  abbate  pro  terminio  &  aliud  villarc  quod  vocatur  Favarias  cum  ecclefia 
Magnanago.  Tune  reniens  Oliba  die  Mercôris  in  S.  Capralii  cum  terminis  &  adjacentiis  fuis ,  &  funt 
pago Tolofano in ip(b terminio  Magnanago,  inpræ-  fita  invalle  Aquitania,  in  ipfo  etiam  pago  villam 
ienria Bellone,  Aigolrando, Laudegario*,  itemAigo-  Qux  dicitur  Bucliniacus  ciun  ccclefiis  S.  Pauli  & 
prando,  Sigovino ,  Amelio,  Reario ,  Conftantino ,  fond*  Ananiæ  cum  terminis  &  adjacentiis  luis,  6c 
Limundo,  Tolofono,  Amabile  aut  Oliba,  Magno-  Bagniles  cum  ecclefia  S.  Pétri  quæ  eft  fita  propc 
ne  ,  GUafredo ,  Baldrando  ,  Conftabi ,  Atcmiro  ,  civitatem  Carcafibnam  cum  terminis  6c  adjacentiis 
Argilane,  Aigoberto,  Udalrico,  Gifcafredo ,  &  aliis  fuis  *  &  in  pago  Narbonenfi  Caput-foina  cumecdc- 
viris  qui  fùperfcripfenint  vel  firmaverunr,  in  eorum  fia  S.  Pétri  fuper  fluvium  Clamofo  nta ,  cum  termj- 
præfentia  jam  didus  abbas  ,  ibique  oftendit  fuas  nis  &  adjacentiis  fuis,  ficut  in  ipfo  judicio  rdonat, 
fcripturas,  præcepcum  de  Pipino  rege ,  6c  alium  præ-  quod  Agi  la  abbas  apprehendit  ante  Folconem  miflùm 
ceptum  de  Carolo  rege  &  judicium  qui  fiierit  pro  avi  noftri  Karoli  -,  &  Palmam  fuper  lirus  maris  cura 
fe  ante  Fredelonb  comité ,  &  notifia  juramentoqui  ecclefia  S.  joannis  cum  terminis  &  adjacentiis  fuis 
fuerat  fada  ante  Rodcgillo  vicario  unde  ipfo  Mag-  in  ipfo  pago  confidente*  nec  non  &  ecclefiam  fandi 


nanacus  de  ipfo  cafo-Dei  legibus  aderat.  Et  confine 
bat  in  ipfo  fcripturas  &  ipfo  tennino  Magnanago 
de  parte  orientis  ad  territoria  Aufonenfo ,  de  parte 
mendiei  ad  Caltiata ,  contra  circio  per  gatta  quæ  di- 
ckur  LivelloufqucinFifoano,  contra  Aquilone  pro 
ipfo  rivoFifcano.  Et  cum  audilfont  ipfi  milli  Oliba 


Pétri  &  Pauli  in  territorio  Narbonenfi  in  inlulaLici, 
quam  concambiavit  Wifredus  cornes  cum  Fredoldo 
epifeopo  *,  &  cellam  quqque  quæ  dicitur  Prata  cum 
ubi  pertinentibus  eccleliis  in  pago  Conflentano  in 
fuburbio  Hilenenfi ,  cum  terminis  6c  adjacentiis  fuis* 
&  in  pago  Redtnfi,  ecclefiam  quæ  vocatur  Patemo 


An.  899- 

Sur  l'origi¬ 
nal  à  U  biol. 
du  Roy,  Ba¬ 
luze  charte* 
de*  Roi*,  n. 
<**• 


&  alii  viri  jam  didi  talem  indicium  veritatis ,  recog-  in  fuburbio  Petrapertufcnfc  fita,  cum  ecclefia  fandi 
novemnt  fo  quæ  plus  debebat  elfe  de  ipfo  jam  dido  Pctri  quam  donavit  Oliba  cornes  bond  memona  ad 
abbate,  vel  de  ipfa  cafo-Dei,  vel  de  terminio  Mag-  jam  dido  monafterio  (and*  Mari**,  &  villas  qu* 
nanago,  quam  de  Atone  pro  terminio  de  villa  Ra-  funt  pet  diverfos  provincias,  fou  loca,  cum  ccdcfii* 
nefindis.  Et  ibique  flierunt  ipfi  homincs  de  villa  carum  &  decimis ,  fine  diftridione  cpifcopi ,  in 
Ranefindis,  &  taliter  dixerunt,  vel  recognoverunt  poteftate  abbatis  &  fratrum  confiftant  ablque  ulla 
quod  ipfos terras  undeintentio  aderat,  per  triginta  anxieratc.  Et  in  territorio  Narbonenfi,  Sahnasquæ 
annos ,  fed  ex  amplius  per  beneficium  ae  ipfos  ab-  funt  in  fubteriori  loco  ,  neenon  etiam  8c  reliqua 
bâtes  fandi  joannis,  vel  pro  precario  rentier  une,  quæ  ablata  fuerunt ,  tam  villæ  quam  terr*  &vineæ, 
Sc  ipfos  décimas  vel  terra  meriti ,  ad  ipfo  cafo-Dei ,  &  prata ,  &  domos  ad  )am  dictas  cellas  pertinentes, 

vel  ad  ipfos  abbates  donatas  habebant ,  &eo  die  plus  feu  fegregat'm  datæ,  prædido  Durando  abbati  & 
débet  eflè  de  ipfo  abbate ,  vel  de  ipfo  jam  dido  fuis  monachis  ibidem  Domino  fcmulantibus  ad 
monafterio  pro  terminio  Magnanago ,  quam  de  fuarum  neceffitatum  emendationem  fint  :  &  ne 
Atone  pro  terminio  villa  Ranefmm.  Is  præfenti-  aliquis  auferendi  ex  cis  habeatpoteftatem,  fiib  noftræ 
bus  adum  fuit  in  menfe  Dccembri ,  anno  primo  tuitionis  mundeburdo  &  noftr*  dominationis  pro- 
regnantc  Carolo  rege.  S.  Teutbertus  prefbiter  qui  tcdu  elfe  jubemus  prædidum  abbatem  &  mona- 
hanc  notitiam  foripfit  fub  die  ôc  anno  quo  fupra.  chos  eorumque  res  exclufo  omni  poteftate  judicia- 

ria.  Volumus  quoque  ut  nullus  judex  publicus  in 
^  — *  -  •  ■  n  rebus  eorum  poteftatem  habeat  fidejuflores  tollere, 

aut  aliqtiid  diftr ingéré  ,  neque  paratam  aut  manfio 
naticum  accipere.  Nolumus  prætcrea  ut  ab  iftil 
vel  ab  eorum  mmiinibus  aliquid  telonei,id  eft  porta- 
ficus  aut  rotaticus,  cefpitatiais ,  pulvaaricus,  pfo 
aiatiais,  an  falaticus,  aut  aliquid  rcdibkkmis  ex>- 
gatur ,  fccundum  quod  in  præcepcis  avi  &  genito- 
ris  noftri  continctur  infortum;  quarinus  hac  adjuti 
conccflïone  pro  nobis  &  regni  noftri  ftatu  liberius 
Dominum  itnpforare  condeledet.  Et  quandoqui- 
dem  divina  vocarrone  fupradidus  ab bas ,  nomine 
Durartdus,  de  hac  lue*  migraverit,  quamdiu  ipfi 


XXII. 

Charte  du  roi  Charles  le  Simple ,  en  faveur 
de  l'abbaye  de  la  Grajfe . 


1 


N  nomine  fond*  &  individu*  Trinitatis,  Karo- 
lus  divina  propiriante  clementia  rex.  Si  necefti- 
tatibus  forvorum  Dei  opem  ferendis  libenter  confo- 
limus ,  regiæ  dignitatis  morem  imitamur ,  &  ob  id 
nobis  Deum  fore  propitium  non  dubitamus.  Quam- 
obrem  nocum  fit  omnibus  fond*  Dei  eeelefiæ  fide- 


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57  DE  LANGUEDOC  38 


monachi  inter  Ce  talcs  invenire  potuerint  qui  ipfâm 
congregationem  regere  valeant  fècundum  rcgulam 
S.  Benedidi  *,  per  hanc  noftram  audoritatem  &  con- 
fênfum  licentiam  habeant  inter  Ce  eligendi  abbaçes. 
Et  ut  hoc  noftræ  Iargitionis  audoritas  à  fidelibus 
fândæ.  Dci  ecclefiæ  &  noftris  firmius  credatur, 
diligenriufque  confêrvetur,  manu  propria  fùbtcr- 
firmavimus  atque  annuh  noftri  impreflïone  figillari 
julfimus. 

Signum  Karoli  gloriofiflïmi  regis.  Herveus 
notarius  ad  vicem  Folconis  archiepifeopi  recogno- 
vit  &  fubterferip/ît. 

Datum  1 1  r  1.  Kal.  Junii,  indidionc  1 1.  anno  v  i  x. 
régnante  Karolo,  ferenillîmo  rege,  &in  fuccefïio- 
ne  Odonis  1 1.  Adum  apud  Hrurnum  in  Dei  nomi- 
ne  féliciter.  Amen. 


XXIII. 


nem ,  &  infuper  bannum  noftrum  perfôlverc  coga- 
tur.  *Liceat  namque  ipfis  epifeopis  fùifque  fîicccflô- 
ribus,  cum  fâcerdotibus  &  rcliquis  ordinibus  eccle- 
fiarum  fub  noftra  regali  tuitionc  &  mundeburdo  , 
abfque  alicujus  inquietudine  vivere ,  &  noftro  fide- 
liccr  parère  imperio ,  ut  pro  fâlute  noftra  ac  totius 
regni  noftri  ftatti ,  eos  jugiter  Domini  clementiam 
exorare  delcdct.  Et  ut  hæc  noftræ  præccptionis  au- 
doritas  a  fidelibus  fândæ  Dei  ecclefiæ  per  omnia 
tempora  inviolabilitcr  confêrvetur,  veriufque  creda- 
tur ,  manu  propria  fubter  eam  firmavimus ,  Sc  an- 
nuli  noftri  impreflione  figillari  jufïimus. 

Signum  Karoli  gloriomlimi  regis.  Heriveus  no¬ 
tarius  ad  vicem  Folconis  archiepilcopi  recognovir 
&  fiibfcripfit.  Datum  vin.  id.  Jtinii  indid.  1 1. 
anno  vu.  rege  Karolo,  &  in  fuccdlione  Odonis n. 
plenitcr  régnante.  Adum  apud  Hturnum  villam , 
in  Dei  nomine  féliciter.  Amen. 


Diplôme  du  meme  prince  en  faveur  des 
églifes  de  la  province  de  Narbonne. 


Archive»  de 
l’éjife  de 

N  ir  bonne. 

V  GaU.ClrrijT. 
um.  I./.3  7I. 

Cdtel.  mtm 
l  77*. 


An.  399*  T  N  nomine  fimdæ  Sc  individuæ  Trinitaris,  Karo- 
X  lus  propiciante  clementia  rcx.  Omnibus  marchio- 
nibus  ,  comitibus  ,  ducibus  ,  vicariis  >  judicibus , 
adionariis,  feu  cundæ  reipublicæ  adminiftrantibus, 
hoc  notum  eflè  volumus ,  quia  venerabilis  fândæ 
Narbonenfis  ecclefiæ  archiepifcopus  Arnuftus  no- 
ftram  adiit  ferenitatem  ,  innotefeens  auribus  cle- 
mentiæ  noftræ  quod  in  fua  parrochia ,  feu  in  cundis 
epifeopiis  qui  mfuff'ragto  tpjius  pojiu  Junt ,  gravHli- 
ma  quædatn  contra  jura  canonum  arque  inftitura 
legum  increveritconfiictudo,  adeo  ut  comités  arque 
judices,  feu  miniftri  illorum,  fâcerdotes  Domini, 
fîvc  reliquos  ecclefiæ  miniftros  ad  placitum  ducere , 
&  fidejulïbies  tollere  ,  arque  eos  more  laicorum 
diftringere  præfumant.  Deprccatus  eft  itaque  ifdem 
venerandus  vir  Arnuftus  tam  pro  Ce  quam  &  pro 
reliquis  coepifcopis  &  confratribus  fuis,  noftram 
regiam  cellitudinem ,  utnoftro  regali  imperio  ab 
illorum  eccleliis  hoc  refccaretur  vitium ,  &  tam  nc- 
fânda  præfiimptio  atque  inlicita  amputarctur  con- 
fuetudo.  Nos  vero  prifeorum  regum  fcilicct  paren- 
tum  noftrorum  morem  féquentes,  qui  femper  in 
divinis  cultibus  exritcre  devoti  &  errata  quæque 
in  fânda  ecclefia  piiflima  follicitudinc  corrigcre  fâ- 
tagerunt ,  quia  preces  jam  fati  anteftitis  dignas  elle 
perfpcximus,  has  præccptionis  noftræ  fieri  litteras 
decrcvimus,  per  quas  decernimus  atque  noftra  rc- 
gali  audoritate  jubemus  præcipientes ,  utnemoco- 
mirum  aut  judicum  vel  quiflibet  publicis  negoriis 
adminiftrantibus  in  cunda  Narbonenfi  diocefi ,  feu 
&  in  omnium  epifeoporum  fibi  fuflfaganeorum  ec- 
clefiis,  aliquem  faccrdotum  aut  levitarum ,  feu  rcli- 
Quorum  ecclefiæ  Dci  miniftrorum  violenter  fibi 
fubjiccrc,  aut  fidejuflores  tollere,  vel  in  placitum 
laicorum  diftringere,  ullatenus  præfumat;  &ncque 
deproprietatibus  aut  reliquis  pollclfionibus  illorum 
aliquam  exadionem  aut  inlicitam  redibitionem 
ullo  unquam  tempore  exigere  audeat.  Si  aliquæ  vero 
querimoniæ  adverfus  illos  exortæ  fuerint ,  in  præ- 
lentiam  fuorum  epifeoporum  veniant,  Sc  ibi  de  his 
canonicc  atque  legalitcr  judicentur  *,  quia  juxta  fân- 
diones  legum ,  indigntun  eft  ut  homincs  judicent 
Dcos.  Si  quis  autem  contra  hanc  noftram  præccp- 
donis  audoritatem  dudus ,  maligna  cujaidicatc  ali- 
quid  agere  tentaverit,  &  hoc  quod  pic  à  nobispro 
divino  amore  in  ejus  eccleliis  indultum  eft  violare 
conatus  fiierit,  fentiat  Ce  noftram  incurrerc  offenfïo- 
Tome  1 1. 


XXIV. 

Charte  du  meme  prince ,  en  faveur  d*  j4r* 
nufte  archevêque  de  Narbonne . 

IN  nomine  fândæ  &  individuæ  Trinitaris,  Ka-  An.  899* 
rolus  divina  propiciante  clementia  rex.  Si  fâcris  Archives  de 
ac  fàndis  locis  divino  cultui  mancipatis  aliquid  de  |J^nndce  ^ 
rebus  regni  noftri,  feu  fàcultatibus  confire  ftude-  b.bi.  da  Roi 
mus,  nonfolum  in  hoc  regiam  exercemus  confiic-  ancienne  co- 
tudinem,  fed  maximum  regni  noftri  munimen,  au-  cPhanCs  V«C 
xiliante  divina  gratia ,  elle  nullatcnus  dubitamus.  Rou.  n. 
Quaproptcr  noverit  omnium  fândæ  Dei  ecclefiæ  fi- 
dclium  noftrorumque  ram  præfentium  quam  3c  fii- 
turorum  follercia,  quia  acccllit  ad  clementiam  (cre- 
nitatis  noftræ  Arnuftus  fândæ  matris  Narbonenfis 
ac  Redenfis  ecclefiæ  archicpi  (copus,  &  innotuit  nobis 
de  pauperrate  fui  epifeopatus,  &  quemadmodum 
fua  fedes  &  pene  omnes  ecclefiæ  ejufdem  civitatis 
ruine  jam  proxime  exiftebant,  ita  ut  per  ipfum  nulla- 
tenus  poflènt  reftaurari.  Dcffèrens  etiam  quafdam 
audoritates  piilfimorum  regum  Ludovici  fciîicetge- 
nitoris  noftri ,  ncc  non  &  Karlomanni  fratris  noftri 
in  quibus  contincbatur  quod  Sigibodus  quidam 
ejufdem  Narbonæ  epifeopus  reccperit  ad  augmen- 
tum  fuæ  ecclefiæ  beneficiola  à  Ce  fùifque  (iicccflb- 
ribus  perpetualitcr  pollîdenda.  Cujus  petitionem 
necellâriam  &  rationabilcm  eflc  cognofcentcs ,  pla- 
cuit  celfittidini  noftræ  pro  remedio  animarum  geni- 
roris  &  fratris  noftri  atque  noftræ ,  per  deprecatio- 
nem  videliect  venerabilis  genitricis  noftræ  Adhelei- 
dis  ,  quatinus  ad  eandem  ccclcfiam  SS.  Jufti  Sc 
Paftoris  ncc  non  Sc  fândi  Pauli  confefloris ,  ubi  ipfê 
vencrabiliter  corporc  requiefeit,  abbatiam  fândi 
Laurcnrii  cum  omnibus  fuis  cellulis  Sc  villis  arque 
terminis,  cum  fùmma  integritate  locorum,  veluti 
in  præccptis  monachomm  ab  antcce/Iôribus  noftris 
piiffimis  regibus  fâdis,  perpetualitcr  concedcreinus  : 
eo  videlicet  tenore,  ut  ftipendia  monachorum,  ibi 
degentium  juxta  vires  prælülis  non  deficiant.  Con- 
ccuimus  præterea  medictatcm  fâlinarum  ,  telonei , 
portatici ,  Sc  raficæ  five  naufragii  &  pafcuarii  ad 
eandem  præfàtam  ecclefiam  tam  in  Narbonenfi 
quam  in  Redcnfi  comitatu ,  undecumque  cornes 
vel  ejus  miiliis  rcceperit  vclrecipcre  debuerit  aliquid 
exaéÉonis.  Donamus  etiam  filcos  juxta  Balfianum 
villam  qui  vocantur  Cefâranus  Sc  villa  Arfcgii.  Con- 
cedimus  etiam  ipfi  ecclefiæ  in  Redenli  comirani , 
villam  quæ  dicitur  Limofus  cum  fuis  eeelefiis;  Sc 
fândæ  Eulaliæ  atque  Flacciano  cum  omni  fua  intc- 

Csj 


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4ai 


te  PREUVES  DE  L’HISl 

gritate  ac  mcmbris  fibi  pertinentibus  atquc  fàrinariis.  ____ 
Donamus  ctiam  ibi  Villam-longam  cum  fândi  Feli- 
cis  ecclefia  &cum  fuis  omnibus  pertinentibus  atquc 
adjacentiis  cundis.  Et  in  iam  dido  comitatu  Reden*  , 

fi  >  concedimus  ad  candcm  ecclefiam  SS.  Jufti  &  Charte  au 
Paftoris  abbatiam  quæ  vocatur  Cubaria  cum  omni-  de  Je  S  1 

bus  fuis  cellulis  &  villis  atquc  terminiis,  aim  omni 
integritate  locorum.  Fifcos  vero  qui  (ûnt  in  Biter-  T  N  nomine 
tenu  comitatu  fândo  Paulo  confeflori  à  longo  JL  rolus  divina 
tempore  colJatos  ,  Sc  à  poteftate  comitali  injufte  cclfitudinis  eft 


L’HIST  O  IRE 


XXV. 

Charte  du  meme  prince  en  faveur  d'un 
de  fes  vajfaux ,  appelle  Etienne . 

T  N  nomine  fândæ  «Sc  individu*  Trinitaris,  Ka- 


la  propitiante 
>  hdcics  regni 


jante  clementia  rex.  Régi*  Archiva, 
regni  fui  donis  multiplicibus  ^ 


As.  899, 

Archivent 


tempore  couatos  ,  ôc  à  potcltatc  comitali  înjiute  ceintuainis  cit,  nacics  regni  lui  aoms  muitipuabus  Ka6r^ndc 
üfnrpatos ,  plenillime  reduidimus ,  atquc  eidem  ec-  Sc  honoribus  ingentibushonorare,  fublimefque  effi- 
clefiæ,  ficuedignum  cft,  per  hoc  noftræ  audorita-  ccrc.  Proinde  ergo  nos  morcm  parentum  noftro* 
ris  præceptum  confirmavimus.  Addidimus  quoque  rum,  &  cætcrorum  regum  piædeccflorum  noftro-  *' 

Er æfâtæ  ccclefiæ  SS.  Jufti  &  Paftoris  ex  noftra  regia  rum  imitabilcm  excqucntcs  adionem  ,  placuit  cel- 
beralitate ,  in  comitatu  Bifulduncnfi ,  abbatiam  fitudini  noftræ ,  interveniente  vcncrabüi  génitrice 
(àndi  Stephani  quæ  nunaipatur  Balniolas  cum  ec-  noftra  Adhcleidi ,  ad  dcnrccationcmquc  venerandi 
clefiis,  cellulis,  villis,  villaribus  &  omnibus  adja-  archicpifcopi  fândæ  Narboncnfis  ccclefiæ  Amufti, 
centiis  fuis  acmancipiis  utriufquc  (exus,  ad  eum-  cuidam  fideli  noftro  nomine  Stcphano  quafdam  res 
dem  locum  pertinentibus,  &  in  comitatu  Nar-  injure  proprictatis  fuæ  larcirc,  &  noftra  libcralitate 
bonenfi  Montilium  fifeum  cum  terris  Sc  (âlinis  &  in  alodem  pcrpctualiter  habendum  concedere.  Quæ 
omnibus  adjaccnciis  fuis,  nec  non  Colonicas  fifeum  fiquidem  res  funt  lit*  in  pago  Narbonenli ;  hoc  eft 
in  codcm  comitatu  fitum.  Terras  quoque  omnes  villare  quod  dicitur  Donas ,  cum  omnibus  luis  ap- 
&  domos  ac  vineas  quas  Juda*i  in  comitatu  Narbo-  pcndiciis,  6e  ccclcfia  fândi  Pauli  ibidem  fita,  &in 
nenfi  poftidere  videnrur  unde  décima:  in  ccclefiis  eodem  pago  de  villa  Liciniano  cum  finibus ,  &  ad- 
Dei  exire  confuevcrant  ,  quocumque  modo  ipfâs  jacentiis,  ac  villaribus  ab  omni  integritate  quartam 
adquificrint  pofltflioncs ,  pro  elemofina  noftra  ei-  partem  ,  una  cum  ecclefiis  ibidem  litis  in  honore 
dem  conccdunus  eeelefiæ*,  fimiliter  &  fifeum  Juvi-  (andi  Nazarii  &  lândi  Fclicis*,  Ôc  in  eodem  pago 
niacum  cum  ecclefia.  In  comitatu  Nemofcnfe,  atque  villa  Manazeto  quamvocant  Caput-monte,  cum 
in  luburbio  caftro  Salavcnlc,  in  valle Ocilianenfe  cc-  finibus  Sc  adjaccntiis  fuis,  &  ccclcfia  fândi  Juliani; 
elefîam  fândi  Saturnini  cum  Villa-torta  &  omnibus  &  in  codcm  pago  in  villa  Plumbiaco  fâlinas  quas 
appcndiciis  fuis.  Si  vero  infra  iftas  vel  alias  villas  parentes  ipfius  ibidem  tenucrunt  -,  &  in  codcm  pago 
cidcm  eeelefiæ  homines  Hoftolcnfcs  vel  Hifpani  alium  villare  quod  dicitur  Monte- Auriolo  cum  om- 
fiierint,  quicquid  jus  filciinde  cxigcrc  débet,  totum  nibus  adjaccntiis  fuis*,  Sc  in  eodem  pago  villa  Mo- 
ad  opus  fândæ  matris  eeelefiæ  Narbonenfis  jure  rarius,  quæ  vocant  Rcxaco,  cum  omnibus  finibus 
perpetuo  concedimus  obtinendum,  atque  per  hoc  &  adjaccntiis  fuis,  &  ecclefia  fândi  Bartholomæi  * 
noftræ  audoritatis  præccptum  confirmamus  :  per  in  ipfo  pago  in  villa  quæ  dicitur  Edcras,  velquan- 
quod  decernimns  atque  jubemus  ut  nullus  judiciariæ  tacumque  infra  fuum  terminum  vifus  eft  poftidere  ; 
poteftatis  nec  ullus  ex  fidelibus  noftris ,  in  ecclclias  in  eodem  pago  in  villa  quæ  dicitur  Berizam  Sc  in 
aut  loca  quas  moderno  tempore  poftidet  vel  quæ  villare  quod  dicitur  Prato,  omne  quidquid  ibidem 
deinceps  in  jure  &  poteftate  eeelefiæ  ipfîus  divina  rctinet  *  &in  codcm  pago  in  fuburbio  Mincrbenfc , 
pietas  volucrit  augcrc  ,  ad  caulas  audiendas ,  vel  villa  quæ  dicitur  Fellinas,  quantum  ibi  rctinet  ex 
freda  aut  tributa  exigenda ,  autmanfioncs  vel  para-  comparationc*,  Sc  in  comitatu  Rullîoloncnli  villa 
tas  facicndas,  aut  hdejuilbrcs  tollcndos,  aut  ho-  Tordarias  cum  fuis  villaribus  Sc  finibus  atque  adja- 
mincs  ipfîus  ccclefiæ  tam  ingenuos  quam  fervos  ccntiis  carum,  Sc  ccclcfia  fandi  Martini  ibidem  fîta, 
diftringendos ,  autullas  rcdibitioncs  vel  inlicitasoc-  Sc  in  terra  S.  Pétri,  &  in  villa  Ulmis,  Sc  in  villa 
cafioncs  requirendas  noftris  fiirurifque  temporibus  Laurdono  quannim  ibidem  rctinet ,  &  in  codcm 
ingredi  audeat ,  vel  ca  quæ  fupra  memorata  funt ,  pago  villare  quod  dicitur  Palatiolo  cum  finibus  «Se 
penitus  exigere  præfumat.  Sed  liccat  memorato  adjacentiis  fuis  ,  Sc  infra  terminum  villæ  Helnæ 
præfuli  fuilque  fuccclîbribus  fub  noftra  deffenlionc  quantum  ex  comparationc  rctinet  *,  Sc  in  eodem  pago 
quicte  refidere  Sc  noftræ  parère  juflioni.  Et  quic-  villa  Peciliano  cum  luis  villaribus  finibus  Sc  adjacen- 
quid  jus  fifei  exinde  exigere  poterat ,  totum  nos  tiis,  Sc  ecclefia  S.  Saturnini,  &  S.  Fclicis,  vel  quæ- 
pro  æterna  remuneratione  eidem  concedimus  eccle-  cumquc  ibidem  rctinet  ex  comparationc ,  &  villa 
fiæ,  ut  perperuis  temporibus  clericis  ibidem  Dco  quæ  dicitur  Vcrncto  cum  finibus  «Sc  ad  jacentiis  fuis, 
famulantibus  proficiat  in  augmentum  *,  quatinus  Sc  ecclefia  S.Chriftophorh«Se  in  codcm  pago  villaquæ 
redores  ipfîus  eeelefiæ  cum  omnibus  adfe  pertinen-  dicitur  Codincus  cum  omnibus  adjaccntiis  fuis,  «Sc 
tibus ,  cum  clero  &  populo  fibi  fubjedo  pro  nobis  ccclelia  ibidem  fîta  ;  &  in  eodem  pago  villa  quæ 
&  totius  regni  noftri  lhbilimento  Domini  miferi-  diciaif  Tezano,  cum  fuis  villaribus,  ideft  Anglares 
cordiam  alacriter  exorare  dcledet.  Et  ut  hoc  præ-  &  Salcllas  cum  finibus  &  adjaccntiis  carum  ,  &cc- 
ccptum  noftræ  audoritatis  inviolabilc  ac  æternum  cleliaS.  Pétri*,  &  in  eodem  pago  villare  quod  dici- 
obtincat  vigorcm ,  manu  propria  fubtcrfirinayimus ,  tur  Lotas ,  cum  omni  integritate,  &  in  eadem  pago 
ôc  annulo  noftro  infigniri  juftîmus.  Frontotcdelb ,  villare  quod  dicitur  Centcrnaco  cum 

Signum  Karoli  gloriofiffimi  regis.  Heriveus  fio-  omni  integritate  *,  &  in  comitatu  Empuritanenfè 
tarius  ad  vieem  Folchonis  archicpifcopi  recognovit  villa  Uliaftreto  cum  villaribus,  Vcllol'o  caftellare 
&  fubfcripfît.  Damm  vin.  Idus  Junii,  indidio-  aim  omnibus  finibus  fuis,  &  eeelefîis  S.  Pctri  & 
ne  fecunda,  anno  feptimo,  rognante  Karolo  fere-  S.  Johannis,  &in  eodem  pago  villare  quoi!  dicimr 
niflimorege  ,  &  in  fucceflione  Odonis  1 1.  pleniter  Cadinus,  &  vocatur  Cabannas,  cum  nnibus  fuis, 
régnante.  Adum  apud  Htumum  in  Dei  nomine  &  ccclefiis  ab  omni  integritate*,  &  in  comitatu  Bi- 
feliciter.  Amen.  fuldunenfe  villa  quæ  dicitur  Romagnano  cum  fuis 

finibus  &  adjacentiis  fuis,  &  ecclefia  ibidem  lïta ,  in 
honore  S.  Amateriij  &  in  comitatu  Narboncnfe  villa 


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4*  DE  LANGUEDOC.  4* 

cpat  dicitur  Tecanello,  cum  omnibus  finibus  ôç  FaiSb  carta  fub  die  Marris  in  mcnfc  Februarii,  reg- 
adiaCentiis  fuis.  In  his  ergo  pagis  &  terriroriis  om-  nancc  Ludovico  rcgc. 
mous  quæ  fiipra  lcripra  lunr,  vel  quæ  ad  hæc  perti- 
ncnda  quæ  præfarus  Scepharitis ,  vel  uxor  ejus  Anna , 

XX  VI  IL 


Concile  tenu  à  Ajîllan  dans  le  diocefe 
de  Narbonne . 


pet  ftrumenta  emtionis  adquifierunt ,  aut  quæ  dcin- 
ceps  obrinere  pomerint,  per  noftræ  donationis  feu 
confirmationis  præceptum  memoraco  Stephano  per¬ 
pétua  firmitate  polîidenda  concedimas:  per  quod 
præcipientes  jubemus,  ut  ablque  alicujus  inquietu- 
dine  vel  contradiâdone  tencat ,  habeat ,  vel  quidquid  Z*"*  Um  in  fempitemi  Regis  norainc  pro  diverfis 
exinde  agere  voluerit  liberam  in  omnibus  habeat  commoditatibus  lândæ  marris  ecclelîæ  vene- 

poteftatem  fiteiendi.  Et  ut  hæc  noftræ  largirionis  feu  rabilis  archiepilcopusRoftagnus,  videlicet  Arelaren- 


An.joi. 


Archive»  etc 

*c*’*  .  «  •  /*u  /'Lj*  4*  c»  .  l*abbiyc  de 

connrmatioms  præceptio  noftris  nmirifque  tempo-  lis  cathedra,  &Amuftusprimæ  Narbonæ>cum  uni-  Quarante 
ribus  meliorem  in  Dei  notnine  obrineat  foliditate  vcrlis  Gothiæ ,  Spaniæque,atqueProvinciæ  compro-  4* 

yincialibus  in  rerritorio  &  fuburbio  Narbonenlï  in  f.  v>. 
in  eccle/ïa  ûndèiprotomartyris  Stephani  lûper  villam 
guæ  dicitur  Amlianus  confîdercmus,  prodamavit 
fc  quidam  frarcr  &  comprefbyter  nominc  Terbaldus 


vigorcm,  manu  prqpria  fubter  eamfirmavimus,  & 
annuli  noftri  imprclîionc  figillari  jiiflîmus. 

Signum  Karoli  eloriofi/hmi  regis  Heriveus  no- 
tarius  ad  vicem  Folconis  recognovit.  Datum  xvnr. 

^  »  i  t  lu  :  .  l'/v  ° 


Calendas  Julii,  indidtione  11.  anno  vrr.  fege  fere-  de  quodam  levita  vocabulo  Theodrico  dicens  verbo 

nilTimo  Karolo.  Adtum  apud  Turnum  in  Dei  no-  tenus  &  lcriptis  firmilïimis  dcmonftrans,  quod  ton* 

mine  féliciter.  Amen.  tra  leges  divinas  &c  fànélos  canoncs  per  fàlfbs  telles 

_ _ _ ________ __  quos  impunitos  non  delêrit,  ac  per  impominam  cu- 


XXVI. 

'Donation  faite  à  P  abbaye  d*  A  ni ane* 


An.  899. 

Archive  de 
l’abbaye  d’A- 
aunc. 


piditatem  omniumque  molorum  perjurium  inquie- 
tare  præliimplerar décimas,  primitias,oblat:ones,& 
univerlbs  redirus  lândtæ  Mariæ  de  vico  cognomento 
Qtiadraginta ,  unde  idem  præfàtusTetbalausatcitu- 


MAerius  eft  ticulus  cclîionis  iri  quo  nemo  po-  lari*s  erac  \  &  hæc  omnia  volebat  pradidhis  Théo- 
tcft  adtum  largiratis  imimpcrc,  lêd  quid-  dricus  fubdola,  ut  prælatum  cft,  fraude  ad  ecclcfiam 

ri  degrato  animo  de  propria  volunrate  donatur,  Eulaliæ  cujus  eft  vocabulum  Crucius  fubju- 

nter  débet  ei  cui  conlata  fucrit  ccllio,  irrevoca-  gare  :  hoc  allèrcns  in  Ci  1a  fàlfitate ,  quod  fan&a  Ma- 
bili  modo  perenniter  ftabilitum.  Ego  in  Dei  nomen  r*a  de  Quadraginta  fubjcdta  ellè  debebat  ccclefiæ 
Sigoaldus  dono  vobis  Ruftanno  archicpilcopo  Are-  ûnâ*  Eulaliæ  de  Crucio.  Retulit  præcerea  'æpedi* 
larenlïs  lèdis,  five  abbati  de  Aniano  monafterio,  vel  &ÜS  prefbytcr  quod lecundum  Icgum  canonicarum 


cundtæ  congrcgarioni  S.  Salvaroris  &  ùn£tæ  Dei 
genitricis  Mariæ  prælcntibus  &  futuris >  per  hanc 
caitulam  dono  aonatumque  in  perperuum  ellè 
volo  pro  animæ  meæ  remedio,  vel  pro  a^erna  rem¬ 


arque  mundanarum  décréta  quibiis  concedinir  uc 
contra  veritatem  nullum  falfitas  obrineat  vigorem, 
&  per  jufliim  Domini  qui  aderat  merropolirani  Ar- 
nufti,  8c  per  arb'trium  canonicorum  fuorumuntim 


butione ,  de  mco  jure  in  jure  vcftro ,  vel  ipfius  fan-  hominem  ad  examen  judicis  miler.it.  Quoniam  Deus 

dhiarii  in  honore  finfbr  Dei  genitricis  Mariæ  8c  £m-  qui  fie  diligit  fàcerc  judicium  de  rapina  hominis  pau- 

Gi  Salvatoris,  qui  conftmâus  eft  in  terrirorio  Mag-  péris ,  quafi  qui  cerebrarct  canem ,  inconlpeéhi  I10- 
i!  r  ri  n  11  ...  r  1.  .  r  •  r  R  — _ _ _ r .  n  ki  • 


daloncnfi  fub  caftro  Monte-Calmenfi,  infîa  termi- 
num  de  villa-Monte-Avinario  *,  dono  vincam  unam 
quæ  mihi  obvenit  de  hominc  nominc  Arnulfb,  8c 
habet  ipû  vinea  de  parte  altano,  dexteros  in  altum 
1 1.  8c  pede  *,  8c  infrontat  in  vinca  de  Arnulfo,  &  de 
parte  circi  habet  dexteros  in  latum  très  &  pede  & 
infrontat  in  terra  de  fàntfto  Salvatorc  ;  fimiliter  de 


minis  demonftraret  veritatem  fiuivftæ  Mariæ ,  compro- 
bàret  ac  convinceret  perjuriuin  Thcodricum  teftibus 
fuis.  Sicque  ante  eorum  altaris  in  iplâ  lede  me- 
trojTolitana  SS.  Jufti  8c  Paftoris ,  cum  qui  ad  judicium 
Dei  exierat  Deus  illæfum  monftraverar ,  ut  nullo 
modo  in  eo  fignum  dubietatis  remanferit.  Cumque 
fîiper  hoc  domnum  archiepilcopum  Amuftiim  con- 
fuluillcmus ,  urpote  eum  in  quo  pendebat  Ipecialitcr 


parte  cercii  in  longitudine  habet  dexteros  xxxi.  8c  ...  ...» 

pede:  &  in  pago  Bitcrrenfi  in  villa  Lunatis  dono  &  ProPr'æ  dioccfis  difpofitio  ,  8c  gencralis  torius 
campum  unum  habentem  (emodiacam  unam,  8cc.  concihi  noftri  delcriptio,  enucleavit  nobis  ira  elle  pcf 
Fa<fta  car  tu  la  donationis  mcæ  fub  die  quinto  Kalen-  omnia  proiitprænominatuspre/biterrefcrebat.  Cujus 
das  Seprembris,  anno  feaindo,  régnante  domno  ^gojuftilfimam  petirionem  agnofeentes  cidem  eccle- 


Karolo  rege.  Signum  Sigoaldi ,  &c. 

XXVII. 

Donationfaiteau  monaftere  de  Goudargues. 
dans  le  Diocefe  d}Use^ 

Vers  Tan  Ç  Acro-fan&æ  Dei  ccclefiæ  lanflæ  Mariæ  virginis 
vJ  quæ  eft  conftru6b  in  monafterio  Gordanico  in 


900. 

Camilaire 
à'  léglife 

r 


pago  Uzetico,  invicaria  Plauzes,  ubi  vir  venera- 

_ 6<iiv  bilis  Roftagnus  gratia  Dei  epilcopus  &  abba  cum 

monachis  ibidem  Domino  krvientibus  præclledi- 
gnofeitur.  Ego  in  Dei  nomine  Aftcrius  &  uxor  mea 
Suffizia ,  ccdimus  ad  jam  di&um  locum  aliquid  de 
herediraribus  noftris  quæ  funt  conftimræ  in  pgo 
Vivarienfium,  invicaria  Lcgcrnatenfc,  in  villa  quæ 
didmr  Buxeria  quantum  vifi  fumus  habere  ,  &c. 


fiæ  iftam  notitiæ  firmitatem  heri  8c  firmari  mandavi- 
musilub  tali  tenore  utab  hac  hora  &  in  perperuum 
ecclefiæ  Cmâx  Mariæ  de  Qiiadraginta ,  8c  prefbireris 
ejus  quibus  ab  archiepifcopo  ex  ea  fucrit  poteftas 
largita  fine  ullo  blandimenro  tam  de  Crucio  quam 
aliarum  vicinarum  parrochiarum,dc  hisomnibus  unde 
domnus  Amuftus  8c  lui  canonici  hominem  ad  Dei 
probationcm  exire  judicaverunt ,  dominationem  ob- 
tineat  cunâis  valinuvtm  in  fæculi  temp)ribus.  Fadla 
iftius  cartæ  notifia  anno  Vcrbi  incamati  dccccii.  in- 
diâ.  v.  lubdic  idus  Junii,anno  regis  Karoli  IIII.  pft 
tranfitum  Odonis  féliciter,  f  Arnuftus  archiepilcopus. 
f  Servus  Dei  epilcopus.  f  Riculfiis  epilcgpus.  f  Nanti- 
gilius  epifeopus.  f  Agenbertus  epilcopus. 


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SÊL 


V  PREUVES  DEL1  HISTOIRE  4* 

_  , _ _ _  &ut  clcemofinarii  de  homine  Aifrcdo comice,  qi-j 

fuit  quondam ,  nos  (îmul  in  unum  donatores  fumus 
XXIX.  vobisaddomumS.Joannis-BaptiftxcaftriimMalafti, 

Charte  de  l’empereur  Louis  l’ Aveulie  en  ÿ  fitul"  in™ri°  CarcaUlnfe  fuperfluvium 

-  faveur  de  /  eg  ije  a  grcgationc  fàncli  Joannis',  fie  mandavit  nobis  ut  ad 

An.  903.  T  N  nomine  fàndbc  &  individus  Trinitatis,  Hlu-  iplâiti  domum S.  Joannis ,  vcl  ab  iplo  abbatc,  vel  à 
^  ArchivciHc  JL  dovicus  divina  ordinante  providentia  imperaror  cunâa  congrcgarione  ipfius  donatores  cflcmus  alo- 
c^hicd’ufex.  auguftus.  Omnium  fidelium  noftrorum  prxlentium  dem  proprium  quod  habebat  in  comitatu  Redenfe , 
fciîicct  &  fucurorum  noverit  induftria  ,  quoniam  juxta  monte  BafTera,  inlocum  ubidicitur  S.Manini, 
Teutbertus  cornes  &\Valovir  ftcnuus  noftri  dilcclil- 


fimi  fidcles ,  noftram  adeuntes  cxccllcntiam  enixius 
poftulavcrunt ,  quatinus  cuidam  noftri  fideli  eximio 
prxfuli  Amclio  conccdercmus  jure  proprietario  cur¬ 
ie  m  qux  nuncupatur  Fretus ,  cum  eccleiia  in  honore 
S.  Rctnigii  dicata  in  comitatu  Avcnionenle ,  cum 
omnibus  adjacentiis  &  pertinentiis  cjus ,  cum  fervis 
&  ancillis  uriulque  fexus,  omnia  omnino  in  inte- 
grum,  per  præccptum  noftræ  authoritatis.  Quorum 
precibus  aflcnfumprxbentcs,  hoc  ferenitatis  noftrx 
præccptum  ficri  decrcvimus ,  per  quod  jam  diclus 
hdelis  nofter  Amelius  cpilcopus  præfixam  curtcm 
Frctum  futuris  temporibus  obtincre  valent  :  habcarur 
inibi  terris  arabilibus ,  cultis  8c  incultis ,  vincis ,  cam- 
pis ,  pratis,  palcuis ,  fylvis,  cafis  ac  iruncipiis  utriulque 
llxits ,  cum  aquis ,  aquarumvc  curfibus  j  omnia  ei 


cum  ipla  eccleiia  qux  ibidem  cft  fiindata  in  honore 
S.  Martini,  &  cum  iplo  villare  &  cum  omnia  quan¬ 
tum  adipfum  villare  pertinent  vcl  quantum  Aifredus 
cornes  &  ego  fupra  fcripta  Adalindes  ,  ibidem 
habuimus  tam  dcalode  quam  de  ex  comparatione -, 
id  cft  domos  coopenas  ,  calâles  ,  curtes ,  onos  , 
ortales,  veredegarios ,  arbores  pomiferas,  vincas, 
tcrras#  cultas  &  incultas  ,  pratis  ,  &c.  Ifta  om¬ 
nia  quantum  quod  luperius  lcriptum  cft ,  &  quantum 
ibidem  habemus  vcl  vili  fiimus  habcrc,licmandavit 
nobis  ut  ad  domum  Cm6ti  Joannis  vcl  à  Rcnulfo 
abbatc,  velàcun&a  congregatione  fànch  Joannis  ab 
omni  integritate  Honore  faccrcmus  propter  reme¬ 
dium  animx  fux,  ab  omni  integritate,  tam  aquifi- 
tum  quam  ad  acquircndum ,  &  iplas  vineas  qux  funt 
in  villare  Richinale,  8c  omnia  fuperius  fcripta  de 


conccdo  cum  omnibus  ad  cildem  rebus  jufte  &lc-  noftro  jure  in  veftra  potellate  &dominio  tradimus 

caliter  peninentibus,  ut  habeat , tencat  &  pollideat,  ad  proprium  perhabendum  ,  ut  quidquid  exinde 

fociatque  quidquid  cjus  dccreverir  animus  ac  volun-  agerc,  faccrc  ,  vel  judicarc  volucritis,  de  præfcnti 

tas,  remota  totius  poteftatis  inquietudinc  aut  de-  die&  temporc  inontca  vobis  fit  firma  poteftns,cum 

monftradone.  Et  ut  vérins  habeatur,  manu  pvopria  omni  voce  oppolitionis  de  jam  diclo  A  frcdocomi- 

firmavimus,  &  anuli  noftri  imprellionc  aiîignare  te . vel  homo  vel  fubroeata  perlbna  fucrit 

\  t  il. .  J .  r  ..  ..  il'  •  1  1  •  •  1  *  1 


jufiimus.  S.  D.  Hludovici  fercnillimi  imperatoris  au- 
gufti,  Arnulfiis  canccllarius  jubente  domno  impe- 
rotore  rccognovi  8c  SS.  Data  xv.  cal.  O&obris  anno 
Dominicx  Incarnationis  dcccciii.  indicSt.  vi.  anno  ni. 
imperonte  domno  Hludovico  imperatore.  Aclum 
Lugduno  in  Dei  nomine  féliciter.  Amen. 

XXX. 

Donation  faite  a  l abbaye  de  la  Graffc  par 
Radulphe  comte  de  Roujîllon. 

in.  $04.  TXUm  unufquilquc,  8cc.  Nosigitur  in  Dei  no- 
hivcj  Ac  JL/  mine  Radulpho  comiti  &:  uxori  fux  Ralindes , 
r^hiyc delà  ccrtum  quidem  manifeftum  cft  cnim,  quia  nlacuic 
Graflc.  aiiimis  noftris...&  nos  donare  debemus,  alodein 
noftrum,  quodita  8c  facimus ,  villa  qux  vocaturPc- 

ciliano . ad  caftro  monafterii  vel  ad  cœnobii  qux 

vocant  Crafla ...  ad  vencrando  abba  Durando  &c. . . 
&  poft  obitum  vero  noftrum  ipfum  alodem  fupra- 
nominatum  remancat  ad  filium  meum  Olibanc; 
exceptas  ipfiis  décimas  in  pote fiatc  S.Marix  conciliât  •, 
8cc.  Fadla  carta  donacionis  lub  die  ....  madii  anno 


An 


qui  contra  hanc  cartam  donationis  ad  irrumpendum 
vendit,  aut  nos  vtntrimus,  libra  auri  una  coablus 
cxlolvat,  infuper  iram  Dei  incurrat,  &  cum  Judas 
Kcariotes  in  infemum  colloquium  habcat,  &inan- 
tea  hxc  Honnrio  firmis  &  ftabilis  pcrmancat.  Fadla 
hxc  (cripmra  donationis  undecimo  Kalcndas  Mardi 
anno ....  régnante  Carolo  rege  fub  æra  nonagen- 
tefima  quod  rage  lima  quarto,  indiblionc  nona.  Sign. 
Aifrcdo  fiiio  Aifrcdo  qui  confbnticns  fuit  in  ifta  carta 
donationis.  S.  Hildcbrandus  abbas.  S.  Peldemares. 
S.  Hodacer  qui  hoc  feci.  S.  Amelius.  S.  Geronimus. 
S.  Rabancus.  S.  Prautaldus.  S.  Jodolenus.  S.  Anfe- 
mundus.S.  Anzemundus  qui  hanc  feripturam  fcripfi 
die  &  anno  quo  fupra. 


XXXII. 

A  des  des  conciles  de  la  province  de  Nar¬ 
bonne  ,  tenus  k  R  arc  clonne  &  à  S. T  iberi . 


A 


N  no  Dominicx  Incarnationis  Dccccvi.fubin- 
didtionc  v  1 1 1  i.convcntus  fachis  cftlindtorum 


An.  906. 

Arthivci  de 


vi.  régnante  Carulo  rege.  S.  Radulfus  cornes >  fig.  epilcoporum  apud  Barchinonam  civitatcm,  quorum  i^yede 
Radhndcs,  occ. 

VIII.  calcnilas  Julii  anno  xxm.  rrcnante  Carulo 
rege  Ridlindis  rtlicla  prædicli  Rodulplii  comitis 
prxdiOam  donarioncm  confirmât  in  fàvorcm  So- 


niarii  abbatis  Craiîcnfis. 


XXXI. 


An.  906.  jpxeeution  dutcjlamcnt  d’ Acfred  comte  de 
i4btve“f  Carcaffonne. 

v  udb.dn-  T  N  nom: ne  Domini  noftri.  Adalindes  comitidu , 
”-'2'  I  Aldcbrandus  abbas,  UncfTus  prefbyter,  Chcvcl- 
Hnus  prdbytcr ,  Rodolitcs,  qui  fumus  dccmolmaru , 

/#.  2.  f»  14. 


hxc  funt  nomina  :  Arnuftus  archiepilcopus  almæ  ^ 

Narboncnfis  ccclefix  ,  Servus-Dei  Gcrundcnfis , 
Nantigiliis  Urgellenfis  ,  Idilcharius  Aulonenfis , 
Teudcricus  Barchinonenfis,  Rainardus  Cavelicen- 
fis.  Dum  igitur  refiderent  in  ecclefiam  S.  Crucis , 
una  cum  prxccllcntiflimo  principe  &  marchionc 
Wifrcdo,  feu  plurimorum  divcrfi  ordinis  clcrico- 
rum  8c  religioforum  laicorum  non  minima  catcrva 
ut  plurimorum  audirent  querimonias,  &  Dco  fa- 
vente  qux  prolata  crant  juftillîme  determinarent  i 
in  fupradidtorum  prxlentiam  atîlierc  legati  Deo  dc- 
vorx  8c  religiofifliinæ  abbatiilx  Hemmc,  præma- 
nibus  habentes  feripturam  confirmationis  rcrum 
monafterii  fui  ,  quod  fitum  cft  in  honore  fandi 


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4f  D  K  L  A  N  G  Ü  E  Ü  O  C.  4* 

Johanrtis-Baptifte,  édita  fcilicct  &  robôrata  à  pre*  Verbi  iftcamati  dccccVi.  convcntus  porttifîcurti  re^ 
nominato  fiirîimo  anriftire  Amutto,  csrterorumque  verendorum  fadhis  eft  apud  nobilem  civiratem  Bar- 
Vefictabilium  epifcoporum  quorum  htfcfiint  ftomi-  chiononam  *  in  quoadfuerunt  revercndirtimus  me* 
nâ  î  Amelius  Ucctienfis ,  Aglardus  Nemaüfènfis ,  tropolita  Arnuftus  primæ  Narbonenfis  civitatis  ânti- 
Riculfus  Helcnenfis,  Àrmannus  Tolcrfenfis,  Ser*  lies,  pariterqüe  Scrvus-Dei ,  6c  Renardus*  ttecnort 
Vus-Dei  Gerundcniis,  Nantigifiis  Urgcllcrtfis,  Rei*  Aquinus  ,  6c  Nantigifus,  feu  etiam  Idalcarius*  6c 
fiârdus  Bitertetlfis  ,  Gontarius  Magdaloncnfis  ,  Theudericus,  finâiflimi  pilules,  toimiuîque  priri* 
Autgarius  Lutovcnfïs,  Gimera  Carcaflenfis,  Gerar-  ceps  6c  marchio  Wifredus,  cum  iis  etiain  abbatibus, 
dus  Agateilfis.  Qyi  vefo  in  prâdêrtri  côadunatione  6c  divcrfi  ordinis  dericorum  maximd  cdnglobâtio  , 
afiierunt ,  quidam  vencrabilium  epifcoporum  qui  &  religiolbrum  laicorum  immodica  catcrvâ.  His 

primo  defiieranc  conventui ,  petiit  præfita  Deo  dt-  igifur  omnibus  irt  ccclefia  ûndb?  Cruels  in  unüm 
cata  abbatiflâ  per  fuam  legationem  eafdem  res  ma-  cohgregatis,  fiirrcxit  quidam  in  medio,  findberelk 
nafterii  fui,  ut  jtixra  kanonicam  6c  epifcopalem  audio-  gbiiis  epifcopus  Aufonenfis  ecclefiæ ,  nomine  Idâl- 
i'tatem  confirmaient.  Nam  ifbe  funt  ecclefiæ,  paro-  carius,  proferens  querimoniam  fuæ  ecdefiæ,  di* 
chia: ,  vel  cellæ,  âtqüe  prædia  quas  fub  jure  canonico  cenfque  :  attendat  6c  confideret  vfcftfà  reVereîldâ 
fibi  petiit  rôbotari.  Pfimutn  quidem  ipfiim  mona-  paterniras,  reverendc  archipreful  Arnufté,  necnon 
fterium  in  honore  S.  Johannis  Baptiftæ  &  præcur-  6C  omnes  qui  in  hoc  fâcro  concilio  adcllis.  Cum 
loris  Domini,  fîib  tuitionc  6c  cura  epilcopafï,  fient  prifeis  temporibus  tota  Hifpania  atque  Gotia  fecris 
fiai  kanones  docent,  cum  parrochia  &  finibus,  infifteret  eniditionibus  >  6c  vernaret  clero,  âtqite 
vel  adjacentiis  fuis  \  parrochiam  quoque  S.  Mariæ ,  fiilgeret  ecclefîis  Chrifto  dicatis ,  inter  reliqtiâs  ipfà 
&finfti  Kirici,  &  Saura  cûm  finibus  fuis-,  cellam  quoque  Aufonetifis  ecclefia  nobilis  habebarut.  Pec- 
ctiam  S.  Martini  cum  fîiâ  parrochiuncula ,  necnon  catis  vero  exigentibus  illonnn  qui  tune  habitatores 
&  ecclefiam  S.  Columbæ  cum  parrochia  fiia;  cel-  erantillarum  terrârum,  Ut  omnes  noftis,  barbaried 
lam  quoque  quæ  dicitur  Mucronio  cum  fiibjundla  gladio  divino  judicio  traditi  funt,  ita  üf  ftec  aliquiS 
fibi  parrochia.  Hæc  omnia  conjaccnt  in  epifeopio  chriflianomm  in  prædkfto  pago  Aulbnæ  remanerét. 
Aulonenlê.  In  pago  autem  Vallenfi >  parrochiam  Poft  multoriim  autem  annorum  cilrricnla  mifêftuÿ 
S.  Gcnefii  *  in  villa  quæ  dicitur  Amigdala*,  6t  in  pago  Dominus  terræ ,  fûfcitavit  in  eâ  nobillllirttum  pfifH- 
‘  Cerdanienfe  parrochiam  S.  Mariæ  quæ  dicitur  Li-  cipem  Wiftedum  6c  fratres  e)us:  qui  et  dlveffis 
liætam  &  Bcrgogiam  ,  &  Auguftrinam  \  St  juxta  locis  &  gentibus  homines  pio  amore  colligentes  j 
Cardonam  cellam  S.  Johannis  âim  fiia  parrochia ,  pr^libatam  ecclefiam  cum  luis  finibus  in  priftinum 
&  in  Confluente  pago,  villa  Foliano  ecclefiam  in  inftaufaverunt  ftatum.  Cum  âutem  adhuc  inpauci-- 
honore  findlæ  Ëulaliæ  cum  fua  parrochia,  &in  tafe  confideret nedum  talis  ellèf  ut  per  (c ipûm  i 
codem  territorio  parrochiam  de  ip fi  eeelefîa  fiib-  ficuc  ahriquitus,  epifcopüm  habete  poflêtj  adhuc 
dita  quæ  diciuir  Campilias.  In  Biluldunenfc  cellam  prædidus  marchio  reverendiflîmum  Sigebodum 
quæ  dicitur  Collo-Üvitizane ,  ecclefiam  fanûi  Vin-  epifeopum  6t  Narbonenfem  mefropolitanum  ,  ut 
cenrii  cum  ipfâ  parrochia  *,  6c  in  PorCarias  ecclefia  jam  fatam  eccleliam  fub  fuo  teneret  regimint ,  U 
finclæ  Mariæ.  Hæc  igitur  omnia  nos  præfcripti  at-  ram  per  Ce  quam  pet  fiios  convicinos  fufftagâneoî 
que  fignati  præfules  fccundum  hoc  quod  fàncli  illam  ordinaret  atque  diljx>neret  j  donec  6crenté 
patres  Kanonicis  legibus  inflituerunt ,  cofifirmaitius  Deo  paulafim  ad  incrementum  pervenirer j  quâliref 
eidem  monafterio,  vel  ipfï  abbatilli  j  obfeaantcs  &  in  ca  proprius  epiCcopus  juxta  ântkpuim  more.rt 
imprecantes  fub  divina  ccnfiira  ut  nulli  chriftiano  eonfiftere  pcrflèt.  Cum  Veto  pietas  niperni  riumi-* 

Gceat . . . .  norario . aut  irtrationabiliter  aliquid  nis  iplim  eccleliam  per  jâtn  diâufn  prirteipem  longe 

ex  ipfîs  rebus  abipfomonafterio  auferre  velminue-  Lifcque  dilatadèf,  &  cun6li  cernerent  ilkm  pro¬ 
ie  ,  nifi  tantum  quod  ex  ipfîs  parrochiis  eenfum  prium  debere  epilcopum  habere ,  jam  venerabiR 
annuale  quod  fblis  epifeopis  vel  matricis  ecclefîis  Sigebodo  divina  vocatione  et  hae  hicé  fûbtraélOi 
corum  folvere  folitum  eft,  per flngulos annos  foi-  expetivit  tam  idem  màrehio  quamomni^  cletu$& 
vatur.  Alia  vero  mx  fûperfunt  ad  adjutorium  ôc  popülus  Aufonenfis  ,  tevetêndum  Theodarduff» 
fupplementum  ipfius  monafterii  vel  ipfi  abbatiflæ  prælibafct  fêdis  Narbonenfis  pontificein,  utlæpædf-* 

&  crediris  fibi  à  Deo  devotis  feminis ,  ad  regen-  Qz  ecclefî»  Aufbnenfi  ptopfiüm  otdinfltet  epifov 
dum  euftodiantur,  &  fub  ejus  poteftate  ferventur.  pum:  qui  dna  cum  caîferis  ponrificrtfuS*  dignis  il-» 

Si  quis  autem  contra  hoc  pontificale  decretum  à  lorum  petitionibus  âhntiens,  in  pontiBcium  ejuf» 
nobis  ftarutum  agere  de  ipfis  rebus  monafterii  præ-  dem  ecclcliæ  deceflotem  noftrum  divina*  memoriJ 


•  t«  fSMI 
W  font  qbê 
ahe  tkk 
trou  ancitfi- 
fies  copies 
tju’ôfl  vôifdt 

rt  mônutilcflt 

dans  !et  jr- 
chivet  dcfàint 
Viâor. 


firi  aflumerc,  autagerc  tentaverit,  feiat  fê  fèverif- 
fimo  mucronis  vinculo  anathematis  feriendum  6c 
d  regno  Dei  extorrem.  Ut  autem  hoc  certius  ab 
omnibus  credatur  propriis  manibus  fubterfirmando 


Gotmarum  fiera  benedidlione  confêcraie  non  di- 
ftulit.  Illis  quoque  tmiverfe  carnis  viam  catpentH 
bus  ,  eximio  archipontifice  Arnufto  Narbonam 
Thcodardo  fûccedente  ,  me  quoque  immerirum 


roboravimus.  [*  Ànno  primo  régnante  Charlotte  Aufbnenfi,  perclcii  &pkbis  eleélionem,  præfècit 


rege.  ] 


+  AfctfÜ StW*  SCS  NAABOKENS2S  Ecde 


HÜMILIS 


ips. 

Idelherus  umihs  ep9. 


Nantigyfiis  e  p  s  humilis. 
Serttis^Dei  epi 


ecclefiæ.  Iniunûum  eft  autem  deceflori  meo  a  re- 
verendo  Tneodardo,  &iïithià  pt^finti  metrôpo^ 
litano  ut  ecclefiæ  Narbonenfi,  quæ  eft  in  honorem 
finâofum  martyrum  Jufti  de  Paftoris  fitâ,  pef  fin- 
gulos  àtiftos  libram  âr^enteam  pet (blveremus.  Nurtc 
itaquê  videàt  fin&iflimus  metropolita ,  8c  omne$ 

reveréndiflîmi  qui  adeftis  epifeopi,  6t  rtfvolvat  ôrtl- 

•  _ *  r  ...  .  ^  h 


An.  5>o  6. 

fl.  y 


TeUdericus  Barchinonenfis  tedefiæ  humilis  eps.  Egû  n^a  volumiM  faftdte  legis  chrillranæ ,  fi  equtïm  efl 
.  —c  x  r  i  r  •  r  r-t  epifcopuin  nfcâlemefle,  vel  fi  cathedra  epifcopalii 

Sigumus  prbr  hoc  feriptura?  decretum  foipfi&fub=  aficni  éccfefî*  ‘Crilnmim  debear  perfolvere-,  nift 

fcripfi  die,  &  anno  quo  fupra.  tancum  quod  jura  canonum  refoftanc,  hilmilem 

fubjeÆonem  atque  debitum  hofrorcm  prôprio  de-* 
A^nuente  atque  infpirante  divina  dementia,  anno  ferre  metropolitano.  Diutiflime  autem  illk  de  hod 


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47  PREUVES  DEL’  HISTOIRE  48 

tradantibus  cpifcopis ,  quærimoniæ  tandem  idem  territorio  Carcallènfe  fiipra  fluvium  Duranno ,  & 
rcfpondit  métropolite:  de  hoc  quod  ilrenuæ  faga-  Bofono  Abbate,  velipfiuscongregatione,  dono  vo- 
cicas  diiedi  confratris  noftri  Idakarii  epiieopi  que-  bis  alodem  noftrum  in  territorio  KariteUcnfe  in  villa 
rclatur,  jufta  quidem  nobis  ejus  videtur  quxrela-,  quæ  dicimr  Villeficca  confiniis ,  &  terminis ,  fidi.ni- 

fcd  in  hoc  nos  ada  quidem  prions  décédons  noftii  tibus,  &  adjacentiis  earum,  &  cum  ipfa  ccclefia 

fequentes ,  impruvife  atquc  inconfidcratc  cgimus.  quæ  fundataeftin  honore  fandæ  Eugeniæ,&cum 
ideoque  quod  quærimonia  ejus  reda  nobis  ac  vobis  omnia  quantum  ad  ip(à  villa  afpicere  videtur  ;  quod 
videtur,  difteramus  illud  nfijtu  ad plenam  fnodum  mihi  advenit  per  præceptum  quod  domnus  Karolus 
(3  ptrfcElum  dnodenarium  wtmerum  eonfratrum  filius  Ludovici  exmde  mihi  îecit  ad  proprium,  & 
noftrorum  ,  &  tune  fccundum  divinam  infpitatio-  per  judicium  quod  acquifivi  in  fedem  Kanoflona, 
nem ,  ex  hoc  quod  redius  eft  ftatuemus.  Sequenti  &  per  adtradum  aliarum  feripturarum ,  &  abet  ipfa 
denique  anno  fânda  fynodus  congregata  eft  in  loco  villa  fines  vel  adjacentias ,  de  parte  alrani  affrontât 

qui  dicitur  cænobio  lândiTiberii  in  diocefi  Aga-  in  terminio  de  villa  Salcfinques,  &  de  villa  quæ 

tnenfi ,  in  quo  iterum  adfuerunt  reliqui  epifeopi  qui  dicitur  Chaucas  *,  de  mendie  in  terminio  de  villa  quæ 
An  907  Pr'or^e^uerunt  conventui,in  qua  iterum  fynodo  dicitur  Olmus*,  ex  parte  circi  in  terminio  de  villa 
'*  eadem  quæftio  à  cundis  iterum  ventilata  eft.  Uni-  quæ  dicitur  fânda  Eulalia;  &de  Aquilonis  confron- 
verfi  igitur  qui  inibi  refidebanr ,  fandi  Spiritus  il-  tat  ufque  in  medium  fluvium  Fifcnano,  vel  quan- 
luftratione  afflati ,  decernentes  pariter  dccreverunt  tumeumque  in  iftas  quatuor  affrontationes  fuper  hü 
non  debere  epifeopum  tributarium  eflè,  neque  ca-  nominatas  concluditur.  De  ipfâ  villa  jam  dida  cum 
thedram  epifcopalem,  quæ  domina  &  mater  eit  pro-  confiniis ,  &  terminiis,  &c  limitibus  totum  &  ab  in- 

(»rii  clcri  &  plebis,  alicui  (èrvitio  mancipari,  lèd  tegrum,  omnia  quantum  ad  ipfâ  villa  afpicere  viden- 
iberam  eflè  ab  omni  jure  fifcali.  Placuit  icaque  tur,  tam  loca  rumcaquam  urbana,  tam  acquilitum 
omnibus  quorum  nomina  fubter  tenentur  inferta ,  quam  acquirendum >  totum  &  ab  integrum  ego  vo- 
ut  hoc  decretum  feripturæ  propriis  roboretur  ma-  bis  dono  :  in  ea  vero  rationedum  ego  Ameuus  vi- 
nibus,  &  fiib  divinum  anathema  atque  æternaeen-  xcro,  habeam  poteftatem  tenendi ,  laboronJi,  & 
fura  ftanierunt,nequisufquamfiicceflc)rum  illorum  enfrudandi  ad  ufum  frudum  :  poft  obitum  vero 
lândæ  Aulonenfi  ecclcfiæ  imponeret ,  quod  pia  meum  rcmaneat  ad  ipfâ  jam  dida  cafâ-Dei  fine  ullo 
confideratione  illius ,  omnibus  deccmentibus ,  ab  ca  contradicente ,  &  ab  hodiemo  die  &  tempore  domi-  4 


funditus  amputatum  eft.  Igitur  ergo  Arnuftus,  an-  nium  proprium  hoc  habearis,  teneatis,  poflîdeatis, 
nuente  fupema  clementia  exiguus  Narbonenfis  veftrifque  pofleris  relinquatis,  &  quidquid  exinde 
epifeopus  ,  omnium  confratrum  noftrorum  redit  âgere,fâcere  vel judicare volueritis,htoam&firmit 
(imam  ex  hoc  refpicicns  defenfionem ,  ccdo  atque  fimam  in  Dei  Domine  habeatis  poteftatem  cum  omni 
perdono  tam  eidem  (iipradido  Idalcario  epifeopo  voce  oppofitionis  meæ.  Quod  fi  ego  donator,  vel 
lândæ  Aufonenfis  ecclefiæ,  quam  omnibus  fucccfi  aliquis  ae  filiis  vel  hæredibus  meis  ,  vel  quiilibet 


iteftarem  cum  omni 


perdono  tam  eidem  (iipradido  Idalcario  epifeopo  voce  oppofitionis  meæ.  Quod  fi  ego  donator,  vel 
lândæ  Aufonenfis  ecclefiæ,  quam  omnibus  fucccfi  aliquis  ac  filiis  vel  hæredibus  meis ,  vel  quiilibet 
loribus  luis  prædidum  argenti  libræ  cenfum  quod  homo  fuppofita  vel  fubrogata  perfbna  fiierit,  qui  vos 
à  deceflore  meo  domno  Theodardo,  vel  à  meim-  inquiecare  voluerit  aut  vcneric  ifta  feriptura  ad  ir- 
provife  impofitum  eft ,  ita  quod  à  me  neque  à  lue-  rumpendum ,  aut  ego  iplè  venero ,  inferam ,  vel  in- 
ceflbribus  meis  ullo  modo  requiratur.  Sed  liccat  ferant  vobis  veftrifque  partibus  quantum  apud  vos 
memprato  epifiopo  fuifque  fucccflbribus  immunes  melioratum  fuerit  duplum  vobis  componere  faciads, 
eflè  ab  omni  jure  fifcali,  ficut  reliqui  in  noftra  pro-  &  in  antea  ifta  firma  &  ftabilis  permaneat  omn’quc 
vincia  vel  ubicumque  chriftiana  religio  pollct.  Si  tcmporc.  Fada  feriptura  donationis  1 1.  Kal.  Odob. 

rvero,  quotjabfit,  temetario  aufu  contra  hoc  anno  xi.  régnante  Karolo  rege  filii Ludovici.  Fada 
etum  à  nobis  pio  amore  ftatumm  agerc  volue-  lcriptura  eft  fub  æra  d.  ccccxlvi.  indidione  n. 
rit,  ficut  fiipra  feriptum  eft  divino  judicio  &  ana-  Sign.  |  Berallo,  Sign.  f  Aribcrto,  Sign.  f  Ame- 
thematis  vinculo  rcriatur.  lius  qui  hanc  cartam  faibi  jullit,  &  telles  firmare 

Arnuftus  fândlæ  Narbonenfis  eeelefiæ  humilis  rogavit,  &c. 


epifeopus  hoc  decretum  roboravi.  Audkarius  epif¬ 
eopus,  Gunterius  epifeopus ,  Reginardus  epifeopus, 

Guimera  epifeopus,  Gerardus  cpii  feopus,  Riculfus ,  XXXIV. 

epifeopus  confenfi.  Guiguo  fandæ  Gerundenfis 

eccleuæ  epifeopus  confenfi.  Nantigius  lândæ  Ur-  Charte  du  roi  Charles  le  Simple  en  faveur 
cellitanæ  eeelefiæ  epifeopus  confenfi.  Stephanus  de  l'abbave  de  Greffe. 


gellitanæ  eeelefiæ  epifeopus  confenfi.  Stephanus 
clericus ,  qui  hune  decretum  fândlæ  eccleuæ  Au- 
fonenfis  lcripfi  die  &  anno  quo  fupra. 


de  l’abbaye  de  la  Grajfe. 

IN  nominefândæ  &  individux  Trinitatis,  Karo¬ 
lus  divina  propitiantc  clementia  rex.  Si  necelli- 


AN.908. 


a  ius  aivina  propitiantc  clementia  rex.  oi  necem-  bu.  h 
-  tatibus  fèrvorum  Dci  opem  ferendo  libenter  confu-  Rot*  Bllulf 

XXXIII.  '  linius ,  regiæ  dignitatis  morem  imitamus,  &  obid 

nobis  Deum  fore  propitium  non  dubiumus.  Quam-  Wximvb 
Donation  faite  a  l abbaye  de  Montolieu.  obrem  notum  fît  omnibus  lândæ  Dei  eeelefiæ  fide- 

libus  &  noftris  præfentibus  (cilicet  atque  fùturis,  u*,**u* 

IN  nomine  Domini  :  Ego  Amclius  compunxit  quia  Witiza  venerabilis  abbas  fandæ  Mariæ  Urbio-  ^ayTac 
mihi  Deus  in  animo  meopropter  ætemam  rctri-  nenfis,  ad  noftram  accedens  lcrcnitatem,  resquaf-  Grai&- 
butionem ,  vel  cæleftis  remedii ,  &  unde  in  die  judi-  dam  datas  fândæ  Mariæ  ut  illi  cas  præcepto  noflræ 
cii  merces  mihi  accrelcat,  &  ante  tribunal  Dei  no-  audoritatis  confirmaremus  deprecatus  eft  ,  q^as 


An  908  TN  nominc  Domini:  Ego  Amclius  compunxit 
^  ^  X  mihi  Deus  in  animo  meo  propter  artemam  rctri- 
rabtoye'âc6  butionem ,  vel  cæleftis  remedii ,  &  unde  in  die  judi- 
Momoiieu.  cii  merces  mihi  accrelcat,  &  ante  tribunal  Dei  no¬ 


ftri  veniam  merear  invenire.  Propterea  auxiliante  ctiam  &  genitor  nofter  &  omnes  anteceflorcs  no- 
Domino  noftro  fie  placuit  animo  meo,  nullius  co-  ftri  confirmavcrunt:  lèd  quia  Deo  annuente  poftea 
gentis  imperio,  nec  fuadentis  ingeoio ,  fed  propria  audæ  fiint,  alio  eguerunt  præcepto,  neenonetiam 
&  fpontanea  hoc  elegit  mihi  bona  voluntas,  ut  ad  ut  lub  noftræ  tuitionis  mundeburdo  tam  fi  quam- 
honorabile  atque  magnifico  loco  lândi  JoannisBap-  que  præfiriptam  abbatiam  accipi  poflulavit.  Cujus 
liftæ  loco  nuncupato  Caftri  Mallafti ,  qui  eft  fitus  in  petitionibus  aurem  noftræ  deraendæ ,  ob  Dei  amo- 

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49  D  Ë  L  À  N  G  Ü  E  D  O  C.  ;o 

fem  &  fândæ  virginis  intemeraræ  genitricis  Dci  per  diverfàs  provincias  feu  locà ,  durtl  ecdefiis  ea“ 
diledionem  placide  præbentes ,  hoc  imprevaricabile  rum  Sc  decimis ,  in  poteftate  abbaris  6c  frafrum  con- 

præceprum  neri,  iliique  dari  juflimus»  per  quod  fiftant  abfoue  u!la  anxierate,  necnonctiam  &reli- 

præcipimus  arque  decernenres  jubemus  ,  ur  cellæ  qua  quæ  oblata  fuerunt  tam  villæ,  quam  terra:,  Sc 

five  aliæ  res  qitæ  jam  fâto  monafterio  a  Deo  timen-  vineæ  &  prata ,  &  domus  ad  jam  cüdas  villas  vcl 

tibus  collata  fi  inc  ;  id  eft  in  pago  Carcaflenfi  Flexus  cellas  pertinentes  ,  (eu  (êgregatim  datæ  prædidis 


cum  ecclefia  fândi  Cucufâti  cum  terminis  &  adja- 
ceiitiis  fuis ,  &  in  villa  Flexii  quod  ibidem  habent , 
cunes  cum  terminis  Sc  adjacentiis  fiiis,  villare  Satur- 
no,  vineas  &  terras  quod  ibidem  habent -,  Boliona 
cum  ecclefia  fândi  Pauli  &  fândæ  Ananiæ  cum 
terminis  &  adjacentiis  ftiis ,  villare  qui  vocatur  Cle- 
ricus  füper  fluvium  Atax,  cum  terminis  Sc  adja- 


Witifæ  abbati  &  fuis  monachis  ibidem  Domino 
fèrvientibus ,  ad  fuarum  ncccffitaturti  emendationcm 
Cm.  Et  ne  aliquis  auferendi  ex  cis  habeat  potefta- 
tem,  fub  noftræ  tuitionis  mundeburdo,  Sc  noftræ 
dominacionis  protedu  eflè  jubemus  prædidum  ab- 
batem  Sc  monachos ,  eorumque  res ,  excluià  omni 
poteftate  judiciaria.  Nolumus  quoque  ut  nullus  ju- 


*  Bag- 
nile*. 


Ccnriis  mis,  Bangiles  *cum  ecclefia  fandi  Pétri  qui  dex  publiais  in  rebus  corum  poteflatem  habeat  fi- 
eft  fita  prope  civitatem  Carcaflonæ,  cum  terminis  dejuf fores  tollcre ,  aut  aliquem  diflringcre,  neque 
1  "  r  '  °  1  v  r  n  •  pararam  aut  manfionaticutn  accipcre.  Nolumus 

præterea  ur  ab  iftis  vel  illorum  hominibus  aliquid 
telonei,  id  eft  portaticus,  rotaticus,  cefpitaticus , 
pulveraticus ,  làlacicus  ,  pafcuaticus ,  aliquod  redi- 
bitionis  exigatur ,  fccundum  quod  in  præcepto  avi 
Sc  genitoris  noftri  continetur  infêrtum ,  quatinus 
hac  adjuta  conceiïïone  ,  pro  nobis  Sc  regni  noftri 
ftatu  liberius  Dominum  implorare  condelcdct.  Et 
auandoquidem  divina  vocatione  fopradidus  abbas 
de  hac  luce  migraverit,  quandiu  ip/i  monachi  inter 
fê  voluerint  eligae  qui  ipfâm  congregationein  re- 
gere  valcat  fccundum  regulam  fândi  Benedidi, 
per  liane  noftram  audoricatcm  &  confonfom  licen¬ 


ce  adjacentiis  ftiis,  Sc  molendinis  fiiper  fluvium 
Atax,  quoddonavit  Banilo  fœmina  bonæ  memo- 
riæ,  &  villa  Miliano,  terras,  vineas,  hortos, calas 
quod  ibidem  habent,  &  villa  Fuliniago,  qui  vo¬ 
catur  Mairaco,  cafâs,  cafâles,  curtes,  terras,  vineas 
ouodibidem  habent>Ruftu-villa,  vineas  &  res  qux  ibi¬ 
dem  habent,  Sc  cellam  fandi  Gcncfii  in  ipfo  pago 
cum  terminis  Sc  adjacentiis  fiiis ,  ficut  terminatum 
fuit  ab  Unaldo,  «Sc  Adalbcrto  quod  in  illorum  ju- 
diciis  refonant,  vcl  terminant;  Sc  aliud  villare  quod 
vocatur  Favarias  cum  ecdcfiâ  fan  du  Caprafii  cum 
terminis  &  adjacentiis  fuis ,  &  villare  Tautirano  cum 
ecclefia  fândæ  Mariæ,  cafâs  ,  curtes ,  molendinis  , 


* 


hortis,  cafaliciis,  pratis,  vineis,  filvis,garricisquod  tiam  habcant  inter  fc  eligendi  abbares.  Et  ut  hæc 


in  judiciis  jjlorum  vcl  feripturis  refonant  vcl  termi¬ 
nant;  ecclefia  fandi  Stepnani  quod  donavit  Bentio 
cornes  bonæ  memoriæ,  ficut  Oliba  cornes  tenuit, 
&  font  fitæ  in  valle  Aquiraniæ,  in  villa  Adurci  ; 
vincam  quam  planta  vit  Maxim  us  Sc  donavit  ad  do- 


noftræ  largitionis  audoritas  fidelibus  fândæ  Dci  ec- 
clefiæ  Sc  nollris  firmius  crcdatur ,  diligcntiufquc 
confèrvetur,  manu  propria  fübtcrfirmavimus ,  & 
anuli  noftri  imprdïîonc  figillari  jullimus.  Signum 
Karoli  regis  gloriofiffimi.  Ernuftus  norarius  ad  vi- 


mumfân«fbE  Mariæ,  &in  pago  NarbonenfiCaput-  cem  Askerici  epifeopi  fobnotavir.  Data  tertio  nonas 


fpinam  cum  cccldia  fandi  Pétri  fuper  fluvium  Cla- 
mofb  fita,  cum  terminis  «Sc  adjacentiis  fois,  liait  in 
illorum  judicio  terminant  vel  refonant,  quod  Agila 
abbas  apprehendit  ante  Folconc  miflùm  avi  noftri 
Karoli ,  Sc  Pnlmam  fuper  littus  marinum ,  cum  ec¬ 
clefia  fandi  Joannis  cum  terminis  «St  adjacentiis  fuis 
in  ipfo  pago  conliftente  ;  nec  non  «Sc  cellam  fandi 
Pétri  &  Pauli  in  territorio  Narboncnfi  in  infola  Lici, 
quam  concambiavit  Wifredus  cornes  cum  Frcdaldo 
epifeopo  ;  &  villam  Serciam  quidquid  ibidem  ha¬ 
bent  ,  Sc  Villa-nova  quidquid  ibidem  habent ,  «Sc 
villa  Edras  quicquid  ibidem  habent ,  villare  Perclla 


Novcmbris  indidione  xii.  annoxvi.  régnante  Ka- 
rolo  rege  gloriofiflimo  redintegrante..  • .  Adum  Lau- 
dtino  ciftio  in  Dci  nomine  féliciter.  Amen. 


XXXV. 

Aïle  de  l'cleBion  de  Guiyies  évêque 
de  Gironne. 


D 


Ommicæ Incarnations annoDccccviri.  an-  An.<)oS* 
nuente  atquc  infpirante  codem  Domino  no- 


cum  terminis  Sc  adjacentiis  fuis  ;  «Sc  in  ipfo  pago  in  ftro  Jefu  Chrifto,  conventus  clericorum  arque  plc^ 


infola ,  fâlinas  quæ  fiiit  in  fobteriori  loco ,  Sc  alias 
falinas  quas  donavit  Dadila  prefbiter  ad  domum 
fândæ  Maiiæ  ad  luminaria  concinnanda  ;  Sc  cella 
quoque  quæ  dicitur  Prata  cum  fibi  pertinentibus  ec- 
clefîis  in  pago  Confluetano  in  fuburbio  Ilcnenfi , 
cum  terminis  «Sc  adjacentiis  fiiis  de  borea  quod 
aqua  vergit;  in  pago  Redenfi,  cella  quæ  vocatur 
Paterno  in  foburoio  Perra-Pcrtufenfe  fita ,  cum  ec¬ 
clefia  fandi  Pétri  quam  donavit  Oliba  cornes  ;  in 
pago  Roffilionenfi  Tulaçias  cum  ecclefia  fândæ  Ma- 


begium  fâclus  eft  citra  porcam  Gcrundæ  civitatis  in 
ccclefïamfândiffimiFelicisChrifti  martyris,  in  quo 
conventu  extitit  reverendus  metropolita  «Sc  antiftes 
urbis  almæ  Narboncnfis  ecclefiæ  Arnuftus ,  pari- 
terque  cum  eo  venerandi  præfules  Nantigius  (Jr- 
gelitanus ,  «Sc  Theudericus  Barcinonenfis.  Extitit 
quoque  inibi  princeps  maximus  marchio  Wifredus, 
corde,  Sc  oreatque  opéré  verilfimus  chrifticola,  Sc 
maxime  conglobatio  religiofi  clerici  Gerundenfis, 
atque  nobilium  Sc  fidelium  laicorum.  Cum  itaque 


V .  Marfen. 
.yineid.  et ,  X« 

p.  6o. 


riæ,  quidquid  ibidem habenc;  in  pago Gerundenfi  omnis  cœtus  infra  fipta  prædida  excarcc  ecclefiæ. 


Fonteclara  cum  ecclefia  fândi  Pauli  quod  donavit 
Odo  rex  per  præceptum  ad  Saborellum  abbatem  ; 
ipfâs  fifoos  quod  in  præcepto  Odono  régi  refonant, 
Wifredus  cornes  ipfos  fifcos  confênfit;  in  pago  Bi- 
fiilduncnfè,  ecclefia  fândi  Stcphani  fuper  fluvium 
Fluviano  cum  terminis  Sc  adjacentiis  fuis  Sc  molinis 
carum  *,  in  Aufonenfè ,  ecclefia  fândi  Martini  cum 
terminis  &  adjacentiis  fuis  Sc  cum  parrochiis  earum  ; 


obtulir  omnium  obtutibus  prælibatus  archipræfol  3 
virum  fpedabilem  «Sc  tam  Deo  quam  hominibus 
afFabillimum ,  nomine  Vigonem  \  allcrens  eum  à 
regia  aula  prolatum ,  «Sc  ejus  ju/Iionc  atque  fuorum 
epifcoporuin  Gotiæ  eledum,  Sc  tam  ab  ipfo  ar- 
chicpifcopo,  quam  â  cæteris  ad  cpilcopalem  infu- 
lam  in  Gerundana  ecclefia  conficratum  ,  judicans 
cum  nobiliflima  nativitate  honeftatum  «Sc  fandis 


in  pago  Redenfe  villam  Boxa  Sc  Oraria ,  quod  do-  moribus  compertum,  magnæ  quoque  fophiæ  redi- 
navit  Acfredus  cornes  ad  domum  fândæ  Mariæ  cum  mitum ,  regioque  palatio  enutritum ,  «Sc  omni  per- 


terminis  Sc  adjacentiis  fois.  Et  villæ  aliæ  quæ  funt  fpicatia  decoratum.  Cum  aucem 
Tome  IL 


chriftianüïîmus 
D 


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3*  PREUVES  DEL’ HISTOIRE 


princcps  ,  omnifque  nobiliflima  caterva  illi  ailiftens 
tantam  virtutum  fainam  de  eo  audiflènt,  omnipo- 
tenri  Domino  gratias  retulerunt,  &  tam  fa&is  epif- 
coprdibus ,  quamque  moniris  ecclefiafticis  atque  ré¬ 
gi*  juflîoni ,  Te  promptilïime  obedituios  profdli 
lunt.  Omnes  itaque  rubfequentcs  ad  præfàti  prind- 
pis  voluntatem  &  prædichim  virum  ,  di&um  Vi- 
gonem  dignum Domino,  &  hominibus  perfpicicn- 
tes ,  pari  animo  pronaque  voluntate  epifeopum  eum 
ûbi  petentes ,  atque ample&cntes ,  benigniilime  fut 
cepçrunt,  &  in  cathedram  epifeopalcm  fublimave- 
runt  \  atque  ut  hanc  fcripturam  fufeeptionis  ,  atque 
fublimationis ,  attentillime  propriis  corroborarec 
manibus  unanimiter  decreverunt.  Exaratus  extitit 
textus  hujus  feripturæ  confirmationis  atque  introni- 
zationis  x  1 1.  Kalendis  Decembrium ,  anno  x  i.  glo- 
riofiffimi  regis  Caroli,  indicrione  xi.  infpirante 
atque  auxiliante  divina  mifericordia ,  cui  eft  dccus 
&  virtus ,  honor ,  &  poteftas ,  per  immortalia  fæcu- 
lorum  (æcula.  Amen.  Arnuftus  fàn&æ  Narboncnfis 
ecclefiæ  epifeopus.  f  Ildcbertus  epifeopus.  f  Thcu- 
dericus  Barcinonæ  epif'copus.  f  WuifFredus  cornes,  t 
Servus-Dei  archiprclbytcr.  |  Gifcafredus  archipret 
byter.  f  Cafîimirus  prefbyter,  qui  hune  textum  nujus 
(cripturæ  confirmationis,  atque  incronizationisfcripfi 
(ùb  die  &anno  quod  fupra. 


XXXVI. 

Concile  dejonquieres. 

An*  909.  F\  ^P°^l,one  divina  ann . 

,  ,  L/ ccccvi  ni.  indidione  xii.  v.Non. Maiiin 

Archives  de  r  r 

l'archevcchc  regno  oepurmmæ . nasvocato  mccclelia 

ëe  Narbonne.  (^ncU  Vincentii  nos  pcrhumiles  Septimaniæ ,  Hit 

unài.  NuX  paniæ . Jefu  Chrifti  pon . Arnuftus 

*•  videlicct  fan&æ  ccclcliæ  primæ  Narbonæ  métro- 

polita ,  Amelius  Uzcciccniis ,  Gimcra  Carcallènfis , 

Rcginardus  Biterrenfis,  Nantigifus  Urgcllitanenfis, 

Audgerius  Lutovenlîs,  Geirardus  Agatcnfis ,  Ug- 

bertus  Nemaufenfis,  Gontarius  Magaloncnlis,  Be- 

nedidus  Forojuleniis ,  item  Rcginardus  Cavelien- 

fis  ,  una  cum  immenlam  congreg.uionem  nobis 

commiilam  ablolvimus  &  bcncdicimus  Suniarium 


caput  &  non  in  caudam ,  ut  fitis  femper  fiipra  &  non 
fiibtus.  Domos  ædificetis  &  habitetis  in  eis  longævo 
tempore..  Plantctis  vineas  &  fruchim  earum  colli- 
gere  fàciatis.  Sementem  modicum  jaciatis  in  terram 
ôc  multum  ex  ea  congregeris  in  horrea  veftra.  Om¬ 
nes  arbores  &  fruges  terræ  veftræ  rubigo  non  con- 
fumât.  Percnniter  féliciter  que  confcnelcaris  &  cum 
Michaël  archangelo  ad  portas  Paradifi  inlæli  per- 
venire  mereamini,  præftantc  Domino, 
f  Arnuftus  fândx  Narbonenf.  ecclefiæ  epifeopus  S. 
t  Amelius  Uzeticcnfis  ecclefiæ  humilis  epifeopus. 
t  Gerardus  humilis  epifeopus. 
t  Nantigifus  lânctæ  Urgellicanæ  ecclefiæ  epifeopus. 


Gunterius  epifeopus. 

Gimcra  fandbe  Carcaflenfis  eeelefîæ  epifeopus. 
Audgerius  fandæ  Lutovenfis  ecclefiæ  epifeopus  S. 
Bcnedi&us  fendæ  Forojuleniis  ecclefiæ  epifeopus  S. 
Item  Rcginardus  fendfce  Cavelieniis  ecclefiæ  hu¬ 
milis  epifeopus. 


XXXVII. 

Diplôme  de  Charles  le  Simple  pour  F  ab¬ 
baye  de  Pfalmodi. 

IN  nomine  fàndæ  &  individuæ  Trinitâtis ,  Karo-  An.  909. 

lus  divina  ordinante  clementia  rcx.  4Si  loca  di-  Archiva  de 
vinis  cultibus  mancipata  propter  amorem  Dei  iis 
qui  ineildcm  locis  fibi  famulontur ,  bénéficia  opor-  y,  *4, 
tuna  largimur  ,  præmium  nobis  apud  Dominura ,  *•  »• 

ætemxlargîtorem  remunerationis ,  rependinondif-  p' 69i,Cr^’ 
fidimus.  Idcirco  noverit  fagacitas  feu  induftria  om¬ 
nium  fidelium  noftrorum ,  tam  præfentium  quara 
etiam  futurorum  ,  quia  vir  venerabilis  Regembal- 
dus  abbas  ex  monafterio  Pfàlmodienfî ,  quod  eft  fi- 
tum  in  pago  Nemaufenfî ,  ubi  funt  ecclcliæ,  id  eft 
fândæ  Mariæ  &fendi  Pétri  vel  aliorum  fândorum, 

&  ex  monafterio  Juncellenfi,  quod  eft  fitum  in 
pago  Biterrenfi,  in  fuburbio  caftro  Lunetenfe.... 
quod  per  oppreftionem  paganorum ,  monafterium 
Plalmodienle  mutatum  eu  in  locum  qui  dici- 
tur  Corncliacenfis ,  ubi  ecclcfiæ  conftrudbe  funt, 


comitem,  cum  cætcris  comitibus  filiis  fuis,  limul-  ideft  lande  Mariæ  &  S.  Pétri  apoftoli  &  S.  Juliani 
que  cum  uxoribus  &cundis  fuis  fidelibus,  fitamen  martyris,  cum  ccllulis  &  eccleliis,  id  eft  S.  Cle- 
ita  peregerint  ficuti  per  domnum  metropolitanum  mentis,  &S.  Vincentii,  &fandæ  virginis  Agathæ, 
fupra  nominatum  audivimus,  ut  honor  &  dccus,  nuper  à  Sarraccnis  dcftruëhe,  ôc  cum  omni  filva 
qui  fub  tanto  regiminc  debet  elle  omni  tempore  ,  quæ  vocatur  Pineta,  ficuti  regius  fifeus,  five  in 
cum  magna  rcligionc  obfervetur.  Prævideat  nam-  terra,  livc  in  aqua  ibidem  fuit,  atque  collatus  eft 
que  ipfe  archipræliil ,  ut  in  vifeeribus  eorum  nulla  à  progenitoribus  noftris  præfato  monafterio  Pfal- 
machinamenta  nec  nulla  fallacia  diaboli  rcmancat,  modio,  cum  ipfa  terra  quæ  eft  inhabitabilis  ad  pit 
&  poftea  apud  noftrum  pariconlilium  taliter  abfel-  candum ,  à  Conlba  feilicet  calva  ad  Confoam  altam, 
vat  &  benedicat.  Vcniantque  fuper  vos  univerlæ  &  ufque  rubinam  quæ  vulgo  appellatur  Bofoena, 
bcnediëliones  novi  &  veteris  teftamenti ,  &  appre-  &  ufque  in  medium  fluvium  majoris  Rhodani , 
hendant  vos^  &  omnes  maledidiones ,  quas  duaum  ficut  aefeendit  in  marc ,  &  fub  tali  videlicct  tenore , 


intulimus  fuper  vos  diutillimc  auferantur  à  vobis. 
Benedidi  vos  in  civitatc  &  benedifti  in  agro.  Bc- 
nedi£tusfru6his  ventris  tui,  &  fru&us  terræ  veftræ, 
frudhilqtic  vinearumveftrarum,  greges  armentorum 
veftrorum  &  caulæ  ovium  vcftrarum.  Benedidta 
horrea  veftra  &  bcncdiclæ  reliquiæ  veldræ.  Bene- 
didli  eritis  ingredientes  &  regredientes.  Emirtat  Do- 
minus  benediclionem  fuper  ccllaria  veftra  &  fuper 
omnia  opéra  manuum  vcftrarum.  Abundare  faciat 
vobis  Dominus  omnibus  bonis.  Aperiat  Dominus 
thefaumm  (iium  optimum,  &  tribuar  pluviam  ter¬ 
ræ  veftræ  congruo  tempore.  Benedicat  Dominus 
operibus  manuum  veftrarum,  &  conftiruat  vos  in 


quodquidquid  excrefcens  Rhodanus  àprænomina- 
ta  Bofoena  defcendendo  intrans  in  prorundum  ma¬ 
re,  vel  ipfum  mare  à  flumine  Rhodani  ufque  in 
Conlbam  calvam  &  ufque  ecclefias  ejuldem  filvæ, 
&  item  ufque  in  Confoam  altam  five  prælâtam 
Bofoennam  fuis  inmmdationibus  feu  alluvionibus 
femper  reliqueriti  terrenum,  arenofum ,  nemoro- 
fum,  arbuftiferum,  virgunculofum ,  iblofum,  pa- 
luftricum,  lacus,  ftagna  dulcia  vel  (alfa,  quidquid 
etiam  poterit  efleaptum  pafeuis,  pifeationu>us,  vc- 
nationibus  ,  aucuparionibus  ,  agriculturis ,  praos , 
ædifidis  infra  ambitum  di&arum  conterminatioaum, 
cum  omnibus  redditibus  quos  ipfe  jam  monafterio 


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Si 


5  )  D  E  L  A  N  G  U  E  D  O  C. 

concefïos  in  præfcnd  haber,  velin  futurum  habere  _ _ 

fperat ,  irrefragabile  jus  rcmanens  ad  opus  niona- 
fterii.  Adiens  igirur  fublimicarem  culminis  noftri 
præfàcus  Regcmbaldus  abbas  innotuic  nobis ,  qua- 
liter  eadem  &  fifca  libi  perdnenda  fùb  manillone 

6  mundeburdo  arque  immunitatis  tuidone  proge- 
nitores  noftri  prifcis  ternporibus  conftituiflènt.  Se  d 
6e  præcepta  eomm  fiiper  hoc  noftris  obrulic  obtu- 
tibus ,  perquæ  ei  immunitas ....  nos . . . .  vel  eorum 
monaiterio  concéda  villæ  ac  fibi  appendices  five 


XXXVIII. 

Donation  faite  à  l'abbaye  de  S.  Paul  de 
Narbonne  par  Arnufte  >  Archevêque. 


i 


An.  91  r. 


N  nomine  Domini.  Ego  Amuftus  S.  Narbô- 
nenfis  ecclefiæ  humilis  archipræful ,  pro  reme-  carwiiire 
dio  animæ  meæ  8c  æterna  rcrriburione  dono  ad  sr,baba1)5e 
omnia  præfata  loca  pertineant,  ab  anteceilôribus,  ecclefiam  S.  Pauli  confeftoris  Chrifti ,  cujus  ccclelia  Narionnc.  * 
progeniroribus  fcilicet  noftris ,  abbacibus  &  fratri-  fitavelfundata  eft  in  loco  ubi  vocabulum  eft  adAlbo- 
bus  ibidem  E>eo  fàmulantibus  concefli  exifterent ,  las  rransponrem  prope  Narbonæ  civitatem,  nullo  co- 
quacenus  nec  decimum  nec  celoneum  alicui  exfol-  genris  imperio  ncc  fùadentis  ingenio ,  fèd  propria 
vant,  aut  expifcationibus  aliqucm  cenfum  tribuanc.  cxponranea  hoc  elegit  mea  bona  voluncas,  ut  ali- 
Nos  igirur,  ut  iifdem  vir  vcnerabilis  innotuit,  be-  quid  de  propriecatis  rebus  meis  ibidem  donare 

nignc  a  parendbus  noftris,  regibus  fcilicet  ac  im-  dcberem,  quod  ita6c  fâcio.  Dono  arque  concedo 

peratoribus ,  conccflùm  cfiè  cognovimus.  Compla-  ad  præfàtam  ecclefiam  fânûi  PauJi,  in  pago  Narbo- 
cuit  ergo  celfîrudini  noftræ  per  deprccarioncm  il-  ncnfe  infra  terminio  de  villa  quevocatur  Bidano, 

. .  omnem  alodem  quimihi  advenir  ex  comparadonc 

de  infantes  Majolo  vice-comice  8c  uxori  fuæ  Ray- 
mundæ,  nomine  Walchario,  8c  nec  non  &  fratri 
fuo  Albericho  vice-comitejid  eft  ecclefîis  in  honorem 
S.  Amanrii  8c  S.  Baudilii  cum  appendiciis  cafîs  8c 


luftris  comitis  ac  dilecd  fiaelis  noftri  Raymundi 
friper  his  præceprum  noftra:  confirmadonis  addcre. 
Et  ne  quifpiam  violenter  ex  eorum  rebus  vel  Eccle- 
fiis  aliquia  fubtrahcre  vel  inquict.ire  audeat  \  rur- 
fïis  omnia  fuperius  fcripta,  prædiclam  videlicet  fil- 


vatn  cum  ipfa  plajxa  maris  8c  cum  prædittis  Eccle-  cafàliciis,  curtis,  oglatis,  orris,  arboribus,  8cc.  to- 
fiis,  ficut  regius  fucus  fuere ,  8c  fuperius  termina-  tum  8c  ab  inccgrum  aim  omni  voce  8c  fûndo  pofi 
tum  eft,  rénovantes  noftrorumprædeceflorum  dona-  fèffionis  ad  præfatam  ecclefiam  S.  Pauli  trado,  8cc . 

utdcab  odierno  die  &  tempore  Deo  propirio  hoc 
habcat,  teneat,  pollideat,  juroque fuo vindicet  ac 
dcffcndat  ipfa  præfata  eccleha  cum  abbate  ipfius 
loci  8c  clcricis  ibidem  Deo  fervicntibus.  Si  quis 
vero,quod  ficri  non  credimus,  hoc inquictare aut 


tionem,  prætato  rlalmodio  regia  liberalitate  percnm 
jure  conccdimus,  atque  præcepti  noftri  roboratio- 
ne  confirmamus  :  per  quod  volumus  atque  jubc- 
mus ,  ut  ficut  anteceftôrum  noftrorum ,  regum  vide- 
liccr  ac  imperatorum ,  autoritatc'firma  præditftis  lo- 


cis  fubftiterunt  ;  ira  etiam  noftris  8c  fùturis  tempo-  violare  præfiimpfèrit ,  8cc .  Fatfta  carta  donationis 
ribus  inviolabili  firmitate  maneant  atque  fiibfiftant,  8c  tradidonis  anno  Verbi  incarnati  DCCCC.  XI. 
nullufque  publiais  judex,  feu  quælibct  ulla  pote-  die  xvi  i.  cal.  Julii  anno  xi  i.  Karoli  poft  obicum 
ftas  in  ecclefias  aut  loca  vel  agros  feu  reliquas  pof  Odonis  régis.  S.Guilcmunde  archidiaconus,S.Agil- 


fèfliones  quæ  jufte  ad  eadem  monafteria  pertinent 
ad  caufàs  audiendas ,  vel  freda  aut  tributa  cxigcnda , 
aut  manfioncs  vel  parafas  facicndas ,  aut  ficîejuflb- 
res  tollendos ,  aut  nomincs  ipfbrum  monafteriorum 
tam  ingcnuos  quam&r  fèrvos  fùpcr  terras  illorum 
commanentes  diftringendos,  ncc  ullas  redividones 
aut  illicitas  occafiones  rcquircndas  noftris  &:futti ris 
ternporibus  ingrcdi  audeat  ,  vel  ea  quæ  fùpcrius 
entunerata  fiint  penitus  exigere  præfûmat.  Et  quid- 
quid  ipfis  religiofis  monafteriomm  viris  Dcoquefa- 
mulantibus  per.  eorum  præcepta  confirmaverunt  6c 
largiti  fuerunt ,  nos  quoque  fimili  modo  confirma¬ 
mus  8c  perpetualiter  habendum  delcgamus.  Et 
quando  quidem  divina  vocatione  prænominarus 


bertus  archidiaconus ,  S.  Nilo  facerdos,  ôcc. 


XXXIX. 

Confirmation  des  privilèges  de  l'abbaye 
d' A  laon. 


EGo  Lupus  Afinarius ,  Solcnfis  ac Lupiniacenfis  An.  on, 
vice-cornes  ,  dominans  in  Barrabis ,  8c  in  Be- 


Auhiv\'«  de 
l’cglilc  «i'L'i- 
gfi- 

V . 

ctnal.  Jijy. 
f®.**/»*  ‘U. 


nafco ,  cum  uxore  mea  Audifenda  vice-comidflà , 

8c  filiolo  noftro  Athone ,  hoc  referiptum  à  pâtre 
noftro  Bo  :  mem  :  Afînario  vice-comite  8c  à  me  lau- 
datum  8c  firmatum ,  iterum  laudo  8c  affirmo.  Et 
abbas  Regembaldus  vel  fiicceftores  ejus  ab  hac  luce  tibi  patri  fpirituali  domno  Frugellio  abbati ,  8c  mo- 
migraverint,  quandiu  inter  fc  ipfi  monachi  talem  nachis  tecum  in  prædiâo  monafterio  Deo  8c  B.  Ma- 
inveniri  poruerint,  qui  ipfâm  congregationem  fê-  riæ  fervicntibus,  in  perpetuum  confirmoj  ac  filiis 
cundum  regulam  regere  valeat,  per  liane  noftram  ac  hæredibus  meis  iram  Dei  ac  meam,  8c  paren- 
audloritatem  liccnriam  habeant  ibidem  eligendi  tum  meorum  maledidionem  inærernum  relinquo, 
abbatis  :  quatenus  fèrvos  Dei ,  qui  ibidem  Deo  fi  in  toto  vel  in  aliquo  hoc  fa&um  infringere  vo- 
famulanrur,  pro  nobis  ac  ftabilitate  totius  regni  luerint.  Datum  hoc  laudarionis  8c  conteftadonis 
noftri  immenfim  Domini  clcmcntiam  jugiter  exo-  feriptum  fèptimo  idus  Junii ,  anno  tricefimo  ^redin-  *  xm. 
rare  delcdct.  Et  ut  hu jus  noftræ  au<ftoritatis  præ-  tegrante,  atque  régnante  gloriofiifimo  rege  Carolo, 
ceptum  per  omnia  tempora  inviolabiliter  confer-  indiélione  décima  teitia  ¥  ,  venerabili  Agine 
vetur  vcriufque  credatur ,  manu  noftra  fùbtcr  eum  elcdo  archicpifcopo  primæ  fèdis  Narbonenfis  ur- 
firmavimus  ,  8c  anuli  noftri  imprcftïone  ficillari  bis,  per  horribilcm  monem  fâncHftimi  archipræ- 


iiiuidYiiiiuo  ,  ojiuu  jicm&i  jmuiuiiuiic 

juflîmus.  Signum  Karoli  gloriofiflimi  regis  :  Ernu- 
ftus  notarius  ad  vieem  Aficcrici  epifeopi  relegit. 
Datum  nonas  Junii,  indiiftione  xn.  anno  xvn. 
régnante  Karolorege  gloriofiflimo,  redintegranre 


fulis  Âmufti ,  Rodolpho  epifeopo  ecclefiam  Orgcl- 
litanam  regentc  ,  8c  Agiulpho  Palliarenfi  epifeopo 
fc  nommante.  Signum  Lupi  Afïnarii  vice-comitis. 
Signum  Audifènaæ  vice-comidflæ.  Aâum  in  mo- 


vero  xii.  Compcndio  palatio ,  in  Dei  nomine  felici-  nafterio  beatæ  Mariæ,  die  ipfo  quo  Atho  filiolus 
ter.  Amen.  nofter  baptizatus  fuit  à  fratre  meo  domno  Artaldo 

monacho  fàndld  Remigii  Remenfis.  Féliciter.  Amen. 
Oriulphus  monachus  fcripfit  nutu  dominorum  vice- 
comitis  8c  abbatis. 

Tome  II.  J)ij 


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PREU 


L'HISTOIRE 


<**U.  Cnriji. 
»./>.  ni. 
One.  t ».  9. 

f.  S7é. 


Gerardo  Agathenfi,  Theuderico  Lutovcn(i,  Hu- 
beno  Nemaufenfi  -,  item  Theuderico  Barcenonenfi , 


- -t,- — — — r-r-ï - r — -a.- ricordiam  honorare,  eolque  fub  mundeburdo  tui- 

•y  *  tionis  noftræ  fufcipere  dignaremur.  Quorum  hu- 

^  L'  millimis  precibus  tam  ob  Dei  amorem,  quam  jam 

r  Am  ***.  -tr  t*  K  j  fupradi&orum  noftrorum  fidelium,  videheet  Ron 

l'ttndu  fatrlw  X.  a,x  Eviqu,,  de  „£ü  „,uc  willAni  üvent»,  ad  placide  <W 

la  province  de  arwnne.  cationem  pio  allènfu  fiifcipientes,  eifdem  Erifbnfo 

epifcopo,Vultfàrdoque  prelbytero,  quiliintfcrvien- 
f  Oannes  Epifcopus  fervus  fervorum  Dei ,  Régi-  tes  Chrifti  Domini  noftri ,  neenon  &  beati  Quintini 
1  naldo  Ritërrenfi,  Armano  Tolofenfi>  Riculpno  marryris,  cujus  ecclefia  fimdata  eft  infra  Narbonæ 
Elneidi,GuimciæCarcaflcnfi,VuigoniGerundenfi,  muros,  per  noftræ  regiæ  authoritatis  præceptum 
Gerardo  Agathenfi,  Theuderic»  Lutovenfi,  Hu-  concedimus  terrain  &  molendina  quælunt  fubtus 
berto  Nemaufenfi  -,  item  Theuderico  Barcenonenfi ,  pontem  ipfius  civitatis ,  quæ  pertinere  Judæis  viden- 
Georgio  Aufoncnfi,  Rudolpho  Urgelitanenli  ec-  tur,  &  ip(à  molendina  quæ  (unt  in  loco  quemvo- 
cleliarum  Chrifti  reverendillimis  ac  fan&iflimis  epif-  cant  Maâapedilii  fimiliter  ipfis  Judæis  pertinentibus. 
copis.  Sanëtitatis  veftræ  litteras  de  metropolitano  Ipfaque  terra ,  quam  eis  concedimus ,  &  omnibus 
Agio  (ùlcipientes,  huic  infidias  &  fraudes  Gerardi  fcrvientibus  ecclefiæ  beati  Quintini  fie  habeat  termi- 
nequiffimi  ei  iüatas  agnofeentes  valdc  doluimus,  nos:  ex  porta  Coriani  ufaue  ad  locum  quem  vo- 
&  quafi  noftro  corpore  fulcipientes  dcfecimus.  cant  Celata,  &  inde  ulque  ad  medium  flumen 
Unae  veftræ  fanûitad  notum  elfe  volumus  quia  Atazc,  quæ  ipfamterram  circumvallat  undique  do- 
præfatus  Geraldus  faliidicus  ad  hanc  fanâam  Ro-  nec  perveniat  ad  lavatorium  ipfius  Coriani  cum 
manam  arque  apoftolicam  ecclefiam,  cuiauthore  ipfo  monte  Judaico.  Hæc  omnia  perpetualiter  ad 
Deo  defervio ,  veniens ,  à  nobis  quafi  innocens  fiir-  nabendum  cfamus  huic  ecclefiæ  (uperius  memoratæ 
ripere  voluit  epilcopatum ,  cui  nos  licet  ejus  iniqui-  ejufque  fervientibus  per  pragmaticam  noftræ  regiæ 
tatis  verfutiam  plenius  non  agnofeentes,  commo-  poteftatis>atque concedimus  uttam  ipfi  quam pofteri 
darc  (inc  canonica  cenlura  noluimus.  Ipfe  vero  ut  cam  firmius  tenere  valeant.  Et  ut  hæc  noftræ  regiæ 
multorum  veridica  rclatione  comperimus ,  nefeio  audtoritatis  conftitutio  inviolabilem  in  Dei  nomme 
quas  faillis  epiftolas  per  fubreptionem  quafi  ex  obtineat  vigorem ,  hoc  praematicum  regulæ  fupra- 
noftro  nomine  vobis  perferens,  epilcopatum  Nar-  didtis  fidelibus  noftris  Erifonfo  epifeoro  Vulfardo- 
bonenfem  hac  occafione  armata  manu  depræda-  que  ejus  prelbytero  ,  pofterilque  illorum  fieri  julïi- 
tur,  venerabilisAgius  ejus  infidiis  captus  venirc  ad  mus,  &anuli  noftri  manu  propria  confirmantes im- 
hanc  fan&am  apoftolicam  fedem  diftenur ,  6c  alia  prefiione  fubter  finnarc  præcepimus.  Signum  Karoli 
quam  plurima  de  illo  antequam  per  veftras  litteras  gloriofitïimi  regis.  Gofiinus  notarius  ad  vieem  do- 
cognovimus  audientes.  Quapropter  vobis  per  Emi-  mini  Arvci  arcniepilcopi  fummique  cancçllarii  re- 
nium  archiepilcopum  noftras  apoftolicas  litteras  cognovit  6c  fublcripfit.  Datum  nonas  Julii,  indi&io- 
miiimus,  ut  ipfumfepe  nominatum  Geraldum  per  ne  vu  î.annoxxxi  i  Aedintegrante  arque  régnante  *1*111  iu 
omnia  fallidicum  tenentes ,  inter  epilcopos  non  na-  Karolo  rege  gloriofifiimo.  Aftum  in  villa  Tumis  in 
berctis.  Nunc  quia  ejus  malitiam ,  iniquitatem  at-  Dei  nomine  féliciter.  Amen, 
que  fraudes  à  vcftra  fraternitate  plcniter  agnolcen- 

tes  agnovimus ,  volumus  atque  authoritate  apofto-  ~ 1  J  r~  .  -  - 

lica  mandamus,  ut  (îcut  jam  vobis  (cripfimus,  6c  X  L  I  I. 

Cicri  canoncs  teftantur,  eum  inter  epilcopos  non 

habeatis,  quippe  nec  à  clcricis  vel  populo  civitatis  Plaid  tenu  à  u4ufonne  dans  le  diocefe de 
fit  expetitus,  ncc  à  vobis  fuis  comprovincialibus  Carcaffonne • 

more  folito  ordinatus.  Privilegium  ,  pallium,  6c  _ _ . 

ufum  pallii  vcftro  metropolitano  Agio,  ut  vcftra  Uin  in  Dei  nomine  refideret  Aridemandus  epifi  An.  9 18. 

petivit  dilccbo ,  milimus,  quia  nulli  Ecclefiæ  hoc  copus  fedis  Tolofe  civitatis ,  cum  viro  vénéra-  ArchivBae 

quod  illi  jufte  compctit ,  denegamus.  bili  Bernardo  qui  eft  miffus  advocams  Raymundo  r abbaye  & 


Dei  nomine  féliciter.  Amen. 


X  LI  I. 


lavu  iwuamui  )  vum  nuit 

habeatis,  quippe  ncc  à  clcricis  vel  populo  civitatis  Plaid  tenu  à  j4ufonne  dans  le  diocefe  de 
fit  expetitus,  ncc  à  vobis  fuis  comprovincialibus  Carcajfonne . 

more  folito  ordinatus.  Privilegium  ,  pallium,  6c  _ _ _ 

ufum  pallii  vcftro  metropolitano  Agio,  ut  vcftra  Umin  Dei  nomine  refideret  Aridemandus  epifi  An.  9 18. 

petivit  dilccbo,  milimus,  quia  nulli  Ecclefiæ  hoc  Vj  copus  fedis  Tolofe  civitatis ,  cum  viro  vénéra- 
quod  illi  jufte  compctit ,  denegamus.  bili  Bernardo  qui  eft  miffus  advocams  Raymundo  fabbaye  de 

comité  Tolofe  civitatis  3c  marchio,  per  confenfu  Mooioiiw. 
~  "  " _l  1  '  1  "  "  Odone  comité  genitorc  (uo,  una  cum  abbatibus 

X  L  l  prelby ttris  ,  jucîices ,  (caphinos  ,  6c  regimburgos , 

tam  Gotos  quam  Romanos  leu  etiam  6c  Salicos ,  qui 
Diplôme  de  Charles  le  Simple  en  faveur  jullîs  caulim  audirc,dirimcre,  &  legibus  definire*, 
delèdifcde  S. Quentin  deNarbonne.  &  Donadcusmonachus,Bcllœmonachas,Ame- 

_  0  J  lins  monachus ,  Adalbcrtus ,  Jodolenus ,  L)ona- 

Vcrs  l’an  T  N  nomine  fanëlædc  individuæTrinitatis,Karo-  tus,  Rumaldus  ,  item  Donatus  judiccs  Romano 
Jl  lus  divina  propitiante  mifericordia  rex  Franco-  mm.  Eudegarius,  Aïcobrandus,Radulphus,Hugo, 

Archive* de  111011  Si  fidèles  noftros  ex  noftræ  largitatis  gratia  judid  Gothorum.  Oliba,  Rotgurius,  Àimcnradus  , 

l’cgiifc  de  reddimus  ditatos,erga  noftram  fidelitatem  prom-  Johannes,  Aïmo,  Arloinus,  Arimarcs, Ailcnusjudi- 

NaK.°c"fr/  pborescompericmus  illorum  animos.  Idcirco  volu-  ces  Salicoaun.  Sive  ôc  in  præfcntia  Autario ,  Adalar- 

m*m. p.  777.  mus  faniftæ  Dei  ecclefiæ  fidelium ,  tam  præfcntium  do ,  Olibano ,  Amulfo ,  Ugberto ,  Hugone ,  Gairal- 

*  quam  futurorum  noftrorumquc  fagacitati  innotcf-  do,  Olfendo,  Bellone,  Balacfredo , Iichafredo , Ma¬ 
cère  ,  quod  quidam  epiieopus  Erifons  nofter  fidelis  laignaco ,  Scgcbrando ,  Aribcrto ,  Sanprognano ,  Bo^ 

habitans  Narbonam  per  quendam  venerabilcm  ar-  nemiro,  Oftaldo,  Salvardo  fagione,  &  aEorum  plu- 

chiepifcopum  Rotgarium  Treverenfis  ecclefiæ,  at-  rimorum  bonomm  hominum  qui  cum  cos  refide-t 

Xi  deprecadonibus  Vuillclmi  noftri  magni  mar-  bant  in  mallo  publico  ,  in  caftro  Aufona ,  in  dielâb- 

onis ,  nobis  per  omnia  devotiflimos  fidèles,  no-  bato.  Ibique  in  eorum  præfenda  veniens  fiomo  no¬ 
ftram  humiliter  expetidet  atque  poftulaflèt  cclfitu-  mine  Adalbcrtus  qui  eft  mandatarius  vel  adeertor  ad- 

dinem  ,  ut  eum  atque  Vultfaraum  prcfbytcrum  vocatus  Bernardo  vicariofeniorifuo,dicebat:Donine 

cjufque  nutritum  ex  quibufd^m  rebus  ob  Dei  mife-  epifeope  &  vos  judices  jubete  me  audirc  &  *acltc  * 


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BT-  B"  t  B»  B  ^1. 


Si  '  D  B  LANGUEDOC  5* 

tnihi  jutoiara  do  ifte  Arifonlo  abbate  S.  Johannis  niore  fuo  Bcrnardo  per  donativum  ve]  çqnfenfij 
Baptiftæ  Cal  tri  Malade, q  uæ  eft  firus  iu  cerricorio  Car-  de  jam  dido  comité  Raymundo ,  quam  alodes  de 
tarante  fûper  Suvium  Duranno.  Ifte  jam  didus  ab-  ipfe  venerabile  loco  liiperius  nominato.  Tune  ipfe 
bas  &  ipfe  çongregatio  de  jam  dido  loco  vénéra-  Adalbertus  dixiç  :  quia  non  polïiim  habere  telles 
bile,  refînent  vilare  cujus  vocabulura  eft  Villa-Fcdofi  ncc  feripturas  nec  ullum  judicium  veritaris,  unde 
tfuxaliura  nomen  vocatur  Elfeii  ,  cum  terminis  6c  dicere  nec  probare  pollim  quod  beneficius  debeat 
limiribus  de  adjacenriis  luis ,  qui  eft  fitus  in  territcv-  elfe  feniori  meo  qui  me  mandatarium  injunxit,  fed 
rio  Aufonenfe  in  fuburbio  Carcailènfe.  Fines  vel  plus  débet  elle  alodes  legicimus  de  ipfe  venerabile 
adjacenrias  '  habet  ipfe  jam  didus  vilares,  de  parte  loco  jam  dido,  per  iftas  feripturas  &  per  iftas  litte- 
oriends  adjacità  refminio  de  Ramiano;  demeri-  ras  dominicas,  3c  perilUs  regias  audoritares  quæ 
dieadjacit  in  fluvio  Fifcanum,  lîve  à  terminio  de  noshodie  vidimus  &  audivimus  in  ilium  placirum 
fânda  Eulalia  ;  de  parte  cercii ,  ajacit  à  terminio  legentes  &  relegentes,  quam  beneficius  feniori  meo 
de  ûnda  Eulalia  >  five  à  terminio  de  Villa- Valc-  aut  de  quolibet  homine. ..  nos  epifcopus  &  judices 
riani ,  five  à  terminio  de  Canevellos;  &  de  par-  eum  audivimus  &  vidimus  taies  regias  audoritares 
te  aquilonis  ajdacet  à  terminio  de  Canevellos  i  dç  ad  iftum  roaneferario  Arifonlb  abbate,  non  faimus 
quantum  in  illas  totas  aflrontationes  ahet  ipfe  villare  aulî  nullam  querelam  litteris  contra  etftn  impen- 
conftrudo  cum  terminibus  limidbus  &  ajacendis  dere  :  fed  oer  lege  &  jultitia  ordinaviraus  fegionem 
luis  3  lîcrednet  ifte  jam  didus  abba  injufte  &  malum  nollrura  lupra  nominamm  ,  &  aftringere  fecilfet 
ordine;  unde  fervicius  debet  exire  circa  3c  quarta»  Adalberro  mandatario  Bernardo  ,  ut  confirmalfet 
Sc  cavalcara  >  ficur  alii  Spanii  debent  feccre  de  fuam  conlaudarium  adque  exvacuarione  de  iplo  lù- 
illorum  aprifionc.  Tune  interrogaverunt  ipfijudi-  pranominato  villare  vel  de  luum  terminum.  Recog- 
ces  liipranominad  jam  dido  abbarc:  qui  relpondere  nolco  me  ego  Adalbertus  mandatarius,  quod  ne- 
yellis  deac  caulâ  unde  ifte  mandatarius  Bernardo  gare  non  polliim,  &  lîc  facio  meam  profelîîone 
te  interpellât.  Tune  ipfe  abbas  præfens  fterit  &di-  adque  exvaguarione  >  quæ  de  ipfe  vilare  liiperius 
m  :  Ego  mandatario  abeo  qui  pro  me  relpondere  nomirlatum,  unde  ego  per  vocem  feniori  meo  in- 
deber,  &  dédit  ibi  liuim  mandatarium  vel  adfer-  terpellavi  Soniario  mandatarium  Arifonlb  abbate, 
tqrem  >  advocarum  nomineSoniarium;  &  Soniarius  injufte  &  malum  ordine  eum  interpellavit  adque 
ibi  præfens  fterit  ôc  dixit:  non  retinet  illc  abbas  mallavit,  que  plus  debet  elfe  ipfe  vilares  cum  finis 
nee  ilia  çongregatio  jam  dida ,  cui  ego  vocem  pro-  Sc  terminis  fuis,  lïcut  fcriptum  eft,  alodes  legiri- 

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te  interpellât.  Tune  ipfe  abbas  præfens  fterit  &di-  adque  exvaguarione ,  quæ  de  ipfe  vilare  liiperius 
m:  Ego  mandatario  abeo  qui  pro  me  relpondere  nomirlatum,  unde  ego  per  vocem  feniori  meo  in- 
deber,  &  dédit  ibi  finun  mandatarium  vel  adfer-  terpellavi  Soniario  mandatarium  Arifonlb  abbate, 
tqrem  >  advocarum  nomineSoniarium;  &  Soniarius  injufte  &  malum  ordine  eum  interpellavit  adque 
ibi  prefens  fterit  6c  dixit:  non  retinet  illc  abbas  mallavit,  que  plus  debet  elfe  ipfe  vilares  cum  finis 
Me  ilia  çongregatio  jam  dida ,  cui  ego  vocem  pro-  Sc  terminis  fuis,  ficut  fcriptum  eft,  alodes  legiri- 
fequor,  ipliim  villarem  liipra  nominatum  injufte  6c  mum  de  ilia  jam  dida  caû-Dei  adque  venerabili 
malum  ordine*,  fcdlegibus  cum  acquifierunt  ante-  loco,  five  Arifonlb  abbate,  vel  ad  ejus  congrega- 
çejlores  fui  per  feripturas  emtionis  legalibus  fedus,  tione,  per  illorum  audorirate  6c  per  regia  dona- 
&per  judiciis legibus  ordinaris,  quifuerunt  dccreti  tione,  quam  beneficius  fcniore  meo  qui  me  man- 
i h  çivitare  Carcailbna  ante  Olibane  comité,  &  ante  datarium  injunxit,  aut  de  qliolibet  hominem.  Et  ea 
Fredario  vicecomite,  five  ante  aliis  viris  6c  bonis  qUæ  eg0  lîlc  recognofeo  arque  exyaaro,  fimulquc 
hominibus,  &  pnreeptum  habet  ipfe  çongregatio,  conlaudo  rede  6c  veraciter,  me  recognofeo  arque 
ex  regia  audorirate,  quod  adquilïvic  Ugbertus,  qui  eonlaudo,  6c  mea  rccognoxio  vera  eft  in  omnibus, 
fuit  quondam,  ante  Ôdonc  rege  de  jam  aido  viilare ,  Et  congaudcr  fe  Suniarius  mandatarius  Arifonlb  ab- 
&  liteera  feu  audoritare  habet  ipfe  çongregatio  vel  bâte  in  noftro  judicio  feam  plenifiimam  adquefivit 
alium  præceptum  quod  acquifivit  Rainulfus  abba ,  julliriam.  Dato  judicio  ifto  xvi.  Kal.  Julii  anno  xxr. 
qui  fuit  condain,  Carlo  gloriolillimo  rege,  &pri-  régnante  Carolo  rege.  Sigmun  Daniel.  Adalberrus 
yilegium  ifte  jam  didus  Arifonlus  abba  qui  me  man-  mandatarius.  Gavarnal.  Sign.  f  Aïtarius.  Sign.  f  Aïr 
datarium  injunxit,  &littcras  dominicas  de  Romain  dulfo,  Sign.  f  Jodoleno,  Sig.  f  Aimone,  Sign.  f 
&  de  beato  Joanne  papa  fcdis  apoftolicæ  fendi  Leudgario  ,  Sign.  fEcbrando,  Sign.  f  Olibane  , 

Pétri,  qui  eft  mater  omnium  eeelefiarum ,  per  quod  Sign*  t  Rodgario  ,  Sien,  f  Radramno  ,  Sign.  f 
nulliun  obfcquium  nec  nullum  fervirium  non  de-  Guilberto,  Sign.  f . . .  chone ,  Sign.  f  Ratario,  Sign.f 
bent  feccrc  de  jam  dido  villare  nec  de  fuum  ter-  Donato,Sign.tHugone,Sign.  f  Leutgario,  Sign. -p 
minium;  fcd  omnia  haecin  alimonia  pauperum  &  Rodulfo , Sign.  f  Agileno,  Sign.f  Scafrcd , Sign.f 
in  ftipendia  monachorum.  Cum  autem  iplè  epifcopus  Dcudado ,  Sign.  f  Stephano ,  Sign.  f  Johanne,  Sign.f 
(upranominatus,  &  ipfe  judices  audiftent  Soniario  Elizæo, Sign.f  Berrranno, Sign.  fGuntario, Sign.f 
mandatarium  Arifonlo  abbate  fie  rdj^ondenrun,  de-  Eldefrcdo ,  Sign.  item  alio  Deudado ,  Sign.  Agila , 
ereverunt  judicium;  6c  ordinaverunt  Soniario  man-  Sjgn.  Emidario,Sign.  Amicaignago,  Sign.  Undclane. 
datarium  ut  aramiret  foas  feriptu  ras  6c  litteras  do¬ 
minicas,  quod  illc  ibidem  poftulavit,  ficut  6c  fecit ,  6c  ~  •  — rr— — 

aramivit  eas  ad  placirum  conftitutum.  Iterum  ad  ip-  X  L  I  I  I, 

fom  placirum  conftitutum  venir  Arifonlus  abba  6c 

advocarus  Soniarius  cum  fiias  audoritares  in  præfen-  Extrait  d'une  charte  de  l* rglife  de  BefîerS*  ~ 
tia  de  jam  dido  epifeono ,  6c  de  lupranominaro  vi-  \  ^  x 

çario,  &  in  præfenria  de  jam  didos  judices  vei  audi-  r  Go  Trudildis  6c  filius  meus  Fijlcherius  & 

tores,  &  fie  præfenravit  iplos  præccptos  6c  iplîim  C  Leudoinus  prelbyter  donatores  fumus  adeede- 

privilcgium,&  iudicios  6c  audoritares  de  liipranomi-  fiam  fcdis  fendi  Nazarii  Biterrenfis ,  in  rceno  Sepri-  Bcficn. 
nato  vilare,  unde  alodes  legirimum  debet  efle  de  jam  manier ,  in  comitatu  6c  rerritorio  Bitcrrenfi ,  in  villa 
dida  cafe-Dei  6c  de  ipfe  congregarionefuperiusno-  Àureliago,  in  ecciefia  fendi  Johannis-Baptillæ  odo 
minata.  Rurliim  vero  nos  epifcopus  6c  judices  fiipe-  portiones  nobis  débitas  rricennali  lege  a  nobis  & 
nus  nominari  cum  audifièmus  6c  vidifiemus  talem  hæredibus  noftris  pollèlfes,  quorum  hæc  (îmt  no- 
rei  veritaris  6c  taie  legum  audoritaris,  inrerrogavi-  mina:  Agiricus,  Scubiliarius ,  Paulus,  Ardo,  Do- 
mus  Adalberto  mandatario  de  jam  dido  Bernardo  minicus,Elpericus,Stabilis,Savinus,&:c.Adumxi  v. 
vicario  millo  Raymundo  comité ,  fi  potehat  habere  Kal.  Novembris ,  anno  x  x  i.  régnante  Carolo  rege 
feripturas  aut  telles  aut  ullum  judicium  veritaris ,  ut  poft  obicum  Odonis. 
poüït  approbare  quod  beneficius  debet  elfe  de  fe- 


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59 


An.  5?xo. 

Archive*  de 
U  cathédrale 
d'Aibi. 


PREUVES  DE  L’ HISTOIRE  6o 

6c  inliiper  ut  prius  damna  temporalia  experiatur , 
“  cogcnte  fifeo,  auii  libras  x.  argent!  pondéra  xi  i. 
coadus  exfolvat  ;  &  fua  repetitio  nullis  modis  nul- 
lilque  ingeniis  obdncat  efïedum:  fedpræfcns  carta 
ifta....omniquc  temporc  mançat  inconvulfâ,  &c. 
Fada  carta  iftâ  (ub  die  Jovis ,  quarto  Idus  Odo- 
bris  anno  vigefimo  quarto ,  régnante  Karolo  rege. 


X  LI  V. 

J 'Donation  à  la  cathédrale  d' A Ibi. 


MUndi  (enio  fc  (è  impellcnte  ad  occafum , 
divinis  jubemur  præceptis  cibum  operamini 
qui  perire  non  noverit,  frudumque  ferre  virtutis 
qui  permaneat  in  futuro  -,  dccet  enim  ur  qui  fuper 
fundamentum  Chtifti  ftabiliti ,  fundatique  ac  radi- 
cati  fumus,  ædificium  exauro,argcnto,  lapidibuf- 
que  pretiofis,  bonorum  (cilicet  proventibus  operum 
conftruamus,  quod  examine  divini  judicii  urgente 

f»robabile  inveniamur  ,  6c  non  fragilibus  materiis 
igno  (cilicet,  fæno,  &  ftipula  mortaüum  (cilicet  de- 
trimentum  operum  conftrudum  in  modicum  com- 
buratur >  &c.  Quaproptcr  ieitur  ego  in  Dci  no- 
mine  Bcncvcntus  prdbyter  five  archidiaconus ,  dé¬ 
vora  mente  pertradans  ex  rébus  caducis  ac  tranfi- 
toriis,  juxta  meam  pollciïioncm  præbcre  ftudui >  cujus 
gradibus  à  (orde  pcccati  immunis  aulam  fupcmæ 
civitatis  mercar  ingredi.  Dcum  igitur  omnium  per 
hanccartam,  (àndilquc  ejusmihi  hærcdemcxqui- 
bu(üam  proprieratis  meæ  rébus  erigo,  qui  ftint  in 
pago  Albienfi,  in  minifterio  Montanienfr* ,  in  villa 
nuncupatis  quæ  dicitur  Avanis  ,  ubi  ip(â  eft  cc- 
clefia  ædificata  vel  conftruda  in  honore  iandæ  Cæ- 
cifce.  Cedo  ad  ipfàm  ecclcliam  domibus  ædificiis 
qui  ibidem  funt  conjundi,  tam  vincas  quam  terras, 
tam  6c  omnes  fuperpofitas  earum  quantumeumque 
infra  ip(a  villa  jam  dida  Avancs,  vel  in  ejus  terri- 
torio  ibidem  afpicientcm ,  quod  a  præfcnte  die  mca 
videtur  efle  polleflio ,  totum  6c  abintegrum  ibiccdo. 
Similiter  6c  in  Cilicio  6:  in  ejus  aro ,  vincas  vel  ter¬ 
ras  tam  ex  comparatione  quam  ex  qualibet  adtra- 
dum  à  me  nolcitur  pcrvcnille,  ibi  ccdo.  Similiter 
in  Paupcriago  vel  in  ejus  aro ,  terras  6c  vincas  to¬ 
tum  &  ab  integrum  cedo  ad  ip(am  ecclefiam ,  vel 
ipfos  (ervientes  qui  ibidem  Dco  defervire  no(cun- 
tur,  ut  illis  lit  in  alimonia  6c  ftipendia  patipcrum  \ 
&  nihil  ab  illis  aliud  exigarur  exindc,  Albiæ  civitatis 
domnæ  (andx  Cæciliæ  marris  eeelefiæ  fcfto ,  (olidum 
unum  adluminaria  confignanda  annis  (ingulis  per- 
folvantur  :  dum  ego  vivo  ufumfruduarium  fubja- 
ceat  poteftati  meæ,  port  obitum  vero  meum,  ipfâ 
capclla  qux  eft  fundata  in  honore  Gndæ  Cæciliæ 
fuperius  nominata,  cum  omnes  res  quas  ego  cicon- 
ccïîi  exbona  voluntate ,  Chrifto  propitio,  confirmo  ; 
6c  ccdo  ad  ecclefiam  fimdæ  Cæciliæ  marris  cccicfiæ 
qui  eft  fundata  infra  muros  Albiæ  civitatis ,  ubi  Go- 
aalricus  cpi(copus  redor  efle  videtur,  (iiifiiiic  ca- 
nonicis  volo  elle  conceflum ,  ad  ftipendia  fratrum 
&  in  alimonia  pauperum  :  hoc  funt  domibus,  ædi- 
ficiis,  terris,  vincis  cultis  &incultis,  quæfitum  & 
inquifitum  &  quod  inquirendum  eft ,  pratis ,  paf- 
adjaccntiis,  faltis  atquc  fubjundis  per  hanc 


X  L  V. 

Charte  du  roi  Charles  le  Simple ,  en  faveur 
de  l’cglife  de  Narbonne. 


I 


N  nomine  fândæ  & individuæ  Trinitatis,Karo- 
lus ,  divina  propitiantc  clementia,  rex  Francorum. 


An. 


m. 


cuis  s 


cartam  ceflionis  manibus  meis  trado  ad  habendum , 
vel  poftîdendum  ;  in  omnibus  quidquid  voluerint 
redores  ipfius  eeelefiæ,  fuorumque  canonicorum, 
fiait  melius  requiverint ,  cis  tribu Jturliccntia  abfque 
ulla  contrarietate.  Si  quis  vero  liane  cartam  quam 
ego  pro  amore  Dci  ac  venerationc  bcatæ  Cæciliæ 
matris  eeelefiæ  fieri  ftatuo ,  aut  regix  poteftutis  dig- 
nitas,  aut  epilcoporum  cupiditas,  aut  quorumlibet 
procerum  (ublimitas ,  five  propinquorum  meorum 
cupiditas  venire  aut  infringere  voluerit ,  ei  Joli  frau- 
dclque  irrita  fiant ,  &  infuper  iram  Dei  omnipo- 
tentis  incurrat  &  ab  eeelefiæ  (àndæ  extrancus  6c 
ab  omni  communione  chriftianorum  alicnus ,  6cc. 


Si  kxis  Gcris  6c  divino  cultui  mancipatis ,  cmolumen-  ifcV£*  ',c 
tum  noftræ  regix  poteftatis  impendimus ,  augendo  Narbonne. 

Îuæ  non  habent,  corroborando  quæ  polfidcnt,  re- 
imendo  etiam  quæ  ablata  funt  >  non  iblum  in  hoc  »•  4*  ’ 
regiam  excellentiam  imitamur ,  verum  etiam  iplb  do¬ 
mino  propitio,  &  tandis  ejus  intervenientibus ,  ærer- 
nam  nobis  poft  tcmporalem  coronam ,  adfiituram , 
liquido  crcdimus.  Quaproptcr  noverit  omnium  (an- 
dæ  Dci  eeelefiæ  fidcliiun  noftrorumque  tam  præfcn- 
tium  quam  fiituronim  induftria ,  quia  acceftit  ad  de- 
mentiam  ferenitatis  noftræ  Uvigo ,  fândæ  Gcrun- 
denfis  ccclcliæ  epifeopus,  dcprecans  nobis,  ut  cui- 
dam  fideli  noftro  Aigoni,  fândæ  NarboncnfisacRc- 
dcnlis  ecclclix  arclnpræfuli ,  (cripturas  eeelefiæ  fuæ 
renovando  confirmaremus  :  &  innotuit  nobis  de  pau- 
pertate  cjuldem  epifcopatu ,  &  quemadmodum  ipfâ 
iedes,  6c  penc  omnes  eeelefiæ  ejufdem  civitatis,  rui- 
næ  jam  proximæ  exiftebant -,  ita  ut  per  ipfiim  nullate- 
nus  poilent  reftaurari.  Deferens  etiam  quafdam  au- 
doritates  piirtimorum  regum  Hludovid ,  (cilicet  ge- 
nitoris  noitri ,  neenon  Karlomanni  frarris  noftri,  qui- 
bus  contincbatur  quod  Sigebodus  eju(Hcm  Narbonæ 
epi(copus ,  quædam  recepcrit  ad  augmenrum  fux  ee¬ 
elefiæ  bcnchciola ,  à  fe  fuifque  fuccellbribus  perpe- 
tualitcr  poifidenda.  Cujus  petitionem  ncccllàriam 
6c  rationabilcm  cfic  cognolccnces ,  placuit  cclfitudini 
noftræ ,  pro  remedio  animarum  genitoris  &  fratris 
noftri  atquc  noftræ ,  quatenus  ad  eandem  ecclefiam 
Gndorum  Jufti&  Paftoris ,  neenon  &  (ândi  Pauli 
confeiloris ,  ubi  ip(c  vcncrabilis  vir  corpore  rcquicfdt 
abbatiam  fandi  Laurcntii  cum  omnibus  fuis  cdlulis, 

&c.  comme  ci  -  dejfus ,  page  trente-huit ,  £2  fuivante. 

Addimus  quoque  præfâtæ  cccicfiæ  fandorum  Jufti 
6c  Paftoris ,  ex  noftra  rcgali  libcralitate ,  in  comitaru 
Rcdcnli ,  abbatiam  Cubarias,  cum  ecclefiis, cellulis, 
villaribus  &  omnibus  adjacentiis  fuis,  ac  mandpiis 
utriufque  fexus,  ad  eundem  locum  pertinentibus.  Si 
vero  infra  iftas  vel  alias  villas  ejufdem  eeelefiæ ,  homi- 
ncs  Hoftolenfes  vel  Hifpani  fiierint ,  quidquid  jus 
fifei  inde  exigerc  debet  totum  ad  opus  fândæ  matris 
eeelefiæ  Narboncnfis  jure  perpetuo  concedimus  ob- 
tinendum.  Et  ut  hoc  præccpmm  noftræ  audoritads 
inviolabile  ac  ætemum  obtineat  vigorcm ,  manu 
propria  fubter  firmavimus  &  ânnuli  noftri  imprefi- 
lione  juftimus  figillari. 

Sig  |  num  Karoli  gloriofillimi  regis. 

Hagano  notaritis  ad  vieem  Rotgeri  archiepifcopi 
(iimmiaue  cancellarii  rccognovit  &  fublcripfit.  Data 
vu.  idus  Junii ,  indidione  x.  anno  xx  x.  régnante 
domno  Karolo,  redintegrante  xxv.  largiore  vero 
hereditate  indempta  xi.  Adum  in  Serico  contra 
Torn  ,  in  Dei  nomine  féliciter.  Amen. 


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61 


Vers  Fan 

511. 

Ctrtulîire 
4e  l*»iche vê- 
chê  de  Nar¬ 
bonne. 

V.  Cite/, 
ttwes.p.  8  j. 


6i  DE  LANGUEDOC.  61 

■  —  _  -  veniens  Addardus  epifeopus  ecclefiæ  Anicienfis  feu 

Vallavenlis,  experierir  ccliitudinem  noftrara,  utec- 
X  L  V  I.  clefiam  ,  cui  Dco  ordinante  præliil  elle  dignofeitur, 

de  rebus  juris  noftri  accrefeere  lub  noftræ  piæcepcio- 
Lettrt  £  Aïy>  archevêque  de  Narbonne ,  nis  autoritate  dignaremur.  Cujuspetkioni  benignura 
à  deux  évêques  de  fa  province .  prxbcnres  aileatura ,  regum  morem  fervantes ,  hoc 

præceprum  immunitatis  heri  juffimus,  concedentes 
VenerabiJi  Agamberco  neenon  &  Elcfonfb  epilco-  ci,  ommbulquefuccelloribus  omne  burgum  ipfi  ec- 
pis.  Agio  Narboncnfis  fedis  epifeopus,  muldmodas  clefiæ  adjacearem  ,  3c  univerû  quæ  ibidem  ad  do- 

onjtiones.  minium  3  3c  poteftatem  comitis  haâenus  pertinuillè 

viiâ  feint  i  forum  iciliccr ,  ceJoneum,  monctam,  & 

AUdivimus  quod  vosairtim  pergere  his  diebus  omnem  diftriâum  cmn  terra  &  manfionibus  ipfius 
debetis  :  Idcirco  ad  deprecandum  comités  no-  burgi ,  &  ita  deinceps  iixe  noftri  præœpti  autoritas, 


ne  valete. 


X  L  V  I  I. 


impetrare  nobis  non  dedignemini.  Ita  &nos  preca-  GuilleJmi  avunculi  fui  arque  omnium  parentum  fuo- 
mur  &  fupplicamus,  ut  relatum  quod  feiperiusfcri-  rum>  ^  gcnitricis&  perpetuæ  virginis,  ecclefiæ' 
ptum  eft  >  lie  apud  regem  impetrare  non  pigeât.  Be-  prædido  pontifia  cominifli  concedimus  ,  firmirer 


3c  inviolabilitcr  deinceps  confervetur ,  ut  nulius  co¬ 
rnes  ,  aut  judex  publiais,  aur  aliqua  fecularis  pote- 
(las  ibi  audcar  aliquam  exathonem  fàcere ,  atque 
man/ionaticas ,  aut  padiones ,  aut  aliquas  redhibi- 
tiones  exigere  fine  voluntate  aut  permiflione  epifeopi 
qui  ipfem  tenuerk  ecclefiam  j  fed  omnia  in  potefta- 
cem epifeopi  redigantur,  3c  ipfe  omnia, pro  utfibi 
redle  placuerit,  ordinet,  teneat,  arque  pollideat.  Ut 
autem  hæc  auéforitas  lîrmitcr  habeatur ,  3c  à  fideli- 
bus  (ânétæ  Dei  ecclefiæ  fotur is  cemporibus  diligea- 
tius  confervetur,  id  annuJo  noflro  feibter  juffimus 
figillari. 

Signum  Rodulphi  regis gloriofi.  Datum  vf.idus 


T ejlament  de  Guillemette  comtejfe  de 
Melçueil. 

Vers  1  an  ¥>  Reve  divifionale  quod  dimifit  Guillerma  fide- 
13  lilfima  Dei ,  dum  jaccret  in  le&o  egritudinis  lue  : 
d-i<comrc^?e  ^cnc  meraorata  recognovit  fàdnora  fiia ,  3c  jullît 
Bemardo  comiti  filio  foo  ut  donaret  res  Tuas  mobiles 

d’Aubayi.  n.  &  immobiles  in  ccclefiis,  in  làcerdodbus&in  pau- 
nao.^.to. _ ,  •  • _ j-  • _ „  r. _ _ _ 


peribus.  In  primis  ordinavit  corpus  fiium  requiefee-  April.  indidione  x.  *  anno  primo  régnante  Rodul- 
re  in  ecclelîa  S.  Pétri  fedis  Maealone ,  ubi  iuflîr  allô-  pho  reee  eloriolifiimo ,  anno  91$.  Adum  Cabiloûc 


re  in  ecclelîa  S.  Pétri  fedis  Magalone ,  ubi  julfit  allo- 
dium  quod  habebatin  villa  <ïe  Agulânicis,  vel  in 
ejus  terminio ,  &inalia  villa  quæ  vocatur  Novigens 

Etum  ibidem  ibi  habuit  :  in  tali  vero  rationc  ut 
ium  lupraferiptum  de  villa  de  Agulânicis  teneat 
epifeopus  de  fiipradida  fede  in  opus  ùium ,  &  allo- 
aium  de  villa  Novigens  teneant  canonici  in  lupradi- 
da  fede  in  communia ,  3c  non  habeat  licentiam  epife 
copus  nec  ullus  homo  in  ipfum  allodium  fiiprano- 
minatum  donarc  per  fidem  ad  ullum  hominera  ;  & 
fi  hoc  feccrit  epifeopus ,  ad  Bernardun\  comirem  re- 


pho  rege  glonoliüimo ,  anno  915.  Acèum  CabiloDc 
civitate  in  Dei  nomine  féliciter.  Amep. 


X  L  I  X. 

Donation  faite  i  l’abbaye  de  Montoliea 
par  Odon  vicomte  de  Narbonne. 

IN  nomine  Domini  ætemi  ac  fummi  Dei.  Ego 
Oddo  nutu  Dei  vicccomes  una  cum  uxore  mca 


*  Itf.  X  1 1. 


An.  914- 

Archiver  de 


vertatur.  Et  in  vicaria  Agonefi  divilit  Bemardo  co-  nomine  Richeldc,  cum  animadverreremus  quanta  l’abbaye  ac 

miti  filio  fiio  villam  quam  vocam  Avcnza  cum  fiio  &  qualia  omnipotens  Dominus  nobis  præftiterit  3c  Mom0iieu- 

terminio  8c  cum  omnibus  adjaccntiis  fois;  in  tali  iflius  mundi  prolpera  atque  deledabilia  miromodo 

pdo  deliberationis  dum  eft  vivus  Bemardus  cornes  nobis  intulerir ,  cum  rébus  mundanis  multis  modis 

teneat  3c  pollideat ,  3c  poft  obitum  fuum  ad  S. Pctrum  urcremur  dum  periruri  &culi  opibus  ftuimur ,  Chrr- 

fedis  Magalone  revertarur,  &  teneat  epifeopus  vel  fti  inlpirante  gratia,  intelleximus  cloquia  divina, 

canonici  in  fua  communia  ficut  de  alio  aüodio  feri-  in  quibus  reperiunmr  præmia  magna  clemolinarum 

ptum  eft.  Alias  res  fuas  dimifit  in  poteftate  Bemordi  r e£kc  properantibus  ad  ætemæ  vitæ  gaudia,  utloqui- 

filii  fiii.  Fadlum  eft  hoc  brève  divilionalc  vu.  Kal.  tur  in  lâcra  fcriptura,  defudet  elcmojina  tn  manu 

Febr.  anno  régnante  Carolo  rege  :  diâa  coimdlla  tua  &  dontt . tn  marte  libérât  animant  :  elc- 

firmavit.  mofinâ  grata  umverfa  mandant ur  peccata ,  & penti 

_  _  _  ignis  cxtmqHitur  aaua,  ita  elemofin a  extingutt  pec¬ 

cata:  led  quia  in  divinis  feripturis  verifimiia  repe- 
X  L  V  I  I  I.  riuntur  cxcmpla,  atque  chriftianosdecerfiimma  cum 

devotione  concurrcrc  templa....  quatinus  ad  co- 

Charte  du  Roy  Raoul  en  faveur  de  téglife  rum  mdiorarionis _ Chrifto  Domino  de  noftro 

du  jTuy.  jure  polfellionum  prædia.  Propcerea ,  aux iliantc  Do¬ 

mino,  proprerætcrnam  retributionemceleftequere- 

IN  nomine  Dei  3c  Salvatoris  noftri  Jefii  Chrifti ,  medium  ,  plaaiit  animis  noftris  nullius  cogcnds 
Rodulphus  divina  ordinante  ’providentia  rex.  Si  imperio  nec  fuadentis  ingenio ,  fed  propria  8c  fjx>n- 


X  L  V  I  I  I.  riuntur  cxcmpla,  atque  chriftianosdecerfiimma  cum 

devotione  concurrcrc  templa....  quatinus  ad  co- 

Charte  du  Roy  Raoul  en  faveur  de  têglife  rum  meliorationis _ Chrifto  Domino  de  noftro 

du  jTuy .  jure  polfellionum  prædia.  Propcerea ,  auxiliante  Do- 

—  mino,  proprerætcrnam  retributionemceleftequere- 

AN.914.  T  N  nomine  Dei  3c  Salvatoris  noftri  Jefii  Chrifti,  medium  ,  plaaiit  animis  noftris  nullius  cogcnds 
*'G*u.chrtf.  Rodulphus  divina  ordinante  ’providentia  rex.  Si  imperio  nec  fuadentis  ingenio,  fed  propria  &fpon- 
££  a.  u.  2.  peririonibus  fervorum  Dei  pro  quiouflibet  ccclefiafti-  tança  hoc  elegit  noftra  bona  volunras ,  ut  ad  Dei  ho- 
neceflitaribus  aurcm  fcrenitatisnoftrælibentcrac-  norabile  arque  magnificum  camobium  S.  Johannis 
?  i ;  «  7 .  commodamus ,  id  nobis ,  3c  ad  vitam  mortalem  tem-  Baptiltæ,  quod  eft  fitum  in  territorio  Carcal laili ,  loco 
Zi; poraliter deducendam  ,  3c  ad ætemam  féliciter obti-  nimcupato Caftro Mallafti cujus eft vocabuhim Vallis- 
4u  p*  nendam  profliturum  liquido  credimus.  Idcirco  no-  Sigarii ,  donarionem  ftdamus  de  alode  noftro ,  quod 
tum  fbrè  volumus  cunftis  fidelibus  lânélæDci  eccle-  ita  &  fecimus.  Donamus  cnim  ad  jam  diehimmo- 
fi «&  noftris ,  præfentibusfeiiicetac  fùturis, quaker  nafterium  S.  Johannis  &  abbad  nomine  Arifonlb 


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t 


«i  PREUVES  DEL’ HISTOIRE 


<54 


i 


■præfenti  ipfius  monaftcrii ,  &  monachis  omnibus  fu- 
turis  &  præfèntibus  in  eodcm  loco  Chrifto  fcrvien-. 
tibus ,  jura  ,  cum  confenfu  domni  Agonis  àrchie- 
nscopi  ht  PoNcii  comitis,  ipfiim  alodem  noftrum  in 
comitatu  Narbonenfi*,  id  cft  villare  qui  vocatur  Aquæ- 
dudlus  cum  omni  fuo  territorio ,  qui  mihi  advenir  ex 
parte  mei  genitoris  nomine  Francoms  tncttgcnitn- 
us  nomine  Erjîndis  qui  fuerunt  quondam  ,  qucm 
videlicer  alodem  idem  parer  meus  Franco  fupra  nomi- 
natus  adquifivit  per  præceptum  quod  illi  fecit  do- 
mnus  Karolus  incliti  régis  Lodovici  filius.  Affrontât 
aurem  prædidhis  villaris  Aquædu&uscum  omni  fuo 
terminio  feu  territorio,  in  terminio  villæ  quæ voca¬ 
tur  Aquaviva  *,  ex  meridie  affronrat  in  terminio  de  vil- 
lare  quem  vocant  Salela  \  8c  ex  parte  circii  affrontât  uf- 
ue  in  rivum  quem  vocant  Seillir  five  in  terminio 
e  villa  Troliares-,  de  aquilonc  vero  affrontât  cum 
terminio  deOviliano,  (îve  in  terminio  quod  dicitur 
Canimaler  :  quantumeumque  prædi&æ  aftrontationes 
quatuor  concludunt  cum  finibus,  &  terminis ,  limi- 
tibus,  fixuris,  &  ajacentiis  -,  omnia  8c  in  omnibus  quan¬ 
tum  in  (upradi&o  loco  vcl  territorio  habemus,  vel 
quilibet  habet  vel  tenet  per  nos ,  five  quantumlibet 
ad  præfatum  villarem  nomine  Aquædudhisfpedare 
vel  pertinere  videtur ,  tam  loca  ruff ica  quam  &  urba- 
na,  tamadquifimm  quam  ad  inquirendum ,  tam  di- 
vifum  quam  ad  dividendum  -,  totum  donamus  & 
cedimus  ,dimittimus&  evacuamus  omnipotenti  Deo, 
fan&iffimo  Johanni  Baptiftæ ,  8c  præfcripto  monafte- 
rioficut  fuperius  dichim  eft,  ut  ab  hodierna  die  & 
deinccps  ex  noftra  poteftate  in  proprio  jure  8c  domi- 
nio  præfcripti  monaftcrii  permaneat  per  alodem  in 
perpetuum  habiturum.  Præmiftàm  vero  donationetn 
fccimus  propterfpem  vitæætemæ,  8c  rcmillioncm 
pcccatorum  noftrorum ,  ob  rcmedium  genitoris  meæ 
&  genitricis  mcæ  &  fratrum  meorum ,  arque  pro  fa- 
lute  &  rcmedio  animæ  senioris  mei  Poncii  comitis, 
ut  inpræfenti  feculo  &futuro,  intervenientibus  me¬ 
ntis  ipfius  Baptiftæ  Johannis ,  ab  ipfo  Domino  merces 
nobis  aderefeat  feu  recompcnlètur ,  quatinus  in  die 
judicii  ante  tribunal  æterni  judicis  venientes  veniam 
mcrcamur  percipcre  omnium  dcli<ftorum.  Et  hoc  agi- 
mus  tali  modo  taliquetenorc,  ut  hæc  noftra  fupra- 
fcripta  donatio  femper  8c  in  æternum  fit  præfixa  8c 
immobilis ,  in  communia  prædi&i  cctnobii  ad  ali- 
moniam  pauperum  fub  amodia  monachorum  cætc- 
rorumauc  fidelium  egenorum  -,  nullufque  abbas  vcl 
præpontus  fæcularis  vel  monachus ,  neque  aliquis 
pinceps  aut  poteftas,  pollitdare,  commutarc,  vel 
alienare,  feu  aufferreà  communia  prædi&i  monafte- 
rii ,  quod  abfit.  Scd  fi  fecerit  aut  præfumpfcrit,  ille 
qui  acccpcrit,poft  primam  autfecundam  ammonitio- 
nem  vice-comui  Narbonenfi  qui  illo  tempore  eidem 
urbi  præfuerit ,  xx.  libras  auri  pcrfolvcre  cogatur  ; 
infuper  &  ad  præfcriptum  monafterium  redeat  no 
ftrum  alodem  nomine  Aquæduckum  duplum  &  me- 
lioratum  rcftituatatque  componat,  cogente  prædidlo 
Narboncnfium  principe  qui  illo  fuperftes  fiierit  tem- 
porc.  Sane ,  quod  fieri  poffit  minime  credo ,  quod  fi 
aliquis  ex  parentibus  noftiis  aut  aliqua  poteftas  vel 
princeps,  feu  aliqua  utriufquc  (exus  fubrogata  vcl 
admifla  perfona  advencrit ,  &  hanc  noftram  dona- 
tionem  infringere  tcmptaverit,aut  difrumpere  vel  in- 
inquietare  præfumpferit . .  • .  corrcxerit ,  (àtifqucfa- 
ciendo  coram  Deo  &  præfato  monafterio  publiée 
pœnituerit ,  iram  æterni  judicis  irremidiabiliter  in- 
currat,&  cum  Pharaone  impiiffimo,  cum  Datan  & 
Abiron ,  Annania&  Saphora  quos  terra  abfbrbuit  in 
imo  ,  &  cum  Juda  preditore  qui  D.  J.  C.  tradidit 
omni  excommunicatione  damnatus  fine  fine  in  per¬ 


petuum  luat  débitas  pâmas.  Amen.  Taliter  hæc  noftra 
præmiflà  donatio  firma  8c  ftabilis  permaneat  omni 
tempore.  Fadta  feriptura  ifta  hujus  donationis  fub 

era  dcccc . xvi.  Kalend.  Januarii ,  anno  xxvn. 

régnante  Karolo  rege.  S.  Oddonis  vice-comitis.S.Ri- 
cheldis  qui  hanc  donationcmfirmantes  firmare  roga- 
vimus,  S.Poncii  comitis  ht  MARCHiONisquicon- 
fênfit  &  firmavit.  S.  Erifonfus  epifcopus.  S.  Agonjs 
epifeopi.  S.  Aimerici  archicpifcopi.  S.  Reynardi  epif- 
copi.  S.  Raymundi.  S.lfolilevitæ.  S.  BamardiChrifti 
famuli  hiunilifque  abbatis.  S.  Mironis  ficerdotis. 
S.  Wlveradi.  S.  Aimonis.  S.  Salomonis.  S.  Mironis. 
S.  Adrovarii.  S.  Kami.  S.  Ragaberti.  S.  Atonis.  S.  Ro- 
gerii.  S.Jorii.  S.  Geneiii.  S.  Gairaldi.  S.  Alarici.  S.  Ale- 
nor ...  S.  Alfarici.  S.  Salvii  prelbiteri.  S.  Witardi. 
S.  Barnardi.  Ebonces  qui  hanc  donationem  fcripfit  8c 
relegit  fub  die  8c  anno  quod  fupra. 


L. 

Donation  d  tèglife  de  S.  Paul  de 
Narbonne  far  Vulvcradus  vicomte . 

SAcrofandtæ  Bafilicæ  S.  Pauli  confefforis  Domini ,  9 1 Y * 

neenon  &  SS.  cætcrorum  quorum  hic  reliquiæ 
continenmr ,  &  cft  ipfe  locus  finis  fuper  fluvium 
Atazc ,  trans  ponte  ubi  dicunt  ad  Albolas,  ubi  fanftus 
Paulus  corpore  requiefeit.  Quamobrcm  ego  igiturin 
Dci  nomine  Vulveradus  vicecomes  donator,  dono 
adloaim  fimeti  Pauli  pro  remedium  animæ  meæ& 
paientorum  meorum  alodem  in  comitatu  Narbo- 
nenfi,  in  terminio  de  villa  Rocalonga,  qui  mihi  ad¬ 
venir  de  comparatione  vel  pcrcarta  feriptionis,  hoc 
funt  manfis  conftmdis,  terris  cultis  &incultis,  vi- 
neis,  arboribuspomiferis&  impomiferis,  pratis,paf- 
aiis,  filvis,  garricis,  aquis  aquarumve  duclibusvel 
reductibus  >  omnia  in  omnibus  dequanmm  in  iftislo- 
cis  fupra  nominatis  vifus  fum  haberc  vel  poilidere, 
fie  dono  ad  jam  præfàtam  ecclc.fiam  fan£b  Pauli  vel 
ad  clericis  ibidem  Deo  fervientibus  abomni  integri- 
tatc ,  ut  ab  hodierno  die  in  antea  ,Deo  propitio ,  ip(â 
ccclefia  cum  ipfis  clericis  habeant,  teneant ,  &poffi- 
deant,  jureque  illorum  vindiccnt  haedeffendant)  8c 
quidquid  exinde  agere,  facerevel  judicare  volueri- 
tis ,  in  Dci  nomine  liberum  &  firmilîimum  in  om- 
y  nibus  habeatis  poteftatem.  Quod  fi  ego  donator  aut 
aliquis  de  hærcdibus  mcis  aut  quiflibet  homo ,  fup- 
polita  vel  fubrogata  perfona ,  qui  contra  hanc  iftam 
meamdonationemvelccflionis  proinrumpendum  ve- 
rit ,  aut  inquictare  præfumpft-rit,  tantum,  &  alium 
tantum  partibusin  luisccclcliæ  cum  ipfis  clericis  ibi¬ 
dem  Deo  famulantibus  in  duplo  reftituat>&  in  an- 
tca  iftam  mcam  donationem  vcl  ceffionem  in  omni¬ 
bus  habeatis  poteftatem.  Fadb  donationem  vel  ceffio¬ 
nem  ni.  idus  Decembrisanno  xxvm.  régnante 
Karolo  rege.  S.  Volveradusqui  hanc  donationem  feci 
&  firmare  rogavi.  S.  Leutarius.  S.  Alaricus.  S.Rodlan- 
dus.S.Tcudulhis.  S.Frcdarius.  Oduaccr  levita  quihanc 
cartam  donationis  fcripfit  fub  die  &  anno  quo  fupra. 


LI. 

Donation  faite  à  la  cathédrale  de  Narbonne: 

IN ficrôfin&æ  Dei  ecclefiæ  fàniftorum martyrum  An. 93 1. 

Jufti  &  Paftoris,  nec  non  &  cæterorum  fànâo-  ctmJairc4c 
rum  quorum  hic  reliquiæ  continentur ,  &  eft  ipfe  cathédrale 
locus  iitus  lu  per  fluvium  Atace,  inrra  muroscivitatis 
Narbonæ  ubi  Aigo  archiepilcopus  præeft'e  videtur. 

Quamobrem 


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Quamobrem  nos  igitur  in  Dei  nomen  Teudericus  &  neas  >  vincales ,  &c.  &  in  alio  loco  iit>i  Vocalwlilrti 
uxot  mea  nomine  Spofia  ,  plaçait  animis  noftris  &  eft  ipfâ  villa  jamdida-  Frimiaco  fimiliter  dono  vel 

Cet  pro  Dei  amore  &  pro  remediüm  animæ  no-  cedo ,  fiiperius  jamdido  fândi  Ilarii ,  cafâle  cum  cafis 
vel  pàrenhim  ndftrorum*  donamus  vel  cedi-  canftrudis  ,  hortis,  hortalibus,  curtes  &  torculario 
mus  ad  præfatam  ecclefiam ,  vel  ad  deriefc  ibidem  cum . .  ;  *  arbores ,  vel  cum  omne  fiipcrpoficum  ejüs  ; 

Dco  fâmulanribus  in  alimoniam ,  id  eft  in  territorio  &  in  alio  Ioco  ubi  vocabulum  eft  Callânias,  fèu  Vil-* 

Narboncnfè,  in  locum  quæ  dicunt  Seiano,  vel  infra  laJonga  cedo  vel  dono  fimiliter  fândi  Ilarii  cafâli- 
cjus  tenninio,  omnia qui  nobis advenit  per  feripturas  bus  cum  ipfâs  cafâs  conftrudas  hortis  hortalibus. . . 
emptionis  in  villa  Seiano  :fiintcafis,cafâlrciis,cunis  cum  vcrdcearias,  terras  cuiras  &  incultas,  vineas, 
oglaris,  ortis,&é.  Et  in  alio  loco  infra  rerminio  de  &c;  &  in  alio  loco  in  ipfb  comitatu  in  loco  ubi  di- 
jam  didla  villa  Sciano,in  villare  quæ  vocant  Rainaldo,  citur  Villa-Valleurfo ,  fimiliter  dono  vel  cedo  fândi 
fimiliter  donamus  vel  Cedimus  cafis,  ea(âliciis,curtis  Ilarii  fimiliter  cafâlibus,  cum  cafis  conftrudis,  or- 
oglatis,  &c.  Sive  medietate  de  ipfb  ftagrtoquæ  vo-  ris,  ortalibus  ,  &c.  quailtumcumque  infra  iftos 
cant  Salarié,  five  ipfâs  coridaihinâs  ab  intégré  qui  totos  loco  s  fùpranominatos  fines  vel  ajacentias 
fimt  fiibtus  fonda  Rçparata  ;  ôc  iri  alio  loco  infra  jam  concluditur ,  ôc  ego  vifus  fum  habere  vel  poftidere , 
dida  tenninio,  in  villarcs  qui  fiint  in  ipfb  Congufto,  totum  &  ab  integrum  ego  cedo  vel  dono  fândi 
fimiliter  donamus  velccdimus  cafis,  cafâliciis,  &c.  Ilarii.  In  ea  vero  ratione  dummodo  ego  vivo  tc- 
fivein  ipfbftagno  quæ  vocant  Bodario  omnem  por-  neam  &  poflîdeam  cundis  diebus  vitæ  me*;  poft 
rionem  noftram  debitam ,  five  in  ipfis  plagis,  omnia  vero  quoque  obitum  meum  remaneant  fandi  Ilarii, 
&in  omnibus  culcum  vel  incultum,  quæfitum  vel  ubi  requiefeit  corpus  ejus,  ut  ipfè  pius  &  mi-* 
adinquirendum,  ram  rufticum  qunm  ôc  urbanum,  co-  fèricors  ante  tribunal  Clirifti  pro  me  mmiuin  pec* 
tum  &  ab  integrum  quidquid  in  jam  dida  villa ,  vel  catori  de  cundis  peccatis  meis,  ut  de  abhodiemo 
in  jam  prænominatis  locishabemus,cum  omnesdi-  die  Deum  propicium  hoc  fândus  Ilarius  teneat  & 
verfâs  affrontationcs  quæ  ad  hæc  feripta  pertinent,  poffideat,  fiiifque  fêrvicntibus  carerva  monachorum, 
Hæc  omnia  quod  fiiperius  refbnat  donamus  vel  qui  ibidem  (èrviunt,  teneant  ôc  pollideant  qui  ibi- 
cedimus ab  intégré  ad  jam  præfatam  ecclefiam,  feu  dem  fiint  conftituti,  &  erunt  unus  poft  unum  ibi- 
ad  clcricos  ibidem  Deo  fèrviences  ad  proprium  per-  que  permanfèrint  fèmper ,  fit  illorum  poteftas  in 
habendum ,  ut  de  ab  hodierno  die&  temporc^Deo  perpetuum  fine  ullo  contradicente  ;  ôc  non  habeac 
propitio,  hoc  habeant,  teneant  &  pollideant,  jure-  nullus  homo,  neque  epifeopus ,  neque  abba,  ncc 

que  illorum  vindicent,  ac  défendant;  &  quidquid  ullus  monachus  licemiavnnonhabeat,  neevendere, 

exinde  agere ,  fâcerc  vel  jitdicare  voluerinc,  liberam  nec  commutare,  nec  alienare,  nifi  femper  fandi  Uarii  , 
&  fînnillimam  in  omnibus  habeant  poteftatem.  Sane  firma  poteftas  permaneat.  Et  fi  aliquis  de  meis  pa- 
de  reperitione  ,  ôcc.  Fada  (criptura  donationis,  vel  rentibus  auc  ulla  extranea  qui  contra  hanc  carta, 

ceflionis  iftæ  quarto  Kalend.  Odob.  anno  vigefimo  celfio  vel  donatione  ilia  ire  aut  inquietarc  præfump- 

nono  régnante  Karolo  rege.  Sigfnum  Teudericus  fèrit,  quicumque  hocfecerit,  in  primis  iram  Dei 

qui  hoc  ïccit.  Sig  f  num  Spofia  qui  hanc  donationem  omnipotenris  &  angelisejus  incurrat,  &  infîiper  par- 

Vel  ceflioncm  limul  fècimus,  &  firmare  rogavi-  ticipationem  recipiat  cum  Judas  Kcarioth,  &c.  Fada 


mus.  Sig.fnum  Johannisprcfbiter.Sig.f  num  Vul- 
veradus  vice-cornes.  S.  Audefindus,  S.  Toringus, 
S.  Alaricus ,  S.  Guifridus,  S.  Teudmares,  S.  Walca- 
rius ,  S.  Widinildis  comitiflà ,  S.  Richildis  vice-comi- 
tillà,  S.  Durandus,  S.  Mainardus,  S.  Ingiramnus, 


cefiîo  donario  ifta  odavo  Kalcndas  Augufti ,  anno 
fccundo  Carolo  rege  migrante  à  fæculô ,  filio  Ludo- 
vici.  S.  Regimundo  à  me  fada.  S.  Ranulfùs  le- 
vira.  S.  Guihldo  pro  Aliricus.  Sig.  Auftoric  levita. 
S.  Sergulfùs.  S.  Stephani  levita.  S.  Brecofindus. 


S.Walcarius,  S.  Audefèndus  prefbiter  qui  hanc  do-  S.  Rifcalcus  prefbyter.  S.  Gifcafredus  pro  Irivifio. 
narionem  vel  ceflionem  fcripfi  &  fub  die  &  anno  Lcudoinus  prefbyter  fcriplit  fub  die  &  anno  quod 
quibus  fiipra.  fupra. 


LII. 

Donation  faite  k  l'abbaye  de-  S.  Hilaire. 

^  /^\  Uidquid  homo  de  res  fuas  proprias  facere  vo- 

•9}1-  V^luerit  liberum  habeat  arbitrium ,  ôc  dandi 
falbaycCdeC  ^onanc^  iU*  placuerit.  Quamobrem  ego  in  no- 
S.  Hilaire.  mine  Domini  Regimundus  tradavi  de  Dei  mifèri- 
cordia,  judicii  merces  mihi  adcrelcat  pro  me  nimium 
peccatori,  ut  dimitten  tibus  débita  &piusDomi- 
nus  dimirtat  mihi  mea  delida.  Propterea  ego  jam 
didus  Regimundus  dono  vel  cedo  ad  domum 
fândi  Ilarii  alodes  qui  mihi  advenerunt  excompara- 
tione ,  qui  fimt  in  comitatu  Redenfê ,  in  terminio 
Gurgonigro.  Fines  vel  adjacentias  habet  ipfè  alodes, 
de  parte  Altano  ajacet  in  territorio  landi  Stephani 
vel  in  terminio  Frimiaco ,  de  pane  Circio  ajacet  in 
terminio  Donazago  ,  fèu  Morriolo  ,  contra  Aqui- 
lone  ajacet  in  territorio  Laurago  feu  ôc  in  Laura- 
ello,  ôc  in  alio  loco  ubi  vocabulum  eft  in  ipfb 
oiolo  in  terminio  de  Frimiaco.  Similiter  cedo  vel 
dono  fândi  Ilarii  cafâle ,  ôc  cafàs,  ôc  cuite  conftru- 
das,  &  torculario  de  terras  cultas  &  incultas,  vi- 
Tome  II. 


LIII. 

Echange  entre  Gimera  évêque  de  Carcaf 
fonne  &  A Ifonfe  abbé  de  Montolieu. 

ORthodoxa  bonis  moribus  non  côntradicens,  -*-■  ^ 

publicifque  utilitaribus  non  impediens,  lega-  A.v.  9 }  1 , 
lis  ôc  canonica  xanxit  anriquicas,  ut  quodefeumque  "Archives  dtf 
inter  ecclefiarum  aut  cœnobiorum  præîidcs,  quarum- 
libetve  perfonarum  homines,  commutationes  cele*  0 
brantur,  oblariva  ôc  aptativa  authoritas  feripturarum 
intercédât  alterna  commôditas,  quatenus  perperim 
valitura  permaneat  firmicas,  &  commutationis  fiait 
ôc  emptionis  invacuara  ôc  parilis  fiibfiftat  coa^riras. 

Quocirca  omnium  fæculonun  coenofcat  pofteriras, 
quia  ego  Gimera  ,  qui  divina  difjx>fitione  fândi 
Nazarii  CarcalTenfis  ritulo  fiineor,  per  confùltum 
ôc  perconfilium  cathedralium  clericorum  mcorum, 
propter  utilitatem  ôc  adjacentiam  ccclefiæ  noftræ, 
commutationis  obtentu  non  alienaridhis  diftradu* 
quia  qui  uriliter  commutât  nullatenus  aliénât,  côm- 
mutamus  ad  cœnobiüm  almi  Joannis  Bapriftæ^quod 
vulgariter  diritur  Caftrum-Mallafti ,  &aaarchiraan- 

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€7  PREUVES  DE 

dritam  ,  id  eft  abbatcm  cjudcm  loci  cognominc 
Arifonfum,  Gmdamque  caccrvam  inibi  Dto  fâmu- 
latricem  de  rebus  pofleflionis  fedis  noftræ,  videlicet 
fandi  Nazarii  martyris ,  in  regno  Septimaniæ  ,  in  co- 
mitatu  Karkallcnfe ,  villam  nomine  Criflagum  cum 
«cclefia  fândæ  Columbæ ,  cum  omnibus  appenditiis 
&  pertinentiis  fuis,  quæ  ibi  8c  noftra  ecclefia  lega- 
iitct  &  canonice  potlidemus  in  eodem  regno  & 
comitatu,  in  Villancca.  Commucamus  ad  præfitum 
locum  ecclefiam  fimdæ  Eugeniæ  ab  incegro  cum 
{iiocenfu,&  in  villa  Signorii  ecclefiam  fandi  Andrcæ 
cum  fiio  cenfu ,  &  in  vicaria  Auzonenfi  in  villa  Eli- 
xau  cccleliam  fândæ  Mariæ  cum  fuo  ccnfu  :  hæc 
omnia  fuperius  fcripta ,  de  noftris  noftraque  ecclefia 
noftrorumque  clericorum  jure  commutamus ,  tra- 
dimus  &  transfundimus  in  poteftate  &dominatione 
proprietaria  prælibati  cœnooü  fandi  Joannis ,  abba- 
tilque  inftantis ,  cœnobitarumque  modemorum  & 
fiiccefïorum  ,  ut  amodo  &  deinceps  quidquid  exinde 
fâccre  vel  judicare  voluerint,  normaliter  proficuum 
libéré  &  firmiflime  habeant  inconvulfum.  Rccepi- 
mus  è  contra ,  ad  utilitatem  noftræ  ecclefiæ  procor- 
roborata  altemitatis  authoritate ,  in  commutationc 
five  in  eodem  refonante  de  manu  abbatis  prætaxati, 
monachorumque  loci,  in  fuprafcripto  regno  &co- 
micatu ,  alodem  proprium  eorum  nomine  Villam- 
albam  cum  ecclefia  fandi  Pétri  ,  &  cum  omnibus 
*djaccntiis  &  pertinentiis  luis ,  &  C.  folidatas  j  in  tali 
dcliberatione,  ut  fi  nosaut  fucccilores  noftri  contra 
eos  &  fucceflores  eorum ,  parique  modo  fi  ipfe 
abbas  aut  fucceflbrcs  ejus  contra  nos  fucccllorefque 
iroftros  calumniam  aliquam  aut  litem  infcrre  præ- 
fumpferint ,  de  qualicumque  parte  calumniator  (ur- 
rexerit  >  quod  repetit  non  vinaicct,&  infuper  dupla 
&  meliorata  quæ  commutavit  altrinfècus  reftituat. 
Ego  tandem  Gimera  epifeopus  precor  piam  fuccef- 
fomm  noftrorum  reverentiam  ,  ut  ita  noftra  fada 
faciant  manere  indemnia,  quemadmodum  fuavotâ 
à  Deo  &  à  Cuis  fucccflbribus  malunt  euftodire  pe- 
rennia.  Ut  ergo  authoritas  ifta  firmiori  valeat  omni 
tempore  fublifterc  vigore,  eam  manu  propria  ma- 
nibufque  canonicorum  noftrorum  roboratam  ,  in 
fândo  epifeoporum  concilio  eorum  manibus  robo- 
randam  obtulimus.  Ada  commutationis  hujus  fériés, 
anno  Incarnationis  Dominicæ  dccccxxxi.  fub 
æra  d  cccclx  i  x.  indidione  i  v. 


L  I  V. 

Extrait  de  quelques  chartes  du  régné 
du  roi  Raoul. 


L' HISTOIRE 

dæ  Eulaliæ  virginis  8c  martyra  Chrifti  matrem 
omnium  ecclcliarum  Rufliilionenfium  (ivc  Con- 
fluentium»  &c.  propter  amorem  Dei  &  propter  re¬ 
medium  animas  noftras,  vel  propter  remedium  ani- 
mz  de  Suniario  comité  &  uxori  Ermengardis,  & 

Bcncone  comité ,  &  Almerado  epifcopo  condam , 

&  propter  icmedium  animæ  de  Francnone  viceco- 
mitc  &  uxori  fuæ  Eirtlïnde ,  &  Oddone  vicecomitc , 
tu  fimilitcr  pro  animas  noftras  vel  illorum  animas 
orationes  Domino  fiindere  dignemini,  &c.  Ci  qui  s ... 

8c  ficut  lex  Gothorum  decernit  ifta  omnia  fuperius  in- 
ferta ,  in  duplo  melioratum  componant ,  &c.  Fada 
feriptura  donationis  fub  die  1 1 1 1 .  Idus  Aprilis  , 
anno  x  i .  quod  obiit  Karolus  filius  Ludovici  regis  > 

Chrifto  régnante  &  regem  expedante,  &c. 

De  terrenis  igicur  &  çaducis  quamobrem  in  }  1. 

Chrifti  nomine  ego  Frotardus  vicecomesCaturcorara  Jr*^1*^* 
civitatis,  nec  non  &conjux  mcaAdalbergaunacuni  Beaui.»  « 
confilio  Raimundo  comiri  fênioris  noftri ....  cedi- 
mus  ad  monafterium  qui  vocatur  Bellus-locus . ..  .ubi 
vir  venerabilis  Joanncs  abba  præeiTèdignofcitur,pro 
animabus  fcilicct  noftris,  feu  &  pro  anima  Odokid  &  »?’  F'  # 
patris  mei,  &  profâlute  Beledrudi  genitricis  mex; 
noc  eft  manfos  noftros  très  quæ  funt  in  comitatu  ' 

Caturcino ,  in  vicaria  Cafliacenfe ,  in  villa  cui  voca- 
bulum  eft  Mcrcurio  cum  omnia  ad  fc  pertinentii , 

&  i[5(â  ecclefia  quæ  eft  fundata  in  honore  fândi 
Juliani  martyris  cum  ipfo  jure  ecclefiaftico  qui  ad 
îpfum  pcrtinct,&c.. . .  Fadam  hancccflîonemmcnfe 
Marcio ,  anno  v  1 1 .  *  Rodulfb  rege  régnante  ,  anno  »  ^ 
quoque  Dominicæ  Incarnationis  dcccc.  xxxi  i. 
indidione  namquev.  S.  Raimundi  comitis,  S.  Fro- 
tardi,  S.  Adalbergane  qui  hanc  fieri  velcorroborari 
firmiter  fanxemnt ,  S .  Ademari ,  S.  Golberti ,  S.Gc- 
raldi ,  S.  Garini ,  S.  Nicoüni. 

I  N  nomine  Domini .  &c.  Incipit  carta  elemofytt».  Vm 
riaifta.  Eeo  in  Dei  nomine  Umbertus,  tanta  eft 
mihi  nccellitas ,  ut  ego  cogitem  de  Dei  mifcricordia,  Archiyef  ^ 
&c.  Ideo  ego  Umbertus  dono  ad  ecclefiam  S.Mariæ,  l’ibbayed-A* 
quæ  eft  in  epifeopatu  Uzetico,  in  loco  qui  didtur 
Ca(â-nova  atque  Gordanicæ  &  ibi  eft  monafterius, 

&  ad  ipfum  monafterium  dono  unum  manfum... 
in  loco  quCm  dicitur  Moutcm-calvi  m  epifeoparu 
Dienfe ,  in  vicaria  de  Calenis,  &c.  fada  carta  dona- 
tione  ifta  in  feria  1 1 1.  Kal.  Augufti,  luna  prima > 
régnante  Rodulfo  rege,  &c. 


An. 5? 30.  y  N  nomine,  &c.  Incipit  convcnientia  quæNi- 
Cartui  ire  de  X  guarius  monachus  facit  ad  amicos  fuos  nomen 
Conquci» Bcrnardo ,  &  filio  fiio  nomen  Boncfàcio ,  de  ipfb 
manfb  quæ  cft  in  vicaria  Scrnbcenlc  in  loco  qui  vo¬ 
catur  Fraxinas  &c.  in  ea  vero  ratione  quamdiuNi- 
guarius  monachus  vivit,  medietatem  de  ipfo  manlo 
rccipiat  per  fingulos  annos,  &:  Bernardus  &  filio 
fuo  nomen  Benefàcio  uliam  medietatem ....  poft  obi- 
tum  ipforum  ad  ip(a  ecclefia  (ândli  Salvatoris  Con- 
chas  monafterio  rcmaneat ,  fine  ullo  contradicente , 
&c.  Facla  conventiaria  ifta  in  menfc  Aprilis ,  fub 
feria  v.  x.  Kal.  Maii  anno  primo  quod  Carolusrex 
abit  à  (æculo ,  &  Rodulfus  rex  cæpit  regnare.  Sig. 

• -  Niguario  monacho,&c. 

An.  93 1.  y 

Cartuiaircde  IN  nomine  Domini.  Ego  Wadaldus  gratia  Dei 
r<vU b sfl'c'  k>c^s  ^*cncn^ls  cpifcopus,  8c  Gauxbcrtus  cornes  , 
Xfsr.  Htjjîfp.  nos  fimul  in  unum  donatores  fumus  addomum  fàn- 

»4J.  &  M. 


L  V. 

Charte  du  roi  Raoul  en  faveur  de  [abbaye 
de  Montolieu. 

IN  nomine  fândæ  &  individuæ  Trinitatis,  Ra-  An.  931. 

dulfiis  divina  propitiante  clementia  Francorura  Archives  de 
rex.  Qui  pro  amore  omnipotentis  Domini  (andam 
Dei  ecclefiam  conftruere  &  reædificare  glifcit,  raag-  v.  c*f«d. 
nam  in  honore  fândorum  mercedem  impendit*,  in 
fumro  vero  cum  fândis  vitam  acquirit  lêrapiternam. 

Idcirco  notum  fit  omnibus  fàndæ  Dei  ecclefiæ  fidc- 
libus  præfêntibus  fcilicet  &  fiituris,  quoniam  adüt 
noftram  fèrenitatem  Dalmacius  nofter  per  omnia 
fidclilïîmus  miles  *,  petiit  noftram  celfituciincm  qua- 
tenus  noftræ  auroritatis  præceptum  de  terra  quant 
ad  abbatiam  fandi  Joannis  Baptiftæ  nobililfimi  ho- 
mincs  dederunt,  in  caftrum  videlicet  Malafti ,  fieri 
præccpiflcmus.  Illius  fuit  peritio  &  noftræ  libuit 
voluntari  pro  reftaurarione  illius  loci,  8c  noftræ  .auto- 


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fitaris  prtrceptum  juffimus  fieri,  ut  fânfti  monachi 
ibidem  Domino  lervient es  illam  terrain  firmiter  te- 
fieant  fine  ullacontrarietate  aut  alicujus  contradiélio- 
ne ,  per  juflîonem  domini  abbatis  Arifonfi  ejufdem 
hxi  :  conjacct  erenim  in  comitatu  Carcaflènfê 
cum  mercaro  fuper  fluvium  Duramno.  Efl  ibidem 
Villa-ficca  cum  eeelefia  ,  altéra  villa  Caucus  cum 
ccclefia ,  alia  Venteniaco  cum  eeelefia  ,  alia  Eli- 
iau  cum  eeelefia ,  alia  Villa-valeriano  cum  eeelefia , 
eeelefia  de  Amacario ,  alia  ûnéti  Martini  fiiper  flu- 
vium  Lampa ,  alia  Moneeconilio.  In  comitatu  Re- 
denfc ,  villa  Garmacia  cum  eeelefia ,  alia  villa  ûn&i 
Joannis  &  ûn£te  Crucis  Faris  cum  eeelefia  ipû, 
Anul-villa  cum  ccclefia ,  Laurâco  cum  eeelefia ,  item 
fân&i  Martini  villa.  In  comitatu  Narbonenfe,  Tru- 
liaco  cum  eeelefia  8c  fifeo  de  Aquæ-duâu ,  villa 
fânifti  Fruétuoli.  In  comitatu  Carcaflènfê  villa  Ca- 
ftellani ,  Villa-nova  cum  eeelefia,  Ulmiscum  eeelefia 
fânébe  Ceciliæ.  Hæc  omnia  &  (îcut  continentur  in 
aliis  præceptis  ex  parte  noftra  fint  ftabilia  de  fupra 
di&is  villis  (eu  de  ecclefiis  ibidem  datis ,  &  nullus  per 
vim  intrarc  præfumat  in  abbatiam ,  nilï  quem  eleddo 
elegerit.  Utautem  hæc  fiipra  diéfa  firma  fint  &  fta¬ 
bilia  permaneant  in  ævum ,  noftro  nomine  infigniri 
8c  annuli  noftriimpreftione  juffimus  figillari.SignUm 
Radulfi  regis  gloriofiflïmi.Rofniundus  ad  vieem  An- 
figifii  epifeopi  recognovit.  Achim  Anû-villa  dccimo 
tertio  Kalendas  Junii,  anno  nono  régnante  Radulfo 
rege. 


G  U  Ë  D  Ô  C.  7d 

talem  regum  authoritates ,  interrogaveriiht  ipfo  co¬ 
mité  fupradiâo  qualem  Icgcm  vivcbat.  Atquidreû 
ponderet ,  de  cauû  unde  ifte  mandatarius  require- 
bat,  fiefuifle  nonfeiebam  quodipfè  abbas  vel  ipû 
congrcgatio  cœnobitarum  taies  regales  authoritates 
habuiflent,  unde  perdonatum  fuillè  ^  &  quantum 
ego  feci,  igrtorantcr  hocfeci.  Tune  ipfi  judices  & 
ipfi  auditores  cumaudiflènt  ipfo  comité  ficrefpon- 
dente ,  decreverunt  judicium ,  8c  ordinaverunt  ip(b 
jam  diefto  comité  quod  conlaudaftet  ipûs  feripturas 
dominicas,  &  vuadjallet  Iegaliter  ficut  inlege  (alia 
eontinetur,  ita&fecit.  Oportum  fuit  Donadeo  ab^ 
bâte ,  vel  ipfo  jamdiâo  mandatario  ut  notitiam  con- 
laudationis  feribere  vel  firmare  rogallènt,  fie  &  fe-* 
cerunt.  His  præfentibus  atftum  fuit  -,  &  gaudeat  fe 
ipfe  abbas  &  ipfc  mandatarius  quod  in  noftro  judi-* 
cio  illorum  clariftima  percepillènt  juftitia.  Datoju- 
diciov.  idus  Mardi  anno  1 1 1 1.  régnante  Rodulpho 
rege  poft  obitum  Karoli  regis.  S.  Pontione  comiri 
&  marchione  qui  fe  exvacuavit.  S.  Richildis  vie©- 
comiriflà.  S.  Jorius.  S.  Barnardo.  S.  Alarico.  S.  Ai- 
merico.  S.  Adays.  S.  Amblardo.  S.  Alfarico.  S.  Wal- 
tario.  S.  Forrone. 


L  V  I  î. 

Éxecution  du  teftament  de  Reginald , 


évêque  de  B  e  zi  ers. 


An.?)). 

Archives  de 
l'abbaye  de 
Memolieu. 


L  V  I. 

\ 

Plaid  tenu  à  Narbonhe . 

VEniensVibardus  mandatarius  Donadeo  abbati 
&congregatio  ûndti  Joannis  monafteriiCaftro- 
Mallafti ,  die  Veneris  in  civitate  Narbonæ ,  in  prxfcn- 
tia  domno  Aymerico  archiepifcopo,  8c  domino  Pon¬ 
tione  comité  feu  8c  marchione ,  vel  judices  qui  julfi 
fimt  cauûs  dirimere  &  legibus  deftinire ,  tam  Gotos 
quam  Romanos  velut  edam  Salicos,  id  eftWama- 
rius ,  Abo ,  Rodgarius ,  Blaftolco  fâjone  j  five  in  præ- 
fêntia  Lorio ,  Bcmardo ,  Ranibetto ,  Alarico ,  Raini- 
berto,  Alarico,  Aymerico,  Roifrcdo,  Adarz,  Am¬ 
blardo  ,  Alphanio*,  item  Abone ,  Bclgaranc ,  Euval- 
tario  &  aliorum  mulcorum  bonorum  hominum, 
quicumque  ipfos  judices  ibidem  rcfidebant,in  mallo 
publico,  inNailx>na  civitate,  in  eorum  prælcntia 
lie  ( e  proclamabat  fiipra  nominatus  mandatarius  de 
ip(o  abbate ,  de  fiipra  nominato  comité ,  quia  ifte 
cornes  five  fui  homincs  fe  prendiderunt  panem  & 
vinum&  porcos,  8c  aliis  cæteris  rebus  maleordine 
&  injufte,  quod  fàccre  non  debuerant,  de  alode 
quæ  vocatur  Fraciano,  &  dealios  alodes  qui  funt  in 
comitatu  Narbonenfe  de  fupradiâo  S.  Joanne.  Et 
ego  mandatarius  privilegium  in  manu  teneo  de  Ro¬ 
main  quæ  efl  mater  ccclefia,  &  præccptum  quod 
domni  imperatores  &  reges  fccerunt  ad  jamdiâa 
cafa-Dei,  8c  ipfa  præcepta  iplo  mallo  ftierunt  often- 
fa  8c  (blemniter  fuerunt  releda  ;  8c  relonabat  in 
ipfo  privilegio  ve  in  ipfos  præceptos ,  quod  nullus 
cornes ,  feu  vice-cornes  *  ncc  vicarius ,  nec  centena- 
rius,  necullus  homo  in  eorum  vocatione  in  illorum 
^  immu-  monitate  *  prendidiflèt  nec  boves ,  nec  caballos , 
ncc  afinos ,  nec  parafas  ,  nec  portaricum  ,  ncc 
telone  ,  nec  fidei-juflbres  tollendos  ,  nec  illorum 
homines  diftringendos ,  ncc  ullum  obfiquium  fà- 
cere  non  debebant  :  fed  omnia  fit  in  alimonia  pau- 
perum  &  ftipendia  monachomm.  Tune  ipfi  judices 
&  ipfi  auditores  cum  audillènt  talem  rei  veritatis  & 
Tome  I L 


mate. 


IN  nomine  ûndiæ  &  individus  Trinitatis.  No- 
tum  fit  omnibus  fidelibus  fmâx  Dei  ecclefiæ 
tam  prælentibus  quam  futuris,  quia  nos  Teudo  8c 
Odo  vice-corrtites,  Ildcgarius,  Joannes  faccrdotes, 
&  Walcharius  qui  fumus  elemofinarii  quondam 
domni  Reginardi  epifeopi  Bitcrrenfis  eccleliæ  fandii 
Nazarii.  Certum  quidem  &  manifeftum  eft,  quia 
nobis  injunxit  vel  commendavit  quondam  Rcginar- 
dus  epifeopus  per  fuuin  vadium,  quando  ad  obi¬ 
tum  mortis  venir  ad  extrema  voluntatc,  unde  8c 
poftca  fua  voluncate  numquam  muta  vit  >  ut  nos 
Ixmul  inunum  fupranominati  elemofinarii ,  ut  nos 
Icriptum  legalcm  faciamus  ad  canonicos  iandli  Na¬ 
zarii  ficuti  &  fàcimus ,  ac  légitimé  manibus  tradi- 
mus,inregno  Septimaniæ,  in  comitatu  Bitcrrenfî 
fanctum  Petrum  à  Pullo  cum  fiio  terminio ,  &  cum 
ipfo  bofco  &cum  ipfo  molino,  cum  ipû  reclaula 
&cum  ipû  pifeatoria  8c  cum  ipfâs  infolas ,  &  quan¬ 
tum  ibidem  ad  pertinendum  eft,  id  eft  in  ccclefia 
ûneli  Pétri,  in  ûcris,  (ècretariis,  cimeteriis,  in  do- 
mibus,  in  cafis,  caûlitiis,  in  curtis,  in  oglatis,  in 
hortis ,  in  arboribus ,  in  terris ,  in  vineis ,  in  pratis , 
in  pafeuis,  filvis,  garricis,  aquis aquarumve  decurfi- 
bus  earum  ,  omnia  8c  in  omnibus  fie  donamus  8c 
tradimus  ad  canonicos  ûnâi  Nazarii  >  &  in  termi¬ 
nio  de  villa  Pelignano,  in  loco  quem  vocant  Suri- 
carias ,  donamus  ad  canonicos  ûn&i  Nazarii  ipfiim 
claufiimqui  fuit  Gifianæ,  qui  fimt  modiatas  vi  i  r  i« 
Ifta  omnia  fiiperius  lcripta  8c  in  omnibus,  tam  quæ- 
fitum  quam  inquirendum ,  rufticum  &  urbanum  , 
vel  de  qualicumque  attraâu,  fie  donamus  propter 
remedium  animæ  Reginardi  epifeopi  qui  fuit  quon¬ 
dam:  in  tali  tenore  ut  ipfi  canonici  fancSli  Nazarii  in 
ftipendio  habeantquæ  ibidem  hodiefiint,  &  fucccfi* 
fores  illorum  omni  tempore  commune  habeant,  te- 
neant,  8c  poflidcant.  Si  quis  vero  ab  hac  hora  & 
deinccps  fuerit,  fi  nos  aut  ullos  de  hæredibus  no- 
ftris,  aut  ullus  epifeopus  aut  aliqua  appofita  perfbna 
qui  contra  hanc  donationem  Deo  &  canonicis  ûn<fti 
Nazarii  abftollere  voluerit^  quod  repetir  non  vindi- 

Eij 


Cartulaire 
fa  JVglifc  di 


Bclicrst 


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— : 


V»*  Colbert . 
cal.  Augufti. 


71  PREUVES  DE  L’HISTOIRE  71 

cet',  &  qui  hoc  feccrit,  omnk  fuperius  fcripta  rc-  omni  tempore  inviolabilitcr  teneàmus  fine  ullo 
vercerefàoài  ad  parentes  Reginardi  epifeopi  qui  fuit  contradicentc ,  licet  in  hanc  epiftoiam  pœnam  infe- 
quondam ,  &  iniüper  cuiutem  inculerit  dupla  &  rerc  nobis  neccflè  non  cil  :  fed  propter  totius 
meliorata  reftituat  ♦  tua  repetitio  nihil  valeat.  firmitate ,  vel  impiorum  hominum  cupicutate ,  illud 
Quod  qui  fecerit  omnes  malediûiones  veteris  &  nobis  inrimare  placuit  vel  adfirmarc.  Quodfifiicrit 
novlceftamenri,  &  omnia  vincula  anathemaris,  &  ullus cornes,  aut  vice-comes,  auc  vicarius  vel  fub- 
ornais  gladius  diaboli,  &  omnispæna  inferni,  &  vicarius,  aut  uiia  comillà  vel  fubrogaca  perfona, 
omnia  connenta  &  poteftas  tenehrarum  maneat  fuper  qui  conçambium  frangere  vel  inquietare  præfump- 
ilium,  &  numquam  lit  folutus  in  die  judicii,  8c  fit  (erit  y  imprimis  iram  ætemi  regis  incurrat  &qm7 
damnatus  ante  taciem  Domini ,  &  in  forte  Satanæ  fit  nium  fan&orum ,  &  ficut  in  libro  Moï&ticum  ma-, 
t  telegatus  nili  refipucrit.  Fa&a  carra  donarionis ,  tra-  lcdidkiones  conünsntur,  ita  maledi&i  fiant  in  fem-, 

uü/i/qmefi  dkionis  XIV.  Kal.  Aprilis  *  anno  un.  régnante  pitemum,  &  cum  juda  qui  corpus  Domini  viola- 
iUbtbimbe-  Radulfo  rege  poft  ooitum  Caroli  regis.  S,  Theu-  yit  poràonem  accipiat  ,  ut  cætus  illicereus  &  terra 
îü.Augü'i.  doni  vice-comitis,  S.  Odonis  vice-comitis  qui  hanc  rius  ferrea,  &  cum  Dathan  8c  Abiron  in  infemum 
tradidone  vel  donatione  fecimus,  &  telles  firmare  nmilis  permaneat ,  &infupcr  nulluni  lordatur  effe- 
rogavimus.  S.  Le&erardi ,  S. Gaircendus, Ildegarius  ûum:  fed  componat  tantum,  &  alium  tantum, 
prelbyter  ,  Waldegarius,  Pondus  prelbyter.  Ego  quanmm  iptàs  res  eo  tempore  melioratas  valerc 
Dido.  potuerint  in  duplum  lit  redaiturus ,  &  quod  repe-* 

fit  non  valcat  vindicare ,  fed  vacuus  &  inanis  per- 
'  •  maneat ,  audtorem  vero  criminis  judiciaria  poteftarc 

L  V  I  1 1.  condemnctur -,  prælcnsvero  concambium  ifte  fir- 

'  mus  8c  ftabilis  valeat  perdurare ,  aim  ftipularionç 

Echange  de  diverses  terres  entre  Ermen -  quoque  per  omnem  nrmitarcm  liibnixa.  Fadhun 
gaud  comte  de  Rouergue  ,  &  L'abbaye  concambium  ilium  fub  die  Mercurii,  in  menlè  Ja- 
de  Vabres .  nuario,  régnante  Rodulpho  rege.  *  S.  venerabile  * 


An.  9  j  4. 

Camilaire 
ée  l'églifc  de 

Vafem. 


L  V  I  1 1.  condemnctur -,  prælcnsvero  concambium  ille  fir-. 

mus  8c  ftabilis  valeat  perdurare ,  cum  ftipularionç 
Echange  de  diverses  terres  entre  Ertnen -  quoque  per  omnem  nrmitarcm  liibnixa.  Fadhim 
gaud  comte  de  Rouergue  ,  &  L'abbaye  concambium  ilium  fub  die  Mercurii,  in  menlè  Ja- 
de  Vabres .  nuario,  régnante  Rodulpho  rege.  *  S.  venerabile 

Ermengaudo  principe  qui  concambium  ilium  ma-  to 

PLacuit  atque  convenit  inter  aliquos  viros  his  nu  mea  infra  roborata  ftrenuifque  viris  qui  poil 
nominibus  :  egregio Ermengaudo  principe,  &  me  roborent  rogavi.  S.  Rcgimundo  filio  ejus.  * 
Regimundo  filio  luo  ,  &  Rainone  vice-comite  8c  S.  Rainone  vice-comite  &  vicario ,  S.  Ugone  filio 
vicario',  &  ex  aliam  partem  venerabilem  Fredelo-  Ermengaudo,  S.Bemardo  vice-comite ,  S.  lldoino, 
nem  abba  &cundlam  congregationem  (àncliSalva-  S.  Adaione.  S.  In  Dei  nomen  Bcnedichis  prelbyter 
toris  Wabrenfem  cænobii,  ut  rebus  illorum  inter  rogams  lcripfic 

fe  concambiare  debuiflènt ,  quod  &  ita  fecerunt.  _ 

Dederunt  itaque  inlufter  Ermengaudus  cornes ,  & 

films  finis  Regimundus ,  8c  Rainus  vice-cornes  8c  L  I  X. 

vicarius ,  in  pago  Ruthcnico,  in  minifterio  Curienfe, 

in  villa  quæ  nuncupatur  Seviniaco,  de filco,  manlo  Donation  faite  à  l'abbaye  de  Montelie% 
ubi  Amalftcdus  vilus  eft  excolcre,  &  in  villa  Olmc-  far  Acfred  JJ.  comte  de  Carcajfonm . 


ubi  Amalftcdus  vilus  eft  excolcre,  &  in  villa  Olmc-  far  Acfred  JJ.  comte  de  CarcaJfoniU . 

lias  manlb  uno  Uracito  quantum  ibi  vilï  fumus  _ 

habere,  Mellaco  yilla  quantum  ibi  vifi  fumus  ha-  T  N  nomine  Domini  noftri  Jelu  Chrilti.  EgoAg-  An.  9  $4* 

bere  in  integrum.  Ifta  omnia  fuperius  nominata  A  fredus  cornes  fedens  alacri  animo  in  civitate  Archive»  & 

aun  domibus ,  ædificiis  &  fuis  apertinentiis ,  aim  Carcallona ,  dedi  ad  domum  S.  Joannis  Baptilte  camuauc  de 
vineis ,  cum  pratis  &  bofeis ,  cum  exio  8c  rcgrelfio ,  Caftri-Mallafti ,  &  ad  Donadcum  abbatem  &  cunûa 
aquis  aquarumve  decurfibus,  omnia  8c  ex  omnibus  congregatio  monachorum,  aliquid  de  res  meas*, 
quæfitum  &  inquirendi  ,  divifum  8c  dividendi  ,  hoc  eftalodem  Brucias  incomitatu  Carcallenfecura 
totum  &  ab  integrum  in  concambium  dedimus  ad  terminis  &  limitibus  &  ajaccntiis  fuis ,  cum  filvis , 
partibus  Fredelone  &  fiios  monachos:  ita  ut  poft  garricis,  pratis,  palcuis,  viæ  du&ibus  &  redu&i- 
nac  die  ipfi  redores  monafterii  præfatas  res  te-  dus  ,  molendinis ,  tara  quæfitum  quam  ad  inqui- 
neant  &  polfideant  monachicha  norma ,  qui  ibidem  rendum ,  tam  divilum  quam  ad  dividendum ,  tam 
militant  vel  futuri  erunt ,  8c  faciant  exinde  quid-  rullica  quam  urbana  *  Laucertagum  cum  finibus, 

quid  voluerint  fine  ullo  contradicente.  Et  in  contra  terminiis,  limitibus  &  ajaccntiis  luis  quantumeum- 
receperunt  Ermengaudus  magnifiais  princeps,  8c  que  ibi  alpicit  vel  afpicere  videtur*,  Rixanidscum 
filius  fiius  Regimundus,  &  Rainus  vice-comes  8c  finibus ,  limitibus ,  &c.  Ligni  motam  cura  finibus  & 
vicarius  de  partibus  Fredelone  abba  8c  fuos  mona-  terminiis  fuis ,  filvis ,  garricis  >  &c.  item  alium  ligni 
chos,  in  pago  Rutenico ,  in  minifterio  Ranavelienlè ,  motam ..  • .  quæ  omnia  pater  meus  Oliba  poflèdit 
curtem  noftram  quæ  nuncupantur  Juliaco ,  quantum  per  præceptum  regalium.  Dono  etiam  alodem  meura 
nobis  ibi  vifi  fumus  habere  ,  vel  quantum  nepos  proprium  quem  habeo  in  comitatu  Carcalïènlè , 
meus  Bemardus  ibi  vifus  fuit  habere  in  integrum ,  nomine  Mofchelingus,  cum  eedefia  ibi  fundata  ip 
cum  domibus,  ædificiis  &  fuis  apertinentiis  :  omnia  honore  firndæ  Mariæ  virginis,  cum  limitibus  fuis, 

&  ex  omnibus  totum  &  ab  integrum  in  concam-  filvis,  garricis,  pratis,  palcuis  & aliis ad ipfiim alo- 
bium  dedimus  Ermengaudo  venerabili  comité ,  8c  dem  alpicientibus ,  &c.  Fadla  fuit  hæc  cana  dona- 
fiiio  fuo  Rcgimundo ,  8c  Rainone  vice-comite  8c  tionis  vi  1 1 1 .  Kal  Junii  anno  v.  régnante  Radttlfp 
vicario-,  ita  ut  poft  hac  die  ipficomiti,&  vice-comes  rege.  S.  Agfredus  cornes,  S.  Gifandus  epifeopus , 

Rainus  &  vicarius,  &alii  comités  &  vice-comites  S.  Amelius  archidiaconus,  S.  Radulfiis,  S.  Ügo, 

&  vicarii  qui  poft  eos  futuri  erunt,  iplàs  res  quem  S.  Oliba ,  S.  Segarius  levita  ,  S.  Roftagnvtf  9ïçÜ- 
de  nos  accipiunt,  têneant  &  polfideant  omni  tem-  levita,  S.  ldlor  levita. 
pore  ad  fifeo  perpetualiter  pro  concambio  quod 
lupra  feriptum  eft.  Has  vero  res  quæ  luperius  no- 
tninatas,  quem  nos  Fredulus  abba  &  monachica 
norma  quod  ad  partem  Deo  &  noftram  accipimus. 


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I 


DE  LANGUEDOC. 


L  X. 


L  X  I. 


Donation  d'Ermengaud  comte  de  Qouerguc  Donation  faite  k  la  cathédrale  de 
au  monajlere  de  Vabres .  Carcaffonne * 


An. 9}  J.  A  D loca ûcra»  fond#  Dei Utivenfis  ecdefiæ,  in  T  N nomme Pomini.  Ego  Dodolinus  & uxor  mea  -  ■  ■*»* 

Cartuiairedc  honore  Dei  omnipotenris  videlicet  &  Do-  Radlindadonacoresfuraus  ad  domum  fondi  Na-  An.  9  5  6» 
^cde  Va-  mini  noftri  Jefu  Chrifti  &  fondi  Salvatoris ,  feu  ôc  zarii,  &  ad  domum  ûndiSalvaroris  &C.  ôc  ad  Do-  Archive*  de 
(andtæ  Jvlariæ  virginis ,  &  incly  tum  confeflbrem  Ma-  minum  Sfoandum  harum  ccclefiarum  epifcopura  >  &  £  Scaffc»- 
riufn,  &  fonda:  Alveræ  virgiqis  ubi  corpore  tumula-  ad  canonicos  ibidem  Deo  ferviences.  Placuir  anirais  ne. 
d  (jigf  &  ibi  expedant  aaventum  Chrifti  f  &  mei sSc  placer,  nullius  quoquccogcntisimpcrioncc 

terofum  fondorum  quorum  reliquiæ  ibidem  con-  fiiadentis  ingeoio ,  fed  propria  &  fooncanea  ooftra 
ditæ  fimt ,  de  eft  ipfo  locus  fitus  in  vicaria  Curienfo ,  clegir  yoluntas ,  ur  aliquid  aonare  aebercm  ficur  54 
qppofciium  quæ  nuncupantur  Vabrenfo*  Qiiamol>-  fàcio,  de  alodem  ooftrum  vineaqui  nobis  adveni* 
rem  nos  cnim  inDei  nomine  benignillimus  Ermen-  de  compararione,  &eft  in  coraicatu  Carcaflênfo  in- 
gaudus  cornes  &  uxor  mca  Adalais  comitillà  confon-  fra  cerminio  de  Viifo-AIba  &c.  In  cali  coüYentu  dura 
tienre,  cogiramus  de  Dei  rimore  vel  ætem3  retri-  ego  Dodolinus  y'ixçto  teneam  &  poflîdcam  ifta  vi- 
butione  9  ut  pius  Dominus  ad  diem  judicii  veniam  nea  ad  ufizs  fruduum  per  beneficium  noftri  Salva- 
4c  peccatis  noftris  conccdere  dignetur.  Propterea  toris,  &  fondi  Nazarii  Cujus  bæredicas  eft,  &c.  &t 
cedimus  ad  ipfo  præfato  loco  vel  ad  ipfos  monachos  accipiant  in  fozina  fondus  Salvaror  per  lïngulos  an-* 

Deo  militantibus  qui  ibidem  ferviunt  vel  futur!  nos  folidos  très  ;  ôc  poft  obitum  Dodolini  rema- 
erunt  aliquid  de  rebus  quæ  nobis  per  conquiftum  n car ad  jamdidas  ccclebas,  five  ad  illarum  epifoopum, 
odvenenmt ,  &  eft  lïtuni  in  pago  Ruthcnico ,  in  mi-  &  ad  ipfos  canonicos  fine  conrradidione  :  n  qui  s  con- 
oifterio  Curienfo  ;  curtem  noftram  guænuncupatur  n:a  hoc  vencrit  auc  ego  venero  &ç.  Fada  carta  ifta 
Segunciaco,  cum  ipfoecclefia  quæ  eft  fita  atquefun-  donatione  quarto  nonas  Mardi,  anno  primo  quod 
data  in  honore  fondæ  Maria: ,  cum  fuum  ccelefia-  obiit  Radulfusrex,  Chrifto  régnante ,  rege  Iperante* 
ftfoum  ôc  fuum  privilegium  ,  &  cum  fixa  dota  :  Sig.  f  Dodolinus.  Sig.f  Radündcs  >&c. 
qu^ntumeumque  in  ipfom  curtem  vili  fiirrius  habere 

îç  poûidere,  totum  Ôc  ab  integrum  ibi  cedimus,  * 

cumdomibus,  ædihciis,  &ftiisapertinentiis,  cum  L  X  I  I. 

bofcis  &  vin eis,  terris  cultis.  ôc  inculds ,  omnia  ôc 

ex  omnibus  quæfitum  &  ad  inquirendum ,  divifum  Extrait  de  la  fondation  de  l'abbaye 
if.  ad  dividendum ,  quantumcumqueibideRainone  chanteuse. 

St  de  Oddonberto  adquiiivimus,  totum  ôc  ab  intc-  * - — • 

grum  ei  cedimus  perpetualiier  ad  poiïidcndum  pro  n  Udor  omnium  bonorum,  &c.  Novcrint  igi-  An.? $6> 
peccads  noftris  minuendis  ,  fiipradidis  fondis  exo-  a\  fur  omnes  tam  præfontes  quam  etiam  fimiri  £?£af3'tTC,ié 
ranubus:  ea  foilicec  ratione  utdumego  Ermcngau-  qui  jn  beadftimi  maityris  luliani  Brivatenii  congre-  ^ 


D  loca  focraca  fondæ  Dei  Udvenfis  ecdefiæ,  in 


Extrait  de  la  fondation  de  l'abbaye 
de  cbanteuge. 

AUâor  omnium  bonorum,  &c. Novcrint igi- 
tur  omnes  tam  prælcntes  quam  etiam  fimiri 


An.9$6, 


peccatis  noftris  minuendis  ,  iupradiCtis  tandis  exo-  a  \  tur  omnes  tam  præfcntes  quam  etiam  fimiri 
rjntibus:  ea  foilicec  ratione  utdumego  Ermcngau-  qui  in  beadftimi  maityris Juliani  ftrivatenii congre- 
dus  cornes  adhuc  vivo  incorpore,  ufom  &frudum  garione  liicceftùri  tunr,  quod  ego  Cunebercus  præ-  t,. 

inmeum  opus  reforvo,  una  cum  ccnlum  per  fingu-  ^idæ  congrcgarionis  levira  &præpofirus,  exnor-  usinât. 
losannos.  Ipfi  redores  monafterii  de  ipfam  currem  tanubus  ôc  confondencibus  domino  videlicet  He-  707. 

manfum  unum  inveftitura  teneant ,  poft  obitum  âorenoftro  decano  ôc  univerfis  utriutque  æracis  jam 
meum ,  iptâ  caû-Dei  vel  ipfi  monachi  Tupradidas  &&£  noftræ  congregadonis  canonicis  ,  quandam 
res  fine  uûo  contradicente  recipiant,  &omnitem-  polleftionem  nomine  Cantogiluin  in  honore  Sab 
pore  in  communia  ipfos  rcs  teneant  in  alimenta  yatoris  noftri  Dei  ôc  fondorum  Martyrum  ,  in  pri- 
fratrum.  Iptàs  rcs  de  communia  frarrum  nullo  tem-  mis  foilicet  Domini  noftri  jam  didi  Juliani ,  nec  non 
pore  nullus  poteftatem  habeat  exrraliendi  ;  il  autem  &  altcrius  Juliani  cognomine  Andoclieni ,  arque  Sa- 
nient  ullus  abba  qui  prarfatas  rcs  de  communia  fra-  turnini,  quorum  duorum  ibidem  eccle.iæ  conftrudæ 
tnim  abftulerit  ôc  ad  beneficium  cas  dederit,  po-  funr-  ad  hoc  tradouc  dcinceps  cgnvcrfodo  mona- 
teftatem  habeant  uxor  mca  ôc  filii  mei  ipfos  res  re-  diorum  inibi  exiftat.  Hanc  autem  poftètîîonem  avus 
çipiendî,  ôc  pro  anima  mea  dentur  ad  ipfos  mona-  meus  Claudius  converfus  ipfo  canqnicam  volucrat 
chos  duobus  milienis  folidos ,  ôc  faciam  de  ipiàs  faccre  congrcgationcm  ,  ficut  Ôf.  uxor  ejus  de  reli- 
quidquid  voluerint.  Sane  fi  quis,  nos  ipfo  immutata  qlia  faa  pane  cum  fondimonialibus  geftic ,  St  quia 
voluntate  noftra ,  aut  ullus  de  hæredibus  vei  propin-  morre  præventus  eft,  ita  mihi  pnrfocam  poftêftîonem 
quis  noftris,  aut  ulla  appofita  vel  immifta  pcrlbna  jlire  teftamentario  dereliquir,  ur  poft  ejuteiem  dit 
uierit  qui  contra  ccftione  ifta  ullam  calumniam  gc-  ceftùm  findo  JuJiano  ad  Brivatenfo  camobiiun  rc- 
perare  præfumpferit  *,  hoc  quod  peut  non  vindicet,  mancret.  Sane  cum  ôc  ego  Ôc  fupradidus  nofter  dc- 
fod  inluper  componat  tantum  quantum  ipfos  rcs  camis ,  Hedor  videlicet,  omnefoue  cætcri  fratres  de 
mdioraras  valere  poruerint  in  duplum  lit  redditu-  iftius  vitæ  periculis ,  nec  non  St  de  tremendi  tupemi 
rus;  præfens  vero  cellio  ifta  ad  nos  fada  firma  ôc  examinis difcuftione  ftequentercolloqueremur,  tan- 
ftabilisvaleatperdiu^re,cumftipularioneperomnem  dem  in  huncconfonfom  devenimus  ut  prædidum 
Çrmitatem  fiîbnixam.  Fadam  cellionem  iftam  fiib  locum  pro  communi  folute  ad  ftridiorem,  id  eft 
diem  fobbarum  in  menfo  Julio,  anno  v  r  1 .  *  regnan-  monachorum  converfotionem ,  rradexemus  :  &  qufo 
tem  Rodulfo  regem.  S.  piiiîimo  Ermengaudo  comité,  nimimm  frigefoente  jam  carirare,cum  iniquitas  multi- 
S.  Adalais  comitillà  conlènriente  qui  ceflione  ifta  pliciterinundet,6citarenimordotnrbatuscft,utjuxta 
foriberevel  firmarerogaverunr.  S.  Adalone,  S.  El-  canonicaminftiturioncmconverfori  ad  integrumne- 
duino,S.Genefio,  S. Ugone  filio  Adalone,  S.  Er-  queamus  ,  foltemhoc  nobis  ante  Dominum profi- 
mengaudo  fiatre  fuo ,  S.  Bemardo  vice-comite.  In  aat  fi  illos  qui  reguforiter  vivunr  de  noftro  jure  li 1- 
Ghriftinomea  Bcnedidus  prefbyter  rogatus  foripfit.  ftentemus  ;  præfcrtim  vero  hoc  timentes  quod  ob  ho- 


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75  PREUVES  DE 

norcm  domini  noftri  Juliani  multa  nobis  in  clccmo- 
(îna  tribuuntur ,  ne  forte  judex  univerforum  nobis 
illud  prophedeum  imputaret,  (  quod  )  noftra  haben- 
tes,  peccata  populi  comederimus.  In  hoc  au tem dé¬ 
crète  tam  princeps  Aquitanorum  Raymundus  quam 
&  abbas  nofter  &  vice-cornes  Dalmacius ,  feu  ccrte 
nofler  epilcopus  Amaldus ,  quin  etiaiti  hujus  regio- 
nis  excellentes  viri ,  Bertrannus  videlicetac  Rotber- 
tus  vice-comes,  itemque  Rotbertus  juvenior ,  atque 
Euftorgius ,  cum  aliis  quibufcumque  provincialibus 
ita  con(ènferunt,ut  non  mediocriter  gaudere  videan- 
tur  :  hoc  equidem  fuos  fucceflorcs^in  Dci  nomme 
&SS.  prædid.  martyr um ,  præcipue  vero  (ândilfimi 
Ebredunenfis  epifeopi  domni  Marccllini  cujus  glo¬ 
riole  corpus  cum  alio  multo  SS.  pignore  illo  in 
loco  præfend  tempore  Deo  donante  fufceptum  cft  , 
contcftantes,ut  hanc  noftram  conftitutionem  auifque 
eorum  in  fuo  tempore,  fie pro  poilibilitate  foa  def- 
fêndat  ut  eam  mulatenus  inftingi  patiatur.  Sit  au- 
tem  hæc  oblatio  primo  quidem  pro  noftra  congre- 
gatione  tam  vivorum  quam  etiam  mortuorum  ,de- 
hinc  vero  pro  rege  noftro  ac  fenioribus  feu  fupra- 
didis  principibus  noftris ,  propinquis  quoque  ac  fa- 
miliaribus  ;  poftremo  fiait  in  una  caritatis  compa¬ 
gnie  cunda  ecclefiæ  membra  tenemur ,  fie  univer- 
hs  fidelibus  profit ,  ut  nos  in  fingulorum  bono  parti- 
dpare  mereamur.  Tum  vero  lie  eadem  oblatio  pro 
anima  Willelmi  ducis  atque  nepotum  èjus  Willcl- 
mi  &  Acfrcdi ,  6c  pro  anima  Claudü  >  Icilicet  avi 
mci,  reliquorumque  deffundorum  -,  cætcrum  fit 
fpecialitcr  pro  omnibus  quicumquc  illi  loco  vclha- 
bitaroribus  (olatium  atque  defenfionem  præbuerint. 
Si  quis  vero,  quod  abfit,  huic  ordinationi  noftræ 
contrarius  fiierir,  aut  ad  injuriant  noftri  &  fandi 
Marccllini  fandorumque  Martyrum  prædidorum 
hoc  quod  decemimus,  immutare  tentaverit.&c.Sign. 
Cuneberti  præpolîti  &  levitæ  qui  hanc  conftitutio- 
nem  fieri  vel  adhrmare  rogavit.  Sign.  Raymundi 
ducis  Aquitanorum ,  cui  aliud  niitu  Dci  nomen  eft 
Pontii.S.  Quothdcalchi  epifeopi.  S.  Dalmacii  viceco- 
mitis.  S.  Ingclbcrgæ.  S.  Dalmacii  filii  cjus.  S.Bcrtram- 
ni.  S.  Stephani.  S.  Rotbcrà  vicc-comitis.  S.  Bcrte- 
lai ,  &c.  Data  hæc  audoritas  teftamenti  v.  Kalend. 
Scptcmb.  anno  primo  régnante  domino  Ludovico 
rege  -,  in  Bafilica  almi  Martyris  Chrifti  Juliani  ante 
altare  fandi  Stephani. 


L# HIST  O  IRE 

nachis  ejufdem  monafterii  tam  præfentibus  quam 
futuris  ;  videlicet  totum  allodium  &  totum  protefhr* 
tivum  de  villa  noftra  dominicata  quæ  dicitur  Tho- 
mieres ,  cum  ipfa  ecclefia  quæ  eft  fundata  in  ho¬ 
nore  fandi  Martini  cui  vocabolum  cft  de  Jauro,  & 
rebus  omnibus  ad  fe  perrinentibus  ;  &  in  alio  loco 
villa  quæ  didtur  Gaumus ,  &  alia  villa  quæ  prata 
dicitur ,  &  villam  quæ  Cauneta  vocatur ,  &  ilia  quæ 
Opinianusdicicur,  &  in  villa  quæ  dicitur  Tarborc- 
rius  quatuor  manfos  ;  in  Almiano  manfosduos  ;  in 
Carfumaio  manfos  duos  ;&  in  loco  qui  didtur  Sim- 
bergas  manfos  duos*,  in  Telito  manfos  duos  ;  in  alio 
vero  loco  villa  quæ  didtur  Opiniaco  &  alia  quæ  ’di- 
dtur  Carturanis  ;  in  Condacfas  manfom  unum  & 
villa  alia  quæ  Saliifias  dicitur,  &  alia  villa  quæ  Tau- 
cina  vocatur,  &  alia  villa  quæ  Cornon  didtur,  & 
alia  villa  quæ  Marthomis  vocatur  *  in  Palillïndoman- 
fos  duos  •,  in  Crolato  manfos  très  -,  in  Bonatias  man¬ 
fos  quatuor  -,  in  Cabanario  manfos  fox  ;  in  Brailiano 
manfos  fox  >  ad  Pclludos  manfos  duos  ;  in  Turfo- 
rias  manfos  quatuor;  in  Proliano  manfos  très  ;  & 
in  loco  qui  dicitur  Riolet  vincas  duas  dominicatas 
&  pr.uo  uno  dominicato.  Damus  fimiliter  totum 
allodium  &  totum  pote ftativum  de  omni  parrochia 
S.  Satumini.de  Bilon ,  cum  ipfa  ecclefia  &  cum  om¬ 
ni  territorio  ulque  adpontcm  d’Elbina:  confronta- 
tur  ab  oriente  cum  dominiode  Sorieira s,  à  mendie 
in  fummitate  montis  Colim ,  ab  occidenre  in  Ponto- 
SilveftriaquædElbina,abaquilone  rivo  de  Toaret: 
omnis  honor  prædidus  eft  in  epifeopatu  Narbonen- 
li.  Et  in  alio  loco  in  epifeopatu  Albicnii  in  loco  qui 
vocatur  Vetus-murcnfe  damus  fimiliter  totum  alla- 
dium  6c  totum  poteftativum  de  omni  parrochia 
S.  Qementis ,  cum  ipfa  ecclefia ,  cum  manfo  ecclefia- 
ftico,  &  in  ipfo  loco  manfos  duos  qui  dicuntur 
Atturrim,  &  alios  duos  manfos  ad  ilium  qui  didtur 
Batpalmas.  Hæc  omnia  prædida  ego  Pontius  co¬ 
rnes  jamdidus  &  uxor  mea  Garfincüs  damus ,  lau- 
damus  &  concedimus  omnipotenti  Deo ,  &  fanétæ 
Mariæ,  6c  fando  Pontio  Tnomerienfi  monafterio, 
6c  abbati  &  monachis  ejufolem  monafterii  tam  præ- 
fencibus  quam  futuris  in  perpetuum ,  fcilicer  omnes 
ecclcfias&  villas  prædidas&  totum  honorem  præ- 
didum,  6c  totum  allodium  &  dominium,  &  totum 
poteftativum  de  omnibus  parrochiis  jamdiébs,  cum 
dccimis  6c  primitiis,  cum  oblationibus  &  cimeteriis , 
cum  terris  cultis  6c  incultis,  cum  vineis  &  honis ,  cura 


L  X  I  1 1. 

Dotation  de  l'abbaye  de  S .  Pons  de  Tom - 
mitres  ,  far  Raymond  Pons  comte 
de  T ouloufe . 

An.  9 $  6.  JT)  Ege  regum  Domino  noftro  Jcfii  Chrifto  præ- 
Archivcs  de  XV  cipiente  didicimuSi  date  eleemoJtnam9(^c.hÿ~ 
pc^,fc  de  tur  cn*m  *n  nomine  >  ego  Pontius  gratia  Dei 
°v\  comesTolofonus,primarchio&  dux  Aquitanorum, 
umes.  f.  jh.  Sc  uxor  mea  Garlmdis,  propter  rcmedium  &  (à- 
lutcm  animarum  noftrarum  ,  ut  pium  judicem  di- 
vinum  fentiamus  placatum  in  anguftiis  noftris 
cum  venerit  iudicarcvivos  &  mortuos ,  6c  pro  gc- 
nitore  noftro  Raimundo,  &  génitrice  mea,  &pro 
confanguineis  noftris  6c  fidelibus  noftris  omnibus, 
feu  pro  falute  vivorum  &  requie  omnium  defondto- 
rum  fidelium ,  damus  ,  laudamus  &  concedimus 
omnipotenti  Deo,  &  genitrici  ejusS.  Mariæ,  &  beato 
Petro  Apoftolorum  prmdpi,&  (àndlo  Paulo  dodtori 
egregio,  nec  non  &  gloriolb  martyri  Pontio,  Thome- 
rienli  monafterio,  &  domno  abbati  Otgario ,  &  mo- 


pratis  6c  arboribus  frudiferis  &  infrudiferis ,  &  cum 
nerbis ,  paicuis ,  &  pafturalibus ,  &  aquarum  curfii  & 
recurfo ,  cum  molendinis  6c  cum  omnibus  paxeriis 
tam  depifcatoriis  quam  de  molendinis,  &fiimos 
cum  rivis  &  fontes,  montes  &  colles  &  vaîles,& 
mundas  cumnemoribus  ,  cum  (ylvis  &  fbre(Hs,& 
cum  omnibus  finalibus&  mercariis&firnumjugiis, 
6c  cum  hominibus  &  famulabus  inde  naturalibus,  6c 
queftus,  &  albergas,  &  firmantias,  &tallia$,  & 
omnes  adiones,  6c  fegnis,  &  juftitias,&  omnes  fa- 
ty ros  &  leudas  6c  periulira ,  &  venationes ,  6c  omnes 
adus ,  6c  quidquid  in  jamdido  honore  &  in  omni¬ 
bus  fuis  perrinentibus  habemus ,  totum  illud  damus 
Deo  &  monafterio  prædido  in  perpetuum  abfque 
omni  retentione ,  pro  redemptione  &  (âlute  anima¬ 
rum  noftrarum  ,  parenrum  &  fidelium  noftrorum, 
ut  poilimus  evadere  gehennæ incendii  flatnmas,& 
pœnas  &infernorum  clauftra,  atque conjungifon- 
dorum  agmini,  6c  fine  fine  obtincre  cum  illis  fempi- 
terna  gaudia ,  &  cum  Chrifto  &  fidelibus  fuis  foli¬ 
oter  regnare  fine  fine  per  ætema  fæcula.  De  repe- 
ritione  vero,  quod  fieri  minime  credimus,  fi  nos  im- 
mucata  volunratc  noftra,  aut  ullus  de  h«eredibu& 


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77  DE  LANGUEDOC.  78 

noftris  ,  aut  ulla  émiflà  periona  quæ  contra  hanc  perfolvantur.  De  cætero  fie  locus  ipfe  à  dominatu 
noftram  donationem  ullam  calumniam  generare  co-  omnium  hominum  liber  8c  abfolutus ,  ut  neque  rex , 
narus  fiierit >  iram  Dei  incurrat  &  contra  lë  teftem  neque  princeps ,  neque  epilcopus,  neque  ullus  ex 
&  judicem  habeat,  &  lândos  ejus  exadores  omnes  &  propinquis  noftris >  neque  ulla  quælibet  unquam  per- 
rei  defcnlbres,  &  fiia  repetitio  nullum  effedum  ob-  ibna  dominatum  exercere  fub  aliqua  occaiione  ,.vel 
tineat ,  (èd  harc  præfens  donario  firma  &  inconvullâ  in  loco ,  vel  in  rebus  ad  ipfum  pertinentibus  præfo- 
permaneat  omni  temporc  cum  ftipuladone  fobnixa.  mat.  Ad  hoc  aucem  plcnius  inculcandum  &  quo- 
Fada  donatio  ifta  in  menfê  Novembris  anno  dcccc.  rumlibet  audaciam  reprimendam  ,  omnes  cpilcopi 
xxxvi.  divinæ  lncamadonis ,  primo  anno  Ludovico  qui  ad  dedicandain  ccdefiam  convenerunt ,  ilium 
rege  fodem  regni  ejus  gubemante.  Signum  Pondi  qui  forte  (quodabfit)  vel  monachis,  vel  rebus  corura 
Marchionis  qui  hanc  donationem  fîeri  aut  aflirmare  contrarias  exriterit  fiib  anathematis  vinculo  «noda- 
rogavit.  S.  Garfindis  uxoris  ejus  confendentis.  S.  Ra-  runt.  Suntaurem  hi  Aimericus  metropolitanus  eccle* 
gauberd.  S.  Vidimi.  S.  Attoni.  S.  Matrfèdi.  S.  Rai-  fiæ  Narbonenfis,  WiûndusCarcalIbnenfis ,  Rodoal- 


LX  I  V. 

Donation  de  Pons  comte  de  Tonloufe  à 
l'èglife  de  Be fiers. 


An.  93  7. 

Ctmdaire  de 


mundLS.  deAgbeno.S.  Aimerici.S.Odonis.S.Atrio.  dusBirerrenfis,  Thcodericus  Lodovenfis.  Inrermi- 
S.  Guillelmus  qui  hanc  cartam  lcripfit  rogatus.  nadonem  vero  iftam  quam  prædidi  epiieopi ,  ut  di- 

^  dum  eft,  præfixerunt,  omnes  epiieopi  qui  dehinc 
ad  Aulcdinenle  coniîlium  convenerunt,  viaelicet  ifti: 

L  X  I  V.  Aimericus,  Rainaldus,  Wiûndus,  Rodoaldus,  Da- 

goberrus,  Pondus,  Theodericus,  Wadaldus  commu- 
Donation  de  Pons  comte  de  Tonloufe  à  ni  nihilominus  decreto  firmaverunt,  &  ut  noftram 
ïèvlife  de  B e  fiers.  conftiturionem  pro  amore  Chrifti>&  lânche  genitriris 

_  6  J  J  ejus,  atque  beari  Pondi  fàdam  nullus  infringere  aut 

An  937  TT  k  andalangus  donadonis  vel  tradirionis  inquietareaudeat;  comniinadonemDeiperMoyfêm 
Ctnuiairc  de*  ^  fluem  Pondo  cornes  &  marchio  de  alo-  illatam  imprimis  dicentem  :  MaleeUtus  qui  transfert 

k  CarbédnJe  dera  foum  qui  eft  in  territorio  Biterrenfi,  in  villas  terminas  ; patrum  forum,  *  id  eft  qui  mutât  hocquod 

de  Bcfien.  quæ  dicunt  Boiano  &  Tampuniano,  cum  ipfaec-  à  quolibet  proximo  pic  fimeirum  eft ,  &  ubicumque 
clefia  tota,  cum  celüs  &  (âcrariis,  cimiteriis,  cum  per  orbem  terrarum  lxxxii.  plâlmus  canitur,  omnis 
cafis  &  cafâlibus ,  cum  terris  &  vineis ,  cum  exeis  8c  multitudo  pûllentium  illam  imprecationem  quæ  me- 
regreflîis ,  cum  ortis  &  ortalibus  arque  oglads ,  cum  dio  plalmo  continctur ,  contra  ilium  quilquis  ille  eft 
puteis,  rivis,  &  fonds ,  molinis  &  molinaribus  ,  qui  fimduarium  *  Dei  poflidere  prælumlèrir  intor- 
aquis  aquarum-ve  dccurfibus  earum,  filvis,  garri-  queat,  ut  fcilicct  ponat  ilium  Deus peut  rotam  cjua 
ci s;  omnia  &  in  omnibus  totum  &  ad  integrum ,  tam  inflabiliter  voluitur  & pcutftipHlam  ante  faciem  ven- 
quifitum  quam  ad  inquirendum  donavit  vel  tradidit  ti  8c  cætera  ,  quoulque  impleat  Deus  faciem  ejus  ig- 
Domino  Deo  &  S.  NazariofedisBiterrenfis,  cano-  nominia  ut  quærat  nomen  iplius,  8c  licur  Hcliodo- 
nicifoue  ejus  ad  ufum  8c  frudum  ,  iis  ftipendiis  &  rusquiejuÛemDeilànduariumtemerarepræfompfic 
ufibus  8c  cibariis  iplis  canonici s  præfentibus  atque  fi î-  coerdtus  refipilcat.  Cæterum  fi  alius  aliquis , cui  forte 

turis,  pro  peccatis  atque  offcnlionibus  luis,  &  pro  de  rebus  juris md  partem  tribuero,  rem  libi  tradi- 
anima  genitori  foi  atque  genitrids  fuæ  ,  &  pro  ani-  tam  poftidere  quietus  volucrir,  8c  videre  quam  nefa- 
mabus  omnium  parentum  vel  fidelium  foorum.  Fa-  rium  eft  1  i  id  quod  Deo  &  fimdæ  gcnitrici  ejus  Maris 
dum  andalancum  iftum  xvn.  Kal.  Februarii  anno  i .  traditum  8c  conlêcratumfuerit,immilIa  quælibet  per- 

Sod  obiit  Rodulfus  rex.  S.  Pondo  cornes  8c  mar-  Ibna  inquietarepræfomplèrit:  fi  ergo  aliquis  hoefe- 
o.  S.  Garfindis  qui  hune  andalancum  fecimus  8c  cerit,  videat  Deus&  judicet  ad  cujus  injuriam  &dc- 
firmare  rogavimus.  Sig.  Jonus  vicecomes.  S.  A  n-  (pedum  res  ei  traditas  temerate  prælumplêrit ,  Ce 
blardo.  S.  Amaldo.S.  Rodaldo.S.  Amalrico. S.  Al-  ergo  lædcbit  non  me.  Nam  quantum  ex  me  eft, 
timirus  prelbytcr.  S.  Ato  vicecomes.  ego  donationem  hanc  ficut  pro  me ,  &  conjuge  mea , 

noftrilquc  parendbus  8c  meis  fidelibusfâcio*,  fie  pro 
illis  qui  loco ,  &  monachis,  vel  rebus  coruin  adjuto- 
L  x  V  rcs  extiterinr.  Qui  vero  refiftere  vol uerint,  Deus  illis 

•refiftat  etiam  in  præfinti,  8c  in  fiituro  focienmr  il- 
Dédicacé  de  l'èzlifc  deS.Pons  deThomieres.  lis  ( nifi  refipuerint  )  qui  dixerint  Domino  Deo ,  re- 

ccdc  à  nobis  ,  8c  quorum  cervices  in  nihilum  reda- 

-  T  Nnominc  DominiDei  fommi.  Notum  fit  on-  élx  font.  Tu  vero,  ô  epilcoporum  epilcope  univerla- 

7*  X  nibustam  regibus  quam  pontificibus  8c  quibulli-  lis  papa  Léo  vel  quicumque  in  fonda*  Sedc  ribi  fiic-  *  4 
Bci^hie^îie  bet  primariorum  ordinibus  videltcetprælcncibus  at-  celliirus  eft,  apud  te  ciulâm  iftam  depono,  ut  ficut 
s.  Pont  aux  quefiituris,  quod  anno  focundo  régnante  domno  per  apoftolicam  authoritatem  habespoteftatem  ligai>« 

Roy' 'à*  Cir  ^uc^ov*co  rcSc  ’  CS°  R^'^^ndus  qui  8c  Pontius,  pri-  di  atque  lôlvendi ,  qu æfo  per  reverenuam  apoftolo- 
caffonne.  "  marchio  8c  aux  Aquitanorum ,  8c  uxor  mca  Gar/in-  rum  ,  ut  prædiclo  loco  ac  monachis  nec  non  &ad- 
v‘  estel,  dis  quoddam  noftri  juris  prædium  Chrifto  Domino  jutoribus  eorum  faveas  8c  cos  ablblvas  :  contradi- 
90 ’  &  lanctæ  genitricis  ejus  Maria?,  nec  non  8c  fiindlo  doribus  eorum  ob/iftas  8c  eos  condemnes  ubicum- 
Pontiogloriofo  martyri,ob  cujus  nomen  fie  8cipfc  vo-  que  hæc  teftamentaria  audoritas  coram  principibus 
cor,  ea  devotione  obtulimus,  ut  ibidem  cœnobium  prolata  fiierit.  Quifque  benevolus  hanc  inconvullâm 
fieret  in  quo  monachi  lecundum  regulam  (àndi  Be-  elle  voluerit  8c  monachis  adjutorium  impenderit , 
nedidi  converûrentur.  Qua  de  caurn  etiam  de  Au-  Dominus  omnipotens,bonorum  omnium  diftributor, 
reliaco  beati  Geraldi  cœnobio  quofilam  ftatres  fob  det  illi  gratiam  pro  amore  genitricis  foæ ,  &  hæc  ipla 
manu  venerandi  abbatis  Amulphi  venire  foci,  ex  oblatio  pro  iplo  lit  ficut  pro  me.  E  contra  vero 
quibus  &  ibidem  à  pluribus  epifiopis  abbas  Otga-  quicumque  (anduarium  hoc ,  conrempto  Chrifti  no- 
rius,  equidem  nolens,  ordinatus  eft.  Fado  autem  mineaclândæ  genitricis  ejus,  inquietare præfompfe- 
lolemni  teftamento  prædidum  locum  Romanæ  apo-  rit ,  omnes  malcdidioncs  &  comminationcs  quæ  in 
ftolicæ  fedi  ira  fobjedum  eftè  decrevimus,  ut  per  divinalcge  continentur  in  eumjaculentur ,  &  quia 
quinquennium  deeem  folidi  pro  recognitione  ibidem  noluit  benedidionem  elongetur  ab  eo ,  ficut  Judas 


*4/.  proxi* 
mi  fui. 


*  4/.  res  (et - 
vorum. 


*  W.  iû». 


archives  du 

Roy  à  Car¬ 
tonne. 

y-  catd. 
um.p.  90. 


Digitizèd  by  LjOOQie 


PREOVES  DE 

çroditot ,  Datan  quoque  &  Abiron  qui  viventes 
defcenderunt  in  infcmum ,  ita&  ifti  cumulum  æter- 
næ  damnationis  præcipites  beurrant.  Ut  autem  hæc 
donatio  firma  &ftabilis  permaneat  omni  tempore, 
manu  propria  (ubtcrfkmavimus ,  &  comprovinciali- 
bus  noftris  epifcopis  &  primariorum  ordinibus  ad- 
•firmare  rogavimus.  Signum  Raimundi  excellent!  fli- 
mi  duds»  S.  Garfindis  coniugis  ejus.  Aimcricus  ar- 
chipræful ,  Rodoaldus  epifcopus  >  Docbcrtus  cpifco- 


V  HISTOIRE 

tifcalchi  epifcopi.  S.  Bcmardi  abbatis.  S*  Gcrôndi 
Bituricenfîs  archiepifcopi. 

S.  Begonis  epifcopi.  S.  Widonis  cpifcopi»  S.  Dal- 
marii  abbatis,  &  S.  aliomm  plurimorum  teftium  anno 
1 u  regni  Ludovici ,  v.  autem  anno  Dalmado  abbatc. 


L  X  V  II. 


uuulæuu  )  ivüuüaiuua  twucuuu»  >  iaa.üçuu3  .  .  J  h  I  f 

pus ,  Ugo  epifcopus ,  Pondus  epifcopus ,  Rainaldus  change  entre  Bemardvicomte,&  F  abbaye 


epifcopus  ,  Theodoricus  epifcopus ,  W  adaldus  epifco¬ 
pus  ,  Wifàndus  epifcopus ,  Dorberbus  abba.  S.  Odo- 
nus  indignus  abba.  S.  Arnulfi  indigni  abbatis ,  Sonia- 
rius  abba  indignus ,  Robertus  abba ,  Guido  abba. 


de  Vabres. 


L  X  V  I. 

déformation  de  i' abbaye  de  faint  Chaffrè 
far  Gotefcalc  9  évêque  du  Puy. 


Circulaire  de 
l’abbaye  de 
S.  Chiffre. 

V.  Mobil. 

4ipl'p-  5 69. 

GoU.  CHrifi. 
mv.ed.  u.  i. 
inftr.  p 


*J  9. 


PLacuit  atque  convertit  inter  aliquos  homines  his 
nominibus,  Betnardo  vicecomite  &  infantos  fuos 
Berengariô  &  Bemardo,  &  ex  aliam  partem  Ramntil- 
fiim  abba  &cunda  congrégation  fanddSalvatori  Va- 
brenfe  cccnobii,  ut  rebus  morum  inter  fc  concam- 
biare  debuiflent ,  quod  ita&fecerunt.  Dedcrunt  ica- 
que  Bcmardus  vice-comcs  &  filii  fui  ad  partibusRa- 
mnulfam  abbas  >  &  ad  fuos  monachos,  in  pago  Ruce- 
nico ,  in  minifterio  Curienfc,  curtem  qui  dicitur 
Rufiniaco ,  in  valle  quæ  dicitur  Lendifca  >  quantum 
An.  93  7.  YN  nomine  Dei  fummi ,  Amen.  Notum  fit  om-  b  ipfa  curtem  vel  in  ipfbaiceBemardus&  infantes  fui 
JL  nibus  orcünum  gradibus  tam  præfentibus  quam  vifi  funt  habere  &  poilidere,  cum  ipfâecclcfia  quæ  eft 
îuris  %  quod  anno  fecundo  régnante  Lodoico  rege ,  fita  atque  fiindata  b  honore  Domini  noftri  Jefu  Chri- 
eum  ego  Gotifçalchus ,  humilis  præful  Vallavenfis  fti  &  fanétiStephani,  cumipfo  ecdefiaftico  &  fuum 
ccclefiæ ,  pro  meo  poflè  providerem  derum  &  pie-  privilegium ,  &  cum  Omni  dota  fua.  As  præfatas  res, 
bem,  inadit  defiderium  b  corde  meo  lit  locum  cum  domibus,  ædifidis,&  fuis  pertbentiis,&  fuis  ad- 

fandii  Theoftedi  Calmilicnfis  cccnobii,  quod  olim  jacentiis,  bofeis,  vbeis ,  molendinis  i  omnia  &  ex  om- 
regale  fait,  &à  prædecellcribus  noftris  regali  be-  nibus  quæfitum  &bquirenduni,  divifum  &ad  di- 
ncficio  obtentum  ,  &  per  incuriam  &  fæcularem  eu-  videndum ,  omnia  &  ex  omnibus  quantum  adipfâm 
piditatem  res  prafati  loci  male  direptæ  lint,  &  exi-  cuncm  ifpiciat  vel  afpicere  videtur,  totum&abb- 
gente  inopia  teligionis  ftatus  inibi  penitus  annihila-  tegrum  in  coilcambium  dedimus ,  ita  ut  poft  hac  die 
tetur ,  b  priftinum ,  pro  poflè ,  reftituerem  fai  ordi-  iplï  redores  monafterii  ipfas  res  teneant  at  poflideant, 
nis  gradum.  Unde  accitum  Dominum  Amulfam  &  faciant  exbdc  quidquid  voluerint-,  exceptisquod 
de  cænobio  fàn&i  Gcraldi  abbatem  deprccatus  fum ,  Benedidus  prefbiter  iplam  ecclefiam  &  fuo  ecclenafti- 
ut  praxlidum  locum  in  fui  dominio  lufcipcret,  &  co  tencat  &  poflideat  quamdiu  vivit,  ficut&Fredu- 
fratres  ibi  regulariter  fecundum  normam  patris  Be-  lus  abbas  prædixit.  Poft  obitum  fuum  ipfi  monachi 
nedidi  viventes  dclegaret.  Caventcs  itaque  recidi-  exinde  faciant  quidquid  voluerint.  Et  b  contra  rece¬ 
vant  cupiditatis  rabiem  fucceflorum  noftrorum ,  af-  perunt  Bcmâraus  vice-comes  &  infantes  fui  fupradidi 
fcnfu  Geilini  marchionis  &  plurimorum  epifeopo-  b  ipfo  pago ,  b  minifterio  Reeonienfe ,  cune  quidi- 
rum,  dedimus  ci  licentiam  ,  ut  fupra  didum  eft,  citur  Solmegiocum  ipfo  caftello,  &cumipfâeccle-» 
utmonita  fandd  patris  Benedidi  obfervent,  &me-  fia  quæ  eft  hmdara  in  honore  fandb  Amantii -,  &  b 
mores  noftri  Chriftum  pro  nobis  quotidie  precibus  alio loco  villa  Spbofo ,  quantum  ibi  vifi  fumus  ha- 
exorent ,  &  cum  noftro  communi  confilio ,  cum  fac-  bere ,  &  b  alio  Spinofo  manfo  ubi  Benedidus  manet, 
lit  neceflàrium  ,  cligant  talem  redorem  qui  illos  &  Pctra-levata  manfo  ,  &  quantum  b  iftis  lodis  vifî 
bene  regere  feiat.  Si  autem  (  quod  abfic  )  bftigantc  famus  habere ,  b  btegrum  Bemardo  &  adfaos  in- 


An.^}7. 

Cimilairr  de 

FéglifedeV» 

btcu 


Col©»- 

ria m. 


diabolo  à  propofito  bono  deviaver'int ,  non  folum 
ilia  quæ  perceperunt  amittant ,  fed  &  illud  etiam 
quod  nobis  Dombus  præftitit  ut  concedcrcmus , 
hoc  eft  Roferias  cum  fuis  ad  jacentiis ,  ScvillamCo- 
lenticum  *  de  communi  fratrum,  Camalerias  etiam 


fontes  b  concambium  dedimus ,  ut  quidquid  exinde 
facere  voluerint  faciant.  De  repetitione  dicimus  uc 
fi  facrit  immutata  voluntas  noftra  aut  ullus  de  hæ- 
redibus  noftris  faerit ,  aut  ulla  perfona  qui  contra 
concambium  iftumullam  calumniam  generdre  præ- 


&Ventreciacum  cum  illorum  finibus,  quæ  benevolo  fumpferit ,  non  vindicet  hoc  quod  petit ,  quantum  ip- 

animo  tribuimus ,  ad  noftram  redeant  utilitatem.  Et  fas  rcs  melioratas  valere  potuerint ,  &  quod  petit  non 

iftas  res  fupradidas  eo  tenorcconcedimuseisabhac  vindicet  :  præfcns  vero  concambium  ifte  hrmus  & 

die  &  debceps ,  ut  quotidie ,  exceptis  diebus  feftis,  ftabilis  pcrmaneat  cum  ftipulatione  fubnixa.  Fadhim 

unaquaque  hora  pro  nobis  &  faccefloribus  noftris  ,  concambium  iftumfub  die  fàbbatoinmenfeDecem- 

tam  pontificibusquamclericis,  &  omnibus  adjutori-  brio,  anno  fecundo  quo  Rodulfas  rex  fait  quon- 

bus  &benefadorit)usnoftræ  fedis  &  ecclefiæ,  duos  dam ,  Dco  imperante  &  rege  expcâante.  S.  Bernar- 

pfalmos  flexis  genibus  decantent.  Pro  defanâis  vero,  do  vice-comte ,  S.  Berengariô ,  S.  Bemardo  qui  con- 

quando  poflîbile  eft ,  vigiliam  &  miflàm.  Res  autem  cambio  ifto  fcribere  vcl  nrmare  rogavit. 

landli  Theophredi  quas  noftra  vel  fæcularis  poteftas 

tenere  videtur ,  aut  beneficiario  jure ,  ab  abbate  ejuf-  “  1 

dem  loci  &  monachis  ibidem  degentibus  obtbeat  L  X  V  1 1 1# 

eo  tetiore ,  ut  quandiu  vixerit,  cenfualiter  teneat  :  poft 

mortem  vero  ipforum  abfque  ullacontracftdionc  re-  Charte  du  roi  Louis  d' Outremer  en  faveur 
£tor  &  monachi  ejufdem  loci  rccipiant.  Si  quis  au-  ^  l'abbaye  de  S.  Pons. 

rem  hæc  temerarie  præfumpferit,  tam  noftra  quam  J 

coepifcoporum  prælentium  excommunicatione  &  T  N  nombe  fanâæ  &  bdividuæTrinitatis ,  Ludo- 
æterna  damnatione  fe  innodandum  fciat,  nifi  refipue-  X  vicus  divina  propitiante  dementia  rex.  Si  erga  loca 
rit  &  faüsfaciendo  emendare  ftuduerit.  Signum  Go-  fandlorum  divbis  cultibus  mancipau  bénéficia  op- 

pomma 


An.  m 

CarwUitfk 

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Pon».  V.C *- 


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portuna  largimur  ,  premium  nobis  apiid  Deum  multum  gaudemus  &  exultamus  de  ædificatione 
ætcmæ  remuncrationis  non  diftidimus  rependi.  Id-  monafterii  fàndi  Ponrii  Tomerienfîs,  quod  dom- 
circo  noturn  eilèvolumus  fàndæ  Dei  ecclefïæ  fide-  nus  Pondus  dux  Aquicanorum  &  cornes  Tolofânus 
libus  &  noftris  ram  præfcndbus  quam  fiituris,  qitod  ædificavit  &  dotavit ,  abbatem  &  monachos  ibi  con- 
quidam  illuftris  vir  ac  diledus  cornes  (eu  marchio  ftinicns  ,  ut  regularitcr  vivant  fècundum  régulant 

Raimundus  præfênriæ  fûblimitatis  noftræ  fuos  diri-  S.  Benedidi  :  &  quia  in  diebus  noftris  tam  venefa- 

gens  legatos  arque  monachos ,  humillimis  precibus  bilis  religiofufque  locus  ædificarus  eft  j  volumus  ÔC 
per  eos  noftram  deprecatus  eft  celfîtudinem ,  ur  fuum  aipimus  cum  magno  ddîderio  >  monafterium  præ- 
monafterium  quoa  eft  in  pago  Narbonenfe  fîcum >  didum  docari  ad  fuftenrationem  monachorum  qui 
nomine  Tomerias,  in  honore  fàndæ  Dei  genitricis  ibi  Deo  ferviunt  &  in  fùturum  fêrvituri  funt ,  ut 
Marie ,  five  fândorum  apoftolorum  Pétri  &  Pauli ,  tante  elemofinæ  participes  elle  rticreamur.  Igituï 

&  beati  Pontii  martyris  fundatum ,  ubi  præeft  dom-  ego  Aymericus  archiepifcopus  prædidus,  &  nos 

nus  Oddo  abba ,  una  cum  norma  monachorum  canomci  prædidæ  fedis,  bono  animo  &  bona  vo 
ibidem  Deo  fàmulanrium,  &resejuldem  monafte-  Juntate  damus,  laudamus  &concedimus,  ac  præ- 
rii  quas  iidem  abbas  &  monachi  tenent,  &  prædia  fènti  charta  inperpetuum  cradimus  Domino  Deo, 
que  præfâtus  marchio  jamdido  loco  delcgavit ,  &  ôc  fàndæ  Marie,  ôc monafterio  fàndi  Pontii  marty- 
prædia  feu  vineas  ôc  manfos  cum  omnibus  fins  per-  ris  Chrifti  Tomerienfis,  &domno  abbad  Otgerio, 
dnendis  tam  in  rebus  quam  in  mancipiis,fub  immu-  ôc  monachis  ejufdem  monafterii  prefenribus  & 
nitads  ruirione  fiifdpere  dignaremur;  &  ut  preci-  fiituris  ibidem  Deo  fèrvientibus ,  videlicet  ecclc- 
bus  fândæ  Deigeniqâcis  fuiciri  mereamur,  adaug-  fiam  S.  Martini  de  Jaur  cum  capella  S.  Martini 
mentum  ipfîus  loci  infra  fines  regni  noftri  in  comi-  de  Cuflâs  de  ipfâ  parrochia>  &  ecclefïam  fàndi 

*  w.Tcncr©.  tatu  Biterrenfi ,  ccdimus  curtem  noftram  Jerra  *  Garcini  de  Bifbns,  ôc  ecclefiam  fàndi  Stephani  de 

cumomnibus  fuisperrinendbus,cum  fèrvis&  ancillis.  Cavall  cum  capella  S.  Mardni  de  Uicadellas  de  ipfà 
Cujus  peririones  ratas  efle  cognofcentcs ,  animeque  parrochia,  &  ecclefïam  S.  Joannis  de  Frayflà,  ÔC 
noftræ  fàlutem  nihilominus  perpendentes  libenter  ecclefïam  S.  Pétri  de  Combour,  &  ecclefïam  fàndi 
eiaflènfiim  præbuimus,  &  hanc  noftram  authorica-  Pétri  de  Riols  cum  capella  fànde  Eulalie  de  ipfà 
rem  erga  prædidum  monafterium  vel  redores illius  parrochia,  ôc  ccclc/îain  S.  Sebaftiani  de  Promiane 
(ïib  plcniüj  ma  immunitads  noftræ  defenfione  fieri  cum  capella  fàndæ  Mariæ  de  Trefors,  ôc  ecclefïas 
decrevinaus ,  per  quam  piæcipimils  arque  jubemus  S.  Stephani  ôc  S.  Amanrii  de  Albania ,  ôc  ecclefïam 

•  »/.  fut  oi-  ut  ipfc  abbas  ac  monachi  ibidem  degenres  fuit  *  fiib  fàndæ  Mariæ  de  Feireras ,  &  ecclefïam  S.  Joannis 
««•  nullius  judicisjpoteftate,  nifi  ipfîus  Raimundi  &ab-  de  Divolioia ,  ôc  ecclefïam  S.  Pétri  de  Figueiras,  ôc 

b3tis  ejufdem  foci;  fubnoftromundiburdo  tud  per*-  ecclefïam  S.Baudelii  de  Monte-Olerio  cum  capellis 
maneant,  ôc  nullus  judex  publiais ,  vel  quiflibet  ex  S.  Pétri  de  Bifâno,  &  ecclefïam  fàndæ  Mariæ  Ôc 
judiciaria  poteftate,  in  ecclefïas,  autloca,  vel  agros  S.  Juliani  de  Malliaco ,  ôc  ecclefïam  S.  Jacobi  de 
feu  reliquas  poflcftïones  præfàd  monafterii,  quas  in  Corts.  Has  omnes  prædidas  ccclelîas  ego  prædidus 
moderno  tempore  in  quibuflibet  pagis  feu  territoriis  Aymericus  archiepifcopus ,  ôc  ego  Petms  archidia- 
infra  dirionem  regni  noftri  jufte  ôc  legaliter  poflidet ,  conus,  &  ceteri  canonici  Narboncnfîs  fedis  damus , 
atque  deinceps  in  jure  ipfîus  fàndi  loci  divina  pieras  laudamus  ôc  concedimus  Deo ,  monafterio  S.  Pon- 
augere  voluerit  *,  ad  caufàs  audiendas  ,  vel  freda  tii  fupradido ,  &  abbad  &  monachis  prædidis  & 
exigenda,  aut  manfïonaticos  vel  paratas  fàciendas,  eorum  fucceftôribus  in  perpetuum,  cum  omnibus 
aut  fidejuflores  tollendos,  feu  homines  ipfîus  mo-  decimis  &  primitiis  ôc  oblarionibus ,  &  cum  omni 
nafterii  tam  ingenuos  quam  aliosfùper  terramcom-  ecclefîaftico  jure  tam  decimarum  quam  aliarum 
manenres  diftrigendos ,  nec  ullas  redhibitiones  aut  rcrum ,  lïcut  unquam  prædidæ  ecclcfiæ  habuerunc, 
illicitas  occafïones  quæ  fupra  memorata  funt  penicus  vel  habere  debuerunt ,  vel  poflèderunt ,  vel  haberc 
exigere  præfiimat  :  fêd  liceac  præfato  abbad  ejufque  debent.  Sic  damus  Doinino  Deo  &  monafterio  præ- 
{ûcceflbribus  &  monachis  res  fûpradidi  monafterii  dido  in  perpetuum  abfque  omni  retentu ,  libéré  & 
fiib  noftra  immunitads  tuitione  quieto  ordine  poffi-  abfolutc ,  ôc  abfque  omni  ufârico  ;  fàlvis  tamen  fy- 
dere,  quatenus  iplïs  ftrvis  Dei  Domino  fàmuland-  nodis  deeedefiis  prædidis,  excepris  capellis  omni¬ 
bus  ,  pro  nobis  ac  regni  noftri  ftatu  omnipotentis  bus ,  &  excepta  ecclefîa  S.  Baudilii  de  Monte-Ole-  .  • 

Dei  mifericordiam  fuis  precibus  exorarc  valeant.  Ut  rio ,  &  exceptis  ecclefïis  prædidis  de  Malliaco.  Si 

autem  hujus  immuniratis  atque  confirmadonis  no-  quis  autan  feiens  contra  hanc  donationem  noftram 

ftræ  authoritas  majorem  in  Dei  nomine  obdneat  venire  tentaverit,  ôcc.  Fadum  eft  hoc  donum  anno 

vigorem,  manu  propria  fïibterfîrmavimus  &annuli  Domini  ablncarnadonc  dcccc.xi.  menfe  Augu- 

noftri  imprdfionc  figillari  juflïmus.  Ginfîabertus  *  fto  >  anno  1 1 1 .  régnante  Ludovico  rege  Franco- 

t  cornes  recognovit.  Signum  Ludovici gloriofiftîmi *  rum.  Signum  Aymerici  archiepifcopi  Narboncnfîs, 

^.rcnrniT-  regis>  Bonealus  cpifcopus ,  Ruanus  notarius.  Da-  qui  hanc  cartam  fieri  jufîït,  &fidam  laudavit,  ÔC 

t  ^  a  tum  iv.*  Nonas  Augufti,  anno  quarto  régnante  Lu-  telles  firmare  rogavit,  &  hoc  fïgnum  fàcit.f  Sign. 

Mou  Aprli!*  dovico  fcreniftîmo  rege.  Adum  apud  Lugdunum  in  Pétri  archidiaconi ,  &  ccrcrorum  canonicorum  Nar- 

Dei  nomine  felicirer.  Amen.  bonenfis  fedis  qui  hanc  cartam  fieri  jufïèrant,  Ôc 

fadam  laudaverunt ,  &  telles  firmavcmnr.  Sign. 
Rodaldi  cpifcopi  Biterrenfïs,  fSign.  Guiûndi  Car- 
L  X  I  X.  caflonenfis  epifeopi ,  f  Sign.  Thcoderici  epifeopi 

Lutovenfis ,  f  Sign.  Pontii  epifeopi ,  f  Sign.  Rcynar- 
Z)o7idtion  d* \Aymeric  archevêque  deNar-  di  epifeopi,  f  Sien.  Datbcrd  epifeopi,  f  Sien.  Hu- 
_ / _  J-  2.  /_• _ J.  n  .  r.  .  _ :r„ _ :  2  . 


An.  940. 

Archive*  tle 

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bonne  y  &  de  Rodaldus  évêque  de  B  e  fier  s 
à  l'abbaye  de  S.  Pons  de  T  ornières. 

IN  nomine  Domini  noftri  Jefù-Chrifti.  Ego  Ay¬ 
mericus  Dei  gracia  Narboncnfîs  archiepifcopus. 


Tome  IL 


gonis  epifeopi ,  f  Sign.  Gundaldi  epifeopi ,  f  Sign. 
Wifàndi  epifeopi,  f  Sign.  Datberti  abbatis,  f  Sign. 
Odoni  abbatis,  f  Sign.  Arnulfi  abbatis,  f  Sign. 
Suniani  abbatis,  f  Sign.  Rotberci  abbatis,  f  Sign. 
Guidonis  abbatis,  t^ign.  domni  Pontii  ducis  Aqui- 
tanorum  &  comitis  Tolofàni ,  f  Sign.  Guarfindis 


/ 


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» 


An.  940. 

4M. 


Sj  P  R.EUVES  DE  L’H  15  T  O  I  R.E  t4 

uxoriscjus,  Sign.  Hugonis  corairis,  Sign.  Amaudi  nus  res  quas  Coniberms  quondam  prxpofîtus  cæte- 
vicecomitis,  Sign.  Sicardi  vicccomicis  ,  Sign.  Ato-  rique  fratres  fàndi  Juliani  pro  commuai  là lure, 
nis,  Sign.  Pondi  qui  hanc  cartam  fcripfic  juffii  per  conlênliim  Ragemundi  principis  Aquiunonim, 
przdidorum  anno  fie  die  quitus  (upea.  neenon  &  aliorura  ipfius  provinciæ  procerura 

Itam  epifeoporum  quain  cætcrorum,  prxdido  mo- 
N  nomine  Domini  noftri  Jcfii  ChriftL  Nofcant  nafterio  contulerant,  noftræ  regalicatis  prxcepto  3c 
pnefcnccs  pariter  fie  futuri ,  quod  nos  Rodaldus  ,  ex  teftamento  quod  lâncttum  eft  confirmarc  di- 
Dei  grada  Biterrenfis  epifeopus ,  &  nos  canomci  Bi-  grurcraur.  Quorum  pentionibus  ob  Chrifti  fie  làa- 
terrenfisfèdis,  bono  animo&  bona  voluncate  &in-  di  ejus  jam  prxlibari  Marcellim  diledioneni,  fivc 
tuicu  pk&ris  damus ,  laudamus  &  conccdimus  Deo  fidelium  noftrorum  deprecarionem  ,  vidclicer  Plei¬ 
ne  lândæ  Marix,  &  monafterio  (andi  Pontii  Tome-  rid  Lingonenlis  epifeopi,  8c  Gorifchalchi  Ani- 
tiarum,  fiedomno  abbari  Otgerio,  &  monachis  ejuf-  cicnfis  prxfulis >  Rotgerii  quoque  inluftris  co- 
dem  monaftecü  prxfêntibus  &  futuris,  videlicetec-  mitis  noftrum  præbences  aflenfum,  jullimus  hoc 
clefiam  landx  Eulalix  de  Tomeriis  ,  &  ecdefiam  regale  decretum  fieri,  in  quo  contirmando  decerai- 
fitndx  Marix  de  Bcriano >  &  ecdefiam  landx  Marix  mus  &  deccmendo  firmamus,  ut  monachi  prxfàti 
de  Geminiano,  &  ecdefiam  fandi  Pondi  de  Barau-  loci  Camoiloncnfis  jam  didas  res  cum  omni  inre- 
(àm.  Has  omn^  prxdidas  ecclefias  nos  Rodaldus  gritatc  tam  mancipiis  quam  univerlis  jure  fibi  8c 
epifeopus  8c  canonici  præfatx  fedis  damus  8c  con-  lcgalicer  pertinentibus  perpetuo  pofiideant ,  &  quid- 
cedimus  Deo  &  monafterio  prxdido  ,  cum  omni-  quid  &c.  Sign.  domni  Ludovici  gloriolillimi  regis. 
bus  dedrais  &  prxmitiis  8c  obladonibus,  &  cum  Odilo  canccllarius  ad  vicem  Hcrvei  epifeopi  fini** 
omni  ccclefiaftico  jure  tam  dedmarum  quam  alia-  mique  cancellarii  recognovic.  Datum.  Nonas  De- 
rum  rerum,  lient  unquam  prxdicbr ccdciix  habue-  ccmbris,  indid.  xv.  anno  autem  vi.  régnante  Lu- 
runt  vel  habere  debuerunt ,  &  ficut  pollidcnt  &  dovico  gloriolillimo  rege  in  Dei  nomine  féliciter, 
pollidere  debent  •,  lie  damus  Deo  8c  monafterio  Aincn. 

prxdido  in  perpetuum  abfque  omni  retentu  libéré  _  _  . 

8c  ablôlutc,  &  abfque  omni  ufàtico  vel  fervido  , 
ülvis  tamen  lynodis  de  eedefia  fandx  Eulalix  de 
Thomeriis,  &  de  ecclefia  làndx  Marix  de  Bcciano. 

Si  quis  vero  contra  hanc  noftram  donarioncm  ve- 
nire  tentaverit  non  hoc  valeat  vindicare  quod  rc- 
quirit,(cdinfuper  admonims,  nili  refipuerit,  &  Deo 
8c  làn&is  ejus  &  monafterio  f  rxdido  làtisfecerit , 
iram  Dci  omniporentis  nimis  tremendam  incurrat 


LX  X  I. 

Donation  faite  k  l'abbaye  de  S.  Pçns  far 
ait  ton  vicomte  d'Alby. 


An.  94i. 


SAncirum  cft  longo  maximoque  tempore  Coq- 

ftannni  imperaroris,  ut  fi  quÜibet  dcrc  fuapro  CzjV3llmk 
fie  cum  diabolo  &  ejusminiftris  depereat,  &  ana-  pcccatis  commutare  vel  donare  volucrit  quod  in  l'abbaye  4 


tfaema  maranata  cfticiatur  >  8c  cum  Datan  &  Abiron  alieno  jure  conftitutum  eft  ,  ut  fiia  libeat  poteftate. 
qui  viventes  in  infernum  ddeenderunt  fubjungatur,  Igimr  ego  in  Dci  nomine  Arto  grada  Dd  viceco- 

&cum  Juda  lfcariotqui  Dcum  &  Dominum  tradi-  mes,  conlilio  &  voluncate  uxons  mex,  bonoani- 

dit  (ocictur  fubitums  pâmas  perpétuas.  Fachmi  tft  mo  &  bona  voluncate,  8c  pro  redempdonc  pccca- 

hoc  donum  anno  ablncarnationc  Domini  d.cccc.xu  tomm  meorum  &  parcntuiir-  meorum  ,  &  pro  re- 

menfêAugufti  anno  quarro  régnante  Ludovico  rege.  dempuone  animæ  patris  mci  Bernardi  &  matris 

S.  Rodaldi  epifeopi  Biterrcniis  8c  canon» corum  Bi-  mex,  8c  pro  omnibus  confànguincislaudo,  concedo, 

terrenfïs  ledis  qui  hanc  chartim  donationis  fieri  &  cum  nac  prxftnti  carta  in  perpetuum  trado  orn- 
juflerunt,  &  adam  laudavcmnt.  S.  dorrni  Aymé-  nipotend  Deo,  8c  fàndx  Dei  genitricis Marix ,  & 
rid  Narbonenfis  archiepifcopi  qui  hoc  donum  de  lando  Ponrio  Thomcrienfi  monachis,  &  D.  abbari 
omnibus  ecdcliis  prxdidis,  ficut  lupradidum  cft ,  ûtgerio,  &  monachis  ejufdem  monafterii  prxfenti- 
'  8c  Dec  &  monafterio  pvædido  fàndi  Pemdi  in  per-  bus  8c  futuris  in  perpemum ,  videlicct  in  epifeopatu 

pttuum  laudavit ,  &  concellit ,  8c  hoc fignum  fccit.  f  Albienf i  in  vicaria  Laftrinco,  totum  alodium  &  totum 
•  ^.Giündi.  Eufandi  *  Carcadènfis  epifeopi.  -j*  S.  Theode-  poteftativum  de  villa  8c  de  omni  parrochia  fàndi 
rici  epifeopi  Lutcvenfis.  f  S.  Ponni  epifeopi.  f  Sign.  Salvacoris  de  Brucia.  Dono  fimiliter  Deo  &mona- 
Eldoni  abbaris.  j*  S.  Amulfi  abbatis.  f  S.  Ro-  fterio  prxdido  in  perpetuum  in  alio  loco  epifeopatu 
berti  abbatis.  f  S.  D.  Pontii  comitis  Tolofini  &  du-  Ruthcnenfi ,  in  vicaria  Camarenfe,  in  parrochia  làn- 
ds  Aquitanouim.  S.  Hugonis  cotniris.  S.  Arnauldi  di  Mauritii ,  tomm  alodium  &  totara  poteftatem 
vicccomitis.  S.  Sicardi  vieccomitis.  S.  Actonis.  Sign.  de  omni  territorio  de  Villa-nova.  Eftquc  feienduin 
Pontii  qui  hanc  chartam  fcriplit  juflù  prxdido-  quod  eundem  honorcm  de  Brucia  dédit  mihidora- 


AN.941. 

Camilairede 
Cb  intruse. 
V. 

Sppcr.d  (dpsté 
90.  2 .f>  IJJ. 

&  fit]. 


mm.  nus  Pontius  cornes  Tholofcniis  pro  prxdido  ho- 

-  —  — -  nore  de  (ando  Mauritio  quem  ego  dedi  ci,  &pnc- 

fatum  honorem  de  fando  Mauritio  prxdidus  co- 
LX  X.  mes  jam  dido  monafterio  in  perpetuum  defigna- 

vit.  Hxc  omnia  pnrdida  ego  Atto  vicccomcs 
Charte  du  roi  Louis  d' Outremer ,  en  faveur  dono ,  laudo,  &  concedo  omnipotent!  Deo ,  &  fàn- 
du  monafiere  de  Chanteuse  en  Auvergne.  £be  Marix ,  &  (àndo  Pontio  Thomericnfis  monafte- 

°  rii,  &abbati&  monachis  ejufdem  monafterii  tam 

IN  nomine  (àndæ  &  individux  Trinitatis,  amen,  prxlentibus  quam  futuris  in  perpemum  ,  fcilicetto- 
Ludovicus  divina  annuente  gratia  Francorum  tum  alodium  &  totam  potefbtcm  8c  dominium  de 
rex.  Si  locisdivino  cultui  mancipatis,  ôcc.  Quocirca  pixdido  honore  de  Brucia  8c  de  Villa-nova  cum 
omnium  fandx  Deiecclefix  fidelium  tam  prxfcn-  eorum  percinentiis ,  &cum  terris  cultis  &incultis, 
tium  quam  fiiturorum  noverit  induftria  ,  quoniam  8c  cum  arboribus  frudiferis  &  infrudiferis ,  aun 
noftræ  dienitatis  præfcntiam  humiliter  adeuntes  nemoribus  &  filvis  ,  herbis  aimpratis,  cum  do- 
monachi  (andi  Marcellini  egregii  confeflôris  Can-  mibus  ficcurtibus,  cum  manfîs,  honibus,  aquarum 
toilonaifis  cœnobii ,  obnixe  filx  cxpedcrc,  quatc-  curfus  ôc  reairfus ,  cum  molcndinis ,  paxeriis ,  fumos, 


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«5  DE  LANGUEDOC  86 

&  montes  &  valles,  cum  ripariis,  cum  frudibus  Ludovici  regis,  ôc  feniori  meo  Raymundo  comiti , 
pafturalibus  &  cum  omnibus  feralibus  Ôc  vicariifi  de  germano  meo  Fredoloni ,  ôc  filas  nomen  Rigal- 
que arque  fervienragiis,  venarionibus,  &cumhomi-  do&  Fredoloni,  &:  pro  omnibus  fidelibusmeis,&c. 
nibus  &  fœminabus  inde  namralibus,  &omnes  ufâ-  res  qui  finit  ficas  in  pago  Ruthenico ,  in  minifterio 
ticos, &iallias,&queftas,&albei5as,&firmancias,  S.Aniani,  hoc  eft  alode  meo  quæ  eft  in  valleOliti... 
&  juftieias,  &  omnes  adus  j  &  quidquid  in  jam-  villa  mea  quædicirur  ilia  Vemia,  cumecclefia  quæ 
dido  honore  habeo  totum  illud  dono  Dco ,  &  eft  fundata  in  honore  S.  Ypoliti  martyris  &  fândæ 
monafterio  fândi  Pontii  in  perpetuum  abfoueomni  Mariæ  &  S.  Johannis,  vel  quantum  in  ipfâ  valle 
retendone.  Et  de  repeddone,  verum  quoa  fieri  mi-  Oliti  vifiim  fiim  habere  vel  poflidere,  totum  ôc  ab 
nime  ac  dolofe ,  ego  ipfo  aut  uilus  de  hæredibus  meis,  integrum  ibi  cedo ,  excepris  ilia  medietate  quæ  geni- 
aut  ulla  immillà  perfona,  quæ  contra  hanc  cartam  trix  méat enet  &  ilia  ccclefia  quæ  eft  fundata  in  ho- 
donarionis  venerit  ad  irrumpendum ,  nifi  pœniten-  nore  S.  Privari ,  in  tali  vero  rarione  dum  Rigaldus 
dam  fârisfadionis  egerit ,  imprimis  iram  omnipo-  filius  meus  vivit  ufum  ôc  frudum  recipiat,  Ôcc. 
ternis  Dei  incurrat  ,  ôc  maleaidionibus  fubjaceat  Cedo  &  condono  imprimis  Domino  Deo  omni- 
quæinpfâlmis  continentur,  volvatur  ut  rota  Ôc  Ci-  potend,  ôcS.  Salvaroris  Vabrenfis  monafterii,  & 
eut  Idpula  ante  fâciem  venti ,  impleamr  faciès  ejus  vwâx  Mariæ  genitrids  D.  N.  J.  C.  vel  Ramnulfb 
ignominia  ut  quærar  nomen  Domini,  fiant  filiiejus  &  fuifque  monachis  dono  ad  monafterium  con- 
orphani  &-uxori  ejus  judicium  ,  &  cum  Dathan  ftruendum  in  ilia  Vemia,  ut  ibi  caterva  congre- 
&Abiron,  &cum  Juda  traditore  ininfernumfom-  gent  monachorum  qui  fccundum  regulam  fândi 
per  ardeat.  Fada  eft  carta  hujus  donadonis  in  menfe  Benedidi  ibi  forvianc,  hofpites  recipiant,  pauperes 
Aprilfc,  annoab  Incarnarione  Domini  dcccc  xlii.  recreent  &  pronobi^  orenc,  pedes  pauperum  la- 
anno'vl  r.  régnante  Ludovico  rege.  S.  Atronis  vice-  vent ,  &  fi  in  hoc  loco  oblati  vencrint  Vabrenfis 
comids  qui  hanc  cartam  donadonis  manib&s  Cuis  monafterii,  ofïerantur,  &  fi  converfi  venerint  re- 
firmavit,  &  teftes  firmare  rogavit.  S.  Frotarius  epifi*  guhm  numquam  promittanc  nifi  Vabrenfis  mona- 
copus,  S.  Bemardus,  S.  Hugonis  comids, S.  Dag-  fterii,  ôc  per  fïngulos  annos  Wabrenfi  monafterio 
btitgaV'S.  Amalrici,  Jozet,  S.  Andréas  qui  hanc  periolvant  fol.  x.  ôcc.  Fada  carta  ceflîone  ifta  fob 


cartam  fcripfit  rogatus. 


L  XXI I. 

Extrait  de  quelques  Chartes . 


Vçts  Tan 

j}«. 


i 


N  nomine  Domini.  Ego  Rainelinus  &  uxor 
mea  ôcc.  donamus  fândi  Salvacoris  ôc  ligno  fân- 
dæ  Crucis,  S.  WiUelmo . . .  aliquid  de  alode  noftro 
coa^tztu  Nemaufonfi,  in  vicaria  Arifenfi, 


die  Veneris,  in  menfe  Sepcembrio  ,  anno  vm. 
régnante  Ludovico  rege.  S.  Raimundo,  S.  Rigaldo 
&  fratri  fiio  Fredoloni  qui  carta  ifta  fcribere  vel  ad- 
firmare  rogaverunt ,  S.  Jorio,  S.  Ugoni,  S.  War- 
nerio,  S.  Bernardo,  S.  Sulpicio,  S.  Ragoni,  S.  Ali- 
nardo.  In  Chrifti  nomen  Siginus  levita  j ubencc 
Ramnulfo  fcripfit  &  fobfcripfit. 


L  X  X  1 1  I. 


{ubcaftro.Excenaris  in  terminum  de  villa  Rogas  Ôcc.  Donation  d'Arnaud  comte  de  Carcajfonne 


campum  unum ,  ôc  habccipfo  campus  per  latum  de- 
xtros  xxvi in  &pcr  longum  tenct:,  ôcc.  Fada  eft 
h æc  donatio  foria  v  r.  x  v  1 1 1 1.  Luna ,  Kal.  Januarii, 
Pco  régnante,  Lodoycoregeu.  ôcc. 


&  de  Comminges  à  l'abbaye  de  Lestât. 

MUndi  terminum  appropinquantc,  ôcc.  Quanta 

obrem  ego  in  Cnrifti  nomine  Arnaldus  ôc  Cjfnil3irede 
uxore  mea  Arfondis,  percimefcens  illud  ultiraum  rabba>c  de 


An.  944. 


Muxulc  inca  iiiicuui 

Ultum  déclarât  audoricas  Ôclcx  Romana,  &  tremendi  judicii  diem,  cedimus  Deo&ûndo  Petro  L«ta:- 

..o.y-r-.  Çofa,  fiveSalica,  ut  qUalifcumque  homo  res  fiuas  aliquid  de  fàculcadbus  nodris^  hoc  eft  ecclefia  qua: 

&s sbîfAL  popri^s  in  Dei  nomen  licentiam  habcat  donandi  eft  fundata  in  honore  fândi  Euparchii  cum  ipfo 

fcî.  ve)  cedéndi.  Quaprpptcr  in  Dei  nomine  Raimundus  alode ,  totum  Ôc  ab  integrum ,  quiftum  &  inquiren- 

&  Aimcricus  cedimus  vel  donamus  Domino  Deo  dum,  cedimus  Deo  &  lândo  Petro  vel  Adazio  ab- 

&  6ndo  Sulyio  Albienfi  epifcopo ....  alode  in  pago  bâte  una  cum  norma  monachorum  qui  fimt  in  Le- 

Alhienfiin  manu  Mironiepifcopi,  in  tali  vero  ratione  zarenlè  monafterio,  ut  poft  hodiemum  diem  ha¬ 
ut  Mirus  epifcopus  Ôc  Gaufbertus  abbas  cumclcri-  béant,  teneant,  vel  pofiideant  j  ôc  ipfê  abbas  vel 

cis  fondi  Salvii  faciant  ccclefiam  in  honore  làndi  alii  qui  poft  eum  ingiediendi  fimt,  vel  monachi 

Salvfi  in  ipfo  alode,  ôc  fit  ipû ecclefia  infiia  honore 
omni  t^mpofe  in  communia  (ândi  Salvii  cum  fiias 
adjacentias ,  &  cum  ipfiis  fines  de  vas  meridie ,  adja- 
centia  ufque  ad  eutta  adeurrentç  de  vas  oriente ,  ad 
gutta  currente  de  aJia  parte  ulque  ad  honorem  Ma- 


loci  illius  non  habeant  licentiam ,  de  Deo  vel  fândi 
Pétri  feu  fândi  Bcnedidi  dare  aut  tradere  in  ma- 
nus  alienorum  j  Ce d  femper  permaneat  ad  ipfâ  cafâ- 
Dei ,  vel  miniftris  alcaris  ejus  ,  fine  ullo  conrradi- 
cente.  Sane  fi  quis  nos  ,  aut  uilus  ex  hæredibus , 
iredo,  de  alia  parte  ad  parrochia  fanda  Marriana.  vel  propinquis  noftris  contra  hanc  ceifionem  ullam 

calumniam  generare  præfumpferit ,  imprimis  iram 


P  Rifcarum  legum  imperatorum  ôc  confulum  dc- 
5  *  crevit  audoritas,  ut  qualifcumque  homo  perfona  ex 
régUfc*^  de  nobili  omis  généré  res  fuas  in  alieno  jure  transferre 
Vibic*.  volueric  tam  in  eeelefiis  quamque  in  aliis  homini- 
Jà":  bus,  per  carras  ,  codicillos  ôc  légitimas  tradiriones 
/.  74. 


Dei  incurrat,  & infqper  componat  ad  redores ejut 
dem  loci  auri  libras  très ,  ôc  ejus  petitio  nullum 
obeineat  efFedum ,  ôc  ceflîo  ifta  firma  &  ftabilis 
permaneat  omni  tempore  cum  ftipularione  fubnixa. 
Fada  ceflione  ifta  in  menfe  Aprilio,  anno  odavo 
licentiam  habeat  fâciendi.  Quamobrem  ego  igitur  régnante  Lodovico  rege.  Sig.  f  num  Amaldo  &  uxo- 
in  Dei  nomen  Raymundus  perrradavi  cafumhuma-  re  fua  nomen  Arfendis  ôc  filiis  fois  vel  filias,  qui 
næfragilitatismeæ&c.cedo  ceflumque  in  perpetuum  carta  ifta  feribere  rogaverunt,  ôc  manibus  firmave- 
c fie  volo  res  proprietatis  meæ  pro  remedium  animæ  runt.  S.  Bernardo,  S.  Sicfredo,  S.  Duragno,S.  Bo¬ 

rne* ,  ôc  prç)  remedium  animæ  genitori  meo  Fre-  nedido,  S.  Adilionc,  Bcrnardus  fcripfit. 
doloûc,  ôc  génitrice  mea  Uddanc,  ôc  pro  anima 

Tome  U.  Tij 


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*7 


An.  94  5 

Archive*  d 
l’abbaye  de 
Ounu 


PREUVES  DE  V  HISTOIRE 


8ft 


L  X  X  I  V. 

Fondation  du  friture  de  faint  Saturnin 
du  Port ,  aujourd'hui  le  Pont  S.EJfrrit. 

,  y^Um  in  hujus  fecuK  laboriofà  vivimr  peregri- 


curum  dlè  minime  credo,  egfr  ip (c ,  quod  abfic , 
auc  aliquis  qirilibct  contânguinitatc  mihi  conjundus  , 
vel  nepos  leu  etiam  ulla  intromilïa  perfona  ipfius 
donationis  fpontancæ  à  me  fadæ ,  contra  jus  diyp» 
num  invalor  aiït  eontradidor  extiterit ,  &  res  Deo 
dicacas  Cn^üfquc  cjus  delegatas  in  fuosufüs  tranf- 
ferre  conatus  fùerit ,  primkus  iram  Dei  omnipo¬ 
tentes  incumf ,  cujus  tes  temerario  prsefumplerit 
1  naâone  ,  intérim  cum  licet,  dumque  tempus  aufu,  vinculo  etiam  terribilis  anarhemath  imode- 
acceptabile  atquc dies falutis inftare  videntur,  &c...  tur,  omnes  quoque  complices  ejus  qui  ci aflenfhm 
Igitur  ego  Giratdus  indignus  archiepifcopus  fcclerom  præbuerint  >  rtiti  ad  emendationem  pervenerint.  Gc- 

meorum  enotmitatem  confiderans ,  &  quod  eft  (â-  raldus  epifcoptfs  fiibfcripfit ,  Roftagnus  epifcopus 
lubrius  illam  Domini  noftri  Jcfu  Chrifti  dulcifli-  firmavit.  S.  Bermundi >  Gkardi ,  Hugonis,  Ànrnfii , 
mam  vocem  dclcdans ,  qua  ait  :  Omni  s  qui  relique-  Poneionis ,  Trutemundi  ,  Godrarmi ,  Giflcftidi  »  RL- 
rit  donutmy  ÇSc.  &  quod  ipfe  alibi  jubet,  ut  red-  chardi,  Aremberti,Eudonis,  Ermengardis,RodulfL 
damus  quæ  Dei  funt  Deo  >  nofinctipfos  profedo  Adum  apud  làndum  Satuminum  publiée  »  meûfo 

illi  reddendus  innuens >  primo  quidem  juxta  prædi-  Augufto ,  anno  Incantationis  domimeæ  a  cccaxLV. 
dam  vocem  meipfum  omnipotenti  Deo  dilpoliii  >  inaicHone  iuj*  ont  cm  Ludovui  regis  Fr** 


corum ,  anno  XII. 

*  On  Ht  ces  derniers  mots  dans  la  copie  quinous  a  été 
communiquée:  mais'ils  ne  font  pas  dans  l’original  que  le 
ferc  M^billon  a  vA  dans  les  Archives  de  îabhave  de 
Cluni.  V.  Mab.  ad  ann.  94$.  n.  77.  ad.  $S.  Belïed. 
faculp.  5-J-31*- 


L  X  X  V. 

Fondation  du  monaflere  de  BürytU 
dans  la  Marthe  d'Fjpagne. 

^  Ub  Trimtati9  alm*  honore,  mmeupattas  doro- 


6c  Filioejus  unigenito,  6c  Spiritui  Paradito,  landæ 
videlicetTrinitati  ofFero  per  abrenuntiationem  fe- 
culi  &  habitus  commutationcm.  Deinde  fecundum 
feripturæ  atteftatkmem  qua  dicitur  :  divin*  vtri 
redemptio  anime,  cjus  funt ,  omnes  res  meas  quas  in 
præfentiarum  habere  vel  poflidere  videor,  &  quæ 
mihi  de  paterna  fiiccelïione  in  hæreditatem  obve- 
nerunt,  totum  &integrum  ipfi  omnipotenti  Deo, 
cui  &  memedpfum  &  landæ  Dei  genitrici  &  Tandis 
apoftolis  ejus  Petro  &  Paulo  fine  dilatione  ulla  in 
perpetuum  trado  ,  atque  transfundo.  Cluniacum 
denique  monafterium  nujusfadi  deligo  atque  con- 
ftimo  pncceptorem  &  vicarium ,  quatenus  ab  hac 
die  &  deinceps  domnus  Aymardus  abbas  >  qui  præ- 

di&i  cœnobii  gubernacula  pro  moderamine  nunc,  %D  nus  Kàmus  cornes  &  marchio,  dum  refideret 
Deo  annuente,  adminiftrat ,  cundique  fuccellbrcs  in  Paliarenfis  fegnis  ad  cadorum  regem  ilUdoüceil- 
ejus  eafdem  rcs  omnibus  diebus  regant,  ordinenG  fum,  cumpundus  (piratione  divina,  cæpit  trttdaft 
atquc  ut  fibi  placuerit  ih  Tervitio  Dei  omnipotentis  de  ftam  fandæ  ecclefiæ.  Dein  cælorum  patri  pia 
dilponant.  E(t  etenim  ip(c  locus  in  honore  Dei  &  piomillione  veterem  peccatorum  convernonem  iu 
venerarione  B.  Mariæ  femper  virginis  &  eorumdem  ætemum  habere  beatitudinem  :  quia  per  Hieremiam 
apoftolorum  conlècratus,  &.  in  pago  Matifcenfi  fi-  divina  vox  nos  admonet  fuper  vias  ftàte  &  videre 
tus,  in  quo  fi  Dcus  annueric  meipium,  ficut  jam  &de  femitis  antiquis  interroga té,  &per  viambona 
dixi,  fubordineregularimandpare  cupio,  quatinus  ambulare  ,  &  invenietis  requiem.  Spiritus  (ânéfi 
pius  Dcus  innumerabilibus  meis  propitiari  dignetut  gratia  compundus,  per  limitcm  redum  gradiànW  * 

oftenfis,  picei  quoque  flammas  evadere  valeam  ba-  venerabilem  petivit  confulcum,  ejulHem  comitatum  . 

ratri ,  &  régna  cæleftia  Deo  propitio  adipifci.  Sunt  ecclefiæ  domnum  Atonem  carillimurri  fratret  et  0 
itaque  ip&  res  fitæ  in  comitatu  Uzetico  in  vicaria  mirificum  pntfulcm  ,  corde  &  animo  illônim  irt 
Caxonienfi;  hoc  eft  manfum  meum  indominicatum  Domino  compar.  Salubctrimam  permifit  dôvôtk(  . 
cum  omnibus  appenditiis  vel  adjacentiis  libi  per-  hujufcanodi  allocutio  iiloium ,  fuit  fera  fertüoCi^ 
rinentibus ,  id  eft  écclefia  in  honore  fandi  Satumini  nario ,  quia  per  bonorum  operum  cæleftem  invenit 
confccrata  ,  cum  infulis  quoque  &  villis  ;  Tcilicet  homo  thelâurum.  Ego  autem  Ilamus  pro  ætctn ét 
Leyracum ,  Melênias ,  Genefcanicum ,  excepco  inibi  patriæ  amore  ôc  gehennæ  horribifi  timoré ,  eumcbft* 
unomanfo  quem  jamdudum  debebam  (àndæ  Ma-  fenfu  fratrum  meorum,  five  filiis,  atquc  nobilioret 
riæ  ad  Gorcunicas*,  &  quidquid  in  Pravidone,  &  fideles  noftros  qui  in  noftxa  provincia  confiftont> 
ad  Fontem,  &  in  Colonicis,  &  Fabricis,  &  Sabainatis,  dccrevi  *difponere  in  corde  mco,  ut  de  rebils  mcis 
&  in  Patemico  vifus  film  habere  vel  pofiiderC ,  ficut  (ândatn  ditaflèm  ecclefiam.  Idcirco  offèro  omnipo 
per  commutationem  quam  feci  cum  Almalrico  fta-  tenti  Deo  &  prædido  pontifici  de  rebus  meis  fto* 
tre  meo  adeptus  lum,  cumomni  integritate  dono  priis,  alodem  quem  diednt  Burgali,  cum fincs^C 
Deo  ut  fupradixi,  do  atque  in  perpetuum  ofFerô  terminos  vel  ajacenriis,  cum  omnia  fibi  pertinéntia 
.  proremedio  animæ  meæ ,  neenon  pro  anima  patris  adque  ecclelias  ibi  fitas.  Primitiva  autem  fobethe- 

mei  &  marris  ac  frarnim  meorum ,  infuper  pro  (a-  reum  clavigerum  onorem  làndi  vocata  Pétri.  Jbi  _ _ 

hire  vivontm  &  requie  omnium  defundorum ,  oim  namque  funt  akaria  conftruda  ad  honorem  ûndi 
campis>  pratis,  vineis,  fil  vis,  aquis,  aquarum  de-  ardiangeli  MkhaeUs  principi ,  6c  fandi  Johannu 
cumbus,molendinis,  domibus ,  ædificiis  cum  omni  virgo  eledus  qui  (upta  Dominiaim  recubuit  pt^ 
integricate,  &fuprapofito  mobili  &  immobili,  exi-  dus.  In  ea  videlicet  ratiotiis  amore ,  ut  perpetua- 
dbus  6c  regreffibus ,  cultis  Sc  incultis ,  quæfi ta  etiam  liter  fœrtîinco  i êxu  conftet  monafterio.  Infiipet  ... 

&  inquifita  &  inquirenda  ad  ivùm  hæreditatem  afi  autem  ôffero  conditoti  pio  venerabiH  epifeopo 
picicntia  vel  pertinentia ,  ficut  d  me  præfenri  temporc  filia  mea  nofriine  Ermengardc ,  ut  in  prædidas  ec- 
regitur  &  poflidetur  :  quatinus  femper  redores  iam  défias  feeündom  S.  Benedidi  régula  vitam  degeat, 
didi  monafterii  &  ibidem  Deo  famulantes  abfque  prôjemcores  vel  paruntela  cum  congrcgata  régula 
alicujus  intcrpcllatione  in  perpemutn  firmiter  folide-  lockKUt  cimdorum  6c  omnium  nde* 

que  tcncant  &  pollideanc.  Si  quis  vero,  quod  fu-  Uum  -in  Çhrifto  ««feftttem  Vivis  atque  défont 


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ed  by  CjOO^Ic 


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PO 


An.  945. 

CanuJaire  de 
l’abbay.  de 
leuu 


*9  DE  LANGUEDOC. 

veniam  implorent  ddiaorum.  Et  ego  vero  Aras*  -wt 
Del  opkuJaûone  epilaapus,  pro  amorem  ledularum  JN  Otkia  gtiaipitoria >  vel  quorum  nomina  lubtuS 
dignam  qrationcm  ,  &  üt  à  Dco  inveniri  merear  tenemur  inlerta  ubique,  qualiter  venir  Amelius-Ro- 
raagoam  remuncratiooem,  conccdo  &  inconvulfi-  drando,  die  Jovis,  feria  quima  in  atrio  finéèi  Pétri 
biliter  roaacre  jubca  in  prædi&o  loca  vel  ecclefias,  Lezatenfïs,  inprælcntia  bonis  hominibus  qui  ibidem 
ad  meramkum  comitem,  lumrao  Dço  &  nobis  aderant;  id  cft  Araddus cornes,  &  Amelius-Simpli- 
offectos  fub  £in<5li  Bencdidèj  régula  pueEarum  vel  c*°>&:^dveus>&Orioliis,(S:Rodaldus-Eiripio>& 
fotu  fœminco  perpeauliter  fierct  monafterio.  Et  Pcrculfiis,  &Aro,  &Benedi<ftus,  Acueno,  &Ber- 
origo  &  titulum  ejufdem  ccclefiæ  lànrii  Pétri  infu-  randus,  &  Raduinus,  &aliommplurimonimbono* 
per  nominatum  Burgali  abbariflam  filiam  prædidi  n!m  hominum  qui  ibidem  aderanr ,  vel  adfirma*. 
çomiris  nomine  Y&rno.  Concedo  namque  ad  præ-  yerunr  in  eorum  præfentia  ;  fie  feguarpivit  Amelius 
dkftam  çcclefiam  cum  conlènfu  clericorum  noftro-  in  contra  Deo  &  lanéto  Perro  Lezaceniis  monaftçfiij 
rum  his  npminibus.  Ego  Atto  me  lublcribo  &  pro  vc*  ^Paruc^e  abbatc ,  ôc  ad  ipû  congregatione  Candi 
fûmma  Chrifti  reverentia  dono  &  groruito  trado  Putride  iplàsvineas,  quæconnapellebat,  qui  fut* 
ad  prædiâo  monallerium  conilruendum  in  hono-  rum  Oriolc  >  qui  funt  inpago  Thololano  io  loco 
rem  iânâi  Peiri  apoftoli,  omnes  ecclefias  quaefiint  ^uæ  dicunt  Mome-Calvo^unde  hos  dies  plures  ha* 
in  valle  vocitata  Anani ,  de  ipfo  pontem  qui  cil  ad  buerunt  rariones  qupd  de  ïfto  die  in  antea  non  f* 
locum  vocarum  Gilardum,  ad  Ruilicanum  autem  coiuraparear,  neç  Ce  incermircac,  nec  ille,necullus 
vocatura  Gelarennem  icq  foro  nundignali  quæ  hqmo  fiia  voce  daimntc;  &  qui  hoc  fecerit*  impri* 
Vulgares  vocantur  mercarum,  ulque  ad  caltrum  Léo-  mis iram  Dei  incurrar ,  &c.  Fadla  guarpitoria  ifta  in 
vulrum  quem  vulgares  dicunt  Leovorte ,  fivcà  pon-  rncn^  Aprili  lûb  die  feria  chuinta,  régnante  DomK 
mm  ipfiusquemvocantHurreXte.  Omnes  ecclefias  in  no  noftro  Jelîi  Chri(to>  Sigfnum  Amelio,  qui 
valle  nominata  infra  prædicla  caftella  fitas,  ad  jam-  carra  guarpitoria  ifta  lcribcre  vel  firmare  rogavir, 
di&un  dornum  vel  abbariflam  concedo,  cum  de-  ^  manibus  luis  firmavit.  Signum  Dominico  ,  Sig. 
rimas  3c  primitias  vel  oblationes  adque  cundbrum  Scrvaro ,  S.  Elilco,  S.  d’Atone,  S.  Benediâo,  Ita- 
illarum  perrinentia  \  ut  tam  ifta  prælcns  abbatifla  ^us  monachus  lcripfir. 

Ermengarde,  quam  aliæ  fiicccflores  ejus  ,leeicime  T3V..  w  •  1  rj  *  •  .  . 

vel  perpetuaiieer  tcncant,  ^fccundum  rcgulJimo-  ■^Go1^fIuS  'J™™5  “  “ 

«mWdecrm  chanono ,  ad proprios  hufus  vel  ubi  ^'S "**«?«*  ncc mgcni0* 


Vers  l’arl 
945* 

Ütdi 


voluerint  digne  expendendi  vclpollidendi,  fine  ul- 
lius  contrarietate  habeanc  licentiam.  Nulli  liceat 
cedere  ntq  fedare  exinde  vçl  in  aliquo  criminari.  Si 
autem  eveneric,  quodabfir,  nullulquehomo  mente  > 
unproU  .aur  remerario  ufu ,  concdlio  vel  donario  jern  meumpreprer  remedium  anr^  meœ  &  paens 

mea  cupiens  inrumpere ,  uUp  modo  valear  vmdi-  mtl  &  matrl  mcx  &  uxons  meæ  >  & Pro 


lêd  propria  ôc  Iponranca  voluntarc ....  alodem  quem 
vocanc  Urfian ,  ad  domum  Cmâx  Maria*  qui  cft 
firus  fuper  fluvio  Urbione ,  inter  paga  Carcaflcnfc 
ôc  Narooncnlê,  &ad  Soniario  abbati....  tibialo- 


An.V4^ 

Archive»  M 
l’abbaye  d*  U 
Grade. 


care.  Si  pr^lumplcrit  autem ,  componat  auri  libris 
centum ,  Ôc  maneat  extorrens  alliminibus  laioûe  cc- 
clefiæ ,  &  fubjaceat  canonicim  pœnam  ,  nifi  refi- 
puerit  per  pœnitenriam  dignam.  Et  decrevi  cartam 


alia  uxore  mea  qui  fuit-quondam  nomine  Eftuer, 
ëc  pro  filiabus  meis ,  ôc  pro  omnibus  fidelibus  mcis 
Simpliciô  &  Wadamiro ,  ôc  pro  omnibus  fidelibus 
meis  tam  vivis  quam  defimriis.  Dono  igitur  alodem 
ad  luminaria  làndhc  Dei  ecclefiæ  cancnnanda  & 


ff-  1  •  1  _  •  r  îuiiiiixuii*  wuwia  ci  cvcxcucc  cuiicauiaiiuA  ex. 

cpnceflion'*  cum  çhanorucos  vel  propnos  cleros  cfta|0des  incomicaru  Urgclenlê,  Bcc.  A&a  eftKarta 

«rWie  nnlirj»  ori  mnnj  rirain  vtrsm  - 


ccclefiat  noftræ  ad  monaftiqam  degendam  vitam 
denuo  in  perpetuum  maneat  firma.  Dono  namque 
ego  Yfarnus  in  minifterium  ôc  ad  utilitacem  hujus 
adfiftcrium  >  libros,  jumentas ,  animalia  adque  peco- 
ra.  Hæc enim  eft eorum  nomina  atquc  numerum . .. . 
Yûcnus  SS.  Ego  Lupus  SS.  Regimundus  fe  fub* 
fcriplk.  Certullus  prdbyter  Ramiolæ  SS.  Fuftus 
prfbytcr  le  fiibfcripfit.  Donmolus  prelbycer  SS. 


LXXVl 

% 

Extrait  de  diverfes  Chartes  des  abbayes  de 
Le*xt  &  de  la  Crafle. 

•  •  ’  .7 

A  PpropnxjtuDte  mundi  rernaino  >  &c.  Quam- 
obrem  ego  in  Chrifti  .nomine  Gardn ,  perti- 
melcens  illud  tremendum  judicü  dicm  ccdo  Deo 
6c  S.  Petro  aEqïu'd  de ficûTcaribus  meis,  hoc  eft  ec- 
defia  quæ  eft  fundâtai  in  JiQnore  S.  Stephani  cum 
iplb  alode>ttorum  &  abintegmm  cedo  Deo&lan- 
Cto  Perro  apoftolo ,  vel  Daniel*  abbare  ,  una  cum 
norma  rnonachorum  qui  fimt  in  Lczadendi  mona- 
fterio ,  ôc  eft  iplc  alodes  in  pago  Thololâno ,  in  ter- 
minio  Bocona ,  in  villa  quæ  diritur  Fuftiniago ,  &c. 
Faébi  ceflîo  ifta  in  mcnic  Februario  an no  1*.  rég¬ 
nant  e  Ludovic©  rege,&c.  S.  Garlên,  S.  Aliiario, 
S.  Sancione ,  S.  alio  Sancione,  S.  Radulfo,  S.  Gar- 
fcne ,  Italius  monachus  lcripfit. 


donationis  IX.  Kal.  Novembris  anno  Incamarionis 
Domini  d.  cccc.  x  l  v  i  .  indictione  quarra ,  anno  x  1  * 
régnante  Lodovico  rege.  Sigfnum  Majolo  vice-* 
comité,  S.  Quidbaldo,  &c. 

L  X  X  V  I  I, 

Fondation  du  Prieuré  de  S .  Germier 
de  Muret. 


APpropinquante  ctenim  mundi  terminio  &  rui- 
nis  crebrelcexuibus  jam  certa  figna  manifeftan- 
tur ,  &c.  Quamobrem  ego  enim  in  Chrifti  nomine 
Radveno  pértimefeens  illud  tremendi  judicii  diem,  lexac. 
cedo  Deo  &  lânrio  Petro  aliquid  de  fàçülcatibus 
meis,  hoc  eft  eedefia  quæ  cft  fundata  in  honore  (ârufEi 
Germerii  cum  iplb  aJodo,  tocum  &  ab  integrum  9 
quæftuni  &  ad  inquirendum  ,  hoc  eft  pro  anima 
mea ,  vel  pro  anima  genitore  vel  génitrice  mca ,  vçj 
pro  anima  Attone  de  cujus  mihi  prbcelfit ,  vel  prp 
animabus  fratribus  ôc  fororibus  meis  &  con(ànguit 
neis  meis  tam  vivis  quam  Sc  dcfundlis,  ut  rétribuât  cis 
lator  omnium  Dominus  requiem  lempitemam  ,  ÔC, 
ipû  eeelefia  jam  lupiadi£ta  cum  iplb  alodo,  cedç 
vel  do  lanefto  Petro  vel  Aafio  abhace  una  cura  nor- 
^ia  monachorum  qui  fimt  in  Lezatenfi  ccenobio  » 
quantum  ego  viûis  lum  habere  vel  polfidere,  ut  ab 
hodiemum  diem  habeaqc^  teneant  vel  polfideaàr; 

&  non  habeant  ipfi  abbates  vel  monachi  fanifti  Pétri 
feu  lùccellbres  eorum  qui  ppft  eos  ipgrediwü  fiuÿ 


An.  5h8* 

Caftuhirc  d« 
l'abbaye  de 


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:p*  PREUVES  DE  L’ HISTOIRE  92 

licentram ,  de  Deo  velânâa  Maria  feufenâi  Perri  nafterio  {ân&i  Joannis  Bapriftae  ,  &  à  Trefiniro 
vcl  tàn&i  Bcnediâi  feu  norma  {àn&orum,  ipfum  alo-  abbatc ,  &  à  cun&a  congrcgationc  qui  ibidem  Deo 
dem  tradere  aur  dare  b  manus  alienorum  -,  lcd  fera-  ferviune  vel  b  antca  (ervire  dcliderant ,  propter  re- 
per  -permanear  ad  ipfa  cafâ-Dei ,  vcl  miniftris  alcaris  medium  animas  noftras ,  &  propter  remedium  pa- 
e)us  fmeullo  contradicente.  liane  fi  quis  ego,  aur  ul-  rentes  noftros  patrem  &  matrem ,  8c  Rodgario 
lus  ex  hæredibus  mois  vel  propbquis  meis ,  aur  ulla  fratre  noftro ,  &  propter  remedium  animas  omnium 
emifTa  perfona  qui  contra  nanc  ceffionem  ullam  ca-  parentum  noftrorura  ,  &  'propter  remedium  omni- 
lumniam  genetare  vel  bquietare  præfumpferit ,  im-  dus  fîdelibus  noftris  tam  vivis  quam  defundis  -,  ut 
primis  iramDei  incurrat,  &c.  Fada  ceflio  ifta  b  ab  hodiemo  die  &  tempore  domininm  perpe- 
menfe  Julb  anno  x  1 1 1.  régnante  Ludovico rege.  tuum  habcatis ,  teneatis, pollideatis, veftrilque  pofte- 
S.  Radveno  qui  carta  ifta  fieri  vel  aflêrvare  rogavit,  ris  dereünquatis.  In  ea  vero  ratione  ut  non  habeatis 
S.  Afinario,  S.  Bencdido,  S.  Ccntullo.  licentiam  vendere  ,  vcl  donare,  necalienare  nifi  b 

_ _ _ _ _  ftipendia  monachomm  ,  &  b  alimonia  pauperum. 

Et  advenit  nobis  ipfe  alodes  ex  donarione  à  Rodga- 
L  X  X  V  I  1 1.  rio  fratre  meo  de  compararione  Ugonis  comids. 

_  .  ~  Qnod  fieri  minime  credimus  eflè  venturam ,  quod 

Donation  i  Arnaud  comte  de  Carcajfonne  ^  nos  Jonatores  ,  aut  aliquis  de  filiis ,  vd  de  hae- 


*y.ua, 
u  »*!• 

■*  U. 


&  de  Commtnges  ,  a  P  abbaye  de 
Montolieu. 


An.  949- 

Archives  de 
Vahbtye  de 
IrlomoUeu. 


redibus  ,  vcl  fuccefloribus ,  aut  ulla  cmilïà  vel  (u- 
brogata  perfona  fiierit  contra  hanc  cartam  donatio- 
nis,vel  contra  ipfum  alodem  fupra  nominatum  ad 

Fïrmiflimis  feripturarum  hominum  cdocemur  in-  inejuietare  aut  imimpere  venetit  aut  voluerit*,  in 
ftru&ionibus ,  ut  quifquis  de  rebus  propriis  âge-  primis  iram  Dei  incurrat ,  &  à  liminibus  (znOat  Dci 
re «  facere*  vel  donare  aut  vendere  voluerit,  libe-  ecclelia: extraneus apparent ,  &  plaga  qua  Ægyptus 
ram  omnimodis  obdneat  poteftarem  \  illud  inviola-  percull'us  eft  fuper  iÛos  veniar,  ficut  Datante  Abi- 
biliter  permanente  quod  legis  Romanæ  primum  ca-  ron  abforbuit  terra ,  ita  iUos  folgure  &  ignis  inex- 
pitulum  apud  librum  tertium  fiduberrime  intonat  :  tinguibilisabforbcat,&  ficut  Anania &  Saphira  pro- 
•K./Mrr-  Cum*  inter  tmentem  atque  vendentem  five  donan-  pter  cupiditatem  peainiæ  in  corporcfunt  peraifli, 
definita  b*c  ,  tantummodo  requirent  ita  illosin  corpore  (ènriant,  fbris  devaftet  cos  gla- 
&  vend! cil.  dam  fi  mhilfr Midis  ,  vel  violent i*  egit  illeqmcom -  dius  ,  intus  autem  deterreat  pavor ,  metulque  pe- 

rbfd.t, parajji  M  donajfe  vel  qui  vcndicijfe  probat  ur  ;  fi  nitus  corruant  cum  hoftibus  fois  plaga  inlanabili, 
voluerit  revocare  qui  vendtdit  vel  donavit ,  nullate -  nullufque  fit  qui  manu  porrigens  adjuvet  illis ,  i 
nus  permittatur.  Shniliter  quod  legis  Salicæ  infinuat  planta  pedis  ulque  ad  vertieem  capitis  fint  ulcéré 
inftitutum  :  vendit  10 ,  e mptto ,  vel  donatio  qua  per  petîimo  pereufli ,  plaga  tumenti  penbfli ,  nullufque 
vim  (3  me  cum  non  fuit  exorta ,  in  omnibus  habeat  lit  mcdicorum  qui  tribuat  cis  mcdicamen  &  curado- 
firmi totem,  Ob  hoc  igitur  in  Dei  nomine  Arnal-  nem ,  pruriginc  validi  vaporis  &  diflenteria  vafte 
dus  ,  &  uxor  mea  Arundis ,  &  Rodgarius&  Odo  valctuainis  venter  eorum  rumpamr ,  &  nemo  mc- 
fiiiis  noftris,  donatores  fumus  ad  domum  fanûi  Joan-  dicaminis  tribuat  (brbillum ,  fugiant  femper  nemine 

.  nis  Baptiftæ  Caftri-Malafti,  qui  eft  fundatus  fuper  flu-  fèquentc ,  devaftet  eos  famis  inopia ,  morbus  frigo- 
vium  Duranno  *,  placuit  animis  noftris ,  ica  vero  &  ris  malignitas  univeriâque  inopia ,  cum  Judas  Uca- 
placet  nullius  cogentis  imperio  nec  fuadentis  inge-  riotes  participes  efticiantur  ,  &  cum  judex  advenc- 
nio,  fed  propria  &  Ipontanea  hoc  elegit  nobis  bona  rit  in  uhimo  die  cum  damnatis  fiitt  collocati  & 
voluntas ,  ut  aliquid  ex  rebus  noftris  donare  debe-  cum  eis  ituri ,  &  infuper  auri  libras  ^uindedmcea- 
remus  ad  fupradicto  monafterio  fandli  Joannis  Ba-  dlus  exfolvat ,  &  in  antca  carta  donanonis  &c.  fepri- 
ptiftæ  &  ad  Trefiniro  abbate,  &  acun&a  congre-  mo  idus  Aprilis,  anno  decimo  tertio  régnante  Lo- 
gationc  monafterii  ipfius,  ita  vero  &  fàcimus.  Do-  dovico  rege  :  in  ea  vero  ratione  cum  Abbo  filius 
namus  ergo  alodem  noftrum  proprium  à  fupradicto  Malignaigo  clericus  virit  teneat  ip(âm  ecdefîara  fu- 
loco ,  cujus  vocabulum  eft  villa  fan&e  Eulaliæ ,  cum  praferiptam  cum  fuis  decimis  ,  &  cum  fuo  eedefia- 

ipfa  ecdefia  quæ  eft  fondata  in  honore  (andbe  Eu-  ftico  que  hodie  tenet ,  &  per  fingulos  annos  deco^ 
laliæ  cum  fuis  decimis  ,  &  eft  ipfe  alodes  in  fubur-  latione  fim&i  Joannis  Baptiftæ  legitimam  refecüo- 
bio  Carcaflenlè  in  terminio  Aufonenfè ,  &  alodes  nem  faciat  ad  ipfos  monachos  qui  ibi  Deo  ferviunt, 
ipfe  fines  &  adjacentias  habet  in  fe ,  de  parte  orientis  &  in  antca  fervire  defiderant.  S.  Arnaldo  &  uxor  fua 
adjacet  in  terminio  de  Villa-Sicca ,  &  à  terminio  de  Arcindes ,  &  filiis  eomra  Rodgario  &  Odonc  qui 
Corncliano  ;  de  pane  occidentis  adjacet  in  terminio  carta  donatione  ifta  feribere  &  firmare  rogaverünr. 
de  Aufona  ,  &  ad  terminium  de  villa  Ermenuntis  *,  S.  Guillelmo ,  S.  Itario  ,  S.  Amilio,  Aiftedo, 

de  parte  meridiei  adjacet  ad  terminum  de  Arfenchis,  S.  Elifeus,  S.  Amelio,  S.  Ugo  cpilcopus  dono  Dei 

vel  terminium  de  Orfanelos  -,  de  pane  aquilonis  ad-  fedis  T0I0&.  Garifredusprclbitei  rogatus  fcripfiçfob 
jacet  ulque  ad  terminum  de  Alzau  :  quantumeumque  die  &  anno  quo  fopra. 
infra  iftas  toras  affrontationes  incluaitur ,  fie  dona-  ■ 

mus  ad  fopradiâo  monafterio  torum  &  ab  ince- 
grum ,  quantumaimque  in  ipfo  alode  vifi  foimus 
nabere  &  pôffidere  ,  cum  exirio  &  regreflio  ea- 
rum ,  &  cum  omne  fuperpofitum  earum  tam  quæ- 
fitum  quam  ad  acquirenàum ,  tam  divifiim  quam 
ad  dividendum ,  tam  loca  ruftica  quam  &  urbana , 
cum  pafeuis  ,  filvis ,  garricis ,  vineis ,  pratis ,  aquis 
aquarumve  decurfibus  earum  ,cum  arboribus  poml- 
feris  &  impomifèris,  viædu&ibus  vel  redudibus-, 
omnia  &  in  omnibus  quantumeumque  in  ipfum 
alodem  vifi  fiiimus  haberc  vel  pofïidere,  totum 
vel  ab  integium  fie  do  namus  a  fupradido  mo- 


L  X  X  I  X. 

Donation  faite  au  monafiere  delà  GrafTe'% 
far  Ermengarde,  abbeffe  de  Buryd 
dans  le  comte  de  Pailbas . 

IN  nomine  Domini.  Ermengardis  abbatüfc  de 
Ipem  Domini  mei  Jefu  Chrifti  repofita  eft  fen- 
tentia ,  ut  ego  qui  in  Chrifto  credo  fîmul  &  jara  rabbiyedc»* 
cum  Chrifto  vivo.  Timeo  ne  humana  fr^ilitas  mihx 
adveniat  repentina  mors  :  propter  hoc  cogitavi  pcc- 


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fi  DE  LANGUEDOC.  s* 

cala  atque  faeinora  mea ,  ur  fie  mihi  Dominus  adju-  quandiu  diftulimus,  hæfitantes  de  hoc  quid  agere- 
K>r  ad  fuo  judicio ,  ôc  donare  fado  alodes  meos  mus  :  fêd  inico  cum  univerfb  clero  noftro  coniilio 
quam  habeo  in  comicaru  Palierenfê  infra  terminosde  &  fideli  populo ,  cum  confiiio  eciam  &  voluntace 
valle  Anabi ,  de  quantum  parer  meus  habuit&  habiic  D.  Rayraundi  marchionis  &  omnium  clericorum  at~ 
confènfiim  &  voluntatem  ad  Adtoroni  epilcopi ,  mihi  que  fidehum  noftrorum ,  dedimus  aftcnfiim  (ecun- 
dedirdeipfbcaftroLeoneufqiieadiplbponreadipfo  aum  fuarn  voluntatem  in  omnibus  ;  ea  (cilicet  ra- 
meicadale;  fie  dono  arque  concedo  aa  domum  (knéhe  donc ,  ur  quotidic  >  excepris  fxrftivitatibus  ,  pro  no- 
Mari* monafterii  qui  cft  finis  in  comicaru  CarcaC  bis,&  fùccertôribus  noftris ,  &  propinqui$,&om- 
fenfe  fuper  fluvium  Urbionera ,  id  eft  in  locum  qui  nibus  bencfiuftoribus  ôc  propinquis  &  adjutoribus 
nuncuparur  Burgali  cum  ecclefias  fiinéh  Perri  & J  noftræ  fedis  &  lod,  vu.  plalmos  flexis  genibus 
fanéH  Michaclis  &  fanûi  Joannis,  &  cum  aliis  ec-  decanrenr  pro  defun&is ,  vel  cum  portîbile  fiierit > 
defiis,  cum  décimas  &  primidas,  &  oblarione  fi-  vigiliam  &  raifiàm.  Et  quia  rempus  inflabat  in 
delium  qui  ad  ipfuin  locum  pertinent  quem  dicunc  aua  caula  orarionis  Romam  profîcifd  parabamus 


dominus  fcilicet  Raymundus ,  ôc  ego  Srephanus  epi£ 
copus  >  fimulque  Petrus  archidiaconus ,  Maganrre- 
dus  prarpofitus.  Ingel vinus  decanus  cum  aliquanris 
aliis  clerids  ;  Dalmarius  abbas  hoc  animadvertens. 


Burgali,  vel  ad  corum  ecclefias  fiipemominatas,  id 
cft,  in  cafis  ,  cafilicis  ,  amis,  curtalis ,  ortis ,  ortalis , 

regands  vel  fiipereganeis ,  &c . fie  dono  arque 

concedo  omnia  prædiéh  lândlæ  Mariæ  proDei  amore 
&remedium  animæ  meæ,  &  pro  anima  genitori  meo  fê  quoque  dixir  nobilcum  velle  proficifci  *,  Ôc  ante 
&  génitrice  mea,  &pro  anima  fratri  meo  nomine  fâcram  prælcntiam  corporis  beati  Pétri  apoftoli,& 
Wugclmo  comité  ,âdftipendia  monachorum  &ele-  coram  prælentia  domni  papæ  Agapiti,  neenon  Ôc 
mofmapaupemm&adluminariafânâæDeiecclcfiæ  epilcoporum  multorum  ,  ôc  prefbyrerorum  &  reli- 
præfatæ,  &c.  Facfo  donatione  vini.  Kal.  November  quorum  graduum,  &  Al berici  fênaroris&  aliorum 
anno  xv.  régnante  Ludovico  rege.  Sig.f  num  Ermen-  nobilium  mulritudine  >•  patefecimus  defiderium  no- 
gardaabbanflâ  qui  ifta  carta  donatione  feri  &  teftes  ftrum  de  reædificatione  fupradi(fti  lod,  &  in  cou- 
rogavi  firmare.Sig.fnum  Daroni  prcfbyteri.Sig.fnum  fpeéhi  eorum  recitavimus  jam  diéèum  privilegium. 
Nambelmus.Sig.fnumOriolus.Sig.fnumAbo,  &c.  Quod  ut  audierunt  tain  domnus  papa  Agapitus 
—  ,  ,  ■  -  -  — ...  -■  ,  ■■■■— —  quam  catteri  fideles  qui  aderanr,  laudaverunt  & 

T  Y  Y  V  dccrcverunt ,  ut  loais  ille  reftauraretur  in  perpe- 

L  A  A  A.  tuam  habitationem  monachorum.  Sed  &  hoc  quod 

Ritabliffement  du  monaflere  de  fainte  eft  mine  iterum  inTeiac  libet,  fecun- 

J  .  J  Wnm  rvririnnnm  irensr'iki  ir  «fin  iKK*iric  HilmiflMr 


Enimie  en  Gevaudan . 


An  T  N  nomine  Dei  omnipotentis  qui  trinus  eft  in  per- 
Archivé  d  *  &  unus  e^cnua-^otum  &  omnibus  nde- 

rahbtycdes!  libuschriftianistam  præfènriousquam  fururis,  quod 
Cbfo.  y  1 1.  *  regni  Ludovici  regis,  ego  Stephanus 

j «9.  *  p' 
ivi. 


dum  peticionem  venerabilis  viri  abbatis  Dalmarii  ac 
monachorum  ejus ,  decretum  eft  arque  ftatutum  ab 
omnibus,  ut  locus  ille  jam  diftus  anriquirus  Burla*- 
tis,  qui  eft  confecranis  in  honorem  beatæ  Deige- 
nitricisMariæ ,  ubi  requifeie  corous  beatæ  virginis 
anno  vu.’  regm  Ludovici  regis,  ego  àteptianus  Enimiæ,  permaneat  arque  connftar  ac  providentia 
ealeliæ  Miraateniis  epifeopus  cum  pro  porte  provi-  vd  fiibjcdione  Calmilienfis  cœnobii ,  quod  eft  fun- 
derem  derura  ôc  plcüem  mihi  fubjedam ,  confèn-  datum  ôc  coniccratum  in  honore  prindpis  apofto- 
Qenri  Pecro  archidîacono,  ac  Manfredo  præpohco ,  lorum  beanflimi  Pétri,  ubi  beatus  martyr  Theofre- 
Ingelvino  decano ,  cæterilque  clericis  fupradiâæ  iè-  dus  in  corpore  cum  aliorum  ianiftorum  pignoribus 
dis  -,  neenon  fideiibus  laids  .Bcmardo  ôc  fratre  fiio  requielcic  :  &  habeanr  tam  abbas  quam  congrega- 
Hedore,  Hugone&  Petro  fratnbus  meis ,  Bemardo  tio  ipfius  ccenobii  prædivftum  locum  in  poreftarem 
viceconute,Caucelino,Fredelone3cjphano,  Ubone,  ad  regendum  &  ailponendum  fine  impedimento 
Bertrando,  Rigaldoj  incidic  in  cordc  noftro  deiide-  alicujus  perfonæ  per  omnes  fiicuras  hominum  ge- 
riura  ,  ut  locum  fimdatum  in  honorem  beatæ  Dei  nerationes  jure  perpetuo.  Han c  aurcm  chartam  vel 
genitricis  Mariæ ,  ubi  requielcit  corpus  beatæ  vir-  privilegium  in  bartlica  bcatiifimi  Pétri  ante  fâcram 
ginis  Enimiæ,  quod  per  incuriam  ôc  farcularem  eu-  ipfius  tumbam ,  ôc  coram  fùpradiéta  citerva,  cum 
piditatem  male  direptum  erat,  ôc  inopia  exigente  fæpedi&o  loco  tradidimusin  manu  Dalmarii  abba- 
religionis  ftatus  inibi  penitusannulatus  vidcbatur,in  tis  ac  monachorum  ejus  ad  memoriam  pofterorum 
prilanum  reftitucrcmus  ftatiun.  Qua  de  cau(i  dom-  fine  tenus  confèrvandam.  Si  quis  vero  hancteme- 
num  Dalmatium  abbatem  venerabilem  virum  de  rarius  infringere  præ(ump/crit ,  ram  noftra  quam 
cœnobio  iandi  Thcofredi  dcprecati  fumusenixe,  ut  cocpifcoporum  præfêntium  excommun icatione,  at- 
præfâtum  locum  in  fuo  dominio  Iti.ciperet ,  Ôc  fra-  que  perpétua  damnatipne  <e  noverir  condcmmcum 
rr es  ibi  regulariter  viventes  lêcundam  norrnam  pa-  ante  confpedum  jufti  judicis  Chrifti ....  Signum 
tris  Benedidi  lemper  delegaret.  Qui  renuit,  aile-  domni  Agapiti  papæ,  cujus  au^oritate hæc  charta 
rens  fc  in  rebus  excraneis  nolic  lalrorare,  vel  in  aire-  confirmata  eft.  Signum  e/ufdcm  Stcphani  epilcopL 
rius  poteftate.  Nos  autem  animi  c;us  perferutantes  Signum  Gotefchalchi  epifeopi  Anicicnïis.  Signum 
voluntatem ,  hoc  abeorelponfuni  accepimus,  quod  aliorum  teftiumdericomra  & laïcorum. Fada  eft hæc 
nec  ipfê,  nec  aliquis  de  monachis  fuis  in  loco  ilio  chàrta  1 1  r .  nonas Maii, fer.  i  i.luna  vu  r. régnante 
pœne  diruto  laboracuri  e/Iènr ,  nilï  prius  firmamen-  Ludovico  Francorum  Ôc  Aquitanarum  r^c. 
tum  hæreditarium  ,  fcüicet  privilegium  fatisfîrmum 


ac  manibus  noftris  roboratum ,  acciperer ,  qualiter 
locellus  ille  per  omnes  fuccedentes  gencrationes  in 
poteftate  &  dominio  feu  fübjedione  permaneret 
cœnobii  ûnfli  Thcoficdi  martyris ,  Ôc  omnes  abba- 
tes  monafterii  percuncla  fuccedentia  tempora  habe- 
rent  in  poteftatem  iilam  cellulam  (ecundum  (iiam 
voluntatem  dilponere ,  regerc,  gubernare  ôc  ordi- 
nare ,  five  (êcundum  Deum ,  five  fècundum  <æcu- 


L  X  X  X  I. 

Vente  faite  k  Matfred ,  vicomte  de 
Narbonne. 

N  nomine  Domini.  Ego  Aduvira  vkidirrix  fum 
vobis  Matftedo  vicecomitc  &  uxori  tuæ  Adalaï- 
cis  vicecon?itifla  emptores  ,  conftat  me  vobis  vin- 


i 


lum ,  fine  uilius  concraxJidione.  Quod  auAcntcs  ali-  dcrc  ficuti  &  pa  hanc  feripturam  vendidonis  meæ , 


An.  9  5  z. 

Cartulnjre  He 
1.»  cgrhfHr«Ie 

deNaxbonne. 


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•VU*! 


<95  HEÜVES  DE  UH1STOIRE 

vindo  vobis  in  comitatu  Narbonenfc  villam  voca-  pro  ejus  (ân&irooniis  honore  etiam  8c  laudc  arque 
bulo  Creixano  cum  fuis  terminus  ,  cum  ecclefiis,  &c.  gloria,  ejus  divine  majeftaris  venerabilium  ut  noftro- 
Et  eeo  vendirrix  de  prefente  manibus  meis  recepi  *  rura  erat  cômuliflè  locis ,  fitque  acceptabile >  nobif- 
&  eft  manifeftura  &  nihilaue  ip(o  prerio  apud  vos  que  ad  ejus  locum  locupletiflima  mifericordia  di- 
emptoves  non  remanfit  mdebite  ,  led  omnia  mihi  enum  hujufinodi  pii  operis  inliderein  fydeceiscon- 
bene  adimpleviftis  *,  fâteorque  vero  ifta  omnia  fupc-  feratur  arcibusrcmuncrarione.Igicur  quiapedftis  à  no- 

rius  nominaca  de  meo  jure  in  veftro  trado  domi-  bis  quatenus  eedefiam  (ànâe  Marie  que  eft  in  Coro- 

nioac  poteftate,  utab  hodiemo  die  &  tempore  ha-  nulas  cum  tetris  &  vineis  &  cum  orani  redibicione 

beacis ,  teneâtis ,  &c. . . .  fi  quis  contra  hanc  venditio-  fua ,  pari  modo  8c  ccclefiam  failli  Scephani  qui  eftin 

nem  à  me  fa&am  pto  inrumpendum  venerit  >  &c.  Bolorda ,  item  cum  terris  &  vineis  8c  cum  omnibus 
Fadb  venditione  ifta  quarto  iaus  Novemb.  anno  de-  pertincnciis  fuis  *,  fimili  modo  &  ecclefiam  fànâi  > 

amo  fepamo  régnante  Ludovico  rege.  Sig.f  Adu*  hanmsque  eft  in  Combreto  cum  omnibus fiiis  per- 

vira  qui  hanc  venditionem  fieri  feci  &  firmavi  &  fir-  tinendis  -,  pariterque  &  eedefiam  (àndi  Pétri  qui  eft 

mare  roeavi.  S.  Salomon,  S.  Audinus,  S.  Pondus,  in  Petralata,  item  cum  terris  &  vineis-,  verutn 


in  Chrifti  nomine  Poncius  prefbyter  fcripfit  lûb 
die  &anno  quo  fupra. 


LXXXIL 

'Donation  du  comte  Soniarius  au  monaftert 
de  la  Grajfe . 


ÀN.953. 

Archives  de 
Tabbaye  de 
li  Gradé. 


etiam  &  villam  Debuxo ,  &  Pelrus  cum  terris  &  vi¬ 
neis,  &  filvis,  &  aquimolisfiiis-,  fimiliter  in  villa 
que  dicitur  Caflàngescafis&  vineis  &  tcrris,&me- 
diecatcm  de  villa  que  dicitur  Baro(â ,  neenon  in  vigo 
Adefâte  terris  8c  vineis  ;  pari  modo  8c  villa  que  dici- 
tur  Attofol  cum  omnia  fua  pertinenda  ,pari  infra  co¬ 
mitatu  Fcnioletenfè  ,  &  comitaru  Redenfe ,  &  Roflè- 
lione,  tue  rcligiofititi  ad  te  needum  emiflàperce- 
ptionis  in  pcf  pemum  concedere  deberemus.  Ica  fane 

I  N  nomine  Domini.  Ego  Soniarius  cornes  rimeo  ut  à  vobis  vcftnlquc  fuccefloribus  fingulisquibufque 
&  paveo  penas  infèmi  &  cupio  pervenirc  ad  indicionibus  penfus  nomine  racionibus  ecclefiafticis 
premium  vite  eteme ,  &c.  Proprer  oc  placuit  ani-  decem  argenti  (blidi ....  denarios  duodecim  diffr- 
rai  mei  &  placet,  nullo  quoque  fuaaencis  inge-  cultace  poftpofita  per(olvatur...de  noftra meliora- 
nio  oc  elegit  mihi  bona  voluntas,  ut  de  rebus  meis  cione  (eu  diftinicione  indifferenter  vos  fine  dubio 
vel  de  eredirate  qui  mihi  advenerit  de  pâtre  meo  &  procurantes  efSdarur ,  nullaque  preterea  ad  dandum 

rnatre ,  vel  ex  propinquicate ,  aut  per  qualicumque  annue  penfus  i  vobis  mora  proveniat  ,  (èd  ultto 
vocedonare  deoeo,  quod  &  facio,  propter  amo-  accionariis  (àn&enoftre  ecclefie  apto  temporc  per- 
rem  Dei  &  remedium  anime  mee  ad  domum  fan-  folvant.  Statuit  apoftolica  cênfura  auâoritarc  beati 
âe  Marie  monafterium  quod  nuncupatur  Crade,  Pétri  apoftolorum  principis,  fub  divini  judkâiob- 
que  eft  fitum  in  comitatu  Carcaflcnfe  fuper  fluvium  teftationc  anatematis  intetdiûum ,  ut  nulli  umquam 
Urbionem  ;  &  funt  ipfi  alodes  in  comitatu  Bifùldu-  noftrorum  fuccedomm  pontificum  vel  alie  ecclefie 
nenfe  vel  Aufunenfe  vocabulum  villa  Riodezari,  cum  magne  parueque ,  penfus  ipfe  prenominari  lociàpo- 
ipfàs ecclefias fàn£h Maria ,  &  fànéli  Pétri,  &  fancli  ceftare  &  dicione  jam  fati monafterii  auferre prefu- 
Joannis ,  &  làn£li  Andrte  de  villare  Aliaris,  cum  ipfàs  mat.  Si  quis  autem  temerario  au(u  magna  parvaque 
condaminas  quod  Giafredus  mihi  vendidit ,  &  alia  perlbna  contra  hune  noftrum  apoftolicum  preco- 
ecclefia  fimûæ  Margarita:  cum  décimas  &  primicias  prum  agere  prefumpferit ,  feiat  fe  anathematis  vin- 
&  oblaciones  fidelium  &  cum  ipfomanfo,  &cum  culo  innodari ,  &  à  regno  Dei  alienum,  &cum 
ipfàs  terras  quod  dedi  ad  prediâum  locum  fàndb  omnibus  impiis  eterno  inccndii  fupplicio  condem- 
Maria  ficut  in  dotera  ilÜus  ecclefiæ  commémorât  natum.  At  vero  qui  obfervator  exftiterit  precepd, 
&c.  &  dono  adpredi&am  domum  fan&æ  Mariæ  gratiam,  atqucmifèricordiam,  vitamque  etemam  â 
Craflæ  &  domno  Witiza  abbati  &  monachis  præ-  mifericordiflimo  Domino  noftro  confeqni  mercarur. 
fentibus&  futuris  ibidem  Deo  fervientibus,  &  exo-  Scriptum  per  manum  Leonis  (criptorisfandeRo- 
rare  delcdent  prome  &  pro  uxore  mea  &  profiliis 
meis  &  filiabus,  &c.  Fa£b  karta  donacionis  1 1. 

Kal.  Julii  anno  ab  lncamatione  Domini  dcccc.  lui. 
régnante  Lodovico  rege.  Sigf  num  Soniarius  cornes 
qui  anc  kartam  donacionis  fed  &  teftes  firmare 
rogavi.  S.  Alaricus.  S.  Ratfrcdus.  S.  Borrebus ,  &c. 


mane  ecclefie  in  menfê  Oâobris  indiûione  xiil 
|  Bene  valete. 

L  X  X  X  I  V. 


AN.954. 


L  X  X  X  1 1 1. 

Bulle  du  pape  Aytpet  en  faveur  de  Vab~ 
baye  de  S .  Martin  de  Lez^ 

AGapitus epifeopus  fervus  fervorum  Dei, 'Se* 
gano  religiofo  abbati  venerabilis  monafterii 


Charte  du  roi  Lothaire  en  faveur  de  P iglife 
du  Puy. 


1 


Archive*  de  Martini  que  vocatur  Lenis  ,  qui  eft  in  ripa 

«kNaibonae.  de  fluminc  Atace  in  valle  Bolicarnea,  &  per  eum 

in  eodem  venerabili  monafterio  in  perpetuum.  Cum 

1  /-ii*  i:_  ■  /ta.*  _  _ _ /* 


N  nomine  (àndbe  8c  individuæ  Trinitatis,  Lo-  AK.95 5* 
tharius  (upemi  regis  præordinante  clementia,  Archi vo«ie 
rex  Francorum.  Si  fanâæDeiccclefiæfubvcnientes,  JegUe  àx 
concedimus  aliquod  honoris  &  reftaurationis  do-  fi 

num ,  nec  non  &  ipfis  qui  in  ea  debent  morari  ca-  »44 
tholicis,  pro  ftatu  régis  Jefii  Chrifti  cum  (ân- 
âorum  iphus  clementiflima  interceflîone  illius  dé¬ 
mentis  devoti  debent  efflagitare,  porrigimusnoftræ 
celfitudinis  manum  ne  opprimantur  quorumdam 


j 

■j: 


magna  nobis  follicitudine  infiftit  cura  pro  univeriis  violentia  inlcgaliter  &  injufte ,  nobis  id  tempora- 
ecclefiiis  ne  aliquam  necelfitatis  jaûuram  fuftineant,  licer  ad  honoris  augmentum  8c  aeremalitcr  tenemus 
(èd  magis  proprie  utilitatis  (bpendia  confèquantur.  firnûflime  profucurum.  Quocirca  notum  fore  volu- 
Ideo  convenit  nos  paftoralis  tota  mentis  integritatc  mus  aindkis  (ànftæ  Dei  ecclefiæ  fideübus  &  noftris 
procurare  &  fedule  eorum  utilitatum  fiibfidia  illis  præfentibus  (cilicet&  futuris,  qualicervenicns  Godef* 
conferre,  ut  Domino  noftro  omnipotenti  id  quod  calcus  Anicicnfis  (èu  Vallavenfis  eedefise  epifeopus 

nobis 


\ 


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97  DE  LANGUEDOC.  98 

nobis  per  omnia  devotus ,  noftram  expericrit  cclfi-  &  pro  beau  Ponrii  amore  &  cunda  congrcgadonc 
tudinem  ac  benignif (imam  voluntarem ,  ut  ecclefiæ ,  monachorum  loci illius ,  exinde  reliquit ,  lcd  ôc  con- 
cui  Deo  ordinante  dignofcitur  præftHere ,  ex  rebus  finmvic  iftam  (cripturam  guarpitoriæ  &  fecuriratis 
regii  juris  à  prædecelfore  noftro  rege  Rodulpho  concra  ipfum  fàmulum  &  contra  ipfos  femulos  Deo 
ecclefia;  digne  collacis,  faventibus  fibi  inclytæ  co-  ibidem  fervientes  ,  qui  de  hoc  die  in  antea  non  re- 
mitiflæ  de  amicæ  noftræ  Hadvidis ,  Hugonis  ducis  quififlèr  ,  nec  interpellaffet  amplius  ipfam  medieta- 
Francorum  uxoris,  petitionibus  accrebcrrimis  poftu-  rem  de  ipfom  alodem,  nec  ip(b . .  placito,  nec  in  alio , 
Iadonibus,renovadonis  noftræ  præcepto  fâceredign^-  nec  in  •nitorio ,  nec  hodie  ,  nec  ullo  umquam  tem- 
remur.  Cujus  peririoni  benignum  præbentes  aftèn-  pore,  neque  per  legem,  nequeper  juftitiam,  ne- 
fiim  regium  morem  fervantes,  hoc  præceptum  im-  que  per  ingenium.  Et  Ci  quis  eft  qui  hoc  feceric,  auc 
municaris  fieri  juflîmus  >.concedentes  ei  omnibufijuc  iftam  (cripturam  irrumpere  voluerit ,  maledidionem 
focceflôribus  ejusomnem  burgum  ipfius  ecclefiæ  ad-  Ananiæ  &  uxoris  ejus  Sapphiræ  fobjaceat ,  Sc  quod 
jacencem,  ôc  univerla  quæ  ibidem  ad  dominadônem  périt  vcndicare  non  valeat ,  &  infoper  adimpleat  ip- 
&  poteftatem  comitis  pridem  pertinuillc  vife  (iint  y  Sus  loci  monachis  auri  libras ....  &  in  antea  ifta 
forum  fcilicet  >  teloneum  ,  monetam  ôc  omnemdi-  feriptura  femper  in  omnibus  firmis  &  ftabilisper- 
ftridum  cum  terra  &  manfîonibus  ipfius  burgi.  Ec  maneat.  Adum  Narbonæ  féliciter  amen.  S.  Udal- 
ita  deinccps  hæc  noftri  præcepri  audoritas,  quam  guerii  quihanc  guarpitoriam  firmavit  &firmarero- 
pro  noftro  remedio  animæ  noftræ,  five  partis  no-  gavit.  S.  Richildis  vicecomiciflæ ,  S.  AInulphi,S.Pon- 
ftri  Ludovid,  ac  parenrum  noftrorum  prædeceflô-  rioni,  S.  Aymerici  archiprariûlis.  Alguerius  nota- 
rum  ,  ûndæ  Dei  genitricis  ac  perpetuæ  femper  vir-  rius  fcripfit. 
ginis  Mariæ  ecclefiæ  prædido  ponrinds  commilIæ,fir-  -  -  — — 


L  XXX  VI. 

Donation  faite  à  l'abbaye  de  S.  Chaffrè . 

NOverint  omnes  quod  anno  ab  Incamarione  ^  ^ 

Domini  d  c  c  c  c  lv.  præfidente  Golfaldo  *  cpiC 
copo  «5c  abbare  monafterio  B.  Pétri  apoftolorum  priji-  “  af* 

cipis  ,ubi  corpus  bcatjTheofr edi  pariterque  S.  Eudo-  s.  Chatte. 

I.  ----('i - - 1 _ !  mm  Wtl.ltf*  *  Ut»  (jQ<lcC" 


miter  concedimus  arque  inviolabilirer  dcinceps  ica 
confervetur ,  ut  nullus  cornes,  auc  judex  publicus,  aut 
aliqua  fæcularis  poteftas  ibi  aliquam  audeat  exadio- 
nem  faccre,  neque  manfionaticos ,  neque  padiones, 
nec  aliquas  redhibiriones  exigere  fine  voluntite  aut 
permilfione  epifeopi  qui  ipfam  tenuerit  etdefiami 
led  omnia  in  poteftatem  epifeopi  redigantur ,  ut  om¬ 
nia  ipfe ,  prout  rede  fibi  placuerit ,  ordinet,  teneat, 
arque  poftidear.  Si  aurem  aliquis  hæc  ftatuta  indigne  nis  ejufecm  primi  abbaris  requiefeunt  cum  mulris 
violare  præfumpferit,  ac  Dei  omnipotenris  demen-  aliorum  beatorum'pignoribus,  quidam  vir  nobilis 
riadc(perarus,audaderacpra:fomptuofeinfrcgerit,ju-  nomine  Stcphanus  dédit  manfos  vu.  in  loco  qui 
ris  privilegio  apoftolico  femper  (ït  damnatus ,  &  cum  dicitur  Legcrnaco  ;  quantum  ibidem  vifiis  eft  habeie 
Juda  procutorc  Domini  portionem  habcat  perpetuali-  &  poftidere,  totum  celfit  fideliter  &  obculic  :  in 
terexurendus,  &lit  anathema  maranhata ,  &àcon-  alio  quoque  loco  in  villa  quæ  dicitur  Porccllcrias 

fortio  fidelium  exclufos,  Ôc  in  pœnis  infem:  æterna-  unum  manfom  ,&  in  alio  qui  dicitur  Raditias  unura 
liter  exiftat  concrcmandus.  Ut  autem  hæc  audoritas  manfom,  ôc  in  villa  quæ  dicitur  Lacus  unum  manfom» 
firmior  arque  credibilior  habeatur  ,  ôc  à  fidelibus  qui  font  fimul  x.  manfi  cum  omnibus  adjacentiis  fois, 
(ândæ  Dei  ecdciiæ  futuris  temporibus  diligenrius  Rendent  autem  ipfæ  res  in  pago  Vivarienfi,  in  vica- 
conferverur,  annuii  noftri  impreflione  fubter  jufti-  rialflktcllcnfi,infopradidisvillis;  hæc  omnia  dédit 
mus  figillari  cum  anagrammate  noftri  nominis  de-  præfàtus  vir  Domino  Deo  fendoque  Theofiedo  pro 
cerner  adferibi.Signum  Lothari;  Francorum  regis  glo-  redemptione  ànimæ  fuæ,  ôc  genitoris  fui  Iderii,«5<:  ge- 
riofi.  Adum  Lauduno  Clavato,  anno  primo  re-  nitricis  nomine  Arfendis.  Fadafunc  hæc  menfeDe- 
gnante  gloriofillimo  regeLothario  vi  I  i.ldus  Mar-  cembri  feria  iv.  indiclione  x  1  x  i.  concurr.  vi. 
tii  indidionc  x  1 1 1. 


L  XXXV. 

Plaid  tenu  à  Narbonne . 


Lxxxvri. 

Echange  fait  à  N  ifm  es  fous  Bernard 
vicomte ,  &c. 


An. 


-  \T  Otitia  profeflionis  feu  fecuritatis  five  guarpi- 
f*  i\  toriæ  quæ  fuit  feda  Narbone  civitate  (ub  die 


Carrulaire  de 
l’abbaye  «le  S. 
Pûiu,qm‘  «oit 
«"trefou  aux 
a'chivct  da 
Jomune  du 
J01  a  C.re*T- 
foone. 


î*  X  toriæ  quæ 

Kal.  Maii ,  anno  Incarnationis  Dominicæ  dcccclv. 
&  anno  i.  quo  Lotharius  rexcœpit  rcgnarc.  Qua- 
liter  ipfo  tempore  venit  Udalgarius  hic  ôc  interpel- 
lavit  medietarem  de  ipfo  alode  quiincomitatuNar- 
bonenfe  ,  in  locum  quem  vocant  Geneftar ...  ad 
monachos  S.  Ponrii.  Illi  vero  rc(jx)ndentes  dixerunc  : 
ipfùm  alodem  Alferius  ad  dicm  morris  (îiæ  nobis  do- 
navit,  &  feripruram  inde  fecit ,  ôc  habemus  certes  & 
authores  de  ipfe  medietate  de  ipfom  alodem  uxorem 
fiiam,  «&filios,  &  elemofinarios  fiios.  Ad  conftitu- 
tam  vero  diem  convenerunt  in  Narbona  civitate 
ante  Aymericum  archipræfolem  ôc  Richildem  vice- 
comiriftam  y  ôc  venerunt  elemofinarii  quondam  Al- 
pharii  defondi,  ipfe  medietate  de  ipfom  alodem 
contra  Udalgarium,  ut  quando  mortuus  fuerat  Al- 
fârius  ipliun  alodem  retinebat  per  feripruram  geni¬ 
tricis  ,  led  &  legalcm  poteftatem  exinde  habebapt.  Et 
ut  vidit& audivic Udalgarius, proptcrhonoremDei, 
Tome  //. 


v 


Ox  legum  &  juris  decrevit  lex  «&:  audoritas, 


ut  quaiis  eft  emptio  talis  Ôc  commutario  ;  em-  An.  9  5 
ptio  &  commutario  fimul  obrineant  firmicatem. 
Quamobrem  ego  in  Dei  nomine  Bligarius  ,  ego  To^’ufc  (ù, 
commuto  tibi  Auritio&  uxori  ruæ  Inginilde  aliquid  4-  n.  4*. 
de  alodem  fendi  BatidiÜi  qui  eft  in  territorio  ci- 
vitatis  Nemaufenfis ,  in  terminium  Age  Ho  ubi  vo¬ 
cant  Odennofoperiore;  ibique  commutto  vobis  pe- 
ria  de  terra  culta  qui  ab  prolongo  de  uno  latus 
dexrros  cc  1 1  r  r .  prolata ,  de  uno  fronte  abec  dex- 
tros  x  x  1 1 .  de  alio  latus  habet  dexrros  c  l  x  x  x  x  v  r . 

&c.Etad  hæc  contraria  recipimus  pro  ifta  terra  fopra- 
fcripra  fol.  xxx.  ôc  alia  terra  in  opus  S.  Baudilii,  «5c  una 
petia  de  terra  fobtus  Odenno  fobreriorc ,  in  loco  ubi 
vocant  fobtus  Foflàlobaria ,  ôcc.  ôc  pro  iftos  excam- 
bios  fopraferiptos  ôc  proiihconvenicntia  debetBlit- 
gerius  hicerciolvi  ad  vicecomitem  Bernardo,  &  ad 
vicecomiriffem  Gauza,  &  ad  Bemardum  cujus  erat 
Si  quis  contra  hanc  commutatione  ifta  a à 

G 


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*  Mit  8c- 
«uadov 


VV  PREUVES  DU^HISTOUE  ioo 

irrumpendura  vénerie ,  aut  nos  aut  fuccellbres  noftri  Unde  ab hodierno  die,  &  propter  diâum  pretium 
mquietarevolucrit,componat  vobis  omnia  ifta  fopra-  'hoc,  habcas,  teneas,  pollidcas,  tuifque  pofterk 
fcnpta  meliorata  dupla,  8c  in  antea  commutatio  ifta  derelinquas  ,  #vel  quidquid  exinde  focere  volueris 
firma  &  ftabilis  permaneat  omnique  rempote.  F aâa  libéra  8c  bene  firmiftima  in  omnibus  habeas  pote- 
commutarione  ifta  die  Lunis  v.  Idus  Junii,  anno*  ftate  ad  faciendum.  Sane  vero,  quod  fieri  minime 

credimus  eventurum  ,  quod  fi  nos  tibi  venditores 
aut  aliquis  de  filiis  aut  hæredibus  mcis ,  aut  quifli- 
bet  homo ,  apporta  vel  fubtogata  perfona  qui  con- 


quod  Lotarius  rex  cepit  regnare.  Siemim  Bligerius 
qui  commutarione  ifta  firmavit  ôc  firmare  rogavit. 
».  Rcginaldus ,  Robaldus  ,  Martinus  p*<byter  , 
Ermengarus  prelbyter ,  Ylimbardus  prcfbyter,  Ra- 


?: 


cra  hanc  acta  ifta  venditionis  venerit  per  inrumpen- 


mirius  prefbyter ,  Genefius  prcfbyter  fcripfit  liib  die  dum ,  aut  nos  venerimus  >  in  duplo  dbi  componerc 


&  anno  quod  fupra. 


LXXXVIII. 

Donation  faite  k  Frotaire  évêque,  & 
À  Bernard  vicomte  d’ Alby  fonfrere. 


Cartulaire  du 
Chat,  de  Foix 
caille  is* 


An.  9  5  7.  *  N  nomine  Domini  noftri  JefuChrifti.  EgoSe- 
±  negundis  &  filiis  fuis  Iraclus ,  &  Alchcrius,  & 
Odombclus,  8c  Ugo  donamus  Froterio  epifeopo  & 
Bernardo  fratri  fuo  ipfo  caftcllo  quod  clamant 
Turre ,  de  ilia  pane  quod  nos  ibi  habemus  &  habere 
debemus  mcdiçtatem  vobis  donamus  Froterio  & 
Bernardo  ad  proprium  alodem  *,  &  eft  ipfe  caftellus 
in  comitatu  Ruthcnico  in  parochia  fonûi  Amandi 
de  Campo-bello.  Ipfo  cafteûo  3c  ipfas  turres ,  8c  ipfo 
fbreia  quæ  hodic  ibi  eft  &  in  antea  foûa  erit  il 


faciamus ,  8c  in  antea  ifta  caru  venditionis  firmis  & 
ftabilis  permancat  omnique  tempore.  Faâa  carta 
vinditionis  ni.  Kal,  Dccembris  anno  un,  rég¬ 
nante  Leutario  rege.  Sig.  t  Arfindes  comitifta,  Sig.f 
Rodgarius  cornes  qui  carta  ifta  vinditionis  fedmus, 
&  à  bonis  hominibus  firmare  rogavimus.  Sig.  f  Do- 
done ,  Sig.  f  Aigulffo  >  Sig.  t  Odilone ,  Sig.  fStef- 
fano,  Sig.  f  Ranfrcdo,  Sig.  -}■  Jordanc ,  Sig.  ^  Aie- 
cario.  Ariprodus  rogitus  feripUt  fub  die  Ôc  anno 
quod  fupra. 


xc. 

Extrait  de  divetfes  Chartes . 


An.  9  5  S. 


ANno  DccccLvixi.  trabcaôonis  Domini, 

indiâione  i.  anno  ii.  régnante  Leuthcrio  Camümde 
donamus  vobis  ad  proprium  alodem.  Et  ilia  dom-  Francorum  rege ,  xv  i .  Kal.  Novcmb.  Aymericus  pci- 
na  quæ  nominant  Bliccardis  ,  mulier  Raimundo  ma*  Narbonæ  archipcæfol  dat  in  comitatu  Nar- 
Scodacano,  &  filiis  fuis  Pondus  3c  Bemardus,  do-  bonenfo  in  loco  Amlcduma  alodem  foumB.  Paulo 
namus  vobis  Froterio  &  Bernardo  de  alia  medietate  Chrifti  confcflbris  prsenominaræ  civitaris  patrono , 
quod  nos  ibi  habemus  3c  habere  debemus  >  ipfom  3c  canonicis  B.  Pauli.  Sig.  Leotardi  abbaris,  8cc. 
medietatem  de  ipfo  caftcllo  ad  proprium  alodem.  Fada  eft  carta  guarpitoria  in  menfe  Aprilis ,  anno 


An.  958. 


Archiva  de 


Fada  carta  donatione  ifta  in  die  feria  fccunda ,  idus  iv.  régnante  Leutario  rege,  ab  homine  nominc  l’abbaye  de 
Aprilis ,  luna  o&ava ,  régnante  Autarico  rege.  S.  Se-  Teuduardus  qui  veniens  in  pladto  anteccdcfiam  S.  Momolku’ 
negundis, S. Iraclius,  S.  Alcherius,  S. Odombclus,  Martini,  in  præfentia  bonorum hominunr,  ideftGi- 


S.  Ugo,  S.  Bligardis,  S.  Pondus,  S.  Frotardo, 
S.  W’illelmo,  S.  Bernardo,  S.  Begono  >  S.  Bernar¬ 
do,  S.  Raimundo  Alcherio,  S.  Raino  Rigaldo. 


LXXXIX. 

Vente  faite  par  Arfinde  comte(fe  ,  &  fon 
fils  Roger  /.  comte  de  Çarcaffonne. 


An 

Archive*  du 
Prieuré  de 

Camon. 


.  957.  T  N  nomine  Domini.  Ego  Arfcndes  comitifta,  & 
hive*  du  X  filius  meus  Rodgarius  cornes  venditores  fumas 
nos  tibi  Gilaberto  vicario ....  alodem  noftrum  pro¬ 
prium  quæ  habemus  in  pago  Tololino  in  vicaria 
Colicnfe ,  in  terminio  vel  in  villa  quæ  dicitur  Chei- 
rano ,  terras  cultas  3c  inculras ,  vineas ,  manfioncs 
coopertas,  cafoles,  hortos  ,  hortalcs,  verdagaras, 
çurtes,  pratos,  cum  pafeuis  ,  rivis  ,  garricis  ,  tam 
quxfitum  quam  ad  inquirendum ,  tam  divifum  quam 
ad  dividendum ,  tam  loca  ruftica  quam  hurbana. 
Afrontariones  habet  ipfo  alodes,  de  pane  altano  aja- 
cet  in  territorio  Ardemando  vel  fonûi  Saturnini  *, 
de  mendie  a|acet  à  fonéri  Salvatoris  vel  Agalos,  de 
orra  ajacet  à  rivo  quæ  dicitur  Vidczols-,  3c  de  aqui- 
k>nis  ajacet  à  Pojomitano  vel  à  Sonnago:  quantum- 
cumque  infra  iftas  quatuor  affrontationes  includunt, 
lie  nos  vinclitores  fumus  tibi  omnia  3c  in  omnibus 
quantum  hibi  vifi  fumus  habere  vel  pofïidere ,  pro¬ 
pter  prerium  quod  inter  nos  8c  re  complacuit  atquc 
convenit  in  aacrato  3c  definito  folidos  C.  quod  tu 
emptor  nobisdedifti,  &  nos  vindi  tores  de  præfenres 
manus  noftras  recepimus  Si  nihilque  de  ipfo  prerio 
apud  te  emptor  non  romande ,  &  eft  nanifeftura. 


An.  9  5  9. 


labeno  vicario  Sexaeo  ,  vel  in  præfentia  Mirone 
filio  Adcmario  qui  fuit  quondam ,  Rodaldo  abbate , 
Rodftagno  clcrico  ,  &c.  qui  ibi  aderant ,  guir- 
pivit  Trefiniro  abbati ,  8c  cunâæ  congregationi  fan- 
£ki  Joannis  Baptiftæ  Caftri-Mallafti  cœnobii ,  alodem 
in  comitatu  Rcdcnii,  in  vicaria  Tclienlc,  cujus  eft 
vocabulum  Cailiania  fivc  Arbuxello  fivc  Vairono, 

3cc. 

I N  nomine  Domini.  Ego  Matftedus  vicecomes  & 
uxor  mca  Adalaiz  venditores  fumus  tibi  Aymerico 
archiepilcopo  Narbonæ  emptore.  Conftat  nos  tibi  £h 
vendere  ficut  8c  per  hanc  foripturam  venditionis  no-  draiedcNu- 
ftræ  vendimus  tibi ,  in  comitatu  Narbonenfe  villam  boft#e' 
vocabulo  Crexano  cum  fuis  terminiis,  curaecdefiis 
qui  in  ipfo  villa  font  fundatas*,  id  eft  fonfti  Michaclis , 

8c  fancti  Martini,  cum  ccllis  8c  focrariis,  cum  ded- 
mis  3c  primitiis,  3c  cum  cimeteriis,  3c  cum  terris, 

&  vineis,  &  imiverfo  quæ  ad  ipfas  ecclefus  perd- 
nenc,  &  ipfo  turre  cum  cinfto  8c  vallo.  Vendimus 
tibi  alium  noftrum  alodem  quæ  in  ipfo  villa  vel  in 
ejus  terminio  habemus,  qui  nobisadvenit  ex  côm- 
paratione ,  vel  ex  traditione  Adoiræ  fœminæ  *,  id  eft 
caiis ,  cafolicis  ,  3cc.  Faâa  feriptura  venditionis  & 
traditionis  x.  Kal.  Mail  anno  Verbi  incamad  dcccc- 
lviiii.  anno  un.  régnante  Hlotàrio  rege.  Sig. 

Matfredi ,  S.  Adalaiz  qui  hanc  cartam  fecerunt  8ç 
firmare  rogaverunt,  S.  Albioni,  S.  Barnardusepil- 

copus  ,  S.  Soniefredus  cornes,  S.  Poncioni,  Sig.  - - 

Rodaldi,  S.  Amalrig,  S.  VolveradiP. 


An.  9  5  9. 

J  N#  nomine  Dotai  ni.  Ego  Ato  Radveus  3c  uxor 
noftra nomiae.Gaslindes  dcfilitf  ooftec  nomine...  Mgowüm. 


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Vers  I  an 
9)9- 

CartulairetJc 

l'abbaye  de  $. 

Chadre, 


101  DE  LANGUEDOC  ici 

donarorcs  fumus  ad  domum  fàn&i  Joannis  Bautiftæ  prædiûum  Gairo,  ut  darent  ei  fèvum  ducentôrum 
Caftri-Mallafti  monafterii,  qui  eft  litusfiiper  ttuvio  modiorum,  &omnes  alodes  quos  habebant  in  co- 
Duronno ,  &  à  Trelmiro  abbate ,  &  à  cun&a  con-  mitatu  Narbonenfe  tcncret  inBajulia,  &  de  ifta  con- 

gregatione  ipfïus  monafterii,  donamus  nos  alodem  venientia,  exceprus  ipTam  cartam  quod  fa&am  ÔC 

noftrum  proprium  qui  nobis  advenit  ex  alode  pa-  traditam  habebant  ad  præctdum  Gairo ,  extraxe- 

lenrorum  noftrorum ,  &  eft  ipfe  alodes  in  pago  runt  fe.  Et  quia  prædiÆ  comices  cxrraxemnt  fe  de 

Tholofàno,  cujus  vocabulum  eft  Orlando,  cum  ifta  convenientia,  tenuic  cartam  pignorationis  quam 

ipfii  ecclefia  quæ  eft  fùndata  in  honore  fân&i  Pétri ,  ille  receperat  de  jamdidis  Ebreis  cum  ipfum  alodem 

Ôc  cum  ipio  bofeo  quæ  vocant  Solano,  &c.  Fadb  de  Magrinnano  &  de  Cugciaco  cum  iplode  Amen* 

carta  iftainmenfe  Junio,  anno  v.  régnante  Leuta-  nolcla,  &prædi<ftus  Raymundus  cornes,  ad  fuum 

rio  rege.  S.  Atone,  S.  Garfindcs  confenticnre  qui  obitum dédit fàn&o  Jufto  &  Paftori  partem quam ha- 

carram  iftam  fècimus  ôc  firmare  rogavimus.  S.  Ar-  bebat  in  prædidhim  alodem  de  Magrinnano  &  de 

findes  comitiflà,  S.  Rogerio  comité,  S.  Bertranno,  Cugciaco,  ôc  propter  hanc donationcm  Ermengàu- 

S.  Itario,  S.  Barnardo,  S.  Amelio  qui  fiimus  fide-  dus  archiepifeopus  tenuit&poflcdit  prædiéhim  alo- 

jullores  de  ipfiun  alodem, S.  Godafreaus  (àcerdos  qui  dem  quamdiu  vixerit ,  &  ipfam  tertiam  partem  quam 

hoc  lcripfit.fub  die  &  anno  quod  fupra.  Raimundus  habebat  in  Amennolela  vel  in  vülulis 

circum  circa  fibi  fubjeétis ,  mifit  in  pignus  ad  prædi- 
j  Acro-Cmâx  Dci  ccclcfiæ  Calmiliacenfis  moTia-  &um  Gairo  propter  modios  viginti  de  annona 
ftcrii  quæ  eft  conftru&a  in  pago  Velavenfe  in  vico  cum  fuo  lucro  ;  &  propter  hanc  pignora  incurrit  in 
Amnoricenfe ,  quæ  eft  confecrara  in  honorem  fàn&i  poreftatem  Gairo ,  &c  prædi&us  Gairo  dédit  præ- 
Pétri  &  Cmdi  Martini ,  ubi  fândhis  Theosfredus  didtum  alodem  ad  Ermcngaudum  archiepifeopum 
martyr  humarus,  ôc  (indus  Eudo  &  fànctus  Fortu-  ab  integrum  :  in  tali  conventuni ,  ut  dum  viveret 
natus,  &  duo  Innocences  ibi  in  corpore  requief-  Ermengaudus  teneret  ôc  poffideret  eum,  &  poft 
cunt ,  ubi  domnus  Wlfàldus  abbas  fiipcr  ipfàm  fuum  obitum  remanerct  ad  Raimundum  hlium 
congregarionem  Deo  famulantcs  pr^efle  videtur.  Gairo  ,  &  fuit  mortuus  Raimundus  anreqtiam  Er- 
Ob  noc  ego  in  Dei  nomine  Guilîeknus  ôc  frater  mengaudus,  ôc  prædidus  Raimundus  dédit  prædi-, 
meus  Armandus  cogitamus  de  Dei  mifericordia  vel  âum  alodem  ante  fùum  obitum  ad  jamdiâum  Er- 
de  æterna  Chrifti  retributionc ,  pro  remedio  ani-  mengaudum  archiepifeopum ,  ôc  Ermengaudus  ar- 
marum  noftrarum  &  genitoris  noftri  atquc  genitri-  chiepiicopus  dédit  prædidum  alodem  fàn&o  Jufto 
cis,  vel  pro  remedio  animarum  fratris  noftri  Gri-  ôc  Paftore. 
maldi  ;propterea  cedimus  vel  donamus  ad  fupradidbe 
jam  ca(æ-Dci  aliquid  de  rebus  noftris  ,  quæ  nobis 
ex  hæreditate  parentum  noftrorum  legibus  obve- 
nere.  Rcfidcnt  autem  ipCx  r es  in  pago  Vivarienfî , 
in  vicaria  Pratellenfc ,  in  villa  quæ  clicitur  Efcolcnco  ; 
hoc  eft  in  eccltfia  quæ  eft  confecrata  in  honorem 
fândi  Andcoli  martyris,  ôc  quantum  ad  iplam  ec- 
clefiam  afpicic  vel  afpiccrc  videtur,  totum  Ôc  ad  in- 
cegrum  ccdimus  vel  donamus  ad  jam  fupradiélam 
eeelefiam  fine  ulla  conrradiaione.  Sane  fi  quis 
&c.  Fa<fta  carta  ifta  elecmofinaria  feria  v.  menfe 


XCII. 

Donation  de  la  comtejje  Êerthe  au 
monaftere  de  Montmajour . 

G o  in  Dei  nomine  Bcrtha  comitiflà  ,  cogito  de 


anima  mea  ôc  Tenions  mei  Raimundi  ôc  filii  mei  An.  960* 
Raimundi.  Dono  res  proprictatis  mcæ  S.  Maria*  ôc  S.  Archive?  c^e 
Pctro  monafterii  infula Montis-majoris,  &fi*atribus 

januario,  anno  d.  c  c  c  c. . . .  régnante  Lothario  rege.  ibidem  Deo  famulantibus.  Ex  rebus  quæ  mihi  legibus  v .  J 

S.  Guillcrmo  ôc  fratre  ejus,  S.  Armando,  S.  Gui- 
done,  S.  Ifiiardo,  S.  Landagario,  S.  Mccganfredo, 

S.  Avitê. 


9*0.  a» 


X  C  I. 


obvenerunt  ex  pane  avuncnlimci  Ubonis  regis  in  3J 
regno  Gociæ  incomitatu  Suftantioncnfi ,  dono  vil- 
lam  indominicatam  quam  vocant  Candianicas  cum 
mnnlb  indominicato ,  &  ecclefia  (ànûorum  Colmæ 
&  Damiani  aim  omnibus  appcndîciis  vel  quidquiti 
ad  ipfàmvillam  afpicit,  videlicet  cum  fervis  ôc  an- 
cillis  utriufque  (exus;  villam  quæ  vocatur  Bernatis 


Vers  l’an 

5>55>- 


Effarement  fait  par  slrfinde  comteffe  de  rcS  f  =  &  çeelefiam  CmOT  Johannis  vel 

Carcaffonne ,  &  [es  fils  les  comtes  Odon  adipûmvillam ^  pcrt.nct-,  &inIocodicto 

,  nu/.  iin  •  .  Mamnuamcis  res  &  mancipia,  vdquidquidad  îllam 

£?•  Raimond ,  des  alleus  quils  av oient  villam  pertinere  videtur,  mancipia  fèrvos  &ancil- 
dans  le  comte  de  N arbonne.  las  in  villa  Magalonenfc,  ôc  alias  jes  quæ  dicunrur 

Poflelliolu^,  Ôc  quidquidibi  poffideo,  villam  Porcia-  t 

HÆc  eft  commemoratio  de  alode  SS.  Jufti  &  nus,  manfiim,  eeelefiam  fànâi  Pétri,  Ôc  mancipia 
Paftoris  de  Magrinnano ,  ôc  de  Amennolela.  cum  fuis  pertinentiis.  In  regno  Provinciæ  in  comi- 
'Cinuiairc  de  In  primis  ipfum  alode  de  Magrinnano  &deCugcia-  tatu  Friuüenfi  airtem  Valignatis  &  quidquid  ad 
ScNaiWncC  co>  (]lianrum  ‘n  P^didis  villis  habebat  Arfindis  illam  alpicit  cum  fervis  &ancillis;  in  comitatu  Re- 
comitiflà  cum  filiis  fiiisOdo  &Raimundo  miferunt  genfi  villas  Crocium  ôc  Vermiliumcum  fervis  an- 
in  pignus  ad  Ebreos  Sabrono  ôc  Barala  propter  fôli-  ciilis  ôc  appendices  ;  in  comitatu  Vapinchis  vii|as 
dos  mille.  Poftea  Gairo  haBuit  convcntum  cum  præ-  dominicatas  Molion  ,  Dianovam  ,  Callulus  ,  Lu- 
didlis  comitibus  Odo  ôc  Raimundo ,  ut  jamdidus  nateis,  &  Caricampu s  cum  manfis,  mancipiis,  fer- 
Gairo  redimeret  prædi(ftum  alodem  de  Magrinna  vis  ôc  appendiciis  earum  ;  eeelefiam  fànéb  Pétri  cum 
&  de  Cugciago  de  jamditftis  Ebreis  propter  (olidos  villa  Mamcnno,  neenon  rebus  &  mancipiis  ad  eam 
mille,  ficut  ôc  fecit ;  &  quia  Gairo  redemit  prædi-  pertinencibus ,  valiem  Cortrinciam  ôc  quidquid  in 
âum  alodem  ,  dederunt  ci  quantum  habebant  in  ea  poflideo;  in  comitatu  Vafîonenfi,  currem  Ca- 
ipfum  alodem  de  Amennolela,  vel  aliis  villulis  cir-  vegondis  res  &  mancipia,  manfbs,  terras  &  alia  ad  me 
cum  circa  fibi  fubjc&is  propter  precium  (olidos  tre-  pertinentia  ;  in  comitatu  Acenfi ,  in  pago  Albionenfe, 

centos  ;  ôc  infuper  prædi&i  comités  convenerunt  ad  in  loco  Sagatello . cum  omnibus  appendiciis 

Tome  U.  Cij 


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K  PREUVES  DEL’  HISTOIRE  ,oo 

irrumpcndura  venerit ,  aut  nos  aut  fuccellores  noftri  Undc  ab  hodicrno  die,  &  propter  di&wrn  pretium 
mquietarcvolucrit,componat  vobis  omnia  ifta  fopra-  'hoc,  habcas,  teneas,  pqlhdeas,  tuifquc  pofteris 
fcripca  meliorata  dupla,  &in  ancea  commutatio  ilia  derelinquas  ,  ,vel  quidquid  cxinde  faccre  volueris 
firma  &ftabilis  permaneac  omnique  tempoce.  Fada  libéra  fie  bcne  firmiflima  in  omnibus  habcas  pote- 
*  sAddt  Se-  commutationc  ifta  die  Lunis  v.  Idus  Junii,  anno*  ftate  ad  fàcicndum.  Sane  vcro,  quod  fieri  minime 
quod  Lotarius  rex  ccpit  rcgnarc.  Signum  Biigerius  credimus  eventurum  ,  quod  fi  nos  tibi  venditoros 

?ui  commutarione  ifta  firmavit  &  hrmarc  rogavit.  aut  aliquis  de  filiis  aut  næredibus  mcis ,  auc  quiûi- 
.  Reginaldus ,  Robaldus  ,  Martinus  pwfbyter ,  bet  homo ,  appofita  vel  fubrogata  perfona  qui  coq- 
Ermengarus  prefbyter ,  Yiimbardus  prelbycer ,  Ra-  tra  hanc  carta  ifta  venditionis  venerit  per  inrumpen- 
mirius  prefbyter ,  Genefius  prelbyter  fcripfit  fiib  die  dum ,  aut  nos  venerimus  >  in  duplo  tibi  componerc 


An.  957. 

Cartulaire  du 
Chat,  de  Foix 
caillé  n. 


&  anno  quod  fupra. 


LXXXVIlI. 

Donation  faite  à  T  rot  aire  evèque  ,  & 
à  Bernard  vicomte  d'Alby  fonfrere. 

IN  nomine  Domini  noftri  Je(u  Chrifti.  Ego  Se- 
negundis  &  filiis  fuis  Iraclus ,  &  Alchcrius,  & 
Odombclus,  &Ugo  donamus  Froterio  epifeopo  & 
Bernardo  fratri  fuo  ipfo  caftcllo  quod  clamant 
Turre ,  de  ilia  parte  quod  nos  ibi  habemus  6c  habere 
debemus  medietatem  vobis  donamus  Froterio  & 
Bernardo  ad  proprium  alodem  *,  &  eft  ipfe  caftellus 
in  comitatu  Ruthenico  in  parochia  fàndi  Amandi 
de  Campo-bello.  Ipfo  cafteûo  de  ipfas  turres,  &  ipfà 
fbreia  quæ  hodie  ibi  eft  &  in  antea  fada  erit  ibi , 


faciamus ,  &  in  antea  ifta  caru  vcndicionis  firmis  4: 
ftabilis  permaneat  omnique  tempore.  Fada  cartg 
vindirionis  1 1  x.  Kal  Decembris  anno  un.  rég¬ 
nante  Leutario  rege.  Sig.  t  Arfindes  comitilTa,  Sig.f 
Rodgarius  cornes  qui  cana  ilb  vindirionis  fedmus, 
fie  à  bonis  hominibus  firmare  rogavimus.  Sig.  f  Do- 
done ,  Sig.  f  Aigulffo ,  Sig.  t  Odilone ,  Sig.  f  Ste£ 
fàno,  Sig.  f  Ranfrcdo,  Sig.  f  Jordanc ,  Sig.  Aic- 
cario.  Ariprodus  rogitus  (tfipfit  fub  die  6c  anno 
quod  fupra* 


xc. 

Extrait  de  diveifes  Chartes . 


de  Campo-bello.  Ipfo  cafteûo  6c  ipfas  turres,  ficipfà  \  Nno  dcccciviii.  trabcarionis  Domini,  AN.^jg. 
fbreia  quæ  hodie  ibi  eft  &  in  antea  fada  erit  ibi ,  indidionc  1.  anno  1 1.  régnante  Leuthcrio  Cartuiaiitfe 

donamus  vobis  ad  proprium  alodem.  Et  illadom-  Francorum  rege,  xvi.  Kal  Novcmb.  Aymericuspri- 
na  quæ  nominant  Bliccavdis  ,  mulier  Raimundo  mœ  Narbonæ  archipræful  dat  in  comitatu  Nar- 
Scodacano,  6 c  filiis  (uis  Poncius  &Bernardus,  do-  bonenlè  in  loco  Amlcduma  alodem  fuum  B.  Paulo 
namus  vobis  Froterio  &  Bernardo  de  alia  medietate  Chrifti  confcfloris  prænominatæ  dvitatis  patrono ,  — 

quod  nos  ibi  habemus  &  habere  debemus,  ipfàm  & canonicis  B.  Pauli.  Sig.  Lcoeardi  âbbaris,  &c.  An. 958, 

medietatem  de  ipfo  caftello  ad  proprium  alodem.  Fada  eft  carta  guarpitoria  in  menfc  Aprilis ,  anno  ± 

Fada  carta  donarione  ifta  in  die  feria  fecunda ,  idus  iv.  régnante  Leutario  rege,  ab  hominc  nomine  l'aMaycde 
Aprilis ,  luna  odava,  régnante  Autarico  rege.  S.  Se-  Tcuduardus  qui  veniens  in  pladto  antcccdcfiam  S.  Momolku* 
negundis, S. Iraclius,  S.  Alcherius,  S.  Odombclus,  Martini,  in præfenria bonorum  hominunr,  ideftGi- 
S.  Ugo,  S.  Bligardis,  S.  Poncius,  S.  Frotardo,  laberto  vicario  Sexago  ,  vel  in  præfentia  Mironc 
S.  Wiüelmo,  S.  Bernardo,  S.  Begono ,  S.  Bernar-  filio  Adcmarioqui  fuirquondam,  Rodaldoabbate, 


do,  S.  Raimundo  Alcherio,  S.  Raino  Rigaldo. 


LXXXIX. 

Vente  faite  par  Arfinde  comteffe  ,  &  fon 
fils  Roçer  J.  comte  de  Carcajfonne. 


Rodftagno  clcrico  ,  &c.  qui  ibi  aderant ,  guir- 
pivit  Trcfiniro  abbari ,  &  cundæ  congregationi  (an- 
di  Joannis  Baptiftæ  Caftri-Mallafti  ccenobii ,  alodem 
in  comitatu  Redcnfi,  in  vicaria  Tclicnfe,  cujus  eft 
vocabulum  Cailiania  fivc  Arbuxello  fivc  Vairono, 
&c. 


An.  9  57- 

Archive*  du 
Prieure  de 

Camon. 


pu  js^o^er  â.  comte  ae  ^arcajjonne.  » 

lN  nomine  Domini.  Ego  Matfredus  vicecomes  &  1 

IN  nomine  Domini.  Ego  Arfcndes  comitiftà,  &  uxor  mca  Adalaiz  vendicores  furausribi  Aymerico  An. 9 59. 

filius  meus  Rodgarius  cornes  vendicores  fumas  archiepilcopo  Narbonæ  empeore.  Confiât  nos  tibi  ^‘^0^ 
nos  tibi  Gilaberto  vicario ....  alodem  noftrum  pro-  vendere  ficut  &  per  hanc  fciipturam  venditionis  no-  «Me  deNa- 
prium  quæ  habemus  in  pago  Tololàno  in  vicaria  ftrævendimus  tibi,  in  comitatu  Narboncnfe  villam  boaae' 
Colicnfc ,  in  terminio  vel  in  villa  quæ  dicitur  Chei-  vocabulo  Crcxano  cum  fuis  cerminiis,  cum  eedefiis 
rano,  terras  cultas  &  incultas,  vineas,  manfioncs  qui  in  ipfa  villa  (untfundatas;  ideft  fandi  Michaclis, 
eoopertas ,  cafàles ,  hortos  ,  hortales,  verdagaras,  &  fandi  Martini,  cum  çellis  &  fàcrariis,  cum  ded- 
cunes,  pratos,  cum  pafeuis  ,  rivis  ,  garricis  ,  tam  mis  &  primitiis,  &cum  cimeteriis,  &  cum  terris, 
quæfitum  quam  ad iixpiirendum,  ram  divifum quam  &  vincis,  &  univerfà  quæ  ad  ipfas  ecclefias  perd- 

ad  dividendum ,  tam  loca  ruftica  quam  hurbana.  nent,  &  ipfà  turre  cumcindo  &  vallo.  Vendimus 


ad  dividendum ,  tam  loca  ruftica  quam  hurbana.  nent,  &  ipfà  turre  cumcindo  &  vallo.  Vendimus 
Afrontationes  habet  ipfe  alodes,  de  pane  alrano  aja-  tibi  alium  noftrum  alodem  quæ  in  ipfà  villa  vel  in 
eet  in  territorio  Araemando  vel  fandi  Sarurnini*  ejus  terminio  habemus,  qui  nobisadvenit  excôm- 
dc  mendie  ajacet  à  fandi  Salvatoris  vel  Agalos,  de  paratione ,  vel  ex  traditione  Adoiræ  fccminæ*,  id  eft 
ortu  ajacet  à  rivo  quæ  dicitur  Vidczols-,  &  de  aqui-  caiis,  cafàlicis  ,  &c.  Fada  feriptura  venditionis  & 
lonis  ajacet  à  Pojomitano  vel  à  Sonnago:  quantum-  traditionis  x.  Kal.  Maii  anno  Verbi  incarnad  dcccc- 
cumque  infra  iftas  quatuor  affrontariones  includunt,  lviiu  anno  1 1 1 1 .  régnante  Hloùrio  rege.  Sig. 
fie  nos  vinditores  fumus  tibi  omnia  &  in  omnibus  Matfiedi ,  S.  Adalaiz  qui  hanc  cartam  fecerunt  6ç 
quantum  hibi  vifi  fiimus  habere  vel  pdlidere ,  pro-  firmare  rogaverunt ,  S.  Albioni ,  S.  Barnardusepi£ 

pter  pretium  quod  inter  nos  &  te  complacuit  atquc  copus  ,  S.  Soniefi  edus  cornes  ,  S.  Poncioni»  Sig.  - - - 

convenit  in  adcrato&  definito  folidos  C  quod  tu  Rodaldi,  S.  Amakig,  S.  VolveradiP-  An.  9  5  9. 

emptor  nobisdedifti ,  de  nos  vinditores  de  præfentcs  ^  Archirw  ic 

manus  noftras  recepimus  &  nihilque  de  ipfo  prerio  J  N,  nomine  Dofnini.  Ego  Ato  Radveus  &  uxor  i^bbjyc  de 
apud  te  emptor  non  romanfit,  &  eft  manifeûum.  aoûraiKwaiJtte.Garfuxles  &  filins  nofta  nomine...  Mqiuoüw. 


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Vers  Tan 
9Î9- 

Camilaire  4e 
l’abbaye  de  S. 


toi  DE  LANGUEDOC.  loi 

donatorcs  fuimis  ad  domum  fendi  Joannis  Baptiftæ  prædidum  Gairo,  ur  darent  ei  fevum  ducentôrum 
Caftri-Mallafti  monafterii,  oui  eft  liras  fùper  Huvio  modioium ,  &  omnes  alodes  quos  habebant  in  co- 
Duranno ,  &  à  Trcfmiro  abbate,  &  à  cunda  con-  mitatu  Narbonenfe  teneret  inBajulia,  &  deifta  con- 
gregatione  ipfius  monafterii,  donamus  nosalodem  venienria,  excepcus  ipfem  cartam  quod  fadam  &C 
noftrum  proprium  qui  nobis  advenie  ex  alode  pa-  traditam  habebant  aa  prædidum  Gairo ,  extraxe- 
rentorum  noftrorum ,  &  eft  ipfê  alodes  in  pago  runc  fe.  Et  quia  prædidi  comités  extraxerunt  fê  de 
Tholofeno,  cujus  vocabulum  eft  Orlando,  cum  ifta  conveniencia,  tenuit cartam pignorationis quara 
ipfe  eeelefia  quæ  eft  fimdata  in  honore  fendi  Pétri ,  ille  rcceperat  de  jamdidis  Ebreis  cum  ipfum  aiodem 
&  cum  ipfb  bofco  quæ  vocant  Solano,  &c.  Fada  de  Magrinnano  8c  de  Cugciaco  cum  ipfb  de  Amen- 
carta  ifta  in  menfe  Junio,  anno  v.  régnante  Leuta-  nolcla,  &  prædidus  Raymundus  cornes,  ad  liium 
rio  rege.  S.  Atone,  S.  Garlindes  confêntiente  qui  obirum dédit ûndo  Jufto  &  Paftori  partem  quam  ha- 
cartam  iftam  fccimus  &  fiimare  rogavimus.  S.  Ar-  bebat  in  prædidum  aiodem  de  Magrinnano  &  de 
findes  comitiflà,  S.  Rogerio  comité,  S.  Bertranno>  Cugciaco,  8c  propter  hanc donationem  Ermengàu- 
S.  Itario,  S.  Barnardo,  S.  Amelio  qui  furnus  fide-  dus  archiepifcopus  tenuit  &  ooflcdit  prædidum  alo- 
juflores  de  ipfum  alodein,  S.  Godafredus  fecerdos  qui  dem  quamdiu  vixerit,  8c  ipfam  teniam  panera  quam 
hoc  fcripfit  fub  die  8c  anno  quod  fupra.  .  Raimundus  habebat  in  Amcnnolela  vel  in  villulis 

circum  circa  fibi  fubjedis,  mifit  in  pignus  ad  prædi- 
j  Acro-fendæ  Dei  ecclefiæ  Calmiliaccnfis  mona-  âum  Gairo  propter  modios  viginti  de  annon3 
fterii  quæ  eft  conftruda  in  pago  Velavenfê  in  vico  cum  fuo  lucro  •>  &  propter  hanc  pignora  incurrit  in 
Amnoriccnfe ,  quæ  eft  coniêcrara  in  honorem  fendi  poteftatem  Gairo ,  &  prædidus  Gairo  dédit  præ- 
Pétri  &  fendi  Manini ,  ubi  fendus  Theosfredus  didum  aiodem  ad  Ermengaudum  archiepifcopum 
martyr  humarus,  &  fendus  Eudo  &  fendus  Fortu-  ab  integrum  :  in  tali  conventum ,  ut  dum  viveret 
natus ,  8c  duo  Innocentes  ibi  in  corpore  requief-  Ermengaudus  teneret  8c  poflîderet  eum ,  8c  poft 
cunt  ,  ubi  domnus  Wlfeldus  abbas  lîipcr  ipfem  fûum  obitum  remaneret  ad  Raimundum  filium 
coneregarionem  Deo  famulantcs  præcfle  viderur.  Gairo  ,  8c  fuit  mortuus  Raimundus  antequam  Er- 


coneregationem  Deo  famulantcs  præcfle  viderur. 
Ob  hoc  ego  in  Dei  nominc  Guilleknus  &  frater 
meus  Armandus  cogitamus  de  Dei  mifericordia  vel 
de  æterna  Chrifti  retributione ,  pro  remedio  ani- 


Gairo  ,  8c  fuit  mortuus  Raimundus  antequam  Er¬ 
mengaudus,  8c  prædidus  Raimundus  dédit  prædi- 
dum  aiodem  ante  fîium  obitum  ad  jamdidam  Er- 
mengaudum  archiepifeopum,  8c  Ermengaudus  ar- 


marum  noftrorum  &  genitoris  noftri  arque  genitri-  chiepifcopus  dédit  prædidum  aiodem  fendo  Jufto 

cis,  vel  pro  remedio  animarum  fratris  noftri  Gri-  8c  Paftore. 

maldi  ;  propterea  cedimus  vel  donamus  ad  fupradidæ 

jam  cafæ-Dei  aliquid  de  rébus  noftris  ,  quæ  nobis  ~  7 

ex  hæreditate  parentum  noftrorum  legibus  obve-  X  C  I  I. 

nere.  Refident  aucem  ip &  res  in  pago  Vivarien/î , 

invicaria  Pratellenfc,  in  villa  quæ  cücitur  Efcolcnco  i  Donation  de  la  comtejfe  Êerthe  au 
hoc  eft  in  eccfcfia  quæ  eft  confccrata  in  honorem  monafiere  de  Montmajour. 

fendi  Andeoli  martyr»,  8c  quantum  ad  ipfem  ec- 

clefiam  afpicit  vel  araiccrc  viderur,  totum  8c  ad  in-  TJ  Go  in  Dei  nominc  Bertha  comitiflà  ,  cogito  de 
tegrum  cedimus  vel  donamus  ad  jam  fupradidam  anima  mea  8c  (enioris  mei  Raimundi  8c  hlii  mei 

eeelefiam  fine  ulia  contradidione.  Sane  fi  quis  Raimundi.  Dono  res  proprietatis  mcæ  S.  Maria:  &  S. 
&c.  Fada  carra  ifta  eleemofînaria  feria  v.  menfe  Petro  monafterii  inflila  Monris-majoris,  &  fratribus 


tegrum  cedimus  vel  donamus  ad  jam  fupradidam  C*  anima  mea  &  fenioris  mei  Raimundi  8c  hlii  mei  An.  960. 
eeelefiam  fine  ulia  contradidione.  Sane  fi  quis  Raimundi.  Dono  res  proprietatis  mcæ  S.  Maria;  &  S.  Archiver  4e 
&c.  Fada  carra  ifta  eleemofînaria  feria  v.  menfe  Petro  monafterii  inflila  Monris-majoris,  &  fratribus  M.m^iour 
Januario,annoD.  cccc....  régnante  Lothario  rege.  ibidem  Deo  fàmulantibus.  Ex  rebus  quæ  mihi  legibus  v .  J 

S.  Guillcrmo  8c  fratre  ejus,  S.  Armando,  S.  Gui-  obvenerunt  ex  pane  avuncnli  mei  Ubonis  regis  in  9',°-  *• 
done,  S.  Ifnardo,  S.  Landagario,  S.  Mccganfredo,  regno  Gociæ  incomitatu  Suftantionenfi ,  dono  vil-  7 
S.  A  vit#.  lam  indominicatam  quam  vocant  Candi  anicas  cum 

manfô  indominicato ,  &  eeelefia  fendorum  Cofmæ 
~  &  Damiani  aim  omnibus  appendiciis  vel  quidquid; 

x  q  j  ad  ipfem  villam  afpicit,  videlicet  cum  fèrvis  &  an- 

^  ‘  cillis  utiiufque  fexus;  villam  quæ  vocatur  Bernatis 

Enraiement  fait  par  sir  finie  comte ffe  de  rcs  *  “**?!”*»  &  ,fcIcfiam.  fan6ïf  Joannis  vel 
Canajjome ,  &  [es  fils  les  comtes  Odon  ad  irûm  v.llnm  pertmet;  &mlocodiâo 

,  .  y  J ..  ,  .  Mammianicisres&manapia,  velquidquidad  ilJam 


&  Raimond  >  des  alleus  qu'ils  avoient 
dans  le  comté  de  Narbonne . 

HÆc  eft  commemoratio  de  alode  SS.  Jufti  & 
Paftoris  de  Magrinnano ,  8c  de  Amennolela. 


\  K?  Jtaimona  y  aes  aueus  qu  us  avoient  yjllam  pertincre  viderur,  mancipia  fervos  &ancil- 
dans  le  comté  de  N arbonne .  la  s  in  villa  Magalonenfè,  &  alias  fes  quæ  dicuntur 

1 — -  Pofldfiolu^ ,  8c  quidquid  ibi  poflîdco,  villam  Porcia- 

Versl’an  T  T  Æc  eft  commemoratio  de  alode  SS.  Jufti  &  nus,  manfùm,  eeelefiam  fendi  Pétri,  8c  mancipia 
9 55?.  JL  .1  Paftoris  de  Magrinnano,  8c  de  Amennolela.  cum  fuis  pertinentiis.  In  regno  Provinciæ  in  comi- 
'Cartuiairc  de  In  primis  ipfum  alode  de  Magrinnano  &deCugcia~  tatu  Friulienfi  airtem  Valignatis  8c  quidquid  ad 
fcNaSîalni*  co>  c]lTanrum  *n  Pra-’didis  villis  habebat  Arfindis  illam  afpicit  cumfervis  &ancillis-,  in  comitatu  Re- 
c’  comitiflà  cum  filiis  fuis  Odo  8c  Raimundo  mifèrunt  genfi  villas  Crocium  8c  Vermilium  cum  fcrvis  an- 
in  pignus  ad  Ebreos  Sabrono  8c  Barala  propter  foli-  cillis  &  appendices  >  in  comitatu  Vapinchis  vil|as 
dos  mille.  Poftea  Gairo  haBuit  conventum  cum  præ-  dominicatas  Molion  ,  Dianovam  ,  (Jallulus  ,  Lu- 
didis  comitibus  Odo  8c  Raimundo,  ut  jamdidus  nateis,  &  Caricampus  cum  manfis,  mancipiis,  fer- 
Gairo  redimeret  prædidum  aiodem  de  Maerinna  vis  8c  appendiciis  earum  *,  eeelefiam  fendi  Pétri  cum 
&  de  Cugciago  de  jamdidis  Ebreis  propter  folidos  villa  Marnenno,  neenon  rebus  &  mancipiis  ad  eam 
mille,  ficut  8c  fecit -,  &  quia  Gairo  redemit  prædi-  pertinentibus ,  vallem  Cortrinciam  &  quidquid  in 
dum  aiodem  ,  dederunt  ci  quantum  habebant  in  ea  poflîdeo*,  in  comitatu  Vafionenfi,  curtcm  Ca- 


dominicatas  Molion  ,  Dianovam  ,  Callulus  ,  Lu- 
nateis,  &  Caricampus  cum  manfis,  mancipiis,  fer- 
vis  8c  appendiciis  earum  -,  eeelefiam  fendi  Pétri  cum 
villa  Marnenno,  neenon  rebus  &  mancipiis  ad  eam 
pertinentibus ,  vallem  Cortrinciam  8c  quidquid  in 
ea  poflîdeo*,  in  comitatu  Vafionenfi,  curtcm  Ca- 


ipfum  aiodem  de  Amennolela,  vel  aliis  villulis  cir-  vegondis  res  &  mancipia,  manfos,  terras &alia  ad  me 
cum  circa  fibi  fubjedis  propter  precium  folidos  tre-  pertinentia  *  in  comitatu  Atenfi,  in  pago  Albionenfè, 
centos  j  8c  infiiper  præaidi  comités  convenerunt  ad  in  loco  Sagatello ......  cum  omnibus  appendiciis 

Tome  U.  Cij 


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ÏO  J 


PREUVES  DE  L*  HISTOIRE 


10+ 


vel  adjacentiis  earurtt,  quidquid  poflîdco  in  Monte-  cenfi ,  quod  eft  fitum  fuper  alveum  Silcris ,  &  do- 
aurco,  rcs  &  mancipia,  villa  qui  dicitur  Leuca  -,  in  mino  Calftoiii  abbati  ejufdem  loci,  ecclefiam  (àn- 
comitatu  Orifiontnte,m  villa  Afclannis ,  tes  &  man-  Marix  de  Artellis  cum  omnibus  asdificiis,  &c.' 

Tr,*r  c'P‘a  ’  ’n  comitatu  Tracenfe  *,  dimidiam  ecclcliam  Conlilio  Stephani  Cathurcenfis  epifœpi  in  perpe- 
ûnfti  Johannis  villx  Trexiani  ,  villas  Pater-  wum  trado ,  ut  domnus  Calfto  abbas ,  ejufque  (uc- 
nam  8c  Calefonem  &  Macefoncm  vallcm  cum  ceflorcs  femper  teneant  &  poflideant.  Inprimisec- 
omnibus  ad  eas  fpc&antibus  -,  in  comitatu  Dienfe  cleliam  làniâi  Medardi  quam  de  domino  Calftone 
in  valle  Salavanis  res  8c  mancipia,  &  quidquid  ad  abbate  habeo  ,  ad  illos  quos  ipfe  domnus  Calfto 
ipfam  peninet.  Qux  omnia  tam  veftita  quam  vefta  miferit  ad  Deo  ferviendum ,  in  ipfo  loco  qui  dicitur 
dono  præduftis  lânétis  ôc  monachis  infulæ  Montis-  (iindii  Marix  ex  Artellis  leu  Fontis  dono.  Similiter 


majons ,  &c.  Fada  donntio  i  v.  calendas  Martii , 
anno  vi.regnanrc  Lothario  rege  Francorum.  S.Ber- 
tha  comidila,  S.  Emcns  vicecomcs  firmavit ,  S.  Bcl- 
lardus  firmavit,  S.  Willclmus  firmavit,  S.  Bcrnar- 
dus  judex  firmavit. 


X  C  I  1 1. 

Plaid  tenu  en  Quercifar  Raymond  I . 
comte  de  Rcuergue. 


illo  îrianlo  de  ilia  Bcccria  cum  bolco ,  &c.  Hæc  autem 
omnia  confirma  vit  lenior  meus  dominus  Stephanus 
Cathurcenfis  epilcopus ,  &  omnes  alii  probi  homi- 
nc*s  &  propinqui  meL  Ipfe  vero  dominus  Calfto 
perrexit  ad  Romam  ,  ôc  rogavit  dominum  papam 
Bcncdichim  ut  fibi  hæc  omnia  confirmaret,  quod 
&  fccit.  Ilia  mea  eeelefia  dcMeledo  ,  cum  ipfa  villa 
Ramgardi  uxori  mcæ  dimitto,  &c.  Ulos  alodes 
Delconis  quæ  Bdledrudis  uxor  mca  marri  dimifit, 
Ramgardis  uxori  mcæ  dimitto  pro  ilia  compofitione 
quæ  lundi  Stephani  de  Carhurcio  dedit,  utfâciat 
quæcumque  voluerit.  Ilia  meacurtede  BolEacocum 


NOritia  guirpitionis  vel  confignationis ,  in  eo~  ecclclia  de  lândo  Joànne  ad  filias  mcas  dimitto  , 
rom  prefentia  qui  ob  rem  adfuerunt ,  vel  ante  &c.  De  vinca  quæ  infantes  Bonaldi  plantaverunt 


An.  960. 

Cartulaire  de 

Beaulieu  en  Raymundum  comitem ,  feu  Ôc  ante  nos  nobiliflimos  quæquc  Rotbertus  &  Geraldus  tenuerunt ,  Hugoni 

LimouHn.  viros  qui  hâne  notiriam  fubtcrfirmavcrunt.  Qualitcr  confanguineo  mco  dimitto  :  in  tali  vero  rationc  ut 

frVde  Turïpl  venientes  duo  honorabiles  viri ,  Bcrnardus  videlicet  adjutor  ad  eleemofynam  meam  quam  feci  in  Fontes 

.13.  &Gcrbcrtus  ad  ecclcliam  fandi  Saturnini,  die  Fc-  fartdo  Salvatori  de  Figiaco  permanenrem  inordinc 

wris  ttftwIdMsfuiiiy  ante  jamdidum  Ray  mundum  monaftico  ad  honorem  Dei,  &  ilium  capmanfiim 

comitem ,  &  ante  alios  nobilcs  viros ,  interpcllabat  quæ  habui  de  Fraunonc  lit  Ranulpho  nepod  mco 

quilque  unus  ecclefiam  làndi  Medardi  cum  ip(â  hlio  Hugoni  &c.  Illo  fevo  .de  Limanico  quæfiiic 

curte  quæ  dicitur  Prilca ,  quam  RigMdus  pro  reme-  Ranulpho  avo  meo ,  quæ  tenuit  de  comité  Hugoni» 

dio  animæ  fuæ  fuorumque  parentum  ûndo  Petro  dimitto  &  Geraldo  &c  Ranulpho  filiis  fuis  ,  ôc  illo 

Bcllilocenfi  ,  in  ftipendiis  &  ufibus  monachorum  fevo  quæ  fuit  Guinabeito ,  dimitto  medietatem  ad 

ibidem  fervientium  diviferar  port  mortem  filii  fui  fifas  Âymerici  &c.  lftas  eedefias  quæ  ibi  fuperius 

Geraldi:  illis  fiquidem  inter  le  contcndentibus,  ju-  funt  feriptæ ,  ipli  clerici  qui  eastenent  non  reaimant 

dicavit  prædidus  Raymundus,  &alii  vcncrabilcs  ei  quamdiu  vixerint,  ôc  <i  ullus  fècerit  redimere,  ap- 

afiiftentes,  &  ut  ipfi  duo  prætaxati  viri  vicarios  fibi  prehendat  Stephanus  epifeopus  fuas  &  Ramundus 

duoscligerent  ad ccrtamcn  cxpcdicos ,  quo  Dominus  cornes  fuas,  Ôc  faciant  quæcumque  facere  voluerint. 

manifeftare  dignetur  veritatem  hujus  rei,  quodita  Et  illas  vineas  quarcalcs  teneant  illas,  ipfi  qui  eas 

fadum.  Nam  lecunda  diei  hora  certantibus  ulquc  plantaverunt  ad  quartum.  Et  fi  ullus  homo  fecerit 

ad  folisoccafum,  neminem  quippe  cemcrctcorum  illas  redimere  ,  appréhendât  Hugo  Blancus  & 
vinccrc,  judicavcrunt  memorati  Raymundus  cornes  fild  fui  inopus  fuum,  <$c  faciant  quæcumque  facerc 
cæterique  &  in  ciraiitu  fiftentes,  cuiquam  eorum  voluerint.  S.  Ranulphi  ôc  uxoris  ûiæ  Ramgardis, 
Bemardi  vel  Gcrberti ,  nihil  ad  pofiidendum  juri  qui  brevem  iftum  Icribere  vel  affirmare  rogaverunt. 

S.  Aimoni,  S.  Ranulphi,  S.  Euftorgii,  S.  Garini, 


debere  in  ufus  rfirparc,  lcd  potins  Domino  om¬ 
nium  crcatori,  &fando  Petro  Bcllilocenfi  apofto- 
lorum  principi,  in  ufibus  monachorum  inibi  degen- 
tium  cxpencü ,  cui  prædidus  Rigaldus  pro  reme- 
dio  animæ  fuæ  devoverat  ofterre.  Judicavit  iterum 
memoratus  cornes ,  contraque  ei  afliftens  turba , 


S.  Geraldi. 


XC  V. 


quod  exinde  Deo&fando  Petro  guirpitioncm  Ber-  T cjlamcnt  d’Hugues  èvèque  deTouloufe . 
nardus  ôc  uxor  fua  Stevena ,  leu  &  Gerbcrtu  s  facere 

deberent ,  quod  ita  &  feccmnt.  Fada  guirpitio  ifta  \  Uthoritatc  (àcræ  legis  præfinirumeflè  viderur 
in  menlè  Julio ,  anno  odavo  fub  Lothario  rege.  _/"V  quicquid  homo  de  reditibus  facere  voluerit 

S.  Bemardi  Ôc  uxoris  fuæ  Stevenx,  &Gerbcrri,  qui  ’  licenter  audear  roborare ,  ôc  roborando  perheere. 
etiam  pro  amorc  Domini  &  fandi  Pétri  hanc  guir-  Ob  hoc  igitur  in  Dei  nominc ,  ego  Hugo  quamvis 
pidonem  fieri  vel  adfinnari  rogaverunt:  aliis  vero  indignus  Tolofe  Dei  dono  epilcopus,  reminilcens  v . 

nobilibus  viris  præfentibus  adum  fuit.  S.  Raymundi  magni  judicii  dicm  ,  &c.  Proptcrca  recognofcens  ^ 

comitis,  S.  Stephani  ,  S.  Hugonis  ,  S.  Matfrcdi ,  me  graviter  dcliquifie,  pro  rcmilfionc  mcorumfa- 


Vers  l’An 
9^0. 

Archives  de 
U  Cathédrale 
rToul 

K. 


S.  Raynulphi ,  S.  Genefii. 


An.  96  o. 

K.  Demi  nie. 
4pptnd.de 


XCI V- 

fondation  du  monajlere  ^Artellis  ou  de 
Ions  en  Querci. 

B  Revis  mcmorialis  quem  fecit  facere  dominus 
Ranulfiis.  Ego  Ranulfus  dono  Domino  Deo 
8c  Salvatori  noftro  Jefu  Chrifto,  &  cænobio  Figia- 


cinorum ,  idco  brevem  divifionalcm  facio  de  omni¬ 
bus  rebus  mcis  acquifitis  tam  de  alodibus  quam  de 
rebus  mobilibus.  Fidejufioribus  mcis ,  imprimis  Ra- 
mundo  conute  &:  filio  fuo  Hugoni ,  neenon  Sc 
Arnaldo,  «ScUdalrigo,  Bcrnardo  &  fratri  luo  Gauf 
berto ,  &  Geraldo  primicerio &  Mironi  dccano , 
&  Rodalgo  canonico,  Ôc  Helicno  canonico.  Ifti 
omnes  fupralcripti  licêntiam  habeant  in  omnibus 
diftribuendi  atque  confirmandi  omnes  fccultates 
meas  ecclefiis  Dei ,  live  clericis  five  pauperibus ,  atque 


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îor  DE  LANGUEDOC.  106 

omnibus  cui  ego  injunxero  chartuJas  confirmandi.  monte  cum  ipfos  vineas  remancat  Atiriolo  Sancio 
Dono  itaque  unum  mytium  ab  auro  fondo  Scc-  dum  vivit ,  port  fuum  difceflùm  remancat  fondi 

[>hano,  ôc  unum  miflàlem  &  alium  miflàlem  cum  Pétri  Vermcrcenfis.  FadervÜla  &  ilia  bofoaria  reiru- 
edionare.  Dono  itaque  ad  jamdido  Ioco  landiSte-  neat  Amardo.  Ipfo  alodes  de  ipfo  Solario  vcl  Ifo , 
phaniTolofo:  unum  alode  qui  eft  in  Colienfo  quem  ôc  ipfo  alodes  qticm  acquifivi  de  Donato  clerico, 
vocant  A  mils,  cum  ecclefia  quæ  eft  fundata  in  ho-  quem  dicunt  Caîafis  remaneat  Rodgario  comité  dum 
nore  fondi  Quintini  ;  in  ea  vero  ratione  dum  ego  vivit,  poft  lîium difocflum  remancat  fondi  Saturnini. 
ôc  Rodaldus  vivimus  ufiii  fruduario  teneamus  ipfi  Ipfo  cafolis  cum  ipfos  vineas  quem  acquilivi  de  Ge- 
alodes.  Item  in  Colienle  ideftin  Villa-nova  &  raldo,  Vibullono  villa,  remaneat  Bcmardo  filio  Gri- 
Somnagus  cum  ipfa  ecclefia,  &  Flacidus  cum  ipfo  maldi,  exceptos  illos quatuor  aripendos  quos  tenec 
ecclefia,  &  Vemcdus  poft  meum  difoeftum  rema-,  Bernardus  dilpenfotor  ;  poftdifoefliim  fuum  rcma- 
neant  fondo  Satumino.  Ipfom  ecclefiam  de  fondo  C  neat  fondi  Saturnini.  Ip (c  alodes  de  fonda  Gabclla 
Amatore  dum  vivit  Wilaoertus  clericus  ufui  fru-  &  de  Caftcllono ,  &  de  ipfo  Brolio ,  &  de  Merentio 
duario  teneat,  Ôc  alodem  alium  in  obedientiam  ce-  &  dcGradaqua  rcmaneant  Vodalrici  vel  tilio  fiio; 
neat,  &  poft  fiium  difoeftum  remaneat  fondi  Ste-  poft  difoeflùm  vero eorum  remaneat  fondi  Stephani. 
phani.  Dono  itaque  fondi  Stephani  ipfiun  alodem  Et  illecalùales  quem  acquifivi  de  Theodberto  cano- 

3ucm  vocant  Pedilo ,  &  teneat  Gcraldus  in  obe-  nico  cum  tetris  fuis  remineat  Theodorico  vel  filio 
ientiam  excepcam  ecclefiam,  &  ipfam  ecclcfiarrç  luo,  fi  eum  habuerit  de  légitima  muliere  ;  poft 
teneat  Eribcrtus  focerdos  dum  vivit ,  poft  fiium  difo  fiium  difoeflùm  remaneat  cui  alia  hæreditas  fuccefo 


.  cellùm  remaneat  fondi  Stephani.  Et  ipfum  alodem 
de  fandas  Puellas  cum  iplo  eccldia  dono  fondo 
Stcphano.  Ipfum  alodem  de  Candiago  remaneat 
fondi  Stephani  excepta  ecclefia ,  &  ip£a  ecclefia  re¬ 
maneat  Gcraldo  dum  vivit ,  &  ipfum  alodem  teneat 


fêrit  ;  ôc  ipfo  de  fondo  Manino  de  Aflo ,  rema¬ 
neat  fondi  Saturnini  ad  alodem.  Ipfo  alodes  quem 
acquifivi  de  Geraldo  quem  dicunt  Poropalcuale , 
remaneat  Theodgario  ôc  Guillelmo  filio  fil o,  ufii- 
fruduario  :  poft  difoeflùm  vero  eorum  remaneat 


in  obedientiam.  Ipfo  alodes  de  Canuas  cum  ipfo  cc-  fondi  Saturnini.  Ipfo  alodes  de  fonda  Camélia  cum 

1/'  rt  C  1  I  1  r  C\‘  t  *n  •  r  II'  *  />  O  I  •»/'!! 


clelia  quæ  eft  fundata  in  honore  Candi  Joannis  & 
Becerones  remaneat  fondi  Stephani ,  ôc  teneat  Gc¬ 
raldus  in  obedientia.  Ipfo  ecclefia  quæ  eft  fundata 
in  honore  fandi  Martini  in  Afpirago  remaneat 
Aimardo  focerdoti  dum  vivit ,  cærcrum  vero  alodes 


ij)fo  ecclelia  remaneat  fondi  Stephani. 


Ipfo  alodes 

!e  fondo  Marcello  Ôc  de  Mafercs  cum  ipfa  ecclefia , 
&  iterum  Monaftcrium  cum  iplo  alode  de  Pauliago 
remancar  Ramundo  comité  ;  poft  fuum  difocflum 
remaneat  fandi  Stephani.  Ipfo  alodes  de  Lcus  cum 


de  Afpirago  five  de  ilia  fogia ,  remaneat  S.  Stephani.  ipfo  ecclefia  quæ  eft  fundata  in  honore  fondæ  Marias 


Et  iplc  alodes  de  Noücllanes  cum  ipfa  ecclefia  quæ 
eft  fundata  in  honore  fondi  Anareæ ,  remaneat 
fandi  Stephani  &  Geraldo  in  obedientiam.  Ipfo 
ecclefia  de  Bonago ,  quæ  eft  fimdara  in  honore  fon¬ 
da  Pctri ,  dum  vivit  Bernardus  ôc  Raymundus  fi- 
lius  teneat  ulus  fruduario  ;  poft  difoeftum  illorum , 

remaneat  fondi  Stephani.  Ipfo  caftcllus  de  Saxago  difoeflùm  remancat  fondi  Stephani. 
remaneat  Rodgario  ôc  Arfindæ  :  in  ea  vero  ratione 
fi  Hugo  epifoopus  mortuus  fucrit  infra  uno  menfe 
donenc  fidcjulloribus  luis  Rodgarius  &  Arfindes 
valences  lôlidos  mille  inauro  ôc argento.  Durimano 
caftro  remaneat  Frotario ,  in  guarda  Bernardi  & 

Gauzberdi.  Ipfo  ecclefia  quæ  eft  fundata  in  honore 
fondi  Pétri,  remaneat  Guitario  ôc  poft  fuum  dit 
ceflùm  remancat  Theodgarii,  &ipfoRoca  cum  ipfo 
cccleha  ôc  Noiielliancs  remancat  fohdi  Saturnini. 

Ipfo  alodes  quemacqtiifivi  de  Abonercmancat  An-  tinienfi,  Gcilinusnobiliftimus  vir  &  potens,  dequo  rafcL.;-c  Hc 

_  •  r  r  •  i  •  •  n  /  !•/*  rr  C. _ Jin. .  r  •  •  •  c  r 


rcmancat  Amardo  filioli  meo  filio  Iforni ,  dum  vivit 
ufuifruduario  teneat,  poft  fuum  difoeflùm  rema¬ 
ncat  fondi  Saturnini ,  per  remedium  aniinæ  meæ 
vel  animæ  Ifordi.  Ipfo  alodes  quem  acquilivi  de  Lu- 
pone  præpolito  ubi  dicunt  Martiniano  lïve  Arcizo , 
remaneat  Heriberto  focerdoti  dum  vivit,  poft  fuum 


X  C  VI. 

Extrait  de  quelques  Chartes. 

NOverint  oinnes  quod  in  pago  quondam  Lug- 
dunenfi,  quod  nunr  eft  in  epilcopatu  VaLn- 


Ax.96 1. 

C?mi!ïirc  de 


moni  focerdoti  dum  vivit,  poft  fuum  difocflum  re¬ 
maneat  fondi  Saturnini.  Ipfo  alodes  de  Orzalis  cum 
ipfo  ecclefia  quæ  eft  frindata  in  honore  fandi  Salva- 
toris  remaneat  fondi  Saturnini  in  Butcllas ,  &  te¬ 
neat  Vintardus  in  obedientiam.  Sandus  Marcellus 
remaneat  Bcrnardo  epifoopo  dum  vivit,  vendere 
neque  alienarc  nullo  modo  poftît ,  ncque  ufum 
neque  fundus  ;  poft  fimm  difoeflùm  remancat  fondæ 
MariæFabricatæ.  Gudromuscum  ipfo  ecclefia  rema- 


fiupradidumeft,  cum  fiia  conjuge  nomine  Raimoti,  s-  ch<1,fré* 
dédit  ecclefiam  in  loco  qui  dicitur  Manlo-Caviliano*,  *  Machtvikt . 
quæ  eft  confocrata  in  honorcm  Salvatoris  noftri  cura 
ipfo  parrochia,  ôc  claufo  de  vinca,  ôc  viridario,  ôc 
omnibus  adjacentiis  fuis  ;  ut  habcant  ôc  poflideanc 
fèmpcr  redores  monafterii  fondi  Theosfrcdi  fine 
ulla  conrradiccnte  perlona  ;  ôc  in  alio  Ioco  villam 
quæ  dicitur  Candis»  quantum  ibidem  pertineÇe  vi- 
aebatur  ôc  ejus  erat  poflèflïonis  :  totum  eidem  mo- 


neat  Rodgario  dum  vivit,  poft  fuum  difoeflùm  re-  nafterio  contulit  jure  perpetuo.  Hæc  ôc  alia  bona 
mancatfondæ  Mariæ  Fabricatæ.  Pat...  nucisrema-  ildem  princeps  noftro  contulit  loco  ,  &  Wlfoldo 
neat  fondi  Stephani.  Ipfo  Culteria  cum  ipfo  ecclefia  abbari  ut  lupradidum  eft.  Hoc  autem  donum  fa- 
quæeft  fundata  in  honore  fondi  Stephani,  &  ipfum  dum  fuit  menfo  Mardo  ,  feria  1 1.  anno  Domini 


alodem  quem  vocant  fondum  Simplicium  cum  ipfo 
ecclefia  remaneat  Vodalrigo ,  &  uxori  lùæ  Adalailæ, 
&  Bcmardo  filio  eorum;  poft  difoeflùm  vero  eorum 
remaneat  fondi  Stephani.  Tcnulmontis  ôc  Monta- 


d.  cccclx  i •  indidione  un.  régnante  Lotheriof 


In  nomine  Domini ,  ego  Gariberga  Sc  Hildinus 
vicecomes,  ôc  Ado  vicccomcs  ob  memoriam  pcc- 


An.  p(ji# 

C.imilaircdc 

magus  ôc  Blidanis  remaneat  fondi  Pctri  Lczatenfis  caminum  noftrorum  condelcndam ,  à  Dco  inlpirad  s^Gu.ik-im 
cœnobii.  Ipfo  alodes  quem  acquifivi  de  Amano,  Gua-  donamus  ecclefiæ  fondi  Salvatoris  Gelloncnlïs ,  fon-  du  Dcfen.  p. 

rino  Hugoni  à  filioli  mei  filio  Amclio  Gcraldi,  ôc  dæque  Crucis  vexillo ,  fondoque  Widclmo ,  abbad  7'  y9' 

ipfo  alodes  quem  acquifivi  de  Scipione  ôc  ftatre  luo  Gauzfrcdo  &  monachis  Gcllonicis.. . .  alodem  quæ 
cum  terris  &  vineis.  Ipfo  alodes  de  Manulfelüo  eftin  Subftandonenfe,  in  villa  quæ  vocatur  Mairani- 


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I 


*07  PREUVES  DE  L’HISTOIRE 

chos  manfum  unum  &c.  &  in  alia  villa  qu*  vocatur 
Vcnnnichos  caput  manfuram  unam ,  &c.  &  in  alia 
villa  qu*  voi  ant  Alairanichos  manfum  unum,  &c. . . . 
pro  rcmedio  ammarum  noftrarum ,  &  animar  Aut- 
garii  ,  ut  ei  Dominus  tribuerc  dignetur  ætcrnam 


I  OS 


(ânéfcr  Mari*  Rutencnfis  rcmaneat  :&  ipfi  manfidc 
Vabro,  Grimaldo  remancant,  poft  fuum  difceflum 
fanâ*  Mari*  Rutcnenfis.  Ilia  abadia  de  Rubiaco 
una  medietas  rcmaneat  (âncb  Maria  de  Anicio ,  al¬ 
téra  mcdietas  inter  ilia  fede  de  Uzecio ,  &  ilia  fcde 


*/vnumw  U1UUV.1L  UI^IILIUI  aivuiaiii  uit»  uivxulum  i«hvi  iuh  ivviv  UV  U4LV1U  ,  VX  1U3  ÎCQC 

vicim.  Salie  fi  quis ,  &c.  Gariberga  fir.  Hildinonus  de  Viverio  rcmaneat.  Illos  alodes  quos  habeo  in  Ne- 
vicecomcs  f.  Ado  vicecomes ,  f.  \V  idberms ,  f.  Aud-  mofènfe ,  Bertanæ  remancant  dummodo  vivit  :  poft 
benus,  f.  Ebrardus,  f.  Witardus,  f.  Ainilfiis,  fir.  fuum  difcdlum  ilia  medietas  rcmaneat  fàndæMariæ 
Fada  eft  hæc  carta  anno  vu.  régnante  Lotherio  Nemaufcnfi ,  alia  medietas  inter  fando  Baudilio,  & 

tCgC.  Ar\  Tl  1  ^  «LJ»  J  —  c _ „  •  <•  • 


Aw. 9 6 1 .  Sub  eraxcix.  anno  v 1 1.  régnante  Lcutario  rege, 
Sicfredus  dat  fando  Petro  &c  Guarino  abbari  &  om- 
ni  congrégation!  monafterii  Lezr.tenfïs,  alodem  Do¬ 
mine  Malarubia  in  comitatu  7  holofano  in  vicaria 
Campacefb, 


Cantin  ire  de 
Vabbaye  de 


X  C  V  1 1. 


'  - - - )  w 

fando  Ægidio.  Illo  alode  quæ  deSegenno  acquifivi, 
quod  Raynardus  vicecomes  Biterrenlis  habet  a  feo, 
Bertanæ  remancat  dummodo  vivit  :  poft  fuum  dif- 
ceffum  fiuidi  Salvatoris  Anahncnfis  remancat.  Illo 
alode  de  Plumberias  Bertanæ  &  Raymundo  filio  meo 
remancat  dummodo  vivit  :  poft  iliomm  difcdlum 
fanda  Maria  ad  Anicio  remancat.  Illo  alode  quæ 
compara vi  de  Poncione  ad  caput  de  Au....Ray- 
mundus  habet  à  feo ,  ad  ilia  fede  de  Lodeva  réma¬ 
nent  tencat  Berta  dummodo  vivit.  Illo  alode  de 
Lupiar.o  aim  ipfa  ecclefia >  &  illo  alode  de  Lueis  * 

.  n  .  .  l._ . _!_.*•  n  r  ... 


variante*. 


•4/.  Odmgo. 


.  *-upiai:u  cum  qna  txciciw  >  ut  îiiü  aioae  OC  LUPIS  * 

.  Tejtament  de  Raymond  /.  du  nom  comte  tencat  Berta  dummodo  vivit  :  poft  fuum  difceflum 
de  Rouergue,  &  marquis  de  Gothie.  fiintti  Juliani  Pfàlmodio  remancat.  Jllo  alode  de  Ba¬ 
il  larug  tencat  Berta  &  Rnymundus  dummodo  vivunt: 

•  9  1.  T  N  nomine  Domini.  Brève  codicillo  quod  fecir  poft  eorum  dccciliim ,  una  medietas  remaneat  (àndi 
X  Raymundus  cornes  pro  remedium  animæ  fuæ,  Pétri  de  Magalona,  alia  medietas  remaneat  ad  ilia 
&  &  Pro  gcnirore  &  pro  génitrice  fua  >  &  pro  fcde  de  Agadc.  Illo  alode  de  Palagio  remanear  Ray- 
fur^une  ^0'  omni^us  ^delibus  fuis.  Inprimis  dono  ad  illo  cœno-  mundo  &  Bertanæ  dummodo  vivunt  :  poft  illorum 

de  uVbiK»*  bio  deConquas  ilia  medietate  de  illo  alode  de  Aurinia-  dilcclîtim  ilia  ténia  pars  fine  ilia  ecclefia,  remaneat 
theque  Coi-  co  &  de  illas  ecclcfias,  &  de  omnibus  villariis  quæ  fandi  Tibcrii ,  alia  terria  pars  ab  ilia  medietate  de 

l’onginif’qüi  ^  ^P^iunt,  &  alia  medietate  ad  illo  cœnobio  de  ilia  ecclefia  rcmaneat  ad  ilia  fède  ad  Bitc*ris,  alia 

eft  d'XR^|chi  FiSiaco*  Ilia  ecclefia  de  Acinnaco  teneat  Raynaldus  tertiapars  ab  ilia  medietate  de  ipfa  ecclefia  rema- 

mnsrerees  T  dummodo  vivit  >  &  illo  alode  tencat  Stcphanusdum-  ncat  ad  ilia  fede  de  Narbona.  Illo  alode  de  Caucos 

Monrauban ,  modo  vivit  :  poft  illorum  difceUùm  fandi  Salvato-  rcmaneat  Raymundo  &  Bertanæ  dummodo  vivunt: 

Tc^Çàmenrs*  ™  Fig’ac°  remancat ,  &  donet  Stephanus  &  Ray-  poft  illorum  difccflimi  remancat  unatertia pars  (àn6ü 

lcrtr.  K  K  K.  naldus  ad  ipfos  monachos  per  fîngulos  annos  me-  A.,  gni  altéra  tertia  pars  fandi  Pétri  de  Joncellos, 

mots  ^amc  qiiadrage(ima  >unam  refedionem.  Illo  alode  alia  ténia  pars  fonda  Maria  ad  Quarante.  Illo  alode 

thm  ic texte,  de  Ljjnanico ,  quod  Grimaldus habet  à  feo  ,  &  Fro-  de  Caucio  quod  à  Raymundo  acquifivi  remaneat 
marque  le*  dinus  habet  à  feo  de  Raymundo  ,  &  ilia  ecclefia  de  ilia  medietas  fànâa  Maria  &  fànâi  Poncii  ad  Tome- 
Blanado,  Ugoni  filio  Geraldi  rcmaneat  dummodo  rias,  alia  medietas  fincki  Pétri  ad  Caunas. Illo  alode 
vivit:  poft  luum  dilccfiùm  fàn&i  Pétri  Belliloccnfis  de  Pcrpiniani,  quod  de  Attonc  acquifivi ,  remancat 
remaneat ,  &  donet  ad  ipfos  monachos  per  fingu-  ilia  tertia  pars  fiinâi  Fclicis  ad  Gironda  >  alia  tertia 
los  annos  unam  rcfeâionem  medio  quadragefimæ.  pars  làndki  Pétri  ad  Rodas ,  alia  tertia  pars  ad  ilia 
Illo  alode  de  Pomeriol ,  &  illo  alode  de  Tornago  ,*  (ede  de  Helna.  Illos  alodes  qui  fiicrunt  Amelio  vice- 
&  illo  alode  de  Malîlvaüe  quod  de  illos  monachos  comité  de  Carcallôna,  ipfi  qui  funt  in  Narbonenfi, 
de  Aureliaco  &  de  ipfo  abbate  acquifivi ,  fandli  remancant  inter  fandlo  Jufto  &  (ântfto  Paulo,  & 
Pctti  &  fancki  Geraldi  ad  ipfo  cœnobio  remaneat.  alii  qui  funt  in  Carcaflcnfi  ,  ténia  pars  remanear 
Illo  alodo  de  Vidaliaco,  quantum  ibi  afpicit ,  cum  fàndta  Maria  Crafià,  alia  ténia  pars  (an<2i  Joannis 
infa  ecclefia,  lan£ki  Pétri  Marciliaco  remaneat.  Illo  Vallc-Scgario,  alia  tertia  pars  fmcki  Nazarii ad  Car- 
alode  de  Alico  &  de  Valanclone ,  Gncki  Pétri  Btlli-  caflona.  lilo  alode  de  Caucio  remaneat  fondki  Joan- 
locenfis  rcmaneat,  &  ilia  medietate  teneat  Aimericus  nis  Valle-Segario.  Illo  alode  de  Villa-Nova ,  index 
dummodo  vivit ,  &:  donet  ad  ipfos  monachos  fin-  Maria  de  Soricino  remancat.  Illo  alode  de  Broccllo, 
gulos  annos  unam  rcftdHqncm  medio  quadragefimæ.  Bernardo  filio  Rotgerio  rcmaneat  dummodo  vivit  : 
Illos  alodes  quos  acquifivi  df.  Gujllelmo  comité  poft  fuum  difcclliim  fancüPctri  de  Caunas  rcmaneat. 
consanguineo  meo,  ilia  tertia  pars  remancat  (anéka  Illo  alode  de  Gutralonguscum  ip(â  ecclefia,  &  cum 
Maria  Rutcnenfis ,  alia  tertia  pars  (andki  Aman-  omnibus  villariis  quæ  ibi  alpiciuntur,  (ântfki  Bene- 
tii,  alia  tertia  pars  fandti  Sarurnini.  Ujp  ecclefia  de  didi  remaneant  &  fandi  Vincentii.  Illo  alode  quem 
fandi  Africani ,  &  illo  alode  de  Pcdrcglago  quod  de  habeo  in  Cavalio ,  fandi  Bcncdidi  &  fandi  Vincen- 
Ranulfo  acquifivi,  fandi  Privati  Mimatcnfis  rcma-  tii  remaneat ,  neminem  contradiccntcm.  Illo  alode 
neat.  Illo  alode  de  ilia  Rochcta  quod  de  Poncione  de  Bricio  ,  Frotcrio  epifeopo  remaneat  cum  ipfâ 
acquifivi,  fandi  Salvatoris  Vabrenlis  rcmaneat  :  &  ecclclia  dummodo  vivit  :  poft  difeeffum  fandi Mi- 
4alio  alode  quod  de  Poncione  acquifivi ,  quod  Ber-  chaclis  de  Galliaco  rcmaneat  in  communu.  Illo  alode 
nardus  de  Nante  habet  à  feo ,  fandi  Salvatoris  ad  ipfo  de  Francitia ,  fandi  Eugcnii  remancat,  &  teneat  ipfa 
cænobio  rcmaneat.  Illo  alode  de  Canavolas  ,  &  illo  ecclefia  Bcrcngarius dummodo  vivit  :  poft  fuum  dif- 
alode  de  Crucio ,  &  illo  alode  de  Pociolos ,  &  illo  cclliim  remaneat  cum  fuo  alode  fandi  Eucenii  ad 
allodio  de  Garriguas,  &  illo  alode  de  Vidnago,  &  Viancio.  Ilia  ecclefia  de  fando  Marcello,  fenardo 
illo  alode  de  Longalalla,  6c  illos  manfosde  Bonaldo  epifeopo  rcmaneat  ad  alodo  :  ipfo  alode  de  fando 
&  de  Scrinco ,  Poncioni  abbati  remancat  :  poft  fuo  Marcello  fandi  Salvii  rcmaneat ,  &  poft  mortem  Bcr- 
quoque  difeeflu ,  fandi  Amantii  Rutenenfis  rema-  nardi  epifeopi ,  ipfa  ecclefia ,  fandi  Salvii  remaneat. 
ncat.  Illo  alode  de  Sulciacocum  ipfa  ecclefia  teneat  Illo  alode  de  Lovcziaco  fanda  Cæcilia  rcmaneat' 
Dcus-Deditepifcopus  dummodo  vivir,  poftdifociKim,  &  tencat  ip&  ecclefia  Nodbertus  dummodo  vivit  • 


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poft  fuum  dilceflhm  CmÙæ  Cæciliæ  remanear.  IUo  ûi  Antonini  remaneant.  U la  tertia  pars  de  alios  alo- 
alode  de  Avo cio  fan&a  Marciana  remanear.  Illo  alo-  des  meos  quæ  habco  in  Agennenfe,  remaneat  Gau f- 
àc  de  lândo  Vi&ore ,  lândi  Vincenrii  remaneat  cum  berto  abbatot  poü  lùum  difceflùm  fin&i  Pétri  Muf- 
ipfâ  eedefia,  &  tencat  ipûrn  alodem  cum  ipfâ  eccle-  ciaco  renuneat  ;  alia  teitia  pars  inter  Exdfo  3c  (in* 
lu  Ermengaudus  abbas  dummodo  vivit  :  poft  fuum  üo  V incendo-fàbr icaro  ,  alia  tertia  pars  remaneat 
dilcellùm  landi  Vinccndi  remaneac.  liio  alode  de  fândi  Caprafii,  exceptis  quæ  Auftorgiiis  te net:  3C 
Vertucio ,  Bemardo  Ôc  uxori  luæ  Adelais  remaneat  :  poil  dilcellùm  Auftorgii  S-  Caprafii  remaneac.  Illo 
fi  unus  mortuus  fuerit,  ad  alium  remaneat;  poft  alodedeMdqpenulôcumiplas  vineai,  &illasvinca^ 
illorum  difcellùm  remaneat  una  tertia  pars  fimd i  dePogio-cenfaldo,  3c  illas  vineasde  Ortigcrias,  Ugo- 
Michaëlis  ad  Galliaco ,  alia  pars  landi  Salvatoris  de  ni  nepoti  mco  permaneat  :  poft  fiiurn  difcellùm  Ray- 
•  w.AdCon-  ^  fm&i  Audardi  rema-  mundo  fratrefùo  remaneat.  MofeoquodSancius  ha- 

ncat.  Illo  alode  de  ilia  Rocha  quæ  de  Aymerico  bet,  remaneat  ad  iplo  Sancioni  ad  alode ,  cxccptisilla 
acquifivi ,  (andi  Leoncii  remaneat.  IUo  alode  de  vinea  de  Pogioced  ScanmoCo .  Illo  alode  de  illo  Bo£ 
Mazirios  quæ  de  Augerio  acquiiivi ,  landi  Benedidi  cheto,  S.Rufina  remancat.UJo  alode  de  Mar ca,  S.Petri 
Caftrenlis  remaneat.  Ülo  alode  de  Frodino  cum  ipü  ôc  S.Gerardi  de  Cairago  remaneat.  Illo  alode  de  Lan-  i 
ccclefia,  &illo  alode  de  Porteilo  cum  ip(a  ecdeiia*  giago  ,  &  illo  alode  de  Fcllàgo,  &  illo  alode  de 
SriUoaiodede  Altidinger  cum  iplâeccldia,  &iilo  •  Campoguidano  cum  iplâs  ecclelias,  ôc  iüo  alode 
alode  de  Scrido-fonre  cum  iplà  ecclelia  ,  3c  illo  de  Valcacio,  Ademario  v'icecomitc  Tololâno  rema- 
alode  de  Canaucellas  cum  ipfâ  ecclelia,  3c  illo  alode  neat;  in  tali  vero  rationc  ,  ut  deemolyna  mea  ad* 
de  Bonofollo  cum  ipfâ  ecclelia,  landi  Saturnini  rc-  lïrmer ,  3c  fi  filium  habeat  de  mulicre  qui  hæredi- 
raaneant.  IUo  alode  de  Rochas ,  3c  illo  alode  de  tatem  hæreditare  debeat,  ad  iUum  remaneat  illo 
Vencenago,  &iüo  alode  de  Remeddo,  illo  alode  alode  de  Laugiago.  Poft  difcellùm  Aderaaro,  illo 
de  Bordas  cum  ipla>cclefia,  3c  iUo  alode  de  Alra-  alode  de  Fellâgo  landi  Antonini  remaneat;  3c  illo 
•j/.Coneni-  rago  cum  ipfâ  ecclelia ,  illo  alode  de  Narveis  *  cum  alode  de  Campoguidano,  poft  difcellùm  Adcmaro# 

“•  ilia  capella,  illo  alode  de  Tornolis,  làndo  Simpli-  lândo  Audardo  remaneat  ;  3c  Ci  Ademarus  filiiiffl 
cio ,  Moranorivo ,  Saxenis ,  Cabdmerio ,  Fredbo? ,  de  mulierc  non  habet,  qui  hærcditarcm  fuam  hære- 
ifti  alodes  cum  iplâs  ecclelias ,  landi  Stephani  Tolo-  dirarct,  iplo  alode  de  Laugiaco  Gm-di  Pétri  &  ündi 
fènfis,&lan6b  Maria-Fabricata  remaneant.  Illo  alode  Gerardi  de  Cairago  remaneat.  IUo  aloie  de  Brada* 
de  Sadrebane  landi  Volufiani  remaneat;  3c  iUo  alo-  co ,  Raymundo  tilio  mco  3c  Hugoni  lilio  meo  re* 
de  de  Carliago  Rogerio  filio  Arnaldo ,  remaneat  :  maneat  ;  in  tali  vero  ratione  quod  cencat  iplo  caftello 
poft  fùum  dilcellùm  landi  Antonini  Fredelclio  re-  &  iplo  feo  Arnaldus  &  Hormis  quod  Iiabent  de 
maneat.  IUo  de  MureUo  ,  3c  ülo  alode  de  Salas,  iplo  alode,  ü  cale  forsfadiim  non  fadunt  in  coa- 
landi  Pétri  de  Lelâdo  remanear.  IUo  alode  de  Ca-  tra  unuin»  de  quod  iplo  feo  haberc  non  debeant* 
rantvalle ,  &  illo  alode  de  Donadfrancio  Wüfelmo-  IUo  alode  de  iplo  Pojcto  ,  3c  illo  allodc  de  Gc- 
Garcianæ  remaneat  dummodo  vivit:  poil  lùum  nebrerias  Raymundo  3c  Amalvino  frarre lùo  rcma- 
dilceflum  (ândi  Pétri  de  Condom,  3c  fand<  Uœn-  néant:  3c  poft  düceftum  Ademaro,  ülo  alode  de 
tü  ad  Aulcio  remaneat.  Illo  alo^e  de  lâneli  Martini  Balentios  adiplos  remaneat:  3c  poft  illorum  diiccA 
de  Bcllocallô ,  iüa  ecclelia  teneat  Bolomeus  dum-  -  film  S.  Neofarii  remaneat.  Illo  cafteüo  de  Tolmonc 
modo  vivit:  poftlùuin  dilcellùin  landi  Pctri  Mut  cum  iplo  alode  de  Albafoiia.  dCcum  iplà  ccclc/îa, 
lîaco  remanea*;.  Illo  alode  de  landi  Salvaroris  cum  3c  ilîo  alode  de  Guailaranis  *  cum  ipla  ecclelia,  3C  *m. 
ipfâ  ecclelia,  CmdiPctri  Mu! fiaco  rémanent,  3c  te-  ülo  alode  de  Varliago  cum  ipla  ccelc/ia,  3c  cum  nu* 
neat  iplà  ecclelia  Jeremias  prelbyter  dummodo  aliis  ibi  pertinentibus ,  Raymundo  3c  Hugoni  re* 
vivit.  IUo  alode  de  Circiolis,  Ugoni  nepoti  meo  maneant  dummodo  vivunt:  3c  li  illi  mortui  fucriii!» 
remaneat:  poft  fuum  difcellùm  landi  Pétri  Mulfia-  landi  Audardi  remaneant.  Iplo  caftello  quod  vo- 
co  remaneat  ilia  mcdictas ,  alia  méditas  Arnaldo  cant  "Wandüors,  cum  iplbaloue  de  lânda  Maria , 

&  filio  fuo  Siguino  ,  quod  hodie  habet,  remaneat:  Raymundo  filio  mco  3c  Hugoni  füio  mco  rem»* 
poft  ülorum  dilcellùm  landi  Pctri  Mulliaco  rema-  neatx:  poft  illorum  dilcedùm  lindi  Pétri  Mulaaco 
neat.  Illo  alode  de  Maimanicas,  illo  alode  de  Pa-  rcmaniut/Illo  caftello  quod  vocanc  Cadù ,  Beicanat* 

•  ludis,  ülo  alode  de  valle  Ardrico ,  illo  alode  deLo-  remaneat  cum  iplo  alode  de  Arduino,  &cum  ipla 
cio ,  ülo  alodio  de  Podiomejano ,  illo  alode  de  Lau-  cedefia,  3c  cum  iplo  alode  de  Antiaco ,  3c  cum  iplas  bcrm 


remaneat:  poft  fuum  difcellùm  lâneli  Pétri  Mulfia-  fendi  Audardi  remaneant.  Iplo  caftello  quod  vo 
co  remaneat  üla  mcdictas ,  alia  méditas  Arnaldo  cant  Wandüors,  cum  iploaloue  de  lânda  Maria 
&  filio  fuo  Siguino ,  quod  hodie  habet,  remaneat:  Raymundo  filio  mco  3c  Hugoni  filio  mco  rema 
poft  ülorum  dilcellùm  (ândi  Pctri  Mulliaco  rema-  neat  :  poft  illorum  dilcedùm  landi  Pétri  Mulciact 
neat.  Illo  alode  de  Maimanicas,  illo  alode  de  Pa-  rcmanj^t.’Illo  caftello  quod  vocanc  Cadù,  Beranac4 
'  ludis,  ülo  alode  de  valle  Ardrico,  illo  alode  de  Lo-  remaneat  cum  iplo  alode  de  Arduino,  &cum  ipfi 
gio ,  ülo  alodio  de  Podiomejano ,  illo  alode  de  Lau-  cedefia,  3c cum  iolo  alode  de  Antiago ,  3c  cum  iplas 
berol ,  illi  alodes  landi  Stephani  Cadurccnfis  rema-  ecclelias  ;  3c  poli  dilcellùm  lùum  Raymundo  ftlio  me  on  ht  Jahs 
néant  neminem  contradicentem.  Illo  alode  de  üla  fijo  remaneat  :  &  fi  Raymundus  mortuus  fuerit , 

Guarda  cum  ipfâecdelïa ,  3c  illo  alode  de  LolùLirio  Bemardo  &  uxori  fuæ  Adelais  reinaneat;  3c  fi  in- 
d.  Meui.  tcncstt  Hugo  filius  noller  ¥  dummodo  vivit  :  poft  fâns  mafculus  de  illis  parker  apparuerit ,  ad  ilium 
fuum  dilcellùm  landi  Stephani  Caturcenfis  rema-  remanear  ;  3c  fi  illi  morcui  fijcrint  qui  infinrem  non 
neat  neminem  concradicentem.  Illo  alode  de  Bello-  habuerint,  Hugoni  remaneat;  3c  fi  Hugo  mortuos 
pogio  tenc«  Aymericus ,  dummodo  vivit  :  poft  fuerit ,  ülc  alodes  de  Antiago  rcjnancat  lâftdi  Str- 
nium  dilcellùm,  landi  Stephani  Caturccnlis remar-  pliani  Cadurcenfis  aim  ilia mcdictate  deiplocaftet 
Vpaniiaie.  neat.  Dlo  alode  de  Sabadcllo  &  de  Prandiale  *cum  }o;  3c  ülc  alodes  de  Arduino  eu m  ilb  mcaietate  d« 
ipfâ  ccclefia,  landi  Stephani  remaneat  neminem  illo  caftello,  (ândi  Pctri  Mulciaco  remaneat.  Illo alô* 
contradicentem.  Illo  aloae  de  Francor  ôc  ad  unum  de  de  Auiafio  cum  ipfa  eeddia,  3c  cum  omnibûi 
cui  Ülc  laxaveric:  poft  mortem  illorum  (ândi  Ste-  viilariis  qu*  ibi  alpiciunt,  Bemardo  ÔC  uxori  (ù« 
phani  Caturcenfis  remaneat.  Ilia  quarta  parte  de  üla  Adelais  remaneat:  6c  poft  dilcellùm  illorum  ad  »• 
ccclefia  (ândi  Ciricii,  &  illo  alode  quod  ego  acqui-  fàntes  illomm  remaneat;  8c  fi  infins  de  ilios  non 
fivi  in  Deumpantala  ,  lândi  Audardi  remanear.  apparuerit,  remaneat  inter  Vabro  3c  Agftana*  Qc 
Illo  alode  de  Mongio  ,  fandi  Audardi  remaneat.  Nanrc ,  &  diridant  æqualiter.  Ilia  parte  quod  ego 
Ilia  eedefia  Ricario  filio  Ilâmo  remaneat  ad  alode;  Raymundus  habco  in  caftello  de  Gordone  3C iniUo 
poft  lùum  dilcellùm  lândi  Audardi  remaneat  cum  alode  de  Gordonenlc  ,  Aymerico  remaneat  &  G* 

*  d.  Cinto.  aüo  alode.  Illo  alode  de  Cauco  *  cum  iplà  ecclefia ,  raldo  filio  fiio ,  &  ad  filios  Geraldo  :  Ôc  illo  alodo 


*  C'cfl  di*Jt 

qu'il  J  4  d*ni 
I  ortjintl ,  jr 


habuaint,  Hugoni  remaneat;  3c  fi  Hugo  mortuos 
fuerit ,  ülc  alodes  de  Antiago  rcjnancat  lâftdi  Ste- 
pliani  Cadurcenfis  aim  ilia  medictate  de  iplo  caftet 
lo;  3c  ülc  alodes  de  Arduino  aim  ilia  medietate  d« 
illo  caftello,  (ândi  Pcrri  Mulciaco  remaneat.  Illo  alô* 
de  de  Aiüafio  cum  ipfa  eeddia,  3c  cum  omnibûi 
viilariis  qu*  ibi  alpiciunt,  Bemardo  ÔC  uxori  (ù« 
Adelais  remaneat:  Ôc  poft  dilcellùm  illorum  ad  in¬ 
fantes  illomm  remaneat  ;  ÔC  fi  infins  de  ilios  non 
apparuerit,  remaneat  inter  Vabro  «3c  Agftana*  de 
Nanrc ,  ôc  dividam  æqualiter,  llk  parte  quod  ego 
Raymundus  habco  in  caftello  de  Gordone  ôc  in  iUo 
alode  de  Gordonenlc  ,  Aymerico  remaneat  &  Gt* 
raldo  filio  fuo,  «5c  ad  filios  Geraldo:  Ôc  illo  alodo 


Ôc  ülo  alode  de  Probilanicas  cum  iplâ  eedefia.  Cm-  de  lândo  Ameraftdo  eum  omnibus  ap^tniiW  fa* 


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m  PREUVES  DE 

limüittr  remaneat  Aymerico  &  Geraldo  filio  fuo , 

&  ad  filios  Geraldo*,  &  fi  illi  mortui  fiierint,  rema¬ 
neat  inter  fondto  Stephano  Cadurc^jÉ,  &  fondto 
Pctro  Mardliaco  ,  &  (an dta  Maria  Soliaco  •,  &  fi 
Raymundus  mortuus  fuerit ,  donet  Aymericus  aut 
Geraldns,  aut  filii  Geraldo  qualis  vivus  fuerit ,  D.  fo 
iidos  Hugoni  nepod  meo  \  8c  fi  Hugo  mortuus  eft  » 
fondti  Pétri  Marciliaco.  Ipfo  caftello  de  Caganione 
cum  ipfo  alode,  &  cum  ipfa  eedefia  de  Laurguo  , 

&  cum  ipfo  alode  de  quod  habeo  in  Campolam , 

&  cum  illo  alode  Nanroinis  cum  ipfà  ecclefia  , 

&  cum  ipfo  alode  de  Marcilio  aim  ipfo  ecclefia  de 
fondto  Simplicio >  excepds  ilia  ecclefia  nova >  &  illo' 
manfo  ubi  ecclefia  eft ,  Hugoni  &  Ermcngaudo 
fratre  fiio  remaneat ,  &  teneat  ipfa  ecclefia  de  fon¬ 
dto  Simplicio,  Stephanus  &  filius  finis  à  feodum- 
modo  vivunt  :  poft  illorum  difcefliim  illo  alode 
de  Laurgo ,  &  illo  alode  de  Nantoinis  remaneat 
inter  fondto  Stephano  Carurcenfi,  8c  fandia  Maria 
ad  ipfo  cimeterio.  Illo  caftello  >lc  Parifio  cum  ipfo 
alode  deTaxairolas  cum  ipfa  ecclclia ,  8c  ipfa  ccclc- 
fia  de  Afinieyras  cum  ipfo  alode  de  Falgairolas ,  & 
cum  ipfo  alode  de  Novi-villa,  &  cum  ipfa  ecclefia , 
V.H#m>rio.  &  011111  dode  Torrerio,  *  8c  cum  ipfo  de 
Felinas ,  &  cum  ipfa  ecclefia,  Hugoni  8c  Ermen- 
gaudo  fratre  fuo  remaneat*,  8c  illo  caftello  de  Pari- 
lio  teneat  Malbertus  à  fèo  de  Hugone  8c  de  Er- 
mengaudo  dummodo  vivit:  &  poft  difcefliim  illo¬ 
rum  ifti  alodes  remaneant  inter  Figiaco ,  8c  Marci¬ 
liaco  ,  &  Caturcio ,  8c  fondto  Antonino  ,  &  Albio  *, 
&  dividant  æqualitcr  ,  excepto  caftello  de  Parifio , 
&  illo  alode  de Taxairolas,& ecclefia  de  Afinierras, 
&  illo  alode  de  Falgairolas  :  &  fi  Ermengaudus  fine 
filio  mortuus  fiierit,ad  ipfos  fondtos  remaneat*,  & 
fi  filium  de  muliere  habeat ,  ad  ilium  remaneat  : 
&  poft  difcefliim  de  ipfo  filio  Ermengaudi,  adip- 
fos  fondtos  remaneat.  Illo  caftello  de  Albinio  ,  & 
illo  alode  deSinilio  cum  ipfa  ecclefia,  &  illo  alode 
de  Brandonedo,  &  de  alio  de  Brandonedo  cum 
ipfas  eeelefias,  &  illo  alode  de  Perizedo  cum  ipfa 
ecclefia ,  remaneat  ad  filios  meos  quos  ego  Ray¬ 
mundus  habeo  de  filia  Odoino  :  &  illo  alode  de 
Campolivado  cum  ipfa  ecclefia  ,  &  illo  manlb  de 
Caraufiaco ,  remaneat  ad  filia  mea  quam  habeo  ab 
ipfa  filia  Odoini*,  &  fi  ilia  infantem  mafoulum  non 
habet  legitimum ,  remaneat  ad  germanos  fuos  :  8c 
poft  illorum  difcefliim ,  remaneat  fandta  Maria  Ru- 
tenis*,  etfi  filium  habet  de  jugale ,  ad  ipfum  rema¬ 
neat  :  &  poft  difcefliim  de  ipfo  filio ,  fandta  Maria 
Rutenenus  remaneat,  &  fi  ipli  filii  mei  de  filia  Odoini 
mortui  fiierint  fine  filios ,  remaneat  ifte  alodus  de 
Brandonedo  cum  ipfo  ecclefia  fandta  Maria,  fandta 
Fide  ad  Conquas  remaneat,  &  alio  Brandonedo  fondti 
Satumini  remaneat  :  8c  illo  alode  de  Perizedo ,  & 
alio  alode  deSinilio,  &  illo  alode  de  Albaredo  fondti 
Amantii  remaneat  *,  &  donet  ille  abbas  de  S.  Amantii 
in  efcambio  fondti  Salvatoris  Vabrenfis,  valcnte  illo 
alode  de  Sinilio ,  ut  plus  prope  potuerit  de  Vabro  : 
&  fi  filium  habeat  de  muliere,  ad  ilium  remaneat  \ 
8c  poft  difcefliim  de  ipfo  filio  adipfos  fondtos  rema¬ 
neant.  Illo  alode  de  illo  Hermojngclberto  remaneat, 
&  poft  fiium  difcefliim  fondto  PetroMufciaci  rema¬ 
neat,  &  donet  Ingelbertus  per  fingulos  annos  ad  illos 
monachos  de  Mufoiaco  unam  refedtionem  medio 
quadragefimæ.  Illo  alode  de  Elvas ,  Jaldeberto  rema¬ 
neat  cum  ipfo  ecclefia ,  &  cum  omnibus  villariis  quas 
ibi  àfpiciunt ,  in  tali  ratione ,  fi  filium  habeat  de 
muliere ,  ad  ilium  remaneat  *,  &  fi  filium  de  muliere 
non  habet,  Grimaldo  fratri  fuo  remaneat:  &  poft 
difcefliim  illorum  fondti  Pétri  Mardliaco  remaneat  in 


L*H  I  S  T  O  I  R.  E  iif 

communia.  Ulo  alode  de  Laugiaco,  quod  vocant 
fandta  Affra ,  Stephano  remaneat:  poft  fuum  difeefo 
fum  ad  unum  filium  fuum  cui  ille  aonare  voluerit*, 
&  poft  difcefliim  illorum ,  fondti  Pétri  &  fondti  Gi- 
raldi  Aurcliaco  rcmaneat.  Illo  alode  deLobegiaco, 
exceptis  ilia  ecclefia,  Gcnefio  remaneat  :  &  ilia  Rocha 
inter  Aymerico  &  Genefio ,  8c  teneat  ilia  Gcnefius  in 
fidelitatc  Aymerico  *,  &  fi  Gcnefius  habet  filium  de 
muliere ,  ad  ilium  remaneat  -,  &  fi  filium  non  habue- 
rit ,  Geraldo  fratre  fiio  rcmaneat  :  &  poft  illorum 
difcefliim  fandti  Juliani  Brivatcnfis  remaneat.  Et  ilia 
ecclefia  deLobegiaco,  Galbcrto  remaneat:  poft  dit 
cdliim  foum  fondti  Stephani  Caturcenfis  remaneat. 
Illo  alode  de  Uvrone ,  Raymundo  filio  Umberto  re- 
mancat  :  poft  fuum  difcefliim  ad  ilia  ecclefia  nova  do 
Marcilio  remaneat.  Ulo  alode  de  Gignalio ,  Bcrnardo 
filio  Umberto  rcmaneat  *,in  ca  ratione,  quod  adfir- 
ment  mea  eleemofina Bemardus 8c  Raymundus, & 
mater  illorum  *,  8c  poft  difcefliim  Bemardi  remaneat 
ille  alodes  de  Gienalio  fondti  Amantii  Rutenis.  Ulo 
caftello  de ....  illo  caftello  de  Ccrveria ,  illo  caftello 
de  fondto  Laurcnrio ,  illo  caftello  novo  de  Pctrilcnfc, 
illo  Caftello  de  Granolheto ,  illo  caftello  de  Mala- 
Morre  ripa  Agotis,  illo  caftello  de  Dargon ,  illoca- 
ftcllo  de  Ventagione,  illo  caftello  de  Monefterio  re¬ 
maneat  Raymundo  filio  meo*,  &  fi  Raymundus in- 
teftatus  mortuus  eft ,  ad  propinquos  noftros  rema¬ 
neant.  Ulo  alode  de  Lupiaco,  Dcus-Deditepifoopo  re¬ 
maneat:  poft  fuum  difcefliim,  fondta  Maria  Rutenis 
remaneat.  Ilia  convenientia  quam  ego  habui  in  illo 
alode  de  Sanis ,  quam  Emicngaudus  mihi  fecit ,  fanâi 
Michaclis  ad  Galliaco  remaneat.  Ifta  eleCmofina  fii- 
prafopipta  fiat  Domino  Deo ,  &  ad  iftos  fondtos  fu- 
perfcriptos  pro  remedium  animæ  me* ,  &  pro  om¬ 
nibus  peccatis  meis ,  &  pro  genitore  meo,  &  géni¬ 
trice  mea ,  8c  pro  fratres  meos ,  &  pro  omnibus 
confonguineis  meis,&  pro  omnibus fidelibus meis-, 
in  ea  ratione  quod  nullus  dericus ,  ncc  nulluslaïcus, 
necnulla  fœmina  non  tollat,  nec  vendat,  necabftra- 
hat  ad  iftos  fondtos  fupra  foriptos,  nec  ifta  conve¬ 
nientia  per  quod  unus  ac  iftos  fondtos  fuum  dri&um 
perdat ,  omni  tempore  fuma  &  ftabilis  permaneat. 
Amen.Omncs  res  meas  mobiles  donent  clecmofinarii 
mei  Domino  Deo ,  &  ad  fondtos ,  8c  ad  prefbyteros, 
8c  ad  pauperes  pro  anima  mea.  Signum  Raymundo 
qui  brève  ifto  feribere  vel  firmare  rogavit.  Signum 
Jalberto.  Signum  Genefio.Signum  Bemardo.Signum 
VVillclmo.  Signum  Aymerico.  Signum  Giraldo. 


X  C  V  I  I  I. 

Donation  faite  à  l'églifede  Nîmes  far  U 
comtejfe  Bcrthe ,  &  le  comte  Raymond 
[on  fils . 

AD  locum  focrum  fandbe  Dei  genitricis  Mari*,  ^  ^ 
unde  domnus  Bernardus  epifeopus  præefle  CirwUirtjJ 
videtur.  Quamobrcm  ego  inclidnominis  Bcrtha  hu-  r^dTNî. 
milis  comitiflà ,  &  filius  meus  Raymundus  indirus  ** 
cornes ,  quem  fie  placuit  animus  nofter  valde  8c  pla- v<r/i‘ 
cet ,  nullius  quoque  cogcntis  imperio  nec  fiiadenris 
ingenio ,  fcd  per  propria  &  fpontanea  hoc  eleeirno- 
bis  bona  voluntas,  ut  ad  præfatam  cafom-Dei  fondtæ 
Maria:  fedem  principalem ,  &  ad  canonicos  ibidem 
Deo  famulantibus  tam  præfentibus  quam  fiituris  do 
nare  volumus  aliquid  'de  alodem  noftrum ,  quod  i ta 
&  fâcimus.  Et  eft  ipfê  alodes  in  comitatu  Nemaufenfe 
in  litoraria ,  interminium  de  villas  poftnominacas , 
Armacianicas  &  Tiliano-,  quantum  inna  ipfos  villas  vel 

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An.  96  3. 
Carrulairede 

1t  uchtdralc 
dc.Njroonne. 


ti4  DE  LANGUEDOC.  itÿ 

in  corum  terminio  habemus ,  totum  &  ab  incegrum  Albares*,  ex  parte  circii  in  temiinio  de  villa  Cuftoia  ; 
donamus  ad  præfaram  cafàm-Dei ,  vcl  ad  canonicos  ex  parte  aquilonis  in  terminio  de  villa  quæ  vocant 
tain  præfentcs  quam  futuros,  id  eft  in  domis  coo-  Donnas:  quantum  infra iftas quatuor  aiïruntaciones • 
pertis,  cafiliciis  difruptis ,  curas,  oglatis  >  ortis,  indudunt  de  prænominatoalode,  lie  damus  arque  ce- 

terris ,  vineis ,  vineatis  ,  pratis ,  pafeuis  ,  iilvis ,  gar-  dimus  præfàræ  eccleliæ ,  excepto  uno  manlo  qui  fuie 
ricis ,  arboribus  pomiferis  vcl  inpomiferis ,  aquis  quondam  Radulfi ,  &  ncc  cft  finéfcr  Maria:  -,  in  tali 
aquarumve  dedu&ibus  earum ,  in  omnia  de  ex  om-  vero  delibcratione  ut  dum  ego  Johannes  vixero 
xiious,  ficut  fuperius  feriptum  eft,  ipfâs  res  dona-  hanc  pollcflionem  teneam  &  poflideam,  poftobi- 
mus  ad  ûnctam  Mariam  ,  vcl  ad  canonicos,  fiait  tum  vero  meuni  ad  præfaram  ecclefiam  perveniant 
fuperius  refbnat  *  in  ea  vero  ratione  lèrvata ,  dum  cum  omni  voce  propoiieionis  meæ ,  &  ex  iplo  alode 
ego  Berta  vivo  ufùm&frudum  mihi  refervo,  cum  inveftitura  teneat  ipfà  eedefia  dimidiam  modiatam 
cenfo  quoque  anno  modio  uno  de  vino:  poftobi-  de  vinea,  quæ  vinea  eft  inipfb  loco  quem  vocant 
tum  vero  meum  ad  canonicos  (ândæ  Mariæ  qui  Portellum ,  &  ortum  unum  quem  tenet  Blandricus* 
ibidem  fîint  vel  futuri  erunt ,  iftas  rcs  in  corum  per-  Infupcr  &  dono  ipfi  ccclcfîæ  portioncm  mcam  de- 
mancant  poteftatem  in  illorum  alimonia.  Si  qtiis  bitam  quam  habcojn  Scgiano;  in  tali  delibcratione, 
contra  hanc  donationcm  vel  alimoniain  iftam  ad  ut  dum  vixero  teneam  &  poflideam ,  &  fi  uxor  mca 
irrumpendum  venerit ,  aut  nos  venerimus ,  vcl  qui-  Oda  me  fupervixerit,  cuin  cæteris  rébus  quæ  iàndo- 
cumquehomohocfccerit,quædepoteftatedeipfbs  rum  Jufti  de  Paftoris  fratrum  tcncat  &  polfidcat: 
canonicos  vcl  de  illorum  alimonia  iftas  rcs  evadere  poft  obitum  vero  cjus  ,  ccclcfiæ  fandorum  Jufti 
volucrit,  ad  propinquos  mcos  revenant  ;  &fipro-  de  Paftoris  perveniat.  Si  nos  .donatorcs,  aut 
pinqui  mei  iftas  res  inquietarc  non  valuerint,  ad  aliquis  de  hærcdibus  noftris,  aut  ulla  fubpofita 
ipfam  poteftatem  de  Ncniaulo  publiée  revertant  perfona  venerit  pro  inrumpendum  ,  tantum  de 
iftas  res.  Et  fi  ullus  homoerit,  autulli  erunt,  qui  alium  tantum  duplo  componat ,  euftodita  hac  vo- 
hanc  injuriam  feccrint,  imprimis  iramDci  omni-  luntate.  Si  archiepifcopus  hujus  loci,  aut  aliquis 
potentis  incurrant,  &  cum  Datan  de  Abiron  &  Juda  per  cjus  fortirudincm  rumpere  tenraverit  iplâm  car- 
proditore  in  inferno  inferiori  pœnas  habeanr  ac  tam  vivolariam  quam  nobis  fêcit  Aymericus  arclii- 
fûftineant ,  &habcant  lepratn  ficut  Naaman  Sirius,  præful ,  hæc  hærediras  fùprafcripta  mihi  johanni 
&cxtraneusfàncbr  Dei  ecclelîæ  particcps  non  fiant ,  reverratur.  Fada  carra  hujus  donarionis  atquc  ccC- 
&  non  habeant  paitem  in  libro  vitæ,  infuper  com-  fionis  xv.  Kalendas  Madii  anno  ix.  régnante  Lo- 
ponat  auium  optimum  libras  1 1 1.  de  in  antea  hæc  thario  rege.  Sig  f  num  Johannis ,  Sig  f  numOdæ  , 
donatio  vel  alimonia  ilia  Arma  ftabilis  permancat  qui  hanc  donationcm  &  ccftionem  fecimus  &  fîr- 
omnique  tempore.  Fada  carra  donatio  vel  alimonia  mare  rogavimus.  Sig.  Matfrcdi  vicecomitis  ,  Sig. 
ifta  die  Sabbari  vii.  idus  Septcmbris  anno  vii.  Udalguarii,  S.  Poncioni,  S.  Stcphani.  Nantigifiis 
qUod  cepit  regnare  Lorarius  rex  filius  Lodoici.  Sig.  prefbytcr  fcripfit  fub  die  &  anno  quo  fupra. 

Bcrtane  comitillè ,  S.  Raimundo  comité ,  qui  hanc  _ _ _  ■ 


donationem  vcl  alimoniain  iftam  manus  rioftras  fir- 
mavimus ,  &  telles  firmarc  rogavimus.  S.  Ebrardus 
prefbytcr,  S.  Rainaldus prefbytcr  firmavit,  S.  Vol- 
verado,  S.  Teudciico,  S.  Airabo,S.  Bcrnardo,  S.  Di- 
donc.  Aigofrcdus  prefbyter  rogatus  fcripfit  fub  die 
&anno  quod  fupra; 


c. 

Donation  de  la  comteffe  Berthe  à 
l'eglife  de  Ni/mes. 

AD  locum  facrum  findæ  Dei  Gcnirricis  undc 

_  _ _  domnus  Bernai  dus  epifeopus  præe/Ic  videtur , 

&  canonici  ibidem  Domino  fcivicrites  tam  præfcn- 
X  C  IX.  tes  quam  futuri.  Ob  hoc  igitur  ego  incliti  nominis 

Donation  du  lieu  de  Fonwuncoufe  faite  à  BIcrtha>  humilis  gracia  Dcicomitillâ,  quod  mihi  & 
Aimenc  archevcque  de  Narbonne.  ^uc  cogcntis  impcrio  ncc  fuai|cntis  y  Ved 

IN  Dei  nomine.  Jure  fàncitum  eft  atquc  dccre-  propria  de  fpontanca  hoc  elegit  mea  bona  voluntas , 
tum  in  mundanis  legibus  à  viris  làgacibtis,  ut  ut  ad  præfaram  cafam-Dci  làndæ  Mariæ  virginis 
fada  donatio,  nifi  pervim  &mcmm  fueiit  fada,  Nemaufcnlïs  ccclefîæ,  &  ad  canonicos  ibidem  Do- 
in  omnibus  plcnam  arque  firmiflimam  obtineat  fir-  mino  fervientes  tam  præfentcs  quam  fùturos ,  do- 

narc  volo  aliquid  de  alodem  meum  quod  ira  & 
ficio  ^  &  cft  ipfe  alodes  in  comiratu  Nem.uifcnfc  in 
litoraria,  in  terminio  de  villas  prænominatas,  id  eft 
Arnucianicas ,  de  Tiliano ,  de  Malumcxpelle  ;  quan¬ 
tum  infra  ipfis  villas  jam  prædidas  vel  in  eorum 
terminio  haoeo ,  totum  &  ab  integrum  dono  ad 


miratem.  Qiuproptcr  ego  Johannes  in  Dei  nomine 
&uxor  mea  Oda,  conliderantes  cumulum  noftro- 
ruin  pcccaminum  de  rctributionis  Dei  donum  , 
per  interccllioncm  fuidorum  Jufti  de  Paftoris ,  nullo 
cogence  impcrio  ncc  fuadente  ingenio ,  donanurs 
atquc  ccdimus  cum  bona  voluntatc  fândorum  Jufti 


de  Paftoris ,  domno  Aymerico  archipiæfuli  &  ca-  præfaram  ca(âm-Dei ,  de  ad  canonicos  ibidem  Do- 


non  icis  ibidem  Deo  famulantibus ,  pro  remedio 
animarum  noftranun ,  patrifque  mei ,  atquc  paren- 
tnm  noftrorum ,  aloelcm  quem  habemus  incomitatu 
Narboncnfe  quæ  vocant  Fontem-Joncofâm  ,  cum 
omnibus  fuis  adjaccntiis  inibi  de  limitibus,  cum 


mino  fervientes  tam  præfentcs  quam  fùturos ,  in  il¬ 
lorum  alimonia  vcl  illorum  communia;  id  cft  in 
cafis  coopcrris,  cafaliciis  difruptis ,  curcis,  bonis, 
oglatis,  terris  de  vineis,  vineatis,  pratis,  pafaiis* 
fîlvis,  garricis,  arboribus  pomiferis  vcl  im pomiferis , 


ecclefiis  quæ  ibidem  funtfundatæ:  unaquæeftma-  aquis  aquarumve  dedudibus  earum,  omnia  de  in 
ter  ecclcfia  iplius  loci  quam  vocant  S.  Leucadiam  ,  omnibus;  quæ  mihi  obvenit  pro  cxcomparatione , 
aliain  honore  bcaci  Chriftophori,  tertia  in  honore  vel  pro  donationc,  vel  de  qualccumque  niüii  ob- 
fândi  Vidoris.  Tcrmini  &:  limites  de  fines  præfàtæ  venir  vcl  obvenire  débet,  totum  &abintegmm  ad 

poflcftionis  terminantur  fie:  unus  terminus  ex  parte  vos  fùmafcriptos  dono  de  ad  proprium  trado.  In  ca 
oriencis  terminât  in  terminio  de  villam  quæ  vocant  vero  delibcratione  dum  ego  Bertha  vivo  ufum  3c 
Catexcino  ;  ex  parte  meridiei  in  terminio  de  villa  ftudum  mihi  refervo  *,  una  cum  cenfo  quoque  anno 
Tome  IJ.  H 


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Aw.94°* 


PREUVES  DEL’  HISTOIRE  *+ 

uxods  ejus,  Sign.  Hugwiis  corairis,  Sign.  Amaudl  nas  res  quas  Conibertus  quondam  præpofitus  cæte- 
vicccomiris,  Sign.  Sicardi  vicccomids ,  Sign.  Ato-  rique  francs  fân&i  Juliani  pro  commuai  fidute, 
nis ,  Sign.  Pondi  qui  hanc  cartam  fcripüt  juffii  per  con(cn(um  Ragcmundi  principis  Aquiemomm , 
prædiâoram  anno  8c  die  quibus  fupea.  neenon  &  aliocum  ipfius  provinciæ  procemra 

Itam  epifeoporum  quam  cætcrorum ,  prædi&o  mo- 
N  nomine  Do  mini  noftri  Jefu  ChriftL  Nofeant  nafterio  contulerant,  noftræ  regalitatis  præceptoSc 
præfentcs  pariter  &  fiituri ,  quod  nos  Rodaldus  ,  ex  teftamento  quod  fâneitum  eft  confirmarc  di- 


Dei  graria  Biterrenfis  epifeopus ,  &  nos  canonici  Bi¬ 
terrenfis  fèdis ,  bono  animo&  bona  voluntate  &  in- 
tuitu  péctads  damus ,  laudaraus  &  concedimus  Deo 
&  fàn&æ  Maria:,  ôc  monafterio  lanûi  Pondi  Tome- 
xiarum,  &domno  abbaiiOcgerio,  &  monachis  ejuf- 
dem  monafterii  præfenribus  Ôc  fiituris ,  videlicet  ec- 
clefiara  (andæ  Eulaliæ  de  Tomeriis ,  &  ecdefiara 
(ànûæ  Maria:  de  Bcriano ,  &  ecclefiam  (àn&æ  Mariæ 
de  Geminiano,  &  ecclefiam  (àn&i  Pondi  de  Barau- 


gnareraur.  Quorum  peddonibus  ob  Chrifti  ôc  Gm- 
ûi  ejus  jam  prælibad  Marcellini  dik&ionem,  five 
fideiium  noftrorum  deprecarionem  ,  videlicet  Hei- 
rid  Lingonenfis  epifeopi  ,  ôc  Godfchalchi  Ani- 
cicnfis  præfuiis ,  Rotgerii  quoque  inluftris  co¬ 
mids  noftrum  præbentes  aflenfum ,  juflimus  boc 
rcgale  decretum  fieri,  in  quo  confirmando  decemi- 
mus  &  decemendo  firmamus,  ut  monachi  prsefati 
loci  Canioilonenfis  jam  didtas  res  cum  omni  inte- 


{àm.  Has  omnçs  prædidas  ecclefias  nos  Rodaldus  gritatc  tam  mancipiis  quam  univerfis  jure  fibi  & 
epifeopus  Ôc  canonici  præfatæ  fedis  damus  &  con-  lcgaliter  pertinentibus  perpetuo  pofïideant ,  ôc  quid- 
ccdimus  Deo  &  monafterio  prxdi&o ,  cum  omni-  quid  &c.  Sign.  domni  Ludovici  gloriofillimi  regis. 
bus  dedrais  &  præmitiis  &  obladonibus,  &  cum  Odilo  cancellarius  ad  vicem  Hervei  epifeopi  Hlm-* 
omni  ecclefiaftico  jure  tam  decimarum  quam  alia-  mique  cancellarii  recognovit.  Darum  Nouas  De- 
rum  rerum,  fiait  unquam  prædidæ  ccclciiæ  habue-  ccmbris,  indid.  xv.  anno  autem  vi.  régnante  Lu- 
cunt  vel  habere  debuerunt ,  &  ficut  polîident  ôc  dovico  gloriolillimo  rege  in  Dci  nomine  féliciter. 

polTidere  debent  -,  fie  damus  Deo  ôc  monafterio  Amen, 
prædido  in  perpetuum  abfque  omni  retentu  libère 
de  ablolutc,  &  abfque  omni  ufatico  vel  (èrvirio  , 
ülvis  tamen  fÿnodis  de  eedefia  fandbe  Eulaliæ  de 
Thomeriis,  &  de  ecclefia  fan&æ  Mariæ  de  Beciano. 

Si  quis  vero  contra  hanc  noftram  donationem  ve- 
nire  tentaverit  non  hoc  valeat  vindicare  quod  re- 
quirit,ledinfuper  admonirus,  nifi  refipuerit,  &  Deo 
&  fàn&is  ejus  &  monafterio  p  rædi&o  fâtisfeceric , 
iram  Dei  omnipotentis  nimis  tremendam  incurrat , 


LX  X  I. 

« 

Donation  faite  k  L’abbaye  de  S.  P</n$  far 
Alton  vicomte  d’Alby. 

^  Ancitura  cft  longo  maximoque  tempore  Coo- 


An.  94x. 


Camiliircdc 
l’abbaye  k 


ftanrini  imperatoris,  ut  fi  quÛibet  derc  fiiapro 
&  cum  diabolo  &  ejus  miniftris  depcrcat,  &  ana-  peccatis  commutare  vel  donare  volucrit  quoa  in 
thema  maranata  efficiatur,  &cum  Datan  &  Abiron  alieno  jute  confticutum  eft,  ut  fua libeat  poteftate* 
qui  viventes  in  infcrnum  delccnderunt  fubjungatur,  lgitur  ego  in  Dci  nomine  Ato  gratia  Dd  viceco- 
&cum  Juda  lfcariotqui  Dcum  ôc  Dominum  tradi-  mes,  conhlio  &  voluntate  uxons  meæ,  bonoani- 
dit  (beietur  fubiturus  pâmas  perpétuas.  Factum  cft  mo&  bona  voluntate,  &  pro  redemprione  pccca- 
hoc  donum  anno  ablncarnationc  Domini  d.cccc.xl.  torum  meorum  &  parentutn*  meorum  ,  &  pto  re- 
menfèAugufti  anno  quarto  régnante  Ludovico  rege.  demptione  animæ  patris  mci  Bernardi  &  matris 
S.  Rodaldi  epilcopi  Biterrenfis  Ôc  canonicorum  Bi-  mcæ,&  pro  omnibus  conlanguineislaudo,  concedo, 
terrenfis  fedis  qui  hanc  chartim  donationis  fieri  &  cum  nac  præfcnti  carta  in  perpetuum  aado  om- 
jufltrunt ,  &  aûam  laudavemnt.  S.  domni  Aymé-  nipotenti  Deo ,  &  làndbe  Dei  genitricis  Mari* ,  & 
rici  Narbonenfis  archiepilcopi  qui  hoc  donum  de  (ânâx)  Pontio  Thomerienfi  monachis,  &  D.  abbari 
omnibus  ecclelïis  prædiîtis,  ficut  lupradidum  cft  >  Otgerio,  &  monachis  ejuldem  monafterii  præfenti- 
'  &  Deo  &  monafterio  prædiûo  fândi  Pe'ntii  in  per-  bus  ôc  fiuuris  in  perpetuum,  videlicet  in  epifeopara 

petuum laudavit ,  &  concellit ,  ôc  hoc  fignum  fecit.  f  Albienli  in  vicaria  Laftrinco,  totum  alodium  &  tocura 
*  ^.Ciûndi.  Eufandi  *  Carcafitnlis  epitcopi.  f  S.  Thcode-  poteftativum  de  villa  &  de  omni  parrochia  fandi 
rici  epifeopi  Lutcvcnfis.  f  S.  Pontii  epifeopi.  |  Sign.  Salvatoris  de  Brucia.  Dono  fimiliter  Deo  &mona- 
Eldoni  abbatis.  -J-  S.  Amulfi  abbatis.  \  S.  Ro-  fterio  prædido  in  perpetuum  in  alio  loco  cpilcopani 
berri  abbatis.  t  S.  D.  Pontii  comitis  Tololâni  ôc  du-  Ruthenenfi ,  in  vicaria  Camarenfe,  in  parrochia  làn- 
ds  Aquitanoium.  S.  Hugonis  comiris.  S.  Arnauldi  ûi  Mauritii  ,  tomm  alodium  &  totam  poteftatera 
vicccomitis.  S.  Sicardi  vicccomitis.  S.  Attonis.  Sign.  de  omni  rerritorio  de  Villa-nova.  Eftquc  fciendum 
Pontii  qui  hanc  chartam  fcriplit  jullu  prædido-  quod  eundem  honorem  de  Brucia  dédit  mihidom- 
rum.  nus  Pondus  cornes  Tholofcnfis  pro  prædicto  ho* 

-  -  -  -  —  -  —  -  nore  de  (an£to  Mauririo  quem  ego  dedi  ei,  &præ- 

fatum  honorem  de  fiindko  Mau  rit io  pr*diûus  co- 
LX  X.  mes  jam  diblo  monafterio  in  perpetuum  defigna- 

vit.  Hæc  omnia  prædicla  ego  Atto  vicccomcs 
Charte  du  roi  Louis  d' Outremer ,  en  faveur  dono ,  laudo,  ôc  concedo  omnipotent!  Deo ,  &  fan- 
du  monafiere  de  Chanteuse  en  Auvergne.  Mariæ ,  &  fandlo  Pontio  Thomerienfis  monafte- 
»--■  rii,  &abbati&  monachis  ejufiicm  monafterii  tam 

IN  nomine  fandæ  ôc  individuæ  Trinitatis,  amen,  præfentibus  quam  futur  is  in  perpetuum  ,  fcilicetto- 
Ludovicus  divina  annuente  gratia  Francorum  tum  alodium  &  totam  poteftatem  &  dominium  de 
rex.  Si  locisdivino  cultui  mancipatis,  ôcc.  Quocirca  pixdidlo  honore  de  Brucia  Ôc  de  Villa-nova  cum 
omnium  fanéhc  Dei  eeelefiæ  fideiium  tam  præfèn-  eorum  pertinendis,  &  cum  terris  culris  &  incultis, 


AN.941. 

Cartulaire  de 
Onmcuge. 

V.  E*IhZj. 
a pp end  capit* 
U.  l.b  153. 

ery#f. 


dum  quam  fliturorum  noverit  induftria  ,  quoniam 
noftræ  dignitatis  præfcndam  humiliter  adeuntes 
monachi  (anfti  Marcellini  egregii  confeflbris  Can- 
toiloneufis  cœnobii,  obnixe  fibi  cxpederc,  quatc- 


&  cum  arboribus  frudiferis  Ôc  infrudiferis  ,  cum 
nemoribus  &  filvis  ,  herbis  aunpratis,  cum  do- 
mibus  &curtibus ,  cum  manfis ,  hortibus ,  aquarum 
curfus  ôc  reairfus ,  cum  molendinis ,  paxeriis ,  fumcw> 


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s-j  DE  LANGUEDOC.  U 

6c  montes  &  valles,  cum  ripariis,  cum  frudibus  Ludovici  regis,  6c  foniori  meo  Raymundo  comiri  > 
pafturalibus  &  cum  omnibus  fêralibus  6c  vicariifo  de  germano  meo  Frcdoloni ,  6c  filiis  nomen  Rigal- 
que  atque  fervientagiis ,  venationibus ,  &  cum  homi-  do  &  Fredoloni ,  6c  pro  omnibus  fidelibus  meis ,  &c. 
rîibus  & feeminabus  inde  naturalibus,  &omnes  ufâ-  rcs  qui  funr  fitas  in  pago  Ruthenico ,  in  minifterio 
ticos, 6c tallias , 6c queftas, 6c albergas, 6c firmancias,  S.Aniani,  hoc  eft  alode  meo  quæ  eft  in  valleOliri... 
&  jufticias,  6c  omnes  adu s*,  &  quidquid  in  jam-  villa  mea  quædicirur  ilia  Vemia,  cumecclefia  quæ 
dido  honore  habeo  cotum  illud  dono  Dco ,  &  eft  fùndata  in  honore  S.  Ypoliri  martyris  6c  fândæ 
monafterio  fândi  Pondi  in  perpetuum  ab/que  omni  Marias  &  S.  Johannis ,  vel  quantum  in  ipfâ  valle 
retentione.  Et  de  reperitione,  verum  quod  fieri  mi-  Oliti  vifiim  film  habere  vel  pollidere,  totum  6c  ab 
nime  ac  dolofe ,  ego  ipfo  aut  ullus  de  hæredibus  meis,  integrum  ibi  cedo ,  exceptis  ilia  medietare  quæ  geni- 
aut  ulla  immillà  perfona,  quæ  contra  hanc  cartam  trix  mea  tenet  &  ilia  ecclefia  quæ  eû  fùndata  in  ho- 
donationis  venerit  ad  irrumpendum ,  nilï  posniten-  nore  S.  Privati ,  in  tali  vero  rarione  dum  Rigaldus 
riam  fàtisfadionis  egerit ,  imprimis  iram  omnipo-  filius  meus  vivit  ufum  6c  frudum  recipiat,  Ôcc. 
ternis  Dci  incurrat ,  6c  maledidionibus  fobjaceat  Cedo  6c  condono  imprimis  Domino  Deo  omni- 
quæ  in  pfâlmis  continentur,  volvatur  ut  rota  6c  fi-  potenri,  6c  S.  Salvatoris  Vabrenfis  monafterii,  6c 
eut  ftipula  ante  fâciein  verni ,  impfeatur  faciès  ejus  fândæ  Mariæ  gcnitricis  D.  N.  J.  C.  vel  Ramnulfo 
ignominia  ut  quærar  nomen  Domini,  fiant  filii  ejus  6c  foi/que  monachis  dono  ad  monafterium  con- 
orphani  &uxori  ejus  judicium,  &  cum  Dathan  ftruendum  in  ilia  Vemia,  ut  ibi  caterva  congrc- 
&Abiron,  &cum  Jtida  rraditore  ininfemumlèm-  gent  monachorum  qui  fêcundum  regulam  fandi 
per  ardeat.  Fada  eft  carta  hujus  donarionis  in  menfê  Benedidi  ibi  fèrviant,  hofpites  recipiant,  pauperes 
Aprtlis,  anno  ab  Incamatione  Domini  dcccc  xlïi.  recreent  &  pronobi?  orenr,  pedes  pauperum  la- 


anno  vi  i.  régnante  Ludovico  rege.  S.  Attonis  vice-  vent ,  &  fi  in  hoc  loco  oblaci  venerint  Vabrenfis 
confias  qui  hanc  cartam  donarionis  manib&s  fuis  monafterii,  ofïerantur,  &  fi  converfi  venerint  re- 
firmavit,  &  teftes  firmare  rogavit.  S.  Frotarius  epiP  gulam  numquam  promittant  nifi  Vabrenfis  mona- 
copus,  S.  Bernardus,  S.  Hugonis  comiris,S.Dag-  uerii,  6c  per  fingulos  annos  Wabrenfi  monafterio 
béïga',5.  Amalrici ,  S.  Tozet,  S.  Andréas  qui  hanc  perfolvant  fol.  x.  &c.  Fada  cara  ceffione  ifta  fob 


cartam  fcripfit  rogatus. 


X.  XXI I. 

Extrait  de  quelques  Chartes. 


Vers  l’an  ^  N  nomine  Domini.  Ego  Rainelinus  &  uxor 
9  5  8.  X  mea  ôcc .  donamus  fândi  Salvatoris  6c  ligno  fân- 
CsmAirc-«Je  &æCrucis,S.  Willclmo . . . aliquid  dealodc  noftro  L  X  X  I  I  I. 

GwikaL^5*  qw^ftin  comitatu  Nemaufonfi,  in  vicaria  Arifcnfi, 

**  (ub  caftro  Excenatis  in  terminum  de  villa  Rogas  6cc.  Donation  d9  Arnaud  comte  de  Carcajfonne 
campum  unum ,  &  habctipfo  campus  per  latum  de-  &  de  Comminges  à  l'abbaye  de  Zezgt. 

xtros  xxviii.  6c  per  longum  tenet,  ôcc.  Fada  eft  _ _ 

bxc  donatio  foria  v  r.  x  v  1 1 1 1.  Luna ,  Kal.  Januarii,  Tk  Æ  Undi  terminum  appropinquantc,  ôcc.  Quam-. 

'  Pco  régnante,  Lodoycoregen.  &c.  IVX  obrem  ego  in  Cnrifti  nomine  Arnaldus  6c  Cmi 

____  j  '  uxore  mea  Arfondis,  pertimefoens  illud  ultimum  i*abba 

J^Ultum  déclarât  audoritas  &  lex  Romana,  &  tremendi;t»diciidiem,cedimusDeo&ûndoPetro 
.  *  Gotha,  fiveSalica,  ut  qualifoumque  homo  résilias  aliquid  de  fâcultaribus  noftrisj  hoc  eft  ecclefia  quæ 
tsa ui'fM.  pfoprias  in  Dei  nomen  licentiam  habeat  donandi  eft  fundara  in  honore  fândi  Euparchii  cum  ipfo 

ki.  vej  cedéndi.  Quapropter  in  Dei  nomine  Raimundus  alode ,  rotum  &  ab  integrum ,  quiftum  &  inquiren- 

&  Aimericus  cccümus  vel  donamus  Domino  Deo  dum ,  cedimus  Deo  &  fàndo  Petro  vel  Adazio  ab- 

ôç  fândo  Salyio  Albienfi  epilcopo ....  alode  in  pago  bâte  una  cum  norma  monachorum  qui  funt  in  Le- 

AlbienijinmanuMironiepilcopi,  in  tali  veroratione  zatenfo  monafterio,  ut  poft  hodiernum  diem  ha¬ 
ut  Mirus  epifcopus  &  Gauftxmis  abbas  cumcleri-  béant,  teneant,  vel  pollideant  j  6c  ipfo  abbas  vel 

cis  fandi  Salvii  faciant  ccclefiam  in  honore  fondi  alii  qui  poft  eum  ingrediendi  fiint,  vel  monachi 

Salvji  in  ipfo  alode,  &  fit  ipfâ ecclefia  infùa  honore  loci  illius  non  habeant  licentiam ,  de  Deo  vel  fândi 

omni  tempore  in  communia  fondi  Salvii  cum  foas  Pétri  fou  fândi  Benedidi  dare  aut  tradere  in  ma- 

adjac^ntias ,  &  cum  ipfâs  fines  de  vas  meridie,  adja-  nus  alienorum  j  fod  fomper  permaneat  ad  ipfâ  cafâ- 
cenriaufqueadgutta  adeurrentç  de  vas  oriente ,  ad  Dei,  vel  miniftris  alcaris  ejus  ,  fine  ullo  contradi- 
gutta  currencc  de  alia  pane  ufque  ad  honorem  Ma-  cente.  Sane  fi  quis  nos ,  aut  ullus  ex  hæredibus , 


die  Veneris,  in  menfc  Septembrio  ,  anno  vin. 
régnante  Ludovico  rege.  S.  Raimundô,  S.  Rigaldo 
&  fratri  foo  Fredoloni  qui  carta  ifta  foribere  vel  ad- 
firmare  rogaverunt,  S.  Jorio,  S.  Ugoni ,  S.  War- 
nerio,  S.  Bernardo,  S.  Sulpicio,  S.  Ragoni,  S.  Ali - 
nardo.  In  Chrifti  nomen  Siginus  levita  jubentc 
Ramnulfo  fcripfit  &  fubforipfit. 


L  X  X  1 1  I. 


An.  9  44. 

Circulaire  de 
l’abbaye  de 


cis  fândi  Salvii  fâciant  ccclefiam  in  honore  fândi  alii  qui  poft  eum  ingrediendi  font,  vel  monachi 
Salvii  in  ipfo  alode,  &  fit  ipfâ  ecclefia  infùa  honore  loci  illius  non  habeant  licentiam ,  de  Deo  vel  fândi 
omni  tempore  in  communia  fândi  Salvii  cum  foas  Pétri  fou  fândi  Benedidi  dare  aut  tradere  in  ma- 
adjaqmtias ,  &  cum  ipfâs  fines  de  vas  meridie,  adja-  nus  alienorum  j  fod  fomper  permaneat  ad  ipfâ  cafâ- 
cenria  ufque  ad  gutta  adeurrentç  de  vos  oriente ,  ad  Dei,  vel  miniftris  alcaris  ejus  ,  fine  ullo  contradi- 

futta  currencc  de  alia  parte  ufque  ad  honorem  Ma-  cente.  Sane  fi  quis  nos ,  aut  ullus  ex  hæredibus , 
edo,  cfe  alia  parte  ad  parrochia  fânda  Martiana.  vel  propinquis  noftris  conrra  hanc  ceiTionem  ullam 

calumniam  generare  præfumpforit,  imprimis  iram 
*An  ?  P  Rifoarum  legum  imperatorum  6c  confùlum  de-  Dei  incurrat ,  6c  infoper  componat  ad  redores  ejufo 

crevit  audoritas,  ut  qualifoumque  homo  perfona  ex  dem  loci  auri  libras  très,  &  ejus  petirio  nullum 

nobili  ortus  genere  res  foas  in  alieno  jure  transforre  obtineat  efFedum,  6c  ceffio  ifta  firma  &  ftabilis 

Vibm.  voluerit  tam  in  eeelefiis  quamque  in  aiiis  homini-  permaneat  omni  tempore  cum  ftipulatione  fobnixa. 

bus,  per  cartas  ,  codicillos  6c  légitimas  craditiones  Fada  cellione  ifta  in  menfo  Aprilio,  anno  odavo 

f.  74»  licentiam  habeat  faciendi.  Quamobrem  ego  igitur  régnante  Lodovico  rege.  Sig.fnum  Amaldo&uxo- 

in  Dei  nomen  Raymundus  pertradavi  cafomhuma-  re  foa  nomen  Arfondis  6c  filiis  fois  vel  filias,  qui 

nx  fragilitaris meæ  6cc. cedo  ceffomque  in  perpetuum  carta  ifta  foribere  rogaverunt,  6c  manibus  firmave- 

eflè  volo  res  proprietaris  meæ  pro  remedium  animæ  runt.  S.  Bernardo,  5.  Sicfredo,  S.  Duragno,S.  Bo* 

meæ,  6c  pvo  remedium  animæ  genitori  meo  Fre-  nedido,  S.  Adilione,  Bernardus  foriplîc. 
doloûc,  6c  génitrice  mea  Uddanc,  &  pro  anima 

7m$  U.  Fij 


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*7 


PREUVES  DE 


An.  945. 

Archives  de 
l’abbaye  de 
Guuu 


L  X  X  I  V. 

Fondation  du  prieuré  de  faint  Saturnin 
du  Port ,  aujourd'hui  le  Pont  S.Ejprit. 

DUm  in  hujus  fecuK  laborioû  vivitur  peregri- 
nationc  ,  intérim  cum  licct,  dumquc  tcmpus 
acceptabile  atque  dies  falutis  inftare  vidcntur ,  &c. . . 


L'  H  I  ST  DIRE  8» 

tumm  dlè  minime  credo,  ego  ipfe >  quod  abfic  9 
aut  aliquis  qirilibct  confcnguinitate  mihi  conjundus , 
vel  nepos  (eu  etiawv  uüa  intromilla  peribna  ipfius 
donationis  fpontaneaé  à  rite  fâdæ ,  contra  jus  divi- 
num  invafor  atlt  contradidor  extiterit ,  &  tes  Deo 
dicatas  (andilqtie  ejus  delegatas  in  fuosufüs  tranf- 
ferre  conarus  fucrit ,  primkus  iram  Dei  omnipo- 
tentis  incurraf ,  cujus  res  temerario  prsefumplerit 
aufu,  vinculo  etiam  terribilis  anathematfe  imode- 
nir,  omnes  quoque  complices  ejus  qui  d  affenfùm 


cor nm,  anno  XIL 

*  On  Ht  ces  derniers  mots  dans  la  copie  qulnous  acté 
communiquée:  mais'ils  ne  font  pas  dans  l’original  que  le 
Pcre  M$billoi\  a  vA  dans  les  Archives  de  TabUve  de 
Cluni.  V.  M*b.  ad  ann.  *4  J-  n.  7j.  &  mû.  $3.  Ba 
Jkculo.  5.  p.  31*. 


BeiUd. 


L  X  X  V. 

Fondation  du  monafiere  de  Burÿtts 
dans  la  Marche  d’ÈJpagne. 


SUb  Trinitafis  alm*  honore,  nüAcupaftis  dom-  - 
nus  Ilâmos  cornes  «5c  marchio ,  dum  refiderct  * 


Venta 
94}/ 
Archira  de 


Igitur  ego  Giraldus  indignus  archiepifcopus  fcclerom  præbuerint ,  nfitï  ad  emendûtioncm  pervenerim.  Ge- 
meorum  enormitatem  confiderans ,  &  quod  eft  fa-  raldus  epifcoptfs  (ubfcripfit ,  Roftagnus  coifcopus 
lubrius  illam  Domini  noftri  Jcfu  Chrifti  dulciflï-  firmavit.  S.  Bermundi ,  Gkardi ,  Hugonis,  Armafii , 
mam  vocem  delcdans ,  qua  ait  :  Omni  s  qui  relique-  Poncionis ,  Trutemundi  >  Godrarini ,  Gifleftidi ,  Ri- 
rit  domum ,  &c.  &  quod  ipfe  alibi  jubet,  ut  red-  chardi,  Arerttberti,Eadonis,  ErmengardisyRodulL 
damus  quæ  Dei  funt  Deo  >  nofinetipfos  profèdo  Adum  apud  iàndum  Saturninum  publiée  »  snenlô 
illi  reddendus  innuens ,  primo  quidem  juxta  prardi-  Augufto ,  anno  Incarrtarionis  dominiez  ix  ccccvxlv. 
dam  voeem  meipfum  omnipotenti  Deo  diipofui ,  ktdidione  111/  Regni  aut  cm  Ludtmu  regis  Fr  a»* 

6c  Filio  ejus  unigenito ,  &  Spiritui  Paradito,  landæ 
videlicetTrinitati  offero  per  abrenuntiationem  fe- 
culi  &  habitus  commutationem.  Deinde  fecundum 
feripturx  atteftationem  qua  dicitur  :  divin*  virt 
redemftio  anima  ejus  funt ,  omnes  res  meas  quas  in 
prarfèntiarum  habere  vel  poflidere  videor,  &  quæ 
mihi  de  patema  (uccdïione  in  hæreditatem  obve- 
nerunt ,  totum  &  integrum  ipfi  omnipotenti  Deo , 
cui  &  memetipfum  &  fondæ  Dei  genitrici  ôc  Tandis 
apoftolis  ejus  Petro  &  Paulo  fine  dilatione  ulla  in 
perpetuum  trado  ,  atque  transfundo.  Cluniacum 
denique  monafterium  nujusfadi  deligo  atque  con- 
ftituo  præceptorem  &  vicarium ,  quatenus  ab  hac 
die  &  deiriceps  domnus  Aymardus  abbas ,  qui  præ- 
didicœnobii  gubernacula  pro  moderamine  nunc, 

Deo  annuente ,  adminiftrat ,  cundique  fuccellbrcs  in  Paliarettfis  regnis  ail  cadorüttt  regerti  illi  dottceii* 
ejus  eafdem  res  omnibus  diebus  regant,  ordinenG  fum,  cumpundus  (pirationc  divina,  cæpitûüÉfcüte 
atque  ut  fibi  placuerit  ih  fervitio  Dei  omnipotends  de  ftatu  landæ  ecclcfiæ.  Dein  cælorum  patri  pia  ^^cicia 
dilponant.  Eft  etenim  ipfe  locus  in  honore  Dei  &:  piomillione  veterem  peccatorutri  convethonem  id 
venerarione  B.  Mariæ  femper  virginis  &  eorufndem  ætemum  habere  beatitudinem  :  quia  per  Hieremiart 
apoftolorum  con(ècratu s,  &  in  pago  Matifcenfi  (i-  divina  vox  nos  admonet  fuper  vias  ftàTe  &  videre 
tus,  inquo  fi  Deus  annuerit  meiplum,  ficut  jam  &de  Temids  antiquis  interrogare,  &per  viambona 
dixi,  fubordineregularimancipare  cupio,  quatinus  ambulare  ,  &  mvenietis  requiem.  Spiritus  fendB 
pius  De  us  innumerabilibus  meis  propitiari  dignetut  gratia  compundus ,  per  limitent  redum  gradiantti 
ofiènfis,  picei  quoque  flammas  evadere  valeam  ba-  vencrabilem  petivit  confultum ,  cjuldem  comitawo» 
ratri  »  &  régna  oeleftia  Deo  propitio  adipifci.  Sunc  ecclefiæ  domnum  Atonem  carillimum  fratreni  , 
itaque  ipfc  res  fine  in  comitam  Uzedco  in  vicaria  mirificum  prctfulem  ,  corde  &  animo  illôninv  id 
Caxonienfiÿ  hoc  eft  manfum  meum  indominicatum  Domino  compar.  Salubctrimam  pèrmifit  devoti^  .. 
cum  omnibus  appenditiis  vel  adjacentiis  fibi  per-  hnjulccmodi  allocudo  illornm,  (Suit  fera  ferrto& 
dnentibus ,  ideft  ècclefia  in  honore  fandi  Saturnini  natio,  quia  per  bonorum  operum  eælcftcm  invenit 
conlêcrata  ,  cum  infulis  quoque  &  villis  •,  fcilicet  homo  theûurum.  Ego  auccm  llamus  pro  ætetnd 
Leyracum ,  Mclênias ,  Genefcanicum ,  excepto  inibi  patriæ  amore  de  gehennæ  horribili  timoré ,  Cum cbh* 
uno  manfo  auem  jamdudum  debebam  (àncbe  Ma-  fcnfii  ftatrum  meomm,  five  filiis,  atquô  nobihorei 
riæ  ad  Gordinicas-,  &  quidquid  in  Pravidone,  &  fide-les  noftros  qui  in  noftra  provinria  tonfiftant> 
ad  Fontem,  &  in  Colonicis,&  Fabricis,  &  Sabainads,  dccrevi  -dirponere  in  corde  mco,  ut  de  rebus  meis 
&  in  Patemico  vifus  fum  habere  vel  pollidere ,  ficut  (àndaiti  dkafl'em  ecclefiam.  Idcirco  offèro  omnipo^ 
per  commutadonem  quam  feci  cum  Almalrico  fra-  tend  Deo  &  prtedido  pôhtifici  de  rébus  meis  |io* 
tre  meo  adeptus  lum ,  cum  omni  integricate  donO  priis,  alodem  quem  dicünt  Burgali,  cum  fines  # 

Deo  ut  fupradixi,  do  atque  in  perpetuum  oll'ero  terminos  vel  ajacenriis,  cumomnia  fibi  perdnéntia 
pro  remedio  animæ  meæ ,  neenon  pro  anima  parris  adquc  ecclelias  ibi  liras.  Primitiva  autem  fob  ethe* 
mei  &  matris  ac  fratrum  meorum,  infuper  pro  (à-  reum  clavigerum  onorem  (ândi  vocaca  Pétri,  tiâ  _ 
kitc  vivonim  &  requie  omnium  defimdorum ,  cum  mmque  funt  akaria  conflru6h  ad  honorent  (andi 
campis,  pratis,  vineis,  filvis,  aquis,  aquanim  de-  ardiangeli  Mkhæiis  principi  ,  6c  (àndi  Johann» 
cumbus,molendinis,domibus,ædificiiscumomni  virgo  eledus  qui  fupta  Dominiaun  recubuit  pe^ 
integriute,  &fuprapofito mobili  &immobili,  exi-  dus.  Inea  videlket  rationis  amore,  ut  perpétua* 
tibus  &  regrelTibus ,  cultis  &  inculds ,  quaefica  etiam  liter  feerttineo  font  conftet  monafterio.  Inûiper 
&  inquifita  &  inquirenda  ad  iptàm  hæreditattm  af*  autem  offero  conditori  pio  &  venerabiH  epifeopo 
picienria  vel  perdnentia ,  ficut  a  me  præfenn  tempore  filia  mea  ttomine  Ermeneardc ,  ut  in  prædidas  cc- 
regitur  &  poflidetur  :  quatinus  femper  redores  jam  défias  fedttndam  S.  Benedidi  régula  vitam  degeat, 
didi  monafterii  &  ibidem  Deo  famulantes  abfque  projenicores  vel  partftteia  cum  congrcgata  régula 
alicujus  incerpcllarione  in  pcrpeTOüfn  firmitec  folidc-  locietate  cimdomm  nofttOram  &  omnium  nde* 
que  tcoeant  &  pofiideant.  Si  quis  vero,  quod  fu-  Uum  4n  Çhrifto  «edeAttam  ydvis  atque  ckfttâdfc 


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*9  £>Ë  LANGUEDOC 

v€niam  implorent  deliâorum.  Et  ego  vero  Atus  >  *v  t 

Del  opituJaûone  cpilcopus,  pro  amorem  lèdularum  JN  O^tia  gtiaipitoria ,  vel  quorum  nomina  fiibtu* 

dignam  qracionem  >  &  üt  à  Deo  inveniri  merear  ccnentur  inlerta  ubique ,  qualiter  venir  AmeKu^Ro- 
magOairt  rçmunçratiooem ,  conccdo  &  incanvulfi-  drando,  die  Jovis,  feria  quinta  in  atrio  ûn&i  Pétri 
bit  ter  raa&cre  jubeo  in  prædido  loco  vel  ecclefias,  Lezatenfis*  inprælèntia  bonis  hominibus  qui  ibidem 
ad  mcminkum  çomitem  ,  fummo  Deo  &  nobis  aderant;  id  eft  Arnaidus cornes,  &  Amelius-Simpli- 
offertos  (ub  lân&i  Benedidtj  régula  puellarum  vel  do,  &Radveus,&Orioliis,&Rodaldus-Ellipio,& 
fexu  fœxninco  perpctiulicer  fieret  monafterio.  Et  Perculfiis,  &Aro,  &  Benedidtus,  Acuerto ,  &  Ber- 
or  igo  &tirulum  ejuldem  ecdefiæ  làndi  Pétri infii-  trandus,&Raduinus,&aliorumplürimoi-umbono» 
per  nominatum  Burgali  abbadiîâm  filiam  prædidh  nl.m  hominum  qui  ibidem  aderanr ,  vel  adfirma- 
comitis  nominc  Y&rqo.  Concedo  namque  ad  præ-  yerunt  in  eorum  præfentia  ;  fie  (eguarpivit  Amelius 
didam  çcclefiam  cum  confcnlu  clcricorum  noflro-  *n  conrra  Dco  &  iando  Petro  Lezateniis  monaftçfii* 
rum  his  nprainibus.  Ego  Atto  me  fubfcribo  &  pro  vc*  Daniele  abbatc,  &  ad  ipû  congregatiorte  fandi 
ûimroa  Chrifti  reverentia  dono  &  graruito  trado  Pétri  de  iplâs  vineas,  quæcomrapellebat,  qui  fue* 
ad  prædi&o  monafterium  conftruendura  in  hono-  runc  9r*°*e>  ^unt  inpago  Tholofàno  in  loco 
rem  làndi  Pétri  apoftoli,  omnes  çcdelias  quæ  font  4liæ  dicunt  Monte-Calvoj^unde  hos  dies  pluies  ha* 
in  valle  vocirata  Anani ,  de  iplb  pontem  qui  cil  ad  buerunt  rariones  quod  de  ’lfto  die  in  antea  non  1$ 
locum  vocarum  Gilardum,  adRufticanum  autem  eomrapareat,  neç  fe  incermittat,  nec  ille,  nec  ulluS 
vocatura  Gelarennem  leu  foro  nundignali  quæ  homo  fua  voce  clamante;  &quihoc  fecerit,  impri- 
vulgares  vocantur  mercatum,  ulque  ad  callmm  Léo-  ,ram  Dei  ipeurrat ,  ôcc.  Fada  guarpitoria  ifta  in 

vultum  quem  vulgares  dicunt  Leovonc ,  livcà  pon-  menle  Aprili  lûb  die  feria  quinta,  régnante  Domb 
tiun  ipfiusquemvocantHurreKce.  Omnes  ecclefias  in  no  tioftro  Jelîi .  Chrilto ,  Sig  f  num  Amelio,  qui 

valle  nominata  infra prædida  caftella  liras,  ad  jam-  carra  guarpitoria  ifta  feribere  vel  lirmare  rogavit, 
didam  domum  vel  abbatillànl  concedo ,  cum  de-  ^  manibus  fuis  firmavit.  Signum  Dominico  ,  Sig. 
cimas  &  primitias  vel  oblatianes  adque  cundarum  Scrvaro ,  S.  Elilco,  S.  détone,  S.  Bencdido,  Ita- 
iUarum  pertinçnda  >  ut  ram  ifta  prælcns  abbarilla  ^us  m°nachtis  Icriplir. 

Et™*  ,  ali*  qus  ,fcgiiiiK  gGo  ^  tfcœom„  cori!dcraïi  to  ^  ' 

veiperpetualitertcncanr,  «Scfccundum  regulaamo-  •  .  c  »  .  . 

f  o/i  .  i  ,  L?  il-  mus  nulnus  cogentis  împeno  nec  luaaentis  ingemo, 

rem  cc  décréta  enanono ,  ad  propoos  hulus  vel  ubi  c  j  .  r  .  i  j  ô 

u.-  Grf- 

hus  constate  habcanc  kcnt.am.  NuJii  liccaç  ^  f  fluyio  Ufbione>  inrer  paga  Caralftnfc 

CederC  ^fcdâre  «f1* _vçl  m  aiaqu° cnmman.Si  &  NarLcnfc,  &ad  Somario  alE...  tibialo- 

autem  evenent,  quod  ablit,  nulluiquc  homo  mente  i  _  0 

»  .  .  .  •  r  ^/T-  ,  ,  dem  meumpropter  remedium  ammæ  meæ  &  patns 

unproba.aut  temcrario  ulu ,  conceiliovel  donaao  o,  _  o  „  -,  .  / 

r  -  mei  &  matri  meæ  ôc  uxons  meæ  Ramlom ,  &  pro 

alia  uxore  mea  qui  fuitquondam  nomme  Eftuer» 

ëc  pro  filiabus  meis ,  ôc  pro  omnibus  fidelibus  mcis 

Simpliciô  ôc  Wadamiro ,  &  pro  omnibus  fidelibus 

meis  ram  vivis  quam  defundis.  Dono  igirur  alodem 

ti  •-  ,  i  ,  ad  luminaria  làndæ  Dei  ecclelîæ  concnnanda  & 

eonceflionis  cum  chanorucc*  vel  propnos  ckros  mcominru  u  lenfe>  Aâa  eftKaru 

ccclcfur  noür*  ad  monafticam  degendam  v.tam  donadonis  JX  KaJ  Novebmbns  ^  lncarna:iûnis 

denuo  in  perpetuum  maneat  nrma.  Dono  namque  ^  •  j  a  _ 

x,r  r  ■  •  n  •  •  i  ...  Domini  d.  cccc. xlv  i. îndichone quarta > anno xi* 

cpo  xtamus  in  mmiiterium  oc  ad  utihtatem  huius  .  r  j  •  c-  x  u 

sr/1  •  i  l  1  reenante  Lodovico  rege.  oi2tnum  Maiolo  vice-* 

adliitenum  !»  libros^jumentas ,  ammalia  adque  peco- 

ra.  Hæc  cnim-eft  eorum  nomina  atque  numerum .... 


Vers  l’art 
5)4Î* 

Ibxii 


An.  <14 

Archive*  d# 
l’abbave  d«  U 


mea  cupiens  inmmpere  ,  uîlp  modo  valeat  vindi- 
care.  Si  præliimpkrit  autem ,  componac  auri  libris 
centum ,  &  maneat  extorrens  alliminibus  lande  ec- 
cleliæ ,  &  fubjaccat  canonicim  pœnam  ,  nili  reli- 
pucrit  per  pcenitenriam  dignam.  Et  decrevi  cartam 


régnante  Lodovico  rege.  Sigfr 
comité,  S.  Quidbaldo,  Ôcc. 


Ylamus  SS.  Ego  Lupus  SS.  Regimundus  (c  fub^ 
lcripfit.  Certullus  prelbyter  Ramiolæ  SS.  Fuftus 
prlbytcr  le  fiiblcriplic.  Domnolus  prelbyter  SS. 


LXXVIL 

Fondation  du  Prieure  de  S .  Germier 
de  Muret. 


An.  945. 

Canulurc  de 
l’abbay.  de 
Icuu 


L  X  X  V I. 

\  ■  . 

Extrait  dp  faverfes  Chartes  des  abbayes  de 
Le«at  &  de  la  Grajle. 

A  Ppropjrxjunme  mundi  ternaino  >  &c.  Quam- 
obrem  ego  in  Chrifti  nomine  Garlcn ,  perri- 
melcens  illud  tremendum  judicii  dicm  cedo  Deo 
6c  S.  Petro  aliquid  de fâculcatibus  meis,  hoc  eft  ec- 
delia  quæ  eft  fiuidata.  in  honore  S.  Stephani  cum 
iplb  alode,,tonim  &abintegnim  cedo  Deo  &lan- 
Èto  Pcrro  apdfolo ,  vel  Daniele  abbate  ,  una  cum 
norma  monochorum  qui  fgnt  in  Lezadendi  mona¬ 
fterio  ,  ôc  sA  iplè  alodes  jn  pagp  Tholoûno ,  in  ter- 
minio  Bocona,  in  villa  quæ  dicitur  Fuftiniago ,  ôcc. 
Fa<5bl  ceflîo  ifta  in  mcnle  Februario  anno  r  jc.  rég¬ 
nante  Ludovic©  rege,  Ôcc.  S.  Garlên,  S.  Afiiario, 
S.  Sancione,  S.  alio  Sancione,  S.  Radulfo,  S.  Gar- 
fene ,  Jtalius  monachus  Icriplir. 


APpropinquantectenim  mundi  terminio  &  mi-  ^ 

niscrebrelccntibusiam  certa  ligna  manifeftan-  ^ 

«  ^  I  ;  •  •  9,1  -n-  •  Caftulairede 

tur,occ.  Quamobrem  ego  emm  in  Chrilti  nomme  rabbaye  de 

Radveno  pértiinelcens  illud  rremendi  judicii  diem,  *cxat. 

cedo  Deo  &  ianâo  Petro  aliquid  de  fàçaltatibus 

meis,  hoc  eft  ecclefia  quæ  eft  fundata  in  honore  lanâi 

Gcrmerii  cum  iplb  alodo,  totum  ôc  ab  integrum  9 

quæftijm  &  ad  inquirendum  ,  hoc  eft  pro  anima 

mea ,  vel  pro  anima  genitore  vel  génitrice  mca  >  vçj 

pro  anima  Attonc  de  cujus  raihi  prôceflît ,  vel  prp 

animabus  fratribus  &  lororibus  meis  &  conûngui# 

neis  mcis  tam  vivis  quam  &  defundis,  ut  rétribuai  cia 

laror  omnium  Dominus  requiem  fempicemam  ,  BC 

ip 6  ecclefia  jam  lupradida  cum  iplb  alodo,  cedç 

vel  do  (andto  Petro  vel  Aalïo  abbace  una  cum  nor^ 

ma  rponadiorum  qui  funt  in  Lezatenli  ccenobio  *, 

quantum  ego  vilus  lum  habere  vel  poftidere,  ut  ab 

hodiemura  diem  habeaqc,,  teneant  vel  poflîdcaût) 

&  non  habeant  ipli  abbates  vel  monachi  fandi  Pétri 

feu  fuccellbres  eorum  qui  ppû  eos  ipgredi wt  faf 


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yi  PREUVES  DE 

■iicentiam  >  de  Deo  veUànâa  Maria  (eu  (àn&i  Pétri 
vcl(àn£ti  Benediâi  feu  normaûnûorum,  ipfum  alo¬ 
dem  trader e  aut  dare  in  manus  àlicnorum  >  fed  fem- 
per  permaneat  ad  ip(a  ca(à-Dei,  vcl  miniftris  alcaris 
ejus  fineullo  contradicente.  Sane  fi  quis  ego,  aut  ul- 
lus  ex  hxrcdibus  meis  vel  propinquis  meis ,  aut  ulla 
cmifla  perfona  qui  contra  ranc  ceflionem  uliam  ca- 
-iumniam  gcnetarc  vel  inquietare  praelumpferit,  im- 
primis  iramDei  incurrat,  &c.  Fadb  celfio  ifta  in 


L*  HISTOIRE  92 

nafterio  fànéti  Joannis  Baprift*  ,  &  à  Trefmiro 
abbate ,  &  à  cun&a  congrcgationc  qui  ibidem  Deo 
ferviunt  vel  in  antea  (ervire  defiderant ,  propter  rc- 
mediam  animas  noftras ,  &  propter  remedium  pa¬ 
rentes  noftros  patrem  &  matrem ,  &  Rodgario 
fratre  noftro ,  &  propter  remedium  animas  omnium 
parentum  noftrorura ,  &  'propter  remedium  omni¬ 
bus  fidelibus  noftris  tam  vivis  quant  defundbs  -,  ut 
ab  hodiemo  die  &  tempore  dominium  perpe- 


&  de  Comminges  ,  à  t abbaye  de 
Montolieu . 

Flrmiflimis  feripturarum  hominum  cdoccmur  in- 
ftrudUonibus,  ut  quifouis  de  rebus  propriis  age- 


pnnus  iram  Del  incurrat ,  occ.  ratta  celiio  îlta  in  ab  nodicmo  aie  oc  tempore  aornmmm  perpe- 
menfc  Julio  anno  nn.  régnante  Ludovico rege.  tuum habcatis , teneatis, poifideatis, veftrilquc  pofte- 
S.  Radveno  qui  carta  ifta  fieri  vel  aflèrvare  rogavit,  ris  derelinquatis.  In  ea  vero  ratione  ut  non  habeatis 
S.  Afirario,  S.  Bencdiûo,  S.  Centullo.  licentiam  venderc ,  vcl  donare,  necalienare  nifi  in  * 

_ ftipendia  morachorum  ,  &  in  alimonia  pauperum,  u 

Et  advenir  nobis  ipfc  alodes  ex  donationc  à  Rodga-  *• 
L  X  X  V  I  1 1.  rio  fratre  mco  de  comparariône  Ugonis  comitis. 

_  .ha  #•'  .  -  /r  Quod  fieri  minime  credimus  eflè  ventunim,  quod 

Donation  d  Arnaud  comte  de  Carcaffonne  nos  donatorcs  >  auC  ^  dc  y  vcl  £  ^ 

&  de  Comminges  ,  a  t abbaye  de  redibus  >  vel  fuccefloribus ,  aut  ulla  emillà  vel  fu- 

M ont o lieu.  brogata  perfora  fuerit  contra  hane  cartam  donatb- 

- — -  nis,  vel  contra  ipfum  alodem  (iipra  nominatumad 

An.  949.  T^lrmiflîmis  feripturarum  hominum  cdoccmur  in-  inquietare  aut  irrumperc  venerit  aut  voluerit*,  in 
Archives  de  x  ftrudUonibus,  ut  quifquis  de  rebus  propriis  âge-  primis  iramDei  incurrat  ,&  à  liminibus  (ân&eDei 
tCr&cert,  vel  donare  aut  vendere  voluerit,  libe-  ecclefiæ extraneus apnarcat ,  &  plaga  qua  Ægyptus 
ram  omnimodis  obtineat  poteftatem  -,  illud  inviola-  percuHuseft  fuper  illos  veniar,  ficut  Datan  &  Abi- 
biliter  permanente  quod  legis  Romanæ  primum  ca-  ron  abforbuit  terra ,  ita  illos  fùlgure  &  ignis  inex- 
pitulum  apud  librum  tertium  (âluberrimc  intorat  :  tinguibilis  abforbcat ,  &  ficut  Arania  &  Saphira  pro- 
*  v.  Inter .  Cum  *  inter  wmentem  étique  vendentem  five  donan-  pter  cupiditatem  pecuniæ  in  corpore  font  pereufli , 
tem  fuit  définit  a  ratio  hoc  ,  tantummodo  requtren-  ita  illos  in  corpore  (ènriant ,  fbris  devaftet  cos  gla- 
&\ Ind.'cü.  dum  fi  uihilfraudis  ,  vel  violentia  egit  ille  qui com-  dius  ,  intus  autem  deterreat  pavor ,  metufque  pe- 
Thted.i.  3.  parafé  ***  donajfe  vel  qui  vendidiffe  probat  ur ;  fi  nitus  corruant  cum  hoftibus  fuis  plaga  in(anabili, 
voluerit  revocare  qui  vendidit  vel  donavit ,  nullate -  nullu(quc  fit  qui  manu  porrigens  adjuvet  illis ,  ï 
nus  permittaiur.  Shniliter  quod  legis  Salicæ  infinuat  planta  pedis  ulque  ad  verticem  capitis  fint  ulcéré 
inftitutum  :  venditio ,  emptio ,  vel  donano  que.  fer  peflimo  pereufli,  plaga  tumenti  penbflï,  nullufquc 
vtm  metum  non  fuit  exor  ta ,  in  omnibus  habeat  fit  medicorum  qui  tribuat  eis  meaicamen  &  curario- 
firmitatem .  Ob  hoc  igitur  in  Dei  nomine  Arnal-  nem ,  prurigine  validi  vaporis  &  diflenteria  vafte 
dus ,  &  uxor  mea  Arnndis ,  &  Rodgariusôc  Odo  valctuciinis  venter  corum  rumpatur ,  &  nemo  rac- 
fiiiis  noftris,  donatorcs  fumus  ad  domum  fanûi  Joan-  dicaminis  tribuat  (brbillum ,  fugiant  femper  nemine 
.  ni s  Bapriftac  Caftri-Malafti,  qui  eft  fundatus  fuper  flu-  fequente ,  devaftet  eos  fàmis  inopia ,  morbus  frigo- 
vium  Duranno*,  placuit  animis  noftris  ,  ica  vero  &  ris  malignitas  univeriaque  inopia,  cum  Judas Uca- 
placct  nullius  cogends  imperio  ncc  fuadentis  inge-  riotes  participes  efficiantur  ,  &  cum  judex  advcnc- 
nio ,  fed  propria  &  (pontanea  hoc  elegit  nobis  bora  rit  in  ultimo  die  cum  damnatis  fint  collocati  & 
voluntas ,  ut  aliauid  ex  rebus  noftris  donare  debe-  cum  eis  ituri ,  &  infuper  auri  libras  cjuindedmcea- 
remus  ad  fupradiâo  monafterio  fandli  Joannis  Ba-  dus  cxfolvat ,  &  in  antea  carta  donanonis  &c.  fepri- 
pt'iftæ  &  ad  Trefiniro  abbate,  &  àcunda  congre-  mo  idus  Aprilis,  anno  decimo  tertio  régnante  Lu- 
gatione  monafterii  ipfius,  ita  vero  &  facimus.  Do-  dovico  rege:  in  ea  vero  ratione  cum  Abbo  filius 

ramus  ergo  alodem  noftrum  proprium  à  (upradido  Malignaigo  clericus  vivit  teneat  ip(àm  ecclefiara  fii- 

loco ,  cujus  vocabulum  eft  villa  (an Ctx  Eulaliæ ,  cum  praferiptam  cum  fois  decimis  ,  &  cum  foo  ccdefia- 
ipfa  eedefia  quæ  eft  fundata  in  honore  (andæ  Eu-  ftico  que  hodie  tenet ,  &  per  fineulos  annos  decob 
laliæ  cum  fois  decimis ,  &  eft  ipfe  alodes  in  fobur-  latione  (àndi  Joannis  Baptiftæ  legitimam  refècho- 


Md. 

^  S4t» 


bio  Carcaflenlè  in  cerminio  Aufonenfe ,  &  alodes 
ipfe  fines &adjacentias  habet  in  fe,  départe  orientis 
adjacet  in  terminio  de  Villa-Sicca ,  &  à  terminio  de 
Corndiano  ;  de  parte  occidentis  adjacet  in  terminio 
de  Aufona  ,  &  aa  terminium  de  villa  Ermenuntis  -, 


nem  faciat  ad  ipfos  monachos  qui  ibi  Deo  ferviunt, 
&  in  antea  fervire  defiderant.  S.  Arnaldo  &  uxorfua 
Arcindes ,  &  filiis  eorura  Rodgario  &  Odone  qui 
carta  donatione  ifta  feribere  &  firmare  rogaverünt. 
S.  Guillelmo,  S.  Itario ,  S.  Amilio,  *S.  Aiftedo, 


de  parte  meridiei  adjacet  ad  terminum  de  Arfenchis,  S.  Elifèus,  S.  Amelio,  S.  Ugo  epflcopus  dono  Dei 
vel  terminium  de  Orfimelos  -,  de  pane  aquilonis  ad-  fedis  Tololæ.  Garifredusprelbiter  rogatus  fcripfitfob 


jacct  u(quc  ad  terminum  de  Alzau  :  quantumeumque 
infra  iftas  totas  affrontationes  includitur ,  fie  dona- 
mus  ad  fopradiâo  monafterio  torum  &  ab  inte- 
gmm ,  quantumeumque  in  ip(o  alode  vifi  friimus 
habere  &  pôflidcre  ,  cum  exitio  &  regreflio  ea- 
rum ,  &  cum  omne  foperpofitum  earum  tam  quæ- 
fitum  quam  ad  acquirenàum,  tam  dlvifom  quam 
ad  dividendum ,  tam  loca  ruftica  quam  &  urbana , 
cum  pafeuis ,  filvis,  garricis,  vineis,  pratis,  aquis 
aquarumve  decurfibus  earum, cum  arboribus pomi- 
feris  &impomifèris,  viædudlibus  vel  reduâibus4, 
omnia  &  in  omnibus  quantumeumque  in  ipfum 
alodem  vifi  friimus  habere  vel  pôflidcre,  totum 
vel  ab  integrum  fie  doramus  a  fopradiâo  mo- 


die  &  anno  quo  fopra. 

L  X  X  I  X. 

Donation  faite  au  monaftere  delà  Graffcl 
far  Ermengarde ,  abbejfe  de  Burgal 
dans  te  comte  de  Pailbas . 

IN  nomine  Domini.  Ermcngardis  abbarifli  de  ^  ^0# 
fpem  Domini  mei  Jefo  Chrifti  repofita  eft  fen- 
tenua ,  ut  ego  qui  in  Chrifto  credo  fimul  &  jara  r»bbay«<le** 
cum  Chrifto  vivo.  Timeo  ne  humana  fr^ilicas  mihi 
adveniat  repentira  mors  :  propter  hoc  cogiuvi  pec- 


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9i  DE  LANGUEDOC.  ** 

cata  atque  fâeinora  raeat ,  ut  fit  mihiDominus  adju-  quandiu  diftulimus,  hæfiuntes  de  hoc  qufd  agere- 
.  toc  ad  fuo  judicio >  &  donare  fado  alodcs  meos  mus  :  fed  inico  cum  univerfo  clero  noftro  comûio 
quam  habeo  in  comitatu  Paliercnfê  infra  terminosde  &  fidcli  populo ,  cum  confilio  edam  &  voluntare 
yalle  Anabi >  de  quantum  parer  meus  habuir  &  habiic  D.  Raynmndi  marchionis  &  omnium clericorum  at- 
con(ènfiim  8c  voluntatem  ad  Adtotoni  epifcopi ,  mihi  que  fidehum  noftrorum ,  dedimus  aflenfûm  (ecun- 

dum  fûam  voluntatem  in  omnibus  5  ea  (cilicet  ra- 
rionc,  ut  quotidie,  exceptis  feftivitatibus ,  prono- 

|  V  o  /*  /T*  ‘I  n  •  n  •  •  o 


confènfiim  8c  voluntatem  ad  Adtotoni  epifcopi ,  mihi  que  fi defium  noftrorum ,  dedimus  aflenfùm  (ecun- 
decfirdeipfôcaftroLeorreulqueadipfbpomeadipfo  dum  fûam  voluntatem  in  omnibus  5  ea  (cilicet  ra- 
mcrcadalej  fie  dono  atque  concedo  aa  domum  ùnâx  donc ,  ut  quotidie ,  exceptis  feftivitatibus ,  pro  no- 
Mariæ monafterii  qui  cft  finis  in  comitatu  Carcaf  bis,&  fûcceflbribus noftris >  &  propinquis,&om- 
fcnfê  fiipcr  fluvium  Urbionera ,  id  cft  in  locum  qui  nibus  benefaâoribus  8c  propinquis  8c  adjutoribus 
nuncuparur  Burgali  cum  ecclefias  fân&i  Pétri  & J  noftræ  fêdis  âc  ioci ,  vu.  pfâlmos  flexis  genibus 
fknâi  Michaëlis  &  lânéfci  Joannis,  &  cum  aliis  ec-  decantent  pro  defunâis,  ve  cum  potfïbile  fueric, 
defiis,  cum  décimas  &  primidas,  &  obladone  fi-  vigiliam  &  raiflàm.  Et  quia  tempus  inftabat  in 
defium  qui  ad  ipfum  locum  pertinent  quem  dicunt  aua  cauû  orarionis  Romam  proficifd  parabamus 
Burgali,  vel  ad  corum  ecciefias  fiipernominatas,  id  dominus  (cilicet  Raymundus , 8c  ego  Stephanus  epiC 
cft,  in  cafis  ,  cafilicis  ,  curris,  curtalis ,  oràs,  ortalis ,  copus  ,  fimulque  Petrus  archidiaconus ,  Maganfre- 

regands  vel  (ûperegancis  >  8cc . fie  dono  atque  dus  prarpofitus,  Ingclvinus  decanus  cum  aliquantij 

concedo  omnia  prædiûa  (ândlæ  Mariæ  proDei  amore  aliis  clericis  ;  Dalmatius  abbas  hoc  animadvertens , 
&  remedium  anirnæmcæ,&  pro  anima  genitorimeo  Ce  quoque  dixit  nobifeum  velle  proficifci;  &  ante 
&  génitrice  mea,  &pro  anima  fratri  meo  nomine  facram  præfcntiam  corporis  bead  Pétri  apoftoli,& 
Wdgclmo comité, àd  ftipendia  monachorum  &ele-  coram  prælcntia  domni  papæ  Agapici,  neenon  8c 
monna  pauperum  &  ad  luminaria  (mStx  Dei  ccclcfiæ  epiieoporum  multorum  ,  8c  pre/Dyterorum  &  reli- 
præface,  &c.  Facla  donadonc  vnii.  Kal.  November  quorum  graduum,  &  Alberici  fènacoris  &  aliorum 
anno  xv.  régnante  Ludovico  rege.  Sig.f num  Ermen-  nobilium  jnultitudine  >  patefecimus  de/ideuum  no- 
garda  abbaofià  qui  ilia  carra  donatione  fed  8c  teftes  ftrum  de  reædificatione  (upraditfli  lod,  &  in  con- 
rogavi  firmare.Sig.f  num  Datoni  pre(byreri.Sig.f  num  (pedhi  eorum  reciravimus  jam  didlum  privilegium. 
Nambelmus.Sig.tnumOrioIus.Sig.tnumA^o,  &c.  Quod  ut  audierunr  tain  domnus  ppa  Agapitus 

—  . ,  „  .— -■  ■  — —  — . ■■■  . . .  ■  —  quam  cætcri  fideles  qui  aderanr ,  laudaverunt  & 

T  Y  Y  Y  decreverunt ,  ut  loais  ille  reftauraretur  in  perpe- 

i-  A  AA.  tuam  habitadonem  monachorum.  Sed  8c  hoc  quod 

Ritabliffement  du  monafiere  de  fainte  cft  nuncicecun,  inlêrcre  liber,  Æcuu. 

Enimie  en  Gevaudan.  dum  Pf düonem  vcn.erabilis  vin  abbatis  Dalmati,  ac 

monachorum  ejus,  decretum  eit  atque  (tatunim  ab 
An  1 .  T  N  nomine  Dei  omnipotentis  qui  crinus  cft  in  per-  omnibus ,  ut  locus  ille  jam  di<ftus  anriquirus  Burla- 
Arckiv«  d  ^  &  unus  incficnua.Notumfit  omnibus  nde-  .  ds,  qui  eft  confecratus  in  honorem  beatæ  Dei  ge- 

rii'biyeist  hbuschriftianistampræfcndbusquamfuturis,  quod  nitricisMariæ ,  ubi  requifeit  corpus  beatæ  virginis 
c^.  anno  vu.*  regni  Ludovici  regis,  ego  Stephanus  Enimiæ,  permaneat  atque  coniiftat  ac  providentia 
j  69.D'r  ' ft  ccd  dix  Miraatentis  epilcopus  cum  pro  poflè  provi-  vel  (ûbjcdione  Calmilienfis  cœnobii ,  quod  eft  firn- 
Â/iI' xvx*  derem  derura  &  plebemmihi  fubjedam,  con(ên-  datum  8c  con(êcrarum  in  honore  prindpis  apofto- 
denti  Petro  archidiacono ,  ac  Manrredo  præpofito ,  lorum  beadflimi  Pétri,  ubi  beatus  martyr  Theofre- 
Ingelvino  decano ,  cæreriique  clericis  (ûpradicîlæ  Ce-  dus  in  corpore  cum  aliorum  (ândorum  pignoribus 
dis  j  neenon  fidelibus  laids  ,Bemardo  8c  fratre  fuo  requiefeie  :  8c  habeant  tam  abbas  quam  congrega- 
Hedore,  Hugonc&  Petro fratnbus meis ,  Bcmardo  do  ipfius  cœnobii  prædiAum  locum  in  poteftatem 
vicecoinne,Cauceiino,  Fredelone^rephano,  Ubone,  ad  regendum  &  di/ponendum  fine  impedimenco 
Bertrando,  Rigaldo;  incidit  in  cordc  noftro  dende-  alicujus  perfonæ  per  omnes  fûturas  hominum  ge- 
rium  ,  uc  locum  fûndatum  in  honorem  beatæ  Dei  nerariones  jure  perperuo.  Hanc  aurcm  chartam  vel 
genitricis  Mariæ ,  ubi  requielcit  corpus  beatæ  vir-  privilegium  in  bafîlica  bcatiflimi  Pétri  ante  fàcram 
ginis  Enimiæ,  quod  per  inairiam  8c  fæcularem  eu-  ipfius  tumbam ,  8c  coram  (upradida  caterva,  cum 
pidicatem  male  direptmn  erac,  &  inopia  exigence  (æpcdi&o  loco  tradidimusin  manu  Dalmarii  abba- 
religionis  ftatus  inibi  penitusannulatus  vidcbatur,in  ris  ac  monachorum  ejus  ad  memoriam  pofterorum 
primnum  reftitucremus  ftattun.  Qiia  de  cau(a  dom-  fine  tenus  conlêrvandam.  Si  quis  vero  hanc  teme- 
num  Dalmatium  abbatem  venerabilem  virum  de  rarius  infringere  prarfûmpfèrit ,  tam  noftra  quain 
cœnobio  (ândli  Theofredi  dcprecati  fumusenixe,  ut  coepi(coporum  præfirntium  excommun icatione,  ar- 
præâtum  locum  in  (uo  dominiofii-ciperet,  8c  fra-  que  perpétua  damnatione  (e  noverir  condcmnaaun 
très  ibi  regulariter  viventes  (ecundam  normam  pa-  ante  confpedum  jufti  judicis  Chrifti ....  Signum 
tris  Benedidi  lemper  dclegaret.  Qui  renuit,  allé-  domni  Agapiri  papæ,  cujus  aiixftoritare  hæc  charta 
rens  Ce  in  rebus  extraneis  noliclaborare,  vel  in  alte-  confinnata  cft.  Signum  ejulcfcm  Stcphmi  cpilcopL 
rius  poteftate.  Nos  autein  animi  ejus  perlcrutances  Signum  Gote(chaIchi  epifeopi  Anicicnfis.  Signum 
voluntatem ,  hoc  ab  eo relponfiini  acccpimus,  quod  aliorum  teftiumdericonira  & laïcarum.Faâa  efthæc 


nec  ip(ê,  nec  aliquis  de  monachis  fuis  in  loco  illo 
pœnc  diruto  laboraturi  client,  nili  prius  firmamen- 
tum  hæreditarium ,  (cilicet  privilegium  (àtis  firmura 
ac  manibtis  noftris  roboratum ,  acciperer ,  qualiter 
locellus  ille  per  omnes  (uccedentes  gencrationesin 
poteftate  &  dominio  feu  (ûbjcdione  pcimaneret 
cœnobii  fandi  Tlicoftcdi  martyris ,  8c  omnes  abba- 
tes  monafterii  per  cuncla  fuccedentia  tempora  habe- 
rent  in  poccrtacem  illam  cellulam  (ecundum  fuam 
voluntatem  dilponere,  regerc,  gubernare  8c  ordi- 
nare ,  five  (ecundum  Deum ,  five  (ecundum  fiecu- 


chârta  1 1  r .  nonas  Maii,  fer.  1 1 .  luna  vu  1.  régnante 
Ludovico  Francorum  8c  Aquitanorum  r^e. 

L  XXX  L 

Vente  faite  k  Matfred ,  vicomte  de 
Narbonne. 

IN  nomine  Domini.  Ego  Aduvira  vmditrix  (iim 
vobis  Matfredo  vicecomitc  &  uxori  ruæ  Adalaï- 
cis  viceconjitifla  emptores  ,  confiât  me  vobis  vin- 


An.  9  5 1. 

Cartulnire  de 
la  cgrheHr’Ie 


lum ,  fine  »lliu-<  concradiâione.  Quod  audiences  ali-  dere  ficuti  &  per  hanc  lcripturam  vendiüonis  mex  >  deNubonnc. 


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5 


<95  HEÜVES  DE  UH1STOIR.E 

vindo  vobis  in  comitatu  Narbonenfc  villam  voca-  pro  ejus  fàn&imoniis  honore  etiam  &  laude  atquc 
bulo  Creixano  cum  fuis  terminiis ,  cum  eedefiis,  ôcc.  gloria,  ejus  divine  majeftaris  venerabilium  ut  noftro- 

'Et  ego  venditrix  de  prefente  manibus  meis  reccpi  »  rura  erat  côntuliflè  locis ,  fitque  acceptabile  >  nobif* 
&  eft  manifeftum  &  nihilaue  ipfo  precio  apud  vos  que  ad  ejus  locum  locupletiffima  mifericordia  di- 
emptores  non  remanfit  indebite ,  led  omnia  mihi  enum  hujufmodi  pii  operis  inlidere  in  fydereiscon- 
bene  adimpleviftis  -,  fàteorque  vero  ifta  omnia  fupc-  feratur  arcibus  rcmunerationc.Igitur  quia  periftis  à  no- 
nus  nominata  de  meo  jure  m  veftro  trado  domi-  bis  quatenus  eedefiam  fonde  Marie  queeft  in  Coro- 
nioac  poteftate ,  utab  hodiemo  die  &  tempore  ha-  nulas  cum  terris  8c  vineis  ôc  cum  orani  redibicione 

beatis ,  teneatis ,  ôcc. ...  fi  quis  contra  hanc  venditio-  fua ,  pari  modo  5c  eedefiam  fofldi  Stcphani  qui  eft  in 

nem  à  me  fadara  pro  inrumpendum  venerit ,  8cc.  Bolorda ,  item  cumtems  5c  vineis  ôc  cum  omnibus 
Fada  venditione  ifta  quarto  idus  Novemb.  anno  de-  pertinendis  fuis  >  fimili  modo  5c  eedefiam  fondi  Jo- 
amo  feptimo  régnante  Ludovico  rege.  Sig.f  Adu-  nanmsque  eft  m  Combreto  cum  omnibus  fois  per- 

vira  qui  hanc  venditionem  fierifoci  5c  firmavi  ôc  fir-  tinendis  -,  pariterque  ôc  eedefiam  fondi  Pétri  qui  eft 

in  Petralata,  kem  cum  terris  5c  vineis*,  verum 
etiam  Ôc  villamDebuxo ,  6c  Pelrus  cum  terris  6c  vi¬ 
neis,  5c  filvis,  ôc  aquimolisfiiis,  fimiliter  in  villa 
oue  didtur  Caflanges  cafis  ôc  vinds  ôc  terris ,  ôc  me- 
dietatem  de  villa  que  dicitur  Barofo ,  neenon  in  vigo 
Adefote  terris  ôc  vineis  ;  pari  modo  ôc  villa  que  did¬ 
tur  Attofol  cum  omnia  fua  percinenda ,  pari  infra  co- 
mitatu  Fcnioletenfc ,  ôc  comitatu  Redenfe ,  ôc  RolTe- 
lione,  me  rcligiofitati  ad  te  needum  emiflàperce- 
ptionis  in  perperaum  concederedeberemus.Itafane 


mare  rogavi.  S.  Salomon,  S.  Audinus,  S.  Pondus, 
ïn  Chrifti  nomine  Poncius  prefbyter  fcripfit  fiib 
die  âcanno  quo  fupra. 


LXXXIL 

Donation  du  comte  Sont arius  au  monafiert 
de  la  Grajfe . 


AN.955. 

Archive*  de 
lUbbaye  de 
U  Grade, 


IN  nomine  Domini.  Ego  Soniarhis.  cornes  timeo  ut  à  vobis  veftrilque  fùcceflbribus  fingulisquibufquc 
ôc  paveo  penas  inferni  ôc  cupio  pervenire  ad  indicionibus  penfus  nomine  racionibus  ccclefiaftids 
premium  vite  eterne ,  ôcc.  Propter  oc  placuit  ani-  decem  argenti  fblidi ....  denarios  duodecim  difB- 
mi  mei  ôc  placet,  nullo  quoque  fuaaentis  inge-  cultate  poftpofita  perfolvatur...de  noftra mcliora- 
niooc  elegit  mihi  bona  voluntas,  ut  de  rebus  meis  done  feu  diftinicionc  indifferenter  vos  fine  dubio 
vel  de  ereditate  qui  mihi  advenerit  de  pâtre  meo  ôc  procurantes  effidatur,  nullaque  preterea  ad  dandum 

matre ,  vel  ex  propinquitate ,  aut  per  qualicumque  annue  pendis  â  vobis  mora  proveniat  ,  fed  ultra 
voce  donare  debeo ,  quod  ôc  fado ,  propter  amo-  accionariis  fonde  noftre  ecclefie  apto  tempore  per- 
rem  Dei  ôc  remedium  anime  mee  ad  doraum  fan-  folvant.  Statuit  apoftolica  cenfura  audoritatc  beati 
de  Marie  monafterium  quod  nuncupatur  Crafle,  Pétri  apoftolorum  principis*  fub  divini  judidiob- 
que  eft  fitum  in  comitatu  Carcaflcnfe  fuper  fluvium  teftationcanatematis  intetdidum,  utnulli  umquam 
Urbionem  *vôc  font  ipfi  alodesin  comitatu  Bifoldu-  noftrorum  fuccelïbrum  pontificum  vel  alic  ecclefie 
nenfe  vel  Aufonenfe  vocabulum  villaRiodezari,  cum  magne parueque ,  penfus  ipfe  prenominari  loci  à  po- 

Ï‘  >fosecdefiasfanda  Maria,  Ôc  fondi  Pétri,  ôc  fondi  teftare  &  dicione  jam  fan  monafterii  auferre  prefu- 
oannis ,  ôc  fondi  Andree  de  villare  Aliaris,  cum  ipfàs  mat.  Si  quis  autem  temerario  aufu  magna  parvaque 
condaminas  quod  Giafredus  mihi  vendidit ,  ôc  alia  perlona  contra  hune  noftrum  apoftolicum  preco- 
ecclefia  fonda:  Margarita:  cum  décimas  ôc  primicias  ptum  agere  prefiimpferit ,  feiat  fe  anathematis  vin- 
6c  oblaciones  fidelium  Ôc  cum  ipfbmanfo,  ôccum  culo  innodari  ,  ôc  à  regno  Dei  alienum,  ôc  cum 
ipfàs  terras  quod  dedi  ad  picdidum  locum  fonda  omnibus  impiis  etemo  incendii  fiipplido  condero- 
Maria  ficut  in  dotem  illius  ecdefiæ  commémorât  natum.  At  vero  qui  obfervator  exftiterit  prccepd, 
Ôcc.  ôc  dono  adprcdidam  domum  fond#  Mariæ  gratiam,  atquemifèricordiam,  vitamque  etemam  à 
Craffie  ôc  domno  Witiza  abbati  ôc  monachis  præ-  mifcricordiflimo  Domino  noftro  confequi  merearur. 
fentibusôc  futuris  ibidem  Deofcrvientibus,ôc  exo-  Scriptum  per  manum  Leonis  feriptoris  fonde  Ro- 
rare  delcdent  pro  me  ôc  pro  tixore  mea  ôc  profiliis  mane  ecclefie  in  menfe  Odobris  indidione  xiil 
meis  ôc  filiabus,  ôcc.  Fada  karta  donacionis  ii.  t^enevaletc. 

Kal.  Julii  anno  ab  lncatnatione  Domini  dcccc.  l i  i  i  .  ______ 

régnante  Lodovico  rege.  Si  gf  num  Soniarius  cornes 
qui  anc  kartam  donacionis  fed  ôc  teftes  firmare 
rogavi.  S.  Alariais.  S.  Ratfredus.  S.  Borrebus ,  ôcc. 


L  X  X  X  I  V. 


An.  9  5  4- 

Archive*  de 
l'trchevêché 
dcNarbonne. 


L  X  X  X  1 1 1. 

Bulle  du  pape  Ayipet  en  faveur  de  V ab¬ 
baye  de  S.  Martin  de  Lez,. 

AGapitus  epi (copus  fctvus  fervorum  Dei  j'Se- 
gario  religiofo  abbad  venerabilis  monafterii 
iânfti  Martini  que  vocatur  Lenis  .qui  eft  in  ripa 


Charte  du  roi  Lothaire  en  faveur  de  l'ighft 
du  Puy. 


I 


N  nomine  fàn&æ  6c  individu#  Trinitatis,  Lo-  AN.955. 
tharius  fupemi  regis  præordinante  elementia, 
rexFrancorum.  Si  fandæ  Dei  eccleiï#  fubvenientes, 
concedimus  aliquod  honoris  ôc  reftaurationis  do- 
num ,  nec  non  ôc  ipfis  qui  in  ea  debent  morari  ca- 
tholicis,  pro  ftatu  regis  Jelii  Chrifti  cum  fàn- 
dorum  ipfius  clementillima  interceffione  illius  cle- 


Archivc*  de 
l‘cgUlc  du 

Puy. 

V.  GifO  ^ 


V?ü‘ 


*  •*) 

'••6 

■•a»: 


de  Rumine  Atace  in  valle  Bolicarnea,  Ôc  per  cum  menti#  devoti  debent  efflagitare,  porrigimusnoftrx 
in  eodem  venerabili  monafterioinperpetuum.Cum  celfitudinis  manum  ne  opprimantur  quorumdam 
magna  nobis  follicitudine  infiftit  cura  pro  univerfis  violentia  inlegaliter  6c  injufte  ,  nobis  id  tempora- 
ccclefiiis  ne  aliquam  neeelfitatis  jadhiram  fuftineant,  liter  ad  honoris  augmentum  6c  ætemaliter  renemus 
fed  magis  proprie  utilitatis  ftipendia  confèquantur.  firndflime  profùturum.  Quocirca  notum  fore  volu- 
Ideo  convenit  nos  paftoralis  tota  mentis  integritate  mus  amdis  fàndtæ  Dei  ecclefiae  fidelibus  6c  noftris 
proairare  6c  fedule  eorum  utilitatum  fubfidia  illis  præfentibus  fdlicet  8c  futuris,  qualicervenjens  Godef- 
conforre ,  ut  Domino  noftro  omnipotenti  id  quod  calcus  Anicienfis  fou  Vallavenfis  ccdefix  epifcopus 

nobis 


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An-95Î- 

Camjlaire  de 
l’abtiiye  de  S. 
ïW,quiétoit 

«"tretoia  aux 
*chiv«  du 
Jomune  du 

}<>'*  C.rcaf- 

•on  ne. 


57  DE  LANGUEDOC.  98 


nobis  per  omnia  devotus ,  noftram  expetierir  celfi- 
tudinem  acbenigniflimam  voluncatem,  uc  ecclefiæ, 
cui  Deo  ordinance  dignofeirur  præflÜere ,  ex  rebus 
regii  juris  à  prædecellôre  noftro  rege  Rodulpho 
ecclefiæ  digne  collacis ,  faventibus  iibi  inclytæ  co- 
mitifïæ  &  amicæ  noftræ  Hadvidis,  Hugonis  duds 
Francorum  uxoris,  peritionibus  accreberrimispoftu- 
larionibus>renovarionis  noftræ  præcepto  fàceredign%- 
remur.  Cujus  petirioni  benignum  præbenres  allên- 
fiim  regium  morem  fêrvantes,hoc  præceptum  im- 
municatis  fieri  juflîmus  >xoncedenres  ei  omnibufque 
fiiccefloribus  ejusomnem  burgum  ipfius  ecclefiæ  ad- 
jacentem,  <5c  univerfa  quæ  ibidem  ad  dominatiônem 
&  poteftatem  comitis  pridem  perrinuillè  vifà  funt  > 
forum  fcilicet,  teloneum ,  monetam  ôc  omncmdi- 
ftridhim  cum  terra  &  manfionibus  ipfius  burgi.  Er 
ita  deinccps  hæc  noftri  pnccepri  auâoritas,  quam 

Sro  noftro  remedio  animæ  noftræ,  five  parvis  no- 
ri  Ludovid,  ac  parencum  noftrorum  prædeceflo- 
rum ,  fân&æ  Dei  genicricis  ac  perpetuæ  femper  vir- 
ginis  Mariæ  ecdefiæ  prædiâo  pontifias  commilIæ,fir- 
mirer  concedimus  arque  inviolabiliter  dcinceps  ita 
confcrverur ,  ut  nullus  cornes,  aut  judos  publicus,  aut 
aliqua  fæcularis  poteftas  ibi  aliquam  audeat  exadfio- 
nem  facere,  neque  manfionaticos ,  ncque  paâiones, 
nec  aliquas  redhibiriones  exigere  iîne  voluntate  aut 
permilfione  epifeopi  qui  ipfam  tenuerit  eedefiam; 
led  omnia  in  poteftatem  epifeopi  redigantur ,  ut  om¬ 
nia  ipfc ,  prout  recèe  fibi  placuerit ,  ordinet,  teneat. 
arque  poftidear.  Si  aurem  aliquis  hæc  ftatuta  indigne 
violarcpræfumpfèrit,  acDei  omnipotentis  clemen- 
tia  dc/perarus,audader  ac  prxfumpcuofè  infregerir, ju¬ 
ris  privilegio  apoftolico  femper  fit  damnatus ,  &  cum 
Juda  proditore  Domini  portionem  habeat  perpetuali- 
ter  exurendus,  Ôc  lit  anathema  maranhata ,  &  à  con- 
fortio  fidelium  exclufus,  &in  pœnis  infem:  æterna- 
Iiter  exiftat  concremandus.  Ur  autem  hæc  au&oritas 
firmior  arque  credibilior  habeatur ,  ôc  à  fidelibus 
fâncflæ  Dei  eccleiiæ  futuris  temporibus  diligentius 
conferverur,  annuii  noftri  imprellione  fiibrer  jufti- 
mus  figillari  cum  anagrammate  noftri  nominis  de- 
center  adlcribi.Signum  Lochari.'  Francorum  regis  glo- 
riofi.  A&um  Lauduno  Clavato ,  anno  primo  ré¬ 
gnante  gloriofiftimo  rege Lothario  vi  1 1 .  Idus  Mar- 
tii  indidionc  xm. 


&  pro  bcati  Ponrii  amore  &  cunéfa  congregatione 
monachorum  lodillius,  exinde  reliquit,fed  ôcconr 
firmavit  iftam  feripturam  guarpiroriæ  &  fecuritâris 
contra  ipfum  fàmulum  ôc  contra  ipfos  famulos  Dco 
ibidem  fervientes  ,  qui  de  hoc  die  in  antca  non  re- 
quififlèt,  nec  interpeilaffet  amplius  iplàm  medieca- 
tem  de  ipfum  alodem,  nec  ipfo . .  placito,  nec  in  alio  , 
nec  in  Éhritorio ,  nec  hodie  >  nec  ullo  umquam  tem- 
pore,  neque  per  legem,  neque  per  juftiriam,  ne- 
que  per  ingenium.  Et  fi  quis  eft  qui  hoc  fecerit,  auc 
iftam  feripturam  irrumpere  voluerit,  malediétionem 
Ananiæ«5c  uxoris  ejus  Sapphiræ  fiibjaceat ,  3c  quod 
petit  vcndicare  non  valear ,  &  infuper  adimpleatip- 
Îîus  loci  monachis  auri  libras .. . .  ôc  in  anteaifta 
feriptura  femper  in  omnibus  firmis  ÔC  ftabilis  per- 
maneaf.  Adlum  Narbonæ  féliciter  amen.  S.  Udal- 
guerii  quihanc  guarpicoriam  firmavit  «Scfirmarero- 
gavit.  S.  Richildis  vicecomitiftæ ,  S.  Alnulphi,  S.  Pon- 
tioni,  S.  Aymerid  archipræliilis.  Alguerius  nota- 
rius  feripfit. 


L  X  X  X  V  I. 

Donation  faite  à  l'abbaye  de  S.  Chajfrê. 

NOverint  omnes  quod  anno  ab  Incamatione  a  ~ 
Domini  d  c  c  c  c  iv.  præfidente  Golfaldo  *  epi£  '  ' * 

copo  «5c  abbate  monafterio  B.  Pétri  apoftolorum  prin-  ^aabr^redçC* 
cipis, ubi corpus  beatiTheofr edi  pariterque S. Eudo-  s.  Ch'aifi*. 
nis  ejufdem  primi  abbatis  rcquiefeunt  cum  multis  GodcCm 
aliorum  bcatorum'pignoribus,  quidam  vir  nobilis 
nomine  Stcphanus  dédit  manfbs  vu.  in  loco  qui 
dicitur  Legcrnaco  *,  quantum  ibidem  vifuseft  habeie 
&  pollidere,  totum  edfit  fideliter  ôc  obtulir  :  in 
alio  quoque  loco  in  villa  quæ  dicitur  Porcellerias 
unum  manlum ,  ôc  in  alio  qui  dicitur  Raditias  unum 
manfum,  &  in  villa  quæ  dicitur  Lacus  unum  manfum» 
qui  funt  fimul  x.  manli  cum  omnibus  adjacentiis  luis. 

Rendent  autem  ipfæ  res  in  pago  Vivaricnfi ,  in  vica- 
ria  Iflânellenfi,  in  füpradidis  villis  ^  hæc  omnia  dédie 
præfimis  vir  Domino  Deo  fandoque  Theofredo  pro 
redemptione  ânimæ  fuæ,  ôc  genitoris  fui  Iderii,&  ge- 
nitricis  nomine  Arfendis.  Fada  funt  hæc  menfè  De- 
cembri  feria  iv.  indidione  x  1 1  x.  concurr.  vi. 


L  XXXV. 

Plaid  tenu  à  Narbonne . 

NOcitia  profeflionis  feu  fècuritatis  five  guarpi- 
toriæ  quæ  fuir  fada  Narbone  civitarc  lub  die 
Kal.  Maii ,  anno  Incarnationis  Dominicæ  dcccclv. 
&  anno  i .  quo  Lotharius  rex  cœpit  rcgnarc.  Qua- 
liter  ipfb  tempore  venir  Udalgarius  hic&  interpel- 
lavir  medictatem  deipfô  alode  quiincomiratuNar- 
bonenfe  ,  in  locum  quem  vocant  Geneftar ...  ad 
monachos  S.  Ponrii.  Illi  vero  re(jx>ndentes  dixerunt: 
ipfiim  alodem  Alfàrius  ad  diem  morris  fiiæ  nobis do- 
navit,  Ôc  feripturam  indcfècit,  ôc  habemus  telles  & 
authores  deipfà  medierarede  ipfum  alodem  uxorem 
fiiam,  &filios,  ôc  elemofinarios  ftios.  Ad  conftitu- 
tam  vero  diem  convenecunt  in  Narbona  civitate 
ante  Aymericum  archipræfiilem  ôc  Richildem  vice- 
comitiflam  i  &  venerunt  clemofinarii  quondam  Al- 
pharii  defondi,  ipfâ  medieratc  de  ipfum  alodem 
contra  Udalgarium,  ut  quando  morruus  foerat  Al- 
ferius  ipfum  alodem  retinebat  per  feripturam  geni- 
trids ,  fed  &  legalem  poteftatem  exinde  habebapt.  Et 
ut  vidit  ôc  audivit  Udalgarius ,  propter honorem  Dei, 
Tome  IL 


LXXXVII. 

Echange  fait  à  Nifmes  fous  Bernard 
vicomte ,  &c. 

VOx  legum  &  juris  decrevit  lex  ôc  audoritas,  - 

ut  qualis  eft  emptio  talis  &  commutario  ;  em-  An.  9  5  5. 
ptio  &  commutario  fimul  obtineant  firmitatem.  CjJhr^ 
Quamobrem  ego  in  Dei  nomine  Bligarius  ,  ego  ToiTufc  ^ 
commuto  tibi  Auritio  &  uxori  tuæ  ïnginilde  aliquid  *•  “•  4». 
de  alodem  fândi  Baudilii  qui  eft  in  territorio  d- 
vitaris  Nemaufcnfis ,  in  temiinium  Agcllo  ubi  vo¬ 
cant  Odennofuperiore  -,  ibique  commutto  vobis  pe-  / 

tia  de  terra  cuira  qui  ab  prolongo  de  uno  latus 
dextros  cc  1  c  1 1.  prolata ,  de  uno  fronte  abec  dex- 
trosxxi  i.  de  alio  latus  habet  dextros  clxxxxvi. 

&c.Etad  hæc  contraria  recipimus  pro  ifta  terra  fupra- 
feripta  fol.  xxx.  «5c  alia  terra  in  opus  S.  Baudilii,  <5c  una 
peria  de  terra  fubtus  Odenno  fubteriorc ,  in  loco  ubi 
vocant  fubtus  Foflàlobaria ,  &c.  «5c  pro  iftos  excam- 
bios  fiiprafcripros  ôc  pro  ifta  convenicntia  débet  Blit- 
gerius  mcerelblvi  ad  vicecomirem  Bernardo,  &  ad 
vicecomitiftàm  Gauza ,  &  ad  Bemardum  cujus  erat 
feu<.  Si  quis  contra  hanc  commutarione  ifta  ad 

G 


An.  9  5  7. 

Cartulaiu  du 
Chat,  de  Foix 
«iiflc  15* 


»  PREUVES  DE  L'HISTOUE  ioo 

irrumpendum  vcncrit ,  aut  nos  aut  fuccelTores  noftri  Unde  ab  hodiemo  die >  &  propter  didum  pretium 
inquietare volucrit , componat vobis omnia ifta (upra-  'hoc,  habeas,  tcneas,  pothdcas,  tuilque  pofteris 
fcripca  meliorata  dupla,  &in  antea  Commutario  ifta  derelinquas  ,  *vel  quidquid  exindc  facere  volueris 
firma  &ftabilis  permaneat  omnique  tempoce.  Fada  libéra  &  bene  firmillima  in  omnibus  habeas  pote- 
*  Mit  se-  commutarione  ifta  die  Lunis  v.  Idus  Junii,  anno  *  ftate  ad  faciendum.  Sane  vero,  quod  fieri  minime 
quod  Lotarius  rex  cepit  rcgnare.  Sieraim  Bligerius  aedimus  evenmrum  ,  quod  fi  nos  tibi  venditorcs 
qui  commutarione  ifta  firmavit  &  firmare  rogavit.  aut  aliquis  de  filiis  aut  hæredibus  mcis  ,  aut  quifli- 
S.  Rcginaldus ,  Robaldus  ,  Marrinus  pafbyter  ,  bct  homo ,  appofitt  vçl  fubrogata  perfona  qui  con- 
Ermengarus  prefbyter ,  Yiimbardus  prefbyter ,  Ra~  tra  hanc  carta  ifta  vcnditiows  vçnerit  per  inrumpen- 
mirius  prefbyter ,  Gencfius  prefbyter  fcripfit  ûib  die  dura ,  aut  nos  venerimus  ,  in  duplo  obi  componerc 
&  anno  quod  fupra.  fâciamus ,  8c  in  antca  ifta  carta  vendicionis  firmis  8c 

ftabilis  permaneat  omnique  tempore.  Fada  carta 
w  " 1  ‘  ir  vinditionis  ni.  KaL  Decembris  anno  nu.  reg- 

LXXXVIII.  nante  Leutario  rege.  Sig.  t  Arfindes  comirifla,  Sig.| 

Rodgarius  cornes  qui  cana  ifta  vinditionis  fedmus. 
Donation  faite  ï  Frotaire  évêque  j  &  &  à  bonis  hominibus  firmare  rogavimus.  Sig.-fDo- 

à  Bénard  vicomte  da  Alby  Confrère.  done,  Sig.f  Aigulffo,  Sig.  t  Odilone,  Sig.  fStefi- 

•  fàno ,  Sig.  t  Ranfredo ,  Sig.  t  Jordane ,  Sig.  -f  Aic- 

•  T  N  nomine  Domini  noftri  Jefu  Chrifti.  Ego  Se-  cario.  Ariprodus  rogicus  fcripüt  fub  die  &  anno 
)u  1  negundis  &  filiis  fuis  lraclus ,  &  Alchcrius,  6c  quod  fupra. 

•  Odombelus,  &Ugo  donamus  Froterio  epifeopo  6c 

Bernardo  fratri  fuo  ipfo  caftcllo  quod  clamant  "  1  ^ 

T urre ,  de  ilia  pane  quod  nos  ibi  habemus  6c  habere  Q  * 

debemus  medietatem  vobis  donamus  Froterio  8c 

Bernardo  ad  proprium  alodem -,  &  eft  ipfe  caftellus  Extrait  de  diverfes  Chartes . 

in  comitatu  Ruthenico  in  parochia  fandi  Amandi 

de  Campo-bello.  Ipfo  caftello 6c  ipfasturres,  ôcipfa  \  Nno  dcccc  iv  i  i  i.  trabcarionis  Domini, 
fbreia  quæ  hodie  ibi  eft  ôc  in  antea  fada  erit  ibi ,  £  \  indidione  i.  anno  1 1.  régnante  Leuthcrio 


LXXXVIlI. 

Donation  faite  i  Frotaire  évêque  >  & 
à  Bénard  vicomte  d*  Alby  fonfrere. 

IN  nomine  Domini  noftri  Jefu  Chrifti.  Ego  Se- 
neeundis  8c  filiis  fuis  lraclus ,  8c  Alchcrius,  8c 


XC. 

Extrait  de  diverfes  Chartes . 


de Campo-bello.  Ipfo  cafteûo 8c ipfasturres,  8c ipfa  A  Nno  dcccc  lv  i  i  i.  trabcarionis  Domini,  AN.^g. 
fbreia  quæ  hodie  ibi  eft  8c  in  antea  fada  erit  ibi  >  £  \  indidione  i.  anno  1 1.  régnante  Leuthcrio  cumiiaiitfe 

donamus  vobis  ad  proprium  alodem.  Et  illadom-  Francorum  rege ,  xvi .  Kal.  Novcmb.  Ayraericuspri- 
na  quæ  nommant  Bliccardis  ,  millier  Raimundo  mæ  Narbonæ  archipræfùl  dat  in  comitatu  Nar- 
Scoaacano,  8c  filiis  fuis  Pondus  8cBernardus,  do-  bonenlè  in  loco  Amleduma  alodem  fiiumB.  Paulo 
namus  vobis  Froterio  &  Bernardo  de  alia  medietate  Chrifti  confefloris  prænominatæ  dvitaris  patrono ,  "  1 

quod  nos  ibi  habemus  8c  habere  debemus,  ipfam  8c canonicis  B.  Pauli.  Sig.  Leotardi  abbatis,  8cc.  An. 9 5 S. 

medietatem  de  ipfo  caftello  ad  proprium  alodem.  Fada  eft  carta  guarpitoria  in  menfe  Aprilis ,  anno  ^ 
Fada  carta  donarione  ifta  in  die  fcriafocunda,  idus  iv.  régnante  Leutario  rege,  ab  hominc  nomine  l’abbiycdc 
Aprilis ,  luna  odava,  régnante  Autarico  rege.  S.  Se-  Teuduardus  qui  veniens  in  pladto  anteccclcfiam  S.  MoiKoûetu 
negundis ,  S.  Iraclius ,  S.  Alcherius ,  S.  Odombelus ,  Martini ,  in  præfentia  bonorum  hominura -,  id  eft  Gi- 
S.  Ugo,  S.  Bligardis,  S.  Poncius,  S.  Frotardo,  labcrto  vicario  Sexago  ,  vel  in  præfentia  Mirone 
S.  W illelmo ,  S.  Bernardo ,  S.  Begono ,  S.  Bernar-  filio  Ademario  qui  fuit  quondam ,  Rodaldo  abbatc , 
do,  S.  Raimundo  Alcherio,  S.  Raino  Rigaldo.  Rodftagno  clcrico  ,  8cc.  qui  ibi  aderant ,  guir- 

_  pivit  Trefmiro  abbati ,  8c  cundæ  congregationi  fan- 
'  n"  ’  di  Joannis  Baptiftæ  Caftri-Mallafti  ccenobii ,  alodem 

L  X  X  X I  X.  in  comitatu  Redenfi ,  in  vicaria  Tclienlê,  cujus  eft 

vocabulum  Calliania  fivc  Arbuxello  fivc  Vairono, 

Vente  faite  par  Arfînde  comteffe  ,  &  Con  &c. 


LXXXIX. 


Vente  faite  far  Arfînde  comteffe  ,  &  fon 

fils  Roger  J.  comte  de  Çarcaffonne.  j  * _ 

--  -  1 N  nomine  Domini.  Ego  Matfredus  vicecomes  8c  u 

.  957.  T  N  nomine  Domini.  Ego  Arfendes  comitilfa,  &  uxor  mea  Adalaiz  vendicores  fumustibi  Aymerico  An.  9  5  9. 
Archive*  du  X  filius  meus  Rodgarius  cornes  venditorcs  fumas  archicpilcopo  Narbonæ  emptore.  Confiât  nos  tibi  £  h 

Camon  dC  nos  ^  Gilaberto  vicario ....  alodem  noftrum  pro-  vendere  ficut  8c  per  hanc  fci ipturam  venditionis  no-  draie  de  Nu- 

S^mon’  '  m  quæ  habemus  in  pago  Tololâno  in  vicaria  ftræ  vendimus  tibi ,  in  comitatu  Narboncnfe  villam 
enfc ,  in  terminio  vcl  in  villa  quæ  dicitur  Chei-  vocabulo  Crexano  cumfuis  terminiis,  cura  eedefiis 
rano  ,  terras  ailtas  8c  inculras,  vineas,  manfioncs  qui  in  ip(à  villa  lüntfundatas*,  ideftfandi  Michaclis, 
eoopertas ,  cafàles  ,  horros  ,  hortales,  verdagaras,  &  fandi  Martini,  cum  ccllis 8c  (icrariis,  cum  deci- 
çurtes,  pratos,  cum  pafeuis  ,  rivis  ,  garricis  ,  tam  mis  8c  primitiis,  8c  cum  rimeteriis,  8c  cum  terris, 
quæfitum  quamadinquirendum,  tamdivifumquam  8c  vineis,  &  univerfà  quæ  ad  ipfas  ecclefus  perd- 
ad  dividendum ,  tam  loca  ruftica  quam  hurbana.  nent,  8c  ipfa  curre  cum  cindo  &  vallo.  Vendimus 
Afrontationes  habet  ipfe  alodes,  de  pane  altano  aja-  tibi  alium  noftrum  alodem  quæ  in  ipfà  villa  vel  in 
cet  in  territorio  Ardcmando  vel  fandi  Sarumini*  ejus  terminio  habemus,  qui  nobisaavenit  excôm- 
dc  mendie  ajacet  à  fandi  Salvatoris  vcl  Agalos,  de  paratione ,  vel  ex  tradirione  Adoiræ  fasminæ*,  id  eft 
orra  ajacet  à  rivo  quæ  dicitur  Videzols*,  &  de  aqui-  caris,  cafalicis  ,  ôcc.  Fada  feriptura  venditionis  & 
fonis  ajacet  à  Pojomitano  vel  à  Sonnago  :  quantum-  tradnionis  x.  Kal.  Mail  anno  Verbi  incamari  dcccc- 
cumque infra  iftas  quatuor  affrontationcs  indudunt>  iviiu.  anno  1 1 1 1 .  régnante  Hlotàrio  rege.  Sig. 
fie  nos  vinditores  fumus  tibi  omnia  8c  in  omnibus  Matfredi ,  S.  Adalaiz  qui  hanc  cartam  fecerunt  8ç 
quantum  hibi  vifi  fumus  habere  vel  poflidere ,  pro-  firmare  rogaverunt ,  S.  Albioni ,  S.  Barnardusepif- 

pter  pretium  quod  inter  nos  8c  te  complacuit  atquc  CQpus  ,  S.  Soniefredus  cornes  ,  S.  Poncioni,  Sig.  - - - 

çonvenit  in  aderato  8c  definito  fblidos  C.  quod  tu  Rodaldi,  S.  Amalrig,  S.  VolveradiP.  An.  9  5  9. 

emptor  nobisdedifti ,  8c  nos  vinditores  de  præfentci  ^  Archife  k 

manus  noftras  recepimus  &  nihilque  de  ipfo  pretio  J  N#  nomine  Dotnini.  Ego  Ato  Radvcus  8c  uxor  v^c  de 

apud  te  emptor  non  romanfit,  &  eft;  manifeftusa.  zioftra nomme. Gariiode*  &  filius  ooftet  nomine...  MonroU”* 


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1 

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Vers  Tan 
959- 

Camilairc  de 
l'abbaye  de  S. 
Chadic. 


101  DE  LANGUEDOC  ica 

donatores  fumus  ad  domum  fàndi  Joannis  Baptiftæ  prædiâum  Gairo ,  ut  darent  ei  fevum  ducentôrum 
Caftri-Mallafti  monafterii,  qui  eft  iitus  fuper  huvio  modiomm,  &omnes  alodes  quos  habebant  in  co- 
Duranno ,  &  à  Trefmiro  aboace ,  &  a  cunda  con-  mitatu  Narbonenfe  teneret  inBajulia,  &  deifta  con- 
gregatione  ipfius  monafterii,  donamus  nosalodem  venientia,  exceptus  ipfam  cartam  quod  fàdam  ôc 
noftrum  proprium  qui  nobis  advenir  ex  alode  pa~  tradicam  habebanc  ad  præcfdum  Gairo ,  extraxe- 
rentorum  noftrorum ,  &  eft  ipfè  alodes  in  pago  runt  (è.  Et  quia  prædidi  comices  extraxerunt  fe  de 
Tholofàno ,  cujus  vocabulum  eft  Orlancio ,  cum  ifta  conveniencia ,  tenuie  cartam  pignorationis  quam 
ipfi  ecclefia  quæ  eft  fùndata  in  honore  fàndi  Pétri ,  ille  receperat  de  jamdidis  Ebreis  cum  ipfum  alodem 
8c  cum  ip Co  bofco  quæ  vocant  Solano,  &c.  Fada  de  Magrinnano  &  de  Cugciaco  cum  ipfode  Amen* 
carta  ifta  in  menfè  Junio,  anno  v.  régnante  Leuta-  nolcla,  &  prædidus  Raymundus  cornes,  ad  fuum 
rio  rege.  S.  Atone,  S.  Garfindes  confèntientc  qui  obirum dédie fando  Jufto&Paftoripartem quam ha- 
ca rram  iftam  fècimus  &  firmare  rogavimus.  S.  Ar-  bebat  in  prædidum  alodem  de  Magrinnano  &  de 
findes  comitiflà,  S.  Rogerio  comité,  S.  Bertranno,  Cugciaco,  8c  propter  hanc donationem  Ermengau- 
S.  Itario,  S.  Barnardo,  S.  Amciio  oui  fumus  fide-  dus  archiepiftopus  tenuk&jxjflèdit  prædidum  alo- 
juilores  de  ipfum  alodem,  S.  Godafredus  fàcerdos  qui  dem  quamdiu  vixerit ,  &  ipfam  tertiam  partem  quam 
hoc  fcripfit  .lub  die  &  anno  quod  lüpra.  Raimundus  habebar  in  Amennolela  vel  in  villulis 

_  circum  circa  fibi  fubjedis,  mifit  in  pignus  ad  prædi- 

1  J  Acro-fandæ  Dci  ecclefiæ  Calmiliacen/îs  mona-  dum  Gairo  propter  modios  viginti  de  annona 
fterii  quæ  eft  conftruda  in  pago  Velavenfè  in  vico  cum  fuo  lucro  i  &  propter  hanc  pignora  incurrit  in 
.  Amnoriccnfè ,  quæ  eft  confècrara  in  honorem  fàndi  poteftatem  Gairo ,  &  prædidus  Gairo  dédit  præ- 
-  Pétri  &  fôncli  Martini  ,  ubi  fàndus  Theosfredus  didum  alodem  ad  Ermengaudum  archiepifcopum 
martyr  humatus,  &  fàndus  Eudo  &  fàndus  Fortu-  ab  integrum  :  in  tali  conventum ,  ut  dum  viverec 
natus,  8c  duo  Innocentes  ibiin  corpore  requief-  Ermengaudus  teneret  &  poffideret  eum,  8c  poft 
cunt ,  ubi  domnus  Wlfàldus  abbas  fuper  ipfam  fùum  obitum  remaneret  ad  Raimundum  filium 
congrcgationcm  Deo  famulantes  præefle  videtur.  Gairo  ,  8c  fuir  mortuus  Raimundus  antequam  Er- 
Ob  noc  ego  in  Dei  nomine  Guillehnus  &  frater  mengaudus,  8c  prædidus  Raimundus  dédit  prædi- 
meus  Armandus  cogitamus  de  Dci  mifericordia  vel  âura  alodem  ante  fiium  obitum  ad  jamdidam  Er- 
de  æterna  Chrifti  retributione  ,  pro  remedio  ani-  mengaudum  archiepifcopum,  &  Ermengaudus  ar- 
marum  noftrarum  &  genitoris  noftri  atque  genitri-  cliiepilcopus  dédit  prædidum  alodem  fàndo  Jufto 
cis,  vel  pro  remedio  animarum  fratris  noftri  Gri-  &  Paftore. 
maldi  ;  propterea  cedimus  vel  donamus  ad  fupradidæ 

jam  cafæ-Dei  aliquid  de  rebus  noftris ,  quæ  nobis  "  •  "  ’ 

ex  hæreditate  parentum  noftrorum  legibus  obve-  X  C  I  I. 

nere.  Refident  autem  ipfæ  res  in  pago  Vivarienfî , 

invicaria  Prarellenfc,  in  villa  quæ  cucitur  Efcolenco  >  Donation  de  la  comteffe  Êerthe  atl 

hoc  eft  in  ecclt-fia  quæ  eft  confècrara  in  honorem  monaftere  de  Montmajour . 

fàndi  Andcoli  martyris,  &  quantum  ad  ipfam  ec- 

clcfîam  afpicit  vel  afpiccre  videtur,  totum  8c  ad  in-  T?  Go  in  Dei  nomine  Bcitha  comitiflà ,  cogito  de  — 

tegrum  cedimus  vel  donamus  ad  jam  fupradidam  C  anima  mca  8c  fènioris  mei  Raimundi  8c  hlii  mei  / 

ccclcfiam  fine  ulla  conrradidione.  Sane  fi  quis  Raimundi.  Dono  res  proprietatis  mcæ  S.  Mariæ  8c  S.  A( 

&c.  Fada  cana  ifta  eleemofinaria  feria  v.  menfè  Pctro  monafterii  infula  Montis-majoris,  8c  fratribus  1M1hi 


tegrum  cedimus  vel  donamus  ad  jam  fupradidam  Là  anima  mca  8c  fenioris  mei  Raimundi  8c  filii  mei  An.  960* 
ccclcfiam  fine  ulla  conrradidione.  Sane  fi  quis  Raimundi.  Dono  rcs  proprietatis  mcæ  S.  Mariæ  8c  S.  Archive?  te 

8cc.  Fada  cana  ifta  eleemofinaria  feria  v.  menfè  Petro  monafterii  infula  Mon tis-majoris,  8c  fratribus 

Januario,  anno  d.  c  c  c  c. . . .  rcgnancc  Lothario  rege.  ibidem  Deo  fàmulantibus.  Ex  rebus  quæ  mihi  legibus  k.  4J 

S.  Guillcrmo  &  fratre  ejus,  S.  Armando,  S.  Gui-  obvenerunt  ex  parte  avuncnlimei  Ubonis  regis  in  96°* 
donc,  S.  lfnardo,  S.  Landagario,  S.  Mccganfredo,  regno  Gociæ  incomitatu  Suftantioncnfi ,  dono  vil- 
S.  A  vit#.  lam  indominicatam  quam  vocant  Candianicas  cum 

manfo  indominicato ,  &  ecclefia  fàndorum  Cofinæ 
8c  Damiani  aim  omnibus  appetidiciis  vel  quidquid^ 
x  q  j  iid  ipfàm  villam  afpicit,  videlicet  cum  fèrvis  8c  an- 

cillis  uaiufque  fexus;  villam  quæ  vocatur  Bernatis 
Encavement  fait  par  slrfînde  comte  (Te  de  res  ^  &  ,fcIcfiam  J°^nnis  vel 

&  r,sfiUUsc'T  oan 

\  &  Raimond  y  des  alleus  qu  ils  av oient  villam  pertinerc  videtur,  mancipia  fèrvos  8c  ancil- 
dans  le  comte  de  Narbonne.  las  in  villa  Magalonenfc,  &  alias  fes  quæ  dicuntur 

— -  PoflèflioluS’,  8c  quidquid  ibi  poffideo,  villam  Porcia-  t 

Vers  l’an  TT  Æc  eft  commemoratio  de  alode  SS.  Jufti  8c  nus,  manfum,  ecclefiam  fândi  Pétri,  8c  mancipia 
9 59.  il  Paftoris  de  Magrinnano ,  &  de  Amennolela.  cum  fuis  pertinentiis.  In  regno  Provinciæ  in  comi- 
'Onuiairede  In  primis  ipfum  alode  de  Magrinnano  &deCugcia-  catu  Friuiienfi  curtcm  Valignatis  8c  quidquid  ad 
deNaiî*dra,c  co>  (]lTantum  ,n  prædidis  villis  habebat  Arfindis  illam  afpicit  cum  fèrvis  &ancillisj  incomitatu  Re- 
c‘  comitiflà  cum  filiis  fuisOdo  &Raimundo  mifèrunt  genfi  villas  Crocium  &  Vermiliumcum  fèrvis  an- 
in  pignus  ad  Ebreos  Sabrono  8c  Barala  propter  fo li-  cillis  8c  appendices  5  in  comitatu  Vapinchis  vil|as 
dos  mille.  Poftea  Gairo  habuit  convcnmm  cum  præ-  dominicatas  Molion  ,  Dianovam  ,  C-allulus  ,  Lu- 
didis  comitibus  Odo  8c  Raimundo,  ut  jamdidus  nateis,  &  Caricampus  cum  manfis,  mancipiis,  fer- 
Gairo  redimeret  prædidum  alodem  de  Magrinna  vis  &appendiciis  earum  j  ecclefiam  fàndi  Pétri  cum 
&  de  Cugciago  de  jamdidis  Ebreis  propter  folidos  villa  Marnenno,  neenon  rebus  &  mancipiis  ad  eam 
mille,  ficut  8c  fecir,  &  quia  Gairo  redemit  prædi-  pertinentibus ,  vallem  Cortrinciam  8c  quidquid  in 
dum  alodem  ,  dederunt  ei  quanmm  habebant  in  ea  poftidco-,  in  comitatu  Vafionenfi,  curtem  Ca- 
ipflim  alodem  de  Amennolela,  vel  aliis  villulis  cir-  vegondis  res  &  mancipia,  manfos, terras &alia  ad  me 
cum  circa  fibi  fubjcdis  propter  precium  folidos  tre-  pertinentia  -,  in  comitatu  Atenfi ,  in  pago  Albionenfè, 

centosj  &  infuper  prædidi  comités  convenerunt  ad  in  loco  Sagatello . cum  omnibus  appendiciis 

Tome  11.  Cij 


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ÏOÎ 


PREUVES  DE  L*  HISTOIRE 


10+ 


aureo,  res  &  mancipi^,  villa  quæ  dicitur  Leuca-,  in 
comitatu  Orifionenle >  in  villa  Afclannis ,  res  &  man- 
frLd*n.e.  c,P'a>  in  comitatu  Trace  nfe  * ,  dimidiam  ecclcfiam 
fanûi  Johannis  villa:  Trexiani  ,  villas  Pater- 
nam  ôc  Calefonem  &  Macefonem  vallem  cum 


four  Tncafti- 
***nCc>p*r/jrr 
«/*• 


An.  960. 

Cartulaire  de 
l’tbbaye  de 
Beaulieu  en 
BimouHn. 

V.  Jujlel. 
fr.  de  Tur.f . 


vel  adjacentiis  earum,  quidquid  poflidco  in  Monto-  cenfi ,  quod  eft  fitum  fuper  alveum  Sileris ,  &  do. 

-  —  o - :  •  -ii  »•  *  •  mino  Calftoni  abbati  ejufdem  loci,  ecclefiam  (an- 

&æ  Mariæ  de  Artellis  cum  omnibus  ædificiis,  &c.* 
Conlilio  Stephani  Cathurcenfis  epilcopi  in  perpe- 
tuum  trado ,  ut  domnus  Calfto  abbas,  ejufque  lue. 
ceflores  femper  teneant  &  poflideant.  In  primisec- 
omnibus  ad  eas  (pe&andbus  *,  in  comitatu  Dienle  clelîam  (àncSti  Medardi  quam  de  domino  Calftone 

: - 11  0  1  '  *  *  •  1  »  abbate  habeo  >  ad  illos  quos  ipfc  domnus  Calfto 

milerit  ad  Deo  (èrviendum ,  in  ipfo  loco  qui  dicitur 
fan&æ  Mariæ  ex  Artellis  feu  Fonds  dono.  Similicer 
illo  manlo  de  ilia  Beceria  cum  bolco ,  &c.  Hæc  autem 
omnia  confirmavit  lênior  meusdominusStephanus 
Cathurcenfis  epilcopus ,  &  omnes  alii  probi  homi- 
nes  &  propinqui  mei.  Ipfe  vero  dominus  Calfto 
perrexit  ad  Romam  ,  &  rogavit  dominum  papam 
Bcncdichim  ut  fibi  hæc  omnia  conhrmaret,  quod 
Ôc  fccit.  Ula  mea  ecclefia  deMeledo ,  cum  ipfà  villa 
Ramgardi  uxori  mcæ  dimitto >  &c.  Ulos  alodes 
Dcfconis  quæ  Bellcdrudis  uxor  mea  matri  dimifit, 
Ramgordis  uxori  meæ  dimitto  pro  ilia  compofîrione 
quæ  lànifti  Stephani  de  Cathurcio  dédit,  utfadat 
quæcumque  voluerit.  Ilia  meacurtede  Boiliaco  cum 
ecclelia  de  làn&o  Joânne  ad  filias  racas  dimitto , 
&c.  De  vinea  quæ  infantes  Bonaldi  plantaverunt 
quæque  Rotbertus  &  Geraldus  tenucrunt ,  Hugoni 
confanguineo  meo  dimitto  :  in  tali  vero  ratione  ut 
adjutor  ad  cleemolynam  meam  quam  fcci  in  Fontes 
fartclo  Salvatori  de  Figiaco  permanenrem  inordinc 


in  valle  Salavanis  res  &  mancipia,  &  quidquid  ad 
ipfam  perrinet.  Quæ  omnia  tam  veftita  quam  vefta 
dono  prædidtis  fan&is  Ôc  monachis  infulæ  Montis- 
majoris ,  &c.  Facta  donatio  1  v.  calendas  Mardi , 
anno  vi.  régnante  Lorhario  rege  Francorum.  S.Ber- 
tha  comidlla,  S.  Emens  vicecomes  firmavit ,  S.  Bel- 
iardus  firmavit,  S.  Willelmus  firmavit,  S.  Bcmar- 
dus  judex  firmavit. 


X  C  I  1 1. 

Plaid  tenu  en  Qu  en  i  par  Raymond  I. 
comte  de  Rcuerque. 

Otitia  guirpitionis  vel  confignationis ,  in  co~ 


I) 


rom  prefcntia  qui  ob  rem  adfuerunt ,  vel  ante 
Raymundum  comitem ,  feu  ôc  ante  nos  nobiliflîmos 
viros  qui  hanc  notiriam  (ubtcrfirmavcrunt.  Qualiter 
venientes  duo honorabilcs  vin,  Bemardus  vidclicet 

&Gerbcrtus  ad  ecclefiam  fan&i  Saturnini,  die  Ve-  w  .  _ 

neris  ter*10  fà11  >  jamdiûum Raymundum  monaftico  ad  honorem  Dei,  &  ilium  capmanfiim 
comitem ,  &  ante  alios  nobiles  viros ,  interpellabat  quæ  habui  de  Fraunone  lit  Ranulpho  nepoti  meo 
quifque  unus  ecclefiam  (àndti  Medardi  cum  ip(à  hho  Hugoni  &c.  Illo  fevo.de  Limanico  quæfiiic 
cune  quæ  dicitur  Prifca ,  quam  Rigaldus  pro  reme-  Ranulpho  avo  meo ,  quæ  tenuit  de  comité  Hugoni, 
dio  animæ  fuæ  fuorumque  parentum  Cin6to  Petro  dimitto  ôc  Geraldo  &  Ranulpho  filiis  fuis  ,  &  illo 
Belliloccnfi  ,  in  ftipendiis  &  ufibus  monachorum  fevo  quæ  fiait  Guinabeito ,  dimitto  medietatem  ad 
ibidem  fervientium  diviferat  poft  mortem  filii  fui  filias  Aymerici  &c.  Iftas  eeelefias  quæ  ibi  fuperius 
Geraldi:  illis  fiquidem  inter  le  contendentibus ,  ju-  funt  fcriptæ ,  ipfi  clerici  qui  eastenent  non  recumam 
dicavit  prædidus  Raymundus,  &  alii  venerabiles  ei  quamdiu  vixerint,  &  fi  ullus  fècerit  redimere,  ap- 
afliftentes,  &  ut  ipfi  duo  prætaxati  viri  vicarios  fibi  prehendat  Stcphanus  epifeopus  fuas  &  Ramundus 
duos  cligerent  ad  ccrtamen  expeditos ,  quo  Dominus  cornes  fuas ,  Ôc  faciant  quæcumque  facere  voluerinu 
manifeftare  dignetur  veritatem  hujus  rei ,  quod  ita  Et  illas  vineas  quartales  teneant  illas ,  ipfi  qui  eas 
factum.  Nam  fccunda  dici  hora  certantibus  ulquc  plantaverunt  ad  quartum.  Et  fi  ullus  homo  fccerit 
ad  folisoccafum,  neminem  quippe  cemereteorum  cis  illas  redimere  ,  appréhendât  Hugo  Blancus  ÔC 
vincere,  judicavcrunt  memorati  Raymundus  cornes  filii  fui  inopus  fuum,  &  faciant  quaccumque  facerc 
cæterique  ôc  in  circuitu  fidélités,  cuiquam  eorum  voluerint.  S.  Ranulphi  &  uxoris  dix  Ramgardis, 
Bernardi  vel  Gcrberti,  nihil  ad  poflidendum  juri  qui  brevem  iftumlcribcre  vel  affirmare  rogavemnt. 
debere  in  ufus  vfirparc,  (èd  potius  Domino  om-  S.  Aimoni,  S.  Ranulphi,  S.  Euftorgii,  S.  Garini, 


mum  creatori ,  &  fan&o  Petro  Belliloccnfi  apofto- 
lorum  principi,  in  ufibus  monachorum  inibi  degen- 
tium  expenefi,  cui  prædiâus  Rigaldus  pro  reme- 
dio  animæ  fuæ  devoverat  offerre.  Judicavit  iterum 
memoratus  cornes ,  contraque  ei  aflîftens  turba , 


S.  Geraldi. 


xcv. 


Vers  F  Ah 
960. 

Archives  de 
U  Cathédrale 


quod  exinde  Deo&fandlo  Petro  guirpitionem  Ber-  T cjlamcnt  d’HugUCS  éveque  deTouloufe, 
nardus  &  uxor  fua  Stcvcna ,  (eu  &  Gerbcrtus  facere 

deberent ,  quod  ita  &  feccrunt.  Fa£h  guirpitio  ifta  \  Uthoritatc  (âcræ  legis  præfinitum  elle  viderur 
in  menfe  Julio ,  anno  odavo  fub  Lothario  rege.  quicquid  homo  de  reditibus  facerc  voluerit 

S.  Bernardi  &  uxoris  fuæ  Stevenæ ,  &Gerbcrti,  qui  ’  liccnter  audeat*  roborarc ,  &  roborando  pcrficere. 
edam  pro  amore  Domini  &  fan6ki  Pétri  hanc  guir-  Ob  hoc  igitur  in  Dei  nominc ,  ego  Hugo  quamvis 
pitionem  fieri  vel  adfirmari  rogaverunt:  aliis  vero  indignus  Tolofæ  Dei  dono  epilcopus,  reminifeens  r. 

nobilibus  viris  præfentibus  adtum  fuit.  S.  Raymundi  magni  judicii  dicm  ,  &c.  Propterea  rccognofcens 

me  graviter  deliquilfe,  pro  rcmilfione  mcorumfa- 
cinorum,  idco  brevem  aivifionalcm  facio  de  omni¬ 
bus  rebus  mcis  acquilitis  tam  de  alodibus  quam  de 
rebus  mobilibus.  Fidejullbribus  meis,imprimi$Ra- 
mundo  confite  &  filio  fuo  Hugoni ,  neenon  & 
Amaldo ,  &  Udalrigo ,  Bernardo  ôc  fratri  fuo  Gaufi 
berro ,  &  Geraldo  primicerio &  Mironi  decano 


comitis ,  S.  Stéphani  ,  S.  Hugonis  ,  S.  Matftedi , 
S.  Raynulphi ,  S.  Genefii. 


An.  960. 

K.  Dominic 
itpftnd.de  fTi 

r *!• 


XCIV. 

fondation  du  monafiere  ^'Artellis  ou  de 
Font  en  Querci. 


&  Rodalgo  canonico,  &  Hclicno  canonico.  Ifti 


’•  "O  Revis  mcmorialis  quem  fecit  fâccrc  dominus  omnes  fuprafcripti  licèntiam  habeant  in  omnibus 
D  Ranulfiis.  Ego  Ranulfûs  dono  Domino  Deo  diftribuendi  atque  confirmandi  omnes  fàcultates 
*"  &  Salvatori  noftro  Jefu  Cbrifto ,  &  cxnobio  Figia-  meas  eedefiis  Dei ,  five  clericis  five  pauperibus ,  atque 


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tof  D  Ë  LANGUEDOC.  lofi 

omnibus  cui  ego  injunxero  chartulas  confirmandi.  monte  cum  ipfâs  vineas  remancat  Auriolo  Sanrio 
Dono  itaque  unum  mytrum  ab  auro  fandlo  Stc-  dum  vivit ,  poft  fuum  difceflùm  remancat  findli 

fihano ,  8c  unum  miflalem  8c  alium  miflalem  cum  Pétri  Vermercenfis.  FaderviUa  &  ilia  bofcaria  rema- 
fdlionare.  Dono  itaque  ad  jamdidlo  loco  findli  Ste-  neat  Amardo.  Ipû  alodes  de  ipfo  Solario  vel  Iû  , 
phaniTolofæ  unum  alode  qui  eft  in  Colienfe  quem  8c  ipfc  alodes  quem  acquifivi  de  Donato  clerico, 
vocant  Ainils,  cum  ecclefia  quæ  eft  fùndata  in  ho-  quem  dicuntCafilis  remaneat  Rodgario  comité  dum 
nore  findli  Quintini  ;  in  ea  vero  ratione  dum  ego  vivit,  poft  fîium  difceflùm  remaneat  ûndli  Saturnini. 
&  Rodaldus  vivimus  ufùi  frudiuario  teneamus  ipfi  Ipfc  caûlis  cum  ipûs  vineas  quem  acquilivi  de  Ge* 
alodes.  Item  in  Colienfe  >  id  eft  in  Villa-nova  &  raldo,  Vibullono  villa,  remaneat  Bcrnardofilio  Gri- 
Somnagus  cum  ipfi  ecclefia ,  &  Flacidus  cum  ipfi  maldi ,  exceptos  illos  quatuor  aripendos  quos  tenec 
ecclefia,  &  Vemedus  poftmeum  difceflùm  rema-,  Bernardus  difpenûtor  ;  poft  difceflùm  fuum  rcma- 
neant  findlo  Satumino.  Ipfim  ecclefiam  de  findlo-f’  neat  findli  Saturnini.  Ipfc  alodes  de  findla  Gabella 


&  de  Caftcllono ,  &  de  ipfo  Brolio ,  &  de  Merentio 
&  de  Gradaqua  rcmaneant  Vodalrici  vel  filio  fuo  ; 

Èoft  difceflùm  veroeorum  remaneat  findli  Stephani. 

t  ille  cafùales  quem  acquifivi  de  Theodbcrto  cano- 
nico  cum  terris  fuis  remaneat  Theodorico  vel  filio 


Amatore  dum  vivit  Wilaberms  clericus  ufùi  fru- 
âuario  teneat,  &  alodem  aliiun  in  obedientiam  re- 
ncat,  &  poft  fiium  difceflùm  remaneat  findli  Ste¬ 
phani.  Dono  itaque  findli  Stephani  ipfiim  alodem 
quem  vocant  Pedlifo ,  &  teneat  Geraldus  in  obe¬ 
dientiam  exceptam  ecclefiam,  8c  ipfam  ecclefiam  fùo,  fi  eum  habuerit  de  légitima  muliere  •,  poft 
.  teneat  Eribertus  ûcerdos  dum  vivit,  poft  fùumdif-  fiium  difceflùm  remaneat  cui  alia  hærcditas  fuccefi 
,  cellum  remaneat  findli  Stephani.  Et  ipfiim  alodem  lcrit  y  8c  ipfc  de  findlo  Martino  de  Afto ,  rema- 
de  fanctas  Puellas  cum  ipfo  ecclefia  dono  findlo  neat  findli  Saturnini  ad  alodem.  Ipfc  alodes  quem 
Stephano.  Ipfiim  alodem  de  Candiago  remaneat  acquifivi  de  Geraldo  quem  dicunc  Poropafcualc , 
findli  Stephani  excepta  ecclefia ,  &ipfa  ecclefia  re-  remaneat  Theodgario  8c  Guillelmo  filio  fùo,  ufu- 
maneat  Geraldo  dum  vivit ,  8c  ipfum  alodem  teneat  frudiuario  :  poft  difceflùm  vero  eorum  remaneat 
in  obedientiam.  Ipfc  alodes  de  Canuas  cum  ipfi  cc-  findli  Saturnini.  Ipfc  alodes  de  findla  Camclla  cum 
clefia  quæ  eft  fùndata  in  honore  findli  Joannis  &  ipfi  ecclefia  remaneat  findli  Stephani.  Ipfc  alodes 
Becerones  remaneat  findli  Stephani ,  8c  teneat  Ge-  de  findlo  Marcello  &  de  Mafercs  cum  ipfi  ecclefia , 
raldus  in  obedientia.  Ipfi  ecclefia  quæ  eft  fùndata  &  iterum  Monafterium  cum  ipfo  alode  de  Pauliago 
in  honore  fandli  Martini  in  Afpirago  remaneat  remancat  Ramundo  comité  ;  poft  fuum  difceflùm 


remaneat  findti  Stephani.  Ipfè  alodes  de  Leus  cum 
ipfi  eccicfia  quæ  eft  fùndata  in  honore  finclæ  Maria? 
rem.incat  Amardo  filioli  meo  filio  Ifarni ,  dum  vivit 
ufùifrudluario  teneat,  poft  fiium  difceffiim  rema¬ 
ncat  findli  Saturnini ,  per  remedium  aniinæ  meæ 
vel  aniinæ  Ifirdi.  Ipfè  alodes  quem  acquifivi  de  Lu- 
ponc  præpofito  ubi  dicunt  Marciniano  fïve  Artizo, 
remaneat  Heriberto  ficerdori  dum  vivit,  poft  fuum 


Aimardo  ficerdoti  dum  vivit ,  cæterum  vero  alodes 
de  Afpirago  five  de  ilia  fagia ,  remaneat  S.  Stephani. 

Et  ipfc  alodes  de  Noù'ellanes  cum  ipfi  ecclefia  quæ 
eft  fùndata  in  honore  findli  Andreæ  ,  remaneat 
fimtfti  Stephani  8c  Geraldo  in  obedientiam.  Ipfi 
ecclefia  de  Bonago ,  quæ  eft  fùndata  in  honore  fin- 
ôâ  Pctri ,  dum  vivit  Bernardus  &  Raymundus  fi- 
lius  teneat  ufùs  frudiuario  >  poft  difceflùm  illorum , 
remaneat  findli  Stephani.  Ipfc  caftcllus  de  Saxago  difceffiim  remancat  findli  Stephani. 
remaneat  Rodgario  8c  Arfindæ  :  in  ca  vero  ratione 
fi  Hugo  epifcopus  mortuus  fùcrit  infra  uno  inenfe 
donent  fidcjulloribus  fùis  Rodgarius  8c  Arfindes 
valentes  folidos  mille  iriauro  8c argent©.  Durimano 
caftro  remaneat  Frotario ,  in  guarda  Bcrnardi  & 

Gauzberdi.  Ipû  ecclefia  quæ  eft  fiindata  in  honore 
fandli  Pctri,  remaneat  Guitario  8c  poft  fuum  dif- 
ceflùm  remancat  Thcodgarii,  ôcipfiRoca  cum  ipfi 
eccicfia  8c  Noiielliancs  remancat  ûhdli  Saturnini. 


X  C  VI. 

Extrait  de  quelques  Chartes . 


Aïi.c)6i4 


NOverint  omnes  quod  in  pago  quondam  Lug- 

dunenfi,  quod  nunc  eft  in  epifeopatu  Vakn-  t,imhire<Je 
Ipfè  alodes  quem  acquifivi  de  Abone  remaneat  An-  tinienfi ,  Gcilinusnobiliflimus  vir  &  potens ,  dequo  rabLv.  c  de 
moni  facerdoti  dum  vivit,  poft  fuum  difceflùm  re-  fupradidlumeft,  ciun  fiiaconjugenomine  Raimori,  s-  chn,rîé- 
mancat  findli  Saturnini.  Ipfe  alodes  de  Orzalis  cum  dédit  ecclefiam  in  loco  qui  dicitur  Manfo-Caviliano*,  *  MactxvUt*. 
ipfi  eccicfia  quæ  eft  fùndata  in  honore  fandli  Salva-  quæ  eft  confccrata  in  honorem  Salvatoris  noftricura 
toris  remancat  findli  Saturnini  in  Butcllas  ,  8c  te-  ipû  parrochia,  8c  claufode  vinea,  8c  viridario,  8c 
neat  Vintardus  in  obedientiam.  Sanclus  Marccllus  omnibus  adjacentiis  fuis;  ut  habeant  8c  poflideanc 

fèmpcr  rcclores  monafterii  findli  Theosfredi  fine 
ulla  contradiccnte  perfona  ;  8c  in  alio  loco  villam 
quæ  dicitur  Ç^nilis,  quantum  ibidem  per tineÇe  vi- 
debatur  8c  ejus  erat  poiJèlfionis  :  totum  eidem  mo- 
nafterio  contulit  jure  perpetuo.  Hæc  &  alia  bona 
ifHem  princeps  noftro  contulit  loco ,  &  Wlfàldo 
abbari  ut  fupradiclum  eft.  Hoc  autem  donum  fa- 
âum  fuit  menfc  Martio  ,  feria  1 1.  anno  Domini 


remaneat  Bemardo  epifeopo  dum  vivit,  vendere 
neque  alienarc  nullo  modo  poflît ,  ncque  ufiim 
neque  fundus  ;  poft  fuum  difceflùm  remancat  ûndlæ 
MariæFabricatæ.  Gudromuscum  ipû  eccicfia  rema¬ 
neat  Rodgario  dum  vivit,  poft  fuum  difceflùm  ré¬ 
manent  findlæ  Mariæ  Fabricatæ.  Pat...  nucis rema¬ 
neat  fanâi  Stephani.  Ipfi  Culteria  cum  ipû  ecclefia 
“uæ  eft  fùndata  in  honore  findli  Stephani,  &  ipfiim 


alodem  quem  vocant  (indium  Simplicium  cum  ipû  d.  cccclx  i.  indidlione  mi.  régnante  Lotherio.* 
ecclefia  remancat  Vodalrigo ,  8c  uxori  fùæ  Adalaifæ,  r 

8c  Bemardo  filio  eomm  ;  poft  difceflùm  vero  eorum  I  N  nomine  Domini ,  ego  Gariberga  &c  Hildinus 
remancat  fandli  Stephani.  Tcnulmontis  8c  Monta-  vicccomes,  8c  Ado  vicccomcs  ob  memoriam  pec-  Cimjiairedc 
magus  &  Blidanis  remancat  ûndli  Pctri  Lczatcnfis  caminum  noftrorum  condclcndam ,  à  Dco  infpirati  ^^G^ncim 
cœnobii.  Ipfè  alodes  quem  acquifivi  de  Amano,Gua-  donamus  eeelefiæ  findli  Salvatoris  Gclloncnfis,  ûn-  duDctcm  p. 
rino  Hugoni  à  filioli  mci  filio  Amclio  Gcraldi,  8c  dlæque  Crucis  vexillo ,  ûndloque  Widclmo,abbati  7# 
ipfc  alodes  quem  acquifivi  de  Scipione  8c  fratre  fùo  Gauzfredo  &  monachis  Gellonicis.. . .  alodem  quæ 
cum  terris  &  vineis.  Ipfe  alodes  de  Manulfellio  eftin  Subftanrionenfe,  in  villa  quæ  vocatur  Mairaui- 


AN.961. 


Vf. 


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I 


*07  PREUVES  DE  L’HISTOIRE  108 

chos  manfùm  unum  &c."&  in  alia  villa  quæ  vocatur  fàndæ  Mariæ  Rutenenfis  remaneat  :  &  ipfi  manfi  de 
Vcnranichos  caput  manfuram  unam  >  &c.  &  in  alia  Vabro ,  Grimaldo  remaneant ,  port  fuum  difceflum 
villa  quæ  vot  ant  Alairanichos  manfum  unum,  &c. . . .  fandæ  Mariæ  Rutenenfis.  Ilia  abadia  de  Rubiaco 
pro  rcmedio  animarum  noftrarum,  &  animæ  Aut-  una  medietas  rcmaneat  (an  6b  Maria  de  Anicio,  a  b 
garii  ,  üt  ei  Domtaus  tribuere  dignetur  æternam  tera  medietas  inter  ilia  fede  de  Uzecio ,  &  ilia  fede 
vitam.  Satie  fi  quis ,  &c.  Gariberga  fir.  Hildinonus  de  Viverio  remaneat.  Illos  alodes  quos  habeo  inNe- 
vicecomes  f.  Ado  vicecomes ,  f.  Widbertus ,  f.  Aud-  mofènfe ,  Bertanæ  remaneant  dummodo  vivit  :  poft 
bertus,  f.  Ebrardus,  f.  Witardus,  f.  Airulfùs,  fir.  fuum  difcellùm  ilia  medietas  rcmaneat  fàndæ  Mariæ 
Fada  eft  hæc  carta  anno  vu.  régnante  Lotherio  Nemaufenfi ,  alia  medietas  inter  fando  Baudilio>  & 
rege.  fando  Ægidio.  Illo  alode  quæ  de  Segenno  acquifivi, 

quod  Raynardus  vicecomes  Biterrenlis  habet  à  feo , 
J)  Ub  era  xci  t.  anno  v  1 1.  régnante  Leutario  rege,  Bertanæ  remaneat  dummodo  vivit  :  poft  (ùum  dif- 
Sicfredus  dat  fando  Petro  8c  Guarino  abbati  &om-  ceflTum  fandi  Salvatori s  Anahnenfis  remaneat.  Illo 


An.  9  6 1 .  j  Ub  era  xc  i  x.  anno  v  1 1.  régnante  Leutario  rege, 

Onuhire  de  Sicfredus  dat  fàndo  Petro  &  Guarino  abbati  &  om- 
l'&bhaye  de  ni  congrcgationi  monafterii  L  ezatenfis ,  alodem  no-  alode  de  Plumberias  Bertanæ  &  Raymundo  filio  meo 
mine  Malarubia  in  comitam  1  holofàno  in  vicaria  remaneat  dummodo  vivit  :  poft  illorum  difceflum 
Campacefo ,  &G.  fanda  Maria  ad  Anicio  remaneat.  Illo  alode  quæ 

comparavi  de  Poncione  ad  caput  de  Ati....Ray- 
-  mundus  habet  à  feo ,  ad  ilia  fede  de  Lodevarema- 

X  C  V  I  I.  ncat<&  teneat  Berta  dummodo  vivit.  Illo  alode  de 

Lupiano  aim  ipfa  eedefia ,  &  illo  alode  de  Lugis  *  *  « 
.  Te  filment  de  Raymond  I.  du  nom  comte  teneat  Berta  dummodo  vivit  :  poft  fuum  difcefïïim 
de  Roueryie ,  &  marquis  de  Gothie .  fandi  Juliani  Pfalmodio  remaneat.  JUo  alode  de  Ba- 

- -  larug  teneat  Berta  8c  Raymundus  dummodo  vivunt  : 

An.  5>6i.  T  N  nomine  Domini.  Breve  codicillô  quod  fecit  poft  eorum  deccflùm ,  una  medietas  remaneat  fandi 
mm.  d:pi.  JL  Raymundus  cornes  pro  remedium  animæ  fuæ,  Pétri  de  Magalona,  alia  medietas  remaneat  ad  ilia 
£  57z*  &  &  pro  genitore  fno,  &  pro  génitrice  fua  ,  &  pro  fede  de  Agadc.  Ulo  alode  de  Palagio  rcmaneat Ray- 
Coiiarionné  omnibus  fidelibus  fiiis.  Inprimis  dono  ad  illo  cœno-  mundo  &  Bertanæ  dummodo  vivunt:  poft  illorum 
Jer  eB^ô!  biodeConquasilla  medietatc  de  illo  alode  de  Aurinia-  difcellùm  ilia  certia  pars  fine  ilia  ecclefia ,  remaneat 
theque  Coi-  co  &  de  illas  ecclefias,  &  de  omnibus  villariis  quæ  fandi  Tiberii >  alia  tertia  pars  ab  ilia  medietatc  de 
iwSC,fui  ^  afpiciunt,  &  alia  medietatead  illo  cœnobio  de  ilia  ecclefia  rcmaneat  ad  ilia  fede  adBitc*ris,  alia 
eft  aux  Arc  h!  Figiaco.  Ilia  ecclefia  de  Acinnaco  teneat  Raynaldus  tertia  pars  ab  ilia  medietatc  de  ipfà  ecclefia  rema- 
transfe^s  T  dummodo  vivit  >  &  illo  alode  teneat  Stephanusdum-  ncat  ad  ilia  fede  de  Narbona.  Illo  alode  de  Caucos 
Monrauban ,  modo  vivit  :  poft  illorum  difcellùm  fandi  Salvato-  remaneat  Raymundo  &  Bertanæ  dummodo  vivunt: 

Telia  ment**  ^s  ^ '§’aco  remaneat  5  &  donet  Stephanus  &  Ray-  poft  illorum  difceflum  rcmaneat  una  tertia  pars  fàndi 
lenr.mKK#K.  naldus  ad  ipfos  monachos  per  fingulos  annos  me-  A.,  gni  altéra  tertia  pars  fàndi  Pétri  de  Joncellos, 

On  a  corrigé  diante  quadragefima  ,  unam  refedionem.  Illo  alode  alia  ténia  pars  fanda  Maria  ad  Quarante.  Illo  alode 
SansreTexce!  de  l^jjnanico ,  quod  Grimaldus  habet  à  feo  ,  &  Fro-  de  Caucio  quod  à  Raymundo  acquifivi  remaneat 
*  ™r<iué  lci  dinus  habet  à  feo  de  Raymundo  ,  8c  ilia  ecclefia  de  ilia  medietas  fanda  Maria  &  (àndi  Poncii  ad  Tome- 
Blanado,  Ugoni  filio  Geraldi  remaneat  dummodo  rias,  alia  medietas  fàndi  Pétri  ad  Caunas. Illo  alode 
vivit  :  poft  ltium  difceflum  fandi  Pétri  Bellilocenfis  de  Pcrpiniani ,  quod  de  Attone  acquifivi >  remaneat 
Temaneat ,  &  donet  ad  ipfos  monachos  per  fingu-  ilia  tertia  pars  fandi  Fclicis  ad  Gironda  ,  alia  tertia 

los  annos  unam  refedionem  medio  quadragefimæ.  pars  fandi  Pétri  ad  Rodas ,  alia  tertia  pars  ad  ilia 

*ai.  Odnago.  Illo  alode  de  Pomeriol ,  &  illo  alode  de  Tornago  ,*  fede  de  Helnn.  Illos  alodes  qui  fiicrunt  Amelio  vice- 

8c  illo  alode  de  Malftvalle  quod  de  illos  monachos  comité  de  Carcallôna,  ipfi  qui  funt  in  Narbonenfi, 

de  Aureliaco  8c  de  ipfo  abbatc  acquifivi,  fandi  remaneant  inter  fando  Jufto  8c  fando  Paulo,  & 
Pétri  &  fandi  Geraldi  ad  ipfo  cœnobio  remaneat.  alii  qui  funt  in  Carcaflcnfi  ,  ténia  pars  remaneat 
Iiloalodo  de  Vidaliaco,  quantum  ibi  afpicit,  cum  fànda  Maria  Crafià,  alia  ténia  pars  fandi  Joannis 
ipfa  ecclefia,  fandi  Pétri  Marciliaco  rémanent.  Illo  Valle-Scgario,  alia  tertia  pars  fandi  Nazariiad  Car-  * 
alode  de  Alico  &  de  Valanelone,  fandi  Pétri  Btlli-  calTona.  Illo  alode  de  Caucio  remaneat  fandi  Joan- 
locenfis  remaneat,  8c  ilia  medietatc  teneat  Aimericus  nis  Valle-Scgario.  Illo  alode  de  Villa-Nova ,  fanda 
dummodo  vivit ,  8c  donet  ad  ipfos  monachos  fin-  Maria  de  Soricino  rcmaneat.  Illo  alode  de  Brocello, 
gulos annos  unam  refedionem  medio  quadragefimæ.  Bernardo  filio  Rorgerio  rcmaneat  dummodo  vivit  : 

Illos  alodes  quos  acquifivi  df.  Guillelwo  comité  poft  fuum  difcellùm  fandi  Pétri  de  Caunas  remaneat. 
consanguineo  mro  ,  ilia  tertia  pars  remaneat  fanda  Illo  alode  de  Guttalongus  cum  ipfa  ecclefia,  &  cum 
Maria  Rutenenfis,  alia  tertia  pars  fandi  Aman-  omnibus  villariis  quæ  ibi  afpiciunrur,  fandi  Bene- 
tii,  alia  tertia  pars  fandi  Sacurnini.  ecclefia  de  didi  remaneant  &  fandi  Vincentii.  Illo  alode  quem 
fandi  Africain ,  &  illo  alode  de  Pedrcglago  quod  de  habeo  in  Cavalio ,  fandi  Bencdidi  &  fandi  Vincen- 
Ranulfo  acquifivi ,  fandi  Privati  Mimatenfis  rcma-  tii  remaneat ,  neminem  contradicentem.  Illo  alode 
neat.  Illo  alode  de  ilia  Rocheta  quod  de  Poncione  de  Bricio  ,  Frotcrio  epifeopo  rcmaneat  cum  ipfa 
acquifivi,  fandi  Salvatoris  Vabrenfis  remaneat  :  &  ecclefia  dummodo  vivit  :  poft  difceflum  fandi  Mi- 
4alio  alode  quod  de  Poncione  acquifivi,  quod  Ber-  chaelis  de  Galliaco  remaneat  in  communia.  Illo  alode 
nardus  de  Nante  habet  à  feo ,  fandi  Salvatoris  ad  ipfo  de  Francitia ,  fandi  Eugcnii  remaneat,  8c  teneat  ipfa 
cænobio  remaneat.  Illo  alode  de  Canavolas  ,  &  illo  ecclefia  Bcrengarius dummodo  vivit  :  poft  fuum  dif- 
alode  de  Crucio ,  &  illo  alode  de  Pociolos ,  &  illo  ceflurn  rcmaneat  cum  fuo  alode  fandi  Eugenii  ad 
allodio  de  Garriguas,  8c  illo  alode  de  Vidnago,  8c  Viancio.  Ilia  ecclefia  de  fando  Marcello,  Bernardo 
'  illo  alode  de  Longalaflà,  8c  illos  manfosde  Bonaldo  epifeopo  rcmaneat  ad  alodo  :  ipfo  alode  de  fando 
&  de  Serinco ,  Poncioni  abbati  rcmaneat  :  poft  fuo  Marcello  fandi  Salvii  remaneat ,  8c  poft  mortem  Bcr- 
quoque  difeeflù ,  fandi  Amantii  Rutenenfis  renia-  nardi  epifeopi ,  ipfa  ecclefia ,  fandi  Salvii  remaneat. 
neat.  Illo  alode  de  Sulciaco  cum  ipfa  ecclefia  teneat  Illo  alode  de  Lovcziaco  fanda  Cæcilia  remaneat , 
Deus-Deditepiicopus  dummodo  vivir,  poft  difceflum,  8c  teneat  ipia  ecclefia  Nodbcrtus  dummodo  vivit  : 


XCVIL 

Teftament  de  Raymond  I.  du  nom  comte 
de  Roueryie ,  ^  marquis  de  Gothie . 


An.  96 1. 


* 


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lof 


DE  LANGUEDOC 


tîê 


âi  Anconini  remaneant.  Ilia  tcrtia  pars  de  ali os  alo- 
des  meos  qu*  habeo  in  Agennenlc»  reinaueaf  Gau (- 
berto  abbate*  jx>û  finira  dilcellùm  lànâi  Pctri  Mu£ 
ciaco  remaneat  ;  alia  tertia  pars  inter  Exc Üo  8c  làn- 
(ko  V incentio-febricato  ,  alia  tcrtia  pars  remaneat 
lànâi  Caprafii,  exceptis  quaî  Auftorgius  tcnct:  8C 
port  dilcellùm  Auftorgii  S.  Caprafii  remaneat.  Illo 


*4J.À4Co«- 

I  ccu. 


poft  luum  dilcellùm  Cmdx  Carciliæ  remaneat.  Illo 
alode  de  Avacio  lànâa  Marciana  remaneat.  Illo  alo¬ 
de  de  lànâo  Viâore ,  lànâi  Vincentii  remaneac  cum 
ipû  oeelefia,  &  teneat  iplàna  alodem  cuin  iplà  eccle- 
lu  Ermcngaudus  abbas  dummodo  vivir  :  poft  fuura 
dilcellùm  lànâi  Vincentii  remaneat.  Illo  al  ode  de 
Vertucio ,  Bcmardo  &  uxori  Cuæ  Adeiais  remaneat  : 

Ci  unus  mortuus  fuerit,  ad  alium  remaneat  :  poft  alode  de Mdcyerrulo  cum  iplasvineas,  &illasvinca$ 
illorum  dilcellùm  remaneat  una  terria  pars  fenâi  dePogio-cenlaldo,  &  illas  vineasde  Orrigcrias,  Ugo* 
Michaëlis  ad  Galliaco ,  alia  pars  fancti  Salvatoris  de  ni  nepoti  mco  permaneat:  poft  fiium  dilcelïùm  Ray- 
*"  Comberas,  ¥  alia  tèrtia  pars  lànâi  Audardi  rema-  mundo  £ratrefuo  remaneat.  Illo  feoquodSancius  ha- 
ncat.  Illo  alode  de  ilia  Rocha  quæ  de  Aymerico  bet,  remaneat  ad  ipfoSancioni  ad  alodc,  exccptisilla 

acquifivi,  lànâi  Leoncii  remaneat.  Ulo  alode  de  vinca  de  Pogioced  Scanniofo.  Illo  alode  de  illo  8o£ 
Mazirios  quæde  Augerio  acquifivi,  lànâi  Bencdiâi  cheto,S.Rulina  remaneat.Ulo  alode  de  Marca,S.Pctri 
Caftrenlis  remaneat.  Illo  alodc  de  Frodino  cum  iplà  &  S.Gerardi  de  Cairago  remaneat.  Illo  alodc  de  Lau- 
ecclclia,  6c  illo  alode  de  Porteilo  cum  iplâ  eeddia*  giago  ,  8c  illo  alode  de  Fcfligo,  8c  illo  alodc  do 
&  illo  aiode  de  Altidinger  aim  iplàccddia,  &  illo  •  Campoguidano  cum  iplàs  eedefias,  8c  itlo  alode 
alode  de  Striâo-fonte  cum  ipla  ecdclia  ,  8c  illo  de  Valeocio,  Adcmario  vicecomite  Tolo&ao  rema- 
alode  de  Canaucellas  cum  iplà  ecclclia ,  8c  illo  alode  neat  ;  in  taii  vero  rationc  ,  ut  dcemofyna  mea  ad- 
de  Bonofollo  cum  iplà  eeclefia,  lànâi  Saturnini  rc-  firmet ,  8c  C  filium  habeat  de  mulicrc  qui  hæredi- 
maneant.  Illo  alode  de  Rochas  ,  8c  illo  alode  de  tatem  hæreditare  debeat,  ad  ilium  remaneat  illo 
Ventenago,  $c  illo  alode  de  Rcmeddo,  illo  alode  alode  de  Laugiago.  Poft  dilcdlùm  Ademaro,  illo 
de  Bordas  cum  ipla  'fccclefia,  8c  illo  alode  de  Alta-  alode  de  Fellàgo  lànâi  Antonini  remaneat;  &  illo 
•w.Gmeni-  rago  cum  iplà  eccleiia ,  illo  alode  de  Narveis  *  cum  alode  de  Campoguidano,  poft  difcellimt  Ademaro# 
ilia  capella ,  illo  alode  de  Tomolis ,  làndo  Simpli-  lànâo  Audardo  remaneat  ;  8c  Ci  Ademarus  filiutn 
cio,  Moranorivo ,  Saxons ,  Cabdmerio ,  Fredbo$,  de  muliere non habet,  qui  harreditatem  luam  haere- 
ifti  alodes  cum  iplàs  ecclelias,  lànâi  Stephani  Tolo-  ditaret,  iplo  alodc  de  Laugiaco  lànâi  Pctri  &  lànâi 
lenlîs,  ôc  lànâa  Maria-Fabricaca  remaneant.  Illo  alode  Gerardi  de  Cairago  remaneat.  Illo  alode  de  Brada- 
de  Sadrebone  lànâi  Volufiani  remaneat;  8c illo  alo-  co ,  Raymundo  lilio  mco  8c  Hugoni  filio  mco  rc- 
de  de  Carliago  Rogerio  filio  Arnaido ,  remaneac  :  maneat  ;  in  taii  vero  ratione  quod  cencat  iplo  caftelio 
poft  fiium  dilcellùm  làncli  Antonini  Fredelcfio  re-  &  iplo  feo  Arnaldus  &  Hormis  quod  habent  de 
maneat.  Ulo  de  Murello  ,  8c  illo  alode  de  Salas,  ipfo  alode,  fi  taie  forsfeâum  non  fàdunt  in  con- 
lànâi  Pétri  de  Lelàdo  remanear.  Ulo  alode  de  Ca-  tra  unuin,  de  quod  iplo  fco  haberc  non  debeant. 
rantvalle,  &  illo  alodc  de  Donadfrancio  WiHelmo  Illo  alode  de  iplo  Pojeto  ,  &illoallodc  deGe- 
Garcianæ  remaneat  dummodo  vivit:  poft  fiium  nebrerias  Raymundo  8c  Amaivino  6 ircc  fuo  rcma- 
di/ceftiira  (àncb  Pctri  de  Condom,  8c  Candi  Uren-  néant:  8c  poil  dficdlùm  Ademaro,  illo  alode  de  ' 
tii  ad  Aulcio  remaneat.  Ulo  alo^le  de  làncli  Martini  Balentios  ad  iplos  remaneat:  8c  poft  illorum  di/ccfi- 
de  Bellocallo,  ilia  ecclclia  teneat  Bolomeus  dum-  /  CimS.  NeoÊuii  remaneat.  Ulo  caftelio  deTolmone 
modo  vivit:  poft fuiun  dilcelîinn  làncli  Pctri  Mu£  cum  iplo  alode  de  Albafolia,  <3Ccum  iplà  ccclc/ia* 
fiaco  remanea:.  Illo  alode  de  (ancli  Salvatoris  cum  &  illo  alode  de  Guallaranis  ¥  cum  iplà  ec défia,  8C 
iplà  ecclclia,  làncli  Pctri  Mulfiaco  remaneac,  8c  te-  illo  alode  de  Varliago  cum  iplà  ccddia,  8c  cum 
neat  iplà  eccleiia  Jeremias  prelbyter  dummodo  aliis  ibi  pertinentibus  ,  Raymundo  8c  Hugoni  ro- 
vivit.  Illo  alode  de  Circiolis ,  Ugoni  nepoti  meo  maneant  dummodo  vivunt  :  8c  li  iili  mortui  fucriü^ 
remaneat:  poft  luum  difceftimi  làntfti  Pctri  Mullia-  làncli  Audardi  remaneant.  Iplo  caftelio  quod  vo- 
co  remaneat  ilia  medietas ,  alia  medieras  Arnaido  cane  Wandalors,  cum  iploaloue  de  làndla Maria, 

8c  filio  fuo  Siguino ,  quod  hodie  habet,  remaneat:  Raymundo  filio  meo  8c  Hugoni  filio  mco  rema- 
poft  illorum  dilcdliim  lânefti  Pctri  Mulliaco  rema-  neatv:  poft  illorum  dilce'lbm  lànéli  Pétri  Muldaco 
ncat.  Illo  alodc  de  Maimanicas,  illo  alode  de  Pa-  rcmaneat/lllo  caftelio  quod  vocajic  Cailô ,  Bertanar* 

'  ludis,  illo  alode  de  valle  Ardrico,  illo  alode  deLo-  remaneat  cum  iplo  alodc  de  Arduino,  &cum  iplà 

gio ,  illo  alodio  de  Podiomejano ,  illo  alode  de  Lau-  ccdelîa,  &  cum  iplo  alode  de  Antiago ,  8c  cum  iplàs 

ïrol,  iftialodes  làncli  Stepliani  Cadurccnfis rema-  ecclelias;  8c  poft  dilccftîim  luum  Raymundo  fiJio 
néant  neminem  contradicentem.  Illo  alode  de  ilia  fijo  remaneat  :  &  fi  Raymundus  mortuus  fuerit , 
Guarda  cum  iplà  ecdclia,  8c  illo  alode  deLololario  Bcmardo  &  uxori  fiiæ  Adeiais  rctnancar;  8c  Ci  in- 
teneat  Hugo  filius  nofter  ¥  dummodo  vivir  :  poft  fans  malculus  de  illis  pariter  apparuerit ,  ad  ilium 
fiium  dilcellùm  làndi  Stephani  Caturccnlîs  rema-  remaneat;  &  fi  illi  mortui  fùerint  qui infàntem  non 
neat  neminem  contradicentem.  Illo  alode  de  Bello-  habuermt,  Hugoni  remaneac;  8c  li  Hugo  momies 
pogio  teneat  Aymerkus  ,  dummodo  vivit  :  poft  fuerit ,  illc  alodcs  de  Antiago  remaneat  làfrfti  Stt- 

lùum  dilcellùm,  lànâi  Stephani  Caturccnlîs  rema-  pliani  Cadurcenfis  cum  ilia medietate  de  iplbcaftet 

Vtwiaic.  ncat.  Ulo  alode  de  Sabadcllo  &de  Prandicile  *cum  Jo;  8c  illcalodes  de  Arduino  etm  ilia  medictate  dt 

iplà  eccleiia,  (and i  Stephani  remaneat  neminem  illo  caftelio,  Qn&i  Pétri  Mulciaco  remaneat.  Illo  alo^ 

contradicentem.  Illo  alode  de  Francor  8c  ad  unum  de  de  Auialio  cum  ipfa  ecclclia,  8c  c:un  omnibai 

cui  illc  laxaverit:  poft  mortem  illorum  làndli  Ste-  villariis  cjnx  ibi  alpiciunt,  Bernardo  &  uxori  (ùar 

phani  Carurcenfis  remaneat.  Ilia  quarta  parte  de  ilia  Adeiais  remaneat:  6c  poft  dilcelTùtn  illorum  ad  k>- 

ccdelia  lànâi  Ciricii,  &  illo  alode  quod  ego  acqui-  fentes  illorum  remaneat;  8c  fi  infens  de  illos  non 

fivi  in  Deumpancala  ,  lànâi  Audardi  remaneat.  apparuerit,  remaneat  inter  Vabro  8c  Âgnarm,  de 

Illo  alode  de  Mongio  ,  lànâi  Audardi  remaneat.  Nante ,  &  dividant  æqualitcr.  Ilia  p3rte  quod  ego 

Üla  eccleiia  Ricario  filio  Ilârno  remaneat  ad  alodc  ;  Raymundus  habeo  in  caftelio  de  Gordone  &  in  iUo 

poft  fuum  dilcellùm  lànâi  Audardi  remaneat  cum  alode  de  Gordooenfê  ,  Aymerico  remaneac  8c  O* 

*  4/.Canro.  aü0  alodc.  Illo  alode  de  Cauco  ¥  cum  iplà  eccleiia,  raldo  filio  fiio,  &  ad  filios  Geraldo:  8c  illo  alod# 

8c  illo  alode  de  Probiianicas  cum  iplà  ecdclia,  fan-  de  lànâo  Amcra&do  cum  omnibus  apptnüw 


Qaaxira,# 

nie. 


•  C'e fl  di  “Jt 
q*'il  y  4  ddnt 
l  »n£in*t ,  y 
non  p* i  Hfr- 
tran  lo  »  cm * 
me  on  ht  Jd»t 


*d.  Mou. 


I 


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ni  PREUVES  DE 

iimilircc  remaneat  Aymerico  &  Gcraldo  filio  fuo > 

&  ad  filios  Geraldo  *,  &  fi  illi  mortui  fùerint ,  rema¬ 
neat  inter  fondo  Scephano  Cadurctjft,  &  fondo 
Pctro  Mardliaco ,  &  fonda  Maria  Soiiaco  *,  &  fi 
Raymundus  mortuus  fuerit  ,  donet  Aymericus  aut 
Getaldus,  aut  filii  Geraldo  qua  lis  vivus  fuerit ,  D.  fb- 
lidos  Hugoni  nepoti  meo  *,  &  fi  Hugo  mortuus  eft  » 
fondi  Pétri  Marciliaco.  Iplb  caftello  de  Caganione 
cum  iplb  alode,  &  cum  ipfa  ecclefia  de  Laurguo  , 

&  cum  ipfo  alode  de  quod  habeo  in  Campolam , 

&  cum  illo  alode  Nanroinis  cum  ipfà  ecclefia  , 

&  cum  ipfo  alode  de  Marcilio  cum  ipfo  ecclefia  de 
fondo  Simplirio >  exccpris  ilia  ecclefia  nova >  &  illo' 
manfb  ubi  ecclefia  eft  ,  Hugoni  &  Ermengaudo 
fratre  fûo  remaneat ,  &  teneat  ipfa  ecclefia  de  fon¬ 
do  Simplido,  Stephanus  &  filius  fùus  à  feodum- 
modo  vivunt  :  poft  illotum  difceflùm  illo  alode 
de  Laurgo  >  &  illo  alode  de  Nantoinis  remaneat 
intet  fondo  Stephano  Caturcenfi,  &  fonda  Maria 
ad  ipfo  dmererio.  Ulo  caftello  ^e  Parifio  cum  ipfo 
alode  deTaxairolas  cum  ipfo  ecclefia ,  &  ipfa  ecclc- 
fia  de  Afinieyras  cum  ipfo  alode  de  Falgairolas ,  & 
cum  ipfo  alode  deNovi-villa,  &  cum  ipfo  ecclefia , 
•«•J.Haitorio.  &  cum  ipfo  alode  de  Torrerio,  *  &  cum  ipfo  de 
Felinas ,  &  cum  ipfo  ecclefia,  Hugoni  &  Ermen¬ 
gaudo  fratre  fuo  remaneat  *,  &  illo  caftello  de  Pari- 
fîo  teneat  Malbertus  à  feo  de  Hugone  &  de  Er¬ 
mengaudo  dummodo  vivit:  &  poft  difceflùm  illo- 
rum  ifti  alodes  remaneant  inter  Figiaco ,  &  Marci¬ 
liaco  ,  &  Caturdo ,  &  fondo  Antonino  ,  &  Albio  *, 

&  dividant  axjualiter  ,  excepto  caftello  de  Parifio , 

&  illo  alode  de  Taxairolas  ,&  ecclefia  de  Afinierras , 

&  illo  alode  de  Falgairolas  :  &  fi  Ermengaudus  fine 
filio  mortuus  fuerit ,  ad  ipfos  fondos  remaneat  >  & 
fi  filium  de  muliere  habeat ,  ad  ilium  remaneat  : 

&  poft  difceflùm  de  ipfo  filio  Ermengaudi ,  ad  ip¬ 
fos  fondos  remaneat.  Illo  caftello  de  Albinio  ,  & 
illo  alode  deSinilio  cum  ipfo  ecclefia,  &  illo  alode 
de  Brandonedo,  &  de  alio  de  Brandonedo  cum 
ipfas  ecclefias,  &  illo  alode  de  Perizedo  cum  ipfo 
ecclefia ,  remaneat  ad  filios  meos  quos  ego  Ray¬ 
mundus  habeo  de  filia  Odoino  :  &  illo  alode  de 
Campolivado  cum  ipfo  ecclefia  ,  &  illo  manfo  de 
Caraufiaco ,  remaneat  ad  filia  mea  quam  habeo  ab 
ipfo  filia  Odoini  >  &  fi  ilia  infontem  mafoulum  non 
nabet  legitimum ,  remaneat  ad  germanos  fuos  :  & 
poft  illorum  difceflùm ,  remaneat  fonda  Maria  Ru¬ 
tenis-,  etfi  filium  habetde  jugale,  ad  ipfum  rema¬ 
neat  :  &  poft  difceflùm  de  iplb  filio ,  fonda  Maria 
Rutenenns  remaneat*,  &  fi  ipli  filii  mei  de  filia  Odoini 
mortui  fuerint  fine  filios ,  remaneat  ifte  alodus  de 
Brandonedo  cum  ipfa  ecclefia  fonda  Maria,  fonda 
Fide  ad  Conquas  remaneat,  &  alio  Brandonedo  fondi 
Satumini  remaneat  :  &  illo  alode  de  Perizedo ,  & 
alio  alode  deSinilio ,  &  illo  alode  de  Albaredo  fondi 
Amantii  remaneat  *,  &  donet  ille  abbas  de  S.  Amantii 
in  efcambio  fondi  Salvatoris  Vabrenfis ,  valence  illo 
alode  de  Sinilio ,  ut  plus  prope  potuerit  de  Vabro  : 
&  fi  filium  habeat  de  muliere,  ad  ilium  remaneat  ; 
&  poft  difceflùm  de  ipfo  filio  ad  ipfos  fondos  rema¬ 
neant.  Illo  alode  de  illo  Hermo,Ingelberto  remaneat, 
&  poft  fùum  difceflùm  fondo  Petro  Mufciaci  rema¬ 
neat,  &  donet  Ingelbertus  per  fingulos  annos  ad  illos 
monachos  de  Mufciaco  unam  refedioncm  medio 
quadragefimæ.  Illo  alode  de  Elvas ,  Jaldeberto  rema¬ 
neat  cum  ipfo  ecclefia ,  &  cum  omnibus  villariis  quas 
ibi  àfpidunt ,  in  tali  ratione ,  fi  filium  habeat  de 
muliere ,  ad  ilium  remaneat  -,  &  fi  filium  de  muliere 
nonhabet,Grimaldo  fratri  fuo  remaneat:  &  poft 
difceflùm  illorum  fondi  Pétri  Marciliaco  remaneat  in 


L*  HISTOIRE  nj 

communia.  Ulo  alode  de  Laugiaco,  quod  vocanc 
fonda  Affra,  Scephano  remaneat  :  poft  fuum  difeefo 
fùm  ad  unum  filium  fuum  cui  ille  aonare  voluerit  > 
&poft  difceflùm  illorum,  fondi  Pétri  &  fondi  Gi- 
raldi  Aurcliaco  remaneat.  iUo  alode  de  Lobegiaco , 
exceptis  ilia  ecclefia,  Gcnefio  remaneat  :  &  ilia  Rocha 
inter  Aymerico  &  Genefio ,  &  teneat  ilia  Genefius  in 
fidelitate  Aymerico  -,  &  fi  Genefius  habet  filium  de 
muliere ,  ad  ilium  remaneat  -,  &  fi  filium  non  habue- 
rit ,  Geraldo  fratre  fùo  remaneat  :  &  poft  illorum 
difceflùm  fondi  Juliani  Brivatcnfis  remaneat.  Et  ilia 
ecclefia  de  Lobegiaco,  Galbcrto  remaneat:  poft  dit- 
ccflùm  fùum  fondi  Stephani  Caturcenfis  remaneat. 
Illo  alode  de  Livrone  ,Raymundo  filio  Umberto  re¬ 
maneat  :  poft  fùum  difceflùm  ad  ilia  ecclefia  nova  dô 
Marcilio  remaneat.  Ulo  alode  de  Gignalio ,  Bcrnardo 
filio  Umberto  remaneat  *,inea  ratione,  quod  adfir- 
ment  mea  eleemofina Bemardus &  Raymundus,& 
mater  illorum*,  &  poft  difceflùm  Bemardi  remaneat 
ille  alodes  de  Gignalio  fondi  Amantii  Rutenis.  Ulo 
caftello  de ... .  illo  caftello  de  Cerveria  ,illo  caftello 
de  fondo  Laurcntio ,  illo  caftello  novo  de  Petrilenfe, 
illo  Caftello  de  Granolheto ,  illo  caftello  de  Mala- 
Morte  ripa  Agotis,  illo  caftello  de  Dargon,  illo  ca¬ 
ftello  de  Ventagione,  illo  caftello  de  Monefterio  re¬ 
maneat  Raymundo  filio  meo*,  &  fi  Raymundus in- 
teftatus  mortuus  eft ,  ad  propinquos  noftros  rema¬ 
neant.  Ulo  alode  de  Lupiaco,  Dcus-Deditepifcopo  re¬ 
maneat:  poft  fuum  difcefl'um,  fonda  Maria  Rutenis 
remaneat.  l.Ila  convenientia  quam  ego  habui  in  illo 
alode  de  Sanis,  quam  Ermengaudus  mihi  fecit ,  fondi 
Michaclis  ad  Galliaco  remaneat.  lfta  elcCmolina  fù- 
prafepipta  fiat  Domino  Deo,  &  ad  iftos  fondos  fu- 
pcrfcriptos  pro  remedium  animæ  mes ,  &  pro  om¬ 
nibus  peccatis meis ,  &  pro  genitore  meo,  &  géni¬ 
trice  mea,  &  pro  fratres  meos,  &  pro  omnibus 
confonguineis  meis,&  pro  omnibus  hdelibus  meis-, 
in  ea  ratione  quod  nullus  clericus ,  nec  nuUuslaïcus, 
necnulla  fœmina  non  tollat,  nec  vendat,  necabftra- 
hat  ad  iftos  fondos  fupra  feriptos ,  nec  ifta  conve¬ 
nientia  per  quod  unus  ae  iftos  fondos  fuum  dridum 
perdat ,  omni  tempore  firma  &  ftabilis  permaneac. 
Amen.Omncs  res  meas  mobiles  donent  eleemofinarii 
mei  Domino  Deo ,  &  ad  fondos  ,  &  ad  prefbyteros, 
&  ad  pauperes  pro  anima  mea.  Signum  Raymundo 
qui  brève  ifto  lcribere  vel  firmare  rogavit.  Signiun 
Jalberto.  Signum  Genefio.Signum  Bernardo.Signum 
Willclmo.  Signum  Aymerico.  Signum  Giraldo. 


XCVI1L 

Donation  faite  à  Vèglifede  Nîmes  par  U 
comtejfe  Berthe  5  &  le  comte  Raymond 
fon  fils. 

AD  locum  facrum  fond*  Dei  genitricis  Maris,  ^ 
unde  domnus  Bemardus  epifeopus  præefle  arwUiftlJ 
videtur.  Quamobrcm  ego  inclid  nominis  Bcrtha  hu-  deKl- 
milis  comitiflà ,  &  filius  meus  Raymundus  indirus 
cornes  ,  quem  fie  placuit  animus  nofter  valde  &  pla-  w  '' 
cet ,  nullius  quoque  cogentis  imperio  nec  fuadenris 
ingenio ,  fed  per  propria  &  fpontanea  hoc  eleeitno- 
bisbona  voluntas,  ut  ad  præfatamcafam-Dei  fonds 
Mariæ  fèdem  principalem ,  &  ad  canonicos  ibidem 
Deo  fomulantibus  tam  præfcntibus  quam  fùturis  do- 
nare  volumus  aliquid'de  alodem  noftrum ,  quod  ita 
&  fecimus.  Et  eft  iplè  alodes  in  comitatu  Nemaufenfe 
in  litoraria ,  interminium  de  villas  poftnominatas , 
Armacianicas  &  Tiliano-,  quantum  infra  ipfosvillas  vel 


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ir+  DE  LANGUEDOC. 

in  corum  terminio  habemus ,  tocum  &  ab  incegrum  Albares  ;  ex  pane  circii  in  tcmiinio  de  villa  Cuftoia  ; 
donamus  ad  præfaram  calàm-Dei,  vel  ad  canonicos  ex  parce  aquilonis  interminio  de  villa  quæ  vocant 
tam  prælèntes  quam  futuros;  id  eft  in  domis  coo-  Donnas:  quantum  infra  iftas  quatuor  aiïrunrationes- 
pénis,  talàliciis  difruptis ,  curtis,  oglacis  ,  onis,  îndudunt  de  pramomimtoalodc,  lie  damus  atquc ce- 
terris,  vineis,  vineacis,  pracis,  pafeuis,  lilvis,gar-  dimus  præfâtæ  eccleiîæ ,  excepto uno  manlb  qui  fuie 
ricis ,  arboribus  pomiferis  vel  inpomifèris ,  aquis  quondam  Radulfi ,  &  ncc  eft  ûnehr  Maria:  ;  in  tali 
aquarumve  deduclibus  eanim,  in  omnia  &  ex  om-  vero  deliberatione  ut  dum  ego  Johannes  vixero 
nibus ,  ficut  (uperius  (criptum  eft ,  iplâs  rcs  dona-  liane  poirdïîoncni  tencam  &  poflideam ,  poft  obi- 
mus  ad  landtum  Mariam  ,  vel  ad  canonicos ,  ficut  tum  vero  meuni  ad  præfaram  eeelefiam  perveniant 
(uperius  relonat  ;  in  ea  vero  ratione  lervata,  dum  aim  omni  voce  propolicionis  meæ,  &cxiploalode 
ego  Bena  vivo  ufiim  &  ftuctum  mihi  relcrvo,  cum  inveftitura  ceneac  ipù  ecdclia  dimidiam  modiatam 
cenlb  quoque  anno  modio  uno  de  vino:  poft  obi-  de  vinea,  quæ  vinea  eft  inipfb  loco  quem  vocant 
tum  vero  meum  ad  canonicos  fàndbe  Mariæ  qui  Portellum ,  &  ortum  unum  quem  tenet  Blandricus. 
ibidem  funt  vel  futuri  erunt,  iftas  res  in  eomm  per-  Infupcr  &  dono  ipli  ecclcfiæ  portioncm  mcam  de- 
maneant  poteftatem  in  illorum  alimonia.  Si  quis  bitam  quam  habcorn  Scgiano;  in  tali  deliberatione, 
contra  hanc  donarioncm  vel  alimoniam  iftam  ad  ut  dum  vixero  teneatn  &  poflideam,  &  fi  uxor  mca 
irrumpendum  venerit ,  aut  nos  venerimus ,  vel  qui-  Oda  me  lupcrvixerit,  cum  cætcris  rebus  quæ  iànclo- 
cumquehomohocfecerit,quædepoteftntcdeiplbs  rum  Jufti  3c  Paftoris  fratrum  teneat  3c  pollideat: 
canonicos  vel  de  illorum  alimonia  iftas  res  evadere  poft  obitum  vero  cj us  ,  ecclcfiæ  fan&orum  Jufti 
voluerit,  ad  propinquos  meos  revenant;  &lipro-  3c  Paftoris  perveniat.  Si  nos  donatores,  aut 
pinqui  mei  iftas  res  inquietarc  non  valuerint ,  ad  aliquis  de  hæredibus  noftris ,  aut  ulla  fubpofita 
ipfam  poteftatem  dcNcmaulo  publiée  revenant  perlona  venerit  pro  inrumpendum  ,  tantum  & 
iftas  res.  Et  fi  ullus  homoerit,  autulli  erunt,  qui  alium  tantum  duplo  componat  ,  euftodita  bac  vo- 
hanc  injuriam  fccerint,  imprimis  iram  Dci  omni-  luntate.  Si  archiepilcopus  hujus  loci,  aut  aliquis 
potentisincurrant,  &  cum  Datan  &  Abiron  &Juda  perejus  fbrtitudinem  rumpere  tentaverit  ipfamcar- 
proditore  in  inferno  interiori  pcenas  habcanc  ac  ram  vivolariam  quam  nobis  fccit  Aymcricus  arebi- 
iùftineant  ,&  habeant  leprain  ficut  Naaman  Siri us,  præful  ,  hæc  hæreditas  fupralcripta  mihi  Johanni 
&cxtrancuslàncfcæ  Dei  ecclciix  particeps  non  fiant,  revertatur.  Fada  carra  hujus  donationis  arque  çcP 


ix.  régnante  Lo- 


fionis  xv.  KaJcndas  Madii  anno 
thario  rege.  Sig  f  num  Johannis ,  Sig  f  num  Odæ , 
qui  hanc  donarioncm  &  ceflîoncm  fecimus  &  fir- 
mare  rogavimus.  Sig.  Matfredi  vicecomitis  ,  Sig; 
Udalguarii ,  S.  Poncioni ,  S.  Stcphani.  Nanrigifus 


&  non  habeanr  pat  rem  in  libro  vicæ,  infuper  com¬ 
ponat  aurum  optimum  libras  1 1 1.  &  in  anrea  hæc 
donario  vel  alimonia  ilia  firma  ftabilis  permancat 
omnique  tempore.  Fada  carra  donatio  vel  alimonia 
ifta  die  Sabbati  vu.  idus  Septcmbris  anno  vu. 
qiiod  cepit  regnare  Lotarius  rex  filius  Lodoici.  Sig.  pre/b)  ter  fcripfic  fub  die  &  anno  quo  fupra. 

Bertane  comiullè ,  S.  Raimundo  comice ,  qui  hanc  _ _ _ .  . ..  . 

donarionem  vel  alimoniam  iftam  manus  noftras  fir- 
mavimus ,  3c  teftes  firmarc  rogavimus.  S.  Ebrardus 
pre/byter,  S.  Rainaldus  prcfbytcr  rirmavit,  S.  Vol- 
veradd,  S.  Teudciico,  S.  Airabo  ,S.  Bernardo,  S.  Di- 
donc.  Aigofredus  prelbyter  rogarus  feripiit  fub  die 
&anno  quod  fiipra; 


G 


X  C  I  X. 

Donation  du  lieu  de  F  onjounc  ou fe  faite  k 
Aimcric  archevêque  de  Narbonne . 


Donation  de  la  comteffe  Berthe  à 
l'cqlife  de  Ni  fine  s. 

AD  locum  facrum  fân&æ  Dei  Gcnirricis  unde 
domnus  Bernai  dus  epifeopus  præe/îe  videtur. 


An.  965. 

Cartulaire  de 


&  canonici  ibidem  Domino  (crvicritcs  tam  præfcn-  <lc 
tes  quam  futuri.  Ob  hoc  igitur  ego  incliti  nominis  NÙWin.  l'oiid 
Bcrtha,  humilis  gratia  Dei  comitiflà,  quod  mihi  fie  6o‘  WÛOè 
placuir  animus  meus  valde  3c  placer,  nullius  quo- 
que  cogcntis  imperio  ncc  (uadencis  ingenio ,  lcd 


An.  96  3. 

in  omnibus  plcnam  arque  firmifiïmam  obtincat  fir-  mino  fervienres  tam  prælcntcs  quam  fiirtiros ,  do- 
dc.Narjcnne.  mitatem.  Quapropter  ego  Johannes  in  Dci  noininc  narc  volo  aliquid  de  alodem  meum  quod  ira  & 
3c  uxor  mca  Oda,  conlidcrantcs  cumulum  noftro-  fàcio *,  &  eft  iplc  alodes  in comiratu  Nemaufcnfc  in 
rum  peccaminum  &  rctributionis  Dei  donum  ,  litoraria,  in  terminio  de  villas  prænominaras,  id  eft 
per  intercdlioncm  (ânâorum  Jufti  3c  Paftoris ,  nullo  Armatianicas ,  3c  Tiliano ,  &  Malumcxpelle  ;  quan- 
cogcntc  imperio  ncc  fuadente  ingenio ,  donamus  tum  infra  ipûs  villas  jam  prædieftas  vel  in  corum 
atquc  cedimus  cum  bona  voluntate  (ânclorum  Jufti  terminio  haoco ,  totum  3c  ab  integrum  dono  ad 
3c  Paftoris,  domno  Aymcrico  archipræluli  &  ca-  præfaram  cafim-Dei,  3c  ad  canonicos  ibidem  Do- 
nonicis  ibidem  Deo  famuhntibus  ,  pro  remedio  mino  fervienres  ram  præ fentes  quam  futuros ,  inil- 
animarum  noftramm ,  patrifque  mei ,  atquc  païen-  lorum  alimonia  vel  illorum  communia  ;  id  eft  in 
tnmnoftrorum,  alodem  quem  habemus  in  comiratu  cafis  coopcrris,  calaliciis  dilruptis ,  curris,  horris, 
Narbonenlc*  quæ  vocant  Fonrcm-Joncv>(âm  ,  cum  oglatis,  terris  8c  vineis,  vineatis,  pracis ,  pafaiis, 
omnibus  luis  adjaccntiis  inibi  limitibus,  cum 
ecclefiis  quæ  ibidem  funt  fundatæ  :  una  quæ  eft  ma¬ 
ter  ecclelia  ipfius  loci  quam  vocant  S.  Leucadiam  , 
alia  in  honore  bcati  Chriftophori,  tertia  in  honore 


fiîvis,  garricis,  arboribus  pomiferis  vel  impomiferis , 
aquis  aquarumve  dedudibus  carum,  omnia  3c  in 
omnibus;  quæ  mihi  obvenit  pro  cxcompaiationc , 
Vel  pro  donatione,  vel  de  qualccumque  milii  ob- 


làncti  Viâoris.  Tcrmini  &  limites  3c  fines  præfâræ  venir  vel  obvenirc  débet,  rorum  3c  ab  integrum  ad 
podeffionis  cerminantur  fie:  umts  terminus  ex  parte  vos  fiipralcripros  dono  3c  ad  proprium  trado.  In  ea 
orientis  terminât  in  terminio  de  villam  quæ  vocant  vero  deliberatione  dum  ego  Bcrtha  vivo  ufiim  3c 
Catcrcino  ;  ex  parte  meridiei  in  terminio  de  villa  fructum  mihi  refervo;  una  cum  cenlb  quoque  anno 
Tome  11 .  H 


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ti8  PREUVES  DE 

modio  uno  inter  pane  &  vino ,  ad  javn  fupradidos 
canonicos  in  illorum  alimonia.  port  obitum  vero 
meum  ad  fànctæ  Mariæ  fedem  principalcm ,  &  ad 
ipfbs  canonicos,  lient  fuperius  (criptum  ell ,  revertere 
faciat  ille  alodes  fuprafcriptus  in  illorum  commu¬ 
nia  ,  fine  blandimentum  ae  ullumque  hominem. 

Ih  eis  ratione  fervata ,  dum  Ebrardus  pfelbyter  vi- 
vit ,  ipliim  alodem  tcncat  ad  congerendum ,  ad 
obedienda  in  illomm  communia  -,  poil  obitum 
Ebrardo,  ad  magillro  Gofrcdo  prelbytcro  rever- 
tat  ad  obedientiain  cjus  ratione  :  pofl  obitum  Gofre- 
do ,  ad  Bermnndo  prcfbytcro  revenat  ad  obedien- 
tiam  in  ejus  ratione  fimilitcr.  Poil  obitum  vero 
virorum  ad  alios  lacerdotes  ip(e  alodes  revenat  cui- 
cumque  vos  dimiferitis  vel  diftribueritis  ad  obe¬ 
dienda  in  illorum  alimonia  de  iplos  canonicos ,  de 
uno  facerdote  in  alio  ,  dum  longo  tempore  mun- 
dus  frètent,  ipfum  alodem  teneat  ab  obedientia. 

Et  fi  ullus  homo  aut  ullus  epifeopus  eft  qui  ilium 
alodem  voluerit  collcre  vel  abftrahere  de  illorum 
communia  vel  elemonia,  ipfe  alodes  ad  hlium  meum 
Raiir.undum  revertat,  &  (i  prolem  legitimam  ha- 
bucrit  ad  ipfiim  revertat  -,  &  fi  prolem  legidmam 
non  habuerit ,  ipfe  vicccomes  de  Nemaufo  habcat 
ipfum  alodem  \  &  inluper  ille  qui  hanc  alimoniam 
exterminaverit  veltollerit,  imprimis  iram  Deiom- 
nipotentis  incurrat ,  &  çum  Dacan  &  Abiron  & 
Juda  proditorc  in  in  fer  no  inferiori  pâmas  habcat 
ac  fuftincat ,  ôc  habcat  lepram  ficut  Nuaman  Si- 
rius ,  &  à  liminibus  finclx  Dci  eeelefiæ  parriceps  non 
fiat ,  ôc  non  habeat  partem  in  libro  vitæ  *,  &  infuper 
componat  vobis  aurum  optimum  libras  très  coa- 
dus  cxlolvat ,  &  quod  repetit  non  liccat  vindicare: 
led  prxfins  hxc  omnia  hrma  (labilis  pcrmancat 
omnique  tempore,  cnm  (lipuladone  per  omne  fir- 
mitatc  lubnixa.  Fada  carta  donatione  ilia  die  Vc- 
neris  xv.  Kalendas  Scptembris,  anno  xi.  quodee- 
pit  regnarc  Lotarius  rex  filius  Lodoici.  Signum 
Bcrthanc  comitifle,  qui  hanc  donationcm  ilia  manu 
mea  firmavi  &  telles  finnarcj  rogavi.  S.  Raimundus 
filius  meus  voluit  &  confinlit  manu  fiia  firmavit. 
S.  Bcrnardus ,  S.  Ubaldus  Baronc  vocatus ,  S.  Thcu- 
derico,  S.  Ugone.  Aigofrcdus  prxlbytcr  rogatus 
fcripfit  fub  die  &  anno  quod  fupra. 

CI. 

T eflament  de  Matfrcd  vicomte  de  Nar¬ 
bonne  >  &  d' Adélaïde  fa  femme. 

Hic  cil  brevis  divifionalis  quem  fccit  Matfrcdus 
vicccomes  &  uxor  fua  Adalaiz ,  ad  dicm  quo 
l,AbbCa  *'7 de  cuP*unt  PÇrgcre  Romam,  de  omnibus  rebus  illo- 
s*  Paul  de  nim  mobilibus  &  immobilibus ,  propter  remedium 
Narbonne,  anjmx  eorum,  feu  inter  filiis  comm.  Cupiunt  ut 
aùtcdïtfu.  ipfe  alodes  de  Montaningos  remancat  inter  landum 
*•  *  s*  Salvium  &  findam  Cxciliam.  Ad  monallerium  lan- 

di  Michaelis  de  Galiago  remaneant  ipfi  manfi  de 
Tauro ,  exccptos  ipfos  qui  fuerunt  Ardmando.  A 
fandi  Pauli  Narbonx  remancat  ipfe  alodes  de  Ba- 
jas  in  canonica-,  ôc  iplàsvineas  de  Salas  fimdlorum 
Jufti  &  Palloris  fimilitcr  in  canonica,  in  tali  con- 
ventu ,  ut  fi  ipfe  archipræful  aut  abba  de  potellatc 
ipforum  canonicorum  tollerc  vult  ,  Ermcngaudo 
nlio  nollro  &  fratri  fuo  Raymundo  ab  omni  in- 
tegritate  revertere  faciat ,  &  dent  folidos  c  c.  ipfis 
canonicis.  Ad  lândi  Pontii  monallerium  remancat 
ipfi*  alodes  de  Volva  &  de  Rovilianicis.  Ad  mona- 
fterium  fondi  Manini  de  Villa-magna ,  remaneant 


L’HISTOIRE  117 

ipfi  manfi  de  Folciniano.  Errnengaudum  dericum 
nlium  noftrum  remaneant  ipli  alodes  quem  habe- 
mus  inter  Biauro  &  Serone ,  Ôc  ipfi  alodes  de  Flo- 
renciago ,  ôc  ipfe  de  Ncbodionenle ,  cxcepto  fando 
Genilio  qui  fuit  Stcphano ,  cum  ipfi  ecclefia  fen&i 
Gervalii-,  in  tali  tenorc  ut  fi  ad  honorem  epifeopa- 
lem  confcendic ,  Raymundus  frater  fuus  det  folidos 
duo  millia  per  ipfum  alodem  Ncbotionenfem ,  ôc 
per  ipfim  eccleliam  fandi  Gervalii ,  ôc  ipfi  alodes 
quæ  vocant  Dudoscum  ipfa  ecclefia  fonda  Maria 
ad  ipfum  remancat.  Alios  omnes  alodes  nollros 
quem  habemus  in  Aquitania ,  five  in  Scptimania , 
id  cil  Pociolius  Ôc  Urbanius ,  ôc  fondus  Martinus 
de  Cavoras ,  cum  ipfi  Roca ,  &  Ladinus  cum  ipfi 
ccclclia,  &  Muraro  cum  ipfo  callello  Boxione,  & 
iplo  de  fondo  Genefio ,  &  ipfos  alodes  de  Villa-Ma- 
gncnlc,  &  Caveinogulo  ,  cum  ipfa  ecclefia,  &  ip- 
las  Metas,  *  Cogiano  cum  ipfi  ecclefia,  ôc  Fonte- 
dicla,  &  Mananicas  cum  ipfa  ecclefia,  cum  iplos 
alodes  qui  commutavi  cum  Oldone ,  Ôc  ipfe  conven¬ 
ais  de  Lcntcfigo,  ôc  Luderno ,  ôc  Vidiliano,  &  Ar- 
limiciano  ,  ôc  Foliano  ,  ôc  ipfis  comparationcs  de 
val  de  Hcdcras ,  Ôc  ipfum  alodem  de  Trolias  >  & 
ipfi  ecclefia  de  Foliano ,  ôc  ipfum  alodem  de  Au- 
dena  ,  remaneant  Raymundo  filio  nollro  cum 
alio  alode  de  Pontez  ôc  de  Sampriniano ,  &  ipfum 
conventnm  quem  habemus  cum  Matfredo  filio 
Salomonc.  Trudgardx  rilix  nollræ  remaneat  ipfe 
alodus  de  ipfo  Retio ,  ôc  ipfi  de  Merlaco.  Ad  fonda 
Maria  Cralll*  remancat  ipfi  alodes  de  Ederas  qui 
fuit  Richildis  vicecomicitlæ.  Hæc  omnia  fuperius 
firipca  quandiu  vivimus  pariter  tencamus  &  pofli- 
deamus,  ôc  li  uxor  mea  me  fupervixetit,  ipfiom* 
nia  teneat  &  pollidcat ,  fi  virum  non  accepit.  Poft 
nollros  quoque  difccllos ,  ficut  fuperius  refonat , 
fie  pcrmancat  filiis  nollris  *,  in  tali  ratione ,  ut  fi 
Raymundus  fine  legitimo  mortuus  fucric ,  Ermen- 
gaudum  frarrem  fuum  remanere  faciat,  &  fi  ille 
mortuus  frierit  line  honore  epifeopali  ,  fimiliter 
Raymundo  remancat.  Quanrum  vero  in  hac  ferip- 
tura  lient  fuperius  refonat ,  fie  diviferunt  ac  com- 
mendaverunt  ad  illorum  elecmolïnarios  his  nomi- 
nibus  :  Aymcrico  archiprxfule ,  &  Bemardo  epif- 
copo ,  &  Gilàlfrcdo ,  ôc  Ermcngaudo  quæ  vocant 
Valadcllo  ,  ôc  Matfredo  Scniorcllo;  ut  fi  in  ipfo 
itincrc  mortui  fuillènt,  fie  omnia  adimplclïenr;  Ôc 
fi  quis  contra  hanc  firipturam  vcncrir  pro  irrum- 
pendum  aut  inquietare  prxliimpferit ,  quicumque 
hoc  feccrit,  inférant  vel  inférât  partibus  notais,  quan¬ 
tum  fuperius  infirtum  cil,  duplum  eisperpetim  ha- 
bitura  -,  ôc  in  antea  hxc  nollra  divifionalis  lirmis  & 
llabilis  pcrmancat  omni  tempore.  Fadam  hanc  di- 
vifionalemfubdiexi  1  i.Kal.Scptcmbrisannoxi  1 1. 
régnante  Loterio  rege.  S.  Marfredi  vicccomids  ôc 
Adalaiz  uxoris  mcæ ,  qui  fimul  hanc  noflram  divi- 
fionalem  fecimus  &  firmare  rogavimus.  S.  Gcraldi , 
S.  Salomonc,  S.  Atone,  S.  Durando ,  S.  Romanus. 
Dcus-det  prelbytcr  rogitus  firiplit  hxc  verba  fub 
die  &  anno  quod  fiipra. 


C  I  I. 

Extrait  de  diverfes  Chartes. 

APpropinqunnte  erenim  mundi  termino,  &  ^ 

ruinis  crcbrelccntibus  jam  cefta  ligna  mani-  AN.965. 
fellantur,  &  fi  aliquid  de  rebus  notais  adlocafan- 
dorum  condonaverimus  ,  retributorem  Deurn  in  ^cuu 
judieio  non  dilfidimus  &c.  Quaproptcr  ego . 


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xi  s  DE  LANGUEDOC  119 

AGiarius  prdbycer ,  pertimelcens  illud  tremendi  ju-  nullum  cenfum  nec  ullum  fervicium  nûn  /olvamus, 
dicii  diem ,  ccdo  Dco  &  lândo  Petro  ....  in  pago  nec  nos  nec  nullis  fucCeflorcs  noftri ,  nifi  tantum  con- 
Toloûno ,  in  minifterio  Dalmatianenlc,  in  loco  qui  fecrariones  ecclefiæ ,  &  iplàs  ordinationes ,  &  curara 
•  dicitür  Coranenlê ,  in  villa  quæ  vocatur  ipfà  Valle ,  animarum  quæ  in  honorem  ipfius  ecclefiæ  oblcrva- 

iplîim  alodem  &c.  fie  dono  Dco  &  lando  Petro  Lelâ-  mus  de  iplos  làcerdotes  quæ  nos  ibidem  mileri- 

denfis  ccenobii  &  Garino  abbati,  &c.  Fada  carta  mus,  fine alium  lèrvicium ,  nifi quod  in  noftraslcrip- 

•  ifta  in  menfe  Madio  feria  vi  i .  anno  xi .  régnante  turas  fuperius  relônat.  Et  fi quis contra  hanenoftram 

Leotario  rege.  feripturam  venerit  pro  inrumpendum ,  malediétio- 

-  .  nis  Ananiæ  8c  uxori  ejus  fubjaceat,  8c  quod  petit 

N  nomine  Domini.  Ego  bigilgarius  &uXor  mea  invenire  non  valeat  nullumque  tempore.  Fada  carta 

Ortulairede  *  ’  ~ 

Pibbaye  d'A- 
aune. 


Adalax ....  donamus  Domino  Deo ,  &  lândo  Salva- 
tori,  &  lande  Marie  lêmper  virginis,  vel  aliorum 
fandorum  quorum  ecclefias  fiindatas  in  Aniano 
monafterio  ;  donamus  in  comitatu  Birerrenfi  >  in 
vicaria  Pupiancnfe,  in  villa  que  vocant  Calêllas.... 
&  advenir  nobis  ex  comparatione  de  Ildinone  viceco- 


conventione  ifta  anno  o.  cccc.  lxix.  indidione 
xi  î.  &  anno  x v.  quod  Lotharius  rex  cepitregnare. 
Sig  f  num  domni  Gaufredi  abbads  qui  lcribere 
velfirmare  rogavit.  S.  Rainonis  Decani,  S.  Fulmo- 
nis,  S.  Salomonis,  S.  Ragambacos,  S.  Sicfredi,  S. 
Witardi ,  S.  Amalfredo,  S.  Gaufredo ,  S.  Grimardo , 


An.  9  69. 

Archives  de 
l’abbaye  de 
Bolbonne. 


IN  nomine  Domini.  Ego  Barnardus  cpilcopus  An.  969. 
lèdis  Biterrcftfis  ,  8c  Garfindis  vicecomitilîa  ,  ^  , .  . 

1  11  n  n  Carul.’ire  de 


mire  8c  iplê  lldinonus  comparavit  de  homine  no-  S.  Folcrado,  S.  Galeno,  S.  Ermengaudo ,  S.  Teul- 
mine  Bcrano.  Fada  donatione  ilia  mi.  nonas  bardi,  Pétri,  Gaulberti,  Ebrardi,  Benjamin,  Pon- 
Auguftas  anno  xi  1 11.  régnante  Lothario.  rege.  cii ,  Vinccndi ,  Suniarii,  Ermengaudi ,  Autberri, 

IBertgaudi,  Folcramni,  Ingelramni,  Aimonii,Dd* 

N  nomine,  &c . EgoLupùsprimiccriusatque  mandi ,  Godini.  Majamfredus  prelbyter  qui  hanc 

archidiaconus  lândi  Stephani  lèdisTolofe,  lândo  commutarionem  lcripli  8c  fûblcriplî  die  8c  anno 
Michacli  8c  lândo  Gennano  quorum  balîlicæ  funt  quo  lupra. 

fundaræ  in  cœnobio  Coxano ,  qui  eft  ficus  in  valle  _ _ 

Conflucnti  fuper  fluvium  Licreranum  &  ad  radi- 

cem  monris  Caniconi ,  don  o  alodes  meos  qui  funt  CIV. 

in  pago  Tolofimo,  8c  in  minifterio  Agarnagenlè, 

five  de  Caneto  >  fivede  Lacianenlè,  vcldeiplâ  Pi-  Execution  du  teflament  de  Ray  nard  II. 
na,  id  eft  ipfe  alodes  qui  eft  infra  ambas  aquas,  id  vicomte  de  Bergers. 

eft  inter  Arcgia  &  Irce ,  Alba  cum  ipfa  ecclefia  qui 

eft  in  honore  lândæ  Maria: . 8c  ipfum  alodem 

de  Ampuliaco,  8cc .  ccdo  adprxdidum  cœnobium 

<ân<Sti  Michaelis  Coxani  ubi  domnus  Warinus  abba  &■  Barnardus  abba,  neenon  8c  Aicharius  8c  Ro-  ia  Cathédral® 
degere  videtur  cum  monachis  lub  régula  lândi  Be-  dulphus  prelbyter  qui  lumus  eicemolinarii  Re-  dcBcilcr** 
nedidi....  inearatione  utipfeabbas  &alii  quiibi  ginardi  vicccomitis qui  fuit  quondam ,  8c  injunxit 
fiituri  erunt,  monachos  ibidem  in  illo  loco  confti-  vel  commendavic nobis  per  luumvadium,  ut  carcam 
niant  qui  ibidem  Deo  lcrviant  juxta  poftibilitatem  donation isfècifièmus ad  eccielîam  lândi  Nazarii  fedis 
loci  iplius,  8c  lemper  fubjctSli  permancant  adfupra-  Biterrenlïs,  &  ad  eccleliam  lândi  Jacoti  ubi  corpus 
didum  lândi  Michaelis  cœnobium ,  8cc .  Adum  Id.  ejus  requielcir ,  propter  remedium  aniniæ  Cux.  Et 
Julii,  anno  xv.  regnanre  Leutario  rege*  &c.  ideo  nos  fupranominari  eleemojinarii  don.uores 

fiimus  Domino  Deo  8c  ad  jam  prædidas  ecclefias, 
in  regno  Septimaniæ ,  in  comicacu  Birerrenfi,  viJlam 
vocabulo  Luco ,  tocum  &  ab  integrum  cum  iplo  liio 
terminio  &  cum  iplâ  ccclelia  quæ  ibidem  eft  hindata 
in  honore  landi  Martini ,  cum  decimis  8c  primi- 
tiis,  8c  cum  orryii  fuo  ccclcliaftico;  8c  villare  quæ 
vocant  Munbriago  cum  omni  fuo  terminio.  Ifta 

IN  nomine  fummi  Dei  patris  altiiïimi  condiroris  omnia  fiipcrius  Icripta,  id  eft  in  ecclcliis,  domibus, 
mundi.  Ego  Gaufiedus  pater  lândorum  mona-  curris,  orris,  orrahbus,  vincis,  terris  culcis  8c  in- 
chorum  cœnobii  fanefti  Salvatoris,  Sc  lànâæ  Dei  cultis,  pratis,  palcuis,  filvis,  garricis,  arboribus 
8c  lancli  Pontii  martyris,  neenon  pomiferis  ,  aquis  aquarumve  reduch'bûs  earum. 


cm. 

Accord  entre  les  religieux  de  S .  Pons  > 
&  1 archevêque  de  Narbonne.  • 


An.  9  6p. 

Carrulairr  de 

la  cathédrale  •  •  •  »  i 

de  Narbonne.  gCnitriCIS  MariX  ,  a  . 

8c  cæcerorum  lânclorum  quorum  hic  rcliquiæ  con-  omnia  &  in  omnibus  taiïi  quæfirum  quam  &inqui- 
tinentur  :  placuit  animis  noftris  &  placer,  nulloco-  rendum  cum  omni  fundo  poftèftionis,  donamus 
gente  imperio  nec  lîiadente  ingenio,  lcd  propria  nos  hclemofinarii  Domino  Deo,  8c  lân-fto  Nazario 
arque  Iponranca  hoc  elegit  nollra  bona  volunras,  ledis  Biterretifis,  8c  fanifto  Jacobo  ubi  corpus  ejus 
ut  convcniftcmus  in  (ÿnodo  patris  noftri  pnememo-  requiclcit  propter  animæ  iplius  remedium  Reginar- 
rata  Aimcrici  cum  consilio  Ge  sindæ  com.tissæ  ,  di,  utei  Dominus  propitiare  dignetur,  dccollocarc 
8c  Adalais  vicecomitillæ,  8c  cunâis  lâtellitibus  ci-  animam  ejus  inter  agmina  lànâorum.  Et  ideo  hanc 
vitiitis  Narbonæ:  fie  convenit  inter  nos,  ur  iplâm  oblacionem  vel  donationem  fuperius  lcriptam  dona- 
vineam  quæ  quondam  Poncius  comes  prædeftina-  mus,  vel  tradimus  arque  transfiindimus  inpotefta- 
vit  ad  iplum  locum  noftrum ,  qui  eft  infta  inliilam  tem  de  iplis  ecclefiis,  ut  ab  hodierno  die  8c  tem- 
Licii  infra  terminos  de  villa  Trenciano,  five  iplàs  porc  habeant,  teneant  8c  poftideant ,  &  redores 
làlinas  quæ  funt  ad  iplo  Pradcllo  qui  fiierunt  quon-  iplàrum  ecclefiarum  neenon  8c  fucceftôres  eorum 
dam  Eldricii ,  fie  donamus  arque  concedimus  ad  ulque  in  (æcula  læculorum.  Si  quis  contra  hanc 
cccleliam  fandorum  Jufti  8c  Partons,  &  ad  iplum  donationem  pro  irrumpendum  venerit,  inprimis 
Aymcricum  antiftitem  8c  canonicis  luis,  propter  iram  omnipotentis  incurrat,  8c  cum  Datan  8c  Abi- 
ipfum  lynodum  &  titulura  quæ  nobis  requirebant  ron  particeps  fiat ,  8c  cum  traditore  in  infernum 
de  ecclefias  noftras,  vidclicet  de  ecclefia  lândi  Mai-  defeendat ,  8c  omnes  maledidiones  veteris  ac  novi 
fini  de  valle  Tomeiras,  fivefandi  Pétri  de  Riolos,  teftamenti  lûpercum  veniant,  &numquain  fit  ab- 
juxta  fluvium  quæ  vocant  Jauro,  ut  amplius  exinde  lolutus,  &infupercomponat  cum  præfecas  ecclefias 
Tome  l  /.  Hij 


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* 


*10  PREUVES  DE  L’HISTOIRE  lai 

ifta  omnia  fuperius  fcripta  dupla  &  meliorata ,  &  fuie  celcbraca ,  &  poft  excubias  totam  per  noâert) 
in  ancea  donatio  ifta  nrma  Se  ftabilis  permaneat  expieras ,  dies  alter  illuxerac  in  qua  plebs  innumera- 
omni  tempore.  Fadta  donatio  ifta  anno  Verbi -in-  bilis  ex  urbibus  circumadftantibus  advenerat  ;  cum- 
camati  dcccc.  lxi  x.  indidHone  xn.  fub  die  x.  que  à præfule,  ut  decebar ,  recineretur  milia ,  ftarim 
Kal.  Novembris  ,  anno  xvii.  régnante  Leuterio  ut  bcnedi&ionem  dédit  (uper  populum,  puerulus 
rege.  Sig.  Bernardus  epifeopus,  S.  Garfindis  vice-  quidam  à  fuo  pâtre  addudhîs,  qui  à  matris  alvofùe- 
comiriflà ,  S.  Bernardus  abba ,  S.  Alcharius ,  S.  Ro-  rat  ccecus ,  apertis  oculis ,  luminis  hujus  cœpit  af- 
dulphus  prefbyter  helemofinarii  Reginardi  vice-  picere  decus.  Quanta  autem  fint  mne  in  plebibus 
comitis,  nos  donatione  ifta  fccimus  Se  firmavimus  gaudia  fadta ,  nullo  modo  poteft  effari  humana 
&  firmare  rogavhnus.  S.  Willelmus  vicecomcs ,  qui  Kngua.  Sed  quid  dicam.  Tanta  mne  temporis  fadta 
voluit  Seconfenlit,  tradidit  atquc  transfiindit.  Sig.  funt  miracula  per  fandti  Hilarii  gloriola  mérita, 
Volveradus,  S.  Rogerius,  S.  Aldo,  S.  Ermcngau-  quanta  per  hominùm  ora  nequeiuit  loqui  hæclabra. 
dis ,  S.  Teudifclus,  S.  Witardus.  lldegarius  preiby-  Pofuerunt  autem ,  ut  decebant,  beatilfimi  viri  mon¬ 
ter  qui  hanc  cartam  donationis  fcripüt  fub  die  Se  bra  poft  altaris  anilam ,  in  (âxca  area  Se  in  utroque 

i  t  *  ii  r 


anno  quod  fupra. 


C  V. 


larere  duorum  fuorum  alumnorum  Benedi&i  Ceïfi- 

S'ndiderunt  corpora-,  inquo  loco  Dominus  pet 
Hilarii  fbeiorumque  ejus  mérita  infignia , 


An.  970. 

Sur  Torigi- 


A 


quotidie  non  defiftit  patrare  micacula.Hoc  autem  fta- 
tuimus  non  elle  omittendum ,  quod  prædi&us  Roge- 
JF îijloire  de  la  tranjlation  des  reliques  de  rius  cornes  fpoponderat  ante  (an&iflimi  Hilarii  (è- 
S.  Hilaire ,  évêque  de  Carcaffonne.  pulchrum  ,  ut  numquam  permitteret  populari  in 

publicum  omnem  reditum  quod  ab  antiquis  comi- 
Nno  Incamationis  Dominicæ  dcccclxx.  tibus  feu  à  fe  fiierat  in  eodem  ccenobio  quolibet 
vur.  Kal.  Mardi  >  apud  provinciam  Karkaf-  modo  impofitum ,  nullatenus  ab  aliquo  velifedein- 
nai  dans  rab-  fenfem,  imucrante  Rogerio  comice  cjufdem  provin-  ceps  elle  exigendum  ,  quod  &  fa&ura  eft.  Nam 

Hihire!  raint  c*æ>  præliilatus  etiam  decus  régente  præfule  Fran-  cum  ollà  fâneti  viri  ellent  fuper  altare  repofita, 

v.aei  ss.ord.  cône,  in  cœnobio  almi  Hilarii  prælidente  Benedi-  præfatus  princcps  fua  cum  conjuge  accepto  hbello 
V'h'sl/*'  a^ate  >  e°mrn  nutu  vel  providentia  aclum  regulæ  ,  remiiit  in  manibus  epifeopi  &  abbatum» 
eft,  conciiio  inito  cum  provincialibus  cpilcopis  &  ica  dicens:  "ab  horahacnullumcenfumnullumquett 
abbatibus,  lânûillimi  præfulis  &  in  mirabilibus  cia-  fêrvitium  hocreddat  monafterium,  fedfecundume* 
ri  domni  Hilarii  artus  quihumo  tegebantur,  à  tel-  regulamS.Benedi<ftipofthujusabbatisobitumeligant« 
lure  fubreptos  poft  altare  quod  ipe  olim  cgiegius  iibi  nihilominus  abbatem  ,  &  nullus  cornes  neque* 
fan&ufque  Hilarius,  una  cum  vicinis  circumquaque  epifeopus  de  ordinatione  ilia  audeat  accipere  fervi-« 
commanentibus  epilcopis  confecraverat ,  cum  ho-  titmv,  fèdncqucdeallodibus,neque  de  rebus ejuf-« 
nore  tumularcnt.  Quamobrem  in  præftito  die  Ka-  dem  monafterii  audeat  quiilibet  aliquid  tangere  « 
lendarum  Mardi  conglobati  funt  pariter  prædicVi  contra  voluntatem  abbatis  vel  monacnorum.  •  Spo- 
proceres,  id  eft  Rogerius  cornes  cum  conjuee  fua  pondit  autem  &  privilegium  atque  præceptum  ei- 
Adalaïs,  &  domnus  epifeopus  Franco,  ôcakbates  dem  cœnobio  acquifîturum ,  &  duodecim  mona- 
Warinus  &Bcncdi6lus,  cæterorumque  tamproce-  chos  omni  an,no  veftiturum,  cujus  rei  certes  ûint, 
rum  quam  edam  illuftriilimorum  virorum  clcri-  tam  epifeopus  quam  abbates  &  cæteri  qui  aderant 
corum  infîgnis  turma,nccnon  &pagenlium  utriuf-  utriulque  lexus  vel  ordinis.  Hanc  autem  feripturam 

3ue  fexus  copiofa  plebs  in  prædido  cœnobio.  Ad-  cenfuimus  qui  adfuimus  in  fêpulchro  beau  Hilarii 
uxcrunt  autem  præfatus  abbas  fccutn  à  radicibus  cfïc  ponendam ,  pofeentes  cum ,  ut  ip(ê  pro  nobis 
Pyræi  montis ,  exque  arcifterio  Coxiano  in  hono-  Dominum  exorct ,  quatenus  cum  illo  vitam  per- 
re  agii  ftratiotis  urani  conftru<ftum  ,  rtrudlorcm  fruamur  æternam  per  cuncta  fæculorum  fæcula. 
miri  laboris  virum.  Hic  cum  trepidare  cemeret  ad  Amen, 
tangendum  fandti  viri  loccllum  non  folum  clericos 
fed  edam  abbates  atque  pontifieem ,  fidelicer  acccilit, 

&  maulolæutn  cum  calibc  diilolutum  patefecit* 
cumque  ipfe  artifex  &  plurimi  qui  circumftabant, 
perlpicacibus  oculis  bcati  viri  vellcnt  videre  corpuf- 
culum,  quia  aperçu m erat vas ,  perunius  fere  horæ 
fpatium  ita  vacuum  viderunt  fepulchrum,  ut  nihil 
in  eo  nifi  folum  faxum  fufpiccrent,  unde  mæftificati 
omnes  qui  aderant,  cum  magno  gemitu  fleâentcs  Stolis  albis  duplicads, 
genua  ,  cœpertint  Dominum  enixius  exorare.  Ut  Coronat  in  patria. 
autem  (æpius  ipfe  ardfex  obtutus  cœpit  reducere 
ad  vas ,  illico  &n<ftum  confpcxit  corpus ,  &  Dco 

Etias  clamavit,  addens  &  diccns:  Ecce  (à n&i  Hi- 
i  corpus  hic  habecur  totum ,  quod  omnes  au- 
dientes  alpexerunt ,  &  ita  ut  ipfe  clamabat  viderilnt. 

Exinde  idem  cum  laudibus  defertur  fuper  altare  à 
ponrificc  &  cæteris  fidelibus.  Odor  (iiaviftimus  ema- 
navit  de  (an(fto  corporc,  &  extemplo  cæcus  quidam  Ecce  fibi  vir  apparet, 
qui  aderat,  illuminatus  eft.  Q110  vi (b,  epifeopus  Quidam (plendiaillimus. 
una  cum  abbatibus  cæterifque  fidelibus  magno  cum  Dicens  ut  confidcraret> 
gaudio  laudes  cœpenmt  in  aldffimis  reboare  Domi-  Regionem  quam  donaret , 
no.  Apertis  denique  ejufdem  bafilicæ  januis,  qui  Poft  finem  altinimus. 
præ  foribus  erant  intrantes ,  &  miracula  afpicientes ,  Quo  de  murido  fie  fublato, 

Dominum  laudabant  gaudentes.  Dehinc  milia  à  præ-  Clamque  fuo  tumulato  > 


Ancienne  frofe  de  S.  Hilaire  évêque 
de  C  arc  abonne. 


v 


Enerandæ  vetuftatis. 
Mater  miræ  claritatis , 
Laudetur  ccclefia. 

Qiiæ  tôt  viros  (ànéVitacis , 


Sed  in  prima  ftationc, 

Fuit  certans  in  agone, 

Beatus  Hilarius. 

Pro  te  Chrifte  Jefu  bone , 
Præful  exftans  CarcalTonæ , 

Fide  fulfit  clarius. 

Cumque  finis  propinquaret , 


'l'*k 


Archirtldc 

l’abbavc  de 

S.  Hüiirf. 


\ 


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III 

Loco  feu  cœnobio. 

Eo  tandem  révélai# , 
Multo  clero  congregato, 
Cum  duce  Rogerio. 

Dulcis  odor  emanavit. 

Qui  cunflos  exhilaravir, 

Mox  tranflato  corpore. 

Verum  Deus  augmentavitj 
Quia  cæds  reflauravit, 

Vifiim  illo  terrçpore. 

Et  per  feriptum  innotefdt, 
Plura  quoque  Deus  fccit , 

Per  iplum  miracula. 

Ulud  vero  quod  adjeeit , 
Cum  uxore  feu  conceflîr. 
Cornes  mente  fedula. 

Et  fignanter  port  fîigarum  , 
Cum  fuis  ac  deoellatum , 
Tolofânum  comitem. 

In  quo  feivit  fe  juvatum, 
Velut  fibi  demonftratum , 

Fuit  per  antiftitem. 

Ob  hoc  dédit  cenfiis,  jura, 
Cum  capellis,  caftra  plura, 
Rura ,  décimas ,  aflodia. 

Sibi  crcdens  profiitura, 
Sicque  poni  Dei  cura, 

Sub  cæli  euftodia. 

Ergo  hic  fânftus  confe/îor , 
Sit  pro  nobis  interce/Ior, 

Apud  Dcum  charius. 

Et  cælorum  lie  p^ffcfîbr» 

Loci  qui'quis  eft  fiicceflor, 
Utpræful  Hilarius.  Amen. 


DE  LANGUEDOC. 


An.  970. 

Chat,  de 
Foix,  Caille 
II. 


C  V  I. 

Echange  entre  Roger  comte  de  Carcajfone , 
&  S  anche  3  &c. 

LEx  præflat  8c  mosantiquus  fervatur,  ut  vefiri 
quüque  homo  licentiam  habeat  fâcerc  de  fuis 
propriis  facultatibus  quod  fibi  reâum  juftumque 
elle  videtur.  Ob  hoc  igitur  in  Dei  nomen  egoRod- 
garius  cornes  &uxor  mea  nomen  Aladaïces,  bis- 
cambiamus  ad  alios  homines  his  nominibus,  Sancio 
&  uxori  nomen  Goidlanæ ,  8c  filio  illorum 
Bemardo  clerico,  alodem  noftrum  in  pago  Tolo- 
fano  in  minifterio  Lordadenfe  ,  in  villa  quæ  dicit 
Borbori  cum  ipû  ecclefîa  quæ  eft  fundata  in  honore 
fan&i  Pétri,  qui  mihi  advenir  de  partibus  genitori 
meo,  vclGuadaldo  quondam ,  ipfum  alodem  quan¬ 
tum  ibifumus  habere  vel  po/Iîdcre,  totum  8c  ab 
integrum  quæfitum  vel  ad  inquirendum ,  &  ipfîim 
alodem  quæhabemus  in  villa  quæ  dicitur  Alveiros, 
cum  ipfâ  medictate  de  ipfa  ecclefîa  quæ  eft  fundata 
in  honore  fanfti  Projeéli,  8c  ipfum  cafâlem  con- 
ftrudum  cum  terris  &  vincis  qui  eft  in  Banato  qui 
hiit  Gairardo  quondam,  quæ  Sancius  Dato  tene- 
bat,  &  ipfâ  medictate  de  ipfa  ecclefîa  qu*  eft  fun- 
data  in  honore  fân£h  Andrcæ,  in  villa  quæ  dicitur 
Adalone  ;  iftos  alodem  jam  fiipraferiptos  donamus 
nos  vobis  in  procambium  deipfîim  alodem  qui  eft 
in  villa  Saurato,  cum  ipfâ  ecclefîa  quæ  eft  fundata 
in  honore  fânâi  Saturnini ,  quæ  nos  recepimus  de 
vobisabendi,  tenendi  &quicquid  libéré  fâciendi, 
omnique  tempore.  Si  quis  fterit  poft  ac  die,  qui 
contra  vos  aut  carta  procambium  iftum  à  vos  fa- 
ûum  inrumpere  voluerit,  quicumque  hocfecerit. 


12} 

componat  tantum  8c  alium  tantum  quantum  ipfas 
res  mmelioratas  valerc  potuerint  *,  8c  infîiper  auri 
libram  componat.  Fafta  carta  ifta  in  meçfe  Apcilis , 
anno  xvi.  régnante  Lothario  rege.  Signum  Rod- 
gano  comité,  &  uxori  fùa  Alaaaice  comitiflâ  qui 
carta  ifta  feribere  vel  firmare  rogaverunt,  &mani- 
bus  illorum  firmaverunt. 


CVII. 

Plaid  tenu  i  Ni/mes  par  Raymond  II. 
comte  de  Rouergue ,  &  marquis  de  Gothie . 

NOtitia  patcfa&ionis  vel  redditionis  &  guirpi- 
tionis,  qualitcr  vel  quibus  in  Nemaufo  civira- 
tis ,  ad  ecclefiam  fânâe  Marie  fedis  principalis  ve- 
niens  quidam  homo  nomine  Raymundus  comts 
&  marchio,  qui  dicebat  ecclefiam  fânch  Martini 
qui  eft  hedificata  in  comitatu  Agarcnfc,  cum  villis 
prænominaris  Quchis,  &  Petrohano,  &Petronia- 
nello  8c  CafeUas ,  ex  parte  aliqua  femine  nomiq# 
Hermcgutis,  peraquefta  que  de  ipfâ  aquiftavit  ipfe 
habere  vel  tenere  débet ,  8c  proprium  habere  cu- 
piebat.  Unde  ex  hoc  altercatio  inter  Raymundum 
comitem ,  &  Amelium  epifeopum  orta  eft.  Ad  ul~ 
timum  venerunt  ad  ecclefiam  fâneli  Baudilii  in  ipfo 
fâcrario ,  unde  intelligcns  aut  recognofcens  tam  ipfi* 
quam  omnes  alii  perionæ  qui  ibidem  aderant,  id 
eft  Bamardus  gratia  Dei  epifeopus,  8c  Fulcramnus 
fîmul  epifeopus,  8c  Siguinus  vicecomes ,  &  Bemar- 
dus  frater  ejus ,  8c  alias  Bcrnardus  ,  Geiroaldus  , 
Thcutbaldus,  Eldebertus,  Wago#  &  Anno  ,  & 
multo  plures  alii  co  nmuni  voto  decreverunt  judi- 
canres,  ut  tali  rationeque  ibi  proclamavit  pergua- 
dium  fîium ,  id  eft  per  feftucum  de  vite ,  ipfas  res 
fuperferiptas  in  manu  Amelü  epifeopi  reddidifîet , 

&  giurpirionem  cflf cciflet,  &  quali  voce  proclama- 
vit  cam  reddidiffet,  quod  ica  8c  fecit;  8c  promi- 
fic  pro  fe  prefentem  notitiam  firmaftet ,  quod  ica 
8c  récit.  Proptcr  hoc  expedivit  Ainelio  epifeopo , 
ut  notitiam  præfentem  erexiftèt  velnotari  feciflet, 
ut  futuris  temporibus  nec  in  præfens  lis  aliqua  fur- 
gat.  Hacta  notifia  feriei  hujus  nonas  Julias  ,  fub 
die  Vcneris  in  Nemaufo  civitate  publica,  regni  dom- 
ni  noftri  Lotharii  anno  xv  ni. 


An.  9  71. 

Ortuiaire  de 
1  abb'yr  de  S. 
Guilicim. 


C  V  1 1  I. 

Confecration  d'un  autel  dans  l'èglife  de 
faint  Michel  de  Gaillac ,  &  donation 
faite  à  cette  abbaye . 

ANno  ab  Incarnationc  Domini  dcccclxxi  r  • 
in  nomine  Patris,  8c  Fiiii,  8c  Spiricus  fândli, 
amen.  Ego  Frotcrius  diclus  epifeopus ,  hac  fâcra 
confecrationc  qua  adhonorem  Dei  oinnipotentis, 
beatæ  Mariæ  femper  virginis ,  &  fâneli  Joannis- 
Bapriftæ,  &  omnium  fânclorum  Martyrum  hoc  al- 
tare confecramus ,  pro  amore  Dei,  &  redemptione 
animæ  meæ,  &animarum  parencum  meorum*,  in 
præfentia  domni  Folcranni  epifeopi  Lodovenfîs,  8c 
domini  mei  Rcgimundi  comitis,  &  doininæ  meæ 
Girfendis  comitiflæ ,  &aIiorum  plurimorum  homi- 
num ,  huic  monafterio  Galliacenfî  dono  8c  conce- 
do  Valeni  Caumaut  ^jillosPinoSji&Cambilegos,  8c 
Salheriam,&  ecclefiam  dcBrenciacum  omnibus ap*- 
penditiis  fuis ,  8c  Falgairolas ,  8c  Muntanum  cum  cc- 
clefia ,  &  Campanis,  8c  Donazac  &  Feguerias, 

X 


An.  97x. 

Archive* 
J'abb.^ye  de 
Gail  ic. 
y •  Catel. 

p.  9 y, 

&  G*U 

n*v-  ed.ro  i. 
tnjir.  p.  i$ 


*4  Valleni 
Canrnnm, 


Diçjitized  by  LjOOQLC 


PREUVES  DE 

&  illos  manfos  de  Tefeoat,  &  ecclefiam  deBrancone, 
&  Berens  Cum  omnibus  cjuæ  ibi  pertinent ,  &  eccle- 
iîam  làndlfjatobi  de  Berens ,  quæ  ad  eam  pertinent , 
&  eccleham  lànûi  Pétri  de  Galliaco  :  omnes  hono- 


L‘  H  I  S  T  O  ï  R  E 


I2J 


C  X. 


tes  hos  fupradidos  huic  monafterio  Galliacenfi  do-  Donation  faite  a  l  abbaye  de  S.  Pons  far 
no  ôc  concedo  in  perpetuuitr,  &  deprecor  demi-  G ar finie  comte  de  T ouloufe. 

num  meum  Regimundum  comitem  qui  in  prælcnti 

eft,  ut  ipfe  concédât  &  confirmer  ha s  donationes.  Ç  Acro-fandæ  bafilicæ  de  Tomeriis  quæ  eftfiin- 
Et  ego  Regimundus  cornes  ad  honorem  Dei  &  i3  data  in  honore  fandæ  gcnitricis  virginis  Mariæ, 
pro  peccatis  meis  hæc  dona  fupradida  concedo  &  ôc  fandi  Pétri  apoftoli,  landique  ac  gloriofiflimi  cimitoede 
confirmo  *,  inluner  &  ipfum  monafterium  Gallia-  Chriftimartyris  Pontii,  aliorumqueûhdorum  quam-  faim  p0n*  de 
tenfe  concedo  ht  confirmo  elfe  in  perpetuum  ad  plurimorum.  Ego  domina  Garccndis  comitïllaquæ  LmfoiTaar 
Dei  fervitium,  utmonachi  fub  régula  (andi  Bcne-  fui  uxor  domni  Pontii  comitis  Tolofimi ,  pro  amore  archive*  dn 
didi  in  eo  degentes  deferviant  femper.  Et  ipiam  Dei ,  in  remiflionem  peccatorum  mflorum ,  &  pro  îonne.CirClf" 
villam  Galliacenfem  quæ  magna  nunc  eftvelhitura  remedio  animæ  di<Sti  mariti  mei  Pontii  comitis, 
eft,  &  milites,  &  homincs  univerfos  qui  in  ea  ha-  omniumque  fidtlium  chriftianorum  tam  vivorum 
bitant  vel  habitàturi  fimt  »  ôc  caftrum  de  Ulmo  quam  etiam  defundorum ,  dono  laudo  &  concedo  ***• 
dono&  concedo  &  confirmo  huic  monafterio,  ut  omnipotenti  Dco,  &  Tandis  prædidis,  &Tome- 
habcat  &  poflideat  fub  proprio  dominio  fine  ullo  rienfi  monafterio,  ôc  abbati  &  monachis  tam  præ- 
tontradidore,  Ôc  fidantias  Ôc  juftitias  vendentium  fenribus  quam  futuris  ibidem  Deo  (ervientibus  in 

perpetuum ,  videlicet  totum  alodium  de  caftro  de 
Cenceno  cum  omnibus  fuis  terminis.  Dono  fimili- 
ter  ecclefiam  fandi  Pétri  de  Fideriis  cum  omni 
fuo  eccleliaftico ,  cum  dccimis ,  primitiis  ôc  obla- 


6c  ementium ,  &  ingrelliis  &  cgrcllus ,  ôc  fluvium 
^fami  à  villa  de  Curces  ulque  ad  Montanum ,  6c 
ripas  utriufquepartis,  ôctranlitus  &  reuanfitus,  & 
molinaria  &  molendinos ,  6c  ecclefiam  fandi  Aman- 


tii,  ôc  ecclefiam  deBrencio:  hæc  omnia  fupradida  tionibus,  armigeriis  6c  rebus  aliis  quas  prædida 
dono  6c  concedo  &  confirmo  huic  monafterio  Gai-  ccdciia  pofiidere  videtur ,  cum  capclla  fandi  Pétri 
liacenfi.  Signum  domni  Froterii  epilcopi ,  S.  domnF  ejulUem  caftri  de  Cenccno,  &  cum  aliis  ecdefiis 
€olcranni  epifcopi,S.Gcrfindiscomitiflæ,  S.Evardi  ad  prædidam  ecclefiam  de  Fideriis  pertinentibus 


eleemofinaiii  Albiæ,  S.  comitis. 


C  I  X. 

Confirmation  des  donations  faites  à  l’abbaye 
d’Alaon  dans  le  Diocèfe  d'Urgel. 


— - *  TT  Go  Atho  Ripa-Curt’æ  cornes ,  una  cum  uxore 

An.  97}.  Jj,  mca  ^aria  comitillà  ,  ôc  filiis  noftris  Athone 
régufcV?ür-  vicecomitc  Solcnfi  ,  &  Garfia  vicecomitc  Lupinia- 
gei.  ccnfi ,  neenon  ôc  avunculo  meo  domno  Athone 

v.  sjg utrr .  Tolofano,  quipræfens  cft,  hancchartam 

à  pâtre  meo  venerandæ  inemoriæ  Lupo-Alinaiio 
vicecomite  laudatam  6c  firmatam ,  iterum  laudo  & 


CTJ1C.  Hijp.  t». 

!•  p.  13$ 


in  prædido  terminio  de  Averano  conftitutis ,  fcili- 
cct  ecclefiam  findi  Aniani ,  &  ecclefiam  (ândi  Julia- 
rit ,  6c  ecclefiam  fandi  Martini  de  Donza ,  cum  de- 
cimis  6c  primitiis  6c  rebus  aliis  quas  prædi&e  ec- 
clefiîe  pofiidere  videntur.  Dono  fimiliter  ecclefiam 
fandi  Pontii  de  Gcminiano  cum  omni  fuo  eedefia- 
ftico,  cum  dccimis  6c  primitiis  6c  rebus  aliis  quas 
prædida  ecclcfia  pofiîaere  videtur,  cum  toto  alo- 
dio  de  ipfa  parrochia  fandi  Pontii  de  Gcminiano. 
Dono  fimiliter  ecclefiam  fandi  Joannis  de  Frays 
cum  omni  fuo  eccleliaftico  ,  cum  decimis  pri¬ 
mitiis,  ôcc.Dono  fimiliter  totum  alodium  de  villa 
mea  quæ  vocatur  Efpars  ,  6c  totum  alodium  de 
manfo  ubi  Guadaldus  vilus  eft  mancre ,  Ôc  totum 
alodium  de  villa  quæ  vocatur  Trillàls,  &  totum  alo- 


confirmo,  &  in  perpetuum  valituram  jubeo,  tibi-  dium  de  Campum-album  6c  deBraixis,  &  totum 
que  patri  fpirituali  domno  Oriulpho  abbati ,  &  alodium  de  omni  territorio  quod  vocatur  Vibre , 


monachis  tecum  in  prædido  monafterio  Deo  6t 
beatæ  Mariæ  fervientibus ,  in  xternum  confirmo  , 
6c  meam  ôc  omnium  parentum  ineorum  maledi- 
dionem  in  perpetuum  cum  ira  Dei  rclinquo ,  fi  in 
toto  vel  in  aliquo  eam  ‘violarc  tentaverint.  Fada 
charta  in  Atharcs ,  v  i .  ldus  Februarii ,  Era  mxi. 


ôc  alodium  de  vineis  quas  habeo  in  Aranno.  Dono 
fimiliter  capellam  de  Gennerono  fandi  Pétri ,  to¬ 
tum  alodium  de  vineis  quas  acquilivi  de  Stephano 
in  Joyano,  6c  omnia  quæ  ibi  acquifivi  de  Honore 
ôc  uxore  cjus.  Prædidus  honor  eft  in  epilcopatu 
Narbonenfi,  exccpro  honore  de  Gora  qui  eft  in 
eo  anno  quomerccepit  per  vaflillum  inclitus  rex  epilcopatu  Bitcrrenli.  Damus  fimiliter  in  alio  loco 
Sandius  Garfcanus,  Ôc  fiiit  occifus  à  Mauris  meus  in  epilcopatu  AlbicnliDco  Ôc  SS.prædidis,  Bruas, 
cognatus  Eximius  Fortuni  cornes  in  Atharcs*  reg-  ôc  in  parrochia  fandæ  Mariæ  de  Baro  totum  alo- 
nante  prædido  Sandio  Garleano  rege  cum  uxore  dium  de  omni  territorio  deCautricts,  ôedeomni- 
fua  domina  Uraca  regina  in  Aragone,  in  Pampi-  bus  fuis  pertinenriis  cum  iplâecclefia  fandte  Mariæ 
lona,  ôc  in  Superarbi,  comité  Vaifaredo  congcr-  de  Bar,  cum  omni  luo  eccleliaftico ,  cum  dccimis  &' 

mono  meo  in  Ripa-Curtia ,  ôc  in  Pallaria  ;  Aymé-  primitiis  ôc  rebus  aliis  quas  prædida  ecclcfia  polli- 

rico  archiepifcopo  in  Narbona  -,  Plàlla  epilcopo  in  dere  videtur.  Hæc  omnia  prædida  ego  D.  Guar- 

Orgello  \  Decio  epifeopo  in  Aragone  ,  Audilindo  findis  comitillà  jamdida  dono ,  laudo  ôc  concedo 

fe  epiîcopo  in  Rota  nommante*,  domno  Oriulpho  omnipotenti  Dco,  ôc  fandæ  Mariæ,  ôc&ndoPon- 

abbate  beatæ  Mariæ.  Sigfnum  Athonis  comitis,  tio  Tomericnfi  monafterii,  ôc  abbati  Ôc  monachis 

ejuldcm  tam  prælentibus  quam  futuris  in  prepe- 
tuum ,  fcilicct  caftrum  prædidum  de  Cenceno  cum 
omnibus  fuis  terminis ,  Ôc  eeelefias  prædiélascum 
omni  prædido  honore ,  videlicet  totum  alodium  ôc 
totam  poteftatem  ôc  dominium  de  omnibus  par- 
rochiis  jam  didisde  honore  omni  prædido,  cum 
domibus  ôc  cunibus ,  cum  terris  cultis  ôc  incultis , 
cum  vineis  ôc  cum  hortibus ,  cum  arboribus  frudi- 


Sign.  Mariæ  comitifiæ  ,  Sign.  Athonis  vicecomitis 
cjus  filii ,  Sign.  Garfiæ  vicecomitis  ejus  fratris  , 
S;gn.  Atlionis  epilcopi  Tololani.  Alhclmus  mo- 
nachus  exaravit. 


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feris  &infnidifèris,  cum  filvis  &  forcftis,  cum  vc-  dæ  Mariæ,  &  (ândo  Ponrio  in]monafterio  Tome- 
narionibus,  &fûrnis>  aquaram  curfiis  &  recurfîis  »  rias.  Illosvero  manlos,  videlicec  alode  de  Porcilis, 
cum  molendinis  6c  paxeriis,  cum  rivis  &  fbnribus,  &  alodem  de  Palazool ,  &  ilium  manfum  de  Savi- 
montes,  Colles  &  valles,  cum  pratis  &  herbis  &  niaco  &  de  Tælâno ,  remaneat  poft  mortem  Alazais 

Eafturalibus  6c  mineriis,  Cum  omnibus  terminait-  &filiisejus,DominoDeo,&fândoAniano.  Quan¬ 
us  &  vicariis ,  &  cum  hominibus  6C  fceminabus  inde  tum  in  iftis  locis  vi(â  (uni  habere ,  6c  ecciefiam  (an- 
naturalibus ,  &  omnes  ulâdcos, &  taliias»  &  albcrgas,  dæ  Mark  cum  omnia  quæ  ibi  vi(â  film  habere  vel 
&fervienrias,  &  omnes  adus,  &  quidquid  in  præ-  poflïdere  ,  dono  Deo  6c  l ândæ  Mariæ  &  (ândo 
dido  honore  &  in  omnibus  peninemiis  habco  ,  Ponrio  Tomerias,  quævocant  Geminiano.  Et  alo- 
ïorum  illud  dono  Domino  6c  monafterio  prædido  dcm  quævocant  Travanzanicas,  cum  ip(â  ecclefia , 
in  perperuum  ablque  omni  retentu  ;  excepco  quod  teneat  Frocerius  cpifcopus  dum  vivit;  poftmortcm 
Adalydis  &filius  ejusErmengaudus  &Raymundus  cjus  remaneat  Domino  Deo,  &  (ândo  Benedido, 
teneam  prædidum  caftrum  de  Cenccno  cum  om-  &  (ândo  Vincendo  Caftrenfis.-  Et  meam  ec«Jefiam 
nibus  fuis  terminis  >  &  ecclefias  fibi  pertinentes,  /ândi  Salvatoris  de  Salai  cum  medictare  de  ipfîim 
tantum  dum  vixerint  :  poft  morrem  illorum  prædi-  alodem  dono  Deo  &  (ândo  Ponrio  Caftrenfis  y  *  ubi  *  f  d. 
dus  honor  libère  &  ablolute  revertatur  ad  prædi-  vir  meus  requielcit,  6c  lândo  Vincendo.  Et  aliam  menai iù. 
dum  monafterium  fândiPonrii  deTomeras  in  per-  eeelefîam  /ândi  Martini  ,  quem  vocant  Carmar* 
petuum.  Si  quis  vero  contra  banc  cartam  donatio-  cum  aliam  medietatem  de  ipfiim  alodem  de  fupra- 
nis  venerit  ad  irrumpendum,  nifi  pœnitendam  dig-  dido  alode ,  laxo  Domino  Deo  6c  (ândæ  Ceciliæ , 
næ  /âtisfadionis  egerir ,  iram  Dei  omnipotentis  in-  &  (ândo  Salvio  Albiæ.  EtiUam  ccclcfiam  quam  vo- 
currat,  &  â  liminibus  fândæ  Dei  eeelefiæ  extraneus  cant  landum  Mardalem  deGreza,  dono  Aimerico , 

&  excommunicarus  cum  Dafan  6c  Abiron,  &  cum  cum  omni  ecclcfiaftico  ,  6c  cum  décimas  quandiu 
Juda  traditore  in  inferno  fèmpcr  ardeat.  Fada  eft  vivit  :  poft  mortem  ejus  remaneat  Regimundo  tilio 
carra  bujus  donationis  (ubdie  feria  iii.  in  menfê  ejus,  &  poft  ejus  difcdlinn  remaneat  Domino  Deo 
Julii ,  régnante  L#terio  rege.  S.  Guarfindis  comi-  6c  (ândo  Petro  apoftolo ,  6c  (ândo  Geraldo  Aurc- 
tifïæ  quæ  iftam  cartam  donationis  manibus  fuis  liaco  monafterio*,  6c  quamdiu  vivunt,  donentpa- 
firmavir,  6c  teftes  firmare  rogavit.  S.  Frotarii  epi£  ratam  per  (ingulos  annos  lôlidos  v.  &  fifâcerc  no- 
copi,  S.  Ugonis  abbaris,  S.  Arnaldi,  S.  Bonifilii,  luerint,  accipiant  monachi  (ândi  Geraldi  ftatim  ip- 

fâm  ecciefiam.  Dono  etiam  jamdido  fideli  meo 
Aymerico  villam  meam  quem  vocant  Les ,  quam- 
diu  vivit  :  poft  mortem  ejus  remaneat  (ândo  Geral¬ 
do.  Et  ilios  manlos  de  Plana-fylva  dono  Deo  &(ân- 
do  Eugenio»  &  (ando  Amcrando,  6c  (ândæ  Karifi 
fimæ.  Ilios  vero  nianfos  quos  vocant  Rcdras-cairas , 


copi,  ugonis  aonaris,  ^rnaiai,  o.  noninni, 
S.  Raymunai,  S.  Lotarii  prcfbyteri,  S.  Bemardi, 
qui  hanc  cartam  fcripfit  rogatus. 

CXI. 


TeftamentdeGarfindecomteffedeTouloufe .  &  illam  villam  quæ  vocant  Macherias,  6c  aliam 

quem  vocant  Pratum-Lasnbcrrum  ,  dono  Deo  & 

IN  nomine  Domini  noftri  Jcfu  Chrifti.  Placuit  /ando  Anronino.  Villam  quem  vocant  Gerbuxam, 
mihi  Gcrlîndæ  comitillæ  faccrc  codiccllum  bre-  dono  Mironi  fiiio  Amelii  ;  6c  poft  moreem  cjusfta- 
ve,  promtoanimo,  bona  voluntatc,  pro  remedium  trisiplius,  nomine  Matfredi  ;  6c  poft  mortem  ain- 
animæ  viri  meiPontii,  6:  remedium  animæ  meæ  ,  borum,  remaneat  (ando  Michaeli  Galliaco.  Villam 

remaneat  Amelio  ne- 


V .  Marre*. 

oinecd.tt.  I. 

/.  Utf. 


Vers  l’an 
974- 

Archive!  »Ie 

r^ufe  d  AI" .  &  parentum  meorum ,  omnium  fidelium  chriftiano-  meam  ,  quam  vocant  Bruria , 

rum  tam  vivorum  quam  &  defundorum.  Impri-  poti  meo,  &  poft  ejus  dixc/Kim,  remaneat  tandis 
mis  dono  Deo  &  /ândæ  Dei  eeelefiæ,  in&quenter  quiefeenribus  Viaccnlî.  Et  villam  meam  quem  vo- 
ad  amicos  meos ,  vel  ad  homines  qui  in  meo  fer-  cant  Geneftos ,  6c  manfos  de  Podio-Mediano ,  & 
vitio  defudaverunt.  Dono  igrcur  Ugoni  comiti  ne-  bofeum  quem  vocant  Rumos,  dono  Domino  Deo 
poti  meo  cccldîam  quam  vocant  (andi  Sympho-,  6c  (ândo  Petro,  &  (ando  Geraldo,  &  (ândæ Mariæ 
riani,  cum  alode  quem  vocant  Cabannes,  excepto  yarimenjîs  *  cœnobii.  Et  illam  villam  quam  vocant  rci/^,ûs. 
DaiiKcr^  in  tali  vero  ratione,  dum  vivit,  teneat:  Ermos,  dono  Deo  &(ândisFiacenlis  cœnobii.  Ilium 
poftdilccilum  vero  ejus,  remaneat  Deo  &ad  (ân-  alodem  meum  quem  vocant  Vilarem,  dono  Fro- 
dam  Mariam  Ruthcnis,  cum  dccimis  &primitiis,  terio,  &poft  obitum  ejus  remaneat  (ândæ  Mariæ, 

&  cum  ip(ùm  ecddiafticum  qui  ad  ipfâm  eeelefiam  &c  (ândo  Ponrio  Tomerias.  Alodem  meum  quem 
pertinct,  fineulla  refervatione  *,  6c  dividant  ipfum  vocant  Gorz,  dono  Domino  Deo  &  (ândo  Mar- 
alodem  inter  fândam  Mariam  6c  (ândum  Aman-  tino  de  Villa-Magna.  Alodem  meum  Linairolas 
tium,  (ândumque  Saturninum  Ruthcnis*,  ftatim-  dono  Adraldo  filiodum  vivit:  poft  mortem  ejus, 
que  poft  mortem  meam  recipianc  (ânda  Maria  6c  remaneat  ad  (ândum  Anianum  Vcmedubrio.  Alo- 
alii  (upranominati  (andi  ilium  alodem  Dauker  vc-  dem  meum  quem  vocant  Canrullum  ,  dono  Ber- 
ftitum ,  pro  iplum  alodem  Cabannes.  Et  (i  ip(ê  Ugo  nardo  vicecomiti ,  &c  poft  ejusdifcefliim  (ândæ  Ma- 
comcsaliqucm  alodem  meum,  autaliquam  fubftan-  riæ  &  (ân di  Ponrii  Tomerias.  Ecclc(iam  quam  vo- 
tiam  meam,  quam  ego  divifêro  ad  qualcmcumque  cant  (ândi  Aniani  de  Maules,  dono  (ando  Vinccn- 
/ândum  aut  3<J  aliquem  fidclem  meum  ,  contra-  tio  Caftrenfis  ,  &  ilium  caftellarcm  quem  vocant 
rium  fcccrit  aut  mlcrit  hoc  quod  ego  dimilêro  ;  Becus  dono  ip(o  S.  Vincentio  cum  a!odedeMau(es, 
ftatim  remaneat  ip Ce  jam  didus  Cabannes  ad  (ân-  excepto  convenicnria  Grimaldi,  &  unum  vilarem 
dau\  Mariam,  &  ad  (ândum  Amantium  &ad(ân-  de  Cro/cgas  quem  laxoBernardo  filio  ipfius  Gri- 


dum  Saturninum.  Et  ilium  alodem  meum  quem 
vocant  Ccncinnoncm,  dono  Adalais  vicecomitiflæ, 
&  filiis  ejus  Ermcngaudo  6c  Regimundp ,  excepto 
ilium  alodem  de  Fcnolcddo ,  quem  ego  dedi  San- 
dioni,  ut....  tçncant  cum  caftcllo  &  ecclefias  ibi- 


maldi;  in  tali  vero  ratione,  ut  quamdiu  vivit,  te¬ 
neat,  &  poft  ejus  difceflùm  ad  fiipradidum  locum 
remaneat ,  excepto  Monte-Pelato.  Iplum  vero  Mon- 
tem-Pelatum  teneat  Ermcngavus  clericus  fiiius 
Adalbeni,  dum  vivit;  poftmortcm  vero  ejus,  (a  n- 


dem  peninentes  :  poft  illorum  vero  mortem  rema-  do  Vincentio  remaneat,  &  omni  anno  palcar  cleri- 
neat  jam  didus  Ccncenonus,  Domino  Deo,  &(ân-  cos  (ândi  Vincentii,  dum  vivit,  in  anniverlârio 


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ïi8  PREUVES  DE 

tnco:  ôc  fi  non  fecerit,  ftatim  remaneat  fandô 
Vinccntio.  Ecclefiam  mcam  de  V  marcha  donoBer- 
liârdo  6c  Dagberto  filiis  Dagberti:  &  poft  mortem 
illorum ,  remaneat  S.  Ceciliæ  &  S.  Salfii  *,  in  tali  vero 


U  HISTOIRE 


120 


Albi.  Sicardo  filio  Deufdc  dono  Spars  villa  mea, 
dum  vivit  :  poft  mortcm  ejus  ,  remaneat  fandis  de 
Tomerias.Manfum  ubi  Godalberms  vifuseft  manere, 
donoJScifredo  :  poft  mortem  ejus  filio  fuo  Rainardo , 
tationc  >  ut  omni  anno  douent  paratam  ad  ipfos  fan-  6c  poft  ejus  obitum  ad  ipfos  fandos  Tomerias.  Illam 
dos  v.  folid.  8c  fi  facere  noluerint ,  ftatim  rccipiant  villam  qticm  vocant  Trcballas ,  dono  Ingilbeno  cle- 
clericiS.  Ceciliæ  ôc  S.Salvii  in  communia.  Ilium  man-  rico  :  poft  mortem  ejus  ,  fandis  Tomeriis  remaneat. 
fum  meum  de  Benedida  de  Vearcha  dono  Witardo  Campum-album  &  Bragos  dono  Barnardo  filio  Rc- 
fcrchidiacono,  dum  vivit:  poft  mortem  ejus,  rema-  gimundo  *,  &  poft  mortem  ejus,  fondis  Tomerias. 

’neat  ad  ipfos  fandos.  Ilium  manfum  quem  tenuit  Villam  quam  vocant  Calmcm-Gruariam  ,  dono 
Robcrtus ,  dono  Regimundo  filio  Bcrnardi  •,  6c  poft  Dco  6c  fondo  Petro  de  Burlato.  Ilium  tnanfum  d» 
tnorrem  ejus  remaneat  S.  Ceciliæ  ôc  S.  Salvio.  ilium  Gcneftofo,  ubi  Adalbertus  ftetit,  fit  Adalrico  filio 
fevulh  quem  tenuit  Roftagnus  de  Veharca  ,  pratos ,  Pontii  cum  ipfo  territorio  j  poft  mortem  vero  ejus 
ôebofeos,  6c  condaminas,  cxccptis  manfisde  Benc-  remaneat  fondo  Vincentio.  Ilium  alodum  quemde- 
dida,  vcl  deRoberto,  dono  Aimardo  ôc  Bemardo  dit  mihi  Regimundus,  ecclefiam  videlicct  de  Bccia 
filiis  Bernardi  dum  vivunt  :  &  qualifeumque  ex  illis  quem  vocant  fandi  Pétri,  dono  Al  anbenjanæ*,  poft 
mortuus  fuerit ,  pars  ejus  remaneat  ad  S.  Ceciliam ,  mortem  cjus>  fando  Vinccntio,  exccpto  Càlme-Grua- 
&ad  S.  Salvium.  Alium  fevum  quem  tenuit  Pon-  ria.  Ilium  vero  alodem  de  Fraxino  Ôcdcipfam  eccle- 
tius ,  dono  Raymundo  filio  Bernardi ,  6c  alio  Ray-  fiam,  medietatem  dono  Domino  Dcoôc  fandæ  Ma- 
mundo ,  6c  Attoni  duTwvivunt  :  6c  qualifeumque  ex  riæ  ô:  fando  Pontio  -,  aliam  medietatem  dono  Ar- 
illis  mortuus  fuerit,  pars  ejus  remaneat  ad  S.  Sal-  naldo  filio  Bernardi  :  poft  mortem  ejus ,  fondis  de 
vium  6c  ad  S.  Ceciliam.  Ecclefiam  meamdcBar  Tomerias  remaneat.  Illam  ecclefiam  de  Mufcle,  quem 
quem  vocant  S.  Mariam ,  6c  ilium  fevum  quem  te-  vocant  fandum  Stcphanum  ,  dono  Sandioni  filio 
net  Ilàrnus  vicecomes ,  teneat  ipfeftarnus  dum  vivit,  Foramundi  i  8c  alium  alodem  quem  ibi  habeo ,  dono 
exccpto  manfum  de  Agrifolia*,  poft  vero  mortenv  medietatem  Olibano  ,&  aliam  fnedietatemipfiSan- 
ipfius  Ilàmi,  remaneat  fiindæ  Mariæ  6c  fando  Pon-  dioni  :  6c  poft  obitum  corum,  fando  Salvio  rema- 
tio  Tomerias,  in  honore  fonda:  Mariæ  de  lmiio  :  in  ncat.  Ipfum  manfum,  qui  fuit  BcrtLndo  ,  dono 
tali  ratione,  ut  monachi  de  Tomerias  donent  ad  fando  Salvio  in  fofina.  Et  ilium  qüem  adquifivi  de 
ipfam  fandam  Mariam  de  Imtïo ,  poftcaquam  ipfam  Cariilïma  ,  ad  ipfam  remaneat  :  6c  poft  obitum  ejus, 
ecclefiam  8c  ipfum  alodem  acccperint ,  omni  anno ,  ad  fandum  Salvium.  Ilium  manfum  ubi  manfir  An-  • 
x.  folidos  :  ôc  ipfc  Ifarnus  quamdiu  vivit,  omni  anno  dreasdeMiliares,donoGauzeleno  6cfilio  ejus  Uni- 
donet  paratam  v.  folidos  ad  fandam  Mariam  de  To-  berti  -,  6c  poft  mortem  illorum,  fandæ  Ceciliæ  rema- 
merias,  6c  ad  Monachos  -,  6c  fi  non  fecerint,  ftatim  ncat.  Ecclefiam  fandi  Maximi  quem  adquifivi  de 
rccipiant  monachi  de  Tomerias  ipfam  ecclefiam  6c  Bono-pare ,  laxo  Aimerico  filio  ejus,  cum  ipfo  alode, 
ipfum  alodem.  Ipfum  vero  manfum  de  Agrifolia  6c  poft  obitum  ejus,  (àndæ  Martianæ  remaneat.  ll- 
dono  Domino  Dco  6c  Candi  Salvatori  Ôc  fonda:  N  la-  lum  manfum  de  V cir arias  laxo  V idiano  archidiacono  *, 
riæ Vabrcnfis.lllos vero manfbsquos adquifivi Deus-  ôc  poft  mortem  ejus  fandæ  Cæciliæ  remaneat, 
de  epifeopo,  qui  funt  fiti  in  valle ,  dono  unum  fandæ  6c  illas  vineas ,  quæ  ibi  funt ,  fandæ  Ceciliæ  rema- 

Maiiæ  in  capella  Albiæ ,  6c  alium  manfum  quæ  Gau-  ncant.  Vineas  quas  habeo  in  Aucago  dono  UnigC- 

fredus  tenet  ad  fevum  in  vita  fua  poft  mortem  ejus  reo,  exccpto  unum  aripendum  quem  laxo  Ingclran- 

rcmancat  S.  Petro  de  Albia ,  6c  alios  manfos  dono  no  -,  6c  poft  mortem  ejus  remancant  ad  caput-fcolæ 

Aicfredo  ôc  fratri  ejus  Matfiedo  ,  filiis  Unigerii  :  fandæ  Ceciliæ.  Alodem  meum  quem  adquifivi  de 
poft  mortem  illorum  remaneat  Cmdo  Africano  de  Regimundo  comité  ,  nominc  Aurclionaco ,  medic- 
Albia.  Et  ilium  manfum  de  ilia  Calme  de  Vcirarias  tatem  laxo  fandis  Salvatoris  Figiaco,  6c  aliam  me- 
dono  Bonihlio  focriftano  *,  poft  mortem  ejus,  rcma-  dictatcm  fandi  Stephani  Caturcis.  Vineas  quas  ac- 
neat  fando  Salvio.  lilas  vineas  Vcirarias  teneant  clc-  quifivi  de  Stcphano  in  Coiano,  ôc  omnia  quæ  ibi 
rici  fandæ  Ceciliæ ,  6c  fandi  Salvii ,  6c  fandæ  Mar-  adquifivi  de  Etnone  ôc  uxorc  ejus,  dono  fonde*  Pe- 
cianæ.  lilas  meas  ccclcfias  fandi  Fruduofi  6c  fondi  tro  in  captlla  Cencenno ne.  Illos  très  manfos  quos 
Pardulfi  dono  Deufdc  epifeopo ,  dum  vivit,  cum  ipfo  adquifivi  de  Remigio ,  qui  funt  Malaucio ,  dono  ex 
alode:  poft  mortem  ejus  remancant  S.  Marcianæ  in  illis  duos  Amblardi ,  8c  alium  fandi  Bcnedidi  Aval- 
communia.  Ilium  alodem  meum  Buzingis ,  quem  lato  :  6c  poft  mortem  Amblardi ,  alii  duo  ad  ipfum 
adquifivi  de  Adcmaro  cum  caput-manfo,  6c  vineas,  locum  remancant.  Vineas  quas  habeo  in  Aziniano 
6c  vcrdcarios ,  6c  terras ,  8c  omnia  quæ  ibi  habeo ,  6c  dono  fando  Pontio  Tomerias.  Duas  bordarias  quas 
omnia  quæ  acquifivi  de  Richario ,  totum  dono  ad  adquifivi  de  epifeopo  Deufdc,  cum  ipfo  caput-manfo, 

fandam  Sigolenam.  Ilium  caput-manfum  ad  illam  dono  fando  Africano.  Manfos  vero  de  Miliares  dono 

Garrigam  quem  adquifivi  dcRainoni  6c  de  Tend-  Amblardi  abbati ,  exccpto  ilium  quem  dedi  Gaulle- 
gario,  omnia  quæ  ibi  habeo  totum  dono  ad  S.  Mi-  no  •,  poft  trortem  eorum  fandæ  Ceciliæ  remaneant. 

cha’ëlem  de  Galliaco.  Vineas  quas  adquifivi  de  Ade-  Omnes  lcrvi  mei  8c  ancillæ  mcæ  fint  liberi  pro- 

maro  quas  vocant  Sarival ,  dono  ad  S.  Sigolenam. 

Illas  meas  eedefias  de  Levai:  cum  omnem  alodem 
meum  quem  ibi  habeo ,  excento  Roderanicas ,  6c 
Vallclias  8c  Comag,  dono  aa  fandum  Juitum  6c 
fandum  Paulum  Narbonæ ,  ôc  fandum  Nazarium 


pterammam  vin  mci,  6c  propter  animam  meam, 
omniumque  fidelium  Chriftianorum  y  tam  vivo- 
rum  quam  ôc  defundorum.  Ifta  fuperius  feripta  quæ 
ad  fandos  dimitto ,  teneant  ea  clerici  vel  monachi 
in  communia.  Si  quis  vero  malevolus  tollerfr  præ- 
6c  fandum  Aphrodifum  Bitcrris.  Ipfam  villam  quem  fumpferit ,  vcl  monachis,  vcl  clericis,  hoc  quod ego 


vocant  Roderanicas ,  dono  fando  Genefio  de  Lo- 
deva.Cotnag  6c  Vallcüa s  dono  Raymundo  filio  Gun- 
dinildis  nepoti  mco  :  poft  mortem  ejus  remaneat  fan¬ 
di  Jufti ,  8c  fandi  Partons,  6c  fando  Paulo  Narbona, 
6c  fando  Nazario  Bitcrris.  lilas  vineas  quas  adquifivi 
de  alode ,  quæ  funt  in  Zairan ,  dono  fando  Pctre  de 


laxo  Domino  Deo  6c  fandis  ejus,  tollat  ci  Deus 
omne  bonum ,  6c  det  ei  omne  malum ,  ô:  habcat 
partem  cum  Datan  6c  Abiron  in  infemum ,  in  præ- 
fenti  fæculô  ôc  futuro.  Fiat  ,  fiat.  Amen. 


CX1L 


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Ordure 

tliU'cc 

«a4Sir- 

Kt- 


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BÊ  LAN 


S  Ü  E  î)  Ô  & 

çœlum  alcendit.  Er  quicumque  fueric  fiüiis  nialc- 
diétionis  diflipator  arque  dcftru&or  hanc  donatio- 
nem  five  mercedem  à  prædiûis  principibus  fààiam* 
propter  remedium  anima:  archiepifcopi  Sc  omnium 
amicorum  &  parenrum  vel  familiarîum  fuorum  * 
&  omnium  remedium  vivorum  &  defiin$orum  -, 
ficut  fuperius  reftati  fumus,  venianr  fuper  eum  om- 
nes  malediâiones  quæ  func  exaràtæ  in  libro  Moyn 
hominis  Dei,  &  in  vetcri  &  in  novo  teftamento 


C  X  II. 

éxecution  du  tefi ornent  d' À 'y meric , 
archevêque  de  Narbonne. 

An.  977-  T  N  Altitonantis  nomine  »  convenir  unicuique 

Caituiaire  A  rnortah  &c.  Igitur  in  Dei  homme  nos  pàriret  *• — * - »  ’*  “^'."17  U,  -W-  s- 

fle  b  c«itu!-  clcemoiÿnarii  venerabilis  beatæ  memorà  quondam  corroboratæ  nomule  Domim  noftri  Jeiu  Ghri  > 

Aymerici  fandèæ  Narbonenfis  ecclefiæ  archipræfü-  cpm  omnes  iniquos  pamc.pacioneni  habcar,  &  fit  ei- 
lis  ,  cuius  memoria  erhereo  defcribatur  in  albo  ,  communicatus,  &  alimimbus  omnium  ecddiarum 
videlicet  Adalaidis  vicecomirifîa  Narbonæ,  filiique  fequeftratus  hic  &  m  ætemum  &  m  f^ula  tecu- 
mei  confencientes  Ermengardus  venerabilis  arehi-  lorumamen.  De  repetirione  vero  fi  quis  fuerit  tilius 
pnefiil  fiius  fiicceflor  ,  &  Raymundus  vicecomes  5  cpifcopus  hujus  ccclefiæ,  diabolo  mftigan te,  commo^ 
verumtamen  &  alii  eleemofynarii  Udalgerius  prin,  nis  qui  contra  hanc  donationem  vener.t  ad  inrum- 
ceps frater  fiius,  &Ermengaudus  quivocatur  Vaf-  pendum,  vel  eam  frangere  tentiverif,  hoc  quod 
fedeUus,  &  Bernardus  grammaticus  nepos  archi-  penerir  vindrcare  non  valeat,  fed  hæc  noftra  dona- 
præfiilis  defimdi ,  verum  eriam  &  Geiro  honora-  tio  omni  rempore  lac oneuflam  &  mviolabdem  ob- 

-  ‘  tineat  firmicatem.  Fada  carra  donationis  îluus  lub 

die  idus  Jiiriii ,  anno  Incarnarionis  Dominiez  dcccc. 
lxxvii.  indidione  v.  régnante  Lothario  annd 
S.  Adalicis  vicecomitifiæ ,  S.  UdaJgerii  * 


bilis  princeps  nepos  præfati  defundi  *  arque  \Val- 
terius  abbas  fa ndæ  Mariæ,  &  David  levira,  five 
Nantigifus  indignus  fâccrdos;  ex  exiguis  fàcultati- 

bus  memorabilis  Aymerici  quondam  archiepifcopi  xxin.  —  — - — -  - 7”  ;  t7“  ^  : 

adquifitis,  Dèo  omnipotenti ,  &  canonicis  fando-  S.  Ermengaudi  qui  vocacur  Vafladello,  S.  Geird 
rom  Jufti  &  Paftoris  quoridie  famulantibus  præfcn-  pan»  eleemofynarii*  qui  hanc  donationem  fcc* 
tibus  atque  fûturis,  propter  remed'um  ipfiusaniniæ,  mus  &  firmare  rogavimus.  S.  Bernardus  Filogia- 
verum  &  propter  remedium  animæ  PoKcionI  mus  ,  S.  Aymenci  teftamentani  ,  S  David  Ievira 
comitis  de functI)  five  Matfredi  vicecomi-  elecmofynarius,^ Pontiom,  S.  Aialbera  Romani 
tis ,  five  Odoni  vicecomitis  ,  vel  Richildis  viceco-  qui  Bonus  films  vexatur ,  S.  Franco  cpifcopus.  S.  Gé¬ 
mi  ti/Ke  ,  alodem-  fuum  quem  vocant  Grexanum  raid.  Romain  ,  S  Mdom  fratr.s  e, us.  Nantigifus 
«un  eccle/üs  quæ  ibidem  fiunt  fiindatas,  &  cum  eleemofynarius  qui  hanc  donauonera 

omnibus  terminiis  fuis,  &cum  dccimis  &  primitiis  fcnput. 
ipJârum  ecclelïis  pertinentibus ,  Ôc  cum  omni  fcr- 

«  •  1  •a  1  j  _ _ : _ •  _i _ 1: _ 


vitio  quod  ex  ipfum  alodes  exierir  ab  odierno  die  in 
antea ,  pro  iplonim  animas ,  &  omnium  fidelium  pa- 1 
rentum  &  amiconim  &  familarium  fuorum ,  fan- 
âorum  Jufti  &  Paftoris  6c  canonicis  ibidem  Deo 
fervientibus  ,  preedielum  alodem  ex  ejus  partibus 
donamus  arque  concedimus:  exiguum  donum,  ut 
ipfos  venerabiles  martyres  in  die  tremendi  judicii 


c  x  n  1. 

Ëofidtion  faite  à  l’èglife  de  Èe tiers  par 
Guillaume  vicomte  de  cette  ville. 

IN  nomine  Domini  noftri  Jcfu  Chrifti.  Egd  An.  977: 
Guillelmus  vicecomes  &  uxor  mea  Ermctrudis 


T  ivvw.i.1,.1—  j  — - - - / -  — - 

unum  doriatores  fumus  atque  traditorcs  Domino 
Deo  ôc  ipfîus  ecclefiæ  vocabulo  fa ndi  Nazarii  fcdis 
BitCrreri/is,  quieft  fiuidatus  infra  muros  ipfius  civi- 
tatis  Diterris  ,  donamus  vel  tradimus  in  comitatu 


îpios  veneraoiies  martyres  in  aie  tremenai  juaiui  ^  Guillelmus  vicecomes  ôc  uxor  mea  fcrmctruCtis  Gmuiairede 
habere  mereatur  patronos,  ôc  pro  peccatis  fuis  ad  vicecomici(Ià  ,  quæ  Druda  Vocatur,  nôsfimul  iri  ** 

mus  omnibus  canonicis  fânâorum  Jufti  Ôc  Paftoris 
ibidem  Deo  famulantibus  &  fcrviencibus  ipfum  alo¬ 
dem  Crexanum,  ficut  fiiperius  refonat,  tocum  ôc  _ _ 

Biterrenfc  viilam  vocabulo  Lignano  cum  fuis  ter¬ 
miniis,  cum  ipfa  turre,  ôcc .  quæ  nobis  de  domno, 

Bernardo  epilcopo  advénit:  in  taie  paflum  delibe- 
rationis,  ufcjue  duiri  ipfa  ecclefia  tota  fit  fada  arque 
eooperta  ufurri  ôc  frudum  ira  habcant  ipfi  operarii 
pro  mercedc  laboris  ,  ôc  duni  fada  vel  coopéra 
ruerit  ipfa  ecclefia  Ûnélus  Nazarius ,  de  ilia  hora  in 
antea  habcant  ipfa  villa  cum  fuis  terminiis  ôc  cuni 


ab  integro  fnndacum  •,  tali  deliberarione  ,  ut  ex 
frudu  Ôc  omni  fêrvitio  quod  exinde  cxicrit,  &  ex 
decimis  Ôc  primitiis  ex  ipfo  procedentibus ,  ab  ho- 
diemo  die  in  antea ,  vivant  comirmni  fraternitate 
in  canonka ,  ficut  Aymericus  S.  memoriæ  teftatus 
cft,  Sc  corroborants  eft  in  fui  plenæ  re&æque  me- 
moriæ  in  codicello  teftamenti  fui,  tam  in  adventu 

Domini  quam  in  tempore  quadragefimali,  Sc  dum  aJ|lva  1IUU _ ^ . 

frubtus  ex  ipfo alode  abundaverit  illis  omni  rempore,  turte  jpfj  canonici  corrimuniter  in  ufum  fru- 

ut  ficur  aderit  illis  coinmunis  fùmptus  *  ita  fit  com-  (allarilim  fine  blandirricnto.  Fada  donatione  ifta 
munis  orario,  propter  animam  Aymerici  archipon-  JX  Scpterabris  anno  xxi  1 1.  regriante  Leuteria 

tificis  dcfun&i,  ôc  Matfredi  vicecomitis,  ôc  om-  fCge#  Willelmi  vicecomitis,  S.  Érmetruris  vicc- 
nium  fidelium  prenrorum ,  amicorum  ,  &  fiuni-  comjcifü  qui  hanc  donanottem  fecimus ,  ôcc.  iri 
liariiun  fuorum,  ficur  fuprius  memoravimus,  &  çhrifti  nomine  Pondus  prefbyrer  fcripfit  fub  die 
omnium  fidelium  chiiftianorum  defiin&onun  atque  ^  ^  qllo  fupra.' 

vivorum  *,  quatenus  propter  illorum  preces  &  inter-  _ _  _  . 

ceflioncs  animæ  prædiâorum  omnium  mereantur 

ab  omni  vinculo  dcliâdrum  abfolvi,  &  fandorum  CX  I  V- 

confonds  collocarl  in  fêcula  fcculorum  amen.  Qui-  .  .  •  /rj  a 

cumque  ergo  fuerit  filius  benedidionis  obfcrvaror  Premier  te  fl ament  d  Adélaïde  Vicomtejjè  An.  077 

&  adfirmator  hanc  donationem ,  venianr  fupr  eum  J “  -  A 

omnes  benedidiones  quas  Moyfes  famulus  Dei  te- 
ftarus  &adfirmatuseftin  monte  Garifim  fuperfilios 
Ifcaël,  &  benedidiones  confêquatur  quasDominus 
Jefûs  Chriftus  dédit  fupr  apftolos  fuos  quando 
Tçmç  IL 


de  Natbenne<  Arrive*  te 

réglifc  He 

N  nomine  fândæ  &  individuæ  Trinifatis;  Unul-  Narbonne, 
quifque  homo ,  dum  converfàtur  in  hac  oiortalf 
pregrinacione  ,  fiirfùm  oculos  débet  erigere  ai  f.  9j4 


1 


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Gc  >gle 


132  P  R.  Ê  Ü  V  É  S  DE  L’ HISTOIRE  135 

contcmplationem  divinæ  majcftaris,  ut  cumin  judi-  fiimmi  regis  «terni  >  fit  propter  remedium  animæ, 
do  venerit ,  inveniat  juftihcatus.  Quapropter  ego  ut  pollim  evadere  cunctorum  (ùplidum  ,  &  pcc- 
in  Dci  nomme  Adalais  dum  diem  hune  valdc  per-  cipere  ætemam  felicitatem ,  &  milericordia  fua  con- 
limefco,  ficri  præcipio  inquocligo  eleemofynarios  ditor  maledida  cunda  ignofeat  quæ  feci  exdiena- 
rfceos  ,  ut  quemadmodum  cognovcrint  meam  vo-  tivitatis  meæ  ulque  modo ,  fimulque  domnus  Mat- 
lûntatem  ita  perficiant  :  funt  hæc  nomina  eorum,  fredus  virmeus  aegenitoresmei,  communem  mer- 
ErmcngauduS  archiprxful ,  &  Raymundus >  8c  Vaflà-  cedem  inde  fibi  provideant ,  &  omnes  confiuiguineî 
<fellus,Seniorellus,  Bernardus ,  Adalbcrtus,  Sigar-  ac  propinqui  mei,  omnefque  fidcles  defundi.  Ip- 
dus  de  Petrulio.  Illud  fandum  opus ,  quod  inchoa-  fum  aiodem  quem  habeo  inter  Biaurum  &  Syro- 
tum  habeo  fubtus  Narbonam  in  honore  omnipo-  ttem ,  Ermengaudo  filio  meo  remaneat,  &  ip&ec- 
tentis  Dei  fandique .  Salvatoris  conftruendi  *,  relin-  clefia  de  Dudos  quam  vocant  fanda  Maria rcuto 
quo  fororibus  meis  &  domnæ  Arlindæ  comitiflæ  -,  ipfa  parochia ,  ad  fofum  remaneat-  Villa  Columba- 
ih  tali  quoque  tenore ,  ut  Arfindi  fbrori  meæ  rema-  fia  cum  ipfa  ecclefia  fandi  Pétri ,  Raymundo  filio 
ncat  ipla  mea  hereditas  dç  Vidiliano,  &  Ermcfindi  meo  remaneat.  Ipfas  eu  pas  aurcas,  Ermengaudo 
remaneat  ipfc  alode*  de  Tolomiano  ,  &  Garfindi  remaneant >  det  per  eas  ad  canonicos  fandorum  Jufti 
remaneat  ip(à  me^  hereditas  de  Arrimiciano ,  hæc  &  Partons  fol.  L.  quos  difpendant  in  communia  , 
quoque  teneant  &  polfidcant  dum  vixerint  :  &  fi  &  ad  canonicos  fandi  Pauli  fimiliter  fblidos  L.  & 
ad  perfedumperduxcrintlândum  cœnobium,  cundi  ad  fandum  Nazarium  fedem  CarcalTone  fol.  L  & 
præfari  alodes cum  omni  integricate  illic  remaneant-,  fando  Nazario  fedem  Biterris  fol.  L  Raimundo 
8c  fi  non  perfecerint  hune  monafterium,  port  mor-  remaneat  catinum  uftum  argenteum &  candela- 
tefn  Arfindi ,  ipfii  hereditas  de  Vidiliano  remaneat  bra  duo  de  argento ,  unum  cum  rôtis  &  fuccindam , 
ad  canonicos  (andorum  Jufti  &  Paftoris  in  com-  unum  cum  auro  cublifinonario ,  &  det  pro  eis  foli- 
munia  *,  &  ipfa  hereditas  de  Artimiliano ,  port  mor-  dos  L.  fando  Pontio ,  &  fando  Aniano  (olidos  L.  De 
tem  Garfindi ,  fimili  modo  remaneat  ad  canonicos  cundo  frudu  vini  &  annonæ  quod  habeo  in  Flo 
fandi  Pauli ,  ipfc  alodes  de  Tolomiano  remaneat  rcnciaco  ipfa  medietas  remaneat  Ermengaudo  ,  de 
inter  cœnobium  Gindæ  Mariæ  quod  vocant  Craf-  alia  medietatc  iplàtcrtia  pars  fimdo  Tiberio*,  aliæ 
fam ,  &  fàndum  Petrum  quod  vocant  Caunas.  Ipfc  duæ  fimdo  Salvatori  de  Aniana.  Similiter  de  frudu 
âlodcsde  Trolias  cum  ipfa  parte  quam  habeo  in  quod  habeo  in  Ncbozianenfe,  ipfa  medietas  rema- 
Cadem  ecclefia,  remaneat  monafterio S.  Aniani.  Ipfe  ncat  Ermengaudo,  alia  medietas  ipfii  remaneat intetf 
alodes  de  villa  Boraxo  remaneat  cœnobio  fandi  monachos  de  Vabro  >  &  monachos  de  Joncellos. 
Pontii,  excepris  ipfiim  turrim.  Ipfam  turrim  cum  De  frudu  Pociolo ,  &Urbanio,  &Cavorras,  très 
ipfis  marifionibus  quæ  ei  funt  jundæ  teneat  Auri-  partes  fàciant  :  una  pars  detur  fandi  Michaeli  de 
cius  dum  vixerit:  port  eavero  adipfum  cœnobium  Galiaco,  alia  fandi  Salvi ,  8c  alia  fandæ  Ceciliæ*  Si* 


fandi  Pontii  remaneat.  Villa  Bajas  cum  ipfo  termi- 
nio  teneat  Guadaldus  dum  vixerit,  exceptis  ipfos 
maliolos  quos  alü  ibidem  plantant  >  8c  cum  fadum 
fucrit  cœnobium  fandi  Salvatoris,  port  mortem 
Guadaldi  cum  omni  integritate  illic  remaneat  :  8c 
fi  fadum  non  foerit  illud  monafterium ,  remaneant 


confummatum  fuerit  cœnobium  noftrum ,  illic  re¬ 
maneant  equas  meas:  fin  autem ,  remaneant  Ermen¬ 
gaudo  inde  nu.  cum  ipfos  mulos  u.  &  Ray- 
mundo  equas  1 1 1 1 .  De  alias  equas  très  partes  fa- 
ciant-,  unam  partem  remaneat  in  canonica  firndo- 
rum  Jufti  &  Paftoris ,  alia  ad  canonicos  fandi  Pauli, 


ipfas  vineas  quæ  ad  meam  partem  veniunt  in  ip(à  alia  fando  Aniano.  De  frudu  Villæ-magnæ  ip(i 
villa,  ad  euftodem  atque  clavigerum  (àndi  Pauli  medietas  remaneat  inter  Ermengaudum  &  Ray- 

Sui  illud  altare  euftodit  j  ipfa  villa  cum  alia  omnia  mundum ,  de  alia  medietate  ipfa  terria  pars  rema- 

ereditate  ejus  remaneat  in  communia  ad  canon  i-  ncat  fandi  Salvatoris ,  aliæ  duæ  fando  Martino.  De 
cos  fandi  Pauli.  Ipfum  aiodem  quem  habeo  in  villa  frudu  Valle-magnenle  8c  Caucenogilo,  8c  Cogiano, 
Geminiano  quod  fuit  Perlonæ  8c  Danielis,  &  ipfas  ipfa  medietas  remaneat  Raymundo -,  aliam  medie- 
vineas  quæ  fuenint  Godrandi ,  teneat  Deufile  pref-  tatem  diftribuant  in  ecclefiis  atque  pauperibus.  De 
byter  dum  vixerit  ;  poftea  vero  remaneat  ad  eccle-  frudu  Narbonæ  remaneat  ipfa  ;meaietas  ad  cceno- 
fiam  fàndæ  Mariæ  quam  vocant  Quadraginta.  bium  conftruendi  illic-,  &  h  per  mi  trente  Deo,con-- 
Ipfum  aiodem  quem  empli  de  Arnulfo  epifeopo  in  ftrudum  fuerit,  rogo  lit  filia  mea  lit  inde  abbatiffa, 
terminio  de  Oveliano  ,  aim  ipfo  de  Taliavcntos,  &  ad  ipfam  remaneant  ip(i  nodellimei,  cum  ipfos 
remaneat  modo  in  canonica  fandorum  Jufti  &  Paf-  maneufos  8c  inaures  :  alia  medietas  de  frudu  rema- 
toris.  Ipfe  manfus  de  Florenciaco  quod  fiiit  fandi  neat  Raymundo.  Archiberga ,  8c  Adalberga ,  & 
Stephani ,  ad  ipfam  ccclefiam  remaneat.  Ipfum  alo-  Bellum-hominem >  &  Aldegarium  libertatem  fàciant 
dem  quem  habeo  in  circuitu  caftelli  (àndi  Marrini,  &  unicuique  detur  folidatos  quoique.  De  calice  8£ 
monafterii  (àndi  Laurentii  remaneat.  Ipfum  aiodem  offertorio  &  patenas  1 1 .  jubeat  facere  domnus  Er- 
de  Cananicllo  teneat  Golfrcdus  dum  vixerit*,  poil  mengaudus  caliccm  unum,  &  det  eum  cum  ipû 
monem  ejus  remaneat  cum  ecclefia  Cindi  Pctri  patena  quam  Bcllus-homo  habet ,  Cmdo'Paulo.  Vac- 
quam  vocant  Quartum,  cœnobio  fandi  Salvatoris.  eas  de  Abuniano  remaneant  ad  cœnobium  nofttum 
Ipfum  burgum  quem  adquifivi  de  mulicre  Ebonis ,  conftrucndum.  Vaccas  de  Màtucino  cum  cundis 
teneant  Ugo  8c  Alulfus  dum  vixerint  :  poftea  rema-  mcis  porcis  remaneant  Ermengaudo  &  Raymundo, 
neat  (and»  Paulo,  &  inter  tantum  teneat  fandps  &  fàciant  inde  magnum  convivium  præfari  eleemoly- 

Pâultts  (àfinos  inde- ipfum  manfum  in  quo  Nedari  nariimei.Defubftantiisquæinfiiominifteriohabent, 
prelbyter  manet.  Iplas  vineas  de  Cefaiinano  quas  habeant  in  opus  fuum  (olidatas  xx.  &  poftea  quid- 
Bonus-vaflallus  mihi  pignoravit ,  remaneant  Um-  quid  invenire  potuerint  de  (ublUntiis  meisj  divi- 
berto  donec  redimat  easBonüs-vaflàllusdeeo.  Ipfe  aant  fideliter  in  ecclefiis  atque  pauperibus  ,  propter 
manfus  de  Aqua-viva ,  quod  eft  in  Lezatefo  rema-  remedium  animæ  meæ  -,  talem  retributionem  à 

neat  fitndo  Nazario  fedem  Biterrenfem.  Ipfum  man-  Deo  mei  recipianr ,  qualem  pro  me  mcrcedem  im-^ 

fum  quem  adquifivi  inrns  Nârbona  defando  Pontio,  pleverint.  Fado  teftamento  ifto  1 1 1 1 .  nonasOdo- 

ad  ipfum  remaneat.  Ego  quoque  hanc  mercedem  bris, anno xxr  1 1 1.  régnante  Lotario  rege.  Signum 

arque  eleemofyiiani  quam  fedo  propter.  amorem  Adalais,  quæ  hune  teftamentum  fieri  juffit 


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•  DE  LANGUEDOC. 


mavit ,  &  firmare  rogavir.  Sig.  |  Aldonis  qui  Ba* 
loncellus  vocatur >  Sig.  f  Arlabaldi ,  Sig.  f  Guadaldi , 
Sig.  f  Ifimberti,  Sig.  f  Ramnulfi.  Deulde  notarius 
hæc  verba  (criplit. 


An.  979* 

Archives  de 
l’abbaye  de 
Momraajour. 


CX  V  I. 

Donation  de  Roger  comte  de  Carcjffonne , 
à  r abbaye  de  faint  Hilaire k 

C  X  V*  7  - r 

PAtre*  decrcvenint  tempôribus  prifeis  ôc  fiuixe-  An.  p  8 *  » 
runt  legaliter ,  ut  donationis  rexruS  firmum  fub  a  rchive»  d« 
les  comtes  de  Provence  y  de  Carcaf*  feripturarum  tituioroborarctur  cum  teftibus.  Chrifti 

fonne  y  &  de  Comminges.  veroannuenre  clcmenda,  ego  Roggarius  cornes,  y.Uuim,^ 

limulque  cum  conjuge  comitifli  Adalaice ,  (ê»Re-  ?•  ***•+/'* 

SAcro-ûn&r  Dei  ecclefiæ  quæ  conftruéb  eflè  gimundo  (obole,  atque  Bemardo  fobole  qui  nec- 
videtur  in  honore  (ântftæ  Dei  genicricis  Màriæ,  dum  eftlaticc  confecratus  baprifinaris  >  pietace  com- 
(àn&ique  Pétri  apoftolorum  principis  ,  videlicet  pundhis,  reminifceniqüe  qui  dicit  amonitionepro- 
cœnobio  Monte-majore.  Igitur  ego  Willelmus  co~  phetica ,  Date  elemofinam  ,  &c.  Quamobrem  volo 
mes  &  conjux  mea  Arfindis  cedimus  r es  qu£  font  ut  ficut  mihi  in  animo  venit,  fit  notum  fidelibus 
in  pago  Aquenfi ,  villam  quæ  dicitur  Pemîlum ,  8c  chriftia nis.  Cum  ergo  vcnillèc  injufte  Oliba  cornes, 
qiudquid  ad  ilium  pertinere  dignolcitur  in  campis  contra  me  cum  exercitu  magno  hoftiliter  in  magna 
cultis  &  incultis ,  in  vineis  8c  arboribus  pomiferis  fêrocitate  &  impetu  fiiæ  virtutis ,  8c  devaftafifet  in 
8c  impomifèris,  in  pratis  &  pafeuis,  inlylvis,  in  igné  &præda  luper  terra  meaomne  quodpotuit, 
hortis,  oglatis,  exagiis  &  rcgreflïs  ,  molendinis,  ego  cum  eum  Roggarius  cornes  perfèquerer,  non 
aquis  aquarumve  dccurfibus,  quæ  mihi  ex  donatio-  confidens  in  mea  virtutc ,  ncc  in  meum  ailxilium , 


ne  IngiJranni  cpilcopi  8c  fratris  fui  Novilongi  obve- 
nerunt.  Fa&a  cartula  ifta  inmenfe  Junio,  régnante 
Conrado  regé,  anno  xlii.  S.  WiUelmus  inclitus 
cornes  8c  uxor  fua  Arfindis.  Poncius  major  firma- 


fed  in  mifèricordia  Domini  (peravi;  &  beatum 
Chrifti  confeflorem  llarium  deprecarus  fui  ut  pro 
mea  viâoria  Dominum  dcprecâri  non  dedignarc- 
tur.  Cum  ergo  reverterer  ego  Roggarius  &omnes 


vit.  Cavailcrius  firmavit.  S.  Ingilrannus  firmavit.  meos  fideies  vidi/Ièm  incolumes  8c  abfque  vulne- 
S.  Adalais  comidflà  8c  fiiius  fiius  VVillelmûs  firma*-  rum  figno,  cognovique  inimicos  môrtuos  &  vulne- 


Ax.<)79- 

Archives  de 
l'aboi  ve  de 
S.  Hilaire. 


vit.  Raynaldus  fiiius  Novilongi  firmavit.  Alchin- 
ricus  monachus  indignus  atque  levita  mandante 
Willelmo  comité  fcripfit. 

Go  Rodgarius  cornes  una  cum  Adalifla  comi- 
tilla  conjuge  mea,  8c  Regimundo  (obole,  dona- 
mus  iniimul  Deo  &  S.confeflôri  Hilario  ,&  Benediâo 
abbati ,  &  monachis  ex  monafterio  ejufdem  (ânâi 


ratos,  atque  in  fiigatn  converfos ,  intellexi  quod 
Ilarius  almi ficus  deprecarus  per  me  Dominum 
fuit,  &  utfèrtur  ,  nonnulli  ante  me  eum  præirc 
vidèrent,  (popondique  ego  Roggarius  cornes  ibi  in 
campo,  ur  alodes  meos  quorum  hæc  funt  nomina, 
Vcnanriannum  cum  ecclefia  (andæ  Mariæ  ,  cuni 
villaris ,  8c  appenditiis  ,  &  decimis ,  8c  primitiis 
&  omnibus  aa  fupradiLhim  alodem  pertinentibus  y 


confcflbris  quod  eft  fitum  in  pago  Carcaflènfc  fuper  vilare  Afinario  cum  ecclefia  fândli  Cypriani,  cum 
flumen  Leuco ,  alodem  meum  de  Comiliano  cum  fuis  decimis  ;  Nonnone  villare  cum  ecclefia  ùnéti 
terris  cultis  &  incultis  8c  aliis  pertinentiis  fuis,  ut  Satumini  cum  fuis  decimis;  Barancianelio  cumec- 
habcant  8c  pofiideant ,  &c.  Fadta  carta  donationis  clefia  fan<fti  Michaëlis  cum  luis  terminiis  atque  de- 
hujus  anno  xxv.  régnante  Leuthario  rege.  S.  Rod-  cimis  y  Qiicnciago  cum  ecclefia  (ân&i  Pétri  cum 
gerii  comitis  qui  hoc  donum  fecir  ôc  firmare  ro-  fuis  decimis ,  ficut  prifeis  tempôribus  domini  qui 
eavit.  S.  Adalaiflæ  comitiflæ ,  S.  Arnaudi  comitis  fuerunr  de  jamdi&is  alodibus  tenuerunt ,  dona- 

Si--  Ail  :n\.  r  r» _ : _ _ :  _ ...  - _ ...  ta . r.  .  r» 


hlii  Adalaifiæ,  S.  Petroni  epifeopi  atque  comitis 
S.  Regimundi  (ôbolis  meæ,  Ôcc. 


Vers  l’an 

5>8o. 

Cartulaire  de 
l’abjaye  de 
icot. 


rem.  Donaraus  iraque  ego  Roggarius  cornes  & 
conjux  mea  Aladaicis  comiriftà  fupradieftos  alodes, 
ficut  jam  rclbnat ,  adcœnobium  quod  eft  confêcra- 
tum  in  beati  Satumini  honore ,  ubi  maufoleatus 


V.  Cal.Junii  régnante  comité  Raymundo  8c  tum  in  beati  Satumini  honore,  ubi  maufoleatus 
filio  fiio  Bcrnardo,  epiieopo  Oriolo,  Oriolus  pref  bearus  Ilarius  miro  honore  quiefcit.  jubemus  ergo» 
byterde  (anv5lo  Manorio  donat  ad  fimdto  Beato  mo-  ut  Bcnediâus  abba ,  &  grex  qui  Domino  ferviunt 
nafterio,  qui  eft  fiindatus  in  comitatu  Comenico,  vel  in  antea  funt  (êrvituri ,  fuper  eos  alodes  teneân* 
in  valle  Bavartenlê,  (uper  fluvium  Garona,  dealo-  ftipendia  monachorum,  &  in  elemofinis  paoperum , 
de  fiio  unam  ecclefiam  8c  villam  nomine  fimâi  &inomne  opus  bonum  illorum,  8c  non  fitlicitum 
Medardi,  &c.  poteftatibus  ullis,  nec  rceibus,  neque  comitibus, 

Ivel  pontiheibus ,  feu  abbatibus ,  aut  monachis ,  neque 
N  nomine  Domini.  Ego  Dater  monachus  ,  pia  ulli  (êxui  hominum  ufiirpare  aliquid  de  fupçadidtis 
devotione  libenter  clegi  ut  ad  venerandam  eccle-  alodibus,  nec  minuere  ex  rebus  monachorum -,  & 
fiam  (ântfti  Bead  monafterii  qui  eft  fiindatus  in  valle  fiinr  ifti  alodes  infra  fines  vcl  terminos  Carcaftènlês: 
Bavancnlê  fuper  fluvium  Garona  aliquid  de  pro-  ut  mihi  vero  videtur ,  aflrontationes  habent  de  parte 
prium  meum,...  dono  una  ecclefia  medietate  qui  altano  in  Molavento  vel  Orriolos,  &c.  Quantum 
eft  vocatus  (àndus  Georgius,  qui  eft  fiindatus  in  ego  Roggarius  cornes  teneo,  vel  habere  debeo  infra 
yallc  Bavartenfc,  in  villa  quæ  dia’tur  Boca  ,  &c.  iftas  quanior  affrontationes,  cumterminis  &limi- 
Faâa  carta  Kalend.  Augufti,  régnante  Leutario  tibus,  8c  fiindis  &po(Tcffionibus,  ôcc.  fiedonamus 
rege,  comité  Raymundo,  epifeopo  Oriolo.  Sig.  ôcc .  Faéla  eft  feriptura  hæc  donationis  in  menfc 
Dacone  monacho....  Sig. Leone  archidiacono , &e.  Augufto  ,  anno  xxvxi.  régnante  Leutario  rege. 

S.  Roggarius  cornes,  quiartam  iftamfcribere  juffi, 
&  cum  conjuge  Adalaice  &  (obole  Raymundo  ÔC 
manibus  firmavi,  &teftes  adroborandum  rradidi. 
Sig.  f  Bemardi ,  Sig.  f  Inginardf,  Sig.  f  Poncii.  Ifir- 
nus  monachus  &  iaceidos  juflùs  (cripfic. 

Tome  11.  lij 


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PREUVES  DE  L’HISTOIRE 


C  X  V  1 1. 

Echange  entre  Htldin  vicomte  de  Zodeve , 
&  l'abbaye  de  S.  Guillem  du  Défert. 


C  X  I  X. 

Extrait  de  diverfes  Chartes. 


S.  Gui  liera. 
4b  Défère» 


futnil  habeant  firmitatem.  Propterea  ego  in  Dei  ram  ad  lanctorum  martyrnm  Alexandri ,  Amahd ,  rabbaye  4 
fiomine  Hildinus  vicecomes  &  uxor  mea  Archim-  Luci,  Audalli  >  qui  font  in  domum  fandorum  apo  aunc* 
berta  ,  &  filii  noftri  Ermengaudus  ,  Adilulfiis  &  ftolorum  Pétri  &  Pauli  Caunenli  monafterii ,  & 

Oddo,  placuit  animis  noftris  ut  &  commutaflèmus  advenit  mihi  ipfa  terra  tam  de  parenturti  meorum 
vobis  Qjjinaberto  abbati  &  omni  congrcgatione  quam  de  comparationc  :  fie  dotio  iplà  terra  adipfo 
fandi  Salvatoris  Gellonenfis  cœnobii  aliquid  de  fagrario,  Ôc  eft  ipfà  terra  in  territono  Narbonenfe, 
alode  nôftro ,  qüod  ita  &  fecimus,  manfo  uno  &  irt  fuburbio  Minerbenfe,  in  terminio  de  villa  Linri- 
eft  ipfe  manfus  in  territorio  Magdalonenfi ,  in  fub-  biano  quæ  vocant  Rambcrti,  &  abet  aftontationes 
urbio  caftro  Suftancioncnfc  ,  infra  terminium  de  ip&  terra  de  parte  Altano  in  ipfo  poio,  &  c.  ab 
villa  quæ  vocaftt  Temantis,  &c.  Fada  carta  com~  Omni  integritate  ad  fandorum  martyrum  Alexan- 
mutatione  ifta  in  feria  vi.  x  x.  Kal.  Aprilis,  anno  dri,  Amancii,  Lucii,  Audalli  ficdono  ipfa  terra..*, 
xxvm.  régnante  Loterio  rege.  Sign.  Hildinoni  pro  luminaria  concinenda.  Sane,quodheri  minime 
&  uxori  fuse  Archimbcrta ,  &c.  credo  elle  venturum  ,  quod  fi  ego  donator,  &c» 

.  .  Fada  ifta  donadonis  vi.  Calendas  Aprilis,  anno 

~  -  xxix.  régnante  Leurario  rege.  Sig  j*  num  Savegillus 

C  X  V  I  I  I.  qui  ifta  donationc  fêribere  fecit,  &  teftes  firmare 

,  f  rogavi.  Sig.  Bera ,  Sig.  Egila ,  Sig.  Managis.  Riculfus 

Bulle  du  fapè  Benoit  VII .  pour  1  abbaye  prefbyter  qui  hoc  (criplic  die  &  anno  quod  lupra. 


Archiver  de 
l’abbaye  de 
S.  Hilaire. 

Vi  Mai.  an» 
mal.  th  4.  f . 

4«7. 


de  faint  Hilaire. 


Agnus  eft  titulus  donadonis ,  in  quo  nemo  An.  984* 


Cartulurr  & 
ibbaycd'A* 


Rodgarius  cornes  cum  conjugc  iua,  nomme  Ada-  debet  ei  cuicollata  ruent  cellio  îrrcvocabiu  modo 
laice,  fimulque  cumeisvenit  Benedidus  abbasad  perhenniter  ftabilitum.  Ego  enim  in  Dei  nomen 
limina  apoftolorum  beati  Pétri  &  Pauli  ante  no-  Archimbcrta  yicecomitiflà,  &  filii  mei  Allidulfus,  & 
ftram  præfentiam  -,  petieruntque ,  ut  confirmaremus  Oddo ,  8c  Trligardis  qui  fuit  uxor  Ermcftgaudi  filii 
eis  per  noftram  apoitolicam  audoritatem  monafte-  mei  qui  fuit  olim ,  nos  fimul  in  unum  donatores 
rium ,  quod  eft  confecratum  in  honore  fandi  Satur-  donamus  ad  facro-fànde  Balilicc  qui  eft  conftruda 
nini ,  ubi  beatus  Hilarius  humatus  quiefeit:  ut  non  in  Aniano  monafterio  in  honore  Domirti  &  Salva- 
fîtlicitumabhachorainantea,  neque  comiti ,  neque  toris  noftri  Jefu  Chrifti,  pro  anima  Ermengaudi, 
vicecomiti ,  neque  epifeopis ,  neque  ullæ  magnæ  manfum  unum  qui  eft  in  comitatu  Biterrenli ,  in 


vel  alienarc  præfumat,  quicquid  modo  habet,  &  fum  perrinet,  &  cum  omnibus  adjacentiis  fuis,  ut 
in  antea  acquifiturum  erit  in  perpetuum:  fcdfcm-  ab  hodiemo  die  redores  iplius  làndi  loci,  ipfum 
per  fint  in  ftipendia  monachorum ,  &  in  cleinofinis  manfum  tcncant  &  poilideant  -,  &  fi  ullus  cornes,  & 
paupetum,  ea  quæ  concerta  funt  vel  donata  in  præ-  epifeopus,  aut  abba,  aut  ullus  homo  fuerit  qui 
fâto  monafterio  à  præfato  Rodgario  &  fua  conjugc  *,  ipfum  manfum  de  communi  abftrahere  voluerit, 
id  eft  villa  ,  quæ  dicitur  Comcliana  cum  eccleiia  nonhabeat  licentiam  neepoteftatem  adfaciendum, 
fandi  Pétri,  ecdefias  quæ  invico  Limofo  8c Gardia  &  poftea  in  inferno  inferiori  demergatur  &  poftea 
cum  ccclcfia  fandi  Pétri ,  8c  Malchindus  &  Saline  ad  nos  donatores  revertat.  Quod  fi  nos  donatores 


gus,  &  cætera  loca  ,  quæ  à  præfato  monafterio  &c.  Fada  donatione  ifta  im.KaL  Junii,  anno 
pertinent,  vel  pertinere  debent.  Poil  vero  obitum  xxvi  1 11.  régnante  Lothario  rege.  Sig.  Archim- 
Benedidi  abbatis,  nemo  ibidem  abbatem  confti-  bertæ  &  Allidulfi  &  Oddonis  &  Trugardis,  qui 

tuât >  nifi  quem  confênfu  &  communion  voluntate  hanc  donationcm  ficri  voluerunt ,  &  manibus  fuis 

fratrum,  qui  ibidem  Deo  ferviunt,  &  in  antea  funt  firmaverunt,  8c  teftes  firmare  rogaverunt.  Sig.  Ri- 

fervituri,  elegerint.  Hæc  omnia  quæ  fupraferipta  cardi,  Sig.  Aufrcdi .  S.  B.  N.  Sig.  Armandi,  Sig. 

funt  ,  conceaimus  tibi  Benedido  abbati,  tuifque  Anfemundi. 
fuccertoribus  in  perpetuum  pro  omnipotenris  Dei  j 

amore  8c  fandi  Pétri,  noftræque  animæ  redemp-  1  Ntra  ecclefiæ  gremio  Chrifticolls  convenir  con-  ”  g^ 
tione*,  item  &  pro  amore  Rodgarii  comitis  Car-  globare  fœdera,  &c.  Ob  hoc  igitur  in  Chrifti  no-  ^vcsi 

caflonæ  &  conjugis  ipfius,  neenon  Raymundi  di-  mine  Rotgerius  cornes  &  marchio,  cum  conjuee  de 
ledi  filii  mei,  ut  illorum  fit  merces  iu  perpetuum.  comitiffà  Adalaiflè,  atque  cum  proie  Regimundo  s.  Hiiiîrt. 
Àt  vero  qui  euftos  &oblcrvator  fuerit  hujus  noftri  Barnardoque,  pro  omnipotenris  Dei  acquirendi  gra- 
apoftolici  præcepti ,  &  confirmatione  chriftiana  be-  tia ,  alodem  quem  prifci  Comilianum  conftrui  atque 
nedidionem  à  Pâtre  &  Filio  “&  Spiritu-fàndo ,  in  nominare  jullit ,  quem  Dco  &  (ando  Hilario  fan- 
omnibus  confequatur  ,  &  vitæ  æternæ  pauticeps  doque  Saturnino  atque  Benedido  abbati ,  fervito- 
effici  mereatur  in  fecula  fæculorum*,  &  qui  obfer-  relque  cœnobii  ad  habendum  tradidit  &roboravit , 
vare  noluerit,  anathematis  vinculo  fit  innodatus,  &qui  prius  alodem  dédit,  in  fandi  Pétri  nomine , 

&:  à  regno  Dei  alienus  permaneat.  Scriptum  per  &  fandi  Hîlarii  honore  ecclefiam  conftrui  juffit. 
manum  Stephani  n^tarii  &Scrinarii  fandæ  Roma*-  Taliter  nempe  domno  præfuli  Eimerici  deprecatus 
næ  ecclefiæ.  Bene  valete.  eft,  inquit:  rogo  domine  ut  pro  omnipotentis  Dei 


An.  9^4- 

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984* 

Cartulairc  4c 
l’cglUc  de  Va¬ 
bres. 

V.  M  arien. 
*A*ecd,  t*.  U 
/•  77- 


îîl  »  É  t  A  N 

honorem  &  noftrurri  amorem ,  in  (ùpraferiptain  cc- 
defiam  veftram  digneris  dare  benediéhonem,  quem 
illc  annuit  &  honorifice  dcdicavir,  anno  Dominicæ 
lncarnadonis  ï>.  cccclxXxiv.  Quicumque  vero 
ex  propriis  bonis,  ccclefiis  fiiprafcriptis  largierit  ali- 
qiud,  îllain  mercatur  acquirere  gratiam  quam  om¬ 
nibus  fuis  promilit  Dominus  fidelibus ,  quod  ocu- 
lus  non  vidit ,  nec  auris  audivit,  nec  in  cor  homi- 
his  afcendit  ea  quæ  Dominus  parat  hiis  qui  in  veri- 
tatc  coram  co  degunt.  Hugo  Deus-dedir  in  dtulum 
dons  datpetiam  umm  devinea.  Ellegods, 

Hæc  vero  confecratio  fada  eft  Kal.  Novcmbris  >  an- 
ho  1 1 .  ordinationis  domno  pontifice  Eimerico  fedis 
Karkaflbnæ,foeruntque  cum  eo  archilevitæ,  Aribcrtus. 
&  Rooftannus,  Laugeriusabbas ,  Heinricius  qui  dici- 
tur  Leutarius.  Hamus  monachus  &  fâccrdos  pro¬ 
priis  karranavic  arriculis,  &c. 

pRifearu  m  legum  &  imperatorum  confiilumquc 
decrcvit  authoritas,  ut  qualifcumquc  homo  peribna 
ex  nobili  genere  omis,  res fuas  in  alieno  jure  tranf- 
ferre  volucrit ,  tam  in  ecclefiis  quamque  &  in  aliis 
hominibus  carta*  >  codicillos  Sc  légitimas  traditio- 
hes  licentiam  habeat  faciendi.  Quamobrcm  ego 
igimr  in  Dei  npmen  Salufter  pertra&avi  cafumhu- 
manæ  fragilitaris  meæ,  metuens  diem  extremum, 
&c.  Cedo  cdlumque  in  perperuum  elle  volo  res 
proprietatis  meæ  pro  remedium  animæ  meæ  &  gc- 
nitori  meo  Ricuino ,  &  génitrice  mea  Armergarda , 
6c  filiis  meis  Ricuino ,  &  Pontione ,  &  Rainonc ,  &c. 
Hoc  funt  res  qui  (üntfitas  in  paeo  Rurenico  in  mi- 
nifterio  Brufiehfe  >  hoc  eft  alode  meo  qui  dicirur 
Ferreto  cum  iplo  monafterio  qui  eft  fiindatus  in 
honore  Dei  omniporentis*  &  fan6H  Pétri,  &làndi 
Ægidii;  &in  ipfe  curce  ecclefîa  quæeft  fundata  in 
honore  fen&æ  Mariæ  quæ  dicitur  Combas ,  quan¬ 
tum  ad  ipfiim  monafterium  afpiciet  vel  afpicere  vi- 
detur  ,  totum  &  ab  integnim  ego  Salufter  dono 
fândi  Salvatoris  &  iàndi  Marii  &  (ândæ  Alveræ 
Deo  dicacæ  virginis  ,  vcl  cæterorum  (andorum 
quomm  reliquiæ  conrinenmr  in  loco  qui  nuncu- 
pantur  Vaber ,  &  Aigfredo  abbate,  &  a  Deo  (èr- 
vientes  qui  ibidem  (une  vel  foturi  erunt ,  ad  con- 
ftruendum  monafteriuln  in  ip(b  Ferreto  ut  ibi  cater- 
vatn  congrceet  monachorum  qui  fecundum  regulam 
(ândi  Bcncdidi  ibidem  (êrviant,  hofpites  recipianr, 
pauperes  recrccnc,  &  pro  nobis  fidelircr  orent.  Et 
li  in  hoc  loco  oblari  venerint,  Vabrenfis  monafterio 
offerantur  ;  &  fi  converfi  venerint  regulam  ibi  num- 
quam  promittant  nifi  in  loco  Vabrenlî  monafterio, 
6c  per  fingulos  annos  Vabrenfî  monafterio  perfol- 
vant  paftum  unum  :  in  tali  vero  ratione,  ut  dura 
ego  vixero  üfum  Sc  frudum  mihi  referyo ,  &  poft 
obitum  meilm  ipfom  monafterium  (ândi  Salvatoris 
Vabrenfis  remaneat.  In  tali  vero  ratione,  ut  nullus 
abba ,  nec  uilus  monachus ,  nec  ullus  homo  iftas  res 
fuperius  nominatas,  nec  illas  quæ  ipfe  locus  ,  vel 
ipii  (andi  in  antea  cum  Dei  adjutorio  adquirere  po- 
tueiint ,  nec  poftit  commutarc,  nec  alienare,  ncque 
à  fevo  donare ,  neque  per  vocem  Vabrenfis  ipuim 
monafterium  deftruere  voluerit,  non  habeat  ucen- 
tiam  ad  fâcicndum  ;  quod  fi  fcc crit  veniat  cornes 
de  comitatu  Albien (ê ,  Sc  accipiat  ipfiim  monafte¬ 
rium,  &  donct  illud  (ando  Pondo:  Sc  poft  meum 
dilceflum  Odobellus  hon  hæresj  fed  tutor  Sc  def- 
fenfor  fiat  ad  bcnefaciendum.  De  tepedtione  dico 
Quod  fi  ego  immutata  voluntate  mea  ,  Scc .  Fada 
carta  ceflîone  ifta  fub  die  Mercoris  in  men(è  Junio, 
régnante  Lotcrio  rege.  Signum  Saluftrone,  qui  carta 
feribere  velfirmare  rogavi.  S.  Ugonc,  S.  Bernardo< 


G  U  E  D  0  C. 

S.  Ifimberto,  S.  Mirone,  S.  Lamberto.  Rodihdüs 
monachus  jubente  Aigfredo  abbate  laip/iti 


dcMelguciii 
charte  1 1 . 
mit*.  d’Au- 
bats.  û.  ti. 


cxx. 

Donation  de  Bernard  II .  Comte  de  Süb* 
ftantion  ou  de  Melgueil,  à  Guillaume 
premier  feigneur  de  Montpellier. 

IN  nomine  Domini.  Ego  Bemardus  cornes  &  ^ 
uxor  mea  Seneeundis,  nos  fimul  paricer  dona- 
tores  lumus  Guillelmo  pro  filo  lêrvido  velbenevô- 
lcntia,  aliquid  de  alodem  noftrum  proprium  qui  des  comtes 
eft  in  territorio  civitatis  Magalonenfis ,  in  fuburbio 
caftri  Subftantionenlîs,  in  rerminio  de  villa  Candia- 
nicus,  donamus  tibimanfiim  unum*,  &interminio 
de  Monte-Peftellario,  donamus  tibi  manfuui  unum 
ubi  Amalbertus  vifus  eft  manere,  cum  fua  terminia 
&  cum  omnes  ajacentias  fuas  que  ad  ipfos  inanlos 

Eertinent  *,  Sc  advenerunt  nobis  de  donadone  de 
omine  quodam  Bertoj  id  eft  in  cîfis,  calâliciis, 
curds,  hords,  oglatis,  exeis,  campis,  vinc^,  pra- 
ds,  (ilvis,  garriciis,  arboribus  pomifèris  Sc  impo^ 
miferis,  aquis  aquarumve  decurfibus  earuni,  om¬ 
nium  &  in  omnibus  de  vocem  fondus  poflèflionis 
&  reperitionis  noftræ,  tam  quiftum  quam  ad  inqui- 
rendum,  &  ab  integrum,  fie  donamus  dbi,  quaiv 
tum  ad  ipfos  manfos  pertinet,  sicüt  lex  meâ 
Salica  commémorât.  Ita &  ab hodierho did 
Sc  tempore  habeas,  teneas  &  polîîdeas  &deffen- 
das.  Sane  fi  quis  quid  fierit  minime  crcdimus  elle 
venturum  quor....  donatorcs  aut  ullus  homo  qui 
contra  hanc  cartam  donationis  ifta  interrumperc 
voluerit  aut  eam  inquietaverir,  non  valear  vindicarc 
quod  repetit,  fèdeomponat  dbiipfom  alodem  du- 
plum  vcl  mclioratum,  Sc  in  antea  carta  ifta  firrnd 
ftabilis  permaneat  omhi  tempore,  cum  ftipuladone 
fubnixa.  Fada  carta  donadonis  ifta  v  \ .  Kal.  Decem- 
bris,  anno  xxx  1 1.  régnante  Leurerio  rege.  Sign. 

Bcrnardo  comité  Sc  uxoris  fue  Sencgundis,  nos  fi¬ 
mul  pariter  qui  hanc  cartam  donatione  ifta  fieri  ju(- 
limus,  &manu  noftra  firmavimus,  &teftibus  cor¬ 
roborée  præcepimus.  Sig.  Geraldum ,  Sig.  Nadale* 

Sig.  Poncione,  Sig.  Grcgorium ,  Sig.  Ariade. 


CX  X  I. 

Serment  fait par  F rot aire  évêque ,  d  Ifarti 
vicomte  de  Lautrec. 


DE  ifta  hora in  antea  non  decebra  Froterius epif- 
copus  filius  Ermcndrudæ ,  Ifarno  filio  Ran- 
gardæ  de  fua  vira  ni  de  fua  membra  quæ  in  fuum 
corpus  portât ,  per  quæ  o  perda ,  m  non  enganer* 
foa  perfona,  fuo  damno  fuo  fciente,  ne  ipfe  Frote¬ 
rius  ad  ip(o  I(âmo  illo  caftello  quod  vocanr  Lau- 
trico,  ne  illo  calllarc,  ne  iptâ  forciaquæ  ibi  eft,  na 
alia  qtiæ  ibi  erit  no  U  tolra>  no  li  drvttUra  per  quæ 
illc  o  perdit ,  nec  ipfe  Froterius  ni  ne  ullus  nomo  ni 
ne  una  fœmina ,  per  fuo  confilio ,  ni  per  fiio  inge- 
nio,  ni  per  fua  confeientia  fuo  (dente;  ne  ipfe  Fro¬ 
terius  in  illo  caftello  de  Lautrico  Caftcllano  no  i 
métra  perfo  que  Caftellanus  en  fia ,  fine  confilio  de 
ipfo  Ifàrno,  ne  illos  Caftellanos  qui  convenuti  font 
inter  I(âmo  &  Froterio  epifeopo ,  qui  Caftellani  en 
fian  epifeope  ipfe  Froterius  illos  non  engetra  fine 
confilio  de  iplo  llàmo ,  nec  ipfe  Froterius  in  illo 
caftello  de  Lautrico  à  ne  ono  domine  Dei  anttùo* 


Vers  Tari 

Cartulaire  dU 
Châr.dc  Foit 
Caille  i  j. 


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Ho  PREUVES  DE  U  HISTOIRE  ï4î 

mina  partem  non  j  donara ,  ni  no  ni  vendra  ni  no  ni  hoc  igitur  in  Dci  nominc ,  ego  Pondus  cornes  Albiæ, 
bifcambiara  fine  confilio  de  ipfo  Ifàrno  in  vira  ip-  rogatus  à  domno  Amelio  Albienfi  fedis  epifeopo  . 


ab  ilia  ramina  >  ni  ab  Ulo  homine  finem  non  prendra*  infra  muros  vifus  fum  habere  vel  poflidere ,  ut  tota 
ni  focietatem  cum  illis  non  aura ,  ne  de  adjutorio  ilia  villula  ,  ucmelius  eft  vel  ulterius  cru,  (ub  manu 
de  ipfo  llàmo  ipfe  Froterius  nonfe  getra  finecon-  &poteftarc  ac  cributo  abbaris  vel  præpofiti  rcma- 
filio  de  ipfo  Ifamo ,  in  vita  ipfius  Ifami ,  ufque  dum  near  *,  ica  ut  nullus  laiais  >  miles ,  nec  alia  aliqua  per- 
ipfe  Ilàmus  ipfàm  fuam  partem  in  ipfo  caftello  re-  fona  licentiam  habeat  tollere  nec  invadere  fubftan- 
-cuperatam  haoeati  ne  ipfe  Froterius  epifeopus  ilia  dam  hominum  illorum  qui  in  illo  vico  degerint. 
convenicnria  de  Caunant  quæ  habet  fàûam ,  ab  ipfo  Ecclefiam  fànûi  Eugenii  cum  fuo  honore  &  perti- 
Ifamo  no  la  U  tolra  ,  ni  no  l'en  decebra ,  ni  ille,  ni  nentiis  ,  quicquid  ad  laicale  dominium  pertinet , 
ullus  homo ,  ni  ulla  fœmina  per  fuo  ingenio,  nec  totum  &  integrum  relinquo  Deo  &  fànâæ  Mariæ 
per  fuo  confilio  :  ficut  fuperius  feriptum  eft  >  /  o  ten -  |>ro  peccatis  meis  minuendis ,  canonicis  lànâæ  Ce- 
ray& fi  o  atendra  ipfe  Froterius  in  contra  ipfo  Ifar-  ciliæ  tam  præfentibus  quam  futuris,  ut  ulterius  fub 
no,  &  per forfàâum  &  fine  forfàdlo,  fi  compro-  obedientia,  &  voluntate  illorum &epifcoporum  qui 
bare  non  pomerit  ipfe  Froterius  ipfo  Ifàmo  quod  *n  Albienfi  fede  Domino  Deo  die  nochique  fervie- 
habcat  ingeniatum  ,  quod  ipfe  Froterius  perda  o  fua  dnt ,  ecclefia  fàndh  Amerandi  &  fàn&i  Eugenii, 
vita  o  fiia  membra  quæ  in  corpus  fiium  portât  >  o  aliorumque  fànûorum  quorum  reliquiæ  ibi  vene- 
habeat  ingeniatum  fua  præflîone  &  fuo  damno  ,  o  rantur  >  ht  femper  &  maneat.  Ita  vero  ccdo  ut  cle- 
ipfè  Ifàmus  ^pbeat  ingeniatum  quod  ipfo  Froterius  rici  regulares  &  laici  qui  illam  ecclefiam  rexerint , 
ferdat ,  o  illo  caftello  de  Laurrico ,  aut  uniun  de  fuos  obediant  ut  mos  eft ,  canonicis  fànétæ  Ceciliæ  omni 


caftellos  indominicatos ,  o  ilia  convenientia  de  ilia 
Brugeria ,  &  ilia  garda  quæ  Sicardus  dédit  ei,  o  il¬ 
ium  alodem  de  Avalione,  oipfelfamus  nolo  difug , 
quæ  ad  rarionem  non  valeat  venire  in  contra  ipfo 


tempore  nemine  contradicente.  Si  querimonia  aut 
aliquis  clamor  evenerit,  aut  forte  inteftina  bella  in¬ 
ter  homines  laicos  vel  clericos  ona  fuerint,  ita  fidei- 
juifores  fint ,  ut  in  manu  abbaris ,  vel  præpofiti ,  vel 


Froterio  :  ficut  foperius  feriptum  eft ,  fi  o  tenta  fervorum  (uorum  redigatur ,  &  illorum  judicio  di- 
Ji  o  atendra  ipfe  Froterius  in  contra  ipfo  Ifàrno  fe--  rimetur.  Præterca  placet  mihi&  vicariis  meis  ,  ut 
cundum  fuo  faberc  &  fuo  feiente ,  fort  de  eo  de  quo  ex  hæreditatibus  meis  propriis  relinquam ,  &  hære- 
ipfo  Ifarnus  l'en  abfolvera  ,  ipfo  Froterio  fuo  gra-  ditem  canonicos  qui  ecclefiam  fandü  Eugenii  decan- 
•oiente  animo,fine  forcia.  Ipfas  parabolas  quæ  ipfo  taverint.  Imprimis  dono  ad  alodem  illam  meam 
Ifàrnus  dezjra  ad  ipfo  Froterio ,  aut  per  (uum  milium  boriam  laorativam  quam  hue  ufque  tenui  in  domi- 
U  mandara  &  las  lt  devedara  per  nomine  de  fàcra-  ni°  >  juxta  ftratam  publicam  quæ  vadit  ad 

mémo,  que  no  las  digat  ipfo  Froterius  ,  no  las  dif  villam  de  Campannac ,  &  ilia  terra  laorariva  tenet 
tobrira  à  dampno  de  ipfo  Ifàrno  fuo  feiente.  ufque  in  riviun  de  Marinetas ,  cum  praris  &  mo- 

lendinis  ufque  in  pontem  qui  vocatur  Pontpeitos , 
&  ufque  in  ftratam  de  fubtus  quæ  vadit  ad  villam 
C  X  X  I  I.  Viancii.  Super  hoc  donum  relinquo  &  dono  ego 

Donation  faite  à  l'abbaye  d!  Aniane  Pondus  cornes  Albiæ  Benedidto abbati  Viancii, & 

far  Archimberte ,  veuve  d'Hildin  domno  Roftanno  præpofito,  6c  canonicis  ibidem 

vicomte  de  Lodeve.  Dc°  f™jbus,  cartam  de  blat  quod  débet  nuhi 

rcaderc  de  îius  terris  quas,tenet  de  me  in  parrochia 

EGo  eriun  inDei  nomen  Archimberta  recogi-  fandi  Pauli,  quæ  eft  meus  alos,  Johannes  vicarius 
tans  fragilitatis  meæ  cafus  humanum.  Idcirco  meus,  6c  uxor  fua  nomine  Ermcngars  adalo,  & 


An.  98 6.  "C  cnim  hiDci  nomen  Archimberta  recogi-  lantti  Pauli,  quæ  eft  meus  alos,  Johannes  vicarius 
Cartuiairedc  cans  ^agilitatis  meæ  cafus  humanum.  Idcirco  meus,  6c  uxor  fua  nomine  Ermcngars  adalo,  & 
l'abbaye  d’A-  facinora  mea  inmuanda ,  vel  de  parentes  mcos  qui  lunt  illas  terras  a  las  Fabrigas  ;  6c  in  arode  Sezin ,  &c. 

****'  defundri  funt,  id  eft  genitore  meo  &  génitrice  mea  &  in  aïo  de  Luifoellas  de  vneg  ariptn  dc  vinea  lo 
&  filios  6c  filias  meas  &  viro  mco  Udmone  qui  fuit  cart  ad  opus  facrificii ,  quam  tenet  Aganulfus  de  me. 
quondam,  per  nos  omnibus  fuperius  nominatos.  In  tali  veto  ratione  ut  quamdiu  Johannes  vixerit 
dono  ad  facro-fandle  bafilice  que  eft  conftrudh  in  meus  vicarius  &  uxor  fiia  Ermcngartz ,  habeant  fru- 
honore  Domini  Dei  &  Salvatoris  noftri  Jefu  Chrifti  &um  de  illis  terris  6c  vincæ  dc  manu  abbatis  & 
ôcc, .  •  •  In  Aniano  monafterio  quod  domnus  Rai-  præpofiti:  poft  difeeflum  Johannis  &  uxoris,  &c. 
naldus  abbas  regere  videtur. ...  res  meas  quæ  funt  y 
in  pago  Bitterrenfo,  in  villa  quæ  vocatur  Caunas  :  1  N  nomine  Domini  noftri  Jcfu  Chrifti,  &  fànûi  ^N<987# 

.anantumeumque  ibidem  vifa  lum  habere  vel  polfi-  Eugenii  >  6c  fàndli  AmcrandL  Ego  Pontius  cornes  Archimde 
dere  in  cafis  &  cafaliciis ,  hortis ,  oglatis ,  pratis ,  &c.  rogatus  à  domino  pontifïcc  Albienfi  Amelio  &  ca-  h  catbdnic 
Faûa  donatione  meafocundo  nonas  Junii ,  anno  pri-  nonicis  fuæ  fedis  Albiæ,  &  domino  abbate  Viancii 
mo  régnante  Hlodowico  rege,  poft  obitum  Lotha-  Adalardo,  &  Aymerico  præpofito,  &  Amelio  Ca-  ftoo. 
rii  regis.  Sign.  Archimberta  qui  hanc cartam  fierivo-  pifoolæ,  Magcfredo,  Bcnedidlo,  Benjamin,  Gau¬ 
lait  6c fi rmavit,&  teftesfirmare  rogavit.  S. Odonis,  dentio  canonicis,  per  confi  ium  Ifàmi  vicecomitis 
S.  Atonis,  S.  Siwini ,  S.  Gifredi,  &c.  &  aliorum  virorum  meorum  ,  ilium  meum  vicum 

_ _ _  Viancio  quem  dominus  Amelius  epifeopus  Sc 

canonici  Albiæ  de  mehabent,  adhonorem  fan<fti 
C  X  X  I  I  I.  Eugenii  &  (anâi  Amerandi  martyris  &  cæterorura 

An  987  Chartes  de  Pons  comte  d’Alby  en  faveur  fànttoram ,  làlvum  fore  conftituo  impofterum  i  ita 

*  *  la  Cathédrale  d’Alby  ,  &  de  tiqlife  ut  Acquis  infra  cruces  &  figna  quæ  ego  defixi  ali- 

rt&Ai-Ai-  de  Vieux.  £lulcl  ma  1  ^“"5?  ai"  Per  tüfum  «nafcfiflum  ali- 

by.  quem  vel  aliquid  mvafent  ;  mil  epifeopus,  aut  abbas , 

T  ^  conferibendis  donationibus  hic  ordo  fervan-  vel  præpofitus  pro  juftitia  aut  rem  fuam  vel  alienam 
ftHiUt  fêttt  A  dus  eft  j  ut  prius  condncat  nomen  donatoris,  alicui  tulerit,  fuamamittat,  Sc  alienam  in  quadru- 


S.  Atonis,  S.  Siwini ,  S.  Gifredi,  &c. 


_  C  X  X  1 1 1. 

A  ol  Chartes  de  Pons  comte  d’Alby  en  faveur 
Archivai  ^  Cathédrale  d’Alby ,  &  de  l églife 
>igur*  d-Ai-  de  Vioux. 


Archivci 
l*égliTc  d’Al- 
by. 

Balmxj:  perte- 
ftHlUt  ctttt 


N  conferibendis  donationibus  hic  ordo  fcrvan- 
,  dus  eft,  ut  prius  conrincat  nomen  donatoris. 


ér  1^-  deinde  cuidonat,  poftmodum  res  quæ  donatur.  Ob  plum  reftituat  j  &  hoc  edi&um  tranfgrellùs,  odium 


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r+2  DE  LANGUEDOC  145 


irteum  &  mefc'pofteritaris  iiaincurrat >  uc  eum  in 
comicatu  mco  remanere  non  liceat,  &  fit  maledi- 
étal Sc  divetatus  à  divino  ofiicio.  Hoc  ediftum 
ftàbile&firmum  teneri  inftirui  impofterum  adho-- 
notent  fànëti  marryris  Amerandi ,  &  confefloris 
Ghrifti  Étfgènii,  &  cærerorum  (ânétorum  qui  ibi 
ifc  Domino  requiefount.  Data  menfe  Septembris , 
lunâ  x  r  i-i  'U  rege  Lothario  dcfun&o,  anno  i  r .  quo 
filius  ejitt  Ludovicus  cœpit  regnare.  Sic  hrma  Sc 
ftabilis  omni  cemporc. 


C  X  X  I  V. 

Déflation  de  Ro&t  contte  de  Carcajfonnt 
k  l'abbaye  de  Lezgt. 


honorem  à  communia  extraxerif,  Sc  à  dominio  & 
poteftacc  >  (eu  fubjeâione  loci  fupradi&i,  &  mona- 
chis  in  monafterio  Gellonenfi  habitantibus  evelle* 
rit  live  abftulerit ,  quiçumque  tempraveric  iram  Dei 
incurrat,  &c.  Faâa  carta  donationis  iftius  x.  Kal. 
Mardi,  luna  certia,  régnante  Domino  noftro  Jefii 
Chrifto.  Si  g.  Senegundis  comitiflà ,  Sig.  Pétri  epif 
côpi  fîlîi  (iii,  Sig.  Bernardi  comirrs  nepomfui  ,Sig. 
Pétri  nepotis  fiii,-Sig.  Adalaiz' nepotis  fax,  Sig. 
Conftantiæ  nepotis  fax,  Sig.  \ViIldm;|  nepotis  fuæ. 
Ego  Senegundis  comiriflâ  Sc  filius  meus  &  nepo¬ 
tes-  mei  &  nepotes  mee  qui  hanc  donationem  foî- 
bere  julïimus,  manu  propria  firmamus  teftefquc 
firmare  rogamus.  Willmus  firm.  alius  Willmus  fir. 
Nicetus  fir.  Bego  fir.  Gaucciinus  fir.  Pondus  fir. 


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An.  987* 

Carruliire  de 

l’abbaye  de 


I 


n  NChrifti  nomine.  Ego  Rogerius  &  uxOr  me* 
Aladeiz  donator es  fumus.  Donamus  Domino 


CXX  VI. 


leuu 


Vers  I’Am 
98?: 

Ctrralaire  de 
^ abbaye  de 
ûint  GuiJlem 
4*  Defen. 


Serment  de  Sicard  vicomte  de  Zautrec 
à  Frotaire  évêque  ,  &  vicomte  de 
Zautrec  en  -partie. 


D-  E  ifta  hora  in  anrea  Sicardus  vicccomes  fiÜtis 
Aviema ,  Frocerio  epifeoopo  lîlio  Hermen- 
druâæ  non  decebra  de  (ûa  vita ,  neque  de  lua  mem- 


Vefsl’AN 

989. 

Circulaire  du 


Deo  &  (àndlo  Pccro  apoftofo  Lezâdenfis  cœnobii , 
alodetn  noftrum  qui  rit  in  pagô  Tololano,  in  ter- 
ntinio  Podagenes,  in  villa  quarYocatur  ad  ip(â  Valle> 
hoc  (îmr  terras  Sc  virieas,  de  quatuor  partes  ajacet 
a  terra  (ândli  Pétri*,  Sc  in  alio  loco  ubi  vocatur  à 
Nogâreda  ad  ipfo  cafale  Elifio,  quomodo  Arnaldus 
tfcncbat  pro  Roggario  fiatre  (ùo ,  fie  donamus  Do- 
iftino  Deo  Sc  ûnâo  Pctro  apoftob  ;  Sc  in  alio  loco  bra  quæ  in  fiium  corpus  portât,  per  quæ  tllo  0 
a’d  ipfo  Bordilo  ipfiim  exitum  :  in  taie  vero  raaone-  dat ,  ni  non  cn« ancra  fua  perfona  fuo  dampno  >  fa o  • caiflc  1 
dono  ifta  omnia  (ûpranom inata  Domino  Deo  &  feiente;  ne  ip/e  Sicardus  ad  ipfo  Froterio  illo  caficilo  ‘ 
finâo  Petro,  uc  neque  abbas,  neque  monachi  non  quem  vocant  Lautrico,  nec  illo  cailare,  ne  ilia  for-' 
pofîïntvendere,  nec  alienare,  nec tranfinucare,  nec  ticia  quæ  ibi  eft,  ne  aliaquæ  ibi  eric,  noïentolra »i 
adfevum  dare  neque  ad  hominem  nec  ad  fœmi-  m  no  Ven  devedara  per  quæ  ille  Froterius  lo  perda  > 
riàm ,  fod  (êmper  in  communia  de  ipfos  monachos^  ni  ipfo  Sicardus,  ni  ne  unus  homo,  ni  ne  una  fœ- 
Quod  fi  fàccrc  voluerint,  veniat  unus  ex  propin-  mina  per  fuo  cünJilio,  vel  per  fuo  ingenio ,  per(ua 

3iiis  parentibus  meis ,  Sc  donet  (ànâo  Petro  duo-  confoienria ,  fuo  fciente.  Ne  ipfo  Sicardus  de  illo 
ècim  denarios  Sc  habeat  ip(àm  hæreditatem.  Fadb  caftello  de  Lautrico  caftellano  non  1  mura  per  qua* 
cSrta  ifta  in  menfo  Dccembri,  fub  die  feria  1  v.  reg-  caftellanus  enfin  fine  confilio,  de  ipfo  Froterio,  ne 
nanre  Domino  noftro  Jdù  Chrifto.  Sign.  Rogerio,  illos  caftellanos  quod  convenuruin  eft  inter  Froterio 
S.  Aladeiz  uxor  fua  qui  carta  ifta  lcribere  rogave-  Sc  Sicardo  quod  caftellani  enfian,  ipfo  Sicardus  illos- 
itmt.  S.  Pétrone,  S.  Rodgario,  S.  Guiilelmo.  Ar-  non  oetra  line  coniïlio  de  ipfo  Froterio,  ne  ipfo 
nâldûs  fcripfic,  Scc .  %  Sicardus  in  illo  caftello  de  Lautrico  a  ne  uno  homi- 

_ ^  ne,  ne  à  ne  una  fœmina  partem  no  T  en  dinar, % , 

"  no  Ven  vendra ,  ni  non  efcambiara  fine  conhiio  de* 

C  X  X  V.  ipfo  Froterio,  Sc  invita  de  ipfo  Froterio.  Et  fi  homo 

.  eft  aut  fœmina,  qui  de  ipfo  Frorerio  illo  caftello  de 

Donation  de  Seneymde  comtejfe  de  Sub-  Lautrico  toliat,  ipfo  Sicardus  ab  illo  homine,  nec- 
fiant  ton  3  de  Pierre  fon  fils  éveque  de  ab  ilia  fœmina  finem  non  prendra ,  nec  focictatem 
}V[a<guelonïie  &  de fies  petits -fils  à  l'ab-  non  tenra  à  dampno  de  ipfo  Froterio ,  ncc  in  fofo  ca-- 
baye  de  faint  Guillerfl.  aura  ,  ne  de  adjutorio  de  iplo* 

J  J  Frorerio  ipfo  Sicardus  non  fi  getra  fine  conmio- 

EGo  in  Dei  nomine  Senegundis  comitiila,  &  de  ipfo  Frorerio,  ulque  ipfo  Froterius  ipfom  fuara 
filius  meus  Petrus  epifoopus  ,  Sc  nepos  meus  partem  in  illo  caftello  de  Lautrico  recuperatam  ha^ 
Bemardns  cornes,  &  alius  nepos  meus  Petrus,  &  beat.  Ne  ipfo  Sicardus  ad  ipfo  Frorerio  ilia  conve-' 
nepotes  mee  Adalais,  &Conftancia,  &  Willelma  nientia,  ne  ilh  ballia,  ne  ilia  garda  de  fila  terra  * 
cogitantes  dierum  cafiis  vitæ  præfentis,  Sc  remune-  quod  eum  ipfo  Froterio  convcnientiam  habet ,  ipfo' 
rationem  boni  malive,  &  pro(pe  (aluns  fuuirxSc  Sicardus  ad  ipfo  Froterio  ni  non  la  U  tvlra ,  ni  non'' 
irtcolumitate  præfentis  vitæ,  donamus  fimulin  unum  le  decebra  fiio  foiente,  per  quæ  ipfo  Froterius  la  per -• 
atiquid  de  alodem  noftrum  (an<fti  Salvatoris  Gello-  *  dat.  Sicut  (uperius  fcriptum  eft ,  (îo  tenra ,  ôf o  <ucn+  ' 
n^nfis,  Sc  venerabili  ligno  crùcis,  neenoh  Sc  alum-  dra  ipfo  Sicardus  in  contra  ipfo  Frocerio  per  fori-- 
no  confellbri  Chrifti  Willelmo,  &abbari  Gaifrcdo,  fi&o,  Sc  fine  fbrifiufto,  ficomprobare  noti  potue^- 
&  monachis  in  eodem  Gelloncnfi  monafterio  Deo  rit  ipfo  Sicardus  ipfo  Froterio  quod  habeat  ingénia-*' 
militantibus  prælcnribus  Sc  furttris,  eedefiam  difiup-  ram ,  quod  ipfo  Sicardus  perdit  o  fïia*  vita  ,  o  fiiai 
tfm  qùæ  vocatur  Sandhm  Rtparatam,  cum  una  *  membre  j  o  habeat  ingeniamm  fiiapollèffione  àfuo> 
nlbdiata  de  terra  quæ  eft  in  circuicu  ecdefiæ  iftius,  dampno ,  o  ipfo  Froterius  habeat  ingeniatum  quod* 
cûirt  una  modiara  magna  de  vineas,  &  cum  una-  ipfo  Sicardus  pefdar  à  fuo  caftello  dé  Lautrico,  aut- 


rtafitd  de  folinas  ;  Sc  eft  ipfo  alodes  in  page  Mag- 
dàlonenfè,  in  (îiburbio  caftri  Subftanrionetifi ,  in 
términio  de  villa  quæ  vocatur  Scllatis.  Quod  fi  nos 
dônâtores,  aut  ullus  homo ,  aut  ulla  poteftas  ,  aut 
commilfi  perfona,  aut  abbas  feu  congregatio  hanc 


uriutn'dé  fuos  caftellosindominiCatos;  oipfe  Fro¬ 
terius  non  o  defugit  qüod  ad  rariortem  non'  valeat 
venire  in  contra  ipfo  Sicardo.  Sicut  foperîus  forip-  • 
tum  eft ,  fio  tenra  &  0  attndra  ipfc  Sicardus  in  con-  ' 
ttà  ipfo  Froterio  foctindum  fuo  jubere  ^fiiofoientèi  - 


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*4*  PREUVES  DE 

fors  d*]Ho  de  que  ipfe  Froterius  abfolverà  ipfo  Sicar- 
tfo  fuo  graziente  animo  fine  forcia.  lilas  parabolas 
<juæ  ipfe  Froteriiis  ad  ipfo  Sicardo  defira  ^per  liium 


rttïSTOUE  X4f 

cum  quatuor  manfos,  &  interris  &  vinçis,  &  in 
Nibiano  manfos,  duos  »  &  fifeum  de  Salellas ,  &  fit 
cura  de  Aqua-^viva ,  &  ecclefiara  fendi  Martini  que 


nuncium  ,lo  mandara  £?  las  U  devedar a  per  nomine  vocant  ad  Crofos  cum  ipfe  villa  tota,  &  cura  déci¬ 
dé  fectament  >  quod  non  las  ducat  ipfe  Sicardus ,  ne  mis  &  premiciis,  &  vilam  que  vocant  Artimiglas, 
las  dsfeobrira ,  à  dampne  de  ipfo  Froterio  fuo  fcietite.  &  alio  loco  unum  manfiim  que  vocant  Caftagno  , 

&  in  Calfeno  manfos  duos  ,  &  in  Valcros  duos 

“  . u  manfos  &  bordarias ,  &  in  Cologgas  manfos  duos  » 

CX  XV  I  Iê  &  in Torves  eedefiam  fendi  Satomini  cum  omni 

t  honore  ecclefiaftico ,  6c  in  eadem  villa  manfos  qua- 

Degéerpijfekienten  faveur dt  t abbaye  deS*  tuor,  &  in  Sirignano  ecclefiam  fende  Marie  cum 

T iberi par  Guillaume  vicomte  de  Bez^ers.  falinis  &  cum  honore  ecdefiaftico,  &  in  Fenoleto 

manfos  duos ,  &  in  Nataliano  manfos  duos ,  de  bor- 
Æc  eft  carta  notirionis  five  guirpicionis  de  darias  quatuor,  6c  fifeum  unum*,  &  in  Forolacap- 

_  rebus  fendi  Tiberii,  vel  de  atode  fuo  quem  mafuras  très,  &  in  Agate  civitate  cap-mafura  una  > 

rabüyedcs»  dimifit  dominus  Willelmus  vicecomes  Biterrenfis  &  adGrado  monafterium  fende  Marie  cum  omni 

ïiben,  &  dominus  in  totum  de  fendo  Tibcrio  quando  per-  honore  inibi  pertinente ,  cum  dccimis  &  premiciis 

rexitRomam,&uxor  foa  Arlindis,  propter  amorcm  &  cum  pifeatoriis  tam  in.mare  auam  in  predido 
Domini  noftri  Jefo  Chrifti ,  &  propter  redempcio-  Araure ,  quantum  afronrat  in  ipfa  honore  fende 
nerti  ahimaïum  fuarum  vel  parentum  fuorum,  6c  Marie ,  &  in  Pomarol  terris,  vincis  &  cap-mafuras 
propter  ædificationem  lod  iliius  fecundum  regulam  duas ,  6c  in  Pineto  manfo  uno  optimo ,  &  in  Mon- 
làndi  Bcnedidi.  In  Dei  nomine  ego  Willelmus  vi-  tanaco  manfo  uno,  &  inTabaiga  manfo  uno,  & 
cecomes  guirpifco,  atque  dimitto  Domino  Dcoip-  in  Florenciaco  ecclefiam  fendi  Johannis  &  fende 
fem  eedefiam  fendi  Tiberii ,  cum  ipfe  villa  ubi  Marie,  &  fendi  Pétri,  &  fende  Sufonne  cum  omni 
corpus  ejus  requiefcit,  quam  injufte  &  violenter  vi  honore  ecdefiaftico,  &  cum  decimis  &  premiciis  \ 


ÀK.990. 

Archives  de 


H 


abftuli ,  &  totum  ejus  dominium  ex  integro,  &cum 
ipfes  eedefias  quæ  funt  edificatas  in  ipfe  villa,  cum 
primitiis,  &  decimis,  &limitibus#  &  cum  omni 
nonore  ecclefiaftico  que  ad  ipfes  pertinet,  6c  cum 
ipfo  ponto,  &aim  ipfis  infinis  ulque  in  ripis  vetu- 
ü$>  6c  aim  molinis ,  &  cum  ipfos  bofeos,  &  cum 


&  in  Ruviniaco  ecclefiam  fendi  Andree  cum  ded- 
mis  &  premiciis  ,  &  cuit*  omni  honore  que  ad  ip- 
fem  ecclefiam  peninet -,  6c  in  villa  Granolarias  eccle¬ 
fiam  fendi  Martini  cum  decimis  &  premiciis,  6c 
cum  manfo  ubi  Dominicus  habitat ,  &  alium  man* 
fum  ubi  Alduinus  habitat,  &  alium  ubi  Adroarius 


ipfes  elizarias,  &  cum  ipfos  paîcarios  de  porcos  6c  habitat ,  &  in  Florenciaco  manfum  in  quo  Caftela- 
de  oves ,  &  ipfo  caftello ,  &  ipfes  condaminas  cum  nus  habitat ,  &  alium  mafum  in  quo  Chriftophorus 
ipfo  mercato ,  totum  &  ab  integrum.  Guirpifco  etiam  habitat ,  &  alium  mafum  in  quo  Amelinus  prelbiter 
arque  dimitto  villare  Berbeiano  qui  terminât  in  loco  habitat ,  &  alium  ubi  Marialdus  habitat ,  &  alium 
qui  vocatur  Archas ,  &  terminatur  in  podio  Cal-  ubiGodaldus  habitat ,  &  alium  ubiSibaldus  habitat, 
vello  ,  aliudque  terminum  inftontat  in  petra  quæ  Hæc  autem  omnia  fuperius  fcripta  mihi  WiUermo 
eft  in  via  fuper  portellum  de  Coteanicis ,  &  termi-  vicccomiti  oftcnfe  funt  6c  leda ,  manuque  md  fuper 


natur  in  guardia  judaica.  Nccnon  guirpifco  villam 
Nataliam  cum  terminibus  fois ,  6c  villam  Churchu- 
daco  cum  terminibus  fuis,  &  ecclefiam  fandæ 
Columbæ  cum  honore  foo ,  6c  in  Buta  medietatem  > 
ecclefiam  fendi  lohannis  cum  medictatc  honoris 
que  ad  ipfam  ecclefiam  peninet  ,  &  in  ipfe  villa 
honorem  de  Barnario  que  fuit  condam,  &  duode- 
dm  modiatas  vineæ  in  eadem  villa ,  6c  in  Fctenarias 
medietatem  ecclefie  fendi  Andree  cum  toto  honore 
ecclefiaftico  ,  &  medietatem  de  ipfe  villa ,  6c  intra 
montes  ecclefiam  fandæ  Agathæ  &  ipfe  villa  tota , 
&  ecclefiam  fendi  Albani  que  vocant  Poiet  6c  cum 
ipfo  fifeo  6c  cum  ipfis  deveriis  laudiis  6c  dominiis 
locorum  prædidorum  -,  &  in  Capparienfe  monafte¬ 
rium  fendi  Stéfani  que  vocant  Trignano  cum  eccle- 
fiis  que  ibi  font,  fcilicet  &  ecclefiam  fende  Marie 
&  fendi  Eufebii ,  &  in  caftrum  Nifiani  medietatem 


alcare  martyris  Tiberii  gloriofiflimi  patroni  &  ad- 
vocati  mei  in  itinere  ifto  oblata ,  prefontibus  Beren- 
gario  abbate  6c  convcntus  fui ,  &  atteftante  &  juflîi 
predidi  vicecomitis.  Gondaldus  fcripfit  indidionc 
tertia,  pridie  Kal.  Martii. 


CXXVIIL 

Teftamcnt  de  Guillaume  vicomte  dt 
Béliers  &  d'Agde. 


H 


le  eft  brevis  teftamenti  quem  deftinavi  Yel 
ordinavi  feu  manumiflores.  Ego  Guillelmus  S0rJ  friSlMjt 
vicecomes  ad  manumillores  foos  his  nominibus,  y. 
Matfredus  cpifcopus,  Stephanus  cpifcopus,  Arlîn- 
dis  viccconütiilà ,  Pontius,  Sicftcdus,  Ermengau- 
ecclefie  cum  decimis  &  premiciis  fuis,  &  cum  me-  dus,  ut  poft  obitum  meum  donare  faciant  omnes 
dietate  honoris  que  ad  ipfem  ecclefiam  pertinet ,  &  res  meas  mobiles  &  immobiles ,  quem  ego  eis  di- 
medietatem  deipfocaftro  6c  de  ipfo  bario  ulque  in  cebam,  vël  alias  quæ  dicere  non  pocebam,  &  ipl» 

Marella ,  &  in  caftro  Morecino  tertiam  partem  >  &  invenire  potuiflènt  pro  timoré  Dei  patris  omnipo- 
ecclefiam  fende  Marie  cum  omnibus  rebus  fibi  per-  tencis,  &  Filii ,  &  Spirirus  fendi,  &  pro  peccatis& 
tinentibus,  &  fifeum  Liuranum  cum  ecclefia  fendi  fecinoribus  atque  delidis  &  remedium  animæ  ineæ. 

Pétri,  &  ad  montem  Sedefon  très  manfos ,  &  me-  in  ecclefiis ,  in  fecerdotibus,  vel  in  pauperibus  Deû 

Dono  6c  offero  ego  Guillelmus  foprafcriptus  in  ca- 
nonica  fendi  Nazarii  fedis  Bitcrrcnlis  quæ  teneant 
ipfi  canonici,  ipfom  alodem  quod  habeo  in  villa 
Surignano,  terris,  vineis  ,  manfis,  felinis-,  &  in 
alio  loco ,  in  terminium  de  villa  Buiano  vineas  quod 
advenit  mihi  de  Hcbreo.  Et  ordinâvit  à  S.  Stenhano 
fedis  Agathenfe ,  in  comitam  Agathenfe ,  villa  quæ 
vocant  fendi  Andreæ  cum  ipfe  ecclefia,  cura  terris. 


dietatem  de  villa  que  vocant  Guado-perofo ,  &  in 
ripa  fluminis  Araïui  ecclefiam  fendi  Pecri  que  vo¬ 
cant  ad  Adimentarios  &  cum  ipfo  porto,  6c  ecclefiam 
fendi  Martini  cum  ipfo  fifco  que  vocant  Campa- 
niano*,  &poftmortem  Arfindis  uxorismeæ  caftrum 
que  vocant  Paulianum  totum  &  ab  integrum  re- 
verrarur  ad  fendum  Tiberium  ,  &  eeelena  que  eft 
conftruda  in  honore  fende  Marie  in  eadem  villa 


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I46  DE  LANGÜÈDÔ  G  ttf 

&vihcis*  cum  cellis & cimeteriiî ,  &  cumfuo  ter*-  una medietâtecum ipfa  ecclefia  S.  Maria  in  Vita  tua  > 
minio,  quantum  ad  ipfâ  villa  perrinet.  Et  ordinavit  6c  divifi  alia  medictate  à  filia  mea  Senegundis;  poft 
à  fân&o  Tiberio  monafterio  ipfas  ecclefias  quæ  funt  obicunl  tuum  revertût  ipfâ  villa  fopraferipta  tutn  ipfâ 
fiindaras  in  ipfos  alodes  fânâi  Johannis  irt  ecclefia  cum  alium  alodem  à  Senegundis.  Et  dono 

Villa  Florenriaco  ,  6c  fân£H  Andreæ  in  vflla  Ru-  tibi,  Arfîndis,  ecclefia  quæ  vocant  S.Pontii,  cum  ipfo 

viniaco,  &  fânâi  Martini  in  villa  Granularias.  Et  Poïo,  «Sc  ipfâ  villa  quæ  vocant  Malos-canos,  cura 

ordinavit  à  fâncfto  Aphrodifio  invicaria  Laprarienfè  ip(a  ecclefia,  &  alium  alodem  ,  quantum  ibidem 

villa  quod  vocant  Fonte-diâa*.  Ordinavit  à  fândlo  habeo.  Et  divifi  tibi,  Arfîndis,  ipfâ  honore  defân- 

Salvatore  quod  eft  fiindatus  in  caftello  BiCrrris  ci-  <fto  Tiberio  monafterio  ad  condergcndum ,  ad  be- 

vitate ,  in  terminium  de  Madinas  >  ipfâ  vinea  quod  nefâciendum  >  vel  ad  ædificandum.  Et  divifi  tibï 


acquifivit  de  Guiraldo,  vel  de  Udalrigo,  five  de 
Adulberto  ;  in  tali  vero  ratione ,  dum  Ainardus  prêt 
byter  vivit  pro  timoré  Dci  &  remedium  animæ 
meæ  teneat  ipfâ  ecclefia  cum  fuum  alodem,  &alii 
fuccef  fores  eorum  in  fæcula.  Et  ordinavit  à  fan&o 
Severe,  in  villa  Lupiano  manfo  uno  quod  vocant 


villa  Pavallano,  cum  iplà  turre,  &  cum  fuas  adja-> 
centias,  &  alium  alodem  quantum  ibidem  habeô 
in  vita  tua  ;  poft  obitum  revertat  à  filia  mea  Garfin- 
dis.  Et  divin  tibi  villa  Tonnefb  cum  fiia  terminiâ 
«Sc  cum  fiia  ecclefia  in  vita  tua  ;  poft  obirum  tuuni 
reverrat  ad  filia  mea  Garfinde,  vel  ad  infantes  fuos. 


ab  ipfo  Poïo ,  cum  terris  «Sc  vineis ,  Sc  cum  fuas  ad-  Et  ordinavi  à  filia  mea  Senegundis  quantum  habeo 
jacentias,  quantum  ad  ipfiim  manfiun  pertinent.  Et  in  villa  Pomairols  vel  in  fua  terminia. . . .  TrincianO 
ordinavit  à  fântfta  Maria  fâgriftia  ipfiim  alodem*  cum  fuo  terminio,  vel  cum  ipfa  ecclefia  in  vita  tua  » 
quantum  habeo  in  villa  Baciano,  vel  in  fuo  termi-  poft  obitum  tuum  revertat....  Salvatore  monafterio 
nio.  Et  ordinavit  à  fânâo  Petto  in  villa  Trenciano  deGelone.  Et  ordinavi  à  Salomone... .  in  villa  Ca- 
manfos  duos,  cum  illorum  adjacentias.  Et  ordina-  prelis  quod  funtnlanfbs  duos,  cum  terris  8c  vineis, 
vit  à  fântfto  Jacobo  &  fân&o  Michaële  in  terminio  6c  in  alio  loco  ubi. . . .  claufo  uno  quæ  fuit  de  Arigo. 


de  villa  Buiano  ipfas  vineas  quod  Pontius  deTezano 
tenet  à  fevo.  Et  ordinavit  à  fân&o  Salvatore  de 


Et  ordinavi  a  fandh....  in  villa  Bifînianocum  fuas 
adjacentias.  Et  ordinavi  tibi ,  Arfîndis..,.  alodem 


Agnana  villam  Centones.  Et  ordinavit  fân£ti  Andreæ  fupraferiptum  ;  in  taie  pa&um  deliberacionis,  quod.. 
de  Agathe  civitate,  ipfum  alodem  quæ  vocant  Ri-  .&  in  viauirate  manferis,  teneas  ifta  omnia  quæ  fil- 
vo-torto.  Et  ordinavit  à  (antfto  Petro  de  Agatlia  ci-  perius  refonat  in  vita  tua. . . .  revertat  a  filia  mea  Gar- 
vitate ,  ipfum  manfum  quæ  eft  in  villa  Maïano ,  cum  findis ,  &  ad  infantes  fuos.  ; . .  fine  infante  legitimo , 
terris  6c  vineis  6c  omni  adjacentias  quod  ad  ipfum  quæ  à  profeâa  ætate  non  venerint,  ipfos  aloacs. . .  .4 

manfiim  pertinent.  Et  ordinavit  Guillclmus  viceco-  ,  .  .  .  . 

mes  à  filia  fiia  Garfindis  civitate  quod  Bitcrris. .... 
cum  ipfo  epifeopatu,  6c  cum  ipfâ  honore  quod  ad 
ipfa  civitate  pcrtinec,  6c  cum  ipfos  fifeos.  Et  ordi- 
navi  tibi,  Garfindis,  caftrum  quod  vocant  Merca- 
•riolo ,  cum  ipfas  fortifias,  &  cum  ipfos  alodes  quod 
ad  ipfum  caftrum  pertinent,  vel  cum  ipfa  ecclefia 
vocabulo  fan£li  Pétri.  Et  dono  tibi,  Garfindis  »  villa 
Adillano,  cum  ipfas  ecclefias,  &cum  ipfa  turre,  «Sc 


CXXIX. 

Sécond  Tcflament  ds  Adélaïde  vicomtejjc 
de  Narbonne  i 

QUantum  inrelle&us  hiimanæ  meritis  fênfiifqufl 
capere  poteft  ,  hoc  fagad  fludio  providere 


K.  AfjrttHi 
*Ànctd.  1 4 
f.  101. 


Archives  de 

- — -  4  - .  -  i  ■  ■  - *  —  1  i  - '  — — j,—  -  r- -  S.  Paul  de 

cum  ipfos  alodes,  vel  cum  fuas  adjacentias  quod  unufouifquc  débet,  ocurfiim  vitæ  hujus  fæculi,  «Sc 
ad  ipfa  villa  pertiner.  Et  dono  tibi  Garfindis,  villa  quæfélici  confummare  ftudeat,  rteediurumitashuie 
Portiano  cum  ipfa  turre,  «Sc  cum  ipfâ  fortifia ,  vel  (æculo  imparatum  inveniat.  Igitur  ego  inDei  no- 
cum  ipfâ  ecclefia  fân&i  Pétri.  Et  ordinavi  tibi,  Gar-  mine,  Adalaïdis  vicecomiriflâ,  dum  in  fpe  vitæ  hu- 
findis,  villa  Pcdinatis,  cum  ipfâ  turre ,  6c cum  ipfâ  jus  confilto,  pertimefeo  cafùm  humanæ fiàgilitatis , 
fortitia ,  vel  cum  ipfâ  Qcclcfîa  vocabulo  (ânâi  Pétri,  ne  mihi  mors  inopinata  fubripiat.  Ideo  rraclavi  in 
Et  dono  tibi ,  Garfindis ,  villa  de  Mefôa ,  cum  ipfa  animo  meo  ,  propter  amorcm  Dei ,  Ut  de  rebus 
fortitia,  vel  cum  ipfâ  ecclefia  vocabulo  (ân&i  Hila-  propriis  meis  vel  facultatibus ,  difponere  vel  defi¬ 
ni  ,  6c  alium  alodem,  quantum  ibidem  habeo.  Et  nire  deberem:  quod  ita  «Scfacio.  Propterea  per  hune 
ordinavi  tibi,  Garfindis,  villa  Vairago ,  cum  ipfâ  titulum  fidcicommifliim  injungo  voois  dilecliflimis 
turre,  &  cum  ipfo  cinto,  &  cum  ipfa  ecclefia,  6c  «Scamicis  meis,  id  eft,  Ermengaudc  archiepifcopo 
alium  alodem,  quantum  ibidem  habeo.  Et  ordina-  filio  meo,  «Sc  Raymundo  vicecomiti  frarri  ejus ,  «Sc 
vi  tibi  ipfum  alodem  quod  mihi  advenir  de  fèmina  Aboni  fideli  meo  quem  vocant  SenioreJlum  ,  6c 
Domine  Dida ,  villa  Baraciaco ,  cum  ipfâ  ecclefia ,  Gero ,  6c  Raymundo  :  «Sc  oftendi  procès  ad  jam  præ- 
&  cum  fuos  alodes  quod  ad  ipfiim  «Sc  ilium  perti-  fatos  eleemofynarios  mcos,  ut  fîcut  à  meordinatum 
net;  &  eft  ipfâ  alodes  in  vicaria  Begofènfe:  in  tali  viderint  per  hune  fideicommiflLiin  ,  ita  difponant 
vero  ratione ,  quod  fi  ego  Willelmus  mortuus  fuero ,  omnibus  rebus  meis,  in  ecclefîis ,  in  fâcerdoribus , 
donctis  folidos  ccc.  cie  denarios  Narboncnfcs,  ad  in  pauperibus,  vel  cuicumque  Deus  cloemofynain 
Ermengaudum  epifeopum.  Et  ordinavit  Willelmus  dederif.  Volo  ut  in  canonica  fânâonim  Jufti  & 
vicccomes  ad  uxori  fuæ  Aifindis  vicecomitifia,  ci-  Paftoris  remaneat  medietasde  fâlinas,  qui  fuerunr 
vitate  quæ  vocant  Agatham ,  cum  ipfo  epifeopatu ,  Framaldi  quondam  in  Scalas,  cum  illorum  fâlarios, 

6c  cum  honore  quod  ad  ipfâ  civitate  pertinet,  6c  codorios,  agutias,  «Sc  omnibus  fuis  ofiicinis«Scareisî 
cum  ipfos  filcos.  Et  dono  tibi,  Arfîndis,  villa  Flo-  ea  délibération e  ut  vendere,  nec  commutare,  ncc 
renfiaco,  cum  ipfâ  turre,  «Sc  alium  alodem,  quan-  alienare,  ipfi  canonici  licentiam  non  habeant;  fèd 
tum  ibidem  habeo,  in  vita  tua,  exceprus  ipfas  ec-  omni  tempore  femper  eas  teneant  in  opus  fuum 
elefias  quæ  funt  fundatas  in  ipfo  alode ,  quæ  divifit  communiter  propter  remedium  animæ  meæ.  Volo 
à  fân&o  Tiberio  monafterio.  De  præfènte  fi  ego  ut  ad  domum  fândli  Pauli  confefîbris  remaneat  alo- 
Guillelmus  mortuus  fucro,  poft  obitum  tuum  re-  des  quem  vocant  Baïas,  cum  onlnibus  fiiistermi- 
vertatur  ipfa  villa  Florcnfiacus,  cum  ipfa  turre,  «Sc  niis,  ea deliberatione  ,  ut  omni  tempore  recipiant 
cum  ipfâs  ecclefias  fupraferiptas  à  fân&o  Tiberio  in  opus  fuum  ipfiim  quartam  partem  de  fruftuurn 
monafterio.  Et  ordinavi  tibi,  Arfîndis,  de  villa Palas  quod  exindc  exicric,  exceptus  tafeham  6c  dccimura 
Tome  II.  K 


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H*  PREUVES  DEL’ HISTOIRE 


H* 


&  conplanrtionem >  quæ  conceflî  Gualdi,  teneatque 
ipfe  omnia  Gualdus  uxorque  fua  Richilüs,  &hiiu$ 
tomm  Pondus.  Poft  corum  quoque  difeefliim  rc- 
inaneat  ipfe  alodes  integerrime  à  canonicis  fen&i 
Paiili ,  &  omni  tcmpore  cxindc  vivant  commnniter , 

&  non  habcant  cum  poteûate  vendere ,  nec  donare 
«dnullumhominem,  teneantque  inconcuflum  fine 
jufiione  abbaris  in  opus  fuorum  :  &  fi  tantum  fùerit 
abbas  fandi  Pauli  cupidus,  ut  ipfum  alodem  ipfis 
tanohids  cupiat  auferri  >  unus  ex  propinquis  meis 
confenguineus  donet  ipfis  canonicis  per  ipfiim  alo- 
d.  D.  dem  Sol.  quinquaginta*  &  recipiat  ad  opus  fuum. 

Volo  ad  domum  fandi  Martini  atnobii  Villæ-ma- 
gnæ  remaneat  ipfe  alodes  quem  empli  de  Annonem 
«rehiepifeopum  in  villa  Selatiano?  cum  mcdietacc 
de  ipia  ccclefia  quæ  ibidem  cft  Ifundaca  in  hono¬ 
rera  fandi  Baudilii ,  cum  medietatem  de  ipfis  deci- 
tnis  &  primitiis  atque  oblationibus ,  &  cum  medie¬ 
tatem  de  ipfum  honorem  ecclcfiafticum.  Et  in  bur- 
go  Choriano  dono  præfato  cœnobio  folarium  unum 
qui  eft  juxta  murum  quantum  ibidem  habeo.  A  Do 
tnino  Deo ,  &  fandæ  Mariæ >  &  fendi  Pontii  cœno- 
bii  dono  omnem  alodem  quæ  vocant  Tolmianum, 
cumipfîftnecclefiam  parrocnialem  de  villa  Munioni, 
àxm  aecimis  &  primitiis  &  omni  fiio  ecclefiaftico  > 

&  cum  ecclefiis  quæ  in  ipfum  alodem  funtfundaeæ, 

8c  cum  omnibus  fuis  terminiis ,  quantum  ibidem 
habeo ,  cum  fdvis  &  garricis  ,  pratis  ,  pafcuifque. 

Ad  cœnobium  fandi  Aniani  dono  omnes  falinos 
quos  habeo  m  Scalas  quas  enipfi  >  exceptas  falinis 
quæ  fiicrunt  Framaldi  -,  &  in  terminio  de  Caput-fta- 
gni ,  dono  ibi  ipfis  fâlinas  quas  comparavi  de  Ber- 
nardo  epifeopo  Biterrenfi  >  &  manlum  qui  eft  in 
villa  Selmis,  cum  omnibus  terris  quod  ibi  empfi, 

&  omnem  alodem  quod  adquifivi  per  juftiriam,  vcl 
comparavi  in  villam  Cultem-oüvam  de  femina  no- 
mine  Spofiam,  &  funt  manfi  1 1 1 1.  cum curtcs  & 
pendis  i.  ad  ipfa  ecclefia ,  cum  torculari,  cumhor- 
ris,  quantam  ibidem  habeo  ï  ea  deliberatione,  ut 
monachi  ibi  Deo  fervientes  ifta  omnia  tencant  com- 
tmmiter.  Et  fi  abbas  ipfius  loci  ifta  omnia  voluerit 
auferri,  unus  ex  propinquis  meis  habeat  poteftatem 
ifta  omnia  redimendi ,  &  ipfum  pretium  monachis 
donandi.  Dono  ipfiim  alodem ,  qui  fuit  fendi  Feli- 
cis  Jerundcnfis,  quem  empfi  de  Arnulfo  epifeopo 
8c  canonicis  fendi  Felicis ,  ad  fenda  Maria  Quadra- 
ginta,  in  villa  Oviliano,  cum  vinculo  fuprafcripto, 
ut  canonici  eum  habeant  communiter  in  aiimoniam , 
&  Aigulfus  prefbyter  lit  inde  minifter.  Ad  ecclefiam 
fandæ  Mariæ,  &  fendi  Michaelis,  &  fandi  Pétri, 
mi  Ram*-  ^ono  v‘^arem  Kamanellum  *  quantum  ibidem 
nciiam.  habeo.  A  Domino  Deo  &  fandæ  Mariæ  quæ  vocant 
Craflæ ,  dono  ipfam  meam  tertiam  partem  de  om¬ 
nem  alodem  quem  habeo  in  villa  Articimiano, 
quem  comparavi  de  fbrore  mea,  nomine  Garfindis: 
&  non  habcant  licentiam  monachi  vendere,  ncc 
tommutarc,  nec  donare  fedfemper  rctincre  com¬ 
muniter  propter  rcmedium  ànimæ  meæ.  Ad  capcl- 
lam  fandi  Satumini  in  caftro ,  propter  remedium 
animæ  meæ ,  dono  omnem  alodem  quem  compara¬ 
vi  in  villa  Septimo,  &  campum  quem  empfi  in  Auru- 
aonead  ipfâs  Forças.  A  Domino  Deo  &  fandi  Vin- 
centii  ecclefiæ  dono  per  julîionem  matris  meæ  , 
campum  quem  comparavi  in  villa  Vitiliano,  &  in 
villa  Geminiano  manfum  unum  cum  curte  &  exio 
&  regreflio  fuo ,  &  cum  quatuor  modiatas  de  vi- 
neis,  eadem  deliberatione  ut  prefbyter  qui  cam  de- 
fervierit ,  teneat  omni  tempore  ipfa  omnia  :  &  fi 
ullus  homo  de  ipfius  tollere  voluerit  poteftate ,  do- 
riet  Raymundus  filius  meus  propret  ipfe  omnia 


fol  L.  canonicis  fandorora  Jufti  &  Paftoris,  8c  ipfi 
cam  fâciant  decantare  ,  propter  rcmedium  animæ 
meæ  &  marris  meæ.  Aa  Stephanum  &  uxorera 
fuam  Purpuram  dono  in  villa  Geminiano  quæ  Cu- 
guciacift  vocatur ,  manfum  unum  cum  curte ,  &  om¬ 
nes  terras  8c  vineas  quas  ibi  comparavi,  &  in  vil¬ 
la  Aquæ-vivæ  dono  illis  omnem  alodem  quem 
comparavi  de  Barone,  &  in  burgo  Villa-nova  dono 
eis  manfum  unum,  cum  ipfa  curte,  ôcorto,  &  6* 
xam  unam  de  terra  ,  &  dimidium  campum  qui 
advenit  per  donationcm  Alfârid  baptifeti,  Scinfia 
murum  8c  muritium  cafalcm  unum ,  cum  ipfe  curte  : 

&  in  terminio  de  Cabakanes  *  felinas  opéra  i.  Ad  •  */. 
Gaudindum  filii  quondam  Ariberti  dono  quantum  kanc«* 
habeo  in  villa  Columbarios  ScinUlmos,  quimihi 
advenit  per  comparationem  vel  donarionem.  Ad 
Bellifindam  dono  modiatarh  unam  de  vinea  qu* 
tenait  Ingilbertus  Pitacis ,  qui  eft  in  terminio  de 
villa  Imbrices.  Ad  Bcllum-hominem  &  fratrem  ejus 
Eldegarium  dono  omnem  alodem  quem  comparavi 
de  Frugone  in  villa  Percla.  Ad  nurum  meamRicar- 
dem  dono  omnem  alodem  quem  acquilm  in  villa 
Borrexi ,  8c  in  villa  Fidorio  fimilker ,  &  in  villa  Tro- 
lias  ipfiim  alodem  quem  comparavi  de  Pontioni , 

&  in  villa  Ovilis  campum  unum  qui  eft  ad  ipfb 
Geneftare.  Dono  adcanonicam  fandoium  jufti  & 
Paftoris  ipfiim  alodem ,  qui  eft  in  villa  Lapide» , 
vel  in  ejus  terminis ,  quem  vocant  Taliaventos  :  ea 
deliberatione ,  ut  fi  ville  Girau  donare  concambios 
valentes  jufte  per  ipfum  alodem  in  ipfem  canom- 
cam  *,  fi  hoc  fecerit ,  accipiat  cura  in  opus  finira. 
Quod  fi  non  fecerit ,  abeatis  eum  in  ipla  canonica 
in  aiimoniam.  Volo  ego  ut  ipfum  alodem,  quera 
dedi  fuperius  ad  nurum  meam  Ricardem ,  poft  obi-  * 
tum  (uiim  remaneat  ad  Ermengaudum  ncpoteni 
meum  filium  fuum.  Ad  Raymundum  vicecomkem 
filium  meum  dono  ipfum  vicecomiratum  de  Nar- 
bona,  feu  de  Narbonenfe,  cum  ipfbs  cenfbs  8â  dit 
tridos ,  &  cum  ipfum  honorem  qui  vicecomes  inde 
habliit ,  vel  haberc  debet,  &  cura  ipfos  fifcos.  Volo 
ut  ad  domum  fanâi  Aniani  ccenobii  remancant  ip- 
fàs  falinas  &  modiatas  1 1 .  de  vineas  quas  comrau- 
tavi  de  Ugonem ,  &  funt  ipfâs  felinas  in  Scalas,  areas 
xx xvi.  &  vineas  funt  infra  termines  de  Aquara- 
vivam  infra  infula  Licii.  Ad  domum  fanûi  PauH 
Narbonæ  dono  ipfiim  cafelcm  qui  eft  in  Villare  EL 
dradum ,  cum  curte  8c  exio  8c  regreflio  fuo,  cum 
omnibus  terris  &  vincis  quas  habeo  infra  ejus  ter¬ 
mines.  Hæc  omnia  fuperius  feripta  dono  imprimis 
Domino  Deo,  &  beatæ  Mariæ  virginis,  &oraniam 
fandtorum  locis  fedem  bcatorum  Jufti  &  Paftoris, 

&  bcati  Pauli  confefloris,  &  omnibus  fiipranomL 
natis  cœnobiis  ,  propter  remedium  animarum  ge- 
nitoris  atque  gcnitricis  meæ,  &  anima  Marfredi  viri 
mei  &  mea ,  live  filiis  meis,  five  fbroribus  &  pareil-  . 
tibus  meis,  &  omnium  fidelium  meorum:  ut  ipfi 
loci  hæc  omnia  inconcufla  teneant  &  quiete ,  hno 
ullo  contradiccnte ,  omni  tempore  in  præfenti  &- 
cula  fæailorum,  in  aiimoniam  atque  communiam: 

&  omnia  quod  meis  fidelibus  dono ,  fimiliter  habeat 
eis  firmitatem,  quomodo  fan6be  ecclefiæ  habent. 
Subnixis  precibus  exoro  mifericordiam  infantibus 
meis&  confenguineis,  &  per  eam  caritatem  quant 
Dominus  mifit  mter  matrem  8c  filios  &  parentes 
bonum  fâciendi,  ut  omni  tempore  fint  adjutores 
8c  defenfores ,  ad  tenendum  ifta  omnia  fuperius 
feripta ,  ipfis  locis  vel  hominibus ,  fi  ipfi  habeant 
parriciparionem  in  regno  Chrifti  &  Dei,  cum  fen¬ 
dis  omnibus  in  gremio  paradifi  in  fæcula  læculo- 
rum.  Si  quis  vero  ulia  amifla  perfona  foerit,  qui 


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ijô  DE  LANGUEDOC.  ijf 

contia  liunc  fidcicoinmillimi  venerit  ad  irrumpen-  in  villa  PJcuvigios  quantum  ibidem  habeo  ,  ôcc 

dum,  hoc  quod  perieric  vindicare  non  valea r;&  Fada  donarione  ifta  Idps  Jtinii,  arino  primo  ,  reg- 

infùpcr  componat  in  vinculo  pacis  locis  «Se  nomini-  nante  Ugone  rege.  Sign.  Aldo ,  qui  heri  jutfît  & 
bus  ifta  omnia  (uperius  infèrta  dupia.  Et  in  anrea ,  finnare  rogavit.  S.  Ato  >  qui  Bonum-parcm  vocant; 

hæc  (criotura  teftamenti  â  me  &da  firmis  «Se  ftabilis  S.  Poncii,  S .  Adroarii ,  S.  Ugoni.  In  Ghrifti  nomen. 


hrmare  rogavit.  S.  Ato  >  qui  Bonum-parcm  vocant; 
hæc  feripeura  teftamenti  â  me  Enfla  firmis  8c  ftabilis  S.  Poncii,  S.  Adroarii ,  S.  Ugoni.  In  Ghrifti  nomen, 
pcrmancat  omnique  tempore.  Fado  teftamento  fub  Yfimbertus  prefb.yter  lcripfit  die  feria  certia; 
die  nu.  Galendas  Àpriiis ,  annoque  tertio  reg-  T 

nante  Ugoni  regis.  S.  Adala/dis  vicccomitillà ,  qui  1N  n0mine  Domilli.  Erô  Aldo  qüi  Baruricello 
hune  reltaincntuin  fier,  julli,  brmavi ,  &  hrmare  vocatur>  donator  nîditm  ,;ve 
rogav..  S.  f  Raymund.  v.eecomitis ,  S.  f  Gero  ,  S.  f  fum  Domjno  De0  >  &  faâi  Salvatoris  Aniani  ce- 
Aoon.  quem  vocant  Semorellum  ,  S  |  Raymundi-  nobii ,  ali quid  de  aiodcm  meum. ...  jn  comicatu 
Adais.Benedichis  prdbyter  hæc  verba  plcmter  exa-  fiiterrenfi,  in  vicaria  Chatunianenfe ,  in  villa  Ple- 
ravit  fub  die  &  anno  quod  lupenus  mlenurn  eft.  beglus>  velih  fuaterminia  quantum  ibidem  habeo, 

.  -  -  _ _ _  &c.  Fada  carta  donationis  aut  rransfuriditionis  iftà 


An.  9  88* 


CX  XX; 

Rcftitution  fuite  à  ly abbaye  de  faint 
Ce  faire  À  Arles. 


Aw.ppx.  -  jq nomine  Patris,&Filii,&SpiritusSandi.  Anno 
A  ïncarnation*s  Jefii  Ghrifti  Domini  dcdxci  j. 
toirc  d’Ar-  dominus  princeps  8c  marchio  iftius  provinciæ  bonar 
*'S4xa  v,n_  iudolis  Willelmus  cum  conjugc  fua  nomine  Adelaix 
uf  &  filio  fuo  nomino  Wiüelmo ,  veniensin  monafterio 

î*  ^uginum  infra muros..i. in  honore  làndi  Joannis- 
Baptiftæ  cum  reliquis  ecclefiis  fândli  Pétri. ...  in  die 
d- Fr‘* qua  ordinavit  dominait!  abbatiftàm. . . .  quoque  facrx 

virntn«>C  (îmnl  nUmvn>  na.iari in.  â  1 1l  ^ 


Archive»  <ie 
l’abbaye  >leS. 
Cciairc  d’Ar¬ 
les. 

V.SAxit  Pîn- 
I'.Ji;.  Prélat. 


V.  Id.  Januar.  régnante  Domino  noftro  Jefii  Chrifto*. 

Sig.  Aldo  qui  Baruricello  vocatur.  Sig.  Stephanus  qui 
volucric&confônlcrit,  Sig.  alius  Stephanus,  S.alius 
Arcarius,  &c. 

In  Chrifti  nomine.  Ego  Àmelius  &  uxor  mea  Afc.pgcj; 
Eltefreda  ,  venditores  fiimus  Benedido  abbate,  in  Archiva  dé 
honore  làndæ  Mariæ  W  amiaccillê ,  8c  làndi  Johan-  bba  Vc 

nis  cœnobii  alodem  noftrum  quem  habemus  iri  °  tu* 
comitaru  Rcddertfè;  inloco  ubi  dicitur  Popiüano, 

8cc .  Fada  carta  venditionis  ifta  in  menlê  Madii , 


,i  Baptiftæ  cum  reliquis  ecclefiis  làndi  Pétri. ...  in  die  ^ Régnante  Ugone  rcge.  S.  Amelii  &  uxorl 

qua  ordinavit  dominam  abbatiftàm. . . .  quoque  facræ  EIlefredæ  ’  Sin  lftam  cartam  fcnbc^  frcimus, 

virgines  fimul  obnixæ  peticrunt  iili  Domino . ;  &  hrmare  rogavimus.  S.  Walterio ,  S.  Scerano ,  S.  Al- 

quod  juvamen  præftaret ,  &  ex  villis  quas  doinnus  ,cbrando*  &™dos  juflus  fenpfir. 

Cælàrius. . .  .illas  eis  redderet  :  qui  libenti  animo  pro- 

niiiit  le  fadurum..*.  çonlilio autem. . . .  eeelefiam  ^-'Um  Dominus acSalvator  omnium,  adfbliurfi 
ûindæ  Mariæ  quæ  cft  flmdata  in  Ioco  maritimo,  8cc .  alcehdens  paternum ,  &c.  Idcirco  in  Chrifti  nomine. 


An.  989; 


*  tt£.  Lucia 


Faâum  hoc  ceftamcntum  in  iplo  monafterio  perpræ-  eg°  Bprrellus  cornes  &  marchio  fàcio  cartam  do-  CMr.dePo/x 
ccprum  domini  Willelmi  principis,  confcnticnte  tarionis  vel  Venditionis  ribi  emptori  mco  Guillelmo  té%  1 
conjuge  ejus  fimul  cum  filio*,  in  præftnti  adftante  vicccômire 8c  uxori  tuæSamia.  Manifeftumeft  enim 
domno  Annone  archiepilcopo  qui  voluerunt  8c  fir-  P^ac^c  aninlis  meis  &placet,  uttibi  (cripturam 

maverunt  fimul  cum  canonicis.  Domnus  Rotbaldus  donationis  vel  venditionis  fàcerem  ficuti  &  fàcio  i 
cornes  voluit  atque  rirmavit.  Stephanus  epifeopusf.  deipfùm  ineum  alaudium  quem  habeo  in  comitatii 

Fragico  h  Pontius  f.  Maiolus  f.  Vigo  f.  Pontius  epifi  Urgello,  in  voile  Caftro-boni ,  id  eft,  terris,  vineis,* 
copus  f.  Aiius  Pontius  archicpifcopus  f/  Udolricus  cahs,  cafàlibus,  ortis,  arborUxis,  8cc.  qui  mihi  ad- 
cpilcopus  f.  Willelmus  vicecomes  f.  Cabarellus  f.  vcnirpcl'  meos  bcncficios,  vel perqualicumqiie  voce; 

Umbertus  f.  Aycardus  f.  Theubaldus  fi  Laldradusfi  &  affrontât  ipfï  unus  alaudes  quem  vocant  Laguna 
Roquelinus  fi  Willelmus  cornes  filius  Rotbaldi  &  deum  parte,  id  eft  aquilonis ,  in  ipfb  torrente  ad 
ia^  uxor  fua  *  Aduleia.  Willelmus  cornes  Tolofànus,  Gargalla,  8cc.  8c  ipfe  alius  alaudes  qui  eft  in 
8c  uxor  fua  Ema  fi  Bcrtrandus  &Fulco  fratres  fir-  Ccrcetulo,  affronta  fimul  de  parte  aquilonis  in  rivo 
maverunt  i  &  Willelmus  vicecomes  fi  Franco  fi  qui  difeurit  de  Caftro-boni,  de meridie in  Cire,  & 

Theubaldus  f ,  «Sec*  ipfr  alius  alaudes  qui  cft  in  Anganortone  ,  affrontât 


CXXXI. 

Extrait  de  quelques  Chartes  du  régné 
de  Hugues  Capet . 


iule*  alius  alaudes  qui  cft  in  Anganortone  ,  affrontât 
départe  aquilonis  in  ipfo  acuto,  «Sec.  Quantum  infra 
•  iftas  affrontationes  incliidunt,  fie  vindo  tibi  atque 
dono  ipfôi  mcos  alaudes,  qui  mihi  advenerunt  per 
ineùm  behcficium ,  vel  qualicumquc  voce,  in  precio 
placibili  folidorum  x  x.  cum  exiis  «Se  regreftis  eorum , 


Vers  Pan  "TN  Um  perennis  involviinur  curis,  «Sec.  Ego  in 
988.  JLy  Dei  nomen  Ftrleramnus  Lutevenfis  cpilcopus 
Cartuijirc  de  cogitavi  dies  cafii  vite  prefentis  &  reimuierationis, 
^C:  Idcocluc  dono  Domino  mco  Jefu  Chrifto,  «Se 
Filio  ejus,  &  Spiritui  Sando,  «Se  à  ligno  Domihi 
quod  eft  in  ccclelïa  ûnfti  Salvatoris  Gellonenfis  mo¬ 
nafterio,  dono  ego  in  comitaru  Lutevenfe  in  termi- 
nium  de  villa  que  vocat  Juncarias  manfiun  imum, 
&c.  Fada  cft  hec  carta  donationis  vu.  Kal.  Dc- 
'Ccmbris  Deo  régnante,  regeque  fperante. 

AN.988.  1  N  nomine  Domini,  &c.  Ego  Aldo  qui  Bamn- 
Carruiairc de  CCH°  vocant,  donator  vel  traditor  (um  Domino  Deo 
m^>ed  A’  ^  ecc*e^c  fàndi  Salvatoris  monafterio  Aniancn- 
fis....  incomicatu  Bitercnfè,  in  vicaria Kadinialè , 
Tome  IL 


Huvucs  Capet.  *  de  mco  jure  intuo  crado  doirunio  8c  poteftate , 

6  &c.  Fada  carta  venditionis  vel  donationis  odavo 

s  involviinur  curis,  «Sec.  Ego  in  Idlis  0#obris>  anno  ^rtio  régnante  Hugo  magna 
Ftrleramnus  Lutevenfis  cpilcopus  rc8e  vel  duc:e  Francorum.  Signum  Borrelïus  cornes 
vite  prefentis  «Se  reimuierationis,  marchio  qui  hanc  cartam  venditionis  vel  donationis 
Domino  mco  Jefu  Chrifto,  «Se  &  rcftcs  firmarc  rogavi.  Salla  gracia  Dei  epifeopus: 
itui  Sando,  «Se  à  ligno  Domi/ii  ^,rone  >  Radulfo,  S.  Sando,  S.  Seniofrecèo, 
G ndi  Salvatoris  GeÜonenfismo-  Ballàrus  judicc,  Vilmyndus,  Sefulclus,  Oliba  fac. 


qui  hanc  cartam  donationis  vel  venditionis  rogacus 
lcripfit  die  «Se  anno  quod  fupra.  Sig.  A.  Capellani 
de  civitâ te  qui  hoc  tranftatum  fideliter  fcriplit. 

Al  Nnis  1 1 .  8c  111 .  rcenante  Ueone  repe ,  Re^i- 


Nnis  1 1. &  ni.  régnante  Ugone rege, Régi-  ^  0 

mundus  cornes  filius  Amaldi  comicis  refticuit  Bene- 
dido  abbati  fàndi  Hilarii  in  pago  Carca lîcnfi  alo-  . 

dem  fandi  Stephani  de  Nidolarias  in  Comitaru 
Rollilioncnfr,  &Ç.*  S.  Hüirre.  • 

W 


IJ2 


PREÜVES  DE  L’  HISTOIRE 


*53 


An.  991.  Q  Uædam  nobilis  matroffa  Aldeardis  nomme,  cog- 
nomcnto  Aurucia,  filium  fuum  Hilionem  in  mona- 
s.  chirrê.'  ^eiio  perpetualitcr  Domino  ferviturum  obtulit ,  & 
«um  ea  quatuor  manfos. . . .  Padum  aucem  iniere 


fandæ  Mariæ  >  fandoque  Pctro  dederunt  ad  ædifi- 
candum  ibi  monaftcrium  &  ecclefiam  conrvuen- 
dam  ,  quod  monafterium  femper  in  fubjedione 
monafterii  bcati  Theofredi  Calmiliacenfis  ,  &  in 
providentia  &  ordinatione  abbaris  ipfius  loci  foret. 


U: 


Guigo  abbas  &  præful ,  ac  francs  cœnobii  Calmi-  &c.  Fada  eft  donatio  hæc  in  menfc  Januario,  reg- 
lieniis  de  rebus  fupradidis ,  &  fada  eft  inde  carta  nante  Ugonc  rege. 
congadiaria  anno  ab  Incamatione  Domini  dcccc. 
x  c  1 .  régnante  Domino  noftro  Jefu  Chrifto ,  Francis 
autem  contra  jus  regnum  ufurpante  Ugone  rege. 

Item  Afpafius  cum  uxore  fûalngaliardis,  dederunt 
in  iplâ  villa  monafterii  Calmilius  manfiones  cum 
curte  &horto>  &  in  villa  Engcolis  unam  appenda- 
riam  &  manfum.  Fada  funt  bxc  rege  terreno  dé¬ 
ficiente,  &  Chrifto  régnante. 

Item  alius  vir  nomine  Bertrandus  aim  conjuge 
fua  Petronilla ,  dederunt  untun  manfum  in  villa  de 
Mrntebraco ,  Guigoni  abbati  &  monafterio  Calmi- 
lienfi.  Adum  eft  hoc  régnante  Domino ,  &  abfcnte 
rege  terreno. 


Naldus  vir  nobilis  cum  fua  conjuge  nomine 
Arnica,  dédit  in  vicaria  de  Solemniaco  in  pago  Vel- 
laico  fcx  appendarias  cum  uno  prato.  Fadum  eft 
hoc  anno  ab  Incamatione  Domini  dcccc.  xcvi. 
indidione  vi  1 1 1.  feria  iv.  régnante  Ugone. 


CXXXI  I. 

Donation  faite  à  L* abbaye  de  Le\at. 

NOtitia  guarpitionis  &  donationis  quorum  fùb- 
tus  tenentur  infèrta  -,  qualiter  veniens  homo 


E|»|  »  IWJ  I  VIMVUJ  1IUUJV7 

Go  in  Dei  nomine  Atho  &  uxor  mea  Girbcrga ,  nomine  Amelius-Simplicius  &  Guillelmus  filius  ejus , 

V  ^  ^  no(*ri  ^ermrc*us  &  Frotcrius,  nosfimul  in  potentidimi  viri,  feria  tertia,  in  pago  Tolo&no, 
l’abbaye'de*  unurn  donatores  fumus  Domino  Deo,&  fando  Wil-  in  caftcllo  quæ  vocatur  Mirabcl ,  &  lie  fè  guarpive-  ***»•  “fa. 


in  vicaria  Gigidenfe,  in  villa  quæ  vocant  Bota.  Et 
ego  Atho  adquifivi  de  Hedcrio  Bralcheta ,  &c.  Fada 
Icriptuia  ifta  feria  v  1 1 .  x  v.  Kal.  Aprilis ,  Deo  rég¬ 
nante  &  rege  fperante.  Sig.  Atho,  &c.Sig.  Widoni 
de  Farichone,  Sig.  Bemardi  Bligcrii. 


*  guarpive- 

s.Guiiiwndu  lelmo  duos  manfos  optimos  incomitatu  Albienfe,  runt  6c  donaverunt  Domino  Deo  &  fando  Petro 

'  r  n  "  ^  apoftolo  Lezatenfi  cœnobio  ,&  fando  Antonio ,  & 

fando  Vincentio  6c  lanclo  Bencdido,  &  reliquiis 
(andorum  qui  ibi  habentur,  &  in  præfêntia  domno 
Guarino  abbati ,  illam  ecclefiam  quæ  vocatur  fandi 
Pctri  de  Guarciaco  cum  omni  ecdefiaftico  &  dmi- 

Vterio ,  6c  cum  omni  alode  qui  ad  locum  pertinet , 
Ox  legis  &  juris  dccrevit  authoritas,  ut  qualis  &  ip&  alodis  adjacentias  habet  in  fe  de  una  parte 
CtrrùiaVedt  cmPl*°  ta^s  *lt  &  commucatio  :  emptio  6c  c om-  ajacct  ufque  in  gaita  quæ  vocatur  Rodes,  de  alia 
la  Cathédral*  mutatio  fimilem  habeant  firmitatem.  Egoigitur  in  parte  ufque  in  gaita  quæ  vocatur  Merdanco,  de  alia 
de  Eczich.  Dej  nomen  Guillelmus  vicecomes  &uxor  mea  no-  pane  ufque  ad  ftrada  publica,  &c....  totum  quan- 
men  Arfindis  commutatores  fumus  vobis  Matfrcdo  tum  infra  iftas  adjacentias  habetur,  totum  6c  abin- 
epifeopo  fandæ  fedis  Biterrenfis  6c  canonicis  ejus.  tegrum  tam  ermum  quam  condridum  fie  donamus 
Certum  quidem  &  manifcftum  eftenim  quia  fie  Domino  Deo  &  fando  Petro  apoftolo  ,&  ad  locum 
placuit  apud  animis  noftris  6c  placet  nullius  cogcn-  fupranominatum ,  &  ad  reliquias  fandorum  qui  ibi 
gentis  imperio ,  lcd  propria  &  fpontanea  hoc  eïegic 
noftra  bona  voluntas ,  ut  nos  vobis  aliquid  de  alo- 
dem  noftrum  commutationc  fcciilcmus ,  quod  ita  & 
facimus ,  commutamus  nos  vobis  in  comitatu  Bitcr- 
renfe ,  in  villa  Aureliaco ,  vel  in  ejus  terminia ,  manlo 
ufto  ubi  Atuinus  habitat,  cum  curte  &  horto  & 


habentur:  in  tali  vero  ratione  &  convenientia ,  ur 
nec  abbas ,  ncc  monachus,  nec  ullus  ex  hæredibus 
mcis  non  habeant  licenriam  vendere ,  nec  bifcam- 
biare ,  ncc  ad  feum  dare ,  fed  femper  fit  ad  tabulam 
fàndi  Pctri  in  communia  monachorum.  Quod  fi 
quis  homo  aut  fœmina ,  &c.  Fada  carta  ifta  in  menfe 
cxco  &  regrellio  fuo,  &in  terminium  de  villa  Ca-  Maio  fub  die  feria  quarta  régnante  Roberto  rege. 


pralis  vel  de  Aureliaco  vineas  duas ,  &  proptcr  alium 
alodem  de  fando  Nazario,  vel  de  fando  Michael 
quæ  eft  in  villa  Circi ,  &c.  Fada  carta  commutationc 
ifta  xvi.  Kal.  Septembris ,  anno  vu.  régnante* 
Ugonc  rege.  S.  Willclmus&uxor  fua  Arfindis,  &c. 


Sig.  f  Amelio-Simplicio  &  Guillclmo  filio  fuo  qui 
cartam  iftam  dederunt  6c  firmaverunt,  &  firmare 
feccrunt.  Sig.  t  Guarino  abbati  6c  Adalgrimo  mo- 
nacho,  6c  aliis  monachis  qui  in  piæfènri  monafterio 
erant.  Bernardus  rogatus  fcriplit. 


An.  994.  V  Ox  legum  legis  dccrevit  authoritas,  ur  qualis 
Archives  de  eft  emptio  talis  eft  commutatio  :  emptio  6c  com- 
Caune^C  dC  mutat!°  infeparabiliter  dividebantur,  fed  fimul  in 
unam  habent  firmitatem.  Ego  igitur  in  Dei  nomine 
Udalgarius  abbas  commutator  tibi  film  Rodgcrio 
comité  6c  uxori  tuæ  Adalaïs  comitiflæ  ,  comitco 
vobis  alaudem  meum  qui  mihi  advenit  de  parenti- 
bus#  meis  in  vicecomitatu  Carcafïènfe,  in  villa  quam 
vocant  Aqua-viva,  pro  alaudes  vcftros  quoshabetis 
in  villa  Gloyano  &  in  villa  de  Fonte-cuberta ,  &c. 
Fada  carta  ifta  comminationis  in  menfe  Novem- 
bris  fub  die  feria  vu.  anno  vu.  régnante  Hugone 

■ - —  i*ge- 

VersVan  r 

995.  lN  page  Vellaico,  in  vicaria  Baflènfe  in  loco  qui 
Cartuiaircde  c^c*tlir  Confolcntis  juxta  fluvium  Ligerius,  quidam 
nbbaye  de  vir  nomine  Giba  cum  uxore  fua  nomine  Avena , 
5.  çiufeéy  totum  quantum  ibi  poftidebant  Domino  Deo  6c 


C  X  X  X 1 1 1. 

Fondation  du  monajlere  de  Zangogne 
en  Gevaudan. 

S  Auditas ,  caritas ,  atque  juftorum  hominum  in- 

tendat  humilitas ,  me  Stephanum  facis  nobilem  Ctmllairtdg 
virum  diu  fuilîe,  &  uxorem  meam  Angelmodam  Prieuré  de 
humiliter  vixilïe.  Nos  quidem  peccato  noftro  & 
juftitia  Dei  filium  non  habuimus ,  unde  multum 
doluimus,  inquo  dolore  apparuit  mihi  in  fomnis, 
ut  in  honore  findorum  Gcrvafii  &  Prothafii  con- 
ftrucretn  ecclefiam  in  territorio  Milacenfi.  Excitato 
me  6c  uxore  mea  à  fbmno ,  retulit  mihi  uxor  hâne 
eandem  vifionem  fimili  modo  apparuiilè,  quoau- 
dito  præparavimus  ireRomam,  &ivimus  diefexta 
Septembris  6c  anmiente  Domino  noftro  Jefo  Chrifto, 


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fî+  DELANGUED  OC.  i  ;; 

vcnjmus  ante  altafe beati  Pétri,  ante  cujus  altare  oravi-  fândorum  Gcrvafii  &  Protafii  martyrum  >  ipfa  eccie- 
mus  &  vigilavimus,  &circa  mediam  nodem  medii  fia  cum  decimis  quinque  manfos  valences,  &  in 
Odobris,  fbmno  nos  aggravante ,  eadefn  vifio  nobis  ipû  villa  manfos  quatuor,  &  unum  molendinum» 
apparuit,  &  fâdo  mane  venimus  ad  fommum  pon-  cum  omnibus  qu a*  ad  iplâs  res  pertinere  videncur  : 
tifieem,  ôc  oftendimus  ci  quæ  in  utraque  vilione  &  mafia  villa  quæ  dicitur  Manfus-Ricardi,  quatuor 
nobis  apparuerat.  Ipfe  jundis  manibus  imuens  in  manfos  cum  omnibus  adjacentiis  fuis,  &in  Monri- 
cœlum,  benedixit  Deo  qui  falvat  fperantes  in  f c , &  lio  quatuor  manfos  cum  omnibus  adjacentiis  fuis. 


tifieem,  ôc  oftendimus  ci  quæ  in  utraque  vilione 
nobis  apparuerat.  Ipfe  jundis  manibus  imuens  in 
cœlum ,  benedixit  Deo  qui  falvat  fperantes  in  fè ,  & 
majoribus  omnibus  Romanæ  ecclefiæ  advocatis, 
narravit  eis  pontifex  mirabilia  quæ  Dçminus  in  fom- 
nis  nobis  bis  monftraverat.  Uli  tune  æquivoce ,  ôc 
magno  clamore  benedixerunt  Deum,  ôc  cundis 
illis  præfentibus  dixerunt  nobis  in  nomine  fândæ 
pœnitentiæ  injunxerunc ,  ut  ecclefium  quam  Dominus 
in  foinnis  nobis  monftraverat  in  honore  pnefàtorum 


&  inalia  villa  quæ  dicitur  Manlus-Ricardi,  quatuor 
manfos  cum  omnibus  adjacentiis  fuis,  &  in  Monti- 
lio  quatuor  manfos  cum  omnibus  adjacentiis  fuis, 

&  in  Caudno  duos  manfos  cum  appcndiciis  fuis. 

Ec  in  vicaria  Grcdenenfo  donamus  villam  nomine 
Clauficias  cum  vineis,  campis  ,  pratis,  pro  manfis 
decem ,  in  valle  Alliradi ,  *  rotam  ulvara  ad  monafte-  «*4/.  Aiiefidi. 
rium  ipfum  conftruendum  fândi  Gcrvafii  &  lindi 
Protafii  y  ôc  in  comitatu  Vivaricnfi ,  in  vicaria  Bau- 
zonica,  villam  quæ  didtur  Feigcrias,  *cum  vineis,  Fruget* 


*  4/.  Willcf- 


Difl.  f. 
!7*. 


martyrum  hanc  ecclefiam  adificarerous,  ôc  dixit  \  fi  campis,  lïlvis,  &  omnibus  adjacentiis  fuis,  valentem  n 
poft  ædificationem  vita  vobis  cornes  fuerit  regre-  viginti  manfos  vel  amplius.  Hoc  autem  fadum  cft 
dimini  ad  me,  deinde  benedixit  nobis,  &  cum  gau-  cum  confilio  epifeoporum  Matfredi  ecclefiæ  Mima- 
dio  reverfi  fumus  &peregimus  ecclefiam  ficutDcus  tenfis,  &clericorum  cjus,  Theodardi  cpilcopi  Ani- 
mandavit  ôc  lândus  pontifex  nobis  injunxit  ;  cui  tan-  cienfis ,  ôc  Pétri  epifeopi  Vivarienfis ,  ôc  Rigaldi  fra-  *  Bf rcha- 
tum  de  bonis  noftris  donavimus  quod  Xi  1 .  capella-  tris  mei ,  &  Urbani ,  *  filiique eius  Simonin,  * Pcmtii  ne. 
ni  cum  clericis  &  aliis  ad  forviendum  ecclefiæ  &  ouoque  comitis  ac  Bettrandi  framim,  &  omnium  V-WâUe 
corum  nccellâriis  honorifice  fuftentari  potenint,  ndelium  noftrorum ,  ut  inprædido  loco  monafte-  mu 
&  deinde  ivimus  Romamirerum:  invenimus  ipfiim  rium  ad  honorem  Dei  &  Domini  Salvatoris  noftri 
D.  noftrum  pontiheem ,  &  præcepit  ut  fopra  facro-  Jefù  Chrifti ,  fândique  Pétri  apoftoli ,  ac  fândi  mar- 
fândum  corpus  beati  Pétri  hanc  ecclefiam  donando  tyris  Theofredi ,  pro  ut  pollîbilitas  noftra  poruerit, 
oftèremus,  ôc  fecimus,  &juravimus  utnos&noftri  conftruatur  fubregimine  regulæ  fândæ  beati  patris 
femper  eam  deffènderemus  fecundum  polie  noftrum,  Benedidi.  Hoc  ergo  negotium  committimus  in  ma- 
&  tune  pontifex  fummus  inordine  foopromifit  Deo  nu  ôc  providentia  domni  Widonis  Calmiliacenlïs 

ôc  nobis,  ut  hanc  ecclefiam  à  Deo  ædincaram  ab  cc-  cœnobii  abbatis  &  fuccellbrum  ejus,  quorum  con- 
defia  Romana  nullo  modo  alienaret  ,  retinuit  ta-  filio  in  eodem  loco  monachi  aggregentur  &  muten- 
men  cenfiim  in  ea  Domino,  &  re/pedu  dignitatis  tur,  &  prædidæ  res  in  ufo  monafhorum  illorum 
omni  tertio  anno  x  v.  folid.  &  dedit  nobis  de  ligno  omni  tempore  permaneant  fine  ulla  contradidione 
fândæ  Crucis  &  de  reliquiis  lândorum  prædido-  perfonæ.  Nequc  ullus  homo  cenfum  five  commen- 
rum,  deditque  nobis  privilegium  in  junco  marino  dam  aut  euftodiam,  ex  iftis  rébus  exigat  vel  acci- 
feriptum  in  pergameno  fie.  piat  :  fod  abbas  fândi  Thcofredi  x  v.  folidos  tertio 

Sylvefter  epilcopus  omnibus  chriftianæ  fideicul-  anno pcrfolvar fândoPetro  procenfu.  Si  quisautem 
toribus.  Notum  elle  volumus  Stephanum  vicecomi-  homo  hanc  noftram  conftitutionem  aliquando  dif 
tem  &  Angelmodam  conjugcs,  ecclefiam  fando-  rumpere  vel  mutare  præfompferit  ,  maledidioni 
rum  Gcrvalii  &  Prothafii  de  fois  propriis  conftru-  fubjaceat,  nifi  pœnitendo  fâtisfèccrir:  &omnisho- 
dam  in  comitatu  Gabalitano  politam,  noftræS.  R.  mo  quicumque  loco  iplï  quem  cupimus  ædificare, 

E.  per donationis  paginam  dona fie,  ôcc .  Undepla-  vel habitatoribus  ejusadjutoriumatquc defenfionem 
cuit  nobis  eandem  prædidam  ecclefiam.... fubno-  præbuerint,  panem  cumeledisDei  habeant  in  vi- 
ftra  protedione,  ôcc .  jubemus  ut  nullus  rex,  mar-  ram  æternam.  Hoc  autem  privilegium,  qtio,  liait 
chio,  dux,  comcs,  vicccomes  aut  alius  majorum ,  ftabilitum  eft,  firmum  &perperualirer  habeacur  in 
parvaque  perfona  illam  ecclefiam  aliquo  modo  in-  memoria  cundorum,  in  conlpedu  totius  cleri  ac 
quietare  vel  molcftare  audeat,  &c.  nobilium  virorum  manu  propria  confirmamus , 

Dato  privilegio  ecclefiæ  Cofmæ  ôc  Damiani ,  be*-  Gregorio  papa  hoc  audoritate  apoftolica  confir- 
ncdixit  nobis  ôc  regrefii  fumus.  mante,  ncc  non  Matfredo  Mimatenlis  ecclefiæ  epifi 

In  nomine  fummi  Dci  Crcatoris,  qui  trinuseft  in  copo,  &canonicorum  cjus,  Thcodai’do  Véllavenfis 
perlbnis,  &  unus  indfentia  majeftatis.  Notum  fit  ecclefiæ  præfule,  Petro  etiam  Vivarienfi  pontifîce, 
omnibus  fidelibus  prælêntibus  &futuris,  quod  ego  Rigaldo  fratre  meô,  Urbano ,  *  filioque  cjus ,  Pon-  *w.Bertfa«M, 
Stephanus  vicccomes  Gabalitanenfium  cum  conjuge  tio  ôc  Bertranno  fratre  cjus,  ôc  aliis  amicis  ôc fidc- 
mea  Aiamoldc, cogirans  Domini  mifrricordiam ,  ôcc.  libus  noftris.  Amen. 

Ut  ipfiim  Dominum  Jefum  Chriftum  in  die  judicii  Ego  Petrus  Dei  gracia  rex  Aragonis,  comcs  Bar- 
propitium  habere  poilimus ,  hæredem  cum  noftræ  cinonæ,  &  D.  Monris-Pe/Iùlani,  recognofeens  ôc 
næreditatis  fore  decrevimus ,  ôc  fècundum  quod  ipfe  pro  vero  exiftimans ,  quod  prædecelfores  mei  gra- 
promilît  in  evangciio  iis  quæ  fîia  dederint  vel  reli-  tanri  animo  prædidam  fecerunr  donarionem ,  ad 
querinc  propter  nomen  ejus,  ccntuplum  accipient  honorem  Dei  ôcc.  iplam  laudo  ôcc.  teftibus  Guillel- 
&  vitam  æternam  pollïdcbunt.  Hujus  rei  caulâ  do-  mo  Magalonenfi  epilcopo ,  Guidone  præpofito  ejuf- 
namus  lândo  Petro  urbis  Romæ  principi  apoftolo-  dem  fedis,  ôcc.  Daruin  Montis-Pellùlaûi  in  menfe 
rum,  ôc almo  martyri  Theofredo  Calmilienfis  mo-  Januarii,  anno  Domini  m.  cc.  v.  ôcc. 


ôc  vitam  æternam  pollïdcbunt.  Hujus  rei  caulâ  do-  mo  Magalonenfi  epilcopo ,  Guidone  præpofito  ejuf- 
namus  lândo  Petro  urbis  Romæ  principi  apoftolo-  dem  feuis,  ôcc.  Daruin  Montis-Peflulani  in  menfe 
rum,  &almo  martyri  Theofredo  Calmilienfis  mo-  Januarii,  anno  Domini  m.  cc.  v.  ôte. 

naftcrii  partem  de  rebus  &  polie llïoni bus  noftris,  _ •  _ 

quæ  nobis  hæreditario  jure  foccellèrunt,  ad  mona- 

fterium  conftruendum ,  ôc  fervitium  Dei  ibi  régula-  C  X  X  X  I  V. 

riter  agendum,  ea  tamen  ratione,  ut  fub  honore  J*.  r> _ ■  -  rr  r.  j 

fanâi  Pcrri  fit  fando  Theofredo  Calmiliacenf*  Butte  dufape  Greytre  V.  en  faveur  de  _ 

cœnobii  fubjedum.  Sunt  autem  iplæ  res  fitæ  in  co^  ^  abbaye  de  faint  André  d  Avignon.  ^ 
mitatu  Gabalitano ,  in  vicaria  Miliacenfe ,  in  villa  Rcgorius  epifeopus  fervus  fervorum  Dei,  cha-  Archives  a« 

quæ  dicinir  Lingonia,  (ecus  ripam  fluvii  Elerii  \  hoc  V^,l  rilfano  filfo  Martino  reverentilEnto  abbate  l’abbaye  de 
♦ft  ccdefia ,  quæ  cft  conftruda  in  honore  &  nomine  veneraWis  raonafterii  lândi  Andreæ  apoftoli,  ôc  d’Avignon? 


An-5>95>. 


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1.5  <5  PREUVES  DE 

fontti  Michaclis  archangeli  ,  6c  bcati  Manini  con- 
fcfioris  quod  cft  fundacum  in  cacumine  montis 
ijui  nuncupatur  Andaoni,  fuper  fluvium  Rhodani , 
ejufque  fuccefloribus  abbatibus  inperpetuum.'  Cum 
'nimmus  apoftolicæ  dignitatis  apex  in  hoc  divini 
certamints  nirore  dignofeitur  prærulgere,  ut  in  exer- 
cendis  Dei  laudibus  fibi  impenfius  ftudeat  laboris 
exhibere  Certamen  -,  ob  hoc  aebita  nos  ejufdem  apo- 


L*  HISTOIRE  !57 

gredi....  feiat  fe  fab  divini  judieii  obteftadone  & 
anachcmacis  vinculo  innodacum  >  &  à  regno  Dci 
alienandnm ,  &  cum  diabolo  fine  fine  cruciandum. 
Qui  vero  pius  adjutor  «5c  obfcrvatot  hujus  noftræ 
perceptions  extiterit,benedicrionis  gratiam  à  Chrifto 
Domino  confcquatur,  &  vitæ  æternæ  particcps  effid 
mereatur- 

Scripium  per  manum  BenediéH  Scriniarii  fàndbe 


VcsTan 

p3l» 


ftolicæ  paftoralis  compulfi  follicicudinis  cura ,  quæ-  Romanæ  ccclefiæ  in  menfe  Januarii ,  &  induüonc 
quæ  ad  ftabilitatem  piorum  pertincre  dignofeuntur  præfata  duodecima* 
iocorum  ubertim  promuleare.,  &  apoftolicæ  infti- 

v.. r.  i.*  ..  •  •  a  •  ' 


turionis  cenfiiira  confirmare.  Igitur  quia  petiftis  à 
nobis  quatenus  concederemus  iivc  confirmaremus 
tuæ  religiofitati  prædichim  monafterium  fanâi  An- 
dreæ  apoftoli,  fànûi  Michaclis,  &  fan&i  Martini ,  ut 
his  tribus  ecclefiis  unum  femper  perfiftat  monafte¬ 
rium  ,  cum  ipfo  monte  in  integro  in  quo  adfunt  ipfæ 
ccclefiæ  cum  omnibus  infra  fe  &  circa  fe  haben . . .  • 
*cumdomibus,villis  ibi  & ubique  cum  omnibus  re¬ 
bus  &  fubftantiis  mobilibus  &immobilibus  aefefe- 
que  moventia,  quantumeumque  à  die  fundationis 
ufque  nunc  ibi  conccflà  vel  laigita  funt.  Verutn  & 


C  X  X  X  V. 

j 'Donation  d*  Eudes  vicomte  de  Lodeve  d 
l'abbaye  de  5.  Guillem  du  Dèfert . 

IN  Dei  nomine.  EgoOdo  vicecomesdono,con- 
fcnticnce  uxore  mea  Chimberga,  aliquid  dealode 
meo  faniliSalvatoris  Gclloncnfis  monafterii,  &fan- 
üx  Crucis  ligno ,  6c  fântto  Willelmo,  &  monachis  du Dcf^' 
præfentibus  6c  futuris  in  monafterio  Gelloncnfi  mi- 


Verslan 

iooo. 

Cinultirtde 
S.  Giiil}em» 


jam  &  ufque  in  fiiturum  per  quemvS  modum  ibi  htantibus  atque  Deo  ibidem  fervientibus ,  propter 
advenerit,  nos  apoftolica  authoritate  firmiter  &  fta-  remedium  animæ  meæ-,  &  eft  ipfe  alodes  in  comi- 
bilicer  meo  monafterio  fub  protc&ione  abbatis  per-  catl1  Lutévenfe ,  in  terminium  de  villa  quæ  vocarur 
•petuis  temporibus  præcipimus  permanere  ablque  Baias,  quem  Hildinus  pater  meus ,  &  ego  Odo 
cujuflibet  contcftatione  vel  impedimento.  Déni  que  acaptavimus  de  Ardemando,  &c.  Sig.  Odoni  vice- 
ctiam  confirmamus  ut  undccumque  mortuorum  comitis  qui  cartam  vel  feipruram  iftius  donationis 
corpora  mafeulini  fexus  vel  fœminini  ibi  fe  fepeiiri  feribere  fecit,  &  manu  fua  hrmavit,  &  teftes firmare 
devotaverit,nuUusepifcopus>  autcanonicus,  autca-  rogavir.  S.  Chimberga  uxor  mea  confenriens,  & 
nonicorum, drticus, vel  vice..  ..dominio  nullacon-  donatrix  6c  firmatrix  fuit  iftius  feripturæ  &  cartæ 
trarietate  maliciæ  contra  vobis  vel  contra  fervos  mo-  cum  bono  animo  &  cum  bona  voluntate.  S.  Siguim. 
nafterii  exerceat.  Loca  enim  quæ  de  aliorum  loco-  S.  Gifredi,  S.  Audbcrti,  S.  Fredaldi,  S.  Matfredi  » 
mm  piorum  numéro  non  funt  conftituta ,  annuacim  S.  Bcrnardi. 

penfionem  folvendo  liceat  vos  poflidere ,  &  ea  om-  ,  _  — 

nia  fub  juris  6c  dicione  fânétiflimæ  noftræ  Roma¬ 
næ  eccleliæ ,  cui  Deo  audore  delêrvimus  ,  vobis 
ad  tenendum  concedimus-Scitote,  fratres  dilediftimi, 


C  X  X  X  V  I. 


y.::i 
’-a*.  it 

••Uît. 


ante  oculos  mentis  &  corporis  traditiones  régula-  Donation  de  Roger  /.  Comte  de  Carcajfonni 

rum  patemarum ,  ut  unufquifque  prælatus  noverit  >  faite  d  l'abbaye  de  Le^at* 

qualitcr  debeat  imperafle  fubjcdis,  ne  dum  afpera  ^  , 

&  non  unicuiquc  fratri  aptillima  videamur  imponi,  A  Ppropinquante  etenim  mundi  termino,  &c.  Vers  Tan 
neufque  ad  contemptum  prorumpat  de  imperantis  xTV.  Sacro-tandæ  balilicæ  fandi  Pétri  Lezatenfis  iooi. 

indifcretione  fubjedi.  Sit  namque  moderata  vivaci-  monafterii,  qui  eft  fundatus  liipcr  flumen  Leza ,  ubi  cim»iaiie«te 
tas  in  follicitudinibus  ,  fupereminens  in  ffatribus  Ugoabbaunacum  norma  monachorum  paftorvel  i*W»iyc  de 
ftrenuitas ,  ut  dum  regulariter  omnis  quictudo  inte-  gubernator  præclfc  videtur  :  ad  hoc  igitur  in  Dei  no-  l'ut' 
gemme  confertur ,  per  obedientiæ  lineambene  fer-  men  ego  Rodgarius  cornes  &  uxor  mea  Aladaiz, 
vientes  exhibent  temporalia,  ad  gaudia  cæleftis  pa-  cedimus  Deo  6c  (àndo  Petro  apoftolo  aliquid  de 
triæ  perveniant  fempiterna.  A  præfcnti  duodecima  facultatibus  noftris  ^  hoc  eft  ecdeiia  quæ  cft  fiindata 
indicione 6c u(que in perpemum concedimus  &con-  in  honore  bcati  Michaclis  archangeli,  in  villa  quæ 
finnamus  vobis  fuperdidum  monafterium  &mon-  dicitur  Pcntegos  cumiplo  alodc,  totum  &ab  inte- 
tem ,  (icuti  per  commutationis  chartam  vobis  evenit  grum,  quiiitum  &  inquirendum,  quod  nobis  habere 
de  Aldeberro  &  cjus  fiatre  Adalelmo,fimul  cum  con-  vel  pofiidere  videmur ,  ccdimus  Deo  &  làndto  Petro 
jugibus  fuis  fcilicct  Leucinde  nomine  &  Beliilde,  vel  Ugone  abbate  una  cum  norma  monachorum 
feu  Poncione  &  fiatre  ejus  Comberto,  fimul  cum  qui  funt  Lezatcnfi  monafterio,  ut  poft  hodiemum 
conjugibus  Adalinde  fcilicct  6c  Unia ,  neenon  Beran-  diem  habeant ,  teneant  &  pollideant ,  6c  non  ha- 
gario  prelby tero  fimul  cum  fratribus  duobus  Péroné  beat  abba,  vel  monachi ,  feu  fuccclfores  licentiam  do 
videlicet  6c  Neûale ,  Dabbato  etiam  cum  tribus  fi-  Deo ,  &  fanâo  Petro ,  vel  fànûi  Benedidli  fivc  fandti 
liis  fuis  his  nominibus  :  Gariberto ,  Silvcftro  >  &  Pon-  Antomi ,  ipfum  alodem  dare  aut  rradere ,  nec  tranf 
cione ,  ita  præfentis  confirmationis  privilegio  cunifta  mutare  in  manus  alieilorum*,  (êd  femper  perma- 

quæ . inconcufta  valeat  poflidere.  Idcirco  con-  neat  ad  iplâ  Dei  communia  velminiftris  aluriscjus, 

ftituimus  nos  au&oritate  Dei  «5c  fânâi  Pétri  apoftoli  pro  animæ  meæ  &  animæ  uxoris  meæ  fine  ullo 
&  noftræ,  ut  dum  abbas  inde  obierit ,  nullus  ibi  liceat  contradicente.  Et  in  alio  loco  donamus  ipfara  eccle- 
ingredi  abbas,  nifi  talis  qui  Deo  <5c  cundlis  fratribus  fiam  quæ  cft  fundata  in  honorem  beaeæ  Marix  vir-* 
placeat ,  &  cum  quem  congregationi  placuerit  abf-  ginis  cum  ipfum  alodem  qui  vocatur  Vallegcno  > 
que  peccato  confecrari  liceat  :  fi  quis  autem ,  quod  totum  &  ab  integrum ,  quiftum  &  adquircndum , 
non  credimus ,  qualifeumque  epifeopus ,  marchio ,  cui  nos  viû  fumus  habere  vel  poflidere  fine  ullo  con- 
comes,  aut  vicecomes,  vel  auftaldus,  vel  quilibet  tradicente.  Saneliquis,&c.  Fa«ftaccilîoneiftamcn(c 
magnæ  perfbnæ  hæc  quæ  pro  Dei  omnipotentîs  Augufto  fub  die  feria  v.  régnante  Robcrto.  Sig.  t 
amore  conftituimus  reirqgari  aut  inquoquo  tranf-  Rodgario  comité  «Scuxori  fuæ  Aladaicia,  quiccfttonc 


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Vers  1  an 
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fjS  D  E  t  A  N  G  Ü  E  D  O  C.  i;9 

«fta  manibus  fionavetam  vd  firmare  rogtvcrunt  Adalaica  comitiflâ,  &  filio  fuo  Regimundo  ;  fie  ve- 
Sigtt.  f  Ramundo ,  Sig.  f  Bernardo ,  Sig.  f  Pccron^  nerunt  ailte  præfentiam  illoruin  8c  lêniorüm  qui 
Sig.  f  Benedi&us  rogatus  lcripfit.  çoram  eis  aderant  mulris  *,  videlicet  domno  Albert® 

Tccmimim  mtmdi  appropinquante  >  Sec.  Ob  hoc  epilcopo ,  ôc  archidiaconis  AimO,  Oliba ,  Petro,  ÔC 
îgitur  in  Dei  nomen  Rogerius  cornes  donarorfum  ndelibus  laïcis  Li&ore,  Ugone,  Poncio-Einardi  > 

Domino  Deo  omnipotent! ,  &  fân&o  Petro  Lcza-  Poneio-Bemardi ,  Dacberri,  Eicfrçdi ,  Sicfredi ,  Eblii , 
tends  cœnobii  alodem  mciim  proprium  quem  ha-  Kami  »  Radulfi  >  cæterotumque  bônorum  hominum. 
bco  vel  haberc  debeo,  qui  cft  in  comitaru  Toloû-  Et  ica  judicaverunç  ac  benignilfime  ordinaverüm 
no,  in  minifterioPotamianenle,  in  villa  quæ  vocant  domna  Adalaids  comicilla  6c  filins  ejus  Reeimun-» 

Vilarilg  :  ipfum  alodem  dono  cum  terminis  &  li*  dus  cum  fois  fidelibus,  qtvicecomes  Arnal<Jus,  dt 
mitibus  &  ajacenriis  &  affiontarionibus ,  vel  ego  appendidis  villis  Venapcianis  cum  fupradidis,  id 
quantum  vinis  haberc  &  poflidere ,  totum  6c  ab  eft  Cucuciago,  Nonnone,  Afînario,  Karanciani, 
integrum,  quælirum  &ab  inquirendum  fie  don o  unde  quærimorua  cftfàda  à  monadiis  lan&i  Ilarii , 

Cuvtko  Petro  pro  anima  mca  6c  animas  parentum  quæ  domçus  Rodgerius  cornes,  6c  uxor  ejüs  atquc 
meorum;  in  taie  veto  ratione  utneque  abbas,  neque  corum  filius  donaverunt  lando  Ilario ,  ficut  fupe- 
tollus  monachus  licenciam  habcat  darenec  alienare*  dus  inlcrtum  eft,  milia  audacia,  nulla  violenria 
tiecad  fêvum  dare,nec  commutare;  Icdlemper  fit  audaciter  agerct  de  hoc  contra  fandum  Ilarium; 
in  Itipcndiis  fratrum  &  eleemolinis  paüperum  ficut  ftd  benevole  &  confidente  guarpitoriam  arque  eva- 
fuperius  relbnat,  fie  ego  adfirmo.  Si  quis  ego  aur  cuatkmera  fàcerear  atque  firmarenr>  quialex  judi- 
ulla  appofica  perfona,  &c.  Fada  cft  fcciptura  hæc  cum  dieu  ;  *  Us  juacumque  res  fanüis  Dei  ecclefns>  V.  al  i,^ 
fiib  die  fèria  ii.  régnante  Rocberto  rege.  Sig.  f  sues  per  principum  aut  quorumlibet  fideltum  douane-  J^*'*^5* 
Rogerio  comité  &  uxoris  fuæ  Aladaiz  >  qui  carta  ifta  nés  collas a  repertunsur ,  votive  (i  potentialiser  pro 
(cribere  rogaverunt,  &  manibus  firmaverunt,  ôc  certo  cenfetur ,  ut  m  aternum  jure  trrruocabili,  le~ 

f*m  iiernitate  firmetur*  Sic  &  nos  conlaudamus  ÔC 
ftabilimus  Amaldi  vicccomitis  fidem  guarpitoriam , 
arque  firmamus.  Ob  hanç  igitur  cauwm  recogna- 
vit  Amaldus  vicecomes  rei  vericatem  in  juîtitiaî 
doinnx  comiti fiæ  Adalaciac,  ôc  filio  ejus  Regimun- 
do,  atquc  Carcallcnfium  procerum,  &  fie  le  guar- 
pivir  erga  ûnâum  Ilarium ,  ejulque  monachos ,  raa- 
livob  ejus  animo  everfo.  Fa6b  eft  igitur  firmirer 
guarpitoiia  firmado,  quod  fi  ego  Arnaldüs  viceco¬ 
mes,  aut  aliquis  de  lucceflbribus  meis,  vel  iftius 
Carcaflbnæ  fêdis,  autquifiibet  homo  per  fiibroga- 


O  " 

firmaie  rogavenmt.  Sig.  f  Regimundo,  Sig.  f  Ber- 
hardo ,  Sig.  f  Petrone,  Sig.  f  Jolcno.  Ato  rogatus 
(cripfit. 


An.  looi* 

Archives  de 
l’abbaye  de 

!  HUaire. 


CXXXVII. 

Degutrpi/fement  en  faveur  de  l abbaye 
de  S-  Hilaire ,  fai  Arnaud  vicomte 
de  Carcajfonne . 

NOtitia  warpitoria  quâliter  tenetur  adlcripta.  tam  perlonam  fuerit,  qui  contra  banc  lcripturam 
In  Chrifti  nomine ,  poftquam  Rodgarius  co-  adrumpendain  fiirrexerit ,  iram  Dei  oranipotentis 
mes ,  &  uxor  ejus  comidfla ,  cum  filio  corum  Régi-  incurrat,  &  cum  Juda  tradkore  paniceps  eÆciamr, 
mundo  florefiente  jam  juvenili  ætate,  cartamdona-  6c  nullius  lân&omm  interceflîo  eum  adjuvet,  6C 
tionis  fccillèt  monafterio  {àndli  Hilarii ,  trophæo  vd  quod  petit  non  adquirac,  fed  in  duplo  lancli  Ilarii 
redemtionis  animarum  eleemofinae  de  villa  Venan- 
tiano,  6c  de  ecclefia  S.  Mariæ  &appendicioejus,  6c 
de  Cucuciaco  cum  ecclefia  ûndH  Pétri  Nonnonis 
cum  ecclefia  (àn&i  Satumini ,  villare  Afinario  cum 
ecclefia  (anÆCypriani ,  &  Caranciani  cum  ecclefia 
(mOà  Michaelis,  cum  decimis  6c  primitiis  earum , 
propter  vidoriam  qüam  (ânihis  Hilarius ,  arque  nof- 
cente  illo  cum  fiiis  fidelibus  Dcum  exorando  luis 
inimicis  hoftiliter  oftendit  ;  multis  annis  jam  per*- 
a6tis  accepic  regimen  Carcafiènfi  comitalis  vice  Arnal- 
dus  filius  Radulphi  in  nomine  vicccomitis.  Ille  vero 
ut  hoc  obrinuit ,  ab  infidiatoribus  atque  infidelibus 
hominibus  denuntiatum  eft  falndice  non  elle  juftum 
poflidendiS.  Ilarii  jure  poteftatis,  propter  donatio- 
nem  jamlupradidli  principisCarcaflonæ,  lèd  cenfiii 
delêrvire  vicecomiris.  Ex  quo  vero  auribusejus  in- 


componere  fiu:iat,  &  in  ante  lcriptura  hxc  firma 
ftabilifque  permaneat  omrti  tempore.  Facèa  lcrip- 
tura  hæc  in  menlê  Septembrio,  anno  vi.  régnante 
Robertorege.  S.  Arnaldi  vicccomitis  quiiftam  guar- 
pitoriam  lcriberc  juflît,  6c  teftibus  ad  roborandum 
tiadidit.  Einardus  julfiis  lcripfit. 


CXXXVIII. 

T  efiament  de  Roger  premier.  Comte  dt 
Carcajfone . 

EGo  Rogerius  comcs  fàcio  brevera  divkîonalem 
inter  filio  s  mcos  Raimundo  ôc  Bernardo.  Ad 


Vers  l’an 
1002. 
Archiver  djé 


Raimundo  filio  meo  dono  civirarem  Carcaflonam  . . . 

timatum  eft,  non  (egniter  eft  demoratus,  inquifi-  cumiplo  comitatu  Carcaflenlè,  exceptas  ipfasaba.  Ch^.dc  Foi* 
tio  ejus  pervenit  ad  nocitiam  hominum  dicentium  dias  quæ  ego  dono  ad  filio  meo  Petrone#  ficut  confi-  rcnx>7na&  caï 
injufte  ôc  inordinate  adverfiis  (ânéèum  Hilariunt  nitum  eft  inter  marre  fiia  Adalaïs  ÔC  te  Raimundo.  tu,ai**  »  «»iï« 
agere.  Sed  advtnit  annuente  Domino  noftro  Jcfii  Et  dono  ad  ipfum  Raimundum  filium  mcumRe- 
Chiifto  dies  ftaturus,  in  quo  notkia  guarpitoria  das  caftellura  cum  luo  confitaru ,  ipfiun  mcam  par-  ••  7* 
quâliter  nomina  fubter  tenentur  inlêrta ,  eft  deffi-  tem  ;  excepta  iplâ  mea  paae  de  iplas  abadias  quæ 
nita.  Quia  in  menfe  Septembrio  feria  v.  advenit  ego  dono  ad  Petrone  hlio  meo ,  &  excepto  iplo 
Gauffredus  abba  cum  quibufilam  monachis  lânâi  alode  quæ  ego  acaptavi  in  iplo  comitatu  Redenlc, 

Hilarii  incivitate  CarcafTonæ,  6c  olim  jamperadis  quæ  ego  dono  à  Domino  Deo,  &  ad  fiindis  fuis 
diebusquindecim ,  ante  prælêndain  Rodgerii  comi-  propter  remedium  animæ  meæ.  Et  dono  ad  ipfum 
tis  qui  iter  fanbti  Pétri  {êqnkur,  jam  præcipicme  Raimundum  ipfa  convenienria  decomitatu  Redcnfe, 
co  graria  firæ  mercedis  ,  ut  convenienter  agerent  quæ  ego  habeo  cum  fratre  meo  Odone  comité ,  6C 
rcOiffime  atque  juftiflïme  erga  (anâum  Hilarium  cum  nlio  luo  Amaldo.  Et  fi  Odo  moritor  6c  filio 
6c  monachos  ejus,  potcntialiter  (uftentando  &  re-  fuo  Amaldo,  remaneat  ad  te  Raimundo  iplâ  con- 
gendo  locum  ilium  eledum  à  le  &  uxore  fua  domna  venienda  de  ipfi)  comitatu.  Et  alla  convcoicnt»  quæ 


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PREUVES  DË  UHlSTOtRË 


ego  habco  curti  fratre  meo  Odonc  &  filio  (uo  Ar-  Fides  rumulata  confiftit.  Quamobrem  ego  in  Del 

-...IJ-  - 1  _  ^  .  .  /•  nomine  Raimundus  cornes  filius  Berteldis  cedo  vel 

dono  faruSH  Salvatoris  &  (anâx  Fide  illo  alode  mco 
de  Palais  port  mortem  meain  totum  &  ab  integrum , 
cum  campos,  cum  vineas,  cum  bofeos,  cum  pif. 
catoria,  cum  folinas,  cum  terras  cultas  &  incultas  : 


naldo  de  Cairo-curbo  aim  Cairo-curbenfe ,  rema- 
fieat  ad  ipfum  Raimimdum  ;  &  alia  convenicntia 
cjux  ego  nâbeo  cum  fratre  meo  Odone  de  Colia 
caftello  &  de  Collien(è>  remaneat  fimiliter  ad  fi- 
lium  meum  Raimundum.  Et  ipfo  caftello  quem 


dicunt  Sexago  cum  ipfâ  caftlania,  de  cum  ipfos  viga-  de  habet  ipfo  alodus  in  fe  fines  de  primo  latus,  ter- 
tias  quæ  ad  ipfum  caftellum  pertinent ,  &  cum  ipfos  '  ra  Guarnerii  de  Lopianis ,  de  alio  latcrc  terra  Mat- 
alodes  ficut  Arnaldus  pater  meus  ibi  tenebat  per  fredo  epifeopo,  de  tertio  larus  terra  Bernardo  filio 
ipfum  caftellum,  remaneat  ad  Raimundum ,  excep-  Almcrado  >  quantum  infra  iftas  fines  afpicit  vel  afpi- 
tas  ipfos  abadias  quæ  ego  dono  ad  filium  meum  Pe-  cere  videtur ,  totum  de  ab  integrum  dono  fonâi 
tronetn.  Et  ipfos  alodes  de  comitatu  Totofono  qui  Salvatoris  de  fon&æ  Fide  poft  mortem  meam.  Et  rc- 
fuerunt  de  Bernardo  Ruffo ,  quæ  Raimundus  vice-  linquo  femper  fon&i  Salvatoris  &  fonâæ  Fide  in  ipfo 
cornes,  tenet  per  me  Rogerio  &per  te  Raimundo  ,  Palaifo.  Alio  manfo  vendidi  vobis  ubi  Bonefàcius 
temaneant  ad  te  filio  meo  Raimundo.  Et  ipfo  caftello  vifus  fuit  manere,  &  accepi  ego  Raymundus  de  vos 
cjuænominant  fondtaGavella  cum  ipfos  alodes  qui  pretium*,  hocfuntfol.  c.  pro  ifto  manto.  Iftoalo- 
ad  ipfum  caftellum  pertinent,  rcmaneant  ad  filio  de  fupraferipto  dono  fan&i  Salvatoris  &  fànâæ  Fide 
meo  Raimundo.  Et  ipfam  medietatem  de  Bulbaftre-  totum  de  ab  integrum  pro  anima  mea  poft  mortem 
fo ,  &  ipfo  tertia  parte  de  comitatu  Cominico  >  rc-  meam  in  communia  >  &  iftos  duos  manfos  fupra- 
tnaneat  ad  te  filio  meo  Raimundo.  Et  ipfâ  mea 
parte  de  caftello  Minerba  >  quæ  Rainardus  viccco- 
mes  mihi  donavit  ad  mottem  (iiam ,  cum  ipfa  terra 
tjuæ  ad  ipfo  caftello  pertinet ,  &  ipfos  alodes  quæ 
habeo  in  Narbonenfe ,  remaneat  ad  Raimundo  filio 


feriptos  ubi  Bemardus  &  Bonefàcius  vifi  fuerunt 
manere ,  relinquo  femper  in  communia  fonéti  Sal¬ 
vatoris  &  fon&æ  Fide.  Si  quis  ego  immutata  vo- 
luntate  mea ,  &c.  Fa&a  carta  donadonc  &  vendi- 
tione  ifta  in  menfe  Februarii  feria  1 1 1 .  régnante 
meo  *,  exccptos  ipfos  alodes  quæ  ego  dono  ad  Deum  Roberto  rege.  Sic.  f  Raimundo  comité  qui  carta 
omnipotentem  &  fondis ,  propter  remedium  animæ  donatione  ifta  fcribere  vel  adfirmare  rogavit.  Sig.f 


meæ.  Et  ipfo  abadia  de  Caunas ,  &  ipfa  abadia  de 
Varnafbna  remaneat  ad  filio  meo  Raimundo.  Et 
ipfo  vigaria  de  Savartcnfe,  poft  obitum  Adalais, 
temaneant  ad  Bernardo  filio  meo  >  il  ille  non  lo  forfa , 
(S  fi  o  forfa  &efrtcndarc  o  voluerit,  ipfo  conve¬ 
nicntia  deSavartenfe  &  de  Caftello-pendentc,  quæ 
ceo  habui  ab  Odone  fratre  meo  &  Arnaldo  filio 
poft  obitum  illorum  remaneat  ad  Bernardo 


uo  j 


Petro,  Sig.  f  Stcphano ,  Sig.  fGeraldo,  Sig.|  Ber¬ 
nardo.  Oado  monachus  fcripfic. 

T  j  Ocum  facrum ,  &c.  Quamobrem  ego  in  Dei 
nomine  Ricardus  vicccomes  cedo  vel  dono  ille  alo¬ 
de  meo  5  ilia  mea  medietate  de  ilia  ecclcfia  de  Se- 
veyrago,  &  ilia  mca  de  Padicia  villa,  quædePetro- 
no  &c  Stephano  conquiftavi ,  totum  &  ab  integrum 
filio  meo.  Dono  ipfum  comitatu  de  Coforagno  cum  cedo  &  dono  fonûi  Salvatoris  de  fonétæ  Fide ,  pro 
ipfo  epifeopato ,  &  cum  ipfo  medietare  de  Bolbaftre-  anima  mea  :  &  eft  ipfe  alode  in  pago  Ruthenico ,  in 
i<5 ,  &  ipfo  caftello  de  Fuxo  cum  ipfo  terra  Fuxenie ,  vicaria  Laiciafcnfè  •,  quantum  infra  iftum  alodem 
dono  ad  Aladaïs  uxor  mea  &  Bernardo  filio  meo  concluditur ,  &c.  Fadfca  carta  donarione  ifta  in  menfe 
infimul.  Et  Dalmazanenfe,  &  Podanagenfe  ,&  Agar-  Julio  feria  i  v.  régnante  Roberto  rege.  S.  f  Ricardo 
nagenfc,  de  medietatem  de  toto  bofco  Bolbonæ  vicecomite,  S.  f  He&ore,  S.  t  Raimundo.  Oddo 

3uæ  eft  inter  flumen  de  Ercio  de  flumen  Aregiæ  ,  fcripfit. 
ono  ad  Bernardo  filio  meo  cum  ipfos  alodes  quæ 

ego  ibi  habco*,  exceptas  ipfas  abadias  &  ipfas  ecclc-  Refcente  etenim  religione  chriftiana,,&c.Eeo 
fias,  quæ  ego  dono  ad  filio  mco  Petrone ,  &  excep-  Sulmusin  mcmetipfo  cognofcens  graviter  me  de- 
tos  ipfos  alodes  quæ  ego  dono  ad  Domino  Deo 
&  fonftis  fuis,  propter  rcmedium  animæ  meæ*,  & 


mcmetipfo  cognofcens  graviter 
liquide  contra  Deo  &  juflïbus  cius ,  propofui  in 
corde  mco  utdarera  aliquidquod  poflidcri  video, 
Deo  &  fondtæ  Dclecdcfiæ.  Et  cedo  vel  dono  iplàra 
ecclefiam  fon&i  Beati  quæ  eft  fundata  fupra  ripam 
Garumnæ ,  cum  omni  oblatione  de  fuis  appendi- 
in  termino  Bavartenfe,  in  comitatu  commu¬ 


ais 


exccptos  ipfos  alodes  Efoocia  &  Avefago  quæ  ego 
dono  adeonjugem  meam  Adalaïs  mater  veftra ,  li¬ 
ent  fuperius  Icriptum  eft.  Sic  habeat  firmitatem  ifta 
feriptura  fi  ego  Rogerius  non  hoc  desfaciam  ,  fi 
ego  non  hoc  camvio  cum  mco]  gradiente  animo.  nicenfc  *,  de  ecclefiam  fandli  Vincentii  quæ  eft  fuper 
Ifta  omnia  fupralcripta  teneat  Adalaïs  uxor  mea  in  aliam  ripam  Garumnæ  cum  oblatione  &  fuis  ap- 
badlia  quantum  ipla  voluerit,  ficut  fuperius  ferip-  penditiis,  totum  ab  integrum  dono  Domino  Deo 
tumeft,  fie  habeat  firmitatem*,  in  tali  vero  ratione 
ut  dum  illi  vivunt  teneant  de  poflîdeant*,  liinfonres 
habuerintde  legitimo  matrimonio ,  fimilircr  teneant 
in  balia  illi  qui  vivi  crunt.  Vendere  necalicnare  li- 
ccntiam  unus  non  habeat  nifi  unius  ad  alium.  Et  fi 
infantes  non  habuerint  de  legitimo  matrimonio ,  re- 


Verslan 

1001. 

uu. 


An.ioo}.* 

Carîuliirtde 
l’abbaye  de 
LcUt. 


de  fondto  Petro  de  Lezat  &  fandto  confellôri  Chrifti 
Antonio,  &  aliorum  fon&orum  quorum  ibi  reli- 
quiæ  venerantur  ,  Hugoni  abbati  &  cun&a  con- 
gregatione  ipfius  Ioci  qui  modo  funt  &  ufque  infi- 
nem  venturi  funt  :  tali  conventu  ut  femper  mona- 
chi  ibi  Deo  fèrviant  &  regant  locum  fecundura 


maneat  ipfo  hæreditate  ad  ipfos  fratres  qui  vivi  erunt.  regulam  fanfti  Benedi&i ,  vel  feamdum  polfe  ejuf- 


Ifta  feriptura  Rogerius  cornes  manu  fua  firmavit. 


Vers  Tan 
iooi. 

Cartulairc  de 
l'abbaye  de 
C«nqiief. 


CXXXIX. 

Extrait  de  quelques  Chartes  en  faveur  des 
abbayes  de  Conques ,  de  Le^at,  &c. 

LOcum  focrum  fon£ke  Dei  ecclefiæ  quæ  eft  con- 
(ècratus  in  honore  Domini  noftri  Jefu  Chrifti, 
&  foniti  Salvatoris  Conchas  monafterii ,  ubifonâa 


dem  loci^Quod  fi  ego  vel  ullus  ex  hæreoibus  meis, 
&c.  Fa&um  eft  hoc  in  præfènria  bonorum  virorum 
qui  ibi  aderant.  S.  Sulmo  qui  cartam  faibere  rô- 
gavit  de  manu  fua  firmavit  &  firmare  rogavit.  S.Pe- 
tro  cpifcopo,  S.  Raduino  monacho,  &c.  A6ta 
funt  hæc  v  i .  Idus  Augufti  in  feftivitare  fonfti  Cy- 
riaci,  feria  vi.  luna  x.  epadta  xx  vi.  &  biflextilis 
annus.  Indiitio  ix.  anno  ab  Incamatione  Domini 


M.  III . 


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V. 

Mab  idana. 

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1005. 

Archive?  de 

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l’e^li'C  de 

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Narbonne. 

}3 

... 

& 

JS 

àütj  manaittrio  tram  Deo  5c  bearx  Marx  Ur- 
vienr.bus,  irerxm  itiraimus  5c  ccrmrïtuntis  m  ur- 
oiLl  E:  fiais  x  iiarfibribus  noftris  >  &x:ur:::ïî- 
mi  parenrls  noîtri,  5c  avor.m  roirorum,  noirim 
fnaieütionem  cur 1  in  Dci  rd-mo.invj>,  luntoco 
vcl  in  aiiquo  hoc  !uriiimenn:n  fiargere  rcr.nve- 
r:nr.  Fie  ta  china  in  coitro  iic  Yinircs,  X.  o.e  Kul. 
Octobris ,  crniï  l.  port  tertLra  ,  co  anito  guo 
obiit  G  art  u  Goneonus  rex  ,  5».  arpit  rcpurc  paci¬ 
fiée  fixer  lûns  SancEus  Gurûinus  rex  in  Aragone, 
&  in  Porrpiloru  ,  &  in  Superarbi,  5c  in  Gaiconia, 
&  in  Nagera.  Comire  Gail-eLno  in  Ripa-cuma. 
Comire  Rommundo  in  Paiiurcs.  Archicpiicopo  pri- 
nu  ialis  Narboncniis  ecclciur  exirtcncc  Hcmten- 
çaude  ;  &  aho  Hemtengaudo  epilcopo  in  Orgcllo. 
Epilcopus  Aragonenlis  NI  incius.  Abcus  beat*  Ma¬ 
ria:  domnus  Èximinus.  Sig  f  num  Athonis  vice- 
comiris.  Sig  7  num  Guillelmi  vicccomiris ,  qus  filii. 
Sig  tnuin  Ridicule  vicecomirilîx.  Sig  f  num  Lupi- 
Athonis  vicccomiris  filii.  Sig  f  num  Irmengurd.r 
ejus  uxoris.  Sig  t  ni,m  Garlcani-Luponis  cjus  filii. 
Vincendus  monachus  lcriplit. . . . 


C  X  L. 

Teftament  d'Ermenytud  de  Narbonne  , 
archevêque  de  Narbonne. 

IN  nomine  (ànclr  &  individu*  Trinicacisi  Ego 
Ermengaudus  archiprxtul  bene  memoraws  * 
pertmiefccns  calum  mortis ,  jubeo  fieri  tertamen- 
rum  meum,  &  eligo  meos  elentol)  nanos  quorum 
ifta  funt  nomina  :  Bcmardus  cornes ,  Ricardis  vice- 
comidllà,  Dcufdc  abbas,  Franco  pr.rpolims,  Ai- 
mericus  Camcrarius ,  Thcudinarusjbrinus»  Parus  « 
Arnaldus,  quibusrrado  omnem  (iibllanriam  mcam 
diltribuendi  Iccundum  volunrarem  mcam  fimihter 
acciderit  deefle  hujus  vit*.  Dono  ad  opéra  làn- 
ftorum  Jufti  de  Paftoris  omne  !àl  qilod  nabco  in 
omni  loco.  Dono  in  canonica  Gndorum  Jufti  de 
Paftoris  iplum  alodem  de  Paricto-longa  cum  ip(a 
eeelefia;  tantum  tencat  ipCim  ccclcliam  in  vira  fua 
Framallus ,  de  ibidem  dono  ipfum  alodem  de  Cu- 
cuciago  quantum  ibidem  habco ,  &  (olidos  ccnruin 
de  denariis  ,  8c  equas  dccem.  In  canonica  (àndi 
Pauli  ipfum  alodem  de  Maiciano  cum  ipla  ecclelia, 
8c  iplum  alodem  de  Madiano  quem  comparavi  de 
Bonifilio ,  8c  (olidos  centum  de  denariis  8c  equas 
quinque.  In  canonica  fandæ  Mari*  Qi^iadraginta ,  ip- 
fum  alodem  de  Putcovalerio  quem  acquilïvi  de 
Stéphane,  8c  ipfum  alodem  de  montc-Cuculio & 
Tome  IL 


oc:  orcr.  ;*  \.cop.i.n  q:u  h.c o;C..:urc>  e;»;*  5vi  lu  jvi 
tcccv f c*.i:xt:s  um.\.u\uxis  :r;:>  rcmaïua*::. 
FrcdclvV.i  cp.ûvjv^  anopham  utrc.m  ùiivciu.un  * 
Mxîrcdo  c^.cv.w  a::.ïphos  J.kxs% Ce  uva^vr  vie  nv  s 
oribus  tan  ram  ont  vainc  ai:n  ir\is  iibra  iuu  de 
auax  Scer!u:x'  epiù\w  .uu;\So>  dwkxp! .mos.  Adal- 
Ktîo  anapho<  d.kvc  Ip.am  dcr::am  q’.KM 

ddvt  nùhi  l’gv' .  d.vicr  hcùmvuuiüs  mets  toluS^ 
ccnritti  >  otnnia  alu  icmitro  cï;  a  J  Av 
clcriaim  Arut  lolidos  auc  lv'l;da:as  trxagttua  va!ir.* 
tes  Ra\nu:ndv%  per  ipü  n  nuilam  loiïd.tras  vv*:.um, 
&  iptum  akvkm  de  Taurano  «S;  de  lonre-fitra.y- 
noù  in  vira  fua ,  &  port  obirum  citis  remanear  tai> 
chim  Jurtum.  Ad  Inuirtïndam  ip’.ùm  al.vk  n  de 
LX'nuvnova%  ^cjx^ftobitum  cjuMVimneat  \\  ttar- 
do  «S;  Gaucclii'o  hlio  qus.  Pcrnardo  cLiuV  lolubvi 
rrigtnra.  Ad  iplbs  hkvs  clemotuur.os  unumjac 
folidos  Jccem ,  Ce  v\juam  imam  »  Ce  \acc  un  imam; 
Per m ni  cleria>  nuxlios  quiixpic  inter  panent  Ce  vi- 
num  &  îolùlos  quinque.  Benaîuh'  pieîb'fero  u- 
militer  lonumparenUoIisiasn  iginta.Cv.-  nuvlùvi  quin¬ 
que  inter  panent  &  vinum.  Kieardi%  viawmirala 
equas  quinque  Ce  ipium  aKxlem  de  villa  IV>ttai\o% 
5c  pvvft  obirum  cjus  remaneat  taikl.v  Mari.e  qu.c 
vocant  Crailà.  Ravmundo  Ralvnno  modios  dvvcm 
inter  panent  &  vinum  «  &  lôlidos  deeem  %  &  Cî.ui- 
cclino  fiarri  cjus  Itmilircr,  Cs;  unum  puüumcaballi- 
nunt.  Baleianum  Ce  unicuique  leivientibus  nwis, 
modios quinque  inter  panem  &  vinum,  loluhis 
quinque  ,  remicto  ci  ipîàm  unciam  ilium  de  un- 
ro  in  c.uioniea  lundi  Julli  ,  iplum  acuptutioneni 
de  monce-Cuculio. ... 


CXLI. 

Concile  des  provinces  de  Narbonne  &  . 
d'Aucb  y  tenu  à  T euloufe. 

MOs  ab  anriquis  pacribits  inolevit  ut  a  l  malum 
defti  uenilum  viri  boni  convenant  8c  ad  bo¬ 
ni!  m  propagandum  ,  drc.  Quapropccr  ego  Rai- 
numdus  epilcopus  Tolofanus  5c  Guillclmus  co¬ 
rnes  Albicnlium  ne  Carurcenfium  ScToIolànorum, 
convcnimus  Tololàm  ubi  Nurboncnfcm  archicpif- 
copum  cum  quibufdam  fuftraganeis  luis  ,  arque 
Auxienfcm  cum  quibufdam  fuis,  pluriinolquc  ab- 
bates  coadunavimus.  Gaula  vero  hujus  convenais 
ifta  fiiit.  Donnais  de  Caramanio  8c  antcccllbres  fui 
à  regibus  habuerunc  ut  de  Srap  ulquc  ad  muros 
Tololx  poteftarem  ccncrent  faciendi  mcrcarum  ubi- 
cumque  vcllcnt ,  fimilitcr  etiam  mutandi  de  xmia>' 


Vers  I  an 
loo  6. 

Cvtulaire  •!.* 
l'abbivf  If  s'. 
Scrnin  Jcl’ou- 
lolfc. 


Diqitized  by 


i5*  PREUVES  DE  L’HISTOIRE  iS5 

Toloii  u (que  ad  Stap ,  &  état  in  unaquaquc  fepri-  habere  rcditudinis  ,  eo  quod  non  eflent  legitimi 

mana  die  Jovis,  Veneris,  &  Sabbad  de  omnibus  hæredes,  quod  facerent  cum  conlbWmis  luis  pa- 

rebus  maxime  vero  de  laie»  &c.  In  Kac  quidem  ûum,  quod  ita&feccrunt,  &c.  Stephanus  &  loto* 

ftraca  &  in  metcato  anteceflores  Donad  malos  ulà-  res  ejus  dederunt  fois  confobrinis  folidos  très  de 


ticos  immiferant ,  qui ,  Deo  infpirante ,  Donato  non 
placuerunt,  fed  in  manu  mea  4c  Willelmi  comitis 
omnes  maloS  ulàticos  reliquit  &  ablblvit ,  &c.  Et 
hoc  fecit  videndbus  archiepifcopis  >  epifeopis,  & 
abbatibus,  aliis  vins  audienribus.  Et  ne  umquam  ipfe 
Donatus  vel  aliquis  alius  pofTer  rediicerc  aut  recu- 
perare  iftos  malo^  ulàticos >•  vel  imponece  alios  in. 
ftrata  de  mutis  Tolofe  ulque  ad  Stap.. .  fecerunt 
tjxcommunicatinnem  archicpifcopus  Natboncnfis 

cum  epifeopo  Carcaflonenfi ,  Biterrenli,  Magalo-%  Union  du  monafiere  de  Buryili  dans  la 


denariis  bonos  Narbonenfes ,  &c.  A£la  firnt  bæc 
anno  Chrifti  u.  vu.  fub  die  xi  1 1.  Kal.  Aprilis 
annoquexi.  régnante  Rodberto  rege ,  &c.  Amah 
vinus  levita  fcripfir. . .  ad  vicem  Benediûi  notarii 
{àn&orum  Jufti  &  Paftoris. 


CXLIII. 


nenfi,  hujuîinodi.  Nos  ex  parte  omnipotentis  Dci 
Sc  bcati  Pétri ,  &  omnium  fan&orum  interdicimus 
&  excommunicamus  ab  ecclefia  de  confortio  fide- 
lium  feparamus,  &  corpus  &  fanguincm  Domini, 
ac  fepulturam  prohibemus  omni  homini  vel  fœ  mi¬ 
ra  qui  aliquod  ulkicum  malum  in  ftrata^  de  Stap 
ulque  Tololam  miferit  vel  mittere  confenferit,  præ- 
ter  hoc  quod  Donartis  modo  rcrinet.  Eandem  ex- 
communicationem  fecit  Auxicnfis  archiepifcopus 
cum  fuis  epilcopis  tribus:  omnes  abbaces  laudarûnt. 


C  X  L  1 1. 

Extrait  de  quelques  Chartes  fur  les 
vicomtes  de  Narbonne . 


Marche  d'EQayieji  l'abbaye  de  laGrajfe , 

SPlendore  divinitatis  fultus,  «que  nom  ipfms  ^N.iooy. 

vallatus  circumquefeptus ,  compunûione  fuper-  |.^chivc*  ^ 
na  vaticiniaque  ptophccarum  cordc  tenus  mihi  ad-  Guflc.CdeI* 
hibita,  etiam  &  timendo  fiituro  evenru  ,  ut  quod 
abfit  ficri  minime  credo ,  feilicet  ut  ne  filiis  aut  ne*- 
potis  meis  mittatur  inpofterum  calumnia-,  fedh* 
beam  ego  profutura  Dci  mifericordia  &  genitofum 
&  avotum  meorum  requiem  fempirernam >  unaque 
&  ego  cum  illis  capiam  lucem  perpecuam  >  cogi* 
tavi  ut  libero  arbitrio  libellum  fàcercm  de  domo 
fen&i  Pétri  Burgalenfis,  cum  fines  &  ajacentiis,  atquc 
alodibus ,  parrochiis  ,  vifluKs ,  domibus ,  xdificiis , 
eccltfiis ,  arboribus ,  rupibus ,  prads  hac  pafcuis  » 
filvis,  gairicis,  molcndinis,  molendinariis ,  quic* 
que  dici  hac  nominari  poteft.  Quenudmodum  avua 


Ortulaire  de 
l’abbaye  de 
faine  Paul  de 
Narbonne. 


nu. 


An.  ioo 6.  \T  Ox  legumjurc  vel  decrevit  autoritas,utqua-  meus  Raimundus  cornes  &  patruus  meusYferous, 

V  lis  eft  emptio  talis  eft  commutatio ,  &c.  Ego  hac  frater  illius  Atonis  epifeopus ,  limiliter  mihi  pa- 

igitur  inDei  nomine  Auftendus  &c.  una  cum  con-  truus,  dederunt  &  firmaver une  à  prædiûomon** 
fentia  vel  cum  voluntate  Ermengaudo  archipræfule  fterium  fan&i  Pétri ,  primicus  Raimundus  prxfatus 
excamiamus. . . .  à  (ândto  aut  à  DculHet  abba  ipfius  dedit  ad  lanéb  Maria  cœnobio  quæ  nuncupatur 
ccclefiæ,  vel  canonicis  ibidem  Dco  fervientibus,  GrafiaipfumarchifteriolumcumalodibusluisDeindc 
alodem  vel  bencficium  noftrum  qui  eft  in  comitatu  fiüi  ejus  fiilcierunt  iftum  fuprafàtum  arcifteriolum 
Narbonæ,  in  villa  quæ  vocant  Baias  >  vel  in  ejus  ter*  fimiliter,  ex  parrochiis  illorum  atquc  alodibus  Si 

minio ,  qui  nobis  advenit  de  pâtre  noftro  Guadaldo,  fevos.  Poftdcmum  frater  meus  Raimundus  cornes 
&  ad  pater  nofter  advenit  per  donationcm  Aladais  per  fuum  libellum  tradidit  domum  fendfce  Mariac 
vicecomitillà  &  filiis  fuis  Ermengaudo  archipræfule  cœnobio  jam  fado.  Ita  igitur  &  ego  in  Dci  nomi- 
vel  Raimundo  vicecomite  &c.  Fada  carta  excam-  ne  Suniarius  Dei  gratia  cornes  hac  marchifus ,  dono 
«  batione  ifte  fub  anno  Domini  m.  vi.  1 1 1 1.  vero  &  trado  prædidum  monafterium  quæ  nuncupatur 
idus  Aprilis  ,  anno  x.  régnante  Roberto  rege ,  &c.  Burgali  cum  titulis  intra  feptis >  ficut  fiipradidum 

#  eft  ,  cum  parrochiis,  domibus,  ædificiis  >  terris  hac 

An.  1007.  Otitia  fecuritatis  vel  warpitoriæ  quæ  fuit  fada  vineis,  pratis,  pafeuis,  filvis >  gairicis,  molendi- 
in  comitatu  Narboncnfc ,  in  villa  fandi  Georgii  qux  nis ,  rupibus,  cultum  atque  incultum ,  apud  hos  ter- 
aliàs  dicitur  Ravinianus,  tcmporc  Ermcngaudi  ar-  minos,  id  eft  deiplo  ponte  qui  eft  ad  locum  Gila- 
chipræfulis  &  Raymundi  vicccomitis ,  nec  ne  Er-  ren  feu  foro  nundinali  qui  vufgus  dicitur  merchato , 
mengaudi  præfcdi  &c  Bcllucionis  Giioni.  In  illorum  ufque  ad  caftrum  qux  vocatur  Livorte ,  fivc  pon- 
temporibus  venit  quidam  homo  nomine  Stephanus  tum  ipfius  quæ  vocarur  Vrefta  :  fie  dono  vel  trado 
&fororesejusProva&ErmellHidis,necne&Bcllifin-  ego  Suniarius  gratia  Dei  cornes  &  marchio  addo- 
dis,  in  præfcntia  Deufdet  abbati  atque  levitæ,  &  mum  (ân6b:  Mariæ  cœnobio  vocato  Graili,  oitv- 
Raymundi  Bellucioni  levitæ,  &  Bemardi  militis ,  nia  fupradida  infra  terminos  præfàtos,  propter 
neene Stephani  levitæ,  Atoni  Waflàdelli  vicarii,  &  Deum  &  remedium  animæ  mcæ  &  animæavorum 
aliorum  plurimorum  bonorum  hominum  qui  ibi-  bac  genitomm  meorum  ,  ut  ab  hodiemo  die  te- 
dem  adetant^  &  lie  interpellavcrunt  hominem  no-  neat  hac  poftîdeat ,  fruatur  &  utatur  libero  arbi- 
mine  Poncionem ,  &  forores  ejus  Adela,  &Bona-  trio  ad  fiium  plcnilïimum  proprium,  ficut  ccteris 
filia,  five  Pontia,  neene Tanliundis  caticumina ad-  alodibus  &  munificentiis  fuis,  &  abbaces  hac  mo 
hue  ,  quod  injufte  &  malo  ordine  eo  quod  non  nachis  ibidem  Deo  fàmulantibus  poteftatem  degant 
cflent  legitimi  hæredes  retinerent. . . .  præfatæ  villæ  propriam,  infra  monafticam  illorum  auâoritatero. 
fanfti  Geoigii  feamnum  unum  de  falinis  qui  fuerat  Sane  fi  quis,  &c.  Faâa  ifta  donatio  v  1 1.  idus  No* 
illorum  avi'ticum,  &quod  melius  cflèt illorum  di-  vembris  anno  xi.  régnante  Rotberto  rege.  Sigf 

reftumquam  fuorum,  eo  quod  eflènt  ipfi  legiti-  num  Suniarius  gratia  Dei  cornes,  qui  ifta donationc 

mi  hæredes  &  per  (ucceffionem  parentomm  de-  fecit  &teftes  firmare  rogavit.  S.  Raimundus  cornes, 

bent  ipfum  alodem  habere-,  &  affrontât ,  &c.  At  S.  Guillelmus  fuoftatre,  S.  Witardus,  Scc .  S.Ber- 

præfati  homines  audientes  hanc  rationem,  atque  nardo,  S.  Petro.  Miro  levita  rogitus  fcripfit  fub  die 

ver'tatem  agnofeentes,  fegregavemnt  eos  in  parte,  &c  anno  quo  fupra.  Salla  gratia  Dei  epifeopus  ff. 

dederunt  eis  utile  confilium  ,  agnofeentes  nihil  qui  hæc  firmo  atquc  excomrmuûco.  Üarnus  abbas 


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166  D  E  L  A  N  G 

6c  archidiacônus  Ce  fubfît  Suniarius  cornes.  Ermen-  i 

Sudus  ac  fi  indignus  graria  De  i  epifeopus  qui  hæc  c 

mo  arque  excommunico.  j 


o  c 


An.  ion.  J[  dus  divina  annuente  gracia  cornes  eximius  Ga-  tocas  affioncationes  includunt,  ficut  fijperius  eft 
fcrioUîîî!*  dC  baliranenfis  telluris,  neene  Forenfîs  patriæ,  vira  &  feriptura,  fie  donamus  Domino  Deo  «Se  fànâo  Ila- 

v.sputi.n.  monbus  præclarus,  ingenio  excellcnriflimus,  con-  riopropter  remedium^animarum  noftrarum,  &pro 

Î9V_  fiderans  caufiim  fraeilitaris  humanæ,  &c.  feu  eciam  anima  frarrismeiOddonicomiris,  &  profilio  noftro 


CXLIV. 

'Donation  de  Pons  eomte  de  Gevaudan  k 
l'abbaye  de  Brioudc 

IN  nomine  fàndiæ  &  individus  Trinitaris,  Pon¬ 
dus  divina  annuente  gracia  cornes  eximius  Ga¬ 


in  ajacencia  de  vico  vel  in  villa  quæ  vocatur  Limofb  i 
donamus  nos  preferipeus  Rogerius  cornes  &  con* 
jux  mca  Adalaiz  comiriflà  in  jamdi6h  villa  c afàles 
duos  cum  ipfis  orcalibus ,  &  cum  ipfàs  areas ,  &  cum 
terris  quæ  ibi  habemus  vdhabere  debemus,  &hoc 
quod  frater  meus  Oddo  cornes  habuic ,